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UNE SUD DE FRANCE ETE 2012OK_UNE SUD DE FRANCE 08/06/12 10:45 Page1

SUD DE FRANCE LANGUEDOC-ROUSSILLON

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LE MAGAZINE DU TOURISME EN SUD DE FRANCE LANGUEDOC-ROUSSILLON - ÉTÉ 2012

Languedoc-Roussillon

le vrai Sud

Port-Vendres, l’autre bijou de la côte Vermeille Petite Camargue, un territoire hors du temps Montpellier, de plus en plus près de la mer Châteaux du pays cathare, à l’assaut des citadelles Uzès, l’art de vivre méditerranéen Etang de Thau, la passion des huîtres

Bons plans

Des idées d’hébergement hors normes

Causses et Cévennes : un 6e site inscrit au patrimoine de l’Humanité par l'UNESCO


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01 ÉDITO SUD FRANCE_Mise en page 1 31/05/12 11:18 Page1

ÉDITORIAL

Photo de une : Paul Palau Maquette : Studio IDM, Saint-Jean-de-Védas. Imprimé en Europe. Dépôt légal : à parution Numéro ISSN : 2112-7468 Commission paritaire : 0413K 90782 Midi Libre - juin 2012 ©

Une terrecinqétoiles Le Languedoc-Roussillon est une des régions les plus prisées en matière de tourisme. Et pour cause, il possède de nombreuses richesses ! Des Pyrénées-Orientales à la Lozère, de l'Aude au Gard en passant par l'Hérault, ici les liens intimes entre le paysage et l'architecture, entre les villages et les hommes sont une évidence. La nature, préservée et accessible à tous, y est le trait d’union entre plaisir et détente. Car le Languedoc-Roussillon est une vaste terre de contrastes où, de la Méditerranée aux Pyrénées, des Cévennes aux Corbières, la beauté sauvage de ces sites n'a d'égal que le charme apaisant des 220 km de plages du littoral de la Méditerranée, sans compter les kilomètres consacrés au tourisme fluvial, que ce soit sur le Canal du Rhône à Sète ou le Canal du Midi. Avec désormais six sites inscrits (les Causses et les Cévennes viennent de rejoindre voilà quelques mois la cité de Carcassonne, le Canal du Midi, le Pont du Gard, les chemins de Saint-Jacques de Compostelle et les forteresses Vauban), le Languedoc-Roussillon est la région la mieux pourvue en monuments et lieux reconnus par l’Unesco comme faisant partie du patrimoine mondial de l’Humanité. Mais la richesse de cette région, si diverse, va bien au-delà. Entre villes qui bougent et villages sachant conserver leur âme, entre auberges fières de faire découvrir leur gastronomie et domaines viticoles tournés vers l’œnotourisme, c’est un kaléidoscope de couleurs, de senteurs et de saveurs. De quoi affirmer sans conteste, que le vrai luxe, c’est d’être là !

édito

Hors-série édité par la société du journal Midi Libre SA au capital de 6 350 350 € Principaux actionnaires : GSO-SA - FCPE GMLA Siège social : rue du Mas-de-Grille 34430 Saint-Jean-de-Védas cedex Adresse postale : 34438 Saint-Jean-de-Védas cedex Tél : 04 67 07 67 07 Directeur de la publication : Alain Plombat Conception, coordination éditoriale : Didier Thomas-Radux (Pôle Editions) Mail : dtradux@midilibre.com Textes : Anne Schoendoerffer, Didier Thomas-Radux, Marie Vanhamme, Anne-Pauline Principaud. Ainsi que : Christelle Zamora, Prisca Borrel, Géraldine Pigault, Claire Mondrian. Crédits photos : William Truffy, Paul Palau, Jean-François Salles, Serge Privat, Anne Schoendoerffer, Dominique Quet, Alexis Béthune, Julien Fitte, Nathalie Amen-Vals, David Crespin, Vincent Andorra, Franck Valentin, Christine Palasz, Olivier Got, BIM, Richard Hullessen, Alain Pernia, Harry Jordan, Marc Dantan, Bernard Liégeois, Christophe Fortin, Olivier Demols, Philippe Rouah, Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, Office de Tourisme de Port-Vendres, Marie Vanhamme, Nicolas Guyonnet, Sensotek, Montozarbres, Cévennes Evasion, Bolquère 2000, Françoise Lacoste, Michel Pieyre, Garrigae, Mairie de Gruissan, Serge Privat, François Privat, P. Eoche, Christophe Grilhe, Aline Périer Office de Tourisme d'Uzès et de l'Uzège, Y. Monahan, S. Breithaup.

Christian Bourquin Président de la Région Languedoc-Roussillon Sénateur

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Sachez déguster avec modération.

Languedoc Roussillon

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01-03 SOMMAIRE SUD FRANCE_Mise en page 1 25/05/12 07:24 Page2

SOMMAIRE SUD DE FRANCE Légende Patrimoine

4-5 - PRATIQUE

Ville d’art

SUD DE FRANCE, LES SAVEURS D’ICI (4-5) POUR PRÉPARER VOTRE VOYAGE (5)

Témoignage antique

7-19 - SPLENDEURS

LES 6 SITES DU LANGUEDOC-ROUSSILLON INSCRITS AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITÉ PAR L’UNESCO : CAUSSES ET CÉVENNES (8-9), CANAL DU MIDI (10-11), PONT DU GARD (14-15), CHEMINS DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE (16), FORTERESSES VAUBAN (17), CITÉ DE CARCASSONNE (18-19). • D’UN CANAL À L’AUTRE : TOURISME FLUVIAL SUR LE CANAL DU MIDI ET LE CANAL DU RHÔNE À SÈTE (12) • 24 H EN CIRCUIT ROMAIN (13)

sommaire

21-59 - SENTEURS

D’AIGUES-MORTES A PORT-VENDRES, LA MAGIE DU GOLFE DU LION (22-33) • A VÉLO ENTRE TERRE ET EAU EN PETITE CAMARGUE - ŒNO CIRCUIT (25) • A TRAVERS LES PORTS DU LITTORAL (28) • 24 H SUR LA CÔTE VERMEILLE (33)

TERROIR

DE L’AUBRAC ET LA MARGERIDE AU PAYS CATHARE, UN PATRIMOINE À OUVERT (34-45) • 48 H EN CÉVENNES (36) • LA DOUCEUR DU DUCHÉ D’UZÈS - ŒNO CIRCUIT (38) • EN CORBIÈRES ENTRE PRESTIGE ET MODERNITÉ - ŒNO CIRCUIT (44)

CŒUR

DE CARCASSONNE À MONTPELLIER, L’HISTOIRE EN MARCHE (46-59) • BALADE AU CŒUR DES SCHISTES EN FAUGÈRES - ŒNO CIRCUIT (49) • ENTRE VIGNE MILLÉNAIRE ET PRÉHISTOIRE EN ROUSSILLON - ŒNO CIRCUIT (59)

61-71 - SAVEURS DE L’OIGNON

DOUX DES CÉVENNES AUX ANCHOIS DE COLLIOURE, UN KALÉIDOSCOPE DE SAVEURS • LE PLUS GRAND ESPACE VITICOLE DU MONDE (62-63) • PRODUITS ET RECETTES (64-71)

MUSÉES AUX RICHES COLLECTIONS, DES FESTIVALS INCONTOURNABLES

LA SARDANE EN PAYS CATALAN AU CULTE DU TAUREAU EN

ARTISANAT

(74-77)

CAMARGUE (78-81)

DES

TOILES ENSOLEILLÉES EN PAYS CATALAN AU CONSERVATOIRE DE LA FOURCHE GARDOIS (82-85)

RANDONNÉES

POUR TOUS LES GOÛTS ET PLAISANCE DANS LE GOLFE

HÉBERGEMENTS SÉJOUR

SUR MESURE ET BIEN-ÊTRE AU PROGRAMME

Station de montagne

Halte fluviale Aéroport

Jardin remarquable

CULTURE

TRADITIONS

Aquarium

Gare TGV

73-96 - COULEURS

ACTIVITÉS

Golf

Port de plaisance

VILLES

DE

Plan d’eau

Parc animalier

MÉDITERRANÉE

DES

Station thermale

(86-92)

(93-96)

Plus d’informations

Parc naturel régional Visite d’entreprise Station verte de vacances Plus beau village de France Unesco

Afin de compléter votre lecture et votre découverte du Languedoc-Roussillon, “Sud de France Développement – Tourisme en Languedoc-Roussillon” dispose de plusieurs outils complémentaires : Une application Iphone pour le Cercle Prestige (“Sud Prestige”, téléchargeable sur Itunes). Une application Ipad pour le téléchargement des brochures (“Sud LR” téléchargeable sur Itunes). Une adaptation du site sunfrance.com pour les terminaux mobiles (sunfrance.mobi) Enfin, ce petit carré noir ci-joint est un QR code permettant de se connecter directement sur le site www.sunfrance.com. En scannant ce code avec votre smartphone, vous arrivez directement sur la page d’accueil du site Sud de France Développement – Tourisme en Languedoc-Roussillon. SUDDEFRANCE - 2 -

Pavillon bleu Chemins de Saint-Jacquesde-Compostelle Rivières et canaux du Midi Voie Domitienne


01-03 SOMMAIRE SUD FRANCE_Mise en page 1 25/05/12 07:24 Page3

Causses et Cévennes Patrimoine de l’Unesco

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PRATIQUE SUD DE FRANCE

SuddeFrance, lessaveursd’ici

C’

est en 2006 que la région LanguedocRoussillon a imaginé la création d’une marque ombrelle permettant d’identifier les produits de la région. Alliant les produits viticoles – le Languedoc-Roussillon est le premier vignoble du monde en superficie – à ceux de l’agroalimentaire, la démarche Sud de France identifie ainsi et repère des produits aux accents pluriels, riche en saveurs. Réputé pour la diversité de ses produits du terroir, le Languedoc-Roussillon identifie ainsi un véritable art de vivre, qui regroupe aussi bien des abricots, des olives, des fraises, des asperges, des oignons, des aubergines, du taureau, du veau, du pélardon, des nougats, de la confiture de châtaigne, du miel, des anchois etc. Aujourd’hui, près de 2000 entreprises adhèrent à la démarche. Et c’est environ 8 000 produits qui signifient ainsi leur engage-

ment sur la provenance et l’état d’esprit lié à une production et des savoir-faire régionaux reconnus. Sud de France est une approche méditerranéenne de la consommation. Il marque ainsi l’intention régionale de faire exister le Languedoc-Roussillon à travers l’excellence de

ses produits, la richesse de son histoire, la force de sa nature et la convivialité des hommes qui l’exploitent. Tous ces produits sont distribués par les enseignes nationales et bénéficient de campagnes de promotion régulières en France et à l’étranger. www.sud-de-france.com

“Le potentiel des marques régionales demeure encore largement sous exploité” Six ans après, où en est la marque Sud de France, lancée par le Conseil régional ? Réponse par un expert en la matière, Philippe Aurier, professeur à l’Institut d’administration des entreprises à Montpellier 2, directeur du laboratoire de recherche Montpellier Recherche en Management et co-auteur de Le marketing des produits agroalimentaires.

La création de Sud de France vous semble-t-elle une bonne idée ? J'avais à plusieurs reprises et depuis le milieu des années 90 (sous la forme de projets de recherche) préconisé la création d'une marque “collective régionale” permettant de capitaliser les efforts de multiples producteurs sous une bannière unique. Ceci notamment dans le domaine agroalimentaire où les entreprises régionales sont de petite taille, ce qui ne facilite pas le développement de leurs marques propres. Comme les

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produits de ces entreprises sont en lien étroit avec leur origine (terroir), on voit immédiatement l'intérêt d'une marque collective régionale. Ce dont je peux néanmoins témoigner c'est de la visibilité de la marque Sud de France dans un grand nombre de catégories de produits et de points de vente. En fait on peut dire qu'une marque existe quand elle est connue par les consommateurs et que les distributeurs la mettent dans leurs rayons. Aujourd'hui, tout porte à croire que ces conditions sont remplies pour Sud de France.


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Quels sont les fondamentaux pour que vive une telle marque ? La marque doit remplir plusieurs missions économiques fondamentales. Tout d'abord une mission de mémorisation : les consommateurs mais aussi les distributeurs doivent connaître la marque et y penser quand ils sont en situation de choix. Les spécialistes parlent “d'appartenance à l'ensemble de considération” de l'acheteur. Une marque plus connue facilite l'entrée des produits dans les points de vente. Les consommateurs ont alors la possibilité de la rencontrer, de la (re)connaître et donc de l'acheter. D'autre part, en plus de procurer de la notoriété, une marque doit apporter de l'image et du sens au produit. Elle doit l'associer à des croyances fortes, positives et valorisées par le marché, telles que la qualité, la praticité, la fiabilité, le goût, le plaisir, le rêve, la convivialité.... Dans ce domaine, la force d'une marque collective régionale est d'associer le produit à une zone géographique qui est ellemême porteuse de valeurs, comme par exemple l'authenticité en Languedoc-Roussillon. Ces valeurs sont alors associées au produit qui porte la marque et viennent en augmenter la valeur aux yeux du marché. Enfin, une marque doit inciter à être fidèle et à réacheter le produit. Et comment sait-on qu'elle est bonne ? Au final, une marque est “bonne” quand elle permet au producteur de vendre à un prix plus élevé, par rapport au même produit sans la marque. Ceci est la récompense de l'effort et du risque du producteur pour développer sa marque. Ce surplus appelé “premium de prix” permet ensuite à la marque d'investir pour développer sa notoriété, son image... et d'entrer dans le cercle vertueux de la réussite. Pour que cela fonctionne, le premium de prix doit donc être supérieur à la

quote-part dans chaque produit vendu des sommes investies sur la marque. D'où l'intérêt d'une marque collective régionale, qui en se répartissant sur un grand nombre de produits, ramène cette quote-part à une valeur plus faible. Contrairement aux idées reçues, le marché (consommateurs et distributeurs) consent bien volontiers à payer ce surplus, car la marque lui apporte une réelle valeur en contrepartie. Y a-t-il une limite aux domaines que doit recouvrir la marque ? C’est ce que les spécialistes appellent la capacité d'extension d'une marque et son risque de dilution si elle étendue au delà de son territoire de compétence. D'un côté, les marques ont intérêt à couvrir un ensemble suffisamment large de produits, de façon à faire jouer un effet de levier : l'effort payé pour la développer la marque se répartit sur un chiffre d'affaires plus important et ne grève pas la rentabilité. D'un autre côté, les marques ne doivent pas trop se diversifier au risque de se banaliser, perdre leur légitimité et ne plus apporter de sens. Bref, il faut que l'ensemble des produits associés à la marque constitue un ensemble cohérent et compatible avec les valeurs portées par la marque. Par exemple, pour la marque Sud de France s'est posé la question de savoir si elle serait limitée aux seuls produits agroalimentaires ou si elle serait étendue à un domaine plus large. Ceci est une vraie question stratégique.

De plus en plus de régions créent leur marque. C’est un mouvement de fond ? A l'évidence il ne s'agit pas d'un effet de mode mais bien d'un outil de management collectif, comme l'est la marque commerciale au sein des entreprises. De plus, un atout énorme de la marque collective, au-delà de ce qui vient d'être indiqué, c'est qu'elle fonctionne à double sens. A savoir que si elle apporte à court terme de la valeur aux produits concernés, à moyen terme elle bénéficie en retour de l'expérience du marché avec les produits qui la portent. Ces derniers nourrissent la marque régionale, donc... leur région, en développant sa notoriété et son image. C'est un cercle qui peut être très vertueux si

l'ensemble marque - produits est géré de façon cohérente. Ce sont alors les produits qui font la promotion de leur région d'origine. Nombre d'exemples le montrent, notamment dans le secteur du vin très en avance dans ce domaine. En fait, le potentiel des marques collectives régionales demeure encore largement sous exploité.

Pour préparer votre voyage Sud de France Développement Tourisme en Languedoc-Roussillon 34000 Montpellier - France Tél.+ 33 (0)4 67 200 220 contact.tourisme@suddefrance-dvpt.com www.sunfrance.com Comité départemental du tourisme de l’Aude Tél.+ 33 (0)4 68 11 66 00 www.audetourisme.com Comité départemental du tourisme du Gard Tél.+ 33 (0)4 66 36 96 30 www.tourismegard.com Comité départemental du tourisme de l’Hérault Tél.+ 33 (0)4 67 67 71 71 www.herault-tourisme.com Comité départemental du tourisme de la Lozère Tél.+ 33 (0)4 66 65 60 00 www.lozere-tourisme.com Comité départemental du tourisme des PyrénéesOrientales Tél.+ 33 (0)4 68 51 52 53 www.tourisme-pyreneesorientales.com Maisons du Languedoc-Roussillon à l’étranger www.suddefrance-developpement.com

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SPLENDEURS

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Désormais, le Languedoc-Roussillon a six sites gravés à jamais dans la mémoire des hommes. Outre le pont du Gard depuis plus de trente ans, le canal du Midi, les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, la cité de Carcassonne puis les forteresses Vauban de Villefranche-de-Conflent et de Montlouis près de la frontière espagnole, ce sont désormais les paysages des Causses et des Cévennes qui ont rejoint la liste de ces sites hors normes, en 2011. Un héritage architectural unique, dans un état de conservation assez rare malgré les turpitudes de l’histoire. De la Rome antique au Moyen Age, en passant par les guerres de religion, le Languedoc et le Roussillon gardent bien ancrés ces traces d’un naguère qui ont forgé le monde. Autant de royaumes de pierres inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, inscrits dans l’éternité. Pour en savoir plus, scannez ce QR code avec votre smart phone ou connectez-vous directement sur : www.sunfrance.com/unesco

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SPLENDEURS CAUSSES ET CÉVENNES

LesCausseset lesCévennes, unevaleuruniverselle exceptionnelle

Résultat d’une étroite relation entre l’homme et la nature, les Causses et les Cévennes associent des paysages grandioses et une tradition culturelle, désormais reconnus par l’Unesco.

L

e territoire est vaste qui recouvre 3 000 km2 répartis sur quatre départements dont trois en Languedoc-Roussillon : la Lozère, l’Hérault et le Gard que délimitent les villes portes d’Alès, Ganges, Lodève et Mende. Les paysages diversifiés sont d’une égale beauté. Les vallées cévenoles alignant leurs terrasses plantées de châtaigniers, de vignes et de mûriers. Les monts Aigoual et Lozère, pointant leurs crêtes déchiquetées de granit, domaines de massifs forestiers mais aussi de prairies et des troupeaux transhumants. Les causses, immenses plateaux calcaires hérissés de chaos rocheux, recouverts de pelouses, creusés de gorges aux périples

tumultueux… Nés de l’alliance de l’homme et de la nature, les Causses et les Cévennes transmettent la permanence d’un paysage préservé, représentatif de la montagne méditerranéenne, en voie de disparition en Europe, et de la tradition agropastorale, expression d’une agriculture non mécanisée et de l’élevage en pâturage. Et c’est au titre des paysages culturels forgés par les générations passées et présentes, ayant développé une activité d’agro-pastoralisme, qu’ils sont classés au patrimoine mondial de l’humanité depuis juin 2011. En tout, 231 communes sont concernées par le classement, dont 86 dans le Gard, 82 en Lozère et 28 dans l’Hérault. Les plateaux caussenards, grands esSUDDEFRANCE - 8 -

paces de pelouse sèche au relief arrondi sont le fruit d’une activité ancestrale et toujours vivace où la brebis tient la première place. Si l’évolution des exploitations, leur diminution (pas plus de 100 agriculteurs aujourd’hui) et l’augmentation de leur taille affecte la pratique de la transhumance, l’agro-pastoralisme actuel reste proche des systèmes traditionnels.

Un patrimoine à la fois paysager, naturel et culturel Ailleurs, sur les hautes terres granitiques s’y ajoutent l’élevage bovin quand les chèvres in-


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vestissent les vallées cévenols schisteuses. La valeur universelle de ce territoire résulte de la présence des différents types d'organisation pastorale rencontrés sur le pourtour de la Méditerranée, agro-pastoralisme, sylvo-pastoralisme, transhumance et pastoralisme sédentaire. Le territoire reconnu par l’Unesco inclut le Parc national des Cévennes, le Parc naturel régional des grands Causses, des sites naturelles d’exception, à la magie envoûtante : les gorges du Tarn, succession vertigineuse de circonvolutions rocheuses, le cirque de Navacelles (photo), immense méandre creusé tel un canyon que la rivière, la Vis, a abandonné… Mais cette reconnaissance internationale incite aussi, au-delà des lieux largement fréquentés, à explorer d’autres chemins de découverte, à la rencontre du patrimoine naturel et bâti transmis et préservé de génération en génération… Les fermes isolées, les maisons regroupées en petit ha-

meau, les bergeries voûtées, les caves, les jasses - ces bergeries estivales - les drailles, chemins de la transhumance, ou encore les lavognes - points d’eau naturels pour abreuver les troupeaux - les ponts pour traverser les cours d’eau… Autant d’éléments révélateurs d’un système agropastoral toujours vivant. Sur les versants des vallées cévenoles, la construction de terrasses à grand renfort de pierres érigées en murets témoignent de la nécessité de gagner du terrain pour les activités agricoles. Sur le Mont Lozère, les bornes de granit gravées d’une croix de Malte, rappellent la présence des Hospitaliers (ordre militaire) et des grands espaces voués à l’élevage qu’ils possédaient. Brebis caussenardes, race bovine Aubrac, chèvres de race alpine que l’on aperçoit dans les vallées cévenoles, sur les plateaux caussenards ou les socles de l’Aigoual, disent aussi la permanence d’une activité qui a façonné les paysages depuis trois millénaires.

La carte d’un vaste territoire A cheval sur quatre départements, la zone Causses et Cévennes retenue par l’Unesco recèle un patrimoine riche et diversifié et une diversité de paysages surprenante. On passe ainsi des plateaux calcaires des Causses scindés de gorges et de vallées aux crêtes acérés et aux vallées profondes des Cévennes schisteuses, sans oublier les sommets de granit des monts Lozère et Aigoual. Une carte “Causses et Cévennes” comportant 332 sites localisés vient d’être éditée, présentant le périmètre classé. Elle est disponible gratuitement dans les offices de tourisme et sites touristiques du territoire. www.caussesetcevennes.com

Sur les pistes de la transhumance Le Mont Lozère et le Mont Aigoual figurent parmi les derniers lieux où se pratique la transhumance estivale de manière traditionnelle, en utilisant les drailles. Marquée par des murets de pierre, certaines empruntant d’anciennes voies romaines (sur le Mont Lozère par exemple), d’autres transformées en chemin de randonnée (le GR 60 sur la Grande Draille du Languedoc au Mont Lozère, ou le GR 6 sur une draille allant de Pont-d'Hérault vers l'Espérou et Meyrueis), les drailles sont les chemins employés par les bergers et les troupeaux pour rejoindre l’estive. Elles sont les traits d’union entre les vallées et les plaines que les troupeaux d’ovins et de bovins quittaient au printemps (fin mai le plus souvent) et les hauts plateaux où ils étaient acheminés, paissant dans ces zones de pâturage jusque la mi-octobre. Si de nos jours l’évolution des méthodes d’élevage fait l’impasse sur la transhumance et si certains éleveurs déplacent leur troupeau par camion, la tradition perdure pourtant. Quelques rares troupeaux réalisent encore chaque année ce long voyage (parfois plus d’une semaine) et les journées de transhumance demeurent, comme jadis, l’occasion de célébrer les fêtes de l’estive, avec défilés des troupeaux “pomponnés” pour l’occasion, démonstration de savoir-faire, tonte, sans oublier le travail des chiens de troupeau… La transhumance joue un rôle important dans le maintien des paysages et la préservation du petit patrimoine bâti, abri pour se protéger du froid, lavognes, ponts… Une attention grandissante, encouragée par le classement de l’Unesco, est portée au soutien et à la perpétuation de ses activités traditionnelles. Fête de la transhumance à l’Espérou (Gard) 18 au 21 juin. Informations. Tél. 04.66.54.29.65 SUDDEFRANCE - 9 -


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SPLENDEURS CANAL DU MIDI

CanalduMidi: leparadis delaplaisance L’été, le chef d’œuvre de Pierre-Paul Riquet classé au patrimoine mondial de l’Humanité aimante les foules.

De nouveaux platanes pour les siècles à venir C’est avec le bois de platane des caisses de munitions des GI’s débarqués en 1944 en Provence qu’il est arrivé. Le ceratocystis platani est un champignon qui menace les platanes du canal du Midi du chancre coloré, maladie qui oblige à couper les arbres infectés. De quoi créer l’inquiétude pour les 42 000 platanes qui bordent le canal. Depuis 2006, des contaminations ont été constatées. A Trèbes dans l’Aude, une plantation de 160 platanes résistants au parasite a été réalisée fin 2011. Et pour financer ce programme estimé à 200 millions d’euros, l’Etat et les collectivités locales vont devoir financer à hauteur d’un tiers chacun. Pour le dernier tiers, un club des mécènes devrait être mis en place.

F

aut-il avoir le pied marin pour tenter l’aventure du Canal du Midi ? Le miroir d’eau sous les platanes, qui déroule ses courbes entre Méditerranée (Sète) et Atlantique sur 241 km, est un paradis… pour tous. Pénichiers habitants à l’année sur l’eau, touristes, navigateurs à pied sec, etc. Tous briguent une place sur le canal classé à l’Unesco en 1996. Cette route des vacances, paisible et silencieuse, reprend du service d’avril à octobre. L’été c’est un peu “Riquet land”, avec des Anglais, des Hollandais, des Russes. Ils viennent chercher leur part de bonheur, et prendre un cours d’histoire… magistral ! « Carcassonne et Montpellier, tout le monde connaît. Simplement parce qu’au milieu, il y a le canal », s’amuse Françoise Bousquet, vigneronne à Capestang en Minervois. Depuis le rivage, cette “terrienne” observe le défilé incessant des péniches : « jusqu’à une toutes les trois minutes au plus fort de l’été ». Le chef d’œuvre de Pierre-Paul Riquet SUDDEFRANCE - 10 -

construit entre 1666 et 1681 pour faire la jonction entre la Garonne et la Mer Méditerranée (d’où sa dénomination première de “canal des deux Mers”), cache dans ses méandres 328 ouvrages d’art : tunnels, écluses, épanchoirs, ponts, etc. Le défi à l’époque, était d’amener l’eau depuis la Montagne noire jusqu’au seuil de Nérouze, le point le plus élevé du parcours. Le génie civil de Pierre-Paul Riquet a donné, après 14 ans de travail acharné (un sacerdoce pour le bâtisseur, qui y consacre sa vie et y dilapida sa fortune), cette route ponctuée d’ouvrages d’art techniques, qui sont un défi aux lois de la physique, et une ode à la beauté. Les chefs d’œuvre, un peu partout, défilent sur l’eau, et même quelques “bizzareries architecturales” comme l’écluse ronde d’Agde, l’épanchoir de Gailhousty sur le canal de la Robine, ou le tunnel du Malpas, qui fait la jonction avec Béziers. Le tronçon languedocien, au départ de Carcassonne, rejoint l’étang de Thau via Marseillette, Homps, le petit port de Colombiers


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et Portiragnes. On peut également suivre, après le Somail (l’ancienne étape de la Barque de poste qui permettait de relier Toulouse à Agde en quatre jours), la jonction de Narbonne par le canal de la Robine : dans un décor encore plus sauvage, bordé de pins parasols. Mais si le canal déroule, un peu partout, son train de sénateur, les chemins de halage offrent une alternative pittoresque : jadis empruntés par les chevaux, ils obligent tantôt à traverser la rive droite du canal, tantôt à rejoindre la rive gauche. C’est une autre façon d’aborder la vie sur le canal, toujours très animé malgré le calme apparent. Partout, ce sont des villages, des caveaux ouverts à la dégustation, des guinguettes sur l’eau, où l’on vient savourer les soirées d’été, avant la couchée. * Épanchoir : ouvrage d’art par lequel s’écoule le trop-plein d’un canal.

Un escalier d’eau à Béziers Magnifiques ascenseurs que les écluses de Fonsérannes, qui donnent l’impression de descendre vers Béziers… en montant ! De la colline jusqu’à la rivière l’Orb, le dénivelé est de 25 mètres. Une montagne d’eau, mais le génie civil du XVIIe siècle a triomphé : les écluses, ce sont 9 vannes qui s’ouvrent successivement, 8 sas (des bassins ovoïdes) sur une longueur d’environ 315 mètres, flanqués à l’extérieur de quatorze volées d’escaliers. C’est l’arrivée triomphale qu’offre Pierre-Paul Riquet à sa ville natale, Béziers. Les écluses de Fonsérannes attirent, chaque année 320 000 visiteurs sur l’escalier d’eau. Le spectacle du franchissement, qui alterne vidange et remplissage des sas, est toujours très impressionnant. C’est d’ailleurs le troisième site le plus visité en Languedoc-Roussillon, après le pont du Gard et la cité de Carcassonne. Parking, point d’accueil tourisme et buvette sur place. SUDDEFRANCE - 11 -


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SPLENDEURS CANAL DU MIDI

D’uncanal àl’autre

«O

temps, suspend ton vol”, écrivait le poète Lamartine. C’est bien ce rêve qu’accomplit la navigation fluviale. A 8 km/h maximum, on voit la vie autrement. Ainsi, naviguer sur le canal du Midi est une aventure sensorielle rare. Dans sa partie languedocienne, dès Castelnaudary c’est l’émerveillement avec ce grand bassin de 7 hectares, ouvrage le plus important de l’œuvre de Pierre-Paul Riquet. Le parcours berce les navigateurs avec notamment le tronçon sans écluse entre Argens et Béziers. A Agde, le canal du Midi atteint Sète par l’étang de Thau, petite mer intérieure de 7 500 hectares où s’affairent les conchyliculteurs. Après Sète, on quitte alors le canal classé à l’Unesco. L’aventure n’est pas finie pour autant, grâce au canal du Rhône à Sète, prolongation logique de l’œuvre de Riquet. C’est à la fin du XVIIe siècle que l’on débuta ce nouvel ouvrage, à partir du tout récent port en eaux profondes de Sète. La voie, dénommée canal des étangs, s’arrêta d’abord non loin de Montpellier à Mauguio. Il fallut attendre 1789 pour que l’on puisse rallier le port de Saint-Gilles. Et ce n’est qu’en 1811 que la jonction avec le Rhône fut effectuée à Beaucaire. Rebaptisé “canal du Rhône à Sète”, il traverse plusieurs étangs, passe près des vestiges de l’église de Villeneuve-lès-Maguelone pour rejoindre le Grau-du-Roi Port-Camargue, puis lon-

ger les murs de la cité d’AiguesMortes. De là, il chemine tranquillement jusqu’à Saint-Gilles – il n’y a qu’une seule écluse –, au voisinage d’une flore et d’une faune faite de roseaux, de riz, de flamants roses et de taureaux. De là, c’est ensuite l’embranchement qui mène au Rhône, à 29 kilomètres et l’arrivée sur le port de Beaucaire (photo) et le débouché sur le fleuve, qui ouvre la voie au réseau des canaux européens et permet de remonter dans le Nord de l’Europe. Depuis Sète, 101 kilomètres auront été parcourus.

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SPLENDEURS 24 H EN CIRCUIT ROMAIN

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Apprendre à faire des amphores

Redécouvrir le port de Montpellier

C’est sur le site même d’un atelier de potiers gallo-romain qu’a été crée le Musée Amphoralis en 1992. Le site, qui multiplie les animations en été, évoque la fabrication, la cuisson et la commercialisation des poteries voilà près de 2000 ans. A Sallèles-d’Aude, quatorze fours fonctionnaient afin de produire des tuiles et des briques et surtout des amphores. Notamment pour transporter le vin gaulois. Amphoralis, Sallèles-d’Aude : 04 68 46 89 48. www.sallelesdaude.fr

C’est à Lattes, en périphérie de la capitale languedocienne, que sont patiemment exhumés depuis 40 ans, les vestiges d’une ville antique lagunaire. A la fin du VIe siècle avant J.-C., des hommes s’installent entre lagunes et vallée du Lez pour créer une ville portuaire, Lattara, qui sera habitée jusqu’à l’époque romaine. Un musée archéologique complète le site et invite à découvrir le port antique et les différentes civilisations qui l’ont occupé. Lattara-Musée Henri Prades, 390, avenue de Pérols à Lattes : 04 67 99 77 20. www.museearcheo.montpellier-agglo.com

Franchir le Vidourle et marcher sur la Via Domitia

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L’âme de Rome à Narbonne Fondée en 118 avant Jésus-Christ, “Narbo Martius” est la première colonie créée par les romains hors d’Italie. Bénéficiant d’une situation de carrefour formidable, la ville connaît un essor foudroyant et deviendra à la fin de l’Antiquité la capitale de la Septimanie wisigothique. De ce riche passé il ne reste que des vestiges, dont une superbe portion dallée de la via Domitia, axe majeur du réseau routier créé par les romains et traversant tout le Languedoc-Roussillon. Le Musée archéologique présente notamment une importante collection de peintures murales à fresques. A voir, en attendant l’ouverture en 2016 du futur Musée de la romanité. Musée archéologique de Narbonne, place de l’Hôtel-de-Ville : 04 68 90 30 54. www.mairie-narbonne.fr

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Dans la peau d’un patricien à Loupian

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Après une halte à Nissan-lez-Ensérune sur l’oppidum où ont été retrouvés les vestiges d’un site préromain, direction Loupian pour une visite de la villa-musée. A proximité de la via Domitia, c’est d’abord une modeste ferme qui s’installe sur les pentes d’un vallon ouvert sur l’étang de Thau, et prospère rapidement. Pendant le Haut Empire, le site possèdera même une résidence patricienne équipée de thermes tandis que la viticulture est une des occupations majeures de la villa. C’est cette exploitation agricole que l’on peut découvrir, ainsi que les 13 mosaïques polychromes découvertes conservées au musée du site. Oppidum d’Ensérune : 04 67 37 01 23. www.oppidumdenserune.com Villa gallo-romaine de Loupian : 04 67 18 68 18. www.ccnbt.fr SUDDEFRANCE - 13 -

5 Au temps de la splendeur romaine, Ambrussum était un relais d’étape le long de la Via Domitia. Si le site a été occupé dès le Néolithique, c’est à l’époque gallo-romaine qu’il deviendra une ville fortifiée entourée de remparts et de tours. Des onze arches du pont Ambroix il n’en reste qu’une, pourtant majestueuse. Mais l’émotion est intacte en marchant sur les pavés deux fois millénaires de la Via Domitia, empruntée jadis par les marchands et les légions romaines. Le site propose une agréable “balade romaine” balisée d’ 1 h 30, ainsi qu’un musée. Site archéologique et Musée d’Ambrussum à Villetelle : 04 67 02 22 33. www.ambrussum.fr

Se perdre dans la petite Rome Chef-lieu de civitas, grande colonie de droit latin, Nîmes est un joyau de la civilisation gallo-romaine. La Tour Magne, la Porte d’Auguste, le Temple de Diane sont des vestiges superbes. Mais la Maison Carrée et les arènes, les mieux conservées au monde, sont d’une beauté sidérante et propulsent le spectateur au temps des gladiateurs. Le musée archéologique regorge d’objets de la vie quotidienne et d’inscriptions latines. Musée archéologique de Nîmes : 04 66 76 74 80. www.nimes.fr


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SPLENDEURS PONT DU GARD

Lepont duGard,unvaisseau depierreengarrigue Construit vers 50 après Jésus-Christ, le pont du Gard est la pièce maîtresse d’un aqueduc de 50 km, alimentant Nîmes. Et le symbole majestueux du génie humain.

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eux mille ans que cette sentinelle de pierre s’élance audessus du Gardon, presque aux limites du département du Gard, non loin de Nîmes et d’Avignon. Symbole du génie architectural romain, le pont du Gard n’est pourtant qu’un infime maillon d’un ouvrage long de 50 kilomètres, reliant les sources d’Eure près d’Uzès à Nîmes, qui, au Ier siècle après Jésus-Christ, était une des plus importantes villes gallo-romaines. La réalisation de l’aqueduc visait à donner à la cité de nouvelles possibilités pour créer fontaines et thermes, et accroître son prestige dans l’empire romain. Le joyau de cet ensemble reste ce pont de 64 arches réparties sur trois niveaux et qui s’élèvent à 48,77 mètres au-dessus de la rivière pour 490 mètres de long. Faisant du pont du Gard le pont aqueduc le plus haut du monde romain. Une hauteur commandée par le respect de la pente, afin de mettre l’eau sous pression dans l’ouvrage, même si la déclivité n’est pas partout régulière. Au final, les Romains ont réussi la prouesse de construire un ouvrage de plusieurs millions de tonnes (le pont, à lui seul, est estimé à 50 000 tonnes) dont la pente est de moins de 25 centimètres au kilomètre… Mais en

fait, ce sublime ouvrage n’a fonctionné pleinement qu’à peine 140 ans. Sa dégradation commence dès le IIIe siècle et l’aqueduc est définitivement abandonné et partiellement épierré au VIe siècle. Si, au contraire du reste de l’ouvrage, le pont n’a pas été démoli, c’est parce que ce viaduc transporteur d’eau a vite été transformé en pont de franchissement, même si l’outrage des ans et des hommes le mit plusieurs fois en péril. Sa première réparation remonte aux années 1700, afin d’éviter sa ruine prochaine. Les premières restaurations débutent en 1745 et, dès 1840, le pont figure sur la liste des monuments majeurs. Inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco en 1985, le pont du Gard a été totalement réaménagé depuis une décennie pour devenir le joyau d’un écrin de 165 hectares avec espaces aménagés, musée du pont et de l’aqueduc, ludothèque et arboretum dans la garrigue, tandis que les manifestations (concerts, feux d’artifice...) s’y multiplient. Plus d’un million de personnes arpentent chaque année le pont, monument antique le plus visité de France. Site du pont du Gard, à Vers-Pont-du-Gard. Tél. 0 820 903 330. www.pontdugard.fr

Et la lumière fut Dans le cadre de l’énorme chantier d’aménagement du viaduc à la fin des années 90, une mise en lumière de l’aqueduc avait été réalisée. Las, les inondations de 2002 avaient eu raison des installations de James Turrell. Mais depuis 2009, le pont du Gard a renoué avec ces enchantements de lumière grâce à la mise en place de 211 projecteurs LED sur les trois étages de l’ouvrage. Une magie à découvrir tous les soirs d’été. Encore plus éblouissant, au mois de juin les célèbres artificiers du groupe F - ceux de la tour Eiffel pour l’an 2000 - mettent au point un spectacle son, lumière et pyrotechnie à couper le souffle. SUDDEFRANCE - 15 -

Un ouvrage qui bouge En vingt siècles, le pont du Gard n’a pas été épargné par les outrages des éléments, et des hommes. Alors que l’aqueduc était démantelé au début du VIe siècle, le pont du Gard ne dû son salut qu’à sa transformation en… pont. En effet, pour faciliter le franchissement du Gardon entre Uzès et Beaucaire où se tenait une foire célèbre, on bâtit des rampes d’accès à l’ouvrage et l’on créa sur le tablier de l’aqueduc un chemin large de près d’1,80 mètre, tout simplement en entaillant les piles du second étage, pour passer les charrettes ! Echancrures qui ne seront rebouchées qu’en 1698. Mais si le génie romain a permis à l’aqueduc de résister aux crues les plus violentes, il est un autre danger qui continue de menacer le pont : la chaleur. En effet, sous l’effet du soleil, l’ouvrage de 50 000 tonnes de pierre subit des dilatations régulières sur sa façade Sud Ouest. L’autre face, qui se trouve à l’ombre, ne subit pas ce phénomène semblable, ce qui entraine une dilatation différentielle entre les deux flancs de l’ordre de 5 mm chaque jour. Résultat : le pont est légèrement voilé et a bougé de près de 80 centimètres en 2000 ans.


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SPLENDEURS CHEMINS DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE

Surleschemins deladévotion Voilà plus de 1000 ans que le pèlerinage à Saint-Jacquesde-Compostelle attire les pèlerins. Par conviction spirituelle, mais aussi à cause de la beauté des tracés. Des quatre voies historiques menant aux reliques de Saint-Jacques en Espagne, deux passent par le Languedoc-Roussillon : le chemin d’Arles et le chemin du Puy-en-Velay.

