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ZU Culture Tendances Lifestyle City magazine Gratuit

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Strasbourg Hiver 2017

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Zut team

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Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Administration et gestion Gwenaëlle Lecointe Rédaction en chef Emmanuel Abela Sylvia Dubost Secrétaire de rédaction Cécile Becker Directeur artistique Hugues François Design graphique Hugues François Clémence Viardot Directrice artistique mode et tendances Myriam Commot-Delon Responsable promotion & partenariats Caroline Lévy Chargée de projets & développement Léonor Anstett Stagiaire communication & rédaction Honorine Peter

Commercialisation & développement Bruno Chibane +33 (0)6 08 07 99 45 Caroline Lévy +33 (0)6 24 70 62 94 Philippe Schweyer +33 (0)6 22 44 68 67 Alexandre Zebdi +33 (0)6 48 14 30 86 Céline Loriotti

Rédacteurs Emmanuel Abela, Cécile Becker, Myriam Commot-Delon, Mégane Dongé, Sylvia Dubost, Justine Goepfert, Jean HansMaennel, Alice Herry, Caroline Lévy, Antoine Ponza, Philippe Schweyer, Romain Sublon, Alexandre Zebdi Stylistes Myriam Commot-Delon Caroline Lévy Photographes Pascal Bastien, Alexis Delon / Preview, Hugues François, Maxime Gautherot, Christophe Urbain, Henri Vogt Illustrateurs Laurence Bentz Laetitia Gorsy Retouche numérique Emmanuel Van Hecke / Preview Modèle Anna Sholohova / Up Models www.dmg-paris.com Coiffure Gregory Alcudia / Avila Make-up et manucure Maili Nguyen / Avila

Ce magazine trimestriel est édité par chicmedias 12, rue des Poules 67000 Strasbourg +33 (0)3 67 08 20 87 S.à.R.L. au capital de 37 024 euros Tirage : 9000 exemplaires Dépôt légal : décembre 2017 SIRET : 50916928000013 ISSN : 1969-0789

Impression Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex Diffusion Novéa 4, rue de Haguenau 67000 Strasbourg Abonnements abonnement@chicmedias.com

Crédits couverture

Pull Céline chez Ultima. Boucles d’oreilles en or jaune, collection Pépites, Eric Humbert. Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Anna Sholohova www.upmodels.fr Coiffeur Gregory Alcudia / Avila www.avila-coiffure.com Maquillage et manucure Maili Nguyen / Avila Post-prod Emmanuel Van Hecke / Preview Lieu Sur le toit du Zénith de Strasbourg www.zenith-strasbourg.fr Studio Photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen www.preview.fr

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collection Menottes dinh van - dinhvan.com

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10 ÉDITORIAL 12 TU VIENS DE STRAS,

TOI ?

#6 : Noé Debré

14 AU BON PARFUM

#34 : Eau d’Hermès, Edmond Roudnitska

18 POP-UP ZUT

Zut invite des créateurs, des éditeurs et des labels dans sa boutique éphémère de Noël.

26 LES DESSOUS DE TABLE Yan Gilg & Barbara Morovich

32 STRASBOURG VU PAR Julien Voarick Kankyo Tannier Benjamin Samson, Anthony Grutter & Jérémie Bouchet Romain Corato Aude Koegler Éric Polo-Grillo Delphine Magisson Régis Schneider Aurélie Tordjman

50 SOCIÉTÉ

Entretien avec le professeur Israël Nisand, chef du service gynécologieobstétrique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg et co-fondateur du Forum européen de la bioéthique.

57 — Culture 58 ILLUSTRATION

Tom Gauld sort En cuisine avec Kafka aux Éditions 2024. Interview avec un auteurillustrateur passionné par l’ordinaire et l’absurde.

62 MUSIQUES

Originaire de Strasbourg, la musicienne et comédienne Léopoldine HH mêle à sa musique amour de la poésie, de la littérature et du théâtre. 6

64 ARTS

Une fresque de la peintre AnneSophie Tschiegg dans un bâtiment signé Richter Architectes et commercialisé par Vinci.

66 PHOTOGRAPHIE

Parti en résidence en Colombie, le photographe Guillaume Chauvin est revenu chargé d’images et de mots. Portfolio commenté.

70 NEUE VAGUE

Le cabaret onirique

72 INSTANT FLASH

Yasmine Hamdan Guillaume Gallienne Arrested Development John Maus Lola Lafon

82 SÉLECTIONS Les sélections de la rédaction


Roppenheim The Style Outlets The Style Outlet Center Strasbourg Arcades Rue Des Grandes Arcades 10

Strasbourg Rivétoile Centre Commercial Rivétoile Place Dauphine, 3


87 — Tendances 88

  S ÉRIE

MODE

The Roof

Dossier Schilick 154 S CHILTIGHEIM :

LE RÉVEIL

Une ville où habiter, travailler, se cultiver…

100 N OËL

Une liste désirable de cadeaux à mettre sous le sapin.

156 P OURQUOI

SCHILTIGHEIM ?

110 B IJOUX

Brillez et puis Zut

Eve Rizzotti-Donas (CMCO) Olivier Weber (Soparho) Aurélien Moussan (AMC)

112 O PTIQUE

Jacques Marmet

114 U RBAN STYLES Si senior !

116 S ÉLECTIONS Les sélections de la rédaction

123 — Lifestyle 124 S PORT

Le sport hors les clubs #2 : à l’hôpital psychiatrique de l’EPSAN.

130 Z UT À TABLE

Les lieux Le Cheval Blanc, Le Théâtre du vin, Pâtisserie Gat’Ô, Vinoteca Maxima.

132 Z UT À TABLE

Brèves de comptoir Les nouveaux lieux miam.

144 Z UT À TABLE

Zut X Manolya Coffee La boisson de la saison.

146 S ÉLECTIONS Les sélections de la rédaction

162 S CHILICK GOURMET

Reportage aux Halles du Scilt.

166 S CHILICK GASTRO-

NOMIQUE

Portrait de Xavier Jarry, chef de La Fabrique.

168 S CHILICK INNOVANT

Reportage dans le worklab de Steelcase, où l’on invente les espaces de travail de demain.

170 S CHILICK CULTUREL Un agenda d’hiver.

172 C ITY TOUR

Nos bonnes adresses à Schiltigheim.

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Z UT Édito

Une choucroute avec Julia Roberts Par Philippe Schweyer

J’étais affalé dans mon canapé en train de relire mes vieux numéros de Rock&Folk quand je me suis souvenu de mon rendez-vous avec Julia Roberts. Pour ne pas la faire attendre, j’ai enfilé mon gros manteau d’hiver et je suis sorti sans prendre le temps de me regarder dans la glace. Je supposais que si elle tenait tant à passer la soirée avec moi, ça devait être pour autre chose que pour mon physique. Dix minutes plus tard, j’ai retrouvé Julia installée à une petite table tout au fond du restaurant. Elle ne m’avait pas attendu pour commander. - Hello Julia. Sorry pour le retard. Beaucoup de boulot chez Zut en ce moment. - T’inquiète Phil. J’avais une faim de loup. Je viens juste de commencer ma choucroute aux poissons. Tu veux goûter ? - Pas la peine, je vais prendre la même chose. - J’adore la choucroute ! - Tu ne dois pas en manger souvent à Hollywood.

- Si, mais ce n’est pas la même ambiance… Tu as l’air so tired… - Je bosse beaucoup. Un magazine, c’est du boulot. - Tu devrais venir à Hollywood avec moi ! Le cinéma, c’est plus relax que ton bloody job. - Tu crois ? Pour quoi faire ? - Des films comme William ! - William ? - William Wyler ! Tu sais qu’il est né à Mulhouse ? C’est dans le coin, non ? -F  unny girl ! - Tu me trouves drôle ? - C’est le titre d’un de ses films… - Arrête ton char… -B  en Hur ! Julia s’est mise à rire comme une gamine. Elle avait déjà bien entamé la bouteille de Riesling. Je devinais une discrète fragilité chez elle. J’ai caressé doucement sa main avec ma serviette pour la rassurer. Après avoir vidé son verre, elle m’a regardé droit dans les yeux : - Phil, je viens d’avoir 50 ans. - Cool.

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-P  hil, ce n’est pas cool du tout. Je déteste vieillir. - T outes les actrices sont comme ça. Moi, je me sens très bien depuis que j’ai eu cinquante ans. - T oi tu es un homme. Pour une femme, c’est différent. - Les femmes vivent plus longtemps. -À  quoi bon vivre si je ne ressemble plus à rien ? -C  ’est à moi que tu poses la question ? Ça fait cinquante ans que je ne ressemble à rien ! Toi tu as des jambes d’un mètre de long d’après ce que j’ai lu sur Wikipédia et tu as un regard qui me fait fondre à chaque fois que je te vois au ciné. -C  ’est vrai ? -B  ien sûr que c’est vrai. Tu sais, ce film, Erin Brockovich, seule contre tous, à chaque fois qu’il passe à la télé je ne peux m’empêcher de chialer, tellement tu es touchante ! -W  ouah ! Tu sais si bien parler aux femmes Phil ! -S  i seulement… -C  rois-moi, si ce n’était pas le cas, je ne serais pas en train de manger une choucroute avec toi. Toi au moins, tu ne risques pas de me harceler comme ces gros porcs d’Hollywood ! - Ah bon ? Et pourquoi ? - T u es beaucoup trop gentil et tu n’as aucun pouvoir… Julia s’est remise à rire de plus belle. J’ai baissé la tête dans ma choucroute pour ne pas lui laisser deviner mon inquiétude pendant qu’elle commandait une autre bouteille de Riesling. -C  e soir, c’est moi qui invite ! J’ai relevé la tête, rassuré. J’étais gentil et fauché. Je n’étais pas un gros porc plein de fric. J’étais l’homme idéal. Julia Roberts avait un sacré flair.


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Chronique

Photo : DR

№ 06

Tu viens de Stras toi ? NOÉ DEBRÉ Par Caroline Lévy

C’est qui, lui ? Jeune prodige du cinéma français, à 31 ans il co-écrit comédies et films dramatiques qui lui ont notamment valu de toucher le graal avec une Palme d’Or à Cannes en 2015 pour Deephan de Jacques Audiard. Alors ado strasbourgeois, le cultissime The Big Lebowski a certainement révélé sa vocation pour le 7e art, qu’il explore depuis avec Brio tout en brouillant les pistes. Son regard sur sa ville natale a évolué depuis qu'il l'a quittée. Son passage strasbourgeois « J’ai vécu à Strasbourg jusqu’à mes 18 ans. Après un Bac obtenu au lycée

Kléber, j’ai rejoint La Sorbonne avant de faire une école de cinéma à Paris. » Son empreinte « C’est en lisant à 20 ans un livre de Max Weber sur l’influence d’un territoire et de sa religion que je me suis rendu compte à quel point l’Alsace et tout particulièrement Strasbourg baignaient dans une culture protestante, qui a nettement forgé ma personne… » Son héritage « La question de la culture européenne est évidente ici ! En plus d’avoir été dans une classe européenne 12

au lycée, j’observais depuis la fenêtre de ma chambre le Parlement européen ! En quittant Strasbourg, on prend alors conscience que cette dimension n’est pas évidente ni concrète dans le reste de la France, alors qu’elle est primordiale. » Son identité « Je suis un juif alsacien. Quand on est originaire de Strasbourg, on n’est ni vraiment ashkénaze ni sépharade, mais alsacien ! Les premiers ont été déplacés d’Europe centrale et orientale, les seconds sont issus d’Espagne. Mais les juifs d’ici, eux, ont toujours été là. C’est une singularité extraordinaire. » Son rituel « Depuis le lycée, le cinéma Odyssée a développé ma cinéphilie. La programmation est géniale et j’essaie d’y venir lorsque je suis de passage. » Ce qui lui reste d’ici « Ma famille. La dernière fois que je suis venu, c’était pour me marier ! » Co-scénariste du film Le Brio d’Yvan Attal, actuellement en salles.


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Chronique

№34

Au bon parfum EAU D’HERMÈS, EDMOND ROUDNITSKA, 1951 Par Sylvia Dubost Illustration Laetitia Gorsy

En 1944 émerge sur la scène l’un des plus grands génies de la parfumerie. Edmond Roudnitska crée pour Rochas un fleuri-fruité où domine la rare note de prune : Femme, son premier parfum, est un succès planétaire. Cet autodidacte, électricien de formation qui apprend la parfumerie sur le tas dans une maison de Grasse où il est affecté à un laboratoire, signera quatre autres créations pour la maison de couture. Lecteur convaincu de L’Esthétique de Kant qu’il reprendra dans son L’Esthétique en question, il développe une philosophie de l’odorat et défend la parfumerie comme le 8e art. À la fin des années 40, sa rencontre avec Christian Dior et le lancement de Diorama marque le début d’une des collaborations les plus fécondes de l’histoire de la parfumerie. Mais avant Diorissimo et Eau

sauvage, chefs-d’œuvre absolus dont nous reparlerons ici, ce parfumeur cérébral fait une infidélité à Monsieur Dior. Émile Hermès, fils du fondateur Thierry Hermès, lui demande de créer le premier parfum de la maison. Roudnitska signe alors une création pour le moins étrange. Une fausse eau fraîche qui, passée l’envolée hespéridée qui sème le doute, se fait d’abord épicée et sensuelle, puis animale voire, pour certains, aphrodisiaque. Des agrumes acidulés aux aromates, de la note cumin très prononcée et toujours un peu sale au lit de cuir et bois un peu fumé : l’Eau d’Hermès est un vrai voyage olfactif, qui nous emmène si loin du point de départ qu’on ressort comme désorienté, presque hagard, de cette expérience « stupéfiante ». Roudnitska y rend évidemment hommage 14

aux beaux cuirs de la maison Hermès, qui sont ici clairement à l’état sauvage. Étonnant pour une maison luxe à la clientèle très bon chic bon genre, qui renouera quelques décennies plus tard avec la belle parfumerie, toujours sophistiquée mais bien plus bridée. Chic et luxe, l’Eau d’Hermès l’est incontestablement, par la beauté de ses matières et la virtuosité de sa composition. Jean-Claude Ellena, parfumeur maison d’Hermès de 2004 à 2016, la considère même comme « le parfum des origines. L’ultime raffinement.  » Elle est avant tout troublante et sans concessions. Clairement mixte (mais surtout pas androgyne), elle pousse à son paroxysme la féminité aussi bien que la virilité. Mais en évitant le sillage trop prononcé pour rester lovée contre la peau, l’Eau ne franchit jamais les limites du bon goût. Du grand art. Et une création singulière dans l’œuvre de Roudnitska, qui entame ensuite le virage vers ce qui sera sa signature : des parfums tout en légèreté, comme gorgés d’eau, où dominent les notes fraîches et cette sensation de transparence immaculée qui inspirera tant de parfumeurs après lui. On l’aime d’autant plus qu’elle ressemble à une apparition…


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POP—UP ZUT Photos Alexis Delon | Preview Post-prod Emmanuel Van Hecke | Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Assistante Honorine Peter

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02 → 23 décembre Lun. au dim. 14h à 19h La Vitrine 14, rue Sainte-Hélène www.chicmedias.com

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Trousse de toilette Joséphine, petit modèle, La Cerise sur le Gâteau. www.lacerisesurlegateau.fr ——— Vinyle 33T, We’re all set par Original Folks LP, Médiapop Records (en partenariat avec Rival Colonia). www.mediapop-records.fr ——— Revue annuelle Cercle Magazine, costumes N°4. www.cerclemagazine.com ——— Livres Go d’Alice Durel et Mon AVC d’Yves Tenret, les deux édités chez Médiapop Editions. www.mediapop-editions.fr ——— Savons n° 3 (Douceur de vivre), n°4 (L’appel du large) et beurre de karité bio, non parfumé et sans allergènes, pot de 100g, le tout L’Esperluète. www.lesperluete.com ——— Page de gauche : céramiques Laurence Labbé. www.laurencelabbe.com 19


Cut, la revue Cinéma, n°3. www.cutleblog.wordpress.com ——— Livre Dans l’infini, auteur G.RI, Éditions 2024. www.editions2024.com ——— Livre auto-édité par la peintre alsacienne Anne-Sophie Tschiegg sur sa production des années 2016 / 2017. www.astschiegg.blogspot.fr ——— Boules de Noël Rotor 2017 en verre soufflé, design Helène Gaulier et Gwenolé Gasnier (Agence GG), CIAV. www.ciav-meisenthal.fr ——— Bougie parfumée Cuir de Florence, Le Chat dans l’Armoire. www.lechatdanslarmoire.com ——— Coffret CD/DVD Colt Silvers Orchestral (Colt Silvers + Orchestre philharmonique de Strasbourg), Deaf Rock Records. www.label.deafrock.fr ——— Page de droite : céramiques Barbara Lebœuf. www.barbara-studio.fr 20


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Album jeunesse / conte, Anna qui chante de Sonia Paolini et Eloïse Rey, Éditions Biscoto. www.biscotojournal.com ——— Tirage riso 4 couleurs, exemplaire numéroté et signé, illustration de Pierre Faedi, Central Vapeur. www.centralvapeur.org ——— Livre Cinéphilies, l’intégrale, revue Cut. www.cutleblog.wordpress.com ——— Livre / récit La vie et les confessions d’Oscar Wilde de Frank Harris, éditions La Dernière Goutte. www.ladernieregoutte.fr ——— Boule de Noël Rotor 2017 en verre soufflé, design Helène Gaulier et Gwenolé Gasnier (Agence GG), CIAV. www.ciav-meisenthal.fr 22


Sérigraphie 4 couleurs Métamorphose de Jeremy Perrodeau, imprimé par l’atelier OASP, Éditions 2024. www.editions2024.com ——— Plateau en porcelaine perforée Barbara Lebœuf. www.barbara-studio.fr ——— Pochette brodée Bluetherapy Peacock, collection Mamie Boude x La Cerise sur le Gâteau, La Cerise sur le Gâteau. www.lacerisesurlegateau.fr ——— Boule de Noël Rotor 2017 en verre soufflé, design Helène Gaulier et Gwenolé Gasnier (Agence GG), CIAV. www.ciav-meisenthal.fr 23


Sérigraphie 5 couleurs Le Bateau de Simon Roussin, Éditions 2024. www.editions2024.com ——— Livre CUT, Une courte histoire du cinéma (1895-2015). www.cutleblog. wordpress.com ——— Le Guide New York des 1000 lieux cultes de films, séries, musiques, BD, romans d’Anthony Thibault, avec la contribution de Nicolas Albert et Régis Schneider, éditions Frantrippers. www.fantrippers.com ——— Tirage riso 3 couleurs, sur papier Lana, exemplaire numéroté et signé, illustration de Nikol, Central Vapeur. www.centralvapeur.org ——— Page de gauche : céramiques Yun Jung Song. www.yunjungsong.com 24


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Rencontre

№14

Dans chaque numéro de Zut, les personnalités alsaciennes se mettent à table avec Jean HansMaennel.

Les dessous de table YAN GILG & BARBARA MOROVICH Bistrot Coco, Strasbourg → 14.11.17

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Par Jean HansMaennel Photos Pascal Bastien


F

ace au mur du fond, sous la grosse tête de rhinocéros doré du Bistrot Coco, je suis attablé depuis un quart d’heure. Je rêvasse devant un verre d’Iroulegy blanc – vin du pays basque, ce territoire sans région comme l’est désormais redevenue l’Alsace… À 12h30, Yan Gilg arrive en trombe. L’énergie du rappeur, je la capte d’entrée, est énorme. Il s’assied, dos au mur, face à moi. Il commande « quelque chose qui va lui délier la langue ». Première rencontre. On ne se connaît pas, du tout. La battle s’engage, directe. Dans le vif des sujets. « La culture doit rester un service public, une priorité nationale et un vecteur de cohésion sociale. » Le directeur-fondateur de la compagnie Mémoires Vives se bat, avec le ministère de la Culture qui le conventionne, « pour qu’on n’amplifie ni n’attise les inégalités sociales et territoriales, et qu’on mette le paquet là où véritablement la culture est nécessaire aujourd’hui ». Yan Gilg travaille dans les quartiers Nord de Marseille, dans les bassins houillers du Nord, à l’Elsau à Strasbourg, « des territoires qui sont aujourd’hui quasiment la cour des miracles, là où la République a caché ce qui va un jour lui péter à la gueule ». Il vient de là, il sait combien le fruit des histoires traumatiques est miraculeux, il sait comment la création artistique peut être structurante ; il dit que les budgets culturels sont mal affectés, qu’ils ne vont pas là où ils devraient aller, qu’on abandonne les gens à la médiocrité ; il pense que « la marchandisation de la culture est une hérésie contreproductive à long terme ; elle fige l’émergence de certaines formes artistiques et ouvre des autoroutes à tout le fastfood culturel qui nous a déjà bousillés ». Le décor est planté. Barbara Morovich peut faire son entrée. Elle parle avec un accent, italien. Yan, aussi, alsacien. L’accent, c’est la terre natale qu’on a sur la langue. Une origine incontrôlable, signe de

fidélité. Barbara est anthropologue, docteur en anthropologie, enseignante à l’école d’architecture. Yan est artiste, directeur de compagnie, militant. Il me reprend : « Je me définis d’abord comme un citoyen qui a choisi la création comme outil de lutte sociale, comme vecteur d’émancipation. Je ne suis pas un artiste, je suis un artisan, qui, du quotidien, de la souffrance et des joies humaines, crée un matériau poétique. » Pour Yan Gilg, les choses ne vont pas de soi. Elles ne vont pas. Le monde ne tourne pas rond. Il faut lutter. S’engager et combattre. Pour le changer. Pour le faire aller. Dans la bonne direction. Barbara acquiesce : « Je suis anthropologue, mais surtout j’ai un engagement associatif très fort. » À Hautepierre, avec l’association Horizome, elle allait sur le terrain, créer avec les habitants, essayer d’apporter « un regard différent sur ces lieux stigmatisés ». Elle dit que les artistes ont un rôle fondamental à jouer dans « ce changement d’image qui n’arrive pas vraiment à se faire », que « les politiques urbaines n’arrivent pas à changer les choses, elles butent toujours sur les mêmes problématiques ». Le serveur s’approche. Un conseil ? « Le menu du jour est toujours très bon chez nous. » Aujourd’hui, filet de merlu ou bavette de bœuf. Sinon la carte est bien aussi, renouvelée toutes les trois semaines. Pour lire, Barbara cherche ses lunettes ; Yan a oublié les siennes, demande à Barbara : « Un prêt pour pouvoir voir de près. » Le poète ne peut s’empêcher la digression : « On a tellement vu les choses de près que ça nous a usé la vue ; aujourd’hui, on voit toujours bien de loin. Les politiques, eux, ont toujours regardé les choses de loin… donc ils ont un problème de vision. » Yan évoque la radicalisation dans les quartiers : « La République a éteint la lumière dans ces endroits-là. Alors les gamins sont allés la chercher dans le banditisme, dans la drogue, dans la radicalité… » Ça fait un moment que la République a éteint lumière. Avec la décolonisation ; et sans doute déjà avec la colonisation… 27

“ La culture doit rester un service public, une priorité nationale et un vecteur de cohésion sociale. ” YAN GILG

Barbara et Yan se retrouvent dans leur engagement de terrain. Frère et sœur d’âmes. Ils opèrent dans les quartiers, sur des espaces où les temps ne sont pas simples, ni le passé, ni le présent, ni le futur. « J’interroge les changements urbains imposés, qui ne se font pas vraiment en concertation avec les habitants », explique l’anthropologue. L’artiste, qui intervient dans trois grandes régions d’immigration, anciens bassins industriels, constate une récurrence dans ces territoires populaires sinistrés : « Il n’y a aucune concertation, aucune démocratie directe, aucune participation des habitants. » C’est encore plus douloureux quand il s’agit du quotidien des gens, la rénovation de leur environnement. Le serveur me fait goûter le vin. Rouge de Touraine. Excellent. Mais je suis distrait, trop absorbé par la conversation, pris dans le flow. Barbara Morovich et Yan Gilg se battent, chacun à sa façon, pour que les gens se réapproprient leur espace de vie, comme les Indiens d’Amérique en train de racheter leurs propres terres aux États-Unis. « Les habitants des quartiers doivent reprendre leur destin en main, s’impliquer politiquement, économiquement, rentrer dans les cercles de


Rencontre

“ On fait les villes comme ça, à coup de marketing urbain, pour faire venir les plus riches et chasser les plus pauvres. ” BARBARA MOROVICH

décisions. C’est une nécessité absolue, sinon on ira au pire. » Yan dit que « nous sommes aujourd’hui dirigés par des gens qui sont conseillés par des mecs qui sont totalement hors sol, qui ont lu deux trois bouquins sociaux qui euxmêmes ont été écrits dans des tours d’ivoire ! ». Il vante l’intelligence inouïe des quartiers : « Ils ont inventé la cohésion sociale bien avant que le ministère s’en occupe et même la nomme. Par la force des choses, quand tu as 50 communautés issues des sous-prolétariats de tous les pays qui arrivent à créer une sorte de solidarité, tu te dis que c’est ceux-là qu’il faut qu’on questionne. Il est là le renouvellement culturel de la France. » Mais au lieu de cela, on leur plaque tous nos échecs. « La République ne fait que ça depuis qu’elle existe, c’est quand même incroyable ! » Yan est révolté, amer parfois : « Quand je deviendrai trop acerbe, j’arrêterai, parce que je me dirai : ne va pas plus loin, tu vas devenir violent. » Cette colère de l’injustice, Barbara la partage : « Après 5 à 6 ans à Hautepierre, en vivant de l’intérieur la rénovation urbaine, j’étais tellement en colère que j’ai dû prendre du recul. J’ai écrit. J’étais confrontée au quotidien à des injustices, petites et grandes, à la sourde oreille des politiques qui ne parlent qu’avec les mots clichés qu’on retrouve dans tous les projets : désenclaver, ouverture, concertation, participation... »

