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Sommaire L’apéritif 06 - Un peu de lecture... 07 - Info/intox - Le saviez-vous ? 09 - Private talkies : Bolly&Co’ en mode Gossip’... 11 - Bolly&Co Awards 2013 : le verdict... 19 - Revue de presse : Sushant, Aditya et Arjun se livrent

The New Face 32 - Saqib Saleem : le visage du Bollywood d’aujourd’hui. 36 - Critique Mujhse Fraaandship Karoge 38 - Critique Mere Dad Ki Maruti

On the cover : Sridevi 41 - Récit d’un parcours hors-norme 48 - Ses meilleures danses 51 - English Vinglish : ce qu’en disent les critiques...

Pop corn 57 - Hrithik Roshan : l’art de se faire désirer... 62 - Hrithik Roshan et Sussanne Khan : la fin d’une idylle... 66 - Deepika Padukone : la revanche d’une bombe. 70 - Himmatwala : un ‘wannabe’ Rowdy Rathore ? 74 - Le destin brisé de Jiah Khan 80 - Ces autres romances réussies... 84 - Les item girls du nord au sud. 88 - C’était mal parti, mais ils ont cartonné... 92 - Lumière sur... Mika Singh, chanteur. 94 - Playlist ‘Chantons sous la pluie’ version nord

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Une tasse de thé 98 - Parce qu’il n’y a pas que le cinéma dans la vie : qu’est-ce qui retient les indiens devant leur télé ? 104 - Télévision et cinéma : de l’art de faire la transition entre petit et grand écran... 112 - L’Inde dans le monde arabe : un nouveau public... 114 - Critique : Ishaqzaade 118 - Critique : Cocktail 122 - Critique : ABCD 124 - Critique : Dangerous Ishhq 127 - Critique : Ishkq In Paris 130 - Critique : Ek Tha Tiger 132 - Critique : Chashme Buddoor 135 - Critique : Lootera 140 - Critique : Yeh Jawaani Hai Deewani 146 - Critique : Aashiqui 2 151 - Critique : Phata Poster Nikhla Hero 156 - Chennai Express : la recette de son succès...

Un parfum du sud 160 - Les acteurs du sud jouent en hindi... et les acteurs nordistes jouent en tamoul. 170 - Critique : Kandireega 172 - Isha Talwar à la conquête du cinéma du sud ! 174 - Critique : Thattathin Marayathu 177 - Les 5 news dravidiennes à ne pas rater ! 180 - Critique : Ishq 184 - Samantha Ruth Prabhu ; la nouvelle Sridevi ? 188 - Aaha Kalyanam : un bide assuré ? 191 - Et si on comparait les remakes ? Ariane VS Engeyum Kaadhal 194 - Playlist ‘Chantons sous la pluie’ version sud

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Parlons mode 198 200 212 216 220 -

Les tenues indiennes : le guide. Les plus grand noms de la mode indienne. La tendance : Ave Peplum ! Fashion review : Sridevi. La dernière minute mode.

La cerise sur le gâteau. 223 - Article Twitter : R.I.P. Jiah Khan 224 - The Meeting Place : Deuxième Chapitre...

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l’édito Nous avons mis du temps, mais nous voilà enfin ! Bolly&Co’ est de retour et vous propose un numéro unique en ces périodes féeriques. Depuis un an, le show-business indien a vu des nouvelles stars éclore comme Parineeti Chopra, Huma Qureshi et Ayushmann Khurrana. Il aura également perdu de belles étoiles comme Srihari, Pran et Jiah Khan. Au box-office, les records s’enchaînent entre Dhoom 3 et Chennai Express, tandis que Salman Khan s’apprête à chambouler l’ordre établi avec son film à venir Jai Ho. Au sud du pays, c’est Dhanush et Samantha Ruth Prabhu qui règnent avec des films acclamés comme 3 et Neethaane En Poonvasantham. Mais surtout, entre 2012 et 2013, de nombreuses divas ont fait leur grand retour au cinéma avec plus ou moins de succès. De Karisma Kapoor à Preity Zinta notamment, elles ont toutes fait leur come-back sur grand écran avec des œuvres extrêmement anticipées. Ainsi, pour cette septième édition exclusive, Bolly&Co’ met à l’honneur une des plus grandes dames du cinéma indien, du nord au sud : la sublime et intemporelle Sridevi. La ‘Hawaa Hawaai Girl’ a effectivement fait un retour acclamé avec English Vinglish, en 2012. Belle, talentueuse et surprenante ; elle appartient à une ère où les actrices n’avaient peur de rien. Cette publication lui est donc grandement consacrée. Mais plus encore, nous vous proposons de découvrir ce qu’il en a été au sein des industries cinématographiques indiennes grâce aux nombreuses critiques de films, à la rubrique mode à la pointe de la tendance d’Elodie, aux actualités toutes fraîches de Fatima Zahra, aux playlists à ne pas manquer et à la rubrique sud, toujours aussi parfumée.

De la part de l’équipe rédactionnelle de Bolly&Co’, nous vous souhaitons de merveilleuses fêtes de fin d’année, en espérant que vous profitiez de ces instants auprès de vos proches. Que cette période enchanteresse vous apporte la joie et le réconfort dont vous avez besoin. Enfin, nous vous remercions de votre patience et de votre sollicitude. Bonne lecture à vous, en vous souhaitant de savourer cette édition inédite au même titre que les précédentes. Asmae’

RÉDACTRICE EN CHEF

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UN PEU DE LECTURE. par

Asmae

Mariage à l’indienne de Kavita Daswani

A 30 ans, Anju cherche un mari... désespérément ! Brillante rédactrice de mode, elle peine pourtant à trouver un bon parti. Lot de nombres d’indiens célibataires, la recherche du conjoint idéal se révèle être un véritable parcours du combattant que nous narre Kavita Daswani dans ce roman piquant et plein d’humour. Bridget Jones à la sauce Bollywood, Mariage à l’indienne donne à lire une romcom fun et pétillante, avec une héroïne qui l’est tout autant.

Petits arrangements avec le mariage de Moni Mohsin

Protagoniste sans nom, la narratrice est une pakistanaise bêcheuse et pleine aux as ; une sorte de Carrie Bradshaw de l’Asie du Sud, en somme. Sa mission : trouver une femme à son cousin Jonkers, bientôt quadra’ et franchement molle. Par la plume impertinente de Moni Mohsin dont c’est le troisième roman, Petits arrangements avec le mariage nous fait découvrir le Pakistan d’aujourd’hui, entre lutte des classes et terrorisme avec une fraîcheur audacieuse. Mais surtout, le clivage entre la futilité certaine de l’héroïne et l’horreur de la réalité est retranscrit avec brio et intelligence ; sans tomber dans l’œuvre contestataire. Car on lit avant tout une comédie savoureuse, avec ses contrepèteries en pagaille et son happy-end de rigueur. Succulent !

Sous un ciel de marbre de John Shors

Le livre de John Shors raconte un épisode de l’histoire indienne avec un grand H : la construction d’une des sept merveilles du monde, le Taj Mahal. Il propose surtout une version romancée de cette aventure du point de vue de Jahanara, fille du Shah Jahan laissé fou de chagrin après la mort de sa bien-aimée Mumtaz. Édifié au XVIIème siècle à Agra, le Taj Mahal incarne une romance en lui-même, à laquelle s’ajoute la relation contrariée entre la princesse Jahanara et son architecte Ustad Isa, imaginée par l’auteur. Un bouquin romanesque, une saga digne des plus grands films de Bollywood (nous ne citerons que Mughal-E-Azam en exemple...) à dévorer sans modération.

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INFO / INTOX par

Fatima Zahra et Asmae

VIDYA BALAN ET EMRAAN HASHMI, DE NOUVEAU ENSEMBLE :

SHAHRUKH KHAN SERA FAN DANS SON PROCHAIN FILM :

INFO. Après avoir fait deux films ensemble (The Dirty Picture, Ghanchakkar), Vidya Balan et Emraan Hashmi signent leur troisième film, cette fois-ci une histoire romantique signée Mohit Suri, réalisateur de Aashiqui 2. Le film a actuellement pour titre “Hamari Adhuri Kahani” et l’acteur Raj Kumar Yadav en rejoint le casting également. Il devrait sortir le 7 Novembre 2014.

INFO. Sur son compte Twitter, il écrivait “J’ai imaginé et porté la plupart des personnages que j’ai incarné... Pour la première fois, j’incarnerai ceux qui m’ont porté... Dans mon prochain film, je serai un “FAN”.” Il s’agira du prochain film de Maneesh Sharma à qui l’on doit l’acclamé Band Baaja Baaraat ainsi que les œuvres Ladies V/S Ricky Bahl et Shuddh Desi Romance. Fan sera produit par la bannière Yash Raj et écrit par Habib Faisal. Le tournage devrait démarrer en mai 2014.

LE PROCHAIN FILM DE ZOYA AKHTAR, UNE HISTOIRE VRAIE : INTOX. Après le succès de “Zindagi Na Milegi Dobara”, la réalisatrice Zoya Akhtar prépare son prochain projet avec Ranveer Singh et Priyanka Chopra à l’affiche. Des rumeurs supposaient que l’histoire du film se baserait sur l’histoire réelle du duo que forment la réalisatrice avec son frère Farhan, chose que ce dernier a très vite démenti : “Le film de Zoya n’a absolument rien à voir avec notre vie réelle. C’est une histoire entièrement fictive.” Pour information, avant de proposer le scénario à Ranveer et Priyanka, Zoya a pendant longtemps essayé de convaincre les acteurs et cousins Ranbir Kapoor et Kareena Kapoor de jouer les rôles principaux, sans succès.

ILEANA D’CRUZ DANS BADE BHAIYYA AVEC SALMAN : INTOX. Salman Khan sera le héros de Bade Bhaiyya, le prochain film de Sooraj R. Barjatya, le cinéaste qui l’a révélé en 1989 avec Maine Pyar Kiya et en a fait une star grâce à Hum Aapke Hain Koun. Depuis 2006 et le succès de Vivah, Sooraj n’était pas retourné derrière la caméra et n’avait pas travaillé avec Sallu depuis 1999. Il s’agit donc d’un projet très attendu. S’agissant d’un film familial, aucune information concernant le reste du casting n’a été divulguée. La partenaire de Salman n’a pas encore été choisie, et Ileana D’Cruz n’est pas de la partie, malgré de nombreuses rumeurs affirmant qu’elle avait signé le rôle. On murmure également les noms de Kareena Kapoor Khan et Deepika Padukone, mais rien n’a été confirmé.

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LE SAVIEZ-VOUS ? par

Fatima Zahra

Quand le film “Kahaani” n’était qu’un simple petit projet il y a de cela quelques années, Sujoy Ghosh avait proposé l’idée à la bannière Yash Raj Films qui à l’époque devait produire le film. Sujoy Ghosh et Aditya Chopra se sont finalement séparés car ce dernier faisait tout pour donner à Rani Mukherjee le rôle principal du film, contrairement à la volonté du réalisateur. Sujoy a donc décidé de se retirer, insistant sur son choix de départ : Vidya Balan. Peu de gens savent que le premier choix pour le rôle de Pakhi Roy Chaudhary du film Lootera était Vidya Balan. En réalité, le projet date de 2006, et pour quelques soucis de production il a été mis en pause pendant une longue période. Finalement, quand une nouvelle maison de production a été finalisée pour s’occuper du film, l’actrice n’était plus en mesure de tourner pour le film et c’est ainsi que Sonakshi Sinha a obtenu le rôle. Une fois le film sorti, Vidya a toutefois apprécié la performance de Sonakshi et a insisté pour l’appeler personnellement afin de la féliciter ! Le film Mr. India qui avait mis en vedette Anil Kapoor et Sridevi a été à la base écrit pour Amitabh Bachchan ! Big B a cependant refusé le rôle, ne souhaitant pas interpréter un

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rôle “invisible” et c’est ainsi qu’Anil Kapoor a obtenu le film. C’est d’ailleurs l’un des films les plus importants de sa carrière. Le rôle de Sonia dans Kaho Na ... Pyaar Hai était d’abord tenté par Kareena Kapoor ! Cependant, quelques jours après le début du tournage, l’actrice qui à l’époque n’était qu’une débutante s’est retirée du projet sans donner d’explication et c’est ainsi qu’elle a été remplacée par Ameesha Patel, une autre arrivante. Cette dernière est ainsi devenue une starlette de l’époque, du jour au lendemain grâce au succès de ce film. Vous savez peut-être tous qu’Aamir Khan n’était pas le premier choix pour le rôle principal du film Talaash. Néanmoins, ce n’est pas le premier film qu’Aamir Khan décroche avec la bannière Excel Ent. après qu’il ait été proposé à d’autres acteurs avant lui ! En effet, Aamir Khan n’était pas censé jouer dans le film Dil Chahta Hai non plus. Son rôle était d’abord conçu pour l’acteur Akshaye Khanna, tandis que le rôle d’Akshaye a été proposé à Hrithik Roshan. Ce dernier ne pouvant pas accorder le temps nécessaire au film, Farhan Akhtar a décidé de revoir son casting et c’est ainsi qu’il a échangé les deux rôles d’Akshaye et Aamir.


Private

Talkies par

carnet rose

Asmae

côté coeur

Ayesha Takia devient maman !

Kalki Koechlin et Anurag Kashyap font un break.

Fardeen Khan est papa !

Nisha Agarwal se marie !

Madame Imran Khan est enceinte !

Mariage arrangé pour Sayali Bhagat !

La très belle Ayesha Takia, mariée depuis 2009 au restaurateur Farhan Azmi a donné naissance à un petit garçon le 6 décembre 2013 à Mumbaï. L’actrice révélée par son rôle dans Taarzan : The Wonder Car (qui lui vaudra le Filmfare Award du Meilleur Espoir Féminin en 2004) avait animé l’année dernière l’émission musicale Sur Kshetra qui opposait une équipe indienne à une équipe pakistanaise. Félicitations aux heureux parents ! Mariée depuis 2005 à Natasha Madhwani, fille de l’actrice Mumtaz ; Fardeen est devenu papa pour la première fois le 11 décembre dernier. Il s’agit d’une fille du nom de Diani Isabella. Pour la petite histoire, Natasha avait fait une fausse couche en décembre 2012 mais le couple n’avait jamais perdu espoir de devenir parents. On retrouvera Fardeen Khan dans No Entry 2, dont le tournage devrait débuter en juin prochain. Il aurait également signé deux projets, dont un qu’il produira lui-même. Félicitations au couple !

En effet, la jolie Avantika Malik attend son premier enfant. Mariée à l’acteur Imran Khan depuis Janvier 2011, qu’elle fréquentait alors depuis 9 ans ; le couple attendrait un enfant pour juin 2014. Dans une interview, Imran affirme vouloir une fille, tandis que son épouse souhaiterait mettre au monde un garçon. Dernièrement, Imran Khan était à l’affiche de la romcom Gori Tere Pyaar Mein avec Kareena Kapoor Khan et sera le héros du prochain film de Vikramaditya Motwane, Bhavesh Joshi.

Le cinéaste Anurag Kashyap et l’actrice française Kalki Koechlin se sont mariés en avril 2011 lors d’une cérémonie intimiste à Ooty. Mais le réalisateur et producteur a annoncé récemment que le couple avait décidé de se séparer. Il précise cependant qu’il n’est pour le moment pas question de divorcer ! Il s’agit du second mariage d’Anurag, divorcé d’Aarti Bajaj et père de la jeune Aaliya.

La petite sœur de Kajal Aggarwal a épousé le businessman Karan Valecha le 28 décembre dernier. La jeune actrice de 24 ans avait débuté sa carrière en 2010 dans la romance télougoue Yemaindi Ee Vela et est à l’affiche de DK Bose depuis le 25 décembre 2013. Originaire de Mumbai, c’est là qu’elle s’est unie à Karan pour une cérémonie des plus attendues, où tout le gratin de Tollywood a été convié. Et contrairement à beaucoup de comédiennes, Nisha n’a aucunement l’intention d’arrêter sa carrière après le mariage et tournera de nouveaux projets dès 2014.

L’ancienne Miss Inde Sayali Bhagat révélée par le film The Train avec Emraan Hashmi a épousé le 10 décembre 2013 un ami de sa famille, le businessman Navdeep Pratap Singh originaire de Delhi. Le couple a été présenté l’un à l’autre par leurs parents, se sont fréquentés quelques mois pour ensuite se lancer dans l’aventure du mariage. Malgré une carrière en dents de scie, Sayali continuera de jouer et aurait trois films dans les manches pour 2014. Tous nos vœux de bonheur aux jeunes mariés ! 009


Distributeur de films indiens en France,Aanna Films amène Bollywood dans vos salles de cinéma.

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AANNAFILMS.FR


Bolly&Co Awards 2013 : LE VERDICT Après les Filmfare Awards et les National Awards, votre fanzine consacré au cinéma indien vous propose une cérémonie unique : celle des Bolly&Co’ Awards. Vous n’êtes pas d’accord avec le verdict de certaines institutions ? Bolly&Co’ vous a donné la parole. Ainsi, pendant plus d’un mois, vous avez pu voter pour vos acteurs, chansons et films préférés de l’année 2012 parmi 5 nommés par catégorie. En exclusivité, voici les gagnants de la première édition des Bolly&Co’ Awards...

Meilleure chanteuse LES NOMMÉES SONT :

Meilleur chanteur LES NOMMÉS SONT :

1. Sunidhi Chauhan pour « Gun Gun Guna » de Agneepath 2. Shalmali Kholgade pour « Pareshaan » de Ishaqzaade 3. Neeti Mohan pour « Jiya Re » de Jab Tak Hai Jaan 4. Shreya Ghoshal pour « Radha » de Student of the Year 5. Shreya Ghoshal pour « Chikni Chameli » de Agneepath

1. Ayushmann Khurrana pour « Pani Da Rang » de Vicky Donor 2. Shekhar Ravjiani pour « Khudaaya » de Shanghai 3. Mohammed Irfan pour « Sun Soniye » de Ajab Gazabb Love 4. Vishal Dadlani pour « Jee Le Zara » de Talaash 5. Arijit Singh pour « Uska Hi Banana » de 1920 : Evil Returns

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Shalmali Kholgade pour « Pareshaan » de Ishaqzaade !

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Ayushmann Khurrana pour « Pani Da Rang » de Vicky Donor !

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Meilleure bande-originale

Meilleur couple

LES NOMMÉS SONT :

LES NOMMÉS SONT :

1.Amit Trivedi pour Ishaqzaade 2.Vishal-Shekhar pour Student of the Year 3. A.R. Rahman pour Jab Tak Hai Jaan 4. Pritam pour Cocktail 5. Jeet Ganguly, Pranay, Sangeet Haldipur et Siddharth Haldipur pour Blood Money

1. Riteish Deshmukh et Genelia D’Souza pour Tere Naal Love Ho Gaya 2. Ayushmann Khurrana et Yami Gautam pour Vicky Donor 3. Arjun Kapoor et Parineeti Chopra pour Ishaqzaade 4. Aamir Khan et Rani Mukerji pour Talaash 5. Ali Zafar et Aditi Rao Hydari pour London, Paris, New York

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

A.R. Rahman pour Jab Tak Hai Jaan !

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Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Arjun Kapoor et Parineeti Chopra pour Ishaqzaade !


Meilleur espoir féminin

Meilleur espoir masculin

LES NOMMÉES SONT :

LES NOMMÉS SONT :

1. Huma Qureshi pour Gangs of Wasseypur 2. Yami Gautam pour Vicky Donor 3. Priya Anand pour English Vinglish 4. Esha Gupta pour Jannat 2 5. Ileana D’Cruz pour Barfi !

1. Ayushmann Khurrana pour Vicky Donor 2. Arjun Kapoor pour Ishaqzaade 3. Pulkit Samrat pour Bittoo Boss 4. Varun Dhawan pour Student of the Year 5. Sidharth Malhotra pour Student of the Year

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Ileana D’Cruz pour Barfi !

Ayushmann Khurrana pour Vicky Donor !

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Meilleur second rôle féminin

Meilleur second rôle masculin

LES NOMMÉES SONT :

LES NOMMÉS SONT :

1. Rani Mukerji pour Talaash 2. Gauhar Khan pour Ishaqzaade 3. Anushka Sharma pour Jab Tak Hai Jaan 4. Ileana D’Cruz pour Barfi ! 5. Kalki Koechlin pour Shanghai

1. Randeep Hooda pour Jannat 2 2. Emraan Hashmi pour Shanghai 3. Rishi Kapoor pour Student of the Year 4. Parambrata Chatterjee pour Kahaani 5. Nawazuddin Siddiqui pour Paan Singh Tomar

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Rani Mukerji pour Talaash !

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Emraan Hashmi pour Shanghai !


Meilleure actrice

Meilleur acteur

LES NOMMÉES SONT :

LES NOMMÉS SONT :

1. Sridevi pour English Vinglish 2. Priyanka Chopra pour Barfi ! 3. Vidya Balan pour Kahaani 4. Yami Gautam pour Vicky Donor 5. Parineeti Chopra pour Ishaqzaade

1. Hrithik Roshan pour Agneepath 2. Ranbir Kapoor pour Barfi ! 3. Irrfan Khan pour Paan Singh Tomar 4. Abhay Deol pour Shanghai 5. Aamir Khan pour Talaash

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Vidya Balan pour Kahaani !

Ranbir Kapoor pour Barfi !

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Meilleur réalisateur

Meilleur film

LES NOMMÉS SONT :

LES NOMMÉS SONT :

1. Sujoy Ghosh pour Kahaani 2. Gauri Shinde pour English Vinglish 3.Tigmanshu Dhulia pour Paan Singh Tomar 4. Shoojit Sircar pour Vicky Donor 5. Habib Faisal pour Ishaqzaade

1. Kahaani 2. English Vinglish 3. Paan Singh Tomar 4. Vicky Donor 5. Gangs of Wasseypur

Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

Sujoy Ghosh pour Khaani !

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Et le Bolly&Co’ Award est attribué à...

English Vinglish !


Bolly&Co Awards 2013 : LE VERDICT Et parce qu’on a également un très grand sens de l’humour (avec la voix de Shahrukh Khan pour le dire... ça vous dit quelque chose?), l’équipe Bolly&Co’ vous propose des prix humoristiques, à prendre au second degré, bien sûr !

Dans la catégorie « Meilleur duo père-fille », les nommés sont : 1. Salman Khan et Katrina Kaif pour Ek Tha Tiger 2. Shahrukh Khan et Katrina Kaif pour Jab Tak Hai Jaan 3. Ajay Devgan et Sonakshi Sinha pour Son Of Sardaar 4. Saif Ali Khan et Diana Penty pour Cocktail Et le Bolly&Co’ Award est attribué à... Saif Ali Khan et Diana Penty pour Cocktail : Monsieur a une calvitie naissante mais veut continuer à jouer les jeun’s en dansant sur « Sheila ki Jawaani » ? Face à la frêle Diana Penty qui a l’air d’avoir le même âge que sa fille Sara, l’alchimie est assez... discutable...

Dans la catégorie du « Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ?»: 1. Khiladi 786 où l’histoire d’un mec qui a voulu faire du fric en se basant sur la notoriété révolue des Khiladi dont le dernier volet est sorti 12 ans plus tôt. 2. Kyaa Super Kool Hai Hum où l’histoire de deux mecs qui courent plus longtemps après leur chien qu’après leurs copines. 3. Aiyyaa où l’histoire d’une meuf qui tombe amoureuse de l’odeur d’un mec. 4. Players où l’histoire d’un film qui, à force d’enchaîner les retournements de situation, finit par tourner en rond. Et le Bolly&Co’ Award est attribué à... Players où l’histoire d’un film qui, à force d’enchaîner les retournements de situation, finit par tourner en rond !

Dans la catégorie de la « Chanson qui te donne envie de crier au chef-d’œuvre quand tu entends du Sébastien Patoche » : « Boom Boom » de Ajab Gazabb Love « Auntiji » de Ek Main Aur Ek Tu « Do U Know » de Housefull 2 « Shirt Da Button » de Kyaa Super Kool Hai Hum « Po Po » de Son of Sardaar Et le Bolly&Co’ Award est attribué à... « Shirt Da Button » de Kyaa Super Kool Hai Hum pour être la chanson romantique la moins romantique de l’histoire de la musique filmi !

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DELICIOUS-FARHAN .tumblr.com

PHOTOGRAPGIE DU MAGAZINE GRAZIA NUMÉRO D’OCTOBRE 2013

pour une dose quotidienne de farhan akthar, c’est par là...


REVUE DE PRESSE

Traduit par Asmae

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“ CETTE

ADULATION EST

SURRÉALISTE.”

Le cœur d’Arjun Kapoor a toujours été bercé par les films, mais il n’aurait jamais imaginé être propulsé en tête d’affiche(s). Après ses débuts dans le succès Ishaqzaade, l’acteur de 28 ans est de bonne volonté, et pas seulement avec les réalisateurs, affirme la journaliste de Femina Urvashi Pant.

On assiste à la naissance d’une ‘bromance’ (mot valise entre ‘brotherhood’ et ‘romance’, qui signifie donc une relation fraternelle très forte ; ndlr) dans les coulisses du prochain numéro de Femina, un numéro masculin. Les acteurs Arjun Kapoor, Aditya Roy Kapur et Sushant Singh Rajput sortent des vannes. Les femmes présentes ne peuvent effacer les sourires sur leurs visages, et elles n’ont pourtant rien entendu des blagues des trois hommes, qui partagent une pétillante complicité et la mettent au service de beaux clichés.

Arjun n’est pas étranger aux ‘bromances’. Il

existe assez d’histoires circulant sur Internet concernant sa fameuse connivence d’avec son partenaire Ranveer Singh sur le tournage de Gunday. Et il nous fera savoir qu’il apprécie tout autant de sortir avec Ranbir Kapoor, Varun Dhawan, et même Parineeti Chopra - « pour moi, elle est comme un frère ». Parce qu’il a grandi au sein de l’industrie du film, fréquenter des stars semble naturel pour Arjun. « Tu es supposé être à l’aise avec ça, sinon tu n’apprécieras pas le système de l’industrie, de la production de films,» dit-il. « Les gens qui aiment être sur un plateau de tournage ne peuvent pas s’inscrire dans une négativité l’un envers l’autre. Par exemple, pour ce photoshoot, ça ne me préoccupe pas de savoir si je serai positionné au centre, à gauche ou à droite. » Pour Arjun, il est bien trop tôt pour s’inquiéter de devoir partager les lumières des projecteurs. « Nous tentons tous de nous faire notre propre place. 020

Il y a assez de place pour tout le monde et il n’y a donc pas besoin de se sentir menacé. »

Flirter avec les films

La fascination d’Arjun pour le cinéma a commencé lorsque, enfant, il passait des heures sur les plateaux de tournage avec son père, le producteur Boney Kapoor. Mais devenir acteur n’a jamais fait partie des plans de carrière d’Arjun ; il se projetait plutôt derrière la caméra. Il est devenu assistant réalisateur de Nikhil Advani pour les films Kal Ho Naa Ho (2003) et Salaam-E-Ishq (2007). Lorsque je lui ai demandé s’il s’est déjà regardé longuement dans le miroir, rêvant d’apparaître sur grand écran, il s’esclaffe : « J’étais un enfant obèse, mon reflet ne rentrait pas dans la plupart des miroirs. » Ce qui s’en est suivi fait partie d’un folklore significatif du cinéma hindi. L’acteur Salman Khan dit un jour à ce jeune en surpoids qu’il voyait en lui un acteur potentiel, et prit Arjun sous son aile. Quatre ans plus tard, un Arjun sculptural, débarrassé de plus de 50 kg, était fin prêt pour faire face à la caméra avec Ishaqzaade (2012) aux côtés de Parineeti Chopra.

Thriller naturel Chaque petit détail du premier jour de tournage d’Arjun sur le tournage du film d’Habib Faisal est encore fraîchement gravé dans son esprit : « C’était le 23 Octobre 2011. Je me souviens avoir mis ce statut dans mon BlackBerry Messenger : C’est le premier jour du reste de ma vie. » →


Les femmes sont bien plus malines que les hommes – elles ont de meilleurs instincts et sont plus compréhensives, patientes, observatrices et conscientes. » «

Lorsque Arjun est arrivé à Lucknow, six jours après le reste du casting et de l’équipe, ils tournaient la chanson Jhalla Wallah. Dans cette scène, Arjun devait rouler en moto sur une petite scène, coupant court à la danse de Parineeti et Gauhar Khan et ensuite emmener Gauhar. Arjun se souvient avoir ressenti un mélange de panique et d’excitation en préparant cette prise. « J’avais déjà conduit une moto, mais c’était dans un espace ouvert. En tout cas, tu oublies tout lorsque la caméra est sur toi. Le cinématographe Hemant Chaturvedi était assis derrière moi avec une caméra coûteuse, et si je ne m’étais pas arrêté à temps, j’aurais pu percuter Parineeti et Gauhar. Forcément, si je n’avais pas réussi cette scène, le film aurait pu être suspendu. » Heureusement, les pires peurs d’Arjun ne sont pas devenues réalité et le film est devenu un grand succès. L’acteur s’est vu sollicité par de nombreux cinéastes – son second film, l’audacieux thriller Aurangzeb est sorti au mois de Mai de cette année. Dans le même temps, il travaille sur Gunday avec Priyanka Chopra dans lequel Ranveer et lui jouent « d’adorables voyous » dans le Calcutta des années 1970, et le très attendu Two States face à Alia Bhatt, où il incarne un diplômé en management d’Ahmedabad. Ceux qui ont lu l’ouvrage de Chetan Bhagat sur lequel le film se base, trouveront des changements dans le personnage de Krish Malhotra. « Je ne voulais pas être rattaché à la structure du livre, » déclare Arjun. « J’ai ajouté une dose d’absurdité au personnage de Krish. J’avais le sentiment que si tout venait directement du livre, il n’y aurait aucun défi, car je n’aurais pas besoin de me surpasser. » 022

Le chéri de l’Inde

Comme c’est le cas pour la plupart des acteurs, avec le succès viennent les fans. Lorsque je lui demande ce qu’il ressent à propos de sa soudaine popularité auprès de la gente féminine, Arjun fait mine d’être surpris. « Où sont ces fans, s’il vous plaît, dites-moi ? Je n’ai presque pas l’occasion de les rencontrer. » Après avoir insisté légèrement, il admet qu’il apprécie cette attention. « J’aime le fait que les femmes me trouvent attirant car je ne m’y attendais pas. Dans mon premier film, je couche avec une fille pour ensuite la laisser tomber ; je parle mal, je suis arrogant et mal élevé. Toute cette admiration est en fait assez surréaliste. » La bonne nouvelle pour ses fans est que Arjun est célibataire. « Je suis célibataire depuis 7 ans, » dit-il. Et à propos du genre de femme avec qui il voudrait être, ça devient encore plus intéressant – en effet, Arjun n’a pas d’image précise de son idéal féminin. « Tu ne peux pas poser un cadre sur ce genre de chose. Ceux sont les côtés inattendus de la personne qui t’enchantent. Évidemment, il y a des bases dont tu as besoin dans ces cas-là – en l’occurrence une femme sensible et intelligente pour comprendre le genre de travail que je fais. » Renversez les rôles, et Arjun a tout compris aux femmes. « Si tu veux vraiment séduire une fille, écoute-la juste. En essayant de l’impressionner, ne deviens pas quelqu’un d’autre. Les femmes sont bien plus malines que les hommes – elles ont de meilleurs instincts et sont plus compréhensives, patientes, observatrices et conscientes. » Arjun a donc compris les femmes, et il est à l’aise avec la direction que prend sa carrière. Il a travaillé dur pour son succès, et est désormais dans le circuit. Pas question d’arrêter cette star qui a bien failli de jamais devenir acteur.


PRISES RAPIDES

SUR SA COUSINE SONAM KAPOOR : « Elle est l’actrice la plus sous-employée du pays, en ce moment. Elle est tellement plus qu’une fashionista. » SUR SUSHANT SINGH RAJPUT : « Un acteur et un danseur brillant. Sa passion est de devenir un acteur, pas un héros. » SUR ADITYA ROY KAPUR : « Il est le mec le plus cool, libre et modeste du monde. C’est un peu le petit dernier de la famille et c’est sa qualité la plus charmante. »

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“JE N’AI PAS PEUR DE

PERDRE.”

La vie a offert à Sushant tout ce dont il a besoin actuellement : l’amour, le succès et les scripts les plus convoités. L’acteur circonspect avoue à Rajshree Balaram savoir qu’il est vanté de toutes parts comme le nouveau délice de la saison après Kai Po Che. Mais Sushant est bien assez expérimenté pour savoir que les saisons changent.

Sushant fume environ 20 cigarettes par jour. « Je vais arrêter,» me dit-il, assis dans son van près des Mehboob Studios. Il y a une profonde certitude dans cette voix douce. Quelque chose chez lui vous fait facilement croire qu’il n’hésitera pas lorsqu’il aura décidé d’arrêter de fumer. Il le fera résolument, sans même se retourner. Neuf ans auparavant, c’était un étudiant prometteur en ingénierie à l’Université de Delhi, qu’il a abandonné au milieu du semestre, simplement parce qu’il a soudainement réalisé qu’il n’était pas « fait pour être un ingénieur ». Le moment de son introspection et de sa propre découverte l’a frappé quelques mois après qu’il ait intégré la compagnie de danse de Shiamak Davar et ensuite une compagnie de théâtre. Son père ingénieur était sans voix devant le pas ahurissant de son fils. « J’ai pris son silence pour un oui, » dit-il avec un éclat diabolique dans ses yeux. Un instant, ce sourire insolent nous dévoile le morveux gâté qu’il fut, un temps – le plus jeune d’une fratrie de 5 personnes, et le seul fils. « Ils m’ont bêtement gâté, mais me rappelaient également à l’ordre. » Sa réserve émerge lorsqu’il évoque sa famille. « Je suis très proche de ma maman et de mes sœurs. Ma sœur aînée m’a encouragé à bien travailler à l’école, la seconde m’a appris à conduire et les autres sont mes amies les plus proches. »

Le bébé de la famille Rajput est désormais considéré comme l’une des nouvelles stars les plus convoitées du pays. Sushant est

comblé et plus que déconcerté par le succès soudain dont il a fait l’objet après la sortie d’un des plus gros 024

hits de 2013, Kai Po Che. « C’est unique, l’attention, l’adulation, mais tout ça – les interviews à la presse, les photoshoots, les attentes des médias que l’on soit toujours irréprochables – me met mal à l’aise et je tend à vouloir me taire et me fermer, » affirme-t-il. « J’aime jouer la comédie plus que tout, mais taper une pose vue et revue devant un appareil photo m’énerve, même si j’essaye de ne pas le montrer. Je sais que je vais devoir m’y habituer alors je laisse couler. » Bien, il ferait mieux de se dépêcher et de s’y habituer. Si l’on en croit les projets qu’il a récemment signé, l’attention qui l’entoure n’est pas prête de décliner de si tôt. Sushant a déjà signé 4 grands films, un face à Parineeti Chopra dirigé par le réalisateur de Band Baaja Baaraat Maneesh Sharma (Shuddh Desi Romance, ndlr), P.K. avec Rajkumar Hirani et deux autres avec de prestigieuses bannières. Cependant, l’acteur de 27 ans n’est pas exactement un débutant lorsqu’on parle de notoriété. Précédemment, dans la peau de Manav Deshmukh, le modeste et réservé mécanicien du célèbre soap opéra Pavitra Rishta, il a maintenu aux sommets l’audimat et les battements de cœur de milliers de fans, semaine après semaine. Sushant, cependant, n’a d’yeux que pour une seule femme, Ankita Lokhande, sa partenaire de Pavitra Rishta. Ils sont ensemble depuis 4 ans et demi, et vivent ensemble depuis 3 ans. « Nous sommes littéralement opposés. Elle est directe, extravertie, désinhibée et solaire. Pas un jour ne passe sans que je sois stupéfait par sa beauté, » →


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J’aime jouer la comédie plus que tout, mais taper une pose vue et revue devant un appareil photo m’énerve, même si j’essaye de ne pas le montrer. Je sais que je vais devoir m’y habituer alors je laisse couler.


Lorsque je rentre à la maison et que je regarde un film de Dustin Hoffmann ou d’Al Pacino, je comprends que je n’ai encore rien commencé.. » «

s’extasie-t-il. Sa cigarette reste posée, oubliée pendant une minute. Qu’est-ce qui l’a fait tomber amoureux d’elle ? « J’étais impressionné par le spontanéité et son naturel devant la caméra, » dit-il. « C’est une autodidacte, aussi bien en danse qu’en comédie, mais elle pratique les deux sans que cela semble laborieux. Et bien plus que ça, nous savions juste que nous étions faits l’un pour l’autre. » L’autre chose qui illumine ses yeux est son second amour : la danse. Les téléspectateurs de Jhalak Dikhhla Jaa (version indienne de Danse avec les Stars, ndlr), la célèbre émission de danse, deviennent soudainement un peu songeurs lorsqu’ils évoquent sa souplesse, sa grâce et son sens du rythme. Actuellement, il aiguise plus finement encore son sens du rythme en apprenant le ballet avec un danseur argentin. « Je peux danser pendant des heures, même sur le silence entre deux chansons, quand la musique s’arrête pendant 15 secondes. Il y a du rythme dans chacun de nous sur lequel on ne s’étend que rarement à cause du bruit qui nous entoure. » Sushant s’éloigne du bruit toutes les deux semaines. Il conduit seul en direction d’un lieu près du Tiger Point de Lonavla et s’assoit au bord d’une montagne. « Je m’y installe pendant des heures. L’impression est que toutes les petites choses qui nous sont dérobées dans ce chaos nous sont restituées à cet instant. » En plus de ce soupçon de poésie, il cache également un intello au fond de lui.

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« Je suis un geek de la physique. Avant d’être acteur, je m’étais associé à un professeur sur une recherche ayant pour but d’examiner le lien de corrélation entre la science et le Bhagwat Gita (partie centrale du Mahabharata, poème épique de la mythologie hindoue ; ndlr). » Ce n’est pas surprenant d’apprendre qu’il a très peu d’amis. « Juste 4, en réalité. Un que je connais depuis l’école, un autre issu de la troupe de théâtre où j’ai commencé, et deux de l’industrie de la télévision. L’amitié demande du temps et de l’engagement. Si je ne suis pas capable de donner cela, ça ne sert à rien de me faire des amis juste parce que c’est agréable. » Il apprécie le mur qui l’entoure, une réserve qui le rend intensément privé, même s’il est parfois mal perçu comme étant ‘difficile’. « Jouer me permet d’être si différent de ce que je suis. C’est un procédé flippant, car parfois tu te perds dans ce délire. C’est magique. » Il admet que parfois, lorsque la presse s’empresse de le présenter comme la nouvelle grande star, cela lui reste en tête. « Mais lorsque je rentre à la maison et que je regarde un film de Dustin Hoffmann ou d’Al Pacino, je comprends que je n’ai encore rien commencé. » Il est conscient que cette magie peut être fragile. « Mais je n’ai pas peur de perdre tout ce que j’ai gagné. Je sais que je recommencerai tout. Aussi longtemps que j’aurai ma famille et Ankita vers qui me tourner, j’ai tout ce dont j’ai vraiment besoin. »


SIX TRUCS À PROPOS DE SUSHANT :

SON FANTASME : Monica Belluci. UN CHOSE QU’ON N’AURAIT JAMAIS DEVINÉ LE CONCERNANT : « Je suis un amateur de golf. » SON DESSERT FAVORI : Gajar ka halwa (compote de carottes, ndlr) SON AUTEUR PRÉFÉRÉ : Stephen Hawking LEÇONS D’AMOUR : « Je suis toujours le premier à m’excuser après une dispute avec Ankita ; je sais que j’ai souvent tort. » RÈGLE DE SELF-CONTROL : « Ne perdez pas le contrôle. Réfléchissez. »

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“ JE N’AI

PAS GRANDI À

BOLLYWOOD.” C’était le cricket, et non le cinéma, qui était sa seule ambition. Mais maintenant que la comédie est devenue son grand amour, Aditya Roy Kapur dit à Anuradha Anupkumar qu’il est là pour durer.

Son humour réaliste et discret est remarquable dès lors qu’Aditya Roy Kapur pose avec ses collègues le temps d’une couverture avec Arjun Kapoor et Sushant Singh Rajput, faisant des grimaces et balançant des vannes percutantes de-ci de-là.Il est tout aussi évident lorsque, au début de l’interview, il brise la glace en déclarant devoir être prudent quand il assoit avec ce pantalon slim qu’il n’a pas l’habitude de porter. Au travers de notre conversation, la star décontractée de Aashiqui 2 est toute heureuse, et cela se voit à travers ses timides sourires et ses yeux brillants. « J’aime faire rire les gens, bien que ce ne soit jamais facile, » dit-il. « Je voudrais vraiment faire une comédie car ce serait un défi. Jouer dans une comédie demande beaucoup de sérieux. » Il est tout aussi sérieux à l’idée de tourner dans un film d’action. « J’ai grandi en voyant Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone et Jackie Chan, du coup ce serait marrant de faire quelque chose du genre. »

L’outsider.

Le talent d’Aditya est encore plus inattendu pour quelqu’un qui n’a pas été farci au discours alimentaire pro-Bollywood – il préférait jouer au cricket que de jouer des rôles. « Le fait est que nous n’avons jamais réellement fait partie de cet univers. Siddharth (Roy Kapur, son frère producteur et accessoirement époux de Vidya Balan, ndlr) achetait des magasines consacrés au cinéma et les dévorait , et ce n’est qu’il y a 8 ans qu’il a commencé à travailler dans l’industrie, » déclare Aditya, dont l’autre frère Kunaal est également acteur à Bollywood. « Nous avons tous démarré 028

à différents niveaux et dans différents contextes pour ensuite terminer au même endroit, quelque part. » Le contexte dans lequel Aditya a commencé était la scène de son école, mais ce n’était pas exactement l’amour de la comédie qui l’y a porté. « Je le faisais juste pour pouvoir manquer des cours ! » dit-il. « Je jouais un petit rôle généralement, qui me permettait de sécher les cours. » Bien qu’il aimait jouer la comédie, il n’a jamais pris cette voie au sérieux. « J’étais trop timide. Devenir animateur m’est tombé dessus et pendant ce temps, j’ai reçu de belles opportunités, » dit-il. « Cela m’a ouvert et familiarisé avec le fait de jouer et de m’exprimer devant la caméra, et les gens avaient l’habitude de dire ‘Ab toh tu actor hi banega’ (‘Maintenant, tu veux faire l’acteur’ en hindi, ndlr). Mais j’appréhendais beaucoup parce que je sentais que je n’étais pas formaté pour ça. Je n’ai pas grandi le nez dans les films de Bollywood, adulant des acteurs de Bollywood. J’avais l’impression que ce monde était si éloigné du mien. »

Le début d’un rêve

Maintenant que Bollywood l’a envoûté, Aditya s’est jeté à l’eau : « Maintenant, j’y suis complètement attaché. J’ai su que j’aimais ça au moment où j’ai fini le tournage de London Dreams, » dit-il concernant son premier projet. « Ça me plaisait plus encore que d’être animateur ; le procédé était plus intéressant. » Est-ce le procédé ou l’attention qu’il préfère ? « Tu ne peux pas passer six mois à faire quelque chose que tu détestes, pour une journée d’attention, » dit-il naturellement. « Si tu le fais juste pour être célèbre, tu n’iras pas loin. » Aditya évoque l’audition qu’il a passé pour London Dreams, qui était une de ses rares →


J’ai vécu des relations et des chagrins dans ma vie, donc je sais comment on se sent dans ce genre de situation. » «

prises d’initiative. « On t’appelle pour des auditions tout le temps lorsque tu fais de la télévision, et j’en manquais la moitié, » sourit-il. « Mais ensuite, il y a parfois cette culpabilité qui apparaît, qui te signifie que tu as l’opportunité de faire quelque chose d’intéressant, mais que tu y renonces. » Aditya et son collègue animateur Rannvijay Singh Sangha furent choisis pour le film. « Ils m’ont dit que je jouerai un guitariste, qu’ils feraient le film à Londres et qu’on y passerait un mois et demi pour le tournage. Je n’avais jamais été à Londres et j’ai juste pensé ‘Cool, je serai un guitariste, j’irai à Londres pour y tourner un film et je verrai comment ça se passe’, » dit-il en riant. « J’ai fini par adorer ça. »

Dans la cour des grands.

London Dreams s’est suivi de rôles secondaires dans Action Replayy (2010) et Guzaarish (2012), jusqu’au rôle principal de la romance intensément tragique Aashiqui 2 (2013) qui le propulse au sein du carré VIP de l’industrie – le club des ‘100 crore’ de recettes au box-office. Malgré le succès du film et sa popularité fulgurante, Aditya assure qu’il ne ressent aucune pression. « Je suis juste très agréablement surpris et heureux actuellement. Tu vas gâcher ta vie à t’inquiéter des attentes des autres dès que quelque chose de positif t’arrive. » Mais il n’y a aucune doute à avoir sur l’impact que le film a eu dans la vie d’Aditya, qu’il cite lui-même comme son meilleur rôle. « J’ai beaucoup d’affection pour ce film, » dit-il. A-t-il pioché dans son expérience personnelle pour camper le passionné et tragique Rahul Jaykar ? « Je ne sais pas si c’est une chose 030

réfléchie que de songer à une personne ou une expérience que j’ai vécu, » dit-il. « Évidemment j’ai vécu des relations et des chagrins dans ma vie, donc je sais comment on se sent dans ce genre de situation. Mais je suis également certains procédés comme prendre des notes et collaborer avec le réalisateur. »

Être en concurrence

L’autre succès d’Aditya cette année, Yeh Jawaani Hai Deewani, l’illustrait dans un rôle secondaire. Mais il n’est pas du genre à s’en soucier, en particulier si l’acteur vedette est Ranbir Kapoor. « Il est mon partenaire préféré, » dit-il. « J’ai beaucoup appris de Ranbir, la manière dont il incarne les choses sans calcul, et l’aisance avec laquelle il les incarne. Plus importante encore, il est la co-star la plus fun. Nous nous marrions sur le tournage ; c’était généralement lui qui me faisait des blagues que je tolérais gracieusement. » Je lui demande s’il ne ressent jamais la compétition, avec tant de nouveaux acteurs dans la place. « Tout le monde est bien préparé et professionnel de nos jours, mais je ne crois pas me sentir en compétition avec qui que ce soit. Je reste informé du travail de mes collègues – pas pour tenter de les surpasser, mais pour apprendre ce qui est bien et essayer de m’en imprégner. Il y aura toujours des gens qui se bousculeront pour être au sommet, mais je ne vais pas dénigrer le talent de quelqu’un sous prétexte que nous faisons la même chose. Je pense que c’est parfaitement possible pour lui d’avoir ce qu’il veut, pour moi d’avoir ce que je veux et pour nous deux de perdurer. »


SUR LES FEMMES ET L’AMOUR : TU T’ES DÉJÀ FAIT DRAGUER PAR UN HOMME ? Plusieurs fois, j’ai dû expliquer qu’ils avaient misé sur le mauvais cheval. LA QUALITÉ D’UNE FEMME À LAQUELLE TU NE RÉSISTES PAS. L’honnêteté flagrante, mais pas gratuite. Je n’aime pas l’honnêteté qui baisse les gens plus bas que terre. Aussi, elle devra être passionnée par ce qu’elle fait. DES ACTRICES QUI VOUS FONT FANTASMER ? Sonali Bendre et Michelle Pfeiffer.

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Depuis quelques années, de jeunes acteurs partent à la conquête de Bollywood : Ranveer Singh, Ali Zafar, Aditya Roy Kapur, Ayushmann Khurrana, Varun Dhawan, Arjun Kapoor, Siddharth Malhotra, Sushant Singh Rajput, Pulkit Samrat... Parmi eux, un jeune homme a également su attirer les regards des fans et de l’industrie : Saqib Saleem. A désormais 25 ans, il a déjà réussi l’exploit de garantir deux succès critiques et populaires à la maison de production Y-Films (sousbranche de Yash Raj), dont il est devenu l’un des protégés. Retour sur le parcours d’une future vedette de Bollywood...

Saqib Saleem le visage du Bollywood d’aujourd’hui? Saqid est né de Saleem et Ameena Qureshi le 8 avril 1988 à Delhi, où il a grandi avec ses frères Naeem et Haseen ainsi qu’avec sa sœur, l’actrice Huma Qureshi. Si ses parents ne sont pas issus de l’industrie du film, leur histoire est digne des plus grandes épopées romantiques de Bollywood. « Notre père est de Delhi, mais Maman vient du Cachemire. Leur histoire d’amour est épique. Ils ont fui pour se marier et notre nanaji (grand-père, ndlr) a coupé les ponds avec eux. Mais après que nous soyons nés, le cœur de nanaji a fondu. » racontait Huma à son interlocuteur du magasine Filmfare en mars 2013. Saleem Qureshi, le père des deux acteurs, est propriétaire d’une chaîne de restaurants à Delhi tandis que leur mère est femme au foyer. Après avoir envisagé une carrière dans le cricket, Saqib travaillera en tant que modèle. Il deviendra l’égérie de bon nombre de marques, comme Pepsi (pour laquelle il a tourné un spot avec Ranbir Kapoor et l’actrice dravidienne Aksha Pardasany) et KFC : « Quand je jouais au cricket – et je le pratiquais à un niveau respectable – j’ai commencé à recevoir des propositions dans le cadre du mannequinat. Et bien que je ne sois pas beau au sens conventionnel du terme, j’ai continué à obtenir des contrats. Donc le mannequinat occupait mon temps de plus en plus ; mais ça m’ennuyait, ça me prenait la tête. » Par ailleurs, il a débarqué à Mumbaï pour un motif d’ordre bien plus sentimental : « Ma petite-amie m’avait prévenu que si je voulais que notre relation fonctionne, je devais la suivre à Mumbaï. Donc, j’y ai emménagé en 2010. » Et alors qu’il avait suivi sa chérie par amour, ils se sépareront deux mois plus tard. 032


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Saqib Saleem, le visage du bollywood d’aujourd’hui ? Ce qui n’empêchera pas Saqib de rester à Mumbaï pour y découvrir d’autres perspectives : celles de la comédie. Sans grande ambition mais empli de motivation, il court les castings en espérant décrocher le rôle qui lancera sa carrière. Il apprend dans le même temps que la maison de production Yash Raj Films est à la recherche de nouveaux talents. Il auditionne pour le film Mujhse Fraaandship Karoge et attendra presque 9 mois avant de recevoir la réponse positive qu’il espérait. Réalisée par Nupur Asthana (connue préalablement pour avoir dirigé la série télévisée Mahi Way), cette romcom lance trois autres visages sur la scène cinématographique : Saba Azad (accessoirement petite-amie de Imaad Shah, fils de Naseeruddin Shah et Ratna Pathak Shah), Tara D’Souza (que l’on retrouve la même année dans Mere Brother Ki Dulhan, avec Ali Zafar et Katrina Kaif) et Nishant Dahiya. Sorti en 2011, le long-métrage est un plébiscite surprise ; succès commercial et ovation critique inattendus de l’année. Frais, drôle, sucré et mélodique ; Mujhse Fraaandship Karoge remporte tous les suffrages et permet au public indien de trouver en Saqib son nouveau ‘Chocolate Boy’, au look et au charme moins conventionnels qu’un Hrithik Roshan ou qu’un Siddharth Malhotra. La comédie romantique donne à voir un héros mal dans ses baskets, geek et fêlé ; entre la musicalité d’un Jab We Met et le romanesque d’un Vous Avez un Message. Résolument moderne, les personnages sont pourtant loin d’entrer dans la caricature d’un Love Aaj Kal ou d’un Namastey London. Le protagoniste incarné par Saqib est celui qui se veut le plus vérace. Vishal Bhatt est en effet un jeune homme à la banalité plus attendrissante qu’affligeante ; où ses émotions, ses déceptions et ses espérances sont mises en image sans fausse note. On a ici droit à un héros d’une rare authenticité ; un peu gauche, un peu frimeur mais jamais suffisant, drôle et peu sûr de lui, amoureux mais pas mielleux. Un personnage qui nous ressemble, en somme... Et c’est pour cela que Saqib Saleem plaît au public. Parce qu’il ne rentre dans aucun standard, aucune case. Il s’est forgé sa propre case. On sent que cet acteur n’a pas été formaté par une quelconque école de comédie ou de dramaturgie. Saqib Saleem est devenu l’acteur qu’il voulait être, en restant fidèle à lui-même ; et l’on peut aussi appliquer cette remarque à sa sœur aînée, Huma.

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C’est ainsi que le beau gosse signe dans la foulée Mere Dad Ki Maruti, une comédie également produite par Yash Raj qui l’oppose à la débutante Rhea Chakraborty. S’il n’est pas un acteur né ou instrumentalisé, Saqib prouve ici qu’après avoir été capable de jouer les héros romantiques, il peut exceller en matière de cinéma comique. Devenir acteur ne s’est pas imposé à lui comme un héritage, cela ne constituait pas non plus un rêve d’enfant devenu objectif de vie. « Je suis devenu acteur par accident dans le sens où je n’ai pas été formé pour ça. J’ai beaucoup d’inspirations dans l’industrie du film. Mere Dad Ki Maruti est mon second film et je me préoccupe de savoir si les gens vont m’aimer dans ce film car j’y ai travaillé encore plus dur. » déclarait-il en 2013 à l’occasion de la sortie de l’œuvre. Une fois de plus, l’accueil est dithyrambique, la performance de Saqib saluée de toutes parts, qu’il s’agisse des critiques ou de ses pairs : « J’ai récemment vu la prestation de Saqib dans son dernier film (Mere Dad Ki Maruti, ndlr) et je pense qu’il a fait du très bon boulot. Son jeu comique dans le film est fantastique ! » avouait Parineeti Chopra, autre protégée d’Aditya Chopra depuis ses débuts dans Ladies V/S Ricky Bahl. La perpétuelle qualité de ses interprétations lui permet de travailler avec Karan Johar pour les besoins de Bombay Talkies. Film d’anthologie hommage au centenaire du cinéma indien, Saqib figure dans l’un des quatre court-métrages de l’œuvre finale, son segment étant dirigé par KJo. Il disait par ailleurs à ce sujet : « Je n’aurais pas pu rêver mieux. J’ai grandi en regardant Kuch Kuch Hota Hai, et je ne pouvais croire que ce gars (Karan Johar, ndlr) était assis en face de moi. C’était surréaliste. » Dans Bombay Talkies ; il incarne Avinash, un jeune homosexuel attiré par Dev (Randeep Hooda), le mari de sa collègue campée par Rani Mukerji. Pour ce film, il est acclamé par l’industrie, qui salue sa prise de risque aussi tôt dans sa carrière. Mais la perspective de collaborer avec Karan Johar l’a manifestement défait de toutes ses appréhensions : « En tant que débutant, c’était mon rêve de travailler avec Karan Johar. (...) J’ai rencontré Karan et il m’a narré le script, et je dois dire qu’on ne m’a jamais aussi bien raconté une histoire de ma vie. Je parvenais à visualiser chaque scène dans ma tête. » Il expliquera également qu’une personne lui a chaudement recommandé d’accepter le rôle d’Avinash : Huma Qureshi.


Saqib Saleem a signé deux films aux budgets limités et un court-métrage de 25 minutes depuis ses débuts. Ces choix peu portés sur le cinéma de masse interrogent sur l’orientation que veut donner l’acteur à sa carrière. « Je suis un très grand fan d’Aamir Khan. Il a une filmographie géniale. Je veux, moi aussi, faire des films comme lui. Je ne veux pas être collé à un genre spécifique. Je ne pense pas au futur mais je suis content d’avoir été si bien intégré à cette industrie. » Il soutenait au passage le fait de choisir des œuvres de qualité aux prétentions modestes sans que cela n’obstrue ses ambitions futures : « Si tu es bon dans ton travail et que tu fais des petits films, tu peux tout de même laisser ton empreinte. Comme Ayushmann Khurrana, qui est devenu très

THE NEW FACE

populaire en jouant dans Vicky Donor. »

Le comédien fera partie du casting de Hawaa Hawaai, le prochain projet d’Amole Gupte (connu pour avoir contribué au carton plein de Taare Zameen Par et pour avoir réalisé l’acclamé Stanley Ka Dabba), dans lequel il jouera un entraîneur de roller. A l’image du précédent film du cinéaste, ce long-métrage sera porté sur l’enfance et permettra à Saqib Saleem de s’illustrer dans un registre moins édulcoré sans pour autant manquer de fraîcheur. On peut sans conteste dire que le talent est de famille chez les Qureshi, car si Huma est désormais devenue une jeune actrice de premier plan de la scène hindi, Saqib gravit doucement mais sûrement les marches qui le mèneront à la gloire. Entiers, sincères et expansifs ; on est prêts à parier que Huma Qureshi et Saqib Saleem feront les beaux jours de Bollywood dans les années à venir. Ils ne font jamais les choses à moitié, alors quitte à bien démarrer leurs carrières respectives, on ne doute pas du fait qu’ils les poursuivront en beauté.

‘‘Dans notre famille, on fait tout à l’extrême. Notre mère est tellement théâtrale.’’ - Saqib Saleem par

Asmae

PHOTOGRAPHIE PAR DEVENDRA PARAB POUR PEOPLE MAGAZINE.

La relation qu’il partage avec cette dernière est selon lui la pierre angulaire de son succès. Dans plusieurs interviews, il faisait part de son admiration pour elle : « Je suis content que les gens disent ; ‘’C’est le frère de Huma.’’ Après tout, c’est une actrice fabuleuse. » Huma et Saqib partagent un appartement ensemble dans le quartier de Oshiwara : « Avant, nous ne partagions rien de nos vies personnelles. Mais depuis que nous sommes à Mumbaï ; Humyaji et moi ne pouvons compter que l’un sur l’autre. »


CRITIQUE d u

f ilm

Mujhse Fraaandship Karoge

La boîte de production Y-Films lance en 2011 deux films mettant en avant les nouveaux visages du cinéma hindi : Luv Ka The End (avec Shraddha Kapoor et Taaha Shah) et Mujhse Fraaanship Karoge. Avec un casting constitué exclusivement de débutants, ce dernier devient l’un des succès surprise de l’année 2011. La réalisatrice de télévision Nupur Asthana offre ainsi avec son premier film une comédie sentimentale dans l’air du temps ; drôle et attachante. Pourtant, le synopsis n’a, en apparence, rien de novateur... L’HISTOIRE : Vishal Bhatt (Saqib Saleem) et Preity Sen (Saba Azad) ne peuvent pas se supporter ! Leurs amis respectifs sont la rockstar Rahul Sareen (Nishant Dahiya) et la créatrice de mode Malvika Kelkar (Tara D’Souza). Vishal craque pour Malvika tandis que Preity est charmée par Rahul. Ils décident de prendre contact avec eux par Facebook ; mais en leur occultant un petit détail... Le film se base sur un mensonge de taille : Vishal utilise le compte de Rahul pour parler à Malvika ; et Preity celui de Malvika pour discuter avec Rahul. Donc, on comprend vite que Vishal se retrouve, à son insu, à papoter assidûment avec... Preity ! On a ainsi droit à un scénario basé non pas sur un mensonge, mais deux ! D’autres romcom indiennes et américaines exploitent ce créneau d’un amour virtuel mis en opposition avec une aversion ou une méconnaissance réelle. On ne citera que Vous avez un Message, avec Tom Hanks et Meg Ryan ; et Jhootha Hi Sahi, avec John Abraham et Pakhi Tyrewala. Mais ce n’est pas de son topo que Mujhse Fraaandship Karoge tient tout son charme. En effet, Mujhse Fraaanship Karoge se veut avant tout un film hommage à une autre production Yash Raj devenue culte : Mujhse Dosti Karoge ; comptant à son casting Hrithik Roshan, Rani Mukerji et Kareena Kapoor. L’histoire se centre sur Raj (Hrithik Roshan), qui échange durant 10 ans de nombreux mails avec celle qu’il croit être la belle Tina (Kareena Kapoor). Mais il ignore qu’en fait, durant cette décennie, c’est à la timide Pooja (Rani Mukerji) qu’il s’adressait... Exploiter un quiproquo comme la source d’une romance ; c’est un ressort qui a été utilisé à maintes reprises à Bollywood, et Mujhse Dosti Karoge n’y faisait pas exception. En 2011, on a ici droit à une sorte de remake inavoué, et Nupur Asthana pousse le vice jusqu’à réutiliser le titre original en l’adaptant au goût du jour.

