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ROBOTS

PLANÈTE

PLANÈTE

NOVEMBRE - DÉCEMBRE - NUMÉRO 6

ROBOTS N O U V E L L E S

T E C H N O L O G I E S

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RÉALITÉ OU SCIENCE-FICTION ?

LES ROBOTS SEXUELS VONT-ILS TUER MEETIC ? ROBOTIQUE ET MÉDECINE Des robots contre le Cancer

ROBOSCOOPER WowWee a récemment dévoilé son nouveau robot

Gadgets News Livres URBI DVD BD

POUR NOËL

30 ROBOTS

CONNAISSEZ-VOUS

REEM ?

Ils ne devraient pas passer inaperçus…

ROBONAUT R2 s’envolera pour la Station Spatiale Internationale cette année

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édito

Planète Robots Edité par Rom Rom Rom Publishing, 18, rue Marbeuf 75008 Paris Directeur de la publication : Philippe Seban seban@planeterobots.com Rédactrice en chef : Najet Ben Bassou bassou@planeterobots.com Rédacteur en chef adjoint : Frédéric Boisdron boisdron@planeterobots.com Rédacteurs : Cyril Drevet, Vanessa Martineau, Rémi Legris, Christophe Le Blanc, Josèphe Ghenzer, Thibault Depost, Yves Martinez, Screetch, Joe Pillow ainsi que l'association Caliban. Secrétaire de rédaction : Xul-otar Tellestim Direction artistique : Patrick Lusinchi directeur.artistique@planeterobots.com

Publicité : WPP, 11, rue Chaptal, 92300 Levallois. Tél. 01 47 57 80 00 Responsable Publicité : Serge Bénichou Directrice de la Publicité : Mireille Palastanga

© 2 010 Rom Rom Rom Publishing Dépôt légal à parution Diffusion MLP ISSN : 2106-3133 N° de commission paritaire : 0112 K 90181 Imprimé par Deaprinting 28100 Novara - Italie La rédaction n’est pas responsable de la perte ou la détérioration des textes, fichiers ou photos qui lui sont adressés pour appréciation. La reproduction, même partielle, de tout matériel publié dans ce magazine est interdite. Une remarque, une idée, une question pour notre rubrique courrier : courrier@planeterobots.com Vous êtes une société, une association, un particulier, vous désirez nous soumettre un communiqué ou nous proposer un article de votre cru. Nous sommes à l'écoute de vos propositions et de vos candidatures pour intégrer notre équipe. contact@planeterobots.com Crédit photos : © Fotolia - Shutterstock

Aabam Consulting, 161, boulevard Henri-Sellier, 92150 Suresnes. Tél. : 01 46 25 05 25 contact@aabam.fr ERRATA Dans le numéro précédent, des signatures fantaisistes ont été attribuées à deux articles… — Y a-t-il un robot dans la stalle ? est en fait de Josèphe Ghenzer. — BigTrak est en fait de Rémi Legris.

UN AN — ET TOUTES SES DENTS ! Cela fait déjà un an que laventure Planète Robots a commencé, et cest grâce à vous —les lecteurs. Comme cette année est passée vite ! Et que de choses nous avons découvertes… Je dis nous car comme vous, nous nous informons et vous faisons partager dans nos colonnes cette aventure «robotique» du XXIe siècle. Tout au long de cette année, au fil des numéros, vous avez eu un avant-goût de ce que les technologies du futur allaient nous apporter de bon et de moins bon. Nous travaillons avec plaisir pour dénicher toutes ces informations, nhésitant pas à parcourir la planète à la recherche de scoops sur tous ces objets qui peu à peu vont prendre une place prépondérante dans nos maisons, nos écoles, nos rues et notre vie. Je profite de ce numéro anniversaire, avec toute la rédaction, pour vous remercier de votre soutien, vous qui en achetant tous les deux mois ce magazine que vous tenez en mains nous permettez de poursuivre notre quête de pionniers dun univers restant à explorer et que nous allons parcourir ensemble dans les années à venir. ■Frédéric Boisdron

Liste des GAGNANTS de VOS JEUX DE L'ÉTÉ Sudoku 1 Le coffret Pneumatic Robots : Rodolphe Matias, 94220 Charenton. Spin Shooter : M. Chemla, 91490 Milly-la-Forêt. Star Shooter : Florian Delecourt, 36100 Issoudun. Sudoku 2 Un pack Multipowerbox Un pack Multipowerbox Un pack Multipowerbox Un pack Multipowerbox Un pack Multipowerbox

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François Fernandes, 69740 Genas. Léo Repessé, 44119 Treillières. M. Semanaz, 81470 Cuq-Toulza. Apolline Sebillaut, 78240 Chambourcy. Jean-Philippe Lannoy, 62100 Calais.

Futoshiki Un pack d'accessoires Un pack d'accessoires Un pack d'accessoires Un pack d'accessoires Un pack d'accessoires

iPhone iPhone iPhone iPhone iPhone

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(Planète Robots n°4)

Rodolphe Matias, 94220 Charenton. Nicolas Denis, 94300 Vincennes. M. Larroumets, 75007 Paris. M. Humez, 59133 Phalempin. Léo Repessé, 44119 Treillières.

Mots codés Un aspirateur Roomba : M. Todeschini, 95500 Le Thillay.

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Sommaire

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Novembre / Décembre 2010 - NUMÉRO 6

ÇA VIENT DE SORTIR

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Robots News Toute ce qu'il faut retenir de ces deux derniers mois dans le monde étrange de la robotique. Tribune : À l’aube d’une nouvelle société… judéo-chrétienne ? L'association Caliban nous fait part d'une chronique qui envisage une perception religieuse de la robotique. Planète Robots fête son premier anniversaire Pour fêter le premier anniversaire du magazine que vous avez entre les mains, nous vous offrons quelques surprises. 2010, la nouvelle odyssée de l'espace Le Robonaut 2 est un robot humanoïde. Il sera le premier de son genre à accompagner les astronautes d'une mission spatiale réelle et va intégrer l'équipe des pensionnaires de l'ISS, la Station spatiale internationale.

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Noël 2010 : tout un univers de robots au pied du sapin Noël approche et vous ne savez pas encore quoi offrir à votre petit dernier ou à votre grand-mère ? Pourquoi pas un robot ? Voici le best of de cette fin d'année…

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Chronique brève du temps qui passe vite — Des enfants et des robots En 1985, la Tortue, un robot mobile que l'on programmait avec le LOGO sur nos Thomson MO5, était utilisé dans les écoles. Aujourd'hui, Colobot prend le relais. Et si la robotique sonnait le glas de Meetic ? Les robots sexuels sont en cours de développement dans de nombreuses sociétés, qui flairent là un créneau qui fera recette dans quelques années. Les savants sont fous des BabyBots À quoi les robots bébés peuvent-ils servir ? Ce sont en fait de vrais laboratoires, car leur but est d'apprendre par eux-mêmes. Ils devront ignorer le plus possible les réflexes dus à leur programmation.

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PORTRAITS

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PAL Robotics — Connaissez-vous REEM ? PAL-Robotics est un constructeur espagnol de robots humanoïdes fort prometteur. Déjà trois modèles à son actif, dont deux bipèdes et un petit dernier sur roulettes Robootic, la petite société qui monte, qui monte… Robootic est devenue incontournable dans le petit monde de la robotique. Découvrez ses projets et l'ouverture de son premier magasin IRL. VEX Robotics — une très bonne façon de commencer en robotique VEX Robotics a créé des robots en kits pour les débutants et les curieux de la robotique. Découvrez VEX à travers son fondateur, Paul Copioli.

LES DOSSIERS

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Des robots fabriqués en Lego ! Lego a compris comment plaire aux nouvelles générations. Les robots sont les nouveaux joujoux des enfants (et des adultes !) d'aujourd'hui. Fidèle à sa tradition, la société vous permet de les construire à votre manière. L'armée, premier investisseur dans le domaine de la robotique Il est indéniable (que l'on soit pour ou que l'on soit contre) que l'armée investit ses capacités dans le développement de la robotique. Espérons qu'une certaine éthique sera respectée... Retour sur la saga d’Aibo, le robot chien de Sony L'Aibo de Sony… Nombreux sont ceux qui ont regretté l'arrêt de la production de cette fabuleuse gamme de robots de divertissement. Planète Robots revient un peu sur ce robot chien qui fut adopté par une multitude de fans. Les peluches robotisées, un bon moyen d'initier les enfants A.I., le film de Spielberg, avait préparé la voie. Teddy, un nounours en peluche, y suit David, l'enfant robot, dans son équipée. Les peluches que l'on va trouver dans les étalages vont lui ressembler de plus en plus… Robotique et médecine Un dossier d’initiation à la robotique vue sous l’angle médical, des nanorobots aux prothèses. Les robots contre le cancer Pour clore notre dossier sur la robotique et la médecine, voici une petite présentation du robot CyberKnife d'Accuray, un robot spécialisé dans la lutte contre le cancer.

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TUTORIELS

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Premières bases de programmation sur RISBEE RISBEE est l'outil de programmation des robots de POB-Technology. À l’occasion de la sortie du nouveau robot de la société, il était temps de faire un premier test de cette interface de programmation. Contrôler un monde virtuel avec Urbi Urbi, le langage des robots, constitue une bonne base pour comprendre les méandres de la programmation avancée en robotique. Apprenez donc à l’utiliser !

GADGETS HIGH-TECH

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Gadgets et tendances à venir Une petite sélection de gadgets et d’autres produits dans le vent qui ont retenu notre attention. La curiosité est de mise… Concepts du futur Les objets de tous les jours constituent d'abord des concepts avant d'être ce qu'ils sont. Nous allons étudier, dans cette rubrique, les plus intéressants — ceux qui fourmillent dans la tête de nos designers…

OPEN YOUR MIND

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Actus Ciné, DVD, BD, Livres Les robots sont partout, même à l'intérieur de votre bibliothèque, de votre vidéothèque et de tout ce qui finit par « thèque ». Florilège ! Real Steel — Le dernier combat Des robots qui remplacent nos boxeurs sur le ring — voilà une bonne idée, qui épargnerait bien d’inutiles traumatismes. Et si ces machines devenaient de grosses brutes ?… Rubrique Jeux Vidéo Histoire de ne pas louper ce qui se passe sur vos consoles de jeux et vos ordinateurs, voici la rubrique des fans de la manette ! Flossie, le robot motard Il existe un robot capable de chevaucher une moto qui fait monter son moteur à seize mille tours par minute ! Flossie ne tombe jamais. Oui, mais... Vintage Robot — Le robot aspirateur VC-2 Un robot aspirateur sorti en 1995 ! Vous pensiez que le Roomba était le premier ? Point du tout... En direct du continent asiatique, Rémi nous fait le test du VC-2.


inno-robo Organisé par

En partenariat avec

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T O U C H



 I N N O V A T I O N

Le cycle de conférences Lift est une série de manifestations conçues autour d’une communauté de pionniers qui se réunissent en Europe et en Asie pour étudier les implications sociales des nouvelles technologies. Chaque événement est une chance de transformer l’innovation en opportunités en anticipant les changements majeurs à venir, et rencontrer les gens qui les conduisent.

Les Rencontres Européennes de Mécatronique – EMM, rassemblent depuis maintenant 8 ans les principaux acteurs de l’industrie, de la formation et de la recherche. C’est le plus important évènement européen du domaine. EMM est organisé par Thésame, 1er réseau européen de mécatronique.

Avec le soutien de :

En partenariat avec :

www.innorobo.com

23/25 mars 2011 Cité Internationale -:0/t'3"/$&

Entrée gratuite pour les étudiants et les académiques

Avec le support de :

Création

INNO-ROBO entend démontrer, sur 3 jours, par des exemples concrets et par le partage de connaissances et de visions d’entrepreneurs du domaine, pourquoi et comment les technologies robotiques appliquées aux produits et services liés à l’assistance à la personne sont une source d’innovation et de croissance pour nombre d’entreprises dans des secteurs variés.

: www.to2studio.com

INNO ROBO est le 1er forum professionnel International de la Robotique de Services, il ouvrira ses portes pour la première fois en Europe au Centre des Congrès de la Cité Internationale de Lyon.


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NEWS

novembre / décembre 2010 HRP-4, un nouveau robot humanoïde plus athlétique Après leur modèle HRP-4C, un robot féminin sorti il y a quelques mois, Kawada et AIST ont présenté à la presse leur tout nouveau robot humanoïde, le HRP-4. Ce dernier arbore un look robotique tout en adoptant une apparence beaucoup plus athlétique que ses prédécesseurs (notamment son concurrent Asimo, développé par Honda). Conçu pour travailler en synchronie avec des humains et haut d’un mètre cinquante pour un poids de trente-neuf kilos seulement, ce robot est doué d'une très grande dextérité et d'une précision exemplaire. Du fait de sa forme moins massive, il peut exécuter des mouvements plus proches de son centre d'attraction. Lors de sa présentation, le HRP-4 a démontré sa capacité de rester en équilibre sur une seule jambe, de suivre des ordres vocaux et de reconnaître des personnes. Il pourrait être distribué dans les universités et les centres de recherche à partir de janvier, moyennant trois cent mille dollars… ◗

PR2, le robot qui vaut quatre cent mille dollars La société américaine Willow Garage vient d'annoncer, après plusieurs années de recherche et de développement, que son robot PR2 est disponible à la vente pour la modique somme de quatre cent mille dollars. Heureusement, une remise de cent vingt mille est accordée à ceux qui ont contribué de façon significative au projet open source. Même ainsi, cela peut sembler une somme pharamineuse, mais n’oublions pas que PR2 est truffé de capteurs en tout genre (plus de quatre mille !), qu'il dispose d'une puissance de calcul énorme pour un robot (deux Quad Core Intel Xeon), et que sa mise au point est le résultat de beaucoup de travail. En effet, il est capable de jouer au billard, d'aller chercher des boissons dans le réfrigérateur, de plier le linge... Cela constitue un petit aperçu de sa vocation de base, qui est de travailler au développement d'IA. Conçu afin de s'adapter à la majorité des tâches, il laisse le champ libre aux créateurs de logiciels. PR2, le premier Robby de l'histoire réelle ?… ◗ http://www.willowgarage.com/

Hoaloha Robotics veut devenir l’Apple de la robotique Tandy Trower, un ancien de chez Microsoft, vient de lancer sa société — Hoaloha Robotics. Il a décidé de créer des robots à destination des personnes âgées, et ce pour un faible prix. Ces robots devraient être distribués d'ici trois à cinq ans et coûter de trois mille cinq cents à huit mille euros. Pour atteindre ces objectifs, Tandy Trower travaille en étroite collaboration avec Robosoft (voir Planète Robots n°3) et se fonde sur la loi de Moore (loi empirique décrivant l'évolution des technologies en même temps que la baisse de leurs coûts) pour estimer la valeur des composants au moment de la sortie de ces robots.◗ http://www.hoaloharobotics.com

Rubot II, un robot champion du monde de Rubik’s Cube Rubot II est construit par Peter Redmond, le directeur de Mechatrons, une société irlandaise qui se sert de robots pour animer des événements. Le week-end du 25 septembre, il a établi un nouveau record du monde Guinness de résolution de Rubik’s Cube au New York Hall of Science. Après avoir été vérifié par un officiel, le Rubik’s Cube avait été mélangé cinquante fois par un enfant choisi au hasard dans l'assistance, qui comptait à haute voix. Puis Peter Redmond l'a déposé dans les « mains » du robot, ce qui a déclenché le compteur de sa poitrine. Trente-sept secondes et demie plus tard, c'était terminé ! Le record du monde chez les humains se situe aux environs de sept secondes, et Rubot II en est loin à cause d'une limitation technique. En effet, il utilise seulement quatre « doigts » (la dextérité des mains humaines est toujours inégalable aujourd'hui) : il ne peut donc faire qu'un mouvement à la fois, ce qui le ralentit considérablement. Son concepteur affirme ne pas vouloir créer un Rubot III car cela n’aurait aucune utilité, dit-il, pour le moment… ◗ http://www.mechatrons.com/rubot.html

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novembre / décembre 2010 SeasWarm, un robot qui nettoie les nappes de pétrole SeasWarm est un projet développé au M.I.T. qui vise à ramasser le pétrole en utilisant une flottille de robots. Autonomes, ces derniers communiquent entre eux et avec les scientifiques à terre par WiFi pour se répartir la surface à nettoyer. Ils sont composés de deux parties. La tête abrite le processeur et des panneaux photovoltaïques et le corps, qui ressemble à un tapis roulant, absorbe le pétrole grâce à sa structure spéciale à base de nanofils. Ce nouveau matériau peut absorber jusqu'à vingt fois son poids en pétrole et les SeasWarm peuvent ainsi travailler à plein pendant plusieurs semaines grâce à des panneaux solaires. Leur taille réduite (cinq mètres de long pour deux mètres de large) leur permet d’atteindre des endroits inaccessibles jusqu'à présent. Les premiers prototypes ont été testés à la mi-août dans la rivière Charles et tout s'est bien passé. Il ne reste plus qu'à faire le test à grande échelle ! ◗ http://senseable.mit.edu/seaswarm

Waldo a été mordu par un requin ! Le 19 juillet dernier, les associations américaines NDRC, Oceana et le Mote Marine Laboratory de Sarasota lançaient Waldo, un robot sous-marin, afin d'évaluer les dégâts causés en Floride par la marée noire. Il ressemble à une torpille et il est bardé de capteurs — en particulier un fluomètre qui détecte la présence de pétrole. Lui sont adjoints d'autres indicateurs comme les modifications de la salinité et la température de l'eau, qui lui permettent d’évaluer la pollution de la zone. Bien qu'il soit capable de fonctionner pendant trente jours d'affilée, il a été récupéré au bout du vingt-huitième. Pourquoi ?… Il avait été attaqué par un requin, qui détruisit l'une de ses barres de plongée ! La bonne nouvelle, c'est que Waldo n'a constaté aucune pollution. Il a en outre recueilli de nombreuses données sur les ouragans. Pendant ce temps-là, un autre UAV a découvert une nappe de pétrole de plus de trente-cinq kilomètres de long ; le requin a eu une bonne idée, mais s’est trompé de cible... ◗

DustCart et DustClean ont été testés à la satisfaction générale Rappelez-vous notre dossier sur les robots DustBot dans le premier numéro de Planète Robots… Ces robots transalpins avaient été développés avec l'aide de la Commission européenne et devaient devenir les nouveaux éboueurs et nettoyeurs de rues. Cet été, on les a déployés pour la première fois dans la petite ville de Peccioli, au cœur de la Toscane. Cette localité avait été choisie à cause de l’étroitesse de ses rues, qui interdisaient le passage des camions de nettoyage ou de ramassage des ordures. Le résultat des premiers mois semble concluant ! Les créateurs du projet pensent que le coût unitaire des robots se situera entre quatorze et dix-huit mille euros — mais ne donnent pas encore de date pour leur disponibilité commerciale. ◗ http://www.dustbot.org

Essayez vos vêtements… virtuellement ! Vous désirez acheter des vêtements par Internet, mais vous n'êtes jamais sûr qu’ils vous iront comme un gant… Comment essayer de nouvelles fringues à distance ? La start-up estonienne Fits.Me a eu une idée de génie : développer un mannequin robotisé qui prend en compte les mensurations que vous aurez entrées dans votre profil. Une fois le vêtement placé sur le robot par un membre de votre site marchand, via une vidéo en streaming, vous pourrez constater s’il porte bien la tenue choisie. Deux mille configurations différentes sont disponibles. Seul le modèle homme existe pour le moment — la version pour les femmes est en cours de développement… ◗ http://fits.me

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novembre / décembre 2010 L'expression « caméra cachée » prend un autre sens Atteint d'une malformation, le Canadien Rob Spence a subi une ablation de l’œil droit quand il était adolescent. Homme de ressource et cameraman de métier, il a lancé le projet EYEBORG. Ce n'est pas un nouveau super-héros (quoique!), mais un caméraman cyborg. Avec sa petite équipe, il est en train de mettre au point une minicaméra de 1,5 x 1,5 mm qu’on placera dans son orbite et qui sera cachée derrière une lentille. Alimentée par une batterie également logée dans l’orbite, la caméra transmettra ensuite en direct ce qu'elle filmera. Rob Spence explique que son objectif est double: rappeler d’une part que nous sommes dans une société où la surveillance est de plus en plus présente et, d’autre part, filmer les gens spontanément — ce que ne permet pas une caméra classique. À ceux qui pensent qu'il se comporte en épigone de Big Brother, il répond que la seule défense possible est de devenir soi-même technophile, afin de savoir où trouver les espaces de liberté. EYEBORG est toujours en cours de fabrication; en attendant, inventez un détecteur de caméras! ◗ http://eyeborgproject.com

Des robots pour entrer en contact avec les autistes Interbots, une société issue du Centre de la technologie de divertissement de l’université de Carnegie Mellon, développe Popchilla, un robot jouet destiné à l’observation des enfants autistes. Le robot est pourvu d’« émotions », qui sont transmises par un mélange de gestes, d’expressions et de sons. Ses oreilles et ses pattes bougent, ses yeux passent du vert au rouge, sa bouche s'ouvre et se ferme quand il parle. Le fondateur et directeur du Centre de ressources sur l’autisme de Pittsburgh, où sera menée une étude de dix semaines, explique la démarche : « Popchilla est là pour faciliter la communication et pour certains enfants, toute forme de communication est déjà un grand pas. Nous avons essayé avec de nombreux enfants atteints de divers degrés d’autisme. Dans tous les cas, leur intérêt pour le robot a été visible, alors qu’ils n’en avaient aucun pour un thérapeute ou un enfant. Dans un cas, un enfant qui ne parlait pas a nourri Popchilla avec une cuillère. D’autres ont répondu en chantant avec le robot. Le but est d'apprendre aux enfants à reconnaître les émotions, chez l'autre et chez eux. » ◗

Des essaims de robots survolent la Suisse Le SMAVNET (Swarming Micro Air Vehicle Network) est un projet initié par l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse). Le principe en est simple : des robots miniatures décollent du sol pour rejoindre une zone où un désastre a eu lieu (comme un tremblement de terre ou un raz-de-marée) et partent à la recherche de rescapés, par exemple. Ces « avions » robotisés volent de façon autonome et se trouvent en communication constante afin de constituer un réseau homogène. Les robots sont équipés du WiFi, de Zigbee et de GPS. Leur développement s'est inspiré de l'étude des colonies de fourmis à la recherche de nourriture. Les premiers prototypes volent déjà dans le ciel helvète ; ils pèsent quatre cent vingt grammes, ont une envergure de quatre-vingts centimètres et sont pourvus d’une autonomie de trente minutes. ◗ http://lis.epfl.ch/?content=research/projects/SwarmingMAvs

Windoro, un robot pour nettoyer vos vitres Le Pohang Institute of Intelligent Robotics (PIRO), une société sud-coréenne, s'apprête à distribuer un robot qui nettoiera vos fenêtres tout seul. Windoro est composé de deux parties, qui se posent de chaque côté de la vitre, l'une en face de l'autre. La force magnétique maintient le robot sur la vitre. Il utilise des capteurs de distance, d'altitude et de détection d'obstacles. Et peut être placé sur des vitres de dix à vingt-cinq millimètres d'épaisseur. Windoro les nettoie au moyen d'une série de brosses et de détergent. Une fois le travail accompli, il suffit de récupérer les deux parties du robot et de les replacer sur une autre vitre. Si vous envisagez d’acquérir une maison à l’instant où vous lisez ces lignes, évitez les fenêtres à petits carreaux… ◗ http://eng.piro.re.kr

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novembre / décembre 2010 iRobot prépare la relève des robots aspirateurs Roomba Eh oui, iRobot, qui produit les Roomba, souffre aujourd’hui d’un problème d’image : ses robots sont les plus vendus (et de loin !) mais ils commencent à apparaître obsolètes avec l’arrivée de concurrents munis de systèmes de guidage laser (le Neato XV-11 ou le Mint de NorthStar) ! Tout en affirmant que les trajectoires pseudo-aléatoires des Roomba permettent un meilleur nettoyage, iRobot travaille à son propre système de guidage infrarouge avec la mise à jour d’un brevet, le Celestial Navigation System. Le concept est le même que celui de NorthStar : une borne infrarouge dans chaque pièce permet au robot de se repérer, si ce n’est que la version iRobot sous-entend que le calcul de position sera effectué par le robot, ce qui aura peut-être un impact sur l’autonomie. Là ne réside pas la seule différence, puisque le brevet comporte aussi la possibilité d’assigner un identifiant à chaque pièce et donc de choisir via un ordinateur quand nettoyer tel ou tel endroit (ce qui, couplé à la détection des zones sales, pourrait se révéler très pratique). Si un tel système est effectivement mis en place, est-ce que cela compensera l’obligation d’ajouter des bornes partout ? ◗

