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MASTER ARCHITECTURE ET SCÉNOGRAPHIE DU LUXE ÉCOLE DE CONDÉ PARIS

AXELLE VERGLAS TOME 3 - 2016 MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDE SOUS LA DIRECTION DE LAURE KINDERMANS ET ALEXANDRA ÉPÉE.


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SOMMAIRE

INTRODUCTION - CONCEPT

P.4-5

1 - CONTEXTE A - CONTEXTE HISTORIQUE

Photos

B - CONTEXTE ARCHITECTURAL

P.8-9 P . 10 -17

Localisation, description, plan de situation

2 - PROGRAMME A - LA FONDATION

P . 20 - 23

Commanditaire, cible, stratégie de communication ...

B - ARCHITECTURE PERMANENTE Schéma de circulation, espace public, non-public

C - EXPOSITION ÉPHÉMÈRE

P . 24 - 35

P . 36 - 39

Cyprien Gaillard _ Alice Mullier

3 - PROCESSUS A - MAILLAGE ET PROCESSUS D’ENTROPIE B - REVÊTEMENT ET VÉGÉTATION

P . 42 - 45 P . 46 - 53

Processus technique

C - MATÉRIAUX ET MOBILIER

P . 54 - 55

PROJET — Plan de situation, plans — Perspective générale — Vue intérieur, extérieur — Élévation, coupe — Photos maquette PAYSAGE — Réferences — Vue générale

P . 56 - 71

P . 73

P . 75 -77

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# T.O.M.E.1 Quelle est la place des espaces laissés à l’abandon dans notre société ? Quelles valeurs véhiculent-ils ? # T.O.M.E.2 Comment se mêle la désaffection, l’aliénation, la dégradation dans sa relation à la nature ? # T.O.M.E.3 Comment donner une seconde vie à un espace désaffecté sans en altérer son aspect d’objet ruine ?

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INTRODUCTION

Mes pensées sur la ruine telle la mémoire, le temps, le fragment, la monumentalité sont expliquées comme étant l’essence même du projet. Tout individu peut capturer à travers la ruine le monde construit dans lequel il lui est permis de flâner. Représenter la ruine c’est aussi représenter la réalité, celle d’un monde passé. La présence de la ruine dans le paysage urbain ou naturel souscrit la reconstitution de la stratification d’une histoire à interpréter. La superposition des traces accumulées construit la réalité du présent. Les ruines, les décombres de bâtiments, les friches urbaines participent à l’histoire de l’architecture et de sa représentation dans le paysage. Elles dévoilent la précarité de l’architecture et de sa pensée, l’instabilité de la matière et de la technique. Paradoxalement, la ruine dévoile le processus architectural dans sa désintégration et met à nu une ancienne structure, un système relié à une mentalité propre à une époque. La ruine dans le paysage ouvre le potentiel d’une reconstitution pleine d’émotions sur les portions disparues. Réelle ou irréelle, antique ou contemporaine, véritable ou construite, la ruine divulgue l’organisation, la formation et la déformation de notre monde. Son concept met à la disposition des architectes d’aujourd’hui des outils leur permettant de réfléchir sur la pertinence de faire de l’architecture un objet prétentieux, radical, lisse et rigide.

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A - CONTEXTE HISTORIQUE Photos

B - CONTEXTE ARCHITECTURAL Localisation, description, plan de situation

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POÉTIQUE DE LA RUINE  1 . CONTEXTE

CONTEXTE Située à sept minutes de la Gare Saint-Lazare entre Asnières-sur-Seine et Bois-Colombes, la Gare Lisch, du nom de son architecte, est un bâtiment exceptionnel. Ancien embarcadère du Champs-de-Mars, gare des expositions universelles de Paris de 1878 et 1889, elle fut démontée vers le milieu de l’année 1897, puis devint en 1924 « la gare éléctrique » de BoisColombes. Inscrite en 1985 à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, la Gare Lisch se meurt dans l’indifférence générale depuis plus d’un quart de siècle et les quelques projets visant à trouver une nouvelle vocation à ce bâtiment ont tous échoué.

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A - C O N T E X T E H I S TO R I Q U E

L’architecture de ce bâtiment est conçue par Juste Lisch en 1897. Edifié d’une structure métallique au remplissage de briques et céramiques, pourvue de larges verrières, le bâtiment incarne les monuments des expositions universelles du début du siécle dernier. En plus de 15 ans, la Gare située à l’embarcadère du Champs-de-Mars, a reçu et a expédié des milliers de voyageurs. Par la suite la gare Lisch est a été déplacée et a abrité diverses activités liées au milieu ferroviaire mais les années se sont écoulées et le passé prestigieux de l’édifice s’est effacé de la mémoire.

