-
t6 -
d'ai1Jeurs à peu près d'accord avec les nôtres, dit M. de Parville. Le froid paralyse les divers ferments do maladie qui sont précipités au fond du tonneau ; il diminue la fermentation du tartre, ce qui améliore les vins durs, il fait disparaitre le léger goftt d'aigre qui résulte d'un décuvage mal mené ; il détermine son éclaircissement du vin quand la température descend au-dessous de zéro. Enfin le froid peut servir à accroitre la richesse alcoolique jusqu'au 8 O/o, si l'on prend soin d'enlever les glaçons qui se sont formés. Inversement, le froid exerce une actiun nuisible quand le vin, congelé subitement en masse, repasse plus ou moins brusquement à l'état liquide. - Il se trouble par suite de la précipit!ltion du tartre devenu moins soluble : la couleur ~et le bouquet peuvent être amoindris, ce qui survient surtout :pour les vins légers particulièrement exposés à ces accidents. En somme le froid améliore le via, à moins qu'il ne le détériore. Voilà ce qui résulte des expériences contradictoires de M. Fallot. Et c'est CA qu'on peut avancer de plus vrai jusqu'à nouvel ordre. Un vin gelé se conservera mieux, mais souvent il perdra son bouquet. De sorte que, s'il fallait conclurf, il serait permis de dire qu'il en est pour le vin comme pour nous: il vaut mieux ne pas s'exposer aux températures trop rigoureuses ; il est préférable, de même, de ne pas laisser le vin se refroidir au-dessous de zero. Cela peut faire du bien aux uns mais cela peut être très néfaste aux autres. Quant à l'exposition du vin à la chaleur du soleil , chacun sait ce qu'il en est à ce sujet et connait l'influence néfaste du chaud, et cela quand bien même la température ne serait pas assez élevée pour faire tourner le vin. Pour dëbarrasser les léiumes de la vermine (limaces, vers, chenilleB, insectes), avant de les employer aux usages culinaires, il faut les plonger pendant 5 minutes dans l'eau salée. Les bestioles ne Jpeuvent supportar ce bain et cherchent à s'échapper, abandonnant ainsi leur retraite. Du reste, ce bain d'eau salée ne peut qu'être favorable aux légumes dont elle améliore le goût.
~
Prière de prendre connaissance
XV"'" ANNEE
1
-.a
~ SION 5 Décembre IS95
l'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE -D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paratt chaque quinzaine, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour la 8u1He, 2 fr. 50. IJnlon postale 3 fr. -'nnonees, prfa 20 cent. la ligne ou ,on espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura tlroit à une annonce ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
SOMMAI RE: Attention. - L'Ecole primaire. - Influence de l'exemple en éducation. - Deux mots au sujet du tableau noir. - Les devoirs envers les animaux. - La gymnastique à l'école primaire - Caisse de retraite et caisse de décès. - De la gymnastique scolaire. Partie pratique : En !tiver. En automne. Dictée. - Variété. - Supplément.
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1•• secrétaire au Département de !'Instruction publique, à Sion.
~ == = = =~
AVIS IMPORTANT Nom, avons Je plaisir d'annoncer à nos abonnés pour l'année. 189~·96 qu'lls recevront en PBliflE GB&TIJITE l'un des deux opuscules cl-après.
1. Dangers de l'abus des boissons alcooliques (Banuel d'instruction populaire à l'u11age des lns&Huteurs) par n . Thlerrin, rév. curé de Promasens. IJn opu11cule d'environ loO pages.
2. Souvenirs de Terre-Sainte par nario, opuscule d'en'Vlron 100 pages. I.e l " de ces opuscules sera réservé de préCérence à nn. les lndttu,eors, et Je 2m• à nesdames les lnstUutrlees . . Les uns et les autres ont d'ailleurs la liberté du choix ne l'indiquant dès maintenant a .ftn murs prochain, époque vers laquelle sera effectué l'envoi des prlme11.
SION. 5 Décembre
1895-96
L'ECOLE PRIMAIRE OHGANE DE LA
SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION .6.. T T :El J:::'1'" T :r: 0 J:::'1'" Toutes les personnes qui recevront les N°s 1 et 2 de !'ÉCOLE PRUlA.IRE sans ltis avoir refusés, dans le délai de 10 jours après leur réception, seront censées abonnées. La signature de celles qui refusent est nécessaire pour constater clû.ment le renvoi de la. publication. Nous appelons l'attention tonte spéciale de nos lecteurs sur l~ fait que des suppléments sont joints à chaque No de l'ECOLE PRIMAIRE. Ces annexes (loublent pour ainsi dire au bout de l'année le volume cle la publication, sans en augmenter le p1·ix qui reste fixé à 2 fr. 50 par an pour la Suisse et 3 fr. pour l'étranger. L' ÉDITEUR.
L'École primaire
Chronique et avis scolaires Per1onnel enseignant. - Le tableau promis pour ce N°. n'étant pas encore tiré, quoiqu'il soi t près de l'êtrej sera joint sans faute au prochain. Travaux à l'alsullle. - L'art 26 de la loi scolaire, prévoyant que l'enseignement des travaux à l'aiguille doit être donné aux filles, le Département de l'lostruction publique a été dao s le cas de devoir rappeler à plusieurs administrations communales la disposition y relative, en les invitant à lui désigner les personnes qui, dans les écoles mixtes dirigées par des instituteurs, sont chargées de l'enseignement des ouvrages du sexf'. Notre pobllc,atlon . - L 'article qui a figu ré en tête du N• 1 de l'Ecole primaire a fa it quelque bruit dans Landerneau. D'après quelques correspondances que nous avons rfç ues à son suje~. il a été asse z diversement apprécié. Pour nous qui connaissons le corl'espondant et ses intentions, nous pouvons assurer qu'il n'a voulu déplaire à personne en particulier. Donc tou t est bien qui fiait bien.
Une c~es créali~ns I_es plus utiles en même temps que des plus agre~bles à 1 instituteur est sans contredit l'Ecole pri~ atre. Fecond en conseils, moral et édairé, ce journal v1en t, comme un sage et fidèle ami, le guider et le distraire durant sa pénible carrière. Il fa ut nécessairement à celui qui est appelé à travailler au bien général dans un domaine peu connu, un conseiller éclairé pour le diriaer dans sa . L ~ voie souvent ardue. 'Ecole primaire remplit cette noble mission à l'égard de l'élève-instituteur. Le maître d'école surto ut a besoin d'appui et de direction . Aussi ne sauraiton guère trouver pour atteindre le but, une forme meilleure que celle du journal qui, grâce à l'attrait de la nouve~_uté . et au char~e de l'imprévu, a ceci de particulier qu il ~ien~ en ?~Ie_rne le lecteur. Un traité de pédagogie pourrait, a la vente, suffire pour enseigner les mêmes prin-
18 -
cipes, mais dès qu'une fois il e5t lu et relu, il a perdu des avantages de l'intérêt qu'offre un journal. Un autre méri te que ne saurait jlmais avoir un manuel d'enseignement distingue encore une revue éducative. A quoi serviraient, par exemple, les rapports mêmes des inspecteurs des écoles adressés à l'Etat, si . l'essence n'en parvenait pas aussi sous les yeux de l'instituteur ? Nous sommes forcés d'avouer, bien que ce soit parfois à notre confusion, que chacnn de nous a sa part d'amour-propre qui a besoin d'être aiguillonné pour nous tenir en garde contre l'apathie ou le laisser-aller où nous tombons in volontairement tous à chaque instant. Un ressort, à force de servir et d'être toujours tendu, perd de sa force. Il en est de même de l'homme qu'une tension continuelle use et affaiblit. La nature crée, le temps détruit, voilà le mal. à côté du bien ; le travail épuise, mais la nourriture soutient et rend fort, voilà le ramède efficace contre la maladie. Il découle de ce principe qu'il faut remédier aux effets du temps. L'instituteur, dans ses pénibles fonctions, es t, en effet, exposé à se laisser gagner par une inertie involontai re qui mine peu à peu son énergie, si une cause bienfaisante ne vient réveiller son zèle assoupi par les fatigues incessantes, comme les vivifiants rayons du soleil viennent chaque année au printemps réveiller la nature endormie. Le journal pédagogique, en stimulant l'amour-propre du régent, dit au digne instituteur. « Courage, courage, fidèle dispen8ateur des lumières qui te furent confiées. Fo1·mé à l'école normale, grâce aux soins et aux sacrifi~es de la patrie, tu formes à ton tour des sujets qui feront peut-être un jour sa gloire. » L'Ecole primaire ne s'arrête pas la : elle va plus loin encore, car elle s'adresse aussi à l'instituteur puremeu t mercenaire, c'est-à-dire à celui qui pense à gagner un salaire avant de songer à remplir fidèlement sa noble et grande tâche. Elle semble lui dire : , Tiens-toi sur tes gardes, l'Etat te surveille, il rendra compte au public, œais à ta confus ion , de toute ta conduite. Si tu fais mal cette année, tu auras u ne mauvaise note po ur ton école l'année prochaine. »
19
-
Mais notre revue ne se borne pas à enseigner servilement l'art pédagogique. Elle traite souvent des sujets qui , sans être edsentiellement du domaine de l'enseionement, ne contribuent pas moins à l'instruire, faisant ainsi une heureuse diversion à la monotonie inhérente à sa tàcbe. Ce sont des fleurs variées sur une étoffe d'une seule couleur. A notre avis il ne doit pas exister un seul instituteur qui n'aime à lire le journal créé pour lui. Spécialement destin~ a~ régent, il_ l'inst~~it pl_us qu'aucu~ autre ouvrage. Et qm na pas besoin de s mstrmre toils les Jours ? L'homme est semblable, quant au savoir, à un vase qui, par une myriade de fissures imperceptibles, laisse à la loncrue échapper la limpide liqueur qu'on y a ver8ée. Pour le t:nir continuellement rempli, afin qu'il puisse utilement servir au besoin, il faut, à mesure que le liquide s'écoule, le remplacer. Le. savoir n'étant pas inné à l'homme, il s'en perd a .chaque instant. 11 faut_ donc, P?ur s'en rendre propriétaire, comme pour devemr plus riche, renouveler et multiplier :se8 acquisitions. M.-L., inst.
