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No 03 l'Ecole primaire, février 1882

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jets auxquels ils s'appliquent diffèrent. Par exemple : Quoi de plus charmant que ce mot, le réveil d'un enfant ? quoi de plus triste que celui-ci, le réveil d'un vieillard? L'enfant s'éveille comme la fleur s'oune. La nuit a travaillé pour lui comme pour elle. La fleur s'ouvre au matin, plus fra!che, plus parfumée, plus épanouie. L'enfant s'éveille plus rose, plus gai, plus fort. Ses lèvres brillantes et humides semblent couvertes de rosée; ses petits cheveux frisés et collée aux tempes par la légère sueur du matin, lui font comme une couronne ; ses bras et ses jambes sortant à demi et par échappée de dessous ses drapa ont l'air de marbre rose; à peine ses yeux ouverte, il se met à rire ... A quoi ritil ? ... A la vie 1 C'est une amie qu'il retrouvé 1 Si radieuse est sa figure qu'il semble revenir d'un paradis et rentrer dans un autre. ll ne descend pas de son lit, il saute à bas, demi-nu, et dès le premier pas, le voilà en possession de tout lui-même : ses mounments sont libres, faciles, mœlleux ; il est toute souplesse et toute grâce. Le rénil du vieillard est triste et lent. On dirait que le repos l'a fatigué. Il s'enfonce soue ses couvertures, de peur que l'air ne le frappe ; ses yeux ont peine à. soutenir la clarté du jour; sa tête est lourde. S'il a quelque souffrance habituelle, elle s'éveille en lui, avant lui, elle semble l'attendre, et il est encore engagé dans les limbes du sommeil, que son infirmité lui dit tout bas : Je suie là l Ses membres sont raides comme des ressorts rouillés; il entre péniblement dans la possession de chacun de ses organes; respirer, se mouvoir, parler, sont autant d'actes qui ne vont pas pour lui sans effort. La résurrection même de ses facultés ne se fait pas d'v.n seul coup ; elles renaissent en lui l'une après l'autre; il lui semble qu'il ait appris la mort et désappris la vie. Voilà, certes, deux spectacles bien différents; autantl'un est riant, autantl'autre est sombre. Eh bien, vieillard, veux-t11 que ton réveil soit le plue beau des deuxf Cela dépend de toi. L'enfant qui s'éveille ne pense qu'à lui-même; toi, ne pense qu'aux autres. L'enfant s'éveille pourj ouer, pour jouir, pour être heureux; toue les projets qu'il forme pour cette journée qui commence n'ont pour objet que des châteaux en Espagne d'amusements et de plaisir 1Toi, éveille-toi pour méditer, pour travailler, pour souffrir patiemment, et organise dans ton imagination ce jour de plus que Dieu t'accorde, en vue de la joie de tout ce qui t'entoure. L'enfant n'a guère pour vertu que de ne pas faire le mal; que la tienne soit de faire le bien 1 Je ne sais, certes, rien de plus touchant que l'hymne dicté par le poète à l'enfant qui s'éveille. Ce petit être s'agenouillant sur son lit à la voix de sa mère, et mêlant sa faible voix au chœur universel qui glorifie le Créateur, nous émeut comme la vue même de l'innocence et de la pureté. Mais que demande-t-il à Dieu? ll le prie, prière bien touchante, de donner la santé à. celui qui souffre, la liberté au prisonnier, une demeure à. l'orphelin, le morceau de pain à l'indigent l Eh bien 1 toi, vieillard, tu peux mieux faire encore, supplie celui qui tient en sa. main les Ames et les choses, supplie-le de mettre en toi, de te donner à toi, la charité qui nourrit le pauvre, la piété qui console le malade, le courage qui brise les captivités injustes, la paternité qui adopte l'orphelin, et alors, crois-moi, l'hymne même de l'enfant ne sera pas plus beau que la prière du vieillard à son réveil. Ernest LEGOUVÉ,

de l'Académie française.

N• 3.

Février.

1881-82.

SU PPL[M ENT _VALAISAN= ..

AU BULLETIN PÉDAGOGIQUE nubile sous les ansvices de la Société valaisanne d'Education. SowU.IRE. Manière d'ena . l cole à un seul maître ~âner _a grammaire aux enfants L'é Instruction civique · -L uclatJon des filles de la campag-n • · · e ca cul m t 1 e tJqu~. - Bibliographie.- Chroni en a . :- Questions d'aritbmé-~~-~---------..:.q::.u=e::_::e~t~a~v~J:s~s:colaires.- Variétés.

Manière d'enseigner la grammaire aux enfants. "

Lll grammaire est la bas d

•

L a. grammaire est comme un édüico dont l' intérieur renferme pl us ue trésors que n'en t'nd· le port· Jqoe :que. (QUINTILxn.)

to~tes les sciences et à tous l:s a~t!o~tGs l~s ~t~?es, J'initiation à do~t renoncer à rien savoir • EU · ehtl qu~ lzgnore, dit Bacon, q~ elle ne paraît l'être par ~a dé~i~r • plus !m_P?rtante au fond rrut donc porter trop de soin à tt on • (Qui~tlüen). On ne sanbonne~ méthodes pour réuss· . c~ .e é~ude, ru employer de trop donner à l'enfant quelques dé;[ ~r enseigne:. Celle qui consiste à un p~rroquet, sans comprendr~' i~ns abstraites qu'il récit.e comme ~boneusement retenu, est la 1 sens de ce q~e sa mémoire a Infructueuse. On peut s't~n co P ~s commode ma1s aussi la plus élèves qui, après avoir assénvawcr·e par_Je grand nombre des classe, sont incapables J.écr· quatre ou cmq ans dans la même ou ~e trouver la moindre r~re ~?rrectement u~e simple phrase les JOUrs devant les yeux ~t posiilOn ~ur un SUJet qu'ils ont tous les règles de la gl'ammaire é)~ur a~t. J]s sa~e?~ ~ peu près toutes regrett.able insuccès. Du man ~en aire: D ou VICnt donc un si la mémoire sans rien exiger deql ~.~ m~thode. Tout demander à '!lel_tre en jeu les autres faculté~ e~IOn, .de l'~bservation, sans 1éviter, il faut contraindre l'en! t ~ esp~It, voilà le mal. Pour par contrainte, je n'entends rie~ d travail_Jer p~r lui-même, et seulement la nécessité de s . e d~r, rien d emporté' mais écouter Je maître et réponde t~mr contm~ellement en éveil pour Cette métlwde d'enseio- ret a ~es questwns. BOer r oner ou~ par questions ' 1 a Jque, parce que Socrate le célèb hi s appe le méthode ' re P losophe, s'en servait

