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MASTER ARCHITECTURE ET SCÉNOGRAPHIE DU LUXE ÉCOLE DE CONDÉ PARIS

AXELLE VERGLAS TOME 2 - 2016 MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDE SOUS LA DIRECTION DE LAURE KINDERMANS ET ALEXANDRA ÉPÉE.


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SOMMAIRE

INTRODUCTION

P.4-7

Contexte du projet

1 - POÉTIQUE DE LA RUINE : SE SAISIR A - SE SAISIR DE L’EXISTANT

P . 10 - 11

B - CONTEXTE HISTORIQUE DU PROJET

P . 12 -13 P . 14 - 15

Maquette de l’existant Expérimentations n°1 : Nuancier et Nature

C - ARCHÉOLOGIE DES DÉCOMBRES Expérimentations n°2: Processus de revêtement

P . 16 - 19 P . 20 - 21 P . 22 - 27

2 - POÉTIQUE DE LA RUINE : STRUCTURE VÉGÉTALE A - ÉCRIN DE NATURE Expérimentations n°3 : Photos Polaroïdes

P . 30 - 31 P . 32 - 35

B - TYPOLOGIE DE PLANTES

P . 36 - 37

C - INSTALLATION VÉGÉTALE

P . 38 - 39 P . 40 - 49

Expérimentations n°4 : Structure lierre

3 - STRUCTURE ARCHITECTURALE A - DYNAMIQUE DU SITE

P . 52 - 59

— Localisation — Description — Implantation

B - STRUCTURE — Espace 1 — Espace 3 — Installation 1er étage

P . 60 - 63 P . 64 - 69 P . 70 - 71 P . 72 - 75

CONCLUSION

P . 76 - 77

ANNEXES : CORPUS D’OEUVRES

P . 79 -85

BIBLIOGRAPHIE

P . 87

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# T.O.M.E.1 Quelle est la place des espaces laissés à l’abandon dans notre société ? Quelles valeurs véhicule t-ils ? # T.O.M.E.2 Comment se mêle la désaffection, l’aliénation, la dégradation dans sa relation à la nature ? # T.O.M.E.3 Comment donner une seconde vie à un espace désaffecté sans en altérer son aspect d’objet ruine ?

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INTRODUCTION

Je pars du postulat que l’existence d’un lieu passe nécessairement par deux moments. À une phase ascendante du bâti, jeunesse glorieuse qui fait la joie et la fierté des architectes succède inévitablement une phase descendante caractéristique de la nature reprenant ses droits. Ce dernier moment, une rupture, plus ou moins violente, précipite l’existence du lieu d’une phase à l’autre, ce moment séparateur fait appelle à la dégradation et un retour vers la nature. La projet fonctionne selon le modèle narratif du retour vers la désaffection. Les lois naturelles qui concluent inéluctablement le cycle de vie par la mort, et de la mort par la renaissance du végétal. Une confrontation entre le minéral et le végétal. Mais la chute ne décrit que la première phase descendante de l’existence de l’édifice, c’est aux spectateurs qu’appartient de se remémorer la seconde phase tragique en imaginant la jeunesse glorieuse du lieu, et sa chute tragique. L’artefact, une ancienne gare ferroviaire désaffectée constitue le point d’ancrage du projet, ce qui en premier chef lui confère sa visibilité, le végétal sous une forme qui paraît, et est appelée naturelle née des failles, fissures de celui-ci. Je me propose dans un premier temps de me saisir du site existant pour en tirer des codes spatiaux. J’examine dans une seconde partie différentes matérialités des ruines en étudiant leur constitution biologique, leurs caractéristiques et leurs aspects. Je tente d’élucider le rapport indissoluble que chaque ruine entretient avec son environnement. Dans une troisième partie j’examine l’objet ruine, cette carcasse historique, avec une ossature et une constitution bien spécifique.

TEMPS POÉTIQUE DE LA RUINE

OUBLI

MÉMOIRE

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CONSERVATION Palais de Tokyo

POÉTIQUE DE LA RUINE

FRICHES

INSTITUTION

Site de Détroit ALIÉNATION

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C O N T E X T E H I S TO R I Q U E D U P RO J E T

1878 EXPOSITION UNIVERSELLE

1897 DÉPLACÉ À ASNIÈRE SUR SEINE

SEPTEMBRE 2014 INSIDEOUT INTERVENTION DE L’ARTISTE JR

1877 NAISSANCE DE LA GARE LISCH

APOGÉE DE L’ÉDIFICE LENT PASSAGE A L’OUBLI OPÉRATION RENAISSANCE

LA GARE LISCH

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A - SE SAISIR DE L’EXISTANT B - CONTEXTE HISTORIQUE DU PROJET Maquette de l’existant Expérimentations n°1 : Nuancier et Nature

C - ARCHÉOLOGIE DES DÉCOMBRES Expérimentations n°2 : Processus de revêtement

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POÉTIQUE DE LA RUINE  1 . SE SAISIR

SE SAISIR Les vestiges du bâtiment sont une source de création, l’idée de confronter l’ancien et le nouveau dispositif spatial est une grande source de poésie et d’imagination. J’ai ainsi pu me saisir du site existant en étant très attentif à ma propre posture corporelle et à mon ressenti. Mon projet consistera ensuite à exacerber ces sensations pour les faire revivre au visiteur. Les superpositions du site, d’usages par le passé, d’ambiances, de nécessités donnent l’envie d’utiliser ces potentialités existantes et de simplement les recomposer.

