Entreprise & Santé N°54

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BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

N°54

2e trimestre 2021

P.15

Cahier central juridique détachable Covid-19 : cas avéré et cas contact, que faire ? P.24 Zoom sur

L’intervention du toxicologue en santé au travail P.27 Interview

Pr Philippe Amouyel Covid-19 : vers la sortie de crise ?

Mes risques, JE LES MAÎTRISE ! www.entrepriseetsante.fr


SOMMAIRE P04 P05 P08

Y PENSER !

EN DIRECT

Conseils pratiques

MTA et aide financière TMS Pro ASTAV et centre de formation MTA et programme Prévention TPE

ERGONOMIE & ORGANISATION

P09

AISMT et prévention des TMS : un plan d’investissements, des améliorations continues

P10

VU !

AISMT et Covid-19 : Cas contact et tracing

P11

Covid-19 : Ils vaccinent. Appelez-les !

P15

CAHIER JURIDIQUE

ZOOM SUR

P23

INTERVIEW

P26

02

ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE Entreprises de moins de 50 salariés : Les offres de l’Assurance maladierisques professionnels

P30

Pr Philippe Amouyel Covid-19 : vers la sortie de crise ?

P31

INVESTIR & AGIR Covid-19 : les difficultés psychologiques et mentales, une réalité

ASMIS et risque chimique : L’intervention du toxicologue en santé au travail.

P27

DOSSIER Mes risques, je les maîtrise ! ASTIL, CEDEST et ACTION SANTÉ TRAVAIL

Avec ce cahier central DÉTACHABLE, nous abordons les fondamentaux législatifs de la santé au travail

P24

VOTRE SANTÉ, VOTRE EMPLOI

ACTU Votre agenda en santé au travail

Entreprise & Santé • 2e trimestre 2021 • N°54 • www.entrepriseetsante.fr

AUX ALENTOURS Société : du côté de l’égalité femmes-hommes

Retrouvez la suite des articles grâce aux flashcodes présents dans les pages ou rendez-vous sur : entrepriseetsante.fr


ÉDITO

Au printemps 2020, nous vivions notre premier confinement, pour endiguer la pandémie de Sars-CoV-2, responsable de la Covid-19. Un an après, avons-nous des perspectives de sortie de crise ? Pour répondre à cette question, le Pr Philippe Amouyel, mondialement reconnu, nous fait part de ses réflexions. Je tiens à le remercier chaleureusement. Ses propos sont très éclairants (pages 27,28,29).

maîtriser ses risques, il faut d’abord le décider. Il faut aussi de la méthode. Plusieurs pistes sont présentées. L’ASTIL met en place les « Relais de prévention ». Le CEDEST et l’AST montrent comment l’élaboration de la fiche d’entreprise, par le service de santé au travail, aide une TPE ou une PME pour son document unique d’évaluation des risques professionnels. Tout est affaire de dialogues !

Les services de santé au travail participent à l’effort national de vaccination. Ils orientent nombre de TPE et PME, pour la prise en charge des cas contacts. L’exemple de l’AISMT est éloquent (page 8).

Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent bénéficier de subventions, allouées par l’Assurance maladie – Risques professionnels (page 26). De plus en plus de prestations de conseils de la part de votre service de santé au travail, trouvent un prolongement financier grâce à la collaboration avec la Carsat Hauts-de-France. Pour améliorer sa prévention des risques professionnels, l’entreprise n’est pas seule.

« Merci ! » C’est ce que disent les entreprises quand elles bénéficient de solutions concrètes. Des exemples parlants, en TPE et PME, vous sont présentés par MTA et ASTAV (pages 5,6,7). Maintenir en emploi un salarié permet de découvrir des solutions généralisables à l’ensemble des collaborateurs. C’est l’exemple de l’AISMT (page 8).

La rubrique « Alentours » attire notre attention sur l’importance de l’égalité Femmes-Hommes (p. 30). Les métiers, placés en première ligne de la crise sanitaire, sont tenus en majorité par les femmes. Ne l’oublions pas !

L’analyse du risque chimique est souvent le travail de spécialiste. L’ASMIS le prouve avec le service apporté aux TPE et PME par son toxicologue (pages 24,25).

Bonne lecture ! Jean-François Lescart

« Je maitrise mes risques ». Cette phrase volontariste introduit le dossier de ce numéro 54 d’Entreprise & Santé (page 11 et suivantes). En effet, pour

AISMT - Association Interprofessionnelle des Services Médicaux du Travail 1461 avenue du Cateau place Santos Dumont CS 50182 - 59404 CAMBRAI Tél. 03 27 72 63 63 www.aismtcai.com

Directeur de publication pour les services de santé au travail

ASTAV - Association de Santé au Travail de l’Arrondissement de Valenciennes 1, avenue de l’Europe 59880 SAINT SAULVE Tél. 03 27 46 19 24 www.astav.fr

PÔLE SANTÉ TRAVAIL Centre Vauban - 199/201 rue Colbert Bâtiment Douai - CS 71365 59014 LILLE Cedex Tél. 03 20 12 83 00 www.polesantetravail.fr

ASTIL 62 - Association Santé Travail Interentreprises du Littoral 430 boulevard du Parc BP 94 62903 COQUELLES Cedex Tél. 03 21 85 51 85 www.astil62.fr

ASMIS - Association Santé et Médecine Interentreprises du département de la Somme 77, rue Debaussaux CS 60132 80001 AMIENS Cedex 1 Tél. 03 22 54 58 00 www.asmis.net

CEDEST - Centre pour le Développement Santé au Travail 4/10, rue Albert Thomas 59210 COUDEKERQUE-BRANCHE Tél. 03 28 24 98 98 www.cedest.net

MTA - Médecine du Travail de l’Aisne rue Théodore Monod - Z.A. Bois de la Chocque 02100 SAINT-QUENTIN Tél. 03 23 62 52 48 www.mt02.org

AST - Action Santé Travail 174 route de Béthune CS 20023 62160 AIX-NOULETTE CEDEX Tel. 03 21 18 42 00 www.actionsantetravail.fr

membres du réseau HAUTS-DE-FRANCE

SIM’UP - Service Interprofessionnel de Santé au Travail de la Vallée de la Lys - Lille Métropole 22 rue de Lille BP 40018 - 59431 HALLUIN Cedex TÉL. 03 20 94 12 54 www.simup.fr

STSA - Santé Travail Sambre Avesnois 24, rue Romain Duchateau 59720 LOUVROIL Tél : 03 27 53 31 31 www.sante-travail-sa.fr

03


Y PENSER ! Nettoyage journalier des sols et des matériels

Désinfection justifiée par l’évaluation des risques

Efficace ! Procédés habituellement utilisés en entreprise. Par exemple : savons, dégraissants, détergents et détachants qui contiennent un ou plusieurs tensio-actifs ou le nettoyage à la vapeur.

Efficace !

JAVEL

Pour la désinfection justifiée par l’eau de Javel à la concentration virucide de 0,5 % de chlore actif (1 litre d’eau de Javel à 2,6 % dans un litre d’eau froide) ou produit répondant à la norme virucide NF EN 14476, juillet 2019.

Source : Ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion. Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19 (Actualisé au 08 avril 2021).

MESURES DE PROTECTION Pas efficace ! Masques grand public en tissu de catégorie 2. Masques en tissu « maison » ou de fabrication artisanale ne répondant pas aux normes Afnor Spec S76-001. Visières et masques en plastique transparent portés seuls. Plaque de plexiglas posée sur un comptoir, rideaux en plastique transparent séparant clients et commerçants.

Efficace ! Masque chirurgical ou FFP2 ou grand public en tissu fabriqué selon la norme Afnor Spec S76-001 de catégorie 1. Masque grand public en tissu réutilisable possédant une fenêtre transparente, homologué par la Direction générale de l’armement, porté par le cas ou le contact. Séparation physique isolant la personne contact du cas confirmé en créant deux espaces indépendants (vitre, Hygiaphone®).

Source : Santé publique France. Définitions de cas d’infection au Sars-Cov-2 (Covid-19). Mise à jour le 21/01/21.

AUPRÈS DE VOUS…

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Votre service de santé au travail vous conseille.

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IL VOUS APPORTE COMPÉTENCES ET EXPÉRIENCES RÉPONDANT AUX DIFFÉRENTS RISQUES DE VOTRE ENTREPRISE. CONSULTEZ-LE !


EN DIRECT

BROD’N

Solution ergonomique

Broderie 2 salariés

Que du bonheur !

Annie Thaissart, créatrice et gérante SAINT-QUENTIN

SANTÉ AU TRAVAIL DE L’AISNE (MTA)

C’est en tant que cliente pour MTA que Laurence Samain, ergonome, découvre les difficultés d’Annie Thaissart, créatrice et gérante de Brod’n. Cette petite entreprise de 2 salariés, implantée à Saint-Quentin, réalise la broderie de logos sur parkas, polaires, vêtements de travail ou de sports. Pour Annie Thaissart, « cette rencontre, c’est que du bonheur, rien que du bonheur ! ». Avec son expertise d’ergonome, Laurence Samain a permis de remplacer les « cercles manuels » par des « cercles aimantés ». Cet investissement a été rendu possible grâce à l’aide financière TMS Pro de la Carsat Hauts-de-France.

« Pour réaliser la broderie, le tissu doit être tendu grâce à l’utilisation de cercles, qui existent selon différentes tailles. Leur utilisation est plus ou moins aisée selon les tissus à broder. Mais aussi selon la technique utilisée. Madame Thaissart utilisait des cercles manuels à clipser, qui imposent des contraintes gestuelles importantes. Je savais qu’il existait des cercles aimantés, plus chers à l’achat, mais moins contraignants à l’usage », explique Laurence Samain. Brod’n est suivi en santé au travail par le Dr Sabrina Baticle, médecin du travail de MTA.

Bonjour les TMS… Au revoir les TMS ! « J’ai ouvert Brod’n le 14 décembre 2009. Je m’en souviens ! Je me suis lancée pour ne pas rester sans emploi … », précise Annie Thaissart. Aujourd’hui, elle a créé deux emplois et tourne avec trois machines à broder. Au fil du temps, Annie Thaissart a de plus en plus de douleurs au niveau des poignets et des paumes de main. Et de plus en plus de difficultés à utiliser les cercles manuels. Après une brève observation de la situation de travail, Laurence Samain, lui préconise de tester les cercles magnétiques. Pour Annie Thaissart, « Au-delà de la pénibilité des douleurs, j’étais de plus en plus inquiète pour l’avenir de ma petite entreprise. Et là… avec les cercles magnétiques : au revoir les douleurs ! En plus, la qualité et la rapidité d’exécution sont préservées. Je le répète : c’est nickel ! Que du bonheur ! »

Investir ? Il fallait cependant investir une somme conséquente. Brod’n utilise au total près de 100 cercles. Laurence Samain a alors réalisé l’étude ergonomique demandée par la Carsat afin de pouvoir prétendre aux aides financières du programme TMS Pro. Répondant à tous les critères, Brod’n a rapidement obtenu cette aide. Annie Thaissart est très claire : « Sans cette aide financière, je n’aurai pas pu équiper tous les postes de travail. En plus, j’ai pu élargir mon activité à des broderies que je ne pouvais plus prendre ».

