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C E D O SS I E R E ST P U B L I É PA R S M A R T M E D I A E T N ' E N G AG E PA S L A R E S P O N S A B I L I T É D E S É D I T E U R S N I D E L A R É D AC T I O N D U V I F / L ' E X P R E SS

AVRIL ‘19

INDUSTRIE

Olivier de Wasseige L’avenir de la Wallonie

Sécurité tous azimuts Une obligation des entreprises

François Fornieri Investir en R&D

PHILIPPE VAN TROEYE

« Surtout se demander comment à travers toutes nos activités, favoriser la transition énergétique. » DÉCOUVREZ-EN PLUS SUR FOKUS-WALLONIE.BE #FOKUSINDUSTRIE

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ÉDITO OLIVIER DE WASSEIGE

FOKUS-WALLONIE.BE

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CONTENU... 04 Bienvenue dans l’entreprise 2.0! 06 Sécurité tous azimuts 08

Interview: Philippe Van Troeye

12 Panel d’experts: réindustrialiser nos entreprises

L’industrie, l’avenir de la Wallonie Il y a une vérité qui peut déranger mais qui est incontournable: l’industrie participera de manière déterminante à la solution des grands problèmes sociétaux actuels.

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La transformation digitale: un bien nécessaire à ne pas sous-estimer

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François Fornieri: Investir en R&D

ÉQUIPE. COUNTRY MANAGER: Christian Nikuna Pemba RÉDACTEUR EN CHEF: Ellen Van Hoegaerden

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’est l’industrie qui fabrique et fabriquera les infrastructures des énergies renouvelables, les moyens de transport carbonless, les robots qui délivreront les personnes des tâches pénibles, ou encore les vaccins et médicaments.

et en soutenant six pôles de compétitivité dont la principale tâche est de rassembler entreprises, universités, centres de recherche pour construire et mettre en œuvre des projets de recherche ambitieux, porteurs de valeur ajoutée et d’emplois. Les politiques pour un accès plus aisé aux financements publics et privés, les politiques de formation, d’aménagement du territoire, sont aussi essentielles pour le développement de l’industrie wallonne.

L’industrie est inscrite dans l’ADN de la Wallonie depuis près de 150 ans. Elle fut sa richesse pendant 80 ans, son drame pendant 30 ans. Mais elle est en passe de redevenir sa force. La mutation industrielle est en marche en Wallonie depuis bientôt 20 ans. Le secteur de la santé a connu un développement constant au point de devenir le premier secteur industriel. Dans la foulée, s’est développé un secteur biotechnologique engendrant un écosystème qui commence à compter sur la scène internationale. Plus généralement, un nombre important de start-up et de spin-off se créent dans la mécatronique, l’aéronautique, le numérique ou l’industrie des plateformes. L’enjeu pour la Wallonie est, bien sûr, d’en créer encore mais surtout de les faire grandir: 40 entreprises de 25 personnes n’égalent pas 4 entreprises de 250 personnes. À un certain niveau, les entreprises exportent proportionnellement plus, elles font plus de R&D et d’innovation qu’elles diffusent autour d’elles, elles créent de l’emploi indirect, alimentant fournisseurs et services aux entreprises. Depuis 15 ans, la Wallonie s’est dotée d’une politique industrielle, notamment en créant

Il faut amplifier les politiques si la Wallonie veut renouer avec son destin: être une terre industrielle de renommée internationale.

Un autre enjeu, surtout pour les industries plus mâtures, est l’entrée de nos entreprises dans l’industrie 4.0, à savoir, en gros, l’industrie de la digitalisation, de l’interconnectivité des moyens de production et de l’intelligence artificielle. Cette nouvelle organisation du processus industriel entraîne des produits plus personnalisés, de meilleure qualité et de moindre coût. Le programme wallon « Made Different Digital Wallonia », en place depuis 2 ans, vise à sensibiliser et accompagner les entreprises dans leur transformation 4.0. Près de 800 entreprises ont été sensibilisées, une centaine sont entrées dans le processus de changement.

ÉQUIPE ÉDITORIALE: Frédéric VanDeCasserie Fernand Letist Bastien Craninx PHOTO EN COUVERTURE: Frederik Hamelynck LAYOUT: Baïdy Ly IMPRESSION: Roularta

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Les outils sont en place, les germes sortent de terre, mais il faut tenir le cap, amplifier les politiques si la Wallonie veut renouer avec son destin: être une terre industrielle de renommée internationale. TEXTE OLIVIER DE WASSEIGE, ADMINISTRATEUR DÉLÉGUÉ DE L’UNION WALLONNE DES ENTREPRISES

Bonne Lecture Morgane Lengelé Project Manager


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ECOVER LUTTE CONTRE LE PLASTIQUE JETABLE

Tom Domen, Innovation Manager Ecover, à propos de la lutte contre le plastique jetable. Il est temps d’innover et d’expérimenter. Recycler, c’est bien, éviter le plastique, c’est mieux.

La pollution plastique nous inonde. Nous devons être critiques face à notre usage du plastique, d’autant plus que nous savons depuis des années déjà que nous utilisons trop de plastique.

LE RECYCLAGE EST-IL LA SOLUTION ? Actuellement, le recyclage est la solution la plus évidente qui s’offre à l’industrie pour réduire le problème. Il n’est cependant pas encore suffisamment appliqué. Notre dernière bouteille Ecover est réalisée à partir de matériel 100 % recyclé, c’est à présent possible. Nous devons continuer nos efforts en matière de recyclage, mais ce n’est pas la seule solution. Éviter le plastique, c’est encore mieux.

QUE FAIT ECOVER SUR CE PLAN ? Ecover offre depuis plus de 10 ans déjà la possibilité de recharger les bouteilles. Notre objectif est de rendre l’offre de recharge encore plus attrayante et accessible afin d’atteindre un plus large public, à la fois en proposant de nouvelles machines pour recharger en magasin et en facilitant la recharge à la maison. Ecover est également membre du LOOP*, un nouveau système d’achat utilisant uniquement des emballages réutilisables.

Nous devons vraiment faire en sorte de n’utiliser du plastique que quand nous n’avons pas d’autre possibilité et continuer à chercher des solutions alternatives. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons réellement nous attaquer au problème du plastique jetable.

