Il
P ays qm voit sur les grands monts Bondir le timide chamois, Lorqu'en bas br illent les moissons, Le doux raisin, les fmits de choix Pays charmant et radieux, Où le rosage a u loin rougit, Où le glacier de nouveaux feux Le soir, s'empourpre et resplendit. Pays qu'habite un peuple heureux, Ami de la simplicité, Intrépide et laborieux Gardant sa foi, sa liberté.
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SOCIETE VALAISANNE D'E DUCATION
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Voici les résultats rectifiés du dernier recensement (1 .. décfmbre 1888) : Zurich Berne Lucer ne
Urt . . Scbwy lz Obwald Nidwald Glaris . Zoug . Fribourg Soleure Bâle-Ville Bâle-Camp. S chaffhouse . Appenzeii-Ext. Appenzell-lot . St-Gall Grisons Argovie Thurgovie Tessin Vaud
Valais .
Neuchâ tel Genève Suisse en 1888
339,056 539,405 1 :~5,722
17 2R5 50,378 15,030 12,520 33,794 23,i23 119,529 85.709 74,245 62,154 37,876 54,192 12,904 22~.367 ~6.235
193,834 105,121 126,946 251,296
101,83'7 109,037 106,738
M .5 l0 40,270 ! 3,684 1,763 5,534 2,027 i ,804 6,192 8 297 16,390 20.551 26,9:)6 13,233 4,942 U ,971 1.08l 48,755 6,546 15,661 19,316 1.966 46,636 2,02S 50.085 25,753 444,!:H>1'
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PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
- Population dela I:SUlBBe . -
Citoyens suisses d'autre cantous
20 Janvier lsalf
REVUE PÉDAGOGIQUE
En terminant, nous ne pouvons que désirer de voir ce joli p etit recueil aux mains ile tous nos soldats. Il entretiendra et avivera en eux la flamme patriotique.
Population totale
SION
L'ECOLE PRIMAIRE
R efrain. Vallée où le Rhône a son cours, Noble pays de mes a mours, C'est toi, c'est toi, mon beau Valais, Reste à jamais, reste à jamais, R este mes amours 1
Cao tons
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lX"'" ANNEE
L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages.
Etran~crs
34.607 15.552 3,180 576 1,677 li 57 618 1,305 886 2,421 2 619 25,601 4,842 5,074 2,195 318 18,539 8 932 5,500 10,339 t9,J28 {9,867 2,993 10.120 40,467
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Prix d ' abonnement ponr la 8nl81!!1e, 2
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Jt.nnonees~p:;:~Opc:::~~eli:nec:~, son espace.
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50. Il
Tout ouvrage dont l'Ecole primaù·e recevra deux ext>mplaires aura droit à une annone<' ou à un compte· rendu, s 'il y a lieu.
SOMMAIRE : Encore un mot sur la lecture. les musées scolaires. -
Les bibliothèques et
Faut-il, suivant Roussea u , em-
ployer la force avec les enfants et la raison avec les hommes? -
Les promenades scolaires. -
(Calcul écrit, m ite.) -
Partie pratique
Variétés (L e 1\'oël du g uet ).
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, secrétaire au Département de l'Instruction publique, à Sion.
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Le Noël du guet ( Fitt. Voir page 96).
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Elle court ses 75, Gaspard ses 80 ; ils ont 52 ans de mariage. Le ciel ne leur aya~t pas ac?ordé d'enfantt;~, ils en,. ont bravement pris leur parti, E'n se d1sant que, saus doute, c eta1t pour le mieux. Certt>s l'annéE' a été dure. La grêle a tout ravagé, E't leur unique porc a pén, une gwsse perte . pou~ eux. Quoi. qu'i.l en soit, et malgré leur gênE>, eliE' a reserve une surpn&e a son homme pour ce soir dP Noël. Elle court au foyE> l' . et le feu lestE>m>!nl allume; de l'armoire d'un réduit voisin, elle sor t une bouteille d~ vin, quelque peu de sucre, des épice':l. Se régaler dP vin chaud ? .Depuis quelques semaines. elle a roulé ce projet dans sa tett> , et, pour y réul'sir, il n 'a fallu rien moin>~ que des prodiges d'économie. Avec la même habileté, déjà dans l'après-midi, profitant d'un moment où il était absent, el1•1 a préparé un plat de fritures comme elle seule sait les faire, légères, croquantes et dorées à faire venir l'eau à la bouche rien que d'y penser. Élie se hâte pom que tout soit prêt quand il aura terminé se!' criées E>t le vin, chauffé à point. est enfermé dans la cavet te. Il ne p~ut tarder. Elle vient de l'entendre crier l'heure devant la maison du juge. Ding, dong!.... Une allègre sonnerie fend les 9:irs, - le premier carillon de la bonne féte. Ces cloches Jeta~t . lem Vùix tant6t à l'orient, tant6t à l'occident, parlant de )Ole t>t d'espéran•le. , . Salomé a reconnu le pas dP son homme. L escahE'r branle sous ses gros sabots, et elle rit en elle-même. pensant à la bonne farce qu'elle lui a préparée. C'est lm , )a barbe couverte de givrP, !la màle figure encadrée dans le capuchon de sa vieille houppelande, on dirait le bonhomme Noël - Brrr.... 1 Il ne peut retenir un 'gémissem~>nt. Il a l'œil terne, la voix rauque. Prestement, la Salomé lui enlève ses mitaine,:. Puis elle p')usse la table à c6lé du foumt>au . . En un tour de main, avant qu'il ait eu le temps de se reprendt·e, elle a mis devant lui le vin t't les tasses. D'u!i geste triomphal, elle soulève un linge blanc : unE' appéhs.sa.nte pyramide de friture~'~ se drE>sse devant Gaspard émerve1lle· - Voici mon vieux, dP quoi te réchauffer 1 C'est le bon Dieu qui i"envoie ça 1••••• Tu peux lui en dire merci. Et elle lui rE>mplit sa tasse jusqu,aux bords. Avant de se vt>rset· la sieroue, elle prend un bâton et frappe trois coups au plafond en di~ant: - Far1t pas oublier la Marguerite ..... UnE' chétive créature ne tarde à répondre à cet appel, Marguente, la vieille fileuse, qui habite un~ chambrette au-dessus de ct>lle des deux époux, leur parente> a la mode de BretagnE>. Elle entr'ouvre la port~ et demeure sur le seuil, appuyée sur son bâton et serrant contrE> elle son chapelet et son livre de priêrE>s, car elle aussi se dtspose à aller à la messe. - Mon Dieu quel festin 1 fait· elle d'une vo1x pleurante. - Allons, M~rgueritE>, lui crie. la Salom~ en l.ui indiquant une tasse qu'elle vient de remphr, viens t assemr avec nous. Et vive Noël!.....
SION, 20 Janvier
1889-90
L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION ENCORE UN MOT SUR LA LECTURE.
