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SIEGE SOCIAL Plantades 63690—AVEZE Président Christian CONTINI 7 chemin des vignes 41100 COULOMMIERS LA TOUR contini.c.g@gmail.com Secrétaire Marc VAYSSIE Plantades 63690 AVEZE marcvayssie@aol.com Trésorier Christian BRANA Route de Simorre 32450 SARAMON christian.brana@orange.fr Le MAGAZINE A.G.&C. est disponible en téléchargement sur l'espace web de l'association Gendarmes et Citoyens : http://sites.google.com/site/assogendarmesetcitoyens

Nous remercions toutes les personnes qui ont contribué à la création, l'édition, la mise en page du bulletin d'information et celles qui ont proposé des articles, Malgré le soin apporté à sa rédaction, des erreurs typographiques ont pu nous échapper; nous vous prions de nous en excuser. Directeur de publication : Christian CONTINI Comité de rédaction : Relecture Marc VAYSSIE, Maquette ACDC Articles : Christian CONTINI - Christian BRANA AG&C - ROCHAMBEAU

Numéro 30 - Avril 2012 La Machine à Café, page 6 Election présidentielle - Courriers AG&C aux candidats - Les réponses, page 9 Communiqué USPPM page 18 Suicides en Gendarmerie - Nous n’oublions pas, page 20 Libres propos - Centre éducatif fermé, par C. BRANA, page 22 Logement gratuit, parlons-en, par Rochambeau, page 24 Les risques du métier, page 26 Le gendarme Padchance, page 28 Nos publications, page 30 Pourquoi ne pas nous nous rejoindre ? page 37

Conception graphique – Photomontages – Mise en page : ACDC Photos : Médiathèque de l'AG&C - Images et photos libres de droits – Collection Christian CONTINI– Collection ACDC Couverture : Montage ACDC - photo ACDC® Dépôt légal : dès parution La reproduction des articles et photos est autorisée à la seule condition de nous en aviser. Contact : Gendarmes.citoyens@gmail.com

————————————————————Petit message à un ami espagnol ————————————————————Saludos a nuestro amigo Antonio de la GC, que nos recibió tan amablemente. Con toda nuestra amistad.


Les Gendarmes, les laissés pour compte de la République

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u cours de l’année écoulée nous avons pu voir le puissant lobbying des avocats faire appliquer des directives de la cour européenne des droits de l’homme en particulier sur les conditions de la garde à vue qui concerne criminels et délinquants. ourquoi la supranationalité de l’Europe n’exigerait-elle pas le droit d’expression et d’association pour les militaires en général et les gendarmes Par en particulier. Cette possibilité a déjà été largement Christian CONTINI Président de évoquée au niveau des instances européennes qui ont l’A.G.&C. donné des directives dans ce sens. ant qu’à se plier aux injonctions de la cour européenne des droits de l’homme, autant les adopter toutes et pas seulement celles qui intéressent les avocats et leurs clients. Il est vrai que de nombreux hommes politiques et pas des moindres ont le statut d’avocat. n entend souvent dire qu’il ne faut pas agir dans la précipitation. C’est un reproche qu’on ne peut faire aux instances européennes car il existe quelques recours qui attendent patiemment et depuis longtemps les décisions de la haute cour européenne. n attendant les résultats de ces recours nous pouvons constater combien les gendarmes sont des « laissés pour compte » de la République, sans véritable droit d’expression (sauf dans l’urne) et sans droit d’association. Un état qui les rend particulièrement transparents, à tel point que les candidats à l’élection présidentielle, à quelques exceptions près, ne les voient plus et n’ont pas jugé utile de répondre aux courriers qui leur ont été adressés par notre association qui représente des gendarmes en activité. es quelques réponses que nous avons reçues ont été ou sont publiées dans notre magazine, celle qui parviendront après la mise en ligne de notre mensuel seront affichées sur la page d’accueil de notre site.

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T O E L


Le 19 février durant ses heures de service un gendarme a mis fin à ses jours, il servait au peloton autoroutier de Aiton, 73. Condoléances à sa famille et ses proches.

La pré-plainte en ligne. Le 22 février, le mi-

projet immobilier destiné à éviter aux victimes de croiser leurs agresseurs dans les commissariats et les gendarmeries. Cette parlementaire réfléchi à « l’instauration de l’assistance d’un avocat pour la victime dans les auditions en garde à vue ». Il semblerait qu’elle ait quelques lacunes en droit car il est particulièrement rare qu’une victime soit placée en garde à vue. S’agissant des délinquants ils ont déjà obtenu le droit à cet avocat dès la première heure. Les victimes regroupées dans plus de 200 associations souhaiteraient, très lucidement, un haut commissariat aux victimes, sous la tutelle du premier Ministre, pour permettre une approche interministérielle. Certainement une idée à creuser.

nistre de l’Intérieur a annoncé la généralisation de la pré-plainte en ligne à partir du 1 er septembre 2012. Il s’appuie sur l’expérimentation qui existe depuis deux ans. Pour avoir eu de nombreux contacts en Charente-Maritime et dans les Yvelines, les départements précurseurs, nous pouvons affirmer que cette méthode est bien loin de faire l’unanimité, ne serait-ce que par le fait que tout le monde ne maîtrise pas l’outil informatique. Le retour d’expérience est négatif, sauf au- Un gendarme au Sénat. Le 23 février, un près des « responsables » de la sécurité qui se major de gendarmerie en activité a été reçu doivent de démontrer le contraire. Elle entre au Sénat par l’équipe dans les opérations « tape à l’œil » destinées « sécurité » du candià faire oublier la casse des budgets et des efdat socialiste. Le long fectifs : les voisins vigilants, la généralisation entretien a permis de des caméras de protection et autres gesticulamettre sur la table les tions destinées à expliquer des résultats acmultiples problèmes ceptables malgré la démolition des services rencontrés par les de sécurité. gendarmes du XXIe siècle. http://gendarmesen-colere.forum2discussion.net/t25335 Le 22 février se déroulait la deuxième restitution-de-l-entrevue-au-senat-du-23-02journée européenne sur les droits des 2012 victimes. Belle occasion pour elles d’entrer L’Association Gendarmes et Citoyens salue le dans la campagne électorale car elles sont courage et l’engagement de ce gendarme qui quand même plus nombreuses que les délin- s’expose aux foudres de la hiérarchie. Restant quants, les gendarmes et les policiers réunis. dans son axe apolitique elle souligne qu’elle Occasion également pour une élue, qui veut n’a pas l’intention de répondre à une telle inmettre les victimes au cœur de l’action des vitation. Elle s’en tient à la lettre qu’elle a forces de police et de gendarmerie, de faire adressée à tous les candidats à l’élection prétoute une série de propositions. Des mesuret- sidentielle tes, aussitôt reprises par le ministre de l’Inté- http://issuu.com/agecassociation/docs/ rieur. Il a d’ailleurs trouvé les crédits pour un agec_magazine_fevrier_2012_018_mf.(pages


10 et 11). Elle se contentera de diffuser les réponses qui lui parviendront sans autre commentaire. Ce sera aux lecteurs de se déterminer en fonction du contenu de ces courriers.

concerné des gendarmes, en l’absence de syndicat pour les soutenir et les fédérer, il est probable que l’acquiescement au jugement aurait été la seule issue.

