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SIEGE SOCIAL 7 chemin des vignes 41100 COULOMMIERS-LA-TOUR

Président Christian CONTINI 7 chemin des vignes 41100 COULOMMIERS LA TOUR 02 54 77 06 81— 06 89 25 16 90 contini.c.g@aliceadsl.fr

Secrétaire Ghislaine CONTINI 7 chemin des vignes 41100 COULOMMIERS LA TOUR

Le MAGAZINE A.G.&C. est disponible en téléchargement sur l'espace web de l'association Gendarmes et Citoyens : http://www.assogendarmesetcitoyens.fr/

Nous remercions toutes les personnes qui ont contribué à la création, l'édition, la mise en page du magazine et celles qui ont proposé des articles. Malgré le soin apporté à sa rédaction, des erreurs typographiques ont pu nous échapper, nous vous prions de nous en excuser.

Directeur de publication : Christian CONTINI Comité de rédaction : Relecture membres CA de AG&C Maquette AG&C Articles : Christian Contini, femme en bleu, Catherine Vasey, Jean-Pierre Pechin. Les articles non signés sont le résultat d’un travail collectif des membres de l’Association Gendarmes et Citoyens.

Conception graphique – Photomontages – Mise en page - Dessins : AG&C. Photos : Médiathèque de l'AG&C - Images et photos internet - Collection AG&C - Couverture : montage AG&C- Dépôt légal : dès parution La reproduction des articles et photos est autorisée .

Contact : contact@assogendarmesetcitoyens.fr

3 - Edito « information ou surcharge médiatique ». 4 - Et de quatre. Les généraux directeurs de la gendarmerie grognent à tour de rôle devant les députés. 5 - facebook. Quelques réactions suite à l’article précédent. 6 - Qui veut la peau de l’adjudant David Delobel. 9 - Suicide de Gregory Girard – Les suites. 10 - Brèves d’actualité. 17 - Lettre de départ en retraite originale et pleine de lucidité. 18 - Les actives parlent aux actives « Burn-out, harcèlement, dépression en gendarmerie » 21 - Suicides 2013. 22 - Hommage aux gendarmes victimes du devoir en 2013. Huit cités, un oublié. 23 - Livre du mois « Burn-out, le détecter, le prévenir ». 24 - Flash-Back : fin de la gendarmerie. 26 - devenez sponsor de AG&C. 27 - Lu dans la presse. 38 - Les risques du métier. 40 - Gendarme Padchance. Activité d’un PSIG nucléaire. 42 - Perles gendarmiques. 43 - Activité chiffrée de nos supports numériques. 44 - Nos partenaires. Bonne lecture.


Information ou surcharge médiatique.

Par Christian Contini Président AG&C

Dès que nos ouvrons un ordinateur, une télévision, une radio ou un journal, il nous faut bien constater que les informations se bousculent, l’une chassant l’autre même si cette dernière revient occasionnellement sur le devant de la scène. Depuis la fin 2013 et au cours du mois de janvier 2014, les informations se voulant explosives n’ont cessé de se succéder. Du muselage d’un triste comique sans intérêt réel, à des histoires conjugales qui font le bonheur des tabloïdes, il y a juste de quoi alimenter les commérages mais vraiment pas de quoi passionner les foules. On ne manquera pas d’évoquer les chiffres du chômage dont beaucoup d’observateurs avaient bien compris qu’ils ne pourraient baisser dans l’immédiat même en faisant appel à la poche du contribuable. A cette occasion nous pouvons quand même saluer des démonstrations de langue de bois tellement pitoyables, qu’il nous semble difficile de croire à des pactes qui se succèdent en montrant à chaque fois leur inefficacité. Plus sérieusement, les statistiques de la délinquance en constante augmentation n’ont pas apporté non plus de réactions importantes, sinon pour dénoncer ces bandes venues de l’Europe de l’Est en oubliant d’évoquer le manque de moyens, ou pour souligner la démolition opérée par l’opposition dans le gouvernement précédent. Cette même opposition qui critique tout en restant plutôt réservée, car elle n’a rien à proposer pour contrer ces chiffres décevants. Nous avons constaté un nombre particulièrement élevé de suicides dans les forces de l’ordre mais ce constat n’a pas fait les premières pages, pas plus que les propos dénonçant un manque de moyens, des conditions de logement inacceptables ou la discrimination par le port d’un matricule. Le ton a été donné. Les policiers et les gendarmes sont « aux ordres » et leurs états d’âme sont secondaires, même lorsqu’ils poussent certains d’entre eux à des gestes irrémédiables. Il faut cependant reconnaître que sans en faire des gros titres les médias s’intéressent de plus en plus à la condition des membres des forces de l’ordre. Nous avons déjà évoqué l’audition, devant la représentation nationale, d’un général de gendarmerie non pas alarmiste mais plus certainement lanceur d’alerte. Ses propos ont été repoussés d’un revers de manche par le ministre de l’Intérieur. D’autres généraux ont également dénoncé la clochardisation de la gendarmerie. M. Valls ferait certainement mieux d’écouter le constat de ces officiers supérieurs qui peuvent s’enorgueillir de longues carrières et d’expériences incontestables. Le ministre pourrait bénéficier utilement des conseils qui pourraient lui être prodigués. Que reste-t-il aux forces de l’ordre en général et aux gendarmes en particulier ? Ils ont bien compris qu’il ne faut plus croire aux promesses de nos dirigeants. lI leur reste à faire leur travail, à assurer leurs missions avec les moyens du bord. On ne leur demande pas de le faire avec conviction ou enthousiasme mais juste de dépasser encore et toujours leurs possibilités. Les conditions de travail et la vie de famille sont secondaires. A une époque où on dénonce la politique du chiffre, on ne leur demande qu’une chose : Des résultats pour alimenter les médias et démontrer combien les dirigeants sont efficaces. Ceci n’est pas un réquisitoire contre le gouvernement en place car, s’agissant des forces de l’ordre, cette situation perdure depuis de nombreuses années et les dirigeants, toutes étiquettes confondues, ont largement contribué à la démolition des services, et notamment de la sécurité publique.


Et de quatre. Les généraux directeurs de la gendarmerie grognent à tour de rôle devant les députés. Après le directeur de la gendarmerie et le général Soubelet numéro trois, c’est au directeur des personnels de la gendarmerie philippe Mazy et à celui des soutiens et des finances Pierre Renault de « ruer dans les brancards ». Nous nous contenterons de citer quelques extraits de leurs interventions du 21 janvier 2014:

La situation des effectifs de la gendarmerie nationale « se caractérise par un écart entre le plafond des effectifs autorisés et les effectifs réellement présents sur le terrain », indique le général Philippe Mazy. « Depuis 2009, près de 1 800 postes de « trou à l'emploi » dans les unités, ce qui correspond à 300 brigades de proximité ». « Nous n'avons pas la masse salariale qui nous permet d'avoir les effectifs autorisés », ce qui oblige la gendarmerie à « réguler, tout au long de l'année, le flux des entrées en école non pas en fonction d'une « vision RH » des départs à la retraite, mais en fonction d'une vision budgétaire, du respect de la masse salariale ». Le général évoque la concertation « un chantier a été ouvert pour renforcer la crédibilité et la légitimité du conseil de la fonction militaire de la gendarmerie » (il y aurait eu manque de légitimité et de crédibilité? Mais il faudra attendre 2016 pour une possible généralisation du système électif) Patientons. Philippe Mazy cite également « la prévention des risques psychosociaux » parmi les chantiers de 2014. « Chaque région de gendarmerie disposera d'un plan d'action de prévention des risques psychosociaux » Patientons.

« Un autre sujet lourd d'enjeu en cours de réflexion est celui de la gestion des personnels frappés d'inaptitude physique », indique le directeur des personnels militaires. « Nous devons donner des perspectives à ces personnels. Nous avons de plus en plus de personnels qui sont blessés en service, dans leurs chairs et dans leur esprit. Il faut traiter ce problème en préservant la santé de nos personnels et l'exigence du service. » « Un groupe de travail est à l'œuvre sur ce sujet et permettra, fin mars, de formuler des propositions pour un accompagnement adapté » Patientons mais restons vigilants. Le général Pierre Renault déclare : « Le budget 2014 permet de satisfaire aux besoins courants essentiels de la gendarmerie, problématique immobilière mise à part, et n'offre aucune marge. Nous sommes dos au mur » « Globalement, la capacité de la gendarmerie à renouveler ses équipements a été réduite de moitié depuis 2007 » « Certains programmes sont repoussés, comme les véhicules blindés, dont l'âge moyen est de 38 ans, les vedettes, âgées de 25 ans, et les véhicules de maintien de l'ordre rural, de plus de 20 ans d'âge, qui poseront très rapidement des difficultés » « 40 millions d'euros ont été ouverts en autorisation d'engagement en 2014. Le besoin technique est de 60 millions pour assurer une gestion correcte du parc et inverser le phénomène général de vieillissement » « L'indispensable renouvellement des ordinateurs a pu débuter grâce à la levée partielle de la mise en réserve fin 2013 et devrait se poursuivre avec environ 8 millions d'euros en autorisation d'engagement en 2014. ». Pierre Renault estime en outre que le terme « indigne » utilisé par le président de la mission d'information, Jean-Pierre Blazy (SRC, Vald'Oise), pour qualifier certains logements de gendarmes est « approprié ». Il souligne que « 3 000 à 3 500 logements nécessiteraient un plan d'urgence ». Il est de notoriété publique que la majorité de ces récriminations a déjà été portée devant la représentation nationale au cours des années écoulées et pourtant la situation ne fait qu’empirer. Nous pouvons tirer une conclusion de ce je-m’enfoutisme : Depuis des années la gendarmerie on s’en moque, les gendarmes même étranglés font leur travail et une grande partie de leurs patrons, pas tous heureusement, ne roulent que pour les gouvernements successifs de façon à ne pas nuire à leurs belles carrières.


