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No 05 l'Ecole primaire, 15 Février 1904

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XXIll0 année

foulait aux pieds femmes et jeunes filles ... Le théâ.tre brüla. . . Le trône royal fut réduit en cendres, qui se mêlèrent à des débris lug ubres:. coo11ps carbonJ.sés, ossea:nent,s calcinés , cadavres méconna!.ssa·bles et bideux.

Celui qui avait voulu devenir le coffrefort d'un banquier devint le pupitre d'un agent d'affaires, usuri.er louche, avare impitoyable. Il entendit les su,pplicatious des pa u.v1·es gens, les srunglots des veuves,, les refus secs de son maître. Il reçut en dépôt - non pas l'or et les bLllets., cacbés clans un coffre-foŒ·t scellé clans la muraille, - mais une foule de papiers se rapportant à des affai,res où ni la compassion, ni mê me l'équité, ne bridaient la plus rapace - coovoitiS'e . .. Mais, une nuit, des malf1aŒteurs s'introduisirent par la fenêtre, et le pupitre, ù. défaut du coffre-fort inviol able, fut fr acturé . . . L'a Yare, entendant du bruit, accourut demi-nu pour défendre son bh·n. . . Un coup de co-utea1u l'égorgea, et il r:'lla\ inondant de 8011 sang le meuhle que ses mains cris pées ne pouvaient ,plus cléfentlre, et sur lequel, quelques h eures plus t ard, la pollce vint mettre les ,scellés, comme pièce à conv1ctio11 dans l'affreux drame de cette nuit maudite. Le sapin, qui voulait tout clorniner 1:1~1 faîte d'une tour géante, entra dans la constrnction d'un gigantesque échafa udage pJa.cé à une hauteur vertigineuse pour réparer la ,c heminée d'une us.ine ... Et de là le sapin vit à ses pieds la Yille entière ... Mais l'écha1lau1lagei mal consolidé, façonné avec: trop de hûte, se rompit ; les planches furent précipitées s m· le so,l, et avec elles deux pauvres ouvriers qui fm·ent tués net. Les ùébri,s furent jetés ùa.ns un coin, vendu,-;; n un menuisier qui, des planches les moi,ns gâtées, fit nn cercueil grossièrement badigeonné de coulem· noire. Ce cercueil reç ut, à l'amphithéâtre les débris de deux ou trois cadavres et fut enfoui dans la fosse commune oil ,ont les pauvres gens. Mais les a utres sa.pins, humhles et bons, virent leurs vœ ux .s'accomplir snus a ucune ironi-e vengeresse de le, destinée. L'un devint la. table de trav.ail d'1m j oune savan.t, qui devait être l'un des, héros de la science, en même temps que l'un des porte-voix de la philantropie. . . L'aum·e devint La. barque ,d'un pêcheur,. son fidèle inRfrumeiit de travail, son g,a.gne-pai11 :journnliel', et Je jouet de ses .e nfants qui, s m· le sable du rivage, escaladaient, en chantant et en rllmt, les flancs de la bonne vie ille barque admée,

1904:

que l'orage n'effrayait pas et dont la voile blanche flottait si bien sous le ciel bleu. Le t roisième fit la joie d'un jeune ménage cle bfich&ron: il fut, selon ses vœux, ba, charpente du toit, la btlche du foyer, la table de famille où fument le.s pomm es de terre à côté du pain noir; il f ut aussi le fa.ute:uil de l'aïeule et le lierceau du petit-fils . . . Et tous trois fm·ent parfa.itement he ureux . . .

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Enfin, le tout*petit sapin *g1iatnclit. Il s ' ap pliqua. à faire 1musse1· :ses branches bien droites et bi,en régulières. E t il fut à son heure l'é lu de Noël. Pa ré de fl eurs et de bougies, il ·répandit la joie dans l a Yieille église, oii les vieillarcls ayaient l'ra'it· nus.si heureux que leurs petits-enfants ... Autour de lui, on chant a des cantiques, on pria et l'Evangile de !'Enfant Jésus fut prêché . . . Au pied du ,s apin de Noël, un enfant infirme était ,a,ssis à la place d'honneur, parce t] u'i l éta it le plus pauvre e t que la. mort lP guettait. li regarda le ,gap in avec une petite fi gure pâle où deux g rands yeux noirs brilla ient. Pour l'enfant, comme pour le sa.p in, une h eure de joie, une h6'Ure de vie h eureuse. ... Le petit iufirn,e mourut Lieux jom·-s après eu disant: - Maman. j e veux, s'il te plaît. le bPan sapin de Noël !... Et, à la demande cle la m ère, on le lui clonua., le beau sapi n de Noël. Les branches verdoyantes couvr irent la petite tombe et le tronc servit à fai re une petite croix qu i se ,oyait de loin tlans fa neige ... C'est a insi que le sapin de Noë l cleyint la croix du cimetière et continua, sou,~ cett e forme smcrée, il parler d'espérance: C:u lit-hia~1t, lfl-ba.ut d an ,, If> Ciel, C'est toujonrs, e'est ton;Jonr;;; Noi~I.

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ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'EDUCATION

L'Ecole primaire donne de 15 à 18 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8 à 16 pages pendant l'Mnée ordinaire de 12 mois.

Prix d'abonnement : Suisse fr. 2 .50 Union postale fie. 3 Tout ce qui ccncer-ne la publication doit être ·adressé directement 1er secrétaire à: l'instruction publique, à: Sien.

à: M. P. PIGNAT,

PIERRE.

Pensées [ * ] Si vous la.i,sRez un bon li vre a.ans nne famille, c'est comme un éilixir de vie qne vous ,v cléposez. Il faudrait qu'on pût présenter un bon li \'l'e avec la même facilité q u' un.e prise de ta.ùac. LACORDAIRE. [ * ] La liberté cle l't:'nseignement est dans le droit des framiHes; elle est clan s <:Pl11i des particu:lie rs; elle est clans l'iutérêt généra l de l'instruction primaire qu' elle vivifi e par la concurrence. VICTOR COUSIN.

En histoire, pour les enfants, il faut que le plaisir fasse tout. Fénelon.


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S ommaÎl'e de l',,Ecole" N° 4 -::- l'l'éparei r otre classe. - L'agricultul'e i\. l'école pl'illlaite. - * Dt'bul ùani:; l'eni:;eignement. - DPi:; ré('Olll]Wll~c8 et de8 p unitiorn,;. - .,, La pi-épara.tion 1ll(_,s l el,'ons. .,, Les ùeroirs de l'irustituteur. - L'éduca tiou JJh J 8'Ïf1ue de la jeunesse. - .,, L'ardoise d a.ns l'enSE'i gn emen t de l 'écritur e. - " Un mot de8 exel'(: ices de llléllloii-v. - Î;es d i<:téPs. - Du ,s;p,tèm e méniq u e dans les ,_:lasses d e comlllPn çants. - Va riétés \Coni"inuei Yohc classe, s 'il ,·ous pla'î.1·! I'onr l es pet it s . l'Pnsées de (\u ·(·me-. Réeita.tion, La fou nn i lièn'. r ut=> leçon <le ph ilosoph ie. Récréations. Bibh ogntp h ie.) -

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Somma it·e d u suppl éme nt ff,e'S Cendres. - Il n'y a µ l us d'enfa n t s . . . Bilan géognq.Jhi que de 100:3 ~suite). - .\.u p a,rn du soleil. - En pays sien-ois. Cltippis. - Ch ronique s<.;en tifi q ue: Les rnyo ns X et l es nt,Yons :S. - "Gn bapU•m e. - Cr oqui8 n tlai,s an: Le ~n déc·ernb1·e i\ Clwble . - Ya t iétés. - Pell'sées. -o-

Con f é1·ence s d'institu te u rs District d' Hérens La. conféren ce ann uelle rn·di n aire d es in stitute ur s de ce district aura lieu à "'.'l[ase, ît la ma i.son d' éco le, l e j eudi 3 ma rs proclrn in, it D 1/3 h. du nrn tiu,. Voir le s ujet à l'or dre du jour dumi Je n° :a! de l',,Ecol e pi-imaire". -

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R ecti fic ation . T,a devisr inst'>r\'>c a,u ba s dr la he pa ge d u N° 3 de l',,Ecol e prima.ire" a ét é ma l rendu pa1· l e typographe. Le t exte po1·tait : Eprouve;,; (e t n on a p11rencz) to ntes clloses et reteuei cc qui bon.

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Cours d'inst ruction pou1· maîtres <le <lessin Un nonv,cau cours d'inslrnction pon.r maîtres r1e r1c;;sin anrn. l ieu an Teclrnicnm de 1"ribourg1, du 14 .avril au 30 j uillcl 190.J-. Les participants à ee cours so nt suùYcntionnés pa r leur canton et par la Confédé.ration. IlS' doivent remplir les comlitions suivantes: 1. Etr e â.gés de 18 ans au m oins. 2. !fournil' la preuve q u'ils out a ccompli le prnguamme d' une des éeoles suivantes: école industrielle, gy mnase, école normale, c<tc. On pourra ,a ussi exception nellement admettre à cas cou ni. des artisans capables, m ais posséclant au moins l'instruction qu'on peut acquér ir dans une école secondair e. Le l)rogramme cornp1-encl 45 heures de travail pai· semaine, réparties comme suit: projection, G h. ; dessin à v ue, 8 h.; dessin d'orn ement a.ppliqu é à l'industrie, (i b.; étude de for mes o rnementales, 8 h.; étm1c des styles et des couleur~. 3 h.: modela ge, 4 h .; perspective linéaire, 2 h.; t racé rl'ombœs, 2 h.; technologie .et résista nce des matériaiux, 1 h .; notions générales de mécanique, 1 ll.; dessin profcssio11Jnel pour peintJ:es, gypseurs et lit hographes, 4 h. Les i11scriptions ])OUL' cc colll's sont reçues aupl'ès cle :u. le D irecteur c1n Technicurn à. J.i'r ibomg, jusqu'au 20 mars 1904. ]J]lle cloi Yent être accompagnées des lliplûrnes et cert ificats et dessins des cantlidat s.

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Cahie1·s sous-main. A la demande formulée pa.1· }DI. les Inspcctetws scolaires, que le Dépôt des l i,res d'école soit également approvisionné en fourn itul'es de bureau et notamlllent en papier, l e dit Dépôt a fait l'acquisition d'une certaine quant it é de cahiers -sous-main, dont un spécimen fut ad1·essé l'année dernière à tont le prrsonnt=>l cns<>ignant. La nom·elle p1·oyision qni en v ient d'être faite, de meilleure qualité rt à des conditions p lus favorabl e.s encore que précédemment, pen11et a.u Dépôt de livrer ces cahiers avec une p l us forte remise S UQ' les anciens prix. (Voir l'annonce ,spéeiale figurant à l a. couverture pour plus de détail S.)

SION, 15 Février 1904:

XXIIIme année

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIETE VALAIS.ANIE D'EDUtJATIOR * P1·épal'ez vot1·e classe ,Je n'ai nnlle m e11t l' intentio-11 de rounil' lrs JJo lémiqnPs q n i sf' s ont élrvée·s, ù diyn·srs J'epri:ses, dans la p1·Psse pédagogique au s ujet du jou rna l de t lass<.>. l>t> <·Ps joutes, il 1"st rés ulté pour 1ont le monde qur l e princ·ipc· de la ,c ])l'épat·aiion (k ln da.SS(·» était ho r.s dP tlis 1·11ssi011. QuP t'l'tte pt·éµamtion soit fa.itP <lans nu c·arurt 0 11 s ur JJl us iL'Ul'S, sur dPs fr11i ll PR ,o lantt·s ou sur un .i mprimé sp0,:ia], il i mportP J•C'll pour le bul poursn iYi. C'es1 li\ mw qiwstion <lP .... liln·a.it-i(•, ('.lp:1blr dP JlflflS ÎOllll ('l' l) llC'l(JllPS éùit eins .... mais quP l'llll<Jll l' institut Pur pPnt résondt'P comuw b on lni semble. L' essrnti<:l, c'es t q ne la 1)i·épantt ion ,s oit réc' ll l', pffpe· i iYP. T/ inl é1·H dn rnaît1·p Pt d ( s Plf'n~s, les 1-n·ogT?>.s d P l'ens eig1wme nt l 'exige'Tlt. Lorsqn'mw ,-lasst> a élé <t pr·ép;née >>. le,R tlin' r s Pnseignnnf>nhi s'." s necèdent sans à-c·onps p j· lP tPmJm s'y t'>C'onl,· av1:r· nnP rav idité YPrtig·inensP . . l '(·n :ipp ell r :111x ff>r,ents dr la p1·ép arntion . Loniq m·, ;J n co ntl'ai L'I', k m atht=> s.,. li nr i\ l'irupro 1·isa tim1 , il se produit dans s nn enseignenwut dPs h rS -1i1 a.t io11i:i, dr s t .Honrn.•nwnts Ron ypn t a,·c·ompag-nés tle désordrf'. AJ on1 les lle n r es p:i 1·a i·sspnt dP s siècles . Ct=> n'r i:;t pa.s tou1. .~uppos ons rnain tenmit la visitP rd'nn ins prr·teur (l'é'la arriYe rp1elquefoi-s), d' u n inspt' d<> m· cla irvoyant (nous n'en tonnaisson s pins d 'autres). .: 0

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Le maîtl'e pl'épar·é n'.rnrn. 1·ien à redouter dn c·o ntrûk dP son t llef. Il pour ra ne pa s lJl'iller dans l' Px1Josition d' une leçon (tout le 111<mdt=> n' es l pas élo(ptrnt), rn nis il ne d int qn c ee qu'il eon,ir1it, ni pl us , ni moins. A u C'onfraire, l'institult=>lll' iwprovisate11r SP rn ontJ-,,1·a toujom·s inféi-irur ü l ni-rni'mw. 'fiwi<1 P, il ue ü o11Ye1·a tien 11 (1 i1·c·. Ha r d i, il sPr-a pi-oli xe, se> u oiL·1·a dans tkH dét ai ls d ck :.; développements S Il pnfl US. J ' ai (,té témoin, il y a q uelqLws auné(·H, d ' ,rn nu:id1•n1. dP 1· t> [!.'l'llL'e. nn insti1 n 1P:11· très <1oué ù':iillenrs, rna.i s t rop s1î 1· 1lt· lni -m C•m <' - (l ut fair <·. <'Il Jll'éSP JH·t• tl l' ]'illS]Jl'l'Ü' lil', lllll' [Pl,'On d,· géog1·aphit>. Q11P ll1· Jt>,:on '!. . . . . Il 11\•n ~;an1 i t 1·i011, :rn jt11-1te; il n e HP r:1JJ · pt-> l1iii p l11 s l:1 p i·<'rhknw. Des ind i cai ions foul'liil··s p:u· ~,PR (il i>YPS, mirnx L'Pnspig-nt'>s q tw lu i, il eés nltnit qu' il :1,·:iit ù pal'lPr- de :--i.1·s1~llle 01·ogrnphiq11e dP ln .Snissr. ~ou s ,tPSiRtion l:l, l'inspecic•nr et m oi, ;) 1111 \ h-i1:tli] r, pffom11•p1110nt. Q1wl dP· sonl n •! l! tt <'l <"ll:10s! Q 1w ck Mt:1 ils Ïnnii l1•s! Qiw d'Pxplinttions •clif fnses, Pn· nu_\'Pnses, - r t , those p ln 8 gnrve, son 1·pnt P1· 1·on{e s ! . . . Î: J'L'f, qnand i l ('111° fini. il ;W: l i1 Jl.ll'lé dl' t <1 !J ( , E'X(·ppté clf-i-4 111ontn r~n<>s. · On nr le pe1Hli1 pas ;iour c·PlH.. . , mais f'(' lu i fnt tont d e m?mP 1111L' dure h·<,·o·n . .'\ Hj01w d 'hui, il P,,..t reY<>nn d e certe Pne ur <( qn'011 en s;1i1 t.rnjours assez pou r p :1 drr :inx <·nf,rnls :,. et il prépare s ,t classt' <l'un(' f,1l,'Oll rég-uliè>rP. C'était, jr l e r épète, un bon. m aître.


liÔ

C'est le conseil que je me permets de donner à ceux d e nos collègues qui improvisl nt encore. Duplanet . 0

L'ag11.·icolture a\ l'éco le p1·ima ire Uil ..:il.- lhul.ùt Svll , ,. ilL Ll L,

J. ,tll

q-,e l é·

m , gr a uun ue., Caill1mgua.ius vers la v1.lle s ae;centue Lle lJl u,s eu pl us et qu e

l'a g neu ll u i-e en v ie1lt à lllà.nquer Lle l.J1·,H,. 0 est d'a d teu1·s po u1· lie bonn es ra1su1rn, üat la p upulauo11 agl'icole est ordinairement saine et honnête. La e;ause, répétons-le, il faut l'attribuer en partie aux attraits séducteurs de la Yillt', contre lesquels nous ne saurions assL·z mettre en garde notre jeunesse; ensuite, ce qne l'on avoue llloins souYent, aux difficultés l'éelles de I,a vie des chairups. D' un côté les charges imposées aux cHoyeus del'i eunent de p lus enpluslourdeH, p arce que l'ou en vi(•nt à exiger to ujours plus de l'Etat ; et ceci ne manque pas d'aigrir un p eu les pauvres 1aboun•urs qui doivent compter aye,c leurs faibles ressources. (.Juant ù celles-ci, elles n'ont guère augmenté dans la mêm e propodion depui,s un certain nombre d'années. D'un aut re côté, si l'on ('nvisage de près l'agriculture t elle qu 'elle s e prntique d~1n s ,nos va liées, la p osition topographique de quelques communes de la montagne, les déplacements exigés par le morcellement de la propriété, on est obligé de -se convaincre qu'il n'y a pas rien que de l'il· h1sion, qm' le• haw1il des e;Jrn.anps ne laisse pas d'êb-e pénible pour ·n 'être guère rémunérateur. ·Et, si l'agriculture a progressé d ' un e manière réjouiss:wte dans quelques eommune.s de la plaine, elle est restée plus ou moins sta tionnaire dans la plupart ide nos vallées. On y trava ille beaucoup, mais sans ordre, sans méthode. Tout y est primi-

tif. On n'y connait pas encore les assolements, les drainages, ou au moins, si eela se p ratique, c'est d 'une manière défectueuse. Aucune amélioration non plus sou.s le rapport des instruments d'a grieultme pa s plus que sous celui . de la constrnction des étiables. Enfin, et c'est ce qui nous parait le plus fâcheux, l'on augmente à p la isir le mor"e11elllent uu s01, si 01en q ue 1 J J.1 Cvn::.i tler e eomme un a, a nmg e 1' 0 0Lgation de parcourll' une commune entière pom: v,s1ter toutes "es meirnes p r oprié tés. 1i ue fa uL p,1.s <l' m llèm·s s·étunner d ' u1J pc1reil état de chose. Comment vo m-ra.it-il en être autrement loi·sque presque tous nos agriculteurs ne doivent compter que sur leur seule expérience. Tous les nouYeaux procédés mis en honneur paT de savants agronomes ne les atteigl]ent pas ; ils n'en entendent m ême jamais pa rler. Ils ne comprennent pas les ressources qu' ils pourraient s e créŒ1· avec une exploitation rn.tioun elle ùe le ur ,;ol, t elle la culture ma raîd1èr t• pom- quelques stations hôtelières. Si l'on pouvait seulement le ur glisser entre les mains une bonne publicati_on traitant de l'agl'icullure ! S'i~ pouvaient seulem ent PD comprendre rutilitG! Ce ,st>rait d ' ailleurs difficil e d e troun~r eelle qui leur co,nviendrait diffici le aussi pour e ux d'en compren'. di-e kt po,J"tée et le pa1·ti à en tirer. Ce n'est pa s d 'ailleurs de simples petites modifü·ations qu'il s'agit, e'est jusqu'à nn tèl"taü1 point le renouvellement des pratiques agl"icolcs de notre pays dans le but d' arracher le,s génératio,ns nouYelles à la routine. Ceci seulement pom-ra, selon nous, empêchc'r la désertion de la campagne. Dès lo1·s nne seule voie à prendre: enseigner l'agriculture à notre jeune,sse et, puisqu'il ne peut être donné qu'à qu elques-uns de> fréquenter des écoles spéc.iales d' agriculture, en faire une branche obligatoire de l 'école primaire. On objecte que celle-ci n'est pas une

51 école professionnelle Œt que, si l'on s'éca rte de ce principe en y enseigna n t l' agriculture, on p e ut aus,si bien exiger que l'on y enseigne d' a utres ma.tièr es, t elles que le d essin, la comp tabilité, etc. Nou s r épond ons que l' agricultur e intéres se tous les Valaisans, car l'industrie et le co,mmeree en r elèvent. Ly,cUTgue, à qui l'on d emandait << ce que l on d oit en sei gn er aux enfant s n, rép ond it: <, Ce q u' îls iuoivent Jall"e étant hommes >l . 0 1·, dans la vie, nos agricult eurs seront incessamment o ccupés a u t ra va,il de leurs champs. Il n e le ur sera donné que très r arem ent ,d'effect uer un \ oyage et par le fai t l'enseig nement d~ l'ag1·iculture devrait pl'éd ominer celm de Ja géographie. Il est p1·éférable à celui de l' histoire. L'histoir e est l'école du patriotism e, mais enseigner à l'enfant à a irue1· ses champs , le t erl'itoire où il es t né, n'est-e;e pas la m eille ure le(,'On ùe civis me . D 'a illeur s , quel est l e meill eur citoyen, sinon celui qui l'emplit le mieux ses devoirs d'ét at.

