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No 04 l'Ecole primaire, 25 décembre 1886

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mes chacun qu'après le délai assigné, soit lorsq11e un certain nombre d'inscriptions auront été recueillies. Ces livres, qui comprennent tous de 50 à 60 pages, sont écrits dans un très bon esprit et présentent, sous un petit volume, grâce à leur texte serré, la matièœ de bien des manuels qu'on ne se procurerait guère à moins de mettre souvent un prh: plusiem·s fois supérieur. Dans le nombre plusieurs sont illustrés. Sans vouloir aucunement faire ici une réclame commerciale, puisqu'il s'agit avant tout d'un service à rendre, nous engageons vivement nos abonnés à profiter de l'occasion qui leur est offerte de se former à si peu de fl'8is une petite bibliothèque. Lect11re. Ecriture., Lectures. Connaissances utiles.! Histoire naturelle. 1 Alphabet. 20 LA FONTAINE. 41 Géomètrie. l~ 59 Les Insectes 21 F.ÉNELO~. Ch?ix. 42 lllécanique. 60 Botaniqu1•. ' 2 Civilité. . 3 Exemp. Ecriture. 22 Style épistolaire. 43 Arpent~g~. ~ 61 Instinct Animaux. Langue (rançai~e. 23 CENT Lectures. 44Exerc.d anthm. LHOMOND 24 Lecture Dimat;~che 45 -; Géomètrie. . · .Agré~ble ~t utile: 4 Grammaire. 25 BoiLE;AU· Ch01x. 46 DICt. Co~versat1on 62 Epheméndes hist. 63 Solfège Rodolphe. 5 Exercices. ).. .:; 26 Athal1e Esther. 47 La Sante. 6 Corrigé : (-;, ...~ Commerce. Lectures. 64 Dessinateur. ( ~ •i_ 27 Arithmétique. 48 BUFFON. Ohoiz. 65Gymnastiquel00fig 7 Analyse SDitea,diteapaa )· ~ Lectures. 49 Etudes Nature. H' . . . . "O CHATEAUBRU.ND. 111totrl'. R el ,g,on. 28 Mythologte(revue) " . 9 FLEURY. Catéch. 29 CENT Récits. Connaissances utiles. 66 Les CroiSades.. 10 Christianisme. 30 FLORIAN. Fables. 51 Astronomie ~,;, 67 Armées et Marme. 11 Les Apôtres. Connaissanc'!B utiles. 52 Géologie. "" 1 Lectures. GéograP_hie. 31 Travauxd'aiguillel53 Minéralogie. ~~68 Gerbe. Un livre utile. 69 Corbeille. ; ~ 12 Géographw génér. 32 Musique avec notes 13 Tour du Monde. 83 Algèbre. \ 54ContreiVROGNERIB 70 Abeille. ; E' 1 Jlistoire. 34 Exero.d' Algèb. ~~ et TABAC (ouvrage 71 Mosaïque. ~~ 14 Histoire sainte. 35 La Chimie. : couronné). Lectures ;;"'? 15 ancienne. 86 La Physique. 8 Histnire flaturelle. • ~~ 16 moyen âge. 37 Agriculture. : 55 L'Homme. 72 Ornements. ~-'" 17 moderne. 38 Jardinage. :! 56 Les Mammifères. 73 Trésor.

SION

IVm• ANNÉE

25 Décembre 1885.

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Corneille (Chefs-Ç76 Le Cid. 178 Cinna. 180 Monteur. 182 Andromaque 184 Les Fiaid'œuvres) Racine t77 Horace. 79 Polyeucte. 8:1 Britannicus 83 Iphigénie. deurs.

NB. Le port de l'envoi étant à la charge des souscripteurs, ceux-ci voudront bien ajouter 2 c. s'ils ne souscrivent qu'à un exemplaire, 5 c. s'ils en désirent 7-8, 10 c. pour i 5-16, et pour un plus grand nombre pt·oportionnellement. soit 5 c. par 8 exemplaires en moyenne.

AVIS A NOS ABONNÉS Un certain nornhre de nos abonnés ont déjà souscrit à la Conférence sur l'écrJture offerte gratuitement par M. Taiclct a ceux qui la demanderaient directement ou par l'intermédiaire de l'éd iteur de l'Ecole (Voir Je n° i p. 7). Pour beaucoup d'autres, en revanche, l'avis y rela.tir a passé jusqu'ici inaperçu. Nous engageons cependant vive· ment tous nos abonnés à se procurer la Conférence offerte, qu'ils pourront obtenir un peu plus tard en prenant simplement la peine de nous la demander par Jeure ou carte correspondance. Après le 15 janvier, la liste des souscripteurs sera remise à l'auteur, lequel enverra. à l'éditeur de l'Ecole primaire pour être distribué par ses soins, le nombre des cxem. plaires demandés jusqu'à la susdile date.

REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît le 10 et le 25 de chaque mois, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prix d'abonnement pour la 8nla8e, 2 Cr. - 1Jnlon po•tale, 2 Cr. ~.

Annonce•, prix 20 cent. la ligne ou son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE Noël. ·- L'enseignement simultané de la lecture, de l'écriture et de l'orthographe. - La comptabilité à. l'école primaire. - De la lecture. Des digressions dans la leçon orale (suite).-- Pédagogie au jour le jour. Echos dea conférences. - Errata.

Toat Ge qui oonGerne la publloatlon doit être adressé à l'éditeur : •· P. PIGNAT, seorét. au départ. de l'IDStruotlon publique, à Sion.


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N• 4.

Sion, 25 Décembre.

1885-86.

OUVRAGES ET MATËRIEL SCOLAIRES en vente ou en dépôt au Secrétariat de l'instruction publique à Sion. AUTEUR TITRE PRIX XXX. Grammaire française à l'usage des écoles primaires du Valais i tO XXX. Catéchisme du diocèse - 50 XXX. Ami de l'enfance, t• livre de lecture, tOm• édition, revue - 60 XXX. Eléments de géographie à l'usage des écoles prim. du Valais - M> BouRQUARD. Bible t1lustrée à l'usage de la jeunesse l S. M. Méthode de lecture correspondant avec les tableaux du même - 40 J. ST. W. Abrégé d'histoire de la Suisse, suivi d'un précis d'inst. civique - 60 XXX. Manuel d'arithmétique, suivi de 2000 exercices et problèmes à l'usage des écoles primaires du Valais (sous presse) - KŒHL, prof. Recueil de chants pour l'école et la famille, précédé d'une méthode élémentaire t~t d'un petit solfège i GODOHAUX, RoLLIN et TAIOLET. Cahiers des divers numéros - 10 NB. Tous les livre~:> qui précèdent sont d'un emploi obligatoire et figurent sur la. publication y relative, dont un exemplaire est envoyé à tous les membres du corps enseignant, avec prière de l'afficher dans leurs écoles respectives. On peut également sc procurer à la même adresse les ouvrages ci-après indiqués ; RENZ. Livre de lecture l 50 S. M. H i stoire sainte, numéro t - 35 • • numéro ~ - 60 EISSÉRIC. Petite arithmétique - 80 • Nouvelle arithmétique (soit grande) l 50 Z..EHRrNGER. Problèmes de calcul (les diverses séries), le cahier - 20 PBRRIARD et GOLAZ. Aux recrues suisses, opuscule spécialement destiné aux élèves des cours de répétition - 50 LAROUSSE. Dictionnaire complet de la langue française, illustré, 2 80 DEBTEXHE. L'éducation à l'école primaire au moyen de l'intuition et do style, cartonné 2 50 NB. - Une importante commande de CP.t lluvrage, faite en une fois, a permis de le rlonuer jusqu'ici à ~ fr., en raison de la remise obtenue. Celle-ci n'étant plus aussi forte maintenant que les demandes sont moins considérables, le livre ne peut être vendu désormais qu'au prix de librairie. LEUZINGER. Carte de la Suisse pour les écoles (papier japonais) - 50 ScnNEUWLY. Petite histoire de la Suisse (illustré) - 60 • Petite géographie de la Suisse (illustré) - 40 W ASER. Géographie illustrée de la Suisse l MARTY. Histoire illustrée de la Suisse l 50 SOIIDlER. Sujets et t11odèles de leçons de choses i JSBARTIER. Culture des arbres fruitiers à tout t1ent - 60 HEINRICH. Nouvelle méthode cle calcul oral t 30 Cours de dictées

F.-O. WOLF. Recueil de cantiques à l'usage des écoles et des familles (ap· prouvé par S. G. Mgr l'Evéque)

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Principes de la musique - 50 Voici ce que dit de ce. recueil la Cœcilia, excellent petit journal de musique religieuse, publié par M. J. Gürtler, éditeur, à Boncourt (Jura Bernois). « Ce recueil est un des n:eilleurs de ceux qui ont paru en Suisse, et il sera très utile dans les écoles et dans les paroisses pour les offices eltra-litorgiques. » MAGNENAT. Description géographique et historique cle la Palestine ou Terre-Sainte, avec 6 cartes. - 20 D• ABBET. Trois mots sur l'Eglise, ou les propriétés. l'enseignement et •

le chef de l'Eglise, vol. broché

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ORGANE DE LA.