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A - S E S A I S I R D E L’ E X I S T A N T I M P R É G N AT I O N , I N T RO J E C T I O N

Il s’agit de savoir saisir les matières, les forces et les formes du site, qui n’est pas un endroit quelconque, mais un lieu dèjà qualifié et orienté avec un passé, une histoire. Cette rencontre est donc une construction de l’esprit, mais qui s’appuie sur une réalité matérielle. La première sensation face à un espace jusqu’ici inconnu s’évapore très vite, et on sait que l’on ne pourra jamais la retrouver. Cet «art de la rencontre», l’écoute du site, son oscultation, s’en imprégner nourrit notre imagination pour ensuite transformer l’espace.

REZ-DE-CHAUSSÉE

Facade - Entrée principale

Entrée principale

EXPÉRIMENTATIONS : SÉRIE DE PHOTOS POLAROÏDE, LA GARE LISCH : QUÊTE DU PASSÉ ET DE SENS

Espace brulé - Rez-de-chaussée

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CÔTÉ DU BÂTIMENT - AILE SUD-OUEST

Aile Sud-Ouest du bâtiment

PREMIER ÉTAGE

L’expérience corporelle est perçue comme un parcours de sensations, un chemin d’accés progressif. C’est par la recherche de signes à travers lesquels le parcours prend sens, ce sont les conditions de lecture d’un espace. Ce lieu racontent une histoire à ceux qui le parcourent, car il est composé comme une succession d’espaces. Le projet relève à la fois d’une rencontre et de la capacité de transmettre un espace, celui de la Gare Lisch. Le passé du bâtiment va servir à la fois de moteur de création et va permettre de construire une nouvelle histoire.

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B - C O N T E X T E H I S TO R I Q U E D U P RO J E T

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L E PA S S AG E D U T E M P S - D E 1 8 7 8 À 2 0 1 6

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M A Q U E T T E D E L’ E X I S T A N T AU 1/100ÈME

CÔTÉ ET FAÇADE NORD-OUEST

ÉTAGE R+1

ENTRÉE

CÔTÉ SUD-EST

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Empreintes et traces des nombreux squats.

CÔTÉ SUD-OUEST

Façade actuelle du bâtiment, côté Nord-Ouest. Escalier de secours entièrement barbelé.

La charpente du bâtiment a survécu.

Salle ravagée par le temps, anciennement des sanitaires.

Le sol est partiellement effondré.

Façade actuelle du bâtiment, entrée principale. Hall d’entrée. Deux escaliers à l’origine, il n’en reste qu’un.

L’endroit a été investie par la végétation.

Disparition de la toiture, reste quelques morceaux de charpente recouverte de lière.

AILE SUD-OUEST

Porte d’entrée d’un bureau. L’humidité du lieu a effondré la charpente et a laissé place au lière.

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E X P É R I M E N TAT I O N S N°1 NUANCIER DE NATURE

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PANTONE® Essence

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NATURE DU SITE. Dans cette expérimentation j’explore différentes natures de surfaces au sein de la Gare Lisch. Cela m’a inspiré pour imaginer une série de codes pantone dans lequelle les couleurs de la nature prennent forme et deviennent des représentations numériques du monde physique.

PANTONE® Rust

PANTONE® Peeling Paint 22

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PANTONE® Old wood


PANTONE® Charred wood

PANTONE®

PANTONE®

Debris stone

Wood

PANTONE®

PANTONE®

Synthetic Material

Peeling Paint 24

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C - ARCHÉOLOGIE DES DÉCOMBRES

Les ruines, sont un noyau matériel durable et solide, ce sont des « restes » qui subsistent et perdurent une fois que l’action du temps et des hommes a érodé, usé et détérioré la forme et la fonction que ces vestiges ont eues. En archéologie, les artefacts constituent une partie du mobilier, objets fabriqués par l’homme, et de prélèvements qui peuvent relever de l’environnement (sols, encaissant, pollens...) ou résulter d’activités humaines (faune, charbons, graines récoltées...). L’ensemble des artefacts construit des emblèmes et témoigne de plusieurs types d’atmosphère : le temps, un travail technique, tactile et visuel sur des matériaux, des jeux de cryptage et de décryptage, des voyages imaginaires, bref la fabrique d’un monde. C’est par cette approche, que j’ai souligné la matérialité de ces moments d’espaces au sein de la Gare. J’ai pu appréhender les vestiges, en saisir les textures et les aspects parfois écorchés, brulés, fissurés, brisés, rouillés. C’est une allusion à l’histoire mouvementée de l’édifice. J’ai récupéré des textures qui font références à l’incendie de 2012, des peintures effritées due au long passage à l’oubli durant ces vingts derniére années, des bétons fissurés due à l’infiltration de l’eau par les sols, des vitres brisées due aux nombreux intempéries.