COMMENT FAIRE LA DIFFÉRENCE ENSEMBLE ? Tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice pour rendre son environnement (et, pourquoi pas, même le monde) plus propre. Si une personne sur quatre ramassait un détritus par jour, il n’y aurait plus de détritus**. Cela ne prend pas plus de 40 secondes par jour ! C’est peu de chose, mais ce n’est certainement pas une goutte d’eau dans la mer. Mettre le plastique dans la poubelle pour le plastique et réutiliser les emballages autant que possible. Et dire non aux pailles, sacs, gobelets et bouteilles en plastique jetable. Facile, non ?

UNE MARQUE AVEC UNE MISSION ACTIVISTE, DONC ? Ecover est depuis toujours une marque foncièrement pionnière. Sous le slogan « Let’s live clean », nous menons une lutte sans relâche contre le plastique jetable. En innovant sur le plan de nos propres emballages, qui doivent tous être réalisés à partir de plastique 100 % recyclé d’ici 2020, et en testant des emballages d’origine biologique. Une partie de notre combat consiste également à sensibiliser un maximum de personnes à la valeur du plastique et à continuer à chercher ensemble des solutions pour réduire notre énorme dépendance au plastique.

QUELLE SERA LA CONTRIBUTION D’ECOVER AU DÉBAT SUR LE PLASTIQUE DANS L’ANNÉE À VENIR ? “Ecover Statiegeld Store” à Anvers

LA CONSIGNE, UNE ÉTAPE VERS UN MONDE PLUS PROPRE ? Si vous ne voulez pas que le plastique soit considéré comme un déchet, vous devez lui donner de la valeur. Le succès du Statiegeld Store d’Ecover prouve qu’il y a une grande adhésion en Belgique. La consigne permet de réduire les déchets sauvages et d’améliorer la qualité de la collecte. *stichtingklean.nl **loopstore.com

À partir de notre mission #LETSLIVECLEAN, nous organisons cette année plusieurs Plastic Talks, dont la toute première édition est prévue le dimanche 24 mars à l’occasion de l’Eneco Clean Beach Cup à Zeebruges, au Beachclub Ikarus. Le but ? Impliquer, motiver et surtout inspirer les gens à gérer différemment leur utilisation du plastique. Nous créons un podium pour permettre aux créateurs de différence de partager leurs visions, leur motivation et leur pouvoir de changement. Venez et faites le plein d’inspiration pour agir à votre tour ! Consultez la page Facebook d’Ecover pour plus de détails.


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TOPIC DIGITALISATION

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Bienvenue dans l’entreprise 2.0! L’avènement des outils numériques dans les entreprises provoque un profond changement dans les métiers industriels. Elle engendre la création de nouvelles compétences en même temps que la requalification d’autres professions.

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n estime que, dans les deux décennies à venir, 25 à 50 % des métiers de l’industrie sont appelés à être automatisés. Les postes concernés par ces mutations rendent bien entendu nécessaire la mise en place. Suivre cette évolution est un impératif d’autant plus crucial pour les industriels qu’il leur promet des bénéfices loin d’être négligeables, notamment en matière de productivité, de qualité et donc de satisfaction du client. « C’est exactement ça », réagit Baptiste van Outryve, Director PR & Corporate Communication de Carrefour en Belgique. La grande distribution! Un type d’activité où souvent l’on n’imagine pas l’intensité de la digitalisation à l’œuvre. Et pourtant… « Il existe deux types de digitalisation bien distinctes chez nous: celle qui est directement visible par le client. Et celle qui lui est a priori étrangère. La première catégorie contient des aspects comme la commande à distance, la livraison à domicile ou encore la commande de boîtes de repas en ligne. Mais aussi des activités qui ne “vendent” rien en direct. Comme le self-scan, celles qui permettent de retrouver la traçabilité des produits, ou encore celles permettant l’impression de promotions ciblées. »

Il en a bien entendu découlé une impérieuse nécessité de formation du personnel! « Il a évidemment fallu que les gens soient formés à utiliser ces nouveaux outils, et il a aussi fallu développer de nouveaux logiciels pour ces outils », commente B. van Outryve. « De manière générale, le processus de formation se

déroule en deux étapes. Il faut tout d’abord évaluer les connaissances numériques de chacun. Puis adapter les formations digitales en fonction. » Une nouvelle donne qui a de fait modifié la façon dont le personnel perçoit son emploi. Mais il n’est pas le seul pour qui la digitalisation a changé tout ou partie de l’existence.

Le numérique au sens large est devenu un aspect essentiel pour se différencier de la concurrence. — CHRISTOPHE LAFONT, PROS

En effet, sous l’influence de la digitalisation, les comportements d’achat changent, eux aussi, à grande vitesse. Christophe Lafont, spécialiste des solutions Pricing chez PROS, éditeur de logiciels permettant aux entreprises de définir des prix optimisés et de configurer produits et services personnalisés le confirme. « Le numérique au sens large est effectivement devenu un aspect essentiel pour se différencier de la concurrence. Rappelons une chose importante: quand, par exemple, vous ouvrez votre commerce sur les canaux digitaux, vous ne vous contentez pas de déporter une partie du business réalisé via les canaux classiques. Vous allez générer un véritable chiffre d’affaires additionnel. C’est du moins l’objectif… Ajoutons à cela un point-clé: l’expérience de vente joue pour 53 % dans la décision et plus parlant encore, une mauvaise expérience va pousser 70 % des utilisateurs à contacter la concurrence. » Moralité: la transformation digitale a bel et bien permis d’accroître les performances de l’entreprise, en développant communément expérienceclient et expérience-collaborateur. Chaque entreprise doit donc prendre ces deux virages le mieux possible, pour faire face aux nouvelles révolutions digitales: IoT, impression 3D, smart data, Intelligence artificielle, blockchain… Mais se transformer, évoluer, demande avant tout d’être efficace en interne. Car c’est sur cette donnée que la transition numérique de chaque entreprise sera célébrée comme une réussite… ou pas.