Un robot shampouineur Non, ce robot n'est pas destiné à remplacer la jolie coiffeuse qui vous masse le cuir chevelu avant que vous vous fassiez couper les cheveux ! Panasonic a développé ce robot pour alléger la tâche du personnel hospitalier, qui a du mal à assurer les soins capillaires dus aux malades. Grâce à ses seize doigts, le robot peut laver et rincer les cheveux avec dextérité. Les deux bras possèdent chacun trois moteurs qui contrôlent le balancement, la pression et les mouvements de massage. La forme de la tête et ses dimensions sont analysées afin de procéder correctement au shampooing. ◗ http://www.panasonic.com


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novembre / décembre 2010 Un robot planteur d'arbres Aujourd'hui, l’exploitation de la forêt suédoise est presque entièrement mécanisée. Cependant, les semis se font encore essentiellement à la main — un travail difficile, pour lequel la main-d’œuvre manque ! Les semeuses qui existent sont inefficaces et trop rigides. L'objectif de ce projet développé par Anna-Karin Bergkvist était de proposer, à l'horizon 2030, un concept de machine à planter respectueuse de l'environnement. Le résultat final se présente comme un système entièrement automatisé et fonctionnant à la vapeur, équipé de pieds (pour ne pas abîmer le sol avec des roues ou des chenilles) et d'un bras flexible. Les graines et les plants sont stockés sur le dos de la machine. Le bras de plantation se déploie pour ensemencer tout autour. Et le robot parcourt la zone intéressée en utilisant un GPS de haute précision, des capteurs et des cartes internes. ◗ http://www.overkillinterstellar.com

Les évolutions d’Evolta-III Avec ses dix-sept centimètres (pour une longueur de quarante centimètres et un poids d'un kilogramme), le dernier robot démonstrateur de Panasonic va devoir parcourir cinq cents kilomètres (entre Tokyo et Kyoto) au Japon — afin d’établir un nouveau record du monde. Evolta-III avait déjà grimpé une corde de cinq cent trente mètres dans le Grand Canyon et parcouru vingt-quatre kilomètres sur le circuit des Vingt-Quatre Heures du Mans. Ce robot fait la démonstration des étonnantes capacités des piles rechargeables Evolta de Panasonic. Il va suivre une partie du tracé du Tkaid (les cinquantetrois stations qui rappellent les cinquante-trois étapes accomplies par Utagawa Hiroshige, un peintre, dessinateur et graveur japonais, au XIXe siècle) et s'arrêtera dans chacune d'entre elles pour recharger ses batteries. Evolta-III est alimenté par 12 piles AA et se contrôle par télécommande. Il est parti le 23 septembre et devrait arriver à destination le 10 décembre… ◗ http://www.ustream.tv/channel/panasonic-evolta

Le robot du Djedi Project à la recherche des trésors des pyramides d'Égypte Comment explorer les salles hypostyles encore inconnues des immenses pyramides d'Égypte lorsque les couloirs d’accès se révèlent trop étroits pour y envoyer un humain ? La solution : déléguer un robot ! Le projet Djedi (un magicien consulté par le roi Khéops ou Khoufou avant la construction de la pyramide de Gizeh) a pour ambition, grâce à cette machine construite par l'université de Leeds, de parcourir le dédale de corridors sombres qui mène à la chambre de la reine. Une mission entamée en 1994 avec les robots Upuaut et Upuaut 2 (voir photo) — ce dernier avait percé une première dalle faite de calcaire et dotée de deux pièces rapportées qu’on avait considérées comme des poignées de cuivre, mais la mission fut bloquée par une seconde porte placée juste derrière — et poursuivie en 2002 avec le Pyramid Rover. Djedi devrait percer tous ces mystères à la fin de l’année… ◗ http://www.drhawass.com/blog/djedi-team-robot

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Robots

novembre / décembre 2010 Un robot humanoïde britannique, guide touristique spatial ! La NASA vient d'acheter le RoboThespian, construit par la société Engineered Arts, pour un peu moins de cent mille euros. Le robot fonctionne à l'air comprimé et sa structure est faite d'aluminium. Fabriqué à l'origine pour une pièce de théâtre, il est maintenant décliné en trois modèles plus ou moins évolués. L'un d'eux va donc rejoindre le Centre spatial Kennedy de Cap Canaveral, en Floride, pour accueillir les visiteurs. Le RoboThespian peut interagir avec le public (en le saluant, par exemple) et des options de séquences enregistrables sont prévues (programmées via une interface tactile). ◗ http://www.robothespian.com

Gostai organise un grand concours Urbi est une plate-forme logicielle pour la robotique et les systèmes complexes — compatible Linux, Windows et Mac OS X. Urbi repose sur un langage de script d’orchestration novateur, urbiscript, intégrant des capacités avancées pour la gestion du parallélisme et de la programmation événementielle. Depuis mai 2010, Urbi est open source sous licence AGPLv3. Et Gostai organise un concours autour d’Urbi, ouvert jusqu’au 15 décembre 2010. Pour y participer, il suffit de réaliser un projet de programmation utilisant la plate-forme. Le jury jugera ensuite les meilleurs projets sur l’originalité, l’exécution et le design (ainsi que la clarté et l’intérêt du contenu posté sur la page urbiforge.org des participants). L’utilisation d’outils compatibles avec Urbi est encouragée, dont Webots, le simulateur robotique et les outils de programmation graphique Gostai Studio et Gostai Lab — disponibles gratuitement pour le concours. Le formulaire d’inscription est disponible sur urbiforge.org, où les participants pourront exposer leur projet via un wiki : photos, vidéos, lignes de code, etc. Ils devront publier au moins une vidéo du projet et le code utilisé sous licence GPL, BSD ou leur équivalent. Le grand gagnant recevra un bon d’achat de quatre cents euros chez Robopolis, une licence Gostai Studio Suite, une licence pro Webots & Urbi for Webots, cinq cents euros de réduction sur l’achat d’un Nao édition Developer Program et une invitation au Nao Developer Program, sans oublier un abonnement d’un an à Planète Robots et un tee-shirt Gostai. La deuxième place et la troisième seront aussi récompensées. ◗ http://www.urbiforge.org/index.php/Main/UrbiOpenSourceContestFrench

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Robots

NEWS

novembre / décembre 2010

AGENDA

Par Frédéric Boisdron et Nathan Mustaki

Du 10 au 14 novembre 2010 : le Festival international de science-fiction des Utopiales de Nantes, 11e édition Littérature, rencontres scientifiques, spectacle vivant, cinéma, bande dessinée, expositions, concerts, jeux de rôle, jeux vidéo et pôle asiatique… Pendant quatre jours, la science-fiction sera abordée dans son actualité et dans toutes ses dimensions à la Cité Nantes Events Center. La onzième édition des Utopiales abordera la thématique des Frontières. La science-fiction questionne notre quotidien et repousse sans cesse les frontières du champ des possibles. L'espace et l’univers ont-ils des limites ? Au plus près de nous, peut-on vivre sans frontières ? Entre recherche scientifique et créativité, existe-t-il des frontières ? Quelles sont les frontières ou les passerelles entre le réel et l’imaginaire ?… Lors de cette édition, Planète Robots, Robootic (voir article) et l'association Caliban tiendront des stands. Frédéric Boisdron, notre rédacteur en chef adjoint, fera une intervention, aux côtés de Gérard Klein, Vincent Gessler, Ian McDonald et Patrick Gyger, lors des deux conférences sur la robotique. ◗

Le 4 décembre 2010 : Caprica2 Forts du succès de la première édition de la rencontre Caprica en février 2010, l’association Caliban et ses partenaires remettent le couvert avec Caprica puissance 2. La formule change, mais le concept reste le même ! En une seule journée, les amateurs ou les curieux de robotique pourront présenter leurs réalisations, discuter et échanger sur cette passion qui nous est commune. Entièrement gratuite, cette manifestation se veut un moment convivial où chacun pourra, en toute simplicité, partager ses points de vue et admirer les créations, parfois étonnantes, des autres passionnés. Vous souhaitez venir présenter votre robot ? Rien de plus simple ! Pour cela, il vous suffit de nous envoyer un e-mail à caprica@caliban-web.com. Nous vous réserverons une table ainsi que des prises électriques. Pas de chichis, à Caprica2 — les stars sont les robots, accessibles à tous ! De la même façon, si vous souhaitez animer une conférence sur un thème qui vous est cher, initier un débat sur une problématique particulière, n’hésitez pas, encore une fois, à nous contacter par e-mail, nous verrons ensemble comment organiser tout cela. Et si vous êtes simplement un curieux et désirez admirer les réalisations des amateurs, vous n’avez qu’à venir — avec votre bonne humeur et vos questions ! Rendez-vous donc le samedi 4 décembre 2010 (de 10 h à 19 h au Centre ATLAS, 7, rue de l'Union - 93400 Saint-Ouen). Tous les amoureux des bébêtes électromécaniques sont les bienvenus à Caprica2, sans distinction de niveau ou d’âge !… ◗ http://www.caliban-web.com

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: PROFESSION ROBOT Roomba est si bien conçu qu’il lui suffit juste d’un moteur de 30 W pour faire tout le sale boulot ! Il aspire même la poussière et les agents allergènes invisibles. Vraiment efficace !

Roomba est équipé d’une brosse latérale tournante qui attrape la saleté, les débris et les poils d’animaux de compagnie au fur et à mesure de ses déplacements. Grâce à cette brosse, et malgré ses formes arrondies, Roomba nettoie le long des murs et dans les endroits difficiles à atteindre.

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Roomba utilise deux brosses contrarotatives pour ramasser plus efficacement la saleté et les débris encombrants sur le sol. La plupart des autres robots aspirateurs n’en n’ont qu’une seule. C’est si bon d’être différent.

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Non, je ne fais pas le ménage comme vous. Je suis un robot, je n’arrête pas de calculer, 64 fois par seconde pour être précis et je passe dans toute la pièce plusieurs fois. Je reviens seul à la Home Base pour me recharger. Je suis programmable, j’aspire où et quand vous voulez. Je nettoie les sols durs, les tapis et les moquettes ; j’aspire la saleté, la poussière et les poils d’animaux. J’ai des tas de brevets dans le monde entier. J’ai reçu des prix pour ma conception et mes performances techniques. J’ai des amis et des relations à la NASA. J’en suis fier. Mais je suis encore plus fier d’avoir été adopté par plus de 5 millions d’utilisateurs.

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Ça vient de sortir

À L’AUBE D’UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ…

JUDEO-CHRETIENNE! Nous avons tous reçu, à un moment ou à un autre de notre vie, un enseignement direct ou indirect sur la naissance de l’Humanité…

Un jour, le robot sera-t-il capable d'imaginer sa propre religion ? Il existe aujourd’hui deux versions majoritairement acceptées. La seconde, apparue au XIXe siècle, est issue des théories transformistes avancées par des naturalistes célèbres comme Lamarck, Mendel et plus encore Charles Darwin. Dans cette version, l’Homme est le résultat du processus d’évolution d’un micro-organisme dans le temps. Bien que l'idée d'évolution se trouve déjà chez certains philosophes de l'Antiquité

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gréco-romaine ou bien dans la pensée musulmane, cette version s’oppose à une autre, plus ancienne, issue d’idées philosophiques et religieuses selon lesquelles une entité suprême (ou plusieurs selon les cultures) a procédé à un acte de création pour nous engendrer. Aujourd’hui, l’Homme est à la veille d’un événement majeur dans son histoire : l’apparition d’une espèce artificielle dont il est le créateur…

LE POIDS DE L’HISTOIRE On peut se rendre compte en étudiant le passé que cela est inéluctable. Dès l’Antiquité, ceux qui nous ont précédés rêvaient de créer des êtres artificiels. La machine d’Anticythère, découverte en 1900 au large de l’île du même nom, une sorte de calculatrice (un ancêtre de la Pascaline), prouve que les Grecs étaient détenteurs de technologies sophistiquées. Au Ier siècle, un


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“Dès l’Antiquité, ceux qui nous ont précédés rêvaient de créer des êtres artificiels.” traité intitulé Pneumatique, d’Héron d’Alexandrie, un savant visionnaire peu connu, décrit des prototypes d’automates. En 1206, le savant Al-Jazari, au service du sultan Nasir al-Din Mahmoud, décrit dans son Livre de la connaissance des procédés mécaniques ingénieux des automates humanoïdes. Puis en 1495, Léonard de Vinci imagine une machine dont l'apparence est celle d'un chevalier en armure. Au XVIIIe siècle, l'ingénieur français Jacques de Vaucanson se rend célèbre dans toute l'Europe en créant des automates, dont le fameux canard digérateur. À partir de 1733, il se consacre à la fabrication d'une machine androïde, le joueur de flûte traversière, qui mesure 1,78 m. Et entre le début du XIXe siècle et le milieu du XXe, de nombreux automates androïdes ont été conçus, notamment un humanoïde d’un mètre quatre-vingts fonctionnant à la vapeur et capable de marcher seul à environ huit kilomètres à l’heure. Il serait fastidieux de citer tous les automates androïdes qui ont vu le jour durant la préhistoire de la robotique, surtout si l’on considère que cette période s’achève dans les années 1950-1960, avec l’invention du transistor et des circuits intégrés. Depuis, nous assistons à une explosion de la robotique… ET LES RELIGIONS, DANS TOUT ÇA ? Il est intéressant de constater, à travers ces quelques exemples, la volonté de l’Homme à travers le temps de réaliser le vieux rêve du golem, que l’on retrouve dans la culture hébraïque. Cependant, ce désir de création est toujours accompagné en Occident de tabous philosophiques, moraux et religieux. Et à plus forte raison de nos jours ! Nous nous accordons généralement sur les risques potentiels générés par des robots prédateurs, susceptibles de provoquer des dégâts et de faire des victimes — comme toute technologie, diraient certains. Mais pourquoi ? Peut-être parce que nous nous attardons moins sur les problèmes philosophiques, moraux — voire religieux — qu’ils ne manquent pas de soulever. Dans les cultures monothéistes, l’Homme peut-il s’approprier une capacité considérée comme divine ? Les capacités sensitives et cognitives — proches de la nature humaine — d’un être artificiel modifieront-t-elles la perception que nous nous faisons de notre propre humanité ? Faudra-t-il doter les robots d’autonomie et de la capacité de faire des choix,

D'après certaines religions, Dieu a créé lêtre humain. Que se passe-t-il quand l'homme crée une nouvelle espèce vivante ? Devient-il légal de Dieu ?

ce qui dans notre culture se rapproche du libre arbitre ? Est-ce que cela signifie qu’ils auront la capacité de faire le bien ou le mal ? Est-il moralement acceptable d’évoluer avec une autre espèce pensante ? Certaines technologies issues directement des recherches en robotique, comme les prothèses et les exosquelettes, posent des questions sur l’intégrité du corps humain. Bien d’autres interrogations naîtront encore et l’intégration de nos créations dans nos sociétés passera nécessairement par une importante phase de réflexion sur l’avenir de nos sociétés. La longue tradition judéo-chrétienne des sociétés occidentales considère la nature humaine comme figurant à part du reste de la création, tandis que les traditions bouddhiste et shintoïste sanctifient le monde naturel où l’être humain a sa place. Pour ces dernières, toute création de l’Homme est un épanchement de l’âme, obtenant ainsi

une vie propre. Alors que pour nos cultures occidentales, le mot « robot » renvoie à quelque chose de froid et de stérile. Ainsi les approches de telles questions varient-elles considérablement d’une culture à l’autre et sont-elles à la base de notre perception des robots dans la société. Pour nous, les Occidentaux (bien que beaucoup d’entre nous soient agnostiques ou athées), ils restent des machines prêtes à nous voler nos emplois — ou pire, pouvant usurper nos vies. Cependant qu’en Asie, spécialement au Japon, ils sont considérés comme des amis, des partenaires, ce qui semble une vision nettement plus optimiste. ROBOTS À L’AUBE Pourtant, cette description de notre société occidentale n’incline pas à un total pessimisme. L’approche des sciences par nos chercheurs a toujours fait face aux ques-

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Ça vient de sortir

“Pour nos cultures occidentales, le mot « robot » renvoie à quelque chose de froid et de stérile.”

Le shintoïsme ou le bouddhisme semblent ouverts à l'émancipation du robot. Ici, c'est un robot qui célèbre le mariage. tions morales. Pour une raison simple : le savoir transcende les dogmes. Outre la quête de l’immortalité, la curiosité nourrit notre besoin de connaissance comme l’eau nourrit la terre desséchée. Prenons l’exemple de la psychologie ou de la médecine : elles ont toutes deux énormément contribué à l’évolution de la robotique humanoïde à intelligence forte. À une époque, l’étude scientifique des faits psychiques fit face à la réprobation dogmatique du religieux, l’esprit étant de l’ordre du sacré. Chez certains peuples, dans le passé comme dans le présent, souffrir de maux dont on ne connaissait ni la cause ni la solution était une punition divine. Grâce à la recherche et au perfectionnement des technologies, nous avons une bien meilleure compréhension du corps et de l’esprit humains. Bien qu’ils soient complexes, nous en avons une vision plus simple, quasi mécanique… Aujourd’hui encore, certains débats moraux intenses se poursuivent. Il suffit de se pencher sur la question de l’utilisation des cellules souches, ou bien celle du clonage, pour l’attester. Il en va de même pour la robotique, notamment à intelligence forte. Tant qu’elle se borne à la conception de machines totalement dépendantes de la volonté humaine, les questions morales se limitent à l’utilisation qu’en fait l’Homme. Or ce n’est plus le cas. Il suffit de faire un tour dans les laboratoires de robotique en Europe, en Amérique ou en Asie pour s’en rendre compte. Leur finalité ultime est la création de robots autonomes capables d’évoluer

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mentalement dans nos sociétés. Les roboticiens créent leurs machines par curiosité et par défi, tant la tâche semble ardue. Inconsciemment, dans sa volonté de combler un complexe de solitude caractéristique de notre espèce, l’Homme est à la recherche d’un ami protecteur et attentionné dont il aura la propriété. Au-delà, lesdits roboticiens espèrent secrètement que la curiosité de leur création leur apportera une nouvelle vision du monde, voire un nouveau salut pour l’Humanité. Venez parler de tout cela avec nous sur Internet à http://forum.caliban-web.com/ ■Association Caliban


CHECKLIST POUR ROBOT ASPIRATEUR

• Passe sans problème d’une surface à l’autre (Tapis, carrelage, moquette…)

• Programmable jusqu’à 7 fois

• Retour automatique à sa Home Base

• Ajuste ses déplacements plus de 64 fois par seconde

• Nettoie sous les meubles et dans les coins • Vendu à plus de 5 millions d’exemplaires • SAV entièrement gratuit (sous garantie)

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Happy birthday ! robots imaginés par la science-fiction et les robots expérimentaux créés il y a plus de cinquante ans.

PLAN ÈT ROBOTS E

FÊSOTNE

DÉJÀ UNE VÉRITABLE ENCYCLOPÉDIE ENTRE VOS MAINS… Au fur et à mesure des pages, nous vous avons invités à tester avec nous de nombreux robots que l'on peut trouver actuellement dans les boutiques spécialisées, comme la litière pour chat automatisée Litter Robot, le robot aspirateur Roomba, et le réveil Clocky (qui se balade dans votre chambre pour vous réveiller). Sans oublier le Tux Droid (qui vous informe des nouvelles diffusées sur le Net), le Spykee et le Rovio (qui vous servent de visiophones à roulettes), les robots tondeuses et des jouets humanoïdes comme le Robosapien V2 ou encore le robot volant A.R. Drone, piloté au moyen de votre téléphone… Nous avons rencontré pour vous de nom-

R E I M E R P N IVE R SAI R E ! AN

UN NOMBRE CROISSANT DE LECTEURS Planète Robots a un an d’existence — ce n’est déjà pas si mal ! La presse connaît actuellement une crise et de nombreuses publications jettent l'éponge ou fusionnent pour ne pas disparaître, alors que notre petit magazine prend de l'assurance au fil des mois. Nous essayons de vous apporter une vue d'ensemble des nouvelles technologies (et de la robotique en particulier) afin de vous informer de l'état des recherches. Lors de la création de Planète Robots, nous avions à cœur de démontrer que la robotique n'était plus un rêve, mais déjà une réalité. C'est pourquoi nous avons tout fait pour créer un organe de presse capable de s'adresser tant au spécialiste qu’au curieux désireux d'avoir un avant-goût du futur. C'est donc tout logiquement que le premier numéro s’est intéressé à l’histoire de la robotique et des statuettes articulées, de l'Égypte ancienne à Asimo, le robot humanoïde avancé d'Honda, en passant par les

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estomac) et de tout savoir (ou presque) sur les robots humanoïdes, l’historique de la robotique spatiale, l'éthique appliquée à la robotique, les formations de la robotique, les robots de locomotion, les robots des parcs d'attractions, la domotique (l’automatisation des tâches de la maison) et les robots dans l'agriculture… Pour vous tenir au courant de tout ce qu’il se passe dans les salons, nous nous sommes déplacés à divers endroits de la planète pour vous rapporter des photos et des informations sur l'IREX (le plus gros show robotique au monde), le CES (un salon géant sur les nouvelles technologies, à Las Vegas), Caprica (le rendez-vous des passionnés de la robotique à Paris), Laval Virtual (le salon de la réalité virtuelle), la Coupe de France Robotique (anciennement Coupe E=M6)… Et pour les plus courageux, nos journalistes passionnés se sont attelés à la création de cahiers de tutoriels. Vous avez ainsi appris à créer votre robot roulant intelligent ; les bases de la programmation en URBI, Choregraphe ou Risbee vous sont familières et vous êtes maintenant des virtuoses de la programmation des robots Lego Mindstorms NXT 2.0… C'EST ENSEMBLE QUE NOUS ALLONS FÊTER NOTRE PREMIÈRE BOUGIE ! Pour fêter notre première année ensemble, nous vous annonçons que vous pouvez désormais vous abonner au magazine « Planète Robots ». Nous espérons que les prochains numéros vous apporteront un plaisir aussi intense que celui que nous avons pris à vous communiquer tout ce que nous avons appris au cours de cette année. Bonne lecture et longue vie à Planète Robots ! ■Frédéric Boisdron

breuses personnalités de la scène robotique : Colin Angle (président d'iRobot), Antoine Lavarec (président de Wany Robotics), Bruno Bonnell (président de Robopolis), Marc Caro (réalisateur de cinéma), Bruno Maisonnier (président d'Aldebaran Robotics) et Jean-Christophe Baillie (président de Gostai)… De nombreux dossiers ont été développés par notre équipe de journalistes. Vous pouvez vous vanter de connaître le principe des gastrobots (des robots dotés d’un


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04 92 00 05 72 - FAX : 04 93 79 31 56 - ADRESSE MAIL : Abo@Axiomegroup.biz

❏ Je mabonne à Planète Robots pour 1 an soit 6 numéros pour 35 euros ❏ je paye par chèque à lordre de AXIOME ❏ je paye par carte bancaire (Visa, Eurocard, Mastercard) Nom .......................................................................................