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Avec Mujhse Fraaandship Karoge, on ne regarde pas un triangle amoureux ; mais un quatuor dont les sentiments et espoirs sont entremêlés pour créer la confusion. La force des protagonistes, c’est qu’ils sont authentiques, en particulier Vishal et Preity. Complexés, mal dans leur peau ; ils n’osent pas se présenter tels qu’ils sont à ceux qu’ils aiment. Ils se cachent derrière l’image de leurs amis plus ‘cool’ et plus ‘sexy’. Aucun personnage ne tombe dans la caricature dans son écriture ; mais ils sont comme nous, ils se trompent, ont des présupposés et des idées reçues. C’est ainsi que Vishal imagine Preity comme un repoussoir sous prétexte qu’elle n’est pas très féminine dans son style vestimentaire. Ainsi que Preity perçoit Vishal comme un abruti indélicat car il affiche une personnalité loufoque. Chacun s’arrête à ce qu’il voit vaguement de l’autre sans chercher à s’y intéresser de plus prêt, pour mieux apprécier ce qu’ils en découvrent. Rahul et Malvika auraient pu être quant à eux des parodies géantes de Ken et Barbie ; mais on échappe heureusement à la catastrophe. Rahul est sobre, humble et posé ; Malvika pleine de vie, généreuse et humaine. S’ils sont tous les deux les ‘beaux gosses’ de l’histoire, le scénario de Rajesh Narasimhan les dessine plus profondément ; donnant surtout à voir en eux des amis fidèles et dévoués ; déchirés entre leur sens du devoir et l’affection qu’ils développent malgré eux l’un pour l’autre.


THE NEW FACE avec Prabal Panjabi qui joue ici Hacky, l’ami puéril de Vishal. Il est par ailleurs dommage que des cinéastes et producteurs n’aient pas donné sa chance à Saba Azad, qui fait penser par son jeu à une certaine Tabu. Manasi Rachh joue Neha, la bonne copine de Preity et la sœur « cachée » de Hacky. On la retrouve dans un rôle similaire en 2012 pour Student of The Year ; avec Alia Bhatt, Siddharth Malhotra et Varun Dhawan.

MFK met en scène une ambiance universitaire, avec son lot de ragots et de mauvaises langues ; qui frappent encore plus efficacement grâce aux réseaux sociaux. Mais aussi son lot de fêtes, de flirts et d’humour vache. Saqib Saleem est LA star du film. Il est désopilant dans le rôle de Vishal ; extraverti lorsqu’il s’agit de faire le clown, mais bien plus intimidé quant on parle d’amour et de sentiments. Dans un personnage justement écrit, il apporte toute la nuance nécessaire à l’interprétation de ce jeune homme aux multiples facettes. L’acteur dégage un charisme indescriptible ; il en devient même bien plus attirant aux yeux de la spectatrice que le bellâtre du film, Nishant Dahiya alias Rahul. Saba Azad incarne Preity avec conviction, elle campe allègrement ce vilain petit canard hermétique aux hommes et à l’amour. Beaucoup de filles se retrouveront en Preity, en sa méfiance dans le sexe opposé, dans son agressivité excessive, dans son complexe d’infériorité aussi bien vis-àvis de Malvika que de sa propre mère. Tara D’Souza fait penser à Katrina Kaif aussi bien physiquement que dans son accent britannique ; la fraîcheur en plus. Elle propose une Malvika pétillante et attachante, loin du cliché de la bombe écervelée. Nishant Dahiya est juste sans pour autant marquer le spectateur, qui sera plus facilement happé par la prestation lumineuse de Saqib Saleem. Le jeune frère de Huma Qureshi est d’ailleurs le seul de la distribtion à avoir signé d’autres films, avec par

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Musicalement, c’est l’artiste folk Raghu Dixit qui signe sa première composition pour un film. Il propose cinq titres modernes et entraînants pour la bande-son de Mujhse Fraaandship Karoge. Le premier est « Choo Le », morceau rock punchy interprété par Suraj Jagan, qui illustre Rahul durant l’un de ses concerts. Le second, « Baatein Shuru » chanté par Shefali Alvares et Joi Barua, sonne très ‘high school’ sans que cela en devienne désagréable. S’en suit « Uh-Oh Uh-Oh » de Ash King et Shilpa Rao, qui constitue le point d’orgue de l’album ; ballade rythmée et romantique. La chanson « Dheaon Dheaon » avec les voix de Vishal Dadlani et Aditi Singh Sharma accompagnées du rap du groupe Machas With Attitude est dansante et amusante. Enfin, le film comme la bande-originale se concluent sur la puissante « Har Saans Main » bénéficiant du grain intense de son directeur musical.

en conclusion Le premier film de Nupur Asthana est donc une réussite dans le sens où il est parvenu à insuffler l’éclat de Mujhse Dosti Karoge tout en proposant un script moderne et inédit. Mujhse Fraaandship Karoge doit surtout sa qualité à son casting talentueux et à l’écriture réaliste de ses héros, loin du surplus ou des préjugés. On ressort du visionnage le sourire aux lèvres, mais aussi avec plus d’humilité face aux gens qui nous entourent. Car Nupur Asthana nous apprend à mieux voir autrui ; à moins se référer à ce que l’on aperçoit en surface pour connaître l’autre en profondeur. Ne pas s’arrêter à ce que l’on croit savoir et penser de l’autre pour apprendre à l’apprécier à sa juste valeur. Alors oui, Mujhse Fraaandship Karoge est une romcom commerciale avant tout ; mais elle a le mérite de nous divertir tout en délivrant un vrai message d’ouverture et d’intelligence. 037


CRITIQUE d u

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Mere Dad Ki Maruti

Début 2013, la bannière de production Y Films (sous-branche de la maison Yash Raj qui lance de jeunes comédiens sur la scène cinématographique) a financé la comédie Mere Dad Ki Maruti, après le succès de sa précédente production Mujhse Fraaandship Karoge (dont Bolly&Co’ vous propose la critique exclusive dans ce numéro). Le jeune Saqib Saleem signe ainsi son second long-métrage après que le premier ait lancé sa carrière. Toujours dans un registre léger, Mere Dad Ki Maruti le met cependant réellement sur le devant de la scène, alors qu’il devait partager l’affiche avec un gros casting dans Mujhse Fraaandship Karoge. Mere Dad Ki Maruti a excellé au box-office et a été résolument bien reçu par la critique. Pourtant, en matière de comédie, la concurrence était rude : Chashme Buddoor, Nautanki Saala et Jolly LLB sont en effet sortis à la même époque. Alors, Mere Dad Ki Maruti sort-il finalement du lot ?

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THE NEW FACE L’HISTOIRE : Sameer Khullar (Saqib Saleem) veut frimer devant les copains, veut prouver à son meilleur ami Gattu (Prabal Panjabi) qu’il n’est pas un naze et veut surtout taper dans l’œil de la belle Jazzleen (Rhea Chakraborty) ; jeune donzelle coqueluche du bahut qui s’autoproclame comme étant la « Shakira de Chandigarh ». Cependant, il est difficile de garder un semblant de crédibilité quand on voyage en rickshaw et en bus ; alors inutile de songer à de quelconques rendez-vous galants dans ces conditions. Pourtant, le miracle se produit et Jazz propose à Sameer de passer la prendre dans la soirée afin qu’ils puissent faire connaissance. Mais Sameer n’a pas de voiture. Et comme il est très malin, il se dit qu’il va emprunter la Maruti qui est dans le garage de ses parents, et qui doit faire de office de cadeau de mariage à sa sœur Tanvi (Benazir Shaikh) et son fiancé Raj (Karan Mehra). Et comme il est vraiment très malin, il perd la voiture juste après sa virée nocturne. Le mariage est imminent, Sameer informe Gattu de la situation en espérant qu’ils parviennent à trouver une solution... On sent que la bannière de production a voulu surfer sur le carton de Mujhse Fraaanship Karoge en engageant Saqib Saleem pour le rôle principal. D’ailleurs, le projet a été annoncé quelques semaines à peine après la sortie du film de Nupur Asthana. Saqib a fait une telle impression qu’il a été nommé pour le prix du Meilleur Espoir, se faisant néanmoins voler la vedette par le plus sexy des antagonistes Vidyut Jamwal (pour son rôle négatif dans Force, avec John Abraham & Genelia Deshmukh). Mais la première différence notable entre Mujhse Fraaandship Karoge et Mere Dad Ki Maruti, c’est le genre. Si le premier était une romcom assumée, le second s’inscrit directement dans le registre de la comédie. Une heure et quarante-cinq minutes de rebondissements, de pitreries et de maladresses entièrement assurés par le trio Saqib/Prabal/Rhea. Le film est rythmé, efficace ; l’humour est parfaitement dosé, sans excès ni improbabilités. On n’est absolument pas dans la même atmosphère que dans les réalisations de David Dhawan ou de Sajid Khan. Ici, les dialogues sont intelligents et les situations assez cocasses pour déclencher le rire ; nul besoin n’a été d’y ajouter des farces bourratives et surfaites comme le cinéma hindi sait pourtant si bien en concocter.

L’ambiance de Mere Dad Ki Maruti est équilibrée, d’où d’ailleurs le fait que le film soit assez court pour une œuvre indienne (1h45 correspond plutôt au format standard occidental). La réalisatrice Ashima Chibber a eu le bon sens de ne pas vouloir tirer en longueur une intrigue assez mince et a su la mettre suffisamment en valeur pour nous divertir le temps imparti. Effectivement, baser son film sur la perte d’une voiture était assez risqué, trouver les bons ressorts scénaristiques pour rebondir dessus et dynamiser l’histoire semblait très complexe. S’il avait été réalisé gauchement, Mere Dad Ki Maruti aurait pu être additionné à la lignée des daubes de l’année. Mais il n’en est rien. Nous voici face à une comédie tendre et sympathique, drôle et attachante, musicale et rocambolesque. La première force du film réside dans son protagoniste, interprété sans fausse note par Saqib Saleem. Il campait déjà un adolescent un peu raté dans Mujhse Fraaandship Karoge, et ce type de personnages aussi maladroits que charmants lui vont comme un gant. Sa gueule d’ange, son charisme et son énergie transparaissent complètement à travers Sameer. Mais le jeune acteur de 25 ans ne serait rien sans l’hilarant Prabal Panjabi, toujours aussi succulent dans le rôle du copain décalé qu’on lui connaissait déjà dans Mujhse Fraaandship Karoge. La déception vient de Rhea Chakraborty. Après des débuts passés inaperçus dans le film télougou Tuneega Tuneega, cette ancienne animatrice (et ex-petite-amie alléguée d’Aditya Roy Kapur) tente sa chance à Bollywood avec ce film qui ne lui laisse pourtant que très peu d’espace. Sans doute, la perspective de tourner avec la maison Yash Raj l’a-t-elle convaincue d’accepter ce rôle sans grand enjeu. En effet, le personnage de Jazzleen est le plus mal écrit de tous (et au passage le seul à être concrètement bancal). De bombe écervelée et superficielle, elle devient une amie sincère et profonde. Le spectateur comprend difficilement ce changement allègre de comportement, qui ne coïncide aucunement avec un des événements de l’intrigue. Pourtant ; Rhea est plutôt attendrissante, avec ses faux airs de Genelia Deshmukh et ses grands yeux noirs. Mais elle ne parvient pas à assurer ce personnage esquissé, semblant exister uniquement pour combler le vide affectif du héros masculin. →

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critique:

Mere Dad Ki Maruti

Elle est très jolie à regarder, mais ne laisse aucun souvenir après le visionnage. Parmi le reste de la distribution, Ram Kapoor est exceptionnel mais tellement sous-employé en père hystérique, économe à l’excès et follement épris de sa voiture. On regrette que sa prise de poids ait réduit ce comédien génial (grande vedette de la télévision, il était la star du show Kasamh Se en 2008, face à la jeune Prachi Desai) aux rôles de père, et ce alors qu’il n’a que 39 ans. En effet, il était aussi le paternel autoritaire de Varun Dhawan dans Student of the Year, en 2012. Si les fans veulent le découvrir dans un rôle de plus grande envergure, il est fantastique en quadragénaire allergique à l’amour dans la série Bade Achhe Lagte Hain produite par Ekta Kapoor, face à Sakshi Tanwar. Benazir Shaikh et Karan Mehra composent quant à eux le charmant couple de mariés qui sauve Sameer de la galère. Le brillant Ravi Kishan incarne avec aplomb le gangster du coin qui terrorise notre bande d’amis dépassés. Ce qui ressort également de Mere Dad Ki Maruti, c’est l’ambiance punjabi qui en émane. Si le film est en accord avec son temps à coups de SMS, de vidéo-conversations sur Ipad et de lecteurs MP3 ; il reste une comédie très indienne ; et cela se ressent aussi bien dans les décors, dans les tenues, dans l’accent exagéré de la maman de Sameer, mais surtout dans la musique.

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en conclusion

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L’album est composé par Sachin Gupta, que l’on connaît surtout pour la bande-son immanquable du film Prince, avec Vivek Oberoi. Il réalise avec Mere Dad Ki Maruti une bande-originale irréprochable aux accents punjabi imparables. Le titre le plus accrocheur est sans nul doute « Punjabiyaan Di Battery » interprété par Mika Singh et le rappeur Yo Yo Honey Singh, qui sert d’accompagnement au générique de fin. Le titre dansant « Haaay » de Punjabi MC introduit le personnage de Sameer tandis que la chanson titre « Mere Dad Ki Maruti » de Diljit Dosanjh et Sachin Gupta sert de musique de fond aux aventures de notre trio infernal. Il est intéressant de noter que Mera Dad Ki Maruti n’a eu nul besoin d’une demoiselle du calibre de Malaika Arora Khan ou de Katrina Kaif pour animer le spectateur, car l’item number du long-métrage est ici exécuté par Benazir Shaikh sur la dynamique « Hip Hip Huraah ». A vous de découvrir dans quelles circonstances la jeune mariée va se retrouver dans cette situation. Au final, seul « Main Senti Hoon » sonne plutôt occidental, avec tout de même ce je ne sais quoi de très indien dans l’instrumentalisation qui fait son charme. Ce qu’on retient du visionnage de Mere Dad Ki Maruti, c’est le travail de Saqib Saleem et de Ram Kapoor, les chansons de Sachin Gupta, le rythme soutenu et emballant de l’histoire ; mais surtout sa conclusion franchement inattendue. Que vous soyez déjà fan de Saqib Saleem ou que vous soyez tenté par l’expérience, Mere Dad Ki Maruti est donc une comédie fraîche et distillée qui se déguste aussi agréablement qu’elle ne se digère, car vous garderez de bons souvenirs de cette production Yash Raj modeste mais réussie. par

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Sridevi

RÉCIT D’UN PARCOURS HORS-NORME... par

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Shree Amma Yanger naît le 13 août 1963 à Sivakasi, au sein d’une famille aisée du Tamil Nadu. Fille d’un avocat et d’une mère au foyer, elle débute sa carrière d’actrice au sortir du berceau. En effet, elle devient Baby Sridevi et joue dans plusieurs succès en langues tamoule, télougoue et malayalam. Sa prestation dans Poombatta en 1971 lui vaut d’ailleurs le Kerala State Film Award du Meilleur ‘Child Artist’ (acteur enfant). Mais en 1976, alors qu’elle n’a que 13 ans, Sridevi apparaît dans son premier rôle titre, face à deux jeunes acteurs à qui l’on connaît depuis un destin faste et triomphal : Kamal Haasan et Rajinikanth... Elle leur donne la réplique dans Moondru Mudichu, dans lequel elle campe une jeune amante pleine de ressentiment. Elle retrouvera Rajinikanth dans ses films suivants, Gayathri et Kaavikkuyil, et s’associe à ce dernier ainsi qu’à Kamal Haasan une seconde fois pour 16 Vayathinile, un drame dans lequel elle joue une adolescente au destin brisé. Elle reprendra son rôle dans la version télougoue du long-métrage : Padaharella Vayasu. Si le public adore la voir tourmentée par le ‘bad boy’ de l’époque Rajinikanth (dans Priya, Johnny...), le duo qu’elle forme avec Kamal Haasan fait des merveilles, et les producteurs tamouls usent et abusent de leur complicité en les réunissant dans de nombreuses productions, comme le carton commercial Sigappu Rojakal et le réussi Varumayin Niram Sivappu ; mais surtout dans deux films qui représentent des tournants dans la carrière de Sridevi : Meedum Kokila et Moondram Pirai. Dans le premier, elle est Kokila, épouse d’un avocat volage qui tente comme elle le peut de sauver son couple, interprétation qui lui vaudra son premier South Filmfare Award de la Meilleure Actrice en langue tamoule. Dans le second, elle incarne une jeune femme atteinte de déficience mentale ; et est sacrée Meilleure Actrice aux Tamil Nadu State Film Awards. C’est alors une star dans le sud du pays, où elle enchaîne également les plébiscites à Tollywood et à Mollywood. Si elle tente sa chance en hindi dès 1978, c’est le blockbuster Himmatwala qui la propulse au rang de vedette, lors de sa sortie en 1983. Dans ce masala pur jus elle incarne Rekha, une peste capricieuse qui s’amourache du valeureux Ravi, joué par la superstar de l’époque Jeetendra. Mais contrairement à beaucoup de stars dravidiennes qui abandonnent leur carrière au sud pour privilégier celle du nord, Sridevi continue de signer nombre de projets à 042

Kollywood et Tollywood. Juste avant le succès de Himmatwala ; elle était l’héroïne du drame tamoul Vazhvey Maayam avec Kamal Haasan, du superhit de Rajinikanth Adutha Varisu et du masala télougou Bobbili Puli avec N.T. Rama Rao.

Sridevi profite surtout de son introduction dans l’industrie hindi pour reprendre l’un des rôles qui a fait sa gloire dans le sud du pays : elle est effectivement la vedette du remake

bollywoodien de Moondram Pirai, devenu Sadma pour le public hindiphone. Si le film a fait un bide au box-office, il permettra à Sridevi d’être nommée pour le Filmfare Award de la Meilleure Actrice. Comédienne versatile, cette beauté du Tamil Nadu sait également séduire l’audience dans des films commerciaux et fédérateurs ; notamment grâce au couple qu’elle forme à l’écran avec Jeetendra. Leurs œuvres communes Tohfa et Maqsad deviendront deux des plus gros plébiscites de l’année 1984. Elle clôturera cette année sur un autre tabac : Naya Kadam, avec Rajesh Khanna. Elle retrouvera ce dernier un an plus tard dans Masterji, un énième succès de la belle. En 1986, elle est à l’affiche de l’acclamé Aakhree Raasta, avec Amitabh Bachchan et sa compatriote dravidienne Jaya Prada. Mais cette année est surtout marquée par une de ses prestations les plus troublantes, intenses et scandaleuses. Dans Nagina, elle incarne le mythe de la femme-serpent vengeresse, face à Rishi Kapoor et au défunt Amrish Puri. Tantôt douce et vulnérable, tantôt provocante et manipulatrice ; l’actrice est acclamée par la critique pour ce film centré sur son personnage qui, en plus de mettre son immense talent en valeur, devient un succès commercial incontestable. Si le travail de Sridevi et le film en lui-même sont devenus incontournables ; la comédienne ne recevra pourtant aucun prix pour sa performance, la cérémonie des Filmfare Awards ayant été annulée pendant deux ans. Il en sera de même pour Mr. India, son œuvre culte de l’année 1987. Adulée pour son potentiel comique et pour ses pas de danse (elle incarne la quintessence-même dans son item number « Hawa Hawaii »), elle ne percevra aucune récompense. Cependant, la prestigieuse cérémonie se rattrape en 2013 en délivrant un Filmfare Award spécial pour les interprétations de haut vol de la star dans les deux long-métrages. En plus de s’imposer comme une valeur sûre du cinéma indien en terme de jeu, elle assure d’autres hits à ses producteurs avec entre autres Aulad et Nazrana. C’est en 1989 que vient la consécration avec deux films mémorables : Chandni, dans lequel elle est dirigée par le regretté Yash Chopra ; et Chalbaaz où →


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Durant le tournage de Nagina (1986) portant l’emblématique Ghaghra Chola blanc de la danse finale « Main Teri Dushman » (crédit : asridevi.blogspot.fr)

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En 1991, dans Lamhe, elle joue un double r么le : la m猫re Pallavi et la fille Pooja. (photo : indiawood-ishq.tumblr. com)


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c ove r elle joue face à Rajinikanth et Sunny Deol. Pour le premier, elle est l’héroïne romantique dans toute sa splendeur ; magnifique et entière, passionnée et sacrificielle, douce et torturée. Face à Rishi Kapoor qu’elle retrouve après Nagina, elle est exceptionnelle et sera nominée pour le prix d’interprétation féminine aux Filmfare Awards. Dans le second, elle reprend le double rôle campé par Hema Malini dans Seeta Aur Geeta : celui de deux sœurs jumelles séparées à la naissance, qui ont évolué dans des contextes différents. Comédie saupoudrée de romance et de musique, Chalbaaz lui permet enfin de rafler le Filmfare Award de la Meilleure Actrice. En 1991, c’est d’abord en télougou qu’elle est encensée pour le film Kshana Kshanam, où elle est Satya, une jeune fille de classe moyenne embarquée dans un périple avec Chandu (Venkatesh), un voleur en cavale. Ce road-movie haletant de Ram Gopal Verma lui vaut le South Filmfare Award de la Meilleure Actrice en langue télougoue, réaffirmant ainsi qu’elle ne règne pas que sur Bollywood, mais également sur les autres industries cinématographiques indiennes. Mais comme la belle ne s’arrête jamais, elle enchaîne cette année-là avec Lamhe ; un drame romantique signé Yash Chopra qui a créé le scandale à l’époque de sa sortie. En effet, le film relate la relation sentimentale entre un homme d’âge mûr et la fille de son premier amour. Malgré l’accueil mitigé du public, l’œuvre reçoit des critiques dithyrambiques et vaut surtout à Sridevi son second Filmfare Award de la Meilleure Actrice. L’année d’après, elle donne la réplique à Amitabh Bachchan dans Khuda Gawah. Dans le sillage de Lamhe, elle joue un double rôle, celui d’une guerrière afghane et de sa fille avec conviction. Elle sera nommée pour un énième trophée de la Meilleure Actrice aux Filmfare Awards. Elle incarnera également Heer dans la romance Heer Ranjha, inspirée d’un conte traditionnel ; avec Anil Kapoor. Elle enchaîne les nominations pour le thriller Gumrah avec Sanjay Dutt, la romance Laadla et la comédie dramatique Judaai, avec Anil Kapoor. Ce dernier film où elle incarne brillamment une femme obsédée par le luxe et l’argent reste d’ailleurs son ultime projet d’envergure. Car Sridevi décide dès lors de tourner les talons à l’industrie du film après s’être mariée avec un certain Boney Kapoor, en juin 1996. Producteur de son état, il épouse Sridevi en secondes noces alors que la comédienne est déjà enceinte de six mois. De cette union naissent Jhanvi et leur deuxième fille Khushi. La vedette prend le temps de s’occuper de ses enfants des années durant, pour faire un retour remarqué en 2004 à la télévision, dans le sitcom Malini Iyer où elle campe une épouse tamoule →

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qui tente d’allier sa culture à celle de son mari punjabi, incarné par Mahesh Thakur. Si elle fait quelques apparitions dans des émissions de télévision comme Kaboom, Dus Ka Dum et Satyamev Jayate ; on attend presque vainement le retour de la reine incontestée du cinéma indien, toutes industries et langues confondues. Et alors qu’on commençait à perdre espoir, Sridevi sort en 2012 le film de son come-back : English Vinglish. Au sein d’un casting international, elle est Shashi Godbole, une mère de famille indienne qui débarque aux Etats-Unis pour assister au mariage de sa nièce. Sur place, elle est confrontée à une difficulté de taille : elle ne sait ni lire, ni parler l’anglais. Souvent raillée par son mari et ses enfants sur la question, elle décide de prendre des cours, sans les en informer. Face à Adil Hussain, Priya Anand et l’acteur franco-algérien Mehdi Nebbou ; Sridevi est bouleversante. Sensible sans sombrer dans le lacrymal excessif, English Vinglish est un film authentique qui donne à voir des gens vrais, sans distinction d’ethnie ou de religion. C’est surtout un film sur le respect, le respect que sa famille a retiré à une femme qui leur a pourtant dédié sa vie. Sridevi est nominée pour le Filmfare Award de la Meilleure Actrice, sans surprise. Mais elle réalise surtout l’exploit de revenir avec un succès aussi bien d’estime que commercial, alors qu’English Vinglish est avant tout une œuvre engagée loin des masala lourdingues en vogue auprès de l’audience. 046


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Actrice, danseuse et beauté intemporelle ; Mrs. Sridevi Kapoor reste LA star la plus versatile que l’Inde ait connu, capable de faire son retour après plus de 15 ans d’absence sur grand écran en assurant un hit au box-office. Capable de séduire l’audience et ses pairs malgré ses 50 ans bien assumés, qu’elle fait pourtant à peine. A l’image de Rekha ou de Madhuri Dixit, elle fait partie de ces actrices qu’on ne songerait jamais à remplacer, tant leur parcours est semé d’un parfum de légende. Considérée pour certains comme la Meryl Streep indienne, par d’autres comme le tendant masculin du monument Rajinikanth ; Sridevi a su forger son mythe au fil des années et de ses rôles plus improbables les uns que les autres. Tantôt beauté enchanteresse dans Chandni, tantôt imitatrice de Charlie Chaplin dans Mr. India, tantôt serpent charmé dans Nagina, tantôt femme-enfant dans Sadma ; elle est toujours là où personne ne l’attend. On peut donc légitimement espérer la revoir dans un projet futur, dont on pourra néanmoins difficilement deviner le genre, tant on sait que Sridevi est capable de tout, surtout du meilleur. 047


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ses meilleures danses par

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En plus d’être une actrice au talent et à la versatilité indéniables ; Sridevi est une fabuleuse danseuse. Romantique, sulfureuse, rythmée ou décalée ; chaque chanson à laquelle elle a pris part est interprétée avec ferveur par la plus intemporelle des beautés indiennes. Bolly&Co’ vous propose un florilège de ces scènes dansées, bien qu’il demeure réducteur compte-tenu de la filmographie de la comédienne...


1. Hawa Hawaai – Mr India (1987)

Composé par Laxmikant-Pyarelal. Chanté par Kavita Krishnamurthy. Titre fantaisiste du film culte de Shekhar Kapur, il s’agit de l’item song de Sridevi qui a corroboré sa légende. Depuis, la belle épouse de Boney Kapoor est surnommée la « Hawa Hawaai girl ». Le titre est devenu si populaire qu’il est repris en 2011 par Suman Sridhar pour le thriller psychologique Shaitan, avec Kalki Koechlin et Kirti Kulhari.

2) Mere Hathon Mein – Chandni (1989)

Composé par Shiv-Hari. Chanté par Lata Mangeshkar. Cette chanson de mariage permet à la sublime Sridevi de s’illustrer sur une danse traditionnelle pleine de complexité pourtant mise en image très modestement, loin de la grandiloquence que l’on connaît désormais à un certain Karan Johar. Devenue une référence en matière de titre de célébration, le morceau fera l’objet d’un clin d’œil dans le tout aussi incontournable La Famille Indienne, où une autre grande diva du cinéma hindi cabotine Sridevi : Kajol.

3) Naino Main Sapna – Himmatwala (1983)

Composé par Bappi Lahiri. Chanté par Lata Mangeshkar et Kishore Kumar. Dans une mise en scène très colorée et aux côtés d’un Jeetendra des plus dynamiques, le morceau « Naino Main Sapna » propulsera Himmatwala au rang de classique, en plus d’en faire un blockbuster. Le mythe est tel autour de ce film qu’il fera l’objet d’un remake hélas foireux en 2013, avec Ajay Devgan et Tamannaah Bhatia, où la jeune actrice dravidienne tentera de suivre les pas de Sridevi sur une reprise plutôt réussie du son grâce aux timbres de l’excellente Shreya Ghoshal et de Amit Kumar.

4) Naa Jaane Kahan Se Aayi Hai – Chalbaaz (1989) Composé par Laxmikant-Pyarelal. Chanté par Kavita Krishnamurthy et Amit Kumar.

La célèbre chanson sous la pluie de Sridevi deviendra l’hymne du film qui a changé sa carrière : Chalbaaz. Son visage de poupée, ses pas de danse et son sens comique font de cette séquence musicale un régal pour tous les cinéphiles. La danseuse Saroj Khan recevra d’ailleurs le Filmfare Award de la Meilleure Chorégraphie pour cette scène devenue une référence ; à tel point que John Abraham la reprendra en 2013 pour sa production I Me Aur Main avec Chitrangada Singh et Prachi Desai. 049


5) Morni Baaga Maa – Lamhe (1991)

Composé par Shiv-Hari. Chanté par Lata Mangeshkar et Ila Arun. Ce titre rajasthani met en valeur la Sridevi naturelle et candide. Elle partage cette danse avec Ila Arun et le mélange de leurs genres, de leurs personnalités et des voix de Ila et Lata forme un cocktail coloré et folklorique des plus appréciables. Dans un rôle moins glamour, moins aseptisé aussi, Sridevi est fabuleuse ; ce qui transparaît à merveille dans « Morni Baaga Maa ».

6) Main Teri Dushman – Nagina (1986) Composé par Laxmikant-Pyarelal. Chanté par Lata Mangeshkar.

Considérée comme la danse la plus puissante de la carrière de Srideviji, l’actrice est flamboyante et dérangeante dans la peau du serpent charmé par la mélodie jouée par Amrish Puri. Le titre sera samplé en 2009 pour la chanson « Twist » de la romcom Love Aaj Kal et sera gentiment parodié dans une scène hilarante du film indo-britannique Coup de Foudre à Bollywood.

7) Azhagiya Karthigai Deepangal – Devagaaram (1996)

Composé par M.M. Keeravani. Chanté par S. Janaki. Romance malayalam, Devagaaram offre à Sridevi une de ses danses les plus surannées avec « Azhagiya Karthigai Deepangal ». Morceau dévotionnel empli de joie et de légèreté, il donne à voir une Sridevi gracieuse et délicate sur la voix cristalline de S. Janaki.

8) Kate Nahin Kat Te – Mr India (1987)

Composé par Laxmikant-Pyarelal. Chanté par Alisha Chinai et Kishore Kumar. Dans Mr India, le personnage de Anil Kapoor est invisible et tombe amoureux de celui campé par Sridevi. Cette situation donnera lieu à une chanson d’amour aussi improbable que jubilatoire ; où les héros se susurrent en musique des ‘I love you’. La séquence constitue surtout une danse en solo des plus sensuelles pour la comédienne. Tantôt sous le vent, tantôt sous la pluie ; Mrs Kapoor est divinement belle dans un sari bleu devenu une de ses tenues les plus connues, avec notamment sa garde robe dans Chandni.

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English Vinglish ce qu’en disent les critiques... traduit par

Fatima Zahra


Anupama Chopra pour Hin- Saibal Chatterjee pour dustan Times : 3.5/5 NDTV : 2.5/5 English Vinglish est l’une des rares exceptions des films hindi qui font d’une femme au foyer une héroïne. Shashi, interprétée par Sridevi, est une belle femme qui s’occupe bien comme il faut de son foyer, de son mari, de sa belle-mère et de ses deux enfants. Parallèlement, elle gère également une petite affaire de vente de ladoos. Dans la première scène du film, la réalisatrice débutante Gauri Shinde nous dévoile déjà que Shashi est le ciment qui assure la cohésion de sa famille. A l’instant où leur matinée débute, elle leur sert le thé, le petit déjeuner et des biscuits alors qu’elle ne trouve même pas une minute pour profiter elle-même d’un petit café. Et malgré tout ceci, l’existence toute entière de Shashi est négligée car elle ne sait pas parler l’anglais. Sa fille et son mari la traitent par moment avec dédain, comme s’ils la considéraient comme inférieure et moins intelligente qu’eux parce que son langage de communication est le hindi. A un moment donné, Shashi en vient même à poser une question à son mari : Important batein sirf English mein hi hoti hain ? (Est-ce que les conversations importantes ne sont faites qu’en anglais ?) Gauri Shinde, qui a également co-écrit le film, raconte l’histoire de Shashi en pointant du doigt une certaine tragédie ; pour des inconnus qui voient de loin cette famille, elle leur semble comme étant la parfaite et heureuse famille. Mais, à l’intérieur de ce foyer, Shashi vit une humiliation qui la blesse de plus en plus. Sa fille est embarrassée de la voir assister aux réunions de parents d’élèves, son mari est insensible et rabaisse son travail. Comme la majorité des femmes au foyer, Shashi au sein de sa famille est considérée comme acquise. Elle est là pour les servir.Toutes ces attitudes à son égard changent quand Shashi part à New York dans le but d’aider aux préparations du mariage de sa nièce et, secrètement, assister à des cours accélérés en anglais. Cela dit, le rythme de la seconde partie d’English Vinglish diminue et les cours d’anglais ressemblent plus à des scènes coupées de la série Mind Your Language, basée sur l’histoire d’un groupe de personnes apprenant l’anglais. Malgré ces moments où le film semble long et allongé, Sridevi ne perd pas le nord. Sa performance est un triomphe. Elle est vulnérable et triste, mais à la fois altruiste et forte. C’est difficile d’imaginer que c’est une actrice qui n’a pas donné de performance depuis quinze ans. 052

La protagoniste d’English Vinglish tombe sur un mot qu’elle n’a jamais entendu avant : jugement (judgmental). Elle demande donc à sa nièce : qu’est-ce que ça veut dire un juge mental? Non, lui répond la fille, ça veut dire se précipiter et sauter aux conclusions à l’égard d’une personne en se basant sur des preuves fragiles. Ceci est exactement ce que Mme Shashi Godbole (Sridevi), femme au foyer et mère de deux enfants, vit constamment avec son mari, Satish (Adil Hussain), et sa fille adolescente. C’est également le message qu’essaye de transmettre Gauri Shinde à travers son histoire. Ce film repose sur une idée qui ne fait que renforcer la notion bidon qui dit qu’une femme, peu importe le talent qu’elle possède, doit parler l’anglais à la perfection si elle veut réellement s’affirmer. La superficialité « apprivoisée » est en effet le plus gros défaut d’English Vinglish qui, pour la plupart du temps, est regardable, spécialement grâce à la charmante performance livrée par Sridevi, qui est de retour sur grand écran après quinze ans. Une star est de nouveau née et on a juste envie de retomber amoureux d’elle une nouvelle fois. Mais en dépit de cette tentation, il est bien délicat de laisser son cœur voler et son rythme cardiaque s’accélérer face à ce film. English Vinglish ne possède pas ce petit plus qui aurait pu avoir le pouvoir de transformer cette histoire en un drame universel sur l’autonomisation des femmes. C’est une histoire superficielle à propos d’une femme qui ne commence à se découvrir qu’une fois arrivée à New York pour assister au mariage de sa nièce, et se décide à prendre des cours d’anglais pour laisser derrière elle ce seul défaut que son mari et sa fille voient en elle. Bien que le film soit bien édité et généralement bien joué, English Vinglish clopine avec tous les stéréotypes possibles : le mari n’est pas réellement insensible mais ça ne l’empêche pas de déclarer que sa femme est née pour faire des laddoos, la fille adolescente est une fille intelligente et cultivée mais ne rate pas la moindre occasion de ridiculiser sa mère... D’autant plus que les situations un peu « cheesy » ne font rien pour arranger les choses. Quelques scènes durant les cours d’anglais, données par un professeur gay, sont plutôt drôles, mais là aussi le film ne manque pas de tomber dans des stéréotypes tout droit tirés de Mind Your Language : un beau gosse romantique et chef cuisinier, une chinoise qui travaille dans un salon de beauté, une chauffeur de taxi pakistanais, un geek sud asiatique, une nounou mexicaine... et un africain solitaire qui, quand il ouvre sa bouche après être resté silencieux très longtemps, →


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annonce qu’il est gay. Le film offre de belles performances néanmoins, notamment Adil Hussain et Mehdi Nebbou qui malgré leurs rôles habituels, font preuve d’un jeu solide. La performance de Priya Anand est également à noter mais, c’est Sridevi qui est au final le cœur et l’âme d’English Vinglish.

Vivek Bhatia pour Filmfare : 4/5 L’attente était longue mais en voyant le résultat, ça en valait bien la peine. Après 15 ans, Sridevi fait son retour sur grand écran avec le film English Vinglish qui marque les débuts de la cinéaste Gauri Shinde. Après avoir reçu un accueil chaleureux au festival international du film de Toronto, le film promet de séduire les cœurs des indiens également. English Vinglish est une preuve du talent inimitable de Sridevi et de son pouvoir de porter un film sur ses épaules. Shashi (Sridevi) est la femme au foyer parfaite qui ne fait rien de mieux que de prendre soin de sa famille. Alors quand son mari qui est tout le temps occupé (Adil Hussain) et sa fille moqueuse Sapna unissent leurs forces pour se moquer de son anglais approximatif, elle prend sur elle et leur sert à manger. Elle aime cuisiner ; surtout les snacks et les ladoos. Elle s’envole pour les Etats Unis pour aider à préparer le mariage de sa nièce, deux semaines avant le reste de sa famille. Ces deux semaines s’avèrent être décisives dans la vie de Shashi. Les circonstances qu’elle traverse l’aident à aller au-delà de ses insécurités : apprendre l’anglais et éventuellement se transformer en une femme confiante et indépendante. English Vinglish présente les aspects les plus ordinaires de la vie d’une manière tout sauf ordinaire. Il explore les valeurs familiales ainsi que la relation d’un homme tout le temps occupé au travail avec sa femme, et la relation d’une mère avec ses enfants. Que ce soit la frustration continuelle d’une femme au foyer, une jeune fille embarrassée par sa mère qui ne sait pas parler anglais ou même le mari qui croit que sa femme n’est née que pour faire des ladoos. Chaque aspect de la vie de famille a été utilisé. La sensibilité est le point fort de ce film. Il y a quelques scènes qu’on a envie de voir durer encore plus longtemps, notamment la scène où Shashi, après avoir fait connaissance avec son collègue de classe français du nom de Laurent (Mehdi Nebbou), raconte ses problèmes en hindi alors qu’il lui répond en français. Egalement les scènes qui unissent Shashi à sa nièce (Priya Anand) qui devient sa confidente. « Tes yeux sont comme deux gouttes de café sur un nuage de lait. », dit Laurent

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amoureux, à Shashi. Et il a absolument raison. Si English Vinglish est une bombe à charme alors Sridevi est le charme en lui-même. Elle exprime tout, sans dire un mot, avec son regard. Derrière ce film se cache un travail de réalisation très puissant. Les rôles sont délivrés comme il faut, tout comme les émotions. Bien qu’il contienne quelques moments fait pour vous faire pleurer, le film ne vous serre pas la gorge et vous laisse au contraire profiter des moments mignons à un rythme convenable. Le film est bien filmé et bien édité, chose qui lui donne un air de fraîcheur. D’autant plus que la musique composée par Amit Tridevi donne une touche de modernité distincte. Si on devait choisir un point négatif dans ce film, ce devrait être la seconde partie qui par moment semblait bien trop longue, mais, c’est bien le seul hic dans un film qui approche la perfection. Allez-y pour English Vinglish avec votre famille-vamille. Vous serez charmé-varmé.

Peter Bradshaw pour The Guardian : 3/5 English Vinglish est une bonne comédie familiale qui a son propre air d’innocence. L’ancienne réalisatrice de publicité Gauri Shinde fait ses débuts pour un long-métrage avec la star de Bollywood, Sridevi. Elle joue le rôle de Shashi, une femme au foyer timide, mère dévouée et cuisinière dévouée qui a de plus en plus l’impression d’être mise de côté car, contrairement à ses deux enfants et son mari (Adil Hussain), ne parle pas le moindre mot d’anglais. Son destin lui file un coup de main quand elle voyage à New York pour un mois, dans le but d’aider à la préparation du mariage de sa nièce. L’excitation de ce nouveau milieu la pousse et l’inspire à prendre des cours accélérés en anglais où Shashi retrouve de plus en plus confiance en elle et également, tape dans l’œil du beau Laurent (Mehdi Nebbou), son camarade de classe venu de France. Le film est très aimable et offre un divertissement, entre comédie et stéréotypes. Un film simple qu’on digère aussi bien qu’on digère les délicieux ladoos de Shashi. 055


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L’ART DE SE FAIRE DÉSIRER... par

Asmae

A l’aube de ses 40 ans, Hrithik Roshan est sans doute l’un des acteurs indiens les plus talentueux et les plus ‘bankable’ du paysage Bollywood actuel. Hautement respecté pour ses choix avant-gardistes comme pour sa capacité à engranger des recettes monumentales ; celui que sa famille et ses fans surnomment Duggu fait office de figure incontournable et immuable du cinéma hindi. Pourtant, cet enfant de la balle n’a pas toujours été aussi populaire, malgré son physique de rêve et son aisance en danse. Taxé de ‘pistonné’, de belle gueule sans consistance ; le comédien aura traversé des déserts artistiques avant de s’imposer. Récit du parcours de l’Apollon indien...

PHOTOGRAPGIE DU MAGAZINE GQ INDIA, NUMÉRO DE NOVEMBRE 2013

HRITHIK ROSHAN :

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Né le 10 janvier 1974 à Mumbai, Hrithik est le fils de l’acteur et réalisateur Rakesh Roshan, neveu du compositeur Rajesh Roshan et petit-fils du producteur J. Om Prakash. A 6 ans, il assiste au tournage de Aasha produit par son grand-père et avec la vedette Jeetendra. Spontanément, l’enfant improvise une danse devant les caméras qui sera conservée au montage de l’œuvre, devenue un blockbuster. Dès lors, il sera considéré par son grand-père comme un porte-bonheur et figurera dans plusieurs de ses productions, dans des rôles et apparitions anecdotiques. En effet, il campera le personnage de Rahim dans l’enfance pour le film Aap Ke Deewane et jouera les entremetteurs pour les amants Dharmendra et Hema Malini dans Aas Paas. Il a 12 ans lorsque son père lui demande de remplacer au pied levé l’acteur qui devait jouer Govinda, le fils de Rajinikanth dans Bhagwan Dada. Si le film est descendu par la critique, la prestation du garçon est encensée, en particulier sa scène finale, durant laquelle il meurt dans les bras de son père. Son aisance devant la caméra et la maturité de son jeu impressionnent, et ce n’est que le début... Mais Hrithik ne veut pas précipiter les choses. Pour se familiariser au processus de création d’un film, il travaille sur les plateaux de tournage. Au début, il y fera le ménage pour ensuite gagner en implication en travaillant sur le montage, la conception de l’histoire... Il assistera d’ailleurs grandement son père sur les tournages de ses films Khel, Karan Arjun et Koyla, sans jamais être crédité au générique final. En 2000, Hrithik a 26 ans. Il s’est sculpté un physique de rêve et a suivi des cours de danse pour débuter dans le film Kaho Naa Pyaar Hai, réalisé par son père Rakesh. Ce thriller romantique dans lequel il tient un double rôle devient un blockbuster et lui vaut non seulement le Filmfare Award du Meilleur Espoir Masculin, mais également celui du Meilleur Acteur. En septembre de la même année, il tient un rôle central dans le film Fiza, contextualisé en pleines émeutes de Bombay. Malgré le bide commercial de cette œuvre réalisée par Khalid Mohammed, la prestation de Hrithik est appréciée et lui vaut une seconde nomination pour le prix du Meilleur Acteur, qu’il a reçu plus tôt pour son premier long-métrage. Enfin, il est le héros torturé de Mission Kashmir, dirigé par Vidhu Vinod Chopra. Dans un rôle initialement écrit pour Shahrukh Khan, le jeune acteur est bluffant d’intensité. Son alchimie avec la belle Preity Zinta ainsi que ses scènes nerveuses face à Sanjay Dutt consacrent Mission Kashmir comme le troisième film le plus rentable de l’an 2000. Ainsi, en une année, Hrithik Roshan devient un phénomène. Les critiques voient en lui un acteur versatile,

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intelligent et charismatique. Les masses aiment sa capacité à divertir, aussi bien dans les séquences de bagarre, de danse et d’émotion. Et ses groupies féminines fondent pour ses yeux clairs et sa stature impressionnante. La « Hrithikmania » est enclenchée ! En 2001, ses projets à venir sont donc très attendus. Le premier est Yaadein, nouvelle réalisation de Subhash Ghai dans laquelle il donne la réplique à Kareena Kapoor. Drame romantique intense, l’œuvre ne convainc pourtant pas, ni l’audience ni les médias. Mais ce film aura au moins eu l’effet de populariser le couple que forment Duggu et Bebo à l’écran. En effet, leur alchimie y est particulièrement palpable et donnera lieu par la suite à de nombreuses collaborations entre les deux vedettes. Il la retrouve d’ailleurs dans son second long-métrage de l’année, un des films indiens les plus connus de l’histoire de l’industrie : Kabhi Khushi Kabhie Gham, production grandiloquente dirigée par Karan Johar. Sorti en France sous le titre de La Famille Indienne, ce drame familial lui permet de collaborer avec Amitabh Bachchan, Shahrukh Khan et Kajol pour la première fois. Hrithik sera d’ailleurs pressenti pour le trophée du Meilleur Second Rôle Masculin dans ce film devenu une véritable référence pour les amateurs de cinéma hindi, qu’ils soient d’Inde ou d’ailleurs. Dans la précipitation de l’engouement qu’a provoqué son début de carrière fulgurant, Duggu a signé de nombreux films et a enchaîné les tournages presque machinalement. L’année 2002 lui servira de leçon puisque ses projets ne rencontreront pas le succès. Pourtant, il tourne avec des cinéastes talentueux comme Vikram Bhatt, Kunal Kohli et Sooraj R. Barjatya en plus d’Arjun Sablok. En effet, il joue dans Aap Mujhe Achche Lagne Lage pour lequel il retrouve Ameesha Patel, qui fera un bide. Avec Na Tum Jaano Na Hum (avec Esha Deol et Saif Ali Khan) et Mujhse Dosti Karoge (avec Kareena Kapoor et Rani Mukerji), il signe deux œuvres du même registre aux histoires similaires, et bien que ces romcom soient sympathiques, elles ne séduisent pas l’audience. Enfin, début 2003 ; Hrithik joue dans Main Prem Ki Deewani Hoon, de nouveau avec Kareena Kapoor et dans lequel il partage également l’affiche avec Abhishek Bachchan pour cet autre échec critique et commercial. Dès lors, Hrithik s’impose un nouveau fonctionnement : il ne tournera plus qu’un seul film à la fois et tentera de quantifier ses sorties à matière d’un long-métrage par an. Se faire plus rare devient donc sa nouvelle politique, car le bellâtre préfère miser sur la qualité plutôt que sur la quantité. Et ça paie ! →


En 2001 il incarne Rohan Raichand dans le cultisime Kabhi Khushi Kabhie Gham.

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Car en août 2003, il est le héros de Koi Mil Gaya, le nouveau projet réalisé par son père Rakesh Roshan. Hrithik y incarne Rohit Mehra, une jeune homme en situation de handicap mental qui découvre les expérimentations de son défunt père scientifique, qui a tenté de communiquer avec l’au-delà. Si la trame semble tout droit sortie de l’esprit de Steven Spielberg en 1982 avec E.T. l’extra-terrestre, ce film fantastique est en réalité un bonheur pour ceux qui l’ont vu, aussi bien divertis par cette histoire touchante que bouleversés par la prestation de son acteur vedette. C’est ainsi qu’il reçoit non seulement le Filmfare Award du Meilleur Acteur attribué par le public, mais aussi celui délivré par les critiques.

2007 Om Shanti Om, Hrithik Roshan fera patienter ses fans pendant deux ans avant de leur offrir Jodhaa Akbar, pour lequel il retrouve Aishwarya Rai. Mais surtout, ce film représente pour lui l’occasion de travailler avec le réalisateur Ashutosh Gowariker, alors qu’il avait refusé son précédent projet Swades. Il y incarne l’empereur moghol Jalaluddin Muhammad Akbar, époux de la princesse hindoue Jodhaa Bai. Dans ce film historique, il excelle et met de côté l’image ‘d’entertainer’ qu’il dégageait dans Dhoom 2 et Krrish. Il n’y danse pas, ne met pas en avant son torse de rêve mais démontre d’un jeu impeccable, comme toujours. Il remporte donc logiquement son quatrième Filmfare Award du Meilleur Acteur.

En 2004, il ne sort qu’un seul film : Lakshya, réalisé par Farhan Akhtar et pour lequel il retrouve Preity Zinta après Mission Kashmir et Koi Mil Gaya. Dans cette œuvre réfléchie, il incarne un jeune homme à le recherche de sa vocation, qui finira par la trouver en s’engageant dans l’armée, en plein conflit de Kargil. Si le film réalise un score mitigé au box-office, il reçoit des critiques dithyrambiques aussi bien pour le travail de ses comédiens que pour la direction de Farhan Akhtar. Mister Roshan recevra d’ailleurs une nomination dans la catégorie du Meilleur Acteur.

L’année suivante, il tient un rôle secondaire dans Luck By Chance, réalisé par Zoya Akhtar et dans lequel il joue une star blasée par la célébrité. En 2010, l’acteur sort deux films très attendus : Kites et Guzaarish. Le premier est réalisé par Anurag Basu mais est porté par le clan Roshan, produit par Rakesh, composé par Rajesh et campé par Hrithik. Ce projet ambitieux l’illustre en danseur amoureux de la belle mexicaine Linda, incarnée par la comédienne uruguayenne Barbara Mori, star en France et au Maghreb de la telenovela Rubi. Drame romantique plutôt qualitatif, le budget énorme de l’œuvre fait sombrer le film au box-office, qui réalise pourtant un score honorable mais comblant à peine ses frais de production. Ce semi-échec affecte Hrithik, d’autant plus qu’il a investi plus d’un an pour tourner cette œuvre. En novembre de la même année, il joue dans Guzaarish de Sanjay Leela Bhansali et avec Aishwarya Rai Bachchan pour la troisième fois de sa carrière. Dans la peau d’un magicien devenu tétraplégique, il est bouleversant. Pourtant, ce film élitiste inspiré grandement de Mar Adentro, film espagnol de Alejandro Amenabar avec Javier Bardem ; fera un bide commercial mais permettra tout de même à son acteur principal d’être nominé pour le Filmfare Award du Meilleur Acteur.

Il faudra ensuite attendre 2006 pour le retrouver dans un nouveau film. Il est d’abord à l’affiche de Krrish, suite de Koi Mil Gaya dans lequel il joue un double rôle : celui de Rohit Mehra qui a fait sa gloire en 2003 et celui de son fils Krishna, devenu un super-héros (le premier de l’histoire du cinéma hindi) sous le nom de Krrish. Face à la belle Priyanka Chopra, il excelle dans ces personnages aussi vifs que légers, dégageant une innocence n’ayant d’égale que leur force. Krrish devient le second film le plus rentable de 2006, précédé par l’autre sortie de l’année pour Hrithik : Dhoom 2. Suite du film d’action à succès de 2004, cette production Yash Raj permet au beau gosse de jouer son premier rôle négatif : celui du voleur charismatique Aryan, et ce face à la sublime Aishwarya Rai. Sexy, mystérieux et futé ; il donne à voir un voleur plus séduisant que le protagoniste, incarné par Abhishek Bachchan. C’est d’ailleurs clairement lui qui forge la popularité de la franchise Dhoom, impulsant donc le tournage de son troisième volet, avec Aamir Khan et Katrina Kaif. Mais surtout, Hrithik Roshan reçoit son troisième Filmfare Award du Meilleur Acteur pour son interprétation sans faille, coiffant au poteau les autres nommés de l’année Shahrukh Khan, Aamir Khan, Sanjay Dutt et... lui-même, déjà pressenti pour Krrish. Après deux apparitions dans la production de son ami Arjun Rampal I See You et le film le plus attendu de 060

En 2011, si l’on omet son bref cameo dans Don 2, il ne joue que dans un film, mais quel film ! Il est le héros du road-movie Zindagi Na Milegi Dobara où il est Arjun, un work-alcoholic qui prend conscience du sens de sa vie lors d’un voyage initiatique en Espagne avec ses deux meilleurs amis interprétés par Abhay Deol et Farhan Akhtar. Dans cette seconde réalisation de Zoya Akhtar, il est irréprochable. Zindagi Na Milegi Dobara devient un des grands succès de l’été 2011 et rafle tous les prix lors des Filmfare Awards (Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Second Rôle Masculin, Meilleure Chorégraphie) ainsi qu’une nomination dans la catégorie de la meilleure interprétation masculine pour Hrithik Roshan.


En 2012, il joue dans Agneepath, remake du film du même nom sorti en 1990 avec Amitabh Bachchan. Dans cette production de Karan Johar, il est Vijay Deenanath Chauhan, homme meurtri qui ne pense qu’à venger la mort de son père. Œuvre sanguinaire et violente, Agneepath donne à voir un Hrithik bien moins lisse qu’à l’accoutumée, violent et détruit de l’intérieur et surtout tout à fait sidérant de véracité. Il est nommé pour la récompense du Meilleur Acteur et signe un nouveau hit commercial. Cette année, il faisait d’abord une apparition dans le film pour enfants Main Krishna Hoon pour ensuite enfiler de nouveau son costume de super-héros dans Krrish 3, séquelle de Koi Mil Gaya et Krrish. Dirigé par son père, il y retrouve Priyanka Chopra après le premier volet de la saga et Agneepath et doit affronter les méchants campés par Vivek Oberoi et Kangana Ranaut. Le film deviendra un blockbuster. En 2014, Hrithik Roshan devrait être à l’affiche de Bang Bang, remake indien de Knight And Day sous la direction de Siddharth Anand et aux côtés de Katrina Kaif. On le retrouvera surtout dans Shuddhi où il retravaillera avec Kareena Kapoor Khan et Pankaj Kapur après leur précédent projet Main Prem Ki Deewani Hoon, sorti en 2003.

Hrithik Roshan a donc trouvé son rythme de croisière, avec un film par an qui lui garantit succès d’estime et populaire. Il n’a d’ailleurs jamais été aussi acclamé et sollicité qu’aujourd’hui, à bientôt 40 ans. Belle homme, danseur hors-pair et immensément talentueux ; il surprend à chaque film et n’est pas prêt de s’arrêter... 061


HRITHIK ROSHAN & SUSSANNE KHAN LA FIN D’UNE IDYLLE... par

Asmae

« C’est mon plus grand hommage à l’amour. Sussanne est et sera toujours l’amour de ma vie pour le restant de mes jours. Si ses sourires sont plus lumineux sans moi, alors mon amour pour elle peut bien l’accomplir. Inconditionnellement. » Voilà, c’est dit ! Sussanne Khan a décidé de mettre fin à son mariage avec l’acteur et sex-symbol Hrithik Roshan. La star annonçait ainsi que leur relation de 17 ans est terminée, mais qu’il ne perd nullement foi en l’institution du mariage. Si la nouvelle a bouleversé les fans, les proches du couple ne sont en revanche pas surpris. En effet, cela faisait déjà 4 mois que Sussanne avait quitté le domicile familial avec leurs deux enfants, Hrehaan et Hridhaan. Une séparation restée secrète pour ne pas entraver la promotion du film de science-fiction familial Krrish 3, qui fera un carton en salles lors de sa sortie en novembre dernier. Selon la rumeur, les infidélités de Hrithik Roshan (notamment avec l’actrice uruguayenne Barbara Mori) et la connivence entre Sussanne et Arjun Rampal auraient eu raison du couple. Mais la véritable raison de leur divorce résiderait dans un tout autre facteur : une relation compliquée entre Sussanne et sa belle-famille. En effet, la décoratrice d’intérieur voulait déménager de la résidence des Roshan, ce qui n’était pas du goût de la star de Krrish et Dhoom 2, pas vraiment séduit à l’idée de laisser ses parents et sa sœur divorcée. De plus, la popularité grandissante de l’acteur, monopolisé par des tournages de plus en plus prenants aurait résulté sur un sentiment d’isolement pour Sussanne. Ces derniers temps, Sussanne avançait la santé fragile de son père Sanjay Khan pour justifier le fait qu’elle avait quitté la demeure des 062

Roshan. Elle s’est présentée à de nombreux événements sans son mari et ne restera que brièvement à la fête organisée pour l’anniversaire de son beau-père Rakesh Roshan. Elle est également partie en vacances à Paris, seule. Pourtant, leur romance semblait idyllique. Hrithik Roshan racontait qu’il connaissait Sussanne depuis l’âge de 12 ans, et qu’il a toujours su qu’elle était la femme de sa vie. Trop timide pour l’approcher, il se satisfaisait de l’aimer de loin. Des années plus tard, à un feu rouge, il regarda autour de lui et vit une jolie fille dans une voiture voisine. C’était Sussanne. Cet instant unique de sa vie sera d’ailleurs recréé dans son premier film, Kaho Naa Pyaar Hai. Plus sûr de lui, il finira par gagner son cœur. Le couple se fréquentera pendant 4 ans pour se marier en décembre 2000 ; l’année de tous les succès pour Hrithik Roshan. Duggu aurait d’ailleurs demandé la main de sa belle le jour de la Saint-Valentin. Leur bonheur est total lorsqu’ils deviennent les heureux parents de Hrehaan en 2006 et de Hridhaan en 2008. Sussanne est de toutes les cérémonies de récompense, prête à applaudir son mari lorsqu’il reçoit ses nombreux prix, le sourire aux lèvres. En 2011, Hrithik assiste à l’ouverture de la boutique de sa femme, les larmes aux yeux. « Durant 15 ans, elle m’a soutenu dans ma carrière. Désormais, je veux être son pilier et son plus grand soutien. » →


Ils ont toujours été là l’un pour l’autre, jusqu’à ces derniers mois, qui signeront la fin de leur couple. Le père de Sussanne laisse pourtant un soupçon d’espoir : « Ils ont juste besoin d’espace, ce n’est pas la fin, » disait-il récemment. Pourtant, la dernière déclaration de Sussanne Khan est d’une toute autre nature... « Nous

sommes deux individus qui nous respectons et nous soucions l’un de l’autre, nous avons là fait nos propres choix. Nous sommes les parents de deux enfants merveilleux et notre responsabilité reste de prendre soin d’eux et de les protéger. Rien ne pourra changer cela. J’apprécierai qu’on nous accorde notre intimité. »

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Padukone LA REVANCHE D’UNE BOMBE...

par

Asmae

A 27 ans, la jolie Deepika Padukone a connu en 2013 son année la plus faste : trois blockbusters et un des films les plus attendus de l’an à son actif. Pourtant, l’ancienne mannequin et fille du champion de badminton Prakash Padukone n’a pas toujours été des plus populaires. D’abord encensée pour ses débuts à Bollywood dans Om Shanti Om avec Shahrukh Khan, ses choix seront ensuite vivement critiqués, notamment par la journaliste Shobhaa De qui ne manquera aucune occasion de descendre la comédienne. Mais Deepy a su saisir toutes les opportunités de jouer dans des œuvres conséquentes aussi bien commercialement qu’artistiquement. Rétrospective de ses meilleures prestations... 066

PHOTOGRAPHIE DU MAGAZINE FILMFARE OCTOBRE 2013

Deepika


Om Shanti Om Sorti en 2007 Dans les rôles de Shantipriya et Sandhya Sous la direction de Farah Khan Face à Shahrukh Khan, Arjun Rampal, Shreyas Talpade, Kirron Kher...

