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Editorial

L’entrepreneuriat circulaire : une valeur clé ou juste un beau discours ? Dans notre quotidien, nous trions toutes sortes de déchets : les légumes, le plastique, les piles, les déchets de jardin, les déchets de construction, etc. Nous prenons donc de plus en plus conscience de la nécessité de protéger encore mieux les matières premières renouvelables, de façon à passer d’une économie linéaire à une économie circulaire. La question est : est-ce que l’industrie et plus particulièrement notre secteur en ont également pris conscience ? De nombreuses entreprises prétendent être « vertes ». Mais lorsqu’on examine la situation de plus près, force est de constater que ce sont souvent de belles paroles sans véritables engagements. Il m’arrive d’utiliser des toilettes publiques et je suppose qu’il en va de même pour vous. Je me demande régulièrement ce qui se passe avec les produits sanitaires tels que les distributeurs d’essuie-mains et de savon - généralement réalisés en matières plastiques - lorsqu’ils sont arrivés à la fin de leur cycle de vie utile. Neuf des dix fabricants ou distributeurs interrogés à ce sujet n’en ont aucune idée et ont généralement répondu : « Nous les jetons tout simplement. Ils atterrissent probablement dans une décharge ou ils sont incinérés. » J’espère alors que c’est la dernière, car en dépit de l’émission de CO2, il s’agit de l’option la moins nocive. Mais ce que je trouve encore plus grave, c’est que certains fabricants et distributeurs n’y accordent aucune importance, et n’assument donc absolument pas leurs responsabilités en la matière. Seule l’utilisation du papier ou des détergents compte pour eux, car elle nécessite des arbres ou exerce un impact direct sur l’environnement. Nous créons donc des forêts pour notre consommation de papier en veillant à bien mettre les aspects environnementaux sous les projecteurs, car il s’agit après tout de nos produits de récupération. À Bruxelles, ils ont pleinement conscience du fait que la situation dépasse les bornes du tolérable. Avec l›arrivée par an de plus de quatre millions de produits pour distributeur destinés au consommateur final en Europe, la mise en place d’une réglementation est devenue incontournable. En 2018, quarante-cinq pour cent de la production des matériaux pour les nouveaux produits devront provenir de matériaux recyclés. Les directives y afférentes sont, entre autres, stipulées dans : • la directive relative aux déchets 08/98/CE du Conseil de la Communauté européenne • la directive relative aux flux de déchets non dangereux 91/156/CEE du Conseil de la Communauté européenne. • L’effet épurateur sur l’industrie du nettoyage, oh combien approprié, entre ainsi dans une nouvelle phase. À la question si chaque entreprise socialement responsable qui se respecte a intégré les valeurs clés de la durabilité et de la pensée circulaire, la réponse est que nous sommes encore loin du compte. Les directions, le management, les collaborateurs occupant des postes stratégiques et exécutifs sont tenus d›en faire de toute urgence leur fer-de-lance, afin de pouvoir continuer à se distinguer. Le temps des beaux discours n›a que trop duré.

André Vonk est le directeur de l’initiative de recyclage European Cleaning Machines Recycling (ECMR); une organisation qui aide les entreprises à récupérer les machines et matériels connexes hors d’usage, afin de les démanteler et d’obtenir des matières premières pouvant être réutilisées. Informations : andre.vonk@ecmr. nu, Twitter @ECMR1

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Proper 4 - 2016  

Proper Magazine, vakblad voor de schoonmaakbranche in België.

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