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LA NOUVELLE ODYSSÉE DE L’ESPACE Si près de deux cents personnes de quinze nationalités différentes se sont déjà rendues sur l’ISS (la Station spatiale internationale) et y sont restées plus ou moins longtemps depuis sa mise en orbite autour de la Terre, toutes jusqu’à présent étaient des humains…

Une grande première (qu’on pourrait même qualifier de « pas de géant pour la robotique ») a donc eu lieu le 1er novembre puisque, dans le cadre de la mission STS133, six membres d’équipage ont embarqué à bord de la navette Discovery en compagnie du Robonaut 2, un robot humanoïde de dernière génération plus familièrement rebaptisé R2, afin de rejoindre les occupants de la Station spatiale internationale. Contrairement aux équipages humains qui ne restent qu’un temps, plus ou moins long, sur l’ISS, avant de regagner notre bonne vieille Terre, R2 en deviendra un résident permanent. I, ROBOT R2, qui a réclamé dix ans d’élaboration, est le résultat d’une fructueuse collaboration entre les ingénieurs de General Motors et les scientifiques de la NASA. D’un poids de 138 kg, il possède une tête ainsi qu’un torse muni de deux bras (d’une envergure totale de 2,40 m) et de deux mains, mais est privé de jambes. Tout comme son prédécesseur, le Robonaut 1 (alias R1), il est capable de manipuler une très large gamme d’outils et d’effectuer toutes sortes de tâches (y compris utiliser un ordinateur). En tant que dernier-né des robots de deuxième génération, il ne se contente pas d’avoir l’apparence d’un astronaute en com-

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binaison spatiale et se révèle nettement plus rapide et plus agile que son « ancêtre ». Il possède également bien plus de capteurs sensoriels (plus de trois cent cinquante) que R1. Sa dextérité a aussi été largement accrue : sa tête peut se mouvoir dans tous les sens (gauche, droite, haut et bas), tandis que ses bras, mains et doigts reproduisent exactement les mêmes mouvements que les nôtres. Par ailleurs, chacun de ses bras est en mesure de soulever des charges avoisinant les dix kilos. Derrière la visière de son casque se cachent quatre caméras haute définition (deux qui assurent une vision en stéréo — pour lui comme pour les opérateurs qui l’observent — et deux caméras auxiliaires). Une cinquième caméra (infrarouge) est située en lieu et place de la bouche pour une perception accrue de son environnement. Quant à ce qui lui sert de cerveau électronique, il est placé dans son torse et peut travailler en interaction avec l’homme — tout comme prendre des décisions seul, le cas échéant. FUTUR IMMÉDIAT En réalité, R2 est seulement un prototype qui ne devait pas quitter la Terre ; mais comme ses concepteurs ont tenu à évaluer ses performances en microgravité, ils ont décidé de jauger ses capacités en conditions réelles. Avant d’embarquer à bord de

Discovery, il a subi de nombreux tests en laboratoire (il fallait être sûr que son poids ne serait pas trop élevé, qu’il n’émettrait pas d’ondes électromagnétiques capables d’interférer avec les instruments de bord et qu’il serait compatible avec la puissance de la station). Dans un premier temps, son rôle dans l’ISS sera purement expérimental et il officiera exclusivement au sein du module laboratoire Destiny où il effectuera des tâches similaires à celles qu’il a remplies sur la Terre. Cela permettra ainsi aux ingénieurs non seulement de tester sa dextérité dans l’espace, mais aussi d’étudier son comportement en état d’apesanteur, lorsqu’il sera soumis aux rayonnements et aux interférences électromagnétiques spécifiques à ce milieu. C’est seulement après avoir fait ses preuves qu’il pourra se mouvoir en toute liberté à l’intérieur de l’ISS et sera alors affecté à certaines tâches de maintenance routinières comme le nettoyage des filtres, afin de libérer du temps pour le reste de l’équipage. Au fur et à mesure que progresseront les avancées technologiques dans le domaine de la robotique, l’équipage de l’ISS devrait recevoir de nouveaux matériels et des logiciels plus performants, afin de mettre R2 à jour. Ce qui lui permettra par exemple d’exécuter des réparations à l’extérieur de


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“R2, qui a réclamé dix ans d’élaboration, est le résultat d’une fructueuse collaboration entre les ingénieurs de General Motors et les scientifiques de la NASA.”

Les astronautes de la mission STS-133 rencontrent le Robonaut 2 au Centre spatial Johnson. Crédits : NASA

Le Robonaut 2 n'a pas besoin d'entraînement pour être costaud ! Crédits : NASA

la station, d’adjoindre à cette dernière d’autres modules ou d’assister les astronautes lors de leurs sor ties extravéhiculaires, lorsqu’ils devront effectuer des tâches particulièrement difficiles et dangereuses. Chose impossible à l’heure actuelle, dans la mesure où R2 ne possède pas les protections nécessaires pour affronter impunément les températures extrêmes qui règnent dans le vide intersidéral. « R2 TÉLÉPHONE MAISON ! » À l’instar de bon nombre de Terriens, R2 dispose de son propre site Internet, d’une page sur Facebook et d’un compte sur Twitter, dont il se servira pour communiquer depuis l’espace pour faire partager à un large public le travail qu’il accomplira à bord de l’ISS. Ses premiers comptes-rendus ont déjà été transmis mais, pour l’instant, il n’y décrit que les préparatifs de son voyage spatial. Une fois arrivé à destination, il continuera d’informer ses nombreux « amis » sur

les détails de sa mission. (En réalité, ce n’est pas vraiment R2 qui écrit les messages envoyés sur Twitter, mais l’équipe qui le guide depuis le Centre spatial Johnson de la NASA, situé à Houston…) Et une fois que R2 aura prouvé ce dont il est capable à l’intérieur de l’ISS et que les ingénieurs seront en mesure d’accroître encore son potentiel et la puissance de ses logiciels, les nouveaux modèles de Robonauts, qui seront cette fois dotés de jambes, seront alors en mesure d’explorer des astéroïdes, des comètes ou encore des planètes comme Mars. Ces robots humanoïdes serviront alors d’éclaireurs lors d’éventuelles expéditions spatiales à destination d’autres planètes en cartographiant le sol, en prélevant toutes sor tes d’échantillons géologiques et même en construisant au préalable l’ensemble des infrastructures dont les astronautes auront besoin… ■Josèphe Ghenzer

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Portraits

PAL ROBOTICS

CONNAISSEZ-VOUS

REEM?

Les connaisseurs et les experts de la robotique répondront évidemment oui, mais pour le grand public,cela semble beaucoup moins sûr ! Et pourtant, au vu des photos qui ont été prises, REEM et REEM-B ne devraient pas passer inaperçus…

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FICHE D’IDENTITÉ Nom : REEM–B Date de naissance : 2008 Lieu de naissance : Barcelone (Espagne) Taille : 1,47 m Poids : 60 kg Degrés de liberté : 51 Vitesse maximale : 1,5 km/h Calculateurs : Core2 Duo et Geode OS : Linux avec noyau temps réel Énergie : batterie de deux heures dautonomie Capteurs : centrale inertielle (gyro + accelero) ; caméra stéréo ; microphone ; capteurs de forces ; distance à ultrasons ; distance à laser Signes particuliers — Corps humanoïde complet — Reconnaissance et synthèse vocales — Reconnaissance des visages — Comportement entièrement programmable — Navigation autonome — Localisation autonome en intérieur —Transport de charges jusquà 12 kg — Monte et descend les escaliers — Main agile avec trois doigts opposables à un pouce (dix moteurs)

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REEM-B, une relève ambitieuse !

POUR EN SAVOIR PLUS SUR PAL ROBOTICS…

es deux robots au design très réussi sont issus des laboratoires de PAL Robotics et proposent des performances étonnantes. Jusqu’à présent, la société s’est montrée assez discrète et n’a guère communiqué sur ses petits bijoux. Mais aujourd’hui un changement se profile et Planète Robots vous en dit plus !… AU COMMENCEMENT, ILS ÉTAIENT SEULEMENT QUATRE Tout débute en 2004 en Espagne et plus précisément à Barcelone, lorsque quatre jeunes ingénieurs pleins de talent décident de se lancer dans l'aventure de la robotique. Ils se fixent des objectifs ambitieux et une mission claire : devenir les leaders dans le domaine de la recherche et du développement en robotique humanoïde pour le service à la personne. Et comme on ne fait jamais rien sans argent, ils s’allient à une société des Émirats arabes unis, Pal-Technology, et créent l'entreprise PalRobotics. Cette jeune équipe, menée par son directeur général, Davide, Faconti, développe très rapidement le robot REEM-A, qui sort des laboratoires dès l'année suivante. REEM-A est un robot dit de première génération. Encore perfectible, il se montre néanmoins déjà capable de se déplacer tout seul et de jouer aux échecs (cela signifie donc qu'il a la capacité d'attraper avec précision des objets). En 2006, il participe à Brême (Allemagne) à la Robocup,

au cours de laquelle il remporte un vif succès grâce à sa marche déjà bien fluide et stable. C’était en effet une belle performance que de faire évoluer sur ses jambes un robot de plus d’un mètre quarante… APRÈS REEM-A… REEM-B ! Forte de cette réussite, PAL Robotics accroît ses effectifs et s'engage dans le développement d'un robot de seconde génération. En 2008, l'entreprise présente REEM-B, un robot plus abouti que son grand frère. En effet, PAL Robotics a fourni un énorme effort pour y intégrer de nouveaux développements élec-

— PAL Robotics est une jeune et dynamique société espagnole dédiée à la recherche et au développement dans le domaine de la robotique humanoïde et de ses constituants. — Elle est rattachée à PAL Technology et à la maison mère Royal Group, basée à Abu Dhabi. — La société a été créée en 2004 par Davide Faconti, son actuel directeur général. — Lentreprise est forte dune bonne vingtaine de collaborateurs, qui sont pour lessentiel des ingénieurs venant de différents pays (Espagne, Italie, Hollande, Belgique, Venezuela, Hongrie, Mexique et Grande-Bretagne) et exerçant dans des domaines variés de la robotique (mécanique, électronique et logiciel). Site : www.pal-robotics.com Blog : www.lifeintheroboticslab.com Vidéo : www.youtube.com/watch?v=YSfaRcmsrtw

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Portraits “REEM-B ne souffre pas de la comparaison avec son célèbre homologue ASIMO qui, lui, a bénéficié de plus de dix ans de recherches et de dizaines de millions de dollars d'investissements de la part de Honda.”

REEM-B à côté de avec son créateur, Davide Faconti

de la part de Honda. Certes, ASIMO est plus rapide et se révèle maintenant capable de courir — mais force est de constater qu'en seulement quatre ans, PAL Robotics a réussi à donner à son robot des caractéristiques proches de celles de son illustre cousin japonais. REEM-B possède de surcroît une main articulée à quatre doigts (en fait trois doigts et un pouce opposable), qui lui permet de saisir toutes sortes d'objets en toute sécurité grâce troniques, de nouveaux algorithmes de contrôle et des articulations à la pointe du progrès au moyen de moteurs « brushless » et de réducteurs harmoniques (cf. encadrés). Le bénéfice pour cette seconde génération se révèle immédiat. REEM-B acquiert une capacité de marche dynamique très précise et très fluide. D’ailleurs, ses évolutions dans les quelques vidéos disponibles sur YouTube apparaissent plutôt surprenantes. REEM-B ne souffre pas de la comparaison avec son célèbre homologue ASIMO qui, lui, a bénéficié de plus de dix ans de recherches et de dizaines de millions de dollars d'investissements

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à des capteurs intégrés. Il peut porter des charges lourdes (jusqu'à douze kilos) sans perdre l'équilibre. Cette dernière caractéristique apparaît unique en son genre puisque, dans la famille des robots humanoïdes, il est aujourd'hui le seul (semble-t-il) capable de réaliser cette performance… LES ROBOTS À BASE MOBILE En parallèle du développement des robots humanoïdes REEM-A et B, PAL Robotics s'est

FICHE D’IDENTITÉ Nom : REEM Date de naissance : 2008 Lieu de naissance : Barcelone (Espagne) Taille : 1,70 m Poids : 90 kg Degrés de liberté : 22 Vitesse maximale : 4 km/h Calculateurs : Core2 Duo et Atom OS : Linux avec noyau temps réel Énergie : batterie de huit heures dautonomie Capteurs : centrale inertielle (gyro + accelero) ; caméra stéréo ; microphone ; distance à ultrasons ; distance à laser

Signes particuliers — Tête et bras motorisés — Reconnaissance et synthèse vocales — Reconnaissance des visages — Écran tactile multimédia sur le torse — Comportement entièrement programmable — Déplacement autonome — Évitement dobstacle — Peut transporter de petits bagages


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“Les domaines d’utilisation de ces robots sont multiples et ils peuvent se transformer en simples bornes de renseignements mobiles pour des exhibitions, dans des aéroports et dans des restaurants…”

attaqué au marché des robots semi-humanoïdes, c'est-à-dire ne disposant pas de jambes pour se mouvoir mais d’une base mobile (en fait, de roues). En effet, certaines applications sur terrain plat sont tout à fait

adaptées à l’utilisation de ladite base mobile, puisque les roues ne risquent pas d’y rencontrer d’obstacles infranchissables. Le gain financier se révèle alors énorme puisque, dans un robot humanoïde, la locomotion bipédale est la fonction la plus délicate et la plus coûteuse à réaliser. C’est ainsi que sont nés les robots REEM-H1 puis H2, rebaptisés respectivement par la suite REEM-H et REEM. Le design de

REEM apparaît particulièrement bien réussi. Les photos montrent qu’il peut adopter des attitudes très accueillantes et rassurantes, conditions sine qua non du succès lors des confrontations avec le public. Les domaines d'utilisation de ces robots sont multiples et ils peuvent se transformer en simples bornes de renseignements mobiles pour des exhibitions, dans des aéroports et dans des restaurants, voire en guides interactifs de musées, en animateurs de réceptions, etc. REEM arbore un écran multimédia tactile sur le torse, qui lui permet d'afficher toutes sortes d'informations (par exemple le plan d'un musée). CHANGEMENT DE STRATÉGIE PAL Robotics a réussi à produire des robots très performants mais, paradoxalement, cette entreprise est restée assez discrète vis-à-vis du grand public. En fait, il s’agissait d’une stratégie… La société s’est d’abord consacrée à la recherche et au développement et ne s’est donc pas focalisée sur la communication tant que les robots n’étaient pas encore aboutis. Mais aujourd'hui, les choses commencent à changer. En effet, PAL Robotics considère que désormais le niveau de performance et de

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Ça vient de sortir

Et il fallait aussi ne pas éveiller l’intérêt de la concurrence. À présent, lorsqu’on observe les robots REEM et REEM-B, il se révèle très difficile d'y trouver des défauts. Ils sont donc prêts pour la commercialisation. ET POUR LE FUTUR ? L’entreprise ne compte pas en rester là et travaille déjà à une troisième génération de robots, qui sera tout naturellement appelée REEM-C. Beaucoup d’actions de promotion et de communication vont avoir lieu dans les prochains mois (par exemple la refonte du site Web). PAL Robotics a organisé un concours de design dont l'objectif était de trouver le plus beau look possible à son futur robot et tient un blog au nom évocateur de Life in the Robotics Lab. Bien des surprises en perspective ! Rendez-vous est pris avec Planète Robots pour la présentation de REEM-C au début de l’année 2011… perfectionnement de ses robots est suffisant pour envisager leur commercialisation. Excellente initiative : tant qu’ils n'étaient pas tota-

lement opérationnels, il paraissait inutile de créer un buzz pas toujours facile à maîtriser et donc assez risqué, dans les médias ou sur Internet.

UN PEU DE TECHNIQUE…

■Thibault Depost

Pal-Robotics a utilisé une solution qui se trouve à la pointe de la technologie pour motoriser ses robots. En effet, tous les concepteurs en mécatronique ont un problème à résoudre : la création dune articulation puissante, compacte, légère, rapide, précise et électriquement sobre. Si l'on tient compte du paramètre « bon marché », il n'existe pas de bonne solution. Si, en revanche, on accepte d'y mettre le prix, alors l'utilisation d'un moteur « brushless », associé à un réducteur harmonique (Harmonic Drive) propose LA solution idéale… En suivant ce raisonnement, PAL Robotics a réalisé un module moteur spécifique, dédié aux besoins de la robotique. Le module M90, dont on voit la photo ici, intègre toutes les fonctionnalités nécessaires à la commande et au pilotage d'une articulation de robots. Outre la fonction de commande électrique, il dispose aussi de la capacité de mesurer la force qui s'applique sur l'articulation — paramètre extrêmement important si l'on souhaite pouvoir maîtriser les mouvements et les efforts d'un membre mobile du robot.

Le réducteur harmonique Le réducteur harmonique, plus connu sous le nom d« Harmonic Drive » a été inventé par C. Walton Musser et breveté aux États-Unis en 1957. Il a ensuite été rapidement exploité dans différentes industries et en particulier dans l'aéronautique et le domaine spatial, qui étaient alors en pleine expansion. Les critères de poids, de précision et d'encombrement étaient fondamentaux pour le choix des réducteurs mécaniques, bien plus encore que la question du coût. Cest pourquoi lindustrie de la robotique sy est vivement intéressée. Et son principe de fonctionnement se révèle assez simple. (La figure ci-contre montre une vue éclatée dun réducteur harmonique classique de la société Harmonic Drive AG.)

Le moteur « brushless » Cest un moteur électrique à courant continu « sans balais », puisquil ne possède pas de classique rotor collecteur de flux. Ce dernier est remplacé par un rotor magnétique constitué de plusieurs aimants permanents. Un capteur de position (par exemple à effet Hall ou à codeur optique) assure la synchronisation des flux magnétiques du stator. Son rendement est supérieur à celui des moteurs classiques, du fait de labsence de pertes électriques dans les balais. Son rotor développe également une faible inertie, ce qui lui permet de pratiquer de très fortes accélérations, très utiles aux mouvements dun robot.

Il est composé de trois parties. Le Flexpline est un anneau ayant un diamètre primitif légèrement inférieur à celui du Circular Spline et compte deux dents de moins. Il est en matériau rigide mais déformable (par le Wave Generator elliptique). Dès que le Wave Generator est en rotation, la zone d'entraînement se déplace selon le grand axe de l'ellipse. Une rotation de 180° du Wave Generator entraîne un déplacement relatif d'une dent entre le Flexpline et le Circular Spline. Et après une rotation complète du Wave Generator, le Flexpline s'est déplacé, relativement au Circular Spline, de deux dents dans le sens opposé. Les principaux avantages de ce type de réducteur sont la compacité, le faible poids, l'absence de jeu mécanique et le rapport de réduction très élevé allant de 30 à 320 (en seulement trois pièces). Sans oublier le fonctionnement réversible, la grande fiabilité et l'usure très faible. Il est donc particulièrement recommandé pour la fabrication des articulations de robots.

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t en le m ab re m tiè am En ogr Pr

Découvrez une nouvelle manière d’enseigner les sciences Pourquoi un robot ?

En fusionnant différentes matières comme les mathematiques, la physique et l’informatique, NAO est l’outil parfait pour enseigner les sciences et les technologies de manière fun et visionnaire, du lycée jusqu’à l’université. Apprendre en s’amusant c’est une chose, mais construire son savoir sur un outil à la pointe de l’innovation c’est préparer les métiers de demain. Devenez pionnier d’une nouvelle ère technologique. Rejoignez la communauté NAO sur www.aldebaran-robotics.com Caractéristiques: 25 Degrés de liberté Centrale inertielle Plateforme logicielle programmable en C++, Python, Urbi et .Net Marche dynamique

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Portraits

ROBOOTIC

LA PETITE SOCIÉTÉ QUI MONTE,

QUI MONTE…

Fondée en décembre 2008, Robootic a pour but de promouvoir l'outil robotique auprès du grand public. Persuadés que ce nouvel univers s'apprêtait à envahir notre monde, Najet Ben Bassou et Frédéric Boisdron décidèrent à cette date d'unir leurs talents afin d'apposer leur patte sur cette révolution en marche.

Petite séance d'autographes lors du New Amiga Surgères Show. LES TROMPETTES DE LA RENOMMÉE À la suite du succès obtenu par son blog d'actualités (robotimpact.com), Frédéric Boisdron prend l’initiative de monter sa société. Connaissant Najet Ben Bassou depuis quelques années et instruit de sa volonté d'entreprendre, il lui propose de le rejoindre. Six mois s’écoulèrent durant lesquels Najet et Frédéric quittèrent leurs emplois respectifs et s’engouffrèrent dans la grande aventure de l’entreprise. Fin décembre 2008, la société Robootic est créée. La première étape à fran-

chir : mettre en place une boutique en ligne proposant des robots à destination des particuliers, Robootic.com, qui ouvre donc ses portes en février 2009… Très vite, Robootic songe à transformer Robotimpact en un véritable magazine, en concevant tout d'abord l'idée d'un magazine PDF — mais l'arrivée de l’éditeur Rom Rom Rom Publishing bouscule tout et le premier numéro de Planète Robots sort en kiosques en décembre 2009. Depuis, le magazine a étendu son champ de diffusion à la Belgique, la Suisse et le Canada, et le nombre de ses lecteurs ne

NAJET BEN BASSOU Après des études en gestion des entreprises et une licence en e-business, Najet a multiplié les postes et géré différentes équipes sans vraiment trouver sa voie. Depuis quelques années, elle avait pour ambition de monter son propre projet. Lorsqu'elle a découvert la robotique, elle su très vite que c'était le domaine dans lequel elle allait concentrer ses efforts. Elle apporte ses compétences de gestionnaire et de spécialiste du droit des affaires à la société.

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“En cette fin d'année 2010, nous nous considérons à l'aube de l'arrivée de ces premiers robots grand public. Nao sera peut-être celui-là. ”

cesse d'augmenter. Il a pris de l'importance au sein de la communauté robotique, tant logicielle que matérielle. Il se veut ouvert à tous et a la ferme intention de coller au maximum à la réalité. Petit ou grand, chacun y a la parole… Frédéric explique brièvement sa vision : « Nous faisons un parallèle simplifié mais cohérent avec l'industrie de la micro-informatique il y a plus de trente ans. En comparaison, nous sommes en 1977… Nous commencions à informatiser ce qui nous entourait avec des calculatrices de poche (Commodore ou Texas Instruments), des consoles de jeux (Atari VCS 2600), puis Apple est arrivé avec le premier ordinateur grand public, l'Apple 2, qui commençait à montrer ce qu'il serait possible de faire dans les années à venir. En cette fin d'année 2010, nous nous considérons à l'aube de l'arrivée de ces premiers robots grand public. Nao sera peut-être celui-là. » ROBOOTIC, LE SHOWROOM Nouvelle étape : l'ouverture d'une première boutique à Nantes, située place du Commerce, entre la FNAC, le Gaumont et le McDo — on ne peut rêver meilleur emplacement ! L'ouverture est prévue au moment où vous lirez ces lignes… Le magasin est avant tout un showroom où les curieux de nouvelles technologies pourront tester des robots dans des conditions proches de celles de la maison. Du robot aspirateur au robot évolué à programmer, tout sera visible et en toute liberté (de tripoter, d’essayer, etc.). Sans doute

Les stands Robootic dans les foires et les expositions. repartirez-vous avec un engin autonome capable de surveiller votre domicile ou de nettoyer la caisse du chat. La société en est encore aux balbutiements.

Elle grandit peu à peu, avec ses moyens, mais elle est très ambitieuse. Il est évident que d'autres boutiques à l'enseigne de Robootic vont commencer à pousser un peu partout. Les deux créateurs ne comptent surtout pas s'arrêter en si bon chemin, et de nombreux projets leur trottent déjà dans la tête — mais chut !, il paraît que c'est « secret » ! ■Joe Pillow

UNE FRANCHISE ROBOOTIC DANS VOTRE VILLE ? Dans le cadre de son expansion, la société étudie toutes les propositions de franchise à son nom. commercial@robootic.com.

FRÉDÉRIC BOISDRON Passionné d'informatique depuis son plus jeune âge, Frédéric a notamment travaillé chez Ubi Soft avant dexercer divers emplois de bureau. S'ennuyant dans ce nouveau contexte, il décida de monter un blog traitant de sa seconde passion, robotimpact.com, qui devint rapidement la référence de l'actualité robotique francophone. Voulant depuis quelques années se lancer dans le monde de l'entrepreneuriat, Frédéric a donc eu l'idée d'en faire sa nouvelle carrière. Il représente le côté technique du duo.

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Portraits

VEX ROBOTICS

UNE TRÈS BONNE FAÇON DE COMMENCER EN ROBOTIQUE !

Paul Copioli, lors du VEX Robotics World Championship.

