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Ceci est un ours.

WAS MAGAZINE

LES CONTRIBUTEURS

DIRECTEUR DE PUBLICATION / RÉDACTEUR EN CHEF

MODE

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ILLUSTRATION

Ophélie Longuépée

Floriane Bimboes, Julia Stoltz, Bonzer

Jacques Umbdenstock, Mahon, Jennifer Lyszyszack, Bonzer, Julia Stoltz

Mathieu Wolfersperger (mathieu@wasmagazine.eu)

DIFFUSION

DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE

L’équipe WAS et quelques bras supplémentaires

RÉDACTION

CHEF DE PUBLICITÉ

Caroline Toussaint, Marie Meyer-Bisch, Lisa Fréring, Clara Reb Odile Breffa, Éric Genetet, Thomas Rahoual, Vivien, Bob, Lucas

Céline Debes (celine@wasmagazine.eu)

PHOTOGRAPHIE

Vincent Muller (vincent@wasmagazine.eu)

DIRECTION ARTISTIQUE Sven Lallart (sven.lallart@gmail.com)

Ce bimestriel est édité par : Untamed’Press 10 Place Saint-Étienne 67000 Strasbourg SARL au captital de 2 000 euros

Ignacio Haaser, Ophélie Longuépée, Bartosch Salmanski (m4tik), Alin Enulescu, Gilles Egloff, Henri Vogt, Claude Drach, Nis & For

MAQUILLAGE Sonia Afook

COIFFURE Pauline Hauck

MODÈLES Nina G., Camille K., Ivan T., Stéphane H., Fanny Serbont

CRÉDIT COUVERTURE Jennifer Lyszyszack

info@wasmagazine.eu +33 (0)953 469 224 28 rue du Maréchal Lefebvre 67100 Strasbourg

Impression : Tezida Print 10, Rue Viskyar Plania - 1407 Sofia - Bulgarie Dépôt légal : Juillet 2013 / Exemplaires : 9 000 / SIRET : 533 89266700023 / ISSN : 2119-7520


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u ÉDITO

ET L’ÉTÉ SERA DOUX... ...

l’ombre de nos jeunes strasbourgeoises en fleurs, quand les jupes danseront sur le pavé tanné par le soleil. Aux abords de parcs verts et frais, balayés par un vent bienveillant, vous lèverez les yeux vers le ciel bleu, songeant aux amours de jeunesse. Un exemplaire de WAS Magazine contre leur poitrine, les strasbourgeoises souriront aux rares nuages éparses, à la promesse d’une soirée en terrasse. L’été sera doux quand les ruelles se feront l’échos des pas légers de ces femmes en dos nus, un sac à main hors de prix tenu négligemment doublé d’un air faussement hautain. Alors que le spécimen masculin devient dès les premières lueurs aussi lourd que le soleil, Elles rayonnent, l’été vous va si bien, Mesdames, Mesdemoiselles tout comme WAS Magazine.

We Are Strasbourg / 010


u ABONNEMENT À WAS MAGAZINE

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6 Numéros + 2 Hors-Série VOTRE RÉGLEMENT Par chèque bancaire ou postal à l’ordre suivant : Untamed’Press - 10, Place Saint-Étienne - 67000 Strasbourg VOS COORDONNÉES Merci de remplir vos coordonnées avec vos plus belles majuscules et de joindre l’ensemble à l’adresse ci-dessous. L’Équipe WAS s’occupe du reste !

PRÉNOM / ADRESSE / CODE POSTAL & VILLE / TÉL. / MAIL /

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SOMMAIRE

STRASBOURG BY WAS De la place Gutenberg aux petites librairies strasbourgeoises : Le livre !

RENCONTRES Portraits éclectique du paysage culturel strasbourgeois : c’est speed dating dans WAS Magazine.

LITTÉRATURE Un dossier spécial « Mon Strasbourg d’écrivain » consacré à Éric Genetet

MUSIQUE Tu mets quoi dans ton casque pour aller à Strasbourg Beach ?

ART Entre sculpture et photographie sphérique, deux univers et de la féérie : Bruneteau et Brancaléoni

MODE Ta shopping list aux couleurs nationales, et celles de tes tourments en grand format.

WAS THAT ? Mais qui a vu le film « Frankie Chops » au Marathon Vidéo ? WAS That ?! Détend ton été à Juste Titre...

GUIDE DE L’ÉTÉ Strasbourg vous veut du bien, ses terrasses, ses restos, ses sorties : suivez le guide !

CAHIER D’ARTISTE Mahon ouvre les portes de son univers créatif, entre Macia et le Festival du Film Fantastique.


Nature is Future

Ligne innovante de cosmétique bio née au cœur de l’Als ce

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es preuves cliniques d’efficacité plutôt que du tout marketing, des actifs 100% naturels plutôt que des substances chimiques controversées, Nature is Future se veut une ligne de cosmétiques résolument tournée vers la science et le Bio. Pensés, élaborés et développés par les Laboratoires Phytodia, les soins de la gamme renferment toute l’expertise scientifique et le savoir-faire unique dans le domaine des actifs végétaux de ces chercheurs strasbourgeois. Nature is Future revisite les codes du Bio en associant des actifs à l’efficacité prouvée cliniquement au sein de formules de haute sensorialité, le tout avec un design résolument épuré : de quoi satisfaire les utilisatrices à la recherche de produits haut de gamme alliant science et naturel ! À découvrir sans tarder pour l’été, Corolea Gel Minceur et sa combinaison brûle-graisse composée d’alchémille et de feuille d’olivier, pour une efficacité sur la silhouette prouvée cliniquement. Sa texture pénétrante certifié Bio par Ecocert ne colle pas et procure une agréable sensation de fraîcheur à l’application. Parfait pour un été en maillot, sans graisses superflues ni peau d’orange ! www.natureisfuture.fr www.facebook.com/natureisfuture.byphytodia

013 / We Are Strasbourg


SÉLECTION

Kévé Be What You Wear

A

près une année marquée par la participation à la fashion week de Londres et une présence dans les plus grands showrooms parisiens, Kévé débarque à Strasbourg. Kévé se distingue par son style particulier mêlant le conformisme du prêt-à-porter européen au dynamisme des tissus traditionnels d’Afrique. Les deux créateurs Strasbourgeois, frère et sœur, vous ouvrent leur univers et vous font redécouvrir “La chemise”. Rassurantes et agréables par leur forme, les chemises Kévé ont une coupe ajustée et sont souvent marquées de subtils motifs imprimés. Kévé s’inscrit dans une démarche éthique du commerce équitable. Les collections sont faites-mains en séries limitées à Paris par la styliste Elodie Badohoun ainsi que dans un atelier Togolais. Tout au long de cet été, la marque à l’arbre fendu vous invite à des ventes privées dans des lieux uniques. Soyez les premiers informés en vous inscrivant à la newsletter sur www.keve.fr Kévé Facebook : kévé Instagram: @marquekeve Contact : Olivier Badohoun 06 71 78 45 62 www.keve.fr contact@keve.fr

Mirabilé Visu Baptiste & Garance la fusion !

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l est un petit lieu unique niché en plein cœur de la ville. Un univers enfantin. On y trouve des jouets insolites, certains sont en bois. Parfois ils ont été chinés et laissés bruts, pour que les amateurs de ces merveilles puissent les personnaliser à leur guise. On y fait du commerce éthique, car on y est soucieux des autres. On nous y accueille avec le sourire et la bienveillance du conseil et de l’écoute. On y trouve une quantité de bijoux tendances et fabriqués par des créatrices alsaciennes. Elles y déposent leur joaillerie, entre deux t-shirts marqués « Pétasses d’Alsace ». C’est un grand coffrefort, coffre à bijoux, salle des trésors, salle de jeux ! Pousser la porte de Mirabilé Visu / Baptiste et Garance c’est entrer dans un monde qui fait du bien. Mirabilé Visu / Baptiste et Garance 5-6 rue des Veaux 67000 Strasbourg 03 88 35 19 26

We Are Strasbourg / 014


L’

association Strasbourg Acoustik a pour objectif de faire découvrir au plus large public les nombreux lieux touristiques de la capitale alsacienne et de ses environs, ainsi que les artistes montants de la nouvelle scène française et internationale. Pour ce faire, elle invite des chanteurs de tous horizons à effectuer des sessions acoustiques dans les sites « à visiter » de Strasbourg, ses monuments historiques ou modernes, ses lieux insolites ou sur ses places publiques, que son équipe immortalise par le tournage de vidéos et la réalisation de reportages photos. Outre l’originalité du concept qu’est la découverte d’un lieu à travers la session acoustique d’un artiste ou d’un groupe, et vice versa, l’équipe de Strasbourg

Photo par : m4tik

La ville en musique Strasbourg Acoustik ! Acoustik fait le choix d’un véritable parti pris artistique, que ce soit dans le choix des artistes mais également dans l’univers visuel proposé – le jingle d’introduction étant par exemple un élément de distinction. Un certain nombres de bénévoles sont, en parallèle, pros ou semi-pros, à l’image de Virginie (WuWeipictures), de Bartosch (M4tik) qui assurent les photos ou encore de Pierre-Etienne (Sanfoneiro) à la réalisation vidéo ; la patte Strasbourg Acoustik c’est aussi et surtout de faire de la qualité et du joli !Découvrez vite leurs productions sur leur site internet ! www.strasbourgacoustik.fr

Le billard de l’Orangerie

D

ans le très prisé parc de l’Orangerie, aventurez-vous au non moins prisé Club de Billard, espace lounge jouxtant le bowling. L’ambiance feutrée est propice aux soirées entre amis, ne demandant qu’à être accompagnées de cocktails du chaleureux barman. D’agréables sofas et plusieurs billards seront à votre disposition afin d’agrémenter ce moment. Le lieu est également privatisable pour vos réceptions, de la plus simple à la plus sophistiquée, la mise en place étant déclinable à l’infini. Tenue correcte exigée. Billard de l’Orangerie Parc de l’Orangerie 67000 Strasbourg 03 90 41 68 00

015 / We Are Strasbourg


SĂ&#x2030;LECTION / Thierry Mulhaupt

We Are Strasbourg / 016


Propos par : WAS Photos par : Mulhaupt

UN REGARD NOUVEAU DANS TOUS LES SENS

Chantilly à la rose sur fond de pâte sablé, coulis de framboises et poivre Tellycherry

Bonbon chocolat au cassis de Bourgogne

Nage de fruits rouges à la fève de Tonka

Les gourmands connaissent le nom de Thierry Mulhaupt pour ses créations pâtissières. Beaucoup ignorent sa formation, en cours du soir, aux Beaux-Arts et aux Arts Déco. Formation qu’il a entreprit durant son passage à Paris chez Dalloyau ou à la Tour d’Argent.

P

eintre depuis toujours, il nourri son imagination comme il nourri son estomac et nous propose une série de 25 acryliques et 12 pastels. Telles autant de madeleines de Proust, les couleurs de ces toiles, leurs textures, font appel à nos papilles et à nos sens. Les œuvres de Thierry Mulhaupt se dégustent avec les yeux, le ventre, les oreilles et l’imagination. Lorsqu’on entre dans une galerie, rares sont les fois ou l’on se fait surprendre. Généralement c’est toujours le même rituel, on en pousse la porte, on prend le catalogue de l’expo, on fait le tour, puis on s’arrête devant une œuvre qui suscite notre curiosité ou notre admiration. Une exposition a révolutionné la visite de galerie, il s’agit de celle de Thierry Mulhaupt à la galerie Pascale Frœssel. Une exposition interactive, qui sollicite tous vos sens, qui fait appel à votre imagination et vous propose un réel temps de pause dans votre vie survoltée. En entrant dans la galerie, on est d’abord happé par la puissance des toiles, puis intrigué par un petit QR-Code juste sous la légende de l’œuvre. On sort son smartphone, on flash et là… un petit son de Lady Gaga ou de notre bien aimée Jewly. Bercé par la musique, on observe une toile qui porte un titre aux saveurs de desserts

comme « Soupe de fruits rouges, soupçon de crème Chantilly ». Ainsi les toiles de Thierry Mulhaupt, célèbre pâtissier chocolatier, s’accompagnent de musique et de douceurs chocolatées. En savourant une ganache, la voix de Jewly dans les oreilles, on découvre une autre dimension de la toile qui se trouve en face de nous. La musique a d’ailleurs été agrémentée de sons de fourchettes, ce qui participe à la mise en place d’une réelle atmosphère. Le son guide nos yeux vers tel relief, vers telle craquelure sur la toile, telle matière. Le goût du chocolat et ses variantes orientent elles aussi le regard, décuplant les sensations, sollicitant les sens. L’exposition de Thierry Mulhaupt fait tout d’abord appel à la vue, mais aussi à l’ouïe, à l’odorat et au goût. On y voyage, on y prend le temps d’une chanson, le temps d’un titre pour observer plus en détails une œuvre. Exposition « Dans tous les sens » Certaines œuvres de Thierry Mulhaupt sont toujours visibles à cette adresse : Galerie Foessel 14 Rue des Dentelles 67000 Strasbourg

017 / We Are Strasbourg


COMMUNIQUÉ / Le Casino Barrière

LE CASINO BARRIÈRE Le Casino Barrière de Niederbronn se trouve dans la jolie petite station thermale des Vosges du Nord : Niederbronn-les-Bains, située à 40 mn de Strasbourg et 20 mn de Haguenau.

L

e casino est un réel lieu de détente et de loisir. La salle des Machines à sous détient une large de gamme de machines à sous (150 machines en tout) où les gens peuvent venir s’amuser et jouer dès 10h30 et jusqu’à 2h en semaine et 3h le week-end. A l’entrée de la salle, un montant de + de 6.500.000 € s’affiche : le Magic Casinos Jackpot ! Ce Jackpot relie plus de 300 machines à sous dispatchées dans quelques 100 casinos français. Une véritable prouesse technique et un réel bonheur pour les joueurs puisqu’ils n’ont qu’à jouer la modique somme de 1.50 € pour essayer de remporter ce montant astronomique. (Infos : www.magic-casinos-jackpot.com)

Au fond de la salle, un bar « Le Jukebox Café » vous accueille dans un cadre agréable et une ambiance détendue. Vous pourrez y déguster des cocktails, des bières et toutes sortes de boissons avec ou sans alcool, tout en vous imprégnant de l’ambiance de la salle des machines à sous. À l’étage, vous découvrirez la salle

We Are Strasbourg / 018

des Jeux Traditionnels qui fait la renommée du Casino Barrière de Niederbronn ! La décoration aux teintes turquoises et la vertigineuse hauteur sous plafond vous charmeront… De 19h à 2h en semaine et jusqu’ à 3h les week-ends, vous pourrez tenter votre chance à la Roulette Française, la Roulette Anglaise traditionnelle, au Black Jack ou encore venir tester votre capacité à « bluffer » sur l’une de nos 4 tables de Texas Hold’em Poker. Vous pourrez également découvrir la Roulette Anglaise Electronique dès 17h30, tous les jours. Si durant votre visite au casino, vous souhaitez faire une pause et déguster l’une de nos spécialités, passez par le restaurant « La Winstub » ! Dans un cadre boisé et typiquement alsacien, notre Chef de cuisine vous propose des plats mêlant originalité et tradition : Foie gras de canard, Noix de Saint-Jacques poêlées et son jus à l’oriental, quenelles de brochet maison gratinées et sa sauce aux queues d’écrevisses ou encore notre

fameuse Bouchée à la Reine ou Choucroute spéciale « Winstub ». En dessert, notre tarte au fromage blanc maison ou notre Charlotte maison aux fraises en terrine, crumble torréfié feront le bonheur de vos papilles. Tout au long de l’année vous pourrez également profiter des animations, jeux ou offres spéciales ! Entre dîner dansant, concert, participation à l’un de nos nombreux tirages au sort, menus spéciaux (Noël, Réveillon, St-Valentin, Fête des mères etc.) vous trouverez certainement l’animation qui fera votre bonheur ! Cet été d’ailleurs, le Casino Barrière de Niederbronn vous propose des brunchs de 11h à 13h en salle des machines à sous les dimanches 7 juillet et 25 août 2013, mais également un karaoké géant en extérieur ou encore un dîner guinguette !


À 100m du casino, l’Hôtel Mercure du casino vous propose des chambres contemporaines et spacieuses dans un environnement calme et agréable. Le petit-déjeuner buffet servi dans une salle lumineuse ou en terrasse vous ravira très certainement : kougelhopf, pains frais, brioche, charcuteries, laitages, jus d’orange pressé… Le Casino Barrière et l’hôtel Mercure de Niederbronn, sont également un lieu idéal pour accueillir vos journées ou réunions de travail, séminaires d’entreprises, assemblées générales, conférences ou vos mariages, anniversaires ou autres célébrations familiales… Trois salles de séminaire dont un auditorium de 80 places ainsi qu’une salle de banquet entièrement privatisable, peuvent accueillir vos événements. Que vous soyez seul, entre amis, avec des collègues ou en famille… le Casino Barrière et l’hôtel Mercure sont des lieux propices à la détente, au divertissement et à la bonne humeur.

Infos & résas Casino Barrière Niederbronn 10 place des thermes 67110 Niederbronn-les-Bains Tél. 03 88 80 84 88 Rejoignez-nous : www.facebook.com/ casinobarriereniederbronn Web : www.casino-niederbronn.com Mail : resa.niederbronn@lucienbarriere.com

019 / We Are Strasbourg


STRASBOURG BY WAS Cette statue de Gutenberg, cette Place. On y a attendu des gens, des amis, des rendezvous amoureux. Ou des taxis... Symbole de l’imprimerie, il fait rayonner Strasbourg de l’aura de la littérature. Dans ce dossier spéciale sur le livre, WAS vous entraine d’éditeur en librairie. Livrez vous aux plaisirs du livre !

Propos par : WAS Illustration par : Jennifer Lyszyszack


STRASBOURG BY WAS / Le livre Ă  Strasbourg

Propos par : WAS Photos par : Vincent Muller / Fotolia

DES LIVRES ET VOUS

We Are Strasbourg / 022


Nos têtes bien pleines ne sauraient dissocier notre chère Strasbourg de certains grands noms ayant marqué l’Histoire. Kléber, Broglie, Gutenberg... C’est dans l’univers de ce dernier et de l’imprimerie que la rédaction a décidé de vous embarquer pour un voyage à la fois dans le temps et dans les rues de Strasbourg afin de vous proposer un tour d’horizon du livre.

’est entre 1430 et 1440 que Johannes Gutenberg, de nationalité allemande, sillonna les pavés de la ville, pour apprendre l’orfèvrerie et la maîtrise des alliages. Ces techniques lui ont permis d’inventer les caractères d’imprimerie afin de lancer la grande machine de guerre qu’est l’imprimerie et qui permit de reproduire à l’infini des ouvrages, à commencer par la Bible. Grâce à ce cher Gutenberg, vous pouvez désormais errer de librairie en bouquiniste et accéder au savoir universel sans solliciter la recopie d’un moine ! Dans un dossier spécial consacré au livre, WAS vous propose de pénétrer l’univers discret et enchanteur de l’édition locale, le monde des auteurs et des libraires, l’atmosphère parallèle du récit et de l’Histoire. Strasbourg est a jamais marquée par l’invention de l’imprimerie, qui imprima à ses habitants le goût de la lecture et de l’écriture. Nombreux sont les auteurs qui ont parlé de la ville, mais aussi à s’y être rendu comme à un pèlerinage, voire un hommage. Embarquez pour une promenade autour du livre, ceux qui les fabriquent, ceux qui les proposent aux lecteurs, ceux qui les collectionnent...

023 / We Are Strasbourg


HISTOIRE

DU LIVRE

LE LIVRE EN ALSACE Le saviez-vous ? Un “alsatique” est un ouvrage d’un document littéraire ou scientifique traitant de l’Alsace. Il peut être écrit en français, en alsacien ou en allemand. De plus l’Alsace est la seule région de France ayant un nom spécifique pour désigner ses ouvrages régionaux. L’invention de l’imprimerie Comme tout le monde sait, on attribue à Gutenberg le statut de l’imprimerie mais nous ne sommes toujours pas certains du lieu où s’est faite cette invention. En effet, Strasbourg et Mayenne se disputent la gloire d’être le berceau de cette « révolution » fondamentale. Gutenberg a bel et bien séjourné à Strasbourg entre 1434 et 1444 puis est repartit en Allemagne, à Mayenne où il a perfectionné cette invention. Et en Alsace, il s’est passé quoi ? Le premier imprimeur dans la capitale Alsacienne était Jean Mentelin (de Sélestat), son premier ouvrage imprimé

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fût La Bible Latine de 1460-61. Il a ensuite été relayé par Adolphe Rusch , Martin Schott et Henri Eggesteim. Mais ce n’est pas le seul savoir-faire dont a hérité l’Alsace ; parmi les grands noms des typographes de la renaissance, on y trouve F. Friburger (de Colmar) qui est parti exercer à Paris, M. Reinhart parti à Lyon et S. Riessinger (de Niedernai) parti à Naples. Les premiers livres imprimés étaient bien évidemment des ouvrages religieux mais ensuite sont apparues les traductions et les adaptations ainsi que les almanachs. En revanche dès le XVIe siècle les livres de cuisines font leur entrée sur le marché du livre. Les ouvrages sur la cuisine alsacienne rencontrent dès lors un grand succès du fait que la gastronomie y est riche, variée et originale. À partir du XVIIIe, avec l’apparition des journaux, le métier d’imprimeur se transforme. De même que plus tard, les maisons d’éditions sont subordonnées à l’imprimerie calquée sur le modèle allemand, les éditions sont associées à une imprimerie préexistante afin de combler les périodes creuses de l’imprimerie

(octobre à fin janvier/février). Les imprimeurs se tournent alors vers l’édition pour occuper ces mois creux.