Influence de !'Exemple en Éducation(!) CHÈRE S Œ u R,
Dans une dizaine de jours, tu vas quitter le foyer paternel, pour porter une semence féconde dans le cœur des enfants qui te seront confiés. Set?blable à l'oi~eau qui pour la première fois va déployer ses ailes, tu frémiras, tu rencontreras bien des obstacles tu sentiras même le découragement peser sur ton cœur. Ce ~'est pas le moment de reculer : Courage, aie confiance en Celui qui donne aux faibles la force, et aux cœurs abattus, l'espérance. Tu ~s, gravés dans ta mémoire, les bons exemples, les conseils pratiques et les excellentes leçons de nos maîtresses si chères et s~, dévouées. Que ce premier moyen soit ton guide dans la carnere que tu embrasses et sers-toi des deux derniers dans une sage mesure. Les conseils, les paroles émeuvent, mais 1 _( ) Ré~. . Cet articl e est l a compositi on faite par une instit ut rice q m a su1v1 le cours de répétition de 1895 en vue du brevet défi nitif q u'elle a obtenu, n ous n'avons pas besoi n de l e dire. '
-
20
-
l'exemple entraîne. Les conseils sont la semence que tu jetteras dans le cœur de ces jeunes âmes, et l'exemple, c'est la rosée bienfaisante qui fait germer et croître cette semence. Le plus sublime exemple du chrétien, c'est Jésus-Christ luimême. Il est veuu sur la terre pour prêcher toutes les vertusr et dans ce but il les a pratiquées lui-même. Pendant trente années, il nous les a prêchées par l'exemple, et les trois dernières années de sa vie, il allia la parole à l'exemple. Imitons-le, chère sœur, et nous porterons des fruits. L'école est une seconde famille: Tu connais cette famille où les enfants sont soumis, respectueux, aimant la prière, observant fid èlement, les commandements .de Dieu, fréquentant souvent les Sacrements, et faisant la joie, et le bonheur de leurs vieux parents. Tu conviens avec moi, qu'ils marchent sur les traces de leurs parents, et tu as raison. TP.l père, tel "fils. Les vertus des parents se sont inculquées de bonne heure dans le cœur des enfants et elles ont grandi avec les années. Si tu veux obtenir de tes élèves la vraie piété, en un mot ces vertus qui ont fait la gloire de Marie : modestie, humilité et charité, donnne-leur le bon exemple. La Sainte Vierge doit être l'emblême de · la jeune fille, mais une institutrice surtout doit s'appliquer à l'imiter, puisqu'elle doit former le cœur des enfants. Unissons donc nos prières et demandons à Dieu par l'intercession de :\farie, de ne jamais scandaliser personne, mais de pouvoir en toutes circonstances prouver que notre conduite est conforme aux lP;çons que nous devons donner; marchons sur les exemples des saints qui ne reculaient devant aucun sacrifice quand il s'agissait de la gloire de Dien et de leur salut. Quanù Christophe Colomb faisait la découverte du NouveauMonde, exposé à tant de dangers, il croyait être obligé de renoncer à son projet, lorsque tout à coup, il s'écrie: Terre ! Terre! Chère sœur, clans la vie nous serons souvent tentées de nous décourager ; dans ces moments, écrions-nous, non pas Terre, · mais Ciel! Ciel ! En avant pour le Ciel. Nous aurous ainsi la. force de donner toujours le bon exemple. C. R.
Deux mots au sujet du tableau noir Le tableau noir est, dans l'école, d'une importance capitale. Plu sieurs pédagogues, aussi expérimentés qu'instruits,
nous le recommandent pour toutes les matières du programme. Nous pouvons d'ailleurs nous convaincre nous-mêmes de son utilité par ce que nous avons chaque jour sous les yeux. Je comparerais volontiers le tableau noir à une glace: il reflète, en effet, bien sou vent la pensée <tu maître lorsque les paroles les plus simples et les plus claires sont restées infructueuses. Que de fois, après · une longue et pénible explication saisie seulement par les meilleurs élèves, n'a-t-on pas vu une division entière déclarer triomphalement, après un simple exposé au tableau noir, que .la lumière est faite, que les ténèbres se sont dissipées? Veut-on résumer une série de leçons d'histoire~ la craie en main, on ét.ablira un tableau chronologique à la portée des enfants. On complètera de vive voix, par quelques détails, cet aperçu trop monotone peut-être pour les êtres à imagination trop vive. Les faits seront amenés naturellement et sans brusque transition: on n'éliminera pas un incident qui est pour ainsi dire le trait d'uuion entre tous les événements, sous le faux prétexte qu'on le trouve futile. S'occupe-t-on de géograp hie ? Un pa:ys .en miniature, un cours d'eau, seront vitl.'I représentés au tableau noir par une main quelque peu habile. Les élèves seront ensuite chargés d'indiquer les localités à leur place respective, ce qui exercera en même temps la sûreté du coup d'œil. Je ne parlerai pas du rôle de la planche noire par rapport à l'arithmétique élémentaire; pour le calcul écrit, il la faut absolument. Les cas ne sont pas rare:; dans un seul exercice de calcul oral où son emploi rend de grands services. MM. les ecclésiastiques mêmes, chargés de l'instruction religieuse, font usage de cet auxiliaire précieux dont nous ne connaissons peut-être pas encore toute la valeur. Les maîtres de chant et de gymnastique ne dédaignent pas non plus d'employer la craie et l'éponge pour abréger et éclaircir des théories loniues et compliquées. Dernièrement, faisant une répétition de grammaire à des élèves qui l'étudient pour la premit'.:re fois, l'idée m'est venue d'appliquer r.e procédé :
-
22 -
Après avoir répondu plus ou moins mot à mot a~x. questions du livre, ~n élèv~ dut expliq_uer à se~ petits. camarades tout ce qu il savait sur les trots sortes de et les accents. Il s'en tira à merveille, lui qui, de sa place, affirmait tantôt que l'e muet est surmonté d'un ac.cent ai_g~,. tantôt que l'e fermé prend un acce~t grave. Toute la dtv~sion surveillait attentivement les faits et gestes du conferencier improvisé, relevant les moindres erreurs. Un autre dut exhiber de la. même manière toutes ses connats.sances sur l'y; un troisième sur les deux sortes d'~. Un quatriè_me nomma les dix par}ies · du discours en separant les cmq parties déjà sommairement étudiées. L~ premier ''.int. enfin qui éc1·ivit pêle-mêle un 11om~ un article, un adjectif, un pronom et un verbe. li c~w1s1t heu_r_eusement: lh_eval, _le> beau, il, est, qu'il posa J une mamere assez .rudm~en~air~ pour former un vrai labyrinthe. Je fis ensmte defimr a nouveau chacune des cinq parties en indiquant l'exemple. correspondant, puis j'ouvris un petit concours : Il s'agissait de disposet· ces mots, sauf il, de mani~re à former . une phrase. Après quelques secondes de réflex10n., une ma111 se lève, puis deux, puis trois; mais cette questwn, en apparence si simple ne put, le croirait-on, se résoudre qu'au bout de cinq minutes. D'abord du patois se fit sentir d~ns ceUephrase. Est beau le cheval, dit celui qui, le premier, arn1t obtenu la parole. Quand la proposition fut constrmte normalement, je demandai? Comment est le cheval? N:1_turel lement et sans hésitation, le pronom il dut interve111r dans la répons/3 : Il est beau. . Voilà un exemple choisi entre mille et qm confirme. j'en ai la conviction, les enseignements donnés à l'école normale. J'ai peut-être ennuyé mes lecteurs e~ imit~nt G~?~-Jean_.. mais qu'on m'excuse en faveur de I rntent1on : Jaime. _a m'instruire et je compulse soigneusement toutes les hvra1sons de notre feuille pédagogique. Les ar!icles éma?an~. de nos très honorés collèaues m 'intéressent tout parllcuherement et je serais heur:ux si à l'égard des miens i's pounient ép1~ouver le même sentiment. L.-B. P.
-
~3
-
Les devoirs envers les animaux Nous n'avons pas seulement des devoirs envers nos semblables, nous en avons encore envers les animaux. L'éducation morale de l'élève ne sera it donc point complète si l'instituteur négligeait de lui faire connaître la conduite qu'il doit l.enir à l'égard de ces êtres inférieurs. L'enfant doit savoir de bonne heure que les animaux sont, comme lui, des êtres sensibles, et par conséquent susceptibles de ressentir la douleur et la souffrance. Si on l'habitue à leur témoigner de la douceur et de . la bonté on en fera un être sociable, qui sera plus tard aimé de tous. Qu'on lui dise bien, d'ailleurs, qu'en bonne justice, nous n'avons aucun droit sur les animaux. Nous nous sommes constiLués leurs maîtres par notre intelligence supérieure à la leur; et c'est là, en quelque sorte, un abus de notre· force. Donc, si nous avons obligé beaucoup d'entr'eux. à devenir nos auxiliaires, n'en exigeons que ce qni est possible et raisonnable, et surtout. ne les maltraitons point. Qu'ils trouvent au moins chez nous en échange de leurs services et de leur liberté, une nourriture convenable et des soins attentifs et intelligents. La conduite de l'enfant envers les animaux doit être pour lui une école de raison, de dignité, de modération, de bonté et de sensibilité morale. En effet la raison nous enseigne que les animaux sont nos frères inférieurs. (1 ) moins doués que nous mus bien de:; rapports; mais enfin semblables à nous et comme nous capables d'attachement et de reconnaissance, au moins pour la. plupart. Il est donc de notre dignité de leur manifester que nous ne sommes points ingrats envers eux, en leur donnant nos soins et en lenr accordant même nos caresses. Nous devons surtout traiter nos animaux domestiques avec modération, avec patience et avec douceur, ne point les surcharger, et ne pas exiger d'eux un travail au-dessus de leurs forces. La bonté envers les animaux indique toujours un cœur noble, et celui qui les maltraite n'est le plus souvent qu'un (1) Selon l'expression charmante de S. François d'Assise.
homme lâche et brutal, sans aulrnne sensibilité morale, ans:ü méchant envers ses semblables qu'envers les animaux. Les bêtes ne comprennent point, le plus souvent, ce que uous leur demandons, et ce n'est que par uu lon g dressage qu'on peut les amener à nous être utiles dans nos travaux . Est-ce une raison pour les frapper quand elles n'obéissent pas à notre premier signal? Le législateur ne l'a pas compris ainsi et il a protégé par une loi les animaux contre les violences de l'homme. Les élèves y apprennent que les animaux ont droit à nos égards. Nous publierons· iâ cette loi en revenant sur ce sujet dans un prochain N·.