Bien des fnis déjà, soit dans les journaux, soit dans les conférences pédagogiques, soit encore dans des visites fai· tes d.ans ,les éc?les primaires par MM. les Inspecteurs, on a attiré 1attention du personnel enseignant sur la mauv.ai~e lectu~e de la ~lu part de nos élèves, et les statistiques fenerales viennent, a notre grande honte, chaque année, nous prouver que non-seulement, en cette matière, nous sommes les derniers de la Confédération, mais que les autres cantons nous y distancent d'une manière très considérable. Il suffit du reste, pour s'en convaincre de jeter un regard sur les résultats des derniers examens' et nous verrons que 33 % de nos jeunes recrues obtiennent la 1•• note pour la lecture, tandis qne les deux cantons qui nous précèdent immédiatement, arrivent à des moyennes de 39 et de 56 du 0/ 0 • Sans doute, on a fait de louables efforts touchant cette ~r~nche, .et .l'o~ peut mêm~ r~ons~ater, quelques progrès réalises, ma1s 1! n est pas moms vrai qu Il nous reste énormément de chemin à faire, pour conquérir un rang plus honorable à côté des autres confédérés. Nous avons à surmonter des difficultés réelles comme celle du patois; mais la plupart des cantons en rencontrent ~utant q~e uous; d'ailleurs si, comme le prouvent fort bien les resultats, nous pouvons rivaliser avec plusieurs d'eutre ~ux, quand il s'agit d'arithmétique et d'histoire, pourquoi leur serions-nous inférieurs en lecture? Du reste, est-ce ad~i~si~le qu'ave.c huit ans d'~cole primaire, et cinq ans de repetition, les Jeunes gens n apprennent pas à lire couramment et correctement? Il faudrait supposer nos méthodes bien mauvaises, ou mal appliquées, ou peut-être croire les enfants moins bien doués qu'ailleurs. Ecartons ces hypothèses comme étant fausses,
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et avouons en toute franchise, que jusqu'a présent, nous n'avons pas apporté à ceLte partie de J'enseignement toute l'attention qu'elle mt\rite; nous ne l'avons pas considérée eomme la clef, le commencement de toutes les connaissances, celle dont toutes les autres dépendent. Il est vrai, presque tout le monde apprend à lire, cependant nous sommes obligés de reconnaître qu'il y a très peu de personnes qui aacbent bien lire. Lire simplement et naturellement d'un ton animé et expressif, est un mérite qu'on rencontre rarement. Dans les écoles, le maître n'a certes pas beaucoup de temps, ni beaucoup de facilité pour ~me ner, sous ce rapport, ses élèves à une grande perfechon ; cependant, s'il y met du zèle et de la persévérance, il pourra au moins déraciner les principaux défauts de prononciation, et habituer les élèves à une manière de lire intelligente, correcte et exempte d'intonations désag1·éables. C'est pour lui aider à atteindre plus faeilement à ce but que nous allons énumérer une suite de défauts qu'on rencontre habüuellement dans nombre de localités de notre canton. Pour procéder avec un peu d'ordre dans ce petit travail, nous allons d'abord signaler queiques défauts généraux répand us dans la plupart de nos communes. Nous entendons presque partout, des syllabes ou des lettres non articulées, ineomplètement prononcées, ou même entièrement passées sous silence. Prenons pom· exemple les mots : conception (concèption), septante (sèp-tante), exception (eg-cèption), fixation (fig-sation), supéri~ur (supè-rieur), directeur ( dirècteur), pourquoi (pour-quoi), fournir, finir, ad-jec-tif, Saxon (Sag-son), Vét1·oz. Comment les prononcet-on pour l'ordinaire'? Concession, stante, écession, fissati(ln, suprieur, drecteur, puuquoi, founi, fini, ajètif ou ajèctif, ou adjètif, Sasson, Vètre, etc. Les monot~yllabes le, de, me, se, ce, du, la, etc. sont fort souvent avalées. Ex. Que le fort aide le faible. La fable de la mouche et du coche. Voici comment on les lit dans les écoles : Ql fort aide l'faible. L'fable de l'mouche et d'coche. Les e muets ont bien une prononciation sourde, mais encore faut-il les entendre, puisqu'ils doivent sonner comme la· voyelle eux. (A suivre.)
LES BIBLIOTHÈQUES ET LES MUSÉES SCOLAIRES Passons à un autre point de vue. De quels puissants
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secours les bibliothèques et les musées scolaires ne seraientils pas pour l'instituteur qui, plus que tout autre. a besoin d'avoir con~tamment l'œil ouvert sur le mouvement des sciences et des lettres. Les livres sont les outils de l'instituteur. S'il veut se les procurer, il faut qu 'il consacre une partie de ses économies à l'achat de bons ouvrages. Cependant son salaire est modique et sa famille réclame impérieusement le fruit de ses labeurs. Un livre de plus dans sa bibliothèque empêche peut-être de se procurer un objet de première néce:;sité dans le ménage. Il importe donc qu'il ait à sa disposition une bibliothèque scolaire qui sera pour lui un arsenal de précieuses ressourr,es. Et l'on sait que l'instituteur doit travailler sans cesse à son perfectionnement. Du restp., le public - et il a parfaitement raison - veut que la tête de celui à qui incombe l'éducation de la jeunesse soit aussi mûre sous des cheveux noirs que sous des cheveux blancs. Cette exigence du public nous condamne à travailler sans cesse, à travailler toujours. Le tem)JS nous fait du reste une guerre inr.essante et nous enlève insensiblement une partie des c.onnaissances que nous avons acquises. A nous de prévenir par le travail, par l'étude, l'effet de ses ravages. Qui ne travaille pas rouille, dil un vieil adage. Ne pas acquérir, c'est perdre, dit un autre. Travaillons donc un peu chaque jour; c'e.st le seul et unique moyen, non seulement d'avancer dans la carrière, mais aussi de ne pas reculer. Nous nous endormons trop souvent dans une sécurité fatale que nous inspirent les premiers succès; nons nous enrlormons dan.; la confiance que nous nous inspirons à nous-mêmes, nous ne demandons plus de conse\ls, nous n'étudions plus, et, en jeunes présomptueux que nons sommes, nous nous égarons bientôt. Fussions-nous des maîtres réputés habiles, consciencieux, astreignons-nous toujours aux mêmes efforts que si nous étions des instituteurs novices, des débutants dans la lourde carrière de l'enseignement. « N'oublions jamais- a dit un auteur - que nous aurons un jour à répondre de ce que nous n'aurons pas fait, selon notre place et nos moyens, pour notre perfec-
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tionnement et pour le bien de nos semblables. » La pensée que nous venons de développer était .:elle du plus grand pédagogue de l'Allemagne, Diesterweg. Personne ne s'est fait. mieux que lui une plus haute idée de la tâche dévolue à l'instituteur qui, selon lui, doit ~ontribuer à la prospérité nationale en travaillant sans cesse à son perfectionnement. L'instituteur retirera bien d'autres avantages encore des institutions dont nous parlons. A l'aiJe des bibliothèques et des mu3ée::; scolaires, il pourra se faire un bon système de récompense. Chez les enfants, l'imagination rêve de ré· cits et d'ayentures; les légendes merveilleuses et les contes fantastiques les intéressent particulièrement. Rien n'empêche l'instituteur de profiter habilement de cette disposition enfantine. Si les élèves méritent une récompense, il pourra leur remett.re quelques volumes. Cette manière J'agir éveillera l'émulation et l'amour-propre si excitables à cet âge. Les enfants s'interrogeront mutuellement sur les ouvrages qu'ils auront lus; tous voudront bientôt mériter ce genre de récompenses. De là naîtront le goût de la lecture et l'amour de l'étude. Quoi de plus sain que ces lectures enfantines 1 C'est là que les enfants puiseront la force et l'énergie du caractère, qualités précieuses qui distinguent l'âge mûr de 1'enfance. Quels fruits précieux, p~r exemple, ne re~ueilleraient-ils pas de la lecture de RClbmson Crusoë 1? Cet ouvrage renferme à lui seul tout un système d'éducation. A l'aide des musées scolaires, l'instituteur perit aussi se faire un système de récompenses générales qui sera en même temps un exercice fort utile. Quand les élèves se sont signalés' par leur application et leur bonne êondu.ite, qu'on les conduise au musée. Ce sera une n.ouv.elle JO~e parmi eux. Là, tout en leur donnant les exphcahons necessaires, l'instituteur les instruira, il les amusera et fera naître entre eux le sentiment de l'ordre, de la régularité et de la symétrie. Pour les leçons d'intuition et d'histoire naturelle, un musée scolaire est un véritable arsenal de l'intelligence. Telle serait, à notre avis, l'utilité des bibliothèques et des musées s~olaires. JI nous resterait à parler de la ma-
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niè1·e dont on pourrait s'y prend1·e pour créer ces utiles annexes de l'école. A cet effet, la première tâche doit être . accomplie par la Direction de l'Instruction publique. Les institutions dont nous parlons étant une nécessité de premier ordre, un décret de l'Etat devrait en rendre la création obligatoire. Ce serait c.ertes le meilleur moyen de les établir sûrement et de leur assuret· des bases solides et durables. Notre organisation scolaire n'en prévoyànt pas la création, examinons brièvement de quelle manière on pourrait s'y prendre pour en établir une dans chaque commune. Nous conseillerons d'abord à l'instituteur d'adresser un chaleureux appel aux autorités communales dans le but d'ol.Jtenir les fonds nécessaires pour jeter les fondements de ces salutaires institutions. S'il ne réussit pas, si ce premier appel ne trouve point d'é~ho, qu'il en jette lui-même les bases en dotant de quelques volumes empreints du sceau municipal, la bibliothèque qu'il veut fonder. Ce bel exemple trouvera bien dans chaque commune quel· ques hommes généreux qui voudront l'imiter. Si partout l'instituteur pnmd l'initiative, les donateurs ne manqueront pas. D'ailleurs ne peut-on pas aussi bien menrlier des livres que de l'argent? et que d'objets ne trouverait-on pas dans une commune pour jete•· les fondements d'un petit musée? Du reste, l'instituteur peut encore encourager les donateurs par un bel exemple. Qu'il donne avec ses élèves quelques soirée~ théâtrales littéraires, instructives et amusantes, dont le profit soit destiné à l'agt·andissement de la bibliothèque et du musée. Alors, nous sommes convaincus que toute la population intelligente sera unauime à voter chaque année un subside en faveur de ces utiles institutions. Viendrait ensuite la question du maintien et de l'agrandissement. Pour ne point nous répéter, nous nous occuperons seulement du cas particulier où ni l'Etat, ni les communes r.e pourraient ou ne voudraient rien donner. Nous retombarons encore sur l'instituteur afin de voir ce qu'il peut faire pour suppléer à la disett.e. Il agira comme lors de la fondation. Des représentations et des concerts seront donnés de temps en temps au profit de ces institutions.