ÉCAILLÉ

ROUILLÉ

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BRISÉ

FISSURÉ

BRULÉ

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E X P É R I M E N TAT I O N S N°2 PROCESSUS DE REVÊTEMENT

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P ROTOT Y P E 1

FAILLE MINÉRALE PROTOTYPE : Dim. : 20 x 20 cm

Ce projet capte la croissance des plantes à travers la matérialité d’une faille que l’on rencontre familiairement dans un paysage architectural tel les ruines d’un monument, ou le bithume d’un sol. C’est un dispositif de revêtement (sol, mur, plafond) recréant une faille minérale, dans lequel la végétation vient se nicher. C’est à partir d’une dalle de 20cm par 20 cm que les expérimentations vont s’élaborer. Cette dalle est composées de différentes couches selon les besoins de la plantes. Ce principe de dalle viendra lier subtilement les différents espaces de l’exposition. Au cours du cheminement, les textures de dalles ainsi que les végétaux se métamorphoseront en fonction des ambiances. Ce principe servira de signalétique dans l’espace.

RECHERCHES - Croquis d’intention

[1] Cadre en bois qui va permettre de recevoir le mélange de Platre + Béton ciré.

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VÉGÉTATION - Lichen

[2] Le bloc de platre est brisé afin d’optenir des fissures très morcelé.

[3] Utilisation d’une plaque de bois sous la composition. Disposition du Lichen dans les interstices.

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P ROTOT Y P E 2

RECHERCHES - Croquis d’intention

VÉGÉTATION - Graine à germer

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[1] Processus : Plâtre et fissure

[2] Utilisation d’une plaque de bois medium

[3] Ajout d’une grille en acier pour créer

[4] Ensemble de la composition.

net.

sous la composition + Feutrine.

un vide entre la feutrine et la dalle fissuré. Espace nécessaire à la germination des plantes.

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A - ÉCRIN DE NATURE Expérimentations n°3 : Photos Polaroïdes

B - TYPOLOGIE DES PLANTES C - INSTALLATION VÉGÉTALE Expérimentations n°4 : Structure lierre

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POÉTIQUE DE LA RUINE : 2 . STRUCTURE VÉGÉTALE

STRUCTURE VÉGÉTALE La ruine est non seulement le signe d’un monde disparu, mais plus précisement le témoin d’un autre rythme du temps, capable de maintenir, dans les consciences la présence du passé. Comme l’avait souligné Georg Simmel en 1912, dans ses réflexions suggérées par l’aspect des ruines, « le charme de la ruine consiste dans le fait qu’elle présente une oeuvre humaine tout en produisant l’impression d’être une oeuvre de la nature.», la ruine interrogerait l’homme dans son rapport au temps, au territoire, mais aussi dans sa relation à la nature.

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A - É C R I N D E N AT U R E

On sait combien le cours de la dégradation entraine en contre-partie une renaissance, celle de la nature, des arbres, des herbes. Le principe d’usure présent dans toute construction, le passage de l’ordre au désordre, la mort d’un bâtiment, coincident aussi avec la vie et un nouvel ordre de la nature, ce en quoi pourrait résider l’entropie, cette action de transformation, tout à la fois négative et positive des choses, rien ne se perd et tout fini par retourner dans le grand jeu. Suggéré notamment dans les manifestes de Gilles Clément: le «vide» devient un «plein» biologique. Ce qui frappe, dès que l’on pénètre dans un des sites «donnés à voir» de Peter Latz, c’est le spectable de ces monumentales et silencieuses carcasses métalliques d’où s’échappent de multiples cheminées, hyperstructures, tuyaux, conduits, perdus au «milieu» d’un écrin de nature. On retrouve ici certaines caractéristiques du parc pittoresque : le poids de la ruine, la référence au temps, au vieillissement, la nostalgie, la volonté de mise en scène par et avec la nature...

Yves Marchand et Romain Meffre

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Croquis végétation, NY HighLine

Peter Latz


Peter Latz DUISBOURG

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E X P É R I M E N TAT I O N S N°3 PHOTOS POLAROÏDES

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Fort Tilden - Rockaway Ruine à New York


TRAQUE PHOTOGRAPHIQUE À NEW YORK, PHOTOS POLAROÏDES. GRANDES CARCASSES SILENCIEUSES ABANDONNÉES DANS UN ÉCRIN DE VERDURE. Il y a un subtil équilibre générateur d’une tension stimulante entre la ruine et le végétal : l’un fait valoir l’autre par le jeu de la mise en scène ; la ruine est une reconstruction qui semble «naturelle», le végétal paraît sauvage alors qu’il est soigneusement conduit dans son implantation et son développement ; le statique côtoie le dynamique, et le lisse le rugueux.

Fort Tilden - Rockaway Ruin

Hospital Roosevelt Island Ruin

Hospital Roosevelt Island Ruin

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Fort Tilden - Rockaway Ruin

L’appréciation esthétique peut s’exercer et s’offrir aux regards parce que, ces structures ne sont plus en fonction, elles ne sont plus un lieu de production, ni un lieu de travail. Quant au végétal, il relève plutôt d’un ornement qui adoucit, enveloppe, atténue la «brutalité» de l’objet dont il réduit le caractère sublime et effrayant qu’il contenait (feu, aliénation, danger réel) à des évocations oniriques. La nature dans sa capacité à recycler les choses, à les digérer et à leur donner une seconde vie. L’image de la nature éveille ainsi la nostalgie de la vie antérieur. Durant mon stage à l’étranger, qui c’est déroulé à New York, j’ai pu continuer mes recherches sur l’esthétique et la poétique des ruines. En collectant un certain nombre de photos prise sur site lors de mes déambulations.