Les entrées arrivent. Présentations soignées. Velouté de magret de canard, tartines et ravioles. Yan déplore « la suppression des emplois aidés qui permettaient à des gens de revenir, de se remettre debout, puis de transmettre cette restructuration personnelle » ; il dénonce le cynisme ambiant : « La plus-value sociale de ces emplois a été traitée par des comptables qui font de morbides additions sur des parcours de vie ! On est aujourd’hui gérés par la froideur, la technocratie. » Barbara renchérit : « On est dans un régime néolibéral avancé. On fait les villes comme ça, à coup de marketing urbain, pour faire venir les plus riches et chasser les plus pauvres. Mais on ne résoudra pas les problèmes de la société à coup de matraquage publicitaire. » Une société à deux vitesses : les exclus, de plus en plus nombreux, et les privilégiés... Le restaurant est plein, de gens et de bruit. Yan s’insurge : « Comment a-t-on pu sinistrer à ce point les bassins industriels français ? Toutes ces communautés – Polonais, Portugais, Espagnols, Italiens, Algériens, Marocains – qui dans le sous-sol avaient une solidarité de classe, travaillaient ensemble, aujourd’hui se tirent dans les pattes. » Il a travaillé dans des quartiers de villes très sinistrées – Miramas, fleuron ferroviaire ; Porc de bouc, chantiers navals – qui sont en train de devenir « des mines à ciel ouvert, d’explosion sociale et de guerre ethnique ». L’appauvrissement et l’abandon des populations les plus fragiles est une catastrophe sociale annoncée. Les plats sont servis. Une bavette saignante, un filet de merlu, un saumon. Le communautarisme est-il une conséquence de l’abandon social, de l’appauvrissement des territoires, de la misère finalement ? L’anthropologue fait remarquer son instrumentalisation : « Les médias ont construit certains phénomènes sociaux et notamment dans les quartiers. » Que ce soit aux Etats-Unis, en France ou ailleurs, les migrants ont toujours eu besoin de se retrouver entre eux, dans un premier temps, avant de pouvoir sortir de leur communauté et s’intégrer. « Aujourd’hui, on les renferme dans une sorte de stéréotype communautaire, très lié en France à tout 28

ce qui est Islam. » En réalité, la France a du mal à considérer qu’elle est désormais un état multiculturel dans lequel les personnes de confession musulmane ont plein droit d’exercer leur foi en tant que Français. « C’est la peur qui a développé cette idée de communautarisme. » Yan est d’accord. Il dresse une perspective historique. « La République jacobine a créé un archétype du citoyen français », un citoyen idéal qui aurait eu la propension et la capacité d’abandonner ses particularités ; cela l’aurait poussée à être colonialiste, à imaginer qu’elle allait engendrer des Français un peu partout dans le monde. Il nous explique que le jeu du communautarisme a été joué d’abord par la communauté blanche. « Dans l’écriture du récit national français qui est franco-français, blanc et judéo-chrétien, les autres composantes de la société ont été totalement exclues. Certains migrants, à leur arrivée sur le sol national, ont cru à l’héritage des luttes sociales françaises ; mais au bout de trois générations, les jeunes ont dit non, la diversité culturelle, c’est du pipeau ! » Yan rappelle qu’Edgard Morin a proposé à François Hollande de modifier


l’article de la Constitution, de passer de « La République est une et indivisible » à « La République est une et multiculturelle ». Cela aurait été quelque chose, regrette Yan, de « reconnaître notre créolité, la créolité de la société française qui n’est que richesse ». Le serveur nous demande si tout se passe bien : « Ça vous plaît, le mélange sucré-salé ? » Comment peut-on revenir à un pacte social qui touche et concerne tout le monde ? s’interroge Yan. « La rénovation urbaine, quand tu ne la fais pas avec les habitants… Comment peut-on imaginer qu’un projet national se fasse sans le peuple ? »

Ce déjeuner est un tourbillon. Les mots ont pris le dessus sur les mets. Et je dois passer en dessous de table, bien des passages, tant ils sont denses, intenses, fins, complexes. Mes deux invités se livrent peu à peu. Barbara l’Italienne s’appelle Morovich parce qu’elle est née à Trieste, « une réalité de frontières, avec la Slovénie, nous sommes ce mélange de la MittelEuropa ». Elle est venue en France en passant par l’Afrique. 10 ans, au Kenya, à Nairobi, où elle prend une claque, « la claque de l’altérité » ; pour comprendre cette société africaine, si différente, elle choisit l’anthropologie. Direction Paris, doctorat en anthropologie, sur des mouvements religieux en

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milieux urbains défavorisés. Elle débarque en France au début des années 2000. Nouvelle claque, celle des banlieues, des révoltes de 2005. Qu’est-ce qui se passe ? Donc engagement sur le terrain, études de terrain, militantisme associatif. Barbara Morovich enseigne maintenant dans les écoles d’architecture, en sciences sociales, et revendique sa multidisciplinarité ; anthropologue engagée, elle préside depuis quelque temps l'Association française des anthropologues. Enfant de Marckolsheim, Yan Gilg est le fils d’une catholique et d’un protestant, athés, militants écologistes, marxistes, instigateurs


Rencontre

de la lutte contre la centrale nucléaire de Fessenheim. À la fin des années 80, il milite dans les rangs des Jeunesses Communistes Révolutionnaires. Par manque d’argent, il atterrit dans le quartier de l’Elsau, y vit, s’y marie, y fait des enfants et y travaille pendant 12 ans. Il découvre la réalité des quartiers populaires. « Je prends conscience que je suis à côté de la plaque et que moi, qui suis de gauche avec une éducation de gauche, j’ignore totalement la dimension multiculturelle de mon pays et la réalité ethnique et culturelle des classes populaires. Aucune université n’enseigne la grandeur des empires africains, la mémoire des luttes et des révolutions qui ne sont pas blanches et occidentales. Alors qu’il y a dans toutes les composantes et communautés de la société française, la nôtre comprise, toutes les solutions à nos problématiques. » Il quitte les JCR, démarre un gros travail sur lui-même, crée les Sons de la Rue sur l’Elsau, en 1996, « pour que les jeunes prennent leur destin en

main, leur projet artistique ». En 2005, ça pète dans les banlieues ; il fonde alors Mémoires Vives, une compagnie pluridisciplinaire, dont le projet artistique vise à « déconstruire les représentations racistes, tout ce que le colonialisme a construit » ; il sort de l’Elsau, suit son « parcours de réussite ». « Tout s’est bien passé, ça vous a plu ? », questionne le serveur, en nous interrompant. « Parfait ! », répond en chœur la table, toute entière mangée par la discussion. « Votre intervention est un complot capitaliste », plaisante Yan Gilg avant de reprendre le fil de son histoire. Les desserts sont servis. Et puis le temps est trop court. Le temps pour Barbara de nous dire que désormais elle part « un peu dans l’ailleurs », à Buenos Aires et à Johannesburg, ses nouveaux terrains d’étude ; tout en restant « très intéressée et vigilante » à ce qui se passe à Strasbourg, en particulier 30

le projet de rénovation urbaine du Port du Rhin qu’elle suit « en tant qu’universitaire et anthropologue ». Le temps pour Yan de nous confier que 2018 sera celui du « retour aux sources » puisqu’il réinstallera le siège de sa compagnie à l’Elsau, « pour nos 20 ans d’expérience et le grade qu’on a pris, pour faire profiter le territoire de cela ». Le temps de me dire que le temps passe trop vite quand il est engagé et militant. Bistrot Coco 8, rue de l’Écurie 03 90 20 39 39 Facebook : Bistrot Coco


Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Strasbourg. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré et jouent au modèle.

Stras bourg vu par

Julien Voarick Fondateur de Pix 314 43 ans

OÙ ?

Parc de l’Orangerie Ven. 03 | 11

« C’est un lieu symbolique, car c’est ici que la plupart de mes idées sont nées ! Ce parc, en plus d’être inspirant et ressourçant, est le théâtre de nombreux tests, notamment pour les projections, qui sont réalisées en pleine nuit ! »

RÉALISATION & TEXTES

Caroline Lévy

Animations Flipbook pour la société Blizzard et EDF à Paris courant décembre. Animation photobooth pour la soirée Amuse Girls des Grandes Girls, le 12 décembre à l’hôtel Boma à Strasbourg. Performance visuelle dans le cadre de la soirée électro organisée par l’association Merci Beaucoup, début 2018. www.pix314.com Manteau Tagliatore pour Revenge Hom et pull col roulé John Smedley, le tout chez Revenge Hom.

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Photo : Christophe Urbain

Actu


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Nonne bouddhiste, auteure et blogueuse 43 ans

OÙ ?

« Cet édifice en plein milieu de la ville est un signe de spiritualité flamboyant. Ce point de vue méconnu du public – depuis un balcon du Palais Rohan – fait écho avec ma philosophie de vie : changer de perspective peut parfois révolutionner le regard qu’on porte sur les moments que l’on vit. »

Cathédrale de Strasbourg Mar. 14 | 11

Actu

Traduction en 12 langues du livre Ma cure de silence, éd. First, en janvier. Chroniques spirituelles dans le Huffington Post. www.dailyzen.fr

Photo : Henri Vogt

Kankyo Tannier

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LA MAISON DE THÉ

UN LIEU UNIQUE EN PLEIN CŒUR DE L’ALSACE ! Entourée de 6 jardins zen, la Maison de thé est un lieu hors du temps où déguster un thé et un bredele prend tout son sens ! Entrez dans la magie de Noël en toute sérénité…

PRÉSENTS AU MARCHÉ DE NOËL DE COLMAR > DU 24 NOVEMBRE AU 30 DÉCEMBRE 2017 < PLACE DES DOMINICAINS ET PLACE DE L’ANCIENNE DOUANE

OUVERT DIMANCHE 17.12.17 de 13 h à 18 h

Z.A. • 6, RUE DE L’ÉCLUSE • 67820 WITTISHEIM • TÉL. 03 90 56 20 22 | LUNDI (13 H-18 H) • MARDI-SAMEDI (10 H-12 H / 13 H-18 H)


Benjamin Samson Anthony Grutter Jérémie Bouchet

OÙ ?

Place d’Austerlitz Mar. 14 | 11

Agence Blackbird 45, 28 et 33 ans

Actu

Réalisation des sites - www.anatopik.com - www.organiser. messortiesce.fr - www.bananamoon.com www.black.bird.eu

Photo : Henri Vogt

Benjamin : veste trench en toile et pull. Anthony : doudoune légère et chemise à carreaux. Jérémie : sur-chemise matelassée bi-matières. Le tout G-Star.

« Cette place en pleine transformation depuis quelques années a également vu naître l’agence Blackbird ! Devenue un lieu de vie à part entière, elle est dotée de nombreux espaces de verdure, auxquels nous sommes très sensibles. Nos bureaux à proximité en sont d’ailleurs remplis ! »

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Romain Corato

OÙ ?

« Bienvenue dans mon espace de tranquillité, où je viens courir ou simplement trouver un peu de calme non loin de chez moi. Ce parc se trouve dans le prolongement du quartier Malraux, où j’ai décidé d’ouvrir une nouvelle boutique ! »

Parc du Heyritz Mar. 14 | 11

Propriétaire de La Lunetterie du coin

Actu

Ouverture d’une boutique Lunetterie du coin au RDC des Black Swans. Développement en franchises de ce concept inédit de boutique de lunettes neuves et d’occasion courant 2018. Lunetterie du coin 24, rue Faubourg de Pierre 50, rue du Bassin d’Austerlitz

32 ans Blouson à capuche Tagliatore et écharpe Traits, le tout chez Revenge Hom.

Photo : Henri Vogt

www.lunetterieducoin.fr

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forgiarini.net

STRASBOURG

PORTE NORD

MATÉRIAUX D’INTÉRIEURS

4 rue Transversale C

67550 VENDENHEIM MATÉRIAUX BOIS

21 rue du chemin de fer 67450 LAMPERTHEIM

CENTRE ALSACE

KOGENHEIM

MULHOUSE

ILE NAPOLÉON

CARRELAGE PARQUETS SANITAIRE MEUBLES DE BAIN PIERRE NATURELLE PORTES TERRASSES BOIS SCIERIE


Aude Koegler Comédienne 47 ans

OÙ ?

« J’ai découvert ce lieu à l’époque où c’était encore une laiterie ! Transformée d’abord en friche dans les années 90, elle a été le théâtre d’un joyeux mélange, fait de happening et de fêtes, où la liberté était le maître-mot. Les artistes ont investi l’espace jusqu’à ce que la ville le leur mette à disposition. L’évolution de cet endroit fait écho à mon parcours artistique : on a un peu émergé ensemble ! »

La Fabrique de théâtre Ven. 24 | 11

Festival Actuelles dédié aux écritures émergentes, scénographie des étudiants de la HEAR, du 20 au 24 mars au TAPS Laiterie. Démarrage en janvier des répétions de Dancefloor, atelier-spectacle de théâtre et de danse coanimé avec Pierre Boileau, du 13 au 15 septembre 2018 à l’Espace K.

Photo : Christophe Urbain

Blouson bi-matières, chemisier en soie et jean slim, le tout Liu Jo.

Actu

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LE CRÉDIT MUTUEL DONNE LE

OFFREZ DU LI VE ET DE L’ÉMOTION ! FLORENT PAGNY

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SOUPAPES ET PISTONS

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JEU 01 MAR

SAM 03 MAR

10 ET 11 MAR

JEU 15 MAR

VEN 16 MAR

www.zenith-strasbourg.fr

Filiale de

DU 23 AU 25 MAR


Directeur de Baccarat Strasbourg 39 ans

OÙ ?

« Encore étudiant en Histoire de l’art à Strasbourg, j’étais déjà fasciné par la magie du cristal lorsque la boutique Baccarat a ouvert. Depuis, les hasards de la vie et les belles rencontres m’ont permis d’en prendre la direction puis de présider l’association des commerçants de cette rue, qui sera à nouveau éclairée par de merveilleux lustres durant la période de Noël. »

Rue des Hallebardes Mar. 14 | 11

Actu

Installation et lancement des Fastes de la lumière, jusqu’au 31 décembre rue des Hallebardes. Baccarat 44, rue des Hallebardes 03 88 32 32 10

Photo : Henri Vogt

Éric Polo-Grillo

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ÉOLE Pendentifs Or 18 carats et diamants

Maître Joaillier 46 rue des Hallebardes 67000 Strasbourg | tél. 03 88 32 43 05 | info@eric-humbert.com | www.eric-humbert.com


Delphine Magisson

OÙ ?

« Cette église à la façade blanche dénote par rapport aux édifices en grès des Vosges. Les Strasbourgeois la connaissent mais n’y prêtent pas vraiment attention. C’est lorsqu’on l’observe qu’on découvre son clocher de travers qui traduit sa singularité. Nous avons eu l’occasion de travailler sur un projet pour l’église, son engagement social et son esprit d’ouverture la rendent encore plus spéciale. »

Église SaintGuillaume Lun. 20 | 11

Dirigeante de l’agence Joli Rouge 40 ans

Agence Joli Rouge lauréate de deux trophées de la Communication UCC Grand Est 2017 dans la catégorie B’Est Business (campagne Biocoop) et B’Est Communication interne (campagne Würth). Accompagne le lancement de l’Anticafé, dont l’ouverture est prévue courant décembre. www.agencejolirouge.com

Photo : Christophe Urbain

Robe-pull et manteau One Step.

Actu

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Régis Schneider

OÙ ?

« À deux pas de chez moi, une esplanade qui mêle riverains, touristes en transit, visiteurs du musée et étudiants, et qui est aussi et surtout, devenue un spot prisé par les riders et les skateurs d’ici et d’ailleurs. Là, sur le parvis du MAMCS, de jeunes gens modernes et virtuoses exécutent de très contemporaines figures. L’art de la rue en quelque sorte. »

Place Hans Arp Mar. 21 | 11

Journaliste 46 ans

Parution du Guide New York des 1000 lieux cultes de films, séries, musiques, BD, romans, « la bible de la pop culture à New York », co-écrit avec Nicolas Albert, éd. Fantrippers. Et toujours : Bitumes/ Ecumes. The Slidin’ Republic et Boards de l’Ill, accrochage photo chez Barba Rossa, rue SainteMadeleine.

Photo : Henri Vogt

Manteau et pull col rond Superdry.

Actu

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strasbourg.eu/hypercreative

Welcome Byzance - photos : E. Georges - œuvre : « Control Room » C. Babiole

OSOSPHÈRE HEAR

SHADOK

central vapeur


Aurélie Tordjman

OÙ ?

« J’aime les contes qui finissent bien, d’où ce choix ! Après son passé médiéval sinistre, le Pont des Supplices fait désormais partie de la zone inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Je me régale tous les jours à le contempler avant de l’emprunter et de pénétrer au cœur de Strasbourg. En plus, il m’évoque Amsterdam. »

Pont du Corbeau Mer. 15 | 11

Négociatrice en biens immobiliers 33 ans Cape et poches en fourrure Fendi, marinière Red Valentino, le tout chez Ultima prêt-à-porter.

Actu

Lancement de l’association Aristote : coaching et business entre jeunes entrepreneurs (27 à 37 ans) pour partager et cultiver une intelligence collective. Vente immobilière clé en main, avec courtier, architecte, cuisiniste, artisan, notaire.

Photo : Hugues François

06 67 92 01 19

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Société

(re)Produire du sens PAR Cécile Becker PHOTOS Christophe Urbain

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On le connaît comme un homme engagé aux côtés des femmes et de ses pairs. Chef du service de gynécologie-obstétrique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg et co-fondateur du Forum européen de la bioéthique à Strasbourg, le professeur Israël Nisand milite pour que la société se saisisse de toutes les questions sensibles autour de la reproduction, et de l’éthique médicale en général.

par les forces d’un marché d’une avidité infinie. J’aimerais que le marché ne pilote pas l’affaire. Pour que la société ait son mot à dire, il faut qu’elle soit au courant. 30 000 visiteurs l’année dernière, cela montre l’appétence des gens. J’en veux aux politiques d’avoir aussi peur de la bioéthique et de se cacher sous le tapis… Vous comprenez cette peur ? Oui, mais il n’y a pas de raisons que j’ai peur tout seul. J’aimerais aussi empêcher les autres de dormir !

Le prochain thème du Forum européen de la bioéthique est « Produire ou se reproduire ? ». Comment le comprendre ? On reproduit l’image mais… un être humain ? C’est la dialectique qui s’établit en ce moment entre la reproduction comme fait et question de société, et la survenue d’un véritable marché de la reproduction qui est assez inéluctable. On va essayer de regarder les conséquences de ces évolutions sur la manière dont les humains vont se reproduire à l’avenir… qui va forcément changer. En quoi ce thème s’imposait-il ? On entre dans l’année de révision de la loi de bioéthique et ces thématiques de reproduction vont être au centre du débat, que ce soit la thématique de reproduction des homosexuel.le.s, la GPA, les nouvelles techniques qui permettent de fabriquer des gamètes à partir de cellules de peau… Je trouve que ce n’est pas au médecin ou au chercheur de déterminer ce qu’on fait des découvertes, mais à la société. On rentre dans une période où le gigantesque bricolage génétique et reproductif risque de s’accroître, poussé

Si vous avez cofondé ce forum et qu’il existe toujours, c’est qu’il y avait et qu’il y a nécessité de remettre en question la bioéthique. Pourquoi ? Les techniques qui vont donner du pouvoir sur le corps sont très nombreuses… Ça vaut le coup qu’on en discute, et de plus en plus. Moins de 6 mois après la découverte d’une technique qui nous permet de faire des copier-coller dans le génome, des chercheurs chinois la mettaient en pratique sur les embryons humains. Il n’y a pas de pilote dans la machine, on sait pas où on va, mais on y va. La moindre des choses c’est d’en discuter dans les wagons, sans quoi le marché prendra toutes les décisions à notre place. Je suis assez pessimiste là-dessus. D’où la nécessité de ce Forum. Quelle serait votre définition de la bioéthique ? La réflexion philosophique à l’égard de ce qu’il faut faire, à l’égard du vivant. Il y a des postures inconciliables dans notre pays, mais j’ai plaisir à vivre dans un pays où les lois de la République passent devant les lois de Dieu. C’est l’ADN de notre pays. J’aimerais que la raison soit à l’origine de nos comportements et de nos règles. 51

En tant que spécialiste de la procréation, et vu le thème qui vous touche plus particulièrement cette année, comment allez-vous intervenir dans le Forum ? Je vais diriger la table-ronde sur la GPA car c’est un sujet qui me tient à cœur, mais je fais en sorte qu’il y ait autour de cette table des gens pour, des gens contre, des biotransgresseurs et des bioconservateurs, de manière à ce que le public, en fonction de ses propres valeurs, puisse se faire une idée. Moi-même, j’ai changé d’avis sur plein de sujets ! Sur ce sujet on se heurte, particulièrement en France, au bioconservatisme. Comment l’expliquez-vous ? La France est particulière car elle n’a pas vraiment séparé l’Église et l’État sur ces questions. Récemment, les évêques de France se sont demandés comment peser sur ce débat – on ne peut pas le leur interdire – mais là où ça se gâte, de mon point de vue, c’est quand ils pèsent sur nos députés et sénateurs, menacés de toutes les foudres s’ils ne se rangent pas de leur côté… Un fossé s’est créé entre la loi française, très rigide, et l’évolution de l’opinion publique. Hier, je voyais une patiente de 21 ans atteinte du syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser, c’est une agénésie de l’utérus et du vagin. Les femmes atteintes de cette pathologie sont normalement formées mais n'ont pas d’utérus et, généralement, pas de vagin… Ce syndrome, c’est 1 pour 4 500 naissances, ce n’est pas rien ! Quand on leur recrée un vagin, elles ont une sexualité normale mais ne peuvent pas avoir d’enfants. Que propose la France ? Un truc invraisemblable : elle donne son feu vert à la greffe d’utérus – 11 heures


Société

“ Être gynécologueobstétricien, c’est lutter pour la défense des droits des femmes. ”

de prélèvement pour la donneuse, 11h de greffe pour la receveuse –, mais dit non à la grossesse pour autrui… C’est à se taper la tête contre les murs ! On est là sous le poids d’une éthique dogmatique. Quel est le problème avec la GPA ? La France est le pays qui consomme le plus de GPA à l’étranger, dans des conditions archi-honteuses. Le fait de l’interdire génère beaucoup de dérapages. Notre président de la République n’arrête pas de formuler que la GPA, ça ne va pas… Au point que la France a été condamnée quatre fois par la Cour européenne des Droits de l’Homme pour ne pas donner un statut à ces enfants « fabriqués » à l’étranger. Il y a des jumelles que je connais, les filles Mennesson, qui n’ont toujours pas de filiation maternelle, ce qui pose notamment des problèmes d’héritage. À mon avis, elles assigneront l’état français en justice. On essaye d’éviter d’autres cas en punissant les enfants de ce qu’ont fait les parents… Immoral. Qu’on limite la GPA, qu’on dise que ce qui se passe aux Etats-Unis n’est pas possible, bien entendu. Mais l’interdire complètement signifie que les femmes n’iront pas chez le médecin… elles vont directement sur Internet. Une mère porteuse, c’est 15 000 €. Vous trouvez une mère porteuse, vous l’emmenez en Ukraine, 33 000 € la procédure, et vous revenez avec elle en France. C’est l’autoroute… Dans des conditions, à mon avis, non-éthiques. J’aimerais que notre pays ait le courage d’en débattre… Cela fait des années qu’on n’ose pas parler de GPA et d’anonymat du don de gamètes… Quand je parle de GPA à la radio, je me fais tuer sur les blogs des cathos intégristes : en parler est devenu dangereux. Je me demande quelles sont les valeurs qu’on défend en interdisant la GPA… Les Français ont à faire à une classe politique autoritaire et paternaliste. On ne peut pas dire d’un côté que les femmes doivent être maîtresses de leur corps et de l’autre, leur dire : “Ah non, ça, tu ne peux pas le faire…” 52