La Gymnastique à l'école primaire On nous écrit des bords du Léman : Le Département de l'Instruction publique a, par circulaire, invité les conseils communaux à procurer les engins de gymnastique et cela en vue d'une inspection fédérale qui doit avoir lieu dans le courant de l'année 1896. Sapristi!! une inspection fédérale ! ! Quoi de plus pour obliger les instituteurs à enseigner cette branche du programmme? C'est suffisant. Nous pouvons donc enregistrer avec plaisir, dans les annales de la Société valaisanne d'éducation, un nouveau progrès. Depuis quelque temps, ou ne parle plus dans notre corps enseignant, que d'augmentation. On vient donc de donner satisfaction à nos vœux en nous accordant ce petit surcroît du travail (puisque ces leçons doivent se donner aux heures de repos de midi). Devons-nous nous décourager? Non. N'oublions pas notre devise :
Devoir, travail et résignation. D'ailleurs, cette mesure a son avantage. L'instituteur, avec son gros traitement de 300 fr. par an, peut se payer des repas plantureux, et alors un peu de gymnastique à midi trouve bien sa place pour faciliter la digestion. Donc à l'ouvrage et que notre premier commandement soit :
Subdivision en avant. -
Direction la patience -
Marche P. O.
25 -
Caisse de retraite et caisse de décès Au corps enseignant primaire On nous écrit des bords du Léman : Chers Collègues J'ai soumis à .votre examen par la voie d'un journal du canton, deux questions d'une grande importance savoir: caisse de secours et de décès. ' ~e vous donne conrndssance aujourd'hui du règlement qui, doit être la base de notre société. ~e prie donc le personnel enseignant, et en général tous les ami~ des régents, de bien vouloir signaler dans l'Ecole primair~, les observations qu'ils jugeront à propos de faire à ce SUJet.
Caisse de secours mutuels ART. 1 - II est fondé une association de secours entre le personnel enseignant valaisan. . ART. 2 - Elle a pour but de venil' en aide aux sociétaires en cas àe maladie. . A~T. 3 - Elle prend le titre de : Société de secours des instituteurs valaisans. ART. 4 - Son siège est à X. Admission ART. 5 - Pour être membre de la société il faut: a) Etre ~gé de 1 7 ans au moins et 50 ans au plus. b) Produire un ce~tificat <l'un médecin attestant que le postul~nt est fort et sam de corps et d'esprit. La visite du médecm est à la charge du récipiendaire. c) Le Co.mité peut exiger en outre toutes pièces justificatives ?u certificats concernant la moralité et les antécédents du candidat. ART. 6 Le candidat. doit adopter le règlement et s'y conformer en tous points. II le signera afin de ne pouvoir jamais prétexter de l'ignorer. Des fonds de la société ART. 7 - Les fonds ùe la société se composent: 1) De la finance d'entrée des membres de la société. 2) Des contributions mensuelles et des amendes. 3) Des subsides et des dons à titre de bienfaisance. ART. 8 La finance d'entrée est fixée comme suit·1
-
26
10 fr. pour les candidats âgés de 16 à 30 ans « < " < 30 à 35 « 15 20 « « " « 35 à 40 « 30 " < « < 40 à 50 « ART. 9 La cotisation est de 1 fr. par mois pour chaque sociétaire, payable avant la fin de chaque trimestre. En évitation de frais, on peut régler au commencement de l'année la cotisation annuelle soit 12 fr.
Secours 10 - Chaque sociétaire malade, faisant partie de la société depuis trois mois recevra : 1,50 par jour pendant les trois premiers mois. O, 7 5 pendant les 3 mois suivants. Passé ce terme le comité statuera. Le tout en temps que les fonds de la société le permettent. ART, 11 Les sociétaires dont les maladies ou les accidents leur seraient imputables n'ont aucun droit au secours. ART. 12. Pour une indisposition de moins de six jours., il ne sera accordé aucun secours. ART. 13 Les sociétaires malades qui désirent faire appel à la société devront en avertir immédiatement le comité local en joignant à leur demande une attestation du médecin constatant le cas et la nature de la maladie. ART. 14 Le médecin devra fixer approximativement la durée de la convalescence. Le sociétaire préviendra le comité local du jour de la reprise du travail. S'il continuait à recevoir abusivement des secours, il serait exclu de la société, ainsi que ceux qui auraient été complices de la fraude. ART. 15 Si le sociétaire considéré comme guéri retombe dans la même maladie, il sera de nouveau secouru, s'il y a un mois d'intervalle entre la guérison et la rechute. Dans le cas où il y aurait moins d'un mois, il ne recevrait que les secours qui lui étaient assurés pour la première maladie. ART.
Décès et funérailles
ART. 16 -
Dès qu'un sociétaire est décédé les parents ou les amis du défunt devront en avertir le comité local. ART. 17 Les sociétaires résidant dans le district devront assister à l'ensevelissement de leur collègue sous peine de 2 fr. d'amende, sauf cas d'empêchement majeur.
Démission, exclusion ART.
18 -
Est considéré comme démissionnaire tout mem·
-
27
-
bre en retard de six mois pour le règlement de ses cotisations. ART. 19 Sont exclus de la société : a) Ceux qui pour se faire admettre auraient forfait à l'honneur ou auraient été condamnés à une peine infamante. b} Ceux qui pour s'y faire admettre auraient caché des maladies ou des infirmités. c) Ceux qui abuseraient des secours. d) Ceux qui auraient contrevenu au règlement ou méconnu l'autorité des comités. ART. 20 Les difficultés et contestations qui pourraient s'élever entre l'association de secours et un ou plusieurs de ses membres seront soumises au comité central qui prononcera après avoir entendu les parties et le comité local. ART . 21 Le sociétaire exclu ne pourra en aucun cas avoir recours à la justice de paix ni aux tribunaux.
Administration ART. 22 La société se compose d'un comité central et de comités locaux. ART. 23 Les comités locaux s'établiront dans chaque district. ART. 24 Le comité central se compose d'un président, d'un vice-président, d'un secrétaire, d'un caissier et de trois autres membres. ART. 25 Les comités locaux se composent d'un président, d'un secrétaire et d'un caissier. ART. 26 Le comité centrnJ est chargé de l'administration de la société, de la comptabilité et de la correspondance générale. II reçoit les rapports et statue sur les propositions des comités locaux. II alloue les secours aux sociétaires malades. Il convoque les assemblées générales. ART. 27 Les attributions du comité local sont: a) Le recrutement des sociétaires et la perception des cotisations. b) Les propositions de secours aux sociétaires malades. c) Les propositions de radiation des sociétaires en retard ou indignes. d/ La tenue de la comptabilité de la section et son envoi trimestriel au comité central, les 1 janvier, avril, juillet et oct obre.
-
~
'"Il
-
29
Préliminaires l O à 15 minutes : Position de pas. Commandement: Position d.u pas gauche en avant, un! Position normale, deux! idem à droite, ensuite de côté et en arrière. Exercices aux perches à grimper 10 à 12 minutes : Voir paragraphe 102 de l'Ecole de gymnastique. Si l'école ne possède pas de perches à grimper on augmente la durée des exercices préliminaires, par exemple, en réunissant les préliminaires de la première leçon avec· les positions de pas. Exemples: Pas gauche en avant et bras en avant, un! Position normale, deux ! Jeux. - Le tape-dos.
28 -
Tout don legs, cadeau fait pa~· quelqu~ persotnnf ART. . l 'l versé par lm au comité cen ra . généreuse au cormté ?C~ '. seJ:vront fournir des cautions solART. 29 _ Les ca1ss1ers va~:~. 30 _ Les fonctions sont casionnent un déplacemen~. N.-B. Restent les fonctions des comités. ·t La suite prochainement soi 1e décès. Dunion fait
gratuites sauf celles qui ocmembres faisant partie des réglement de la caisse de
la force Votre dévoué collègue P.C.
~
De la gymnastique scolaire
PARTIE PRATIQUE
Première année de gymnastique (2°'• leçon)
Exercices d'ordres 15 minutes : I. Marcher sur place. z du pied_ gauche.' un! idem à droite. Développement: 1) Frappe f A répéter plusieurs 01s. . ,. 2) Marcher sur place en comptant Jusqu a 10, 12, ensuite jusqu'au commandement e halte. Il. ranao à la formation sur deux Passer de la formation sur un rang et inversement. D. loppemenl: 1) Faire numéroter. . . marche! eve 2) Numéros pairs un pas en arnèrn, 3) Sur un rang, marche ! A répèter plusieurs fois. 1) Numéros pairs, un pas en arrière,(farc~e} 2) Sur le centre serrez, marche! uss1 a droite et à gauche.) ent Sur deux : Réunir les deux mouvements : Commandem rangs, marche! Inversement. che, Les élèves du premier . droite, auche ) les Commandement sur un rang, m~r rang s'écartent du centre, (aussi de lat et s'alie:~ent s~r un élèves du 2me rang font u~ pas en avan ~ rang. Répèter plusieurs f01s.
En hl-wer (Composition française/
•
i,
'
DECRIVEZ LA CAMPAGNE EN HIVER L'hiver est triste, dit-on, et la chose peut se soutenir, surtout si l'c,n invoque Je cortège des souffrances qu'il entralne après lui et qui atteignent tant de malheureux. Mais si l'on veut bien laisser de côté cette considération des misères humaines, auxquelles nous avons l'impérieux devoir d'apporter un soulagement dans la mesure de nos moyens, quelles charmantes images on peut invoquer en faveur de l'hiver I Nous n'entendons point parler de l'animation extraordinaire que présentent les villes dans la saison des plaisirs; le cadre de notre description nous retient à la campagne, et elle présente à elle seule bien assez de pittoresques tableaux. Lorsqu'au dehors Je vent souffle glacé, amoncelant la neige, lorsqu'au dedans la flamme pétillante des bourrées se reflète sur les meubles et répand une douce chaleur, n'est-ce paR un plaisir très doux de regarder, par la fenêtre bien close, l'admirable i.apectacle qui se déroule dans la plaine f Les souches noires f't les branches tortues des arbres couverts de givre prennent, sous la neige qui les poudre, des aspects fantastiques. Aux épines des haies, des gouttes d'eau congelées donnent l'illusion de buissons de pel'ies. Plus loin, sur la rivière devenue solide, des enfants glissent ou patinent, se poursuivant avec des airs joyeux. Sans doute, les oiseaux, ces musiciens des bocages que nous aimons tant à écouter, semblent avoil' déserté leur poste ; mais il en eet pourtant que rien ne peut mettre en fuite. Ici des mésanges chantent malgré la froidure; là des pinsons, des rouge•gorge et des roitelets sautillent â l'envi, un peu
31 30 partout des moineaux piailards viennent becqueter des grains jasqu'aux portes des maisons. Et moins ils sont nombreux, ces petite ailée, plue on a de plaisir à los voir, plus on est heureux de leur jeter de loin quelque nourriture. Sous le ciel bas, des corbeaux tournent d'un vol lourd, et leurs croassemeuts jettent dans l'air un accent mélancolique. Si l'âme du spectateur n'est pas accessible au charme de ces dé· tails futiles, libre à elle de recueillir et de caresser dP-s impressions plus graves. Lee troupeaux reposent paisiblement enfermés dans les chaude3 étables; et là-bas, cependant, voici qu'11n bœuf trace un sillon dans la nt!ige, entrainant lourdement, vers la porte d'une cabane, un grand arbre abattu par le bl'l~heron dans la forêt voisine. N'est-ce pas là un .délicieux sujet de rêverie, ou mêcne d11 médita· tion? .. . Les grands travaux sont suspenduil, les routes devieonnent presque impraticables: mais ne jettent-ils pae dans le tabl.eau une pittoresque animation, ces pauvres gens qui reviennent des bois portant sur leurs épaules des fagots de branches mortes T D'autre part, qu'il aime ou non lds frimas, l'homme pratique ne pourra s'ecnpêcher de réfléchir que cette glace, si dé3agréable pour lui, tue dans la terre les rnsPctes et les animaux nuisibles. Il songera aussi au sourd travail de vie qui se poursuit san!I arrêt dans l'in· térieur du sol: les grains semés à l'automne g,nment dans les sil· lons, et bientôt leurs tendres pointes, perçant la neige épaisse, se révèleront à ses yeux satisfaits.