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SÉRIE DE PHOTO - PASSAGE DU TEMPS

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B - CONTEXTE ARCHITECTURAL

LOCALISATION Le bâtiment situé actuellement au niveau de l’impasse des Carbonnets à Asnières-sur-seine surplombe les voies ferrées et les locaux de la Ratp.

DESCRIPTION Le bâtiment est composé de deux ailes de part et d’autre d’un corps central. Le corps central de l’édifice est séparé en deux étages, le rez-de-chaussée et le premier étage. Quarante pilliers rythment le rez-dechaussé créant une perspective étonnante. Au premier étage trois trémies viennent créer une ouverture entre les deux niveaux. La charpente est métallique, le plafond est en bois. Le bâtiment est très symétrique, les deux grandes façades principales se font face, comme un miroir, elles sont identique. Une grande luminosité envahie l’espace. La lumière provient des verrières mais également du puit de lumière zénithale.

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LO C A L I S AT I O N

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P ROTOT Y P E C O N C E P T I O N 3 D - C O R P S D U B ÂT I M E N T

LA GARE LISCH

PLAN DE SITUATION - ACCÉS

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ANGLE EST — FACADE SUD - EST

ANGLE OUEST — FACADE NORD - OUEST

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SALLE CÔTÉ FACADE NORD-OUEST

GRANDE SALLE REZ-DE-CHAUSSÉE CORPS CENTRAL

ENTRÉE DE LA GARE LISCH

ESPACE AILE GAUCHE

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FAÇADE SUD - EST / ENTRÉE PRINCIPALE

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PREMIER ÉTAGE CÔTÉ VUE SUD-EST

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PREMIER ÉTAGE ACTUEL PUIT DE LUMIÈRE ZÉNITHALE

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A - LA FONDATION Commanditaire, cible, stratégie de communication

B - ARCHITECTURE PERMANENTE Localisation, description, plan de situation

C - EXPOSITION EPHÈMÉRE Cyprien Gaillard _ Alice Mullier

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POÉTIQUE DE LA RUINE  2 . PROGRAMME

PROGRAMME La sauvegarde et la réhabilitation de la Gare Lisch concerne la ville, son patrimoine, son évolution et ses citoyens. Pour avancer et élargir la culture hors les «mûrs» de Paris. Offrir aux habitants et à la ville un vaste réseau culturel, restructurer et étendre le grand Paris, à l’image de Brooklyn aux ÉtatsUnis.

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A - L A F O N DAT I O N

COMMANDITAIRE Afin de réunir les fonds nécessaire, l’association «Gare Lisch - Opération Renaissance» réunit des riverains, mais aussi des amoureux du Patrimoine, un organisme d’intérêt général a été crée et de nombreux soutiens permettent à cette association d’être active. Notamment par le biais de Pierre Tullin, JR, de nombreux architectes et acteurs, des entreprises, d’autres associations, des élus ... Mon idée pour avancer cette démarche de fonds est de faire appel à la fondation Ratp, et de permettre d’ouvrir une fondation, à l’image de la Fondation Edf à Paris. En effet la fondation Ratp propose un programme « Parcours culture » pour faire découvrir la diversité du patrimoine culturel à des personnes qui en sont d’ordinaire éloignées en raison de leur environnement social ou de leur enclavement territorial. La fondation ouvre ainsi la perspective d’une mobilité et d’une ouverture à la vie culturelle et pourrait s’implanter au sein de la Gare Lisch. PÔLE CULTUREL Créer un lieu dynamique et culturel, un lieu qui serait convivial, ouvert sur le monde, au carrefour des cultures, animé par et pour tous. Un nouveau lieu de partage culturel, lieu de production et de diffusion artistiques. LA FONDATION GARE LISCH La Gare Lisch c’est plus de 1000 m2 pour accueillir de façon permanente ou temporaire bibliothèque, espace de lecture, espace de projection, espace de réception, espace d’expositions, conférences, salon de thé, espace pouvant accueillir également des concerts, spectacles vivants, festivals, espaces associatifs ... — Un lien entre les populations quel que soit leur âge, leur niveau de vie et leur origine. — Un projet créateur de vie et d’envies. — L’esprit d’initiative au service d’un lieu ouvert sur les autres et sur le monde.

