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Marie, donne nous des cœurs attentifs, Humbles et doux Pour accueillir avec tendresse et compassion Tous les pauvres que tu envoies vers nous. Donne-nous des cœurs pleins de miséricorde Pour aimer les servir, Eteindre toute discorde Et voir en nos frères souffrants et brisés La présence de Jésus vivant. Seigneur, bénis-nous de la main de tes pauvres. Seigneur, souris-nous dans le regard de tes pauvres. Seigneur, reçois-nous un jour Dans l’heureuse compagnie de tes pauvres.

BULLETIN

Amen.

AVRIL 2008

Jean Vanier

Directeur Gérant : Philippe GALLINEAU

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100 rue Legras 37000 TOURS Tél./Fax : 02 47 61 08 01 Courriel : hospitalite.touraine@wanadoo.fr Site : www.hospitalitedetouraine.org


Le Carnet

SOMMAIRE Le mot de l’aumônier Celui du président Edito Truyes 2007 Compte rendu de l’AG Miracle ? Guérison ? Courrier des lecteurs Récollection Ouverture du Jubilé Le carnet

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Rose blanc bleu

La parole est à notre aumônier 150 ANS DE GUERISONS MIRACULEUSES Ce numéro fait une large place aux guérisons miraculeuses qui ont lieu à Lourdes : 150 ans de guérisons, depuis ce dimanche de mars 1858, où le carrier Louis Bouriette lave, avec de l’eau de la source apportée par son fils, son œil devenu aveugle vingt-six ans plus tôt. Il recouvre alors la vision, au grand étonnement du docteur Dozous qui le suivait et avait diagnostiqué une amaurose incurable. En 150 ans, 67 guérisons ont été reconnues miraculeuses, la dernière en 2005. Mais qui dira, au-delà des guérisons physiques, toutes celles qui ont trait aux blessures de la vie ? Et n’est-ce pas d’abord celles-la que l’on vient aujourd’hui chercher à Lourdes ? Dans un récent ouvrage intitulé Lourdes, des miracles pour notre guérison, le docteur Theillier, responsable du bureau médical de Lourdes, qui a passé dix ans à suivre tous les dossiers adressés à son Bureau et à éplucher un siècle et demi d’archives, invite lui-même à cette réflexion. Pour lui nous sommes aujourd’hui plus proches du message de Lourdes, qui est d’abord un appel à la pénitence et à la conversion. Des guérisons du corps qui ne sont que le signe de la guérison intérieure, dont nous avons tous besoin, et qui va jusqu’au Salut : c’est l’Evangile qui continue. Père Rémi Bazin 2

2007 2 novembre 9 novembre 29 décembre 30 décembre 31 décembre

Sacha Lemogne petit fils d’Annie Lemogne Alix fille de Tiphaine et Xavier Perrin mariage d’Agnès et d’Alain baptême d’Augustin mariage de Paulette Joliveau – René Nepper

2008 4 janvier 14 janvier 14 janvier 1 février

Ycia fille de Mélanie Mahé Foulques petit fils de notre vice-présidente Juliette petite fille de Sylvaine et Dom Marchand Eva petite fille de Michel Bazin

Nos amis disparus 10 novembre 20 novembre 4 décembre 24 décembre 11 janvier 9 janvier 12 janvier 6 février

Madeleine Renou notre centenaire le père de Delphine Pellicer Michèle Chaillou une malade Mr Urbini, malade Marie-Rose de Larrard hospitalière Jacques Francois un malade Suzanne Barthelemy ancienne hospitalière Anne-Marie Bonpois une malade