Un policier se donne la mort. Nous aurions pu croire qu’il existait une réelle accalmie concernant les suicides. Malheureusement l’actualité nous rappelle à la dure réalité avec l’annonce d’un policier retrouvé pendu dans sa chambre d’hôpital à Dunkerque (59) le 27 février. La veille il avait été découvert dans un canal en état d’hypothermie. Nos pensées vont à sa famille et ses collègues endeuillés.

Un suicide aux Antilles, un autre dans les Vosges. Le 27 février un gendarme de 41 ans, père de famille, s’est donné la mort par arme à feu sur son lieu de travail à Point-à-Pitre. Il était affecté à la section de recherches. Une enquête a été ouverte et des membres de l’inspection générale de la Gendarmerie sont attendus pour poursuivre les investigations. Comme d’habitude le silence va recouvrir cette affaire et nous ne connaîtrons pas les causes de cet acte désespéré (si elles sont établies). Ce n'est que tardivement que nous avons appris que le 14 février le lieutenant-colonel Laurent Schmidtke, âgé de 52 ans, du groupement d'Epinal avait utilisé son arme de service pour mettre fin à ses jours. Nous assurons les familles, les proches et les collègues de travail de ces gendarmes de toute notre compassion.

Des policiers manifestent. 200 policiers se sont rassemblés le 28 février devant l’hôtel de police de Grasse et un commissariat de Nice en solidarité avec deux agents de la brigade anticriminalité (BAC), condamnés à des peines de prison avec sursis après la mort d’un jeune homme, Hakim Ajimi, lors d’une interpellation. 80 agents de différents services de police de Nice se sont également rassemblés, sans slogan ni banderole, devant un commissariat de la ville. La veille, l’ensemble des policiers qui composent la BAC ont démissionné de leur service en soutien à leurs collègues. Les fonctionnaires estiment que les deux agents ont été condamnés “alors qu’ils n’ont fait qu’appliquer des règles d’intervention enseignées à l’école de police. On sait parfaitement que la règle d’intervention utilisée dans le cas d’Hakim Ajimi, comporte des risques mais elle est légale. Si elle est dangereuse, c’est à l’administration de la retirer pour qu’elle ne soit plus appliquée”. Notre connaissance du dossier ne nous permet pas de nous prononcer sur la peine infligée à ces policiers mais il nous faut constater une réelle solidarité dans cette profession. Si le cas avait

Nouveau règlement de comptes à Marseille. Le 2 mars un jeune homme de 26 ans et une femme de 39 ans ont été tués de plusieurs balles de gros calibre tirées par un ou plusieurs i n d i vi dus dans une cité HLM. Le 3 mars, c'est un gérant de restaurantdiscothèque qui trouve la mort dans les mêmes conditions. Il semblerait bien que le « super flic » le préfet Gardère soit, comme ses prédécesseurs, impuissant à juguler la violence dans la région en général et dans la cité phocéenne en particulier. S’il doit être remplacé (le jeu des chaises musicales reste à la mode chez les préfets) je ne vois plus que le ministre de l’Intérieur en personne pour assurer la fonction. Pour rester sérieux il ne faut

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pas imaginer pouvoir faire mieux avec moins d’effectif et les chiffres de la délinquance finissent par arriver à un niveau où ils ne sont plus compressibles dans les bilans chiffrés. Un suicide de plus en gendarmerie. C’est un gendarme de l’escadron de Clermont-Ferrand (63) qui a choisi de nous quitter le 4 mars. Quand on se rend compte du peu d’éléments qui ont filtré sur ce drame on imagine sans peine la communication qui se fera sur les résultats d’une hypothétique enquête. Le 6 mars, les proches et les camarades du jeune cadre de la poste qui s’était défenestré on manifesté pour montrer leur désarroi et leur colère. Au delà de la tristesse et faute d’avoir une solution il est primordial de faire connaître ces drames. Nous remarquons cependant que toutes les branches de la fonction publique n’ont pas le même traitement médiatique. Concernant les forces de sécurité les suicides de gendarmes les 4, 14, 19, 27 février et 4 mars, celui d’un policier le 27 février, n’ont pas amené de commentaires. Ce sont des gens qui disparaissent en silence comme si la police et la gendarmerie avaient honte de ces drames, comme si les suicidés des forces de l’ordre n’intéressaient pas les médias. Pourtant ces morts laissent aussi des familles, des proches et des collègues dans la tristesse le désarroi et la colère et c’est vers ces personnes que vont nos pensées. Fait divers vu par deux journalistes aux regards différents . Le premier indique que des gendarmes arrêtent un cortège funèbre pour un contrôle d'alcoolémie "en règle" y compris le chauffeur du corbillard. Un contrôle qui bloque la circulation. Après une référence "humoristique" à Brassens il conclut par la formule : Les proches et parents qui suivaient cette sépulture auront apprécié cette application particulièrement rigide des contrôles d'alcoolémie avec beaucoup moins d'humour.

http://www.ladepeche.fr/ article/2012/03/08/1300552-les-gendarmesarreten t- un -cortege- fu n eb re- pou r- u ncontrole-d-alcoolemie.html Un second journaliste donne une version beaucoup plus réservée précisant que deux gendarmes interpellent un véhicule "particulier" afin de procéder à un contrôle d'alcoolémie, sans s'apercevoir qu'il s'agissait d'un fourgon funéraire. Alors que le premier gendarme use de son alcootest, le second se rend vite compte qu'il s'agit d'un fourgon funéraire et décide aussitôt d'écourter le contrôle. http://www.google.fr/url? sa=t&rct=j&q=contr%C3%B4le%20fun%C3% A8bre&source=web&cd=11&ved=0CCgQFjAA OAo&url=http%3A%2F%2Fwww.europe1.fr% 2FInfos%2FInsolite%2FControle-d-alcoolemiepour-un-cortege-funebre-980945% 2 F & e i = W f t Y T 4 LLuqw0QWSiMDsDQ&usg=AFQjCNEQaY EL1VMbc7aWHWzA4r4RaNK1Q D'autres articles encore relativisent cet incident et font apparaître qu'il s'agit d'un fait divers "monté en épingle" Ce qui démontre que la relation d'un fait divers peut être orientée dans un sens comme dans l'autre. Deux suicides dans la police . le 15 mars, deux policiers se sont donné la mort. Le premier, affecté à la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation s’est pendu à son domicile de Seine-et-Marne, il était en arrêt maladie. Le second, âgé de 36 ans, servait au commissariat du premier arrondissement à Paris. Il a utilisé son arme de service pour se donner la mort à son domicile de Champigny dans le Val-de- Marne ; Il a laissé un écrit mettant en cause sa hiérarchie.