Aux États-Unis, la société Vex Robotics Inc. fait figure de référence en matière de robots en kit. Son arrivée en Europe étant imminente, nous avons décidé d’interviewer son président, Paul Copioli, afin d’en savoir plus sur son actualité et sa stratégie. Entretien avec Paul Copioli, le président de VEX Robotics

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“Effectivement, nos premiers clients sont les écoles. Cependant, un petit tour sur YouTube suffit à montrer combien nos produits… qui n’ont rien à voir avec des concours robotiques scolaires.” Planète Robots : Bonjour, Paul. Pouvez-vous définir en quelques mots la technologie et l’esprit de VEX Robotics ? Paul Copioli : VEX Robotics est une société qui conçoit un système constitué de pièces mécaniques, contrôleurs, batteries, capteurs et moteurs qui, une fois assemblés, permettent de réaliser des robots sur mesure, puissants et contrôlables à souhait. Les utilisateurs de VEX Robotics peuvent concevoir des robots dont la solidité est assurée par une mécanique en métal. Le robot, une fois construit, peut être contrôlé à distance via notre joystick, le Vex.Net, et en même temps embarquer des mouvements autonomes. P.R. : Peut-on dire que votre premier marché est celui des écoles ? P. C. : Effectivement, nos premiers clients sont les écoles. Nous vendons nos produits aux élèves des collèges et des lycées. Cependant, un petit tour sur YouTube suffit à montrer combien nos produits sont utilisés dans des projets qui n’ont rien à voir avec des concours robotiques scolaires. J’ai par exemple en tête ce sympathique quadragénaire qui a réalisé un « lance-tee-shirt ». Son robot ressemble à un tank et le tee-shirt est propulsé par du CO2 retenu dans une bonbonne. P.R. : En tant que leader américain de la robotique, pouvez-vous nous dire quelques mots sur le robot et l’éducation aux États-Unis ? P.C. : Le système scolaire américain est fait de telle manière que les élèves ont beaucoup de temps libre pour leurs loisirs. Certains se consacrent à des activités sportives et d’autres aux sciences. Il y a de très nombreux clubs robotiques dans les écoles américaines. Le robot est un support idéal pour initier les jeunes à différentes matières scientifiques : électronique, mécanique et programmation. Comme vous l’avez peut-être remarqué dans nos séries TV, nos élèves sont régulièrement sollicités pour exposer des travaux de sciences. C’est donc tout naturel pour eux de se réunir autour de concours de robotique. Ils sont disponibles et beaucoup de professeurs n’hésitent pas à consacrer leur temps libre à aider leurs élèves. Depuis 2008, les initiatives liées à la science, la technologie, l’engineering et les mathématiques sont de plus en plus plébiscitées par les gouvernements locaux et fédéraux. La robotique est de plus en plus intégrée dans les cursus pédagogiques. L’objectif majeur étant que la robotique puisse être présente dans chacune des écoles américaines…

P.R. : En parlant de concours, VEX organise un championnat international de robotique — mais en quoi est-il vraiment international ? P.C. : Chaque année, nous invitons les meilleures équipes du monde à venir s’affronter aux États-Unis durant trois jours. Durant un an, ces équipes conçoivent un robot avec la technologie VEX. Cela permet un esprit d’équité car les participants ont accès à la même gamme de produits. Les meilleurs concepts l’emportent et non les plus gros budgets. Ensuite, elles participent à des éliminatoires dans leurs pays respectifs, puis les meilleurs viennent aux États-Unis. Cette année, nous avons notamment eu des équipes chinoises, néo-zélandaises, brésiliennes et colombiennes. Nous aurions dû avoir quelques équipes européennes — mais le volcan islandais en a décidé autrement.… Nous avons quand même pu recevoir deux mille six cents compétiteurs du monde entier, issus de vingt pays différents. En 2011, les équipes viendront à l’ESPN Wide World of Sports de Disney World et nous espérons réunir des équipes de vingt-cinq nationalités différentes. P.R. : On pourrait presque dire que le VEX World Championship représente les jeux Olympiques de la robotique ? P.C. : Cela va vous paraître prétentieux, mais cela va plus loin qu’une compétition entre nations. Le challenge se déroule par équipes de deux robots contre deux. Chaque équipe, coachant deux robots, peut être formée de personnes de nationalités différentes. Cette année, nous avons eu une équipe chinoise qui s’est associée à une équipe néo-zélandaise. Cette équipe en a surclassé une autre, constituée de deux robots américains. Dans l’équipe chinoise, seule une adolescente de quinze ans parlait anglais — elle était le lien avec ses coéquipiers néo-zélandais ! Cette association fut de mon point de vue la plus performante de la compétition. Au-delà de cet événement, nos participants recherchent le goût de l’aventure…

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Portraits “Chaque année, nous invitons les meilleures équipes du monde à venir s’affronter aux États-Unis durant trois jours. Durant un an, ces équipes conçoivent un robot avec la technologie VEX.”

P.R. : En effet, c’est impressionnant ! J’espère qu’une équipe française viendra bientôt se joindre à cette grande famille… P.C. : Nous aussi !! Pour ce faire, VEX Robotics s’est rapprochée de la société POBTechnology. Pierre Seguin, son jeune fondateur, et moi-même avons décidé de collaborer afin de pouvoir commercialiser les produits VEX Robotics dans l’Hexagone. POB distribue nos produits de manière exclusive sur le territoire français et nous allons pouvoir bénéficier de sa technologie. En effet, son logiciel de programmation, Risbee — particulièrement innovant —, va être adapté sur nos produits car il est extrêmement intuitif et permet de concevoir un programme aisément. P.R. : Pour finir cette interview, que peut-on vous souhaiter pour 2011 ? P.C. : Qu’une équipe française vienne à Dallas nous montrer la fameuse « French Touch » dont nous entendons si souvent parler ! Afin de faire un tour complet de la question, l’équipe de la rédaction a souhaité recueillir le témoignage de Pierre Seguin, le fondateur de POB-Technology. Pierre Seguin « Ma rencontre avec Paul Copioli, le président de VEX Robotics Inc., fut un sacré moment. Voyager de Lyon à Dallas est un long périple. Mon anglais est moyen, mais nous parlions la même langue, celle de la robotique. Cela fait partie de ces rencontres enthousiasmantes que nous offre la jeunesse de notre marché. Les idées fusent, un accord est rapidement trouvé, et nous fonçons… Nous allons œuvrer ensemble afin d’obtenir un standard international de la robotique. VEX Robotics propose une gamme de pièces très complète — et compatible avec notre POB Robotics Suite. Ainsi, nos utilisateurs peuvent avoir accès à une très large gamme de produits et donc à de formidables possibilités. » ■

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Une session du VEX Robotics World Championship.

COMMENT DÉBUTER AVEC LES PRODUITS VEX ROBOTICS ?

Bras manipulateur construit avec les pièces VEX.

1. Le matériel requis VEX Robotics présente un kit de démarrage nommé Starter Kit. Il permet de réaliser un robot à quatre roues monté sur un châssis en acier très rigide. La société propose un montage qui, à l’aide d’un bras, ramasse des balles de tennis. Plus de cinq cents pièces sont fournies avec le Starter Kit, dont plusieurs types de pièces mécaniques (engrenages, roues, châssis) et trois types de moteurs à vitesse variable. En plus de ces pièces mécaniques et des autres éléments fournis, il est nécessaire de s’équiper d’un joystick et d’un contrôleur Cortex-M3. La philosophie de VEX Robotics consiste donc à proposer des pièces détachées de robots. Certains packs, composés des pièces les plus utilisées, sont aussi disponibles. Pour contrôler votre robot, il faut y ajouter une unité de commande. Elle permet de


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contrôler dix moteurs et dix capteurs. Le cœur de l’électronique est un microcontrôleur de chez ST Microelectronics : Cortex-M3. C’est une puce cadencée à 72 MHz dont l’architecture est conçue autour d’un ARM Cortex–M3 2. Le contrôleur Le fonctionnement du contrôleur Cortex-M3 de VEX Robotics apparaît très simple : il existe un mode Commande et un mode Autonome. En mode Commande, l’utilisateur envoie directement des instructions de mouvement au robot via la télécommande. C’est une sorte de robot téléopéré. Dans le second mode dit Autonome, on transfère un programme dans le Cortex-M3 afin de rendre le robot indépendant dans ses mouvements. Dans cette configuration, le joystick devient un capteur lambda. Lors du dernier VEX Robotics Championship, les meilleures équipes étaient celles qui avaient choisi cette configuration. Elles contrôlaient leur robot par le biais du joystick, mais lançaient des séquences de mouvement asservies par toute une série de capteurs. Le contrôle du robot et l’envoi d’un programme se font via le joystick. VEX Robotics a mis au point un formidable protocole de communication nommé VEX.net. Les deux matériels embarquent une clef WiFi, mais restent liés l’un à l’autre dans leur propre réseau. Le fait d’utiliser du WiFi dans un réseau propriétaire pour relier ce matériel permet d’éviter beaucoup de perturbations.

3. Les capteurs Ils sont au nombre de huit — de grands classiques : capteurs de fin de course, de distance (via ultrason), de lumière, bouton poussoir, accéléromètre, potentiomètre, roue codeuse et suiveur de ligne. Tous ces capteurs viennent se connecter au contrôleur Cortex-M3. Les plus utilisés restent les roues codeuses et les potentiomètres. Pour démultiplier la force de ses moteurs, l’utilisateur va se servir des engrenages. Et pour connaître la position du dernier pignon de la démultiplication, il faut rajouter un capteur. Ce sera donc une roue codeuse pour une rotation à 360° ou un potentiomè-

Le Protobot, parfait pour débuter. À droite, les robots peuvent adopter une grande variété de formes.

tre pour une rotation comprise en 0 et 250°. Bien évidemment, les capteurs de fin de course et les boutons poussoirs se révèlent très utiles dans les déplacements du robot. 4. La programmation Il existe de nombreux compilateurs C/C++ pour les produits VEX Robotics. Pour de jeunes étudiants, la meilleure solution réside dans l’utilisation des logiciels de programmation de POB-Technology. Pour l’instant sont disponibles un logiciel de programmation graphique nommé Risbee et un compilateur Basic répondant au doux nom de POB-Basic. 5. Conclusion La mécanique de VEX Robotics étant constituée de pièces en acier, il est possible de construire des robots extrêmement robustes. Même s’il est parfois nécessaire de sortir la scie à métaux pour en raccourcir certaines, VEX Robotics offre une solution extrêmement flexible avec sa mécanique robotique. Le kit qui a le plus épaté la rédaction dans le catalogue de plus de cent soixante références est sans aucun doute le système de vérin pneumatique. D’autres pièces, comme le kit de chenilles, sont proposées. Ce qu’il faut retenir de cette gamme, c’est la possibilité pour l’utilisateur de concevoir son robot à la carte. La cerise sur le gâteau reste la disponibilité au format STEP de l’ensemble des pièces. Il est donc enfin possible pour un étudiant d’assembler les pièces d’un robot avec son logiciel de CAO… ■Joe Pillow

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EN LEGO !

DES ROBOTS FABRIQUÉS

Les dossiers

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Lego, le célèbre constructeur danois, propose depuis plusieurs années sa brique NXT, qui permet de concevoir facilement des robots plutôt fun (j’en ai même vu un résoudre le casse-tête des casse-tête : le Rubik’s Cube !) ou encore de participer à la Coupe de France de Robotique…

L’intérêt majeur du Mindstorms NXT réside dans sa mécanique basique mais efficace de prise en main, grâce aux fameuses briques multicolores (connues de tous avec les autres gammes Lego comme les Technics, par exemple). La firme danoise a donc eu la bonne idée d'adjoindre aux petits bouts de plastique une électronique modulaire de qualité, la brique NXT — programmable, puissante et accessible aux débutants (au moyen d’interfaces très graphiques et très visuelles) et intéressante pour les plus expérimentés (avec des langages complets comme le C, le Java ou même l'URBI). Lego propose, avec la gamme Mindstorms, des Lego Technics que l'on programme via l'ordinateur ; cela constitue en quelque sorte une première approche de la robotique. Non content de construire son propre robot, le geek qui se respecte peut maintenant le programmer de manière élaborée, en prévoyant des interactions avec l’environnement, comme nous le verrons un peu plus loin. Lego offre en effet divers capteurs qui procureront à votre amoncellement une certaine intelligence. À quelques semaines de Noël, le kit Lego Mindstorms NXT pourrait bien orner votre sapin ! LA GENÈSE D'UNE BRIQUE PAS COMME LES AUTRES Les aficionados de Lego se souviennent très certainement de l’année 1987, qui a vu la sortie du Lego Technic 8852 ! En ces temps reculés, il s'agissait d'un camion se transformant, via la manipulation d'une molette, en un robot. Démuni des capacités actuelles du kit Mindstorms, ce Technic était entièrement manuel. Pourtant, ce pionnier fait de plastique ouvrait la voie (à l'image du sous-marin jaune sorti en 1997, doté d’un système pneumatique et — une première chez Lego — d’un CD-Rom de montage). Bien entendu, le Lego Mindstorms NXT, tel qu'il nous est proposé aujourd'hui, ne sort pas tout à fait du chapeau d'un cow-boy aux mains jaunes, puisque Lego développe depuis plusieurs années déjà son programme robotique afin de proposer une gamme complète de divers produits. Le NXT poursuit un double but en se voulant ludique et éducatif à la fois. Sorti en 1998, le premier kit Mindstorms avait été développé en partenariat avec les services du Massachusetts Institute of Technology, et proposait la brique RCX, aux capacités bien sûr plus réduites que celles qui animent aujourd'hui les Mindstorms NXT, mais néanmoins révolutionnaire ! Petit à petit, grâce aux retours des utilisateurs (du fait de la solide communauté créée autour des kits programmables), les ingénieurs ont perfectionné leurs produits et la version NXT a profité de l'ensemble des avis de la communauté Mindstorms. Lego nous propose main-

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Les dossiers

Un des nombreux robots Lego capables de résoudre le Rubik's Cube. — Les robots Lego sont à lorigine de multiples challenges pédagogiques inter-écoles, voire internationaux.

DES ROBOTS FABRIQUÉS

EN LEGO !

Le robot, qui peut porter jusquà cinq kilos, communique avec lordinateur par Bluetooth.

tenant de construire un robot entièrement articulé, capable de se déplacer et de réagir à son environnement — puisque au contraire du robot Technic de notre enfance, le Mindstorms NXT est « intelligent ». LA BRIQUE NXT, CŒUR DU MINDSTORMS Avec cinq cent dix-neuf pièces, l'ensemble Mindstorms s'articule autour de la nouvelle brique intelligente NXT, qui renferme un microprocesseur 32 bits ARM7. Il a pour fonction d'exécuter les programmes qui lui seront transmis via le câble USB fourni ou via l'interface Bluetooth. Ladite brique est alimentée par six piles LR6 (ou une batterie rechargeable que l'on peut acquérir en option). Comme souvent chez Lego se pose le problème du remplacement des piles, puisque pour les changer, il faut démonter la brique — et donc mettre en pièces sa construction. Au vu de la consommation électrique de l'engin, les six piles ne dureront pas au-delà d’un mois : l'achat de la batterie rechargeable semble donc indispensable ! Pourvue d'un écran LCD et de quatre boutons placés en dessous de l'afficheur (le bouton central orange permettant de mettre en route le système), la brique dispose d'un menu doté d'icônes, dans lequel on navigue avec des flèches. On pourra ainsi sélectionner le programme que l'on souhaite exécuter, activer le Bluetooth, consulter les contacts de son téléphone portable, régler le volume du haut-parleur intégré, mettre de l'ordre dans ses fichiers ou bien tester le bon fonctionnement des capteurs avec certains programmes de test. Avec 256 ko de mémoire flash, la brique NXT ne peut malheureusement stocker qu'un nombre restreint de programmes. C'est d'autant plus regrettable que le haut-parleur qu'elle renferme peut être utilisé

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faire parler le robot. Toutefois, en stockant des fichiers audio, on s’aperçoit que la quantité de mémoire disponible se réduit très vite. En termes de connectique, on retrouve, sur les pourtours haut et bas de la brique, quatre connecteurs propriétaires (de type RJ-11, avec détrompeur sur le côté) servant à relier en entrée les divers capteurs Mindstorms placés en bas, alors que le sommet de la brique comporte trois connecteurs, toujours de type propriétaire, afin de contrôler un total de trois servomoteurs électriques. À proximité se situe le connecteur USB utilisé pour programmer la brique. Enfin, au cœur de la brique NXT, Lego a implémenté un micrologiciel libre : vous pouvez donc le modifier à votre guise ou profiter des nombreux firmwares alternatifs développés par la communauté… Il est à noter que les capteurs des premiers Mindstorms RCX ne sont pas compatibles avec l'ensemble NXT — marketing et technologie obligent ! Il faudra faire l'acquisition d'adaptateurs (vendus en option) pour continuer à profiter des accessoires de première génération ; tout cela très chèrement payé — comme à l'accoutumée chez le Danois. Enfin, la brique NXT s'intègre différemment dans vos constructions.

Même le robot Wall-E a été reproduit en Lego, tout est parfaitement animé (Bazmati/Bazmarc).

Ici, pas de tenons d'assemblage, Lego ne proposant que des trous sur les côtés et le dessous de la brique, comme dans les Technics. CAPTEURS PAR-CI, CAPTEURS PAR-LÀ Le kit Mindstorms NXT comprend, outre des éléments de montage comme les briques, les engrenages, les plots, etc., un ensemble de moteurs et de capteurs. On retrouve dans la boîte trois servomoteurs, tous identiques, équipés d’un détecteur de rotation. Très performants, ces moteurs peuvent se régler au

degré près et chacun peut être actionné avec plus ou moins d'intensité. Concernant les capteurs, Lego en fournit quatre — mais tous différents ! Effectivement, la firme propose un capteur de contact ou de toucher, un microphone, un capteur de lumière et un sonar. Le capteur de lumière se montre capable de détecter trois niveaux de luminosité : cela peut permettre de créer un robot capable de se déplacer selon une ligne tracée au sol ou encore un robot apte à trier les objets par couleur. C'est pour cette raison qu'une balle rouge et une balle bleue sont livrées dans le kit. De son côté, le sonar détecte la proximité d'un obstacle avec une précision de trois centimètres pour une échelle comprise entre zéro et deux cent cinquante-cinq centimètres. Enfin, le capteur que nous baptisions microphone ne fait que mesurer le niveau de décibels dans la pièce. Avec ce large éventail de capteurs, le robot (ou toute autre création de votre esprit) peut donc entendre, se repérer dans l'espace et détecter la lumière (et l'intensité de cette dernière). En option, Lego propose sur son site Internet d'autres capteurs, dont l’un se révèle capable de détecter les couleurs, le second renfermant un accéléromètre et le troisième intégrant un compas. Alors que Noël est proche, le Mindstorms NXT de Lego est assurément un cadeau original pour tout geek qui se respecte. Il regroupe en un seul produit le meilleur de deux passions (la robotique et les Lego) et demeure toujours aussi bluffant. Certes, les capacités de la brique NXT pourraient être supérieures, notamment au niveau de la mémoire ou de l’écran (que l'on aimerait en couleur), mais les possibilités offertes par ce Lego Technic d'un nouveau genre sont tout bonnement époustouflantes. L'ensemble constitué par les moteurs et les capteurs livrés par Lego permet de créer dès le démarrage des modèles pleinement fonctionnels, dotés d’interactions amusantes. ■Christophe Le Blanc


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Les dossiers

L'ARMÉE Et si, un jour, la guerre ne faisait plus de victimes ? Cela relève certainement de l’utopie — mais les robots qui fourmillent dans les laboratoires de recherche et de développement auraient tendance à démontrer malgré tout le contraire. Les robots de combat sont en marche…

Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier est un jeu d'action tactique dUbissoft

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n robot n'a jamais faim, ne touche ni salaire, ni retraite et peut tirer mille coups à la minute avec une mitrailleuse. Les armées du monde entier (et plus spécifiquement l’armée américaine) s’efforcent depuis quelque temps de développer une nouvelle génération de soldats — bien diffé-

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rents de ceux dont elle dispose aujourd’hui. Ils ne connaissent pas la peur, n’oublient pas les ordres, se moquent du fait que le type d’à côté vient de se faire descendre. Feraient-ils un meilleur boulot que les humains ? La réponse, dans ces conditions, pourrait être oui. Mais que se passerait-il si l’un d’eux détruisait un bus scolaire plutôt que le tank qu’il aurait dû viser ?… D’ici dix ans, le Pentagone espère que les robots joueront un rôle opérationnel essentiel au sein de l’armée américaine, qui leur confiera la mission de traquer et de tuer l’ennemi. Les robots figurent au cœur des efforts entrepris par l’US Army pour s’adapter aux champs de bataille du XXIe siècle. Un projet baptisé Future Combat Systems, d’une valeur de cent vingt-sept milliards de dollars, représente ainsi le plus gros contrat militaire jamais signé dans l’histoire des États-Unis. Les responsables de la planification en sont sûrs : les soldats robots penseront, verront et réagiront de plus en plus comme des êtres humains. Vous avez déjà très certainement remarqué ces engins télécommandés qui ressemblent à s'y méprendre à de redoutables camions jouets. Au fur et à mesure des développements technologiques, ils adoptent des formes plus variées et leur autonomie croît au même rythme que leur intelligence. ILS DÉNICHENT LES BOMBES SUR LES ROUTES DANGEREUSES ! Depuis trente ans déjà, le Pentagone rêve de robots de combat. Parmi les intervenants du secteur, on affirme qu’il faudra peut-être au moins trente ans encore avant que ce rêve ne

se réalise véritablement. Et bien avant cela, diton, les militaires devront répondre à quelques questions épineuses, s’ils tiennent vraiment à laisser aux robots le soin de faire la distinction entre ami et ennemi, combattant et civil innocent… Le rôle de la machine en tant qu’engin de mort reste à l’écart du débat public. Confier des prises de décision potentiellement meurtrières à des machines nécessite une grande foi dans la technologie, alors qu’elle est pour beaucoup source de méfiance. Les responsables du Pentagone et les contractants militaires affirment que l’idéal absolu d’une guerre sans hommes est un combat sans pertes. En attendant, ils ont pour dessein de confier autant de missions sales, difficiles, ennuyeuses ou dangereuses que possible aux robots, afin de préserver les esprits et les corps des soldats envoyés au casse-pipe. De plus, les robots de combat devraient coûter dix fois moins cher qu'un militaire de chair et d'os. Pour le moment, chaque machine est affectée à une mission particulière : l'une est capable d’explorer des bâtiments, des tunnels et des cavités, l'autre transporte des tonnes d’équipements et d’armes, accomplit des fouilles et des missions de reconnaissance et la dernière est un drone — un avion sans pilote. DES ESSAIS ENCORE PEU CONCLUANTS Pour chacune de ces machines, la perception constitue un point crucial, surtout pour les militaires : seul le résultat compte ! En effet, en mars 2004, les résultats d’un essai de robots sur route en ont refroidi plus d’un : quinze


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“Un robot n'a jamais faim, ne touche ni salaire, ni retraite et peut tirer mille coups à la minute avec une mitrailleuse… Ils ne connaissent pas la peur, n’oublient pas les ordres, se moquent du fait que le type d’à côté vient de se faire descendre. ”

Le drone Predator, un avion piloté à distance.

prototypes se sont élancés pour une course de près de deux cent trente kilomètres à travers le désert des Mojaves. Organisée par le Pentagone, la compétition offrait un million de dollars au gagnant. On voulait voir si ces véhicules étaient capables de se déplacer en terrain accidenté. Quatre heures plus tard tous, sans exception, étaient tombés en panne ou avaient connu le crash… Mais dans la course au développement de robots militaires capables de transporter des charges dans des terrains variés, il semble pourtant que la firme Boston Dynamics vienne de prendre une longueur d'avance, avec la « mule » BigDog (qui a une allure de chien). L'entreprise se targue, avec cette bestiole, de posséder le quadrupède robotique le plus avancé du monde. Des capteurs détectent la nature des différents terrains et s'y adaptent. D'autres, basés sur des centrales inertielles, préviennent le moindre faux pas. Le robot peut gravir des pentes abruptes, traverser des éboulis et garder son équilibre même après avoir reçu un violent coup de pied latéral. Les quatre jambes, qui peuvent être revêtues de pantalons de couleur kaki (afin de leur donner un aspect encore plus naturel), disposent de trois articulations contrôlées par un PC embarqué. Et les circuits hydrauliques du robot sont mis en œuvre par un moteur. Le poids total est d'environ cent kilogrammes. BigDog peut disposer d'une certaine autonomie mais aussi, évidemment, être téléguidé ou filoguidé. Ce projet est financé par la DARPA, qui compte ainsi faire transporter des charges de quarante kilos, pour prêter main-forte aux militaires opérant sur des terrains inaborda-

Projet de la DARPA de micro drone autonome de la taille d'une mouche pour l'espionnage. — Un robot démineur PackBot diRobot, en service en Irak.