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Et à notre Président Chers amis, N’ayant pas de message particulier à vous délivrer concernant la marche de l’Hospitalité de Touraine, je voudrais vous faire partager la découverte d’un petit livre que j’ai lu avec beaucoup de joie et j’irai jusqu’à dire avec avidité. Il s’agit de l’ouvrage « Peut-on croire à la Providence ? » du Père Pierre Descouvemont, aux Editions de l’Emmanuel. Pour vous mettre l’eau à la bouche, je recopie un passage de l’introduction qui, me semble-t-il, pose parfaitement le problème. « Notons bien que cette foi en la Divine Providence n’a jamais empêché les chrétiens de se battre contre tout ce qui abîme l’homme à travers le monde. Ils voyaient bien qu’il y avait là un mystère car, si Dieu mène le monde, comment peut-il laisser s’y perpétrer tant de violences, tant de crimes ? Mais ce mystère, ils le respectaient. Ce mystère est aujourd’hui fort contesté. Beaucoup de chrétiens se demandent s’ils doivent continuer à s’abandonner en toutes circonstances à la volonté de Dieu en reconnaissant sa main derrière tout ce qui leur arrive. Ils pensent en effet qu’après les génocides du siècle dernier, il n’est plus possible de croire comme par le passé que Dieu veille avec sollicitude sur chacun de ses enfants et fait tout concourir à leur bien. Ils n’osent plus dire avec la petite Thérèse que « tout est grâce ». Ils estiment qu’en présentant la pensée traditionnelle de l’Eglise sur la Providence comme faisant partie du message évangélique, on empêche beaucoup d’incroyants ou de mal –croyants d’adhérer à la foi chrétienne. Il faudrait absolument s’abstenir de dire que Dieu est le « Père tout-puissant » qu’on chante encore dans les premières lignes du Credo…….En reconnaissant enfin une bonne fois que Dieu laisse ses enfants organiser ou désorganiser le monde à leur guise et qu’Il a décidé de ne pas intervenir- sauf rarissime exception- dans le déroulement de leur histoire, on rendra moins scandaleuse l’omniprésence du mal dans le monde. Cette contestation -récente- de la Providence n’est vraiment pas la « bonne nouvelle » que Jésus est venu nous annoncer et nous aider à vivre. N’osant plus croire à ce mystère, les chrétiens ne peuvent plus garder devant les évènements qui surviennent dans leur vie cette belle sérénité qui fut l’apanage de tous les saints d’hier et qui habite encore le cœur de tous les saints d’aujourd’hui. . » J’ai puisé dans la lecture de ce livre un vrai et profond réconfort pour ma foi. J’espère qu’il en sera de même pour vous, si vous le lisez, et que vous acquerrez cette sainte confiance dans la bonté de Notre Seigneur. Rendons grâce à Dieu ! 22

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EDITO Information et communication ne donneront jamais le sens des choses. Il nous revient de le chercher, parfois même de le donner. A Lourdes… Hospitaliers, ne serions nous que des « convoyeurs » de malades ? Malades, ne serions nous que des «demandeurs» de guérisons ? Il peut être bon de parfois se (re)poser la question. Nous souhaitons mettre en page trois aspects de nôtre action à Lourdes. Nôtre, car malades ou hospitaliers, il s’agit d’un même acte de FOI. Guérisons ou miracle. Apparitions. Conversions. Trois sujets donc ambitieux, le premier dans ce bulletin-ci, certes, mais le but à atteindre, c’est la réflexion que nous entendons mettre en avant, sur la signification de nos actions, et comme malades et comme hospitaliers. Ne nous trompons pas de cible. Le Christ, « voyant la Foi des 4 convoyeurs … », guérit le malade « transporté » qui ne demande rien !

Quelques vues en vrac de l’ouverture du jubilé le 8 décembre 2007 Nous y avions des reporters sur place.

L’équipe de communication.

Truyes 2007 « Singing in the rain …. » Chantons !.. Cette journée, même s’il a plu quelque peu ( !), a été entièrement tournée vers le chant. Chantons le Seigneur avec la chorale paroissiale. Chantons nos amis malades et handicapés à travers une homélie du père Whitaker, toute empreinte d’émotion, à peine contenue…

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reconnues nous présentent une Vierge Marie très silencieuse qui nous invite à écouter son Fils. « Faites tout ce qu’il vous dira » dit Marie à Cana. Marie s’efface devant le mystère de son Fils et donc devant le mystère de Dieu. Si Marie apparaît c’est que Dieu lui permet et nous pouvons légitimement nous demander : « Pourquoi des apparitions ? » Dieu qui est transcendant a toujours voulu entrer en contact avec les hommes. Nous n’avons accès à son mystère que par son Fils, dans son Incarnation. Marie dans le Fiat de l’Annonciation, permet à la Parole de « prendre chair ». Les apparitions mariales nous invitent aujourd’hui encore à donner chair à la Parole de Dieu : à la prendre au sérieux et à en vivre ! Dans le message de Lourdes, deux messages essentiels : -« Allez boire à la fontaine » : Invitation à redécouvrir le mystère de l’eau et de l’eau baptismale. Le baptême est notre entrée dans la Foi, dans la Vie divine. Tout pèlerinage est une invitation à renouveler son engagement baptismal. -« Qu’on vienne en procession » : La Foi n’est pas une affaire privée. C’est la Foi de l’Eglise que nous recevons à notre Baptême. Pas de vie chrétienne en dehors de l’Eglise, en dehors d’une vie ecclésiale. Nous sommes baptisés pour faire « Corps ». La place de Marie dans les Evangiles est discrète et nous devons respecter cette discrétion. Seuls Luc et Jean insistent sur sa présence à des moments essentiels. Pour terminer méditons ce passage du Concile Vatican II : « …que les fidèles se souviennent qu’une véritable dévotion ne consiste nullement dans un mouvement stérile et éphémère de la sensibilité, pas plus que dans une vaine crédulité. La vraie dévotion procède de la vraie Foi qui nous conduit à reconnaître la dignité éminente de la mère de Dieu et nous pousse à aimer cette mère d’un amour filial et à poursuivre l’imitation de ses vertus. »

Chantons, avec la chorale AKWABA qui a enchantée notre après-midi….

avant de laisser la voix à Bénédicte, accompagnée de ses groupies.

