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OLIVIA EPOUPA L’INTERVIEW «PLAYGROUND» CHRIS DANIELS DIX ANS APRES LES SONICS, QUE DEVIENT SEATTLE ? BORIS DIAW LE PRESIDENT DE TOUT LE MONDE RAFER ALSTON DE LA RUE AUX PARQUETS


THE PLAYGROUND #2

STELLIOS THEODORIS Point-Guard de The Playground


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La surprise Pacers : Prove Them Wrong

Olivia Époupa : L’interview Playground

Rafer Alston : Ce lien entre rue et parquet

Steve Novak : Rien que le shoot !

Chris Daniels : 10 ans après les Sonics, que devient Seattle ?

Boris Diaw : La définition de l’épicurisme

Boris Diaw : Lui, Président

Game Seven : Win or Go Home

Dirk : Ce héros au destin fantastique

Les playgrounds du monde #2 par Amandine

Premiers pas

La playlist du Playground #2


CRÉDITS //Écrit par Marin | Illustré par Koobi


PROVE THEM WRONG


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CRÉDITS // Interview réalisée par Vincent | Illustré par Adrien


Un grand merci Ă Olivia Epoupa pour sa gentillesse et sa disponibilitĂŠ !


Entre rue et parquet, les deux faces d 'une même pièce. La frontière entre streetball et monde professionnel n’a jamais été aussi poreuse que les fans de Basket auraient pu l’espérer. Entre la notoriété affolante des légendes des playgrounds et le professionnalisme des superstars NBA, peu d’initiatives ont réussi à faire rentrer les deux mondes en collision. Si on élude les opportunistes tardifs guidés simplement par l’appât du gain, il ne reste qu’un homme qui a su bâtir des ponts entre ces deux univers. Il se nomme Rafer Alston chez les uns, Skip 2 My Lou chez les autres. La destinée de Rafer est indéniablement liée à la marque AND1. Lancée en 1993, AND1 va se faire connaître sur la fin des années 90 en même temps qu’elle va mettre la lumière sur le talent de celui que la rue appelle Skip 2 My Lou. En voulant percer dans le milieu de l’équipementier Basket, AND1 a l’idée de génie de capitaliser sur le streetball. Comprenant avant tout le monde la puissance visuelle de ses moves complètement improbables, qui n’existent que pour humilier l’adversaire et faire rugir la foule, AND1 compile alors des dizaines de séquences, la plupart en found footage, dans une Mixtape. La HD n’existe pas encore et les images ne flattent pas la rétine, mais le génie et le charisme de Skip 2 My Lou ne peuvent plus être cachés : il devient instantanément une référence du streetball et l’icône de toute une génération ! Mais Rucker Park, The Cage et les autres playgrounds new-yorkais, ne sont pas une fin en soi pour Skip 2 My Lou. Certes, son rêve de NBA s’est accompli avec sa draft par les Bucks en 1998 ; mais Rafer Alston ne fait que de la figuration dans la grande League, contrairement à son alter ego de la rue qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Il lui faudra s’exiler au Canada pour que sa carrière NBA décolle enfin. À Toronto, Alston se fait un nom et dépasse enfin l’étiquette de ‘star des Mixtapes’. Il gravite ensuite autour de plusieurs équipes (Miami, Houston, Orlando) où il devient un vrai joueur NBA, faisant enfin le lien entre le streetball et le basket professionnel. Oh bien sûr, entre temps les grandes stars comme Allen Iverson ou Kobe Bryant se sont aussi revendiquées de la rue et du streetball, comprenant l’intérêt du public pour cette autre face de la balle orange. Mais jamais ils n’ont atteint l’authenticité d’un Skip 2 My Lou. Le point d’orgue de la carrière de Rafer Alston s’écrit en 2009, où il atteint les Finales NBA avec le Magic d’Orlando de Stan Van Gundy. Meneur titulaire sur l’évènement le plus important d’une carrière professionnelle, touchant du doigt son rêve, jouant 30 minutes par match pour 10 points de moyenne dans 5 rencontres diffusées sur les plus grandes chaînes du monde entier, Rafer Alston réussit par lui-même à mettre la lumière sur son nom, de la même manière qu’AND1 l’avait mise sur celui de Skip 2 My Lou. Sa réussite, Rafer Alston la vivra comme un joueur NBA lambda. Skip 2 My Lou n’aura pas ouvert de brèche dans laquelle des dizaines de streetballers auraient pu s’engouffrer. Être à quelques encablures de toucher le trophée Larry O’Brien n’a pas non plus fait de Rafer Alston une icône de la rue. Non, là bas, c’est encore et toujours le Skip 2 My Lou d’AND1 que l’on célèbre. Alston n’aura finalement pas été un précurseur, ni un porte-parole. Il aura été un voyageur, capable de se déplacer dans les deux mondes du basketball. Toujours au gré de ses alter egos et de ses surnoms.