Votre posture est militante… Je suis confronté à ces demandes-là quasiment toutes les semaines. Je me sens dans l’obligation de me faire le témoin de ces souffrances. Moi-même, j’ai changé d’avis, j’étais contre car j’ai un naturel un peu conservateur, mais le fait de rencontrer des femmes m’a fait évoluer… La première qui m’a bouleversé est une femme diplomate turque, elle accouche dans une clinique, l’enfant meurt, elle a une cicatrisation vicieuse de son épisiotomie qui ferme l’entrée du vagin, à l’exception d’un pertuis par lequel s’écoule le sang. Elle tombe à nouveau enceinte, fait à nouveau une complication de la grossesse, qu’on appelle un hématome rétroplacentaire, son utérus est noir, il faut le retirer. Cette femme, qui a perdu deux enfants, n’a plus d’utérus. Je la vois en consultation avec sa sœur et son mari, ils me demandent de bien vouloir prélever le sperme de son mari, prélever ses ovules, faire des embryons et les implanter à sa sœur… J’ai dû refuser… Je leur ai donné une adresse d’un copain en Belgique qui faisait ça à l’époque. J’ai eu trois faire-parts de naissance… Quelle objection morale peut-on avoir à ça ? À l’image des féministes qui ont pratiqué des avortements et accouchements clandestins, sous le regard de gynécologues, faut-il se mettre dans l’illégalité pour faire bouger les lignes ? J’y ai pensé, mais je suis tellement surveillé parce que je dis des choses gênantes que si j’y prêtais la main, j’irai en prison et ça arrangerait beaucoup de monde… La dernière fois que j’ai accouché une mère porteuse dans mon service, j’ai été mis sur écoute. Je le sais car j’ai beaucoup d’amis qui travaillent dans le secteur juridique. Le procureur de la République se demandait si je n’étais pas à la tête d’un trafic d’enfants… S’agissant de déontologie, on vous a entendu sur le Livre noir de la gynécologie et la publication régulière de témoignages évoquant les violences ou maltraitances de certains médecins, en quoi ce flux remet-il en question votre profession ? La parole des femmes se libère et j’y suis très favorable. Les femmes s’expriment mieux sur ce qui leur arrive. Les gynécologues/obstétriciens dont je préside le Collège sont parfois excédés par tout ce qu’ils entendent. Quand ils


ont passé la nuit à faire cinq césariennes, sans brancardiers, et qu’ils entendent après leurs nuits que les gynécologues ne sont là que pour commettre des violences obstétricales… À l’internat, il fallait être dans les 2 000 premiers pour être obstétricien, cette année, il faut être dans les 4 500 premiers sur 7 000, ça veut dire que plus personne ne veut faire ce métier. La question c’est : qui accouchera nos filles ? Dans notre spécialité, on entend régulièrement des cas de médecins qui font leur premier infarctus à 50 ans. Autant être dermatologue et gagner la même chose… Dans le même temps, on a réduit de 39% les moyens de la gynécologieobstétrique ces dernières années. Faire des économies sur le dos des femmes n’est pas possible et nous en payons aussi le prix. Au CMCO et à Hautepierre, j’ai tout ce qu’il faut pour que les patientes vivent leur accouchement sereinement, mais j’ai dû prendre conscience qu’ailleurs en France, des gens peuvent le vivre comme une véritable violence. Il ne faut pas oublier que l’accouchement est une violence, quand ça ne se termine pas comme on l’avait escompté : césarienne en urgence, épisiotomie… Si personne ne vient vous expliquer le lendemain comment ça s’est passé, on le vit évidemment comme un traumatisme… Des histoires comme ça, il y en a sur les blogs et sur 800 000 naissances par an, ça va continuer, même empirer. Sans compter qu’on a des gros benêts dans la spécialité… même des gros blaireaux, des gens qui ont la parole malhabile, qui ne sont pas bienveillants. Je ne les soutiens pas. Tous les ans, ici, j’anime un séminaire avec les nouveaux internes où on évoque de nombreux sujets : la juste distance entre un médecin et une patiente, comment prendre en charge une femme qui fait une fausse couche, la religion à l’hôpital, le deuil périnatal. Une journée pour ne plus avoir de gros blaireaux parmi mes élèves. J’essaye de faire ça en France… sans aide. Et la question du consentement ? Les angoisses en obstétrique sont nombreuses… la vie d’un bébé se décide en 30 secondes. Si je vous dis : « Ma petite chérie, tu risques une embolie pulmonaire, un infarctus du myocarde, une embolie amniotique qui tue dans 99% des cas la maman », vous allez accoucher ? Donner l’intégralité des risques obstétricaux à une femme à bas risque, c’est du sadisme médical. Puisqu’on ne 53


Société

Forum européen de la bioéthique 2018 Procréation médicalement assistée, biotechnologies, génétique, impératifs de rentabilité… Philosophes, médecins, sociologues, chercheurs, artistes et spécialistes abordent cette année la question « Produire ou se reproduire ? » à travers tables-rondes, conférences et études de cas, avec, en marge une programmation cinéma à L’Odyssée. Sélection non-exhaustive. • 30.01 | 14h-16h Avec qui fait-on un enfant ?

peut pas tout dire, que dit-on ? En général, c’est ce qu’on ne dit pas qui va se produire. Comment parler de consentement éclairé dans ce cas ? De toute façon, l’enfant, il va falloir le sortir… Les médecins vont rester dans un certain paternalisme de bienveillance. Par exemple, je ne parle jamais d’épisiotomie, on en a 4,5% dans le service. Il faut arrêter de mutiler les gens, mais il ne faut jamais oublier la balance bénéfice/risque. Il y a 50 ans, on disait de manière dogmatique et sans le prouver que l’épisiotomie protégeait des prolapsus et de l’incontinence urinaire, on a démontré que c’était faux. Le Collège a émis une recommandation en 2005 : on préconise de laisser déchirer de manière naturelle, que ça se fasse de façon physiologique. Il y a bien sûr des exceptions et des cas d’urgence. Comment avez-vous vu votre profession évoluer ? Notre discipline, la gynécologie, a essuyé en 40 ans de nombreuses mutations. J’ai commencé à exercer le 1er octobre 1974, le 2 novembre, deux jeunes femmes sont décédées d’une septicémie

• 31.01 | 14h-16h Loi bioéthique et aide médicale à la procréation • 31.01 | 14h-16h L’homme.femme de demain et sa sexualité • 01.02 | 16h-18h Et si notre environnement perturbait notre reproduction ? • 03.02 | 11h-13h Quelle légitimité pour le politique à se mêler de la liberté reproductive de ses concitoyens ? • 03.02 | 16h-18h Les enjeux difficiles de la GPA • 04.02 | 14h-16h La diversité des parentalités Forum européen de la bioéthique 30.01 → 04.02 Aubette www.forumeuropeen debioethique.eu 54

après s’être injecté de l’eau savonneuse dans l’utérus pour avorter. Le seul péché de ces filles avait été d’être amoureuses d’un garçon. Je me souviens encore de leurs cris… J’avais 24 ans et je n’ai pas supporté… Je me suis dit que je n’allais pas pouvoir continuer. Le 17 janvier 1975 est arrivé et, depuis, je n’ai plus vu une femme mourir d’IVG. J’ai ceci dit vu mes maîtres dire aux femmes qui souhaitaient avorter : « Mais madame, vous voulez me faire commettre un crime ? » Tout ça a changé la discipline. Les salles d’accouchement étaient des endroits où certaines femmes hurlaient contre ces salops de maris qui les avaient encore engrossées… C’est terminé. Il n’y a presque plus que des grossesses désirées. On a découvert tout un tas de moyens pour permettre la grossesse de femmes stériles ou dont les maris sont stériles. On s’est habitué à dire « oui » à toutes les demandes des femmes, y compris pratiquer des IVG après des fécondations in vitro. Cette spécialité, c’est celle de la lutte pour la défense des droits des femmes.


Ouverture du 1er hôtel lifestyle à Strasbourg, un dépaysement au cœur de la ville.

Ouvert à tous et au rythme de vos journées, le BOMA est un lieu de vie imaginé pour vous. On s’y retrouve en son cœur, autour du “feu” pour manger, échanger, travailler, danser en toute convivialité. Plats maison, vins bios, bar à croque monsieurs, chartreuse corner et soirées concerts... on trouve son bonheur du petit-déjeuner au dîner. 7 rue du 22 novembre F-67000 Strasbourg hello@boma-hotel.com boma-hotel.com

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CHRONIQUES (PAS) ORDINAIRES Par Cécile Becker Portrait Henri Vogt

Dans la famille Éditions 2024, je demande Tom Gauld. L’auteur et illustrateur écossais publie En cuisine avec Kafka, son quatrième livre avec la maison d’édition strasbourgeoise. Un recueil de strips dessinés pour The Guardian, où il continue de construire un univers bigrement efficace : simplicité du trait, absurdité de l’ordinaire et penchants pour l’uchronie.

en cuisine avec kafka

Je ne suis tout à fait moi-même que lorsque ma tristesse est insoutenable.

Mourir ne consisterait qu’à livrer un rien au rien.

La finalité de la vie est qu’elle prend fin.

cette semaine

la prochaine fois :

le cake au citron

la tarte à la crème ! 58


et châtiments sur une liseuse ou dans un livre, avec différentes typographies, ça ne change pas grand-chose : l’objet livre devient simplement un verre dans lequel on verse une histoire. Concernant les strips, le contenu est vraiment pensé pour le papier : le format est une contrainte. On tourne la page et le strip suivant arrive, tout est lié.

Dans En cuisine avec Kafka, vous portez un regard parfois critique sur le monde de l’édition. En quoi ces histoires sont-elles le reflet de votre propre expérience ? Mes expériences en tant qu’auteur et illustrateur sont différentes suivant que je travaille sur un recueil de strips ou un roman graphique. Quand je dessine ces strips pour le Guardian, publiés chaque semaine dans la rubrique Arts, personne ne me demande ce que je prévois de faire. La rubrique est un point d’attache mais je suis très libre : je leur envoie mon dessin et ils impriment. La confiance est entière. Cela fait douze ans que je travaille très régulièrement pour la presse, donc j’ai certains automatismes. Écrire et dessiner un long format m’est à l’inverse vraiment difficile : j’ai la sensation que les lecteurs doivent en avoir pour leur argent et le temps qu’ils vont y consacrer. Quand je travaille à un roman graphique, je pense durant un an à l’histoire, à comment je dois la représenter, en me faisant beaucoup de souci sur la manière dont les lecteurs vont la recevoir. Certains strips peuvent être tirés de cette expérience-là, précisément. Mais c’est surtout parce que l’art et de la littérature sont des univers que je connais bien. Si vos strips sont publiés dans le Guardian, ils le sont aussi sur les réseaux sociaux et dans ce genre de recueils. Quelle est l’importance du média ? J’aime les livres. J’aime le fait que ces strips soient publiés dans les journaux, qu’ils soient publiés et partagés sur Internet, mais j’aime surtout le fait que les lecteurs les voient imprimés et réunis dans un recueil. Pour moi, l’objet strip est bien plus intéressant à voir dans un livre que le texte d’un roman. On peut lire Crimes

Quelle relation entretenez-vous avec vos traducteurs ? Je les laisse totalement libres. Mais la traduction a aussi ses limites : trois strips n’ont pas pu être traduits : soit à cause du langage, soit parce que les références culturelles ne sont pas les mêmes. Et puis, en anglais, on ne sait jamais si les personnages sont des femmes ou des hommes, il n’y a pas de marque de genre, ce qui est aussi le cas dans mes dessins : ce sont des personnages en traits, très simples. On me pose souvent la question : sont-ils des femmes ou des hommes ? En quoi est-ce important ? Pourquoi devraiton faire ce choix ? En français, on est obligé de se poser cette question. C’est intéressant d’être confronté à ça. L’écriture vous est venue après le dessin : reste-t-elle douloureuse ? Je dessine depuis que je suis tout-petit, ça a toujours été mon truc. L’idée d’écrire sans avoir d’images est une chose qui me terrifie. Au tout début, les dessins parlaient d’eux-mêmes, au fur et à mesure, j’ai appris à apposer l’écriture à mes dessins, les strips m’ont beaucoup aidé. Je suspecte d’ailleurs ce livre de contenir plus de mots que Vous êtes tous jaloux de mon Jetpack [recueil de strips paru aux Éditions 2024 en 2014, ndlr]… J’aime écrire, même si je le fais avec plus de conscience que le dessin, qui est très naturel chez moi. Il y a dans toutes vos productions un équilibre quasiment mathématique entre les mots et les images : cela tientil du perfectionnisme ? S’il y a trop de texte sur une page, le cerveau switche et ne se rend plus compte qu’il est en train de regarder une bande dessinée, il arrête de prendre en compte l’image. Pour moi, le texte doit pointer vers 59

Des robots au Musée historique Dans le cadre de l’édition 2016 du festival de la bande dessinée Fumetto, les Éditions 2024 et Tom Gauld avaient proposé d’intégrer des illustrations de ses robots grandeur nature – si tant est qu’il existe un format unique – au musée historique de Lucerne. L’expérience sera répétée au musée historique de Strasbourg : « L’idée, c’est de faire une exposition avec plus d’éléments, d’augmenter l’idée de base tout en répondant à l’espace et aux collections du musée. J’imagine un univers alternatif où les robots existent depuis l’ère préhistorique et je montre comment ils se comporteraient à travers les âges… » De là à fantasmer des robots se gavant de choucroute… ROBOTS ET AUTRES ACCIDENTS DE TOM GAULD 16.03.18 → 29.04.18 Musée historique www.musees.strasbourg.eu


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l’image. Parfois j’ai une idée très textuelle mais je me pose des contraintes. Je ne veux pas que les mots prennent la moitié de la page. Surtout, il faut qu’on ressente au maximum que le texte et l’image sont arrivés au même moment, qu’ils sont indissociables. Comment travaillez-vous ? Les traits et l’écriture sont faits avec le même crayon, je scanne, et j’ajoute les couleurs sur ordinateur. Avec l’informatique, il y a trop de possibilités. Le papier contraint à prendre des décisions. Il existe toujours une version noir et blanc de mes dessins, sur papier. Votre univers est teinté d’une certaine nostalgie, à la fois du passé et du futur. Êtes-vous un idéaliste ? Je pense que oui. Ceci dit, « nostalgie » est un mot que je n’aime pas beaucoup. En anglais, ça m’évoque surtout ces gens qui trouvent que c’était mieux avant : « Avant on lisait Dickens et maintenant, tout le monde est entouré d’écrans ! » C’est un non-sens. En Grande-Bretagne, beaucoup de dessinateurs humoristiques jouent làdessus, se moquant de la jeunesse, de ses

travers, de la technologie… je déteste ce genre d’attitude. C’est de l’humour facile. Il y a toujours beaucoup de contradictions dans vos ouvrages : passé/futur, urbain/nature, organique/technologique, humain/ machine… Est-ce dans ces zones de friction que vous trouvez le comique ? Totalement. Vous mettez le doigt sur une de mes astuces. Si une idée ne me vient pas naturellement, j’ai plusieurs moyens de susciter mon imagination : pour envisager un sujet de manière humoristique, je pense souvent à son contraire. Il y a un strip dans En cuisine avec Kafka qui traite des ateliers d’écriture. J’ai cherché un moyen d’être marrant en parlant de ces cours où on apprend à devenir un écrivain, j’ai alors pensé à un cours où on apprendrait à être un mauvais auteur. En prenant une idée stupide au sérieux, on arrive à un strip ! Je m’impose toujours de décaler mon regard. Je pense aussi que le comique provient de l’échec. Mes strips mettent en scène l’absurdité. Mais si ça devient trop cynique ou négatif, c’est moins intéressant. J’essaye toujours, malgré mon penchant naturel pour les choses qui tournent mal, de chercher le positif. Quelle part accordez-vous à l’échec dans votre travail ? Il faut risquer l’échec pour arriver à quelque chose de bon. Quand je dessine, je tends vers la perfection, dans le trait, la disposition de l’image et du texte. C’est humain. Mais je sais qu’à la fin il y aura une secousse. J’aime le fait qu’on puisse sentir la main humaine, imparfaite, le travail artisanal de l’illustrateur. Être artiste, c’est à la fois viser la perfection et accepter de ne pas y arriver. Il ne faut jamais que l’un prenne le dessus sur l’autre. Regardez-vous en arrière ou, au contraire, plus loin pour trouver des héros de l’ordinaire ? Au bord du gouffre, on s’imagine toujours que les gens du passé étaient plus nobles, meilleurs que nous. Je pense qu’ils étaient exactement comme nous. Dans mes strips, j’imagine parfois la façon dont j’agirais si je vivais dans le passé : je ne pense pas que je parlerais comme un poète… Mon premier roman graphique, Goliath, imaginait que les personnages bibliques étaient en fait des gens tout à fait ordinaires.

“ Être artiste, c’est viser la perfection et accepter de ne pas y arriver. ” 60


Une liseuse numérique arrive sur le comptoir de la cuisine… Pourquoi je suis là ? Ma place est avec les grandes oeuvres littéraires. Je crois que vous servirez surtout à suivre des recettes. Non !

Le lendemain Quel affront ! Je rêvais de Joyce et de Proust, et là j’ai de la pâte à gâteau dans la prise et du beurre sur l’écran.

Qui sont vos héros ? Des artistes, des écrivains, des gens qui ont choisi leur propre chemin, leur propre langage et qui réussissent à parler à tous, tout en ouvrant leur cœur. Ces derniers temps, je lis beaucoup George Saunders, et pour moi, c’est un héros ! C’est un auteur brillant. Son écriture est géniale et quand il parle de son travail, il est tellement attentionné, chaleureux et ouvert à propos de l’art et des gens ! Le génie de l’écriture viendrait-il alors de la sincérité, de l’honnêteté ? Il y a de l’égoïsme dans la sincérité. Dire tout ce que l’on pense n’est pas forcément une bonne idée. Je crois en la communauté, pas en l’image d’un artiste fou, complètement coupé du monde dans lequel il vit. Être un bon artiste est un mix entre sincérité et capacité à comprendre les gens. En Angleterre, on dit que les artistes doivent “s’exprimer”. Pour moi, les artistes communiquent. Être nu, seul et crier dans la forêt, c’est déjà s’exprimer, communiquer implique de formuler quelque chose et de penser à la façon dont les gens le reçoivent. Je préfère cette idée-là. 61

Plus tard

Où est passée la liseuse?

Elle est tombée dans la soupe, elle ne fonctionne plus. Pauvre fille.

Quel genre de scientifique seriez-vous ? Je pense que je fabriquerais des robots, j’adorerais ça. On retrouve justement très souvent des robots dans vos dessins. D’où vous vient cette fascination ? De Star Wars ? J’ai pile le bon âge pour avoir été obsédé par Star Wars quand j’étais enfant. Ce que j’aime dans les robots de Star Wars, c’est qu’ils sont un peu agaçants. Les robots sont tragiques : d’un côté, on fait en sorte qu’ils nous ressemblent, mais de l’autre ce sont des produits qu’on peut choisir d’éteindre. Cette triste dualité est assez fascinante. Il y avait d’ailleurs, à l’époque, un vrai optimisme autour des technologies à venir. C’est sur cette idée-là que j’ai travaillée dans Police Lunaire. Aujourd’hui, on a complètement perdu cet état d’esprit : le futur nous fait peur, on a perdu cette belle naïveté…

Tom Gauld, En cuisine avec Kafka, éditions 2024 www.editions2024.com www.tomgauld.com


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LA MUSIQUE À L'INSTINCT Par Caroline Châtelet

Lauréate du Prix Georges Moustaki en 2017, la musicienne et comédienne originaire de Strasbourg Léopoldine Hummel, aka Léopoldine HH, sera en tournée avec Blumen im Topf, album mutin et pertinent traversant les textes d’auteurs et de poètes. Portrait.

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S

i chaque interview est l’occasion d’une découverte, d’un déplacement, certaines sont plus surprenantes que d’autres. Ainsi, rencontrant Léopoldine HH, la journaliste s’attendait essentiellement à discuter musique – autour de son album Blumen im Topf (fleurs en pot) et de la tournée accompagnant sa sortie –, de son récital de chansons de Barbara (joué à Strasbourg pendant Les Bibliothèques Idéales), voire de son passage voici quelques années à La Nouvelle Star. Mais ce ne furent pas, loin de là, les seuls sujets abordés, et l’entretien fut l’occasion d’échanger également sur le théâtre : du Festival de Caves à Besançon (porté par la compagnie Mala Noche), où Léopoldine HH a fait ses débuts en tant que musicienne et travaillé à l’administration, à l’école de la Comédie de Saint-Étienne où elle a étudié ; de son goût pour des dramaturges (Gildas Millin, Bertolt Brecht, Anton Tchekhov, etc.), à un projet théâtral sur Gérard Manset (compositeur, chanteur et parolier entre autres pour Bashung) monté par Chloé Brugnon et qui jouera en 2018-19 en Alsace. Ce goût pour la transversalité, cette façon de passer avec aisance et naturel du jeu au chant et à la composition, pourrait s’expliquer autant par la formation de Léopoldine Hummel que par un souci de construire son propre parcours au sein d’une famille de musiciens. Elle le raconte ainsi : « Mes parents [Liselotte Hamm et Jean-Marie Hummel, de l’association strasbourgeoise La Manivelle, ndlr] font des cabarets littéraires. Ne voulant pas être dans l’imitation, j’ai d’abord choisi le théâtre pour faire autre chose. » Débutant la musique enfant (piano, puis flûte traversière) au Conservatoire à l’initiative de ses parents, passant un bac option théâtre à Strasbourg, Léopoldine Hummel prolonge ce double apprentissage durant ses études secondaires. À Besançon, elle continue le

conservatoire, tout en validant un Deust théâtre (diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques), avant de partir à Saint-Étienne pour intégrer l’École supérieure d’art dramatique, dont elle sort diplômée en 2009. C’est là qu’a lieu sa première incursion vers la composition : «  M’ayant vue jouer au piano, l’auteur de théâtre Gilles Granouillet m’a proposé de mettre en musique des textes qu’il écrirait. Je n’avais jamais fait ça, ça m’a donné envie de tester des choses. » D’autres propositions – dont une carte blanche au Festival de Caves à Besançon – transforment le coup d’essai en un concert. Au fur et à mesure, Léopoldine Hummel affirme son envie de « chanter des textes d’auteurs de théâtre, de romanciers, de poètes ». Souhaitant éprouver ce projet en scène, la jeune femme débarque à Paris et joue dans des bars, « pour voir ce que ça donne ». Une expérience « pas toujours facile », qui lui donne l’envie d’enregistrer un album. « Je voulais garder une trace de ce projet, et passer à autre chose. » Elle sollicite deux amis comédiens et musiciens, Maxime Kerzanet et Charly Marty. Aux multiples instruments de la musicienne (clavier, piano, accordéon, ukulélé, mini-harpe, machine à écrire…) s’ajoutent les influences un peu plus électro des musiciens (guitares, claviers, samples, percussions…). « En studio, les chansons sont devenues autre chose que ce que je faisais seule. Du coup, plutôt que la fin d’un projet, ça a été le début d’un nouveau, toujours avec cette base de chansons littéraires. » Parmi les auteurs convoqués, l’auteur Olivier Cadiot (édité chez P.O.L) côtoie le poète Guillaume Apollinaire, le célèbre dramaturge russe Anton Tchekhov croise l’auteur, metteur en scène et pédagogue Gildas Milin. Leur point commun ? « Ils parlent de choses intimes. Je n’ai pas envie de raconter des trucs personnels. Ils mettent exactement les mots sur des sensations, ils décrivent un rapport au monde qui me semble juste, j’ai l’impression que leurs mots expriment mieux que les miens ce que je ressens. Je veux faire passer leurs mots par ma musique. » D’ailleurs, le « mode d’emploi » de l’album Blumen im Topf est joliment résumé dans le morceau éponyme. « Cette chanson est la seule dont j’ai écrit le texte, c’est comme le manifeste, la clé pour écouter l’album. » Là où les autres compositions se consacrent chacun à un seul auteur, Blumen im Topf fonctionne comme un « cadavre exquis. Il y a une chanson de Colette Magny, Frappe ton cœur, qui commence en listant des auteurs, et le morceau est un cadavre exquis de leurs phrases. » Sur le même principe, la chanson cite Anton Tchekhov, Henrik Ib63

sen, Bertolt Brecht, Guillaume Apollinaire, Olivier Cadiot. Dans ce morceau se trouve aussi condensé tout ce qui fait la particularité de l’univers du trio : humour et poésie, finesse d’esprit et richesse musicale, le tout avec une façon de mêler les langues, français, allemand ou alsacien. D’ailleurs, à échanger avec cette artiste, son passage par l’émission de télé-réalité de La Nouvelle Star en 2013 peut surprendre, tant son tempérament sincère et entier tranche avec les injonctions des formats télévisuels. Interrogée sur cet épisode, là aussi la comédienne et musicienne conserve sa franchise. Tentée sur un coup de tête, La Nouvelle Star lui a permis de savoir qu’elle n’était pas une machine. « Je me suis rendue compte que le show business n’est pas du tout un endroit d’épanouissement artistique, uniquement stratégique. J’ai un peu joué avec le feu en y allant, mais cela m’a permis de rencontrer plus vite des structures, et toute une faune particulière. » Peut-être, aussi, ce passage a-t-il permis à la jeune femme de s’affirmer plus rapidement en tant que chanteuse et compositrice. Si, aujourd’hui, cette activité de musicienne constitue la moitié de son travail, Léopoldine Hummel continue à se considérer comme « comédienne. Après, comme cela se passe bien avec ce projet musical et qu’on nous propose de faire des concerts, nous y allons ! Mais c’est plutôt agréable d’avoir un pied dans le milieu de la chanson sans devoir à tout prix en vivre, ça permet aussi de garder du recul par rapport à ce qu’on te demande de faire, de calibrer les choses. » Un recul qui permet à une artiste se méfiant de l’efficacité d’éviter d’y céder, et de défendre ce qui constitue aussi sa patte, cette théâtralité musicale, comme cette position de saute-frontières. Ainsi, Blumen im Topf mêle, là encore, avec naturel les langues, l’allemand ou encore l’alsacien d’une comptine qui surgit au détour d’un morceau. « La présence des langues vient de l’enfance. Mes parents ont toujours glissé dans leur répertoire franco-allemand des chansons espagnole, italienne, etc. C’est le rapport qu’ils m’ont transmis à la musique : une passerelle pour les langues. Et la musique peut faire passer les émotions des histoires, sans que l’on comprenne la langue. » Un travail à l’instinct, où les mots disent les sensations, et les compositions les retranscrivent avec sincérité. Léopoldine HH en concert le 6 avril 2018 à la Salle du Cercle de Bischheim www.leopoldinehh.com Photo : Calypso Baquet


Ces temps-ci, on renoue avec la tradition longtemps perdue des œuvres d’art dans les immeubles de logements. Pour améliorer la qualité des espaces de vie, dit-on. Pas toujours une réussite, mais dans le cas de cette fresque réalisée par la peintre Anne-Sophie Tschiegg dans un bâtiment de Richter Architectes commercialisé par Vinci, force est de reconnaître que l’habitat privé permet vraies intentions et liberté artistiques.