Chantons les fleurs offertes.

**Il est évident que la place manque pour tout mettre… Un CD, pour ceux qui le souhaitent est à votre disposition (à condition d’en fournir un vierge …). Mais nous allons reparler des apparitions dans un prochain bulletin et nous aurons donc l’occasion de reparler de cette récollection, notamment de ce qui s’est dit l’après midi. Chantons Marie au travers du Jubilé à venir.

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Récollection le 16 mars

Et chantons Noël.

Une assistance aussi nombreuse que les autres années, malgré les enjeux du jour : Rameaux et élections…Une assistance venue écouter le père Jean-Marie Onfray sur le thème : « Marie dans les Ecritures et dans la Foi de l’Eglise : place des apparitions mariales dans la Révélation ».

Assemblée Générale 27 janvier Accueil chaleureux comme d’habitude : on commence par demander un chèque … mais il s’agit des cotisations. Les inscriptions pour la chaîne du jubilé se poursuivent également dans l’attente de l’ouverture de l’assemblée. Dix sept nouvelles demandes…nous sommes plein jusqu’au mois d’avril, très rempli lui aussi. A suivre. Après quoi le président ouvre la séance et nous présente l’ordre du jour avec quelques commentaires sur les différents points à aborder. A son habitude, notre viceprésidente, devant une « classe » très attentive, nous fait un rapide compte-rendu des activités de l’année ; mais, promis, pour la prochaine séance, nous essaierons d’agrémenter ses propos par des témoignages visuels… Cependant on peut constater que l’activité à Lourdes, comme en Touraine est stable par rapport à 2006. Le nombre de jeunes, s’il a baissé quelque peu reste très satisfaisant ! 6

Après nous avoir précisé qu’une recollection est un temps spirituel, qui nous invite à changer notre relation à Dieu, le père Onfray nous propose de distinguer entre : -la dévotion qui est une affaire personnelle, que nous vivons dans la liberté -la liturgie qui est la responsabilité de l’Eglise dans la célébration de la Foi -la théologie qui est la réflexion chrétienne sur le mystère de la Foi. Une dévotion peut être à l’origine d’un dogme et nous le voyons pour l’Assomption de la Vierge Marie. Mais toutes les dévotions ne conduisent pas à une reconnaissance ecclésiale. Ainsi depuis l’an mil, les spécialistes dénombrent plus de 20.000 apparitions et une quinzaine seulement sont reconnues ! Au XXème siècle, 9 le sont dans le monde sur 400… qui parfois déplacent des foules. Des critères furent donnés par Gerson au XIVème siècle pour authentifier des apparitions : -Humilité (devant un phénomène surnaturel) -Discrétion (les apparitions sont souvent silencieuses…Elles ne remplacent pas la Parole de Dieu !) -Patience (nous sommes aux portes du mystère) -Vérité (en référence à la Parole) et manifestation de l’Amour de Dieu. Nous célébrons cette année le cent cinquantième anniversaire des apparitions à Bernadette que l’Eglise (et d’abord l’évêque du lieu) a reconnues dès 1862. La tradition de l’Eglise nous précise que l’apparition est le sentiment d’une présence d’un être surnaturel qui peut délivrer un message en conformité avec la Bonne Nouvelle. En fidélité à l’Evangile, les apparitions mariales 19


Courrier des lecteurs … Une nouvelle rubrique que nous espérons voir se remplir ! Malade un métier …. Une remarque de Georges-Marie : J’avais oublié que la personne malade, si elle exerçait un métier, c'est un métier à risques parce qu'il est souvent mortel ! Dans la joie et l'espérance de Celui qui nous fait vivre qui a pris notre condition humaine.En souhaitant qu'Il accompagne et supporte tous ceux qui sont dans l'épreuve. Monique Couteau nous envoie un extrait de la lettre apostolique de JeanPaul II sur la souffrance humaine. (Extraits parus dans notre bulletin de juin 2004).

INSCRIPTIONS PELERINAGES Les dossiers d’inscription POUR LES MALADES, ne sont jamais envoyés directement et automatiquement. Les personnes désirant se rendre en pèlerinage en tant que « malades » doivent en faire la demande, soit directement à l’équipe responsable des inscriptions, soit par l’intermédiaire d’un hospitalier.

