ACTIONS TRANSFORMATRICES. SOLUTIONS #49

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ACTIONS TRANSFORMATRICES. SOLUTIONS #49

L’HOMME ET LA NATURE DANS LES VILLES AFRICAINES : LE RÔLE DES INFORMALITÉS URBAINES

“LORSQUE NOUS PENSONS

AU DÉVELOPPEMENT URBAIN

DURABLE, NOUS NE DEVONS PAS PERDRE DE VUE QU’UNE

VILLE EST UNE PROJECTION DE SOCIÉTÉS SUR UN TERRITOIRE

DONNÉ. NOUS NE DEVONS

JAMAIS CESSER DE VOIR LA VILLE COMME L’EXPRESSION

SPATIALE ET MATÉRIELLE DE LA STRUCTURE SOCIALE, DES VALEURS, DES ASPIRATIONS ET DES CONFLITS D’UNE SOCIÉTÉ.”

- Albert Bienvenu Akoha, professeur, Universités nationales du Bénin

Luc Gnacadja

PrĂ©sident de GPS-DĂ©veloppement, ancien ministre de l’Environnement et du DĂ©veloppement urbain du BĂ©nin

Oliver Hillel

Expert en gouvernance et planification et design urbains fondé sur la nature

Danaé Moyano-Rodriguez

Edition

En Afrique, l’urbanisation informelle peut contribuer Ă  un dĂ©veloppement urbain durable grĂące Ă  la nature. Six stratĂ©gies Ă  l’intention des Ă©lus et des chefs d’entreprise peuvent inciter Ă  tirer profit de l’utilisation informelle et durable de la biodiversitĂ© et amĂ©liorer la qualitĂ© de vie des populations urbaines.

Depuis les annĂ©es 1980, l’urbanisation en Afrique est ancrĂ©e dans des modĂšles coloniaux qui surexploitent le capital naturel et nuit Ă  la biodiversitĂ©. Les villes, notamment moyennes, empiĂštent progressivement sur les points chauds de biodiversitĂ© et les zones protĂ©gĂ©es.

Les villes africaines Ă©tant caractĂ©risĂ©es par l’informalitĂ©, l’innovation sociale, les technologies et les nouvelles formes de gouvernance qu’elles dĂ©veloppent peuvent inverser cette tendance. Il s’agit notamment d’élaborer des indicateurs et des plans de dĂ©veloppement urbain durable et des projets susceptibles d’ĂȘtre financĂ©s. GrĂące aux rĂ©seaux et centres d’expertise internationaux, continentaux et sous-rĂ©gionaux (African Centre for Cities1, l’Organisation mondiale de CitĂ©s et Gouvernements locaux Unis (CGLU2) , Cities and Biodiversity Center de l’ICLEI3), le renforcement du modĂšle africain de planification urbaine durable est possible et pourrait contribuer Ă  la mise en Ɠuvre du Plan pour la diversitĂ© biologique.

Selon les analyses, les villes sont essentielles pour atteindre 65 % des objectifs du plan. Ex. : les mesures prises par les autoritĂ©s locales sont pertinentes pour les secteurs de l’économie et de la finance. Les Ă©lus locaux, plus gĂ©nĂ©ralistes, disposent Ă©galement d’une plus grande marge de manƓuvre, car faute de service chargĂ© des questions environnementales, ils ont tendance Ă  envisager les problĂšmes et les solutions de maniĂšre intĂ©grĂ©e et sont mieux placĂ©s pour contribuer Ă  l’application efficace du plan.