Nous assurons de toute notre sympathie les a demandé à s’absenter familles, les proches et les collègues de ces pour récupérer un méfonctionnaires. dicament à son domicile et c’est là que son Economie ou gaspillage ? Dans cette com- corps a été retrouvé. Nous partageons le pagnie de la région centre deux des trois com- choc subi par ses collègues et nous assurons munautés de brigades ont dû rendre un véhi- sa famille de notre compassion. Comme toucule, ce qui peut déjà laisser penser que la jours nous sommes dans l’incompréhension RGPP ne s’attaque pas qu’aux devant un tel drame. effectifs. L’expérience Montauban-Toulouse, l’horreur. Comme la montre cependant France entière et même au-delà, l’Associaque ce n’est peut-être pas le meilleur calcul. tion Gendarmes et Citoyens a suivi l’actuaDans cette brigade lité toute entière consacrée aux crimes « fille » il arrive que odieux commis à Montauban et Toulouse. le commandant de Nous ne cherchons pas à connaître les mol’unité prenne la pertivations de ce fou sanguinaire qui a déjà manence de la comsévi à trois reprises dans les deux villes almunauté de brigade. En cas d’urgence il lui lant jusqu’à s’attaquer à ce qui incarne l’infaut bien disposer du véhicule affecté au commandant de COB. Sans entrer dans le détail, il nocence : des enfants sans défense. Nous a fallu multiplier les « navettes » entre la bri- avons fait une totale confiance aux enquêgade « mère » et la brigade « fille » pour que teurs chargés de ces dossiers qui n’ont pas le commandant par intérim puisse aller rédi- manqué, très rapidement, d’identifier et ger ses écrits de service, récupérer le neutraliser cet assassin sans aucune mo« véhicule de commandement » et le rame- rale. L’épilogue s’est produit le 22 mars ner . Le total se monte à pas moins de 150 avec la mort du terroriste. Nous ne citekms en deux jours, un détail au prix du carbu- rons pas son nom en espérant qu’il sombre rant et du temps perdu. Heureusement il ar- dans l’oubli le plus rapidement possible rive que les officiers aient le sens de l’écono- nous préférons nous tourner vers les familmie, à la compagnie ils disposent de deux vé- les des victimes pour partager leur douhicules (pour deux). Chargé de faire de l’insleur. truction l’un d’eux a refusé de faire un petit détour pour déposer un des formateurs qui Suicide d’un jeune commissaire. Stupeur et l’accompagnait à sa brigade. Il a fallu qu’une abattement le 22 mars au commissariat de patrouille de l’unité fasse un nouvel allez et Poitiers et pour tous les policiers de la Vienne retour pour le récupérer à la compagnie. En y en apprenant que le commissaire Johannes réfléchissant un peu tout ceci est certaineWilhelm, 30 ans, avait choisi de metment un nouveau moyen pour mettre du tre fin à ses jours. Son corps a été « bleu » sur la route. retrouvé en Haute-Vienne près d’une rivière. Ce chef de la sûreté Gendarme adjointe volontaire, 23 ans, départementale, promis à un bel elle se suicide. Ce drame s’est produit à avenir était originaire du Vaucluse, il avait l’Arbresle près de Lyon le 21 mars. Originaire servi en région toulousaine. Il a utilisé son de Lorraine, affectée depuis septembre elle arme de service pour se donner la mort. Nous semblait bien intégrée et donnait satisfaction. nous unissons à la famille et aux poliElle a perçu son arme pour partir en service, 7


Toulouse, la polémique.

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ous avons choisi d’attendre que le « soufflé » retombe pour nous exprimer sur l’assaut de Toulouse. Nous ne prétendons pas juger l’intervention des fonctionnaires de Police, qu’il s’agisse de ceux qui ont localisé le terroriste ou qu’il s’agisse des hommes du RAID qui l’ont neutralisé.

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es médias doivent manquer de « grain à moudre » avec la campagne électorale pour faire autant de tapage sur cette affaire au point de mettre les victimes au second plan.

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ous n’avons pas la prétention d’être des techniciens (comme ceux qui apportent des jugements péremptoires reposant sur une expérience qu’ils n’ont pas) et nous ne nous glorifions pas de « lauriers défraichis » obtenus il y a des dizaines d’années pour venir refaire l’assaut une fois qu’il est terminé.

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estons pragmatiques, félicitons les hommes qui ont risqué leur vie pour mettre hors d’état de nuire un prédateur de la pire espèce.

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aluons le fait qu’ils ont évité des dommages collatéraux et apportons notre soutien aux enquêteurs qui vont devoir déterminer si le fou sanguinaire avait des complicités.


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Faute d’avoir reçu des réponses à nos courriers de la part de tous les candidats, nous avons adressé un communiqué à la presse pour mettre en avant notre déception.

COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’ASSOCIATION GENDARMES & CITOYENS

Présidentielle les gendarmes laissés pour compte.

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epuis le 13 janvier et au fur et à mesure des dépôts de candidatures, l’Association Gendarmes & Citoyens a adressé des courriers postaux aux personnes qui briguent la présidence de la République. ce jour seuls Mme Arthaud et M. Cheminade ont pris la peine de nous répondre.

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ous comprenons que l’exposé de notre constat sur l’état d’esprit des gendarmes, la situation déplorable de l’institution et les questions que nous avons posées puissent déranger ces personnalités en particulier pour apporter des réponses. l nous paraît évident que le thème de la sécurité semble d’un abord difficile pour les candidats à tel point qu’il est très peu abordé (pour l’instant). L’absence de réponse à nos courriers nous confirme dans la désagréable impression que les gendarmes sont les laissés pour compte de cette campagne électorale.

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u cas où nos courriers auraient été égarés, nous recopions ici leur contenu avec l’espoir d’obtenir enfin des réponses que nous ne manquerons pas de faire connaître. Coulommiers la Tour le 9 mars 2012