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. bi à la ·eunesse d'Athènes. Pour la pour enseign~r la philo:op . e de re~urir à un vain étalage d~ pratique, poml n est esom . urs est inutile parce que ru science ou d'éloque~ce..Tout ~·sco t ne sont capables de concel'intelligence ni la memorre de l enfan à la fois surtout des cboses voir et de retenir beaucoup de ch~~es~ions familières, simples, f~­ trop relevées. Il faut p~s~r desJ des comparaisons toujours chol. ciles à saisir, ren~ues c rure~tpsavoir des enfants. sies dans le d?mame du P.~ti doit consister, dans ce cas, à mterToute la ~~lence du mal feeur attention, à aiguillonner. leur réroger ses eleves, ~ !Ue\ ré onse par des sous-questwns Aplus faciliter a P . . a· trouver par eux-memes fl""Xl.on ' à leur afi d les amener amst simples enc?re, ~ e . n'ils doivent comprend:~· . ce qu'ils dmvent repondle, ce \ fiés si jeunes qu ils s01ent, Lorsque les . enf~nts no.us SOJ~ co~rents inrufférents, ils ont un si négligés qu'Ils atent éte par es ~emières connaissances apporcertain fond d'idées. C'est ~e ces prélargir le cercle étroit de leur tées par eux qu'il faut ~ar~lr po~~lement un horizon plus éten~u. petit savoir et leur ouvnr l!lsen dans l'étude de la grammll:lre, Pour guider leurs preiDlers vasttre entre leurs mains un livre on ne doit pas ~e contenter de m:r une leçon à apprendre,. de ~a appelé grall;l~arrc, de. le~r dollD la ne suffit pas. ll ne faut Jam~s leur faire reciter ensmt~ ' non! .ce à des commençants sans ~ Ils donner une leçon de graT?;na'! ~t fait au préalable des exercl~ la comprennent, sans qu 1 s a~~i e ni consist.e à poser les pnnen rapport. La métbode ~?gm <pl t %as la bonne pour les jeunes cipes à donner les défimtwns, nes cou aller de la théorie à la enfa~ts; il vaut mie~x, et ~~ ~~a~e E;ésenterait peut-êtr~. plus ens déjà avancés, dont lmtelpratique. Cette dermère m.e o d'avantages <I?e pour d~s Jeunes g emeut. Il sera facile d'apprenligence a acqms un cerla~~ dévelo~p m s'il a été exercé préalabledre à un enfant la défimtlon du o 't à hien les distinguer des ment à trouver lui-même des noms e autres mots. .. e J·'entends cet exercice, un exe!fipl~ fe"i Voici de quel1e marner V ïà uu enfant qui srut lrre e mieux comprendre m~ pensée. dr 01 les premiers éléments de la écrire, il s'agit de lm appren Ae r eu de lui faire réciter ou de grammaire et d'abord le Nom. otuq~i sert à désigner les person: lui dire que • le. nom est un m demandez-lui son nom et cel~ nes, les animaux et les cbos~t ~ous les aura déclinés' dites-lm de ses camarad~~· ~prè~.~u • érer sont des noms de pers~nnes. que les m~ts qu ~ Vhlenth e~?:Utres noms de personnes, mats déEnsuite faltes-lm c erc er

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signant une profession, un état, comme menuisier, laboureur, écolier, soldat, etc. Etendez cet exercice suivant la nécessité en classant toujours par groupes les noms qui désignent les personnes ayant même position, exerçant même métier, remplissant même fonction, etc. Quand l'enfant sait trouver des noms de personnes, qu'il les distingue facilement des autres noms, exercez-le à trouver des noms d'animaux, comme cheval, souris, poule, etc., en suivant toujours la méthode de classement: à mettre : par exemple, dans une même liste, les noms des quadrupèdes qu'il connaît, des oiseaux les plus communs dont les noms lui sont familiers : le maitre peut à son gré et doit même augmenter ces listes. En troisième lieu vient tout naturellement l'exercice sur des noms de choses, comme pierre, arbre, veste, village, etc., en ayant soin de faire désigner d'abord les objets de la classe, comme table, crucifix, tableau. fenêtre, etc. : les piincipaux instruments aratoires de la ferme, de J'atelier ; les cinq sens, quelques parties principales du corps humain, etc. Ces trois groupes de mots appartiennent à l'ordre physique, c'est-à-dire désignent des êtres qui peuvent tomber sous nos sens, que nous pouvons ou voir, ou entendre, ou toucher, ou goûter, ou sentir. Mais à côté de ce monde physique, il est un monde supérieur qui échappe à l'observation directe de nos sens, et qu'on appelle monde rationnel ou moral. Sans y introduire les enfants, par des explications au-dessus de leur portée, on peut leur faire chercher des noms d'objets rationnels, comme la memoire, l'espérance, la sainteté, l'expérience, le bonheur, etc. Après ces exercices oraux faits en classe, on donne aux élèves, pour devoir écrit, de trou ver un certain nombre de noms de chaque ordre ; soit, par exemple, quinze noms de personnes, douze noms d'animaux, vingt de choses matérielles, huit de l'ordre rationnel. A la classe qui suit, on fait écrire sur le tableau noir les noms qu'ils ont trouvés. Après cette série d'exercices, il sera aisé de lem· faire apprendre la définition du nom qui ne sera plus pour eux une théorie abstraite. (.A suivre.)

(Extrait de l'Education.)

L'Ecole à un seul mattre. Plus d'une fois on nous a demandé de traiter la question si délicate de la tenue d'une école a un seul maitre ou à une seule maîtresse. La grande majorité des écoles appartenant à cette catégorie, nous ne saurions peut·être BOUs proposer de sujet qui s'adreue à une classe plus nombreuse de leeleurs.

Un peu de v.ratique ici ne nuit pas. Il semblerait plutôt téméraire de s'éri-

pr en conseiller sans avoir été d'abord aux prises avec les dimcultés qu'il


s'agit de vaincre. C'est en évoquant mes souvenirs de six années passées au milieu de 4,5 à 50 enfants de tout âge, de toute fon.e, quf' j'écmai cet article. Cette première période de ma carrière me rap!Jelle de bien rudes labeurs qu'une sage direction aurait rendus plus fructueux en les allégeant. Rien ne col)te à vingt ans. On a l'âme ardente, la sauté ùans toute sa vigueur ; on se livre à des accès de zèle, sans croir<l outrepa,ser les limites du devoir. 0111 si cette belle ardeur de la jtmnesse était réglée, dirigée, comme tout y gagnerait, et la santé du maître et les progrès des élèves t Dans toute réunion de personnes. dans un atelier. dans une simple famille, la première chose à établir, c'est l'ordre. Où le désordre règne, il engendre le malaise, le mécontentement de tous. Que peut· il sortir du chaos? Rien. Quels résultats obtiendra le maitre qui ne sait organiser sa. classe ? Il seront nuls ou à peu près. L'organisation doit donc avant tout préoccuper l'instituteur dès son entrée en fonction. Le jour même de l'ouverture de la classe, son plan doit être arrêté, du moins quant à la partie matérielle. J'apvelle organisation matérielle la disposition des enfants dans la salle de classe de façon à ce que le maitre putsse tout voir d'un simple coup d'œil; elle comprend encore la division cJes élèves d'après leur degré d'instruction, et, autant que possible d'après leur âge: en trois catégories: cotlffS élémentaire, cours moytm, cours supérieur. Cette classification n'est pas toujours très-facile: on rencontre des difficultés du côté de certains enfants qu'on craint de rroisser en les groupant dans une division inférieure; de l'opposition du côté de leurs parents, dont la vanité, doublée d'ignoranee. crie à la partialité, dès qu'ils voient classés dans un rang supérieur, à cause des progrès réalisés, des enfants plus jeunes que les leurs. On tâche de faire.entendre raison aux mécontents, chose aisée s'ils veulent y mettre un peu de bonne volonté; s'ils manquent de bon sens, toutes les concessions du monde ne sauraient leur en donner; il n'y a donc pas lieu de se mettre en peine de l'injustice de leurs plaintes. Plus de trois cours dans une classe nuiraient à la bonne direction de l'ensemble, en obligeant l'instituteur à éparpiller ses soins. Il arrivera cependant que le cours élémentaire devra presque toujours être subdivisé en plusieurs sections. J'appelle cours élémentaire le groupe des commençants. lei la lecture occupe un rang d'honneur. sans toutefois empiéter sur les autres matières du programme. Or. parmi ces jeunes enfants, les uns apprennent leurs lettres, tandis que d'autres commencent à syl\aber, ou même à lire couram· meut. Une leçon commune ne peut éviQemment leur convenir, et de cette di· versité de forces résult~ la nécessité de former plusieurs sections, au moi~ pour les exercices de lecture. Dans les écoles nombreuses subdivi5ées en plusieurs classes, chaque insti· tuteur n'a alTaire qu'à des élèves à peu près d'égales forces, réunis en un seul cours. Ici tous les genres d'exercices sont communs, et le maitre ignore les tortures mentales de l'instituteur au village, sans cesse ohligé de se multiplier afin d'occuper utilement toutes ses divisions. S'adresser à l'tlnsemble de ses élèves dès que l'objet de l'enseignement s'J prête, est un moyen de gagner du temps. et. par su1te, d'acr.élPrer les progrès. Je conseille donc l'usage des leçons collectives, dans la mesure du possible, aux instituteurs chargés de toutes les divisions. Au cours supérieur, il faut des leçons spéciales; mais la plupart du temps les élèves qui le composent trouveront urofit il suivre les explications données au cours moyen. Quoiqu'ils aient déjà étudi•\ l'ohjet de la leçon, une revue servira à leur en graver le souvenir, et souvent à rectifier les idées iao