Au carré, pour le DUERP ! L’équipe santé travail de MTA ne s’est pas arrêtée là. Brigitte Mario, assistante santé au travail chez MTA, a actualisé la fiche d’entreprise de Brod’n. Ceci a permis à Annie Thaissart d’actualiser son document unique d’évaluation des risques professionnels. Elle ajoute : « Quand on porte sa petite entreprise, les journées sont denses et passent très, très vite ! J’ai profité de l’intervention de MTA pour être au carré pour mon DUERP ».

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EN DIRECT

Formation

Avec ou sans Covid :

la santé au travail, comme facteur de réussite Centre de formation à distance créé par Elise et Kevin Calonne en 2011, Cesad compte plus de 10 500 élèves et étudiants déjà formés. Ces formations diplômantes (ex. CAP) portent sur plus de 50 métiers différents, dans les secteurs de la petite enfance, la coiffure, l’esthétique-beauté-modelage, la décoration intérieure. Ouvrant un centre de formation/institut de beauté à Marly, Cesad a demandé à l’ASTAV, santé au travail de Valenciennes, de l’accompagner, dès la conception, pour la prise en compte de la santé au travail.

Centre de formation à distance Elise Calonne, présidente MARLY

SANTÉ AU TRAVAIL DU VALENCIENNOIS (ASTAV)

Elise Calonne est présidente de Cesad : « Notre savoir-faire, c’est l’e-learning ou enseignement à distance. Notre équipe comprend donc de nombreux métiers : enseignants, conseillers d’étude, responsables pédagogiques, formateurs, rédacteurs, directeurs de création, webmaster, community manager, infographistes, développeurs, vidéastes, motion designer, standardistes, agents de recouvrement… A Marly, nous venons d’ouvrir un centre de formation/institut pouvant accueillir élèves et clients particuliers ».

tier une approche globale, en identifiant des priorités d’actions précises. L’année 2020 a été marquée par l’élaboration du plan de prévention Covid-19, avec envoi de documents types et relecture des documents finaux, fourniture de tous les documents à afficher dans l’entreprise et en communiquant des informations pertinentes quant à la gestion des "cas Covid" éventuels. Notre atout est d’associer compétences médicales et techniques dans un accompagnement adapté et personnalisé ».

La demande du Cesad

Les résultats

Elise Calonne précise : « Nous avons sollicité l’ASTAV afin d’être informés et accompagnés le mieux possible en santé au travail : conseils d’organisation de bureaux, de posture pour les salariés, tests sonores, etc. Et, en plus cette année, conseils pour la mise en place des protocoles sanitaires liés à la Covid-19. Leur équipe a été réactive, avec une prestation de service qui a répondu à nos attentes ».

Pour Elise Calonne, « En 2020, nous avons pu organiser le télétravail et avons mis en place le protocole de sécurité sanitaire nécessaire pour l’accueil des salariés en présentiel. Par exemple : équipe de deux personnes habilitées à gérer le protocole Covid-19, distribution de produits de désinfection pour chaque salarié avec attestation le prouvant, désinfections/aérations régulières des locaux dans la journée, sens de circulation, pauses déjeuner décalées. Ce que j’ai surtout apprécié, c’est la possibilité d’échanger par mail ou téléphone dès que j’avais des questions. J’ai ainsi pu recevoir rapidement les documents mis à jour et informations officielles. Cet accompagnement m’a permis d’adopter les bonnes pratiques rapidement, de gagner du temps en termes de recherches et de rédactions des documents officiels et d’avoir la validation de l’ASTAV. Le partenariat avec l’ASTAV est récurrent : avant, pendant et, je l’espère, après la Covid ! ».

L’accompagnement de l’ASTAV Le Dr Stamatis Klonaris est le médecin du travail de l’ASTAV qui suit le Cesad. Technicien QHSE à l’ASTAV, Bruno Figurski explique : « Nous avons aidé le Cesad pour la mise à jour de son document unique de prévention des risques professionnels. Ceci permet d’ini06

CESAD

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EN DIRECT

TRANSPORTS DUSANTER 5 salariés Jean-François Dusanter, gérant

Solution ergonomique

Bâchage automatisé et emploi préservé : merci !

ARTEMPS

SANTÉ AU TRAVAIL DE L’AISNE (MTA)

Implantés à Artemps, près de Saint-Quentin, les Transports Dusanter acheminent céréales, cailloux et engrais sur la Picardie et le Nord des Hautsde-France. Les trois chauffeurs peuvent bâcher et débâcher leur remorque de 10 à 15 fois par jour ! Pour pouvoir préserver l’emploi d’un des chauffeurs, les transports Dusanter ont adopté le bâchage automatisé. Plus besoin de grimper par tous les temps sur la remorque ! MTA, service de médecine du travail de l’Aisne, est à l’origine de cette salutaire décision. L’investissement a été possible grâce à une aide financière de la Carsat Hauts-de-France.

Jean-François Dusanter a repris en 2008 l’entreprise créée par son père : « Suite à une chute, un de mes chauffeurs a été en arrêt pendant un an et demi. Lors de sa reprise du travail, qui s’est faite progressivement, notre médecin du travail a demandé une étude de poste. MTA, notre service de santé au travail, s’en est chargé grâce à l’intervention de leur ergonome, Laurence Samain. Ceci m’a permis de ne pas licencier ce chauffeur et de préserver la santé de toute l’équipe. Car le bâchage automatisé a été adopté sur tous les camions, grâce à une aide financière de la Carsat ». Il s’agit du programme Prévention TPE de la Carsat Hauts-de-France.

La méthode

Sauver un emploi

Le résultat

Le Dr Sabrina Baticle est le médecin du travail de MTA qui assure le suivi de santé au travail des Transports Dusanter : « Pour réussir un tel maintien dans l’emploi, il faut une confiance sans faille entre le salarié, l’employeur et le service de santé au travail. Pour ce salarié et cette entreprise, cette confiance s’est construite sur une année : visite de pré-reprise, mi-temps thérapeutique, étude ergonomique, reprise avec formation et stage de conduite, visite de reprise… Puis reprise sur le poste initial adapté, grâce à l’adoption du bâchage automatisé. Le dialogue permanent est nécessaire. Ainsi que la volonté partagée entre l’employeur et le salarié concerné ».

« Le résultat est là ! », reprend Jean-François Dusanter. « Sans l’aide de la Carsat Hauts-de-France, je n’aurais pas pu équiper les trois camions. Aujourd’hui, j’ai trois chauffeurs qui nous disent à tous : merci, cela a changé notre vie ! Outre leur satisfaction, nous gagnons tous en temps et productivité. Je suis moi-même soulagé de les savoir en sécurité. C’est un confort partagé entre salariés et employeur ».

« La méthode ergonomique est classique et éprouvée », précise Laurence Samain. « L’observation du poste de travail et notre connaissance de solutions sur des situations similaires nous ont vite convaincus de la nécessité d’adopter le bâchage automatisé. Se posait la question du montant des investissements. Nous avons alors orienté l’entreprise vers les aides financières de la Carsat, au titre de la prévention des chutes de hauteur au sein d’une TPE. Nous avons aussi aidé l’entreprise à actualiser son document unique d’évaluation des risques professionnels ».

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ERGONOMIE & ORGANISATION

Prévention des TMS

Un plan d’investissements : des améliorations continues

Créée en 1940, sur le métier de la ficellerie et la corderie, Tradex diffusion est aujourd’hui connue sous trois marques : Flandria (1 200 références en quincaillerie, cordages, chaînes, câbles), Malsor (1 000 références en ressorts, cordes à piano, etc.), La Cordeline (cordes et ficelles décoratives en produits naturels pour la maison ou le jardin, accessoires, sacs, tabliers, etc.). Implantée à Cambrai et à même de faire du sur-mesure comme de la grande série, Tradex diffusion compte 13 salariés. Avec l’expertise de l’AISMT Cambrai/Caudry, son service de santé au travail, l’entreprise investit sur l’amélioration des conditions de travail. Christelle Hurez est responsable d’exploitation chez Tradex diffusion : « Sur le conseil du Dr Elisabeth Bisiaux, notre médecin du travail de l’AISMT, nous avons reçu M. Christophe Pinchon, intervenant en prévention des risques professionnels à l’AISMT. L’objectif était de mettre en place un poste adapté devant l’état de santé d’une salariée, pour préserver son travail et son emploi. De fil en aiguille, nous avons engagé une réflexion globale. Aujourd’hui, nous avons un plan d’investissement pour l’amélioration des conditions de travail, au sein des ateliers où travaillent sept salariés ». Le but est de réduire les contraintes posturales et les gestes répétitifs. La plus-value de l’AISMT « Je me suis rendu chez Tradex Diffusion pour l’étude d’un poste de travail, à la demande du médecin du travail », confirme Christophe Pinchon. « Mon attention a été attirée par l’ensemble des postes de préparation de 08

commande. Parfois, 30 à 40 produits différents sont mis dans un colis. Après l’aménagement du poste de travail de la salariée en souffrance, nous avons mis en place une observation de l’ensemble des postes de picking, avec recueil des suggestions exprimées par les salariés euxmêmes. Mon rôle est de faciliter l’approche du changement en prévention et santé au travail, grâce à mon regard neutre et extérieur et en liaison étroite avec le Dr Bisiaux. L’identification de priorités et de solutions, par l’entreprise elle-même, est un de mes objectifs ». Pour la mise en œuvre des solutions, Christophe Pinchon a également suggéré des tests d’aménagements de poste, grâce au concours d’Ysytek, avant la concrétisation d’un investissement. Des résultats concrets Christelle Hurez conclut : « En deux jours d’intervention sur site, Christophe Pinchon a partagé son expertise. La première journée a été consacrée à une observation des situations

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de travail. La deuxième journée a permis un échange avec les salariés pour prendre en compte leurs suggestions. Aujourd’hui, nous avons une liste d’améliorations possibles, comme autant d’investissements à réaliser. Ceci constitue un véritable plan d’actions, que nous pouvons mettre en œuvre progressivement, en dialogue avec les opérateurs. Sans être un détail, une filmeuse a été mise en place afin d’alléger les charges de travail. C’est un début ! ». Le partenariat avec l’AISMT s’inscrit dans la durée.