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1ÈRE EXPOSITION : LA RACINE Mon projet scénographique et mon parcours s’inscrit au sein de la Fondation Gare Lisch, afin d’ouvrir le lieu à un évènement culturel, une première exposition, nommée, «La Racine». La Racine est le nom que je donne pour cet événement d’ouverture avec Cyprien Gaillard et Alice Mullier sur le thème des vestiges en relation direct avec mes recherches des Tomes 1 et 2. — Réaffirmer la place des espaces abandonnés au sein de notre société. — Relancer le patrimoine de la Gare Lisch. — Une démarche inscrite dans son époque et son environnement, en lien avec l’histoire de la Gare. — Un projet créateur d’ambiance en adéquation avec l’esprit de la ruine. CONCEPT SPATIAL L’enjeu étant d’établir une continuité qui respecte l’esprit de la ruine tout en développant un autre vocabulaire, celui de la végétation. Les vestiges sont ici appréhendés par un écrin naturel. Les ruines sont perçus à travers le filtre du végétal. Ce flux de verdure, en mouvement continue est une première approche de l’espace. L’espace est conçue non pas comme une réhabilitation mais comme une scénographie. Les vestiges du bâtiment sont une source de création, l’idée de confronter l’ancien et le nouveau dispositif spatial est une grande source de poésie et d’imaginaire.

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Impasse des Carbonnets • 92600 • Asnières-sur-Seine • 01 53 25 30 58

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LA GARE LISCH

20 OCT 17 - 11 JANV 18 S T R AT É G I E D E C O M M U N I C AT I O N

LA RACINE

www . Fondation-Sncf . Org


LA FONDATION GARE LISCH

EXPOSITION CYPRIEN GAILLARD & ALICE MULLIER 20.10.17 > 11.01.18 /arts visuels / littérature / architecture / projection / performance plastique

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B - ARCHITECTURE PERMANENTE

FONCTION DES ESPACES PERMANENTS [1] VESTIAIRES - ACCUEIL Situé à l’entrée du bâtiment cette zone fonctionnelle permet de gérer l’accueil des visiteurs.

[2] SALON DE THÉ Au niveau de l’aile gauche du bâtiment ce lieu sert de lieu de détente, de relaxation et de contemplation.

[3] SALLE D’EXPOSITION N°1 Situé au niveau de l’aile droite du bâtiment, cet espace d’exposition de 182 m2 participe à la vie culturelle du lieu.

[4] SALLE D’EXPOSITION N°2 Situé au niveau du fond du bâtiment, cet espace d’exposition de 85,5 m2 est ouvert par un étroit passage sur le grand espace central.

[5] ESPACE CENTRAL Situé au niveau du corps central du bâtiment, cet espace monumental, sert d’entre deux, de circulation, de contemplation notamment un point de vue intéressant sur la grande bâtisse.

[6] [7] ESPACE D’INSTALLATION OUVERT Situé au début du premier étage du bâtiment, cet espace ouvert sur le rez-de-chaussée par une trémie, sert d’espace de création. Deux installations scénographique que j’ai imaginé viennent se greffer à cet emplacement.

[8] SALON DE LECTURE - LIBRAIRIE Situé à l’étage , ce salon de lecture vient créer un espace culturel. Diverses assises seront disposées ici et là. Créant des espaces de lecture.

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S U R FA C E TOTA L E M 2

[8]

[6]

[7]

Espace lecture 140 m2

Espace Installation 132 m2 Espace Installation 217 m2

[3]

N+1

Espace Exposition 1 182 m2 W.c 6m2

[4]

[5]

Espace Exposition 2 85,5 m2

Espace Central 277m2

Accueil 84m2

Bureau 17m2

[1] Vestiaire 17m2

[2] Salon de thé 182m2

REZ-DE-CHAUSSÉE

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B ÂT I M E N T V U E E X T É R I E U R

POINT DE VUE EXTÉRIEUR SUR LA RELATION BÂTIMENT / STRUCTURE

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Structure d’origine

Eléments d’origine laissés à l’état de vestige

Armature métallique


AXONOMÉTRIE

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MAILLAGE ORGANIQUE

CORPS DU BÂTIMENT

Cette maille qui s’apparente à une racine vient envahir l’espace pour former des zones fonctionelles, tel : - Meuble de l’accueil - Garde corps - Meuble de la bibliothèque - Bar, assises ...