Association Gendarmes et Citoyens® Le Président, Madame, Monsieur, Vous vous présentez au suffrage des citoyens français pour briguer la charge de Président de la République. La campagne présidentielle s'articule autour de divers sujets. Je voudrais attirer votre attention sur l'un d'entre eux, en apparence mineur mais dont les enjeux sont immenses : l'avenir de la Gendarmerie. Le dixième anniversaire du mouvement des gendarmes descendus dans la rue en 2001 pour faire connaître leur « ras-le-bol » vient juste de passer. Ceci s’était produit sous la présidence de monsieur Jacques Chirac et du gouvernement de monsieur Lionel Jospin. A l’origine de ce mouvement nous pouvons citer le manque de moyens en effectifs et en matériels, l’absence de droit d’expression et l’inefficacité des structures de concertation. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le droit d’expression n’existe toujours pas. La nouvelle participation interne est un leurre puisqu’elle reste toujours chapeautée par la hiérarchie. Comment en serait-il autrement quand nous constatons que les représentants du personnel ont été réduits de 2 000 à 800. Le Conseil de la Fonction Militaire Gendarmerie (CFMG) n’a toujours qu’un pouvoir consultatif, il reste une structure destinée à cautionner et entériner les décisions de l’administration. Les membres de cette structure, pleins de bonne volonté, sont toujours tirés au sort et ne sont pas élus par leurs pairs. Alors que la gendarmerie a été rattachée au ministère de l’Intérieur depuis 2009, les personnels sont confrontés à une différence de traitement inadmissible. On trouve d’un côté des policiers qui s’expriment à travers leurs puissants syndicats et obtiennent un temps de travail règlementé et de l’autre des gendarmes, citoyens à part, qui n’ont pas de réel droit d’expression et donnent de leur temps sans limite pour assurer leurs missions. On nous oppose le plan d’adaptation des grades aux responsabilités exercées (PAGRE). Cette mesure fait de la gendarmerie une armée « mexicaine » avec une multitude de créations de postes de gradés et officiers. L’institution paie cette mesure en postes perdus, purement et simplement, mais aussi en remplacement de postes de sous-officiers par des gendarmes adjoints volontaires, des militaires du corps de soutien ou des civils, nuisant ainsi à l’efficacité de la gendarmerie. A l’occasion de nos différents contacts et en consultant les sites des personnalités politiques nous avons bien compris que tous sont favorables au refus du droit d’association (estimant les structures de concertation suffisantes) et souhaitent que le droit d’expression reste ce qu’il est : inexistant. Pour ce faire ils se déclarent attachés à la "militarité " de la Gendarmerie évacuant ainsi toute possibilité de progrès. Si nous comprenons ce point de vue, qui permet d’obtenir du personnel corvéable à merci sans possibilité de se plaindre des conditions de travail, nous ne saurions ni l'entériner ni l’admettre. Le premier principe de la République est pourtant l'égalité de tous devant la loi. 11


Au vu de ces constats, les membres de l’Association Gendarmes et Citoyens que j’ai l’honneur de présider souhaitent connaître votre position, en tant que candidat(e) à l'élection présidentielle, à l’égard des vœux que nous formulons : 

droit de créer une ou des associations, apolitiques et non syndicales, sur un modèle proche du système de la Guardia Civile espagnole.

droit d’expression par l’intermédiaire de représentants bénéficiant d’un minimum d’indépendance vis à vis de la hiérarchie, droit qui serait encadré pour éviter des dérives en particulier les atteintes au secret professionnel.

cessation des suppressions de poste et des restrictions de budgets (RGPP) la gendarmerie étant rendue « à l’os » selon les propos de son propre directeur.

dans l’intérêt de la sécurité de nos concitoyens recentrer « réellement » la gendarmerie sur son cœur de métier, la surveillance des territoires au contact de la population.

MM les députés Le Bris et Mourrut, membres de la commission de la défense nationale et des forces armées, ont rendu leur rapport d’information sur le dialogue social dans les armées. Entre autres propositions novatrices, ils proposent l’élection des membres du conseil de la fonction militaire, le droit d’adhérer à des associations et l’autorisation de déposer des recours collectifs contre les actes de l’autorité dont ils dépendent. Envisagez-vous de soutenir les propositions de ces deux parlementaires.

En question subsidiaire nous aimerions connaître votre position concernant la Gendarmerie pour les années à venir : Maintien dans sa position inconfortable, partie ministère de l'Intérieur, partie ministère de la Défense. Intégration totale au ministère de l'Intérieur. Retour au ministère de la Défense.

Notre association ne manquera pas de faire connaître vos réponses à ses adhérents et sympathisants par tous moyens à sa disposition. Je vous prie de bien vouloir agréer l’expression de ma haute considération. Christian CONTINI, Président de l’association Gendarmes et Citoyens 7 chemin des vignes 41100 COULOMMIERS LA TOUR Tél : 02 54 77 06 81. contini.c.g@aliceadsl.fr Association Gendarmes et Citoyens® Siège social : Plantades 63690 AVEZE http://sites.google.com/site/assogendarmesetcitoyens/


Alors que ce rappel venait d’être adressé, un courrier daté du 28 février nous est parvenu de M. DE VILLEPIN; nous vous en livrons la copie. Si ce document ne répond pas à nos questions il a le mérite de montrer que pour ce candidat, notre association et les gendarmes existent. A la date de clôture de notre magazine d’Avril, M. De Villepin n’a pas obtenu les 500 signatures et a du jeter l’éponge.

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Le 14 mars, l’opportunité d'interpeller le ministre Xavier Bertrand lors d’une réunion politique s’étant présentée, le président de l’association en a profité.

La question : « J'ai la faiblesse d'éprouver beaucoup de tendresse pour une vielle dame: la gendarmerie. Je suis président de l'Association Gendarmes & Citoyens et je dois dire qu'actuellement les gendarmes se sentent laissés pour compte. Ma question: Les gendarmes ont-ils tort ? et quand allez vous lancer le tapis de bombe sur la sécurité ? » En réponse le long discours habituel sur la crainte infondée des gendarmes à la suite de l'intégration au ministère de l'intérieur, l'utilité de l'unité de commandement, l’intérêt de la vidéosurveillance, les qualités de Claude Guéant et les autres arguments entendus à de nombreuses reprises mais rien sur la condition humaine du gendarme. Il n’était pas possible de débattre sans quoi les arguments habituels développés par l’association auraient pu être mis en avant :      

Les horaires de travail 60 heures hebdomadaires pour certaines unités de terrain Les effectifs rendus « à l’os » dixit le directeur de la gendarmerie devant des parlementaires. L’impossibilité d’adhérer à des associations professionnelles face aux syndicats de la police. Le droit d’expression inexistant Les casernements en piteux état Les suicides aussi nombreux qu’à France-télécom ou à la poste

Heureusement la plupart de ces arguments figurent dans la lettre à l’intention du président-candidat Sarkozy remise au ministre. Il s’agit du double du courrier déjà adressé par la poste le 17 février 2012. Cette fois-ci nous n’aurons aucun doute sur la remise de ce document qui aurait pu être égaré lors du premier envoi puisqu’il n’a pas reçu de réponse.


