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ZU

City magazine Gratuit

HORS—SÉRIE

10 ans Zénith Strasbourg

T


lacompagnie.eu

lagoona l’excellence de la Scène

Partenaire du Zenith depuis 10 ans, nos équipes de techniciens experts et passionnés contribuent activement à la renommée de cette salle en installant des équipements son et lumière. 2

www.lagoona.fr


ZUT

Zut team contact@chicmedias.com ou prenom.nom@chicmedias.com

ZÉNITH 10 ANS | Ours + Édito

Par — Emmanuel Abela

Directeur de la publication et de la rédaction Bruno Chibane

Coordination de projet

Administration et gestion Gwenaëlle Lecointe

Rédacteur en chef du projet

Rédaction en chef Emmanuel Abela

Rédacteurs

Secrétaire de rédaction Cécile Becker Directeur artistique Hugues François Design graphique Clémence Viardot Directrice artistique mode et tendances Myriam Commot-Delon Responsable promotion & partenariats Caroline Lévy Chargée de projets et développement Léonor Anstett

Commercialisation & développement Léonor Anstett +33 (0)6 87 33 24 20 Bruno Chibane +33 (0)6 08 07 99 45 Caroline Lévy +33 (0)6 24 70 62 94 Philippe Schweyer +33 (0)6 22 44 68 67 Alexandre Zebdi +33 (0)6 48 14 30 86

Ce hors-série est édité par chicmedias 12, rue des Poules 67000 Strasbourg +33 (0)3 67 08 20 87 S.à.R.L au capital de 37 024 euros Tirage : 9000 exemplaires Dépôt légal : janvier 2018 SIRET : 50916928000013 ISSN : 2261-7140

Sur le gril

Contri— buteurs

18.04.2008 – Justice : Je découvre le Zénith de Strasbourg. Le premier soir, la présence très rock de Justice me donne le sentiment qu’on y est. Enfin. 01.04.2010 – Gossip : Beth Ditto est là, à portée de bras, dans un instant de communion très groovy. 16.04.2010 – Iggy Pop & The Stooges : Le rock dans son essence même, avec un Iggy qui, tel un Saint-Sébastien des temps modernes, s’offre intégralement au public qu’il invite sur scène – non sans donner quelques sueurs froides au staff de sécurité. 16.10.2012 – Radiohead : Pourquoi mes jambes tremblent-elles à l’écoute de Thom Yorke et de ses fidèles amis ? Tout simplement parce que l’émotion est palpable. La proximité aussi. Assurément l’un des plus beaux concerts auxquels il m’a été donné d’assister. Flash 5, 02.02.2014 – Depeche Mode : Le Zénith de Strasbourg est plein à craquer : 12 000 personnes accueillent Dave Gahan en très grande forme, un dimanche soir ; elles reprennent en cœur « All I ever wanted, all I ever needed, is here in my arms » de l’hymne Enjoy The Silence…

Sylvie Chauchoy (Zénith) Caroline Lévy

Emmanuel Abela

Cécile Becker, Marie Bohner, Caroline Lévy, Antoine Ponza Photographes Alexis Delon / Preview, Christophe Urbain, Olivier Roller, Henri Vogt, Pascal Bastien Illustrateur Tino Retouche numérique Emmanuel Van Hecke / Preview

J’aurais pu choisir des dizaines de concerts, Catherine Ringer, Bob Dylan, Manu Chao, Lou Doillon et tant d’autres, je me surprends à en avoir vu autant en si peu de temps. L’anniversaire des dix années du Zénith Strasbourg Europe nous replonge tous dans nos souvenirs, d’où l’idée de lui consacrer un hors-série de Zut. Il a suffi d’une balade sur les toits avec Sylvie Chauchoy à l’occasion de notre édition consacrée à l’Adira l’an passé pour voir se dessiner les contours d’un numéro qui nous offrirait une plongée au cœur du bel outil : son architecture, ses équipes de permanents, les prestataires extérieurs, les partenaires, mais aussi et bien sûr les artistes et le public. Nous souhaitions offrir cette part d’intimité, livrer les coulisses et vous inviter à l’intérieur, là où personne ne va : backstage. Sur cette structure métallique notamment, le gril, au-dessus de nos têtes, où nous sommes montés et même retournés à l’occasion d’un portrait ou d’une séance mode mémorable – laquelle vient s’ajouter à celle réalisée en décembre pour notre édition régulière de Zut, sur les toits, une nouvelle fois. Et comme nous aimons multiplier les collaborations, très rapidement s’est fait jour la possibilité de venir perturber cette édition de l’intérieur. Ainsi, l’illustrateur Tino, en relation avec l’agence de communication laCompagnie, a été invité à parsemer le magazine des personnages qu’il a conçus pour les 10 ans du Zénith. Ces derniers, on les retrouve en grand format à l’intérieur du bâtiment lui-même, mais aussi sur les trams de la ville. Ils sont tous présents sur une affiche sérigraphiée, réalisée pour l’occasion avec Continuum – des exemplaires à gagner sur le profil Facebook du Zénith ! –, ils apparaissent en couverture de votre édition comme s’ils inscrivaient leur nom au générique. Ils sont les acteurs d’une histoire dont on célèbre les dix ans. Ça tombe bien, nous aussi. Joyeux anniversaire et longue vie au Zénith de Strasbourg !

Modèle Larissa Thomé www.upmodels.fr Coiffure Alexandre Lesmes / Avila www.avila-coiffure.com Maquillage et manucure Maili Nguyen / Avila Relectures Léonor Anstett Sylvia Dubost Stagiaires communication & rédaction Honorine Peter Clémence Kauffmann

Impression Ott imprimeurs Parc d'activités « Les Pins » 67319 Wasselone Cedex Diffusion Zut Team + Novéa 4, rue de Haguenau 67000 Strasbourg Abonnements abonnement@chicmedias.com

Crédit couverture Illustrations : Tino www.tinoland.com

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ZÉNITH 10 ANS | Sommaire

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ÉDITORIAL

8 LES CHIFFRES Le Zénith Strasbourg Europe : des chiffres et des lettres.

10 LA TEAM ZÉNITH

L’ASSOCIATION

LES PRODUCTEURS

Chaque année, l’association Kakemono organise la Japan Addict au Zénith de Strasbourg. 6 000 fans de la culture pop japonaise s’y croisent : passionnés de mangas, de dessins animés, de cinéma et cosplayeurs.

Les grands noms de la production hexagonale l’ont voulu, ils l’ont eu : les 10 ans du Zénith de Strasbourg sont aussi l’occasion de parler de leur métier et de la nécessité d’un tel outil.

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Interview de Sylvie Chauchoy, directrice du Zénith de Strasbourg, et galerie de portraits de l’équipe permanente.

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Rencontre avec M. Pokora, l’enfant du pays et habitué du Zénith de Strasbourg.

Robert Grossmann Robert Herrmann

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URBAN STYLES

LA TECHNIQUE Les coulisses du montage d’une scène.

26 Régisseurs, personnel d’accueil, de restauration et de sécurité racontent leur Zénith.

LA COMMUNICATION Le Zénith de Strasbourg a confié la communication autour de ses 10 ans à laCompagnie. Avec l’illustrateur Tino, ils ont pensé une campagne ancrée dans la ville.

Les fans de Hip-hop à L'âge d’or du rap français.

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Ambiance pop au concert de London Grammar.

MODE

LES PRESTATAIRES EXTÉRIEURS

URBAN STYLES

Les enfants à Kids United.

L’ARTISTE

LES ÉLUS

72 Des rockeurs aux Vieilles Canailles.

URBAN STYLES

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61

URBAN STYLES

Série mode au Zénith de Strasbourg : Gloria.

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Crédit Mutuel Mediarun

LES PARTENAIRES

L’ARTISTE Rencontre avec Matthieu Chedid.

58 URBAN STYLES Looks afro au concert Lamomali, l'Aventure malienne de -M-.

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84 10 ANS DE CONCERTS Badges, patchs et accréd'.


Des Gentlemen veillent sur le Zénith « Travailler avec plaisir est le moteur le plus puissant d’une équipe ; si les agents arrivent au Zénith avec le sourire, ils donneront le meilleur d’eux-mêmes » Béatrice Deléglise & Didier Chasserot Co-fondateurs de Gentlemen Sécurité


« Positionné en devant de scène, je m’assure du bien-être du public. Avant le début du concert, on discute, on échange. Je ne suis pas ici pour faire le gros bras de la sécurité ! » Mike Naels Responsable des devant de scène

« A l’accueil le maitre mot c’est la patience. Il s’agit de faire preuve de pédagogie, d’expliquer au public comment ca va se passer et où il doit se rendre. Et oui, on peut-être une femme et gentleman ! » Hind Kaddouri Responsable des entrées

« Je suis souvent à l’entrée de l’espace VIP et du coup je suis amené à guider les gens, à répondre à leurs questions... J’aborde le public avec sourire, politesse et courtoisie. C’est ca, être un gentleman de la sécurité » Dany Missemer Responsable du Salon VIP

« Dans le cadre de la protection rapprochée des artistes, il faut veiller à être discret et disponible. Mon truc en plus, c’est le sourire ! j’aime protéger les artistes en coulisses et voir l’envers du décor ! » Hubert Dietrich Responsable des Loges

www.gentlemensecurite.fr


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ZÉNITH 10 ANS | Les chiffres

2008—2018, le plaisir se lit dans les chiffres…

1 Zénith

de France dans sa capacité : 12 079 personnes

de bus d'artistes accueillis en 10 ans

connecté

grâce au réseau wifi

7 727 158 kWh

er

Près de 50 km

100%

PRÈS DE

d’électricité consommées

10 000 m3

DE BÉTON + DE 1000 CONCERTS

spectacles et événements

3 500 000

spectateurs 8


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ZÉNITH 10 ANS | Les chiffres

546 000 HEURES

+ de 130 spectacles par an

DE TRAVAIL EFFECTUÉES

3,2 hectares de surface

2800

TONNES D’ACIER

artistes

20 CONFIGURATIONS POSSIBLES

chanteurs, musiciens, danseurs et comédiens

en spectacle ou événements

1 850 m3 de déchets recyclés & valorisés

95% de nos sous-traitants sont du

Grand Est Près de 100 km de semi-remorques de matériel de spectacle garés en backstage

+ de 1500

3334 ARBRES & 23 ESSENCES DIFFÉRENTES 9

Près de 1 500 000 voitures stationnées sur le parking public


LA MAGIE AU QUOTIDIEN, C’EST UN MÉTIER Par — Marie Bohner Photos — Henri Vogt

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Sylvie Chauchoy a pris les rênes du Zénith Strasbourg Europe en janvier 2010, 2 ans après son inauguration. L’expérience est riche et les défis captivants. Comment façonner de l’exceptionnel tous les jours ? Faire opérer la magie du show pour chacun des 1 000 concerts accueillis depuis 10 ans ? Sylvie Chauchoy nous livre quelques secrets de fabrication.

ZÉNITH 10 ANS | La team Zénith

Qu’est-ce qui change entre un accueil au Rhénus et un accueil au Zénith ? C’est incomparable : il y a aujourd’hui un excellent niveau d’accueil des artistes, de la production, avec des conditions techniques d’accrochage jusqu’à 50 tonnes, la possibilité de décharger les semi-remorques, des parkings… Le public bénéficie lui aussi d’un vrai confort d’accueil, et notamment de vision, dans une salle de spectacle qui rappelle un théâtre à l’italienne. Tout est nettement amélioré par rapport au Rhénus. Qui sont les commanditaires et les financeurs d’un projet comme le Zénith ? Les collectivités locales, principalement l’Eurométropole, la Ville, la Région. Nous bénéficions aussi d’aides nationales du ministère de la Culture et des fonds généraux de la culture en France.

Qui a été à l’origine du projet de Zénith à Strasbourg ? Le projet est né dans la tête de Robert Grossmann, à l’époque Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg. C’était dans les années 2000. Il voulait une salle de spectacle digne de ce nom. Donc un Zénith : une très grande salle pour le cœur de l’Europe. Pourquoi ce projet de Zénith à Strasbourg est-il venu si tard par rapport aux autres villes ? Il y avait sans doute un problème de financement. Le bâtiment et son parking paysagé ont coûté beaucoup d’argent. Il y avait aussi, peut-être, un problème d’emplacement, il fallait trouver la zone idéale. Et puis, il était inscrit dans un projet global : faire déménager le Parc Expo à proximité du Zénith, construire un nouveau stade. Tout n’a pas vu le jour : seul le Zénith est resté. Ce projet comblait un manque à Strasbourg… Bien sûr, beaucoup de spectacles ont pu se faire au Rhénus, mais Strasbourg avait du retard pour offrir aux spectacles une infrastructure digne de ce nom. Les professionnels ont insisté aux côtés des élus pour que l’équipement voie le jour.

