-
16
-
froid aux pieds. Il en est ici comme pour les chaussures fourré1;s, Revenez ensuite aux chaussures ordinaires et vous aurez froid longtemps. Le régime de l'endurcissement est toujours préférable. Que de personnes ayant eu Jes pieds mouillés et froids se bâtent de les plonger au retour dans l'eau chaude ! Quelle pratique I C'est le contraire qu'il faudrait faire. Plongez-les une demi minute dans l'eau glacée et, cinq minutes après les pieds seront brtllants. Quand on les met dans l'eau chaude, on a de nouveau froid quelques instants après. Et, en effet, Je sang a été attiré d'abord aux pieds par la cha• leur; mais il les quitte aussi vite qu'il est venu. Au contraire, 8i vous les placez dans l'eau froide, le sang est refoulé dans les cavités profondes et s'y réchauffe: puis, après l'ablution, il redescend aux pieds avec force et généralement, y maintient longtemps la chaleur. Bain de pied glacial, et non point chaud, pour combattre le froid des pieds. La chaufferette agit comme l'eau chaude. Si on la quitte, le sang reflue à l'intérieur et le froid revient.
.,
1
SION 5 Décembre 1897
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA.
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre à Mai inclusivement, en livraisons de 16 pages. , P r ix d 'abonnement pour la Suisse, 2 t'r. Union postale 3 f"r.
Pensées
* La lumière du soleil et la voix de l'Eglise fo ot toutes
les deux chaque jour le tou1· du monde. LA.CORDA.IRE. * Dieu nous récompense presque toujours par une augmentation de foi des efforts que nous faisons pour répandre la foi. Lours VEUILLOT, * Dieu ne met pas tout du même côté. Il faut bien que les grands esprits aient leurs pelitl:ls lacunes pour laisser quelque chose aux bons cœure. Lours VEUILLOT. • Au commencement de la vie, nous jouissons, sans y penser et sans le savoir, du bonheur que les autres mettent en nous; à la fin on ne jouit plus que du bonheur qu'on fait aux autres. Au début, on est heureux de ce qu'on reçoit, au terme on ne l'est plus que de ce qu'on donne, et ainsi la vie humaine est un sacrifice. Colonel P AQUERON. * Ce ne sont point les richesses, c'est l'orgeuil qui a été puni dans le mauvais riche ; et il faut mettre au no!Dbre de_s riches qui seront rejetés, ceux qui, n'ayant pomt de richesses, ont trop désiré d'en avoir. •
XVII"'" ANNEE
:m.
A.nnonces, pria 20 cent. la ligne 01> son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaîres aura droit à un e annonce ou à un compte-rendu, s'il Y a lieu.
SOMMAIRE : Attention. - Prime aux abonnés de l'Ecole primaire. - Comment on devient bon instituteur. - L 'arithmétique dans nos classes. - Préparation des classes. Livres, programme et horaire scolaires. - L'instituteur. doit étudier. - Le dessin à l'école primaire. - L'enseigne ment de la lecture. - Partie pratique. Leçons de c!toses .. f~oblèmes donnés aux deruiers ex amens de recrues. - Varietes. Suppléments.
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1"' secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.
Il 11
ST AUGUSTIN.
= == = = ~ I
Chronique et avis scolaires Conférences d'instituteurs en 1897-98 Le Département de !'Instruction publique met le sujet suivant à l'ordre du jour des conférences d'instituteurs du cours scolaire actuel: De l'éducation morale et religieuse â l'école primaire. - Son importance. - Moyens à employer. Institutrices de langue française. - En septembre et octobre dernier, un cours de répétition pour institutrices de langue française a été fréquenté par un certain nombre d'élèves. A la suite df's examens <le clôture, le brevet définitif a été, sur la proposition du Département de !'Instruction publique, délivré par le Conseil d'Etat au personnel ci-après nommé : Mlles Antonin Célina, de Conthey. Carruzzo Joséphine, de Chamoson. Charbonnet Marie, de Nendaz. Favre Madeleine, à Baar (Nendaz). Luisier Delphine, de Bagnes (Lourtier). Mme Maret-Guigoz Marie, de Bagnes (Champsec). Mlles . Michaud Gertrude, de Bagnes (Verbier). Perruchoud Mélanie, de Challais. Rard Marianne, <le Vollèges. Ribordy Rosalie, de Riddes. Thétaz Catherine, d'Orsières-Ville. 'fhétaz Constantine, d'Orsières (Pradefort). Mlle Nathalie Wouilloz, de Martigny-Ville a éo"alement obtenu le 0 brevet. dé(tni~if. Toutefois, il ne pourra lui être délivré que l'année prochame, soit au bout de la période de cinq ans d'enseicrnement 0 et après l'expiration du brevet temporaire. ~n même temps, le brevet temporaire a été décerné à l\1Ue Justine ll'lichelet, de Salvan, et le brevet provisoire à Mlles Gard Elise de Bagnes (M:ontagnier), Gillioz Alexandrine, de Nendaz, et Moren Elise, de Vétroz. Primes d'encouragement. - Le personnel enseicrnant au bénéfice 0 de_ ce~te prime est informé qu'elle lui parviendra pendant la Fe qumzame de décembre par les soins de la Caisse de l'Etat soit directement par celle-ci, soit par l'entremise des receveurs de di;trict. Les bénéficiaires voudront bien, pour la récrularité des écritures expédier a~ssitôt à la Caisse de l'Etat, dûme~t quittancés, les bon~ que celle-c~ leur adresser~ et dont la valeur leur sera ensuite payée. Ceux de S10n et des environs pourront toucher la valeur directement à la Caisse de l'Etat N° 17, au 1 er étage de l'hôtel du Gouvernement. Le Jeune Citoyen. - Cette publication a été honorée en Valais pour la livraison de 1897-98, ll'un nombre de souscriptions beaucoup plus considérable que jusqu'ici. Chaque courrier pour ainsi dire amène de nouvelles adhésions. '
Statuts de la c Société valaisanne d'Educatiou. > Nous joignons au présent N°, pour nos abonnés du canton, un exemplaire des statuts de la Société valaisanne d'Education. Ces statuts, qui sont toujours en vigueur, ont été en leur temps rendus publics par la voie de l'Ecole primaire et distribués à tous les membres du corps enseignant. Comme ils ne sont peut-être pas connus de tous les jeunes instituteurs, et que tl'anciens régents eux-mêmes peuvent ne les avoir pas reçus ou les avoir égarés ou perdus de vue, nous pensons bien faire de les donner de nouveau avec le tableau du personnel enseignant.
1Jr1. - Lt18 tonetions d'instituteur dans ce canLon tioat loin ,\'être agréables, si l'on en croit le rapport de l'inspecteur cantonal des écoleR. On constate avec peine, dit ce rapport., que le nombre des enfants faibles d'intelligenc3 va en augmentant, ce que les instituteurs attribuent en grande partie à l'usage du café noir mélangé d'eau-de-vie et du tabac. Mais il est souvant plus facile d'éclairer les .,n fants que leurs parents. Dans une école, Je mailr9 prit l'occa"ion d'un morceau de lecture pour attirer l'attention des élèves sur l'influence pernicieuse de la boisson citée plus haut, si bien que ces derniers déclarèrent à leurs parents qu'ils n'en voulaient t>lus. Une femme vint alors prier la mère de l'instituteur d'engager son fils à ne plus parler de café noir aux enfants, ceux-ci refusant main tenant d'en boire. Dans une école primaire, le maitre ayant -000:fisqué sa pipe à un jeune garçon, le père de cet enfant n'eut rien de plus pressé que de lui en procurer une autre. A N., les élèves de l'école du matin ayant un devoir à faire à domicile, la mère de l'un d'eux lui enleva son ardoise, au moment où il s'apprêtait à écrire, et la brisa en déclarant qu'elle agirait de même chaque fois que l'enfant aurait quelque chose à écrire cbPz lui.
BlBL100R.APHlE .&a pays da Ohrl11', par Paul Laufer, Hlustré de 112 compositions sur bois. 10 livraisons in-4° au prix de souscription de l tr. 35. - F. Zahn, éditeur, La Chaux-de-Fonds. L'année dernière, M. Zabn nous donnait l'édition fran~aise d'un admirable livre, Ben-Hur. Cette année-ci, ce qu'il nous offre, ce n'est plus l'histoire d'une famille au temps du Christ, c'est une description à la fois littéraire, scientifique et artistique du Pays du Christ, sous la forme aimable d'un récit de voyage par un homme de foi, de cœur et d'esprit, avec de superbes illustrations. On n'est pas mieux inspiré dans le choix de ses publications et nous iln félicitons sincèrement l'intelligent et courageux éditeur. Le sujet du livre lui-même est de ceux qui captivent d'avance toutes les imaginations, émotionnent tous les cœurs, réveillent tous les souvenirs. La Terre Sainte t la Terre qu'ont foulée les pieds du Fils de l'homme t La Terre où se sont déroulées les étonnantes et mystérieuses destinées du peuple de Dieu j La Terre sacrée que les Croisés saluaient à genoux! Beaucoup l'ont décrite, l'ont parcourue en
tous sens, en ont raconté la désolation aetuelle et la mélancolique poésie. Tout récemment encore, l'on des écrivains · impressionnistes les plus artistes de notre temps, G. Loti, consacrait à la Judée et à Jérusalem quelques-unes de ses pages les plus suggestives et les plus émues. Et cependant jamais on ne courra le risque d'être monotone en revenant sur ce même sujet. Toujours, on trouvera des lecteurs avides d'entendre parler du Pays d'Israël et du Christ, comme tous nous ne nous lassons pas des histoires qui ont bercé notre enfance, et que, dans la blanche vieillesse, nous aimons encore à redire à nos petits-neveux. Seulement, tous ne savent pas réunir dans leur récit assez de qualités pour le rendre agréable à tous les lecteurs. Les uns, se plaçant à un point de vue exclusivement religieux, ne cherchent en Palestine que de pieuses émotions, ou la confrontation des lieux avec leurs souvenirs bibliques. D'autres, archéologues ou historiens, se bornent à noter leurs observations à l'usage d'un puhlic spécial. D'autres encore, simplement gens du monde, dilettanti, trouvent une satisfaction de blasée à voir de plus près un paye qui contraste si fort avec notre monde occidental, et auquel se rattachent tant ùe souvenirs d'époques lointaines. Leur récit peut être charmant, leurs descriplions être des modèles de style pittoresque, il leur manquera ce que réclament les âmes pieuses, l'accent ému de la foi qui s'exalt& ou s'attriste dans la contemplation des lieux où se sont accomplis les grands faits de l'histoire évangélique. Eh bien I tout cela, tout ce que l'on trouve ailleurs, dispersé en maints ouvrages, se trouve réuni dans le beau livre de M. Laufer. li est d'un homme de convictions et de foi, il est, en outre, d'un érudit fort bien informé, enfio, il est l'œuvre d'un écrivain distingué,. artiste et poètP. Ce qui achève de donner à ces notes de voyage, si agréablement rédigées, un intérêt exceptionnel, ce sont les illustrations qui l'accompagnent, non pas de banals clichés, ayant déjà servi à quelqu& périodique, mais des vues d'ensemble, des sites, des scènes, des types, pris sur le vif, par de véritables artistes et reproduits avec la plus grande finesse d'exécution. M. Lauter a jugé à propos de faire précéder sa description de la Palestine de nombreuses pages consacrées à l'Egypte. Nous ne nous en plaindrons pas, car les deux pays sont étroitPment liés dans notre pensée à toos. N'est-ee pas l'Egypte qui a été le berceau de Moïse, et l'éducatrice du Grand Législateur T N'est-ce pas elle qui fut le refuge de la Sainte Famille T Cette vallée du Nil, qui n'est pas one terre morte comme la Palestine, n'a-t-elle pas conservé, daos quelques-unes de ses parties du moins, le cachet de la vie orientale, en sorte que, lorsqu'on a débuté par là, on se trouve déjà plus ou moins initié à ce monde si différent du Dôtre, sans compter, que la Terre des Pharaons méritP, à elle seule, tous les honneurs d'un beau livre et d'une description détaillée. Grâce aux conditions de souscription faites· par l'éditeur, son li• vre est à la portée de toutes les bourses. li sera, comm~ production indigèoe de .notre Suisse romande, l'un de ces ouvrages qu&l'on conserve et relit dans les familles, pour l'édification, le délassement et l'instruction des petits et des grands.. (Liberté./
SION. 5 Décembre
1897-98
L'ECOLE ·PRIIAlRE ORGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION .ATTE~T:tO~ Toutes les personnes qui recevron1 les N° 5 1 et 2 de l'ÉCOLE PRIMA.IRE sans les avoir refusés, dans le délai de 10 jours après leur réception, seront censées abonnées. La signature de celles qui refusent est n~cessaire pour constater dftment le renvoi de la publication. Nous appelons l'attention toute spéciale de nos lecteurs sur le fait que des suppléments sont joints à chaque N° de l'~~COLE PRIMAIRE. Ces annexes doublent pour ainsi dire au bout de l'année le volume de la publication, sans en augmenter le prix qui reste fixé à 2 fr. 50 _par an pour la Suisse et 3 fr, pour l'étranger. L'EDITEUR.