• SOCIÉTÉ VALAISANNE D'ÉDUCATION • ~

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Chaque année il y a dans le mois noir un jour où sur la terre passe un vieillard qui descend du fond des âges. A son front brille une étoile. Il arrive dans les ténèbres par une nuit de froidure, à travers vents, bourrasques et frimas. Chacun s'incline sur son passage. C'est le vieux, c'est l'antique Noël. Après lui dans le ciel, un flambeau à la main, passe un ange aux blanches ailes. De l'orient à l'occident sa voix vibre dans l'étendue. Elle a le son du clairon. Il entonne le cantique d'allégresse: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre. Avec lui, comme une seule voix, des milliers de voix s'élèventLes cœurs s'ouvrent à la joie. C'est la nuit de l'espérance. Si parfois dans les cités le murmure de la foule, dans les palais le bruit des fêtes, sont plus forts que la voix de l'ange, au dehors elle retentit claire et vibrante et réveille les échos. Elle porte l'annonce de la bonne nouvelle: rien ne l'arrête. Dans les chaumières des lampes s'allument. C'est la fête des petits et de ceux qui ont le cœur pur. Sur la montagne règne la nuit. Une clarté brille. L'ange passe, sa voix résonne. Elle monte et défie les hautes cimes, elle frappe et les gouffres et les abîmes, et les hauts pics abrupts dans la brume endormis. Mais au ft"Ont du glacier luit une étoile. C'est l'astre de Bethléem, c'est l'étoile du voyageur. L'ange passe. Sur l'alpe solitaire, près de l'âtre, les bergers disent le credo. Au debors tout est silence. Le vent retient son haleine, et le torrent ne gémit plus. Soudain, une voix feod l'espace en jetant aux échos d'alentour de séraphiques accents, et d'un commun accord, devant la sainte image, tous se mettent à genoux. C'est l'annonce d'une grande fête, c'est la fête des bergers. Comme un gardien sur la vallée l'ange passe; il la couvre de ses ailes. Là bas voici le village dans la neige et l'ombre enseveli. On croirait que tout sommeille, tant le silence est profond. Au de110rs comme au dedans, ni chants, ni cris, ni huchées. La veillée est-elle donc fini e ! Mais an vieux clocher minuit sonne, et les

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cloches carillonnent. Gloire à Dieu oo plus haut des cieux, paix sur la terre. C'est le Noël des croyants, c'est le Noël des montagnards. Et la foule s'achemine vers l'antique sanctuaire, où déjà avant nous les pères de nos pères sont venus se mettre à genoux. lls dorment sous la neige et à l'ombre de la croix, sur le sol de l'Helvétie, mais la même voix nous appelle, l'étoile brille aussi pour nous. C'est le Noël d'un peuple libre, c'est le Noël de nos pères. Et pour tous, vieux et jeunes, grands et petits, c'est la fête par excellence, où dans le frissonnement de la nuit, devant le bel enfant chacun vient se mettre à genoux. Sur l'autel l'étoile brille, dans nos cœurs habite la foi, et l'ange dit : «N'ayez point de peur,

je vous annonce une grœnde joie, qui sera pour tout le peuple. • C'est la nuit de Bethléem, c'est la nuit de la bonne nouvelle. MARIO **-. Note de l'Editeur. - Exceptionnellement, nous avons ouvert notre "Ilumero de ce jour à un article qui aurait eu sa place marquee plutôt aux Variétés. Nous l'avons fait à cause de la date que porte cette livraison, et aussi de l'habitude de réserver les premières pages aux productions specialement adressees à l'Ecole primaire. Celle que nous avons publiee ci-dessus est de ce nombre, l'ayant reçue de l'auteur, une de nos lectrices, qui collabore à plusieurs publications, parmi lesquelles la Revue de la Suisse catholique. Nous avons lu, signées de ce nom, de charmantes études qui se distinguent au double point de vue du style et de l'imagination, comme - pour ne citer que celle-là - Souvenirs de Terre-Sainte, parue en feuil · leton cette année dans un journal valaisan. Mario veut bien promettre à l'Ecole primaire encore quelques articles littéraires ou relations de voyage. Au nom de nos abonnés, nous remercions l'écrivain de cette offre gracieuse, et accueillerons toujours avec plaisir et reconnaissance les productions que ses loisirs lui permettraient de nous envoyer.

L'enseilnement simultané de la lecture, de l'écriture et de l'orthographe. De l'enseignement simultané de la lecture, de l'écriture et de l'orthographe. -Avantagea; inconvénients possibles.

On propose, depuis quelques années, non seulement d'initier tout d..abord des enfants à la lecture, à l'écriture et à l'orthographe, de faire marcher de front ces trois enseignements, mais encot·e de les confondre dans les leçons uniques, dans des exercices simultanés où ils puissent. se prêter un mutuel secours et venir comme à l'appui les uns des autres. Des méthodes de lecture, déjà en assez grand nombre~ ont élé prépat·ées pout· l'application de ce

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procédé synthétique. C'est, comme on le voit, un abandon plus complet encore de l'ancienne routine qui isolait les divers enseignements ou plutôt les superposait, débutant par la lecture, continuant par l'écriture, le calcul, etc. On croit trouver à ce nouveau système de grands avantages. Il serait conforme à la natuœ de l'enfant. L'enfant ne s'arrête pas volontiers sur un seul objet, il aime à se répandre; il a, suivant une expression qui rappelle une célèbre utopie, l'humeur papillonne. Et, du reste, la variété, le changement sont li:'S conditions de l'attention qu'il consent à vous prêter. Voulez-vous le captiver, Je tenir suspendu à vos lèvres, • sans cesse en lui parlant, variez vos discours •. Vous lui apprenez à lire; c'est pour lui • la primeur de l'ennui •. Mais il faut bien que le pauvret passe par cette épreuve, la première épreuve sérieuse de sa vie d'enfant. Comment la lui ferez-vous supporter avec résignation et même quelque peu allègrement? Mon Dieu! en lui évitant la monotonie des exercices. Au lieu de le tenir un quart d'heure, une demiheure sur une ou plusieurs lettres, sur une ou plusieurs syllabes, sur un ou plusieurs mots, etc., tracez vous-même ces lettres, ces syllabes, ces mots en caractères nouveaux: il vous verra agir, et ce sera pour lui une diversion ; faites-les lui tracer à son tour, ces essais satisfel'Ont à son besoin de mouvement et d'activité ; que ces lettres, ces syllabes, ces mots lui disent quelque chose et vous fournissent l'occasion de faire appel à son intelligence, à son jugement, à son esprit d'observation, à sa curiosité même, et le voilà, non plus ennuyé, mais heureux, s'intéressant à l'exel'cice, et en souhaitant la continuation et le retour. Dans ces conditions, il apprendra à lire, d'abord les caractères d'imprimet·ie, ensuite les caractères d'écriture ; puis il tracera tellement quellement ces derniers et les rassemblera dans I'ot·dre voulu. D'une pierre vous aurez fait, non deux coups, comme on dit, mais trois : peu à peu votre élève saura Lire, écrire et même orthographier: il sera prêt pour entrer en plein dans la vie écolière. L'ennui évité, l'attention provoquée et soutenue, l'actiYité éveillée et dirigée vers un but utile, les facultés tirées du sommeil, les connaissances initiales, celles sur lesquelles viennent se greffer toutes les autres, acquises sans trop de labeur, tels sont, en raccourci , les avantages que présente L'emploi intelligent des méthodes d'enseignement simultané de la lecture, de l'écritut·e et de l'orthographe. Nous pourrions en trouver bien d'autres : une émulation de bon aloi. l'enfant VOUlant se SUl'passer lui-même, faire aussi bien que SOU maître ou mieux que ses camarades; l'honnête emploi de J'instinct d'imitation ; l'éducation de la main et de l'œil, l'écriture n'étant, au fond, que du dessin; l'initiation à une foule de connaissances utiles