Construire un Zénith implique de respecter un cahier des charges. Quel est l’intérêt de rentrer dans ce label « Zénith » ? L’histoire des Zénith a germé en 1981 avec Mitterrand. Jack Lang, alors ministre de la Culture, était proche des milieux musicaux. Les grandes tournées se faisaient à l’époque dans les Palais des Sports, absolument pas adaptés. Il a été confié à Daniel Colling [fondateur du Printemps de Bourges, entretien p. 68 ndlr] de rédiger un cahier des charges très précis, établi avec et pour les producteurs. Pour qu’ils puissent se dire : « Moi, maintenant, quand je mets mes artistes dans un Zénith, je sais exactement quel accueil ils recevront, et les conditions techniques dans lesquelles mon équipe va pouvoir travailler. » Il s’agissait donc d’un engagement pour rendre le métier plus ergonomique. Le but était de faire un maillage de salles Zénith en France, pour assurer les tournées. Les Zénith permettent de gérer des programmations à l’échelle du territoire français ? Absolument. Ça a permis aux producteurs de pouvoir programmer intelligemment une tournée d’artistes, dans des salles confortables et avec beaucoup plus de dates qu’auparavant.

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Éric Gautreau

responsable administratif et comptable Impliqué autant dans l'administratif que sur le terrain, Éric Gautreau travaille très en amont du spectacle. Il accueille les producteurs, leur fait visiter le site et établit les devis correspondants. En fonction de la jauge annoncée, il évalue les besoins, puis affine au fur et à mesure jusqu'à l’échéance. De ses estimations préalables, il découle des commandes auprès des prestataires et des consignes techniques. Le jour du spectacle, en relation constante avec les régisseurs, il gère la billetterie, les invitations ou les VIP, mais aussi les repas, jusqu’au moment d’attaquer la facturation pendant la durée du show. Nulle routine cependant, « car chaque artiste est différent ». De même pour les productions, qui varient les unes des autres, avec à chacune ses besoins particuliers. Il est donc nécessaire de se réinventer sans cesse, pour celui qui nous l'affirme au détour de la conversation, non sans une pointe de fierté dans la voix : « Ça n’est pas la plus grande salle de France, mais c’est le plus grand Zénith ! » (E.A.)


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« AU ZÉNITH, ON REMET LE COUVERT TOUT LE TEMPS ! » Qui fait la programmation du Zénith ? Le Zénith fait partie des salles incontournables. Un producteur qui décide de mettre sur la route un artiste avec une tournée de 10, 20, 30 dates va forcément se questionner sur l’opportunité d’être présent dans toute la France. Il va repérer les salles qui correspondent le mieux aux conditions techniques et financières de sa tournée. À l’inverse, quand nous entendons parler d’une tournée qui va commencer, avec des artistes un peu plus rares, c’est nous qui allons pêcher les informations avec le groupe Fimalac Entertainement [le groupe qui fédère depuis 4 ans un grand nombre de salles en France, des Zénith et d’autres équipements, ndlr]. Nous avons donc une force de frappe auprès d’un producteur lorsqu’il décide de mettre un artiste sur la route : nous proposons nos salles de spectacles et il n’a qu’un seul interlocuteur. Il a tout à y gagner. De plus, le réseau que j’ai construit depuis 30 ans peut favoriser des amitiés, et des relations se nouent avec les producteurs. Comment se passent les échanges avec les associations et institutions culturelles locales ? Avec les associations locales, ça va dans les deux sens : elles nous contactent et nous aussi. À force, depuis 10 ans, de les recevoir régulièrement, les gens savent que l’on s’adapte à leur « petite » organisation – ce n’est pas péjoratif, bien sûr. Ils savent aussi qu’ils auront une aide précieuse car on travaille à leurs côtés. La Japan Addict, le salon du véhicule Innovant, Laurent Arnoult, les Scouts… Sans oublier que la collectivité soutient aussi les associations qui viennent au Zénith. Pourriez-vous dire que, dans la manière dont vous les accompagnez, vous aidez les associations locales à se professionnaliser dans l’organisation de leurs événements ? Je crois que oui, les gens nous disent souvent après les manifestations qu’ils

ZÉNITH 10 ANS | La team Zénith

ont appris beaucoup. Ils apprécient de travailler au Zénith, ils y trouvent des conditions optimales. Nous savons aussi nous adapter financièrement : le Zénith n’est pas inaccessible, contrairement à ce qu’on pense. Finalement, quand les associations osent décrocher leur téléphone, elles se rendent compte qu’on est tout à fait disposés à les aider. Il n’y a pas que des grandes stars au Zénith ! Les producteurs : qui sont-ils ? Quels sont vos rapports avec eux ? C’est un petit monde. 10 à 15 producteurs rassemblent presque la totalité du métier en France. On peut avoir certaines années 5 ou 6 spectacles de la même production, et puis l’année d’après, celle-ci n’aura plus grandchose et une autre aura plus de succès… C’est très cyclique. Une autre réalité du métier est que les artistes sont volatiles, ils changent beaucoup de production. Nous devons donc travailler avec tous les producteurs. Avec un nombre réduit de producteurs, n’y a-t-il pas un risque que ce soient toujours les mêmes artistes qui tournent ? Quand on analyse la programmation des Zénith sur les 5-10 dernières années, on se rend compte qu’il y a beaucoup de variété française. L’international manque. Les artistes internationaux ont décidé d’être plus rares en France, et quand ils viennent, ils se concentrent sur Paris. À Strasbourg, la taille du Zénith nous permet d’attirer des évènements phares et exceptionnels tels que Les Protestants en fête ou la venue du Dalaï-Lama, sans oublier les Enfoirés (3 fois en 10 ans). Le public suit, et sur certains spectacles, le bouche-à-oreille fonctionne. Si les artistes reviennent, c’est aussi parce qu’il y a une demande et des fans. Le réseau des Zénith fonctionne-t-il pour attirer des artistes internationaux ? Je dois dire que même si tous les directeurs de Zénith s’entendent bien, sur les artistes internationaux nous sommes plutôt en concurrence. La France s’est dotée de salles de spectacles, mais aussi toute l’Europe ! Les producteurs décident donc d’organiser leurs tournées au niveau européen. Ça leur coûte moins cher de faire venir les fans à Paris que de démonter et remonter tout le show dans les villes en région. C’est une stratégie de planning et d’économie.

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Anne de Sagazan assistante administrative et communication.

Anne de Sagazan est arrivée trois mois après l’ouverture du Zénith, a débuté à l’accueil, et aux services administratifs, avant d'évoluer au sein de l'équipe technique. Aujourd'hui, elle a en charge la communication. Autant dire que cette touche-à-tout, qui se qualifie de manière espiègle de « moultitâche  », se montre en capacité d’intervenir auprès de chacun de ses collègues. À échanger avec elle, on décèle un véritable amour pour la musique, une curiosité de tous les instants, mais son plus beau souvenir reste le passage de Leonard Cohen au Zénith, en septembre 2010. Pendant la balance, elle n’a pas pu s’empêcher d’aller jeter un œil discret sur ce qui se passait dans la salle. Elle a cherché à se fondre dans le décor noir, mais a été repérée de suite par le célèbre artiste canadien. «  Ce jour-là, j’étais habillée de blanc ! » Dès lors, il lui interprète trois chansons d’affilée, dont Suzanne, avant de la saluer en soulevant son chapeau. Sa réaction devant tant de classe  ? «  J’ai fondu en larmes ! » On la comprend, on en aurait sans doute fait autant.  (E.A.)


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Quelque part, c’est donc un défi, lorsqu’on dirige un Zénith de réussir à faire venir certains artistes… Ah oui, on est plutôt fier quand on arrive à programmer une personnalité. On a eu des années très fastes, avec Radiohead, Muse, Johnny Hallyday, Scorpions… 2012, un hiver fabuleux ! Quel est l’artiste pour lequel vous vous êtes le plus battue au Zénith de Strasbourg ? Lady Gaga est un bon exemple de notre réactivité, même si ça date un peu maintenant – c’était en 2011. Nous avons eu la demande en fin de journée et il fallait mettre une offre sur la table pour le lendemain à 9h. Le premier qui répondait avait la date. Nous avons tout de suite travaillé au cahier des charges, et aux calculs de charpente, jusque tard dans la soirée. Nous avons été choisis. Les capacités techniques du Zénith nous permettent de relever ces défis. C’était fabuleux : un show à l’américaine comme on en fait rarement. Est-il important d’avoir eu une activité de production pour savoir comment gérer un Zénith ? Il faut connaître toutes les ficelles du métier et avoir été « de l’autre côté ». C’est ce que je faisais en partie aux Eurockéennes [pendant 20 ans, ndlr]. Quand on discute avec un producteur, c’est important de comprendre ses contraintes : parce que l’on connaît ses difficultés et ses risques, cela nous permet d’ajuster notre offre. Quelles sont les difficultés d’équilibre dans la construction d’une tournée ? Quand un producteur construit une tournée, il doit estimer un taux de remplissage. Il doit calculer le prix moyen de son billet pour chaque salle. C’est une vraie inconnue : même si l’artiste a affiché complet 2 ans auparavant, le public est assez « kleenex ». Le producteur prend donc toujours des risques. C’est notre métier, nous comprenons ces risques, nous ajustons et corrigeons en permanence, jusqu’à la veille du concert. Si un producteur estime qu’il part sur une date à 8000 personnes, et que finalement il n’en fait que 5000, c’est notre devoir d’ajuster notre tarif et nos services dans la salle.

ZÉNITH 10 ANS | La team Zénith

Être excentré est-il un problème ? Oui. Nous sommes loin du centreville et, surtout, nous ne sommes pas reliés par les transports en commun. Le tram qui arrive au Parc des Sports est trop loin, de plus l’arrêt ne s’appelle pas Zénith. En 10 ans, nous n’avons pas résolu ce problème. C’est mon échec, ne pas avoir réussi à sensibiliser et mobiliser suffisamment les élus à ce sujet. Êtes-vous en discussion avec la collectivité pour améliorer cet aspect ? Oui ! Robert Herrmann est à l’écoute, nous travaillons sur 2 axes : l’arrivée du tram aux portes du Zénith, sur le parking, afin que le public voit le lampion dès sa sortie du tram, et aussi la troisième sortie voitures vers Oberhausbergen, qui ne serait utilisée que pour les jauges dépassant 5 à 6000 personnes. Il s’est engagé à tester cette sortie pendant les concerts des Enfoirés, soit 7 séances à 11 000 personnes. Vous menez une politique de développement durable. Comment la mettez-vous en place ? Nous sommes très impliqués dans cette démarche depuis mon arrivée, et ne cessons de nous améliorer. Les gobelets consignés sont obligatoires même pour le café. Un tri permanent est en place dans tous les lieux du Zénith : papier, verre, carton et plastique. Une brochure est disponible pour les clients et producteurs, particulièrement dans la zone du catering, la cantine des artistes. Nous devons encore améliorer le tri des poubelles dans le hall, car les poubelles de l’architecte en place depuis 2010 ne sont pas visibles et pas appropriées. Lorsque les techniciens arrivent à 6h du matin pour le montage de la production, l’éclairage de la salle est en led. C’est l’image de marque du Zénith Strasbourg Europe. Nous veillons aussi aux consommations de chauffage et d’eau… Ça ne se limite pas au tri des déchets : j’ai mis en place une chaîne globale de fonctionnement et de maintenance du bâtiment. Le problème climatique est à prendre à bras le corps.

Vous étiez auparavant à la direction générale des Eurockéennes : qu’est-ce qui vous a donné envie de prendre la direction d’un lieu comme le Zénith ? J’ai travaillé pendant 20 ans aux Eurockéennes. Je ne m’ennuyais pas dans le travail, j’en avais beaucoup, mais intellectuellement, j’avais fait le tour du festival. J’avais besoin de m’oxygéner et de me remettre en question, me remettre en danger. C’est parti de rencontres que l’on fait dans le métier, de discussions. On m’avait proposé différentes directions de salles mais je n’étais pas prête. Puis on m’a proposé le Zénith de Strasbourg, parce que le directeur Thierry Biskup repartait à Paris… Quel changement cela représentait-il ? Au-delà du changement personnel lié au déménagement, professionnellement il s’agissait de faire des concerts tous les jours alors qu’aux Eurockéennes, on travaillait un an pour 3 jours de concerts. Au Zénith, on remet le couvert tout le temps, dans un lieu solide avec des procédures bien en place. Nous faisons aussi de l’expo, de l’économique, de la convention. Et puis, aux Eurockéennes c’était du plein air, là on est en salle… ça n’a rien à voir. Vous dites que l’installation à Strasbourg a été un changement. Qu’est-ce que cette ville représente pour vous ? Ah, je ne regrette pas du tout. J’aime beaucoup cette ville, j’ai été adoptée immédiatement ! J’ai adopté son mode de vie : je profite de la ville à vélo et des piscines, particulièrement celle du Wacken ! Comment garder cette énergie et rester dans l’exceptionnel ? J’aime le travail, cela vient de mon éducation « à la dure ». J’aime bien avoir les mains dans le cambouis, il faut être pugnace et se remettre en question. Encore ce matin, j’ai rappelé un client potentiel avec lequel nous cherchons à faire aboutir les choses depuis 8 ans. Je n’ai pas pour habitude de baisser les bras. Comment construit-on 10 ans de Zénith ? Si on regarde l’offre qu’on avait proposée à la collectivité en 2008, on se rend compte qu’on a réussi à 99 %. Notre

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Vincent Muré

José Tourais directeur technique

assistant marketing

Pour Vincent Muré, la sécurité est une priorité. « À l’organisateur de spectacle, nous lui devons un bâtiment sain  », nous explique-t-il. Il en va de la responsabilité du Zénith à l’égard des équipes qui travaillent sur le spectacle, mais aussi à l’égard du public. Il sait de quoi il parle, lui qui est entré dans le métier en passionné de musique  : assistant technique derrière la console tout d’abord, régisseur ensuite. Tôt dans la matinée, c’est lui qui nous a accueillis sur site avant de nous faire la visite des lieux, vides. Avant même l’arrivée des semi-remorques. «  Je commence par ouvrir les portes et je réponds aux différents besoins en termes de logistique. » Pour cela, il coordonne ses équipes  : la sécurité encore une fois, le nettoyage, et tous ces corps de métiers qui vont devoir s’articuler autour d’un seul objectif, la bonne tenue du spectacle. Et c’est ce qui l’«  éclate  », Vincent, « ce plaisir d’accueillir ». Quand il a le sentiment d’être dans « le bon rouage » ; bref, quand « ça roule ! » (E.A.)

