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Le Journal du Festival du Film Court en Plein Air de Grenoble

Moteur

A ction ! 01/07/2014

EDITO Jour-J : après une année d’attente, c’est le retour du Court ! Aller d’une séance à l’autre, de 14h à minuit, pour découvrir des films originaux venus de France et d’ailleurs, rencontrer des réalisateurs qui jouent dans la cour des grands et siroter un cocktail devant une séance en plein air, vous aimez ? Hé bien, nous aussi, et c’est pourquoi pour la 37ème année consécutive la Cinémathèque de Grenoble est fière de vous offrir sur la belle place St André son célèbre Festival de Film Court. Cette année ce sont plus de 1000 réalisateurs qui ont envoyé leur film au jury de sélection, mais au final seul 28 ont été retenus pour faire partie de la compétition officielle de l’édition 2014. Le cours du film-court est donc en hausse à Grenoble, d’autant plus que seulement 10 prix seront décernés, dont le vôtre, celui du public. La course aux récompenses est donc ouverte.

Bon Festival à tous et bienvenue dans la haute cour du Cinéma !

T.P.


Image du jour

Montage de l’écran par l’équipe technique. Crédit photo : Maxime Levert

Citation du jour

«" Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, la face du monde en eût été changée. " »Blaise Pascal

Valerie dumas i l l ust ra t r i c e Valérie Dumas, peintre et illustratrice Rhône-alpine de talent, est devenue une figure incontournable des grands évènements de la région : après la Coupe Icare ou le Salon du livre de St-Priest, elle a été choisie pour illustrer le Festival 2014. Interview d’une artiste à l’imagination sans bornes.

Comment vous est venue l’idée de l’affiche pour illustrer le Festival de Film Court ? A l’instant où j’ai été contactée par l’équipe de la Cinémathèque, j’ai tout de suite pensé à la lune : c’était pour moi une évidence. Au vue des affiches réalisées les années précédentes, il m’a paru clair qu’il manquait la dimension de la nuit, cette nuit qui permet au Festival d’exister puisque les films sont projetés le soir en plein air quand l’obscurité est totale.

Travailler dans le monde du cinéma n’a pas été trop difficile ? Non au contraire, j’ai pris énormément de plaisir ! Dès que Guillaume Poulet (le directeur de la Cinémathèque de Grenoble) m’a contactée, je me suis réjouie à l’idée de travailler pour le Festival. D’autant plus que je trouve l’art du court-métrage formidable. J’y retrouve une des composantes essentielles de mon travail : celle de devoir dire beaucoup dans un petit format.

Comment définiriez-vous votre style ? Mon univers est quelque chose de très personnel construit autour du féminin mais également de l’intime. Les détails comptent également beaucoup pour moi, c’est pourquoi je m’attarde souvent dessus. Mais le maître mot de mon travail est « plaisir », car je peins toujours avec bonheur. Timothé Poulain


Demi s Hérenger Réalisateur de Guy Moquet Ce soir, c’est «Guy Moquet» qui prendra place sur l’écran de la salle Juliet Berto. Un film qui revient de Cannes et qui entame depuis déjà quelques semaines une tournée européenne dans le cadre de sa sélection à la Quinzaine des Réalisateurs. Mais quel est ce projet capable de faire entrer le quartier de la Villeneuve et ses habitants dans l’euphorie et le monde du Festival de Cannes, le festival de cinéma le plus médiatisé au monde ? C’est sur la place Saint-André, autour d’un café, que nous avons rencontré Demis Herenger, le réalisateur de Guy Moquet, celui qui a permis aux jeunes acteurs du film et habitants de Villeneuve de réaliser un projet rêvé, et ce, à travers l’image la plus positive qui soit : celle d’une sélection à Cannes. Car des images moins positives de la Villeneuve et de ses habitants diffusées dans la France entière ne sont pas celles qui manquent. Le nœud du projet de Demis Herenger, c’est de faire ressortir ce qu’il appelle alors les « images manquantes », ces scènes qui manquent à celles que diffusent les médias.