C’est ensuite au tour de notre trésorier d’essayer de nous convaincre que les pertes subies sont en fait très bénéfiques … Après l’avoir vu et écouté, nous en sommes désormais très persuadés, tableaux chiffrés à l’appui ! Ces fameuses dépenses supplémentaires concernent des achats de matériels : informatique, vidéo entr’autres, pour le bien-être des malades … donc ! Notre président est par ailleurs content, le capital reste intègre. L’approbation des comptes, tenus de façon magistral, dixit notre expert comptable, est générale. Jean-Christophe, bien soutenu par notre président, décidemment très en pointe, nous fournit quelques statistiques sur le blog. Celui-ci s’avère comme étant une réussite, que certains nous envient… Mais comme pour le nouveau bulletin, lui aussi fort prisé, il faut de la « matière »… Nous avons besoin de « retours », commentaires, avis du lecteur … Nous avons aussi besoin d’annonceurs …Tout ce qui est susceptible d’intéresser les lecteurs du bulletin nous intéresse ! Celui-ci est lu par plus de mille personnes. Il est possible d’atteindre plus de deux cents hospitaliers, malades grâce au blog ! Un bulletin, comme un blog « inertes » est mis directement à la poubelle !

Hospitalières, hospitaliers, réservez la matinée du

DIMANCHE 5 OCTOBRE 2008

Voilà deux mois que nous marchons, vers … Marie ! Voilà deux mois que nous sommes unis par un lien : le jubilé. La chaîne de prière mise en place fonctionne et Marie-Françoise nous apporte son témoignage, vécu avec quelques uns de l’ouverture, à Lourdes de cette année jubilaire. 18

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Nous ne sommes pas les meilleurs, loin s’en faut … Il faut le dire, et notre président s’en charge, pour ce qui concerne les « stages » d’hospitaliers à l’hospitalité de Lourdes. Maïck en revient … (Elle revient toujours de quelque part … pour notre bonheur !). Elle nous a tellement convaincu qu’après son passage elle a recueilli une bonne dizaine de demande d’inscription !!!

Il restait à parler des enfants, de leur pèlerinage au mois d’août. Une bonne nouvelle, nous serons tous sur le même étage ! Le programme s’affine ; tout se met en place progressivement.

Il faut passer maintenant aux passations de pouvoir, aux renouvellements. Un hospitalier quitte le conseil, Hervé Lorieux, dans la discrétion qui l’honore compte tenu du travail accompli notamment lors de l’organisation des fêtes de l’hospitalité …Raoul du Passage le remplace, efficace lui aussi, même s’il n’est pas là pour l’occasion. Bénédicte, Michel sont de nouveau sur la sellette, qu’ils n’ont pas encore envie d’abandonner… La réélection ne pose pas de problème, à faire pâlir un régime de soviets ! Notre assemblée se termine par la célébration Eucharistique, la première assemblée pour notre nouvel aumônier, le Père Rémi Bazin.

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…. tout en confortant la foi en Jésus-Christ, vainqueur du mal, de la mort et du péché, les guérisons miraculeuses sont une invitation à la conversion, dans l’accueil de la grâce de Dieu qui vient guérir nos coeurs de pierre, pour que nous aimions comme Dieu aime. En véritables témoins du Christ ressuscité, et parce que serviteurs de l’Amour de Dieu, on apprend alors à lutter contre ce qui abîme ou déshumanise l’être humain, et on choisit de se faire proche de ceux qui souffrent. Car soulager, soigner, guérir sont les signes les plus humains du salut réalisé par le Christ.

Pr François-Bernard MICHEL . J’ai réuni là trois des caractères de guérisons miraculeuses : - Guérisons instantanées. C’est vrai que, Monseigneur DEBERGÉ l’a dit, c’est le contexte idéal du type «Lève-toi et marche ». Nous souhaitons tous ce genre de guérisons spectaculaires. - Guérisons irréversibles. La guérison doit être définitive. Dans ce pré requis, il y a de la prétention. Nous sommes tous guéris d’une grippe ou de quelque maladie non mortelle et personne ne nous dira jamais que nous ne récidiverons pas. - Guérisons inexplicables en l’état actuel de la science médicale. La science est par définition évolutive. Est-ce que cela veut dire, que nous allons, après coup, renier des guérisons miraculeuses ? Non. Je veux seulement souligner qu’aucun critère n’est absolument indiscutable. PsychoSomatique… J’ai passé ma vie médicale à combattre cette formule de « psychosomatique ». Comme si nous étions la somme d’un esprit et d’autre part d'un corps. Il faut remercier le père DEBERGÉ, qui a rappelé que contrairement à l’opinion commune, dans la bible, l’histoire judéo-chrétienne ne fait pas cette distinction. Qu’est-ce que l’esprit ? Qui le définira ? Qu’est-ce que le corps ? Pour montrer qu’on n’était pas dupe du clivage, de la dualité, on a réuni les deux mots par un tiret. Mais ce tiret pérennise la dichotomie qu’il prétend supprimer. Dire que c'est psychosomatique ne règle pas le problème. L’être humain est une globalité. Nous sommes des « corzéames ». Dominique Soyris, médecin, Hospitalité Saint Roch de Montpellier. Si je fais état de mon expérience, cela fait 30 ans que je suis à l’Hospitalité Saint Roch, je suis psychiatre, je n’ai jamais vu de malade psychiatrique guéri, du moins je ne puis témoigner de cela. C’est très embêtant, très interpellant, mais en fait la question se posait vraiment en amont puisque ce que disait Monsieur le professeur tout à l’heure, les malades psychiatriques, et là, je me retourne vers les présidents des hospitalités, ne sont pas admis dans les pèlerinages.