Le 20 mars 2012 nous avons reçu par courriel la réponse de Nicolas Dupont Dupont--Aignan. Nous vous la livrons ci ci-dessous : Monsieur le Président, Vous m’avez adressé il y a quelque temps un message auquel, malheureusement, l’affluence de courriers reçus et la charge de travail très importante de la campagne présidentielle en cours, ne m’ont pas permis de répondre plus tôt, ce dont je suis sincèrement désolé. Comme le laisse percevoir le ton de votre message, vous évoquez là un sujet à la fois complexe et grave. Nicolas Sarkozy et Claude Guéant ont beau divertir les Français avec des statistiques tronquées et dérisoires, la réalité demeure sombre. Les violences aux personnes n’ont cessé de progresser depuis 10 ans (plus de 70 % depuis 2001),signifiant l’échec majeur de celui qui se disait pourtant « le premier flic de France ». Parce que cette violence touche d’abord les plus jeunes et les plus faibles, il faut absolument la faire reculer. C’est pourquoi j’en ferai une priorité du prochain quinquennat. Depuis 2007 une véritable politique de démantèlement de l’Etat régalien a fait perdre ces 10 000 agents. Or, comment croire que notre Etat puisse relever les défis de la délinquance de 2010 avec les effectifs insuffisants du gouvernement Jospin (assez critiqué d’ailleurs à l’époque par la majorité). Des violences de plus en plus aiguës, des exigences juridiques de plus en plus complexes (réforme de la garde à vue), des ambitions multiformes : la tâche demandée aux policiers et gendarmes est irréalisable avec chaque année 2000 à 3000 agents de moins. Le découragement des forces de police et de gendarmerie, qui ont payé cher de leur vie leurs missions au service de la collectivité nationale (17 victimes en 2009), va prendre de l’ampleur. Ce ne sont pas les 1500 adjoints de sécurité qui vont régler le problème tant leur manque de formation est un handicap. Les violences, les trafics de drogue et les mafias vont malheureusement prospérer. Pour ma part, je suis favorable au droit de créer une ou des associations et permettre aux gendarmes de s'exprimer par le biais de représentants qui serviraient d'intermédiaires, sans tomber dans l'excès inverse, tout en conservant tout de même le caractère militaire de la Gendarmerie. De même, je suis totalement opposé à cette fameuse Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), appliquée aux policiers et aux gendarmes qui consiste à tailler à la hache et à l’aveugle dans les effectifs de la fonction publique d’Etat, et représente une économie annuelle d'à peine… 500 millions d’euros ! C’est trente fois moins que la somme jetée par la fenêtre par le Parlement (15 milliards d’euros) début septembre 2011 pour soutenir le maillon faible de l’eurozone, la Grèce !

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Réponse de M. Nicolas DUPONT-AIGNAN (suite) En une nuit, alors même que ces 15 milliards sont partis en fumée, nos élites ont décidé de saigner un peu plus les Français en levant sur un claquement de doigts 15 milliards d’euros pour les banques en Grèce assortis… de 12 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires. Le sauvetage impossible de l’euro à coup de milliards qui n’existent plus et vont alourdir, in fine, la dette publique française, constitue un fardeau suicidaire qui se paye en contrepartie sur le dos de nos services publics, dénudés les uns après les autres par un pouvoir dogmatique et insensible à la souffrance de nos concitoyens. De plus, il faut impérativement, comme vous dites à très juste titre, recentrer la gendarmerie sur son cœur de métier, c'est à dire la surveillance des territoires au plus proche de nos concitoyens. C'est une question vitale pour l'avenir de notre Gendarmerie, un corps d'élite et d'excellence envié et copié, faut-il le rappeler, par tant de nations à travers le monde ! Pour cela, je propose de recruter 10 000 personnels pour remplacer intégralement ceux qui sont partis en retraite et n’ont pas été remplacés dans la Police et la Gendarmerie. Comme vous le soulignez, il est nécessaire également de renforcer le dialogue social dans les armées. Les propositions de mes collègues sont en ce sens intéressante et il sera nécessaire d'en débattre au plus vite. De la même manière, il nous faudra trancher au plus vite sur le rattachement de notre gendarmerie au Ministère de la Défense ou au Ministère de l'Intérieur, pour mettre fin à cette situation inconfortable et, pour tout dire, parfois ubuesque. Pour ma part, je pense qu'il est plus logique que la Gendarmerie soit rattachée au Ministère de la Défense, de part sa nature, sa mission et les actions qu'elle mène. Les données de la problématique dans les forces de sécurité sont connues : de moins en moins de moyens pour cause de pingrerie budgétaire et, en contrepoint, une priorisation démagogique des missions, mettant l’accent sur de « belles » statistiques d’élucidation - ce qui pousse à la répression d’infractions mineures du code de la route au détriment des investigations plus lourdes - et une politique d’amende soutenue que certains automobilistes en colère assimilent à du racket. Le résultat de cette politique scandaleuse ne s’est pas fait attendre : aux 10 000 postes de policiers et gendarmes supprimés depuis 5 ans a répondu une forte augmentation des atteintes aux personnes et des cambriolages, tandis qu’une exaspération parfaitement légitime poussait les agents à des mouvements de grogne, voire des grèves, d’ampleur inédite. Disons-le tout net : les belles promesses du candidat Sarkozy s’appuyant sur un bilan très exagéré de son passage au ministère de l’Intérieur, sont très loin d’être au rendezvous cinq ans plus tard. Encore une fois, ce sont les moyens de ce service public régalien qui auront été karchérisés plutôt que les caïds. Les Français sont tout à fait conscients de ce manquement, de cette faute, aux conséquences très lourdes, qu’ils sont prêts à faire payer comptant, lors de l’élection


Réponse de M. Nicolas DUPONT-AIGNAN (suite et fin) présidentielle, au principal intéressé. Je suis candidat à l'élection présidentielle pour enfin proposer une alternative à cette politique désastreuse. Pour en savoir plus le cas échéant sur mon projet, je vous invite à compléter votre connaissance de nos actions et prises de position en vous rendant sur mon site de campagne (www.nda2012.fr), et particulièrement sur la page de présentation des 37 mesures-phare que j’ai dévoilée le 22 janvier http://www.debout-la-republique.fr/sites/default/files/ brochure_37_propositions_web.pdf#utm_source=projet0212&utm_medium=site&utm_ca mpaign=dldirect&utm_content=node ou sur mon blog (http://blog.nicolasdupontaignan.fr/) et qui seront complétées d'ici au premier tour de l'élection présidentielle par d'autres annonces, ou encore sur Facebook et Twitter, où je suis très présent aussi. Espérant avoir répondu à vos interrogations, vous remerciant de votre intérêt et vous assurant de ma volonté de rendre aux forces de la Gendarmerie toute leur place au sein de notre République, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de toute ma considération.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Candidat à la présidence de la République Député de l’Essonne – Maire d’Yerres

A la date de clôture de notre magazine d’avril, nous n’avons pas reçu d’autres réponses à nos courriers (malgré quelques engagements à nous les adresser). Cet état de fait nous confirme dans notre impression que pour certains candidats les gendarmes sont laissés pour compte. Si d’autres réponses nous parviennent avant le premier tour, nous les publierons directement sur la page d’accueil de notre site, rubrique « communiqués ». http://sites.google.com/site/assogendarmesetcitoyens/ 17