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Des tombolas autorisées par le Conseil Exécutif seront organisées dans la commune, etc... L'instituteur !~'attirera l'amitié des jeunes gens de la localité pour former avec eux, et sous sa direction, soit une société chorale, soit une so~ ciété dramatique dout il pourra gagner les cœurs et les disposer à concourir au développement de la bibliothèque et du musée scolaire. Pourquoi ne pas le dire? Nùtre profession nous assure auprès des autorités communales un . crédit considérable. Si nous savons à la fois élever notre caractère à la hauteur de nos devoi1·s et nous plier aux exigences de notre position, il nous sera facile d'obtenir 1en toutes choses leur bienveillance et leur appui. Puisque es intérêts de la commune sont aussi les nôtres, ne ménageons pas nos entretiens et nos conseils, sans toutefois nous enorgueillir si l'autorité administrative en fait usage au besoin. Un pareil ascend<tnt nous vaudra la considération et l'estime do public, facteur précieux pour assurer la bonne réui>site et le triomphe définitif de nos idées. Il nous paraît inutile de parler du choix de~ livres à mettre dans une bibliothèque scolaire. Nous nous contenterons de dire que leur caractère doit convenir aux bibliothèques populaires ; nous recommandons particulièrement les récits de voyages et d'aventures, les biographies nationales et celles des grands hommes de toutes les nations, les contes, etc., etc. Chaque instituteur sait du reste à quoi s'en tenir à ce sujet. Pour ce qui concerne le musée scolaire, nous croyons pareillement qu'il n'est pas nécessaire de faire id l'énumération des objets qui doivent le constituer. C'est à l'instituteur d'en juger. Nous croyons toutefois devoir ajouter que ce qu'il importe surtout de faire connaître aux enfants de nos écoles, ce sont les objets qui les entourent, les produits de la localité, du canton et du pays qu'ils habitent. Et ces produits, les enfants les eussent-ils tous les jours sous lenrs yeux qu'ils ne cesseront pas d'être intéressants, si l'instituteur est assez habile pour les faire remarquer, pour les faire observer dans leurs détails, dans les aspects bien divers que leur fait prendre l'industrie, ete. Il est du reste une foule de choses que les enfants coudoient chaque jour et qui cependant sont restées pour eux inaperçues. Le
champ en est bien vaste à parcourir. Instituteurs, vous avez reconnu l'importance des bibliothèques et des musées scolaires. A l'œuvre donc, éducateurs de la jeunesse! Adressez de chaleureux appels à vos communes et ne redoutez point les obstacles qui peuvent s'opposer à la création d'institutions aussi bienfaisantes. Votre œuvre fera faire d'immenses progrès à la cause de J'instruction populaire de notre chère patrie. E.
VAUCLAIR,
à Epiquerez (Jura).
Faut-il, suivant Rousseau, employer la force avec les enfants et la raison avec les hommes? Rousseau naquit à Genève en t 712. Il reçut une édu-
cation très négligée et très imparfaite. Pendant longtemps il mena une vie aventureuse et errante. Ce grand péda~ogue fut d'abord précepteur à Lyon; mais il n'y resta pas long-
temps vu qn'il manquait des qualités essentielles et nécessaires à cette honorable profession. En 17 41, il partit pour Paris, dans l'e~pérance d'y faire fortune avec la méthode de musique chiffrée qu'il venait d'inventer. Malheureu5ement, il échoua dans ses projets. Après cet éche0 qui lui fut dur, il composa différents écrits qui ont tous une grande valeur, tant au point de vue de Ja pensée qu'au point de vue du style. Le livre qui lui valut le titre de grand pédagogue est intitulé : Emile ou de l'éducation. C'est dans cet écrit qu'on trouve le principe que je vais apprécier. Les écrits de Rousseau sont remplis de paradoxes. La plupart dn temps, ses principes sont exagérés. Cela s'explique facil9ment vu qu'il veut, pour ainsi dire, réformer la pédagogie et lui donner un grand élan, afin qu'elle puisse prospérer à jamais. Je dirai, en passant, que Rousseau était un pédagogue qui comprenait mieux la théorie que la pratique. Examinons maintenant ce qu'il y a de bon dans le principe suivant :
1l faut employer la force avec les enfants et la raison avec les hommes. Employer la force avec les enfants: c'ei>t leur mùntrer qu'ils sont soumis à une puissance supérieure à laquelle ils ne peuvent résister. Appliquer ce principe, c'est leur apprendre à devenir patients, humbles, sages et persévérants.
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Quel effet produit sur vous un enfant méchant et grognon? Vous vous dites : Voici uu enfant mal élevé qui a reçu une mauvaise éducation, qui a été négligé par ses parents. Il faut soumettre l'enfant à la loi de la uécessité. L'éducateur fera en sorte que son non soit non et son oui, oui. En un mot, il faudra être ferme de caractère et ne pas changer continuellement d'idée. Quand un de ces petits aura demandé une chose qui paraît mauvaise, opposons-lui un non énergique et que tout soit dit. Si ce qu'il demande est bon et raisonnable , dépêchons-nous de le satisfaire. Grâce à cette fermeté de caractère que l'on montrera à chaque occasion, l'enfant .Jeviendra patient, paisible, même quand il n'aura pas ce qu'il désirait obtenir. Les père et mère de famille, qui ne savent pas être énergiques, obtiennent des enfants méchants, indociles, peu laborieux et vicieux. Rien n'est plus mauvais que de défendre une chose à un enfant et de la lui permettre ensuite. Quand, plus tard, il voudra un objet qu'on lui a déjà défendu, il se dira : Allons encore un peu ennuyer papa et maman et je suis sûr après d'obtenir ce que je désire. Voilà, selon ma manière de voir, ce qu'il y a de bon dans le premier point de ce principe : Il faut employer la force avec les enfants et lA raison avec les hommes. Prenons maintenant le second point: « Il faut employer la raison avec les hommes » et disons ~e qu'il y a. de juste dans cette pensée. L'homme, grâce au développement complet de ses facultés intellectuelles et grâce aux nombreux dons qu'il a reçus du Créateur, peut se nommer avec fierté le roi de la création. Vouloir alors lui imposer, par la force des lois, ses coutumes et ses mœurs, c'est aller contre le bon sens. Sa raison ne peut supporter cela; elle exige qu'on lui fasse voir pourquoi on veut lui imposer ces lois, coutumes et mœurs. L'homme raisonne en chaque occasion. C'est grâce à cela que l'on parvient à s'entendre, à s'aimer, à s'aider mutuellement et à se défendre contre une attaque quelconque. C'est en raisonnant que l'on a formé ces luis qui règlent les devoirs que chacun doit remplir envers son pays et envers son prochain. Raisonner avec l'homme, c'est s'entendre sur les différents événements qui assombrissent notre
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Supplément AI'~COLE PRIMAIRE
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Les absences dans nos écoles. Article empr.unté à la GAZETTE DU VALAIS. A l'ouverture des classes, il se manifeste chez les écoliers des sentiments bien différents : les élèves studieux, rassasiés des plaisirs des vacances et fatigués du désœuVI'ement, reprennent volontiers leurs livres et se dirigent en chantant et en sautant vers l'école, où les attend un maître bon et dévoué qu'ils aiment et respectent, et où ils rencontrent de nomb1·eux camarades avec lesquels ils se promettent de nouveaux plaisil's. Il n'en est pas de même des élèves négligents, qui ne rêven t que liberté, jeux et plaisirs, et manifestent de la répugnance pour toute application. Pour eux, les livres n'ont nul attrait, l'étude est un tourment, la classe une prison, l'instituteur un ennemi, un tyran peut-être le temps de l'école un dur esclavagA. De là, on peut se figurer avec quelle satisfaction ils entendent la cloche qui les appelle à l'école. Quel vilain trouble-fête 1 qui a pu être assez mal avisé pour l'inventer et ravir par là la liberté aux enfants t Telles sont leurs exclamations 1 La clochette produit sur eux l'effet d'une douche d'e.au froide; l'ennui les saisit et toujours avec la même mdolence, la même mauvaise volonté comme jusqu'à ce jour, ils continuent leurs études. On comprend dès lors, qu'avec de pareilles dispositions, ils ne se feront pas da scrupules de se soustraire au travail, de manquer la classe aussi souvent qu'ils pourront le faire impunément. Mais les absences, au dire de tous les hommes d'6cole, sont le fléau des classes : elles enrayent les pro..