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Cela fait 3 ans et demi que je suis debout, le coeur guéri. Je voudrais crier : réjouissez-vous, Christ est vivant, il est avec nous, osez le bonheur de vous savoir aimé ! Un séjour à Lourdes ne figurait pas dans mes projets. C'est désormais ma nécessaire bouffée d'oxygène pour l'année. Marie est présente en nos vies et grâce à elle, nous avons rencontré Jésus. Chaque jour, nous rendons grâce pour cette vie nouvelle dans la lumière. Violaine

Dernière minute. Il semblerait que les présidents d’hospitalité, réunis en congrès à Béziers en octobre, aient eu les mêmes préoccupations que nos jeunes de l’aumônerie … En effet, deux remarquables conférences portant sur les « miracles et guérisons inexpliquées » ( !), de Mgr P. Debergé et du Pr Francis-Bernard Michel et du Dr Dominique Soyris ; ont constitué l’essentiel de leurs préoccupations. Ce document est à votre disposition sur le blog ou sur simple demande, en voici quelques extraits. Mgr P. Debergé. 4 récits de miracle : Le premier récit (Mc 2,1-12) concerne un paralytique que quatre hommes apportent à Jésus … Le deuxième récit est celui de Bartimée (Mc 10,46-52). « Fils de David ayez pitié de moi »… Le troisième récit est emprunté à l’évangéliste Luc (Lc 17,11ss). Il s’agit des dix lépreux qui viennent à la rencontre de Jésus… Quatrième et dernier récit : la femme qui souffrait de pertes de sang (Mc 5,2434). Jésus est-il venu pour guérir ou pour sauver ? Que dire en conclusion ? Qu’à la lumière du salut apporté par le Christ, les guérisons miraculeuses sont, par certains côtés, relatives, car elles ne sont pas une fin en soi mais des signes pour la foi qui se fait rencontre, relation d’Alliance, la seule à pouvoir vraiment (re)mettre l’homme debout : « Relève-toi, ta foi t’a sauvé ». Signes du salut, les guérisons sont une étape, un moment dans une histoire où la personne guérie et ceux qui la fréquentent vont être conduits à une rencontre personnelle et gratuite avec Dieu. 16

Guérisons inexpliquées ? Miracles ? Fallait-il oser parler des miracles ? Nous l’avons fait au travers d’une réunion d’aumônerie de lycée. Une question qui les interpellait … Un témoignage, au travers du récit de Violaine, désormais hospitalière, guérie à Lourdes !

18 janvier 2008, 20 heures. Marie-Gaëlle et Frédéric nous accueillent ; Constance, le bébé est couché. Le Père Rémy Soubrier aumônier du groupe et les lycéens sont là. Objectif : les miracles … ce mot, une fois prononcé, en général, provoque un silence… Oh là là !! Entre un début de soirée remarquable, galette, gâteaux au chocolat… et une fin non moins remarquable : une prière façon Taizé, où chacun a pu s’exprimer dans une langue manifestement pas maternelle … Chacun s’est exprimé, en un mot, sur ce que pouvait signifier pour lui le « miracle ». Résurrection Extraordinaire Guérison Surnaturel, merveilleux Une preuve de l’existence de Dieu La Bible, les miracles de Jésus Apparitions. Le ton est donné. Et le premier constat montre que la guérison est le plus souvent associée à miracle. Il a bien fallu alors parler de Lourdes ! Un bref historique des apparitions de Marie, des premières guérisons, qui aboutissent aux hospitalités, au bureau des constatations médicales… Il n’y a pas de doutes sur l’existence de guérisons « inexpliquées », elles existent et sont constatées. Quels en sont les critères selon le BCM (bureau 9