Fort Tilden - Rockaway Ruin

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B - TYPOLOGIE DES PLANTES

Croquis Lierre.

Mon parti pris est de laisser le plus possible la végétation pousser naturellement en respectant l’écologie végétale du lieu. Le renouvellement des espèces suit alors les lois de la colonisation progressive des plantes pionnières : d’abord les espèces herbacées basses qui en se décomposant entraînent la formation d’humus favorable à l’arrivée des espèces. La présence du lierre qui vient se propager dans l’édifice en fonction de ses préférences en terme nutritif, de lumière, de rapports entre végétaux. Ensuite j’ai fait un travail de recherche sur les diverses plantes qui poussent dans les fissures de mûr, sol, roche... des terrains dit pauvre.

Lierre : Prédominance du lierre dans les zones enfrichées.

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Ruine de Rome, Cymbalaire des murs: La ruine de Rome est une petite plante spontanée qui pousse partout entre les briques, les pierres.

Sedum : Le sédum fait partie de ces plantes qui ne meurent pas quand le manque d’eau se fait sentir en été. Pousse en terrain rocallieux.

Helixine Soleirolii : Installée en situation ombragée et fraîche, forme rapidement un tapis vert et moelleux.

Croquis Liseron des Champs.

Nombril de Vénus : Plante sauvage poussant uniquement sur les vieilles pierres, les falaises, les vieux murs, les ruines et même dans les fissures. Surtout dans les endroits humides.

Liseron des champs : On trouve le Liseron en terrains vagues, dans les gazons tondu à ras et au bord des chemins et des routes. C’est une adventice qui se sert des autres plantes comme support.

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C - I N S TA L L AT I O N V É G É TA L E

Ce lieu au niveau de l’aile gauche du bâtiment, est saturé de lierre préexiste au projet. Pour cet espace je propose de maintenir, ou plutôt de renouveler l’atmosphère romantique caractéristique du site, en renforçant le rôle de la végétation avec l’insertion de nouveaux plants de lierre. En suivant l’ordre biologique du terrain j’ai pu constater que cette partie de l’espace était envahie par le lierre. Je conçois le projet comme un processus vivant, je propose un lieu de vie où l’on cherche une relation directe avec la nature tout en respectant la nature originale du terrain. Cette dynamique naturelle est dessiné par un espace semienfriché. La démarche consiste à guider le visiteur, mais en veillant à ne pas clore le message, à laisser exister des échappées. C’est une subtile tension entre signe et nonsigne, entre vide et plein. Cette approche ne laisse pas totalement le visiteur démuni, mais l’invite à prendre part au projet grâce à l’appel offert par les vides, y prendre part à la fois mentalement et physiquement. L’usager ne se contente pas de contempler l’oeuvre, mais s’engage tout entier dans le processus esthétique. La création d’un dispositif spatial pouvant accueillir la végétation est donc indispensable. Véritable tuteur et élément fonctionnel pour la plante ce dispositif spatial prendra la forme la plus ergonomique et organique possible. Le Jardin se traverse pas à pas, suivant une succession de vue emboîtées et cordelées. Tout au long de l’espace le visiteur, passe dessous, dedans, à travers les feuillages du lières; il plonge, il s’immerge, grâce à un dispositif spatiale, ayant également un rôle fonctionnnel de tuteur pour la plante. L’espace se construit autour de ces éléments et crée une sculpture végétale. Au détour des plantes des assises seront disposées afin de pouvoir contempler l’espace et se détendre.

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Envahissement lierre ESPACE EXISTANT

Entrelassement lierre / Réseau dense. AILE GAUCHE DU BÂTIMENT

Envahissement lierre FACADE DU BÂTIMENT

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E X P É R I M E N TAT I O N S N°4 STRUCTURE LIERRE

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RECHERCHES, CROQUIS, ESQUISSES

Création d’un dispositif spatial à déployer dans l’espace pour le maintien des végétaux. Maquette au 1/20ème

Croquis d’intention

MATÉRIELS Pince coupante Tige en aluminium Corde à piano Perceuse

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P ROTOT Y P E 1

Croquis d’intention

Maintien de la structure végétale en aluminium et câble. Lierre + Maquette au 1/20ème

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P ROTOT Y P E 2

Utilisation de cordes Êlastiques, fils, mâts en bois, socles en bois pour la conception de la maquette. ( Prototype filaire sur illustrator)

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P ROTOT Y P E 3

Conçu autour d’un assemblage de cable d’acier de 0,1mm de diamétre et de plaques en plexiglass.

Mise en lumière de l’élément, ombre et reflet.

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P ROTOT Y P E 4

Utilisation de 4 câbles d’acier (0,2mm), de plaques de plexi, bagues métalliques, d’une pince coupante.

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P ROTOT Y P E 5

Utilisation câbles de cuivre (0,1mm), de plaques de plexi transparente (maintient de la structure), de pince coupante.

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P ROTOT Y P E 6

ÉTUDE 2D ( logiciel : Grasshopper ) Ce maillage entropique a été réalisé grâce au logiciel Grasshopper. Il crée des algorithme aléatoires en fonction de points de contrôle pré-définits. Ces expérimentations m’ont permis de tester d’avantage de possibilités. En fonction du nombre de points sur chaque ligne, les croisements se multiplie et forme différentes variations. Ce maillage m’a permie d’imaginer un parcours au niveau de l’aile Gauche ensuite m’est venu l’idée de prolonger le dispositif au sein de l’édifice.