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Par Sylvia Dubost Photos Pascal Bastien

FAIRE LE MUR La fresque en cours, le 7 novembre

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Mardi 7 novembre. Il fait froid et gris, le sol des jardins intérieurs est éventré par les engins de chantier. On a du mal à croire que les premiers habitants vont s’installer dans trois semaines. Tout est possible, visiblement. Même qu’un promoteur fasse travailler un artiste… Renseignements pris, Vinci a signé en 2015 avec 13 autres acteurs du secteur de l’immobilier la charte « 1 immeuble, 1 œuvre », sous l’égide du ministère de la Culture. L’idée : que l’intervention d’artistes contribue à une plus grande qualité de vie et permette de familiariser « le plus grand nombre avec des langages nouveaux et [à accepter] l’altérité ». Louable initiative, même si elle consiste généralement en l’installation de peintures et de sculptures dans les parties communes… ce qui la réduit trop souvent à de la décoration. Ici, le projet est autrement plus ambitieux : l’œuvre a été conçue spécialement pour le bâtiment, sur proposition des architectes et en cohérence avec leur projet. Elle prend place dans le hall d’entrée de la partie logement ; un espace traversant, aux volumes et aux ouvertures généreuses, où l’on est frappé par l’élégance de volumes et des matériaux. La fresque investit la partie haute d’un mur en double-hauteur, face à l’escalier et contre un couloir en mezzanine. Profitant d’une belle luminosité, Anne-Sophie Tschiegg y peint un paysage, enraciné entre Vosges et Forêt-Noire, comme le bâtiment. Au centre, ce qu’on entrevoit comme un bassin rappelle le caractère fluvial du lieu. On y retrouve ce qui caractérise sa peinture : des couches de couleurs qui se superposent et se contaminent, sa réflexion sur le paysage, la couleur, l’espace aplati. Sa proposition répond ici au paysage que découpe sur le talus la large fenêtre sur le mur perpendiculaire. Pour l’artiste, cette fresque devient une « ouverture supplémentaire, comme un horizon, un peu méditatif. Elle doit renvoyer à quelque chose d’intérieur ». Pour l’architecte Pascale Richter, elle « accentue aussi les

La fresque terminée

intentions spatiales, et met en relation le niveau haut et le niveau bas de l’immeuble ». L’agence Richter Architectes a l’habitude de faire travailler des artistes, plasticiens ou designers, dans ses bâtiments : Nathalie Siegfried dans la maison de retraite de Saint-Aubin-lès-Elbeuf (elle interviendra également au printemps sous le porche du bâtiment), Christian Voltz dans la Maison de la petite enfance à Neuhof, Fred Rieffel à Scherwiller… Anne-Sophie Tschiegg, elle, est moins familière de l’exercice. « C’est la 1re fois que je travaille sur une peinture de cette taille, pérenne en tout cas. C’est très déstabilisant. » Quand Pascale Richter lui propose ce projet, elle dit d’abord non. « Cela m’impressionnait. On m'annonce que l'œuvre est aussi pérenne que la bâtiment. Et puis les gens ne l’auront pas choisie, contrairement aux toiles qu’ils décident d’acheter. Je trouve ça d’une prétention folle, il faut quand même être content de soi pour faire ça… » Elle finit par accepter, propose plusieurs croquis à Vinci qui la laisse travailler. L’intérêt pour le promoteur ? « On soutient les artistes locaux, on valorise les parties communes de l’immeuble, et on en profite pour communiquer », explique Pascal Véron. Seule contrainte : que l’œuvre soit visible de l’extérieur. Un cahier des charges assez réduit, qui laisse à l’artiste sa liberté. « Je ne voulais pas me contenter de réaliser en grand le croquis que j’avais présenté, précise Anne-Sophie Tschiegg. L’idée d’accident est importante pour moi, sinon c’est mort. » Le format est en soi déjà une gageure : « Je n’avais jamais utilisé cette technique. J’utilise les mêmes pigments que pour mes toiles, c’est très 65

“ Il faut quand même être content de soi pour faire ça. ”

liquide. D’habitude je travaille à l’horizontale. Avec l’échafaudage, je n’ai pas de recul et pas d’amplitude de mouvement, il a fallu que je trouve une mobilité, une énergie différentes. Cela a modifié les étapes de travail. Mais plus je suis obligée d’inventer, plus ça m’intéresse. » Et puis, il y a la deadline… Aux habitants, Anne-Sophie Tschiegg essaye de ne plus trop penser. « J’ai oublié le côté pérenne et l’envie de plaire à tout le monde, ce que j’aimerais, c’est qu’au mieux ce soit une évidence, au pire qu’on ne la voit pas. » Ce serait vraiment dommage… Elypseo : logements, habitat social + résidence de tourisme 45, avenue du Rhin www.vinci.com Architectes mandataires : Richter Architectes www.richterarchitectes www.anne-sophie-tschiegg.tumblr.com


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SITE DE RENCONTRES Par Cécile Becker

Ni artiste, ni photographe, ni journaliste, ni photoreporter, ni auteur, ni écrivain, ni timide, ni cynique, ni drôle, mais tout à la fois, Guillaume Chauvin a choisi la photographie pour les rencontres qu’elle permet, pour produire des récits et des livres aussi. Quand l’outil devient un laisser-passer avant tout… La preuve avec ce travail réalisé en Colombie, qu’il nous a commenté.

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« C’est drôle, je n'ai remarqué le 67 sur son t-shirt qu'en rentrant à Strasbourg. 6-7 Represent! On patrouillait, et ils m’ont dit : “Prends ton appareil, on va contrôler.” Ils l’ont arrêté pour que je le prenne en photo… Au début, les types des gangs ne voulaient pas que je les prenne. Une fois qu’ils ont su que j’étais Français, ils ont pris la pose… Les images seront visibles dans le bouquin. Comme quoi, le fait d’être Français continue malgré tout à être bien vu, dans certains pays… Tout se passe dans la bonne ambiance, on n’a pas l’impression que c’est dangereux. C’est là que ça me dérange : figer l’image, c’est aussi perdre le côté ordinaire du moment, tout devient symbole. »

« Je l’aime bien celle-là, parce qu’on voit des gosses, des bidasses et des palmiers. Nous sommes ici à Buenaventura, vraisemblablement le plus gros port de Colombie mais aussi l’une des villes les plus pauvres du pays, qui a beaucoup souffert de la corruption… Ce quartier est appelé “le quartier des découpes” car c’est ici que les différents groupes paramilitaires s’affrontaient : ils se kidnappaient, se découpaient, vivants ou morts, et répartissaient les membres pour délimiter leurs zones… On sent que les habitants y ont été humiliés par la violence. Aujourd’hui, le quartier est sous contrôle militaire, c’est plus safe. Si les gens y étaient adorables, très étonnés de me voir là-bas, on sent que tout peut basculer d’un moment à l’autre… »

C

’est une grande tige massive qu’on aurait, vue sa démarche, bien imaginé militaire. À raison : l’animal a, après un diplôme aux Arts décoratifs de Strasbourg spécialité graphisme, tenté d’intégrer la légion étrangère. Carré, discret, l’œil bleu qui frise lorsqu’il sent le potentiel comique d’un personnage ou d’une situation, Guillaume Chauvin est photographe, « mais pas technicien ». « Si je pouvais faire tout ce que je fais sans prendre de photo, je le ferai. » Après les Arts déco, déçu par un « faux rapport à la réalité », il fait une liste de ce qu’il « recherche dans la vie ». « J’aime l’humour. Je veux vivre à la montagne, des amis fiables et de la surprise tous les jours. » Premier choix : légion étrangère, qu’il décide d’approcher en se servant d’un appareil photo. Il n’intégrera pas le corps armé mais réalisera que son outil lui permet d’avoir accès à tous les corps de métier : le rêve. Ce qui continue de le faire rêver ? « Les livres photo, pas tous, évidemment. Je les aime pour ce qu’ils suscitent d’imaginaire. » Chez l’éditeur Allia, il trouve la confiance nécessaire pour régulièrement publier ses projets. S'il réalise parfois des commandes, c'est sans transiger sur ce qui fait l’essence de son travail : décaler son regard, dégager de situations ordinaires ou tragiques une certaine poésie, s’attacher aux rencontres, en faire des livres. Le temps passant, il a 67

accompagné ses images de mots qu’il manie comme des couteaux : cinglants, souvent drôles, ils tranchent avec l’image du photographe timide. « J’arrive mieux à raconter l’émotion par le texte, il permet de rattraper ce que je n’ai pas pu/su faire sur le moment, de corriger la première impression que laisse une photographie. » Son dernier travail, En Colombie, des colons bien, dont une partie est présentée à La Chambre, est le résultat d’une résidence croisée en juin 2017, dans la région de Cali, dans le cadre de l’année France/Colombie. Guillaume Chauvin choisit d’y suivre des personnages archétypaux (agriculteur, policier, enfant…), afin de déjouer les stéréotypes. Ses photographies sont adossées à des textes, petites phrases toutes simples, souvent drôles, parfois absurdes, qui viennent percuter l’image pour créer un troisième sens. Ce travail fera l’objet d’un livre à paraître fin avril.


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« J’avais demandé à l’écolier de me montrer ses jouets. Il n’en avait pas. Il n’a que ses coqs. On a marché 20 minutes dans la forêt pour les trouver. Là-bas, les coqs sont tous attachés au sol : un clou, un fil. On les traite comme des chiens ou des chats, sauf qu’on les mange. Mais l’enfant, lui, ne les mange pas : “c’est trop dur”. J’aime bien les défauts de cette image : l’ombre à l’arrière notamment. Et puis, pour honorer l’année France/Colombie, un coq, ça le fait ! »

« Il était 11h du matin et ce devait être déjà le 4e repas de la journée, des tamales, je crois. Les policiers passent leur temps à manger : à la caserne, chez eux, chez les habitants… J’ai suivi ce policier dans le quartier le plus craignos de Cali : Siloe. Je n’avais pas envie de prendre de risques inutiles, mais il m’a dit : “Pas de problème, si tu mets un gilet pareballes !” Je ne sais pas si ces gars sont courageux ou inconscients mais ils patrouillent la nuit, partent seuls fouiller et arrêter des mecs de gangs, reviennent avec trois couteaux, les mettent dans le fourgon… Comme ça. »

« La directrice de l’école de pilotage de Cali. Elle a créé cette école parce qu’il n’y avait que des pilotes clandestins qui passaient de la drogue. C’est la seule école qui ne forme pas de narcotrafiquants. Elle me disait adorer les vieux avions car ce sont les seuls qui ont besoin de pilotes. J’ai trouvé ça beau. »

« Ce jour-là, j’avais décidé de suivre un écolier à la campagne. J’étais le seul blanc. Les gens ne voulaient pas que je les prenne en photo. Puis un gamin est tombé sur nous dans la forêt. Il semblait un peu fou : il bavait, ne portait que des haillons. Il s’est mis à piétiner des clémentines, il l’a refait, j’ai pris des photos. J’aime les couleurs, les contrastes entre le marron, l’orange et le vert. À travers cette photo, j’ai l’impression qu’on peut sentir le jus sous le pied. »

Expo : Identidad —› 22.12 La Chambre www.la-chambre.org 68


REGIONALE 18 STRASBOURG

THÉÂTRE ACTUEL ET PUBLIC DE STRASBOURG

Art contemporain de la région tri-rhénane

www.regionale.org

JANVIER 2018

Vidéotown

MAR 23 + MER 24 VEN 26 20H30

02.12.17-18.01.18 un parcours vidéo Accélérateur de particules départ Boutique Culture 10 Pl. de la Cathédrale

TAPS LAITERIE

Mia Bailey, Arthur Debert, Dimension Emotionnelle, Ramon Feller, Claire Hannicq, Paul Heintz, Violaine Higelin, Thomas Lasbouygues, Vladimir Mitrev, Aline Zeltner

une exposition ceaac 7 R. de l’Abreuvoir Elise Alloin, Thomas Bischoff, Vincent Chevillon, Clara Denidet, Matias Huart, Catrin Lüthi, Sebastian Mundwiler

Super Image

02.12.17-25.02.18 Affiches sérigraphiées en édition limitée Horstaxe invite : Anette Lenz, Bonnefrite, Christophe Gaudard, Icinori, Stéréo Buro et Vier5 Sérigraphe : Lezard Graphique

Compagnie La Récidive Strasbourg

Conception — Bentz + Brokism

02.12.17-25.02.18

03 88 34 10 36 TAPS.STRASBOURG.EU

JEU 25 + SAM 27 19H

Commissaires : David Legrand et Skander Zouaoui

Donner Formes

TAPS

La Nébuleuse Écriture et mise en scène Cyril Balny


Z UT Culture News

NEUE VAGUE

Par Antoine Ponza Photos Petit Phil Photo

Le cabaret onirique Une nouvelle venue a jeté l’ancre en septembre dans les eaux calmes de la Presqu’île Malraux, voisinant désormais avec le Barco Latino. Toute de tôle vêtue, la péniche Excalibur ne tranche pas avec le décor, mais a la garde d’un cabaret pointu. La première occurrence de son onirisme s’incarne au salon, dont le lambris rouge moulin parsemé d’ampoules de théâtre n’a d’égal que le comptoir en marbre, Belle Époque jusqu’au fond des tasses à café. On peut donc y deviser sous des lampes tamisées ou surplomber les entrailles de la péniche, éclairés au chandelier, en mangeant du pop-corn. Face à la scène, au sous-sol, on trouve des places assises pour 140 personnes, « une jauge idéale » selon Océane Gil, capitaine du navire. Instruite par « l’école de la vie », la comédienne en bretelles et nœud papillon a souhaité fonder « un lieu polymorphe, où toutes les formes artistiques peuvent se présenter » – et qui peut accessoirement servir de lieu de répétition. Depuis l’ouverture, DJ à l’appui, y sont passés des acteurs cabotins, des effeuilleuses, un clown, des cordes vocales ou encore la troupe d’improvisation de l’Oignon. Si sa volonté initiale consiste à « casser l’image » habituelle du cabaret, loin des pin-up et transformistes, « [elle n’a] aucune limite ». Et d’affirmer : « on va pousser plus loin ce qui est dérangeant. » Ficelée par une petite équipe de passionnés, une programmation variée sera dévoilée au début de l’année 2018, pour montrer « tout ce qu’on veut, et tout ce qu’on peut. »

Presqu’île Malraux Café ouvert de 14h à minuit les mercredis, jeudis et dimanches, jusqu’à 1h30 les vendredis et samedis www.cabaretonirique.fr 70


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MAGNIFIQUE

YASMINE HAMDAN Par Antoine Ponza | Photo Henri Vogt

Arpentant les cintres de La Laiterie, nous contenons difficilement notre joie. Dans sa loge, nous attend la chanteuse dopée à l’élixir de jouvence qui illuminait le film de Jim Jarmusch Only Lovers Left Alive, il y a quelques années. Au micro d’une scène alternative de Tanger, sa présence physique et sa voix enchanteresse mettaient alors en exergue le caractère underground du cinéaste East Coast, en écho à l’électro pionnière qu’elle lança au début du millénaire sur Beyrouth, sa ville natale, ainsi que la richesse de la langue arabe, d’« un raffinement absolu » comme elle le dira ensuite. Yasmine Hamdan, studieusement installée devant son ordinateur, travaille déjà à de nouvelles pistes, un petit clavier arrangeur à son côté. Pour l’heure, nous discutons d’Al-Jamilat, dernier album en date. « C’est un peu mon bébé », introduit-elle. Passée par New York, Paris et Londres, afin d’en graver les prémices, elle a tenu à en « rester le chef d’orchestre ». En témoigne le processus de création de son Cafe, qu’elle détaille : « J’ai enregistré un sample à la cithare, les producteurs anglais ont ajouté des rythmes, puis j’ai donné une direction au mix final en lui insufflant mes couleurs. » Une maîtrise nécessaire à la multiplicité de couches sonores et référentielles que la franco-libanaise superpose, fidèle à son attachement pop et folk. En l’occurrence « un peu rock et touareg », abreuvé d’un retour à la source « minimale ». Ce qui n’empêche pas la spontanéité du geste initial, l’adaptation par exemple pour le morceau titre d’un poème de Mahmoud Darwich dont Yasmine admire sans réserve la « manière très humaine, belle et acide de complimenter les femmes ». Un éloge que l’on a envie de lui adresser, car elle impose bien à ses chansons « un rapport sensuel immédiat ». Propos recueillis le 17 octobre à La Laiterie Dernier album : Al-Jamilat, Crammed Discs

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L’HOMME QUI AIMAIT LA FEMME

GUILLAUME GALLIENNE Par Antoine Ponza | Photo Pascal Bastien

Elle porte le nom d’une icône, signe d’une jeunesse provinciale. Sans probablement espérer autant de succès, elle veut jouer dans un autre décor, pour s’extraire de sa condition, de son corps et de ses addictions. Maryline, au théâtre comme à la ville, incarne « ceux qui n’ont pas les mots pour se défendre » explique, passionné, Guillaume Gallienne. « Les taiseux m’impressionnent », ajoute-t-il, en arguant de la violence que l’obligation au silence peut engendrer. Naquit l’idée, à partir d’un récit anonyme, de raconter « une épopée humble ». Alors qu’il interprétait Lucrèce Borgia à la Comédie Française, l’acteur dit avoir « senti viscéralement quelque chose de la difficulté d’être concave ». Par addition, il souhaite donc

« conter la fragilité et la force des femmes ». De son premier plateau en tant que figurante au baisser de rideau final, Maryline doit en effet affronter l’« inhérente humiliation des faibles ». Le regard brillant et un peu fou que lui confère son interprète Adeline d’Hermy découvre d’ailleurs la « blessure » dont parle Léo Ferré, « qui n’en finit pas de se rouvrir, sous des larmes qu’affirme le désir ». Si la chanson conclut l’histoire, des notes de bonheur le jalonnent également. « Pour créer la lumière, il fallait que je raconte l’ombre », retrace Gallienne, paraphrasant l’écrivain japonais Jun’ichirō Tanizaki. Sans manichéisme, en donnant à voir « les fêlures de chacun », tristes sires ou figures lumineuses, possédant « l’intelligence des gens 74

qui se reconnaissent, alors qu’ils n’ont rien en commun ». Une bienveillance surmontant les difficultés, quand le « non-dit » devient seul langage. Propos recueillis le 17 octobre à l’hôtel Cour du Corbeau, dans le cadre de la projection presse de Maryline au Star Saint-Exupéry


JANVIER-FÉVRIER

Anne Théron et Laurent Sauvage © Jean-Louis Fernandez

Les spectacles

L’autre saison

Soubresaut

DJ SET (SUR) ÉCOUTE

Théâtre du Radeau | François Tanguy 9 | 19 janv 2018

Actrice

Pascal Rambert 24 janv | 4 fév 2018

À la trace

Alexandra Badea | Anne Théron 25 janv | 10 fév 2018

La Fusillade sur une plage d’Allemagne Simon Diard | Marc Lainé 14 | 23 fév 2018

03 88 24 88 24 | www.tns.fr | #tns1718

Spectacles autrement Mathieu Bauer | Sylvain Cartigny 11-12 janv | 20h | Salle Koltès

Penser la violence des femmes Les samedis du TNS | Coline Cardi Sam 3 fév | 14h | Salle Gignoux

Supervision

Sonia Chiambretto | Anne Théron Projet IDEX « Université et Cité » 8 fév | 19h | Université de Strasbourg 9 fév | 20h | Espace Grüber

THÉÂTRE INVITÉ : Théâtre Ouvert Spectacle, mise en espace avec les élèves, lectures, rencontres 14-23 fév | Détails sur www.tns.fr


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BACK TO THE ROOTS

SPEECH / ARRESTED DEVELOPMENT Par Cécile Becker | Photo Christophe Urbain

Tennessee, Mr Wendal, People Everyday… et autres hymnes lumineux du grand album 3 years, 5 months and 2 days in the life of… (1992) signé Arrested Development, ont, c’est un fait, intégré notre panthéon hip-hop. Avions-nous déjà conscience à l’époque, vu nos âges bien modestes et nos leçons d’anglais trop scolaires, d’écouter un rap conscient ? Si la musique nous mettait sur les pistes d’une authenticité et d’un positivisme rappelant les autres Jungle Brothers ou A Tribe Called Quest, nous n’étions pas en mesure de saisir la démarche d’Arrested Development dans sa globalité. Speech se souvient : « J’utiliserais deux mots pour décrire cette époque. Bénis : une bande de jeunes rêveurs qui a eu la chance de toucher autant

de monde par la musique. Bizarre : d’avoir été aussi marginaux dans le hip-hop. » Les temps ont changé : amateurs de hip-hop que nous sommes, nous avons creusé, investigué l’histoire passionnante de cette musique, suffisamment pour saisir que la posture adoptée par Arrested Development était et continue de se faire rare. « Plus jeune, j’étais plus optimiste… Ayant vieilli, je me sens plus seul encore, déplore-t-il. Dans le hip-hop actuel, nos pairs sont loin de glorifier la vie, ils parlent des femmes comme de putes, de drogues, de meurtres, de sapes, de flingues, de bijoux. Une grande partie du hip-hop est matérialiste, misogyne, violente, auto-centrée… C’est tellement facile de se laisser rattraper par la tendance. » Si les tentations ont été 76

grandes – vue aussi, la carrière en dents de scie du groupe –, il n’a jamais dérogé. « Des groupes comme Public Enemy ou De la Soul m’ont en quelque sorte donné la permission artistique d’être moi-même. J’aimerais ouvrir la voie à d’autres artistes, perpétuer une certaine tradition du hip-hop. » C’est ainsi que Speech et Arrested Development continuent de valoriser « ce qu’on ne peut pas toucher : l’amour, la compassion, l’humanisme… Ce qui reste… at the end of the day ». Propos recueillis le 31 octobre à l’espace Django Reinhardt


BLUES DU DÉSERT ∙ Mali CLÔTURE DU FESTIVAL STRASBOURG MÉDITERRANÉE

TINARIWEN Elwan + 1re partie : PERA 9 DÉCEMBRE

MUSIQUE DU MONDE ∙ Tunisie

AMINE ET HAMZA QUINTET 24 JANVIER JAZZ ∙ France

JOËLLE LÉANDRE & SERGE TEYSSOT-GAY Trans 2

7 FÉVRIER BLUES MÉTISSÉ ∙ Guadeloupe

DELGRES 20 MARS

HOMMAGE MUSICAL ∙ France

ABD AL MALIK

L’Art et la Révolte D’après les nouvelles d’Albert Camus L’envers et l’endroit (1937) aux Éditions Gallimard 7 AVRIL DANSE CONTEMPORAINE ∙ Tunisie

SACRÉ PRINTEMPS ! Cie Chatha Aicha M’Barek et Hafiz Dhaou 11 AVRIL

ELECTRO WORLD ∙ Tunisie

EMEL MATHLOUTHI Ensen

13 AVRIL

LIVE À FIP

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Schiltigheim Une créatio ! n inédite au plus près des 19 AVRIL auditeurs Parce que la musique live est au cœur entre un mus de la relatio icien et son n public, FIP d jeudis soir d iffuse tous le es concerts ex s ceptionnels à FIP ou hors enregistrés les murs. Pour cette so irée, LIVE À FIP s’installe pour un rend à Schiltigheim ez-vous mus ical unique : de concerts deux heures live retransm is en direct su et 92.3. r fipradio.fr Entrée libre dans la limite des places d sur réservatio isponibles n au 03 88 83 84 85

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APOCALYPSE BÉBÉ

JOHN MAUS Par Cécile Becker | Photo Christophe Urbain

La journaliste angoissa. Il lui revint en mémoire cette rencontre avec un artiste dont elle aimait le travail, Ariel Rosenberg (Ariel Pink), ici-même à La Laiterie. Imbu et imbuvable. Durant de longues années, elle ne put écouter sa musique. Traumatisée. Elle surnomma ce revirement “le syndrome Ariel Pink”, qu’elle craignit de revivre avec John Maus, dont elle suivait avidement la carrière depuis de longues années. Afin de s’en prémunir, et par souci d’honnêteté quant à une soi-disant objectivité – il arrive aussi aux journalistes “d’être fan” –, elle décida de partager ce souvenir avec l’intéressé, proche d’Ariel Pink. « Oh, il n’a pas été sympa ? Oh non… Je ne le prendrais pas personnellement si j’étais vous. C’est juste

une fripouille, je suis sûr qu’il n’a pas voulu vous heurter… Bon, j’admets qu'il manque parfois de sensibilité… » La journaliste respira un bon coup et put sans plus attendre l’interroger sur son nouvel album Screen Memories, bijou à situer entre post-punk, profondeurs psychédéliques et pop dévergondée. John Maus parla de cet opus comme d’une « expérience sur l’innocence ». « Cette jeunesse audacieuse, cette fraîcheur que je souhaitais, sont contrebalancées par une rigueur dans la manière de composer, presque désespérée, démodée... J’ai la sensation d’être passé à côté de quelque chose… » L’homme est exigeant. Il conscientise sans cesse son geste musical. La parole fut lancée à vive allure, le langage soutenu, tout y passa : « l’apocalypse pour 78

trouver la lumière », le chaos, Saint Thomas d’Aquin, les musiques savantes, « le son comme fractales »… 40 minutes d’entretien qui se conclurent par un échange passionné sur les ruptures amoureuses qu’il décrivit comme « une rencontre avec le réel, à proprement parler », « un entre-deux entre la peur et l’horreur », « une infortune ». Son conseil ? « S’occuper des autres – pas de l’Autre, qu’il aille se faire foutre. Les accueillir chez soi, leur offrir le couvert… Ce qui reste, ce sont les amis. » Propos recueillis le 7 novembre à La Laiterie Dernier album : Screen Memories, Ribbon Music