Lomé, Togo © Leandry Jieutsa

1. LE PARADOXE DES DEUX VILLES : COMPRENDRE LES

INFORMALITÉS URBAINES

Les informalitĂ©s urbaines sont les processus de planification et de dĂ©veloppement urbains (et les flux d’investissements, de biens et de services y affĂ©rents) qui ne suivent pas les rĂšgles officielles ou ne s’y conforment pas. Elles n’entrent pas dans la panoplie officielle de l’urbanisme et de la construction utilisĂ©e par les promoteurs publics et privĂ©s. Dans le mĂȘme temps, les concepts, technologies, processus et matĂ©riaux traditionnellement utilisĂ©s dans l’amĂ©nagement urbain sont perçus comme Ă©tant de meilleure qualitĂ© et leur utilisation est souvent encouragĂ©e. C’est ce qui a conduit au paradoxe des deux villes., soit deux ensembles de rĂšgles et de mĂ©canismes urbains et territoriaux qui se chevauchent, se concurrencent et sont incompatibles, y compris des modĂšles de financement, de conception et de dĂ©veloppement.

Les informalités se traduisent par des tissus sociaux, environnementaux, politiques, culturels et économiques qui coexistent avec la ville officielle. Ils répondent souvent mieux aux besoins des communautés urbaines et périurbaines. Les deux systÚmes peuvent interagir positivement, p. ex. : ils peuvent utiliser les droits et avoirs fonciers détenus par des autorités et utilisateurs traditionnels.

Créer des écosystÚmes urbains productifs grùce à la restauration des infrastructures urbaines vertes et bleues

1. https://www.africancentreforcities. net/

2. https://www.uclga.org/

3. https://cbc.iclei.org/

4. https://www.oecd.org/fr/about/ directorates/sahel-and-west-africaclub.html

5. https://greencitykigali.org/ https://www.fairplanet.org/story/ green-city-kigali-inside-africas-firstsustainable-city/

6. Luc Gnacadja, « #Porto_Novo, #VilleVerte : un projet emblĂ©matique vers un avenir durable et rĂ©silient », fĂ©vrier 2024, [VidĂ©o : Projet « Porto-Novo, Ville Verte » : cĂ©rĂ©monie d’inauguration de la promenade piĂ©tonne et des voies] https://fr.linkedin.com/posts/ luc-m-c-gnacadja-43388426_ projet-porto-novo-ville-vertec%C3%A9r%C3%A9monie-activity7152677363082829824-NF80 et Gnacadja, Hillel, 2024

7. Georgios Chatzivamvakis, « The Rising Suns: Africa’s Youth Powering the Digital Economy », 14 juin 2023, https://www.linkedin.com/pulse/risingsuns-africas-youth-powering-digitaleconomy-chatzivamvakis

Pour que l’urbanisation soit durable, les gouvernements locaux et infranationaux doivent changer leur façon de penser et de rĂ©agir face aux informalitĂ©s dans les villes africaines. Les trois thĂšmes et les six principes Ă©noncĂ©s dans les chapitres II Ă  IV prĂ©sentent les informalitĂ©s comme une occasion de changement positif. Plusieurs exemples permettent d’illustrer ce phĂ©nomĂšne dans les villes du continent africain.

2. RESTAURER ET REVITALISER LES ESPACES URBAINS

Restaurer et revitaliser les fonctions des villes en tant que centres de planification par la décentralisation.

Bien qu’elle cohabite avec un tissu informel de rĂ©seaux qui apportent des solutions, la ville officielle a toujours bĂ©nĂ©ficiĂ© de plus d’avantages en termes de subventions et d’incitations. C’est en comblant ce fossĂ© qu’il est possible de transfĂ©rer progressivement aux municipalitĂ©s la capacitĂ© de dĂ©veloppement et de planification des rĂ©seaux informels. La dĂ©centralisation du dĂ©veloppement doit ĂȘtre accompagnĂ©e par une fiscalitĂ© adaptĂ©e afin de donner aux gouvernements locaux et rĂ©gionaux la capacitĂ© de rĂ©orienter les bĂ©nĂ©fices au niveau local. Pour ce faire, chaque communautĂ© doit dĂ©finir collectivement ce dans quoi elle souhaite dĂ©velopper son savoir-faire.