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·P uis l'étud e de l"ag r.· icultme ne peut n uire en r·icn aux autres matières de l'école. E llé en est l'introduetion et le comp lément. C'e,st une a pplication id es seienees naturelles qui aid(~nt puissamment l'étude d e la géographie, à ca use d e ses données s u r la nature du sol et sur ses productions. Son enseignem ent pŒut se lier a vantageusem ent à celui du sivle et y introdui re la va.riété. L e,; (;alcuÏs qui conti<-'nd r aient eertaine,s données sm· l'agricult.ure seraierut m oi ns a bstrait s et pa1· le fait pl us intéressani s. A ce point de Yue, il es t d'u Ill' g rand e valeul' édue:ü .iYP. C'c)st, en outre, un enseignemen t de n r. t ure à fafre aimer l'école au m êm e titre q ue l'enseignem ent d es t r av:a ux m anu els, que les cou'l'S de cuisine d a ns les écolPs de ~illes. Pourquoi aime-t-on l'école m oderne, pa rce qu' elie !end à d eveniir tou jom·.s pl us pratiquP, pane q ue les mntières en seignées ,sont touj o urs plus

en r appo rt a vec les besoins des ,é lèves. L e s pays les plus a Yan cés l'ont compris : la Belg i que, l'Allemagne, les E tats-U ni,s d ' A mériq ue, on.t i nscrit l'ens0ignem ent de l'agrieultul'e d ans leu·r s p1·ogram mes et ils en constatent d éj à d 'heu reux r ésultats . U ne ét ud0 qui p eut a insi influer sur le bonhe ur d' u n pays , ne devra.it a insi pl us ta r der à faire partie des b ranches obligat oire,s de l'école p rimair<>. P . F ., instituteur aux H . (,,Valai s ;1 g l'icole".)

* D é b ut dans l 'e n~ei ~n em1mt Nos étu des t erminée,s ; un b revet d e rnpa cit é a cournnné n os effo rts; nous a llons fa fre les prt'miers pas dans l' en seign em ent . ~ong,e ons que le d ébut d 'un jeui:e homm e peut e~<.,r cer sur son a ven u· hl. pltrn rt·doutablc influence. Corn bien d 'insiituteur,s on t en à s o uffrir tou te lem· Yie de quelques inconséq uence:, éehappées ùe l'inc>xp0rien c-e d e leur., p1·<>mièr cs a nnées! Il est faciJ.e de b1·oncl.ter au commcne;ement d e la carrièr·e et un seul fa ux pas pe ut nous per dre, Dains u ne ,c om m une où, s i jeunes enco r e nous allon s aYOÜ" à r épondre et d e l' école et de no us-mêm es, commen t nous cond ui rons-nous·'? Si pa r une excep1ion a ssPz ran•, eette comm une est celle même où no us sommes n és, nous y tl' on, Pr ons des lü ü son s d 'enfance, des h abitncks de fam iliarité qui nous eau S<:' ront p in ,; d' nn em ba,ITa,s . ·Si ce qui a rrjye lJl'L'Sq ue touj ou r s, on nous p lacŒ loin d e n otre lieu n atal, nous y s er oms enYirornnés d'étranger s; n ous ne connaîtron-s ni le pays, ni les habitant s , ui l'esp rit qni les a nime. Nous po ur1·o ns nous h t'u r t er eon frl' m ille ée;ueil l'I d'a utant plus d ang.e rPux qne nous n'e'll soupço,nneron s pa,s l'existence.


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52 ~fous édi.ipvernns à tous ces vériis, si 1 au lieu d e mettre en nous-mêmes notre confiance, nous savons avo ir recours à un e sage direction. Consultons notre pa steur à qui la na tun: de se.s fonctions doit inspirer pour nous des sentime nts pat ernels. ·E el'il'ons ù notre a ncien Diirecteur, a llons le Yoir aussi sonYent que la distanl'e nous le pl'rmdlra. C hoisissons da ns les e11Yi1·ons dP nofre résidence q11e lq1w i·n stitnl1°u1' déj à anci en ;t qui uous d onnp1·on s uoüe confiunce. Respt'dOnR t:> t invoquons sou exvéril'nce épro uvé<" . Ne c:royous pa.s être 11l11s instruit que lui, parce que sa mémoire a laissé échappe!' une partie des conuai Rsa m::es q tw la nôtre (;OUSPn·e en~·ore. Pom· 11 ous, comme ponr lu i, la Yéri t èl ble s ci ern·t' Pst celJP de l'en.se iguenwnt. Il la JJOssè:Je; il tonnait, pa1· une longu e p1·atiqu e, les enfu:ni.s, les pa1·ents, J'es ptit communal. Ce u'es\,11 lJHS iw ull'ment pour l'exerei(·10 de uos fondious qt1(' nous <lL·vrons cü•ma'ntlt-·1· des eonsi-'ils, c'1•st au sRi ponr notri-' conduite privée. Retenus jusquelù da,ns les liens d ' un e s age discipline, DOlh'l ll rnns ét é a ppelés tont à (:O u]) ù jo11i1· d 'rn1P dangl'rP nst• Îll(lPJJ<'lHl:1,n(;('. )i'ous ne nom; sentirnns JJPu t -Mr,· tbn <i ks pl'emicni moments qn<: tl'Op de 1lispm1itious il en n bnser. 8i Je goül ÜP-S p laisin;: s'e m1xne (1P non:- , notr-P pr;o le nons prrnniern . t'omrnP IHlllS ï.i,1·ons seuls, les bl·,.;oins ,tl' ilnP famillc ne n1rns obligeront pa s ù l'éconorniP. Xons croi· rons p01n-oir, sa ns ,scrupule, dépe·nser tout ce que nous t·C'C::P\TO'ns pou r notre sa lai re et nons 1·011trac· leron s des habit udf's de cli ss ipa 1ion . Jp111ws, n ous ,serons r Pcherc lié,s des jennP·s gPn!'l; nons oubliHons que· lf>f1 plai ,;irs 1rn1mp hon · nMes ck lPm' â ge nous so nt presque tons intc1 l'rlits. LP pnblic YPnt, et il a raison, que la tr•h~ de l'instituteur s oit a us,s.i mü1·E>, sous ses che\'PUX noir's qne s ous ses che,eux g ris. )i'e connaissant pas en core les familles, nous pourrons 0

nous tromper d aus le cl.10ix de nos relations et céder à des avances que nous aurions r epoussées, si .nous en ayions compris le but. Nous éYiterons tous ces éc ueils en donnant notre collfiance aux hommes ftgés dont je yous ai parlé. Demandon sleur, non des éloges . mais des aYis et, dans l'oec·asion, d e-s r<:·Jwoches. La l ouang-e est douce il l'orei!IP, nmis Plle produit pour l' ~un e des fruits de co1·· ruption ; la cens.m'e (•st d'a bonl a 111è1·e, rnni s lPR fruits en sont µleins de douce ur. Fçois Pcn'(f1tdin. ius l.

* Des réco1Dpenses et des punitions L es lllO)'Pns d'obtf,n ir l'émula tion, s i néee1>saire Pli éclucation, sont les ré· l·omp(·mws et lt·s pn:nitions. El-les ont pour b n t <le portPr les enfants au bien c•t de l<·s éloignel' du m a l. La j eunesse est d éiüeense dn bonheur et redoutP la pc1i11P. E lle YCmdrni t cons larn1111ent fllll' k 1n·<.·w.ier lui fùt dispensé:\. tonie heu1·e, et (lllf-' la Jwine lui fût :\ jarnai,s épargnée. C'es t sul' eette disposition humaine que le rnnîke s'-' f0,ndP , t'n éc1ucntion ponr sanctionner le-' hiPn et ponr punir lt• rnnl, nfin de.· !101111<·1· ;t l'élPve la JJl·tite s omme de féli!:ité immédiat!-' qni doit rémunérer ce qu'i l a fait de bon , 011 l ui infligPr la p eine cll' c·< qu 'il a fait d t> maurai s. Rnyoir· prépare1· Pt foin· Ynloil· le s ré<·ompenses l't les pn· nitions Pst 1111 ai·t qnP ,(lourn·n1 1::1. s,1g-es,sp el le tact du maître. I n spiron s n nos élèl'PS l'nmone dn travail pal' ln p<· rs11nsfon; faisons-leur (·omp1·e11dre qu'ils 1Tarnillent ponr obéir à, D ieu, ponr satisfnir<: lPms pal'PntR, po ur pl'ail'e :\ lPUl' rnnîtr<-' Pt ponr k•m' prop 1'e nynntal,!;P. Fn mot d'eueou ragc·mPnt, 1111 010:,:,;e, p1·oduis(-nt. sonn•nt cl <' 1rr?>,s bons pffet·s. 11a i,s éviton!'l de les l oner trop sou,ent en prése,uce de toute la classe, ce qui pourrait les rendre vaniteux, orgueilleux même. Sa-

chous, par un mot placé ü propos, a u nous paraitre un· cauchem ar'? - Les besoin par une plaisa nterie, les rame- punitions co rporelles sont rigoureusener à une pins saine appréciation <le ment. interdit es. - )lais da:us ce cas, leur mérite. Gardons-nous de no us Jai,s- les a rrêts, les rete-mw·s, les copies mê· sPr C"ntrnîner à n'applaudir qn'au s 11c- me se üonYent pl'Ohibés. D onnons-lui cès; ayo,us autant d'élog("S pour le der- une auÜP inteqwétation , ca r parfois nier élève q UP pour le premie r, quand n ous de.-ons employer des moyerns nous Je yoyons travailler avec 1(1 m ême énergiq ues. ..:s' ous n' entend ons point eo urag-e qne son camarade plus h eu- traiter les élèYes comme des esclaves, reux. En un mot, l'éeompenso~1s le mé- mai:; n ous prétendons rp1'un petit usarit e. Les bons point,s, les bi Ilet s de sa - ge pateruel des moyens coer citif,s peut tisfaction, les t ablea ux d'honueur, les {-'tre très souYent nécessaire. Sans d oulivres de prix, voilà. à peu près loutes t e, l'autorité pst là ponr nous appuyer, les récompensrs usitée·s dans nos da,s- mais gardons-nous d'l:'11 a voir trop sou,·pnt besoin, cal' on dira it de nous '(e t ses primaires. Il serait ~t d~sire1· q11'011 a YE'C r .û son) q uc nous 1w soillIDl'S pas alloue dans tontes les cla,s ses l'argent à la han tcm' de notre tùche; et, de plus. nécessaire à l'n cq uis ition des « rérnmon rec ous titne diffieil('m en t trn prestipenses i) pour les élèves. gP ébranlé. pour lP maintien duquel Certaines g-e ns prétendent 11ue \'(ln l'intenention de l'autorit(> es t devPnue pe ut eondnire nn enfant par le scnl moyen de la penrnas ion et des r (>com- uéel:'ssaire. ,Conclt10ns que l'éloi!:e Pt le blft.me 1iPnses. )fais a.l ors ponrquoi ne démopenvent snff'il·e pa r fois po ur établir, lissOin s-uous pas les prisotUs et ne renrlons.-nons pa,s la li bert é à ces criminels dans de j nstes limi ( es, l'émula ti en àaus nn e f1'ole. TontPfois, n 'a;von~ pas dét.enns q11e l'on pourrait peut-HrP ra· la. pn~tention dt• nou s pa,sser de~ l'l~menPr an devoir pnr dP douces rPmon· compL"n ses et des punitions. Faisons-en trahees et la promesse de les 1·écom· n u usage noble et Yeillom; à ee qu'elles penser s 'Hs se conduisent mi eux à l'a venir. Nous le senton~ bie1n, qnand l'a.f- soient natnrelle,s Pt propodionnées. fection, aidée des r écompenses, n e suf- m éritées ( t impartialf's, appli<1.née:,,. fit pa s , il fant bi(•n a voir 1·eco1ws .i.nx comme remèdPs, n ,·cl· m esnre et dispunitions. Cependant telle punition cf-' rnement. Pierre FourniCI' , inst ., i't E nsei g ne. t·xerce un pffet eo nsolant s ur cer1ains (,li'vPs et reste ,st él'ile sur d 'n utres. Cette bonne on man ,·aisP infl ne nec des * La 1n·é1un·ation des kçons pe-nsnms résulte dn ca radère du maîL'cnseig11e1uent 11' est bon q ne pour tre et des élèves. Les pnnitions ne do·iven (· pa s être Je pai'll q uotidien de nos autant qn 'il aUcint sou but: donner fro liNs, ,sinon ils s'y ha bituent et Pil es aux élè vC'S les di ,·en ws <·ounais:;,mn·s ne p roduisent plus d' effet. Ne punis- théol'ique,s d praiiques, tout en exe rsons jamais. q uand nons somm es en çant conYenabl f'rnent lenrs facultés . E u <·olère. Un blàm0 lég-e1·. nu e simple r é- somme, cc n'est qu'nn Puehnîncmeu r prim andP suffi.sent sot1Ye1Jt pour r a mt·- 1·ép;nlic 1· de bonnes let,: ons. :\fais q 11 a.ud uer l'enfant à son devoir si le m·ai trc est peut-on dire q nc dNl le(.,'ons sont bon.-tim(i et r especté. Les mauvaises no- nes'! Quand, bil'n prépnrt>es, ('llcs sont tes, les r etenues. les copi(•s, la priva- biPn don n!'>e's, bil'll f·ompri-scs, bien r ction des récréations, yoilà tout noüe tc>nues, bi(•n appliqu(,es et bien eonfr<'>· système d e p unitions. L'article :18 du lées. ~fais on peut affirmer et lll'(l\l\'Cr q ne règlement scolaire ue pourrait-il pas 0

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de la préparation dépend, sinon en totalité, du moins en grande partie, l'excellence de chaque ler,;on et par suite de l'enseignement en général; de telle sorte qu' on peut presque dire: Telle préparation, t elle leçon. •E n effet, qu'arriYe-t-il si la le~on a été bien préparée·? L'instituteur se p1·ésente devant ses élèves a vec joie et assurance. Comme il possède da.os son ensemble et dan s ses détails la matière à expliquer, il est maitre du sujet: il étend la leçon, la simplifie, la résume à Yolonté; elle ,se donne ainsi avec ordr~, clarté et animation. L'élève, attentif à une parole q u'il saisit et coruprend, écoute avec intérêt et aYec fruit cette voix aimée qui lni communique la lumière de la vérité. Qu'advient-il au contraire, si la préparation a é1é nulle ou ins uffisante? Le maître ent re en classe plus ·o u moins ehagrin et de mauvaise humeur. Le temps si préeieux pour les tslèves, il est obligé de le sacrifier à mettre ses idées f'n ordre, et Pncore y parvient-il ? Il enseigne sans goût , ni én€rgie; son langage diffus trahit l'incohérence et le trouble de S()s pensées; il hésite, il reprend, il insiste sur des points secondaires pour oublier les plus essentiels· 1·1 s 'é carte de son sujet par des digres-' sions sans intérêt et sans but; en un mot, il lasse son jeune auditoire. L'intelligence de l'enfant, ne trouvant aucun aliment dans ce fatras de thoses indigeste,s, porte son activité s ur d'autres objets. De là les distractions, le bavardage, les rires, le désor:fre, que le maître ne parvierudra pa.s tonjour.s à dominer par à es éclats de Yoix et des punitions de tous gen,res. Est-il besoin de dire que peu à peu, il SPl'a pris en aver sion par ses P-lèves qui ne 1.ardf'ront pas à se dégoû.ter et du maître et de l'école? Tri,ste fruit de la nég·ligenrc du maître à préparer ses da-sses.

En aucune manière, la science du maitre, son expérience da ns l'enseignement, l'excellence des classiques qu'il emploie, ne peuvent le dispenser d'une préparation journalière de classe. Il restera toujours vrai que l'enseignement, pour être fructueux, doit être proportionné et approprié aux élèves appelés à le recevoir. Ainsi donc, dans cette préparation quotidienne, le maitre doit t enir compte de diverses considérations, souvent lo0ales et personnelles, et par suite, très variables. tournure de son e,sprit, la catégorie d'élèves à qui il a affaire, leur degré d'instruction, leur destination probable, etc. De telle sorte qu' il est vrai de dire qu' une leçon improvisée, quelles que soient d',a illeurs les capacités de l'instituteur, sera inévitablement moins bonne. Il arrive cependant parfoi's, que si bien préparée qu'ait été une leçon, il devient presque impossible d e suivre minutieusement la marche qu'on s'est tracée; fait assez fréquent pour un débutant. Soit à l'oceasoin d'une ma.uvaise réponse qui fera surgir d&s difficultés imprévues et qui occasionnera des retours forcés sur les chapitres précédents, soit par suite d'une illumination ,soudaine, l' institutf'ur sera jeté hors de sa voie et l'improvisation doit faire les frais de l·a préparation; mais encore, dans ces cas, ne faut-il pas lâcher tout à fait le fil conducteur qu'on avait tendu. Ajoutons enfin que 1a préparation sérieuse des leçons est un des principaux moyens pour acquérir de l'expérience dans l'enseignement. T ous les jours, en donnant la leçon a ux élèves, nous voyon s ce que nous avons omis ou mis de trop dans n otre cahier de préparation et ainsi nous acquerr ons plus de sûreté, en un mot plus d'expérience pour les préparations qui vont suivre. J. R., instit. à Plan-Conthey.