Le robot Bear, conçu pour passer partout (en force s'il le faut). Il peut aussi transporter un soldat blessé.

bles par des véhicules à roues. Les performances de BigDog apparaissent plutôt stupéfiantes. Ce n'est pas seulement une « mule » destinée à soulager un fantassin pour le transport des charges. En effet, il peut également se faufiler à couvert, emporter caméras, mitrailleuses comme lance-missiles et poser des mines antipersonnel. Après avoir procédé à une approche de sa cible en cheminant au milieu d'éboulis, de décombres ou dans les sous-bois, il peut écarter les pattes, se caler et procéder à un tir bien ajusté. De plus, la ressemblance avec un animal peut être peaufinée. (Elle se révèle déjà assez étonnante du point de vue de la démarche. Un jour, les sentinelles devront tirer sur le moindre hérisson, le moindre chien errant et le moindre rat qui s’infiltre-

ront, la moindre mouette qui les survolera ou la moindre poule qui s'approchera d'eux en picorant, parce que ce ne seront peut-être ni un hérisson, ni un chien, ni un rat, ni une mouette et que cette poule-là aura peutêtre… des dents !) Les robots ont de beaux jours devant eux, non parce qu'ils imiteront les hommes et les êtres vivants mais du fait que leurs réactions à un événement seront infiniment supérieures. Pourtant, les hommes n'ont pas encore perdu la guerre... DE L'AVANTAGE D’ÊTRE EN CHAIR ET EN OS (ET SURTOUT D’AVOIR UN ESPRIT) L’avantage premier des robots réside dans le fait que leur destruction (ou leur capture par l'ennemi) ne pose aucun problème politique ou moral : l'opinion publique ne s'en émouvra pas… En dépit de leur prix (qui peut être élevé), ils présentent également des avantages économiques importants… — On peut les commander et les mettre en

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Les dossiers “Depuis trente ans déjà, le Pentagone rêve de robots de combat. On affirme qu’il faudra peut-être au moins trente ans encore avant que ce rêve ne se réalise véritablement.” — Indirectement, en étant à la pointe de la technologie, ils participent à l'effort de recherche et de développement industriel du pays. Enfin, en opération, les robots militaires présentent une grande quantité d'avantages par rapport à l'être humain : ils ont un comportement bien plus reproductible (tir constamment très précis), résistent bien mieux à certaines conditions environnementales (nuit, pluie, froid et chaleur extrêmes, accélérations trop fortes pour un pilote humain). Ils ne connaissent pas la fatigue, ne sont pas distraits, n'ont aucun état d'âme (pas de peur, pas de problèmes pour l'exécution de missions suicides ou en cas d'ordres douteux, pas de rébellion…). Contrairement à un blessé qui retardera la progression de son unité (protection contre l'ennemi, soins et évacuation) en réduisant ses capacités opérationnelles, l'engin endommagé peut être simplement abandonné ou détruit… Néanmoins, les robots ne peuvent pas complètement remplacer les soldats, dans la mesure où il n'est pas possible de leur laisser prendre les décisions de tir. De plus, ils restent incapables d'improviser des manœuvres complexes — a fortiori en coordination avec des équipiers.

Remarquez la manette X-Box 360 indispensablepour piloter ce Packbot. — Robot Talon en phase de rapatriement. — Les robots SWORDS sont conçus pour être armés, mais restent sous contrôle.

réserve (voire au rebut) en fonction des besoins, au lieu de devoir les former longtemps à l'avance et de les garder dans l'armée en temps de paix. — Ils n'ont donc pas besoin de formation et les mises à jour logicielles ou matérielles sont faciles. — Ils ne sont pas aussi exigeants qu'un humain en termes de logistique quotidienne (casernement, alimentation, soins médicaux, transport, etc.). — Ils ne jouiront pas d’une retraite et ne souffriront pas d’invalidité. — L'équivalent téléguidé d'un engin piloté (avion, char, etc.) ne requiert pas de poste de pilotage (pas de blindage pour protéger le pilote, pas de pressurisation, pas de siège, etc.), ce qui simplifie énormément le système et en réduit le coût.

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À l’image des États-Unis, différents pays européens ou encore l’Afrique du Sud, la Corée et la Russie, s’équipent d’engins militaires toujours plus autonomes. C’est notamment le cas de la France, qui travaille sur le système FELIN (Fantassin à Équipement et Liaisons INtégrées), un véritable concentré de technologie (doté qu’il est d’un PDA équipé d’un large écran, qui permet au soldat de visualiser différentes informations comme les coordonnées GPS ou encore la visée déportée du FAMAS). ■Christophe Le Blanc Le LS3 développé par la DARPA est une sorte de mule robotisée basée sur le robot BigDog.


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“L'histoire de l'Aibo remonte au début des années 1990, quand les technologies électroniques commençaient à émerger et que des applications excitantes pouvaient en découler.” UNE LONGUE MISE AU POINT L'histoire de l'Aibo remonte au début des années 1990, quand les technologies électroniques commençaient à émerger et que des applications excitantes pouvaient en découler. Au milieu de cette effervescence, le Dr Toshitada Doi, à la tête du Laboratoire des Créatures digitales de Sony (Digital Creatures Lab), fut saisi d’une vision révolutionnaire qui le conduisit à créer Sony Entertainment Robots. Grâce aux progrès énormes réalisés en matière de microprocesseurs, d’Intelligence artificielle, de reconnaissance vocale et de technologies visuelles, le Dr Doi eut l'ingénieuse idée de réunir toutes ces technologies pour fabriquer un robot. En effet, les spécialistes de l'Intelligence artificielle avaient maîtrisé le processus de la réception et de l'expression des émotions. Encouragé par cela, Sony envisagea non seulement de construire un robot fonctionnel qui constituerait aussi un compagnon pour les humains : Aibo serait également capable d’entretenir des interactions avec son propriétaire et d'exprimer de nombreux sentiments (le bonheur et l'excitation, notamment). Et durant les premières phases du développement (en 1992), les ingénieurs de Sony chargés du projet furent confrontés à plusieurs défis importants que personne n'avait jamais tenté d'aborder en robotique. Les concepteurs étudièrent donc plus avant les technologies pour faire marcher leur robot sur ses pattes et lui intégrer un programme d'Intelligence artificielle capable d'interagir avec plusieurs organes sensoriels, comme le toucher, la vue et le son. LES PREMIERS PROTOTYPES En 1997, le premier prototype, proposé sous le nom de Mutant, portait les fruits des recherches approfondies (et de leurs développements) menées par l'équipe du Dr Doi qui, stimulée par l'ambition de créer un robot autonome sympathique, avait réussi à surmonter tous les défis. Le nouveau-né possédait en fait six pattes et se présentait tout nu — les puces à l'air ! Après ce modèle rudimentaire, l'équipe du bon docteur sculpta un modèle en plâtre d'un animal qui pourrait devenir le futur Aibo. Il semblait tout droit sorti d'un dessin animé et n’arborait pas encore son air de chien espiègle. Plusieurs autres prototypes furent développés, chacun se rapprochant peu à peu de la forme définitive du premier modèle commercialisé. Le mot signifie « ami » ou « compagnon » en japonais, mais peut aussi être vu comme la concaténation d’AI — qui

L ERS-210 : le design s'améliore !

Bien avant le Nao d'Aldebaran Robotics, l'Aibo a déchaîné les passions. Ce chien robotisé, qui réagissait à son environnement, était également capable de communiquer avec son maître humain. Hélas, il était loin d'être à la portée de toutes les bourses… Le bruit court que de nombreux étudiants ont mangé des patates pendant des mois pour se procurer un Aibo !… signifie soit « amour » en japonais, soit « Artificial Intelligence » — et de BO (pour robot). UNE PREMIÈRE GÉNÉRATION BIEN ACCUEILLIE PAR LES MÉDIAS Le modèle initial fut présenté au public en mai 1999. Une première fournée de cinq mille Aibo ERS-110 fut mise en vente au Japon et aux États-Unis. La demande avait été si écrasante que trois mille robots furent vendus en moins de vingt minutes dans ces deux pays et quatre jours suffirent pour écouler les deux mille qui restaient. Grâce à cette performance impressionnante, Aibo fut enregistré dans le Livre Guinness des records 2 001 comme le robot animal vendu le plus rapidement. Il

devenait le chouchou des médias du monde entier et Sony fut grandement encouragé par ce succès. La révolution robotique était née ! Le concept d'un robot compagnon de divertissement eut un énorme attrait à travers le monde. Cela incita Sony, qui développait déjà des modèles plus avancés, à lancer, le 26 octobre 1999, Aibo sur le marché européen. Lors de cet événement, Sony annonça la disponibilité d'une nouvelle version en édition limitée (ERS-111) pour novembre 1999, ciblant cette fois l'Europe, le Japon et les États-Unis en même temps. Cette fois-là, dix mille modèles furent vendus en une seule semaine. Une fois de plus, les attentes les plus optimistes avaient été dépassées ! Au cours de cette même semaine, Sony enregistra un total de cent

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L'Aibo PS, une simple rumeur... Dommage !

“Mis sur le marché le 8 novembre 2001, le dernier modèle d'Aibo de deuxième génération, l'ERS-220, arborait un style high-tech et futuriste.”

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LE ROSBUR LA SAGA D’AIBO OT C H I l e s EN mêmes technologies que

trente-cinq mille commandes. La raison principale pour laquelle la firme produisait le robot en si petites quantités résidait dans sa volonté de garder un contact étroit avec les clients, afin de favoriser les retours et ainsi de booster le développement des performances du robot. Une troisième offre suivit en février 2000. À cette occasion, Sony décida de ne plus limiter la disponibilité de sa création. On confirma que toutes les commandes reçues au cours d'une période de dix jours seraient traitées. Le 110 utilisait un contrôleur audio car il ne répondait pas aux commandes vocales. Il possédait un capteur sur la tête, qui pouvait servir à féliciter ou à punir le chien. (Et les 110 et les 111 furent les seules versions d’Aibo à posséder un genre, indiqué sur leur carte Flash de 8 ou 16 Mo.) UNE DEUXIÈME GÉNÉRATION PLUS PERFORMANTE Le succès impressionnant de la première génération inclina Sony à proposer de nouveaux modèles. Une deuxième génération de robots (ERS-210) fut mise au point, puis annoncée en octobre 2000 au siège européen de Sony, à Berlin. Doté d’une mobilité améliorée, de capteurs de contact et de voyants supplémentaires, le modèle ERS-210 proposait une expression des émotions renforcée et des interactions avec son environnement évoluées. Ces avancées avaient été émulées par ceux qui avaient acheté la première généra-

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les autres modèles d'Aibo. Ils étaient capables d'émettre des sons amicaux et de montrer leurs émotions par des mouvements. Vendus à un prix moins élevé, ils ne disposaient pas de fonctions WiFi ; mais certains modèles reçurent une connexion Bluetooth.) Enfin, un modèle ERS-31L fut également introduit le 15 mai 2002 pour commémorer le troisième anniversaire d'Aibo. Mis sur le marché le 8 novembre 2001, le dernier modèle d'Aibo de deuxième génération, l'ERS-220, arborait un style high-tech et futuriste. Il comportait une multitude de nouvelles possibilités avancées. Doté de nombreuses lumières et de divers capteurs, il s’imposa comme le robot de divertissement le plus sophistiqué du marché. À partir du 24 juin 2002, il fut livré avec un SuperCore, un processeur deux fois plus puissant (Sony regrette maintenant de n'avoir écrit aucun logiciel tirant parti de cette nouvelle puissance.)

Les deux derniers modèles d'Aibo être sortis, les ERS-7M2. — Un des premiers prototypes du robot chien.

tion. L'Aibo 210 (le premier à répondre aux commandes vocales et disponible en argenté, en or et en noir) était livré sans logiciel ni base de recharge. Disponible en Australie, en Europe, au Canada, à Singapour, au Japon et aux États-Unis, cet Aibo avait attiré l'attention de beaucoup de gens qui cherchaient un compagnon de divertissement, tout comme celle de ceux qui s’intéressaient à l'informatique et aux technologies de la robotique. Puis les modèles Latte et Macaron (ERS-311 et 312) rejoignirent la famille en septembre 2001. (Conçus pour être doux et adorables et adoptant l’apparence de minuscules chiots, ces compagnons intégraient

ERS-7 — L'AIBO ULTIME… POUR LE MOMENT L'ERS-7, présenté le 3 septembre 2003, n’était disponible qu’en blanc nacré et de nouveaux capteurs sensibles avaient été placés sur la tête, sur le dos et sous le menton, ainsi qu’à chaque patte. Le robot était équipé d’un dispositif Illume-face, un panneau de diodes faciales qui lui permettait de communiquer des informations et d'exprimer ses sentiments et ses émotions. Dans la boîte, on trouvait tout le nécessaire et notamment un software Mind avec une clé de 32 Mo de mémoire. Un codebarres était apposé sur la station de charge et le robot pouvait revenir s’approvisionner de lui-même lorsque sa batterie faiblissait, ce qui lui procurait pour la première fois une autonomie quasi permanente. On trouvait aussi dans le pack un nouveau jouet pour Aibo, l’AIBOne — qu’il pouvait placer dans sa gueule pour se livrer à divers jeux. Signalons que les fans l’ont à l’époque comparé à Snoopy, en raison d’une certaine ressemblance. Puis l’ERS-7M2 déboula le 6 octobre 2004. Disponible en blanc nacré et en noir, il était équipé de nouveaux logiciels pour le PC (comme l’AIBO Entertainment Player — AEP —, qui vous permettait de le contrôler par


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N Le Genibo tente maintenant de reprendre le flambeau de l'Aibo.

panier de Toyota, qui se sert des acquis de cette machine pour développer sa gamme de robots humanoïdes Partner.

La première génération : les ERS 110 et 111. — QRio, un petit robot humanoïde qui aurait pu prendre la place laissée vacante par l'Aibo s'il n'avait pas été si cher… — LAibo ERS-7, ancien champion de football de la ligue standard de Robocup.

une liaison sans fil et ainsi de vous rendre compte de ce qu’il voyait). Enfin, l’ultime modèle d'Aibo, l'ERS-7M3, vit le jour le 29 septembre 2005. Disponible en blanc nacré, en noir et en marron, il introduisait lui aussi des fonctionnalités inédites (la capacité de parler au moyen d’un vocabulaire d'environ mille mots, une mémoire à court terme qui courait sur environ cinq minutes, ce qui lui donnait la possibilité de se rappeler la position de ses jouets, de sa station de recharge et de son propriétaire). LA FIN DU RÊVE Sony se mit ensuite à travailler sur un nouveau projet, le Qrio (Quest for cuRIOsity), un robot humanoïde inspiré de Nao — mais beaucoup plus avancé — et dont le prix fut estimé à un montant situé entre vingt-cinq et quarante

mille euros. Aibo était entre-temps devenu le robot de la ligue standard de la Robocup… Mais le 26 janvier 2006, le couperet tomba. Sony annonça, en même temps que ses résultats financiers, l'abandon de tout développement concernant ses robots Aibo et Qrio, afin de se recentrer sur des segments rentables. (La société indiqua toutefois qu'elle maintiendrait un support jusqu'en 2013, suivant le modèle.) Stupéfaction chez les utilisateurs, qui ne se résignèrent pas, organisèrent des meetings et continuèrent le développement de nouvelles applications. Cela rappelait vaguement l'élan des utilisateurs d'Amiga lors de la disparition de Commodore en 1994. Mais en 2008, la Robocup abandonna l'Aibo pour le tout nouveau robot humanoïde français, le Nao d'Aldebaran Robotics… Aujourd'hui, les technologies de l'Aibo se retrouvent dans le

LA RELÈVE ?… À la suite de l'arrêt définitif de la gamme, de nombreux constructeurs tentèrent de reprendre le flambeau. L’I-Cybie, de Silverlit Electronics et Tiger Electronics, apparut quasiment en même temps que l’Aibo. Jugé moins convaincant que le robot de Sony et sujet à des problèmes de batterie, il fut ensuite pris en charge par Hasbro Toys. L'arrêt définitif de sa production intervint également en 2006. Pleo, le dinosaure d’Ugobe, se proposa à notre attention le 7 février 2006. Ce bébé camarasaurus, qui reprenait le principe de l'Aibo mais pour un prix bien plus acceptable (trois cent cinquante euros au lieu des deux mille cinq cents de l'Aibo) connut un certain succès malgré des performances bien moindres. (Il a failli disparaître il y a quelques mois, mais on le trouve de nouveau dans les boutiques spécialisées grâce à Jetta, son repreneur.) Quant à Genibo, une copie très proche de l'Aibo ERS7 fabriquée par la compagnie coréenne Dasarobot, il ressemble à un bull-terrier. Des rumeurs circulent régulièrement sur le retour de l'Aibo, en tant qu’accessoire de luxe pour la console PlayStation 3 (Aibo PS)… Mais cela reste de l’ordre de la rumeur et seuls de vagues designs ont circulé (émanaient-ils d’ailleurs de Sony ?). ■ Screetch

L'I-Cybie fut le seul à concurrencer valablement l'Aibo à son époque.

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“Il assure auprès des tout-petits la fonction d’objet transitionnel ou, plus prosaïquement, celle d’un élément capable de canaliser leur colère ou destiné à leur rendre confiance.”

Alive Lion Cub : ce robot a ému de très nombreuses personnes.

ent sont égalem de Hasbro ys. To a Les poneys eg S ns de des créatio

Teddy, l’ourson en peluche du film A.I., de Steven Spielberg, accompagnait David, le robot enfant, dans ses aventures. L’objet semblait doué de vie tant il était en empathie avec le garçonnet. Spielberg aurait-il ouvert la voie aux peluches robotisées intelligentes ? LA PELUCHE ANIMÉE — UN RÊVE DÉJÀ ANCIEN La peluche ou doudou est un jouet représentant le plus souvent un animal, fait de textile rembourré et procurant au toucher une sensation de douceur comparable à celle que donnent le duvet et la fourrure. Il assure auprès des tout-petits la fonction d’objet transitionnel ou, plus prosaïquement, celle d’un élément capable de canaliser leur colère ou destiné à leur rendre confiance. Mais son sta-

David et Teddy, les deux robots héros du film A.I.

tut d’objet inanimé est battu en brèche depuis des décennies. Dans les années 1920, les premiers ours automates furent réalisés par la société allemande Gebrüder Bing, de Nuremberg, des fabricants d’ustensiles de cuisine. La société fit faillite au cours des années 1930 ; cependant, la production en masse d’ours automates se poursuivit. Signalons en passant les ours Süssenguth, qui pouvaient rouler des yeux et remuer la langue, ou encore les fameux ours « grogneurs ». C’est

En achetant Zambi l'éléphant, vous faites une bonne action.

Cookie, mon chien fidèle, impressionnant de réalism e!

dans les années 1970 que beaucoup de peluches se sont mises à parler. Il suffisait de tirer sur une petite poignée pour que le nounours se mette à clamer des messages propres à calmer les enfançons ou tout simplement : « Je t'aime, ma petite maman ! » L’éventail des textes était limité et ne faisait preuve d’aucun à-propos. Aujourd'hui, tout cela a connu des progrès fulgurants — quitte à effrayer certaines personnes, tout en émouvant les autres. LES PELUCHES ANIMÉES ET INTERACTIVES DE MARQUE ENVAHISSENT LES ÉTALAGES DE NOËL… WowWee, le fabricant de robots à destination des enfants (cf. le célèbre Robosapien), a développé une ligne de peluches robotisées, les Alive Cubs. Cela va du lion au koala en passant par des tigres blancs et des loups. Seule leur tête est animée, mais leurs mouvements et leurs cris font fondre même les personnes les plus réticentes. Des capteurs sont disséminés un peu partout sur leur corps, qui reconnaît

Elmo , la plu des p s hilarante eluch es !

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Les dossiers “Les peluches trouvent également leur utilité dans les hôpitaux et les services psychiatriques. Ils permettent, tout comme des animaux réels, de calmer les personnes stressées.” Kota, le robot tric ératops l'on peut enjambe que r.

Paro, un robot à destination des malades.

ainsi les caresses. Les animaux réagissent en miaulant ou en poussant des mugissements divers, suivant leur humeur. Il n'est pas rare de voir des dames d’un âge certain en train de brandir un Lion Cub — et qui ne veulent plus le lâcher ! Playskool se lance aussi dans ce nouveau et lucratif créneau : la gamme Kota & Pals, plutôt hétéroclite, comprend de nombreux modèles qui appartiennent tous à l'univers des dinosaures. D’une taille atteignant une quinzaine de centimètres, ils réagissent aux caresses sur le dos ou lorsqu’on leur tapote la gueule (du coup, ils quémandent de la nourriture). On y trouve un tricératops, un tyrannosaure et même un ptérodactyle. Le grand modèle, basé sur le personnage principal — Kota le tricératops — et haut de quatre-vingts centimètres, peut supporter le poids d'un enfant de cinq ans (trente kilos environ), assis à cheval sur son dos. Sa tête est entièrement animée (bouche, yeux, cornes, cou) et il se révèle capable de détecter des grondements produits à côté de lui (il y répond par son propre grognement). Kota reconnaît également son nom et réagit aux caresses par des rires ou des grommellements. Une feuille se trouve à disposition, qu’on peut lui donner à manger (il la réclamera de temps en temps). Enfin, si vous ne vous occupez pas de lui, il s'endormira en ronflant et sa tête bougera (si, si — les dinosaures rêvent de ripailles électriques). La société Hasbro, quant à elle, s'est alliée à Sega, l'ancien géant du jeu vidéo, et sa firme spécialisée dans le jouet, Sega Toys. Leurs équipes ont développé toute une gamme de peluches robotisées, dotées de différents niveaux d'interaction. Au départ, la gamme Yume a introduit ces

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Probo, une peluche gen tille et câline pour les enfants hos pitalisés.

joujoux chez Hasbro avec, notamment, Yume Neko Smile (Moustache mon chat en France). Deux modèles de ces robots chats (déclinés successivement) n’ont laissé personne indifférent. Ils réagissent aux caresses et, si on les embête, manifestent leur mauvaise humeur par des miaulements, des crachats ou des ronronnements vindicatifs. Les mouvements des yeux, de la bouche et de la tête apparaissent d'un très grand réalisme. A suivi le grand chien Yume Inu (Cookie, mon chien fidèle), qui peut se tenir sur deux pattes et obéit aux ordres vocaux comme : « Couché ! — Donne la patte ! — Fais le beau ! » Tout son corps est animé, jusqu'aux oreilles (en revanche, il ne se déplace pas.) et il réagit aux caresses comme à l'approche de son os (qu'il va renifler et essayer de croquer). Et dans le même esprit que celui qui a animé la création de Kota, Hasbro a créé une série de poneys de quatre-vingts centimètres de haut, sur lequel les bambins peuvent monter. Il ne se déplace évidemment pas, mais toute sa tête est entièrement robotisée : il répond aux différents stimuli avec des mouvements à s’y méprendre et s'empresse de croquer la carotte en mousse que vous lui tendez. À côté de cela, la société a développé (dans tous les domaines) de petites peluches robotisées qui gèrent les caresses ou se déplacent dans la maison à la manière des cochons d'Inde. Revenons à Playskool, qui a également conçu Zambi l'éléphant dans sa gamme FurReal Friends. Comme les autres, il répond aux caresses et bouge sa trompe, ses oreilles et sa bouche — tout en émettant des barrissements et autres sons rigolos. Il est aussi partie prenante du projet Zambi : en effet, les oreilles du pachyderme ont été dessinées par des

enfants d'Afrique et 50 % des bénéfices engendrés par le robot iront audit projet, qui aide les orphelins africains dont les parents ont succombé au sida. TOUT LE MONDE S'Y MET… Un des personnages de Sesame Street (Rue Sésame), la célèbre émission de la télévision américaine, Elmo, s’est transformé en peluche robotisée… Faites-lui une petite chatouille et il se pliera de rire devant vos yeux ébahis ! Effet garanti devant les copains… Il se laisse tomber, bat des bras et trépigne, se relève puis retombe — il n'arrête plus de se gondoler ! Destiné aux enfants, il plaira aux adultes fans de gadgets et qui aiment s’en payer une bonne tranche. À la suite du succès remporté par ce petit Elmo TMX, les autres personnages de la série, comme Ernie ou Cookie Monster, ont également été métamorphosés en peluches hilares. De ce fait, des concurrents se sont engouffrés dans ce marché et ont produit un singe rieur qui se roule par terre mais n’atteint pas à la perfection de ses inspirateurs. On trouve aussi une vache qui se contente de trembler pour manifester son allégresse… Zhu Zhu Pets débarque en France ! Cette création de Sega Toys vient nous envahir de hamsters et autres minuscules animaux en peluche tout mignons. Mesurant une quinzaine de centimètres, ils ont chacun leur caractère et leurs propres sons. Ils réagissent également aux papouilles. Si on les lâche dans la maison, ils se lancent dans l’exploration des alentours et poussent de petits cris de temps en temps. Et cerise sur le gâteau, il existe tout un attirail de gadgets, de circuits, de véhicules, de boules et de roues à hamster pour accompagner ces


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bébêtes. On peut ainsi élever toute une colonie au cœur d’un circuit géant et avoir l'impression d'y voir grouiller de vraies bestioles. DES PELUCHES À DESTINATION DE LA MÉDECINE Les peluches trouvent également leur utilité dans les hôpitaux et les services psychiatriques. Ils permettent, tout comme des animaux réels, de calmer les personnes stressées. C'est pourquoi certains projets, comme le Paro de Parorobots, sont devenus réalité. Paro est un bébé phoque qui se recharge par le biais d'une tétine électrique placée dans sa gueule. Une fois en action, il sert d'élément apaisant et motivant pour la personne qui se trouve en face, avec son côté mignon et désarmant. Grâce à une caméra, il reconnaît le patient et se montre capable de s'adapter. Il va donc répondre en conséquence aux caresses et aux autres stimuli (comme le son). L'ex-président de Microsoft, Bill Gates, a investi dans une compagnie belge — Anty —, qui développe « le ROBOT gentil, intelligent et autonome ». Il est employé comme télé-interface et interagit avec les enfants à trois niveaux différents : divertissement, communication et traitements médicaux. Anty constitue le nœud d’un projet de recherche interdisciplinaire visant à développer un ami robotique pour les enfants hospitalisés. Son premier et principal but consiste à développer et à construire le robot afin d’optimiser le séjour des enfants dans l'hôpital ; le deuxième, à utiliser Anty comme plateforme multidisciplinaire de recherche pour des études techniques, médicales, sociales et psychologiques ; le troisième, enfin, à se servir du projet pour motiver les étudiants et pour stimuler l'innovation technologique. LE FUTUR DES PELUCHES L'objectif du projet Emotirob, développé avec l'aide du CRIIF (Centre robotique intégré

d'Île-de-France), est de concevoir un robot peluche autonome « réactif », susceptible d'apporter un peu de réconfort aux enfants fragilisés (par exemple, des enfants en hospitalisation longue). Une des spécificités d’Emotirob : pouvoir réagir au comportement de l'enfant en détectant des émotions et en les simulant par les mouvements du corps, les traits du visage et l'émission de petits sons simples. Ce projet se situe à l'interface de la robotique, de la communication hommemachine et de la vision. Keepon, lui, est un petit robot jaune conçu pour établir un échange émotif et attentif avec un humain (en particulier un enfant) de la manière la plus simple et la plus complète. Keepon a été développé par Hideki Kozima, de l'Institut national de technologie communicante (NICT) sis à Kyoto, au Japon. Il possède quatre moteurs, une peau en caoutchouc, deux caméras pour les yeux et un microphone dans le nez. Son apparence peut être celle d'un bonhomme de neige ou celle d'une sorte de petit oiseau. Dans le contexte du projet « Infanoid » d’Hideki Kozima, on utilise Keepon pour étudier les mécanismes sousjacents de la communication sociale. Son apparence et ses actions simples font qu'il peut interagir, généralement sous le contrôle d’un téléopérateur, aussi bien avec des enfants (dans les écoles) qu'avec des adultes (dans des centres de soins). Il ressemble étrangement à Teddy dans A.I. ! Teddy Bear, l'ours en peluche robotisé de Fujitsu, le géant de l’électronique, est destiné au réconfort et à la stimulation des enfants malades ou des personnes âgées. Ce robot propose un répertoire de trois cents réponses à des stimuli externes — ce qui permet de créer une présence qui atténue l’emprise de la solitude dans les lieux où les animaux ne sont pas autorisés. La caméra du robot (placée discrètement dans le nez) peut détecter si

Emotirob, encore en développement...

quelqu'un s'agite devant lui, ce qui lui fournit l’occasion de reproduire les mêmes gestes… Enfin, Leonardo, un robot développé par le Dr Cynthia Breazeal au sein du Laboratoire des médias du MIT, reprend les caractéristiques physiques d'un mogwai (cf. Gyzmo, dans Gremlins). La bestiole est recouverte d'une fourrure synthétique et présente un corps d'environ soixante-quinze centimètres, vaguement humanoïde. Ce robot « social », qui apprend en étudiant son environnement et à travers ses interlocuteurs, arbore un visage très animé et des bras, mais ne peut pas du tout se déplacer. Ne vous étonnez donc pas que dans quelques années, vos enfants ne soient pas surpris par l’apparition d’un robot. Ils seront déjà habitués à en voir à travers leurs jouets. ■ Frédéric Boisdron

Leonardo, mignon et cré ateur d'émotions.