En automne (Composition frat1çaise/ DÉCRIVEZ LA CAMPAGNE EN AUTOMNE L'automne est l'époque de l'année que je préfère. Les anciens représentaient cette saison sous la figure d'une;femme jeune et riante, couronnée de pampres, At ayant près d'elle une corbeille emplie de fruils ; au nombre des attributs qui l'entourent, figurent très souvent des lièvres ou d'autres hôtes des champs. Et, en etfot, l'automne r~pand à profusion sur la terre toutes les richesses qu'a promises le printemps, qu'a mùries l'été, et c'est aussi le temps où les chasseurs, accompagnès de leurs chiens, parcourent en tous sens les campagnes, débarrassèes de saison, leurs moissons. Durant cette où l'on ne redoute plus les ardeurs du soleil et où l'on ne souffre pas encore des ;igueurs de l'hiver, la nature atteint son apogée de splendeur, de fécondité, et elle s'y maintient pendant quelques semaines. L'homme en profite pour recueillir les richesses des vergers et des vignobles, pour préparer en même temps les récoltes futures. Les arbres lui donnent leurs pommes, leurs poires, leur.il noix, Jeurs amaudes, leurs coings, leurs châtaignes, etc., tandis que sur les ceps noueux les vendangeurs coup ~nt les lourdes grappes de raisin. Le laboureur, de son côté, guide à travers les champs le soc luisant de la charrue. Le sillon crP.usé, il lance à pleine main le grain d'où sortira l'épi; il est beau alors, d'une inconsciente beauté, le paysan qui accomplit la besogne nourricière,
et déclin Victor commence Hugo a chanté le . les .le geste auguste du semeur M . . attristont le ciel, les. arbr!~u!s ~avenus trè3 courts ts :1entot les premiè1·es bises froid e pou1llent de leur paru' es rumes sant amas de feuilles m e~ font tourbillonner dans les be. flétrie, et n'est pis lui-même s or P.S. A la vérité, ce tableau ois le bruis•
d~nt
2,'::,':,",, oancl"~ tout ::,:i,'~~~:.'~~''• •I Cbàto,ub,:'.:~':~~~:,: tinée hJ~!f!t!t ~!~ ~pports instructif: es;t~~ !e!o;hhantes de l'au11
jours fuyant co eurs ee fanant comme la b aees de la desnotre intelligenc;::11L?a:t' ilàusione, la lumière s'affait~f:é, les beaux
::.!:~'".:'!:! •;.r.t:ir ~~.fh~i!ti~:-::::
::.~· pu y ajo~l" 1..·-::. •• Ma~s évitons les attendriseem . . . me les taux pCress1onner ni par la fin d l' ente rnuhles et ne noue lai . e automne, ni par la fin d e~ons imonsolons-nous de I'
r,•;~::.!~~~.'~.~t~'Î~d.:;:~::'~:.~;;a:~:. ~~. ::.~.~~;.rr;~:~E!:
porte ses fruits. ·1 p~10temps se fa ,eut o a ,mirable; terre de n . ' 1 eat mdtspensable que l'h. p ur que l automne noue charme;:e et de glace pour que l'an~;:r v~enne couvrir la caressants. t encore par leura fratches couleur!u1vtalnte fleurs 8 . eursles parfums
Dictée LES RELIGIEUX DU MO Les religieux du mont S . NT SAINT-BERNARD , d~ somme~ d'une haut~n!'!:tr:~d o1;1t construit une maison ti uet ~ autre som que de secourir 1!s \~u1 porte ce nom, et là ils
~r::
~~
tr~s ha:ie ~~f1~:: q!tn:o~:s /eigeef. Ils on{at::er:é éaiis~~i~~~ fa. nantes C,is ch· une orce et d'une · t Ir une sentier~ de la :~~tparcourent, daoil les mauvat~ et igence surprede l'eau-de-vie agne, portant à leur cou un ~mpe, ~ous les un voyageur ile~ quelques provisions; dès que l'd:t~. pamer, avec marche d ' ?mmence par lui présente _eux rencontre Mais s'~vant. lui et le conduit jusqu'à l'h~s S?n pamer, enmite il de neige l arnvo qu'un homme soit tombé lice. chien le' sec~tl~\on ten re11:contre souvent da~~\~n précipice pldin aboiement . , our aues1tôt vera la maieo s montagnes, le
~;; :1· ,u:;.~\·:: ;~,::'~'·::.:::i::\·;-· ·f··~.~•::~~·J.:·1:.";t~
he~reu~r t~~r:::r:i ~oàrsqdu'il~ arrivent :~~ti~ef1ec~~l~eeiague lri9qule maison t 1 · emt mort de f ·d ï e ma· l'a~i deech~~urdt~~~0 \ arant de soins ~°i:e 's~if ~~aitor:en; leur
t
:!':! r:i''A·,:,~:~':. ,pour ••; ::pnx ••;.!:'~·If'::, •~.~z:i···1~s:' lp~u ;.,ut ••ontvre,\ fa;t::~:.~ de tout le bien qC11 et sans Calcul mental. _ N ~ .
.
··
... Combien l'unité vaut-elle m ra.twn des déc imaux m1lhemea, - de dix-millièmes ?de dixièmes, - de centièmes, - de
-
32 -
_ Combien un dixième vaut-il de centièmes, de dix-millièmes ? . - Combien faut-il de centièmes pour faire un unité? -· _ Combien faut-il~ de m1-111emes pour f a1·rerun L
dixième, -
de millièmes,~d" · · une 1ueme, cent1·e·me - un ,
une unité?
,r.& B 1i1PBS Qu'est-ce que le bon Dieu f • Qu'est-ce que le bon Dieu ? . dis-moi, pi,tite mère, • S'écriait un gentil lutm, .. Chaque jour, prés da toi, je lui f~is ma pnere, Et jamais il ne répond nen? • - • Le bon Dieu', mon enfant, par notre n_égligence, Est trop grand pour être compromis 1 Pour jouir du bonheur de sa présence, Il faut aller au paradis ! Mais s'il se cache à nous, sa puissante tendresse Ne nous abandonne jamais : . Nous tenons tout de lui : bonheur! santè, nchesse ; Il se fait voir dans ses bienfaits ! De Dieu, ce que je sais, .ce q~e tu dois connaitre, Suffit pour le faire aimer : . Tu fus chéri de lui, même avant que de naitre, Et que je pusse te nommer 1... Son amour t'a cou ,é, douceme_nt sous son aile, O mon joyeux petit o:seau 1 C'est lui, quand je dormais, qui, gardien fidèle, Restait penché sur ton berceau. Puis il t'a fait grandir, et sa main, dans la vie, . A soutenu tes premiers pas; Puis son soufile éveilla ta jeune âme endormie, Et son nom tu le bégayas 1 Souviens-toi, qu'en tout lieu, son. ~il divin rayonne; Qu'il devine œême u11 ?es1r;. Qu'il punit quelqnefois, que touiours 11 pardonne Au véritable repentir. Aux élans de la joie, il sourit, comme un père; Tes jeux intéres@ent son cœur ; Il écoute ravi ta plus sainte prière, Il la paye avec le bonheur! .. • - • J'ai compris le bon Dieu ! moi, malgré qu'il se cache, • S'écria Charles triomphant. . Ce Dieu si bon toujours, même quand il ee fâche, C'est une invisible maman 1... •
.Nos ar&lcles. - Dans le prochain N·, l'Ecole primaire donnera entr'aut1·es arl icles déjà prêtR et émanant de ses collahorateùrs, les ;uivaot8: 1. L'emploi du temps 2. Le style dans les écoles primairM 3. L'enseignement d'U catéchisme. 4. De la prévoyance, de za mutualité et de lépargne, etc., etc. Eniré e a l'é cole. - Une adminis t.ration commut1ale ayant refusé l'entrée à l'école d'un enfant né en 1889, le père a reco'JrU 811 Département contre cette décision. L'autorité cantonale a écarté son recours, celui-ci n'étant pas fondé. Dans les communes qui ne possMent pas d'écoles enfaotinea, on ne peu t obliger les administrations ou commissions à recevoir â l'école des enfants qui n'ont pas atteint l'âge légal de 7 ans . C'est ainsi que lr,s enfant!.! nés du 1er. Janvier au 31 Déc. 1888 peuvent seuls êlre reçus à l'école en 1895-96, à moin~, nous le répéloos, que la localité ne possèdEI des salles d'asile ou des école€ enfantines proprement dites Franchise posta.le . - A l'occasion de sPs rapport~ officiels avec le Département de l'Iastruction publique ou MM. les Inspecteurs, il est de nouveau rappelé au personnel enseignant qu'il jouit de •)a franchise de port en observant les formalités postales requiseii. L'~xpéd1t_e~r doit non seulement inscri~e, sur l'enveloppe le mot officiel. mais donner son nom- et sa qualtte, et éviter dans l'adresse l'emploi d'un nom propre. Ainsi il faut écrire: M. le Chef du Département, ou au Secrétariat au Département, ou M. l'inspecteur scohlire du district de .. . à .. . Si ces formalités ne sont pas remplies, les plis arrivant taxés, sont généralement refusés. tJont·é rence annuelle
des
pour 1895- 96
imnuuteur•
Le Département de l'lostruclion publique a prescrit le sujet suivant à traiter par MM. les Instituteurs pour leur conférence annuelle de 1895-96. Soins particuliers à donner aux enfants dont les facultés in-
tellectuelles sont peu développées.