TRADEX DIFFUSION Ficellerie et corderie 13 salariés Christelle Hurez, responsable d’exploitation CAMBRAI SANTÉ AU TRAVAIL DU CAMBRESIS (AISMT)


VOTRE SANTÉ VOTRE EMPLOI

Covid-19

Cas contact et tracing : l’exemple de l’AISMT Un des moyens pour freiner l’épidémie de Covid-19 est le « contact-tracing ». En d’autres termes, organiser la prise en charge des cas contact, pour limiter la propagation du virus. Compliqué à faire ? Non, si l'on est réactif et bien informé. A l’AISMT Cambrai/Caudry, la cellule Covid accompagne les entreprises dans leurs obligations de participer à cette prise en charge des cas contact. Pour éviter de devenir un « cluster ». Séverine Lesne, intervenante en prévention des risques professionnels à l’AISMT, explique : « Chaque jour, nous recevons des appels d’employeurs, de référents Covid, de salariés. Avec une question : que faire quand un, voire plusieurs salariés, sont positifs, ou cas contact d’une personne positive ? » Tout cas positif doit être déclaré au service de santé au travail « Le protocole sanitaire national est très clair : tous les cas positifs Sars-Cov 2 doivent être

déclarés au service de santé au travail1 », explique Séverine Lesne. « Avec l’entreprise, nous analysons la situation et mettons en place un accompagnement personnalisé pour empêcher l’éclosion d’un cluster ». Priorité commune : éviter le cluster ! Pour Séverine Lesne, « cela repose sur un dialogue étroit entre l’employeur, les salariés et leurs représentants. La cellule Covid de l’AISMT le facilite. Elle travaille en coopération avec l’Agence régionale de santé ».

GTSI - Tuyauterie et maintenance industrielle 6 salariés, Fontaine-au-Pire

Le Dr Anne Capron, médecin de veille sanitaire à l’ARS Hauts-de-France, précise : « Nous apportons notre savoir-faire en termes d’analyse de risque sanitaire, et de mise en œuvre du contact tracing, missions habituelles du service de veille sanitaire, et un appui à la réalisation de campagnes de tests. Le partenariat entre ARS et services de santé au travail est un atout indispensable à la réalisation d’un contact tracing dans le milieu professionnel juste et adapté ».

ASAPN – Association pour le soutien et l’action personnalisée dans le département du Nord. 14 salariés sur Cambrai

« Entreprise familiale créée en 2015, nous intervenons sur des chantiers dans les Hauts-de-France et l’Ile-de-France. L’épouse d’un de nos salariés a déclaré la Covid : il était donc « cas contact ». Son délai de reprise ne nous semblait pas logique. Nous avons appelé l’AISMT. Très vite, Séverine Lesne nous a tout expliqué. Et elle a renseigné directement notre salarié. L’AISMT nous a été d’un grand secours. Très réactifs, ils nous ont écoutés. De A à Z, il n’y a rien à redire. Je les remercie vivement ».

« Association tutélaire, nous mettons en œuvre les mesures de tutelle ou curatelle sur majeurs de plus de 18 ans. A l’agence de Cambrai, trois salariés ont été testés positifs. Nous avons alerté l’AISMT, notre service de santé au travail. Madame Lesne nous a rappelés immédiatement, pour mettre en place, sans délai, le " tracing Covid ". En fait, nous avions six cas positifs. Nous avons fermé l’agence. Nous avons organisé un CSE extraordinaire, avec madame Lesne. Jusqu’au bout, l’AISMT nous a accompagnés. Ce partenariat persiste ! ».

Aurélie Grassi, assistante de direction.

Fanny Kumorek, responsable de l’agence de Cambrai.

1-Voir le Cahier central de ce numéro d’Entreprise & Santé, p. 15-16-17-18.

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VU ! Depuis le 25 février, LES SALARIÉS ÉLIGIBLES ET VOLONTAIRES PEUVENT SE FAIRE VACCINER PAR LEUR SERVICE DE SANTÉ AU TRAVAIL. Cette possibilité est ouverte aux salariés des TPE – PME, comme des grands groupes. Renseignez-vous auprès de votre service de santé au travail

ILS VACCINENT. APPELEZ-LES ! SANTÉ AU TRAVAIL DE CAMBRAI AISMT Tél: 03.27.72.63.63 www.aismtcai.com

SANTÉ AU TRAVAIL DU DUNKERQUOIS CEDEST Tél. 03.28.24.98.98 www.cedest.net

SANTÉ AU TRAVAIL DU VALENCIENNOIS ASTAV Tél : 03 27 46 19 24 www.astav.fr

SANTÉ AU TRAVAIL DE L’AISNE MTA Tél. 03 23 62 52 48 www.mt02.org

SANTÉ AU TRAVAIL DE LA SOMME ASMIS Tel. 03 22 54 58.00 www.asmis.net

SANTÉ AU TRAVAIL DE CALAIS-BOULOGNE LE TOUQUET ASTIL Tél: 03.21.85.51.85 www.astil62.fr

SANTÉ AU TRAVAIL DE L’ARTOIS ACTION SANTÉ TRAVAIL Tél. 03 21 18 42 00 www.actionsantetravail.fr

SANTÉ AU TRAVAIL SAMBRE AVESNOIS STSA Tél: 03 27 53 31 31 www.sante-travail-sa.fr

PÔLE SANTÉ TRAVAIL MÉTROPOLE NORD Tél : 03.20.12.83.00 www.polesantetravail.fr

SANTÉ AU TRAVAIL MÉTROPOLE NORD VALLÉE DE LA LYS SIM’UP Tél: 03.20.94.12.54 www.simup.fr

LA PRESSE EN PARLE !

Opération vaccination le week-end du 6 mars sur Béthune : 3 médecins et 2 infirmières d’ACTION SANTÉ TRAVAIL volontaires pour vacciner avec le SDIS.

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Reportage du JT de 20 h du 3 mars, à SaintQuentin, avec la Médecine du travail de l’Aisne

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DOSSIER

Mes risques, JE LES MAÎTRISE ! En 2001, le document unique d’évaluation des risques est généralisé à toute entreprise, dès lors qu’elle embauche un (ou une) salarié(e). En 2021, une entreprise sur deux ne l’aurait pas fait. Pourtant, évaluer les risques est le premier pas pour les maîtriser. Et les maîtriser, c’est éviter des surcoûts !

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Gérer une entreprise, c’est gérer de nombreux risques. Voici quelques exemples : la solvabilité des clients, les pannes de machine, les difficultés de trésorerie, les changements règlementaires (règles sociales et fiscales, sécurité sanitaire ou norme environnementale, etc.), la rupture de stock par défaut de livraison, les évolutions de marché, la météo sur un chantier extérieur, l’arrivée d’une nouvelle technologie, etc. Certains risques sont majeurs ; d’autres mineurs. Certains sont évitables ; d’autres inévitables. Dans tous les cas, il vaut mieux les connaître. Pour mieux les maîtriser.

Plus l’entreprise est petite… Les « risques santé et sécurité au travail » sont des risques majeurs. Plus l’entreprise est petite, plus ces risques mettent en jeu sa pérennité. La capacité de production et les performances sont vite en danger ! Audelà, la notoriété de l’entreprise peut être gravement altérée. Surtout, il peut s’agir de drames humains et sociaux irréparables… La santé et la sécurité au travail sont des priorités pour une entreprise.

DOSSIER

Le poids des mots

Même petite, l’entreprise a ses experts ! En contactant son service de santé au travail, l’entreprise bénéficie d’experts pour la conseiller sur la maîtrise de ses risques professionnels. Ingénieurs et techniciens, ergonomes et psychologues du travail, assistantes sociales, assistants et infirmières santé travail, secrétaires médicales, médecins du travail sont là pour l’aider :

n Risques pour la santé physique o Mouvements et postures pénibles

(ex. : risque de TMS). o Chutes de hauteur ou de plain-pied. o Circulations (intérieure et extérieure) et

engins, risques routiers. o Manutention de charges. o Agents chimiques dangereux, Cancérogènes-

Mutagènes-Reprotoxiques, Amiante. o Agents biologiques et risques sanitaires. o Bruit. o Vibrations mécaniques. o Electricité. o Ambiances lumineuses. o Travail à la chaleur et au froid. o Incendie et explosion. o Rayonnements. o Travail en milieu hyperbare. o Travail en horaires décalés.

n Risques pour la santé mentale o Type d’organisation et de management,

situation de harcèlement. o Risques psychosociaux. o Relations et conflit du travail.

Connaissant les différents secteurs d’activité et les branches professionnelles, allant d’entreprise en entreprise, assurant une veille scientifique et règlementaire, ces experts apportent des solutions adaptées à chacun.

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DOSSIER

- Maîtrise des risques -

Code du travail : 9 principes de base L’employeur « prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » (article L. 4121-1 du Code du travail). A ce titre, il doit mener des actions de prévention des risques professionnels. Il doit informer et former ses salariés. Il doit également mettre en place une organisation et des moyens adaptés. Son service de santé au travail est là pour le conseiller sur tous ces points.

LES 9 PRINCIPES, UNE MÉTHODOLOGIE !

L'employeur met en oeuvre les mesures prévues à l’article L. 4121-1 du Code du travail, sur le fondement des principes généraux suivants (article L. 4121-2) :

1I Eviter les risques ; 2I Evaluer les risques qui ne peuvent pas être évités ; 3I Combattre les risques à la source ; 4I Adapter le travail à l'homme, en particulier en ce qui

concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production, en vue notamment de limiter le travail monotone et le travail cadencé et de réduire les effets de ceux-ci sur la santé ; 5I Tenir compte de l'état d'évolution de la technique ;

6I Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n'est pas dangereux ou par ce qui est moins dangereux ; 7I Planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel, tels qu'ils sont définis aux articles L. 1152-1 et L. 1153-1, ainsi que ceux liés aux agissements sexistes définis à l’article L. 1142-2-1 ; 8I Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle ;

9I Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

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AI-JE MON DUERP ?