Celles contre lesquelles l’association Vill9 la série se bat actuellement en justice. C’est donc autour d’un scénario candide, que Demis Herenger nous familiarise avec les habitants de la Villeneuve. Car, même si le film est, au départ, une commande faite par la ville de Grenoble concernant le renouvellement urbain, le réalisateur de Guy Moquet juge que «ce sont les corps mouvants des habitants d’une ville qui font la ville». C’est en les filmant comme tels, authentiques et spontanés dans le quartier dans lequel ils vivent, qu’il rend alors ses comédiens complices du projet de cette réelle monstration de ce qu’est la résistance. Et si «résister» c’était dévoiler publiquement une marque de sensibilité et d’amour dans un environnement qui s’évertue (ou que nous nous évertuons) à enfermer dans une image de dureté et de froideur ? En tout cas, ce que nous dit Demis Herenger, c’est que, loin de l’importance donnée au résultat, de ce projet naît simplement un amour du Cinéma. Ou plutôt, de faire du cinéma. Le prochain projet de Demis Herenger se tournera du côté du long métrage. Il plongera ses comédiens (dont Teddy Lukunku personnage pricipal de Guy Moquet) dans le milieu de l’aristocratie du 18ème siècle... Mais chut... Marie Lemoine

Sylvain Angibou st Stage d'Analyse de Films Sylvain Angiboust n’a pas la télévision et ne la regarde pas non plus. Lui, il est féru de Cameron, Tony Scott, Stallone et… de publicité. D’abord invité pour faire partie du jury presse il y a 3 ans pour le festival, Sylvain Angiboust revient chaque année sous une nouvelle étiquette. Cette fois, il animera une rencontre avec le réalisateur Christophe Loizillon et un stage d’analyse cinématographique pour présenter des formats courts trop peu considérés : la pub et le clip. Sylvain Angiboust, thésard, critique, conférencier en cinéma, démontre que le petit et le grand écran sont loin d’être antinomiques. Il explique : « La pub c’est la possibilité de se dire : qu’est-ce que je peux faire en trente secondes qui surprend les gens ? » Pour un produit qui marche bien, ou pour un artiste populaire, beaucoup d’argent est placé. Cela permet, parce que c’est un court-métrage, d’expérimenter des choses

qui n’auraient pas pu être faites dans un format long.Les pubs et les clips sont donc des formes qui sont très novatrices en matière d’effets. Par exemple le « bullet time », ce ralenti devenu mythique depuis son utilisation dans Matrix, n’a pas fait sa première apparition dans le longmétrage des frères Wachowski mais dans une publicité pour de la Vodka Smirnoff réalisée par un certain Gondry. Bien sûr, la forme et les effets ne font pas tout. Au grand dam de Michael Bay qui pensait épater la galerie deux heures et demie durant, avec effets à la chaîne et surenchère de « packshot » dans Transformers. Le packshot, c’est l’équivalent de la chute attendue (et souvent inattendue) du court-métrage, mais pour la publicité. Autrement dit, explique S. Angiboust, c’est le gros plan sur le tube de gel douche L’Oréal après les trente secondes de ralenti interminable sur la soyeuse chevelure de la dame. Le packshot c’est … Et cet article vous est offert par… le fabuleux et incontournable… Festival du Film Court Lise Blein Renaudot en Plein Air !