Comment ces enfants doivent-ils être traités 'f lcole. l. pour l'enseignement de3 diverses branches; 2. sous le rapport de l'émulation et des punitions. a,i à l
b/ Dans la fa mille P
Quelles sont les conEéquences du manque de soins particuliers donnés â ces enfanlR,
ALBRECHT, orfèvre, Sion Timbres en caoutchouc, 1•• qualité, timbres·vi tPsse et dateurs, numéroteurs, méùaillons-timbre<i, crayons-timbres, timbres-griffes, etc., aux prix les plus modiques.
les cantons de la Suisse romande. Il forme pour l'instituteur le plus précieux des aide-mémoire. Reliure toile solide Fr. 1. 50. Le Jeune Citoyen. Journal destiné aux Jeunes gens de la . Suisse romande, tout spécialement recommandé aux élèves
Librairie F. Payot IAA.U8&IW11E
1, Rue de Bourg Vient de paraître: Rosier W.,Suisse et premières notions sur les cinq parties du monde. Manuel atlas illustré de 129 gravures, ainsi que de
des
cours
complémentaires,
douzième année, 1 volume in-12 avec 7 cartes e,~ couleurs et nombreuses illustrations. Fr. 1. Collection de 11 sulides géométriques, adoptée par le "Département de l'Iastruction publiqu 1 du Canton de Vaud l!r. 24.
46 cartes en couleurs dessinées par Maurice Borel, cartographe, 1 vol. petit in-~0 1 cartonné Fr. 2. Dénéréaz C. C,. la théorie musicale, suivie de quelques nolions d'harmonie, d'un e:xpnsé succinct d,1 la musique chiffi·ée ett-., etc. - 2m• édition. Petit in-8° cart. Fr. 2. Agenda des Ecoles pour 1896, beau volume de 200 pagel!!, orné du portrait de feu Je conseiller fédéral Schevk. L' A,qenda de-; écoles se recommande au personnel enseignant de tous
Nouveau tableau des poids et mesures du système métrique, adopté par le Départemeot de l'lostruction publique duCantoo de Vaud. Fr. 12. - . Cartes normales. Globes terrestres. Collections de dessin en tous genres. Modèles d'écriture, rtc. et~.
,o~~~~
1 11
~~_._,~~-!--,1~,- 1 1
4
1
1
4
1 1
1' 1
' '
,0,
4
1
4
1 4
' '
4
1 1
1
1
1 1
1 1
1 1
SION
1
1 1
1 1
1
1
1
1 1
·1
1
1
Avenue de la Gare
L
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
L____I
1 1
1
Kleindienst &Schmid
1
1
1
1
1
1
1
·-
1
avec ou sans enveloppes, sont livrées promptement et à des prix très modérés, par !'Imprimerie et Lithographie
1
1
'
GRATULATION
1
1
1 1
1
1
1
4
1
ET DE
1
1
1
CARTES DE VISITE
1
4 4
1
1
1
1
i1 1
Supplément à l'ECOLE PRIM!IRE UNE AME DU PURGATOIRE Par AIMÉ GmoN Une douce et pieu~e tradition éclaire la triste vigile des Morts. Elle dit que, durant cette nuit, un répit est accordé aux âmes du purgatoire et qu'elles peuvent revenir en ce monde dans les lieux chers et auprès des parents aimée. Personne, certes, ne les attend. Heureux les morts que les vivants n'oublient point., soit parce qu'ils sont déjà anciens en terre, soit parce qu'ils sont bientôt refroidis au cœur. Précisément un de ces oublis douloureux régnait dans une humble ferme perdue au milieu des immenses solitudes du Mézenc en Cévennes. Les morts n'avaient plus à souffrir et ils avaient franchi la porte de misère. Les vivants avaient assez à faire de songer au pâtiras quotidien. Hélas I sous cette basse toiture de lausses grises on avait tant de besogne et· l'on n'était pas ri. che I D'ailleurs les grands parents gisaient depuis longtemps sous les gazons et les herbes folles du cimetière et les petits enfants arrivaient nombreux et vite. Il s'ouvrait plus de berceaux qu'il ne se fermait de cercueils I C'était là, entre quatre murs enfumé!!!, tout misère et soucis depuis le premier jusqu'au dernier jour de l'an. Or, je dis, dans celle ferme, pétrissait, cuisinait, lavait, raccommodait une sempiternelle vieille fille, tante Madelon, un dE\ ces antiques chalots (puisqu'on nomme ainsi en montagne les incorrigibles célibataires) comme il s'en reucontrait, au temps passé, dans presque ~outes les familles. L'aîné des garçons recevait la grosse part de l'héritage et les filles devaient se contenter du reste, trop mince toujours pour contenter un épouseur et fonder un ménage. Les oiseaux seuls vivent à la grâce de Dieu. C'est pourquoi la tante Madelon avait vécu au feu et au pot de la chaumière paternelle. Le feu et le pot étaient son domaine, on le lui avait abandonné et elle y régnait, avec les pincettes et la cuillère, de fort intelligente façon. Tapte Madelon était, du reste, fort active, fort pieuse, bonne même, excepté par les vents du Midi qui semblaient soudain désaccorder ses nerfs. Alors elle SUPPL. 96. 2
-
2
-
prenait un ton, un taorioet aigre et le geste diablement prompt, seul défaut, après tout, de l'excellente et pauvre menette. Depuis longtemps elle avait passé, à l'âge de 90 ans, un chapelet entre les doigts pour le bon Dieu et des larmes dans les yeux pour toute la maisonnée. Ce que l'on ignorait ici-bas et à la ferme, c'est que l'âme de Madelon fût allée eo purgatoire et qu'elle y séjournât, hélas I encore pour expier ses vivacités. ViV'acités fort excusables assurément. N'avoir pu ni entrer en religion au couvent Sainte-Claire du Puy, fermé par la Révolution, oi entrer en ménage dans le plus petit chazau de la montagne I Li vie l'avait tour à tour coutrariée 1 · Donc, pour acquitter totalement sa dette en purgatoire, il ue fallait plus à l'âme de tante Madelon qu'un seul de Profundis. Mais personne vraiment qui songeât à le dire à son intention. Or, c'était la fête de Tous les Saints et vigile de la fête des Morts, L'âme avait attendu cet anniversaire avec une cruelle impatience. Elle espérait, pour ce jourlà, la prière et la délivrance tant désirées. Comment ne se souviendrait-on pas, une petite minute, d'elle à la ferme où elle était si zélée, si attentive, si gâte-enfants? Aussi, comme cette nuit aile était libre avec les autres âmes en peine, elle se hâta de revenir invisible à la ferme. Le Mézenc s'élevait voilé de neige et semblable à un haut calice sous le linge blanc. Il soufflait un vent -de traverse très glacial et très désolé. Vierge Marie I Comme autour du feu de r...ottes sè-0hes, dans l'épaisse fumée âcre, noire, chaude, avaient :grandi les pstits-neveux et les petites-nièces I Surtout, la mignonne Toinon, la dernière, sa benjamine, qu'elle .ne reconnaissait presque plus avec ses dix ans joyeux et presque fleuris. Comme e1le l'eût embrassée, si elle n't:iût pas été une âme I Pour le repas du soir, la famille s'était groupée autour de la. table où l'on jouait peu de la langue mais beaucoup des dents. Ab I ces .appétits des cimes élevées et du grand air 1 La pauvre âme anxieuse s'était blottie dans le fauteuil de la vieillesse mortelle sous le manteau de la cheminée. Da là, elle regardait, comme d'habitude, tout son cher petit monde et 38 rappelait tendrement le passé. On semblait l'avoir bien oubliée cependant, la pauvre vieille. Personne ne parlait d'elle. On l'avait enterrée
-
3
-
tout entière dans la fosse du cimetière. Comment ramener, par-là, son souvenir au cœur de quelqu'un 1_ Il lui fallait s'ingénier. Elle fit baisser la lueur du morne crachat empoissé d'h~ile, le ~hav_i, ce~te misérable la~pe des ménages i~d1~ents. 9 é_ta1t touJours elle, ~utrefo1s,, qui a'un coup dépingle t1ra1t légèrement la meche et reveillait la clarté. Ils s'en souviendro~t peut-être, peosa-t-elle, Non. L'aioé des neveux ranima tranquillement la lampe de la pointe de son couteau. Mais le lumignon se réobs-0urcit quand même, il avait l'air de bouder avec une singulière tristesse. Alors l'âme désappointée de tante Madelon a1·rêta l'aiguille de l'horloge et le tic-tac du balancier. C'était encore elle qui de son vivant, remontait les poids le long de la grande caisse. - Tiens I Maintenant l'horloge qui ne marche plus J Dis donc, cadet, si tu la remoulais? Le cadet la remonta en effet sans que le souvenir de tante Madelon lui rea. vînt en mémoire pas plus qu'aux autres. V:i lie-tac recommença, puis le tic-tac se ralentit bientôt aussi d'un ton de douloureux reproche. Voilà maintenant la grosse prunelle en cuivre du balancier qui entre ses rondes paupières de bois, fixe sévèrement 1a' tablée. Pdrsoune ce comprenait rien à cette quinte de la bonne et honnête borloge, toujours et depuis un demi-siècle si bien au devoir. L'âma s'affligea profondément. M'avoir oubliée de la sorte, m~rmurait-:ell~ toute chagrinée, moi qui les ai tant chéri_~ et soigne:, et_ quand il . ne faudrait qu'une courte pr1ere pour m ouvrir Je paradis, le paradis pour l'éternité 1 Le repas continuait silencieux. Ah I si vous aviez entendu du dehors, eo ce moment, à travers les chalms bl~nch~s, le veut r~uler la neige avec rage et venir ensuite siffler narquo1se~e~t, dans la ferme, par les moindres fentes aux m3nu1series et les plus étroites lézardes aux murail!es 1 C'était comme des volées d'âmes qui s'en allaient tumultueusement dans leurs hameaux des Cévennes. Les cœurs se l'esserraient de froid et de mélan-0ol~e ainsi que de délicates roses de Noël, Il semble qu'ils ne pouvaient aimer loin de l'â tre flambant et hors de la ferme clos? ; au d~là il gelait trop fort. La pauvre âme, elle, se desespéralt. Elle ne pouvait cependant s'empêcher de regarder sans cesse avec amour sa char-
-
4
-
mante pe lite Toinon, par elle nuit et jour bercée et si souvent gâtée. La vieille tante s'était presque sentie mère avec cet enfant sur ses genoux. La mignonne avait été le sourire de la Tie à sa vieillesse. Dès le jour de sa na issaoce, elle avait fiaalement pris son parti du célibat. Ce soir de la 'foussaint, l'enfant se sentait prise d'un inexprimable et invincible sommeil. Elle se fatiguait en vain à tenir ouverts ses yeux bleus comme les bluets quand le soleil décline. - Je voudrais bien aller me coucher, disait-elle lentement. Mais personne ne bougeait autour de la table. Elle renouvela son désir de sa petite voix traînante et avec plus d~insistance. On n'en tint pas compte davantage. - Ah I murmura enfin et plaintivement la fillette, ~i tante Madelon au moins était encore ici, elle monterait bien dans la chambre avec moi . pour que je n'aie pas peur et elle m'embrasserait par-dessus le marché 1 - Tiens I la vieille tante Madelon, c'est vrai, murmura la mère. Une excellente femme vraiment qui a tant fait, pour nous et à laquelle nous ne pensons jamais 1 Il ne faut cependant jamais oub 1 ier les morts ici-bafl, afin qu'ils n'oublient pas les vivants là-haut. Aujourd'hui, vèpres des trépassés, si nous récitions pour elle un de Profundis. Toinon, réponds à la prière et nous te coucherons après. En effet, la paysanne récita dévotement le de Profundis et tous y répondirent avec émotion. La petite Toinon s'y essaya comme les autres et de tout son cœur. La pauvre âme dans l'ombre se sentit soudain bien heureuse. Aussitôt., la lumière du crachat se reprit à briller comme une jolie et mignonne fleur d'or, l'horloge se remit en train et s'avisa même de sonner rondement l'heure comme une gaie petite voix d'argent. li n'y eut pas jusqu'au venl qui n'aiguifât sa complainte d'une note guillerette. C'était l'âme ravie de tante Madelon qui réjouissait autour d'elle et la ferme et les gAns avant de s'envoler. Malgré ses tendresses pour tous et chacun de cette famille réunie elle se bâta de partir du côté du Paradifl, complètement et définitivement pardonnée. C'est qu'entre la terre et le paradis, quand on l'a entrevu m ème des profondeurs du purgatoire, il n'y a pas à hésiter. Les âmes sont pour Dieu comme les gouttes de
5
-
rosée pour le soleil ; elles sont attirées par lui et remontent avec bonheur se perdre dans sa gloire. Depuis cette vigile des morts, quelqu'un intercédait si bien auprès de Dieu pour cette famille laborieuse du Mézenc en Cévennes que tout lui réussissait du premier janvier à la Saint-Sylvestre et que bètes et provisions regorgeaient sous son toit de l'étable au grenier. Ceux qui n'ont pas la foi n'en savent pas la raison, mais les bons chrétiens la connaissent parfaitement. Nos amis et nos parents prient continuellement pour nous là-haut, surtout si nous avons régulièrement prié pour eux ici-bas. C'est un échange à traverH l'infini de bons secours et de ferventes tendresses. Consolante et magnifique éternité des âmes et des saints! Oui, souvenons-nous que le bonheur des vivants sur la terre vient souvent du bonheur des morts dans le ciel. AIMÉ GrnoN.