Deux exemples permettent d’illustrer les bĂ©nĂ©fices potentiels de la restauration des fonctions des villes : + Le regroupement d’entreprises mutuellement bĂ©nĂ©fiques permet un dĂ©veloppement vert en capitalisant la valeur des terres et des ressources. Cela inclut des systĂšmes de planification et de gestion, d’anticipation et d’alerte prĂ©coce, d’adaptation et de rĂ©silience Ă  la sĂ©cheresse.

+ L’officialisation progressive des systĂšmes de transport informels, qui tendent Ă  ĂȘtre plus flexibles et s’appuient sur des conditions territoriales et culturelles, a permis de rĂ©aliser des progrĂšs.

Aux frontiĂšres de l’expansion urbaine, les infrastructures vertes et bleues peuvent soit ĂȘtre mises au service du long terme, soit se dĂ©grader au point de ne plus pouvoir ĂȘtre restaurĂ©es. Dans les zones situĂ©es Ă  l’intĂ©rieur et entre les villes, les communautĂ©s locales utilisent encore des zones vertes, des zones humides, des forĂȘts et des zones d’agriculture et d’élevage Ă  faible intensitĂ© pour assurer leur sĂ©curitĂ© en matiĂšre d’eau, d’alimentation et d’énergie. Il est important de trouver des moyens de valoriser ces zones oĂč les solutions fondĂ©es sur la nature constituent l’un de leurs principaux atouts. Par exemple : le paysage urbain de Kigali45 a Ă©tĂ© mĂ©ticuleusement planifiĂ©, avec des efforts importants dans la rĂ©habilitation des zones humides et la crĂ©ation d’écoparcs.

L’agriculture urbaine et les approches locales conçues et construites dans les villes et les agglomĂ©rations font partie de la solution. Certains aspects de l’utilisation traditionnelle des sols peuvent ĂȘtre combinĂ©s de maniĂšre crĂ©ative avec l’innovation. Les zones urbaines abandonnĂ©es peuvent ĂȘtre converties en Ă©cosystĂšmes qui accueillent les cultures nouvellement arrivĂ©es et leurs connaissances traditionnelles.

“LES AUTORITÉS LOCALES SONT TOUT À FAIT CONSCIENTES DES ATOUTS DE LA NATURE POUR LES MOYENS DE SUBSISTANCE. AU COURS DE MA CARRIÈRE, JE N’AI PAS RENCONTRÉ UN SEUL MAIRE AFRICAIN QUI NE SOIT PAS CONSCIENT DU RÔLE CENTRAL QUE JOUE LA NATURE POUR LES VILLES.”

- Jean-Pierre Elong Mbassi, secrétaire général de CGLU Afrique

Douala, Cameroon© Leandry Jieutsa

8. Ibid

9. AU Startups, 12 Edtech Startups Revolutionizing Education and Skill Development in Southern Africa to Watch, 29 septembre 2023. https:// au-startups.com/2023/09/29/12edtech-startups-revolutionizingeducation-and-skill-development-insouthern-africa-to-watch/ausjobs/

10. Nikola M. Trendov, Samuel Varas, Meng Zeng, Technologies numériques dans le secteur agricole et dans les zones rurales. En brÚve, FAO, Rome, 2019, https://openknowledge.fao.org/ server/api/core/bitstreams/1f5d3a212fd9-4a5e-b19d-0f5b036f6760/ content

11. www.fmdv.net

12. https://ranyaka.co.za/what-we-do/

Side Notes:

‱ Gnacadja, L. (2022). The Cities of #TheAfricaWeWant: Why cities should transform informalities into assets to achieve sustainable urban development in sub-Saharan Africa (Les villes de l’#AfriqueQueNousVoulons : Transformer les informalitĂ©s en levier pour un dĂ©veloppement urbain durable en Afrique subsaharienne). ICLEI Africa, Cape Town, https://riseafrica.iclei.org/ wp-content/uploads/2022/04/The-AfricaWeWant_ Luc-Gnacadja_pdf.pdf