* Les devoirs de l'instituteur L'instit uteur exerce un sacerdoce et nP fait point un métier, ses fonctions sont toutes intellectuelles, toutesmorales; ses rapports sont toujours sociaux, car la vie commence pour l'enfant sm· les bancs de l'école et ce que lui enseigne la parole du maître est la base de son avenfr. On conçoit facilement, après ce p réambule, qu'il n'y a pas de vie privée pour l'i nstituteur; son existence est un dévouement ; elle est asservie à des de,oirs qu'il ne saurait enfreindte sans compromettre le succès de ses travaux ou la dignité de son caractère. iL'institutem· doit se considérer eomme un père de famille, ou comme un toi, du temps qu'ils étafont seulement rles pastems d'homme,s ; il doit guider les enfants Pt tenir sur eux des yeux touj om's ouvel'ts, au sein de leurs t ravaux, et au milieu de leurs jeux. Gardien de l' innocence, il est responsable de la santé morale et physique des ~tres qui lui sont confiés ; il doit donner à la société des hommes purs. Pour parvenir à <'e but. il fa.ut règler l'emploi du temps, établir une ·discipline sévère et ne jamais punir qu'à regret, majg :.tYec une équité inflcxiblf', sans transiger avec a ucune considérat ion personnelle: rien ne p roduit un plus funeste effet sur l'esprit des enfants, que la punition <l'une faute qu' ils n' ont pas eommise ou que l'absolution de celle dont ils se sont r endus coupables. Dans la elassc, pour les occupations journalières, la condition la plus importante est l'ordre et la distribution exa cte du temps et du tra vn il. Sans ordre, point de progrès, point d'éducation possible. Ce principe est rigoureux dans tous les modes d'enseignemPnt, mais il t rouve une application plus directe dans la mélhode ~imu ltanée.

L'ordre •doit y régn er dans les moindres détails, c'est là surtout que doit s'appliquer cette maxime: Une pk1ee pour chaque chose, chaque chose à sa place. Un bon instituteur ne saura.it donc trop veiller au maintien de l'ordre ; il fa.ut qu'il exige que les tableaux, le papier, les plumes, les livres occupent une place invariable; il faut quP leH élè,·es arrivent en semblC' .et entrent dans la classe sans bruit, sans confusion; il faut que le silence le plus p r ofond règne pendant les exercices. Il faut encore que Je local soit parfaitement p roprP, et que les vêtements des élèves soient tenus avec soin. Ce sont de pPtits détails, dira-t-on, mai.s il n'y en a pas de si minimes que l'instituteur actif (et l'activité est une des condit ions les plus nécessaires à ses fo nctions) ne doiYe y descendre et y attacher a utant d' importance qu'à d'autres choses: ne rien négliger d'utile est unP sécurité pour l'in,stituteur consciencieux ; c'est de plus une garantie pour les grandes choses. Il faut aussi veiller à ce qu'il n'y ait jamais désordre dans la ten ue des élèves, et que, dans aucun cas, plusieurs ne quittent à la fois la elassf' sous quelque prétexte que cc soit. Dans l'enseigncrnPnt Pt les exercices des dasses, le grand mérite consiste à ce qu'aucun moment ne soit perdu pour aucun des élèves. Dans une école où l'enseignement est mal dirigé, mal combiné, où les 6lèves ne sont pas constamment occupés, la discipline souff re, l'instruction est lent e et l'édu 0a.tion morale sans fo rce. Je c:onseille donc aux instituteurs de varier les oeeupations de telle sorte que les enfants nnturellem en!t eDJclin:S à. se fatiguer de-s m(!mes choses ne sentent jamais la monotonie du travail; dP ne pas les obliger à se tenir en face de Jem·s li vrL'S, immobiles comme des


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56 statues, mais aussi de n e µoint le ur L 'éducation physique JJermettre un maintien qui porterait de l a jeunesse il la noncbalanee. Il faut a ider au développcuH'nt de la n ature, si agis,sante ~ous ce titre, il a paru r écemment chez les enfants, sans hi 1:onti-arier en dans la ,,Bibliothèque universelle" , une r ien. AutrP chose est de comprimer ou étude très intéressante et documentée, de dirigt:>1'. C'est ainsi q u·on aigrit Pt due 0:L la plump du Dr A. Jaquet. Elle qu'on fausse le can1f'tèrP de l'écolier devrait êtn, lue consciencieusement en le tourmentant à tout propos; pour v:u· tous les pa r ents, les instituteurs, échapper à cette p éni ble contrainte, il les maître,s de gymnastique, qui tous perd sa naïveté, sa franf'hise, il c,h eren rt>tireraient des enseig nements précl1e les moyens d'aidourfr sa situation , cieux. Ne ponrnnt pnbUer intégra.leet pen à peu sP montre malin, menteur, J1:vpo<:rite et méchant. Le maiirc, f.> t ce ment l'étud P du Dr Jaq uet , nou s en détachons c·e qui nous parait d' une qui Yiellit de lni. lui sem blcnt s uspects, imporlanee réelle. injustes, ins upportables; l'éeole n 'est pour lui qu'une prison ; t o ut c'e qui n'Pst Le s urmenagP, lor sq u'il existe, ne pas permis prend à sc-,s yenx nu charme funestl', tout ce qu'il lni faut s uiv1·e prodt'nt pas uuiqut>rnent du temps f'st nn s u pplice jnsqu'a11 jour où, libre pasi,;é ù l'érnle e t de l'ind.i l'idualité de ':'Dfin, il va p1·omener dani.- le monde l'él?>n!. L'enfant n e 1·este en cla.sse que son înrapaeitt5 et ses 1w1tnais pen- d11q ou six heures pa r jour, et on peut c-lrn Tl ( :S. ad nw ltre qu<', lllême s'il é tait ast1·eint pen<lani cc temps ù 1111 effort soutenu, Lorsqu'au con tra il'c, l'insfrtutcut· ha- le r este de la jo urnét> dcrrait s nffire à bi lp sait fc-,nner lf's :veux snr les pnéi·i- 1rne rt5paration complète. - En effet, lité,s pardonnabln; à la rigucul.', s a ,oix le s 111·mf>nage dépend beaucoup de la Pst écout ée quand e ll P adr0ss,' un re- fa<;on dont est r empli le t emps en dev1-oche; la douteur ordin aire fait pins hors dc,s hcut·es d'école. Une partie de vivement sentir la sts,0rité méritée; les ce temps n 'est <>n somme que la contiPncourag-Pmen ts accordés ponr le bien unation du trina il scola i1·e. ca 1· (c'Jl <c> donnent a n blfrnw o n à la simplP impro. est emplo,, ée ù faire les dPvoü ·s du hation un cantc (è i-<' de pnissa nf'e c111i lendemain. Ll' ca 1·aetèn.. et le-s facultés impressionne darnntilg-e le,s enfa ntR. iudividuelle:-l de l'élhe se manif<.'st<>n.t et la rt5-cornpt>n se qu'ils tronvent dans i<·.i de la m(·me rnanièi-e q11'à l'éeole. l'accornpfü,·senwnt dt> leurs deYoirs L"élèYe ink lligvnt d au lrarnil faeilL· porte des fr nits jnsf(u'a u st>in des 1·t5- a ul'a 1·it<· tel'luiué et tronvera encore 1-réa1 ions: il est à J'eIDHl'CJltCr que l'éll'- s uff isarnnwnt de t1>mps pou1· le rep<>s ; w att0ntif, dori lt=> et tl'availl e11r, est dP m(·we l'élèn" supct·fici1°l et légel', L,on ta 111aradt>. Cc•lni-là .sera bon fils, q ,'L'on a rk la. pciue ,'t a 1-rad1er ~t ses bon pète, bon <·ito~·en . En général, la jcnx pour l'obliger ;t se rnettn° a n 1radouceur Pt la honté em Pl's les enfants rnil, <>t q ui ne consacr e pas à ses deleur donnent dP l'assnranc<'; ils ne sont niin; nu e 11LÏllll te au-cle lù d u ,strict népas 1·etcnns pat· la t ra inte; ils fo nt un <·essaire. En r enrn·cbc uu élève con s. . , n-sage pl us complet dl? leu es fa cultés . ' l·1eucieux ou pc n doué mettra à fairi> t <· 11 en r é~.mlk des avantages imruen- ,c;es dt>rnirs le double ou le üiple du Res pour lt•m· insiruttion. (A s uivr e.) te'ltlps emJJloyé pour la mêm e tàehe 1nu· sou eoudiseiple intellig<'nt. J usq ue tard da ns ln nuit il es.t penché sur ses livre,s

et de bonne heure il se lève pour r epassn encore un e fois ses leçons. Il s'aecorde peu ou pas de r écr éation, de sor1e que, si les parents n'y veillent, il est en danger d'Hre tôt ou tard victime d'un excès de travail. On a déjà. fait de nombre uses tentat iws pour éviter que les devoirs domestiques u't>mpiètent outrl:' mesure s ur le t eillps r ésené à la réc1'é ation de6 élèves. }fais rdte q uestion r encontre des difficultés p1·csque insurmontables a.-ec notre organi,sation seolafre actuelle. Il est C'ertain c1ne des devoirs trop nombreux fa vori sentle s urmenage, mais les travaux supplérucntaJres que l'o,u exigP trop so,uveut des élèves sont encor e bien plus nuisibles. - cc Les parents vlc·ius de sollicitude, écrit le professeur Dollinger, t1pl uchent au tom111t·n 1:e1Uent (lp l'année seolair e le plan d'études de leurs enfant~, et calculent le nombre dn; heures dont ils peuvent disposer en su s du temps nécPssaire aux dl ,·oirs tlom PstiqueH pour des leçons particulières. - Personnellement, dit-il, j'airnt> la 1Ut1sique, mais quand je songt> au nombre d'enfants que la van ité JJa ter iwlle oblige ;t prendre des lci.,:ons de musique d'un bout de l'année à l'a II trc-,; quand je considère en outre que IL' tewps qu·on J. cousacre est pris s ui· kur repos, e t qm: ces hl:' ures qui devn,il'nt ê tre pour i> nx une retréation sont une· v(>rita blc torture; quand, eu fin dt• ,comple, 011 eonstat e f(U e le rés ultat dt> 1:e dressage musical }Jom·snivi p~n ibl eme nt pendant des a unfrs est 11111 ou à peu près. on n e pPut s'empêehl:'r de m audire la s,tupidit(> de certains pa r f.> n ts f(Ui gaspillent ai ns,i misérablement les fortes indispensables a n déw,loppement de le urs f.> nfants. JJ L'effet est pa,r ticulièrement M.sas1rf'ux aux jennes filles, que l'on oblige so11,1 cnt à cousaner une pai-tie de Jeur temµs libre à des tra Yaux de eo u tnre. A l'apprnche des fêtes de N()ël, Yiennent encore s'ajouter le-s nombreux ou0

vrages destinés a ux ét rennes de famille. - Pendant des semaines, ces p au vres créatures trava illent chaque soir à. la lumière de la lampe, aya.nt les yeux rong<>s et la t ête e n f eu , jusqu'à ce qu'eJI Ps tombent de fatig ue, et cet immense effort n'a pour objectif que le court insta nt des étrennes de Noël. Lorsque, bientôt après, on se trouw en face des effets de ee s urmenage e t que l'on peut se rt>ndre compte de l'origine de nombre de cas <l'anémie, de nervosité, de troubles de la digestion, on ·se prend à :;;oubaiter que rettc coutume, tou rhante en principe, mais qui a dégénéré in sen siblement eu abus, ,ienne à di,spa raitre ou soit du moins ramenée à des limites raisonnables. Enfi n on dl:'vr,üt éYi1-Pr df' mêler les e nfants à la Yie de> société a vec toutes ses excitations. l ls ont besoin de repos et le ur san té se res,s(•ntira bi entôt du manq uc dP sommeil et de l'énervemc·u t 1·ansés par de.s soirées et dt>s divertisSPlllents bous pour les adultes .

* L'ardoise dans l'enseignement de récriture L'a1·doisP!!! A cc mot, je Sl'lllil un fris· son 1·0111·ir dans mes Yeincs, et rues chevenx dt maitre se lèvPnt eneore s ur ma t Ne. an sotl\"enir de cc qu e les ardoises m ' ont fait ,souffrir dan s ma ,ie. Qu 'il me soit permis d'cxpliq uer ici les motifs d' nne a vnsion qui a le droit de surprendre sans doute '1 udq ues lt>ct cu 1·s. L'ard oist• a son bon e t son m.i nYais <:ôté, d chaque m a î1rc 1wut l'apprédcr à sa fa<;on pou1· les exl'rci ces d'éeritnrl:', de clt=>ssius, d'esqui1:,se~. de chiffres, e te. )foi-même, je l'aui.oi-ise dans ma clas'se sans trop la r c1:omm andc1·. Dan s nne eornmune où j'étais intitit ute ur, il y a quelques a nnées, exista it une école enfantine, et 1,a directrice, 0

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bonne religieuse très zélée, n'oubliait pas tous les jours de distribuer la tablette de schiste à tous ses marmousets. Alors la leçon d'écriture commençait, et pendant une grande heure le matin, autant le soir, l'alphabet français subissait bien des injures, et les pauvres lettres avaient peine à se reconnaitre da.ns la singulière tournure qui leur était donnée. Qu'importe la position du corps, de l'ardoise, la tenue de la main, il s'agit bien de cela ma foi, la fin justifie les moyens. ' Qu'importe de saYoir comment se trace un a, comment se forme un b, un c, pourvu que l'a-., le b, le c apparaissent à peu près dans la forme con.sacrée par l'usage! On ne compilait p as, m ai,s on écrivait. . . on écrivait. . . on écrivait ... et lorsque l'aile du printemps avait touché six fois la t ête des aimables bambins, ils m'arri rnient sachant écrir~ - et la ·Sœur me disait d'un air ravi: « Eh bien, lfonsieur, que dites-vous d'Auguste, d'Ac-hille, d'Emi le? ils ont de gra.nde,s dispositions pour l'écriture n ' e~t -ce pas? vous allez sans doute les' mettre « au fin », ils m'ont écrit s,ans faute, l'autre jour, Dieu, papa et rnaman. >) - A ces paroles, je sentais l'illilpatience me gagner, la colère me monter au cœur, je pestais, j e rageais et murmurai,s entre mes dents: « Maudite ardoise . ... tu me le payeras. » Ah! c'est qu'en effet j'avais lieu de craiD'dre ces petits prodiges en écriture. (A suivre,)

* Un mot des exercices de mémoire La mémoire est une fa cuité de l'homme qui lui dicte continuellement s~ devoir.s, 1ui conserve ses connaissance~ le tire des perplexités auxquelles ii est en butte par oubli ou irréflexion le

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console dans les disgrâces et les épr euves en lui rappelant les vérités consolantes de notre religion. Jeune et pas assez développée, elle est fraîche et prompte ù apprendre, mais peu tenace à retenir. C'est pourquoi il faut, par de nombreux exer<.:ices, la fortifier et la développer. Etant la première faculté que l'enfant met en jen, c'est d'elle que le maître part pour développer les autre-s. C'est dans l'enseignement de la langue que nous constatons le mieüx la néces,sité :d'exercer la mémoire. Les enfants comprennent et savent parler plus ou moins bien la langue maternelle; mais ils ignorent la cla,ssrification des mots, ne le,s di,stiuguent même pas et les comprennent encore moins. Veuton éclairer leur esprit et régulariser leur langage, qu'on les initie aux études grammaticales et qu'on leur fasse apprendre, par induction -s.a11is doute, les différentes théories, tout étrangères pour eux, mais dont ils connaissent en partie la pratique. Veut-on former lenr jugement. l<>s exercer au stvle, il faut encore avoir recours tout d'.a.h?rd à leur m(imoire, et leur faire étudier des morceaux ch<Yisi,s qui, bien préparés et expliqués , le ur fou1·niront des idées, des tourn111·es françaises et leur apprendront à écrire. Les exertice,s de mémoire s'imposent n.ussi dans l'enseignement idu calcul. Pour que l'enfant sa·che raisonner un problPme il faut déP, ~u'il connaisse et <!ompr~nne les prmc1pales r ègles et démonstrations. Le maître veut-il développer l'amour de la patrie, fortifier la morale par l'histoire, ü est indispensa,ble que les enfants aient appris par cœur les fajts • dont il leur parle, qu'ils connaissent les héros dont il leur fait admirer les vertus, les lâchE'-8 dont il veut leur faire mépriser et haïr les défauts. Qui serait assez prétentieux pour croire qu' on n'a pas besoin d'étudier par cœur la g~ographi~ pour la connaître, qu'il suffit de la dire une foilS? Ici vient bien

citations doivent exercer l'enfant à parler, à penser et à écrire. Exercer la taine: « Quiconque a beaucoup vu, doit mémoire en faire bon usage, sont auavoir beaucoup retenu)>; ainsi que le tam.t d'a.ffaires ' . apimportantes, mais fabuli-s.te, nous pouvons dire: « Qui a li quorns-nous surtout à cons·e rver da;ns beaucoup apprjs par cœu1·, doit être l'enfant une vie pure, innocente et frusavant, etquiconque ne possède pasune gale, car l'état de l'âmè, plus que celui mémoire -exercée et bien meublée est du cO'rps, ex~rce une grande influen-ce un ignorant. » De là, on peut couclure sur la mémoire. à la nécessité des exer cices de méA côté du bon usage, il y a l'a.bus. moire. Au lieu de profitn avec mesu·r e ,d,e la Mais cette nécessité n'oblige pas mémoire des enfants, on en abuse soud'accumuler dans l'esprit des enfants vent. Ainsi, grâce à une routine perune multi'tude de connaissances au ris· sévérante, n'arrive-t-on pas à faire récique de surcha,r ger leur mémoire, de ter aux enfants des raisonnements, surmener leur intelligence et de les des théories difficiles dont ils ne comdégoûter de l'étude. Du reste, « l'en· pre,n1nent pas un seul mot? On dén3:tufaut n'est pa,s u:u. vase à remplir, mais re ainsi , par un abus de la mémo,ire, une flme qu'il faut former». Cette belle l'exerC'ice le plus propre à faire raipensée de P lutarque coïncide bien avec sonner avec clarté. prédsion et justesla judicieuse idée de Montaigne: « Je se.' ·L 'histoire, qui ,e st si propre ,à ennopréfère une tête bien formée à une blir le cœur des enfants en leur mettête bien pleine. l> Que le maître s'ap- tant sous les yeux Je radieux tableau plique donc à donner des tâches con- des âmes les plus belles des meilleurs venablement réparties de façon à ne siècles, est une vaine étude pour un pas émousser la mémoire des enfants, granid nombre d'entil'e eux, tandis qu' mais à la leur former. Que les leçons elle devrait servir à développer leur jusoient variées, le-s élèves y prendront gement et à élever leurs sentiments. goût et les étudieront de leur mieux. PouT qu'elle produise ces brillants réQu'elles soient expliquées d'avance; sultatA, il faut que l'eufant compre'Iline difficiles <'t obscures, elles provoquent ce qu'il étudie et qu'il y trouve autre souvent l'aversion. Par ses explica- chose qu'une longue nomenclature de tions et ,ses que,stions données diffé- faits confiés uniquement à la mémoiremment, le maître s'efforce de faire re. L'enseignement moral lui-même saisir anx enfants plutôt le ·sens que restl-' sans effet, si le maitre, sujvant le mot à mot des leçons. Un instituteur cette méthode défectueu·se, fait apintelligent n'exige pas le mot à mot prendre 1e mot à mot du catéchisme, des leçons de grammaire, mai,s qu'ils sans en faire cO'mprendre le sens, ,s.enles connai ssent, les comprennent et le·s tir et pratiquer les devoi•r s que Dieu appliquent. - Dans les rai,sonnements nous impose. La même faute se reprodes calculs, ils doivent faire usage ~u duit souvent dans l'enseignement de la jugement et peu de la mémoire. langue. Souvent, des élèves vous réciL'h1stoire, et la géographie surtout, tent une l ongue liste ide mots, une tine doivent jamais être exigées au mot rade de règle.s,, sans les comprendre. à mot. Le résumé vaut mieux. Les leCette man vaise habitude d'abus,er d e Ç'ons de choses ne sPront pas des ba- la mémofre provient souvent de ce que rnrdages propres à habituer l'enfant à l'instituteur, pour obtenir les bonnes parler de tout sa-ns raison et d'une notes de l'inspecteuT et l'estime des manière incorrecte, et à remplir la mé- familles, cherche à pourvoir l'enfant moire de choses inutiles. Toutes les ré-

à propos cette belle pensée de La Fon-


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60 d'un acquis de facile ét alage. A insi préparé, au moment de l'examen, il répond catégoriquement, grâce uniq uem<>n t à la mémoire. Ce sont là des abus très fréqu ents malhenrensernen,t et qu 'il nous faut tàche1· d'éviter, ca r notre d evoir est d'instrn irt> et d'éd uquer lentement mais sù r eruent les créat ures si n obles que Dieu nous confie. P . J!'ournicr, inst.