Une ossature en métal sur laquelle vient s’accrocher les planchers et les murs. Fait de poutres en fer boulonnées et rivetées. Les poteaux intérieures s’arrêtent jusqu’au premier étage et portent le plancher de celui-ci. La surface du premier étage est dégagée de toute fonction porteuse et se présente donc comme un plan libre.

La rigidité de l’ensemble est assurée par la charpente métallique. Une peau en briques : Chaque partie dessiné par la structure métallique est rempli par des briques qui constituent la peau du bâtiment. Elles n’ont aucune fonction porteuse.


P ROTOT Y P E

PLAQUE DE VERRE

MEUBLE VESTIAIRE

MAILLAGE ACIER

VÉGÉTATION ENVAHIE L’ESPACE

BÉTON FISSURÉ SOL EXISTANT

MEUBLE ACCUEIL

LIERRE

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AXONOMÉTRIE RDC

SALLE 2 Alice Mullier

INSTALLATION

SALLE 1 Cyprien Gaillard

SALON DE THÉ Structure qui s’étends pour former le bar, des assises, tables.

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AXONOMÉTRIE N+1

BIBLIOTHÈQUE Structure qui s’étend pour former les bibliothèques.

ESCALIER Structure qui s’étend de l’accueil jusqu’au escalier. Pour créer des gardes corps.

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R E L AT I O N S T RU C T U R E / B ÂT I M E N T

STRUCTURE EAU Emplacement des brumisateurs

SALON DE THÉ Emplacement du lierre existant

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MURS EXISTANTS


N+1

murs intérieurs N+1 murs intérieurs N+1

REZ-DE-CHAUSSÉE

ueillant la végétation

ueillant la végétation Rez de chaussée

Rez de chaussée

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STRUCTURE SALON DE THÉ

MAILLE La structure vient se proliférer dans tout l’espace salon de thé afin de créer des alcoves propice aux zones intimes.

ÉTAGÈRE

BAR La structure forme le bar de l’espace salon de thé. Un plateau de verre vient recouvrir le dessus du meuble.

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STRUCTURE ACCUEIL

MEUBLE ACCUEIL

VESTIAIRE La structure forme le plateau du meuble des vestiaires. Une plaque de verre vient recouvrir le dessus de la structure.

Structure forme le meuble de l’acceuil. Un plateau de verre vient recouvrir le dessus du meuble. La structure vient se propager pour former des gardes-corps et certaines des marches manquante.

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C - EXPOSITION EPHÉMÈRE

CYPRIEN GAILLARD REAL REMNANTS OF FICTIVE WARS II (2004)

film 35 minutes transféré sur dvd Cet espace est entièrement plongé dans le noir, une seule source lumineuse guide le visiteur, un film de Cyprien Gaillard. Tournée en 35 minutes, ce plan séquence fixe présente une vue d’un tunnel qui disparaît dans une épaisse fumée blanche envahissant l’espace avant de se retirer très lentement. La vidéo semble rendre hommage à la gare Lisch par sa matérialité, ancienne gare ferroviaire, le lieu filmé est également repris par la nature. La série «Real Remnants of Fictive Wars» rassemble 5 films en 35 minutes, définis au départ par Cyprien GAILLARD comme des oeuvres Land Art. Dans chaque film une épaisse fumée blanche, produite par des extincteurs, vient envahir l’espace: zones urbaines, péri-urbaines et paysages de nature que l’artiste investit pour ses réalisations. L’appartition du même nuage vaporeux se matérialise dans l’espace par des brumisateurs de fumée placés au niveau du sol.

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ALICE MULLIER VESTIGES installation en sucre cristal, dimension de l’espace. Plusieurs tonnes de sucre cristal jonchent le sol en un paysage dans lequel le public peut circuler. Emergent ou s’enlisent de ces dunes, des colonnes monumentales se succèdent. Cet espace est conçu de manière à troubler la vision du visiteur, la première apparence que l’on fait de ce lieu est celle d’un espace très obscure. Le visiteur est alors plongé dans un décors tout autre. Il doit adapter sa vue, ses pas et l’ensemble de ses sens à l’espace. Les points de vue qui s’y succèdent sont toujours partiels, par la présence des grandes colonnes en sucre cristal qui se densifie en progressant dans l’espace. Le visiteur circule entre ces colonnes, disposées selon un maillage ordonné. Un goutte à goutte est disposé au dessus de chaque colonnes, dégrade le sucre au fur et à mesure que le temps coule. Ce dispositif laisse entendre et évoque la fragmentation spatiale. C’est un appel à recomposer et à interpréter le souvenir des temps ancien. Il est ici question d’épuisement, de gâchis, d’un cycle qui ne trouve plus les ressources pour se renouveler.