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ENTRÉE

ENTRÉE

ENTRÉE

Surface du bâtiment


Surface de l’aile gauche

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A - DYNAMIQUE DU SITE — Localisation — Description — Implantation

B - STRUCTURE — Espace 1 — Espace 3 — Installation 1er étage

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POÉTIQUE DE LA RUINE : 3 . STRUCTURE ARCHITECTURALE

STRUCTURE ARCHITECTURALE La gare Lisch en tant que ruine ferroviaire n’a pas volonté délibérée de rechercher un équilibre visuel et esthétique explicite entre ces deux grandes masses que sont le végétal d’un côté et le minéral de l’autre. Il ne s’agit pas ici de reproduire une première nature apprivoisée mais bien de mettre en valeur une histoire. Sur le terrain l’appréhension des lieux se fait progressivement. Cela commence par une déambulation.

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A - DYNAMIQUE DU SITE

L’enjeu du projet est donc de réussir à communiquer ce pressentiment, cette rencontre, à travers un dispositif spatial. Il s’agit de faire en sorte qu’une forme, une composition spatiale déclenche chez celui qui la traverse, la reçoit, une expérience inspirée de celle que j’ai vécue. L’observation des dynamiques de vie actuelles du site qu’elles soient humaines ou végétales est aussi un moteur de création. La propre expérience du site est primordiale. Un site où tout n’était pas formulé, mais où en prettant une grande attention à des indices, j’ai pu reconstituer l’histoire des lieux. Pour saisir l’endroit je suis donc partis d’indices déjà présents, et pour le communiquer, je vais recréer artificiellement des zones d’ombres et des énigmes. Pour replacer ainsi le visiteur dans la situation que j’ai moi-même expérimentée.

Charpente métallique corps central

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LOCALISATION Le bâtiment situé actuellement au niveau de l’impasse des Carbonnets à Asnières-sur-seine surplombe les voies ferrés et les locaux de la Ratp.

IMPLANTATION J’ai tout d’abord appréhender le lieu physiquement pour en ressentir les volumes et me transposer mentalement dans l’espace. C’est grâce à ce contact direct avec l’édifice que mes recherches spatiales ont débuté, notamment par des recherches de croquis d’implantation, la définition plus précise d’un plan, puis d’un zooning. Observer les ouvertures, les passages, les cloisons porteuses, la charpente...


DESCRIPTION Le bâtiment est composé de deux ailes de part et d’autre d’un corps central. Le corps central de l’édice est séparé en deux étages, le rez-de-chaussée et le premier étage. Quarante pilliers rythment le rezde-chaussé créant une perspective étonnante. La charpente est métallique, le plafond est en bois. Le bâtiment est très symétrique, les deux grandes façades principales se font face, comme un miroir, elles sont identiques. Une grande luminosité envahie l’espace. La lumière provient des verrières mais également du puit de lumière zénithale.

Il y a une ossature métallique sur laquelle vient s’accrocher les planchers et les murs. Fait de poutres en fer boulonnées et rivetées. Les poteaux intérieures s’arrêtent jusqu’au premier étage et portent le plancher de celui-ci. La surface du premier étage est dégagée de toute fonction porteuse et se présente donc comme un plan libre. La rigidité de l’ensemble est assurée par la charpente métallique. L’ensemble est cerclé par une armature apparente faisant office de serrurerie. Une peau en briques : Chaque partie dessiné par la structure métallique est remplie par des briques qui constituent la peau du bâtiment. Elles n’ont aucune fonction porteuse.

Charpente métallique aile gauche

FACADE NORD/OUEST - ÉLÉVATION DU SITE 53


54 XI XII I

IX XIII X

L'EMBARCADERE

V VI VII

I I III IV

FACADE NORD - OUEST AU 1/100E


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FACADE SUD - OUEST AU 1/100E


PLAN REZ-DE-CHAUSSÉE

PLAN R+1

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COUPE DU BÂTIMENT Zooning des principaux espaces traités

Charpente métallique

1er étage Trémie

Pilliers Espace central

Aile Gauche Corps central

Aile droite

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58 Espace Exposition 2 85,5 m2

Espace lecture 140 m2

Salon de thé 182m2

Espace Central 277m2

Espace Exposition 1 182 m2

Espace Installation 217 m2

Accueil 84m2

W.c 6m2

DÉCOMPOSITION DE LA STRUCTURE

Bureau 17m2

Vestiaire 17m2

Espace Installation 132 m2


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Structure d’origine

Eléments d’origine laissés à l’état de vestige

Armature métallique


B - STRUCTURE

Je me suis approprié l’espace grâce à un élément de base, le cube, que j’ai combiné de manière simple et parfois complexe, pour créer un réseau de forme carré. J’en suis venu à cet élément de base car c’est une forme géométrique modulable qui permet de nombreuses compositions. L’espace s’établit autour d’un réseau de cube ce qui permet le développement de beaucoup de scénarios potentiels. Cette structure se préoccupe de l’espace, elle le manipule et le compose. Elle constitue un choix d’agencement précis qui va dépendre des diverses fonctionnalités de l’espaces. C’est une maille qui sert aussi bien de tuteur pour la végétation que d’élément structurant l’espace. Elle vient comme une greffe pour soutenir la vieille bâtisse.