Il fait partie des plus anciens du Zénith. « Avec Eric [Gautreau, ndlr], nous sommes les deux plus anciens », nous relate José Tourais. Comme il a vécu l’expérience du Rhénus, il peut comparer les deux outils. « Il n’y a pas photo  !, nous dit-il avec ce sourire qui le caractérise, Contrairement au Rhénus, le Zénith a été conçu comme une salle de spectacle. » Dans ce métier, il aime cette foultitude de choses, aussi bien des petites que des grosses, qu’il faut régler dans l’instant. «  Et encore là, c’est bien  !, s’amuse-t-il, Parfois, vous arrivez, c’est la guerre ! » Généralement, avec les grandes productions, les choses se passent à merveille, mais d’autres structures plus modestes nécessitent d’être accompagnées. « Quand on ne sait rien, on navigue à vue, là il y a danger ! » Mais il reste confiant : « Nous sommes en capacité techniquement de gérer tout type de situation. » Alors, si vous croisez quelqu’un dans le hall, qui vous demande gentiment de ne pas courir pour vous rendre à la salle, ça n’est que José qui veille sur vous. Il vous sourit, n’hésitez pas à ralentir le pas… (E.A.)

Enthousiaste, le jeune salarié en formation est entré dans le monde du spectacle par la grande porte. « C’était vraiment mon objectif d’atterrir au Zénith, raconte-t-il. J’ai choisi une spécialité événementielle, parce que, plus tard, je voudrais être programmateur pour les grands festivals.  » Une ambition à la hauteur de ceux-ci  : «  Mon objectif à moyen terme, ce sont les Eurockéennes de Belfort ou la Foire aux Vins de Colmar. » Un parcours réfléchi, dans la logique de la diversité de la programmation du Zénith. « Ici, je suis assistant en marketing, je gère tout ce qui est relatif à la communication  : le magazine, les écrans dans le hall, les publications dans la PQR.  », énumère en souriant Jordan Petermann. Cet emploi multi-casquettes nécessite de rester sur le qui-vive. « Cela va vite, il faut suivre ! » Mais même les périodes de rush valent bien «  de venir tous les matins », car ensuite demeurent les souvenirs. «  Quand il y a eu les Vieilles Canailles avec Johnny Hallyday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, j’étais super content ! » (A.P.)

régisseur

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Jordan Petermann


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ZÉNITH 10 ANS | La team Zénith

semi-échec concerne la fréquentation des Allemands. Ce public n’est pas aussi nombreux que ce que nous pensions, mais sur ces 10 ans, nous avons réussi à nous améliorer d’année en année. Nous connaissons le Zénith sur le bout des doigts, nous avons acquis ce métierlà en équipe. Pour les 10 ans à venir, nous verrons si la collectivité nous fait à nouveau confiance, puisque nous postulons au renouvellement de notre contrat. Nous espérons toujours faire mieux et plus. Vous parlez beaucoup en utilisant le mot « nous », « on »… Comment votre équipe a-t-elle évolué ces 10 dernières années ? À mon sens, diriger c’est s’entourer de compétences. J’ai une équipe soudée. Nous ne sommes que 5 permanents. Cela nous permet d’être agiles et de nous adapter très facilement. Comment se passe l’accueil des équipes temporaires ? Nous avons créé un livret d’accueil. Chaque équipe temporaire a un chef de secteur relié au régisseur qui gère la manifestation. Cette cascade

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d’informations se passe plutôt bien puisque nous arrivons à fidéliser nos temporaires. C’est important : d’une année sur l’autre, nous arrivons à garder plus de 50 % de nos effectifs. Les acquis de la formation des années précédentes sont maintenus. Aujourd’hui, les chefs de nos équipes temporaires sont les mêmes depuis 8 ans. Et pour fêter les 10 ans du Zénith, quel est le programme ? Notre gâteau d’anniversaire, c’est Les Enfoirés. Ils ont accepté de revenir faire la fête avec nous, parce qu’ils étaient là pour l’inauguration en 2008. Nous avons aussi un championnat du monde de Trial à la fin du mois de janvier, un événement magique, le Cadre noir de Saumur, en mars, l’OPS avec un ciné-concert sur Matrix et nous accueillerons pour la première fois le festival Musica avec un évènement Frank Zappa… Sans oublier d’autres surprises qui restent à dévoiler !


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ZÉNITH 10 ANS | Les élus

UN SIGNAL FORT À l’initiative du Zénith Strasbourg Europe, Robert Grossmann manifeste sa fierté d’avoir contribué à la création d’un outil qui permet à sa ville de rayonner. Par — Emmanuel Abela et Clémence Kauffmann Photo — Pascal Bastien

À l’époque vous étiez à la présidence de la Communauté urbaine de Strasbourg, vous avez exprimé le souhait d’une très grande salle au cœur de l’Europe. Aviezvous ressenti un manque ? Oui, une frustration et en même temps une vraie vexation. Pour les grands concerts dans l’Est, il n’y avait que le Galaxie, près de Metz. Pour voir des artistes comme David Bowie, il fallait se rendre à Amnéville, alors quand nous sommes arrivés aux

responsabilités [en 2001, ndlr] j’ai fait un état des lieux. J’ai pensé qu’il était urgent d’offrir un Zénith aussi bien aux Strasbourgeois qu’au public nombreux alentours, y compris en Allemagne. Vous avez rencontré un problème d’emplacement. Comment s’est porté le choix de cet emplacement à Eckbolsheim ? Nous avons imaginé de manière prospective le développement de l’agglomération. Il était intéressant de créer un grand axe ouest-est qui partait d’Eckbolsheim et traversait Strasbourg jusqu’à Kehl. À l’époque, nous avons réalisé à l’est le Jardin des Deux Rives. Sur cette ligne, nous avons créé l’Iceberg et la Médiathèque André Malraux. Nous avions l’ambition de créer à l’emplacement un Zénith et le Parc des Expositions qui devait constituer, selon notre projet, une extension de l’agglomération. À cet effet, nous avons conçu un parking, prévu pour pouvoir contenir à la fois les clients du Zénith et les visiteurs de la Foire européenne. De ce projet, il ne reste que le Zénith qui reste une immense fierté.

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C’est l’un des derniers Zénith à avoir été réalisé, mais c’est le plus grand ! Oui, le plus grand, avec une capacité de 12 000 personnes et cette possibilité de l’adapter à des jauges de 2 000, 6 000 ou 10 000 spectateurs. C’est un joli succès : tous les grands groupes viennent se produire à Strasbourg ! Un mot sur la signature architecturale de Massimiliano Fuksas… Esthétiquement, je trouve que c’est une belle réalisation. Ce que certains déplorent c’est l’usure de l’enveloppe, mais d’un point de vue fonctionnel c’est une réussite. C’est aussi un signal quand vous passez sur la voie rapide située à côté. De manière emblématique pour l’entrée ouest de Strasbourg. Un souvenir personnel au Zénith ? La première série de concerts des Enfoirés qui avait réuni en quelques jours 80 000 spectateurs, mais aussi Johnny bien sûr. J’ai un autre souvenir plus personnel : j’y ai joué un soir ! C’était avec les Scouts. Toute l’année, ils se payaient ma tête, alors quand ils m’ont demandé de les rejoindre sur scène et d’interpréter “Robert Grossmann”, j’ai accepté ! J’en ai profité pour me venger et me moquer d’eux en retour. Je me suis bien amusé ce soir-là…


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ZÉNITH 10 ANS | Les élus

LE BEL OUTIL

Robert Herrmann, Président de l’Eurométropole, revient sur les 10 premières années du Zénith Strasbourg Europe, un lieu adapté aux besoins de la collectivité.

Par — Emmanuel Abela Photo — Pascal Bastien

Dans quelle mesure le Zénith de Strasbourg participe-t-il du rayonnement de l’Eurométropole ? Il faut rappeler qu’il s’agit du plus grand Zénith de France, avec une capacité de 12 000 spectateurs. Plus de 3 500 000 spectateurs se sont rendus au Zénith de Strasbourg en 10 ans, c’est un chiffre considérable qui le place parmi les plus fréquentés de France. Le Zénith joue également un rôle important dans l’accueil de manifestations économiques et associatives locales. Cette salle propose 20 configurations différentes possibles. Il est donc adaptable à différents formats de manifestation. C’est une force supplémentaire pour valoriser le tissu économique et associatif local qui participe également au rayonnement de l’Eurométropole.

Nous sommes à l’écoute des besoins du Zénith, mais aussi des spectateurs. La sortie du parking les soirs de grands concerts est problématique. La question d’une deuxième sortie du parking reste d’actualité. Un test sera effectué pendant les concerts des Enfoirés après une remise en état minime par les services de l’Eurométropole d’un chemin d’accès agricole. Si cet essai est concluant, une solution plus pérenne sera étudiée.

Le Zénith offre de la visibilité à certaines associations. Est-ce l’occasion pour la collectivité de soutenir ces associations ? L’Eurométropole soutient cette démarche dans le cadre de sa relation contractuelle avec l’exploitant du Zénith. Le délégataire se doit d’accueillir des événements associatifs à des tarifs accessibles aux structures associatives. C’est pour nous un moyen supplémentaire de soutenir le tissu associatif local qui dispose là d’un équipement de très bonne qualité pour organiser leurs événements. Nous y sommes très attentifs. Dans des circonstances exceptionnelles, l’Eurométropole a pu intervenir pour que des coûts très minimes soient appliqués à des manifestations comme l’hommage à Charlie Hebdo ou l’accueil des Scouts, après une tempête ravageuse, il y a deux ans. On vous sait à l’écoute des besoins du Zénith. Le tram ne parvient pas aux portes du Zénith et une sortie du parking semble nécessaire vers Oberhausbergen. Des aménagements sont-ils prévus à cet effet ? En effet, la question de l’accessibilité du site demeure essentielle et à améliorer sans cesse.

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Vous-même, quels sont vos meilleurs souvenirs au Zénith ? Je garde de très bons souvenirs des différents concerts et manifestations auxquelles j’ai pu participer au Zénith. J’ai encore en mémoire une reproduction mémorable du Requiem de Verdi en 2012, le dernier concert des Enfoirés ou les performances d’Aquatic Show. Plus récemment, je garde un très bon souvenir des Vieilles Canailles en juin dernier.


Rares sont les occasions d’assister au montage d’une scène. L’étrange chorégraphie qui l’accompagne témoigne de la précision de l’exercice. Le spectacle est déjà dans la salle. Portfolio !

BALLETTO TECNICO Par — Emmanuel Abela Photos — Henri Vogt


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ZÉNITH 10 ANS | La technique


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Il est assez singulier de voir un, puis deux semi-remorques, entrer dans la salle du Zénith de bon matin. Le mouvement tournant qu’ils opèrent avant de s’arrêter dans la courbe est même impressionnant. S’ensuit l’intrigant bal des fenwicks qui déchargent les structures de la scène et les immenses flight-cases en tournoyant. Les assistants techniciens entrent dans la danse.

ZÉNITH 10 ANS | La technique

Le plan d’accrochage des structures se dessine au sol avec précision : il donne une indication sur la forme finale de la scène : lumière, décor et son. Plus haut, suspendus tels des alpinistes expérimentés, des riggers – entendez des “accrocheurs” – fixent les éléments structurants. En quelques heures à peine, la scène est montée. La balance peut se faire et le spectacle commencer.


TEAM

Par — Antoine Ponza et Clémence Kauffmann Photos — Henri Vogt et Christophe Urbain

Photo : Henri Vogt

DREAM

Que serait un spectacle au Zénith sans les équipes qui l'accompagnent ? En relation avec les permanents, les prestataires extérieurs, régisseurs, personnels d’accueil, de restauration et de sécurité, œuvrent de concert pour le plaisir de tous.