des constatations médicales, créé en 1905 à la demande de Pie X, aujourd’hui dirigé par le Dr Theillier, bureau, situé à Lourdes et composé de médecins et spécialistes de tous ordres, croyants ou non croyants) ? La maladie doit être avérée et très grave, avec un pronostic fatal. Elle doit être organique ou lésionnelle. Un traitement ne doit pas avoir été à l'origine de la guérison. Celle-ci doit être soudaine, instantanée. Enfin, la reprise des fonctions doit être complète, sans convalescence, et durable. Ce qui gêne dans ces guérisons inexpliquées c’est l’exploitation que l’on en fait. Dans tous les cas, le médecin ne se prononce jamais sur le caractère « divin » de la guérison. C’est l’Eglise qui opte pour le jugement canonique. Il n’y a de miracle que pour l’Eglise. Pour le Dr Theillier, "L'Eglise n'a jamais favorisé la recherche du merveilleux, préférant à juste titre que la foi repose sur la Révélation et le dogme. Bien sûr, les miracles font partie intégrante de la foi en Jésus Christ, mais les miracles actuels ne sont pas objet de foi (on n'est pas obligés d'y croire...) : ce sont des cadeaux gratuits de Dieu pour nous aujourd'hui, qui doivent être soigneusement et raisonnablement discernés sous peine de tomber dans un fidéisme (*) illusoire et dangereux" * Aujourd'hui, le mot fidéisme qualifie, avec une connotation fréquemment péjorative, toute doctrine qui attribue à la révélation, dans certains domaines, un pouvoir d'accès à la vérité que la raison ne posséderait pas.

L’exploitation que l’on en fait …. Sur le web on trouve sans difficulté, des miracles en « live », en direct ! On trouve des propositions, des recettes pour obtenir des miracles ! On trouve le mot, sans être nécessairement galvaudé, pour le moins utilisé à mauvais escient ! Il faut bien reconnaître que l’Eglise a sa petite contribution en la matière … au Moyen-Âge ! On ne compte plus les fontaines miraculeuses … Mais aujourd’hui, à Lourdes par exemple, depuis 1858, date des premiers miracles, sur les 7000 cas répertoriés de guérisons inexpliquées (il y en plus encore, car toutes ne sont pas nécessairement répertoriées …), seules 67 ont été reconnu comme miraculeuses !

mon coeur presque à l'étouffer ! Je manquais de souffle, je croyais suffoquer tant je croyais que le Seigneur me parlait… Mes jambes m’ont brûlé très fort, mes yeux se sont embrouillés. Les dames m’ont fait retraverser le rideau, tout me semblait irréel. Je n’ai rien dit mais j’avais réellement très mal. Puis plus rien. Le feu s’est arrêté. Geneviève m’a demandé si j’allais bien, je ne pouvais pas parler. J’étais béate de joie. Je suis repartie assise dans mon fauteuil en sachant que jamais les choses ne seraient jamais plus pareilles. Jésus avait guéri mon coeur. Mon corps lui aussi semblait guéri mais je ne souhaitais pas y penser, je me savais aimé et cela me suffisait. Nous sommes allés à la grotte nous recueillir, puis nous avons rejoint la procession mariale. Je n’ai rien raconté de mon expérience. J’avais envie de bondir, de courir…je me sentais toute neuve, lavée de mes péchés. J’ai eu l’occasion de me tenir debout lors d’un changement de fauteuil, immobile, sans trembler… mes jambes me soutenaient sans faiblir ! La nuit je me suis levée, sans canne, sans douleur ! Le matin je ne sentais rien, j’étais terrifiée sans mes repères …J’ai du dire à l’infirmière que j’avais mal dormi pour expliquer mon trouble. Le reste du pèlerinage fut extraordinaire. Beaucoup me trouvaient changée, mais je ne disais rien à personne. Je n’avais toujours aucune douleur. Seule, je poursuivais mes essais. Est ce que c'était l’effet « Lourdes » ? Seraitil possible que je sois guérie ? J’avais peur, je ne pouvais rien raconter, tout le monde m’aurait pressée de questions. Je ne savais pas ce qui m’arrivait, et demain, cette énergie, peut-être due à un bien être intérieur, pouvait-elle s’évanouir ? Plus tard l'IRM (le 19 juin !) a confirmé la guérison de mon corps, il ne reste que deux taches de cicatrisation. A la requête d'un prêtre, j'ai suivi les étapes avec le bureau médical de Lourdes et le docteur Theillier ; puis à Paris et ses experts.