Prime aux abonnés de l'ÉCOLE PRIMAIRE Pour les instituteurs (à leur choix) l. Lectures choisies. Fénelon et quelques autres grands écri-
vains, (avec notes et notices) 365 maximes, pensées, sentences, s'appliquant aux actions de chaque jour. - Br. 65 pages. 2. Nouveau cours de comptabilité, à l'usage des écoles, des commerçants et des agriculteurs, par G. M. - Brochure de 40 pages. Pour les institutrices (à leur choix) l. Manuel de l'institutrice chrétienne.
2. Souvenirs de Terre-Sainte, par Mario.
Comment on devient bon instituteur Les études normales sont manifestement insuffisantes pour préparer un jeune homme à la grande_ œuvre .~e l'éducation ; elles lui donnent un peu de science, mais elles ne lui donnent pas l'expérience sans laquelle il ne peut être un bon maître. Son diplôme constate qu'il a suivi avec
-
18 -
fruit, grand fruit ou le plus grand fruit les cours de l'école normale; mais ce parchemin ne prouve pas qu'il soit un éducateur. Le jeune instituteur verse donc dans une erreur funeste, quand il considère son diplôme comme Je citerium de son aptitude, il tombe dans une aberration plus funeste encore, quand il s'imagine que ce diplôme le dispense de t?ute étude ulté~·ieure. Le jeune instituteur qui relègue ses hv_res _et ~~s cahiers au fond d'une armoire dès qu'il a franchi_ defi?1hve_~ent. le seuil de l'école normale, ne sera jamais qu un pietre educateur, car non-seulement il n'acquerra pas l'expérience qui lui fait défaut, mais il perdra le peu de science qu'il posséde. L'instituteur ne doit donc pas cesser d'étudier s'il veut rendre fécondes ses études normales. se perfectionner dans l'art d'élever la jeuuesse et s'élever ainsi à la hauteur de sa sublime mission. Qu'il s'entoure de publications ayant trait à l'enseignement primaire, qu'il lise régulièrement les revues pèdagogiques, qu'il se tienne au courant des progrès des méthodes, qu'il mette à profit les innovations dont l'expérience a sanctionné le mérite. L'instituteur qui veut acquérir en peu de temps un orand fond d'expérience doit être observateur : il doit s'obterver lui-même et surtout observer les enfants. Nous dirons plus loin ce qu'il importe qu'il fasse pour s'observer lui-même. Quant aux enfants, qu'il observe leurs actions, leurs paroles, leur caractère, leurs inclinations : il reconnaîtra par cette observation constante, la justesse des conseils que leur ont donnés ses professeurs; il apprendra à connaître les enfants ce qui l~s frappe, les émeut, les attire, les stimule, et c; qui les laisse indifférents, les ennuie, les dégoûte, les décourag~ ; et s'il sait mettre à profit ses observations pour P?~fectio~ner. ses procédés d'enseignement et ses moyens d ed ucat10n, 11 ne tardera pas à devenir un maître habile. Nous venons de dire que l'instituteur doit s'observer lnimême. A cette fin, il consacrera chaque jours quelques moments à ce que nous appellerons l'.examen de conscience pédagogique. Dans cet examen, il passera en revue ses actes de la journée et les appréciera avec toute la sévérité qu'il
-
19
-
puisera dans Je désir de bien faire. S'il a réussi, il recherchera soigneusement les causes de son succès et en tiendra bonne note ; s'il n'a pas réussi, il recherchera non moins soigneusement les causes de son insuccès, et s'appliquera à les faire disparaître. Il se demandera chaque jour : Quel est mon défaut dominant? Qn'ai-je fait pour le combattre? Quels sont les écarts dans lesquels je snis enclin à tomber? Me suis-je suffisamment tenu sur mes gardes ? Ai-je dû prendre des mesures rigonreuses à l'égard de mes élèves? Ces mesures sont-elles prises avec réflexion et discernement? Ont-elles été efficaces ou inefficaces ? Pourquoi ? - En résumé, l'institutear s'interrogera chaque jour sur tout ce qui concerne sa manière d'enseigner, sur sa manière d'être en classe, et sur ses procédés à l'égard des enfants. La visite des écoles tenues par des instituteurs rompus à. la pratique de l'enseignement est un moyen de perfectionnement qu'on ne peut trop recommander aux jeunes maîtres, d'autant plu s que bon nombre d'entre eux ont la faiblesse de se croire de beaucoup supérieurs aux vétérans qui ont blanchi dans la carrière. Qu'ils assistent, le pins souvent possible, aux leçons données par les éducateurs expérimentés, non pas en censeurs, mais en homme::; avides d'apprendre : ils ne peuvent faire un plus noble et plus utile emploi de leurs loisirs; loin de s'abaisser, ils grandiront dans J'estime de leurs confrères et de leurs chefs. (A suivre.)
L'arithmétique dans nos classes Aprés les judicieuses obserrations que contenait à ce sujet te dernier N° de l'Ecole primaire, permettez que nous venions signaler encore quelques points à observer si nous voulons obtenir un meilleur résultat pour cette branche. 1° D'abord, beaucoup de maîtrns ne donnent pas cet enseignement avec assez de suite. Au lieu de s'attacher à. -0bserver l'ordre du manuel et à suivre une progression, ils <lonnent des problèmes ci et là san s suite. Il en est même qui emploient peu le manuel et exercent leurs élèves sur
20 les cartes dont on se sert lors des examens d'émancipation et d~ recrues .. En procédant ainsi, ils enseignent ,le tout à la fois, ce qm ne manque pas de mettre de la confusion, dans l'esprit des élèves. Procédons plus graduellement et attachons-nous à suivre davantage l'ordre cdu manuel. Ré~erv~n~ les problèmes des examens pour la préparation 1mmediate de ces derniera. 2° Nous . savons tous que l'arithmétique est une des bra~ches qm demandent le plus d'attention, c'est pourquoi il est important de placer cette leçon au commencement des. ~éances. et n.on à la fin: alors que l'esprit des élèves est emousse et rncapable dune attention soutenue. 3° Nous pensons que beaucoup de maîtres ne tiennent pa~ . assez au calc.ul. mental, qui doit cependant toujours. prec~der le calcul ecnt. Gardons-nous de cettt3 négligence, ca.r 11 est, avec les leço.ns de choses, l'une des branches qui devel.oppent le plus le Jugement des enfants. En raison de son importance il convient de lui consacrer autant de temps. qu'au calcul écrit. 4° Il serait à désirer que chaque classe eût un bouliercompteur, afin de donner aux commençants une idée exacte des. nombres et de leur valeur. A qnaml cette bonne inovat10n ? .•.. 5· Nous pensons que le petit manuel dont se servent la plupart des institute,urs pour le calcul oral n'est pas suffisant, en ce s~ns qu 1! n est pas assez gradué et que le nombre des .e~erc1ces est surtout trop restreint. Pour notre part nous preferons de beaucoup l'ouvrage P. Ducotterd en usaae dans plusieurs cantons. C'est vrai que ce dernier coûte presque le double, mais aussi il nous donne du pain su r la planche P?ur n?s bambins à tons les degrés. Nous sommes persuades qu un changement ùe manuel rendrait la tâche des maîtres plus facile et contribuerait à élever le niveau où nous sommes pour le calcul. R.