C’

est bien devant la force et la beauté qui se dégagent des ces voies, jalonnées de monuments et de sites uniques, que l’Unesco a décidé d’inscrire en 1998 les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle au patrimoine mondial de l’Humanité. Depuis qu’en 813 fut retrouvé à Santiago de Compostelle le tombeau présumé de SaintJacques le Majeur, les chemins menant à Saint-Jacques sont empruntés par nombre de marcheurs. Et depuis le XIIe siècle, le “Codex Calixtinus” d’Aimery Picaud a hié-

rarchisé les voies spirituelles menant aux reliques depuis toute l’Europe. La Via Podiensis menant du Puy-en-Velay à Roncevaux et la Via Tolosana traversent ainsi le Languedoc-Roussillon d’Est en Ouest et font partie des quatre grandes routes. La Via Podiensis est la plus ancienne des routes menant à Compostelle. Inaugurée en 951 par l’évêque Godescalc et d’une longueur de 1530 kilomètres, elle part du Puy-en-Velay, pour traverser le haut Gévaudan en Lozère sous l’appellation de GR 65. On entre en Lozère par Aumont-Aubrac. Et c’est probablement dans cette partie, où SUDDEFRANCE - 16 -

La ViaTolosana, joyau roman La Via Tolosana, ou voie d’Arles, était empruntée par les pèlerins d’Europe Centrale, de Provence et de la péninsule italienne. D’un tracé en partie commun avec l’ancienne Via Domitia romaine, cet itinéraire méridional traverse le Gard et les haut cantons de l’Hérault pour rallier Toulouse. L’étape première en Languedoc-Roussillon de ce qui est balisé en tant que GR 653 est l’abbatiale de Saint-Gilles, un joyau de l’art roman réputé pour son portail sculpté du XIIe siècle représentant des scènes de l’Ancien et du Nouveau testament. Le chemin de Saint-Jacques traverse ensuite les paysages agricoles de la petite Camargue puis le montpelliérain. A Montpellier même, un circuit pédestre jalonné de clous de bronze au sol suit une partie de l’ancien itinéraire des pèlerins. La voie emprunte ensuite le célèbre pont du Diable (photo), le plus ancien pont roman de France construit par les moines des communautés religieuses voisines, dont l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert, autre étape d’importance. Le tracé remonte ensuite vers Lodève puis Arboras, établi sur les premiers contreforts du Larzac et enfin le prieuré de Saint-Michel de Grandmont. Au-delà, le chemin quitte le LanguedocRoussillon pour se diriger vers le Lauragais et la plaine toulousaine.

l’immensité du paysage le dispute au sentiment de solitude, que la voie puise son image, et son sens profond. Les vastes étendues de pâturages où paissent à la belle saison les vaches Aubrac ne laissent pas présager de l’effroyable beauté que prend ce même paysage durant l’hiver où la nature est en deuil. Entre Nasbinals et Saint-Chélyd’Aubrac, le chemin atteint les 1 368 mètres, ce qui en fait l’un des points les plus hauts de tout le parcours. Et des plus beaux. Cette étape est d’ailleurs considérée comme le jalon historique et symbolique du patrimoine mondial que représentent les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.


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SPLENDEURS LES FORTERESSES VAUBAN

La“ceinturedefer” desPyrénées Villefranche-de-Conflent, inscrite au patrimoine mondial de l’Humanité par l'Unesco, fait aussi partie des 14 sites répertoriés “Forts Vauban”.

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n reconnaît Villefranche (Pyrénées-Orientales) au marbre rose qui la revêt. Mais aussi et surtout aux fortifications qui l'entourent et qui lui ont valu le surnom de Villefranche “la bien gardée”. Cette cité médiévale a été fondée en 1092 par le comte de Cerdagne, pour protéger les vallées alentour des invasions. C'est en 1654 que les Français conquièrent la commune. Le pouvoir espagnol doit battre en retraite. Ses fortifications sont alors démantelées par les sujets du roi de France. Puis, en 1669, d'autres remparts sont érigés selon les plans d'un certain marquis de Vauban. Ce dernier fut nommé maréchal de France par Louis XIV pour avoir doté la France d'une “Ceinture de fer”, version imagée des multiples fortifications dont cet architecte militaire est l'auteur, Villefranche compris. En flânant le long de ses rues pavées, le visiteur peut encore apercevoir des vestiges de la commune telle qu'elle était au Moyen-Age. La tour du Diable, près de

l'église, tire en effet ses origines de l'époque médiévale. Tout comme la porte du Roussillon ou encore la porte de France. De la période Vauban , il reste les fortifications, mais aussi le célèbre Fort Libéria. Créé par l'architecte en 1681, ce fort se situe à l'extérieur de la cité, à flanc de montagne. Il domine la ville, mais lui est aussi reliée par un passage souterrain, communément nommé l'escalier “des mille marches”. Il n'en compte en réalité que 734... Mais le charme des légendes l'emporte. www.villefranchedeconflent.com www.mont-louis.net

L'affaire des empoisonneuses Si Fort Libéria a marqué l'histoire de France, c'est aussi parce que ses cachots ont abrité de célèbres prisonnières. Au beau milieu du XVIIe siècle, la cour de Louis XIV est secouée par une série de crimes par empoisonnement. Une certaine Marie-Madeleine Dreux d'Aubray fut impliquée dans l'affaire. A cette époque, alors mariée à Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers, elle succombe au charme d'un officier de cavalerie. Outré, le père de la jeune femme utilise quelques connaissances haut placées pour faire emprisonner l'amant et taire le scandale. Mais c'était sans compter sur la détermination de la marquise. Ayant appris l'art de l'empoisonnement par un voisin de cellule de son amant, la marquise de Brinvilliers tue son père et ses deux frères à grands coups d'arsenic... On lui attribua également d'autres meurtres. Elle fut exécutée en 1676. Suite à son arrestation, plusieurs femmes sont accusées de complicité. Parmi ces criminelles présumées, il y a Anne Guesdon, la première femme de chambre de la marquise de Brinvilliers, qui meurt en 1717 après 36 ans de captivité. Mais aussi La Chapelain, femme à tout faire et entremetteuse qui passera 43 ans entre ces murs. SUDDEFRANCE - 17 -

Mont-Louis, la place forte du Roussillon Alors que la France reprend le Roussillon des mains du pouvoir espagnol en 1659 et signe le traité des Pyrénées mettant fin à la guerre, l'architecte militaire Vauban est chargé de trouver la nouvelle place forte du Conflent. Après maintes recherches, ce sera ici, à Mont-Louis (Pyrénées-Orientales), au carrefour du Conflent, du Capcir et de la Cerdagne. Les travaux démarrent en 1679. Depuis la citadelle, les militaires peuvent garder un œil sur la place forte rivale, Puigcerdá, en terre espagnole. Sous la citadelle, la partie civile attendra quelques dizaines d'années avant d'être habitée. Mont-Louis compte à présent près de 300 habitants. Perchée à 1600 mètres d'altitude, elle est considérée comme la ville fortifiée la plus haute de France. Ses fortifications ont également été inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Et elles abritent, aujourd'hui encore, l'une des dernières formations militaires à occuper un site conçu par Vauban : le Centre National d'entraînement commando, qui voit près de 4 000 stagiaires s'aguerrir chaque année en ces lieux.


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SPLENDEURS CARCASSONNE

LaCitédeCarcassonne, unbijoumédiévalaupied delaMontagneNoire Oppidum durant l’antiquité, Carcassonne est devenue une forteresse à partir du XIe siècle.

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n arrivant devant la porte principale, les visiteurs sont littéralement happés par le dédale de ses ruelles pavées. On connaît la Cité pour son célèbre et impressionnant embrasement le soir du 14 juillet. On la connaît aussi pour son festival de musique. Mais on oublie parfois l'histoire de ce monument, inscrit patrimoine mondial de l'Unesco en 1997. Ils sont pourtant plus de 3 millions à fouler son sol chaque année. Les enfants, munis d’épées inoffensives et de boucliers au blason incertain, prouvent que l’esprit des lieux fascine encore. A chaque coin de rue, si l'on porte attention à certaines bâtisses, on peut apercevoir des traces de cachots, d'oubliettes ou encore de meurtrières, en mémoire à son passé guerrier. Cependant, la Cité de Carcassonne n'est pas qu'un musée à ciel ouvert. Une centaine de personnes loge toujours dans ses maisons, protégées contre tout assaut par les 3 kilomètres de murailles et les 52 tours.

Une basilique bénie et un château comtal

Mais pas question de s'y rendre pour s'en tenir à flâner dans ses ruelles et déguster le fameux cassoulet maison qui a participé à la renommée de la ville. Car la basilique SaintNazaire, dont les pierres furent bénies par le Pape Urbain II en 1096, a tout pour susciter l'émerveillement des curieux. Et d'abord ses vitraux. Son magnifique “Arbre de Jessé”, ornant la chapelle de la Vierge, dans le bras nord de la basilique, daterait de la fin du XIIIe siècle. Elle représente une allégorie du peuple chrétien imagée par l'ascendance de Jésus Christ. On peut également y admirer un orgue datant du XVIIe siècle, des voûtes romanes au dessus de la nef, ou encore le tombeau supposé de Simon de Montfort, figure centrale de la croisade contre les Albigeois. Autre passage obligé : le Château comtal fondé par la dynastie des Trencavel en 1150. Le bâtiment tenait lieu de logis seigneurial. Puis, lors de la prise de la cité par les croisés, les Sénéchaux du roi de France en firent une véritable forteresse dans la forteresse. AuSUDDEFRANCE - 18 -

La visite de la Cité de Carcassonne est libre et gratuite toute l'année Le Château Comtal est ouvert tous les jours de 10 h à 18 h 30. Tarif : 8,50 € pour les adultes, gratuit pour les moins de 26 ans. Tél. 04 68 11 70 70 www.carcassonne.culture.fr La basilique Saint-Nazaire est aussi ouverte toute l'année. Elle se situe place de l'Église, dans la Cité. De 9 h à 11 h 45 et de 13 h 45 à 18 h en semaine. De 9 h à 10 h 45 et de 14 h à 17 h le dimanche. Entrée libre. Le Musée de l'école est également ouvert au public de 10 h à 19 h, au 3, rue du Plô. 3,50 €. Gratuit pour les moins de 12 ans. Ainsi que le Musée Mémoires du moyen âge, près de la porte Narbonnaise, en dehors de la Cité. Ouvert tous les jours de 10 h à 19 h. Tarifs : 5 € pour les adultes, 3 € pour les enfants. Et le Centre culturel de la mémoire combattante, situé 102, rue Trivalle. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre.


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Restauration ou trahison ?

jourd'hui, le château comtal fait office de musée lapidaire et abrite une importante collection de statues, de sarcophages et d'objets typiques des périodes gallo-romaine et médiévale.

1000 ans d'histoire et de conquêtes Ce haut lieu touristique dominant la vallée de l'Aude, tire en effet ses origines de l'époque gallo-romaine. C'est à la fin du Ier siècle avant Jésus-Christ que Carcassonne prend enfin les atours d'une petite ville. A cette époque, il s'agissait d'un oppidum, sorte de refuge, niché en lieu sûr, sur les hauteurs d'une colline. Si elle se destinait à être développée, c'est grâce à sa situation idéale. Carcassonne se situe en effet au beau milieu d'un axe stratégique reliant le Lauragais, les Corbières ou encore l'Atlantique aux rives de la mer Méditerranée. Par ses nombreux attraits, au fil des siècles, la Cité va éveiller l'intérêt d'envahisseurs d'ho-

rizons divers. A commencer par les Wisigoths qui s'emparent de ses remparts au Ve siècle. Puis ce fut au tour des Sarrasins de s'approprier ses murs. En 1082 Carcassonne devient propriété de la famille des Trencavel. Mais cette dynastie ne fera pas non plus long feu. Deux siècles plus tard, les fameux croisés s'en accaparent et construisent la deuxième muraille qui donnera à la Cité son aspect extérieur actuel. Au XVIIIe siècle, elle est abandonnée, comme bon nombre de monuments datant du Moyen Age. Ses maisons et ses murs tombent en ruine. Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que les travaux de restauration d'un certain Eugène Violletle-duc sauveront ces veilles pierres vouées à une mort certaine. Aujourd’hui, la Cité de Carcassonne attire des foules... bien mieux intentionnées. Pas d’envahisseurs à l’horizon. Juste des visiteurs en quête de pavés, de tours et de vestiges, parsemés au cours des mille ans d'histoire qui ont fait de la Cité ce qu'elle est aujourd'hui.

Un décor de ciné grandeur nature Les remparts de la Cité représentent un lieu detournage privilégié pour les cinéastes et ce, depuis les débuts du 7e art. Preuve en est le nombre d'affiches de cinéma qu'elle compte à son actif. En 1928, Jean Renoir choisit ces décors pour une partie de son film “Un tournoi dans la Cité”. “La merveilleuse vie de Jeanne d'Arc”comporte aussi quelques scènes de combat tournées à Carcassonne, par Marco de Gastyne, en 1929. Dans ce cas,-là, elle est utilisée pour rejouer le siège d'Orléans... On la retrouve aussi dans “Le Miracle des Loups”, sorti en 1961, avec Jean-Louis Barrault, Jean Marais et Roger Hanin. Ou encore dans “Le corniaud” avec Bourvil et Louis de Funès. Un peu plus récemment, en 1991, des scènes de “Robin des Bois”, avec Kevin Costner, y sont tournées. Jean Reno, Christian Clavier et Valérie Lemercier s'y retrouvent pour jouer “Les visiteurs”, un film à succès de Jean-Marie Poiré. Comme souvent, ce n'est pas pour elle-même que les cinéastes la sollicitent. Mais cette actrice invétérée se prête au jeu des caméras avec grand plaisir, quand elle n’est pas au coeur de l’intrigue et ouvrages, comme le thriller médiéval “Labyrinthe”, de Kate Mosse. SUDDEFRANCE - 19 -

« J’estime coupable d’abus de confiance, les hommes qui, sous prétexte de restaurer la Cité, l’ont complètement défigurée et dénaturée ». Ces propos peu amènes sont ceux du baron François de Guilhermy, qui dans un ouvrage sur Carcassonne, fustige en 1912 la restauration entreprise à partir de 1857 par Viollet-le-Duc de la Cité en ruines, et qui dura plus d’un demi-siècle.A l’époque, la polémique fait rage à propos des travaux entrepris par l’architecte. Outre de briser le romantisme des ruines, on lui reproche d’avoir abusé du crénelage sur tous les remparts, et surtout d’avoir garni systématiquement les tours d’ardoise, dans une région où domine la tuile. De plus récente restaurations ont réintroduit un peu de variété. Il reste vrai que Viollet-le-Duc a sauvé la cité, même s’il a un peu idéalisé sa vision de la forteresse. D’ailleurs Walt Disney s’en est inspiré pour “la Belle au bois dormant”.

Quand la cité s’enflamme Voilà plus de cent ans - le premier embrasement a eu lieu en 1898 à l’occasion des fêtes de Gascogne et de Languedoc - que chaque année, on allume tous les feux de la terre pour mettre en majesté la cité médiévale de Carcassonne. Chaque 14 juillet pour la fête nationale, à partir de 22 h 30, plus de 400 000 personnes restent bouche bée devant les bouquets jaillissant vert, jaune ou rouge des quelques 20 000 bombes du feu d’artifice qui illuminent la cité pendant plus de vingt minutes. Un spectacle dont on ne se lasse pas, dans un cadre définitivement unique !


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SENTEURS

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Des Cévennes aux Corbières, de l’Aubrac à la Montagne Noire, de la Camargue à la Côte Vermeille, le Languedoc et le Roussillon sont une alliance entre ciel et terre, entre mer et montagne. L’inattendu est partout, même dans des zones a priori semblables : que de différences entre Collioure la fauve et Aigues-Mortes la camarguaise autour du même arc méditerranéen. Quel contraste entre Uzès la fière élégante et Minerve la cathare ! De Montpellier l’impétueuse à Narbonne la romaine, de Perpignan la catalane à Béziers l’insoumise, de Nîmes la rebelle à Mende la discrète, la diversité est le maître mot. Autant de paysages, d’ambiances, de senteurs aux mille subtilités.

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SENTEURS MÉDITERRANÉE

SENTEURS MÉDITERRANÉE

Le royaume des sables Si la façade maritime du département du Gard est réduite - 17 kilomètres - par rapport à l’Hérault, à l’Aude ou aux Pyrénées-Orientales, elle n’en est pas moins majestueuse grâce à cette plage sauvage bordée de dunes voisinant avec des pins parasols : l’Espiguette. Sur presque onze kilomètres se déroule un des plus beaux espaces naturels de la région avec des kilomètres de nature vierge. Un lieu prisé l’été, mais son immensité fait qu’on peu aisément se retrouver quasi seuls au monde. Du Grau-du-Roi (Gard) à la rive ouest du petit bras du Rhône, c’est l’univers de la petite Camargue, zone marécageuse et parsemée d’étangs. D’allure austère, cette région préservée se mérite et reste difficile d’accès. Depuis des millénaires, l’homme s’y bat à la fois pour canaliser les eaux parfois tempétueuses du Rhône et ce vent incessant qui dévore le paysage. Sur ces 20 000 hectares, ce sont des roseaux et des rizières à perte de vue, des canaux qui déambulent au milieu des plaines où pâturent chevaux et taureaux de Camargue. Royaume des flamants roses, des canards et des hérons cendrés, la petite Camargue bénéficie d’un écosystème extraordinaire et unique que préservent jalousement les hommes qui l’habitent, que ce soient des manadiers, des sagneurs*, des pêcheurs ou des riziculteurs. Ici, le temps semble avoir suspendu son vol et les hommes continuent de pratiquer des activités ancestrales. Ce petit coin du bout du monde continue avec fierté et passion de se tenir à l’écart du temps. * Les sagneurs coupent et ramassent les roseaux utilisés notamment pour la couverture des toits.

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SENTEURS AIGUES-MORTES - LE GRAU-DU-ROI

Ville forteresse, Aigues-Mortes a gardé un charme fou. Construite par Saint Louis, la médiévale cité des eaux mortes demeure au premier plan.

Aigues-Mortes, laforteresseroyale

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ci comme nulle part ailleurs, l’homme a dû dompter les caprices de la nature. Pêcheurs et sauniers ont construit l’histoire de la cité. Résistante, elle demeure par ses tours et ses remparts, élue comme un mystère, caprice d’un autre temps planté dans l’indomptable Camargue. Un temps d’échanges, de guerres et de croisades. Un temps d’histoire. A l’origine au XIIIe siècle, elle est choisie par Louis IX, qui deviendra Saint-Louis, comme port d’em-

Le plus vieux salin de la Méditerranée Entre sel et mer, le plus vieux salin de la Méditerranée s’étend au pied d’Aigues-Mortes, dessinant de fait une partie du paysage économique de la ville. Car la vocation salinière d’Aigues-Mortes remonte à l’Antiquité. Il y a quatre cents ans, il existait une quinzaine de petits salins qui s’associèrent, sous l’aile d’un négociant montpelliérain, pour fonder en 1856 la compagnie des Salins du Midi. L’implantation même des salins rappelle que la Camargue est pour la France le plus important centre de production du sel. Ecologique avant l’heure, l’activité des Salins du Midi s’étire dans un milieu naturel protégé au cœur de la Camargue gardoise, puisant son énergie des éléments qui l’entourent. En été, la fleur de sel donne cette couleur rosée aux salins. Sa culture participe au maintien des zones humides et à la biodiversité. Un petit train permet la visite du site, également possible en 4x4. Salins du Midi, Aigues-Mortes. Tél. 04 66 73 40 24

barquement en Méditerranée. Au temps où la Provence appartient à l’empire germanique et le Roussillon aux rois d’Aragon, elle est échangée contre des terres de Sommières. La cité des eaux mortes, alors située sur les rivages d’une immense lagune, communique avec la mer par les graus et avec le bras le plus occidental du Rhône par ses immenses marais. Louis IX fait construire une chaussée endiguée, seul accès terrestre entre AiguesMortes et la terre ferme, défendue ultérieurement par la Tour Carbonnière. Il embarque pour la septième croisade en 1248, puis une ultime fois à Aigues-Mortes en 1270, lors de la huitième croisade, peu avant sa mort. Mais Aigues-Mortes deviendra un centre d’échanges de tout premier plan avec les pays du Levant. Le roi saint y a érigé la Tour de Constance - longtemps seule défense de la cité - afin de protéger le port et la ville. Dans cette tour du roi furent enfermés durant les guerres de religion des protestants de Nîmes, dont le chef des Camisards Abraham Mazel qui réussit à s’en échapper en 1705, puis de nombreuses femmes dont Marie Durand qui, refusant d’abjurer sa foi, y fut détenue 38 ans. Autre monument ancien de la ville, l’église Notre-Dame-des-Sablons, ainsi nommée en SUITE

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SENTEURS AIGUES-MORTES - LE GRAU-DU-ROI

Au centre de la Petite Camargue

raison des marécages sablonneux qui entouraient la ville. De style gothique, un œil avisé y reconnaîtra le travail sur verre antique des artistes contemporains Claude Viallat et Bernard Dhonneur, des verres soufflés à la bouche complétés d’une démarche plastique aboutissant à des vitraux dénués de plomb. A visiter également, la chapelle des Pénitents Blancs et celle des Pénitents Gris, cette dernière renferme des fresques classées de Xavier Sigalon et des œuvres d'Auguste Glaize

retraçant le cycle de la vie de la Vierge. Quant aux remparts qui entourent la ville, ils se déroulent sur 1634 mètres. Mais n’oublions par le port d’AiguesMortes, lui aussi auréolé d’histoire. Quoiqu’il en soit, flâner dans la ville au gré des galeries d’art est un plaisir pour les yeux et la bouche tant Aigues-Mortes foisonne de créateurs et de bons cuisiniers. www.sunfrance.com/aiguesmortes www.ot-aiguesmortes.fr

Zones marécageuses, Camargue et Petite Camargue forment cet espace hors du temps où la nature affirme ses droits et où les traditions sont des exceptions culturelles. Située entre le Petit Rhône et l’étang de Mauguio, la Petite Camargue recouvre essentiellement le Gard, avec Saint-Gilles et Aigues-Mortes comme points d’horizon. Ici, l’animal roi est le taureau camarguais, bête à corne rustique d’environ 400 kilos qui ne connaît que le grand air. Le taureau est élevé dans des manades, propriétés agricoles nombreuses dans cet espace et beaucoup organisent des “ferrades”, rituel festif où les bêtes sont triées et prétexte à manger de la gardianne de taureau, plat emblématique. Dans ce périmètre, tout village digne de ce nom se doit d’organiser une course camarguaise, dont la saison dure de mars à novembre et permet de folkloriques fêtes.

Au Grau-du-Roi,la mer est partout Au milieu des eaux, Le Grau-du-Roi (Gard) baigne dans une atmosphère populaire. Dans ce port royal fondé par Saint-Louis, les habitants ont un drôle de nom (les Graulens et les Graulennes). Et l’accent qui chante. Autour de l’ancien chenal qui ouvre un passage (un grau) de la mer vers le port asséché d’Aigues-Mortes, la cité s’est forgée une double identité : balnéaire (c’est le plus grand port de plaisance d’Europe, initié en 1968 dans le cadre du Plan Racine) et populaire. Cette localité, fondée par des immigrants italiens au XIXe siècle, s’est enrichie au fil du temps avec l’arrivée d’une communauté de pêcheurs et d’agriculteurs affluant de toute la région. Mais le destin du village prend un nouveau tournant avec le développement de la balnéothérapie au XIXe siècle : les médecins vantent les bienfaits de l’air marin et des bains d’eau salée, les convalescents affluent et la cité change. Au Grau-du-Roi, toute l’année on se nourrit du brassage culturel dû à son port. L’ambiance est animée au retour de la pêche : la vie s’organise le long du canal, dans le ballet incessant des chalutiers. Les traditions autour de la mer sont d’ailleurs l’occasion de fêtes colorées, qui rythment le calendrier des Graulens : Fête du nautisme en mai, Vogua mostra (fête de la rame et des cultures méditerranéennes) et fête de la Saint-Pierre en juin. Chaque année, ces journées religieuses et populaires rassemblent les pêcheurs autour de leur saint patron et honorent la mémoire des marins disparus en mer. Plus loin dans la cité, les maisons de maîtres rappellent les débuts de la villégiature balnéaire : la maison dite du dauphin, face à l’église, typique de “l’architecture 1900”, ou la villa Parry sur la rive droite, attirent les curieux. Mais la vie au Grau s’étend rive gauche au-delà du centre-ville, en direction du quartier du Palais de la Mer, puis de Port-Camargue. C’est la station balnéaire incontournable pour les “baigneurs” venus de Nîmes, des Cévennes et du proche Vaucluse. Et le lieu des plaisirs infinis, sous le soleil au milieu des commerces et des restaurants, ou sur le sable fin des plages voisines. Au Grau-du-Roi, le paradis est partout, à portée de main. www.sunfrance.com/legrauduroi - www.vacances-en-camargue.com SUDDEFRANCE - 24 -


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ŒNO CIRCUIT À VÉLO ENTRE TERRE ET EAU EN PETITE CAMARGUE La petite Camargue, 40 000 hectares de terre et d'eau à la faune et la flore surprenantes. Et un vignoble, les Costières de Nîmes qui s’étend en pentes douces au sud-est de Nîmes jusqu’au Rhône. La meilleure façon de parcourir les vignes entre étangs et Mas est d’enfourcher votre vélo. Quelle belle idée !

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médaillés) dont leur rosé “Expression 2011”. Et ils sont ouverts 7 jours sur 7 !

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Château Beaubois, route de Franquevaux à Franquevaux. Tél. 04 66 73 30 59. www.chateau-beaubois.com

les jours, le week-end sur rendez-vous.

Mas du Notaire à Gallician. Tél. 04 66 35 03 00. www.masdunotaire.com Château Mas Neuf, Mas Neuf à Gallician. Tél. 04 66 73 33 23. www.chateau-mas-neuf.com

Pour les amoureux de la nature

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A Gallician, dirigez-vous sur la superbe D779 qui file tout droit à travers les roseaux, de l'étang du Charnier jusqu’à la réserve naturelle régionale du Scamandre, située en bordure de l’étang du Scamandre. Ici pas de boutique tape à l’oeil mais une volonté : préserver cette faune et cette flore exceptionnelles et l’expliquer au gré des rencontres. Trois sentiers thématiques vous sont proposés. Ouvert du mardi au samedi de 9 h à 18 h. Entrée libre et livrets d’accompagnement

La boucle à bicyclette Voici le parcours idéal pour découvrir la vraie petite Camargue (à faire absolument dans ce sens pour profiter du paysage et de la descente). Facile à trouver car la route a été balisée par le syndicat des Costières avec des bornes (millénaires). Partez du village de Beauvoisin en direction de Générac. Juste avant d’entrer au centre du village, prendre à droite la route de Franquevaux. Vous cheminerez alors dans le vignoble des Costières de Nîmes parsemé de forêts méditerranéennes et de bosquets boisés avec une vue plongeant sur les étangs. En route, arrêtez-vous sur le domaine du Mas de Calet (sur votre droite) et juste après au Domaine de Bel Air La Cote (AB). Reprendre la route jusqu’à Franquevaux (tout à côté).

des visites (de 1,50 € à 3,50 €) Centre du Scamandre, route des Iscles à Gallician. Tél. 04 66 73 52 05. www.camarguegardoise.com

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Recueillement gustatif à l’Ancien Monastère Dans le village préservé de Franquevaux se trouvent des vestiges d’une des premières “abbayes médiévales du sel” de Camargue et le restaurant de l’Ancien Monastère, installé dans la maison de l'ancien café-épicerie. Intérieur chaleureux, terrasse ombragée, sans oublier les grillons. Le jeune chef vous prépare une très bonne cuisine traditionnelle. L'Ancien Monastère, place du Monastère à Franquevaux. Tél. 04 66 80 95 58.

Dégustation dans des Mas à Gallician 1

Apéro à Franquevaux C’est l’heure de l’apéro, à prendre au Château Beaubois. Ce domaine, géré par deux jeunes Fanny et son frère François Boyer, apporte un souffle de modernité à l’appellation. Leurs vignes, en troisième année de conversion AB, dominent les étangs de la Petite Camargue. Dans leur caveau, dégustez leurs vins (souvent

A Gallician, ancien village de pêcheurs reconverti dans la viticulture, arrêtez-vous au très beau Mas du Notaire et dégustez leurs vins produits avec grand soin. Vous pourrez d’ailleurs revenir vous reposer dans l’un de leurs cinq magnifiques appartements. Charme et bon goût. En face, au domaine Château Mas Neuf, le vigneron, Luc Baudet, est un passionné de gastronomie et de vin. Jérôme Nutile (2 étoiles au Castellas) vient d’ailleurs de concevoir en début d’année en Thaïlande, un superbe repas gastronomique accompagné de vins du Mas Neuf. Découvrez-les dans leur caveau en pleine Camargue. Ouvert tous SUDDEFRANCE - 25 -

Se restaurer et se reposer entre vignes et étangs Pour vous remettre de votre balade, vous pouvez manger et dormir aux Couleurs de Camargue, 19, rue Saint-Marc à Beauvoisin (Tél. 04 66 01 97 33. www.couleurs-camargue.fr) ou retourner à l’Ancien Monastère (voir plus haut) Egalement des chambres d’hôtes chez le vigneron au Mas neuf (voir plus haut) et au Château Haute Cassagne à Saint Gilles. Tél. 04 66 87 10 87. www.chateaudelahautecassagne.fr Si vous restez longtemps, séjournez dans les très beaux appartements du Mas du Notaire (voir plus haut) ou dans l’Ancienne Abbaye de Franquevaux, place du Monastère à Franquevaux. Tél. 04 66 51 05 75. www.ancienne-abbaye.com

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SENTEURS LA GRANDE-MOTTE - PALAVAS-LES-FLOTS

LaGrande-Motte, rêved’architecture

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ifficile d’imaginer qu’il y a à peine 45 ans, le territoire de La Grande-Motte n’était qu’un vaste marécage infesté de moustiques et laissé à la seule jouissance des flamants roses, des chevaux et des hurons. C’est pour stopper la longue transhumance des Français vers les côtes espagnoles que l’Etat a décidé à la fin des années 50 l’aménagement des 200 kilomètres de littoral du LanguedocRoussillon. Ce vaste plan s’est traduit par la construction de cinq stations balnéaires, dont La Grande-Motte, voulue comme une “ville de vacances”. Le projet est confié au début des années 60 à l’architecte Jean Balladur, qui décide de se démarquer totalement de l’esthétique fonctionnaliste alors en vigueur. En

associant des volumes inusités comme des pyramides à des logiques de courbes, il a donné une identité plastique à cette ville nouvelle qui a su conserver un environnement verdoyant, puisque les espaces verts occupent un tiers de l’espace public. La commune dispose de nombreuses structures d’accueil et de loisirs haut de gamme comme un port, un golf, un centre de thalassothérapie, des restaurants gastronomiques tandis que 7 kilomètres de plages bordent la ville, dotée de nombreuses paillotes-restaurants. Grâce à sa proximité avec Montpellier et à ses habitants à l’année, La Grande-Motte est en activité toute l’année. www.sunfrance.com/lagrandemotte www.lagrandemotte-tourisme.com

Palavas, le charme de la mer pour tous Située à peine à dix kilomètres au sud de la ville préfecture, Palavas (Hérault) est depuis toujours le quartier d’été de Montpellier. Nichée entre mer et étang, entourée d’une nature riche et d’une flore exceptionnelle, cette ville balnéaire au bord du golfe du Lion est pour certain le symbole peu enviable des vacances populaires, pour d’autres le chantre de la décontraction. C’est le dessinateur Albert Dubout qui popularise l’image de cette commune balnéaire, au moment de la création des congés payés et

Ville patrimoine 42 ans après l’arrivée des premiers touristes, La Grande-Motte a reçu en 2010 le label “Patrimoine du XXe siècle”, devenant ainsi la première cité balnéaire à obtenir ce label créé par le ministère de la Culture, pour signaler les ensembles urbains remarquables en termes d’architecture.

qu’il représente en plage bondée et foutraque. Dans les années 70, le chanteur Marc Charlan chanta même avec dérision les charmes des lieux dans “Je me casse à Palavas”. Mais cet ancien village de pêcheurs possède bien d’autres charmes. A commencer par ses 7 kilomètres de plages en pente douce, idéal lorsque l’on a des enfants. La commune est dotée d’un nombre respectable de restaurants concentrés autour du canal où déambulent les estivants, et de paillotes où il fait bon manger des fruits de mer les pieds dans l’eau. Symbole visuel de la ville, l’ancien château d’eau construit dans les années 40, a été réhabilité avec à son sommet un restaurant tournant, offrant une vue panoramique exceptionnelle sur le littoral. Enfin Palavas, que l’on peut désormais rejoindre de Montpellier par une piste cyclable, dispose du seul port de plaisance en eaux profondes de la Méditerranée et accueille plus d’un millier de bateaux. www.sunfrance.com/palavas - www.palavaslesflots.com

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SENTEURS SÈTE

Sète,unevilleport sisingulière Posée entre l’étang de Thau et la grande bleue, Sète possède une identité culturelle aussi forte que colorée.

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allets de chalutiers, marchés à la criée, halles remplies de poissonniers, Sète bénéficie de l’attraction d’un port en pleine ville. A l’origine de son nom qui fut longtemps Cette, peut-être la forme du mont Saint-Clair qui surplombe la ville, “une baleine”, aux yeux des marins : “ceta” issu du latin “cetus”. Ceux-là habitent la Pointe-Courte, le quartier pittoresque des pêcheurs de l’étang, les petits métiers, comme on dit ici. Dans le jargon sétois, on les appelle les “pointus”. Le long des quais, où se tiennent les joutes, les petites embarcations côtoient les chalutiers. Quand les marins déboulent, ça parle fort et ça sent l’iode. Et puis, il y a ceux de la colline, ceux des quartiers plus résidentiels. De tous temps, cette colline a constitué un repère pour les navigateurs. Mais, c’est Paul Valéry qui le premier la désigna comme “l’île singulière”. Son acte de naissance, Sète le doit à trois personnalités pour être née en 1666 de la volonté de Paul Riquet, Louis XIV et du che-

valier de Clerville. L’un cherchait une ouverture sur la Méditerranée pour le canal du Midi, l’autre un port d’exportation des produits du Languedoc, le dernier identifia le cap de Sète comme le plus approprié. Et le port fut créé. L’édification du môle Saint Louis qui protégera l’entrée du vieux port abrite les bateaux depuis cette date. C’est encore en 1666, le jour de la Saint Louis que naissent les premiers tournois de joutes, une tradition toujours enracinée dans la culture sétoise. A la grande époque du négoce du vin, Sète était le premier port de tonnellerie du monde et une ville florissante. L’actuel théâtre de la Mer, à l’acoustique remarquable, a été bâti suite à une attaque de la flotte anglaise, qui a failli bien prendre la ville en 1710. Quarante ans plus tard, la faim pousse les pêcheurs italiens du port de Gaète à quitter l’Italie, beaucoup s’installent à Sète. Ils donneront toute sa couleur à ce port, où ils ont leur quartier. Cette même population d’origine italienne donne à la cuisine locale ses couleurs. Parmi les spécialités culinaires : la bourride de baudroie, la bouillabaisse, la macaronade, la rouille de seiches dont il existe une recette par famille ! Sète est riche de ses racines.

www.sunfrance.com/sete www.tourisme-sete.fr SUDDEFRANCE - 27 -

Un lido tout beau ! Cinq ans après le début des travaux la physionomie du Lido, cette langue de sable qui fait dentelle entre l’étang de Thau et la Méditerranée de Sète à Marseillan, a bien changé. Face à l’érosion du littoral, les pouvoirs publics ont mis les grands moyens pour agir sur ces 12 kilomètres de plage menacés de disparition. La route littorale, qui surplombait les lieux, a été déplacée contre la voie ferrée. Côté mer, le cordon dunaire a été reconstitué et la plage a été élargie jusqu’à 70 mètres. Quatre parkings gratuits ont été aménagés et les points d’entrée sur la plage ont été construits. Ce sont désormais 35 accès à la mer avec passerelles qui sont à disposition du public (accessible aux handicapés), tandis qu’à la sortie de Sète une promenade a été aménagée. Certes, cela n’a plus le charme sauvage d’antan et l’aménagement mis en place rend facile l’accès à un Lido qui avant, devait se mériter. Mais il s’agissait d’abord de pérenniser cet espace unique et de favoriser un aménagement durable.


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CIRCUIT A TRAVERS LES PORTS DU LITTORAL •6 4 •

Près du paquebot ensablé à Barcarès

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1• Le Languedoc-Roussillon, ce sont pour les amateurs de farniente, 220 kilomètres de plages de sable depuis la frontière espagnole jusqu’aux portes de la Provence. Le Pavillon bleu flotte sur la majorité des plages tandis que l’on répertorie douze sites protégés. Il faut dire que 60% du rivage méditerranéen est resté à l’état naturel. Et pour tutoyer la grande bleue, 27 ports scandent le littoral, de Collioure au Grau-du-Roi. Avec de tels équipements - dont huit stations fondées dans les années 60 - le Languedoc-Roussillon s’affiche comme une région leader pour la plaisance puisque on compte actuellement plus de 30 000 anneaux tandis que de nombreuses extensions de ports sont en cours.

Sous les Albères à Argelès-sur-Mer

1 Pourvu de tous les services (avitaillement, manutention, accastillage etc.), ce port de 790 anneaux est une escale paisible dans un lieu enchanteur. A quelques milles marins du Cap Béar, avec une vue imprenable sur les Albères, ce port catalan est des plus accueillants. A côté du port, ce sont 7 km de plages qui s’étendent avec un bois de pins de 12 hectares. Au Sud, les amoureux de paysages trouveront ce petit coin de paradis qu’est le “Racou”, appréciés des Catalans. Capitainerie : 04 68 81 63 27

2 Sur une étroite bande de terre, située entre l’étang et la mer, s’est développé au XVIIe siècle un port de pêche, où jadis on construisait les fameuses barques catalanes. Porte maritime de la Catalogne, Port-Barcarès a eu une nouvelle vie avec l’aménagement du littoral. Dans les années 60, une nouvelle station a été érigée à quelques kilomètres avec comme figure de proue cet étonnant paquebot des années 30, seul navire ensablé de la sorte au monde. Transformé en boite de nuit, il a longtemps accueilli un restaurant et un casino. Pôle touristique de la station, il a été repris par la commune qui propose des visites guidées. Capitainerie : 04 68 86 07 35

Plages sublimes et restaurant panoramique à Leucate Dominée par son château, Leucate est une charmante bourgade entre mer et étang avec de belles plages et une étonnante falaise blanche où domine un sémaphore. Avec 1500 anneaux, c’est l’un des plus grands ports de plaisance d’Europe en surface. Au large, domine la tramontane qui fait de ce site un lieu privilégié pour la voile et les sports de glisse nautique. Chaque année fin avril se déroule d’ailleurs non loin à La Franqui, le Mondial du Vent. Leucate est une station paisible avec des établissements hôteliers simples mais accueillants. A noter qu’un tout nouveau restaurant panoramique, le “Klim & Co” vient d’être ouvert par le chef Alexandre Klimenko en haut de la falaise. Cuisine de la mer et vue à couper le souffle sont au menu ! Capitainerie : 04 68 40 91 24

La lumière apaisante du canal de Marseillan

Sète, la ville de la pêche Surnommée la “Venise du Languedoc” en raison de sa lumière et de ses couleurs, Sète est bâtie sur les flancs du mont Saint Clair, posée en vigie de l’étang de Thau face à la mer. Plus grand port de pêche de Méditerranée, la ville a gardé toute son authenticité. Le port, décidé par Louis XIV, a été crée en même temps que le canal du Midi. A Sète, ce ne sont pas les activités qui manquent : la visite de la criée et des halles si vivantes, la promenade au Mont Saint-Clair avec une halte au cimetière marin pour se recueillir sur la tombe du grand homme de théâtre Jean-Vilar dont on fête le centenaire de la naissance, une balade sur le lido ou sur les quais, et puis bien sûr en été, le spectacle des joutes organisées sur le canal royal ! Attention, le port est de petite capacité. Capitainerie : 04 67 74 98 97

Port Camargue, le “port jardin”

•6 Jouxtant l’ancien village de pêcheurs du Grau-duRoi, Port-Camargue a été construit à la fin des années 60 par l’architecte Jean Balladur, déjà responsable des lignes futuristes des immeubles de La Grande-Motte. Point maritime de convergence entre le Nord et le Sud de l’Europe le port, qui dispose de 4 800 places, il est bien abrité du vent et a trouvé un bel équilibre entre plans d’eau et espaces verts, d’où son nom de “port jardin”. Port-Camargue est également remarquable pour ses marinas construites sur la mer, et qui disposent toutes d’un quai d’amarrage privé. Le paradis des marins, aux portes de la petite Camargue et près de la plage sauvage de l’Espiguette. A notre quelques excellents restaurants, dont le fameux “Le Spinaker” de Jean-Pierre Cazals. Capitainerie : 04 66 51 10 45

Petite ville paisible sur les bords de l’étang de Thau, Marseillan a gardé ce charme des petit paradis discrets. Les anciennes ruelles de cette cité méditerranéenne ont un charme fou. On se sent paisible à écouter le doux clapotis de l’eau sur le canal, non loin des chais où se fabriquait jadis l’apéritif Noilly-Prat (visite possible des installations). Le port se trouve à Marseillan plage. Petit port à caractère familial, il se situe sur l’embouchure du canal de Pisse-Saumes, qui relie la mer à l’étang de Thau. Capitainerie : 04 67 77 34 93 SUDDEFRANCE - 28 -

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SENTEURS AGDE

Agde,cap surlesplaisirsbalnéaires

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l’image de sa ville, il est en tenue d’Adam et Ève, depuis… le IVe siècle avant Jésus-Christ ! L’Éphèbe d’Agde (Hérault), statue de bronze antique trouvée en 1964 dans le Grau d’Agde, exhibe son “postérieur princier” depuis son retour aux sources en 1986 (il fut exposé au musée du Louvre pendant plus de vingt ans). Si l’original est conservé au musée de l’Éphèbe, construit spécialement à cet effet, la copie fait tourner les têtes des automobilistes empruntant, chaque jour, le rondpoint routier près de la rocade sud. C’est le paradoxe agathois. Jadis appelée “la perle noire de la Méditerranée” à cause de ses monuments en pierre basaltique, la cité construite sur les vestiges d’un ancien volcan dominés par le mont Saint-Loup, a le tempérament volcanique ! Ville portuaire depuis l’Antiquité (elle est fondée au VIe siècle avant J.-C.), à partir des années 1970-80 Agde a mis le cap vers les plaisirs balnéaires, avec la construction de la station du Cap-d’Agde. Aujourd’hui, le centre héliotourisme, quartier entièrement naturiste, en fait le plus important site naturiste du monde en capacité d’accueil. C’est ici que se pratique, dans le village naturiste et sur les plages “réservées”, la nudité en commun. Mais ce n’est pas le seul visage d’Agde, riche d’un impor-

tant patrimoine : la cité et ses remparts, parmi les plus anciens de France, la cathédrale Saint-Étienne, le musée de l’Éphèbe ou l’écluse ronde d’Agde sur le Canal du Midi, sont des destinations très prisées. Et puis il y a les plages de sable fin, paradis des “textiles” (toute personne qui n’est pas adepte du naturisme) au plus fort de l’été. En pentes douces, favorables aux activités de baignade, elles s’étirent d’Est en Ouest sur 14 km : plage Richelieu, plage du Môle, de Rochelongue, plage de la coquille cou-

verte de coquillages, plage de la Conque au sable noir… À la pointe du cap, l’îlot du Brescou, un rocher basaltique portant le fort du même nom, est un spot prisé pour la pratique de la plongée sous-marine. Tandis que sur les flots, les adeptes de sports nautiques slaloment entre les planches, les kitesurf et les voiles. www.sunfrance.com/capdagde www.capdagde.com

Des fonds sous-marins uniques Le Cap d’Agde est très réputé auprès des adeptes de la plongée sous-marine. Dernier maillon de la chaîne des volcans d’Auvergne, le site a connu une éruption volcanique voilà 750 000 ans, qui a forgé le mont Saint-Loup mais aussi les fonds sous-marins. C’est ainsi qu’à 300 mètres du large, au sud de la Grande Conque, se situe le spot de plongée des Tables, formé des coulées volcaniques de jadis. Sur ces falaises sous-marines, les plus importantes du Languedoc-Roussillon, de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés ont trouvé refuge, faisant de cet endroit un site riche en gorgones blanches, anémones de mer ou éponges. Pour les moins téméraires, des bateaux de promenade à fond transparent permettent de contempler au sec ces fonds marins, et même de se rendre au fort de Brescou (photo), ancienne prison d’Etat, au large du port d’Agde.