Love Aaj Kal Sorti en 2009 Dans le rôle de Meera Pandit Sous la direction de Imtiaz Ali Face à Saif Ali Khan, Rishi Kapoor, Rahul Khanna, Giselli Monteiro

Lafangey Parindey Sorti en 2010 Dans le rôle de Pinky Palkar Sous la direction de Pradeep Sarkar Face à Neil Nitin Mukesh, Kay Kay Menon, Manish Chaudhary, Piyush Mishra

Cocktail Sorti en 2012 Dans le rôle de Veronica Malaney Sous la direction de Homi Adajania Face à Saif Ali Khan, Diana Penty, Boman Irani, Dimple Kapadia

Après ses débuts d’actrice dans le film kannada Aishwarya avec Upendra, Deepika est à l’affiche de Om Shanti Om, qui sort le même jour que Saawariya, projet qui lance la carrière de Ranbir Kapoor, son chéri de l’époque. OSO fait un tabac en salles et offre à la débutante un double rôle intéressant : celui d’une actrice des années 1970 et de son sosie en shorty, 30 ans plus tard. Une histoire de réincarnation sur fond de vengeance et de musique ; qui met nettement en avant SRK tout en donnant le bon espace à la nouvelle tête qu’est Deepika. Le résultat est là : elle remporte deux Filmfare Awards (Meilleur Espoir Féminin et Nouveau Visage de l’Année) et sera nominée pour le prix d’interprétation féminine. Après les critiques assassines de ses prestations dans les films Bachna Ae Haseeno et Chandni Chowk To China, Miss Padukone tourne dans la romcom Love Aaj Kal produite par son partenaire dans l’oeuvre : Saif Ali Khan. Si l’œuvre en elle-même ne surplombe pas Jab We Met (le précédent métrage du réalisateur), le travail de l’actrice est salué de toutes parts en plus de garantir le succès financier du film. La jeune femme sera nommée pour la seconde fois dans la catégorie de la Meilleure Actrice, qu’elle ne remporte cependant toujours pas.

Si Housefull devient un hit au box-office, il ne permet pas à Deepika Padukone de s’illustrer dans un vrai rôle de composition, et ce contrairement à Lafangey Parindey, injustement ignoré par l’audience et les médias. Pourtant, elle campe avec justesse une jeune danseuse devenue aveugle ; un handicap qui ne lui fait pas renoncer à ses ambitions. Aucun prix et aucune nomination pour une de ses performances les plus admirables...

Dans la peau de la femme fatale et décadente qu’est Veronica, Deepika propose une vision bien plus humaine de la vamp au cinéma indien. Personnage coutumier des triangles amoureux, la vamp a pour fonction de corser la relation pure et sincère entre des héros blancs comme neige. Mais dans ce film, Veronica n’entre pas dans ce carcan réducteur de la cinquième roue du carrosse, forcément encombrante et désobligeante. Dans la peau du protagoniste le plus finement écrit de l’œuvre de Homi Adajania, Deep signe un nouveau plébiscite populaire et Cocktail lui vaut une troisième nomination pour le Filmfare Award de la Meilleure Actrice.

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Deepika

Padukone

LA REVANCHE D’UNE BOMBE...

Yeh Jawaani Hai Deewani Sorti en 2013 Dans le rôle de Naina Talwar Sous la direction de Ayan Mukerji Face à Ranbir Kapoor, Aditya Roy Kapur, Kalki Koechlin, Evelyn Sharma

Chennai Express Sorti en 2013 Dans le rôle de Meenalochini Azhagu Sundaram Sous la direction de Rohit Shetty Face à Shahrukh Khan, Sathyaraj, Kamini Kaushal, Nikitin Dheer

Ram Leela Sorti en 2013 Dans le rôle de Leela Sous la direction de Sanjay Leela Bhansali Face à Ranveer Singh, Supriya Pathak Kapur, Richa Chadda, Sharad Kelkar 068

Alors qu’ils sont séparés depuis 4 ans, Deepika Padukone et Ranbir Kapoor retravaillent ensemble pour les besoins de Yeh Jawaani Hai Deewani, après l’accueil mitigé de leur seul projet commun jusqu’alors : Bachna Ae Haseeno, sorti en 2008. Acclimatée aux rôles de poupées glamours et déséquilibrées (cf Love Aaj Kal, Race 2, Cocktail, Break Ke Baad...), elle incarne ici une première de la classe qui, derrière ses lunettes regrette de ne pas vivre sa jeunesse pleinement. L’actrice est lumineuse dans ce personnage à contre-emploi, qui détonne avec sa carrière (et sa carrure) de mannequin. YJHD devient un des gros cartons de l’année 2013, avec un autre film de la belle... Elle a déjà joué dans des comédies (Housefull, Desi Boyz...), mais faisait surtout office de jolie décoration à côté des pitres Akshay Kumar et John Abraham. Pour le coup, c’est elle qui divertit le spectateur avec Chennai Express, dans la peau de celle qu’on appellera Meenamma (c’est plus court et moins laborieux à écrire!). Empruntant un accent tamoul surfait, elle est hilarante et ferait presque de l’ombre à sa co-star, qu’elle retrouve après avoir débuté à ses côtés : Shahrukh Khan. Le masala comique de Rohit Shetty devient l’un des films indiens les plus rentables de tous les temps, explosant le record jusque-là inégalé de l’excellent 3 Idiots. Surtout, ce film a définitivement consacré Deepika comme la reine du box-office en cette année 2013. On attend de la retrouver dans un nouveau film de taille... Dans le nouveau projet de l’artisan de Devdas, Black et Guzaarish ; Deepika est Leela ; une jeune femme libérée et ouvertement attirée par Ram. Relecture du classique Roméo et Juliette, cette œuvre signée Bhansali est la plus osée et la plus contemporaine de la carrière du cinéaste, sans manquer de folklore. L’alchimie des comédiens est palpable rien que dans la bande-annonce. La rumeur voudrait que, depuis le tournage, Deepika convole avec Ranveer. Affaire à suivre...


HIMMATWALA : UN ‘WANNABE’ ROWDY RATHORE ? ROWDY RATHORE

HIMMATWALA

En 2012, le cinéaste Prabhu Deva réalise Rowdy Rathore, remake hindi du succès télougou de 2006 Vikramarkudu, avec Ravi Teja et Anushka Shetty. Entre temps, la version tamoule intitulée Siruthai sort en 2011 sur les écrans avec Karthi et Tamannaah Bhatia, et rencontre un franc succès. Mais Rowdy Rathore est encore plus ambitieux. Premier film d’action produit par Sanjay Leela Bhansali, il compte à sa distribution le ‘Khiladi’ de l’industrie bollywoodienne Akshay Kumar et la jeune Sonakshi Sinha. Le film est devenu un blockbuster et a réalisé l’un des scores les plus impressionnants de l’histoire du cinéma hindi en terme d’entrées et de recettes. Alors forcément, entre Rowdy Rathore et Dabangg, les masala trônent au sommet du box-office. Et logiquement, les productions du genre se multiplient ; avec du correct, du très bon et du médiocre.

En 2013, le cinéaste Sajid Khan réalise Himmatwala, remake du succès éponyme de 1983 avec Jeetendra et Sridevi. Entre temps, l’original a atteint le statut de film culte auprès du public indien. Mais l’Himmatwala version 2013 est encore plus ambitieux. Produit par les prolifiques Siddharth Roy Kapur et Ronnie Screwvala sous leur bannière UTV Motion Pictures, il compte à sa distribution le versatile Ajay Devgan et la vedette du cinéma dravidien Tamannaah Bhatia. Le film a fait un bide retentissant au box-office, surtout au regard de son budget conséquent et des énormes expectatives qui l’entouraient avant sa sortie. Pourtant, Himmatwala semblait réunir les mêmes ingrédients que Rowdy Rathore pour faire un tabac en salles. Un peu trop, même...

Une histoire qui a fait ses preuves, un acteur à la renommée incontestable, une jeune pousse pour lui donner la réplique, une musique bien ‘desi’, un second degré assumé, des scènes de bagarres délibérément surfaites... Comme quoi, suivre une recette scrupuleusement n’est un gage ni de qualité, ni de réussite si le résultat est dépourvu d’identité. Alors, qu’est-ce qui a fonctionné pour Rowdy Rathore ? Qu’est-ce qui a coincé du côté de Himmatwala ? LE SYNOPSIS DE ROWDY RATHORE : Shiva

(Akshay Kumar) et son meilleur copain 2G (Paresh Ganatra) sont deux voleurs sans vergogne de Mumbaï. Lorsque la jolie Paro (Sonakshi Sinha) vient à la capitale du cinéma hindi pour assister à un mariage, le premier est sous le charme tandis que le second voit là l’occasion de dérober argent et bijoux. Mais alors que Shiva fait une cour assidue à sa belle, il commet un vol qu’il n’est pas prêt d’oublier. En effet, en s’emparant d’une énorme malle dont il espère qu’elle est remplie d’argent, il découvre une petite fille du nom de Chinki (Ananya Nayak) qui est intimement persuadée que Shiva est son papa...

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L’HISTOIRE D’HIMMATWALA : Dans les années

1980, Ravi (Ajay Devgan) revient dans le village de son enfance, et y retrouve sa mère Savitri (Zarina Wahab) et sa sœur Padma (Leena Jumani), qu’il croyait mortes dans un incendie. Son père (Anil Dhawan) était un sage respecté jusqu’à ce que Sher Singh (Mahesh Manjrekar) ne souille sa réputation, le poussant au suicide. Ravi est donc bien décidé à lui faire payer, et ce alors que sa fille Rekha (Tamannaah Bhatia) est de retour de ses études. La jeune femme se révèle d’ailleurs aussi fourbe et hautaine que son géniteur...


Pour Himmatwala, on sent d’avance les grosses ficelles, et en matière de vengeance à l’affront paternel, on a déjà donné l’année dernière avec l’excellent Agneepath ; un autre remake avec Hrithik Roshan et Priyanka Chopra. Le ton est cependant beaucoup plus léger dans Himmatwala. Avec Sajid Khan derrière la caméra, il est peu surprenant qu’on est avant tout affaire à une comédie. Mais si l’on exclut Heyy Babyy, on connaît surtout le frère de Farah Khan pour ses comédies assez lourdes et peu inspirées. Ici, Sajid Khan est à l’apogée de la platitude. Les dialogues provoquent le stoïcisme plutôt que l’hilarité, les prestations de l’intégralité du casting déçoivent, sans doute tiré vers le bas par un résultat faiblard et sans véritable saveur. En effet, on a le sentiment que Sajid Khan a voulu réitérer le succès de Rowdy Rathore en y calquant bon nombre de ses éléments. Par exemple, il a bénéficié de la présence de deux invités de marque dans son film : Sonakshi Sinha (qui étincelle dans une chanson plus qu’oubliable : « Thank God It’s Friday ») et Riteish Deshmukh (attendrissant dans un rôle insipide). Prabhu Deva avait fait de même en juin 2012 en conviant Kareena Kapoor et Vijay à figurer dans la chanson d’ouverture de son long-métrage, « Chinta Ta Chinta Chinta ». Dans Rowdy Rathore, Prabhu Deva nous offrait un item number de folie avec « Aa Re Pritam Pyaare » avec trois danseuses de qualité et reconnues en la matière : Mumaith Khan, Maryam Zakariae et Shakti Mohan. Le numéro musical interprété par Mamta Sharma (à qui l’on doit la cultissime « Munni Badnaam Hui » de Dabangg) est au demeurant très efficace, entêtant et volcanique. Sajid Khan a donc voulu surenchérir en engageant cinq beautés plantureuses pour sa séquence dansée « Dhoka Dhoka ». Mais le titre est nettement moins accrocheur, les jeunes femmes faisant office d’item girls (les actrices de télévision Surveen Chawla, Rinku Ghosh, Amruta Khanvilkar, Sayantani Ghosh

et Mona Thiba) ne peuvent pas se défendre aussi bien que les trois ‘performers’ de Rowdy Rathore, déjà car elles ne sont pas aussi compétentes en danse, mais surtout car la chorégraphie est trop fade pour dégager l’énergie qu’il manque déjà au morceau. Akshay Kumar est hilarant dans la peau du voleur Shiva et percutant dans celle du flic Vikram Rathore. Il excelle dans ses deux registres de prédilection : l’action et la comédie. Sa voix si caractéristique, ses pas de danse précis mais actés avec une nonchalance certaine sont délectables, on sent que le comédien prend beaucoup de plaisir à jouer les gugusses au cœur tendre, c’est d’ailleurs devenu son sport favori, avec plus ou moins de succès : Heyy Babyy, Khiladi 786, Housefull et sa suite, Desi Boyz... Ajay Devgan est également dans son élément, car entre Singham et Bol Bachchan, il a démontré qu’il savait jouer les gros bras comme les fous du roi. Pourtant, la mayonnaise prend moins dans Himmatwala, tout simplement parce qu’il porte ici un costume trop petit pour lui. Ajay Devgan est effectivement un acteur aux potentialités indéniables, lauréat par deux fois du National Award du Meilleur Acteur pour Zakhm et The Legend of Bhagat Singh. Mais avec Himmatwala, il a sans doute réalisé l’erreur de calcul de sa carrière. Manifestement, il a voulu confirmer son image de star populaire après les cartons de ses précédents projets Bol Bachchan et Singham. Pour ce comédien choyé par la critique mais boudé par l’audience à ses débuts, la reconnaissance du public vaut sans doute beaucoup, d’où ses choix artistiques de plus en plus axés vers un cinéma commercial et familial. Sur le plateau de l’émission Nach Baliye dont il était l’un des membres du jury, Sajid Khan expliquait qu’il avait étudié avec Ajay Devgan ; et que dès lors il avait avoué son ambition de réaliser, un jour, le remake de son film préféré : Himmatwala.

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HIMMATWALA : UN ‘WANNABE’ ROWDY RATHORE ? Il avait donc fait promettre à son ami de l’époque d’y figurer dans le rôle principal. Une jolie anecdote qui cache hélas un cataclysme cinématographique. Dans Rowdy Rathore, Sonakshi Sinha est ravissante, mais ne dégage hélas pas grand chose. Son rôle est sur mesure pour celle qui s’est fait connaître dans un rôle tout aussi limité dans Dabangg. Depuis, elle enchaîne les personnages de faire-valoir féminin aux côtés de grandes vedettes masculines ; exception faite pour le poignant Lootera, dans lequel elle excelle avec Ranveer Singh. Pourtant, Prabhu Deva semble avoir eu un coup de cœur pour la fille de Shatrughan Sinha et l’a engagé pour sa réalisation suivante : R... Rajkumar, face à Shahid Kapoor. Le protagoniste féminin de Rowdy Rathore manque donc fortement d’épaisseur, et c’est volontaire ; car l’objectif est là de laisser tout l’espace nécessaire à l’aura du ‘Khiladi’. Sonakshi n’est là que pour accompagner sentimentalement le héros qu’est Shiva, ainsi que pour danser à ses côtés durant une grande partie des chansons. Pour Himmatwala, Sajid Khan a engagé une jeune actrice déjà incontournable dans le sud du pays : Tamannaah Bhatia. A 24 ans, la jolie Sindhi ne fait pas ses débuts mais son grand retour à Bollywood avec cette comédie. En effet, elle avait lancé sa carrière en 2005 avec Chand Sa Roshan Chehra, un film de série B rapidement tombé aux oubliettes. Elle espérait sans doute revenir en force avec Himmatwala, dont l’impact commercial était incontestable avant sa sortie. Mais comme le public indien est parfois imprévisible, Himmatwala a sombré face à des petits films comme Kai Po Che et Chashme Buddoor (dont on vous propose la critique dans ce numéro). La jeune femme a au moins eu le mérite de choisir un rôle de peste plutôt risqué pour une

débutante, mais qu’elle avait déjà expérimenté à Kollywood et Tollywood grâce à ses rôles dans Kedi (avec Ravi Krishna et Ileana D’Cruz) et Rebel (avec Prabhas et Deeksha Seth). Mais le personnage de Rekha perd de sa saveur en devenant soudainement doux comme un agneau, sans transition ni sens. Elle rentre donc dans le rang des héroïnes policées et à l’intérêt scénaristique plus que mince. Malgré cet échec, Tamannaah Bhatia a tout gagné en signant deux autres films à Bollywood, avec Akshay Kumar (It’s Entertainment) et Saif Ali Khan (Humshakals). Côté musique, Rowdy Rathore et Himmatwala bénéficient du travail du duo de compositeurs Sajid-Wajid. Et si les chefs d’orchestre sont les mêmes, les deux albums ne s’équivalent absolument pas en qualité. Assurément, la bande-originale de Rowdy Rathore est totalement dans le ton du film. Le titre « Chinta Ta Chinta Chinta » est une reprise du morceau du même nom issu de la version télougoue de l’œuvre, Vikramarkudu. Cette réinterprétation par Mika Singh est des plus efficaces, à l’image du reste de la bande-son. En effet ; entre « Dhadhang Dhang » et « Chamak Challo Chel Chabeli », Rowdy Rathore est un album mélodieux et délirant. La ballade « Tera Ishq Bade Teekha » et l’item song « Aa Re Pritam Pyaare » subliment le tout, en totale harmonie avec l’atmosphère fraîche et amusante du long-métrage. En revanche ; la musique de Himmatwala manque réellement de piquant, mais est ainsi en accord avec le film. Cependant, les reprises des tubes du long-métrage original « Naino Mein Sapna » et « Taki Taki » sont très réussies et restent en tête. Mais pour le reste... « Dhoka Dhoka » manque terriblement de dynamisme, tandis que « Bum Pe Laat » est même navrante de ridicule. On doit « Thank God It’s Friday » au duo Sachin-Jigar, qui nous avait clairement habitué à mieux.

Ainsi, on peut conclure de façon assez synthétique en présentant Rowdy Rathore comme un masala comique de qualité, fun et divertissant ; tandis que Himmatwala déçoit par son manque de structure scénaristique, de dialogues pertinents et de musique opérante. Les acteurs font ce qu’ils peuvent, semblent se débattre pour ne pas se noyer, mais Himmatwala n’échappe pas au naufrage. Le verdict du public aura été rude mais juste, en recalant le film de Sajid Khan sur le banc des daubes de l’année. Si Rowdy Rathore vaut le visionnage et aura au moins le mérite de vous faire passer un bon moment, Himmatwala vous désolera par son absence de substance. En somme, Himmatwala est un Rowdy Rathore de bas étage qu’il faut éviter sans aucun prétexte.

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par

Asmae


Le décès de Jiah Khan en juin 2013 a bouleversé toute une industrie. Pourtant, c’est cette même industrie qui l’a mise de côté, coupant court à ses rêves de gloire après la sortie de son film Housefull, en 2010. Cette indo-britannique née aux États-Unis en 1988 a découvert sa passion pour la comédie en admirant la magnifique Urmila Matondkar dans Rangeela, réalisé en 1995 par Ram Gopal Verma. Elle n’a alors que 7 ans lorsqu’elle trouve sa vocation, qu’elle poursuivra jusqu’à sa mort tragique. Car Jiah Khan est entière dans tout ce qu’elle entreprend, aussi bien dans sa carrière artistique que dans ses relations humaines...

Le destin brisé d’une étoile déchue :

Jiah KHAN

Née Nafisa Rizvi Khan, elle est la fille d’un businessman indo-américain et de Rabiya Amin Khan, une ancienne actrice des années 1980. Elle racontait qu’elle avait pour habitude de regarder les films de sa mère lorsqu’elle était petite, tel Dulha Bikta Hai et Meri Jung. Elle expliquait aussi que son père n’a jamais fait partie de sa vie et qu’elle a donc toujours partagé une relation très forte avec sa maman. En 1998, Nafisa joue d’ailleurs dans Dil Se, où elle incarne le personnage de Meghna (campé par Manisha Koirala) enfant. A l’âge de 16 ans, elle signe Tumsa Nahin Dekha, une romance de Mukesh Bhatt avec Emraan Hashmi. Pourtant, la jeune femme se rétracte en accord avec le réalisateur, prenant conscience qu’il s’agit d’un rôle trop mature pour elle. Elle attendra sagement son tour pour se faire remplacer par Diya Mirza ; et ce tout en poursuivant ses études de cinéma au sein de l’Institut du Théâtre et du Film Lee Strasberg de Manhattan. → 074


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Mais lorsque son idole Ram Gopal Verma lui offre le rôle titre de son prochain film, Nafisa devient Jiah Khan et abandonne les bancs de l’école pour démarrer sa carrière. Dans Nishabh, elle incarne une jeune femme de 18 ans charmeuse et provocatrice qui séduit le vieil homme de 64 ans campé par l’illustre Amitabh Bachchan. Film éhonté et subversif, Nishabh créera le scandale en narrant cette histoire d’amour entre un homme d’âge mûr et une frêle adolescente. Cependant, le sex-appeal, la candeur de Jiah ainsi que la justesse de son interprétation sont salués par les critiques, et la belle est nommée pour le Filmfare Award du Meilleur Espoir Féminin, qui sera néanmoins délivré cette année-là à Deepika Padukone pour ses débuts dans Om Shanti Om. Elle signe ensuite Ghajini, remake du thriller tamoul du même nom, dans lequel elle incarne Sunita, une étudiante en médecine enquêtant sur le cas de Sanjay Singhania (Aamir Khan), patient souffrant d’amnésie antérograde. Véritable fil conducteur de l’intrigue, son personnage est pourtant évincé par celui de la lumineuse Asin Thottumkal, qui met toute l’industrie d’accord en 2009. Jiah Khan ne dispose pas de l’espace nécessaire pour marquer les esprits dans ce qui reste cependant son film le plus rentable. Elle enchaîne et est engagée pour le film Chance Pe Dance, dans lequel elle doit camper la chorégraphe Tina, face à Shahid Kapoor. Mais elle est congédiée plusieurs mois après le début du tournage. Les raisons officielles évoquent des divergences entre Jiah et ses producteurs ; mais selon la rumeur, ceux sont les tensions entre Jiah et son partenaire qui l’auraient poussé vers la sortie. Elle sera remplacée par Genelia D’Souza, qui tournera le film en un temps record. On la retrouve cependant en 2010 dans la comédie de Sajid Khan : Housefull. Elle y donne la réplique à Akshay Kumar et Riteish Deshmukh mais n’y joue qu’un rôle très limité. Si l’œuvre est un succès, elle borne Jiah artistiquement à des rôles de second plan, elle qui jouait pourtant la ‘leading lady’ de Big B trois ans auparavant. Et les choses se compliquent. En effet, à l’instar de Katrina Kaif, Jiah Khan exerce en Inde grâce à un visa de travail ; mais les attentats de Mumbaï de 2011 ne lui permettent pas de le renouveler. Elle doit alors retourner en Angleterre en attendant que la situation ne s’apaise. C’est ainsi qu’elle reprend ses études de cinéma, aux U.S.A. ; toujours avec l’ambition de revenir à Bollywood, de nouveaux projets en poche...

Son beau-père, Tom Puppendahl, lui conseille de réorienter ses choix de films. En effet, après Housefull, il considère que Jiah doit donner un nouveau souffle à sa carrière. Elle retourne au théâtre et joue Hamlet dans plusieurs salles londoniennes. Les rumeurs veulent qu’on lui ait proposé les item number de Rowdy Rathore (« Aa Re Pritam Pyaare ») et de Tezz (« Laila »), ce que la jeune femme nie énergiquement. Lorsqu’elle revient en Inde, elle est de toutes les soirées mondaines et événements prestigieux. On la retrouve étincelante au mariage de Riteish et Genelia Deshmukh, en février 2012. Selon une interview qu’elle a attribué pour le magasine Filmfare fin 2012, elle avait signé deux projets : une adaptation de Roméo et Juliette contextualisée à Londres et un film basé sur le trafic d’êtres humains. Elle voulait jouer dans tous les genres de films, dans tous les genres de rôles pour tous les genres de publics. Jouer les héroïnes glamours lui allaient certes à ravir avec son visage de poupée et sa silhouette impeccable ; mais elle désirait également délivrer de vrais messages par le biais de ses long-métrages. Éternelle admiratrice d’Aamir Khan, elle était inspirée par son combat pour une Inde plus juste et tolérante et avait l’ambition de monter plusieurs actions caritatives. Pour symboliser la renaissance de sa carrière, Jiah Khan (re)devient Nafisa Khan, le prénom que lui a donné sa mère. Elle déclarait qu’elle n’était plus connue en tant que Jiah et qu’elle voulait redevenir elle-même aux yeux du public, tout simplement. Mais les films sur lesquelles elle travaillait ne verront jamais le jour. Elle enchaînera plusieurs auditions pour des films dravidiens, et en signera trois. Selon sa mère, elle devait également jouer face à l’acteur de l’Odyssée de Pi Suraj Sharma dans le prochain film de Pan Nalin (à qui l’on doit La Vallée des Fleurs, sorti en 2006 avec Milind Soman et Mylène Jampanoï). Passionnée de musique, elle aimait le qawwali et était une grande amatrice de Nusrat Fatah Ali Khan et Ustad Zakir Hussain ; mais adorait également Rihanna. Sa mère, alors qu’elle était enceinte d’elle, ira à un concert de Zubin Mehta, ce qui signera le début de son rapport unique avec la musique. Elle-même chanteuse d’opéra, Jiah écrivait et composait, elle l’avait d’ailleurs déjà fait pour le morceau « Take Lite » de son premier film, Nishabh. Elle enregistrera à l’âge de 17 ans un album studio de six titres pop qui ne sortira jamais dans les bacs... → 077


Jiah

KHAN Le destin brisé d’une étoile déchue :

Elle avait envie de tourner une comédie sentimentale, pour exorciser le trop plein de romantisme en elle. Admiratrice de George Clooney et Shahrukh Khan, elle osait croire au prince charmant sur son cheval blanc et aux ‘happily ever after’. Elle rêvait d’un homme qui la couvrirait de fleurs et qui lui offrirait des chocolats. Elle adorait le chocolat. Elle croyait en l’amour entier et extrême. L’infidélité la dépassait, elle ne comprenait pas que l’on puisse aimer quelqu’un tout en le trahissant. Et lorsqu’elle a rencontré Suraj, elle espérait avoir trouvé l’homme de sa vie... Leur relation sera intense et tumultueuse. Tantôt passionnée, tantôt destructrice. Zarina Wahab (mère de Suraj Pancholi, qu’elle aura avec l’acteur Aditya Pancholi) déclare que Jiah était fragile psychologiquement, qu’elle monopolisait le temps et l’énergie de son fils qui voulait démarrer sa carrière à Bollywood. Rabiya Amin Khan, la mère de Jiah, explique quant à elle que Sooraj était violent, alcoolique ; qu’il était bipolaire et mythomane. Jiah et Suraj se sépareront. Le 3 juin 2013 aux alentours de 11h45, Nafisa Rizvi Khan dite Jiah Khan se suicidera par pendaison dans sa résidence de Mumbaï. Elle laissera une lettre de six pages dans laquelle elle fait part de son désarroi. Elle avait prévu de mettre fin à ses jours. Elle sera inhumée selon le rite musulman après que sa famille ait reçu les condoléances de toute l’industrie. Ses collègues Aamir Khan, Deepika Padukone et Randhir Kapoor ainsi que Urvashi Dholakia, Sanjay Kapoor et Nagma lui feront leurs adieux. Depuis la disparition de Jiah Khan, sa mère Rabiya s’insurge contre Suraj Pancholi, en racontant à qui veut bien l’entendre qu’il est responsable du décès de la défunte actrice (elle a même évoqué la thèse du meurtre via son compte Twitter). Le jeune homme sera entendu par la police le 10 juin 2013, pour être innocenté un mois plus tard. Il aurait envoyé un bouquet de fleurs à Jiah le jour de sa mort. Selon Rabiya, c’était un bouquet de séparation. Mais d’après Zarina ; il le lui aurait envoyé afin de lui souhaiter bonne chance pour ses projets à venir. Il est le dernier à lui avoir parlé au téléphone, d’où le fait que la mère de Jiah soit persuadée qu’il ait joué un rôle dans l’acte désespéré de sa fille. 078

Une véritable guerre a été déclarée entre la mère de Jiah et celle de Suraj. Le jeune homme s’est dit affecté par la mort de son ex-petite-amie mais outré par les déclarations de Rabiya. La lettre qu’a laissée Jiah évoquait un viol dont elle aurait été victime. Selon Rabiya, c’est Suraj qui le lui aurait infligé. Mais d’après Zarina, Jiah aurait subi ce viol à Londres lorsqu’elle avait 14 ans, un événement qui l’aurait marqué au point de la rendre immensément vulnérable. Les rumeurs se multiplient, comme si Jiah n’était devenue intéressante qu’en s’ôtant la vie. Jamais on a autant spéculé sur ses amours, son passé et sa carrière. On a le sentiment amer que tous essayent de tirer profit de cet événement dramatique. Suraj Pancholi sera en effet à l’affiche d’un film avec Athiya Shetty, fille de Sunil Shetty. Rabiya Amin Khan enchaîne les interviews dans lesquelles elle relate sa version des faits, sa douleur d’avoir perdu sa fille, son ressentiment envers Sooraj et sa famille ; et allant jusqu’à publier les photos du corps de la défunte... La mort de Jiah Khan est devenue un nouveau feuilleton que l’Inde suit assidûment, une sorte d’enquête que tous tentent d’élucider.

Mais a-t-on vraiment pris le temps de respecter sa mémoire ? par

Asmae


Salman Khan n’est pas qu’un acteur, c’est surtout un homme de cœur ! Il le prouve avec son association caritative Being Human !

Soutenez la Fondation Being Human en france sur la page facebook/salmankhan.france et sur le site :

BEINGHUMANCLOTHING.EU


CES AUTRES

ROMANCES

RÉUSSIES

Lorsqu'on parle de romance au cinéma indien, on pense à ces films cultes comme Kuch Kuch Hota Hai, Kal Ho Naa Ho, Dilwale Dulhania Le Jayenge, Devdas, Hum Tum, Maine Pyar Kiya, Jab We Met... Mais il existe d'autres films romantiques auxquels le public n'a pas accordé l'attention qu'ils méritaient, et qui sont tombés aux oubliettes. Pourtant, ces œuvres étaient de qualité, et narraient avec énergie, originalité et fraîcheur des idylles contrariées. Pour vous, Bolly&Co' vous propose une petite sélection de ces comédies romantiques qu'on a tendance à occulter mais qu'il nous faudrait visionner... par

Asmae

1. SOCHA NA THA Sorti en 2005 avec Ayesha Takia Azmi et Abhay Deol, il est réalisé par Imtiaz Ali ; qui nous offrira par la suite des œuvres acclamées comme Jab We Met et Rockstar. Pour ses débuts de cinéaste, il nous proposait un petit film sans prétention, au budget serré et à l’intrigue simpliste ; mais parfaitement exploitée. Si Socha Na Tha a fait un bide au box-office, le statut culte de Jab We Met lui sera bénéfique et les fans achèteront le film de Ayesha et Abhay en masse en DVD.

C’est quoi, l’histoire ? Aditi (Ayesha Takia Azmi) et Viren (Abhay Deol) sont introduits l’un à l’autre en vue d’un mariage arrangé. Mais ils ne veulent pas se marier, particulièrement Viren qui a déjà une petite-amie : la pulpeuse Karen (Apoorva Jha)...

2. LAFANGEY PARINDEY Réalisé par l’artisan de Parineeta et Laaga Chunari Mein Daag ; voici Lafangey Parindey, qui illustre Neil Nitin Mukesh et Deepika Padukone dans des rôles intenses. Les deux acteurs apparaissent dans un Mumbaï pluvieux, au cœur d’un quartier populaire de la capitale du cinéma; les poches vides mais les cœurs et les esprits pleins de rêves et de détermination. Drame romantique de qualité, Lafangey Parindey se lattera au box-office lors de sa sortie durant l’été 2010 ; et les amateurs de romance ont quelque peu manqué ce petit bijou cinématographique empli d’intensité et de poésie.

C’est quoi, l’histoire ? Nandu (Neil Nitin Mukesh) est une petite frappe des bas fonds, il participe à des combats illégaux pour lesquels il lutte les yeux bandés. Pinky (Deepika Padukone) vit dans son quartier mais ils ne s’adressent presque pas la parole. Elle rêve de devenir une vedette de la danse en rollers et a l’ambition de participer au télé-crochet India’s Got Talent. Mais un terrible accident rend Pinky aveugle, et Nandu se sentira obligé de devoir l’aider... 080


3. MUJHSE FRAAANDSHIP KAROGE Réaliser un film avec une équipe de débutants, au sein d’une boîte de production qui doit faire ses preuves ; le pari est risqué. Mais laisser reposer tant d’enjeux sur un film romantique aussi caricatural, c’est carrément suicidaire ! Pourtant, il ne faut pas s’arrêter au pitch plutôt mince de Mujhse Fraaandship Karoge. Si vous voulez en savoir plus, nous vous invitons à lire la critique que nous vous en faisons dans ce numéro de Bolly&Co’...

C’est quoi, l’histoire ?

4. JHOOTHA HI SAHI

Vishal (Saqib Saleem) et Preity (Saba Azad) ne peuvent pas se voir en peinture ! Ils sont respectivement les amis du chanteur Rahul (Nishant Dahiya) et de la créatrice de mode Malvika (Tara D’Souza). Vishal craque pour Malvika et Preity pour Rahul. Ils commencent donc à échanger avec eux sur Facebook. Sauf que...

Réalisé par Abbas Tyrewala à qui l’on doit l’incontournable Jaane Tu Ya Jaane Na, Jhootha Hi Sahi compte à son casting John Abraham et la débutante Pakhi Tyrewala, qui n’est autre que l’épouse du cinéaste. Si son premier film a fait un tabac inattendu, son second a fait un bide tout aussi surprenant. Pourtant, Jhootha Hi Sahi possède un véritable charme ; et la prestation attendrissante de John Abraham, dans un rôle à contre-emploi, en est l’une des explications.

C’est quoi, l’histoire ? Sid (John Abraham) est réceptionniste bénévole pour une ligne d’appels destinée aux personnes suicidaires. Un jour, il reçoit le coup de fil désespéré de Mishka (Pakhi Tyrewala), sur le point d’en finir après que son petit-ami Kabir (R. Madhavan) l’ait largué. Après l’avoir persuadé de ne pas se tuer, Sid commence à tomber sous le charme de Mishka... 081


5. ISI LIFE MEIN Produit par Sooraj R. Barjatya, cette romcom signe les débuts de Vidhi Kasliwal à la réalisation et de Sandeepa Dhar et Akshay Oberoi dans les rôles titre. Elle n’a hélas pas rencontré le succès escompté au box-office, concurrencée par l’étonnant Band Baaja Baaraat, sorti le même mois. Pourtant, cette romance ‘à l’ancienne’ possède de nombreuses qualités. La fraîcheur de sa distribution, l’ambiance bon enfant qui se dégage de l’œuvre, un certain traditionalisme savamment dosé, la musique de Meet Bros Anjjan en font un divertissement attachant ; comme une ode au cinéma d’antan, celui qui fleurissait dans les années 1990.

C’est quoi, l’histoire ? Rajnandini (Sandeepa Dhar) vit à Ajmer dans une famille très conservatrice. Après avoir obtenu d’excellents résultats à ses examens de fin d’année, son père (Mohnish Behl) songe à la marier. Mais sa maman (Prachi Shah) met en place un stratagème pour envoyer sa fille à Mumbaï sous un faux prétexte ; pour en réalité qu’elle y entre à l’université. Elle fait la connaissance sur place de Vivaan (Akshay Oberoi), bellâtre inaccessible du campus ; et découvre au passage la vie animée de la vie citadine...

6. DIL HAI TUMHARAA Ce drame est réalisé par Kundan Shah, qui offre ici à Preity Zinta le rôle principal de son œuvre, alors qu’il l’a déjà dirigé dans Kya Kehna, sorti en 2000. Avec également Arjun Rampal, Mahima Chaudhary, Jimmy Shergill et la beauté éternelle Rekha ; cette romance contrariée trouve son charme dans le fait qu’elle allie l’atmosphère des œuvres des 1990’s ; tout en se modernisant dans sa cinématographie et sa musique.

C’est quoi, l’histoire ? Shalu (Preity Zinta) est une enfant illégitime ; issue de la liaison entre le père de Nimmi (Mahima Chaudhary) et une autre femme. Son épouse Sarita (Rekha) est brisée lorsqu’elle apprend que son mari en aime une autre, et l’est encore plus lorsque le couple décède dans un accident de voiture. Elle élève donc Shalu, pour laquelle elle éprouve énormément de rancœur. Devenue adulte, Shalu travaille pour Dev Khanna (Arjun Khanna), duquel elle tombe amoureuse. Sauf que sa sœur Nimmi n’est pas insensible au charme du bellâtre...

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7. JUST MARRIED Dirigée par Meghna Gulzar ; fille du poète et parolier Gulzar et de l’actrice Raakhee, cette comédie romantique ancrée dans la réalité compte à son casting Fardeen Khan et Esha Deol. Sortie en 2007, elle s’axe sur la construction de la relation de couple après un mariage arrangé, et y parvient habilement.

C’est quoi, l’histoire ? Abhay Sachdeva (Fardeen Khan) et Ritika Khanna (Esha Deol) sont mariés l’un à l’autre par leurs familles alors qu’ils ne se connaissent pas. C’est lors de leur voyage de noces à Ooty que le couple va apprendre à se découvrir. Alors que Abhay commence déjà à tomber sous le charme de son épouse, Ritika est estomaquée par cette union qu’elle n’a pas choisi et qu’elle peine à comprendre...

8. RU BA RU Avec Randeep Hooda et Shahana Goswami ; ce long-métrage est en fait le remake de Si Seulement ; drame romantique avec Jennifer Love Hewitt et Paul Nicholls. A l’époque presque inconnus du public, les deux vedettes crèvent l’écran dans cette romance intense et perturbante dans sa trajectoire tragique.

C’est quoi, l’histoire ? Nikhil (Randeep Hooda) négligeait sa petite-amie Tara (Shahana Goswami), jusqu’au jour où il la perd dans un accident de voiture. Plein de remords, il la pleure lorsqu’un matin en se réveillant ; il la trouve à ses côtés, bien vivante. D’abord horrifié, il réalise ensuite qu’il est en fait en train de revivre la dernière journée de sa bien-aimée avant son décès, l’occasion pour lui de changer le cours des choses...

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LES ITEM GIRLS,

du nord au sud.

Les item number font légion en Inde. En effet, ces numéros musicaux sexy et féminins comportent souvent un message subversif. Et les item girls incarnent ainsi cet aspect scandaleux et impertinent, mettant leur sex-appeal au service de leur danse. Si des stars comme Katrina Kaif (« Sheila Ki Jawani » de Tees Maar Khan et « Chikni Chameli » de Agneepath), Nargis Fakhri (« Dhating Naach » de Phata Poster Nikhla Hero), Priyanka Chopra (« Babli Badmaash » de Shootout at Wadala et « Pinky » de Zanjeer), Sonakshi Sinha (« Thank God It’s Friday » de Himmatwala) et Shilpa Shetty (« Main Aayi Hoon U.P. Bihar Lootne » de Shool et « Shut Up And Bounce » de Dostana) se sont essayées à cet exercice avec plus ou moins de succès ; des jeunes beautés d’Inde et d’ailleurs se spécialisent en la matière, devenant de véritables professionnelles de l’item song. Du nord au sud du sous-continent, Bolly&Co’ vous propose une liste non exhaustive des vedettes de l’item number... par

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Asmae

MUMAITH KHAN : La beauté tatouée a su s’imposer dans le domaine de l’item number dans tout le pays, en devenant même incontournable dans les industries dravidiennes, faisant office de digne descendante de la scandaleuse Silk Smitha.

SES ITEM SONGS DE FOLIE :

« Aatreyapuram Naadi Ra » de Saarai Veerraju (télougou, 2009) « Ippatikinka » de Pokiri (télougou, 2006) « Vechaani Vayasu » de Gundello Godari (télougou, 2012) « Lut Gayee » de Hulchul (hindi, 2004)


M A R YA M E Z A K A R I A E :

MALAIKA ARORA KHAN:

Cette iranienne devient professeur de danse indienne en Suède, en publiant des vidéos de ses prestations sur Youtube. Sa grande beauté, sa grâce et son charme lui permettent de se faire remarquer par des producteurs indiens, d’abord pour des publicités ; auxquelles suivront des numéros de danse qui font désormais sa gloire. Depuis, elle a signé deux rôles d’envergures dans Agent Vinod et le succès Grand Masti.

Danseuse, comédienne et animatrice TV ; Malaika Arora surplombe la jeune génération d’item girls. Du haut de ses 40 ans, elle demeure effectivement toujours aussi sollicitée par l’industrie pour de nombreuses séquences musicales. Épouse de Arbaaz Khan, elle est également sa co-productrice et a contribué au financement du carton Dabangg et de sa suite.

SES ITEM SONGS DE FOLIE :

« Dil Mera Muft Ka » de Agent Vinod (hindi, 2011) « Aa Re Pritam Pyaare » de Rowdy Rathore (hindi, 2012) « Diyalo Diyala » de 100% Love (télougou, 2011) « Nagin » de Bajatey Rao (hindi, 2013)

SES ITEM SONGS DE FOLIE :

« Munni Badnaam Hui » de Dabangg (hindi, 2010) « Chaiyya Chaiyya » de Dil Se (hindi, 1998) « Anarkali Disco Chali » de Housefull 2 (hindi, 2012) « Kevvu Keka » de Gabbar Singh (télougou, 2012)

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M A L L I K A S H E R A W AT :

MEGHNA NAIDU :

Son âge et son passé restent un mystère. Mais la sulfureuse Mallika Sherawat est devenue une des actrices les plus libérées de sa génération. Après ses débuts dans Jeena Sirf Merre Liye avec Tusshar Kapoor et Kareena Kapoor, elle enchaîne les projets pour devenir une des item girls les plus demandées en Inde. Elle tentera sa chance à Hollywood par deux fois, avec les œuvres Hisss en 2010 et Politics of Love en 2011.

La danseuse fait ses débuts dans le clip vidéo de « Kaliyon Ka Chaman » en 2000. Le morceau reprise de la chanson « Thoda Resham Lagta Hai » fait un tabac et permet à Meghna de se faire remarquer. Mais malgré quelques rôles principaux oubliés, la jeune femme de 35 ans désormais est surtout reconnue en tant qu’item girl. Côté cœur, elle a brisé ses fiançailles avec l’acteur de télévision Kushal Punjabi.

SES ITEM SONGS DE FOLIE :

« Vastava Vastava » de Vikramarkudu (télougou, 2006) « Azhaga Poranthuputa » de Siruthai (tamoul, 2011) « Kannu Rendum » de Kutty (tamoul, 2009) « Beeja Beeja » de Parari (kannada, 2013)

« Maiyya Maiyya » de Guru (hindi, 2007) « Jalebi Bai » de Double Dhamaal (hindi, 2011) « Kalasala Kalasala » de Osthe (tamoul, 2011) « Laila » de Tezz (hindi, 2012)

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SES ITEM SONGS DE FOLIE :


D’AUTRES ITEM LADIES À NE PAS MANQUER : IRYNA ALEXANDER : « Maari Teetri » de De Taali (hindi, 2008) « Ringa Ringa » de Arya 2 (télougou, 2009)

YA N A G U P TA :

GAUHAR KHAN : « Chokra Jawaan » de Ishaqzaade (hindi, 2012) « Parda » de Once Upon a Time in Mumbaai (hindi, 2010)

Top model tchèque, elle est l’une des premières étrangères à s’être imposée en Inde. En plus d’être item girl à plein temps, elle a participé en 2011 au show Jhalak Dikhhla Jaa, version indienne de Danse avec les Stars, où elle terminera sur la troisième marche du podium derrière Sushant Singh Rajput et le gagnant Meiyang Chang.

KOENA MITRA : « Dil Mein Baaji Guitar » de Apna Sapna Money Money (hindi, 2006) « Khullam Khulla » de Road (hindi, 2002)

SES ITEM SONGS DE FOLIE :

MAHEK CHAHAL : « Le Le Mazaa Le » de Wanted (hindi, 2009) « Talwar Re » de Chhodon Naa Yaar (hindi, 2007)

« Aa Zara » de Murder 2 (hindi, 2011) « Laila O Laila » de Challo Dilli (hindi, 2011) « Thathai Thathai » de Manmadha (tamoul, 2004) « Aakalesthe » de Shankar Dada Zindabad (télougou, 2007)

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C’était mal parti, mais ils ont cartonné...

CES FILMS QUI N’ÉTAIENT PAS FAIT POUR LE SUCCÈS, MAIS QUI LE SONT DEVENUS QUAND MÊME ! Il y a des films comme ça, dont on peut prédire le succès populaire par avance, simplement parce qu’ils réunissent tous les ingrédients du produit commercial de grande distribution, correspondant à des codes préétablis depuis des décennies. Et puis il y a d’autres films, moins conventionnels, moins prestigieux, plus expérimentaux qu’on croit plutôt destinés aux festivals de cinéma conceptuel qu’aux sommets du box-office. Pourtant, Bollywood a le don de nous surprendre en consacrant ces œuvres ‘hors norme’ comme ‘hit’. Bolly&Co’ vous fait (re)découvrir certaines de ces œuvres pas forcément faites pour fédérer mais qui y sont parvenues par leur justesse et leur audace. par

Asmae

KAMINEY Il n’avait pas rencontré le succès depuis 2007 avec Jab We Met. Shahid Kapoor tourne en 2008 Kaminey, avec Vishal Bhardwaj, le cinéaste qui a révélé son père Pankaj Kapur au grand public grâce à Maqbool. Film d’action haletant et réaliste, Kaminey sort en août 2009 après avoir été repoussé à de nombreuses reprises. Malgré la concurrence notable de la romcom Love Aaj Kal sortie le même été, Kaminey deviendra un hit inattendu. D’ailleurs, la censure le classera comme film interdit aux mineurs, ce qui amoindrissait ses chances de rentabilité. La performance de Shahid est encensée par la critique, le film est quant à lui comparé au cultissime Pulp Fiction de Quentin Tarantino. Mais aucun prix ne sera attribué à Kaminey, ombragé par d’autres films sortis cette année-là : Paa et 3 Idiots.

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ISHQIYA Sorti en 2010, cette première réalisation de Abhishek Chaubey aussi drôle que sombre met véritablement en lumière le talent de Vidya Balan ; après ses prestations saluées dans Bhool Bhulaiyaa et Paa. Ce thriller narre surtout le triangle plus attractif qu’amoureux entre Krishna (Vidya Balan), Khalujan (Naseeruddin Shah) et Babban (Arshad Warsi). Ce dernier, habitué aux rôles comiques, se révèle dans un registre moins loufoque et plus réel. Avec un petit budget, Ishqiya est parvenu à rafler la mise au box-office. Sa suite, Dedh Ishsiya, illustrera les deux acteurs dans leurs rôles d’origine avec deux nouvelles partenaires : Madhuri Dixit et Huma Qureshi.

PAAN SINGH TOMAR Produit par Ronnie Screwvala, il s’agit d’un biopic sur Paan Singh Tomar, ancien champion d’athlétisme devenu bandit. Un petit budget découlant sur un grand film, l’œuvre du cinéaste Tigmanshu Dhulia (coutumier des œuvres modestes mais qualitatives) fera l’unanimité auprès des critiques et rencontrera un succès commercial inespéré. Irrfan Khan sera sacré Meilleur Acteur lors des National Awards 2012 et le longmétrage remportera à cette occasion le titre du Meilleur Film.

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PYAAR KA PUNCHNAMA

VICKY DONOR Le beau gosse John Abraham s’essaye à la production en investissant dans ce film au casting de jeunes visages. Le réalisateur Shoojit Sircar dirige ainsi son premier long-métrage et collabore avec l’animateur Ayushmann Khurrana et l’actrice de télévision Yami Gautam. Point de vedette bodybuildée, sauf lors de la chanson finale « Rum & Whisky » où John met en avant sa plastique pour promouvoir le film. Traitant du thème du don du sperme ; Vicky Donor était considéré comme un suicide commercial, malgré son audace certaine. Mais il n’en sera rien, car il fera un tabac dans les multiplexes et vaudra surtout à Ayushmann deux Filmfare Awards : celui du Meilleur Espoir Masculin et celui du Meilleur Chanteur pour le titre « Pani Da Rang » qu’il interprète pour la bande-originale du long-métrage.

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Sortie en 2011, l’œuvre de Luv Ranjan comptait une distribution d’illustres inconnus et évoquait la thématique des relations entre hommes et femmes de façon assez subversive. En effet, l’angle du sexe et de l’attirance physique était nettement exploité pour narrer les facéties des trois protagonistes Rajjo (Kartik Tiwari), Liquid (Divyendu Sharma) et Choudhary (Rayo Bakhirta). Divyendu recevra le Star Screen Award du Meilleur Débutant, et son film deviendra un des succès surprises de l’année en surpassant largement ses coûts de production.

RAGINI MMS Produit par Ekta Kapoor, Ragini MMS raconte en huit clos le calvaire d’un couple d’amoureux, Ragini et Uday, hantés par d’anciens amants. Thriller érotique mais pas vulgaire, il permettra aux jeunes Raj Kumar Yadav et Kainaz Motiwala de se faire connaître du grand public avec un film qu’ils portent seuls. Tourné en 25 jours, Ragini MMS plaira à la jeunesse citadine et surprendra la critique par sa finesse. Une suite, Ragini MMS 2, est en cours de tournage avec Sunny Leone, Sandhya Mridul, Parvin Dabas et Anita Hassanandani.


SAHEB BIWI AUR GANGSTER Tigmanshu Dhulia réalise en 2011 ce thriller romantique avec un casting d’acteurs talentueux mais hélas pas franchement ‘bankable’ : Mahie Gill, Jimmy Shergill et Randeep Hooda. Lorsque l’on voit cette œuvre, on pense à l’univers profond et tellurique d’Anurag Kashyap, loin des artifices et des paysages luxuriants. Mahie Gill sera nommée pour le Filmfare Award de la Meilleure Actrice, aux côtés de grandes vedettes comme Vidya Balan, Katrina Kaif et Priyanka Chopra. Acclamé par la critique, le long-métrage réalisera des scores honorables au box-office, à tel point que sa suite, Saheb Biwi Aur Gangster Returns, sort en salles en 2013 ; et rencontre également le succès.

LOVE SEX AUR DHOKHA Film d’anthologie que l’on doit à Dibakar Banerjee (lauréat de deux National Awards pour ses précédentes réalisations Khosla Ka Ghosla et Oye Lucky Lucky Oye), cette production d’Ekta Kapoor bouscule les codes du cinéma de Bollywood en évoquant l’influence de la télévision et du cinéma sur les vies de ses personnages. Franc et plein d’humour, il est cité par la critique comme une expérience cinématographique unique pour le cinéma hindi. Surtout, il séduit l’audience qui en fait un autre carton populaire inattendu.

GRAND MASTI Suite de la comédie Masti sortie en 2004, Grand Masti ne visait pas le plébiscite populaire. Parmi la distribution, seul Ritesh Deshmukh a signé des succès avec ses trois dernières sorties Kyaa Super Kool Hai Hum, Housefull 2 & Tere Naal Love Ho Gaya. En mal de notoriété, Aftab Shivdasani & Vivek Oberoi avaient clairement besoin d’un hit pour dynamiser leur carrière. A la surprise générale, Grand Masti bat des records aux box-offce, devenant la première ‘sex comedy’ à intégrer le 100 Crore Club, liste des films ayant atteint des recettes de 100 Crore de roupies au box-office. Cru et lourdingue, il a su plaire à une audience sans doute épuisée par le traditionalisme ambiant et l’extrême pudeur des films d’antan, au grand regret des nostalgiques.

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Mika Singh

chanteur

La musique indienne occupe une place primordiale dans le cinéma indien et constitue une composante essentielle du succès d’un film. La musique a évolué, au même titre que le cinéma lui-même ; et incarne à elle seule le syncrétisme culturel dû à la globalisation. Cependant, l’Inde reste un des rares pays à avoir su sauvegarder son folklore ; phénomène remarquable par le biais de la musique notamment. A travers cette rubrique exclusivement musicale ; vous découvrirez les grands artisans de la musique indienne d’hier et d’aujourd’hui : chanteurs, paroliers et compositeurs ; les classiques comme les jeunes révélations.

De Mika Singh, on ne connaît pas grand chose, hormis sa réputation sulfureuse et ses origines punjabies. On sait en revanche qu’il est, depuis ses débuts en 1998, l’un des interprètes les plus sollicités de la scène musicale indienne. Dans tous les registres, il a su imposer son style vif et percutant avec un aplomb déconcertant. Il est désormais de toutes les cérémonies de récompenses, de tous les projets prestigieux. Frère cadet du chanteur renommé Daler Mehndi , Mika Singh s’est d’abord fait connaître pour la controverse qu’a entouré son attitude déplacée. Lors de l’anniversaire de Rakhi Sawant, il a embrassé cette dernière sur la bouche contre son gré et ce en présence de son petit-ami. Depuis ce scandale, l’artiste se fait discret et préfère que l’on parle de lui pour son indéniable talent. Il est souvent associé à des morceaux bhangra festifs et enjoués. Le premier de la liste est celui qui a nettement fait sa gloire. Il s’agit de la tonitruante « Mauja Hi Mauja » de Jab We Met, qui deviendra rapidement un hymne pour toute une jeunesse lors de sa sortie, en 2007. Il réitérera l’expérience avec la rustique « Oye Lucky ! Lucky Oye ! » du long-métrage du même nom ; la solaire « Hadippa » de Dil Bole Hadippa ! ; la rythmée « Jugni » de Tanu Weds Manu et la dansante « Sajh Dhaj Ke » de Mausam. Mika Singh prouve cependant qu’il peut aussi chanter sur du dappankuthu typique du Tamil Nadu avec « Psycho Re » de ABCD, en duo avec Udit Narayan. On retrouve également son timbre puissant sur des sons électro’ clinquants et accrocheurs. Pour les besoins de l’item number de luxe de Jacqueline Fernandez dans Housefull en 2010 ; il interprète « Aapka

Kya Hoga », qui devient un chartbuster. S’en suivra la reprise du titre de 1986 « Pyar Do Pyar Lo » de la comédie Thank You. Mais surtout, il posera son grain sur l’un des plus gros tubes de l’année 2011 : « Subha Hone Na De » tiré du film Desi Boyz. Il partage ce titre avec l’artiste à la voix cristalline Shefali Alvares. Il est également associé régulièrement à des morceaux dynamiques et décalés. Le premier de la liste est « Dil Mein Baaji Guitar » de Apna Sapna Money Money, qui lui permet de mettre sa voix au service de la légèreté de ce titre amusant et second degré. Il signe donc à plusieurs reprises dans ce registre qui lui réussit bien avec «Rani Main Tu Raja » de Son of Sardaar, « Humse Pyaar Karle Tu » de Teri Meri Kahaani, « Chinta Ta Chinta Chinta » de Rowdy Rathore et « Ishq Mohallah » de Chashme Buddoor. Mika Singh a surtout eu l’opportunité de participer à deux titres devenus incontournables auprès des masses : « Dhinka Chika » du blockbuster Ready, qui est d’ailleurs une reprise de « Ringa Ringa », un morceau télougou tiré de l’œuvre Arya 2 ; et « Pungi » de Agent Vinod où il donne la contenance vocale aux pitreries de Saif Ali Khan dans le générique de fin. Depuis, il a chanté le second item song de l’actrice Jacqueline Fernandez pour la comédie romantique Ramaiya Vastavaiya réalisée par Prabhu Deva : « Jadoo Ki Jhappi ». En duo avec Neha Kakkar, l’artiste excelle sur ce son folklorique et efficace. Il a aussi donné de la voix sur l’hilarante « Tu Mere Agal Bagal Hai » de Phata Poster Nikhla Hero, où Mika double le séduisant Shahid Kapoor. Personnalité aux multiples facettes, il compose en 2010 la musique de son premier rôle au cinéma dans le film engagé Mitti, en langue punjabi.


LUMIÈRE SUR

Mika Singh

Sa voix étincelle sur la poignante « Ni Mera », qui lui va comme un gant. Il prouve ainsi que son timbre si fort peut aussi être en accord avec des chansons plus délicates et intenses.

La voix de Mika Singh est reconnaissable parmi tant d’autres, il a su imposer son style inimitable et faire oublier ses frasques du passé pour devenir un chanteur acclamé par l’audience et respecté par ses pairs. Il sera d’ailleurs nommé deux années de suite pour le IIFA Award du Meilleur Chanteur en 2012 et 2013 pour les morceaux « Subha Hone Na De » et « Pungi ». par

Asmae

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PLAYLIST NORD : CHANTONS SOUS LA PLUIE.. Lorsque l’on parle de séquences sous la pluie à Bollywood, la première image qui vient à l’esprit de bon nombre des fans est l’une des scènes les plus populaires de l’histoire du cinéma indien : la fameuse danse entre Shahrukh Khan et Kajol dans l’incontournable Kuch Kuch Hota Hai. Mais Karan Johar n’est pas le seul à avoir su mettre en valeur ses héros sous une averse torrentielle. En effet, la pluie est érogène pour les indiens, et est donc propice au rapprochement. La pluie est intense, comme l’amour et la peine. Alors la pluie est souvent mise en notes de musique...

1. « Koi Ladki Hai » de Dil To Pagal Hai :

Ce titre du film culte de Yash Chopra, interprété par Lata Mangeskar et Udit Narayan est empli d’allégresse. Enfantin et jubilatoire, il est à l’image de la comédie musicale la plus populaire du cinéma hindi : charmant, romantique et rythmé. Le travail de composition d’Uttam Singh est ici remarquable, ayant basé l’essence de son morceau sur les voix des enfants qui dynamisent la chanson, comme des pulsations.

