T H E P L A Y G R O U N D#3 SPÉCIAL EUROPE
ANGELO TSAGARAKIS L’interview Basket tout terrain MIGNA TOURÉ Entretien avec une Championne d’Europe DOSSIER SABONIS Au nom du Père et du Fils EXCLUSIVITÉ 1988 : Les Hawks en URSS !
Numéro #3 | Oct 2019 | The Playground
THE PLAYGROUND
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THE PLAYGROUND #3 EUROPE GOT GAME Jamais deux sans trois, c’est la règle. Pour ce nouveau numéro, nous avons eu un sentiment de fierté en voyant l’Europe avoir fière allure dans l’univers du ballon orange. En effet, ce numéro 3 est un peu différent de ses prédécesseurs dans son traitement puisque nous avons décidé de le consacrer entièrement aux Européens en NBA & au Basketball en Europe ! Pas volé dirons-nous, car plus que toutes autres, cette saison NBA 2018-2019 aura eu une teinte particulièrement européenne au niveau des récompenses individuelles ; mais c’est également une tendance que l’on retrouve sur le plan international, à l’occasion de la Coupe du Monde FIBA. Du côté de l’équipe de The Playground, le plaisir a été comme toujours au rendez-vous, peut-être même un peu plus que d’habitude puisque ce n’est pas tous les jours que le contexte est propice à ce point pour honorer le Vieux Continent. Comme pour le numéro précédent, nous sommes ravis de pouvoir vous proposer deux belles et passionnantes interviews, qui ont la particularité d’être liées de très près au monde du basket 3x3, une discipline que nous souhaitions aussi mettre en avant dans The Playground. Merci tout d’abord à Migna Touré pour sa disponibilité, et quelle chance de pouvoir aborder le sujet du basket 3x3 avec celle qui vient tout juste d’être officiellement élue première MVP Monde de la discipline !
Puis un grand merci à Angelo Tsagarakis, qui nous gratifie également de sa présence en tant qu’invité de ce cru Spécial Europe. Si Migna représente le talent de la jeune génération du 3x3, Angelo lui est un vétéran et une figure emblématique de cette discipline. Pouvions-nous alors rêver d’un meilleur duo pour l’occasion ?! :) Pour finir, comme j’ai pu le répéter souvent dans les précédents numéros, le coeur de ce projet repose entièrement sur la motivation et sur le talent des personnes qui m’accompagnent et m’épaulent dans cette aventure. Je l’ai déjà souvent dit, mais je ne le ferai jamais assez. Si j’y attache de l’importance à y faire souvent référence, c’est parce que The Playground est littéralement le terrain de jeu de gens qui prennent des chemins détournés pour déclarer leur flamme à la balle orange. À nouveau, je les remercie car ce projet n’existerait clairement pas sans eux. Merci aux 15 personnes qui ont participé à ce numéro #3, rédacteurs comme créatifs, et merci à tous ceux qui ont pavé le chemin du webzine sur les deux numéros précédents mais qui n’ont pas eu la possibilité de nous accompagner dans cette troisième édition. En espérant que The Playground #3 vous fera autant plaisir qu’à nous lorsque nous avons entamé sa réalisation. Le basketball européen ne cesse de grandir, longue vie à lui !
STELLIOS THEODORIS Point-Guard de The Playground
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Les Rookies européens en NBA
Petrovic : The Artist
Trip to USSR : Les faucons en voyge dans l’autre Géorgie
L’héritage Sabonis : Domantas, le fils
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Migna Touré : Entretien avec une Championne d’Europe
Échec et mat : Les coaches européens en NBA
12 26 42 51 La France, à l’évidence
Angelo Tsagarakis : L’interview Basket tout terrain
Ce jour-là, Pau Gasol
Bloqué à l’Est : Arvydas Sabonis
Olympiakos vs Panathinaïkos : Le derby grec
Les Playgrounds du Monde #3 Spécial Europe
La playlist du Playground #3
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CRÉDITS // Écrit par Benjamin | Illustré par Dunkakis
WELCOME TO AMERICA ROOKIES EUROPEENS EN NBA
Pas assez physiques ? Pas assez doués ? Ou tout simplement pas assez américains ? …Si certaines équipes NBA ont pleinement embrassé la perspective d’un recrutement international, les portes de la grande ligue restent encore aujourd’hui un peu plus lourdes à pousser pour les jeunes européens que pour les joueurs issus du système américain.
Pourtant, contrairement aux joueurs de la NCAA (ligue universitaire américaine), les jeunes basketteurs européens ont la chance d’évoluer dans une ligue professionnelle avant de rejoindre la NBA. « Je ne fais pas confiance aux championnats étrangers, mais je n’ai rien contre les joueurs qui y jouent. Simplement, si Luka Dončić a été élu MVP à 18 ans, j’en conclus qu’il a joué contre des adversaires de merde. » : des mots durs que Charles Barkley a été obligé de ravaler après la cérémonie des NBA Awards, au cours de laquelle Dončić a été nommé Rookie de l’Année haut la main, un titre que l’on décerne chaque année au meilleur débutant de la saison.
Recruté par les Mavericks de Dallas à seulement 19 ans, Wonder Boy a fait preuve d’une maturité exceptionnelle pour sa première saison dans la ligue. Avec 21,2 points, 7,8 rebonds et 6 passes de moyenne, il aligne des statistiques hors normes pour un rookie. Certains observateurs ne le pensaient pas prêt à rejoindre la NBA, mais le Slovène a su montrer que les joueurs européens étaient, eux aussi, capables de se faire un nom dès leur arrivée en Amérique. Pour certains, ces années en Euroleague et dans leurs championnats nationaux leur permettent de prendre leur élan pour faire la différence dans le jeu. Pour d’autres, la transition entre Europe et NBA n’est pas si simple. La ligue nord-américaine diffère des ligues européennes sur bien des plans : le jeu, le coaching, le rapport aux médias, et bien plus encore. Les joueurs du vieux continent évoluent dans un contexte et un système dissemblables à ceux des stars de la NBA.
Et certains parfois se noient dans le grand bain. 5,9 points, 2 rebonds et 2,8 passes décisives : voilà les statistiques de Frank Ntilikina sur ses deux premières saisons aux Etats-Unis, bien loin de celles du Rookie de l’Année 2019 Luka Dončić. Le French Prince semble avoir beaucoup de mal à adapter son jeu à la NBA, ce qui se traduit notamment par un manque d’agressivité lorsqu’il joue avec l’équipe qui l’a sélectionné à la Draft, les Knicks de New York. Le serbe Miloš Teodosić n’a pas su perpétuer l’excellence dont il faisait preuve dans les championnats européens à son entrée en NBA en 2017, alors qu’il avait pourtant 30 ans et une énorme expérience. Trop différent pour s’intégrer pleinement dans l’effectif des Clippers, il retourne cette saison (2019-2020) de l’autre côté de l’Atlantique, en Italie, après deux petites saisons dans la ligue de l’Oncle Sam.
Cependant aujourd’hui, les basketteurs européens n’ont plus autant besoin de faire leurs preuves. Dirk Nowitzki, Pau Gasol, Tony Parker et bien d’autres sont passés par là. Malgré cela, les rookies européens continuent de susciter la méfiance des scouts de la grande ligue. Et pour cause, certains d’entre eux s’effacent totalement à leur arrivée en NBA. Cette barrière psychologique tend à disparaître, notamment grâce à des joueurs comme Luka Dončić qui a su prouver sa valeur en un temps record. Pour que se construise un pont à travers l’océan, l’exploit devra être répété :
PROVE THEM WRONG The Playground - 7
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M
igna Touré porte le maillot de l’Équipe de France de 3x3, et c’est plutôt une bonne nouvelle car elle est double Championne d’Europe en titre ! Alors que le Basket 3x3 sera discipline olympique à Tokyo en 2020 et que l’EDF féminine a de grandes chances de se qualifier directement, Migna Touré - tout juste auréolée du 1er Titre WWS MVP 3x3 cette année - est sans aucun doute la joueuse à suivre. On est allé parler avec elle de ce récent Championnat d’Europe, de l’évolution de son parcours, et évidemment on a aussi parlé playground.
Migna, tu rentres tout juste du Championnat d’Europe de 3x3 qui s’est déroulé à Debrecen en Hongrie (ndlr : interview réalisée début septembre 2019), où l’EDF a conservé son titre de Championne d’Europe ! Tu peux nous raconter un peu comment s’est passée la compétition cette année ? J’ai encore du mal à réaliser ce que nous avons fait ! On finit Championnes d’Europe une seconde fois, c’est très beau, très fort. Nous sommes parties avec le statut de favorites, chaque match a été très dur parce que toutes les équipes jouent leur vie contre nous. Le titre de championnes d’Europe nous sommes allées le chercher en travaillant tout l’été, avec les victoires mais aussi les défaites. Lors de ce Championnat, nous avons joué les Russes en quarts dans une ambiance assez électrique car la Russie est une très grosse équipe. C’était un peu une finale avant l’heure. Après chaque match nous étions un peu plus fatiguées … La finale contre l’Espagne était un match de haut niveau, intense, serré. Nous gagnons au sang-froid en prolongation. Une libération ! Tu évolues en Club en 5x5 au Basket Landes (ndlr : Olivia Époupa et Céline Dumerc y ont joué notamment), et donc en 3x3 avec l’Équipe de France. Comment estu venue au 3x3 ? Comment se fait l’adaptation entre ces deux disciplines ?