CRÉDITS // Illustré par rOnAn_NcY | Écrit par Winston


CRÉDITS // Écrit par Damien | Illustré par Dunkakis


RIEN QUE LE SHOOT

CRÉDITS //Écrit par Hugo Givernaud | Illustré par Koobi


Il y a 10 ans exactement, suite à de complexes défaillances financières et sur décision du tribunal, les SONICS de Seattle déménageaient à Oklahoma City pour devenir le THUNDER.

ne décennie plus tard, en dépit d’un SuperBowl remporté par les Seahawks en 2014 et d’une hype toujours plus grandissante autour des Sounders (l’équipe de MLS de la ville), Seattle reste orpheline de sa franchise NBA, et la cicatrice ne s’est jamais refermée. Nous avons alors décidé d’aller directement sur place prendre le pouls d’une ville qui n’attend qu’une chose : le retour des SONICS.

Nous sommes allés rencontrer Chris Daniels, journaliste, chef reporter à Seattle pour le media King-TV et King5 News. Spécialiste notamment du Sport à Seattle et du Sport Business, il a vécu de très près le déménagement des SONICS en 2008. Avec lui, nous sommes revenus sur le passé des SONICS, mais nous avons surtout parlé du present, et du possible avenir de la franchise … Car plus que jamais à Seattle, on est convaincu qu’il y a encore des chapitres à écrire !


THE PLAYGROUND : Cette décision et cette annonce sont donc arrivées vraiment au dernier moment auprès du public et de la population ? THE PLAYGROUND : Il y a 10 ans, les SONICS déménageaient à Oklahoma City, et devenaient le THUNDER. Quel est votre premier souvenir personnel de cet évènement ? Chris Daniels : C’est une bonne question pour commencer ! C’était le 2 juillet 2008, et je me souviens parfaitement bien de ce jour. C’était un jour très triste, et nous étions en attente d’un éventuel départ des SONICS. Il y avait l’attente de ce jugement à la Cour fédérale américaine, ici à Seattle, et la Ville mettait vraiment tout en œuvre depuis une semaine pour essayer de garder les SONICS à la Key Arena pour au moins deux années supplémentaires … Je vais vous raconter une petite histoire : Le jour où l’annonce était censée être prononcée par la Juge Mme Pechman, on se posait beaucoup de questions. Avant même que les deux parties entrent dans la salle de justice, il y a eu une annonce de faite. Un accord avait été trouvé entre la ville de Seattle et Clay Bennett [ndlr : hommes d’affaires originaire d’Oklahoma City, propriétaire de la franchise depuis 2006] pour autoriser l’équipe à déménager à OKC dès 2008, en échange d’un règlement des dettes de la Key Arena. Le deal était déjà signé …

CD : Oui, absolument. Tout s’est fait ce jour-là. Mais le déménagement de la franchise s’était déjà négocié en coulisses, avec ce groupe d’investisseurs qui étaient tous originaires d’Oklahoma City et qui avaient racheté la franchise deux ans plus tôt. Le process était déjà en marche depuis 2006 en réalité. Et il faut reconnaître qu’ils ont réussi ce qu’ils voulaient faire ! THE PLAYGROUND : Vous êtes journaliste et reporter à Seattle, et vous avez suivi de près l’histoire des SONICS … CD : Oui, j’ai commencé à suivre les SONICS dans le cadre de mon travail il y a 12 ans, en 2006 donc. Et je couvre tout ce qui se passe à la Key Arena également. Je suis arrivé à Seattle en 2000, pour traiter essentiellement les sujets sportifs et politiques. Je voyage beaucoup dans le pays, et aussi dans le monde, pour couvrir des actualités liées au sport, comme les Jeux Olympiques par exemple. Et aux États-Unis, je rencontre régulièrement des gens pour parler justement du projet autour de la Key Arena à Seattle, et des SONICS évidemment. Dans mon esprit, l’affaire autour des SONICS commence vraiment en 2006 quand la franchise a été vendue à Clay Bennett. Immédiatement, on a commencé à parler du besoin de construire une nouvelle Arena … Et on connaît la suite.