La commercialisation de Keepon est imminente. Il n'a l'air de rien, mais j'en veux un !!

Le Teddy de Fujitsu app ortera une présence aux enfants ma lades.

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Lorsque qu'on évoque les termes « robot » et « médecine », on songe immédiatement à la base secrète rebelle de Hoth, où Luke Skywalker se fait soigner par le droïde 21B — voire à la prothèse dont il l'équipe, à bord de la frégate médicale Rédemption, après son combat contre Dark Vador. Et connaissez-vous le célèbre jeu de simulation hospitalière Trauma Center, où l’on pratique des opérations sur des patients aux pathologies diverses ? La réalité rejoint alors presque la fiction… En effet, les robots médecins seront bientôt là !

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Un robot da Vinci en action dans un bloc opératoire.

Dans les contrées reculées du globe, il est parfois impossible de trouver un expert médical dans telle ou telle spécialité sur place et l'hôpital le plus proche est parfois situé à des centaines de kilomètres. Pour pallier cela, pourquoi ne pas utiliser des robots ? Bien sûr, ces derniers ne possèdent pas encore les connaissances médicales requises pour opérer seuls ou pour diagnostiquer ce qui ne va pas chez un patient… En 2001 a eu lieu la première opération robotisée longue distance (environ 6 200 kilomètres) au cours de laquelle des chirurgiens français basés à New York ont opéré une patiente qui se trouvait à Strasbourg. L’opération consistait en l’ablation d'une vésicule biliaire grâce un bras robotisé piloté à distance via une liaison transatlantique. Ici, l’enjeu fut d’arriver à maintenir le lien entre le robot et le chirurgien manipulateur, dont le délai ne dépassait pas les 300 millisecondes nécessaires à un acte sécurisé — quasiment en temps réel ! En effet, plus le délai est long, plus le chirurgien mettra du temps à corriger ses gestes pendant l’acte. Ce premier exploit ouvrit la voie à d’autres, comme celui du docteur Mehran Anvari, qui réalisa plusieurs opérations de son hôpital installé dans une grande ville du Canada vers un hôpital de province, installé à quatre cents kilomètres. Ce même chirurgien s’entraîne

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depuis quelque temps avec les astronautes de la NASA à de futures téléopérations dans l’espace. Pour l’instant, les actes de chirurgie se déroulent dans le laboratoire sous-marin NEEMO (NASA Extreme Environment Mission Operations), où sont quasiment recréées les conditions du vide dans lequel évoluent les astronautes. Alors pourquoi pas, dans le futur, opérer à partir de la Terre un astronaute qui occuperait la Station spatiale internationale ? Sans aller jusqu’aux confins de l’univers pour opérer, ni même à des centaines de kilomètres sur notre planète, les robots chirurgiens sont à l’œuvre. On en distingue deux types : ceux qui sont complètement autonomes et ceux qui assistent le praticien. Pour les premiers, il est vrai qu’ils ne pratiquent pas l’opération totalement seuls. Un gros travail de préparation de la part du chirurgien et du corps médical se révèle nécessaire. Cela se déroule en trois étapes : la cartographie, l’ajout de repères et la chirurgie proprement dite. L'objectif de la cartographie est de mesurer sous toutes les coutures le corps du patient et d'obtenir ainsi un modèle totalement virtuel en trois dimensions d'icelui. On effectue donc des mesures avec des techniques comme la radiographie par rayons X, des IRM (Imagerie par résonance magnétique) ou des scans de tomodensito-

métrie (où l’on mesure l’absorption des rayons X par les tissus, pour ensuite obtenir un modèle informatique en 2D ou en 3D). Une fois ces informations disponibles et le modèle créé, le chirurgien entre des points clés dans un logiciel médical dédié pour indiquer au robot par où il doit passer pour opérer. Il balise le corps du patient et désigne au robot l’itinéraire qu’il va devoir prendre. Enfin, la dernière étape peut commencer : avec toutes les données que lui a transmises le chirurgien, le robot opère selon une programmation préétablie. Il n’y a presque pas d’intelligence dans le geste médical effectué, tout réside dans la préparation du robot. Le chirurgien et l’équipe médicale restent bien sûr à proximité en cas de défaillance ou de dysfonctions de la machine. Il existe aussi des robots destinés à aider les chirurgiens. Ce sont des appareils haptiques robotisés, donc à retour d’effort. Par exemple, le praticien définit une zone d’opération dont la limite ne doit pas être dépassée lors de l’acte chirurgical. Lorsque le robot se trouve à la limite de la zone d’opération, il va offrir plus de résistance. Le chirurgien saura alors qu’il ne faut pas aller plus loin et se recentrera. Pourquoi utiliser alors des robots en médecine s’ils font quasiment le même travail qu’un chirurgien ?… Ils apportent de gros avantages ! En effet, ils permettent la laparoscopie, ou chirurgie mini-invasive. Cette technique de pointe consiste à accéder aux parties du corps à opérer par de petites incisions (les points d’entrée des instruments chirurgicaux) et une fois l’opération terminée, on les referme. Bilan : des possibilités d’infection réduites, des cicatrices légères ou inexistantes, une mise en observation postopératoire plus courte et généralement une vie normale plus rapidement retrouvée. Là où, avant, un chirurgien ouvrait en grand, un robot peut passer par quelques incisions et ainsi faire moins de dégâts que le chirurgien humain. La société Intuitive Surgical, basée en Californie, a bien compris cette évolution et a vendu plus d’un millier de systèmes robotisés da Vinci à travers le monde depuis les années 2000. Pour les personnes intéressées, le kit de base coûte environ un million et demi de dollars. Il est composé d’une console de visualisation et de contrôle et d’un chariot high-tech pouvant contenir jusqu’à quatre bras robotisés (avec leurs instruments). Malheureusement pour les amateurs, la Sécurité sociale ne rembourse pas la facture !


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“En 2001 a eu lieu la première opération robotisée longue distance (environ 6 200 kilomètres) au cours de laquelle des chirurgiens français basés à New York ont opéré une patiente qui se trouvait à Strasbourg.”

De gauche à droite… La NASA expérimente dans le sous-marin NEEMO un robot chirurgical qui servira pour des missions spatiales. — Un robot da Vinci Si retransmet le mouvement du chirurgien à distance avec une précision incomparable et sans tremblements parasites. — Hanako Showa est un robot aux formes féminines destiné à former les élèves des écoles de dentistes. Elle sait se plaindre quand elle a mal ! — PowerKnee, une prothèse robotisée proposée par Össur pour remplacer une jambe.

LES VERTUS DE L'EXPÉRIMENTATION D’ailleurs, comment ce chirurgien fait-il pour se former ? La formation chirurgicale technique comporte trois composantes : le compagnonnage, où l’instruction est réalisée sous l’œil d’un chirurgien expérimenté en situation réelle, la chirurgie sur les cadavres et celle sur les animaux. Cet apprentissage du geste médical peut poser des problèmes évidents, que ce soit au niveau pédagogique ou éthique, voire financier. Les mannequins robotisés constituent un recours précieux. Corvéables à merci, insensibles à la douleur et surtout virtuellement immortels, ils sont des outils rêvés pour l’apprentissage. Par exemple, en mars 2010, des chercheurs japonais ont fait la démonstration d’un robot servant à la formation des élèves dentistes. Le robot féminin Hanako Showa (du nom de l’université dentaire japonaise Showa, où il est utilisé), peut parler à celui qui le soigne — mais le plus important, c’est que sa bouche est remplie de capteurs et de senseurs capables d'évaluer le geste de l’étudiant dentiste. Au moindre faux pas, il tourne la tête et exprime sa douleur virtuelle. Hanako peut saliver et simule même la

fatigue des mâchoires qu’éprouvent les vrais patients. D’autres robots existent, mais dans des spécialités différentes : Noelle, le robot femme enceinte de la firme américaine Gaumard Scientific ou bien encore les têtes automatisées pour l’entraînement à l’intubation de l’université japonaise de Waseda. Si les problèmes éthiques et pédagogiques semblent être résolus, puisque plus aucun être vivant n’aura à souffrir pour la formation des praticiens et que ces derniers pourront répéter leurs gestes inlassablement (avec ou non la présence de leur professeur), il reste la question financière. La plupart de ces systèmes robotisés coûtent cher et ce n’est pas encore demain que nous verrons débarquer les robots dans les facultés de médecine et les centres hospitaliers universitaires. L'AVÈNEMENT DE LA NANOTECHNOLOGIE Nous avons vu des robots à l'échelle de l’Homme — mais qu’en est-il des nanorobots ? Ces miniatures évoluent à la dimension du nanomètre (10-9 mètre) et leur taille varie entre 0,1 et 10 micromètres, ce qui fait entre 0,0001 et 0,01 millimètre. Imaginez qu’au lieu

de prendre des médicaments contre une maladie chronique ou de subir une chimiothérapie pour traiter un cancer, on vous donne une pilule contenant des robots microscopiques et un grand verre d’eau. Une fois dans votre corps, ils pourraient alors nettoyer les artères bouchées par des plaques d'athérome (graisse se déposant le long des artères), traiter localement le vieillissement des organes ou contrôler le taux de sucre et aider les diabétiques. Les personnes en insuffisance respiratoire pourraient aussi en bénéficier si on demandait à ces nanorobots — des respirocytes — de transporter de l’oxygène (contenu dans des réservoirs sous pression semblables aux bouteilles d'oxygène des plongeurs). Sans oublier les phagocytes robotisés, des nanorobots « guerriers » pouvant combattre pied à pied les attaques bactériennes et virales ! Malheureusement, tout cela reste de l’ordre du virtuel. Issus de la recherche en biochimie, les nanorobots actuels ne sont que des machines moléculaires assez primitives : des assemblages d’atomes ou de molécules dirigés dans le corps humain par résonance magnétique ou attirés sur la zone à traiter grâce à un laser. La difficulté de la mise en œuvre réside

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principalement dans ce qui fait leur force : la taille. À cette échelle, la physique possède des propriétés particulières rendant difficile l’utilisation. Les fluides, comme le sang, la lymphe (tout ce qui est liquide dans des conditions normales) sont extrêmement visqueux et donc offrent une grande résistance lors d’un déplacement quelconque. De plus un effet appelé le mouvement brownien rend la navigation dans ces fluides très aléatoire : le nanorobot immergé sera soumis à des poussées totalement incontrôlables. Pas facile d’être si petit ! Ce qui s’approche le plus des nanorobots artificiels que l’on imagine sont ceux qui sont issus des travaux du professeur Nokata. Il a créé avec son équipe un robot ressemblant à un scarabée d’environ deux centimètres de long et un de large, pour un poids total ne dépassant pas les cinq grammes. Il se révèle capable d’embarquer avec lui une multitude d’appareils : une minicaméra, des capteurs et un appareil pouvant injecter des médicaments directement dans l’organe malade. Destiné à traiter le cancer, les données qu’il fournit sont transmises par câble mais dans un futur proche, les chercheurs espèrent développer un transmetteur sans fil. Son déplacement n’est cependant pas encore autonome ; il est dirigé par des champs magnétiques. Le Japon n’est pas le seul pays à investir dans la nanotechnologie. Les États-Unis et l’Europe prennent cette avancée très au sérieux. Les premiers ont dépensé quatorze milliards de dollars depuis 2001 et les Européens ont financé un programme de recherche de pointe à hauteur de cinquante milliards d’euros sur sept ans. Cela est compréhensible puisque une majorité de chercheurs s’accordent à dire que les nanorobots pourraient être la pénicilline du XXIe siècle. VERS UNE NOUVELLE PROTHÉTIQUE Les recherches en mécanique robotique peuvent aussi déboucher sur un aspect intéressant pour la médecine réparatrice : les prothèses robotisées. Le temps n’est pas encore venu où nous deviendrons tous des cyborgs aux bras surpuissants pouvant soulever une voiture et aux jambes nous permettant de courir des heures sans nous fatiguer, mais les prothèses redonnent espoir aux amputés et aux handicapés moteurs. Plusieurs firmes se partagent ce nouveau marché. Une des plus anciennes et des plus célèbres, Össur, fabrique essentiellement des prothèses intelligentes pour les jambes. Le fonctionnement de ces appareils

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Les robots soccuperont-ils bientôt de notre corps. — Une prothèse Össur utilisée par la les médecins de lUS Army.

est le suivant : l’Intelligence artificielle embarquée mémorise votre façon de marcher et s’adapte à toutes les situations (terrain en pente ou irrégulier, course, etc.). Un PDA (Personal Digital Assistant, une sorte de très petit ordinateur) est fourni pour régler plus finement la prothèse grâce à un logiciel intuitif. (Il ne faut pas oublier le microprocesseur intégré et les capteurs intelligents, qui transcrivent les pressions et mouvements subis par la prothèse.) D’autres entreprises, comme Touch Bionics, se spécialisent dans les prothèses de bras et de mains. Ici, pas besoin de se faire implanter des puces dans le cerveau pour disposer d'une main fonctionnelle. De simples électrodes sont

posées sur le moignon du patient en deux endroits différents. Lorsque le patient bouge son bras et les muscles censés faire remuer sa main, les électrodes enregistrent des impulsions électriques et transmettent ces informations à la prothèse, qui agit selon des schémas de mouvement de main préenregistrés. Malheureusement, on pourrait croire qu’elle est contrôlée mais ce sont les impulsions (leur nombre, leur durée et leur intensité) qui indiquent comment la main doit bouger… Le projet Smart Hand, financé en partie par la Communauté européenne, est à l’origine d’une main artificielle permettant de ressentir. Robin af Ekenstam, le patient test de Smart Hand, dit sentir le bout de ses doigts avec la prothèse. Comment cela est-il possible ? Après son amputation, les chirurgiens ont relié les nerfs de Robin au moyen d'un mince fil électronique. Grâce à cela, les impulsions peuvent aller et venir de sa prothèse vers son cerveau. Après quelques entraînements, il s'est révélé capable de tenir une bouteille sans l’écraser, d'ouvrir une porte avec une clé ou de boire dans un verre. Outre la possibilité de retrouver l’usage d’un de ses membres, ces prothèses permettent de diminuer, voire d’éliminer la présence du membre fantôme, le plus souvent douloureuse. Le cerveau, n’ayant pas encore intégré l’absence du membre en question, envoie de fausses informations et provoque ce phénomène. À noter, l’existence du projet Open Prosthetics (www.openprosthetics.org), qui applique la philosophie du libre partage des concepts à la prothétique et dont la devise est : « La prothèse ne doit pas nous coûter un bras et une jambe. » Depuis une trentaine d’années, les robots entrent de plus en plus dans nos vies. Le domaine médical n’échappe pas à cette tendance. L’ère du « tout-robot » n’est pas encore à l'ordre du jour, mais un nombre croissant d’opérations se font grâce à ces robots chirurgiens (environ soixante-treize mille patients américains opérés en 2009). Et les universités se servent de plus en plus de mannequins robotisés afin de former aux diverses professions médicales. (Les nanorobots ne sont pas en reste, puisque les budgets alloués chaque année augmentent.) Les prothèses, quant à elles, apparaissent de plus en plus perfectionnées et améliorent considérablement la vie des utilisateurs. Qui a dit que la robotique nous mènerait à notre perte et que les robots nous détruiraient tous ? ■Matthieu Destephe


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Dans le traitement du cancer, des robots médicaux, issus du monde industriel, sont peu à peu mis en œuvre sur des organes rigides ou semi-rigides (os, cerveau…).

LES ROBOTS

CONTRE LE CANCER

L'équipe de maintenance du CyberKnife d'Accuray au Centre Antoine Lacassagne de Nice.

La radiothérapie est une technique de traitement utilisant les rayonnements ionisants. Elle est utilisée depuis un siècle environ, c'est-àdire peu après la découverte du radium et des rayons X. Elle occupe une place majeure dans

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les progrès obtenus dans le traitement de nombreux cancers ; utilisée le plus souvent en complément d’une chirurgie ou d’une chimiothérapie (ou encore d’un protocole associant les deux), la radiothérapie, dans certains cas, est aussi administrée seule afin de détruire les cellules cancéreuses des tumeurs. Les appareils classiques de radiothérapie sont des accélérateurs linéaires de particules qui traitent avec des photons (rayons X) ou des électrons. Jusqu’à présent, la difficulté principale était de parvenir à irradier avec une extrême précision uniquement le volume tumoral, en épargnant les tissus sains environnants. Les rayonnements ont pour fonction de détruire l’ADN des cellules cancéreuses, en déposant une certaine quantité d’énergie au sein même de ces cellules (phénomène d’ionisation). L’irradiation des tumeurs s’accompagne inévitablement d’une irradiation des tis-

sus sains entourant la tumeur, ce qui peut provoquer des séquelles ou empêcher de délivrer une dose « efficace » à la tumeur. L’arrivée des robots a chamboulé cet état de fait : ils entrent progressivement dans le monde médical sous forme de systèmes complexes. Ils intègrent la perception (images médicales et informations) et l’action (positionnement précis dans l’espace et retour d’information). Un robot se définit comme un outil programmable capable de réaliser des actions précises, adaptées et répétitives dans un environnement donné. LE CYBERKNIFE TRANCHE DANS LE VIF Voilà un robot portant un appareil de radiothérapie, c'est-à-dire un accélérateur linéaire miniaturisé qui délivre des rayons X, permettant d’irradier la tumeur. Sa précision de positionnement asservi est de l’ordre de 0,2 mm.


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“Cette technique ultraperformante donne aussi la possibilité de continuer à irradier parfaitement la tumeur lors des déplacements induits par les mouvements respiratoires. ”

Mise en situation du robot CyberKnife d'Accuray.

Le CyberKnife a le grand avantage de se déplacer en trois dimensions, ce qui permet d’orienter les faisceaux d’irradiation suivant six axes de liberté (trois translations et trois rotations). La distance source-tumeur varie de 650 à 1 000 mm et selon les installations, on peut obtenir plus de mille positions différentes de traitement. L’accélérateur linéaire porté par le robot produit des rayons X de 6 mV, avec un débit de dose de six cents unités moniteur/min. Le diamètre du faisceau s’échelonne de 0,5 à 6 cm. Jusqu’à trois tailles de faisceau peuvent être utilisées au cours d’un même traitement pour améliorer la conformalité et l’homogénéité de l’irradiation. Ce robot se trouve associé à une table de traitement robotisée permettant de faciliter l’alignement des patients à partir de la salle de contrôle ; elle utilise le système de guidage par l’image avec une précision inframillimétrique. Et possède également six axes de liberté (trois translations et trois rotations). Afin de déterminer avec précision l’emplacement de la tumeur, le CyberKnife utilise un système de localisation radiographique constitué de deux tubes à rayons RX (jusqu’à 125 kV) fixés au plafond de la salle de traitement, de chaque côté de la table de traitement. Ils sont associés à deux détecteurs numériques de rayons RX incorporés dans le sol de ladite salle. Ces détecteurs forment une matrice de 1 024_ pixels, ce qui permet d’obtenir des pixels de 0,4 mm_. Deux clichés radiographiques orthogonaux numérisés, faiblement

irradiants, sont générés avant chaque nouveau tir de faisceau. Ils sont visualisés sur une console dans la salle du pupitre de commande. Le recalage est alors effectué par rapport à la position de référence de la tumeur. Les coordonnées calculées lors du recalage d’image sont envoyées au robot pour correction avant chaque tir de faisceau afin d’asservir l’irradiation aux micromouvements (inframillimétriques) du patient, dus principalement aux variations de tonus musculaire. Le volume tumoral se trouve donc ciblé de façon beaucoup plus précise et les tissus environnants sont totalement protégés. Cette technique ultraperformante donne aussi la possibilité de continuer à irradier parfaitement la tumeur lors des déplacements induits par les mouvements respiratoires. Dans ce cas, on utilise un système de localisation optique permettant l’asservissement à la respiration et/ou aux mouvements physiologiques d’où un « tracking » en temps réel du volume cible pendant le tir d’un faisceau. Trois marqueurs externes — des diodes électroluminescentes (LEDs) — sont placés sur le thorax. Le signal émis par les LEDs est capté par les caméras et digitalisé afin de corréler le déplacement du volume cible avec ceux desdites LEDs. Un algorithme d’anticipation (200 ms) permet de s’affranchir de l’inertie du système. La durée du traitement utilisant ce système va dépendre de la dose délivrée et des contrôles effectués en temps réel. La précision finale de traitement (TDM, planification du traitement, guidage par imagerie,

robot et accélérateur linéaire) est inférieure à 0,95 mm pour les lésions peu mobiles et à 1,5 mm pour les cibles mobiles. Cette haute précision et le déplacement de ce robot offrent également la possibilité de traiter des tumeurs difficilement atteignables, voire inopérables d’un point de vue chirurgical. Le CyberKnife constitue une nouvelle génération de traitement à l’efficacité prouvée pour un meilleur confort des patients: il se révèle non invasif, indolore (il ne nécessite pas l’utilisation de cadres stéréotaxiques pour immobiliser le patient) et ne réclame pas d’anesthésie. Il est réalisable en consultation externe avec peu de convalescence (voire sans) et permet la reprise immédiate d’une activité normale. ■Pierre-Yves Bondiau