‱Guneralp, B., Lwasa, S., Masundire, H., Parnell, S. et Seto, K.C. (2017), Urbanization in Africa: challenges and opportunities for conservation. Environ. Res. Lett. 13 015002, https://doi.org/10.1088/17489326/aa94fe

‱IPBES (2018). rapport sur l’évaluation rĂ©gionale de la biodiversitĂ© et des services Ă©cosystĂ©miques pour l’Afrique. Archer, E. Dziba, L., Mulongoy, K. J., Maoela, M. A., et Walters, M. (Ă©d.). SecrĂ©tariat de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversitĂ© et les services Ă©cosystĂ©miques, Bonn, Allemagne, 492 pp., https:// www.ipbes.net/assessment-reports/africa

‱Khalil, H.A.E.E., Ibrahim, A., Elgendy, N., et Makhlouf, N. (2022), Enhancing Liveability in Informal Areas: A Participatory Approach to Improve Urban Microclimate in Outdoor Spaces. Sustainability 2022, 14, 6395, https://www.mdpi.com/20711050/14/11/6395

‱OECD/CSAO (2020), Dynamiques de l’urbanisation africaine 2022, Africapolis, une nouvelle gĂ©ographie urbaine, Cahiers de l’Afrique de l’Ouest, Éditions de l’OCDE, Paris, https://www.oecdilibrary.org/development/africa-s-urbanisationdynamics-2020_b6bccb81-en

‱OECD/ONU/BAD (2022), Africa’s Urbanisation Dynamics 2022: The Economic Power of Africa’s Cities, Cahiers de l’Afrique de l’Ouest, Éditions de l’OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/3834ed5b-en

3. LA PLANIFICATION DE L’INNOVATION ET L’UTILISATION DES TECHNOLOGIES COMME SOLUTIONS

Dissocier la rĂ©ponse au dĂ©ficit d’infrastructures et de services urbains des technologies Ă  forte intensitĂ© de carbone

L’Afrique peut tirer parti de son dĂ©ficit d’infrastructures pour trouver d’autres solutions aux technologies habituelles Ă  forte Ă©mission de carbone. Par consĂ©quent, les urbanistes et concepteurs doivent revoir leurs plans et faire Ă©voluer les approches existantes et informelles. Ils doivent Ă©galement proposer des modĂšles mieux adaptĂ©s aux environnements politiques et aux technologies associĂ©es aux scĂ©narios socioĂ©conomiques trĂšs divers qui se profilent sur le continent.

Certaines villes africaines s’emploient activement Ă  combler les lacunes en matiĂšre d’infrastructures et de services urbains grĂące Ă  une planification et Ă  des stratĂ©gies innovantes qui mettent l’accent sur la durabilitĂ©, la rĂ©silience et la participation des communautĂ©s. Face Ă  plusieurs dĂ©fis liĂ©s Ă  l’urbanisation rapide, le projet de ville verte de Porto-Novo6 s’est attaquĂ© aux contraintes Ă©cologiques, Ă  la pollution, Ă  la gestion inefficace des dĂ©chets et une plus grande vulnĂ©rabilitĂ© aux phĂ©nomĂšnes climatiques. Il a permis de revitaliser le littoral lagunaire en crĂ©ant un front de mer, et de renforcer les capacitĂ©s administratives des fonctionnaires municipaux. Les amĂ©liorations ont portĂ© sur la construction de routes, l’amĂ©lioration de l’assainissement, le reboisement urbain et l’éclairage public.

L’incitation Ă  l’utilisation de matĂ©riaux et de modĂšles produits localement peut aller de l’amĂ©lioration des technologies locales Ă  faible Ă©mission de carbone Ă  l’incorporation de briques de terre comprimĂ©e dans les logements et les infrastructures. Pour ce faire, il convient d’observer les flux de biens et de services afin d’identifier et de reproduire les processus les plus efficaces. Il s’agit Ă©galement d’amĂ©liorer l’accĂšs aux infrastructures et aux services dans les zones pĂ©riphĂ©riques et les bidonvilles.