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FEMME EN LIBERTÉ

LOLA LAFON Par Emmanuel Abela | Photo Pascal Bastien

Dans son dernier roman, Lola Lafon relate l’affaire Patty Hearst qui a défrayé la chronique aux États-Unis au milieu des années 70. La jeune héritière de l’empire Hearst est enlevée par des membres d’un étrange groupuscule révolutionnaire, la SLA, qui propose sa libération en échange d’une rançon sous la forme de dons alimentaires à destination des quartiers pauvres de Los Angeles. Or, la jeune femme est photographiée en train de participer au braquage d’une banque. Victime du syndrome de Stockholm ? Nouvelle activiste convaincue par les actions menées par la SLA ? Il est question de cela, mais pas seulement : une universitaire américaine recrute une jeune française pour consulter une vaste

documentation – avec une mise en abyme qui situe l’auteure du livre face à sa propre recherche documentaire sur le sujet – et trouver des arguments pour éviter à Patty une lourde condamnation. Malheureusement, Gene, l’universitaire, pratique une forme d’intrusion, « de brutalité », qui renvoie Violette au destin de Patty. La chose est d’autant plus saisissante que Violette est rebaptisée Violaine par son hôte, tout comme Patty est devenue Tania – deux ‘t’ deviennent un ‘n’. « Oui, nous confirme Lola, la métamorphose passe par ce changement de nom. » Très attentive à nos remarques, elle admet que l’universitaire, au-delà du fait qu’elle pratique bien l’anglais, peut très bien avoir choisi Violaine parce qu’elle sent, derrière 80

sa neutralité de façade, quelque chose qui l’amènera à contredire ses propres points de vue. Derrière la conviction naissante, c’est bien l’affirmation de soi qui se fait jour ; l’instant d’émancipation. « Quand j’ai découvert l’existence de cette jeune fille enlevée qui ne voulait pas revenir, deux choses m’ont interloquée : le corps reste en 1974 une monnaie d’échange ; au moment où Patty devient prisonnière, c’est là que commence pour elle la possibilité d’une liberté physique. » Propos recueillis le 20 novembre à la Librairie Kléber


Illustration : MÜNSTER STUDIO (Barcelona) - Alphabet Momix : DEPOUTOT

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MAILLON-WACKEN

Création


Sélections Culture

Photo : Claudia Pajewski

La carte et le territoire THÉÂTRE La posibilidad que desaparece frente al paisaje 24.01 → 26.01.18 Le-Maillon www.maillon.eu

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Le Maillon a toujours défendu à la fois la création européenne et tous ceux qui inventaient de nouvelles manières d’habiter la scène. Il invite ainsi la compagnie El Conde de Torrefiel, qui agite le théâtre espagnol depuis 2010 mais qu’on n’a pas encore vue par ici. La posibilidad que desaparece frente al paisaje est un tour d’Europe en 10 étapes : Madrid, Berlin, Marseille, Lisbonne, Kiev, Bruxelles, Thessalonique, Varsovie, Lanzarote et Florence. À travers les paroles d’anonymes ou celles d’artistes célèbres, en utilisant danse, vidéo et texte, quatre interprètes et une voix off décryptent l’imaginaire que véhiculent ces villes, grattent la surface des mythes pour révéler la barbarie enfouie et livrent ainsi de multiples point de vue sur l’Europe d’aujourd’hui et son histoire. Déroutant et réjouissant (S.D.)


la salle du cercle Musique du monde et d’ici | Ciné-concert | jeune public

ven. 12 jan → 20h30

Photo : Patrick Berger

Les Triaboliques Musique du Monde Royaume-Uni

Vertiges de corps Parce qu’en se promenant dans les métropoles mondiales, il avait parfois la sensation de ne plus pouvoir distinguer la réalité du monde virtuel, le chorégraphe Mourad Merzouki a choisi de faire évoluer ses danseurs à leur lisière. Pixel prend forme après sa rencontre avec les artistes numériques Adrien Mondot et Claire Bardainne, inventeurs d’interactions sensibles entre les images virtuelles et les impulsions du geste, de la lumière et de la musique. Dans cette création, le corps reste au cœur des images et l’humain au centre des technologies. Les danseurs hip-hop, rejoints par des circassiens, ont l’habitude

de composer leurs figures acrobatiques sur de solides repères dans l’espace. Mais dans Pixel, c’est le monde entier qui devient mobile, le sol qui se dérobe, l’atmosphère qui crépite en gerbes de corpuscules lumineux. Tout devient insaisissable. Et dans ce monde rêvé, le geste ne cesse de se réinventer, pour mieux se retrouver. (S.D.)

ven. 26 jan → 20h30

Badlands

de Terrence Malick Ciné-concert par holy Bones

DANSE / ARTS NUMÉRIQUES Pixel 16.02.18 Le Point d’eau | Ostwald www.lepointdeau.com

MeR. 28 MaRs → 20h30

La Mossa

Polyphonies du monde (en remplacement de nilamaye)

À terre Incontournable sous le sapin, la monographie de Karl Fournier et Olivier Marty, les architectes de Studio KO. Pour patienter avant d’aller découvrir leur premier musée, celui d’Yves Saint Laurent à Marrakech. (M.C.D.) BEAUX-LIVRES Studio KO, préface de Pierre Bergé, texte de Tom Delavan, photos de Dan Glasser, éditions Rizzoli. www.librairie-kleber.com

Infos & billetterie : www.salleducercle.fr —

lasalleducercle

2b rue de l’eglise 67800 Bischheim

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Multi-formes Depuis 18 ans, la Regionale invite des artistes installés dans la région du Rhin Supérieur à exposer dans les espaces d’art contemporain de ce territoire transfrontalier, de Bâle à Karlsruhe, en passant par Strasbourg, Freiburg, Mulhouse ou Liestal. Chaque lieu construit une exposition thématique avec les œuvres des artistes sélectionnés par le jury. À Strasbourg, le CEAAC invite ainsi 7 artistes pour questionner la place de la forme dans la production contemporaine et sa naissance dans le processus créatif. Pourquoi et comment un artiste choisit-il la forme qu’il donne à son œuvre ? Une interrogation

fondamentale nourrie par un parcours éclectique et stimulant. L’association Accélérateur de particules investit quant à elle vitrines, commerces, cafés et autres recoins obscurs du centre-ville pour un parcours de projections vidéo en 11 étapes, à faire à pied ou en taxi. Videotown fera notamment une halte à la Vitrine Zut ! (S.D.) EXPOS Donner formes 02.12.17 → 25.02.18 CEEAC www.ceaac.org Videotown 02.12.17 → 18.01.18 Divers lieux dans la ville www.accelerateurde particules.net www.regionale.org

Visuel 1 : Violaine Higelin, Empire, 2015 Visuel 2 : Mathias Huart, Aquarelles, 2017

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© Paule Thomas

LE CONCERT SANS RETOUR Cinq de cœur

VENDREDI

15 DÉC. 20H

Photo de répétitions : Jean-Louis Fernandez

Nomination Molières 2015

La cérémonie des adieux Eugenia, immense actrice de théâtre russe, vit ses derniers jours. À son chevet, dans sa chambre d’hôpital, elle voit défiler tous ceux qui ont marqué sa vie : sa famille, ses amis, les acteurs et metteur en scène avec qui elle a travaillé. Que restet-il à dire ? De quoi et de qui se souvient-on ? Comment concluton une vie bien remplie ? Le metteur en scène et auteur Pascal Rambert revient au TNS (où on a vu ses pièces Clôture de l’amour et Répétition) avec un spectacle créé pour les acteurs du Théâtre d’Art de Moscou. Il y soulève les questions essentielles du sens qu’on donne à la vie et de la trace qu’on laisse, et rend surtout un hommage vibrant à ceux qui ont

RUPTURE À DOMICILE

donné leur vie à l’art, aux mots des autres, au public. À celles, surtout. Construit autour des formidables Marina Hands et Audrey Bonnet, Actrice dit tout l’amour d’un homme de théâtre pour les comédiennes. « J’aime écrire pour les actrices, écrit-il à propos de ce spectacle. C’est peutêtre ça mon travail : donner du travail aux actrices. Leur donner de grands rôles. » Il leur offre ici un magnifique écrin. (S.D.)

Label Compagnie et Atelier Théâtre Actuel

SAMEDI

20 JAN. 20H

Nomination Molières 2015 Spectacle lauréat nouvel auteur 2013 Fondation Bajen

LES FAUX BRITISH

Cie des Femmes à barbe

VENDREDI

THÉÂTRE Actrice 24.01 → 04.02.18 Théâtre National de Strasbourg www.tns.fr

30 MARS 20H

Molière de la Comédie 2016

RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS :

85

03 88 30 17 17 • www.lepointdeau.com Le Point d’Eau 17, allée René Cassin 67540 Ostwald


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Réalisation Myriam Commot-Delon Photo Alexis Delon / Preview

Tendances Masque Xavier Noël Dorure à la feuille sur matériaux divers www.atelierxaviernoel.fr


Photographe Alexis Delon / Preview www.preview.fr Réalisation Myriam Commot-Delon

theroof Mannequin Anna Sholohova www.upmodels.fr Coiffeur Gregory Alcudia / Avila www.avila-coiffure.com Maquillage et manucure Maili Nguyen / Avila Post-prod Emmanuel Van Hecke Preview | www.preview.fr Lieu Sur le toit du Zénith de Strasbourg www.zenith-strasbourg.fr

Mini-robe à manches longues et jupe portefeuille froncée, à dos fendu et doublée soie, Saint Laurent chez Ultima. Collier et bracelets en résine, collection Malachite, Angela Caputi chez Revenge Hom. Boucles d’oreilles collection Pépites, pépites et chaine en or jaune, Éric Humbert.


Bombers matelassé à sangles et multi-poches en satin bordeaux, collection Les Hommes Notte Vandebosch, Les Hommes et jean brut slim Rick Owens, les deux chez Algorithme La Loggia. Bottines Niki 105 à talons coniques et bords asymétriques Saint Laurent chez Ultima. Puces d’oreilles en or blanc et diamants Éric Humbert.


Smoking en laine et satin (disponible aussi chez l’homme) Tagliatore chez Revenge Hom. Dessous body La Perla chez Alice Lange Le Boudoir. Collier Eole en or blanc et diamants à double chaîne en or blanc Éric Humbert. Bottines ajustées façon chaussettes, escarpins intérieurs en chevreau, Céline chez Ultima.


Veste pailletée imprimé zèbre Dsquared2 chez Ultima. Jean brut slim Rick Owens chez Algorithme La Loggia. Puces d’oreilles en or blanc et diamants et collier Eole en or blanc et diamants à double chaîne en or blanc Éric Humbert.


Mini-robe à carrure épaulée Saint Laurent chez Ultima. Collier Angela Caputi chez Revenge Hom. Boucles d’oreilles, collection Pépites, pépites et chaîne en or jaune, Éric Humbert.


Pantalon de smoking Tagliatore chez Revenge Hom. Escarpins en satin brodé, bouton XXL en acétate et talons bijoux dorés Prada chez Ultima.


Veste en satin à basque trompe-l’œil en denim Dsquared2 et T-shirt Saint Laurent, les deux chez Ultima. Pantalon en toile de coton imprimé léopard, modèle Elwood X 25, G-Star Raw. Bottines ajustées façon chaussettes, escarpins intérieurs en chevreau, Céline chez Ultima. Boucles d’oreilles et collier, collection Pépites, pépites et chaîne en or jaune, Éric Humbert.


Long pull Ă manches XXL et bottines CĂŠline chez Ultima.


Veste en satin à basque trompel’œil en denim Dsquared2 chez Ultima. Collier Eole en or blanc et diamants à double chaine en or blanc, Éric Humbert.


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Les P’tits Papiers*

Par Myriam Commot-Delon

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Miroir mural Cyclops en acier noir Doiy chez Tadzio. www.tadzio.fr Karlheinz Weinberger, Swiss Rebels, éditions Steidl. www.steidl.de Bracelets Mademoiselle en émail monochrome (disponibles en 2 tailles et 4 couleurs) Freywille. www.freywille.com

Pull gris Dark Vador Star Wars x Ikks, CC Rivétoile. www.rivetoile.com

Boots en cuir riveté Isabel Marant chez Ultima et aux Galeries Lafayette. www.ultima-mode.com www.galerieslafayette.com

Trousse de toilette Paul Smith chez Algorithme La Loggia. www.algorithmelaloggia.com

Fauteuil Imola BoConcept. www.boconcept.com

Boucles d’oreilles longues à pierres colorées Zara aux CC Les Halles et Rivétoile. www.placedeshalles.com www.rivetoile.com 101

Bague ouverte Homeric Swarovski au CC Rivétoile et aux Galeries Lafayette. www.rivetoile.com www.galerieslafayette.com


Poudre compacte Shu Uemura x Super Mario Bros à la boutique Shu Uemura & Kiehl’s.

Baskets Nike Air Huarache Ultra chez JD Sports au CC Place des Halles. www.placedeshalles.com

Foulard en jersey modal doublé soie Pierre-Louis Mascia chez Marbre. www.marbre-strasbourg.com

Lunettes Anne & Valentin chez Les Lunettes de Gisèle. www.leslunettesdegisele.fr Savon Musgo Real Claus Porto chez Ombres Portées Parfumerie. www.ombresportees.fr

Table basse Haumea en verre, laiton et acier, design Massimo Castagna Gallotti & Radice chez 197 Design. www.197design.fr

Coffert DVD Le Mystère Clouzot, Arte. www.boutique.arte.tv

Album Blitz Étienne Daho, coffret 6 vinyles, édition collector, Fnac. www.fnac.com 102


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*Paroles et musique — Serge Gainsbourg | 1965

Set design Myriam Commot-Delon Photo Alexis Delon


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Baxter Dury, Prince of Tears, label Pias. www.fnac.com Enceinte LP 160 en chêne massif La Boite Concept chez Mac Way et au Salon Acoustique. www.salon-acoustique.com www.macway.com

Huile d’olive vierge extra La Cravenco AOP, Vallée des Baux de Provence, Oliviers & Co. www.oliviers-co.com

Sac pochette Lyon Liu Jo. www.liujo.com

Commode Nessun Dorma en bois recouvert de feuille d’or, design Giorgio Soressi, Erba Italia chez 197 Design. www.197design.fr

Tapis tête de tigre Cloudy chez Le Petit Souk. www.lepetitsouk.fr 105

Nathalie Azoulai et Victoire de Castellane, J’aime pas mes cheveux !, Albin Michel Jeunesse à la Librairie Kléber. www.librairie-kleber.com


Sweatshirt unisexe en coton bio Les docks André Malraux, collection Strasbourg Strasbourgeoises Erasmooth chez Curieux? Concept Store. www.curieux-store.com

Sac en cuir de cerf et pochette en cuir tressé Revenge Hom. www.revenge-hom.com Montre Première Rock, bracelet triple tour en acier et cuir rouge (édition limitée à 1000 pièces), cadran en nacre blanche, Chanel chez Jacquot Joaillier-horloger.

Fauteuil enfant Baby Utrecht, design Gerrit Thomas Rietveld, (1935) Cassina chez Pyramide Design. www.pyramide-design.com

Couverture à motif Eames Sprz Ny x Uniqlo www.uniqlo.com

Bougie parfumée Feu d’agrumes, édition limitée à motif dragon par l’artiste Philippe Baudelocque, Diptyque aux Galeries Lafayette et au Printemps. www.galerieslafayette.com 106

Marmite en cuivre étamé, fait main en Syrie L’âme du savon d’Alep. www.lamedusavondalep.com

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*Paroles et musique — Serge Gainsbourg | 1965

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Sac à dos Sandqvist aux Galeries Lafayette. www.galerieslafayette.com


ZU T Tendances Bijoux

Brillez et puis zut Par Myriam Commot-Delon

Photo : Alexis Delon / Preview

À fleur de peau

NEW DADA

Joli galop d’essai pour Samantha Zilliox, créatrice alsacienne férue d’équitation, qui vient de lancer Gallaud, une nouvelle maison de joaillerie aux matériaux éthiques et à la démarche éco-responsable. Pions, une première collection aux pampilles articulées, entièrement réalisée en France dans un jeu de textures mates et brillantes, s’inspire d’une technique de nattage des crinières des chevaux de compétition.

Deuxième opus et coup d’éclat sur une collaboration enchantée. Marie-Hélène de Taillac, créatrice bohème et cosmopolite, adulée de New York à Jaipur où elle a installé ses ateliers dans le légendaire Gem Palace, continue son exploration du cristal de Baccarat. Des montures antiques en or ou argent, magnifiant à merveille l’octogone, taille emblématique des pampilles des lustres de la manufacture lorraine, comme pour ces bagues Gouttes de couleurs qui risquent d’obséder toutes les monomaniaques des collaborations précieuses et acidulées ! — Baccarat 44, rue des Hallebardes www.baccarat.fr

— www.gallaud-joaillier.com

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Quarté gagnant

À inscrire dans la check-list de fin d’année, ces bijoux Dinh Van, d’une folle modernité.

— Bracelet Le Cube Diamant en or blanc et diamant.

Photo : Alexis Delon / Preview

— Bague 2 Perles, grand modèle, en or jaune, perles de Tahiti et Akoya.

— Bracelet sur cordon Menottes Dinh Van R12 en argent.

LE CHOIX DES ARMES — Éric Humbert 46, rue des Hallebardes www.eric-humbert.com

On aimait déjà follement la collection de bagues Lasso du joaillier Éric Humbert lorsqu’il capturait des diamants. La cible est à nouveau atteinte cette saison avec l’or jaune et les brillants enlaçant des pierres précieuses aux couleurs éclatantes. Douce torture que de choisir : étreindre un zircon bleu à l’exceptionnelle brillance ou une tsavorite, variété rare de grenat vert, d’une magnifique transparence ? 111

— Bague Anthéa petit modèle en or jaune et diamants.

Dinh Van 14bis, rue de La Mésange www.dinhvan.com


ZU T Tendances Optique

L’intention regard Par Antoine Ponza Photo Christophe Urbain

Dans une halle entre la place Broglie et celle de l’Homme de Fer, Jacques Marmet accueille ses clients et la lumière du jour depuis 2005. Sous la verrière, on peut admirer, flatter et essayer ses montures présentées dans leurs boxes, et enfin choisir celle qui siéra le mieux. Des courbes contemporaines aux inévitables cavales rétros, « nous sommes orientés vers du qualitatif » revendique le spécialiste. « Nous distribuons des produits suisses, japonais ou des collections en petites quantités, qu’on ne voit pas habituellement. » À l’heure où les couturiers et professionnels de l’eyewear proposent du prêt-à-porter pour toutes les bourses, l’opticien cherche à se démarquer. Bésicles toutes droit sorties 112

d’un film de science-fiction – il cite Star Trek – bien calées sur le visage, Jacques Marmet retrace avec passion la genèse de sa principale innovation. Alors que l’expert de la vue devait faire face à des demandes particulières, entre rafistolages – « on peut tout réparer », s’exclame-t-il, déplorant les rachats impulsifs – et désirs de modèles singuliers émanant de ses habitués, il décide en 2015 de « fabriquer des montures complètes ». Réfléchi, exigeant, « j’ai longtemps cogité », avoue-t-il. Mais après s’être formé régulièrement auprès des Meilleurs Ouvriers de France, il peut désormais fièrement se déclarer « lunetier ». Jacques Marmet offre à la vente des produits sur mesure en acétate ou corne de buffle, ses matériaux de prédilection, dont il maîtrise le façonnage « de A à Z, sans l’aide de personne ». Écartement des tempes, largeur du nez, angle de chasse ; autant de mesures à prendre en compte avant d’entamer un processus de fabrication méticuleux. Sortant son cahier de croquis, l’artisan présente des lignes variées desquelles il dégagera une paire unique au monde. Viendront ensuite les essais successifs, à l’aide de patrons en carton, puis en polyamide. Et enfin le découpage, le rivetage, le galbage et le brassage, pour les finitions : « On revient aux bases ! » → Optique Jacques Marmet 7, rue de l’Église 9, rue des Hallebardes www.optique-marmet.fr


Sublime

Mon AVC Yves Tenret 12 €

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Notre héritage n’est précédé d’aucun testament de Véronique Arnold, préface de Carole Widmaier

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Illustration : Laurence Bentz

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Ils auraient pu se retrouver sur Advanced Style, le célèbre blog du photographe de mode Ari Seth Cohen, consacré aux looks audacieux de nos aînés new-yorkais. Repérés dans les rues de Strasbourg, ces trois personnalités débridées prouvent que l’allure traverse les âges. Attention à la gifle de jouvence de ces fringants seniors !

ZU T Tendances Street

Goldie — 84 ans L’âgée d’or

Cette joyeuse octogénaire a plus d’un tour dans son sac rouge ! Quand elle ne rend pas visite à ses voisins d’en face à La Lunetterie du coin, elle aime puiser dans ses affaires vintage et affiche une allure toujours soignée. Goldie opte cette fois-ci pour une marinière à écusson relevée d’un chemisier carmin assorti à son rouge à lèvres. Brillante comme ses souliers !

Urban Styles Par Caroline Lévy Photos Christophe Urbain

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Mireille — 65 ans Belle du senior

Cette sexagénaire à l’élégance naturelle mixe les marques avec brio. Une telle dégaine ferait pâlir de jalousie nombres de jeunes fashionistas. Nous, on adore ce festival de couleurs flamboyantes portées en total look, jusqu’à son association chapeau-turban de velours affiché comme une sublime alternative à la maladie. Un message d’espoir et de style. Bravo Madame.

Luigi alias Gino — 85 ans Italiano vero

La classe à l’italienne porte désormais un nom ou plutôt deux ! Luigi, cet ancien tailleur qui se fait appeler Gino, ne mégote pas sur son apparence malgré les années qui passent. Dans un précieux vestiaire composé de pièces intemporelles, entre costumes croisés sur-mesure – qu’il a lui-même confectionné – et manteaux imprimés, son look tiré à quatre épingles est d’une classe folle. Bellissimo.

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Sélections Tendances

BEAUTÉ

Beau & bio  Minelle  70, rue de Zurich www.minelle.fr

SOS cheveux en détresse ? Le salon Minelle, situé au cœur de la Krutenau, est l’adresse qu’il vous faut ! Avec 15 ans d’expérience à son actif, l’équipe de professionnels visagistes y propose coloration, coupe et brushing... mais pas que ! On retrouve aussi du défrisage thiolé et du lissage kératine, de l’épilation visage au fil, ainsi qu’un

panel de soins Kerastase adaptés pour tous types de chevelure. Le + ? La gamme de soin capillaire bio Less is More by Brandhuber & Trummer ! Tout un éventail de produits basés sur un cocktail d’actifs naturels et d’huiles essentielles, proposés en vente ou en utilisation salon pour plus de bien-être et de naturel. (J.G.) 


Photo : Alexis Delon / Preview Bijoux La Petite Maili / Détail main : Le Cabinet de L’Amateur N°8, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg.

ACCESSOIRES

BIJOUX

Bzz, bzz

Parenthèse Se faire tout beau et toute belle au salon Avila et y trouver aussi de chouettes petits cadeaux d’artistes locaux : 1 | Les petits bijoux de Maili N’Guyen, esthéticienne et manucure officiant au salon (et au poste make-up de la série mode de ce numéro). On craque pour ses bagues élastiquées en perles de rocaille et ses boucles d’oreilles à pampilles, inspirées par les lanternes de la petite ville de Hoi An au Vietnam.