Concernant les aspects « moins visibles » de la digitalisation chez Carrefour, on épinglera par exemple un vaste plan de transformation lancé en 2018, basé sur un constat simple mais récurrent: « Nous nous sommes aperçus que, hors le personnel qui travaillait par définition dans le magasin, comme les hôtesses de caisse par exemple, de nombreuses personnes devaient y passer plus de temps. Mais ce n’était pas le cas. Nous avons équipé nos services de devices mobiles et non plus d’ordinateurs, afin qu’ils puissent se déplacer plus facilement et quitter leur poste de travail plus souvent. »

TEXTE FRÉDÉRIC VANDECASSERIE

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Il y a des jours où je me décourage un peu, c’est vrai, et il y a des jours où j’ai plein d’espoir. Ils vont m’aider. Je vais le trouver ce job, promis ! Je veux me former sur un métier où je serai recherché(e) et apprécié(e). J’ai beaucoup d’avenir. Je sais que TechnoCampus travaille en partenariat avec le Forem. Je sais que les formations, l’accueil et l’ambiance y sont de qualité.

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Je souhaite que mon personnel technique soit qualifié dans les domaines utiles au développement de mon entreprise. Je veux recruter des gens compétents, professionnels, passionnés, rigoureux, et bien accompagnés. Je n’arrive pas à recruter facilement certaines fonctions. Je suis à la recherche de partenaires pour m’accompagner, des gens passionnés qui forment aux métiers en pénurie et du futur, et qui vont qualifier davantage mon personnel.

JE SUIS TRÈS INTÉRESSÉ(E) PAR L’ÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ET NUMÉRIQUE JE SOUHAITE MIEUX COMPRENDRE CE QU’EST L’INDUSTRIE 4.0.

Je veux continuer à progresser. Je veux apprendre encore. Je sais que le numérique va changer ma vie et nos relations sociales. Mais je ne comprends pas tout. Je veux apprendre ce que le numérique et le 4.0 vont apporter.

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je confirme que TechnoCampus m'aide vraiment dans la formation de mes étudiant(e)s, avec d'excellentes formations et un matériel de pointe. Ils sont si dévoués ! Si vous avez répondu « Non  » à tout, nous vous remercions pour le temps consacré

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TOPIC SÉCURITÉ

Les drones… La surveillance accrue des sites sensibles et industriels dope le recours aux drones. Une solution simple, rapide pour un survol télécommandé à distance à la moindre alerte. La technologie a résolu la question de l’indispensable autonomie et de l’opérationnalité permanente (24h sur 24) de ces auxiliaires de sécurité volants équipés d’une caméra optique de surveillance et d’une caméra thermique (pour repérer fuite, surchauffe, infiltration d’eau…)

… en décollage Encadrée d’une nouvelle législation européenne, l’économie des drones (notamment orientée vers des applications dans le secteur industriel) devrait décoller en Belgique. C’est ce qu’indique une étude menée par PwC et Agoria qui prédit, d’ici 2020, la création de mille emplois dans notre pays grâce à ce nouveau marché des drones commerciaux. Leur rayon d’action potentiel est en effet prometteur: inspection des environnements industriels, surveillance agricole, livraison de colis e-commerce, assistance aux secours en cas de sinistre…

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Sécurité tous azimuts L’analyse régulière des risques est une obligation des entreprises. En pleine mutation du monde du travail, les aspects à envisager se multiplient en a dans l’univers industriel.

S

écurité. Le mot est sur toutes les lèvres dans le monde du travail car il recouvre bien plus que la protection du matériel et des bâtiments. Il englobe aussi le bien-être et la santé mentale des travailleurs tout autant que la prévention des risques environnementaux, l’usage et le stockage de produits dangereux ou la cybersécurité. En mutation accélérée, l’industrie nécessite constamment de nouvelles analyses de risques, suivies de nouvelles mesures internes à prendre. La réglementation européenne impose à toute entreprise ces analyses de risques, cadrées par des principes de prévention, élimination des risques, de prévention collective et individuelle, et encadrées par les comités de prévention et hygiène au sein des sociétés. Chef de direction de l’inspection du travail, Luc Vanhamme dirige 135 inspecteurs qui chaque jour visitent des entreprises. « Notre rôle n’est pas de préconiser des mesures mais de vérifier leur respect, précise l’homme du SPF Emploi et travail. Nous contrôlons l’application des réglementations en matière de

sécurité des travailleurs. Avec une grande vigilance sur le secteur de la construction mais aussi les entreprises industrielles à sensibiliser et conscientiser. » Les équipements matériels sont heureusement plus sûrs qu’avant. « La qualité et donc la sécurité des machines a été réglée par une réglementation européenne de mise sur le marché de machines industrielles toutes certifiées et

les métiers pénibles, diminuer la charge de travail autant que la charge psychique. À condition de toujours s’assurer que toute innovation technologique ne crée pas de nouveaux risques psychosociaux. » Se protéger est devenu pour les entreprises un défi de plus en plus prégnant, complexe et permanent. La menace terroriste a boosté les

Il faut toujours s’assurer que toute innovation technologique ne crée pas de nouveaux risques psychosociaux. sûres. » En revanche, Luc Vanhamme insiste sur une priorité accentuée par la forte transition vécue par le monde des entreprises: l’aspect psychosocial des conditions de travail. « La robotisation couplée à de l’intelligence artificielle, bien pensé et bien fait, cela peut améliorer la sécurité et le bien-être en entreprise. Cela peut soulager

systèmes de sécurité classiques – caméras de surveillance, gardiennage, accès restreints aux bâtiments et équipements –, mais d’autres domaines vivent aussi sous forte pression: systèmes informatiques, responsabilité environnementale… Anonymement, un spécialiste en instrumentation et sécurité industrielle d’un groupe belge nous

expose sa vision de la diminution des risques. « Il faut envisager tous les domaines concernés (environnement, production industrielle, cybersécurité, protection des biens et matériel…) comme des plaques placées les unes derrière les autres. Chacune comporte des “trous” qui sont les failles du système. Il faut y superposer à la suite l’une de l’autre d’autres plaques de manière à boucher les trous. Résoudre l’équation sécurité repose sur ce travail permanent sur plusieurs fronts avec plusieurs systèmes complémentaires. Et sur le terrain de la gestion de la sécurité pure mieux vaut s’isoler de l’extérieur voire du reste de sa propre entreprise. L’isolation de la sécurité la renforce. Mais n’oublions pas l’humain. C’est lui, la solution n°1 aux défis sécuritaires en entreprise. Il doit être informé, conscientisé sur ces questions, se sentir investi d’une responsabilité. Les travailleurs sont les premiers maillons de la chaîne de sécurité. »