Depuis 2001, l’élaboration et l’actualisation d’un document un ique d’évaluation des risques professio nnels est généralisé à toute entreprise, de toute activité, dès lors qu’elle emploie un e(e) salarié(e). Fait sérieusement, il perm et de s’engager dans une stratégie de ma îtrise des risques. Devant un juge, il apporte la preuve de l’engageme nt de l’entreprise.

ET MON RÉFÉRENT ? de son entreQuelle que soit la taille signer un réfédé prise, l'employeur doit travail (article du rent en santé et sécurité vail). Ce référent peut L. 4644-1 du Code du tra se ou appartenir au faire partie de l’entrepri vail inter-entreprises service de santé au tra vention (OPPBTP, ou un organisme de pré IPRP (interveCarsat, Aract) ou être un risques pronant en prévention des auprès ré ist fessionnels) enreg de la Direccte.


BTP I SERVICE I COMMERCE & ARTISANAT I INDUSTRIE I INTERIM

LE CAHIER JURIDIQUE détachable !

Avec ce cahier central, nous abordons les fondamentaux législatifs de la Santé au Travail, tels que définis par le Code du travail et donc, applicables aux entreprises privées. Il s’agit de synthèses qui ne se substituent pas à la lecture des textes originaux.

L’ACTU

Covid-19

Cas avéré et cas contact : que faire en entreprise ?

Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19. Actualisé au 08 avril 2021.

Au regard des obligations de l’employeur, le protocole national sanitaire pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19, édicté par le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a valeur de recommandations (Conseil d’état, référé, 17 décembre 2020, n°446797). À la date où nous publions, ce « Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19 » a fait l’objet de plusieurs actualisations en date du 27 octobre et 13 novembre 2020, 6 janvier, 23 mars et 08 avril 2021. Ci-après, nous nous appuyons sur la version du 08 avril 2021,

qui peut faire l’objet d’actualisations ultérieures, au regard de l’évolution des informations. En l’état, le déploiement de la vaccination antiCovid-19 nous fait apercevoir une sortie de crise, pour le deuxième semestre 2021. Dans l’attente, les « gestes barrières », la « distanciation sociale » et le « contact-tracing » restent d’une cruciale actualité. La présente synthèse reprend ce que l’entreprise doit faire en cas de Covid-19 ou dépistage positif chez un de ses salariés, au regard du protocole national cité supra.

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Source : Protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19, actualisé au 08 avril 2021. ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. Attention ! Ceci constitue une synthèse qui ne saurait se substituer à la lecture du document original.

Covid-19

Personnes symptomatiques et cas contact La prise en charge d’une personne symptomatique Suivre la procédure rédigée préventivement en lien avec le service de santé au travail « Il revient, à l’entreprise, en lien avec le service de santé au travail, de rédiger préventivement une procédure adaptée de prise en charge sans délai des personnes symptomatiques afin de les isoler rapidement dans une pièce dédiée, avec port du masque chirurgical et de les inviter à rentrer chez elles en utilisant si possible un autre mode de transport que les transports en commun et contacter leur médecin traitant. En cas de survenue d’un cas avéré, le référent doit pouvoir faciliter l’identification des contacts par les autorités en charge du « contact tracing », via la réalisation de matrice en s’appuyant sur les déclarations du salarié concerné et son historique d’activité dans l’entreprise. L’utilisation de l’application TousAntiCovid peut en ce sens être utile ». Après la prise en charge de la personne, prendre contact avec le service de santé au travail « Après la prise en charge de la personne, prendre contact avec le service de santé au travail et suivre ses consignes, y compris pour le nettoyage et la désinfection du poste de travail et le suivi des salariés ayant été en contact avec le cas ».

La prise en charge des cas contacts S’organiser pour le « contact-tracing » « Si le cas Covid est confirmé, l’identification et la prise en charge des contacts seront organisées par les acteurs de niveaux 1 et 2 du « contact-tracing » (médecin prenant en charge le cas et plateformes de l’Assurance maladie) ». Prise en charge des « contacts évalués à risque » « Les contacts évalués " à risque " selon la définition de Santé publique France seront pris en charge et placés en quarantaine. Des dérogations peuvent être accordées (professionnels d’établissements de santé ou médico-sociaux ou d’opérateurs d’importance vitale...). Les acteurs du " contact-tracing " pourront s’appuyer sur les matrices des contacts en entreprise réalisées par le référent pour les cas avérés ainsi que, le cas échéant, sur la médecine du travail pour faciliter l’identification des contacts et leur qualification (" à risque " ou " à risque négligeable ") ».

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Covid-19

Personnes symptomatiques et cas contact Qui est cas-contact ? Pour Santé publique France1, la définition du « cas contact » intègre la notion de mesures de protection efficace, durant la durée du contact. Elle repose sur la notion de « Contact à risque » et « Contact à risque négligeable » : En l’absence de mesures de protection efficaces pendant toute la durée du contact : l Contact à risque : Toute personne - Ayant partagé le même lieu de vie que le cas confirmé ou probable ; - Ayant eu un contact direct avec un cas, en face à face, à moins de 2 mètres, quelle que soit la durée (ex. conversation, repas, contact physique). En revanche, des personnes croisées dans l’espace public de manière fugace, même en l’absence de port de masque, ne sont pas considérées comme des personnes-contacts à risque ; - Ayant prodigué ou reçu des actes d’hygiène ou de soins ; - Ayant partagé un espace confiné (bureau ou salle de réunion, véhicule personnel ...) pendant au moins 15 minutes consécutives ou cumulées sur 24 h avec un cas ou étant restée en face à face avec un cas durant plusieurs épisodes de toux ou d’éternuement; l Contact à risque négligeable :

- Toutes les autres situations de contact ; - Toute personne ayant un antécédent d’infection par le SARS-CoV-2 confirmé par amplification moléculaire (RT-PCR, RT-LAMP), test antigénique ou sérologie datant de moins de 2 mois.

l Sont considérées comme des mesures de protection efficaces :

- Séparation physique isolant la personne-contact du cas confirmé en créant deux espaces indépendants (vitre, Hygiaphone®) ; - Masque chirurgical ou FFP2 ou grand public en tissu fabriqué selon la norme AFNOR SPEC S76-001 de catégorie 1 ou masque grand public en tissu réutilisable possédant une fenêtre transparente homologué par la Direction générale de l’armement, porté par le cas ou le contact.

l Ne sont pas considérées comme mesures de protection efficaces :

- masques grand public en tissu de catégorie 2 ; - masques en tissu « maison » ou de fabrication artisanale ne répondant pas aux normes AFNOR SPEC S76- 001 ainsi que les visières et masques en plastique transparent portés seuls. - plaque de plexiglas posée sur un comptoir, rideaux en plastique transparent séparant clients et commerçants.

1-Mise à jour du 21 janvier 2021, susceptible d’actualisation.

LE RÉFÉRENT

LE SERVICE DE SANTÉ AU TRAVAIL

Pour le protocole national : « Un référent Covid-19 est désigné. Dans les entreprises de petite taille, il peut être le dirigeant. Il s’assure de la mise en œuvre des mesures définies et de l’information des salariés. Son identité et sa mission sont communiquées à l’ensemble du personnel ».

Le protocole national précise : « Les entreprises peuvent s’appuyer, pour la définition et la mise en œuvre des mesures, sur les services de santé au travail, au titre de leur rôle de conseil et d’accompagnement des employeurs et des salariés ainsi que de leurs représentants ».

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Covid-19

Les principes généraux de prévention et la Covid-19 Le protocole national, actualisé au 08 avril 2021, pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à l’épidémie de Covid-19, situe le contexte général : « La situation sanitaire rend nécessaire une vigilance constante face à un risque épidémique élevé, comme en témoignent le niveau de circulation important du virus sur le territoire ainsi que l’apparition de nouveaux variants. Il s’agit de mettre en œuvre des mesures permettant la poursuite de l’activité économique et la protection des salariés. Les entreprises mettent en œuvre ces mesures de prévention dans le cadre d’un dialogue social interne et après avoir informé les salariés. Conformément aux principes généraux de prévention en matière de protection de la santé et sécurité au travail, la poursuite de l’activité dans les entreprises et établissements doit conduire par ordre de priorité : n À évaluer les risques d’exposition au virus ; n À mettre en œuvre des mesures de prévention visant à supprimer les risques à la source ; n À réduire au maximum les expositions qui ne peuvent être supprimées ; n À privilégier les mesures de protection collective ; n À mettre en place les mesures de protection des salariés répondant aux orientations du présent protocole ».

À NOTER ! n L’importance du dialogue social dans ses modalités de mise en œuvre. n Les mesures de protection des salariés. n Les dispositifs de protection des salariés. n Les tests de dépistage. n Le protocole de prise en charge d’une personne symptomatique et de ses contacts rapprochés. n La prise de température. n Annexe 1 : Quelques bonnes pratiques à promouvoir dans la gestion des flux de personnes. n Annexe 2 : Nettoyage/désinfection des surfaces et aération des locaux : modalités pratiques. n Annexe 3 : Les masques.

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Pour prendre connaissance du protocole national


Les relais de prévention arrivent…

DOSSIER

- TPE et PME -

- Entreprise lab

ellisée -

Le développement d’une entreprise passe par la santé et la sécurité de ses salariés. Tout le monde est d’accord : des partenaires sociaux aux préventeurs. Pour une TPE ou une PME, se posent plusieurs questions. Quelles compétences sont nécessaires ? Pour quelles disponibilités ? Avec quelle méthode ? Et quels moyens ? Pour y répondre, ASTIL 62 (service de santé au travail de CalaisBoulogne-Le Touquet) met en place « Les relais de prévention ». Christophe Géneau est directeur de l’ASTIL 62 : « C’est un pari sur l’intelligence collective : celle de l’entreprise et celle de son service de santé au travail. En les mettant en synergie, dans une démarche ”gagnant-gagnant ”, l’entreprise gagne en performance. Comme disent les anglo-saxons : penser globalement, agir localement1! Sur le modèle du SIST2 de Narbonne, nous souhaitons proposer les Relais de prévention à nos entreprises adhérentes, dès 2021 ».

DE L’IDÉE… À L’ACTION ! Chargée de projets au sein de l’ASTIL 62, Julie Croquet explique la démarche sur le plan opérationnel : « L’entreprise désigne un référent pour l’ ASTIL 62. Nous le formons sur quatre demi-journées. Puis il crée son espace personnel sécurisé sur une plate-forme d’entraide, où il bénéficie d’un suivi personnalisé de la part de nos experts et d’un partage d’expériences, pour des solutions adaptées ».