2 | Le corner de la galerie itinérante Gallery Lac (on va aussi jeter un œil à leur e-shop) et sa sélection d’illustrations, céramiques et petits objets décoratifs. (M.C.D.) Bijoux La Petite Maili (photo) + corner Noël Gallery Lac Avila 69, rue des Grandes Arcades www.avila-coiffure.com www.gallerylac.eu

Qui vient de fêter ses 3 ans en novembre dernier ? La Nouvelle Douane et ses bons produits responsables et alsaciens. Il paraît que les jolies abeilles aiment aussi y chercher leur miel avec ce sac Gucci d’Alessandro Michele. Bien manger c’est important, non ? Avoir un joli sac pour transporter ses légumes de saison, aussi. (M.C.D.) Boutique Gucci, Galeries Lafayette 34, rue du 22 Novembre www.galerieslafayette.com La Nouvelle Douane 1a, rue du Vieux Marché aux Poissons www.lanouvelledouane.com

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MODE

J’influence tu influences Cet hiver, on suivra l’Américaine Leandra Medine, la fondatrice ultra-lookée du blog The Man Repeller, dans son bon usage des doudounes Uniqlo. —— Leçon n°1 Superposez les duvets. —— Leçon n°2 Portez la doudoune sans manches sur la doudoune à manches. —— Leçon n°3 Jouez avec les accords de couleurs. —— Leçon n°4 Décalez le tout avec une jupe midi et une paire de bottes seventies. —— Leçon n° 5 Souriez à pleines dents et marchez à grands pas, vous êtes fin prête pour affronter le froid strasbourgeois sans ressembler à une couette double face. (M.C.D.) Uniqlo 5, rue du Noyer www.uniqlo.com 118


1200 vins de vignerons, à des prix de vignerons

OPENING

¡HOLA ZARA! Zara 24, place des Halles Strasbourg www.placedeshalles.com

L’incontournable griffe espagnole a choisi Strasbourg pour installer sa plus grande boutique du Grand Est. Situé dans le centre de la place des Halles, ce temple de la mode accueille désormais les collections homme, femme et enfant dans un espace lumineux et épuré de plus de 2000 m2. C’est une déferlante de velours, broderies, dentelles et sequins qui a contaminé les collections festives de cette fin d’année. Gracias a la moda! (H.P)

& plus de 300 spiritueux Ouvert à tous Lundi / Samedi 8h30 / 19h30 Accès et parking gratuits Rue du Marché Gare Strasbourg 03 88 98 80 70 www.theatreduvin.fr

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MODE

SUPER GLISSE Il règne une ambiance de chalet cosy au nouvel étage de la boutique Superdry. L’atmosphère parfaite pour choisir sa nouvelle tenue de snowboarder. Amateurs de sensations fortes, la gamme Full Tech de la collection Superdry Snow va vous aller comme un gant. Du masque au pantalon multipoches fluo, en passant par des vestes ultra-techniques aux tissus à l’imperméabilité maximum, tout est conçu pour skier dans des conditions optimales, look compris. (M.C.D.) Superdry 10, rue des Grandes Arcades www.superdry.com

BIJOUX

Ô délicatesse Pour les fêtes de fin d’année, un bijou est toujours une bonne idée cadeau ! Chez Pêle Mêle, on trouve un vaste choix de colliers, bracelets et bagues dont la collection ST1 par Léonor Mataillet : une gamme de bijoux fins et élégants, alliant des pierres fines à l’argent ou au

vermeil. Le + ? Les pierres semi-précieuses produisent des ondes énergétiques, permettant d’enrichir le corps d’une énergie supplémentaire. Esthétique et bienfaisant ! (J.G.) Pêle Mêle 9, rue des Veaux www.pelemele.eu 120


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Nouvelle saison, nouvelle série dédiée au sport, cette fois pratiqué dans des lieux qui ne lui sont pas dédiés. Exit les salles de fitness, les clubhouses et les hangars à crossfit, place à la prison, aux maisons de retraite, au centre de réadaptation fonctionnelle de Clemenceau (lire Zut 35) et, pour cette parution, à l’hôpital psychiatrique de l’EPSAN. Où il sera question de murs, de tchoukball, de solidarité, de psychoses et même d’un buzz mondial.

En dia— gonale Par Romain Sublon Photos Pascal Bastien

HORS LES CLUBS ÉPISODE 2/4


L’EPSAN Dans le cadre de la sectorisation en psychiatrie, l’EPSAN exerce ses missions dans le bassin du nord de l’Eurométropole de Strasbourg et sur une grande partie du Bas-Rhin. Le principe fondamental de la sectorisation est le refus de la ségrégation du malade mental (volonté d’intégration, de maintien ou de réintégration, continuité des soins, avec la même équipe soignante…). Actuellement, l’EPSAN initie un projet global de réorganisation de l’offre de soins psychiatriques, qui comprend la construction d’un nouvel hôpital de 140 lits dans le quartier de Cronenbourg, et la réorganisation du site historique de Brumath qui accueillera à terme 112 lits de psychiatrie générale.

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l serait malhonnête de feindre la surprise : quand on franchit la porte du gymnase de la Robertsau, point de chute du jour pour une séance dédiée au badminton, que l’on voit Philippe Bernard, professeur de sport, dispenser ses consignes à une dizaine de patients attentifs, tout semble normal. Alors, évidemment, se pose la question de la normalité : à quoi s’attendait-on ? Pourquoi cela nous paraît-il “normal” ? Tous ces patients différemment concernés par la psychiatrie ne danseraient-ils donc pas quotidiennement sur les marges ? Une explication s’impose par sa récurrence : ils sont hors les murs. À chaque fois que l’on posera à un patient la question « Que vous apporte ces séances de sport ? », il répondra instinctivement : « Sortir de l’hôpital, ne plus être entre les murs de ma chambre. » Suivront d’autres réponses, aussi différentes que chaque être est singulier, mais celle-ci sera le trait d’union entre tous. Quand bien même le site de l’EPSAN (Établissement Public de Santé Alsace Nord) est d’apparence agréable, aéré et verdoyant (certes, un peu moins en novembre), il incarne parfois, peut-être souvent, la prison mentale dont chacun tente de se défaire. Alors, chacune des séances de sport hors pavillon, que ce soit au gymnase de la Robertsau ou sur l’ancien site de Hoerdt, est une occasion de traverser ces murs, d’aller voir ailleurs si j’y suis. « Le cadre joue énormément, confirme Philippe Bernard, qui dirige, au côté de son acolyte Philippe Gsell, le service des sports de l’EPSAN. Quand ils sont hors du pavillon, les patients peuvent se comporter très différemment. Achumawi*, par exemple, quand elle est à l’hôpital, passe ses journées à dormir, sans rien verbaliser, alors qu’ici elle est capable de choses étonnantes. L’objectif est qu’elle puisse prendre conscience du plaisir qu’elle a sur le terrain pour le transposer dans le quotidien. » La sensation de se défouler et d’extérioriser sont d’autres mots qui reviennent très souvent. Même si pour Bahwika*, c’est plus pragmatique : « Être tout le temps à l’hôpital c’est dur, c’est chiant. Je n’ai jamais vraiment 125

“Le sport me permet d’exister et de rester en vie.” fait de sport, à part à l’école parce que c’était obligatoire. Là je suis content, ça me fait sortir, c’est tout. » Son élimination prématurée du petit tournoi de badminton ne l’affectera d’ailleurs pas outre-mesure. Calapooya*, elle, y met beaucoup de son énergie. À ce point, il n’est pas exagéré de parler de détermination : « J’ai une maladie des os et j’ai fait une tentative de suicide. Le sport me permet d’exister et de rester en vie, sinon à l’hôpital je reste seule, je ne parle à personne. Dans ma vie d’avant, j’étais éducatrice sportive et j’ai fait du judo à bon niveau. J’ai besoin de ces séances ! Ça me permet aussi de sortir toute l’adrénaline que j’emmagasine. » Puis elle repart défier le très remuant Dakota*, qui a eu l’outrecuidance, sur l’exercice précédent, de mettre à mal le sacro-saint professeur. « C’est un groupe qui couvre des sevrages addictifs, des schizophrènes, des tentatives de suicide, des toxicomanes. Ces séances de sport se font sur prescription médicale, ils sont tenus d’y participer, précise Philippe Bernard. 70% des hospitalisations sont des SL (soins libres), 20% sur demande d’un tiers, les 10% restant le sont sur décision de justice. En sport, on peut avoir les trois en même temps. » Voilà pourquoi il est important de donner les moyens à ce service de mettre en place ses projets. Pour cela, les deux Philippe s’astreignent à une grosse part administrative : « On dresse des statistiques. Par exemple, on a recensé 5 374 prises en charge depuis le 1er janvier, ce qui est conséquent. Ces chiffres nous permettent de justifier des demandes de subventions pour le service des sports. »


Z UT Lifestyle Sport

Salarié de l’EPSAN depuis 2005, professeur à la faculté en STAPS filière APA (Activités Physiques Adaptées, en hôpital psy, en foyer, en géronto, en addicto…), Philippe Bernard a vu assez de cas pour ne plus s’en émouvoir comme au premier jour. On peut appeler cela une carapace. Ce qui frappe très vite, à le voir en action, c’est son attention ; il guette les petits comportements discrets, ceux qui disent tout du quotidien. Et bien sûr, il ne boude pas son enthousiasme à chaque progrès démontré par l’un de ses patients. Ne plus s’émouvoir n’est pas ne plus ressentir, simplement « j’ai pris l’habitude de voir la détresse ou la souffrance chez les gens, je ne m’y fais pas, je ne m’y ferai jamais, mais j’ai appris à vivre avec ». Ce qui lui permet de maintenir une intransigeance équitable, celle-là même qui donne à chaque patient l’impression d’être “comme vous et moi”. Me revient alors à l’esprit cette citation de Thomas Fuller, ad hoc : « Tout le monde a son grain de folie, sauf vous et moi, et parfois je me demande si vous ne l’avez pas aussi. » À méditer après en avoir souri. Philippe Bernard s’est évidemment fixé un cadre, notamment par souci d’équité : « J’adapte la pratique du sport non pas à la pathologie mais au besoin de la personne. Par exemple, les schizophrènes se distinguent par des troubles de coordination (latéralisation et dissociation de ceinture, coordination jambes / bras). Le psychotique a des problèmes de schémas corporels et la pratique du sport peut être thérapeutique. Certains psychotiques sont délirants ; là, je travaille en balnéo avec un patient persuadé d’être hémiplégique alors que ce n’est pas le cas. Dans l’eau, il peut retrouver des sensations et prendre conscience qu’en réalité, son corps fonctionne. Et, bien évidemment, on peut aussi retrouver le même besoin dans plusieurs pathologies. » À cet égard, le tchoukball est un sport aussi complet que curieux et réjouissant. On le découvre lors de notre deuxième séance d’observation. Créé par un médecin suisse, désireux d’envisager une pratique échappant aux multiples traumatismes, puis approfondi en prison pour son caractère non-violent, le tchoukball est un micmac de volley, de hand, de pelote basque et de trucs qui n’existent que dans les dessins animées. Faisant l’éloge du fair-play (les deux équipes s’auto-arbitrent), excluant le contact, il per-

“Ça vous fait quoi comme sensation de marcher ? - Ça me fait du bien. - C’est-à-dire ? - Ça me redonne confiance en moi.”

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met de creuser plus loin, plus vite, plus fort, les bienfaits de la solidarité. Pour Kayapos*, malgré la confusion, c’est même carrément le buzz Internet de demain ! « C’est intéressant, je ne connaissais pas. C’est innovant et intéressant. Avant je faisais un peu de sport, un peu de tout. Mais pas à haut niveau. Bientôt je vais sortir, enfin je sais pas quand. J’ai un travail, parce que en France y’a pas de CDI, que des CDD. Au tchoukball y’a pas de contact, chacun respecte l’autre, c’est appréciable. Faut regarder sur Internet hein, ça va faire le tour du monde dans les prochains jours, ça va faire un buzz. C’est c’mme ça qu’on dit ? » Kayapos* était de retour à l’EPSAN depuis deux jours. Quatre jours avant, il était sorti, parce qu’il allait mieux, il allait bien, même. Et puis la société n’a pas mis 48h à se refermer sur lui, comme un piège à loup. Retour à la case entraide, pour s’aguerrir, encore. Puis retour au terrain, où il est temps de faire les équipes, comme à l’école : « On va faire 4 équipes de 3. Navajos*, vous commencez ? - Ok, on va voir si je sais compter comme ça. » Les matches sont intenses, les joueurs s’encouragent et crient même leur joie quand Zapotèque*, habituellement peu réactif, marque deux buts coup sur coup. Un peu comme Zidane en 98. De son côté, Maleku* savoure : « J’ai des antécédents cardiaques, alors pour moi c’est surtout important d’un point de vue physique. Avant je faisais de la

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course à pied. J’ai fait Courir en Tête d’ailleurs cette année [une manifestation de solidarité organisée par l’EPSAN dans le cadre de la lutte contre les maladies mentales]. » Physiquement, Navajos* aussi en a besoin : « C’est intense ! Ça travaille les réflexes. J’essaye de faire toutes les séances. Faut faire des activités, faut pas rester dans son coin. En vrai, c’est bien le sport, surtout pour un fumeur comme moi. Je suis allé à l’hôpital de moimême, ça n’allait pas, j’étais déprimé jusqu’à tenter de me suicider. J’ai toute une équipe qui est là pour me soutenir, je crois que c’était le meilleur choix. Et puis aussi faut s’entretenir, pour pas prendre trop de poids ! » C’est effectivement un autre enjeu essentiel de ces séances. Le traitement médicamenteux génère une importante prise de poids car les anti-psychotiques coupent le sentiment de satiété. Ce qui crée un cercle vicieux terrible : le patient va mal > il prend le traitement > il grossit > il va mieux psychologiquement mais il a grossi > puisqu’il va mieux il arrête le traitement pour freiner la prise de poids > il sort, se sent mal dans la société aussi parce qu’il a du mal à appréhender son corps qui a changé > il est susceptible de replonger. Dernière séance d’observation, en balnéothérapie, où l’on rencontre Atzinca*, dont le corps et l’esprit ont été meurtris. Atzinca* a reçu trois balles, tirées depuis la carabine de son mari jaloux : une dans la


Z UT Lifestyle Sport

Psychologie + boxe = psychoboxe « En fait, la psychoboxe est une psychanalyse où le divan est remplacé par un ring, explique Philippe Bernard, qui co-dirige le service des sports de l’EPSAN. Ça concerne surtout les patients qui ont des problèmes de violence. Lors de cette thérapie, il y a trois personnes : le patient, le médecin et moi. Je monte sur le ring avec le patient, je place des objectifs : de frappes, de mouvements, d’enchaînements. Souvent, quand le patient est violent, il a tendance à ne pas respecter les consignes. On peut alors stopper le combat et à chaque interruption on se réunit autour d’une table et on essaye de comprendre pourquoi il s’est comporté ainsi. Mettre son corps en action l’aide à mettre des mots sur le mal qui le ronge, ça change les perspectives. »

tête, une dans la nuque, une dans le dos. Les dégâts, qu’ils soient psychologiques ou physiques, sont immenses. En chaise roulante, les membres atteints, le corps abîmé, les névroses à vif, Atzinca* est en vie, farouchement, pour ses trois enfants, pour ses huit petits-enfants. Philippe Bernard était déjà là quand elle a été accueillie à l’EPSAN. Le lien qui les unit est fort, invincible, on le sait au premier regard : « Ça vous apporte quoi ce que l’on fait ensemble, Atzinca* ? - Ça fait du bien dans les jambes. - Vous avez l’impression d’avoir progressé ? - Je sais pas. - Souvenez-vous : au début, est-ce que vous arriviez à marcher ? - Non. - Et maintenant ? - Oui. - Donc ? - J’ai progressé. - Y’a pas de honte à dire qu’on progresse. - On essaye ! »

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Philippe Bernard vouvoie tous ses patients, souvent pour préserver une distance, pour ne pas « se faire bouffer ». Ici le vouvoiement a la couleur du respect. « On va dans la flotte ? - Oui ! » Chaque immersion dans l’eau est un grand saut. Et dans la piscine, Atzinca* marche, sans sa chaise, avec l’aide a minima de Philippe. Marcher, juste marcher ; avec la même émotion qu’un premier pas sur la lune. « Ça vous fait quoi comme sensation de marcher ? - Ça me fait du bien. - C’est-à-dire ? - Ça me redonne confiance en moi. » La confiance pour remède à la peur, au doute, au délire d’un monde qui s’écrase sur vous jusqu’à vous rendre fou. *à la demande de l’EPSAN, le nom des patients a été changé afin de préserver leur anonymat. Il en va de même pour le traitement photographique.


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Du beau Bulo Par Myriam Commot-Delon

Travailler différemment. C’est l’envie qui habitait déjà Walter Busschop, le fondateur de la marque belge de mobilier de bureau Bulo, lorsqu’il a lancé sa marque en 1963.

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Une irrésistible envie de sortir des sentiers battus. Bulo s’extrait du carcan de l’espace de travail classique, en axant la réflexion sur l’humain, des valeurs inchangées à ce jour : « Nous essayons toujours d’ajouter un facteur bien-être. Une sorte d’humour, une émotion qui est, selon nous, bien plus importante que toutes les normes que nous devons respecter. » Une démarche très « slow design » en somme, qui a débuté dès les années 70 avec des campagnes de marketing décalées. Bulo se démarque par des propositions globales d’aménagement de bureaux dès 1980 (en allant du mobilier jusqu’à l’éclairage des plantes) ou avec l’iconique série Carte Blanche débutée en 1996, une invitation à plancher sur une table de travail idéale lancée à des architectes et artistes. Parmi eux, les stylistes belges Ann Demeulemeester ou Dirk Bikkembergs, l’architecte Jean Nouvel ou plus récemment Bram Boo, designer belge de l’année 2010, avec le bureau Overdose, un OVNI sous acide et surtout le plus bel espace de travail chaotique jamais dessiné ! De l’importance d’élargir ses horizons. En dépassant l’aspect fonctionnel et en intégrant des valeurs éthiques et responsables où l’artisanat et la pérennité vont de pair avec des collaborations de traverses. Mais aussi en récoltant des prix prestigieux (l’IF-Design Award 2009 et le Silver Award du Designpreis Deutschland pour le concept du bureau à la forme or130

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ganique Kei), en ouvrant des showrooms internationaux (celui de Londres est installé juste à côté du Design Museum), en inventant des systèmes ingénieux où la ligne est de mise (la collection DAN en 2014 – où comment créer des configurations multiples avec une simple échelle en bois et un plateau de table), en rééditant certains meubles de Jules Wabbes (l’un des plus grands designers belges de l’après-guerre) ou l’emblématique chaise SL58 (1958) de l’architecte moderniste Léon Stynen. Une vision périphérique où la curiosité est un très bon défaut, de quoi faire de Bulo la marque de mobilier de bureau la plus créative et singulière du taf ! Deux assises Bulo, pour travailler mine de rien. 1 | En se réchauffant au Pub & Club  Codes luxe et cosy pour Pub & Club, un siège dessiné par Luc Vincent, doté de larges accoudoirs et réconfortant comme un bon grog. L’antidote au siège technocratique. 2 | En mode Easy Rider Il est toujours bon de s’ennuyer. Ce fut le cas de Danny Venlet, lassé des salles d’attentes lugubres des aéroports, qui a cherché une réponse ludique et hybride pour un siège/ bureau empreint de liberté.


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Par Mégane Dongé

Le Cheval Blanc

Le Cheval Blanc 4 rue de Wissembourg | Lembach www.au-cheval-blanc.fr

Les lieux

Photo : Maxime Gautherot

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ieu incontournable de la gastronomie alsacienne, doublement étoilé, le Cheval Blanc est dirigé depuis 2008 par Carole et Pascal Bastian, mêlant un savoir-faire d’antan et une modernité assumée. Depuis leur arrivée, ils ont su insuffler un vent nouveau dans cette maison du XVIIIe. Les boiseries et l’imposante cheminée d’époque ont été conservées, cohabitant désormais avec des matériaux plus nobles et actuels. Lui mène avec brio une cuisine contemporaine, comme en témoigne le plat signature : cannelloni de fois gras poêlés, aux champignons des bois et émulsion de truffes noires. Un savoir-faire traditionnel qu’il associe aux techniques culinaires d’aujourd’hui, pour ajouter de la légèreté à la recette tout en gardant le goût des ingrédients. Au Cheval Blanc, il est important de travailler les produits de la région, ce qui a 132

valu au couple une sélection dans le guide Origine Nature (Éditions de la Martinière) qui récompense les tables les plus attentives au terroir et au local. L’ancien relais postal abrite également un hôtel 4 étoiles et depuis 3 ans, un spa d’exception de 400 m2. Ici aussi, le bois cohabite avec des lignes plus modernes. Les différents protocoles sont établis avec les cosmétiques Pure Altitude à base d’edelweiss, qui ont « une action tonifiante et repulpante idéale après une randonnée par exemple », nous confie Carole Bastian. Ce lieu de bienêtre fait partie de l’association Spa In Alsace, « c’est d’une part, un gage de qualité envers nos clients que d’adhérer à cette association, et ensuite, c’est aussi montrer qu’il y a une symbiose entre les hôteliers d’Alsace », continue t-elle. Une chose est sûre, cette maison a su perpétuer son goût de l’excellence au fil des siècles.


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Par Alice Herry Photo Henri Vogt

Le Théâtre du vin

Lun -> Sam | 8h30 -> 19h30 2, rue du Marché-Gare www.theatreduvin.fr

Les lieux

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hristophe Lasvigne est à la tête du Théâtre du vin, une cave implantée au Marché Gare à Strasbourg depuis plus d’un an. Ce dramaturge met en lumière des vignerons indépendants qui « ont le savoir-faire et non le fairesavoir ». Dans un écrin moderne et chaleureux, plus de 1500 références (dont ¾ de vins français) sont mises en scène en suivant le script du jeu des sept familles : une nouvelle classification, élaborée par le maître des lieux, pour ranger le vin par caractéristiques et moments de dégustation. Ainsi « vins à fines bulles », « vins rouges gourmands et intenses » ou encore « vins moelleux et liquoreux » complètent la carte et facilitent la sélection du vin. Il devient plus facile de les identifier, les associer à un plat ou au goût de chacun. Ce temple de la découverte et du partage œnologique pro134

pose des bouteilles qui conjuguent terroir, authenticité, conviction et passion. « Le Théâtre du vin a la particularité d’être le seul caviste à proposer les 51 grands crus d’Alsace par 51 vignerons différents », précise-t-il. Une équipe solide de régisseurs (les sommeliers) s’activent derrière le rideau pour proposer un spectacle relevé, ponctué d’entractes dégustatifs. Autre particularité, 150 pieds de vignes ont été plantés devant le théâtre, dans un jardin didactique, pour les amoureux du vin ou les simples curieux. Christophe Lasvigne se voit avant tout comme un « passeur d’émotions ». En tout cas, son métier lui colle la peau. Patronyme oblige !


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Par Alice Herry Photo Henri Vogt

Pâtisserie Gat’Ô

Lun -> Jeu | 8h -> 19h Ven | 8h -> 17h Dim | 8h -> 13h 55, avenue des Vosges 03 90 41 73 78 Facebook : Pâtisserie Gat’ô

Les lieux

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a pâtisserie Gat’Ô vient de souffler sa première bougie. Sarah Abitan, enjouée et dynamique, propose un concept inédit et unique en Alsace : des pâtisseries, confiseries et macarons garantis sans lactose. La cheffe démonte les classiques d’un coup de pièce montée et décline les gourmandises à sa façon. Gat’Ô s’est taillé une jolie place sur l’avenue des Vosges et continue de séduire. Avoir le goût juste et précis, la bonne texture, la bonne saveur et le bon visuel, tel est le challenge qu’elle se lance tous les matins devant les fourneaux. Et si les délices ne flambent pas en dimen136

sion, ils épatent l’assemblée en design. Pour les fêtes, deux bûches de Noël agrémentent la carte. IglÔo (photo), à l’aspect velours, va glacer les sens : une mousse à la vanille avec une crème allégée au marron, un coulis gélifié de cassis et un biscuit cuillère. L’Ô à la bûche fait le plein de choco : un biscuit moelleux au chocolat avec un enrobage de croustillant praliné, saupoudré de grué de cacao et recouvert d’une mousse légère. Cerise sur le Gat’Ô, une partie des bénéfices des ventes sera reversée aux Restos du Cœur !


À Meisenthal Démonstrations des verriers Galerie-boutique / Expositions Jusqu’au 29 décembre sauf 24 & 25 / tous les jours / 14 h — 18 h À Strasbourg Marché de Noël / Place Benjamin Zix / Petite France 24 novembre — 24 décembre infos : ciav-meisenthal.fr Programmation culturelle Un Noël à Meisenthal infos : site-verrier-meisenthal.fr ©rdngr.com

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Par Cécile Becker Photo Henri Vogt

Vinoteca Maxima

Vinoteca Maxima 8 Straßburger Str. | Kehl Facebook : Vinoteca Maxima

Les lieux

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epuis la mi-novembre, la rue de Strasbourg à Kehl affiche une nouvelle adresse : la Vinoteca Maxima tenue par Achim Dürr, propriétaire de pas moins de trois tabacs dans la ville, épaulé par François Machi, ancien d’In Vino Veritas, restaurant à Strasbourg. Si ce nouveau caviste est aménagé avec goût – entre béton brut, tuyauterie apparents et mobilier contemporain – il regorge surtout de quilles introuvables à Strasbourg, dont 65% de vins bio, biodynamiques ou natures. On y va pour la belle sélection d’origine européenne, avec une large place accordée aux vins allemands, autrichiens, espagnols, italiens et français, et pour les prix très bien négociés par les maîtres de ces lieux (on flashera ici pour le Meinklang Burgenland blanc, un vin bio de soif affiché à 7,50 €). 138

Le + ? Une cave à 16°C où trônent pas moins de 4 000 bouteilles issues de la cave personnelle du propriétaire, un féru notoire de vins qui vient d’ailleurs de se mettre à l’exploitation de son propre domaine (sur les hauteurs de Bühl, en bio). On y trouve des alcools forts, notamment les whiskies Uberach et Nikka, le gin Monkey 47 ou les signatures de la maison Samaroli, premier embouteilleur de l’histoire. Bientôt des soirées dégustation autour d’une belle stammtisch et plus, si affinités, dans un futur proche…


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L’actu à boire et à manger

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Bom’AH ! Ouvert il y a seulement quelques mois, ce 4 étoiles aux inspirations ethniques enchaîne les initiatives pour faire de son espace un véritable lieu de vie. Force est de constater que ça paye car depuis peu, le concept s’est vu gratifié d’une récompense, celle du Challenge de l’initiative touristique dans la catégorie hébergement, restauration. Sélectionné par un jury composé de professionnels du commerce, de l’industrie et du tourisme régionales, le BOMA a su séduire autant par sa capacité d’innovation, la qualité de ses services, la durabilité de son projet ainsi que par l’originalité de son concept ethno-chic unique. Le fruit de 2 ans et demi de travail. Bravo ! (H.P.) Hôtel BOMA 7, rue du 22 Novembre www.boma-hotel.com

Première bougie Après avoir festoyé pendant tout le mois de novembre pour fêter son premier anniversaire, Terroirs & co, le restaurant bistronomique du Sofitel de Strasbourg revient en prévoyant, encore, de belles surprises. Quoi de neuf ? Un marché local sur

son parvis et une nouvelle toque, Sébastien Schmitt. Locavore assumé, son ambition première est de faire découvrir la diversité et la richesse des produits qu’offre l’Alsace. Quoi de mieux que de nouvelles aventures gourmandes ? (H.P.)