TEXTE FERNAND LETIST

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INTERVIEW PHILIPPE VAN TROEYE

FOKUS-WALLONIE.BE

« Chacun doit toujours se demander ce qu’il peut faire à son niveau! » Parce qu’elle est considérable avec ses 17.000 employés, qu’elle est souvent au centre des débats et polémiques en tous genres, et surtout parce que son business de base, l’énergie, implique aussi une dimension sociétale, nous avons voulu interroger Philippe Van Troeye, le CEO d’une entreprise pas tout à fait comme les autres. TEXTE FRÉDÉRIC VANDECASSERIE

PHOTO FREDERIK HAMELYNCK


PHILIPPE VAN TROEYE INTERVIEW

#FOKUSINDUSTRIE

P

3 QUESTIONS À...

our commencer, le sujet est inévitable: les marches qui se multiplient contre le réchauffement climatique, cela vous inspire quoi? « Je ne suis pas qu’un CEO d’entreprise, par ailleurs assez active dans la recherche de solutions pour moins consommer d’énergie, je suis aussi un citoyen. Et je trouve qu’il faut affirmer son engagement et sa responsabilité personnelle en tant que citoyen. Mais aussi en tant qu’entreprise. Les enjeux de la transition énergétique sont fondamentaux. »  Comment impulsez-vous ces enjeux au jour le jour? « Ils me mobilisent au quotidien! Nous sommes un acteur industriel de premier plan qui occupe des milliers de personnes en Belgique. Ensemble, nous voulons faire de ce pays un champion de l’efficacité énergétique. L’enjeu commence par la mobilisation de nos experts qui sont le moteur de cette dynamique. Ensuite, il faut se demander comment nous pouvons à travers toutes nos activités, favoriser la transition énergétique. Demain, il faudra consommer une énergie de plus en plus locale et décarbonée. Et, surtout, en consommer moins. Nous installons notamment des éoliennes, des panneaux solaires et des unités de cogénération sur des sites industriels. L’électricité produite est consommée sur place, ce qui permet de mettre mieux en adéquation la consommation et la production dans un lieu donné. La mobilité est également un vecteur important de la transition électrique. D’ici 2020, 20 % de notre flotte de véhicules utilitaires sera passée à l’électrique. Et nous développons aussi une offre de mobilité électrique pour nos clients résidentiels et industriels. »

Il faut affirmer son engagement et sa responsabilité personnelle en tant que citoyen. Gère-t-on Engie, avec les valeurs que la société véhicule, comme on gèrerait une autre entreprise? « Immanquablement en tant qu’acteur historique dans un secteur stratégique, nous sommes sans doute plus au centre de l’attention que d’autres entreprises actives dans d’autres secteurs. Même si aujourd’hui, plus aucune entreprise ne peut faire l’économie du débat énergétique. » En tant que CEO, comment gère-t-on, concrètement, 17.000 personnes? « Même si j’aimerais, je ne les connais pas toutes! Mais, dès que je le peux, je quitte la tour qui abrite notre siège central pour aller voir nos collaborateurs sur le terrain. Je puise beaucoup d’énergie de ces contacts. Là, ce que je retiens essentiellement, c’est la compétence de ces équipes, leur mobilisation et leur volonté de bien faire leur travail. Et puis, notre personnel se pose bien entendu beaucoup de questions sur la façon dont l’entreprise va évoluer, précisément dans cette période de transition. Il est essentiel d’y répondre… » Vous travaillez dans cette entreprise depuis longtemps, avez-vous vu ces questions évoluer, justement?

NICOLE ROLAND ADMINISTRATRICE GÉNÉRALE DE L’IFAPME

Quelle est votre vision sur l’industrie 4.0? « On est confronté à une quatrième révolution industrielle. La digitalisation va impacter tous les métiers. On va perdre des emplois dans des fonctions pénibles mais de nouveaux vont se créer. Il faut s’axer beaucoup plus sur l’importance de la pédagogie numérique. »

Aujourd’hui, plus aucune entreprise ne peut faire l’économie du débat énergétique. « Oui, la conscience des enjeux énergétiques est plus grande qu’avant, et l’urgence est là! En outre, les évolutions technologiques ont, elles aussi, été très vite. Les moyens digitaux accélèrent les échanges, ce qui demande plus de formation et d’adaptation de la part du personnel. En d’autres termes: la flexibilité est devenue indispensable… » En sachant que, défi supplémentaire, vous devez agir aux deux extrêmes. Avec des solutions faisant appel aux technologies de pointe, mais aussi avec des techniciens sur le terrain, dont le travail fait autant appel au tournevis qu’à la tablette… « Exactement! Et peu d’entreprises sont dans notre cas. Mais le développement de toutes ces technologies irrigue également les métiers que l’on peut considérer comme “plus traditionnels”. Ce mélange entre métiers et expertises différentes et complémentaires est d’une richesse extraordinaire! » C’est donc aussi une richesse de maîtriser toute la chaîne, depuis la conception d’un produit jusqu’à son entretien, en passant par sa commercialisation et son exploitation? « Bien sûr! Nous sommes présents sur toute la chaîne de valeur. Et puis, l’autre force de l’entreprise réside, là encore, dans une grande flexibilité face aux besoins de nos clients qui ne cessent d’évoluer. Il faut connaître ses compétences, mais aussi reconnaître celles des autres. Pour rester compétitive, une entreprise a d’ailleurs besoin d’avoir, en face d’elle, des concurrents qui la poussent à innover. » Au final, votre motivation quand vous vous levez le matin, elle vient principalement d’où? Du personnel, de la concurrence ou de vous-même? « Dans une entreprise comme ailleurs, il ne faut pas tout attendre des autres, mais agir sur les choses sur lesquelles on possède une certaine influence. J’ai commencé chez Engie comme ingénieur de production. J’avais bien