Je suis enfin autorisée à reprendre l’opposition au basket mais la saison de 5x5 est finie. La seule option qui m’est proposée c’est de participer au championnat de France universitaire de 3x3 à Poitiers. Je prends énormément de plaisir à rejouer, et encore plus à jouer au 3x3 ! L’année d’après je suis appelée dans le groupe France de 3x3. C’est le début de l’aventure 3x3 pour moi. Nous sommes plusieurs dans le circuit à combiner une saison de 5x5 avec un été 3x3. Les championnats se chevauchent un peu au début du mois d’octobre et à la fin du mois de mai. Il faut donc être bien organisée pour tout gérer et surtout rester en bonne forme physique. Il m’est assez facile de m’adapter au changement de discipline, ça reste du basket dans les deux cas. L’exploitation des espaces, les intentions de jeu, le ballon, les contacts, les règles de jeu, le cardio diffèrent. Mais la pratique du 3x3 est spontanée : il faut vite transiter, et surtout il faut vite activer le « mode 3x3 » dans sa tête pour être au mieux. Ce que j’apprécie avant tout c’est la complémentarité de ces deux disciplines. Un joueur de basket revient toujours plus fort dans le 5x5 après un été de 3x3.
Je suis arrivée au 3x3 par hasard. Fin juin 2015, je me remets d’une grosse blessure au genou.
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Le 3x3 deviendra discipline olympique en 2020 aux JO de Tokyo ; on imagine que la qualification & la perspective de cette compétition sont des objectifs majeurs pour toi. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur cet objectif, comment tu t’y prépares, et comment la FFBB vous accompagne ? En tant qu’athlète, c’est évidemment un rêve et aussi un objectif pour moi de faire les JO ! Avec l’EDF féminine de 3x3, nous sommes en course pour être directement qualifiées : il faut attendre le ranking du 1er novembre 2019 (ndlr : ranking = classement mondial par équipe et par joueuse) pour savoir si nous accédons à une qualification directe, ou si nous devons passer par un TQO.
Dans chaque numéro de THE PLAYGROUND, on a une playlist. Et toi, tu écoutes quoi en ce moment pour jouer, pour t’entraîner ? En ce moment j’écoute ma playlist ‘Chomawww’ (dédicace aux championnes d’Europe) .. Il y a de tout dans cette playlist, essentiellement des sons de R’n’B. Mes musiques du moment : « A Boogie Wit Dat Hoodie » de Swervin feat. 6ix9ine, « Pookie » de Aya Nakamura, « Nice For What » de Drake, « Thotiana » de Blueface, « Welcome to the Party » de Pop Smoke, … et plein d’autres ! Un grand merci à Migna Touré pour sa gentillesse et sa disponibilité.
Pour tenter d’atteindre cet objectif, je participe à beaucoup d’events. Cela me permet d’acquérir un maximum de points individuellement et collectivement pour ma Nation. La Fédération a mis en place des circuits de tournois de 3x3 en France et elle nous accompagne à l’international sur le circuit des Women Series. Il s’agit de la plus haute compétition organisée pour les femmes. C’est une sorte de ligue mondiale, qui permet d’acquérir beaucoup de points. Notre média s’appelle THE PLAYGROUND, on aime donc beaucoup le streetball et la culture qui y est attachée. Est-ce que tu as joué sur playground ? Qu’estce que le streetball t’a appris en particulier ? J’ai commencé le basket toute petite sur le terrain qui était derrière chez moi. Le 21, les 1x1, le tour du monde ... mes premiers work-out étaient sur un playground et je ne le savais même pas ! J’ai grandi avec ça, et aujourd’hui j’y vais toujours. Le playground est un magnifique lieu de vie et d’apprentissage. Qu’il pleuve, vente ou qu’il neige, le playground est là ; quand je m’ennuyais j’y allais, je m’éclatais. Si je tombais sur le goudron et que je m’écorchais le genou, je me relevais et je repartais de plus belle. Je trouve que le playground est un magnifique lieu de socialisation car c’est là que tout commence, là où les gens se croisent, se rencontrent …
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CRÉDITS // Interview d’Amandine B. | Illustré par Thomas Von Reox
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CRÉDITS // Écrit par Thibault | Illustré par Koobi
La France
À L’ÉVIDENCE 2019. Coupe du Monde FIBA. Il faut se rendre à l’évidence, La performance est immense. Lancée à l’assaut de l’espace, La France sonne l’effervescence. Hélas quelques regrets, quelques carences. Hélas quelques revers, quelques errances. Face à l’Albiceleste, l’impuissance. La décadence, la défaillance. Les corps harassés, des absences en défense. Non, pas d’excès de confiance, Plutôt un manque de défiance ? L’édifice, pourtant, fissa s’est assemblé. Il faut se rendre à l’évidence, La performance est immense. Révolution pour certains, Révélation pour d’autres, Cette génération passionne, Cette génération fascine. Nul ne peut le nier, Le schéma est ingénieux. La justesse d’Albicy ruisselle, Le génie d’Evan étincelle. La longueur de Gobert interpelle, La malice de Nando ensorcelle. Il faut se rendre à l’évidence, La performance est immense. La Lituanie, matraquée. L’Australie, martelée. Les États-Unis, maltraités. La France, médaillée. Le bronze. La braise. L’éminence. L’évidence.
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LA SALLE D’EXPO #1
Un moyen de découvrir les travaux de nos créatifs passionnés !
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CREDITS Von Reox / 2. Dunkakis CREDITS // // 1-2-3-4. 1. RonanThomas / 2. Dunkakis / 3. Koobi
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THE ARTIST 11 JUIN 1993, ZAGREB Un nouveau jour où la guerre fait rage en Croatie. Un de plus, un de trop. Il arrive parfois que dans ces temps où la vie perd de son éclat, on recherche des choses auxquelles se raccrocher, qui permettent de s’évader d’un quotidien devenu insupportable. Quand cette lueur d’espoir se personnifie, c’est là qu’apparaît le héros. Bien souvent, ces héros ont des destins extraordinaires, à vous tenir éveillés toute la nuit. Ils font rêver, espérer, croire, vivre. Ils sont vénérés, glorifiés, célébrés, jalousés parfois. Cette journée du 11 juin 1993 n’est pas comme les autres. Cette journée-là, dans la capitale croate, on ne célèbre pas le héros de tout un peuple : on le pleure. Quelques minutes plus tôt, le cercueil de Dražen Petrović a traversé une foule innombrable pour venir prendre place au cœur de la cathédrale. Stojko Vrankovic, son meilleur ami et excoéquipier, manqua de s’écrouler lorsque le chœur entonna l’Ave Maria. Miro Juric - jeune joueur du KK Sibenka - aura cette phrase terrible, résumant parfaitement le retentissement qu’aura été le décès de celui qu’on était venu pleurer ce jour :
“ Ici, nous vivons la guerre tous les jours, mais aucune grenade tombée sur Sibenik ne nous a autant choqué que l’annonce de ta mort. “ Sur la route allemande, l’accident de voiture fut fatal. Dražen Petrović a disparu quelques jours plus tôt, le 7 juin 1993. Son souvenir lui, reste éternel.
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Mais comment parler de Dražen Petrović sans eux ? Lui au contraire, il les adorait. Tellement que lorsque l’on se penche sur sa carrière, le moindre chiffre que vous croisez vous donne le vertige.
THE ARTIST
À 15 ans, il devient meneur titulaire de l’équipe professionnelle de sa ville natale. À 16 et 17 ans, il a déjà disputé 2 finales de Coupe Korac (la deuxième Coupe d’Europe de l’époque pourrait-on dire). À 18 ans, il s’offre un doublé Coupechampionnat en étant meilleur marqueur à plus de 24 points de moyenne. En finale de sa première Coupe d’Europe, à 21 ans, il marque 39 points contre le Real Madrid avec le Cibona Zagreb. Lors d’un tour de Coupe nationale, il marque 112 points contre Ljubljana, à 40/60 aux tirs. Il mettra 8 tirs à 3 points d’affilée pour battre le CSP Limoges en Coupe d’Europe, ou encore 44 points contre le Žalgiris Kaunas et face au Maccabi Tel-Aviv. Il s’offrira un exceptionnel 47 points et 25 passes décisives contre Milan, tournera à 37 points de moyenne sur ses 4 saisons à Zagreb, plantera 30 points en une seule mitemps contre la France au championnat d’Europe 1989, etc, etc. Oui, ces chiffres sont dingues. Mais ils sont insuffisants pour faire comprendre à quel point Dražen Petrović était un joyau. Petrović était un artiste, un virtuose, une sensation. Une émotion à lui seul. Il faisait sentir le basket à la foule lorsqu’il avait la balle en main. Alors qu’à la ville il était un homme discret, réservé voire timide, sur le terrain, Drazen parlait, exultait, criait, jubilait, rigolait, souriait. Il vivait, tout simplement. Intensément, passionnément. Il n’y avait plus une once de discrétion, de timidité ou d’innocence. C’était l’heure d’un spectacle grandeur nature, d’une expérience unique, et Drazen était le chef d’orchestre brillant de mille feux dans ce concerto d’émotions.
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Petrović était un artiste, un virtuose, une sensation. Une émotion à lui seul. Il faisait sentir le basket à la foule lorsqu’il avait la balle en main.
J
e n’ai jamais été un fan des chiffres. Attention, je suis comme tout le monde : les chiffres me parlent parfois, ils me rassurent, m’informent, peuvent même à l’occasion me provoquer un petit quelque chose. Mais à ce jour, jamais un chiffre ne m’a touché autant que des mots. Là où des mots ou des images m’ont déjà fait vibrer, les chiffres eux en sont incapables.
PETROVIC
I
l avait un besoin intense de vivre son basket et de le faire vivre. Qu’importe pour quelle équipe votre cœur battait, que ce soit la sienne ou celle qui avait le malheur de l’affronter, son jeu ne vous laissait jamais insensible.
hasard non plus lorsqu’il est porté en étendard de toute une génération ayant marqué le basket européen et mondial, ni lorsque son nom résonne, encore aujourd’hui, dans les références citées par les joueurs d’Europe de l’Est.