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ZÉNITH 10 ANS | Les prestataires extérieurs

← Pascal Picaud Lors du montage d’une scène au Zénith, Pascal Picaud assure le lien entre le régisseur de la production nationale et le régisseur de la salle. « Le premier vient avec l’artiste, les camions et toute la production, nous explique-t-il. Au second, je transmets un cahier des charges précis, la taille de la scène, la configuration de la salle… » Autant de contraintes spécifiques qui se préparent en amont. «  On vérifie au fur et à mesure du montage que tout soit respecté.  » Au détail près, que cela concerne les accrochages, la suspension des éclairages, tous ces éléments nécessaires à la bonne tenue du spectacle. Il coordonne les équipes, les siennes identifiées dans des chasubles colorées, mais aussi celles qui se déplacent pour l’occasion. Au moment où il nous parle, il nous désigne les assistants techniciens, qu’on appelait un temps les “roadies” – en version abrégée, les “roads” – mais qui, selon lui, sont bien plus que de « simples manutentionnaires ». À les voir s’affairer avec minutie, on le confirme aisément. Que pense-t-il du Zénith de Strasbourg  ? Il s’enthousiasme  : «  Un outil fantastique  ! Le Zénith nous a amené du confort, que ce soit pour l’accueil ou pour la facilité de travail. Et une bien meilleure sécurité ! » Il sait de quoi il parle, il fait partie « d’une génération qui a connu les chapiteaux, les parcs expo dans lesquels on manquait de tout  : de l’espace dans les loges, d’arrivées électriques et même de téléphone ! » À propos de Téléphone justement, c’est avec le célèbre groupe qu’il a débuté sur la tournée d’Un autre monde – un autre temps aussi ! –. Il faisait partie de ces petites mains si nécessaires. On suppose une émotion particulière quand il a revu récemment les Insus. La boucle est-elle bouclée pour autant ? « Oui, un petit peu, dit-il avec grande modestie. Il est vrai qu’avec eux, comme avec Indochine d’ailleurs, dont j’ai assuré les premières dates, on se connaît, on s'apprécie, on sait d'où l'on vient et le chemin parcouru. »

Photo : Henri Vogt

régisseur de production

Didier Chasserot responsable de la sécurité Derrière sa carrure imposante, un air doux et une voix posée, l’homme actualise l’image de son métier. « Dans une autre vie, je m’occupais de tourisme », retrace-t-il. « Puis je suis passé à la formation, à la gestion de risques et de situations violentes. La sécu en est une des applications.  » À la tête, avec Béatrice Deleglise, de Gentlemen, l’entreprise qui gère la sécurité du Zénith, Didier Chasserot a «  voulu se distinguer de toutes ces entreprises qui ont adopté des noms d’animaux méchants  ». Histoire d’insister sur un service de qualité basé sur un « savoir être ». « Nous sommes discrets, nous

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plaçons l’humain avant tout, expliquet-il. Il peut y avoir un mouvement de foule, des gens qui ne supportent pas l’alcool, ceux qui retrouvent l’idole de leur jeunesse et pensent retrouver leurs vingt ans de rebelle ! » Un travail d’effacement, peu spectaculaire, appelant la patience. «  Il faut gérer tous les petits soucis de manière à ce que le spectacle se déroule le mieux possible et que chacun puisse passer un bon moment. » Mais finalement plutôt gratifiant. « J’ai plein de bons souvenirs  ; des mauvais, pas tant que ça. Des rencontres, des petits moments. Des instants qui font que, très honnêtement, je suis content de revenir ici chaque jour. On rencontre du monde, et même si il y a un tout petit pourcentage de casse-pieds, les gens sont très sympas… »


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ZÉNITH 10 ANS | Les prestataires extérieurs

Véronique Bernhard responsable des bars Dynamique, Véronique Bernhard témoigne d’un parcours mené au gré des opportunités. « J’ai commencé  à m’occuper de restauration événementielle il y a maintenant 25 ans  », relate-t-elle. «  J’ai d’abord géré les buvettes du stade de la Meinau. Je me suis occupée de la SIG, et puis de beaucoup de one-shots, les concerts de Johnny en stade, par exemple ! J’ai eu aussi une agence d’intérim spécialisée. Le Zénith, j’y suis arrivée deux ou trois ans après l’ouverture. » Des occupations variées nécessitant une certaine assurance. « La restauration dans l’événementiel est compliquée, parce que chaque événement est différent. On adapte au type du spectacle le nombre de bars qu’on va ouvrir, donc la quantité de personnel, et parfois même les produits. On sait que quand on a du métal ou du rock, il faut qu’on prévoie des litres et des litres de bière ! » Un équilibre à trouver, le tout au service des spectateurs. «  Le but, c’est que les gens attendent le moins longtemps possible. Mais quand la moitié de la salle sort pendant l’entracte, c’est difficile. On est toujours à la recherche d’améliorations. » Cette complexité n’empêche pas les bons souvenirs. « Des anecdotes, il y en a plein… Les Enfoirés, c’est assez incroyable. Les gens font la queue jour et nuit devant les grilles, on leur vend à manger et à boire en passant avec des chariots. C’est en janvier, il fait froid, mais il y a 6 000 personnes. L’urgence me plaît. Cela ajoute un peu de piment au métier, même si on est bien contents quand ça roule. »

Photo : Henri Vogt

DIP Sécurité équipe de sécurité incendie

Photo : Christophe Urbain

Pour les équipes de DIP Sécurité présentes sur le site du Zénith, les sens sont en action : le regard mais aussi l’ouïe pour prévenir tout incident. « Nous effectuons des rondes, raconte le responsable Laurent Perrot, et regardons si rien ne peut se produire : un câble qui traîne, un colis suspect…  » Nous avons pu le constater, les équipes fonctionnent en parfaite coordination en relation avec le PC et le régisseur de la salle. Et généralement, tout se passe bien. « Il faut s’adapter au public : contrairement aux idées reçues, le public d’André Rieu n’est pas plus facile à gérer qu’un jeune public. Il faut se montrer vigilant aux chutes possibles, alors que pour un jeune public, on s’attache au risque incendie.  » Mais il se montre rassurant : «  Dans les salles de spectacle, il est rare de rencontrer des problèmes. Tout est peaufiné, nous sommes tranquilles, on ne risque rien ! »

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ZÉNITH 10 ANS | Les prestataires extérieurs

Xavier Mura Il a suffi à Xavier Mura, alors bénévole de 14 ans, d'un concert de U2 au Stade de la Meinau pour se projeter vers le métier de ses rêves : le montage de la scène. « Oui, ce soir-là, le spectacle d’après spectacle valait vraiment le coup d’œil », se souvient-il. Dès lors, son objectif était clair dans son esprit : il est devenu rigger, donc spécialisé dans l’installation des ponts d’accroche de la scène, puis chef de ces riggers. En tant que “rigger maison”, il travaille en amont sur plan, avant de coordonner les équipes qui tracent au sol la disposition de ces ponts avant de les suspendre. Naturellement, il veille à la parfaite adéquation entre ce qui est prévu par le bureau d’étude et ce qui se passe le jour même. «  Mon travail c’est de faire en sorte que tout rentre. Si on dépasse le cahier des charges admissibles, on est obligé d’aller un peu plus loin dans les vérifications ou les calculs de charpente. » Avec modestie, il n’ose admettre que non seulement il est l’un des tout meilleurs dans le métier, mais aussi et surtout que les process qu’il met en place au Zénith de Strasbourg sont repris ailleurs. Pour la plus grande sécurité et le confort de tous.

Photo : Christophe Urbain

House Rigger / Seven

Céline Wernert cheffe hôtesse

Photo : Henri Vogt

Elle ne se destinait pas à l’événementiel, mais une simple candidature au moment de l’ouverture du Zénith l’a conduite à un poste d’hôtesse. Après 4 années, elle a été amenée à la responsabilité de l’accueil. « Ce qui change, c’est que je travaille directement avec la production et les équipes du Zénith », nous explique-t-elle, rieuse. Elle dirige une équipe qui peut aller de 20 à 54 personnes. Lesquelles sont en charge du placement des spectateurs dans la salle. Elle gère ainsi les petits problèmes du quotidien  : «  Il m’arrive en fonction de la billetterie de centrer le public ou de le déplacer parce que des caméras sur la scène peuvent gêner la vue. De même quand des gens souhaitent se mettre ensemble, je tente de les satisfaire en fonction du plan de salle. » En cela, elle se montre arrangeante et fait des heureux. « Ça ne marche pas toujours, dit-elle en souriant, mais j’essaie ! »

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ZÉNITH 10 ANS | Les prestataires extérieurs

Photo : Christophe Urbain

La Croix Blanche secouristes Ils avancent en binôme. Les secouristes de la Croix Blanche veillent sur nous, côté cour comme côté jardin. Une chute, un malaise, et les voilà sur les rangs. Et même s’ils avouent un brin de tension au moment de débuter, après le briefing initial, ils se savent prêts. « Nous intervenons pour les petits bobos et les plus sérieux », nous confie Michèle Rivera, le sourire confiant. « En cas de souci, il peut nous arriver de faire appel à l’aide médicale – on nous conseille sur la démarche à suivre –, mais généralement on s’adapte et tout se passe bien ! »

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ZÉNITH 10 ANS | L'association

Tous les ans au mois de juin, fans de mangas, d’anime, cosplayeurs et cosplayeuses se retrouvent au Zénith de Strasbourg pour la grande fête de la culture pop japonaise : la Japan Addict organisée par l’association Kakemono. Plongée dans ce milieu haut en couleurs, porté par des passionnés aussi talentueux que sympathiques.

1— Alexandra (aka Minto Cosplay) en Baby Doll


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2— Lou en maid « J’ai acheté ce costume en juin dernier pour me rendre à la Japan Expo à Paris. J’avais envie de m’y mettre. Prochaine étape ? Faire mes propres costumes ! »

ZÉNITH 10 ANS | L'association

Vus de loin, on se dit qu’ils n’ont peur de rien. Plusieurs fois par an, notamment à l’occasion de conventions, ils se transforment après avoir soigneusement pioché dans leurs garde-robes des costumes et accessoires – souvent faits main, parfois achetés tels quels – inspirés par leurs personnages favoris d’anime, de dessins animés, de mangas ou de films japonais. Ils sont cosplayeurs, et donc forcément immergés dans la culture pop japonaise qui les passionne au point, parfois, d’en faire une philosophie de vie. Fabrice Dunis, président de l’association Kakemono, organisatrice de la Japan Addict, et l’un des gérants de la boutique Le Camphrier – QG des japanophiles de tous bords –, explique : « Il y a vraiment quelque chose qui nous rassemble tous, c’est cette

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admiration pour le Japon. Derrière un fan de manga, il y a forcément un fan du Japon. Il y a quelque chose dans ce pays, je ne saurais dire quoi, qui nous ressemble : c’est nous, mais en mieux. Sans parler de la grande poésie qui se dégage de ses productions, il y a une forme de politesse, de respect, d’empathie et de confiance là-bas qui est bouleversante. » C’est d’ailleurs ce qui frappe lorsqu’on rencontre ces passionnés : une gentillesse et une forme d’ouverture d’esprit sans bornes. Souvent relativement discrets “dans la vraie vie”, ils sortent d’euxmêmes voire « prennent confiance en eux », comme le précise Fabrice Dunis, lorsqu’ils adoptent les tenues et accessoires de leurs idoles. Julien, 26 ans, aka Yoshii Cosplay, est l’un de ceux-là. Il y a 5 ans, il découvre, par l’intermédiaire d’une amie, le milieu des conventions lors d’une Japan Addict et porte pour l’occasion une simple veste de Yoshii customisée  : «  J’ai pris une claque, les gens y sont trop cools ! » Dès lors, il se lance dans la fabrication de costumes –  il en dénombre 15 aujourd’hui – et développe tout un univers autour de ses personnages. Julien ne se déguise pas seulement, il joue ses personnages et répète parfois plusieurs semaines devant son miroir pour se produire sur les scènes des conventions. « Pour Tristesse de Vice Versa, je me suis entraîné pendant 6 mois. Comme c’est un personnage qui ne me ressemble pas du tout – je suis très joyeux –, il a vraiment fallu que je travaille les mimiques. » Ce qui l’intéresse ? « Jouer un personnage, créer quelque chose et faire rêver les gens. Il y a vraiment une notion de partage dans le cosplay. » On le constate : Julien ne fait pas les choses à moitié. Attifé en Ursula (de Ariel la petite sirène), sa « méchante préférée », il est détonnant : du maquillage aux tentacules, il fait tout lui-même et adopte les gestes de la diva maléfique à peine sa perruque enfilée. Reconnu dans le milieu du cosplay, il suscite l’admiration de ses collègues et notamment d’Alexandra (Minto Cosplay), 26 ans elle aussi, que les cosplayeurs sollicitent régulièrement pour des conseils couture. En marge de son travail, de ses répétitions de musique, de patinage et de danse classique, elle trouve le temps de se mettre devant sa machine à coudre 2 à 3 fois par semaine pour concocter de A à Z ses costumes. Pour Baby Doll (issue du film Sucker Punch), personnage qu’elle a choisi pour sa «  force féminine  », elle a


3— Julien (aka Yoshii Cosplay) en Ursula


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ZÉNITH 10 ANS | L'association

4— Baptiste en Prince Mononoké « J’ai choisi un crossplay en convertissant Princesse Mononoké au masculin. C’est un costume que j’ai augmenté au fur et à mesure, d’année en année. Si je lis pas mal de mangas, je suis depuis tout-petit un grand fan de Miyazaki. »

travaillé du jean, du simili cuir ou du carton plume (pour une épée et un fourreau les plus légers possibles), jusqu’à tresser le cuir habillant le manche ! Comme la plupart des cosplayeurs, Alexandra nourrit sa pratique de tutoriels glanés sur Internet et échange volontiers ses trucs et astuces avec ses amis du milieu. Une vraie professionnelle ! Lou, 16 ans, nouvelle dans le cosplay, raconte : « Il y a un côté très sérieux, très pro dans le cosplay et à la fois, ce qui me plaît c’est qu'on n’est jamais jugé. C’est vraiment une passion commune. » Fabrice Dunis le confirme : « Aux Japan Addict, le cosplay, c’est la norme. Ce sont les gens normaux qui y sont bizarres ! Et puis le fait d’être accueillis au Zénith légitime cette passion, cela crédibilise la communauté et le travail qu’on fait. » L’association Kakemono a bien senti ce besoin des fans de se réunir en organisant la première Japan Addict en 2004 à la Salle de la Bourse. « On voulait fédérer les gens du milieu, montrer