entendu des attentes vis-à-vis du CEO, mais pour autant je n’oubliais jamais qu’une partie de la solution résidait peut-être dans mes mains. Chacun doit se demander ce qu’il peut faire à son niveau… la motivation vient aussi de là! » Vous demander ce que vous pouvez faire, vous, c’est une chose à laquelle vous vous soumettez aussi en tant que CEO? « J’établis mon propre bilan chaque soir! Et le bulletin est plus positif pour certains que d’autres. Comme c’est le cas pour tout le monde, je pense. Ma responsabilité de CEO est de faire bouger l’entreprise, d’insuffler une dynamique même si chacun est à son niveau responsable d’impulser ce mouvement. Il y a un besoin d’expliquer, de comprendre, d’échanger. Mais de nos jours, tout doit toujours aller très vite. On vit dans l’instantanéité… » On va parfois trop vite? « Maintenant, en 30 secondes, avec un smartphone, on trouve une info qu’il y a 30 ans, je dénichais peut-être après avoir été à la bibliothèque durant une demi-journée. Cette évolution technologique est bien entendu très positive dans de nombreux domaines. Mais le débat vient trop vite. Et, surtout, se clôt trop rapidement. Je crois que, paradoxalement, nous sommes à une époque où il importe plus que jamais de prendre du recul. C’est ce que j’essaie de faire. Comme citoyen et comme CEO. »

SMART FACT. Si je n’avais pas été CEO d’Engie Benelux… « … Je me serais bien vu professeur! Car j’ai toujours adoré apprendre et transmettre. Et, pour cette raison, se retrouver devant des étudiants à qui on apprend des choses m’a toujours tenté. Je ne crois franchement pas que ce soit un métier facile, loin de là, mais il m’a toujours attiré. Maintenant, il ne faut jamais dire “jamais”, qui sait… »

Comment dès lors arriver à intégrer la digitalisation dans toutes les formations? « Il faut déjà avoir du wifi dans les centres de formation. Il faut surtout valoriser la formation des formateurs. Permettre d’être formé par des gens issu du monde de l’entreprises et développer des formations en alternance. Les jeunes ne doivent plus seulement être des réceptacles au savoir. Ils doivent aller le chercher par eux-mêmes. » Comment intéresser les jeunes aux métiers en pénurie? « Pour se défaire de la mauvaise image de certains métiers, il faut multiplier les stages découverte en entreprise. Un “speed-jobing” peut également être une bonne idée (rencontre des entrepreneurs et des jeunes selon le concept de speeddating). Enfin, les médias devraient aussi parler des possibilités d’insertion sur le marché du travail. »

Quand le bureau se fait « hot »! Le « hot-desking », ou principe du « bureau nomade », consiste à n’attribuer aucun bureau de façon nominative. Chaque collaborateur, au début de sa journée de travail, s’installe sur un poste de façon aléatoire et en fonction des disponibilités. Le « hot-desking » doit son émergence actuelle à l’essor des nouvelles technologies: la numérisation des documents de travail, le « cloud computing » ou encore les agendas dématérialisés impliquent un lien moins fort entre l’employé et son poste de travail.

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ADVERTORIAL

« Aertssen Group : l’entrepreneuriat par excellence » Aertssen Group est une entreprise familiale qui possède 3 départements  principaux parmi d’autres  : construction et infrastructure, levage et transport exceptionnel & logistique. L’entreprise est active en Belgique et à l’international. Le secteur de la construction en est plein essor. Et la technologie s’immisce dans le quotidien. Les travailleurs utilisent des systèmes intelligents pour accélérer l’échange d’informations. Aertssen Group dicte les tendances. Aertssen Group a déployé, en ce sens, plusieurs initiatives. Yves Aertssen, co CEO du groupe témoigne : « La surveillance de la conduite de nos chauffeurs et leur consommation de carburant à l’aide de systèmes intelligents placés dans les camions, les formations par le biais de simulateurs, la réalité virtuelle… Autant d’initiatives qui cadrent avec notre vision stratégique selon laquelle nous donnons la priorité à nos collaborateurs ». L’importance d’une solide infrastructure L’infrastructure durable revêt une importance cruciale pour soutenir le développement économique du secteur industriel notamment. Les différents départements du Groupe Aertssen font preuve de réactivité. « Au fil des ans, nous avons réalisé de nombreux projets d’infrastructure intégrés. Citons notamment l’installation d’éoliennes. Nous commençons par les travaux de terrassement préparatoires, puis nous transportons les pièces des éoliennes, qui sont finalement installées par notre équipe de levage. De cette façon, nous offrons à nos clients une solution globale intégrée. C’est la force de notre groupe. »

Le nouveau parc logistique d’Aertssen L’industrie manufacturière se déplace vers l’est, ce qui a entraîné une demande croissante de services logistiques. Pour y répondre, le groupe a réinventé ses modèles économiques. « Nous avons bâti un nouveau parc logistique. Implanté au cœur du port d’Anvers, il relie facilement les routes, les voies navigables et les chemins de fer. Nous y assemblons des machines de construction selon la logistique 4.0 pour les acteurs mondiaux de la production de machines de construction et agricoles. Panneaux solaires, certification BREEAM, une éolienne... Nous optimisons notre propre infrastructure. »

La transition énergétique, de lourds investissements ? La transition énergétique requiert effectivement des investissements majeurs. Mais Aertssen Group est fier d’y contribuer. « Pensons au développement et à l’exploitation du plus grand parc d’énergie solaire du Benelux, à Zelzate. Le site fut assaini avant de devenir une montagne solaire avec 55 500 panneaux, soit une capacité énergétique de 15 mégawatts pour pas moins de 4 000 foyers. Nous y étudions, en outre, la possibilité de produire de l’énergie éolienne sur place et nous y examinons aussi la possibilité d’y produire de l’hydrogène visant à propulser les bateaux de navigation intérieure. » Un atout supplémentaire pour la stratégie de durabilité du groupe qui, au cours de la dernière décennie, a transporté davantage de terre par l’eau que par la route.

notre pilier “Close the loop with sustainable products”. En triant et en recyclant les gravats de démolition, nous leur offrons une seconde vie. Des milliers de tonnes de gravats sont broyés et réutilisés. De même, l’argile est réutilisée pour produire des briques. » Bref, Aertssen Group s’emploie à réutiliser durablement les matériaux excavés et les produits connexes industriels. People, Power & Passion to build on ! Aertssen Group est un modèle d’entrepreneuriat audacieux et innovant. Le groupe a créé un vaste réseau d’entreprises dont les activités se complètent parfaitement pour des projets d’infrastructure dans la construction et l’industrie. Au cours de la dernière décennie, on a assisté à une diversification vers la navigation intérieure, le développement de projets et l’énergie verte. Le groupe continue de croître à un rythme rapide, mais son caractère familial reste ancré dans l’organisation. Le slogan d’ Aertssen Group le résume bien  : «  People, power and passion to build on  !  » Aertssen Group continuera à rechercher de nouveaux talents en 2019. Yves Aertssen : «  Nos collaborateurs sont le véritable capital de l’entreprise. Notre slogan ne commence pas par « people » par hasard. Notre personnel forme le socle de notre succès.»