2. « Nain Parindey » de Lafangey Parindey:

Interprétée par Shilpa Rao, cette mélodie est bouleversante. En effet, dans Lafangey Parindey, le personnage incarné par la fantastique Deepika Padukone devient aveugle ; et cette chanson illustre sa nouvelle vie plongée dans le noir. Contextualisé en période de mousson, il s’agit d’un des titres les plus poignants de l’album, que l’on doit au trop rare R. Anandh.

3. « Dekho Na » de Fanaa :

L’incontournable Fanaa a aussi droit à sa chanson sous la pluie, à la fois sensuelle et romanesque. Kajol et Aamir Khan partagent effectivement une alchimie remarquable sur la musique de Jatin-Lalit. Les voix aériennes de Sonu Nigam et Sunidhi Chauhan subliment ce titre suranné. 094


4. « Idhar Chala Main Udhar Chala » de Koi Mil Gaya :

L’un des meilleurs danseurs de Bollywood dans un de ses rôles les plus complexes : Hrithik Roshan incarne là un jeune homme souffrant d’une déficience intellectuelle. La candeur et l’innocence qui se dégagent de son jeu sont époustouflantes, et sa précision en danse affinent la séquence musicale sous la pluie « Idhar Chala Main Udhar Chala », qu’il partage avec la pétillante Preity Zinta. Composée par Rajesh Roshan, cette chanson pleine de souffle est interprétée par Udit Narayan et Alka Yagnik. S’il existe bien un tendant indien de Chantons Sous la Pluie, c’est bien ce morceau !

5. « Tum Hi Ho » de Aashiqui 2 :

Sans doute chanson de l’année 2013, « Tum Hi Ho » illustre les deux héros campés par Aditya Roy Kapur et Shraddha Kapoor sous une pluie battante en plein flirt. Ils reproduisent durant ce son la fameuse scène du manteau sous lequel les amants s’abritent avant de laisser libre court à leurs sentiments. Brillamment chanté par Arijit Singh et composé par Mithoon, c’est LE morceau romantique incontournable.

6. « Barsaat Ke Din Aaye » de Barsaat

La voix si caractéristique de Kumar Sanu associée à celle d’Alka Yagnik, le tout sur une musique ‘à l’ancienne’ de Nadeem-Shravan font de cette chanson un bonheur auditif. Le résultat est délicieux, grâce à la complicité entre Bobby Deol et Priyanka Chopra dans un film au titre de circonstance : Barsaat (qui signifie « pluie » en hindi).

7. « Saanson Ko Saanson »

8. « Boondon Ke Moti »

L’immature Karan (Saif Ali Khan) et la patiente Rhea (Rani Mukerji) s’aiment. Sauf que Karan a un peu trop bu. Alors Rhea rêve seule à son amour sur la superbe « Saanson Ko Saanson », qui vaudra à Alka Yagnik le Filmfare Award de la Meilleure Chanteuse grâce à ce duo magnifique qu’elle partage avec Babul Supriyo. La mélodie de Jatin-Latin sonne comme un rêve et emporte le spectateur dans les songes de Rhea.

Ce morceau qui ne figure pas dans l’album du film met en musique la séquence finale du long-métrage, un ‘happy end’ comme il se doit avec le talentueux Ranbir Kapoor et la lumineuse Konkona Sen Sharma ; sous la pluie, bien entendu... La voix de Salim Merchant sublime le résultat et donne une dimension plus puissante encore à ce climax.

de Hum Tum

de Wake Up Sid

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PLAYLIST NORD : CHANTONS SOUS LA PLUIE..

9. « Dilbara »

10. « Barso Re »

Il s’agit peut-être d’un film d’action ; mais on reste à Bollywood, alors une petite pause musicale nous fera le plus grand bien. Uday Chopra l’a bien compris en tentant de séduire la ravissante Esha Deol sur ce titre de Pritam, pour lequel Abhijeet Bhattacharya et Sowmya Raoh prêtent leurs voix aux jeunes comédiens ; sous les yeux dubitatifs d’Abhishek Bachchan.

La musique de A.R. Rahman additionnée à la voix de Shreya Ghoshal font des merveilles sur ce titre qui célèbre la pluie par les pas de danse aiguisés d’Aishwarya Rai Bachchan. Le titre remportera les Filmfare Awards de la Meilleure Chorégraphie (pour Saroj Khan) et de la Meilleure Chanteuse ; tandis que l’album de Guru permettra à son compositeur de rafler le trophée du Meilleur Directeur Musical.

de Dhoom

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de Guru.

par

Asmae


CINÉMA INDIEN EN FRANCE Des infos et des scoops sur l’évolution du cinéma indien dans l’hexagone.

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Parce qu’il n’y a pas que le cinéma dans la vie... qu’est-ce qui retient les indiens devant leur télé ? A par

smae

Les médias indiens sont toujours les premiers à s’apostropher devant les scores historiques de films comme Ghajini, Yeh Jawaani Hai Deewani et Ek Tha Tiger. Mais ils ignorent souvent qu’en matière d’écrans, les petits sont encore plus efficaces que les grands. En effet, les séries indiennes rassemblent chaque jour l’équivalent du double des spectateurs de 3 Idiots (un des plus gros succès commerciaux de l’histoire du cinéma indien) devant leurs téléviseurs ! Des chaînes comme Colors, Zee TV, Star Plus, Life Ok et Sony TV se concurrencent pour effectuer les meilleures audiences grâce à leurs soaps opera quotidiens. Le format classique d’un drama indien est celui-ci : 5 épisodes par semaine, diffusés du lundi au vendredi, d’une durée n’excédant pas 20 minutes ; avec à l’occasion des épisodes spéciaux de 40 minutes, lors des fêtes religieuses comme l’Aïd ou Holi, par exemple. Il existe un décalage considérable entre la télévision indienne d’aujourd’hui et son cinéma. Alors que Bollywood se veut de plus en plus osé, de plus en plus culotté dans ses images, dans ses personnages et dans ses sujets ; la télévision semble vouloir maintenir un certain conservatisme dans ses histoires et ses héros. En effet, lorsqu’il s’agit des séries quotidiennes, il existe deux schémas simples : il s’agira soit d’une histoire d’amour contrariée avec généralement un mariage qui arrivera avant l’amour lui-même, ou alors le synopsis se centrera sur une intrigue familiale, à coups de secrets du passé et de conflits entre jeune mariée et belle-maman intransigeante. On nous fait d’ailleurs inévitablement certains coups incontournables : le kidnapping, le méchant aux airs angéliques qui manipule tout le monde sauf le téléspectateur, l’amnésie, la scène du héros qui est sur le point de mourir et dont l’amant va réaliser son affection pour lui à son chevet, les regards langoureux de 6 minutes montre en main sur fond de thème musical récurrent. Oui, car chaque série a sa chanson réservée au couple principal et à leurs flirts, leurs ‘eye-lock’ et leurs cœurs qui battent (quand vous serez atteint par le virus, des titres comme “Rabba Ve”, “Maahi”, “Yeh Dil Hai” et “Mitwa Ishq Pe Zor Nahin” ne vous seront plus inconnus...). La distribution d’une série indienne est au passage toujours conséquente, car il faut constituer l’intégralité des familles respectives des héros, sans compter leurs amis, les antagonistes et ceux qui arrivent entre temps, ceux qui reviennent d’entre les morts, ceux qui sont les sosies des héros ou leurs jumeaux maléfiques... En somme, les séries hindi, c’est un peu le mélange entre Les Feux de l’Amour, Plus Belle la Vie et Dexter ; mais avec le charme indien en plus, et quel charme ! 098


Il serait effectivement réducteur de limiter la télévision à ces quelques situations. Car assurément, les dramas indiens peuvent irradier une magie comparable à celles de très bons films lorsque le casting est à la hauteur.

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PHOTOGRAPGIE PAR VISHESH VERMA © HARPER BAZAAR INDIA - AVRIL 2013

Et c’est fondamentalement sur son couple vedette que repose le succès d’un soap. Un ‘jodi’ de drama peut très vite devenir incontournable si son alchimie est palpable. C’est ainsi que de nombreux acteurs de télévision sont devenus des stars. Si au cinéma, on base son vedettariat sur ses interprétations personnelles ou sur sa plastique ; à la télévision, on le base sur la dimension ‘culte’ du duo que l’on forme avec son partenaire. Le succès d’une série et/ou d’un comédien est absolument indissociable de sa co-star. Pour un film romantique, une bonne complicité est importante, mais il n’en demeure pas moins que les héros n’ont à être harmonieux que durant quelques heures de pellicule. Pour une série, ceux sont des centaines de bobines qu’ils doivent combler pour leur épisode quotidien ; et à chaque fois avec la même osmose. Avec une série, le spectateur assiste réellement à la naissance du couple, à leur première rencontre, à leurs premières engueulades, à leur premier câlin, à leur première déclaration... Tout est d’ailleurs prétexte à célébration dans la communauté de fans qui suivent assidûment ces séries, et qui en admirent les vedettes plus encore que les stars de cinéma. Car les acteurs de télévision ont une dimension moins distante, moins inaccessible que celle des acteurs de films. Les fans les sentent plus présents pour eux, ils répondent d’ailleurs régulièrement aux questions de leurs admirateurs via les réseaux sociaux. Mais surtout, les acteurs de séries font en quelque sorte partie de toutes les familles de leurs téléspectateurs. En effet, leur série quotidienne est un rendez-vous incontournable et les comédiens sont donc intégrés au rythme de vie de leur public.

La télévision fédère encore plus que ne le fait le cinéma, car elle s’adapte également aux fêtes et croyances de l’audience lors des célébrations de Holi, Diwali, de l’Aïd ou encore de la SaintValentin dans le déroulement de ses épisodes et même dans sa programmation (avec des épisodes spéciaux plus longs ou des soirées avec des performances de tous les acteurs de la chaîne). Les séries indiennes sont nombreuses, et certaines sont devenues cultes. Bolly&Co’ vous propose un récapitulatif des séries indiennes les plus populaires de ces deux dernières années, en espérant vous convertir à la magie de Tellywood... → 099


1. Iss Pyaar Ko Kya Naam Doon :

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LE phénomène de la télévision indienne ! Diffusé sur Star Plus du 2 juin 2011 au 20 novembre 2012, ce drama romantique campé magistralement par la rafraîchissante Sanaya Irani et le superbe Barun Sobti a vite conquis le cœur des fans et est devenu l’une des séries les plus lucratives de l’histoire de la télévision indienne. Le plébiscite est tel que, six mois à peine après son arrêt, la série est rediffusée sur la chaîne indo-anglaise ‘Life OK’ et est le premier soap indien à avoir été doublé en anglais.

LE PITCH ? Khushi Kumari Gupta (Sanaya Irani) est une je2

une punjabi vive et maladroite qui va croiser à de nombreuses reprises le chemin du volcanique Arnav Singh Raizada (Barun Sobti), homme d’affaires froid et acariâtre qui ne va pas se gêner pour lui en faire voir de toutes les couleurs...

2. Qubool Hai :

Première série quotidienne à évoquer les destins de deux familles musulmanes, il s’agit du nouveau coup de cœur des téléspectateurs indiens, qui considèrent ce programme comme le digne successeur de Iss Pyaar Ko Kya Naam Doon. La jeune punjabi Surbhi Jyoti fait ses débuts à la télévision par le biais de ce show pétillant et plein d’humour, mais aussi intense et passionné. Elle y donne la réplique au sex-symbol tatoué de Tellywood, le ténébreux Karan Singh Grover. Diffusé depuis le 29 octobre sur Zee TV, Qubool Hai rafle tous les prix et surtout tous les cœurs.

LE PITCH ? La New-yorkaise Zoya Farooqui (Surbhi Jyoti)

revient en Inde retrouver sa famille adoptive et surtout rechercher son père biologique. Elle fuit par la même occasion un mariage forcé et est hébergée par Dilshad Ahmed Khan (Shalini Kapoor Sagar), qui vit seule avec ses deux enfants : Najma (Nehalaxmi Iyer) et Asad (Karan Singh Grover). Si entre Najma et Zoya, le courant passe à merveille, Asad ne supporte pas cette fille excessive et trop volubile à son goût...

3. Saraswatichandra :

Première production télévisée du talentueux Sanjay Leela Bhansali (qui a réalisé Devdas, Hum Dil De Chuke Sanam, Black, Guzaarish...) ; ce drame romantique est inspiré d’un roman gujarati remis au goût du jour. Gautam Rode et Jennifer Winget (épouse de Karan Singh Grover) reviennent dans un rôle titre après un ralentissement dans leurs carrières respectives. Diffusé sur Star Plus depuis le 25 février 2013, le programme est l’un des plus suivis de l’année.

LE PITCH ? Saraswatichandra Vyas (Gautam Rode) vit

à Dubaï avec son père Laxminandan (Chetan Pandit) et sa belle-mère Guman (Monica Bedi). Ces derniers veulent le marier à Kumud Sundari (Jennifer Winget), mais Saras ne veut pas entendre parler d’union. Kumud a quant à elle accepté de l’épouser, mais va tomber de haut en recevant une lettre de Saras... 100


4. Madhubala – Ek Ishq Ek Junoon :

A la suite de la déprogrammation de Geet – Hui Sabse Parayi, la star Drashti Dhami signe son second show en tant que vedette ; face au jeune Vivian Dsena. Série hommage au cinéma indien diffusée sur Colors depuis le 28 mai 2012 ; Madhubala bat des records d’audience, et Drashti est depuis considérée comme l’une des plus grandes actrices de la TV, avec sa meilleure amie Sanaya Irani.

LE PITCH ? Madhubala (Drashti Dhami) déteste le glamour

et le faste du milieu du cinéma. Mais elle se retrouve mariée de force à la superstar de Bollywood Rishabh Kundra dit RK (Vivian Dsena). Ils se détestent, mais comme on est dans une fiction, les choses vont progressivement changer...

5. Sasural Simar Ka :

Basé sur la relation de deux sœurs fusionnelles, Sasural Simar Ka est diffusé sur la chaîne Colors depuis le 25 avril 2011 et y rencontre un franc succès. La série doit surtout son plébiscite au couple formé par les acteurs Manish Raisinghani et Avika Gor. La jeune femme incarne l’un des rôles principaux, qu’elle a signé à l’âge de 14 ans, tandis que son partenaire à l’écran en avait déjà 32. Malgré la différence d’âge, l’alchimie est remarquable entre les deux comédiens qui portent réellement le programme.

LE PITCH ? Simar Bharadwaj (Deepika Samson) rêve de faire carrière dans la danse, mais doit faire face au conservatisme de sa belle-famille. Elle est cependant soutenue par Prem (Dheeraj Dhoopar), son mari. Les choses se compliquent encore plus lorsque la cadette de Simar, Roli (Avika Gor), épouse contre toute attente Siddhant (Manish Raisinghani), le frère de Prem...

6. Diya Aur Baati Hum :

Devenu un des programmes phare de la chaîne Star Plus, Diya Aur Baati Hum ravit les téléspectateurs depuis le 29 août 2011. Son actrice vedette, Deepika Singh, a raflé pas moins de 6 prix d’interprétation pour son jeu impeccable (Meilleur Espoir Féminin et Meilleure Actrice). La série est un tel succès que des remakes régionaux ont été initiés en langues bengali et kannada. Le duo que la jeune femme de 24 ans forme avec Anas Rashid fait des émules, et le réalisme dans lequel est ancré le show en fait un des soap les plus qualitatifs de la télévision indienne actuelle.

LE PITCH ? Sandhya Kothari (Deepika Singh) a tout perdu :

sa famille et ses ambitions. Elle rêvait de devenir officier de police, mais l’argent vient à manquer depuis le décès tragique de ses parents. Son frère Ankur (Varun Khandelwal), qui doit partir aux Etats-Unis, la marie à Sooraj Rathi (Anas Rashid), en le présentant comme un homme cultivé et à la situation financière confortable. Mais après la cérémonie, Sandhya réalise qu’elle a épousé un jeune homme de condition modeste, qui tient une petite confiserie et a dû arrêter l’école très jeune, par manque de moyens... 101


7. Bade Achhe Lagte Hain :

Produit par la prolifique Ekta Kapoor, il s’agit du premier show indien à centrer son intrigue sur une histoire d’amour plus mature. En effet, les acteurs Sakshi Tanwar et Ram Kapoor n’ont pas la jeunesse et la vigueur de leurs concurrents âgés de la vingtaine ; mais leur complicité est plus que frappante, et c’est leur naturel qui fait tout leur charme. La série a atteint ses 400 épisodes en avril dernier et réalise les meilleurs scores de la chaîne Sony TV depuis son lancement le 30 mai 2011.

LE PITCH ? Priya Sharma (Sakshi Tanwar) est institu-

trice et vient de passer la trentaine. Ram Kapoor (Ram Kapoor) est un businessman quadragénaire. Ils semblent avoir manqué le bus à destination du mariage. Considérés comme deux cas désespérés de l’amour, leurs familles les marient, pensant que cela solutionnera leur sempiternel célibat. Pourtant, ils sont loin d’être fous l’un de l’autre au départ...

8. Punar Vivah - Zindagi Milegi Dobara:

Gurmeet Choudhary est une star depuis le succès de sa série avec Drashti Dhami : Geet - Hui Sabse Parayi. C’est donc avec impatience que ses fans attendaient son projet suivant. Dans Punar Vivah, il donne la réplique à la ravissante Kratika Sengar dans cette romance originale et pleine de tendresse. La série a été diffusée sur Zee TV du 20 février 2012 au 17 mai 2013, et une seconde saison a été achetée (intitulée Punar Vivah – Ek Nayi Umeed) ; avec une nouvelle distribution de prestige : Karan V. Grover et Rubina Dilaik.

LE PITCH ? Yash Sindhia (Gurmeet Choudhary) est

veuf et a deux filles : Payal (Dhriti Mehta) et Palak (Palak Dey). Aarti Dubey (Kratika Sengar) est divorcée et a un fils : Ansh (Divyam Dama). Ils se laissent convaincre de se marier l’un à l’autre, afin de construire un foyer solide pour leurs enfants. Mais Aarti ne croit plus en l’amour depuis que Prashant (Sarwar Ahuja) l’a abandonné à son sort, et Yash est toujours épris de sa défunte femme Arpita (Shweta Munshi)...


9. Sasural Genda Phool :

La solaire Ragini Khanna fait son retour dans un soap quotidien le 1er mars 2010, sur Star Plus avec cette romcom télévisée, face au jeune Jay Soni. Ce qui marque un tournant dans le style Tellywood, c’est le fait que dans Sasural Genda Phool, ce soit une femme qui mène la barque. La télévision hindi donne souvent à voir des jeunes femmes belles mais vulnérables, parfois même dociles et malléables. Une fois n’est pas coutume, le personnage de Ragini ne rentre pas dans ces codes et impose sa loi. Une autre héroïne de TV suivra cette voie dès 2012 : Surbhi Jyoti alias Zoya, la star de Qubool Hai.

LE PITCH ? Suhana Bajpayee (Ragini Khanna)

est une jeune fille capricieuse issue d’un milieu aisé. Prétentieuse, indépendante et impulsive ; elle est folle amoureuse de son petit-ami mannequin Sid (Mohit Malhotra). Mais un jour, il lui balance à la figure qu’il ne l’épousera jamais, car elle n’est selon lui pas faite pour le mariage. Afin de lui prouver le contraire, elle dit à son père (Mahesh Thakur) qu’elle épousera le premier homme qu’il lui présentera. Entre temps, elle fait la connaissance d’Ishaan Kashyap (Jay Soni), un jeune ingénieur timide et malheureux en amour. Le destin s’en mêle et Suhana et Ishaan se retrouvent mariés. Ishaan fond déjà pour sa belle, mais Suhana est excédée et déclare à son mari qu’elle ne le considérera jamais en tant que tel...

10. Pyaar Ka Dard Hai Meetha Meetha Pyaara Pyaara :

Produit par Sooraj R. Barjatya (réalisateur de Maine Pyaar Kiya, Hum Aapke Hain Koun, Vivah...), cette romance acidulée compte à son casting la jeune mannequin Disha Parmar et l’acteur de cinéma Nakuul Mehta. L’élément intéressant de ce programme, c’est l’amitié intense qui lie les deux protagonistes, avant que l’amour ne s’en mêle (on retrouve également ce schéma dans la série Sasural Simar Ka avec les personnages de Siddhant et Roli). La série fonctionne très bien sur Star Plus depuis son démarrage le 18 juin 2012, et fait le bonheur des fans ; qui retrouvent l’atmosphère édulcorée des films d’antan dans cette série aérienne.

LE PITCH ? Aditya Kumar (Nakuul Mehta) et Pankhuri

Gupta (Disha Parmar) sont les meilleurs amis du monde, mais leurs visions de la vie de couple sont diamétralement opposées. Depuis le divorce de ses parents (Nitesh Pandey et Manasi Salvi), Aditya ne croit plus en la convention du mariage ; tandis que Pankhuri a la conviction que chaque être humain a sa moitié, quelque part. Mais lorsque leur amitié devient amour, Aditya est incapable de le percevoir... 103


Télévision & Cinéma de l’art de faire la transition entre petit et grand écran

La télévision est devenue une mine de talents et d’opportunités pour les producteurs de cinéma. Ekta Kapoor l’a compris depuis longtemps, car en plus d’avoir produit des films à succès comme Once Upon a Time In Mumbaai et The Dirty Picture, elle a financé plusieurs séries devenues incontournables sur le petit écran : Bade Achhe Lagte Hain (avec Sakshi Tanwar et Ram Kapoor), Pavitra Rishta (avec Sushant Singh Rajput, Ankita Lokhande, Rithvik Dhanjani et Asha Negi), Kasamh Se (avec Prachi Desai et Ram Kapoor) et Kahiin To Hoga (avec Aamna Shariff et Rajeev Khandelwal). Depuis, plusieurs personnalités de Bollywood lui ont emboîté le pas. A contrario, d’éminentes vedettes de la TV ont pris le parti de quitter momentanément voire définitivement le monde du ‘silver screen’ pour tenter leur chance au cinéma. Alors, Bolly&Co’ vous présente ces personnes qui font le pont entre petit et grand écran...

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CEUX QUI COPIENT EKTA KAPOOR... 1. Siddharth Malhotra : Non, il ne s’agit pas du beau gosse qui a fait ses débuts en 2012 dans Student of The Year ; mais de son homonyme qui a réalisé en 2010 We Are Family ; avec Kajol, Arjun Rampal et Kareena Kapoor. S’il n’a pour le moment aucun projet cinématographique, il a produit jusque septembre 2013 l’un des programmes phare de la chaîne Star Plus : Ek Hazaaron Mein Meri Behna Hai ; avec Krystle D’Souza, Nia Sharma, Karan Tacker et Kushal Tandon. Basé sur la relation fusionnelle entre deux sœurs aux tempéraments opposés, le drama a fait le bonheur des fans d’octobre 2011 à la rentrée 2013. 2. Sanjay Leela Bhansali : L’illustre réalisateur de Devdas, Hum Dil De Chuke Sanam et Black s’est lancé dans la production télévisée en 2013 avec Saraswatichandra ; qui compte à son casting les stars Jennifer Winget et Gautam Rode. Le programme diffusé sur Star Plus est devenu incontournable, il a d’ailleurs été inauguré par la sublime Rani Mukerji. La série rencontre le succès au delà des frontières indiennes, elle bat effectivement tous les records d’audience pour une série indienne en Angleterre, et l’équipe Bolly&Co’ en a d’ailleurs entamé la traduction française pour vous permettre de la visionner. 3. Sooraj R. Barjatya : Le cinéaste des populaires Hum Aapke Hain Koun et Vivah a produit de nombreux shows à la télé’, et ce depuis 2005. Parmi ses dramas les plus populaires ; on compte Woh Rehne Waali Mehlon Ki (sur Sahara One, avec Reena Kapoor et Aamir Ali), Yahaaan Main Ghar Ghar Kheli (sur Zee TV, avec Suhasi Goradia Dhami et Karan V. Grover) et Pyaar Ka Dard Hai Meetha Meetha Pyaara Pyaara (sur Star Plus, avec Nakuul Mehta et Disha Parmar). 4. Aditya Chopra : Le plus lucratif des producteurs de films s’est lancé dans la télévision avec la sous-branche de sa bannière de prod’ Yash Raj Television par le biais de son sitcom Mahi Way ; avec Pushtiie Shakti, Viraf Patel et Siddhant Karnick. Réalisé par Nupur Asthana (qui dirigera plus tard Mujhse Fraaandship Karoge) et écrit par Devika Bhagat (à qui l’on doit notamment les histoires de Bachna Ae Haseeno et Ladies V/S Ricky Bahl), le programme de 25 épisodes fonctionnera sans pour autant faire de vagues. → 105


5. Vipul Shah : Le réalisateur de Waqt - The Race Against Time et Namastey London a décidé de financer la série Chhanchhan ; qui signe le retour de la sublime Sanaya Irani après le succès de son précédent projet ; Iss Pyaar Ko Kya Naam Doon. Elle y donne la réplique au séduisant Anuj Sachdeva et à la talentueuse Supriya Pathak Kapur, épouse de Pankaj Kapur et belle-mère de Shahid Kapoor.

CEUX QUI ONT LAISSÉ TOMBER LA TÉLÉVISION POUR LE CINÉMA, COMME SHAHRUKH KHAN... 1. Rajeev Khandelwal : Star du programme Kahiin To Hoga dès 2003, le comédien quitte la série en 2007 pour entamer le tournage de son premier film à Bollywood : Aamir, réalisé par Raj Kumar Gupta (qui nous offrira par la suite No One Killed Jessica, avec Vidya Balan et Rani Mukerji). Il sera nommé pour le Filmfare Award du Meilleur Espoir Masculin et enchaînera les tournages par la suite, plus ou moins qualitatifs. Il jouera dans les excellents Shaitan et Soundtrack, pour ensuite figurer dans des productions oubliables comme Will You Marry Me et Table N°21. 2. Prachi Desai : Alors qu’elle lance sa carrière d’actrice à la TV avec le drama Kasamh Se, elle quitte le show en 2008 pour tourner Rock On !!, réalisé par Abhishek Kapoor et en compagnie d’un casting de première classe : Farhan Akhtar, Arjun Rampal et Shahana Goswami, notamment. Nominée pour le prix du Meilleur Espoir Féminin, elle est sollicitée de toutes parts et réitère la bonne impression de son premier film avec Once Upon A Time In Mumbaai en raflant quasiment tous les trophées de Meilleur Second Rôle Féminin. On la retrouve en 2012 dans le blockbuster Bol Bachchan, avec Abhishek Bachchan et Ajay Devgan. 3. Ayushmann Khurrana : A l’origine acteur de théâtre, il est surtout populaire en tant qu’animateur à la télévision, il a notamment présenté des programmes à succès comme Just Dance et India’s Got Talent. En 2012, il est à l’affiche de son premier film, qui constitue par ailleurs la première production du comédien John Abraham : Vicky Donor. La comédie est un succès, Ayushmann y démontrant ses talents d’acteur mais aussi de chanteur grâce au titre « Pani Da Rang ». Il remporte ainsi deux Filmfare Awards : ceux du Meilleur Espoir Masculin et du Meilleur Chanteur. Il sort en 106


2013 une comédie dans le ton de l’œuvre qui l’a lancé : Nautanki Saala ; et donnera la réplique à Sonam Kapoor dans le prochain film de Nupur Asthana. 4. Yami Gautam : Elle a figuré dans trois soap opera indiens à succès : Chand Ke Paar Chalo (sur NDTV Imagine, avec Vivan Bhatena et Zalak Thakker), Raajkumar Aaryyan (sur NDTV Imagine, avec Anirudh Dave et Nirmal Pandey) et Yeh Pyar Na Hoga Kam (sur Colors, avec Gaurav Khanna et Parul Gulati). Mais depuis, la jeune femme a lancé sa carrière à Bollywood avec Vicky Donor et a ainsi remporté les éloges de l’industrie cinématographique, ainsi que le IIFA Award du Meilleur Espoir Féminin. Elle tourne désormais dans toutes les langues : en tamoul, en malayalam, en télougou... On la retrouvera surtout en hindi dans Total Siyapaa, face à Ali Zafar.

Télévision & Cinéma de l’art de faire la transition entre petit et grand écran

5. Sushant Singh Rajput : Joli cœur de la télévision depuis le carton plein de sa série Pavitra Rishta, avec sa chérie Ankita Lokhande ; Sushant Singh Rajput a depuis nourri d’autres ambitions. En effet, il est apparu pour la première fois au cinéma début 2013 avec l’acclamé Kai Po Che, puis a enchaîné en remplaçant Shahid Kapoor pour Shuddh Desi Romance, une production Yash Raj avec Parineeti Chopra. On retrouvera le jeune homme dans un second rôle face à Aamir Khan et Anushka Sharma pour le très attendu P.K. ; ainsi que dans deux autres long-métrages (Fitoor et Detective Byomkesh Bakshi) dont rien n’a filtré pour le moment.

PHOTO DU MAGAZINE MANS WORLD EDITION DE MAI 2013

CEUX QUI VONT TENTER LEUR CHANCE SUR GRAND ÉCRAN PROCHAINEMENT...

1. Barun Sobti :

2. Anuj Sachdeva :

L’acteur révélé par le plus culte des dramas Iss Pyaar Ko Kya Naam Doon fera ses débuts d’acteur de cinéma avec Main Aur Mr Riight, une comédie romantique dans laquelle il partagera l’affiche avec Shenaz Treasurywala. Mais ce n’est pas tout : le séduisant comédien a signé 22 Yards, un film dans lequel il incarnera un joueur de cricket, le sport le plus apprécié des indiens.

Le beau gosse de la télévision indienne a enchaîné les projets sur petit écran, de Sabki Laadli Bebo (sur Star Plus, avec Shivshakti Sachdev et Jayati Bhatia) à Chhanchhan (sur Sony TV, avec Sanaya Irani et Supriya Pathak Kapur) en passant par Phir Subah Hogi (sur Zee TV, avec Gulki Joshi et Varun Badola). Il démarrera sa carrière à Punjwood (industrie du film punjabi) avec le Shahrukh Khan local Harbhajan Mann dans Haani.

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3. Gurmeet Choudhary :

1. Ronit Roy :

Acteur incontournable de Tellywood, Gurmeet est la coqueluche du public féminin depuis ses dramas Ramayan (sur NDTV Imagine, avec Debina Bonnerjee), Geet – Hui Sabse Parayi (sur Star One, avec Drashti Dhami) et Punar Vivah (sur Zee TV, avec Kratika Sengar). Il fera ses débuts au cinéma punjabi avec un film hommage à Dilwale Dulhania Le Jayenge : intitulé Din Dehadey Laai Jaange, Gurmeet sera le héros de cette comédie romantique face à Sapna Thakur.

Sa carrière a démarré au cinéma au début des années 1990 dans des rôles anecdotiques ; mais s’est vraiment forgée à la télévision, par le biais de ses programmes Kyunki Saas Bhi Kabhi Bahu Thi (sur Star Plus, avec Smriti Zubin Irani et Prachi Shah), Kasautii Zindagii Kay (sur Star Plus, avec Shweta Tiwari et Cezzane Khan), Bandini (sur NDTV Imagine, avec Aasiya Kazi et Leena Jumani) et Adaalat (sur Sony TV, avec Romit Raj et Ajay Nain). Il est depuis très sollicité au cinéma, en particulier depuis son second rôle dans Udaan, grâce auquel il remporte le Filmfare Award du Meilleur Acteur Secondaire, qu’il reçoit en larmes. Il a depuis joué dans Student of The Year, Shootout At Wadala et Midnight’s Children.

4. Kritika Kamra : La star de Kitani Mohabbat Hai (diffusé sur NDTV Imagine, dans lequel elle joue face à son petit-ami Karan Kundra) avait signé une autre série à succès en 2011 : Kuch Toh Log Kahenge (sur Sony TV) avec Mohnish Behl et Karan Wahi. Mais depuis, elle se faisait discrète sur petit écran, attendant certainement le projet qui lui permettrait de revenir sur le devant de la scène. C’est ainsi qu’elle sera à l’affiche de son premier film hindi, co-produit par Karan Johar et Ekta Kapoor. La romcom temporairement intitulée Badtameez Dil comptera à son casting Emraan Hashmi et Kareena Kapoor Khan, auxquels Kritika donnera la réplique. 5. Karan Wahi : Chocolate Boy de la télévision indienne, Karan Wahi est devenu populaire grâce à ses rôles dans les séries Remix (diffusée sur Star One, avec Shweta Gulati) et Dill Mill Gaye (diffusée sur Star One, avec Jennifer Winget). Après l’arrêt des programmes qui ont fait sa gloire, le jeune homme s’illustre en tant qu’animateur dans les émissions Nach Baliye (qu’il co-présente avec Gautam Rode) et Indian Idol Junior (qu’il anime aux côtés de Mandira Bedi). A 27 ans, Karan Wahi a cependant toujours rêvé de cinéma. Il auditionnera notamment pour le film Aashiqui 2, sans succès. Mais en 2013, la bannière Yash Raj annonce le casting de Dawaat-E-Ishq, sa prochaine production réalisée par Habib Faisal : Aditya Roy Kapur, Parineeti Chopra et... Karan Wahi.

CEUX QUI FONT LES DEUX, COMME PANKAJ KAPUR...

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2. Ram Kapoor : A l’instar de son confrère et ami Ronit Roy, Ram Kapoor poursuit une carrière honorable à la télévision grâce à ses séries Kasamh Se (sur Zee TV, avec Prachi Desai et Roshni Chopra) et Bade Achhe Lagte Hain (sur Sony TV, avec Sakshi Tanwar et Eva Grover). Il a d’ailleurs été reconnu par l’industrie cinématographique dans le même film que Ronit : Udaan. Il le retrouvera en 2012 avec Student of The Year, tout en tournant dans d’autres films populaires comme Agent Vinod et Mere Dad Ki Maruti. 3. Vikrant Massey : Après ses séries V – The Serial et Dharam Veer, Vikrant remplace au pied levé Rishabh Sinha dans le second rôle principal de la série à succès Qubool Hai, actuellement diffusée sur Zee TV avec Karan Singh Grover et Surbhi Jyoti. Dans le même temps, il joue Dev, l’un des personnages secondaires du drame acclamé Lootera, avec Ranveer Singh et Sonakshi Sinha. 4. Manish Paul Le plus sympathique des animateurs TV s’est fait connaître pour ses bonnes blagues et sa bonne humeur. Il a donc souvent été sollicité pour animer des événements d’envergure comme Jhalak Dikhhla Jaa et India’s Got Talent. uivant ainsi l’exemple d’Ayushmann Khurrana ; il est à l’affiche de Mickey Virus en octobre 2013, son premier film, dans lequel il joue le rôle d’un hacker pas très malin. On le retrouvera bientôt dans Tere Bin Laden 2, suite de la comédie qui a révélé Ali Zafar.


Télévision & Cinéma de l’art de

PHOTOGRAPHIE DE RONIT ROY PAR IN.COM

faire la transition entre petit et grand écran

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CEUX QUI ONT MARQUÉ LA TÉLÉVISION MAIS SE SONT VITE FAIT OUBLIER AU CINÉMA...

1. Ragini Khanna : Le plus joli sourire de la télévision indienne a rayonné dans de nombreux programmes, comme Radhaa Ki Betiyaan Kuch Kar Dikhayengi (sur NDTV Imagine, avec Mona Vasu et Apoorva Agnihotri) et Sasural Genda Phool (sur Star Plus, avec Jay Soni et Mohit Malhotra). Comédienne, animatrice et chanteuse ; la jeune nièce de Govinda aurait dû ensoleiller de son charme le tout Bollywood. Elle débute ainsi en 2011 dans la comédie Teen Thay Bhai, qui fait un bide retentissant et coupe court les rêves de gloire de Ragini. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à prospérer à la télévision. Elle retente d’ailleurs sa chance au cinéma cette année avec le film punjabi Bhaji In Problem, produit par Akshay Kumar et avec Gippy Grewal. 2. Aamna Shariff : Kahiin To Hoga l’a propulsé au rang de star de la TV. En 2009 ; Aamna Shariff tourne donc son premier film, Aloo Chaat, et tombe amoureuse de son partenaire, Aftab Shivdasani. Ils se redonnent la réplique la même année dans Aao Wish Karein. Mais les films ne convainquent pas, et Aamna tombe dans l’oubli. Elle essaye une ultime fois de conquérir l’industrie hindi avec Shakal Pe Mat Ja, qui passe inaperçu. La jolie trentenaire fait donc son grand retour à la télévision dans Hongey Judaa Na Hum avec Raqesh Vashisht, qui sera diffusé de septembre 2012 à mars 2013. 3. Gautam Rode : Le charismatique Gautam Rode a tenté de devenir une star du cinéma hindi par le biais de trois films : Annarth (avec Sunil Shetty, Sanjay Dutt et Preeti Jhangiani) ; U, Bomsi & Me (avec Sonal Sehgal) et Agyaat (avec Nitin et Priyanka Kothari). Ne donnant pas de résultat, il se tourne vers la télévision et joue dans plusieurs programmes appréciés (Baa Bahoo Aur Baby, Lucky...) avant de signer le véritable coup de sa carrière : le drama Saraswatichandra produit par Sanjay Leela Bhansali, qui cartonne sur Star Plus depuis février 2013.

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Télévision & Cinéma de l’art de faire la transition entre petit et grand écran

D’AUTRES ACTEURS ONT FAIT DE BRÈVES APPARITIONS AU CINÉMA... - Sanaya Irani (héroïne de Iss Pyaar Ko Kya Naam Doon et Chhanchhan) jouait Mehbooba, l’une des amies de Kajol dans le film culte Fanaa. - Jay Soni (star de Sasural Genda Phool et Sanskaar – Dharohar Apnon Ki) incarnait l’un des amis et partenaires de l’équipe de football de Shahid Kapoor dans Dil Maange More. - Jennifer Winget (comédienne dans Dil Mil Gaye et Saraswatichandra) était Pooja, l’une des cousines d’Abhishek Bachchan dans Kuch Naa Kaho. - Karan Tacker (vedette de Ek Hazaaron Mein Meri Behna Hai) campait le héros d’un des films que va visionner Shahrukh Khan dans Rab Ne Bana Di Jodi. - Leena Jumani (connue pour ses rôles dans Tere Liye et Punar Vivah) était Padma, la sœur d’Ajay Devgan dans Himmatwala. - Aarti Puri (actrice dans Madhubala - Ek Ishq Ek Junoon) incarnait Gauri, l’amie de Sonu Sood dans Ramaiya Vastavaiya. - Karanveer Bohra (héros de Shararat et Dil Se Di Dua... Sabhagyavati Bhava) était Dev, l’ennemi juré de Shahid Kapoor dans Kismat Konnection. - Karan Singh Grover (vedette de Dil Mil Gaye et Qubool Hai) campait Carlton, l’un des associés de Dino Morea dans Bhram. - Manish Raisinghani (vedette de Sasural Simar Ka) et Raqesh Vashisht (héros de Hongey Judaa Hum et Saat Phere) jouaient les rôles des co-stars de Kareena Kapoor dans Heroine. - Avika Gor (actrice de Balika Vadhu et Sasural Simar Ka) était Pia, la fille de Boman Irani dans Tezz et l’élève de Shahid Kapoor dans Paathshala.

par

Asmae


Le monde merveilleux du cinéma Bollywoodien pour les francophones.

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L’Inde dans le monde arabe : un nouveau public...

Mais les plus fidèles amateurs étrangers sont sans conteste ceux du monde arabe. Du Maroc à Dubaï, en passant par l’Algérie et l’Arabie Saoudite ; les arabes sont de véritables accros au charme des vedettes indiennes. De nombreux médias locaux se sont donc consacrés aux plus dansants des cinémas. Des chaînes ont vu le jour pour proposer des programmes ‘tandoori’ au public arabe, d’autres ont revu leur programmation pour augmenter le quota d’œuvres venues du sous-continent, et ce au delà des films...

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VIDYA BALAN POUR HI! BLITZ - OCTOBRE 2013

Le cinéma indien séduit au-delà de ses frontières, c’est bien connu. La forte concentration de diaspora indienne en France et en Angleterre a permis aux industries cinématographiques de s’exporter pour y rencontrer un franc succès. Encore mieux : les indiens ne sont plus les seuls à aimer le folklore et l’originalité des films indiens. En effet, des publics de tous horizons deviennent des amateurs de Bollywood ; on voit fleurir des groupes de fans de plus en plus nombreux au Pérou, en Allemagne, en Italie et au Japon.


Zee Aflam est la première chaîne arabe consacrée au cinéma indien, basée à Dubaï. Elle diffuse des films de Bollywood 24 heures sur 24 et propose aussi des programmes d’information sur le cinéma hindi. L’émission 100% Bollywood animée par la chanteuse maroco-saoudienne Wiam Dahmani accueille le gratin de Bollywood lors de leur escale promotionnelle à Dubaï. C’est ainsi qu’Amitabh Bachchan, Kareena Kapoor Khan, John Abraham, Shahid Kapoor, Katrina Kaif, Deepika Padukone et Vidya Balan se font interviewer en exclusivité pour le public du Moyen-Orient. Wiam, grande fan de l’Inde, a profité du carton de son show pour enregistrer un titre avec le groupe indien Suroor : « Sajna Ve ». Elle a également lancé sa carrière cinématographique dans le film pakistanais Ishq Khuda et sera dans le prochain long-métrage bollywoodien de Sameer Khan : Dollars. Depuis peu, Zee Aflam se tourne vers les régions dravidiennes en en diffusant les films doublés en hindi tels que Anjali (avec Revathi et Baby Shamili), Meri Izzat (avec Chiranjeevi et Simran Bagga) et le Bodyguard télougou (avec Venkatesh et Trisha Krishnan). Zee Alwan appartient à la même gamme que Zee Aflam, à la différence que cette chaîne se spécialise dans les séries télévisées. En effet, les programmes leur sont procurés par la chaîne Zee TV, tendant indien de Zee Alwan. Il met à l’antenne des dramas populaires comme Jhansi Ki Rani (avec Kratika Sengar), Pavitra Rishta (avec Ankita Lokhande et Sushant Singh Rajput), Ranbir Rano (avec Ravi Dubey et Sakshi Talwar), Har Ghar Kuch Kehta Hai (avec Rati Pandey et Amrita Prakash) et Kareena Kareena (avec Kulraj Randhawa et Sandeep Rajora). B4U Aflam propose également des films indiens doublés ou sous-titrés en arabe. Son tendant B4U Plus les diffuse avec des sous-titres en anglais. La chaîne s’adapte d’ailleurs aux fêtes religieuses en offrant au public des programmations spécifiques en période de l’Aïd, par exemple. UTV Aflam diffuse sur son antenne des long-métrages produits par la bannière UTV Motion Pictures de Siddharth Roy Kapur et Ronnie Screwvala. Les chaînes MBC proposent aussi régulièrement des films indiens doublés en arabe ; dispensés cependant des scènes de baiser ; car à destination du public encore conservateur du Maghreb. Une nouvelle branche MBC Bollywood, a d’ailleurs récemment vu le jour, et diffusent des films comme des programmes télévisés tels que Koffee With Karan.

par

Asmae

Canal Algérie et 2M Maroc diffusent quant à eux des séries indiennes comme Baat Hamari Pakki Hai (avec Barun Sobti et Ankita Sharma) et Vaidehi (avec Pallavi Kulkarni et Sachin Sharma).

Le public arabe se retrouve dans l’atmosphère mais aussi dans les valeurs de ces œuvres indiennes. La pudeur de rigueur, le respect d’une culture et d’un folklore, l’importance de la religion et de la valeur du mariage sont nombre de points communs entre l’Inde et le monde arabe.

Mais le cinéma indien n’est pas un phénomène récent : Depuis des décennies, il fait partie intégrante des us et habitudes de cette audience. C’est ainsi que des films comme Aa Gale Lag Jaa (sorti en 1973 avec Shashi Kapoor et Sharmila Tagore) et Sholay (sorti en 1975 avec Amitabh Bachchan et Dharmendra) sont devenus des grands classiques en Algérie. L’univers de l’Inde charme donc au-delà de ses frontières, s’instaurant comme un énorme intérêt au sein du monde arabe ; à l’image du cinéma Hollywoodien en France. On diffuse des films indiens au Maroc et à Dubaï comme on voit des films américains dans sa grille de programmes quotidienne en France. Mais des chaînes françaises comme L’Énorme TV ou Arte commencent à véhiculer la magie de Bollywood en diffusant des films hindi en primetime. En espérant que les médias français saisissent la magie de l’Inde et des indiens, comme l’a fait l’audience arabe...

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CRITIQUE d u

f ilm

Ishaqzaade


Qayamat Se Qayamat Tak, Dil, Heer Ranjha, Maine Pyaar Kiya, Devdas... Le cinéma hindi compte bon nombre de drames romantiques, aux issues heureuses comme tragiques. Mais depuis quelques années en Inde, la tendance est plutôt aux romcom légères et modernes dans la veine de Hum Tum, Love Aaj Kal et Cocktail (dont l’équipe vous propose la critique dans ce numéro). Les personnages se veulent libérés du poids des traditions, émancipés de tout sens du devoir et plus indépendants de corps et d’esprit. Le cinéma s’adapte à son audience, et comprend que les films « à l’ancienne » ne séduisent plus autant les indiens, bien qu’ils laissent les fans puritains nostalgiques de l’époque où des films comme 1942 : A Love Story ou Hum Aapke Hain Kaun constituaient des standards de la romance de Bollywood. Mais comme le cinéma indien est imprévisible, des œuvres inédites comme My Name Is Khan côtoient des masala tels que Dabangg ; de l’art de mêler l’avant-garde au conventionnel. La maison Yash Raj a donc mixé tradition et modernité en proposant des romances nouvelles mais ancrées dans l’Inde du terroir, avec ses quartiers populaires et ses champs de moutarde. Le public lui donnera raison par deux fois en faisant de Band Baaja Baaraat et Mere Brother Ki Dulhan de véritables plébiscites populaires et d’estime. C’est ainsi que la célèbre bannière propose en 2012 le film Ishaqzaade ; qui met en scène le débutant Arjun Kapoor (fils du fameux producteur Boney Kapoor et beau-fils de la diva Sridevi) et offre son premier rôle principal à la pétillante Parineeti Chopra (cousine de Priyanka, qui jouait un personnage secondaire dans Ladies V/S Ricky Bahl). Réalisé par Habib Faisal à qui l’on doit le très bon Do Dooni Chaar (avec le couple mythique Rishi Kapoor et Neetu Singh Kapoor), ce drame romantique s’illustre par son rythme haletant, sa musique mémorable et ses interprètes lumineux. Regard sur l’un des films les plus accrocheurs de l’année 2012...

L’HISTOIRE : Parma Chauhan (Arjun Kapoor) est une tête brûlée, petit-fils du politicien hindou Surya Chauhan (Anil Rastogi) et ennemi juré de la famille Qureshi, dont le patriarche est également le leader Aftab Qureshi (Ratan Singh Rathore) du parti politique opposé, de confession musulmane. La fille de ce dernier, Zoya (Parineeti Chopra) a toujours eu Parma en horreur, et ce depuis l’enfance. Mais le jour où la jeune femme ose gifler Parma en public, il promet de se venger, au risque que ses manipulations ne le mènent sur un sillage beaucoup plus romanesque...

Il faut savoir qu’Arjun Kapoor devait être lancé par la sous-branche de Yash Raj, Y-Films, avec le film Virus Diwan. Mais la postproduction ayant pris beaucoup plus de temps que prévu, Aditya Chopra a donc demandé à Habib Faisal un scénario sur mesure pour le jeune comédien. Le personnage de Zoya a en revanche été écrit pour Anushka Sharma, protégée du producteur depuis ses débuts dans Rab Ne Bana Di Jodi, en 2008. Le refus de la jeune femme a donc permis à Parineeti de récupérer le rôle, après les acclamations de son jeu dans son premier film Ladies V/S Ricky Bahl, qui lui a permis de remporter tous les prix de Meilleur Espoir Féminin en 2012. L’histoire de Parma et Zoya, entre amour et haine, entre passion et trahison ; s’inscrit dans la lignée des grands drames du cinéma hindi cités précédemment. Pourtant, un parfum de rébellion s’en dégage. Parma et Zoya sont deux chiens enragés, qui se laissent guider par leur instinct impulsif plutôt que par leur cœur. C’est bien malgré eux qu’ils finissent par s’aimer, et c’est en voulant se détester qu’ils finissent par ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre. C’est dans leur soif de haine que triomphe leur amour. La relation des deux amants est loin d’être pure, innocente et romantique. Elle est passionnée, entière et destructrice. Si le schéma de l’amour impossible est déjà vu, la personnalité de Parma comme celle de Zoya font de Ishaqzaade une œuvre unique. On a ici droit à des héros peu conventionnels, authentiques et réalistes ; pas à de gigantesques caricatures de l’héroïne timide et du héros omnipotent. 115


critique:

Ishaqzaade

On n’est pas dans Dabangg ou dans Veer Zaara, où tout est ‘larger than life’, où tout est magnifique et grandiloquent. Parma et Zoya nous ressemblent par leur spontanéité, par leur maladresse et leur rage.

Ses pas de danse, son charme et sa grande beauté laissent d’excellents souvenirs, et il est évident qu’elle aurait mérité plus de reconnaissance pour le travail qu’elle a effectué dans Ishaqzaade.

Zoya est trop incisive, Parma est franchement benêt ; et c’est comme ça qu’on les aime ! En apparence, Zoya est brillante et vise une carrière politique comparable à celle de son père ; Parma est un élève médiocre qui a redoublé 5 fois sa première année. Mais c’est dans l’essence même de leur caractère que Parma et Zoya se sont trouvés : deux âmes échauffées et prêtes à exploser au visage de l’autre, formatées par leurs familles pour se détester.

Si Parineeti et Arjun sont l’âme de Ishaqzaade, la musique d’Amit Trivedi fait clairement honneur à leur histoire d’amour.

La force de Ishaqzaade, c’est d’être imprévisible. Pourtant, le chemin semble tout tracé : ils ne peuvent pas se voir en peinture mais vont finir par s’aimer ; et ce contre l’avis de leurs familles, ils vont fuir et sans doute se construire une cabane dans la montagne pour se marier et vivre heureux pour toujours ? Mais à l’intermission, on est juste avachi sur notre chaise, interloqué par ce qu’on vient de voir et par quel chemin le scénariste nous a mené, loin de nos expectatives de départ. Ishaqzaade surprend, choque même parfois ; et nous prend surtout aux tripes. Comme il y a très peu de place pour les seconds couteaux dans un drame romantique, Arjun Kapoor et Parineeti Chopra portent clairement le film sur leurs solides épaules. En effet, les deux jeunes comédiens sont excellents, leur étrange alchimie vacillant entre attraction et répulsion fonctionne à merveille, on prend un plaisir monumental à suivre leur histoire avec ses quelques hauts et ses nombreux bas. La prestation d’Arjun Kapoor lui a valu le Zee Cine Award du Meilleur Espoir Masculin ex-aequo avec Ayushmann Khurrana, tandis que Parineeti a reçu une mention spéciale lors des National Awards, une des plus hautes distinctions pour un artiste indien, toutes régions et langues confondues. Un véritable accomplissement pour cette jeune femme de 25 ans qui n’avait joué que dans deux films en 2012.

Mais il serait injuste d’ignorer la troisième révélation de ce film de qualité : Gauhar Khan. En effet, la jolie danseuse joue le rôle de la

courtisane au grand cœur Chand Baby, une sorte de Chandramukhi des temps modernes. Plus rustre que Madhuri Dixit dans Devdas, elle n’en est pas moins aussi touchante et généreuse.

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L’ambiance rurale, rugueuse et presque tellurique du film ainsi que des lieux et décors se ressent également dans la bande-son. Le film s’ouvre sur la tonitruante « Aafaton Ke Parindey », qui laisse un gros impact en mémoire, donnant envie au spectateur de scander ce titre vif et agressif à tue-tête. L’item number « Chokra Jawaan » interprété par Sunidhi Chauhan et Vishal Dadlani est dansant et entêtant, largement valorisé par la grâce de Gauhar Khan et la poigne d’Arjun Kapoor. Le mujra « Jhalla Wallah » chanté par Shreya Ghoshal est une réussite, encore une fois magnifié par Gauhar Khan mais aussi Parineeti Chopra, qui l’accompagne dans cette séquence musicale. La chanson titre sonne comme un rêve, celui d’une relation réparatrice et édulcorée entre deux fortes personnalités, apaisées par leur affection mutuelle. L’autre ballade, « Pareshaan », exprime au contraire l’excentricité et la déraison de l’amour que porte Zoya à Parma. La voix de Shalmali Kholgade a conquis des millions de fans qui ont consacré « Pareshaan » comme l’hymne du long-métrage. La jeune artiste remportera surtout le Filmfare Award de la Meilleure Chanteuse.

en conclusion Ishaqzaade est un film coup de poing, une romance offensive et belliqueuse sans pour autant manquer de tendresse. Il est clair qu’on est loin du niais, du susucre et de l’aseptisé d’une romcom indienne classique ; mais c’est justement ce qui fait le charme et l’identité de Ishaqzaade. On aime les voir s’aimer, de détester, s’attacher, se séparer, se détruire pour mieux se reconstruire... On aime Parma et sa Joya. par

Asmae


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CRITIQUE d u

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Cocktail

Depuis qu’ils ont tourné ensemble dans Love Aaj Kal en 2009, Deepika Padukone et Saif Ali Khan forment un couple très populaire à l’écran : c’est pourquoi ils tourneront Aarakshan en 2011 puis Race 2 en 2013. Mais surtout, ils se donnent la réplique dans la comédie romantique Cocktail sortie en 2012. Réalisée par Homi Adajania (qui a dirigé Saif dans le film d’auteur Being Cyrus, en 2006), cette romcom introduit également le mannequin Diana Penty dans son premier rôle au cinéma. Devenu l’un des gros succès de l’été 2012, Cocktail possède en son sein tous les ingrédients de la comédie sentimentale indienne : un ‘’jeune’’ homme célibataire, une belle jeune fille traditionnelle et une vamp séductrice pour compliquer l’histoire. Mais les héros de Cocktail sont plus complexes que cela... L’HISTOIRE : Gautam Kapoor (Saif Ali Khan) est un séducteur insatiable : il drague tout ce qui bouge. C’est ainsi qu’il n’hésite pas à courtiser la piquante Veronica Malaney (Deepika Padukone), qui héberge chez elle Meera Sahni (Diana Penty), une jeune indienne venue chercher son mari à Londres. Gautam finit ainsi par habiter avec les deux jeunes femmes ; bien que la cohabitation avec Meera soit plus compliquée. Dans ce ménage à trois, les sentiments vont vite s’emmêler, s’entrechoquer, se dénouer pour mieux se resserrer... Lorsque l’on voit la bande-annonce de Cocktail, on se dit qu’on a droit à un remake de Love Aaj Kal ; que Saif et Deepika camperont deux fêtards allergiques aux relations sérieuses ; mais qu’ils finiront ensemble ; plus amoureux que jamais. On se dit que la pauvre Diana Penty servira de faire-valoir, histoire de corser l’imbroglio romantique entre Saifu et Deepy. C’est l’idée que l’on se fait en visionnant le trailer, une idée assez frustrante car déjà vue. De plus, le film est écrit par Imtiaz Ali et produit par Saif, déjà associés pour Love Aaj Kal. Mais il serait réducteur de limiter Cocktail à cette impression. Avant de narrer un triangle amoureux, Cocktail est une grande histoire d’amitié. L’amitié entre deux femmes que tout oppose : Veronica, l’enfant gâtée de la nuit et Meera, l’indienne traditionnelle. Une amitié tissée entre les 118

murs de toilettes publiques, une amitié par défaut devenue essentielle à l’une comme à l’autre. Une amitié qui donne à Meera un soutien, un toit et une confidente. Une amitié qui donne à Veronica une stabilité, un foyer et une sœur. Et c’est cette relation sororale qui sert de base à Cocktail. La romance qui s’y greffe n’est foncièrement que secondaire. La façon dont le lien entre Meera et Veronica se construit, se renforce puis se déstructure donne tout son sens au film. C’est de leur amitié que tout part, que tout s’amorce. C’est le commencement de leur relation qui constitue la genèse de l’intrigue. Le personnage de Gautam n’est ici qu’un faire-valoir ; un moyen de mettre à l’épreuve l’affection que Veronica porte à Meera, et vice versa.


critique:

Cocktail

En effet, le rôle de Gautam campé par Saif Ali Khan ne bénéficie que d’une écriture superficielle ; il rentre dans le rang des héros hermétiques à la romance pour y plonger tête la première à la vue de l’héroïne pure et innocente. On a déjà donné dans le genre avec Raj (Dilwale Dulhania Le Jayenge), Akash (Dil Chahta Hai), Karan (Hum Tum), Jai (I Hate Luv Storys)... Pourtant, on pourrait marcher encore, surtout avec Saif Ali Khan en tête d’affiche. C’est effectivement la romance qui lui va le mieux ; il l’a prouvé à de nombreuses reprises avec ses rôles dans Dil Chahta Hai, Hum Tum, Parineeta et Salaam Namaste. Hélas, on sent avec Cocktail que l’acteur s’essouffle dans ce registre, qu’il caricature ses anciens rôles ; avec une redite bas de gamme de ce qu’il avait délivré dans Hum Tum et Love Aaj Kal. Sauf qu’à l’époque du tournage, Saif a déjà 42 ans alors que ses partenaires en ont respectivement 27 (Diana) & 26 (Deepika). S’il est toujours très bel homme ; il semble trop âgé pour camper Gautam. Imran Khan, le premier choix pour le rôle, aurait sans doute été plus à même de correspondre au personnage, et de lui rendre justice. Dans Cocktail ; Saif Ali Khan en rajoute, cabotine à outrance. Mais qu’importe ; Gautam n’est pas le protagoniste le plus intéressant du film. Diana Penty fait ses débuts d’actrice en incarnant Meera ; l’indienne pieuse et réservée du trio. Force est de constater que l’actrice est magnifique. Force est de constater également qu’elle ressemble à s’y méprendre à Deepika Padukone, sa co-star dans le long-métrage. Malgré sa nette allure de top model, elle colle tout à fait au personnage timide et modeste qu’elle campe. Sensible, discrète et fidèle en amitié ; elle est l’héroïne Bollywoodienne dans toute sa splendeur, magnifique et sacrificielle. Elle met en pratique les valeurs qui habitent l’archétype de son personnage ; en totale contradiction avec celui de Veronica. Si elle s’inscrit dans un certain conservatisme ; elle n’en est pas moins ouverte d’esprit et accepte son amie dans son entièreté, avec ses différences et ses particularités. Diana Penty est impeccable dans un rôle manquant cependant de relief ; un peu dépassé par la volubilité de Veronica. 120

Autant le dire de suite, la star de Cocktail n’est autre que Deepika Padukone. Elle y joue Veronica, une londonienne noctambule quelque peu dépravée. La comédienne révélée en 2007 dans Om Shanti Om est tout bonnement exceptionnelle dans la peau de cette jeune femme sans repère ; habituée à être livrée à son instinct décadent. Elle délivre sa performance la plus complexe, la plus nuancée ; titubant entre la sincérité de l’amitié que voue son personnage à Meera et son propre désir d’être heureuse. Elle qui n’a jamais cru en l’amour voit en Gautam la perspective d’un avenir nouveau, d’une vie de projets et d’équilibre. Veronica incarne également la conviction que l’on peut évoluer, apprendre de ses erreurs pour devenir meilleur ; que l’on n’est pas viscéralement mauvais, encore moins irrécupérable ou incorrigible. Veronica est d’ailleurs le personnage le plus vrai de Cocktail. L’être humain n’est pas toujours grand d’âme ; il peut être égoïste et lâche, vulnérable face aux grandes décisions ; effrayé par le changement. Il est par essence imparfait, alors pourquoi vouloir nous faire croire qu’à l’écran, c’est différent ? Pourquoi une héroïne doit nécessairement être irréprochable ? Ne peut-elle simplement pas être proche de nous, à l’image de Veronica ; avec ses forces et ses faiblesses ; ses bonheurs et ses blessures ? Veronica ne s’apitoie pourtant pas sur son sort, mais elle dit haut et fort ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent. Elle balance à la figure de sa meilleure amie son mal-être, sans prendre de gants et sans se cacher derrière de beaux discours ; mais sans pour autant manquer d’humour. Veronica est brute, authentique et honnête. Et c’est ce qui fait son charisme. Pour la petite histoire, Deepika Padukone s’est vue proposer les deux rôles de Cocktail,


Autant le dire de suite, la star de Cocktail n’est autre que Deepika Padukone. mais a préféré camper celui de Veronica car il lui permettait d’explorer de nouvelles facettes de son jeu. Pari réussi pour la bombe indienne, qui sera nommée pour le Filmfare Award de la Meilleure Actrice grâce à sa prestation de haute volée. Boman Irani incarne Randhir, l’oncle de Gautam. Dans un rôle sympathique mais anecdotique, on pourra apprécier cet acteur de grand talent qui, à l’image d’un Irrfan Khan ou d’une Divya Dutta ; voit son potentiel régulièrement sous-employé. La grande Dimple Kapadia est hilarante dans les chaussures de Kavita, la mère de Gautam. Randeep Hooda fait quant à lui une apparition spéciale pour laquelle il joue Kunal, l’époux de Meera que cette dernière est venue retrouver en Angleterre. Efficace dans un rôle court, Randeep enchaîne les personnages secondaires dans des projets prestigieux depuis quelques années ; de Once Upon A Time In Mumbaai à Jannat 2, en passant par Heroine et Bombay Talkies. On le retrouvera en acteur vedette dans le prochain film d’Imtiaz Ali : Highway, avec Alia Bhatt. La photographie de Anil Mehta et le travail de montage effectué par Sreekar Prasad sont impressionnants ; la caméra pouvant filmer des plans classiques comme des séquences d’une grande qualité scénique. L’une des scènes cruciales de Cocktail est d’ailleurs brillamment mise en image, mettant d’autant plus en exergue l’incarnation évanescente de Deepika Padukone.