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eux, c'est les exposer à devenir des hommes peu intelligents,
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grès des élèves, entravent la marche des études et rendent stériles tous les efforts des instituteurs les plus dévoués. En sorte qu'il sera toujours vt·ai de dire : Uu élève inexact à se réndre en fllasse, ne peut devenir bon élève, comme une classe qui compte de nombreuses absences ne prospé1·erajamais. D'ailleurs n'avons-nous pas la preuve de c~la dans les résultats signalés par les examens pédagogiques t Si les cantons de Bâle, de Zurich, de Genève ouvrent la marche des statistiques fédéraies, pensez-vous peut- être, que ce soit uniquement à cause de la longue durée de leurs classes ; car dans ces cantons, les enfants vont à l'école, environ onze onze mois par an, et ont ainsi près de 9000 heures de leçons, avant leur émancipation de l'école primaire 1 Ce temps presque double de celui dont disposent nos enfants, leur donne, à n'en pas douter, une immense avance sur les nôtres, et malgré cela, ils n'occuperaient pas les premiers rangs, si la ft•équentation des classes n'était pas plus régulière que chez nous. On peut donc, pour ainsi dire, sans ex~men, comme sans crainte de se tt·omper, raogar parm1 les cantons les plus arriérés, ceux qui ne veillent pas à une exacte fréquentation de leurs écoles. Du reste, il suffit de comparer entre elles les notes obtenues pa~· les t'ecrues d?s divers districts, et nous arrivons parfa1tement aux memes résultats. Pourquoi Contbey, Hérens, Viége comptent-ils habituellement parmi les derniers districts du canton, et souvent de la Suisse entière, si ce n'est parce que les élèves ne fréquentent pas régulièremeut les écoles, même pendant le peu de temps prescrit par la loi t Pareil résultat se retrouve quand on compare les communes entre elles, sous le rapport du l'instruction. Ne voyons-nous pas dans le district de Siert·e les localités de Veotbône, Miège, Raodogoe et Moliens, dont les ha· bitants ne déménagent pas aux différentes époques de l'année, occuper des places eocot·e plus arriérées que ceJles d'Ayer, d~ St-Luc, de Mission, etc., qui forcé-
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m~ot voient leurs ressortissants sA t~éplacer, à chaque sa1soo, et les e~fants changer plusieurs fois d'école, et
souvent parcoum, même au péril de leur vie des distances très considérables pour se rendre en dlasse t Pourquoi la commune d'lsérables placée dans des con~itions identiques à ce!le de Nen'daz, occupe-t-elle habituellement un dAs dermers rangs de la Suisse entière? N'est-ce pas parce qu'on n'ouvrq pas les écoles ~.temps, et q~e les él.èves les fréqutmtent très irrégul~eremeot, grace à l~ ~rop wanda indulgence d'autorités communales qu1, JUsqu à présent du moins ne se sont _Paa se.nties la force, l'énergie voulue, pour' mettre la lo1 scolaue à exécution ? .comb~en n'avons-nous pas de communes dans le Valais, qu1 sous le rapport rte la stricte application de la loi sur l'instruction, ressemblent à eelles dont nous venons de parler t
On, laisse généralement, dans ces communes, les absen· ces s accumuler et, du moment qu'elles sont devenues trop nombreuse~. ou. s'effraye devant les somm'ls que les parents a•ua1ent a payer, At volontiers on ferme lAs yeux sur les abus, ou bien l'on diminue le oomb1·e des absences, pour s'épargner la peine de les punir. Tout cela n'arriverait pas, si, Jès lA commencement de l'année scol:tire, on publiait et j)Uoissait toutas les semaines, ou du moins tous les mois, lt~s absences non autorisées. Par ce moyen, des communes encore arriérées il y a ~uatre ans, ont vite conquis un rang plus bono~ rable. sttôt qu'elles furent administrées par une autorité sérieuse ayant l'œil ouvert sur la bonne marche de leurs é.coles. N?us avons . bien une loi qui règle la fréquentatiOn des ec.oiAs, ma1s quelque sage qu'elle soit, elle ne peut prodUire son effet, tant qu'on ne veille pas à sa stricte application. Ah 1 .si elle était bien observée, et si chaque élève, comme elle le demande du reste, fréquentait régulièrement la class~ pen~ant on minimum de temps de 5400 heures; comb1en v1te nous monterions quelques éche-
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dans la statistique fédérale 1 Et dans ce cas on parviendrait aussi à donner à chaque jeune homme l'instruction nécessaire. Mai~ puisque souvent les lois sont si mal interprêtées et que parfois, les autorités se montrent elles-mêmes si faibles et Ri peu soucieuses, quand il s'agit de l'éducation de la jeunesse, c'est au moins aux maîtres à faire leur possible; c'est à eux que s'adre~:~seut plus particulièt·ement ces pat•oles : Aide-toi et le Ciel t'aidera. C'est pourquoi nous désirerions attirer ici leur attention sur les procédés à suivre, pour prévenir du moins un certain nombre d'absences. Si tôt que l'on découvre un mal, on fait bien de penser au remède propre à le guérir. Or, quelle est le plus souvent la cause des nombreuses absences qui se produisent dans certaines écoles primaires f Nous la trouvc.as tantôt chez les enfants, tantôt chflz les parents et les autorités, parfois aussi chez les maîtres. L'enfant. est lui-même cause des absences, soit qu'il n'aima pas l'école et qu'il y manque à l'insu de ses parents, soit qu'il trouve moyEm de leur persuader qu'il est indispo~:~é, soit qu'il s'offt·e à leur aider dans leurR travaux. Un pareil élève, privé du goiH de l'étude, reste généralement faible, les absences trop répétées l'empêchent dEl faire q11elques progrès ; il traîne pour l'ordinaire à la qu~ue de sa division et fait, le plus souvent, la croix de son maître. Ce sont précisément les élèves de cette trempe qui, plus que tous les autres, devrRient exactement suivre les classes, pour qu'on ~û& l'occasion de les corriget· de leurs défauts et de leur faire acquérir l'instruction indispensable à tous les états. ' Montrer à un pareil élève combien il se rend coupable par ses négligences volontaires, ses mensonges répétés et ses absences calculées, le tort qu'il se fait à lui-même, en se privant d'instruction et d'éducation avec tant de légèreté et d'insouciance, c'est le devoir du maitre et peut-être le moyen de corriger l'élève. Il faut en outre, que l'instituteur s'efforce de rendre son en-
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saignement aLti'ayant, qu'il cherche à captiver l'attention des enfants par une exposition claire et nette des matières à enseigner, et que jamais il ne rebute les élèves par des procédés peu dignes de J'{lcole chrétienne e~ _de l'éducateur calbol~que, comme le sPraient les pumtiOns exagérées, les epithètes malsonnantes, les term~s tt·op crus frisant la grossièreté et dénonçant chez lUI un manque d'éducation ou au moins l'absence de tact. Il s'efforcera, da_ns toutes les circonstances, de leur prouv~r par la bonte et la douceur de ses procédés, qu'il les atme et ne cherche qu'à leur être utile. Il a également soin de préparAT sa claske de telle faç~n, que tous les élèves en retirent le plus de fruit posstble, afin que peu à peu, ils comprennent toute l'utilité de l'école pour leur formation et leur bonheur temporel et étet·nel. Il les rend même attentifs aux succès d~s e~amens qui ne pfluvent s'obtenir que par une apphcatwn soutenue et une fréquentation bien régulière de l'école. Ajo utons â ce qui précède, que le maitre soit un modèle de ré~ularité, s'il veut y habituer les élèves ; qu'il n;tarque Ire~ exac~e.ment toutes les absences, qu'il los s1gnale à 1 autonte compétente et insiste au besoin ' qu'elles soient toutes exactement punies. Cependant., le plus souvent, les parents par leur négligence, leut· pauvreté, ou même par leur mauvaise volont?, sont cause des absences multiples de leur P enfants. Il n est pas rare d'en rencontrer de bien ignorants, qui ne font nul cas de l'éducation intellectuelle de leurs enfants; po~rvu que ceux-ci se portent bien, qu'ils se montrent acttfs aux travaux manuels, qu'ils les y aident, et leut· gag~ent le plus vite possiblfl quelques centimes 1 Que leur tmporte .alor~ l'instruction, qu'ils regardent co_mme un bagage mutile, un luxe dont ils n'ont que fat~e 1 Sans ~ul regret, ils gardent leurs enfantH à la m.atson, a~sst lon~temps qu'ils le pourront faire impun eme~t~ c est-à-dtre, tant que l'autorité n'interviendra p~s. serteusement pour réprimer des absences si préjudlctables.
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6 Souvent aussi, des absences ont pour raison les maladies, la pauvreté, la misère :extrême de certains parents : nous ne pourrons jamais nous défendre complètement ni contre !es indispositions, ni contre les intempél'ies des saisons qui parfois rendent les chemins impraticables dans un pays de montagne ; mais dans ce cas, c'est à l'autorité locale à intervenir, à règ ler les heures de classe, l'ouverture de l'école, selon les besoins d~ la commune, toujours, bien entendu, en cherchant à se coLformer à l'esprit de la loi, qui demande six mois de leçons par an, pour chaque élève. C'est à elle à aider les parents dans l'éducation des enfants, en procurant aux élèves le matét·iel scolaire nécessaire, en pourvoyant à leurs nécessités les plus urgentes, si les parents ne peuvent le faire, afin qu'ils puissent fréquenter la classe.