Ce n’est pas un hasard si, lors de son arrivée au Real Madrid, la presse madrilène n’hésita pas à le qualifier « d’enfant terrible », ni même lorsque le journaliste français Didier le Corre le qualifia de « joueur le plus détesté d’Europe ». Dražen n’a jamais, durant toute sa carrière en Europe, été dans la demi-mesure. Alors, lorsqu’il s’amuse d’une défense, lorsqu’il est dans l’une de ses soirées où rien ne saurait l’arrêter, lorsque qu’il plane sur le match comme une fatalité évidente pour la défense adverse, rien ni personne ne saurait l’empêcher de vivre son basket.
Cette passion débordante, insatiable, quasiment primitive tant elle est naturelle chez lui, a été l’un des facteurs qui l’éleva au rang d’idole dès son plus jeune âge. Audelà de ses prouesses balle en main, de son incroyable sens du travail et du jeu, Dražen Petrović a été une référence pour les uns et une idole pour les autres précisément pour cela : il ne se contentait pas de dominer, d’être le pilier d’une génération entière ; il en était le leader, le cœur, l’âme.
Que l’on parle du jeune joueur à la gueule d’ange qu’il était à Sibenik, du Dražen Petrović de Zagreb avec sa mini coupe afro-bouclée, de Mais il n’y pas non plus de hasard celui plus expérimenté de Madrid, lorsque, dès son plus jeune âge, on ou du Mozart de l’équipe nationale allait le surnommer « le miracle de yougoslave puis croate, que l’on Sibenik », ni lorsqu’il héritait d’un parle même du joueur qu’il fut en des surnoms les plus distingués de NBA, cette rage, cette passion ne l’a l’histoire du sport, « Mozart ». Pas de jamais quitté.
Le ballon vient de transpercer le cercle, une énième fois. La foule se lève d’un seul homme et exulte. Drazen voit le filet trembler. Instinctivement, il se retourne vers la tribune jouxtant le terrain, le long de la ligne de touche. Son poing droit fermé, il harangue la foule en remontant le terrain, exultant à son tour. La foule s’électrise davantage. Les supporters de Zagreb entrent en transe, pendant que ceux du CSP Limoges sont désemparés. C’est le 8ème panier à 3 points que le numéro 10 du Cibona Zagreb vient de rentrer consécutivement. Limoges est abattu. Drazen lui, vit.
CRÉDITS // Écrit par Val’ | Illustré par TerrySo
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COACHeS eUROPeeNS eN NBA :
echec et Mat Les championnats européens de basket se distinguent de la NBA de bien des manières. Cette saison 2018-2019, avec un MVP grec, un Rookie de l’Année slovène, et un Défenseur de l’Année français, les joueurs du vieux continent semblent se vendre de mieux en mieux de l’autre côté de l’Océan Atlantique. Mais une chose tarde encore à s’exporter : LES COACHES.
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ien plus que de simples stratèges, les coaches sont les véritables maîtres à bord en Europe. Ils façonnent le style de jeu de leur équipe, modèlent les joueurs à l’image de celui-ci, et les dirigent lorsque sonne l’heure de rentrer sur le terrain. Ainsi, c’est avec une main de fer que Željko Obradović et Ettore Messina emmènent leurs joueurs à la victoire, et le résultat s’est, jusque-là, avéré payant ! À eux deux, ils cumulent douze titres de Champions et quatre titres de Coach de l’Année en Euroleague. Mais alors pourquoi, malgré les rumeurs constantes, de tels maestros ne sont pas invités à rejoindre la NBA ? Il semblerait que les coaches européens ne correspondent pas au modèle recherché par les franchises NBA. Si en Europe le coach dirige ses hommes comme un marionnettiste anime des pantins, il en est tout autrement dans le pays de l’Oncle Sam. Au sein des équipes de la grande ligue nord-américaine, le basket transcende largement le monde du sport : il est question de chiffres, de show, et de stars. Là, les joueurs ont beaucoup plus d’influence que les coaches, Stan Van Gundy et Dwight Howard vous en parleront certainement mieux que moi ! Les superstars ne sont pas prêtes à accepter une telle autorité. Aussi, Européens et Américains pratiquent le basket de deux manières assez distinctes. Le jeu en NBA est plus rapide, plus physique, probablement plus technique et, surtout, il est souvent centré sur un groupement d’individualités plus que sur un collectif uni. En Europe, tout semble plus posé : l’ensemble est moins
spectaculaire mais aussi beaucoup plus réfléchi. Les joueurs en tant qu’individualités ont un impact moindre sur la rencontre, et il est extrêmement difficile de triompher sans que la totalité de l’équipe soit impliquée dans l’effort. Pour des questions de moyens, de culture mais aussi de règles, les entraîneurs européens sont totalement étrangers au showtime américain, expliquant partiellement la réticence de certaines franchises NBA à l’idée de les laisser guider leur effectif. Certains ont néanmoins pu tirer leur épingle du jeu, sur un plan hiérarchique certes un peu inférieur. En effet, on compte déjà de nombreux assistants coaches européens dans l’histoire de la NBA. Une poignée d’entraîneurs - notamment Gregg Poppovich et Phil Jackson, deux monuments dans la ligue - n’ont pas hésité à travailler avec ces personnalités si différentes, appréciant leur rigueur et leur originalité, capables de faire pencher la balance dans des moments clés. On peut mentionner volontiers le parcours d’Alex McKechnie, cumulant cinq Titres en tant qu’assistant aux Lakers de Los Angeles et plus récemment artisan de l’exploit des Raptors de Toronto, derniers Champions NBA en date. Malgré tant de succès, de trop nombreuses écuries restent réfractaires à l’idée d’intégrer un entraîneur européen. Pourtant, la NBA a déjà ouvert ses portes à quelques coaches d’origine européenne, mais souvent pour un bref passage. Ces entraîneurs restent extrêmement minoritaires (5 à ce jour) et sont, pour la plupart, plus proches des USA que de l’Europe.
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armi eux, Mike D’Antoni est un brillant exemple de réussite ; il est d’ailleurs le seul véritable coach européen à avoir réussi à se faire une place en NBA ! Né aux États-Unis de parents italiens, il passe la grande majorité de sa carrière de joueur avec l’Olimpia Milano, qu’il va entraîner par la suite pendant quatre ans. Après 20 ans de jeu puis de coaching en Europe, il retourne dans son pays natal pour rejoindre le banc des Nuggets en tant qu’assistant coach. Fort d’une grande expérience outre-Atlantique, il devient très vite le coach en chef de cette équipe. Après un premier échec, un bref retour en Italie, et un rapide passage en tant qu’assistant coach des Suns, il endosse de nouveau le rôle de head coach à Phoenix en 2003 … avant de connaître une ascension hors du commun ! Il est ainsi nommé Coach de l’Année en 2005 puis de nouveau en 2017 avec les Rockets. Aujourd’hui, D’Antoni (encore en activité sur le banc de Houston après 16 saisons dans la ligue) a laissé une empreinte indélébile sur le jeu en NBA. Expert du pick and roll et du run and gun, deux systèmes de jeu très connus, il a influencé de nombreux coaches actuels et a largement contribué à l’explosion du tir à trois points. Il restera très certainement dans les livres d’histoire en tant que l’un des meilleurs coaches européens - si ce n’est le meilleur - en NBA.
En outre, David Blatt, lui aussi né aux ÉtatsUnis de parents étrangers, ne connaîtra pas un parcours aussi glorieux. Après une longue carrière en Europe, soldée par un titre de Champions et de Coach de l’Année de l’EuroLeague en 2014, les Cavaliers de Cleveland décident de lui offrir une chance. Malgré de très bons débuts, un bilan de 53-29 et une apparition
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en Finales NBA, il est remercié après un peu plus d’un an aux services des Cavs, pour laisser place à Tyronn Lue (qui mènera les Cavaliers au Titre cette saisonlà). Depuis, Blatt est retourné en Europe et ne semble plus intéresser les franchises de la grande ligue (à moins que ce soit lui qui n’ait guère l’envie de revenir en NBA …). Plus récemment, c’est Igor Kokoškov qui s’est vu offrir l’opportunité de briller en tant que coach en chef des Suns de Phoenix. Après une expérience de 5 ans en Europe et 18 années en tant qu’assistant coach, le front office des Suns décide de le recruter pour diriger leur groupe de jeunes. Dans un contexte chaotique, il n’offre que 19 minces victoires à son équipe sur l’exercice 2018-19, avant d’être viré et de retourner dans l’ombre d’un coach à Sacramento. Une bien trop courte expérience de head coach et une très rapide descente aux enfers. Ainsi va la NBA, qui ne semble pas encore tout à fait prête à offrir une véritable place aux coaches européens. Malgré quelques exemples encourageants, le coaching à l’européenne ne colle pas encore suffisamment avec celui des entraîneurs américains, et avec le caractère & le statut des joueurs stars en NBA. Mais la grande ligue est de plus en plus ouverte et de plus en plus tournée vers l’Europe. Qui sait ce que l’avenir nous réservera ? … Nos stratèges européens pourraient bien davantage traverser l’Océan pour se faire enfin un nom dans la meilleure ligue de basket du monde.
CRÉDITS // Écrit par Benjamin | Illustré par Adrien
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PLAYGROUNDS x NBA PLAYERS | Crédits : Adrien et Amandine B.
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L'interview
du Tsar
Plus décoré que John Rambo après le Vietnam, Angelo Tsagarakis est une véritable légende du 3x3. Médaillé de bronze aux Championnats du Monde en 2017 avec l'Équipe de France (EdF) de 3x3, il décroche également deux médailles d’or aux concours de tirs longue distance des Championnats du Monde 2017 et Championnats d’Europe 2018. Il passe huit saisons en LNB, puis décide de s'aventurer pendant trois ans du côté de la A1 Ethniki (l'équivalent de la Pro A/Jeep Elite en Grèce) pour faire voyager son amour du basketball. A l’occasion de ce numéro ‘Spécial Europe’ de THE PLAYGROUND, il nous fait le plaisir de répondre à certaines de nos questions !