L’impact des matériaux sur l’environnement L’impact environnemental des matériaux de construction est une préoccupation majeure. « Notre méthode de travail illustre parfaitement

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PANEL D’EXPERTS RÉINDUSTRIALISATION

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Réindustrialiser nos entreprises, un processus capital Notre économie vit un phénomène de réindustrialisation de ses entreprises. Grâce à l’automatisation doublée d’une recherche de gestion optimale du capital humain et des compétences du futur. Trois experts témoignent de l’évolution en cours.

MARCO VERI. Directeur de SOCABELEC, Ham-surSambre

DOMINIQUE DEMONTÉ. Directeur Général de AGORIA Wallonie

JEAN-PIERRE VANBOSTAL. Directeur de production et développement textile De Poortere, Mouscron

Qu’entend-t-on par réindustrialisation? « C’est une transformation profonde pour entrer dans l’industrie 4.0, qui induit l’automatisation/robotisation de nos entreprises. Ce processus pose une question centrale: l’impact sur l’emploi. Sur ce sujet, on est passé d’une vision alarmiste à une vision positive, tant pour les travailleurs que les employeurs. Des études de 2018 (Acerta, Manpower ou Deloitte) en attestent. On estime que la réindustrialisation entraînera des pertes d’emplois mais largement compensées par la création de nouveaux. Une étude Agoria pointe que pour un job supprimé, 3,7 seraient créés ou maintenus. Le vrai défi se situe dans la gestion du capital humain et l’accompagnement des compétences, et la formation pour la reconversion des travailleurs. »

« Après une vague de délocalisation de l’industrie vers les pays de l’Est et leur main-d’œuvre meilleur marché, la réindustrialisation actuelle consiste à assurer ici l’implantation, le maintien ou le développement de moyens de production qui permettent la transformation ou l’assemblage de matériaux. Avec des produits finis destinés au marché local autant qu’international. La clé industrielle est l’automatisation des unités de production garantissant plus d’efficacité, de flexibilité, des coûts compétitifs et nécessitant aussi du personnel qualifié. La sensibilisation du public aux coûts environnementaux et la tendance à acheter local et circulaire, favorisent ce retour à ramener la production en Belgique. »

« C’est un processus en cours en Belgique. Il prend plusieurs formes: rapatriement d’une industrie auparavant délocalisée; création de nouveaux produits; installation d’outils neufs plus productifs. Oui, dans un premier temps, l’automatisation pourra relancer notre économie, mais les pays low cost suivront le même chemin. Quand nous achetons en Europe 10 machines sophistiquées par an dans notre secteur textile, les Chinois en achètent 1000! Chez De Poortere, nous travaillons uniquement en B2B et axons notre futur sur le choix, la réactivité et la qualité. Nous nous réindustrialisons selon nos capacités. À côté de nos grandes machines nous avons investi dans des petites machines pour produire aussi des pièces de 40 mètres et parfois moins… »

Ce processus s’opère de quelle manière chez nous? « Il est déjà une réalité. Celle vécue par des sociétés comme Atlantic de Seneffe spécialisée en chaudières/boilers ou JTEKT Torsen de Strépy, à la pointe en différentiels de 4x4 auto. En méforme, elles ont fortement investi dans l’automatisation. Depuis, la première a augmenté sa productivité de 50 % et la seconde a retrouvé une production et des rentrées appréciables. Toutes deux sont remontées à un niveau de personnel important (100 et 200 personnes). Réindustrialiser ne tue pas l’emploi, cela le change. Beaucoup d’initiatives soutiennent cette évolution. À cet égard, notre structure Agoria pousse des programmes comme Be the Change, Made Different ou Factory of the Future. »

« Ma société Socabelec fait partie des sociétés belges de services spécialisées dans l’automatisation et la robotique. Nous créons des nouveaux équipements automatisés qui accentuent la souplesse et l’efficience des moyens de production. Cela aide à maintenir nos industries ici. Nous avons développé notre propre robot pour la lubrification des moules de production de bouteilles en verre – action encore manuelle avant ça! Notre robot est breveté et vendu dans le monde entier. De plus, tous nos sous-traitants et fournisseurs sont basés en Belgique. Chimie, industrie pharmaceutique et automobile sont depuis longtemps automatisés. Mais le phénomène gagne la plupart des entreprises tous secteurs confondus. »

« Hélas, ce sursaut ne s’applique pas à mon secteur textile sauf exception. La majorité des acteurs textiles peinent à investir car leurs marges commerciales sont très faibles. Nous souffrons de l’importation massive de textiles fabriqués à bas prix en Chine, en Inde, en Turquie. Pourtant des solutions existent à la relance des entreprises textiles belges: une sensibilisation au rôle capital du textile dans nos vies car un pansement ou un filet agricole est tricoté par du matériel haute technologie. Une formation d’urgence des jeunes au textile en milieu scolaire, un système d’aides réelles aux sociétés pour favoriser la production locale, développer de nouveaux produits, de nouveaux marchés, investir… Il faut un sursaut durable. »

Pourquoi réindustrialiser nos entreprises est capital pour la survie économique de notre pays? « Cette tendance lourde est incontournable. Indispensable. Bien l’accompagner, en valorisant le capital humain, créera de la croissance et retissera un maillage économique moderne dans notre pays. Cela ramènera de l’activité et de l’emploi tout en permettant à beaucoup d’entreprises de rebondir. Pour cela, celles-ci doivent être sensibilisées à l’importance de l’automatisation, évoluer dans un environnement favorable, avec les compétences ad hoc et les talents nécessaires à l’industrie 4.0. Cet effort doit aussi être épaulé par des écosystèmes d’innovation associant universités, PME de haut niveau, startup… Ce contexte dynamique permettra à des filiales de grands groupes internationaux de défendre en interne la compétitivité de leur site belge. »