Lu sur notre page facebook. https://www.facebook.com/AssociationGendarmesetCitoyens Et de quatre, les généraux directeurs de la gendarmerie grognent à tour de rôle devant les députés. Un sujet qui a battu des records sur notre page facebook avec près de 1500 partages, 150 commentaires et des échanges parfois très vifs. Quelques extraits: BRAVO mon général alors il faut emboiter le pas et continuer la lutte face à des politiques immobiles.... yes...... Les lignes bougent... serait-on enfin sur de bons rails ??? Mes devoirs mon général. Très respectueusement je vous remercie pour cette sonnette d'alarme. Il était temps. Nous sommes en train de faire marche arrière. Merci de dire ces vérité que je dénonce depuis un certain temps. Un gendarme sur le terrain. Soutien à ce général, mais c'est l'ensemble des généraux que nous aimerions voir monter au créneau mais encore trop sont carriéristes, pas de vagues. Ils ont appris à entendre la RUE ? à écouter les BRUITS, et lire DANS LES YEUX des gendarmes, de leurs épouses et de leurs enfants. Est ce le départ d'une prise de conscience ? Si oui, c'est FORMIDABLE..... Cela a toujours été le cas chez les militaires sauf la dernière prise de conscience sous VGE où on a rappeler Bigeard comme secrétaire d'état , la situation est elle meilleure depuis que la gendarmerie dépend du budget de l’intérieur? je ne le crois pas ayant par le passé géré les budgets immobiliers de la gendarmerie "domaniale" et avoir été conseiller réserves en GM plusieurs années. Heureusement d'ailleurs que la gendarmerie a investi dans la réserve car en 1990 l'équipement du réserviste était celui de la guerre de 1914 et aucun réserviste mobilisé pour emploi. Cela serais bien qu'une majorité de gendarmes se manifeste pour évoquer le problème, je ne pense pas que si les gendarmes descendraient dans les rues, le gouvernement aurait du mal a faire passer la pilule. Respect à ces hommes d'honneur qui ne font pas honte à l'uniforme.

Il serait temps de dénoncer ce qui se passe en gendarmerie. On fait le boulot avec des bouts de ficelle et il faut la fermer. ça fait drôle de les voir grogner d'habitude ils faisaient toujours l'autruche..... ça a le mérite d'être dit au moins c'est bon que les généraux montent au créneau. il a raison. Quand je vois dans certaines brigades qu'ils n'ont même pas assez de papier (feuilles blanches) pour travailler et qu'ils font des surveillances générales (en semaine la nuit vers 2/3h) alors qu'il n'y a personnes dehors et qu'on leur demande en journée de ne pas trop rouler car économie d'essence....Bref tout va de travers là dedans!!! Plus les années passent plus ça empire. Avant c'était bien mieux quand il n'y avait pas cette pression du chiffre à tout prix. Faire baisser les stats c'est tout ce qui leur importe. La santé des gendarmes ou policier passe en second plan. Je pense qu'il est temps de faire à nouveau un mouvement de protestation, ce gouvernement se fout de tout le monde. Je pense qu'il est grand temps aussi d'éviter d'utiliser les gendarmes pour protéger les résidences de nos ministres et autres. Il y a des sociétés de surveillance pour çà mais c’est vrai que les gendarmes sont gratuits et j'en passe et des meilleurs. " C'est une révolte ? Non Sire, une révolution " . Bravo et merci pour ces déclarations Nos gendarmes remplissent les missions de sécurité publique avec des moyens dérisoires. Il serait bien de récupérer un peu d' argent sur les cagnottes de millions d'euros pris sur les deniers de la république de nos sénateurs et députés, qui ne sachant pas quoi en faire les distributs en n' importe quoi. Bonjour à tous, je ne suis pas à l'aise pour les joutes verbales, je ne suis qu'un pauvre gendarme avec un petit bac...tout ce que je sais c'est que nos véhicules d'inter sont délabrés, logements proches du niveau 0, et que je laisse ma femme pour 3 mois pour 'harpie' en Guyane avec une compensation financière minable.. Malgré tout j'adore mon métier et je n'en changerai pas! Mais nos collègues vont mal, très mal...et on ne parle que trop peu des suicides et du raz le bol général.. Que ferons nous le jour ou les français marcheront sur l'Élysée? L'armée appartient à la France et non aux politiques, alors quand la majorité s'emportera, de quel côté seront nous?


Qui veut la peau de l’adjudant David Delobel. Qui est l’adjudant Delobel ? Affecté à la brigade de Nozay il a réussi le concours d’officier de police judiciaire en 2009 et il a été nommé chef en 2010 avant d’obtenir le grade d’adjudant en 2011, sa notation 2012 lui donne le potentiel d’adjudantchef. Sur sa façon de servir, même en 2013 il est noté excellent, il a déjà obtenu de nombreuses lettres de félicitations et on lui a accordé la prime de résultats exceptionnels quatre années de suite. L’inspection générale a précisé qu’il était le plus actif de la brigade, il a procédé à 83 arrestations en 2012 et saisi 150 000 euros d’avoir criminels de fin 2010 à fin 2012. Bien évidemment ce gendarme ne peut être irréprochable, il a surtout un gros défaut pour ceux qui se sentent fonctionnaires au sein de la gendarmerie, il est exigeant, contraignant dans le travail, procédurier, il ne ménage pas son investissement et ses heures lorsqu’il est pris par sa passion, le judiciaire. Ce professionnalisme lui vaudra d’effectuer plusieurs stages en particulier celui d’enquêteur patrimonial judiciaire à fontainebleau ainsi que le stage TICP (Formation Technicien en Investigation Criminelle de Proximité) Une reconnaissance qui pourrait faire de l’ombre aux moins performants ou les rendre jaloux. Dans la (ou les) affaires qui nous intéressent L’adjudant a été placé sur écoutes téléphoniques administratives (fait avéré) il serait intéressant de savoir qui a initié ces écoutes, sous quelles incriminations et dans quelle procédure. Si le militaire n’est pas impliqué pour terrorisme, atteinte aux intérêts de la nation, ou appartenance à la criminalité, l’opération est totalement illégale, la procédure qui l’a initiée également. (Affaire à suivre……..) Une des spécialités de l’adjudant Delobel, c’est la délinquance itinérante par des gens du voyage dont certains, très actifs, ont des points de chute sur l’assiette territoriale (secteur) de Nozay. La grande majorité des dossiers concernant ce type de délinquance arrive sur le bureau de ce militaire. Une cellule a été créée et Delobel la dirigeait. Son bras droit A.M. a d’ailleurs été condamné à 3 mois de prison avec sursis dans ce dossier. Venons-en à l’affaire, plus exactement aux affaires reprochées successivement à ce trop bon enquêteur. Il est bon de préciser que ces dossiers n’ont donné aucune suite sur le plan disciplinaire par la gendarmerie à l’égard de David Delobel.

Une première enquête est provoquée contre le militaire. Un collègue l’adjudant MDM N°4 (à l’époque) à la brigade a colporté des rumeurs à l’officier de permanence à la compagnie de Palaiseau qui a saisi le parquet lequel a demandé une enquête. L’objet : usage de stupéfiants. Premier flop, l’affaire tombe à l’eau avec un classement sans suite en novembre 2011. Deuxième affaire: l’adjudant enquête sur le patrimoine d’un individu, délinquant connu, qui s’affiche au volant d’une voiture de 30 000 euros alors que ses revenus sont limités. Le commerçant qui a vendu le véhicule demande des explications par téléphone à l’adjudant au sujet de cette enquête. Le commerçant (près de qui se trouvait MDM pendant l’appel) va se plaindre par un étrange courriel de harcèlement au commandant de compagnie qui va lancer une enquête administrative. Cette enquête tourne court quand les gens qui en sont chargés découvrent que le dossier sur le patrimoine du délinquant est suivi par un magistrat. Second flop en Mars-Juin 2012. Juillet 2012, MDM rédige un compte rendu dénonçant six infractions dont seul le vol de déodorants (que nous évoquerons plus loin) sera retenu par le parquet. Les cinq autres accusations tomberont les unes après les autres. - Corruption, qui ne repose sur rien et qui est écartée par l’inspection technique de la gendarmerie. - Dégradation d’un véhicule qui aboutit à identifier l’auteur ami du délateur (FB). - Vol par rétention d’un téléphone portable qui se révèle être utilisé par un autre gendarme (JS). - Révélation d’une information sur une enquête à un délinquant pour l’aviser qu’une perquisition va être faite chez lui et qu’il cache son fusil. Rien ne permettra d’étayer cette élucubration dénoncée par le GAV NM (l’adjudant Delobel est connu pour saisir systématiquement les armes détenues par ses « amis » délinquants). Il ne reste qu’une infraction sensée tenir, le vol de déodorants pour lequel l’inspection générale de la gendarmerie (IGGN) est saisie. Fin 2011 l’adjudant Delobel assiste plusieurs grands services de police enquêtant sur des « gens du voyage » visés par diverses procédures importantes. Cinq individus sont ciblés dont un pour tentative d’homicide sur un policier. Lors de perquisitions Le militaire saisit un fusil de chasse. Un sac contenant une trentaine de déodorants est ramené au bureau. La personne chez qui les objets se trouvaient s’engage à apporter la preuve d’achat. Cet accord sera même confirmé devant l’inspection générale par le supérieur direct de l’adjudant (MDM).


Lors d’une opération dans les jours suivants chez la propriétaire celle-ci refuse vertement de fournir une preuve d’achat. Un mois et demi plus tard, lors d’une nouvelle opération, la majorité des individus recherchés est interpellée puis incarcérée (le conjoint, le cousin, le beau-père). A cette occasion Delobel est menacé de mort ce qui entraîne une procédure qui n’est toujours pas traitée en Novembre 2012. Le sac de déodorants dont l’origine réelle n’a pas été déterminée finit à la poubelle après que des gendarmes se soient servis. Frustrée de n’avoir qu’un détournement de quelques bombes de déodorants sans valeur, l’inspection générale se lance dans de nouvelles investigations. Le vol d’un sac Vuitton a été dénoncé par le supérieur direct MDM et son fidèle JB. Le sac est sous scellé et il a été remis au parquet. Cette affaire est allée jusque devant le tribunal qui a relaxé David Delobel. L’auteur de cette dénonciation calomnieuse a-t-il été poursuivi ? Non. Nouvelles investigations de l’IGGN. Lors d’un passage sur un terrain de « voyageurs » l’adjudant accompagné du gendarme F.B. remarque un véhicule contenant une multitude de pièces détachées d’un modèle régulièrement volé dans le secteur. Les portes étant ouvertes l’adjudant regarde à l’intérieur et relève un numéro de série. Il s’écarte pour appeler la brigade où le planton lui confirme qu’il s’agit bien d’une pièce d’un véhicule volé. Le gendarme F.B. qui est présent est entré dans le véhicule et a découvert une carte-badge d’un site sensible appartenant au propriétaire de la voiture dépouillée. Comme les occupants du terrain arrivent en nombre ce document est empoché et les gendarmes rentrent à la brigade. La récupération de la carte-badge étant illégale, il est décidé avec le commandant de brigade PR de ne pas en faire état et de n’évoquer que le relevé du numéro de série de véhicule volé. Le commandant de brigade et le gendarme F.B. sont entendus à trois reprises par l’inspection générale, le gendarme finira par reconnaître avoir récupéré un document dans le véhicule tout en essayant de rejeter la responsabilité du faux sur l’adjudant et le commandant de brigade. Lors de la restitution du document un gendarme recueille une déclaration disant qu’il a été découvert dans un véhicule. L’adjudant Delobel reprend l’audition pour la rendre conforme à la première version faisant de la sorte un second faux. Si l’altération frauduleuse du PV existe, il manque un élément pour que l’infraction soit constituée : Un préjudice. Toujours aussi frustrée l’inspection générale va jusqu’à vouloir faire déposer plainte à la victime du vol sous prétexte que l’adjudant aurait dérobé