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tout ce côté artisanal, donner de la visibilité aux gens qui font des choses, privilégier les “gens vrais” », explique Xavier Zimmermann, trésorier de Kakemono. Pour la première édition, ils attendent une centaine de personnes et finissent par en accueillir 500  ! Signe qu’à Strasbourg et en Alsace, il y avait une véritable attente. Rapidement, ils se retrouvent limités par l’espace et fantasment « un peu pour déconner » le Zénith. « On a fait la démarche d’y aller en étant persuadés qu’on n’irait pas. On s’était fixé un montant maximum en étant certain que ce serait le double… On a été sidérés de constater que le devis était bien en-deçà du montant maximum…  » Le Zénith, inaccessible aux petites associations ? Que nenni ! Il devient même un outil de professionnalisation. « Les gens du Zénith sont adorables. Ils trouvent toujours des solutions pour qu’on réussisse à faire l’événement qui nous ressemble. Ils nous aident et nous guident beaucoup, du plan des stands jusqu’à l’installation. Leur implication est totale et précieuse. Ils nous ont vraiment fait grandir », s’enthousiasme Fabrice Dunis. Ainsi, des 15 exposants des débuts, voilà que la Japan Addict devient la grande boutique éphémère de 160 exposants surtout d’ici, et un peu d’ailleurs : robots géants, fanzines, bijoux, vêtements, concours de cosplay, shows de maquillage (par l’école Métamorphoses, un de leurs partenaires privilégiés) on y trouve de tout, et même, bientôt de la K-Pop –  attention, spoiler  ! 6  000 fans et sympathisants s’y croisent chaque année, dans une ambiance familiale et bonne enfant voulue par l’équipe de Kakemono. Si elle pense déjà à repousser les murs du Zénith, hors de question de lésiner sur son ADN : la proximité et la sympathie. À l’heure où la méfiance et l’individualisme priment, on serait presque tenté de se mettre au cosplay… Alors ? Plutôt Pikachu ou Princesse Mononoké ? Japan Addict 2018 Les 2 et 3 juin au Zénith Strasbourg www.asso-kakemono.fr


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ZÉNITH 10 ANS | Urban Styles

Zut est allé à la rencontre des publics aussi divers que stylés du Zénith Strasbourg, pour capter des looks hauts en musique ! Par — Caroline Lévy et Honorine Peter Photos — Christophe Urbain

1— Louison 2— Mathilde 3— Stella 4— Capucine 5— Nathan

Kids Ce fut le premier temps fort musical de leur vie. En novembre, la jeunesse locale a assisté au concert de ses idoles, les Kids United, venus électriser la salle avec leurs reprises des grands classiques français.

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EN

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L’enfant du pays est revenu sur sa terre natale et au Zénith qu’il connaît depuis ses débuts, avec le My Way Tour, une tournée hommage à Claude François. Rencontre privée avec Matthieu Tota alias M. Pokora, quelques minutes avant de voir cet homme de scène électriser le public strasbourgeois. Par — Caroline Lévy Photos — Henri Vogt

ZÉNITH 10 ANS | L'artiste

Vous êtes un habitué des lieux. C’est une histoire qui dure entre vous et le Zénith de Strasbourg… C’est le moins que l’on puisse dire, en effet ! Entre mes propres spectacles, les comédies musicales et ma participation aux Enfoirés [il se met à compter, ndlr], je suis monté sur cette scène une vingtaine de fois. J’ai aussi connu le Rhénus au début de ma carrière, mais ça n’a rien à voir. L’acoustique et la disposition des gradins, entre autres, font du Zénith une salle de concert exceptionnelle. Hormis sa situation dans votre ville d’origine, qu’a-t-elle de si particulier ? Sa capacité. Il n’y a pas beaucoup de salles en France qui peuvent contenir plus de 8000 personnes. J’ai aussi décidé de tourner les images du DVD de cette tournée ici en mai dernier, grâce au public bien sûr, mais surtout parce que c’est chez moi ! Quels liens entretenez-vous avec ce public ? Il est très particulier parce qu’il m’a vu grandir. C’est surtout lorsque je reviens à Strasbourg que je mesure tout le chemin parcouru en 15 ans. Je ne peux m’empêcher de me dire : « Ah ouais, putain quand même, maintenant je fais ça, quoi ! » En matière de scénographie, qu’avezvous imaginé pour ce show ? Sur My Way Tour, il n’y a rien de particulièrement délirant, si ce n’est les écrans au-dessus de la scène. Par contre, sur ma tournée précédente, Red Tour, tout était dingue. On arrivait avec notre propre scène à monter : 20 semi-remorques, un trampoline sur scène, etc. Chaque tournée est un autre terrain de jeux avec de nouveaux moyens techniques et visuels. Il faut réussir à surprendre les gens à chaque fois, c’est un sacré défi.

* Message privé

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Une partie de votre public découvre grâce à votre album et votre tournée l’œuvre de Claude François. Vous réveillez en quelque sorte l’âme de l’artiste ? C’est marrant parce que cet album m’a apporté un public plus jeune, qui n’était pas forcément là sur les dernières tournées. Comment l’expliquez-vous ? La musique de Cloclo est encore plus abordable pour un public plus jeune – les 8-10 ans – et donc plus large. Ensuite, il y une certaine musicalité, des mélodies assez ludiques. Je découvre encore une nouvelle génération dans mon public ! Un peu comme Michael Jackson, dont vous parlez régulièrement en interview, Cloclo vous a-t-il aussi  inspiré, plus jeune ? Cloclo n’est pas vraiment une influence musicale. C’est à force de comparaison avec lui depuis des années que je me suis penché sur son œuvre et sur le personnage. J’ai fini par l’admirer… En tant que performer donc. Comme l’a été Michael Jackson ? Il y a un vrai lien entre les deux. Ce sont des artistes très complets : chanteurs, danseurs, qui attachent beaucoup d’importance au visuel et font attention à tous les détails. Ils ont en commun de vouloir proposer un package sur scène, un vrai show. Ça a toujours été mes influences. Michael Jackson en tout premier, mais aussi plus tard adolescent avec Usher, qui est d’ailleurs venu sur la scène du Zénith de Strasbourg !


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ZÉNITH 10 ANS | L'artiste

Ce genre de concerts a-t-il conditionné le jeune Matthieu Tota à devenir un showman ? Non, parce que j’avais plus de chance de faire une carrière dans le foot que dans la musique. Même après ma victoire dans Popstar, j’avais objectivement plus de talent en tant que footballeur qu’en tant que chanteur, pour en faire mon métier en tout cas. Même si, déjà en colo, je montais des spectacles et que j’aimais le chant et la danse, mon premier amour c’est le foot ! En tant qu’amateur de foot, quel regard portez-vous sur votre ville et sa montée en puissance avec le Racing ? Il ne faut pas aller plus vite que la musique ! Ils viennent seulement de remonter de Ligue 1 et il leur faudra du temps pour pérenniser leur situation. C’est une région où il y a tout pour, mais surtout des supporters qui ont envie de voir du football et des grands matchs. Vous assistez donc à certains matchs au Stade de la Meinau ? J’ai pris des places en loges cette saison, mais c’est surtout mon père qui y va ! La semaine dernière encore, j’ai mesuré l’ambiance du stade, c’était magnifique [match nul 3-3 en octobre entre le RCS et l’OM, équipe dont il est aussi supporter, ndlr].

« CHAQUE CONCERT EST UNE COMMUNION, UNE CÉLÉBRATION. »

On a mené l’enquête et on a découvert que vous étiez surtout fan des Backstreet boys lorsque vous étiez adolescent ! C’est d’ailleurs le tout premier concert auquel j’ai assisté, à l’âge de 11 ans ! Je me souviens, c’était au Galaxy d’Amnéville en 1997. Mon père était venu me chercher à la fin des cours à la Doctrine [Chrétienne, rue Brûlée à Strasbourg, ndlr] pour m’y accompagner. J’ai aimé très tôt ceux qui chantaient et dansaient en même temps. Les shows à l’américaine, la musique pop et les gros clips, comme celui de Backstreet’s Back, incroyable pour l’époque.

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À quelques minutes de monter sur scène, que pouvons-nous vous souhaiter? Chaque concert est une communion, une célébration. Ma seule prétention, c’est de vouloir divertir les gens. Ce soir, j’espère qu’on va encore pouvoir communier, que je verrai des sourires et pourrai repartir avec de belles énergies. La tournée, c’est vraiment l’aboutissement de tout, c’est pour ça que je fais ce métier. Pour être sur scène avec eux.


MANOLYA

FOREVER avec M. Pokora !


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ZÉNITH 10 ANS | Urban Styles

Quand le Zénith réunit les artistes cultes de la période glorieuse du hip-hop hexagonal, le public est au rendez-vous. En avril dernier, le concert L’âge d’or du rap français a fait danser nostalgiques et néophytes sur du bon son ! Par — Caroline Lévy Photos — Christophe Urbain

Hip hop

Votre meilleur souvenir au Zénith Strasbourg ? 1— C’est mon tout premier concert ! Ihsan — 19 ans Joueur au RCS

2— Le concert d’Usher en 2011 Wladimir — 37 ans Artiste

3— Incontestablement NTM en 2008 ! Annabelle — 29 ans Cheffe de projet digital

4— La retransmission de la Coupe du Monde de Foot 2014. Une ambiance de folie ! Sylvie — 26 ans Vendeuse

5— Le concert de Nekfeu en 2016 Nina — 24 ans Étudiante en journalisme

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gloria Photographe Alexis Delon / Preview www.preview.fr

Blouson en jean brodé Isabel Marant, jupe et bottes Iro, le tout chez Ultima. Bracelet en soie avec charm Le Petit Bob, Catherine Michiels chez Algorithme La Loggia. Chocker cordon à pendentif T.Mort en argent noirci et saphirs Éric Humbert. Guitare électrique Ibanez bkn black night chez Above Music.

Réalisation Myriam Commot-Delon

Mannequin Larissa Thomé www.upmodels.fr Coiffure Alexandre Lesmes / Avila www.avila-coiffure.com Maquillage et manucure Maili Nguyen / Avila Post-prod Emmanuel Van Hecke / Preview


Combinaison et blouson noué à la taille en denim, bottines rangers en cuir, le tout G-Star Raw. Chocker cordon à pendentif T.Mort en argent noirci et saphirs et collier croix en argent, Éric Humbert. Au poignet, bracelet en soie avec charm Le Petit Bob, Catherine Michiels chez Algorithme La Loggia.


Costume homme, à détails peinture blanche, Neil Barrett chez Algorithme La Loggia. Bottines Isabel Marant chez Ultima. Chocker cordon à pendentif T.Mort en argent noirci et saphirs, collier croix en argent, Éric Humbert.


T-shirt Saint Laurent chez Ultima. Pantalon Neil Barrett chez Algorithme La Loggia. Chocker cordon à pendentif T.Mort en argent noirci et saphirs Éric Humbert. À la main, sautoir mixte à plume de chaman en corne noire et perles d’eau, ébène et pyrites Catherine Michiels chez Algorithme La Loggia.


Top et jupe à sequins Samsoe Samsoe chez Curieux?. Manteau en fourrure écologique Liu Jo. Guitare électrique Fender jazz master chez Above Music.


Perfecto et bottines Isabel Marant chez Ultima. Jean G-Star Raw. Bague T.Mort BÊlier, deux bagues et collier chocker T.Mort en argent noirci et saphirs, Éric Humbert.


Pull homme en angora à motif visage « Siouxsie Sioux » Neil Barrett chez Algorithme La  Loggia. Bottes Iro chez Ultima.


T-shirt en coton bio, collection Strasbourg Erasmooth et jupe à sequins Samsoe Samsoe, les deux chez Curieux?. Manteau en fourrure écologique Liu Jo. Chocker cordon à pendentif T.Mort en argent noirci et saphirs Éric Humbert. Au poignet, bracelet en soie avec charm Le Petit Bob Catherine Michiels chez Algorithme La Loggia.


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ZÉNITH 10 ANS | L'artiste

INSTANT FLASH Ce soir de décembre au Zénith de Strasbourg, il y a de l’amour dans l’air. La team Zut est venue en nombre pour rencontrer Matthieu Chedid et ses invités, pour la plupart maliens. Par — Caroline Lévy Photos — Christophe Urbain De gauche à droite, en haut : une danseuse, Oxmo Puccino ; en bas : Toumani Diabaté, Sidiki Diabaté et Matthieu Chedid.