Pritam compose une de ses meilleures bandes-son avec Cocktail : scintillante, percutante, puissante et rythmée. L’aérienne « Tum Hi Ho Bandhu » prend cette dimension surannée grâce à la voix presque solennelle de Kavita Seth, qui sublime cet hymne à l’amitié en duo avec l’électrique Neeraj Sridhar. « Daaru Desi » est un titre de potes, à écouter en buvant un verre en se remémorant de bons souvenirs. Il bénéficie des timbres lisses sans être fades de Benny Dayal et Shalmali Kholgade. « Jugni » est un son intense et empli de tristesse ; chanté par le tout aussi intense Arif Lohar. La douce « Yaariyan » est interprétée par Mohan Kanan et Shilpa Rao. Les titres électro’ « Angreji Beat », « Main Sharabi » et « Tera Naam Japdi Phiran » sont dansants et entêtants ; mais sont vite évincés par le tube de l’album : « Second Hand Jawani » de Neha Kakkar, Miss Pooja et Nakkash Aziz. Enfin, la chanson « Lutna » est belle et enivrante grâce à ses artistes Masuma Anwar, Sahir Ali Bagga et Anupam Amod. Cocktail est ainsi un film sur l’amitié ; une comédie sentimentale d’un autre genre ; l’histoire de deux amies tourmentées par le dilemme cornélien entre l’amour et l’amitié. Deepika Padukone est celle qui marque le spectateur au fer rouge, elle est rebelle mais droite. S’il faut trouver une raison unique qui justifie la qualité du film, c’est elle qui l’incarne. Cocktail n’est donc finalement pas l’œuvre escomptée, le remake bon marché de Love Aaj Kal qui, au demeurant, manquait de consistance. C’est une déclaration d’amitié, une ode à ce lien unique tropsouvent écarté des scénarii hindi.

en conclusion Cocktail est donc le mélange de ces émotions, de ces attaches entre ce trinôme aux personnalités et aspirations divergentes ; tantôt édulcorées et tendres, tantôt vives voire explosives. Le cocktail de fruit devient ainsi rapidement un cocktail Molotov ; mais au final, on est loin de l’attentat artistique. Cocktail est une œuvre soignée et précise, qui ravira les amateurs de films de potes comme Zindagi Na Milegi Dobara ou Kai Po Che ; en version féminine. Inutile donc d’être fan du casting pour apprécier Cocktail, il suffit de se laisser porter par le travail net & solide de Homi Adajania et de son équipe. A ne pas rater ! par

Asmae

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CRITIQUE d u

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Any Body Can Dance Un film de danse en Inde ? Pléonasme, non ?

Et pourtant, c’est le pari qu’a fait le cinéaste Remo D’Souza après le succès de sa comédie F.A.L.T.U., avec Jackky Bhagnani et Puja Gupta. En 2013, il réalise Any Body Can Dance, connu sous l’acronyme ABCD. Ce chorégraphe de profession a officié dans de nombreux long-métrages à succès comme Tehzeeb, Life Partner, Student of The Year et Yeh Jawaani Hai Deewani. Il est également très connu à la télévision comme l’un des juges de la version indienne de Danse avec les Stars (Jhalak Dikhhla Jaa), en compagnie de Madhuri Dixit et Karan Johar. Il passe donc derrière la caméra pour mettre en images sa passion pour la danse. Il offre à sa troupe de danseurs professionnels les rôles principaux de ce film de danse qui se veut le tendant ‘curry/ idli’ de Sexy Dance et autres Steppin’. Il se paie surtout le luxe d’engager le grand Prabhu Deva en mentor de ces danseurs talentueux mais aux tempéraments électriques. Le chorégraphe Ganesh Acharya tient également un des rôles centraux du film. Produit par Siddharth Roy Kapur (le mari de Vidya Balan) et Ronnie Screwvala, ABCD n’était pas le film le plus anticipé de l’année 2013, et pourtant...

L’HISTOIRE : Vishnu (Prabhu Deva) est chorégraphe au sein de la Jehangir Dance Company dirigée par Jehangir Khan (Kay Kay Menon), jusqu’à ce qu’un conflit d’intérêt ne mette Vishnu à la porte. Décidé à retourner à Chennai, son ami Gopi (Ganesh Acharya) le persuade de rester à Mumbaï et de monter sa propre compagnie de danse. C’est ainsi qu’il forme une bande de jeunes danseurs prometteurs mais ingérables : D (Dharmesh Yelande) et Rocky (Salman Yusuff Khan) se détestent, Chandu (Punit Pathak) est accro’ à la drogue, Shaina (Noorin Sha) danse dans les bars pour s’en sortir, Rhea (Lauren Gottlieb) est une ancienne élève de la JDC victime d’une agression sexuelle... Entre problèmes, rancœurs du passé, amour, amitié, drames et désillusions ; ces jeunes vont apprendre le véritable sens de la danse... Qu’on se le dise de suite : les chorégraphies ne sont pas comparables à ce que les américains ont été capables de nous offrir en terme de films de danse. Mais la distribution est active et sait défendre des chorégraphies un peu faiblardes techniquement. Cependant, trois séquences musicales valent le détour : « Bezubaan », « Duhaai » et « Sadda Dil Vi Tu ». On appréciera aussi le solo de Prabhu Deva à un moment

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crucial du film. D’ailleurs, parlons de suite de la musique de ABCD : il s’agit d’un des plus grands atouts de l’œuvre. Composée par Sachin-Jigar (à qui l’on doit les excellents albums de Tere Naal Love Ho Gaya, Jayantabhai Ki Luv Story et Ramaiya Vastavaiya), la bande-originale est de très bonne qualité et surtout en phase avec le thème du film et chaque scène qu’elle accompagne : des folkloriques « Shambhu Sutaya » et « Psycho Re » à la pieuse « Sadda Dil Vi Tu », en passant par les délurées « Chandu Ki Girlfriend » et « Sorry Sorry » et les poignantes « Bezubaan » et « Duhaai » ; l’album dans son intégralité reste en tête et donne son sens et toute sa vivacité au film. Prabhu Deva est dans son élément dans le rôle de ce professeur authentique et investi, c’est surtout un plaisir pour les fans de le retrouver devant la caméra après tant d’années, lui qui a depuis longtemps pris le parti de diriger et chorégraphier plutôt que d’incarner. Remo D’Souza n’aurait pu trouver de meilleur candidat à ce rôle de gourou de la danse que le ‘Michael Jackson indien’. La troupe de danseurs qu’il dirige n’ont jamais joué la comédie et font pour la plupart leurs débuts d’acteurs avec ABCD.


Si Salman Yusuff Khan est celui que les spectatrices attendaient le plus pour sa plastique de rêve ; ce n’est pourtant pas lui qui crève l’écran. Dharmesh Yelande en musulman tourmenté et gosse des rues incontrôlable est très convaincant ; touchant par sa gaucherie mais aussi par sa motivation. Lauren Gottlieb est américaine et bien qu’elle ne parle pas le hindi, elle a tenu à doubler sa propre voix. Elle est très touchante et surtout magnifique à regarder, c’est la meilleure danseuse de la troupe et elle affine les chorégraphies par son énergie et sa technique. Mais celui dont on retient la prestation, c’est Punit Pathak. En addict à la drogue sur la voie de la rédemption, amoureux transi de la danseuse de bar Shaina ; il est poignant. Son personnage est le lien qui unit tous les personnages les uns aux autres. Son jeu est impeccable et c’est en plus un danseur incroyable. Ce qu’on ne voit pas dans ABCD, c’est que Punit est également un chorégraphe de talent. Il fait actuellement les beaux jours de la chaîne Colors en étant l’un des danseurs de Jhalak Dikhhla Jaa, où il est justement le chorégraphe et partenaire de Lauren Gottlieb, qui en est l’une des candidates. Salman Yusuff Khan est quant à lui en duo avec l’actrice de télévision Drashti Dhami. L’occasion de les redécouvrir, dans un autre contexte...

par

Asmae

en conclusion Le film semble être un divertissement plutôt léger, mais il est en réalité empli d’émotion sans pour autant tomber dans le mélodrame lacrymal. Remo D’Souza a réussi l’exploit de transmettre son amour de la danse sans avoir pour autant innové en la matière. C’est dans le jeu de ses acteurs, sa musique et son script que ABCD a puisé ses plus belles armes, pour devenir l’un des succès surprise de l’année 2013. Ce qui interpelle le plus, c’est la cohésion qui s’est créée au sein de la troupe, particulièrement palpable durant les trois séquences dansées citées ci-dessus. Une suite est d’ores et déjà envisagée, toujours sous la direction de Remo D’Souza, galvanisé par son second succès commercial après F.A.L.T.U.. En attendant cette séquelle dont on espère qu’elle sera aussi prenante que son pilote, savourez ABCD comme une ode à la danse mais surtout à l’amitié, à l’Inde. C’est connu : si la danse est prépondérante dans les films indiens, ce n’est pas sa technique qu’elle a brillé, mais par son âme et sa sincérité. Et c’est le message que délivre ABCD : l’authenticité de la culture indienne...

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CRITIQUE du

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Dangerous Ishhq

Karisma Kapoor, grande vedette du cinéma des années 1990, met un frein à sa carrière après son mariage express avec l’industriel Sanjay Kapur, en 2003. Quelques mois plus tôt, elle rompait ses fiançailles avec Abhishek Bachchan. Cependant, plusieurs de ses films sortiront en retard, comme Mere Jeevan Saathi (avec Akshay Kumar et Ameesha Patel) et Zamaanat (avec Amitabh Bachchan et Arshad Warsi). Lolo passe par la télévision en jouant dans Karishma – The Miracles of Destiny ; avec les acteurs Sanjay Kapoor (frère de Anil et Boney Kapoor), Arshad Warsi et Arbaaz Khan (frangin du fameux Salman). Surtout, elle devient en 2008 l’un des juges du show de danse Nach Baliye ; avec Farah Khan et Arjun Rampal. Après la naissance de son deuxième enfant, Kiaan Raj Kapur, elle signe Dangerous Ishhq ; thriller surnaturel dirigé par Vikram Bhatt.

Afin de laisser toute la place à l’aura de Karisma Kapoor, le cinéaste la caste face à Rajneesh Duggal,

un comédien de 33 ans qui a encore tout à prouver. Dans Dangerous Ishhq, aucune place pour le machisme, car c’est Karisma qui mène la danse. Vikram Bhatt offre en effet à la sœur aînée de Bebo un rôle taillé pour elle ; intense & extrême. Toujours aussi belle, jeune et mince, Karisma Kapoor excelle dans ce rôle troublant... L’HISTOIRE : Sanjana Saxena (Karisma Kapoor) est mannequin tandis que Rohan Thakral (Rajneesh Duggal) gère l’industrie familiale. Ils sont fous amoureux l’un de l’autre. Alors que Sanjana doit partir pour un an à Paris dans le cadre de son travail, elle décide finalement de rester auprès de Rohan. Mais il se fait enlever devant ses yeux, et la jeune femme perd connaissance pendant l’incident. Lors de son réveil lui apparaissent des images de sa vie antérieure...


On a ici droit à une histoire de réincarnation, comme on a pu en visionner préalablement dans Hameshaa (avec Saif Ali Khan et Kajol) et Om Shanti Om (avec Shahrukh Khan et Deepika Padukone). Le ton est impliqué, à l’image de Karisma Kapoor, qui donne tout dans le rôle de son come-back. Un grand retour annoncé qui se soldera par un bide commercial et critique. Pourtant, on ne peut en blâmer Lolo, qui est impeccable dans la peau de Sanjana. A 38 ans, elle n’a pas pris une ride et colle tout à fait au personnage. Après avoir donné naissance à deux enfants, elle affiche une silhouette sylphide et le temps ne semble pas l’avoir marqué physiquement ; elle a le même visage que lorsqu’elle jouait dans Shakti : The Power, en 2002. La scène de son introduction dans Dangerous Ishhq en témoigne : vêtue d’une mini-robe cintrée de Manish Malhotra ; elle est tout simplement sublime.

pour peut-être triompher en 2012, en les personnes de Rohan et Sanjana. Rajneesh Duggal incarne également Rajdutt, l’amour de Paaro ; Ali, le bien-aimé de Salma ; et Iqbal ; l’amant de Gita. Il est grand et fort ; très bel homme mais manque de consistance dans son jeu. Le sens de sa présence réside principalement dans son alchimie avec sa co-star, nettement palpable.

Karisma Kapoor, c’est un peu comme Kajol. On la connaît et on l’apprécie pour son jeu incisif, pour sa tendance au cabotinage également. Ceux qui n’ont pas suivi sa carrière diront qu’elle en fait trop ; mais c’est cette entièreté qui fait la singularité de Karisma Kapoor. Dans tous ses films, elle habite les protagonistes qu’elle incarne. On a le sentiment qu’elle est comme une éponge, absorbant tout ce qui constitue son personnage pour mieux l’interpréter. Pas une seconde on ne voit Karisma Kapoor ; mais on visionne avec passion l’histoire de Sanjana. Et elle était déjà comme ça dans Raja Hindustani (qui lui vaudra en 1997 le Filmfare Award de la Meilleure Actrice), Dil To Pagal Hai (pour lequel elle remportera le National Award du Meilleur Second Rôle Féminin), Fiza (grâce auquel elle raflera un autre Filmfare Award de la Meilleure Actrice), Zubeidaa...

Le problème réside dans sa narration. Si la première partie du film passe comme une lettre à la poste, la seconde est emplie d’incohérences et d’erreurs de jugement. La première heure et demie est rythmée et bien écrite, expliquant les différentes vies de Sanjana et Rohan de façon succincte mais pertinente. Mais la seconde semble vouloir nous surprendre. Elle y parvient au départ ; mais part dans une surenchère de retournements de situation. Du coup, à la fin, on voit le coup venir ; le spectateur n’est plus dupe et se doute que la trame lui réservera un nouveau ‘twist’.

On croit dur comme fer en Sanjana, en l’amour démesuré qu’elle porte à Rohan. Dangerous Ishhq donne à voir une histoire d’amour immodérée, entièrement portée par la prestation de Karisma. Car si son couple avec Rajneesh Duggal fonctionne à merveille ; le comédien n’a pas l’espace nécessaire pour démontrer quoi que ce soit. Il est là le faire-valoir de sa partenaire ; et sait s’effacer avec classe pour laisser à la star toute la place pour nous illuminer de son interprétation sans fausse note. Mais dans Dangerous Ishhq, Karisma et Rajneesh ne jouent pas un personnage chacun ; mais 4 ! Effectivement ; Lolo y est Sanjana ; mais elle campe en plus les héroïnes de ses vies antérieures Paaro, Salma et Gita. A chaque fois, elle est transcendante et porte en elle l’intensité indispensable pour jouer de tels personnages. Chacun contextualisés au XVIème, XVIIème (sous le règne du Shah Jahan) et XXème siècle (pendant la Partition des Indes) ; ils mettent en image les destins brisés de ce couple dont la relation a traversé les époques

Jimmy Shergill campe un inspecteur de police énigmatique avec justesse, Divya Dutta est parfaite en amie doctoresse ; mais demeure comme toujours sous-employée. Ruslaan Mumtaz est le frère de Rohan mais semble trop lisse pour jouer ce rôle plein de complexité. On a surtout l’occasion de voir Gracy Singh, Arya Babbar et Ravi Kishan dans des rôles courts mais efficaces. Mais comment expliquer le flop de Dangerous Ishhq si son casting est majoritairement à la hauteur ?

On peut aussi regretter que les décors et les effets spéciaux n’aient pas été plus soignés. Dangerous Ishhq a été promu comme un thriller en 3D, hors on se demande bien ce qui justifie ce parti pris. Les effets sont bâclés, dignes d’anciennes œuvres dépassées. Les locaux manquent quant à eux de précision, de finitions ; on ne peut pas dissocier les lieux de la romance de 1947 à ceux des histoires datant de 1658 & 1535. Au regard du thème, il aurait été d’ailleurs intéressant de pousser l’intrigue plus loin. Avec Dangerous Ishhq, on a le sentiment amer que Vikram Bhatt n’a pas su tirer profit de son script au maximum ; qu’il s’est arrêté au plus facile, au plus commun. Il aurait pu faire de son œuvre un thriller psychologique plus original, plus perturbant ; à l’image du dernier succès de Vidya Balan, Kahaani. Il semble en effet peu probable qu’un officier de police ou qu’un médecin prennent au sérieux les allégations de Sanjana concernant la réincarnation ; on a l’impression que le tout manque de vraisemblance. Dommage car rendre son récit plus vérace aurait servi le cinéaste comme la comédienne, qui aurait pu aller plus loin encore en illustrant une Sanjana détruite de l’intérieur, torturée par des souvenirs qu’elle ne comprend pas. Et il est certain que cette interprète de grand calibre aurait rendu justice à un tel rôle. → 125


critique:

Dangerous Ishhq

Niveau bande-son, Himesh Reshammiya se colle à sa composition. Il propose une musique dans le ton du film ; transgénérationnelle et envoûtante. Même la voix nasillarde du directeur musical passe bien sur les titres qu’il interprète. Mais la pépite de l’album est « Tu Hi Rab Tu Hi Dua », chantée par l’exceptionnel Rahat Fateh Ali Khan et Tulsi Kumar. Mais les morceaux « Ishq Mein Ruswa » de Anweshaa ;« Naina Re » de Himesh Reshammiya, Rahat Fateh Ali Khan et Shreya Ghoshal et « Lagan Lagi » de Shreya Ghoshal et Shahab Sabri sont tout aussi réussis. Seul « Umeed » de Amrita Kak et Shahab Sabri s’oublie rapidement sans laisser de souvenir.

en conclusion En somme, Dangerous Ishhq donne l’occasion à l’audience de revoir Karisma Kapoor dans une prestation d’envergure qui ne lui a malheureusement pas porté bonheur, puisqu’elle n’a signé aucun autre film depuis la sortie du long-métrage, en mai 2012. La sœur de Kareena Kapoor est fantastique dans un film qui la met certes en valeur, mais pas suffisamment pour lui permettre de revenir sur le devant de la scène Bollywood. Voilà pourtant une actrice qui n’a rien perdu de son piquant, de sa versatilité ; capable de camper quatre personnages pour un même film ; à chaque fois avec la même justesse. Si c’est désormais sa petite sœur qui règne sur le cinéma hindi, Karisma Kapoor demeure l’une des actrices les plus douées de sa génération ; et cette unique raison justifie que l’on prenne le temps de voir Dangerous Ishhq, auquel elle a donné toute son énergie. 126

par

Asmae


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Ishkq in Paris

On n’avait pas vu Preity Zinta depuis 2008 avec sa performance brillante dans le film indépendant Videsh : Heaven on Earth et son rôle secondaire dans l’émouvant Heroes. Pour faire patienter son public, elle fera deux apparitions en chansons dans Rab Ne Bana Di Jodi (pour le titre « Phir Milenge Chalte Chalte ») et Main Aurr Mrs Khanna (dans l’item number « Happening »). Quatre longues années durant lesquelles Preity Zinta a eu une vie mouvementée, aussi bien professionnellement que côté cœur. Tout d’abord, elle s’est séparée de son petit-ami de longue date, le businessman Ness Wadia, avec lequel elle continue de travailler dans le cadre de l’équipe de cricket dont ils sont les actionnaires : les Kings XI Punjab. Son film Har Pal est dans les tiroirs, terrassé par une polémique de taille : son acteur vedette, Shiney Ahuja, est incarcéré pour agression sexuelle sur son employée de maison. Le projet est mis de côté, et l’on attend toujours qu’il soit relancé. Preity fera en attendant un détour par la télévision en animant son talk-show Up Close & Personal with PZ ; où elle accueillera le tout Bollywood comme Salman Khan, Shahrukh Khan, Hrithik Roshan et Farhan Akhtar. Enfin, la sortie de sa production Ishkq In Paris, prévue pour le second semestre de 2012, est décalée pour une durée indéterminée. En effet, son réalisateur Prem Soni perd son père durant la période de postproduction ; et le jeune cinéaste apprend dans le même temps qu’il est atteint d’un cancer. Finalement, Ishkq In Paris sortira le 24 mai 2013 après la rémission de Prem, dans l’ignorance générale. Un flop auquel le public s’attendait, malgré le retour de l’actrice aux fossettes et tous les investissements qu’ont nécessité cette œuvre. Mais Ishkq In Paris méritait-il un tel verdict ? A-t-il fait un tel bide car il a souffert de son manque de promotion ? Ou alors parce qu’il n’est tout bonnement pas réussi ? L’HISTOIRE : Ishkq Élise (Preity Zinta) est une photographe franco-indienne qui coule des jours heureux à Paris, où elle vit avec sa mère, l’actrice Marie Élise (Isabelle Adjani). Cette épicurienne croque la vie à pleines dents sans se soucier de l’avenir. Elle ne croit d’ailleurs pas en les relations à long terme, encore moins au sentiment amoureux. Dans un train, elle rencontre Akash (Rhehan Malliek), un businessman indien qui partage son état d’esprit. Ils décident de passer du bon temps ensemble sans succomber l’un pour l’autre, sauf que... On a déjà vu mille fois le schéma du phobique de l’engagement qui finit par tomber amoureux et... s’engager ! Ici, il n’y en a pas un, mais deux !

Preity Zinta et Gaurav Chanana (acteur de télévision renommé Rhehan Malliek pour l’occasion) campent ces allergiques à l’amour fondant l’un pour l’autre bien malgré eux. Le récemment nommé Rhehan Malliek fait donc ses débuts dans un rôle titre au cinéma avec ce film, face à la désormais incontournable Preity Zinta. Pourquoi avoir choisi un inconnu quand Preity aurait pu solliciter Shahrukh ou Salman Khan, ses deux amis de longue date ? (Elle ne s’est d’ailleurs pas gênée pour le faire, en offrant au dernier une apparition dans la séquence musicale « Kudiye Di Kurti ») La rumeur veut qu’aucun acteur d’envergure n’ait voulu faire partie de l’aventure, contraignant Preity à engager une nouvelle tête. Ce que l’on ne peut pas nier, c’est que le couple que forment Preity et Rhehan fonctionne à merveille. Les acteurs semblent avoir le même âge, ils sont physiquement harmonieux, Gaurav Chanana/Rhehan Malliek a d’ailleurs de faux airs d’un autre bellâtre aux yeux clairs : Akshay Oberoi, qui démarrait sa carrière en 2010 dans Isi Life Mein. L’acteur a sans doute voulu signer le renouveau de sa carrière en devenant Rhehan Malliek ; et ce après un passage oubliable dans des séries télévisées qui le sont tout autant. Dans Ishkq In Paris, il s’en sort très bien dans un rôle immensément réducteur. C’est d’ailleurs l’un des défauts de Ishkq In Paris, parmi tant d’autres : l’histoire, écrite par Prem Soni et Preity Zinta elle-même. Le tout est terriblement cliché, les personnages sont caricaturaux, et il en va de même pour les dialogues et les situations. Cela manque cruellement de fraîcheur, de nouveauté, d’originalité ; à la manière de films comme Ekk Main Aur Ekk Tu ou Cocktail qui apportaient de l’audace dans leur trame et leurs protagonistes. On a l’impression d’avoir vu ce type d’intrigues des centaines de fois, sans que cette fois-ci ne nous apporte quelque chose en plus. Preity Zinta n’est pas plus chanceuse : le rôle de Ishkq ne lui convient pas. En premier lieu, du haut de ses 38 ans, elle est trop âgée pour entrer dans les chaussures de Ishkq sans faire de dégâts. Mais ce n’est pas le plus grave, car Preity a toujours été connue pour sa candeur et son sourire ravageur, on se dit légitimement qu’elle → 127


critique:

Ishkq in Paris

qu’elle nous fera oublier son âge pour nous illuminer de ses expressions adorables et de sa justesse d’interprétation. Mais il n’en est rien. Selon plusieurs ragots, la magnifique Rajput aurait eu recours à des injections de botox. Il semble que Ishkq In Paris ne les confirme, puisque Preity affiche un visage figé, ses expressions faciales en sont devenues très artificielles, presque plastiques. Elle n’avait pourtant nullement besoin de telles interventions et faisait partie des plus belles actrices de Bollywood. Du coup, elle semble encore plus vieille qu’elle ne l’est vraiment. Preity Zinta est pourtant connue pour son naturel et son expressivité, d’où l’immense déception au visionnage de Ishkq In Paris. Ensuite, on peut décemment se demander ce qu’une actrice du calibre d’Isabelle Adjani est venue faire dans cette galère. Effectivement, cette comédienne a tout de même gagné cinq Césars de la Meilleure Actrice (le dernier en date lui a été décerné pour La Journée de la Jupe). Depuis, elle se fait rare au cinéma, on l’a aperçu dernièrement dans le téléfilm Aïcha, avec Sofia Essaïdi et Biyouna. Elle incarne dans Ishkq In Paris la mère de Preity Zinta. Et on peut dire qu’elles sont en phase puisque la comédienne française de renom est aussi figée que sa fille fictive ! Isabelle Adjani n’y dit que quelques mots. Le reste du temps, elle est doublée en hindi par une autre personne. Elle est surtout exploitée comme argument de vente, car son rôle n’a guère d’impact sur l’histoire de Ishkq et Akash, si ce n’est la phobie de la première en ce qui concerne l’amour. On a en revanche le petit plaisir de voir Shekhar Kapur dans une brève apparition, pour laquelle il campe le père de Ishkq. Côté cameo, Salman Khan partage quelques pas de danse avec Preity Zinta tandis que Chunky Pandey fait le clown comme à son habitude, même s’il est moins drôle que dans la peau du cultissime Aakhri Pasta des blockbusters Housefull et Housefull 2. Le film a été presque intégralement tourné en France, tantôt à Lyon, tantôt à Paris ; avec quelques séquences à Prague et en Inde. Les images sont magnifiques, résultant dans un budget énorme pour cette première production de Preity Zinta. D’où le bide retentissant du film au box-office, qui ne comblera que le cinquième de ses frais. L’album est sorti le 17 septembre 2012, de quoi faire patienter les fans avant l’arrivée tardive du film dans les salles obscures. La musique est composée par

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le binôme Sajid-Wajid, devenu très convoité depuis le succès de leur travail sur Dabangg, en 2010. La bande-son est constituée de 5 morceaux. Le premier de la liste est aussi le plus efficace, il s’agit de « It’s All About Tonight », interprété par Sunidhi Chauhan et Rahul Vaidya ; avec également la voix de Sophie Choudhry pour chanter les paroles en français. S’en suit le titre qui sert d’accompagnement à la ‘guest appearance’ de Salman Khan « Kudiye Di Kurti », auquel Sonu Nigam prête sa voix en duo avec Shreya Ghoshal. La version de « Jaane Bhi De » de Sonu Nigam et Sunidhi Chauhan est bien plus marquante que celle, en solo, de Wajid. L’excellent Rahat Fateh Ali Khan pose son timbre transcendant sur « Saiyaan », un son très émouvant du fait du grain si intense du chanteur de qawwali. Enfin, le morceau bhangra « Teri Choodiyan Da Crazy Crazy Sound Soniye » est clairement entêtant, même s’il est évident que la voix de Wajid est ici passée à la moulinette d’Autotune. Une chanson ne faisant pas partie de la bande-originale, « Une Nuit à Paris/One Night in Paris », conclut le film partiellement en français ; avec la voix et la musique de la franco-tunisienne Dalia Raiyen.

en conclusion Ishkq In Paris n’est pas une daube, mais s’en approche. On attendait autre chose de la part de la ‘dimple queen’, celle qui a apporté un nouveau souffle au cinéma indien dès ses débuts au cinéma, en 1998. On se souvient tous de cette scène dans Dil Se, son premier film, où elle a l’affront de demander à Shahrukh Khan s’il est encore vierge. Et cette séquence caractérise tout à fait le parcours de Preity, ainsi que son tempérament. Ouverte d’esprit, loquace, fraîche et culottée ; elle a pris le parti d’orienter ses choix vers des films forts et des rôles stimulants. Comme dans Sangharsh où elle joue un officier de police. Dans Mission Kashmir où elle campe une journaliste. Dans Chori Chori Chupke Chupke où elle incarne une prostituée devenue mère porteuse.


Dans Armaan où elle est une jeune femme psychologiquement perturbée. Dans Kabhi Alvida Naa Kehna où elle joue une carriériste trompée... Preity Zinta, c’est tout cela, et tellement plus encore. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, et devient même réductrice lorsque l’on pense à ses prestations dans Koi Mil Gaya, Kal Ho Naa Ho, Dil Hai Tumharaa, Veer-Zaara, Salaam Namaste... Bref, Ishkq In Paris n’est qu’un point noir dans la carrière impeccable de Preity, qui a fait une sacrée boulette en soutenant ce projet insipide. On regrette qu’elle n’entende pas son âge, qu’elle ne l’accepte pas, avec les rides mais surtout les rôles qui vont avec. De grandes vedettes comme Kajol et Sridevi l’ont parfaitement intégré, et ont saisi que les romcom légères ne leur correspondaient plus. On espère qu’il en sera de même pour Preity, qui mérite tellement mieux que ce flop violent mais hélas justifié. En somme, Ishkq In Paris s’oublie très vite, et malgré sa durée limitée (1h36) ; il traîne horriblement en longueur. On souhaite à Preity d’avoir dans ses manches d’autres rôles qui la mettront réellement en valeur. Le public la retrouvera prochainement dans Bhaiyyaji Superhitt, face à Sunny Deol ; et dans une apparition spéciale pour Happy Ending, avec Saif Ali Khan. par

Asmae 129


CRITIQUE du

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Ek tha Tiger

Lorsqu’on annonce en mai 2011 que Salman Khan collaborera pour la première fois avec Yash Raj depuis ses débuts en 1988, l’industrie est en effervescence. Il sera en effet le héros du prochain film de Kabir Khan, qui a réalisé des films sérieux et engagés comme Kabul Express (avec Arshad Warsi et John Abraham) et New York (avec John Abraham et Katrina Kaif). Mais l’événement réside également dans le fait que ce long-métrage signe les retrouvailles à l’écran de Sallu avec Katrina Kaif, son ex-petite amie dont il est à l’époque séparé depuis quelques mois. La bande-annonce augure un film d’action percutant, avec un Salman omniprésent et omnipotent. On voit effectivement à peine la belle Katrina et l’on s’attend légitimement à ne l’apercevoir que très occasionnellement, au même titre que les récentes partenaires de l’acteur comme Ayesha Takia Azmi (Wanted, en 2009), Sonakshi Sinha (Dabangg & Dabangg 2, en 2010 et 2012), Asin Thottumkal (Ready, en 2011)... Ce l’on pense visionner donc au préalable, c’est un film d’action (Salman oblige) plutôt fin (du fait de la présence de Kabir Khan) avec une héroïne décorative. On espère surtout que Salman sortira de la facilité en ne figurant pas dans un film respectant le même schéma que ses récents succès. Un film d’action intelligent, pour changer... Intitulé Ek Tha Tiger, le film sort finalement en salles le 15 août 2012, en pleine période de l’Aïd El Fitr. Sans surprise, le long-métrage fait un carton, devenant le second film le plus rentable de tous les temps en Inde, derrière la comédie 3 Idiots (récemment détrônée par le long-métrage Chennai Express; avec Shahrukh Khan et Deepika Padukone). Le film de Sallu est même diffusé dans plusieurs salles en France et y réalise des scores plus qu’honorables. Mais est-ce que Ek Tha Tiger se démarque réellement ? A-t-il trouvé son public parce qu’il a su être original, ou parce qu’il s’est inscrit dans la lignée des autres blockbusters de Salman Khan ? L’HISTOIRE : Avinash Singh Rathode dit Tiger (Salman Khan) est agent secret pour le gouvernement indien. Dans son métier, on apprend à penser avec sa tête en occultant ses sentiments, à se consacrer corps et âme à son devoir professionnel sans même songer à construire une vie familiale. Seul mais investi dans son travail, Tiger doit se rendre à Londres pour y mener à bien une de ses missions. Il s’y fait passer pour un écrivain du nom de Manish Chandra. Sur place, il rencontre Zoya (Katrina Kaif), une étudiante indo-britannique pour laquelle il ne tarde pas à craquer... En dire plus dévoilerait le seul véritable ressort scénaristique de Ek Tha Tiger, qui repose sur le personnage de Zoya, incarné par Katrina Kaif, qui semble être devenue la muse du réalisateur. Ils travaillent en effet pour la seconde fois ensemble, et la jeune anglaise sera de nouveau à l’affiche du prochain long-métrage du cinéaste, avec Saif Ali Khan. 130


Pourtant, on ne peut pas dire que Katrina excelle dans Ek Tha Tiger, et il en va de même pour Salman Khan. L’impression est qu’on a du service minimum cinématographique, et ce de la part de toute l’équipe. L’impression que Kabir Khan a voulu signer un succès commercial au risque de bâcler son film, lui qui est pourtant célèbre pour être un réalisateur fin et méticuleux. On a le sentiment que ce projet est né dans un but uniquement lucratif, la bannière Yash Raj ayant conscience du fait que Salman Khan soit devenu une machine à blockbusters, lui a proposé un film à sa mesure sans chercher à le pousser artistiquement dans ses retranchements. Et la star a bien compris le message en se contentant d’un jeu très superficiel, idem concernant sa partenaire. Ils n’habitent pas les personnages de Tiger et Zoya, ils se contentent de les feindre. Katrina Kaif semble tout de même un tantinet plus investie que son ex, qui perd quant à lui en consistance dans son jeu avec les années. Mais il ne faut pas oublier qu’à une certaine époque, Salman Khan était l’un des acteurs les plus vrais et versatiles de sa génération (nous lui consacrions un article spécial dans le précédent numéro de Bolly&Co’ avec Vidya Balan et Emraan Hashmi en couverture). Il a campé le rôle d’un malade mental dans Kyon Ki, d’un amant psychologiquement dérangé dans Tere Naam, d’un acteur lunatique dans Jaan-E-Mann, d’un musicien sacrificiel dans Hum Dil De Chuke Sanam, d’un coach en séduction dans Partner, d’un époux dont la femme est stérile dans Chori Chori Chupke Chupke, d’un veuf tourmenté dans Dil Ne Jise Apna Kahan, d’un amoureux gaffeur dans Pyaar Kiya Toh Darna Kya... Salman Khan sait jouer, et il peut le faire à merveille lorsqu’il est pris en main par un cinéaste audacieux et impliqué. Mais Salman Khan est surtout au service de son public, qui le plébiscite dans le même style d’œuvres, le faisant devenir un véritable acteur de genre à la manière d’un Jason Statham à Hollywood. Dans Ek Tha Tiger, il manque de profondeur mais demeure attendrissant dans les moments romantiques face à Kat’, qui affiche quant à elle un jeu moins artificiel que par le passé. Ce que l’on ne peut pas enlever à Katrina Kaif, c’est qu’elle est magnifique à regarder. Elle adopte dans Ek Tha Tiger un look très naturel, et n’est que très peu maquillée dans la plupart de ses scènes. On comprend donc comment et surtout pourquoi elle a tapé dans l’œil de Salman Khan il y a quelques années. Dans certaines séquences, elle parvient même à être touchante sans pour autant nous marquer autant que dans ses précédents films comme Mere Brother Ki Dulhan dans lequel elle est tordante, et New York dans lequel elle est bouleversante.

par

Asmae

Son personnage est tout de même moins effacé qu’on n’aurait pu le croire, dommage que Katrina n’ait pas profité suffisamment de cet espace pour insuffler plus de profondeur à Zoya. Ek Tha Tiger est un film d’action, mais pas seulement. L’intrigue tourne en effet autour de la romance entre Tiger et Zoya, tourmentée par les méchants et les espions. Si le romantisme n’est pas vraiment au rendez-vous, on ne peut néanmoins pas nier que Salman Khan et Katrina Kaif partagent une complicité indéniable. On aurait aimé qu’elle soit encore plus exploitée, d’autant plus que dans ce contexte de film d’action sur fond d’histoire d’amour contrariée, ce parti pris aurait eu son sens et aurait même donné plus de puissance à l’œuvre.

Si le film manque de substance dans son ensemble, on ne peut cependant pas dire qu’il en soit autant côté musique. En effet, l’album de Sohail

Sen est franchement agréable bien qu’un peu mince du point de vue quantitatif. Le compositeur de What’s Your Raashee a constitué trois morceaux auxquels s’ajoute le titre créé par le duo fétiche de Sallu : Sajid-Wajid. On leur doit ici le chartbuster « Mashallah », chanson orientale entêtante qui sert de générique de fin au long-métrage. Les trois compositions de Sohail Sen (qui remplace au demeurant Pritam, dépassé par son emploi du temps surchargé) sont la musique aux influences latinos « Lapaata » ; le titre aux sonorités écossaises « Banjaara » qui bénéficie de la voix du très bon (et trop rare !) Sukhwinder Singh ; et la ballade indienne « Saiyaara » chantée par Mohit Chauhan et Tarannum Mallik. L’album est réussi dans sa globalité, Sohail Sen poursuivant sur sa glorieuse lancée après les bandes-originales appréciables de Mere Brother Ki Dulhan et From Sydney With Love.

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en conclusion

Ek Tha Tiger s’approche plus de la romance que du film d’action, sans être pour autant pleinement réussi dans un genre ou dans un autre. Si tout n’est pas bon à jeter, on pouvait décemment s’attendre à bien mieux de la part d’une telle distribution, aussi bien côté acteurs que côté production. La fin nous laisse d’ailleurs assez insatisfait, déçu par ce film à l’intrigue facile et à la mise en scène sans grande inspiration. Pourtant, Ek Tha Tiger avait tout pour être un film de qualité, sinon au moins sympathique. Dommage d’avoir gâché un tel potentiel pour faire du fric...

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CRITIQUE d u

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Chashme Baddoor

David Dhawan revient derrière la caméra en 2013 avec Chashme Baddoor, remake du succès de 1981 avec Farooq Sheikh et Deepti Naval. Le film compte à son casting le chanteur pakistanais Ali Zafar, les acteurs dravidiens Siddharth et Taapsee Pannu ainsi que le jeune Divyendu Sharma. La distribution peut également compter sur le soutien des incontournables Anupam Kher, Rishi Kapoor et Lilette Dubey. Les remakes sont à la mode à Bollywood ; qu’ils soient régionaux (Ready, Singham, Bodyguard...), tirés de classiques (Agneepath, Himmatwala, Zanjeer...) ou d’œuvres internationales (Akele Hum Akele Tum, Mann, Speed...). David Dhawan est connu pour nous proposer du très bon comme du minable ; et n’a pas dirigé depuis le bide de Rascals ; avec Sanjay Dutt, Ajay Devgan, Arjun Rampal et Kangana Ranaut. Il est à la franche comédie ce que Kunal Kohli est à la romcom : un bourrin qui sait y faire, sans pour autant être infailliblement inspiré.

Avec Chashme Baddoor, il quitte ses acteurs de prédilection Salman Khan et Govinda pour mettre en tête d’affiche des comédiens frais et dynamiques, mais aussi plus jeunes. On peut dire que le cinéaste a pris un risque considérable en confiant la charge de son œuvre à ce casting de qualité mais à la popularité encore frêle. De plus, il engage la jeune Taapsee Pannu pour le rôle principal féminin, dont c’est le premier film en hindi. Divyendu Sharma signe là son second long-métrage après sa prestation acclamée dans Pyaar Ka Punchnama, en 2011. Quant à Siddharth, son dernier film bollywoodien en date, Striker, a floppé en 2010. Seul Ali Zafar a su s’imposer avec les cartons critiques et populaires de ses projets Tere Bin Laden, Mere Brother Ki Dulhan et London Paris New York. Mais Chashme Baddoor version 2013 parvient-il à trouver son identité, en nous faisant suffisamment oublier l’original ?

L’HISTOIRE : Sid (Ali Zafar) est un jeune homme simple et honnête, et ce contrairement à ses deux amis et camarades de chambrée Jai (Siddharth) et Omi (Divyendu Sharma) ; deux véritables acteurs et beaux parleurs lorsqu’il s’agit de servir leurs intérêts. Ils vivent dans la résidence de Joséphine (Lillette Dubey), à laquelle ils doivent plusieurs loyers en retard. Ils ne se gênent pas non plus pour manger gratuitement dans le restaurant de Joseph (Rishi Kapoor). Mais le jour où Seema (Taapsee Pannu) arrive dans le voisinage, les choses se corsent entre les trois compères...


Le trio de choc formé par Ali, Siddharth et Divyendu porte le film d’un bout à l’autre. La comédie est ici grossière sans en devenir indigeste. En effet, Chashme Buddoor emploie là d’énormes ficelles que l’on connaît au cinéma indien depuis des lustres (cf Andaz Apna Apna, Housefull, Ajab Prem Ki Ghazab Kahani...). Pourtant, le résultat est plutôt efficace, on rit de bon cœur, on passe un bon moment sans avoir oublié au préalable de débrancher son cerveau. Car il faut bien avoir en tête que Chashme Buddoor n’est en rien intelligible, encore moins subtil. On a ici un humour de masse, destiné à un public familial. Tous les archétypes de la comédie sont exploités dans Chashme Buddoor : un mensonge qui créé un voire plusieurs quiproquos, avec forcément les situations loufoques qui en découlent. Taapsee Pannu ne tient là qu’un rôle anecdotique prétexte aux scènes comiques ; mais n’en est pas l’actrice, seulement l’objet. Seema n’est que le sujet de convoitises des trois garçons, mais n’a pas de réelle consistance scénaristique. Cependant, Taapsee incarne son rôle avec panache et conviction, et sa prestation demeure agréable, sans pour autant laisser de réelle empreinte. Elle ne tombe cependant pas dans la caricature de la belle plante sans caractère à la manière de Priyanka Chopra dans Dostana et parvient même à insuffler un semblant d’authenticité à Seema, mais souffre néanmoins de la maigreur de son personnage. Ali Zafar écope d’un rôle relativement lisse, dans lequel il ne manque cependant pas de charisme. Mais le relief que possèdent les personnages de Jai et Omi, campés par Siddharth et Divyendu Sharma respectivement, lui fait défaut. Pourtant excellent dans le registre comique (il était le véritable atout de Mere Brother Ki Dulhan, mémorable en frère indécis), son personnage le réduit à une certaine fadeur. Ceux sont effectivement Siddharth et Divyendu qui font le show ; nous gratifiant de leur lourdeur et de leur maladresse tout le long du film. L’un cinéphile, l’autre poète ; ils saupoudrent leurs facéties des dialogues pertinents et fantaisistes de Farhad-Sajid. C’est avec délectation qu’on savoure leurs aventures, leurs mensonges et leurs erreurs. Il est d’ailleurs franchement plaisant de retrouver Siddharth dans un personnage aussi indécent, lui qui a surtout une image de héros romantique délicat à Tollywood (on vous recommande dans ce genre Nuvvostanante Nennodantana, Konchem Ishtam Konchem Kashtam, Bommarillu et Baava). →

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critique:

Chashme Baddoor

Mais l’autre révélation vient d’un acteur qui n’a désormais plus rien à prouver : le grand Rishi Kapoor. Avec les années, la plupart des comédiens indiens sont limités aux personnages de pères ou d’antago-

nistes. Mais le fils de Raj Kapoor a su donner un nouveau souffle à sa carrière dès lors que sa période de ‘’jeune premier’’ lui a filé entre les doigts. Il a depuis campé un producteur de cinéma dans Luck By Chance, un père et mari fuyant dans Hum Tum, un amoureux nostalgique dans Love Aaj Kal, un proviseur homosexuel dans Student of The Year, un méchant sans vergogne dans Agneepath, un amant dévoué dans Jab Tak Hai Jaan... On sent que le comédien n’a peur de rien, et ce pour notre plus grand bonheur ! Il joue le rôle de Joseph, un célibataire endurci tatoué qui tombe amoureux de la belle Joséphine, interprétée par la pimpante Lilette Dubey (elle était l’amie d’Amitabh Bachchan dans Baghban et la voisine de Shahrukh Khan dans Kal Ho Naa Ho). Leur romance n’est ici qu’esquissée, mais n’en demeure pas moins attendrissante. Enfin, on appréciera Anupam Kher dans un double rôle qui lui sied à ravir. Côté production, on a le sentiment que David Dhawan est devenu comme Aditya Chopra, en s’auto-référençant sans cesse. Chashme Buddoor donne ainsi l’occasion de voir Siddharth et Taapsee danser sur « What Is Mobile Number » de Haseena Maan Jaayegi, avec Govinda et Karisma Kapoor ; tandis que Rishi Kapoor se trémousse avec Lilette Dubey sur « Tu Tu Tara » de Bol Radha Bol, dans lequel il jouait avec Juhi Chawla. Il s’agit de deux œuvres que Dhawan a réalisé et qui servent ici les rêveries de ses protagonistes. En ce qui concerne la bande-originale, elle est dirigée par Sajid-Wajid. Album coloré et énergique, la musique de Chashme Buddoor est d’autant plus réussie qu’elle est totalement originale. Aucun titre du film de 1981 n’a été réutilisé ; et le duo de compositeurs nous offre une bande-son de qualité et surtout pleine d’identité. Le morceau qui reste le plus en mémoire est la tordante « Har Ek Friend Kameena Hota Hai », chantée par Sonu Nigam. Le titre « Dhichkyaaon Doom Doom » existe en deux versions, mais celle qui bénéficie des voix de Ali Zafar et Shreya Ghoshal est la plus agréable. Le son « Early Morning » de Sonu Nigam a aussi droit à son remix, toujours avec le grain de Ali. On écoutera sans déplaisir « Ishq Mohallah », avec le timbre du percutant Mika Singh. Enfin, l’album se conclue sur la tonitruante « Andha Ghoda Race Mein Dauda » interprété par Ali et Wajid. On peut cependant regretter amèrement l’absence de Siddharth sur cet album ; qui est effectivement un excellent chanteur ayant contribué à plusieurs chansons de ses précédents films ; comme « Bombay Bombay » de Striker, « Oye Oye » de Oy, « Sri Chaitanya » de Oh My Friend et « Appudo Ippudo » de Bommarillu.

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en conclusion Chashme Buddoor n’est pas la comédie la plus fine, ni la plus recherchée ; mais elle a le mérite d’être divertissante. Le casting est en totale harmonie, sans qu’un acteur ne surplombe excessivement l’autre. L’absence de grosse tête du cinéma hindi sert le film ; qui se base sur l’alchimie de ses trois acteurs vedette. Car la force de Chashme Buddoor est de nous narrer une amitié sincère, certes pleine de fausses notes ; mais vraie. Il est clair que Ali Zafar, Siddharth et Divyendu Sharma ont su donner vie à leurs personnages avec beaucoup de justesse ; et ils sont les artisans du succès du film, qui a réalisé de très bons scores au box-office lors de sa sortie en avril 2013. Chashme Buddoor est donc une comédie pleine de bonnes intentions ; qui vous fera passer deux heures de franche rigolade. par

Asmae


CRITIQUE d u

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Lootera Début 2011, les cérémonies de récompense décernent des trophées à tout va pour les meilleurs artisans du cinéma hindi de l’année précédente. Dans la catégorie des Meilleurs Espoirs, deux noms reviennent incessamment en tant que lauréats : Ranveer Singh et Sonakshi Sinha. Le premier, cousin au second degré de l’actrice Sonam Kapoor, a débuté dans la romcom Band Baaja Baaraat produite par Yash Raj. La seconde, fille de l’acteur Shatrughan Sinha, jouait la chérie de Salman Khan dans le blockbuster Dabangg. Alors que l’industrie les brosse allègrement dans le sens du poil, un autre film est salué malgré un casting sans grosse tête : Udaan, réalisé par Vikramaditya Motwane. Il révélait au grand public l’excellent Rajat Barmecha, hélas évincé par le potentiel commercial du poulain Ranveer. Pourtant, pendant les deux années qui suivent leurs débuts encensés, Ranveer Singh comme Sonakshi Sinha n’entreront pas dans la légende. Si l’un a été très peu productif avec un seul film (Ladies V/S Ricky Bahl) au succès mitigé, l’autre a enchaîné les œuvres avec des grandes vedettes (Akshay Kumar, Ajay Devgan, Salman Khan...) mais dans des rôles ineffables de cruche écervelée. Jolis minois sans grande consistance, on attendait mieux de ceux que le tout Bollywood s’est empressé de nommer comme les représentants de la nouvelle génération de l’industrie de Mumbaï. 135


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Mais dès novembre 2011, ils avaient signé Lootera, un drame réalisé par Vikramaditya Motwane, qui leur faisait confiance pour son second projet. On espère beaucoup de ce film qui s’annonce grandiose en terme d’écriture et de réalisation. Adapté librement de la nouvelle de O. Henry The Last Leaf (traduisible par « La Dernière Feuille »), le long-métrage s’étendra sur deux ans de tournage et de montage, processus ralenti par la blessure au dos du téméraire Ranveer et l’emploi du temps surchargé de la ‘bankable’ Sonakshi. Le filmage sera d’ailleurs laborieux, d’importantes intempéries détruisent les décors et coûtent plus de 50 000 roupies à l’équipe de production. Les séquences enneigées seront donc tournées en plein été, grâce à un système de neige artificielle.

Produit par Ekta Kapoor et Anurag Kashyap, Lootera sort finalement en juillet 2013, où il ne trouvera pas son public. Pourquoi ? La bande-annonce avait pourtant de quoi effacer toutes nos inquiétudes : intense, grandiose et intelligente. Pas assez commercial ? Trop élitiste ? Ou tout bonnement raté ? A force d’attendre, l’audience a finalement déserté ce film. A-t-elle eu raison ?

critique:

Lootera

L’histoire Dans le Bengale-Occidental de 1953, le zamindar de Manikpur (Barun Chanda) voit ses terres et ses biens s’effriter après l’indépendance. Sa fille, Pakhi Roy Chaudhary (Sonakshi Sinha) aspire à une carrière d’écrivain. Varun Shrivastav (Ranveer Singh) est archéologue et arrive à Manikpur pour effectuer des fouilles avec son collègue et ami Devdas (Vikrant Massey). Varun et Pakhi tombent inévitablement amoureux l’un de l’autre, mais le jeune homme tente comme il peut de refréner ses sentiments...

Inutile de vous en dire plus, ou Lootera perdrait tout son intérêt. Soyons clairs immédiatement : si vous aimez les films au rythme soutenu ponctués d’action et de dynamisme ; passez votre chemin, car Lootera n’est certainement pas pour vous. Il s’agit d’un drame à la cadence plus modérée, une œuvre posée qui ennuiera probablement les fans de masala puissants et blindés de testostérones. Mais pour les autres, prenez le temps de vous arrêter sur ce qui est le film le plus fin des filmographies de Ranveer comme de Sonakshi. En premier lieu, la photographie de Mahendra J. Shetty est fine et réaliste ; au plus proche des héros. Elle capte les peurs, les secrets et les violences des protagonistes avec beaucoup d’humanité. Parfois en plan fixe, parfois caméra à l’épaule ; l’image ne se contente pas d’être belle, d’être stimulante visuellement. Elle dégage de véritables émotions. Les ralentis sont exploités judicieusement, avec une dominante de couleurs froides, à la fois caractéristique du style des 1950’s et de la saison hivernale durant laquelle se déroulent les

événements. C’est ainsi que Lootera aurait allègrement pu être un film muet. Ses comédiens investissent leurs personnages avec conviction, aussi bien mentalement que physiquement. Les silences sont employés dans des temps forts du film, avec minutie et savoir-faire. De plus, Lootera s’inscrit dans sa période de contextualisation jusque dans les détails. Par exemple, dans la résidence du zamindar résonne « Tadbeer Se Bigdi Hui Taqbeer Bana Le » du succès de 1951 Baazi ; avec Dev Anand, Geeta Bali et Kalpana Kartik. → 137


Si les tenues du casting sont aussi remarquables de finesse, c’est surtout la transformation des acteurs qui impressionne. Loin de son image de poupée, Sonakshi affiche un look très naturel, à peine maquillée et vêtue exclusivement de sarees bengali. On oublie ses rôles foireux du passé, car elle est Pakhi dans son entièreté ; de sa mine boudeuse à sa passion dévorante pour Varun. Enfin, elle écope d’un rôle qui met en évidence son potentiel, jusque-là resté inconnu. Cette jeune femme incarne ce côté ‘beauté des années 1950’ en elle ; et fait inévitablement penser à de grandes dames de l’Âge d’Or comme Sadhana ou Mala Sinha. Loin de l’archétype du mannequin anorexique qui fait désormais légion chez les actrices de Bollywood, la star de Lootera prouve ainsi qu’on peut être belle et talentueuse dans un film intelligent sans entrer dans le diktat de l’extrême minceur. Quant à Ranveer, il donne réellement de sa personne dans un rôle complexe, à multiples facettes. Après deux films populaires, deux romcom, deux films avec Anushka Sharma, deux productions Yash Raj ; il sort de sa zone de confort et propose une interprétation irréprochable dans Lootera. De sa propre confession, son style est un amalgame entre Dev Anand et James Dean. Le mélange est étonnant ; mais surtout franchement intéressant. 138

Le jeune acteur de télévision Vikrant Massey, que les fans de la série Qubool Hai connaissent très bien dans la peau de Ayaan Ahmed Khan, fait ses débuts au cinéma avec ce film. Si le trailer semble annoncer un rôle plutôt anecdotique, Vikrant est en réalité l’un des héros de ce long-métrage vif. Il campe Devdas (non, pas le célèbre ivrogne épris de Paro!), l’ami et confident de Varun. Le comédien est formidable en second couteau efficace, et laisse un souvenir mémorable. Retenons également les prestations honnêtes de Arif Zakaria, Barun Chanda, Divya Dutta et de la danseuse bengalie Shirin Guha, dont c’est aussi le premier rôle sur grand écran. Le film possède une ambiance particulière qui n’est pas sans rappeler l’œuvre populaire Fanaa, avec Kajol et Aamir Khan. Des paysages enneigées au pitch, Lootera a ce parfum très entier que l’on trouvait déjà dans la réalisation de Kunal Kohli, la photographie lisse ‘made in Yash Raj’ en moins. Il a de plus pris le parti de mettre en avant un personnage féminin plutôt avant-garde et sophistiqué pour l’époque : une fille de zamindar qui songe à une carrière d’auteur, qui conduit les voitures comme son destin. La force de Pakhi, c’est d’être fidèle à elle-même. Elle s’éprend de Varun sans calcul ni réflexion. Elle le déteste ensuite avec la même intégrité.