87 exactes qu'ils s'en étaient formées Ain · l' . h é. exercict'S oraux de rédaction entrènt SI arlt m, tlq~e, la grammaire, les cours supérieur protitera des explicatio~~nJo!a _categone des matières où le daot son tour de recevoir une leçon spéciale nees au cours moyen, en attenLa lecture est aussi cœ:nmune aux de · . rient selon la force des élèves. Avec les m~~ecours, ~aiS les explications val~ autres ~nt de plus à résoudre les difficutt:Ss s ~~t~clhed surtout au .sens; d'etymologie de certains mots ra ICa , e compos1t1on et Tous les élèves vaquent en rnême temps aux exercices d'écriture et de dessm.

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Les leçons de choses se prêtend b·

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lect~f. ,chac~ne d'elles formant un t~~~ f~~~xp~èc?r~é und enseignement col-

SI 1 enseignement collectir ,Jans le T sm pen ant. réels avantages, au point de vue r ~ 1 wu. que. nous avons en vue, offre de souplesse de la part du maitre cf 0~tlque, 11 exlge.beaucoup d'habileté et de à. la fois de tout petits enfants dont r:?~s, une ID!nce. difficulté d'intéresser t~lligence, et de jeunes adol~scents d~Jàl ovr~ ~ peme aux choses de l'inliOnS de la science. Aussi j'en reviens à 0IDI 1af'ses avec les prem1ères notre classe. Cette préparation qui s'impo~ !1 ie ra\n hab1~uel: préparez vonécessaire dans untl école ré~nissant toute ous . es !'flattres, est bien plus Les t~çons collectiv~::s ne seront . . es es categones d élèves. maitre y l'ait répandre cette sim l~~r}tablement p_ro~tables à tous, que si le pénét~er la lumière dans les espXts ~~~ et ~ette preciSJ?n de la.ngage qui font de tra1ts piquants de mots heureux .mmns ouvert<> • ce c~mx d'anecdotes pose~t à l'accueillir favorablement e2fi~ Sêrvebn·t:t parur~ a. la vérité et dis: sentes de manière il fournir un ali .une a 1e ~omb!na1son de raits prédans tous les arts. il existe un idé ~ent a to .tt~s les mtelhgenc~s Ici, comme 100 bre JJOurrait attemdre. mais avec ;u ~~a~:~[e~ auquel un b1en petit nomr:.pprocher assez pou~ intéresser et instru~r~ acu? am vera d!l moins à s'en .Et qu'on ne se méprenne pas 5 , s~n_Jeuoe a!ld1t01re. st1tuteur doive poser en orateuruJa:a pe~see ·Je ne ~retends .pas que l'in· deste: tantôt, sim~1 le narrateur il ex sac asse.• s~n role est bten plus mosocratiques, il amène ses élèves à dérfoose les falls , ;ant?t, par .des .questions dre, méthode d'enseignement exccll n umr eu~-m me~ la notiOn a appren· ~ans la IJiupart des vérités morales. ~O~J· o~rsqlu ~Ile est praticabl~. comme lions, que chacun selon sa ca · : rs .1 .s assure par des Interrogaétait réservée. ' paclte, a recue•lh de la leçon la part qui lui enn,iné successivement l'or · · .. ~ôleJ'aides élèves répéiiteurs les lec~~~~~~non/e 1ecolle à ~n seu_l maitre. Je •mvosent. Ces no:ions ·e l'~s · • ec tves et a preparat1on qu'elles leurs dans l'accomplis's~menfâ~eie~rc~f~~~~~~~:i~~~~e volonté des institu-

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(L' Ecole primaire libre.)

Education des filles de la campagne. , ,, . (Suite.) .2 L educa.ttan donnée à la. jeun fill d . . ~a vie ag.ric~le à laquelle elle ~st a e e~é:.•llage dott tendre à lui faire

lltmer

Ons est plu a d1re que si l'on r ' d tf.P · ~~fera déserter, que la jeune fill~pJ'n mstructlon dans .les campagnes, on bl,•te~ parmi lf:\s ignorants, et qu'ell~ P~~~e de ~uelq~e sayolr, ne veut plus haexistence fiévreuse des villes· D'où Vlent . relea da.anger? VIe ort•fiante la campagne N'est· cedepoint que jus-


88 qu'alors la fille instruite était une exception au village 'P Depuis quelques années. un grand mouvement s'est opéré dans nos écoles ; bon nombre d'élè· ves, surtout dans les Vosges(*) ont obtenu le certificat d'études, et cette utile institution a excité dans les familles une louable émulation. Que faudrait-il pour que le but ftlt atteint 't Il faudrait que les diJJlomés ne fissent plus exeeptiou, et que l'on vit s'éclaircir chaque jour le nombre des ignorants. • Dans un village, dit un éminent écrivain, au milieu de ses camarades ignorants un enfant. qui a _quelque instruction se croit un \>e~sonnage ; il quitte la char~ rue et pretend a une place de bureau. En Amenque, tout le monde sait lire et écrire, et nul ne songe à quitter la charrue parCP' les savants de l'école prif!iaire. , Telle jeune fille •. mun!e du ca~tificat d'c.ùdlls, sera vaine et prétentieuse; elle se trouvera dedassee parmi ses compagnes; quand les filles instruites cesseront d'être une rareté, toute vanité n'aura plus raison d'être, et nulle ne sera tentée de s'enorgueillir d'un mérite commun à toutes les autres. Voilà donc un des motifs de la désertion de nos campagnes: le petit nombre des gens éclairés. Un autre mo~i! non moins s~rieux, ~·est le p~u d'estime que les. villageois on!. de leur, met1~r. et par sw_te le degotlt qu'1ls y épro~vent, s'rma~inant qu 11 suffit d être mstalle a la v1lle pour être heureux et fa1re rapidement sa fortun~. Qu'en résulte-t-il 't De cruelles déceptions, des regrets amers, des ehà~eaux rennrsés. On a. quiné des joies saines et pures pour un bonheur fact1ce ; on a trouvé, au heu du calme du foyer, une vie toute d'agitations, des plaisirs qui ruinent la moralité et la santé en même temps que la bourse. C~tte je!lne ft~le, jadis très vigour~use et très robuste, s'étiole et languit il. la vlllr. Orseau Imprudent, elle a preféré les barreaux d'une cage à la liberté des champs et dt~s forêts t Elle a cherché à Paris on aill~urs le bien-être et la fortune; elle n'a trouvé que l'ennui, ta souffrance, la misère et peut-être la honte t L'institutrice doit lutter avec énergie contre cette tendance funeste : le mépris et la crainte des travaux champêtre!. Le premier, et je dirai peut-être l'unique moy_en, c'est d'imprimer fortement dans l'esprit des jeune fltles l'a· mour ~e la_ vte agricole et ce culte de la nature si propre à élever les âmes et les mtelhgences. Elle leur montrera combien il sArait funeste à leur santé el à leur moralité de respirer l'air vicié des villes. Elle leur fera sentir et ~omprendre les be~utés qui s'offrent constamment à leurs yeux ; eUe les fera hredans le grand livre dela nature. le plus beau de5livres, livre inépuisable, infini, dont on ne connaîtra jamais la dernièr" page ni les derniers secrel~. Elles pourront alors regarder les campagnes autrement que les ignorants· eUes s'habitueront à en admirer les sublimes grandeurs et les merveitlei sans nombre; elle!> verront jusque dans la petite fleur du sentier un sourire ou une pensée de Dieu. La jeune fille ainsi éprise d'un vif amour de la nature s'attachera for& à cett.: vie agricole, à ces travaux pénibles. mais sains et fortifiants. Ella s~ura se créer une ~xistence agréable, et, se comparant aux jeunes filllls des villes, elle. verra qu elle est plus heureuse, car elle a pour partage ce qu'il y a de, melll~ur au mond~ _: la santé. et Je bo_nheur que donnent les gotlts sim· ples d une v1e sans amb1t1on. Les mstructions. tes lectures. tes devoirs &en· dront souvent à ce but; et si l'école est dotée d'une bibliothéque, il est im· •) ll est l noter, en passant, que cet excellent travail reproduit par plu· sieurs feuilles pédagogiques, est dt'1 à une institutrice du Département dea Vos~es (France) ct qu'il a figuré~ l'Exposition de Paris de 11378.