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Bonjour Angelo, c’est un plaisir d’avoir l’occasion de t’interviewer pour ce numéro 3 de The Playground ! On va d’ailleurs commencer par la fin, celle d’une phase importante de ta carrière : en Janvier dernier, tu as annoncé ta retraite internationale, on ne verra donc plus Le Tsar sous la tunique de l’EdF en 3x3. Après six ans de bons et loyaux services, qu’est ce que ça fait de tourner cette jolie page ? C’est une décision que j’ai prise avec beaucoup de recul et de maturité. Je pense qu’il faut savoir partir au bon moment. C’était le bon moment pour plusieurs raisons. Premièrement, parce que c’est un lourd sacrifice quand on est investi dans le 3x3, en particulier pour l’Équipe de France. On sacrifie nos étés au détriment de nos familles et du repos nécessaire pour recharger les batteries avant de repartir au charbon pour une nouvelle saison en club. En aucun cas ça ne m’a posé problème toutes ces années, bien au contraire, mais sur la durée ce n’est pas forcément évident de maintenir le rythme. Et je suis arrivé à un tournant où le timing était plutôt bon pour me pencher sur le développement d’un tas de projets qui me tenaient à cœur. Puis c’est aussi intéressant pour un athlète d’avoir l’occasion de partir au top. Je joue pour ramener des médailles, pas pour le glamour de porter le maillot national, et cela demande du coup un investissement sans faille… Ce n’était pas évident de décrocher, mais c’était nécessaire. Des regrets dans cette belle aventure ? Le seul regret que j’ai, c’est de ne pas avoir réussi à ramener une médaille européenne à la sélection française. (Un silence) Je l’ai fait individuellement, mais nous n’avons pas réussi à ramener un podium en équipe et ça me brûle intérieurement. C’est la seule médaille manquante. En 2017, on perd en quarts contre les futurs champions Lettons d’un rien... En 2018, on lâche notre quart de finale qu’on maîtrisait contre les Russes, ce qui aurait donné une affiche potentielle contre les Slovènes en demi-finales comme aux Mondiaux de 2017. C’est sans doute le seul regret que je nourris sur le plan international parce que je suis persuadé qu’on avait toutes les qualités pour accrocher ce podium, même si j’ai quand même fait partie des Pionniers (ndlr : la première équipe française de 3x3 qui rafle l’argent, lors des premiers championnats du Monde) en 2012, et qu’on a eu cette médaille de bronze en 2017. C’était une sacrée aventure... D’ailleurs, quand Dominique et Charly (ndlr : Dominique Gentil et Charly Pontens) ont ramené l’argent cet été, j’ai lâché ma petite larme. C’était une fierté de voir fructifier tout le travail mis en place depuis six ans. J’étais avec eux par la pensée durant toute la compétition.
Ton ancien coéquipier, Karim Souchu, est devenu sélectionneur des Équipes de France de 3x3 hommes et femmes : est-ce que tu penses à une suite similaire ? Je pense que, si la fédération avait la volonté de me solliciter pour que je puisse partager mon expertise et ma vision du 3x3, je le ferais avec plaisir. Cela étant dit, ce n’est pas un objectif et ce n’est pas une chose pour laquelle je milite, mais j’ai toujours été au service de la fédération, ce serait donc une fierté de continuer à représenter la France même en coulisses. C’est juste que c’est un sujet qui n’a pas été abordé avec eux, donc rien de concret au demeurant. La basketteuse Migna Touré, une étoile très très très montante du 3x3 qui joue notamment en EdF fait également partie de nos invités dans ce numéro ; le vétéran Tsagarakis aurait-il un ou deux mots à lui transmettre ?
MAAAAAAAAAAAAAAAAMIIIIIGNAAAAAAAAAAAAAN
Bon malheureusement, on ne peut pas retranscrire le ton parce que normalement je fais une sorte de voix bizarre quand je fais ça… (rires) Nan mais je suis très fier de ce qu’elle a accompli, tant sur le plan individuel que collectif. Elle porte fièrement nos couleurs sur la scène internationale et nous rend tous vraiment très fiers. Je lui souhaite juste de rester affamée, de ne pas se satisfaire du doublé qu’elle vient d’accomplir (ndlr: au niveau du championnat d’Europe), et d’aller chercher d’autres médailles à la Coupe du Monde et aux J.O 2020. Le 3x3 est une discipline bien à part : c’est du basket, mais on est bien loin de le jouer de la même manière que le traditionnel 5x5. Selon toi, qu’est ce que le 3x3 peut apporter à un joueur de 5x5 ? Je trouve que le 3x3 est une pratique particulièrement bienfaisante pour un joueur qui cherche à gagner en confiance et à développer sa panoplie technique, parce que le 3x3 nous oblige à être en réaction permanente, à prendre des décisions ultra-rapides. On n’a pas le temps d’être approximatif ou hésitant : il faut être incisif, déterminé et agressif. Que ce soit en attaque ou en défense, je trouve qu’il n’y a que du positif pour un joueur de 5x5, au vu de l’intensité qui est nécessaire pour s’exprimer dans le 3x3. De toute manière, le 3x3 est une pratique courante dans les séquences d’entraînement du 5x5, parce qu’on doit mettre en place des dynamiques entre coéquipiers. On recherche des relations entre différents postes et ça se fait généralement par le biais du 3x3. Ce type de situations existe depuis, j’ai envie de dire, presque toujours.
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Aux États-Unis, tu fais face à un Haka de tous les instants. Certes, les jeunes Américains manquent parfois de fondamentaux en comparaison aux jeunes Européens du même âge, mais ce mental si aggressif leur permet de combler leurs lacunes, et à terme ils deviennent des tueurs... La seule véritable subtilité qu’il y a entre ces deux disciplines se joue au niveau des règles, de la gestion de l’horloge, de la valeur des points et de l’absence d’arrêts de jeux, à l’exception des «balles mortes». Ce n’est pas le même sport, c’est sûr. Et inversement, que peut tirer un joueur de 3x3, de la pratique du 5x5 ? Inversement, un joueur de 3x3 peut gagner en qualité de lecture dans les situations. Être performant à ce niveau-là va automatiquement bonifier sa vision du basket en 3x3, sachant qu’il aura des espaces agrandis, des possibilitées supplémentaires de mettre à exécution toute la connaissance technique accumulée dans le 5x5. A l’éclairage de tes propos, est-ce que l’on peut considérer qu’un joueur de 3x3 a besoin d’avoir davantage de cordes à son arc qu’un pratiquant de 5x5 pour briller ? Je pense que c’est devenu une évidence qu’être un joueur spécialisé, malgré les belles et longues carrières que ça engendre dans le 5x5, ce n’est pas forcément une qualité dans le 3x3. Il faut comprendre ce que j’essaie de dire : il faut évidemment avoir une qualité que recherche tout le monde, typiquement le shoot longue-distance. Le panier à 2 points (qui serait le shoot à 3 points dans le 5x5) est particulièrement mis en valeur, de par le fait que son ratio différentiel est supérieur dans le 3x3 qu’il ne peut l’être dans le 5x5. On le voit sur le circuit, les équipes qui n’ont pas de shooteurs capables d’artiller à longue distance auront peu de chances de gagner des tournois. Comme tu le dis, la polyvalence est nécessaire, qu’elle soit offensive ou défensive. On peut se retrouver à tout moment sur un mismatch qu’il faut absorber rapidement : le temps d’adaptation est très limité, ça peut durer 3 petites secondes et il faut être très réactif, que ce soit pour un petit gabarit qui doit gérer un gros au poste, ou l’inverse quand un grand doit gérer un petit dribbleur. Dans la quasi-totalité des équipes que l’on voit sur la scène internationale, ce sont en grande partie des équipes où tous les mecs sont interchangeables sur le plan physique et technique. Il y a une forme d’homogénéité recherchée sur le gabarit et sur les qualités. Par exemple, chaque joueur doit être rodé sur la passe,
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du plus petit au plus grand, et si tout le monde peut shooter de loin efficacement, ça devient le casse tête pour défendre. Un tueur au poste dans la raquette, ça a un avantage hein, je ne dis pas que les mecs qui sont spécialisés n’ont pas leur place dans le 3x3. Mais s’ils ne savent faire que ça, il faut mettre en place une stratégie globale qui implique toute l’équipe, pour pouvoir le protéger et maximiser son apport, ce n’est donc pas si évident. Pour conclure, polyvalence et homogénéité sont les maîtres mots de la discipline. La pratique du 3x3 émerge depuis peu. On rappelle que la première Équipe de France (de laquelle tu faisais partie) ne se crée qu’en 2012 lors des championnats du Monde à Athènes, où vous décrochez d’ailleurs l’argent... Il y a du mieux dans sa diffusion et dans l’audience qu’elle touche, mais ce n’est pas encore tout à fait ça. Qu’est ce que tu nous dirais si tu voulais en faire la publicité ? Je dirais que c’est du pur divertissement. Je pense que ça peut captiver l’attention des gens sans que ce soit chronophage. C’est-à-dire que, pour regarder un match de foot lambda, il faut vraiment être passionné pour le suivre dans sa totalité. C’est très étiré, donc ta soirée est consacrée au match et à rien d’autre... Alors que, d’un autre côté, tu peux très bien regarder deux ou trois matchs de 3x3 et ça ne t’aura pris qu’une quarantaine de minutes en somme. Par contre, tu seras engagé dans le truc, tu vas vraiment apprécier le jeu qui est proposé. Ce qui, je pense, est très vendeur et intéressant pour le public, c’est l’aspect permissif, dans les contacts comme dans l’engagement. Dans le 3x3, tu es beaucoup moins réprimandé que dans le 5x5, tu as le droit de mettre des taquets, d’accrocher. Ça tire un peu sa source du street, ce qui permet de voir un spectacle qui rend chaque match unique. Quoiqu’il arrive, il y aura de l’intensité et de l’incertitude. Dans le football, un but peut suffire à plier un match, dans le 3x3 tu n’es jamais à l’abri de te prendre une rafale de tirs à 2 points alors que tu as dominé pendant 8 minutes. Ça arrive tout le temps. Pendant 10 minutes ça pulse, tu paies cash la perte d’intensité et de concentration, plus que dans le 5x5. Il n’y a pas un tournoi, pas un Masters qui ne comporte pas son lot de surprises, et je trouve que c’est bien plus présent dans le 3x3 que dans le reste des disciplines.