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Il y a même des parents qui, non-seuloment ne se soucient pa~ do l'école, pour leurs flnfants, mais qui en parlent défavorablement, la critiquent, la traitant d'institution inu tile, propre à détourner les enfants du travai l manuel, à les habituer à la paresse, à ne rien faire; à les entendre, il n'y a rien au-dessus du travail. plus utile à l'enfan t, pour faire son chemin que la meil leure édncation. C'eRt pourquoi ils méprisent l'instruction, b lâment l'instituteur avec ses procédés, même en présence de leurs eiJfants, qu'i ls ne ct·aignent pas de soutenir dans leur désobé issance con tre le maître et d'encourager dans lflur paresse aussi bien que dans leur résistance aux règlements. A leurs yeux, le régent est toujours trop exigeant, quand il donne des devoirs à faire, des leçons à étudier; et non-seu lement ils ne surveillent jamais le travail de leurs enfants, mais ils ne veulen t même pas leur accorder le temps nécessait·o pour prépa!"er une leçon. Dans~ de: pareils cas, la patience, la douceur et le dévouement du maître, vertus si désirables chez tout éducateur, sont absolument insuffisantes pour remédier au mal, et assurer une exacte fréquentation de la classe,
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sans quoi il est cependant impossible de parcourir la progt·amme et d'atteindre le but de l'école. Il faut alot·s de toute nécessité. une intervention efficace de J'autot·i té locale, qui puniase les absences, s'efforce par tous les moyens légaux d'assu rer le respect da la loi scolaire et de procurer à la jeunesse, le b ienfait de l'éducation chrétienne. Une cet·taine énergie devient nécessaire pour habituer le peuple au t·espect de la loi; au bout de quelque temps, il plie volontiers, se réjouit lui-même du succès obtenu par l'application de la loi, eL le plus souvent, il ne manque pas de féliciter l'autorité qni se montre ferme et équitable envers tous ses administrés. Qu'on nous permette encore un mot au sujet des absences. Nous croyons que louttls. à l'exception de celles qui sont la suite des maladies, de la pau vt·eté, des intempéries rendant les chemins impraticables, peuvent être prévenues par les soins de t'autorité locale. Si donc elles se mu ltiplient, c'est par sa faute ; c'est pourquoi un contrôle sévèt·e sur les communAs négli gentes, dont les recrues arrivent habi tuellemen t les dernières du district, reméd ierait à une foule d'absences, il constaterait aussi le plus souvent, que leut· faiblesse provient de la non fréquentation des écoles, et servirait à faire comprendre que, pour acquérir de l'instruction, il faut s'astreindre à suivre régulièrement les classes. Une fois la loi bien observée à ce point de vue, nous verrions bientôt des résultais tout au tres. Même pour arriver plus vite à cette fréqueutation régulière, il serait désirable qu'aucun élève ne pût être émancipé de l'école avant d'avoir satisfait à la loi, c.-à-d. avant d'avoir assisté à la classe pendant les MOO heut·es prescrites pat· notre excellente loi scolaire. Nous avons la persuasion que si l'on entendait ainsi la loi, el qu'on l'appliquât avec énergie, les ah3ences non autorisées dispat·aîtraient très vite, avec elles l9s jeunes gens illettrés, et bientôt l'Etat se réjouirait des bons effets obtenus, du succès réalisé.
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siécle, c'est trouver les moyens de résoudre les questions sociales, c'est, en un mot, prévenir des maladies, des guerres, des .grèves, des famines. En raisonnant, l'on est parvenu à fabriquer ces merveilleuses machines qui remplacent avantageusement le bras de l'homme. Grâce à la raison on a construit les chemins de fer, les bateaux à vapeur, les' ballons et. mille autres machines non moins utiles qu'agréable~. En raisonnant f'ntre eux, les hommes sont parvenus à dé· couvrir les merveilleuses et admirables lois qui régissent le monde, les moyens de faire prospérer un pays, les usages nombreux que l'on peut faire de ses productions et bien d'autres encore. Que serions-nous si les hommes ne raisonnaient pas entre eux ? Jetez les yeux sur les peuplades encore sauvages de l'Afrique et vous en a•1rez un exemple. La nature de l'homme, sa constitution, son tempérament demandent qu'on raisonne avec lui. Il ne veut pas qu'on lui impose la force. Si cela art•ive, il en résulte des haines, des guerres, des jalousies fatales et interminables. D'ailleurs, nous sommes tous égaux sur cette terre. Dieu en nous mettant au monde n'a pas dit à un • Toi tu rilgneras sur ton frère » à un autre a Tu en feras ton esclave ». Non, il nous a tous mis au même rang. Seulement, chacun s'élève suivant son travail et suivant la manière dont il raisonne. II est vrai que j'ai un peu exagéré le rôle de la raison dans la découverte et l'invention de tout ce que la science a mis sous nos yeux. J'ai fait cela à dessein pour mieux faire comprendre la gt·andP- importance de raisonner avec nos semblables. Voyons maintenant ce qu'il y a de mauvais dans ce principe: ll f~ut employer la force avec les enfants. Il e~t très bon d'employer la force avec les enfants jusqu'à un certain âge; mais plus tard, cela est très mauvais pour différents motifs. Si l'on employait toujours la force avec ·eux, ils n'auraient plus conscience de leur dignité personMlle At seraient, par le fait même, semblables à des brutes. Il est très logique de raisouner quelquefois avec ces petits êlres, de leur faire connaître le pourquoi de cerlaine.i choses et de leur montrer ce que c'est que le bien et le mal. Ne pas raisonner avec eux, c'est les exposer à devenir des hommes peu intelligents,
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Ce serait peut-être ici Je moment de dire encore un mot des absences autorisées qui, elles aussi, sont souvent trop nombt·euses, sans qu'il y ait toujours d~s raisons suffisantes ; car nous ne voyons pas, en dehors des impossibilités morales qui empêchent les enfants de se rendre en classe, des motifs plausibles pour les en dispenser, et il nous semble que MM. les lnstit.ut~ut·s aussi bien que les honorables membres des comm1sswns scolaires, sEl font souvent illusion su1· l'étendue de leurs pouvoirs touchant les d1spenses à accorder. Selon nous, un des moyens les plus efficaces et les plus sürs pour obtenir une fréquentation l'égulière, serait d'exiger de tous les élèves un minimum d'heures de leçons. avant leur émanci11ation de l'école primaire ; aussi faisons-nous le vœu pour qu'à l'exemple de plusi~:~urs autres cantons, ou intL·oduise le plus tôt possible, dans nos écoles communales, un livret, sur lequel toute!! les heures d'absences seront fidèlement inscrites et contrôlées. De cette façon , on pourra toujours voir le nombre d'heu1·es que l'élève a fréquentées, et combien il a encore de temps à rester l'ln classe, avant son émancipation.(') Nous sommes persuadé, ce système une fois introduit dans les écoles, que les parents s'emrresseront d'envoyai' leurs enfants exactement dès les premières années, afin de pouvoir en disposer plus ta1·d, quand ils seront devenus forts. Même, nous croyons qu'avec cette manière de faire, un graud nombre d'indispositions et de maladies bien souvent imaginaires on calculées, disparaîtraient, surtout si, plus tard, les heures perdues devaient être fidèlement compensées. C'est peut-être même là l'esprit de la loi scolaire; mais n'est-on pas toujours disposé à trouver de~ interprétations plus larges et plus générales, afin de se soustraire à tout ce qu'elle a de plus gênant 'P
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(1) Réd. - L'introduction du livret scolaire désiré par l'auteur de la correspondance qui précède, esi cho11e décidée également en Valais, et elle est actuellement en voie de s'effectuer.