DE LA PEAU DE BÊTE À NOS LIVRES RELIÉS : LE LIVRE AUTOUR DU MONDE En Chine, il y a près de 4000 ans, les hommes éprouvent le besoin de conserver et de transmettre leurs pensées. Ils utilisent alors la nature qui les entoure. Dans toute l’Asie, la végétation fournit des supports pour l’écriture. Pâte à papier Broyer les végétaux : le mûrier, le chanvre ou le bambou. Plus tard les Arabes écrasent des vêtements et des cordes usées pour obtenir leur pâte à papier. La production croissante de livres épuise vite les réserves de chiffons. Papiers de paille, d’ortie et de muguet tentent de remplacer le papier de chiffons. Au XIXe on découvre enfin que le papier est constitué de cellulose qui est aussi un composant du bois.


Des troncs d’arbres sont broyés pour obtenir une pâte. Des machines réalisent en un seul passage toutes les étapes nécessaires à la fabrication du papier.Au IXe siècle à Bagdad, capitale persane des livres et des arts, on trouve 100 boutiques de copistes et marchands de manuscrits religieux, scientifiques et littéraires. Dans chaque maison, la mère est copiste, le père peint des miniatures et le fils est relieur. Du raisin aux lettres Gutenberg adapte la presse à vin à son invention. Lorsqu’on serre la vis avec une barre de bois, la platine descend et presse la feuille de papier uniformément contre les caractères. Cette presse sera utilisée pendant 3 siècles. Le livre de poche En 1501, Alde Manuce, imprimeur-éditeur italien, lance une collection de livres du format de poche, destinée à diffuser les textes latins. De même les livres de colportage étaient de petites dimensions afin d’être transportés facilement mais les « livres de poche » n’apparaissent véritablement qu’au XXe siècle. Fabriqués en grande quantité et avec des matériaux peu coûteux, leur prix de vente est très bas. Évolution  Au XIXe, grâce à la multiplication des écoles, le nombre de lecteurs augmente. Il faut plus de livres. • invention de la presse en métal en 1795 par Stanhope • invention de la presse à rouages mécaniques en 1820 par Koenig.

DE GRANDS CRÉATEURS Au XV siècle, Manuce crée une lettre penchée, l’italique et une lettre droite très lisible, la romaine, toujours utilisées. Les caractères d’ Elzevir triomphent au XVIe siècle. Au XVIIIe, l’anglais Caslon s’en inspire. En France, c’est la famille Didot qui impose ses caractères. e

Alde Manuce 1449-1515 : Imprimeur-libraire et relieur installé à Venise, il joua un rôle fondamental

dans la diffusion de la culture humaniste en Italie, et particulièrement de la littérature grecque. Louis Elzevir 1540-1617 : Français expatriés en Hollande au moment des troubles religieux. Relieur puis libraire, il est le fondateur d’une véritable dynastie de librairies et de typographes qui créent et diffusent dans toute l’Europe des œuvres de grande qualité pendant près de deux siècles. William Caslon 1692-1766 : Graveur et fondeur de caractères, il crée à Londres la première fonderie typographique industrielle. Il grave des séries d’alphabets rares : hébreu, grec, arabe, arménien, syriaque. Il laisse son nom à un caractère d’une grande élégance. François-Ambroise Didot 1730-1804 : Il fait partie d’une grande famille de libraires, imprimeurs, papetiers et graveurs de caractères. Leurs inventions sont nombreuses et ils apportent de multiples perfectionnements à la fabrication du livre, tant en typographie qu’en papeterie. Ils interviennent de façon remarquable dans l’histoire du livre jusqu’à la fin du XIXe. Gustave Doré 1832-1883 : Dessinateur et peintre français. Il n’a que 15 ans quand ses dessins paraissent dans les journaux. Mais c’est comme illustrateur de grands textes classiques qu’il est le plus connu. Son imagination inépuisable et son génie du dessin lui permettent d’illustrer des œuvres variées : de La Bible aux Fables de La Fontaine en passant par les romans de Balzac et ceux de la Comtesse de Ségur. *Typographie : Composition d’un texte avec des caractères mobiles. Colporteur : Marchand ambulant de gravures, gazettes, calendriers et petits livres mêlés à des articles de mercerie. Les livres étaient parfois seulement loués et les colporteurs les reprenaient à leur passage suivant.

LA CHAÎNE DU LIVRE

AUTEUR Celui qui écrit, rédige le texte (sur commande de l’éditeur ou non).

ÉDITEUR celui qui accepte de publier le livre ou non

DIFFUSEUR Celui qui se rend dans les différents points de vente du livre pour leur proposer de mettre en boutique le livre en question.

TRADUCTEUR Celui qui traduit le texte de la langue originale vers une autre langue.

IMPRIMEUR Celui qui imprime le livre une fois la mise en page finie.

DISTRIBUTEUR Celui qui se rend dans les différents points de vente pour leur apporter le livre à vendre.

LIBRAIRIE Celui qui propose et vend au lecteur le livre.

LECTEUR Celui qui prend plaisir à lire le livre sans forcément se rendre compte de son chemin parcouru pour qu’il arrive entre ses mains.

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STRASBOURG BY WAS / Le livre à Strasbourg

UNE LIBRAIRIE

PAS FAITE QUE POUR LES AMATEURS La Librairie de l’Amateur est un peu comme le décor que l’on peut s’imaginer d’un livre de Boris Vian : un endroit particulier et extra-ordinaire, au fond d’une cour (un vrai coin de paradis) ornée d’arbres et de plantes presque sauvages. Lorsque l’on pousse la porte de la librairie, c’est sur un air de jazz que nous sommes accueilli. téphane Haegeli, le maître des lieux, a hérité de cette librairie de son père qui lui a enseigné le métier. Cela fait désormais vingt ans qu’il entretien un rapport passionné avec ces objets d’art. En apprenant aux côtés de son père, il a su développer quelques qualités et en premier lieu la curiosité à laquelle on ajoute une pincée de culture littéraire et artistique ainsi qu’un soupçon de sens du commerce et on obtient une profession qui peut paraître utopiste. La collection qu’il propose dans sa boutique est le fruit de recherches actives pour dénicher les meilleurs ouvrages à offrir à ses clients : une grande partie de ces livres proviennent de bibliothèques privées. Mais il se rend aussi dans des salles de ventes aux enchères et fait quelques achats chez des « confrères » (principalement parisiens). M. Haegeli part donc à la conquête du livre rare. La Librairie de l’Amateur est spécialisée dans l’achat et la vente de livres anciens, à ne pas confondre avec les livres d’occasion. Ce qui fait la différence c’est la rareté, l’authenticité et la beauté de l’objet livre. Ce métier peut donc s’apparenter à celui d’antiquaire. Elle a la particularité de proposer à ses clients des livres en éditions rares et/ou originales, pour certains illustrés par des artistes, des grands papiers (livres à tirage limité, généralement numérotés, imprimés sur un papier luxueux) ou encore de belles reliures en cuir. On peut aussi y trouver des photographies anciennes. Mais le rayon le plus généreux est celui de la littérature française notamment des éditions originales du 19e et du 20e siècle.

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Certes les clients principaux de ce coin de paradis sont des bibliophiles ou des collectionneurs mais ne vous y méprenez pas, ces livres sont accessibles à tous et on en trouve pour tous les goûts  : de la littérature, de l’histoire, de la géographie, de la religion, des sciences et bien d’autres domaines. Les prix peuvent varier de 15¤ à plusieurs milliers d’euros. Le métier de libraire de livres anciens est relativement différent de celui de libraire traditionnel. Les libraires de livres anciens n’ont pas vraiment à s’inquiéter de l’arrivée du livre numérique ni de se préoccuper de la loi Lang* qui garantit le prix unique du livre. Pour le prix de livres anciens il n’existe pas de côte, le libraire prend donc tout un tas de paramètres en compte pour attribuer un prix à ses livres. Ces prix varient en fonction du prix du marché sur internet sur lequel il faut s’aligner et tient compte des catalogues des autres libraires et ceux des ventes aux enchères. L’importance du texte, sa qualité littéraire, son auteur, la collection du livre, des illustrations s’il y en a et la qualité du papier sont aussi des critères importants pour déterminer le prix du livre. Si vous aussi, vous avez de beaux livres dont vous sousestimez le potentiel dans votre bibliothèque, n’hésitez pas à contacter Stéphane Haegeli qui saura leur redonner une nouvelle vie s’ils le méritent. * La loi Lang de 1981 est une loi instaurant un prix unique du livre en France. Cette loi limite la concurrence sur le prix de vente au public afin de protéger la filière du livre et de développer la lecture.


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STRASBOURG BY WAS / Le livre à Strasbourg

ÉDITIONS JÉRÔME DO BENTZINGER Depuis juin 2010 se trouve une boutique particulière au cœur de Strasbourg, tenue par Jérôme Feuerstein. Il y vend les livres de la maison d’édition familiale « Jérôme Do Bentzinger » basée originairement à Colmar de 1986 à 2005. Outres la possibilité de dénicher des livres d’auteurs de tous horizons et de genres littéraires variés, vous pouvez aussi vous entretenir avec Jérôme Feuerstein et éventuellement lui proposer votre manuscrit dans le but d’être vous aussi un jour publié ! 2 ans et déjà huit années qu’il est à la tête de cette entreprise, Jérôme Feuerstein s’est pris de passion pour le livre tout petit puisque ses parents, avant d’être éditeurs, furent libraires. Selon lui, un éditeur est prioritairement un financier qui fait la promotion, diffuse et vend les livres produits par sa maison d’édition. C’est un métier à double facette : d’une part il y a le côté créatif et d’autre part il y a le côté commercial (il a d’ailleurs fait ses études à ISEG (Institut Supérieur Européen de Gestion). La maison d’édition Jérôme Do Bentzinger évite la ligne éditoriale (ce sont ses mots) et préfère être considérée comme une structure à diffusion nationale c’est pourquoi elle ne publie pas exclusivement des auteurs alsaciens. Cette maison d’édition propose deux types d’ouvrages : des livres pour la vente en librairie et en ligne (Fnac, Amazon, Chapitre …), ainsi que des « livres de famille » qui sont des ouvrages destinés à un public plus restreint et confidentiel, essentiellement

familial comme par exemple des mémoires ou de la poésie. Le catalogue de cet éditeur est complet, comprenant aussi bien des romans, de la littérature jeunesse, de la fiction, des livres d’art, de la poésie, mais aussi des documentaires et des essais. Plus de 450 auteurs et 500 titres sont proposés aux lecteurs ! Toutefois, l’aspect financier étant un aspect primordial, il est déjà arrivé que la maison refuse des coups de cœur littéraires de peur que le livre ne se vende pas. Le livre numérique, une menace ? Lorsqu’on lui demande son avis au sujet du livre numérique, Jérôme Feuerstein ne semble pas du tout inquiet. Il pense qu’il est trop tôt pour que les maisons d’édition de livres papier ne s’en inquiètent réellement. Selon lui, le livre numérique n’est pas encore assez développé. De plus le métier d’éditeur ne viendrait pas à disparaître mais simplement à évoluer puisque même la création d’un e-book nécessite le travail d’un éditeur. Parallèlement à cela, la production d’un livre numérique est aujourd’hui quasiment aussi chère que celle d’un livre papier, il n’y a donc pas vraiment d’intérêt économique pour le moment. Ainsi, la maison d’édition ne souhaite pas se diriger vers l’édition de livres numériques mais a tout de même pour idée de numériser les ouvrages qui ne sont plus disponibles en version papier et qui ne sont malheureusement plus assez demandés par les lecteurs pour qu’ils soient à nouveau imprimés. C’est donc sur un brin d’optimisme que l’on quitte cette maison d’édition en se disant que le livre papier ne vient pas encore à disparaître et a toujours de l’importance pour certaines personnes.

La référence de Jérôme Do Bentzinger « Un caillou dans le paradis » de Marie Bertrand Éditions Jérôme Do Bentzinger (2011)

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Éditions Jérôme Do Bentzinger 27 rue du Fossé des Tanneurs 67 000 Strasbourg www.editeur-livres.com


Les références de Soif de Lire : « Une vie brève » de Michèle Audin Éditions L’Arbalète (2013) « Pêche mortelle à Strasbourg » de Joël Henry Éditions Le Verger (2013)

LA SOIF DE LIRE des écrivains à venir parler de leurs ouvrages, et permet aussi à des clubs de lecture, des associations de partager leur passion. « On rencontre des gens très intéressants, très sympas. » Selon elle, il s’agit de mettre en avant la littérature moderne, celle qui parle du monde dans lequel on vit : « Les gens sont très curieux de ces nouveautés, il y a beaucoup de choses intéressantes qui sortent actuellement, les livres d’auteurs africains, par exemple. »

Prendre le temps. De chercher un livre, le feuilleter, le reposer. D’en trouver un deuxième, d’en lire les premières lignes autour d’un café, et de se rendre compte que c’est LUI le livre qu’il nous faut, celui qu’il nous sera impossible de reposer à peine l’aura-t-on entamé. ’est ce concept que Jennifer a voulu développer dans sa librairie café chaleureuse et conviviale, savamment nommée Soif de Lire. D’abord biologiste, puis intermittente du spectacle, Jennifer a, en 2009, décidé de vivre de sa passion pour les livres en créant une librairie café, rue Finkmatt. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, Soif de Lire n’est pas un simple magasin de livres : « La librairie café, c’est un concept que j’avais découvert en Bretagne ; une sorte de lieu d’échange pour les férus de littérature. Et puis on rajoute les tasses de café, les gâteaux pour que les gens prennent le temps de bien choisir leur livre. Parce qu’un livre qu’on n’aime pas, on ne va pas le terminer. » De temps à autres, Jennifer invite

Elle avoue aussi mettre un point d’honneur à avoir un rapport privilégié avec ses clients. « Je pense qu’il existe un livre adéquat pour chaque personnalité. Mes clients préférés sont ceux qui viennent sans trop savoir ce qu’ils recherchent, j’aime beaucoup pouvoir les guider ; et les revoir, quelques temps plus tard, revenir acheter le même bouquin pour l’offrir à des copains. » C’est ça, pour Jennifer, un bon livre : celui qu’on pourra glisser entre toutes les mains : « Ce sera pour des raisons diverses : il sera inlâchable, il y aura de l’action, il sera bien écrit, on pourra mettre des images sur les personnages, les lieux… Certains bouquins ont cette alchimie presque parfaite… Peste et Choléra, de Deville, pour n’en citer qu’un. Malgré le titre assez décourageant, c’est un roman passionnant que j’ai pu conseiller à de nombreuses personnes. » Alors, lorsqu’on passe la porte de Soif de Lire, on oublie l’éternelle excuse « J’ai pas le temps », et on s’éternise dans cette jolie boutique pour choisir le polar, la BD, le recueil pour enfants ou le roman incontournable de notre bibliothèque perso… Et on n’hésite pas à demander conseil à Jennifer, qui se fera un plaisir de nous aider à trouver le livre parfait pour nous.

Soif de Lire 11 rue Finkmatt 67000 Strasbourg 03 88 24 28 70

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STRASBOURG BY WAS / Le livre à Strasbourg

QUAI

DES BRUMES Sylvie Bernabé nous a ouvert les portes de sa librairie, Quai des Brumes pour nous parler de son métier. C’est quai des bateliers, il y a trente ans que ce lieu agréable a ouvert ses portes grâce à elle et Francis, son époux, associé et libraire. Puis, il y a dix ans, la librairie s’est installée au 120 Grand’rue. ette jolie librairie indépendante met un point d’honneur sur les rapports humains et Sylvie considère ce lieu comme un lieu de rencontres (entre clients et libraires, entres libraires et auteurs, entre clients et auteurs) et de partage. De sa voix douce et son tempérament calme, elle nous met en confiance, on serait même prêt à déballer notre vie et dévoiler toute notre personnalité en se disant qu’elle pourra nous trouver un livre parfait qui pourrait nous correspondre. Quai des Brumes essaie de satisfaire au mieux la demande du client et privilégie le rapport humain. En effet, tous les libraires s’engagent à rédiger des coups de cœurs pour proposer aux clients les livres qu’ils ont particulièrement aimé. Ils sont à l’écoute des clients afin de les emmener vers ce qu’ils veulent mais aussi susciter leur curiosité et les surprendre sans jamais leur imposer des lectures ni même juger celles qu’ils choisissent. Aussi étrange que cela puisse paraître, à la question « conseillezvous des livres qui ne vous ont pas plus », Sylvie nous répond tout naturellement que oui mais cela est normal pour elle et sa troupe de libraires puisqu’ils ne se permettent aucun jugement de valeur à propos des

Quai des Brumes 120 Grand’rue 67000 Strasbourg 03 88 35 32 84

La référence de Quai des Brumes « Bourgeois et Soldats » d’Alfred Döblin Éditions Agone (tome 1 2009) « Quinze Jours en Rouge » de Jacques Fortier Éditions Le Verger (2011)

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préférences littéraires des clients. Sylvie est une femme d’une grande culture possédant une grande curiosité dans une multitude de domaines différents mais ne considère pas pour autant détenir une « vérité ».Elle nous donne une définition d’un libraire en deux mots : « un bon libraire est un libraire attentif et solidement cultivé tant en littérature que dans les autres domaines artistiques (le cinéma, la musique, la photographie, la peinture ...) ». N’hésitez plus, si vous n’avez pas encore choisi le ou les livres qui vous accompagneront cet été, les libraires de Quai des Brumes sauront vous conseiller dans tous les domaines. Pour plus de conseils, vous trouverez Arnaud Vélasquez aux rayons policier et architecture, Sébastien Le Benoist en littérature, théâtre et photographie, Olivier Potronnat aux rayons sciences humaines (philosophie, psychologie, arts) et Samuel Guillon en jeunesse et BD qui seront là pour vous aider.


PETIT PORTRAIT CHINOIS Si j’étais une langue… le français

Si j’étais un écrivain … Colette parce que j’aime son œuvre mais aussi son tempérament. Si j’étais un héros de littérature … La Sanseverina « La chartreuse de Parme » de Stendhal parce qu’elle est une femme libre. Si j’étais un signe de ponctuation… une virgule

ENTRETIEN AVEC SYLVIE Quel est le livre qui vous a marqué enfant ou adolescente qui vous a donné le goût de la lecture ? Quand j’étais jeune, mon père lisait beaucoup et avait un compte dans une grande librairie de Strasbourg, il m’a alors autorisé à m’acheter des livres sur sa note ce qui m’a permis de découvrir une multitude d’auteurs. Je prenais des romans de poche à cinq francs (à une seule étoile), je lisais Colette et pleins d’autres... Le livre qui vous a fait prendre conscience du sens du mot « littérature » ? Marcel Proust avec « À la Recherche du Temps Perdu ». Mon goût particulier pour ce livre nous a même permis de faire une lecture de cette œuvre par deux comédiens dans la librairie. Le livre que vous aimez lire et relire sans vous en lasser ? Je dirais aussi « À la Recherche du Temps Perdu » de Proust parce que ce livre est inépuisable, à chaque lecture on aura l’impression d’y découvrir quelque chose de nouveau ! Par contre je relis assez peu, mon emploi du temps et surtout mon métier ne me laisse pas beaucoup de temps pour re-lire.

Si j’étais un personnage de BD… l’équivalent en fille de « L’homme qui marche » de Taniguchi parce que j’aime flâner et observer les gens, les regarder vivre. Si j’étais un conte de fée… La belle au bois dormant parce que j’aime dormir. Si j’étais une pièce de théâtre… une comédie.

L’auteur dont vous lirez ou avez lu tous les livres ? Il y en a quelques uns comme Patrick Modiano, Françoise Sagan, Marguerite Duras, Claude Pujade-Renaud, Jean Echenoz et d’autres auteurs des Éditions de Minuit.

Je pense aussi que Michel Jullien fait partie de ces jeunes auteurs prometteurs qui a publié au mois de janvier « Esquisse d’un Pendu » aux Éditions Verdier. Pour en citer d’autres : Antoine Choplin, David Vann et Laura Kasischke (auteurs américains).

Le livre que vous n’avez jamais pu finir ? «Ulysse » de James Joyce.

Le livre que vous n’auriez jamais cru aimer ? Un livre de John Williams traduit par Anna Gavalda, « Stoner ».

Le livre que vous recommandez le plus ? « Les Oiseaux » deTarjei Vasaas, (réédité par la maison d’Édition Plein Chant en 2000) un livre qui est paru pour la première fois dans les années cinquante Il ne se passe pas grand chose mais c’est un très beau livre empli d’émotion que mes libraires et moi-même avons l’habitude de conseiller. Le jeune auteur qui vous semble incarner la nouvelle génération littéraire en France ? Il y a Alexis Jenni qui est un auteur très prometteur : dès son premier livre il a remporté le Prix Goncourt en 2011, on attend maintenant avec impatience son second roman. Il y a eu aussi Philippe Claudel que nous avions invité dans notre librairie à la sortie de son premier roman bien qu’il n’était pas encore très reconnu à l’époque mais nous sentions qu’il pouvait incarner cette “nouvelle génération littéraire” en France.