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NOテ記 2010

TOUT UN UNIVERS DE

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Un an après, nous nous sommes aperçus que certains robots restaient indétrônables pour les fêtes de fin d'année. Nous avons essayé de dépoussiérer au maximum notre sélection, afin d'y faire apparaître le plus possible de nouveautés. Trente robots ont ainsi été proposés à nos mains fébriles, puis classés suivant leur genre. Florilège…

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NOTRE SÉLECTION DE CINQ ROBOTS MÉNAGERS OU D’ENTRETIEN

Dossier

EVOLUTION ROBOTICS MINT Le nettoyeur de plancher La simplicité même ! Suivant la lingette (il est compatible avec toutes celles que l’on peut trouver dans le commerce, comme les Swiffer) sèche ou humide que vous lui placez sous le ventre, il fait office de balai ou de serpillière… Équipé de la technologie NorthStar tout comme le Rovio de WowWee, Mint se déplace en sachant exactement où il se trouve dans la pièce, ce qui lui permet de tirer un profit maximum de son temps de travail. De plus, en mode Lavage, il exécute de légers mouvements de brossage pour extirper la crasse récalcitrante… Prix : 250 

E-ZICLEAN VAC-100 Le robot aspirateur à petit prix S'il existe un robot aspirateur au prix plancher qui fait son travail très sérieusement, c’est bien le Vac-100. Malgré son boîtier plastique (au design sympathique et au toucher qui s’apparente à celui que procure un jouet), il travaille plutôt convenablement. Muni d'une base de recharge, d'une télécommande, d'un mur virtuel et de flacons d'huiles de senteur, il a tout d'un grand. Seule sa hauteur, qui ne lui permet pas de passer absolument sous tous les meubles, pourrait vous dissuader de l’acheter. Prix : 285 

SAMSUNG NAVIBOT SR8855 Le robot aspirateur de nouvelle génération En cette fin d’année, de grandes marques de l'électroménager apparaissent dans le catalogue. Cette fois-ci, c'est Samsung qui se lance dans la course en proposant un aspirateur automatique aux capacités remises à jour. Il est équipé d'une caméra qui l'aide à cartographier son environnement afin de le nettoyer plus rapidement, tout en évitant les obstacles. Un système Visionary Mapping lui permet même, quand il doit stopper pour faire une pause recharge à sa base, de reprendre son boulot à l'endroit exact où il en était. Prix : 370 

INVENTION CONCEPTS SOLAR-BREEZE Le robot écumoire de piscine solaire Il récupère tous les débris végétaux et les insectes qui flottent à la surface de la piscine avant qu’ils ne coulent. Un distributeur de produits de nettoyage (et de chlore sous forme de pastilles) y est intégré. Plus important, il n’est nul besoin de l’alimenter ! Car son fonctionnement dépend uniquement de l’énergie solaire et par beau temps, il nettoiera votre piscine toute la journée si vous le voulez. Il est également possible d'alimenter le Solar-Breeze au moyen d’une batterie pour un nettoyage à l'ombre ou en pleine nuit. Prix : 500  IROBOT SCOOBA 385 Le robot laveur toujours non détrôné Déjà présent dans notre sélection de l'année dernière, ce robot laveur remplace votre serpillière. Un peu d'eau, du liquide de nettoyage ou du vinaigre blanc et votre petit Scooba va faire reluire carrelage, lino et plancher stratifié à votre place. Fonctionnant à la manière d'un robot aspirateur, il prendra son temps mais fera correctement le travail demandé. La graisse accumulée sous un four ou un réfrigérateur disparaîtra en un clin d’œil (je l'ai constaté lors de mon dernier déménagement). Prix : 430 

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BOSSA NOVA ROBOTICS PENBO Le premier robot destiné aux filles ! Bossa Nova Robotics, dont le siège se trouve à Pittsburgh, s'est spécialisée dans les robots jouets. Comme la plupart des entreprises de robotique de cette cité, Bossa Nova tire ses racines de l'université Carnegie Mellon. Voici donc le Penbo, un manchot robotisé… Son teint rose laisse à penser que c'est une femelle. Il contient dans son ventre un œuf (cela confirme ce que l'on disait) qui transporte un bébé Penbo. Livré aléatoirement (quatre couleurs sont possibles), un peu comme un enfant qui naît sans connaître son sexe, ledit bébé peut émettre des sons ou appeler le Penbo (qui lui-même répond à différentes stimulations comme la voix ou le toucher). Prix : 60 

NOTRE SÉLECTION DE CINQ ROBOTS DE COMPAGNIE

GUPI Un robot cochon d'Inde Pas vraiment nouveau mais un peu méconnu malgré son potentiel, le Gupi réclame des soins, tout comme un Tamagotchi : vous devrez le nourrir d’une carotte, le caresser, faire joujou avec lui, sinon il deviendra peureux et aigri ! Il se déplace dans la maison et peut visiter chaque pièce sans se cogner dans les murs. Si l’un de ses congénères se trouve à proximité, les deux vont communiquer et jouer comme des petits fous. Il se révèle même capable de sortir d'un labyrinthe ! Gupi réagit à la voix et aux sons, il peut montrer des signes de frayeur et reconnaître un son marquant l’affection. Prix : 60  ARIMAZ MYDESKFRIEND Un compagnon espiègle sur votre bureau Mélange astucieux entre un robot communicant à la Nabaztag:Tag et un Tamagotchi, le petit robot MyDeskFriend est doué pour vous divertir tout en vous informant. Imaginez un petit manchot tout mignon de quelques centimètres qui se balade sur votre bureau, vient quémander des caresses, de l'attention — voire de la nourriture virtuelle… Peut-être serezvous tenté de le jeter par la fenêtre si vous devez vous concentrer sur votre travail ! Mais ce sera forcément avant de l'avoir entendu donner des nouvelles de vos amis, de la météo ou de la Bourse (tout en réclamant de jouer avec vos doigts)... Prix : 100 

MINDSCAPE KAROTZ Le Nabaztag nouveau est arrivé ! Après nous avoir tenus en haleine, Mindscape nous promet une troisième version du célèbre robot lapin communicant, le Nabaztag:Tag. Qui nous revient donc sous le nom de Karotz. Peu d'informations encore sur ce robot à l'heure où nous mettons ces lignes sous presse. Pour rappel, ce petit robot vous permet, comme le Tux Droid ou le MyDeskFriend, d’être informé de ce qui se passe sur Internet, même si vous n'êtes pas bien calé devant votre ordinateur. Il vous prévient vocalement de tout (e-mails, météo, la mise à jour de votre site favori, etc.). Le Karotz serait équipé d'une connexion WiFi plus performante, d'un haut-parleur de meilleure qualité et d'une webcam. À voir... Prix : non communiqué PAROROBOTS PARO Un robot thérapeutique Paro ressemble à un mignon petit bébé phoque. Sa finalité : calmer les personnes qui jouent avec lui, en communiquant par le biais d’émotions. Il se révèle très utile dans les hôpitaux, les crèches ou les maisons de retraite. Paro possède des senseurs tactiles et répond en bougeant les pattes et en ouvrant et fermant les yeux,. Il peut aussi répondre à des sons, apprendre son nom et manifester la surprise, la joie ou la peur. Prix : 5 000 

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NOTRE SÉLECTION DE CINQ ROBOTS DE TÉLÉPRÉSENCE/SÉCURITÉ

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SPY GEAR SPY VIDEO TRAKR Le premier robot télécommandé programmable Le Spy Video Trakr est une sorte de Spykee « light ». Le robot se déplace sur chenilles et possède une caméra couleur capable de voir la nuit. Le pilote utilise une télécommande radio qui reçoit en direct le flux vidéo et sonore sur un petit écran LCD et peut discuter avec la personne placée en face du robot. En revanche, le robot n'est pas en réseau et ne passe donc pas par Internet — tout est en liaison radio. Un point positif : le « jouet » est livré avec un kit de programmation en C/C++ (l'API est open source). Prix : 130 

SURVEYOR SRV-1 Le robot de téléprésence open source Surveyor Corporation a mis au point un petit robot de téléprésence dont le concept est désormais open source. Le SRV-1 est équipé d'une caméra haute définition (jusqu'à 1280 par 1024), d'un pointeur laser et d'une carte réseau WiFi. On peut l’utiliser en mode Téléprésence, en mode Autonome — voire en mode Essaim (une multiplicité de robots capables de communiquer afin de mener à bien une mission). Tout dépendra de votre niveau en matière de développement… Des outils sont déjà livrés avec le SRV-1, qui peuvent fonctionner sous Windows, Mac et Linux avec Python ou Java. Un miniserveur Web (qu’il est possible d’appeler de n'importe où dans le monde) figure également dans son arsenal. Prix : 500 

SUPERDROID ESP TOSS BOT Un robot de sécurité professionnel à petit prix Ce robot convient parfaitement à la surveillance d’une grande maison depuis l'autre bout du monde… Léger (grâce à une base en mousse et en aluminium) mais résistant, ESP Toss Bot peut franchir de nombreux obstacles et même se redresser s'il se retrouve les quatre fers en l’air. Il est équipé d’une caméra orientable et son réseau sans fil est à la norme WiFi (un récepteur LCD WiFi est également livré avec le robot). Prix : 2 500  SUPERDROID RP2W Le robot de téléprésence à votre hauteur Les robots de téléprésence disponibles sur le marché grand public souffrent d’une petite carence : ils sont trop courts de taille et voient donc le monde à la hauteur du tibia... Le RP2W reprend le principe du Spykee ou du Rovio, mais cette fois la caméra pointe à hauteur d’homme. Bon, le look de ce robot fait un peu amateur : la caméra est placée en hauteur, au-dessus de sa base roulante, et le visage de votre interlocuteur apparaît sur un simple ordinateur portable… Mais baste !, cela fonctionne — c'est le principal ! Prix : 4 300  ANYBOTS QB Encore un robot de téléprésence à votre hauteur Le QB est une sorte de RP2W (décrit précédemment), mais doté d’un aspect bien plus fini et plus pro. Il arbore une tête de « robot » et sa hauteur est réglable. De plus, un écran a été placé sur son chapeau, ce qui lui permet d'afficher le visage de son interlocuteur. Il se déplace à la vitesse de 5,5 km/h et pèse 16 kg. Le prix est à l’avenant ! À quand un Spykee qui ferait 1,60 m ? Prix : 12 000 

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OWI WALKER II Un petit robot (à monter) qui écoute et voit la lumière Avec ou sans soudures et suivant le modèle que vous choisissez, vous devrez monter ce robot comme une maquette. Walker II se déplace sur quatre pattes et pour le faire démarrer ou l’arrêter, il faudra claquer des mains ou l’éclairer d’une puissante lumière. Le kit permet de s'adonner de façon simple à la robotique et de se familiariser avec les senseurs de sons et les lumières (ainsi qu'à la marche à quatre pattes…). Prix : 40  OWI ARM EDGE OWI-535 Un bras robotisé à petit prix Il existe un robot manipulateur pour la maison à moins de soixante euros. Certes, il ne peut supporter qu'un poids de cent grammes, mais ce n’est déjà pas mal pour un début. Il est possible de le piloter au moyen d’une télécommande filaire par le biais de laquelle vous pouvez actionner la pince, le poignet, le coude, la rotation de la base et de la pince. Une extension USB en option (soixante euros également), permet de connecter votre bras robotisé à un PC sous Windows en vue de la programmation. Et d'autres extensions existent, pour le piloter vocalement ! Prix : 60 

NOTRE SÉLECTION DE CINQ ROBOTS ÉDUCATIFS

EASY ROBOTICS HEXAPODE 12S Un robot à six pattes L’Hexapode 12S se présente comme un kit robotisé contenant douze servomoteurs. Rapide, léger et puissant, il constitue une bonne initiation à la « robotique sur pattes ». Il est livré avec un châssis prédécoupé (pour fixer certaines cartes standards) et avec un autre (supérieur) sans découpe, destiné à l’implantation de vos propres équipements. On peut ensuite y fixer une tourelle qu’on pourra équiper de multiples capteurs (comme un télémètre à ultrasons ou à infrarouges, une caméra miniature, etc.). À réserver aux initiés ! Prix : 370 

POB-TECHNOLOGY DESIGNER KIT Le robot à tout faire en kit POB-Technology nous a préparé un petit package ludique et éducatif très complet à destination des débutants comme des plus confirmés. La base utilisée est un cube posé sur trois roues, incorporant différents connecteurs pour des extensions. Ce pack contient également deux servomoteurs, un capteur de distance, une pince, etc. À vous d'en faire ce que vous désirez : un robot footballeur ou dessinateur, par exemple. Pour le programmer, une suite logicielle pour votre PC est également livrée, qui contient RISBEE et POB-Tools. Prix : 400 

ROBOBUILDER KIT CREATOR 5710K Un petit robot humanoïde programmable Ce kit d'initiation à la robotique se veut complet. Il propose toute une variété de modèles de robots à construire — dont un robot humanoïde, un dinosaure (qui ressemble plutôt à un scorpion) et un chien. Le robot est ensuite piloté par un système sans fil. Depuis Internet, il est possible de télécharger des fichiers de mouvements et de créer ainsi vos propres chorégraphies. Le robot se déplace rapidement et peut être complété par des modules supplémentaires (comme des capteurs). Prix : 450 

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Dossier NANDA HOME TOCKY Votre réveil robotisé Nanda a donné un successeur à son premier robot réveil, le Clocky. Le Tocky va aider les plus feignants à sortir de leur lit.Vous le posez sur votre table de nuit après y avoir chargé vos fichiers musicaux MP3 favoris (ou bien laissé la sonnerie de base) et vous lui donnez l'heure de votre réveil. À l'heure dite, il se laissera tomber par terre et parcourra la chambre dans tous les sens en vous faisant entendre votre chanson préférée ou le son strident de base. Il faudra donc se lever pour lui courir après afin de l'arrêter. Énervant ? Efficace — en tout cas ! Prix : 80 

PARROT AR. DRONE Une caméra volante pilotée par téléphone L'AR. Drone est un quadricoptère transportant deux caméras, l’une filmant devant elle et l'autre au-dessous. Depuis votre iPhone, iPod Touch ou iPad, vous aurez la possibilité de le piloter, ainsi que de voir le retour vidéo du drone. La liaison se fait par réseau WiFi. L'engin peut voler en duo, voire plus, et diverses applications, comme des jeux, sont disponibles. Attendez-vous à livrer des combats acharnés en plein vol aux commandes de votre AR. Drone ! Prix : 300 

NOTRE SÉLECTION DE CINQ ROBOTS DIVERS

DR. ROBOT HAWK ROBOT Le robot ultime Un vrai robot de type humanoïde (enfin... sur roues !) d'un mètre quarante à programmer est à votre disposition… à condition que vous en ayez les moyens !. Dr Robot Inc., une société canadienne, en propose un — particulièrement évolué —, le Hawk. Utilisant une base roulante X80 de la même marque sur laquelle ont été ajoutés un tronc, deux bras et une tête, il a tout d'un grand robot moderne et sera parfait pour faire visiter les locaux de votre entreprise ou servir de réceptionniste ; il trouvera également bien des utilisations dans les écoles ou les laboratoires de recherche. Prix : 5 000 

WHITE BOX ROBOTICS PC-BOT 914 LINUX PLAYER Un véritable PC robotisé Le PC-BOT 914 constitue l'évolution ultime d'une grande lignée de robots programmables, disponibles depuis 1982 (HERO 1). Le principe en est simple : un ordinateur posé sur une base roulante à laquelle on peut adjoindre de nombreux périphériques. Il se présente comme un robot tournant sous environnement Linux Ubuntu et sur un processeur VIA 1.3 GHz. Le PC-BOT 914 est livré avec un environnement de développement Player/Stage. À réserver aux très grandes pointures ! Prix : non encore défini DARWIN Un robot inspiré par Johnny 5 Fabriqué à l'origine par un passionné, Darwin reprend le physique avantageux du robot Johnny 5, le héros des films Short Circuit 1 et 2. À la demande de nombreux fans, il est désormais en cours de commercialisation en petite série. Piloté par ordinateur, Darwin se déplace sur des chenilles, bouge les bras, les mains, la tête, les yeux et les sourcils... À partir de cette base, vous pourrez développer des applications encore plus impressionnantes. Dépêchez-vous si vous voulez avoir ce robot à la maison ! Prix : non encore défini

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ZIBITS Un petit robot télécommandé Un minuscule robot qui se déplace sur votre bureau, cela vous tente ?… Il se pilote par une télécommande sans fil, tourne sur lui-même et avance selon vos ordres. De nombreux modèles existent. Avec plusieurs robots, vous pouvez engager une partie de football ou disputer une course dans un labyrinthe de livres. Il suffit souvent de peu pour s'amuser…Prix : 10 

WOWWEE ROBOSCOOPER Le collecteur de petits objets Voici le petit nouveau de chez WowWee, le fabricant du célèbre RoboSapien. Ses concepteurs ont dû aller voir Wall-E et cela se sent… Roboscooper s'est mis en tête de nettoyer votre chambre... à condition que ce qu'il ramasse ne pèse que quelques grammes ! Piloté par la télécommande ou bien en mode Autonome, le robot se déplace dans la pièce et attrape au moyen de ses bras ce qu'il trouve devant lui, afin de le poser dans un coffre situé sur son dos. Je veux son grand frère pour ranger ma maison ! Prix : 70 

WOWWEE ALIVE LION CUB Un lionceau réaliste à dorloter Partout où j'apporte cet animal, il fait fureur ! Petits et grands se pressent autour de lui. Il se présente comme un lionceau (dont la tête est entièrement robotisée), en adopte toutes les mimiques et réagit au toucher par des ronronnements ou un miaulement apeuré. À vous de savoir l'apprivoiser ! Attention, ce jouet peut entraîner une assuétude — et pas seulement chez les enfants ! D'autres modèles Alive existent — comme un koala, un phoque ou un tigre blanc… Prix : 80 

HORIZON H-RACER 2.0 La voiture à hydrogène fonctionnelle à 100 % Qui a dit que les automobiles devaient fonctionner uniquement avec du pétrole modifié ? Il existe des solutions écologiques et ce jouet le démontre très bien. Un peu éloigné du principe du robot mais tout aussi intéressant, le H-Racer 2.0 est le premier bolide fonctionnant à l'hydrogène. Il utilise l'hydrolyse de l'eau ; la station de recharge pompe donc son énergie dans l'aqua simplex et au moyen d’un simple panneau solaire. Une fois votre automobile chargée en hydrogène, il n'y a plus qu'à la piloter grâce à une télécommande (qui permet également d'allumer et d’éteindre vos phares). Prix : 130 

NOTRE SÉLECTION DE CINQ ROBOTS JOUETS

HEXBUG NANO Un robot insecte Le Nano est un petit robot qui se déplace avec une grande rapidité sur une surface plane, comme le font les insectes. Il fonctionne à la manière d'une tête de brosse à dents et se trouve muni d'un moteur de vibreur de téléphone. Pour s'amuser au mieux avec lui, il est conseillé d'en disposer plusieurs sur un circuit prévu à cet effet. Cela donne l'impression d'une véritable fourmilière… Prix : 13 

Frédéric Boisdron

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Les dossiers

CHRONIQUE BRÈVE DU TEMPS QUI PASSE VITE

DES ENFANTS ET DES ROBOTS

r Museum. Pocket Compute Crédit photo : The eum.com). (www.pocketmus

Peu d’enfants ne sont pas contaminés, à un moment ou un autre, par la passion des robots. De fait, nombreux sont les fabricants de jouets qui répondent à cette demande…

LA TORTU E

s qui des robots mobile Les Tortues sont nt so ils au fait qu doivent leur nom , soucoque plastique e un d ts recouver s en ru e. Ils sont appa vent transparent s de l tie titué lessen 1949 et ont cons au u sq ju intérieur robots mobiles d tte 1980. Cest à ce es né an s début de

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ance rent utilisés en Fr époque quils fu r les itie in ur po , sses dans certaines cla GO, LO rammation en enfants à la prog aliré n tio ta expérimen reprenant là une ir vo sa en ur 71. Po sée au MIT en 19 anifrançaise de cet n io rs ve la r plus su erte uv co up pour la dé mal qui fit beauco é di dé e sit il existe un de la robotique, de o ot ph La in.com). (www.tortue-jeul a été cet article nous nt ra st illu classe ociass nsmise par la aimablement tra de 23 n° nces et le tion Planète Scie terlin e os op pr icrobe son périodique M es i libéra ces petit view de celui qu UY NG TA r ge Ro . M bêtes de leur fil, . t/) bo /ro nces.org (www.planete-scie ué rib st di us nest pl Hélas, ce coffret ursuit même si Jeuli po , es ol éc s le dans merm co dagogique en son aventure pé

us Mindstorms. No cialisant des Lego ur po ces colonnes profitons donc de lipo rs eu aux décid lancer un appel nt de préparer ge ur t es il tiques : ir fants à leur aven aujourdhui les en cle s le botisé. Que dans un mode ro isex ns tio lu t, des so teurs se rassuren de sir ai pl le ns auro tent — que nous à ns les numéros da r te en és pr vous rt pa ire fa pas à nous venir ! Nhésitez es de vos remarqu l.com)… ai gm @ ts (nd.robo


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“Pour les plus jeunes, la plupart des jouets exploitant ce thème sont soit des figurines, soit des jouets télécommandés.”

Pour les plus jeunes, la plupart des jouets exploitant ce thème sont soit des figurines, soit des jouets télécommandés. Au mieux, certains d’entre eux présentent une mécanique très élaborée (mais n’offrent qu’une Intelligence artificielle faible, se limitant à des séquences préprogrammées ou à un petit programme de déplacement élémentaire du type « je recule et je tourne lorsque je rencontre un obstacle »). Et surtout, ces jeux ne proposent pas un apprentissage des bases de la robotique. Plus tard, à partir de l’âge de dix ans, les jeunes amateurs de robotique peuvent se régaler avec des Lego MindStorms ou les robots mobiles Fischertechnik. Mais en attendant, y at-il moyen de répondre aux attentes de nos chères têtes blondes ? Une bonne introduction consiste à participer avec eux aux journées de la Fête de la Science. Elle se déroule en automne, ouvre les portes des laboratoires aux écoles comme aux groupes en semaine et aux particuliers le week-end. Nous vous recommandons vivement de vous tenir informés des manifestations qui ont lieu dans votre région grâce au site www.fetedelascience.fr. Et à Paris (à l’université de Jussieu), le département de robotique, l’ISIR (Institut des Systèmes intelligents et de Robotique), organise chaque année des activités. Là, à partir de sept ans, sous l’œil envieux de leurs parents, les enfants peuvent charger un programme dans un robot mobile

réduit à sa plus simple expression : une pince, deux roues motorisées et un capteur de mouvements. Le laboratoire utilise pour cette manipulation du matériel Parallax. Une fois lâché, le robot tourne, ouvre et ferme ses pinces et doit éviter ses congénères. Autre lieu à découvrir, les ateliers de robotique des écoles de la Ville de Paris. Vous pouvez y voir évoluer des robots mobiles réalisés en Lego Mindstorms et, dans une autre pièce, appréhender la programmation de robots dans le cadre d’un jeu d’initiation à la programmation (un « serious game »), CoLoBot. À l’issue de ces journées de découverte, ne le cachons pas, l’envie de construire des robots n’aura fait que croître. La question est donc : « Comment faire découvrir la robotique à des enfants de moins de dix ans ? » Au-delà du plaisir réel que procure cette activité, un enjeu plus important se profile. Si les adultes d’aujourd’hui peuvent imaginer poursuivre leur vie active sans avoir à maîtriser les concepts de la robotique, ainsi que leurs parents le firent avec

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l’informatique, inutile d’y songer pour les plus jeunes ! En effet, leur futur sera empli de robots comme notre présent l’est d’ordinateurs. Certains trentenaires se souviennent certainement qu’il existait en France, aux débuts des années 1980, des cours de robotique pour les écoles primaires. Il s’agissait d’examiner un robot mobile baptisé la Tortue (voir encadré) et de le programmer en LOGO, afin de lui procurer la faculté de se déplacer. Ce coffret éducatif était distribué par la société Jeulin. La France innovait dans le domaine… ■Nicolas Denis

autre jeu dapprentissage de la programmation, plus scolaire mais également en 3D, CeeBot (www.ceebot.com). Les moins — Pas de programmation graphique (le jeu date un peu), ce qui naide pas les débutants. — Une version commerciale en anglais. Doù des difficultés pour les plus jeunes à comprendre lobjectif à atteindre. — Le prix : 52 .