« La Belgique jouit d’un environnement socio-économique et politique favorable pour la promotion de l’industrie du digital, du biotech et d’un virage 4.0 dont l’industrie doit tirer avantage pour rebondir. Le tissu industriel apporte des opportunités de collaboration et d’innovation aux fournisseurs d’équipements. Dans ce climat, les sociétés de services actifs dans plusieurs secteurs peuvent apporter des solutions parfois révolutionnaires à une demande, un besoin industriel. Leur force? La fusion entre leurs compétences accumulées. Y compris l’expertise classique d’un secteur, telle que la nôtre dans le domaine du verre. Allier la mémoire traditionnelle d’un métier à l’intelligence 4.0 est un levier central de notre avenir économique. »

« Parce que seuls les secteurs primaire et secondaire peuvent produire de vraies richesses à long terme. Et sans ces richesses, le patrimoine de la Belgique s’épuisera, nos rues commerciales seront encore plus désertes qu’aujourd’hui… Parce que sans emplois notre société risque le chaos… Parce qu’à terme ne conserver que la recherche et le développement en Belgique est une utopie. Produire, c’est chercher et développer tous les jours. Ce sont les problèmes qui mènent aux solutions. Enfin, parce que réindustrialiser est capital pour la Belgique car un pays industrialisé est un pays plus autonome. »

TEXTE FERNAND LETIST


ADVERTORIAL

Après le rachat en 2015 de la société CARBONE+ située à Tournai, le « distributeur d’excellence » vient de racheter quatre nouvelles sociétés dans les Hauts-de France pour compléter sa gamme de services aux entreprises dans le domaine de l’EPI et maîtriser des circuits courts d di ib i E i l’ i i réé en 1993 par Laurent Lairy, président-fondateur, le groupe Protecthoms réalise désormais un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros et emploie 181 collaborateurs. Pour poursuivre son développement, Laurent Lairy a décidé d’engager son groupe dans un grand projet d’entreprise Ambition 2025, centré sur une offre Premium d’EPI et des produits d’image de marque pour les entreprises. Cette offre est concentrée sur la santé et la sécurité au travail, le bien-être, le lien social et la performance des humains au travail. « Car on constate aujourd’hui que les entreprises les plus performantes sont les entreprises qui ont intégré la santé au travail et où les collaborateurs sont les mieux équipés et protégés », explique le président-fondateur de Protecthoms. Quatre acquisitions Les quatre sociétés récemment acquises par le groupe viennent renforcer le coeur de métier de Protecthoms, le sourcing et la distribution d’EPI. Il s’agit, d’une part, de Ligne Bleue (Lille-Roubaix), de Gorrissen (Dunkerque), de VB Protect (Boulogne-sur-Mer) qui élargissent leur gamme en diffusant les 6 grandes familles de produits du groupe (protection de la tête, du corps, des mains et des pieds, équipements et accessoires, hygiène et propreté). Et d’autre part, de L’Ascenseur Confection, basé à Merville (59) qui permet à Protecthoms d‘intégrer la fabrication de vêtements de travail et de vêtements Corporate grâce aux compétences d’une entreprise labellisée « 100 % d’origine France » : un vrai plus dans la maîtrise de la distribution, des délais et dans l’excellence de fabrication. « Protecthoms a investi près de 3 millions d’euros pour intégrer ces quatre nouvelles sociétés au savoirfaire français reconnu et développer de nouveaux services, notamment un atelier de contrôle d’EPI classe 3 intégré unique », ajoute le dirigeant.

DR

Protecthoms en pleine croissance ! 2 questions à… Laurent Lairy, PRÉSIDENT-FONDATEUR DE PROTECTHOMS

Comment se porte Protecthoms ?

Très bien. En effet, le groupe va réaliser cette année un chiffre d’affaires de 38 millions d’euros et nous visons raisonnablement les 100 millions d’euros d’ici 2025. Par ailleurs, entre 2017 et 2018, Protecthoms a enregistré une croissance de 19% (dont 9 % de croissance organique). Ces bons résultats s’expliquent par le fait que depuis sa création Protecthoms s’est développé de façon équilibrée entre croissance interne et croissance externe. Nous avons développé une vision à 360° de notre métier de distributeur d’EPI et un véritable « savoir-distribuer » qui fait la différence. Le marché de l’EPI est actuellement en plein bouleversement et nous accélérons notre expansion en travaillant sur une logique additionnelle qui rend équitable et pérenne la relation de l’entreprise à toutes ses parties prenantes (clients, partenaires, collaborateurs, institutionnels, environnement…).

Votre offre premium est le fer de lance de votre stratégie pour les années à venir. Qu’est-ce qui la caractérise ?

Face à des concurrents qui ne maîtrisent pas toujours leur filière de production, nous voulons résolument, avec cette offre premium, nous inscrire dans une démarche vertueuse de création et de distribution des produits et services dits « premium », c’est-à-dire socialement responsables, fabriqués dans des entreprises qui respectent la chaîne des valeurs et la réglementation. En 2018, nous avons ainsi procédé au renouvellement de notre gamme et édité le premier catalogue premium du marché, où tous les produits de protection et de sécurité sont traçables et tracés. Une façon de créer du lien social dans les entreprises. Par ailleurs, pour matérialiser cette offre et cette volonté nous avons fait évoluer toute notre charte graphique et déployé une nouvelle base-line : « Protecthoms distributeur d’excellence ».

info@carboneplus.be www.protecthoms.be


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FOCUS TRANSFORMATION DIGITALE

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La transformation digitale: un bien nécessaire à ne pas sous-estimer Les entreprises belges sont à la traîne en matière de transition digitale. Alors que toute la société se transforme dans ce sens, il devient important de savoir comment prendre le train en marche.