ET POUR L’ACTION : TOUS ENSEMBLE ! Christophe Géneau reprend : « Prenons l’exemple de Capécure qui est aussi grand que Rungis, mais dédié aux produits de la mer. Le carrelage doit répondre aux prescriptions de la santé au travail, aux normes vétérinaires, aux conseils de la Carsat, etc. Il faut que l’entreprise ait un conseil approprié, commun à l’ensemble des partenaires. C’est aussi l’ambition de nos relais de prévention ! »

Du côté de Narbonne 200 RELAIS DE PRÉVENTION DÈS LA 1RE ANNÉE.

Le SIST de Narbonne a initié et mis en place les « relais de prévention ». Constat Le SIST est responsable du diagnostic des risques professionnels dans l’entreprise. L’employeur est responsable du Plan d’actions de réduction des risques professionnels de son entreprise. Méthode L’entreprise désigne, en son sein, une personne qui devient « relais de prévention » : Cette personne suit 4 demi-journées de formation : santé et prévention dans l’entreprise, du document unique au plan d’actions, méthode de gestion des accidents du travail, le Lab et l’échange de pratiques. Elle devient « Relais de prévention », avec un espace personnel dédié sur une plate-forme collaborative sécurisée lui permettant d’avoir des conseils directs des experts du SIST, d’échanges en continu sur ses points de progrès, d’un partage d’expérience, pour des solutions. Résultats Avec le réseau « Relais de prévention », l’entreprise conçoit et met donc en œuvre son Plan d’actions de prévention Pluriannuel, en bénéficiant d’un accompagnement « premium », permanent et personnalisé.

1- « Think global, Act local ». 2- Service interentreprises de santé au travail.

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DOSSIER

La Fiche d’entreprise :

une opportunité !

Elaborer et actualiser la fiche d’entreprise peut être vécu comme une tâche administrative. Attention ! C’est une grave erreur ! Car, c’est surtout l’opportunité d’un dialogue avec l’employeur et les salariés, en dehors de tout problème à résoudre. Pour le service de santé au travail, cela permet de connaître l’entreprise. Pour l’entreprise, cela permet de bénéficier d’une expertise neutre et indépendante. La preuve avec le CEDEST, santé au travail du littoral dunkerquois et des Flandres maritimes.

Damien Burette,

Dr Sylvie Gressier

Technicien hygiène sécurité, CEDEST

Médecin du Travail, CEDEST

« Mon expérience professionnelle est au service des entreprises ». Après 20 ans passés sur des chantiers tels que le tunnel sous la manche, Damien Burette a travaillé pour les travaux publics, l’agroalimentaire, la sidérurgie et nombre d’activités industrielles. Depuis 2017, il a intégré le CEDEST. « En tant que support externe à l’entreprise, nous partageons avec elles connaissances, expériences et compétences, pour identifier des solutions. Actualiser la fiche d’entreprise, c’est s’inscrire dans cette dynamique. Quoi de commun, par exemple, entre un restaurant, un atelier de soudage, un artisan du bâtiment ? Avoir des clients et les garder ! En identifiant les points positifs et les points de vigilance, la fiche d’entreprise et le DUERP1 y concourent. Car maîtriser les risques, c’est éviter des aléas préjudiciables, en faisant les bons investissements de prévention. On a réussi quand des employeurs et des salariés nous disent ” Merci ! ". Et cela nous arrive ! C’est alors très gratifiant. Car, c’est notre raison d’être ». 1-Document unique d’évaluation des risques professionnels, obligatoire dans toute entreprise dès lors qu’elle compte un salarié(e).

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« En tant que médecin du travail, le suivi des TPE et PME est au cœur de notre attention. Leur fiche d’entreprise n’est pas " un simple état des lieux " ! Elle ouvre un dialogue en dehors de tout problème à résoudre. C’est très important. C’est un moment fort, qui croise l’expertise de mon équipe de santé au travail avec celles de l’employeur et du(des) salarié(s). Elle contribue donc à la relation de confiance, qui est nécessaire entre nous tous. Avec les assistants(es) de santé au travail et les techniciens Hygiène et sécurité du CEDEST, qui vont en entreprise pour la Fiche d’entreprise, j’ai des temps d’échange importants. Quand je reçois un salarié en consultation de santé au travail, je visualise avec lui les situations de travail : cela contribue à un dialogue personnalisé et constructif. Pour l’entreprise, c’est une valeur ajoutée pour sa démarche obligatoire d’évaluation des risques professionnels. La fiche d’entreprise est de ma responsabilité et me permet de tracer mes actions de conseils en termes de prévention. Le document unique d’évaluation des risques professionnels engage la responsabilité professionnelle de l’employeur. Ces deux outils de traçabilité doivent être en cohérence »

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TREPRISE ECONOX Fabricant de Mobilier urbain & Chaudronnerie

DOSSIER

FICHE EN

46 salariés Christophe Demassiet, fondateur et dirigeant Laëtitia Vandaële, chargée de missions RH/QHSE, C.OR.S.E.I.R BIERNE

Le “+” Fiche d’entreprise = outil de dialogues

SANTÉ AU TRAVAIL DU DUNKERQUOIS (CEDEST)

Econox : « l’écologique industrielle » ! En 2012, Econox est une chaudronnerie qui répond à la demande d’un client : concevoir et fabriquer « sur mesure » des containers de collecte. En 2020, plus de 15 000 mobiliers de collecte Econox sont installés en France et en Europe (textiles, verre, papier, livres, archives de bureau, …), pour des professionnels du recyclage, des associations d’insertion par le tri, des collectivités territoriales, des bailleurs sociaux, des entreprises, etc. Vous avez donc déjà croisé un container Econox ! A l’écoute de ses clients, Econox développe actuellement des bornes de collecte de masques usagés avec distributeur intégré de gel hydro-alcoolique… Basés à Bierne, près de Dunkerque, les 46 salariés d’Econox ont un savoir-faire unique. Acteur de l’économie circulaire au service de projets économiquement et écologiquement viables, le groupe Econox comprend quatre entités hautement synergiques : n Econox production : réalisation de mobiliers urbains en métal. n Econox Innovation : développement de solutions pour les promoteurs immobiliers et les bailleurs sociaux. n Econox environnement : commercialisation des productions. n AD Coup by Econox : conception et fabrication de pièces métalliques (acier, inox, alu et électrozingué) en petite, moyenne ou grande série, avec découpe laser-pliage- assemblage-soudage. Fondateur et dirigeant d’Econox, Christophe Demassiet explique : « Petit à petit, on a pris conscience que la problématique déchets devenait un enjeu majeur. Avec cet enjeu se posait aussi la question de l'environnement, de l'éthique, ou encore du bien-être au travail parmi d'autres. »

LA FICHE D’ENTREPRISE : UNE VALEUR AJOUTÉE ! Laëtitia Vandaële est chargée de missions RH/QHSE chez C.OR.S.E.I.R., émanation de l’UIMM Flandre maritime pour le conseil en ressources humaines, sécurité au travail et formation. « Chez Econox, la santé et la sécurité au travail reposent sur une volonté forte de l’entreprise. Pour moi la fiche d’entreprise que doit réaliser le CEDEST est un outil qui entre dans la démarche globale d’améliorations continues d’Econox. À ce titre, son élaboration ou son actualisation nous permet de bénéficier d’un regard extérieur et d’une expertise supplémentaire, pour l’évaluation des risques. Grâce à l’élaboration de la fiche d’entreprise, le CEDEST connaît mieux l’entreprise adhérente : c’est donc un plus pour le suivi de santé au travail des salariés ». Quand le Dr Sylvie Gressier, médecin du travail au CEDEST et Damien Burette, technicien hygiène sécurité au CEDEST, ont informé Econox qu’ils allaient actualiser leur fiche d’entreprise, il était évident pour Laëtitia Vandaele que c’était « gagnant-gagnant, car au-delà de l’évaluation, c’est le plan d’action à mener en commun qui est important ! ».

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CCAS Centre communal d’action sociale 120 salariés

DOSSIER

Joël Ferri, Jean-Christophe Ternaux, assistant ressources humaines CARVIN SANTÉ AU TRAVAIL DE L’ARTOIS (ACTION SANTÉ TRAVAIL)

La suite : La méthodologie

- Fiche d’entreprise, document unique -

Des tremplins pour le progrès ! Placé sous la présidence de Philippe Kemel, maire, le Centre communal d’action sociale de Carvin est un établissement public, agissant en transversal avec les services de la ville. A ce titre, le CCAS de Carvin est gestionnaire d’un service d’aide à domicile. Depuis 2019, il s’est engagé dans une démarche continue, volontariste et participative d’amélioration des conditions de travail. Pour cela, il a fait appel à son service de santé au travail : ACTION SANTÉ TRAVAIL. 120 Salariés sont concernés, dont 90 en aide à domicile sur 300 lieux de travail différents ! Certifié Afnor, le CCAS mène des actions de prévention et d’accompagnement social et médico-social. « Quand une situation se dégrade, il faut saisir l’opportunité de renverser la tendance ! », situe d’emblée Joël Ferri, directeur. « L’aide au domicile est une filière en souffrance et en évolution. Nous intervenons au domicile des usagers, sous de multiples contraintes. En mai 2019, nous nous sommes rapprochés de la santé au travail pour bénéficier de leur regard extérieur et de leur expertise neutre et expérimentée ». En mai 2019, le président et le Conseil d’administration ont donné "carte blanche aux équipes ". En novembre 2020, une délibération a adopté le plan d’amélioration des conditions de travail, qui fait l’objet d’un suivi régulier.

LA PLUS-VALUE D’ACTION SANTÉ TRAVAIL Fanny Schneider est assistante santé travail à ACTION SANTE TRAVAIL : « Nous avons actualisé notre fiche d’entreprise et nous les avons aidés à faire leur document unique. Résultat : nous partageons une vision globale. Nous avons défini quatre unités de travail : Domiciles avec manipulation d’usagers, domiciles sans manipulation d’usagers, administratifs, nettoyage des locaux. Puis, une analyse participative des situations de travail a permis de définir et partager des priorités ». Pour Anne Doublet, médecin du travail d’ACTION SANTÉ TRAVAIL : « Réussir un tel accompagnement repose sur un travail d’équipe. En recevant les salariés, j’écoute leur ressenti et j’apporte une expertise médicale. En échangeant avec Fanny, j’intègre 22

l’observation des situations de travail. Cette collaboration directe et franche, est exemplaire ».