Puis en 2013, on a cru à un possible retour des SONICS à Seattle quand il a été question d’un déménagement des KINGS de Sacramento. Mais à la dernière minute, les négociations ont échoué et Sacramento a aussitôt fait l’annonce de la construction d’une nouvelle salle chez eux, pour garder les KINGS. THE PLAYGROUND : Est-ce que vous pouvez nous décrire l’atmosphère à Seattle, dans la ville mais aussi dans votre environnement professionnel, comment les gens ont réagi autour de vous, le jour de l’annonce du déménagement ? CD : Je pense que beaucoup de gens étaient surpris notamment par la décision prise par la ville. De nombreux reporters qui couvraient le rendu du jugement à la Cour, ont pu constater que Clay Bennett était très bien entouré, et qu’il avait de très bons avocats. Il faut reconnaître qu’il avait des arguments de poids. Et puis en acceptant qu’il règle les dettes de la Key Arena, certains ont cru que c’était la bonne décision pour faire revenir les SONICS seulement quelques années après, que ce déménagement ne durerait pas longtemps, et que c’était une bonne option finalement … Mais à vrai dire, pour ce qui me concerne, après avoir entendu les arguments des deux parties à la Cour, et après le rendu du jugement, j’étais surpris moi-même du choix de la ville. Ce 2 juillet 2008, je me suis rendu à la Key Arena, j’ai levé les yeux vers les bannières des SONICS au plafond, et je me suis dit : « Qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ? … ». Et je pense que je n’étais pas le seul journaliste à être surpris de cette décision.

Je ne peux que recommander de voir le film documentaire «SONICS GATE», réalisé en 2009 ! Il détaille vraiment la saga des SONICS et les coulisses du déménagement. J’y ai participé comme intervenant et témoin.


THE PLAYGROUND : Quelles ont été les conséquences immédiates de ce déménagement pour la ville de Seattle, selon vous ? CD : Et bien la Key Arena a perdu immédiatement une source de recettes, évidemment. Ce qui faisait l’entertainment de cette salle était parti … Et tout autour, les sociétés qui travaillaient en relation avec les SONICS sont parties aussi, car en plus la déception était très grande. Vous savez, tout autour de nous [ndlr : cette interview a été réalisée juste à côté de la Key Arena], il y a eu beaucoup d’efforts de faits pour redonner vie d’une certaine façon à cette partie de la ville. Il y a eu par exemple ces tout nouveaux locaux pour KEXP [ndlr : une radio historique de Seattle], et d’autres projets de ce type. THE PLAYGROUND : Et selon vous, comment cette affaire autour des SONICS a-t-elle été perçue dans le reste des ÉtatsUnis ? CD : Et bien je dirais que la perception de tout cela, en dehors de Seattle, c’est que l’équipe n’a pas vraiment été soutenue comme elle aurait dû l’être … Mais ce qui s’est surtout passé, c’est qu’à partir du moment où Clay Bennett a acquis la franchise, les joueurs ont cessé de faire des efforts notamment dans les médias pour promouvoir l’équipe, pour donner envie de venir voir les matches. Et puis les stars de l’équipe ont été tradées, et même s’il y a eu la draft de Kevin Durant