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es policiers municipaux épinglent le comportement de certains responsables de collectivités locales et la bienveillance de la CNIL. ous vous livrons in-extenso le communiqué de l’Union Syndicale Professionnelle des Policiers Municipaux. « En 2010 l'Union Syndicale Professionnelle des Policiers Municipaux avait entendu attirer l'attention sur l'absence de prise en considération par de très nombreuses collectivités locales des dispositions de l'Arrêté Ministériel du 14 avril 2009, autorisant la mise en œuvre de traitements automatisés dans les communes ayant pour objet la recherche et la constatation des infractions pénales par leurs fonctionnaires et agents habilités une situation qui avait fait réagir les services du ministère de l'Intérieur qui étaient venus rappeler les dispositions qui s'imposaient aux collectivités locales en cette matière par une circulaire. Sans aucun effet. Par la suite le syndicat devait se résoudre à déposer plusieurs saisines auprès de la CNIL pour violation de la loi et souhaiter que celle-ci opère face à un véritable phénomène d'ampleur nationale des contrôles auprès des collectivités locales, considérant que nombre de fonctionnaires ne disposant pas des qualités requises par la loi, disposaient d'un accès direct aux données recueillies ce qui constituait un délit pénal, parfois même que ces mêmes collectivités locales usaient de certains subterfuges pour détourner la loi. La CNIL ayant opéré des contrôles vient confirmer que le syndicat était fondé à soulever l'existence d'un tel phénomène, notamment l'existence d'un accès direct aux données recueillies par les services de police municipale et nationale à des personnes ne pouvant y prétendre. Se pose la question plus épineuse de la simple communication de ces données à des tiers n'ayant pas qualité pour en connaître au sens de l'Arrêté


Ministériel, comme les Directeurs Généraux des Services, les Directeurs contractuels de la sécurité et autres fonctionnaires au sein des communes par les maires responsables du traitement, une situation dont l'existence ne peut qu'être très difficile à mettre en évidence et qui cependant constitue également un délit. Si la CNIL dit avoir saisi monsieur le ministre de l'Intérieur de l'existence de cette situation, cette violation de la loi est délictueuse. Un délit réprimé par le Code pénal d'une peine d'emprisonnement de 5 ans et 300.000 euros d'amende, et nous ne pouvons que douter des moyens que pourraient mettre en place le ministère de l'Intérieur pour imposer l'application de la loi par les collectivités locales et leurs responsables que sont les maires. Outre la violation de l'Arrêté Ministériel, ces derniers mois, l'USPPM a été conduite à constater que nombre de collectivités n'avaient pas satisfait à l'obligation de déclaration préalable de ces fichiers, ce qui même par négligence constitue un délit passible des mêmes peines. Plusieurs parquets ont été saisis. La CNIL disposant d'un pouvoir de sanction, nous attendons désormais, dès lors que ses contrôles ont mis en évidence à juste titre la violation de la loi, qu'elle use de ce pouvoir coercitif, le seul manifestement de nature à pouvoir mettre un terme à une telle violation de la loi qui engage non seulement la responsabilité des fonctionnaires qui parfois n'en ont pas la conscience et qui docilement obéissent ce que les organisations syndicales ne peuvent admettre, mais au delà porte une atteinte véritable aux droits des tiers».

Le Bureau National de l'USPPM

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« Le suicide. Ce moyen qui nous soustrait à

la persécution des hommes »

François-René de Chateaubriand Essai sur les Révolutions


Suite à notre dossier paru dans le magazine de septembre, nous avons eu de nombreux contacts et reçu des témoignages pour nous dire de maintenir une certaine « pression » afin que le problème récurrent des autolyses soit mieux pris en compte dans l’armée en général, et la gendarmerie en particulier. Nous avons décidé de publier, de façon régulière, malheureusement, un témoignage destiné à mieux faire connaître ce drame violent et permanent des gens qui nous quittent. Nouvelle République du Centre Ouest, 6 mars 2012: Émotion et colère à La Poste après le suicide d'un cadre 06/03/2012 05:24 Les collègues du jeune cadre de La Poste qui s'est suicidé mercredi sur son lieu de travail ont salué sa mémoire par des applaudissements, lundi, pendant un hommage organisé devant la poste centrale de Rennes. Au bord des larmes, sa compagne Élodie Briand a dit quelques mots à la presse pour appeler « toutes les personnes qui souffrent, qui se sentent seules et incomprises, à réagir ou à accuser le système » qui, selon elle, a broyé son compagnon. Emus et silencieux, entre 100 et 200 salariés et fonctionnaires de La Poste ont participé au rassemblement organisé à l'heure où leur collègue a sauté du dernier étage. Vos commentaires (1) christian contini>06/03/2012 10:51:38 Suicides dans la fonction publique. Je comprends le désarroi et la colère des proches et camarades de ce jeune cadre de la poste qui s’est donné la mort. Au delà de la tristesse et faute d’avoir une solution il est primordial de faire connaître ces drames. Je remarque cependant que toutes les branches de la fonction publique n’ont pas le même traitement médiatique. Concernant les forces de sécurité je note plusieurs cas de suicides: 4 février, un gendarme affecté dans les pays de la Loire, 14 février un autre gendarme qui servait dans les Vosges, 19 février, un gendarme du peloton autoroutier de AITON (73), 27 février un quatrième en poste à point-à-pitre et récemment, le 4 mars, un gendarme de Clermont Ferrand. On peut ajouter un policier de Dunkerque qui s’est donné la mort le 27 février. Qui en a parlé ? Ce sont des gens qui disparaissent en silence comme si la police et la gendarmerie avaient honte de ces drames, comme si les suicidés des forces de l’ordre n’intéressaient pas les médias. Pourtant ces morts laissent aussi des familles, des proches et des collègues dans la tristesse le désarroi et la colère. Christian Contini. Coulommiers-la- Tour. 41. 21


CENTRE ÉDUCATIF FERMÉ FERMÉ,, CRÉATION OU REPRISE DE DISPOSITIFS ANCIENS ANCIENS..

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epuis quelques mois et en particulier depuis le début de la campagne électorale, je découvre que les politiques de « tous bords » ont un brusque en-

sassinat d’une jeune fille, Agnès, ont remis au goût du jour ces structures créées en 2003 suite à la loi Perben de 2002.