les sièges de son véhicule, elle essuie un refus catégorique. Delobel est poursuivi pour faux, le gendarme qui a fini par reconnaître avoir récupéré le document dans le véhicule ne l’est pas ni l’officier qui a donné instruction de légaliser la saisine en « oubliant » la récupération de la carte-badge dans la voiture... Un nouveau fait est exhumé par l’inspection technique. Le gendarme SD qui a pris un congé sans solde souhaite réintégrer la gendarmerie. L’inspection générale l’interroge jusqu’à ce qu’il évoque un échange de personnes gardées à vue qui aurait été organisé par l’adjudant. Des faits qui remontent à janvier 2010. A l’époque quatre poursuites d’enquêtes sont adressées à la brigade. Delobel conserve 3 dossiers et donne le 4e à un gendarme A.M. les auteurs sont identifiés. C’est là qu’intervient le procureur en affirmant qu’il y avait eu un faux car un des individus a été désigné comme voleur pour en protéger un second. Un faux sur un document cité par l’IGGN qui n’est jamais parvenue à retrouver l’original signé (nul de fait) et dans lequel à aucun moment l’enquêteur ne cite l’un ou l’autre comme auteur du vol. Lors de la même enquête alors que des délinquants sont en garde à vue des enquêteurs signalent qu’ils surveillent cette bande susceptible de commettre un braquage. Un des individus, à l’aide d’un téléphone dissimulé alerte un de ses complices en lui demandant de se rendre pour que leur affaire s’arrange. Quand ce personnage se rend il est placé en garde à vue. L’adjudant Delobel ne participe pas à cette mesure mais on lui reproche d’avoir fait un échange de personnes gardées à vue. Il faut aussi préciser que le parquet a autorisé la remise en liberté de ces délinquants. Par la suite tous ces individus seront interpellés pour holdup, deux sur sept seront également emprisonné pour trafic de stupéfiants, saisie des armes utilisées pour le holdup et véhicule de luxe. (Étonnamment le même qui s’était rendu) Résultat 14 mois de prison avec sursis et 5 ans d’interdiction d’exercer pour l’adjudant Delobel.


Si David Delobel reconnaît avoir fait des entorses au règlement, dont il n’a tiré aucun profit, on est stupéfait de l’énormité de la sanction requise et de la gravité de celle qui a été prononcée. Il s’agit d’une véritable mise à mort professionnelle et on comprend mieux qu’à l’issue du jugement l’adjudant et son épouse ont tenté de mettre fin à leurs jours. Conclusions : Quelle est l’origine de cette procédure? Au mieux de la délation au pire et plus vraisemblablement de la dénonciation calomnieuse. Nous avons beaucoup plus de mal à trouver un mobile à ce comportement sinon la jalousie. Laissons aux magistrats de la cour d’appel le soin de rendre leur décision. Nous ne doutons pas que les éléments que nous venons de vous exposer et qui reposent sur des preuves écrites ne manqueront pas d’emporter leur conviction comme ils ont emporté la nôtre. L’Inspection générale de la gendarmerie à rédigé un dossier de 92 pièces (décembre 2012 à octobre 2013) pour abattre un sous-officier. Ce comportement est digne de celui de bœufs-carottes dénoncé dans les mauvaises séries télévisées. Voyant ce dossier baudruche (sic Maitre Wassermann) elle aurait eu un meilleur rôle à jouer en conseillant à la gendarmerie d’apporter un soutien statutaire à ce sousofficier injustement accusé.

Il n’en reste pas moins qu’au niveau de la gendarmerie des attitudes peu chrétiennes peuvent être dénoncées et sanctionnées. Certains se sont pris pour saint Michel et Saint Georges terrassant le dragon Delobel, espérons que notre justice pourra lui éviter le bûcher. Lors du jugement une dizaine de gendarmes de tous grades étaient présents en tenue pour assister à la mise à mort au tribunal. Certains de ces militaires étaient là sur ordre. Nous espérons que lors du jugement en appel ils seront plus nombreux encore mais pour venir soutenir David Delobel. Trois articles de presse relatent cette affaire avec des commentaires de lecteurs particulièrement édifiants : http://www.lepoint.fr/societe/ripou-ou-victime-dune-machination-29-01-2014-1785764_23.php http://www.franceinter.fr/emission-dans-lepretoire-le-proces-bacle-du-gendarme-de-lessonne http://www.leparisien.fr/espace-premium/essonne91/le-gendarme-condamne-pour-ses-methodes-denquete-30-01-2014-3540677.php


http://bourgogne.france3.fr/2014/02/12/suicide-du-gendarme-gregory-girard-safamille-veut-faire-reconnaitre-le-harcelement-moral-414277.html


Suicides dans la police, la liste s’allonge. Le 20 janvier le corps d’un policier a été retrouvé dans un parc de la Queue-en-Brie (94). Résidant dans la SeineetMarne, ce policier était affecté au commissariat de Gagny (93) il a utilisé son arme de service pour mettre fin à ses jours. Ce sont toujours les mêmes sentiments que nous éprouvons, interrogations, révolte et tristesse en pensant à la famille aux proches et aux collègues.

Suicide d’un gendarme à Vittel (88). Le gendarme Philippe VEILLON, de la brigade de VITTEL, a décidé, le 21 janvier de mettre fin à ses jours, dans son logement de fonction. Agé de 46 ans, marié et père de deux enfants de 23 et 18 ans, ce sous-officier était un professionnel reconnu et particulièrement apprécié de ses pairs. Les premiers éléments de l’enquête, comme toujours, font état d’un geste dramatique, mis en œuvre pour des motifs purement personnels et sans aucun lien avec le service. Nous apportons tout notre soutien à ceux à qui il va cruellement manquer, famille proches et camarades.

Suicides de gendarmes, après Vittel, Belfort...second suicide en deux jours Le 23 janvier, un gendarme s’est donné la mort avec son arme de service dans son appartement à l’escadron de gendarmerie mobile de Belfort. Comme très souvent la presse qui relate ces événements ne dispose que de peu d’éléments. Nous remarquons simplement que dans ce cas le journaliste a pu savoir que le gendarme avait laissé un écrit qui évoquait des problèmes personnels. En général lorsque des éléments laissent entendre qu’il s’agit d’un suicide lié au service il n’y

a pas de fuite. Nous avons même connu le cas d’un écrit dénonçant du harcèlement suivi d’une déclaration d’un officier supérieur affirmant qu’il n’y avait pas de problème de commandement dans le service. Nous savons qu’une enquête est diligentée à chaque cas mais nous ne connaissons jamais les résultats des investigations menées. Au lieu de chercher des excuses peut-être faudrait-il s’attaquer sérieusement aux causes. ²Nous assurons la famille les proches et les camarades de ce militaire de toute notre compassion.

Harcèlement, suicide dans l’armée, une condamnation qui fera date. Le 20 janvier 2014 le tribunal correctionnel de Marseille a condamné à un an de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende un officier de marine jugé pour harcèlement moral après le suicide d'un officier-marinier en 2010. Le 15 juin 2010, le second maître Sébastien Wancke, 32 ans, avait été retrouvé pendu à bord du bâtiment sur lequel il servait. En réparation civile la mère de la victime a obtenu 25.000 euros, son frère 10.000 euros et sa compagne 20.000. A la sortie de l’audience madame Wancke a lu un petit texte soulignant entre autres : « C'est la victoire de Sébastien, qui a voulu par son geste ultime mettre au jour l'injustice dont il a été victime, sous les ordres de ce pacha qui ne pourra plus exercer son rôle de "seul maître à bord ».


« Sébastien ne sera pas mort pour rien, c'est un peu sa vengeance". Les plus de 70 témoins interrogés à l'instruction avaient presque tous raconté la même histoire: dans le huis clos de la frégate régnait une "ambiance exécrable". Les "pressions permanentes", sous le commandement d'un gradé distribuant largement les punitions et "se prenant pour Dieu à bord" ou "Louis XIV", avaient conduit ce bâtiment à être surnommé le "bateau de l'enfer". Cette condamnation, quelle que soit l’importance de la peine infligée, doit devenir un exemple dans les armées en démontrant que des comportements odieux ne peuvent rester cachés surtout quand ils amènent des personnes à se donner la mort. Il faut qu’à l’avenir les petits despotes réfléchissent à leur comportement et adoptent des méthodes de commandement humaines.

Effet d’image ou intérêt réel pour les gendarmes ?

Le 18 janvier le président de la république, lors de son passage en Corrèze, a visité la brigade de proximité du Vigeois (19) magnifique brigade neuve avec 5 personnels..... On apprend qu'à cette occasion il aurait visité également des appartements de gendarmes et rencontré les familles. Nul doute que ces appartements sont en bon état. De plus il doit connaître cette brigade étant un responsable politique de ce département il y a peu de temps encore. Nous osons proposer au président d'aller visiter les brigades délabrées, dont il trouvera les adresses sur nos divers supports numériques, pour savoir si là aussi les familles qui "ont un rôle important dans le

tissu social des communes" ont envie d'y rester. Si c’est un problème de distance nous lui conseillons Melun (77) et sa caserne de gendarmerie mobile toute proche de Paris qui menace ruine.

SOS forces de l’ordre en détresse. Dans son mensuel Gend’Info de janvier, la gendarmerie indique que la saisie de l'Insde la pection Générale Gendarmerie Nationale (IGGN) est désormais possible en se rendant sur son site internet où un espace est prévu à cet effet, de la même façon que depuis septembre 2013, ceci est possible avec l���Inspection générale de la police nationale Ce ne sont pas des plaintes mais des signalements qui sont étudiés par les inspections à condition qu’ils soient justifiés. Pour Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, c’est une mesure qui doit rapprocher police et population ainsi que redoubler d’efforts dans la déontologie. La délation serait donc un moyen de rapprochement et la crainte de ces dénonciations entraînerait plus de respect de la déontologie? Comme la discrimination par un matricule affiché ce serait plutôt une mesure supplémentaire de défiance à l’égard des forces de l’ordre. Comme il semble s’intéresser de près aux suicides, nous suggérons au ministre d’ouvrir un site : « SOS forces de l’ordre en détresse », un espace ou policiers et gendarmes pourraient faire connaître leur mal être et dénoncer les comportements de certains « chefs » qui ont du sécher les cours de management et ceux qui traitent du respect de l’être humain dans les écoles où ils ont reçu leur formation.