en 2007, personne ne savait encore à ce moment-là ce qu’il allait devenir. Mais surtout, je pense que Oklahoma City a su mettre en place un plan pour montrer que la ville pouvait et devait accueillir une franchise d’une League majeure américaine. OKC a su ainsi accueillir temporairement les Hornets de New Orleans [ndlr : ce n’est qu’à la saison 2013/2014 que la franchise de New Orleans prend le nom des Pelicans] en 2005 après l’ouragan Katrina qui avait dévasté La Louisiane. OKC a mis une salle à disposition des Hornets de New Orleans, et cela lui a donné beaucoup de sympathie aux yeux des dirigeants de la NBA selon moi. Et je crois que la NBA ne regrette pas du tout d’avoir implanté une franchise à Oklahoma City ! Mais les dirigeants regrettent probablement d’avoir laissé partir une franchise de Seattle. David Stern [ndlr : Commissionner de la NBA de 1984 à 2014] a d’ailleurs déclaré que le déménagement des SONICS était son plus grand regret. Je pense que si la NBA pouvait revenir en arrière, ses dirigeants feraient en sorte de réussir à implanter une franchise à OKC tout en gardant les SONICS à Seattle. Car OKC a vraiment prouvé qu’elle pouvait être une ville de Basket. Aujourd’hui, partout dans le monde quand des gens parlent d’Oklahoma City, c’est pour parler du THUNDER.


THE PLAYGROUND : Parlons un peu du Présent maintenant. Pour le public français, et aussi européen, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce lien si particulier entre une ville comme Seattle et sa franchise NBA ? CD : Les SONICS sont la plus ancienne franchise d’une League Majeure à Seattle [ndlr : depuis 1967]. Je crois que c’est un peu comme se séparer de sa petite-amie ou de son petit-ami il y a longtemps, et continuer de regretter le départ de cette personne, pour les habitants de Seattle. Ici, il y a forcément de la nostalgie pour les SONICS. Les habitants ont vraiment le sentiment d’avoir été volés, surtout parce qu’on leur avait promis en 2008 que l’équipe reviendrait seulement quelques années après … Et là, on est 10 ans après, et ce n’est toujours pas le cas.

THE PLAYGROUND : Malgré tout, en 10 ans il s’est passé des choses à Seattle : les SEAHAWKS [la franchise de NHL de la ville] ont participé à deux SuperBowls et l’ont remporté en 2013. Les STORM en WNBA ont gagné plusieurs fois le Titre. Et il y a aussi un engouement toujours plus grandissant pour les SOUNDERS [la franchise de MLS de Seattle]. Est-ce que les SONICS restent malgré tout la franchise emblématique de Seattle, selon vous ? CD : Je suis ravi que vous posiez cette question ! Je crois en effet que les SEAHAWKS sont la franchise des années 2010 à Seattle, il y a eu les MARINE t fait des résultats en 2001 et 2002 ; et quand je pense aux SONICS, je pense au milieu des années 1990. Les choses évoluent, c’est vrai. Hier soir par exemple, il y avait ce concert évènement de PEARL JAM au Safeco Field à Seattle. Et ce sont des grands fans des


SONICS, en particulier Jeff Ament et Mike McCready [ndlr : le bassiste et le guitariste du groupe]. Ils allaient tout le temps voir les matches des SONICS! … Quand je repense aux années 90 à Seattle, je ne peux pas m’empêcher d’associer PEARL JAM et les SONICS, clairement. Et puis tout le monde dans la ville voulait aller voir jouer les SONICS dans les années 90, c’était la ruée pour avoir des billets pour les Finales ! Et cet engouement, je l’ai retrouvé avec les MARINERS au début des années 2000, puis avec les SEAHAWKS, c’est certain. THE PLAYGROUND : Pensez-vous que d’une certaine façon, ce déménagement brutal des SONICS a rendu encore plus fort le lien entre les habitants de Seattle et leur franchise NBA, et notamment aujourd’hui ? CD : Il y a un groupe d’activistes très solides qui œuvrent vraiment au retour des SONICS, et le jour où l’équipe reviendra, ce sera sans conteste le plus beau jour de leurs vies ! (sourire). Car à ce moment-là, la boucle sera enfin bouclée.

À Seattle, les habitants continuent de guetterz toutes les infos qui pourraient laisser entrevoir un possible déménagement d’une franchise en NBA, et donc le retour des SONICS … On était tellement proche de ce retour en 2013 … C’est vrai qu’en 10 ans, la ville a beaucoup changé, et la population s’est fortement renouvelée aussi. Je ne sais pas si les nouveaux habitants de Seattle se sentent autant concernés par la question des SONICS. Mais pour ceux qui ont toujours vécu ici, il ne fait aucun doute que c’est primordial de voir revenir leur équipe.