Le livre que vous aimez honteusement ? Je ne m’interdit aucune lecture de ce fait je n’ai aucune honte à lire quoi que se soit. On peut dire que les livres de Françoise Sagan ne sont pas considérés comme des chef d’œuvre de la littérature mais moi j’aime, j’ai d’ailleurs lu tous ses livres et je n’en ai absolument pas honte. Le livre qui vous a fait pleurer ? Je lis énormément et beaucoup de livres m’ont ému mais jamais au point de pleurer. Je me souviens d’avoir lu il y a longtemps « Quoi de neuf sur la guerre » de Robert Bober et je me revois pleurer dans mon lit. Je crois d’ailleurs que c’est le seul qui m’a fait pleurer comme ça.

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RENCONTRES «Une rencontre, même fortuite est toujours un enseignement.» Prenez le temps d’un tête à tête intimiste avec une personnalité ,locale ou non. Entrez dans l’univers des artistes, créateurs, personnalités pour en découvrir l’envers du décor. Une tête connue, un air de déjà vu, WAS Magazine est parti à leur rencontre, de quoi en savoir plus, toujours plus sur eux…

Propos par : WAS Illustration par : Jennifer Lyszyszack


RENCONTRE / Karen Chataîgner

KAREN

L’OPTIMISTE Sur l’affiche de son spectacle « Ça pique » on peut lire « Un one woman show qui pique au vif mais surtout au cœur ». Rencontre avec Karen Chataîgner, emblème de l’humour local.

E

lle est venue à l’écriture de son spectacle par son envie d’être seule sur scène, de se surprendre et se mettre en danger. Issue d’une troupe d’improvisateurs pour laquelle elle était accompagnée par des comédiens et des musiciens, elle a ressenti le besoin d’écrire et de figurer seule sur les planches. Grande gueule selon ses propres propos, elle se met elle-même au défi d’écrire en un an son propre spectacle. Bien que le spectacle évolue et que son écriture soit infinie, elle s’est fixée une deadline pour écrire « Ça pique » : « la vision d’une femme sur les femmes qui aiment les femmes ». Une manière d’interpeller le public avec du sarcasme et de l’ironie sur le cercle vertueux des femmes. La tournée de ce spectacle a débutée en avril 2012. Comme tout spectacle d’humour, « Ça pique » évolue au fil des représentations, du fait de la relation au public mais aussi parce que ce one woman show est influencé par les évolutions de la vie privée, devenant publique, de Karen. Un spectacle d’humour donc, mais pas gratuit ni anodin. Il porte un message, raconte quelque chose de vécu, de personnel, parlant notamment de son père ou du milieu homo.

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« Ça pique », d’actualité politique, ne marque pas le public uniquement de par le fait que Karen fasse son coming out sur scène, aussi ne faut-il pas réduire le corps de ce spectacle au simple fait qu’il s’agisse d’une femme homosexuelle parlant de femmes homosexuelles. Il est question d’un véritable spectacle d’humour pour tout un chacun. Joué notamment à la Victoire et à la Salamandre, « Ça pique » s’en va tourner courant Juillet à Marseille dans le cadre de l’Europride (du 10 au 20 juillet). En août « c’est sexe et soleil » selon les propos de Karen avant un retour à Strasbourg en septembre, suivi de la Belgique et Toulouse en octobre ! Durant cette rencontre, la personnalité de Karen nous a marquée, juste comme à la scène, elle n’a pas besoin d’en faire trop, elle est sincère et elle même. C’est sans doute ce qui crée cette proximité que l’on ressent lorsqu’on assiste à son spectacle. Elle donne vite l’impression qu’on a affaire à une amie qui raconte une anecdote lors d’un dîner intime. « Ça pique » est frais, loin du déjà vu et sacrément efficace. C’est aussi le défi de casser les stéréotypes et les idées reçues : « elle est lesbienne, elle se drogue, etc... »

En parallèle, elle fait sa chronique hebdomadaire chez RBS depuis janvier et des caméras cachées avec 17:22 films. Elle a également envoyé une vidéo d’elle faisant la danse de l’épaule à Cyril Hanouna. Débordante d’énergie et d’imagination, elle creuse des espaces de créativité et nourrit son écriture absurde de détails, décalant la réalité, la modifiant, la caricaturant. On sent très vite qu’elle s’amuse tout en prenant son métier très au sérieux, poussée par le trac, elle a le souffle court avant de monter sur scène (pour la petite anecdote, elle a même arrêté de fumer et s’est mise à la course à pieds). Elle a adapté son rythme de vie aux exigences d’un métier qui lui est apparu comme une évidence. Elle fait également de la formation par le théâtre en entreprise avec DC training, société qu’elle a montée il y a 7 ans, aidant à gérer les rapports dans les milieux professionnels. Malgré l’envol de sa carrière, elle continue à faire des formations pour rester en contact avec les gens, sans doute sa principale source d’imagination !


« Ça pique » en Juillet à Marseille, en Septembre à Strasbourg et en Octobre en Belgique et à Toulouse

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RENCONTRE / Climax - web série

Propos par : WAS Photos par : Climax

Retrouvez tous les épisodes : Haute voltige - Esprit criminel -

[CLIMAX] LA WEBSÉRIE DÉJANTÉE

Fight club - Manimal - Reservoir dogs - Klassny Myuzikl - Conta sur leur chaîne Youtube :

Le climax, c’est l’apogée, le firmament de l’oignon, la clé du tout, la cerise... C’est partant de cette idée que la fine équipe de Climax décide de créer une série éponyme, au format court et impactant. Le cadre paraît simple, deux collègues de bureaux totalement barrés sont au travail, quand soudain... La série commence toujours par son propre climax, puis le spectateur est amené à comprendre ce qui a mené à cette scène d’ouverture. Lorsqu’on connait les talents d’impro des acteurs et leur humour décalé, on est à peine surpris du résultat des épisodes. Plongée dans l’univers déluré de Climax...

L

e projet a vu le jour en mars 2013 (l’idée s’est tout bonnement faite en début de semaine et le tournage en fin de cette même semaine). On compte aujourd’hui huit épisodes mais ne vous inquiétez pas, trois autres épisodes sont prévu pour cette saison 1 !

la barre est haute pour satisfaire un public assailli de vidéos en tous genres. Il faut donc travailler le texte, car le format impose un rythme et une écriture d’orfèvre permettant d’entrer directement dans le vif du sujet. Les personnages Nico et Baptiste (joués par Hugo et Fabien) nous ouvrent donc les portes de leur bureau au moment ou tout bascule, souvent dans l’absurde.

Les objectifs étaient et sont toujours de faire une série en se faisant plaisir et en faisant plaisir aux « webspectateurs ». Tout en étant faite très sérieusement, Climax permet d’être pour toute l’équipe un entraînement de leurs professions puisqu’ils ne faut pas l’oublier, c’est tout juste si à eux quatre ils dépassent les cent ans. Entre professionnels de l’image, de la communication, de l’improvisation et de l’humour, ce groupe de potes un peu déjantés nous concocte la série humoristique strasbourgeoise aux petits oignons.

On a beau retrouver dans les épisodes une bande de potes qui s’amusent, s’agitent sous l’écriture du scénario par Hugo et Fabien, colocataires et partageant la même passion et la même profession, on retrouve dans Climax le professionnalisme et la justesse exigés pour obtenir une place de choix dans la multitude de vidéos sur internet. On sent l’écriture précise, le jeu juste, l’humour tout simplement parfait. Une bien bonne série qui a déjà fait le buzz et qui n’est pas prête de s’arrêter là !

On y retrouve des têtes bien connues des strasbourgeois adeptes de l’humour et du court-métrage, avec des acteurs comme Fabien et Hugo, qui voguent entre tournages de pubs et courts. Ces deux-là mettent leur savoir-faire et leur bonne humeur au service d’une série brève et généreuse, sans prétention mais appliquée. Avec des épisodes d’une à deux minutes,

L’équipe de Climax se compose de potes, qui avaient avant tout envie de prendre du plaisir en créant quelque chose de nouveau et de drôle. Climax les dépasse peut-être même à leur plus grande surprise de par son succès. Soutenez-les en visionnant les épisodes, en partageant vos impressions, afin que la saison 2 ne tarde pas trop !

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L’équipe des déjantés Tim Rigaud : 25 ans. Réalisateur de la série. Il est le co-fondateur de l’agence de communication Nocomend. Hugo Roth : 23 ans. Son intérêt pour l’interprétation lui a permis d’acquérir une palette de personnages divers et variés. Il est aujourd’hui à la fois comédien, auteur, compositeur, interprète, voix off, improvisateur. Il est également comédien au sein de la compagnie Mémoires Vives. Fabien Fuhrmann : 26 ans. Comédien et acteur visuel, il aime privilégier l’image à la parole, il suit diverses formations de clowns et travaux dramatiques. Amoureux de la scène, il est toujours à la recherche de nouveaux concepts de spectacles. Il est également membre de la compagnie du Théâtre de l’Oignon. Fred Ancel : créateur de la B.O de la série, sound designer et musicien (bassiste, guitariste, beat maker), il est également compositeur chez Drimteam.

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RENCONTRE / Deep & Tech

Propos par : Odile Breffa Photos par : Vincent Muller

DEEP & TECH NOTRE SON QUOTIDIEN

Un trio de Strasbourgeois passionnés par la musique s’est lancé depuis novembre 2012 dans un projet musical prônant plaisir et partage : Deep & Tech ! Site internet de découvertes musicales à tendance électronique dont vous en avez peut-être déjà entendu parler sur les réseaux sociaux. De Detroit à Berlin faisons une petite escale par deepandtech.com, rencontre autour d’une bière avec les créateurs. WAS : Deep & Tech, qu’est-ce que c’est ? Octobre 2012, lendemain de soirée à Berlin : le projet de créer un blog musical est évoqué pour la première fois. En rentrant à Strasbourg, nous étions un peu nostalgiques des grosses soirées que nous avions passées là-bas. Nous avions donc à la fois la volonté de rester dans cet univers et surtout, de le partager. En fait, c’est à force de s’échanger du son que nous nous sommes dit : pourquoi ne pas le partager à tout le monde ? Deep & Tech c’est comme un blog, chaque jour vous trouverez un son commenté et chaque semaine une mixtape faite maison. On peut tout autant trouver de la deep house, de la tech house, de la minimal que de la techno ; mais aussi de l’indie dance ou encore de la nu disco, des styles en pleine émergence. Pour nous c’est un moyen de partager nos coups de cœur et nos découvertes musicales. Nous n’avons pas le désir d’être reconnus en tant que bloggers. Nous ne sommes pas non plus des journalistes qui appliquent une ligne éditoriale. Si on pouvait qualifier notre site, ce serait une sorte de « journal intime sonore ». Chaque son est accompagné d’une description que nous rédigeons nous-mêmes en apportant nos connaissances, il n’y a pas de copié/collé. À l’origine le site a été créé pour partager et communiquer sur la musique. Nous pensions que cela ne dépasserait pas le cadre de notre entourage et ce n’était même pas le but de toute manière. À notre grande surprise, le concept a suscité de l’engouement. À ce jour notre « robinet musical » a cumulé plus de 18 000 visites

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depuis le lancement, on ne s’y attendait pas ! Nous n’avons pas l’ambition de gagner de l’argent avec notre projet, c’est simplement l’envie de promouvoir des artistes et des labels en parlant d’eux parce qu’ils nous plaisent ! Depuis, certains nous envoient même leurs nouveautés. Nous avons créé des liens et nous aimons ce contact direct avec les artistes et les professionnels du milieu. Ainsi notre blog a pu contribuer à faire découvrir des artistes avant qu’ils explosent, notamment l’artiste allemand Peer Kusiv ou encore le jeune danois Notize. Deep & Tech c’est aussi des soirées pour partager notre sélection en live avec les Strasbourgeois. La première édition a eu lieu à l’Elastic Bar en mars dernier et nous réfléchissons déjà aux prochaines. WAS : Présentez-vous rapidement ? Deep & Tech c’est donc 3 copains réunis par la même passion : la musique (et le noctambulisme aussi). Il y a DV RD, le DJ du trio (anciennement Divee), actif depuis 10 ans sur les différentes scènes Strasbourgeoises et Bâloises. Il apporte un côté technique à notre blog de par son passé de DJ, des sons plutôt “dancefloor” qui font bouger. Thib’s, un noctambule de la première heure qui apporte sa touche mélodique et Kreaz, un passionné de street art qui apporte une touche plus déstructurée. L’addition de nos 3 personnalités différentes fait la valeur ajoutée de Deep & Tech, nous n’avons pas les mêmes sources mais nous sommes complémentaires.


WAS : Qu’est-ce qui vous démarque des autres ? Tout d’abord notre concept est simple : 1 son par jour, 1 mixtape par semaine sur un site au design minimaliste, sans complexes. Le son se lance une fois qu’on arrive sur la page, on lit pendant qu’on écoute et on découvre. Les descriptions rédigées par nos soins sont exclusives, vous trouverez aussi bien des informations sur les artistes, les labels ou les courants mais pas que ! Par exemple le track « Asaf Avidan & The Mojos – One Day / Reckoning Song (Wankelmut Remix) » a été publié sur notre blog dans le but d’apporter son origine, une information différente que les internautes ont recherchée et ont pu trouver sur notre site. Nous ne voulions pas faire découvrir le morceau que tout le monde a pu entendre, mais bien expliquer que ce que vous entendez chaque jour à la radio est un remix, et qu’avant cela il y avait une version originale. De plus nous écoutons beaucoup de sons avant d’en poster, le blog contient ainsi une sélection longuement travaillée en amont. Nous ne nous revendiquons pas bible ni bibliothèque de la musique électronique. Simplement des mecs qui cherchent à faire plaisir sans se la raconter et surtout à mettre des artistes en avant. On poste toujours un visuel du cover, un lien vers l’artiste et le label pour donner des sources mais aussi des influences aux internautes qui vont découvrir d’autres sons à leur tour : mettre un lien c’est aussi rendre hommage au travail qui a été fait et encourager le téléchargement légal.

Le passé DJ de DV RD ouvre les portes de l’organisation de soirées. Après tout ce n’est pas une fin en soi mais cela permet de partager avec le public d’une autre manière qu’avec l’interface ordinateur. Et vu l’audience, on a envie d’aller plus loin ! WAS : Quel est votre objectif ? En premier lieu c’est le partage musical mais au-delà c’est l’envie de sortir cette musique des idées reçues. Elle est en effet vue comme difficile d’accès pour les non-initiés. Nous ne voulons pas démocratiser le genre mais plutôt apporter des pistes de recherche afin de le découvrir. Aujourd’hui Deep & Tech nous permet de tisser un réseau de passionnés qui a la particularité d’être assez participatif. Effectivement on nous envoie du son que nous prenons toujours le temps d’écouter et de partager si cela nous plaît. Dans l’autre sens, les artistes ou labels parlent des articles qu’on leur consacre comme Délicieuse Musique ou encore THC Montpellier.. On apprécie vraiment d’être au contact des acteurs du milieu, ce qui permet également de donner un appui à notre projet. Le prochain objectif concret est l’organisation d’une grosse soirée sur Strasbourg qui aura pour but d’attirer les noctambules Strasbourgeois sur un panel assez large puisque nous le savons, le milieu underground est plus ou moins fermé sur lui-même. Des associations strasbourgeoises en place d’ailleurs depuis un

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RENCONTRE / Deep & Tech

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moment font déjà d’ excellentes soirées auxquelles nous allons, mais si nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice et créer une cinétique intéressante qui peut faire monter Strasbourg, nous le ferons. Bâle est, pour nous, l’exemple à suivre. WAS : D’où tirez-vous ces influences musicales ? Tous les vieux CD accumulés, les blogs, les découvertes sur internet et autres nous font rebondir sur d’autres sources qui nous font découvrir d’autres artistes et labels et ainsi de suite. Nous avons toujours écouté de la musique électronique mais pas seulement, nous avons beaucoup d’influences différentes et c’est ce qui fait la richesse de notre sélection. Nous sommes au même moment tombés tous les trois sur la deep house et la tech house. Un style que nous jugeons plus mature mais surtout moins accessible du coup il faut sans cesse partir en « quête musicale » pour satisfaire ses oreilles. Les labels qu’on apprécie : Stil vor talent, Grain music, Dantze, Life And Death, Suara, Dirtybird, Kitball Records, Light My Fire, Parquet Recordings, Kompakt, Der Turnbeutel… WAS : Avez-vous des projets pour la suite ? Nous souhaitons faire évoluer le site en améliorant son ergonomie, qu’il soit plus agréable à utiliser notamment mais aussi créer une association et avoir ainsi un cadre plus sérieux pour organiser les soirées. WAS : Quels endroits recommandez-vous pour sortir ? Strasbourg : Rafiot Club, Living Room, Mood Club, Elastic Bar, Studio Saglio. Et ailleurs : Nordstern, Borderline, Das Schiff (Bâle)/ Trésor, Kater Holzig, Suicide Circus, Berghain (Berlin) Nous aimons voyager dans des grandes villes urbaines, c’est là que nous trouvons les meilleurs plans pour sortir. Voyager pour la musique est un plaisir commun et partagé. Berlin, Londres ou encore Barcelone sont de très bons souvenirs. WAS : Un son à partager là tout de suite pour les lecteurs de WAS Magazine ? DV RD : Friend Within – The Relate Thib’s : Oliver Koletzki ft Fran – Hypnotized Kreaz : Compuphonic – Sunset Blog : deepandtech.com Facebook : www.facebook.com/deepandtech01 Twitter : twitter.com/deepandtech Retrouvez tous leurs mix sur Soundcloud : soundcloud.com/deepandtechmusic/tracks

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RENCONTRE / Wax Tailor

Propos par : Marie Meyer-Bisch Photo par : Vincent Muller

WAX TAILOR

JETTE DES SONS SUR LA TOILE Le 27 avril au festival des Artefacts 2013 Wax Tailor partagea son dernier album : Dusty Rainbow from the Dark avec la scène strasbourgeoise. Entretien avec lui afin d’en savoir plus sur son rapport à la création. WAS : Quel était votre rapport à la musique avant d’être une star du trip-hop et de l’électro baroque ? W.T. : Je suis un amateur de musique depuis très longtemps et avant tout un passionné. Aujourd’hui on me qualifie de « pro », mais on devient un professionnel quand on se lève le lundi matin pour aller faire de la musique. C’est tout. Sinon je n’ai pas suivi de formation musicale académique et ma règle d’or est de garder cette musique instinctive. Toujours conserver un rapport à l’oreille. Mais j’avoue que pour travailler c’est parfois handicapant. WAS : Quel est votre univers de composition ? W.T. : J’aime absorber la musique tel un plasticien qui voudrait jeter des sons sur une toile dont les bruits organisés forment à la fin une énorme toile. Pour mon dernier album, j’avais comme point de départ une grande collection de vinyles, c’est la matière de base à laquelle j’ai extirpé des sons pour fabriquer des instruments. Il y a des notes à droite à gauche mais pas d’instruments de composition. En un mot je me demande : comment avec trois bouts de ficelle, je peux créer un orchestre ? WAS : Au fil des morceaux on écoute l’histoire fantastique d’un petit garçon des années 60 au milieu de ses vinyles, et on se laisse guider par les tonalités colorées de cet imaginaire d’enfant si subtil. W.T. : « Il y a des éléments introspectifs dans ce conte, la mélancolie par exemple. L’enfant a le droit d’être mélancolique.

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Aujourd’hui on cherche toujours la détente et le plaisir, mais l’être se construit avec une palette de sentiments, on savoure les instants de bonheur aussi parce qu’on a connu la tristesse »   WAS : De cet album conceptuel, vous désirez que la musique soit un moteur de l’imaginaire au quotidien. Chacun peut s’identifier selon son état d’âme dans une musique qui est universelle. W.T. : « Exactement, finalement cet art est très intrusif, car des personnes associent la musique à des moments de leur vie. C’est troublant de se dire : ma compo fait partie de la vie d’inconnus… » WAS : Qu’est ce que cette magie ? W.T. : C’est le pouvoir d’évocation de la musique. « Ask me what I want/And I tell you I don’t know/Just travelling through life/ And now it’s time to go ». Vous sentez l’arc-en-ciel naître dans votre imaginaire, vous sentez les vibrations du trip-hop psychédélique ? Alors vous ne serez pas déçu, Wax Tailor est toujours ravi d’enflammer la scène de notre ville chérie « Strasbourg m’a gâté à mon deuxième passage, le public était vraiment mortel ! » C’est un secret, mais il a un petit faible pour la Laiterie… chut ! Now, one trip ! The travelling musical ! Trépignez, gigotez et chantonnez avec vos écouteurs, un bon WAS mag entre les mains et votre patience sera doublée.


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LITTÉRATURE Le retour tant attendu de notre cher Éric Genetet au sein de nos pages nous ravi ! Avec le succès de son dernier roman «Et n’attendre personne» il place la culture strasbourgeoise au rang d’élite littéraire. retrouvez votre chère WASine et plongez dans le Strasbourg d’écrivain d’Éric !