La transparence de Pakhi contraste donc avec l’opacité de Varun, taciturne et mystérieux. C’est dans l’ambivalence de son couple que Lootera puise sa particularité. C’est cet équilibre devenu instable entre Pakhi et Varun qui fait le sel de l’œuvre, qui trouve son sens dans cette disharmonie. Les héros nous montrent particulièrement leur (in)capacité à lutter contre leurs faiblesses. Pour l’un, c’est son passé. Pour l’autre, c’est sa maladie. Ils rejettent surtout le soutien de l’autre dans leurs maux. Varun ne veut pas de l’affection de Pakhi quand cette dernière en vient à refuser vivement le soutien du garçon. C’est aussi cette relation ballante entre amour et haine, confiance et trahison qui fait le cœur de Lootera. On en revient donc à ce fil rouge que constitue la notion de discordance et de déséquilibre. Mais surtout, Lootera exploite un élément de l’intrigue et en fait son véritable fil conducteur : la feuille, personnage à part entière de la coproduction d’Anurag Kashyap et Ekta Kapoor. De leurs premiers flirts à la preuve d’amour finale, la feuille est d’abord vectrice d’attachement entre Pakhi et Varun pour ensuite devenir le symbole de l’espoir pour l’une comme pour l’autre. Vikramaditya Motwane a brillamment revisité l’histoire de O. Henry avec subtilité. C’est ainsi qu’un réel atticisme se dégage de Lootera, pur et élégant sans manquer de rationalisme. On a ici une œuvre raffinée bourrée de méticulosité dans sa mise en scène et son écriture. Un tel soin est d’autant plus appréciable en ces temps de disette artistique, où les blockbusters abrutissants priment sur les projets aboutis. Qui dit film indien dit musique. Lootera ne déroge pas à la règle avec sa bande-originale que l’on doit au talentueux Amit Trivedi. La jolie ballade « Sawaar Loon » de Monali Thakur fait penser à des titres mémorables comme « Aap Ke Nazron Ne Samjha » de Anpadh (1962) et « Abhi Na Jao Chhod Kar » de Hum Dono (1961). Ensuite, le parolier Amitabh Bhattacharya pose sa voix sur trois titres. Le premier est « Ankahee », morceau lent qu’il interprète en solo, faisant ainsi écho à ce titre illustrant la solitude des amants après leur séparation et l’isolement dans lequel ils vivent. Le second est le son le plus réussi de l’album : « Shikayatein », qu’il partage avec Mohan Kanan. Sa partition au violon est magistrale, et est d’ailleurs régulièrement utilisée dans le long-métrage comme accompagnement de fond. Enfin, « Monta Re » est chanté également par Swanand Kirkire et constitue une chanson légère et romantique sur les prémices du sentiment amoureux, aussi confus soit-il. par

Asmae

« Zinda » continue d’osciller dans cette thématique d’antithèse (douceur du timbre et intensité de la mélodie) avec la voix suave et délicate de son compositeur qui officie sur une musique puissante. « Manmarziyan » offre l’occasion à la douée Shilpa Rao de travailler avec Amitabh et Amit sur un titre à la guitare des plus glorieuses. L’omniprésence d’instruments à corde fait l’identité de la musique de Lootera, aussi bien dans ses chansons que dans ses scores.

en conclusion Lootera est un drame romantique au background vintage des plus savoureux, sans être à proprement parler un film à l’ancienne. Au contraire, il ose mettre en lumière des personnages singuliers avec leurs histoires toutes aussi singulières. Un diamant à l’état brut, loin d’avoir été taillé pour un public branché et urbain. Il plaira cependant aux amoureux de romance raisonnée mais pas raisonnable, aux cinéphiles à la recherche d’œuvres plus pointilleuses. Néanmoins, Lootera n’est en rien un film élitiste. Il n’est pas non plus à caser dans la catégorie des long-métrages d’art et d’essai ou conceptuels. Il tente simplement de fédérer sans manquer de rigueur dans sa création. Œuvre pleine de métaphores et de clins d’œil, elle met en exergue bien plus qu’une simple romance contrariée : elle évoque le déséquilibre d’une relation basée sur le mensonge et des conséquences qui en découlent, en l’occurrence la perte de l’espoir et de la persévérance. Un film en de nombreux points philosophique, qui mériterait d’être analysé plus profondément... 139


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Yeh jawaani hai deewani

Deepika Padukone et Ranbir Kapoor démarrent leurs carrières respectives en 2007, dans Om Shanti Om pour l’une et Saawariya pour l’autre. Ils se rencontrent la même année sur le tournage de Bachna Ae Haseeno et entretiendront une idylle qui durera jusque 2009. Deepika expliquera aux médias que son compagnon lui aurait été infidèle à de nombreuses reprises, justifiant ainsi leur rupture. Ses commentaires acerbes sur son ex lors de son apparition dans le talk show Koffee With Karan créeront la polémique. On croyait donc que le torchon avait brûlé entre les deux acteurs de sorte qu’ils ne se parlent plus. Pourtant, Dharma Productions annonce que son prochain projet sera réalisé par Ayan Mukerji et comptera à son casting Ranbir Kapoor et... Deepika Padukone ! Une surprise agréable pour l’audience qui attend avec impatience ce film, en particulier pour constater si l’alchimie entre Ranbir et Deep est toujours présente. Yeh Jawaani Hai Deewani sort donc le 31 mai 2013 et remporte tous les suffrages ; critiques comme populaires. L’histoire n’a pourtant rien de bien original... L’HISTOIRE : Naina Talwar (Deepika Padukone) est une étudiante en médecine sérieuse et disciplinée. Investie dans ses études, elle en oublie finalement de vivre pleinement sa jeunesse. Loin d’être épanouie, ses retrouvailles avec Aditi (Kalki Koechlin), ancienne camarade de classe rebelle et libérée, sonnent comme une prise de conscience : Naina veut vivre et être heureuse. C’est ainsi qu’elle rejoint Aditi pour un trek dans l’Himalaya, accompagnée des deux amis de la jeune femme : Avi (Aditya Roy Kapur) et Bunny (Ranbir Kapoor). Un voyage qui changera leurs vies, à tous... Il s’agit d’une comédie romantique, tout ce qu’il y a de plus classique. Un garçon dragueur et volubile tombe amoureux d’une fille traditionnelle et discrète, et inversement. Pourtant, quelque chose se dégage de Yeh Jawaani Hai Deewani, quelque chose de spécial. Effectivement, le film parle de la confrontation entre amour et ambition, entre rêves et réalité. Sur la question, on a déjà donné avec Abhimaan, Yes Boss et Kismat Konnection. Mais ici, la réflexion est plus poussée qu’un dilemme chimérique souvent fantasmé par le cinéma, indien ou d’ailleurs. Dans Yeh Jawaani Hai Deewani, l’amour peut être aussi pur et sincère que possible, il n’est pas entier et inconditionnel. Bunny n’est pas prêt à abandonner ses rêves de voyage et d’évasion pour la belle Naina, tandis que cette dernière se refuse à quitter sa famille et ses ambitions pour son amoureux.

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Les personnages, dans leurs consciences et leurs réflexions, sont ancrés dans un réalisme certain, ils ont intégré que l’amour ne se résume pas à des déclarations. Le « Je t’aime » tant attendu ne signe en aucun cas le clap de fin, puisque cette expression a une suite logique pas forcément facile à assumer : l’engagement. Et si l’engagement n’est pas en adéquation avec une activité professionnelle, une conviction religieuse ou un mode de vie, tous les mots d’amour du monde ne peuvent sauver une relation de couple, bien moins édulcorée que semblent vouloir nous le faire avaler bon nombre de comédies sentimentales. Ayan Mukerji a réalisé son premier film en 2009 : l’intimiste Wake Up Sid, déjà avec Ranbir Kapoor, qui donnait la réplique à la formidable Konkona Sen Sharma. Avec Yeh Jawaani Hai Deewani, il nous propose


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critique:

Yeh Jawaani Hai Deewani

une œuvre plus commerciale, entrant dans les codes du cinéma hindi pur jus. Il a en effet saupoudré son œuvre de plans larges, de beaux paysages et de séquences chantées. Ce qui séduisait dans Wake Up Sid, c’était son humilité, le fait qu’il s’inscrive dans une proximité avec ses personnages et donc avec le spectateur. Yeh Jawaani Hai Deewani est dans une dimension complètement différente, bien plus grandiloquente que son prédécesseur. On sent la patte du producteur Karan Johar, qui a le goût de tout voir ‘larger than life’. Le problème, c’est que cette esthétique très pompeuse dénaturalise quelque peu le propos du film. Car comme nous le disions, ce film a quelque chose de spécial. Chaque personnage a sa place, aucun n’est superflu, pas même l’écervelée de service Lara, campée par la jolie Evelyn Sharma ; qui n’existe cependant que pour susciter l’agacement et la jalousie de l’héroïne. Sa présence au casting possède ainsi une essence, autre que purement décorative. Mais le héros du film, c’est Bunny. Joué par Ranbir Kapoor, ce bourreau des cœurs cache derrière son surnom Kabir Thapar, un idéaliste à l’esprit nomade qui succombe progressivement au charme de la pragmatique Naina. L’histoire tourne autour de Bunny/Kabir, Bunny étant l’incarnation vive et joviale de sa personnalité, Kabir son aspect plus sombre et meurtri. Mais Kabir se cache trop souvent derrière Bunny, ne montrant pas ses blessures, ses regrets et ses amertumes. Kabir fait preuve de lâcheté et se justifie en avançant l’indisponibilité de l’actif Bunny. En apparence, Bunny n’est qu’un fêtard frivole ; mais Ayan Mukerji l’a écrit de telle sorte qu’il en devient moins superficiel qu’il n’en a l’air. Ranbir Kapoor est très juste dans ce rôle complexe, bien qu’assez éloigné de ses prestations mémorables dans Rockstar et Barfi. Avec Yeh Jawaani Hai Deewani, il joue un rôle de lover qu’il connaît bien, plus nuancé que dans Rockstar mais aussi joyeux et positif que dans Barfi. On retrouve cette insouciance et cette curiosité de tout dans son regard ; assez enfantines. A tel point qu’il ne réalise pas l’ampleur de son sacrifice lorsqu’il quitte Naina pour mener à bien sa carrière, les étoiles plein les yeux. C’est là que réside tout l’intérêt d’avoir construit le récit sur plusieurs années. Pour voir ses héros mûrir, Ayan leur a donné du temps et une séparation salvatrice. Deepika Padukone, ancienne mannequin, est Naina Talwar, une étudiante en médecine timide et terre-àterre. Sa religion, sa famille et ses études sont les points d’orgue de son existence. Mais sur un coup de tête, elle décide de partir à l’aventure, l’aventure de sa vie. 142

Ce qui est appréciable chez Naina, c’est qu’elle prend le risque de sortir de sa routine sans s’oublier. Elle demeure profondément pieuse et ne passe pas bêtement de réservée à dévergondée. Elle apprend juste de la vie, de l’amour et des douleurs ; loin de ses bouquins de médecine et de son cocon familial douillet. Si son escapade n’a été qu’une parenthèse de sa vie, elle l’a profondément changé. Elle lui a inculqué le sens de l’amitié et de la confiance, lui a appris à s’assumer telle qu’elle était. Derrière ses lunettes, se cachait une jeune femme profondément rêveuse, qui occultait ses songes par rationalisme. Elle demeure néanmoins raisonnable dans sa nature et se confronte à Bunny qui, par sa fantaisie et ses ambitions lunaires, la brusque dans son mode de pensée. Mais tout autant que son affection pour Bunny, l’amitié qui la lie à Aditi ponctue l’intrigue de manière prenante. La française Kalki Koechlin s’infiltre dans la peau d’Aditi, garçon manqué franc du collier qui mue en fiancée posée. Habituée aux rôles sombres et tourmentés, la belle épouse d’Anurag Kashyap signe ici une prestation solaire et efficiente, véritable responsable des relations qui se tissent entre les divers protagonistes. C’est elle qui rencontre par hasard Naina dans un supermarché, lui faisant prendre conscience de son désir de liberté. C’est ensuite elle qui encourage Bunny à poursuivre ses vœux de carrière, scellant son destin sans Naina. C’est surtout elle qui, 8 ans plus tard, décide de se marier, signant les retrouvailles de sa joyeuse bande de potes. On a ici le portrait de la parfaite bonne copine au cinéma ; mais Aditi a aussi ses malaises et ses blessures. Elle aime secrètement Avi, son meilleur ami. Mais il ne lui accorde aucune considération, et ne perçoit même pas les sentiments grandissants qu’elle nourrit à son égard. Elle grandit et comprend, avec les années, qu’elle a toujours été seule dans cette relation avec Avi, qu’il ne l’a jamais investie autant qu’elle, avec la même force et la même sincérité. C’est ainsi qu’elle renonce à croire en un amour possible avec lui, et qu’elle se tourne vers un mariage où la passion n’est peut-être pas au rendez-vous, mais où elle aura droit à du respect et de l’attention. Et tant pis si ce n’est pas romantique ! Car Aditi est le personnage le plus vrai de tous, le plus humain. C’est aussi pour cela qu’elle encourage vivement Bunny à saisir les opportunités qui se présentent, déclarant qu’ils ne pourront se contenter de faire la fête toute leur vie ; qu’ils prennent de l’âge et ne peuvent s’inscrire éternellement dans un quotidien juvénile. Aditya Roy Kapur joue donc Avi, le pote coureur et


accro’ à la boisson de Bunny et Aditi. Premier cri du cœur de votre rédactrice : arrêtez de donner des rôles d’ivrogne à ce garçon ! Profondément talentueux, il était génial dans Aashiqui 2, où il était le musicien alcoolique et compagnon de Shraddha Kapoor. Après ce premier rôle remarquable, il tient dans Yeh Jawaani Hai Deewani une place plus secondaire ; mais interprète son personnage avec pertinence. Avi est l’ami fragile de la bande, l’ami instable et en demande. Il est profondément blessé du départ de Bunny, et du peu de temps qu’il lui accorde. Empêtré dans son mal-être, il ne voit pas Aditi et perd celle qui aurait pu être son soutien le plus solide. Mais il n’en a même pas conscience. Tous les personnages évoluent dans le bon sens, sauf Avi, qui s’est abîmé avec les années.

Farooq Sheikh, qui n’apparaît que dans deux scènes, laisse une marque indélébile dans l’esprit du spectateur bouleversé par sa performance poignante dans la peau du père compréhensif et chaleureux de Bunny. Kunaal Roy Kapur, accessoirement frère aîné d’Aditya, est clairement attachant en campant Taran, le fiancé maladroit mais généreux d’Aditi. Après son National Award du Meilleur Second Rôle Féminin pour Vicky Donor, Dolly Ahluwalia fait une apparition dans le rôle de l’exigeante maman de Naina. Tanvi Azmi, Rana Daggubati et Poorna Jagannathan font quant à eux des cameo savoureux. Pour Ranbir Kapoor et Deepika Padukone, Yeh Jawaani Hai Deewani opère comme un Jab We Met. 143


c ritique: En effet, le film d’Imtiaz Ali comptait à sa distribution Kareena Kapoor et Shahid Kapoor, séparés juste avant le tournage. Leur professionnalisme est tel qu’ils tourneront le film jusqu’au bout. Jab We Met deviendra l’un de ces films qui changent une carrière, pour l’un comme pour l’autre. S’il est clair que Ranbir n’avait pas besoin d’un tel projet, on ne peut pas en dire autant de Deepika. Malgré sa prestation acclamée dans Cocktail, la comédienne de 27 ans nécessitait de signer LE rôle qui changerait la donne. Pas nécessairement le plus intéressant, ni le plus complexe ; mais celui qui ferait d’elle une véritable héroïne bollywoodienne ; à l’image d’une Kajol ou d’une Preity Zinta. Trop longtemps coincée dans son image de modèle sexy ; elle avait du mal à s’en dégager malgré de nobles tentatives avec les films Khelein Hum Jee Jaan Sey et Lafangey Parindey. Avec Yeh Jawaani Hai Deewani, elle fait un véritable virage à 180° en campant Naina l’intellectuelle. Depuis, elle a joué dans Chennai Express une tamoule à l’aise dans son saree et dans Ram Leela une amante gujarati passionnée. Elle a vécu une romance avec Ranbir pendant un an et demi, entre 2008 et 2009. Séparés à la ville, leur alchimie est au rendez-vous à l’écran. Ils habitent Bunny et Naina et nous font plonger la tête la première dans leur histoire. Ce n’est peut-être pas très rock’n’roll ; mais c’est authentique. Et c’est l’essentiel ! Côté bande-son, c’est le roi du hit parade

Yeh Jaawani Hai Deewani

Pritam qui s’attelle à la lourde tâche de mettre en musique les péripéties de nos héros. Le chartbuster « Badtameez Dil » interprété par Benny Dayal et Shalmali Kholgade (récemment lauréate du Filmfare Award de la Meilleure Chanteuse pour « Pareshaan » de Ishaqzaade) est un titre de fête, énergique mais classieux. « Balam Pichkari » de Shalmali Kholgade et Vishal Dadlani célèbre Holi, la fête des couleurs ; mais surtout l’amitié entre Bunny et Naina. « Ilahi », morceau invitant au voyage, existe en deux versions chantées respectivement par Mohit Chauhan et Arijit Singh. Si les deux sont réussies, celle de l’interprète du tube « Tum Hi Ho » de Aashiqui 2 demeure plus longtemps en mémoire. Idem pour « Kabira » qui, dans sa version initiale, nous fait apprécier le duo formé par Tochi Raina et Rekha Bhardwaj. Sa reprise offre à Arijit Singh et Harshdeep Kaur un des titres les plus beaux de leurs discographies. « Dilli Walli Girlfriend » de Arijit Singh et Sunidhi Chauhan constitue le parfait mélange entre son électro’ et dhol punjabi ; et donne une furieuse envie de danser à celui qui l’écoute. « Subhan Allah » de Shilpa Rao et Sreeram Chandra Mynampati évoque habilement l’amour naissant de Naina pour Bunny. Enfin, on retrouve la magistrale Madhuri Dixit dans un item number qui lui va comme un gant, aussi piquant qu’élégant : « Ghagra », de Rekha Bhardwaj etVishal Dadlani. Avec cette bande-originale, le directeur musical Pritam nous offre un énième album de qualité, frais et romantique.

en conclusion Yeh Jawaani Hai Deewani (traduisible par « Cette jeunesse est folle ») narre le chemin d’une bande d’amis vers la maturité. Leur jeunesse est effectivement déraisonnable dans le sens où elle est dénuée de bon sens et de limites. Positivement car ils ne s’enferment pas dans un carcan pseudo-sage qui les occultent du vrai sens de la vie, épanouie et pleinement investie. Négativement car cette folie les éloigne de réalités bien moins plaisantes et leur permet parfois de les fuir. C’est effectivement tellement plus facile de faire preuve d’immaturité pour éviter les problèmes ; plutôt que d’y faire face. On peut toujours se voiler la face comme l’a fait Bunny. Vivre ses « rêves » est une idéologie louable ; mais vaut-elle le coup d’être suivie si c’est pour vivre ces expériences seul ? On peut également attendre que les autres fassent pour nous, qu’ils viennent rattraper nos gaffes et nos erreurs, comme Avi. Sauf qu’un jour, ils ne sont plus là pour nous ; et au lieu de prendre le relais, on se plaint de leur absence en les rendant responsable de nos problèmes. De l’autre côté, Aditi et Naina ont intégré que la vie impliquait de faire des compromis et des sacrifices. On ne peut pas toujours tout avoir, nous passons forcément à côté de certaines choses. Alors, au lieu de courir après des chimères illusoires, il faut savoir lever le pied et se satisfaire de ce que la vie nous offre. C’est ce qu’on appelle la maturité. Et finalement, n’est-elle pas la clé du bonheur véritable ? par

Asmae

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Aashiqui 2

En 1990, le film Aashiqui réalisé par Mahesh Bhatt faisait un tabac au box-office et permettait surtout à sa musique, composée par Nadeem-Shravan, de rentrer dans la légende. Devenu inadaptable au même titre qu’un Hum Aapke Hain Koun ou qu’un Dilwale Dulhania Le Jayenge, il s’est inscrit parmi les romances musicales les plus populaires du cinéma hindi, avec des œuvres comme Abhimaan et Dil To Pagal Hai. Ses acteurs principaux Rahul Roy et Anu Aggarwal sont pourtant tombés dans l’oubli, restant à jamais les héros du seul projet qui leur a réussi. Aashiqui fait donc office de classique intouchable, de ‘musical’ intemporel à la qualité inégalable. Pas de quoi tenter un producteur d’en financer le remake... Et pourtant, la bannière Vishesh Films qui avait produit l’original lance en 2011 Aashiqui 2, une nouvelle version du long-métrage. Désireux de lancer de nouveaux visages pour ce projet d’envergure, les producteurs organisent un grand casting national pour trouver les deux débutants qui seront les héros de Aashiqui 2. Des personnalités comme Puja Ruparel (la célèbre petite sœur de Kajol dans Dilwale Dulhanie Le Jayenge) et Karan Wahi (star de la télévision depuis ses séries Remix et Dill Mill Gayye) ont auditionné, sans succès. La boite de production n’étant pas satisfaite de ses trouvailles, elle caste finalement deux comédiens assez connus sans être des vedettes indéniables : Aditya Roy Kapur (frère de Siddharth Roy Kapur et beau-frère de Vidya Balan) et Shraddha Kapoor (fille de Shakti Kapoor et nièce de Padmini Kolhapure). Leurs carrières respectives sont pourtant en berne, jalonnées de bides à répétition. Le parti pris de Vishesh Films est vivement critiqué par l’audience et les journalistes, qui pensent que Aditya et Shraddha ne sont engagés dans le projet uniquement du fait de leur exposition médiatique. Pour assurer leurs arrières, Bhushan Kumar et Mukesh Bhatt engagent Mohit Suri pour diriger l’œuvre, après les désistements de Madhur Bhandarkar et Vishal Mahadkar. En effet, le précédent film du cinéaste, Murder 2, a fait un tabac au box-office lors de sa sortie en 2011. Mais surtout, l’équipe propose une bande-son qui fera un carton. 146

La musique de Nadeem-Shravan dans la version de 1990 était devenue culte, le défi était donc de taille pour les initiateurs du remake, surtout qu’ils ont composé un album entièrement original, sans aucune reprise de la bande-son des 1990’s. L’équipe des trois compositeurs Mithoon, Jeet Ganguly et Ankit Tiwari constitue avec Aashiqui 2 une musique riche et envoûtante, devenue surtout un incontestable chartbuster.

Mais surtout, lors de sa sortie le 26 avril 2013, Aashiqui 2 devient l’un des plus gros plébiscites de l’année 2013 avec un budget pourtant limité, pour ensuite faire partie du club très privé des films qui ont atteints les ‘100 crores’ de recettes. Salué par la critique et sollicité par le public, le remake de Aashiqui devient donc aussi apprécié que son œuvre de référence. Mais comment l’expliquer ? Analyse et critique d’un film réfléchi sans être élitiste... L’HISTOIRE : Rahul Jaykar (Aditya Roy Kapur) est un musicien talentueux mais abîmé par son addiction à l’alcool. Un jour où il vagabondait en voiture sous l’emprise de quelques verres, il manque de percuter la jolie Aarohi Keshav Shirke (Shraddha Kapoor), qu’il retrouve juste après dans un bar où elle chante pour subsister. Séduit par le talent de la jeune femme, Rahul décide de la produire. Mais les choses se compliquent très vite entre l’artiste nerveux et la modeste chanteuse marathi... Chanteur de rock torturé, Rahul Jaykar est avant tout l’archétype du musicien en peine ; entrant ainsi dans le sillage d’un certain Ranbir Kapoor dans Rockstar, sorti en 2011. On pourrait penser à une version bas de gamme du film de Imtiaz Ali, mais Aashiqui 2 irradie sa propre magie. S’il n’est pas impeccable, le long-métrage de Mohit Suri a le mérite d’être fidèle à ce que nous promettait sa bande-annonce : mélodieux, romantique et intense. On a droit à quelques maladresses, à des formules narratives déjà-vues ; mais l’intention est là et nous fait oublier ces quelques bévues. Ce qui marque dans Aashiqui 2, c’est son casting qui repose essentiellement sur le couple solaire que forment Aditya Roy Kapur et Shraddha Kapoor.


critique:

Aashiqui 2

Ces deux jeunes gens avaient terriblement besoin d’un projet qui dynamiserait leurs carrières, et dynamiterait au passage leurs flops antérieurs (on oublierait ainsi la débâcle Action Replayy ou le plus que passable Luv Ka The End). On connaissait surtout Aditya pour sa coupe de cheveux digne des Jackson 5 à l’apogée de leur carrière, et Shraddha pour sa grande beauté et son sens du style. En ce qui concerne leurs talents d’interprètes, nous passerons notre chemin... Jusque Aashiqui 2. Engager deux comédiens énergiques et peu coûteux (ça leur aurait valu la peau des fesses de solliciter une Deepika Padukone, une Katrina Kaif, un Imran Khan ou un Ranveer Singh), c’était risqué ; et malgré la belle musique du film, on s’attendait au navet. Pourtant, le charme opère et le spectateur ne peut qu’être séduit par l’ambiance romanesque de ce drame musical. Aditya Roy Kapur prouve avec ce film qu’il a trop longtemps été sous-employé, relégué au statut de second couteau oubliable. Pourtant issu d’une famille pilier de l’industrie, il n’a bénéficié d’aucun passe-droit et n’a tenu que des rôles de deuxième plan sans réel relief. Avec Aashiqui 2, il écope d’un vrai personnage principal ; fort et impactant. Dans la peau de Rahul, il donne une dimension toute particulière à ce rockeur meurtri, empêtré dans son alcoolisme qui l’éloigne d’Aarohi. Il n’est pas aussi vif que Ranbir Kapoor, mais c’est dans cette fébrilité que tient tout l’intérêt de sa prestation. Fragile, déséquilibré et velléitaire ; Rahul a peur d’aimer, il se laisse aller à la boisson dès qu’il rencontre une difficulté. Même dans la joie, il boit. Avant sa relation avec Aarohi, c’est sa relation à l’alcool qui est mise en image dans l’œuvre. Sa bouteille l’accompagne et sait lui rester fidèle ; mais lui demande une énergie telle qu’il ne peut se consacrer à rien d’autre ; ni à sa musique, ni à son amour. Face à lui, la frêle Aarohi est campée avec brio par la magnifique Shraddha Kapoor. En apparence vulnérable et réservée, elle devient très vite le soutien de Rahul ; mais aussi sa plus grande faiblesse. C’est elle qui le confronte à son addiction, qui tente de l’aider à s’en sortir. Le lien qui l’unit à Rahul est complexe. Lui est divisé entre l’affection qu’il porte à Aarohi et sa dépendance, qui devient rapidement incompatible avec la relation qu’Aarohi essaye de construire pour eux. Car elle se bat seule pour que leur amour triomphe, pour que Rahul ait assez de courage et de force pour abandonner sa bouteille. Une bouteille qui le rend incontrôlable, parfois violent. Une bouteille dont les conséquences éclatent au visage d’Aarohi, qui pour autant reste et persiste à l’aider, à l’aimer. Elle aime Rahul, et Rahul aime sa bouteille, elle aimera donc également cette bouteille. Si lui ne lui offre 148

que des miettes d’amour ; elle est en revanche éprise entièrement, démesurément. Au début, Rahul est celui qui tire Aarohi vers le haut, qui la mène à la gloire tout en sacrifiant sa propre carrière, devenue vacillante. Mais lorsque leur rapport devient plus fort, plus solide ; il est incapable d’en assumer la responsabilité. Il la rejette, d’abord parce qu’elle lui fait peur. Parce que son implication dans l’amour qu’elle lui porte lui fait terriblement peur. Mais surtout, inapte à allier son addiction à Aarohi, il devient violent, la blesse physiquement et moralement. Malgré cela, elle demeure à son côté ; tente au début de le sortir de son mal pour ensuite projeter de l’y accompagner. Shraddha Kapoor incarne Aarohi avec un aplomb désarmant, elle est bluffante tout au long du film, passant de la femme-enfant discrète à l’amante déterminée avec pertinence.

Vous comprendrez donc que Aashiqui 2 n’est pas qu’une histoire d’amour, de musique et d’ambition.


C’est une histoire finement amenée, dont les protagonistes sont dessinés avec précision et intelligence. L’analyse psychologique de ses héros est d’ailleurs très intéressante, mais aller plus loin dévoilerait le cœur d’une romance des plus fascinantes. Ce qu’il faut concrètement retenir, c’est que le duo que forment Aditya et Shraddha compose impeccablement le récit de Rahul et Aarohi.

En plus d’être de bons acteurs, ils ont la chance d’hériter de personnages parfaitement écrits, sans faille ni incohérence. Leur couple est formidablement bien assorti, à tel point que l’on prêtera aux comédiens une liaison à la ville, qui persiste encore à ce jour. Mais Aashiqui 2 n’est pas le film parfait. On regrette en effet que du côté de la photographie et du montage, Vishnu Rao et Deven Murdeshwar ne nous aient pas offert un travail plus soigné. Les plans sont plutôt classiques, la mise en scène manque d’audace et on a le sentiment amer d’une direction très impersonnelle, assez caractéristique des œuvres de la bannière Vishesh Films. Mohit Suri s’est man ifestement contenté de suivre une recette qui a fait ses preuves en ce qui concerne l’esthétique de son film. Dommage, en particulier quand on sait qu’un certain Mahesh Bhatt a réalisé des œuvres culottées et intimistes comme Arth et Saaransh. On aurait aimé retrouver cette recherche dans l’image avec Aashiqui 2, surtout que l’histoire et les performances d’acteurs s’y prêtaient parfaitement. Cependant, un élément donne toute sa dimension qualitative au long-métrage : sa bande-originale ; signée par le trio Jeet Ganguly, Mithoon et Ankit Tiwari. L’album s’ouvre sur LE tube de Aashiqui 2 : « Tum Hi Ho », qui fera au passage éclore le talent du remarquable Arijit Singh. Le chanteur et ancien participant du télé-crochet Fame Gurukul (version indienne de la Star Academy) pose son timbre éraillé sur six titres de la musique de Aashiqui 2, et ce avec justesse. Chanson romantique aussi puissante que délicate ; la mélodie aérienne de Mithoon reste en mémoire, faisant de « Tum Hi Ho » un des temps forts de la bande-originale et donc du film.

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On doit ensuite « Sun Raha Hai » à Ankit Tiwari, qui chante sur la version masculine du morceau. Solide et tonitruante, sa reprise féminine interprétée par Shreya Ghoshal est bien plus douce et fait penser aux sons romantiques des années 1990 ; étrange réminiscence au Aashiqui original. Arijit Singh partage un premier duo avec Palak Muchhal sur la surannée « Chahun Main Yaa Na » pour ensuite donner de la voix avec Tulsi Kumar pour la musique attendrissante de « Hum Mar Jayenge ». Il reprend après la mélodie de « Tum Hi Ho » sur une version réarrangée avec Palak Muchhal intitulée « Meri Aashiqui », très réussie. « Piya Aaye Na » de K.K. et Tulsi Kumar est enivrante grâce aux grains de ses artistes. Le chanteur pakistanais Mustafa Zahid nous gratifie d’une prestation de haute volée avec la poignante « Bhula Dena ». La magistrale « Aasan Nahin Yahan » de Arijit Singh ne figure malheureusement pas au montage de l’œuvre, à notre plus grand regret. Enfin, « Milne Hai Mujhse Aayi » clôt l’album magnifiquement sur la voix toujours aussi efficace d’Arijit.

en conclusion Le ‘jodi’ Aditya-Shraddha est bouleversant. L’album est largement à la hauteur de la BO du premier Aashiqui. Le triangle amoureux entre Aarohi, Rahul et la dépendance de ce dernier est brillamment porté à l’écran. Aashiqui 2 est finalement un film avec ses fautes et ses atouts ; mais un film qui ne s’oublie pas. Amateur de romance de qualité, plongez dans l’univers musical et extrême de Aashiqui 2, l’une des romances les plus lumineuses de l’année 2013.

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par

Asmae


CRITIQUE d u

f ilm

Phata Poster Nikhla Hero

Après le flop de Teri Meri Kahaani, l’acteur Shahid Kapoor décide de s’éloigner de sa zone de confort et fuit les romances comme la peste. Il s’essaye au masala avec deux sorties en 2013 : Phata Poster Nikhla Hero et R... Rajkumar. Le premier est réalisé par l’un des piliers de la comédie hindi : Rajkumar Santoshi. On doit en effet à celui-ci des succès comme Ajab Prem Ki Ghazab Kahani, avec Ranbir Kapoor et Katrina Kaif, mais surtout l’un des films préférés de Shahid : Andaz Apna Apna, avec Aamir Khan et Salman Khan. Avec Phata Poster Nikhla Hero, c’est Shahid le fan qui a saisi l’opportunité de collaborer avec l’artisan d’un de ses films favoris ; plutôt que Shahid l’interprète à la recherche de rôles stimulants. Car on peut dire que le jeune homme s’est essayé à tous les styles : la romcom acidulée avec Jab

We Met, le drame avec Mausam, le thriller avec Kaminey, la comédie d’arnaque avec Badmaash Company, le film de sport avec Dil Bole Hadippa, l’œuvre traditionaliste avec Vivah... Mais depuis 2009, aucun de ses films n’est parvenu à tutoyer les sommets du box-office. Alors Shahid change de stratégie et se dit que finalement, ceux sont les masala qui fédèrent ; et qu’il n’a pas encore l’aura de star d’un Ranbir Kapoor pour se contenter de rôles recherchés. Alors bye bye les rêves de Filmfare Awards, Colors Screen Awards et autres Zee Cine Awards, Shahid veut devenir un acteur qui rassemble ! Belle tentative, sauf que Phata Poster Nikhla Hero fera un bide, encore... Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Shahid Kapoor a-t-il la scoumoune ? Retour sur le dernier film du Chocolate Boy...

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critique:

Phata Poster Nikhla Hero L’HISTOIRE : Vishwas Rao (Shahid Kapoor) est élevé par sa mère Savitri (Padmini Kolhapure), une brave femme qui tente d’élever son fils dans une démarche d’honnêteté et de bravoure. Elle rêve que son rejeton devienne un officier de police intègre et respecté. Mais Vishwas (dont le prénom veut dire ‘confiance’ en hindi) ne songe qu’à une seule chose : devenir une star de cinéma. Il fait croire à sa mère qu’il part pour Mumbaï afin de passer le concours d’entrée à la formation d’agent de police, mais désire en réalité y démarrer sa carrière d’acteur... On va vous la faire courte : Phata Poster Nikhla Hero, c’est l’histoire d’un gars qui, parce qu’il n’est pas très fut’ fut’, se retrouve à devoir se faire passer pour un flic auprès de sa maman, d’une jolie assistante sociale (Ileana D’Cruz) et même de son idole Salman Khan ! Outre le fait que Shahid Kapoor soit franchement sexy dans son uniforme, Phata Poster Nikhla Hero nous offre là un beau message en faveur de la profession de policier : ils sont les vrais héros de nos vies, loin devant les stars de cinéma. Il s’agit d’une comédie assez lourde, pas forcément des plus inspirées. Pourtant, c’est plutôt rafraîchissant de voir Shahid s’illustrer dans un tel registre. Non pas qu’il n’ait jamais fait le pitre au cinéma (36 China Town, Chup Chup Ke), mais on sent avec Phata Poster Nikhla Hero qu’il prend vraiment du plaisir. De plus, le jeune trentenaire a dernièrement démontré de son potentiel comique à l’occasion des nombreuses cérémonies de récompenses qu’il a animées récemment (les IIFA Awards avec Farhan Akhtar puis Shahrukh

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Khan, les Star Screen Awards avec Shahrukh Khan...). On a le sentiment que c’est l’adolescent un peu attardé qui sommeillait en Shahid, l’acteur fin et précis, qui l’a poussé à signer ce film. Il avait besoin de s’amuser, et le spectateur le ressent : sa joie et son énergie sont clairement communicatives. Vishwas Rao est avant tout un fan de cinéma, d’où le fait que l’œuvre de Santoshi soit hyper-référencée. De l’affiche de Ajab Prem Ki Ghazab Kahani que Vishwas déchire en venant secourir une jeune fille en détresse au quartier du jeune homme où sont placardées des affiches de succès comme Race 2, Khiladi 786 et Dabangg 2, Bollywood est partout. Le lieu de la scène finale ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à celui d’une des scènes cruciales du film Ajab Prem Ki Ghazab Kahani, dans une séquence à l’enjeu similaire. Avant tout, Phata Poster Nikhla Hero est donc un film de cinéphiles. A la manière d’un I Hate Luv Storys ou d’un Om Shanti Om, il est saupoudré de clins d’œils au 7ème art hindi que vous pourrez vous amuser à repérer. Vishwas Rao est surtout un aspirant acteur. Il vit, rêve et respire en tant que tel. Tout en lui est cabotin, surfait, vaporeux et théâtral. Il en fait trop dans l’unique but de se faire remarquer et d’attirer les regards sur son talent. Il s’imagine en héros de masse, tantôt as de la bagarre tantôt amant romantique. Vishwas sort des dialogues fumeux, écarquille les yeux à la moindre occasion, pleurniche pour un oui ou pour un non... Tout en lui est extrême. Shahid Kapoor est la star du show, il occupe allègrement l’espace que lui donne son réalisateur et s’y éclate comme un gamin. On retrouve un Shahid innocent, candide et idéaliste ; comme à ses débuts dans Ishq Vishk en 2003, également produit par Ramesh Taurani. Lui, qui tente depuis des années de se pousser dans ses retranchements en signant des films qui le mettent en danger, semble laisser libre court à ses délires et ses fantaisies avec ce film, donnant à voir un héros aux péripéties jubilatoires. Il parvient à nous rendre intéressant un scénario assez décousu, bourré de grosses ficelles et d’incohérences. On retrouve le Shahid mignon à croquer, loin de ses rôles de brute ou de héros omnipotent dans Kaminey, Mausam ou R... Rajkumar. Car au final, s’il tente de renouveler son image de ‘lover boy’, c’est ce qui l’a rendu célèbre ; et il l’exploite savamment dans Phata Poster Nikhla Hero. Enfin, il incarne un jeune homme qui aime le cinéma, mais qui aime surtout sa mère.

En effet, c’est la relation entre Vishwas et Savitri qui est la pierre angulaire de Phata Poster Nikhla Hero. On comprend donc pourquoi la star des années 1980 Padmini Kolhapure, 48 ans, a décidé de revenir au cinéma hindi avec ce film. La vraie force du scénario, c’est ce lien intense entre cette mère célibataire et son fils unique. Savitri subvient aux besoins de son garçon en conduisant un rickshaw alors que son mari, un agent corrompu, est mort dans un accident de voiture après avoir commis de nombreux crimes. Elle se voue donc à une vie de droiture, philosophie dans laquelle elle élève son fils. Si celui-ci ne rêve que de cinéma, elle ne rêve que de le voir s’investir dans la police. Vishwas peut être puéril, mais il ressent un amour indéfectible pour sa mère. C’est leur relation qui influence la tournure de l’intrigue, qui permet aussi à Vishwas de mûrir. Padmini Kohlapure incarne une mère courage épatante, dévouée à son fils et déterminée. Lorsque Vishwas tente de se défiler face à des malfaiteurs, c’est sa mère qui court pour leur faire face. Phata Poster Nikhla Hero est d’abord une comédie, mais il nous offre également de belles séquences d’émotion, notamment la déclaration d’amour finale de Vishwas à son héros : sa mère ! Avec ce duo central, Ileana D’Cruz n’a aucune place à tenir. Elle joue Kajal, une assistante sociale qui tombe amoureuse de Vishwas, qu’elle prend pour un officier. En premier lieu, on a l’impression qu’une assistante sociale n’a pour vocation que de se plaindre à la police. Ne fait-elle rien d’autre ? (Désolée, votre rédactrice étudie dans le domaine, alors ça l’exaspère!) Surtout, Kajal n’est présente que pour servir de ‘female lead’ à Vishwas qui, selon ses propres termes, rêvait de flirtait avec une jeune fille à l’écran et y est parvenu à la ville. Il fallait une belle plante pour danser avec lui et l’accompagner dans ses facéties, d’où l’existence du personnage féminin. Ileana D’Cruz est coutumière de ces rôles décoratifs dans ses projets dravidiens, où elle est devenue l’héroïne de masala par excellence. Barfi constitue la seule exception de sa carrière. Avec Phata Poster Nikhla Hero, elle est en terrain connu et sait s’effacer lorsque c’est nécessaire (c’est-à-dire 90% du temps). On ne peut pas parler d’alchimie avec son partenaire, l’actrice est plutôt dépassée par la présence solaire de ce dernier. Elle est jolie à regarder, elle sait mettre un pied devant l’autre lors des scènes de danse ; et c’est tout ce qu’on lui demande. Ileana fait son boulot et c’est pour cela qu’elle se fait vite oublier. Sanjay Mishra campe Jokey Bhai, qui essaye de lancer la carrière cinématographique de Vishwas

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Cet habitué des comédies est dans son élément et joue son rôle à la perfection. Il constitue un soutien solide à Shahid dans les instants comiques, qu’il maîtrise parfaitement. Il en va de même pour Darshan Jariwala, qui joue le commissaire complice des plans de Vishwas. Le comédien nous avait déjà régalé de ses mimiques dans le précédent film de Rajkumar Santoshi Ajab Prem Ki Ghazab Kahani, et récidive avec Phata Poster Nikhla Hero. Zakir Hussain est le flic corrompu Godhpole tandis que Saurabh Shukla est le bras droit du gangster Napoleon. Ce gangster manipulateur est interprété par Mukesh Tiwari, qui saura tirer profit de sa connivence avec Vishwas pour le malmener. Vous en dire plus révélerait le véritable twist de la trame. L’actrice dravidienne Deepika Kamaiah campe un petit rôle oubliable tandis que Salman Khan fait un cameo sympathique. Pritam compose la bande-originale de Phata Poster Nikhla Hero, et signe un chartbuster de plus avec une musique à l’image du film : drôle et folklorique. Le premier tube de cet album est « Tu Mere Agal Bagal Hai », morceau loufoque chanté par Mika Singh. Le parolier Irshad Kamil expliquera que ce son est inspiré de son expérience personnelle : jeune, il était épris de sa voisine dont le chien était particulièrement agressif dès qu’il s’approchait d’elle. S’en suit « Main Rang Sharbaton Ka », ballade sucrée (c’est le cas de le dire!) de l’artiste pakistanais Atif Aslam et de la vedette tamoule Chinmayi. Le titre compare effectivement l’amour naissant à un sorbet fruité allié à de l’eau douce. La chanson « Janam Janam » est un hommage à la mère, et est particulièrement poignante dans sa version triste, bénéficiant dans les deux cas du timbre d’Atif Aslam. Rahat Fateh Ali Khan et Harshdeep Kaur partagent un tendre duo sur « Mere Bina Tu » tandis que Nargis Fakhri se trémousse maladroitement avec Shahid Kapoor sur l’item song « Dhating Naach » chanté par Neha Kakkar & Nakkash Aziz. Le titre électro’ accrocheur « Hey Mr DJ » de Benny Dayal, Shefali Alvares et Shalmali Kholgade sert de générique de fin au film.

Dans l’ensemble, la bande-son de Phata Poster Nikhla Hero est donc une réussite, un album mélodieux et dynamique. Notons également le score impactant de Raju Singh, qui sert de leitmotiv au film tout en ponctuant les scènes punchy de l’œuvre.

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en conclusion Le titre Phata Poster Nikhla Hero est traduisible par ‘’De l’affiche émerge le héros’’, et c’est la morale du long-métrage. Les héros de cinéma demeurent fictifs et artificiels. Dans la réalité, les policiers sont ceux qui prennent de véritables risques pour maintenir l’ordre et le bien-être de la population. Le discours est nettement sirupeux, mais il trouve son sens dans l’histoire de Vishwas. Phata Poster Nikhla Hero a floppé au box-office. Pourtant, il est globalement attendrissant. Le seul vrai reproche qu’on pourrait lui faire ; c’est d’être inspiré dans son style, sa photographie et ses décors par le précédent film du cinéaste Ajab Prem Ki Ghazab Kahani. Chez Bolly&Co’, nous pensons que ce parti pris est volontaire, Phata Poster Nikhla Hero étant une comédie pour les amoureux de cinéma hindi. Mais surtout, c’est un bel hommage à nos mères, qui se démènent pour nous permettre de vivre dignement pendant que nous pouvons tranquillement vaquer à nos aspirations fantasques. Nos mères sont toujours là, malgré tout. C’est pourquoi Phata Poster Nikhla Hero aurait mérité un meilleur sort, car derrière sa forme très grossière, son fond est plein de sincérité ; et ce contrairement à beaucoup de masala comiques du genre. Alors oui, on a aimé Phata Poster Nikhla Hero. Et son flop, on ne se l’explique pas !

par

Asmae


Bien plus qu’un site, Fantastikindia est une association qui parle du cinéma indien dans son entièreté.

Des tonnes de surprises vous attendent sur le superbe site :

FANTASTIKINDIA.FR


Chennai

EXPRESS la recette de son succès...

En août 2013 sort le nouveau film de Shahrukh Khan, Chennai Express. Réalisé par Rohit Shetty, sa bande-annonce nous promet un masala énergique, avec aussi Deepika Padukone. Devenu film le plus rentable de l’histoire du cinéma hindi peu de temps après sa sortie, l’œuvre prouve que le King Khan n’a rien perdu de sa verve et de sa popularité. Pourtant, les critiques s’accordent à dire que s’il est bien sympathique, Chennai Express est loin d’être le film de l’année. Mais pourquoi donc a-t-il réalisé de tels scores ? Essayons de comprendre le phénomène Chennai Express...

l’histoire

Rahul Mithaiwala (Shahrukh Khan) est quadragénaire et toujours célibataire. Lorsque son grand-père décède, sa grand-mère lui demande d’aller disperser les cendres du défunt à Rameshwaram, dans le sud de l’Inde. Mais Rahul, en bon égoïste immature qui se respecte, a d’autres projets : aller faire la fête à Goa avec ses amis. En plein mensonge, il embarque pour le Chennai Express et y rencontre Meena Lochini Azhagu Sundaram (Deepika Padukone), une jeune tamoule en fuite. Et c’est là que les ennuis commencent...


Avant d’être un film d’action, Chennai Express est une romance. Mieux ! C’est un hommage à une autre comédie sentimentale à succès : Dilwale Dulhania Le Jayenge, dans laquelle Shahrukh donnait la réplique à la belle Kajol. Rohit Shetty s’approprie cette histoire d’amour en l’adaptant à sa patte plus punchy et rythmée, plus grossière aussi. Car Rohit Shetty ne sait pas faire dans la subtilité, ce qui ne l’empêche pas de produire des films de qualité comme Sunday et Singham. C’est un amateur de scènes de bagarres et de voitures qui explosent. Il aime également la comédie franche, l’humour de masse pas très fin mais fédérateur et universel. Du coup, il exploite ces créneaux au maximum dans Chennai Express, mettant Shahrukh Khan dans des situations qu’on ne lui connaissait pas. En effet, si Salman Khan et Akshay Kumar sont coutumiers des masala surfaits, Shahrukh Khan est plutôt habitué à la romance pure et dure, en témoigne son dernier film en date Jab Tak Hai Jaan. Le résultat est discutable. Discutable parce qu’on a l’impression de voir une œuvre des années 1990. Le scénario utilise d’énormes ficelles dignes des long-métrages de l’époque, il en va de même pour le montage du film, qui manque d’inventivité. L’histoire est simple au possible, et c’est sans doute le point qui fait débat. A la fois, on peut reprocher le fait qu’en 2013, un film au pitch si faiblard nous soit proposé. Mais ce parti pris peut également s’expliquer par le souhait du cinéaste de toucher tout le monde, sans passer par une intrigue alambiquée qui en deviendrait élitiste. Le cinéma de Rohit Shetty a toujours eu pour vocation de rassembler, quitte à emprunter un sillage peu intelligible. C’est clairement le cas avec Chennai Express, qui ne cherche en rien à être visionnaire, juste à divertir. Ainsi, si vous avez faim de nouveauté et d’expérimentation, lâchez de suite l’affaire car le nouveau Shahrukh Khan n’est pas pour vous. En revanche, si vous êtes un nostalgique, que les pérégrinations mélodiques dans les paysages exotiques et les rixes musclées vous manquent, vous allez être servi ! L’appréhension à la vue des affiches et des bandes-annonces, c’est de retrouver un cliché dégradant de la population dravidienne ; où les hommes sont forcément des brutes épaisses noires de peau. Mais s’il y a bien un message que délivre Chennai Express, c’est celui de la fraternité entre le nord et le sud de l’Inde. La gentillesse et la solidarité du peuple tamoul transparaissent nettement dans le film.

Plus que la romance entre Rahul et Meena, le long-métrage raconte le périple d’un homme qui mûrit au contact de cette tamoule, et qui en devient plus respectable. Pour le rôle, Shahrukh enfile de nouveau sa panoplie de lover puéril, comme il l’a fait à diverses reprises dans Dilwale Dulhania Le Jayenge (Tiens ! Quel hasard !) et Dil To Pagal Hai notamment. A 47 ans au moment de la sortie du film, Shahrukh fait un peu ado’ attardé sur les bords ; mais possède décidément toujours le charisme qui a fait sa gloire. A la manière de Saif Ali Khan dans Cocktail, il singe ses précédentes prestations, avec moins de ridicule cependant. Car Shahrukh Khan est Shahrukh Khan, et cet acteur est juste capable de s’empêtrer dans les situations les plus ubuesques pour s’en tirer au final avec une classe certaine. Dans Chennai Express, il campe l’énième Rahul de sa carrière, mais pas celui de trop. Néanmoins, il ne sort pas vraiment de sa zone de confort en occupant un protagoniste plus romantique que querelleur. Face à lui, la jolie Deepika Padukone retrouve Shahrukh Khan après avoir démarré sa carrière avec lui dans Om Shanti Om, en 2007. Elle incarne Meena, une jeune dravidienne qui fuit son mariage. La comédienne surjoue l’accent tamoul, cabotine délicieusement dans les scènes comiques. Les deux séquences où elle et Rahul communiquent par chansons interposées sont succulentes. Après Cocktail et Yeh Jawaani Hai Deewani, elle signe une autre prestation remarquée. Pétillante et énergique, elle partage de surcroît une formidable alchimie avec le King Khan, malgré les 21 ans qui les séparent. Habituée aux looks glamour et sexy, l’actrice n’aura jamais été plus belle qu’en saree traditionnel. Ses fossettes et son aplomb marquent les esprits. Dans certaines scènes, elle fait carrément de l’ombre à son partenaire dans un rôle de femme drôle, forte et déterminée qui ombrage nettement le tempérament velléitaire de Rahul. L’angle de la romance est ici privilégié. Les scènes d’action sont certes présentes, mais peu nombreuses, fait particulièrement notable pour une réalisation de Rohit Shetty. L’amoureux des films d’action devient un amoureux tout court en dirigeant Chennai Express ; une œuvre ‘old school’ sans grande inspiration ; mais qui fonctionne. Si vous vous demandez ce que Chennai Express possède bien de différent pour avoir rencontré un tel succès commercial, la réponse est très simple : il ne possède absolument rien de différent, rien d’inédit. → 157


Chennai

EXPRESS la recette de son succès...

Et c’est exactement pour cela qu’il a séduit. Parce que c’est un film à l’ancienne, employant une narration certes datée mais charmante, un film familial qui parle à tous, parce qu’il leur rappellera quelque part le cinéma d’une autre époque, celui où les romances belliqueuses faisaient légion à Bollywood. Où les flirts côtoyaient les coups de poing, les ballades flirtaient avec les bastons sans que le total ne sonne faux. Cette démarche fait aussi penser aux œuvres du Tamil Nadu, où des masala romantiques comme Paiyaa et Ayan font un tabac au box-office local. Chennai Express s’imprègne de ses différentes influences que sont le cinéma hindi des 1990’s et le Kollywood contemporain pour créer un mélange savoureux. Œuvre métissée, elle comprend des dialogues en tamoul et en hindi, où seule Meena (surnommée Miss Subtitle) fait le lien entre les protagonistes. Son personnage fait office de fil conducteur, qui lie Rahul au Tamil Nadu, mais aussi Rahul à sa conscience et ses valeurs. Elle le lie surtout à elle ; forçant leurs destinées à être confondues jusqu’à l’inéluctable : l’amour. L’acteur tamoul Sathyaraj incarne Durgeshwara Azhagu Sundaram ; le père gangster de Meena avec justesse. Nikitin Dheer est aussi tordant qu’effrayant dans la peau de Tangaballi, le dur à cuir et fiancé de Meena. Son rôle fait référence à celui de Kuljeet Singh dans DDLJ, et les clins d’œil au film culte d’Aditya Chopra sont nombreux. La ravissante Priyamani, lauréate du National Award de la Meilleure Actrice pour Paruthiveeran en 2006, fait un item number efficace sur un dappankuthu qu’il l’est tout autant. Effectivement, la musique de Chennai Express est un de ses autres atouts. Loin de l’univers expérimental d’Amit Trivedi ou de la transcendance des travaux d’un A.R. Rahman, la bande-originale du duo Vishal-Shekhar est malgré tout pleine de tendresse et de dynamisme. 158

La chanson titre permet au chanteur S.P. Balasubrahmanyam de faire son retour à Bollywood après 15 ans d’absence, et partage cette mélodie avec la débutante Jonita Gandhi. L’item song de Priyamani est interprété par Hamsika Iyer et Vishal Dadlani et est intitulé « 1 2 3 4 Get on the Dance Floor ». Il s’agit d’un dappankuthu réussi que Shahrukh Khan peine tout de même à suivre dans la chorégraphie. Le titre romantique « Titli » que l’on doit à Chinmayi et Gopi Sunder est particulièrement agréable, doux et aérien. La chanson « Kashmir Main Tu Kanyakumari » de Arijit Singh, Sunidhi Chauhan et Neeti Mohan célèbre la fraternité nord-sud tandis que la ballade « Tera Rastaa Chhodoon Na » de Anusha Mani et Amitabh Bhattacharya emplie d’intensité clame un amour inavoué. Le son « Ready Steady Po » n’est pas utilisé au montage tandis que la chanson « Lungi Dance » par Yo Yo Honey Singh rend hommage à Rajinikanth, la megastar de Kollywood.

en conclusion Chennai Express n’a rien de novateur, rien d’inventif. Si vous ne le voyez pas, vous ne passerez pas à côté d’une expérience cinématographique. Mais c’est un film familial qui vous fera passer un bon moment si vous savez où vous mettez les pieds. Car il ne faut pas le visionner en ayant en tête que l’on s’apprête à voir l’un des films les plus rentables de tous les temps, au risque d’être déçu. Il suffit de l’apprécier dans la foulée des autres long-métrages de Shahrukh Khan plus ou moins qualitatifs ; mais tout de même estimables. Chennai Express, c’est un peu un retour dans le temps pour son acteur principal, qui se réconcilie avec ses rôles de jeune premier avec brio. Deepika Padukone prouve qu’elle a un potentiel comique notable qui mérite d’être mis à profit. Chennai Express est surtout un merveilleux voyage à travers l’Inde, un voyage initiatique et distrayant. Un film indien pas forcément subtil, mais un film indien dans tous ses aspects. Une déclaration d’amour d’un réalisateur à son pays. En sortant du visionnage de Chennai Express, on n’a envie d’une seule chose : crier Jai Ho !


Les acteurs du sud jouent en hindi... et les acteurs nordistes jouent en tamoul. Il est loin le temps où Bollywood constituait le must du cinéma indien, les autres industries étant considérées comme des artisans d’œuvre bas-de-gamme. Ce cliché réducteur a longtemps persisté, jusqu’à ce que des acteurs du nord du pays en mal de reconnaissance ne se réfugient dans le sud pour voir leur carrière exploser de nouveau. Les industries de Kollywood & Tollywood sont considérées comme moins bêcheuses, mais aussi moins claniques que celle de Bollywood, où il est toujours bon d’être la fille ou le frère d’une personnalité. Un grand mercato a ainsi lieu chaque année, où les vedettes du sud et celles du nord s’interchangent et jouent dans d’autres régions, d’autres langues et d’autres registres. Bolly&Co’ vous fait la liste non exhaustive de ces comédiens qui, le temps d’un projet voire d’une carrière, partent pour travailler dans une industrie extérieure à la leur... par

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Asmae


SUD

Dhanush

Hansika Motwani

Âge : 30 ans A démarré sa carrière en 2002 à Kollywood. Est arrivé à Bollywood en 2013.

Âge : 22 ans A démarré sa carrière en 2003 à Bollywood. Est arrivée à Tollywood en 2007.

Dhanush, ou l’un des meilleurs acteurs que l’Inde ait connu. Ce jeune trentenaire n’a peut-être pas un look de top model, mais il est une star au Tamil Nadu depuis ses débuts dans Thulluvadho Ilamai, en 2002. Son film suivant, Kadhal Kondein, lui permet d’être nommé pour le South Filmfare Award du Meilleur Acteur Tamoul, à seulement 20 ans. Il peut jouer les héros romantiques comme les gosses de rue sans perdre la face. Il sera de nouveau pressenti pour un prix d’interprétation masculine pour sa prestation acclamée dans Yaaradi Nee Mohini. Mais c’est en 2011 que vient la consécration avec Aadukalam, qui lui vaut le South Filmfare Award du Meilleur Acteur Tamoul ; et surtout le National Award du Meilleur Acteur, en en devenant l’un des plus jeunes lauréats. En 2012, il est à l’affiche de 3 (Moonu), dans lequel il incarne un amant bipolaire et qui lui permet de rafler son second South Filmfare Award dans la catégorie du Meilleur Acteur en langue tamoule. En plus de lui offrir un magnifique espace d’interprétation, 3 constitue le projet qui va lui permet de se faire connaître mondialement grâce au tube « Why This Kolaveri Di », qu’il chante lui-même. Le phénomène est tel qu’il remplace Shahid Kapoor dans Raanjhanaa, son premier film hindi. L’œuvre romantico-politique est encensée par la critique, son étonnante alchimie avec la sculpturale Sonam Kapoor fait des émules. Bollywood est définitivement tombé sous le charme de Dhanush...

Avant de devenir la vedette que l’on connaît aujourd’hui, Hansika Motwani était une ‘child artist’ très demandée. Elle tenait en effet des rôles d’enfants à la télévision puis dans son premier film : Hawa, où elle est la fille de l’excellente Tabu. On la retrouve la même année dans Koi Mil Gaya, face à Hrithik Roshan et Preity Zinta. En 2007, elle a 16 ans et signe deux projets dans des rôles principaux. Le premier est Desamuduru, qui lance au passage sa carrière dans le sud du pays. Devenu un hit au box-office, le masala télougou lui permet de remporter le South Filmfare Award du Meilleur Espoir Féminin. Le second est Aap Ka Suroor, la romance qui lance aussi la carrière du chanteur Himesh Reshammiya au cinéma. La jeune fille sera nommée pour le prix du Meilleur Espoir Féminin, qui reviendra cette année-là à Deepika Padukone. Après un autre projet en hindi (Money Hai Toh Honey Hai), Hansika comprend que sa carrière à Bollywood n’est pas assez fructueuse et se consacre exclusivement à ses projets dravidiens. En 2011, elle tourne son premier film tamoul avec Dhanush : Mappillai qui lui vaut le South Indian International Movie Award de la Meilleure Débutante. Elle poursuit cette même année avec Engeyum Kaadhal qui lui permet de gagner le Vijay Award de la ‘Meilleure Héroïne’. Mais l’année 2012 représentera un tournant dans sa carrière, avec ses deux seules œuvres sorties : Oru Kal Oru Kannadi (en tamoul) et Denikaina Ready (en télougou). Pour le premier, 161


elle signe un carton populaire et est élue Meilleure Actrice aux SIIMA Awards 2013. Concernant Denikaina Ready, elle est nommée pour le South Filmfare Award de la Meilleure Actrice en télougou. Quant à Bollywood ? Hansika Motwani ne semble pas s’y intéresser, le cinéma du sud lui offrant déjà de belles opportunités

pour lequel elle est sacrée Meilleure Actrice lors de la cérémonie des Tamil Nadu State Awards. Mais c’est trois ans plus tard qu’arrive la consécration : avec Kannathil Muthimittal, elle campe une mère dont la fille adoptive part à la recherche de ses origines. L’œuvre sensible de Mani Ratnam vaut à Simran le South Filmfare Award d’interprétation féminine en tamoul. Elle est pressentie pour ce même prix l’année suivante pour sa prestation acclamée dans Kovilpatti Veeralakshmi. Enfin, en 2008 elle prouve que les jeunes arrivantes sont loin de lui faire de l’ombre avec Vaaranam Aayiram, où elle est Malini, de l’adolescence au troisième âge. Grimée pour le rôle, elle est formidable et remporte le South Filmfare Award du Meilleur Second Rôle Féminin Tamoul. Depuis, Simran a préféré se consacrer à sa vie de famille.