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Rhétorique raffinée

de plats bistronomiques à Strasbourg

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L’actu à boire et à manger Incorruptible ! Véritable institution, la maison Franchi ravit les papilles des Strasbourgeois depuis plus de 80 ans dans le respect de la tradition italienne. Après les glaciers et les restaurants, voici Les Affranchis, petit nouveau de la famille. On y déguste des antipasti, bruschetta, tagliatelle all’arrabiata, pizza napolitana, tiramisu… sans oublier les fameuses glaces. Ouvert 7j/7 et au bord des bassins d’Austerlitz. Va bene ! (H.P.) Les Affranchis Niveau 0 - Rivetoile 3, place Dauphine

Photo : Henri Vogt

Coquillages & crustacés

Photo : Henri Vogt

Ouverte mi-novembre par Patrick Renaud, originaire de la Rochelle, L’Épuisette propose à Strasbourg des fruits de mer ultra-frais. C'est un véritable bar marin où l’on retrouve, entre autres, huîtres, langoustines et autres palourdes mais aussi une sélection de produits d’épicerie fine. L’accent est mis sur la convivialité et la proximité avec les producteurs – l’équipe travaillant directement avec des pêcheurs et ostréiculteurs des côtes rochelaises. Nouveau spot pour les marins d’eau douce. (A.Z.) L’Épuisette 1, rue de Verdun Facebook : lepuisette.strasbourg 142


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Mar. (Die) → Jeu. (Don.) | 10:00 → 18:00 Ven. (Fre) | 10:00 → 20:00 Sam | 10:00 → 18:00

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MON BLANC BY ZUT Chaque saison, une nouvelle boisson Zut à découvrir chez Manolya Coffee.

Notre remède miracle contre le froid glacial ? Une boisson bien chaude et réconfortante. Après avoir proposé un savoureux chocolat chaud au goût subtil d’érable, la maison Manolya Coffee poursuit l’expérience gourmandise, en créant une boisson plus douce au bon goût de coco ! Inspirés par l’engouement autour de Show Coco, simplement saupoudrée et décorée d’éclats de coco, nos amis de Manolya ont voulu ravir les papilles de ceux qui ont léché

les bords du verre. Lorsqu’on aime la noix de coco, on aime à coup sûr les Raffaello… Que les amateurs de cette confiserie se réjouissent : voici sa version à boire. Douce, réconfortante voire régressive et pauvre en lactose, cette boisson est composée de lait de coco et d’amande, de poudre de chocolat blanc, d’éclats de noix de coco et  d’une pointe de sirop d’agave. On ne saurait conseiller meilleure pause coco(o)ning pendant vos achats de Noël ! → Manolya Coffee 2, petite rue du Vieux Marché aux Vins Facebook : Manolya-coffee Instagram : manolyacoffee

LES RAFFAELLO Mon blanc s’inspire du célèbre chocolat au cœur onctueux et fondant, recouvert de fins copeaux de noix de coco et renfermant une amande croquante. L’INGRÉDIENT PHARE Vous ne consommez pas de lait de vache ? Qu’à cela ne tienne, le lait de coco est une excellente alternative. Connu pour son onctuosité et sa douceur, il a en plus l’avantage d’être riche en fibres et en fer. LA SIGNATURE DU CHEF Le sirop d’agave est régulièrement utilisé au Manolya Coffee en très bon substitut au sucre blanc, et pour ses vertus sucrantes naturelles. Il apporte à notre boisson gourmande une touche sucrée sans en faire trop.

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Règles de jeu

Forgiarini sait très bien choisir les différents fabricants de carrelages avec lesquels il collabore. À l’instar de la marque espagnol Living Ceramics et de sa gamme Signature, un terrain de jeux de rêve pour designers. La preuve avec le grès cérame Cava du studio de design LucidiPevere dont les fondateurs, Paolo Lucidi et Luca Pevere, sont auréolés de prix prestigieux comme le Red Dot Design, ou le Compasso D’oro. Leur twist ? Avoir travaillé sur des carreaux 146

de céramique comme ils dessineraient sur une page blanche et avoir gravé une surface à la texture délicatement irrégulière de lignes graphiques où les joints réels se mixent aux incisions. (M.C.D.) Grès cérame Cava, disponible en huit formats et six coloris. www.forgiarini.net


Event

Grandi’oz Lassés de toujours voir les mêmes cadeaux sous le sapin ? Ça tombe bien, la FREMAA organise ce qu’il vous faut : la boutique éphémère et le salon OZ, les métiers d’art. Au sein de la résidence Charles de Foucault, deux espaces distincts sont proposés : le salon rouge, expo-vente en présence d’une vingtaine d’artistes, et le salon blanc, boutique éphémère regroupant les œuvres de 36 artistes, allant du luminaire au bijou, en passant par les objets textiles et céramiques, dont les œuvres du talentueux Xavier Noël,

doreur ornementiste – invité, avec ses masques, de nos pages d’ouverture de rubriques. Autant de pièces uniques et d’idées cadeaux qui feront plus d’un heureux le soir du réveillon ! (J.G.)

Hôtel **** Restaurant gastronomique Spa

OZ, les métiers d’art par la FREMAA 08.12 → 17.12 Résidence Charles de Foucault 1, rue de la Comédie  Entrée libre www.fremaa.com

4, rue de Wissembourg 67510 Lembach +33 (0)3 88 94 41 86 www.au-cheval-blanc.fr

Bracelets de Wei Xing

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Food

Saveurs d’antan Avec ses petits plats mijotés maison, le restaurant Les p'tites cocottes charme par sa simplicité et son authenticité. En cette fin d’année, la carte passe à l’heure d’hiver : poulet Gaston Gérard avec spaetzle, carbonnade flamande ou encore souris d’agneau feront le bonheur des gourmands ! De bons petits plats concoctés et servis dans les fameuses cocottes Staub, à partager, dans une ambiance sans chichis et un cadre chaleureux. En + ? Des tartes flambées au feu de bois sont à déguster sur la terrasse illuminée place Gayot ! Magie de Noël et plaisirs d’Alsace, what else? (J.G.) Les p’tites cocottes 20, place du Marché Gayot 03 88 24 58 33 Facebook : les p'tites cocottes

Déco

Salon naturaliste Booster sa déco d’un seul clou et d’une seule affiche. De préférence celles du danois Henrik Dybdahl, génial dénicheur d’illustrations du XIXe siècle. (M.C.D.) Art Rendez-vous 1, ruelle des Pelletiers www.artrendezvous.fr

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Envies d’hiver avec Lyf Pay En cette fin d’année, quoi de plus réjouissant que retrouver des bons plans près de chez vous en payant malin ? L’appli de paiement mobile Lyf Pay vous facilite la vie : courses en hyper et bons plans food. Cet hiver, on se réchauffe tout en restant connecté !

Se réchauffer à prix mini

Réveilloner solidaire À l’approche de Noël et de toutes ses dépenses, c’est plus que jamais le moment de penser à ceux qui sont dans le besoin. L’appli répertorie les associations caritatives qui aident les plus démunis et vous permet de simplifier les dons. Une B.A. qui fait du bien…

L’indispensable healthy de cette saison, le velouté de légumes de saison à déguster à chaque repas ! — 50% de réduction sur le prix du menu soupe (soupe + petit sandwich) * Vert Ici Centre commercial l’Aubette 31, place Kléber

Des courses hyper cool ! Les gros achats du Réveillon vous font peur ? Le nouveau partenariat Lyf Pay x Auchan va révolutionner vos courses et vous simplifier la vie. Paiement facile et sécurisé, historique d’achats, tickets de caisse dématérialisés et, évidemment, tous les avantages de fidélité Auchan.

Illustration : Laurence Bentz — Article sponsorisé

Gourmand et réconfortant, on craque pour la boisson chaude hautement cacaotée qu’on agrémente à sa guise d’un joyeux topping.

— 5 € offerts chez Auchan Schweighouse avec le code AUCHAN5 * et chez Auchan Hautepierre avec le code AUCHANHP

— Le grand chocolat chaud avec topping au prix du petit * Gagao 20, rue des Frères et à la Gare de Strasbourg

*Offres valables jusqu’au 31/12/2017

www.lyf.eu


Boisson

Thé bon toi ! Les Jardins de Gaïa 6, rue de l’Écluse | Wittisheim www.jardinsdegaia.com

Fondée en 1994 par Arlette Rohmer, la maison de thé Les Jardins de Gaïa est la pionnière du thé bio. À travers ses produits, elle défend une véritable philosophie : celle d’une vie en accord avec les hommes et la nature. Tous les produits sont bio (à l’exception du Lapacho, qui provient de cueillettes sauvages au cœur de la forêt amazonienne), issus du commerce équitable, aromatisés et conditionnés à la main sur le site de production alsacien. Si le thé est une affaire éthique, il ne s’agit pas pour autant de transiger sur le goût. Avec plus

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de 500 variétés de thés et tisanes en vente sur le site des Jardins, chacun devrait son bonheur, du thé nature aux mélanges les plus surprenants. Pour affronter les frimas, on craque pour quelques mélanges traditionnels : le thé noir En Attendant Noël aux fleurs et fruits, le thé noir de Noël aux épices ou sa version tisane, à base de plantes et de fruits. À déguster, emmitouflé dans un bon plaid, devant un feu de cheminée ! (J.G.)


DESIGN

Tic tac boule

Illustration : Laurence Bentz

Fascinantes, les boules de Noël du CIAV de Meisenthal mêlent avec habilité techniques de soufflage ancestrales et design contemporain. Chaque année, en plus des modèles traditionnels, une pièce unique est créée : ce Noël, Rotor de Helène Gaulier et Gwenolé Gasnier revisite l’engrenage. Inspiré du célèbre Noëlomètre, Rotor incarne la douce mécanique du temps et ce compte à rebours de Noël, qui rend fous petits et grands. (J.G.) Boules disponibles au marché de Noël place Benjamin Zix et au Pop-Up Zut (voir page 18-25) 14, rue Sainte-Hélène www.ciav-meisenthal.fr

PATINOIRE

Roppen’Ice Imaginez-vous dans un film romantique de Noël où, parés de vos patins, vous vous laissez glisser sur la glace en compagnie de votre moitié ou de vos chérubins. Le centre de Roppenheim vous fait vivre les joies de la glisse avec sa patinoire éphémère, fraîchement installée au cœur du village de marques. (C.L.) Photos Guy Rebmeister

Roppenheim The Style Outlets Tous les jours de 10h à 18h30 (les dimanches 17h30) jusqu’au 6 janvier www.roppenheim.thestyleoutlets.fr

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lt ig le he ré im ve il

Sc h i

Pour travailler : 550 entreprises et 10.000 emplois à l’Espace européen de l’entreprise, dont les derniers terrains seront vendus en 2018.

Longtemps cité-dortoir pour les Strasbourgeois, Schiltigheim a décidé de changer son destin. 2e ville la plus pauvre du département, 200e ville la plus pauvre de France, elle compte aujourd’hui une surabondance de friches (plus d’une dizaine), témoins de son passé industriel, qu’elle entend valoriser en multipliant les projets immobiliers destinés à attirer de nouveaux habitants. La ville doit devenir un territoire séduisant, pour les anciens comme pour les nouveaux résidents. Sa mutation, qui doit être radicale, a déjà commencé. La preuve ? Si auparavant, les Schilickois venaient à Strasbourg, désormais les Strasbourgeois viennent aussi à Schiltigheim. Pour des raisons multiples et variées. 154

Pour se cultiver : à côté de la Salle des fêtes et du tout nouveau et très prisé Pixel Museum, la ville gère en régie directe deux salles de spectacle, le Brassin et le Cheval blanc, qui accueille une programmation jazz remarquable. Pour « consommer » : les toutes nouvelles Halles du Scilt doivent redonner à Schiltigheim un vrai centre-ville et marquer une étape importante de son renouveau. Et bientôt pour y habiter : le démarrage du chantier de la brasserie Fischer est imminent. À terme, elle accueillera 700 logements et 13 000 m2 d’espaces verts. Et toutes les friches de la ville suivront. Zut met un coup de projecteurs sur des habitants, des projets et des lieux qui témoignent de cette nouvelle dynamique.


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P Ph ar ot Ca o ro H lin en e ri Lé Vo v gt y

Po Sc ur hi qu lti oi gh ei m

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Eve Rizzotti-Donas ——— Sage-femme Lieu : CMCO

« Je suis fière de mon métier et de mon lieu d’exercice ! Parce que je travaille pour le service public, dans le pôle d’obstétrique universitaire où naît le plus grand nombre d’enfants en France, et que c’est un centre d’excellence. Au-delà du suivi de grossesse, le CMCO accompagne aussi les jeunes avec le service Info Ado, et les femmes dans leur suivi 156

gynécologique ou demande d’IVG. Je suis très investie dans le service de procréation médicalement assistée [seul centre public d’AMP du Bas-Rhin], où nous accueillons des patients de toute la France. Cette ville ne m’a pas apportée qu’un travail épanouissant : j’y habite et j’ai eu la joie d’inscrire à son état civil le nom de mes propres enfants ! » 19, rue Louis Pasteur www.chru-strasbourg.fr


J U L I E N - J O N AT H A N - M É L I S A RHIANNON - LAURA - JULIEN EMMA - SAMUEL - CLÉMENT ÉMILE - VIRGIL - ROMY - ENZO C AT H Y - J O N AT H A N - X AV I E R

… Parce qu’au final, si nos cafés ont de la personnalité, c’est aussi à eux qu’ils la doivent.

“LA TABLE EST L’ENTREMETTEUSE DE L’AMITIÉ”

POUR LES FÊTES DE NOËL Vente de foie gras de canard, terrine de chevreuil et jambon Ibaiama

Ouvert du mardi au samedi 12h → 13h30 / 19h → 21h30 &

Café Bretelles

A R T I S A N S T O R R É FA C T E U R S - S T R A S B O U R G

32, rue de la Gare | 67300 Schiltigheim 03.88.83.93.83 contact@lafabrique-restaurant.com


? P Ph ar ot Ca o ro H lin en e ri Lé Vo v gt y

Po Sc ur hi qu lti oi gh ei m Olivier Weber

——— Directeur général du groupe Soparho Lieu : Kyriad Prestige Strasbourg Nord « En 2006, nous étions parmi les premiers à croire au potentiel économique de l’Espace européen de l’entreprise et à y miser sur le développement du tertiaire. La suite nous a donné raison ! Seul hôtel 4 étoiles de la ville aujourd’hui, nous y travaillons avec de nombreuses entreprises partenaires et développons également une clientèle touristique. La mise en place du Bus à Haut Niveau de Service permet désormais de dormir dans un établissement premium à un prix très attractif, à seulement une dizaine de minutes de la Gare de Strasbourg. » 2, avenue de l’Europe www.soparho.com 158


Le travail de demain est créatif Les entreprises font face à des changements sans précédent exigeant des employés qu’ils résolvent des problèmes, créent de nouvelles relations et produisent de nouvelles idées. Steelcase et Microsoft se sont associées pour explorer comment la conception spéci que d’un écosystème d’espaces et de technologies peut inspirer les collaborateurs et favoriser la créativité. Découvrez-en plus sur steelcase.com/créativité.

©2017 Steelcase Inc. Tous droits réservés. Les marques mentionnées dans ce document sont la propriété de Steelcase Inc. ou de leurs détenteurs respectifs.


? P Ph ar ot Ca o ro H lin en e ri Lé Vo v gt y

Po Sc ur hi qu lti oi gh ei m Aurélien Moussan Dirigeant d’AMC Lieu : siège d’AMC « Notre structure, regroupant plusieurs métiers, dont ceux de la construction, de la rénovation et de l’agencement, s’est installée il y a bientôt deux ans à l’Espace européen de l’entreprise : un choix stratégique. Sa situation nous permet de nous déplacer sur l’ensemble du territoire assez facilement. Elle favorise aussi le développement et peut générer du business, en facilitant les échanges entre les entreprises. Nous prévoyons plusieurs embauches courant 2018 et serons vite à l’étroit. Nous restons à l’écoute pour des locaux plus spacieux… si possible à Schiltigheim ! » 21, avenue de l’Europe www.amc-habitat.com 160


Espace Européen Entreprise 2, place de Paris — 67300 Schiltigheim — 03 88 83 82 81 www.cote-lac.com


Schilick Gourmet

P Ph ar ot Alic os e H He en rr ri y e Vo t gt Cé

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À la fois marché couvert et espace d’exposition, Les Halles du Scilt ont été inaugurées le 10 novembre dernier. Reportage au cœur des allées de ce lieu que la municipalité rêve comme une nouvelle « place du village ».

« Goûtez-moi ces belles pommes. Elles sont gorgées de vitamines ! », harangue le primeur de la ferme Diemer. Dimanche matin, en plein cœur du vieux Schilick, les clients arpentent les allées du marché couvert, fraîchement garnies. Ici, les adeptes des circuits courts et locavores trouvent leur bonheur, autant que les familles et amateurs d’art en quête d’une activité dominicale. Un joyeux brouhaha résonne dans ces 700m2, immaculés et minimalistes. Les petits commerçants se partagent le rez-de-chaussée où l’on retrouve par ailleurs un bar-restaurant, le Café Scilt – où certains sont déjà attablés après avoir rempli leur panier de commissions –, quand les œuvres de Tomi Ungerer ont investi la mezzanine à l’étage, l’espace d’expositions temporaires. Bientôt, les services culturels de la ville disposeront d’une billetterie dans le bâtiment d’en face. Pour faire simple, le lieu aspire à devenir le point névralgique de la ville par son emplacement autant que par ses usages, comme nous le confirmait son architecte Dominique Coulon : « Je crois beaucoup à la mixité programmatique de manière générale et à son pouvoir de créer des situations inédites. Ce que je pense, c’est que dans une époque où le numérique prend une place extrêmement importante, on aura besoin de plus de lieux de rencontres. »

L’objectif semble atteint, au vu de l’accueil réservé par les Schilickois. Mélissa, une habitante venue faire ses courses, s’enthousiasme : « J’aime cette ambiance de village à la ville. C’est vivant et on croise plein de monde, voisins, amis. Il y avait une vraie demande. » La municipalité souhaitait développer le maillage social en pensant un espace où faire ses emplettes, ressentir le terroir, flâner, tout en saluant la création régionale à travers les artistes invités à s’emparer de l’espace. Cette volonté – rappelant l’esprit des tiers-lieux – se retrouve notamment dans le nom du lieu : Les Halles du Scilt réunissent à la fois les esprits de marché, de territoire (Sciltung fut le premier Schilickois) et de convivialité (S’gelt, l’expression alsacienne utilisée au moment de trinquer). Concrètement, les commerçants sont installés du mardi au dimanche, et la sélection permet de remplir son frigo et son garde-manger avec des produits locaux. Des expositions sont programmées tous les trimestres alors que l’espace ateliers au premier étage est animé tous les mercredis et samedis par La CabAnne des créateurs. Le but ? « Dynamiser la vie locale et renforcer l’essor commercial », raconte le maire Jean-Marie Kutner. Des bonnes senteurs, des belles couleurs et des bons produits : le marché vaut la halte et même le détour !

Liste des commerçants des Halles du Scilt — Boulangerie-pâtisserie Wahl — Boucherie Maechling — Poissonnerie La Marinière — Ferme Diemer — L’Épicier Grand Cru — L’Assiette du vin — Café Balzac — Brasserie 3 Mâts — Ferme Lechner — Ferme apicole du Neuhof — Mon Oncle Malker de Munster — Hopla Food Mardi au samedi → 9h à 19h Dimanche → 9h à 13h Les Halles du Scilt 17, rue Principale www.hallesduscilt.com

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Le stand de la Ferme Diemer

www.fermelechner.com

www.fermediemer.com

Ferme Lechner

Ferme Diemer

Nicolas Lechner, traiteur, producteur de foie gras et d’une ribambelle de produits issus de son élevage de canards et d’oies, est le chouchou des (bons) restaurateurs strasbourgeois. Et pour cause : ses magrets, foies gras, pâtés en croûte, saucisses à croquer et autres produits « dérivés » sont incontournables, délicieux et, surtout, préparés avec passion. Puisqu’il est de bon ton de parler foie gras alors que les fêtes de fin d’année approchent, parlons de celui de la ferme Lechner : le lobe est déveiné, assaisonné au sel, au poivre, à une épice secrète « bien à [eux] », au Cognac

Thibaut et Nicolas Diemer sont nés dans les choux (et ce n’est pas une légende). Les deux frères ont grandi au milieu des fruits et légumes et ont naturellement repris la ferme familiale à Kolbsheim. Leurs saveurs maraîchères colorent désormais les allées le marché couvert. Au fil des saisons, ils s’efforcent de cultiver les meilleurs produits possibles dans une démarche raisonnée. Pour récolter leurs fruits et légumes, les producteurs utilisent la protection biologique intégrée au lieu des pesticides. « On lâche des prédateurs afin de lutter contre les ravageurs des cultures. L’insecte nuisible, le parasite, est combattu par un autre insecte, plus bienveillant », explique Nicolas Diemer, 37 ans. Avant

“fine Champagne” et cuit de 35 à 45 minutes. Son goût est subtil et équilibré. La spécificité de la ferme ? Suivre l’élevage de A à Z, les canards et oies étant nourries avec ses propres céréales. La chaîne est donc totalement maîtrisée, d’autant plus que la production (2000 canards par an) reste modeste. Nicolas Lechner a repris l’affaire familiale au départ à la retraite de ses parents, après avoir suivi des études de cuisine : « Je mets à profit ce cursus pour innover et créer des recettes maison », notamment son best-seller, le feuilleté “Nico” : feuilleté d’émietté de cuisses confites avec échalote, persil et foie gras.(C.B.) 164

d’enfiler son tablier de primeur, l’homme s’épanouissait dans la menuiserie. Il écrit un nouveau chapitre de sa vie en jonglant avec carottes, salades vertes, pommes et poireaux. Entre les murs chaleureux du marché couvert, Nicolas fait découvrir les fruits et légumes de saison qui poussent à la ferme. D’autres gourmandises garnissent ses étals : des fruits séchés, des agrumes, de la confiture et des jus de fruits. Ici, la ferme confirme sa démarche qui privilégie la vente directe. (A.H.)


poissonnerie.lamariniere@gmail.com

www.malker.fr

Poissonnerie La Marinière

Mon Oncle Malker de Munster

La poissonnerie La Marinière est née de l’association de deux familles, les Dessinais et les Pfaff, qui exercent depuis plus d’une dizaine d’années. Installée aux Halles du Scilt dans une ambiance aquarium et un écrin bleu marine, la poissonnerie propose poissons frais et produits transformés dont diverses gammes biologiques (frits, traiteur, fruits de mer et crustacés). Pêché au large de Boulogne-surMer, de l’île d’Oléron ou de Quiberon, « le poisson arrive directement chez nous, avec un jour de délai. On vend nos produits sur les marchés hebdomadaires

Six mois à peine après avoir ouvert sa boutique 4, place de la Grande Boucherie à Strasbourg, Mon Oncle Malker de Munster fait déjà partie de la shortlist des commerçants qui ont intégré les allées des Halles du Scilt. Violaine – elle parle l’alsacien, c’est important ! – vous y accueille et présente les produits fermiers de l’enseigne : charcuteries, fromages, boissons, le tout provenant de petits producteurs de la région. Vincent Vigneron raconte : « Nous avions à cœur de défendre le patrimoine culinaire alsacien et plus particulièrement celui de la vallée de Munster, où mes deux associés, Pierre Deloge et Samuel Monod, ont des attaches familiales, notamment à la ferme du Christlesgut à Breitenbach. » De cette

et le fait de participer à la dynamique quotidienne du marché couvert va nous permettre de développer notre savoir », explique Romain Pfaff, bottes aux pieds. La Marinière souhaite notamment étendre sa gamme de produits bio, avec dorade, bar, crevettes, saumon, truite et préparation de cabillaud frit avec farine et huile bio. La glace empilée sur l’étal de la poissonnerie entoure joliment les merveilles de la mer, tandis que le poissonnier continue de disposer la marchandise avec soin. Les clients, eux, mordent à l’hameçon. (A.H.)

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ferme, l’on trouve du munster (fermier, au lait cru) décliné en affinages : du plus jeune (le sieskass, généralement dégusté en dessert) au munster minimum trois semaines d’affinage, en passant par le blanc salé (munster de 4 jours, parfait pour l’été). D’autres petits producteurs sont représentés par Mon Oncle : la chèvrevrie du Londenbach, la boucherie Sigmann, la ferme des Schalandos (leur raclette bio est à tomber) notamment, en plus d’une belle sélection d’eaux de vie, de vins et de bières artisanales. Sympa Mon Oncle ! (C.B.)


P Ph ar ot Cé o cil C e hr B is ec to k ph er e U rb a

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Po u r le pl ai si r

Schilick Gastronomique

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Un an après l’ouverture de La Fabrique, retour dans le restaurant de Xavier Jarry, chef en vogue de 33 ans qui garde plus que jamais les pieds sur et dans la terre : le produit, les goûts, la simplicité.