Préparation des classes Les progrès d'une école ne dépendent généralement · ni de la capacité, ni du zèle de l'instituteur, mais le plus sou-
21
vent de la manière dont il fait ses classes, et par suite du soin qu'il apporte à leur préparation. Les connaissances que possèdent un grand nombre d'instituteurs sont presqne toujours plus que suffisantes pour enseigner les élèves de nos campagnes; ce qui leur manque quelquefois, ce sont les procédés à employer pour réussir à bien les faire travai.ller tous en même temps. Il n'est pas toujours aisé de leur communiquer facilement ce qu'on leur enseigne, et de le leur exposer avec assez de clarté, de manière à. les faire comprendre sans qu'ils aient besoin de faire de grands efforts; aussi est-il nécessaire de prévoir toutes ces difficultés avant d'entrer en classe, et. de n'arriver devant ses élèves qu'après avoir sérieusement songé à ce qui doit être l'objet des leçons du jour, sans quoi, avec la meilleure volonté du monde, l'instituteur même le plus capable ne réussira que très difficilement; à moins qu'une longue expérience ne le dispense de prendre de telles précautions. Si l'on entre dans la salle de classe sans avoir pensé à ce que l'on enseignera, il n'est guère possible de trouver, sans réfléchir un instant, de quoi occuper tous les élèves, et en admettant qu'on y réussisse, le travail qu'on leur donnera serait-il bien calui qu'on devrait leur donner ? sera-t-on méthodique dans la manière d'enseigner? procèdera-t-on par ordre, comme si l'on arrive à l'école bien préparé et ayant un plan bien conçu de ce que doit faire chaque division? Dans le premier cas, si l'on marche, ce n'est qu'en ta.tonnant ; dans le second on va droit au but qu'on se propose d'atteindre. O,n serait tenté de croire qu'il n'est pas indispensable de préparer les classes, surtout quand on n'a que de jeunes enfants très peu avancés; on comprend, en effet, qu'il n'est pas nécessaire de passer beaucoup de temps à des choses qu'on répète tous les jours; néanmoins, pour peu qu'on réfléchisse, on voit aisément qu'on doit ou qu'on devrait les préparer tout aussi bien que si l'on avait à faire à des élèves plus capables, qui pourraient par leur intelligence suppléer à la clarté d'une démonstration. On comprend
-
22 -
plus f~cile.men! à f 6 ou f 8 ans un théorème de géométrie un peu complique qu on ne comprendrait à sept ou huit ans que deux et. deux font quatr~; et il est nécessaire que l'instituteur vrnnne, par des petits moyens qu'on ne saurait trouver sans y avoir songé au secours de ces jeunes intelligences que le · temps développera. La pr~paration a des avantages incontestables au point de vue .de ! rnstitnteur, de la discipline et du progrès des élèves. Un !nstitute?~ de campagne qui n'aurait à enseigner que de Jeunes el.eves peu avancés, s'il ne prépare point ses c~asses et q~'!l s'aba?d onne à une quiétude coupable, aura b~entôt ou.bhe ,ce qu ~l a p_u savoi~, car ce qu'il y a de bie~ cert.am, c est qu en fait de scrnnce on ne reste jamais stat10~na1r~, on recule si l'on n'avance pas. En second lien. la prepara_t10n des classes intlue sur la discipline. Quand le m~1tre ar~1ve e~ classe sans s'être trop mis en peine de ce qu 11 enseigne, il est toujours obligé de perdre quelques mo~e:°ts pour songer au travail qu'il donnera aux diverses div1s10ns, et pendant ce temps les élèves s'amusent font du bruit; bienheureux s'ils ne s'aperçoivent pas de' l'embarras dans lequel peut parfois se trouver l'instituteur. En troisième l_ieu, la préparation des classes a de grands a va.ntages. au po~nt de vue du progrès des élèves. Si le ma.1tre prepare brnn se_s classes, les élèves comprennent plus facil.~me~t, ne so~t point obligés de faire de grands efforts, et l mst1tuteur lm-~ême .n'est pas obligé de répéter si souvent les choses qu 11 a bien expliquées. Il. est bien difficile, pour ne pas dire quelquefois impossible, de mettre tous les jours par écrit le titre de ce que l'on se propose d'enseigner, surtout en hiver où le no~bre .d'élèves qu'on a ne permet pas de mettre à la p~eparat100 des classes tout le soin qn'il serait nécessaire _d Y apporter; dans ce cas on doit tâcher de voir tous les J our_s la leçon . ~e l.ecture, de manière à pouvoir au besoin la hre sans hes1tahon et avec le ton convenable . on doit cher?her sur le. di?tionnaire l~s mots qu'on croira devoir ~x.phquer. et prevo1r les quest10ns que pourraient faire les eleves soit sui' le sens des phrases, ou sur l'analyse des
-
23
-
mots. La dictée surtout devrn être choisie avec beaucoup de soin, ainsi que les devoirs de grammaire. Pour l'arithmétique, il est bon d'écarter les difficultés, d'être clair, précis et de ne donner que des problèmes en rapport avec les leçons du jour, l'intelligence des élèves et les usages qu'ils devront en faire. Quant aux leçons d'histoire, de géographie et d'histotre sainte, on doit s'appliquer à les leur rendre intéressantes ; il est bon de lire sur des ouvrages détaillés ce qu'on devra leur raconter oralement, afin de frapper l'intelligence de l'élève par des détails qui pourront quelquefois lui faire retenir ce qu'il y a d'indispensable. Les leçons d'instruction religieuse surtout devront être sérieusement préparées. Enfin il est bon de faire tous les jours en soi-même le cadre de ce qu'on veut enseigner et d'a voir une idée bien exacte de la manière dont on procèdera, et on obtiendra des progrès qui feront oublier les peines et les déceptions qu'on éprouve dans l'enseignement. (L'Ecole primaire libre.)
Livres, programme et horaire scolaires L'organisation de la plupart de nos écoles el d'autres considérations, les unes scientifiques, les autres méthodologiques, rendent indispensable l'emploi de certains livres classiques. C'est du choix de ces derniers que le jeune instituteur doit s'occuper sérieusement. L'étude préalable de chacun des ouvrages entre lesquels son choix est circonscrit constitue l'une des premières obligations de sa charge. Nous ajouterons que, même a.près cette étude, la prudence lui commande de ne pas se prononcer avant d'avoir consulté des collègues éclairés. Dans le cas où il éprouverait quelque hésitation, il trouverait chez ses supérieurs des éclail'cissements et des conseils précieux. en pareille occurence. Ce choix étant fait, il importe que l'instituteur étudie à fond les ouvrages adoptés, qu'il en comprenne le plan, l'esprit et le but, et qu'il en fasse la base de son enseignement. Une autre tâche nou moins importante que le choix des
-
24 -
classiques s'impose à l'instituteur: c'est l'étude du programme des matières à enseigner dans chacune des grandes divisions de l'école primaire. Si l'in.;tituteur ne connaît pas ce programme dans son ensemble et dans ses détails, s'il ne recherche pas la pensée qui a présidé à sa rédaction, s'il ne distingue pas le principal de l'accessoire, s'il ue le subdivise pas d'après les périodes de · l'année scolaire, s'il ne se règle point d'après le temps qui lui est accordé pour le parcourir, il aura beau mettre en œuvre tout son savoirfaire et déployer tout le zèle dont il est capable : il n'atteindra qu'en partie son but. C'est donc autant dans l'intérêt de l'instruction de ses élèves que dans l'intérêt de sa santé, que le maître doit étudier sérieusement le proaramme de l'école primaire. · ~ C'est aussi pour l'instituteur un devoir de se donner un tableau de distribution du temps et du travail, établi selon ~es ~rincip~s. d'une saine pédagogie. Ce tableau ne peut etre 1mp~ov1se ;.. que! que soit le soin que l'instituteur y mette, la premiere ebauche en sera nécessairement défectueuse: bien souvent, dans l'examen qu'il fera de ses actions de chaque jour, il reconnaîtra que la plupart des contrariétés qu'il a essuyées ont leur cause dans l'imperfection de ce table~u. ~'instituteur n'a donc point fait assez quand il a dresse, meme avec tout Je soin possible, son tableau d'occupation; il doit lui faire subir l'épreuve de l'expérience, en rechercher les défectuosités et s'appliquer à l'améliorer sans cesse. Enfin, l'instituteur qui · tienl à se perfectionner assistera régulièrement aux conférences. Pour retirer tout Je fruit possible de ces réunions, il s'y préparera par l'étude 'sérieuse des questions théoriques et des sujets pratiques qui en composent le programme; il suivra attentivement les divers exercices, et, rentré dans son école, il se fera un devoir de mettre en pratique ,les moyens d'instruction ou d'éducation reconnus les meilleurs. A ces différents moyens de perfectionnement, nous ajouterions volontiers les voyages; malheureusement, ce moyen, le plus efficace de tous, n'est pas à la portée de chacun.
-
25 -
Nous le regrettons sincèrement: une excursion de huit jours instruit plus qu'une année d'étude dans les livres. En attendant le jour, où les instituteurs pourront se permettre annuellement une excursion dans le pays ou à !'' étranger, qu'ils voyagent souvent par la pensée: les voyages fictifs sont moins attrayants et moins utiles que les voyages réels, mais, entrepris avec ordre et méthode, ils ne laissent pas que d'être instructifs. De tous les moyens de perfectionnement dont l'instituteur dispose, il n'en est point de plus îécond que la préparation régulière et rationnelle des leçons de chaque jour. Nous soulignons à dessein ·ces deux ,épithètes: elles sont ici inséparables, elles expriment les deux conditions en dehors desq uelles il n'y a ni progrès continu , ni succè.3 durable. ~
(A suivre,)
L'INSTITUTEUR DOIT ÉTUDIER
(Extrait d'un discours d'un inspecteur scolaire.) Vous ne sauriez trop vous pénétrer de cet te pensée, qu'un instituteur qui ne travaille plus pour lui-même, et qui se contente de faire sa classe au jour le jour, vivant sur le fonds acquis, est inévitablemènt destiné à voir ce fonds s'amoindrir chaque année, et à glisser lui-même sur une pente, au bas de laquelle il ne sera plus qu'un instituteur médiocre, réservé aux postes le5 plus infimes. Que penser en effet et qu'espérer d'un maître, comme on en voit malheureusement plus d'un, qui n'ouvre pas un livre, qui n'en possède même pas un seul pour son usage personnel, ou qui, s'il a acquis autrefois quelques volumes, les laisse aujourd'hui dormir, je ne dis pas dans une bibliothèque si modeste qu'elle soit, mais sur quelque étagère abandonnée et couverte de poussière? Un tel maître est perdu pour l'enseignement. Tous, tant que nous sommes, nous avons besoin de travailler pour conserver, sinon pour augmenter, les connaissances que nous avons acquises. Mais c'est surtout aux jeunes gens que ce devoir incombe plus particul!èrement, à ceux qui, pouva.nt dépenser plus de forces, plus .de santé et plus de temps, ne sont pas encoœ
-
26
.....