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•~es dictées .M. Fo rfer, inspecteur d 'Académie, donne, dans le,s ter mes sniürnts, ses idées sur la dictée. ,c On üouYe trop sou.-ent des <c dietées >> r emplies de << fautes n. Il semble ,1ue la dietée soit uue machine inn.•nlée po ur multiplier les faulN, d 'ortbog1·aplw, non ponr apprendre l'ortliogra.phe. Et si, en qua t re ou cinq lig11e,s, ll's petits d'un com·s élémentai n·, par PXeruplP, trébud1ent dix, douze, quinze foi s, sont-il s coupables '! O u h-' maHre q ui n'a point, par une méditation appropriée, p1·éparé d'avance ee trarnil spécial ? « I ls brond1eront aussi fréquemment demain , et pe ut-être ;;u 1x mêmes endroits. ('a-r la eo neetiun de tou,s (·es « ma11q nerut' nts >> ser a trop rapide JJOlll' èfre utile; elle sent, pa 1· s111·cl'o il, confus(•. lJue r eu t-on q ut' rel:ueillent des l:E:'l'vea ux d'enfants s ur taut d e sujets'? La multiplicité des iruptessio ns contrarie leur netteté. C'e-st ici (Jll il l:Onv in1t d e (<sérier)) , rle n'aller qu'à pas cmnptés, s uccessivement, vers ehaque obje t de l'étude en co urs. Ainsi que j e le lis dam; le bulletin qni m'inspire œs réflex ions, il Pst irnp-0ssi ble de remettre sur pieds tant de mots claudicants,, et de préeiser dPvaut chacun des conseils 1n·o1n·es à éviter de no uvelles l:hu1L's, ou de no u vell es défo1·maf-ions. « )fo us ne sommes plus ,tll t ewps où la <<dldée n, so uveraine à l'école, était 1

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le piège sans cesse tendu à notre i gnorance par une ingéniosité féroce. Ceux de mon ô.ge se rappe llent -ils ces misères orthographiques? << Les brebis que ,c j 'ai 1;·ucs paître ne sont pas celle1s qu e << j'ai ·vit tondre ... Les cloches (Jlle j' a.i « entendues sonner ne sont pas les m ê<< mes que j'avais vu fondre .. . >> Il n'y in-ait pas à protestPr fa-contre. P ins n otre bon maitre tra','ait de barres sous les vocables, pins il se piquait d'avoir fait ide s age besogne. II eùt été presque déshonoré s' il n'avait point en à so u li l[ner de nomhrn1x ,ices de fonrnf' orthog-r aphiq nP. A ussi, était-ce au microscope qne les phrases, les mots, et jusqu'aux lettres pfaient rrgard!S,s. Il me paraît hicu qu'aujourd'hui le famPnx PXPl'(·ÏC'e s·est beurPnsemeut uwdifié. 11 ne tend plus. so ns prétexte de la leur apprendre, :\ faire estropil:'r comme à pla isir par des ma ladroits notre la ng ue franç:üsf'; il a une fin moins piHori>squc et moins bizar r e. ('ell e d'in i tiPJ' ln; Pnfants à. h1 connaissance d e s.-.s t'.> lh1wnts, et au- r<'Sped de sa ph,,-sionomie. >>

u·éométrie. Il ne ,sera d onc po_int inutile de donner iei q uelques conseils s u r cette importante questio~. . O' • 2. PP1·sonn(' aujourd hut ne sonber a1t ù enseigner la numération aux enfants, sans mettre les un ités de.vaut le~r.s veux sous une forme maténe11 e, à l at~IP d e biJlc,s, de ba.r-i cot R, de büchettPs ù,· bois eo muw ('ell es des allnmPlks. ;J:tis pourquoi fai t-on si peu usage du mf'tre'! Ce rnodPSlP instrumen t 11~anque tbns certni1ws ela8SL·s; dans d}uti:e3 i l P,8 1 son Y<·1it enfe1·mé ,d an~ l rnnt1le l't coûh•ux eompPndi um métr1q11e, lo1·squ'il ilel'l'ait ètre su sv,enü~ 1x~r un 'c:lou :1 côté du tableau no n·. ~e 'ous ,tttal'lwz pas à définir l' unité e~ généra] . LP rnH r<' Pn (·n iiTf' on en bois, <·ompo sé tl P 1lix pa1·tit>s égalt>s, pa.dt>ra pour a inRi <lil'l' d e: lu i-mèml' . l'o nr cela , d1tt'R : llll élèl't-' de IL' prend t·<> Pt Ile s '<>n st·r·1 l'it· pom· rn•_•s1u·e1· l.-1 long ueur.. d' un e t ar ble, dP la sn11(·, la long ueur de la conr, de. L'élè·ve Il P +wta p .t s ern hn1·tassé pottl' 1:éponùre iJH e ·l'on h'oHYP, pn_r t'XPUl]JlP :i mNres ponr la t ab le, 8 me1TPS pour la salle, U mètres pour b l'O ll l'.

Du système 111étriqne tlon,a les dasses tle commençants 1. Da.us 1lt>s visites aux classes élélll('n ta iI·es, il nous es t anin:5 plu-siem·s fois, après a voir posé q uelq ucs <p1estions sur le mètre, Je gramme, les centimes de ue l'l'ce1·oi1· d 'a.ufre réponse que la. suiva n te: « .Nous n'avons pas, encore étudié le système métrique.>> On semble lToÜ'c dans c.:es classes qn ' on ne puissP pas d tcr des unités métrif]nes, snns exposer leu r ('nsemble dans le ca dre traditionnel d u système. EleqJCndant on l'eeonnaît bien q u' i I serait peu rai sonnable dt" parh'r de l'orig-i11e du mrtrc ü des enfant s ,1ui n 'ont aucnne idée du méridien, des llles1ues de sul'facc et de volume qui exigent q uelqu es notions très élémentaires de

,

't

.

tn.. ; le mot kilo signifie do?c mille. Aprè,s aYoir indiq11é que les lnlom~tres sont marqués ]P long d es rontes ~a1 des bonws en pinre numérotées, ~ 1 sera hon crapprendrc• que cette d1st~mee v •·nt être parcourue Pn nn quart d heure il peu pri's par un homme marcha?t d' nn 1ms or dinafr<> s111· un e r ont~ ume.

l' nis faitPs mar,pwr pn1· cl<• 1wf·1 fi JHnw ts le long de ln (·o nr Pt à 1wu près l)u lig-n<• <ll'üitP, dix !011;:!;nenrR de 1 _1~<"tre chacunP. appliquPz-y tle la prem11,1·e pxlrérnit l" /usqn 'i'I Ja tkrni1\ 1·t· nn rithan m t'>t riqn<· déronl(- e1 apprt'nez anx ~ 11 fn.n t s q ll <' ('(•t1 e 1o-ng nem· _ tl e 10 111 1" l l'f'R s'appPJIP 1m déca mètre; 1.ls :ipprf'nchtrnt ainsi 1°t n•t iendroni fa<·1\l-'U1t'1it q LIP le ruot cléea s ig'nifie dix. . , Dans ln eom· df' l'école, o n, s1 elle n'est paP. assez i1;raude, \]C' loup; ,l'nn ~hPrnin , tlenx élPYPS, lJl'Pnant Jp tl éra nwt~·t• t b a,· nn p,11' un bo ut. le porteront thx fois Sll('('(' SSÏ\'('Jl\Pll t. On fait ohsel'Yet' (]llP ('l't l1:• loug nem· •·0111p1·1.. nn.11t 10 dé; c·.1 mètl'cs L'S t <,p;a 1P 1i1 100 m ètres. et .q n dle est nommt'e hP!'i (llUè lt·e: ams1 IL· mot llt·cto s ignifie eent. l' ne long ueur d e 10 hL•ttornètre.s eontient 1000 mètres et s'appelle kllomè-

·

( A w111 vre ,}

------·-·-----Variétés

Co11tinuez ,·otre ehuurn, s'il ,·ous 1•laît ! l\1. l' Juspectem· entre dnns une class_e. . L~s

éPve..s se lèvent, le maître on la ma itt esse " n essen t. Il s.e f;11t · pe t'1t , 111 s·em ' · nns1)ecteur _' 1

il ne \'oudrait pa s que son arrivée ùél'!lngeat l•n n. en, 1·1 e,s t curi · · -x de .yoir la <;J,a,sse _ da ns son._ i)-tons-les-j o,ui·s. ~ « Asseyez-vous, lllffi 00 . . fant s; coutinuez votre <;lasse, j ~ vous en pne, l\Iuusieur (on l\faclame). >> :.\'l ais le~ e11fan~~ s'ol>stinent à rester llebo u t. :.\lous1eur, s~ tont Ma dame·, comblent 1\1. l'Inst)ec~eur d ê~:lrds. sont pleins d e <lélicates ntH·'.1~10U.s. {~'. aprôs ce court intenni'de · · · la. lec,ou rec ,. t . . n m ence. 1 1 m enoi _Rien ne \'ienùrn san s Lloute Pus pre. Q ue dis-.h~? Lo. maîtl'esse a bien nu œ_il sm· ses élh·es, mail" d e l'autre elle ne pe1d pa s cle vue:' :\l_ l'l uspecteur, pas un cle_ ~es uiom·em,c•nts ne lui (•cltappe. QtJPl~e cond1t'.ou pour f;ii re uue lPc:;on! 11 a •beau fa 1.rf' le ,mo 111s de brnit possible pour nf' p as attirer J a tte~tion ,~ ïl eutr-eba!lle le p upitre on le t1r_o1 pou{· prrnclre lf's registres. yite 011 se prec1pite 11ou1· lui é\' iter ln moitié tln geste: 01! a des explicntions :l lni clonnrn· q nnnd 11 n e-n de rnamle pa s ... Et lia, le<;on reeomw euce ... :.\1. )'In specteur n'ose se retonrnPI' ,po~r prc•ndre les cahiers <le deyoirs mens uels qu 11 voit ,i portée de sa main, et J;>011l'tHUt. · · Il n iurlrait. bien aussi f euilleter qu<•lq,11 es cahiPl'R tl'f>lc:veR; il recom ma nde aux 1,utants ,d e ne pn1s f ai re at tention il lui-. d' être tont :\ la l<'C'OU Recowmuuùation bi rn inopportune, c:n-~· iÏ n 'i:1, paia: onYert \lll de ces calüe rs. q ue la lP<:On s'iutr rrornpt en core. « :.\L l'Inspe<;te ur cet enfant a Né molnùe pe:ndnn t Jrn1t jour~- - :.\J. l'Im:pecleur. cet enfa nt n 'est re~tré que depuis quinze jours. 1> • •• E t malg1.é ces nombreux entr'actes, la classe se continue. . . et se termine.

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62 M. !'Inspecteur voudrait bien encore, avant de laisser partir les enfants, les interroger sur les différentes parties du prog11allllme qui ne figuraient pas à l'emploi du temps ce matin, ,e t s'assurer s'ils ,savent parler, s'ils sont habitués à réfléchir, à chœ:cher. - « Vo,yons, mon aiml, avez-vous eu une leçon d'bistoir,e hier?» Il n'y met pas la moindre malice, il ne songe pas à s'assurer que l'emploi du temps est suivi. L'enfant pourrait évidemmemt répondre. On ne lui en lai,ss,e pas le temps. « M. !'Inspecteur, hier, c'étant la leçon de géographie. >> - cc Eb bien, mon ami, de quoi vous a-t-on parlé dans cette leçon? - M. l'Inspecteur, nous en sommes aux cantons, répond le maître. » Cette fois la patience de M. l'Inspecteur est à bout, et peu s'en faut qu'il ne crie à l'importun ou à l'importune: cc Laissez-moi donc la paix. laissezmoi donc causer un peu avec ces enfants, que je sache ra!ll moins s'ils m'entendent quand je leur parle. >> Mes amis, quand compMnùrez-vous donc que nous pénétrons dans vos classes non avec la pensée de vous trom•er en défaut, mais avec le vif désir de vous être utiles, d'être utile à vos chers enfants, en vous faisant profiter de notre expérience, en vous signalant les procédés ingénieux employés par tel ou tel de vos collègues, procédés ,q ui don, nent d'excellents résultiaits, et que nous serion:s heureux de voir adopter? Quand comprendrez-vous que vous avez intérêt à nous faire voir votre manière de faire habituelle, que nous voudrions passer inaperçus de façon â vous permettre de rester natm·els. que cette agitation fébrile, cet empressement sont tout il fait hors de saison, et vous enlèvent les meill0Urs de vos moyens; que vos chefs sont des amis, des conseillers plus que des juges. Saluez-nous donc quand nollis entrons da,ns vos c.Iasses, et que vos élèves nous saluent, mais pas plus; un signe, les élèves s'asseyent, et la leçon, interrompue un ins, tant, continue. Que si M. l'Inspe.ctenr a 'be'soin d'un renseignement, 11 vous le demandera; mais soyez-sOr qu'il saura a,ttendre que votre leçon soit terminée. Je le plainclrais, et je vous plaindrais, s'il n'avait pas cette patience. Un Inspecteur primaire.

Pour le{j petits J'ai vu une école où les «petits» ont l'air beure11.1x! Ce n' est ni une école maternelle., ni une

classe enfantine, C'est une grande salle qui contient, sous la direction d'une seule maîtres.se, plus dEJ 60 fillettes de 5 à 13 13.tDs. E t, tandis que, dans la plupart des é coles qui comptent de 35 à 50 élêves, le maître n '·a pas le temps de s'occuper des rpeti.ts et les laisse s' engourdir sur de fastidieus es copies ; ici l'institutrice a trouvé le moyen, tout en instruisant ses grandes élèves, d'entretenir cbez les ,petites la vie, l'activité, la gaieté. D 'abord, au lieu de les 1,eléguer au fond de la clas-se, devant des tables trop h a utes, Mlle X. . . . les a placées au premier rang, où elle~ fot·ment une vivante bordure de boucles blondes, d'yeux bleus et de joues roses. Elles n'ont pas de tables pour appuyer leurs ardoises; c'est fâcheux, sans doute; mais la pLa.cc et le mobili.er t'ont défaut; et l'on se laisse aller â ue pas le regrdter quand on les voit se lever librement pour aller au tablea u, changer de place ou se dégourdir Ies jambes. Elles écrivent sm· leurs genoux et ne parais sent pas en souffrir; car, sans cesse en éveil, elles ,se tiennent naturelLement droites et gardent 1a tête haute, toujours prêtei1 à le'Ver les yeux vers ceux de leur maîtresse. Tout en ,s'occupant des autres élè v,es, Mlle X. . . ne perd pas de vue cc la petite classe >J et, à chaque instant, m et à sa portée ce dont elle parle avec les plus grandes. Cellesci lisent l'histoire d'un chassem· fameux qui prit un âne pour un lion: cc Que mangent les lions, mes enfants '/>> demande l'institutrice. <c Et les â nes? ... Qu'est-ce que les lions ont sur la tête? - Des gi,a!llds cheveux. - Et les ânes? - De grandes oreilles. - Dessinez un âne sur votre ardoise. » Et les enfant~. tout heureuse,s, se mettent il l'œuvre et en quelque s minutes alles ont bâclé un âne très expressif, s inon très ,correct. Elles é crivent ensuite plusieur,s fois Je mot « lion » et le mot cc flue» que Mlle X ... a tracés au tableau. P emlant ce temps les grandes élè ves racontent l'hi,stoire qu'elles viennent de lire. Ensuite les moyennes lisent une page où i,l est question du lavage du linge. L'instituttice les lnten·ompt une ;s econde pour demand er aux petites: cc Av,ec quoi Jes laveuses battent-elles le linge? - Aveic un ba.ttoir. - En quoi est fait le battoir ? - En bois. - Qui estce qui fabrique les battoirs·? - M. Bonbois. - Quel est ,s on métier? - Menuisier. - Vous allez dessiner un battoit·. » Cette fois eUe trace au tableau uu rapide modèle et écrit au-dessous le mot cc battoir )). P uis elle r evient à ses lectrices, qui ont écouté avec plais ir leurs pettites compagnes.

En une heure de temps, celles-ci ont dessiné un âne, un battoir, une cheminée d'usine avec ta, fumée, plusieurs poules. Leur imagination a travaillé, leur €sprit d'observation s 'est formé, leur main ,s'est exercée a-u dess,in. Elles ont écrit; elles ont même parlé. Tout à l'heure elles liront tandis que les grandes feront un de,v oir. Cela est natu, rel; l'iUJverse ne l'est guère. J'ai relevé quelques dessins, entre autres une très décorative poule à cinq pattes: Mlle X ... en ,a, ri avec moi. Cela n'est pas chose négligeable. L' école est facilement trop grave surtout en présence de M. l'inspecteur. Il ' est bon que les pe1its enfants y mettent un ,peu de fantai,sie et de gaieté. (Un visiteur d'écol~s.)

- - - -

__ _________ ......,____.

Pensées de Cau·ême Le Péché Le .péché est l'aiguillon de la mort.

(I. Cor.)

Fuyez le péché, comme on fuit un seir1pent, car si vous en approchez, il se saisira de vous. (Eccli.) Ses dents sont co,mme les dents du lion ; elles arrachent la vie. (Eccli.) Il faut que le péché meure en nous tout entier: car il ne suffit pa;s qu'il soit détruit en partie ,adnsi que cette maison que !'Ecriture ordonnait d'abattre, comme étant inf,e ctée d.e lèpre; mais il faut briser et réduire en poudre jusqu'aux pierres m êmes de cette masure, de peur que le démon ne s'en s erve pour rééclifier ce bâtiment d'iniquité. (Origène.) Celui qui sera persuadé que Dieu voit tout, ne pêchera ni secrètement, ni à découvert. (Démocrite.) Ne méprisez paiS les péchés légers: si vous les méprisez quand vous les pesez, soyez-en épouvanté quand yous les comptez. (S. Augustin.) On ne doit jamais ra,ire ce que l'on sait certainement être pêché, sollis le ,prétexte appa.rent de quelque bonne raison que ce soit, de quelque bonne fin que ce soit, de quelque bonne intention que ce soit. (Le même.)

-···

Assis sur l'herbe printanière, Quand je vis d'un tout petit trou Vi-ngt fois moins grand qu'un pe<tit sou, Sortir, amis, Un peuple de fourmis: Oh! la drôle de fourmilière! Jusque dans le moindre détail L'ord,r e présldiMt au travail De la peuplade tout entière; N'ayant pas d'intérêt jaloux, Chacun songeait au bien de tous. O mes amis, L es drôles de fourmis : Oh! }a drôle de fourmili ère! Un insecte avec son fardeau Glissa dans une goutte d'eau : Pour lui c'était une rivière, Soudain tout le monde arrivé Fait la chaine: un frère est sauvé! O mes amis, etc. La mort frappe un des traYailleurs Et son enfant verse des pleurs: , L e voilà sans père ni mère. L'enfant, sublime charité! Par la peuplade est ado1Pté. O mes ,a,mis, etc. Au souper un vieil ouvrier Qui ne pouvait plus se traîner Des parts de tous eut la première; Plein de respect pour ses vieux ans, On soutenait ses pas tremblants. 0 mes amis, -e tc. Et quand vint le soir, les fourmis, Avant de rentrer au logis, En commun ont fait la prière: C'était un petit chant si doux Que je me suis mis à g.enoux . .. 0 mes amis, etc. Et le cœur tout gros je me dis: Mais .les infiniment petits Aux gm1Dds portaj,ent la lumière. Ah! que nous sommes loin de Dieu! Quand pourrons-nous viyre en ce lieu, Heureux amis, Ainsi que les fourmis Dans chaque humaine fourmiliêre? Antoine CLESSE.