CROQUIS ÉCLATÉ DE L’AILE GAUCHE

STRUCTURE CARRÉ

LIERRE EXISTANT

AILE GAUCHE

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MAQUETTE D’ÉTUDE LA GARE LISCH

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P ROTOT Y P E CONCEPTION DE MAQUETTE D’ÉTUDE - AILE GAUCHE

Recherche de structure conçu autour d’un assemblage de cable d’acier et de parois en plexiglass.

Charpente métallique Corps du bâtiment Câble de cuivre 0,1 mm Plaque de Plexi surélève le sol Sol avec lierre.

Charpente métallique Corps du bâtiment Structure en aluminium (tube de 0,1 mm) Plaque de Plexi surélève le sol Sol avec lierre.

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Maquette d’étude Aile Gauche

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E S PA C E 1

L’expérience de sa traversée crée l’impression d’un espace profond. Les points de vue qui s’y succèdent sont toujours partiels, par la présence des murs d’eau . Le visiteur a la sensation permanente d’un manque. Le mur-miroir disposé à l’arrière plan dilatent l’espace et contribuent à rendre les limites de l’espace instables. Le visiteur circule entre les piliers, disposés selon un maillage symétrique. La géométrie engendre une perte de repère : la trame des piliers, dans la lumière entremêlé de paroi d’eau, reflétant leur image sur le mur-miroir, se duplique à l’infini de façon vertigineuse. Les reflets invitent donc le visiteur à recomposer la réalité, à s’imaginer dans un espace profond.

Il doit adapter sa vue, ses pas et l’ensemble de ses sens à l’espace. Plus le visiteur progresse, plus il s’approche du mur-miroir et s’habitue au lieu. L’équilibre se rétablit. Mais laisse toujours une étonnante impression de grandeur. Ce dispositif laisse entendre et évoque le passé prestigieux de l’édifice. C’est un appel à recomposer et à interpréter le souvenir des temps ancien. Au-delà du mur-miroir, la suite du parcours crée un contraste violent. Une pièce entièrement plongée dans le noir ... ( espace 2 )

Photos de l’existant

point de vue [1]

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Croquis, esquisses, recherches

Croquis point de vue [1]

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P ROTOT Y P E CONCEPTION DE MAQUETTE D’ÉTUDE - CORPS CENTRAL

Zone de travail

Perspective du Hall central.

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Maquette d’étude de la Gare Lisch. Corps central du bâtiment.

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P ROTOT Y P E S Y S T È M E D’ E AU CONCEPTION DE MAQUETTE D’ÉTUDE - CORPS CENTRAL

COMPOSITION DE L’ESPACE Pour matérialiser les mûrs d’eau et la présence de miroirs j’utilise du plexiglass. Ces éléments ont été conçu séparement de l’édifice pour permettre une maquette d’ensemble modulable et flexible. La géométrie engendre une perte de repère : la trame des piliers, dans la lumière entremêlé de parois d’eau, reflétant leur image sur le mur-miroir, se duplique à l’infini de façon vertigineuse. Le mur-miroir disposé à l’arrière plan dilate l’espace et contribuent à rendre les limites de l’espace instables. La présence des mûrs d’eau crée la sensation visuelle du manque.

Croquis, esquisses, recherches - Systéme d’eau

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Recherche de volume : Plexiglass, miroir autour d’un systéme d’eau

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E S PA C E 3

Pour cette espace je me suis inspirée des Vestiges d’Alice Mullier (Voir le Corpus d’oeuvres à la fin du Tome). Les 12 colonnes de sucre cristal viennent rythmer l’espace. Un compte goutte dillue au fur et à mesure que le temps avance, ces grandes colonnes. Cela symbolise le temps qui passe, et de la lente dégénerescence de la matière. Le lieu plongé dans le noir évoque la perte de repères et l’immensité. Le sol est également jonché de sucre cristal qui se désagrége. Pour matérialiser cet espace j’ai fait des recherches d’esquisses que je présente ci-dessous.

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Croquis de l’espace 3 - SCÉNOGRAPHIE COLONNE SUCRE CRISTAL

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I N S TA L L AT I O N 1 ER É TA G E

En fin de parcours la structure envahit l’espace du 1er étage pour créer une zone propice à l’installation des dalles fissurés, j’ai imaginé cette succesion d’espace en lien avec les escaliers qui se font face. La structure vient englober les escaliers pour former des gardes-corps ainsi que certaine marche du bâtiment, qui sont actuellement altérées. Cette structure greffer rythme ensuite le début du parcours du premier étage. Voici plusieurs propositions de recherche par croquis pour cet espace.

Photos de l’existant

point de vue [2]

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RECHERCHES AUTOUR DU CUBE

COMPOSITION SPATIALE

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point de vue [2]

L’inspiration pour cet espace situé au premier étage est la transition entre les deux niveaux. Une installation inspirée de Frederick Kiesler compose le lieu. Par un assemblage de différentes parois les dalles de l’expérimentation n°2, processus de revêtement, viennent se plugger dans l’espace.