prises avec les préoccupations et les difficultés de la vie matérielle. Que ceux-là n'attendent pas le jour où les embarras et les soucis viennent les assaillir. Ce jour-là, et malgré leur ardent désir d'améliorer leur situation, ils seront condamnés à de stériles regrets. La première condition à remplir pour être bon instituteur, vraiment digne de ce titre, c'est le dévouement à ses fonctions : un maître qui n'aime pas sa profession, et qui n'en comprend pas toute l'importance, ne sera jamais qu'un membre inutile, sinon dangereux, du corps enseignant. C_'est là une vérité qui n'a pas besoin de démonstration, et que personne, je le souhaite vivement, ne songera à l'appliquer à l'un de vous. La seconde condition à remplir, c'est de savoir; la troisième, s'il m'est permis de me servir de cette expression, que je vous prie de prendre dans sa meilleure acception, c'est le savoir-faire. Un titre de capacité est sans doute une garantie précieuse aux yeux de l'administration ; mais, la valeur d'un maître ne se juge pas seulement d'après le diplôme qu'il possède; elle le juge aussi, à un degré au moins égal, par son aptitude professionnelle,. par ses connaissances pédagogiques, par ce que je viens d'appeler le savoir-faire. Etre instruit, c'est bien ; savoir instruire, c'est mieux encore. C'est pour vous perfectionner· dans cet art si difficile qu'ont été instituées les conférences. pédagogiques. JAcùULET. aux
~
Le dessin à l'école primaire S'il est une disposition d'esprit précieuse à plus d'un, titre, mais qui fait plus particulièrement de l'homme qui la possède un être pensant, actif et tout d'initiative, c'est bien l'esprit d'observation, l'aptitude à analyser, à comparer, à juger. Cette précieuse qualité fait vivre et respirer plus activement, plus fortement; elle chasse l'indifférence, empêche la. mort intellectuelle et distingue l'homme de la brute. Tous les son:;, toutes les formes, toutes les couleurs~ trouvent dans l'œil, dans l'oreille, dans l'âme, un écho · sa-
-
27
-
Jutaire; tous les spectacles extérieurs laissent des traces, et chaque observation est la cause directe _d'une ~ensée; l'esprit de lui-mème travaille, par la suggestion toujours re_nouyelée de l'extérieur, par l'entraînement graduel auquel il est soumis. Le dessin enseigné normalement est certainement parmi les branches de l'enseignement celle qui entraîne le plus l'élève à l'observation, c'es~ un merveilleux. !nstrumen_t d'analyse. On a bien vu un obJet, quand on la regarde, comme le dessinatèur qui doit en représenter l'ensemble, les détails et la construction intérieure. Comment rendre visible, expliquer aux. autres ce que l'on n'a pas compris soi-même? La première opération consiste donc, pour l'élève, à examiner, à étudier son modèle; elle est obligatoire. Le dessin habitue, oblige à regarder ~vec soin, à ouvrir les yeux, à faire en un mot des observat10ns et à les noter sous des formes très différentes, du croquis côté, de la face, de la coupe, du plan, du profil et de la vue générale ; ce sont là ses formes grammaticales, ses phrases. De même que l'arithmétique rend le raisonnement sûr, le dessin fait comparer, juger, trouver les caractères généraux, et par suite les classifications; il les grave dans la mémoire et sur le papier, il oblige à un travail constant, à une tension de vision et de compréhension qui sera un effort pour commencer et qui exigera beaucoup de volonté, même chez le maître. Par l'habitude, elle deviendra pour lui et 1ses élèves unl3 seconde nature; ils regarderont chaque objet comme s'ils voulaient le dessiner et pour cela ils le détailleront et l'analyseront involontairement. Voir juste, toujours et partout, tout est là ; ne dessiner que ce que l'on a compris, expliquer par le crayon com~e on le fait par la parole ou l'écriture, telles sont, à la fois, les conditions et les avantages que le dessin réclame et obtient. Cet esprit d'observation ouvert et actif peut être aussi considéré comme la base de l'initiative et de l'invention , ces qualités si fréqtientes chez les races neuves, qualités qui deviennent rares chez nous, car nous nous endormens
-
28 -
par trop de civilisation, trop de routine, nous marchons commodément dans le même chemin. Nous surchargeons nos élèves de matières, et ceux-ci se laissent tranquillement vivre, sans inquiétudes ni efforts ; nous les traitons comme Jes poulets que l'on gave et qui n'ont nul souci de leur nourriture. Aussi voyons-nous souvent les jeunes gens qui ont le plus profité de tous les raffine~ents de c~tte éd~c_a~i~~' s'étioler inutiles tandis que d autres · morn:; prmleg1es arrivent' aux. plu~ hautes situations, dans les sciences, l'industrie ou les arts. Ils ont simplement pris de bonne heure l'habitude de vaincre les obstacles et ils ont continué, arrivés à un certain degré, à déployer le mème esprit de combativité qu'ils avaient acquis dans la lutte. Soignons comme un don précieux. tout ce qui pourra procurer à l'enfant une volonté active et bienfaisante; à l'école, n'encourageons pas seulement les forts en orthographe et en grammaire, les dessinateurs parfaits de lignes droites, mais apprécions aussi les esprits indépendants, les volontaires et les indomptables; ceux-là seront peut-être, plus que les sages, de véritables hommes d'action, des industriels audacieux des inventeurs, des commerçants courageux, sortant d~ l'ornière, dÙouvrant ou créant de nouveaux débouchés. Stimulons donc l'initiative et l'esprit d'observaGilliard. tion, l'esprit ouvert et hardi qui le provoque.
L'enseignement de la lecture Tous les instituteurs savent qu'il y a différentes méthodes de lecture, et à ce sujet ils n'éprouvent que l'embarras du choix. En effet, comment s'y reconnaître au milieu de cette avalanche sans cesse grossissante de méthodes ? Quelles sont les mei\leures? On sait qu'elles sont basées, soit sur l'ancienne épellation, comme celles de Peigné, de Henrion, ou soit sur la nouvelle épellation, comme celles de Villemereux, dé Dodu, de Néel, de Boulanger, de Michel, de Behagnon, de Gervais, de Cuissard. etc. Nous ne prétendons point rouvrir le débat toujours pendant entre les deux sortes
-
29
-
d'épellation. Nous nous bornerons à dire que, si l'on em... ploie la nouvelle épellation de Port-Royal, il ~aut l'aban· donner aussitôt que les enfants sont parvenus a la lecture courante, et reprendre alors l'ancienne épellation, indispen sable pour l'enseignement de l'orthographe. La méthode phonomimique de Grosselin, en usage surtout dans les écoles maternelles, produit d'excellents résul tats, car elle plaît à l'enfant, auquel elle épargne l'aridité inhérente à l'enseignement de la lecture. Outre la différence dans l'épellation, il y a encore d'autres manières d'enseigner la lecture. Ainsi on peut nommer les voyelles avant l'articulation'. comme dans la méthode Néel ; employer des couleurs différentes dans l'impression des sons et des articulations, ainsi que dans les méthodes de Dodu et de Néel; ou bien présenter les lettres dans l'orclre naturel Je leur émission: labiales, dentales, palatales, gutturales, sifflantes, etc., comme l'a fait Néel; ou encore les présenter par contraste pour que I enfant ne puisse les confondre, ainsi que cela peut lui arriver de le faire pour celles qui ont des points de ressemblance, telles que le b, le p, le d et le q, l'm et l'n. Parmi les méthodes intuitives, gui nous semblent les meilleures, nous croyons devoir citer la méthode phonomimique de Grosselin, où l'on employe des signes et des gestes qui désignent les lettres, et celles de Thollais et d' Archambault, où les lettres sont soit en métal, soit gravées sur des cercles concentriques. La méthode phonomimique sur· tout nous paraît très attrayante pour les jeunes enfants. · Elle permet l'enseignement de la lecture par la voix, par le geste et par l'image. En même temps que l'instituteur nomme les lettres, il reproduit le geste qui les représente; l'enfant nomme la lettre et reproduit aussi le geste correspondant. Plus tard, il sait que tel ou tel geste désigne telle ou telle lettre. Cette méthode, on le voit, ne manque point d'analogie avec celle que l'ou emploie pour enseigner la lecture aux sourds-muets. Quelle que soit d'ail leurs la méthode enseignée dans. l'école, il convient de s'arrêter à temp_s dans son emplo1, et • de ne point s'attarder aux leçons relatives aux syllabes, et
-
30
-
aux autres bizarreries de la lecture, elles finissent par s'apprendre après un temps plus ou moins long, à mesure que l'enfant se familiarise avec la lecture courante. ALFRED CHARRON, ancien professeur.
PARTIE PRATIQUE Leçons de choses L 'EAU ET LE FEU
Quels sont les principaux services que nous rendent l'eau et le feu? Le feu et l'eau sont des éléments infiniment précieux, soit que l'on considère les usages auxquels on les emploie dans la vie domestique, soit qu'on envisage les circonstances si nom- . breuses et si diverses dans lesquelles l'homme sait les utiliser. Au premier point de vue, le feu sert d'abord à la cuisson de nos aliments; puis il nous réchauffe pendant l'hiver, quand le soleil .n'envoie plus à la terre qu'une chaleur insuffisante. En toute saison, il nous éclaire lorsque la nuit est venue, nous permettant ainsi de prolonger nos travaux en dépit de l'obscurité. Quant à l'eau, elle est également indispensable à la cuisine, où on l'emploie à la confection des plats, à celle du bouillon, du thé, du café, etc. De plus, l'eau est encore de toutes les boissons celle qui étanche le mieux la soif. Enfin, dans nos maisons, l'eau est un agent hygiénique de premier ordre. Elle nous sert pour notre toilette, pour le blanchissage du linge, pour le nettoyage des vitres, du plancher, de mille objets et ustensiles. Sans eau, pas de propreté, pas d'hygiène, et parconséquent pas de santé. - Mentionnons ici pour mémoire certaines eaux minérales qui, chargées de substances chimiques, sont utilisées en médecine et rendent quelquefois la santé aux malades. Dans l'industrie, le feu seul est employé pour façonner les métaux, soit qu'il s'agisse de les amollir, comme le fer, par exemple, soit qu'il faille les fondre, comme le plomb, l'or, l'argent, etc. A la guerre, le feu joue le premier rôle, puisque c'est lui qui enflamme la poudre dont la force d'expansion projette sur l'ennemi les balles des fusils, des revolvers, et les boulets des canons. L'eau seule rend d'immenses services à l'agriculture et au
-
31
-
commerce. Elle est absolument nécessaire au sol pour qu'il produise les céréales, le raisin, les légumes, les fruits et les fleurs. La pluie, dans certains cas, suffit aux besoins de la terre; mais presque toujours on est obligé de suppléer à ce phénomène naturel, ou d'en augmenter les bienfaits, soit par l'arrosage, soit par l'irrigation. C'est l'eau, sous forme de fleuves et de rivières, qui transporte les bateaux de marchandises. On a appelé les cours d'eau « des routes qui marchent. > La mer, cet immense amas d'eau, est sillonnée par d'innombrables navires qui établissent entre les peuples des relations rendues chaque jour plus étroites par le commerce d'importation et d'exportation, et qui permettent à l'homme d'agrandir sans cesse son domaine en envoyant au loin des explorateurs et des soldats. Combinés ensemble, l'eau et le feu produisent la vapeur, cette force motrice d'une puissance incalculable, dont l'utillsation a presque complètement changé la face du monde. Grâce i elle, grâce par conséquent aux deux éléments qui l'engendrent, les usines, les moulins, les fabriques, se sont multipliés et fonctionnent dans des conditions meilleures ; les moyens de communication et de transport représentés surtout par les chemins de fer et les bateaux à vapeur, sont devenus infiniment plus nombreux, plus commodes et moins coûteux. L'eau et le feu, on le voit, nous rendent des services si considérables, qu'il ne paraît guère possible de concevoir l'existence humaine sans ces deux éléments. LA MISSION DE LA JEUNE FILLE La jeune fille, au milieu de la famille, c'est la fleur qui embellit le parterre. C'est le rayon de soleil qui échauffe et qui égaye, c'est l'oiseau qui, par son gazouillement, charme les oreilles et réjouit le cœur. Son rôle, au milieu des siens est tout de paix, de douceur, de condescendance, d'abnégation ; elle doit toujours être prête à se sacrifier pour faire plaisir aux autres. Le dépôt précieux d,e l'union des familles vous est confié, jeunes filles; c'est à vous de mettre en œuvre ces ressources immenses d'amabilité que vous possédez. Montrez à tous le bien que font les autres, dissimulez les torts, cachez les fautes, calmez les ressentiments. Enfants! nulle tâche sur la terre n'est plus belle que la vôtre ; si le bonheur habite votre demeure, rendez en grâce à
32 la Providence ; si la douleur y pénètre, supportez-la avec résignation et rendez-la moins amère aux autres par votre déCLARISSE JURANVILLE. vouement. ~
Problêmes donnés anx derniers examens de recrues
DÉPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
6. 4. Par suite de déraillements et de collisions, il y eut· en 1894 sur les chemins de fer suisses les accidents mortels suivants : 11 voyageurs, 16 employés et 26 autres personnes. Combien en tout? 3. L a commune de F ., dans le canton de Fribourg, a récolté 30 quintaux de tahac et l'a vendu 60 fr. 50 cent. le quintal. Quelle a été la recette? 2. Un épicier achète le q. de soude pour 9 fr. et le revend avec un bénéfice de 40 Ofo. Combien vend-il 10 kg? 1. Un lot de marchandises a été acquis pour le prix de fr. 2200. En le revendant, on a réalisé un bénéfice de fr. 132. A combien % s'élève le gain? 7, 4. D ans le canton de Berne les lacs occupent 123 kilomètres carrés. les r ivières et les ruisseaux 33 kilomètres carrés. Combien de ki lomètres carrés sont occupés par les eaux? 3. En janvier 1894, dans l e canton de Zurich, le blé de H ongrie, ir• qualité, coûtait 21 fr. 50 cent .. en décembre il coûtait 20 fr. Quel est le prix moyen? 2. Combien de bouteilles de la contenance de 71/ 2 dl. faut-il poursoutirer 150 1. ? 1. Lors d'un examen de recrues, 30 0/ 0 ont obtenu de bons r ésultats, 50 0/ 0 d'assez bons et le reste, soit 14 hommes, de faibles résultats. Combien d'hommes y ii,vait-il à examiner ? 8. 4. Dans une localité il y a 200 catholiques et 360 r éformés. Combien d'habitants compte cette localité en tout? 3. 7 vagons neufs coûtent fr. 23 100. Combien coûte un vagon? 2. Le Conseil fédéral a accordé au canton de St-Gall une subvention de 8045 fr. pour les améliorations des pâturages. A combien s'élèvent ces améliorations, sachant que la subvention fédérale est le 1/4 des dépenses totales ? 1. L'administration fédérale des douanes paye à ses employés pendant le temps d'essai 125 fr. par mois. Le traitement le plus élevé semonte à 3000 fr. par an. Exprimer en % le traitement pendant le. temps d'essai?