La merveille dans le miracle ne tient pas à une dimension spectaculaire - tout compte fait, les miracles sont assez peu nombreux -, la merveille est que Dieu

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Début mai, retourner à Lourdes m’était comme nécessaire. Marie était si présente au cœur de mes journées que je souhaitais partir à sa rencontre et rendre grâce à nouveau. Cette fois je me sentais sereine. Je savais ce qui m’attendait, et je comptais bien vivre ces 5 jours pleinement, en prière avec les autres malades, les hospitaliers et les pèlerins. Le soir, j’avais des contractures importantes et mon « code de Lermitte » se manifestait. Malgré ces tracasseries habituelles, je me sentais paisible. Le premier miracle de Lourdes, à mon sens, c’est la sensation, quand vous pénétrez dans l’enceinte du sanctuaire, d’entrer dans une bulle de douceur. L’endroit est baigné de prières et l’atmosphère est chaude d’amour. C’est absolument magique, chacun sourit, aucune agressivité n’est perceptible. L’année précédente, c’est cela même qui m’avait perturbé ! Le jour de l'ascension, l'après-midi, nous pouvions aller aux piscines. Je n’étais pas au mieux. Je vivais chaque seconde intensément sans prendre garde aux petits signaux d’alerte de mon corps pour m’indiquer que j’étais trop fatiguée. De fait, la sieste fut obligatoire. Lors du passage de la responsable, Geneviève m’a raconté qu’elle ne voulait pas que je rentre dans l’eau, elle me trouvait trop faible. Une heure plus tard, je dormais toujours. Le médecin est passé, Geneviève lui a expliqué combien c’était important pour moi. Il n’était pas complètement d’accord, mais après discussion, il a accepté à condition que l’on me ramène aussitôt, et qu’elle ne me quitte pas. Nous étions dans les derniers du groupe aux piscines. J’avais peur, en voyant l’heure, qu’il ne soit trop tard. Enfin les hospitalières nous accueillirent et les rideaux bleus s’écartèrent. Cette année, l’ambiance était plus calme et priante que l’an passé ; je me sentais moi-même plus recueillie. Les dames m’ont déshabillée en un temps record, tout en me parlant de Marie. Passée de l’autre côté, je me retrouvais devant la piscine. Que je le trouvais vieillot et usé le bac d’eau ! Je regardais la petite statue tout au bout. Deux hospitalières m’ont saisie de chaque côté et enroulée dans un drap blanc glacé. Une fois dans l'eau, j’ai embrassé la statue. J'ai demandé à Marie son aide : qu'elle veille sur mes enfants, que le Seigneur prenne aussi mon mari et mes parents sous sa protection et enfin un peu de répit dans l'évolution de la maladie. Soudain au milieu de l'eau glacée, j'ai senti l'Amour de Jésus qui emplissait 14

vient créer du possible, là où l'humain ne voit pas d'issue et ne peut rien. Le miracle dit en geste ce que la parabole dit en mot ».

La reconnaissance d'une guérison inexpliquée par l'Eglise est là pour attester que ce signe vient bien de Dieu...(par opposition aux religiosités diverses, aux pratiques sataniques, etc... qui jouent beaucoup sur la corde du merveilleux ou du surnaturel pour attirer et séduire leurs futurs adeptes...). Pas de doutes mais … des questions ! Comment se manifestent les guérisons ? L’envie de guérir est évidemment présent chez le malade, quel qu’il soit, surtout lorsqu’il est à Lourdes, la première fois, sa motivation première étant de toute évidence, la guérison … Qu’il revienne après, montre bien, qu’une fois dépassé l’espoir, le « fait » spirituel devient majeur. Tous les malades ayant eu la grâce d’une guérison, font état d’un apaisement profond, lorsqu’ils sortent des piscines par exemple. Une paix intérieure s’installe, un abandon total, avant toute manifestation « physique » ! Celle-ci semble survenir après, et reste une surprise, un étonnement pour celui qui en bénéficie. Il n’y a aucune proclamation, la discrétion est de rigueur, il y a comme un malaise à rendre publique sa guérison… Et alors les questions arrivent … Pourquoi moi ?? Pourquoi elle ou lui, et pas moi ?? Questionnement sans réponse « raisonnable ». La question reste tout autant inexpliquée que ne l’est la guérison; la maladie elle-même ! Le Père Onfray nous dirait : La vraie question est le combat contre la maladie : -aussi bien dans sa dimension médicale -que dans sa dimension spirituelle : tout malade a tendance à se replier sur lui-même. Le Seigneur vient ouvrir nos cœurs, car cette fermeture spirituelle nous enferme. Notre prière vers le Seigneur consiste à lui demander de venir faire sa demeure en nous. Le Seigneur répond à notre demande…Cette présence de Dieu en nous, nous bouleverse au point que pour certains la guérison va jusqu’à la guérison 11