Propos par : WAS Illustration par : Jennifer Lyszyszack


LITTÉRATURE / Strasbourg d’écrivain

ERIC GENETET La rédaction vous propose de découvrir l’univers d’Éric Genetet, son Strasbourg d’écrivain. Quatre lieux qui ont marqué ses livres et sa vie. Promenade en tête à tête avec Éric Genetet... Propos par : WAS / Éric Genetet Photos par : Ophélie Longuépée

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l nous a fait l’honneur de rencontrer sa WASine depuis le numéro 0 de WAS Magazine. Quand il n’y avait rien, il a accepté de se lancer dans ce projet qu’était le lancement d’une presse culturelle différente. Entre temps, il y a eu la parution de « Et n’attendre personne ». Bouleversant de ces petites choses de la vie, de souvenirs, d’instants. Puis la réédition de « Solo » récemment. Si on lit Éric Genetet c’est parce que ses livres laissent une empreinte sur nos vies. On se promène, on mange, on vit et soudain une phrase, un mot, une madeleine de Proust et son roman prend tout son sens. À la station essence, on fait le plein et ce sont les pages de « Et n’attendre personne » qui apparaissent.

Place Broglie Café de l’Opéra

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Vieux Marché aux Poissons

36 rue du

Strasbourg, ville romantique. Dans mon 1er roman, je ne citais pas Strasbourg, me disant bêtement que je ne pourrais jamais faire rêver les lecteurs de Brest, Nantes ou Bordeaux, mais je me trompais. Cette ville, que Philippe Claudel a merveilleusement filmée dans « Tous les soleils », est « la ville la plus romantique du monde » pour mes héros, au moment de leur rencontre. Isabella habite cet immeuble où vécut Goethe, le temps de son passage à Strasbourg et de son histoire d’amour avec Friederike Brion, la fille du pasteur de Sessenheim.

Extrait de « Et n’attendre personne » le lendemain matin, en sortant de chez Isabella, qui habitait pas loin de la cathédrale, au 36 de la rue du Vieux-Marché-auxPoissons, je remarquai une plaque sur la façade. Elle indiquait la présence de Gœthe à cette adresse, de 1770 à 1771. Strasbourg était la ville la plus romantique du monde. Cet été-là, les températures furent caniculaires, nos corps s’enlacèrent dans la moiteur d’un petit Paris du grand Est, notre Ville lumière. J’annulai New York, mon premier voyage en solitaire, pour rester avec Isabella, définitivement. J’avais rencontré celle que j’attendais. Elle était l’espoir qui détraquait la grisaille, un vertige éblouissant. Du sens dans la mécanique obscure de l’amour.

Mon café préféré. Depuis plus de vingt ans, c’est ma cantine et parfois mon bureau. Avec le nombre d’expressos et de thés que j’ai bus dans cet endroit, je pourrais presque racheter le fond. Ici, j’ai beaucoup écrit et corrigé « Et n’attendre personne ». C’est le lieu central de mon quartier à Strasbourg, je m’y sens comme chez moi, son ambiance et ses plafonds hauts dans lesquels mon esprit s’évade, sont des sources d’inspiration. Il m’arrive d’y passer l’après-midi, comme dans une bulle, à naviguer entre la réalité et ma fantaisie. Le café de l’Opéra est présent dans mon premier et mon troisième roman.

Extrait de « Solo » : … je serai au premier rang au Teatro La Fenice de Venise, je serai fier de ma femme quand le public demandera un bis. Nous irons revoir tous les films de Chaplin et Wenders. Nous ferons un bébé. Vous me parlerez de Dharamsala. Je serai là où vous ne m’attendez pas. Je ne serai plus jamais perdu devant la réalité de l’amour. Je me lèverai la nuit pour nous regarder dormir, j’ai lu votre mot, le présent, ça vous va ? Depuis ce rendez-vous à l’Opéra, je vis sur la planète Jane, mais j’ai un peu peur de me réveiller et qu’un crocodile me dise que la fille avec qui j’ai pris un verre n’existe pas. J’ai appelé une quinzaine de fois. Répondeur. Pas de message.

Extrait de « Et n’attendre personne » … Le jour déclinait. J’avais passé une journée compliquée. Besoin d’un verre. J’entrai à l’Opéra avec le vent de l’hiver. Des fragments de neige en suspension ne fondaient pas malgré le contact avec l’air chaud à l’intérieur du bar. Je soufflai dans mes mains pour me réchauffer. Derrière son comptoir, Mlle Françoise cherchait sur son iPhone un morceau à écouter. Nous échangeâmes des formules de politesse : — Ça va, Alberto ? — Ça va bien, merci. Et toi ? Il rétorqua : — Beaucoup mieux, c’est ce que dit mon mec, qui a de vagues compétences dans le domaine. Il avait toujours le mot pour rire, le patron. Je commandai du vin et feuilletai Les Dernières Infos, en commençant par la fin. — Nat King Cole, c’était le plus grand, j’adore cette chanson… C’est dingue ce temps, tu ne trouves pas ? me demanda Mlle Françoise. Je ne répondis pas à sa question. Il fit comme s’il ne l’avait pas posée.

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LITTÉRATURE / Strasbourg d’écrivain

Place du marché Gayot

L’endroit préféré de Clara et Antoine dans « SOLO » mon premier roman. Je l’avais rebaptisé « la Place des Artistes ». Ici, l’été, les souvenirs s’impriment dans les cerveaux comme les mots dans les livres.

Extraits de « Et n’attendre personne » J’avais croisé Benjamin plusieurs fois dans l’escalier, avant qu’il me propose de prendre un verre place du marché Gayot, histoire d’enterrer notre altercation de l’autre jour. Nous parlâmes de tout, sauf d’Isabella et de notre amitié, ce n’était pas la peine. Se retrouver, boire des coups ensemble suffisait, les mots étaient inutiles. Un orage surprit les clients des terrasses. En s’écrasant sur le sol, la pluie forma des petits torrents entre les pavés. Des bulles s’y baladaient, puis explosaient. L’eau dégoulinait de partout. Après quinze minutes, tout s’arrêta. Nous étions trempés, nous ressemblions à des épouvantails plantés là pour effrayer les grenouilles. La sirène des pompiers hurla sur les quais voisins. Les gens ressortaient des cafés, épongeaient les chaises avec des mouchoirs et des serviettes en papier puis s’installaient très exactement à la même place. Le bar diffusait le dernier album de Luz Casal, il donnait à l’espace une ambiance ibérique qui lui allait bien, une ambiance que Manuel et Isabella aimaient tant. Extraits de « Solo » Dès les premières douceurs du mois de juin, des groupes de musiciens, des peintres, des étudiants, des citoyens du cosmos, se donnent rendez-vous place des Artistes autour des marronniers. Je viens chaque jour boire des cafés. Place des artistes, tout le monde connaît Bill, un vieil homme marqué par ses nuits d’alcool. J’entretiens avec lui une sorte de relation filiale. Bill, mon Buffalo me raconte les histoires de sa vie avec une passion débordante ; ne sachant jamais s’il me dit la vérité ou s’il est victime de son imagination flamboyante, je les oublie aussitôt.

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Lors de leur première rencontre, les personnages de « Et n’attendre personne » se promènent de la place Broglie à l’Orangerie en passant par le quai des pêcheurs. Un endroit si romantique, avec l’Esca au fond et les terrasses des péniches devant le jet d’eau de l’Ill. J’imagine que les héros de mon troisième roman ont pris conscience de leurs sentiments ici. Avant de s’embrasser un peu plus loin.

Extrait de « Et n’attendre personne »

Quai des pêcheurs

En marchant du quai des Pêcheurs à l’Orangerie, ce qui fait beaucoup plus que quelques pas, je me jurai qu’un jour je l’emmènerais dîner au Buerehiesel, le restaurant chic au milieu des arbres du parc. Elle me parla d’elle, de sa vie à Strasbourg, de son métier d’animatrice à la radio. Moi, rien, pas un mot, j’avais peur de dire des conneries. Je l’écoutai. Et immortalisai les prémices de notre histoire. Trente-six poses, mise au point automatique, « le paradis », d’après le mot de Goethe qui avait pourtant renoncé au mariage avec son amour de jeunesse, la fille du pasteur de Sessenheim.


LITTÉRATURE / Ma WASine

Propos par : Eric Genetet Photo par : Ophélie Longuépée

MA WASINE

«

Quel temps de merde » m’a envoyé ma Wasine un jour de printemps qui ne ressemblait à rien. Strasbourg était aussi déprimante qu’une fête foraine qui remballe, et ça c’est pire que tout. La sinistrose faisait son œuvre dans mon univers impitoyable, j’étais las d’être là, sous les nuages provocants du ciel lourd. Entre le temps qu’il ne faisait pas et le spectacle obscène de la politique qui ne valait pas mieux que le tristement célèbre « allo quoi » de Nabila, le dernier Almodovar n’avait pas réussît à m’arracher un sourire durable, ou un peu de chaleur dans l’âme. Il fallait que je vide mon Cahusac, que je vende un tableau dare-dare avant que sa côte ne se désagrège dans l’atmosphère, que je trouve du sable fin, un vol pour le soleil, ou mieux encore, que je retrouve ma Wasine. Tel un poète des temps modernes, j’ai dit « Quel temps de merde, t’as raison » lorsque j’ai passé le pas de sa porte. J’ai toujours détesté la poésie et les humeurs du ciel. Là-dessus, on est raccord, ma Wasine et moi, comme une borne et un Iphone. J’ai placé le mien sur la sienne pour écouter le dernier Daft Punk. Avec l’application stroboscope en plus, elle a dansé. Après, elle a crié, crié, qu’elle avait trop de peine : « Quand il fait moche si longtemps, on s’engueule avec la terre entière, avec son mec, ses parents ou ses mômes. » J’ai crié, crié aussi que j’étais d’accord. Puis il a plu, sur cette plage. Elle a avalé le thé au jasmin que je lui avais préparé avec amitié, à défaut d’amour. On est passé chez Christophe, notre nouveau Wasin du premier. On est resté at homo sweet homme. À plusieurs c’est mieux pour parler du beau temps. J’ai demandé à notre Wasin pourquoi il

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avait des cicatrices sur la figure. Il m’a répondu que c’était sans doute à cause de la météo, que des gens cassaient de l’homo en plein centre-ville en ce moment, qu’il ne faisait pas bon mettre un homme dans la main d’un autre homme dehors. Ma Wasine était super Venner et toujours raccord, comme une bague au doigt à Notre-Dame. On a parlé du mariage pour tous, elle s’est réjouie en disant que ça fait toujours du bien quand des humains gagnent un peu plus de liberté. Elle a remis Daft Punk sur la borne du Wasin, elle a redansé, re-crié, crié qu’elle avait trop de peine, que, quand elle était petite, la France était la patrie de la tolérance, des droits de l’Homme. « Liberté, égalité, fraternité, mon frère », elle a fait en serrant les poings. Elle a tiré sur sa cigarette et ajouté calmement, sans précipitation, que dans les autres pays proches de nous, la mesure était passée comme un petit gode dans un trou du cul, parce que le mariage entre personnes de même sexe n’enlève rien aux autres. Alors, pourquoi tant de ressentiments ? Avec le temps qu’il a fait pendant toute la période des délibérations à l’Assemblée et même après, il ne manquerait plus que ce soit le ciel qui nous ait punis de nos idées répugnantes d’égalité. Comme disait Youri Gagarine, « nous sommes tous des Smarties ». C’est ça, ou on reste dans sa boite, ou on se fait bouffer. Il existe néanmoins une autre possibilité : le ciel nous a fait payer bonbon les pluies acides des disciples de Frigide Barjot, qui font certainement « l’amour avec deux doigts » comme elle le chante si joliment. Sans bague ? Sans blague ! Pour être clair, avec deux ou vingt-cinq doigts, à deux ou à vingt-cinq, ça ne nous

intéresse pas vraiment, chacun fait ce qu’il veut avec ses confiseries. On a sonné, c’était Aline et Aline, un couple de Wasines, des copines de notre nouveau Wasin. Malgré les trombes d’eau qui s’abattaient, elles avaient l’air heureuses. La date de leur mariage était fixée, un crime de lesbienne majesté nous diront les opposants, comme si leurs comportements étaient proches de la perfection. Ma Wasine était remontée comme une pendule de Foucault contre ceux qui empêchent le monde des homos de tourner en rond :  « Des parents hétéros qui sont incapables d’aimer leurs enfants, ça existe, qui sont incapables de leur parler, qui frappent, crient chaque jour pour faire passer leurs nerfs de la guerre, ça aussi ça existe, comme un homme politique hétéro qui ment a ses enfants sur l’existence d’un compte en Suisse, ça existe un mari qui trompe sa femme pendant plus de vingt ans et qui parade en vacances en jouant au couple parfait devant leur progéniture. D’autres font régner la terreur dans leurs foyers, ça existe aussi, y’en même de beaux spécimens donneurs de leçons qui ont défilé derrière madame Barjot. Il y a des gens très bien, des Smarties de toutes les couleurs, homos, qui sauront donner ce qu’il faut à leurs enfants pour qu’ils démarrent dans la vie avec l’ambition d’aider leur prochain, l’envie de se lever chaque matin avec le besoin de construire un monde meilleur, l’envie de ne pas moutonner, l’envie d’aimer ». Ce sera eux, dès demain…  Dehors, il y eut une éclaircie entre deux averses : « Une balade main dans la main, ça te tente » m’a demandé ma Wasine. J’ai dessiné, sur le sable, son doux visage. On a marché des heures, personne ne nous a agressés. Douce France.


Éric Genetet. Auteur de : « Et n’attendre personne » 2013, Éditions Héloïse d’Ormesson. « Solo » juin 2a013 Le Verger Éditeur. « Le fiancé de la lune » 2008, Éditions Héloïse d’Ormesson.


LITTÉRATURE / Nicolas Wild

Propos par : Marie Meyer-Bisch Photo par : Vincent Muller

NICOLAS WILD ET LE

ZOROASTRISME « Le zoroastrisme est l’une des plus anciennes religions monothéistes du monde, Ahura Mazdâ en est le Dieu, le grand architecte de la mise en ordre du Chaos initial, le créateur du ciel et de la terre. Zarathoustra était son prophète et le créateur de la religion. » (extrait de Ainsi se tut Zarathoustra)

C

omment voyager sans bouger un orteil de son canapé ? Ou comment suivre l’actualité internationale sans allumer son ordi ? Ou encore, comment craner en société avec des noms compliqués comme : Zarathoustra ? La solution est simple, suivre des yeux Nicolas aux lunettes parcourant les pages de son album Ainsi se tut Zarathoustra. L’histoire… C’est celle de Nicolas, en voyage en Iran avec des amis. Il y découvre la vie mystérieuse de Cyrus Yazdani, un grand personnage de la culture Zoroastrienne. Humaniste et militant pour les siens, il a payé de sa vie : il a été assassiné en 2006… Avec humour nous parcourons le chemin du dessinateur qui n’a pas froid aux yeux et nous guide aisément entre imaginaire et réel. WAS : Comment dénichez-vous vos sujets ? Nicolas Wild : C’est un peu à l’intuition, parce que je voyage pas mal. J’ai comme un radar pour détecter si, ce que je vois peut être un projet ou pas. Je ne voyage pas forcément dans des parties du monde où il pourrait y avoir un sujet. Je fais un peu le programme à l’envers. Je ne suis pas dans une démarche journalistique. J’ai fait le voyage en Iran avec des amis, pour l’inauguration d’un centre culturel et je ne pensais pas encore à un sujet. Et par rapport au Zoroastrisme, je me suis dit que là il y a quelque chose de vraiment intéressant jamais traité en bande dessinée. WAS : Que représente le Zoroastrisme pour vous ? N.W : Le Zoroastrisme et Zarathoustra en particulier c’est quelque chose qui a beaucoup compté dans l’histoire de l’humanité, le signe de l’aigle que l’on retrouve partout… Il s’agit d’une religion assez indulgente et humaniste. C’est assez marrant de voir dans un même pays ces deux religions si différentes se côtoyer. 

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WAS : Une bande dessinée autobiographique, vous en êtes le héros, ce n’est pas incroyable ? N.W : C’est très dans l’air du temps. J’ai commencé à faire la BD biographique en 2004 quand j’étais avec « Boulet » qui a un blog BD. À l’époque je racontais des petites anecdotes de la vie en colocation à Paris sous forme de BD où je me suis mis en scène, c’était la première fois. C’est à cette époque que j’ai trouvé un boulot en Afghanistan et j’ai poursuivi ce mode de fonctionnement. WAS : Vous traitez le sujet de la culture Iranienne avec beaucoup d’humour. Pourquoi ? N.W : Il y a toujours de l’humour dans mes BD parce que j’aime bien raconter des histoires drôles. Et puis la situation de l’Iran est suffisamment tragique comme ça. J’écris les histoires que j’aimerais bien lire, tout simplement. WAS : Parlez-nous un peu de la réalisation de Ainsi se tut Zarathoustra. N.W : J’ai passé un mois en Iran mais il m’a fallu trois ans pour écrire la BD. J’ai fais des recherches en France, j’ai rencontré plein de personnes. Mais il y a un moment où je me suis dit « allez on arrête c’est fini ! » Si l’album n’avait pas déjà été édité, je serais encore en train de rajouter des choses. C’est comme un tableau, au bout d’un moment il faut le rendre. Après il faut travailler la structure du livre pour créer sa symphonie. En ajoutant et en enlevant, au bout d’un moment il sonne juste. …Pour la trame, je mets par terre toutes les anecdotes et scènes que j’ai dessiné et puis je cherche comment les assembler. J’aime beaucoup ce travail de la BD, parce qu’on ne sait pas trop où l’on va puis on se laisse guider. »


WAS : Auriez-vous une petite anecdote inédite de voyageur à nous confier ? N.W : Quand on est arrivé dans une ville en Iran on était cinq et on n’avait pas réservé d’hôtel, c’était les vacances iraniennes. C’était une ville touristique et il y avait beaucoup de monde. On prend un taxi et on fait le tour des hôtels... pleins. Et j’ai dit pour rire au chauffeur : « Si on ne trouve pas d’hôtel on ira dormir chez toi ! » Ensuite on continue à chercher dans un camping, et de retour dans le taxi, le chauffeur nous dit : « oui c’est bon j’ai prévenu ma femme ». Je lui ai dit que c’était une blague, et on a finalement trouvé un hôtel, mais sa femme voulait vraiment nous accueillir. Et l’accueil des étrangers chez eux, ils prennent ça très au sérieux. On a quand même mangé chez eux le lendemain, il y avait un énorme repas. Même quand j’ai voyagé tout seul, les gens viennent très souvent vers vous, vous parler. » WAS : Un petit mot aux strasbourgeois ? N.W : Bonjour les strasbourgeois ! Profitez-bien des beaux jours qui commencent, et les élèves d’Art Déco (que j’ai fréquentée) : « arrêtez de dessiner parce qu’on ne veut pas de concurrents » (rires). Nicolas Wild nous explique le Zoroastrisme, son voyage, et d’autres choses encore dans ses précédents ouvrages sur l’Afghanistan : Kaboul Disco. Vous savez la nouvelle ? Il a trouvé l’idée pour un tome 3 de Kaboul Disco… C’est un secret, mais préparez-vous à retourner chez votre libraire !

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LITTÉRATURE / Pape Diouf

Propos par : Marie Meyer-Bisch Photo par : Vincent Muller

PAPE DIOUF BIEN PLUS QU’UN « JE »

Je vous le confie, ma passion ce n’est pas le foot, mais plutôt la lecture. Pape Diouf a sorti C’est bien plus qu’un Jeu un livre autobiographique en mars 2013. WAS a pris le défi de le rencontrer. Dans cette autobiographie, l’ancien Président partage son parcours de vie, depuis son enfance. Et comme il l’écrit si bien « Il faut être fou pour devenir président de l’Olympique de Marseille, mais il faut l’être complètement pour imaginer que cela durera toute la vie » Est-il donc fou ? WAS : Pourquoi avoir écrit une autobiographie ? « Ce n’était pas une intention personnelle. C’était une demande pressante de la part d’une maison d’édition prestigieuse à laquelle j’ai fini par me ranger. Parce que je me suis dit pourquoi pas, si eux ils me le disent autant de fois, c’est que ça doit avoir un objectif. Mais de moi seul je n’y trouvais pas l’intérêt. » WAS : Quelles ont été les réactions suite à la sortie du livre ? P. Diouf : Certains par hypocrisie ont vu dans ce livre-là une sorte de règlement de compte, mais avec qui   ? Je n’ai pas à régler de compte avec qui que ce soit. E t j e n ’a i p a s à at t a c h e r d e r r i è re u n e a u to b i o g ra phie un pamphlet. Si j’avais envie de faire un pamphlet je l’aurais écrit et il aurait une autre tenue. Il faut lire ce livrelà pour ce qu’il est, en reprenant un parcours depuis l’enfance, en évoquant mon arrivée à Marseille, jeune noir africain qui vient dans le pays des blancs. Ce qui peut faire l’intérêt de ce livre c’est qu’il peut être lu par plusieurs catégories de personnes. En expliquant sa vision du livre il brise la glace et me sauve la vie. Car c’est avant tout le jeune Sénégalais qui découvre Marseille que je veux rencontrer ainsi que celui qui devient journaliste sportif avant d’être le premier président noir de l’équipe de foot. Il insiste d’ailleurs beaucoup sur ce point.