Coté 5x5, tu fais tes classes aux États-Unis, notamment en NCAA avec Pomona. Qu’est ce qui change entre le basket pratiqué ici, et le basket pratiqué là-bas ? J’ai fait la majorité de mon cursus universitaire à Oregon State, même si je termine à Pomona. Ta question tombe bien, parce que ça rejoint ce que je m’engage à transmettre aux jeunes français qu’on emmène aux États-Unis lors des camps TCB (ndlr : des camps basketball menés par Angelo Tsagarakis en été). La différence est la suivante : aux States, l’intensité doit être permanente et présente dans le moindre détail, à chaque possession. La mise en place et l’exécution se font à cent à l’heure, il n’y a pas de place pour le faux rythme. On voit le jeu NCAA où les gens pensent que c’est un peu brouillon, parce que ce sont des jeunes qui manquent logiquement d’expérience. Mais ils ont surtout cette intensité, qui ne les quitte jamais lorsqu’ils ont peaufiné leur panoplie technique et leur vision du jeu. C’est pour ça que les États-Unis restent quoi qu’il arrive numéro 1 au monde, et ce n’est pas prêt de changer. La supériorité athlétique américaine subsiste même si elle diminue. En France, on a un tas d’athlètes de haut calibre, mais la différence c’est surtout qu’aux States, les jeunes athlètes travaillent au quotidien dans des infrastructures que tu retrouves éventuellement en Europe, en fin de cycle de formation ou à l’abord du cycle professionnel. Il y a également une différence culturelle majeure qui existe dans la recherche constante de communication et dans la transmission d’énergie, que ce soit en attaque ou en défense, que ce soit par le biais du coach ou de ses nombreux assistants. En Europe, l’ambiance sur le banc et à l’entraînement peut sembler soporifique quand on les compare au standard universitaire américain. D’autre part en Europe, seule la voix du Head Coach est le plus souvent mise en avant tandis qu’aux États Unis tout le staff technique communique avec le même niveau d’implication. Ça me fait penser au Haka des Néo-Zélandais quand ils partent en compétition. Aux États-Unis, tu fais face à un Haka de tous les instants. Certes, les jeunes Américains manquent parfois de fondamentaux en comparaison aux jeunes Européens du même âge, mais ce mental si aggressif leur permet de combler leurs lacunes, et à terme ils deviennent des tueurs. Je prône donc le développement des fondamentaux à l’européenne mais aussi la culture mentale et compétitive américaine. Mais est-ce que l’écart ne se serait pas réduit au fil des années ? Comme tu as pu le voir cet été à la Coupe du Monde, si tu n’as pas les meilleurs All-Stars, tu peux sauter contre des équipes européennes : la France les a scalpés, comme la Serbie, voir même l’Australie en préparation. Après, au delà de ces trois nations, je ne les vois pas perdre contre une autre équipe. Peut-être l’Argentine, mais je pense qu’elle aurait explosé physiquement. Il y a donc quoi, seulement trois ou quatre équipes au monde capables de rivaliser avec cet effectif de Team USA amoindri. Attention, il y avait tout de même de la vraie qualité dans cet effectif américain, avec quelques All-Stars et des All-NBA. Il y avait tout de même Tatum, Mitchell, Kemba Walker, Khris Middleton, mais ça ne les a pas empêchés de se faire éliminer, donc l’écart se réduit en effet.
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Après ton passage aux États-Unis, tu rentres en France où tu passes huit saisons en LNB. Il y a trois ans, tu décides de commencer une nouvelle aventure en A1 Ethniki (ndlr : la division 1 grecque). Est-ce que tu y as trouvé des différences notables dans la pratique du basket ? Le basket français est le plus athlétique en Europe et je crois que c’est difficilement discutable. Même l’Espagne qui a le meilleur championnat européen n’a pas la dimension athlétique de la France. Il n’y a pas trop de questions à se poser là dessus. En Grèce, ils en sont conscients quand on leur demande leur opinion du championnat français. C’est au niveau du Q.I Basket, de la stratégie et de la culture que, pour moi, la Grèce passe devant. Dans le scouting, dans le coaching dans sa globalité, combien de coachs grecs s’exportent à l’étranger dans les meilleurs championnats, et combien de coachs français exercent à l’étranger ? Je ne dis pas que la France n’a pas de bons coachs, loin de là. C’est juste pour dire que, culturellement, le basket grec a un petit plus. C’est un basket plus défensif, parfois même un peu trop, ce qui a pu me frustrer par moments. J’avais le sentiment qu’on se préoccupait plus à l’entraînement des qualités des adversaires que de nos propres atouts pour les mettre eux en difficulté. La préoccupation constante, c’est : comment arrêter l’adversaire. Après huit saisons en France et trois ans en Grèce, pour moi c’est clair que les Grecs ont une approche stratégique un ton au-dessus (dans la
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globalité), là où la qualité physique et athlétique du championnat français est évidemment supérieure. Et en terme d’ambiance, les supporters grecs sont-ils si déjantés qu’on le prétend ? Aïe aïe aïe... Aïe aïe aïe... Comment dire... Si tu compares le fanatisme français pour le basket au fanatisme grec, c’est comme si tu cherchais du sucre dans une soupe aux choux alors que tu as un pot de Nutella à disposition. Ce fanatisme prononcé se retrouve en France, dans le foot essentiellement, et même dans le basket de temps en temps parce qu’il y’a des bénévoles qui s’investissent et qui prennent à coeur leur club, au même niveau que tout autre fan d’un autre pays. Mais culturellement, la manière de l’exprimer en France impose une sorte de retenue : c’est lissé, aseptisé, alors qu’en Grèce, il y a ZÉRO filtre. Quand tu entends les grecs se parler, les insultes qui prolifèrent des tribunes... Les chants des supporters font passer “la boite à caca” du Kop du Portel pour une comptine pour enfants. Le basket est le sport numéro 1 en Grèce, au coude à coude avec le football. En France, c’est le 5ème, 6ème voire 7ème par moments. Là-bas, c’est générationnel. Tu hérites de ton club de coeur. Ton père est PAOK, tu seras PAOK. Ta maman est Aris, tu seras Aris (ndlr : les deux clubs majeurs de Thessalonique). Ta maman est pour l’Aris, ton papa pour le PAOK, et samedi c’est le derby ? Ils ne se parleront pas de la semaine ! (Éclats de rires)
Est-ce que tu penses que la différence fondamentale, c’est tout simplement que la Grèce a été plongée prématurément dans la culture basket au milieu des années 80-90 ? Clairement, Nikos Galis, Yannakis... Mais pour moi, il y a aussi la cerise sur le gâteau qui est… la culture méditerranéenne. Il y a ce sang grec, cette chaleur, cet ADN qui rajoute du piment. Il y a certains pays du monde où tu dois manger épicé, il y a d’autres pays où tu dois manger de l’huile d’olive : il y a un moment donné où c’est dans l’ADN du truc. Et bien, pour le basket grec, il y a cet ADN profond qui est culturel, de par le sang et la mentalité locale qui accentuent automatiquement ce fanatisme. En France, il y a une culture de la fausse modestie, on ne peut pas se mettre trop en avant. En Grèce ? Si on vous domine, on va vous le faire savoir par tous les moyens qui existent. Ce sera tagué sur les murs de la ville, on va vous charrier jusqu’à la mort, on va reprendre vos chansons et les remixer pour vous humilier. Parfois, bien entendu, il y a des excès et tu le sais bien agorina (ndlr : un mot du jargon de grec qui signifie “mon petit garçon”), mais dans l’absolu ce sont les adversaires que tu adores détester. Ce sont de bons méchants, parce qu’au delà de cela il y a une sorte de respect non communiqué. Ils se détestent, mais ils se respectent pour le danger que représente l’un pour l’autre. Du coup, qu’est ce qui t’a poussé à entreprendre ce voyage en Grèce ? J’étais arrivé au bout de mon aventure dans le basket français, en tout cas à ce stade de ma carrière. J’avais besoin de renouveau, je ne voulais pas que le basket devienne alimentaire. Je commençais à ressentir une certaine lassitude vis-à-vis du championnat, de nos déplacements, de plein de choses, même de la mentalité. Ça faisait déjà un moment que ça me trottait dans la tête de me rapprocher géographiquement de mon père et je pense que c’est la meilleure décision que j’aie pu prendre à ce moment là : partir de France afin d’aller voir un autre championnat et avoir l’occasion d’être en immersion dans ma culture paternelle, dans mon héritage, en plus d’avoir l’occasion de redécouvrir mon métier. J’ai redécouvert le basket : une nouvelle méthode de travail, une nouvelle mentalité, de nouvelles salles, de nouveaux coéquipiers, de nouveaux arbitres, de nouveaux coachs, de nouveaux ballons. Tout était nouveau et ça m’a fait énormément de bien ! C’est ce qui me permet d’envisager un retour en France aujourd’hui sur une note beaucoup plus positive. Grâce à cette expérience, je suis beaucoup plus apte aujourd’hui à revenir dans le championnat français que si j’y avais été contraint à l’époque.