Délinquance des chiffres toujours des chiffres. Le 23 janvier 2014, comme tous ses prédécesseurs, le ministre de l’Intérieur s’est plié à l’analyse de l’état de la délinquance en France. Même en cherchant à mettre en avant les chiffres les plus favorables, il est bien obligé de se rendre à l’évidence en reconnaissant que les statistiques, comme pour l’année 2012, ne sont pas favorables. Au moins accordons lui le bénéfice d’une certaine franchise. Comme il fallait s’y attendre des membres de l’opposition ont souligné de mauvais résultats, en oubliant qu’ils n’avaient pas fait mieux dans leurs dernières années au pouvoir. Comme le précédent ministre de l’Intérieur, le fait de mettre la hausse du nombre des cambriolages sur le dos de la délinquance itinérante venant de l’Europe de l’Est ne suffit pas à la justifier. L’état de la délinquance est et restera sujet à polémiques et interprétations. Nous n’entrerons pas dans le détail de ces analyses auxquels les citoyens ne s’intéressent pas vraiment, sauf quand ils sont concernés directement par des actes de délinquance. Nous retiendrons seulement une chose que nous martelons depuis de nombreuses années : Sans effectifs compétents et en nombre sur le terrain, il est impossible d’inverser la tendance. Nous en voulons pour preuve que le ministre de l’Intérieur a fait valoir les bons résultats dans les zones de sécurité prioritaires, ces secteurs qui engloutissent la majorité des créations de nouveaux emplois de policiers et gendarmes. Si les précédents gouvernements ont affaibli les forces de l’ordre, leur remise à niveau n’est pas encore pour demain. Plutôt que de tenter de décrédibiliser un général de gendarmerie qui rapporte la parole de tous ses hommes de terrain, il se-

rait peut-être plus sage de l’écouter et de chercher des solutions dans ses propos en particulier s’agissant du traitement judiciaire de la délinquance.

Mutation-sanction, la gendarmerie une nouvelle fois épinglée. En 2011 un ancien gendarme de Charente-Maritime, avait échangé des courriels avec un collègue retraité dans lesquels il dénonçait des dysfonctionnements dans sa brigade. Notre rôle n’est pas de juger les divers éléments de ce dossier, délations, propos irrespectueux à l’égard des collègues ou de la hiérarchie, utilisation de courriels privés. La gendarmerie avait sanctionné l’un de huit jours d’arrêt pour le ton employé mais aussi d’autres pour les dysfonctionnements dénoncés. Muté dans l’intérêt du service à plus de 60 kms le gendarme s’opposait à cette sanction déguisée qui ne tenait pas compte de sa situation familiale. Il demandait l’annulation. Le 22 janvier 2014, le tribunal administratif de Poitiers à approuvé la mutation dans l’intérêt du service car "il ne faisait aucun doute qu'il ne pouvait plus faire équipe avec ses collègues" mais, tenant compte de l’absence de concertation avec l’intéressé pour prendre en compte autant que possible ses souhaits d’affectation, il a estimé qu’il s’agissait bien d’une sanction déguisée. La mesure a été annulée. La demande de réparations pécuniaires n’a pas été suivie. Depuis, le gendarme s’est orienté vers un autre emploi. Nous constatons cependant qu’une nouvelle fois, comme pour des faits déjà dénoncés dans nos supports en particulier dans la Meuse, la gendarmerie est prise en défaut pour une mutation qui est en réalité une


sanction déguisée à l’égard de celui à qui elle est imposée. Il nous semble regrettable qu’un temps aussi long soit pris pour rendre un jugement alors que la situation de toute une famille est concernée.

Dur dur d’être ministre de l’Intérieur. L’année commence sur les chapeaux de roues pour notre ministre de l’Intérieur M. Valls. Son agenda 2014 est particulièrement chargé et il va devoir superviser et mettre en application les résultats de multiples commissions et autres missions ou groupes de réflexion destinés à revoir tous les outils de la sécurité. - L’organisation du renseignement va être revue et corrigée certainement pour redonner à la gendarmerie une place qui lui revient de droit. - Un nouveau service statistique va être mis en place au ministère de l’Intérieur. - La cybercriminalité devient une priorité (une de plus). -Après les élections municipales les travaux vont reprendre sur la réforme pénale, encore des grincements de dents en perspective. -Un projet de loi sur les polices municipales ainsi qu’une réforme du code relatif aux activités privées de sécurité sont en gestation. - Des pourparlers sont également en cours pour la répartition des compétences entre pompiers et Samu (un vieux sujet de discorde). Des soldats du feu qui grognent également au sujet de leurs conditions de travail. Cette liste n’est pas exhaustive. Concernant l’ambiance, les syndicats de policiers sont de plus en plus actifs et revendiquent sur beaucoup de sujets, moyens matériels, effectifs, locaux de service. Les élections professionnelles se pointent à l’horizon et il est probable que ces syndicats vont monter en puissance dans les mois à venir.

La prime de service au mérite revient sur le devant de la scène. On évoque les diverses combines, l’opacité des conditions de répartition mais aussi son coût passé de 5 à 25 M€ dans la police nationale de façon à ce qu’un maximums de personnels puissent en bénéficier. Les auditions se poursuivent et se multiplient devant les députés constituant la commission de lutte contre l’insécurité. Elle sera mise en pause pendant les campagnes électorales et rendra ses conclusions à l’été. On a pu entendre quelques réflexions critiques sur les systèmes en cours. M. Alain Bauer une sommité en criminologie qui n’a pas manqué de pointer du doigt les défauts et aberrations de notre système de sécurité et la faillite de la réponse pénale. Même les préfets, courroies de transmission du ministre de l’Intérieur n’ont pas manqué de dénoncer l’exaspération des policiers et gendarmes dans un rapport qui a fuité malencontreusement. Les forces de l’ordre sont exaspérées par la judiciarisassions croissante de leur activité, source de lourdeurs administratives et de contentieux. Des policiers et gendarmes qui ont le sentiment d’être condamnés à remplir le tonneau des Danaïdes et qui naviguent entre exaspération et découragement.


Le ministre de l’Intérieur semble estimer que la police va à contre-courant de ses espérances : “Nous sommes loin d’avoir tiré tout le parti possible des réseaux sociaux pour toucher la diversité des publics : jeunes, commerçants, riverains de tel ou tel quartier, élus, travailleurs sociaux.” “La police et la gendarmerie doivent réaliser le saut technologique qui s’impose à elles et se doter des outils et des compétences humaines pour faire face aux nouvelles menaces, comme la cybercriminalité.” Où sont les moyens ? Il souhaite voir la police judiciaire amplifier son investissement dans les zones de sécurité prioritaires (ZSP) et éviter toute guerre des polices. "Le combat contre le crime ne s'accommode pas de luttes intestines stériles et contre-productives", a prévenu M. Valls, qui "accepte l'émulation" entre ses services à la condition qu'elle "ne cède pas le pas à la rivalité". Il cite en exemple la Corse et les Antilles/Guyane estimant que "Des voyous, dans notre pays, il y en a pour tout le monde", Une nouvelle organisation des services PJ/sections de recherches (SR) de la gendarmerie a été ainsi mise en place dans ces départements. Les syndicats montrent les dents et même des généraux directeurs de la gendarmerie n’hésitent pas à mettre à plat les difficultés de leur institution contrainte à une véritable clochardisation dans certains secteurs. Une année difficile se présente pour le ministre de l’Intérieur.

Projet de loi des finances 2014 retour sur image. Le rapport de la commission des finances de l’assemblée nationale mérite que nous revenions sur quelques éléments de son contenu concernant la sécurité. http://www.assemblee-nationale.fr/14/ budget/plf2014/b1428-tIII-a43.asp Dès l’introduction il est demandé de souligner l’effort financier et humain consenti en faveur de la sécurité. Nous verrons par la suite que ce pseudo effort

est bien loin des besoins réels des forces de l’ordre. Des augmentations de budgets allant de 0,8 à 1,4 % ne parviendront pas à rattraper le retard vertigineux accumulé au cours des dernières années surtout si l’on doit voir le retour des mises en réserve, gel et surgèle des crédits alloués. S’agissant des effectifs les 243 postes de policiers et 192 devenus 162 postes de gendarmes qui seront créés sont loin de couvrir les renforts affectés dans les départements ou les villes sensibles et dans les diverses zones de sécurité prioritaires. Concernant ces dernières un paragraphe leur est consacré pour dire combien elles sont efficaces, l’occasion de nous servir quelques chiffres sur la délinquance que nous retrouvons tout au long de ce pavé de plus de cinquante pages. Il est intéressant d’apprendre que malgré les résultats encourageants une enveloppe de 130 000 à 150 000€ et une seconde de 100 000€ seront consacrées au suivi évolutif du volet prévention de la délinquance dans les ZSP du volet sécurité et sur leur impact. Certainement le financement d’un nouveau comité Théodule qui viendra en renfort des 7 plans d’action annoncés en zone police. Les renforts demandent d’ailleurs que des unités soient déshabillées pour arriver à obtenir les effectifs nécessaires. Il est clairement annoncé qu’en gendarmerie de nombreux postes de sous-officiers seront


remplacés par des civils ou des militaires du corps de soutien qui coûtent moins cher. Pour faire diversion on réutilise la manipulation qui consiste à évoquer quelques milliers de recrutements en oubliant de préciser qu’il s’agit dans leur grande majorité de postes qui se libèrent pour des départs à la retraite : recrutements oui, créations d’emplois non ! Ouvrons une parenthèse pour les créations d’emploi de CRS qui ont perdu 10% de leurs personnels pendant la RGPP. A l’époque ces réductions d’effectifs ont permis d’éviter à ces CRS le sort qui a été réservé à 15 escadrons dissous sans autre forme de procès, Va-t-on recréer des escadrons ? Nous avons déjà largement évoqué les problèmes de renouvellement du parc automobile ou des moyens informatiques sans y revenir autrement que pour espérer que les crédits qui leur sont affectés seront maintenus. La police a droit à un paragraphe spécial: L’utilisation dévoyée des frais d’enquête et de surveillance qui n’existent pas en gendarmerie. La réglementation en vigueur a été détournée mais du fait qu’elle était et reste particulièrement floue il n’y a rien d’étonnant. Quand nous lisons que « La loi de finances initiale pour 2013 garantissait des moyens comptés au plus juste, mais suffisants pour répondre aux besoins de la gendarmerie nationale. Encore fallait-il que les crédits prévus soient effectivement utilisables » nous pouvons nous inquiéter des suites qui seront accordées à la loi des finances 2014. Ce sont 124 M€ qui ont été « épargnés » et les déblocages de la fin 2013 n’ont pas restitué la totalité de cet argent car il semble bien qu’une « mise en réserve » soit maintenue. Peut-être que la gendarmerie a débuté l’année 2014 sans report de charge ce qui serait étonnant. De toute façon elle aura à subir les mise en réserve 2014 et les augmentations de loyers et de carburant iné-