DU CANT ON DU V A LAIS
CALCUL ORAL
V.& il I ZIFÉS
**. Dialogue entre un père de famille et un instituteur : - Comment va mon fils ? - J'ai le regret de vous annoncer qu'il est toujours le dernier de sa classe. - Le dernier de sa classe ! après tout il faut bien qu'il y en ait un qui le soit . *** Le petit Robert prend sa leçon de géographie. - Dites-moi, lui demande son maître, vous savez où est l'Espagne 't - Oui, monsieur le régent. - Par quoi ce pays est-il surtout célèbre ? - Oh ! monsieur, fait Robert avec un sourire, tout le monde sait que c'est par ses châteaux.
INSTRUCTI ON PRIMAIRE COURS SCOLAIRE 1897-98 Person nel du D épar tem ent CnEF nu DÉPARTE,rnNT: }[. Achille Cha1ipaz. :M:. J.-B. Graven. REl\lPLAÇANT : 1 cr SllCRÉTAIRE : 1\1. Paul P ignat. )'.[. William Hii.nni. Au Dépar tement des F inances est rn.ttach é l e service dtt matériel scolaire avec un employé spécial, }I. ·J ,os. llfinola. (Bureau, maison Gabioud, rue cle Lausanne, au 1cr.)
Eco le d e s é l è v e s- instit u t e urs des deux langues , DIRECTEUR : ::IL Georges Hopfner, de T hal (Alsace) . E cole d es élè v es - institutri ces fra n çais es DIRECTRICE ·: ;\lm• Veuve J os. Venetz-Calpini, à Sion. SURVEILLANCE : Jll ll e Hélène Yergen, de Martigny.
Districts : SIERRE: li!. HÉRENS: :IL SION : }[. CoNTHEY : M. MARTIGNY: } l. ENTREMONT: M. ST-lllAURICE: }I. MoNTHEY : :ll.
I nspec teu rs s colair es Domicile: l'abbé J .-B. R ey, r év.-cUTé, Montana Fabien l\Ioos, juge-instr., Sion A. Lamon, directeur F rs Gir oud, préfet-subst. Ch amoson :\Iartigny-C. P .-Jos. Rouiller, inst. Sig·éric Troill et, juge-inst r. , Bagnes lechanoineBurnier, rév.-curé, Vér ossaz Vital Cornut , notaire, Vouvry
NB. L es noms imprimés en PETITES CAPITALES sont ceux du personnel enseignant qui débute dans l'enseignement.
-
........................................!!!!'!!'"""'""""'""""'"""''"""'"""''"""'"'"""'"""'""'""'-
~
Co~munes
1
Ecoles
1
Personnel enseignant Communes [
District de Sierre Ayer Challais
Chandolin Chippis Granges Grimentz Grône Lens
Miège Mollens Ran dogne St-Jean St-Léonard
Ayer , mixte 1\lission, > Vissoie, • Garçons Filles Elém . mixte Rechy, garç. filles Mixte
Fa1w Garçons Filles Garçons Filles Mixte Gar çons Filles Loye,Merdess. Lens, g. I g. II • f. I f. II CJ1ermignon,g. g. f. él. m . llfontanaz, g . f. Icogne, mixte Garçons Filles Garçons Filles Garçons Filles St-Jean, mix. Painsec, mix. 1\fayoux mix. Garçons Filles et él. m .
Joachim P eter Basile Theytaz Tuiart. V uigner Damien P errucltoud Virginie Rudaz-Pellanda Mélanie Praz Cyprien Perruchoud Mélanie Penucl1oud Victor Rossier Benjamin Caloz Alexandre Favre 1\iathilile Andereggen L ou is Bruchez LOUISE PONT
Cyprien V ouardoux Maurice Bruttin Eugénie Bruttin l\larie Amoos Jcan-Bapt. Studer Pi en e-Louis Rey Rde Sœur Ursuline François. Barras Candide Lamon 1\[artine Romailler Marie Mudry-Filliez :B'.rançois-J os. Rey Catherine R ey MARIE Mt'DRY :N'icolas Clavien Cécile Clavien J eau Gasp oz Aut. Besse Martin Pralong J os. Berard Jean-Bapt. Crettaz J ean-J os. Praz Louis l\Iassv Ignace GilÙoz Deux Sœlll's de St-Joseph
St-Luc Sierre
Venthône Veyras·
E coles
3
Personnel enseignant
Garçons Filles Garçons fr.I
Pierre Fournier Marie Canaux J os. Quinodoz fr.II Jean Pitteloud > fr. III Etienne Gard Fill.fr. et allm. Rév. Sœurs Ursulines Garçons, allm. Louis Then en Louis Favre Garçons F illes Célestiue Rey (voir 1\Iiège)
l
District d'Hérens Agettes Ayent
:Mixte St-R omain , g. f.
Evolè11e
Hérémence
lllase Nax St~i\fartii1
Vernamiège Vex
Vincent Pittelo11d :Maurice Perraudin Sœurs de St-Joseph F ranç . Gaudin Catherine Ri and Sœur de St-Joseph P ierre Gaudin Catherin e Rumpf J ea.n Gaspo7.
Botire, g . f. Elément., m. Evolèu e, g. > f. H andères, g. E LISABETH BALE'.L' f. Lannaz, mixte P ierre P ralong L aurent Gas11oz La Sage, m. Louis Daye1· Garçons Filles Madel eine Bomdin ll'[arche, mi4t e P iene Follonier Euseig·ne, m. J n-Jos. Seppey Garçons Grég. Rossier Ambroisine Bonvin F illes Emile St affelbach Garçons Philomène Beney Filles Martin Beytrison Mixte J os. Rey Su eu, mixte Ant. Z ennatteu Eison, • La Luette, m. Victor R ossier Martin Rey Mixte 1 Garçons Franç. Cretta1. Sr Màrg·uerite Filles Elém. mixte / Jean-Jose ph Crettaz
'.
/
'
5
-
Communes
Ecoles
Sion
District de Sion Arbaz Bram ois
Grimisuat Salins Savièse
.
Sion
Garçons Filles Garçons fr. Fi.li es, franç. Franç. iuf., m. A.Hem., mixte Garçons Filles Champlan, m. Garçons Filles St.Germain, g.
Félix Carroz Cé lest. Constantin Casimir vVetz ler Marie Brntti n Ida Barheri ni Al. Srnnmennatter Zacl1arie i\f abil I arc! E lisabeth lliullcr Jos. Dolt Louis Pralong Cr(•sence Perrucho11d J ean Nicias f. Phil. Gauthier Drône, g·arç. Germain Debons :fil les Elise Debons Granois, g. Aug, Rey-1\fennet » f. Rose Luyct Chaudolin, g. PrnnnE FoLLONIER f. Marie DLLbuis Rouma:1.-0r, g·. J os. V ergère • f. i\farie Reynard Cours rép. Benj. Roten Garçons,fr.I • II Rév. Frères de JV[arie » III
1
»
IV
• V • VI » Vll all.I » II .l\lusiqu ,chant Gymnastique Fill.,fr:I,Il,IlI » IVetV • V » VI • a 11. I »
0
• II
} sous
l:.a:::~~~
Veyson naz
Ecole second. pr. fül. franç. Mnsique,chant Planta Ec. du soir, g . • » » f. Dessin Orphel inats Chateauneuf m. La llluTaz, m. Maragnenaz Uvrier, garç. » filles l\Iixte
Trois Rév. Sœurs Urs. de Fr. Charles Hronni Dames francise. cl' Angers Angelin Machoud Eu1ihr. Bochatay Ch. Gessler Rév. Sœurs Jos. Torrent Alphonse Guigo:1. l\Iaurice Pochon J os. Gau clin Rév. Sœur de St-Jos, Jean :Fournier
Ardon 1
Chamoson
ins1iectcur scolaire Charles Hicenni Jules Bohler Sœurs Ursul. de Fribourg Lee et Mad. de Riedmatten Adèle Abbet j)fathihle de 'fon en té Rév. Sœur Ursul. de Frib. Henriette Pont
Personnel enseignant
District de Conthey
de M.
JI
Ecoles
Communes
Personnel enseignant
-,
Con th ey
Aug·uste Favre Ernest Navill e Victor Darbellay Sara Dounazollo Julie Delaloie Marie Gaillard » III Eug. Farquet-Délitroz Enf. m. Henri Gaist Garçons I » II Emm. Remondeulaz » III J ul es Gaist Joséphine Carruzzo Filles I Augustine Favre • II Delphine Gaist • III Grugnay, m. Vital Darbellay St-Pierre, m. Jllaurice Besse Plan, garçons Maurice Farquet A.nt. Pntollaz-Evéq uoz • filles Clam Evéquoz • él., rn. Jn-Ba11t. Roh Aven, g-arç. Césarine Dayen » filles Enle, g·arçons Daniel Putallaz » filles Math. Dissimoz Premploz, g. F .ranç. Berthouzzo » filles Icla Udry-Fumeaux Daillon, garç. 1 Louis Gennanier » filles 11:1.élécite Gennanier Gar çons I » II » III Fillés I • II
6
7
Communes [
Ecoles
1 Person.nel
enseignant
Communes Bagnes
Conthey
Nemlaz
Vétroz
Sensine, g·arç. • filles Bourg·, mixte P lace, garç. filles Cours cent.rép. Haute-N.,garç. • filles Basse-N.,ga1·ç. filles Beuson , m. Brig·non, m. Baar, mixte Clèbes, m. Fey, mixte Saclens, m. Aproz, m. Garçons Filles Elément , 111. Magnot, m.