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eaucoup seraient favorables à la détention, mais c o mm e n t s’appuyer sur ce genre de sanction alors que les maisons d’arrêt sont surpeuplées. Chez les candidats à l’élection présidentielle, chacun y va de sa création de CEF, l’un en annonce 80, l’autre gouement pour les centres édu- veut en créer 20 nouveaux. catifs fermés. Ces établissements sont destinés à des miourtant, tous savent que neurs de 13 à 18 ans, une douces structures ne peuvent zaine par centre, encadrés par accueillir qu’une infime minorité une vingtaine d’éducateurs. des mineurs délinquants interpellés pour des faits graves. articulièrement gourmands On a même entendu proposer, à en effectifs leur coût est de droite comme à gauche, un en600 euros par jours et par mi- cadrement militaire alors que neurs, lesquels ne restent pas tout le monde peut constater plus d’un an (pour que le choc que l’armée a bien du mal à assoit moins rude) et se voient of- sumer ses missions avec les effrir des places en foyers d’ac- fectifs dont elle dispose. cueil à leur sortie. Le viol et l’as-

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u risque de passer pour un arriéré rétrograde, je prétends que la loi Perben n’a rien inventé en créant ces CEF. Elle n’a fait que reprendre le principe d’établissements qui existaient déjà il y a une cinquantaine d’années. On appelait ça les maisons de correction ou les centres de redressement. l’époque quand on menaçait un jeune d’aller y faire un séjour c’était une bonne prévention car ces établissements

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Les fugueurs, toujours repris, étaient sévèrement sanctionnés et perdaient vite l’envie de récidiver.

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’arrête là cette relation genre « Images d’Epinal ». Je ne voudrais pas me voir attaqué pour incitation à la violence à l’encontre de ces chères têtes blondes victimes de la société. Je pense que mes craintes sont fondées quand je vois un Maire condamné pour une gifle que j’estime amplement justifiée. Je sais, je suis d’une autre époque, celle où on pouvait se promener le soir sans risquer d’être agressé.

Christian Brana

n’étaient pas destinés aux enfants de chœur et l’encadrement ne se composait pas de sœurs de charité. Ce qui était positif c’est que les « pensionnaires » de ces établissements y apprenaient un métier et ne ressortaient pas les mains vides mais avec de quoi subvenir à leurs besoins. Je reconnais qu’au niveau de la discipline les traitements étaient plutôt homéopathique « tisanes de manches de pioches » ou « infusions de feuilles de piquets de parcs ». 23


LOGEMENT GRATUIT, PARLONS PARLONS--EN !

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ous avions déjà évoqué les fuites d’eau, les verrous de portails défaillants et autres problèmes dans les casernements gendarmerie. p r è s l’hiver particulièrement froid que nous venons de connaître, je voudrais vous parler de la qualité de l’isolation thermique de certains appartements. une époque où nous entendons parler d’aménagement des bureaux pour éviter que les victimes ne croisent leurs agresseurs il serait bon de trouver également d’autres crédits pour assurer un minimum de confort aux gendarmes et à leurs familles. ans cette caserne du début des années 90, chef lieu de département, le chauffage des appartements est un problème récurrent. Avec l’hiver rigoureux que nous venons de subir, il est arrivé que la température ne dépasse pas 15

degrés dans un appartement où vivent de très jeunes enfants, la cadette n’étant âgée que de quelques mois. râce à une absence d’isolation des murs qui dégoulinent d’humidité, à des

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menuiseries disjointes qui laissent passer l’air au point que les rideaux bougent, à un local ouvert à tous les vents séparé de la cuisine par une simple porte disjointe, nous arrivons à des températures qui atteignent péniblement les 13 degrés à certaines heures du jour. A croire que les plans ont été récupérés alors qu’ils étaient destinés à la construction d’une caserne aux Antilles.

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omment, pour un jeune chef de famille ne pas être en colère ?


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ans une autre caserne occupée en 1996, le chauffage collectif au gaz, muni d’un compteur de thermies, ne parvient pas à fournir une température acceptable. On en arrive à condamner des fenêtres pour créer une isolation supplémentaire et, malgré ce bricolage, il est nécessaire de se couvrir de vêtements très chauds pour vivre dans l’habitation. ace à ces divers problèmes les services chargés des affaires immobilières se défendent tant bien que mal, la première méthode consiste à invoquer le manque de crédits. La seconde plus radicale n’hésite pas à essayer de faire passer les occupants des logements pour des menteurs.

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ue reste-t-il comme possibilités pour les gendarmes « bénéficiaires » de ces logements concédés par nécessité absolue de service ? Ils pourraient faire constater la mauvaise qualité ou l’inefficacité des équipements par huissier ou par les services sanitaires mais attention aux retours de

bâtons de la hiérarchie. Il reste l’achat d’équipements d’appoint qui ont pour effet de provoquer l’envol du montant de la facture de chauffage. es appareils de secours pourraient bien provoquer des accidents (CO2 ou surcharge électrique).

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ui sera responsable des drames qui pourraient se produire ?

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e n’ai pas la réponse mais il vaut mieux se poser la question dès l’hiver prochain pour assurer ses arrières.

Rochambeau

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19 février . Amiens (60). Une voiture sérigraphiée de la police municipale a été incendiée. Une quinzaine d'individus cagoulés ont ensuite lancé des projectiles sur les policiers sans faire de blessés. 22 février Sotteville-lès-Rouen (76). Un jeune homme âgé de 20 ans et son complice présumé, âgé de 37 ans, ont été interpellés pour des violences avec arme sur des fonctionnaires de police. Le plus jeune des deux suspects a tiré quatre flèches sur des gardiens de la paix avec une arbalète. Aucun blessé n’a été déploré. C’est en intervenant sur un accident de la circulation que les policiers ont été pris pour cibles. Le 22 février et les jours suivants, des violences ont été commises à La réunion pour protester contre le coût de la vie sur l’Île. Une dizaine de policiers et gendarmes ont été blessés lors des échauffourées. 3 mars, Sainte-Clotilde, un policier balafré au visage au cours d’un contrôle. L’agresseur de 24 ans, déjà connu pour violences, a attaqué sa victime par derrière avec un tesson de bouteille. 4 mars, à Rouen (76) un policier a fait usage de son arme pour disperser une quinzaine d’individus qui s’en prenaient à lui et aux véhicules de police stationnés devant le commissariat. Les agresseurs utilisaient des cocktails Molotov et des boules de pétanque comme projectiles. 5 mars à Nice, une patrouille de la police municipale, composée de deux agents, engage la poursuite d’un véhicule suspect. Au cours de cette opération le conducteur de la voiture perd le contrôle de son véhicule qui finira contre un arbre. Les deux policiers sont blessés. Le véhicule suspect sera intercepté avec ses deux occupants âgés de 18 ans, il s’agissait d’une voiture volée. Trois policiers municipaux ont été blessés à Annecy en l'espace de quelques jours. Tout d'abord le 6 mars : une policière a été trainée par terre par le conducteur d'un scooter au moment de son interpellation. Puis deux policiers municipaux ont été insultés et également blessés par un individu dans la nuit du 7 au 8 mars dans le cadre d'une interpellation pendant laquelle l'homme s'est rebellé.


