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Published in London 2016 by Lara Kantardjian Š 2015 The Analogue Street Collective theanaloguestreetcollective.com Cover photo by Marie-Pierre Lambelin Foreword text Š 2015 Bernard Jolivalt Editor & Design by Lara Kantardjian Printed in Netherlands All images and text published in this book by The Analogue Street Collective are copyright protected and the sole property and ownership of the photographers and editors. No part of this publication may be copied, printed, manipulated, edited, distributed or used in any form without prior written permission from the copyright owners and publisher. All rights reserved.


The ANALOGUE STREET COLLECTIVE


Photo by Lara Kantardjian

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Avant-propos

Comme le laisse entendre le nom du collectif, tous les photographes de ce livre partagent une passion pour la photographie de rue argentique. Ces images résultent d'une technique d'une époque révolue, une manière de photographier d'un autre temps. Un autre temps ? C'est peut-être du côté de ce mot « temps » qu'il faut chercher un semblant de réponse. La plupart des photographes ont un problème existentiel avec le temps, souvent à leur insu. Ce n'est pas par hasard qu'ils hantent volontiers les cimetières et photographient les allées, les tombes et les statues. Le temps renvoie à notre finalité. Chercher à le figer est une manière de tenter de suspendre son cours. La photographie ne retient qu'un instant précis. « Elle est un couperet qui dans l'éternité saisit l'instant présent qui l'a éblouie », comme le disait Henri CartierBresson. Le photographe de rue est à la recherche des ces instants privilégiés qui n'ont rien de commun avec les moments forts de l'actualité. Il conserve la trace de petites étincelles dans le cours du temps que la foule ne voit pas. La photographie numérique a facilité la prise de vue. La sophistication des appareils photo permet de prendre des photos techniquement réussies et, ce qui n'est pas négligeable, le support magnétique permet de photographier abondamment sans qu'il en coûte un centime de plus. L'esprit libéré des contraintes techniques et économiques, le photographe peut ne consacrer uniquement aux images. Mais paradoxalement, la photographie numérique a tiré la pratique photographique vers le bas. Aujourd'hui, tout le monde prend des photos, partout, tout le temps, n'importe comment... Des milliards de photos sont prises chaque année. La plupart disparaissent dans des serveurs des réseaux sociaux où elle sont rapidement oubliées. Mais nous ne parlons plus là de la même sorte de photographie. La véritable photographie, qu'elle soit numérique ou argentique, exige une attention à de nombreux paramètres techniques. La photographie de rue exige en plus une attention à tout ce qui se déroule autour de soi. La sophistication du matériel digital favoriserait cette prise de conscience en libérant le photographe de la technique. Et pourtant, des photographes de rue utilisent des appareils photos anciens, et parfois volumineux comme le légendaire Hasselblad qui fit le bonheur des photographes de mode et de publicité. Faut-il voir dans ce choix technique un attachement au passé, une volonté de perpétuer une tradition de la photographie de rue qui connu son âge d'or au milieu du siècle dernier ? Peut-être, mais pas forcément, car l'actuelle photographie argentique est d'un modernisme affirmé. Il ne s'agit pas de refaire les images d'autrefois, ce qui serait à la fois inutile et dérisoire, mais d'approcher la photographie d'une manière plus rigoureuse, peut-être même ascétique.


La photographie argentique impose des contraintes. Les premières sont le choix de la pellicule : couleur ou noir et blanc, chacune détermine d'emblée la manière de voir le monde. On ne photographie pas en couleur comme on photographie en noir et blanc. Il y a ensuite le choix de la sensibilité et sa corollaire, le grain. Loin d'être un défaut comme le bruit digital, le grain participe à l'esthétique de l'image. Une autre contrainte est le nombre limité de vues. Comme les précédentes, elle est non seulement acceptée, mais revendiquée. Elle oblige à réfléchir à chaque vue que l'on prend, à les assumer pleinement. La profusion du digital favorise l'aléatoire au détriment de la réflexion. En photographie argentique, l'instant décisif n'est plus une image parmi d'autres sélectionnée dans une rafale, mais le résultat d'un déclenchement précis, la « reconnaissance d'un fait et l’organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait » (Henri CartierBresson). Et puis, il y a le plaisir de tenir dans ses mains un objet à la fois beau et intemporel. Peu d'appareils photo numériques offrent aujourd'hui cette qualité de fabrication, cette précision mécanique, cette sensualité au toucher des boîtier et des objectifs d'il y a quelques décennies. Le beau matériel valorise celui qui l'utilise. Et lorsque l'utilisateur est valorisé, il tend à réaliser un travail à la hauteur de ses outils. Toutes ces considérations se rapportent au photographe. Mais qu'en est-il du spectateur, de celui qui regarde l'image ? Perçoit-il est la différence entre une prise de vue argentique et une prise de vue numérique, et a-t-elle seulement une importance à ses yeux ? Un spécialiste – photographe ou amoureux de l'image – discernera en y regardant de très près le grain aux formes irrégulières typique de l'halogénure d'argent. La photo numérique, au contraire, est très propre, sans grain. Bien sûr, le grain argentique peut être simulé avec des logiciels spécialisés, mais finalement, là n'est pas le problème. Le spectateur porte un regard extérieur et personnel sur l'image, la photo de rue en l'occurrence. Il ne s'interroge que peu sur la prise de vue, généralement ramenée à l'appréciation du "bon moment", et moins encore sur la technique de captation utilisée dont il n'a que faire. Que reste-t-il alors des spécificités de l'argentique ? Pas grand-chose en apparence, si ce n'est un certain classicisme, mais en réalité : tout. Car sans cette démarche argentique qui concerne à la fois la technique, le regard et le ressenti du photographe, l'image ne serait pas la même. Ce qui transparaît dans la photo finale ne se limite pas l'image formée sur une surface photosensible, fut-elle argentique ou numérique, ni au post-traitement. Ce qui émane aussi d'une photographie, c'est l'état d'esprit du photographe au moment de la prise de vue, qui dépend aussi de son rapport au matériel utilisé. De ce fait, la photographie de rue argentique ne saurait se résumer à une excentricité, au seul désir de se démarquer du digital. Il existe une dimension subliminale de l'image que perçoit le spectateur. A cette dimension s'ajoute inévitablement la dimension subjective : sachant que la prise de vue était argentique, le spectateur voit l'image au travers de ce filtre et de l'idée qu'il se fait des techniques argentiques. Faudrait-il, pour que ce filtre n'interfère pas avec la perception, ne pas mentionner si une photographie est argentique ou numérique et laisser le spectateur face à l'image ? Peut-être. Mais savoir qu'une image est argentique agit comme un catalyseur qui oblige le spectateur à s'interroger sur tout ce qui précède : le matériel, la rigueur de la vision, et le mystérieux rapport entre la vision, le matériel et le sujet. Bernard Jolivalt Écrivain, traducteur et photographe