89 portant q~e la j~une fille y trou Te des livres spéciaux, malheureusement trop rares, qu1 la fortifient dans l'amour de son foyer et l'instruisent du parti qu'elle peut tirer, pour son bien-être, des ressources de ta campagne.

I•sf ruetion elviqae. I. But et importance. En Vtlrlu des institutions politiques qui tendent à prévaloir dans la société moder~~;e _ et des constitutions introduites presque partout, le citoyen est électeur, éhgrble, soldat dans la plupart des nations, et, à ce titre, il participe plus ou moins directement à l'élaboration des lois fondamentales. En outre, chacun peut être appelé à prendre part aux affaires publiques. Or. comment les citoyens rempliront-ils leurs devoirs en connaissance de cause s'ils ne sont pas initiés au jeu des institutions nationales, s'ils ignorent leurs droits et leurs devoirs civiques 'fOu ils se désintéresseront sur ces questions si importantes, si décisives pJur l'avenir du pays, et alors. si I'atJstention s'étend. les destinées de la nation ne manqueront pas d'être livrées aux agissements de quell}ue faction? ou les citoyens agiront sans connaître par eux-mêmes leurs devoirs: alors il est à craindre qu'au lieu de prendre conseil de leur conscience et des intérêts publir·s, ils ne tombent a la merci des iutransieeants. qui ne manqueront pas d'exploiter leur bonne foi et leur simplicité au profit de quelque parti. Mais, qu'on le remarque bien, cet enseignement doit consister dans l'exposé, et non dans l'apologitl ou la critique des institutions nationales. L'instituteur n'a à s'occuper ni des vartis ni des hommes qui se disputent le pouvoir. et, a'·ec un peu de tact, il s'interdira absolument toute allusion aux évènements politiques du jour. Il comprendra. qu'étant instituteur il n'est l'homme d'aucun parti. Il restera, en conséquence, étranger aux luttes politiques pour poursuivre sa mission pacifique d'éducation auprès de tous les enfants, à quelque parti qu'appartiennent leurs parents. Le programme du cours de l'instruction civique comprendra des notion:; fondamentales ~ur l'organisation de la société en général, sur la constitution du pays et sur les lois les plus usuelles. De plus, le maitre aura soin de profiter de toutes les circonstances favorables pour exciter dans le cœur du jeune homme un amour profond et un dévouement sincère à sa patrie. llle pré· parera surtout à l'exercice du premier et du plus important de tous les de· voirs civiques, celui du vote, en lui faisant comprendre et la gravité de cet acte et la responsabilité qui en découle. Il appartient à l'instituteur de former ainsi la conscience du futur citoyen, en lui apprenant à ne jamais faire de ses votes une alfaire d'intérêt, de marchandage, et à ne prendre conseil que de ses principes religi.,ux, de sa conscience. Si te suffrage universel, qui devrait être en quelque sorte l'expression des sentiments religieux et des intérêts publics des masses. n'est plus, hélas ! dans beaucoup de pays qu'un engin avili au moyen duquel les plus audacieux ~t les plus habiles escaladent le pouvoir, c'est que les peuples furent appelés a exercer des droits avant d'y être suffisamment préparés. Ils méconnaissent les responsabilités qui en découlent devant Dieu et devant la postérité; ils ne comprennent point encore que le scrutin e.;t une arène où se jouent les destinées de la patrie et où la cupidité et la félonie ne sont pas moins cou· pables, pas moins déshonorantes, que sur un champ de bataille. Les consé· quences d'un simple scrutin sont souvent plus graves que celle d'une ba· taille contre l'étranger.


40 L~rsqu~ les électeurs sPront assez pénétrés de la gravité de leurs actes de la vte ~uh~cque, pQur ne vlus meure luurs suffrages à l'enc·an. lorsqu'ils seront assez ec!a•rés pour c~mvrt:J!dre leurs vrais intérêts religieux et matt-rid~. la souveramet~ populatre devtendra alors une garantie d'ordrt~ et de prospérité pour tes nauons. Mais, qu'on ne l'oublie point, le maître ne doit dire ni directement ni indcrccteme~~· ni pour quel parti, ni pour quelle liste, il faut voter; qu'il se contente d mculquer les règlements, dout tout citoyen honnête et chrétien doit s'iusvtrer dans l'exercice du vote.

II. Méthode et procédés. i 0 La méthode variera avec la portée des intelligences auxquelles on

s'adresse. Dans le premier âge, avec des enfants dépourvus encore de toute notion d'instruction civi.Jue, le maitre se gardera bien de commencer par des notions géuérales sur l'organjsation de la societé et de l'Etat; il expliquera d'abord la constitution de l'ecole, .(lUis ct> lie de la commune et cene du canton, en allant, comme pour la geograprue, du connu à l'inconnu, du sic:ple au composé. '!• Il !\e cont('ntera de fixer d'abord dans l'esrrit de l'enfant des jalons, des points de r··pèrc. an moyen de notions concrètes et générall's: point de défini~ons. m~is des nou1s et des !aits connus; voilà quel sera l'objet de ce premtl'r en~e•gnemcn t. Le nom du président de la commune pourrait servir de point de df>part à une prtJmière lt:'çon sur le wodc de nonuuation, l'etendue et la durée des attril'.llcons de ce fonctionnaire. Les pouvoirs du conseil municival considérég dans J.,ur or1gine leur durée, etc., formeraient l'ohjet de pl~sieurs leçons. Pour cnmncuniqut>r ces premières notions, le maitre aura soin de profiter d'une élection, d'une a..I\Semblr·e communale, d'une dérision qurlconque dune circonstance telle qu'il s'en présente si frequemment dans le cours d'unA année Nous croyons inutile de recommander une grande délicatesse et beaucoup de discrétion lorsque dans ces leçons on viendra à parler de pt\rsotmes connues des eufants. Ces idées fondamentale!' t:'mpruut.,ront aux pc>.rsonnes et aux évènements qui en sont J'objet un intérôt p~rticulier, un caractère concret et accessible à toutes les intelligc>nces. Il ne sera dès lor~ nul bi:'Soin d'expliquer théoriquement ce que l'on entend par votation, scrutin, pouvoir, lois etc. Les faits familiers aux écol i~rs et interprétés habilement par le maitre' en diront plu5 que les meilleures définctions. ' La commune, le canton, la nation sont trois sphères qui présentent plus d'une analogie. Une fois le fonctionnement d'une élection municipale bien compris aYec J'investiture et la durée temporaire des pouvoirs il ne sera pas difficile de saisir tout ce qui conc~'rne les diverses autorités législatives JUdiriaires et exécutives de l'Etat tout entier. ' 3• Sans aller, romme quelques auteurs, jusqu'à demander que les enfants fas~ent dans l'école même, rut .\1. Buisson. une sorte d'apprentissage en action des droits Pt des dovoirs civiques, nous adncettrions volontiers que. dans certains cas, si les enfants sont d'àge assez raisonnable et s'ils y ont P. té suffisamment prPparés, on ne perdit pas l'occa,sion de leur inrulqucr par la pratique quelques-unes des notious d'instruction sociale qui leur sont accessihles un jour; ou les consultera sur une promenade projetée et, aprcs les avoir laissés commencer par les réponses tumultueuses, on leur fera remarquer l'avan-