UNE CLÉ DE RÉUSSITE : PARTICIPATION ET DIALOGUES « Nous avons mis en place huit groupes de travail thématiques, avec un comité de pilotage réunissant les représentants du personnel et notre médecin du travail. Nous avons organisé une approche de type "Vis ma vie" : des collègues ont passé une journée avec un autre collègue d’un autre métier. Chacun a pu écouter, regarder, prendre conscience, s’exprimer. C’est la richesse des regards croisés ! », complète Joël Ferri. Pour Jean-Christophe Ternaux, assistant ressources humaines : « Dans un climat de confiance, gage de succès, nous avons classifié les risques en fonction de leur fréquence et leur gravité. Pour définir des priorités, voire des urgences ! Avec un objectif commun : produire un plan d’actions ».

SIX AXES DE PROGRÈS Aujourd’hui, six axes de progrès font l’objet de restitutions régulières en Conseil d’administration. « Nous sommes mobilisés sur six actions concrètes : la formation d’ "animateurs risques professionnels", la maîtrise des niveaux sonores dans nos locaux, l’approche des RPS, la formation aux risques routiers, la maîtrise des risques chimiques, la prise en compte des agressions et du harcèlement », conclut Joël Ferri.

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INVESTIR & AGIR

Covid-19

Les difficultés psychologiques et mentales : une réalité Le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion attire régulièrement l’attention sur l’importance de la prévention des risques psychologiques en milieu professionnel et l’accompagnement des salariés des entreprises, face à l’épidémie de Covid-19. Il s’appuie notamment sur les résultats des vagues d’enquête CoviPrev de Santé publique France, qui démontrent une nette dégradation de la santé mentale des Françaises et des Français. Le monde du travail est impacté par cette dégradation de la santé mentale. Le ministère du Travail précise, sur son site : « La crise sanitaire modifie en effet de manière significative l’organisation du travail pour les salariés, qu’ils soient en télétravail ou continuent de travailler sur site. Cela peut avoir des conséquences sur leur santé mentale et le fonctionnement des entreprises (conflits en hausse, absentéisme, turn-over, rendements en baisse, etc.) ». Un guide pratique national… Considérant que « les managers sur le terrain, notamment dans les TPE et PME, sont en première ligne pour

veiller à la qualité de vie au travail, prévenir les facteurs de risques liés à l’organisation des équipes et accompagner les salariés qui éprouvent des difficultés psychologiques », le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a demandé à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) de réaliser un guide pratique, qui a pour objectif de recenser les outils et mesures pouvant être mises en place pour prévenir les difficultés et agir lorsqu’elles surviennent.

bénéficient d’un réseau d’intervenants spécialisés en santé au travail. Il s’agit des équipes de médecin et infirmier du travail, intervenant en prévention des risques professionnels, techniciens et ingénieurs HSE, ergonomes, psychologues du travail, qui les accompagnent au quotidien dans les services de santé au travail. Consulter le guide pratique

Des conseils de proximité ! N’oublions pas que les entreprises

- L’enquête CoviPrev Depuis le début de la crise sanitaire, Santé publique France réalise, avec BVA, une enquête de suivi de la santé mentale (bien-être, troubles) et de l’évolution des comportements (gestes barrières, confinement, consommation d’alcool et de tabac, alimentation et activité physique). Cette veille est réalisée en population générale sur une méthodologie rigoureuse d’échantillonnages. Elle apporte des résultats, actualisés au fil des vagues successives d’enquête, tant aux niveaux nationaux que régionaux. Les résultats de la vague 22 (15-17 mars

2021) font ressortir les éléments suivants : n 20 % des français souffrent d’un état dépressif (+ 10 points par rapport au niveau hors épidémie) n 21 % des français souffrent d’un état anxieux (+ 7,5 points par rapport au niveau hors épidémie) n 65 % des français déclarent des problèmes de sommeil au cours des 8 derniers jours (+ 16 points par rapport au niveau hors épidémie) n 9 % des français ont eu des pensées suicidaires au cours de l’année (+ 4 points par rapport au niveau hors épidémie)

Pour Santé publique France : « La situation épidémique et les mesures prises pour la contrôler affectent de façon importante la santé mentale de la population, en particulier en termes de symptomatologie anxiodépressive ».

Coviprev

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09 23 03


ZOOM SUR

ASMIS et risque chimique

L'intervention du toxicologue en santé au travail Les produits chimiques sont partout. Parmi tous ces produits, il faut repérer les ACD (Agents Chimiques Dangereux), que l’on soit dans une petite ou une grande entreprise. De la réception au stockage, de l’utilisation à l’élimination, il faut maîtriser le risque. Mais le risque chimique est souvent méconnu, invisible et sans odeur ! Il faut donc pouvoir consulter un spécialiste : le toxicologue. Service de santé au travail de la Somme, l’ASMIS met à disposition de ses 10 000 entreprises adhérentes des prestations d’étude et de conseils face au risque chimique, grâce à Vincent Aubert, toxicologue.

interventions concerne des industries manufacturières, des entreprises de construction et des entreprises ayant des activités spécifiques et techniques. 30 % sont des entreprises de 6 à 49 salariés, 30 % de 50 à 200 salariés, 30 % au-delà de 200 salariés.

Vincent Aubert, toxicologue

Docteur en Chimie moléculaire, Vincent Aubert débute sa carrière par la Recherche et le Développement, comme chargé de projet en chimie, en électronique moléculaire ainsi qu'en peinture. Puis il est responsable "substances chimiques" dans le secteur automobile : conformité à la réglementation, maîtrise du risque, formation-information des salariés. Il rejoint l'ASMIS en 2019, comme toxicologue.

?

Dans quelles entreprises intervenez-vous

J’interviens auprès des entreprises adhérentes de l’ASMIS. De toute taille et de toute activité. 80 % de mes 24

?

Pour quelles prestations

J’apporte des prestations de conseils pour la maîtrise du risque chimique, en liaison étroite avec le médecin du travail qui suit l’entreprise. Je peux faire un état des lieux à distance comme une analyse des Fiches de Données de Sécurité, grâce notamment au logiciel Toxilist, application collaborative unique partagée entre plusieurs services de santé au travail en France. Ceci permet un « diagnostic théorique », qui identifie les risques et dangers intrinsèques aux produits et substances entrant dans l’entreprise. Je peux aider à une « action de prévention sur place ». Je me rends alors dans l’entreprise pour analyser et évaluer une ou plusieurs situation(s)

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de travail. Ceci permet d’initier ou de compléter des actions de prévention, grâce à des préconisations adaptées au risque. Les deux approches sont hautement complémentaires.

Vos procédures sont-elles standardisées ? Comment aider l’entreprise

?

Oui, au niveau de la procédure globale pour respecter la rigueur scientifique dans le diagnostic d’une situation. Par contre, le dialogue et l’accompagnement sont toujours personnalisés. Chaque entreprise est différente. Je m’adapte à chacune, en fonction de sa taille, de son organisation, de sa culture « prévention » et… de ses moyens. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, il nous arrive de l’orienter vers les aides financières de la Carsat. Dans une grande entreprise, nous apportons une expertise et un regard neuf, complémentaire de ses ressources propres. La restitution des résultats est toujours un moment primordial. Il ouvre des perspectives de solutions, le cas échéant.


ZOOM SUR DSSP Contoire-Hamel

De la vue d’ensemble… à l’approche terrain !

Spécialisé dans l’emballage carton, de la fabrication au recyclage, DS Smith est un groupe présent dans plus de 30 pays. Son activité est stratégique pour l’avenir de nos sociétés, au moment où l’emballage papier et carton devient un substitut obligé des plastiques, dans un enjeu de développement durable. Sur le site de Contoire-Hamel, près de Montdidier, 245 salariés recyclent des vieux papiers pour en faire du carton ondulé. Celui-ci est alors façonné en différents emballages destinés à l’agro-alimentaire. Le partenariat avec l’ASMIS permet une évaluation précise et partagée du risque chimique.

Elodie Declercq est responsable Sécurité/ Hygiène/Environnement pour DS Smith Packaging à Contoire-Hamel : « Notre médecin du travail de l’ASMIS, le Dr Valérie Piedecoq, nous a proposé un point sur la gestion du risque chimique, grâce à l’expertise et l’intervention de son collègue Vincent Aubert, toxicologue. Dans un premier temps, nous avons réalisé une analyse de toutes les Fiches de données de sécurité. Cela nous a donné une vue d’ensemble exhaustive. Avec deux points de vigilance : l’absence de caractérisation en CMR d’une substance entrant dans la composition

d’un produit, l’existence de valeurs limites d’exposition pour d’autres substances. Dans un deuxième temps, nous réalisons ensemble des visites des différents secteurs de l’entreprise. Nous avons ainsi réalisé une « approche terrain » au niveau de l'atelier d'impression, où nous utilisons déjà des encres aqueuses répondant aux dernières normes. Nous sommes attentifs aux conditions réelles d’utilisation des produits et la parfaite adéquation des moyens de protection. Toutes ces démarches et ces études font l’objet de restitution en CSE, dans le cadre du dialogue social. Actions de prévention « à la source », information et formation du personnel sont des priorités que nous mettons en œuvre dans le cadre de ce partenariat privilégié avec l’ASMIS ».

Picardie Chrome dur

L’expertise du toxicologue : pour les TPE aussi ! Implantée à Camon, près d’Amiens, Picardie Chrome Dur est spécialisée en traitement de surfaces mécaniques et hydrauliques, chromage dur et polissage, rectification cylindrique. Elle travaille sur pièce neuve ou en réparation pour l’hydraulique, l’imprimerie, les travaux publics, les machines-outils, la mécanique générale, et les secteurs auto-moto. La protection de la santé de ses six salariés, et de l’environnement, est au cœur de préoccupations quotidiennes d’Etienne Henrion, gérant. Le Dr Christine Meulebrouck, médecin du travail à l’ASMIS, assure le suivi médical renforcé des salariés ; son collègue Vincent Aubert, toxicologue à l’ASMIS, conseille Etienne Henrion, pour la maîtrise du risque à la source.

Etienne Henrion a repris Picardie Chrome Dur en 2008. Que de chemin parcouru en 13 ans ! « Grâce à des investissements permanents, j’ai revu toute l’organisation de la société, ainsi que ses processus de fabrication. Nous travaillons avec de nombreuses contraintes : sanitaires, environnementales, économiques. Avec des normes et des règlementations qui évoluent sans cesse... Et nous restons à la pointe de la protection de la santé et de l’environnement. Par exemple, nous ne sommes que deux ou trois en France à avoir une tour de lavage avec variation des aspirations. Avec Vincent Aubert, nous sommes en dialogue permanent. Ses compétences de toxicologue nous sont très précieuses. Nous faisons régulièrement le point sur les équipements de protection individuelles. Nous surveillons, en collaboration avec la Carsat, les niveaux atmosphériques

de différentes substances, en situation réelle de travail. Nous échangeons sur les choix de process, notamment au niveau des bains de trempage. Nous réfléchissons ensemble sur les dispositifs de filtration et d’aspiration. Maintenir en vie une entreprise comme la mienne, essentielle pour de nombreux secteurs d’activité, c’est répondre en permanence à toutes ces préoccupations de santé, tout en préservant nos clients ».