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si la méthode qu'on lui mettra entre les mains est accompagnée d'images: on a vu une guérite, un phare, des animaux, des plantes ; on a lu les noms, on les a écrits; on n'a pas été sans en causer un peu, et que de questions ! que de réponses ! que d'utiles digressions qui ont reposé, qui ont intéressé sans faire perdre de vue l'objet ou plutôt les objets de la leçon, qui étaient la lecture, l'écriture et l'orthographe l Mais ces dernières considérations nous amènent juste au second point de notre sujet : les inconvénients possibles. Des inconvénients, il y en a, ou du moins l'on en trouve avec un peu de bonne volonté~ et peut-être avec quelque raison. La lecture est une étude difficile, laborieuse. En y ajoutant celle de l'écriture et de l'orthographe, vous la compliquez. Quoi que vous disiez, il est plus dur d'apprendre trois choses qu'une seule; cela est surtout plus long; l'esprit, en se dispersant sur plusieurs enseignements, se donne moins à chacun: un chasseur qui tire sur trois lièvres court grand risque de n'en toucher aucun; qui trop embrasse, mal étreint, dit la sagesse des nations. Si tout cela est vrai pour tout le monde, tout cela est vrai pour l'enfant .... Non, répondons-nous sans hésiter; tout cela n'est pas vrai vour l'enfant; il a tant de choses à apprendre que la nat.ure l'a pour.ru d'une merveilleuse aptitude à mener de front une quantité de connaissances, d'études, si l'on veuL. Cela n'a pas besoin d'être prouvé ; il suffit, pour· s'en convaincre, de suivre un enfant dans ses ébats, dans ses jeux, dans l'apprentissage qu'il fait instinctivement des choses de son âge.D'aiileurs, ne peut-on pas dire que la lecture, l'écriture et l'orthographe sont plus que sœurs, 4u'elles forment une synthèse unique, qu'elles sont comme inséparables? Lire un mot, c'est le décomposer, c'est en fixer les éléments dans sa mémoire, c'est en apprendre l'orthographe, c'est aussi déjà l'écrire dans sa pensée. En l'écrivant, l'enfant ne fait que réaliser l'image qui s'est produite dans son cerveau, qu'ajouter l'exécution à l'idée, qu'achever une opération commencée, et qui, sans cela, resterait incomplète. C'est, ajoute-t-on, mettre tout dans tout, suivant une tendance trop fréquente à notre époque. Que de fois n'avons-nous pas assisté à une leçon de lecture qui n'était rien moins qu' une leçon de lecture ! On y mêlait, sinon de l'écriture, du moins de l'orthographe d'usage, de la gmmmaire, de l'étymologie, de la littérature, des sciences physiques et naturelles. De tout cela, que restait-il ? Rien de clair, rien de net, un je ne sais quoi de confus qui, dans tous les cas, ne profilait en rien à, la l.ecture, laq~elle était pourtant J'objet de la leçon. A un degre momdre peut-etre, mais fort appréciable néanmoins, le même (·ffet ne se produira-t-

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il pas dans l'esprit de l'enfant auquel vous entreprenez d'apprendre simultanément la lecture, l'écriture et l'orthographe ?

(A suivre.) LA COMPTABILITÉ A L'ÉCOLE PRIMAIRE La comptabilité est, sans contredit, d'une utilité générale. Le campagnard, comme l'homme d'affaires et Je commerçant, a besoin de se rendre compte de sa gestion, d'avoir constamment sous les yeux un tableau de l'état de ses affaires. Quelle que soit sa condition, toute personne qui fait des recettes et des dépenses a, dans la comptabilité, un guide, un conseiller et un aide qui supplée à l'insuffisance d'une mémoire plus ou moins fidèle, et souvent J'examen de ses livres suggérera, à l'homme trop confiant ou trop peu soucieux, des réflexions salutaires qui modifieront à son avantage sa condition personnelle et l'administration de ses biens ; il règlera sa dépense d'une façon plus judicieuse, il veillera à ce que l'ordre et l'économie règnent dans sa maison. Le petit marchand se rendra compte de ses bénéfices ; il raisonnera mieux ses opérations tant à J'égard de ses clients qu'à celui de ses fournisseurs ; l'artisan dépensier contractera des habitudes plus régulières au tableau de ses sueurs prodiguées et qui, aujourd' hui, lui constitueraient un certain capital, lequel entretiendrait l'aisance à son foyer, l'augmenterait ou l'y ferait pénétrer. .Mais la comptabilité d'un simple agriculteur, d' un artisan, doitelle être calquée sur celle du finaucier ou du graud négociant, et faut-il absolument que l'école primaire enseigne la partie double? Je réponds non, car la partie double ne s'adapte que médiocrement aux besoins de la campagne ; vu Je temps et les soins qu'elle réclame, elle serait bientôt négligée pour faire place à quelque chose de plus simple, de plus expéditif, qui présenterait néanmoins toutes les conditions de clarté et d'exactitude nécessaire : C'est donc la partie simple qui convient à l'école primaire. J'admets que la partie simple, ne présP.ntant pas pour une maison de commerce, ou une exploitation quelque peu importante, tous les éclaircissements désirables ou une certaine facilité de recherches, se voie préférer la partie double ; mais les mêmes raiso.ns n 'ex~stant pas .chez le marchand en détail, le petit propriétaire, le sunple arl!san, occupons-nous rle la partie qui sera la mi~ux comprise, la mieux pratiquée, celle dont l'étude et l'application au foyer demanderont le moins de temps, tout en atteignant le but désiré. La durée restreinte de l'année scolaire ne nous permettrait pas de vouer à la partie double tout le soin qu'elle réclame sans nuire notablement aux branches principales, et si nous


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ne voulons pas négüger ces dernières pour favoriser une branche accessoire les élèves n'acquerront que des notions incomplètes et conséq~emment insuffisantes dans la partie double. Le travail de l'école sera totalement ou presque totalement perdu, car son imperfection le fera délaisser et oublier en raison des lacunes qui le rendraient obscur, inintelligible et, partant, d'une application souvent difficile et même impossible. Combien y a-t-il d'élèves de nos écoles primaires qui seront appelés dans le cours de la vie à faire dans un établissement quelconque de la comptabilité en parlie double? De quelques écoles de la campagne, pas un seul ; dans un grand nombre, ils seront excessivement clairsemés: à la ville ce sera peut-être différent, mais ils ne seront pas la majodté : pourquoi donc sacrifier une majorité imposante à une infime minorité '? Les parents qui désireraient que leurs enfants fissent un cours complet de comptabilité en partie double, ne pourraient-ils pas les envoyer dans des établissements d'instruction secondaire '? N'y a-t-il pas en suffisance, de par le monde, des coaèges, des écoles professionnelles et indubtrielles? Et l'école primaire n'a-t-elle pas surabondamment de besogne, et une besogne ardue, sans qu'elle s'adosse bénévolement le fardeau trop lourd de l'enseignement secondaire? Ce serait non seulement peu raisonnable, mais encore ridicule de vouloir sacrifier le nécessaire et l'indispensable au superflu. Quelles réflexions feriez-vous en voyant une personne p11rée comme une duchesse et manquant de pain à la maison? Vous la croiriez folle ou excessivement vaniteuse: ce serait peut-être l'un et l'autre en parlant de l'école qui sot·tirait de sou rang et de ses attributions en empiétant sur un domaine au-dessus de ses forces et de sa portée : la parure peut être métamorphosée, tandis que des notions vagues et incomplètes seraient peut-être d'une application dangereuse. Mais s'il était possible de faire quelque chose de satisfaisant dans la partie double à côté du 7 pour cent pour la lecture, ne serait-il pas préférable que les proportions fussent renversées? Il est vrai que lorsque l'on est si fort en lecture, ou brille ailleurs à peu près du même éclat. Quels sont maintenant les livres dont l'école primaire rloit enseigner la tenue en partie simple ? Ces livres sont le brouillard, le gt·aud-livre, le compte de caisse, le bilan et, comme acccssoiœs, les notes pour travaux exécntés ou articles fournis, ainsi que le camct des échéances pour un marchand, un industriel, ou un artisan faisant des affaires quelque peu notables. En voyage, le brouilJard est remplacé par le carnet de notes ; quant au journal, bien que considéré eomme le plus important des livres de comptabilité s'il s'agit de couleslatious et