Associer l’innovation sociale et technologique grñce à des environnements favorables

L’inĂ©galitĂ© numĂ©rique est une prĂ©occupation majeure, exacerbĂ©e par le manque d’approvisionnement fiable en Ă©lectricitĂ©, d’infrastructures et d’accĂšs Ă  l’éducation. La rĂ©ponse Ă  la pandĂ©mie de COVID-19 sur l’économie urbaine a mis en Ă©vidence la fracture numĂ©rique, en particulier dans les quartiers pĂ©riphĂ©riques informels. Cette situation menace le dĂ©veloppement d’une main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e capable de stimuler l’économie numĂ©rique.

Ces dĂ©fis ont Ă©galement dĂ©clenchĂ© une vague d’innovation sociale (plus que technologique) parmi les jeunes Africains. Dans les centres urbains, cela s’est Ă©galement traduit par l’utilisation communautaire d’informations dĂ©centralisĂ©es. Une start-up kenyane “est Ă  l’origine de solutions qui remĂ©dient au manque d’infrastructures”.7 L’utilisation crĂ©ative des rĂ©seaux sociaux montre comment les jeunes Africains “tirent parti des technologies de l’information pour transformer les obstacles numĂ©riques en autoroutes de la connectivitĂ©â€.8 “Les start-ups spĂ©cialisĂ©es dans les technologies de l’éducation9 fournissent du matĂ©riel pĂ©dagogique aux apprenants des zones rurales et urbaines, transformant peu Ă  peu le paysage Ă©ducatif et prĂ©parant la prochaine gĂ©nĂ©ration Ă  l’économie numĂ©rique en Afrique.

La transformation numĂ©rique10 peut Ă©galement favoriser l’adaptation et la rĂ©silience des agriculteurs au changement climatique en leur donnant accĂšs Ă  des services de vulgarisation agricole, Ă  des informations sur les marchĂ©s, Ă  des prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques et Ă  des systĂšmes d’alerte prĂ©coce. Des solutions fondĂ©es sur l’infrastructure et les services numĂ©riques Ă©mergent et comprennent des centres numĂ©riques rĂ©gionaux et communautaires.

L’innovation est Ă  la fois sociale et technologique : il s’agit de renouer avec les fonctions de la ville d’origine, en valorisant le savoir-faire endogĂšne et les connaissances traditionnelles qui permettent d’obtenir une telle efficacitĂ© dans des contextes informels.

Dakar, Senegal © Leandry Jieutsa

Side Notes:

‱CGLU Afrique et Cities Alliance (2021), Assessing the Institutional Environment of Cities and Subnational Governments in Africa, 2021, 4e Ă©dition, UCLA Africa et Cities Alliance, https:// www.citiesalliance.org/sites/default/files/2022-05/ CitiesAlliance_Assessing%20Inst.%20 Environment%20of%20Cities%20and%20 Subnal.%20Govs%20in%20Africa_EN.pdf

‱ONU-Habitat (2018). L’état des villes africaines 2018. La gĂ©ographie de l’investissement africain, ONU-Habitat, https://unhabitat.org/the-state-ofafrican-cities-2018-the-geography-of-africaninvestment

‱ONU-Habitat (2022), Managing Urban-Rural Linkages for Biodiversity, An integrated territorial approach, ONU-Habitat et SCBD, https://unhabitat. org/sites/default/files/2022/12/managing_urbanrural_linkages_for_biodiversity.pdf

‱ONU-Habitat (2022). White Paper: Cities and Nature: Planning for the Future, ONU-Habitat, https://unhabitat.org/sites/default/files/2022/12/ white_paper_cities_and_nature_rev2.pdf

4. RÉGIME FONCIER ET FINANCEMENT INNOVANT

Utiliser les flux financiers et réorienter les investissements pour soutenir les approches respectueuses de la nature