11 mars, Aix-en-Provence, trois policiers du commissariat ont été agressés par un homme muni de bâtons et de gants utilisés pour les sports de combat, il était également porteur d’un couteau dans une de ses poches. Les trois policiers ont été blessés aux mains, au visage et aux jambes, leur agresseur, âgé de 23 ans, connu pour des problèmes psychiatriques, a été hospitalisé d’office. 13 mars, entre Roujan à Pézenas 34, une voiture de gendarmerie a percuté plusieurs platanes. Si le conducteur est légèrement blessé, sa collègue, passager avant, a été éjectée et présente de lourdes séquelles. Cet accident résulte d’une rébellion du gardé à vue, assis à l’arrière, que les militaires conduisaient à l’hôpital pour examens médicaux. Non menotté, le mis en cause s’est subitement jeté sur le conducteur du véhicule de gendarmerie qui a perdu le contrôle. 15 mars Poitiers (86), à la suite du prononcé d’un verdict de cours d’assise, un témoin de l’accusé, furieux de la condamnation, a agressé d’un violent coup à la tête un policier du service d’ordre. 17 mars, Miramas (13) appelés pour prêter secours à un blessé sur la voie publique, les policiers municipaux ont été accueillis par des jets de pierre et de cocktails Molotov. Un peu plus tard, c’est le bureau de police municipal qui a été la cible d’un jet de cocktail molotov heureusement sans dégât. 17 mars à Capestang (34) deux cocktails molotov ont été jetés dans la cour de la gendarmerie, heureusement sans provoquer de dégâts. 21 et 22 mars, lors des assauts donné à Toulouse pour neutraliser le terroriste qui a assassiné des parachutistes, un enseignant et des enfants d’une école juive, cinq policiers du RAID ont été blessés par des tirs du meurtrier. Les blessures sont heureusement sans gravité.

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PADCHANCE ET LA ROUTE MEURTRIÈRE (26) l est une chose qu’aucun gendarme ne parviendra jamais à éviter, c’est la hantise de l’accident routier, de l’arrivée sur les lieux et du tableau qui va se pré-

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senter, les plaintes des blessés, l’horreur des blessures, le désarroi des personnes impliquées. La circonscription de la brigade de Thiron-Gardais est découpée en plusieurs zones attribuées à des casernes de pompiers différentes, en majorité des volontaires. Pour le chef lieu de canton se sont les gendarmes qui actionnent la sirène pour alerter les volontaires. De ce fait il est fréquent que les pandores soient les premiers sur place. Arriver sur un accident, porter les premiers secours en attendant les pompiers, il est évident que la formation donnée en école pour obtenir le brevet national de secourisme (BNS) est bien légère. Les pompiers de Nogent-leRotrou dispensent des cours pour obtenir le brevet « ranimation », un échelon

au dessus du BNS. Padchance et Olivier, le plus jeune de la brigade, décident de se lancer. Les cours ont lieu le soir et en organisant le service les deux volontaires peuvent aller parfaire leur formation. Tout se passe dans une excellente ambiance et c’est l’occasion de découvrir de nouvelles relations. Les cours consistent principalement à restituer et mettre en pratique le contenu d’un fascicule. Lors de l’examen les deux gendarmes rafleront les deux premières places, ils n’ont pas un grand mérite car ils sont en formation permanente alors que pour d’autres candidats civils, qui ont arrêter d’étudier depuis pas mal de temps, le travail est beaucoup plus compliqué. Vu les résultats obtenus, Olivier et Padchance se sentent obligés de se lancer dans la spécialité suivante « secourisme routier ». Cette formation est plus intéressante, elle permet de comprendre le fonctionnement des pompiers, elle amène aussi à faire des exercices en situation avec transports sur les lieux, premiers secours, désincarcérations. Le tout est clôturé par un accident reconstitué en pleine route avec blessés incarcérés, prothèses simulant blessures graves ou fausses hémorragies, tout est mis en place avant de lancer l’alerte. Il faut imaginer les automobilistes de passage que des gendarmes, très décontractés, font ralentir et qui passent devant une voiture complètement détruite de la-


-quelle sortent les gémissements des p a s s a g e r s g r av e m e n t b l e s s é s (répétition certainement). Certains sont totalement scandalisés jusqu’à ce qu’un gendarme leur donne l’explication mais ils ont du mal à admettre que les « figurants » leur aient joué une telle comédie. Munis de leurs trois brevets Padchance et Olivier essaieront toujours de mettre leurs connaissances en pratique. Le plus jeune ira jusqu’à un bouche à bouche sur un conducteur incarcéré dans l’épave de sa voiture alors qu’il était connu comme un ivrogne notoire. La pire chose qui puisse arriver c’est de se rendre sur un accident dans lequel sont impliquées des personnes proches. Padchance est chez lui, de repos, il est vingt heures lorsque la sirène signale un accident. En même temps arrive l’épouse d’un gendarme qui lui apprend qu’il s’est produit sur la route qu’empruntaient des amis qui venaient de passer à la brigade. Il se rend aussitôt sur les lieux pour constater que c’est bien la voiture de ces personnes qui est sortie de route en ligne droite, l’avant a « piqué » dans un fossé perpendiculaire provoquant soleils et tonneaux. Le conducteur a été éjecté à 20 mètres du point de choc il est semi-inconscient, la fillette de 4 ans se retrouve sur la route, au milieu des éclats de verre, elle n’a pas perdu connaissance. La passagère n’a pas été éjectée mais elle est manifestement la plus atteinte bien que ne présentant pas de blessures paraissant graves. Padchance constate qu’elle est dans un coma profond et qu’il va lui falloir d’urgence une assistance médicalisée. Dès l’évacuation il passe à son domicile prévenir son épouse de récupérer le fils de ses amis pour l’héberger. Il se rend ensuite à l’hôpital où le chirurgien de permanence ne s’est pas présenté, il ne viendra jamais. L’interne de ser-

vice est totalement dépassé et fait appel à ses collègues pour lui venir en aide. Padchance restera là jusqu’à trois heures du matin, avec des pompiers prêts à prendre la blessée en charge pour une évacuation. Ce n’est qu’après une violente colère que la jeune femme sera évacuée sur un service hospitalier digne de ce nom (il attendait l’avis du chirurgien de permanence pour donner son feu vert). Il s’en suivra plus de trois mois de coma pour la blessée, une prise en charge rapide aurait-elle pu limiter les dégâts ? Seul le milieu médical aurait pu le dire. Suite à cette expérience un système d’urgence officieux sera mis en place. A chaque accident grave, un médecin du village est mis à contribution. Appelé par l’intermédiaire de la brigade il arrive pour donner les premiers soins et exiger des pompiers que le ou les blessés graves soient envoyés vers l’hôpital de Chartres. Il embarque dans l’ambulance avec les victimes jusqu’à la rencontre avec le samu envoyé au devant des secouristes locaux. Ce sont les gendarmes qui ramènent la voiture du médecin chez lui. Cette méthode aura-t-elle permis de

sauver des vies ? D’éviter des conséquences trop graves pour les blessés ? On ne peut l’affirmer mais c’était quand même un système qui se créera ultérieurement avec les services médicaux d’urgence et de ranimation (SMUR). 29


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AGEC MAGAZINE AVRIL 2012