de ~e.c~urs .en justice, je n'?n vois cependant la nécessité, ni comme aux1ha1re au comptable, m comme preuve infaillible en faveur du réclamant. Le grand-livre bien tenu me semble en tous cas préférable sous un double rapport; il est plus tôt vérifié et il n'étale pas, aux yeux des examinateurs, des comptes étrangers à la cause, et que les débiteurs, comme peut-être les créanciers aimeraient à couvrir d'un voile, même en présence des tribun~ux ou des agents d'affaires. Comment le journal serait-il plus sincère que le grand-livre? Un marchand à conscience élastique ou à courte mémoire ne pourra-t-il pas omettre dans le journal ou y inscrire convenablement un ~ticle, vrai ou faux. aussi bien que dans le grand-livre? A mon av1s, ces deux livres font inutilement double emploi et si r.e n'est en .voy.age, le brouillard même pourrait être supprimé pour se ser.vJr d1re?tement. du grand livre et du compte de caisse. C~pendant J~ conço1s. que, dans une maison quelconque où il se fa1.t des aff8Ires considérables, ces livres ne sauraient être supprJmés, et que la partie double y est de rigueur: il y a d'ailleurs là des employ~s ad hoc j. mais, j.e le répète, à la campagne, et dans les magasms en détail des villes, la partie double qui exige beaucoup de temps et de peine, sans aucun avantage réellement appréciable, ne saurait être admise, attendu qu'elle serait bientôt entièrement et presque généralement abandonnée, pour retomber dans le chaos et l'obscurité, si la partie simple n'existait C. w : (A suivre.) pas. DE Lil I.ECTURE Bien que nous ayons déjà publié maint article sur l'enseignement de ~ette branche, ~·on, ne trouvera pas hors de propos que nous revemons sur ce SUJet, a cause de son importance et de son actualité en ce qui nous concerne plus spécialement. L'auteur du travail qu'on va lire ~st d'ailleurs un instituteur qualifié et expérimenté. A la fin d~ son et~de, nou~ nous permettrons cependant de faire quelques reserves a l'endroit de l'une ou l'autre assertion émise dans cet article, b,on da1_1s son. ensembl.e, ~ais dont certaines reflexions prêtent ~n pel! a la d1scuss1on, particulièrement dans la 2• partie qui reste a para1tre.

On a la prévision presque certaine que cette année nos recrues du Valais figureront encore une fois au dernier rang ou peu s'en f~ut de l'échelle fédérale pour la lecture. C'est cependant, on l'a bien dtt, pout· cette branche que nous devrions exceller et rivaliser avec l~ j~uness~ des autres. cantons. La Pro~idence ~·a-t-elle pas accorde a nos Jeunes conCitoyens autant d intelligence qu'à nos autres confédérés '? - Certainement oui. - Puis, sous Je rapport


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topographique, d'autres cantons ont aussi leu rs cimes, leurs populations disséminées, et partant toutes les difficultés que nous rencontrons dans les pays de montagne. Enfin, si nous examinons de près les -notes obtenues pour chaque localité, nous ne tardet·ons pas à nous apercevoir que les recrues des communes les plus élevées dament souvent le pion à celles de la plaine, de sorte que ce n 'est pas là encore la vraie cause de nos échecs pour cette branche. Les uns la trouvent et prétendent qu'elle gît dans les différents idiomes en usage chez nous et qui seraient un des plus grands obstacles à notre avancement. Ici on est obligé de convenir qu'il y a du vrai ; mais n'exagérons pas trop toutefois. Cet obstacle n'est pas aussi grand qu'on veut bien le dire et le faire croire. Pour nous en convaincre jetons encore les yeux sur la statistique fédérale, et nous ne tarderons pas à notls apercevoir que les communes où l'on parle le plus le français ne sont pas toujours celles qui fournissent les meilleures notes. Puis, si d'autre part on tenait compte de la facilité qu'ont un plus grand nombre de jeunes gens de nos cités de suivre les cours des établissements supérieurs d'instruction publique, et des industries qui en occupent une partie, comme aussi de la longue durée des cours scolaires, noug verrions que l'avantage resterait aux localités les plus hautes et les pl us escarpées, c'est-à-dire à celles où le patois est surtout en honneur. Prenez nos enfants des montagnes, et donnez ieur autant d'heures de leçons qu'à ceux qui pat'lent généralement le français depuis leur bas âge, et vous verrez lesquels obtiendront les meilleurs résultats. Non, le patois n'est pas seul responsable de notre faiblesse: cessons donc de l'accuser d'être la cause de · tout le mal. Ce que nous avons de pire, c'est l'accent local. Il nous fait beaucoup plus de tort que le patois lui-même. Dans une localité, on aura une prononciation nasillarde, dans une autre, gutturale, plus loin on affectera de grasseyer: etc., etc .... Voilà un des principaux obstacles qui nous empêche d' arriver à obtenir une lecture claire, convenable et intelligible, car si la prononciation est mauvaise, on ne sera que difficilement compris et jamais goO.té. Ce n'est pas tout que de lire pour soi, nous devons nous efforcer dans nos classes de former des lecteurs qui soient compris, et qui comprennent eux-mêmes ce qu'ils lisent. Ensuite il est un fait incontestable, c'est qu'on ne consacre plus à cette importante branche autant de temps qu'autrefois. On a dû forcément en retrancher pour faire place anx autres branches cadettes, qui sont venues enrichir notre programme en le surchargeant. Aujourd'hui, il est même fort contestable que sous ce rapport nous n'ayons point reculé au lieu d'avancer. Des personnes observatrices nous

assurent que jadis on lisait mieux en sortant des écoles primaires, et que beaucoup de jeunes gens conservaient le goût de la l.ecture et s'y plaisaient, tandis que maintenant où sont ceux qui contmuent à lire '?.. .. Autrefois on étudiait moins de branches, mais ce qu'on étudiait on l'apprenait mieux. Aujourd'hui le progrès veut qu'on enseigne et qu'on apprenne tout, de sorte qu'on ne fait qu'etlleurel' les matières sans les approfondir, sans se les assimiler. Or, Dieu sait, combien le jeune homme a vite oublié ce qu'il ne possède qu'à demi. Enfin, selon nous, la cause principale du peu de succès qne nous avons obtenu jusqu'ici dans cette branche, provient de ce que les commençants ne sont pas assez soignés. On les abandonne trop aux moniteurs ; maints instituteurs subdivisent beaucoup trop leurs classes et gaspillent ainsi inutilement une partie de leur temps en voulant soigner cinq ou six divisions à la fois. En procédant ainsi, quelque zélé que soit un maitre, il n'arrivera qu'à un piètre résultat qui finira par le décourager. Qu'on groupe donc ses élèves le plus possible, et alors on aura du temps à consacrer à toutes les divisions de l'école. Il est certain que si, dans une classe, les commençants sont négligés, toute l'école en souffrira à cause du temps perdu les premières années.Veillons-les donc de près et ne les abandonnons plus, comme on le fait trop généralement encore: à la direction presque exclusive des moniteurs. N'oublions pas que les iniüaires, comme on les appelle aussi, sont la souche du progrès. Or, puisqu'il en est ainsi, donnons-leur tous les soins possibles, sinon notre classe ne fera que végéter malgré tous nos labeurs. Si, dans les divisions supérieures, notre programme ne nous permet plus de consacrer à cette branche a ulant d'heures qu'autrefois, po ussous plus fortement les jeunes recrues: c'est là le secret d'arriver à obtenir un enseignement fécond en résultats. (A sttivre.)

Des digressions dans la leçon orale. ODSERVATIONS PRATIQUES

(Suite et fin.)