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incapables de lrouver aucune chose par eux-mêmes, d'entreprendre et de diriger un petit commerce quelconque. Bref, c'est les laisser se vautrer dans la fange de l'ignorance. En n'employant pas la force avec eux, mais en leur montrant le pourquoi de toutes choses et en le leur expliquant, on parvient à développer, petit à petit et tout naturellement, leurs facultés. En ne voulant pas raisonner avec eul, mais en employant toujour:~ la force, on en fera des hommes qui hors de la maison paternelle, ne sauront vivre en soctété que comme des esclaves. Ils ne sauront s'attirer la confiance de personne et ne pourront jamais se l'approcher de cet idéal si beau, si noble et si grand que l'on appelle la vie morale. En r.üsonnant avec eux et, par le fait même, en développant toutes leurs facultés, la patrie pourra s'honorer d'avoir des enfants instruits et, plus tard, des hommes dévoués à sa cause, prêts à la défendre et prêts à faire les plus grands sacrifices pour elle. La science pourra se flatter d'avoir quelques hommes qui se dévouent pour elle, qui continuent d'aller à la recherche de ces précieuses découvertes qui jettent un jour tout nouveau sur notre terre. En raisonnant avec eux, le bien triomphera toujours du mal et la vérité du mensonge. L'ignorance sera remplacée par l'instruction, les ténèbres par la lumière et un jour nouveau brillera sur tous les pays. Espérons que l'humanité fera toujour3 des progrès, aussi bien dans l'art d'élever les enfants que dans les sciences. Quant au second point: « Il faut raisonner avec les hommes " je trouve q~'il est toujours bon de leur exposer les vues de chacun et de discuter avec eux en chaque occasion. Sur ce point, je :mis parfaitement d'accord avec Rousseau. M. MARCHAND Inst. LES PROMENADES SCOLAIRES. La question des promenades scolaires n'est pas nouvelle; tous les pédagogues, depuis Montaigne jusqu'à ceux de nos jours, les conseillent sous une forme ou sous une autre ; tous veulent que, pour l'étude des sciences, l'enfant soit mis en présence des faits, c'est-à-dire, selon l'expression de l'un d'eux, en présence de la nature, de ce vaste musée que les savants de tous les siècles ont étudié, et que ceux des siècles futurs continueront à étudier sans jamais l'épuiser,
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c·~st par application de ce principe que les programmes nouveaux ont tait des promenades scolaires une obligation, en vue rte l'enseignement pratique des sciences J>hysiques et naturelles, ainsi que de celui de l'agriculture et de l'borlicullure. Il ne s'agit pas, bien entendu, de faire des enfants de nos écoles des physiciens et df'ls naturalis tes, pas plus que des astronomes et des agriculteurs, mais tout simplement de leur faire observer les objets et les faits qui ont le plus de rapport avec nous dans les trois règnes de la nature, et dans l'ordre des sciences physiques, les phénomènes sur lesquels le vul· gaire n'a souvent que des idées fausses qu'il importe de détruit·e. On bannira donc avec soin de cet enseignement toute méthode savante qui aurait pour eff~t de jeter la confusion dans l'esprit des élèves. Les programmes ayant pris soin de déterminer nettAmdot les points sur lesquels doivent port.er le~ observations dans les promenades scolairl3s, nous avons peu de chose à y ajouter. Nous recommandons, par exemple, pour l'étude du règne animal, de s'attacher spécialement aux animaux de la contrée, et de donner la préférence aux animaux domoa&iques sur les animaux sauvages. Les enfants parviendront aisément à distinguer les parties d'un animal quelconque, d'un oiseau, d'un poisson, d'un insecte ; à savoir comment tous ces êtres vivants croissant, se nourü;seot et se conservent; mais nous conseillons dA ne pas pousser plus loin cette étudb. Dans le règne végétal, on devra d'abord étudier les plantes qui servent d'aliments et de remèdes, puis celles dont les propriétés sont nuisibles à l'homme et aux animaux ses serviteurs. Les plantes du pays et de la contrée serviront de point Je départ à cette étude; ce n'est que plus tat·d, et si le temps le permet, qu'elle pourra s'étendre aux. autres régions. Il en sera de même pour les minéraux, le sol, les pierres, les terrains, les fossiles et toutes ~es substantJes que la terre renferme. Que de choses intéressantes se rencontreront dans ces promenades et dont l'étude coûtera peu d'efforts, car à cet âge, J'histoire naturelle ne demande quq des yeux, de l'exercice et de la mémoire 1 Voir beaucoup et voir souvent, c'esl le vrai moyen de se familiariser avec tous c~s objets, dont le commun des bommes jouit sans les ~onnaître. Nous n'en dit·ons pas davantage sur Je but des promenades scolaires, au point de vue de l'enseignement pratique de l'agriculture. Visitet· le territoire pour constater l'état des récoltes en terre, faire des observations sur la bonne et sur la mauvaise culture, sur l'effet des amendements, des engrais et du drainagt1; étudier la manière de pratiquer ce dernier moyen d'améliorer les terrains humides; VIsiter les fermes les mieux tenues, les écuries, les étables, les instruments aratoires et les machines agricoles, etc, .. i tels sont les objets
92 divers d'étude que l'on doit avoir en vue dans ces petites excursions. Voilà donc les deux matières du programme, les scienceos physiques et naturellee, ainsi que l'agriculture, auxquelles s'appliqueront spécialement les promenades scolaires. Exa.ninons maintenant si elles ne pourraient pas prêter leur secours à d'autres matières. On ne demande certes pas quo la mécanique soit enseignée aux enfants; mais on ne saurait les accoutumer de trop boane heure à voir les machines simples qui produisent fit facilitent Je mouvement, à remarquer les effets sensibles du levier, des roues, des poulies, de la vis, du coin et des balances. La vue de ceR objets suffira, avec ~JUelques explications, pour leur en faire comprendre la ~onstl'Uction. et le, fon.ctionnement, et s'ils ont à en reprodmre le dessm, d apres un modèle, ils l'exécuteront avec intelligence. La visile d'une usine. d'une manufacture, d'un établissement industriel quelconque, leur donnera une idée de la transformation de la matière, et si cette usine, cfltte manufacture se trouve siluée sur le territoire de lem· commune, s'ils en sont eux-mêmes de futurs ouvriers, ils y entreront moins novices et plus aptes par cvneéquent à aborder l'apprentissage. Tout individu a besoin de savoir mesuret· une pièce de terre, soit qu'il en reste propriétaire, soit qu'il veuille la vendre ou l'acheter. Que dans une promenade, on arpente, par exemple, tantôt un pré, tantôt un champ cultivé da for~e plus ou moins irrégulière, et que l'c.n fasse sut· place le croqms coté du plan de ce terrain, pour le reporter ensuite au net avec les instruments, on aura fait tout à la fois une leçon de géométl'ie pratique et une leçon de dessin géo~étrique. Toutes ces visite8 et ces opérations sur le terram pourront fournir la matière d'une foule de problèmes pris sur le vif, qui n'en seront que plus intéressants et mê~e. pluR utiles: Ce n'est pas tout, l'éludA successive des differentes vartles du territoire fournira l'occasion d'examiner le relief du sol, l'altitude de ses côteaux, ou de ses collines, sa vallée et la rivière plus ou moins grande qui la parcour.t; . d'apercevoir, d'un point élevé, la plupart des communes hm1trophes avec lesquelles la commune à laquelle on app~rtient a des r~la tions d'autant plus fréquentes, que les vo1es de commu~lCa t.ion qui les unissent sont plus nombreuses et en metlleur éLat. Ce set·a donc le cas de faire aux élèves, et surtout aux plus jeunes, une excellente leçon d'ot·ientation et de géograph~e phyt>iqu'3. La géographie administrative et la géographie économique pourront même y avoir leur part. L'outillage perfectionné dds fet·mes et des usines rappellera le souvenir de quelque inventeur célèbre, de quelque bien-
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faiteur de l'humanité, dont on fera la biographie Rous forme de causeriEl familière. La vue d'un vieux château ou de tout . autre monument ancien fera peut-être pen~e1· à quelque événement important de l'histoire nationale, ou de l'histoire locale) auquel son propriétaire d'autrefois aura été mêlé. La promenade aura donc servi aussi à l'enseignement de l'histoire. Enfin, :-- et ce n'est pa~ là 1~ moindre des avantages que ces exerctces procurent à 1enseignement des écoles primaires - les comptes·reudus que l'on en fait sont autant de devoir~ de. eomp~siti~.n français~, dont les s~jet~ n'ont rien d'imaginatre, pmsqu 1ls sont pns dans la vte reelle de l'écolier. Par un autre côté, les promenades scolaires servEinl encore l'usage de la langue fr·ançaise, en ce sens que, dans leur causerie en présence de l'im'!tituteur, les enfants s'observent mieux dans leur langage, s'expliquent plus correctement et avec plus de convenance que dans leurs conversations ordinaires, Ainsi donc, pour résumer les développements qui précèdent sur les avantages des promenades scolaires, nous dirons que, instituées surtout en vuA de l'enseignement pratique des sciences physiques et naturelles, ainsi que celui de l'agriculture, elles prêtent leu•· secours aux matières suivantes du programme: 1• l'arithmétique, 2• la géométrie pratique, 3• Id dessin, 4• la géographie, 5° l'histoir~. 6• la langue française, auxquelles pourront s'ajouter encore des notions sur l'industrie et l'étude des machines les plus simples.
(A suivre).
CH.