Edouard Evéquoz :Eugénie Berthouzzo Emilien Jacquemet Maurice 'rorrent Célina Antonin Albert Duc Maurice Fournier Cécile Fournier Jea,n Glassey Lucienne Fournier Marie Charbonnet François Maytain BaTth. Michelet Antoinette Glassey Sympl1. Maytain J.-Jacq. Jlfariéthocl ÂLEX.A.NDlUNE GILLIOZ
Emile Germanier Rosalie lliartenat ELISE J\foRFJN Maurice Lugon
District d'Entremont Bagnes
Chàbles, gel êc. Rel Chan. Fellay garç. Franç. Maret Célina De la,rse • filles Bruson, garç. Maurice llfaret garç. Pauline Vaudan V erseg·éres, g·. Ls .-Eug. Gcnoud f. Elise Gard Ch ampsec, g. Eclouarrl Carron f. J\farg. Ma.ret-Guigoz Lourtier, g·. Emile Troillet • . f. Eugénie 1'roillct Sarreyer, g. :il'Ian rice Perraud in f. ÂDÈLE BESSE llfontagnier, m. GUSTAVE Dm:,ARsf: Médi ères, m. J os. ll'lichelocl Ve1'bier, garç.l Louis Gailland filles Gertrude ll'Iichauçl •
Ecoles Fontenelle m. Cotterg·. m. Villette. garç. filles Prareyer, m. Cours répét.
Bg·. St-Pierre
Ecole second. » garç. • filles Ville, garç. Liddes • filles élém. m. Chandonne,m. Dranse, m. Fontaine, m. Vichères, m. Ville, garç. Orsières » filles élém.m. Praclefort. g. • fil!. I ssert, m. Son. la Proz, m. Ch. l. Reusc,m. Soulalez, m. Chamoille m. Rosières, m. Commaire m. Rcppaz, m. Arlaches, m. Sembrancher Garçons I
•
. II
Filles I
II
Vollèges
Chamoille, m. La Garde, m. Cours répét. Le Plan, garç. filles Levron , garç. » filles • mix.
1
Personnel enseignant Louis Perraudin Alphonse Michaud Maurice Vaudan Julie Troillet Angelin Terrettar. Maurice Vaudan Maurice Maret Rd Abbé Ant. Studer Ch. Dorsaz Marie Balloy Ls-Aug. Meilland Augustine Balley Clotilde Riche Jules Dorsaz Jos. Meilland, cle P.-Ign. .Adolphe Mêtroz Germ. Dorsaz Cyrille llfaillard Louise Lovay Monique Rausis Maurice J oris Aug. Roduit Félix Dorsaz Léonidc Darbellay Louis Moret Ferd. R oserens Hélène llfaillanl PIERRE J OS. MlCIŒLOD Vital Exquis Céline Martina! J EAN BERTHOD César Emmonet Rey, Chapelain ! saline Taramarcaz Antoinette Puippe Jean Vernay Jos. Léon Voutaz Louis Delasoie J os. Moulin Marianne Rard Jos. Terrettaz Henriette J oris-Terrettaz Hortense Pellaucl
8
9
Commun es Vollèges
Écoles C~emin, m. V1nse, m.
1
J
Personnel enseignant
Communes
Henriette Bruchcz Hortense Abbet
l\fartigny-C.
District de Martigny Bâ.tiaz Bovemier Chanat Fully
Isérables
Leytron
llfartigny-Bg.
Martig·ny-C.
Garçons Filles Garçons F illes Garçons Filles Elém., mixt e Vers l'Egl., g. > f. é l. m. Chataignier, g·. f. Branson, mix. Eulo:,;-Buit, m. Chiboz-Ran.,m. Gar çons I Garçons II
Fabien Exquis Marie Luy Maurice Terrettaz Ursule Terrettaz Robert Moret CÉLIMA GrnAR D
J os. Moulin E douard Boson Hél. Bender-Terretta;r, Am. Taramarcaz FrédéTic Carron Rose Vaudau Célestin TaTamarcaz Marguerite Rossier Lo uis )lfagnin CASin!IIl F AVRE
Ezéchiel Fournier Marie Gillioz Ma.del. Favre Plan, garç . Jules Luisier • filles P auline BTUchez él. m. Louisellc Naville Produit, g·arç. Maurice Roh Montagnon, f. Marie Michelod-Mariétan Dugny, mixte Alfred Roh Garçons I E ti enn e Sixt II V alentin Farquet Filles I Antonie Gross II Elise Garin E lem. m. Marie Lngon -Frasscrens Ch emin, m. PIERRE P ELLAUD Jeurs, mixte Auguste Guex Trient, mixte Adolphe Métroz Ravoire, ga.rç. Candide llfax » filles Elise Luy Cerg·neux, m. Alexandre Guex Fontaine, m. PrnRm;-J os. BounGE01s
Filles I • II
Martig ny-V.
R iddes
Sai l Ion Saxon
1
Ecoles
1P
ersonn el enseignan t
Louis Sau dan H enri Saudan Cécile Saudan Anna Jl'loret-Rouiller L éonice Gtty-Bal m~z Rosine L11gon E R NES'l' Gm,mn Nestor Girard II Victorien Darbellay III NatlrnJie Wo11i lloz Fi lles T Léonie Farqnet n J\farie Burtin HI Cours cent.rép. P.-J os. Roniller Anna Calpini E c. part. f. Coll. S.t-llfarie Rév. F rères de Mar ie E c. part. et euf. Rév. Sœurs de l'Hopital Berthe Vallet Gn ercet, m. Anselme Mathey Garçons I Louis Monnet Garçons II Rosa lie Ribonly Filles I Cécile Riborcly II Garçons l Etl. Delaloi_e ) frères J os. Delalo1e ) II llfAnrn MAYE Filles PA UL P ELLOUCHOUD Garçons I E~lIUl FELLAY II Joseph Crettenand III Suzanne Dcnicol Filles I Marie Gaillard-Jaquet II Hélène Claret • III m. 1 Cath . Théta.z Gottcfray, » m. pr ot. Alfr. Mottiez R appes, m. Croix, m. Brocard, m. Borgcand, m. Cret ta:,;, m. Li troz, m. Garçons I
1
District de St-Maurice Coll onges Dorénaz Evionnaz
Garçons Filles Dorénaz, g. f. Alcssc, m. Garçons F ill es
Franç. Blanchu t Louise Blanrhut-R ou iller T H ÉOPilILE BALAY
Angèle Médico Ant oine Rey J os. Genond Emma Abbet
•
10 -~~!""""!!'!!!!!!!!!!!!!!!!'!""""!!'!!!""':""""!!!!!!!!!!!!!'!!!!!!!!!!!!!'"'!!!!!!!!!'!!"""""""!!!"!!!!!!.
Communes
I
Ecoles
IPersonnel enseignant
n
-
Communes Collombey
Evionnaz Finshauts
Massongex Mex Salvan
St-Maurice
Vérossaz
Balmaz, m. La Rasse, m. Cotze et Léamon, garç. Cotze et Léamon, filles Giétroz m. Châtelard, m. Garçons Filles Daviaz, m.
Edouard Fellay LYDIE DAllBELLAY
CÉLINE BAILLIF ARD Â.LEXIS COUTAZ
Basile Penaudin P.-Nic. Dorsaz 2 Rév. Sœurs de St-Joseph Sigéric Fellay Jfüx:te Félicien Délez Ville, gurç. Ra1)hael Bochatay • filles Just. Fra.chebourg· • élém.m. Remi D écaillet Miéville, m. Louise T errettaz Granges, g·. Maurice Coquoz f. LOUISE LONFAT TuJarécottes, g. Louis Coquoz • f. Justine Michelet Tretien, garç. Eugène V œffray • filles Cath. Claivaz V ernayaz, g·. Remi Claivaz f . Lou rsE REv AZ • élém .m. Emma Bochatey Cours répét. Fréd. Gross Garçons I Vital Lattion lI Henri 'r issièr es Fil. I. II. III Rêv. Sœurs de la Présent. Ecol. enf., m. Epinassey, m. Charles Bex François Fellay 1 Garçons Delphine Luisier 1· F illes
District de Monthey Champêry Collombey
Garçons j Fill.etélém. m. Gar çons J. II. Filles
Jos. Métroz 2Rév. Sœurs de St-Joseph François Bovier .T 0$. Caillet-Bois Rév. Sœurs Bernardines
Muraz, garç . fi lles I llarsaz, m. Gar cons I • II
Personnel enseignant Cyrille T issières I saline T urin F ERRÉOL D ÉFAGO
F . F r ançois B onvin F . Camille Zelmer F . Henri Défago III F . Auguste Julier IV Ch. Hammerschmitt, Dirteur E cole m oy. Angèle Guali no Filles I II Clot hilde Vi'uilloud Blanch e R appar. • III Berthe Delacoste IV E nfan tin c Agnès Grenat E co les part. R év. Sœms de St-J os. Outre-Vièze,g. Jean Mêtraill er • f. I rma P ottier P ort-Valais Bouveret. g. Gustave Ourdy f. Octave Ourdy Evouettes, g . E mile Schurmann • f. Béatrix CleTC St-Ging·olph Gar çons 2 Frères de St-Genis Laval F illes 3 Rév. Sœurs de la Présentat i on de Mari e T roistonents Ga.r çons Adolphe Dubosson 2 Rév. Sœurs de St-J oseph F illes Â.LEXIS Jlfo:tŒAY Ch emex, m. Chenarliet , m. Aurélie P e1Tayaz J\Iorg ins, m. Ed ouard Mar clay Vald'Illiez J os. Gr enon Ga.rçons B asile E sborrat 2 R . Sœurs de St-Jose ph Filles Vionnaz Garçons R emy Vannay Fill. et él ém.111. 2 R év. Sœurs Urs. de Brigue R evereul az, g . J os. Mariaux f. Marie Br essoud-Mariaux Elie Levet V ouvry Garçons I l\Ia1·celin Cornut • II Filles I et II 3 Rév . Sœurs de St-Joseph Ecole enfant. Miex, m. F ercl. Delavy Monthey
Â.LPHONSE F ELL AY
Ecoles
.