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WAS : Quel genre d’homme êtes-vous ? P. Diouf : Se présenter c’est compliqué parce que dans le livre j’ai essayé de me définir, dire qui je suis et d’où je viens. Mais finalement parler de soi, il n’y a pas exercice plus difficile. À la relecture de mon livre, ce qui m’a ému, ce sont les pages qui parlent de ma mère. Celles-là elles me sont sorties des tripes et du cœur. Tout part de là, de cette maman, pour moi qui a incarné des valeurs si essentielles. Sinon, je suis un homme du 19ème siècle vous voyez. Tout ce qui est technologie, je n’y connais pas grandchose, mon téléphone est une quincaillerie et je ne sais pas ce qu’est Facebook, ni Twitter… Ma passion c’est la lecture. Notre grand personnage bien sérieux avec son costume et son ballon sur la couverture de l’ouvrage, a quand même une page Facebook ainsi qu’un portable qui vibre tout le temps de l’interview, tel un homme d’affaire au timing bien serré. WAS : Quelles sont vos activités ? P. Diouf : Nous avons mis en place une école de communication et journalisme avec Jean -Pierre Foucault à Marseille depuis 3 ans, c’est une activité qui me plaît. Je donne dans cette école des cours de déontologie et d’éthique. Je suis amené à réaliser des chroniques sur Canal+. Je fais aussi beaucoup de conférences en France et ailleurs. Le seul métier que j’ai c’est celui de journalisme, tout le reste ce n’étaient que des occupations.


WAS : Quelle est votre vision du journalisme ? P. Diouf : C’est un métier que je critique sans indulgence, parce que ce métier-là, tel que moi je le conçois, tel que je l’ai vécu et tel que je souhaiterai le voir appliqué par tous, ce n’est pas tout à fait ce que je vois aujourd’hui. Ce sont des professionnels de l’écriture, de la chose télévisée ou de la chose dite, il faut qu’ils arrêtent de mettre des coups de canif sur la déontologie et l’éthique et de partir d’une idée émise pour en faire une idée générale. Je pense qu’on pourrait revenir à un journalisme avec des avis contradictoires, oui, on peut revenir à un journalisme différent.

P. Diouf : Les premières économies que j’ai faites, c’était pour créer un journal au Sénégal. Et à Marseille, ce n’est pas dans un restaurant ni dans une boîte de nuit que j’ai investi certains sous, mais dans une école de communication et de journalisme.  Sous le soleil timide de mars, à cette terrasse du café de l’Opéra, sans ballon de foot, ni maillot de l’OM, une rencontre avec Pape Diouf est possible. On y découvre un homme vrai qui n’est pas fou. Maintenant, osez plonger dans l’univers du foot et d’une vie qui l’entoure car « C’est bien plus qu’un jeu » ! (édition Grasset)

Pape Diouf très médiatisé nous met une claque attendue en exposant sa vision du journalisme moderne. Mais grâce à son témoignage, je découvre une profonde passion. 

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LITTÉRATURE / Oxmo Puccino

« NOUS NAISSONS TOUS FOUS AVEC UNE VIE POUR GUÉRIR.»

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Propos par : WAS Photo par : Vincent Muller

ARTISTE C’EST PAS DIFFICILE ? Celui-là ne manque pas de toupet, mettre un rappeur dans la rubrique littérature, on aura tout vu dans ce torchon qu’est WAS Magazine. Grand bien vous en fasse, Oxmo Puccino a bien sa place ici, au milieu des auteurs. Retour sur une journée de mars, dans les studios de RBS, pour une interview croisée du Black Mafiosi Puccino.

I

l est arrivé à la cool, sa casquette à la main en signe de bonne éducation, servant des “Oxmo” à qui lui tendait la main, comme si la dizaine de personnes dans le studio ne savaient pas à qui ils avaient à faire. Oxmo Puccino c’est en quelques mots un artiste, rappeur, mais aussi un des représentants de l’UNICEF, un animateur d’ateliers d’écriture, un père de famille, un grand lecteur et surtout l’un des derniers poètes modernes sachant encore manier la plume et les mots. J’avoue que j’étais plutôt tendu avant son arrivée, encore plus après l’avoir vu entrer. Charismatique, trois têtes de plus que moi et les marques du succès imprimées sur son visage : le genre de mec qui pèse lourd. En direct à la radio, ont été abordés son rôle dans le rap français, sa nostalgie d’une époque révolue, loin des clashs commerciaux et des faux artistes. Mais n’y voyez là aucune tristesse ou regret, “Oxpucc” garde un éternel sourire aux lèvres, lui qui fait l’unanimité dans l’univers gonflé de testostérone qu’est celui du rap français. Outre son parcours dans l’humanitaire, ce qui nous intéresse ici, c’est sa facilité dans l’écriture, sa maîtrise parfaite des mots. La frontière entre chanson et poésie est parfois franchissable, et le “Black Jack Brel”

fait partie des rares à connaître suffisamment le verbe pour y faire transparaître une série d’émotions qui dépasse le discours pseudo gangsta de ces camarades « artistes ». Lui qui dit « savoir lire et ne pas le faire est un crime » parle aisément des livres qui marquent sa vie, de Steinbeck à Baudelaire il jongle avec les références comme avec les rimes. Quand Swa l’interroge sur le titre J’ai mal au mic il répond « je l’ai écrit en 10 minutes, je ne pensais pas que ce titre prendrait le poids qu’il a pris avec le temps. » Ce qui différencie des gens comme Oxmo, Adb Al Malik et quelques rares autres artistes de la masse de débiles scandant des refrains copiés-collés sur d’anciens titres de NTM, c’est le poids de leurs mots. Alors il y a ceux qui se contentent d’un bon beat, d’un refrain qu’on retient et ceux qui écoutent. Entre des titres narratifs comme Pucc Fiction et d’autres plus symboliques comme Artiste, Oxmo dresse un portrait dénué de maquillage de son monde à lui, sans artifice ni bombage de torse orgueilleux. Oxmo ça s’écoute et ça se lit. On le cite, on y fait référence, dans cette époque du tout-fout-le-camp. On retrouve chez lui un peu des saveurs que la langue française avait jadis à offrir, à qui voulait

l’entendre. Loin de codes habituels du rap situés entre vêtements arc-en-ciel et langage étrange, Oxmo est un mec simple en apparence, sans prétention, qui dissimule une verve poétique et une construction lyrique d’orfèvre. Pourtant l’étiquette caricaturale de “rappeur” lui colle à la peau, si bien qu’après avoir écouté l’entretien à la radio, on m’envoyait encore des messages du genre « Il parle bien, il a du vocabulaire » j’ose terminer la pensée de ces personnes en ajoutant « ... pour un rappeur ». On constate donc que si les salles de concerts se remplissent pour le rap, que si les médias leurs laissent une place grandissante et si on les entend de plus en plus s’exprimer sur tous les supports possibles, les clichés sont loin d’être abattus. Ce mec là a pourtant sans aucun doute bien plus de livres dans sa bibliothèque que la majorité d’entre nous, il en a même sans aucun doute compris plus de choses. Rencontre marquante donc, aussi bien par le charisme du type que par son aisance à exprimer les détails de sa vie d’artiste ; pas aussi facile qu’il le dit ironiquement dans son titre Artiste. Oxmo, à écouter, lire et partager.

057 / We Are Strasbourg


LITTÉRATURE / Jean Teulé

Propos par : Marie Meyer-Bisch Photos par : Vincent Muller

JEAN TEULÉ À FLEUR DE PLUME C’est hilarant, grimaçant, sa plume décrypte l’horreur avec des mots tout doux. Jean Teulé l’incontournable, avance sur la scène littéraire avec le succès de son dernier roman : Fleur de Tonnerre. Rennes chez Durant le chocolatier, il y a un gâteau qui reprend la recette d’Hélène Jégado, sauf que sur celui-ci c’est écrit : « garantit sans arsenic ». Voilà, c’est de cette manière que l’écrivain a fait une rencontre passionnée avec l’empoisonneuse bretonne du XIXème siècle. « Elle s’appelait Hélène Jégado, et le bourreau qui lui trancha la tête le 26 février 1852 sur la place du champs-de-Mars de Rennes ne su jamais qu’il venait d’exécuter la plus terrifiante meurtrière de tous les temps. » « Son procès est le premier retranscrit en France. Mais elle est passée à la trappe à cause de l’histoire et du coup d’État de Napoléon. Il était temps de réhabiliter cette fleur sauvage. Et moi c’est vrai que j’aurais bien aimé la connaitre. » De Plouhinec à Lorient, Vannes et d’autres bourgs jusqu’à Rennes, c’est un véritable pèlerinage des clochers de Bretagne que nous parcourons chapitre après chapitre. « Il y a des gens qui font le parcours en Bretagne avec mon livre. » Sur les traces de la meurtrière nous découvrons un étrange patrimoine culturel, particulièrement la légende de l’Ankou. Lorsqu’il passe les hommes trépassent. Jean Teulé nous transmet une culture dont il est tombé amoureux. « Je me suis renseigné, j’ai rencontré des gens et surtout lu beaucoup de choses, Anatole le Braz par exemple qui a récupéré toutes les légendes de l’Ankou. Je n’en avais jamais entendu parler. »

We Are Strasbourg / 058

Comment avez-vous mené votre investigation ?  « Tous les noms des victimes, les villages, tout est dans l’ordre et vrai. Sauf comment ça s’est passé. Les témoins, sont ses victimes. Il fallait bien inventer là. Mais parfois je me dis que quand on invente, si ça se trouve, on est vraiment très proche de la réalité. » L’histoire de la soupe aux herbes, et du gâteau c’est vrai ? « Ha ! Oui, pour le gâteau à l’arsenic elle était maligne. Je suis allée voir la pâtissière chez Durant qui m’a expliqué qu’Hélène Jégado prenait de l’angélique confite parce qu’elle est verte. Et que l’arsenic qui est blanc en cuisant prend une teinte verte, ça permet de masquer la couleur et elle mettait des oranges amères, ça cachait l’amertume de l’arsenic. » Cette cuisinière pourtant si mignonne faisait mourir tout le monde sur son passage, et ses recettes sont maintenant célèbres. La petite montée d’adrénaline à la première bouchée d’un gâteau « Hélène Jégado » attise la curiosité. « Il y a plusieurs boulangeries en Bretagne maintenant qui se mettent à faire ce gâteau c’est marrant… J’ai demandé si par hasard depuis la sortie de mon livre elles vendaient plus de ce fameux gâteau, et oui, elles n’arrêtent pas d’en vendre ! »


Un écrivain partage la vie imaginaire de son personnage, lorsqu’il est criminel c’est d’autant plus troublant. Jean Teulé a vécu une liaison particulière avec sa petite meurtrière protégée, qui laisse sans voix. L’écriture sublime le crime. Quelle criminelle est-elle ? « Elle était généraliste dans le crime. Elle n’avait pas de raison de tuer, on en fait toute une histoire de Jack l’Éventreur, Landru, même Petiot… c’est vraiment des petits bras à côté d’elle, des gamins chamailleurs. Elle avait de l’allure. » Et votre relation avec elle ? « J’ai l’impression de la comprendre de la sentir. On est obligé d’aimer, on ne peut pas raconter l’histoire de quelqu’un qu’on déteste, c’est vrai que je m’y suis attaché à cette petite gonzesse. Et quand je suis allé à Rennes, au musée ils ont sortit le moulage de sa tête, fait après son exécution. Je voyais sa tête comme ça dans ma main, mais ça m’a touché, ça m’a ému. J’ai dit : Alors p’tite gonzesse, les grosses bêtises que t’as faite… J’ai fait des photos, je lui ai fait des gros bisous comme ça à ma petite fleur sauvage. » Et les normands, ils subissent beaucoup de moquerie dans votre ouvrage sous couvert des personnages des perruquiers, alors que vous êtes vous-même normand : « Les perruquiers ? Ils allaient en Bretagne sur les marchés pour couper les cheveux des gens. C’est les rois de la loose. Ils deviennent plus bretons que les bretons à la fin. Ils finissent comme deux couilles tuméfiées au pied d’un menhir. Je trouve ça rigolo. » Jean Teulé nous partage une personnalité terrible avec des phrases courtes, allant droit au but et un grain de poésie, qui lui a assuré un immense succès. C’est votre meilleur livre, vous avez fait un travail magnifique sur le style… « Ouais, tous les derniers livres ont vraiment bien marché. Dans l’Express, il sera placé deuxième, après Musso et devant Marc Levy et dans le classement de Libération, devant tous le monde ! Même devant celle qui écrit des bouquins pornos pour mémère ! Et en ce qui concerne les adaptations de vos œuvres ? « À Avignon cette année je vais avoir trois romans qui vont se jouer en pièce de théâtre. Je ne sais pas si c’est déjà arrivé à un autre écrivain, TROIS romans… Je crois qu’il y a eu une quinzaine d’adaptations du Magasin des Suicides dans le monde, dont une qui a démarré l’an dernier en Chine. En Espagne ils ont fait une adaptation théâtrale interdite au moins de 16 ans… alors je me demande s’ils ont n’en ont pas fait une version porno (rires). »

« IL ÉTAIT TEMPS DE RÉHABILITER CETTE FLEUR SAUVAGE. »

Tout cela est le fruit d’un dur travail, organisé ? « Je travaille dans une pièce blanche avec rien au mur, je dispose mes deux bureaux, à Paris et en Bretagne exactement de la même façon et je travaille, tous les jours de la semaine jusqu’à la fin de mon livre. C’est mon boulot je suis payé pour ça, je ne joue pas l’artiste, je n’attends pas que l’inspiration me vienne. » Et votre éditeur ? « Il s’occupe de tout. Il est merveilleux, quand j’ai voulu arrêter la télé, il m’a dit : si tu prends ce risque-là moi j’en prends un aussi, et je ferai en sorte que tu en vive. Et c’est ce qu’il a fait avec Le Magasin des Suicides, Darling, Le Montespan, il a gagné de l’argent. Là il se goinfre comme une vache et je trouve ça formidable. Je suis dragué par tous les éditeurs pour que je vienne chez eux, mais JAMAIS ! Ce serait à crever de honte. » Un peu de repos après une vie très active ? « Je fais le pigeon voyageur, c’est rigolo. Après juin je serai dans ma maison bretonne, si les bretons n’y ont pas foutu le feu (rires) ! Non, ça se passe super bien. » Vous en voulez plus ? Let’s go chez votre libraire, Fleur de Tonnerre est aux éditions Julliard. Et si vous désirez prendre avec vous un souvenir de cette rencontre, collez votre oreille contre votre magazine, vous entendrez sûrement l’inoubliable rire caverneux de Jean Teulé qui résonne encore.

“Fleur de Tonnerre” aux éditions Julliard, 2013.

059 / We Are Strasbourg


MUSIQUE Une playlist pour l’été vain Dieu !!! On va écouter quoi à Strasbourg Beach ? À l’ombre des nuages ? Bronzant sous la pluie ? La petite équipe de Vivien vous a concocté une petite sélection bien alléchante pour ces doux mois d’été ! Sors tes headphones mon gros, ça va swinguer !

Propos par : WAS Illustration par : Jennifer Lyszyszack


MUSIQUE / Chroniques musicales

Propos par : Thibault Chroniques par : Vivien Thibault / Atef / Bob

CHRONIQUES MUSICALES P

« PARDON POUR LE DÉRANGEMENT, ON EST EN TRAIN DE CHANGER LE PAYS »

endant que le Brésil et la Turquie révolutionnent, nous on se prépare nos petites vacances et nos festivals de beuverie pour ne surtout pas s’ennuyer cet été. Pour le coup on a presque trop de tubes avant l’heure ! Stop je vous arrête de suite, nous nous sommes refusé toutes mentions du dernier album des « messieurs aux casques neutroniques » qui, d’après l’ensemble de la rédaction, gagnent déjà bien assez leur vie comme ça. Idem pour le Mysogéniso-JohnnyDrama-régréssif Robin Thicke. Il s’agit là d’une alternative à suivre pour éviter le redondant lorsque vous aurez deux trois neurones prêts à savourer autre chose que les rayons UV. Un Cocktail moins sucré

We Are Strasbourg / 062

que la moyenne en somme. Et puis ça fait tellement longtemps qu’on ne s’est pas croisés avec mes collègues éditoriaux que j’ai l’envie furieuse de leur correspondre par magazine interposé. Chiche ? Chers collègues, le soleil est là, le sable est bien et tata Fernique elle a encore une fois fait un malaise sur la plage. Vous me manquez beaucoup et j’ai beaucoup adoré votre playlist pour mes vacances. J’espère que vous allez aussi avoir du beau temps et je vous fais des maxi Schmoutz en Tongs. P.S. : N’oubliez pas de bien prendre soin de Minouche, elle n’aime pas trop le chaud. XOXOYOLOSWAG


Propos par : Atef

02/

LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL – Arcane :

AMOR BLITZ – 001  :

Bien que de manière générale ce son ne soit pas vraiment ma came, il faut bien avouer que ça fait du bien de se prendre une bonne douche de couilles rock Stoner de temps en temps. Leur second album Arcane possède tout ce qu’il faut pour vous asservir, ou tout du moins pour vous replonger dans les quelques glorieuses d’un Black Sabbath énervé (et déjà rien que pour ça, merci). Bon alors autant dire que même en étant complètement étranger à cette scène on sent leur potentiel et leur puissance à la première écoute de cette bombe qu’est Arcane, album très également dosé et très bien produit. Mais le gros problème c’est qu’il est alors impossible de s’en arrêter à ça. C’est simplement bon, et ça donne foutrement envie de faire un tour à un de leur concerts, se choper un badge à leur stand de merch’ et de limer quelques Faxe pendant le concert en redécouvrant les joies du headbanging frénétique sur un Santa Muerte à vous péter la nuque. Ça change des pignolages intempestifs d’un retour d’une chillwave estivale 3.0. Nan sérieux on est bien là : Mention ! S

PAF ! De la pop en français qui vient de Strasbourg. Et qui ira jusqu’à où ? Loin, on l’espère. En tout cas, là où elle ira, elle ira vite. Un peu à l’image des titres de cet EP fulgurant et à l’image du nom de ce groupe. Nouvelle valeur ajoutée de l’écurie montante October Tone (en compagnie de ses frères d’armes Hermetic Delight, 100% Chevalier, Pauwels et Spiders Everywhere), Amor Blitz nous fustige d’un EP quatre titres qui blaste une romance avec un avion de chasse, et du porto. Mais juste un doigt. À découvrir d’urgence si vous souhaitez passer l’été à bronzer au napalm. S

03/

Propos par : Thibault

Propos par : Vivien

01/

DISCLOSURE - Settle :

u  01 LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL – Arcane www.lddsm.com u  02 AMOR BLITZ – 001 amorblitz.bandcamp.com

L’origine de la musique des salles de muscu avait vite tournée au vinaigre avec Guetta et Cie. On avait perdu l’essence même des machines à gonflettes : un BEAT évolutif, un peu cheap qui WUBWUB sur la voix répétitive d’une même phrase énigmatique « Quand le feu commence à bruler ». Les claviers interdits Masterboys remis au goût du jour par (encore une fois) deux frangins nous font regretter les dance attitudes de nos 14 ans. Alors, oui, attention c’est effectivement plus hype qu’à l’époque, c’est en quelque sorte le chaînon manquant entre les soirées VICE et la salle de sport. Le créneau assumé du vilain revival Dance qui tâche, mais là c’est du gras de Döner… Il dure après chaque lavage...S

u  03 DISCLOSURE - Settle disclosureofficial.com

063 / We Are Strasbourg


MUSIQUE / Chroniques musicales

Propos par : Bob

04/ THE KNIFE - Shaking The Habitual :

Après la parenthèse gothiquo-bjorkio-proutprout que fut Fever Ray (mais c’était bien hein), back to business. Les deux frangin(e)s Krisprolls nous pondent le rejeton de Tomorrow In A Year. Alors est-ce que c’est de la balle ? Arrivent-ils toujours à colorer les pigeons ? Ont-ils réussi à se débarrasser définitivement de ce style moisi qui faisait leur premier album ? La réponse est bien entendu oui, sinon j’en parlerais pas ici, didiou. Ils arrivent même à pousser un peu plus loin que l’ancêtre en balançant des morceaux glauques à mourir, créant une ambiance des plus glaçantes. Sérieux ces deux-là pourraient jouer les patineurs dans Narco. Toujours est-il que ça marche, et que les rares passages technomoches se font vite oublier par l’ensemble, aussi joli qu’étrange. S

u  04 THE KNIFE - Shaking The Habitual : theknife.net u  05 BATHS – Obsidian : www.bathsmusic.com u  06 THE BLACK ANGELS - Indigo Meadow : theblackangels.com u  07 MOUNT KIMBIE - Cold Spring Fault Less Youth : www.mountkimbie.com u  08 FUCK BUTTONS – Slow Focus  

Propos par : Thibault

05/ BATHS – Obsidian : Le sac des bouteilles vides sur le balcon côté cuisine prend la flotte depuis quelques jours. Le fond moisi patauge dans une lagune rouge sang et bière pisse. Le salon pu le Molodoï depuis le « nettoyage » et l’on cherche désespérément d ’o ù v i e n n e n t ce s co n n a ss e s d e fo u r m i s a p p a r u e s durant la nuit. C’est effectivement l’heure de la descente. Pourquoi Obsidian ? Parce-que Will Wiesenfeld (aka BATHS) l’a voulu comme ça, un truc organique, ces atmosphères. Composer in corpus de vrais morceaux qui vous chopent les bras, la nuque et les poils. Un orchestre solo expérimental qui laisse à chaque coup des mélodies imparables. Le problème c’est qu’il faut inévitablement se débarrasser du verre pour le recycler, on ne peut pas rester comme ça trop longtemps.  S

We Are Strasbourg / 064


THE BLACK ANGELS - Indigo Meadow :