tage d'une discussion r~lée, et, en recueillant et en comptant les avis, on leur donnera one idée de vote. de ses conditions o;L d·· se- effets; on lenr don· n~ra celle de la distinction entre la délibération et l'ex.écution, en leur faisant nommer un comité de deux ou tr•lis élèves chargés d·· prépar~r J'expédition, de prendre les mesures nécessaires pour le départ. Je transport, la nourriture, le retour. etc. Uue autre fois, c·e.~t un incident de la classe ou de la récréation qui donnera lieu de les rappeler au sentiment de la tolérance ou plus exactement au respect de la liberté d'autrui, ou bien de leur suggérer un acte de bienfaisance discrète et silencieuse envers un camarade, ou bien de leur faire acheter par un travail collectif et volontaire quelque jouissance de plus, installation d'un trapèze, séparation d'une cour, travaux de jardinage, etc. 4,• Dans le cours supérieur et dans les classes de perfectionnement (s'il en existe), on sui vra avec avantage un manuel, que nous éviterons pourtant de faire apprtJndre par cœur. Il faut et il suffit que les élèves puissent bien nous rendre concpte du texttl avec les explications qu'on leur a données. De temps à autre, aj.Jrès avoir parcouru une partie du livr(', je ferai en sorte, dans un résumé succinct1 de leur donner des vues d'enseroi.Jle en rapprochant et en comp<~rant les institutions si111ilaires. 5° Je proflterai de l'enseignement de J'histoire et de la géographie pour leur donner aussi à l'occassion des notions d'instruction civique, et surtout pour éveiller dans leur àme l'amour de leur pays 6" Apprenons-leur à servir la patrie avec dévouement et à ne lui refuser àucun des st·rvices qu'elle peut être dans !A cas de uou.; demander. Tenonsle.~ surtout en garde cnntre les récriminations que soulèvent toujours lJt perception des impôts et les exigencrs les plus légitimes de l'Et<IL. Représentonsleur souvent le troubll', le bouleversement et la misère qu'engendrerait l'anarrhie. Que l'autorité apparaisse aux yeux des élèves, non comme l't,xprcs· sion de la force, mais comme une émanation de la toute-puissance de Dceu, source de tout pouvoir légitime. 7• Inculquons dans l'eFprit des enfants. non une politique de parti et de personnalite, mais les principes d'unP. politiqua vraiment chrétil:'nne, s'inspirant du but pour lequPI Dieu a établi la société et investi d'autorité certains hommes. Que les futurs citoyens soieut tenus soigneusement en garde contre la piperie des grands mots et des 1•rogrammes retentissants, dont on se sert pour tromper et exploiter le peuple. C'est par les aclt's, c'est. p~r l'histoire et a la lumière des principes chrétiens qu'il faut leur apprendre a juger les hommf's et leurs programmes, et non sur les pbrases creuses et sut· de beaux discours C'est ainsi que nous formerons sur les banC3 de l'école des citoyens éclairés et fermes dans leurs convictions. III. Marche d'une leçon. i• Dans Je premier enseignement, l'instituteur interroge les élèves sur un fait ou sur un fonctionnaire connu d'eux et, par une série de questions, il les conduit à la notion à connaître. '!• Dans le cours supérieur, il faut lire le ma nuel ct en expliquer le texte, non par d~::s définitions de mots, mais par des raits et des exemples. 3• JI les interroge ensuite sur ce qu'Il vient d'expliquer. q• II demande dans la leçon suivante un compte-rendu de la précédente. 5• A l'ol'casion d'une élection ou de quelque évènement politique, il les interroge en application de ce qu'ils ont etudié. (Education).


48 1.11 GAI.GVI. OB.A:r. Le dernier numéro du Supplément nous a fait entrevoir le triste résultat des examens des recrues; car on a pu toucher du doigt que l'auteur de l'article. lui-même délégué par le Département de l'Instruction publique à ces examens, n'a pas été émerveillé des notes généralement méritées par les jeunes Valaisans. La Gaeette du 25 janvier est venue prouver que nos craintes, à cet égard, n'étaient que trop fondées. Elle nous annonce en effet que, malgré to11s les efforts faits par quelques-uns de ses districts, notre canton occupe cette année le dernier rang sur les tableaux de la statistique fédérale. Cette nouvelle, bien que nous nous y soyons attendus quelque peu, n'aura pas manqué de nous peiner tous, car c'est là une tache que nous, Instituteurs, nous devous contribuer de toutes nos forces à laver au plus tôt. Mais avant tout, il importe de bien connaître les causes de cet abaissement; le tableau fédéral nous en iodique particulièrement deux : les compositions de style et de calcul laissent le plus à désirer, et c'est là que nos recrues échouent .Pour la plupart ; il s'agit donc d'y porter promptement remède. I_l va sans d1re qu'il y a bien d'autres raisons qui contribuent pour leur part a cet insuccès: la fréquentation irrégulière de l'école, le mauvais vouloir de beaucoup de recrues. le manque de mobilier classique, tels que cartes, tableaux, luminaire, l'insouciance de certaines autorités locales. etc., etc. Mais je n'ai ni la volonté, ni le temps d'examiner a présent les diverses causes de notre inrériorité, je veux seulement dire un mot du calcul et surtout du calcul oral. J'ai l'intime conviction que beaucoup d'iostituteurs du canton sont obligés d'avouer qu'ils n'ont pas obtenu jusqu'à préseot, dans cette partie, le succès qu'ils se sont promis. Et pourquoi 't Pour moi la raison n'est plus douteuse: La plupart d'entre eux enseignent cette branche sans guide, sans manuel ~t vont ainsi à. l'aventure. Ils ne manquent assurément pas de bonne volonte, et connaissent aussi l'importance de la matière ; ils savent que le calcul oral est le commencement et la base de tout calcul chiffré, qu'il est un des exercices les plus miles de la classe. qu'il contribue plus peut-être qu'aucun autre, à dévelo~per l'ensemble des facultés intellectuelles, que tout le monde en a presque JOurnellement Le~oin. Et, malgré tous ces avan lages, ils le négligent plus ou moins. ou ne l'enseignent que très médiocrement et cela uniquement paree qu'illeur manque un petit traité simple, clair e1 méthodique. A cette occasion, je suis heureux de signaler à. MM. les Instituteurs un excellent petit ouvrage, l'un des meilleurs que j'aie encore trouvés pour l'enseignement de cette branche. Il est intitulé ' Nouvelle méthode rationnelle de calcul oral. •

J'aime à croire qu'aucun instituteur ne manquera de se procurer un manuel, qui lui sera certamement d'un grand secours. L'enseignement de cette matière si importante sera mieux gradué et plus varié, il i11téressera davantage les élèves, et les progrès seront nécessairement plus réjouissants pour tout le monde. Ce qui est dit plus haut de la composition et du calcul oral s'applique peutêtre avec plus de raison encore à l'enseigoement intuitif. .Je ne crains pas d'affirmer que, malgré toutes les recommandations faites à. cet égard. beaucoup d'instituteurs semblent ne connaître que de nom cet enseignement, si fécond en boos résultats s'il est donné avec méthode. Il serait intéressant de connaître quelques manuels d'exercices de langage