Le rosaire et les trois ages de la vie La sainte Vierge, dans son Assomption, est montée au ciel, soutenue par les Aages dont elle est la Reine. Placée à la droite de son divin Fils, au dessus de tous les saints, elle est notre refugfl, notre avocate auprès de Lui, et la dispensatrice de ses grâces. C'est pour cela que le Rosaire de saint Dominique, inspiré par Marie, est la prière par excellence avec ses Ave Maria et l'intervention des saints Anges, dans les premiers mystères de chaque · série: !'Annonciation, !'Agonie de Notre-Seigneur et la Résurrection. Les trois séries de mystères ; joyeux, douloureux et glorieux, sont applicables aux trois âges de la vie de l'homme, et y correspondent. Ces trois âges se retrouvent dans la vie terrestre de Notre-Seigneur J.-C.: L'enfance et la jeunesse, dans sa vie privée ou cachée, à Nazareth, période de préparation de trente années, la plus longue de sa vie, laquelle correspond aux mystères joyeux. L'âge mftr, dans sa vie publique de trois années, vie enseignante et errante, dans la Galilée et la Judée, vie sans abri et sans pain, dont la passion et la mort sur la croix ont été l'accomplissement: ce sont les mystères douloureux. . Enfin, Notre Seigneur est entré dans sa vie de repos
-
6 -
et de gloire dans les quar~nte jours qui ~e so~t écou~és depuis sa Résurrection Jusqu'à son Ascension. Bien qu'invisible, il est resté ici-bas. Il s'est manifesté à Marie ~a Mère, à Marie Madeleine et aux _Saintes fe~~es~ aux apôtres et aux disciples par de multiples apparitions. Voilà pour les mystères glorieux. C'est le résultat final. Dans tout acte vital, il y a ces trois choses: la préparation, l'accomplissement et le résultat. Comme no~s venons de Je voir, par la vie terrestre de Notre-Se1neur, les mystères joyeux sont la préparation à la vie~ les mystères douloureux 11ont l'accomplissement d_e la vie ; les mystères glorieux, sont le résultat de la vie. Les premiers correspondent à la jeunesse, jusqu'à l'âge de 25 à ,30 ans, période de formation, d'apprentissage de la vie, de noviciat ou de préparation à la vocation, à la profeesinn. Les seconds conviennent à l'âge mtlr de 30 à 60 ans. C'est la période de travail, de l'activité professionnelle, de lutte incessante dans la voie douloureuse, dans la vallée de larmes. Enfin, les troisièmes mystères appartiennent à la vieillesse, à l'âge du repos ~l de l~ retraite, fruit ~u travail et d'une vie bien remplie, méritante devant Dieu. Le premier âge est encouragé et guidé par la Foi, le secc.nd est soutenu par l'espérance, le troisième est récompAosé At embaumé par la Charité en Dieu. Deus charitas est! Dieu est amour.
~-Comptabilité agricole La comptabilité agricole est nécessaire ; :mais, en dehors de q•rnlques propriétaires désirant se rendre compte d9s résultats de leurs travaux, combien peu cette utile opéra\ion est-elle comprise chez le petit propriétaire r Les concours de fermes institués dans la Suisse romande ont déjà stimulé un certain nombre d'agriculteurs à tenir des livres ; mais les progrès sont lents, trop lents, hélai; 1 Chez la plupart des petits agriculteurs., on trouve pour toute comptabilité un livret pour le lait et une ~a1~se; encore la caisse fait-elle souvent défaut. On va ams1 au jour le jour et à la fin de l'année on se contente de regarder ce' qu'il y a en caisse comparativement à l'annêe précédente. Ce système est insuffisant, comme on
-
7
-
le compnnd facilement, et l'agriculteur qui agit ainsi peut se tlomper d'une manière grossière. Car supposons qu'il ait vmdu un peu plus de bétail que l'année précédente, Of\ un instrument, ou toute autre chose : en faisant la coILparaison ci dessus indiquée, il se croit donc plus riche, ~yant plus d'argent en caisse; mais il peut être beaucoll\> moins riche par le fait, s'il a vendu une bête, un obje, ou du grain, au-dessous de ce que cela lui avait coùt\ ou au-dessous du prix de revient. Une vérita.H\e comptabilité en partie double est la vraie manière ~e faire p1mr se . rendre compte de ses opérations en ~tail et pouvoir tirer des conclusions sur ses travaux. E•e fait souvent toucher du doigt ce qu'il y a de bon ou ~e défectueux dans la manière d'exploiier. Certes, la C>mptabilité double n'est pas à l'abri de tout reproche, et on est souvent obligé de reconnaitre que l'évaluation te certaines valeurs, comme les fumiers en terre, par exei,}ple, n'est pas faite sur des données mathématiques; ~ais quoique on puisse en dire, elle est un guide forl utile dont on peut tirer Ide fortes conclusions. Nou~. en appelons à tous les agriculteurs qui ont ten\ une comptabilité un peu détaillée. Mais laissons là ce ~enre de comptabilité, beaucoup trop compliqué et dematidant trop de temps à une bonne partie des agricultetrs, et voyons cependant ce qu'il est indispe~sable de fai' pour travailler en connaissance de cause. 1 Nous posons en pr1ncipe qu'un petit agriculteur doit posséder au moins deux registres indispensables, savoir : un livre de cait!ae et un registre d'inventaire!!. Une fois que l'agriculteur 10 sera habitué à tenir ces deux registres si simples, il ?e tardera certainement pas à reconnaitre l'utilité d'auras petits livres auxiliaires, lui permettant de s? rendr1 compte de ses opérations et du résultat obtenu. , Inutile, croyons-nous, finsister sur la tenue d'un livre de caisse, tellement celanoud parait élémentaire. Aucun homme d'ordre ne peut ~n passer, et sa tenue ne demande aucun apprentissag,, celui-,·) étant fait à l'école primaire que chacun a frquentéo. Le livre d'inventaire ne1peut èlre qu'une feuille qui se remplit tous les ans à 1 .fiu de l'annéP, et cette fin fin d'année cul.turale peut 1~ussi bien être fixée au 31 mai qu'au 21 septembre, dets:. mois de l'année où l'agriculteur est le moins absorb\ par ses travaux de cam-
\
\
-
8
pagne. L'inventaire qui est à la base de toute comptabilité sert à établir son avoir, soit en aJgent /omptant, soit en fourrages, en bétail, etc. S'il lui est dà de l'ar1 gent, il fait figurer son débiteur à l'inventaire ; de même que s'il doit quelque chose, il l'inscrit en diduction de son avoir. L'estimation des objets à l'inven/airo se fait eu s 'aidant des mercuriales des marchés. L1 bétail s'estime au poids, ce qui est plus simple. Les ,o bjets mobiliers sont inscrits au prix qu'ils ont coûté ou à un prix qu'on estime pouvoir l"B vendre. Les funiers peuvent être négligés pour plus de simplicité. On )onne aux emblavures l'estimation usitée dans le paY3. Ces valeurs ainsi addit1onnées forment l'avoir du 1cultivateur, et comme les estimations sont faites tous les.a ns sur les mêmes bases, la comparaison de l'inventai1'0 de l'année oû on opère avec la précédente donne une' idée des profits ou des pertes subies. Tout cela est fort.simple, demande peu de travail et donne au cultivateur /a satisfaction de savoir à quoi il en est daos ses affair,s. Nous voudrions voir les agriculteur~ tenir tous cette comptabilité élémentaire; et sans s, lancer dans une comptabilité compliquée, ils ne tard ~rdent pas, par euxmêmes, à recoonailre la nécessité le quelques livres auxiliaires leur permettant de const$r les points forts ou faibles de leur exploilation. / Ainsi ils ajouteront facilement aut écritures énumérées un petit livre d"axploitatiou p/ur les cultures et pour Je lait. Celui de l'exploitati1n sera par Doit et Avoir ou si oo le préfère par Rece/es et Dépenses. Aux recettes on inscrira les récoltes, eoleur donnant à la fin de l'année culturale le prix des ,archés environnants, déduction faite des frais de transprls aux marchés ou foires de la contrée. Aux dépeosl!, on inscrira les frais de culture, tels que les journées èouvriers et les semences. Si on a un livre des journée de chevaux, on les inscrira également, en leur doo~nt un prix fixe déterminé par l'expérience. Si on ne possède pas de livre d~ journéas da chevaux, on réJàrtira la somme totale dépensée pour les attelages à 1ant par hectare cultivé. Pour le bétail, on inscrira a1x recettes le lait vendu, ainsi que celui consommé à laferme au même prix que celui vendu ; la vente des ve,ix, etc. Aux dépenses, on écrira la valeur du bétail pr;e à l'inventaire; Je fourrage consommé, les gages µ vacher, l'assurance, les soins du vétérinaire, etc. Ilast bien entendu que l'es-
/
I
-
-
,,
9
-