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SENTEURS LA CLAPE

LaClape,entrevignes et garrigues Le massif de la Clape entre Narbonne et la mer, attire les amoureux de nature sauvage… Et de vins, car la vigne est partout.

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e petit massif (17 km de long sur 7 de large), prolongement de la chaîne des Corbières et qui plonge ses falaises blanches dans la mer et les étangs (Pisse-Vache, l’Ayrolle, Bages-Sigean), était une île autrefois. Au XIVe siècle, une crue de l’Aude a changé le cours des choses : l’Insula Laci romaine est devenue La Clape, clapas en occitan : un “tas de cailloux”, chéri comme un diamant par les Narbonnais, les habitants de Gruissan et les autres. Et surtout par les vignerons, qui ont colonisé depuis longtemps une partie des 13 500 hectares calcaires du site, puisque la vigne y est présente depuis plus de deux mille ans. D’ailleurs, au temps de l’Empire Romain, le vin de la Clape bénéficiait déjà d’une notoriété conséquente, à tel point que ses vignerons avaient été les premiers à bénéficier du privilège de plantation que le Sénat de Rome réservait aux citoyens romains de Narbonne. Terroir exceptionnel, il est l’objet de toutes les attentions des viticulteurs qui y produisent des vins régulièrement distingués. L’Institut national de la recherche agronomique, l’Inra, a même installé ici une station viticole expérimentale. Avec sa garrigue flanquée d’une pinède de pins d’Alep, le site, classé depuis 1973 puis intégré au Parc Naturel Régional de la Narbonnaise, est un paradis pour les pique-niqueurs, vététistes et grimpeurs : parcouru de ruisseaux souterrains, le massif est criblé de grottes et de gouffres. La balade dans le massif, au milieu des parfums de thym, de fenouil sauvage, de genêts, est somptueuse ! Depuis le PechRedon, qui culmine à 214 mètres, le regard plonge vers Gruissan et les étangs et embrasse le bleu de la Méditerranée. Au nombre des curiosités locales, il faut visiter le cimetière marin de Notre-Dame-desAuzils, qui fait l’objet d’une procession

70 000 ha préservés

chaque lundi de Pentecôte. Ce jour-là, les pêcheurs de Gruissan, le village en circulade qui trône, en bas, au milieu des étendues lagunaires, gravissent le caillou. La procession emprunte l’allée des Naufragés, chemin pentu planté de stèles édifiées à la mémoire des marins morts en mer, et s’en va prier tout là-haut, dans la chapelle édifiée en 1634. SUDDEFRANCE - 30 -

Étiré sur les Corbières et un vaste complexe lagunaire en bordure de Méditerranée, le territoire du Parc naturel régional de la Narbonnaise (70 000 ha) constitue l’un des derniers sites naturels préservés de cette ampleur et de cette diversité. Ici, on bichonne les sauterelles “magicienne dentelée”, les libellules “Cordulie à corps fin”,les papillons “Diane”, mais aussi les renards, lièvres, blaireaux, sangliers qui taillent la garrigue au milieu de la Centaurée en corymbe, espèce endémique du massif de laClape, en floraison de mi-mai à juillet. On a un œil aussi sur les paysages de vignes,les villes et villages, les pratiques locales autour des étangs (pêche à l’anguille, etc.). Le milieu, à cheval entre zones humides et garrigue sèche, mais fragile dans son ensemble, a nécessité protection et classement depuis 2003,pour une durée de douze ans. www.parc-naturel-narbonnaise.fr


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SENTEURS LA CLAPE

Argelès,du bleu au vert

Gruissan,un village tout en rondeur Entre les étangs et la mer, Gruissan est un petit village construit autour d’une petite colline rehaussée d’un château fort, à 35 mètres au-dessus de la mer. De celui-ci, il ne reste que la tour Barberousse, construite au XIIIe siècle, pour garder les abords de Narbonne. Pourquoi cette appellation ? Mystère. Un village s’est peu à peu construit aux pieds de l’édifice. Ce phénomène urbanistique mal connu est assez répandu dans l’Aude et dans l’Hérault, puisqu’une quinzaine de villages d’origine médiévale y sont construits sur ce mode. Mais l’autre particularité de Gruissan, ce sont ses chalets sur pilotis sur la grande plage. Remontant à une pratique de plusieurs siècles, ces bâtisses - on en compte aujourd’hui 1300 - se sont répandues au XIXe siècle où elles furent d’abord abris de pêcheurs puis résidence temporaire des Carcassonnais et Narbonnais venant prendre le bain. C’est ici qu’en 1986, Jean-Jacques Beinex tournait “37,2° le matin”, avec Béatrice Dalle et Jean-Hugues Anglade.

Logé au pied du massif des Albères, là où les Pyrénées plongent dans la Méditerranée, le village d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) est une station balnéaire réputée, parmi les plus importantes du Languedoc-Roussillon. Il faut dire que le site a des atouts : 7 kilomètres de côte sablonneuse depuis la réserve naturelle du mas Larrieu jusqu’au Racou et 2 kilomètres de côte rocheuse ainsi qu’un bois de pins de 12 hectares. De quoi satisfaire les envies de détente et de sports aquatiques. Entre le bleu du ciel et le vert de la mer, le village, lui, a su garder son authenticité avec ses ruelles ombragées et reste un lieu de vie coloré à l’accent catalan, à portée de vue de Collioure. www.sunfrance.com/argeles www.argeles-sur-mer.com

www.sunfrance.com/gruissan - www.gruissan-mediterranee.com

Leucate, station charnière Pointe orientale des Corbières maritimes, Leucate tient son nom du grec “leukos” qui signifie “blanc”, soit “Laucata” en languedocien. Ici, le vent venu du nord dégage l’horizon. Place forte stratégique, pendant cinq siècles Leucate servira de point d’observation privilégié des Français afin de contenir le royaume d’Aragon. Et par deux fois dans son histoire, aux XVIe et XVIIe siècles, la ville résista victorieusement aux assauts des Ibères. Ce qui fait le charme de Leucate, c’est sa pluralité (Leucate c’est aussi en effet Leucate-Plage, La Franqui et Port-Leucate) et son attachement à l’étang et à la mer. Ancienne île, Leucate est resté au milieu d’un environnement marin qui est sa terre nourricière. Grâce à l’élevage d’huîtres d’abord (l’étang est riche en huîtres et autres coquillages) et à la tramontane, qui attire à La Franqui des milliers de "fils du vent" venus se mesurer aux éléments en char à voile, planche à voile, kitesurf et autre windsurf… Chaque année depuis 15 ans, des centaines de fanas viennent se défier à la fin du printemps devant plus de 100 000 spectateurs au “Mondial du Vent” pour un impressionnant ballet de voiles au-dessus de l’étang. Et le charme et le paradoxe de ce lieu tiennent dans cette cohabitation entre au sud une station balnéaire des années 60, et au nord la plage des Coussoles, immaculée de tout béton. www.sunfrance.com/leucate www.leucate.fr. SUDDEFRANCE - 31 -

Peyriacde-Mer, la préservée Lové au fond de l’étang de Bages et de Sigean, Peyriac, coincée entre les anciennes salines et les étangs, a su se faire discrète pour préserver son charme unique. Un petit port parmi les plus beaux de la région où les plaisanciers côtoient les derniers pêcheurs d’anguilles, une place typique avec une jolie fontaine, une église fortifiée du XIVe siècle et de belles maisons bordant les salins, le village est un lieu vraiment hors du temps, en plein parc naturel régional de la Narbonnaise. Une promenade de près de 2 kilomètres permet de découvrir l’ancienne saline où de nombreux oiseaux ont trouvé refuge. www.peyriacdemer.org


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SENTEURS COLLIOURE

PYRÉN

Lapoésiedupetit port catalan Perle du Roussillon, Collioure semble dormir dans un écrin bleu.

C

ôté mer, elle est sculptée de criques qui lui donnent des airs de princesse. Tout autour, du côté de la terre, ce sont les vignobles qui rythment et colorent le paysage de leurs terrasses. Souvent citée comme un village typique, une carte postale, Collioure (Pyrénées-Orientales) a des allures de village crétois, ressemble à l’Italie, prend de grands airs de catalanes. Mais elle reste incomparablement poétique. D’abord par son histoire, parce que la cité portuaire raconte au fil des ruelles qu’elle a un lien avec les arts. Des maisons baignées de couleurs invitent à la promenade et à la rêverie. Collioure est une ville fauve pour avoir inspiré les peintres de sa lumière. Sa palette et ses profils sont multiples. Collioure est lumineuse, heureuse, elle chante les cigales et baigne dans le paradis. Ici les ocres, les orangés, les roses recouvrent les maisons de cet ancien port de

commerce de la méditerranée. Pour sa beauté, on se l’est disputée. Elle a été tour à tour résidence d’été des rois de Majorque au XIIe siècle, avant de passer aux mains des rois de France : Louis XI, Charles VIII. Elle sera successivement sous la couronne des royaumes d’Aragon, de Majorque puis de France. C’est Vauban qui a donné à Collioure son allure actuelle juste avant que le traité des Pyrénées de 1659 ne rattache définitivement le Roussillon à la France. Si au cours de ces conquêtes, le château a été agrandi, la ville modifiée, Collioure garde encore les traces de son passé médiéval. Pièce maîtresse du dispositif défensif, le château royal classé monument historique en 1922 a été aménagé au cours des XIIIe et XVIIIe siècles. Le fort de Saint-Elme, l’église Notre-Damedes-Anges dont les fondations baignent dans la Méditerranée ou la tour de Madeloc participent à la réputation de Collioure. La ville conserve un charme fou, entourée de calanques, d’une plage de galets, d’un petit port, de barques catalanes et de ruelles fleuries. Mais, ne vous y trompez pas ! A Collioure, on parle catalan, on pêche la sardine, SUDDEFRANCE - 32 -

on sale les anchois et même on fait la sieste. Partout dans la ville, petits restaurants de fêtes et galeries attendent les curieux. Un trésor de la côte Vermeille où il fait bon trouver une petite pension pour dormir. www.sunfrance.com/collioure www.collioure.com


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CIRCUIT 24H SUR LA CÔTE VERMEILLE

LES IENTA R O S ÉE PYRÉN

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2• artistes ont peint certaines de leurs plus belles toiles. Visite guidée en été. Espace fauve, avenue Camille Pelletan à Collioure. Tél. 04 68 98 07 16

Port-Vendres, typiquement méditerranéen Premier port de pêche du Roussillon mais aussi port de commerce, notamment des fruits venus d’Espagne et du Maghreb, Port-Vendres est à quelques kilomètres de Collioure et se veut plus paisible que sa voisine, très touristique. La ville, remodelée au XVIIe siècle, a gardé de nombreux témoignages de son passé. Les monuments conçus par Vauban restent les témoins de cette splendeur. L’Obélisque en marbre rose du Roussillon et à la gloire de Louis XIV trône près du port. Tous les jours, les petits pêcheurs y vendent leurs sardines entre 8 h et 10 h, à l’angle du quai Pierre-Forgas. L’après-midi, ce sont les chalutiers qui viennent à quai, et chaque semaine on peut observer la procession des cargos réfrigérés qui viennent débarquer fruits et légumes du Maroc ou d’Afrique de l’Ouest. Face au vieux port, on peut détailler le monument aux morts réalisé en 1922 par le sculpteur Aristide Maillol, une Vénus donnant la palme aux morts pour la patrie. Office de Tourisme de Port-Vendres. Tél. 04 68 82 07 54

Sur le chemin du littoral à Port-Vendres Impossible de venir sur cette côte sans s’y promener. L’office de Tourisme dispose de plusieurs plaquettes malines proposant différents circuits (voir ci-dessous). La plus belle : “entre mer et montagne” qui vous fait monter vers le phare du cap Béar (durée 4 h). En surplomb, l’intriguant

Admirer la technique de maîtres verriers

Fort Béar, édifice militaire de l’époque Vauban, toujours utilisé par l’armée. Puis de là, le chemin longe la mer et descend vers la plage Bernardi dans la baie de Paulilles. L’anse recèle trois plages. Sur celle du milieu se tenait jadis une usine de… dynamite ! Totalement réhabilité par le Conseil général, le site est classé et se visite librement. Le retour s’effectue par Cosprons, en traversant les vignes et le col del Mig. Maison du site de Paulilles : 04 68 95 23 40 Carte d’itinéraire de randonnées autour de Port-Vendres en vente à l’Office de tourisme.

Halte gastronomique à La Côte Vermeille Situé sur l’emplacement de l’ancienne criée, le restaurant “La Côte Vermeille” est une institution connue sur toute la côte. Au menu, beaucoup de poisson bien sûr, avec des filets de rouget, de la lotte, du loup travaillés avec talent essentiellement à la plancha. Vue imprenable sur le port avec la terrasse panoramique. La Côte Vermeille, quai du Fanal à Port-Vendres. Tél. 04 68 82 05 71

Situé à 15 km, le petit village de Palau del Vidre est situé dans la plaine du Roussillon. Depuis presque 20 ans, y prospèrent des artisans du verre qui ont installé là leurs ateliers au Palais du verre. Entre créations de pièces d’arts de la table, restauration de vitraux ou thermoformage, les souffleurs de verre ont participé au maintien d’un savoir-faire. Chaque mois d’août, un festival des arts du verre transforme la cité en la plus grande galerie d’arts verriers d’Europe.

Dormir sous une yourte à Sorède Voilà trois ans que Joëlle Lacoste a installé ses trois yourtes près de son gîte. Au milieu des chênes lièges, au pied des Albères avec vue sur le Canigou, les tentes venues de Mongolie – tout comme le mobilier – créent un décalage étonnant et jubilatoire. Nombreuses activités proposées dont tir à l’arc, massage de bien être etc. Au soleil mongol, route d’Argelès-sur-Mer à Sorède. Tél. 06 26 25 03 91

Sur les traces des peintres à Collioure Avec sa plage de galets, son église les pieds dans l’eau, le vieux port a un charme fou. On peut revivre le coup de foudre des artistes qui voilà un siècle découvrirent la cité et créèrent aux côtés de Matisse et Derain le mouvement du “fauvisme” où la couleur est reine. Un parcours permet de dévoiler 20 reproductions, installées là où les SUDDEFRANCE - 33 -

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SENTEURS TERROIR

SENTEURS TERROIR

L’Aubrac et la Margeride entre terroir et tradition

A

vec ses allures désertiques évoquant la steppe mongole, son climat et ses tempéraments volcaniques, l’Aubrac (Lozère) détone ! Terre de basalte façonnée par les éruptions volcaniques, c’est le domaine par excellence du marcheur, du skieur ou du pêcheur. Ici, au bout du bout du monde, la magie est tout entière contenue dans la beauté des paysages “sans frontières”. De temps en temps, en plus des vaches, le regard butte sur d’étranges blocs rocailleux érodés par le temps, figurant de loin des menhirs ou des dolmens. Plus loin, des petits villages aux maisons robustes parsèment le pays, de Nasbinals à Saint-Germain-du-Teil. Partout, l’accueil y est idéal, le gîte confortable et le couvert… délicieux ! L’Aubrac réputé pour sa gastronomie, est aussi une terre de tradition, avec la transhumance en mai, qui est toujours l’occasion de fêtes très colorées. La Margeride limitrophe présente une nature ciselée dont les reliefs ont été sculptés au cours de l’ère primaire. L’ancien comté du Gévaudan, théâtre des méfaits de “La Bête” du Gévaudan à la fin du XVIIIe siècle, est le royaume au contraire de la forêt (des pins sylvestre, des hêtres et des boisements artificiels d’épicéas), dense et mystérieuse. Le plateau abrite des parcs animaliers dans une nature traversée de torrents et de rivières. Ici, la population la plus représentée en plus des pêcheurs, c’est… le randonneur ! En effet, le pays est traversé de part en part par l’ancien chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle devenu sentier de grande randonnée : les lieux incontournables du Camino frances et de la via Podiensis jalonnent les hautes terres : Aumont-Aubrac, Malbouzon, Rieutort-d’Aubrac, Marchastel, Nasbinals, avant de rejoindre Aubrac en Aveyron… Une autre terre de miracles. Pour en savoir plus, scannez ce QR code avec votre smart phone ou connectez-vous sur : www.sunfrance.com/grands_espaces

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SENTEURS GORGES DU TARN - CAUSSE MÉJEAN

Lamajesté desgorgesduTarn Dans le Sud-Ouest de la Lozère, entre les plateaux du Méjean et du Sauveterre, le Tarn a creusé son sillon dans des méandres d’une beauté rare. Un parcours splendide, classé Grand site naturel.

L

a faille est gigantesque. Au cours des millénaires, la rivière qui prend sa source plus à l’Est au Mont Lozère, a creusé une entaille profonde, sculptant un véritable canyon dans le tendre calcaire du massif des Grands Causses. Les parois abruptes de la falaise atteignent ainsi jusqu’à 500 mètres de hauteur ! D’Ispagnac au Rozier, les gorges du Tarn alternent eaux limpides et calmes et des rapides tumultueux qui font la joie des amateurs de rafting. A partir de Sainte-Enimie, classé parmi les plus beaux villages de France, il est également possible de descendre les gorges en canoë-kayak, sans être un féru de sport. Paysage grandiose, les 53 kilomètres de méandres des gorges sont un havre pour la faune et la flore d’une grande richesse. Les randonneurs découvriront peut-être un sabot de Vénus, la plus grande orchidée sauvage que l’on trouve en France, ou auront la chance d’apercevoir le vol d’un vautour fauve, reconnaissable à son duvet blanc sur la tête, ou bien un vautour moine, plus foncé. Des oiseaux impressionnants avec leur envergure de presque 3 mètres les ailes déployées ! Près du Rozier, dans les gorges de la Jonte, le “belvédère des vautours” permet une observation attentive de ces rapaces.Pour admirer le décor incroyable de ces gorges, où l’on admire aussi de nombreux châteaux, on peut soit suivre les gorges en voiture à partir de la route des gorges (D 907bis) qui longe la rivière sur sa rive droite, soit bien équipé, emprunter l’étroit sentier de randonnée qui suit les méandres au

Le royaume lunaire du Causse Méjean Dans un décor de splendide solitude, le causse Méjean s’ouvre sur 33 000 hectares indociles. A plus de mille mètres d’altitude, c’est une steppe de pelouses sèches, parsemées de hameaux aux toits de lauzes et de cazelles, petits abris de bergers. Le sous-sol de ce paysage sec est pourtant riche en grottes et en avens. Et certaines particularités géologiques sont étonnantes. C’est le cas du chaos de Nîmes-leVieux, entre Florac et Meyrueis. Un étrange amas de pierres calcaires, qui peuvent faire croire à une cité ruinée. C’est au scalpel de l’érosion avec l’action de l’eau, du gel, du soleil et du vent que ce paysage s’est sculpté, créant des formes étranges et fantastiques dans le calcaire dolomitique. Un sentier pédagogique traverse le chaos entre les hameaux de L’Hom et Gally, au départ de Le Veygalier. pied de la vallée, ou bien s’offrir une petite descende en barque. La partie entre La Malène et les vignes, plus étroite, est réputée pour être la plus belle. De nombreux circuits pédestres sont proposés pour tous les publics. Ceux qui ne feraient qu’un bref passage dans ces lieux hors du temps, doivent au moins se rendre au point sublime des Baumes sur la rive droite. Situé à 400 mètres au-dessus de la rivière sur le causse de Sauveterre, ce belvédère offre le spectacle des falaises ocres plongeant dans les eaux émeraude du Tarn, qui à cet endroit effectue un virage à angle droit permettant de dominer les gorges des deux côtés. www.gorgesdutarn.net

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Les stalagmites de l’Aven Armand Après avoir passé le petit village de Meyrueis, laisser sur votre gauche la route des gorges de la Jonte pour prendre la D986. Rapidement vous voilà près de l’aven Armand, un entonnoir de 10 à 15 mètres de diamètre. On accède à cet antre souterrain par un funiculaire descendant dans la roche jusqu’à un puits de forme ovale. Dans cette immense salle souterraine où logerait sans problème la cathédrale Notre-Dame de Paris, on peut observer 400 stalagmites façonnés durant des millions d’années. Aven Armand, à Meyrueis. Tél. 04 66 45 61 31. www.aven-armand.com


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CIRCUIT 48 H EN CÉVENNES En train à vapeur vers Saint-Jean-du-Gard 5

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Crachant vapeur et escarbilles, cet authentique train à vapeur utilise l’ancienne voie ferrée reliant Alès à Anduze et fermée en 1971. Le train parcourt 13 kilomètres en franchissant de nombreux ouvrages d’art, dont un pont métallique de 104 mètres franchissant le Gardon. Une étape est possible à la bambouseraie de Prafrance, où s’épanouissent en pleines Cévennes 200 variétés de bambous ! Non loin de là à Mialet, dans la maison natale du chef camisard Roland, a été érigé le “Musée du désert”, consacré à l’histoire du protestantisme.

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GARD

Bambouseraie Prafrance : 04 66 61 70 47 Musée du Désert : 04 66 85 02 73 Petit train des Cévennes (d’avril à octobre) : 04 66 60 59 00. www.trainavapeur.com

Sur la corniche des Cévennes

Toucher l’esprit de liberté à Anduze

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A l’assaut du Mont-Aigoual Après un bon petit-déjeuner, direction le Mont Aigoual par les routes escarpées de D193 et D10 avant de rejoindre la route D 986 en direction de l’Espérou (là où partent en juin les transhumances) puis le sommet de l’Aigoual, à 1565m. Panorama sublime. Le “cicruit des botanistes”, balisé, propose de découvrir en 1 heure la plupart des versants du mont. A ne pas manquer, la visite de l’observatoire météo, dernière station météo de montagne en activité de France. Observatoire météo de l’Aigoual. Tél. 04 67 82 60 01 (gratuit).

Passé soyeux à Saint-Hippolyte-du-Fort 3

1 Au départ d’Alès, direction Anduze à une dizaine de kilomètres. Village médiéval lové autour du Gardon, Anduze est la porte d’entrée des Cévennes et fut un pôle majeur de l’épopée protestante au XVIe siècle. Le temple d’Anduze à la façade austère, est l’un des plus grands de France. Le village possède un charme et une douceur où il fait bon vivre en été. Un lieu où flâner et craquer pour les célèbres poteries, et peut-être croiser le dernier vainqueur des Oscar et des César, l’acteur Jean Dujardin et son épouse Alexandra Lamy, qui se sont mariés dans la commune et y possèdent une maison. Office de tourisme d’Anduze : 04 66 61 98 17

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Pénétrez dans le pays de la Haute Gardonnenque en empruntant la D 260 en direction du Pompidou. Vous voici sur la corniche des Cévennes, la voie stratégique aménagée au XVIIIe siècle pour faire passer les dragons de Louis XIV, faisant la chasse aux camisards. Paysage somptueux. Beau point de vue au col de l’exil, avant de bifurquer à gauche sur la petite D 39 pour rejoindre la vallée Borgne et direction le petit village des Plantiers, dans les Cévennes des eaux vives et des crêtes, où jadis on cultivait le ver à soie. Charmante maison de l’eau dans l’ancien moulin. De là, nombreuses randonnées possibles. Office de Tourisme de la vallée Borgne, Saint-André-de-Valborgne. Tél. 04 66 60 32 11. www.vallee-borgne.org/fr

Dormir au-dessus de la rivière Plusieurs chambres d’hôtes aux Plantiers et dans les villages avoisinant. Mais on craque pour le charme de l’auberge du Valgrand, solide bâtisse de trois niveaux proposant cinq chambres. En été, l’auberge propose un restaurant et c’est un plaisir de diner ou prendre son petit déjeuner sur la terrasse en surplomb de la rivière. Auberge du Valgrand, Les Plantiers. Tél. 04 66 83 90 11 www.auberge-valgrand.com

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6 On redescend du Mont Aigoual par Valleraugue. Au hameau du Villaret, les jardins des Sambucs proposent un havre de paix avec un jardin vivant où les plantes rares le disputent aux fleurs des champs colorées. On peut aussi faire une pause déjeuner pour des casse-croûte d’anthologie. Pour les gros appétit, à quelques kilomètres “l’Abeuradou” est un restaurant atypique dans le cadre historique du château du Rey à Pont d’Hérault. Possibilité aussi de faire un détour au Vigan, ville à la fois cévenole et méditerranéenne. Retour à Alès par Saint-Hippolyte-du-Fort, où l’on peut se replonger dans le riche passé de la région dans une ancienne magnanerie (là où on élevait les vers à soie) transformée en Musée de la soie. Jardins des Sambucs au Villaret. Tél. 06 82 49 59 19. L’Abeuradou à Pont-d’Hérault. Tél. 04 67 82 49 32. Musée de la soie à St-Hippolyte-du-Fort. Tél. 04 66 77 66 47.


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SENTEURS UZÈS

Uzès,belledepierre Joyau émergeant dans un paysage de vignes et d’oliviers, la cité ducale trône dans l’arrière-pays gardois. Et dans le cœur des touristes.

C’

est le Saint-Tropez du Languedoc. À l’image des campaniles qui sonnent les heures dans la campagne tropézienne, Uzès (Gard) a sa tour Fenestrelle, le clocher de la cathédrale Saint-Théodorit qui fend le paysage avec sa toiture en tuiles vernissées jaunes et vertes. Tout un symbole pour la petite cité languedocienne, qui avec seulement 8 000 habitants, est “the city of Languedoc” qu’il faut avoir vu. Absolument ! Uzès, classée en secteur sauvegardé dès 1965, a ses places aux arcades et aux fontaines, ses cafés et ses restaurants, ses ruelles moyenâgeuses étroites et pittoresques, sa douceur de vivre, ses stars (l’acteur Samuel Benchetrit, Guy Lagache le journaliste, Jean-Louis Trintignant, etc.) et mérite pleinement cet aveu de Jean Racine à un destinataire parisien, après un séjour uzétien : « Et nous avons

des nuits plus belles que vos jours… » (Lettres d’Uzès). Uzès, le premier duché de France, a même quelque chose en plus : une vraie Duchesse et un vrai Duc, Jacques de Crussol d'Uzès, 17e Duc d'Uzès. Homme d'affaires international, diplômé d'un MBA à l'université américaine de Columbia, le notable s’attache depuis vingt ans à restaurer le château ducal, pour le grand bonheur des touristes. Ceux-ci courent l’été à son marché, tous les samedis matin, à la rencontre des producteurs qui viennent ici vendre les produits du terroir. L’artisanat, très ancien dans cette région, connaît un renouveau avec l’activité potière et céramique de SaintQuentin-la-Poterie. Mais c’est au pont du Gard que l’on vient l’été chercher la fraîcheur et rassasier son âme dans cette région qui rappelle un peu, grâce à ses cyprès et à son relief vallonné, la Toscane. www.sunfrance.com/uzes www.uzes-tourisme.com

Une tour drôlement ronde Située près de l’hôtel de Castille, la cathédrale Saint-Théodorit suprend par ses proportions. Construite à la fin du XIe siècle à l’emplacement d’un temple romain, l’église a été maintes fois détruite et la tour actuelle date du milieu du XVIIe siècle. La cathédrale est surtout flanquée sur sa droite d’une tour Fenestrelle, étonnante par sa hauteur et son plan circulaire, extrêmement rare en France et peut-être inspirée des campaniles italiens. Vestige de l’ancienne cathédrale, sa construction remonterait au XIIe siècle, en tout cas pour sa partie basse et sa “vis de saint-Gilles”, escalier dont les marches sont portées par une voûte en berceau hélicoïdal. SUDDEFRANCE - 37 -

La Chartreuse, écrin du spirituel Comme en miroir d’Avignon de l’autre côté du fleuve,Villeneuve-lès-Avignon surplombe le Rhône, de son fort Saint-André qui marquait la limite du royaume de France. Mais au-delà de l’architecture militaire,Villeneuve recèle un autre joyaux plus pacifique : la chartreuse Notre-Dame-du-Val-de-Bénédiction érigée sur les terres d’Etienne Aubert qui devint pape en Avignon en 1352, sous le nom d’Innocent VI. Du XIVe au XVIIe siècles, l’édifice religieux sera continuellement agrandi jusqu’à devenir l’une des plus riches chartreuse de France, abritant près d’une centaine de personnes. Vendue comme bien national à la Révolution, elle fut redécouverte au début du XXe siècle. D’un plan complexe, la chartreuse recèle quelques trésors architecturaux dont le grand cloître et le tombeau d’Innocent VI. Dans les années 70 la chartreuse, qui se visite, est devenue un centre culturel et abrite depuis 1991 le Centre National des Ecritures du Spectacle. www.chartreuse.org


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ŒNO CIRCUIT LA DOUCEUR DU DUCHÉ D’UZÈS

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Uzès, son duché et ... ses vignerons qui mettent tout en oeuvre pour obtenir l’Appellation d’Origine Protégée (AOP) “Duché d’Uzès”. La décision devrait tomber cette année. En attendant, baladez-vous dans l’Uzège où les vignes se mélangent aux oliviers, chênes truffiers et vergers pour le plus grand plaisir des yeux et du palais.

Pique-nique et calèche à Airpaillargues

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Balade et dégustation en ville

Emmanuel Pédeneau vous emmène dans les vignes à bord de ses “voitures” après vous avoir montré comment “garnir” les chevaux et vous invite à pique-niquer en pleine garrigue (balade de 2 h environ - 250 € pour une voiture de 6 à 10 personnes). Sur place, un vigneron vous parlera de terroir et de vin. Vous pouvez prendre vos sandwichs ou déguster les plats bios, bons et sains de Laurent Maire (entre 17 et 45 € par personne). Nombreuses autres formules. Écurie Font Clarette (à côté de Deleuze-Rochetin) - Emmanuel Pédeneau, à Arpaillargues. Tél. 06 24 07 42 62. www.ecuriefontclarette.com

Débutez votre journée par le marché (le mercredi avec les producteurs, le mieux étant le samedi) et/ou la découverte d’Uzès, magnifique avec ses places à arcades, ses ruelles, ses hôtels particuliers, son duché, sa cathédrale...et son histoire si riche. Dirigez-vous ensuite vers le Domaine Saint-Firmin, situé en centre ville. Deux hectares de vignes poussent dans le village ! Accueil au caveau tous les jours (sauf le dimanche) de 9 h à 19 h. Domaine Saint-Firmin, rue Saint-Firmin à Uzès. Tél. 04 66 22 11 43. www.saint-firmin.com

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A la découverte des Truffières Michel Tournayre vient de créer des parcours pédagogiques passionnants pour comprendre la truffe : découverte des sols et des racines grâce à un chemin souterrain. Bluffant ! Egalement un arboretum avec 11 arbres truffiers différents : tilleuls, charmes, noisetiers, pins d’Alep, bonzaïs... Et pour finir, accueil dans sa belle “boutique, musée, dégustation” avec truffes, livres, produits du terroir, vins, sans oublier la photo de son grandpère. Les Truffières d’Uzès, 830, route d'Alès à Uzès. Tél. 04 66 22 08 41. www.lestruffieresduzes.fr

Chambres chics et restos chocs Voici une sélection de lieux où règnent bien-être, design, confort et volupté ! Profitez-en pour déguster d’autres vins comme ceux du domaine Chabrier. • Chambres d'hôtes et restaurant gastronomique - L'Artémise à Uzès. Tél. 04 66 63 94 14. www.lartemise.com • Chambres d'hôtes et cours de cuisine - Le clos du Léthé à Saint-Médiers. Tél. 04 66 74 58 37. www.closdulethe.com • Chambres d'hôtes et table d'hôtes - La Maison d'Ulysse à Baron. Tél. 04 66 81 38 41. www.lamaisondulysse.com

Caveau atypique à Blauzac

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De l’art dans la cave Jean-Michel et Catherine Cathonnet ou Bertrand Salzes vous reçoivent dans leur beau caveau moderne (avec un espace enfants) où vous dégusterez leurs vins, très bien faits dont “La Sarrazine”, Médaille d’argent Syrah du Monde. Au premier étage, une galerie d’art avec une programmation originale et une belle terrasse. Visitez également leur cave et baladez-vous sur leur parcours découverte de la faune et de la flore, des mazets et capitelles de la propriété. Domaine Deleuze-Rochetin, route d'Uzès à Arpaillargues. Tél. 04 66 59 65 27. www.deleuzerochetin.com

Soleil, terrasse, vue plongeante sur les vignes et les Cévennes... vous voici au Domaine du Lys, où tout est pensé dans un esprit résolument moderne. Dégustez dans leur caveau atypique leurs vins dynamiques, nerveux et fruités aux arômes délicats. Ils organisent régulièrement des événements avec d’autres producteurs. A suivre sur facebook. Domaine Les Vignes du Lys, route d’Uzès à Blauzac. Tél. 04 66 03 16 37. www.les-lys.fr

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SENTEURS ALÈS

La capitale des Cévennes gardoises, posée sur les rives du capricieux Gardon, est en plein regain.

Alès,porte desCévennes

N

ous sommes au pays des “Gueules noires”, des “chemises blanches” (les Parpaillots*) et des vertes forêts. Les basses Cévennes, lieu de villégiature pour people lassés de la foule (Ysabelle Lacamp, Patrick Timsit, Charlie Watts le batteur des Rolling Stones, l’actrice Bernadette Laffont, etc.), terre d’accueil pour soixante-huitards aventureux, terre des miracles en général. Après la fin de l’épopée minière, c’est ici que dans les années 1960, la vague néo-rurale est venue se “mettre au vert”, redynamisant une région affaiblie par l’exode rural. Alès, la capitale des Cévennes, était alors ville blessée. La ville y a perdu sa place aux arcades et son auberge du Coq Hardi, qui selon la légende hébergea en 1629 la signature de la “Paix d’Alais” (liberté de culte) par Richelieu. Un épisode décisif pour la ville protestante. Avec la fermeture des dernières mines traditionnelles en 1982 et 1986 (celles à ciel ouvert suivront au début des années 2000), la cité ouvrière, qui à son apogée (1947) employait 24 000 mineurs, exploitait 21 puits regroupés sous le nom des Houillères du Bassin des Cévennes (3 millions de tonnes de houille fu-

30 hectares de bambous !

rent extraites en 1950), a petit à petit tiré le rideau sur son passé houiller. L’ancienne “cité dortoir” posée sur les rives du capricieux Gardon se réveille. Alès aujourd’hui est une ville foisonnante culturellement. On accourt des centres urbains voisins (Nîmes, Montpellier, Arles) pour suivre la programmation de son théâtre Le Cratère, Scène Nationale ; les cinéphiles viennent d’encore plus loin pour l’incontournable festival du cinéma Itinérances (chaque année en mars). Surtout, la ville se met au vert. Depuis 2007, Alès cumule les récompenses écolos : Rubans nationaux du développement durable, capitale française de la biodiversité, Marianne d’or, etc. Alès, c’est aussi la féria de l’Ascension chaque année en juin : on y perpétue la tradition taurine (corridas et spectacles taurins), tandis que la ville s’anime au rythme des bodegas. * Papillon en occitan. Péjoratif, le terme désigne les Camisards, ces paysans en blouses blanches qui vivaient la nuit, à la manière des papillons.

www.sunfrance.com/ales www.villes-ales.fr

En pleines Cévennes à Anduze, dans ce paradis de verdure aux allées bordées de bambous aux fragrances de séquoias, l’exotisme partout se fond dans les écorces et les feuillages de la forêt de bambous. Le décor paysager du site impressionnant par sa beauté est d’ailleurs inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Un superbe ginkgo biloba surplombe la vallée du dragon et un labyrinthe végétal attend le promeneur. SUDDEFRANCE - 39 -

Musée du Désert :culte au mas Soubeyran Dans la cuisine du mas Soubeyran à Mialet dans le Gard (l’ancienne maison de Rolland, chef camisard), le clou de la visite est… une cachette d’hommes ! Elle exprime l’état de clandestinité permanente qui accompagna la période du Désert en Cévennes. Pendant un siècle, de la révocation de l’Édit de Nantes (1685) à l’Édit de Tolérance (1787), c’est ainsi que s’est forgé le protestantisme français. Dans la lutte et la privation des libertés (de culte, de librearbitre, de mouvement pour les prisonniers ou ceux qui furent envoyés aux galères). En Cévennes, pays de montagnes et de caches, une résistance a pu s’organiser, emmenée par les Camisards (les insurgés). Pour commémorer cette période, chaque premier dimanche de septembre depuis 1911, l’assemblée du Désert célèbre cultes, mariages et baptêmes sous les chênes du mas Soubeyran. On peut visiter le musée attenant, consacré à l’histoire du protestantisme français. Le mas Soubeyran à Mialet Tél. 04 66 85 02 72 www.museedudesert.com

Une boutique et une jardinerie complètent les installations paysagères. La visite du parc d’une trentaine d’hectares permet de prendre la mesure du projet d’Eugène Mazel, commerçant d’épices, qui a acheté le domaine de Prafrance en 1855. Des expositions permanentes et temporaires s’y nichent tout au long de l’année. www.sunfrance.com/parcs_jardins


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SENTEURS SAINT-GUILHEM - MINERVE

Saint-Guilhem-le-Désert accueille chaque année 700 000 visiteurs, en béatitude devant l’héritage de son abbaye de style roman.