Malgré ces inconvénients r econnus, on peut être conduit, disais-je, par exception, à couper la leçon par un petit r écit ou autre épisode semblable : si les enfants sont fatigués, ou bien encore s'ils sont distraits, si on voit que, pour une cause ou une autre, «la chose n'a pas pris~. et qu'on espère par ce moyen reconquérir l'auditoire et ramener l'attention . Cela peut très bien r éussir. Encore t âcherezvous, bien entendu , de placer cette sorte d'intermède là où il dérange le moins la marche de la leçon, c'est-à-dire à l'une des divisions


58 naturelles du sujet, où l'esprit se repose, quand on en a .fini avec un certain ordre de faits et d'idées, avant de passer à un autre. - La chose a plu ; l'historiette a produit son petit effet ; les enfants, si indifférents tout à l'heure, écoutent, ils se donnent, ils sont à vous; vous voyez tous les petits yeux tournés vers vous, et les petites bouches entr'ouvertes par l'attention : très bien ; mais rien n'est fait ... Le difficile, voyez-vous, c'est de revenir, maintenant, au sujet de la leçon. Tâchez de profiter de la disposition favorable ; ne la laissez pas refroidir. A vous de trouver une transition naturelle entre votre petit hors d'œuvre et l'ordre d'idées auquel vous voulez ramener vos auditeurs. Surtout pas d'interruption dans la parole, ni de brusque changement de ton qui avertisse. Evertuez-vous à garder, dans la leçon reprise, quelque chose du ton, du geste, de l'allure mouvementée du récit ; - qu'il leur semble que c'est encore « la suite de l'histoire .... • Presque toujours, ai-je dit, vous aurez à remonter un peu le cours des choses, et à repasser par un résumé rapide sur les notions précédemment démontrées avant d'aller au delà, pour rattacher la chaine des idées, et ressouder, pour ainsi dire, la leçon interrompue. Faitesle, autant que possible, sans que cela paraisse. Une digression, c'est autre chose ; non plus une interruption dans la marche de la leçon, une halte, mais un changement de direction. C'est comme un chemin de traverse que vous prenez, avec ou sans idée de retour à la route. Vous êtes conduits dans une voie qui n'est pas celle que vous vous étiez tracée ; quelque chose vous entraîne dans ce chemin détourné, et vous cédez à l'entraînement sans trop vous demander comment vous reviendrez. Cela peut venir ou de vous-même, ou des choses, ou des enfants. Il peut arriver qu'au cours de la leçon la plus soigneusement préparée, tout à coup se présente à votre esprit une idée que vous n'aviez pas entrevue ; c'est comme une clarté subite qui jaillit, et vous fait apercevoir les choses sous un jour nouveau ; ou bien vous trouvez une manière plus simple et plus claire de démontrer. En pareil cas, si l'idée qui vous a surgi à l'improviste a réellement de l'intérêt, vous auriez bien tort de l'écarter par un scrupule exagéré d'ordre méthodique. D'autres fois, c'est un simple incident, tout extérieur, qui vous conduit en dehors des données premières: l'objet, par exemple, que vous faites examiner pour constater tel ou tel caractère, se trouve avoir un autre côté, plus saillant, qui vous frappe un moment et frappe aussi les enfants; ou bien une petite expérience amène un résultat que vous n'aviez pas en vue et que les petits observateurs remarquent : vous ne pouvez pas vous empêcher, pourtant, de donner l'explication de cet effet, sous prétexte qu'il n'était pas dans le programme. Mais le plus ordinairement ce sont les enfants eux-mêmes qui vous détournent de votre voie, et, par leurs réponses ou leurs questions, vous conduisent où vous n'aviez pas l'intention d'aller. L'imagination enfantine dévie heaucoup ; et, si nous la suivions dans tous ses écarts, si, par exemple, dans le dialogue, nous nous laissions traîner à sa remorque au lieu de la diriger, nous perdrions à

59 erions à divaguer comme elle. A chaque instant le fil, et nous en s. é d la ramener dans la voie. chaque instant nous. sommes obhg ~ec~ trop de rigidité. Il y aurait Pourtant.il ne, fa~dr.alt pas mettre e~a s ontanéité de l'enfant, à couinconvément a reprimer sans c~sse te rEute de traverse où sa pensée per impit?y~blement dCevlant lu\top~ur effet de décourager l'enfant d.e tendrait as engager. e a aurai . ensée · on en arrlpenser yar.l~i-~ême et de pour~~~~i~é::n~~~~Iev~us vouiez, de détaverait a lm msp1rer une ~~~te~~ . u'on lui demanderait sans ce8se chement à l'égard de ses 1 'es a ~~, q "t ainsi ramené vers les had'abandonner pour celles d autrut. Il sera.t . t infailliblement les ' d . "té d'esprit que commumqualen , . ' . nt et contre lesquelles nous reagtsbitudes e paSSIVl anciennes méthodes d en~etg~~me adtre côté, l'effort sans cesse resons de tout notr~ pouvŒr. un tits auditeurs et les forcer de marnouvelé P?ur temr de c~urt l~s Ae "ble donnerait au parler même, cher pas a pas su~ une gne m e~deu'r de forme pénible, quelque surtout dans le dt.alogue, u~eb.ra tôt la fatigue. Donc il faut savoir chose de tendu qm amènera~ ~en ar ses réponses par ses questions, sa ensée ;end une certaine un peu fl.ééhir. Quand u~ en an.' p par son attitude, vous latsse voir que 'p .d ,P . si d'autre part direction, surtout s'il sembl~ fatt:"c~~:; ~~nnlc::sité 'impérieuse d~ vous n'êtes pas ~ ce ~omen oml~~ enchaînement de faits qui ne ous détourner un peu. Entrez suivre un certam raJso~nement,. souffre aucune interruptt~n, -l~tssez~; ui cherche qui se hasarde; un instant dans sa vote, a ce petl~ es\r~u'! avez don~é satisfaction à aidez-le à trouver sa p_ropre pe_nse~. l le calme et le gagne. Il est sa curiosité ou à sa preoc~upatl~f d~er: andre à son idée ; il a senti heureux: que vous ayez pris sou. t pl vous en sera reconnaissant. votre cond~scendance, et, certame:r:~ l~ ramener dans votre sens, il Et quand, a votre tour, vous vou ,. ' st as ossible que deux esne résistera pas. Son!?ez encore qu ~ln ~êJe li~ne sans se faire réprits divers suivent rtgou~eusemen a. ue est une suite de diciproquement des co~cess10n~. è~~~~s~~i~{~~ons autour du sujet, d'ongressions et de rentrees, de tleff t , c tte condition que la conversadulations, si ~ous voulez; ~ ces a l!con n'est as une simple c~n­ tion p~ut ayOlr qu~l~ue graceta~~eelle. doit con;erver une certame versat10n, Je le sats ' et P 0 f.~ t. d'ail re _Du reste vous ne vous élasticité de plan, quelque 1 er e t uda~s le sujet p~r un petit déêtes par beaucoup écarté ; vous ren rez ·am ais qu'une rare exception. tour. . Mais admettons un~ chose qm ne ser.aJmotivée vous a entraîné au Votre digression, n'lmpo.r~e parJ qu~t sais co~ment les idées sont e sont enchaînés aux incidelà de toutes vos p~évls10ns .. e. e venues à la suite des Idées, ~~~~~~~de~~!~ loin de votre sujet. L'aidents, et finalement vous vol a om, he il n'est plus temps d'y guille a marché, la fin de la lego~ ayp,r~~re '. vous n'arriverez pas à rcveni.r. Trop de choses vou~~esb~nn aprene~en votre parti. Plutôt remphr votre progr~mme .. , Je ' tte suite du programme que que de vous mett~·e a. cou~n :"prèts cet, trop en arrière ; achevez vous ne rattraperieZ JamaiS, etan res e


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60

monstration de la vertu moralisatrice inhérente à l'instruction ; l'immense majorité des crimes est à la charge de la brutalité ignorante. »

tranqu~ement. dans la dire~tion nou~elle que vos idées et celles de vos petl~s a~diteurs ont prise. Contmuez par cette route jusqu'au bout, pUisqu il est trop tard pour retourner à l'autre. Vous n'aurez

Sans autre préambule, nous laisserons maintenant la parole à M. Vessiot:

~as fait .l a leçon projet~e, vous en .aurez fait une autre, - et peutetre me.llleure. Vous n aurez pas dit ce que vous vouliez dire ; vous aure~ di~ ~utre chose : des cho~es bonnes et utiles, sans doute ; ayant leur mteret probablement, puisque vous vous êtes laissé détourner ~ar ell~s; ayant le mérite d~ l:à-propos, puisqu'elles ont surgi de l ,occa~w~ ; attrayantes, parait-li, pour votre petit auditoire, qui s est Jete, . avant vous ou avec vous, dans ce sentier de traverse. Tout es~ bien donc; et sans rem ords renvoyez à une prochaine leçon la tache de combler la lacune, si vraiment lacune il y a.