Des efforts novateurs et fiables doivent ĂȘtre dĂ©ployĂ©s pour rĂ©orienter les ressources financiĂšres mondiales et rĂ©gionales qui influencent la croissance urbaine actuelle. Cela doit se faire par le biais d’une dĂ©centralisation stratĂ©gique et soigneusement planifiĂ©e, un vecteur clĂ© du changement en faveur de la durabilitĂ© qui peut mobiliser les Ă©tablissements en Afrique. Il s’agit notamment de crĂ©er des programmes de dĂ©veloppement plus importants et de meilleure qualitĂ©, et de proposer des modalitĂ©s d’investissement pour les jeunes entreprises innovantes qui encouragent la reconnaissance des acquis et des enseignements issus de l’informalitĂ© en matiĂšre de services et de bĂ©nĂ©fices.

Les transitions dans le secteur bancaire doivent rĂ©ajuster, formaliser et soutenir les informalitĂ©s. Les plateformes mobiles de crĂ©dit, le microcrĂ©dit et les paiements directs sont de plus en plus courants en Afrique. ParallĂšlement, les systĂšmes informatiques et de tĂ©lĂ©communication changent la donne. Ce type d’initiatives peut s’inspirer de l’approche sociale et entrepreneuriale du Fonds mondial pour le dĂ©veloppement des villes (FMDV)11, lancĂ© par des membres de CGLU et de METROPOLIS. Sa mission est de dĂ©velopper et de promouvoir des solutions d’investissement et de financement pour le dĂ©veloppement urbain.

Au niveau national, l’accĂšs aux ressources biologiques et le partage des bĂ©nĂ©fices qui en rĂ©sultent ont pour but de faciliter l’accĂšs Ă  ces ressources sur les sites et territoires qui les dĂ©tiennent, tout en veillant Ă  ce que les bĂ©nĂ©fices soient Ă©quitablement partagĂ©s. Comment ces mĂ©canismes peuvent-ils ĂȘtre accĂ©lĂ©rĂ©s au niveau territorial et entre les zones urbaines et rurales ?

Voici quelques approches rĂ©ussies : i) prĂȘts hypothĂ©caires garantis par des programmes de restauration des Ă©cosystĂšmes ; ii) obligations de dĂ©veloppement municipal pour les infrastructures vertes garanties par un accĂšs unique aux zones humides, aux riviĂšres et aux montagnes ; iii) assurance paramĂ©trique contre les inondations et les sĂ©cheresses ; iv) fonds mixtes engagĂ©s dans des plans de dĂ©veloppement ayant les impacts les plus faibles ou des contributions mesurables Ă  la micro-Ă©lectrification, Ă  l’eau, Ă  l’assainissement ou Ă  l’infrastructure de transport.

RĂ©gime foncier : application d’approches participatives Ă  l’évaluation des bĂ©nĂ©fices tirĂ©s des ressources naturelles

tant que cabinet de conseil en urbanisme Ă  but non lucratif afin de rechercher des rĂ©percussions socioĂ©conomiques tangibles et positifs d’une maniĂšre qui mobilise activement “les hĂ©ros qui sont dĂ©jĂ  là”. Le collectif travaille sur le profilage des communautĂ©s, sur la co-conception de plans de quartier durables et sur la mise en place d’une stratĂ©gie de dĂ©veloppement. Cela permet de dĂ©bloquer des opportunitĂ©s d’investissement pour les bailleurs de fonds et les donateurs qui recherchent un changement durable et mesurable et qui Ă©tablissent des partenariats avec des parties prenantes dans de multiples secteurs.