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A - MAILLAGE B - REVÊTEMENT ET VÉGÉTATION Pocessus Technique

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POÉTIQUE DE LA RUINE  3 . PROCESSUS

PROCESSUS La ruine se manifeste comme un processus matériel basé sur l’entropie. C’est-à-dire qui tant naturellement vers la dissipation sous l’action du temps. Si la ruine constitue un point de départ instable, la création d’un nouveau vocabulaire fournis des configurations stables autorisant la poursuite du processus architectural d’élaboration et de construction. Au sein de ce processus émergent, sont tracés de nouveaux horizons, non seulement par le biais de l’imaginaire mais en tenant compte de la réalité du bâtiment.

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A - MAILLAGE

La forme de la structure est une maille quadrillée de 40cm par 40cm, qui forme des assises de 40/40 cm, des comptoirs de 80/80 cm, avec à chaque surface une plaque de verre venant l’habiller. La structure vient former des éléments architecturaux, à la manière d’une racine, elle vient sporadiquement dans l’espace pour créer des zones fonctionnelles. Certaines marches de l’escalier, les gardes corps seront constituées de cette maille comme pansement. Elle a comme principale fonction d’accueillir les végétaux, le concept fondateur de l’espace, redonner une nouvelle vie à l’ancien bâtiment. La maille permet de réanimer, récupérer, réintroduire, restituer, réhabiliter, recycler, repenser, panser, soigner... La structure devient tutrice de l’architecture, et utilise sa fonctionnalité pour optimiser l’espérance de vie du vieux bâtiment. L’objectif n’est pas de restaurer (pratique qui cherche à rétablir quelque chose en son premier état), ni de réparer (activité qui consiste à utiliser des moyens rudimentaires pour prolonger la vie), mais de réhabiliter l’édifice. J’utilise l’usure, la faiblesse, les altérations comme matière à la création. Mon intervention chirurgicale rend à l’espace sa fonction. Le bâtiment soigné réintègre ainsi sa place et reprend son droit à la vie...

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40 cm

120 cm

400 cm

ÉTAGÈRES

COMPTOIRS

ASSISES

40 cm

40 cm

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PROCESSUS D’ENTROPIE

«Pourquoi est-ce que la fumée ne retourne pas dans la cigarette? Pourquoi les molécules s’éloignent t-elle des unes des autres? Pourquoi la goutte d’encre dans de l’eau ne se reforme t-elle jamais? Parce que l’univers va naturellement vers la dissipation, c’est le principe d’entropie, la tendance de l’univers à évoluer vers un état de désordre croissant. Le principe d’entropie est directement lié à la fléche du temps. Une conséquence de l’expension de l’univers... Que deviendra le temps ? Sous l’action du temps la végétation se prolifére de manière anarchique, soumi au même force de l’entropie.» Quinze ans après la mise en place du programme, le végétal est présent partout, il s’est infiltré dans tous les interstices, a recouvert en partie les sols, proposant au promeneur une scénographie visuelle relativement unifiée. Même si les revêtements désaffectées sont encore au premier plan, avec le temps, ce processus laisse présager un certain degré d’enfouissement.

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T I M E L I N E P RO L I F É R AT I O N V É G É TA L E

2016

2021

2031

TEMPS

NOUVEAU PLAN DE LIERRE

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B - R E V Ê T E M E N T E T V É G É TAT I O N

REVÊTEMENT Création d’un dispositif de revêtement recréant une faille minérale, dans lequel la végétation vient se nicher. Cette dalle est composée de différentes couches selon les besoins de la plantes. Ce principe de dalle vient lier subtilement les différents espaces de l’exposition. Ce principe sert de signalétique dans l’espace.