Propos par : Thibault

Ils sont revenus. Les chantres de la musique récente pour drogué. La formule est moche mais je préfère ça au mot « néo ». Ils sont revenus et ont opéré un virage. Oh ! Que ceux qui aiment se rassurent, le virage doit être de l’ordre de 12°, à tout péter. Et franchement ça fait du bien, The Black Angels qui « innovent ». Je mets des guillemets parce qu’ils puisent à droite à gauche, à raison et avec brio. On entend par ci du premier Pink Floyd, par la de la musique Mods, du Jefferson Airplaine ou encore des influences un peu plus bourrines, qui lorgnent vers le garage ou stoner. À part une voix un peu trop présente à quelques rares moments, The Black Angels est le meilleur groupe de 1969.  S

07/

Propos par : Vivien

Propos par : Bob

06/

08/ FUCK BUTTONS – Slow Focus  : Ouais alors voilà on y est. Le duo qui aura foutu la claque musicale de 2008 à la planète indie revient et on aurait presque déroulé le tapis rouge pour Slow Focus. Tout allait bien, le titre d’ouverture Brainfreeze est là pour nous annoncer que leur potentiel est toujours intacte : ouverture longue et fastidieuse qui laissera échapper leur drone synthétique à paillettes le temps d’un sourire. Puis c’est la chute, lente et douloureuse. Passant par le second titre du LP, Year Of The Dog n’est là que pour nous annoncer que les deux lascars ont écouté en boucle les albums de Suuns et ont finis les dents par terre avec ce troisième titre (eh oui déjà). Putain, ils savent encore bien composer et nous tartinent avec un titre de fusion (entre rien et encore pire) qui ne sert qu’à dévoiler une nouvel horizon pour le groupe. Fuck Buttons se cherche, ils tâtent et doivent sûrement avoir les poils qui poussent en fait. Trop avant-gardistes sans doute, ça on ne le saura que dans quelques années. Pour l’heure, la fin de l’album est magistrale et la conclusion opportune. Passant par une bombe comme Stalker, le titre Hidden XS clôture l’album de la meilleure manière que ce soit : digne d’un Tarot Sport et sans doute au dessus encore. À chaud, un album assez inégal donc mais parsemé de ces petites preuves que Fuck Buttons sait se servir des même armes que précédemment pour rentrer dans vos têtes et les marquer. Qu’ils en exploitent de nouvelles reste leur choix. À suivre donc…   S 

MOUNT KIMBIE - Cold Spring Fault Less Youth : La nonchalance du duo londonien aurait dû nous suffire après Crooks & Lovers. En fait c’est plutôt l’inverse qui s’est produit, labelisés Warp le truc a pris la sauce. Habituellement ce n’est pas ma came, mais séduit par les quelques titres postés par mes camarades tweetos j’ai investi la chose plus en profondeur. Grand bien m’en a fait car les compères se sont tout de même mis un peu la pression. « Home recording », « Made to Stray »ou les featuring avec King Krule sont de véritables agents naturels pour votre capital Chill. Définitivement ma MD de cet été. S

065 / We Are Strasbourg


09/

BOARDS OF CANADA – Tomorrow’s Harvest :

10/

THE FLAMING LIPS - The Terror : Fini les featuring chelous (même s’ils m’ont fait aimer Keisha pendant 4 minutes et 10 secondes) autant le dire cash, ce disque est incroyable. Incroyable mais pas facile. En fait c’est un peu comme une bande son d’un film qui n’existe pas (et j’aime bien les bandes sons de films qui n’existent pas), on écoute, on écoute, c’est agréable et puis on voyage, des images se forment. Oui comme la drogue, mais la c’est pas dangereux et la descente est cool. Attrape les lasers. S

Propos par : Thibault

Attention, cet album rend intelligent. Après 8 ans de silence radio, Boards of Canada rallume son poste de télévision fantomatique et parvient, une fois de plus, à propulser l’auditeur dans une époque, à survoler des paysages, à ressasser des souvenirs qui n’ont jamais existé dans notre imagination jusqu’alors. Est-ce donc ce détail qui fait d’ores et déjà de Tomorrow’s Harvest un album intemporel ? Sans doute. Très probablement. Oui. Chaque titre provoque immédiatement un état de transe et déclenche un processus d’introspection. Vous rappelez-vous de la dernière fois que vous avez écouté un album d’electronica en entier ? Pour ma part, cela ne m’est pas arrivé depuis 2005 environ. Sans rougir, je veux dire. Ce qu’ils sont forts. S

Propos par : Bob

Propos par : Atef

MUSIQUE / Chroniques musicales

11/

THESE NEW PURITANS - Field of Reeds : Complètement autoproduit par les jumeaux Barnett en studio si l’on en croit le groupe et ses deux leaders, le troisième album des TNPS ponctue majestueusement leur cursus artistique et scolaire. Le travail orchestral est total, une ambition presque atteinte et suffisamment aboutie pour laisser de côté la plupart des auditeurs non avertis. Ils n’en sont plus là, les principaux concernés sont déjà séduits, il reste à dérouler le savoir faire, celui qui ne doit pas ressembler, celui qui doit faire évoluer. On y croise les tremblements d’un Chet Baker, la stupeur cinéphile, le crépuscule d’une ville froide baignée par la fumée des égouts 90’s. Ce qui vous rend compte qu’il peut encore exister un musicien roi, au centre d’une oeuvre. S

We Are Strasbourg / 066


ENSEMBLE PEARL - Ensemble Pearl : Alors Ensemble Pearl est un supergroupe. Normalement c’est moche, et puis vous avez vu ce nom de groupe ? Bon yaquidedans ? Un mec de Sunn O))), deux gus de Boris, et un gars de Jesse Sykes & the Sweeft Hereafter. Soit respectivement un malade qui fait des notes de trois minutes en robe à 124 décibels, 2 japonais foufou qui passent du Stoner au drone noise insoutenable et le bassiste d’un groupe indie folk. Mélange détonnant. Ensemble Pearl (je ne m’y ferais jamais) balance une musique de cimetière, langoureuse, visqueuse et gluante, étrangement spatiale et qui lorgne vers l’indus’. On pourrait trouver ça chiant, on pourrait dire qu’il ne se passe rien, mais Ensemble Pearl (vraiment...) aboutit à un vrai album, avec une vraie ambiance et de la vraie musique. De la création tout simplement et pas juste des gus connus qui jouent ensemble pour leur plaisir. Ici le notre est atteint. S

Propos par : Vivien

Propos par : Bob

12/

13/

SHOCKWAVE RIDERZ - SHOCKWAVE RIDERZ : Amateurs de garage psyché, si vous êtes passés à coté de cette perle d’EP comprenant tout juste trois titres comme la plupart de la plèbe, jetez vous sur ce bijou. Alors je sais il y a de quoi faire en ce moment : les tubes de l’été pointent leurs nez, Secret Story est de retour est c’est la merde à Westeros, mais sérieusement, prenez vous la quinzaine de minutes nécessaire pour faire ce break noisy. Les Shockwave Riderz pour leur coup d’essai ne font pas les choses à moitié : fuzz dissonant, psyché envoutant et rythmes frénétiques vous laisseront bien plus que votre demi molle du réveil. Trois titres et tout juste de quoi apprécier les différentes directions qu’ils peuvent prendre en vue d’une composition un peu plus longue déjà très attendue. S

u  09 BOARDS OF CANADA – Tomorrow’s Harvest : www.boardsofcanada.com u  10 THE FLAMING LIPS - The Terror : www.flaminglips.com u  11 THESE NEW PURITANS - Field of Reeds : www.thesenewpuritans.com u  12 ENSEMBLE PEARL - Ensemble Pearl : u  13 SHOCKWAVE RIDERZ - SHOCKWAVE RIDERZ : shockwaveriderz.bandcamp.com

067 / We Are Strasbourg


MUSIQUE / Kery James

Propos par : WAS et Rap & Co Photo par : Vincent Muller

KERY JAMES EN 2 ANGLES DE TIR

À l’âge de 12 ans, il pose déjà ses premiers textes sur l’album de MC Solaar, qui lui permettra de mettre un premier coup de pied dans l’univers du rap français. Puis, entre Ideal J, Kery James, Ali, sa conversion à l’Islam, sa rupture avec le rap français, ses producteurs, il a connu un parcours à la fois constant et tumultueux. WAS vous propose deux points de vues journalistiques sur le «Dernier MC».

E

crire un texte sur Kery James, ça signifie pour moi de me replonger dans un passé pas si lointain. Casque sur les oreilles, je me repasse les titres qui ont marqué des périodes de ma vie. Forcément, je me renseigne, je découvre qu’il écrivait ses premiers textes très jeune, qu’il a été repéré par MC Solaar, ce qui replace beaucoup de choses dans leur contexte. Une époque bénie du rap français, des textes qui frappent. Tout commence avec trois de ses amis alors qu’il a à peine 13 ans. Il fonde Ideal Junior au sein du collectif Mafia K’1 Fry, il sera rejoint par le regretté Dj Mehdi qui composera toutes leurs instrus. Suite à de nombreux problèmes de production qui retardent la sortie du premier album d’Ideal Junior, ils se rebaptisent Ideal J et Original MC sur Nouvelle Mission en 1996. Mais on a tous été marqués par le titre Hardcore, sorti en 1998 sur l’album « Le combat continue ». Un texte virulent, dont on peut remettre beaucoup de passages en questions, concernant l’homosexualité notamment. Ce qui marque aussi bien la musique de Kery James que sa vie, c’est sa conversion à l’Islam et sa séparation du groupe. On dit que c’est suite à l’assassinat d’un de ses amis d’enfance qu’il abandonne la musique et prend le nom d’Ali. Dès 2001 il sort ses premiers morceaux solo sur l’album « Si c’était à refaire ». On y sent un changement de ton, de forme, certains n’y retrouvent pas ce qu’ils appréciaient chez l’artiste, d’autres y voient une renaissance. Ses positions artistiques, ses textes, ses choix de vie rendent encore ses relations difficiles avec le monde de la musique, de la production au public. Aussi en 2009 il annonce son départ de la France, et sa rupture avec le rap français. Il fait son retour en 2012 avec un featuring sur La vie est belle de Youssopha. Voilà donc pour la petite histoire, parce qu’on

We Are Strasbourg / 068

ne comprend les textes et les choix d’un artiste qu’en ayant conscience de sa vie. On peut penser ce qu’on veut, mais il fait partie de ceux qui s’efforcent de garder une cohérence entre leurs propos et leur vision de la vie. Il est profondément respectueux de la musique et de ceux qui l’écoutent. Pour beaucoup, Kery James c’est « le mélancolique » de « Deux issues» la diction au ralenti, les nuances, les larmes au fond de la gorge, le texte qui collapse. Ce sont aussi des combats humanitaires ; renvoyer dans la face des gens la misère sociale de l’Homme. Politique, philosophique, dérangeant, Kery James agace parfois, parce que c’est cru, direct, sans anesthésie. Le clip Hardcore a marqué bien des esprits, tout autant que son texte. On ne s’étonne pas de trouver des reprises de lyrics ou des références dans les textes de la relève du rap en France. Ni spécialiste, ni fan de Kery James, il me faut bien avouer avoir eu plus d’un frisson à l’écoute d’un de ses morceaux, Hardcore, Banlieusards, Lettre à mon public et j’en passe…Avec son flow rageur et sa diction emblématique, le mal être palpable dans la voix, il est tout sauf une posture. Si je connais par cœur bien plus les albums de Booba que ceux de Kery James, il est assurément pour moi un pilier, un rappeur qui a marqué mon adolescence et mon apprentissage du hip-hop avec des textes à la fois mélancoliques et pleins d’espoir. La musique c’est avant tout ce que l’on veut en faire, écoute passive pour certains, évocatrice de couleurs, d’ambiances pour d’autres, la musique est également vecteur d’émotion. La musique de Kery James, c’est avant tout de l’émotion qui transpire à travers ses textes et qui va au-delà des instrus. Quand il décrit une situation sociale sombre, on ressent cet abîme, ce gouffre dans lequel il


nous plonge, le spleen nous envahit. Si pour certains, il est l’emblème de la position victimaire des banlieues, il est pour moi le rappeur du combat social, le rappeur au « ventre ouvert », le rappeur de l’espoir né de Banlieusards. Il a été le premier à me faire prendre conscience que la France ce n’est pas que les samedis en famille, barbecue, après-midi foot avec Papa, fière de mes crampons flambant neufs et pour qui l’avenir était tout tracé mais qu’il y avait une « deuxième France » pour laquelle la vie est dure, un endroit où ton nom ne te permettra pas de trouver un travail, où les humiliations et les privations s’accumulent, faisant le nid à la rage, une France où les samedis ressemblent au reste de la semain : un combat. Pour d’autres, Kery James est un homophobe assumé, un pratiquant extrémiste de l’Islam qui distille ses idées religieuses et ses messages anti-américains, anti-capitalistes dans ses textes. L’homosexualité, l’Islam autant de thèmes où en France, pays de la liberté d’expression, il est difficile de faire entendre un avis contraire à celui des bien-pensants qui façonnent l’opinion et où l’on est très vite mis dans une case. Alors oui Kery James parle d’islam mais il n’a eu de cesse de condamner et de réprouver les actions de terroristes qui se réclamaient de cette religion. Mais peut-être la sincérité est-elle une forme d’extrémisme. Assurément il faudrait discuter de certains sujets ou d’idées qu’il défend mais dans cette société hypocrite que pouvons-nous reprocher à celui qui se dit sincère car combien de Français, en 2013, disent n’avoir aucun problème avec l’homosexualité mais avouent que ça serait différent s’il s’agissait de leur fils... ? Kery James n’est pas un idéologue masqué mais bien un rappeur, un rappeur qui sait également faire dans le gros banger (Le retour du rap français, Le combat continue Part III) ou dans le storytelling (L’impasse feat Béné). Kery James est un musicien qui a su allier le fond à la forme, les idées avec les rimes. Pour moi, Le dernier Mc est parti avec Lettre à mon Public et si je lui ai souhaité bon vent depuis, il restera un grand musicien et un rappeur dont le nom résonnera longtemps dans les annales du hip-hop. Finalement Kery James est un homme avec « sa part d’ombre ».

069 / We Are Strasbourg


ART Alors là, Mesdames, Messieurs, attention ! Artiste unique, univers parallèle ! Adeptes du double, voire triple langage, de la polémique, du détournement, de la confection, vous en aurez pour votre lecture ! Découvrez Monsieur Bruneteau dans son atelier/galerie de Schiltigheim !

Propos par : WAS Illustration par : Jennifer Lyszyszack


ART / Laurent Brancaleoni

Propos par : WAS Photos par : Laurent Brancaleoni

ENTREZ DANS LA SPHÈRE DE

LAURENT BRANCALEONI We Are Strasbourg / 072


En suspension

Webmaster de formation, ce photographe autodidacte s’initie à l’image pour répondre à des commandes de visites virtuelles pour différents sites internet. C’est en travaillant sur ce thème qu’il développe un intérêt pour la prise de vue à 360° et les perspectives créatives qu’elle propose. Da Sfera Code 073 / We Are Strasbourg


ART / Laurent Brancaleoni

S

es premiers essais de montages cylindriques étaient réalisés à l’aide d’un miroir parabolique en une seule prise de vue mais les résultats donnaient une résolution trop faible à son goût. Déterminé, Laurent persévère et s’oriente plutôt vers la photographie panoramique par assemblage à l’aide de logiciels spécialisés, pour obtenir une résolution optimale. Il investit également dans un objectif fisheye (objectif à très grand angle) et une rotule panoramique adaptée à ce type de réalisations.

Le Kiosque

We Are Strasbourg / 074


L’Azur Hotel

«

Il faut prendre jusqu’à 6 photos pour réaliser un assemblage sphérique, environ 4 photos pour l’horizontal à 360°, une photo pour le ciel et une pour le sol. Le procédé nécessite que toutes les images soient prise à partir d’un point particulier, appelé couramment « point nodal » ou NPP (« No-parallax point », terme exact pour les puristes), pour permettre la cohérence lors du montage et ne pas avoir de problème de parallaxe entre les photos. »

Le Parapont

075 / We Are Strasbourg


ART / Laurent Brancaleoni

Pont de l’Abreuvoir, Strasbourg

S

es Mini Planètes, comme il les appelle, prennent forme et avec elles une série de réalisations plus surprenantes les unes que les autres. S’en suivent différentes expositions à travers l’Alsace et l’envie de réaliser des Mini Planètes autour du monde.Laurent ne se focalise pas uniquement sur ses créations d’univers visuels mais travaille également sur une série de portraits au fisheye, à croire que les déformations du monde l’aident à avancer droit.

We Are Strasbourg / 076


Le Tribunal de Strasbourg

N’hésitez pas à contacter Laurent si vous souhaitez un tirage ou une réalisation personnelle de Mini Planète. info@e-sphera.net  www.e-sphera.net Exposition à l’Espace Tellure de Sainte-Maries-Aux-Mines à partir de Mai 2013. Exposition Médiathèque de Sélestat à partir Novembre 2013 The Blackhole

077 / We Are Strasbourg


ART / La Tour Seegmuller

Propos par : WAS Photos par : Vincent Muller / Ignacio Haaser

LA ZONE

DEUXIÈME RAPPEL Après le succès fulgurant de la première session, la Tour Seegmuller redevient « La Zone » en octobre prochain pour un événement culturel incontournable ou comment s’approprier un lieu atypique avant sa reconversion et en faire un espace de liberté et de création.

ON S’EN SOUVIENT

QUI SE CACHE DERRIÈRE CETTE INVITATION AU VOYAGE ?

La première session de la Zone fut de ces succès dingues dont on se souvient. Ce fut l’un des évènements culturels les plus marquants de la rentrée dernière. Une « zone » laissée libre à l’art, à la musique, à la découverte. C’était sans doute un pari fou, mais ils l’ont relevé pour les Strasbourgeois et badauds de passage : envahir la Tour Seegmuller : la majestueuse, pour en faire un lieu de rencontre et de partage. À lieu insolite, programmation artistique éclectique : des artistes triés sur le volet avaient pris d’assaut la Tour Seegmuller et en avait fait durant dix jours le lieu de toutes les découvertes culturelles. Sophie Hoch Delgado nous confiait l’année dernière que cet évènement serait unique, compte tenu du lieu et de sa possible reconversion. C’est pourtant avec un grand plaisir que les équipes reprennent leurs quartiers d’automne à la Presqu’île André Malraux, nous invitant une nouvelle fois à « zoner » à travers cet espace original qu’ils ont su repenser afin d’offrir aux curieux qui franchiront les portes, un rappel digne de ce nom.

Pour comprendre la Zone il faut s’intéresser aux personnes qui sont à l’origine de cet évènement. La Zone, c’est avant tout un projet culturel original propulsé par deux associations : Larkipass et Genau. Sophie Hoch Delgado, intervenante dans les deux associations et son équipe vous réservent pour cette deuxième année une programmation artistique unique, avec entre autre l’exposition du collectif Unes, les jeunes femmes du Bastion XIV ou encore les installations de Ido Park artiste strasbourgeois d’origine coréenne. À ses cotés Pierre-Paul, Pierrick, Albin et Phil de l’association Genau pour la programmation musicale : du Hip Hop au son électronique, avec des noms comme Dooley-o autant dire que la programmation vous réserve une fois de plus d’agréables surprises. Et enfin Jacques pour le graphisme et l’identité même de « La Zone ». Un nom particulier, un thème original qui chaque année est renouvelé pour un évènement riche et singulier. « La zone est telle que l’a fait notre esprit », The Stalker.

We Are Strasbourg / 078


AU PROGRAMME Jeudi 3/10 (8 e en prévente/ 10 e sur place dans la limite des places disponibles) 14h - 20H : Exposition 19h : Parcours avec lampes torches 21h - 4h : soirée Hip-Hop Frankie Numi Dooley-o FrankieChops Vendredi 4/10 (12 e en prévente/ 15 e sur place) 14h - 20h : Exposition 21h - 4h : soirée Samedi 5/10 (12 euros en prévente/ 15 e sur place) 14h - 20h Exposition 21h - 4H Soirée Purple Deep Mano le Tough + Guest Dimanche 6/10 (12 e en prévente/ 15 e sur place) 12h - 20h Exposition EN QUELQUES CHIFFRES Plus de 3000 visiteurs 10 jours de performances artistiques entre expositions, concerts, ateliers, etc. Plus d’une cinquantaine d’artistes UN évènement exceptionnel.

Cette « zone » de transition, entre friche et reconversion, sera placée cette année sous le thème des jeux de lumière. Sophie Hoch Delgado et Vincent Bohn ont souhaité travailler sur les volumes et les backlight, (comprenez peintures fluorescentes). Vous pourrez ainsi découvrir des installations dans des espaces obscurs, repenser d’une certaine manière votre conception de l’espace et du temps. La peinture éclairée par des néons noirs, laissera libre place à l’image et à votre imagination. Loin d’être une simple exposition d’œuvres et de journées qui se succèdent et se ressemblent, chaque parties de la Tour sera repensée pour vous offrir un spectacle inimitable. Attendez vous à être surpris une fois de plus par ce musée temporaire. En s’appropriant cet espace, les artistes nous invitent à prendre de la hauteur. Au programme, des journées uniques, des performances artistiques originales. C’est sans crainte de se lasser que vous pourrez vous laisser entraîner par vos guides « les stalkers » et leurs œuvres.