Simran Bagga Âge : 37 ans A démarré sa carrière en 1995 à Bollywood. Est arrivée à Kollywood en 1997. Simran, née Rishibala Naval, a 19 ans lorsqu’elle débute dans Sanam Harjai en 1995. Elle est ensuite l’une des vedettes de Muqaddar, avec Mithun Chakraborty et Ayesha Jhulka, qui rencontrera le succès. Elle tourne ensuite dans Bal Bramhachari, avec Puru Raajkumar et Karisma Kapoor ; Angaara où elle retrouve Mithun Chakraborty ; Tere Mere Sapne produit par Amitabh Bachchan et avec Arshad Warsi et Chadrachur Singh et enfin Gunda Gardi avec Dharmendra et Aditya Pancholi. Malgré ses nombreux films en hindi, la carrière bollywoodienne de Simran ne décolle pas. En début d’année 1997, elle est à l’affiche de quatre films, un en hindi et trois en tamoul. Ainsi, son seul projet au nord Daadagari (qui constitue son énième collaboration avec Mithun Chakraborty) ne marque pas les esprits alors que Once More (avec Vijay), V.I.P. (avec Prabhu Deva) et Nerrukku Ner (avec Vijay et Surya) font un tabac. Lançant sa carrière au Tamil Nadu, ces trois long-métrages lui valent le South Filmfare Award du Meilleur Espoir Féminin. En 1999, elle joue une jeune aveugle dans Thulladha Manamum Thullum, rôle 162

R. Madhavan Âge : 43 ans A démarré sa carrière en 2000 à Kollywood. Est arrivé à Bollywood en 2001. Issu d’une famille tamoule, Madhavan a un parcours atypique. Dès le milieu des années 1990, il devient un visage familier du public hindiphone en tenant un rôle d’envergure dans la série à succès Banegi Apni Baat qui a également révélé les vedettes Irrfan Khan et Shefali Shah. Pourtant, c’est au Tamil Nadu qu’il s’illustre réellement. Après un petit rôle dans le film kannada Shanti Shanti Shanti, il est lancé par Mani Ratnam dans la romance Alaipayuthey, sortie en 2000. Il y donne la réplique à Shalini, où les deux vedettes campent un couple d’amoureux qui se marient


en cachette, tout en continuant de vivre au sein de leurs familles respectives. Le film sera réadapté en 2002 sous le titre Saathiyaa, avec Rani Mukerji et Vivek Oberoi. Quant à Madhavan, sa carrière est lancée, le jeune homme incarnant le héros romantique par excellence dans Ennavale, Dumm Dumm Dumm et Parthale Paravasam. Mais surtout, il joue dans le film de Gautham Vasudev Menon Minnale, avec Reemma Sen, qui le consacre officiellement comme le joli cœur de Kollywood. Le film est un succès, à tel point que Bollywood voit là une belle occasion de faire un carton au box-office. En effet, Rehnaa Hai Terre Dil Mein en est le remake et lance les carrières de R. Madhavan et Diya Mirza à Bollywood, tandis que Saif Ali Khan y tient un second rôle. Malgré son casting prometteur, l’œuvre fait un flop. Maddy sera tout de même nommé pour les Zee Cine Award et Star Screen Award du Meilleur Espoir. Au Tamil Nadu en revanche, il s’impose en 2002 et 2003 avec trois films conséquents : Kannathil Muthamittal (un drame familial avec Simran Bagga), Run (une saga romantique avec Meera Jasmine) et Anbe Sivam (une satyre avec Kamal Haasan), pour lesquels il remporte le Tamil Nadu State Award du Meilleur Acteur (pour ses trois prestations de haute volée) et l’International Tamil Film Award du Meilleur Second Rôle (pour Anbe Sivam uniquement). Sa performance dans Aayutha Ezhuthu (version tamoule de Yuva) lui vaut le South Filmfare Award du Meilleur Acteur dans un Rôle Secondaire, en 2004. Un an plus tard, il revient à Bollywood avec l’excellent Ramji Londonwale pour ensuite faire une apparition remarquée dans Rang De Basanti. Il sera également nommé pour ses interprétations impeccables dans les films Evano Oruvan et Yavarum Nalam. Madhavan ayant décidé de ne pas choisir entre le nord et le sud, il signera ensuite LE film qui change la donne à Bollywood : 3 Idiots. Devenu un des films indiens les plus rentables de tous les temps, cette comédie de mœurs l’oppose à Aamir Khan, Sharman Joshi et Boman Irani ; mais lui vaut surtout d’être nominé pour le Filmfare Award du Meilleur Acteur Secondaire. En tamoul, c’est Manmadan Ambu qui lui permet d’être une fois de plus acclamé. Dans cette comédie, il retrouve Kamal Haasan pour le South Filmfare Award du Meilleur Acteur de Support, une fois de plus. En 2011, il est le héros de la romcom à succès Tanu Weds Manu, face à Kangana Ranaut. Il donne ensuite la réplique à Arya et Sameera Reddy dans le film d’action Vettai qui lui vaut le South Indian International Movie Award du Meilleur Second Rôle Masculin en tamoul.

SUD

Rana Daggubati Âge : 29 ans A démarré sa carrière en 2010 à Tollywood. Est arrivé à Bollywood en 2011. Avant d’être acteur, le beau Rana était producteur et remportera à ce titre un Nandi Award et un National Award. Il lance sa carrière devant la caméra en 2010 avec Leader, un drame politique en télougou, sa langue maternelle. Avec ce film, Rana prouve qu’il se refuse à entrer dans la lignée des autres jeunes stars de Tollywood comme Allu Arjun et Nitin en jouant dans une œuvre engagée dès son premier longmétrage. Le résultat est là : Rana est sacré Meilleur Espoir Masculin lors des South Filmfare Awards 2011. C’est d’ailleurs cette année-là qu’il débute en hindi, avec Dum Maaro Dum. Hit commercial, le film de Rohan Sippy lui permet de gagner la récompense du Meilleur Débutant aux Zee Cine Awards. Surtout, son alchimie palpable avec sa partenaire Bipasha Basu est telle qu’on leur prête une relation à la ville, vivement démentie par les intéressés. Car effectivement, Rana n’est plus un cœur à prendre : il est en couple avec l’actrice dravidienne Trisha Krishnan, célèbre pour ses rôles dans Nuvvostanante Nenoddantana et Pournami. En 2012, il joue dans le film hindi Department de Ram Gopal Verma ; avec Sanjay Dutt et Amitabh Bachchan. Surtout, il est à l’affiche en Andhra Pradesh de Krishnam Vande Jagadgurum face à Nayanthara. En plus d’être sollicitée par l’audience, la production permet à Rana de remporter le prix du jury du Meilleur Acteur lors des South Indian International Movie Awards 2013. Le bellâtre est désormais prêt à débarquer à Kollywood avec deux projets : Rudhramadevi et Baahubali. 163


muet. Jackpot pour Ileana, qui est sacrée Meilleur Espoir Féminin aux Filmfare Awards 2013 et est même nominée pour le trophée du Meilleur Second Rôle Féminin. Entrée à Bollywood réussie pour Ileana, qui est ensuite à l’affiche de la comédie Phata Poster Nikhla Hero avec Shahid Kapoor. On la retrouvera en 2014 dans Happy Ending avec Kalki Koechlin et Saif Ali Khan puis dans Main Tera Hero avec Varun Dhawan et Nargis Fakhri.

Ileana D’Cruz Âge : 26 ans A démarré sa carrière en 2006 à Tollywood. Est arrivée à Bollywood en 2012. Typique beauté du sud du pays, la belle Ileana D’Cruz s’est surtout faite remarquée pour ses beaux yeux clairs et ses courbes généreuses. En 2006, elle a 19 ans lorsqu’elle joue dans son premier film : Devadasu, ou l’histoire d’amour musclée entre un gosse des bidonvilles (incarné par Ram) et une N.R.I. fortunée. Le succès est au rendez-vous pour l’œuvre télougoue et vaut à Ileana le South Filmfare Award du Meilleur Espoir Féminin. La même année, elle joue dans un film culte : Pokiri avec Mahesh Babu. Après un seul projet tamoul (Kedi, avec Tamannaah Bhatia), la jolie jeune femme se centre sur sa carrière à Tollywood, où elle enchaîne les plébiscites populaires, toujours dans des personnages de jolie dulcinée du héros omnipotent (Khatarnak, Shakti, Munna, Aata...). Elle est tout de même encensée pour ses rôles dans Jalsa et Kick, pour lesquels elle reçoit une nomination pour le South Filmfare Award de la Meilleur Actrice en télougou. En 2012, elle reprend le rôle incarné à l’origine par Kareena Kapoor dans le remake tamoul de 3 Idiots intitulé Nanban ; qui lui permet de revenir à Kollywood sur une bonne note. Mais la plupart de ses prestations demeurent anecdotiques, la comédienne privilégiant des masala où le protagoniste féminin n’a aucune place à tenir. Pourtant, elle surprend tout le monde en démarrant sa carrière bollywoodienne avec un film peu conventionnel : Barfi, avec Ranbir Kapoor et Priyanka Chopra. Elle y est Shruti, une jolie bengali qui, dans les années 1970, tombe amoureuse d’un sourd et 164

Ram Charan Teja Âge : 28 ans A démarré sa carrière en 2007 à Tollywood. Est arrivé à Bollywood en 2013. Fils de la superstar de cinéma Chiranjeevi, les débuts de Ram Charan Teja étaient extrêmement attendus. Il apparaît donc pour la première fois à l’audience dans Chirutha, masala poussif dans lequel il donne la réplique à Neha Sharma. Le travail du jeune homme est encensé et lui vaut plusieurs prix d’interprétation dont le South Filmfare Award du Meilleur Espoir et le prix du jury des Nandi Awards. Cherry fait ensuite patienter son public pendant deux ans avant de leur offrir Magadheera, son film fantastique sur fond de réincarnation avec Kajal Aggarwal. Un des films télougous les plus rentables de l’histoire, Magadheera forge la popularité de l’acteur et lui permet surtout de gagner le South Filmfare Award du Meilleur Acteur. Pourtant, son film suivant, Orange, fait un bide. Il s’absente de nouveau des écrans durant deux


ans avant d’être à l’affiche de Racha, avec Tamannaaah Bhatia, qui devient un succès et le voit nommé pour un autre South Filmfare Award. En 2013, il joue dans Thoofan et sa version hindi Zanjeer (remake du film du même nom avec Amitabh Bachchan) aux côtés de Priyanka Chopra, lançant ainsi sa carrière au nord du sous-continent.

Prithviraj Âge : 31 ans A démarré sa carrière en 2002 à Mollywood. Est arrivé à Bollywood en 2012. Acteur, chanteur et producteur ; Prithviraj est issu d’une des familles les plus puissantes du cinéma du Kerala. Ses parents, son frère et sa belle-sœur sont effectivement d’éminentes personnalités de Mollywood. C’est donc logiquement qu’en 2002, il fait ses débuts dans Nandanam alors qu’il a à peine 20 ans. Il devient un visage populaire auprès de l’audience et plusieurs de ses films sont doublés en tamoul et télougou. C’est ainsi qu’il tourne son premier projet à Kollywood en 2005, avec Kana Kandae. En 2006, il joue dans le film malayalam Vaasthavam qui lui vaut le Kerala State Film Award du Meilleur Acteur. 5 ans plus tard, il produit Indian Rupee, dans lequel il tient également le rôle principal et qui lui permet de rafler le National Award du Meilleur Film en langue malayalam. En 2012, il remporte de nouveau un Kerala State Film Award d’interprétation masculine pour ses prestations dans le drame Ayalum Njanum Thammil et le biopic Celluloid. Mais surtout, il fait ses débuts en hindi dans la comédie Aiyyaa, avec Rani Mukerji.

Il y campe Surya, le fantasme parfumé de la belle Meenakshi. Si le film ne fait pas l’unanimité, sa performance lui permet de signer son second long-métrage à Bollywood : Aurangzeb, avec Arjun Kapoor et Rishi Kapoor, dans lequel il est bluffant.

SUD

Aishwarya Rai Bachchan Âge : 40 ans A démarré sa carrière en 1997 à Kollywood. Est arrivée à Bollywood en 1997. La sublime Aishwarya Rai est élue Miss Monde en 1994. Son regard azur et sa silhouette de rêve ont fait chavirer le cœur des membres du jury et se préparent à conquérir le monde du septième art. En 1997, elle est l’héroïne du film tamoul Iruvar, dans lequel elle tient un double rôle. Dans le même temps, elle joue dans son premier projet en hindi : Aur Pyar Ho Gaya, avec Bobby Deol. Un an plus tard, Aishwarya tourne dans Jeans, un drame romantique de Kollywood pour ensuite investir durablement une carrière au nord du pays. Et un film l’y aidera nettement : Hum Dil De Chuke Sanam de Sanjay Leela Bhansali, dont elle devient l’une des muses avec Rani Mukerji. Sorti en 1999, cette romance contrariée lui vaut le Filmfare Award de la Meilleure Actrice, prix pour lequel elle sera pressentie la même année grâce à son autre œuvre phare : Taal de Subhash Ghai. Elle sera de nouveau saluée par la critique 165


pour Hamara Dil Aapke Paas Hai et Mohabbatein, jusqu’à ce film qui changera sa vie : Devdas. Elle remporte son second Filmfare Award de la Meilleure Actrice et assiste au Festival de Cannes pour présenter l’œuvre hors-compétition. La carrière bollywoodienne d’Aishwarya Rai est à son apogée, avec des productions prestigieuses comme Umrao Jaan, Dhoom 2, Guru, Jodhaa Akbar et Guzaarish. En 2010, elle revient au cinéma dravidien avec deux films : Raavanam avec Vikram (dont elle a aussi tourné la version hindi avec son mari Abhishek Bachchan) et Enthiran aux côtés de Rajinikanth.

Bommarillu. Dans cette romcom, elle retrouve Siddharth avec lequel elle a joué dans Boys et incarne un personnage rafraîchissant et naturel, loin des naïades dévêtues dont l’industrie indienne est de coutume friande. Genelia remporte le South Filmfare Award de la Meilleure Actrice en télougou, à seulement 19 ans. Surfant sur le succès de l’œuvre, elle joue dans son remake tamoul, Santosh Subramaniam, pour lequel elle sera nommée pour le prix de la Meilleure Actrice Tamoule. En 2008, Genelia fait son grand retour en hindi, sans pour autant négliger sa carrière dans le sud. Elle joue d’abord dans Mere Baap Pehle Aap avec Akshaye Khanna, qui passe plutôt inaperçu. Mais ensuite, elle est la vedette de la comédie sentimentale Jaane Tu Ya Jaane Na produite par Aamir Khan. Elle y joue aux côtés du neveu de ce dernier, Imran Khan. Hit surprise de l’année, Genelia est nominée pour deux récompenses de la Meilleure Actrice aux Star Screen Awards et aux Apsara Awards. L’année d’après, elle reçoit un prix du jury lors des Nandi Awards pour sa prestations dans Katha. Surtout, elle joue dans deux rôles à contre-emploi en 2011 : Urumi, un film malayalam qui lui vaut le Asiavision Award de la Meilleure Actrice et Force, un film d’action poignant où elle incarne une activiste face à John Abraham. En 2012, elle se marie à Riteish Deshmukh, son petit-ami depuis 9 ans et tourne à ses côtés dans Tere Naal Love Ho Gaya, qui fera un carton au box-office.

Genelia Deshmukh Âge : 26 ans A démarré sa carrière en 2003 à Bollywood. Est arrivé à Kollywood et Tollywood en 2003. Elle a juste 16 ans lorsqu’elle démarre simultanément sa carrière dans trois industries : Bollywood avec Tujhe Meri Kasam (sorti le 3 janvier), Kollywood avec Boys (sorti le 29 août) et Tollywood avec Satyam (sorti le 19 décembre). Les trois productions rencontreront le succès, mais certaines avec plus d’impact. En effet, Tujhe Meri Kasam ne lui permet de signer qu’un seul autre projet en hindi : Masti, en 2004. De l’autre côté du pays, les industries dravidiennes lui font les yeux doux, Genelia reçoit même le CineMaa Award du Meilleur Espoir Féminin pour son premier film télougou. La jeune fille enchaîne les long-métrages, jusqu’à prendre part au film de la consécration : 166

Jyothika


Âge : 35 ans A démarré sa carrière en 1998 à Bollywood. Est arrivée à Kollywood en 1999. En 1998, Jyothika a 20 ans lorsqu’elle joue dans le film qui va lancer sa carrière : Doli Saja Ke Rakhna, avec Akshaye Khanna. Réalisée par Priyadarshan, l’œuvre ne rencontre pas le succès et réduit à néant les rêves de gloire de la jeune femme. Ainsi, elle part à la conquête du sud de l’Inde, où sa demi-sœur Nagma est déjà une star. Elle tourne donc dans le thriller tamoul Vaali pour un cameo qui attire l’attention, face aux vedettes établies Ajith Kumar et Simran. Un an plus tard, elle joue face à Surya dans Poovellam Kettuppar. En plus de dynamiser sa popularité au Tamil Nadu, le film est surtout le théâtre de sa romance avec l’acteur, qui aboutira à leur mariage en 2006 et à la naissance de leurs deux enfants. Mais c’est avec Kushi, où elle tient le rôle pivot aux côtés de Vijay, qui la consacre en tant que chouchoute du public. La comédie romantique conquiert les cœurs et les trophées, dont celui de la Meilleure Actrice Tamoule pour Jyothika. Elle sera nommée deux autres fois pour ce prix grâce à son jeu irréprochable dans Poovellam Un Vasam et Dhool. Avec Kaakha Kaakha, elle explose aux yeux des critiques et de ses fans, qui font du film un hit commercial. Jyothika recevra également un prix du jury lors des International Tamil Film Awards et sera de nouveau nommée pour le South Filmfare Award de la Meilleure Actrice en langue tamoule. Pendant la petite décennie de sa carrière, l’actrice accumule un palmarès comparable au nord à celui d’une Kajol, avec des rôles plus étonnants les uns que les autres. Elle est la lauréate de trois Tamil State Filmfare Award de la Meilleure Actrice pour ses prestations dans les films Perazhagan, Chandramukhi et Mozhi. Mais après la naissance de sa fille Diya, en 2007 ; l’actrice tire sa révérence pour se consacrer à sa nouvelle vie d’épouse et de maman. Elle aura également un fils en 2010, du nom de Dev. Son alchimie à l’écran avec Surya se sera ainsi concrétisée en idylle hors caméra, qui dure toujours. Le couple exploite d’ailleurs son image de mariés épanouis pour les nombreuses marques qu’ils représentent communément.

Siddharth Âge : 34 ans A démarré sa carrière en 2003 à Kollywood. Est arrivé à Bollywood en 2006. Il rêvait d’être réalisateur. Siddharth devient l’assistant de Mani Ratnam pour le film Kannathil Muthamittal et est repéré par feu Sujatha Rangarajan, qui insiste pour que le jeune homme auditionne pour le film de Shankar Boys. Sorti en 2003, la sex-comedy lance les carrières de Genelia D’Souza, Nakul et Bharath. Succès modéré au Tamil Nadu, il fait un tabac dans sa version doublée en Andhra Pradesh et lance officiellement la carrière de Siddharth à Tollywood. Après son International Tamil Film Award du Meilleur Débutant, il est le héros de Nuvvostanante Nenoddantana, romance réalisée par Prabhu Deva. L’œuvre est devenue culte auprès du public télougou et vaut à Siddharth le South Filmfare Award du Meilleur Acteur. Son succès est tel qu’il fait l’objet d’un remake en 2013 intitulé Ramaiya Vastavaiya avec Shruti Haasan et Girish Kumar. En 2006, il signe son premier film hindi : Rang De Basanti, où il donne la réplique à Aamir Khan et Soha Ali Khan. Le film de Rakeysh Omprakash Mehra est encensé par la critique et permet à Siddharth de remporter le Star Screen Award du Meilleur Espoir Masculin. L’acteur sera également nommé pour le prix du Meilleur Second Rôle Masculin aux Filmfare Awards 2007.

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Pourtant, sa carrière à Bollywood ne décolle pas. La preuve est que son vrai coup de maître réside dans un autre projet sorti en 2006 : la romcom Bommarillu, avec Genelia qu’il retrouve après leur collaboration dans Boys. Devenu un de ses plébiscites les plus conséquents, le film de Bhaskar permet à Siddharth de se voir nommé pour le South Filmfare Award du Meilleur Acteur en langue télougoue. Ses projets en télougou continuent de cartonner comme Konchem Ishtam Konchem Kashtam et Oh My Friend, tandis que son seul film en hindi Striker tombe dans l’oubli. Mais en 2013, Siddharth fait un retour gagnant à Bollywood avec Chashme Baddoor, remake de la comédie du même nom sortie en 1981. Dans ce long-métrage de David Dhawan, il incarne un comédien beau parleur et mythomane, loin de son image lisse de lover boy. Chashme Baddoor est un hit. Mais Siddharth a retenu la leçon et se centre sur ses projets dans le sud, avec deux productions tamoules : Jigarthanda (avec Lakshmi Menon) et Kaaviya Thalaivan (avec Prithviraj et Vedhicka).

D’autres personnalités sont passées du

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nord au sud, et inversement : Kamal Haasan (Chachi 420, Virumaandi), Rajinikanth (Chalbaaz, Sivaji The Boss), Sridevi (Lamhe, Moondram Pirai), Chiranjeevi (Pratibandh, Vijetha), Tabu (Cheeni Kum, Ninne Pelladata), Preity Zinta (Kal Ho Na Ho, Raja Kumarudu), Sonali Bendre (Duplicate, Murari), Shruti Haasan (Ramaiya Vastavaiya, Anaganaga Oka Dheerudu), Ameesha Patel (Kaho Naa Pyaar Hai, Badri), Bipasha Basu (Jism, Sachein), Sameera Reddy (Fool ‘N’ Final, Vettai), Sonu Sood (Ek Vivaah Aisa Bhi, Arundhati), Shazahn Padamsee (Housefull 2, Orange), Kajal Aggarwal (Singham, Magadheera), Asin Thottumkal (Ghajini, Bol Bachchan), Tamannaah Bhatia (Himmatwala, 100% Love), Bharath (Jackpot, Pattiyal), Priya Anand (Fukrey, Vanakkam Chennai), Taapsee Pannu (Chashme Buddoor, Mr. Perfect), Deepika Padukone (Cocktail, Aishwarya)...


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CRITIQUE d u

f ilm

Kandireega

Kandireega ou le masala romantico-comique télougou de l’année 2011. Sacré blockbuster en quelques semaines et nommé pour 4 South Filmfare Awards dont celui du Meilleur Acteur ; Kandireega a créé la surprise après le flop du précédent film de la vedette Ram Pothineni : Rama Rama Krishna Krishna. Mais pourquoi ce film a-t-il été si acclamé ? L’HISTOIRE : Sreenu (Ram Pothineni) est un cancre de

première catégorie. Pourtant, sa situation ne l’empêche pas d’espérer épouser la brillante Bujji (Colours Swati Reddy) ; qui lui met un vent monumental en guise de réponse. En effet, la belle veut épouser un homme intelligent et actif professionnellement. Humilié et vert de rage, Sreenu quitte son village pour entrer à l’université où il croise le sillage de la jolie Shruthi (Hansika Motwani). Il lui fait une cour assidue, mais la jeune fille est déjà convoitée par le gangster du coin, Bhavani (Sonu Sood). Sreenu a quant à lui déjà tapé dans l’œil de Sandhya (Aksha Pardasany), dont l’effroyable papa (Jaya Prakash Reddy) va tout faire pour les réunir... Kandireega utilise une recette vieille comme le monde pour constituer un film indien commercial à succès : un acteur dynamique et charismatique, une jolie donzelle pour lui donner la réplique (ou plusieurs, ça dépend du budget!), une musique catchy et populaire, des bagarres de fou absolument improbables, de la comédie bien grasse, un gangster qui fout le bordel... Et la mayonnaise a pris auprès du public comme auprès de la critique, car il n’avait d’autre prétention que de vendre un masala comique des plus classiques, mais surtout des plus efficaces grâce à l’aura de Ram, ce jeune acteur de 25 ans qui excelle dans ce registre depuis les cartons de ses films Devadasu, Ready et Maska. Il a su répondre à ces attentes, et a su demeurer en accord avec sa nature de masala à l’ancienne sans vanter de renouveau ou d’audace là où il n’y avait que du classique. Kandireega a su faire du neuf avec du vieux, en respectant la composition du masala idéal et a ainsi comblé son audience. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, il est de nouveau associé à son amie de longue date Hansika Motwani après le plébiscite de Maska, en 2009. Le comédien a par ailleurs accepté de décaler le tournage de plusieurs mois pour réadapter ses disponibilités à celles de la belle. La jeune actrice de 22 ans est très jolie, pétillante et ravissante ; mais elle est surtout excessivement décorative. Aksha Pardasany laisse beaucoup plus d’impact dans le rôle de cette fille à papa romantique et capricieuse, elle sera d’ailleurs nommée pour le prix du Meilleur Second Rôle Féminin. 170

Sonu Sood en gangster bègue et bourrin est tordant, il est au passage coutumier des rôles négatifs dans le sud depuis le carton plein de Arundhati, en 2009. Il sera également pressenti pour le South Filmfare Award du Meilleur Acteur dans un Rôle Secondaire. Les compositions de S. Thaman sont en adéquation avec l’atmosphère percutante et énergique de Kandireega. Constituée de trois dappa, d’un tube électro’ et d’une ballade décalée ; voilà une bande-son parfaitement calibrée pour plaire au public télougou. Il s’agit surtout d’un album qui sait être au service du divertissement, optimisant de nombreuses séquences de danse, qui mettent toujours plus en valeur les talents de danseur de la ‘Energetic Star’ Ram. « Gentleman » illustre Sreenu tentant de séduire Bujji et sert d’introduction à son personnage, comme dans la majorité des films de Ram, où un titre doit dévoiler le protagoniste dans toute sa splendeur. La chanson romantique « Champakamala » met en musique notre héros en gourou de l’amour un peu bancal. Le second dappa « Nenkudithey » signe les retrouvailles de Sreenu et Shruthi, « Angelina » donne l’occasion à cette dernière et à sa rivale Sandhya de s’affronter pour le cœur de Sreenu tandis que le troisième intitulé « Premey » offre l’opportunité à tous les personnages de se trémousser une ultime fois ; comme une célébration heureusement conclusive. Car Kandireega est une fête, au delà d’un simple longmétrage. Une très grande fête à laquelle le spectateur est convié, et assiste aux aléas de ces héros pas comme les autres. Kandireega célèbre le cinéma populaire, le cinéma des masses, celui qui rassemble, qui distrait, fait rire et fait surtout oublier les problèmes. Le cinéma indien a une fonction divertissante, c’est pourquoi il met en valeur la musique, la danse et les chimères. Kandireega a fait un tabac, à tel point qu’une suite ait été programmée depuis 2012. Mais surtout, Ekta Kapoor a racheté les droits du long-métrage pour en financer le remake en hindi, intitulé Main Tera Hero. Il sera réalisé par David Dhawan et comptera au casting son fils Varun accompagné des belles Ileana D’Cruz et Nargis Fakhri. par

Asmae


SUD

en conclusion De la danse, de l’action, le charme de Ram, le sourire d’Hansika, les pitreries de Sonu et d’Aksha : tous les ingrédients étaient donc réunis pour conquérir le cœur du public. Le résultat est donc là, car Kandireega demeure un des plus gros plébiscites de la carrière de Ram, qui devient aussi iconique qu’un Salman Khan sudiste, les pas de danse en plus et quelques années en moins. Alors Ram, future mégastar de Tollywood ?


ISHA TALWAR À LA CONQUÊTE DU CINÉMA DU SUD


Isha Talwar a beau être la fille de Vinod Talwar, producteur exécutif de Boney Kapoor à Bollywood, elle est arrivée dans l’industrie par la petite porte. En 2000, on l’a vu dans la production de son père Hamara Dil Aapke Paas Hai, où elle campait la petite sœur d’Aishwarya Rai. Depuis, elle a lutté pour lancer sa carrière cinématographique en bonne et due forme, sans bénéficier de l’aide de son paternel. Car Isha a toujours voulu être reconnue pour sa valeur artistique, et non pour sa filiation. De plus, elle veut se préparer avant de jouer dans un film, acquérir de l’expérience, apprendre la comédie et la danse...

SUD

C’est ainsi qu’elle devient l’étudiante du chorégraphe Terence Lewis (que l’on connaît à la télévision comme étant notamment l’un des juges du show Nach Baliye) dès 2004. De sa propre confession, cette expérience l’a changé complètement ; elle y apprendra beaucoup en terme de danse, mais aussi de rigueur. Elle sera l’égérie de plus d’une quarantaine de marques, des opportunités qui lui enseigneront énormément en comédie. Ces publicités représenteront également pour elle des occasions de donner la réplique à des vedettes comme John Abraham, Boman Irani et Shahid Kapoor. Elle jouera également un petit rôle dans un épisode de la série d’anthologie Rishtey, diffusée sur Zee TV en 2010.

opposée à celle que le public a pu voir d’elle dans Thattathin Marayathu, dans la peau de l’inhibée et traditionnelle Aisha.

Mais la consécration vient en 2011, lorsque Isha est sélectionnée pour danser avec Hrithik Roshan pour les besoins de son clip vidéo « Doob Ja », pour la promotion de l’émission télévisée Just Dance dont il est l’un des membres du jury. Sur une musique de Pritam additionnée à la voix de Salim Merchant, elle est étincelante et démontre d’une véritable justesse dans son jeu et ses expressions, au delà de ses potentialités de danseuse. Pourtant, Bollywood ne s’intéresse pas à elle, alors elle tente sa chance dans le sud du pays, où elle passe bon nombre d’auditions...

Le second est Thillu Mullu, remake du succès tamoul du même nom sorti en 1981, avec Rajinikanth et Madhavi. Dans cette comédie de Kollywood, Isha Talwar travaille avec les acteurs Shiva et Prakash Raj. L’œuvre est sans surprise un hit, et est de surcroît très bien reçue par les critiques de cinéma. Thillu Mullu s’inscrit en effet dans la vague des nouvelles comédies tamoules comme Boss Engira Bhaskaran (avec Arya et Nayanthara), Oru Kal Oru Kannadi (avec Udhayanidhi Stalin et Hansika Motwani) et Theeya Velai Seiyyanum Kumaru (avec Siddharth et Hansika Motwani). Bien entendu, le personnage de Janani incarné par Isha est plutôt effacé face aux pitreries de l’hilarant Shiva (que l’on retrouvera plus tard dans Vanakkam Chennai, face à Priya Anand) ; mais la prestation de la belle y demeure plaisante.

En 2012, elle décroche son premier rôle au cinéma, dans le film malayalam Thattathin Marayathu (dont on vous propose la critique dans ce numéro de Bolly&Co’). Elle y campe Aisha, une jeune musulmane timide qui tombe amoureuse du passionné Vinod (Nivin Pauly), de confession hindoue. La jeune femme suivra des cours de diction durant 4 mois pour parfaire son malayalam. La romance est un succès critique et populaire, et Isha remporte le Vanitha Film Award et le South Indian International Movie Award du Meilleur Espoir Féminin. Ce film signe ainsi officiellement le démarrage de sa carrière sur grand écran. Elle enchaîne d’ailleurs la même année avec le thriller I Love Me, dans lequel elle est Samantha, une jeune fille pimpante en apparence mais qui se révèle des plus manipulatrices. Elle y joue aux côtés des vedettes de Mollywood Asif Ali et Unni Mukundan. Ce rôle incisif lui permet de donner une autre image d’elle, radicalement

En 2013, elle part à la conquête des industries tamoules et télougoues avec deux films. Le premier est la comédie romantique Gunde Jaari Gallanthayyinde, dans laquelle elle partage l’affiche avec Nitin et Nithya Menon, tous deux sortis ragaillardis de leur précédent succès commun, Ishq. Elle n’est ici qu’un personnage secondaire mais est rafraîchissante dans le rôle de Shruthi. Elle parvient à trouver sa place malgré l’alchimie indéniable entre Nitin et Nithya. Le film fait un tabac en salles, restant à l’affiche plus de 100 jours.

Isha Talwar sera à l’affiche de Balyakalasakhi, face au grand Mammootty. En une année, elle a su s’imposer comme LE nouveau visage du cinéma dravidien, à la manière de Samantha Ruth Prabhu ou de Amala Paul. Si elle n’a pour le moment pas de projet à Bollywood, elle semble parfaitement se satisfaire de la tournure que prend sa carrière, axée sur ses films du sud. Solaire, dynamique et versatile ; elle a joué dans tous les genres de long-métrages tout en garantissant des succès commerciaux à ses producteurs. Assurément, Isha Talwar est la nouvelle coqueluche du cinéma sudiste ; en tamoul, en télougou comme en malayalam... par

Asmae

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CRITIQUE du

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f ilm

Thattathin Marayathu

par

Asmae


L’Inde compte pas moins de 11 industries cinématographiques. Les plus prospères sont celles qui produisent des films en hindi (Bollywood), en tamoul (Kollywood) et en télougou (Tollywood). Mais ces industries productives ne sont pourtant pas les seules à proposer des œuvres de qualité. En effet, le cinéma malayalam, dit Mollywood ; est le plus souvent lauréat de National Awards (récompense ultime en matière de cinéma, qui s’applique à l’Inde entière toutes régions confondues) avec les industries bengali et marathi. Des acteurs au talent et à la renommée incontestables comme Upendra et Prithviraj ont fait leurs armes dans cette industrie, pour ensuite travailler en tamoul ou en hindi. Mais pour les fans français, c’est une lutte quotidienne pour se procurer des films indiens sous-titrés. Si les films de Bollywood restent disponibles dans des points de vente spécialisés, les œuvres dravidiennes sont bien plus rarement vendues, et il faut soit se rendre dans les quartiers indiens de la capitale, soit les commander sur des sites étrangers, soit se résoudre à les regarder sur Internet avec l’espoir d’y trouver des sous-titres en anglais. Cela ampute donc l’envie à bon nombre d’amateurs français de découvrir les films de Rajinikanth, Chiranjeevi et Mohanlal, vu qu’ils ne sont pas anglophones. Et c’est bien dommage, car c’est le meilleur moyen de passer à côté de véritables pépites cinématographiques. Ce n’est pas pour rien que Bollywood enchaîne remake sur remake, entre Ghajini et Ready ; en passant par Singham. Votre rédactrice en chef a depuis longtemps franchi le stade du cinéma du sud, vous offrant à chaque numéro de Bolly&Co’ une rubrique y étant consacrée. Les films dravidiens ont leurs propres codes, leurs propres références et leur propre identité. Et le cinéma du sud inspire même dans sa culture, il suffit de noter l’engouement autour du dernier film de Shahrukh Khan : Chennai Express, contextualisé au Tamil Nadu. L’industrie de Mollywood héberge donc des acteurs au potentiel immense, des compositeurs talentueux et des cinéastes visionnaires. Parmi eux, il y a Vineeth Sreenivasan ; qui réalise en 2012 une des romances les plus aériennes du cinéma indien : Thattathin Marayathu. Appréciée par les critiques, cette romance met en scène le jeune Nivin Pauly et la débutante Isha Talwar dans les rôles principaux. Traduisible par « Sous le voile », Thattathin Marayathu narre l’histoire d’amour entre un hindou idéaliste et une musulmane désillusionnée...

L’HISTOIRE :

SUD

Vinod (Nivin Pauly) est hindou. Aisha (Isha Talwar) est musulmane. Ils s’aiment mais ne le peuvent, conflit religieux oblige. Vous croyez en un remake de Veer-Zaara ou d’Ishaqzaade ? Foutaises ! Si la famille de Vinod est sous le charme de la jolie jeune femme, celle d’Aisha est formellement opposée au fait que leur fille n’épouse un homme d’une autre foi. Et c’est là que les ennuis commencent... A la manière de Vinnaithaandi Varuvaayaa, Thattathin Marayathu raconte la lutte d’un romantique invétéré pour gagner le cœur de sa belle puis ceux de sa belle-famille en devenir. Il y a d’ailleurs du Gautham Menon dans le style de Vineeth Sreenivasan, dans la photographie très vérace, sans enjolivure ou aseptisation, aussi bien dans les décors que dans les tenues, mais aussi dans l’illustration des personnages. Si les histoires d’amour entre jeunes de communautés différentes sont devenues monnaie courante au cinéma, indien ou d’ailleurs ; c’est dans le traitement du sujet que le film puise son unité. On peut allègrement déléguer une bonne partie du mérite à l’irrésistible Nivin Pauly. Il a pour commencer le sourire le plus craquant de tout le sous-continent ! Mais surtout, il est franchement solaire dans le rôle de Vinod, hindou follement épris de cette fille voilée qu’il ne peut aimer librement. Il est doux, patient. Il est tout content de pouvoir apposer un baiser sur le front de sa belle, de lui écrire des lettres aux messages codés et de l’admirer en train de jouer de la guitare. On aime ce personnage auquel Nivin donne vie avec aplomb mais nuance. Isha Talwar campe Aisha, la dulcinée de Vinod. Elle fait ses débuts d’actrice avec Thattathin Marayathu, dans une langue qu’elle ne maîtrise pas. Elle suivra des cours de diction pendant quatre mois afin d’intégrer correctement les subtilités du malayalam. Elle est étincelante en Aisha, pieuse et réservée. La passivité certaine avec laquelle elle subit les événements de l’œuvre fait partie intégrante du caractère du protagoniste. Cet aspect d’Aisha aurait d’ailleurs pu rebuter, mais il trouve ici tout son sens. C’est dans le ‘climax’ que le personnage se défait de son manque d’action, un changement bienvenu. L’alchimie qui la lie à Nivin Pauly est stupéfiante, →

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critique:

Thattathin Marayathu

ils remporteront d’ailleurs l’Asianet Film Award du Meilleur Couple à l’écran, en 2013. Ce qui est particulièrement appréciable dans Thattathin Marayathu, c’est la beauté des images capturées par Vineeth Sreenivasan. Le résultat est aérien, suranné, presque onirique. Pourtant, le film est parfaitement ancré dans le réel, entre un Vinod qui doit s’assurer un emploi pour subvenir aux besoins de sa future épouse, et le refus de la famille de cette dernière justifié par une société encore réfractaire aux mariages mixtes. Cet équilibre entre songe et réalité fait le charme de cette romance de qualité. Les dialogues de Vineeth Sreenivasan sont excellents, aussi bien les tirades romanesques de Vinod que ses échanges avec ses amis et Aisha. La musique de Shaan Rahman est magistrale. Elle est comparable à la qualité des travaux de son homonyme A.R. Rahman. L’album est d’une qualité inénarrable. La chanson « Anuraagathin Velayil » est le point d’orgue de la bande-originale, sublimée par la voix de Vineeth Sreenivasan lui-même. Le morceau titre est tout aussi qualitatif, à l’instar des chansons « Praananthe Naalangal », « Shyaamambaram », des deux versions de « Anuragam », de « Muthuchippi » et de l’intense « Namosthuthe ». Le travail impeccable de Shaan Rehman lui vaudra le South Indian International Movie Award de la Meilleure Bande-Originale en malayalam. Mais l’autre atout musical de Thattathin Marayathu, c’est sa bande-son de fond. Les morceaux qui servent d’accompagnement aux séquences sont enivrants, et l’on retient surtout la magnifique « O Sahiba » bien que d’autres scores soient eux aussi réussis. La musique, la prestation des comédiens, la photographie et la réalisation forment un mélange savoureux ; et la préparation finale est un festival visuel comme auditif ; mais surtout émotionnel. On aura souvent le cœur qui bat, la gorge serrée, la tête qui dodeline au rythme des chansons, les yeux qui brillent, les larmes qui tombent aux joues et le sourire jusqu’aux oreilles. Thattathin Marayathu est délicat et poétique. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus novateur en matière de cinéma ; mais ce qu’il y a de plus envoûtant, sans aucun doute.

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Alors effectivement, cela risque d’être très compliqué de trouver les sous-titres français de Thattathin Marayathu. Mais si vous voulez vivre une expérience cinématographique irrésistible, il s’agit du film idéal pour vous introduire à la magie toute particulière du cinéma malayalam. Le Kerala regorge de perles artistiques qu’il serait dommage d’occulter. Et Thattathin Marayathu en fait partie...


SUD

Les 5 News Dravidiennes à Retenir... Parce qu’en Inde, il n’y a pas que Bollywood qui cartonne ; dans cette chronique exclusive ; vous connaîtrez les potins de ces derniers mois à retenir absolument concernant les industries dravidiennes ! par

Asmae

1 Lakshmi Menon travaillera avec Dhanush ? Elle a seulement 16 ans lorsqu’elle illumine le tout Kollywood avec ses débuts dans les drames néo-réalistes Sundarapandian et Kumki (recevant pour l’un le South Filmfare Award du Meilleur Espoir Féminin et pour l’autre une nomination dans la catégorie de la Meilleure Actrice Tamoule). Depuis, Lakshmi Menon est devenue la nouvelle coqueluche du cinéma dravidien, enchaînant les projets prestigieux. Entre ses deux films avec Vishal (Pandiya Naadu et Naan Sigappu Manithan) et son long-métrage à venir aux côtés de Siddharth (Jigarthanda), la jeune femme de 17 ans désormais a exprimé son souhait de travailler avec la star Dhanush. Ce dernier a réciproqué en affirmant vouloir également collaborer avec la comédienne. Alors, à quand un film avec ces deux talents ?

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2 Nithya Menon dans Muni 3 : Ganga. La jolie Nithya Menon fera partie du troisième volet de la trilogie tamoule Muni, démarrée en 2007 par Raghava Lawrence qui écrit, réalise et incarne ces long-métrages. Alors que l’actrice principale annoncée est Taapsee Pannu, on apprend que Nithya tiendra un rôle tout aussi important : celui d’une femme atteinte d’un handicap physique. S’agira-t-il d’un fantôme pour ce film d’horreur dont les précédents épisodes ont été encensés par la critique ? Seul l’avenir nous le dira...

Projet de mariage pour Samantha ?

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Que nenni ! Depuis plusieurs mois, des rumeurs la lient à l’acteur Siddharth. Selon certains, le couple voudrait se marier prochainement ; pour d’autres, ils seraient déjà fiancés en secret... De surcroît, leur campagne de publicité pour la marque de savon Lux mettait leur complicité en valeur, de quoi alimenter les ragots. Et pourtant, Samantha a annoncé dernièrement qu’elle n’avait pas l’intention de se marier dans les trois années à venir, pour mener à bien sa carrière florissante. Fraîchement récompensée de deux South Filmfare Awards de la Meilleure Actrice, l’actrice déclarait en 2012 être très amoureuse et satisfaite de cette relation, sans toutefois nommer le nom de l’heureux élu.

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SUD

4 Trisha Krishnan se tourne vers Sandalwood.

Longtemps, elle a été l’une des actrices les plus populaires du sud de l’Inde, remportant plusieurs prix d’interprétations féminines pour ses prestations encensées. Avec Vinnaithaandi Varuvaayaa en 2010, elle est au sommet de son art dans ce drame romantique enlevé. Mais depuis, c’est un peu difficile pour Trisha Krishnan de se démarquer. Car bien qu’elle soit encore très active en terme de sorties, aucun de ses récents films n’a vraiment retenu l’attention. C’est pourquoi elle a décidé de tourner prochainement un film en langue kannada, le premier de sa carrière. Il s’agira du remake local du blockbuster télougou Dookudu, qui valait à Mahesh Babu le South Filmfare Award du Meilleur Acteur. Trisha y reprendrait donc le rôle initialement tenu par Samantha Ruth Prabhu, et ce face à l’acteur Puneet Rajkumar.

5 Siddharth dans un remake ! Le film kannada Lucia sorti en septembre 2013 a remporté tous les suffrages, notamment devenu le lauréat du prix du Meilleur Film lors du Festival du Film Indien de Londres. C’est donc logiquement que ce thriller psychologique intelligent fera l’objet d’un remake en tamoul, avec nul autre que le formidable Siddharth pour y tenir le rôle principal.

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CRITIQUE d u

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Ishq

En Andhra Pradesh, les comédies sentimentales légères comme Ashta Chamma et Bommarillu remportent régulièrement les faveurs du public et côtoient au box-office des masala de l’acabit de Gabbar Singh et Dookudu. Dans Ishq, on a droit à un savant mélange des deux ; avec un soupçon de la fourberie d’un Ready ou d’un Kandireega (dont on vous a rédigé la critique dans ce numéro). Mais la romance prédomine tout de même, grâce à la complicité palpable entre Nitin et Nithya Menon. Bolly&Co’ vous propose de découvrir l’un des succès les plus inattendus de l’année 2012 à Tollywood... L’HISTOIRE : Rahul (Nitin) doit prendre l’avion à destination d’Hyderabad à la fin de son année scolaire. Son vol est cependant détourné vers Goa en raison de perturbations climatiques. Il rencontre à l’occasion la belle Priya (Nithya Menon), à qui il propose de passer les quelques jours d’attente en sa compagnie. Ils tombent inéluctablement amoureux, mais n’osent se l’avouer. Et alors qu’il est sur le point de lui ouvrir son cœur à l’aéroport d’Hyderabad, il constate que le frère de sa belle n’est autre que Siva (Ajay), le truand qui n’a eu de cesse de tourmenter sa sœur Divya (Sindhu Tolani) par le passé... Un film d’action musclé ? Un drame romanesque intense ? Un thriller psychologique ? Que nenni ! Ishq est une comédie romantique ‘made in Andhra’ ; avec son inévitable lot de tueurs à gage, de bagarres cabotines et de séquences comiques. Pourtant, Ishq possède sa propre identité. On ne peut nullement le comparer à un blockbuster de Ram Pothineni, car l’œuvre de Vikram K. Kumar a su trouver son style, et la star Nitin avec. En effet, la star de 30 ans avait pour habitude de singer Allu Arjun et autres Ram Charan Teja dans ses masala Hero et Seeta Ramula Kalyanam. Mais avec Ishq, on sent l’acteur prendre son envol ; révélant son sens comique sans en faire des caisses, et dévoiler sa véritable facette de vedette romantique. Ce qui marque en effet du côté de la romance, c’est l’osmose parfaite entre Nitin et sa co-star, Nithya Menon. La complicité qui lie les deux vedettes est d’ailleurs telle qu’ils sont à l’affiche en 2013 de Gunde Jaari Gallanthayyinde avec également Isha Talwar, qui sera un succès. 180


SUD


critique:

Ishq

Nitin a travaillé par le passé avec des actrices populaires comme Genelia D’Souza, Priyamani et Hansika Motwani, mais il semble avoir trouvé en Nithya la partenaire avec laquelle il est réellement en phase à l’écran. Ils sont beaux à voir et forment un couple franchement harmonieux. La romance simple et efficace qu’ils nous narrent dans Ishq fait d’autant plus fonctionner le duo qu’elle ne s’attarde pas. La narration est dynamique, entrecoupée de chansons efficaces sans alourdir le récit.

Par bien des côtés, elle fait penser à Mini, le personnage de Genelia Deshmukh dans la romcom hindi Tere Naal Love Ho Gaya, en moins extrême. Lorsque son frère poursuit son petit-ami en voiture pour l’étriper, elle est surexcitée au lieu d’être terrifiée. On regrette du coup que cette spontanéité se voit estompée dans la dernière demi-heure, où Priya agit plutôt comme la Simran de Dilwale Dulhania Le Jayenge, spectatrice plus effacée des manœuvres de son cher et tendre pour les réunir.

Après une série noire de 13 bides consécutifs, Ishq a signé le renouveau de la carrière de Nitin, lui permettant de se faire enfin apprécier du public. Belle gueule, acteur talentueux et danseur impeccable, l’industrie l’a régulièrement comparé à ses compères Allu Arjun et Ram Charan Teja. Il souffrira donc régulièrement de la comparaison, voyant ses projets flopper tandis que ceux de ses collègues cartonneront (on ne citera que Badrinath et Magadheera en exemple...). Mais Ishq constitue le tournant de son parcours. Il est depuis plus précis, plus dilué et moins frontal dans son jeu. Il est luimême, en quelque sorte...

L’acteur Ajay est brillant de dégoût dans la peau de Siva, le grand frère électrique de Priya sur la voie très sinueuse de la rédemption. Impulsif et lunatique, il passe de l’amour à la haine, du calme à la violence avec vigueur. Il tourmente allègrement la belle Sindhu Tolani qui campe Divya, la sœur aînée de Rahul. Personnages secondaires sur le papier, ceux sont eux qui influent sur l’histoire d’amour de Rahul et Priya.

Si Nitin a eu besoin de Ishq pour mettre son talent et sa sincérité en lumière, Nithya Menon nous avait déjà habitué à sa fraîcheur par le passé. En effet, cette beauté naturelle n’a nul besoin d’un ‘size zero’ ou d’un bikini pour être mignonne et élégante. Ses formes, elle les assume ! La magnifique comédienne a un visage d’ange, elle est ravissante dans la peau de Priya. On pouvait déjà apprécier la jolie demoiselle dans 180 (avec Siddharth et Priya Anand), Violin (avec Asif Ali et Lakshmy Ramakrishnan) et Ala Modalaindi (avec Nani et Sneha Ullal), dans lesquels elle livre des prestations de haut vol. Nithya avait reçu des opportunités de travailler avec de grands acteurs de l’industrie de Tollywood, comme Venkatesh. Mais elle les a refusé car elle considérait que le duo qu’elle formerait avec ces stars ne fonctionnerait pas du fait de la différence d’âge. Au lieu de cela, elle a signé Ishq, avec un Nitin qui avait tout à prouver. Une belle prise de risque pour une comédienne authentique qui privilégie la crédibilité de ses personnages aux résultats du box-office. Son personnage est d’ailleurs écrit de façon intéressante et plutôt originale pour le cinéma télougou. Loin de l’héroïne frêle et timorée à laquelle on a eu droit dans un Kandireega ou dans un Darling (avec Prabhas et Kajal Aggarwal) ; Priya est éclatante, romantique et quelque peu rentre-dedans. 182

S’il s’agit d’une romance avant tout, il reste difficile de classifier Ishq dans un genre bien spécifique. Dans sa première partie, il sonne plutôt comme un road-movie romantique ; dans la seconde, il tend vers la franche comédie pour basculer lors de son épilogue dans le masala pur et dur. Car c’est là, la force de Ishq : mélanger savamment les genres sans tomber dans le pot-pourri cinématographique. Exploiter ce qui fait le sel du cinéma de Tollywood pour satisfaire l’audience tout en parvenant à rendre son intrigue fluide et linéaire. Du coup, le visionnage de Ishq passe en un éclair, on ne voit pas le temps passer grâce à ses acteurs vifs et à sa trame rythmée. Du côté de la musique, on a droit à Anoop Rubens pour sa composition. Sur CD, la bande-son semble manquer de saveur, mais elle s’intègre parfaitement au récit. On peut déjà souligner le fait que Nitin et Nithya Menon ont posé leurs voix sur l’album, comme ils ont eu l’habitude de le faire par le passé. Nitin y interprète « Lachhamma », un titre mi-techno’ mi-dappa qui entre vite en tête pour ne vous quitter qu’à l’écoute du prochain morceau. Vient donc ensuite le titre phare de la bande-originale : « Oh Priya Priya », chanté par Adnan Sami et Nithya Menon. La voix suave de Adnan avait déjà fait des étincelles sur des titres comme « Nenante Nakku » de Oosaravelli et « Infatuation » de 100% Love ; et il réitère la prouesse avec ce son suranné. « Edho Edho » gagne en consistance lorsqu’elle met en scène les pérégrinations du couple lors de leur virée à Goa, sur les voix de Pradeep Vijay et Kalyani Nair. Enfin, « Chinnadana Neekosam » est efficace dans le film mais s’oublie assez rapidement pour laisser place au dénouement. par

Asmae


SUD

en conclusion Sans être d’une audace folle, Ishq a su changer de perspective en matière de romance ; un peu à la manière de films comme 100% Love et Mr. Perfect. Ici, la légèreté est de mise ; d’autant plus aérée par son couple vedette. Ishq a séduit au point de susciter l’intérêt du cinéaste Rajashekar qui en dirigera le remake tamoul, avec Hansika Motwani. Concrètement, si vous avez envie de découvrir et/ou d’apprécier Nitin dans un rôle pour lequel il est taillé, si vous voulez savourer le sourire et la candeur de la superbe Nithya Menon pour les suivre dans un périple romantique plein de tendresse et d’humour ; vous pouvez sans hésiter vous jeter sur Ishq, qui constitue pour l’un le meilleur film de sa carrière, pour l’autre un rôle sympathique dans lequel elle illumine.


SUD

SAMANTHA RUTH PRABHU :

la nouvelle Sridevi ? A 26 ans, Samantha Ruth Prabhu est sans nul doute la nouvelle star incontestée du cinéma dravidien. Issue d’une famille chrétienne, elle naît à Chennai d’un père originaire d’Andhra Pradesh et d’une mère malayali. Après des études de commerce, elle démarre une carrière dans le mannequinat. En 2007, elle n’a que 20 ans lorsqu’elle signe son premier projet, Moscowin Kavery. Mais la production traîne en longueur, le réalisateur Ravi Varman a d’autres dispositions en tant que cinématographe et doit continuellement repousser les dates de tournage. Les débuts de Samantha se font ainsi attendre... Jusque 2010 et le projet qui lance réellement sa carrière : le drame romantique de Gautham Vasudev Menon Ye Maaya Chesave. Version télougoue du film Vinnaithaandi Varuvaayaa, l’œuvre du cinéaste de Kaakha Kaakha et Vaaranam Aayiram narre l’histoire d’amour contrariée entre Karthik, un réalisateur en herbe de confession hindoue et Jessie,

une chrétienne malayali désillusionnée. Face à Naga Chaitanya, elle excelle dans la peau de cette indienne de classe moyenne terre-à-terre et réservée. Samantha remportera le South Filmfare Award du Meilleur Espoir Féminin et sera nommée pour le prix de la Meilleure Actrice télougoue. Elle est ensuite à l’affiche de Baana Kaathadi, aux côtés du débutant Adharvaa. Ce drame tamoul est globalement ignoré par la critique et le public. Pourtant, la comédienne est formidable dans la peau de Priya, une étudiante de milieu aisé qui se lie d’amitié avec un jeune homme des bidonvilles. Intense, vérace et poignant ; Baana Kaathadi constitue un de ses films les plus émouvants. Moscowin Kavery, son projet initial, sort dans l’indifférence générale. Ce qui n’empêche pas Samantha de clôturer l’année 2010 sur un succès avec Brindaavanam, dans lequel elle tient un second rôle en compagnie de N.T. Rama Rao Jr et Kajal Aggarwal. → 185


SAMANTHA RUTH PRABHU :

la nouvelle Sridevi ?

En 2011, elle figure dans son seul film de l’année : Dookudu, un masala d’action avec Mahesh Babu, qui fait un carton au box-office. Elle incarne classiquement la petite-amie du ‘mass hero’ campé par Babu, dans un rôle qui ne lui laisse que très peu d’espace. Cependant, elle est tout de même nominée pour le South Filmfare Award de la Meilleure Actrice en langue télougoue. C’est en 2012 qu’elle marque tous les esprits dans deux projets conséquents : le film fantastique télougou Eega et le drame romantique tamoul Neethaane En Ponvasantham. Le premier narre l’histoire surprenante d’un jeune homme (Nani) assassiné par un multimillionnaire possessif (Sudeep) pour l’amour de la belle Bindu (Samantha). Le jeune homme se réincarne en mouche pour prendre sa revanche ! Une intrigue ubuesque qui recevra les acclamations du public et des critiques, remportant le National Award du Meilleure Film télougou. Samantha rafle quant à elle le South Filmfare Award de la Meilleure Actrice télougoue pour son jeu sans fausse note. Le second met en image la relation semée d’embûches entre Nithya (Samantha) et Varun (Jiiva). Réalisé par celui qui l’a lancé, Gautham Menon, Samantha Ruth Prabhu tient également le rôle de Nithya dans la version télougoue de l’œuvre Yeto Vellipoyindhi Manasu, où elle retrouve sa co-star de Eega : Nani. Dans la veine de Ye Maaya Chesave, cette romance permet à Samantha d’incarner un personnage à différents âges et différentes étapes de sa vie ; en adaptant son jeu, son look et sa posture à ces variations. La comédienne démontre d’une justesse impressionnante face au solide Jiiva ; et remporte le South Filmfare Award de la Meilleure Actrice tamoule. C’est ainsi qu’elle devient la seconde actrice à gagner les prix d’interprétation féminine aussi bien en tamoul qu’en télougou durant la même année. Aucune comédienne n’y était parvenue depuis Jayalalithaa en 1972, doublement sacrée pour Sri Krishna Satya et Pattikada Pattanama. La version hindi de Neethaane En Ponvasantham, intitulée Assi Nabbe Poorey Sau devait ne jamais sortir suite au flop de Ekk Deewana Tha, tendant hindi raté de Ye Maaya Chesave. Mais le récent succès de Aashiqui 2 a encouragé les producteurs à remettre sur pied ce projet dans lequel joue 186

également Samantha, comptant sur la fraîche popularité de l’acteur vedette Aditya Roy Kapur afin de permettre à ce remake de rencontrer le succès. Cette année, elle faisait partie du casting de Seethamma Vakitlo Sirimalle Chettu avec Venkatesh, Mahesh Babu et Anjali. Ce drame familial lui permet une fois de plus de jouer dans un rôle authentique et modeste, sans glamour surfait et ni bikini provocateur. En plus de lui offrir un joli personnage à incarner, Seethamma Vakitlo Sirimalle Chettu devient un blockbuster. Elle sort ensuite Jabardasth, remake non-officiel de Band Baaja Baaraat, dans lequel elle donne la réplique à Siddharth, son petit-ami présumé à la ville. Si le film fait un carton au box-office, il fait surtout l’objet de poursuites légales de la part de la maison de production Yash Raj, qui riposte en lançant le remake officiel de l’œuvre originale avec Nani et Vaani Kapoor : Aaha Kalyanam. Loin d’être entachée par cette polémique, Samantha conclue l’année sur deux films où elle tient des rôles plus décoratifs : Attharintiki Daaredhi avec Pawan Kalyam et Pranitha, qui fait un carton en salles et Ramayya Vasthavayya avec N.T. Rama Rao Jr et Shruti Haasan qui reçoit un accueil plus mitigé. En 2014, elle sera à l’affiche deAutonagar Surya et surtout de Manam, un drame familial où elle retrouve Naga Chaitanya accompagné de son père Nagarjuna et de son grand-père Akkineni Nageswara Rao. Elle donnera de nouveau la réplique à N.T. Rama Rao Jr. dans le prochain film de Santosh Srinivas, pour ensuite jouer face au débutant Bellamkonda Sreenivaas dans Production No. 4. Enfin, Samantha sera l’héroïne de Rowdy avec la star tamoule Surya et du prochain projet de la vedette Vijay.

Samantha Ruth Prabhu peut donc se vanter d’avoir démarré sa récente carrière sur les chapeaux de roue en garantissant succès populaires et critiques à ses producteurs. Belle, versatile et rafraîchissante ; elle fait penser à une certaine Sridevi à ses débuts. S’il lui faudra bien d’autres long-métrages pour un jour atteindre la quintessence de la ‘’Hawa Hawaai Girl’’, Samantha n’a fait que conforter sa place de star dravidienne au fil de ses sorties. Alors, Samantha est-elle devenue incontournable ? par

Asmae


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SUD

Aaha Kalyanam, un bide assuré ?