luctables. Ceci n’empêche pas la raporteure de citer la gendarmerie comme privilégiée en oubliant que depuis des années, avec une réduction de budget d’un quart en six ans, elle se serre la ceinture pour montrer son côté bonne citoyenne attitude dont d’autres administrations se moquent éperdument. On ne remplace pas ou peu les véhicules, on traîne des épaves et on réduit la flotte d’hélicoptères, tout va bien. Lorsque le sujet sensible du parc immobilier est évoqué il est juste dit que les investissements prioritaires seront préservés mais avec un peu d’honnêteté pour préciser que les crédits ne permettront pas de rattraper le retard accumulé au cours des dernières années. La clochardisation se poursuit. Comme pour les recrutements qu’on essaie de nous faire passer en créations d’emplois une habile manœuvre permet d’attribuer au budget 2014 les crédits du budget 2013 qui ont été dégelés en fin d’année. Il est débloqué une quinzaine de millions d’euros alors que la gendarmerie a besoin de trois cent millions d’euros pour sortir la tête hors de l’eau. On demande à la gendarmerie de se moderniser tout en réalisant des économies et les dissolutions de brigades de proximité en zones rurales ne comptant que 3 ou 4 militaires sont évoquées. Vous réduisez l’effectif d’une brigade à 6 en mutant des personnels aux alentours et ensuite il n’y a plus qu’à dissoudre l’unité. Les créations de postes prévues pour 2014 bénéficieront davantage aux personnels civils qu’aux personnels militaires de la gendarmerie les premiers coûtant moins cher que les seconds. Un paragraphe qui ne peut être mis de côté : Les revalorisations catégorielles. Pour le sous officier nous trouvons la nouvelle grille indiciaire de la catégorie B. Si la suppression de l’ISSP pour les élèves gendarmes entre en ligne, elle sera attribuée aux officiers supérieurs pour lesquels on crée aussi deux nouveaux échelons chez les colonels.


Les officiers subalternes vont aussi bénéficier d’une revalorisation de grille indiciaire. Une indemnité de fonction et de responsabilités des postes de commandants de groupement va bénéficier également à « d’autres postes à responsabilités élevées ».

tains syndicats (nous ne généralisons pas) qui affirment que la police traite à elle seule 75% de la criminalité et de la délinquance, il est évident qu’il y a un gros problème de prévention.

Nous vous feront grâce des nombreuses pages qui affichent des résultats sur la délinquance, celles qui traitent du coût et de la répartition de la surveillance des centrales nucléaires, le coût des radars et autres ustensiles destinés à la verbalisation des automobilistes qui font quelques entorses (ou simples foulures) au code de la route, il y en a pour tous les goûts.

Deux drames viennent d’endeuiller les services de police le 9 février.

Police en deuil.

Le premier est intervenu à Richemont (57) sur l’autoroute A30. Le brigadier-chef Fabrice Martin, 39 ans, motocycliste, a perdu le contrôle de sa machine alors qu’il procédait avec ses camarades à la reconnaissance Nous voulons juste souligner un ta- de l’itinéraire emprunté le lendemain par le bleau qui nous a interpellés. Il s’agit des ef- ministre de l’Intérieur. fectifs de police et de gendarmerie par départements. Cette récapitulation à la bonne idée Le second drame s’est produit à Meaux de mentionner le ratio habitants par gen- (77). Le corps d’un officier de police affecté darme ou par policier dans leurs secteurs res- au service de protection des hautes autorités a pectifs. A la lecture de ce tableau nous décou- été retrouvé à son domicile. Il est décédé vrons que le nombre d’habitants par gen- d’une balle dans la tête provenant de son darme est au minimum deux fois supérieur arme de service. La thèse du suicide est priviau nombre d’habitants par policier. Dans cer- légiée mais rien n’a filtré sur les raisons de tains départements ce ratio est jusqu’à cinq cet acte. fois supérieur. Si on y ajoute les étendues à surveiller on comprendra aisément que ce Nous compatissons à la douleur des fan’est pas demain qu’il sera possible de rem- milles et des proches endeuillés et nous avons placer les gendarmes par des policiers avec une pensée pour les collègues de ces deux les conditions d’emploi actuelles. Quant à cer- fonctionnaires.


Un discours de départ à la retraite très original et plein de lucidité Chers anciens, chers camarades de tous grades et de tous statuts, d'active et de réserve, chers amis, Mon épouse et nos trois enfants se joignent à moi pour vous souhaiter, ainsi qu'à tous ceux qui vous sont chers, une bonne et heureuse nouvelle année. Que 2014 vous apporte le bonheur et la réussite, tout en préservant votre santé. Ainsi que vous le savez, j'ai quitté mes fonctions de commandant en second du plus beau groupement de gendarmerie de France depuis déjà plusieurs mois, pour moitié constitués d'un reliquat de permissions liées à ma précédente affectation outre-mer, et pour le reste d'un congé en vue d'une reconversion en Auvergne. Au moment de mon départ, que j'ai voulu aussi discret que fut mon arrivée en I.…., j'ai choisi de ne pas céder aux charmes d'une manifestation conviviale, communément nommée « pot de départ », et ce pour trois raisons. Tout d'abord, il m'est apparu incongru de générer plusieurs déplacements routiers pour ma seule personne alors que j'ai été, d'emblée mais sans joie, un relais actif des contraintes que vous connaissez en matière de carburant. Ensuite, je savais qu'il me serait impossible de réunir tous ceux qui ont compté dans ma carrière, y compris les membres de ma propre famille dispersés pour raisons professionnelles. En effet, ayant servi en de nombreuses et parfois lointaines régions, au sein de deux armées et en contacts étroits avec plusieurs administrations, je savais que bon nombre de mes amis se trouveraient trop loin ou trop occupés pour qu'une invitation à partager un verre ne soit, pour eux, qu'un simple et bien sec avis de départ. A l'inverse, je connais suffisamment les us et coutumes militaires pour ne pas ignorer qu'en raison de mon grade et de ma fonction à G…….., quelques personnes auraient fait le déplacement par obligation, ou tout au moins par bienséance. Pour ces raisons, il m'a semblé que le meilleur moyen, à la fois pragmatique, équitable et aussi, pourquoi le taire, original, de marquer mon départ de l'Institution était de me défiler devant cette « dernière obligation militaire », pour donner libre cours à une première excentricité de futur « pékin ». C'est pourquoi j'ai décidé en ce début d'année de transformer le coût d'un vin d'honneur en don au profit d'une association caritative, à savoir « Gendarmes de cœur », persuadé qu'elle en fera très bon usage. Ce choix n'a pas vocation à créer une mode, quoique cela ne nuirait à personne, mais tout simplement à accompagner le départ d'un officier qui a cherché à servir au mieux son pays durant vingt-neuf années et qui souhaite désormais se consacrer prioritairement à sa famille. A ceux qui regretterons de ne pas avoir pu exprimer leurs sentiments lors d'adieux officiels, sentiments cordiaux de préférence, je ne peux que confesser avoir reçu tant de marques de sympathie et de soutiens tout au long de mon parcours, qui m'ont encouragé, guidé et épaulé, que si je me dirige aujourd'hui vers une autre vie, c'est avec le souvenir de merveilleuses années passées à vos cotés sous le drapeau tricolore. Enfin, pour conclure, et plutôt que de retracer mon parcours, je vous livre bien volontiers le principal enseignement de ma carrière : l'adhésion pleine et sincère d'un seul de nos subordonnés est bien plus valorisante que le satisfecit de tous nos chefs réunis ! Bonne année à tous ! Vive la Gendarmerie et vive la France ! Colonel F…...M……


Burn-out, harcèlement, dépression en gendarmerie Pour prévenir le suicide, il faut déjà identifier et comprendre les mécanismes qui mènent à cette irrémédiable décision. Nous parlons bien DES mécanismes, ils sont plusieurs. En cas de suicide (connu) notre institution évoque fréquemment, pour ne pas dire toujours, les « problèmes personnels ou raisons personnelles ». Mais qu'est-ce qu'un problème personnel ? Au travers de ce terme, tout peut être inclus ! Tout suicide est le fait de la personne elle-même, quel que soit la raison initiale, c'est bien elle seule qui se donne la mort. Les raisons personnelles peuvent inclure des problèmes familiaux, des problèmes conjugaux, des problèmes professionnels, des problèmes financiers. Tous sans exception peuvent être des sources de mal-être. Cette formule employée immanquablement par notre institution, quand des suicides apparaissent dans la presse, est ni plus ni moins qu’un terme générique pour évoquer plusieurs situations possibles. Pour faire bonne mesure on y adjoint régulièrement « raison non liée au service ». Ces raisons personnelles ne sont donc pas le mécanisme du suicide, tout le monde rencontre un jour un ou plusieurs de ces problèmes, voire tous simultanément, et pourtant, tout le monde ne se suicide pas ! Nous pouvons répartir les causes en deux catégories principales, la première étant la sphère privée (problèmes familiaux, conjugaux, économiques/financiers) et la seconde, la sphère professionnelle (ambiance, charge et conditions de travail). Qu’il s’agisse de l’une ou l’autre nous pouvons trouver trois catégories de causes principales : Le burn-out, la dépression et le harcèlement les uns pouvant provoquer les autres. Le harcèlement : Dans la vie privée il peut être le fait d’exigences ou de réclamations