J u l i et

B ert o

itinéraire d’une grenobloise surdouée

Egérie de Godard, muse de Jacques Rivette, actrice accomplie, scénariste et réalisatrice de talent, Juliet Berto a consacré tout sa vie au Cinéma. Près d’un quart de siècle après sa mort, la trace qu’a laissée la Grenobloise dans l’esprit des cinéphiles est encore vivace. Hommage. Il y a des carrières qui ne s’inventent pas. Celle de Juliet Berto est sublime et son entame l’est encore en plus : à peine âgée de 20 ans, elle est repérée au cours d’une projection à Grenoble par Jean-Luc Godard en personne, l’un des plus grands maitres du cinéma des années 60. Le réalisateur suisse, tombé sous son charme, la fait alors jouer en 1967 dans Deux ou trois choses que je sais d’elle, un drame tragi-comique inspiré d’une nouvelle de Maupassant. La carrière de la jeune Grenobloise est alors lancée de la plus belle des façons. Elle enchaine par la suite les films avec Godard : La Chinoise, Week-end, Le Gai Savoir, Vladimir et Rosa. Elle tourne ensuite avec les meilleurs réalisateurs de l’époque comme Claude Miller, Marcel Camus ou encore Jacques Rivette, dont elle deviendra rapidement la muse après le succès de Céline et Julie vont en bateau, sorti en 1974.

A l’écran, Juliet Berto est d’une beauté rare. Prenez de longs cheveux bruns posés sur un visage ovale aux traits fins, de grands yeux noirs qui semblent lire en vous, un nez harmonieux légèrement échancré et des lèvres sensuelles, et vous aurez une idée, aussi imparfaite soit-elle, du charme magnétique de Juliet Berto qui se distinguait par une moue inimitable. La Grenobloise ne se contenta toutefois pas de sa beauté naturelle et de son talent devant la caméra, elle passa aussi de l’autre côté de l’objectif (voire de l’autre côté du script) à plusieurs reprises, avec des films comme Neige (Prix du jeune cinéma au Festival de Cannes en 1981) et Cap Canaille qu’elle réalisa avec JeanHenri Roger, son compagnon d’alors. Dans l’un de ses derniers films tourné en 1985, La vie de famille, Juliet Berto interprète sous la direction de Jacques Doillon une femme blessée que les affres du temps ont ébranlée. Un rôle opposé à ce qu’elle était dans la vie, elle que Serge Toubiana, le directeur de la Cinémathèque française, décrit volontiers comme « moderne, rieuse, moqueuse et impulsive ». Une image élogieuse qui colle légitimement à la peau de cette grande actrice grenobloise qu’était Juliet Berto et que la Cinémathèque de Grenoble essaie, depuis sa disparition en 1990, de préserver au quotidien. Timothé Poulain

Entendu aujourd’hui

Qui n’a pas mis son tee-shirt rouge !?

a,b,c... Lexique Action ! : Un long processus précède cette invitation. Après le « silence », demandé par le chef de plateau, le réalisateur commande « moteur », auquel répond le preneur de son par « ça tourne ». Intervient ensuite la présentation du clap et son annonce sonore par un machiniste suivi du fameux « action », l’invitation finale du réalisateur aux comédiens à jouer la scène prévue. Plan-séquence : Un plan-séquence est une scène filmée en un seul et

unique plan qui est restituée telle quelle dans un film, sans montage. Un plan-séquence peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes. Parmi les adeptes de cette technique, on trouve notamment Orson Welles, Michel Gondry, Stanley Kubrick ou encore Alfred Hitchcock, auteur d’un film-plan-séquence de 80 minutes (!), La corde.

Le Super 8 : Le Super 8 est un format de film, lancé par Kodak en 1965. De la même largeur que le film 8 mm, le Super 8 présente une surface d’impression agrandie de 36 % par rapport aux formats précédents. L’image filmée mesure 5,69 mm x 4,22 mm, soit un format 4/3. Très apprécié des cinéastes amateurs car peu onéreux, le Super 8 a permis à un certain Steven Spielberg de réaliser ses premiers films…


La Cinémathèque d e G re n o b l e

« C’était l’année 62 ». Comme l’a si bien chanté Claude Francois, l’année 1962 fut une année mémorable : la navette soviétique Spoutnik volait dans l’espace, Maryline Monroe disparaissait, West Side Story raflait les Oscars et les Beatles battaient tous les records. Mais ce n’est pas tout : cette année-là vit aussi naitre… la Cinémathèque de Grenoble ! Fondée par Michel Warren, il s’agissait à l’origine d’une association regroupant des professionnels du cinéma. A l’instar de la Cinémathèque Henri Langlois, elle proclamait dans ses statuts que « les films ne doivent pas dormir dans un tiroir, mais être montrés ». Depuis maintenant 44 ans, les cinéphiles de l’agglomération grenobloise ont la possibilité de découvrir les trésors sauvegardés par l’équipe de la Cinémathèque et bien d’autres merveilles à l’occasion d’environ 120 séances publiques par an.