Field Stadium et Century Field Stadium serait une catastrophe en termes de trafic routier dans cette partie de la ville, qui est déjà très embouteillée presque en permanence ! THE PLAYGROUND : Au moment de cette interview, il y a actuellement un projet très sérieux consistant à ramener une franchise NHL à Seattle (vraisemblablement pour 2020). Ce projet est lié à une rénovation complète de la Key Arena. Et cela est très important, car une Key Arena rénovée serait une étape cruciale dans la perspective d’un retour des SONICS un jour. Quel est votre avis sur ce projet NHL, son réalisme, et l’impact qu’il pourrait avoir sur un retour des SONICS ? CD : Nous sommes justement assis juste à côté de la Key Arena, et ce projet envisage de doubler la capacité d’accueil de la salle. Tout sera démoli et reconstruit pour aménager un tout nouveau bâtiment ; seul le toit symbolique de la Key Arena, sera conservé. Cette ‘nouvelle salle’ sera là pour accueillir une équipe de Hockey donc, mais aussi potentiellement une équipe de NBA. Il y a eu beaucoup de prises de position politiques dans ce projet, ainsi que dans celui d’installer une toute nouvelle salle dans le quartier de Sodo (en supprimant un ou deux blocs entiers pour cela !). Mais mettre une nouvelle salle à Sodo, à proximité des Safeco

C’est compliqué d’expliquer toutes ces tergiversions locales et politiques autour du projet d’une nouvelle salle ou de la rénovation complète de la Key Arena … [ndlr : Depuis cette interview, la Municipalité de Seattle a définitivement acté et signé la rénovation complète de la Key Arena, et les travaux viennent de commencer].


THE PLAYGROUND : Quand certains experts et analystes NBA, des médias spécialisés, évoquent l’avenir de la NBA, ils abordent souvent la possibilité d’une extension de la League à 32 franchises dans un avenir plus ou moins proche. Pensez-vous que cette extension pourrait arriver prochainement (et serait alors une opportunité pour un retour des SONICS dans la League) ? CD : Je crois vraiment que cela va se faire, et selon moi la NBA songe très sérieusement à Mexico City et à Seattle pour étendre la League. De tout ce que j’ai entendu depuis au moins 3 ou 4 ans, des échos que j’ai, ce sont vraiment Mexico City et Seattle les priorités pour la NBA. Pour Mexico City, il est évident que la NBA est très attirée par la potentialité de ce gros marché, qui engloberait tout le Mexique en fait. Et puis cela permettrait à la NBA de devenir

alors un énorme marché global pour le sport nord-américain, qui s’étendrait du Canada à l’Amérique Centrale par conséquent ! Quand on regarde ce qui se passe avec les Raptors, qui ont chaque saison tout le soutien du Canada en réalité, le potentiel de Mexico City est du même ordre, et on peut imaginer que ce sera tout le Mexique derrière sa franchise NBA le jour où il y en aura une. Bon, pour être honnête, je suis un peu déçu pour la population de Vancouver qui avait une équipe NBA à une époque, et qui formait un beau trio dans la région avec les SONICS et les BLAZERS à une époque.


THE PLAYGROUND : Mais alors que pensezvous de la possibilité d’implanter une franchise NBA à Las Vegas, comme on l’entend parfois ? CD : Je n’y crois vraiment pas, pour la bonne raison que la potentialité du marché sportif à Las Vegas semble déjà saturé, notamment depuis qu’ils ont une équipe de Hockey (et qui s’ajoute à leur franchise NHL). Mettre une troisième équipe d’une League majeure à Las Vegas me parait peu probable … Je pense que la NBA pourrait y faire jouer un All Star Game par exemple. Mais Las Vegas ne me semble pas pouvoir absorber une équipe supplémentaire, son marché et son public ne sont pas si extensibles parce qu’il n’y a rien autour de Las Vegas. Pour moi vraiment, Mexico City et Seattle restent les priorités de la NBA si la League doit s’étendre un jour à 32 franchises. Et je ne pense pas que la NBA travaille sérieusement à implanter une franchise à Las Vegas un jour. THE PLAYGROUND : Pour terminer, estce que vous pensez que les habitants de Seattle s’attendent réellement au retour des SONICS dans les toutes prochaines années (genre avant 2028 par exemple …) ? CD : Rien ne se passera dans les deux prochaines années déjà, car c’est le temps qu’il va falloir pour reconstruire et réaménager la nouvelle Key Arena. Alors si en 2020, comme on le prévoit, une équipe de NHL s’implante à Seattle, dans cette nouvelle Key Arena, cela pourrait être une vraie motivation pour la NBA pour repenser le sujet des SONICS . La NBA sera attentive à ce