VALCOURT,
PARTIE PRATIQUE. CALCUL ÉCRIT. VI. 4. Un bœuf pèse 728 kg. ; un second 807 kg.; un troisième 868 kg. Quel est le poids total de ces trois bœufs ? 3. Un fumeur dépense chaque semaine 45 centimes pour son tabac. Quelle somme cela fait-il pour 20 années? 2. Un territoire a 37!~8 kilomètres carrés et compte 634432 habitants. Combien y a-t-11 en moyenne d'habitants par kilométra carré ? 1. Intérêt dl! fr. 5780 à 4,5% t!n 9 t;2 mois? VII. 4. Un agriculteur a vendu en 3 mois : 1324, 1456 et 2127 litre~< de lait. Combien en tout ? 3. Une fontaine fournit par minute 15 litres d'eau. Combien P.n deux jours ?
95 2. 83870 Fr. de solde sont à partager. également entre 1260 soldats. Combien chacun recevra-t·ll t 1. Cherchez l'int~rêt de Fr. 19784 au 3 3/~t% l'an pendant 8 %mois? Vlll. 4. Vous devez recevoir de différents ~ébiteurs: fr. 125 fr, 316 fr 98 fr 409 et fr. 75 90. Comb1en en tout f 3. Un m~rcha~d achète 120 de marchandises â fr. 142,50 le q. Que doit-il payer pour le tout? . 2. Un boulanger a donné fr. 12045 pour 330 sacs dtl fanne. Que coûte le sac ? L Trouver l'intét·êt de fr. 2798,50 pendant 8% mois à 4% 0/o par an? IX 4 Quelqu'un doit les sommes ci-après: fr. 157, fr. 88, fr. · · 126, fr. 204 et fr. 18.50. Combien en tout? . 3. Si l'équipement d'un soldat collte fr. 117.20, à comb1en revient l'équipement de 125 hommes ? 2. L'équipement de 129 recrues collte fr. 13,5t5. A combien se monte l'équipement d'une recrue t . 2 1. Cherchez l'intérêt de fr. 5508 à 4%% pendant 6 13 m01s? X. 4. Fr. 5. 35 + 25. 87 + 78 cent. t 3. Que colltent 198 q. de marchandises à raison de fr. . 22.85 le q.! 2. 2500 soldats ont à se répartir également une pate de fr. 749125. Quelle est la solde de chacun ? . 1 Combien peut dépenser par jour une personnn qUl pos• aède un capital de fr. 29,200 placé au 4%%, l't qui veut économiser fr. 611. 40 t XI. 4. Fr. 18 + 5. 70 95 cent. = ? . 3 Quel est le prix de 95 ares à fr. 36. 25 1 are ! 2: En 1888, il a été consommé en Suisse 1_ million 160 hecto!. de bière. Quelle était la consommatlO_f _moyenn_e pour chaque habitant, si la population de la ;:;msse étatt de 2 millions 900 mille âmes ? 1 A emprunte à la Banque une somme de ft·. 5200 le 24 · mars et rembourse fr. 1200 le 28 mai. Etablir son compte au 30 juin à 4 1/2 %. XII. 4. Un domestique gagne fr. 370. par an ~ ses dépenses se montent à fr. 117. Combien lm reste-t-Il l' 3. Une laiterie a vendu pendant une année 227 q de. fromage à trs 128. 50 le q. A combien se monte le produit? 2. Il faut, pour une tronpe de soldats, 270 kg de via~de par jour, c'est-à-dire 300 grammes par homme. Combten d'hommes compte cette troupe? 1. B emprunte à la Banque fr. 1850 le 31 mar~ _et ve~se fr. 8500 le 20 mai. Etablir son compte au 1dr JUillet, mtérêt à 4 1/z% (mois de 30 jours). XIII. 4. Un négociant vend en un jour pour 767 ft:s- de m~rch~n dises qu'il avait payée11 frs 583. Quel bénefice a-t-11 fatt? 3 Si l'on donne à un bataillon d'infanterie 98 pelles à frs · 1. 50 et 90 pioches à frs 3. 80, quelle serait la dépt>nse pour 90 bataillons ?
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2. Un détachement de soldats consomme journellement 483,840 kg de viande; la ration quotidienne d'un homme est de 315 gr. De combien d'hommes se compose ce détachement? 1. B rewet à G frs 3900 le 20 avril. Par contre B reçoit de G frs 5700. Faire la balance de ce compte au 30 juin. Intérêts au 4,5 %, année commerciale de 360 jours. (La fin avec réponses au prochain N•.) ~
9.&Bii'IPB8 LE NOEL DU GUET. Un pas bien connu, des sabots lourdement tratnés sur la neige durcie ont résonné dans le silence des ruelles. - n a frâp-pé dix 1 Il a fràp-pé dix 1 Ce.!! mo~s, scandés d'une voix sinistre, sur deux notes, l'une majeure, l'autre nnneure, se heurtent aux angles des murs; rien ne leur fait écho. Deux, trois minutes s'écoulent, puis du même accent lugubre, le guet reprend: Tenez-vous en éveil, C'est la nuit de Noël, La uuit sans parj!ille, Nuit de bonne nouvelle, La nuit de Noël ! Jamais la voix du vieux Gaspard n'a été plus cassée; sous la rudesse et en dépit du bon vouloir, elle trahit la souffrance, l'accablement. Aux prises avec l'âge, notre guet Sll trouve avoir affaire avec plus fort que lui, et c'est ce qui fait sa pPine. Car il u'est plus jP.une. Que vienne Noël prochain, il y aura 50 ans qu'il vieillit à ce métier-là, et Dieu sait qu'il a l'amour-propre de sa charge, l'ayant toujours remplie à son honneur, estimant qu'on ne saurait y mettre trop de conscience. Aussi, sous ce rapport, n'est-il personne qui ne lui rende justice. Jamais on ne l'a pris en défaut, et les gros du village, une fois qu'ils ont souillé sor leur lampe, s'en vont dormir l'esprit tranquille, sachant bien qu'au moindre soupçon d'incendie, Gaspard est là pour donner l 'alarme. Loin de se borner à crier l'heure, il rOde encore autour des granges, il regarde par les vitres au fond des écul'ies, tlt lorsqu'il aperçoit de la clarté dans une maison à l'heure où aillt>urs toutes les lumières sont étemtes, il s'arrête et ne poursuit son chemin qu'après s'être assuré qu'il n'y a pas de danier de feu. Un guet exemplaire, et que l'on cite à plusieurs lieues à la ronde. li ne l'ignore pas, lui, - et comme cette bonne renommée chatouille doucement son cœur; - il tient bon et se rairlit contre les infirmités tant qu'il peut. C'est pourquoi, malgré ses rhumatismes et la froidure intense de cette nuit sans lune, on peut le voir encore dans sa grosse houppelande, le ca.puchon rabattu, sa lanterne vacillant au bout d'une main, son bâton ferré dans l'autre,
96 s'avanr.er de carrefour en carrefour, criant l'heure et chantant le vieu~ refrain qu'en guet bien appris il n'aurait garde de mettre. t>n oubl_1. Pas n'est besoin pourtant de sa recommandat10n pour se ten1r en éveil. Autant les petits que les grands, chacun entend demeurer debout. On voit briller de la lumière derri~re les fenê~rcs. De tew~s à autre une porte qui s'ouvre, puis des nres étouffes, des brui~H dEo souliers ferrés sur la neige, témoignaient ~ien qu'on ne dormait point. Ici, on fond les plombs; ailleurs, on nssole les pommes, ou bien l'on fait des beignets. Un bon parfum de beurre chaud! de pâte qui .se dore, de pommes qui mijotent, empli_t . lf's narmes. L'âtre qui flamboie jette aux parois eufumées d~s cu1smes de fantastiques clartés. Le beurre écume dans la poele ; une fourchette à la main, la mère se til'nt devant. On se presse, on sé bouscule autour d'elle. - Enfants écartez-vous. Vous allez vous faire brùler... Les petits 'font deux pas en arrière ; ils n_'Gn font qu'un pour se rapprocher du foyer, tant il leu_~ pla~t de v_01r la pâte découpée en fines lanières ghsser dans la poele, s arr~ndir, s~ boursoufler, sauter dans l'appétissante écume avec un petit grésillement caressant à l'oreille. . Tenez-vous sages, que l'Enfant Jésus va passer bi~nt6t.... Et mioches et miochettes de se regarder, en se tremoussant sur leurs jambes avec des signes d'intelligence. Au moind;e bruit dans la rue, on ouvre de grands yeux. - Peutêtre que c'est lui ?..... et l'on se fait séri"ux.