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Ce numéro 3 de THE PLAYGROUND est un spécial Europe... Tu vois où je veux en venir : quel est ton joueur européen préféré, et l’équipe qui t’a fait le plus kiffer ?
eu lieu entre un lycée «blanc» et un lycée «noir» a eu lieu grâce à Pistol Pete et son père. C’est un super film, qui te montre Pete Maravich qui fait ses drills les yeux bandés et tout... raaaah ! Ça te donne envie de prendre ton ballon et All-time ? All-time c’est Petrovic et Galis, il n’y de dribbler sur les traverses de chemin de fer a même pas de question là dessus : Le King (Rires). Avoue, tu es intrigué là. c’est Petrovic ! Par contre l’Aris Thessalonique de cette période est juste fantastique. Mais, de Un peu… Il y a une tradition dans THE manière tout à fait hasardeuse, je suis devenu PLAYGROUND : Choisis-moi un son que tu un grand fan du Panathinaïkos, parce qu’à mettrais pour aller briser quelques chevilles l’époque, ma tante m’avait offert des billets sur un playground. pour la finale du Final Four de ‘96 entre le Pana et Barcelone à Paris, et je me suis retrouvé au Aaaaah ! C’est dur... milieu du KOP des supporters. En fait, ce n’était même pas le KOP parce que tout le monde On sait, c’est notre question sadique à chaque était le KOP : il y avait 12 000 grecs, c’était numéro... Héhéhé... un chaudron indescriptible... J’ai vécu une expérience incroyable. Rien que d’en parler, C’est celui qui sera dans la playlist ? «Grindin’ All j’en ai des frissons. En plus, Dominique Wilkins My Life» de Nipsey Hussle, mais j’en ai tellement jouait pour le Panathinaïkos à ce moment-là et des sons... Attends, viens on regarde ma playlist c’était un joueur que j’appréciais énormément. actuelle. Allez, « Narcos » de Migos, « Top » de C’était surtout l’un des joueurs préférés de mon Ace Hood, ou « Jean Reno » de Damso. Bref, c’est frère qui est décédé, donc il y avait une grosse trop dur ! Donc on reste sur Nipsey Hussle, RIP. perspective émotionnelle qui était rattachée à ça. C’est automatiquement devenu mon club Un grand merci à Angelo pour sa favori. Le Pana a été mon premier vrai contact disponibilité et sa gentillesse nous ayant avec le basket européen.
permis de réaliser cette interview !
Et si tu devais me citer un film qui te donnerait envie de sauter de ton fauteuil pour filer tâter du ballon orange sans pouvoir attendre, tu me dirais… ? «The Pistol», je l’ai vu tellement de fois ce film… C’est le biopic de Pete Maravich qui raconte tout son parcours, jusqu’à son arrivée à l’université. C’est l’histoire de sa vie, l’impact que son père a eu sur sa vie, qui décrivait son style, son flair, qui était cinquante ans en avance. Il a dû briser beaucoup de barrières, il jouait et s’entraînait avec des joueurs afro-américains, alors qu’à l’époque c’était complètement inconcevable à cause de la ségrégation. Il est à l’origine d’un tas d’avancées dans le basket autant sur l’aspect technique que social. Le premier match qui a
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CRÉDITS // Interview réalisée et illustrée par Dunkakis
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LA SALLE D’EXPO #2
Un moyen de découvrir les travaux de nos créatifs passionnés !
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CREDITS // 1 & 2. Adrien
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CRÉDITS // Écrit par Joris Hardouin | Illustré par Ronan | Photos de Scott Cunnintgham
les faucons en voyage dans l'autre georgie 1988, Sukhumi, petite ville au sud de l’URSS, maintenant en Géorgie. Les Atlanta Hawks atterrissent dans cette ville qui ne ressemble en rien à ce qu’ils connaissent. Habitués à être traités royalement, avec du personnel à leurs soins, des vols privés et des hôtels de luxe, les voici embarqués dans une aventure, remplie d’anecdotes, qui les changera et qui changera la face de la NBA à jamais. Ce vol, donc, va mettre nos faucons dans le bain immédiatement : un charter soviet des années 80, un seul bol d’eau en bois pour l’ensemble des passagers en guise de rafraîchissement, des poules et pas de service de bagage à l’arrivée. Le ton est donné quant aux conditions de cette quinzaine de jours passés en territoire hostile. Parce que oui, à l’époque, l’URSS est un territoire hostile pour les Américains. Alors en pleine guerre froide, les deux camps ne se font aucun cadeau. On connait tous l’Histoire : crise des missiles de Cuba, plan Marshall, course à l’Espace menant à la conquête lunaire en 1969, et toutes les autres provocations des deux camps. Rien, pas même le sport, ne semble pouvoir rapprocher les deux superpuissances. Ainsi, les Américains boycottent les JO de Moscou en 1980, les Soviets ceux de Los Angeles en 1984. Rien ? Sauf l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir. Au contraire, il prône une politique d’ouverture à travers la glasnost et la Perestroïka depuis 1986. C’est dans ce climat que ce voyage s’inscrit. Ted Turner, le propriétaire des Hawks à l’époque, crée les Goodwill Games dès 1986. Le but est de créer des évènements sportifs en zone plutôt neutre pour que les deux pays puissent se rencontrer, et, au final, plus ou moins remplacer les JO. Cette fois, il veut envoyer son équipe NBA en URSS pour rencontrer les meilleurs Soviétiques. Turner parle de son projet à David Stern, Commissionner de la NBA depuis quatre ans, et celui-ci, qui commence à voir la NBA dans sa globalité et à lorgner sur l’Europe, est très vite conquis. Plutôt que de participer seulement aux négociations et aux préparations, il propose de venir en personne avec l’équipe en URSS. C’est ainsi que les Hawks de Dominique Wilkins vont affronter la sélection soviet. Trois matchs, trois villes, trois pays actuels. Tbilissi en Géorgie, Vilnius en Lituanie et Moscou en Russie. Les Hawks arrivent donc à Sukhumi avec l’équipe soviet quelques jours avant le premier match avec pour objectif de s’entrainer dans un ancien centre d’entrainement olympique situé près de la mer noire. Dans « ancien centre d’entrainement », il y a «
ancien ». Et ça, Goskomsport (l’agence qui gère l’affaire côté URSS) a oublié de le mentionner. Le site était fermé depuis plusieurs années : ni climatisation (alors que les températures étaient tropicales), ni douches chaudes, peu d’équipements, pas toujours de repas et un gros problème de moustiques. Bien loin de l’image de station balnéaire que certains joueurs se faisaient avant le voyage, pourtant prévenus par les locaux. Steve Holman, annonceur radio des Hawks depuis 35 ans et présent lors de ce voyage, aime à résumer la situation en disant : « Pendant ces deux semaines on n’a mangé
que des tomates, du concombre et de la vodka chaude ».
Mais, comme souvent, les conditions difficiles permettent un rapprochement plus facile. Ainsi les joueurs se retrouvaient le soir, dans une salle éclairée à la bougie une bonne partie du temps, à cause des coupures électriques, pour partager un verre de Vodka, chaude donc (surtout pas de glaçons, l’eau contenant des parasites…), avec une guitare et quelques chants lituaniens que Sarunas Marciulionis connaissait. Pas loin d’une ambiance de colonie de vacances de l’extrême. Certains joueurs ont dû voyager à l’écart de l’équipe. Ainsi Kevin Willis et surtout Dominique Wilkins n’ont pu être présents du fait d’obligations personnelles. Ainsi les Hawks, pour faire le nombre, ont donné un maillot au frère d’Antoine Carr et au colocataire de Cliff Levingston. Imaginez vous bien : un homme lambda, pas forcément basketteur professionnel ni même amateur, s’est retrouvé en tenue sur le banc d’une équipe NBA contre la sélection soviet, en URSS, jouant même par moment. Les Hawks gagneront ce match d’un point grâce à un shoot de John Battle dans les dernières secondes. Parmi les dix mille personnes assistant au match se trouvait une certaine Madame Pachulia. La mère de Zaza, qui plus tard jouera pour les Hawks.
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Les Hawks joueront ensuite à Vilnius, là où ils ont reçu le meilleur accueil, selon le photographe des Hawks Scott Cunningham. Ayant récupéré leurs joueurs stars, les Hawks jouent le match au complet. Mais le match est bien plus serré que ce à quoi on aurait pu s’attendre. A tel point que le match se termine sur une égalité, 92 partout. Match qui a failli se finir sur ce score de parité, contrairement aux règles internationales, si les Hawks et l’arbitre envoyé par la NBA n’avait pas fait pression sur l’arbitre local. Il se finira finalement par une victoire des Hawks 110 à 105. Cette fois encore, une personne en particulier était dans les tribunes, un jeune garçon de 11 ans nommé Zydrunas Ilgauskas. Le dernier match verra une victoire de l’URSS sur l’équipe de l’autre Géorgie sur un score de 132 à 123 avec des Hawks affamés et peu concernés par le match et plutôt préoccupés à rentrer aux USA le plus vite possible mais avec de très bons Volkov et Marciulionis, qui ont cumulé 58 points à eux deux. Le Volkov qui finira par jouer quelques saisons avec les Hawks. L’équipe était dans un tel état de malnutrition que Mike Fratello, le coach des Hawks, et David Stern, ont fait livrer par colis spécial de quoi faire des pâtes. Ainsi, Fratello et Stern se sont retrouvés chefs de cuisine d’un soir et ont cuisiné pour l’ensemble du groupe. Le but de ce voyage était aussi bien politique, pour apaiser les tensions entre les deux pays, que sportif. Les Hawks avaient dans le viseur quelques joueurs soviets. Pour Stern, le but était encore ailleurs : montrer que la NBA était ouverte au monde et prête à accueillir les joueurs étrangers. Aller jouer sur leur sol était un signe envoyé aux officiels locaux pour qu’ils laissent leurs joueurs traverser l’Atlantique vers la NBA et ainsi rendre la grande ligue encore plus attrayante. Si aujourd’hui nous avons un MVP grec, un défenseur de l’année français, un rookie de l’année slovène, un MIP camerounais, un champion du monde espagnol, plus de 120 joueurs étrangers dans la Ligue, c’est en grande partie grâce à un homme, Ted Turner. Il a vu l’inéluctable globalisation de la NBA et a décidé de prendre ce changement à bras le corps en envoyant son équipe en territoire, finalement pas si hostile, pour affronter l’une des meilleures équipes du monde.