Supplément à l'ECOLE PRHUIRE
12
.,. Enseignent hors du cant on on à l'étranger, dans des écoles cath oliques ou des institutions particulières: MM. Ulr. Gaillancl, à Bretig,1y , J .-Jos. Hiroz, à Chavornay, Jos. Héritier. à Bex, l\foe Vittoz, à Montreux (Vaud), Jean Quinodoz et Ernest Gaillard, en Hollancle, 11111 c, Hélène Delasoie, à Vevey, J os. Bianchetti, à Lausanne, Augusta Cretton et Marie Mério, en Fr ance, Adèle Défago et Hél ène Fracheboud, en All emagne, 11.arie-Thér . Richar d, en Italie. (Sauf erreurs ou omissions à signaler à qui de droit.)
Ecoles normales Elèves·instituteurs de langue. française Il"' année. - Bender Frédéric, Beney Auguste, Bornet. J ules,. Carruzzo Joseph, Clemenzo J ean, Décaillet Maurice, Dondennaz Alfred, Dorsaz F ran çois, Fournier Florentin, F rachebonrg· Clément, Girond François, Lambicl J oseph , Maye J osepl1 , Papilloud Lucien , Perraudin Alfred, Voutaz; Joseph. - 16 élèves. P • année. - Bcrthod Jean, Bétrisey Séraphin, Brocard, Gabriel, Borg·eand Cyprie1; , Chevrier Jos. et Pierre, Coquoz Louis, Dubuis Gustave, Frnssard Charles, Farquet Alexis et Jos., Gillior. Jérémie, Héritier Germain, Lonfat Louis,. Lambiel Paul, Mabillard Mamice, .Métrailler .Antoine, Roh Julien, Varone Jérôme, Voutaz Jos eph, Vaudan Ls-Edouarcl. - 21 élèves. 0
Elèves-institutrices de langue française Il"' année. - Anderlecly Marguerite, Donnet Maria, E mery Catherine, Favr e Eugénie, Gaillard Jeanne, Landry Marie, Mariaux Hélène, Michaud Augustine, Molk Caroline,. Mor et Emilie, Moulin Julie, Pierra.z Anne-Marie. - 12 élèves. P- année. - Bender Emilie, Besse Hedwige, Constantin Ange-Marie, Crettenancl Constance, Défayes Cécile, Dela-· soie J udith, Favre Marguerite, F ellay l\Iarie-Louise, Follonier iVIarguerite, Fumeaux Elise, J oris Marie, Michelet Marie-Ant., Rey }Iarie, Riquen Marie, Sa.nclau St éphanie • Sauthier Cécile, Troillet Marie. - 17 élèves. 0
0
ZERMATT , Par un soltiil d'été que les Alp Bs sont bellfls l > Le poète qui l'a chanté avait pour Cérès une prédilection sans doute bien naturelle, mais que je ne partage pas. Pomone est ma favorite, j'aime sa langueur et sa mélancolie, elle symbolise mieux l'éta~ d'âme _du. P?~te, elle s'harmonise mieux avec ses penseeR. Aussi dirai-Je : Par un soleil d'automne, aux tièdes rayons d'or, Eu sa froide beauté l'Alpe est plus belle encor 1 Pour la chanter, mon luth n'a qu'une voix chétive, Mais mon cœur pour l'aimer n'a point de foi plus vive!
Et là-dessus, suivez-moi, cher lecteur, dans cette promenade à travers bois. Vtinez un instant, oub liant vos soucio, vous retremper dans la douce p 1ix de la mon:. gne; abandonnant pour un jour consacré, le travail de l'homme pour l'œ •1vre de Dieu, venez un .peu admirer la nature dans ce qu'elle a de plus beau et de plus écrasant, de plus grandiose et de plus terrible: ses glaciers et ses neiges éternelles. V1sitn ces choses-là au seuil de l'hi ver vous semble peut-être une anomalie, mais, de grâce, détrompez.vous. A cette épo~ue enc~re belle de l'année, qui s'appe lle l'été de la Sa1nt-Mart10, les Alpes, dans cette évolution qui change l'émeraude de leur velours contre le blanc de leur hermine, les Alpes sont bien plus belles ; de simples bergères, elles sont devenues reines, reines de l'empire dt3s glaciers, d'une royauté éphémère, si l'on veut, mais plus noble et plus imposante que toutes les royautés de la terre, la seule royauté du reste que je reconnaisse ici-bas, parce qu'elle n'enlève rien à la dignité, à l'égalité de l'homme, et qu'elle n'a rien qui puisse froisser lt3s bonnes âmes républicaines. Aller à Zermatt sans passer par un payil conquis; voir sa superbe vallée 9ffranchie de la domioation étrangère, voir ses chalets déb arrassés des oripeaux de la réclame, et, en foulant ce sol si franchement helvétique, pouvoir entonner d'un cœur allègre le sublime cantique : , Les Alpes 1,ont à nous 1 >, sans crainte de déplaire à des lords ou à des milords, voilà q.ii n'est point banal et bien de nature à vous faire préférer, déjà rien que ~~ 2
-
2 -
po~r cela, Pomone à Cérès, et l'hermine du roi des Frimas au _p_ourpoint chatoyant de la coquette Flore. Nous vo1c1 à Stalden, la première slation de chemin ~e fe! d_e ce petit pays inconnu il y a dix ans, et auJourd but, grâce à la vapeur, en relations direcres avec les pays d'outre-mer. , En face de nous, dominant une colline en pente raide, ou les v~rgers et les pampres étalent leur verdure de f~aicheur mégale sous les frondaisons pourpres des ceris10rs, un clocher dresse fièrement sa flèche argentée audess~s , des ?halets noi.rcis, c'est Stal~enried, un village où, s1 l ~n n eotend pomt de piano, l on doit, par contre, respir~r un excellent air, ce qui me paraît une large compensation. La V?ie ferrée, par des to1;1rs ~e force remarquables, a réu~si à se_ frayer un chemrn sur et rapide à travers l~s mille accidents du terrain, tantôt au milieu des éboulis, tantôt rampant le long des parois de rochers ou côto:yant les a~îmes. C'est ici qu'il faut admirer le géoie de l ~omme, s1 savamment appliqué aux choses de Ja création. Là haut, sur _ce~ hauteurs vertigineuses, campée sur un ~oc nu qui s avance en promontoire dans les airs l'église d'Embd, . si ha?t j~chée qu'on la prendrait pou: une forteresse, si ce n était une basilique. . Le paysage, . pour ~tre sauvage, n'en est pas moins riant e~ romantique; c est une succession de collines et de petits plateaux sans solution de continuité, bordés de hauts rochers et de bouquets de bois, arrosés par les eaux glaciales de la Viège, dont le murmure ressemble à un loog bruissement d'écailles. Voici Sain~-Nicolas, un gracieux village à demi-caché dan:1 u~ repli du tei:rain, au pied d'un vert côteau où les sapms, les mélezes et les rouges cerisiers confondent leurs couleurs vives d'étendards. La coupole arg~ntée de l'église de Saint-Nicolas doit lui donner en hiver,. l'aspect d'un village russe. Randa, la der~ière étape imp?rtante avant d'arriver au point terminus. Ici une ~urpri~e est réservé_e aux touristes, c'est plus qu'une surprise, c est un grandiose spectacle qui étreint vigoureusement le cœur des novices de la montagne c'est le déplo10ment panoramique du glacier du We1sh~rn éta]ant au grand soleil son immense carap tee arg~ntée couverte d'efflorescences da neige pareilles à des den~ telles de cristal et à des franges d'écume.
3 -
Devant cette mer de glace qui semble inaccessible, on se demande comment l'homme, sans autre motif qu'une satisfaction puérile, ose affronter ce redoutable océan, côtoyer l'insondable rimaie, escalader les névés dangereux, enjamber les noires crevasses, voir la mort en face à chaque pas 1 Les glaciers sont une des plus riches créations de la nature, c'est sans contredit le clou de la montagne, c'est la perle incomparable enchâssée dans les griffes gigantesques des rochers; mais, pour les bien voir et les admirer, il ne faut point y trnîner la boue de ses souliers, mais les contempl.er à une distance respectueuse. Ainsi que le coursier qui pressent l'arrivée à destination, le train a repris une allure plus rapide. Nous sommes dans la petite plaine de Tresch, les femmes endimanchées sortent de la messe, longent les chemins dépourvus d'ombrages; elles portent en guise de coiffure un mouchoir de couleur en forme de triangle, qui est loin d'avoir l'originalité du chapeau des femmes de Saas ; des troupeaux de vaches et de chèvres errent en liberté dan~ les prés à l'herbe rase, faisant de fréquentes incursions dans les carrés de choux qui détonnent gaîment dans l'aridité du paysage ; ces pauvres bète~, nos frèr~s inférieurs, suivant l'expression du doux samt François d'Assise, paraîtraient bien heureuses dans un cad1·e si bien fait pour elles, sans l'horrible destinée qui les attend infailliblement, cette fin fatale, inéluctable, à laquelle elles sont vouées et qui apparaît comme la plus cruelle injustice de l'homme envers des êtres qui n'ont vécu que pour lui. Pour ces malheureux esclaves voués au joug de la domination humaine, il n'est pas de honneur, même relatif, et je me demande souvent, en les voyant nous regarder de leurs grands yeux suppliants, si ces pauvres sacrifiés n'ont pas comme une vague et lointaine perception de l'horrible sort qui les attend. . Un long coup de sifflet déchire l'air, répercuté par l'écho des gorges profondes, la vallée s'élargit tout à coup pour finir en une vaste arène ayant les glaciers pour ampbi1héâtre et de grands bois · noirs pour décors; d'immenses façades se détachent de la pelouse, un quartier de belles construclious modernes apparaît, à travers les ,branchAs nues des aliziers, le train stoppe, nous sommes à Zermatt. Zermatt est trop connu pour le décrire; c'est une station alpestre de premier ordre, une ville en miniature,
-
4
-
avec de somptueux hôtels alignés le long d'une rue à trottoirs, sur lesquels s'o·tvrent d'immenses vérandahs, de riches magasins et de beaux bazars. Le ZRrmatt d'autrefois, Je vieux Zermatt aux pauvres chalets et aux étroites ruelles ne Mra bientôt plus qu'un souvenir ; le Zermatt d'aujourd'hui est l'œuvre du père Seiler, un enfant du pays, qui est lui-même le fils de ses œuvres; le père Seiter a été le principal fondateur de l'industrie hôtelière alpestre en Valais et à ce seul titre a droit à la reconnaissance de ses concitoyens. Mais Zermatt n'est pas seulement cette jolie cité alpestre, au cœur des glaciers, dont la vogue va toujours grandissant; Zermatt, c'est le Cervin, car sans ce géant alpin, orgueillenx et solitaire, qui de sa masse pyramidale semble défier tous les titans d'alentour, Zermatt, malgré son air pur, malgré ses glaciers et ses neiges éternelles, serait encore le pauvre village valaisan relégué dans la zone des régions abandonnées, ignoré presque du monde entier. Le Cervin n'est pas, par sa taille, le roi des géants alpins; à ce titre, il a des rivaux et même des maîtres ; mais il l'est par sa forme et par sa situation. Cette pyramide colossale, rappelant les tombeaux des rois égyptiens et née d'une tel'rible convulsion de la nature, c'est le joyau de Zermatt, son plus bel ornement, sa gloire et sa fortune. Roi de pierre, il a r€çu plus d'hommages que tous les rois de chair et d'os et combien plus sincères 1 Penser que pour voir le Cervin on en est arrivé à créer des trair.is directs de Londres à Zermatt, c'est assez dire la renommée de ce roi des montagnes et l'enthousiasme qu'il inspire à ceux qui vont l'admirer. En contemplant cette merveille de la nature, on ne peut se défondre d'une vague amertume en songeant qu'un jour peut-êfre, subis9ant le sort de son infortunée sœur, la Jungfrau, le mercantilisme moderne vienne enlever au Cervin sa primitive beauté et sa sauvage poésie en suspendant à ses flancs la crémaillère d'un chemin de fer électrique. SoLA.Nnrnu. ---00.00~.oc-cc:-----