Saint-Guilhem-le-Désert, lagrâceet labeauté

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epuis l’autoroute A9 aux abords de Gignac, le pays affiche d’emblée la couleur, avec son incroyable chemin de croix à ciel ouvert et son église Notre-Dame-de-Grâce du XVIIe siècle. Ici selon la légende, la Vierge aurait rendu ses sens à un aveugle, sourd et muet ! Et c’est un peu l’effet qui saisit le touriste, à l’entrée de cette vallée des merveilles touchée par la grâce et la beauté. Ici, il faut lever les yeux constamment : partout, les villages touchent le ciel, dressés sur leur pioch (mamelon) au milieu d’un écrin de verdure, enroulés autour d’une église ou de quelque château. Mystique entre tous, le village de Saint-Guilhem-le-Désert rayonne à travers les âges, depuis l’époque des grands pèlerinages médiévaux vers Saint-Jacques-deCompostelle. “La rose au cœur des montagnes” comme on l’appelait alors, en ces temps de grande dévotion. C’est ici qu’en l’an mil, les pèlerins convergeant d’Orient et d’Italie vers l’Espagne, marquaient une halte à l’abbaye de Gellone (804), après les étapes de Saint-Gilles du Gard et Montpellier. Ce joyau de l’art roman, dont une partie du cloître est aujourd’hui visible au musée des cloîtres de New-York (USA), accueille les reliques de Saint-Guilhem et des fragments de la vraie croix du christ (un don de Charlemagne) ! Inscrit au Patrimoine mondial par l’Unesco, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le village figure depuis 2010 parmi les Grands Sites de France avec le cirque de

l’Infernet, les gorges de l’Hérault et la grotte de Clamouse. Avec son incroyable diversité de cristaux de calcite et d’aragonite, ses buffets d’orgue et ses cascades pétrifiées, cette cavité considérée comme l’une des plus belles de France (4 km de long) pétrifie les touristes parcourant ses 900 mètres de galeries aménagées. Tandis que l’esprit de Saint-Guilhem, preux chevalier

et fondateur de l’abbaye mort en 812, plane sur cette vallée peuplée de légendes, tout autour, les abords immédiats de Saint-Guilhem sont le paradis des amoureux de nature. Ils n’ont que l’embarras du choix entre la randonnée, les balades en VTT, mais aussi la baignade, le canoë-kayak ou la pêche en eaux vives dans les gorges de l’Hérault qui serpentent sous le village.

Minerve,beauté fatale au destin funeste Certains le voient terré au cœur des causses, d’autres encerclé de gorges vaincues par la confluence du Brian et de la Cesse. Ce site médiéval incontournable s’élève à deux pas des Corbières et du Parc Régional du Haut Languedoc. Accrochée aux contreforts cévenols de la Montagne Noire, la cité se croyait imprenable. “Aucun château, hormis Termes et Cabaret, n’était plus fort que Minerve”, avait écrit un chroniqueur au moment du drame. Les Parfaits - nom donné aux Cathares - y seront pourtant pris au piège par Simon de Montfort en 1210. C’est après sept semaines de siège que Guillaume, le seigneur de Minerve capitula face à la soif et à la maladie. Dans ce décor sauvage, les Parfaits refuseront d’abjurer leur foi attirant sur eux les foudres du bûcher, le premier bûcher collectif de la bataille contre les Albigeois. Histoire et situation font de la citée aussi belle que fatale, un temps fort de la croisade. La ville exhibe encore voûtes accortes et ponts naturels taillés dans le calcaire ; un décor aussi grandiose que son passé funeste. La cité généreuse a donné son nom au Minervois, terre de vignerons. Au fil des ruelles du village, le promeneur va à la rencontre de ce lieu de mémoire, où subsiste enceinte, portes fortifiées, poternes, ruelles pavées de galets de rivière, tours et vestiges du château. L’église Saint-Étienne au dépouillement roman épuré, la maison des Templiers, le monument aux martyrs et sa colombe de lumière taillée dans le roc par l’artiste minervois Jean-Luc Séverac, appellent le promeneur. SUDDEFRANCE - 40 -


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SENTEURS SALAGOU - HAUT LANGUEDOC

Salagou,lerougeest mis Créé en 1969 dans le lit d’une ancienne rivière, le Salagou règne sur ce pays d’ocres - les ruffes qui cernent de rouge l’eau, partout présente.

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alagou, son lac artificiel et sa vallée éponyme. Le barrage en enrochements de basalte construit sur la petite rivière du Salagou a englouti des hameaux. Au pays on raconte même que par grand vent, on entend sonner la cloche de l’église engloutie… Mais 40 ans après la mise en eau du site, il règne ici un petit air de paradis. Le “Grand Rouge” comme on l’appelle, créé en 1969 par les pouvoirs publics pour irriguer la vallée et permettre la reconversion du vignoble en vergers, a trouvé son public ! Dans cette vallée aux ocres (les ruffes, une argile rouge riche en oxyde de fer) évoquant les étendues désertiques d’Arizona ou d’Afrique, ils sont de plus en plus nombreux à venir goûter les joies de ce splendide plan d’eau. Véritable mer intérieure avec ses 125 millions de mètres cubes d’eau, le Salagou s’étale sur 7,5 km de long dans un paysage cerné d’étranges collines, qui sont autant d’anciens volcans. Les peupliers, les frênes et les saules surplombent avec indolence les rosellières, sous le regard curieux du grèbe huppé. En quarante ans, ce site lunaire et aride, est devenu la destination privilégiée des amoureux de nature et de baignade. Aux heures chaudes, ils viennent chercher ici la fraîcheur (l’été, la température de l’eau atteint les 28°). Sur le plan d’eau quotidiennement baigné par deux vents dominants, la Tramontane et le Marin, on pratique assidû-

ment la voile et tous les sports de glisse (les moteurs sont interdits). Ce spot très prisé des funboarders, est aussi le royaume du catamaran, de l’optimiste, du pédalo et du canoë-kayak ! La faune de plaisanciers afférée sur le plan d’eau croise la communauté des pêcheurs... venus de toute l’Europe ! Car le Salagou est un haut lieu de pêche, les espèces introduites par l’homme au moment de la mise en eau du site s’étant formidablement adaptées : carnassiers, carpes, sandres, brochets, perches et quantité d’autres “belles pièces” évoluent aujourd’hui dans ces eaux. Juste à côté, on se promène… à pied ou à VTT, les particularités

géologiques de la vallée faisant de ce sport l’activité terrestre de prédilection : 8 circuits balisés à 4 niveaux de difficulté permettent de découvrir les abords immédiats du lac. Randonnées à cheval ou pédestres sont une autre manière d’aborder les terres rouges peuplées par une faune et une flore très particulière. Au-delà, des hameaux, des chapelles, des capitelles, et toujours, de splendides paysages. Tandis que se dessinent plus loin les pitons de calcaire gris du cirque de Mourèze, tout autour, les villages authentiques de Clermont-l’Hérault, Liausson, Octon, Salasc, Celles et le Puech invitent à la découverte du Haut Pays d’Oc.

Unpaysageuniqueetdiversifié Quels points communs entre le massif du Caroux, la Montagne Noire (photo), les monts de Lacaune, les monts d’Orb, le plateau des Lacs, le Sidobre et la garrigue méditerranéenne ? Ils sont tous partie intégrante du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, créé en 1973 en zone de moyenne montagne. Dans cet ensemble paysager remarquable, à cheval entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon et soumis à une double influence climatique, méditerranéenne et atlantique, la diversité paysagère règne : châtaigneraies, tourbières, landes, gorges (notamment de l’Héric), lacs et rivières y sont une invite à la découverte permanente. Entité exceptionnelle dans le panorama du tourisme français, la montagne du Haut Languedoc est un paradis pour le tourisme vert, pour la randonnée ou le tourisme gastronomique (salaisons, charcuterie, apiculture, viticulture). www.parc-haut-languedoc.fr SUDDEFRANCE - 41 -


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SENTEURS PÉZENAS - LODÈVE

Les tapis de la République

Pézenas, ladouceur languedocienne Pézenas est le théâtre de riches hôtels particuliers et de rues pavées d’histoire.

L’

art et les métiers ont une grande place dans l’histoire de la ville dont les Montmorency et le Prince Conti, gouverneurs du Languedoc, avaient fait leur capitale. Pézenas conjugue les arts : de la danse, au théâtre à la musique. Une trentaine d’artistes créateurs, de costumiers, marionnettistes, mosaïstes, ferronniers, tailleurs de pierre ou ébénistes font encore la réputation de la ville. Au-delà de ses hôtels particuliers comme l’Hôtel de Peyrat, la ville accueille des métiers d’arts comme ceux de la scène, du patrimoine, mais Pézenas sait encore conjuguer le souvenir de Molière et de Boby Lapointe. La ville attire les brocanteurs, elle

en compte une concentration importante. Des foires annuelles s’y tiennent à ce sujet dès le mois de mai et en octobre. Des personnages illustres ont jalonné son histoire. Jean-Baptiste Poquelin alias Molière est arrivé à Pézenas en 1650. Il y resta trois mois pour amuser les États Généraux du Languedoc. Il y reviendra séjourner par deux fois, successivement en 1653 et 1656. Cette ville-étape a été importante pour l’homme de théâtre. Dom Juan reflète en réalité le portrait du Prince de Conti qui était le mécène de Molière à Pézenas. Des personnages piscénois inspireront certaines figures des pièces de Molière comme l’abbé Rouquette, confesseur du Prince qui inspirera Tartuffe. Au cours des siècles qui ont suivi, de vrais mouvements et monuments autour de Molière virent le jour si bien que la ville développa toute une politique culturelle autour de l’homme et du théâtre. www.sunfrance.com/pezenas SUDDEFRANCE - 42 -

Ils ornent les parquets des ministères, des ambassades à l’étranger et du palais de l’Élysée… Mais c’est à Lodève qu’ils sont fabriqués ! Chaque année depuis 1966, date de leur rattachement à l’État, les ateliers de la “Savonnerie de Lodève”, produisent des tapis d’exception qui rejoignent ensuite les collections du Mobilier National. À Lodève, une trentaine de lissiers fabriquent ces tapis au point noué, d’après des dessins d’artistes contemporains (Paulin, Hajdu, Lalane, Morellet, etc.) ou des rééditions des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Cette tradition des métiers de haute lice a pu être relancée avec l’arrivée en 1962 des femmes de harkis, tisseuses émérites. Dès 1964, un atelier de tissage est créé par le ministère de l’Intérieur pour employer une trentaine de ces femmes, la technique algérienne traditionnelle étant peu à peu remplacée par la tradition des métiers de haute lice. L’atelier de Lodève est ouvert à la visite. Manufacture Nationale de la Savonnerie, impasse des Liciers à Lodève. www.pezenas-tourisme.fr Tél. 04 67 96 41 34

Le Scénovision Molière en 3 D Utilisant la dernière technologie 3D au sein du merveilleux cadre de l’hôtel de Peyrat, la ville de Pézenas a mis en place un parcours ludique et pédagogique sur Molière. La vie trépidante de l’homme de théâtre y est abordée en cinq actes. Le décor de chaque salle représente un éclat de vie de Molière, de sa troupe, de son siècle. C’est un peu le cinéma qui raconte le théâtre en 3 dimensions et en cinquante-cinq minutes. Ce spectacle sensoriel se parcourt en famille. Ouvert tous les jours de l’année, le lieu est accessible aux personnes à mobilité réduite sur réservation. Un départ toutes les quinze minutes. Tél. 04 67 98 35 39 www.scenovisionmoliere.com


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SENTEURS PAYS CATHARE

Les châteaux du Minervois et des Corbières semblent encore protéger les Cathares qui ont marqué l’histoire et les paysages audois.

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eligion chrétienne dissidente, propagée par des prédicateurs, le catharisme connaît rapidement de nombreux adeptes dans le Languedoc et reçoit la considération des seigneurs et crée des diocèses à Toulouse, Carcassonne, Albi, Agen. Pour contrer l’essor de cette religion qui réfute les dogmes et l’autorité de l’église catholique, le pape innocent III entreprend la “croisade des Albigeois” en 1208. Avec à leur tête Simon de Montfort, les Croisés massacrent la population de Béziers. Carcassonne, Minerve, Lastours tombent l’une après l’autre, le comté de Toulouse est vaincu. Le traité de Meaux (1229) met un terme à la guerre sainte, tandis que l’inquisition continue à chasser les hérétiques, qui se réfugient dans les villages fortifiés du Minervois et des Corbières. Devenu conflit d’indépendance du Sud contre le royaume de France, l’aventure cathare s’achèvera par la chute de ces places fortes et le rattachement du Languedoc à la couronne. C’est cette épopée que relatent les châteaux cathares. Peyrepertuse, Puivert, Aguilar, Termes, Puilaurens et Quéribus, figurent parmi les plus imposants. A la fois aériens et

Unpatrimoine àcœurouvert massifs, les vestiges de ces forteresses semblent suspendus en équilibre sur les pitons rocheux ou jaillis du roc où ils s’agrippent, tandis que leurs enceintes crénelées transmettent une impression de puissance. Aujourd'hui, de Durban à Lagrasse, la route des châteaux du Pays cathare propose une

visite au cœur de l’histoire des “bons hommes” et des monuments du Pays Cathare. Office intercommunal de tourisme des Corbières Sauvages. Tél. 33 (0)4 68 45 69 40

PechdeBugarach, l’éperondetoutesleslégendes… Longtemps, le Pech de Bugarach ne fut connu que des amateurs de randonnée. Avec ses 1230 mètres, l’éperon rocheux est en effet le point culminant des Corbières, offrant une vue superbe sur les Pyrénées, la Haute-Vallée et la plaine audoise. Surgissant des tréfonds de la terre et détaché de tout massif, ce pic autrefois dénommé “Pech de Tauzé” possède une majesté minérale, accentué par le fait qu’il est entouré de forêts et de garrigues. Cependant, situé non loin de Rennes-le-Château, les fantasmes les plus fous circulent depuis longtemps sur ce sommet de calcaire, où certains jurent avoir vu des ovnis s’échappant ou entrant dans cette montagne. Terre de légendes, le Bugarach l’est depuis longtemps. Mais depuis deux ans, certains sont persuadés que c’est d’ici qu’on contemplera la fin du monde. En effet selon une folle rumeur lancée sur internet et qui se fonderait sur le calendrier maya, l’apocalypse serait prévue pour le 21/12/12, soit le 21 décembre prochain, et un seul lieu serait épargné : le Pech de Bugarach.. Depuis, le petit village de 200 âmes aux pieds de la roche, est quelque peu perturbé par les ésotériques et autres excentriques en attente du jour ultime, au grand désespoir du maire. Raison de plus pour prendre un peu d’altitude…

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ŒNO CIRCUIT EN CORBIÈRES ENTRE PRESTIGE ET MODERNITÉ

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Ce Pays Cathare émerveille par la beauté et la rudesse de ses paysages, son histoire et ses vignes millénaires. L’appellation Corbières est un immense puzzle géologique. Elle produit des vins de caractère à l’image de ses vignerons. Découverte de lieux prestiges ou modernes où soufflent le renouveau de l’esprit Corbières.

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deux nouvelles aux noms qui se la racontent pas “Vavavoum !” et “Faut pas rouler les mécaniques”. Visite et dégustation au caveau : tous les jours 10 h-12 h et 15 h-18 h. Cave de Castelmaure, route des Canelles à Embres-et-Castelmaure. Tél. 04 68 45 91 83. www.castelmaure.com

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ÉES- S PYRÉN TALE ORIEN 2

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Dégustation et sport mécanique au château Visitez l’étonnant chai futuriste, parallélépipède semi-enterré de béton brut couleur terre avec une immense façade vitrée qui offre une vue magnifique sur les Corbières. Pour les amateurs de sensations fortes, baladez-vous au cœur de la garrigue en 4x4, quads ou buggys. Et aussi, restaurant (2 fourchettes) et chambres d’hôtes. Château de Lastours à Portel-des-Corbières. Tél. 04 68 48 64 74. www.chateaudelastours.com

Bienvenue dans l’auberge de Gilles Goujon, le fameux 3 étoiles de la région, perdu dans les Corbières où l’on savoure entre autres le fameux «œuf poule Carrus “pourri” de truffes mélanosporum sur une purée de champignons et truffe d'été, briochine tiède et cappuccino à boire ». Renversant ! Très belle carte des vins de la région et accueil sans pédanterie. Vous partirez repu et heureux.

L’Auberge du Vieux Puits, 5, avenue Saint-Victor à Fontjoncouse. Tél. 04 68 44 07 37. www. aubergeduvieuxpuits.fr

Détente aux jardins Saint-Benoît Relaxez-vous sous les voûtes en pierre du Spa Garrigae. Piscine intérieure chauffée, sauna, hammam, bain bouillonnant, tisanerie… Et pour vous détendre, profitez de leurs massages à base de produits régionaux et biologiques. Humm !

Humour et dégustation à la coopérative « Nos vignes sont perchées au bout du monde ».... certes. Mais au centre du village, la cave (moderne et sobre) de cette coopérative est devenue un “must”. Dans leur vallée du paradis, le vin n’est pas triste. Leurs bouteilles aux couleurs bigarrées en sont la preuve. On déguste la fameuse cuvée “3” ou leurs

Dégustation bio au château

Le top de la cuisine du Sud chez Goujon

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Les jardins Saint-Benoît, route de Talairan à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Tél. 04 68 44 18 70. www.garrigaeresorts.com

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5 Ce vignoble de 135 ha d’un seul tenant est entouré et protégé par 500 ha de garrigues, constituant un écosystème riche et un environnement unique. C’est le plus important producteur bio des Corbières. Leurs vins sont élégants, veloutés, gourmands comme leur “Solus 2010”. A déguster dans leur château (ancienne dépendance de l’Abbaye de Fontfroide) tous les jours de la semaine et le week-end sur rendezvous. Château de Caraguilhes à Saint-Laurentde-la-Cabrerisse. Tél. 04 68 27 88 99. www. caraguilhes.fr

A travers l’âme des Corbières

Profitez-en pour admirer les magnifiques paysages des Corbières. A Villerouge-Termenes, village médiéval avec son imposante forteresse dans un décor sauvage de collines rougeoyantes et de vignes. Lagrasse (ancienne capitale des Corbières) et son abbaye Sainte-Marie. Un peu plus loin à Mayronnes, un sentier sculpturel pour une randonnée pédestre et artistique en pleine nature.

Se restaurer et dormir

Des lieux “classes” pour des soirées détentes et des nuits reposantes. • Chambres d'hôtes et restaurant : Château de Lastours à Portel-des-Corbières • Chambres d'hôtes : La demeure de Roquelongue à Saint-André de Roquelongue. www. demeure-de-roquelongue.com • Chambres d'hôtes et restaurant gastronomique : L’Auberge du Vieux Puits à Fontjoncouse • Chambres ou Maisons et restaurant : Les jardins Saint-Benoît à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse


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SENTEURS CANIGOU - TRAIN JAUNE

LeCanigou, legrandsitedesCatalans

Le Pic du Canigou est le joyau du pays catalan. Culminant à 2 784 mètres d'altitude, il regroupe de multiples curiosités locales. Son classement est en cours.

L

e Canigou est source de légendes et attire chaque année de nombreux visiteurs. En effet, ses chemins sinueux offrent un large choix de balades, accessibles aussi bien aux marcheurs du dimanche, qu'aux randonneurs les plus expérimentés. Ici, à seulement 50 kilomètres de la mer, de multiples curiosités du patrimoine roussillonnais ont été construites. Comme l'abbaye de Saint-Martin-du-Canigou, fondée au Xe siècle par un comte de Cerdagne et juchée à 1096 mètres d'altitude. Ou encore le prieuré de Serrabone, composé d'une tribune dont les sculptures et les détails de marbre rose représentent un véritable chef-d'oeuvre de l'art roman roussillonnais. Mais il offre d'abord un belvédère fascinant. On raconte qu'il est pos-

sible d'observer son sommet depuis Barcelone, voire même depuis Marseille par temps clair. L'une des plus belles traditions qui l'animent se déroule le week-end précédent la SaintJean, soit quelques jours avant le 24 juin. Il s'agit de la Trobade, réunissant tous les amoureux du Canigou. Ces derniers grimpent jusqu'à sa cime, chargés de fagots de bois ficelés, et dotés de messages d'espoir et de paix. Le 23 juin, veille de la Saint-Jean, l'un d'eux rapporte la flamme originelle, conservée traditionnellement au Castillet, à Perpignan. Le soir, à minuit, la fameuse Flamme du Canigou est enfin régénérée. Les pèlerins y passent alors une nuit à la belle étoile dans une ambiance chaleureuse. On peut d'ailleurs observer l'embrasement du pic depuis plu-

Le canari de Cerdagne Le petit train jaune est l’autre institution du pays catalan. Il roule sur la plus haute voie ferrée de France, sans crémaillère. Il a été créé en 1910 pour désenclaver les zones montagneuses des Pyrénées-Orientales, regroupées sur les hauts plateaux de Cerdagne et du Capcir. Il dessert d'ailleurs Bolquère, la plus haute gare SNCF de France juchée à 1592 m d'altitude. Cette voie pittoresque a pour point de départ Villefranche-de-Conflent, où elle rejoint le réseau SNCF classique. Elle dessert ensuite de nombreux villages catalans, sur 62 km de long, tels Mont-Louis, Saillagouse ou encore Osseja, pour finir sa course à Latour-de-Carol. L'été, de nombreux visiteurs affluent pour emprunter ce train si typique, et voir défiler le majestueux paysage qui l'entoure, à la vitesse moyenne de 30 km/h... www.ter-sncf.com SUDDEFRANCE - 45 -

sieurs villages du Conflent. Le jour J, les marcheurs récupèrent la flamme et redescendent les sentiers du Pic en une étonnante et lumineuse procession. Puis la conduisent jusqu'aux villages pour alimenter les feux de la Saint-Jean. Fierté des catalans, le Canigou vient de recevoir début 2012, au vu des paysages emblématiques des lieux, l’avis favora ble de la commission supérieure des sites pour obtenir le label Grand Site, à l’instar du pont du Gard et de Saint-Guilhem-le-Désert. www.sunfrance.com/canigou

Après le train jaune,le train rouge ! L’ancienne ligne Axat-Rivesaltes, qui traversait une partie du pays cathare et tout le Fenouillèdes, est elle aussi ressuscitée. Sur 60 kilomètres, entre vignoble, montagne et forêt, cette ligne traverse à un train de sénateur (environ 3 heures) les charmants villages de Lapradelle, Caudiès-de-Fenouillèdes, Maury, Estagel, Espira-de-l’Agly avant d’arriver à Rivesaltes, près de Perpignan. Des parcours thématiques sont également organisés. Train du Pays Cathare et du Fenouillèdes. Tél. 04 68 20 04 00 - www.tpcf.fr


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SENTEURS MENDE

COULEURS VILLES

Mende, épicentre de la Lozère Dans la haute vallée du Lot dans la région des grands causses, Mende (Lozère) est frappée par le sceau de l’histoire. L’arrivée au pied de la basilique-cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat (elle fut édifiée au XIVe siècle selon la volonté de Guillaume de Grimoard, qui devint en 1362 le sixième pape d’Avignon sous le nom d’Urbain V) est toujours fascinante, par le contraste créé entre cet imposant édifice trônant au cœur du centre ancien et l’aspect resserré de l’habitat local, avec ses toits en lauze de schiste. Démesure et grandeur passée d’une ville qui fut siège épiscopal, jusqu’à la Révolution. Au XVIe siècle, Mende figurait comme l’un des diocèses les plus riches du Languedoc. Mais la principauté ecclésiastique connut de sombres heures : malgré la réforme protestante qui convertit une partie du Gévaudan, Mende resta fidèle à la foi catholique. Sa devise d’ailleurs lui vient de là : “les ténèbres ne m'ont pas envahi”. Assiégée et prise en 1579 par les troupes du capitaine huguenot Merle, la ville fut brûlée et rasée en grande partie. Aujourd’hui, cette petite ville surprend ceux qui la découvrent. La population est en augmentation, des universités et centres de formations ont décidé de s'y implanter, des industries non polluantes également. Forte de cet élan, Mende embellit ses boulevards, ses ruelles bordées d’édifices anciens et son image de “ville à la campagne”. On profite du vieux centre, au pied de montagnes d'où jaillissent un grand nombre de sources qui s'en vont serpentant à travers les jardins et les prairies des bastides éparses. Canalisées et alimentant le réseau d’eau souterrain de Mende, ces sources se retrouvent en surface autour de l’ancien lavoir et dans les nombreuses fontaines qui parsèment les ruelles. Mende est un excellent point de départ pour visiter la région des Grands Causses, ou le mont Mimat qui la surplombe, imposant avec son épaisse forêt de pins noirs. Cette ville profondément sportive, accueille par ailleurs de nombreuses manifestations : Trèfle lozérien (rallye international de moto tout-terrain), rallyes automobiles, Grande Fête du Sport (fin juin une année sur deux), semi-marathon MarvejolsMende... www.sunfrance.com/mende - www.ot-mende.fr

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SENTEURS NÎMES

Nîmes,lavillesudiste quicultivesesdifférences Cité au glorieux passé antique, place importante de l’histoire du protestantisme, Nîmes est fière de son patrimoine et cultive ses différences avec, en toile de fond, cet art de vivre si particulier.

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ntre la rigueur protestante et l’exubérance camarguaise, Nîmes (Gard) a décidé de ne pas choisir. A la fois extravertie et secrète, Nîmes est une ville polychrome. Riche d’une histoire de plus de 2500 ans, Nîmes devint colonie sous l’empire romain et fut couverte de somptueux monuments, qui témoignent de l’importance de la cité. La tour Magne (photo page 48), partie de l’enceinte romaine, la Maison Carrée, temple qui dominait le forum de la cité antique, le temple de Diane et les anciens thermes romains, la porte d’Auguste et les arènes bien sûr, sont les témoins immobiles de cet âge d’or. Sans oublier le castellum, point d’arrivée de l’aqueduc construit pour affirmer la munificence de la

ville et dont il reste aujourd’hui un monument à nul autre pareil : le pont du Gard. Aucune autre ville française ne dispose d’un tel patrimoine. Vestiges grandioses, ces bâtiments élégants font la fierté d’une ville qui a su continuer de vivre avec son histoire. C’est bien le cas des arènes, construites au Ier siècle après Jésus-Christ, longues de 133 mètres et haute de 21 mètres, qui accueillait les jeux antiques et qui 2000 ans après continue d’être le cœur battant de la ville au moment des concerts et opéras qui y sont donnés, mais aussi durant les fameuses ferias à la Pentecôte et en septembre. Si plus de 10000 passionnés s’y entassent sur les gradins de pierre pour suivre les corridas, dans les rues de la ville ce sont des dizaines de milliers de personnes qui vienSUDDEFRANCE - 47 -

SUITE

Des crocodiles en pays nîmois Comment le saurien s’est-il retrouvé sur le blason de la ville ? C’est le fait d’une monnaie frappée à Nîmes à l’époque gallo-romaine : pour célébrer sa victoire contre Antoine et Cléopâtre, l’empereur Auguste fit exécuter dans sa province, une pièce avec son profil et celui de son gendre Agrippa sur une face et un crocodile attaché à un palmier sur l’autre pour symboliser l’Egypte soumise. Le crocodile est ainsi devenu le symbole de la ville en 1536, devenant la mascotte nîmoise. D’ailleurs dans l’escalier d’honneur de la mairie, quatre crocodiles empaillés sont depuis des lustres accrochés au plafond. Même les footballeurs de l’équipe locale sont surnommés “les crocodiles”.


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SENTEURS NÎMES

nent vivre à l’heure de cet événement, dans une ambiance mi-espagnole mi-camarguaise, totalement atypique. Facétieuse, Nîmes la romaine, sait être aussi Nîmes la méridionale, avec ses cafés où l’on s’interpelle d’une terrasse à l’autre, ses halles réputées où s’affairent plus d’une centaine de commerçants et artisans talentueux, ses boulevards bordés de micocouliers et de platanes où il fait bon déambuler, ses places escamotées comme l’Ilôt Littré. La ville aussi sait être Nîmes la discrète, avec ses élégants immeubles du XVIIIe siècle où réside la HSP - la haute société protestante dans le quartier de la Fontaine où l’on soup-

çonne à peine l’élégance des cours intérieures, près des Jardins du même nom. Jalouse de son passé, Nîmes sait aussi conjuguer le présent et malgré son riche patrimoine, la ville est un terreau pour de grands noms de l’architecture qui ont fait naître là quelques bâtiments qui ont fait date comme Nemausus de Jean Nouvel (photo ci-dessus), et surtout le Carré d’Art, audacieux immeuble de Norman Foster en écho à l’antique Maison carrée. Une symbiose de la ville et de ce dialogue perpétuel passé-présent. www.sunfrance.com/nimes www.ot-nimes.fr

Le jean,originaire de Nîmes ? A la fin de la Renaissance, comme dans toute la région à l’époque, Nîmes est une ville industrieuse qui exploite la laine produite dans l’arrière pays pour produire des draps très réputés. Dès le XVIIe siècle, les drapiers nîmois se mettent à importer du coton d’Egypte afin de fabriquer une toile de serge rustique, teinte en bleu. Cette “toile de Nîmes” avait la réputation d’être très résistante. Presque autant que la toile fabriquée dans la ville de Gênes depuis le XVIe siècle et qui sert alors à fabriquer des voiles et des bâches. En 1853 alors que s’entame dans l’Ouest américain la ruée vers l’or, un jeune immigré allemand du nom de Lévi Strauss, vend des tentes et des bâches faites dans cette toile italienne aux prospecteurs d’or. Jusqu’à ce qu’il ait l’idée d’y tailler des salopettes et des pantalons de travail. Rapidement, les pantalons prennent le nom du tissu dans lequel ils sont confectionnés, le jean, déformation de Gênes. Toutefois vers 1860, Levi Strauss décide de remplacer le lourd tissus par une toile plus souple avec une armure de serge en coton : la fameuse toile de Nîmes. Les différences de prononciation aidant, cette toile de Nîmes est très vite devenue le “denim”, nom que porte toujours ce tissu pour fabriquer les “blue jeans”.

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Un “carré” au centre de la ville Eh oui, elle a beau s’appeler “Maison Carrée”, elle n’est pas carrée ! D’ailleurs, elle mesure 26 mètres de long et seulement 15 de large. Pourquoi ce nom alors ? Parce qu’en latin le terme a d’abord désigné une forme à angle droit… Edifié durant les toutes premières années de l’ère chrétienne, le monument était dédié aux “princes de la jeunesse” et particulièrement aux fils adoptifs de l’empereur Auguste, premier empereur romain qui fit de Nîmes une sorte de vitrine des colonies romaines, construisant de somptueux bâtiments publics, dont ce sanctuaire étonnant. Inspirée du temple d’Apollon de Rome, la Maison Carrée fait partie des temples les mieux conservés du monde romain. Et ce sont les utilisations que lui ont trouvées ses propriétaires qui lui ont valu sa survie à travers les siècles. Utilisée sans discontinuer depuis le XIe siècle, la Maison Carrée a successivement servi de maison consulaire, d’écuries, d’appartement, d’église, de lieux de stockage des archives départementales. Il semble même qu’au XVIe siècle, la duchesse d’Uzès ait voulu en faire un mausolée pour elle et son mari ! Musée depuis 1823, le temple - qui aurait inspiré les concepteurs de la Madeleine à Paris - vient de subir un patient toilettage achevé début 2011 et qui autant que le choc provoqué par la pureté retrouvée du bâtiment, permet une relecture de celui-ci. Aujourd’hui la Maison Carrée abrite un film en 3D, “les princes de la jeunesse”, qui du gladiateur au torero, fait replonger le spectateur dans 2000 ans d’une riche histoire.


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ŒNO CIRCUIT BALADE AU CŒUR DES SCHISTES EN FAUGÈRES L’appellation Faugères fête ses 30 ans cette année. L’occasion de découvrir les 7 villages de ce terroir homogène de schiste unique. Aujourd’hui, 30% des domaines sont en bio, biodynamie et vin nature et sont gérés par une génération montante de “jeunes” vignerons.

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destination La Liquière, pour un accueil chaleureux par la famille Vidal dans leur caveau. Domaine Château la Liquière, à La Liquière. Tél. 04 67 76 90 66. www.chateaulaliquiere.com

ULT HÉRA

Panorama et dégustation à Roquessels

Pressoir en bois à Caussiniojouls

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A Autignac chez la présidente Premier village viticole de l’appellation en venant de Béziers. A voir : les vestiges de l’ancien château (bastide), le chemin de ronde et l’église SaintMartin. Rendez-vous chez François et Nathalie Caumette, la présidente de l’appellation qui vous parlera passionnément des vins de Faugères, de la préservation des paysages, de culture raisonnée et de bio (prendre rendez-vous). Domaine l’Ancienne Mercerie, 6, rue de l'Egalité à Autignac. Tél. 04 67 90 27 02. www. anciennemercerie.fr

Beau village aux ruelles et jardins fleuris qui vous amènent au château médiéval. A l’entrée, voir l’église Saint-Etienne datant du XVIe siècle. Au Domaine de Cébène, c’est Brigitte Chevalier qui vous reçoit dans son petit chai du XIXe au cœur du village. Sur rendez-vous et elle prendra alors le temps de vous parler de ses parcelles atypiques à 300 mètres d’altitude orientées plein nord, du travail par gravité, de son pressoir en bois... Domaine de Cébène, à Caussiniojouls. Tél. 06 74 96 42 67. www.cebene.fr

Randonnée et dégustation à Faugères Village du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc avec un dédale de ruelles à voûtes sarrazines, des moulins du XVIe siècle et des capitelles (abris des bergers), nommées carabelles à Faugères. Magnifique panorama, table d'orientation et aire de pique-nique. Idée de balade facile de 1 h 30 autour des Moulins de Faugères : “Le petit chemin des Carabelles”. Puis dans une demeure du XIXe siècle, découvrez 40 vignerons de l’appellation ! Une très bonne cave tenue par Régine et Christian Gaudefroid, vignerons à Faugères (domaine Les amants de la vigneronne). Réservez avant pour commander des assiettes de charcuterie et de fromages (12 € ). Font également des chambres d'hôtes avec piscine privée (79 € avec petit déjeuner). Rens. balade au syndicat d'initiative de l'appellation Faugères. Tél. 04 67 98 54 73 Celliers de la vigneronne, 18, route de Pézenas à Faugères. Tél. 04 67 95 78 49. www.lecellierdelavigneronne.com

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Panorama à Cabrerolles Joli village entre plaine et montagne. A voir : l’ensemble féodal de Cabrerolles et l’église paroissiale de Saint-Amand. Egalement un parcours aménagé qui traverse le village et grimpe jusqu’à l’enceinte fortifiée et la chapelle NotreDame-de-la-Roque (vue panoramique). Puis

5 Village en amphithéâtre au pied d’un rocher abrupt sur lequel s’élèvent les ruines d’un château féodal du Xe. Sentier de randonnée vers la chapelle Notre-Dame (vue exceptionnelle). Château des Peyregrandes, Chemin de L'Aire à Roquessels. Tél. 04 67 90 15 00. www.chateaudespeyregrandes.com

Fos “la fleurie” Balade dans les ruelles fleuries du vieux bourg. Visite libre d'une charbonnière reconstituée, témoin de l’activité préindustrielle et du “Clos de l’Aire”, conservatoire de cépages qui permet de rentrer dans l’univers de la vigne de façon ludique. Imaginé et créé par Luc et Françoise du Domaine Ollier Taillefert, cinquième génération d’une lignée de vignerons natifs du cru. Bien sympathique ! Domaine Ollier Taillefert, route de Gabian à Fos. Tél. 04 67 90 24 59. www.olliertaillefer.com

Tapas et chambres à Laurens Restaurez-vous et reposez-vous dans la “cité du laurier”. L’abbaye Sylva Plana. Dégustation des vins au caveau. Restaurant avec assiettes de tapas à 15 € ou formule à partir de 20 € (les midis de la semaine hors saison et les jeudis, vendredis et samedis soir en été). Egalement chambres d’hôtes (80 € ). L’abbaye Sylva Plana, 13, ancienne route de Bédarieux à Laurens. Tél. 04 67 93 43 55. www. vignoblesbouchard.com Château de Grézan, néogothique surnommé “la petite Carcassonne”. Pour déguster : 04 67 90 27 46. www.chateau-grezan.fr Vous pouvez également dormir au château (98 € avec petit déjeuner). Tél. 04 67 90 28 03. www.grezan.com

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Dotée d’une histoire récente au regard de ses voisines plus de deux fois millénaires, Montpellier a connu, et connaît, une croissance et un dynamisme atypiques.

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uparavant petit ensemble de bourgades rurales à quelques dizaines de kilomètres des gallo-romaines Nîmes et Narbonne, la ville de Montpellier va naître en 985 après Jésus-Christ. Placée près de la voie domitienne et du chemin de Saint-Jacquesde-Compostelle, doté d’un port à Lattes, la cité va se développer autour du commerce, attirant pèlerins et voyageurs qui lui donneront sa tradition cosmopolite. Cette activité permet d’y développer un foyer intellectuel important et s’y crée la première faculté de médecine du royaume, faculté réputée où étudièrent notamment Nostradamus et Rabelais ! Le jardin des plantes jouxtant l’établissement universitaire, créé en 1593 par Henri IV afin de disposer de plantes médicinales, est lui aussi le plus ancien de France. La prospérité de Montpellier va aller crescendo pendant plus de deux siècles, d’abord avec la famille des Guilhem - fondateurs de la ville - puis en tant que possession du royaume d’Aragon. Mais durant la guerre de Cent Ans, la ville est victime de crises graves et sombrera dans une certaine décadence.

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SENTEURS MONTPELLIER

Montpellier, leLanguedocrayonnant

Elle reprendra ensuite une nouvelle dimension sous l’impulsion de Jacques Cœur, nommé en 1441 commissaire du roi auprès des Etats du Languedoc afin de relever l’économie régionale. Les guerres de religion seront une autre époque douloureuse, où la plupart des églises et temples de la cité seront tour à tour incendiés. Le siècle des Lumières réussit mieux à

Montpellier, grâce notamment à JeanJacques-Régis de Cambacérès, natif de la ville et qui après des études de droit devint membre de la Convention à la Révolution, et sera la cheville ouvrière du Code Civil voulu par Napoléon. La ville passe un peu à côté de la révolution industrielle et la région reste agricole, même si la vigne fera sa fortune au XIXe siècle.

La capitale du sport français Du vélo BMX, du roller, du VTT slopestyle, … chaque année les disciplines semblent se multiplier.Voilà maintenant 16 ans que Montpellier accueille le Festival International des sports extrême, plus communément appelé FISE. Pendant 4 jours sur les bords du Lez, les meilleurs champions des différentes disciplines viennent se confronter et parrainer des initiations. Car Montpellier et le sport, c’est une histoire qui marche. La ville vient ainsi de se voir décerner le titre de “Ville la plus sportive” de l’année 2011. En rugby et en handball, les équipes aux couleurs de Montpellier trustent les premières places. En basket féminin, en water-polo, Montpellier fait également partie de l’élite. Rare pour une ville, qui par ailleurs avec l’Arena ou le stade Yves-du-Manoir, a investi dans des équipements sportifs ultra modernes. Enfin en football, les couleurs du maillot Sud de France de l’équipe montpelliéraine ont brillé en mai dernier devant des millions de téléspectateurs quand le MHSC a remporté le championnat de France de Ligue 1 après une saison exceptionnelle !

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Petite ville de province après la Deuxième Guerre Mondiale Montpellier a connu un développement extraordinaire grâce à deux éléments : d’abord le rapatriement des pieds noirs au moment de la décolonisation, car la ville a su construire sur cet apport démographique dans les années 60 au point de voir sa population doubler en quarante ans. Ensuite avec l’installation du siège européen du géant informatique IBM, qui a été un accélérateur économique. Ville universitaire bénéficiant d’un bel ensoleillement (plus de 300 jours par an !) et de la mer, Montpellier capitalise sur son pouvoir d’attraction tout en gardant une taille humaine qui lui permettent d’être régulièrement en tête des classements sur la qualité de vie. L’Ecusson, quartier historique, reste le poumon de la ville grâce à une piétonisation de grande envergure qui incite à la flânerie. Le Musée Fabre, l’un des plus beaux musées des Beaux Arts de France, est un écrin somptueux pour des œuvres de premier plan comme celles de Courbet ou Delacroix, sans oublier la salle superbe consacrée à Pierre Soulages et draine des dizaines de milliers de visiteurs depuis sa réouverture. SUITE


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SENTEURS MONTPELLIER

Un haut lieu de l’architecture moderne Ricardo Boffil, Paul Chemetov, Christian de Portzamparc, Zaha Hadid, Jean Nouvel… on ne compte plus les grands noms de l’architecture qui sont venus poser leur signature dans des réalisations architecturales d’envergure à Montpellier. L’initiateur fut bien sûr le catalan Ricardo Bofill qui à l’aube des années 80 construisit Antigone, quartier jouant sur la symétrie et les axes également hommage non dissimulé à l’Antiquité. La taille des places a été définie par l’architecte en fonction des lois géométriques de proportion et d’harmonie, le fameux “nombre d’or”, et en fonction du nombre de logements prévus. Construit sur un axe piétonnier long d’un kilomètre, le projet a permis à la ville de se tourner à nouveau vers le Lez, le fleuve qui se jette dans la mer à Palavas. De nombreux prix Pritzker – l’équivalent du prix Nobel en architecture – ont ainsi travaillé à Montpellier ces trente dernières années, remodelant totalement la ville. Dans les derniers grands projets, il y a le fameux Odysseum, seul complexe dans le pourtour méditerranéen à proposer une symbiose entre une zone commerciale avec un mall à ciel ouvert et des activités ludiques comme une patinoire, un aquarium réputé, un multiplexe etc. Après des années de controverse, le site est devenu un symbole des nouveaux enjeux de l’urbanisme commercial et attire plus d’1 million de visiteurs par an. Aujourd’hui, le développement de la ville se fait le long du Lez, en direction de la mer. Le symbole fort en est la nouvelle mairie imposante, conçue par Jean Nouvel et François Fontès (photo). Ecologique, technologique, le bâtiment est d’un bleu profond – les couleurs de la ville – qui change selon l’ensoleillement. En face de ce bâtiment symbole d’une ville en expansion, c’est tout un nouveau quartier baptisé Port-Marianne qui se déploie autour du bassin JacquesCœur et des nouvelles lignes de tramway qui amènent désormais aux portes de la Méditerranée !