« Les petites choses, en éducation,. ont so uv~nt , dit-il très b~en, plus d'importance qu'elles n'en paraissent av01r,. et les occaswns manquent moins au maître que le maître aux occaswns. ,. Il y a dans chaque pays des habitudes locales dont l'ancienneté et la ténacité prouvent que l'éducation générale est loin d'être achevée et qu'il faut plutôt compter sur l'école et les générations nouvelles que sur le bon sens public pour en élever progressivement le niveau et en combler les lacunes. (A suivre.)

c. DELON. A PROPOS D'ÉDUCATION N?us extrayons ~e chapitre d'un livr e qui mérite un cordial souhait d? bie~venue, car c est un.e œuvre saine, fortement et nettement pensec, soigneusement et agreablement écrite. Dans ce livre: De l' éducat ~on ~ l'école prim,aire,pr?fe~sionr:e lle, supérieure et normale, M. Vesswt,,~nspect~ur d aca~emie a Par1s, et membre du conseil supéri eur de lmstr~ctw~ publique, pose, comme on dit, carrément le prob~ème de l ~ns~1gnement .pop~laire, lequel, à ses yeux comme aux notres, se reduit tout entier a la question de l'éducation. « En l'état des croyanc~s et des mœ~rs , d~t M. Ve~siot, sous un régime qui donne le droit au nombre, mstrUire est bien moraliser est mieux · si l'~n est utile, ~·~utre est nécessaire ; car u~e société a encore plu~ ~esom. de Z?orahte que de savoir, et d'honnêtes gens que de gens mstruits. SI le nombre des honnêtes gens va diminuant si le nombre des autres ~a croissa~t,, il y a p~ril en la demeur e. I~i la qualité ne sup~lée pas a la quantite ; la société n'est pas une place forte où une po1gnée de braves puisse tenir indéfiniment contre des assaillants innomb~~bles. ».Et ailleurs : «... L'éducation peut à la rigueur s,e passer de lmstructwn, tandis que la première est indispensable à 1 autre. - En effet, avec les lnm1ères naturelles de la raison et à l'aide de la conscience, on arrive à faire un honnête homme · tandis que to~t le savoir du m.onde ne suffit pas à garantir du. ~ice, ni même a préserver .du cnme. L'homme qui n'est qu'instruit en est plus dangereux; l'Ignorance honnête est inoffensive, elle peut être vertueuse. Tou~ les ans l'Académie couronne des dévouements qui ne savent pas hre, et tous les ans la justice condamne des crimes lettrés et des attentats savants. Il s'en faut étrangement que le prog~ès moral ~oncorde avec le progrès de la science et que tous deux atllent du meme pas ; le temps présent nous en fournit la preuve. Est-ce à dire que l'instruction soit inutile à l'éducation 1 elle lui est au c.ontrair~, un auxiliaire précieux ; en éclairant l'esprit, elle cré~ au hbre arbitre de nouveaux ct puissants motifs elle transforme en volonté claire et réfléchie les mouvements obscu;s et instinctifs de la conscience. Du reste, la statistique judiciaire est une irréfutable dé-

PÉDAGOGIE AU JOUR LE JOUR

* L e maître de ma seconde classe manque de mesure. Hier, il

••

gr~ndait vertement un élève, et il terminait sa semonce pa.r ces mots: «Vous savez, si ce que je vo us dis ne vous plaît point, vous pouvez ne pas revenir, nous ne tenons pas à vous. » J'ai pris le maître à part, et je lui ai dit : « Pourquo_i cette provocation au moins inutile 1 Voilà un enfant que vous mettez en quelque sorte au défi de manquer à la classe ou de s'adresser à une autre école. Est-ce-là ce que vous devez chercher~ Cet enfant est, j'en conviens, paresseux et indiscip!iné, mais ne cr.oyez-vous point que nos écoles ser~ie~t ~ie~tôt vides, si l'on en excluait tous les enfants paresseux et md1sc1plmés ~ Que va-t-il arriver 1 Ou l'enfant se dira: « Mon maître était en colère, il a dit cela en l'air, mais au fond il ne désire pas que je m'en aille» et il reviendra, mais votre autorité n'y gagnera point. Ou il prendra vos paroles au pied de la lettre, et vous perdrez votre élève, et, ce qui est pis peut-être à mes yeux, ce sera un j eune cœur que vous aurez froissé injustement. Grondons nos élèves, s'il y a lieu, et le moins souvent, et le moins longuement possible, mais ne les blessons pas. ,.*,. Ceci est encore le même sujet, ou à peu près, bien qu'il s'agisse d'un autre maître. M. X. est venu ce matin m'amener un élève récalcitrant, en me disant: «Monsieur le directeur, j'ai donné à Alfred son devoir à refaire, et il déclare qu'il ne le fera pas. »M. X. parti, j'ai dit à Alfred : «Allons ! mon ami, vous connaissez le règlement : toute punition doit être faite, il n'y a d'exception pour personne: vous allez refaire votre devoir. » Je le regardais fixeme nt ; lui, me regardait :fixement aussi, et ses yeux brillaient: «Non, monsieur, me dit-il, je ne le ferai point. «Qu'aurais-je gagné sur cet enfant irrité et buté, si, continuant à le regarder, j'avais insisté sur mon injonction, en aggravant notre différend 1 Savez-vous ce que j'ai fait 1 J'ai cessé de le regarder, et je lui ai dit, sans avoir l'air d'être bien fâché: «Allons! allons! c'est bon ; tout à l'heure vous allez le faire 1 » Et je me suis


6!

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mis moi-même à m'occuper de je ne sais quoi, à lire une lettre ct à ranger des papiers. Cinq minutes a}Jrès, Alfred remontait à la classe et se mettait à refaire son devoir. Croyez-vous qu'en lui cédant ~i~si sur le ~ornent.~ car visiblement je lui ai cédé, lorsqu'il avait lair de me defier -J aw perdu de mon prestige dans l'esprit d'Alfred 1 Pour ma part, je ne le crois point. Nous nous sommes entendus sans n~us rien dire: il m'a ~u gré de ne pas l'avoir poussé, et c'est certamement par reconnaissance pour moi qu 'il a fait son pensum. J'ai donc, loin de l'exas~ér~r, exag~rant une di~>position qui ne lui est que trop naturelle, evelllé en lUI un bon sentiment : c'est tout bénéfice.

voir réclamer plus efficacement de lui l'accomplissement des devoirs correspondants. Je me dis bion que tout cela est vrai, et je m'applique à ne plus tutoyer mes grands ; mais le tu me revient souvent.

,.*,. Quand vous interrogez des petits enfants, ceux de la classe enfantine ou du cours élémentaire, évitez de leur tendre même sous prétexte d'éve!llerleur attention! le moindre piège. Ne l~ur dites pas, par exemple (je prends les prem1èr es choses qui me viennent à l'csprit): «Cinq pommes et trois pommes, cela fait, n'est-il pas vrai~ neuf pommes (neuf pour huit) .2» Ou bien: l'espace de trois mois c~la s'~ppelle ... un. semestr~? Non, quelque chose que vous leur di~ siez, dites-leur tonJours vrat. Ils ont pleine confiance en vous : il ne f~ut pas qu 'ils. puisse.nt croire que vous soyez capable de les tromper, fut-ce par plaisanterie ou pour tout autre objet qu'ils ne comprennent point. _Ils n'ont pa_s non plus l'esprit assez souple pour se retrouver, au moms du premier coup, dans votre question captieuse. Cela est si vrai que, neu~ fo~s sur d,ix, malgré l'air de doute ou de badinage que vous aurez pr1s, Ils ne s apercevront point que ce que vous dites est faux, et ils diront comme vous. C'est donc là pour les tout petits un mauvais procédé, et qu'il faut r éserver aux' plus avancés comm~ vous réserverez aussi aux plus avancés ce qu 'on appelle en o-éométrie la démonstration par l'absurde, les laissant s'enferrer dans leur propre er~eur, jus9u'à ce qu'ils l'aient reconnue. Bon moyen, et qui porte, '?a1s exclusivement pour _les intelligences déj à faites, ct qui o~t du Jeu ct du resso~t. Les petits, s'ils se trompent, r eprenez-les ; dites~~eur: «_Non, ce n est pas ce,la » et fai,tes-les réfléchir davantage ; ou, s Il y a heu, menez-les par l analyse a comprendre qu'ils se sont trompés ; !!u'ils c?~ptent, par exempl~, sur leurs doigts que trois pommes a.JOUtées a cmq pommes font hmt pommes et non neuf· mais ne les embarrassez jamais. ' ,.*,_ Faut-il que le maître tutoie les enfants 1 On y est conduit tout naturellement. Nous les ~ecevon s tout petits: il semble qu'à un petit enfant on ne peut pas dire: « Vous», quand tout le monde lui dit: ~tu». ~t on l~.i dit: «tu». Il ~randit, et l'on continue. Cependant, Je conviens qu Il est bon que l enfant sente qu'il y a une certaine différence entre l'école et la famille, et que le maitre, bien que repr~~entant le père, n'est pas tou~ à fait le père; je conviens aussi qu Il faut de bonne heure donner a l'enfant, dans une juste mesure le sentiment de sa personnalité. Cc vous venant du maitre, oppos~ au tu des camarades et des parents, lui fera comprendre qu'il est quelqu'un qui a des droits, des droits que l'on reconnaît, pour pou-