répétées du conjoint ou des enfants, il peut être aussi provoqué par des créanciers ou d’autres membres de la famille qui voudraient imposer leurs exigences. Au travail il sera surtout le fait de supérieurs hiérarchiques ou de gendarmes plus anciens tatillons ou qui demandent toujours plus. On ne peut exclure le harcèlement sexuel bien connu dans de nombreuses professions ou activités. Le burn-out : au niveau de la famille c’est très souvent dû à la multiplication des activités qui viennent en plus de celles attachées à la profession. Ceci peut être provoqué par des travaux à réaliser sur une maison un véhicule mais aussi par le partage de la garde des enfants et de leur éducation, la préparation de concours, d’examens, de nombreux facteurs peuvent intervenir. Au travail les exigences du métier peuvent suffire à provoquer ce burn-out avec les missions multiples à assurer de jour comme de nuit, les résultats à obtenir. Nous sommes loin des séries télévisées où on ne voit que la partie intéressante du travail d’un enquêteur. Il est certain que si l’on devait mettre en avant les comptes rendus à rendre, les dossiers à monter tout en devant assurer d’autres fonctions, permanences, entretien, interventions d’urgence et autres activités les films y perdraient leur intérêt. Dans tous les cas c’est le dépassement des capacités humaines qui amène à l’épuisement. La dépression : dans le milieu familial comme au travail est un état durable de tristesse, d’abattement qui peut être causé par divers problèmes affectifs, psychique. Souvent ce sont des effets combinés avec les causes du burn-out et du harcèlement. Tenant compte de la proximité logement, lieu d’emploi, famille et environnement professionnel il devient difficile de déterminer les causes exactes de la dépression. Les absences prolongées et répétées, les réveils en pleine nuit,


l’état déplorable de certains logements, les problèmes familiaux sont autant de causes à cet état de santé souvent dissimulé par celui qui en souffre. Il faudrait des pages et des pages pour décrire tous les aspects, toutes les causes et tous les effets de ces différents états, harcèlement, burn-out et dépression qui mènent au suicide. De nombreux ouvrages ont été écrits sur le sujet. Dans la sphère professionnelle, nous pouvons agir pour prévenir ces risques psychosociaux. Pour cela, plusieurs pistes sont à explorer : Une réelle évolution dans la formation en termes de management à chaque échelon de l'institution. Même un « petit » gendarme peut être amené à diriger une équipe, le temps d'une enquête ou d'une opération. Il faut apprendre à reconnaître les trois comportements types à effet négatif, qu'ils soient agressifs, soumis, ou manipulateurs et faire preuve d'assertivité pour éradiquer des comportements de personnes qualifiées de « petit chef », souvent auteur de harcèlement. Qu'est-ce que l'assertivité ? C'est être en mesure de faire passer un message parfois difficile sans passivité et en même temps sans agressivité. Dans les relations humaines, elle est présentée comme un refus d'avoir recours aux trois comportements types à effets négatifs précédemment cités. L'assertivité est en termes de communication une clé de la compréhension. Lorsqu'un suicide de gendarme survient, ça ne se dit pas, hors de la famille des effectifs travaillant avec la victime ainsi que de la hiérarchie, on n’en parle pas, comme si on cherchait à cacher quelque chose de honteux. Lorsqu'une fuite médiatique survient, c'est toujours le même discours qui nous rebat les oreilles du style « geste commis pour des raisons personnelles sans rapport avec le service » une affirmation jetée alors que l’enquête débute seulement, qui prête à confusion et qui met en colère bon nombre

d'entre nous ! En premier lieu, pourquoi attendre que cela paraisse dans des médias locaux pour que les gendarmes en soient informés ? Ils devraient l'être systématiquement par l'institution, au niveau national, avant toute parution dans les médias. Il devrait simplement être dit qu’une enquête est en cours pour déterminer les motivations qui ont entraîné ce geste malheureux , n'est-ce pas la réalité ? Il y a bien une enquête suite à chaque suicide. Cette, enquête, pour plus de transparence vis à vis des membres de l'institution, devrait être diligentée par un service autre que ceux de la gendarmerie, il y va de la confiance des gendarmes dans les résultats des investigations. Nous sommes tous conscient que le burn-out existe, nous sommes tous amenés au cours d'une carrière à le croiser, le rencontrer, à en être témoin ou même victime. Résultat final d'un stress long et chronique, l'épuisement émotionnel vide et fait plonger ses victimes avec le sentiment de n'avoir pas pu se réaliser dans leur travail qui est bien souvent vu comme une passion. Un jour, ces ultimes travailleurs craquent, ne parviennent plus à se relever, et quand ils y parviennent c'est après plusieurs mois d'efforts. Comment se fait-il que nous soyons la seule profession, qui dans les suicides qu'elle compte, n'en recense aucun qui ferait suite à un burn-out. Ce n'est pas un argument que nous avançons en l'air, c'est un fait, d'une part parce que les résultats des enquêtes ne sont jamais communiqués et d'autre part, ce sont aussi les retours que nous avons des familles de quelques défunts, qui comme nous restent dans le flou alors qu'ils sont les premiers à attendre des résultats. Pourtant, notre profession fait partie des plus touchées selon Christian BOURION, un spécialiste qui affirme que le burn-out atteint surtout des gens très impliqués, surimpliqués dans leur quotidien professionnel.


Ce sont souvent des idéalistes, très dévoués, qui veulent toujours bien faire et pour lesquels l’échec ne fait pas partie de leur vocabulaire. Jusqu'au boutistes, ils n'envisagent pas l'arrêt de travail, synonyme d’échec. Étonnant comme ce descriptif nous rappelle les portraits dépeints par des collègues et des proches de gendarmes ayant mis fin à leurs jours au cours de l'année ! Il serait peut-être temps de se pencher sur le sujet et de ne pas le nier. Au sein de la population si 5 à 10% des salariés sont concernés par ce mal, pourquoi en serait-il autrement au sein de notre institution particulièrement exposée ? Il en est de même pour le harcèlement, il serait temps, à ce sujet aussi d'en reconnaître l'existence, d’en démonter le mécanisme. Certains témoignages de victimes ou de témoins sont édifiants ! Lorsque cela se produit, c'est souvent l’œuvre d'une personne, « le petit chef ». Petit n’est pas considéré comme l’échelon du grade où la taille de l’individu mais plus simplement par la personnalité sans envergure de celui à qui on a donné des responsabilités qu’il n’est pas capable d’assumer. Ce petit chef n’est pas seulement un pervers narcissique égocentrique qui assoit son autorité sur ses subordonnés en les humiliant, il est également une victime de son incompétence, de son incapacité à se regarder en face. Il est aussi victime de supérieurs hiérarchiques qui l’ont choisi, souvent en connaissance de cause, pour lui faire endosser la responsabilité des inhumanités qu’il fait subir. Il est décrit comme tatillon, demandant des comptes en permanence et voulant tout vérifier. Il est, pointilleux il contrôle les heures d'arrivée, de départ, de pause, il est aussi souvent misogyne. Autoritaire, il ordonne systématiquement et n'explique jamais, il est partout à la fois, surtout là où on n’est pas sensé l’attendre, faisant preuve de perfidie en n'hésitant pas à monter les gens les uns contre les autres. De par son incompé-

tence, il refuse toute évolution de l'organisation, tout changement. Il est violent et injuste, il a ses « têtes de turc » et ses « fayots » et n'hésite pas à insulter ses subordonnés, il fait preuve d'impolitesse et parle à son personnel comme à du bétail, il est orgueilleux, il a tout vu et à tout fait. Il est mesquin, insensible, et préfère punir plutôt que de former ou chercher des solutions. Nous décrivons là le pire spécimen, mais un gradé qui réunit seulement une partie de ces traits de caractère est suffisamment ignoble pour détruire une ambiance ou casser des personnels un peu fragiles. Pour la « tête de turc » victime de ce « petit chef », c'est une ligne droite vers la dépression. Si cette maladie est détectée et qu'un médecin prescrit un arrêt de travail, en gendarmerie, le mal-être est susceptible d'empirer à cause du sentiment de honte. Tous les gendarmes ont connu des cas de gens blessés ou malades, épiés surveillés, dont on s’assure qu’ils sont bien abattus, qu’ils ne sortent pas de leur domicile autrement que pour des soins. Il s’agit de déterminer, à tort ou à raison, si ce sont des tireau-flanc ou des faibles qui ont bénéficié d’arrêts de complaisance. Cette surveillance n’est pas forcément le fait du petit chef car il y a toujours des bien-pensants, pas forcément les plus courageux au travail, pour dénoncer des comportements qui sont facile à épier quand tous vivent en caserne les uns sur les autres. Aussi dur que cela puisse paraître, il faut accepter l'évidence, la reconnaître et communiquer si nous voulons que la Gendarmerie évolue dans ce domaine. Alors pour une fois, assumons notre slogan: Gendarmerie, une force HUMAINE ! Femme en bleu


Hommage aux gendarmes victimes du devoir en 2013 Huit cités, un oublié Le 17 février, des cérémonies se sont déroulées dans tous les départements pour saluer le sacrifice des militaires décédés en service au cours de l’année écoulée. A cette occasion un message du ministre de l’Intérieur a été lu aux participants civils et militaires. liste des gendarmes victimes du devoir : - Adjudant-chef Franck Desbat, 49 ans, de la brigade de prévention de la délinquance juvénile de Bourg-en-Bresse, mort en service le 4 février 2013 dans un accident de la route. - Adjudant-chef Sébastien Thomas, 39 ans, du centre national d'instruction de ski et d'alpinisme de la gendarmerie de Chamonix, mort en service le 9 mars 2013 au cours d’un entraînement. - Maréchal des logis-chef Olivier Déprez, 35 ans, du peloton de gendarmerie de hautemontagne de Chamonix, mort en service le 24 avril 2013 au cours d’un entraînement. - Adjudant-chef André Turquat, 44 ans, peloton de surveillance et d'intervention gendarmerie de Ruoms, mort en service le 2 juillet 2013 dans le massif du Mont Blanc au cours d’un entraînement. - Adjudant Emmanuel Potentier, 33 ans, peloton de surveillance et d'intervention gendarmerie de Ruoms, mort en service le 2 juillet 2013 dans le massif du Mont Blanc au cours d’un entraînement. - Maréchal des logis-chef Olivier Rouch (29 ans) de la brigade de proximité de Le-Béage, mort en service le 2 juillet 2013 dans le massif du Mont Blanc au cours d’un entraînement. - Gendarme Bruno Coulardeau, 49 ans, de la brigade de proximité de Mauzé-sur-leMignon, mort en service le 8 septembre 2013 dans un accident de la circulation. - Gendarme Cédric Zewé, 28 ans, du groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, mort en service le 8 novembre 2013 lors d’un exercice en mer à proximité de la presqu’île de Giens. Dans notre magazine N° 46 d’août 2013 nous signalions le décès accidentel, en service, de l’adjudant Thierry Bergheaud, 50 ans, de la brigade des recherches de Villefranchede-Lauragais tué dans un accident de la circulation le 2 juillet 2013. Page 10 nous reproduisions un article du journal « La dépêche » qui relatait le vibrant hommage rendu à ce militaire en présence de nombreuses autorités civiles et militaires. Nous constatons que l’adjudant Bergheaud ne figure pas dans la liste des gendarmes décédés en service au cours de l’année 2013. Nous n’avons aucun élément sur les raisons de cet oubli, peut-être son nom s’est-il égaré dans les méandres des nombreux services de la direction de la gendarmerie. http://issuu.com/agecassociation/docs/magazine_ag_c_n___46_ao__t_2013 Nos pensées vont à toutes les familles et aux proches endeuillés par ces drames mais aussi par les disparitions de ceux qui ont perdu la vie dans des accidents hors service, par les suites de maladies ou comme vingt trois d’entre eux parce qu’ils ont choisi de nous quitter.