Récitation

Une leçon de philosophie

La fou1·m iliè1·e

Ma leçon de philosophie sera aujourd'hui une petite fantaisie sur l'alphabet. Ces lettres que nous chantions lorsque nous étions

A tout Dieu donnai t une voix .. . Seul, je rêvais au fond du bots,


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64 tout petits vont maiutenant instrnire et n ous donner des conseils l)our r endre notre ,ie plus ,Rage. Elles yont ,ous dire tour à tour ce qu'il fa nt retll3[lcber de notre yie pour Ill rendre meilleure; écoutez plutôt. Ce qu'il faut retrancller pom· rendre notre vie mellleure 7 La paresse qui, devant le plus léger t ravail ou le plus p etit renoncement. r~ête tou jours A. C. L'orgu eil qui toujours veut diminuer. se montrer, paraître et plus haut que tous veut être L . Y. L'orgueil qui se pn re . .s'affich e et d an s ses allures dédaign euses prenfl les >1irR d' u ne petite D. I. T . La 11iRs·i pa.tion q ui ne peut réfléchir , res ter ei1 place, tra y ailler, prier et vit toujours A. J. T. Le babil, jeunes écoliers, qui pa rle, parle et à qui il faut ù chaque moment r edire C. C . La snsC'eptibilité q ui, au moindre mot, :'i. la moimll'P opposition. se rnontre toute R. I. C. Ces einq défa uts, qui gâtent notre ,ie et flaus notre famill e et au Patronage. il f,a,ut nérPssllirement les 0, 'l' . O'est difficile, sans doute, mais il en colite si pen d' E. C. I. E . Mettez-vous donc à l'œuvre A. J. C. 'Non pas lâcl1eruent. mollement. mais a vec N. n. J. PrenPz Cl'S défauts un à un, ils sont forts réunis; ils ,seront facihis à déraciner s i vous les D. P. C. Et soye:r.-e.n sûrs, lllH'PS qnelqnes mois de coustants efforts. ils seront ton!'< F. A. C. Sans c·e tna,vail que vous ferez s ur YOUS· mêmes. vous serPz presque to ujours A. I. Et yotre vie, sera troublée, tourmt'ntée K. O. T. Et alors ennuyés. lassés. affaissés, vous clev iPndrez pn1t-Nre E. B. T. Youlez-yous mainten ant savoir <'f' qu'il fant faire pour n-..udre ,otre v ie méritoire, l'a]. phabet va au ssi nous le dire: La pr emière chose à faire, lia, plu s n écessai re. q u atre Jettres yous li' disent. O. B. I. C. Puis, soyez humb le s. serv iahlPs Pt de·va nt tous, mais sans affectation , Sill"h ez-vous A . B. C. Soyez doux dans v os paroles. évitez les disputes; et. clans l,;JJ contradiction, ~oyez t ou jmws .le premiP~· A. C. D. Soyez laborieu x, qn'ù tout instant on vous trouve O. Q. P. Soyez respectueux et p lein s de déféi·en ce pour ceux qui sont vos · 'N. E.

L i s te d es liv1•es d'écol e. Pons ceu x surtout qui sout tl'ùs A. G. Soyez, enfin, méfiants de vous-mêmes, écoutez les a,is des a utres et <.1ernand.ez sou vent à être E. D. Ce trav:ül lle perfectionnement ,sera long peut-être, mais aussi q u elle joie quand vous y ous ,s entirez estimés et M. E . Vous pourrez alors. avec l'espoil· d'aller au ciel, t11a,nquilleme11t D. C. D. Et peut-étr-e, à cause de ces vertus h éroïquement pratiquées, un jou r uue statue vous R. 1. G. sera Ces conseils sont bons; j'ai com mencé l'œnvre, à vous de l' H. V .

--ofi:o- Mot carré proposé par Cydoux 1. Je suis toujours nuisible.

2. Couleur pen voyaute. 3. Emplo.i prolongé. 4. Ln gTaurle gri v e.

Chm·ade p1·oposée par le mêmP Mon ::\Ion :\lou :i\1on

premier est en musi11ue. ,;econd est un petit quadrupède. trois est aimé de l'amant. tout est un frùit à noyau. Qni s uis-j e?

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Hibliographie

On t rouyern dnns li' dernier fn,sc:icule clu ~OUYA U L A.RO U88E ILLUSTRE

nu clocnmrut tri's ori gi nal : c·'est uue double phmche, tirée en bis tre. et dans la.q uelle on a 1·éuni, ponr a.c:eompa,gn er l'arti cle « Signa ture >>, pluR d e 2-tO siguaturos des personn es céli'bn•s lle tous les temps, souvenüns. hommes cl'Etat. bomm<>s ile guNTe, sa vants. écriYfl ius. ·:ntis trs : il y n Jù un en sPm IJIP to nt il fa it unique .(•t qui présen te nn réel intérêt tou t à ln foi s an point de v ne hi:-rtoriqne et graphologique. A qnl'lqnes pages cle Ui , une antre 111:mche, consacrée i'i la « Sig illographie >> et eu bistre f./rJ,1,lf'mPnt. uons monl'rf' nnl' trenta ine de pirces fort cnl'iPuses, sc:eanx sur douùle N s ur s imple queue. sceau assyrien, Bulle cl e Charles le Ch au,e, etc. , Sig n alons. entrl' autres art icles chln.s ce remarquable f ascicult• tit d ans le f ascicule 39 J- publi é en même tPmîJs. lPs mots: Ser,i c:e. SerYitncle, Sévigné. 8extaut. Sh akespeare, Sh elley. S iam , Sibérie, Sibylle. Sic:i le. S iège. Sienkiewi ez. etc. (J.e fascicule 50 centimes ch ez tons les libmuir es.)

Pornr la gou.vern:e du personnel en· sci!!11aJlt, d'es administrations commu· naJ'°es et <lPs ,cornmissior1s scolaires, nous m·oyo·ns devoir c1·appeler ci-aprrè,s la. liste des cla,Ssiqucs en usage .J,a ns no,s écoles et qu'on 1peut se p,ro,cL1rer aux prix incltiqués au Dépôt cantonal des livres scolai.res, maiso!Il Gabioud, Sion. Religion - .40 Caléc:hisrne du dfocèse 0.70 Bi bile ilJush·ée Bourq nard 0.35 Histoil-e sainite K 0 1 (S. M) 0.50 Histoire sainte N° 2 (S. M.) Langue maternelle 0.40 )Iétbode de lecture S. M. 0.50 .\..mi de l'enfan0e 1.20 G u,yau, ire année 0.65 Grallllma i'l»e du Valais 0.50 Grammaire LariYe (p1eép.) ·0.60 Grammaire Dïvri,ie (Fe anué e) 0.90 G•r•,1,1mnaire Larive (2me anDJée) )Iétbod'e ana.lytique de style pa,r· le F. P., divisée en 3 vol. comme suit: Ann~e prépa11:atoi re, ire ,année, 2rne am.née( chaque vol. sé0.95 pa;rément) N ou,vcaiu dictionnah·e Laroiusse 2.io 2.70 Dictionnaire complet Laro-usse Géographie et H ·istoire 0.30 Eléments de géographie Abirégé d'histoire de la Suisse avec 1wécis instrnction civique 0.60 Caa:1 c de la Su!i.sse su[' papier éc. 0.25 0.50 Ca,rte de la Suisse surr toile 0.80 Carte du Valais Ca,1ite de la Sui,sse (sous euvefü,pi0.80 pe) pou,1· cours Je irépétition ArUhmétique .\.ritlimétique des écoles primai1res: Comi-s élém. et p1·épair. 0.60 Com·s moyen et supér<ieu,r 0.75 Chant Dieu et Patrie, 1recueil de chants 0,85 Choix de cantiqiies, pair vVolf 1.25

Livres pour maîtres Gi·am:mairc LariTe;

1.Année rprépatato,ïre 1.30 ire année 2.2me runnée )féthod'e de style F. P., livre 2.70 .ponrr ch aque cours Solutious raisonnées a:ritbméti1.25 que Appendice au même o uviraige Mobilier scolaire Sérr1ie de t ableaux corvespon:dl:m-l: à la méthod,e de lecture 9. - .0art e mrnrale de la Suisse 9.Ca,rte m u,rale d'E m·ape 13.Oa:rt e m u rale :Mappem onde 9.Table~u d u systèm e métr iq ue 6.Tabl eau des oiseaux utiles pou,r cou,1:s mo,yen et supérieutl' 0.30 2.20 Gu1ya:u (1re année) A:1:ithrnétique des écoles priimait'€S (coUJrs élémenta i re et pcr-é1p aratoire) (sous presse) Le j eune icit o:yen 1.--· R ecirneil de lettres, par Bochrud 0.60 Cou1rs d'éfoœes, p,ax Rapet (b:r.) 3.50 Cours de dictées, paœ He1nrich 2.30

Variétés *

P.AIK DE SUCRE VOLCA~IQUE. Depu is La t erri ble catastrophe fl u Mont -Pelé clans 1'1!e cle la Martinique, lill 1902, le ,d angereux cratère a été fréquernrncnt en activité; une t rès singulière i1pparition a ét é obser vée l'an dernier sur le sommet lle l'ancienne rnontagne. Il a crû , pour a insi (l ire, au-dessus du c:ratêre un gigia[ltesqu e obélisqu<', sur la for mation duquel les savants n e sont pas en cOl'e cl'nccoll'd. Les observations faHes on t établi qne l'énor me c:oloune a été 11onssée hors cln cratère en cou ches solides et u e r eprésente pas une for me ronde de la masse d 'érupt ion projetée. L e i\Iont-Polé offre n aturellement nu nspect tout tlifférent, grâce à cette cur ieuse formation; J'éfoa:nge obélisqu e rnesu.re p lus de 300 mètres cle ha.ut, il est pai· consé((Uen t plus élevé que la tour Eiffel. La poin te de cette colonne, la plup a rt cln temps recouvert e d'un n uage, est dsible â l'œil seulernen t p ar intervalles t r ès cour t s . Le fond cle la nou,elle t'ournntion est ,iolet et il est str1ê clans l'obscurité de ,eine,; rou ge a rdent, de manière à ce que l 'ensernb le offre u n aspect vra iment impos'8int.


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$upplément au 3-1° ,t de f ,,&cole" (190,t)

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Les Cendres 1) ' Les cendres répandue.s sur la tête du chrétien lui recommandent d'être humble qua nd il songe au mérite qu'il peut aY~ir, à la plaee, s,i considéra bl,c qu'elle soit, qu'il occupe dans le monde, ~ux bonnes actions même qu' il a pu faire. E lles lui ordonnent a ussi de réparer le ma l qu'il a commis ou, tout au moins, si la. faut e est irr émédiable, de la re· gr,etter amèrement , et de tout es les for. (·es de son ùme. · Même en dehors du sentiment relio-ieux même p our celui qui n'attend du tomb~au qu'un anéant issement défi nitif ce sont deux beaux états de l'fun e qu~ l'hu milité et Je repentir. Car, à moins de vivre pour la seule satisfact ion de ses appétits, l' homme exige de lui-même un progrès moral, désire devenil· p lus ,s age r t meilleur. 'roujours il s'imagi ne y réus·sir, et e'es t la prét ention des vieillards d'aYoir été instru its et perfectionnés par l' expérience. Ils sP consolent a insi - pf n <>t mal - de le ur décadPnce physique et se félicit ent de l'empire qu' il s ont pds sur Jeurs passion s, a lors que, sou vent , - il fa ut bien le dire, - ils ne sont que va.incus par la fatigue de le ur sensibilité. E n s omme, chez les nw illeurs d'enhe nous, l' a mour-propr e e t la vanité décroissen t uvec les a n néPs, et le regret augmente des a ctions mauvaises dont noui'I nous sommes rendus coupables. 1

CHANT RELIGIEUX CANTI QUE S CATHOL IQUES (choix de) à l'usage de l'église, des écoles à la cathédrale et professeur de chant grég orien au séminaire épiscopal de Sion. Troisième édition. - 1 vol. cart. 1 fr. !'iO. Cet ouvrage, h onoré de hautes approbations et recommandations, contient plus de 100 morceaux ainsi répartis : 1 à 32, cantiques dédiés à la Saint e Vierg·e ; 32 à 88, cantiques dédiés au Saint Sacrement, au Saint Esprit; 89 à 97, cantiques spéciaux pour Noël; 98 à 103, divers pour processions, missions. Les cantiques à la Sainte Vierge et ceux de Noël sont écrits en grande partie pour 1 ou 2 voix, dans un style populaire. Il sont destinés à ètre chantés par les écoles lors des bénédictions et saluts du mois de mai et pour l'arbre de :N'oël. Le plus grand nombre des morceaux composés sont pour 3 ou 4 voix d'hommes. Grâce à leur facilité ils peuvent con venir pour les séminaires, ét ablissements supérieur s et secondaires d'instruction, et &ur tout pour les Céciliennes de villages. L'ouvrage (tex te et musique) est en vente, pour le Valais, entr'autres au Dépôt des livres d'é::ole, à Sion, où les établissements d'instruction, écoles, sociétés, peuvent se le procurer au prix r éduit de Fr. 1.25. Sur demande affranchie, envoi gratuit d'un prospectus contenant la liste des. cantiques et deux morceaux spécimens.

et des familles, composés o I r ecueillis par F .-0. WOLF, org·aniste

i

Méfi ez-vous de l' homme mûr qui ré· pète sans ces.se : <<Je puis marcher la têt e ha utP. Je n'ai r ien à me reproch er . >> Il est possible qu'il ait t ou jours satisfait aux lois de la probité et même à eellcs de l'honneur, t elles que la (1 Cette belle page d'actualité est de François Coppée, de l'Académie française.

Sociét é le,s a fixées. Mais, devant sa conscience intime, il ment, ou du moins, il r évèle, avec une pitoyab le ignorance de lui-même, une âme dé1)ourvue de scr upules, un cœur sans délicat esse et sans vraie bonté. Car aucun de nous n'a le droit de lever le front a vec tant d'a·ssurance et de se proclamer irrépr ochable. Aucun de nous n e peut considérer son pass é sans y découvrir bien des torts envers autrui1 bien des défaillances en face du devoir . Tous nous a , on s commis de graves fa utes, sinon p ar p erversité, au moins par égoïsme, par admiration et amour de not re ch èr e personne. Oui, tous, même les plus purs ..E t ce sont les plus p urs que ces import uns ,souvenfrs font souffrir davantage. Donc, aux yeux du croyant que soutient une s ublime espérance, au ssi bien qu'à ceux de l'incrédule - j'entends eelui pour qui la morale existe un sens prnfond se dégage de cette cé· rémonie des Cendr es, qui r appelle à l'h omme que la mort le rnen a,ce sans cess·P Pt qu'il doit souvent s' examiner et se juger humblement, sévèrement , avec un esprit de pénit ence et de réparati on. IJ h uruilité est une grande, une très gran de vertu . .Seule, ell e est capable de rapp rocher les distances que la nature et le s lois mettent entre lc,s hom111 es : car elle in spire aux supérieurs la douceu r et la ch arit é, et a ux inférieurs le rPspect et l'obéissan ee. Seule, ellP p eut a tténuer et rendre plus légères les inévita.ble s injustices de la vie et de la Société; détrui re chez les forts, l'insti nct de t yrann ie et , chez les faibles, l'insti nct de la rérnlte. Mais combien ils ,deviennent rares le s h nmblPs de cœ ur ! E t qu'il est fri st e d'assist er, comme a ujourd'hui, au st érile et misérab le t r iomphe de l' orgueil et de l'en-


66 Yie q ni réclament l'absurde éga.lité de i.ou,s deYant les jouissances. Hélas! L'égalité absolue n'existe que <lans la mort. Et quand je lis ce mot si décevant «Ega lité)) au front ,de tous nos monume,nts, j' en arrive à regretter la sombre sagesse du moyen-âge, qui peignait sur les murailles un squelette jouaut du violon, avec un fémur pour an:het, et menant au même abîme le rni couronné, le pape avec sa tiare, le <;apitaine armé de toutes pièces,, la belle darne somiant à son miroir, le dockur l"lrnrgé d(~ gros lines, le paysan an•c sa bêche et sa pioclle, l'ouvrier son marteau sur l'épaule, et le loquet eux clopinant sur ses béquilles. C'est dans un qual"lier populail'e, <lans une église de faubourg, à l'une <le ci,:; messes très matiuales où ne se r,en. <:outrent que de irès pauvres gens, que je voudrais conduire, pour y voir don11e1· les cendres, un llomme d'aujour-, u'hui, un incrédule en qui je sentirais uu sincère amour du peuple. L 'ami des 1.ravailleur,s reconnaitrait en eux les doux, les simples, les « paunes en e,sprit )), les préférés de Jésus enfin, f'eux à qui il a promis et réser1 (> 11ne µ la ('e choisie dans son rovaumP. Ll' ·8pt·rtatPU1' sel'nit éruu. En ·voyàut l'épnndre sm· leur front l'Ctte poussière qui, selon IP mot de Hamlet , contient 1wut-êtte nn atome d'.'ll('xand1'e et de César, et pr·ésentc e1J quelque sol't e l'image dr tant df> civilisations détruites, (k tant de peuples disparus, il se souviendrait que l'histofre n'est qu'un long ni de doulem·, que pa rtont et tonjour,s 1e sort des faibles et des pPtifa fut ù peinP :-tnppo1'fabk, e1 qu'ils n'ont jamais hotn-é de meil10ui· soulagement ù. lem·s souffranc es q u 'Pn l(.'vant h's Y<'l!X H ' l'S le c-iel. Dans ceH<· atmospllère religieu:-te, denHlt (' t•,s patffr f's gens t'n priè1'<', l'in<'l'édule se dirait a.lo1·s, je suppose, que L:L' fut nue folie et nn crime de combat-

tre, ,chez les humbles, la foi qui les faisait s'aimer les uns les autres et espérer en un Père céleste. Il penserait à l'Ernngile, à ce line unique au' monde, qui a changé l'âme de l'univers et qui a, depuis dix-neuf cents ans, inspiré les vertus les plus pures et donné la paix du cœur à des milliers de chrétiens. Et alors - qui sait? - considérant l'œune prodigieuse de Celui qui parla ,sur la montagne et qui mourut sur la croix, et s'affirmant que la bouche d 1 où tombèrent tant de vél'ités étPrnelles n'a pu mentir, il croirait en .Tésus-Christ, fils du Dieu tout-puissant, aux yeux de qui les planètes et les étoiles sont moindres que les grains de cette poudre distribuée par Je prêtre, - du )1aHre éternel qui, aufonddu myl:'tè1·e infini, règne s ur une pous,s ière de mondes et sur une cendre de soleils.

•• If n'y a plus d'enfants ...