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Lamomali, l’aventure malienne de -Mpromet un spectacle grandiose, comme à chacune des apparitions sur scène du chanteur. Ce soir-là, le 9 décembre dernier, l’émotion est palpable. Quelques heures avant, celui que tout le monde attend a rendu un hommage poignant à Johnny Hallyday, en jouant à La Madeleine devant le cercueil du rockeur disparu. Son arrivée tardive au Zénith rend impossible l’interview prévue, mais pas la rencontre. Celle-ci a bien eu lieu, furtivement, quelques minutes avant que -M- ne fasse battre le cœur du public qui, déjà, l’acclame. Derrière ce rideau, dans la pénombre, se dessine un halo de lumière. D’abord celle des musiciens et des danseurs en train de s’échauffer. On parvient à distinguer des Zizi Repetto parés de wax [tissu africain, ndlr] et quelques costumes d’inspiration ethnique signés Jean-Paul Gaultier. Oxmo Puccino, venu en guest pour la soirée et que le public accueillera chaleureusement, pianote sur son smartphone en attendant le top départ. Conçu comme une passerelle musicale entre Paris et Bamako, la version live de l’album Lamomali rassemble une dizaine d’invités. Sidiki Diabaté et son fils Toumani, virtuoses de la kora [instrument africain à 21 cordes, ndlr], prennent place derrière ce rideau, rejoints par la beauté solaire éblouissante de la chanteuse malienne Fatoumata Diawara. Une belle lumière illumine désormais ces coulisses pourtant toujours plongées dans un noir quasi absolu. Cet opus est imaginé comme une utopie, sorte de pays imaginaire tout en gardant l’âme du Mali, où les signes intérieurs de richesse seraient rois. Cette richesse-là finit enfin par apparaître, celle de la sobriété heureuse incarnée par Matthieu Chedid. La clameur de la foule, qui ne l’a pas encore aperçu, n’y changera rien : l’artiste se montre serein, disponible et bienveillant et joue volontiers au modèle sans rechigner, se laissant guider par notre photographe qui l’éblouit de ses flashs. Cette lumière pénètre enfin la scène. Explosive et vibratoire, Matthieu Chedid l’emmène avec lui et sa joyeuse troupe pendant plus de deux heures de show. Le public en est à son tour ébloui.


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ZÉNITH 10 ANS | Urban Styles

African beat et pop musique pour la tournée solaire Lamomali, l’aventure malienne de -M-, imaginée par Matthieu Chedid. Pour ce dernier concert de l’année, le public s’est laissé porter par des sonorités métissées, entre riffs de guitare et kora, une harpe-luth malienne. Par — Caroline Lévy Photos — Christophe Urbain

1— Ahmadou 39 ans — dans l’événementiel

2— Soda 30 ans — aide médicopsychologique

3— Régine 43 ans — professeur d'anglais

4— Barbara 25 ans — préparatrice en Pharmacie

5— Charles 33 ans — banquier

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Aurélie Martin, soutenue par la Région Grand Est dans son projet d'avenir

15-29 ANS, LA RÉGION GRAND EST SOUTIENT VOS PROJETS ! 60


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ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

LES PRODUCTEURS AU ZÉNITH

Si les Zénith existent aujourd’hui, c’est avant tout grâce au plaidoyer des producteurs de spectacles, couplé à une volonté politique. L’occasion de nous entretenir avec quelques grands noms du métier, tant au niveau national que local, pour un petit voyage côté coulisses. Par — Marie Bohner Photo du Zénith — Alexis Delon / Preview Photos de concert — Stéphane Meyer


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ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

Jean-Michel Jarre | 17.10.16

Si les producteurs ont milité avec ardeur pour la création, d’abord de la marque « Zénith », puis de la construction des équipements correspondants en région, c’est parce qu’ils avaient soif d’un outil adapté au spectacle. Un lieu qui fasse la part belle à l’acoustique, à l’accueil de grosses productions et de nombreux spectateurs, à la magie du show très grand public. Bruno Eucat, ancien gérant de Music Machine, en témoigne : « Avant le Zénith, certains producteurs évitaient Strasbourg. Pour les dernières productions de Lady Gaga ou de Johnny Hallyday, il aurait été impossible de monter au Rhénus les structures matérielles, pour des raisons de manque de hauteur sous plafond et d’ouverture de scène. » Le maillage du territoire français en salles adaptées permet aussi d’envisager les tournées plus sereinement, en garantissant un accueil technique et public standardisé. Si les producteurs ont besoin d’être rassurés, c’est que le cœur de leur métier est de gérer la prise de risques. En faisant des avances de fonds pour les locations de salles, les acomptes des artistes ou la communication, les producteurs misent sur un succès qui viendra, peut-être, quelques

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mois plus tard. Philippe Friess, de Music Line à Strasbourg, l’affirme : « Quelque part, nous avons un métier de banquier ! » Alors il gère son stress avec humour, entre yoga et krav-maga, mais aussi en se levant tous les matins avec la conscience de faire un métier qui génère de la magie. La façon dont les Zénith fonctionnent permet aussi de contrebalancer une partie non-négligeable de ces risques  : l’accompagnement des équipes permet de suivre les taux de remplissage des salles avec précision et d’adapter les contrats de location en fonction des résultats. De plus, les gestionnaires des Zénith ne peuvent être producteurs eux-mêmes, ce qui les sort d’office des concurrents pour en faire des hôtes bienveillants. Les artistes trônent évidemment au centre des préoccupations des producteurs. Les yeux de Philippe Friess clignotent quand il évoque le «  show à l’américaine somptueux » de Beyoncé, Bruno Eucat rêve du moment où les Rolling Stones viendront embraser le Zénith de Strasbourg, et se rappelle avec délectation des concerts monstrueux de U2 et Pink Floyd au Stade de la Meinau, quand Daniel Colling évoque avec nostalgie les rythmes endiablés de Johnny


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Glossaire CNV Centre national de la chanson, des variétés et du jazz Établissement public industriel et commercial (EPIC), il développe une mission d’observation du secteur afin d’améliorer la connaissance des conditions de production et de diffusion des spectacles en France. Il suit aussi le programme et le cahier des charges des Zénith. www.cnv.fr

ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

Clegg et de ses danseurs zoulous devant 20 000 personnes au Printemps de Bourges. Ces producteurs sont les premiers spectateurs des artistes. Ils n’oublient jamais que c’est aussi un public toujours plus large et diversifié qu’il faut satisfaire. Selon Philippe Friess, le public du Zénith doit être « bluffé ». « Un spectateur qui va acheter son billet 60€ doit en avoir pour son argent et repartir avec le sourire. » L’arrivée du Zénith à Strasbourg, tardive par rapport aux autres Zénith de France, a donc été un soulagement pour les pro-

Fonds de soutien Chanson, Variétés, Jazz Association fondée en 1986 par des producteurs de spectacles avec le plein appui du ministère de la Culture, pour favoriser l’essor de l’économie du spectacle vivant musical.

SMAC Scène de musiques actuelles Label donné par le ministère de la Culture français à des salles de concert adaptées aux musiques actuelles et musiques amplifiées.

Catering Restauration pour les artistes lors des spectacles.

Soprano | 09.03.17

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ducteurs locaux. Ils ont contribué à sa conception en y apportant leur expérience professionnelle, avec la conscience d’en être les premiers bénéficiaires. Que ce soit parce que Strasbourg est une métropole française, une capitale européenne ou une ville transfrontalière, tous sont d’accords pour dire que la population méritait bien un Zénith. Et que l’équipement dont l’Eurométropole s’est doté est, en tous points, un fleuron du genre qui permet de rêver encore à bien des shows extraordinaires.


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ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

Magie de la variété Ce qui frappe lorsque l’on échange avec des producteurs, c’est un mélange d’abord étonnant, puis évident, entre une approche vraiment business et une capacité intense à s’émouvoir devant le geste artistique. Tous utilisent plus volontiers le terme de “spectacle” que celui de “concert”, et font la différence entre la qualité musicale et la capacité de l’artiste à enflammer une scène. Il ne fait aucun doute que les spectacles du Zénith sont « à forte capacité de public », c’est même le but de l’opération. Une rengaine entêtante, des lumières éblouissantes, une façon bien à soi d’habiter la scène et de communiquer avec les spectateurs : voilà de quoi divertir les publics. Une communion non fortuite, travaillée pour créer un moment de magie en commun. Selon Philippe Friess, « un artiste de variété est un artiste populaire. Au Zénith, 95 % des gens dans le public sont des gens “du peuple”. C’est notre fer de lance. À nous de faire le maximum de communication – radios, journaux et supports gratuits –, vers les villages et les campagnes. Il est

Ibrahim Maalouf | 04.10.16 Ben Harper | 15.10.16

de notre devoir de faire en sorte que les gens soient au courant de leurs possibilités de voir des spectacles. » Bruno Eucat, qui a aussi été musicien, se souvient d’avoir été très impressionné par U2 et Pink Floyd, mais surtout par Coldplay : « Un énorme show à l’américaine. Là, je parle de concerts à grande capacité. Parce que si je me base sur mes goûts à moi, on ne remplit pas une salle, hein [Rires]. » C’est 64

ainsi qu’il s’est lancé dans une tournée de John Mayall : « On a fait des salles de 500 places et on a eu un gros déficit à la fin. Mais je me suis fait plaisir. » Quant à Daniel Colling, il ne voit pas de barrières, seulement des traits d’union, pour accompagner les artistes des plus petites salles jusqu’aux plus grandes. De Christine & the Queens à Stromae, tout le monde a commencé petit avant de toucher les étoiles.


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ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

Profession : producteur Jules Frutos est de la génération des « producteurs » : ceux qui ont façonné le métier et qui l’ont incarné jusqu’à aujourd’hui. « Le schéma classique jusqu’à maintenant pour devenir producteur, c’était d’aimer la musique. C’était le socle de base. Ensuite, il fallait passer par un long apprentissage artisanal, sur le terrain. » Pour Jules Frutos, les groupes qui l’ont amené à son métier s’appellent Magma, ou plus tard The Cure. « Si je n’avais pas aimé Magma, au point d’organiser ces concerts dans toute la France – pour le voir en réalité –, peut-être que la situation aujourd’hui ne serait pas la même

pour moi. » Ces producteurs-là ne se reconnaissent pas dans les structures qui émergent depuis une quinzaine d’années dans le milieu des musiques actuelles en France et qui forment de véritables sociétés de production, impersonnelles, orientées business et profits. « C’est une évolution sociétale. Pendant longtemps, la musique et les fans n’ont pas été regardés comme de potentiels rapporteurs d’argent. Ces géants, qui s’intéressent à toutes les formes d’industries, sont venus à la musique de scène très tardivement, si l’on compare au cinéma et au livre par exemple. » Une solution qui permettrait de réguler cette évolution pour éviter des schémas trop orientés vers la rentabilité ? « Je vais répondre par ce qui manque. Il faudrait un établissement en France comme

Shy’m | 19.03.12

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il y en a pour le cinéma avec le CNC [Centre national du cinéma, ndlr] ou le livre avec le CNL [Centre national du livre]. Nous nous battons pour ça. Il n’existe pas d’établissement public pour réguler la question des finances des productions. » Les Zénith constituent tout de même une sorte de réponse labellisée à cet équilibre à trouver entre respect des artistes et rentabilité économique. « L’implantation des Zénith en France s’est faite de façon un peu anarchique, et il n’y en a pas nécessairement là où on en aurait besoin. Mais cela a tracé la colonne vertébrale d’une structure de salle fondamentale pour le développement et l’accueil des artistes. Pour leur permettre de rencontrer beaucoup plus de publics. »


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ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

Mr Zénith Daniel Colling est un incontournable. Avec d’autres grands noms du métier, il a inventé le métier de la production et de la diffusion de spectacles musicaux en France. Rien d’étonnant donc à ce que Jack Lang lui ait confié en 1988 la conception de cette marque, de la définition des besoins jusqu’à la réalisation du cahier des charges. Par — Marie Bohner Photo — Olivier Roller

D’où vous est venue l’idée de produire des spectacles ? J’étais étudiant à Nancy dans les années 60/70. J’ai monté une association avec des amis pour faire des spectacles parce que nous étions attirés par les artistes, tout en continuant mes études de mathématiques - physique. C’était peutêtre en contre-pied que je cherchais une activité plus artistique. Vous dites que produire, c’est « mettre du rationnel dans l’irrationnel ». Le métier de producteur est un métier rationnel par définition, au service du spectacle, dont la finalité est une relation émotionnelle. Quel est le cahier des charges d’un Zénith ? Le cahier des charges dit que vous louez votre équipement à un producteur de spectacles. Vous restez responsable de l’accueil du public mais le producteur est votre client. Vous ne pouvez pas être le concurrent de vos clients.