timation du bétail, prise à l'inventaire, doit fig11rer au Débit soit aux recettes. L'estimation à la fin de l'année est prise sur l'lnventaire suivant. La balance de ces deux additions donnera le bénéfice réalisé. Cette manière d'opérer est criti<1uable à plus d'un point de vue, mais elle est suffüante à la rigueur pour donner au cultivateur un aperç11 du résultat de son travail de l'année. B ien fou serait celui qui, voyant une de ses cultures donner de la perte pendant plusieurs années, ne restreindrait pas cette culture ou ne la supprimerait même, si cela était possible. Comme dans l'industrie, le cultivateur doit autant que possible suivre les besoins de l'époque où il travaille. Voilà, diront ceux qui ont ebabitude de tenir des comptes détaillés, une comptabilité bien sommaire. Parfaitement, répondrons-nous; mais vous avez l'habitude des chiftt-es, vous pouvez même vous faire aider d'un comptable, tandis que le petit cultivateur n'eet pas dans Je même cas. Il n'écrit pas volontiers, il a peu de temps à donner au travail de bureau. Il lui faut donc un sy:1tème d'écritures extrêmement simple. Dites à un cultivateur de tenir une comptabilité en partie double avec livres auxiliaires nécessaires; il vous répondra qu'il ne peut et ne fera rien. D }mandez-lui au contraire q11Alque chose de très simple, suffi {ant pour l'instruire du résultat de ses opérations, pour le guider et lui montrer les parties lucratives de son exploitation, celles auxquelles il doit donner de l'extension; alors il fera un petit effort, ot s'il ne trouv~ pa8, dans ses écritures, en.core tout ce qu'il comptait y trouver, il saura bien les modifier de lui-même ou y ajouter quelques livres auxiliaire@. Q 10 l'agriculteur qui n'a pas encore de comptes se renforme dans ce que nous avons dit, et il s'en trouvera bien sans que cela lui coûte beaucoup de peine. Il est certain que cet homme éprouvera à la fin de l'année une grande satisfaction à pouvoir constater les dsultats obtenus. C. BoREL
(Journal d' Agriculture).
~UMi
Le petit noyé {Epreuve et sacrifice.) Le temps était superbe. C'était un de ces jours. d'été <>ù la nature semble vouloir tout réunir pour émerveiller
-
-
10 -
l'homme et lui faire admirer la magnificence de l'œuvr& de Dieu. Le ciel, à'un bleu diaphane, ruisselait d'or. L'horizon empourpré apparaissait comme un vaste embrasement. Les montagnes semblaient plonger dans l'azur leurs cimes nues aux arêtes ensoleillées. Les oiseaux remplissaient l'air de leurs chants joyeux et le~ zéphirs parfumés jouaient follement dans leurs branches touffues. C'était un de ces jours où, les sens délicieusement bercés, l'homme se sent heureux. Sur les rives du Rhône, non loin d'un de ces jolis hameaux valaisans, une maison de garde-ligne, au bord de la voie ferrée, laissait à peine voir, à travers les branches d'aoacias, son toit gris et sa façade blanche. Un petit jardin bien soigné, où les légumes et les fleurs se disputaient la place, entourait la maisonnette d'unecouronne odoriférante c. ù la rosée scintillait comme autant de mille perles. Là aussi, tout contribuait à rendre le spectacle enchanteur : l'arôme des grands bois, le gazouillement des oiseaux, le bourdonnement des abeilles butinant les fleurs du jardin, tout cela, dans le cadre d'un ciel idéalement bleu, sous le ruissellement de l'aurore, formait un tableau inimitable, œuvre du grand Architecte de l'Univers, que nul pinceau ne saura jamais rendre. Le garde-ligne, dès le jour naissant, avait quitté la maison pour aller rejoindre sa bricole à quelques kilomètres en amont. Il avait laissé au logis Catharina, sa vertueuse épouse et le petit Franz, leur premier-né, un gros bébé de deux ans tout rosé et touL grassouillet. Le cantonnier Johann était un brave ouvrier, arrivant toujours le premier au chantier, où il se faisait remarquer par son assiduité au travail et sa sobriété. Chaque mois, à la paiP, il rapportait intact, à la digne épouse, 1'argent de son salaire. Catharina, elle, s'occupait des intérêts du foyer, partageant son temps entre les soins de l'intérieur et ceux de son service de garde-barrières. C'était enfin un petit ménage heureux dans sa médiocrité, parce que la confiance en Dieu et l'affection réciproque y tenaient la première place. Ce jour-là, où se passa la terrible scène qu'on va lire> Franz était parti tout joyeux de la maison. Après avoir embra~sé sa femme et son enfant, il s'était engagé en fredonnant sur la voie ferrée, la pioche sur l'épaule et portant en sautoir un sac de toile grise contenant sa
t
11
nourriture pour la journée, car il ne rentrait de son travail qu'à la nuit toD?~ante. . . Midi sonnait à la vieille éghse de Rarogne , le son des cloches de toutes les églises d'alentour se co~fo°:dait en un carillLn grave montant vers les nues; c était l'heure de l'Angelus, ~i pie~sement consacrée par les habitants du Haut-Valais qu à ce moment chaque paysan se découvre et se recueille : sublime coutume dans un sublime pays. . . Catharina, en ce moment,. achevait_ les _préparahfs ~e son diner, tandis que le pe~1t Franz Jouait av~c les oiseaux sur le seuil de la maisonnette. Lef'J volatiles semblaient prendre plaisir à folâtrer . autour d_u bébé et à le faire courir après eux. - U:n pont de bois, partant ~u passage à niveau, traversait 1~ R~ône en cet endro.1t, reliant la route de Viège au petit village de St-Ge1ma1n. Les oiseaux s'y engaRèrent comme dan~ _une coupable et fatale prévision. Franz~let !es y sumt, courant ~e toute la vitesse de ses petites Jambes potelées. Les oiseaux parurent effrayés et franchirent le _parapet en plongeant vers le Rhône. Ne com~renant r1e!1 au dan:ger qui le menaçait, le pauvre petit. vo_olut s élancer a leur poursuite, et, passant entre les croisées du parapet, disparut dans le vide et roula dans les eaux profondes du fleuve. . En cet instant la mère sortait du logis, venant quérir son enfant p'our Je repas qui attendait sur_ la table, emplissant Ja maisonnette de son arôme appé t1ssan_t de légumes sains et savoureux. Elle put encore voir le petit être que la vague enveloppait, puis , uo _nuage de sang voila ses yeux et la pauvre mere s affaissa, évanouie. . • . . . . . · · · · · · • •
. .
..
. . .
.. .. ..
La ~uit· e;t des~e~due sur la terre; ,les él?iles, b~illent par myriades dans le firmament d un gr1~ d acier. Le rossignol lance ses notes suaves dans Je s1le_nce du crépuscule. Les arbres ont un frisson~ement triste, le Rhône roule furieusement ses ondes, faisant trembler les piliers du pont désormais _sinistre. Su~ les bo~ds _du fleuve une lanterne à la main, Johann le,cantonmer mterrog'e l'onde, les oreilles tendues, l'<;eil sec,. le_ front brillant, le cœur comme paralysé. Vrngt fois li veut plonger, viog\ fois sa compagne s'attache à ses yêtements et le supplie, en sanglottant, d'attendre le Jour. ~Ile murmure aux oreilles de son époux des paroles d es-
-
•
13 -
12
poir: c Qui sait, un miracle nous le rendra peut-être demain 1 > Et, confiants dans les desseins de la Providence, tous deux se confondent dans une muette étreinte, ils jettent un dernier regard vers le fleuve courroucé et rentrent, la main dans la main, étouffant leurs sanglots, dans l'humble maisonnette; ils se jettent à genoux devant l'image du Christ et prient naïvement le Seigneur de ne pas écoutt1r leurs plainte!!, mais d'entendre leurs actions de grâces pour le sacrifice qu'Il lui a plu da leur demander. SoLANDIEU. rQ C>~)CIOl-cC->-----
Recettes et conseils utiles Préparation du pain au la.it centrifue:é, - Le chimiste cantonal du canton de St-Gall est arrivé, après une série d'expériences, a préconiser l'usage d'un pain fabriqué avec du lait maigre de centrifuge, en guise d'eau. Il trouve à cet aliment une valeur nutritive considérable. Pour W livres de farine il mélange 5 114 litres de lait de centrifuge, et Je pain qui en résulte présente une valeur nutritive équivalente à une livre de pain ordinaire accompagnée de 50 grammes de viande. Un rapport d'expert s'exprime ainsi sur ce pain au lait : Je puis vous donner l'assurance que ce pain, sous Je rapport de la valeur, de la consistance, du goût, est de tous points excellent et qu'il jouit d'une supériorité incontestable sur le pain ordinaire, surtout si l'on tient compte dt1 sa richesse en albumine digestible. Si l'on ajoute encore que le pain au lait écrémé est plus digestible que le pain ordinaire, il est bien permis d'en recommander l'usage d'uoe manière générale. Son emploi serait surtout à recommander dans tous les ménages où un peu de pain sec, associé avec du café au lait bien foncé, constitue le principal aliment de la famille. L'augmentation du prix de 3 centimes par livre se trouverait largement couverte et même dépassée par la plus grande valeur nutritive permettant de diminuer la ration journalière. La généralis11tion de ce pain au lait maigre dans le peuple non seulement consacrerait une alimentation rationnelle, mais serait encore un puissant moyen de favoriser l'industrie laitière indigène : celle-ci ne se-
rait plus autant le jouet des caprices du commerce étranger et des fantaisies douanières de nos voisins. Ceci n'est pas nouveau. Nos ménagères font un pai_n excellent et très nourrissant en pétrissant avec du lait non écrémé. C'est le gatelet !