(Corr.) Si vous ,avez l'avantage de Yous entretenir pendant quelques instants avec nos bons vieillards de la montag·ne, vous ne manquerez pas de recueillir ,sm· leurs lènes ces paroles que nous avons ent endues maintes fois nousm~me: « Il n'y a plus d'enfants. i> ••• Le contraire serait peut-être plus naisembla ble: il n'y a que des enfants! Cependant nous essayerons de démontrer aujourd'hui que le,s Yieillards n'ont pas tort. En effet, n'est-ce pas un fait constaté qu'aujourd'hui il y a plus de malice à 9, 10 ans qu'il y eu avait autrefois à 60 ans? La génération qni commence ne se fait-elle pas trop souYent remarquer par un esprit d'indocilité et de licence effrayante? Ma.is soyons justes: le tort est-il tout entier du côté des jeunes gens? Assurément non; les enfants ne viennent pas au monde plus méchants que ja-

67 dis· ils apport ent en na.iisisant une in- ' un âge où on devrait encore la voir paclidation très grande au mal et des dis- raître sur leur front; le défaut d'éducapositions au bien, selon la loi commune tion chrétienne, les exemples pernicieux et surtout le manque de surveilà tous les enfants d'Adam. Pourquoi donc la jeunesse d'autrefois valait-elle lance, font que nos enfants « disparaismieux que celle d'aujourd'hui? Ah! sent J) • • • et les vieillar1ds ont raiison: il c'est que les parents d'aujom'd'hui sont n'y a plus d'enfants. plu:s négligents que ceux d'autrefois. Quand on n'a pas ·semé, est-il étonnant 1903 qu'on ne moissonne rien? Et lorsqu'on laisse croître les ronces ne doit-on pas AM:f}RJQUE (suite) s'attendre à se déchirer aux épines? OAKADA et ALASKA. - L' exploiN'oublions pas que le germe des pastation de l'or se continue au Klondykc sions est dans les enfants comme les semences des chardons, des bruyères et sur le Youkon canaàicn, aus,si bien qu'au cap Xome, dans la presqu'île Seet des épine.s sont dans la terre. Pères et mèrt~s, vous appliquez-vous wa1·d, en Ala·ska. Il sort annuellement sérieusement à cette culture si essen- de1s neiges polaires pourplusdelOOmiltielle de l'âme de vos enfants? Vous lions de ce 1wécieux métal, et des bourfaites instruire vos enfants, mais pour- gades de mineurs se tr;i.ns.f orment en quoi? ,E,st-ce puur les rendre vertueux? villes à l'européenne dans ces régions V0tre premier souci n',eis:t-il pas de les si longtcm!JS délaissée·;;;. Le r èglement de la, limite contestée rendre habiles dans la gestion de leurs affaires et capables de se montrei; avec au sud-ouest de l'Alaska vient de s'opébonneur dans le monde? Pourvu que rer de la ma1üère sui vante : On sait que Je territoire de l'Ala ska, vos enfants connais,s ent les règles de l'arithmétique, vo,s, vœux sont satis- vaste de 1 500 000 kil. carrés, fut acheté en 18G7 :'l la Russie par les Etats -Unis, faits.· Une telle éducation ne donnera cer- qui le payèrent 35 millions de francs. Or, la limit e de l'Alaska se compose, tainement pas des enfants dociles, modestes, respectueux, régléis dans les à l'ouest, d'une ligue quL depuis le mœurs. On aura des jeunes filles qui mont Saint-Elie, suit le> 1'1le deg-ré de sauront faire de belle,s révérences, longitude O. de Greenwisch jusqu' à l'ominauder agréablement, dire de _jolies céan Glacial. Cette frontière n'était choses, broder un feston, etc., des jeu- pas contestée. Le différ end portait sur nes gens qui sauront écrire passa- la limitP sud-ouest, qui entame le terdblement une lettre, et lire dans toire canadien et lui enlèYe non senlede vieux grimoires, qui seront ver- . ment l'archipel du Prince de Galles, sés dans tous les secrets du calcul, ce qui est admis sur t ontPs les cartes, qui sc1·ont as,sez bouffis de leur pe- mais encore la. côte jnsqu' ù une protite science pour prendre <~n mépris fondeur :, déterminer d'après le,s docul'autor·ité d'un père ou d'un& mère qui nwnts llistoriqm's. La Conunission mixte, charg!'>e de réne connaissent ni l'orthographe ni la réduction de fractions à UJlJ << dénomi- gler cc différend, comprenait six jurisnateur commun )>. On aura, en un mot, consultes. Elle a rendu sa sentence le des coquettes et des fats, et voilà. tout. 30 octobrP Ul03. Les Ehüs-TTnis demandaient une liL'I nnocence fait les enfants et grâce à l'incurie de,s, parents, l'innocence gne fro,n tiPre parnllèle à. la côte à une n'e,srt: plus le partage des enfants dans profondeur d'environ 35 milles (55 kil.)

Bilan géographique de

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68 dans les terres, suivant toutes les si- l'île de la Reine-Charlotte. Cette lîgne nuosités et englobant par conséquent animerait et exploite,rait d'immenses touteis les baies, anses, fiords, canaux, régions forestière.s et minières. En· ouetc., que le Pacifique creuse dans le tre, plus courte de 400 kilom. que celle littoral. Le Canada réclamait, au con- du Canadien Pacifique, elle abrégerait traire, une ligne suivant les montagne-a de 900 kilom. la distance de Liverpool les plus rapprochées de la mer, à une à Yokohama, ou de l'Europe au Japon di,stance de six milles de ce littoral, ce et en Chine. Un point intéressant, sous le rapqui laissait sur son territoire une section de ces anses et de ces fiords, et port social, c'est le règlement de la ,se particulièrement le canal de Lynn, qui maine ouvrière de cinq jours: le.s ououvre un accès direct sur l'Océan au vriers canadiens eux-mêmes se sont en. fameux territoire aurifère du Youkon gagés à travailler une he ure de plus, chacun de ce,s jours ouvrables, pour obet du Klondyke. La ligne adoptée passe entre les tenir chômage complet le ,samedi aussi deux prétentions, mai.s au grand avan- bien que le dimanche. Il y a là pour tage de,s Etats-Unis, qui acquièrent le l'Europe un exemple à imiter. ANTILLES. - Revenons vers le canal de Lynn, les villes de Skagway et Dyea, avec la passe de Chilkoot. Le Sud, en passant pal' les Antilles. Il y a Canada perd ainsi l'accès de la mer, en ce moment la révolution dans les maiis conserve le droit de transit et, répul.iliques d'Haïti et de St-Domindans l'extrême Sud, la sentence lui ad- gue, ce qui n'est pas rare, ni étonnant, juge le canal de Portland avec les iles vu la turbulence de leur population néPearce et Wales, jusqu'ici occupées grillonne. L'ile de Cuba, nonobstant son caracpar les Etats-Unis et qui ont une réelle importance au point de vue straté- tère officiel de république autonome, n'en reste pas moins sous le contrôle gique. Au •Sénat canadien, un orateur a dit, américain pour toute sa politique extéà propos de cette décision, que pour rieure. L'ile de Porto-Rico est attachée assurer la concorde, le Canada se ré- à la grnnde République d'une façon signera à la perte du territoire en que1s- plus étroite encore, sans avoir obtenu tion. Il est toutefois temps qu'on veille la faveur d'être qualifiée d'Etat, ni à empêober le démembrement du Ca- même de territoire américain, mais nada. Il se peut que la prochaine fois simplement de colonie ou posse.ssion. Les Antilles anglaises, françai1ses, qu'on aura recours à l'arbitrage, il ·S'ag·is,se de la baie d'Hudson. Le Canada l1ollaudaises et danoises ne nous ofdoit faire en sorte de s'assurer la prio- frent aucun fait politique à signaler. rité d'achat en Grœnland. Il doit se - Mais le volcanisme continue à faire préoccuper de Terre-Neuve et veiller rage dans la malheureuse ile de la Marà ce que le Dominion établisse ses tinique. En effet, d'après Je rapport de :M. droits dans les régions arctiques qui entourent les territoires canadiens Giraud, chef de la mission scientifique habitables. Il y va, a.joute l'orateur, de à la :Martinique, la montagne Pelée, à la date du 18 ,sept. 1903, était entrée l'indépendance future du Canatlia. En attendant, ce pays prospère éco- dans une phase d'activité exceptionnelnomiquement, et l'on y projette la le. << Les coulées de blocs, Je,s grondeconstruction d'un second chemin de fer ments sont beaucoup plus nombreux transc.ontinental, cetui de Québec à et se succèdent parfois sans interrupSimpson, sur le Pacifique, en face de tion pendant des heures entières. Le

69 dôme, qui remplace l'ancienne aiguille disparue depuis le mois de juin, est en voie de croi,ssauce très rapide. Le cratère lui-même a subi des modifications iU1portantes et de telle nature que la lave peut maintenant se répandre dans toutes les directions. Plusieurs nuao-es denses ont recouvert l'emplace~1ent de l'ancien lac des Palmistes. Leur extension autour du cratère peut attein,dre de 8 à 10 kilom. Une forte éruption peut ,se produire prochainement et , dans ce cas, toute la partie septentrionale de l'île serait certainement atteinte. L'évacuation totale de cette partie de l'ile s'impose de plus en plus. L'insouciance et l'obstination des habitants de cette région, qui persistent à rester malgré deis symptômes aussi alarmants, peuYent faire craindre de nouvelles c.1,tastrophes. >> AMÉRIQUE MÉRIDIONALE COLOMBIE, - La malheureuse Colombie, qui vient d'être amputée de l'importante province de Panama, court risque d'en perdre d'autres. EP ~ffet, la province de Cauca, qui borde le Pacifique, et celles d' A.ntioqui·a et de Bolivar, qui longent la ruer des Antilles et possèdent les meilleurs ports, menacent de s'émanciper également, ou peut-être de s'annexer au Panama, c'est-à-dire aux Etats-Unis. Pour conjurer ce danger, .le gouvernement de Bogo ta aurait, dit-on, réclamé l'appui des autres Etats latins du ,sud et même le protectorat de l'Allemagne. Mais l'empereur Guillaume II refuserait d'encourir les périls d'une telle politique, que l'intransigeance américa.ine lui ferait payer cher. LE V:BNÉZUÉLA, tropsouventenrévolution, a la mauvaise chance d'avoir de nombreuses dettes à payer, soit près do 200 millions, à des prêteurs de neuf nationalités européennes. Perdant patience, trois des Etats créanciers, l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre, pri-

rent l'hiver dernier le parti de bloquer les ~ôtes vénézuélienne,s et même de bombarder les ports de la Guyara, de Cabello et de Maracaïbo. Force fut au président Castro d'accepter, comme conditions de paix, de livrer aux créanciers 30 % des douanes jusqu'à paiement complet. Mais voilà que les neuf Etats créanciers se disputent l'indemnité: les trois puissances << bloquantes )), prétextant qu'elles ont été seules à la peine et à la dépense, veulent être payées les premières;' tandis que les six autres Etats << pacifiques ou non bloquants >>: France, Belgique, Espagne, Hollande, Suède Norvège demandent un partage pr~portfonnel sur le pied de parfaite égalité. La question est soumise à la Cour d'arbitrage de la Haye, créée il y a troi.s ans par l'accord dc,s puissances, pour régler les différends intenationaux. Les Guya·nes, de même que les républiques de l'Equateur et du Pérou, ne nous arrêteront pas, faute de fait nou,ea u notable. Mais la BOUV lE et le BRÉSIL sont en querelle depuis un an, à cause du territoire contesté de l' Ac re. Que le lecteur veuille bien se reporter à une carte d'atlaiS, il verra que le territoire de la Bolivie s'allonge au nord-oue,st en une pointe qui va rejoindre obliquement la frontière du Pérou, par 8 ° de latitude sud. Cette pointe, coupée au sud-est par la rivière M·adre de Dios (Manu) et par le :Madeira lui-même, grand affluent de l'Amazone, contient un affluent plus petit, le Rio-Acre (Aq\l.iri), sur les bords duquel, comme d'ailleurs dans tonte eette -vaste plaine marécageuse et forestière, les arbres i't caoutchouc abondent. Ausst une Société anglo-américaine s'est formée, il y a deux ans, pour les exploiter et en a obtenu concession du gouvernement bolivien le 31 décembl'e 1901. Plus de 401000 trayaillenrs << gommiers ii, la

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70 plupart brésiliens, recueillent le caout- éclat, décider pres.que subitement qu' chouc, qui est expédié par les votes flu- on parti ra à midi cinq minute.s de LauYia.les aboutis,sant à l'Amazone non sanne pour Chamonix, chercher un . à payer des droits de 'doua- compagnon de cour,se, n'en pas trousans avoir n~ à la frontière du Brésil. Or, ces im- ver, réfuter péremptoirement les objecmigrants brésiliens, p lus ou moins sou- tions de ceux ou de celles qui redoutenus par leur métropole, crurent bien- tent d'hypothétiques avalanches ou tôt pouvoir se constituer en une l'épu- des rencontres funes t es de contrebanblique dite « de l' A_cre ))' qu'il,s déclarè- diers, chausser ses gros soulier,s de rent indépendante. Le gouvernement montagne, prendre un bâton ferré et bolivien cherchait à les réduire manii un billet de chemin de fer fédéral pour militai·i, lorsqu e le Brésil ,s'opposa for- V crna.yaz. . . la phrase est longue, un mellement à la répression, prétextant Allemand aurait pu en tirer quelque que le territoire était litigieux, et ré- fierté, mais je ne sais si j'aurais pu clamant un arbitl'age. Ce qui, en outre, vous décrire en moins de mots la sémécontente le Brésil, c'est que la Bo- rie des opérations mentales et autres livie a concédé à une Société belo-e- qui précédèrent, un mercredi passé, 27 congolaise, - << l' Africaine » - la co~s- janv., mon départ pour la montagne .. . truction . d'un chemin de fer, qui déQuand le train roula dans la vallée tournerait .l'envoi du caoutchouc vel's du Rhône, le brouillard ét.ait à peu près la Bolivie au détriment dn Brésil. complètement dissipé. On ne s'aperceP.-S. - Par un traité conclu le 21 no- vait de son voisinage qu'aux vapeurs vembre, le territoire de l' Acre passe tra.nsparentes qui revêtaient, comme sous la ,s ouveraineté du Brésil jusqu'au d'une gaze fine, les montagnes -d'u Cha11 °. ~c latitude sud (160,000 km2 ). La blais. Le soleil brillait encore à 2 heuBohne obtient sur les bords du Ma- res, quand je descendis à. Vernayaz. Je dei::-U une zone t rès restreinte (3000 me ·Séparai de lui pour m'engager à ln:1·), et une somme de 50 millions qui l'ombre dans la longue série de lacet,s lm permettra de relier par voie ferrée qui conduisent le voyageur à Salvan. les affluents du Madeiria. Les lacets paraissent d'ailleurs moins Quant à l'Argentine et au Chili on fatigants en hiver qu'en été, alo·rs que se rappelle que le roi Edouard VII en le calorique intérieur dévdoppé par la partaii:eant le territoire litigieux 'des mont ée s'augmente de cel ui que l'at;\.ndes, a fait éviter une guerre ruineu- mosphère tient de la saison. Les eanx se .à ces deux pay,s, qui emploient sont jolie,s à voir, descendant de casmamtenant leurs ressources au déve- rades en cascarles à tra yers les rochers loppement du commerce et de l'indus- et les glaçons. Voici le facteur sur sa luge, combinant l'agréable Pt l'utile, trie. Nous terminerons par là notre bilan son activité professionnelle et le sport du moment. américain. A.-:M:. G. Ceux qui n'ont pas fait depuis quelque,s annéc,s la course de Vernayaz à Ralvan trouvent les lieux un peu changés. L'envahissant ingénieur a jeté A voir quelquc"S cents mètres de l'embargo sur la contrée. Le chemi~ de brouillard au-dessus de la tête, frisson- fer de Salvan à Chamonix est en pleine :1-er sous la crudité de cette enveloppe construction. A mesure qu'on monte, mconfortable, savoir qu'un peu plus on rencontre des tunnels, des tronhaut le soleil brille d'un doux et vif çons de voie, tous ces travaux divers

-------- ·------·An pays dn soleil

71 qui permettront à la locomoti"e de s'élever de la plaine à, la montagne et à nous-mêmes de pa,sse,r après elle, sans sueur et sans fatigue, sur l'autre versant. Cc n'est plus l'impressionnant silence de la montagne en hiver. Les C"oups de mines se succèdent et l'écho de leurs détonations ,se répercute dans le lointain. Des équipes d'ouvriers italiens animent les chantiers. Le pauvre génie familier de la montagne, celui qui la vit pendant tant d'années, vivre de sa vie calme, régulière et monotone, doit être bien étonné de ce bruit. Il pPut se demander si l'époque des grandes guerres est revenue. Mais nulle part le sang ne coule. On n'é,cntre que des rochers. On ne fait sauter que des arbres. La nature souffre peut-être, mais l' humanité jouit. Elle affirll).e sa conquérante ardeur et son impatience de ·s upprimer les obstacles que la nature lui oppose. 3 h. 35: voici Sa.Ivan et le soleil. Emile Javelle aurait déjà. qnelque peine à reconnaître la retraite qu'il décrivit et popularisa. Les mazots et les anciens chalets disparaiJssent en partie au milieu des maisons nouvelle,s et des hôtels. Et comme à peu près partout ailleurs, cha.c un a bâti au gré de sa fantaisie, de son bon ou de son mauvais goût, de son plus ou moillts de re,ssources, il en est résulté un ensemble disparate qui n'est pas toujours agréable à l'œil. Ici comme dans d'autres endroits, on Youdrait qu'une fée vint d' un coup de baguette harmoniser les produits de l'industrie humaine avec la nature et rendre à toutes ces constructions le caractère pittoresque de la maison valaisanne d'autrefois. Mais trève de geigneries. Les scieurs de long qui, en plein 'Soleil, divisent de longues billes de ,s apin devant la mai,s on de . commune de Salvan, ne me comprendraient guè re s'ils entendaient me,s lamentations. Au-·d elà de Sail.van, on se heurte à

de nouvelles équipes d'ouvriers creusant des tunnels ou dPs tranchées. Le chemi n de Sa l van à, Finsllauts est trop connu pour que je le décrive. Chacun sait comment il ,s 'élève sur le fla.ne de la nllée au fond de laquelle le Trient coule et murmure. Près de 'I'dquent, les minPurs sont aussi à. l'œuvre. Un petit bonhomme d'ltalien, le drapeau rouge à la main, avertit de loin les passants que les appels du cor ont déjà mis sur leurs gardes. Non loin de là, l e chemin s 'omTe dans une tranchée que bordent deux muraille,s de neige. C'e,st une énorme avalanche qui est descrnduP il y a quelques semaines ~t 8 h. de la nuit. Je suis hien aise qu'elle n'ait pas attendu mon passage. Finshauts n'est bientôt plus qu'une enfilade d'h ôtels et de pensions. L es fenêtres partout sont closes. Au-delà, le chemin traverse des bois solitaires. La nuit vient et si les démons voulaient me jouer des tours ou me eau· ser quelque bonne frayeur, ils auraient beau jeu. Le seul diable que je rencontre est un bon diable. C'est un gendarme qui me dorme, avec la plus g rande obligeance, les renseignements 1er; plus circonstanciés sur le chemin conduisant à la frontière suisse, au Châtelard; je ne ·dois pas monter trop haut, je dois éYiter le village de Giétroz; à parUr d'un certain hôtel, il faut de,scenrlre, etc., etc. Je n e sais pas si vons avez remarqué que les indications détaillées ne sont pas toujours les meilleures. Malgré la lun e aux trois quarts p leine qui éclaire ma route, malg ré les étoiles qui constellent le ciel, je manque l'hôtel, je manque le chemin, j'flrrive tout droit à Giétroz, je tâtonne i't traver,s les mazots et les chalets, je kéhuche dalls les glissoires qui les relient les uns aux autres, jusqu'à ce que les indigènes aient la charité de me remettre dans la bonne voie, sur les lacet s qui m'abaissent au fond de la vallée1 an Ohf1,+elard. A quelque distance