A Special Thanks to Steve Holman (35 years playby-play announcer for the Hawks) and to Scott Cunningham (official Hawks photographer) for their time, for all these beautiful pictures, and for all these stories they told me about that trip. Merci beaucoup, sirs ! 38 - The Playground
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Ce jour là,
PAU GASOL Villeneuve d’Ascq, le 17 septembre 2015. Ce jour-là, Des Espagnols, un peu. Mais Pau Gasol, beaucoup. De la ferveur, inévitablement. De la fureur, indubitablement. Un brin de délire aussi. Mais le déluge, surtout. De l’indécence, peut-être. De l’impuissance, sans doute. Ce jour-là, La Roja, sa liturgie... Le tableau est éloquent. Cette élégance, cette excellence. Cette assurance, cette insolence. Conséquence instantanée, La France en léthargie. Ce jour-là, Pau Gasol a terrifié. Pau Gasol a triomphé, même. Ses incessantes prises de position au poste, plus qu’insensées. Sa dissuasion près du cercle, une question d’insouciance. Sa maîtrise du pick&roll, quelle indécence ! Et son footwork poste bas, Mamma Mia... Coup de sifflet, lancers-francs. Tout ça mille fois. Ce jour-là, L’euphorie. La fièvre. L’effroi. La peur. Les pleurs. L’échec d’ampleur. La rêverie. La révérence. La déférence. Ce jour-là, Pau Gasol.
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CRÉDITS // Écrit par Thibault | Illustré par Koobi
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42 - The Playground
CRÉDITS // Écrit par Winston | Illustré par Thomas Von Reox
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irk Nowitzki a fait ses débuts en NBA à 20 ans et devenait, huit ans plus tard, le premier Européen de l’Histoire à gagner le titre de MVP. Par la suite, Giannis Antetokounmpo a été encore plus rapide, entrant en NBA à 19 ans pour devenir MVP cinq ans plus tard. Pourtant ils n’auraient pas dû être les premiers joueurs du vieux continent à remporter ce titre. Non, vingt ans avant eux, Arvydas Sabonis aurait dû être l’Elu. Sauf que le génie lituanien a débarqué en NBA à 31 ans, avec un corps usé, à la fois par le poids des années et par le régime soviétique. Le camarade Arvydas Sabonis intègre à 16 ans le club du Žalgiris Kaunas, où il remporte le championnat d’URSS trois fois consécutivement en 1985, 1986 et 1987. La toute puissante Union Soviétique va être la bannière sous laquelle Sabonis va jouer au basket. Si avec elle, il enchaîne les médailles d’or (World Cup 82, Euro 85 et JO 88), l’URSS finira par être son cauchemar. Bien protégé par l’URSS, Sabonis déborde de talent. Le pivot fait 2m21 pour 130 kg mais a des mains en or et une qualité de passe digne des meilleurs arrières. Bill Walton, qui découvre Sabonis à l’EuroBasket 1983, lui voit « les qualités techniques d’un Larry Bird et d’un Pete Maravich ». Sabas domine poste bas mais peut tirer à loisir à 3-points. Il court, dribble et passe comme aucun autre joueur de sa taille. Son talent crève tellement les yeux qu’en 1986, Portland se tente à le drafter en 24 ème position, bravant les stéréotypes sur les joueurs de l’Est. Sauf qu’Arvydas Sabonis n’a pas encore 22 ans et que rien ne doit entraver la gloire de l’Armée Rouge. En pleine Guerre Froide, tout ce qui a du talent dans les républiques soviétiques finit inlassablement en outil de propagande. L’URSS bloque Sabonis, qui doit continuer sa carrière en Europe. Travaillant sans relâche avec l’équipe soviétique, Sabas connait sa première blessure au tendon d’Achille. Mais il n’y a pas la place pour le repos à Moscou. Le génie est alors poussé à disputer le Championnat du Monde de 1986, où il récolte la médaille d’argent. La réussite par le sport est indispensable à l’URSS et Sabonis enchaîne avec les Jeux Olympiques 88 alors même qu’il a connu une double rechute de sa blessure au tendon d’Achille. Plus fort que la douleur, Sabas paye une fois encore son tribut à l’URSS en reportant au Comité central la médaille d’or. En 1989, l’URSS assouplit sa politique et permet à ses ressortissants de sortir du bloc soviétique. Portland revient à la charge mais les problèmes au dos, aux genoux et aux chevilles d’Arvydas Sabonis, hérités de sa première blessure au tendon d’Achille, le poussent à la prudence : direction l’Espagne, à Valladolid puis Madrid.
Six longues saisons passent, apportant autant succès qu’usure, avant que Sabonis ne franchise enfin l’Atlantique en 1995. Disloqué, à la manière du monde soviétique. A 31 ans, les cheveux grisonnants, Arvydas Sabonis débarque trop tard en NBA. Portland a déjà raté le coche en 90 et en 92, alors même que le Lituanien aurait pu faire pencher la balance du bon côté. Quand il enfile enfin un maillot NBA, Sabonis n’est plus le joueur étincelant des années Kaunas. Sa situation se résume par la phrase mythique de Robert Cook, le chirurgien des Blazers qui a déclaré après la traditionnelle visite médicale : « D’après ses radios, Arvydas pourrait obtenir une place de parking handicapé ». Improbable rookie de 31 ans, Sabonis devient rapidement le chouchou des fans, lui qui débarque au milieu des JailBlazers. Le contexte de l’époque à Portland tranche sérieusement avec l’image du sympathique papa ours que dégage désormais Sabonis. Handicapé par les blessures chroniques et exaspéré de voir ses coéquipiers enchaîner les faits divers, Sabonis sait toujours libérer son génie, comme ce soir de janvier 97 où il colle 33 points à 11/14 aux tirs et 3/3 à 3-points à Dallas. Cette équipe de cinglés arrivera deux fois en Finales de Conférence (99 et 2000) mais le titre NBA échappera à Sabonis à cause de ce dernier quart-temps raté lors du Game 7 contre les Lakers. Le pivot balte entrera quand même au Hall of Fame en 2011, mais davantage pour sa domination excessive en Europe que pour son passage aux US. Le mot de la fin appartient à Arvydas lui-même, conscient que, sans le blocus de l’Union Soviétique, sans la charge de travail excessive et sans les blessures qui en ont découlé, l’Histoire aurait pu être bien différente :
À l’époque, si j’avais pu venir aux Etats-Unis pour jouer en NBA je sais qu’ils auraient fait de moi un bon joueur The Playground - 43
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l est très difficile d’imaginer la pression que peuvent ressentir les jeunes basketteurs qui se présentent à la draft. C’est même probablement incommensurable pour certains espoirs, dévastateurs pour d’autres ; et en tant que fans que nous sommes, à des années lumières d’imaginer toute la préparation et la force mentale qu’il faut avoir. Pourtant des gamins, des minots, des jeunes pousses - appelez-les comme vous le souhaitez -, parviennent chaque année en NBA avec une tête très bien faite. Mais parfois, certains espoirs démarrent avec un fardeau à porter. Ce fardeau, il est impossible de s’en soustraire, car il se trouve que c’est tout simplement leur nom de famille. Pourtant, dès l’Université - parfois même avant -, les médias s’intéressent autant à eux qu’aux futurs Top 5 de la draft, et les internautes aussi. Malheureusement, tout le monde ne peut pas devenir des Stephen Curry ou Klay Thompson. Vous souvenez-vous de la carrière de Patrick Ewing Jr ? Probablement pas. Moi non plus, car ce n’est pas toujours rose d’être le fils d’une légende. Mais parfois, des « fils de » font des carrières respectables et parviennent petit à petit à faire oublier leurs origines familiales. L’un des meilleurs exemples de nos jours est Lituanien. Prénom ? Domantas. Nom de famille ? Vous vous en doutez : Sabonis. Domantas Sabonis donc, fils du grand - et large Arvydas Sabonis. Son parcours est totalement différent de celui de son père, alors laissez-moi vous raconter l’histoire de « Domas », le jeune pivot qui se fait doucement un prénom. Domantas est né à … Portland. Rien d’étonnant si vous connaissez le paternel ; et si vous ne voyez pas de qui on parle, c’est que vous venez de sauter une page. Pour l’anecdote, Domantas Sabonis est le seul fils d’Arvydas né sur le sol américain : son destin était peut-être déjà tout tracé.