physique. Mais ce n’est pas le Seigneur qui choisit les uns pour éliminer les autres ! Nous savons peu de choses de nos capacités de guérison. Nous ne pouvons pas tout et nous n’avons pas à demander « tout » au Seigneur… Pour le Père Rémy Soubrier, les miracles actuels, comme ceux du temps de Jésus, touchent celui qui en bénéficie directement, mais aussi tout l'entourage et la communauté au sens large, car d'une part il constitue un signe de la présence et de la compassion du Christ pour les hommes; et d'autre part il entraîne des conversions profondes. Il prend alors une dimension beaucoup plus étendue que celle d'une seule personne !.... Comme dans les évangiles, c’est le Christ qui accomplit ces miracles. Marie n’est là que comme intermédiaire, mais quelle intermédiaire ! « Faites comme il vous dira … » (noces de Cana). Que dire aussi des nombreux miracles accomplis par Jésus : lépreux, aveugles … et Lazare (on croit entendre Marthe et Marie dire à Jésus « Seigneur, celui que vous aimez est malade … »). Que dire de cette femme guérie : « Ma fille, ta foi t’a sauvée , va en paix et sois guérie de ton mal ». Le hasard ( ?) voulait que ce soir là, l’évangile du jour, que nous avons lu, évoquait le malade grabataire, hissé à travers le toit de sa maison par quatre « hospitaliers », et guéri par le Christ. La foi des porteurs est signifiée par leur audace; or, que fait Jésus ? « Voyant leur foi », relate Marc, il dit au paralytique : « mon enfant, tes péchés sont remis ». A cet homme qui ne dit rien, Jésus « donne » une Parole qui va au-delà de ce qu’escomptaient les porteurs de son grabat. En accordant la rémission des péchés, il situe la guérison à un autre niveau que la simple guérison physique puisqu’il s’agit de la réconciliation avec Dieu. Signes du salut, les guérisons sont une étape, un moment dans une histoire où la personne guérie et ceux qui la fréquentent vont être conduits à une rencontre personnelle et gratuite avec Dieu. Pour une fécondité plus grande que la simple guérison, car le salut est plus grand que la guérison physique.

Le récit que Violaine, (désormais hospitalière) a bien voulu nous relater, en quelques phrases pour la circonstance, est lu à ce moment. Emotion visible de chacun… Enfin, le Père Rémy Soubrier, aumônier du groupe, rappelle, pour clore cette soirée, que toutes ces guérisons inexpliquées, devenues miracles ou non, ne 12

sont que des signes visibles de Dieu, comme il en existe beaucoup d’autres par ailleurs, mis là au détour du chemin de chacun, pour étayer notre Foi ! Un signe dont nous sommes les perpétuels quémandeurs, nous qui n’avons pas vu le Christ. Un signe pour nous aider à croire, mais attention à ne pas succomber à notre besoin de merveilleux… Il y a parfois (souvent ?) beaucoup de doutes à croire aux miracles, comme aux apparitions; notre besoin de rationnel est soumis à rude épreuve.

Le récit de Violaine. Pèlerinage 26 / 29 mai 2003 Une vie antérieure un peu compliquée tant sur le plan professionnel que sentimental et à 28 ans l’annonce de la maladie, sclérose en plaques qui laisse entendre une culpabilité quasi divine. Malade depuis 7 ans, avec des troubles sensitifs, un champ visuel affichant péniblement 5 %, un fauteuil roulant pour les distances éxédant 5 mètres, je suis allée en pèlerinage à Lourdes « contrainte et forcée » par l'illumination d'une nuit et pour faire plaisir à la communauté. Un pèlerinage difficile, au moins à ses débuts : pleurs, gorge serrée, pas très éloignée de repartir au moment de monter dans le train… Sur place messes, grotte, cérémonies, sourires … Je me demandais ce que je faisais là ! Les jours passaient, et je cherchais toujours à comprendre pourquoi tous ces inconnus me souriaient, pourquoi ces dames en bleus se montraient si prévenantes. Je savais que ce n’était pas de la pitié, mais je n’avais rien fait qui mérite tant de bienveillance. Un matin j'ai confié à la statue combien je me sentais étrangère à Lourdes. Marie, en qui je ne voyais qu'une femme ordinaire m'a « prise» dans ses bras. J'ai découvert combien il était bon de tout lui abandonner, se retrouver comme une enfant. J’ai compris que c’était sur moi que je pleurais, que je luttais pour « assurer », ne rien laisser paraître de ma détresse face à cette maladie qui, inexorablement, me rongeait. J'ai su que moi aussi je pouvais prier notre « maman du ciel » et que la paix alors, m'emplirait. J’avais à nouveau confiance en notre Seigneur, je prenais réellement conscience qu’il ne m’avait pas punie, qu’il n’était pas responsable ! Pèlerinage 18 / 22 mai 2004 13

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