Il y a un an, nous dressions le portrait d’un chef stressé par l’ouverture de « son bébé », à peine débarqué de Paris où il travaillait pour la cheffe Anne-Sophie Pic. Un an plus tard, « une très bonne première année, 5 premiers mois extraordinaires » – deux embauches supplémentaires, dix couverts en plus des 25 des débuts, une décoration plus organique –, le discours n’a pas changé. Hors de question de chercher l’étoile : « C’est plus un handicap qu’autre chose. Rentrer dans le guide, c’est être complet tout le temps, c’est une clientèle qui vient pour juger. Mon gamin est prévu pour mars, je me vois mal assumer un enfant et une étoile la même année… C’est peut-être un peu tôt, confie Xavier Jarry avant de continuer, la voix pleine d’émotion. Je l’ai vécu à Paris… une pression infernale pendant 6 mois. Je me levais le matin, je buvais un jus d’orange, j’allais le vomir… Je travaillais 100 heures par semaine, voire plus. Le jour où la cheffe m’a appelé, j’ai craqué… » Après 10 ans passés à enchaîner les tables étoilées, Xavier Jarry a ouvert, avec sa compagne Anouk Bonnet, La Fabrique dans un quartier excentré : un choix motivé avant tout par une question de moyens, mais aussi par des velléités de tranquillité et de confort. Mais revenir en Alsace, terre étudiante quittée il y a 10 ans, c’était aussi retrouver ce lien au terroir, aux produits. « À Paris, vous avez tous les produits quand vous voulez. On ne se pose même plus la question. Ici, quand il n’y plus de champignons, il n’y a plus de champignons… Le lien au produit est quasiment intime. » Si intime que sa carte part d’un produit principal pour s’agrémenter de garnitures triées sur le volet et fournies, en fonction des saisons (« le principe de la maison c’est de bosser les saisons ») et des capacités de production, par Marthe Kehren. Si intime qu’il pourra se permettre, d’ici quelques mois, de disposer de légumes cultivés exclusivement pour lui par la maraîchère de Fessenheim-le-Bas. Si intime aussi, qu’il regrette de ne pas avoir suffisamment de temps pour se rendre régulièrement sur le terrain et frotter sa créativité directement à

ses sources : aux côtés des producteurs. « Je travaille bien plus qu’avant, c’est sûr. On a d’autres contraintes : la paperasse, la comptabilité, les ressources humaines… Mais je le fais avec plus d’envie et je sais surtout pourquoi je le fais : si demain un client est ravi ou, au contraire, mécontent, c’est pour moi. » À La Fabrique, c’est le plaisir avant tout, fondé autour du goût, « des associations de saveurs », une influence qu’il a conservée de son travail à la Dame de Pic et qu’il met à profit dans chaque nouvelle idée de plat. « Si le goût fonctionne, vient ensuite le visuel. Je préfère avoir une assiette qui visuellement n’est pas exceptionnelle mais qui me pète la gueule plutôt que d’avoir une dinguerie technique où je suis déçu par le goût. » Audelà du goût, Xavier Jarry est attaché à l’atmosphère conviviale du restaurant. On le lit sur la carte, comme un slogan : « La table est l’entremetteuse de l’amitié. » « Ici, il faut que les gens viennent comme s’ils allaient manger chez des potes. Moi, les services guindés où on vient te resservir de la flotte alors que tu n’as bu qu’une lampée, ça me saoule ! J’ai fait 10 ans d’étoilés donc je ne vais pas me mettre à faire des cordons bleus, mais j’aimerais qu’on soit à l’aise, qu’on ne se sente pas gêné. Quand je vois que des gens se retiennent de saucer leur assiette, je me dis : mais mec, fais-toi plaisir, sauce ! » Derrière cette idée, comme derrière celle du goût comme principal leitmotiv, c’est toute une conception de la simplicité qui se déploie. Sa vision du métier ? « On est des aubergistes au final, certains restaurateurs ont tendance à l’oublier : on est juste là pour donner à manger aux gens et leur faire plaisir. » Point barre. Ce qui ne l’empêche pas d’envisager d’autres projets, à plus ou moins long terme, l’ouverture d’une épicerie-bar-àmanger où seraient vendus des produits préparés au restaurant par exemple. « Mon rêve, c’est de récupérer l’appartement voisin, de faire une cuisine ouverte, de mettre la salle dans la partie à l’arrière et à l’avant, un café avec un gros poêle. » Comme si, après 15 ans de marathon et de tempête, son désir de confort devait être partagé avec sa clientèle. On ne demande pas mieux ! La Fabrique 32, rue de la Gare 03 88 83 93 83 www.lafabrique-restaurant.com

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Ses bonnes adresses Le   Comptoir   à   manger J’y vais au moins une fois par mois !

Le   Colbert (CRONENBOURG) Une cuisine assez simple mais très gourmande.

Dim   Sum   Sam J’ai testé la semaine dernière, c’était vraiment bien.

Les   Funambules J’y suis allé deux fois, c’est très bien.


P Ph ar ot Em os m D anu R e

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U n de e p l’e o sp éti ac qu e e

Schilick Innovant

En cette période de vitesse accrue, Steelcase,créateur de mobilier de bureau, fait rimer mobilité avec sensibilité pour faciliter les conditions de la créativité. Rencontre dans le WorkLab à Schiltigheim, atelier d’idées nouvelles.

L’histoire centenaire de Steelcase débute avec des bureaux à l’épreuve du feu, juste avant la Première Guerre mondiale. Une innovation qui en a appelé d’autres, et qui s’inscrit dans les gênes de l’entreprise. Un siècle plus tard, les préoccupations sont autres, mais la volonté de conserver un temps d’avance – ou plusieurs, c’est selon – continue d’animer les équipes qu’on croise dans le worklab à Schiltigheim. Surtout à un moment où les pratiques, du fait de la révolution numérique, ont bouleversé la relation entre collaborateurs au sein de l’espace de travail. Pour avoir visité les lieux il y a quelques années, la transformation est impressionnante ; elle confirme cette envie de favoriser le bien-être au travail et faire du bureau une seconde maison : à destination des “nomades” ou des “sédentaires”, des espaces adaptés, le bien nommé Maker Commons pour un brainstorming spontané, Ideation Hug pour une discussion connectée, Duo Studio, Respite Room ou Focus Studio, pour des activités en comité restreint, voire seul, en toute intimité. Plus que jamais, Steelcase avance en pionnière dans cette manière d’adapter les espaces à ces nouvelles problématiques. « Je sais que c’est un casse-tête pour les ergonomes, nous signale, souriante, Catherine Gall, directrice des Alliances Stratégiques pour Steelcase sur la région Europe, Moyen-Orient et Afrique. L’ergonomie c’est l’adaptation de l’espace à l’homme, mais finalement l’homme s’adapte aussi à son espace. » Elle l’affirme d’autant plus facilement qu’elle développe en experte les programmes de partenariat avec les grands cabinets de design, d’architecture intérieure et de conseil en immobilier au sein d’une équipe internationale. « Ce que je trouve fascinant, nous explique-t-elle, c’est que cette décennie confirme 168

ce qu’on avait supposé auparavant : nous pouvons consulter nos dossiers, nous voir et nous parler à distance. Et ainsi nous ouvrir le champ des possibles. » La mobilité donc, mais qui n’exclut en rien l’ancrage. « Oui, cette possibilité d’aller partout, d’interagir dans une réunion par la téléconférence ne contredit pas la nécessité d’être ensemble pour alimenter la richesse du processus de création. » Dans ce processus qui part du développement d’une idée jusqu’à la finalisation du produit, la résolution des problèmes complexes passe par des instants de « travail dans la même pièce ». À parcourir les espaces du WorkLab, on prend conscience que cette pièce est loin d’être un bureau fermé – même s’il est possible, en fonction de besoins technologiques spécifiques, d’en réserver un à tout moment –, mais qu’elle peut s’apparenter à un espace ouvert, confortable et propice à l’échange. Ce qui semble impossible, selon Catherine Gall, « c’est de pouvoir s’aligner émotionnellement à distance ». Dès lors, il s’agit de limiter l’impact de la distorsion, d’où la création d’« espaces ouverts de socialisation » qui encouragent la génération et le partage des idées nouvelles. « Contrairement à ce qu’on pense en général, la culture digitale ne détache pas les gens », affirme-t-elle avec conviction. Au contraire, cette culture impose de repenser le sens, et mieux que cela : le sensible. Un mouvement nécessaire qui se vit dans des espaces conçus de manière chaleureuse, presque sensuelle, comme c’est le cas avec la bibliothèque au cœur du WorkLab – à proximité du WorkCafé, tiers-lieu signature de la marque Steelcase –, et son subtil design 50’s façon Mad Men, cosy, et ses matériaux au toucher délicat. « Aujourd’hui, les cafés n’ont jamais été aussi remplis de ces gens qui souhaitent prendre le temps d’échanger », constate Catherine Gall. D’où l’idée simple de recréer un environnement équivalent, « émotionnel ». Derrière toute cette réflexion autour de la connexion, c’est bien la question du lien qui se fait jour. « Nous avons besoin de ces moments de discussion, de confrontation parfois – ça fait aussi la richesse des relations – et de ritualisation. Ce lien constitue un besoin vital dans notre travail. » Steelcase 1, allée d’Oslo www.steelcase.com


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Schilick Culturel

La v sc e ill èn st e e un e

Notre sélection de trois événements à Schiltigheim : les Touaregs de Tinariwen, le pianiste virtuose Yaron Herman et une exposition au Pixel Museum.

Yaron Herman Trio

Le retour du jeu vidéo

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Il aurait pu mener une carrière dans le domaine du basket, mais les Dieux du jazz en ont voulu autrement : une blessure au genou, et le voilà en train de faire ses gammes au piano à l’âge de 16 ans. Il ne le fait pas avec n’importe qui, mais avec un musicien de jazz adepte d’une méthodologie basée sur la philosophie, les mathématiques et la psychologie. La méthode est payante, puisqu’à l’âge de 18 ans, le jeune homme obtient le prix “talent junior” de la Rimon School of Jazz and Contemporary Music, de Ramat Ha-Sharon, avant de partir aux États-Unis, l’année suivante. Les choses s’emballent : un premier album, une Victoire de la musique en France, puis des récompenses en cascade. Des collaborations aussi, Michel Portal, Pat Metheny, Yaël Naïm ou Matthieu Chédid, dans des registres qui partent du jazz vers la pop, ou le contraire. À la manière d’un Brad Mehldau, il se distingue par des reprises marquantes, empruntées à l’univers de la pop, Britney Spears, The Police ou Radiohead, et poursuit inlassablement son travail d’un jazz vivant – et vibrant –, inspiré à la fois par la musique classique et contemporaine. Bref, en totale connexion avec son temps.

La génération Star Wars est née à peu près au même moment que les jeux d’arcade. Certains se souviennent sans doute d’avoir embarqué dans un module Space Invaders pour dégommer de manière jouissive du vaisseau spatial comme on tirait au casse-pipe auparavant. À l’occasion de la sortie du 8e opus de la célèbre série cinéma, rien de tel que de se plonger dans l’histoire du jeu vidéo, avec pas moins de 250 jeux dont une borne Arcade Star Wars Racer, annoncée comme rarissime, des tonnes de goodies et un R2D2 signé par Kenny, l’acteur à l’époque. Le rêve intégral ! Les geeks reconnaîtront leurs petits – et même leurs plus grands, vu que ce sont souvent leurs parents qui leur ont transmis cette passion. Une manière comme une autre de fêter le jeu vidéo dans ce qu’il présente de plus rebelle. Attention cependant, à la contre-attaque !

 14.12  Cheval Blanc 25, rue Principale www.ville-schiltigheim.fr

 � 28.01  Pixel Museum 14, rue de Lattre de Tassigny www.pixel-museum.fr

Photo : Julien Mignot

Photo : Bartosch Salmanski

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Sound and vision Basé au cœur de l’Espace européen de l’entreprise, coup de projecteur sur Stage Concept, un prestataire spécialisé dans la mise à disposition de matériel de scène.

Tinariwen En parfaits Touaregs, les membres de Tinariwen sont fiers ; fiers du message qu’ils délivrent à la Terre toute entière. À partir de leur base, dans le désert. Alhousseini ag Abdoulahi, le guitariste et leader du groupe nous renseigne : « Oui, nous nous sentons libres dans le désert, libres de regarder les étoiles la nuit et de faire face au soleil le jour. » Il situe ce point de passage entre vitalité et désespoir, entre joie et tristesse, il raconte la condition humaine de manière enveloppante et touchante. Il évoque aussi ce niveau de transmission qui s’opère au sein du même groupe. Le guitariste et chanteur acquiesce : « Nous sommes déjà à la troisième génération de Tinariwen [le groupe existe depuis plus de 35 ans, ndlr], et forcément nous intégrons de nouveaux membres. » Sur scène, avec les jeunes musiciens qu’on a eu l’occasion de découvrir lors du dernier passage du groupe à Schiltigheim, la communion est totale. À leur contact, la tentation semble très forte d’entraîner le groupe vers des sonorités plus groovy. « Forcément, les jeunes musiciens apportent des idées nouvelles. Et quand ça marche, ça nous permet de créer une musique qui s’adresse elle aussi à toutes les générations. » Le résultat est là : le blues dans ce qu’il présente de plus noble, ouvert et ô combien irradiant. En un mot, universel.

—— Un spectacle ou un salon événementiel sont des instants qui se vivent également à l’arrière, backstage, avec tous ces techniciens qui rendent la chose possible. Et si le moment semble inoubliable, c’est que le travail a été mené de manière remarquable par des gens dont c’est le métier. Spécialisée dans la prestation technique de scène, Stage Concept est le fruit d’une réflexion menée par un entrepreneur franco-allemand, Maik Förster, en 1995. Le succès est rapidement au rendez-vous, si bien que la société allemande en arrive à équiper des manifestations de prestige, des festivals mais aussi des événements du type de la Ligue des Champions. Des clients se manifestent en France, si bien qu’une société française est créée en 2010. Celle-ci est basée à Schiltigheim, en pleine Avenue de l’Europe – un symbole pour une entreprise qui a également ses antennes en Suisse et en Autriche ! À 20 km, donc, des entrepôts de Rhinau en Allemagne d’où les utilitaires sont prêts à partir à tout moment pour livrer le matériel nécessaire. Cette situation lui permet de rayonner sur l’Est de la France, mais aussi dans un pays qui semble – sans forcing et de manière plutôt décontractée – au cœur des préoccupations stratégiques de l’entreprise. L’avantage principal vient du fait que, chez Stage Concept, on se montre en capacité de tout faire pour la scène, la lumière, le son et la vidéo, dans des domaines aussi variés que le cinéma, la télévision, l’hôtellerie, le commerce, les loisirs, le sport et la culture. Avec au final, un interlocuteur unique, pour une coordination maximale.

09.12  Salle des Fêtes Avenue de la 2e Division Blindée www.ville-schiltigheim.fr

Photo : Marie Planeille

� Stage Concept 22, avenue de l’Europe www.stage-concept.com

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le théâtre de nombreux événements : championnats d’Europe de natation en 1987, championnats de France de 2011 et 2017, ainsi que l’émission de TV Splash le grand plongeon en 2013. Elle compte notamment un bassin olympique de 8 couloirs, un petit bassin d’initiation et une fosse de plongeon avec tremplins et 3 plates-formes. Côté activité, des cours d’aquabike sont programmés et un tank à ramer de 8 places est disponible à la location pour l’entraînement hivernal d’aviron et de kayak. (J.G.) Rue de Turenne 03 88 33 24 40

➁ La Taverne de St Malo —— On a tous rêvé de rapporter St Malo à nous. Mais les connaisseurs le savent : St Malo est là, grâce à cet authentique restaurant breton. Spécialisé dans les 3

luminaires, table d’appoint horloge et objets déco… Des pièces uniques. (J.G.)

12, rue des Contades www.tavernedesaintmalo.fr

a déjà accueilli plus de 20 000 curieux du monde entier. Il faut dire que ce musée du jeu vidéo, premier en France, fait mouche. Jeux électroniques, d’arcade, informatiques, de société, consoles (dont certains à tester soi-même) : plusieurs centaines de pièces réparties en une dizaine de salles thématiques, afin de raconter l’Histoire du Xe art. En plus du musée, la Pixel Factory propose plusieurs espaces de coworking à louer. (J.G.)

➂ La Cabane de Jeanne —— Amoureuse de récup’, Valérie Jeanne

Neunlist crée en 2011 La Cabane de Jeanne, véritable espace d’émulsion créative. Elle partage cet atelier avec différents créateurs et y organise rencontres et expositions variées. Jeanne s’y consacre principalement à la création de meubles originaux – aux graphismes signés Tino (www.tinoland.com) –, mais aime aussi à revisiter de temps à autres les objets du passé. Parmi ses créations :

152, route de Bischwiller www.lacabanedejeanne.fr

➃ Pixel Museum + Pixel Factory —— Depuis son ouverture, le Pixel Museum

14, rue de Lattre de Tassigny www.pixel-museum.fr

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—— Cette piscine emblématique a été

poissons et les fruits de mer fraîchement pêchés – rougets, bars sauvages et raies – et achetés dans les ports de pêche en Bretagne. La Taverne de St Malo nous livre toutes les saveurs du bord de mer : poissons rôtis, huîtres et plateaux de fruits de mer, avec quelques spécialités, les Moules de Bouchot de la Baie du Mont Saint-Michel et les Noix SaintJacques façon Kerderien. Le + ? Des plats à emporter et un service traiteur. (E.A.)

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➀ Le Centre Nautique

4 Photo : Bartosch Salmanski

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➄ Il était une fois —— À mi-chemin entre la maison de campagne et les milles et une nuits marocaines, Il était une fois est un café au cadre cosy. On fond pour la carte : de bons petits plats maison, de l’entrée au dessert, à base de produits frais. Le + ? Un espace aménagé pour les enfants, avec menu adapté et animations. (J.G.) 12, rue des Pompiers www.cafe-iletaitunefois.fr

complémentaires : la brasserie – où l’on produit la fameuse Storig – et le restaurant imaginé par Jade et Maël. Gérald Barjou, ancien chef du Cornichon Masqué, y propose des plats savoureux (pièces de viande, choucroute, tartes flambées, pain perdu à la bière…), élaborés avec des produits soigneusement choisis. Avec sa salle en sous-sol pour l’hiver et ses deux terrasses avec Biergarten pour l’été, ce lieu n’a pas fini de nous étonner ! (J.G.) 85, route de Bischwiller www.brasserie-michel-debus.fr

On s’inscrit sur le site, où l’on peut aussi louer du matériel ou shopper nos œuvres préférées. Bonne nouvelle, la CabAnne propose aussi des ateliers aux Halles du Scilt. (J.G.) 1, place de la Gare www.la-cabanne-des-createurs.com

➇ Location de plantes vertes ——Avec 1000 m2 de serre de stockage,

➅ Brasserie Michel Debus —— Michel Debus est un passionné qui

a dédié toute sa vie à la bière et aux traditions de brassage. Soucieux de redonner à notre belle région sa « fierté de brasser », il reprend, en 2016, l’ancienne brasserie Adelshoffen pour en faire un lieu à son image, entouré de sa petite-fille Jade et de Maël Perez, déjà gérant de plusieurs établissements à Strasbourg. La Brasserie Michel Debus se divise en deux univers

8 Photo : Christophe Urbain

➆ La CabAnne des Créateurs —— Orchestrée par son hôte Anne-

Catherine Klarer, ce lieu atypique de 400 m2 est dédié aux bricoleurs et créateurs, professionnels ou novices, et n’a qu’un but : les faire passer de l’idée à la réalisation ! En complément, des ateliers et workshops, animés par des professionnels sont proposés et initient à l’impression 3D, l’art floral ou la peinture digitale.

6 Photo : Henri Vogt

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500 m2 d’atelier et plusieurs centaines de végétaux, Location de Plantes Vertes est le leader de la location de plantes vertes et de l’aménagement d’espaces végétalisés éphémères. Avec des références telles que Forgiarini, SODEXO ou encore la Galerie de l’Aubette, cette équipe de professionnels est devenue l’incontournable de la déco florale et végétale. Récemment, une ligne de mobilier autour du bois (www.les-woodcutters.fr) a même été lancée. (J.G.) 11, rue de Sélestat www.locationdeplantesvertes.com


14, avenue Pierre Mendès-France www.restaurant-lacarambole.com

➁ Le Cheval Blanc —— Au cœur du vieux Schiltigheim, Le Cheval Blanc est une institution : une salle de concert de 180 places connue pour sa programmation jazz à la fois exigeante et ouverte et un restaurant alsacien traditionnel, dans une maison à colombage, vestige d’une ferme du XVIIIe. L’un et l’autre communique à merveille : soit on se restaure avant, soit – et c’est

25, rue Principale www.ville-schiltigheim.fr

➂ Hang’art Events —— Ouvert depuis septembre 2017,

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—— C’est LE bon plan shopping : l’outlet

Columbia ! Aux pieds du siège social français de la marque, ce magasin d’usine ouvert depuis décembre 2014 propose blousons, manteaux, polaires, chaussures, accessoires des anciennes collections, le tout avec 30% de remise sur les prix publics ! L’occasion de faire de belles affaires et de se rhabiller pour l’hiver et tout le reste de l’année ! (C.L.) 5, rue de la Haye Espace européen de l’entreprise 03 90 22 08 96

Hang’Art Events a pris ses quartiers dans les anciennes Archives de la Ville de Schiltigheim. Un lieu style loft industriel, chaleureux et arty, qui a déjà abrité des expositions, des vide-dressing et brocantes, ainsi que des salons de vente consacrés au mobilier design ou objets d’art ! Tant d’activités qui font déjà, de ce lieu atypique, un incontournable ! (J.G.) 22, route du Général de Gaulle Facebook : hangartevents

➃ Columbia Outlet

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—— Dans ce cadre élégant et moderne, le chef renommé Frédéric Lefèvre et son équipe proposent des plats inspirés par la nature : simples et originaux. À la carte, uniquement des propositions à base de produits frais, de saison et locaux, ainsi que trois formules : du marché, découverte ou gourmand. Depuis peu, le restaurant organise également des soirées dédiées à un produit, mis en lumière par un menu à 6 plats : à réserver ! (J.G.)

plus souvent le cas – après le spectacle dans un esprit à l’ancienne. Jambonneau et waedele font le bonheur des mélomanes du soir – un piano mis à disposition sert pour certains intermèdes musicaux spontanés –, tout comme les habitants du quartier le midi. Bon nombre d’habitués se contentent d’une bonne bière parmi le large choix proposé. (E.A.)

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➀ La Carambole

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Marché couvert de Schiltigheim et lieu d’Exposition

Ouvert du mardi au dimanche de 9h à 19h www.hallesduscilt.com

Illustration : Ilona RIMELE / Ville de Schiltigheim 2017

Place de la Liberté


L’Assiette du vin tenue par Philippe Roth fut d’abord domiciliée au centre-ville de Strasbourg avant d’adopter Shilick ! Il propose une cuisine sincère et authentique, privilégiant les produits frais du marché et de bons vins bio ou cultivés en biodynamie, soigneusement sélectionnés pour leur respect du terroir. Le + ? On retrouve également sa sélection de belles quilles aux Halles du Scilt. (J.G.) 154, route de Bischwiller 03 90 46 54 19

➅ Librairie Totem —— Chaleureuse et éclectique, allant de la littérature au livre jeunesse, cette librairie se démarque par les conseils avisés de son équipe, son espace papeterie fantaisie mais surtout par son coin jeux de société. Ici, pas de Monopoly, mais notamment When I Dream ou Paper Cales, sensations de l’année. Une fois par mois, une soirée jeux

36, rue Principale Facebook : librairie.totem

➆ Côté Lac —— On ne sait si ce lac artificiel de l’Espace européen de l’entreprise aurait inspiré quelques vers de poésie à Lamartine, quoi qu’il en soit, il a donné un nom au restaurant gastronomique qui le jouxte : Côté Lac. Le chef Pierre Irion (passé notamment chez Jean-Georges Klein à l’Arnsbourg) et ses cuisiniers de talent sont toujours en quête de nouvelles saveurs et proposent une cuisine de saison créative et goûteuse, dans ce lieu insolite, très bel espace tout en transparence, face au lac… La Terrine de lièvre et foie gras roulé aux graines, croquant de fenouil au vin chaud blanc, le Tartare de gambas, écrasé d’avocat, wakamé, bavaroise crustacés,

le ½ Pigeon cuit sur coffre, cuisse confite et croustillant de ses abats, purée de potimarron, gel sudachi, jus parfumé au café…entre autres délicatesses gustatives. Le tout, bien sûr, accompagné d’une sélection de Vins Grands Crus, ce que ne manque pas de proposer le patron associé du restaurant, l’élégant Olivier Kennel, qui arpente à l’envi l’une de ses régions de prédilection : la Bourgogne. Le + ? La possibilité de privatiser le lieu pour une fête, un événement familial, ou un séminaire… et une sélection de produits et idées cadeaux originaux dans la « Boutique Côté Lac ».(L.A.) 2, place de Paris Espace européen de l'entreprise www.cote-lac.com

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—— Caviste, bar à vins et restaurant,

est organisée. Ce partenaire de la première heure de l’événement Schilick on Carnet, le salon de l’illustration et du livre de jeunesse, est un incontournable de la ville. (J.G.)

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➄ L’Assiette du vin

5 Photo : Henri Vogt

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HORS-SÉRIE 01

6| Tomi Ungerer, Impressions, regards, fragments Hors-série Zut

IMPRESSIONS REGARDS FRAGMENTS

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IMPRESSIONS VIEWS FRAGMENTS

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TOMI UNGERER

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