Utilisation des feuilles d'arbres La pénurie de la paille se fait de plus en plus sentir; et tandis qu'il y a quelques llnnées le prix du foin dé-
-
5 -
aesait celui de la paille de 1 à 2 fr' par q~intal, c_'est iujourd'hui l'inverse qui se produit. Ainsi la mat.1ère alimentaire qui a le moins de valeur est la plus chere; c'est anormal, mais telle est la situation depuis nombre d'années, au moins dans certaines régions. Il faut donc suppléer au manque de paille pour litière par autre chose. Celui qui a des feuilles d'arbres à sa disposition ne doit pas négliger d'en faire usage, car elles ~e C?~.tent que la peine de les ramasser. Quelle mauvaise ht1ere 1 dira-t-on. Je conviens que la paille, les bâches, la t?ur_be sont meilleures; mais on connaît le proverbe qui dit: • Faute de grives, on mange dea merles. , De même, faute d'autres litières, on emploie les feuilles d'a1·bres. Lorsqu'il s'agit de forêts, l'enlèvement ~e _toutes les feuilles a des inconvénients, car ell~ mamhennent la fertilité du sol et la fraîcheur nécessaire en protégeant aussi les jeunes plantes contre les intempéries. Mais lorsque les feuilles tombent dans les fossés, sur les chemins, sur des prairies ou des champs, on p_eut san~ aucun inconvénient les enlever pour les faire servir de litière. Les feuilles contiennent passablement de potasse et d'acide phosphorique; par exemple, dans les cendres de quelques essences les plus communes o_a trouve 21 ~10 de potasse et 9 112 010 d'acide phosphorique: ces p_rmcipes si utiles au sol y rentrent donc par les feu:lles ayant servi à la litière. .. . . . Les feuilles que l'on veut ut1hser pour la ht1ère doivent être ramassées par un temps sec autant que possible et au fur et à mesure des besoins, car elles s'é· chauffant à la longue lorsqu'on les met en très gros tas. Le transport des feuilles sèches n'est pas très facile, parce qu'elles forment un énorme volume pour un poids relativement miniine. On se sert généralement pour cela de g1·ands draps (fleuriers) qu'on noue aux quatre coins et qu'on porte sur l'épaule. Ou bien on peut faire usage aussi de grands filets ad hoc; on ménage ainsi les draps, qui ont passablement à souffrir du transport. Si on ne possède ni draps assez grands, ni fi.lets, on charge lee feuilles tout simplement sur une brouette à laquelle on met des hausses en planches. . . La litière se fait en tép r ndant un bon ht de femlles sous les bêtes , qui s'~n contentent parfaitement, quoiqu'~lles préférasi.ent, je n'en doute pas, une bonne litière de paille. Le fumier de la litière de feuilles est moins
-
6 -
abondant que celui produit par la paille, mais il n'est pas moins utile. Les feuilles mortes sont donc une ressource pour la litière, resêource qu'il ne faut pas négliger, surtout dans une année où la paille est rare. On ne peut avoir la prétention de faire de la litière de feuilles pendant longtemps, mais si on peut en faire pendant quelques semaines, c'est toujours un temps pendant lequel on ménage la consommation de la paille. S. L.
-
('~~----
Aujourd'hui et autrefois (8ouvenlrs d'on vieux ré,ren& valal&an) /Suite) Mals pour une école, qui comprend tous les degrés surtout, la rédaction du plan horait·e n'esL pas si aisée qu'elle pourrait le paraître de prime abord; maints instituteurs, capables et zélés cApendant, ne parviennent pas à trouver exactement le Joint, ou ne réussissent qu'après de longs tâtonnements. Le plan horaire est un problème compliqué, dont la solution n'est pas des plus faciles, et qui a fait le désespoir de plus d'un maî re. A part les conditions déjà énumérées, et que doit remplir l'ordre du jour, il ne peut être fait, par exemple, uoe récitation d'un côté, tandis que de l'autre il y a exercice · de lecture : les deux leçons s'entraveraient réciproquement. De même, deux exercices qui demandent la direction exclusive du maître ne peuvent avoir lieu, dans le même temps, dans deux divisions distinctes, et il ne peut être confié à un moniteur que la direction <lu cours inférieur, lorsque ce moniteur est en état de s'acquitter de ses fonctions avec le même succès que le maître luimême, et dans ce cas faut•il encore que l'instruction de l'élève n'ait pas trop à souffrir de cet éloignement momentané de la division à laquelle il appartient. D'autres · règles sont encore à observer, à l'ègard surtout des commençants, afin de leur rendre le séjour de la classe aussi agréable que profitable à leur développement intellectuel, comme, par exemple, d'éviter la durée trop prolongée d'un même exercice, afin de ne pas donner priRe à l'ennui et au dégoû.t de l'étude, Voilà déjà de gros soucis, inconnus des fortunés pédagogues de jadis 1
-
7 -
Quant au contrôle des autorités scolaires, nous estimons qu'il n'y a rien de comp:uable, en fait de réalité et d'efficacité, avec le contrôle ridicule et odieux que les Impuissances européennes exercent depuis trop longtemps en faveur des bandits de S tamboul. Ce contrôle est exercé sérieusement chaque mois par le1:1 Commissions scolaires qui, à chacune de leurs visites, s'assurent des progrès réalisés depuis le mois précédent, et rapport est fait à M. l'Iospecteur à la fin du cours, et même, au besoin, immédiatement. M. l'laspecteur, de son côté, visite au moins deux fois oendant l'année scolaire toutes les écoles de son arrondissement, sans oublier, bien entendu, les cours de répétition, auxquels il est voué une sollicitude toute particulière, el il est facile de se convaincre que ces visites ne sont pas faites purement pour la forme, qu'elles ne constituent pas un simple acte de présence, puisqu'elles servent à établir le rapport annuel détaillé que MM. les Inspecteurs doivent soumettre à l'Etat, quelques semaines après la clôture des cours, afin que ce dernier, à son tour, puisse rendre public, en même temps que le compte-rendu de la gestion des autres dicastères, celui du Département de J'Iostruction. E t dira-t-on que les examens d'émancipation, les examens préparatoires au recrutement, l es examens pédagogiques sous la direction d'experts fédéraux, ne sont pas un contrôle sérieux ? Ce serait nier la lumière en plein midi. Est-ce les instituteurs valaisans qui, à la suite des examens pédagogiques, sont charRés de dresser le tableau de la statistique fédérale? On pourrait le croire, sans doute bien à tort, en voyant le Valais figurer pour 1896 au 15me rang sur 25 Etats, malgré ses six mois d'année scolaire, sa situation topographique exceptionnelle qui rend parfois difficile, même impossible, l'accès de l'école dans les régions élevées, et un minimum de traitement pour les insti tuteurs qui est dépassé dans tous les Etats de la Confédération, sauf un dt3mi-canton, lequel se trouve, avec le Valais, sur un pied d'égalité. Si on tenait compte, dans la fixation des traitements, du rang occupé dans la statistique, le Valai ~ laisserait après lui 10 Etats, et de longtt,mps il ne serait plus question de l'ombre d'une grève chez nous, car les institmeurs valaisans, dont les modestes prétentions et le bon naturel ne sont pas douteux pour les gens raisonnables, seraient satisfaits pour un temps illimité; mais ils se
-
8
-
montrent moins exigeants, sans mème rapprocher le terme de nouvelles revendications. Les instituteurs du bon vieux temps, de regrettée mémoire, avec leurs dispositions à la somnolence, au doux far-niente, et leur léger bagage scientifique et pédagogique, auraient-ils aujourd'hui efficacement contribué à un résultat aussi réjouis<Jant, en laissant après nous Berne et Vaud 't Non seu!Ament le Valais serait dépassé par tous les Etats· de l'Europe, il coudoierait même, en fait de développement intellectuel, lss contrées où la civilisation est encore à son berceau. Et quelle belle figure nous ferions aujourd'hui, au milieu de nos Confédérés, moralement, intellectmlllemPnt et watériellemeot, si les éternels partisans du statu-quo avaient, depuis un demi-siècle, V·'liX p1·épondérante au Chapitre, · si la carrière de l'enseignement, chez nous, n'était vraiment qu'une simple sinécure 1 Un simple coup d'œil sur le plan horaire, si ce plan est scrupuleusement suivi, nous prouve que pendant les six heures de classe journahèra les moindres loisirs sont inconnus de l'instituteur, et il est évident que ce plan est suivi, sinon le Valais n'aurait pas obtenu le succès que nous connaissons. Quant à la théorie de la • page suivante , et du rôle 'exclusif que jouent les manuels au sein de la classe, l'exagération est par trop outrée. Les manuels sont indi~peosables dans toutes les écoles; on a essayé un moment de les supprimflr, mais on n'a pas tardé à être contraint de les réintégrer. Ils sont un guide, sans lequel le maître le plus capable risquerait de se fourvoyer, de suivre uae marche régulière, de laisser des lacunes, de ne pas gradu, r suffisamment son easeignemimt, car la mémoire n'est pas touj.>urs assez fidèle ou assez pr_ompte pour ne rien omettre, ou éviter une perte de temps, bien que l'on possède parfaitement les branches qud l'on enseigne. Mais le livce ne joue à l'école qu'un rôle secondaire; le rôle principal appartient à la partie du maître, pour expliquer, commenter, et au besoin pour compléter le Jiyre ; tandis que jadis le livre était tout, et le maître rien : c'est pourquoi la vieille école n'a pas fait merveille. (A
suivre./
XVIIm• ANNEE
1
SION 10 Janvier 1898
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LE S AUSPICES DE L A
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à Mai inclusivement, en livraisons de 16 pages._
Il
Prb: d'abonnement pour la 8n1He, 2 Cr. :JO. 1Jnion postale 3 Cr. -'nnonees, prix 20 cent. la ligne ou , on e, pace. . Tout ouvrage dont l'Ecole primaire r ecevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMAIRE: , ~e la , ~élation comme moyen disciplinaire. - Encore 1 arit?!11etique dans les écoles prim a ires. - Progressons ! - ~ ecole et les travaux domestiques. - Sacs d'école et s erviettes. - Placement des instituteurs en Valais. M lle Emma Bochatay, institutrice. Partie . pratique. f'r~blèmes donnés a~x dernz'ers ex amens de recrues. {Calcul ecrztl. - Style. ( Su;ets donnés aux derniers examens de recrues. - Anecdotes scolaires. - Supplément.
t
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.
~1= =
Il
~