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du village, le bfttiment des douanes mai son -- n'était la question des ronsuisses et l'Hôtel Suisse marquent Je flements. L'un de nous ronfle: je ne point terminus de mon étape. Salut, vous dirai pas lequel. Or, les ronflebonne et hospitalière maison! Le froid men ts sont encore pires que la Faucilest vif. L'appétit est venu. L'hôte, M. le ou le Frasne-Vallorbe pour diviser Vouilloz, jouit d'une réputation méri- et aigrir l'un contre l'autre les honnêt ée dans le monde des voyageur,s. Je t es gens. suis sO,r de ne pas coucher à la belle :L'entrée dans mes draps de lit est 6toile ni de faire de ces rêves qui trou- glaciale; je me sens saisi. Mais sous blent le sommeil du malheureu'!C obli- l'amoncellement des duvets, une douce gé de dormir l'e,stomac vide. chaleur se dégage. Le ,sommeil vient En hiver, la ,salle à bo,ire de l'Hôtel vite et dure longtemps. Quand je me Suisse sert à la fois de buvette, de sal- r éveille le lendemain, il est près de 8 le à manger et de salon. On y est au b. Vite debout: le temps est clair, le chaud; ,si ce n'était qu'elle est basse et déjeuner bientôt pris. A 8 h. 45, je que la fumée du tabac en épaissit un prends congé de M. Vouilloz, enchanté peu l'atmosphère, on y serait divine- de mon court séjour dans sa demeure ment. J'y trouve, en train de souper, hospitalière, et je s ui,s le chemin de un voyageur d'e commerce de Genève, neige battue qui doit me conduire au et dans le fond, quelques-uns de ces col des Montets. messieurs de la douane suisse. Le souCe chemin ne s'écarte jamais bien per est prooque trop copieux. Il se ter- loin des poteaux du télégraphe. Il monmine, en face d'une bouteille de bon te doucement à travers des prés recouvin valaisan, en compagnie de M. Vouil- verts d'une couche d'un on deux mèloz père, qui nous raconte ,ses débuts, tres de neige. Les village,s ou hameaux en 1864, à une époque où il n'y avait semés sur son parcours ont de jolis, dans la vallée ni hôtels, ni pensions. noms: Barberine, Valinore, le Nant,. Lui-même a commencé par un petit ma- la Poyaz. Les montagnards profitent gasin de tabac en planches, qu'il dé- du beau temps pour transporter leur plaça plus d'une fois. Aujourd'hui, le fumier sur des luges et l'enfouir sous voilà, aYec son fils, à la tête d'un hô- la neige. A ma droite s'élèvent des mastel-pension plusieurs fois agrandi et ses rocheuses imposantes que je crois qui peut recevoir jusqu'à 70 pension- être les Aiguilles de Loriaz et, plus au naires. fond, ile Buet. Le ,soleil n'est pa,s encore M. Vouilloz envis·a ge avec philoso- visible; on de,ine sa présence du côté phie la construction du chemin de fer. du col au rayonnement lumineux qui Sans doute, quand il sera t erminé, entoure l' Aiguille-Vertf'. Le froid est dans trois ou quatre ans, on ne verra de 7 degrés et n'a rien de désagréable. plus en été 30 ou 40 voitures s 'arrêter A partir du Nant, le chemin n'est plus le même jour devant l'Hôtel Suisse, qu'une simple piste dans la neige, d'ailmais il est probable que l'extension du leurs bien tracée. On avance sans diffimouvement des étrangers apporterade,s 1 culté. A 1450 mètres, c'est le point culcompensations. Mon compagnon me minant du col. Il est 10 h. 40. Le ,soleil parle des dessus et -d·e s dessous de la m'attendait là-haut, dans toute ·s a mapolitique genevoise. Comme je ne lui gnificence, et avec lui., un petit vent deman de pas •son opinion sur la Faucil- suffisamment vif. le, l'harmonie· entre nous est parfaite. La descente s'effec1 ue par une pente Nous irions même jusqu'à partager la assez rapide sur Argentière, où j'armême chambre - la meilleure de la rive à 11 heures.

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En pays sierrois Chippis Au confluent de la Navizance et du Rhône, nous voyons un petit village aux maisons blanches et proprettes: C'est Chippis. Rien de plus pittoresque et de plus attrayant, en été. La nature s'y rencontre alors dan,s toutes ses va,riétés. D'un côté, ce sont les sombres gorges de la Navizance, s'ouvrant affreuses et béantes comme un monstre gui voudrait à chaque instant l'engloutir, de l'autre des forêts aux pins rabougris, des déva.loirs et ravins, enfin, vers la plaine, de riants vergers, de 1uxuriantes prairies. En hiver, par contre, tout change: pour s'y plaire, il faut vrajment ôtre de l'endroit. Le soleil y est chiche de ses bienfaisants ,rayons: dans les pl us courts jour,s de l'année, un petit bonjour et c'est tout. Mais aussi, lorsqu'en été, une étouffante chaleur vous assoupit ailleurs et vous morfond, là une douce brise vous caress0. le visage y ramena.nt un « soupç.ou » de fraicheur. Et le soir, tandis que les ombres de la nuit enveloppent le v illage, quelles délicieuses promenades l'on peut faire le long des eaux courroucée;s de la Navizance ! De fraîche date comme commune, Chippis ne l'est pas comme domaine. L'histoire, en effet, lui. attribue déjà une église au XIe siècle. Il appartenait jadis à d'e s seigneurs, tantôt de Sierre, tantôt d' A.n,niviers, tantôt de Cha lais, tantôt même de Loèche. Une ancienne t radition veut même que l'on conduisait les mo,r ts depuis Loèche au cimetière de ce villa ge. L'influence et le prestige de la noblesse cédant devant l'affranchissement progressif des communes, quelque,s A nnivia.rds prirent pied peu à peu, jusqu'à ce qu'enfin les dernier.s vestiges des seigneurs disparurent sous la dure main du paysan.

Le malheur s'est plu à visiter cruellement ce village naissant. En 1834, c'était la désastreuse inon-dation de la Navizance, due à la rupture d'une dig ue destinée à faire regorger la rivière à la captation du « Bisse de Riccard ». La malheureuse population dut cherC'her un abri, soit à Obararogne, rièreChippis, où ,se trouvaientquelques .habitations, soit à Ohand;olin ou à StLuc; la plupart des Chippisiens originaires de ces deux endroits y pos·s èdent encore des propriétés et des demeures. <c Toute médaille a son revers » dit un vieux proverbe. De t errain marécageux qu'il était avant l'inond'a tion, celle-ci l'a converti en une fertile campagne. Dix-ne uf ans plus taird (1~53) un nouveau cataclysme Yen.ait s'acharner sur le malheureux village, à p eine relevé de ses ruines. Un incendie, survenu juste au temps de la moissoo, le con,sumait presq ue entièrement, faute de gens pour le combattre. Il ne restaii debout que les deux extrémités, l' une séparée du lieu du sinistre par la rivière, l'a utre par une large rue et le courant contraire du vent. ,Tusque vers cette même date, Chippis - bien que possédant une chapelle, comme il est dit plus h a ut, située à la même place que l'édifice actuel, sur la rive droite de la rivière - formait paroisse avec C.halais. L'église de ce village exigea nt un agrandissement, les Chippisiens en profitèrent pour •diemander la permission de s'ériger en paroisse distincte. Moyen.nant une indemnité consistant danis la fourni t ure d'une certaine quantité de chaux, cette faveur leur fut octroyée, si bien qu'en 1862 avait lie u l'édification de son église. Simultanément, il avait fallu r econstruire le village et le presbytère, élever l'égli1se, fonder un bénéfice. C'était beaucoup pour une population qui compte actuellement à peine 300 âmes. Cependant, le courage et la bonne vo-


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lonté, unis à la persévérance et à une louable opiniâ.treté, a planissaient leis plus grandes difficultés et tout s'achevait dans les meilleures conditions. Des mines argentifères furent exploit ées pendant quelque temps dans les rochers en aval de Ohippis, à l'entrée de la vallée, les tunnels ainsi que la cabane des mineurs s'y voient encore. Est-ce perte du filon ou absence du minérai, elles ont été a bandonnéeis? En 1894, une société achetait les force'l de la Navizance et les utilisait pour la production de l'électricité, dom la lumière éclaire aujourd'hui, à part Chippis, Sierre, Crans et les sanatoria de Beauregard et de ClermoILt. Quelque t emps encore et Chippis aura aussi sa gare, celle du chemin de fer d' An niviers. A l'ombre de Bea.u,regard qu'il repose toujours pai,sible et sans ambition, sans trop ·songer à se moderniser et à se t ransformer. Qu'il se rappelle plutôt que « bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée)> et que la richesse ne fait pas toujours le bonheur. Aloès. 1

Chronique scientifique Les rayons X et les rayons N Tous les journaux américains parlent en ce moment des expérien ces du docteur Morton s ur la médecine radioactive. V idée nouvelle qui consi,ste à utiliser les radiations dans le traitement de certaines affections des organes est considérée comme très originale et très audacieuse. Le docteur Morton, savant qui a horreur de la réclame, occupe un rang très · élevé dans le monde médicrul de New-York. L'illustre pra1icien a affirmé avoir guéri trois cas de cancer par le traitement au radium; de plus, deux autres malades atteints de la même affection sont en voie de guérison. Le docteur a ajouté:

- En administrant des remèdes reudus fluorescents par le radium, l'on pomrait parfaitement distribuer dans les artères de la lumière liquide. La nature ve ut de la lumière p()ur le sang; ma méthode suit donc la loi naturelle. Le radi um ou les rayo ns X exercent une influence satisfaisante quand le cancer est sous la peau, mais ils n'affectent a ucunement les tissus et le système nerveux et artériel. Quand tout le système est rempli de sang fluorescent , Ja fluorescence s'exerce précisément sur la partie malade. Dans plusieurs c·as, une lampe assez petite pour être avalée peut être introduite dans l'estomac ; elle exerce alors son influence dans le milieu où elle est plongée. Le malade peut encore absorbet de l'ea u fluorescente, mais celle-ci doit être maniée avec quelque précaution, car ses propriétés sont très dangereuses. Pour traiter le cancer ou a utres maladies, voici comment je procède, continue le docteur Morton: Je commence par saturer l'organisme du malade avec de la quinine ou une autre solution capable de devenir fluorescent e sous l'action des ravons X. Je soumets alors le patient a~ traitement du radium ou des ra yons X. J'ai opéré ainsi l'année dernière et j'ai réussi dans bien des cas. Dans cinq cas de la maladie de R odgkins, des a méliorations considérables se sont produites. J'ai obtenu a ussi de bons résultats dans le traitement de la malaria chronique, du il upus, de la tuberculose, et dans toutes les maladies où il faut remplacer les tissus malades par des tissus nouveaux capables de résister aux microbes et aux bactéries. En faisant pénétrer les parties chimiques de la lumière dans le sang et en le traitant rulor<i par le radium, je suï.s convaincu que l'on peut guérir la phtisie.

75 Le radinm et les rayons X dans leur n.ction ,s alutaire sont t out à fait .ce que le coup de pied est pour l'homme paresseux. C'est un stimulant. Ils réagissent tous les deux, forment de nouveaux tissus, mais réclament beaucoup d'attention dans leur maniement: si le ('Onp de pied est trop fort, c'est-à-dire si le stimu'l ant est trop violent, on peut facilement t uer au lieu de guérir. Beaucoup de spécia listes ont parlé des bienfaits du radium, mais ne spécifient pas, les résultats n'ét ant pas encore assez concluants.

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Les rayons N, qui ont été découverts par le docteur Blondlot , de la faculté de Nancy, sont probablement inconnus d'un grand nombre de nos lecteur s, ou du moins la plupart d'entre eux n'en nnt-ils entendu prononcer que le nom. Nous .cro:vons les intéresser en les entretenant. de ces rayons mystérieux, qui seront, dans un t emps peu t'>loigné, appelés à jouer un grand rôle dans la nature et dans le domaine de la physiologie. Comment ont été découverts les rayons N? C'est e>n étudiant les rayon,s X, au commencement de l' an dernier, que )L le docteur Blondlot remarqua, dans le tube de Crookes, des rayons qui 1différaient des rayons de Rœnt gen . Ceux-ci, en effet, ne se réfract ent pas, a lors que les rayons N se réfractent à l'aide d'un prisme. Quel est le réactif des rayons N? Autrement dit, de quelle manière peut-on se rendre compte de l'existence des ravons N dans la nature? • Lorsque les rayons N se trouvent en présence d'une faible source lumineuse, une ét incelle éJect1'ique par exemple, ils (( augmentent son éclat)) . Quelles ,s ont' maintenant les propriétés de ces rayons? Quelques- unes ,sont connues actue l-

Iement, mais nous devons attendre les résultats des recherches des sava nts. Leurs études, en effet , viennent 1seulemeut de commen cer; la découverte date d'hier à peine. Les rayons N traversent de,s planches d'e 4 centimètres d'épaisseur, des plaques d'aluminium de 2 1/2 centim. ,En revan che ils sont arrêtés par le pl.olllb, le platine froid et l'eau ordinaire. L'eau salée se lai,ss.e traYerser par eux et même les emmagasine. Comme o·n peut le soupçonner, cett~ pa-~'ticularité indique peut-être un role important joué par ces rayons dans la n~ture. Les rayons N sont emmagasrnés par la plupa1::i: des corps qui sont en présence d' une source de ces rayons. Les cailloux, par exemple, qui sont exposés à une source, le soleil, emmaga,s inent des eayons N et en émettent à leur t our. On a remarqué que l'acier trempé a ,·ait une durée illimitée d'émission des ravons N. ·u ne" expérience, gràce à laquelle on peut se rendre compte des effets des rayons N. est celle-ci : Dans une chambre à demi-obscure, vous placez une pièce d'or ou d'ar~ent sur un fond noir, vons fermez petit à petit les volets, jusqu'à ce qne. vous ne distin<Tuiez presque plus la pièce. Vo;s approchez alors, soit de la pièce, soit de votre œil, un morceau d'acier trempé, par exemple une lame ?e couteau: presque a ussitôt ,ous distmg-uez parfaitement la pièce. II faut, pour arriver à un résutltat, ne fail'e aucun effort, ni aucune contraction mais regarder tout naturellement C~s différences d'éclat produites peuvent s'enregistrer sm la plaque photographique.

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Si c'est }L Blondlot qui a découvert également le premier que les rayons


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76 N augmentent la sensibilité de l'œil c ' est M. Charpentier, professeur de mé-' decine à l'Université de Nancy, à qui :M. Blondlot aYait fait part de sa dé· couverte, qui a coustaté le premier les relations des rayons N avec les phénomène,s physiologiques. En faisant des études sur les oscillations nerveuses, le Dr Charpentier remarqua que, lorsqu'il approchait un muscle de l'écran fluorescent dont il se Bervait pour ses études, cet écran devenait plus brillant. Il devenait encore plus brillant ·s 'il en approchait une partie plus nerveuse. On peut donc juger de l'importance qu'auront ces deux expériences dans la médecine. Tout d'abord, grâce à l'influence des rayons N, se dégageant d'un centre musculaire sur un écran fluorescent, on pourra, en approchant ·s implement un écran, reconnaitre parfaitement l'emplacement exaci, les limites de certains muscles, du diaphragme, du cœur, du foie, etc. La recherche des centres nerveux, que dégagent encore davantage les rayons N, sera donc grandement simplifiée par cette découverte. C'est ainsi que le docteur Charpentier, à l'aide de l'écran fluorescent ar. à trouver, à peu de chose près, ' le rive centre du langage articulé fixé par les médecins. ,soyons donc patients. ,Soyons confiants aussi dans les deux sarnnts dont nous parlons aujourd'hui. Espérons que bientôt ils complèteront les découvertes nombn:uses qu'ils ont déjà faites, et qui ont été déjà si fécondes en résultats.

·••• Un Baptême

- Tu veux que je parte par un mauvais temps, femme, la neige est vartout, et elle est no\)ve~,

- T'empêchait-elle de descroidre, quand tu me faisais la cour? - Elle doit être épaisse, dans les clairs de la montagne où ,l e vent l'a soufflée. - Si le brigadier Gotfried Barth t'entendait, Louis, il dirait que les Alsaciens ont peur de la neige ... Le jeune homme, vivement, haussa les épaules, en signe de défi. - D'aifümrs, contin.ua-t-elle, cela est nécessa.ire ... , tu es un chrétien comme moi, Louis; tu ne voudrais pas laisser plus longtemps le petit sans baptême; il a huit jours déjà; porte-le en bas; va quérir Le pa.roa:in et la marraine avec lui; va faire .sonner lia cloche pour le petit . .. Ah! que je regrette de lll! pas être dans la vallée, pour entendre sonner le baptême de mO!Il fils! Elle parlaiit, couchée dans le lit de noyer d'Alsa:ce, au fond de la chambre et contre la muraille; elle parlait en fermant à demi lea yeux, à cause du jour qui était trop clair. Ses cheveux dénoués encadraient son solide visage de paysanne vosgienne, qui n 'aviadt de beauté que sa jeunesse, son teint rose et l'extrêœe douceur de ses yeux bruns, toujours pleins de son âme. Elle se .sav!IJit aimée. Elle était habituée à ce qu'on lui cédât Elle avait chois\ pa,rmi plusieurs prétendants, le gardo--cha.sse d'un J:ièhe marchand de fer de Strasbourg, un des ra1·es Alsaciens .pur sang que l'administration allemande avait autorisés pour Ja .surveillance des propriétés privées dans cette zone frontière, suspecte et toute peuplée de fonctionnaires venus du nord cle l'empire. Et, sans doute, Louis Schmidt ne dépendait pas des forestie1·s ni cles gendarmes du quartier; mais il était obligé de les ménager, de les saluer, de les héberger à l'occasion, car il eût suffi d'un rapport de police pour que l'autorisation lui fi'lt retirée de dresser les procès-verbaux, d'éconduire les pilleurs de bols et le.s braconniers, et d'habiter, <au sommet de la montagne, plus haut que les forêts de hêtres et parmi les sapins. une maison qui n'avait de voisins que les arbres, .Jes nuages, la neige e t le vent. Il fallait une certaine Wliillance à la jeuIIA! femme pour accepter la longueur de l'hiver. A sa place, plus d'une fille d8 paysans, comme elle, eOt regretté la plaine et montré de l'humeur. Mais elle ne se plaign,Mt de rien. Et cela lui donnait une autorité singulière sur son mari. Celui-ci, pourtant, contre son habitude, hésitait à obéir. Assis au pied du lit, sur une chaise basse, il regard,a1t tantôt sa femme,

tantôt la :fenêtre par oü l'on apercevait d'a· bord un espace découveril, d'une blancheur souple et molle, puis une lisière décroissante de sapins, dont les branches, chargées de neige et ployées, avaient l'air d'ombres très noires sous des feuillages de lumière, floconneux et légers comme la ouate des nuages. L'homme, maigre et grand, la peau tannée, les sourcils déjà broussailleux: et les yeux enfoncés, n'avait de jeune que ses minces mousta.ches relevées, qui rappelaient l'adolescent. - Si nous n'étions pas si pauvres, dit-il, j'aurais un petit traineau. - Qu'en fevMs-tu? -Je mettrais l'enfant dedJa111s, Rosalie; comment veux-tu que je le porte? Je ue sais pas, comme toi, les tenir sur un bras, et, d'ailleurs, avec l'épaisseUI· de neige qu'il Y a ... - Es-tu bien un homme! Embarvassé pour pmi de chose? Ellie se prit à rire, en ramenant le drap sur ses lèvres. - Mets-le dans ta gibecière, elle est profonde assez, et il dormira là comme dans un berceau, et le froid ne le touchera pas. S'il s'éveille et s'il crie, tu lui donn,e1,ms la bouteille de lait que j'envelopperai dans de la paille. Le garde consèntit, et décrocha la vaste poche de cuir fauvei pendue au mur, et dont il se servait pour monter les provisions de pain et de légumes secs, de la vallée jusqu'à la cabane, lorsque la saison plus douce rendait facile l'accès du village. Un quart d'heure plus tard, il fermait M1 porte de la maison forestière, et faisait le premier pas dans la clairière. L,a neige é1Jait molle; elle couvrait tout le pays, jusqi{aux autres montagnes, au delà du Rhin, que Louis Schmidt venait d'iavercevol.r à l'horizon, comme de gros coqui!Jages tachés de sable et d'écume. La descente seraH pénible. Il s'engagea bien·tot dans la forêt; colonnade innombrable, et si lourdement chM·gée qu'elle était, coutre l'ordinaire, toute mobile et toute muette. Les mousses, les pierres, les traces avaient disparu. La vue était limitée à uu cercle très comt, au delà duquêl les ténèllres s'appesaintis&Ment, et, même dans ce cercle, l'ordre habituel des ombres et de la. lumière était interverti, et la terre plus p1Ue que le ciel, un ciel gris de plomb, qu'on eût touché de NIi main. Le garde tll.tait le sentier, en avanti, avec son bâton ferré; li avait mis en bandoulière, sur l'épaule droite, le sac