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INSPIRATION : FREDERICK KIESLER

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EXPÉRIMENTATION FAILLE


Croquis point de vue [2]

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CONCLUSION

Apèrs avoir, dans un premier tome exposé la place que pouvait prendre les espaces abandonnés dans la société, et les valeurs que ces espaces pouvaient véhiculer. Dans ce second tome j’aborde par le biais d’expérimentation la matérialité des ruines, et leur nature de surface. Lieu d’échange, la ruine se situe entre nature et culture, entre dedans et dehors, entre passé et futur. Avec le retour vers un état de nature, avec les processus de décomposition, la ruine s’intègre progressivement dans un milieu naturel. L’ensemble de ces processus correspond à une idée de cycle de régénération et d’intégration de l’artefact au sein de la nature. Dans la ruine, le temps est comme arrêté, suspendu. Physiquement, la chute vers le bas, entraîne l’édifice et ses matériaux d’abord fragmentés vers le sol. Ce retour vers le sol peut être interprété comme la marque symbolique d’un retour vers l’origine, vers la terre. Cet ordre de la nature renvoie à un avant la forme, avant que la matière ne soit façonnée par la main de l’homme. Les matériaux qui avaient été façonnés, ouvragés tombent au sol. Depuis leur état fragmentés ils vont progressivement se désagréger jusqu’à revenir vers un état qui serait de l’ordre de l’informe: les débris, le tas, le rebut, le reste. Ainsi, dans le processus de déconstruction et de décomposition de l’artefact bâti, les lois de la nature semblent vouloir reprendre leurs droits. Figure de l’entre-deux , stade intermédiaire entre nature et architecture, la ruine exerce sur notre esprit une forte impression. Elle dégage une puissance d’imagination et de fascination, parce qu’elle est non voulue: parce qu’elle n’a pas été pensée, construite ou dessinée en tant que telle, et parce qu’elle est, en partie, non intentionnelle. La ruine nous procure cette impression rassurante de se fondre dans la nature.

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La chute d’un édifice, amorcée avec les premiers signes de la dégradation et de la patine, peut à terme, si rien n’est fait pour ralentir ce processus de détérioration, conduire à la disparition totale de l’édifice. Cet effondrement fatal, ce mouvement naturel, tire l’édifice vers le bas et s’oppose aux forces montantes de l’édification. C’est le retour de l’artefact de la construction ou de la « création » humaine vers un état de nature originel. L’intention finale de ce projet est de penser à comment donner une seconde vie à un espace abandonné sans «altérer» son aspect d’objet ruine. J’ai pensé ces espaces autour de thématiques en rapport avec le phènoméne constitutif de la ruine : l’entropie. Les espaces feront coexister des coloris, des matériaux et des surfaces, ils joueront de ces différences. Par des jeux de niveaux, la recherche de textures et de couleurs, par des passages étroits, des détours et des cloissonnements, le parcours invite à changer de rythme, à s’adapter. Le but est d’accentuer la sensation de cheminer, de progresser et de privilégier le processus, la progression. Il s’agit d’éviter les vues directes, de ne pas tout réveler, pour dévoiler l’espace très progressivement. Nourrir le mystère de ce lieu, créer un supsense, pour amener le visiteur à être actif et l’appeler à contempler, recomposer, réinterpréter les lieux. Pour ouvrir le lieu au public, une première exposition inaugurera la Gare Lisch. L’exposition ouvrira d’avantage le regard, nous fera prendre conscience de l’aspect artificiel de toute construction humaine inéluctablement vouée à la dégradation sur la matière. En effet, la matière, n’est-elle pas soumise à l’inéluctable passage du temps ? Véritable art de transmettre une expérience à travers le choix d’un corpus d’oeuvres d’artistes contemporains, il instaurera in situ une relation d’échange entre un sujet et son environnement.

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ANNEXES

CORPUS D’OEUVRES — Alice Mullier, Vestiges — Cyprien Gaillard, Real Remnants of Fictive Wars II ( film de 35 min) — Roger Hiorns, SEIZURE. — Hussein Chalayen, Buried Dresses ‘The Tangent Flows’ — Patrick Neu, Verres en Cristal — Patrick Neu, Iris de la pensée

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Alice Mullier, VESTIGES (2014) Dimensions: La taille de l’espace Installation en sucre cristal

Plusieurs tonnes de sucre cristal jonchent le sol en un paysage dans lequel le public peut circuler. Emergent ou s’enlisent de ces dunes, des débris de rosace de plafond mais aussi des matériaux comme des parpaings, des briques en sucre eux aussi. Une tension palpable se créée dans cet espace où le temps se fige entre chantier de construction et chantier archéologique comme un point proche du vacillement. Le produit de première nécessité est utilisé pour mettre en scène une installation poétique dans laquelle cohabitent les notions de patrimoine et de décadence. Il est ici question d’épuisement, de gâchis, d’un cycle qui ne trouve plus les ressources pour se renouveler. Tout autant de problématiques contemporaines qui sont au coeur de nos sociétés.

Photos de l’oeuvre

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Roger Hiorns, SEIZURE (2013) Dimension : à la taille de l’espace. Variable.