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ENVIRONNEMENT & TECHNIQUE

Entreprises de moins de 50 salariés

Les offres de l’Assurance maladie – risques professionnels Pour diminuer l’impact sur la santé et optimiser la performance des entreprises, l’Assurance maladie - risques professionnels enrichit ses offres de prévention. Elle propose une nouvelle démarche en ligne : Risques Chimiques Pros. Elle renouvelle son programme TMS Pros à travers une approche adaptée aux secteurs les plus touchés. L’Assurance maladie - risques professionnels est la branche de la Sécurité sociale en charge des « Accidents du travail et maladies professionnelles » (AT/MP). Avec son réseau de caisses (CPAM, Carsat, Cramif et CGSS), elle exerce trois missions interdépendantes : n elle indemnise et accompagne toutes les victimes de maladies et d’accidents liés au travail ; n elle fixe les taux de cotisations des entreprises ; n elle œuvre sur le terrain pour prévenir les risques professionnels. Elle prend également à son compte les actions de prévention des travailleurs indépendants et gère le compte professionnel de prévention.

Risques Chimiques pro : Deux nouvelles subventions Deuxième cause de maladies professionnelles en France, les risques chimiques sont présents dans tous les secteurs d’activité. Risques Chimiques Pros permet aux entreprises d’évaluer les risques et d’engager des actions de prévention. Notamment dans les secteurs les plus concernés : ateliers de réparation automobile, bâtiment et travaux publics, centres de contrôle technique, mécanique et usinage, menuiserie et métiers du bois, soins et analyses. L’Assurance maladie - risques professionnels propose à compter du mois de mars 2021 deux nouvelles Subventions Prévention TPE : Risques Chimiques Pros Équipements et Risques Chimiques Pros Peinture en Menuiserie. Ces subventions viennent en complément des deux subventions déjà existantes : Airbonus pour les centres de contrôle technique et les ateliers de réparation, et Soudage + sûr. Les subventions correspondent à 50 ou 70 % du montant de l’investissement réalisé par les entreprises pour acquérir matériels ou équipements. Elles sont plafonnées à 25 000 euros hors taxes. 26

TMS Pros : En adéquation avec les secteurs les plus touchés Les troubles musculosquelettiques, incluant le mal de dos, constituent 88 % des maladies professionnelles reconnues en France. Chaque année, 70 000 accidents du travail sont liés à la manutention avec au moins 4 jours d’arrêt de travail. Quelques secteurs d’activités concentrent l’essentiel de ces TMS : aide et soin à la personne, BTP, grande distribution, industrie agroalimentaire, industrie métallurgique, propreté, transport logistique. Les TMS peuvent avoir un fort impact sur les performances et la pérennité de l’entreprise : dégradation de la qualité de vie, douleurs répétées, perte de capacité, handicap, risque de désinsertion, inaptitudes, difficulté d’évolution professionnelle. Créée en 2014, TMS Pros a déjà permis à 6 500 entreprises accompagnées de mettre en place un plan d’actions. Entre 2014 et 2017, l’indice de fréquence (nombre de maladies professionnelles liées aux TMS déclaré pour 1 000 salariés) est passé de 6,8 à 5,9. TMS Pros est ouverte à toute entreprise souhaitant prévenir durablement les TMS de ses salariés. Pour cette nouvelle phase du programme, 7 850 établissements ont été identifiés et seront accompagnés par les Caisses d’assurance retraite et de santé au travail (Carsat).

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INTERVIEW Le 24 octobre dernier, Philippe Amouyel, professeur de santé publique et d’épidémiologie au Centre Hospitalier et Universitaire de Lille, publiait une tribune dans le Journal du Dimanche : " Covid-19 : Pour un confinement éco-compatible ". Il conseillait un confinement en dehors des heures de travail. Pour atteindre un double objectif : maintenir l’activité économique et réduire la circulation du virus dans la vie privée. L’homme est rigoureux. Ses recherches font autorité à travers le monde. Ses propos ne sont donc pas passés inaperçus. Il a accepté de partager quelques réflexions avec les lecteurs d’Entreprise & Santé.

Philippe Amouyel

professeur de santé publique et d’épidémiologie, CHU de Lille

Covid-19 : vers la sortie de crise ? Un an après le confinement du printemps 2020, avonsnous une perspective de sortie de crise en 2021 ? Philippe Amouyel : « La réponse est simple : Oui ! Pour être plus précis : on peut s’en sortir complètement, ou s’en sortir partiellement. Complètement, c’est à dire sans gestes barrières. Partiellement, c’est à dire en maintenant les gestes barrières. Pour y parvenir, nous avons trois objectifs simultanés : réduire la circulation du virus, baisser le niveau de contamination, vacciner. Nous partons de haut : aujourd’hui, nous sommes à 40 000 personnes détectées par jour, c’est à dire positives au test PCR. Soit 8 fois le seuil de 5 000, attendu mais jamais atteint, en décembre dernier pour sortir du second confinement. Ce seuil n’est pas le fruit du hasard : c’est celui en dessous duquel, d’une part les capacités de réanimation ne sont pas débordées et, d’autre part

le suivi des cas positifs est possible. A 40 000 cas positifs détectés par jour : la "réa" est débordée, le suivi ou "tracing" est trop lourd pour être efficace. » Comment réduire la circulation du virus ? Philippe Amouyel : « La circulation du virus se mesure avec le coefficient de reproduction. Au niveau d’une population, c’est le nombre moyen de personnes qu’un porteur de virus contamine, avec ou sans symptôme, durant la période où il est contagieux. En décembre 2020, une personne contagieuse contaminait en moyenne trois personnes. L’objectif est grâce aux différentes mesures de lutte contre l’épidémie (mesures barrières, dépistage, vaccination) de redescendre en dessous d’une personne contaminée par personne contagieuse qui entraine le ralentissement puis l’arrêt de la circulation du virus. En janvier 2021, le

variant " anglais " est arrivé : il est 40 à 60 % plus contagieux. Aujourd’hui, une personne contagieuse contamine donc en moyenne quatre personnes, voire cinq. Le confinement vise à réduire le nombre de contacts entre les gens. Les gestes barrières visent à éviter la transmission du virus, lors de contact. Attention ! Les gestes barrières, ce sont quatre mesures prises simultanément : le masque correctement porté, le lavage régulier des mains, l’aération des locaux, la distance de 1m50 à 2 mètres entre deux personnes. Si une de ces quatre mesures n’est pas appliquée, le virus passera plus facilement à travers la barrière. Il faut aussi baisser le niveau de contamination… Philippe Amouyel : « Oui ! Absolument ! Et pour cela, il faut isoler les personnes positives au test de dépistage. Quand on détecte

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INTERVIEW

Nous avons trois objectifs simultanés : réduire la circulation du virus, baisser le niveau de contamination, vacciner 40 000 personnes positives au laboratoire, au moins 80 000 personnes sont sans doute positives dans la population. Car il faut ajouter les personnes qui n’ont pas fait le test, tout en étant porteuses du virus… La seule façon de connaître le nombre exact de cas positifs dans une population, c’est de faire un dépistage massif. Pour moi, il faut aussi faire confiance aux gens et leur répéter : « si vous êtes positifs, vous faites attention, vous restez prudents ». Autour de Noël 2020, nous faisions 3 millions de tests par jour supplémentaire, et nous n’avons pas eu de pics. C’était la stratégie « des gens responsables ». Aujourd’hui, nous avons les tests salivaires, que chacun peut faire tout seul. La France a enfin homologué ces tests salivaires1, mais nous devons les faire avec le pharmacien… En comparaison, chaque anglais a reçu gratuitement cinq tests salivaires chez lui à faire tout seul! L’idée est simple : si chacun peut faire son test salivaire à la maison, chacun peut donc contacter son médecin si le résultat est positif. Cela permet de prendre en charge et d’isoler très tôt les personnes

positives et contagieuses. Il faut faire confiance aux gens, pour s’en sortir ! C’est ma conviction. » Le troisième levier, c’est donc la vaccination ? Philippe Amouyel : «Effectivement. La vaccination permet d’augmenter le nombre de personnes qui, en cas de contamination, ne feront pas une forme grave de la maladie d’une part, et ne transmettront pas le virus, d’autre part. Aujourd’hui, au printemps 2021, on estime que 15 à 20 % de la population, en France, aurait été contaminée par le virus Sars-Cov-2, dont moins de la moitié aurait été dépistée. Ces personnes sont immunisées et donc protégées. Vacciner, c’est augmenter le nombre de personnes immunisées sans devoir subir les complications de la Covid-19, jusqu’à ce que la circulation du virus et le niveau de contamination chutent à un niveau acceptable pour que nous puissions créer tous ensemble une immunité collective qui nous protège durablement. En raison de la haute infectiosité du variant anglais majoritaire en France, il faut, pour cela atteindre

1-Cette homologation a eu lieu le 11 mars 2021. 2-Depuis le 26 mars ce vaccin s’appelle « Vaxzevria ».

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90 % de personnes immunisées dans la population, soit vacciner plus de 70 % des adultes. En regardant ce qui se passe à l’étranger dans la pays les plus en avance sur la vaccination, on dépasse très difficilement ce seuil. Pour l’atteindre, il faudrait vacciner 90 % des plus de 65 ans dans un premier temps et 70 % des 18-65 ans dans un deuxième temps. Attention : dans ce cas le virus continue de circuler chez les 20 millions de jeunes de moins de 18 ans non vaccinés. Sans doute, faudra-t-il élargir la vaccination aux 15-18 ans, dans un troisième temps. Cela demandera biensûr une réflexion préalable. » Mais alors… il nous faut des vaccins ! Des millions de doses… Philippe Amouyel : «Il nous faut continuer à progresser ! Les objectifs sont clairs : 10 millions de personnes vaccinées à la mi-avril, 20 millions à la mi-mai, etc. Pour s’en sortir, il n’y a pas d’autres solutions. Effectivement, tout dépend aujourd’hui de l’arrivée des doses de vaccins, tout en tenant compte de l’efficacité de distribution


INTERVIEW

Au sein des entreprises, les protocoles sanitaires sont globalement respectés, autant par les employeurs que les salariés. Il faut le reconnaître et d’administration de ces vaccins et de l’acceptabilité dans la population. L’AstraZeneca2 est désormais réservé en France aux plus de 55 ans, il se conserve dans un réfrigérateur classique et peutêtre administré facilement au cabinet du médecin, en pharmacie ou en entreprise. Le « Johnson and Johnson » arrive à la mi-avril : il s’administre en une seule injection. Il se conserve également avec un réfrigérateur classique. C’est un vaccin particulièrement adapté pour les populations qui sont difficiles à voir deux fois, à quelques semaines d’écart. Il y a toujours le Pfizer et le Moderna, qui requièrent des conditions de conservation et de stockage à moins 80° et une utilisation dans un délai très court une fois décongélés. Le vaccin allemand Curevac devrait être homologué en juin. Il y a donc de réelles perspectives, avec plusieurs vaccins, d’atteindre l’immunité collective, en France, au 2d semestre 2021.»