simples, méthodiques et à la portée des bourses de tous les institutAurs ; c'est pourquoi j'engagerais volontiers MM. les instituteurs a indiquer au Département de l'Instruction publique les livres qu'ils suiveot en donnant cette leçon, allo qu'il pO.t en choisir un bon et le recommander à tout le personnel enseignant des ecoles primaires. Un ami d1 l'instruction. NB. L'on pourra se procurer l'ouvrage annoncé ci-haut au prix dei fr. 30 en s'adressant à l'éditeur du Supplément. Q1JESTIONS D'.&BITHftÉTIQ1JE 1. Un bon paysan disait un jour à un instituteur: • Monsieur le Régent, vous qui connaissez tout, et le reste avec, voudriez-voua bien me donner la aolution de ce probléme : Une ménagére achète 45 m~trea de toile; elle coupe de la pièce tous lea jours 1'/1 mètre; combien de joura mettra-t-elle pour couper toute la pièce P A une question aussi naïve le r~gent ae mit à rire, maie - comme , rira bien qui rira le dernier " - c'est le paisan qui a ri en dernier lieu. - Qu'on veuille bien en essayer à son tour la solution, et plusieurs personnes, peutlitre, se trouveront étonnées en lisant, dana le prochain Numéro, la réponse à cette question. li. ~ femmes et 3 enfanta ont fait un ouvrage en 25 jours ; 5 femmes et 2 enfanta auraient fait le même ouvrage en 2~ joura. On demande combien de jours auraient mie 1 femme et 1 enfant pour faire le même travail, la journée C. W. étant comptée à 12 heures? NB. Les noms de ceux qui jusqu'au 30 de ce mois auront bien réeolu ces deux problllmea et noua en auront envoyé jusqu'à cette date la solution raisonnée, verront leurs noms figurer dans le prochain Numéro. (Réd.)

BIDLIOGRAPHIE CHEz MOus, leçons de cœur, leçons de choses, par M. Mayer, chef de bureau au miniatère de l'instruction publique de France. Paris,Delagrave, 15, rue Souffiot. Prix, fr. 1.25. L'auteur fait agir des personnages : c'est un 111. Deschamps qui s'entretient avec quelques enfanta, sur la maison et ses aborda, de lè. le titre : Ohe1 nous. Ensemble, ils étudient l'intérieur de la maison, la famille, les ustensiles du ménage, la céramique, lee matières d'alimentation, l'éclairage, le chauffage, les métaux, puis, franchissant le seuil de cette maison, ils voient aucce88ivement l'écurie, l'étable, la bergerie, le poulailler, le pigeonnier soit la basse-cour, la fromagère et le jardin. Ce que noua avons aimé voir dans ce liVl'e o'eat la forme caustique conae"ée par l'auteur dans le courant de son ouvrage, - ce sont les dires de l'auteur complétés par de nombreuses figuree dan& le texte même; - ce sont enfin les questionnaires qui terminent chaque chapitre.

G*

CHRONIQUE ET AVIS SCOLAIRES Echo• de• conféren~es. - On noua écrit du district de Bierre: Le 29 novembre dernier les instituteurs de notre district tenaient sous la présidence de 111~ l'Inspecteur Bagnoud, leur première conférence annllelle au


45 44 pittoresque village de Venthône, répondant en cela & l'aimable invitation du Président de la commune de ce nom, notre ancien et cher collègue. Quoique le soleil nous boudât et que d'abondantes ondées eussent détrempé les routes, l a plupart des membres répondirent à l'appel ; trois toutefois, légitimement empêchés se firent excuser, et pour être franc, disons qu'un nous fi t faux bon. L'ordre du jour appela d'abord la nomination du Comité. M. Z. 1\labillard, ayant décliné toute réélection, M. Peter, instituteur à Ayer, fut appelé au premier tour do scrutin, à la vice-présidence, et la charge de secrétaire confiée à M. Robbyr Martin, instituteur à. 1\{ontanaz. L'assemblée discuta ensuite le r~glement de sa biblioth~que. A oe sujet, elle désirerait qu'il y eût réciprocité entre les mômes institutions dos divers anondissements, de manière qu'niL membre d'uno autre conférence qui passerait ses vacances dans notre district puisse emprunter nos livres et vice-1>61"sa. De chaleureux remerciements ont été votés à M. le Rd curé Scbnyder, doyen du décanat de Bierre, pour le dévofunent avec lequel il soigne notre bibliothèque. La conférence s'occupa aussi de la question dujournal si agitée à. Martigny. Sur la proposition de M. X. Girond, instituteur à Bierre (actuellement viceprésident de la Société valaisanne d'Education. - R~d.) elle se prononça à l'unanimité pour l a création d'une publication valaisa11ne, soit à titre de Supplénvnt, soit à celui de journal indépendant. M. l'Inspecteur nous ayant recommandé ensuite de nous occuper activement des pépinières, plusieurs instituteurs déclarèrent n'avoir pas reçu les leçons nécessaires à ce sujet. ..!.ussi la conférence émit-elle le vœu que, par les soins du Département ou sous les auspices de la Société d'agriculture de Bierre, une conférence soit donuée aux instituteurs, dès l e printemps prochain, sur la manière d'ensemencer et d'entretenir les pépinières. Il est en effet de toute nécessité que ceux qui doivent éclairer les a.utrea ne soient pas eux-mêmes dans l'obscurité. M. l'Inspecteur Allet a stimulé notre zèle à propos des écoles de répétition, recommandant vivement de procéder pratiquement et de faire parler les élèves. Mais, tandis que nous délibérions, l e j our a baissé rapidement. Aussi M. le Président Masserey profita-t-il de la fin de l a séance pour nous déclarer que nous ne partirions pas sans le coup de l'étrie1·. Nous primes donc à. l a bâte, mais l'appétit bien aiguisé, l'agape traditionnelle. Divers toasts furent portés ; nous les passerons sous silence pour ne point abuser de l'hospitalité que noua offre l e Supplément ; noue mentionnerons toutefois celui de M. le notaire Ch. de Preux, à la noble mission de l'instituteur. Après ses paroles, tous nous résolO.mea de travailler de toutes nos forces à la bonne marche de notre école et quittâmes Venthône, non sans garder l e meilleur souvenir de l'accueil que noua y avons reçu, et nous disant toua : , Au revoir à St-Luc, au printemps prochain. "

J. P.

On nous écrit du district de Sion : Jeudi, 12 janvier dernier, lee instituteurs du district de Sion se sont réunis en conférence à A.rbaz, sous la pésidence de M. le Directeur Lamon. M. l'Inspecteur scolaire du district d'Hérens, ainsi que MM. les Rd•. curés d'Arbaz et de Grimisuat, et M. le vicaire de Savièse, sans compter les membres de l 'autorité communale d'Arbaz aiègeantdans la commission scolaire, honoraient de leur présence cette réunion. La séance commença à 9 '/, heures par un souhait de bienvenue de M. l'Inspecteur et l 'expression de son contentement de