moment-là aux ventes de tickets de l’équipe de NHL, et la façon dont s’installera la culture NHL dans la ville. Mais un retour de la NBA à Seattle sera quoi qu’il en soit un évènement, ce sera énorme … Vous savez, pour ce projet d’équipe NHL, la ville de Seattle a mis en vente des seasons tickets (hypothétiques) qui sont tous partis en une heure. Mais le jour où cela se fera pour le retour des SONICS , ce sera au minimum deux fois plus rapide et l’impact sur la ville sera tellement plus grand ! Peut-être que dans 4, 5, voire 6 ans, peutêtre, on peut croire au retour des SONICS à Seattle … J’espère vraiment en tout cas que cela ne prendra pas 20 ans ! THE PLAYGROUND : J’ai une toute dernière question pour finir … J’aime beaucoup la ville de Seattle et je suis passionnée par le Basket ; alors je me suis fait la promesse d’être à l’Opening Game le jour où les SONICS seront de retour à Seattle ! … Vous croyez que j’ai une chance de tenir cette promesse ? CD : (rires) Oh je crois que vous serez encore en vie à ce moment-là, j’en suis certain !! Vous ne serez pas trop âgée, je le crois vraiment. (rires) Et vous pourrez profiter de la nouvelle Key Arena, et sans doute qu’il y aura un concert de PEARL JAM pour marquer l’évènement.


Chris Daniels on Twitter : @ChrisDaniels5

CRÉDITS // Illustré par Thomas von Reox | Interview réalisée par Amandine B. à Seattle en août 2018.


NBA CROSSOVER X THE PLAYGROUND


NBA CROSSOVER X THE PLAYGROUND


CRÉDITS // Écrit par Joris Hardouin | Illustré par Dunkakis


BORIS DIAW : LUI, PRESIDENT...

Boris Diaw et Laurent Blanc ont un point commun : celui d’avoir été surnommés « Le Président » par leurs partenaires de jeu en Équipe de France, chacun dans son sport respectif. Et à y regarder de plus près, les deux hommes partagent certainement quelques autres affinités et traits de caractère similaires. La discrétion médiatique ; l’efficacité sur le terrain plus que le ‘show off’ ; et cet incontestable statut de leader, comme une évidence indiscutable. Une forme de Présidence à l’ancienne, en quelque sorte. Il y a un an exactement, j’étais dans le hall de l’hôtel de l’Équipe de France à Helsinki, au moment de l’EuroBasket 2017, à faire signer mon maillot par tous les joueurs. Ils rentraient d’une victoire plutôt aisée face à l’Islande. La veille, j’avais assisté à leur match de poule face à la Grèce, équipe à leur portée mais coriace, emmenée notamment par un Thanásis Antetokoúnmpo quasi innarêtable en sortie de banc. Dans ce hall d’hôtel donc, alors que je tenais mon maillot face à Boris Diaw et son partenaire de chambrée Edwin Jackson, Le Président me demanda ce que je faisais à Helsinki. « Je suis venue vous voir jouer, j’étais au match hier contre la Grèce ! » Là, Boris aurait très bien pu parler du match, de cet Euro sans Tony Parker, de la compétition, ou encore me demander mon impression sur le jeu, … Mais non. Il m’a parlé de Helsinki, du charme de la capitale finlandaise, m’a demandé si c’était la première fois que j’y venais, ce que j’aimais dans la ville… Tellement Boris Diaw, ça. Boris Diaw, c’est évidemment une carrière exceptionnelle en NBA, côtoyant les meilleurs, se frottant au très très haut niveau, s’imposant rapidement comme un titulaire (surtout après son trophée de MIP en 2006 avec les Suns). Mais au moment de l’entendre nous annoncer sa retraite sportive, on est obligé de penser avant tout à ce qu’il a apporté au Basket français. On ne mesure sans doute pas encore pleinement la grandeur de l’héritage qu’il laisse au Basket tricolore, un héritage déjà en action sous nos yeux à travers cette génération de basketteurs français qui ont grandi avec Le Président Boris Diaw en exemple. À l’heure où l’on écrit ces lignes en regardant dans le rétro, Boris Diaw est déjà loin, certainement en train de naviguer quelque part sur un océan, profitant de la quiétude et de l’immensité des flots, une tasse de café posée à côté de sa barre de navigation. Elle va être belle cette deuxième vie Boris, au moins tout autant que la première, à n’en pas douter. Une chose est sûre, on te la souhaite la plus longue possible, Président.