Commençons par le commencement ! En décembre 2010 sort à Bollywood Band Baaja Baaraat, comédie romantique avec Anushka Sharma et le jeune arrivant Ranveer Singh. L’œuvre, produite par la bannière Yash Raj, raconte l’histoire de Shruti et Bittoo, deux jeunes indiens qui se lancent dans l’organisation de mariages. Le long-métrage est encensé par la critique et réalise d’excellents résultats en terme d’entrées au box-office. Très vite, le film atteint un caractère culte auprès de la jeunesse indienne, au même titre qu’un Jab We Met ou qu’un Dilwale Dulhania Le Jayenge. De l’autre côté du pays, la talentueuse Nandini Reddy revient à la réalisation après le succès de son précédent film, la romcom Ala Modalaindi. Elle tourne sa nouvelle romance avec un casting de taille : le ‘lover boy’ par excellence Siddharth et la jeune étoile du cinéma dravidien Samantha Ruth Prabhu. Ainsi, le film télougou Jabardasth sort en salles en février 2013 et y fait un tabac. Pourtant, une maison de production visionne le film et y trouve d’évidentes similitudes avec un certain Band Baaja Baaraat ! La guerre est déclarée, et la bannière annonce des poursuites à venir contre les producteurs de Jabardasth... Mais plus encore qu’une histoire de droits, c’est une histoire de légitimité qui justifie la lutte que livre Yash Raj à l’équipe de Jabardasth. En effet, ils ont été les initiateurs du lancement de cette histoire dans l’industrie hindi, et constater le succès de Jabardasth auprès du public télougou les dépossède de cette réussite. C’est pourquoi ils financent Aaha Kalyanam, annoncé comme le remake officiel de Band Baaja Baaraat. Avec la nouvelle protégée de la boite de prod’ Vaani Kapoor et le talentueux Nani, le film semble tout droit copié de l’original.

Alors, chez Bolly&Co’, on s’interroge : pourquoi avoir réalisé ce remake ? Poursuivre en justice Nandini Reddy et son producteur Bellamkonda Suresh n’était-il pas suffisant ? On a le sentiment que Yash Raj a désiré riposter en proposant son remake, plus légitime, au public télougou. Pour eux, il s’agirait donc d’éclipser Jabardasth des esprits en sortant Aaha Kalyanam. C’est également une façon de sous-entendre que Jabardasth n’étant pas à la hauteur, ils décident d’offrir une version de l’histoire plus qualitative. Mais surtout, c’est sur le plan idéologique qu’ils veulent s’imposer, en contre-attaquant sur le marché local avec un film sur lequel ils ont eu un regard. Pourtant, en visionnant la bande-annonce de Aaha Kalyanam, le doute s’installe : si Nani est très à l’aise dans le registre romantique (cf: ses prestations dans Ashta Chamma et Ala Modalaindi), on sent Vaani Kapoor beaucoup plus vacillante. En effet, elle semble singer Anushka Sharma durant certaines séquences, et articule à peine ses dialogues en tamoul dans d’autres. Ainsi la voix assurée qui la double est en parfait décalage avec son jeu. De surcroît, de nombreux costumes sont copiés stricto sensu de l’original, comme ceux des séquences musicales « Ainvayi Ainvayi » et « Dum Dum ». Au Nord du pays, on crie au scandale car pour les fans du film, Band Baaja Baaraat n’est pas adaptable. Au Sud, c’est Jabardasth qui fait office de référence et les admirateurs du film de Siddharth et Samantha prédisent un flop retentissant suite au plébiscite de l’œuvre télougoue sortie en février dernier. Aaha Kalyanam est tourné en tamoul, une alternative pour toucher le marché du Tamil Nadu mais sortira en version télougoue, pour atteindre son but originel. Alors, Aaha Kalyanam peut-il réellement fonctionner ? par

Asmae

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Passionnée de cinéma tamoul, la Shankara Team traduit les plus grands succès de Kollywood en français.

Pour en savoir plus, c’est le moment ou jamais d’aller aimer la page facebook !


Et si on comparait les remakes :

SUD

Ariane VS Engeyum Kaadhal L’Inde a pour habitude de miser sur les remakes, qu’ils soient régionaux ou internationaux. En effet ; réadapter une œuvre aux coutumes nationales voire régionales fait office de véritable tendance dans les industries indiennes, à Bollywood comme dans les capitales dravidiennes. Au Tamil Nadu, le célèbre cinéaste et chorégraphe Prabhu Deva (à qui l’on doit notamment les succès Pokkiri et Rowdy Rathore) réalise Engeyum Kaadhal, une romance entièrement tournée en France, entre Paris et Cannes. Extrêmement attendue, l’œuvre fera un bide. Et pour cause : il s’agit d’un remake non-officiel de Ariane, romance américaine adulée avec Audrey Hepburn et Gary Cooper. Mais Engeyum Kaadhal est-il un remake raté ? Ariane, devenu incontournable, était-il un film inadaptable ? Est-il bon de toucher à un classique ?

Film : Ariane Réalisé par : Billy Wilder Industrie : Hollywood Année : 1957 Distribution : Gary Cooper, Audrey Hepburn, Maurice Chevalier... Musique : Franz Waxman

Film : Engeyum Kaadhal Réalisé par : Prabhu Deva Industrie : Kollywood Année : 2011 Distribution : Jayam Ravi, Hansika Motwani, Suman... Musique : Harris Jayaraj

Ariane Chavasse/Kayalvizhi Rajasekhar (Audrey Hepburn/Hansika Motwani) est une jeune étudiante en musique domiciliée à Paris. Elle est la fille de Claude Chavasse/Rajasekhar (Maurice Chevalier/Suman), détective privé. En consultant les dossiers de son père, elle tombe sur les clichés du coureur de jupon Frank Flannagan/Kamal (Gary Cooper/Jayam Ravi), pour lequel elle fond totalement... 191


A quelque détails prêts, le même pitch, le même contexte parisien, le même aspect romantique... Pourtant, si Ariane est une romcom réussie qui a fait scandale à l’époque de sa sortie en 1957, Engeyum Kaadhal reste l’un des long-métrages les plus médiocres de la carrière pourtant honorable de Prabhu Deva...

Ariane, en 3 points : 1. Du culot en pagaille :

Ariane, c’est avant tout l’histoire éhontée en une mythomane juvénile et un tombeur quinquagénaire. Une romance immorale entre un Dom Juan vieillissant et une frêle étudiante séductrice. C’est dans cette irrévérence que réside toute la saveur de Ariane, intitulé en anglais Love in the Afternoon (en référence au fait que les deux protagonistes ne se fréquentent que l’après-midi). La fin créera d’ailleurs un tollé, où Frank enlève brusquement la belle Ariane sur le quai de la gare. Maurice Chevalier devra enregistrer en voix off un discours de fin durant lequel il explique que Frank et Ariane se sont finalement mariés.

2. La quintessence incarnée par Hepburn :

Un film avec Audrey Hepburn est en soi un mythe. Dans Ariane, la belle révélée par son rôle de princesse égarée dans Vacances Romaines (avec Gregory Peck, qui lui vaudra l’Oscar de la Meilleure Actrice) est remarquable, en plus de s’imposer comme une icône du chic et du glamour (statut qu’elle consolidera avec ses rôles dans Diamants sur Canapé et My Fair Lady). Âgée à l’époque de 28 ans, elle semble pourtant taillée pour être Ariane, l’étudiante violoncelliste romanesque. La grande dame du cinéma américain campe sans fausse note cette jeune fille qui tente de se faire passer pour une femme fatale ; faisant ainsi plonger allègrement le ténébreux Gary Cooper.

3.Dans les années 1950, tout était si beau :

L’ambiance française des années 1950 est délicieuse, Audrey Hepburn est grandiose, magnifique et classieuse, comme à son habitude. Gary Cooper est tout bonnement juste en quinqua’ volage ; mais la véritable star de l’œuvre est Maurice Chevalier, impeccable dans la peau du père ultra-protecteur d’Ariane.

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SUD

Engeyum Kaadhal en 3 points : 1. (Presque) aucune originalité :

Dans Engeyum Kaadhal, Prabhu Deva a littéralement essayé de pomper le film de Billy Wilder. En effet, le cinéaste tamoul a tout piqué : de la France au violoncelle d’Ariane, en passant par l’hôtel Ritz et même certaines scènes qui sont sensiblement identiques au long-métrage original. Deux éléments ont cependant été altérés : l’âge du personnage masculin (Jayam Ravi est un trentenaire dynamique, qui détonne avec le fringuant cinquantenaire de Ariane) et la scène de fin, qui semble tout droit empruntée à celle de Love Aaj Kal, film hindi de Imtiaz Ali sorti en 2009, avec Saif Ali Khan et Deepika Padukone. Le problème, c’est que tout l’intérêt du pitch d’origine résidait dans ces éléments. De quoi achever un remake foireux qui avait là ses seules chances de faire preuve d’un semblant de culot...

2. Hansika Motwani, lumineuse :

Elle est la sauveuse du long-métrage. Âgée de 20 ans au moment de la sortie de Engeyum Kaadhal, la jolie comédienne est radieuse dans la peau de Kayalvizhi. Rivaliser avec Audrey Hepburn est pourtant chose impossible. Mais ici, Hansika a pris le parti de donner un souffle tout à fait différent à son interprétation, sans singer Audrey et en apportant beaucoup de candeur à son personnage. Sans être aussi incandescente que l’héroïne de Charade et Sabrina, la starlette révélée par le carton télougou Desamuduru semble trouver son style avec ce rôle pourtant bancal sur le papier.

3.La musique impeccable de Harris Jayaraj :

L’album de Engeyum Kaadhal est l’un des rares atouts du film de Prabhu Deva. Si la chanson titre s’oublie assez facilement, les autres morceaux sont tous réussis. Le rap « Bathing in Cannes » est sublimé par une partition au violon faisant écho à la pratique de Kayalvizhi ; sur les voix de Ranina Reddy, Emcee Jesz et du duo Lady Kash et Krissy. Le titre « Thee Illai » est l’intense rêverie de l’héroïne, tombée instantanément amoureuse du tombeur Kamal. Les timbres de Naresh Iyer, Mahathi, Ranina Reddy, Mukesh et Gopal Rao donnent la substance musicale à ce songe empli de poésie. « Nangaai » est un hommage sympathique au roi de la pop Michael Jackson, dont le cinéaste est un fan absolu. La jolie ballade « Lolita » bénéficie des grains de voix aériens Karthik et Prashanthini sur une instrumentalisation à la guitare. « Nenjil Nenjil » est un son romantique suranné que l’on doit aux chanteurs Harish Raghavendra et Chinmayi. Enfin, « Dhimu Dhimu » vole haut avec le talentueux Karthi, qui participe ainsi à sa seconde mélodie sur la très bonne bande-originale du long-métrage.

En conclusion, vous avez d’un côté une romance culte d’Hollywood, de l’autre un film tamoul de seconde zone plutôt oubliable. Mais avant de tourner le dos définitivement à Engeyum Kaadhal, procurez-vous sa bande-son pour savourer la seule vraie réussite du projet. Et si vous êtes fan de Hansika Motwani, vous pouvez toujours l’apprécier dans ce qui est une de ses prestations les plus matures. par

Asmae

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PLAYLIST SUD : CHANTONS SOUS LA PLUIE.. En France, la pluie c’est moche et ça mouille. La pluie perturbe, donne froid et rend bougon. En Inde, la pluie c’est romantique et poétique. La pluie éveille, donne envie de danser et rend heureux. Alors effectivement, les chansons sous la pluie ne trouvent pas leur inspiration dans la comédie musicale de 1952, avec Gene Kelly. Les indiens ont leur propre style, tout aussi efficace...

1. « Mazhaiye Mazhaiye » de Eeram : Titre romantique mettant en scène la genèse de la romance entre Vasudevan (Aadhi) et Ramya (Sindhu Menon), cette chanson pleine de tendresse s’inscrit dans l’atmosphère fraîche de la mousson. Composé par le débutant S. Thaman, c’est la voix de Ranjith qui donne toute sa superbe au morceau.

2. « Adada Mazhaida » de Paiyaa : Charulatha (Tamannaah Bhatia) adore la pluie, mais Shiva (Karthi) la déteste. Mais comme il aime Charulatha, il a décidé à qu’à partir de maintenant, il aimerait la pluie. Pour fêter cela, ils dansent ensemble, et bien sûr sous la pluie pour la chanson « Adada Mazhaida » que l’on doit au prolifique Yuvan Shankar Raja. Les interprètes Rahul Nambiar et Saindhavi seront nommés pour les South Filmfare Awards des Meilleurs Chanteurs.

3. « Nee Varumbothu » de Mazhai : Ce titre introduit le personnage de la voluptueuse Shreya Saran, sous les yeux émerveillés de Jayam Ravi. Aux sonorités traditionnelles, il s’agit de la ‘rain song’ la plus enchanteresse du cinéma tamoul, en grande partie grâce à ses chanteurs Chitra, Kalpana et Raqueeb Alam. 194


4. « Mudivilla Mazhaiyodu » de Vandhaan Vendraan :

SUD

Dappa pluvieux, l’instrumentalisation au violon donne plus de caractère à cette scène de danse où l’on voit le ‘bankable’ Jiiva se trémousser sur le timbre de Hariharan et la musique de S. Thaman. Folklorique et puissant, ce morceau gagne en valeur grâce à la présence de ses chœurs masculins.

5. « Vizhikalil Oru Vaanavil » de Deiva Thirumagal : Il s’agit d’une des chansons sous la pluie les plus stimulantes visuellement. Elle met effectivement en image de façon très poétique la sublime Anushka Shetty aux côtés du candide Vikram dans un des films les plus beaux de sa carrière. La voix cristalline de Saindhavi donne le relief essentiel à la musique sobre de G.V. Prakash Kumar.

6. « Mellaga Karagani » de Varsham : On a sélectionné une chanson du remake tamoul Mazhai, il nous en faut forcément une de l’original télougou, Varsham, dont les titres se traduisent tous les deux par « pluie ». Dans le film de Tollywood, ceux sont Prabhas et Trisha qui bougent sous l’averse romantique. Sur un son de Devi Sri Prasad, les voix S.P.B. Charan et de Sumangali donnent corps aux protagonistes Venkat et Sailaja.

7. « Chinna Chinna Mazhai » de En Swasa Katre : A l’époque où Eesha Koppikhar était une star du cinéma dravidien, elle avait notamment donné la réplique au héros Arvind Swamy dans cette romance devenue incontournable. Sur une musique de A.R. Rahman, le chanteur M.G. Sreekumar fait danser les acteurs principaux au rythme de l’amour pluvieux. 195


PLAYLIST SUD : CHANTONS SOUS LA PLUIE.. 8. « Megam Karukuthu » de Kushi : Le personnage rafraîchissant de Jennifer incarné par la magistrale Jyothika est ici montré sous ses meilleurs aspects ; énergique et expressive. La bande-originale de Deva accompagne ici la voix sucrée de Harini. Les paysages sont luxuriants et le film en lui-même un régal. Une version hindi sera d’ailleurs réalisée trois ans plus tard, dans laquelle Kareena Kapoor se trémoussera sous la pluie dans une séquence similaire : « Aayee Re Aayee Re Khushi ».

9. « Meghame O Meghame » de Madrasapattinam : Ce titre de G.V. Prakash Kumar interprété par M.S. Viswanathan, Ajayan Bala, Na. Muthukumar et les acteurs Vikram et Nassar célèbre ici le labeur des paysans sous l’indépendance qui appellent la pluie à se déverser sur leurs terres pour optimiser les récoltes. Ce morceau joyeux et traditionnel donne du baume au cœur et s’inscrit dans la continuité de cette love story de qualité.

10.« Anandama » de Konchem Ishtam Konchem Kashtam :

S’il est coutumier des bandes-son en hindi, le trio Shankar-Ehsaan-Loy officie pour la première fois en télougou pour le film de Siddharth et Tamannaah Bhatia, en 2009. Cette chanson illustre la séparation pluvieuse des deux amants, grâce au grain si singulier de Shankar Mahadevan et à la voix unique de Shreya Ghoshal. Ballade romantique par excellence, il s’agit d’un des titres les plus réussis de l’album.

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par

Asmae


Des bijoux et des tenues de rêve comme vos stars préférées ? Rendez-vous sur cette boutique en ligne riche en trésors du sous-continent.

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Les tenues indiennes, première partie. LA BASE DES TENUES FÉMININES. par

Elodie

La mode indienne est vaste, somptueuse et riche en tradition. Elle n’est pas limitée à un style de vêtement, il faut donc pouvoir reconnaître les différentes tenues. Les vêtements en Inde varient en fonction des régions, de la géographie, du climat, des traditions et de la religion. Chaque recoin de l’Inde a ses motifs, a ses architectures et son histoire. Partie de simples pagnes, l’Inde a su élaborer des costumes non seulement pour la vie quotidienne, mais aussi pour les occasions particulières comme les festivités, les rituels ou les danses. Pour cette raison et pour mieux cerner le monde de la mode de ce pays opulent en terme de diversité, Bolly&Co vous propose de résumer les principales tenues indiennes. De quoi reconnaître ce que vos stars préférées portent...

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SARI Sans doute la tenue emblématique du pays, il ne possède aucune limite. Il est composé : d’une bande de tissu, non-cousu ; allant de quatre à neuf mètres de longueur, qui est drapé sur le corps de différentes manières. On le porte généralement sur un jupon. Il existe différents types de saris traditionnels comme le Sambalpuri Saree (Ouest), le Kanchipuram (Sud), le Paithani (Ouest) et le Banarasi (Nord). Tous se différencient par les couleurs et les motifs.

GHAGRA CHOLI (ou Lehenga Choli) Vêtement traditionnel des femmes du Rajasthan et du Gujurat, il est composé de trois éléments : d’un lehenga (qui est une longue jupe plissée, parfois entièrement brodée ou alors dont le bas est travaillé), un choli qui est un top cropé, pour s’adapter à tout le monde, avec des manches courtes et un cou dégagé; et enfin un odhani, ou dupattâ, qui est un long foulard.


MODE

SALWAR KAMEEZ C’est l’une des tenues les plus populaires en Inde. Appelé ‘Salwar’ dans le nord et ‘Churidaar’ dans le sud, ce qu’on nomme le ‘costume Punjabi’ est porté par une grande majorité. Il est composé essentiellement d’une tunique (le Kameez) recouvrant légèrement un pantalon large, resserré à la cheville (le Salwar). Les femmes rajoutent souvent un dupattâ pour couvrir leurs têtes ou leurs épaules.

CHURIDAAR KURTA

ANARKALI CHURIDAAR

Le Churidaar est un dérivé du Salwar. C’est le pantalon qui fait la différence, cette fois il est large jusqu’aux genoux pour ensuite suivre une ligne droite jusqu’aux chevilles. On remplace au passage la tunique par un Kurta, qui va jusqu’au-dessus des genoux.

L’Anarkali suit le même principe que les deux précédentes tenues, à la seule différence qu’elle s’arrête aux mollets. C’est ce qui ressemble le plus à une ‘robe’ occidentale. Le pantalon est le même que pour le Churidaar. L’Anarkali est souvent serré à la taille. Le dupattâ qui va avec est quant à lui plus court, plus léger.

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MODE

Les plus grands noms de la mode indienne par

Elodie

Si le monde entier suit les tendances lancées par les défilés de haute couture, tout le monde connait aussi ceux qui sont derrière les plus grandes maisons de couture comme Chanel, Dior, Vuitton, Mcqueen et plus encore. L’Inde quant à elle se coupe totalement de cette mode internationale en se focalisant sur un univers qui lui est propre. Comme un monde à part, le pays s’emballe pour sa propre mode, sans pour autant laisser de côté le génie des créateurs que nous admirons tant – personne ne peut passer à côté d’une robe Elie Saab sans automatiquement la vouloir absolument. D’ailleurs, il n’est pas étonnant de retrouver des figures indiennes qui ont réussi à se faire un nom, une place de valeur et une réputation inébranlable dans le plus gros cercle du monde de la mode tel que Naeem Khan, véritable chouchou de ces dernières années dont les stars s’arrachent les tenues sur le tapis rouge. Ou encore Manish Arora, à l’univers fantaisiste et bien prononcé, les très célèbres Falguni & Shane Peacock dont on ne se lasse pas de la créativité et bien d’autres encore. Cependant, ils appartiennent à ce globe très ouvert des tendances à créer et à suivre absolument, loin des stars de la couture à l’indienne qui elles se démarquent par leurs traditions, leurs couleurs et leur mode de vie. Ils travaillent pour leur pays, leur monde. Et si la Lakmé Fashion Week tente d’ouvrir ce monde à l’univers tout entier, la mode indienne n’en reste pas moins fermée et privilégie sa communauté. Il est donc important de connaitre ceux qui, là-bas, sont des légendes tant par leur savoir-faire que par leur imagination. La mode là-bas est à part, comme une cuisine venue d’ailleurs. Il faut donc connaitre la bonne recette pour ne pas faire d’erreur. Voici donc un résumé des plus grands noms de la mode indienne.

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Anamika Khanna La première chose à laquelle on pense avec Anamika Khanna, ce sont les motifs et les textures qu’elle utilise : elle allie parfaitement les méthodes modernes et traditionnelles pour donner de l’histoire à ses créations. Il y a toujours quelque chose de très fort dans ses pièces, quelque chose qui se distingue du reste et qui donne cette marque de fabrique propre à la créatrice. En 2004, elle reçoit pas moins de 2 millions de livres pour financer la marque ‘Ana-Mika’ à l’international, une première pour un créateur indien alors qu’elle démarre tout juste sa carrière en clôturant la Lakmé Fashion Week de l’année. On remarque très vite son sens de la simplicité et sa créativité. En 2007, elle est la première créatrice de mode indienne (avec Manish Arora) à présenter sa collection lors de la Fashion Week de Paris. Ses collections marquent les esprits, fascinent et sont ultra-portables. En 2010 elle fera partie de la liste très ‘sélect’ des créateurs à présenter leurs collections pour la première d’une Fashion Week Indienne à Londres. PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA DELHI COUTURE WEEK 2013.


MODE

Anita Dongre Sensible, créative et liée à la liste des talents indéniables de la mode, Anita fait partie de ces créatrices qui marquent les esprits directement après leurs sorties de l’école. Depuis 20 ans maintenant elle bluffe, surprend et évolue sans jamais perdre de vue son univers. Ses tenues sont remplies de grâce, d’élégance et de pureté. Elle cherche à définir la féminité tout en célébrant l’origine et la culture.

PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA LAKMÉ FASHION WEEK A/H 2013

Elle commence par une marque de vêtements occidentaux en 2000 avec AND qui rencontrera un franc succès en Inde. Ce n’est qu’en 2005 qu’elle démarre une marque signature à son nom qui sera ensuite divisée en 3 sous-branches. Elle visera le luxe, avec du prêt-à-porter, des ensembles de mariages et plus encore. Elle est l’une des pionnières des designers environnementaux en étant la première à utiliser des tissus recyclés pour la fabrication de ses pièces. Elle est également celle qui se cache derrière la marque GLOBAL DESI, une marque visant l’Inde moderne, actuelle et indépendante loin des règles vestimentaires traditionnelles . Elle aime être sur tous les fronts, cherchant à se dépasser constamment. Elle possède au total 6 marques différentes qu’elle gère à la perfection et dont les univers sont diamétralement opposés. Ce n’est pas pour rien qu’en 2013 elle fait partie de la liste des 50 femmes d’affaire les plus puissantes.

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Abu Jani & Sandeep Khosla Abu Jani et Sandeep Khosla, ou ‘The Boys’ comme ils sont surnommés en Inde, sont les premiers à avoir fait les choses en « Grand ». Ils sont sans arrêt à pousser au plus loin les limites de l’industrie de la mode. Leur duo allie parfaitement talent et attitude offrant des collections imprégnées de leur respect commun pour la femme. Ils manquent de formation professionnelle, mais cela ne les empêche pas d’aller là où personne ne va et d’offrir ce qu’on n’attendait pas d’eux. Abu Jani est l’artiste du duo. Il aspirait à faire les beaux-arts quand le refus de son adhésion le fait entrer dans une école de mode. Par la suite, il sera costumier au cinéma en suivant Xerxès Bhatena pendant 5 ans avant de s’occuper de comédies musicales. Dans les années 1980, il crée du prêtà-porter féminin pour des clients privés, clients qui par la suite décideront de lui donner le nécessaire pour réaliser son projet d’ouvrir une boutique. En 1986, il rencontre Sandeep qu’il ne lâchera jamais plus. Sandeep Khosla est le maitre de la technique du groupe. Travaillant dans le business de son père, il comprendra très vite le monde du textile. Il ouvrira une boutique nommée « Appearances » à New Delhi avant de travailler avec Xerxès Bahtena dans les années 80, le même styliste qui avait auparavant Abu comme assistant. Leur sens de l’artistique et de la technique leur permet de fasciner le monde de la mode. Ce qu’ils font va au-delà de ce qu’on voit. Après tout, ils prétendent ne pas faire de vêtements, mais plutôt de laisser un héritage derrière eux.

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PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE EN OCTOBRE 2013 LORS D’UN DÉFILÉ SPÉCIAL.


MODE

JJ Valaya La philosophie de la maison JJ Valaya, créateur depuis 1992, est simple : la royauté est toujours existante et elle est prête à englober le monde de ses ailes. La mode indienne est profondément liée à la culture du pays et à ses traditions, alors JJ Valaya est dans cette quête de faire du nouveau avec l’ancien sans pour autant négliger l’innovation se déclarant par ailleurs être le créateur du futur du passé.

PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA AAMBEY VALLEY INDIA BRIDAL FASHION WEEK 2013

En 1990 il est le premier étudiant indien à gagner le prix international d’incitation des jeunes créateurs organisé à Paris par le concours international des jeunes créateurs de mode. Il attendra de terminer ses études en 1992 pour créer sa propre marque. Ce n’est que quatre ans plus tard que JJ Valaya devient alors une maison haute-couture, après l’ouverture de l’une des plus grandes boutiques du pays, à New Delhi. En 1997, il est le premier créateur indien à s’associer à un créateur américain (Todd Oldham) lors de la fashion week de New York. Valaya fait partie des fondateurs de la FDCI – Fashion Design Council of India. Aujourd’hui, il est l’un des piliers fondateurs de la mode indienne. On le retrouve dans la mode, mais aussi dans la décoration d’intérieur, les accessoires comme les bijoux et plus encore. JJ Valaya n’a pas de limite et sait toujours surprendre.


Manish Malhotra Notamment connu pour être le styliste favori des stars sur les tournages, Manish Malhotra n’en reste pas moins un créateur subtil et raffiné. Il est l’un des noms les plus reconnus en Inde, par sa volonté de révolutionner les costumes indiens traditionnels. Ses tenues sont synonymes de contemporain, d’énorme, de somptueux. Il veut créer un monde glamour sans pour autant laisser de côté la matière, la couleur et les broderies habituelles. En 1993, il démarre sa carrière dans le monde du cinéma avec le film Gumrah, où il est le styliste de Sridevi. Il remporte le prix du meilleur costumier pour le film Rangeela en 1995, où il était responsable de la belle Urmila Matondkar. Sa carrière est officiellement lancée. La collection de prêt-à-porter « Manish Malhotra » voit le jour en 2004. Il est alors sur deux terrains : la haute couture et le cinéma. Une première. En 2010, Manish Malhotra décide d’utiliser la mode pour mettre en avant les coutumes et créations locales du pays. C’est ainsi que « Mijwan Welfare Society » voit le jour. La marque engage 45 filles du village de Mijwan pour créer des ensembles faits main exclusivement. Anita Dongre suivra le mouvement en faisant certaines de ses créations cousues main à Mijwan.

PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA LAKMÉ FASHION WEEK A/H 2013


MODE

Rohit Bal Nommé comme le « Maitre du tissu et de la fantaisie » par le magazine Time en 1996, Rohit Bal a un sens de l’esthétisme unique. Chacune de ses créations est fabriquée à la main avec perfection et avec une attention méticuleuse du détail. Il est le créateur qui sait où trouver le meilleur en matière de textile. Que ce soit dans les villes ou dans les petits villages, Rohit Bal a carte blanche sur le meilleur des matériaux et sur le meilleur de la fabrication. Diplômé à New Delhi après avoir été constamment premier de sa classe, il travaillera pendant plusieurs années au côté de son frère dans une société d’exportation. En 1990, il lance sa première marque de vêtements pour homme en marquant un besoin de confort et de tradition. Il ira plus loin par la suite, touchant au prêt-à-porter féminin. Ce qu’il peut faire pour les hommes, il peut le faire pour les femmes. Dans ses collections règne une qualité extraordinaire, comme une égalité des genres et un respect pour soi. Rohit veut montrer qu’il faut les bons éléments pour créer le meilleur. PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA AAMBEY VALLEY INDIA BRIDAL FASHION WEEK 2013

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Ritu Kumar Etant l’une des divas de la mode les plus anciennes et les plus réputées, Ritu Kumar a su développer un style incomparable qu’elle affinera avec le temps. Ses collections se démarquent par la technique de fabrication fait-main qu’elle fait aussi bien pour les pièces traditionnelles que modernes. Une compréhension de l’ancienne ère de la mode qu’elle juxtapose avec force sur l’époque actuelle. Elle démarre sa carrière en 1969 dans un tout petit studio à Calcutta. Elle prime sur la qualité, non la quantité et elle restera constamment fidèle à cette idée. Elle fait partie de ces créateurs qui ont donné un sens au mot « Mode » en Inde, tout en démontrant la force d’un fait-main et son utilité en dénigrant les produits industriels. C’est en 2002 qu’elle lance sa seconde marque : ‘LABEL’ où elle cherche à globaliser ses pièces. Elle vise notamment une nouvelle génération en quête de nouveauté et d’indépendance. Depuis 1994, c’est Ritu Kumar qui dessine les tenues des Miss India qui participent à des concours internationaux comme Miss Univers, Miss Terre et Miss Asie-Pacifique. De nos jours, elle est l’une des célébrités de la mode les plus respectées et admirées, avec deux marques, l’une classique et l’autre contemporaine.

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PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA LAKMÉ FASHION WEEK A/H 2013


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Shantanu & Nikhil

PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA AAMBEY VALLEY INDIA BRIDAL FASHION WEEK 2013

Dans le but de trouver l’équilibre parfait entre modernité et vintage, la philosophie du prêt-à-porter de Shantanu & Nikhil a toujours été de regarder en avant et de trouver chaussure à son pied, et cela peu importe votre style et vos convictions. Comme ils l’expriment si bien, ils veulent capturer l’essence des émotions de la culture indienne pour les marier à la sensibilité moderne et occidentale. Leurs collections, ultra féministes, ne manquent pas de classe et d’élégance, portées par les détails fins des créateurs. Shantanu Mehra est celui qui s’occupe des finances et Nikhil de la mode. L’un est diplômé d’un MBA en finance et l’autre de l’Institut de la mode et du design de Los Angeles. Nikhil a longtemps su qu’il voulait travailler dans ce domaine, il est d’ailleurs le premier créateur indien à réaliser un défilé dans les studios Universal à Hollywood lorsqu’il travaillera pour la marque « Georgio Beverly Hills ». Ils sont tous deux les plus jeunes membres du Fashion Design Council of India (FDCI). C’est en 1999 que ce duo improbable mais créatif voit le jour, étant l’un des duos les plus emblématiques de l’industrie de la mode. Si aujourd’hui on associe le prêt-à-porter féminin à la marque, celle-ci n’a vu le jour qu’en 2001.


Sabyasachi Mukherjee Il est l’un des créateurs les plus compréhensifs et prestigieux de l’industrie de la mode et pourtant et il ne cesse de s’améliorer. Son but : faire passer des messages forts, propres à ses convictions, tout en rendant ces même pièces intemporelles. Celui qui n’était parti de rien est aujourd’hui l’un des plus grands noms de la mode indienne et pour cause, il veut absolument donner de la matière, de l’intellect et du sens à ce qu’il fabrique. Sans oublier sa fascination pour cette image, ancienne et glamour qui n’a qu’un seul but : toucher et plaire à l’Inde. C’est en 1999 que démarre la maison Sabyasachi, constituée alors uniquement de trois personnes. En 2001, il reçoit le prix du « Femina British Council’s most outstanding young designer of India.» (Le plus incroyable des jeunes créateurs indiens). Ce qui lui ouvre les portes des fashion weeks londoniennes. C’est en 2002 que Sabyasachi débute lors des semaines de la mode en Inde, où immédiatement il suscite l’intérêt de l’Inde toute entière. En 2003, c’est la consécration lorsqu’il est invité à Paris pour travailler aux côtés de Jean Paul Gaultier et d’Azzedine Alaia. Il poursuivra son chemin sans grande difficulté, touchant le monde entier avec ses collections plus travaillées les unes que les autres pour ensuite participer au film « Black » de Sanjay Leela Bhansali, qui lui ouvrira les portes de l’industrie du cinéma indien où il sera à de nombreuses fois récompensé. Aujourd’hui il est l’un des créateurs indiens les plus en vogue du moment, les plus actifs aussi.

PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA LAKMÉ FASHION WEEK A/H 2013


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Tarun Tahiliani Véritable révolutionnaire, Tarun Tahiliani est parmi les créateurs qui ont le mieux évolué en Inde. Sans cesse à vouloir traduire l’actualité dans ses pièces, il est ce premier pas de modernisation dans un milieu conservateur. Le premier à utiliser l’impression, le premier à aborder la tradition avec délicatesse et subtilité. Et ce n’est pas fini car TT (comme il se nomme affectueusement lui-même) continue de grandir en dévoilant des collections toujours plus matures, plus réfléchies, plus équilibrées.

PHOTO : DERNIÈRE COLLECTION PRÉSENTÉE LORS DE LA AAMBEY VALLEY INDIA BRIDAL FASHION WEEK 2013

Après avoir obtenu son diplôme à New York, Tarun décide tout de même de travailler en Inde où il découvre un potentiel énorme. Il révolutionne littéralement la mode en 1987 en ouvrant la première boutique de mode « indienne » sous le nom ‘Ensemble’. Il ouvre son studio à New Delhi en 1990, mais son tout premier défilé date de 1994. En 2003, il est le premier créateur indien à présenter sa collection lors de la Milan Fashion Week. Les studios Tarun Tahiliani sont extrêmement connus pour leur recherche de perfectionnement des techniques de créations. Il continuera à impressionner en 2009 dans une collaboration inattendue avec Lewis. La marque ‘Ahilian’ est l’une des marques indiennes les plus connues dans le monde. On peut retrouver ses boutiques à New York comme à Milan, Tokyo, Dubai, Moscou etc...

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AVE PEPLUM ! Même en Europe, nous ne sommes pas indifférents à cette tendance qui a conquis le monde. Très populaire dans les années 40 et 80, aujourd’hui le Peplum marque un retour dans les boutiques...


Le Peplum est un rajout à la taille d’un tissu, qui met ainsi en valeur la silhouette de celle qui la porte. Avec le temps, on a décidé de revisiter un des éléments phare de l’époque en le restructurant (en haute-couture, par exemple) et en l’utilisant d’une toute autre manière. C’est la tendance phare du moment, en Inde comme ailleurs. C’est Deepika Padukone qui est la première à avoir porté une robe « peplum » en portant une tenue signée Karen Millen en 2010. Mais c’est seulement un an plus tard que le Peplum va conquérir le marché de la mode dans des marques plus abordables comme Alice + Olivia ou encore Zara. En été 2012 les stars se mettent vraiment à porter des robes Peplum, de créateur ou de marque : la preuve avec Sonam Kapoor (robe Jelin George), Esha Gupta (qui porte la tendance de deux façons différentes : un top H&M et une robe Annu and Amrit) ou encore Karishma Kapoor. Aujourd’hui, les stars surfent toujours sur cette tendance. Et la haute couture n’en a pas fini avec le Peplum..

TENDANCE PHOTO À GAUCHE : FREIDA PINTO À LONDRES LORS DE LA PRÉSENTATION DE BURBERRY DE SA COLLECTION D’HIVER 2013. PHOTOS EN DESSOUS : DEEPIKA PADUKONE LORS DE L’OUVERTURE DE LA SEMAINE DE LA COUTURE. SONAM KAPOOR DURANT LA CONFÉRENCE DE PRESSE DE FEMINA. ESHA GUPTA PENDANT LE LANCEMENT DE LA CHANSON “CHAKRAVYUH‘ “ ET LORS DE LA PREMIÈRE DU FILM ‘LUV SHUV TEY CHICKEN KHURANA”. ENFIN, KARISHMA KAPOOR LORS DE L’OUVERTURE DE LA BOUTIQUE HAMLEYS.

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La haute couture elle-même n’est pas indifférente à ce morceau de tissu en plus qu’on retrouve très souvent dans des collections variées et complètement différentes. Zoom sur les collections provenant de la saison automne/hiver 2014 de la Lakmé Fashion Week et de la saison printemps/été 2014 de la Wills Lifestyle India Fashion Week. Attention, Péplum en vue !

PAGE DE GAUCHE : AMIT AGGARWAL. PAGE DE DROITE, DE HAUT EN BAS, DE GAUCHE À DROITE : BISOUS BISOUS, VIJAY BALHARA & SHILPA REDDY, URVASHI KAUR, SHANTANU SINGH, ASHISH SONI, RAJAT K. TANGRI, KEN FERMS, ROHIT GANDHI & RAHUL KHANNA, AIMAN AGHA ET ARMAAN RANDHAWA, RAHUL MISHRA, PRAMA BY PRATIMA PANDEY RINKU SOBTI, ANKYRA BY PRIYANKA KAKKAR, ANAIKKA BY KANIKA SALUJA, GAURI & NAINIKA, PIA PARAU ET PONAM DUBEY.


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srid evi fashion review

2012 a marqué le retour en force d’une actrice de légende. Véritable retour dans l’industrie du cinéma indien, Sridevi a offert lors de promotions pour son film English Vinglish et d’apparitions sur le tapis rouge des looks plus attrayants les uns que les autres. En effet, Sridevi aime la mode et elle l’a toujours exprimé à travers ce qu’elle portait sans aucun besoin d’aller piocher à droite et à gauche de nouvelles inspirations. L’actrice mise tout sur le côté « riche » et « luxueux » de ses tenues de marque qu’elle porte toujours avec beauté et élégance. PAR ELODIE, PHOTOGRAPHIE: LE CÉLÈBRE MAQUILLEUR MICKEY CONTRACTOR PRÉPARÉ SRIDEVI POUR LE DÉFILÉ SABYASACHI MUKHERJEE LORS DE LA TROISIÈME ÉDITION DES PCJ DELHI COUTURE WEEK EN AOUT DERNIER.

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Elle porte souvent un ensemble pantalon taille haute, avec une ceinture à la taille et un top en satin. Elle aime beaucoup la tendance “color block” qui consiste à mettre en parallèle deux couleurs opposées pour un style actuel et chic.

Sridevi est avant tout indienne et amoureuse des tenues traditionnelles. Connaisseuse en la matière, elle porte des saris riches, travaillés et originaux qui proviennent des plus grandes maisons de couture.

Pour le red carpet, Sridevi adore - est accroc - au rouge. En Quand Sridevi veut porter moins d’un an, elle une robe de cocktail, elle a porté trois robes rouges différentes - à mise tout sur le motif. quelques détails près Grande adepte des coupes simples, on la ret- - sur le red carpet de trois cérémonies rouve souvent avec des robes vintages aux motifs différentes ! modernes qu’elle porte aussi bien que toutes les actrices de 20 ans.

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Rétrospective sur les 10 meilleures tenues de Sridevi, lors de grands événements, entre 2012 et 2013.

PAGE CI-CONTRE : (DE GAUCHE A DROITE, DE HAUT EN BAS) 10. LORS DES IIFA ROCKS 2013 À MACAU. 9. DANS UNE ROBE TEMPERLY LONDON, LORS DU LANCEMENT DU LIVRE ‘LIVE WELL DIET’8. A L’OUVERTURE DE MAITREYA GREENS À NASIK. 7. DURANT L’ÉMISSION DE TÉLÉVISION JHALAK DIKHHLA JAA. 6. LORS DES IIFA 2013, DANS UNE ROBE KAUFMANFRANCO. 5. UNE SIMPLE ROBE ZARA LORS DE ‘SOCIETY INTERIORS ISSUE UNVEILLING’ 4. DANS UNE TENUE SABYASACHI LORS DES STAR GUILD AWARDS 2013. 3. LORS DU ‘YASH CHOPRA NATIONAL MEMORIAL AWARD’. PHOTOS CI-DESSUS : (DE GAUCHE A DROITE) 2. DANS UNE ROBE PRABAL GURUNG LORS DE ‘HELLO! HALL OF FAME AWARDS 2012’. 1. A L’AVANT-PREMIÈRE DE ENGLISH VINGLINSH LORS DES TIFF (FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE TORONTO) PORTANT DU SABYASACHI MUKHERJEE.

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e

te mod

u ière min la dern

Quand les stars se copient entre elles, c’est toujours pour faire mieux.. ou pas. Quand on demande au fans de l’industrie du cinéma indien un nom pour décrire la plus grande fashionista on tombe immédiatement sur Sonam Kapoor. Icone incontestée accroc aux dernières nouveautés, lors des promotions du film Bhaag Milkha Bhaag, l’actrice avait opté pour un sari signé Astu, tout en restant très clean et élégante. Un régal pour les yeux. Quelques semaines plus tard, on découvre Deepika Padukone dans le même sari (à quelques différences près, car ça reste du sur-mesure) lors des promotions de Chennai Express. Dans un style plus rock’n’roll, Deepika était tout aussi ravissante. Cependant, ce n’est pas la première fois que Deepika copie Sonam durant la promotion de Chennai Express. On avait déjà eu une impression de déjà-vu avec un sari Sonaakshi Raaj que Sonam avait porté pour promouvoir Bhaag Milkha Bhaag.

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red

on the red carpet

PAS SUFFISANT. Dans une robe Jade, le chignon de Deepika fait tâche. Trop sévère avec une robe légère.

LA CATASTROPHE. Entre une robe aux allures vulgaires et une coupe de cheveux d’alien, tout est à refaire.

J’ACHÈTE ! Tout est parfait : entre la coupe de la robe et celle des cheveux. Elle, elle a tout compris.

PEU MIEUX FAIRE. Le problème ici, c’est tout simplement la robe effet paquet cadeau de noël girly.

Lors des Hello! Hall Of Fame Awards 2013, elles étaient nombreuses à tester le très dangereux “rouge sur le tapis rouge.” Malheureusement, elles étaient trop nombreuses à avoir raté l’occasion de se démarquer. Sur cinq, il n’y en a qu’une qui y est parvenue avec brio.

TROP FACILE. Tout est trop «parfait» dans cet ensemble. Ileana n’a pas voulu prendre de réel risque.

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FUCKYEAHANUSHKASHARMA

.tumblr.com

PHOTOGRAPHIE DE VISHESH VERMA POUR MARIE-CLAIRE

pour une dose quotidienne d’Anushka Sharma c’est par là...


R.I.P JIAH KHAN Dia Mirza @Deespeak R.I.P. Nafisa (Jiah) Khan. Tu étais trop jeune et trop belle. Ça ne peut arriver ! La vie est trop précieuse. Les pires moments finissent par passer. Ils passent. Il ne faut jamais abandonner ! Amitabh Bachchan @SrBachchan Quoi !!! Jiah Khan ??? Que s’est-il passé ? Est-ce juste ? Impensable !!!

Ram Gopal Varm @RGVzoomin Jamais vu une actrice débutante avec plus de cran et plus d’esprit que Jiah quand je l’ai dirigé dans Nishabd. Toute l’équipe de Nishabd était littéralement sous le charme de Jiah. Riteish Deshmukh @Riteishd Rien de pire que de se réveiller sur une mauvaise nouvelle – choqué et bouche-bée – R.I.P. Jiah. Elle était pleine de vie et avait un incroyable sens de l’humour. C’était une amie et elle me manquera. Profondément peiné. Anupam Kher @AnupamPkher Jiah Khan était pleine de vie lorsque j’ai travaillé avec elle il y a un bout de temps. Si triste qu’elle ait été conduite à prendre ce pas extrême. R.I.P. Shahid Kapoor @shahidkapoor Choqué et peiné par ce qui est arrivé à Jiah Khan... Vraiment perturbant. R.I.P... Que son âme repose en paix. Upen Patel @upenpatelworld Nous tendons à devenir si malheureux en essayant de s’intégrer à un monde artificiel. R.I.P. Jiah Khan. Tu étais trop jeune pour mourir. Tu me manqueras, mon amie. Sans voix et choqué. R.I.P. Jiah Khan. Bipasha Basu @bipsluvurself La vie doit être pleinement vécue ! C’est un océan infini, il faut y nager, et ne pas s’y laisser noyer ! R.I.P. Jiah Khan ! Que Dieu bénisse son âme. Farah Khan @TheFarahKhan Je n’arrive pas à réaliser que Jiah n’est plus... J’ai travaillé avec elle dans Housefull et elle était si belle et avait une si bonne âme. Trop jeune pour nous quitter Jiah. Arshad Warsi @imarshadwarsi Choqué d’apprendre ce qui est arrivé à Jiah Khan, elle était trop jeune pour abandonner la vie. R.I.P Sonam Kapoor @sonamkapoor R.I.P. Jiah Khan. Terrible tragédie. Une nouvelle perturbante et très très choquante.

Vir Das @thevirdas C’est juste incroyablement triste lorsque quelqu’un de si jeune s’ôte la vie. R.I.P. Jiah Khan. 223


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the meeting place chapitre 2 Bolly&Co’ est certes un magazine d’informations sur le cinéma indien et son univers, mais nous avons également une imagination débordante. A la suite d’une conversation groupée durant laquelle nous déplorions de ne pas voir nos acteurs favoris réunis dans un seul et même projet, nous en sommes venues à l’écriture de ‘The Meeting Place’, thriller d’action avec ce qu’il faut de rebondissements et de drames pour vous divertir. Alors, lorsque l’équipe rédactionnelle de Bolly&Co’ se la joue scénariste, ça donne ça... Shahid Kapoor ... Araav Sengupta Emraan Hashmi ... Raja Sharma Akshay Kumar ... Paresh/Paglu Tiwari Farhan Akhtar ... Kishore/Kishu Talwar Vidya Balan ... Parineeta/Pari Subramaniam Rani Mukherjee ... Amala Sengupta Imran Khan ... Imran Kapur Suresh Oberoi ... Anand Subramaniam Genelia Deshmukh ... Kalyani/Kaali Talwar

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the meeting place chapitre 2 Au cœur du Ramapuram pluvieux, Raja pointe son fusil en direction de Parineeta et Paresh, dit Paglu. S’il détient Paglu, c’est pourtant dans l’unique but d’attirer Pari. Paglu ne lui a servi que d’appât, c’est la redoutable femme fatale qui l’intéresse. « Qui êtes-vous ?! » lui demande-t-elle en hurlant. « T’avais pas remarqué qu’une bagnole blanche te suivait depuis tout à l’heure ?! » lui répondit-il. « Comment ça ? », rétorqua-t-elle. Paglu commença à s’agiter, tout en susurrant frénétiquement « Pari, Pari, Pari... », le front plein de sueur. « Le gars qui te suivait, c’est mon boss. Tu sais ? L’inspecteur Sengupta ! ». Elle demeure silencieuse, en baissant la tête, le regard paniqué. « Tu vas quand même pas me faire croire que tu le connais pas ! ». Elle persiste en ne prononçant mot. « Et sa femme ? Amala! Je crois que tu la connais elle, non ?». Tandis que Pari ne lui répond pas, Raja commence à s’impatienter et rapproche son arme du front de Paglu, qui hurle « Pari ! Pari ! ». Terrifiée à l’idée de perdre Paglu, Pari finit par s’exprimer. « Ça va ! Manifestement, vous savez déjà tout. Je n’ai donc nullement besoin de m’étendre sur la question. Je ferai ce que vous voudrez, à condition que vous le laissiez tranquille. Qu’il parte, il ne vous servira à rien, vous voyez bien qu’il ne parle pas. » Raja se mit à rire, presque diaboliquement pour ensuite ajouter : « Mais tu me prends pour un con ou quoi ? Tu crois franchement que je vais laisser filer le seul moyen que j’ai de te tenir, sale traînée ? » Dans les rues étroites qui entourent le baraquement où Pari, Raja et Paglu sont nichés, Araav Sengupta poursuit ses recherches, suivi par son épouse Amala. « Je t’en prie Araav, ne fais pas ça ! Tu ne sais pas ce qui l’a poussé à aller si loin, » lui dit-elle, apeurée. « Je n’en ai rien à faire, elle est hors-la-loi ! Et d’ailleurs, dès que je l’aurai coincée, je préparerai les papiers du divorce. » Blessée, elle s’arrête de marcher et le regarde, comme pour lui signifier qu’elle ne le comprend pas. C’est alors qu’il lui lance : « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu devrais être ravie, non ? Ce mariage était une grosse blague pour toi. Ça a dû être un supplice de jouer la comédie durant tout ce temps, non ? » Il lui tourne ensuite le dos et continue sa quête lorsque, après un léger silence, elle déclare : « Je n’ai jamais voulu te faire du mal ! Mais j’ai le sens du devoir. Mes responsabilités passent avant tout. Même avant l’amour grandissant que je nourris à ton égard... » Il est stoppé par ces paroles, mi-séduit mi-outragé, avant de se diriger vers elle, de la tenir fermement par les épaules et de la secouer en criant : « N’essaye pas de m’avoir encore une fois, Amala ! Tu t’es joué de moi, si c’est ça que tu appelles l’amour... Mais crois-moi, tu t’es attaquée à la mauvaise personne, car je vais tout faire pour qu’elle plonge, et toi avec ! »

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Quand à moi, je retrouve Kaali, ma petite-amie. Elle revient de Londres, où elle étudie le graphisme. Je l’attend à l’aéroport de Chennai, où elle vient rendre visite à son grand frère. Je ne lui ai jamais parlé de mon enquête, mais elle m’y a beaucoup aidé sans le savoir... La voilà ! Elle porte un top fleuri et un pantalon slim blanc. Lorsqu’elle m’aperçoit, elle me saute dans les bras : « Imran ! Tu m’as manqué ! Je suis si contente que tu sois venu ! » Elle me sourit. Elle sourit tout le temps, vous savez. Elle est si innocente. Elle n’a absolument aucune idée du monde dans lequel elle évolue. « Je suis aussi très heureux de te voir, ma belle. Alors, quel est le programme ? » lui ai-je demandé. Je savais pertinemment où nous allions, mais ai dû feindre la surprise lorsqu’elle m’annonce : « Et bien, ça te dit que je te présente à mon frère ? Je suis sûre qu’il va t’adorer ! » C’est ainsi que je me suis retrouvé dans cette grande suite du Taj Club House, avec une vue imprenable sur Chennai. Un homme vêtu d’un costume hors de prix se tourne vers nous. A la vue de Kaali, il arbore un large sourire. Un sourire de fouine, oui ! « Kalyani, ma sœur ! Comment tu vas ? » lui dit-il. « Je vais très bien, merci. » Ils se tournent tous deux vers moi lorsqu’elle lui murmure, en souriant timidement : « J’ai quelqu’un à te présenter. » Ils s’approchent de moi lorsqu’elle me présente à lui « Voici Imran Kapur, mon petit-ami, » dit-elle en me prenant fièrement par le bras, avant de poursuivre « Bhaiyya, il est journaliste. » Faussement intéressé ou réellement intrigué, il m’interroge : « Vraiment, dans quel journal ? » Je lui répond assez hautainement : « Monsieur, je suis un journaliste indépendant. Je n’aime pas l’idée de devoir dépendre d’une rédaction. Je traite uniquement des sujets qui me passionnent. » C’est alors qu’il se saisit de ma déclaration pour me prendre en grippe : « Et c’est donc en traitant uniquement de ce qui vous passionne que vous comptez subvenir aux besoins de ma sœur ? » Mais Kaali s’est empressée de me défendre : « Bhaiyya ! Il n’est pas encore question de mariage. En plus, Imran planche sur une affaire de la plus haute importance. » Ma petite-amie est formidable ! Il aurait pu arrêter les frais, sauf que rien ne l’arrête, décidément. « Ah, vraiment ? De quoi s’agit-il ? » C’est alors que je lui rétorquais avec un sourire hypocrite, mais un soupçon de vérité dans mes propos : « Je ne peux rien vous dire pour l’instant, Monsieur. Même Kaali n’est au courant de rien. Mais je peux vous assurer que vous serez le premier informé lorsque ça sortira. » Kaali me fait un clin d’oeil complice, ravie de ma réponse. C’est ainsi que j’ai donc rencontré le frère aîné de ma petite-amie, qu’elle appelle tendrement Kishu. Mais son nom complet est Kishore, Kishore Talwar...

À SUIVRE...

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BOLLY&CO RÉDACTRICE EN CHEF : ASMAE RÉDACTRICE EN CHEF MODE : Elodie. RÉDACTRICE EN CHEF SUD : Asmae. RÉDACTICE EN CHEF ACTUS CINÉMA ET PEOPLE : Fatima Zahra. TRADUCTRICE EN CHEF : Asmae (revue de presse et twitter). TRADUCTRICE EN CHEF ADJOINTE : Fatima Zahra (critique English Vinglish) DIRECTRICE DE PUBLICATION : Elodie. DIRECTRICE DE LA PUBLICATION ADJOINTE : Asmae. DIRECTRICE ARTISTIQUE : Elodie. À SAVOIR : UN CANDID EST UNE IMAGE PRISE PAR UN PAPARAZZI LORS D’ÉVÉNEMENTS IMPORTANTS (CÉRÉMONIES DE RÉCOMPENSES, PROMOTIONS DE FILMS, INAUGURATIONS ETC...). IL EN EXISTE DES MILLIERS SUR LE WEB. IL NOUS EST DONC IMPOSSIBLE DE RETROUVER LES NOMS DES PHOTOGRAPHES. LES SITES QUI DIFFUSENT SUR LE WEB LE PLUS DE CANDIDS SONT CRÉDITÉS À LA FIN. C’EST GÉNÉRALEMENT LÀ QUE NOUS ALLONS PIOCHER NOS IMAGES. SI NOUS AVONS OUBLIÉ DE PRÉCISER VOTRE NOM OU VOTRE SITE DANS LE MAGAZINE, CONTACTEZ-NOUS PAR EMAIL. (BOLLYANDCOMAGAZINE@GMAIL.COM) NOUS TROUVONS SOUVENT LES PHOTOS SANS LE NOM DU PHOTOGRAPHE - OU SANS INFORMATION SUPPLÉMENTAIRE. NOUS RAPPELONS : QU’IL EST FORMELLEMENT INTERDIT DE PRENDRE LES TEXTES ET IMAGES SANS L’ACCORD DE LEURS AUTEURS RESPECTIFS DANS LE CADRE DU MAGAZINE BOLLY&CO’.


LA COUVERTURE : Dabboo Ratnani L’ÉDITO : Photographe inconnu - Edition Filmfare d’Août 2012. PUB : Aanna Films - Image du film Ek Tha Tiger. BOLLY&CO’ AWARDS : Toutes les images sont des candids. PUB : Delicious-Farhan - Photographe inconnu Edition Grazia d’octobre 2013 REVUE DE PRESSE : Photographe inconnu Edition Femina Juillet 2013. THE NEW FACE : Image du film Mujhse Fraaandship Karoge + photographie de Devendra Parab pour People Magazine. LES CRITIQUES : Toutes les images proviennent des films dont parlent les critiques. SRIDEVI : La première photo est un candid. Le reste sont des photos d’archives retrouvées sur les blogs suivants : asridevi.blogspot.fr et indiawood-ishq.tumblr.com + Une image du film English Vinglish. SES MEILLEURES DANSES : Photo de l’émission Jhalak Dikhhla Jaa. Les images des chansons sont des images d’archives des films et/ ou des captures d’écrans de vidéos. PUB : Bcinema - Affiche du film Dhoom 3 HRITHIK ROSHAN : Photographe inconnu Edition GQ India de Novembre 2013. + Une photo d’archive du film Kabhi Khushi Kabhie Gham + Image du film Agneepath. HRITHIK ROSHAN & SUSSANNE KHAN : Candid + Images d’archives de la vie d’Hrithik Roshan postées sur le site du magazine Filmfare. PUB : Bollyciné - Affiche du film Krrish 3 DEEPIKA PADUKONE : Photographe inconnu Edition Filmfare d’Octobre 2013 + Image du film Ram-Leela. HIMMATWALA : Image du film Himmatwala JIAH KHAN : La première image est un candid. Les autres proviennent de sources non connues. PUB : Being Human - Salman Khan pour Being Human. CES AUTRES ROMANCES RÉUSSIES : Toutes les images proviennent des films cités dans l’article. LES ITEMS GIRLS DU NORD AU SUD : Toutes les images proviennent d’Item Number non référencés. C’ÉTAIT MAL PARTI, MAIS ILS ONT CARTONNÉ : La première image provient du film Kaminey, les autres sont des affiches des films cités. MIKA SINGH : Candid.

PLAYLIST NORD : Images provenant des chansons listées. PUB : Cinéma Indien en France - Affiche du film Endrendrum Punnagai PARCE QU’IL N’Y A PAS QUE LE CINÉMA DANS LA VIE (...) : Photographie par Vishesh Verma. Le reste sont des images provenant des séries citées. TÉLÉVISION & CINÉMA : PRACHI DESAI (image du film Bol Bachchan), AYUSHMANN KHURRANA (Photographe inconnu - Edition Mans World de Mai 2013), ROHIT ROY (Candid du site In.com) PUB : IndiaFana - Affiche du film Ram-Leela L’INDE DANS LE MONDE ARABE : VIDYA BALAN (photographe inconnu - Edition Hi! Blitz d’Octobre 2013) PUB : Fantaskindia - Affiche du film Chennai Express. LES ACTEURS DU SUD JOUENT EN HINDI (...) : La première image vient du film Raanjhanaa. La dernière provient du film Rang De Basanti. Quand au reste, ce sont des candids. PUB : Night Ed Films - Affiche du film Biriyani ISHA TALWAR : Photographe inconnu. LES 5 NEWS DRAVIDIENNES À RETENIR : Candids et/ou images de films non référencés. SAMANTHA : Image du film Eega. PUB : Kolly360 - affiche du film A gun and A ring. PUB : Shankara Team - affiche du film Biriyani PLAYLIST SUD : Captures d’écran des chansons. PUB : Khulfi Malaï - Publicité d’Anushka Shetty pour une marque inconnue datant de 2011. LES TENUES INDIENNES, PREMIÈRE PARTIE : Candids. LA PARTIE MODE : Images provenant des pages Facebook Wills Lifestyle, Lakmé Fashion Week ainsi que du site FDCI et Fashionfab. + Sridevi : Photographie postée par Mickey Contractor. PUB : Fuckyeahanushkasharma : Vishesh Verma pour Marie Claire Décembre 2012. TWITTER : Les icônes sont les icônes utilisées par les stars. THE MEETING PLACE : capture d’écran d’une scène du film Talaash. SITE DE RÉFÉRENCE POUR LES CANDIDS : WWW. REDIFF.COM/MOVIES ; WWW.SANTABANTA.COM ; WWW.BHARATSTUDENT.COM ; WWW.PINKVILLA.COM ; WWW.UNITEZZ.COM ; WWW.BOLLYWOODHUNGAMA.COM ; WWW.GLAMSHAM.COM ; TIMESOFINDIA. INDIATIMES.COM/ENTERTAINMENT ; WWW.HINDUSTANTIMES.COM/ENTERTAINMENT


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