Les gouvernements locaux et infranationaux et leurs partenaires doivent rĂ©former le financement foncier et amĂ©liorer la gestion durable des sols, notamment par le biais de la certification publique des droits d’accĂšs Ă  la terre, Ă  la cĂŽte ou aux ressources naturelles, y compris les Ă©cosystĂšmes, et la facilitation de la transition de ces registres vers une propriĂ©tĂ© lĂ©galement certifiable. La rĂ©duction des risques est un facteur de capitalisation connu. Ce type d’évaluation informelle peut dĂ©boucher sur un compromis viable entre un dĂ©veloppement pourvoyeuse d’impĂŽts, les besoins en logements sociaux et les espaces verts qui remplissent les fonctions sociales et rĂ©pondent aux besoins des habitants.

5. PRÉSERVER LES BÉNÉFICES DE L’INFORMALITÉ

La rĂ©partition des coĂ»ts de fonctionnement doit ĂȘtre minutieusement Ă©tudiĂ©e pour Ă©viter de favoriser ceux qui disposent de ressources et de rĂ©seaux, au dĂ©triment des expressions culturelles informelles et des identitĂ©s communautaires. Elle doit Ă©galement Ă©viter d’alourdir les redevances, les charges fiscales ou rĂ©glementaires, ce qui toucherait les rĂ©sidents Ă  faibles revenus et les petites entreprises. Les systĂšmes de formalisation ne peuvent pas nĂ©gliger les solutions communautaires et les rĂ©seaux informels, sans cela, des activitĂ©s informelles basculeraient dans la clandestinitĂ©, crĂ©ant ainsi de nouveaux problĂšmes sociaux et Ă©conomiques. Il est important de prĂ©server les intĂ©rĂȘts de toutes les communautĂ©s concernĂ©es, qu’elles soient officiellement reprĂ©sentĂ©es ou non, et de tenir compte des causes profondes de l’informalitĂ©. Si ces principes ne sont pas pris en compte, la formalisation, mĂȘme partielle, peut se heurter Ă  la rĂ©sistance d’intĂ©rĂȘts particuliers, Ă  l’inertie bureaucratique et Ă  l’opposition politique.

4POST2020BD.NET

@4POST2020BD

Ces dĂ©marches impliquent de dĂ©velopper des systĂšmes de propriĂ©tĂ© fonciĂšre et de rĂ©former le financement des terres afin d’apporter une valeur ajoutĂ©e Ă  la gestion durable des sols. Le collectif Ranyaka12 a Ă©tĂ© créé en Afrique du Sud en

POST-2020 BIODIVERSITY FRAMEWORK – EU SUPPORT EST UN PROJET FINANCÉ PAR L’UNION EUROPÉENNE ET MIS EN ƒUVRE PAR EXPERTISE FRANCE. IL VISE À FACILITER LA MISE EN ƒUVRE EFFECTIVE DU CADRE MONDIAL POUR LA BIODIVERSITÉ POST2020.

La formalisation progressive et soigneusement Ă©quilibrĂ©e des informalitĂ©s urbaines doit se concentrer sur la rĂ©duction de la pauvretĂ©, de l’inĂ©galitĂ© et de la fragmentation urbaine, crĂ©ant ainsi des villes plus rĂ©silientes, inclusives et durables. Tout systĂšme proposĂ© pour cette transition doit ĂȘtre flexible, rentable et simple. Une officialisation qui rigidifierait les espaces et les Ă©conomies urbaines pourrait entraĂźner l’expulsion des occupants informels, des vendeurs de rue ou des petites entreprises, perturbant ainsi les communautĂ©s et les moyens de subsistance.

CETTE PUBLICATION EST FINANCÉE PAR L’UNION EUROPÉENNE. SON CONTENU RELÈVE DE LA SEULE RESPONSABILITÉ DES AUTEURS ET NE REFLÈTE PAS NÉCESSAIREMENT LES OPINIONS DU PROJET POST 2020 BIODIVERSITY FRAMEWORK EU SUPPORT PROJECT, D’EXPERTISE FRANCE, DE L’UNION EUROPÉENNE OU DES EXPERTS CONSULTÉS.

EN PARTENARIAT AVEC:

Saint-Louis, Senegal © Leandry Jieutsa

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