Les rues étroites, bordées de discrets hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles irriguent le centre vers de superbes édifices comme la cathédrale Saint-Pierre, le jardin du Peyrou et sa vue sur l’arrière-pays, la charmante place Saint-Anne ou la vrombissante place de la Comédie et ses immeubles “pâtissier” du prospère XIXe siècle. A peine plus loin les Arceaux sont le lieu d’expression charmant des boulistes, à l’ombre de l’aqueduc tandis que les quartiers Boutonnet et Beaux-Arts cultivent leur côté village quelque peu “branché”. De là on peut faire une apaisante ballade vers le cimetière Saint-Lazare où repose notamment la Reine d’Italie, venue en exil en 1946 après la proclamation de la République et qui choisit de finir ses jours à Montpellier. C’est le charme indolent de cette ville, moderne mais toujours un peu terrienne. D’ailleurs la commune abrite quelques domaines viticoles réputés, classés en AOC Grès de Montpellier ! Mais à Montpellier, le classicisme tutoie l’urbanisme moderne avec le fameux quartier d’Antigone réalisé par Ricardo Boffil au début des années 80, qui a conçu son projet comme un hommage à l’Antiquité en utilisant le béton compact pour des formes classiques mises en perspective. De cette époque, la ville est devenue un matériau unique pour de prestigieux architectes : Christian de Portzamparc, Claude Vasconi ont travaillé à MontpelSUDDEFRANCE - 52 -

lier, de même que Jean Nouvel qui a conçu et réalisé avec son ami Fontès, la nouvelle mairie dans le quartier de Port Marianne. D’autres quartiers sortent ainsi régulièrement de terre (Malbosc, Odysseum, Jardins de la Lironde, Ovalie, etc.) déplaçant le centre de gravité de la cité vers la mer. Tandis qu’un réseau de quatre lignes de tramways aux couleurs pétaradantes conçues par les plus grands designers (Garouste et Bonetti, Christian Lacroix), accompagnent cette expansion territoriale. Montpellier ne cesse de surprendre, et de bouger ! www.sunfrance.com/montpellier www.ot-montpellier.fr

Unevilleàportée delamer Jusqu’à la fin des années 60, les Montpelliérains avaient l’habitude de se rendre sur la côte à une dizaine de kilomètres, en empruntant le petit train à vapeur de Palavas, immortalisé par le dessinateur Dubout. Et puis Montpellier avait perdu ce débouché naturel vers la mer. Mais depuis peu, les transports en commun permettent à nouveau de se rapprocher de la côte. La nouvelle ligne 3 du tramway dessert l’étang de l’Or à Pérols, situé à seulement 2,5 km de Carnon et Palavas. En été, des navettes de bus permettent d’achever le trajet. Plus détendu encore, les nouveaux vélos en selfservice du réseau Tam permettent au départ de Montpellier de rejoindre la mer en suivant les berges du Lez en moins d’une heure. Idéal pour aller faire une petite baignade ou dîner et faire la fête dans l’une des nombreuses plages privées installées sur le Petit et le Grand Travers.


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SENTEURS BÉZIERS

Béziers,l’insoumise Dominant l’Orb et le Canal du Midi, la cité rendue prospère au XIXe siècle par l’essor du vignoble, recèle des trésors cachés.

Des “Folies” dans les vignes Elles sont le témoin de l’essor économique que connut Béziers grâce à la culture du vin, ces “folies biterroises”. Alors que le cépage “saint Aramon” abreuvait les masses ouvrières des industries minières et sidérurgiques à la fin du XIXe siècle, à l’extérieur de la ville, dans un océan de vignes, fleurissaient les “Palais de l’Aramonie”. La campagne biterroise se couvrit ainsi de ces “châteaux pinardiers”, rivalisant d’audace architecturale (frôlant parfois le mauvais goût). À cette époque, on raconte que le bénéfice d’une seule récolte suffisait à payer la construction d’un de ces châteaux, en faisant appel aux plus grands architectes de l’époque comme le bordelais Garros. Baïssan, La Gayonne (photo), La Devèze, Lirou figurent au nombre de ces “folies”. Parmi elles, le château de Raissac est le seul de l’agglomération à commercialiser ses vins. Restauré depuis plus de 20 ans dans le style anticonformiste de ses propriétaires, Christine et Jean Viennet, Raissac abrite un musée de la faïence. www.sunfrance.com/raissac

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naccessible quand on l’appréhende depuis le pont-canal qui enjambe l’Orb, Béziers (Hérault) trône du haut de sa majestueuse cathédrale (Saint-Nazaire) sur un passé vieux de vingt-sept siècles. Pour monter jusqu’à elle, la ville offre au promeneur un lacis de rampes et d’escaliers qui lui font grimper les quelque soixante-dix mètres séparant la rivière des deux collines, les quartiers Saint-Jacques et Saint-Nazaire, où elle s’est implantée. La cité, enrichie dans la seconde moitié du XIXe siècle par l’essor de la viticulture, garde jalousement ses trésors architecturaux : ici un pinacle gothique, là une fenêtre Renaissance, et un peu partout, de lourdes portes cachant de somptueux hôtels particuliers, signes de la “folie” passée qui enfiévra le Biterrois au XIXe siècle. En ce temps-là, le “Tout Paris” descendait dans cette province. Épargnée en partie par SUITE

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SENTEURS BÉZIERS

Des traces d’Ovni ? Non, un étang asséché !

l’oïdium, le mildiou et surtout le phylloxéra, avec l’aide du Canal du Midi et l’arrivée du chemin de fer, Béziers devient la ville la plus riche du Languedoc. Autoproclamée “Capitale mondiale du vin”, elle se forge un destin à sa démesure. Témoin de ce passé, les boulevards édifiés dans la grande tradition haussmanienne. Les Allées Paul-Riquet, colonne vertébrale de la ville, ornées en 1838 de la statue de Paul Riquet (œuvre de David d’Angers) et plantées de platanes en 1848, en sont un exemple. À chaque extrémité, un symbole de réussite : au nord le splendide théâtre Bonbonnière construit en 1844, une salle à l’italienne. Au sud, le plateau des Poètes est un agréable jardin à l’anglaise, dessiné par Bühler. Ici les allées ombragées, les pièces d’eau et les fontaines gazouillantes célèbrent l’un des plus célèbres enfants du pays, le sculpteur Injalbert qui y a laissé une colonie de tritons et naïades, aux côtés de son monumental Titan. Chaque année, 700 000 visiteurs descendent ces allées en direction des arènes gallo-romaines enchâssées dans les immeubles du quartier Saint-Jacques. Ou de celles, plus modernes, construites en 1905 sur le modèle des arènes espagnoles

par Fernand Castelbon de Beauxhostes, mécène féru de théâtre et d'art lyrique. Les plus grandes arènes de France (13 100 places) accueillent les corridas lors de la célèbre feria du 15 août. Ville d’art, de théâtre et de culture, l’ancienne cité pinardière se prête merveilleusement à la mise en scène de son patrimoine. Proche de la mer, située sur un axe stratégique de communication à la jonction de l’A9 et de l'A75 (facilitant l'accès vers les hautes terres) et desservie par le TGV, Béziers souhaite développer son tissu économique et universitaire. Au-delà du bâtisseur Pierre-Paul Riquet, du résistant Jean Moulin ou du peintre Gustave Fayet, de grands hommes ont poussé la ville à se construire. Mais, c'est l'histoire qui a donné son qualificatif “d'insoumise” à Béziers où lors de la première croisade des Albigeois (1209), Arnaud Amaury déclara « Massacrez-les, car le seigneur connaît les siens », citation légèrement transformée mais devenue célèbre depuis : “Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens”. www.sunfrance.com/beziers www.beziers-tourisme.fr

C’est l’un des paysages les plus étonnants du Languedoc, qui s’admire du site archéologique d’Ensérune, près de Nissan. De là, on domine cet étrange cercle dessiné dans le sol et qui sur plus de 400 hectares, différencie d’immenses parcelles triangulaires et régulières formé par les vignes et les champs, comme les rayons d’une roue de vélo. L’effet visuel est dû aux fossés qui collectent les eaux en direction du point central de cette cuvette naturelle, qui s’évacuent ensuite par un aqueduc souterrain de 1364 mètres puis à ciel ouvert, jusqu’aux anciens étangs de Poilhes et de Capestang et dans l’Aude. Il s’agit en fait du site de l’étang de Montady, asséché au XIIe siècle du fait de l’insalubrité que créaient ses eaux stagnantes et saumâtres. Symbole du génie hydraulique déployé au Moyen-Age, le site revêt une vraie poésie du fait des couleurs changeantes que prennent les cultures.

Et aumilieucoule…l’Orb Le petit fleuve qui prend sa source dans le Parc Naturel du Haut Languedoc entre les monts du Carroux et de l’Espinousse, pour se jeter ensuite dans la grande bleue à Valras, a donné son nom à une vallée miraculeuse. L’Orb sillonne sur 135 km l’arrière-pays biterrois dans des paysages magnifiques. Un chapelet de villages ponctuent ici le parcours, avant d’atteindre les gorges : Lamalou-les-Bains, Hérépian, Bédarieux, Poujol-sur-Orb, Puisserguier… Tous ces villages méritent le détour. De Vieussan à Roquebrun commence la partie la plus encaissée du fleuve, les eaux vertes et rafraîchissantes des gorges accueillant les kayakistes et baigneurs l’été. Plus bas, Roquebrun qualifié de “petit Nice” des hauts cantons, en raison du caractère exceptionnel de son climat. Dans ce village poussent en abondance les mimosas et l’oranger. Cette végétation typiquement méditerranéenne se découvre au “jardin méditerranéen”, véritable conservatoire de plantes médicinales et aromatiques. À découvrir entre autres, une impressionnante collection de succulentes, cactées, plantes exotiques (4 000 plantes représentant un ensemble de 400 espèces) qui s’épanouissent ici grâce à la passion de quelques jardiniers. SUDDEFRANCE - 54 -


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SENTEURS NARBONNE

Narbonne, entre terreet mer

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i Narbonne (Aude) a reçu le label “Ville d'art et d'histoire”, c'est en grande partie grâce à cette forte identité romaine qui la caractérise. Elle fut en effet la première ville romaine de Gaule, avant même la conquête de Jules César. Fondée en 118 avant Jésus Christ, Narbonne était un véritable carrefour de par sa situation géographique, en bord de Méditerranée et à la croisée des chemins. Narbo Martius profitait pleinement du port construit par les Romains, ainsi que de la Via Domitia (Voie Domitienne) créée lors de sa fondation, pour relier l'Italie à l'Espagne. Cette route a d'abord été conçue pour faciliter la circulation des garnisons romaines, mais les commerçants les ont rapidement adoptées. Narbonne était alors un passage obligé. Dès la conquête des Gaules, la ville connaît donc un essor économique impor-

tant. On y développe le commerce du vin, du blé, de la céramique... Devant l'hôtel de Ville, on peut admirer un morceau pavé de la Via Domitia, telle qu'elle se présentait 100 ans avant J.-C. Cette voie arrivait au cœur de la cité par l'actuelle rue de Lattre. Elle traversait la place Bistan, ancien Forum romain, pour déboucher sur l'actuel Pont des Marchands, au-dessus du canal de la Robine. A Narbonne, on dit que les sols regorgent encore de multiples trésors antiques. Même si la plupart des monuments romains ont été détruits, certains musées et centres de fouilles perpétuent le souvenir de Narbo Martius. Au Clos de la Lombarde, des fouilles sont menées depuis 1974. Les archéologues y ont révélé la présence de tout un quartier romain composé de thermes, de rues et de maisons. Un peu plus loin, sur la place de l'hôtel de Ville, l'ancien Palais des SUDDEFRANCE - 55 -

Archevêques abrite aujourd'hui un musée archéologique. Celui-ci dévoile nombre d'objets hérités de l'histoire romaine : des peintures à fresque, des mosaïques, du petit mobilier, des sarcophages... Le fruit d'un long travail de recherches et de fouilles. Autre lieu inévitable : le musée lapidaire, situé dans l'ancienne église de Notre-Damede-Lamourguier. Il dévoile près de 1 300 éléments gallo-romains provenant d'anciens monuments antiques de la ville. Enfin, c'est en s'engouffrant au fin fond du musée de l'Horreum que le visiteur pourra apercevoir le seul exemple français d'entrepôt de marchandises souterrain gallo-romain. La conservation des lieux est étonnante. Un véritable voyage dans le temps ! Musée archéologique 04 68 90 30 65. www.sunfrance.com/narbonne www.mairie-narbonne.fr


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SENTEURS NARBONNE

L’âme des Halles Plus qu'un simple marché, les Halles de Narbonne représentent l'un des centres névralgiques de la cité. Créé il y a tout juste 110 ans, à l'heure où les centres commerciaux n'existaient pas, ce marché couvert est, aujourd'hui encore, plus vivant que jamais. Son immense structure métallique abrite près de 70 commerces de bouches : charcutiers, bouchers, pâtissiers, bars, maraîchers, restaurants... Unique en son genre, ce lieu de rencontre fait totalement partie du patrimoine local. Il est devenu, au fil des ans, une véritable institution. Dans les allées, au beau milieu des multiples étals, on raconte que les halles ont une âme. Un esprit chaleureux. Et 2 800 m2 d'odeurs alléchantes, d'épices, d'olives, de légumes frais, de saucisson, voire même, aux heures adéquates... de pastis. Car les Narbonnais se rendent aux halles pour faire leurs courses, bien entendu, mais aussi pour flâner et se retrouver entre amis. Un endroit plein de charme, ouvert 365 jours par an, et dans lequel on aime prendre son temps...

L'abbaye de Fontfroide, de vie de moine à vie d'artiste Nichée au beau milieu des Corbières, l'abbaye de Fontfroide fait partie des grands monuments du patrimoine narbonnais. Fondée à la fin du XIe siècle par des moines bénédictins, l'abbaye de Fontfroide devient cistercienne en 1145. Rapidement, son aura dépasse les frontières audoises. Elle est alors considérée comme l'une des plus importantes abbayes cisterciennes de la chrétienté. Et tient lieu de bastion d'orthodoxie catholique face à un pays sensible aux idées du catharisme. Les moines veillent au grain. On y fabrique du vin et élève des troupeaux. Au milieu du XIVe siècle, alors en plein essor, l'abbaye regroupe un cheptel de 20 000 bêtes. C'est suite à la Révolution Française qu'elle perd peu à peu de sa splendeur. Les moines y sont de moins en moins nombreux. Une première fois abandonnée en 1791, elle est ensuite réinvestie par une petite vie monastique à la fin du XIXe siècle. Mais cela ne durera pas. En 1901, les derniers moines la quittent définitivement. C'est en grande partie grâce à la famille Fayet, qui la rachète en 1908, alors qu'elle est à l'abandon, que l'abbaye est si bien conservée. Madeleine Fayet tombe sous le charme de la bâtisse et de ses vieilles pierres. Mais ses murs sont délabrés. Gustave Fayet et son épouse entament alors des travaux qui dureront près de 10 ans. A l'opposé de la vie monastique qui régnait quelques années auparavant, les Fayet firent de l'abbaye un haut lieu culturel où se sont succédés de nombreux artistes comme le peintre Odilon Redon, le sculpteur Aristide Maillol ou encore le compositeur Maurice Ravel... Tous de proches amis de Gustave Fayet. En effet, ce dernier est lui-même peintre et grand mécène. La famille d'Odilon Redon et la sienne ont par ailleurs entretenu une amitié sans faille. En 1910, Gustave Fayet demande à son ami de décorer la bibliothèque de l'abbaye. Elle abrite désormais les deux plus grands tableaux du célèbre peintre, l'un intitulé “Le jour”, l'autre “La nuit”. Aujourd'hui, c'est Nicolas d'Andoque, petit-fils de Gustave Fayet, qui gère l'abbaye. Abbaye de Fontfroide, tous les jours de 10 h à 12 h 15, de 13 h 45 à 16 h 45. Tarif : de 3,50 € à 9,50 €. Tél. 04 68 45 50 71. www.sunfrance.com/fontfroide

Olivia Ruiz,une Audoise à croquer La femme chocolat qui a conquis un large public avec un rock chaloupé, des textes gouailleurs imagés, une voix chaude aux accents du Sud-ouest, est née à Marseillette, près de Carcassonne. Mais c’est à Narbonne qu’elle s’adonne, dès l’âge de 15 ans, au théâtre et à la musique et crée son premier groupe de rock, Five. Demi-finaliste de la star Academy, elle s’éloigne rapidement de cet univers édulcoré pour affirmer une vraie personnalité au caractère bien trempé, le cœur à fleur de peau, l’énergie et la joie de vivre vissée au corps. Après un premier album, “J’aime pas l’amour” qui lui vaudra une nomination dans la catégorie “révélation scène” aux Victoire de la Musique 2005 (elle en remportera deux en 2007 et un en 2010), elle décolle littéralement avec “ La femme chocolat” disque de diamant (un million de vente). La belle Audoise qui multiplie les succès, avoue son attachement à ses origines espagnoles et à Narbonne, ville où elle aime venir se ressourcer et à laquelle elle rend hommage en un titre “La Petite Valse de Narbonne Plage”. Après “Miss Météores”, son 3e album studio, une première expérience au cinéma dans le film “Un jour mon père viendra” de Martin Valente, en 2011, elle devrait nous réjouir d’un nouvel album cette année. SUDDEFRANCE - 56 -


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SENTEURS PERPIGNAN

Perpignan, lacitéàl’accent catalan L'essence même de Perpignan (Pyrénées-Orientales), c'est son identité catalane. Elle est aujourd'hui une passerelle privilégiée entre Barcelone et la France.

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es atouts : un brassage des cultures et des populations qui ont fait sa richesse, sa façade méditerranéenne et la beauté des monts pyrénéens qui l'entourent. Longtemps acquise à la cause des Espagnols, c'est bel et bien sous le royaume de Majorque que la ville vit son âge d'or. Elle est alors capitale continentale du royaume. Ses principaux monuments en témoignent. L'ère des rois de Majorque, s'étendant de 1276 à 1344, laisse derrière elle une architecture de style gothique, un palais, une cathédrale... Le Palais des Rois de Majorque est l'un des monuments-symboles de la ville. C'est le roi Jacques II de Majorque qui commande cette construction, achevée en 1309, après sa mort. A la fois palais et forteresse, la bâtisse sert aussi bien de siège du pouvoir politique, que de résidence royale et de chapelle. De style gothique, le Palais dispose également, dans son enceinte, d'un jardin verdoyant. D'ici, le visiteur surplombe toute la plaine du Roussillon. Le royaume de Majorque signe également la naissance d'un autre monument important pour le patrimoine local : la cathédrale SaintJean-Baptiste, sise rue de l'Horloge. Les travaux commencent donc sous le règne de ses rois en 1324. Sa base est de type gothique, et ses premiers plans visaient la construction de trois nefs. En 1344, la guerre fratricide

Salses-le-Château, la limite nord du pays catalan Situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Perpignan, le village de Salses-le-Château attire par la beauté pittoresque de ses étangs et ses fameuses cabanes de pêcheurs, mais aussi par la grandeur de sa forteresse. Cette dernière date du XVe siècle. Elle fut construite sous l'impulsion du roi Ferdinand II d'Aragon et de son épouse, Isabelle de Castille, pour faire face aux assauts des Français, soucieux de reprendre le Roussillon. Les travaux se sont échelonnés entre 1497 et 1502. Et la fiabilité de sa bâtisse a fait ses preuves... Pour l'époque, son architecture est en effet révolutionnaire. Elle est conçue sur la base des châteaux forts médiévaux, mais dispose de tous les atouts techniques des bastions modernes, résistants aux boulets de métal et autres inventions de l'artillerie naissante. Un bel exemple d'architecture militaire dite de “transition”. D'une capacité de plus de 2 000 hommes, le fort s'étend sur 115 m de long et 90 de large. C'est en 1886 qu'il est classé monument historique. Aujourd'hui, il voit défiler près de 100 000 visiteurs, chaque année. www.sunfrance.com/salses

face aux rois d'Aragon et l'épidémie de peste qui va ravager le pays, freinent considérablement l'avancée des travaux. Au fil des ans, ses plans sont modifiés. Elle n'aura finalement qu'une seule et grande

nef, flanquée de chapelles et d'un cloître funéraire, le Campo Santo. La première messe y est célébrée en 1509. L'autre emblème de la ville, c'est le Castillet. Celui-ci est conçu en 1368, sous l'autorité des rois d'Aragon. SUITE

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SENTEURS PERPIGNAN

L'idée ? Doter Perpignan d'un château fort pour la défendre contre toute invasion venant du Nord. Après la signature du Traité des Pyrénées, en 1659, Perpignan passe aux mains des Français. Ce célèbre fort de briques rouges fait alors office de prison, dans laquelle sont enfermés les opposants au régime en place. En 1697, le Castillet est

officiellement déclaré prison d'État. Au début du XXe siècle, les fortifications qui entouraient la ville furent démolies pour désenclaver le centre, mais le Castillet fut épargné in extremis. Aujourd'hui, il abrite le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires. www.sunfrance.com/perpignan www.perpignantourisme.com

La gare de Perpignan,le centre du monde ? Le peintre surréaliste Salvador Dalì, originaire de Figueras, s'est un jour écrié que la gare de Perpignan était “le centre du monde”. C'était en 1965. Deux ans auparavant, il aurait vécu une expérience cosmique exceptionnelle. Celle-ci lui aurait soudain révélé l'idée de réaliser ses toiles en troisième dimension stéréoscopique. Pour l'artiste, une nouvelle technique de peinture était née. A partir de ce moment là, Dalì attribuera à la gare l'inspiration de ses plus grandes idées artistiques. « C’est toujours à la gare de Perpignan, au moment où Gala fait enregistrer les tableaux qui nous suivent en train, que me viennent les idées les plus géniales de ma vie. Quelques kilomètres avant déjà, au Boulou, mon cerveau commence à se mettre en branle, mais l’arrivée à la gare de Perpignan est l’occasion d’une véritable éjaculation mentale qui atteint alors sa plus grande et sublime hauteur spéculative », assurait-il. Le tableau de Salvador Dallì intitulé “Mystique de la gare de Perpignan” (1965) en découle. Ce sera l'un des thèmes récurrents de l'artiste. Même si ses allégations prêtent à sourire, elles n'ont eu de cesse d'inspirer les Perpignanais. Dalì décorera par ailleurs le plafond de la gare. Et sur le quai, on peut lire une inscription en lettres blanches, signifiant aux voyageurs qu'ils patientent, ici, au “Centre du Monde” !

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L’USAP,la fierté d’une ville L’ancêtre de l’Union sportive arlequins Perpignanais date de 110 ans. Club majeur du monde du rugby, il n’a jamais été relégué de l’élite du championnat de France depuis un siècle. Après une période sans relief dans les années 70-80, le club connaît à nouveau des sommets depuis sa professionnalisation dans les années 90. Depuis, l’USAP a été quatre fois finaliste du championnat de France et a connu une victoire historique face à Clermont-Ferrand en 2009 (22 à 13). Disposant de joueurs régulièrement sélectionnés en équipe de France, l’USAP – qui a repris depuis 1997 sur son maillot les couleurs du drapeau catalan - fait battre le cœur des Perpignanais et possède même une brasserie à ses couleurs en centre-ville. Quant au terme “arlequin ”, il vient du fait qu’à l’origine les premiers joueurs du club, très pauvres, n’ayant pas les moyens de changer leurs maillots déchirés, les faisaient rapiécer. Parfois avec des bouts de tissus de couleurs différentes. D’où cette ressemblance avec l’uniforme d’Arlequin !


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ŒNO CIRCUIT ENTRE VIGNE MILLÉNAIRE ET PRÉHISTOIRE EN ROUSSILLON Le Roussillon est un petit territoire au relief très varié et aux nombreux terroirs. Ici, on aime dire que la vigne est millénaire et que la terre est bénie des dieux. Paysage sauvage, falaises calcaires, patchwork de terroirs à découvrir dans la vallée des premiers habitants de l’Europe.

ÉES- S PYRÉN TALE N ORIE

Homo erectus, vitis vinifera et galop

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Petit-déj dans les vignes à Baixas Depuis trois ans, la cave Dom Brial met tout en œuvre pour accueillir petits et grands sur son vignoble. Commencez votre journée par un petit déjeuner vigneron où vous observerez le “Crest Petit”, mosaïque viticole typique de l’arrière-pays méditerranéen, avec ses vignes plantées en échalas. Et devant une cabane en pierres sèches, vous partagerez l'Esmorza, le petit déjeuner en catalan avec un vigneron qui vous fera déguster ses vins (le vendredi en juillet et août à 9 h : 15 €, gratuit pour les -12 ans, sur réservation. Durée : 2 h). Mais vous pouvez tout aussi bien partir seul sur leur sentier balisé de découverte du Patrimoine Vigneron. Des panneaux et un audio guide (disponible sur Internet ou dans leur caveau) vous expliquent les secrets de la vigne et le travail du vigneron. Au point culminant, vue panoramique sur la plaine du Roussillon, la mer, le Mont Canigou et les Pyrénées. Gratuit ! Et aussi, escapades vigneronne et dégustation.

Souvenez-vous, c’était “juste”, il y a 450 000 ans, les hommes vivaient dans les grottes et le vin n’existait pas ! Mais aujourd’hui si « la vigne ne devait pousser qu’à un endroit, cela serait certainement dans la vallée de Tautavel ». Même les analyses des pollens fossiles montrent que la vigne fait partie du paysage naturel de la vallée. Pour tout savoir sur nos origines, visitez le musée et ses 2 000 m2 de galeries d’exposition à la scénographie moderne. L’homme de Tautavel n’aura plus de mystère pour vous. Suivez ensuite la signalétique originale faite de fresques en mosaïques, pour un parcours “préhistoire et vigneron”. Rendez-vous au caveau “les Maîtres Vignerons” au pied du musée (dégustation et proposition de balade familiale dans leurs vignes). Et si vous avez envie de galoper, dirigez-vous au Ranch de Las Caneilles pour des promenades à cheval dans le vignoble et autour des châteaux cathares.

Musée de préhistoire, avenue Léon-Jean-Grégory à Tautavel. Tél. 04 68 29 07 76. www.450000ans.com Caveau les Maîtres Vignerons de Tautavel, 24, avenue Jean-Badia à Tautavel. Tél. 04 68 29 12 03. www.vignerons-tautavel.fr Ranch de Las Caneilles à Tautavel. Tél. 04 68 29 03 41. www.ranchdelascaneilles.com.

Déjeuner au chant des cigales

31€, café compris. Le soir (en juillet et août) : 39 €. Egalement, un centre d’art contemporain avec cette année Olivier Masmonteil.

Château de Jau à Cases-de-Pène. Tél. 04 68 38 91 38. www.chateau-de-jau.com

Plein la vue au cirque de Vingrau Pour en prendre “plein les yeux”, dirigez-vous ensuite en direction d’Espira-de-l’Agly (église superbe du XIIe siècle) et admirez le cirque de Vingrau, cirque de calcaire unique au monde et un patchwork exceptionnel de terroirs. Si vous avez la chance de tomber le bon jour, prenez à destination, le “train des vignes” (trajet allerretour de 2 h 30 avec dégustation et vente de vins). Pour tout savoir : www.tpcf.fr

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Se restaurer et dormir à Rivesaltes ou en bord de mer

Vignoble Dom Brial, 14, avenue Joffre à Baixas. Tél. 04.68.64.22.37. www.dom-brial.com

5 Auberge du Domaine de Rombeau,

2, avenue de la Salanque à Rivesaltes. Tél. 04 68 64 35 35. www.domaine-de-rombeau.com.

Restaurant la table d’Aimé (Maison Cazes),

4, rue Francisco-Ferrer à Rivesaltes. Tél. 04 68 34 35 77. www.cazes-rivesaltes.com

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On arrive à Jau par une longue allée de platanes bordée de vignes, de cyprès et d’oliviers... vous entendez les cigales ? Depuis 35 ans, on mange dans ce cadre idyllique aux couleurs de la Toscane, le même et unique repas simple et bon, typique du Roussillon. Chaque plat est généreusement accompagné des vins du domaine. Le tout pour SUDDEFRANCE - 59 -

Chambre d’hôtes L’orangerie, 3T rue Ludovic-Ville à Rivesaltes.

Tél. 04 68 73 74 41. www.maison-hotes-lorangerie.com Et si vous restez plusieurs nuits, pourquoi ne pas aller au bord de la mer au Château de Rey, route de Saint-Nazaire à Canet-en-Roussillon. Tél. 04 68 73 86 27. www.chateauderey.com

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Terre de contrastes, le LanguedocRoussillon est constitué d’une mosaïque de terroirs. De la montagne à la mer, des hauts cantons à la Méditerranée, de la Petite Camargue à la Côte vermeille,

SAVEURS

ce sont ainsi une multitude de spécialités qui sont proposées et forgent une cuisine ensoleillée et raffinée. Si on connaît l’olive picholine, le cassoulet de Castelnaudary et Carcassonne, les anchois de Collioure, les huîtres des étangs de Leucate et de Thau, la brandade de Nîmes, la seiche, l’oignon doux des Cévennes ou encore le petit pâté de Pézenas, la palette des saveurs est loin de s’arrêter en si bon chemin. Autant de produits qui portent haut les couleurs d’une région gourmande, tandis que la tradition viticole fait du Languedoc-Roussillon - plus vaste territoire viticole de la planète - qui produit des vins parmi les meilleurs du monde, une zone de jubilations ! Pour en savoir plus, scannez ce QR code avec votre smart phone ou connectez-vous directement à l'adresse suivante : www.sunfrance.com/saveurs

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27 siècles d'histoire pour le plus grand vignoble du monde L’œnotourisme, une nouvelle convivialité

Le Languedoc-Roussillon est le plus grand vignoble du monde, son climat généreux, la richesse et la multitude de ses terroirs en font une terre viticole féconde et créative. Elle est chaque jour mise en valeur par un savoir-faire régional ancestral allié à des techniques de production à la pointe du progrès. La marque Sud de France en est la signature, l'expression simplifiée pour le consommateur. Véritable “marque ombrelle” regroupant l'ensemble des vins du LanguedocRoussillon, elle valorise une origine, un savoir-faire et un terroir méditerranéen exceptionnel.

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l fallait oser, voici maintenant trente ans, explorer ces deux voies parallèles désormais si complémentaires. Tout vigneron peut désormais prétendre à la marque Sud de France et la région a vu naître l’appellation générique Languedoc, produite sur l’ensemble du vignoble du Languedoc-Roussillon, qui va de Nîmes à la frontière espagnole. C’est d’un vignoble de

masse composé de terroirs à forts rendements et où il a fallu changer les habitudes – arrêter de faire “pisser” la vigne en baissant la quantité de vin produite par hectare - pour arriver au niveau de qualité atteint aujourd’hui. Une qualité empreinte de diversité, sur un territoire qui cultive les vins doux naturels (muscats de Frontignan, Lunel, Mireval, SUDDEFRANCE - 62 -

Dès les temps les plus reculés, le vin acquit une dimension unique, chargé de significations. « Les peuples méditerranéens commencèrent à sortir de la barbarie quand ils apprirent à cultiver l’olivier et la vigne », constatait voilà 2500 ans l’historien Thucydide. Héritiers d’un terroir hors normes, les vignerons du Languedoc-Roussillon ont compris l’intérêt de faire découvrir leurs métiers et leurs produits. Dès le moi d’avril, la région devient l’Eden des amateurs d’œnotourisme avec une multitude de manifestations qui prennent la forme soit d’une dégustation dans un lieu unique, soit une balade vigneronne et gourmande avec des étapes réparties sur un circuit prédéfini. En avril, Montpeyroux organise “Toutes caves ouvertes”, Peyriacde-Mer et Bages propose sa “Balade des Cinq Sens”. En mai, l’AOC Lirac propose sa traditionnelle balade gourmande des Jaugeurs tandis que l’AOC Costières de Nîmes organise ses “Vignes Toquées” et les vins de la Clape près de Narbonne, leurs “Sentiers Gourmands”. Dans les Pyrénées-Orientales, c’est grâce à une initiative des vignerons du village qu’à Calce, “les Caves se rebiffent” au milieu du mois. Les manifestations s’échelonnent tout l’été, avec nombre de circulades vigneronnes en terrasses du Larzac, les vignes buissonnières en Pic Saint-Loup, un grand salon des vin à Uzès etc. Cerise sur le gâteau, cette année l’appellation Faugères fête tout l’été ses 30 ans, avec un point d’orgue le 8 juillet lors de la fête du Grand Saint-Jean dans le village de Faugères. Autant de moments de convivialités uniques.


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SAVEURS VINS SUD DE FRANCE

« Le Languedoc-Roussillon est le nouvel eldorado des vins au monde »,Robert Parker Saint-Jean-de-Minervois, Rivesaltes, Banyuls et Maury), les effervescents (dont la Blanquette et le Crémant de Limoux) et une offre de rouges, de blancs et de rosés multiples. Sa notoriété actuelle, cette terre de vignobles la doit aux hommes qui l’ont bâti en étant innovants. C’est ici que les vins de masse se sont rués vers la qualité, que sont nés des concepts. « Le Languedoc-Roussillon est le nouvel eldorado des vins au monde », a même pu écrire le célèbre dégustateur de vins Robert Parker. Vinifier le raisin cépage par cépage et inviter le consommateur à la découverte simple d’une syrah, d’un cabernet ou d’un sauvignon a été l’initiative de la maison Skalli à Sète. La région promise à des mutations n’en reste pas moins la première région viticole au monde, avec un vignoble de près de 245 000 hectares, vingt-cinq mille vignerons, quatre mille caves particulières. Avec des couleurs aussi diverses que ses terroirs de schistes qui fortifient les vins de SaintChinian, des Côtes du Roussillon et des Coteaux du Languedoc. Aussi riches que ses terroirs de galets - appelés grès en occitan qui rendent les vins du domaine Puech Haut

inoubliables, encore à l’origine de l’appellation grés de Montpellier, illustrée avec brio par le domaine Clavel. Ces grès caractéristiques des Corbières, ces vins rouges épicés dont les terroirs de Lézignan, Boutenac ou Lagrasse résonnent aux sens. Et pourtant, après avoir subi les politiques d’arrachages, la concentration de son tissu économique coopératif, servi les ambitions d’un négoce grossissant, la région a engagé la reconversion de son vignoble. La marche qualitative du Languedoc-Roussillon s’accompagne donc d’une conversion des vignerons à l’agriculture biologique, qui touche déjà plus de 30 % de ses superficies. Une région exemplaire à ce titre, pour concentrer plus de douze mille hectares de domaines convertis et près de huit mille en conversion. Le succès du domaine d’Aupilhac à Montpeyroux en est le meilleur exemple avec les producteurs de vins bios qui bougent, tels château l’Hospitalet, château de Cazeneuve ou Villa Tempora.

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Des vins renommés L’appellation régionale AOP du Languedoc est le socle référent des appellations d’origine, dont les principaux cépages pour les rouges et rosés sont le grenache, la syrah, le cinsault et le carignan. Pour les blancs, le grenache blanc, le bourboulenc, le viognier, le picpoul, la marsanne, la roussanne, le vermentino et l’ugni. Dans la dynamique Sud de France, cette appellation est un pont entre la notion de cépages défendue par les vins Pays d’Oc (IGP) et la typicité des terroirs. Sur les départements de l’Aude, du Gard, de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales, le vignoble languedocien se compose de 18 appellations d’origine protégées (AOP) : Cabardès, Clairette du Languedoc, Cornières, CorbièresBoutenac, Faugères, Languedoc, Limoux, Malepère, Minervois, Minervois la Lavinière, Muscats, Saint-Chinian, Muscat de Rivesaltes, Rivesaltes, Banuyls et Banyuls grand cru, Maury, Côtes du Roussillon.


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SAVEURS VINS DOUX

Desmarquesd’apéritifs mondialement connus Ils ont marqué l’histoire de la région et bien au-delà. Célèbres au siècle dernier, les apéritifs Byrrh ou Noilly Prat continuent d’être des produits très prisés, tout comme certains vins doux naturels.

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uscats de Mireval, de Frontignan, de Lunel, de Saint-Jean-de-Minervois pour le Languedoc, Banyuls, Maury, Rivesaltes en Roussillon… La Méditerranée est le territoire privilégié d’une production diversifiée de vins doux naturels. C’est d’ailleurs un Roussillonnais, Arnaud de Villeneuve, médecine et régent de l’université de Montpellier, qui a découvert en 1285 leur procédé de vinification, le mutage, qui consiste à ajouter de l’eau-de-vie au jus de raisin ayant subi un début de fermentation alcoolique. Ce qui permet d’augmenter la richesse alcoolique en conservant les sucres naturels du raisin. Bénéficiant d’un véritable engouement après la Deuxième Guerre mon-

diale, ces vins doux figuraient en bonne place à l’heure de l’apéritif, avec en premier lieu le Banyuls, toujours produit à quelques kilomètres de la frontière franco-espagnole. A leur côté, héritiers des vins parfumés romains, les apéritifs à base de vin sont aussi l’apanage de la région. Obtenus par le mélange de vin, de sucre, d’alcool de betterave et d’aromates, ils furent l’apanage du port de Sète où se concentraient les plus grandes maisons. Herboriste et œnologue, Joseph Noilly découvre que les barriques exposées à la chaleur et aux embruns donnaient un vin blanc puissant. Dès 1813, il décide de reproduire ce vieillissement et crée à Marseillan le Noilly Prat, un vermouth qui va connaître un succès mondial grâce à des amateurs comme Ernest Hemingway ou Humphrey Bogart. La

Et des eaux réputées ! En Pyrénées-Orientales, on trouve la Sémillante, une eau de source, d'origine souterraine, microbiologiquement pure, qui jaillit naturellement au cœur du Pays Catalan, puisée et embouteillée à Toulouges depuis quelques années. Cette eau est à la base des sodas de la brasserie Milles dont sa fameuse Limonette. Dans l’Hérault, on trouve la Salvetat, eau minérale classée en 1868 qui surgit au cœur du Parc Naturel du Haut Languedoc, Peu salée et riche en calcium, elle appartient au groupe Danone. Elle est embouteillée à La Salvetat-sur-Agoût. Non loin de Lamalou-les-Bains, la source Vernière jaillit naturellement gazeuse après un long trajet à travers les roches primaires. Reconnue “d'intérêt public”, l’eau minérale Vernière est particulièrement riche en bicarbonates, calcium, magnésium et bicarbonates. En Lozère, à la croisée des Cévennes et des grands Causses, l’eau minérale naturellement gazeuse Quézac est riche en bicarbonates, en sodium, calcium et en magnésium. Après un long et profond parcours souterrain, elle jaillit dans un vallon au pied du petit village médiéval de Quézac. Enfin, l’eau de Perrier, mondialement connue, provient du cœur de la garrigue près de Nîmes. La source fût exploitée pour la première fois en 1863 et le site devient un établissement thermal. En 1894, elle devint la propriété du docteur Perrier, qui lui donna son nom. Des visites sont organisées pour tout savoir la petite bouteille verte et ses bulles. La Salvetat : Office de tourisme de la Salvetat-sur-Agoût (Hérault) Tél. 04 67 97 64 44 Vernière : Les Aires (Hérault). Tél. 04.67.95.28.15 Sémillante : Brasserie Milles, Toulouges (Pyrénées-Orientales). Tél. 04 68 54 44 66 Quézac : Syndicat de l’eau de Quézac (Lozère). Tél. 04 66 45 47 15 Perrier : Source Perrier Lieu-dit “Les Bouillens”, Vergèze (Gard). Tél. 04 66 87 61 01 SUDDEFRANCE - 64 -

Les Vins Doux naturels : un trésor Qualifiés de spécialité méridionale, les Vins Doux Naturels (VDN) - Muscats de Frontignan, de Lunel... - sont élaborés dans le Languedoc-Roussillon, et plus particulièrement dans les Pyrénées-Orientales pour les Muscat de Rivesaltes, Maury, Banyuls et Rivesaltes (ambré, tuilé…). Ces Vins Doux Naturels sont des vins mutés dont la fermentation est arrêtée par addition d’alcool, ce qui permet d’augmenter la richesse alcoolique en conservant les sucres naturels du raisin. Les plus curieux pourront visiter toute la région en suivant le tracé des lieux de productions que sont Lunel, Mireval, Frontignan, Saint-Jean-de-Minervois, Rivesaltes, Maury ou Banyuls. Depuis peu, les vins doux naturels du Roussillon ont réintroduit le rosé dans l’appellation Rivesaltes, trois caves ont été autorisée officiellement à produire du Rivesaltes Rosé pendant la vendange 2010, dont Les Vignerons Catalans, un gros opérateur des Pyrénées-Orientales. maison Noilly est toujours installée au bord de l’étang de Thau où elle se visite. L’autre grande marque, le Byrrh, est établie plus au sud, en territoire roussillonnais. C’est également au XIXe siècle que deux frères inventèrent cette boisson à base de Malaga, un vin fort produit en Espagne, additionné de quinquina. A Thuir, on peut toujours visiter l’immense cave avec sa cuve d’une capacité de 420 000 litres, un record, et les quais de chargement, construits pas les ateliers Eiffel. Noilly Prat, 1, rue Noilly, à Marseillan (Hérault). Tél. 04 67 77 75 19. www.noillyprat.fr Caves Byrrh, 6, boulevard Violet, à Thuir (Pyrénées-Orientales). Tél. 04 68 53 05 42. www.byrrh.com www.sunfrance.com/vins


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SAVEURS HUÎTRES - COQUILLAGES

ÀMarseillan,l'homme quiarecréélamarée!