Plus jeune, il a fait ses classes entre les États-Unis et l’Espagne, notamment à Malaga. Mais le jeune Domas a d’abord fait parler de lui avec la Lituanie durant deux championnats d’Europe, celui des moins de 16 ans puis celui des moins de 18 ans. Son pays « pue le basket » comme on dit, et durant ces deux compétitions, il termine meilleur rebondeur, de quoi accroître sa hype avant de rejoindre une Université américaine. Son choix se porte sur les Bulldogs de Gonzaga, avec qui il accomplit une épopée NCAA allant jusqu’en demi-finale régionale. Sabonis brille, il est par conséquent longtemps annoncé dans le Top 10. Il finit par se faire choisir à la 11ème place par le Magic d’Orlando. Cependant, il n’aura pas l’occasion d’arborer la tenue du Magic, le jeune pivot étant envoyé en compagnie de Victor Oladipo et d’Ersan Ilyasova dans l’Oklahoma en échange de Serge Ibaka. Plus facile à dire aujourd’hui, mais ce trade est catastrophique pour Domas, comme pour le Magic d’ailleurs. En effet, le Thunder n’était pas tellement l’endroit idéal pour s’épanouir, tout étant tourné autour de l’ouragan Russell Westbrook. Malgré son potentiel, sa rage de vaincre et sa hargne, le jeune Lituanien est apprécié mais ne va définitivement pas avoir l’occasion de briller. Mais, le 30 juin 2017 : séisme sur la planète NBA ! Paul George, la superstar des Pacers, est envoyé au Thunder en échange de Victor Oladipo et … Domantas Sabonis. Décidément… Les deux hommes sont donc encore utilisés en tant
que monnaie d’échange, de quoi nourrir leur esprit revanchard. Une fois encore, Domas va prouver qu’en plus d’avoir du basket plein les mains, il a un sacré mental ! Les deux hommes auraient pu se morfondre à l’idée de devoir encore changer de franchise malgré eux, mais c’est tout l’inverse. Enfin ! Enfin l’occasion de briller, de faire taire toutes les critiques. Les observateurs semblaient unanimes : les Pacers venaient de se faire dépouiller. Mais sur le papier seulement, car Domantas va faire un bien fou à Indiana. Les fondamentaux sont là, le QI basket est élevé, ses mains d’or sublimes. Lors de la saison 2017-2018, il forme un duo dévastateur sur pick & roll avec Lance Stephenson, finissant la saison sur une moyenne de 11,6 points et 7,7 rebonds en sortie de banc, montrant ainsi qu’il est bien plus que « l’autre joueur » du trade George/Oladipo. Et la saison dernière ? Il réalise le même genre de perf’, mais en mieux, terminant l’exercice avec des statistiques en progrès (il frôle le double-double de moyenne avec 14,3 points et 9,3 rebonds), avec un encore plus grand impact en tant que sixième homme. Il se paie même le luxe de détruire les Knicks à lui seul, ou comment gagner le cœur des fans des Pacers. Le 31 octobre dernier, le Lituanien terrorise toute la ville. Il fait la totale aux intérieurs des Knicks. Résultat ? 30 points, sans manquer un seul tir. Reçu 12 sur 12 : inarrêtable ! Il se montre très précieux tout au long de la saison mais ne parvient malheureusement pas vraiment à peser durant la série face aux Celtics. Après la grave blessure de Victor Oladipo et son absence durant les Playoffs, les Pacers ne sont vraiment la même équipe, difficile donc de le pointer du doigt. Domantas Sabonis est encore jeune, mais il montre déjà de très belles choses avec les Pacers. En terminant second au classement du meilleur sixième homme pour la saison 2018-2019, le Lituanien ne passe plus inaperçu dans la grande ligue. Peut-il passer un cap en défense, peut-il être encore plus performant en attaque, plus costaud aussi ? C’est une année charnière pour lui à venir, le garçon aura sûrement à cœur de répondre à toutes ces interrogations, en Playoffs notamment. Papa peut donc être fier de son fils, et, pour que l’histoire devienne encore plus belle, on ne peut que souhaiter à Domantas une carrière au moins digne de son paternel, et à l’abri du bloc Soviétique … Un père & son fils au Hall Of Fame, ce serait tout simplement du jamais vu. Voilà un immense objectif. Un objectif en or, au nom du père et du fils.
CRÉDITS // Écrit par Marin | Illustré par Thomas Von Reox
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LA SALLE D’EXPO #3
Un moyen de découvrir les travaux de nos créatifs passionnés !
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CREDITS // 1. Ronan
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Olympiakos vs Panathinaïkos : dans l’antre bouillant du derby grec.
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Janvier 2019. Olympiakos contre Panathinaïkos à Athènes. Les deux clubs grecs, ennemis historiques, ont rendez-vous ce soir-là pour un match d’Euroleague. Direction Le Pirée (Nikaia, pour être tout à fait précise), dans la banlieue ouest de la capitale grecque, car c’est l’Olympiakos qui reçoit.
Autour du Stade de la Paix et de l’Amitié (quelle ironie ce nom, tout de même), les fourgons de police sont bien en place, et les forces de l’ordre, armes en bandoulière, scrutent sans sourciller chaque spectateur qui se dirige vers l’entrée. Ambiance. Je suis volontairement arrivée tôt à la salle pour m’imprégner de l’atmosphère de ce match, et je ne vais pas être déçue.
En parcourant les travées circulaires avant d’accéder aux tribunes, ce que je vois en premier c’est le plafond de la salle couvert de bannières des titres de championnat de l’Olympiakos, celles de ses sacres en Euroleague et de ses nombreuses participations au Final Four. Pas de doute, on est bien en terres de Basket ici. Je descends en tribune basse m’installer à une place qui n’est pas la mienne (mais personne ne se formalise avec ça visiblement), et je découvre un terrain encerclé de filets de protection pour éviter les jets de projectile sur le parquet. Et oui. À ma gauche, tout près, c’est la Gate 7. Comment vous décrire la Gate 7 ? … Imaginez un kop d’ultras d’un stade de foot transposé dans une salle fermée de Basket, et vous serez encore loin de la réalité de la Gate 7 !! Les banderoles rouges au bord de la tribune sont tellement nombreuses qu’elles doivent être superposées ; et aucun supporter de la Gate 7 ne porte autre chose que du rouge et du noir.
ΡΕ ΜΑΛΑΚΕΣ
bondées et se déchaînent. Bien évidemment, c’est sous des sifflets et des huées virulentes que l’effectif du Panathinaïkos arrive sur le parquet.
ΠΑΟ
Le match ? … Ce soir-là, le Panathinaïkos de Nick Calathes fera de la résistance pendant un peu plus d’une mi-temps, avant que l’Olympiakos ne prenne définitivement le large pour assurer la victoire devant son public. Mais qu’importe finalement. De ce derby, il me reste avant tout le souvenir d’une ambiance exceptionnelle : les chants ininterrompus des supporters, ceux (moins affectueux) adressés aux ennemis en vert, ou parfois quelques douceurs destinées aux arbitres. Après leur défaite, les joueurs du Pana ne s’attardent pas sur le parquet et sont raccompagnés aux vestiaires par un cordon de sécurité fourni.
ΟΛΥΜΠΙΑΚΟΣ
Pour sortir du métro en arrivant à destination, il faut traverser un long tunnel dont pas un centimètre carré des murs n’a été épargné par les tags et les fresques de streetart à la gloire de l’Olympiakos. On n’a pas encore le nez dehors qu’on est déjà dans l’ambiance.
Mes voisins de tribune sont heureux : ils me sourient et me serrent la main avant de partir, car ils ont bien compris que je venais de vivre mon tout premier derby Olympiakos vs Panathinaïkos. Une atmosphère unique, une ferveur pour le Basket inaltérable, un derby lé-gen-daire.
ΘΥΡΑ 7
Quelques semaines après ce match, la tension entre Olympiakos et Panathinaïkos a franchi un nouveau palier. L’Olympiakos a refusé de jouer la 2nde mi-temps de la demi-finale de la Coupe de Grèce face au Pana, estimant que les arbitres favorisaient les verts et blancs. Exigeant ensuite que tous les derbys soient dorénavant arbitrés par des non-grecs pour plus d’équité, l’Olympiakos a vu sa requête déboutée par les dirigeants du Championnat. L’Olympiakos a alors refusé de jouer tous les matches programmés face au Panathinaïkos. En tournant la tête vers la droite, il y a une tribune La sanction ne s’est pas faite attendre, et haute qui a déployé une immense banderole dans depuis le Club du Pirée a été rétrogradé en ‘D2’ du Championnat. le virage en l’honneur de Printezis. Il faut dire que l’Ailier enchaîne sa huitième saison consécutive à l’Olympiakos, alors c’est peu dire qu’il est adulé ici. À l’entrée des joueurs, les chants fusent des tribunes
ΓΙΩΡΓΑΡΑ ΓΙΩΡΓΑΡΑ ΓΙΩΡΓΑΡΑ
En Grèce, on ne badine pas avec le Basket.
CRÉDITS // Écrit par Amandine B. | Illustré par Tiago Danieli
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Playgrounds du Monde #3 SpĂŠcial Europe par Amandine B.
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POITIERS FRANCE POITIERS FRANCE POITIERS FRANCE POITIERS FRANCE POITI 52 - The Playground
IERS FRANCE POITIERS FRANCE POITIERS FRANCE POITIERS FRANCE POITIERS The Playground - 53
AMSTERDAM PAYS-BAS AMSTERDAM PAYS-BAS AMSTERDAM PAYS-BAS 54 - The Playground
AMSTERDAM PAYS-BAS AMSTERDAM PAYS-BAS AMSTERDAM PAYS-BAS The Playground - 55
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BOLOGNE ITALIE BOLOGNE ITALIE BOLOGNE ITALIE BOLOGNE ITALIE The Playground - 59
LA PLAYLIST DU PLAYGROUND
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LORSQUE VOUS JOUEZ SUR UN PLAYGROUND
QUEL MORCEAU AIMERIEZ-VOUS AVOIR DANS LES OREILLES Migna
Stellios
«RICKY» Denzel Curry
Benjamin
«Rasheed Wallace» Waxx
Terry
«BIG TYME» Rick Ross (feat. Swizz Beatz)
Ronan
«Unnatural Born Killer» Yelawolf
Winston
«Find a way» A Tribe Called Quest
«Nice For What» Drake
Angelo
«Grindin’ All My Life» Nipsey Hussle
Val
«La lumière dans le noir» Alpha Wann (feat. Doums)
Tiago
«Run Wild» Thutmose (feat. NoMBe)
Nicolas «So Tired» Hi Tek
Adrien
«The Big Tree» Stand High Patrol
Thibault
«Social Club» Oxmo Puccino
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«RNP» YBN Cordae (feat Anderson .Paak)
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«Pure Water» Migos
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«Praise the Lord» A$AP Rocky
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«Iron» Woodkid The Playground - 61
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THE PLAYGROUND Un Crossover entre créatifs et rédacteurs digne d’Allen Iverson
Numéro #3 | Oct 2019 | The Playground