BIOGRAPHIE EXPRESS

Philippe Amouyel

En fait… tout ceci démontre l’importance de la prévention ! Philippe Amouyel : « Il nous faut l’admettre et le reconnaître : au XXIe siècle, la prévention reste incontournable. On l’avait déjà compris avec la tuberculose au début du XXe siècle, même si la découverte de la Rifampicine a été un progrès pour le traitement. La quasi-disparition de la tuberculose est surtout liée au progrès socio-économiques et à l’hygiène. La tuberculose reste présente chez les populations précarisées et fragilisées. La prévention est d’une cruciale actualité… Ce nouveau virus le prouve !» Et pour le monde du travail ? Philippe Amouyel : « Tout d’abord, au sein des entreprises, les protocoles sanitaires sont globalement respectés, autant par les employeurs que les salariés. Il faut le dire et le reconnaître. D’autant plus qu’il faut aussi continuer ationale, Philippe Médecin de renommée intern d’Epidémiologie et Amouyel est professeur ntre Hospitalier et de Santé Publique au Ce ige une unité de Universitaire de Lille. Il dir à l’épidémiologie recherche de l’Inserm dédiée ssement (maladies des maladies liées au vieilli eimer). Il a créé le cardiovasculaires et d’Alzh talz dont l’objectif laboratoire d’excellence Dis tégies innovantes est le développement de stra isciplinaire de la pour une approche transd l’auteur de plus maladie d’Alzheimer. Il est es dans des revues de 800 articles scientifiqu internationales. l’Institut Pasteur De 2002 à 2011, il a dirigé dirige la Fondation de Lille, et depuis 2008, il niveau national la Alzheimer qui soutient au prévention. recherche, l’innovation et la

de travailler : on ne peut pas arrêter la vie économique. C’est impossible. En plus, les lieux de travail, dès lors que les protocoles sont respectés, ne sont pas des lieux de contamination massifs. Le développement du télétravail va considérablement modifier nos habitudes de travail et l’organisation des entreprises. Enfin, les entreprises et leurs services de santé au travail démontrent leurs capacités à vacciner, dans une relation de proximité et de confiance. Il faut comprendre les hésitations de nos concitoyens, face à cette vaccination. Et le monde du travail, avec les équipes de santé au travail, avec les médecins du travail, est propice à un dialogue personnalisé dans cette démarche de vaccination. C’est l’une des conditions de sa réussite. »

side l’Initiative de Au niveau européen, il pré la recherche sur sur e Programmation Conjoint qui regroupe es ativ les maladies neurodégénér e dans un rali ust l’A et 30 pays dont le Canada de lutter afin iale nd effort de recherche mo Philippe ies. lad ma ces plus efficacement contre ndial de Mo il nse Co Amouyel est membre du . la Démence créé par le G7 agé avec le service Depuis un an, il s’est eng ige au CHU de dir de santé publique qu’il tégies de santé stra Lille dans la définition de alertant sur la en n, publique et de préventio ne troisième d’u is pu survenue d’une deuxième . -19 vague épidémique de Covid

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Consulter le rapport

AUX ALENTOURS

Société

Du côté de l’égalité femmes-hommes Comme chaque année, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, publie les chiffres clés de l’égalité. Le rapport « Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes – Chiffres clés- Édition 2020 » est disponible. Il observe les données disponibles tant dans la sphère privée que la vie publique (ex. foyer, vie professionnelle, culture, sport, etc.). Cette nouvelle édition s’intéresse notamment à l’impact de la crise sanitaire sur ces inégalités. A noter que de nombreux observateurs considèrent que cette crise retarde les progrès vers l’égalité d’une génération ! Dans l’éditorial de cette édition 2020, Elisabeth Moreno, ministre déléguée auprès du Premier ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, écrit : « j’ai souhaité faire un focus sur l’impact de la crise sanitaire sur les femmes et les hommes, dans leur vie professionnelle, mais aussi dans

l’articulation qu’elles et ils ont dû trouver entre l’exercice de leur métier et leur vie personnelle et familiale complètement bouleversée. Pendant cette période inédite, les violences intrafamiliales et conjugales ont fortement augmenté, révélant ainsi clairement une situation que nul ne saurait accepter ».

Des écarts de salaires persistants

Des métiers féminisés aux avant-postes de la crise sanitaire

*y compris chefs d’entreprise salariés Champ : France hors Mayotte, salariés en EQTP du secteur privé et des entreprises publiques, y compris bénéficiaires de contrats aidés et de contrats de professionnalisation. Sont exclus les apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers employeurs. Source : Insee, Déclarations annuelles de données sociales (DADS), Édition 2020

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ACTU

Réservés aux adhérents de l’ASMIS

Conférences en ligne

gonomie & Télétravail" : Les 25 et 26 mai de 9 h à 10 h 30 "Er

TMS, l’ASMIS vous propose ail à la maison peut être source de collaborateurs. trav le que e Parc r. aille trav bien r ail et celui de vos Bien s’installer pou aider à aménager votre poste de trav une conférence en ligne pour vous

ation des Risques Professionnels" : valu d’E e iqu Un nt me ocu "D Le 30 h Les 29 et 30 juin de 9 h à 10 s

-vis de la Covid-19. L’Asmi risques et intégrer vos obligations vis-à vos enir els. prév r pou ble rna ntou d’évaluation des risques professionn Une démarche inco s informer sur le document unique vou de afin e lign en nce fére con propose une abordés : Les thèmes suivants sont notamment prévention : intérêts et enjeux. de e • S’inscrire dans une démarch nt unique d’évaluation des risques. • Les étapes de réalisation du docume P-online. • L’outil d’évaluation des risques EVR t Inscription sur : formations@asmis.ne

21 : Semaine pour la qualité de vie au travail 20

« Travailler ensemble »

juin L’édition 2021 se tiendra du 14 au 18 ». sur le thème « Travailler ensemble dévoilé Le programme des événements sera . le 5 mai sur le site semaineqvt.anact.fr Voir le détail

Source : anact.fr

#SECURITEROUTIEREAUTRAVAIL

Les journées de la sécurité routière

travail Les Journées de la sécurité routière au se tiendront du 17 au 21 mai 2021.

ion au risque routier Retrouvez des outils de sensibilisat es en place à l’occasion et des exemples d’initiatives déjà mis sûre, des journées qui rendent la route plus sur le site securite-routiere.gouv.fr Source : securite-routiere.gouv.fr

Voir le détail

Contact : entrepriseetsante@nordnet.fr Les éditions de l’encre vive Tél. 03 20 14 07 77 Directeur de publication : Jean-François Lescart Conception et Réalisation : Méthodes et Médiation – Lille Responsable de rédaction : Dr Matthieu Méreau Méthodes et Médiation - Lille Coordinatrice d’édition : Nathanaëlle Debaene Méthodes et Médiation – Lille Rédaction : Dr Matthieu Méreau

Comité de rédaction : Alain Cuisse, Francine Lemonnier, Damien Vandorpe, Dr Alain Moniez Relecture scientifique : Bernard Fontaine Correctrice : Christine Bayart Création et mise en page : HOLI - www.agence-holi.com Crédit photos : ADOBE STOCK; P05: BROD’N; P06: CESAD; P07: TRANSPORTS DUSANTER; P08: TRADEX DIFFUSION; P20: CEDEST; P24 ASMIS; P25: DSSP CONTOIRE-HAMEL; PICARDIE CHROME DUR; P30: MINISTÈRE CHARGÉ DE L’ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES, DE LA DIVERSITÉ ET DE L’ÉGALITÉ DES CHANCES;

Coordination, Fabrication, Diffusion : Les éditions de l’encre vive 71 boulevard Montebello - 59000 Lille Tél. 03 20 14 07 77 Régie publicitaire : Entreprise et Santé - Matthieu Méreau, Nathanaëlle Debaene Tél. 03 20 14 07 77 Impression : Léonce Deprez - Ruitz Dépôt légal à parution N°ISSN en cours Tirage : 94 000 exemplaires Édité par : Groupement Inter Services Santé Et Travail 40 bis allée du Bénélux - Zone Artoipole 62060 Arras Cedex 9 - Tél. 03 21 22 28 21

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COVID-19

VOTRE SERVICE DE SANTÉ AU TRAVAIL, TOUJOURS À VOS CÔTÉS ! Dans le cadre de leur mission d’intérêt général, les services de santé au travail adaptent leur activité pour accompagner leurs entreprises adhérentes durant l’épidémie de coronavirus.

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SANTÉ AU TRAVAIL DE CALAISBOULOGNE LE TOUQUET ASTIL Tél: 03.21.85.51.85 www.astil62.fr

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SANTÉ AU TRAVAIL DU DUNKERQUOIS CEDEST Tél. 03.28.24.98.98 www.cedest.net

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SANTÉ AU TRAVAIL DE L’ARTOIS ACTION SANTÉ TRAVAIL Tél. 03 21 18 42 00 www.actionsantetravail.fr

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SANTÉ AU TRAVAIL DE CAMBRAI AISMT Tél: 03.27.72.63.63 www.aismtcai.com

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SANTÉ AU TRAVAIL SAMBRE AVESNOIS STSA Tél: 03 27 53 31 31 www.sante-travail-sa.fr

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SANTÉ AU TRAVAIL DU VALENCIENNOIS ASTAV Tél : 03 27 46 19 24 www.astav.fr

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SANTÉ AU TRAVAIL MÉTROPOLE NORD VALLÉE DE LA LYS SIM’UP Tél: 03.20.94.12.54 - www.simup.fr

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