Echos des conférences. Des bords de la Rière, le g décembre 1885. La première conférence annuelle des instituteurs du district de Bierre a eu lieu à Challais l e 3 de ce mois. Le bienveillant accueil qui nous fut réservé par l'administration de la même commune il y a neuf ans, nous faisait bien augurer d'une réception non moins cordiale cette fois-ci. L'assemblée, présidée par notre dévoué inspecteur, li. Bagnoud, se composait de 21 régents ; 2 cependant, pour motif plausible, manquaient à l'appel. M. Hopfner, directeur de l'école normale, MM. Lamon et Allet, M. le Président de St-Léonard, MM. les Rév. curés Logean, Michelod, Gaudin, vicaire de Lens, M. le curé et les membres de l'administration de Challais, ont bien voulu nous honorer de leur présence et contribuér pour une large part au succès de notre modeste réunion. La séance s'ouvrit à 9 h. à la maison communale; on s'occupa de laquestion mise à l'ordre du jour, savoir : Importance d'une bonne discipline; moyens de l'obtenir. A la lecture du protocole de la dernière réunion succéda celle des compositions qui, au dire des membres honoraires, témoignaillnt du soin et de la bonne volonté de la part de leurs auteurs. La discussion, très animée, ne manqua pas d'être très intéressante et instructive, grâce à la participation dea membres honoraires, qui prirent à diverses reprises la parole pour émettre leur opinion et nous communiquer leurs lumières. La discussion fut interrompue un instant, pour entendre la lecture d'un excellent rapport, concernant les examens des recrues, présenté par M. Peter, instituteur à Ayer (Anniviers). Dans un travail long et soign~, notre collègue exposa avec la plus grande impartialité la situation défavorable de l'instruction dans notre district. Ayant eu, dit-il, l'avantage d'assister pendant quelques années aux examens des recrues du district, je constate, sinon plus d'indulgence, au moins plus de bienveillance qu'autrefois de la part des experts fédéraux, et un progrès du cllté des recrues au point de vue de l'instruction. Les examinateurs montrent une figure moins sombre et moins séyère qu'au début, les questions sont posées d'une manière claire et nette et avec toute la douceur possible ; les recrues n'étant pas intimidées répondent avec plus d'aplomb et d'assurance. Malgré les progrès réalisés, notre district devra faire des efforts inouïs presque, par rapport aux autres districts plus favorisés par la nature, non pas pour rester au chiffre peu satisfaisant de 13,34 ; mais pour obtenir la note moyenne 12, en raison de la difficulté d'avoir nne école régulière, à cause des déplacements fréquents des populations de la plupart des communes. Cependant, avec le dévouement et la bonne entente entre parents, instituteurs, autorités et commissions scolaires, sans oublier un enseignement plus pratique, il n'y a pas lieu de désespérer de voir nos recrues mériter la note moyenne dans un avenir pas trop éloigné. Pour ne pas abuser de la place que nous offre notre modeste journal, je prétérite las réflexions émises dans le but de voir s'introduire dans les écoles certaines innovations appelées à produire de bons résultats. Celles-ci ne dépendant pas du personnel enseignant, j 'attire l'attention de mes collègues sur les points suivants, saYoir : 1° La discipline bien ou mal ordonnée exerce une influence avantageuse


64 ou f&cheuae, non seulement sur l'instruction, mais sur la vie entière de l'enfant. 2° Développons le plus possible lo sentiment religieux de la jeuness~, et nos enfanta se plieront aisément sous le joug d'une sage discipline. 3° Rendons l'enseignement pratique et attrayant dans les écoles de répétition surtout. A une heure, M. le président déclara la séance close, et un chant termina cette partie de la journée. Sur l'aimable invitation de l'administration communale de Challais, tous se rendirent ensuite à la salle bourgeoisiale, où une ta~le bien dressée attendait les convives. Le banquet fut très gai et très ammé. Des toasts applaudis alternant anc des chants patriotiques se firent entendre. Notre modeste agape fut arrosée par un vin excellent, le tout généreusement offert par la commune et les autorités de Challaia. L'heure du départ arrivant, chacun regagna son domicile, bien résolu de tirer le meilleur profit de cette agréable et instructive journée. Notre prochaine conférence aura lieu à Ohandolin (A.nni viers), la commune I. G. incontestablement la plus élevée du Valais.

On noua écrit de· Baillon, le 18 décembre : La première conférence des instituteurs du district de Martigny a eu lieu à Baillon, le 15 de ce mois. La séance s'ouvrit à 9 '/, h. par la prière d'usage, après laquelle M. l'inspecteur Gross nous fit part du regret de .M. le chef du Département de l'Instruction de ne pouvoir assister à notre réunion. On procéda ensuite à l'élection du bureau qui a été composé de MM. P.-J. Rouiller, instituteur à Martigny-Ville, vice-président, etE. Staffelbach, instituteur à Baillon, secrétaire-cai~sie1· . La plupart des instituteurs étaient présents. Toua les membres ont été très heureux de voir arriver au milieu d'eux }{, H. Bioley, ancien conseiller d'Etat et président actuel de la Société valaisanne d'éducation, ainsi que M. Hopfnér, notre aimé directeur de l'Ecole normale, qui·ne manque jamais une occasion favorable de donner aux instituteurs d'excellents conseils et des marques de son affection toute paternelle. Le présence de Ml\1. les curés de Baillon et de Chamoson, do l'honorable Conseil de Baillon, de MM. Gaillard, ancien président de Chamoson, Matthey, président scolaire de Martigny-Combes, E. Gaillard, J. Carrupt et L. Remondeulaz, instituteurs à Chamoson, leur présence, dia-je, a aussi été accueillie avec joie par l'assemblée. La prochaine réunion a été fixée à Martigny-Bourg. Le sort désigna les instituteurs qui devaient donner lecture de leur composition : cette lecture provoqua une vive discussion, à laquelle .MM. Bioley, Hopfner et Gross prirent une large part. On apporta ensuite quelques modifications au règlement pour les. conférences du district. .A. 12 '/, h. la séance se termina par un cl).ant, et quelques minutes après, les membres honoraires et actifs se trouvaient de nouveau réunis pour prendre part à un excellent repas arrosé d'un vin généreux. .A.u dessert, le vin d'hounew·, vrai nectar, offert par l'honorable Conseil de Baillon, délia toutes les langues. La série des toasts, ouverte par M. l'inspecteur Gross, fut suivie et entrecoupée par de joyeux chants. Patrie, autorités scolaires, ecclésiastiques et civiles, amis de l'instruction, amphitryon, etc., personne n'a été oublié dans les santés portées. L'heure de se séparer arrive, on se quitte à regret en échangeant force poignées de mains et en se disant au revoir à Martigny· Bourg. E. S.

MAIGNE.

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sciences et les arts. Un fort vol. broc., sur! col. 700 p. 5-•. Introduction à l'étude de la grammaire - 3a La (t.~ture ménagère (leçons d'économie domestique) 150 XXX. Petites lecturi'S pour les institutrices et les mères 1 20 2 !5 JsBLEIB. Atla& populaire, !8 cartes 1 !0 NUMA DROZ. Manuel d'instruction ciujque FBÈRE P. Méthode analytique de style (tr cours, élève) 120 J (2-• J • ) 120 Nouveau cours de comptabilité pratique à l'usage des écoles, G.M. TAICLET. WIRTH.