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Sa première tournée achevée, Gaspard est rentré chez lui, las et opprus<l comme il ne ra jamais été. Débanassé de s!l houppelaD:de, il s'est · appuyé au poêle, la tête basse, et le front dans ses mami:!, il pousse de gros soupirs. - Pas de chance 1... murmure-t il entre ses dents. Sa femme, la Salomé, - un nom qui ne se porte plus aujourd'hui - le considère d'un œil attendri.. .. Elle ne sait que trop que son vieux souffre, mais elle ne le lui laisse pas voir, pour ne pas lui 6ter courage. Et lui reprend sans soulever le tète : - A.nnée de malheur.... Fallait-il pas encore perdre ce porc sans compter tout le reste .... Pour de la chance, je n'ai jamais su ce que c'est.... Et se sentir toujours plus vieux 1..... Ce soir, me. semble n'avoir plus de souflle..... Misère, nJisère ..... rien que des misères. - Ta, ta' ta..... Faut pas tant penser en arrière, fait la Salomé, qui a toujours la répartie prompte. . . Puis au bout d'un moment, voyant que son man se disposA à sortir elle pousse son rou'!t de côté et lui dit : - Va vite crier l'on:te. Sit6t que tu leur auras chanté ton ve1·set, dépêche-toi de revenir, que j'ai quelque choe_e pou~ toi..... . Gaspard dehors, la porte r efermée,elle aussi soup1re,_ car, b1en que devant lui il n'y paraisse pas, elle a de _pesants souc1s sur le cœ~r. Alerte petite vieille, ridée, tannée, maigrelette, avec de la mallce plein les yeux et un sourire de jeunesse sur les lèvres, la Salomé est une vaillante femme. (Voir la fin, 2m• et 3"" page de la couverture.)
Tout en parlant, elle se tourne vers son mari. Lui aussi voudrait être gai, mais il n<! le peut. Il se sent brisé dans sa force. - Voyons que j~ t'l'n verse encore, lui dit-elle. Ne le trouvf's-tu pas bon ? - 0~ oui!.... : ce.n'est pas çà....., mais )P. frisson me gagne. Po!lr sur, dema10, Je ne pourrai plus me remuer ..... et ses mams, qm tremblent, vont chercher au tond de sa veste un mouchoir à carreaux dont il essuie Sl'S yeux. - Ce ~erait bir•n la première fois qu'on te venait malade Je jour de Noël, répond v1vement la Salomé..... Attends-te voi1' que je vais te faire de la tisane de bonhomme; tu sais de ce~ fleur~. qul' j'a~ ct~eillies à c6té du cimetière ... . , tu la boir~s après ta cnee de mm01t.. ... Toujours prompte, elle grtmpe sur une chaisl.' pour atteindre à l'armoire, ou pendant la bonne saison. elle a serré les fleurs de bonhomme, en compagnie des fl"urs à tisane dont une bonne ménagèt'P. ne reste jama1s au dépourvu: tltmrfl de ~ureau,de tilleul, mauves et camornilles, sant; parler de toutes les herbes de la Saint-Jean bormes à guérir gens et bêtes. L'armctrP, r.:owme de nos jours on n'en fa1t plus avec la garniture dA ferraille historiée et ses solides verrous ~ontre sous une corniche mselée, deux rangées de petits tiroir~ superposés. Les Vllrs autant que l'àge y ont fait leur œuvre, on y peut voir des écornures en maints endroits. Salomé avance la main sur le tiroir des tisanes. Il résiste, eUP secoue. Vainl'ment, elle y met toute sa vigueur. - Ne dirait-on pas que le se1·vant y a mis son nez ? fait-elle d'un ton d'impatience comique en redoublant d'efforts. - Tu ouvriras, ou b1en tu diras pourquoi 1..... Crac..... le bruit d'un ressort qui se brise, et le tiroh· cède et vole en éclats en même t<'rnps qu'avec les sachets de tisane dégringolf'nt dPs pièces jaunes, rondes et luisantes. La Salomé qui n'en pl'ut ct·oire ses yeux, se baisse pour en ramasser une et s'approche dP. la lampe. - LPS lo11is du grand-père!.. ... crie-t-elle de toute sa fore~. Oubliant son malaise, d'un bond Gaspard est à c6té d'elll'. Le plancher est jonché de pièces d'or. - Les louis du grand-père 1..... répète la Salomé. Fallait-il pas qu'il eùt l'esprit de travers pour les avoir cachés là 1..... Et dire que, depuis l'an vingt-quat1·e qu'il est mort on n'avait jamais su le:~ découvrir .... ' 1:remblante de bonheur, et tout en essuyant du revers de sa mam deux grosses larmes qui perlent sur s~:;s joues ridées elle regarde son mari. ' - Et tu ne voulais pas meo croire quand je te disais que l'espérance est la mère des vertus 1 Pour lui, il n'etait pas encore revenu de sa stupeur. Il palpait ll'S louio' et les faisait machinalement sonner dans sa mam po11r s'assurer que ce n'était pas un rêve. Ce fut la PI'emière fois que, pour crier minuit, il fut en rPtard de quelqnes mmuted; mats en revanche, il y mit une énergie nouvelle. - Il a frAp-pé douze 1 Les vitres comme les murs en trf'mblèrent. MARIO"',.
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Avis au personnel enseignant.
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Franebl8e de port. - Un instituteur nous demande si, ensuite d'no avis paru dans l'Ecole primaire, les régents ne jouissent pas entre eux de l'officialité. La question posée n::u~ a d'abord engagé à relire uutre avis à ce sujet. afin de vo•r si nous avions écrit quelque chose rte pareil. Or, nous convenons que l'information fournie <\ cet égard peut laisser un doute qu'il importe de dissiper. L'officialité en pareil cas n'existe qu'entre supérieurs et inférieurs, waJ8 non entre égaux. comme le sont entr'eux les instituteurs. Si donc ceux-ci ont des lettres à échangor, ils doivent les affranchir, comme tout autre. Ils jouissent par contre de la franchise dans leurs rapports officiels avell MM les Inspecteurs et avec le Département ou le Secrétariat de l'Instruction, à la uondition naturellement qu'ils se conforment à cet égard aux indJMtions connues et si souvent I'épétées d&ns l'Ecole p1·imaire. Li'vre8 d'é.,ole. - Eutr'autres livres d'école don t une n0uvelle édition paraitra pour le cours scolaire prochain, figurent l'Abr~qé de l'Histoire de la Suisse, par Wmné, et les Eléments d'arithmétique, tous deux ouvrages admis da ·s nos écoles à I.Jtre obllgatutre. L'Histoire est entièremenL épuisée, l'Arithmétique, quoiqu1-1 tirée au début à 6000 flX. eRt tout près de l'èu·e. Les flXflmplaires qui on restent suffiront d'ailleurs pour les bPsoins de l'année scolaire couraute. L'on profitflra de la réimpression de ces classiques pour corriger les quelque~;~ fautes qui ont pu s'y glisser, et y introduire, d'ailleurs sans les modifier sensiblemAnt, toute~ les améliorations dont ils sont susceptihles, afin de les rendre toujours mieux app.-opriés à leur nsage. Pout· 1890-91 paraîtra également la traduction de la dite arithmétique, ensuite du vote unanime de la conférence des inspecteurs de la partie supérieure du canton, de voir c~t ouVI'age également introduit dans nos école!'! allemandes.
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IX"'• ANNEE
ao
JO Pévrler 1890
REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIM1IRE. parait chaque quinzaine, de Novembre à Avril tnclusmment, en livraisons de i6 pages.
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Prb: d'abonnement pour la 8ol••e 2 f'r 30 l1nlon po•tale 3 f'r. • • • -'nnonee•, pri:z, 20 cent. la ligne ou son espace. Tout ouvrage dont l' E 1 · · droit à une annonce ou cg ~~r~~~zrte recedvra d~ux exemplaires aura P e-ren u, s'Il y a lieu.
SOMMAI RE:
CARTE MUETTE DE LA SUISSE
Encore un mot sur la lecture. (Suite.) -
Nous sommes en mesure de fournir, au pt·ix réduit de 60 cent. seulement, une jolie carte muette de la Suissfl, {identique à cellemême dont on se sert lors des exam~ns des reet·ues. Cette carte est vivement recommandée aux recrutables et devrait se trouvP.r en un exemplaire au moins dans chaque école de répétition.
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L'ECOLE PRIMAIRE
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ENCRE noire excellente. ENCRE violette. POUDRE pour encre violette. HECTOGRAPHE complet, avec encre, 5 fr. MASSE bectograpbique, à 2 fr. 50 le kg. Pbarma.,ie G. F .& 1J 8 T, 8lon, anciecne pharmacie MULLER.
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SION
Une leçon de
chose,s. (Le chanvre, la toile, leur préparation, le tissage.) Le devouement de l'instituteur. - Les promenad 1 · es scoalr~s. - Le catéchisme au cours de Répétition. - Partie
pra~•que. (Calcul écrit, sttz'te), Solutions (Calcul oral et Calcul écnt), Dictées. - Variétés (La mode A d . , nec otes scolau-es).
!o~! ~e qui concerne la publication doit être adressé a 1editeur : M. P. PJGNAT, secrétaire au Département
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