CRÉDITS // Écrit par Amandine B. | Illustré par ysy / takeitysy


CRÉDITS // Écrit par Joris Hardouin | Illustré par Dunkakis


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DIRK CE HÉROS

AU DESTIN FANTASTIQUE

Sa blonde et longue chevelure estomaque Bien moins que sa mécanique démoniaque. Quant à sa fidélité si terrifiante, Elle étouffe son allure balbutiante. Voyez-le, ce héros au destin fantastique. Voyez comme sa grandeur est des plus uniques. Giannis brave les lois de la génétique ; Tony fréquente les superstars émérites ; Dirk guette Kareem, ses prouesses historiques. Quel est le meilleur Européen d’Amérique ? Voyez-le, ce héros au destin fantastique. Voyez comme son excellence est authentique. Dans une ligue choyée par l’arrogance, Nowitzki choisit la carte de l’élégance, Exerce son leadership à coups d’umlauts, Apostrophe et passionne ceux de la Haute. Voyez-le, ce héros au destin fantastique. Voyez comme son triomphe est emblématique. Tel l’héritier de Beethoven, le géant Confectionne un répertoire étincelant, Dont l’épisode de «LeBron à l’agonie» S’apparente à la Cinquième Symphonie.

Voyez-le ce héros au destin fantastique. Voyez comme son adresse est diabolique. Dès qu’il s’agit de sanctionner l’insolent, L’aigle se dresse sur une jambe et balance Un époustouflant step back fadeaway jumper Labellisé Dirk, chemin vers l’ire et l’horreur.

CRÉDITS // Poème de Thibault | Illustré par Koobi


P l a yg r n d We b z i n e @ g m a i l . c o m


Playgrounds du Monde #2


LORSQUE VOUS JOUEZ SUR UN PLAYGROUND

Anderson .Paak feat. Kendrick Lamar

Puff Daddy feat. Notorious B.I.G. Busta Rhymes

Travis Scott

J. Balvin

Mac Miller

Taylor Bennett

Suprême NTM

Naive New Beaters

LyonS

Jorja Smith

Mafia K’1 Fry

Eminem

Imagine Dragons


Dunkakis @dunkakis @dunkakis dunkakis

Koobi @KoobiGlz @KoobiGlz

Ronan @rOnAn_NcY lesideesderonan.com

Adrien @montagneananas @adrienpom

ysy / takeitysy @takeitysy @takeitysy

Thomas Van Reox @thomasvanreox

takeitysy.com takeitysy


Winston @PistonsFR pistonsfr.com

Amandine B. amandine@shoot-around.pro

@AmandineB__ shoot-around.pro

Vincent @NBA_Nat_France

Joris Hardouin @ATLHawksFR insidebasket.com

Thibault @PapersAboveTheR papersabovetherim.com papersabovetherim

Marin @PacersFRA / @Marindonna25

Damien Dole @DamienDole liberation.fr/auteur/12803-damien-dole

Hugo Givernaud @Hgiv13 / @BucksFR


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The Playground - Numero #2 - Décembre 2018  

The Playground - Numero #2 - Décembre 2018  

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