gonflé et cha ud, qui, parfois, teq1ua:lt tout seul; il buttadt souvent contre des' racines ou des cailloux cachés, ou bien il enfonçait jusqu'à la ceinture dans des fondrières inv•lsibles. Après La sapinière, il fallut franchir une pente de rochers friables, J.ncllnés, dentelés pa,: une piste en l<a·c:et qu'il n'était plus possible de reconnaître, et qui aboutissait à une forêt de hêtres. L'homme savait les multiples dangers de ce couloir o·ù le vent avait amassé la neige. Il y entra quand même résolument, ,songeant à la route au retour, qui serait plus rude encore. Mais iln'av.adtpasfait trente pas qu'il glissa des deux pieds à 1~ fois. Il poussa un cri d'appel, dont l'écho rebondit inutilement de cime en cime, et, attirant d'instinct, sur sa poitrine, la gibecière qui enfermait l'enfant, croisa.nt par-dessus les deux bras, il se sentit subitement plongé dans une nuit glacée et mouvante, précipité avec elle, soulevé et étouffé par elle, Incapable de lutter, ta'lldis que ses oreilles s'emplissaient de vacarme et souffraient, comme s'il eût été le battant d'une cloche engloutie et continuant à sonner dans sa course à l'abime. La lucidité de l'esprit et .sa promptitude sont merveilleuses .en ces 9ccaslons de mol't. Non seulement il comprit le péril, et le décomposa en ses trois élémen,ts de froid, de ténèbres et de vitesse furieuse, mais il revit distinctement, avec uue précision rigoureuse de détails, l'image de Rosalie, couchée et pAle, et attentive en pensée au baptême de son fils; il revit toutes les maisons du bourg, sai mère, son père, des compagnons de sa jeunesse, et même un coq rouge qu'il avait jadis apprivoisé et dont il entendit le chant, à. cette minute d'angoisse ... Il se retrouva à l'air libre, au pied d'un arbre, étourdi, les épaules meurtries, les jambes blessées en dix endroits par le coupant des pierres. HeUI·eusement, le sac de cuir, protégé par les bras de l'homme, avait g.at·dé son trésor, et seule la boutelille de lait enveloppée de paille ,s'était écbapyêe de la gibecière, et continuait de rouler sur les flancs de ln montagne, avec le tourbillon de n eige qui ressemblait à une fumée de train. - Allons, mon petit, dit le père, ce n 'est rien; ne pleure pas; c'est ta pelisse blanche qui nous .a, coulé sur le dos! Il se remit en route, péniblement, à tl'avers la hêtrée, portant l'enfant qui ne s'était pas même éveillé. Il n'avançait guère, et plus d'une heUI·e se passa encore, ,avant qu'il découvrit, toute bruµe .et large, assise sur la.

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79 terre bl8Jl1che, 1a ferm e du Traquet. C'était m êmes faisaient cercle, des anciens, des mola première ferme de la vallée, une maison yens, des j eune s, et les filles avaient mis de bois, isolée, proche de la frontièr e, un leur nœud noir du dimanche, deux fois gros comme leur tête. Le curé prit la main de peu auberge par conséquent et très inc1ulL ouis Schmidt; il riaJt d'émotion; il avait, gente à la contrebande. La fatigue, le froid, sur son visage carré, le contentement naïf l'espoir de, sécher ses vêtements à la chaleur du poêle, déterminèrent Schmidt à en- des surprises qu'on fait a ux autres. - Ecoute à présent, dit-il, si ça n'est pas trer. Il monta les trois marches qui étaient trois morceaux non équarrls du même tronc une musique! Les cloches du bourg sonnalent un carillon de sapin et frappa à la porte. L'hôtesse qui ouvrit était de la vieille Alsace, rude et ten- comme les riches seuls peuvent .s'en offrir, dre. Au grand étonnement de Schmidt, elle si varié, si vivant, si j o,y eux et si long, que les moineaux, se demandant .s.a,ns doute si n'ouvrit qu'à moitié, passa la tête par l'entre-bâillement de la porte, et demanda avec Pâques n'était pas r evenu, se mettaient à · pépier sous les toitures de chaume. précaution: - J'ai voulu te remercier, Louis Schmidt, - Que veux-tu, Schmidt'/ Et qui t'21 mis d'être un homme de tant de foi et de si joli en pareil état'/ Réponds-moi tout bas. Il expliqua pourquoi il descendait de la courage. Tu donnes l 'exemple; j'en donne un a ut re. montagne et ce qui lui était arrivé. Ce fut une belle fête, ce baptême d'un petit Alors, elle dit rapidement, demi-plaisante pauvre, et. quand elle fut fini e, le père avait et demi-sérieuse : - J'ai chez moi, depuis deux heures, le une larme sur .ses joues sèches. brigadier Gottfried Barth. Il est aux deux - 'Ah! dit-il, ce n'est que trop beH.u pour tiers ivre, et je ne peux pas Ier ch3•sser ... nous, et je n'y vois qu'un malheur, c'est que n 'aurait qu'à vouloir être le parrain de Rosa,Iie n'ait rien entendu de là-haut! t on fils !. .. Entre tout de même, si tu n e Mais il était écrit que, ce jour-là du moins, peux pas aller plus loin. les rêves de l'homme seraient accomplis, il L' Alsacien aperçut vaguement, dans l'om,it que les deux enfants de chœur avaient bre de la salle, un homme vêtu de l'unifor- chaussé leurs souliers de montagne et pris me gris-vert à passe-poils vert s, qui est ce- leur bâton pour l'accompagner. L'tm d'eux, lui des fores tiers allemands. Il fit signe à grand déjà et robuste, lui t endait en riant l'hôtesse qu'il resterait dehors, but un verre le s,arc de cuir, fleuri, on n e sait par qui, de qu'elle lui tendit, et reprit sa, route dans la vingt roses de mousseline, de celles dont on neige. fait les guirLa,ndes. L'autre avait les poches de sa veste gonflées outre mesure. Quand il se présenta au presbytère de la petite paroisse-frontière, il était tellement - Provisions de voyage, pensa le garde. las qu'il s'évanouit, ou s'en<lormrt, et <.:ela Il se trompait. Le plus jeune emportait dura deux heures . .. deux clochettes à manche de bois et qui souEu revenant à lui, le garde-chasse fut de naient comme de l'argent pur. uouveau étonné. De plus ieurs maisons iL piEt voilà comment, dans la n uit tran sparengnons pointus et à croisillons de bois, des t e, dans le clair d'étoiles et Je clail' cle neige, a mis étaient sortis pol!l' assister au baptême, trois voyageurs finirent par atteindre le somdes .Alsaciens de tout âge, quelques-uns no- met de la montagne; comment Rosalie, tout tables du village, et qui portaient encoœ le à coup, en tendit le carillon qui chan tait à la gilet à boutons de métal. Ils se tenaient lisière des sapins et qui s'approchait; comsous le porch e de l'église, de l'autre côté de m ent elle vit son fils, qui revenait baptisé, la rue. Là aussi attendait le sacristain, a l- couché au fond de la gibecière qu'une main lant et venant, a vec un cierge gauffré dans amie av,a,it fleurie; et comment ses yeux , la main. Plus près, dans la cuisine ch aude où tout pleins de son âme, s'émurent à la fois le garde avait eu tout juste la rorce d'entrer de plusieurs joies m êlées. et de ~·asseoir, la servante du curé, sè<.:he, proprette et sans âge, comme ·une noisette, portait. couché sur ses bras, le nou_vea u-né * OISEAUX U'rILlJlS. - L '.a,utO'l}sie de 150 qui j a ma,is n'avait été pareillement habillé: co,urous a démont ré que cet olsca.u se nourbonnet ruché, r obe blanche et chausson s rit pl'inci,pa.lement de coléoptères, de ci:.,,;. blancs, toute une parure de baptême prêtée nilles, Lle mouche8, d'an1 ignées et surtout de par un parent du bourg. Les parents eux- sauterelles. 0

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fois, cle la main des impies, d'une mort plus cruelle. On le décloua. L e clergé organLsa une longue procession. Un Chdst de bTonze Le 31 décembre à Cltahle fut édifié à la place du Christ en bois qu'aCe ma.tin-Hl, dans la vallée toute blanche, les vaient .adoré les ancêtres, et q u'on ne sava,it montagn axds sont descendus pour ,célébr.er le plus r efair e. de.r·nie1· jour de l'année. Mats l es gens de Bagnes ont encore s ur le Le soleU u'a point encore paru. Su.r le ciel glacé les cimes bleuâtres se découpent, rigi- cœur l'acte abominable. La gro,sse cloche sonne à toute volée. Les des et pures comme du crista.l. Une buée éloigne leurs contreforts . Les arbres .s'enve- montagnards vont regagner leurs demeures loppent d'une poussière de givre. La Dra.nse, lointaines. Quelques-uns s' arJ·êt.ent devant les d'un bleu noir, promène des reflets de lu- boutiques de Chable, où l'on distingue, à traroière entre les champs de neige; ses roches vers les fleurs glacées des V'itres, les surprises de l'étalage, un hareng suspendu, une sont àuréolées de glace. P ar groupes, en cortège, les gen,s de Bagnes chaine d'oignons, des cartes postales bruyams'acheminent vers l'égllse, dont le long clo- m ent illustrées.. du pain blanc, une orange, cher de pierre s'élance en avant de Chable. des bas de laina Sans doute mieux vaudrait Ils ont dü ,s e lever au petit jour; ils sont des- s'approvisionner à Martigny, dans ces grands magasins, dont plusieurs d'entre eux garcaudrus par les chemi,ns glissants, dans cet ail· aigu qui vous mord les oreilles. Ils vien- dent le souvenil" ébloud : des vJtrines claires, des chapeaux, des vêtements; pa.i·fois même nent de Lourtier, invisible denière un repli de monta·g ne, de Champ.sec, le ha m eau ados- une de ces belles couronnes en perles, que sé au versa.nt d'ombre et qui demeure trois les rich es mettent au cimetière, se balance mois ,sans soleil; de Ver.segère, de Sarra.ye-1\ entre les petites robes d'enfants. perché sur son éperou, de Verbier, l'heureux Les hommes ,s'attardent s ur la place et village qui semble dans un nid plein de lu- causent. Ils sont placides, graves, ni plus ni mière; entouré de .sommités blanches l'abri- moi,ns qu'hier. Ils ne disent pas que ,le 31 détant des ve111ts, il boit le solen du ma.tin jus - cembre ,s'en va et qu'ils oot i!ésormais une qu'au soir. année de moins à vivre. Ou peut-être se le Ils av,ancent à petits pas. Ils traversent le disant-ils. Mais ils .n'en demeurent pas moins pont. Les femmes cachent leurs mains sous ind,ifférents. leur châle. Quelques-une,s ont encore le bonCependant ils éprouvent du plaisir à entennet à falbalas des ,aïel\lles, ou le chapeau de dre leur grosse cloche, la plus beLle du Vapaille fine à grands bords. Quelques-unes.. .. lruis, disent-ils, si vaste ! Da.us ,s es flancs un les vieilles. Car les jeunes, hélas! se coiffent cordonnier pourrait tirer l'alêne à son a ise. à la façon des dames de la ville. Elle chante leurs baptêmes et s'apitoie sur Cependant les maisons de Verbier s'ani- leurs deuils. Dans l'8J peine et dans l a joie, ment; les pentes de neige au-dessous d'elle,s elle exprtme leurs âmes simples. Elle clame se réchauffent, saisies de fri.sson s roses, t an- l'épouvante aux jours où la Dranse grossit dis que les rives de la Dranse demeurent enet menace les chalets. Oh! comme elle est core bleuâtres et glacées. Derrière les h aulug ubre alors, comme -elle appelle à l'aide. tes arêtes de roc, monte une lueur qui deElle se souvient que teJJ.e est la ca.ta.sh·ophe vient plus inten se; un -é dair .Juit; un point d.e , toujours suspendue. Et c'est pourquoi les soleil apparaît'! blanc, ftùgurant. Les maigens de BagneiS, grevés d'impôts par le trasons de Chable brusquem ent ,se colorent et v.a il des digues, sont si misérables, ont la des ombres d'arbres se dessinent sur la neige vie si rude, doivent, plus que d'autres, peiner illuminée. et lutter. Et c'e.it pourquoi ils ,s e résignent s i Les gens de Bagn es ·é prouvent, en cette fin fac ilement à mourir. d'année, un r edoublem ent de ferveur. Déj à le solen a terminé l'orbe court qu'il Dans ,Je ha.rneau du Cotterg, un Christ en décrit au-dessus du val de Bagnes, le.s jours croix leur enseignait, depuis des siècles, la résignation. Il y a peu de semaines, pendant d'hiver. Il s'est enfoncé derrière le massif de Corbwssière. Mais longtemps encore rayonla nuit, des hommes sont venus. Ils attaquênent le mont Pleureur et la Ruinette qui 1·ent le Crucifié et lui scièrent la tête. Et i1s clôt, si fière, la longue enfilade de profils s'enfuirent avec ,la t ête douloureuse. Le corps dentelés. Les a.i·êteis parallèles, veinant sa, est demeuré. Il semblait mort une seconde cime, rougissent. Les champs de neige deviennent ma uves. (') Tiré du ,,J ou1·nal de Genève" :

Croquis valaisan (1)


rne

année

1901

M Déjà la luné s'épanouit au fond du ciel pâle où montent des brumes. Là-bas, dans les villes, les rues ,se remplissent de monde et les magasins deviennent vivants. Au bruit des carrousels ert des orgues de Ba,rbaria la foule essaie de s'étourdir. Pou.r tromper la tristesse latente, elle s'amuse. Les grande,s villes ont toute la méla:n- · colie des jours de fête. Chacun veut oublier. Et le son des ritournelles fait remonter au cœur le goüt des Noëls passé~, anéantis avec le\urs illusions, leurs affections chèresb les liens dénoués, les promesses qu'on n'a pas tenues. On respiTe à la fois l'atmosphère brumeuse d'aujourd'hui et l'amertume des anniversaires pareils. La tristesse présente et les tristesses anciennes se confondent. Toutes, les douleurs d'autrefois reviennent vous étreindre. Tandis que la grande paix de la montagne ,donne une impression dè durée, la montagne l'assure. Que lui importent les ~nnées qm :s'en vont? N'a-t-elle pas devant elle une éternité de siècles? Et pendant que les pauvres hommes chantent, rient, s'étreignent et s'enivrent pour oublier, la montagneplacidesourit aux étincelants matins d'hiver, aux fugitives lumières d'après-midi, chaudes, alanguies comme des baisers. Bientot, dans cet enveloppement de douceur, dans le silence des champs de neige qui bleuissent ou se dorent, dans toute cette sérénité, on sent .s'apaiser l'angoisse de finir, :les révolteB contre les irrémissibles et bruita:Ies et stupides séparations dont sans cesse aa menace pèse. Le calme de la montagne ,envahit les cœu.r.s et les engourdit. Us se oua.tent de tendresse. Ils peuvent de nouveau isourire li. lw minute présente. Ils ,s'égaient <d'un rayon de soleil. L'homme se redresse •en contemplant les silhouettes pures et coupantes des arêtes. Il sent toute cette immense acceptation pénétrer s·ru plainte, amoindrir son angoisse. • Le soir nous remontions vers le village une dernière fois. Seules la clarté de la neige et la vague clarté de la lune brouillée s'épandaient. · Nos ombres s'ailongeaient faiblement, et sur Je sentier se dessinait le réseau des branches. Les diamants de la neige étincelaient, s'évanouiss•a ient, s'allumaient à l'infini telles des myriades de mouches phosphorescen. tes, d'étranges mouches d'argent. L'église sonna l'Angelus. Ce fut comme une voix humaine qul se lamentait au milieu ,de cette nuit si calme, toute en nuances et ein

douceurs, une voix qui implorait, une priête dése.;pérée. · Nous écoutions, muets. Les étendues deneige écoutmient aussi. La cloche -s e ralentit, .s'apaisa, mourut dang Je ,silence comme consolée par l'alanguissement de ~ette nuit voilée, sous la lueur diffuse de la lune. Noëlle ROGER.

Variétés

* LES NOMS DE FA.MILLE. - Le gouvernement du Danemark a pris une décision originale. Il va présenter aux Chambres un projet de loi qui permet aux citoyens de choisir des noms nouveaux, vu le petit nombre de noms de famille usités au Danemark. En effet, sur dix per,sonnes, il y a à Copenhague un individu qui porte le nom de Hansen. Les autres se nomment PeteTsen ou Sœrensen. Sur 100 habitants, il en est 42 dont le nom se termine en « sen ii. Il e.st même des communes de 26,000 haJbitants qui ne comprennent pas plus que vingt noms différents, ce qui fait que chaque nom est représenté par un groupe de 1300 personnes. * LONGEVITE DES PLANTES. - Voi.ci, d'après une revue .scientifique, la longévite de certaines plantes: l'aune atteint 300 !a!lls et le lierre 400, le marronnier 50(\. l'olivier 700 le cèdre 900, le chêue 1500, l'if 2000, le baobab GOOO ans. On a noté dans les anniatles botaniques des tilleuls de 2000 ans, des châtaigniers et des platanes cle 1200 an.s, de;i rosiers célèbres dé 1000 ans.

--------Pensées

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SOCIÉTÉ VALAISANNE D'EDUCATION

L'Ecole primaire donne de 15 à 18 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8 à 16 pages pendant l'année ordinaire de 12 mois. Prix d'abonnement : Suisse fi'. 2.50 Union J)ostale fr. 3 Tout c:c qui c:onc:ci:ne k, publication doit être adressé directement à M. P . PIGNAT, 1er secrétaire à l'instruction publique, à Sien.

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[*] Oublier les morts est une des formes les plus dures de cert égoïsme Inné qui ren· ferme l'homme en lui-même et le rend lndifférent à tout ce qui ne concerne pas cli· rectement .son haïssable moi. Le so-uvenir des morts est, au contraire, une des ex,p ress io,ns les plus touchantes de cet instinct de frate·rnité qui, à tra,ver.s les séparations de l'espac~ et du temps, relie les unes a.ux autres les générations humaines. Cardinal PERRA.UD. [*] En vain, la science et la force, unissant leur.s malnf\, rayent le nom de JésusChrist dans les lois, l'effacent des livres, le grattent sur le front des monuments. Peine perdue! Au coin des sentiers fleuris, au fond des mausardes, sur J.es tombes silencieuses, deux bâtons mis en croix parlent toujours de lui! Augustin OOOHIN.

De leur jeune v~rtn ta nourriras la flamme, Et, se sentant ·meilleurs, ils diront : c'est ton âme Qui de son doux langage a vassé dans nos cœors. T, AM AR.TTNR


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No 05 l'Ecole primaire, 15 Février 1904 by Résonances, mensuel de l'Ecole valaisanne - Issuu