UN ESPACE HORS DU TEMPS, UN ESPACE DE LIBERTÉ. Un espace dédié à la culture durant quelques journées spéciales, on y découvre ou redécouvre des artistes qui nous font voyager dans un espace qui se détache de toute temporalité, destiné à leur soif de création. En investissant ce lieu atypique, les collectifs Larkipass et Genau souhaitaient lui rendre un dernier hommage : ils ont sans nul doute fait bien plus que cela en offrant une renaissance à ce symbole architectural de la ville de Strasbourg. À partir du 3 octobre prochain, 4 jours d’exception seront consacrés à l’art et la culture. Du jeudi au dimanche, les portes de cette tour emblématique de l’architecture industrielle des années 1930 : tout un symbole du paysage Strasbourgeois vous seront exceptionnellement ouvertes, au prix de 12 e en prévente (15 e sur place), tarif spécial pour le Jeudi : 8 e en prévente, 10 e sur place (dans la limite des places disponibles) afin que vous puissiez découvrir des expositions et performances artistiques le jour et participer aux soirées et concerts en nocturne.

079 / We Are Strasbourg


ART / Philippe Bruneteau

PHILIPPE BRUNETEAU SANS COMMENTAIRES.

N

iché dans une petite cour au coeur de Schitligheim, une galerie peu commune, abritant des œuvres par centaines, un atelier et Philippe Bruneteau. En écharpe, chapeau sur la tête, il m’accueille en me proposant un verre, que je sirote les yeux dans ses vitrines, bercé par son discours et ses rires. Sentiment numéro 1 : la bonhommie. Cet homme là est la sympathie même, avenant, drôle, il m’ouvre les portes de sa galerie comme celles de sa maison et de son atmosphère de créateur. On s’y sent bien chez Philippe, entouré d’œuvres aux sens multiples, on

We Are Strasbourg / 080

sent dans l’air des heures de réflexions, des livres lus, des références. On est loin des galeries froides et aseptisées, loin de l’artiste prétentieux. On est au plus proche du talent. Son nom est connu du microcosme artistique strasbourgeois, mais pas uniquement. Discret pour certains, incontournable pour beaucoup, on pourrait se laisser aller à dire qu’il est dans la place ! On le connait pour le moule à Kugelhopf baptisé « L’alsace et ses poutres apparentes » en références aux maisons à colombages, aux maillots de bain dits « moule bite » et à tout autre signification que la rédaction vous laisse

Propos par : WAS Portrait par : Ignacio Haaser Photos par : Philippe Bruneteau

le soin d’imaginer. Détourner des objets, travailler la matière aussi précisément que le sens, c’est le point commun de toutes les créations de Philippe. Amener une réflexion ou une révolte par la voie de l’humour est astucieux, il est plein de malices. De l’imagination, il en faut pour comprendre toute l’ampleur de cet artiste qui sollicite la réflexion, fait participer celui qui contemple. Chacune de ses œuvre possède plusieurs lectures, plusieurs degrés de signification, au fil des jeux de mots, des détournements, de l’Histoire. L’Histoire est d’ailleurs indissociable des œuvres de Philippe,


« DÉRANGER ? IL ADORE ÇA. POUR PEU QUE CELA FASSE RÉAGIR, RÉFLÉCHIR. »

qui prend partie, qui juge, qui ridiculise, qui gueule, se moque, mais jamais gratuitement. C’est avec une verve érudite et sans aucune lassitude qu’il me fait l’historique de chaque objet comme s’il ne l’avait pas fait des milliers de fois... Car loin des discours artistiques d’aujourd’hui, du « mon œuvre parle d’elle même, puisqu’elle est », ou des « chacun son interprétation », entrer dans l’univers de Philippe c’est entrer dans un monde cohérent, qui s’explique, se pense, a été réfléchi et se réfléchit encore. Entrez chez Philippe et découvrez un art unique, où l’humour se met au service d’une pensée construite en poupées russes. Plus vous pousserez la réflexion, plus le sens de chaque objet deviendra évident. Du travail de la matière à celui du sens, rien n’est laissé au hasard et dans cette galerie, vous trouverez un espace boutique vous permettant d’acquérir des œuvres uniques, car même si certains objets comme les petits Fock sont déclinés, chacun aura son détail. À noter que ce Fock permet surtout de voir son positionnement de constat du point de vue des mammifères marins. Détourner les objets du quotidien, ou bien imaginer un objet d’art qui puisse en devenir un, fait partie des

talents de Philippe. Avec une tendance vers l’érotisme et l’humour sarcastique, il propose des objets parfois éphémères, comme le cône intitulé « Deux boules comme papa ». Mais peut être nous égarons nous, Philippe est avant tout sculpteur, plasticien, choisissant la matière, la travaillant, la moulant. Vous déranger ? Il adore ça, pour peu que cela vous fasse réagir, réfléchir. Il fixe la poésie dans un objet, enferme une idée, un instant où l’histoire bascule. Car l’Histoire il la connait bien, il l’a méditée longuement. Alors bien sûr pour certains, Bruneteau, ça pique un peu, c’est un peu trop “foufou”, un peu trop tendancieux. Les plus catholiques d’entre vous n’apprécieront pas la finesse de « Oh my God Vibre Ô ma Sœur », œuvre vibrante pour les cénobites, composée de verre, ouatine, polymères, inox, papier plastifié et vibromasseur. Pour l’avoir vu de mes yeux, il vibre toujours d’ailleurs... La rédaction vous laisse ici le soin d’interpréter ces œuvres, leurs différents sens, ceux qui frappent au premier abord et ceux qui nécessitent réflexion.

Mais la rédaction vous encourage surtout à pousser la porte du 8a rue Principale à Schiltigheim et de vous laisser emporter par cet univers incroyable. Ne prévoyez rien d’autre dans votre journée, car vous pourriez y passer 4 ou 5 heures sans les voir passer. Car ne pensez pas que toute l’Œuvre de Philippe se résume à des détournements d’objets libidineux. Il est aussi question chez lui de conscience politique et historique. Au hasard « hé ! Rémi, ta tirelire. » en laine, polymère et fer blanc. Ou tout simplement de détournements de phrases et pensées, on pense ici à la série des poids : les poids sont rouges, panés, pas nés… Il ne faut pas vous en dire trop, à vous de découvrir Philippe !

Découvrez sa galerie : 8a rue Principale 67300 Schiltigheim www.philippebruneteau.com

“Fock”

“Hé ! Rémi, ta tirelire.”

081 / We Are Strasbourg


MODE Pour ce nouvel édito mode, notre petit prodige de la photo Ophélie Longuépée joue des frontières entre l’obscurité de l’intimité et l’esthétisme azuré d’un ciel d’été... révélant ainsi les couleurs enfouies de notre être intérieur.

Propos par : WAS Illustration par : Jennifer Lyszyszack


MODE

COLOR MY LIFE with the chaos of trouble.

« Il faut avoir le chaos dans l’âme pour donner naissance à une étoile dansante. »

C’est quand

quatre personnes se retrouvent confrontées à leurs tourments intérieurs, au sein d’une nature sans repère, qu’elles parviennent à faire naître l’intensité qui révèle leur être le plus profond. Sans nos ennuis quotidiens, nos indécisions et notre chaos intérieur, nos vies ne seraient teintées que de noir et blanc et l’ennui serait notre pire tourment.

We Are Strasbourg / 084


De gauche à droite : Ivan : veste bordeaux Carharrt chez Le Nouvel Accord / Stéphane : T-shirt Carhartt et

pantalon Krew chez Slide Box

Nina : robe chez Speak Out / Camille : tunique chez Le Nouvel Accord et perfecto chez Speak Out.


Nina :

robe Céline escarpins Stella McCartney chez ALBE

Camille :

Robe et ballerines Carven chez ALBE

We Are Strasbourg / 086


MODE


MODE

Ivanâ&#x20AC;&#x2030;:

chemise BWGH et casquette MOUPIA chez Le Nouvel Accord


Stéphane :

chemise chez Speak Out et casquette MOUPIA chez Le Nouvel Accord

089 / We Are Strasbourg


Nina :

robe Ichi chez Lodge

Stéphane :

chemise Le Nouvel Accord

Ivan :

T-shirt Le Nouvel Accord et chemise Obey chez Slide Box

We Are Strasbourg / 090


MODE

Camilleâ&#x20AC;&#x2030;:

T-shirt Karl Marc John et pantalon See U Soon chez Gloss


Camilleâ&#x20AC;&#x2030;:

chemise Le Nouvel Accord, bodyswim Le LĂŠopard et boots H&M


Ninaâ&#x20AC;&#x2030;:

robe SessĂšn chez Gloss et chaussures Jonak

093 / We Are Strasbourg


PHOTOS ET DIRECTION ARTISTIQUE  Ophélie Longuépée

ASSISTANT  Vincent Muller

MAKE-UP/COIFFURE  Pauline Hauck Sonia Afook

MODÈLES  Nina G. Camille K. Ivan T. Stéphane H.

095 / We Are Strasbourg


Mon

SHOPPING

de l ‘été 1

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3

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4

1. Robe Sesaam location soirée : 29¤ , location week-end : 49¤ (conditions de vente en magasin) 2. Maillot de bain à pois Banana Moon chez Bonnie Doon, haut « Diplo Ventura » 37¤ , bas « Aja Ventura » 32¤ 3. Sac LZC «TOTE BAG» 29¤ chez Mémé en Autriche 4. Sandale Attilio Giusti Leombruni vernis ivory et métal 209¤ chez Il Salone 5. Maillot de bain « British Union » Banana Moon chez Bonnie Doon , ensemble 74¤


6

7

8 9

6. Marinière « Saint Guenole » Armor Lux 52¤ chez Mémé en Autriche 7. Richelieu Sport-Chic Softy Blu ou Softy Panna 139¤ chez Il Salone 8. T-shirt sérigraphie « Pétasse d’Alsace » création Poupet Pounket 40¤ chez Mirabile Visu 9. Chaussure CAIPI 49¤ chez NAO DO BRASIL

Retrouvez toutes les coordonnées dans notre carnet d’adresses


WAS THAT ? Le marathon vidéo dans WAS That, c’est tout à fait normal. Lorsqu’on les connait, lorsqu’on a participé à cet évènement, on comprend que l’équipe qui organise ce weekend de fou n’a sa place dans aucune case. Petit historique de ces 48h de marathon qui sont marquées d’une croix rouge dans les agendas des strasbourgeois.

Propos par : WAS Illustration par : Jennifer Lyszyszack


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WAS THAT ? / Marathon vidéo

Propos par : WAS Photos par : Le Marathon vidéo

172 800 SECONDES POUR LA GLOIRE... Quand on est un groupe de potes adeptes de cinéma ou simplement d’aventures épiques, quand l’insomnie ne nous fait pas peur et que la pression de la compétition nous dope ; on s’inscrit au Marathon Vidéo ! Quand on rêve de projeter son film devant une salle de cinéma comble et un public affable ; on s’inscrit au Marathon Vidéo. Qu’on soit amateur ou professionnel, avide de compétition ou friand d’aventure ; on se doit de s’inscrire au Marathon Vidéo !

L

e décor est simple, un vendredi soir, dans une salle obscure, un collectif bien connu à Strasbourg, la Cité de la Prod, dévoile un thème et les contraintes du défi qui s’annonce comme les 48h les plus intenses de l’année. Faites appel à votre imagination pour écrire, tourner et réaliser un court métrage de moins de 4 minutes qui sera projeté dans la plus grande des salles de cinéma de votre ville (UGC) ! Vos talents vous offriront peut-être la possibilité de remporter l’un des prix suivants, délivrés par un jury composé de 3 à 5 personnes issues du milieu professionnel de l’audiovisuel, du public ou de l’organisation. Le « grand prix du jury » toutes catégories confondues ; le « grand prix amateur » ; le « grand prix confirmé » ; le « prix du public » ; le

We Are Strasbourg / 102

« prix coup de cœur » qui est quant à lui décerné par La Cité de la Prod. Outre son aspect divertissant, mêlant à la fois bonne humeur et sérieux, le Marathon Vidéo est aussi une véritable voie vers la reconnaissance, puisque les lauréats se voient offrir la possibilité de projeter leur film en compétition au Festival Officiel de Bischeim « Ose ce court ». Si le Marathon ouvre les portes de festivals professionnels comme celui-ci, c’est notamment parce que son organisation est bien rodée, soutenue par de nombreux partenaires de prestige, et dotée d’une aura particulière puisqu’il allie à la fois loisir et production sérieuse, le cadre de la compétition est presque oublié tant l’ambiance générale est festive et bon enfant. Fier de fêter ses 7 années en 2013, cet événement né sous

l’impulsion de TV Campus a connu bien des évolutions sous le règne de la Cité de la Prod : ajout des contraintes, plan de communication, teaser vidéo, making of et suivi des équipes. Cette implication des organisateurs impacte directement sur les participants, de plus en plus nombreux, qu’ils soient amateurs ou professionnels. Si l’on ne perd pas de vue qu’à son origine, le Marathon Vidéo 48h était une aventure étudiante, on comprend l’investissement qu’il a fallu aux 8 membres de la Cité de la Prod pour donner à cette institution culturelle le rayonnement dont elle jouit aujourd’hui.

Les infos sur le marathon, les liens utiles se trouvent ici : www.marathon-video.fr 


« LE MARATHON VIDÉO RASSEMBLE CHAQUE ANNÉE PLUS DE 500 PASSIONNÉS DE CINÉMA »

103 / We Are Strasbourg


J’AIME /J’AIME PAS Jako, illustrateur strasbourgeois licencié en arts plastiques, diplômé en bande-dessinée depuis 2008, à l’institut Saint-Luc de Bruxelles, vous propose de découvrir quelques j’aime/j’aime pas. Vous pouvez suivre son travail sur jak-umbdenstock.blogspot.fr

We Are Strasbourg / 104


WAS THAT ? / J’aime / J’aime pas

105 / We Are Strasbourg


WAS THAT ? / Frankie Chops

Propos recueillis par : Matt Scott Illustration par : Bonzer

FRANKIE CHOPS TRAUMATISE WAS MAGAZINE

Opus réalisé par un collectif de beatmakers Strasbourgeois, sous la forme d’une bande originale d’un film imaginant les aventures de Frankie Chops, un gangster d’un nouveau genre dans les 70’s : Dans une époque d’explosion et de richesse des styles musicaux, les dj’s les plus passionnés chassent la perle rare avec une hargne et des méthodes qui font plus que rappeler... le crime organisé ! Nous avons rencontré Frankie lors de son passage à Cannes à l’occasion du festival. Celui-ci nous a accordé cinq minutes entre deux avions. WAS : T’es qui Frankie ? On a entendu dire que tu souffrais de schizophrénie ? Tout d’abord, donne moi la liste de toutes les personnes qui m’ont traité de schizo, et ensuite, reste timide parce que d’habitude c’est moi qui pose les questions ! Tout ce que je peux te dire c’est que mon père est mort dans une course de Nascar quand j’étais gamin et que ma mère bossait dans une boîte de duplication de cassettes audio la journée et qu’elle était « serveuse » la nuit au Punish’Club... Question suivante ! WAS : The Last Tape aurait été composé à partir d’instruments végétaux (légumes notamment) est-ce vrai ? Ta gueule, j’suis pas là pour faire d’la soupe... Question suivante ! WAS : On lit dans la presse que tu as refusé la proposition de Tarantino de réaliser ton clip ? Peux-tu nous expliquer ce choix ? C’était soit lui, soit la caisse... T’aurais fais quoi à ma place ? WAS : Les Musclés, notamment Framboisier et Bernard Minet sont, paraît-il, parmi tes plus grandes sources d’inspiration, dans la vie comme pour la musique. J’en connais des gars musclés, mais pas ceux-là ! D’ailleurs, t’as lu ça dans la presse aussi ? WAS : Comment et par qui cette Last Tape a-t-elle été produite ? Pour la B.O, la production voulait la crème de la crème, mais moi j’avais mieux.

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WAS : Un peu plus sérieusement, comment Frankie est-il né ? Combien a-t-il de pères ? “Blood, sweat & tears !”, dans la douleur, sur la banquette arrière de la caisse de “MON” père ! Non, plus sérieusement (rire sarcastique), c’est 13 beatmakers de la ville qui bossaient dans leur coin... J’les ai réunis... et voilà. WAS : Quel est l’avenir de ce personnage musical ? Quels sont ses prochains projets ? Je viens d’avoir le scénar de Steve Diamond, on attaque le volume 2 au courant de l’été, le projet devrait sortir pour la rentrée. J’te lâche un tuyau, la B.O. devrait sortir en vinyle, mais là j’t’en ai déjà trop dis ! WAS : The Last Tape compte 21 titres, peux-tu nous parler un peu de cet éclectisme ? Tu trouveras des samples démontés, découpés ; des kicks qui tapent ; des snares léchées et de bonnes basses bien lourdes ! J’aime la Funk, la Soul, la Disco, le Boum-Bap. Je voulais que ça sonne tout ça mais à la sauce 2013 ! WAS : Un mot sur le kitsch du visuel de l’album ? Pourquoi estce que la voiture semble avoir des coliques phénoménales ? (Gros silence, Frankie se lève et je me sens comme dans la scène de l’interrogatoire dans “The Last Tape” avec le Lieutenant Kingslay, je regrette moitement ma question) ...


WAS : On entend parler d’un deuxième opus, puis d’autres encore, peut-on en savoir plus ? Je suis pas une balance, il y en a qui le font bien mieux que moi : www.frankiechops.bandcamp.com www.facebook.com/frankie.chops Un dernier mot ? Tu sais où il y a des filles dans le coin ?


CAHIER D’ARTISTE / Mahon

Propos par : WAS Illustrations par : Mahon

MAHON

WORKAHOLIC ? RAIN MAN CONTEMPLATIF ? ARTISTE ! « Si j’étais un bâtiment je serais sans doute une école, tellement j’ai été sollicité par des artistes en devenir qui souhaitaient être initiés au Graffiti… »

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l découvre le graffiti en vacances chez ses grands parents à St Aygulf en 1987, voyant des marseillais animer des ateliers. La passion finit par naître définitivement en lui à son retour à Strasbourg, lorsqu’il constate que ses potes skaters tombent eux aussi dans la culture du graffiti… Depuis, il n’a pas cessé de graviter autour de ce milieu controversé. Gros plan sur Mahon. Mahon est la preuve vivante qu’on a rien sans rien et que quand on veut, rien n’est inaccessible. De formation autodidacte un peu malgré lui, puisqu’il a été recalé des Arts Déco en 1997, n’ayant pas le bac et étant déscolarisé depuis trop longtemps, il s’est formé par de nombreux stages dans des boîtes de pub, commençant tout petit et gravissant les échelons. En parallèle, bien sûr, le graffiti, Macia, une réputation qui grandit et de très gros contrats qui tombent. Mahon a travaillé aussi bien sur les murs, — le graffiti l’ayant d’ailleurs mené jusqu’aux bancs des tribunaux, ce qui ne l’a en rien dissuadé de poursuivre sa passion et de la vivre comme un art de vivre — que pour des projets musicaux : Pochette de disque pour Onyx, artiste américain, affiches de ses tournées américaines. Mais il a aussi travaillé pour la marque de vêtement de Fredro Starr, Finsta, Lords of Brooklyn… WAS : Macia Crew semble avoir une place très grande importance dans ta vie. Peux-tu nous en dire un mot, nous parler de ton rôle en son sein et son historique ? Mahon : J’ai créé le Macia Crew avec Bonzer, nous avons fusionné les deux bandes que nous fréquentions, (MAC et CIA) étant adolescents, c’était en 1988 … mais nous n’avons pris la forme Macia qu’en 1993 … c’est pour cette raison que je ne considère pas le Macia comme un collectif, qui pourrait être rassemblé autour de valeurs, ou d’objectifs artistiques communs. Ce n’était pas le cas, notre point commun était de vouloir trainer ensemble, d’être une bande forte et de faire ce dont nous avions envie. Délinquance et entre autre, peindre des Graffitis… un refuge aux conflit parentaux quoi !