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Le panel des films diffusés est très large, allant de la version intégrale de La passion de Jeanne d’Arc à la copie retrouvée des Affaires publiques de Bresson, en passant par des films non distribués de Rivette ou de Garrel comme Merry-go-round. Au-delà d’être l’endroit rêvé pour exercer sa cinéphilie, la Cinémathèque est aussi un lieu d’initiation et de formation. La Cinémathèque met ainsi en place des ateliers, des cours d’histoire du Cinéma, des colloques et des expositions, mais apporte aussi un important soutien aux étudiants. L’inauguration des nouveaux locaux, toujours plus accessibles, confirme le rôle de la Cinémathèque de Grenoble qui va pourvoir continuer dans les années à venir à protéger et à diffuser le patrimoine cinématographique français.

Timothé Poulain

C’est quoi un court ?

« Il s’agit d’une œuvre à part entière qui permet d’entrevoir le talent de son réalisateur et laisse parfois penser qu’on aura l’occasion de le revoir… » Guillaume Poulet, directeur de la Cinémathèque de Grenoble.

JEU

Chaque jour un plan est capturé d’un film en compétition projeté le soir-même. Chers lecteurs, l’équipe du journal met à l’épreuve votre mémoire de spectateurs.

A quel film court appartient cette image ? Le gagnant tiré au sort se verra offrir un tee-shirt rouge de la Cinémathèque. Tentez votre chance et venez voter au stand devant la Cinémathèque.

La réponse dans le Tout Court de demain


Programme AUJOURD’HUI er

Mardi 1 Juillet

DEMAIN Mercredi 2 Juillet

Compétition Programme 1 20h30 - Salle Juliet Berto

Stage d’analyse de films 9h30-12h30 - Salle Juliet Berto

Compétition Programme 1 22h00 - Place Saint André

Hors compétition - Regards 1 14h30 - salle juliet berto

Séance Spéciale - Guy Moquet 23h30 - Place Saint André

Séance «Hommage à Alain Resnais» 16h30 - salle juliet berto

Compétition Programme 1 La Paô de Charlie Belin Bye bye Mélancolie de Romain Laguna Poussières de Daniel Metge T.I.A (THIS is Africa) de Matthieu Maunier-Rossi Shadow de Lorenzo Recio

Débat avec les realisateurs (1) 18h30 - Place Saint André Compétition Programme 2 20h30 - salle juliet berto 22h00 - Place saint andré Séance Format Court 00h00 - salle juliet berto Compétition Programme 2 Réussir de Elsa Diringer Land de Masanobu Hiraoka Ceux qui restent debout de Jan Sitta Amasia de Guillaume Renier, Adrien Bisiou, Gaëlle Seguillon et Fabien Kretschmer

Retrouvez toute l’actualité du festival sur festival.cinemathequedegrenoble.fr

Imprimé sur papier recyclé

Du grain à moudre de Sonia Larue

La Cinémathèque de Grenoble organise le Festival du Film Court en Plein Air depuis 1977. Couverture : Poussière de Daniel Metge

Directeur de la publication : Guillaume Poulet / Rédactrice en chef : Laetitia Boulle / Rédaction : Lise Blein, Nolwenn Lagadec, Marie Lemoine, Timothé Poulain / Mise en page : Marie Lemoine

Mail : festival@cinemathequedegrenoble.fr Site internet : www.cinemathequedegrenoble.fr 4 rue Hector Berlioz 38000 Grenoble 0476544351

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