voir le zèle et l'empressement des régents à se rendre aux conférences. L'~r­ dre du jour amena ensuite lalect~e d~s ~o:.:npositions ~t à 11 1/ 1 heures la discussion était ouverte sur les motions mdinduellea. Pnrent la parole à cette occasion outre M. l'Inspecteur, l es honorables invités nommés ci-haut, l esquels no~a donnèrent de bons conseils et des. direction~ utiles, d?n~ nous, ne saurions assez tenir compte et profiter pour b1en remphr notre nnsa1on. L.on nomma ensuite le bureau qui a été confirmé et l'on choisit Saviès~ comme lieu de la prochaine réunion, fixée au, 20 avril, j?ur .où ~ous aurons l'avantage de serrer la main à noe amis et collegues du distnct d Hérens. A midi et demi la séance était close, et comme il y avait alors à. faire la part de l'estomac' tout en reposant l'esprit, membres honoraires ~t actifs ~e trouvèrent bientôt rangés autour d'une ta?le, prenant _un rep~s r~sti~ue, 1_11~18 fort animé par les toast~ et les cha~t? qm se succédaient à 1 en!!. L a,dmi-.;ustration communale ava1t eu l'amabilité de se mettre de l a partie et d exciter l'entrain en nous faisant servir un verre de vin. A S h. l es convives se levèrent et au mot Go ahead ten avant!) prononcé par 1\1. Lanier, tout le cortége quitta le village, laissant à la popul~tion de celui-ci l e ~neille?-r souvenir. Bi~n commencée, l a journée s'annonçait comme devant ~:nen .firur et do~uer ra1son au proverbe italien · Il buon di si cono<ce da mat-ma (Une belle JOUrnée se devine dès le mati~). En effet au moment où les Arbaziena échangeaient avee l eurs hôtes d'un jour nne d~rnière poignée ~e main, Phébus t.erminait sa carrière, dorant de ses derniers rayons les 01mes de nos cheres montagneR valaisannes. V. S. inst. à A. On nous écrit du district de Monthey : 30 instituteurs c'est-à-dire (à l'exception de S absents) tous ceux de l'arrondissement occid~ntal St-Maurice-Monthey, étaient réunis en conférence au chef-lieu de ce dernier district, l e 26 janvier dernier, soue la présidence de M. l'Inspec.eur Débonnaire. Nous menti~nuerons en outr~ 1!1' présen~e de M~. Fournier, Rd Vicaire à Salvan et président de la commiSSiOn sc~la~e de dit.e commune et Vouilloz de Vernayaz membre de l a même comm;ssJOn au dit lieu; n'o~blions pas ~on plus le n~uveau Supérie.ur de~ frères de Monthey que nous saluions au milieu de nous pour la pre~è~e fo1s. . . Le premier objet à l'ordre du jour est la nomJDation. du VICe-président et du secrétaire de l a conférence. Sont nommée au prem1er tour, 1\1M. Cornut, Marcellin, instituteur à Vouvry, comme secrétaire, et .Coq~oz, Fr~déric à. Balvan, comme vice-président, lesquels el}trent en fon ctiOnS im~éd1atement, les deux précédents titulaires ne faisant plus actuellement partie du corps enseignant primaire actif du ca~ton. . . , Tous l es instituteurs ont tr111té par écr1tle SUJet à 1 ét?-de et aprè~ la l ecture de quelques travaux une discussion intéressante et arumée a eu lieu. Elle a eu pour résultat de constater le mal trop r~el qui est ~ignal~ et d'indiquer des moyens pratiques à p~endre pour y re.~édie~. ~ette discu.saJOn a._1teyna1t ave.o la lecture des conolus1c.ns des compos1tlons ecrues, ce qw pro.dwaalt une a mmation et un intérêt bien propre à stimuler le zèle de tous. Fidèle aux règles lee plus strictes de la convenance et du bon ton qui n'ont cessé de régner en même temps que la cordialité la plus franche, elle ~ 6té .cl?~e par les de~ résolutions suivantes, que l'assemblée a adoptées à 1 unamiDlte sur la proposlsition de M. Mariaux, instituteur. . . 1. Les instituteurs reconnaissent que l'usage du pato1s dans l es fam.11les est une des causes qui expliquent la peine qu'ont les enfants de s'expnmer un peu correctement en français; ils s'obligent en conséquence à nser auprès des

\.


46 parents de leur légitime in.fluenc . familles l'usage de la langue f!!noçn,:;s~ng:~~r ~euxb.·CI Aintroduire dans leurs bas Age. e Y a 1tuer leurs enfante dès le !. Les instituteurs reconnaissent qu l' •t d d pas occupé dans l'enseignement la pla:e e ~ ~ e lan~ue,maternelle n'a à lui réserver une plus lar e a 9u e e m nte i de s engagent donc importante branche du pr~gr~~~=t à smné,hdadns l'e_neeignement de cette Celle qui est dévelo ée M , ' une m t o e rationnelle et uniforme. de Fribourg (VII•• a!!ée ~:~é · 1 abtbé !forner dans le Bulletin pédagogique pour atteindre ce but. ' ro 2 e smvants). paratt être une des meilleures Le cadre du Supplément ne nou tt . ' amples développements nous a· t s perme ant pomt d entrer dans de plus recommanda hautement les cou~~~!réns.:~~lem:,.,_t que~- l'~specteur noue crutables. Les derniers examens d r pe 1 100 e en particulier les futurs retata pour que nous ne tentions pas l~;;ecru.~sl ont donné de trop tristes résulnote aux prochains examens. possi e en vue d'obtenir une meilleure La charge de bibliothécaire a ét • nfié . de Monthey puis la séance est leve co e ~u nouTeau directeur des Frères Instituteurs 'du zèle apporté ar e~e p;r M. ~ lnspecteur qui remercie MM. les et aussi pour toutes les décistons et ~s ~~:0Il e~amen ~e la questi?n proposée Cette séance a été une des lus inté u ons qm ont été pnses. suivie pour la première fois d~ns la /esaa~tea de la conférence, et la marche l'ère d'un véritable progrès au bénéfi~sc~ssiO~ e~ les déli~érations marquera réunions doivent produire. e es reau tati pratiques que ces utiles

Jt:

1

ExEJO>LE A. BUITBE _ A d , A. M., instituteur. plaisir que MM. les inatitutt:r~p~a e conferences, noua avons appris avec s~nt constitués en une association p:~ac~m.munes _de Salvan et ~;nshauts se mon par mois C'est là une 1·n t' g gique qui aura au moms une réu. · nova Ion que nous sommes h d et qUI ne manquera pas de porter d f . . eureux e saluer quelque chance de durer et qu'à ~~ ruits a~ comme noua l'espérons, elle a formés qu'enterrés on ne puisse dire ~;,vrrse e tant d'autres projets à peine les roses ... l'espace' d'un mattn. e e que rose elle a vécu ce que vivent

1\ecraea. - Sous date du 8 d 0 018 · D publique, justement ému du rang q~ : 0m • 1te ~pa~tement de l'Instruction déraie par les examens de nos recrues :s :s as,81~~!ans la statistique téEcoles une circulaire ar la uelle ' a reBSe, ~- les Inspecteurs des sultat~, il leur demand: de fa~e aubi:~n: le ~ut ~Amèliorer les prochains réqui se présenteront au recrutement l'autoeux es h "?s des coun de répétition Le but de celui-ci est de s'assurer si 1 mne proc am un examen particulier. naissances spécifiées par le R~glementef~~~turs re~rutabl_es possèdent les contruction sera. reconnue insuffisante s sur ma~~re. Ce~ dont l)nsmanche jusqu'au jour du recruteme!~on en~s e. suivre une ecole le difréquenter le cours préparatoire d'au ' _san~ ~:r_e dispensés pour autant de 01 par un arr~té du Conseil d'Etat MM f ~ w JOUrs pré~édemment institué gés d'organiser ces écoles dans .leurs. aea M'ecteurs ont egalement été chartralisant dans la mesure du possible sr~on t~em~nts respectifs en les cenqui auront des jeunes gens tombant ~o::~an a stance entre les localités ceux qui seront notés pour l'école d d' e coup de cette mesure. En outre, astreints par les administrations à : ~~~net;:, . pourront, cas échéant. être taires. Il est assez naturel que les ~l ti&Is de ~es .leçons supplémenaacrifices pour les écoles primaires et :~ru: r!l'titi?ns q~u s'Jmpos~nt déjà des r pe on &Ient le dro1t d'attendre