Moyen d'avoir toujours de l'are:ent dans sa poche.
- Dans ce temps où l'on se plaint généralement que l'argent est rare, ce sera faire un acte de bonté que d'indiquer aux personnes qui sont à court d'argent, le moyen de pouvoir mieux garnir leurd poches. Je veux leur enseigner le véritable 1secret de gagner de l'argent, Je moyen infaillible pour remplir les bourses vides, et la manière de les garder toujours pleines. Deux simples règles bien observées en feront l'affaire. Voici la première: Que la probité et le travail soient vos compagnons assidus. Et la seconde : dépensez un sou de moins par iour que votre bénéfice net. Par là votre poche si plate commencera bientôt à s'enfler, et n'aura plus jamais à crier que son ventre est vide; vous ne serez pas maltraité par des créanciers, pressé par la misère, rongé par la faim, glacé par Ja nudité, LA ciel brillera pour vous d'un éclat plus vif, et le plaisir fera battre votre cœur. Hâtez-vous donc d'embrasser ces règles et d'être heureux, écartez loin de votre esprit le souffle glacé du chagrin et vivez indépendant. Alors vous serez un homme et vous ne cacherez point votre visage à l'approche du riche; vous n'éprouverez point le déplaisir de vous sentir petit lorsque les fils de Ja fortune marcheront à votre droite ; car l'indépenaance avec peu ou beaucoup est un sort heureux, et vous place de niveau avec les plus fi.ers de ceux que décorent les ordres et les rubans. Oh I soyez donc sage ; que le travail marche avec vous dès le matin, qu'il vous accompagne jusqu'au moment où le soir ramènera l'heure du sommeil. Que la probité soit comme l'âme de votre âme ; et n'oubliez jamais de conserver un sou de reste , après toutes vos dépenses comptée!! et payées; alors vous aurez atteint le comble du bonheur, et l'indépendance sera votre cuirasse bt votrn bouclier, votre casque et votre couronne. · Benjamin FRANKLIN. Emploi de la. térébenthine. - La térébenthine est une substance à recommander dans une pharmacie domesti-
-
-
14 -
que. Ses emplois multiples en font un auxiliaire précieux de la ménagère et de la garde-malade. Tout d'abord, c'est un moyen d'éloigner ou de détruire les mites qui s'attaquent aux vêtements et aux objets de laine. On en imbibe des papiers buvards que l'on place dans les armoires, les tiroirs et tous les meubles où l'on serre les objets de vêtements, literie, etc.; et l'on prétend mêm~ que la térébenthine éloigne les punaises et les fourmis. Voilà pour les usages domestiques. Les propriétés curatives de la térébenthine ne sont pas moins précieuses. C'est, en effet, un bon remède pour les brûlures. Quelques gouttes de térébenthine appliquées sur la brûlure suffisent pour atténuer beaucoup la douleur. Une compresse , de térébenthine adoucit également la douleur produite par les meurtrissures et les cors aux pieds. En cas de rhumatismes, d'excellents effets peuvent être obtenus au moyen de frictions de térébenthine. Les engelures se guérissent encore par des applications de cette substance. - Enfin, le nettoyage des peintures à l'huile se fait au moyen d'une solution légère de térébenthine dans de l'eau tiède. Cette solution peut de même servir à laver les taches de couleur à l'huile sur les habits. Verrues· - Pour faire disparaître une verrue, il suffit de al recouvrir d'un petit cataplasme fait d'un peu de farine de blé humectée avec du vinaigre très fort. Pour que ce cataplasme n'irrite pas la peau du voi1;inage, on recouvre d'abord la partie avec un morceau de sparadrap percé d'un petit trou pour le passage de la verrue. Quand le vinaigre n'est pas assez fort, on renouvelle l'application plusieurs fois. Ce lavement est aussi très efficace pour les cors aux pieds. Les moyens violents, tels que l'eau fol'te, l'acide sulfurique, la potasse, le feu, agissent plus promptement ; mais ils sont dangereux et, puisque le bon vinaigre suffit, il est prudent de se contenter de ce moyen.
Pour enlever les taches d'huile sur les meubles et parauets . . .,. . Voici deux moyens très pratiques et peu coftteux: 1. S'il s'agit d'une tache fraichement faite, vous l'enléverez avec de la Tarra de,Slmmière~, sorte de silicate de magnésie dont il existe des carrières importantes dans le Midi de la France. On l'emploie dans les teintureries comme terre à dé· graisser et on la veind chez tous les marchands de cou-
15
-
teurs. Ce silicatP, très poreux, absorbe très bien l'huile. Vous le répandez en pou'!sière fine sur la tache à enlever, vous le laissez en contact pendant une journée environ ; la tache a disparu comme oar enchantement. Prenez ae l'argile desséchée et. réduite en poudre, enveloppez-la dans de la mousseline; appliquez ce tampon sur la tache à enlever et appuyez dessus un fer à repasser chaud. Eoirraissement de la volaille. - Il ne faudrait donner aux volailles d'engraissement que des aliments d'une digestion facile et peu d'orge. Co qu'il y a de mieux c'est la farine de sarrazin, car c'est à cela que les Fran~ çais attribuent le succès de leurs poulardes. Viennent ensuite la farine de maïs et celle de seigle par parties égales, si possible mélangées avac du lait, comme aussi la farine d'avoine et de seigle qu'ou donne alternativement avec du lait sans compter la pâtée. Il ne faudrait pas non plus oublier les herbes hachées qu'il faudrait donner tous les jours fraîches. Destruction des limaces. - Placer le soir où elles pullulent quelques morceaux de pommes douoes des carottes, des feuilles de salades. Le matin on les 'trouvera couverts de limaces que l'on détruira en les saupoudrant de sel ou de chaux vive. Coirnac artificiel. - Il y a une foule de gens qui ne trouvent bonne une eau-de-vie que si elle porte l'étiquette de cognac ; il leur faut du cognac, n'en fût-il plus au monde. Pour les contenter leurs fournisseurs ont une petite formule bien simple. Ils font macérer dans. un. litre de bonne eau-de-vie jaune, pendant huit ou. dix ,Jours, 5 grammes de copeaux frais de sapin. Et voilà 1 alcool de pure mélasse naturalisé cognac pour ses adeptes.
----~~.a. Pensées
*
Ecoutez, MM. les artist&s: l'orgue n'est point fait pour cette musique frivole qui trouble le recueillement et emporte l'âme, dans un torrent de distractions vulgaires, loin de Dieu qu'elle est venue adorer ; l'orgue ne se prête pas à ces compositions sensuelles, preuve lascives, qui s'emparent de la partie inférieure de l'être humain et éveillent en elle des passions qu'il faut laisser
-
16 -
dormir en présence du tabernacle; l'orgue répugne à ces harmonies tourmentées, dont les tours de force cherchent à surprendre l'attention, à produire l'étonnPment et ~ donner en spectacle l'habileté d'un homm_e, qu~nd 11 faudrait ne penser qu'à la grandeur dA Dieu. Libre à vous de prêter aux fêtes mondaines le con_c~urs de votre talent mais vous ne devez pas apporter 1c1 le souvenir ni co~damner l'instrument sacré, d'où ne doivent sorti~ que de religieux accents, à subir . 1~ contact d~ vos mains émues par de prof~u~s rémm1scences.. 81 l'orgue pouvait parler, il vous d1ra1t: Respectez-moi. R. P. MONSABRÉ, * Fais ton œuvre, fais-la d'un cœur libre, et même joyeux. Ne · compte pas ce qui te manque d'applaudissements, ce que tu entends de murmure!'!, ce que Lu re~ois d'avanies. Qu'importe tout cela ? Louis VEUILLOT. * La foi chrétienne est la grande paire d'ailes indispensable pour élever l'homme au-dessus de_ lui-même, au-dessus de sa vie rampante et de son horizon borné, pour le conduire à travers la pa lience, la résignation et l'expériencP, jusqu'à ht sérénité, pour l'emporter, par delà la tempérance, la pureté, et la boulé, jus~u:au. dévouement et au sacrifice. Il n y a que le chnsllamsme pour nous retenir sur notre pente natale, pour enrayer le glissement insensible par lequel, incessamment et de tout son poids originel, notre race rétrograde vers ses bas-fonds. TAlNE. • Rien de plus commun que les vertus faciles ; on est bon fils, bon époux, bon père, bon ami, juge intègre, négociant exact, et l'on est mauvais citoyen. On a souvent les vertus de la famille, pas une de celles dont l'Etat a besoin. C'est un piège pour les faibles qui excusent les crimes publics avec les vertus privées. DE BONALD. * Le passage des sectes ou de l'incrédulité à l'Eglise n'a jamais lieu sincèrement sans le désir prononcé d'une vie pure; tandis que le passage de l'Eglise à l'incrédulité ou aux sectes a toujours lieu par un mouvement Cardinal DESCHAMPa. contraire. Ce fut avec une profonde sagesse que les Romains appelèrent du même nom la force et l.a vertu. Il .n 'y. a, en effet, point de vertu proprement dite, sans v1cto1re Eur nous-même, et tout ce qui ne nous coûte rien ne vaut rien. JOSEPH DE MAISTRE.
*
~
XVm• ANNEE 50 3
8 •
20
o~ •• ~~:.
1m
L'ECOLE PRIMAIRE REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA
SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît chaque quinzaine, de Novembre inclusivement, en livraisons de 16 pages. \
a Avril
Prix d'abonnemènt pour la 8n1He, 2 fr. ~o. Union postale 3 J'r. "'nnonces, pria 20 cent. la ligne ou son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annoncr ou à un compte-rendu, s'il y a lieu.
1
SOMMA:RE: Avis important. - L'enseignement du catéchisme. L 'emploi du t e mps. - Le style dans nos écoles primaires. - De la prévoyance, d e la mutualité et de l'épargne. - A propos d'enseignement manuel. - Ciel sombre. A M. P ., instituteur sur les bords du Léman. - Partie Pratique, Problhnes donnés anx derniers examrns de 1·ecn te, (Calmi écrit}. - Variétés. - Supplément.
1
Tout ce qui concerne la publication doit être adressé
à l'éditeur : M. P. PIGNAT, 1.. secrétaire au Département de l'instruction publique, à Sion.
~
= ==
=
=
=
~