Dans cette oeuvre le visiteur vie physiquement l’espace car il est contraint par un passage étroit, les mûrs à la texture dérouttante décuplent les sensations. C’est l’espace de transission, le passage d’un état à un autre, dans ce cas cette coupure, cassure traduit le lent passage à l’oubli du bâtiment. Roger Hiorns nous parle de croissance et de déclin, donc d’entropie. Ici ce n’est pas le travail du temps mais la volonté de l’artiste qui, en plongeant l’espace dans un bain chimique, les métamorphose en étrange pièce de passage. Avec «Seizure», Roger Hiorns crée un espace étrangement poétique pris dans une métamorphose chimique, une merveilleuse caverne légèrement inquiétante envahira l’ancienne chaufferie de la gare Lisch.

Photos de l’oeuvre

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Hussein Chalayen, BURIED DRESSES ‘THE TANGENT FLOWS’ (1993) Première collection de la maison de mode. Naissance par la terre. Série de robes inhumées dans un jardin trois mois avant le défilé totalement métamorphosées par l’oxydation et l’altération des tissus. Le travail de l’acier Corten pour mettre en avant la pièce d’Hussein Chalayen est pensé autour de parois perforées. Cet acier par son aspect désaltéré va mettre l’accent sur le travail de la matière des robes. Deux plaques d’acier perforé sont alors disposé de part et d’autre de l’oeuvre, avec une subtile mise en lumière de ces palques, les ombres vont dessiner au sol une dentelle.

«Burried Dresses»

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Détail du textile de la robe

Paroi perforée en acier Corten

Croquis d’intention


Cyprien Gaillard, REAL REMNANTS OF FICTIVE WARS II (2004) Film 35 mm et film 35 mm transféré sur DVD

Cet espace est entièrement plongé dans le noir, une seule source lumineuse guide le visiteur, un film de Cyprien Gaillard. Tournée en 35 mm, ce plan séquence fixe présente une vue d’un tunnel qui disparaît dans une épaisse fumée blanche envahissant l’espace avant de se retirer très lentement. La vidéo semble rendre hommage à la gare Lisch par sa matéiralité, ancienne gare ferroviaire, le lieu filmé est également repris par la nature. La série «Real Remnants of Fictive Wars» rassemble 5 films en 35mm, définis au départ par Cyprien GAILLARD comme des oeuvres Land Art. Dans chaque film une épaisse fumée blanche, produite par des extincteurs, vient envahir l’espace: zones urbaines, péri-urbaines et paysages de nature que l’artiste investit pour ses réalisations.

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Patrick Neu, VERRES EN CRISTAL (2009) Dimensions: 6,5 cm de diamètre x 22 de hauteur Collection de 4 verres

Mon choix c’est porté sur la délicatesse et la poésie du travail de Patrick Neu, il traite de la vie, de la mort, de l’inévitable basculement des choses en une fraction de temps. L’utilisation du temps dans ses oeuvres est également en adéquation avec la lente dégénerescence qu’a vécu le bâtiment. Pour sa série de 4 verres en Cristal, Patrick Neu représente des scènes fortes dans la suie, noir de fumée. On retrouve a ce stade du parcours les sensations ressenties dans l’espace 1, l’écoulement de l’eau qui résonne dans l’espace fait écho à ces stimulis sonores.

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Patrick Neu, IRIS DE LA PENSEE Dimensions : 25 x 33 cm Collection de 12 aquarelles

La période des iris ne dure jamais longtemps. Une quinzaine de jours par an suffit cependant à PatrickNeu pour capter la vanité d’une floraison qui s’épanouit, s’embellit, puis se fane avant de renaître l’année suivante. Épris de la fragilité du monde, Patrick Neu réalise des oeuvres aussi précaires que la vie d’un coquelicot arraché à sa terre. Son seul souci semble vouloir exacerber la beauté, mais qui ne serait belle que dans la fragilité qui précède sa perte. Une installation de deux plaques en verre viendra exposer l’aquarelle. Il y aura 12 parois au total qui jalonneront l’espace pour ainsi acceuillir les 12 aquarelles.

Prototype des parois (réalisé en plexiglass)

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BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES GÉNÉRAUX — Que faire avec les ruines? Poétique et politique des vestiges., sous la direction de Chantal Liaroutzos, Collection Interférences. — Esthétique des ruines, Poétique de la destruction sous la direction de Miguel Egana et Olivier Schefer. Presses Universitaires de Rennes. — L’âme de la nature, document Jean-Marie Pelt et Paul Couturiau, préface de Pierre Rabhi. — Passeurs de paysages, le projet de paysage comme art relationnel, Sonia Keravel, MetisPresses. — Le jardin spontané Reconnaître et accueillir les plantes vagabondes et les emis naturels, de Noémie Vialard, Préface de Patrick Blanc. Édition Delachaux et niestlé. — De la nécessité des ruines et autres sujets de John Brinckerhoff Jackson, édition du linteau. — LAND ART de Gilles A. Tiberghien, édition carré. — Architrek, marcher pour savourer l’espace de Philippe Robert, édition carré. — Vestiges nouvelles de Véronique Bossée, édition lévesque.

ENTREVUE Les Architectes :

— Rodolphe De Warenghein : rdewarenghien@gmail.com

— Antoine Monnet : amonnet@gmail.com

— Arnaud Galezowski : arnaud.galezowski.archi@gmail.com

Responsable de l’association la Gare Lisch :

— Nicolas Sirot

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Poétique de la ruine _ TOME 2