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ruit de la technologie et de la nature, la “Seven” est la benjamine des huîtres élevées par la famille Tarbouriech, ostréiculteurs de père en fils depuis 1963, au bord de la lagune de Thau, près de Marseillan. “Seven”, la dernière née des huîtres Tarbouriech, a sept bonnes raisons de retenir notre attention : “Sea” pour la mer, “Sexy” pour ses courbes, “Sun” pour ses couleurs chaudes, “Small” pour son petit calibre, “Savoureuse” pour ses qualités gustatives, “Sète” en référence à son bassin d’élevage et enfin “Spéciale”, parce qu’en effet, elle ne ressemble à aucune autre. Florent Tarbouriech, le patron de Médithau Marée, n’est pas peu fier de sa dernière création. « Son goût, son apparence sont capables de convaincre ceux qui font encore la grimace en face d’une huître, explique-t-il, parce qu’on est plus vraiment dans l’huître. La “Seven” surprend en bouche par sa suavité, sa douceur, son croquant ». Un cycle de production court - deux ans - permet de baisser son coût chez le producteur. Récoltée depuis 2012, la “Seven” représente déjà 50 % de la production conchylicole de Médithau Marée. Les deux autres sélections d’huîtres passent plus de temps dans l’eau. La fameuse “Tarbouriech” qui arrive à maturité au bout de trois ans et qui représente 35 % de l’élevage ou encore l’énorme “Premium” qu’il faut bichonner pendant quatre ans. Toutes sont issues de l’espèce “huître creuse de Bouzigues”. Mais comment imprime-t-on une spécificité ? « La différence tient à la durée des cycles d’exon-

dation, c’est à dire le temps que l’huître passe au soleil ! Autrefois, les anciens exondaient deux à trois fois par an. C’était un travail fastidieux, explique encore Florent Tarbouriech notre technique brevetée recrée le cycle de la marée à volonté et à distance. Des panneaux photovoltaïques installés au-dessus des tables produisent l’énergie, un moteur actionne les perches pour exonder. Nos huîtres de Méditerranée vivent la marée, mais en mieux, parce qu’on s’adapte à leur croissance ». Florent Tarbouriech serait-il le “Géo Trouvetout” conchyculteur de la lagune de Thau ? Possible. La petite Bouzigues est devenue une grande dame de la technologie Tarbouriech pour notre plus grand plaisir, à déguster chez les écaillers ou sur place, les enfants de Florent tenant de mai à septembre le “Saint Barth”, restaurant face à l’étang. Médithau Marée à Marseillan. www.medithau.com.Visite guidée des parcs suivie d’une dégustation au “Saint Barth” de mai à septembre. Tél. 06 10 79 49 85.

Des coquilles :de Bouzigues à Leucate Dans l’Hérault, le joli petit port de Bouzigues est un trésor gourmand au décor planté au bord de l’étang de Thau. Tout entier voué à la conchyliculture, le village regorge de producteurs qui proposent des dégustations les pieds dans l’eau. Une bonne idée pour sortir des sentiers battus et déguster plateaux de fruits de mer, brasucades et autres spécialités les yeux plantés sur le Mont Saint-Clair. Le Récantou, La Tchèpe, Demoiselles Dupuy, La Côte Bleue, Les Rives de Thau, et une quinzaine d’établissements offrent de déguster coquillages et crustacés. Un joli port, un petit musée, un clocher pour voir au loin et raconter l’histoire des coquillages du bassin s’ouvrent encore au visiteur. Une route de l’huître permet la découverte des mas conchylicoles. L’huître fait sa fête tous les ans à la mi-août. Dans l’Aude, entre Port-Leucate et Leucate, le décor est un peu différent mais l’accueil tout aussi charmant. Une multitude de petites cabanes sont posées le long de l’étang où les producteurs servent huîtres et coquillages à longueur de temps. Les huîtres de Bouzigues, de Leucate et de Gruissan sont de la même espèce mais gustativement un peu différentes. C’est ouvert toute l’année. SUDDEFRANCE - 65 -


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SAVEURS SEICHE

OlivierAzaïs, pêcheur deseiche àFrontignan A Frontignan, une poignée de petits métiers pêchent une partie de l’année le poulpe, l’oursin ou la rascasse. Olivier et Patricia Azaïs ont fait eux de la pêche à la seiche leur spécialité.

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rôle d’animal à dix bras, la seiche est en fait un nom générique pour un très grand nombre de mollusques. Plus petites que les calmars, les seiches ont cette spécificité qu’elles peuvent projeter de l’encre. Spécialité locale de Sète et des alentours, elles sont pêchées depuis des lustres dans cette partie de la Méditerranée et donne lieu à de savoureuses recettes, dont la très fameuse rouille de seiche (voir ci-contre). Olivier Azaïs pêche la seiche depuis plus de vingt ans. Et c’est avec son épouse Patricia que tous les hivers - la seiche se pêche en janvier et février – ils partent à l’aube à bord de leur bateau le Patolisa A Pas Peur, pour une demi-journée qui demande beaucoup de patience. Leurs regards fixés au loin, le couple cherche les signaux – flotteurs de re-

pérage – des filets posés deux ou trois jours avant. « Selon le temps, nous calons ou décalons les filets, c’est le rythme de la mer. Pour la seiche, la météo doit être clémente », explique Patricia. Dans la zone des trois milles marins réservés aux petits métiers de la pêche, les seiches naviguent à quelques mètres de profondeur dans la mer. « Lorsqu’on attrape une seiche, il faut faire attention car elle crache son encre et elle

peut mordre avec son bec », explique Olivier, dans son ciré jaune parsemé de taches d’encre. « La pêche se pratique à la lune noire (en l’absence de pleine lune) pour tous les crustacés. Après les tombées de mer, le poisson est perturbé et la pêche est plutôt bonne ». Une bonne pêche avoisine les 30 kilos par jour. De quoi réaliser quelques belles planchas ou rouilles !

La rouille de seiche 1 kg de seiches avec les têtes (mais sans les becs ni les yeux) 2 oignons - 2 gousses d’ail 2 à 3 briques (250 g) de coulis de tomates 2 jaunes d’œufs Thym - Sel, poivre Nettoyez et coupez les seiches en lamelles. Faites roussir les seiches avec l’ail et l’oignon, ajoutez la purée de tomate puis à la fin de la cuisson, délayez deux jaunes d’œufs dans un bol de tomate. Mélangez et laissez mijoter 10 minutes. Ajoutez du piment de Cayenne si vous aimez les sauces relevées. Préparez le riz. Faites bouillir deux fois le volume de riz d’eau salée, à ébullition ajoutez le riz. Egouttez ensuite le riz et servez bien chaud.

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SAVEURS PICHOLINE - AGNEAU

LaPicholine,l’autrepassion deNîmes Nîmes la romaine, est aussi le berceau de la picholine, une variété d’olives cultivées depuis plusieurs siècles dans le Gard.

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vec près de 4 000 hectares plantés d’oliviers, le département du Gard est le premier département producteur d’olive du Languedoc-Roussillon. Le fruit d’une longue histoire puisque les oliviers étaient présents dans la bassin méditerranéen voilà plus de 60 000 ans. Et l’on doit à la colonisation romaine d’avoir étendu la culture de l’olivier à tout le sud de la Gaule. Et déjà au XVIe siècle, les oliveraies du département et du pourtour du golfe du Lion étaient réputées. Au siècle suivant, deux frères d’origine italienne, les Picholini, s’installèrent à SaintChamas en Provence où ils popularisent une recette pour rendre les olives consommables sans qu’elle ne perdent leur couleur verte. Le secret est de mélanger les olives avec de la cendre, de les recouvrir d’eau puis de les placer dans une saumure aromatisée. D’abord pratiquée sur des variétés provençales, la technique fut vite étendue à l’olive du Gard, qui prit le nom des inven-

teurs et devint la picholine. Très fruitée et verte, craquante et fibreuse, à l’amertume et au piquant léger, la picholine que l’on trouve entre Garons, Sommières, Uzès et Beaucaire, est caractérisée par des arômes qui lui donnent un goût de beurre-noisette caractéristique. Depuis toujours, la culture de l’olive a été à double fin, puisqu’on commence à “oliver” c’est-à-dire ramasser les olives dès la fin du mois de septembre pour l’olive de bouche, en choisissant les plus gros fruits, et que l’on repasse dans les vergers en fin d’année pour récolter la totalité des olives servant à la production d’huile. La production de picholine représente les deux tiers de la production oléicole gardoise. Au sein de celle-ci, une dizaine de tonnes sont produites sous l’appellation d’origine “Olive de Nîmes” et se débusquent aux halles de Nîmes ou d’Avignon ou encore sur le marché d’Anduze. www.sunfrance.com/saveurs

La tendresse des agneaux de Lozère et du pays cathare Issu des méthodes d’élevage raisonnées et maîtrisées, l’agneau de Lozère est élevé au rythme des saisons par des bergers passionnés respectueux des méthodes traditionnelles des zones de montagne. L'Agneau de Lozère est un agneau jeune, de race pure issu exclusivement des brebis et béliers de race rustique “Blanche du massif Central”. Non sevré, il est élevé avec sa mère jusqu’à 130 jours maximum et reste en permanence à ses côtés. Les agneaux reçoivent, en sus du lait maternel, des fourrages issus de la zone et un complément à base de céréales en fin de période d'engraissement. L’agneau de Lozère bénéficie d’une Identification Géographique Protégée (IGP) depuis 2007. Dans l’Aude, les agneaux (photo) sont élevés sous la mère durant 70 jours avant de finir leur croissance au fourrage pour atteindre 109 à 120 jours maximum. Le département a créé la marque collective Pays cathare que peuvent revendiquer les agneaux répondant à un cahier des charges très strict. SUDDEFRANCE - 67 -

Des huiles aux arômes variés L’huile d’olive est un produit naturel et sain utilisé depuis la nuit des temps pour guérir de nombreux maux et entretenir la santé. De nombreux oliviers de la région disparurent avec le grand gel de février 1956. Mais depuis les années 80, la culture de l’olivier et la fabrication de l’huile d’olive ont connu un net regain grâce aux découvertes des avantages dus au régime méditerranéen. De nombreux producteurs d’huile de grande qualité sont à découvrir dans tout le Languedoc-Roussillon, dont : - Domaine de l’Oulivie à Combaillaux. Tél. 04 67 67 07 80. - Olidoc à Clermont-l’Hérault. Tél. 04 67 96 10 36 - L’oulibo à Bize-Minervois. Tél 04 68 41 88 88. - Moulin de Villevieille. Tél : 04 66 80 03 69. - Moulin de Corconne. Tél. 04 66 77 32 75. - Coopérative Oléicole La Catalane. Tél. 04 68 57 28 67.


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SAVEURS BRANDADE DE NÎMES

LabrandadedeNîmes, l’histoired’un troc comme chez Michel Kayser, le chef double étoilé du restaurant Alexandre de NîmesGarons !

Où la trouver ?

Plat emblématique de Nîmes, la brandade de morue n’a pourtant pas grand-chose à voir à l’origine avec le Gard.

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our être largement cuisinée en période de carême, la morue n’est pas morose. Celle de Nîmes a la réputation d’être sans ail mais bon nombre de cuisiniers et cuisinières lui donnent un tour de préparation aux anchois, à la pomme de terre ou en feuilleté. Dans le sud, on l’adore crue simplement toastée. Quant à l’histoire de la brandade de Nîmes, elle remonte à la fameuse route du Sel. En ce temps-là, les terre-neuvas de l’Ouest venaient s’approvisionner à Aigues-Mortes, port de sel, pour mieux préparer et conserver la morue. Pour payer les négociants, ils troquaient un peu de leurs stocks de morues contre des sacs de sel. C’est aux alentours de 1830, que la brandade de Nîmes est née de l’imagination d’une Nîmoise qui eut l’idée de broyer sa chair dans un mortier, de la délayer dans du lait avec des huiles fines et des aromates des garrigues environnantes. La brandade ou brandado était née. C’est un dénommé Durand, natif d’Alès et cuisinier de l’évêque, qui la rendit populaire. Le métier de brandadier était né et avec lui apparaissent des maisons de fabrication dont la maison Raymond fondée en 1879, plus que centenaire, qui deviendra Raymond-Geoffroy en 1950. La brandade est devenue une vraie spécialité nîmoise. Alphonse Daudet, Nîmois d’origine, en était

l’ambassadeur à Paris. Si par la suite, on lui attribua de nombreux assaisonnements, traditionnellement la brandade de Nîmes se prépare sans ail et sans pommes de terre, froide ou chaude et même avec de la truffe

On l’achète toute prête chez Raymond Geoffroy, le roi de la brandade ! Sa maison, fondée en 1879, a toujours été spécialisée dans la brandade de morue, un produit phare et historique pour la marque. Il fabrique l’authentique brandade de Nîmes. La maison offre de l’acheter directement à la Maison des producteurs (tél. 04 66 27 11 98). L’autre grand producteur est la maison Coudène, installée en 1936 et située à SaintChristol-lez-Alès (tél. 04 66 60 77 50).

L’anchois,le symbole de Collioure Collioure est célèbre pour son port, son clocher, le fauvisme et ses anchois. Le poisson bleu d’une dizaine de centimètres de long reste un emblème pour Collioure, devenu site remarquable du goût en 1994. Dix ans plus tard, l’anchois de Collioure décrochait le label européen et devenait Indication Géographique Protégée. Il faut dire que dans le petit port de la côte Vermeille, on a trouvé trace de ces préparations d’anchois depuis le Moyen-Age. Une spécialité que Louis XIV reconnaîtra en son temps, lui qui avait exempté les saleurs colliourencs de “gabelle”, l’impôt sur le sel. Aujourd’hui, les normes européennes ont réglementé et modifié l’univers des ateliers de salaisons. Sur la dizaine, il n’en reste que deux, ceux des familles Desclaux et Roque qui produisent à elles seules environ trois cents tonnes d’anchois préparés chaque année. Les deux familles ont toutes deux de petits ateliers de démonstration en ville, et pour la maison Desclaux, un espace d’exposition à découvrir en famille sur l’histoire de ces métiers. Mais leurs ateliers de production respectifs sont désormais excentrés. La saison des anchois dure de mai à octobre, période au cours de laquelle ils sont pêchés au filet. Pour mériter l’Indication Géographique Protégée (IGP) Anchois de Collioure, il faut respecter un certain nombre de contraintes comme saler les anchois une première fois dans les douze heures qui suivent leur capture. Acheminés frais aux ateliers, les poissons sont ensuite glacés et salés, étêtés et éviscérés à la main avant d’être placés en phase de maturation dans des fûts, en couches croisées avec du sel, pour une période qui ira de trois mois à un an. C’est dans le sel que l’anchois prendra sa couleur, son goût et son parfum. Les amateurs préfèrent l’anchois de Méditerranée et côtier à celui du large pour des raisons organoleptiques.

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SAVEURS PETITS PÂTÉS

L’épatant petit pâté de Pézenas Inventé au XVIIIe siècle par un Lord anglais, le petit pâté est l’une des plus anciennes traditions culinaires du Languedoc. Gourmandise originale, il s’en vend de plus en plus. Mais un seul pâtissier continue de les faire dans le respect des traditions…

«L

a recette, elle est dans la tête de mon mari ! ». Derrière son comptoir, Cathy Quatrefages n’est pas peu fière de rappeler que la recette de la fabrication des petits pâtés est un secret qui se transmet oralement de père en fils dans la famille. Au début de la rue Conti en plein centre de Pézenas, voilà plus de cinquante ans que l’échoppe baptisée “Au palais des délices” est tenue par les Quatrefages. D’abord par Suzette et Maurice. Puis, depuis vingt et quelques années par Cathy et Bernard. Depuis toujours la maison propose cette spécialité, héritée de la maison Gravier qui déjà

détenait le secret. Produit purement local, le petit pâté se dégustait de façon très locale, même si à Béziers un pâté similaire a un temps coexisté. A Pézenas, quelques pâtissiers le proposaient, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Quatrefages et Achille. Ce dernier étant disparu sans transmettre sa recette, le pâtissier de la rue Conti est le dernier à fabriquer le pâté comme jadis. « D’abord la farine est saisie par l’eau bouillante, afin de faire une pâte échaudée. Puis on la découpe en bande et avec un emporte-pièce on découpe les chapeau. On enroule la pâte autour d’un petit morceau de bois, le bistourtier, on remplit avec la viande de mouton mélangée à du sucre roux et du citron, on laisse reposer

Les petits pâtés de Nîmes Parmi les spécialités nîmoises, le petit pâté fait aussi des émules. Celui-là – qui reste dans la gamme des salés - se déguste surtout en amuse-bouche. Inventé au XIXe siècle par un boulanger nîmois, la recette avait été oubliée, avant d’être remise au goût du jour aux halles de Nîmes il y a maintenant une cinquantaine d’années. Si chacun, pâtissier ou charcutier possède sa recette, les éléments de base restent les mêmes : le pâté farci de veau et de porc, est enroulé dans une pâte brisée qui forme une aguichante croûte blonde. Il se déguste chaud uniquement. Pour le trouver, il faut se rendre aux halles de Nîmes ou chez Christophe Brunetti, le roi du petit pâté nîmois. Le jeune homme a inventé quelques variantes, dont une à la brandade de Nîmes et une autre au foie gras de canard et aux truffes d’Uzès, qui font un tabac jusque chez Fauchon à Paris. Un de ses confrères a lui mis au point le petit pâté à la brandade !

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quelques heures puis l’on cuit au four très chaud, lentement », explique-t-elle. Quant aux proportions, secret-défense ! Et cela donne au pâté un fondant proche de la confiture. Rien à voir avec les produits semiindustrialisés que proposent certaines marques, qui ont senti le bon filon. Cathy Quatrefages elle, vend près de deux cents pâtés, tous les jours à 1€ pièce. « Il y a même des gens qui nous disent « on est sorti de l’autoroute pour venir vous en acheter », confie-t-elle. * Pour apprécier au mieux le petit pâté, Cathy recommande de le réchauffer en préchauffant le four à 180-200°, de l’arrêter et d’y mettre les pâtés 2 minutes.


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SAVEURS CASSOULET

Ledouxfumetducassoulet Symbole de la cuisine occitane, l’invention du cassoulet est revendiquée par plusieurs terroirs. Cela a l’avantage de faire redécouvrir un plat plus subtil qu’on ne pense.

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ue ce soit une spécialité régionale du Languedoc à base de haricots secs, tout le monde en convient. Mais c’est après que ça se corse : le vrai cassoulet est-il celui de la voisine Toulouse, de Castelnaudary ou de Carcassonne ? Car en terre cathare, la polémique sur qui est dépositaire de la recette sacrée, tournerait presque à la guerre de religion… La querelle porte sur l’origine mais aussi sur sa composition et les qualités gustatives des cassoulets préparés dans chacune des villes qui revendique la paternité de ce plat ancestral. Dans la lointaine Toulouse, on y mets du confit de canard. Le cassoulet de Castelnaudary est fait lui à base de haricots blancs du Lauragais (le haricot lingot) et contient du confit d’oie, du jarret ou de l’épaule de porc, de la saucisse et de la couenne, matières agrémentées d’une carotte, un oignon piqué de deux clous de girofle et un bouquet garni. Le cassoulet de Carcassonne peut quant à lui contenir de la perdrix rouge et un morceau de mouton. La légende elle, fait remonter l’origine du plat au siège de Castelnaudary, lors de la guerre de Cent Ans, où les villageois affamés auraient réuni toutes les vivres disponibles pour confectionner un gigantesque ragoût servi aux assiégés. Ainsi revigorés, ils auraient mis la pâtée au Anglais. Mais cette image d’Epinal, très cocardière et colportée par le cuisinier Prosper Montagné, ne résiste pas très longtemps à l’analyse, ne serait-ce parce que les haricots, originaires d’Amérique du Sud, ne sont apparus en Europe qu’au XVIe siècle ! Ceci dit, il reste sûr et certain que ce savoureux ragoût cuit dans une cassole de terre cuite – d’où son nom – est un plat occitan « inventé par nécessité par les paysans, mêlant les restes longtemps mijotés afin d’en faire un plat roboratif », explique JeanClaude Rodriguez, cuisinier carcassonnais et créateur de l’Académie universelle du

cassoulet. Depuis quelques années, on assiste à un retour en grâce de ce plat, cuisiné avec plus d’attention et plus subtil qu’il n’y paraît. Si à Carcassonne on crée des émules avec cette Académie, à Castelnaudary c’est une “route du cassoulet” qui a été mise en place regroupant producteurs de haricot, restaurateurs, viticulteurs et conserveurs.

Alors, haro sur le haricot ! Académie universelle du cassoulet. Tél. 04 68 71 09 53. www.academie-du-cassoulet.com Route du cassoulet de Castelnaudary. Tél. O4 68 23 05 73. www.castelnaudary-tourisme.com

L’aligot,plat symbole de l’Aubrac C’est dans ce pays de pâturages entouré de murets de pierres qu’est né ce plat rustique à base de pomme de terre et de tome fraîche. Il ne faut pas se fier aux paysages bucoliques de cette partie de la Lozère. Car ici beauté se conjugue aussi avec rigueur. Plateau jonché à plus de 1000 mètres d’altitude, l’Aubrac est une terre exigeante, qui demande des forces. Et l’aligot possède ces vertus réparatrices nécessaires sur ces terres. Préparé à l’origine avec des morceaux de pain et de la tome fraîche, ce plat dont les origines remontent au XIIe siècle, était servi par les moines de l’Aubrac aux pèlerins qui traversaient ces monts pour se rendre à SaintJacques de Compostelle par la via Podiensis. Plat de subsistance famille, l’aligot est aujourd’hui préparé avec des pommes de terres transformées en purée et dans laquelle on mélange de la crème, du beurre et de la tome fraîche, avec un peu d’ail. Toute la difficulté est d’avoir le tour de main – et la patience – pour brasser et étirer l’aligot afin d’en faire un fin voilage. Une opération spectaculaire que les spécialistes réalisent dans des chaudrons avec 30 kilos de pomme de terre d’un coup ! Le mot aligot est un dérivé du latin aliquod, signifiant quelque chose. Et après un bon aligot, il est clair qu’on a bien quelque chose de copieux dans le ventre ! SUDDEFRANCE - 70 -


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SAVEURS OIGNON DOUX DES CEVENNES

L’oignon doux des Cévennes, labellisé “remarquable” Depuis quelques mois, l’oignon doux des Cévennes porte officiellement le label de “site remarquable du goût”, qui reconnaît le savoir-faire des hommes, la qualité d’un produit et la richesse d’un patrimoine.

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l a un aspect nacré, satiné qui le différencie de l’oignon habituel. Cuit, le voilà doux et juteux, fondant avec des arômes de ces châtaignes que l’on trouve dans la région. L’oignon doux des Cévennes, produit sur le versant méridional des Cévennes entre le Mont Aigoual et les garrigues languedociennes, est aujourd’hui une star. Sauvé de l’oubli dans les années 70 par quelques producteurs s’étant regroupés pour asseoir une production de qualité, l’oignon doux à d’abord obtenu l’AOC en 2003, puis l’AOP en 2008. Distinction témoignant de la volonté des hommes de maintenir la qualité de cette

production traditionnelle en respectant les territoires et l’harmonie du paysage avec comme épicentre le petit village de SaintAndré-de-Majencoules, fief de l’oignon

Beignets d’oignons doux des Cévennes 500 g d’oignons doux des Cévennes AOP 125 g de farine de pois chiches 1 cuillère à soupe de graines de sésame ½ cuillère à café d’épices de votre choix 1 pincée de sel - 1 cuillerée à soupe de coriandre, finement hachée - 100 ml d’eau Coupez les oignons en deux puis en lamelles. Mélangez-les avec le sel et laissez reposer durant 5 minutes. Ajoutez la farine, les graines de sésame, les épices ainsi que la coriandre et mélangez. Ajoutez l’eau en continuant de mélanger afin d’obtenir une pâte épaisse. Faites chauffer la friture et faire frire des cuillerées à soupe de pâte, en les retournant de temps en temps durant 5 à 6 minutes. Lorsque les beignets sont bien dorés, égouttez-les sur du papier absorbant et servez chaud.

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doux depuis plus d’un siècle. En décernant à ce produit si emblématique des Cévennes le label “Les terrasses de l’Aigoual, oignon doux des Cévennes AOP”, c’est aussi la reconnaissance de l’importance de sa culture dans le façonnage du paysage. Car les oignons sont cultivés sur ces terrasses en dénivelé, construites au Moyen Age par les moines avec une exposition plein sud afin de garantir un ensoleillement et une ventilation optimales. Bordés de pierres sèches, ces terrasses d’une centaine de mètres carrés ont forgé le paysage et sont garants de la saveur du fameux bulbe. « Pour conserver sa saveur et son appellation, il doit être cultivé dans des terres granitiques et schisteuses. Dans un sol calcaire, le même oignon perdrait une partie de ses qualités », explique un producteur. A la fois tendre et délicat mais résistant et ambitieux comme tout bon cévenol, l’oignon se récolte de juillet à septembre et se déguste en confit, pissaladière, tarte ou en base culinaire. Il est également exquis en beignet !


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Zone méconnue et semi sauvage faite

COULEURS

de causses et de zones dunaires voilà encore cinquante ans, le LanguedocRoussillon a su préserver son caractère, qui lui permet aujourd’hui d’être une destination à nulle autre pareille. Outre l’offre d’hébergement classique avec nombre d’hôtels et de chambres d’hôtes, la région compte des établissements haut de gamme assemblés au sein d’un “cercle Prestige”, où la qualité du service le dispute à la beauté du cadre. Côté bien-être, le Sud se conjugue également avec des lieux hors normes, que ce soit en matière de thalassothérapie ou de soins du corps dans des spas de rêve. Ici, l’authenticité se traduit également par une identité culturelle vivace, au travers de traditions affirmées. Tant dans l’artisanat d’art que dans les festivités notamment dans des lieux uniques comme la cité de Carcassonne ou les arènes de Nîmes, le LanguedocRoussillon est synonyme de création et de jubilations. Enfin pour les plus actifs la palette d’activités de plein air, du kite-surf au golf en passant par le canoë et la voile, est des plus diversifiée ! SUDDEFRANCE - 73 -


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COULEURS CULTURE

COULEURS ART CONTEMPORAIN

De l’abstraction à l’art modeste

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ls ont marqué les années 60. Les Viallat, Dezeuze, Devade, Dolla, Bioulès et les autres, tous ont voulu sans exception démystifier l'objet artistique en jouant avec les différentes techniques qui participent à son élaboration. Vingt ans plus tard, les Di Rosa, Combas, Blanchard, Boisrond créent La Figuration Libre, à Nice, chez Ben. Loin de la peinture conceptuelle des autres sudistes des années 60, la très célèbre exposition Finir en Beauté présentée dans un loft parisien en 1981 scelle l’histoire de ce mouvement où Robert Combas et Hervé Di Rosa - entre autres - exposent ensembles. Toiles rock et arabisantes, papiers découpés genre Matisse Africain, bande dessinée, graffitis, peinture volontairement “grossière” ou “bad painting” feront fureur. Ce faisant, ils font sauter après Dubuffet les frontières de l’art brut et dans la foulée Hervé Di Rosa invente l’art modeste et fonde le Miam - Musée International des Arts Modestes - à Sète. En 2002, les dix-sept vitraux de la cathédrale de Villeneuve-lèsMaguelone, signés par l’Américain Robert Morris, rappellent l’invention du concept de l’Antiforme des années 60/70. Claude Viallat (photo) se livre à son tour à la restauration des vitraux de l’église Notre-Dame-des-Sablons à Aigues-Mortes entre 1990 et 1996. A Sérignan, dans les années 2000, l’artiste international Daniel Buren apportera sa vision du pourtour de la scène de La Cigalière. Les peintures mono pigmentaires de Pierre Soulages, toutes fondées sur la réflexion de la lumière et les états de la surface du noir, amèneront ce Sétois à exposer au Centre GeorgesPompidou à Paris, au musée de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg avant qu’en 2007, le musée Fabre de Montpellier ne lui consacre une salle suite à une donation de vingt œuvres de l’artiste à la ville. Outre les artistes, les musées connaissent aussi des évolutions. Depuis qu’il est devenu Musée Régional d’Art Contemporain, le musée de Sérignan (MRAC) s’est inscrit dans le réseau des grands établissements structurants de la région aux côtés du musée de Céret, du Centre Régional d’Art Contemporain de Sète (CRAC), du Carré d’Art de Nîmes, du Fonds régional d’Art Contemporain et du musée Fabre de Montpellier. Des lieux et des hommes qui font du Languedoc-Roussillon un territoire attractif en termes d’art contemporain. Pour en savoir plus, scannez ce QR code avec votre smart phone ou connectez-vous directement à l'adresse suivante : www.sunfrance.com/musees

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COULEURS MUSÉES

De Courbet à Soulages à Montpellier L’architecture du musée Fabre mêle - depuis sa restauration en 2007 - architecture ancienne et contemporaine comme ses choix d’exposition. Le musée Fabre raconte l’art de la Renaissance à nos jours avec huit cents œuvres, neuf cents gravures et plus de trois mille dessins, déroulés sur plus de neuf mille mètres carrés d’exposition. Ces cimaises accueillent les grands maîtres de la peinture européenne dont Allori,Véronèse ou Ribera des œuvres de FrançoisXavier Fabre, Ingres, David et des collections modernes, contemporaines, de Delacroix à Courbet. Des impressionnistes tels Bazille, Staël, Van Dongen sont également exposés. Enrichi d’un bâtiment neuf dont une façade verrière qui s’illumine la nuit, un pavillon est réservé aux œuvres du XXe siècle parmi lesquelles les artistes majeurs du groupe Supports/Surfaces et notamment Pierre Soulages qui a lui même supervisé la conception des lieux et Simon Hantaï.

Musée Fabre, 39, boulevard Bonne-Nouvelle, à Montpellier. Tél. 04 67 14 83 00

Du Crac au Miam à Sète

La jeune création au FRAC

Conçu comme un lieu de recherche et de création, le CRAC entend produire et diffuser l’art contemporain. Il déploie son activité à travers un programme annuel d’expositions, des éditions et un travail de médiation auprès des publics les plus larges. Les premières expositions de bons nombre d’artistes y sont portées, maillage essentiel dans le paysage local de l’art contemporain. Conférences, expositions, rencontres complètent le dispositif. La ville de Sète abrite également le Musée International des Arts Modestes, le Miam, lecture incongrue et rafraîchissante de l’art marginal et populaire imaginé par Bernard Belluc et le peintre sétois Hervé Di Rosa.

Après “Chauffe Marcel !”, en 2006 ; “La dégelée Rabelais”, en 2008 et “Casanova forever” en 2010, le FRAC, pour ses 30 ans, propose, de Perpignan à Mende, un parcours dans ses collections dans une quinzaine de lieux de la région. Tous les deux ans, le FRAC initie une exposition estivale à la fois régionale et thématique. Au-delà de cet événement relayé par des lieux d’expositions maillés sur tout le territoire régional, le FRAC possède une collection publique d’art contemporain qui ambitionne de soutenir et diffuser la création. Aussi, développe-t-il encore un programme d’expositions annuelles extra et intra-muros sur l’art d’aujourd’hui et la jeune création. Un millier d’œuvres représentatives de l’actualité du monde de l’art actuel et ce de toutes nationalités sont ici regroupées.

CRAC-LR, Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon, 26, quai Aspirant-Herber à Sète. Tél. 04 67 74 59 57 MIAM, Musée International des Arts Modestes, 23 quai Maréchal-de-Lattrede-Tassigny à Sète. Tél. 04 99 04 76 44 www.crac.lr.free.fr - Tél. 04 67 74 94 37 www.miam.org. Tél. 04 99 04 76 44

FRAC-LR, 4-6, rue Rambaud et FRAC-LR, 12, rue Castillon à Montpellier. www.fraclr.org

De Picasso à Tapiès à Céret Initié par les deux peintres Franck Burty et Pierre Brune en 1948, le musée de Céret est né de l’Art Moderne. Il y sera prioritairement exposé les œuvres de Picasso et Matisse. Mais son véritable tournant vers l’art contemporain, le musée de Céret le prendra en 1966 à l’arrivée de Claude Massé - conservateur durant trois années - qui organisera une exposition valorisant de très jeunes artistes. Lorsque le musée est rénové en 1987, deux voies se dessinent dans les choix artistiques de la nouvelle structure. Comme actualisée, elle s’impliquera dès lors dans une réflexion scientifique et culturelle sur le passage des artistes à Céret et leur intérêt dans l’écriture des pages “picturales” de la ville. Restaurées, la collection historique s’agrandit pour la période allant de 1910 à 1950 d’œuvres accomplies à Céret. Les mouvements picturaux du sud de la France y sont aujourd’hui représenté : Vincent Bioulès, Daniel Dezeuze ou Claude Viallat. De grands noms de la peinture catalane tels Tapiès, Brossa, Perejaumees y sont encore exposés.

Musée d’Art Moderne de Céret, 8, bd Maréchal-Joffre, à Céret. Tél. 04 68 87 27 76. www.musee-ceret.com SUDDEFRANCE - 75 -

Art contemporain à Nîmes Installé au dernier étage du très élégant bâtiment conçu par Lord Norman Foster, face à la Maison Carrée, la collection du musée d’art contemporain se construit autour d’un espace d’exposition qui va de 1960 à nos jours. Les trois axes majeurs abordés - panorama de l’art français et de ses mouvements, l’identité méditerranéenne et enfin les tendances anglo-saxonnes et germaniques réunissent quatre cents œuvres. Des expositions temporaires s’échelonnent toute l’année. Musée d’Art Contemporain, 16, place de la Maison-Carrée, à Nîmes. Tél. 04 66 76 35 70

Art moderne à Sérignan

A Sérignan, l’art contemporain est partout. A commencer par la scène de La Cigalière dont l’artiste contemporain Daniel Buren a aménagé le pourtour en collaboration avec l’architecte Nicolas Guillot. Quant au Musée d’Art Contemporain de Sérignan, il est devenu régional en 2010. Il propose au public un regard sur la création des années 60 puis la période contemporaine tout en mettant des accents sur des périodes telle le paysagisme abstrait, la figuration libre, supports/surfaces, l’art conceptuel, la scène artistique d’aujourd’hui. MRAC, Musée Régional d’Art Contemporain LanguedocRoussillon, 146, avenue de la Plage à Sérignan. Tél. 04 67 32 33 05


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COULEURS MUSÉES

Musée des Beaux-Arts de Nîmes Situé non loin des arènes, ce lieu d’exposition évoque l’art italien du XIVe au XVIIIe siècles avec des œuvres de Bassano, Lelio Orsi ou Fontata. Il abrite aussi habituellement des peintures flamandes et hollandaises des XVIe et XVIIe siècles signées de Rubens, Fabritius, Coeke ou Duck, ainsi que des peintures françaises du XVIIe au XIXe siècles de Subleyras, Sigalonet ou Delaroche. L'atrium comprend de grandes toiles du cycle de l'histoire de Marc-Antoine et Cléopâtre, par le peintre Charles Natoire située au milieu du XVIIIe siècle. Le musée intègre la plus belle mosaïque romaine découverte à Nîmes en 1883, figurant les “Noces d’Admète”. Le tondo Foulc du XVe siècle - Madone en faïence par Andra della Robbia - constitue un atout majeur de la visite.

Musée des Beaux Arts - Rue de la Cité Foulc à Nîmes (Gard). Tél. 04 66 67 38 21.

Musée Fleury de Lodève

Musées Fayet et du biterrois de Béziers

Lodève, l’ancienne cité de drapiers, accueille le musée dans un ancien hôtel particulier, celui du Cardinal Fleury, précepteur de Louis XV. Ces dernières années, les expositions estivales ont fait la notoriété de lieu qui a prêté ses cimaises à de nombreuses expositions temporaires dont Sonia Delaunay, Kees Van Dongen ont créé l’événement. De façon permanente, le musée dévoile une exposition en deux temps avec d’une part les collections qui présentent Lodève depuis 540 millions d’années à la période gallo-romaine et d’autre part, des œuvres d’artistes contemporains. L’exposition permanente s’est enrichie d’une trentaine d’œuvres représentatives de l’histoire de la peinture liée à la première moitié du XXe siècle. Des œuvres de Atlan, Braque, Caillebotte, Courbet, Dufy, Courbet, Kisling, Léger et bien d’autres y sont visibles.

Le musée du biterrois, installé dans l’ancienne caserne Saint-Jacques, d’ailleurs datée du XVIIIe siècle, relate toute l’histoire de Béziers, de l’antiquité à nos jours. Une programmation de visites guidées est organisée par l’office de tourisme de la ville, permettant d’aborder l’histoire régionale à travers l’archéologie, la préhistoire, les traditions. Une importante collection est consacrée au passé romain de Béziers.A l’extérieur du musée, un jardin d’enfants et des jeux ainsi qu’un jardin botanique sont accessibles. Deux autres musées situés dans des hôtels particuliers, les hôtels Fayet et Fabrégat, présentent des peintures anciennes avec pour le premier une collection d’art moderne ayant appartenue à Jean Moulin composée entre autres de Chirico, Soutine et Dufy. Le second abrite des sculptures de Jean-Antoine Injalbert (1845-1933), natif de Béziers.

Musée Fleury - Square Georges-Auric à Lodève (Hérault). Tél. 04 67 88 86 10.

Musée du Biterrois - Caserne Saint-Jacques à Béziers. Tél. 04 67 38 81 61 Hôtel Fabrégat - Place de la Révolution à Béziers Tél. 04 67 28 38 78 Hôtel Fayet - Rue du Capus à Béziers (Hérault). Tél. 04 67 49 04 66.

Musée Aristide-Maillol Aristide Maillol - né à Banyuls en 1861 - est très connu pour ses sculptures de femmes aux formes accortes et généreuses. Parmi ses œuvres, la statue La méditerranée (photo ci-contre) mais aussi des céramiques, des bronzes et de nombreuses toiles. La visite de la métairie de l’artiste - située dans une ferme isolée de la vallée de Roume à Banyuls-sur-Mer - conduit de son atelier à sa vie quotidienne offrant de comprendre son cheminement. Une quarantaine de statues en bronze et en terre cuite y sont présentées ainsi que des dessins et des peintures.A Banyuls, on peut admirer plusieurs de ses œuvres comme “La jeune fille allongée”, sur l’allée qui porte son nom. Il est encore à l’origine du Monument aux morts pacifiste, qui se trouve juste derrière la mairie de Banyuls. Le musée est aussi un espace d’exposition temporaire.