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WAS : Est-ce que tu considères que la fréquentation de tes amis d’une part et de la rue d’autre part t’ont fait devenir ce que tu es aujourd’hui : artiste connu et reconnu pour tes créations et ton style ? Mahon : Oui et non, je considère en effet que « Each one teach one », si tu veux apprendre : tu peux apprendre partout et de n’importe qui, ça dépend de ta capacité à en vouloir, à analyser, et à comprendre... Je pense que c’est une forme de résilience.... Je dirais aussi que c’est mon père qui fut mon premier coach, issu de l’immigration italienne, il a grandi dans une cité et a réussi à devenir Médecin Généraliste, ça c’est formateur !!! Ça t’inculque le goût de l’effort !!! Mon grand père est venu en France car c’était la famine en Italie, t’imagine un peu le contexte familial !!! On était déjà des survivalistes avant que ce ne soit à la mode ! Moi j’ai passé 10 ans à la Meinau, puis 10 ans à la campagne, et plus de 15 ans au Quartier Gare ... La rue c’est comme la condition humaine, ni plus ni moins... et en même temps, je suis un produit de mon environnement. Mais qui ne l’est pas ? WAS : Tu travailles sur énormément de projets en même temps, comment t’organises-tu entre toutes les sollicitations, la boutique Macia, et le Festival du Film Fantastique dont tu réalises les visuels ? Mahon : Je suis un Workaholic, j’ai besoin de m’investir dans 10000 trucs en même temps, et j’adore le style des années 50-60, le cinéma bis, bref … j’ai donc fais quelques essais de dessins animés, qui rendent hommage à ce cinéma de genre, et c’est justement ce qui a emballé Daniel Cohen, directeur artistique du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. À la vue de ces génériques, il m’a fait faire un premier essai en 2006 dans le cadre du Hammer Film Festival et depuis nous n’avons pas arrêté. Cette année, c’est la 6ème édition du FEFFS. À côté de ça je travaille également pour la Direction Régionale de la communication de BNP Paribas ; ils sont partenaires de la Fédération Française de Cinéma, et me sollicitent régulièrement pour des campagnes liées à ce partenariat, toujours dans un ton passéiste, rendant hommage à l’âge d’or du cartoon. C’est l’angle le plus noble dans le marketing pour séduire le « tout public » sans se mettre au ras des pâquerettes comme on peut le voir

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avec certains annonceurs qui insultent notre intelligence de consommateur. Je suis d’ailleurs toujours dans le même registre, je dessine des monstres ou des gangsters. C’est vrai qu’ après tout ça il ne me reste qu’un tout petit peu de temps pour moi, et je le partage entre mon personnage Macia Troopa, (je bosse sur une deuxième série de jouets et d’autre projets impliquant cette créature) et la collection de vêtements Macia que nous développons à la boutique Macia. WAS : Quel sont ton processus de création, tes sources d’inspirations et ta manière de travailler ? Mahon : Je fonctionne un peu comme un autiste, avec mes thèmes récurants, ma volonté de cristalliser certaines périodes que j’ai vécues, et d’autres que je n’ai pas vécues mais que je me plais à disséquer pour mieux comprendre leur raffinement, leur structure, leurs codes, etc … Au niveau de l’inspiration, je suis aussi un peu un « Rain Man », un contemplatif, je regarde tout, j’analyse tout, mais je suis très sélectif, je pense que mon cerveau fait la synthèse de ce que je préfère et voilà, je le ressert à ma façon. J’ai des flash des fois mais sinon je fais beaucoup, beaucoup d’esquisses, des notes et des notes, je remplis des books et des books, un peu comme John Doe dans Seven, entre maniaque et hyperactif. Ensuite j’abandonne cette idée ou je la développe … en traitant ensuite la couleur ou le cerné, j’ai fait beaucoup de peinture traditionnelle au pinceau, acrylique, aquarelle, avant de faire de la bombe. Maintenant je travaille principalement sur palette graphique, ça me permet de conserver la gestuelle que tu as sur le papier mais avec plus de facilités d’exploitation pour les besoin de la reproduction et de l’industrie.  Son travail personnel réside principalement de nos jours dans la création de figurines et de vêtements pour la boutique Macia : 18, rue des sœurs, 67 000 Strasbourg www.mahon.fr

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WAS GUIDE / Le guide de l’été

Prenez du bon temps à Strasbourg Les super plans de l’été

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ller boire un verre, trouver une terrasse agréable pour dîner en famille ou entre amis, sortir danser ou découvrir un groupe sont autant d’activités indissociables d’un été réussi. Le tout est de ne pas faire le mauvais choix de l’endroit. WAS magazine vous a concocté un petit dossier confidentiel, comportant ses meilleurs plans, adresses, ses petits secrets. Qu’est ce qui pourrait bien vous faire plaisir aujourd’hui ? Une bonne tartine à l’ombre d’une terrasse pas trop fréquentée ? Un concert dans la soirée, avec une programmation unique à Strasbourg ? Ayez confiance en votre city mag’ pour vos sorties, et qui sait, on se retrouvera sans doute dans une des adresses qui suivent.

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WAS GUIDE / Le guide de l’été

Jeannette et les Cycleux Jeannette paye son milkshake Photos par Henri Vogt

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ur fond de jukebox rockabilly, de job et de coupe à la Elvis, Jeannette et les Cycleux distille sa bonne ambiance et ses milkshakes rétro. En terrasse, doigts de pieds en éventail, bien installé, on choisi son parfum de milkshake estival. Aussi bien café, bar à vin, bistrot, Jeannette change de visage au fil de la journée, proposant toujours le produit idéal pour le moment où vous vous y présenterez. Vous avez soif ? Aucun problème ! Une petite faim ? Planchettes ou desserts maison ? On s’y plaît chez cette chaleureuse Jeannette, entre quiches du moment et mojitos aux fruits de saison. Dorothy va nous manquer, mais Sally nous redonnera le sourire... Il est toujours aussi bon se retrouver chez Jeannette ! Jeannette et les Cylcleux 30, rue des Tonneliers 67000 Strasbourg 03 88 23 02 71 www.lenetdejeannette.com Dim-jeudi 11h30-1h30 ven.sam 11h30-2h30

WAS aime... ...les planchettes, les mojitos aux fruits de saison

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Photo par : M4tik

Mudd Club

WAS aime... …le Betty Oops

Frénésie !

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e Mudd Club est un bar situé à deux pas de la Place Saint-Étienne qui a la particularité de proposer des atmosphères musicales très variées. La programmation change tous les soirs entre concerts, groupes locaux ou session DJ, permettant de découvrir de nouveaux artistes comme de réécouter ce qui vous a toujours fait vibrer. Dorénavant, une nouvelle formule s’invite les mercredis avec les Mercredis Souljazz, rassemblant des invités tels que les Fat Badgers, In Time Jazz ou Katsumi Project. On garde l’ambiance habituelle et les bières à partir de 2,50e, venez vous détendre et bouger au rythme des baffles, vous en sortirez décompressé.

Dès la rentrée, vous pourrez profiter d’une programmation telle que : Sons of Buddha le 17 septembre 100% Chevalier & Pauwels le 19 septembre We Ara Van Peebles le 26 septembre Sans oublier les Freestyle Mondays, soirées Sucre Lent ou encore les bourses aux disques. Le Mudd est désormais ouvert jusqu’à 4h les vendredi et samedi soir !

Mudd Club 7, rue de l’Arc-en-ciel 67000 Strasbourg 03 88 32 14 02 www.mudd-club.fr

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WAS GUIDE / Le guide de l’été

A Chez Victor

Photo par : Alin Enulescu

Frais, gourmand. Victor est généreux !

WAS aime... …le pesto maison et sa salade de pâtes

Chez Victor 19 Rue des Frères 67000 Strasbourg Retrouvez Chez Victor sur sa page facebook !

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dresse incontournable de la restauration strasbourgeoise, on ne présente plus « Chez Victor ». Il rayonne depuis son ouverture de critiques dithyrambiques quant à la sélection de ses produits frais et de saison. Victor et ses acolytes confectionnent vos sandwichs, soupes, salades de pâtes et autres plats préparés sous vos yeux et selon votre volonté. Nous vous conseillons de faire toaster votre pain avec les différents fromages proposés (raclette, parmesan, emmental…), ça déchire ! Pour tous les appétits, tous les budgets et bien entendu tous les goûts ! Le pesto maison a marqué les esprits de la rédaction toute entière de même que la généreuse salade de pâtes. N’hésitez pas à mélanger les saveurs au gré de vos pulsions gourmandes. On ne peut que vous conseiller d’aller y faire un tour.Tiens, d’ailleurs, il est 12h, on se retrouve là-bas, rue des Frères. Bon appétit !


L’Épicerie The place to be

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mi-chemin entre les déjeuners d’antan et the place-to-be, l’Épicerie a posé ses valises rétro au décor de cartes postales d’autrefois et aux effluves de bon vin. Ici, on déguste des tartines de toutes sortes, de la plus fondante aux pruneaux et à la fourme d’Ambert à la plus douce chèvre-amandes-miel en s’arrêtant sur celle au saumon et pour l’été… le retour de la célèbre tomates-mozza, souvent imitée, jamais égalée. Pour accompagner ce moment, quoi de mieux qu’un cocktail rétro ou revisité façon l’Épicerie tel que le Chartreus’ito, un délicieux mojito à base de Chartreuse. Nous n’oublierons pas les desserts maisons, servis avec des sucreries pour achever votre repas avec délicatesse. Quoique, un dernier regard vers la carte des vins, ce petit rosé estival me fait carrément de l’œil.

L’Épicerie 6, rue du Vieux Seigle 67000 Strasbourg 03 88 32 52 41 www.lepiceriestrasbourg.com

WAS aime... …le jus de pomme chaud au Calva’ & à la cannelle.

Photo par : Gilles Egloff

Ouvert tous les jours de 11h30 – 01h tartines servies de midi à minuit

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WAS GUIDE / Le guide de l’été

Wang Kok Un dépaysement vous attend

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deux pas du quai des Bateliers, à l’ombre de la Place de Zurich, vous attend l’Orient. De spécialités traditionnelles chinoises et cantonaises, ce restaurant ouvre ses portes à tous les amateurs du genre, de l’étudiant de passage venu pour le menu à 6€ aux retraités du quartier, amateurs de la soupe au porc laqué. Vous y trouverez bien entendu les plats traditionnels que vous aimez mais nous vous conseillons surtout de vous y laisser surprendre. Succombez aux rouleaux d’été (poulet, vermicelles, pané croustillant...). Vous y trouverez une grande salle cosy et un service irréprochable, un vrai voyage pour vos papilles comme votre esprit. Rapide, économique mais surtout délicieux, Wang Kok vous séduira. Ouvert tous les jours de 11h à 22h Fermé le dimanche midi Wang Kok 33 rue de Zurich 67000 Strasbourg

WAS aime... ...le poulet au caramel et la soupe de porc laqué

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WAS aime... …le dos de cabillaud sur risotto Japonais

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Pas Loin du Coin

itué 1 rue Schimper, dans le très convoité et intime quartier de la Robertsau, vous trouverez dans ce lieu coquet une dizaine de plats allant du dos de cabillaud sur risotto japonais aux joues de sandres (une exclusivité dans un restaurant strasbourgeois !) en finissant sur un cheese cake façon sundae. Vous y dégusterez des plats entre 9 et 20€. pouvant accueillir une quarantaine de personnes dans un cadre sobre et élégant, vous pourrez y savourer du lundi au jeudi leur plat si particulier qu’est le fishburger ! En effet, Pas loin du Coin est aussi l’adresse des végétariens et des amateurs de poisson qui, avec une carte renouvelée à 90% chaque saison, ne manquent pas d’être surpris !

Une cuisine du marché Pas loin du Coin 1 rue Schimper 67000 Strasbourg 03 88 61 87 96 Ouvert du lundi au jeudi de 12h à 14h et de 19h à 22h

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WAS GUIDE / Le guide de l’été WAS aime... …sa terrasse au bord de l’eau

Le Jardin de l’Orangerie Au cœur d’un parc dans la ville, une des plus belle terrasse de Strasbourg

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itué dans un des endroits les plus convoités de Strasbourg, le parc de l’Orangerie, le Jardin de l’Orangerie vous ouvre ses portes tous les jours afin de vous mettre l’eau à la bouche. Non content de posséder un remarquable cadre, ce restaurant vous émerveillera par sa cuisine du marché élaborée, travaillée à base de produits frais et régionaux. Des desserts confectionnés avec des œufs fermiers aux spécialités préparées avec le gibier issu de la chasse locale, tout provient de la région et est préparé de façon moderne. Nous vous conseillons ce restaurant pour vos moments familiaux comme pour vos soirées en amoureux, la cuisine et le cadre vous raviront à coup sûr. Le Jardin de l’Orangerie Parc de l’Orangerie 67000 Strasbourg 03 90 41 68 05 www.jardinorangerie.fr

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L’Articho La cuisine au cœur

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enez à la rencontre de Marie-B et Marc qui seront heureux de vous accueillir à l’Articho. Dans un cadre design aux couleurs acidulées, vous pourrez déguster différentes suggestions de plats et burgers, ainsi qu’une sélection de tartines. Ouvert tous les jours en semaine, le midi comme le soir et jusqu’à 22h30 le week-end, vous pourrez y découvrir une série de plats à la carte tout en vous baignant de soleil sur la terrasse, dont le fameux « Crétois » : un burger avec du poulet mariné thym citron et ses légumes grillés, accompagné de la sauce tsatsiki maison. Tous les produits sont locaux, choisis, de saison. Si vous passez par l’Articho, ne manquez pas de vous régaler avec le dessert minute aux fruits de saisons, que vous pourrez accompagner d’une sangria blanche aux groseilles ! Bon et frais, c’est l’Art de la table à l’Articho !

L’Articho 20 rue du fossé des Tanneurs 67000 Strasbourg 03 88 22 29 16

WAS aime... ...le planteur (rhum arrangé maison) et la Tartine Cannnibale

Ouvert tous les jours Fermé les dimanches et lundis soir

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WAS GUIDE / Le guide de l’été

Le Picobello Cosy fan tutte

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e risotto le plus fondant que vous ayez jamais dégusté ? C’est au Picobello que vous le trouverez. Dans ce restaurant italien cosy situé à deux pas de la cathédrale, vous pourrez découvrir quelques spécialités de la cuisine méditerranéenne, trésors cachés aux accents colorés et saisonniers. Cet été, Stéphanie et sa chef Nabila vous accueillent avec les baies vitrées grandes ouvertes. Elles vous ont concocté une carte aux plats estivaux comme une grande salade de thon mi-cuit au sésame, un vitello tonnato ou encore des penne à la tapenade, roquette et jambon de Parme. Pour le dessert, elles vous proposeront une salade d’orange et d’ananas frais, infusion à la coriandre ainsi que des sorbets. N’hésitez plus à rejoindre les habitués autour d’un verre de Spritz vénitien.

Le Picobello 21-23, rue des Frères 67000 Strasbourg 03 88 35 47 25 www.restaurant-lepicobello.com Horaires Du mardi au samedi de 12H à 14H et de 19H à 22H30, jusqu’à 23H les vendredis et samedis soir.

WAS aime... ...les gnocchis aux morilles & l’effeuillé de jambon de Parme We Are Strasbourg / 126


WAS aime... …le caveau convivial et son patio intérieur

Au Bouchon Brionnais

Au Bouchon Brionnais 25 rue du Jeu des Enfants 67 000 Strasbourg 03 88 32 97 00

Manger et dormir à Strasbourg

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Photos par : Nis & For

Ouvertures déjeuner : 12h – 14h dîner : 19h – 22h30 Fermeture tardive les vendredis & les samedis Fermetures samedi au déjeuner dimanche toute la journée et lundi au dîner

es avis divergent sur l’origine du mot « Bouchon ». Certains pensent que celleci repose sur les grappes de pommes de pin qui étaient accrochées au-dessus des portes des tavernes lyonnaises. D’autres expliquent son origine par le fait que les chevaux étaient « bouchonnés » à la paille devant les relais de poste lyonnais dans lesquels les cavaliers s’attablaient pour avaler une plâtrée roborative. Quoiqu’il en soit, les deux avis s’accordent pour décrire un « bouchon » comme un lieu à la décoration immuable, à l’atmosphère conviviale, joyeuse et où le patron, à la gouaille avérée, sert une cuisine simple, authentique, généreuse et réalisée avec des produits du marché. Reconnu pour ses spécialités du terroir lyonnais, mais aussi pour ses viandes de qualité, au Bouchon Brionnais offre également à ses clients un produit hôtelier de qualité : 3 appartements de très grand confort, réservables à la nuitée, au week-end, à la semaine, voire plus... Aux beaux jours, vous saurez apprécier le calme d’une belle terrasse nichée dans une cour intérieure... en groupe, vous serez envoûté par l’atmosphère du magnifique caveau “Saint-Vincent” ! Au Bouchon Brionnais, un lieu à (re)découvrir !

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WAS GUIDE / Le guide de l’été

WAS aime... …la terrasse animée les soirs d’été

Photo par : Henri Vogt

La Corde à Linge À l’ombre des platanes

La Corde à Linge 2 place Benjamin Zix 67000 Strasbourg

Photo par : Gilles Egloff

03 88 22 15 17 www.lacordealinge.com Ouvert tous les jours non-stop dim.- jeu. 10h30 – minuit ven. - sam. 10h30 – 01h Cuisine chaude en continu de 11h45 à 23h

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u cœur de la Petite France, à l’ombre des platanes de la place Benjamin Zix, se trouve La Corde à Linge, restaurant novateur jouant sur le vintage. L’esprit du lieu comme la cuisine sont régressifs mais sans jamais tomber dans le vieillot puisque tout est travaillé de façon moderne. Les traditionnels spätzle sont relookés dans de savoureuses sauces évitant la cuisine du dimanche de mémé, de même pour les plats de viande qui vous feront oublier tout ce que vous aviez pu goûter jusqu’alors. On vous conseillera également « Le Pur Laine », cheeseburger maison au comté accompagné de petites pommes de terre persillées. Pour l’été, nous vous recommandons les grandes salades ou le gaspacho maison servi avec des tartines de tapenades avant de finir par un sorbet « Mojito », à savourer en terrasse.


L

a Hache est un restaurant dont l’histoire remonte à 1257 ! Le nom du lieu, inchangé depuis cette date, est une probable référence au passé peu glorieux de cette ancienne maison de bourreau... Les nouveaux propriétaires, moins tranchants mais aux envies toutes aussi aiguisées, souhaitent proposer une authentique « cuisine de bistro ». Des haches pendues s’opposent à des alignements très graphiques de vaisselle blanche ; le plafond de planches brutes contraste avec le parquet ancien ; les assises en cuir patiné font face à des banquettes de bois... Le comptoir quant à lui, élément majeur du lieu et prolongé par une table d’hôtes, est constitué d’un assemblage de planches à découper et autres billots, surmonté d’un imposant plateau en cuivre poli, en référence à la qualité atemporelle des casseroles du chef. À partir de 19h et jusqu’à minuit, on y sert à table ou autour du comptoir une cuisine maison, authentique, originale et inspirée. Une carte d’été fraîche et savoureuse : La très crunchy Caesar salade au poulet, une véritable niçoise au thon frais, une grillade de cochon au miel et le déjà incontournable fish and chips. Le baba au rhum et les fraises Melba sont les stars de la carte des desserts où l’on retrouve aussi les incontournables profiteroles au chocolat chaud.. La carte des vins n’est pas en reste et propose plus d’une cinquantaine de références alternant grands classiques et vraies trouvailles avec un grand choix de vins servis au verre. Un bistro de nuit, moderne, à l’ambiance complice. Un lieu vivant, gourmand et chaleureux.

À la Hache Gourmand et chaleureux Photos par : Claude Drach

À la hache 11 rue de la Douane 67000 Strasbourg 03 88 32 34 32 www.lahache.com Ouvert tous les jours 19h-1h30 Cuisine jusqu’à minuit. Salle climatisée.

WAS aime... ...le comptoir en cuivre où l’on peut dîner à 10

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CARNET D’ADRESSES

Albe 16 rue des Juifs 67000 Strasbourg

Jérôme Do Bentzinger Édition 27 rue du Fossé des Tanneurs 67000 Strasbourg

Mood Club 18 rue du Commerce 67550 Vendenheim

Au Bouchon Brionnais 25 rue du Jeu des Enfants 67000 Strasbourg

L’Articho 20 rue du Fossé des Tanneurs 67000 Strasbourg

Mudd Club 7 rue de l’Arc en Ciel 67000 Strasbourg

Billard de l’Orangerie Parc de l’Orangerie 67000 Strasbourg

L’Épicerie 6 rue du Vieux Seigle 67000 Strasbourg

Não Do Brasil 7 rue des Frères 67000 Strasbourg

Bonnie Doon 115 Grand Rue 67000 Strasbourg

Le Léopard 8 rue des veaux 67000 strasbourg

Boutique Macia 18 rue des Sœurs 67000 Strasbourg

Le Picobello 21-23 rue des Frères 67000 Strasbourg

Nature is Future www.natureisfuture.fr www.facebook.com/ natureisfuture.byphytodia

Bowling de l’Orangerie Parc de l’Orangerie 67000 Strasbourg

Librairie de l’Amateur 24 C rue des Orfèvres 67000 Strasbourg

Casino Barrière 10 place des Thermes 67110 Niderbronn-les-Bains

Librairie Kléber 1 rue des Francs Bourgeois 67000 Strasbourg

Chez Victor 19 rue des Frères 67000 Strasbourg

Librairie Quai des Brumes 120 Grand Rue 67000 Strasbourg

Galerie Froessel 14 rue des Dentelles 67000 Strasbourg

Librairie Soif de Lire 11 rue Finkmatt 67000 Strasbourg

Gloss 26 rue de l’Ail 67000 Strasbourg

Lodge Boutique 5 rue des Soeurs 67000 Strasbourg

Il Salone 7 rue de la Haute Montée 67000 Strasbourg

La Corde à Linge 2 place Benjamin Zix 67000 Strasbourg

Jeannette et les Cycleux 30 rue des Tonneliers 67000 Strasbourg

Mirabilé Visu / Baptiste & Garance 6 rue des Veaux 67000 Strasbourg

Jonak 1-5 rue de la Haute Montée 67000 Strasbourg

Mémé en Autriche 11 rue des Bouchers 67000 Strasbourg

Le Nouvel Accord 34 quai des Bateliers 67000 Strasbourg Pas Loin du Coin 1 rue Schimper 67000 Strasbourg Restaurant Le Jardin de Pourtalès 161 rue Mélanie 67000 Strasbourg Sesaam 104 rue de Hochfelden 67200 Strasbourg Slide Box 5 rue Gustave Doré 67000 Strasbourg Speak Out 43 Grand’Rue 67000 Strasbourg Tour Seegmuller Presqu’île André Malraux, 67000 Strasbourg Wang Kok 33 rue de Zurich 67000 Strasbourg



WAS Magazine 07 / We Are Strasbourg