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47 que les élèves qui quittent ces dernières aient une certaine instruction et partant qu'elles aient droit de s'en prendre pour les frais à ceux dont l'instruction nécessite une telle prolongation de l'école. Quant au programme des leçons du dimanche, il embrassera nécessairement les matières sur lesquelles les recrues sont examinées. Les personnes qui seront chargées de cet enseignement n'auront donc qu'à se conformer aux in· dications diverses fournies par le Manuel des Elèves des Gours de 1·épétition, opuscule introduit obligatoirement pour ceux-ci et qui sert en même temps de guide pour la préparation des recrues. Nous ne terminerons par ces lignes sans émettre l'espoir que si les efforts faits par l'autorité scolaire supérieure et par MM. les Inspecteurs sont secondés par les administrations et par toua ceux en un mot qui peuvent contribuer à les améliorer, nous n'obtenions de meilleurs résultats l'automne prochain. Pour atteindre ce but, il faut de l'énergie et de la bonne Tolonté, non-seulement chez l'autorité supérieure qui n'a rien négligé jusqu'ici pour y arriver, mais à tous les degrés de la hiérarchie scolaire. La mesure ordonnée par la circulaire du 8 février en témoignant à nouveau de la sollicitude éclairée . du Département, est appelée à produire le meilleur effet ; en outre, jointe à l'obligation d'astreindreles recrues notées pour l'école complémentaire fédérale à fréquenter les cours de répétition, en guise de punition, jusqu'à 21 ans révolus, elle sera un stimulant pour engager à mieux faire ceux des jeunes gens auxquels il reste encore un brin d'amour-propre et de bonne volonté. Il faut absolument que notre cher canton conquière par les prochains examens une note et un rang meilleurs que ce n'est a ctuellement le oas. On le peut, pour p eu qu'on le veuille sér:ieusement, 111. surtout où jusqu'ici les résultats ont été si peu satiafaisants pour ne pas dire souvent déplorables. Un conseil pour finir, et il s'adresse en particulier aux personnes chargées de préparer les recrues. ll faut, dans les leçons à donner, insister en première ligne, sur la lecture et le compte-rendu sans négliger le reste, cela Ta de soi. La lecture est en effet la première matière sur laquelle porte l'examen ; or, celui qui débute en ne sachant pas lire ou en lisant fort mal, laisse immédiatement à l'examinateur l'impression que son bagage d'instruction est des plus minces, ce qui n'est généralement que trop vrai et se conçoit du reste naturellement. Nous &Tons nous-môme fait la remarque que les recrues qui inauguraient l'examen oral par une mauvaise lecture échouaient ailleurs, ce qui vient à l'appui de la réflexion qui précède. Aussi, dans ce cas, l'expert ne pousse-t-il pas bien loin ses interrogations sur les autres matières, persuadé qu'il est d'avance d'avoir affaire à un sujet dont les connaissances sont des plus rudimentaires. Nous ferons des réflexions analogues en ce qui concerne l'instruction civique par rapport à. la géographie et à l'histoire nationales. ll ne faut pas exagérer la part dela première deces branches surtout au détriment des deux autres, attendu que les jeunes gens sont interrogés en première ligne sur la géographie et l'histoire et que l'on ne passe aux connaissances civiques qu'en dernier lieu et pour autant que les sujets interrogés sur les deux premières ont su répondre un peu convenablement aux questions portant sur celles-ci. Nous avons cru utile de placer également ici cette observation, ayant pu nous con· Taincre d~ viau et auditu, lors des derniers examens, que, ici et là., l'instruction civique avait été particulièrement chauffée aux dépens du reste. Or, de même que l'examinateur porte un jugement peu favorable pour l'ensemble lorsque le début se manifeste par une mauvaise lecture, de même aussi il ne suppose pas la connaissance de l'instruction civique chez un sujet resté muet


N• 4 .

Mars.

48 aur l'histoire et la géographie, et la note donnée s'en ressent d~sagréablement.

•*• Voici le

P. P.

rang et la note obtenus par nos treize districts, d'après les derniers examens de leurs recrues : 1. Sion, 11,2; 2. Conches, 12,8; 3. St-Maurice, 12,9; 4 Entremont et Loëche, 13,8; 5. Monthey et Rarogne, 14,0; 6. Martigny et Brigue, 14,2; 7. Hérene, 14,3; 8. Bierre, 14,7 ; 9. Viège, 14,8; 10. Conthey, 15,2. La note moyenne pour le canton est de 13,9, et pour la Suisse 10,6. La note d'ensemble 4 signifiant très bien et 20 très mal, le chiffre 12 indique un degré d'instruction médiocre. A. l'exception de celui de Sion, tous les districts sont restés en dessous de cette moyenne. Sur 921 recrues examinées, 243, soit le 26,4 °/0 sont notées pour l'école complémentaire. Voici comment elles se répartissent par districts, avec la. proportion "fo. (Le premier chiffre indique le nombre des recrues fournies par les divers districts.) Brigue, 52 9 17,3 °/0 • Conches, 36 2 5,6. 48. Conthey, 98 47 Entremont, 85 20 23,5. 75 19 25,3. Hérens, Loëche, 45 12 26,7. Martigny, 99 33 33,3. Monthey, 96 27 28,1. 40 10 25,0. Rarogne, St-Ma.urice, 70 17 24,3. 89 26 29,2. Bierre, Sion, 88 14 15,8. Viège, 48 7 14,6. *•* A no• CMrespondants.- Nous prions noe bailltltf'S de copie qui destinent au Supplément des articles de plus ou moins longue haleine de bien vouloir nous les adresser au plue tôt, avant la. fin du mois si possible. S'il s'agit de quelques petites communications, comme avis, convocation de conférence, etc., elles paraitront encore à la condition qu'elles nous soient parvenues au plus tard jusqu'au 5 de chaque mois. Nous espérons commencer avec notre numéro de mars la publication des notes sur le droit qu'a bien voulu noue promettre notre collaborateur, M. A.ohille Chappaz.

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V AB.I:ÉI'I':ÉIS Anecdote• scolaires. • • • La scène Tient de se passer en .A.lsace, dans un village des enTirons de Strasbourg. Un inspecteur allemand visite une école primaire dont il interroge les élèves avec le ton rogue et pédantesque propre à ea race. ft Eh bien l toi, dit-il à un joli blnndin à l'œil vif et intelligent, eaie-tu où est la. France ? " ft Oui, je le sais, " répond l'enfant, et d'un geste Tif entr'ouvrant sa petite veste, il pose la main sur son cœur en s'écriant : ,. Elle est là! " ••* Bizarrerie de la langue française. On dit d'une personne qu'elle ,. quitte la terre" juate au moment où elle va y entrer.

1881-82.

SU PPL[M ENT VALAISAN AU BULLETIN PÉDAGOGIQUE

publié sons les auspices de la Société valaisanne d'Education. Somu.mE. - Le travail de l'instituteur.- Notions de jurisprudence usuelle.- Manière d'enseigner la grammaire auz enfanta.- Education dea filles de la campagne - Arboriculture. - Du cahier de notes dana les classes. - Solution de problèmes. - Questions d'arithmétiqu~.- Bibliographie. - Chronique et avis acolairea.Variét.és.

Le Travail de l'instituteur. lis sont encore plus nombreux qu'on ne pense les gens qui ct·oicnt que • êt.re instituteur • c'Pst chose facile : un petit bagage li ttéraire acquis sur les bancs de l'école normale, quelques notions de pédagogie et quelques livres classiques composent, selon eux, tout J'attirail nécessaire pour se mettre à la tête de la première école venue. Ensuite toute la peine consistera à être au poste pendant les heures réglementaires et c'est là, selon ces gens, tout.e la besogne du maître d'école. Je me trompe ; il restera encore à humer les quelques grains d'encens que des flatteurs brûleront à notl'e nez. Ce sont là les idées de ceux qui ne se rendent aucun compte des nobles et difficiles fonctions d'instituteur ; et j'ai hâte, mais regret d'ajouter que ces funestes idées sont partagées par un certain nom bre d'instituteurs eux-mêmes. C'est un spectacle aflligeant, en effet, de voir ceux-ci impatients de secouer le joug de l'école normale, où pourtant ils étaient laborieux, actifs, ardents à l'étude, pleins d:avenir. lls se brouillent complètement avec les livres, le papier et l'encre. Le moindre effort leur inspire un invincible dégoût, la moindre étude fatigue Jeut'S yeux, indispose leur tête maladive, irrite leur système nerveux et engendre toutes sortes d'indispositions plus ou moins réelles. On a perdu totalement le goût de l'étude et du travail ; c'est fmi ; on n'y revient plus. En dehors de la classe on lit son journal, moins les articles de fond ; on traite l'une ou l'autre des questions proposées à l'étude des conférences; bien souvent en-


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