Musée Maillol - Vallée Roume à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Tél. 04 68 88 57 11. SUDDEFRANCE - 76 -

Et aussi… De nombreux musées sont consacrés à l’histoire de la région. A Mialet, dans les Cévennes, le Musée du Désert fait revivre dans la maison natale d’un chef camisard, la guerre qui opposa les huguenots et les forces royales. A trente kilomètres, à Saint Jean de Valériscle, le musée des Blasons rassemble des centaines de blasons historiques, des armes, des armures et des armoriaux. Le musée du Quercorb, dans les Pyrénées audoises, est voué à l’histoire et à l’économie de ce terroir, il évoque les troubadours et la musique médiévale profane et expose les maquettes du célèbre château cathare de Puivert. Le Musée de la Préhistoire à La Cauna de Belvis expose des vestiges de l’époque paléolithique trouvés dans les grottes de Sault. Le musée de la Cerdagne aborde par des expositions temporaires les multiples facettes de l’histoire et de l’identité du territoire cerdan. A Dorres, le musée du granit s’attache à la vie des tailleurs de pierre. Et la liste n’est pas close !

• Musée du Désert. Le Mas Soubeyran à Mialet (Gard). Tél. 04 66 85 02 72 • Musée du blason. Rue de la Tournelle à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard). Tél. 04 66 25 65 42 • Musée du Quercorb à Puivert (Aude). Tél. 04 68 20 80 98 • Musée de la Préhistoire à La Cauna Belvis (Aude). Tél. 04 68 20 37 62. • Musée Cerdagne. Cal Mateu à Sainte-Léocadie (Pyrénées-Orientales). Tél. 04 66 04 08 05 • Musée du Granit à Dorres (Pyrénées-Orientales). Tél. 04 68 04 69. • Le Musée des Beaux-Arts de Perpignan. Tél. 04 68 35 43 40. • Le Musée d’art Moderne de Collioure,Villa Pams (Pyrénées-Orientales). Tél. 04 68 82 10 19. • Le Musée Pierre-André-Benoit à Alès (Gard). Tél. 04 66 86 98 68.


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COULEURS FESTIVALS

Dans le Sud, on fait danser sa vie ! Région de soleil, creuset de cultures, le Languedoc-Roussillon offre de nombreux rendez-vous culturels toute l’année. Toutefois, c’est l’été que la région devient une terre d’accueil de festivals, bénéficiant de cadres uniques pour faire rayonner la culture. La majesté des arènes de Nîmes, la solennité de la cité de Carcassonne, la magie du théâtre de la Mer de Sète, l’élégance de la cour du Duché d’Uzès, etc. Autant de lieux uniques, pour des moments uniques. Durant cette saison, les alentours du Golfe du Lion deviennent ainsi la plus grande salle de spectacle de France ! Et il y en a pour tous les genres, avec de la chanson française, du lyrique, de la danse, de l’électro, du théâtre, de l’opérette, du jazz, du rock, de l’humour ou du reggae. Une bonne centaine de festivals qui rythment l’été et confirment que le Sud sait être une vraie terre d’accueil.

Radio France Montpellier, l’incontournable

Autre temps fort qui succède dans la saison à Montpellier Danse, le grand festival de musique classique Radio France Montpellier. Tout le mois de juillet, il hisse la ville sur un immense plateau musical, bien souvent inédit. De nombreux évènements sont organisés dans toutes les communes de l’Agglomération avec des concerts, des conférences et même des soirées électro !

www.radiofrancemontpellier.com

Montpellier Danse, le précurseur Du haut de ses trente ans passés, ce festival a largement cheminé dans l’histoire de la danse parce qu’il a su s’associer à des chorégraphes marquants. Pour être l’un des plus anciens festivals de la ville, il brille par sa programmation sélective et éclectique en juin et début juillet. Montpellier Danse a dit beaucoup sur le sida, les années 80, la gestuelle de Merce Cunningham ou de Pina Bausch, la danse conceptuelle, la non danse et les années Bagouet.

www.montpellierdanse.com

Des pointures dans les arènes de Nîmes

En un peu plus d’une décennie, le festival de Nîmes s’est taillé une petite réputation dans le monde des grands événements. D’abord parce qu’il se déroule dans un cadre exceptionnel, les arènes de la ville. Ensuite, parce que c’est le rendez-vous des musiques actuelles et qu’il n’exclut aucun style. Ainsi, a-t-on pu y voir Bjork, Placebo, David Bowie…si bien que l’événement s’inscrit désormais, dans les rendez-vous incontournables sous le ciel étoilé d’un été gardois.

www.festivaldenimes.com

Musiques de tous les mondes à Sète Vent de fraicheur garanti au Théâtre de la Mer, un ancien fort militaire transformé en amphithéâtre, face à la grande bleu au pied du mont Saint-Clair ! De juin à août, les festivals s’enchaînent avec la même ferveur, la même gaieté. Dans un cadre décidemment unique et dans un ambiance toujours décontractée, les artistes de l’inventif festival « Quand je pense à Fernande » inaugurent traditionnellement la saison en juin avec leur festival de chanson française actuelle, suivis de Jazz à Sète en juillet avec sa toujours impeccable programmation. C’est Fiest’A Sète qui ferme le ban avec ses musiques du monde entrainantes et jubilatoires (photo).

www.quandjepenseafernande.fr - www.fiestasete.com - jazzasete.com SUDDEFRANCE - 77 -

Le visage du monde à Perpignan En l'espace de deux décennies, Visa pour l'image à Perpignan est devenu la Mecque du photojournalisme. Expositions photos, projections au sein du fameux cloître du Campo Santo, s’ajoutent aux rencontres et récompenses des meilleurs clichés de l'année. Dans toute la ville en septembre, les cimaises invitent à la découverte de l’actualité - parfois terrifiante - de notre monde. Le Couvent des Minimes accueille la plus grosse partie du festival, puis le Palais des Corts, le Castillet ou encore l'église des Dominicains. L’occasion est ainsi donnée de découvrir les plus grands photoreporters contemporains. La vision de clichés parfois si graves de Santley Greene spécialisé dans les zones conflictuelles, d’Alexandra Boulat et ses éclats de guerre ou des poétiques images de Willy Ronis invitent à la réflexion sur l’histoire de notre siècle.

www.visapourlimage.com

Carcassonne, l’époustouflant Evénement majeur du LanguedocRoussillon, le festival de Carcassonne se déroule tous les ans de juin à août. C’est sans doute le plus long de la région. Sa programmation réunit toujours des thématiques éclectiques allant de l’opéra classique à la danse contemporaine, au théâtre et au cirque. Ce temps fort réunit des têtes d’affiches tous les soirs et des variétés de toutes nationalités.

www.festivaldecarcassonne.fr


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COULEURS TRADITIONS

COULEURS SARDANE

La sardane, la reine des bals

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ymbole d'unité et de cohésion des Catalans, cette danse traditionnelle a parcouru les siècles. Tous les bals roussillonnais dignes de ce nom offrent au public une sardane exécutée dans les règles de l'art. Qui n'a jamais rencontré, en fin d'après-midi, lors d'une fête locale, un cercle de danseurs, main dans la main, les bras levés et tournant lentement, par petits pas, sur une place de village... Traditionnellement, les danseurs sont accompagnés par un groupe de musique nommé “la cobla”, composé d'un flaviol (sorte de flûte), d'un tambourin et de plusieurs instruments de cuivre. La fameuse sardane, c'est la danse des Catalans. Certains prétendent qu'elle tire ses origines de l'antiquité grecque. Des experts ont cependant recueilli des témoignages datant du XIVe siècle, décrivant cette fameuse ronde, aujourd'hui typique de la culture du Roussillon. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, cette danse est très prisée par l'aristocratie locale et celle du nord de l'Espagne. Durant la première moitié du XXe siècle, côté français, elle tombe un peu dans l'oubli. Et c'est paradoxalement la dictature de Franco, de 1940 à 1975, qui va lui donner un second souffle, car il l'interdit. Ce puissant symbole de la culture catalane était considéré comme un affront à l'identité nationale espagnole. C'est donc au cours de cette même période, suite à la Retirada, qu'elle est remise au goût du jour en Catalogne française. Son symbole de cohésion et d'union se renforce. Aujourd'hui, même si elle entre dans le registre des danses folkloriques, la sardane est plus vivante que jamais.

Pour en savoir plus, scannez ce QR code avec votre smart phone ou connectez-vous directement sur : www.sunfrance.com/traditions

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COULEURS COULEURS JOUTES - TAMBOURIN - DRAC

Joutes héroïques sur le canal

Invariablement, depuis l’inauguration de son port en Juillet 1666, Sète (Hérault) devient, chaque été, la grande scène des joutes nautiques. Autour du Cadre Royal (le canal principal de la ville), les tournois rassemblent toujours locaux inconditionnels et novices, tous subjugués par le spectacle des deux barques adversaires propulsées l’une vers l’autre, au son des hautbois et tambours, embarqués à la proue de chacune d’entre elles. Tout de blanc vêtus, lance aiguisée et pavois solidement harnaché, les deux jouteurs s’affrontent donc, juchés du haut de la tintaine, sous les acclamations de la foule et ce, jusqu’à ce que l’un d’eux tombe à l’eau. Le vainqueur est bien évidemment celui qui reste debout après la passe. La coutume veut également, qu’un défilé de jouteurs soit organisé avant chaque tournoi.Ainsi, les rues sétoises se remplissent d’un parfum d’antan lorsque déambule le cortège des participants coiffés d’un canotier, lance à la main. Mais ce folklore purement méridional atteint son point d’orgue lors du grand prix de la Saint Louis : instauré en 1743, il se déroule fin Août et prend fin avec le grand tournoi des “lourds”, dont le vainqueur voit son nom gravé sur un pavois, dans la salle des joutes du Musée Paul Valéry. Ce jour là, férié dans la cité lagunaire, on peut ainsi compter plus de 10 000 personnes venues faire la fête de part et d’autre du canal et, assister à ce spectaculaire combat de titans.A l’instar de Mèze ou Marseillan, Le Graudu-Roi possède aussi sa propre école de joutes, pour enfants. Entre la Grande Bleue et l’étang, la terre camarguaise célèbre aussi cette tradition locale, notamment durant la fête de la mer, au mois de Juin. Plus qu’un sport, les joutes reflètent ainsi une identité languedocienne profondément ancrée dans la Méditerranée.

Un dragon dans les rues de Beaucaire Au mois de juin, les cris d’enfants effrayés et fascinés par le monstre raisonnent dans Beaucaire (Gard). Car il faut dire que le Drac, c’est son nom, est une bestiole impressionnante. La légende, qui remonte au XIIe siècle, dit qu’un dragon se rendait invisible aux humains et se nourrissait de filles et de garçons qui avaient le malheur de trop s’approcher du rivage, hantait les bords du Rhône voisin. Mais un jour, il s’approcha d’une fillemère qui lavait son linge. Il la captura pour en faire la nourrice de sa femelle qui venait d’avoir un bébé dragon. Durant sept ans, la jeune femme s’occupa du dragon mais un jour après avoir accidentellement frotté ses yeux avec l’onguent qu’elle devait mettre sur l’animal, elle put voir le monstre.

Le tambourin, entre tennis et jeu de paume Très prisé dans l’Hérault depuis le milieu du XIXe siècle, le tambourin est une discipline sportive dont les origines remontent au XIIe siècle. Descendant du jeu de paume, le tambourin est un sport de balle proche du tennis mais qui est tout de même plus complexe. Les équipes sont composées de cinq joueurs et s’affrontent sur un terrain sans filet, où le but du jeu est de faire en sorte que l’adversaire ne soit pas en mesure de renvoyer la balle. Celle-ci est en caoutchouc, de couleur blanche ou rouge et pèse 78 grammes, ce qui lui permet d’atteindre la vitesse de 250 kilomètres par heure… Les joueurs sont équipés d’un tambourin dont le cercle était autrefois fait de bois et réalisé par des tonneliers de Mèze. D’un diamètre de 28 centimètres, équipé d’une poignée en cuir, l’objet s’utilise comme une raquette. Le jeu nécessite donc adresse et rapidité.Véritable sport, très pratiqué à Pignan, Pézenas ou encore Gignac, il dispose d’une fédération et d’un championnat où les Héraultais dominent puisque le département représente 85 % des 5 000 pratiquants recensés en France ! Depuis peu, il existe même une tambourithèque afin d’expliquer les règles et l’histoire de ce jeu.

Tambourithèque de Gignac, 100, chemin Galtier. Tél. 04.67.42.50.09 SUDDEFRANCE - 79 -

Libérée, elle rentra chez elle à Beaucaire. Un jour qu’elle aperçut le dragon sur la place de Beaucaire, elle s’en alla le saluer. Celui-ci, irrité de ne plus être invisible à ses yeux, lui mit un coup de griffe et s’en retourna dans le fleuve. On ne vit plus jamais la bête, qui ne dévora plus personne. Chaque année, les enfants armés de lampions accompagnent les pérégrinations du monstre de carton-pâte dans les rues de l’ancienne cité marchande qui avec sa foire de la Madeleine au XVIIe siècle avait un rayonnement international.


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COULEURS SANCH – GEVAUDAN – GARGANTUA

Quand Langogne mêle à l’envi fiction et tradition

La Sanch, un hommage à la Passion Un spectacle impressionnant que celui de la procession de la Sanch, qui se déroule chaque année le vendredi saint en pays catalan. On la retrouve à Perpignan, Collioure et Arles-sur-Tech. Cette tradition se perpétue depuis 1416 avec la même ferveur, et porte un hommage à la Passion du Christ. Elle doit ses origines au dominicain espagnol Saint Vincent Ferrier. Cette année là, la confrérie du “Précieux Sang Notre Seigneur Jésus-Christ”, dite de la Sanch, est créée en l'église SaintJacques, à Perpignan. Elle est fondée sur trois objectifs : le perfectionnement des pratiques pieuses de ses membres, la commémoration de la Passion du Christ et l'aide aux condamnés à morts. Historiquement, les membres de la confrérie avaient pour vocation de soutenir le condamné, en proie à la solitude, avant son exécution. Ils le conduisaient donc jusqu'à l'échafaud, vêtus du même habit que lui, le “Caperutxa”, long vêtement noir surmonté d'une capuche pointue. Le but : éviter tout lynchage public. Aujourd'hui, lors des processions les membres de la confrérie revêtent les Caperutxas noirs et rouges pour représenter pénitents et condamnés. Tout au long de leur parcours, ils portent les Misteris sur leurs épaules, représentations grandeur nature des différentes scènes de la Passion. Et ils déambulent au son des Goigs, chants dédiés à la souffrance de la Vierge Marie et du Christ. Une tradition étonnante !

La bête du Gévaudan, récit d’une férocité légendaire En 1764, une jeune fille de quatorze ans est tuée par une bête féroce, à Hubacs, tout près de Langogne (Lozère). S’ensuivent alors une centaine de morts suspectes dans l’est du Gévaudan, agitant et terrifiant l’ensemble du territoire. Alors que l’inspection des corps décapités et saignés laissent apparaître des blessures carnassières peu communes, les autorités royales dressent le portait d’un animal de la taille d’un jeune taureau “qui désole le Gévaudan” en s’attaquant principalement aux femmes et aux enfants. Les rumeurs les plus folles circulent alors quant à la nature de cette créature : des sévices d’un loup-garou à l’hypothèse du complot avec une hyène dressée par des notables du pays, rien ne semble impossible. Pendant plus de trois ans, malgré les battues menées par les dragons, les massacres ne cessent et sont apparentés à un fléau par le corps ecclésiastique. Officiellement mise à mort par un chasseur, Jean Chastel, le 20 juin 1767. Au-delà des nombreuses gravures de l’époque, la puissance de ce fait divers en a fait une légende (à tel point qu’apparaissent deux loups sur le blason de Paulhac en Margeride). L’histoire, aux précipices du fantastique, de la bête du Gévaudan, a notamment traversé les âges par la tradition orale et essaimé nombre de représentations signifiantes, aux quatre coins de la Lozère. Outre la stèle élevée à la gloire de Jean Chastel, dans son village natal de La Besseyre-Saint-Mary, un musée de la bête du Gévaudan retrace la terrible épopée à Saugues et de multiples statues à l’effigie de l’animal trônent dans les villes du département, comme à Marvejols, où elle n’a pourtant jamais pénétré. Terriblement fascinante, la bête a fait l’objet de plusieurs créations littéraires et audiovisuelles. En Juillet, elle est aussi le thème de randonnées théâtralisées sur la commune de Langogne. SUDDEFRANCE - 80 -

Depuis 1884, durant tous les derniers week-ends du mois de juin, la commune de Langogne (Lozère) célèbre Gargantua, l’insatiable géant du roman éponyme de Rabelais. Car, il faut dire que ce démiurge maladroit aurait bouleversé les terres qu’il a foulées à tel point qu’aujourd’hui encore il reste de nombreux toponymes indélébiles dans la France entière. Mais, en Lozère, particulièrement autour de Langogne (nord-est du département), les traces de son fantastique passage sont légion : à Grizac, il aurait formé des îlots avec la boue calcaire dont ses sabots s’étaient chargés sur les Causses ; à Villeneuve, les pierres du géant ne seraient autres que celles qu’il portait sous les bras et, dans les gorges du Tarn, la grotte de Rocheblave serait apparue après qu’il eut éprouvé le sol, avec une colonnette qu’il venait tout juste de détacher des roches. Il était donc naturel que les Lozériens rendent hommage à ce géant à la fois gauche et fantasque, un peu topographe malgré lui. Ainsi, avec son marché médiéval en juillet, ses chants folkloriques, ses défilés en costumes d’époque et ses démonstrations de savoir-faire d’antan, Langogne ravive allègrement l’imaginaire gargantuesque. Fiction et réalité se mélangent donc pendant ces fêtes, notamment à travers des agapes nocturnes, véritable clin d’œil à ce héros singulier qui vint au monde par l’oreille de sa mère… durant un banquet !

Office du Tourisme de Langogne. Tél. 04 66 69 01 38


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COULEURS CORRIDA-BOUVINE

Un rituel minutieux et des fêtes flamboyantes S’il faut remonter au IXe siècle pour voir apparaître les premières corridas, durant les fêtes données par les rois de la péninsule ibérique, c’est qu’il s’agit d’un spectacle qui n’a cessé d’évoluer tout au long des époques. En Languedoc, la corrida est apparue au XIXe siècle et dès lors, n’a eu de cesse de susciter l’enthousiasme d’un public devenu de plus en plus friand, d’autant que la feria est avant tout une fête qui se passe dans la rue. Partie intégrante du patrimoine culturel languedocien depuis avril 2011, les ferias se déroulent, pour la plupart, au printemps et en été, dans le Gard et l’Hérault mais aussi les Pyrénées-Orientales. Temps fort de la vie locale, les ferias mettent à l’honneur chevaux et taureaux, durant toute une semaine de festivités : à Nîmes, celles de Pentecôte et des Vendanges rassemblent la foule au grand air, tout comme à Béziers, Céret, Palavas ou encore Alès. Ainsi, ces journées, synonymes de fête flamboyante, sont minutieusement ritualisées : la corrida en fin d’après midi pour les amateurs, dans des arènes qui sont comme à Nîmes des lieux chargés d’histoire. Puis l’apéritif, moment sacré où les aficionados et les

Le taureau au centre des traditions Comprenant tradition taurine et chevaline, la bouvine n’est autre que le terme générique regroupant ce qui

visiteurs viennent fraterniser, allant d’un point à un autre au gré de leurs envies. Pour l’occasion les bars sortent leurs comptoirs à l’extérieur et les bodegas

se multiplient, tandis que des concerts et des spectacles dans les rues attirent des milliers de spectateurs.

touche la civilisation camarguaise et ses jeux. En ces terres marécageuses, le cheval a souvent trouvé sa place dans l’escorte et les fêtes locales du Gard et de l’Hérault. Ainsi, abrivados et courses camarguaises, font partie intégrante d’une identité locale forte et animent le territoire languedocien dès le printemps. Si autrefois,

l’abrivado désignait le déplacement des taureaux des pâturages vers les arènes de la ville, il s’agit désormais d’une simulation purement festive, dans laquelle le cheval et le taureau mènent la danse. Encadré d’une dizaine de cavaliers (les gardians), le bétail est donc emmené au pas de course à travers les rues de la ville en fête. Spectacle et ambiance garantis ! Tant et si bien qu’aujourd’hui, des courses d’abrivados sont même organisées afin que les “attrapeurs”, ramènent le plus de taureaux avec eux. Après l’entrée des bêtes dans l’arène, annoncée par “l’èr di biou”, commence la course camarguaise. Jeu d’adresse sans mise à mort et sans chevaux, elle ne manque pas moins de piquant puisque son principe veut qu’un taureau camarguais, petit et vif, affublé d’une cocarde, d’un pompon de laine blanche et d’une ficelle, se voit pourchassé par un raseteur, chargé de les lui subtiliser. Pendant le “raset”, les participants tout de blanc vêtus, redoublent ainsi d’agilité pour s’emparer des précieux attributs. Et, la confusion règne quant à savoir qui de la bête ou de l’humain pourchasse l’autre, puisque les taureaux les plus féroces acculent sans mal le raseteur jusqu’à la barrière ! A Nîmes, les afeciounas (les passionnés) attendent chaque années le Biou d’or et encouragent leurs futurs vainqueurs avec ferveur. D’ailleurs, une fédération française de la course camarguaise dont le siège est dans le Gard, régie les règles de ce sport à part entière.

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COULEURS ARTISANAT

COULEURS ARTISANAT

Poterie et céramique, entre modernité et tradition

S

aint-Quentin-la-Poterie était déjà au Moyen Âge un centre de fabrication d’une céramique particulière, grise, légère et sonore. Située à quelques kilomètres du duché d’Uzès la cité comptait, au XVIIIe siècle, quelques 42 potiers ou pipiers dans sa population, et elle fabriqua, le siècle suivant, des briques de pavement pour le Palais des Papes d’Avignon. Si la poterie provenant de Saint-Quentin était alors à usage purement domestique, les potiers qui y sont installés aujourd’hui affichent une créativité résolument contemporaine. Aux 25 ateliers de céramistes vient s’ajouter la galerie Terra Viva qui voue son espace à l’art céramique actuel. Tandis que le festival annuel de la céramique Terralha (du 19 au 22 juillet 2012) invite à un parcours au cœur du village, dans des lieux aménagés à l’occasion en espaces d’expositions éphémères, afin de découvrir les œuvres de céramistes contemporains européens dont celles des artistes en résidence. Un musée de la Poterie Méditerranéenne, retraçant le passé céramique de Saint-Quentin-la-Poterie et une librairie spécialisée finissent de modeler le village dans son activité potière ! Reconnaissable entre tous, ce vase robuste, circulaire, au rebord épais, décoré d’une guirlande sur ses flans, a fait la réputation d’Anduze. Destiné à recevoir des arbres fruitiers tel l'oranger ou le citronnier, il fut l’ornement privilégié des parcs et jardins européens et des riches demeures méditerranéennes. Il a franchi les siècles et plusieurs ateliers le fabriquent encore de nos jours. Les traditionnels couleurs flammées, association de tons jaune, miel, vert, olive et brun ont été enrichies par une nouvelle gamme : cérusé, vieilli, patiné, vernissé uni, bleu, vert, bordeaux… Mais attention, sur leurs flans la décoration faite d’une guirlande de trois festons et de macarons portant la signature du potier, sont les gages de leur authenticité. Les vases d’Anduze. Office de tourisme. Tél. 04 66 61 98 17. www.vases-anduze.com Saint-Quentin-la-Poterie. Office de tourisme. Tél. 04 66 22 74 38. www.officeculturel.com Pour en savoir plus, scannez ce QR code avec votre smart phone à l'adresse suivante : www.sunfrance.com/artisanat

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COULEURS TISSUS - BIJOUX

Des toiles ensoleillées A une heure trente de route tortueuse de Perpignan, la manufacture du village frontalier de SaintLaurent-de-Cerdans tisse depuis 1873. Et pour tisser, il faut du métier. Depuis dix-huit ans, Françoise et Henri Quinta ont repris Les Toiles du soleil, toute dernière manufacture textile du Roussillon. Ils créent des toiles aux jeux de rayures étourdissants pour linge de table, toile à transat et tissus d’ameublement. La manufacture perpétue une tradition plusieurs fois centenaire puisque le tissage artisanal catalan s'est développé à la fin du XIXe siècle, au moment où Saint-Laurent-de-Cerdans est devenu le village de l'espadrille. L’usine de textile avait été créé par les familles Sans & Garcerie, alors associées. A l’époque, le tissage de petites largeurs suffisait pour fournir aux ateliers voisins le tissé et les semelles des espadrilles. Dans les années 40, la maison se lancera dans le linge de maison mais cinquante ans plus tard, la manufacture est à l’agonie. Menacée de fermeture, c’est alors que l’usine est finalement rachetée avec neuf de ses salariés par Françoise et Henri Quinta. Un rachat salutaire pour la vie du village et qui a sauvé la manufacture textile de la menace d’extinction qui la guettait. Aujourd’hui, Les Toiles du Soleil comptent deux cents références. Ses tissus portent les couleurs catalanes à travers le monde. Aucune toile même pas les unies, n’est plongée dans un bain : seuls les fils sont teints et il en faut plus d’un millier pour certaines largeurs. La marque a cinq boutiques exclusives au Japon, et a ouvert un récent magasin à New York. Outre son échoppe parisienne de la rue du Bac dans le très chic VIIe arrondissement, elle s’affiche dans de nombreux hôtels-restaurants de la région, à la maison Quinta à Perpignan, et dans une certaine Maison Pic à Valence, trois étoiles au Michelin.

Les Toiles du Soleil, avenue Jean-Jaurès, Saint-Laurent-de-Cerdans. Tél. 04 68 39 50 02.

Les vigatanes, patrimoine catalan Saint-Laurent-de-Cerdans a été la capitale de ces espadrilles catalanes appelées “Vigatanes”. Ces chaussures souples parfois nouées sont portées pour danser la sardane et ont été le fleuron de l’industrie du département pendant plus d’un siècle. Pourtant originaire de catalogne du Sud près de Barcelone, la chaussure est arrivée dans le village par contrebande au milieu du XIXe siècle. Même si la production d’espadrilles n’est plus ce qu’elle était au pays, elle s’inscrit dans le patrimoine local. Depuis 2008, la fabrique artisanale est ouverte au public. En corde, fil de lin et toile de coton, la Vigatane s’inscrit dans la tradition catalane. A voir également, la Maison du patrimoine et de la mémoire André Abet de Saint-Laurent-de-Cerdans, située dans les anciens locaux de l’usine d’espadrilles de l’Union Sandalière, et qui retrace l’histoire de ce patrimoine.

Création Catalane, chemin du Baynat-d'en-Pouly Saint-Laurent-de-Cerdans Tél. 04 68 54 08 68 www.espadrille-catalane.com et Maison du patrimoine et de la mémoire André Abet à Saint-Laurent-de-Cerdans Tél. 04 68 39 55 75

Le grenat, spécialité de Perpignan

Depuis plus de deux siècles, le pierre Grenat est un joyau de la bijouterie catalane et représente une production prestigieuse de l’artisanat d’art pour le Roussillon. A Perpignan - seul endroit en France qui conserve une méthode d’estampage et de serti clos la confrérie du grenat réunie quelques artisans qui perpétuent ce savoir-faire. Ce dernier - hérité de techniques des XVII et XVIIIe siècles confère au bijou un ajustement optimal entre la pierre et l’or, gage de qualité. Ce procédé a disparu partout ailleurs au profit des procédés de fonte. Parmi les bijoux de la ville catalane, la croix badine, la bague marquise d’ailleurs fréquemment réalisée en taille “perpignan” c’est-à-dire plate dessous et facettée dessus. Le Grenat de Perpignan est encore décliné en bracelets, colliers, boucles d’oreille, pendentifs ou broches. Il existe aujourd’hui une fête du grenat catalan au mois de décembre qui rend honneur à Saint Eloi, le patron des bijoutiers. A noter, une nouvelle application Smartphone sur le thème du bijou vient d’être créé par l’Office du tourisme de Perpignan et la société Furet Compny. Le grenat, c’est fou !

Institut du Grenat et de la bijouterie traditionnelle 22, boulevard Wilson à Perpignan www.institutdugrenat.com SUDDEFRANCE - 83 -


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COULEURS VASES - FOURCHES

Un conservatoire pour la fourche à Sauve Le très charmant village de Sauve avait un secret, jalousement conservé pendant dix siècles, celui de la fabrication de la fourche à trois becs de micocoulier. Depuis maintenant huit ans, le conservatoire du village dévoile cette tradition ancestrale. Le visiteur peut y flâner à travers galeries et salles, s’informer sur le sujet auprès de bornes et des murs d’images. Il plonge encore dans les secrets de culture du micocoulier et de fabrication de ses fourches. Ce conservatoire perpétue donc la tradition avec un atelier de fabrication de fourches en bois de micocoulier d’ailleurs toujours vendues aux professionnels qui les utilisent dans l’élevage ou l’agriculture. Les particuliers s’en emparent plutôt comme d’un élément décoratif pour des décorations rustiques, certains professionnels pour des reconstitutions d’époque. Sachez dès à présent que ces fourches sont cuites.

Conservatoire de la fourche, rue des Boisseliers à Sauve. Tél. 04 66 80 54 46. www.lafourchesauve.com

Les Pintades de Lussan Distribuée dans le monde entier, la pintade de Lussan, belle et muette, reste une star incontestée… C’est la reine de l’atelier ! La pintade… Sa tête si fine joue les disproportions avec un corps généreux aux formes stylisées, décoré à la main de motifs graphiques inspirés du plumage du volatile. Heidi Caillard en est la créatrice. Cette graphiste de formation, diplômée d’une prestigieuse école de céramique en Suisse, a eu l’idée de ce modèle en contemplant ses pintades courant dans son jardin.Aujourd’hui encore, elle évoque sa fascination pour leur forme et le motif abstrait de leurs plumes. La belle oiselle exotique ne rencontra pas le succès immédiat, mais une quinzaine d’années plus tard, suite à plusieurs articles parus dans des magazines nationaux. « Ce fut une avalanche », se souvient Heidi Caillard qui explique le triomphe de sa volatile en céramique « par son élégance elle s’adapte partout, dans une cuisine rustique, comme dans le plus stylisé des lofts - son air gentille et son dos arrondi qui appelle les caresses ». Afin de répondre à l’accroissement exponentiel de la demande, le fils,Adrien, a repris et développé en 1994 l’atelier créé par sa mère à Lussan vingt ans plus tôt. Les Céramiques de Lussan continuent de fabriquer, de façon artisanale, des céramiques à l’argile rouge aux décors peints à la main. Diverses techniques sont employées, en particulier celle du coulage pour les animaux. Poule, poulette, caille sont venus rejoindre la célèbre pintade. Tous les modèles sont dessinés par Heidi Caillard, qui à 80 ans ne baisse pas la garde et continue aussi à enseigner aux décoratrices comment donner une expression sympathique à ses chères volailles « car le plus compliqué c’est de les réaliser », précise-t-elle.

Les Céramiques de Lussan - Mas de Fan à Lussan Tél. 04 66 72 90 92 - www.ceramique-de-lussan.com SUDDEFRANCE - 84 -

Vallabrègues à l’heure de la vannerie

Le nom de ce village situé près de Tarascon signifie “Vallée des Brigands”. C’est le village emblématique de la vannerie du Gard, où un seul vannier sur les quatre cent d’autrefois perpétue aujourd’hui la tradition. Un isolement qui donne à Daniel Benibghi, ce vannier, un air de rescapé tendance bobo chic d’aujourd’hui, dans ce village adossé à la Provence mais dont l’histoire reste rattachée à la Camargue.

Car les vanniers y partaient régulièrement pour la récolte de l’osier. Cet osier - la pousse de l’année du sol - leur servait à fabriquer des cabas destinés u transport des denrées et surtout des fruits produits localement. La vannerie à nourri le village et son histoire durant des siècles. Pour dévoiler l’histoire de ces artisans, Vallabrègues a installé un musée dans un ancien café. S’y trouve une étonnante collection d’outils anciens, utilisés à la fois pour la récolte et le travail de l’osier. Un parcours pédagogique y explique comment confectionner des objets en osier, en jonc ou en matière végétale. Ce musée renoue avec l’histoire, c’est là que l’on retrouve Vincent, le héros vannier de Frédéric Mistral dans son roman “Mireille”. L’écrivain et poète s’était inspiré des vanniers du pays pour ce personnage dont l’héroïne sera éperdument amoureuse. Le musée dévoile une foule d’objets insolites qui participent de l’histoire de ces vanniers d’antan aux patronymes mythiques.

Musée de la vannerie Grand Café du XIXe siècle à Vallabrègues Tél. 04 66 59 48 14.


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COULEURS LUTHERIE - VERRERIE - MENUISERIE

Montpellier, capitale de la lutherie Le stradivarius, c’est “la Joconde des violons”. Loin de Crémone (Italie) pourtant, les instrumentistes ont trouvé leur place forte de lutherie en France : Montpellier, considérée comme la première ville de l’hexagone pour la fabrication des violons. Avec une dizaine d’ateliers de lutherie et archèterie installés en son centre, la ville dénote par la concentration de ses fabricants. En trente ans à peine, un artisanat d’exception a pu être relancé, perpétrant des gestes vieux de 400 ans ! Au milieu des odeurs de colles et de vernis, des essences de bois rares (l’érable dur employé pour le fond des instruments, le bois des Balkans pour les éclisses et le manche, l’épicéa des Alpes pour la table d’harmonie, etc.) on fabrique continuellement dans les ateliers. Des violons, mais aussi des violoncelles et altos. Cette concentration professionnelle rare qui fait rayonner la ville à l’étranger, vient à la rencontre du public. Régulièrement, l’Office de Tourisme organise des visites guidées des ateliers luthiers du quartier Sainte-Anne.

www.ot-montpellier.fr

Serge Ivorra, le menuisier ébéniste qui questionne le bois Ce menuisier ébéniste natif d’Adissan, le berceau de la Clairette, a quitté Pézenas à l’âge de dix-sept ans pour réaliser son tour de France des Compagnons, mais c’était pour mieux y revenir sept ans plus tard. Depuis trente-cinq ans, il vit et travaille à Pézenas, intervient à l’Ecole d’architecture de Montpellier. Cela fait maintenant une vingtaine d’années que Serge Ivorra est le seul menuisier héraultais à être spécialisé dans la rénovation du patrimoine. Il a donc la délicate tâche d’intervenir sur des monuments classés. Pas étonnant que sa petite entreprise soit encore labellisée Entreprise du patrimoine vivant : « Cela signifie que l’on travaille dans les règle de l’art, comme il y a un siècle et demi. » Seulement une poignée d’entreprises sont concernées par ce label dans la région, elles ont en commun de posséder un savoir-faire spécifique et exceptionnel, une histoire parfois séculaire. Avec sa salopette, ses cheveux hirsutes, il inspecte avec un naturel déconcertant l’âge et la façon de chaque pièce, en recherche les origines, s’interroge sur le parcours de certaines et décèle leur histoire. S’il préfère travailler avec des bois locaux plutôt qu’exotiques - c’est un défenseur du platane - sa curiosité semble toujours insatisfaite, lui qui attache une importance particulière à l’histoire de l’art, au dessin et à la musique. Notre homme s’étonne enfin que ces matières ne soient pas enseignées aux apprentis menuisiers, une connaissance qu’il estime être une synthèse du métier. Et l’apprentissage, ce menuisier ébéniste sait ce que ça signifie ! Lui qui a en permanence quatre apprentis, des compagnons itinérants et des stagiaires à son atelier. Il lui arrive même de conduire des projets de création dans des écoles primaires avec la Sema, la société d’encouragement des métiers d’art - et de s’étonner encore de l’immense créativité des gamins. SUDDEFRANCE - 85 -

Des bulles de verre à Claret

Souffler la matière incandescente, quand elle est encore informe pour en produire un objet subtil et élégant. C’est la magie du souffleur de verre, métier vieux de plus de 3000 ans. A Claret non loin de Montpellier, plusieurs artisans ont décidé de perpétrer cet art autour de la Halle du verre de la commune, un lieu unique en France à la croisée des chemins entre musée, galerie et atelier autour du verre, de ses techniques et de son histoire. Histoire riche, et en perpétuelle évolution, car le travail du verre a évolué. Ainsi Gérard Attard est-il souffleur de verre au chalumeau. Un art qui demande une dextérité et une délicatesse rares. Mais depuis plusieurs années, il se passionne pour les perles de verre que l’on fabriquait jadis notamment pour produire de fausses perles de culture. Il a ainsi retrouvé les établis très particuliers qu’utilisaient jadis les femmes de paysans pour fabriquer ces subtiles verroteries et fournir ainsi un complément de revenus. Alors, avec ses girassoles qui permettent de souffler la matière, il s’essaye à la fabrication de ces perles, trempées ensuite dans un mélange de poudre de mika, de titane et de résine pour prendre l’aspect des perles naturelles.

Verrerie d’art de Claret 37, avenue du Nouveau-Monde à Claret - verrerie.art.free.fr Halle du verre 50, avenue du Nouveau-Monde à Claret www.cc-grandpicsaintloup.fr


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COULEURS ACTIVITÉS

COULEURS RANDO

Grottes et balades en tout genre et pour tous les goûts

A

six pieds sous terre, la région - tamisée de grottes et d’avens - recense le réseau souterrain le plus important au niveau national. Une quinzaine de ses sites aux formes curieuses, aux étroites galeries ou aux vastes salles souterraines est accessible au public. Ces grottes surprennent offrent des tableaux comme les cent mille soldats de la grotte de Trabuc ou la vierge à l’enfant de la grotte des Demoiselles. Dans la caverne de Labeil surgit un cour d’eau tandis que les site Armand et Dargilan, au cœur de la Lozère, cachent des trésors séculaires. Tout proche, la grotte de Trabuc - aux portes d’Anduze - est incontournable tandis que la Cocalière - aux confins du Gard - est une des trois plus belles grottes de l’Hexagone. A SaintGuilhem-le-Désert, Clamouse - la grotte classée “site scientifique pittoresque” - se fait l’écrin d’un spectacle son et lumière le temps d’une saison, tandis que Les Canalettes et Fontrabiouse offrent à voir des galeries hors du temps. En plein air, les balades en région prennent des chemins mythiques - de Saint-Jacques-de-Compostelle à la route de l’écrivain Robert Louis Stevenson - de l’Aubrac, des Cévennes, au Canigou à la méditerranée. Près de Montpellier, les dolmens et menhirs de l’Hortus sont inévitables. Centres et fermes équestres jalonnent la région, dont La Goutarende, village audois du cheval à deux pas de Carcassonne. Comité Régional de la Randonnée Pédestre L.R. Parc Club du Millénaire - Bât. 31 1025, avenue Henri-Becquerel, Montpellier. Tél. 09 72 19 52 86

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Des golfs tout terrain Avec une vingtaine de golfs sous l’égide de la ligue régionale, le Languedoc-Roussillon a tous les atouts pour séduire amateurs et professionnels. D’origine écossaise, ce sport en plein essor, inscrit au programme olympique en 2016 à Rio, qui se pratique en pleine nature associe à ses règles et techniques, nécessitent discipline, concentration et détente. Si le jeu de golf se déroule sur un terrain bien délimité, l’environnement a son importance. Pratiquer 6 à 8 kilomètres de marche, en arpentant les fairways, dans un cadre enchanteur et sous un ciel clément fait forcément la différence.Ajoutons à ce dénominateur commun et favorable qu’aucun golf n’est identique… Celui de Carcassonne, par exemple, situé au pied de la cité médiévale, offre une superbe vue panoramique sur les Pyrénées et la Montagne Noire et possède un trou (le n. 9) considéré comme l'un des plus originaux d'Europe. Dessiné par les architectes Morandi & Harradine, le parcours du golf Nîmes Campagne est réputé pour la difficulté de ses greens et pour ses fairways étroits, bordés d’essences d’arbres variées. Le golf du Cap d’Agde étire un parcours exigeant en bordure de mer, parmi les oliviers, les palmiers et les pins parasols. Dans les Cévennes lozérienne, à proximité des gorges du Tarn et de l’Aubrac, le golf de la Canourgue, garantit, dans un environnement vallonné et boisé, le plaisir d’un parcours technique en raison de l’étroitesse de ses fairways et de ses multiples dévers. Impossible de swinguer les pieds à plat sur le parcours du golf de Font-Romeu qui offre des situations de jeu inédite dans un décor de carte postale, les cimes pyrénéennes sur fond de ciel bleu méditerranée ! Quant à celui du Domaine de Falgos, également situé dans les Pyrénées Orientales, il figure parmi les plus beaux, paysage époustouflant et parcours difficile mais plaisant sont au rendezvous. La diversité des parcours, des bords de mer à ceux paysagers de Lozère ou ceux d’altitude des Pyrénées, attire chaque année de plus en plus de passionnés de France comme de l’étranger.