Vous avez participé à la définition de ce cahier des charges… Je l’ai écrit avec des fonctionnaires du ministère [de la Culture, ndlr], parce que j’étais propriétaire du nom Zénith. Puis c’est la profession, à travers le Fonds de soutien et le CNV, qui s’en est emparé. J’ai accordé la mise à disposition gratuite du nom en échange de l’écriture d’un cahier des charges pour définir son utilisation : les grandes lignes de fonctionnement et de construction de ces salles. Quels étaient les principes essentiels à défendre dans ce cahier des charges ? Ils sont essentiellement physiques. Quand vous construisez une piscine olympique, il faut qu’elle mesure 50 mètres. À 49 mètres, elle n’est plus olympique. Dans le spectacle aussi, il y a des normes : des hauteurs sous plafond, des charges qu’on doit suspendre depuis les plafonds techniques, des espaces de déchargement pour les camions, des loges de part et d’autre de la scène, des catering, un hall d’accueil, un local billetterie, des parking adaptés…

« ON NE FABRIQUE PAS DES TALENTS, ON AIDE À LES RÉVÉLER. »

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ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

Des Palais des Sports aux Zénith

« LES ZÉNITH, ET CELUI DE STRASBOURG EN PARTICULIER, SONT PARFAITEMENT ADAPTÉS AUX SPECTACLES D’AUJOURD’HUI.» Avez-vous participé à la conception du Zénith de Strasbourg ? En 2008, j’étais Président du CNV – donc forcément concerné. L’État avait transféré un certain nombre de ses compétences concernant les Zénith au CNV. Des salariés du CNV se sont occupés de suivre le dossier techniquement parlant, mais j’ai été associé aux choix principaux. C’est à ce titre que je suis venu à l’inauguration faire un petit discours. Les Zénith ont été pensés il y a plus de 30 ans. Faudrait-il les faire évoluer ? Les Zénith, et celui de Strasbourg en particulier, sont parfaitement adaptés aux spectacles d’aujourd’hui – plus que les Arena, qui sont avant tout des équipements conçus pour le sport. On pèse souvent les tournées par le nombre de camions nécessaires à la technique d’un spectacle. Nous avons accueilli Muse au Zénith de Nantes avec 17 camions et cela n’a posé aucun problème, comme à Strasbourg. Les Zénith sont adaptés aux spectacles d’aujourd’hui parce qu’ils n’ont pas de son et d’éclairage en propre, mais accueillent celui des productions. Revenons-un peu à votre métier précédent, celui de producteur. Quel a été le spectacle le plus difficile à produire pour vous ? Dans la production de spectacles, il faut distinguer la production de festivals de celle des artistes. Je n’ai jamais eu de difficulté à produire des artistes – de Jaques Higelin à Guy Bedos ou Pierre Desproges –, autres que celles, disons ‘normales’, dans cette profession.

C’est-à-dire ? Jean-Claude Camus, qui produisait Hallyday, a été obligé un jour de dire, devant 80 000 spectateurs au Stade de France, qu’il annulait à cause de la pluie. Il a dû monter sur scène pour ça. Moi je n’ai pas vécu ça ! [Rires] Mais j’avais parfois du mal à trouver la salle adaptée à mes recherches, surtout à Paris. En revanche, j’ai été l’organisateur du Printemps de Bourges pour presque 40 éditions. C’était plus compliqué. Le Printemps de Bourges fut le premier festival en France à concerner la chanson, la variété et le rock. Au début, la population était frileuse, le festival étant destiné avant tout aux jeunes, et cela dérangeait. Nous avons failli disparaître plusieurs fois, sous beaucoup de pressions de la population et des politiques. Votre meilleur souvenir de concert au Printemps de Bourges ? Je me souviens de concerts d’Higelin qui duraient jusqu’à 4h du matin… Nous avons présenté aussi U2, Miles Davis, Stevie Wonder – l’une des grandes pop stars encore vivantes aujourd’hui. Et puis nous avions accueilli 20 000 spectateurs pour le concert de Johnny Clegg au moment où sa popularité avait explosé. Nous avions enlevé les parois d’une grande structure pour accueillir tous les spectateurs. C’était énorme pour l’époque. Je disais au début de cet entretien que la finalité d’un spectacle est une relation émotionnelle. Dans le cas de Johnny Clegg en 1986, elle fut extraordinaire.

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« Dans les années 50, on a construit des équipements sportifs en France, des Palais des Sports, des Tennis… C’était la sortie de la guerre. Puis les Parc Expo ont marqué les années 60. Dans les années 70, on a vu sortir de terre les Palais des Congrès – comme celui de Strasbourg, qui fonctionne toujours d’ailleurs. Nous, producteurs, nous présentions dans les années 70 des spectacles sans équipements dédiés. Nous étions obligés d’aller soit dans les Palais des Sports, soit dans les Parc Expo. Avant la création du Zénith à Strasbourg nous allions au Hall Rhénus. Ce n’était pas adapté en termes d’acoustique, c’était un hall de parc d’expositions. Le concept Zénith est venu suite à une conversation avec Jack Lang, en 1981 : “Mon ministère veut s’occuper de la musique, de la chanson. Qu’est-ce qui est urgent à faire pour ce moyen d’expression ?” Je lui ai tout de suite répondu : “Des salles !” Il m’a pris au mot, et m’a proposé d’étudier la question. Il m’a confié une mission pour la conception de la grande salle Rock de la Villette, futur Zénith de Paris, qui fut inauguré en 1984. Auparavant, pour les spectacles de grande capacité – chanson, rock, variété –, il n’existait pas d’autre salle que l’Olympia à Paris. Un ancien cinéma. Dans les années 70, une jeunesse de plus en plus nombreuse s’est emparée d’un type de musique, poussée par les festivals comme celui de Woodstock. Il était nécessaire de lui offrir des équipements adaptés, pour respecter à la fois le public et les artistes. J’étais producteur de spectacles à l’époque, j’avais donc quelques notions sur ce que devait contenir une salle adaptée à mon métier. Métier qui consiste à mettre du public devant des artistes, de façon “frontale”, en optimisant la relation. » (M.B.)


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Qu’est-ce qui vous parle dans ce qui se crée aujourd’hui musicalement ? On a inventé le rock et les guitares électriques dans les années 50 quand l’électricité a démocratisé les appareils électroménagers. Puis la musique électronique s’est développée avec les ordinateurs. Finalement, j’apprécie toutes ces musiques. J’observe que le mouvement hip-hop perdure et qu’il est créatif. Il y a un chanteur qui éclate en ce moment, alors qu’il est là depuis 10 ans. Il s’appelle Orelsan, il a une vraie écriture. Il est en tournée et va remplir plusieurs Zénith, il a vendu des milliers d’albums en deux semaines, son clip a été vu des millions de fois… J’en suis très heureux. Je le connais bien car je l’avais programmé au Printemps de Bourges, lors d’une forte contestation autour de ses chansons. J’ai évolué dans mes goûts et je n’ai pas de préférence marquée pour un moyen d’expression précis. C’est mon oreille qui choisit. Dans les années 60-70, la jeunesse dans son ensemble aimait la même musique. J’ai été aux premières loges pour observer les évolutions, notamment à la fin des années 80, qui ont conduit à une sorte de socialisation puis de ‘tribalisation’ de la musique populaire. Le milieu de la production semble un petit monde. Est-il tout de même possible d’être un défricheur ? Si on parle de Zénith et de spectacles de grande capacité, il y a environ 25 producteurs. Mais dans toutes les villes il y a des salles plus petites avec des professionnels qui font un boulot remarquable. Chez vous, à Strasbourg, il y a La Laiterie, ou encore l’Aeronef à Lille et Stereolux à Nantes… On y soutient les artistes pour gravir les échelons vers plus de public. Les SMAC contribuent à la diversité. En tant qu’ancien producteur, j’affirme que l’on ne fabrique pas des talents, on aide à les révéler.

ZÉNITH 10 ANS | Dossier : les producteurs

Scorpions | 26.11.15

Zénith et festivals : bon voisinage La création du Zénith Strasbourg Europe en 2008 a-t-elle changé la donne en terme de programmation en ce qui concerne les grands festivals voisins ? Pour Claude Lebourgeois, le directeur artistique de la Foire aux Vins de Colmar, « on ne peut pas démultiplier le public ». Il évoque une « zone de chalandise » dans un rayon de 70 à 100 km, et cela ne présente plus guère d'intérêt pour le festival de programmer à nouveau un artiste déjà venu au Zénith. « Je tiens compte, nous affirme-t-il, de toutes les salles, mais aussi de tous les festivals dans un rayon de 250 km. » Envisage-t-il pour autant la relation comme une relation de concurrence ? « Non, nous évoluons en bonne intelligence. » Pour Jean-Paul Roland, le directeur général des Eurockéennes, « ce ne sont pas les mêmes métiers : le Zénith accueille des productions régulières, souvent des promoteurs locaux, alors que nous, nous créons un événement sur une période limitée dans le temps. » Un concert au Zénith 70

lui sert de « baromètre ». De manière générale, ses équipes se déplacent pour suivre les groupes à l’international, mais la réalité est toute autre, entre un concert à New York, à Londres ou en France. D’où l’idée de les suivre également dans les Zénith de Strasbourg et de Dijon « qui lui donnent une réalité du terrain », notamment en ce qui concerne le potentiel de vente. « Ce qu'il faut voir c’est qu'en France il y a un écosystème assez complet avec les SMAC, les Zénith, les stades et les festivals, nous explique-t-il. Tout cela tente de cohabiter. Je ne pense pas qu’il y ait de réelle concurrence. » Pour lui, la question de l’exclusivité ne se pose pas, dans la mesure où l’offre diffère. « Quelqu’un qui assiste à un concert d’un groupe comme The XX au Zénith, puis aux Eurockéennes, se rend bien compte que les prestations ne sont pas les mêmes. » Il sous-entend ainsi de manière maligne qu’il est possible de voir les artistes deux fois en concert, avec des plaisirs qui, plutôt que de s’annuler, sont confirmés. Quand on aime, on ne compte pas, n’est-ce pas ? (E.A.)


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Photo : Ernest Laemmel

DE LA CUS À L’EUROMÉTROPOLE :


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ZÉNITH 10 ANS | Urban Styles

Dernier concert à Strasbourg pour le maître incontesté du rock, Johnny Hallyday, accompagné de ses acolytes de la première heure Jacques Dutronc et Eddy Mitchell. Une tournée entre copains pour ces Vieilles Canailles, de passage au Zénith en juin dernier. Par — Caroline Lévy Photos — Christophe Urbain

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Votre meilleur souvenir au Zénith Strasbourg ? 1— Les Enfoirés, sans oublier Johnny ! Jacques — 63 ans Artisan peintre

2— Il n’y en a pas un en particulier : Simple Minds, Dany Brillant, Michel Sardou, Patricia Kaas, Peter Gabriel et bien sûr Johnny, un monument !

3—Depeche Mode et tous les concerts de Johnny ! David — 44 ans Peintre en bâtiment

4— Les deux derniers spectacles de Johnny ! Patrick / Pat Smet — 53 ans Contrôleur SNCF

Giancarlo — 67 ans Retraité

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ZÉNITH 10 ANS | La communication

PLUTÔT DEUX FOIS QU’UNE Pour célébrer dix années d’existence, on trouve mille manières. Sollicitée par le Zénith, laCompagnie, la très créative agence de communication de Mundolsheim, qui elle aussi fête un anniversaire – déjà quinze ans en 2018  !  –, n’avait que l’embarras du choix. En passionné de musique, Christian Deschler, son directeur artistique, a opté pour une forme singulière pour restituer dix années d’un lieu, lequel a pris toute sa place dans l’imaginaire collectif strasbourgeois. Avec la volonté de mixer créativité et émotion, il nous raconte par l’image notre Zénith de manière ludique et inventive  : des affiches sérigraphiées représentent le Zénith et ses principaux accès de manière stylisée  ; elles servent de support à une

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Avec la complicité de l'illustrateur Tino de Tinoland et de Continuum, l’agence laCompagnie marque le coup pour l’anniversaire du Zénith. Au programme : présence dans toute la ville avec des personnages hauts en couleur, création d’affiches sérigraphiées et décalco. Par — Emmanuel Abela Photo — Christophe Urbain

quarantaine de personnages dessinés que chacun a le loisir de placer sur l’affiche à l’endroit qu’il souhaite. Une manière pour chacun de s'approprier sa part de récit et d'illustrer la relation qu’il entretient avec le lieu. Pour représenter ces personnages, Christian a fait appel aux talents de l’illustrateur Tino de Tinoland, dont le wonderful world coloré nous est tous familier. Christian nous explique les raisons de ce choix : « Tino et moi, nous venons de la même école, les Arts Déco en l’occurrence, ce qui crée forcément des liens. Nous avons déjà travaillé ensemble, pour les Eurockéennes notamment. Quand Sylvie Chauchoy m’a demandé de concevoir un projet pour les 10 ans, il me semblait tout à fait naturel de faire travailler un artiste local pour renforcer l’ancrage du Zénith. » Ensemble, ils ont cherché à élaborer un concept qui permettait de « rappeler tout ce qui s’est passé en 10 ans avec une cohérence dans le traitement » et de créer « un florilège représentatif ». Tino embrasse l’ensemble de la typologie des spectacles, la musique bien sûr, mais aussi le cirque, les shows équestres ou à moto. De son propre aveu, il s’agissait pour lui d’« interpréter des personnages », ce qu’il fait avec une grande liberté, tout en adoptant un trait épuré. « Oui, nous confirme Tino, le volume d’images m’a conduit à une manière minimale pour une lisibilité renforcée, y compris avec des tailles réduites. Et puis, j’ai voulu jouer avec l'idée d’icône. » La dimension


Tino (caché par l'illustration), Christian Deschler et Dorothée Klein de laCompagnie, Sarah Lang et Fathi Khémissi de Continuum