Foreword

As the name of the collective states, all the photographers in this book share a passionate for analogue street photography. These images are the result of a technique of a bygone era, a way to take pictures of another time. Another time? It may be on the side of the word "time" to look for some kind of answer. Most photographers have an existential problem with time, often without their knowledge. It is not by chance that they willingly haunt cemeteries and photograph driveways, tombs and statues. The time refers to our end. Seek how to freeze the time is a way to try to suspend its course. The photograph retains a precise moment. "It's a chopper that captures in eternity the moment that dazzled it", to quote Henri Cartier-Bresson. The street photographer is looking for those special moments that have nothing in common with the highlights of the news. It keeps track of small sparks in the course of time that the crowd does not see. Digital photography has facilitated the shooting. The sophistication of the camera lets you take a technically successful picture. And, which is not negligible. The magnetic medium enables taking extensive shots without it costing anything. The mind freed from technical and economic constraints, the photographer can focus exclusively on his images. But paradoxically, digital photography shot the photographic practice down. Today, everyone takes photos anywhere, anytime, anyhow ... Billion photos are taken every year. Most disappear into the servers of the social networks where they are quickly forgotten. But we are not here talking about the same kind of photography. True photography, whether analog or digital, requires attention to many technical parameters. Street photography requires more attention to everything that unfolds around us. The sophistication of digital equipment would help this awareness by releasing the photographer of the art. Yet, street photographers use older cameras, and sometimes as large as the legendary Hasselblad used by fashion and advertising photographers. Should we see in this technical choice an attachment to the past, a desire to perpetuate a tradition of street photography, which had its golden age in the middle of the last century? Perhaps, but not necessarily because the current analog photography has an affirmed modernism. The matter is not to remake the images of the past, which would be both unnecessary and ridiculous, but to approach photography in a more rigorous way, perhaps even ascetic.


Analog photography imposes constraints. The first is the choice of the film: color or black and white, each determining straight off how to see the world. We don't shoot in color in the same way that we shoot in black and white. Then, there is the choice of sensitivity and its corollary, the grain. Far from being a failure as the digital noise, the grain contributes to the aesthetics of the image. Another constraint is the limited number of views. Like its predecessors, this contrainst is not only accepted, but claimed. It requires thinking about each frame that is taken, to assume it fully. The profusion of digital promotes randomness at the detriment of thought. In analogue photography, the decisive moment is no longer an image among others selected in a burst of pictures, but the result of a specific trigger, the "recognition of a fact and the rigorous organization of visually perceived forms that express and signify that act "(Henri Cartier-Bresson). And then there is the pleasure of holding an object in his hands both beautiful and timeless. Few digital cameras today offer this build quality, this mechanical precision, this sensual touch of the bodies and objectives of decades ago. A beautiful material enhances the person using it. And when the user is valued, he tends to perform work at the height of his tools. All these considerations relate to the photographer. But what about the viewer who looks at the picture? Can he perceive the difference between an analog and a digital capture, and is it even important to him? A specialist - a photographer or a picture lover - discerns by closely studying the picture, the irregular shapes typical of silver halide grain. Digital photography, by contrast, is very clean, without grain. Of course, the analog grain can be simulated with specialized software, but ultimately, the outcome is not entirely the same. The viewer takes an external and personal look on the image, street photography in this case. It asks little of shooting, usually reduced to the appreciation of the "well timed picture", and does not care about the technology used for the capture. What then remains of the analog characteristics? Not much in appearance, if not a certain classicism, but in reality everything. For, without this analog approach that involves both the technology, the look and the feel of the photographer, the image would not be the same. What is reflected in the final picture is not limited to the image formed on a photosensitive surface, be it analog or digital, or in post-processing. What also comes from a photograph, is the state of mind of the photographer at the time of shooting, which also depends on its connection to the equipment. Therefore, analog street photography can not be reduced to an eccentricity, the desire to stand alone digital. There is a subliminal dimension of the image that the viewer perceives. At this dimension is inevitably added a subjective dimension: knowing that shot was analog, the viewer sees the image through this filter, and through the idea that he makes himself - that there is an analog technique. Should we, for that reason not let this filter interfere with our perception, not to mention whether the picture is analog or digital, and let the viewer to just see the image itself? Perhaps. But knowing that a picture is analog acts as a catalyst that forces the viewer to question all mentioned above: the equipement, the rigor of the vision and the mysterious relationship between vision, material and subject. Bernard Jolivalt Writer, Translator and Photographer


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