Mas d'Huston, sous le signe du golf Certains golfs doublent leurs prestations sportives d’un accueil pour des séjours confortables et raffinés. C’est le cas du Domaine du golf Saint Cyprien qui s’étend sur 200 hectares, au cœur d’une réserve ornithologique, dans la station balnéaire de Saint-Cyprien sur la Côte Catalane du Roussillon. Dessiné par les architectes écossais Tomlinson & Wright, le golf comprend un parcours de qualifications pour le grand circuit européen, de type links (2 fois 9 trous pour 6 475 m). Dans un cadre enchanteur au milieu des pins, des eucalyptus et des oliviers de Bohème, où caracolent les écureuils et chantent une multitude d’oiseaux, des stages de découverte, perfectionnement ou compétition sont dispensés par des professionnels.Après l’effort, la piscine avec vue panoramique sur le golf, et le spa invitent à la détente avant de se restaurer au restaurant Le Mas, où officie le chef Julien Boy avec une cuisine aux saveurs méditerranéennes. Les inconditionnels de la petite balle blanche ne manqueront pas la Semaine du Golf qui s’y déroule du 16 au 20 juillet, et pour la 22e année consécutive.

Hôtel Mas D'Huston Golf & Spa. 66750 St-Cyprien - Tél. 04 68 37 63 63. www.hotel-mas-huston.com SUDDEFRANCE - 87 -

20 GOLFS EN LANGUEDOC-ROUSSILLON

COULEURS GOLF • Carcassonne. 18 trous- par 71 5 758 m.Tél. 06.13.20.85 www.golf-de-carcassonne.com • Narbonne Sainte Rse. Centre d'entraînement et Golf “Pitch & Putt” de 18 trous - 1200 m. Tél. 04.68.27.37.99 www.golfsterosenarbonne.com • Alès Ribaute. 6 trous - par 19 1 000 m.Tél. 06.08.24.24.10 www.golgales-ribaute.fr • Nîmes Campagne. 6 135 m - 18 trous par 72.Tél. 04.66.70.17.37 www.golfnimescampagne.com • Golf de Nîmes Vacquerolle 18 trous - par 72 - 6 185 m Tél. 04 66 23 33 33 www.golf-nimes.com/ • Uzès. 9 trous - par 36, 2 955 m. Tél. 04.66.22.40.03 www.golfuzes.fr • Cap d'Agde. 18 trous par 72 6 279 m.Tél. 04.67.26.54.40 www.golf.ville-agde.fr/ • Coulondres (Saint-Gély-du-Fesc). 18 trous - par 73 - 6 149 m Tél. 04.67.84.13.75 www.coulondres.com • Fontcaude. 18 trous - par 6 250 m. Tél. 72 04 67 45 90 10. www.golfhotelmontpellier.com • La Grande-Motte. 18 trous - par 72 6 200 m et 18 trous par 58 - 3 200 m. Tél. 04 67 56 05 00 www.lagrandemotte.fr/ • Lamalou-les-Bains. Golf de 9 trous par 35 - 2 600 m.Tél. 04.67.95.08.47 www.golf-lamalou-les-bains.com • Montpellier – Massane. 18 trous par 72 - 6 081 m.Tél. 04 67 87 87 87 www.massane.com • Saint-Thomas (Béziers). 18 trous par 72 - 6 131 m.Tél. 04 67 39 03 09 www.golfsaintthomas.com • Domaine de Barres (Langogne). Golf 9 trous - par 36 - 2 700 m. Tél. 04 66 46 08 37 www.domainedebarres.com/ • La Garde-Guérin (Villefort) 9 trous - par 32 - 1 864 m. Tél. 04 66 46 91 90 • Le Sabot-La Canourgue. 18 trous par 71 - 5 452 m.Tél. 04 66 32 84 17 www.golf-desgorgesdutarn.com/ • Falgos Golf Resort (St-Laurentde-Cerdans) 18 trous par 70 de 5 177 m Tél. 04.68.39.51.42. www.falgos.fr • Font-Romeu. 9 trous - par 36 2 517 m.Tél. 04 68 30 10 78. www.golf-font-romeu.fr • Saint-Cyprien. 18 trous - par 73 6 475 m.Tél. 04 68 37 63 63. www.saintcyprien-golfresort.com • Montescot (Perpignan) 9 trous par 36 - 3 027 m.Tél. 04.68.82.79.29 www.golfclubdemontescot.com/ Ligue de Golf du LanguedocRoussillon. Tél : 04.66.68.22.62 www.liguegolflanguedocroussillon.org


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COULEURS PARCS DE LOISIRS

Labyrinthe à Villeneuve

Tyrolienne sur l’eau à Saint-Jean Imaginez une tyrolienne longue de 170 mètres et qui traverse un plan d’eau au ras de l’eau. C’est ce qui a été mis en place aux Aventuriers de Saint-Jean, parc de loisirs pour toute la famille à Saint-Jean-Pla-deCorts, à 20 minutes de Perpignan. Par ailleurs, plusieurs parcours dans les arbres sont proposés, allant de 3 mètres d’altitude jusqu’à 20 mètres au-dessus du sol ! Pour les plus terre à terre, des séances de tir à l’arc sont également disponibles dans cet environnement idéal en été.

Les Aventuriers de Saint-Jean à Saint-Jean-Pla-de-Corts. Tél. 06 71 60 37 44

Etre un As du Bolide

Abracadabranche Dans un petit hameau au cœur des Cévennes baptisé Le Moina, les jeux aériens vous attendent à Abracadabranche, un parcours dans les arbres doublé d’un environnement planté au milieu d’une ferme. Une journée digne d’un film à la Emir Kusturica avec des baignoires dans les branches, des bidons de lait musicaux et autres choses bizaroïdes. Depuis six saisons maintenant, entre Anduze et Lasalle, plusieurs parcours évolutifs sont à disposition du public. Un parcours enfant y est accessible dès 2 ans avec pas moins de trente ateliers.Tyrolienne, filet à marcher, filet à grimper, passerelle en rondins seront l’univers des bambins. La ferme est située en bordure d’une rivière. Les adultes ont aussi leurs parcours avec soixante-dix ateliers. Il est encore possible de passer sa journée sur le site et de pique-niquer au bord de la rivière la Salendrinque.

Ouvert depuis deux ans, le “Pays des Carrioles” est unique en France. Et pour cause, son créateur est professeur de mécanique automobile, de ceux qu’on nomme un as du bolide ! Ici, on peut donc louer sa caisse à savon, un jeu écologique qui développe l’appréhension de la vitesse et des trajectoires. Pour éviter d’être un chauffard plus tard, c’est un bon début. Différents modes de transports sont ici en vigueur et adaptés aux âges de nos futurs pilotes. Filles et garçons montent dans les caisses à savon seulement après 5 ans.Avant, ils abordent le “pouss Autos” ou la carriole qui rend chèvre, réellement tirée par l’animal. Ce serait trop bête de s’en priver !

Parc Abracadabranche - Le Moina, Thoiras à Anduze. Tél. 04 66 85 04 71

Au Pays des Carrioles, Mas Amadou à La Boissière. Tél. 04 67 59 64 14

Aux Petits Sabots, une virée en famille L’asinerie laitière “Aux Petits Sabots” située à Berlou, petit village viticole des contreforts des Cévennes, développe un élevage d’ânes de provence. On y fait en famille de multiples activités comme la randonnée mais on y découvre aussi l’élevage des ânes, la production de cosmétique au lait d’ânesse. Sur ce site de production, des circuits sont établis pour des randonnées thématiques d’une durée de 2 à 6 jours. Les ânes se chargeront des enfants les moins grands et de vos bagages. En pension, les petits hôtes pourront être hébergés, accéder aux installations car la ferme propose de recevoir les classes scolaires, mais aussi d’envisager des anniversaires, des stages âniers. Une ferme aux multiples facettes, un exemple pédagogique, ludique de surcroît.

Ouvert toute l’année sur réservation. Aux Petits Sabots - 34360 Berlou - Tél. 06 32 41 80 50 SUDDEFRANCE - 88 -

Ouvert voilà trois ans face au parc d’aventure “Les Rochers de Maguelonne”, le Labyrinthe propose une cinquantaine de jeux à faire en famille. De grandes clairières sont dédiées à la découverte du monde des chevaliers et des châteaux forts. Des panneaux expliquent la vie d’un seigneur au Moyen-Age, les codes de l’amour courtois ou les rites de chevalerie. Sur les différentes zones du parcours les chevaliers en herbe pourront s’essayer à la quête du Graal et remporter un trophée s’ils répondent à toutes les questions !

Le Labyrinthe, Mas d’Andos à Villeneuve-lès-Maguelone. Tél. 04 27 04 44 44

Ambiance kangourou à Carcassonne Ouvert depuis presque dix ans, le parc australien est un parc de loisirs et d’animaux consacré.. à l’Australie ! Le résultat d’une passion pour ses concepteurs, qui proposent de découvrir l’Océanie tant par ses animaux avec des kangourous et des wallaby, que les traditions des Aborigènes, premiers occupants de l’Australie. Enfin une zone pour les apprentis orpailleurs est dédiée aux chercheurs d’or ! Un parc étonnant et bon enfant.

Le Parc australien, chemin des Bartavelles à Carcassonne Tél. 04 68 25 86 83

L’aventure maya à Roquemaure Rivières aux crocodiles, labyrinthes, safari et traversée de la jungle à la recherche du trésor perdu, le parc d’attractions Amazonia vous emporte à l’aventure chez les Mayas, avec de nombreuses attractions aquatiques. Idéal pour les enfants de 3 à 12 ans.

Parc Amazonia à Roquemaure Tél. 04 66 82 53 92


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COULEURS PARCS ANIMALIERS

Réserve africaine de Sigean Entre Narbonne et Perpignan, la Réserve africaine de Sigean abrite près de quatre mille espèces sur trois cents hectares de terre. Les liens de ce parc animalier avec le monde de la recherche et la protection des espèces durent depuis près de vingt ans. Le monde sauvage est si bien reconstitué que les espèces connaissent une évolution proche de leur milieu originel. De nombreux chercheurs effectuent ici leurs premiers travaux d’observation sur les grands primates. Il y a deux façons d’organiser la visite : suivre un circuit en voiture ou en faire la découverte à pied ! Calme et respect des consignes de sécurité sont obligatoires.Visites guidées possibles sur demande.

Réserve de Sigean - RD 6009, à Sigean. Tél. 04 68 48 20 20 - www.reserveafricainesigean.fr

La cité marine des requins

Gévaudan : sur la piste des loups Ce parc à loups situé en Lozère - le département le plus “nature” de France - vient de fêter ses 25 ans ! La présence des loups sur ce territoire, à la fois légendaire et sauvage, permet aux scientifiques d’observer les prédateurs dans un milieu naturel et au public de se familiariser avec le grand méchant loup. C’est Gérard Ménatory, journaliste à Midi Libre, qui récupérera les deux premiers loups du parc en Pologne. Le parc à Loups du Gévaudan compte aujourd’hui une centaine de pensionnaires, programme des expositions et développe des thématiques tous publics. Pour les enfants, journées pédagogiques, ateliers grimaces, sculptures, contes se déroulent tout au long de l’année.

Parc des loups de Gévaudan Sainte-Lucie, Saint-Léger-de-Peyre. Tél. 04 66 32 09 22 www.loupsdugevaudan.com

Le Seaquarium du Grau-du-Roi, au Palais de la Mer, réalise des zooms sur les espèces menacées, les tortues de mer ou les hippocampes. Et depuis toujours cet aquarium possède le premier tunnel à requins d’Europe. Désormais, il s’est équipé d’un parcours enfants et tout récemment d’un espace thématique Muséo Tortues, et d’un étonnant Requinarium. Le Seaquarium permet l’observation de 25 espèces de requins vivants et de comprendre leur évolution à travers moulages, films et illustrations.

Seaquarium - Port-Camargue au Grau-du-Roi. Tél. 04 66 51 57 57

Le parc animalier de Casteil Situé dans le Parc Naturel régional des Pyrénées Catalanes, voici un étonnant parc 100 % nature créé voilà plus de 20 ans un peu par hasard, par Dominique Cases et sa famille. Sur une vingtaine d’hectares et un parcours de 3,5 km, vous pourrez apercevoir des lions, des daims, des lamas, des loups de Saarloos, des yacks, des singes et même un chameau ! Une sympathique arche de Noé.

Parc animalier, à Casteil. Tél. 04 68 05 67 54

La vallée des tortues de Sorède

Saviez-vous qu’avec le massif des Maures, le massif des Albères était l’un des derniers sanctuaires européens de la tortue d’Hermann ? Et que la région de Banuyls était le dernier refuge hexagonal pour l’Emyde lépreuse ? Vous ne pourrez l’ignorer après avoir visité la vallées des tortues, où au cœur d’un parc arboré, parmi les chênes lièges et les cigales, une trentaine d’espèces de tortues du monde entier batifolent.

La Vallée des tortues à Sorède Tél. 04 68 95 50 50

Le zoo et la serre de Montpellier

Au zoo, on rencontre des ours, un couple de tapirs, des otaries, des singes hurleurs, des cerfs, des zèbres et une fosse aux lions. Des panneaux explicatifs sont installés dans le parc ainsi que des moulages marquant les empreintes des animaux. Le zoo est gratuit. Tout à côté, la serre amazonienne, réalisation unique en France recréant les caractéristiques de la forêt amazonienne, accueille plus de 500 animaux et 3 500 plantes tropicales.

Parc zoologique et serre 50, avenue Agropolis à Montpellier. Tél. 04 67 54 45 23

Le ranch Randals Bison

Mare Nostrum Ouvert depuis cinq ans à Odysseum - nouveau quartier de Montpellier - et récemment agrandi, l’aquarium Mare Nostrum entraîne d’abord le visiteur dans un décor de grottes sous-marines en Méditerranée. Trois cents espèces et trente mille animaux marins se côtoient dans ses eaux. De réalisation récente, cette vision donne un cadre intelligent et renouvelé de la vie aquatique. Des espaces sont réservés aux enfants tout au long du parcours. La scénographie évoque “Vingt mille lieux sous les mers”.

C’est au début des années 90 que la ferme des Randals a importé ses premiers bisons d’Amérique pour les élever en Cévennes, dans le Gard. La ferme s’est très vite attelée à des activités touristiques organisant des week-ends western, des visites guidées de l’élevage. Mais attention, le ranch n’est ouvert que le week-end.

Mare Nostrum - Odysseum à Montpellier. Tél. 04 67 13 05 50

Randals Bison à Lanuéjols. Tél. 04 67 82 73 74 SUDDEFRANCE - 89 -


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COULEURS CANOË/RAFTING

Rafting, canyoning ou canoë, on se jette à l’eau !

Les férus de sport aquatique n’ont qu’à choisir dans le dédale de lacs, rivières, torrents que compte la région : canoëkayak, rafting ou canyoning… À chacun sa pagaie ! L’image d’Épinal du Languedoc-Roussillon, ce sont les gorges du Tarn ! Le long ruban turquoise creusé dans le calcaire, figurant par moments un véritable canyon, est la destination fraîcheur de l’été. Le canoë de randonnée y est depuis longtemps l’activité la plus pratiquée. Mais d’autres sites existent pour la pratique des sports d’eau vive : l’arrière-pays regorge de rivières et torrents, l’eau ayant à peu près partout, creusé son lit dans le calcaire des causses ou en plaine. En famille, on recherchera la tranquillité rafraîchissante des lacs de haute montagne : ceux de Villeneuve-de-laRaho ou des Bouillouses dans les Pyrénées-Orientales, de Naussac en Lozère ou le lac artificiel du Salagou, dans l’Hérault, sont réputés. On peut leur préférer la fraîcheur des rivières : le Gardon près d’Uzès, déroulant son lacet paisible sous les arches du Pont du Gard. Ou les gorges de l’Hérault au départ de Ganges (Gard) jusqu’à Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) : la rivière des Héraultais est le paradis des canoës ondulant dans l’eau verte le long des rochers - des bans calcaires jurassiques très compactes, où viennent lézarder les baigneurs. Mais les amateurs de sensations plus sportives préfèreront, au voyage “peinard”, la descente en eaux tumultueuses : attention, certaines rivières, soumises à un régime torrentiel, sont accessibles uniquement aux pagayeurs avertis ou encadrés ! La technique mixte du canyoning, qui associe spéléologie, plongée et escalade pour descendre le lit des torrents, compte parmi les

nouvelles disciplines en vogue chez les sportifs. Mais on peut également pratiquer le rafting, l’hydrospeed ou la nage en eau vive dans ces torrents. Si la Lozère, souvent appelée “château d’eau” de la France, offre plusieurs rivières réputées (le Tarn, le Lot, l’Allier), chaque département est une destination en soi. Dans le Gard, les parcours navigables se concentrent sur la Cèze, le Vidourle et le Gardon. Dans l’Hérault, les fleuves Hérault et Orb sont des destinations très prisées. Le fleuve Aude, par sa diversité, offre aux sportifs plusieurs tronçons de rivières en fonction du débit d’eau et du niveau de difficultés recherché, tandis que dans les Pyrénées-Orientales, les pagayeurs se concentrent sur deux fleuves côtiers : le Tech et la Tet. Par ailleurs,

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les gorges du Llech dans ce département sont idéales pour la pratique du rafting. Dans la plupart de ces cours, il est possible de louer son embarcation et de partir seul, le canyoning et le rafting étant des disciplines qui s’exercent toujours en groupe, ou accompagné d’un guide de haute rivière breveté. Plusieurs topos guides ont été édités par les comités départementaux de canoë-kayak : à chaque fois, le degré global de difficulté des rivières et les niveaux de passages les plus difficiles sont indiqués.

Renseignements auprès du Comité Régional de Canoë-Kayak du Languedoc-Roussillon Tél. 04 67 82 16 www.sunfrance.com/eauxvives


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COULEURS KITE - VOILE - VTT

Les voies vertes, 100% nature Elles sillonnent la région et n’en finissent pas de s’allonger, pour le plus grand plaisir des vététistes, des rollers et autre promeneurs non motorisés. Elles permettent de rejoindre les plages en toute sécurité, en contournant un étang (Voie Verte du Lez, Montpellier-la mer, 6 km), en suivant un canal à l’ombre des platanes (de Béziers à Portiragnes, 15 km). D’autres se font côtières, celle de Narbonne à Saint-Pierre-la-Mer (29 km) qui longe les canaux - notamment le chemin de halage du canal du Midi - et l’étang de Gruissan, quand celle de Carnon à La Grande-Motte, (6 km) dessert les plages. A l’intérieur des terres, elle traverse vergers et vignobles et amorce une découverte de la Petite Camargue (de Vauvert à Gallician, 7 km) ou emmène à la rencontre de villages plein de charme (la voie verte de l’Agly, 14 km) sans perdre de vue le Canigou. La plus longue, la voie verte du Haut-Languedoc, “Passa Païs”, cumule 59 kilomètres aménagés sur une ancienne voie ferrée. Dans l’Hérault, elle s’insinue dans la vallée du Jaur, qui s’écoule au pied des monts du Somail et de l’Espinouse. Au cœur de la garrigue, parmi les chênes verts, yeuses, cistes et bruyères blanches ou au cœur de forêts humides, des châtaigneraies et des vignobles, elle caracole jusqu’à Mons-la-Trivalle en franchissant le Pont Eiffel, après une halte obligée à Olargues, la médiévale labellisée parmi les “plus beaux villages de France”. Son parcours qui traverse le Parc naturel régional du Haut-Languedoc, permet d’accéder à de nombreux sites : grotte de la Devèze, musée de la préhistoire régionale à Saint-Pons-de-Thomières, maison et église des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Saint-Vincent d’Olargues…

Dès que le vent soufflera… Elles sont devenues la signature de nos plages : les ailes multicolores des kitesurfers, qui peuplent l’azur local, de mars à novembre. S’il est difficile d’établir l’origine du kitesurf, c’est ici qu’en 1996, émergent des eaux les premiers prototypes à peu près stables. Surtout, sur nos plages ventées, le concept de navigation tractée par cerf-volant imaginé dans les années 1980 par les frères Legaignoux, prend de l’altitude : en région, les premiers “pilotes d’essai” de la discipline, non contents de glisser sur l’eau, se mettent à voler dans les airs !

Voguer sur “Mare Nostrum” Tout aussi redoutée que vénérée par les marins, la Méditerranée, et tout particulièrement le Golfe du Lion qui baigne le Languedoc-Roussillon, offre un vaste “terrain de jeu” pour tous les amoureux de la voile. Des vents changeants, du soleil tout au long de l’année, des eaux chaudes en été, le Languedoc-Roussillon est véritablement une région de voile avec ses 21 ports de plaisance, dont Port-Camargue, le plus grand d’Europe. Des loueurs de bateaux à voile ou à moteur, avec ou sans skipper, des installations portuaires adaptées aux plaisanciers, des activités touristiques à portée de ceux qui font escale, des régates organisées été comme hiver, des salons nautiques, des manifestations sportives d’envergure nationale et internationale, la présence de grands navigateurs… autant d’atouts pour considérer définitivement le Languedoc-Roussillon comme une terre de mer !

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Aujourd’hui, ils sont 50 000 en France adeptes du kitesurf, et peut-être 5 000 à pratiquer ce sport sur nos plages. Ces nouveaux fils d’Éole se pressent entre les sites de Beauduc en Camargue provençale et jusqu’à Saint-Cyprien, à Perpignan. Dans l’Hérault, les spots les plus fréquentés courent entre la magnifique plage de l’Espiguette, Port-Camargue, Carnon, Palavas, les Aresquiers, le Cap d’Agde et Sète. Seule restriction pour la pratique de la discipline, l’arrivée des baigneurs l’été. Mais les kitesurfers depuis quelques années ont leurs zones réservées : Villeneuve-lèsMaguelone, l’Espiguette et quelques mètres carrés de plages au Petit Travers (Carnon) et au Grand Travers (La Grande-Motte).


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COULEURS STATIONS VERTES

Les stations Pyrénées

La montagne en été, un privilège à savourer Les stations de sport d’hiver ne ferment pas leur porte au printemps. Elles troquent le blanc pour le vert, les skis ou raquettes pour des chaussures de marche, VTT ou ânes… Les stations de montagne proposent une multitude d’activités en plein air dans un environnement auquel la végétation florissante donne une beauté échevelée et vivifiante ! Ainsi, dans la station Bolquère-Pyrénées 2000, au cœur du Parc naturel régional des Pyrénées Catalanes, les randonnées le long des lacs, tels que les Bouillouses (photo en haut à droite), le lac de Matemale, encadrés des hauts sommets offrent, en plus d’un panorama unique, l’occasion de rencontrer la faune montagnarde, isards, grand tétras, mouflons, marmottes, gypaètes mais aussi l’opportunité de pratiquer du parapente, du canyoning ou du rafting dans les eaux limpides du massif du Canigou à la découverte des plus beaux canyons Catalans. A deux pas des plages méditerranéennes, l’Espace Cambre d’Aze invite aussi à des sports plus paisibles, pêche, spéléologie sans oublier les bains d’eau chaude de Llo ou de Saint Thomas. Le lac de Belcaire, à la station audoise de Camurac, est propice à la baignade et le pays de Sault est traversé de nombreux sentiers pédestres ou de VTT pour partir à la découverte de somptueuses forêts, des gorges sauvages et spectaculaires du Rébenty. A moins de préférer explorer les nombreux châteaux d’origine wisigoth avant d’emprunter le sentier cathare qui traverse le Pays de Sault, de Belvis à Comus, en passant par la forêt

de Picaussel. Dans les Cévennes, la station Bleymard Mont-Lozère est un site idéal pour emprunter le chemin entrepris par Robert Louis Stevenson qui parcourut, en 1878, près de 252 kilomètres avec son ânesse Modestine. Locations d’âne et randonnées accompagnées sont au programme, et ce chemin de grande randonnée (GR70) qui passe par les sommets du Mont Lozère, le pays du Gévaudan et les vallées cévenoles peut aussi se faire en poney ou à pied et par tronçons. Les stations thermales pour la détente et les bienfaits des eaux de montagne, et la gastronomie qui regorge de spécialités, garantissent aussi les plaisirs qui font les séjours réussis.

www.sunfrance.com/montagnes

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• Les Angles. 1600-2000 m. Tél. 04 68 04 32 76 • Bolquère –Pyrénées 2000. 1800-2250 m. Tél. 04 68 30 12 42 • Camurac. 1400-1800 m. Tél. 04 68 20 31 77 • Cerdagne Puigmal. 18002700 m. Tél. 04 68 04 72 94 • Espace Cambre-d’Aze (Eyne - Saint-Pierre-delsForcats). 1600-2400 m. Tél. 04 68 04 08 01 • Espace Nordique du Capcir. 1500-2400 m. Tél. 04 68 04 49 86 • Font-Romeu. 1600-2250 m. Tél. 04 68 30 68 30 • Formiguères. 1500-2400 m. Tél. 04 68 04 47 35 • Porté-Puymorens. 1600-2500 m. Tél. 04 68 04 82 41 • Puyvalador. 1700-2400 m. Tél. 04 68 04 44 83 • La Quillane. 1600 m. Tél. 04 68 04 22 25

Cévennes • Aubrac Sud - Bonnecombe 1350-1470 m. Tél. 04 66 32 39 53 • Le Bleymard-Mont-Lozère. 1400-1700m. Tél. 04 66 48 66 48 • Les Bouviers - Grandrieu. 1400-1500 m. Tél. 04 66 47 41 54 • Laubert-Plateau du Roy. 1200-1450 m. Tél. 04 66 47 71 37 • Mas de la Barque. 1340-1680 m. Tél. 04 66 46 92 72 • Mont Aigoual, Prat-Peyrot. 1200-1500 m. Tél. 04 67 73 19 80 • Nasbinals. 1400-1500 m. Tél. 04 66 32 55 73


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COULEURS HÉBERGEMENTS

COULEURS PRESTIGE

Un séjour sur mesure

C

lassique ou haut de gamme, les hébergements languedociens jouent la carte du raffinement extrême. Territoire vaste et pluriel, comprenant à la fois une côte littorale donnant sur le Golfe du Lion et un arrière pays vert et vallonné, le Languedoc-Roussillon regorge de superbes endroits, représentatifs de l’art de vivre local. Ici, on a cessé de se désirer ailleurs. Surtout, les possibilités d’hébergement sont extrêmement variées. Ainsi, le séjour en gîte ravira les visiteurs désireux de retrouver une ambiance familiale dans une ancienne bâtisse traditionnelle, décorée avec soin par ses hôtes, ambassadeurs privilégiés du terroir. En bord de mer, les villages de vacances ou les hôtels tout confort apparaissent comme la solution idéale pour profiter tout aussi bien de la plage et que de services modernes, tels la piscine, le spa ou la salle de gym. Garantis par le label “Qualité Sud de France”, ces établissements permettent donc de poser ses valises dans la région, en tout sérénité. D’autre part, plus d’une cinquantaine d’établissements retenus pour leurs critères exceptionnels, forment le Cercle Prestige, initié par Sud de France Développement pour un tourisme d’exception. Les destinations sont multiples : échappée verte dans une authentique bastide, nuit mystique dans l’enceinte d’un monastère bénédictin, soirée sous les étoiles dans le restaurant d’un golf catalan, dégustation épicurienne dans un domaine viticole etc. La quintessence du raffinement capable de satisfaire toutes les envies de découvertes, pour des émotions à l’infini. Pour en savoir plus, scannez ce QR code avec votre smart phone ou connectez-vous directement sur : www.sunfrance.com/prestige

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www.sunfrance.com/qualite


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COULEURS CHAMBRES D’HÔTES

Moments d’émerveillement « J’ai cessé de me désirer ailleurs », avait dit un jour André Breton, en trouvant enfin le lieu de ses songes. Parmi les nombreuses chambres d’hôtes de la région, les visiteurs ont de quoi trouver le lieu de toutes les émotions. En cinquante ans, le concept de chambre d’hôtes - inventé dans les années 50 par un français, Emile Aubert, pour permettre aux gens peu fortunés de partir en vacances chez des agriculteurs ayant eux-mêmes peu de ressources – a beaucoup évolué. Même si parmi les valeurs de base les notions de repos, de bon air, de tranquillité et de nourriture saine et abondante restent d’actualité. Aujourd’hui, entre les chambres labélisées “Gites de France”, “Clévacances” ou celles dépendant de réseaux plus spécialisés, on compte près de 3 000 adresses de chambres d’hôtes dans les cinq départements du Languedoc-Roussillon, de la chambre saine et agréable sans fioritures extrêmes au lieu le plus sublime, concrétisation du paradis terrestre. Des lieux magiques, pour une soirée unique ou une semaine inoubliable, souvent aussi discrètes que sublimes se laissent découvrir dans les endroits les plus insoupçonnés. A Carcassonne dans l’Aude, un couple de décorateurs a ainsi ouvert “La Maison Coste”, superbe maison d’hôtes dans la ville basse dotée de cinq chambres dont deux suites. A Anduze dans le Gard “Le ferme de Cornadel” propose des chambres nature et cosy ayant des noms de cépages de vins, dans une vieille grange restaurée avec raffinement. A Fontans, entre Aubrac et Margeride en Lozère, un couple a crée voilà deux ans “La Grange d’Emilie”, un havre de paix afin de proposer un hébergement de qualité en créant des chambres

Dépaysement garanti !

de charme contemporaine, mais qui ont su garder la trace de leur passé. A Montpellier, l’élégance et le raffinement ont trouvé leur adresse à l’hôtel Baudon de Mauny, dans un ancien hôtel particulier du centre-ville reconverti voilà quatre ans en chambre d’hôtes de grand luxe par la famille de Bordas (photo). Là, hauteurs sous plafonds inhabituelles, sobriété d’un charme naturel, harmonie des coloris se fondent dans un espace de prestige odorant la pierre.

Plutôt yourte, cabane perchée ou adresse écolo-bio ? Depuis quelques années, les chambres d’hôtes et les gîtes se font conceptuels. A Planès, dans un petit village des Pyrénées-Orientales situées à 1 550 mètres, “l’Orri de Planès” est un gîte auberge unique qui allie esthétique alliant confort et exigence écologique. Dans la vallée de l’Orb dans l’Hérault, “la Ferme d’Art” est une ferme vivante de 3,5 hectares qui fonctionne aux énergies renouvelables. Aujourd’hui, le dépaysement est à la croisée des chemins. A Creissan dans l’Hérault, “La Combe Mouis” propose de dormir dans des roulottes, avec vue sur les vignes de Saint-Chinian. A Sorède dans les Pyrénées-Orientales, “Au soleil Mongol” vous donne l’occasion de dormir dans une véritable yourte mongole dans une forêt de chênes lièges avec vue sur les Pyrénées. Plus dépaysant encore, les cabanes dans les arbres sont la dernière tendance. En Lozère, “L’Oustaou de Joséphine” propose une cabane nichée entre les ramures d’un châtaignier avec vue imprenable sur les Cévennes. A Castries près de Montpellier, le Domaine SaintJean de l’Arbousier dispose de deux cabanes d’où l’on voit autant la mer que les prémices des Cévennes. A Prats-de-Mollo dans les Pyrénées-Orientales à MontOZ’Arbres, on peut s’essayer à la tyrolienne en journée et dormir près des étoiles dans une cabane nichée au milieu des pins (photo). Inoubliable.

Qualité Sud de France Ce label garantit un accueil chaleureux et professionnel, de la qualité et du confort parmi plus de 700 établissements et sites touristiques de la région. Qu'il s'agisse d'hébergements, de restaurants, de caveaux de dégustation, de points de vente de

produits du terroir, de sites touristiques et culturels, tous s'engagent dans une démarche rigoureuse. Tous ces établissements maîtrisent les bases pour accueillir la clientèle en anglais et pour favoriser l'accueil des personnes à mobilité réduite, sans compter un engagement ferme à informer

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COULEURS THERMALISME - BALNÉOTHÉRAPIE

LES 13 STATIONS THERMALES

Un thermalisme pluriel Le Languedoc-Roussillon ne compte pas moins de 12 stations thermales. Un large choix à exploiter pour un maximum de bien-être. Depuis une dizaine d’années, aux traitements médicaux classiques du thermalisme, s’est ajouté une vocation de bien-être et de détente. Salles de massage, de soins cosmétiques, bains d’argile, bains à remous, saunas sont là pour répondre aux attentes d’une nouvelle clientèle en quête de réconfort et de sensations agréables, le tout dans des paysages enchanteurs ! C’est ainsi que chaque année près de 90 000 curistes fréquentent les stations thermales de la région. Dans les Pyrénées-Orientales entre Céret et Arles-sur-Tech, à 30 kilomètres des côtes méditerranéennes, les sources d’eau chaude d’Amélie-les-Bains sont réputées pour leur richesse en soufre. Les Romains y construisirent les premiers thermes. Et les thermes bâtis sur les bains antiques ouvrent aujourd’hui les portes d’un univers de détente absolue avant de partir à l’assaut des cimes du massif des Albères ou de celui du Canigou… Tout proche de l’Espagne, Le Boulou associe thermalisme et tourisme. La station s’insère dans un vaste espace où domine la végétation odoriférante de la garrigue, idéal pour de grandes balades pour se tonifier après s’être décontracté. A Molitg-les-Bains, près de Prades, les thermes se lovent au creux des gorges de la Castellane, au pied de la forteresse médiévale de Paracolls, à proximité du vieux village. Bains de boue en apesanteur, douche pétrissante… le spa thermal promet les pires délices ! La station Prats-de-Mollo-laPreste permet elle, de conjuguer thermalisme, pleine nature et découverte de l’art du pays catalan. Dans le vieux village aux murs chargés d’histoire, goûter aux bienfaits des eaux chaudes (44°C) et sulfurées garantit l’oubli de la fatigue et des douleurs rebelles. Dans la Haute Vallée de l’Aude, à 310 m d’altitude, la station de Rennes-les-Bains est vouée au thermalisme depuis l’Antiquité. Sa tradition s’est enrichie d’un espace forme et d’un espace beauté agréable à conjuguer aux plaisirs de la découverte de l’arrière-pays audois. Dans l’Hérault, c’est à Balaruc, Lamalou-les-Bains ou Avène-les-Bains, que l’on peut expérimenter ce nouveau thermalisme, de même qu’à Allègre-les-Fumades en Cévennes ou à La Chaldette en Lozère. De plus, à ces stations thermales s’ajoutent de nombreux centres de thalassothérapie à La Grande-Motte, Banyuls, Port-Barcarès, Canet-en-Roussillon…

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• Alet-les-Bains Cette petite station de l’Aude, profite d’un micro-climat agréable. Les sources d’eau chaude alimentent le centre où sont traitées les affections digestives et métaboliques. • Amélie-les-Bains L’une des premières stations thermales de France située dans les Pyrénées-Orientales. On y traite les affections rhumatismales et respiratoires. • Avène-les-Bains La source Sainte-Odile d’Avène, dans l’Hérault, est à la pointe de la recherche dans le traitement des maladies de la peau, notamment pour les grands brûlés. • Bagnols-les-Bains A 21 km de Mende en Lozère, cette station située à 900 m d’altitude, offre une eau qui jaillit à 41.5°. Riche en fluor, en sels minéraux et en gaz rares, elle est indiquée dans les troubles ORL et en rhumatologie. • Allègre Les Fumades-les-Bains Les eaux froides sulfurisées, bicarbonatées et calciques font de cette station du Gard un endroit spécialisé dans les maladies de la peau et du système respiratoire. • La Chaldette L’eau à 35.6° de cette station lozérienne est bicarbonatée et sodique, avec une action sédative et décongestionnante idéale pour troubles ORL et intestinaux. • Lamalou-les-Bains Les eaux oligométalliques et ferrugineuses de cette station de l’Hérault sont réputées pour le traitement des douleurs et des maladies nerveuses. • Molitg-les-Bains Dans les Pyrénées-Orientales, Molitg est un lieu de traitement des affections dermatologiques, respiratoires et rhumatologiques. • La Preste Aux portes de l’Espagne dans les Pyrénées-Orientales, la présence de sources d’eau sulfureuse et radioactive a permis le développement d’une importante station à partir du XIXe siècle. • Rennes-les-Bains Les eaux chaudes et sulfatées de cette station de l’Aude sont utilisées pour traiter les rhumatismes. • Vernet-les-Bains Affections ORL et rhumatismes sont traités dans cette ville des PyrénéesOrientales. • Balaruc Située au bord du littoral dans l’Hérault, Balaruc est la deuxième station thermale de France. Ses eaux chaudes qui contiennent des oligoéléments ont des vertus curatives sur les articulations et les jambes lourdes • Le Boulou Au Sud de Perpignan dans les Pyrénées-Orientales, Le Boulou est un charmant petit village où l’on traite les affections cardio-artérielles et digestives.

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COULEURS BEAUTÉ - SPA

En Lozère, entre thérapie et bien-être L’établissement thermal La Chaldette est l’exemple réussi de l’intégration du thermalisme au tourisme vert et du mélange thérapie et bien-être dans une architecture audacieuse signée Jean-Michel Wilmotte, architecte, urbaniste et designer mondialement connu, à qui l’on doit dans le LanguedocRoussillon, la médiathèque André-Malraux à Béziers, l’aménagement et la rénovation de l’aéroport, de la mairie et du théâtre de Nîmes.

Spa et massages pour un séjour détente Dans un monde complexe, prendre soin de soi est devenu une nécessité. Entre Perpignan et Nîmes, de nombreux établissements de qualité proposent une invitation au voyage et une pause beauté. « Notre philosophie, c’est de proposer un carnet de voyages pour la peau et le corps, en utilisant les rites de beauté ancestraux et un art de vivre hérité des dynasties d’Asie », explique Anna Koleva, la créatrice du très élégant spa Sensotek à Montpellier (photo). Dans son institut, les soins se font surtout à base de plantes et racines énergisantes d’Asie ainsi que de plantes d’Amazonie dynamisantes et aussi de Kombucha, utilisé pour fermenter le thé et bénéficiant d’un fort pouvoir oxydant. Les produits utilisés, naturels, ont même donné lieu à la création d’une gamme de produits cosmétiques. Un lieu de tous les repos. D’autres spas proposent des rites à base d’argiles, d’algues,

de boues, de beurre de karité, de miel, d’huile d’argan ou même de poudres de plantes. Les gammes de soin sont des plus larges. Car les propriétés thérapeutiques de ces produits et huiles essentielles, alliées à un véritable savoir-faire, offrent une nouvelle dimension de bien-être aux visiteurs. Qu’ils soient équipés de spa de nage, de jacuzzi ou de sauna, ces centres sont au service du bien-être utilisant tout autant le modelage classique que les techniques du shiatsu, de la réflexologie plantaire ou du massage ayurvédique basé sur les principes de la philosophie traditionnelle indienne. Tout aussi exotiques, quelques hammams, comme le fameux Bain d’épices à Montpellier, proposent aux femmes d’expérimenter un rituel ancestral de beauté et de détente, dans un cadre chic et dépaysant, en dégustant un thé à la menthe ou aux épices. Que l’on soit donc à la recherche d’apaisement ou de dynamisme, que l’on se préoccupe de relaxation, de minceur ou de simple remise en forme, l’expérience du bien-être est facilement possible !

La beauté, un produit du Sud ! Depuis longtemps, le Languedoc-Roussillon est une région en pointe pour la mise au point et la production de produits de beauté et de bien-être. Entre les thermes exploités depuis les Romains et la présence de la plus vieille université de médecine de France à Montpellier, il faut dire qu’il y a ici une véritable tradition d’entretien du corps. Aujourd’hui, plusieurs dizaines de laboratoires innovent et conçoivent des produits de beauté en exploitant les richesses naturelles de la région. En tête de ces produits, la marque Eau thermale Avène, du nom de la station thermale de l’Hérault, exploitée par les laboratoires Fabre et qui a mis au point une gamme de

crèmes hydratantes et de soins du corps dont la notoriété ne cesse de croître. D’autres laboratoires comme Delrieu ou Vivaligne développent aussi des produits de qualité. Et depuis quelques années, la cosmétologie à base de produits bio et naturels est en pleine croissance. Bioreline, dans le Gard, développe ainsi la végébiotique, qui se concentre sur les bienfaits des plantes et travaille à base de végétaux issus de l’agriculture biologique. Le jeune laboratoire Little Big bio, créé en 2008 dans l’Hérault, travaille lui à développer une gamme de produits naturels et éthiques venus d’Afrique dans une démarche de commerce équitable respectueuse de l’homme et de l’environnement. SUDDEFRANCE - 96 -

Située sur les plateaux de l'Aubrac, à 1000 mètres d'altitude, la station est propice aux randonnées sur les prairies et les landes, les forêts et les lacs, à deux pas des stations de ski. L'eau de la Chaldette qui jaillit naturellement à 35°C reste au service des curistes, mais ses bienfaits, via les techniques modernes d'hydrothérapie, profitent aussi aux soins de remise en forme et de bien-être. Si les eaux de la Chaldette sont salées, celles de Bagnols-les-Bains sont sulfurées. Elles étaient déjà répertoriées par les Romains comme parmi les plus célèbres “aquae calidae”. Au pied du Mont-Lozère, à proximité de Mende, la station bénéficie d’une source d’eau chaude qui jaillit de la montagne à une température constante de 41°C et d’une source d’eau froide. Ouvert au début du XIXe siècle, et plusieurs fois rénové et agrandi, l’établissement s’est doté en 1998 d’un espace de remise en forme entièrement séparé du secteur cure thermale.


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