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30

Le même (partie du maitre) ! Faivre et Seuret. Cours de langue française, 7 vol. qui se vendent séparément : man. de l'élève, t•r cour~, 75 c.; ~·cours i fr. 20; 3• cour:. t fr. 20; mao. du maitre 2

fr. chacun; grammaire extraite du dit cours 6l) c. Vœcilia, partie musicale des années 1879 et80, l'année Messe à :.1 voix égales avec accompagnement d'orgue, par l'abbé Stemlio. partition Messe à 3 voix égales, par Gustler, partition Ordinaire de la messe en prières et chants extraits du Gradnel romain, renrermant les six messes dec; différents temps L'Ordinaire de la messe ci-dessus avec les 3 premières années de Cœci'lia, reliés en un vol. Chants faciles à 1, ! ou trois voix égales destinés à compléter et à varier de temps en temps les chants liturgiques Recueil de 15 cantiques connus, paroles seules Roses de mai, 21 cantiques de la Ste-Vierge, à t, 2, 3 ou 4 voix, paroles de M. l'abbé Seure!, musique duR. P. Motsehi, bénédictin Siège de Belfort en 1870-7l

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2 50 - 80 X. DE MA18TRI!I. Voyage autour de ma chambre - 30 La jeune Sibérienne - 30 Le lépreux de la Cité d'Aoste - 30 On peut aussi se procurer à la susdite adresse et au prix de librairie des ouvragrs qui ne seraient pas mentionnés dans la liste ci-haut. Il s'y trouve ~ncore des tableaux de lecture (cartonnés et sur feuilles), des cartes géographiques de la Suisse et des cinq parties du monde, des moyens d'émulation, tels que journal d'école, .cahiers de note~, témoignages de satisfaction (hebdomadaires) et tableaux d'honneur (mensuels). Suivant la nature et l'importance des commandes. il est fait une remise aux dépo· sitaires, autorités ou instituteurs. Les envois sont effectués le plus économiquement possible contre envoi d'argent ou par remboursement. Les timbres-poste sont acceptés pour des envois d'noe minime valeur.

LES .B ONS PETITS LIV R E S à 10 centimes, par Ad. B.ion.

A ceux de nos abonnés qui désireraient former à bon compte une petite bibliothèque, nous ne saurions mieux faire que de leur recommander l'ac-


quisition des petits livres dont on trouvera plus loin les tit.res et la nomenclature. Le nombre total en est de fOO, ce qui représente une valeur de fO fr. Mais comme il est, parmi ces opuscules, de ceux qui n'offrent pour nous qu'un intérêt relatif, nous faisons abstraction de leur ment.ion, et ne procurerons au prix ci-haut que ceux dont le n• sera indiqué. Pour faciliter le paiement, les timbres-poste seront reçus. En outre, comme il importe qu'un délai soit fixé pour souscrire, l'éditeur de l'Ecole primaire ne fournira que les numéros qui auront été précisés et demandés jusqu'au :1.5 janvier prochain. Il s'engage en outre à ne les expédier pour le prix de :1.0 centimes chacun qu'après le délai assigné, soit lorsque un certain nombre d'inscriptions auront été recueillies. Ces livres, qui comprennent tous de 50 à 60 pages, sont écrits dans un lrès bon esprit et présentent, sous un petit volume, grâce à leur texte serré, la matière de bien des manuels qu'on ne se procurerait guère à moins de mettre souvent un prix plusieurs fois supérieur. Dans le nombre plusieurs sont illustrés. Sans vouloir aucunement faire ici une réclame commerciale, puisqu'il s'agit avant tout d'un service à rendre, nous engageons vivement nos abonnés à profiter de l'occasion qui leur est offerte de se former à si peu de frais une petite bibliothèque. Lect11re. Ecriture.

Lectures.

Connaissances utiles.! Histoire naturelle.

1 Alphabet. 20 LA FoNTAINE. 41 Géomètrie. j~ 59 Les Insectes. 21 FÉNELO~. Ch?ix. 42 Mécanique. ~ 60 Botanique. 2 Civilité. . g; l61 Instinct Animaux. 3 Exemp. EcrJture. 22 Style épistolaire. 43 Arpent~g~. Lang11e française. 23 CENT Lec~ures. 44Exere.d ar1thm. : . . LHOMOND 24 Lecture Dtmanche 45 - Géomètrie. · Agreable et utile. 4 Grammaire. 25 BorLEAU. Choix. 46 Dict. Conversation 62 Ephémérides hist. ~ 26 Athalie Esther. 47 La Santé. 63 Solfège Rodolphe. 5 Exercices. \ 6 Corrigé: ~~ ,..~ Commerce. Lectures. 64 Dessinateur. § 27 Arithmétique. 48 BUFFON. Choix. 65GymnastiquefOOfig 7 Analyse s Dites, dite.• ~as · ::: Lectures. 49 Etudes Nature. Histoire. Reltgum. , 28 Mythologie(revue) 50 CHATEAUBRIAND. . Connaissances utiles. 66 Les 9roisades.. 9 FLEURY. Catech. 29 CENT Récits. 10 Christianisme. 30 FLORIAN. Fables. 51 Astronomie ; ,;, 67 Armees et Manne. 11 Les.Apôtre~. OonnaiBBances utiles. 52 G~ologie. . ~ Lectures. qeograp_hte. 31 Travaux d'aiguille 53 Mméralog1e. .... \ 68 Gerbe. Un livre utile. 69 Corbeille. ~~ 12 Geographie génér. 82 Musique avec notes 13 Tour du Monde. 33 Algèbre. ,. 54 ContrelvROGNERIB 70 Abeille. : ~ 1 llistoire. 34Exerc.d'Algèb. ~ etTABAC(ouvrage 71 Mosaïque. ~~ 14 Histoire sainte. 35 La Chimie. ::_ couronné). Lectures ~~ 15 ancienne. 36 La Physique. 8 Hist,lire naturelle. • li: Iii 16 moyen âge. 37 Agriculture. .,0: 55 L'Homme. 72 Ornements. :-" 17 moderne. 38 Jardinage. ;J 156 Les Mammifères. 73 Trésor. ;'[ iS de France. 39Dessinlinéraire ~ 57 Les Oiseaux. 74 Lépreux. ~,! 19 universelle. 40 - d'imitation 58 Les Poissons. 75 Voyage. Corneille (Chefs-Ç76 Le Cid. 178 Cinna. ISO Menteur. 182 Andromaque 184 Les Plaid'œuvres) Ra.cine(77 Horace. 79 Polyeucte. SlBritannicus 83 Iphigénie. deurs.

;-!

NB. Le port de l'envoi étant à la charge des souscripteurs, ceux-ci ,·oudront bien ajouter 2 c. s'ils ne souscrivent qu'à un exemplaire, 5 c. s'ils en désirent 7-8, 10 c. pour f5-f6, et pour un plus grand nombre pt·oportionnellement, soit 5 c. par 8 exemplaires en moyenne.

SION

lVm• ANNÉE

JO Janvier 1886.

REVUE PÉDAGOGIQUE PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DE LA.

SOCIETE VALAISANNE D'EDUCATION L'ÉCOLE PRIMAIRE paraît le 10 et le 25 de chaque mois, de Novembre à Avril inclusivement, en livraisons de 16 pages. Prii d'abonnement pour la Suisse,

~

Cr.- Union postait>, 2 Cr. 50.

Annonces, prix 20 cent. la ligne ou son espace. Tout ouvrage dont l'Ecole primaire recevra deux exemplaires aura droit à une annonce ou à compte-rendu, s'il y a lieu.

SOMMAIRE De la comptabilité (suite).-De la lecture (suite).- L'enseignement simultané (suite). -Les dictées.-Les relations de l'Instituteur avec les parents. - A propos d'éducation (suite). - La crainte et la peur. -Variétés: Le Vallais historique.- Echos des conférences. - Bibliographie.

Tout c:e qui c:oncerne la publlc:atlon doit être adressé à l'éditeur : ~ IJ, P. PIGNAT, soorit. aa DOpart. de l'IDstruotion pn•U•••, à SloL ~


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