Burn-out : le détecter et le prévenir Auteur : Catherine VASEY

résumé: Qui aujourd’hui n’a pas eu affaire, de près ou de loin, à l’épuisement professionnel et au malêtre qu’il induit ? S’appuyant sur son expérience de psychologue spécialiste du burn-out, Catherine Vasey nous donne ici, concrètement, toutes les informations utiles pour détecter ce syndrome complexe et pour aider ses victimes et leur entourage : quelles sont les manifestations physiques, psychologiques et émotionnelles du burn-out ? Pourquoi de plus en plus de personnes sont-elles atteintes par ce syndrome ? Y a-t-il un terrain favorable à son développement ? L’auteur nous propose par ailleurs toute une série de bilans individuels et de tests de prévention à mettre en pratique pour notre plus grand bien !

Êtes-vous en burn-out sans le savoir ? Auteur :

Catherine VASEY

Editions: JOUVENCE Nombre de pages :160 Format :125 x 178 n° dans la collection : 27 ISBN : 978-2-88911-301-9 Thématique : Le travail autrement Collection : Maxi-pratiques Prix: environ 7€

Concis et dans l’air du temps, voici un ouvrage qui nous donne l’occasion d’amorcer une réflexion personnelle sur ce mal du siècle et d’entamer un processus de changement comportemental ! À lire par tous ceux qui travaillent bien mais trop, au détriment de leur santé et de leur qualité de vie !


C’est sous ce titre que nous vous proposions un article dans notre numéro 19 de mai 2011 pages 22 et 23. http://issuu.com/agecassociation/docs/agec_magazine_mai_2011 Le constat n’était pas très reluisant, qu’en est-il un peu moins de trois années plus tard avec des changements majeurs à la tête de notre pays?


Il nous semble évidant que ce constat reste d’actualité et ne demande que très peu de modifications dans l’énoncé des problèmes rencontrés par la Gendarmerie. Nous avons pu constater comment lorsque des responsables de l’institution se prononcent sans langue de bois en faisant apparaître clairement une partie des problèmes qui existent, ils doivent revenir sur leurs propos pour les nuancer et ne sont pas soutenus par leur ministre de tutelle.


DEVENEZ SPONSOR DE AG&C Comme toutes les associations AG&C a besoin d’argent pour fonctionner et, dans la mesure de ses possibilités, venir en aide aux gendarmes ou familles touchés par les accidents ou la maladie. Nos cotisations réduites ne nous le permettent pas. Après une expérience malheureuse avec une régie publicitaire, il nous semble plus sérieux de faire un appel direct à des sponsors. Les entreprises ou sociétés qui souhaitent nous venir en aide peuvent s’adresser directement au président ou sur notre site pour la mise en place d’un partenariat avec publication de leur marque dans notre magazine. http://www.assogendarmesetcitoyens.fr/contact.html contini.c.g@aliceadsl.fr 02 54 77 06 81

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Quelques réactions de lecteurs faisant suite à l’article de la page précédente « ripou ou victime d’une machination »

Nous sommes en contact avec l’avocate de l’adjudant Delobel. Nous suivons ce dossier de « très près» et nous n’allons pas manquer de vous tenir informés des suites de cette affaire qui défie l’entendement. Nous notons dès maintenant l’assistance et le soutien apportés par la gendarmerie qui a été tellement efficace que David Delobel et son épouse ont tenté de se suicider à l’issue du jugement.


Quoi de mieux qu’une visite pour faire connaissance avec le système et appréhender ses conditions de mise en place et d’emploi ? Nous avons été accueillis le 12 février au groupement de gendarmerie de Blois par le colonel Valynseele et ses collaborateurs. Ils ont répondu à nos questions et apporté quelques précisions. Ce déport d’image vers la gendarmerie fait l’objet d’une convention avec un syndicat intercommunal qui centralise la totalité des images produites par les caméras des communes adhérentes. De cette plateforme de regroupement l’ensemble est déporté vers le centre opérationnel gendarmerie. Une commune non adhérente ne peut transmettre les images recueillies par ses caméras directement à la gendarmerie. Chaque commune enregistre ses propres images la gendarmerie n’a pas possibilité de le faire. En cas de besoin elle doit se conformer à la réglementation judiciaire pour saisir ces images qui peuvent devenir des preuves dans des enquêtes. Il n’est absolument pas envisagé d’user de ces images pour relever des infractions que constateraient des gendarmes depuis le centre opérationnel. Vu le volume que produisent ces caméras il est impossible de tout observer pour les gendarmes qui n’ont d’ailleurs pas obligation de le faire et ne sont aucunement responsables de la non exploitation de ce qui aurait pu être filmé.

Olivier BROSSET Tous les avantages que peut apporter cette centralisation des images et son déport vers la gendarmerie sont parfaitement détaillés dans l’article. Anticipation lors de la préparation d’une intervention sur un événement. Observation des éléments qui peuvent provoquer une situation complexe ou à risques. Gestion d’un événement en cours. Orientation des recherches après la commission d’un délit ou d’un crime etc. Le déport de ces images à la gendarmerie n’entraîne aucune obligation pour les opérateurs du centre opérationnel et tant que cette façon d’utiliser ce moyen restera à ce stade, tant qu’on n’imposera pas une surveillance permanente de ces images ni une affectation d’un sous-officier à cette seule mission, ce dispositif ne peut être qu’un plus non négligeable. Comme toute nouveauté il est bon d’attendre le retour d’expérience. Nous observons et ne manquerons pas de faire connaître les suites de l’exploitation de ce dispositif. CC


Notre réponse à cet article: La majorité des gendarmes ne souhaitent pas de syndicats et c’est le cas de l’Association Gendarmes et Citoyens. Nous souhaitons simplement un dépoussiérage du statut militaire et le droit de créer des associations professionnelles apolitiques. A ce sujet nous rappelons une fois de plus les engagements du candidat François Hollande à la présidentielle de 2012. Il disait « vouloir que les militaires deviennent des citoyens à part entière » Qu’en est-il aujourd’hui? les militaires (dont les gendarmes) restent des citoyens entièrement à part.


18 janvier, Agde (34) deux policiers interviennent pour contrôler deux individus qui chargent des sacs dans leur voiture. Au lieu d’obtempérer les hommes montent dans leur véhicule et foncent sur les policiers qui sont légèrement blessés. Un des fonctionnaires a fait usage de son arme. 22 janvier, Hettange-Grande (57) deux individus en état d’ébriété au volant d’une Porche volée au Luxembourg finissent par perdre le contrôle de leur véhicule après avoir provoqué divers dégâts et avoir percuté à deux reprises la voiture des gendarmes qui les poursuivaient. 24 janvier, Chenôve (21) ivre et au volant un mineur de 16 ans frappe trois policiers lors de son interpellation. Il a été convoqué devant le juge des enfants. 24 janvier, Perpignan (66) trois agents de la Bac ont été blessés lors d’une poursuite à la suite d’un refus d’obtempérer quand leur véhicule a quitté la route et percuté un mur. Le conducteur en fuite était ivre et roulait sans permis. 24 janvier, Neuilly sur Marne (93) pendant 3 heures des jeunes ont agressé les services de police suite à un contrôle qui a dégénéré. On ne déplore pas de blessé. 24 janvier, Viarmes (95) une intervention des gendarmes a permis de déjouer le braquage d’un employé chargé d’approvisionner un distributeur de billets. L’un des deux auteurs en fuite n’a pas hésité à percuter le véhicule des gendarmes pour s’échapper. 26 janvier, Mussidan (24) alors qu’ils venaient pour convoquer une personne les gendarmes ont été menacés par une mère de 38 ans et son fils de 22 ans armés d’un couteau et d’une clé en croix. Déjà connus de la justice ils ont reçu une convocation au tribunal pour le 9 avril. 26 janvier, Paris (75) 19 policiers ont été blessés dont un sérieusement à la suite de la manifestation « jour de colère ». 27 janvier, Tonnay-Charente (17) : deux gendarmes tirent sur deux voitures qui forcent un barrage au volant d’un véhicule volé fonçant sur un des militaires. 4 hommes en fuite. 27 janvier, Bethoncourt (25) un trentenaire qui menaçait de se suicider avec un couteau, a frappé deux pompiers avant de s’en prendre aux gendarmes en les menaçant avec une hache. L’individu a été neutralisé. 27 janvier, Saint-Estève (66). Agé de 45 ans, suite à un problème de couple l’homme menaçait de se suicider avec un couteau. Alors qu’il avait été atteint par un tir de taser l’homme aurait réussi à se porter un coup de couteau près du cœur. 28 janvier, Saint-Julien-en-Genevois (74) Un forcené d’une vingtaine d’années armé d'un sabre menaçait le personnel municipal. Il a été neutralisé par un gendarme qui lui a tiré une balle dans une jambe. 29 janvier, Corte (20) une quarantaine de jeunes de 13 à 17 ans déterminés et violents s’en sont pris aux forces de l’ordre à la suite d’une manifestation. 17 CRS et 2 gendarmes qui protégeaient la sous-préfecture ont été blessés par des tirs multiples (pierres, engins pyrotechniques, cocktails Molotov, tirs d'armes à feu). 29 janvier, Chelles (77) en voulant s’interposer lors de l’agression d’un chauffeur de bus, un policier a été agressé et blessé par une dizaine d’individus ; Le fonctionnaire était en civil et hors service mais il a énoncé sa qualité de policier. 29 janvier, Perpignan (66) en garde à vue pour vols avec violences, un mineur de 16 ans a frappé un policier le blessant gravement. Le mineur a été remis en liberté. 30 janvier, Angoulême (16) alcoolisée à 2,18 gr, une femme donne des coups de pieds au contrôleur avant de frapper les policiers venus à la rescousse. 31 janvier, Saint-Denis (réunion) des manifestants se sont opposés violemment à la police. Des commerces ont été pillés des véhicules incendiés. 31 janvier, Marcillat-en-Combraille (03) un gendarme saute dans la rivière pour sauver un nonagénaire coincé dans son véhicule tombé à l’eau à la suite d’une sortie de route. Bien que frigorifié l’homme âgé a pu être sorti de sa position scabreuse et a reçu les premiers soins par le gendarme.