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iconique est effectivement évidente, même si elle est compensée – voire contredite – par la présence des membres de la team des permanents du Zénith qui nous apporte leur touche d’humanité. « Avec Sylvie, il nous semblait normal de les “croquer” pour les remercier », nous relate Christian. À nous de les repérer au milieu des personnages, mais aussi des accessoires, voitures, ballons de basket, guitare et autobus. Une figure politique de l’Eurométropole de Strasbourg se balade en périphérie, il est amusant de chercher à la repérer sur la couverture de notre hors-série. On le constate, les gimmicks, clins d’œil et private jokes sont nombreux, ce qui donne du piment et provoque bien des sourires à la lecture du document final. Mais Christian veut aller plus loin. D’autant plus qu’il se projette non pas uniquement sur l’instant d’anniversaire proprement dit, mais sur toute la période. « Nous travaillons sur une demi-année, avec la présence de trois trams dans la ville. » Les personnages dessinés par Tino gagnent en taille jusqu’à atteindre des formats de trois mètres de haut ; ils sont présents partout et viennent « pimper [au sens premier de “parer”, ndlr] la ville  », tout comme ils sont venus “pimper” cette édition hors-série de Zut. Bien entendu, on les retrouvera au Zénith même, comme des éléments de décoration très engageants pour le public. Avec une vision d’esthète élargie qui souhaite inscrire l’instant sur la durée, Christian cherche aussi à lier les plaisirs

ZÉNITH 10 ANS | La communication

visuel et tactile du support. « Il nous manquait de finaliser le projet graphique pour sortir des sentiers battus avec un travail d’impression particulier. Je souhaitais donner de l’importance à l’objet sérigraphie. Et c’est là que nous avons contacté Sarah Lang et Fathi Khémissi de Continuum, par l’intermédiaire de Central Vapeur. Nous cherchions ce côté fait main. La sérigraphie est un aboutissement de l’art imprimé.  » L’impression traditionnelle, il connaît. Il sait les possibilités qu’elle offre sur machine. « Ce qu’on crée de nuit avec les imprimeurs avec des acides sur des plaques, on l’a déjà fait, mais là avec la matière encre, nous relate-t-il en homme d’expérience, nous souhaitons dépasser le cadre de la direction artistique et nous laisser entraîner beaucoup plus loin. » Et de nous avouer une finalité implicite : « Au-delà de l’outil, c’est la rencontre qui m’intéressait. » Il s’avère que c’est justement de cette rencontre qu’est née l’idée même de la décalco. Avec la nécessité de s’adapter au support : « L’apport de Sarah et Fathi nous a demandé de revoir la copie en amont, de recadrer l’approche des couleurs, de même pour l’approche technique », nous explique Dorothée Klein de laCompagnie. « Autant de challenges intéressants à surmonter ! », précise Christian avec un certain enthousiasme. Tout cela a des conséquences sur le choix des couleurs. Le orange qui fait partie de l’identité même du Zénith a été privilégié, tout comme le bleu, sa couleur complémentaire. Sarah s’en est réjoui ; n’habitant pas très loin du Zénith, « cette forme orange fait partie de mon quotidien  », nous signale-t-elle avec un large sourire. Tino s’accommode de la situation, elle le conforte dans son envie de rester sur des formes sobres et graphiques. De plus, « réduire, ça donne plus de force au dessin », s’amuse-t-il. Et puis, tout cela permet de jouer sur les effets de transparence qu’offre la technique d’impression en sérigraphie, sur la superposition des deux couleurs qui en créent une troisième, sur les volumes d’encre et bien sûr sur la qualité du papier. «  Oui, c’est un luxe, commente Sarah, de choisir un papier qui va apporter sa propre contribution au résultat final. » De manière générale, l’impression en sérigraphie non seulement ennoblit le support, mais l’inscrit différemment. « Ce qui différencie la sérigra-

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phie, c’est la matière, renchérit Christian Deschler. Et la force du pigment. C’est puissant et lumineux. » Sous-entendu qu’elle offre une autre présence au document produit. Une idée que le très discret Fathi Khémissi résume de manière laconique  : « Avec la sérigraphie, on ressaisit. » Sur la base de ce constat technique –  ressaisir, c’est saisir deux fois, non  ?  –, le propos devient clair  : laCompagnie, Tinoland et Continuum donnent sa pleine dimension à l’événement, et profitent de la célébration de l’anniversaire des 10 ans du Zénith pour faire œuvre à part entière. C’est bien vu, et même plutôt deux fois qu’une ! www.lacompagnie.eu www.tinoland.com www.continuum-sxb.com

« CE QUI DIFFÉRENCIE LA SÉRIGRAPHIE, C’EST LA MATIÈRE ET LA FORCE DU PIGMENT. C’EST PUISSANT ET LUMINEUX. » CHRISTIAN DESCHLER, LACOMPAGNIE


Maître Joaillier

SOUVENIR D’UNE RENCONTRE AVEC JOHNNY Saint-Barthélémy, août 2013 Croix en argent noirci et diamants

46 rue des Hallebardes 67000 Strasbourg | tél. 03 88 32 43 05 | info@eric-humbert.com | www.eric-humbert.com


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ZÉNITH 10 ANS | Urban Styles

En novembre dernier, le trio britannique London Grammar a attiré les foules avec sa musique envoûtante entre trip-hop, électro et pop. Un public éclectique aux influences indie était au rendez-vous. Par — Caroline Lévy Photos — Christophe Urbain

Votre meilleur souvenir au Zénith Strasbourg ? 1— Ibrahim Maalouf m’a marqué en 2016, mais aussi l’événement Protestant en fête en octobre dernier. Un moment très convivial. Éric — 56 ans pasteur

2— Le concert de C2C aux Artefacts, mon premier gros concert ! Caroline — 20 ans étudiante en prépa littéraire

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3— Je suis venu en famille de Nancy et c’est mon tout premier concert à Strasbourg ! Charles — 15 ans lycéen

4— Le concert de Woodkid au Festival des Artefacts en 2013 ! Maeva — 21 ans photographe

5— Le dernier concert de London Grammar ici au Zénith ! Patrick — 20 ans étudiant en design de mode

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ZÉNITH 10 ANS | Les partenaires

TOUTES LES MUSIQUES Partenaire du Zénith Strasbourg, le Crédit Mutuel multiplie depuis 15 ans les dispositifs de soutien à la musique, « toutes les musiques ». Si la banque qui « donne le la » s’assure, au travers de ses actions, une présence globale sur le territoire, elle les mène aussi pour « créer du lien ». Interview de Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel et de Joëlle Martin, responsable des partenariats. Par — Cécile Becker Photo — DR

Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel

La mutualisation fait partie intégrante de l’ADN du Crédit Mutuel, avant de parler musique, peut-on revenir sur cette idée maîtresse ? Nicolas Théry : Notre premier métier, ce n’est pas la banque, c’est aider et servir. On a toujours l’impression que la banque est un métier extérieur alors qu’en réalité c’est un métier d’accompagnement. J’ai coutume de dire que la banque est un commerce des promesses : de rémunération d’épargne, de couverture des risques, de services téléphoniques, de protection du domicile… Notre métier c’est de mutualiser ces promesses, de les mettre au service des développements des territoires et de l’accompagnement de nos clients. Au-delà d’aider et de servir, vous avez choisi de soutenir la musique, pourquoi ? N.T. : Cette idée, de Jean-Pierre Babel, directeur général, a été adoptée à toutes les strates de notre organisation : au niveau local, régional et national : il y a les NRJ Music Awards, les Prodiges, mais aussi

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les Francofolies, les Vieilles Charrues, la Foire aux Vins de Colmar, mais aussi les écoles de musique municipales. Si ça a pris c’est parce que la musique est créatrice de liens, elle transcende tout, elle est un facteur d’union et de réunion, ce qui donne un écho particulier au Crédit Mutuel. « Donner le la » ce n’est pas donner l’impulsion, c’est ajouter cette toute petite note qui va permettre à l’ensemble de fonctionner. Nous sommes des catalyseurs, des facilitateurs, des accompagnateurs et quelle que soit la manifestation. Vous parrainez des rendez-vous musicaux, vous êtes partenaires d’événements, de salles, de tournées musicales. Qu’est-ce que cela vous apporte ? N.T. : Nous aimons les gens qui ont des projets et qui veulent construire avec les autres. Ils viennent nous voir, nous parlent de leurs projets et nous voyons ce qu’il est possible de faire. Nous ne sommes pas un acteur musical mais véritablement un partenaire de la musique.


Joëlle Martin : Derrière chaque projet, il y a des valeurs, c’est la confrontation, la rencontre de valeurs communes et d’ambitions. Notre objectif commun c’est le rassemblement, le partage, faire le lien entre les générations. Le retour sur investissement n’est pas financier, notre retour, c’est d’être universel, d’être au plus proche des territoires. D’où vient cette idée de créer RIFFX.fr, plateforme de rencontres entre les créateurs et les fans ? J.M. : Aujourd’hui la musique se consomme plus que jamais en live et sur Internet, il nous fallait accompagner ce changement et proposer tout ce qu’on fait sur le terrain, sur une plateforme. Les jeunes talents peuvent par ce biais se montrer au monde. RIFFX.fr, c’est le partage de la musique, c’est un trait d’union entre ceux qui font et ceux qui aiment la musique. On a une ligne éditoriale qui permet aux internautes de découvrir la musique. C’est une plateforme qui va être amenée à évoluer, mais l’idée principale c’est de permettre l’ouverture à d’autres esthétiques, encore une fois, la rencontre. N.T. : On met la technologie au service de la relation humaine. Pourquoi le Crédit Mutuel est-il partenaire du Zénith ? N.T. : Le Zénith c’est tout de même un partenaire de référence et une salle de référence dans la musique en France ! J.M. : C’est un lieu d’accueil de grands événements, les Zénith c’est ce qu’on fait de mieux en termes de rencontres. La promesse des Zénith c’est toutes les musiques, tous les talents, on va du petit format au très grand format. On accompagne les meilleurs projets et ce projet de Zénith cochait toutes les cases ! La musique semble intégrée à vos nombreuses activités, pourquoi ce choix ? N.T. : Je suis très attaché à ce que la musique n’ait pas une existence autonome au sein du Crédit Mutuel, je considère que tout est lié, cela fait partie d’une identité commune et partagée. C’est très important de garder ce côté transversal, sinon on devient un acteur comme un autre. Notre ambition c’est de ne pas être un acteur comme un autre, dans la musique comme ailleurs. www.creditmutuel.fr www.riffx.fr

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ZÉNITH 10 ANS | Les partenaires

ON AIR !

Depuis plus de deux ans et sous une forme nouvelle, Mediarun, régie exclusive des radios Virgin, RFM et TOP Music en Alsace, s’affiche comme un partenaire historique du Zénith. Au printemps prochain, elle organise le plus grand concert gratuit d’Alsace. Rencontre avec son directeur Christophe Schalk. Par — Caroline Lévy Photo — Henri Vogt

Vous êtes un partenaire de la première heure du Zénith de Strasbourg. Comment se caractérise ce partenariat ? C’est une collaboration qui s’inscrit dans la durée et à différents niveaux. D’abord en invitant nos clients et auditeurs aux spectacles, mais aussi en nous faisant le portevoix des événements organisés par le Zénith. Comme par exemple le X-Trial Strasbourg, le championnat du monde de moto Trial le 26 janvier prochain. Nous travaillons en étroite collaboration avec les promoteurs des artistes pour se faire l’écho sur nos ondes des nombreux spectacles accueillis par la salle.

Jusqu’à sortir de vos studios ? Exactement, et nous avons d’ailleurs étoffé notre équipe. Dans la matinale par exemple, une journaliste « volante » sillonne quotidiennement l’Alsace pour partager ses expériences à l’antenne. Nous produisons également des émissions exclusives en direct, comme le 18 janvier prochain au Zénith, dans le cadre du concert des Enfoirés. Sans compter l’événement que nous organisons pour ses 10 ans (voir encadré) : on a tellement attendu une salle comme celle-ci à Strasbourg qu’il faut la valoriser !

Un partenariat plus marqué encore avec TOP Music ? En effet, après avoir racheté TOP Music en juillet 2016, nous avons renforcé ce partenariat. Il s’inscrit dans une stratégie globale avec la première radio indépendante d’Alsace ! Notre ambition est véritablement de devenir une radio de divertissement et de proximité, en nous engageant sur tout le territoire alsacien en tant qu’acteur de la vie locale.

TOP Music Live : le plus grand concert gratuit d’Alsace ! Pour fêter les 10 ans du Zénith, Mediarun organise un concert gratuit rassemblant 10 artistes issus de la scène pop actuelle et programmés sur les ondes de TOP Music. Un plateau exceptionnel dont les premiers noms seront révélés prochainement au public : les 6 000 auditeurs chanceux qui auront gagné leur invitation au concert ! Sur scène en première partie : des jeunes talents locaux sélectionnés grâce à un tremplin musical sur la plateforme RIFFX.fr by Crédit Mutuel, partenaire de l’événement. TOP Music Live Le 12 avril au Zénith Invitations à gagner à l’antenne et sur l’application Top Music

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ACCÈS LIMITÉ En 10 ans d’existence, on dénombre pas moins de 1000 spectacles au Zénith. Pour autant de badges, patchs et autres accréditations. Photo — Alexis Delon / Preview


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ZÉNITH 10 ANS | Souvenirs


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