VÉGÉTATION Composée de 3 essences, le lierre qui peut pousser jusqu’à 10 m, le liseron qui pousse maximum 2m et l’helixine une plante à ras le sol. Ce sont toutes 3 des plantes sauvages qui envahissent l’espace. Le lierre préexisté au projet. Mon projet se propose de maintenir, ou plutôt de renouveler l’atmosphère romantique caractéristique du site, en renforçant le rôle de la végétation avec l’insertion de nouveau plant de lierres. Le liseron est une plante adventice, c’est à dire qui pousse dans un endroits sans y avoir été intentionnellement installée et qui se sert des autres plantes comme support, cette plante se servira donc naturellement du lierre comme support à certains endroits comme pour rythmer le parcours, on en retrouvera plus volontairement près des espaces de détentes, comme les assises sont situées à 40 cm du sol et le regard d’une personne à environ 1m20 la plante sera un élément d’atmosphère qui participe à la détente. L’helixine quant à elle sera au niveau des deux installations, au rez-de-chaussée sous la plaque d’acier corten dans la grande salle, un endroit très humide propice à sont développement, et au premier étage au niveau des dalles fissurées.

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REVÊTEMENT

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P ROTOT Y P E

Grille d’acier corten Rêvetement en platre

Réceptacle Feutrine pour la plante et la terre.

Récipient poreux pour le passage de l’eau

Maillage acier galvanisé

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40 cm

40 cm 49


E X P É R I M E N TAT I O N V I D É O

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Maximum 2m

Jusqu’à 10m

LES PLANTES

Ras le sol

[1]

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LIERRE

[2]

LISERON DES CHAMPS

[3]

HELIXINE


N+1

[1]

[1]

[3]

murs intérieurs N+1 murs intérieurs N+1

REZ-DE-CHAUSSÉE

[1]

[3]

[1]

eillant la végétation

eillant la végétation

[1]

[2]

Rez de chaussée

Rez de chaussée

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M AT É R I AU X

100 % SOL EXISTANT

AUTRES PLANTES LIERRE

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MOBILIER

JEAN PROUVÉ

CHARLOTTE PERRIAND

JEAN PROUVÉ

CHARLOTTE PERRIAND

EILEEN GRAY

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PROJET

Ce projet m’a permis de retourner à l’essentiel, vers une expérience authentique de l’architecture. D’en aborder les questions qui en appellent au profondeur. Je m’intéresse en particulier au lien entre la forme architecturale de la ruine et la manière dont l’architecture est vécue. Il est important de comprendre la forme comme l’expérience d’une autre réalité du temps. La forme affecte nos émotions à travers ce qu’elle représente. La raison de l’architecture doit être rattachée à des émotions, des sentiments authentiques. L’architecture a sa propre origine, et si cette origine n’est plus rattachée à l’architecture elle perd ses effets. La relation entre l’ancienne architecture et la nouvelle structure apparaissent comme des couches superposées et différentes. C’est aussi une relation entre l’achitecture et le temps où le temps n’est pas vu comme un ennemi mais comme un agent participant à la création architecturale. La végétation et la matière sujet au processus d’entropie, renforcent l’expérience du temps et le processus de vieillissement devient un élément positif dans la création de l’espace. La matérialité, l’érosion et la ruine sont les mots clés du projet. La dégradation éveille l’expérience corporelle de la gravité, et promeut la lenteur, le calme et l’intimité. Je souhaite conclure mon projet de diplôme sur la Poétique de la ruine en montrant des visuels de mon projet scénographique. Ces visuels sont la conclusion illustrée d’un ans de recherches autour d’un sujet passionnant. Mon ambition était de pouvoir travailler plastiquement les matériaux constitutifs de la ruine.

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291

942 389

1633

1631

603

352

208

1203

118

782

300

274

280

80

391

237

210

235

40

280

135

720

746

306

1596

1117

1592

277

160

3165 625

350

195 944 2808

2377

941

352

500

146

2377

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POINTS DE VUE 3D

N+1

[11]

[9]

[12]

[10]

REZ-DE-CHAUSSÉE

[5]

[4]

[1]

[2] [7] [6]

[3]

[8]

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ACCUEIL

[1]

60


[2]

61


E S PA C E C E N T R A L

[3]

62


[4]

63


SALLE D’EXPOSITION 1 CYPRIEN GAILLARD

[5]

64


SALLE D’EXPOSITION 2 ALICE MULLIER

[6]

65


SALON DE THÉ

[7]

66


[8]

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JARDIN AUTRES

[9]

68


[10]

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LIBRAIRIE

[11]

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SALON DE LECTURE

[12]

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P H OTO S M A Q U E T T E

GRILLE D’ACIER CORTEN + HELIXINE

AILE GAUCHE + MORCEAUX DE VESTIGES

ANGLE DE L’AILE GAUCHE

STRUCTURE EN GRILLE MÉTALLIQUE

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PAY S A G E S / R É F É R E N C E S

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Poétique de la ruine _ TOME 3