1 er février, Toulouse (31) des policiers toulousains ont été percutés par le conducteur d’une voiture volée. Ensuite l’arrestation d’un individu à dégénéré en violences urbaines avec usage de cocktail Molotov. Par chance un seul fonctionnaire a été blessé. 2 février, Préchacq-Navarrenx (64) énervé par un différent de couple, un homme de 36 ans sous l’effet de l’alcool et déjà connu pour violences s'en prend aux gendarmes frappant l’un d’eux. 4 février, Bordeaux (33) un brigadier de police hors service a remarqué de la fumée. Il s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un incendie dans les combles d’un immeuble. Il était 4h45 et il savait les lieux squattés par des bulgares. Il a procédé à l’évacuation de l’immeuble de la vingtaine d’occupants qui se sont éclipsés quand ils ont su qu’ils avaient été secourus par un policier. Ce dernier a fait également évacuer des familles des immeubles attenants. 5 février, Saint-Romain-en-Gier (69), à la suite d’un refus de contrôle et de la poursuite qui s’est engagée sur l’autoroute, trois véhicules de police ont été endommagé dont un sérieusement et 10 personnes dont 9 policiers ont été blessés. Le responsable âgé de 21 ans était sous l’emprise de l’alcool. 5 février, Nice (06) lors de l’effondrement du toit d’un supermarché, un adjoint de sécurité de 21 ans s’est jeté dans les décombre pour en extraire une employée de pharmacie juste avant qu’une dalle ne tombe à l’endroit où elle se trouvait. 6 février, Marseille (13) à la suite d’un contrôle d’identité qui a dégénéré 4 policiers ont été légèrement blessés. 8 février, Rennes (35) 6 à 700 manifestants hostiles au FN qui tenait un meeting on provoqué des heurts et s’en sont pris aux forces de l’ordre cibles de jets d’objets divers. Des dégâts ont également été occasionnés dans la ville. 8 février, Dammarie-les-Lys (77) deux individus ont été interpellés en flagrant délit de vol dans une voiture. Lors de l'arrestation, un des policiers a reçu un coup, le blessant à l'oeil. 10 février, Corbeil-Essonnes (91) des policiers qui sortaient d’un contrôle dans un hall d’immeuble ont été caillassés par une dizaine de jeunes. 10 février, Chanteloup-les-Vignes (78) lors de la poursuite d’une personne à scooter, des policiers ont été pris à partie par une dizaine de jeunes. 10 février, Mantes-la-Jolie (78) des policiers ont été caillassés alors qu’ils intervenaient sur le tournage d’un clip de rap vidéo. 11 février, Sainte-Tulle (04) suite à un différend familial les gendarmes sont menacés par un homme de 62 ans armé d’un fusil qui leur dérobera leur véhicule pour s’enfuir. Interpellé il écopera de 2 ans de prison avec sursis. 12 février, Brignoles (83) lors d’une opération sur un trafic de stupéfiants les gendarmes ont essuyé un tir de fusil qui n’a pas fait de blessé. 12 février, Thorigné (79) un motard de la gendarmerie de la BMO de Melle a fait une chute au cours d’une intervention. 13 février, Saint-Martin-d’Hères (38) après une poursuite faisant suite à une tentative de cambriolage deux malfaiteurs ont percuté violemment un véhicule de police. 14 février, Sully-sur-Loire (45) une conductrice sans permis s’est attaquée aux gendarmes les insultant, portant des coups de poings, griffant un au visage et mordant un autre. 15 février, Savenay (44) peu après minuit un jeune homme de 25 ans a ouvert le feu sur la gendarmerie avant de retourner son arme contre lui. Il avait laissé une lettre chez lui disant qu’il voulait tirer sur les gendarmes sans les blesser pour se faire « descendre » 15 février, Brec’h (56) des centaines de bonnets rouges qui voulaient s’en prendre à un portique écotaxe se sont opposé au policiers blessant trois d’entre eux. 17 février, Marcilly-en-Vilette (45) suite à une dispute conjugale un sexagénaire a tiré sur un gendarme qui intervenait pour rétablir le calme. Blessé au cou le militaire s’en tire à moindre mal. 17 février, Pantin (93) deux policiers ont sauté dans le canal de l’ourcq pour en sortir un individu qui avait fui un contrôle alors qu’il roulait au volant d’un véhicule volé. 18 février, Humbecourt (52) des individus ont fini par être arrêtés après une poursuite par les services de police et de gendarmerie. Ils avaient pris la fuite lors d’un contrôle. 6 véhicules ont participé à la poursuite, certains ont été heurtés par les fuyards qui répandaient du gas-oil pour rendre la chaussée glissante.


49 – Activité d’un PSIG « nucléaire ».

Un peloton de surveillance et d’intervention gendarmerie fonctionne le plus souvent suivant les directives données par le commandant de compagnie. La solution la plus simple consiste à lui imposer des services, police de la route ou surveillances générales de préférence de nuit. Tous les commandants des brigades souhaitent aussi pouvoir en disposer pour les renforcer en tous temps et en tous lieux comme un genre d’hommes à tout faire. A Gien le PSIG est d’abord chargé de surveiller la centrale nucléaire (*). Si des brigades qui ont été renforcées dans ce but participent, le PSIG est de tous les services avec 3 personnels à chacun d’eux : 7 heures - 13 heures, 13 heures - 19 heures, 19 heures - 23 heures, 23 heures - 3 heures et 3 heures - 7 heures. Quand on ajoute quelques services imposés, des travaux d’entretien, soins au chien qui lui est affecté, quand on retire les indisponibles, stages, maladies, congés et repos, il est nécessaire de jongler pour tout assurer avec les 34 personnels. Les gradés comme le commandant de peloton doivent participer. Pour corser l’affaire Gien a la particularité d’avoir dans son secteur le terrain des gens du voyage de Nevoy. Une ancienne ferme et ses terres où se réunissent une ou deux fois par an les membres de l’association vie et lumière, propriétaires, soit 25 à 35 000 personnes. Une période d’une dizaine de jours particulièrement sensible pour une ville de 17 000 habitants. (*) Depuis des unités spécialisées PSPG sont affectées directement à la surveillance des centrales nucléaires. ERDF rembourse à la gendarmerie le coût de ces unités spécialisées comme elle le faisait précédemment pour les renforts de PSIG ou de brigades en vue de la protection des sites.

Le commandant de compagnie se repose sur son major adjoint pour assurer l’administration des brigades et il s’affecte le commandant du PSIG comme adjoint opérationnel pour gérer les rassemblements de Nevoy. Heureusement que la compagnie reçoit le renfort de trois escadrons de gendarmerie mobile. Padchance va se retrouver avec un supplément de charge lorsque le commandant de la brigade locale sera muté avant que son remplaçant ne soit désigné. Le capitaine commandant la compagnie décide que le commandant du PSIG, en plus de son unité, va prendre le commandement de la brigade, le tout représentant la moitié de l’effectif de la compagnie. Heureusement, l’adjoint au commandant du PSIG comme celui de la brigade sont très « pointus » lorsqu’il s’agit de la gestion des paperasses administratives ce qui a toujours rebuté Padchance, psycho réfractaire à l’informatique. Par contre, partant du principe que les problèmes sont mieux et plus rapidement résolus lorsqu’ils sont pris dès le départ, le commandant de brigade-PSIG veut être alerté à chaque intervention sérieuse.


Les gendarmes habitués à se débrouiller seuls ne se privent pas pour faire appel à ce gradé qui ne grogne jamais quand on le sollicite ou lorsqu’il se déplace sur les faits importants : Accident graves, délits de fuite, individus violents et menaçants parfois armés ou découvertes de cadavres. Bien épaulés, ils se donnent à fond ce qui permet de résoudre quelques affaires qui seraient restées à la traîne. Une des interventions les plus marquantes fait suite à un appel d’une famille turque qui s’inquiète de voir un appartement fermé dont l’occupante ne répond pas. Arrivé sur les lieux avec les pompiers pour ouvrir la porte des plaintes étouffées se font entendre dans l’appartement. Une odeur de fumée imprègne l’étage. Le pompier veut faire venir la grande échelle pour entrer par l’extérieur dans ce logement situé au troisième étage. Vu l’urgence Padchance estime qu’il y a plus simple et la porte ne résiste pas à un bon coup d’épaule. Le couloir est tout noir de fumée, un enfant de sept ou huit ans est allongé sur le sol, dans la salle de séjour le corps d’une femme en grande partie calciné se trouve sur un lit de repos dont il ne reste que la carcasse métallique. Dans une chambre un bébé d’une dizaine de mois est allongé dans son berceau, il est manifestement décédé par asphyxie. Le corps est recouvert d’un genre de suie qu’on retrouve partout même à l’intérieur des placards. Il est probable que la jeune femme qui fumait en cachette s’est endormie sur le lit de repos qui a pris feu. Faute d’oxygène le feu s’est éteint de lui-même comme la flamme de la gazinière qui laisse encore échapper son gaz à l’arrivée des secours. Le jeune garçon a survécu grâce au filet d’air qui passait sous la porte mais il est très probable que même conscient il souffre d’une intoxication sérieuse. Le plus urgent consiste à évacuer l’enfant pour qu’il reçoive des soins immédiats. Le pompier qui était sur place se retrouve avec le garçonnet dans les bras, il est invité à le descendre rapidement pour l’amener à

l’hôpital situé à quelques centaines de mètres. On comprendra mieux la colère de Padchance lorsqu’un gendarme lui signale un quart d’heure plus tard que les pompiers sont toujours avec l’enfant dans l’ambulance au pied de l’immeuble. L’explication donnée : il faut attendre le service médical d’urgence et de réanimation pour médicaliser l’enfant selon un « protocole » établi au sein des services de secours. Une idiotie sans limite quand on a compris que l’enfant a passé des heures dans une atmosphère toxique, qu’il est à proximité de l’hôpital et qu’il faut attendre un service qui n’est pas immédiatement disponible pour lui faire parcourir quelques centaines de mètres. La suite de l’opération reste classique, gérer la famille folle de douleur pendant que les gendarmes effectuent les constatations avant d’évacuer les corps. Le lendemain, activité moins courante, il faut obtenir du parquet l’autorisation de restitution des corps à la famille et demander le concours de l’ambassade pour rapatrier la maman et ses enfants vers la Turquie. Malgré l’épreuve qu’il avait subie le garçonnet survivant se portait étonnamment bien. D’autres intervention ont occupé Padchance pendant les quelques semaines où il a commandé la brigade territoriale. Après tout, c’était l’affectation qu’il avait demandée initialement avant de se rabattre sur le PSIG


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Magazine n° 53 mars 2014 AG&C