E

n 2019, croire encore que l’on peut se passer du digital au sein d’une entreprise, c’est se voiler la face au plus haut niveau. Que vous soyez petit indépendant ou grande entreprise, la réalité digitale est au seuil de votre porte. Si cette transformation ne vient pas de l’intérieur, elle viendra un jour frapper à votre porte au moment où vous l’attendez le moins. « Je me souviens de ce plombier qui était totalement récalcitrant au digital lorsqu’on lui a proposé des solutions au début de l’année. Avant la fin de l’année, il avait déjà changé d’avis », raconte Reggy-Charles Degen, CEO de Q7 Leader et professeur à la Solvay Business School. « Un petit malin en digital venait de créer une plateforme en ligne qui répertoriait tous les services de plomberie dans la région. Il demandait 20 % de son profit au plombier pour lui donner accès à une plus large clientèle ». Mieux vaut dès lors prendre les devants pour ne pas se faire couper l’herbe sous le pied.

Pour avancer et prendre les rênes de la digitalisation, il n’y aurait cependant qu’une solution: « il faut d’abord cerner ses besoins (stratégie, organisation plus efficace…). Ensuite, il faut identifier les enjeux et les implications pour l’organisation du

travail et le travail des collaborateurs (ce qui change, accompagnement des travailleurs…) », explique Laurent Taskin, professeur à la Louvain School of Management. « Mais, il faut surtout être au clair sur ses propres intentions

Pourtant à l’heure actuelle, si plus de 70 % des entreprises sont conscientes du défi digital, pas plus de 30 % d’entre elles ne mettent des choses en place pour y répondre. La cause? D’un côté, l’absence de prise de conscience, de l’autre, paradoxalement, une pléthore d’offres d’applications et de solutions digitales parmi lesquelles les entreprises ont du mal à choisir. « C’est un fait, aujourd’hui, on assiste à une tétanisation massive des décideurs qui hésitent à faire un choix de solution », explique Reggy Degen. « Du coup, ils se laissent influencer par des commerciaux extérieurs qui leur racontent une belle histoire sur le produit qu’ils vendent ». Ou bien, ils décident de ne rien décider pour le moment.

Les managers eux-mêmes seront les RH de demain. — REGGY DEGEN

et les partager très largement ». La communication, donc, reste un élément primordial au sein de l’entreprise pour aborder cette digitalisation. Reggy Degen, lui, préfère parler de collaboration, insistant sur le fait que les managers doivent changer d’état d’esprit face à leurs collaborateurs. « Le manager doit se transformer en coach. Il doit remettre sa position de chef en jeu et devenir un facilitateur pour ses collaborateurs ». L’arrivée des millennials sur le marché de l’emploi, par exemple, doit s’accompagner d’une écoute attentive de leurs idées, eux qui ont depuis leur plus tendre enfance baigné dans cet univers digital. Si les managers ne s’adaptent pas, l’entreprise risque de connaître la fuite de nombreux talents. Au final, c’est toute la structure de l’entreprise qui devrait muter avec la transformation digitale. Si auparavant, l’entreprise se focalisait sur son efficacité, elle devra in fine se concentrer sur le bienêtre de ses employés (vecteur de l’efficacité de l’entreprise). Et c’est notamment grâce à la digitalisation et à la collecte de data qu’elle y parviendra. « Les managers eux-mêmes seront les RH de demain. Les RH quant à eux seront des facilitateurs analytiques également agrégateurs d’applications digitales », insiste Reggy Degen. Ces applications auront la mission de fournir des données objectives recueillies sur le terrain qui permettront ainsi d’apporter des solutions personnelles nagers et aux collaborateurs. TEXTE BASTIEN CRANINX


FRANÇOIS FORNIERI CHRONIQUE

#FOKUSINDUSTRIE

Investir en R&D pour booster l’innovation et l’expertise belges En 1999, nous nous sommes associés avec le Professeur Jean-Michel Foidart, convaincus de la nécessité de développer des alternatives innovantes dans le domaine de la santé féminine. Vingt ans plus tard, l’expérience nous a donné raison et prouve que la recherche est la clé de voûte de l’innovation dans le secteur pharmaceutique.

S

i la recherche est cruciale dans tous les domaines industriels, elle l’est tout particulièrement dans le secteur de la chimie et des sciences de la vie. La R&D est capitale pour développer des solutions innovantes sur lesquelles d’autres secteurs pourront s’appuyer pour rendre leurs produits plus durables et plus sûrs. Le secteur de la chimie et des sciences de la vie totalise à lui seul un tiers de tous les investissements industriels et plus de la moitié des dépenses privées pour la recherche et le développement, ce qui en fait le secteur industriel belge le plus florissant. Certains chiffres suffisent à démontrer un statut de leader: plusieurs dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais aussi des dizaines de milliers d’emplois créés. Avec en plus 30 % du total des exportations, le secteur est indéniablement un pilier essentiel de la prospérité belge. Si nous voulons que ce secteur reste le fer de lance de l’industrie belge, la compétitivité, la durabilité et l’expertise sont incontournables. Il est nécessaire d’assurer à la Belgique et à la Wallonie une position forte face à la concurrence, tant sur le plan de l’énergie que de la mobilité. Nous devons proposer des solutions sûres tant pour l’homme que pour

l’environnement, mais aussi travailler à une alliance forte entre l’industrie, l’enseignement, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux. Tout cela permettra de maintenir un environnement favorable où tous les acteurs du secteur pourront continuer à innover. Un environnement qui a permis à Mithra d’explorer les marchés de la contraception et de la ménopause, qui n’ont bénéficié d’aucune réelle innovation depuis de nombreuses années. Nous avons ainsi développé une plateforme basée sur l’estetrol (E4), un œstrogène naturel qui présente un meilleur profil bénéfice/ risque par rapport aux autres œstrogènes contenus dans les produits présents sur le marché actuellement. Trois produits à base d’E4 sont actuellement en dernières phases de développement: un contraceptif oral de cinquième génération, un traitement hormonal de nouvelle génération, et le premier produit candidat destiné aux femmes durant la phase précédant la ménopause. Toutes ces années de R&D portent leurs fruits et nous permettront de proposer aux femmes des alternatives alliant confort et sécurité. TEXTE FRANÇOIS FORNIERI,

CEO DE MITHRA

Le secteur est indéniablement un pilier essentiel de la prospérité belge.

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