CoLoBot est un jeu de stratégie et dinitiation à la programmation. Vous êtes à la tête dune expédition spatiale et pour réussir les missions qui vous sont confiées, vous avez des robots à votre disposition. Vous pouvez les diriger vousmême, mais cela devient fastidieux quand lesdites missions se compliquent. La bonne solution consiste à élaborer des programmes, que vous pourrez conserver au fil des niveaux et que les robots exécuteront. Ce jeu permet de faire prendre conscience de létat de lart de la robotique : identification des tâches répétitives, définition (simple) dun algorithme pour les réaliser et écriture dun programme, chargement dudit programme dans la mémoire du robot et exécution par ce dernier. À noter que la même entreprise, EPSITEC, propose un

Les plus — Cest le seul jeu dinitiation à la programmation robotique ayant poussé aussi loin le graphisme. — Une version de démo en français, dotée de quatre niveaux et téléchargeable gratuitement.

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ET SI LA ROBOTIQUE

SONNAIT LE GLAS DE MEETIC ?

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Verra-t-on un jour, au cours de nos navigations sur Internet, des encarts publicitaires présentant d’aguichantes silhouettes féminines qui nous lanceraient cette invitation : « Fatigués de chercher votre âme sœur sur Meetic ? Venez choisir votre compagne robotique ! »

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Dossier “Il y a à parier que ces charmantes créatures n’ont pas fini de profiter des avancées de la recherche en robotique.”

Quelques clics pour personnaliser votre future moitié : couleur de la peau, des cheveux et des yeux, mensurations, visage, voix, choix de l’Intelligence artificielle selon votre personnalité — et le tour serait joué ! Vous recevriez à domicile la femme de vos rêves dans une grande boîte (qu’il suffira d’ouvrir pour que l’idylle commence…). RÉALITÉ OU SCIENCE-FICTION ? Ni l’une ni l’autre — ou plutôt un peu des deux… En effet, le marché des gynoïdes (robots anthropomorphes d’apparence féminine) à usage sexuel existe déjà et connaît de fervents amateurs. N’espérez pas pour autant partager de longues discussions romantiques au coin du feu ou vous promener main dans la main avec ces versions high-tech de la poupée gonflable : seule une solide imagination vous préservera de la déception… Alors, qu’en estil réellement des produits proposés aujourd’hui par les fabricants ? Ces derniers sont confrontés à une triple problématique dans l’élaboration de leurs produits : l’esthé-

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tique, les fonctionnalités liées au plaisir et la capacité à interagir avec l’environnement — les interactions devant être aussi similaires que possible au comportement humain. Japonais, Européens et Américains se sont attelés à nous fournir des partenaires « parfaits », aboutissant à des produits variés. Les Japonais d’Orient Industry ont, pour leur part, mis de côté toute tentative de « robotisation » de leurs poupées moulées et privilégié l’esthétique. La société s’est fait connaître sur ce marché grâce à l’Antarctica, un modèle prisé par les scientifiques en mission sur la base de Showa. Aujourd’hui, elle doit son prestige à sa qualité et à l’aspect particulièrement réaliste de ses Candy Girls fabriquées à base de silicone et de vinyle. Elles sont articulées et dotées de deux orifices fonctionnels, la bouche ne s’ouvrant pas. Au Japon, de telles poupées moulées sont acquises pour un prix moyen de quatre mille cinq cents euros par des particuliers ou par des sociétés, qui les louent ensuite à leurs clients (environ quatrevingt-dix euros les quatre-vingt-dix minutes).

Les love dolls de la société allemande First Androids sont le résultat de choix radicalement opposés. En effet, si l’esthétique des modèles proposés apparaît très moyenne, les efforts ont clairement été centrés sur les fonctionnalités proposées au client. Ces dernières varient selon les modèles… Andy est par exemple doté d’un pouls perceptible, d’une hanche à rotation, d’un système de fellation à intensité variable et il est même possible de régler la température de son corps. Ses concepteurs se sont assurés qu’il n’aurait pas les pieds froids en noyant des fils chauffants dans la couche interne de silicone qui constitue sa peau. D’autres gynoïdes peuvent simuler la respiration, sont dotés d’un logiciel de reconnaissance des formes et de capteurs optiques dans les yeux, peuvent basculer la tête dans plusieurs positions ou encore sont à même de procurer une caresse manuelle à leur heureux détenteur. Cette dernière fonctionnalité est rendue possible par la motorisation de l’articulation du poignet, qui permet à la main d’effectuer un mouvement de bascule.


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Roxyldoll

tifier son prix (annoncé entre cinq mille cinq cents et sept mille euros)… Le meilleur équilibre entre l’esthétique, la fonctionnalité et les interactions avec l’environnement a sans doute été obtenu par les Japonais de la société Axis. En effet, leurs honeydolls n’ont pas à rougir de leur physique, d’une qualité assez semblable à celle des Candy Girls d’Orient Industry. Certains modèles permettent une pénétration orale sans que leur apparence souffre de la passive hébétude dont sont victimes certaines concurrentes à la bouche constamment ouverte. C’est l’utilisation du styrène (dont l’élasticité et la résistance sont supérieures à celles du silicone, ce qui permet de valoriser l’apparence, sans risque de déchirure du matériau). Grâce aux capteurs de pression placés dans leur poitrine, associés à un boîtier vocal, ces gynoïdes répondent aux caresses par des gémissements et des mots doux. Quatre voix différentes sont proposées et les plus exigeants pourront enregistrer eux-mêmes la voix d’une femme de leur choix. Pour couler des jours heureux avec une poupée de miel, il faut investir dans les six mille euros…

La main elle-même, n’étant pas dotée de mouvements de préhension, reste inerte dans une position partiellement refermée. Ces serviables compagnes sont accessibles à partir de cinq à six mille euros. ROBOTS PERSONNELS SANS PERSONNALITÉ ? Petit dernier sur le marché, Roxxxy, de l’Américain Douglas Hines, n’est guère plus convaincant physiquement que ses cousins allemands. Il s’agit d’une poupée moulée et articulée dotée de capteurs (disposés à des endroits stratégiques comme le buste, les mains ou le vagin), d’un module vocal et d’une connexion WiFi. Ce gynoïde est présenté avec beaucoup de conviction par son concepteur comme étant la compagne idéale, qui saura vous écouter (si vous avez assez d’imagination pour y croire) — et dont vous pourrez choisir la personnalité parmi les cinq qui sont disponibles. On comprend qu’après trois ans d’élaboration et un minimum de cinq cent mille dollars d’investissement, Hines ne lésine pas sur le marketing de son produit. Néanmoins les « personnalités » se résument à des ensembles de phrases scriptées déclenchées par la stimulation des différents capteurs. Un bouton dans son dos permet de passer d’une « personnalité » à une autre. Cohérente avec la qualité esthétique du robot, sa voix évoque plus facilement une certaine vulgarité qu’une chaude sensualité. Il faut donc tout l’enthousiasme de son créateur pour jus-

Orient-doll : Ami

DES PARTENAIRES DONT L’APATHIE NUIT QUELQUE PEU À LA SENSUALITÉ Il y a fort à parier que ces charmantes créatures n’ont pas fini de profiter des avancées de la recherche en robotique. D’ailleurs, certaines découvertes scientifiques de ces dernières

Roxxxy

Candy

années peuvent s’appliquer avec une grande pertinence au domaine des robots sexuels. L’accès à la locomotion permettrait d’insuffler un peu de dynamisme à ces partenaires dont l’apathie nuit quelque peu à la sensualité. Porteur d’espoir, le robot humanoïde ASIMO, développé par Honda, est capable de modifier sa trajectoire sans interrompre sa marche et d’emprunter les escaliers, en montée comme en descente. L’humeur constante de ces compagnes est un argument de vente récurrent. Certes, elles sont dans l’incapacité de froncer leurs sourcils devant une paire de chaussettes sales traînant au pied du lit (ce qui peut être un avantage !), mais elles sont tout aussi inaptes à répondre par un sourire à un compliment joliment troussé (ce qui est plus regrettable). Début 2009, l’Institut public japonais des Technologies industrielles avancées présentait Ucroa, un androïde doté de petits moteurs sous son masque facial. Ceux-ci lui permettent d’ouvrir la bouche, de plisser les yeux et donc d’arborer diverses expressions. Doter les robots sexuels de ces aptitudes les libérerait de leur relative impassibilité, facilitant ainsi un rapprochement affectif avec leurs propriétaires. Dans ce domaine justement, les deux principales difficultés résident dans la communication orale (compréhension du message reçu et émission d’une réponse adaptée) et dans la reconnaissance faciale. Imaginez une amante robotique qui, dans son incapacité à reconnaître un individu, susurrerait des mots doux à l’oreille d’un tiers plutôt qu’à celle de son propriétaire — et le légitime destinataire du message… Heureusement, Le Trung a mis au point Aiko , un gynoïde capable de distinguer jusqu’à trois cents visages par seconde et de comprendre treize mille phrases. De nombreux chercheurs en robotique se penchent sur la question de la communication — avec comme résultat des humanoïdes aptes à sou-

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Dossier

Ami

Jewel Rosa

tenir des conversations simples (comme indiquer une direction). Tout cela promet de pertinentes améliorations des compagnes artificielles, sous réserve de rentabilité économique. Cependant de grandes difficultés sont à prévoir dans le développement d’aptitudes qui leur permettraient de nouer des liens affectifs complexes. De fait, les recherches en Intelligence artificielle achoppent sur la reproduction de facultés vraiment humaines (comme l’empathie, par exemple). Plus encore, l’identification des émotions et le choix d’une réaction adaptée, ainsi que leur imitation à bon escient, ne constituent encore que de lointains mirages. Au-delà des difficultés de programmation, une limite matérielle risque de contrecarrer les efforts des chercheurs. Si la miniaturisation, indispensable face à une telle complexité, continue de galoper, elle a cependant commencé à décélérer. On peut ainsi douter que l’on soit capable à l’avenir de miniaturiser suffisamment les composants pour reproduire un organe aussi complexe que le cerveau humain dans un volume adapté aux robots anthropomorphes. Tout cela ne décourage pas les plus optimistes, qui prédisent pour demain la production de robots copiant non seulement notre apparence mais aussi nos comportements. David Levy, par exemple, l’auteur de Sex with Robots : The Evolution of Human-Robot Relations, est fermement convaincu que les robots se conduiront bientôt comme des hommes. Il estime que dans moins d’un demi-siècle, nous traiterons robots et êtres humains de la même manière et

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que nous nous accouplerons sans réserve avec lesdits robots… Pourtant, une large part de la communauté scientifique se montre plus dubitative, non seulement à propos des délais de développement, mais aussi de la pertinence de la création de ces copies robotiques de nousmêmes. M. Kaplan, qui a programmé le robot chien de Sony, doute que nous souhaitions vraiment côtoyer des créatures conçues à notre image. Position cohérente avec la théorie de l’Uncanny Valley (cf. Planète Robots n°5), qui met en évidence l’émergence d’un malaise face à un robot « trop » réaliste. Pourtant, doter les robots sexuels d’une maladresse mécanique ou d’un léger manque de réalisme dans l’apparence afin de préserver leur capital de sympathie peut sembler un obstacle à leur adoption comme partenaires charnels et affectifs. Par ailleurs, on peut se demander dans quelle mesure une cohabitation accrue avec ces machines modifiera la perception que l’on en a et facilitera leur acceptation. De plus, pour ce qui est des robots sexuels, on constate que la clientèle est aujourd’hui principalement composée d’hommes célibataires jouissant de revenus confortables. Il se pourrait donc que la possession d’un de ces gynoïdes devienne la marque d’un certain prestige social (à l’instar des voitures aujourd’hui). Une telle évolution permettrait à la fois de

Koyuki

Ange

contrebalancer efficacement les effets de l’Uncanny Valley et de rendre caduques les craintes de la sexologue Yvonne K. Fulbright, qui s’inquiète des répercussions psychologiques sur les utilisateurs et affirme : « Il y a un vrai problème avec les robots sexuels : les gens se sentiront des ratés si c’est leur seule solution. » La perspective de la création de robots humanoïdes imitant le comportement humain pose d’innombrables questions d’ordre éthique. Sans même aborder la problématique du statut juridique d’un robot doté des capacités émotionnelles et intellectuelles humaines… De telles recherches nous amènent à questionner la définition de l’humain, réflexion déjà menée par certains auteurs de science-fiction. Asimov en particulier avait ouvert la voie et, rappelons-le, inventé les androgynes R. Daneel Olivaw et R. Jander Panell. (Ce dernier, dans les


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“Imaginez une amante robotique qui, dans son incapacité à reconnaître un individu, susurrerait des mots doux à l’oreille d’un tiers…”

Ange

Les robots de l’aube, entretient des rapports sexuels secrets avec Gladia Delmarre, qui le considère comme son mari ; il paiera cela de son existence.) STUPEUR ET SENTIMENTS La principale problématique est clairement exposée par David Levy : « Si un robot se comporte comme s’il avait des sentiments, qu’est-ce qui nous permettra de dire qu’il n’en a pas ? Si les émotions artificielles d’un robot l’incitent à dire des mots comme ”je t’aime ”, pourquoi ne le croirait-on pas si ses autres schémas comportementaux corroborent ses dires ? » On a déjà pu observer chez les chiens robots ou le Tamagotchi avec quelle facilité et quelle intensité de tels produits pouvaient servir à focaliser l’affectivité des êtres humains… Sachant cela, certaines applications comme celles d’Hanson Robotics peuvent inquiéter. En effet, cette société a créé des androïdes qui ont l’apparence de personnes célèbres comme Albert Einstein et Philip K. Dick (auteur américain de science-fiction, décédé en 1982). Cette démarche semble anodine et ludique mais, appliquée au domaine des robots sexuels, peut rapidement faire froid dans le dos. La capacité de créer des « clones robotiques » de personnes réelles pourrait inciter les individus dont le lien avec la réalité est extrêmement ténu à glisser vers la psychose. Il serait simple, à la suite d’une rupture difficile, de nourrir son déni en commandant une

copie du conjoint et de prolonger ainsi une relation amoureuse qui, en réalité, a pris fin… Et quelle serait notre réaction en découvrant qu’un clone robotique occupe notre place ? Mais faisons fi de tout scepticisme et imaginons que demain, les robots anthropomorphes dotés de comportements humains soient commercialisés. Imaginons que la semaine prochaine, ils soient parfaitement intégrés dans nos sociétés. Nul frein ne nous retiendrait alors de choisir un robot par simple goût ou afin de nous épargner la quête d’une âme sœur quand la nôtre se révèle fertile en déceptions. Est-ce à dire que les sites de rencontres et autres agences matrimo-

niales vont tomber en désuétude ? Pas si sûr : ces robots conscients et animés de désirs et de pulsions, tout comme nous, pourraient fort bien chercher à les satisfaire en dehors de leur attachement programmé envers leur propriétaire. Meetic renaîtrait alors de ses cendres en proposant une rubrique spécifiquement dédiée aux robots ! ■Cécile Veneau

Réalisé en partenariat avec www.roomantic.fr

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Les dossiers

LES SAVANTS SONT FOUS DES BABYBOTS ! Qu’arrive-t-il à certains scientifiques ? Seraientils brusquement atteints du syndrome de l’enfant roi ? Nostalgiques sans doute du vert paradis des amours enfantines, ils s’entourent de bambins ! Pas des vrais — bien sûr —, mais des BabyBots, qu’ils cajolent, caressent et stimulent pour leur apprendre la vie… Ils jouent à la poupée mécatronique dans des laboratoires bardés de sondes et d’ordinateurs. Quid de ce phénomène mondial ?

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“CB2, d’une taille d’un mètre trente pour trente-trois kilos. Sa peau grisâtre en silicone et ses cinquante muscles pneumatiques lui donnaient l’air de sortir des abysses ou d’un film d’horreur des années 1950.”

certains couples qui n’avaient jamais songé à élever un enfant ont été séduits et voudraient tenter l’aventure. « Un enfant, ça semble amusant ! », disent-ils…

Le CB2, «Child-robot with Biomimetic Body», est capable de simuler les attitudes dun enfant de deux ans.

« ROBODRUCHE » ! Dans ce domaine, c’est le Japon qui tient le pompon pour des raisons inquiétantes : en 2050, plus de 40 % de sa population dépassera les soixante-cinq ans. La baisse de la natalité constitue donc une des préoccupations majeures au pays du Soleil-Levant. Parmi les causes de cette crise démographique, les chercheurs nippons ont mis en évidence une ignorance manifeste des émotions inhérentes à la maternité et à la paternité. Le professeur Hiroki Kunimura (de l’Uchumaya Lab, dépendant de l’université de Tsukuba) a décidé de réveiller l’instinct génésique de ses compatriotes au moyen d’un robot. Il résume sa théorie en déclarant : « Un robot ne peut pas être humain mais peut générer des émotions humaines si fidèles qu’il peut pousser les hommes à avoir leur propre enfant. » Il se trouve à l’origine du projet Yotaro : un robot baudruche bourré de capteurs en silicone s’agite, glousse et babille quand on lui agite un hochet sous les yeux. Des expressions faciales sont projetées de l’intérieur sur son « visage » (lisse et doux). Un circuit d’eau tiède parcourt son corps pour que sa température soit agréable au toucher. Il peut même éternuer et avoir la goutte au nez pour qu’on le mouche. La désignation de « petit monstre » lui va comme un gant. Les tests se sont révélés extrêmement positifs :

LES CHRONIQUES DE MONSTROPOLIS À l’université d’Osaka, Minoru Asada et Hiroshi Ishiguro travaillent depuis plusieurs années, en collaboration avec la Japan Science and Technology Agency, sur des robots enfants… Ils ont épouvanté le monde entier en 2007, avec CB2 (Child-robot with Biomimetic Body) d’une taille d’un mètre trente pour trente-trois kilos. Animé par le biais de cent quatre-vingt-dix-sept capteurs, il simulait les attitudes d’un bambin de deux ans. Sa peau grisâtre en silicone et ses cinquante muscles pneumatiques lui donnaient l’air de sortir des abysses ou d’un film d’horreur des années 1950. Ce sacré bambin était censé réagir au contact, suivait des yeux et attrapait les jouets qu’on lui tendait — quand on osait le faire ! Cette relative aberration ne constituait en fait qu’un prototype pour le professeur Asada. Il a récidivé cette année avec M3-Neony, son nouveau robot enfant, qui incarne cette fois un mioche de trois ans. Ce drôle de nom résulte de la contraction de Man-Made-Man (« homme-fait-par-homme ») et de Neonate (« bébé »). Tout un programme ! De facture plus classique, il ressemble à un « cyberPinocchio », avec des plaques de plastique et des boulons sur tout le corps. En revanche, son comportement a considérablement évolué depuis CB2, le mollusque géant. Les chercheurs ont visiblement corrigé le tir… M3-Neony mesure cinquante centimètres et pèse trois kilos cinq cents grammes. Il est mû M3-Kindy, de la taille d'un enfant de cinq ans, a été créé pour tester la mise au point d'une Intelligence artificielle.

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Les dossiers “L’objectif de ses concepteurs : mieux comprendre les processus cognitifs du mouvement chez l’être humain et savoir pourquoi, un jour, il s’est levé...”

Le robot enfant européen iCub plaît davantage aux Occidentaux. — En bas Kotaro —En haut, Baby Robot M3-Neony.

par vingt-deux moteurs, voit grâce à deux caméras et perçoit son environnement par le biais de vingt-deux capteurs. Il est essentiellement destiné à étudier les débuts de la locomotion chez l’enfant. Le robot doit tester différents programmes d’apprentissage afin de gagner en spontanéité et progresse seul, sans pilotage ou manipulation humaine. L’objectif de ses concepteurs : mieux comprendre les processus cognitifs du mouvement chez l’être humain et savoir pourquoi, un jour, il s’est levé... La paléontologie humaine rejoint ici la robotique ! L’ÎLE DU PROFESSEUR ISHIGURO Mais si certains ont abandonné le silicone, le professeur Ishiguro continue d’exploiter ce matériau en une démarche quasi artistique (bien qu’extrêmement sophistiquée sur le plan technologique). Après avoir conçu Geminoid, son méchant double aux yeux agressifs, il a présenté récemment le Telenoid, un bébé robot qui dépasse toutes les avancées précédentes. Il s’agit d’une larve d’environ quatrevingt-dix centimètres, dont les membres ne sont qu’esquissés. Sa peau brillante a la consistance de celle d’une seiche et ses yeux n’ont ni sourcils ni cils. Ses concepteurs affirment

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qu’après un temps d’adaptation, on s’habitue à ses mouvements lents et qu’on commence à communiquer avec lui de façon naturelle ! Le staff explique avoir dessiné ce robot minimaliste pour que toute personne en train de lui parler puisse projeter sur sa face inexpressive l’image mentale de n’importe qui, sans contrainte ni tabou. On peut effectivement penser que sa forme primaire ouvre le champ à tous les possibles, cauchemars compris… Il a été présenté à l’Ars Electronica de Linz en septembre comme un robot de téléprésence, mais sa taille et sa forme le classent malgré tout dans les BaBybots, en dépit de son aspect. Nous devons certainement nous attendre à voir surgir d’autres idées loufoques permettant de mieux comprendre l’Uncanny Valley — cette vallée de l’étrange qui nous pousse à apprécier les robots humanoïdes jusqu’à un certain point et à les repousser ensuite. En tout cas le professeur Ishiguro est clairement, à ce jour, le plus audacieux de ses explorateurs ! LE MÉLANGE DES GENRES Dans d’autres parties du monde, divers chercheurs s’emploient également à élever des

bébés robots, comme à l’université de Californie (San Diego), le Machine Perception Lab (en partenariat avec la firme japonaise Kokoro), qui a créé Diego-san, un robot censé incarner un bébé d’un an — qui pèse plus de trente kilos et arrive à la taille de ses concepteurs ! Doté de plus de quatre-vingts moteurs (dont vingt pour la tête seule) et d’un accéléromètre à six axes pour se situer dans l’espace, il étonne par ses proportions, surtout celle de la tête, qui semble énorme. Diego-san se lève seul d’une chaise et peut saisir une bouteille d’eau, mais nous déconseillons à Évian de le choisir pour sa prochaine pub. On dirait un croisement entre Chucky, la poupée maléfique, et le Terminator… L’EUROPE PEUT ÊTRE FIÈRE DE SON BÉBÉ Un consortium de dix universités européennes, conduit par l’université de Gênes (Italie), s’est organisé autour d’un projet plus solide — RobotCub (robotcub.org) — pour donner naissance à iCub, un petit humanoïde qui simule un bébé de trois ans et demi. Différentes disciplines (allant de la psychologie à la neurophysiologie, de la mécatronique aux


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En dessous : Diego-san avec le docteur Javier Mogellan du Machine Perception Lab à lUCSD. — M3-Kindy.

algorithmes bio-inspirés, etc.) ont été mises à contribution pour fabriquer ce robot unique et open source. Ses capacités semblent dépasser largement celles des autres tentatives du genre et son esthétique apparaît sans reproche. Même s’il ne peut marcher qu’à quatre pattes, il est équipé d’une multitude de capteurs et de moteurs qui lui permettent d’interpréter des situations d’apprentissage complexes : saisir un objet, reconnaître un visage ou jouer avec des cubes. Plus de vingt modèles de l’iCub sont actuellement à l’épreuve dans des laboratoires du monde entier, y compris le célébrissime MIT. Longue vie donc à notre chérubin, qui démontre que la robotique ne sera pas l’œuvre de laboratoires isolés mais bel et bien le résultat d’un travail réclamant des compétences complémentaires et des sensibilités variées. UN ROBOT POUR UN PERMIS D’ENFANT ? Toutes ces tentatives pittoresques font songer à une nouvelle de Cyril M. Kornbluth, un auteur de science-fiction américain mort à 34 ans qui traîne une réputation d’excentricité (il paraît qu’il ne se lavait jamais les dents). Il a laissé une œuvre remarquable par sa densité et sa vision d’un futur technologique envahi par des théories sur la manipulation des populations. Dans

The Education of Tigress McCardle (1957), il décrit un monde dans lequel les problèmes démographiques ont contraint les autorités à inventer un programme de qualification parentale pour les couples qui désirent enfanter. Il consiste à élever un bébé robot pendant trois mois. Mais ce qu’ignore le couple McCardle, c’est que ledit robot a été programmé pour manifester tous les comportements insupportables d’une chère tête blonde. Il doit en fait décourager les meilleures volontés et forcer les apprentis parents à abandonner tout projet de conception… Cinquante ans plus tard, les scientifiques s’acharnent à singer le comportement des enfants à grand renfort de métal et de plastique. Leur démarche semble parfois gauche et leur communication provocante, mais aucun de ces crânes d’œuf ne songe sérieusement à les remplacer. Ils cherchent avant tout à mieux les comprendre. En tout cas pour l’instant… ■Yves Martinez

Le professeur Ishiguro face à sa nouvelle créature, le Telenoid. — Yotaro, un robot qui vous apprend comment pouponner.

Kotaro (Ars Electronica Festival).

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Tutoriels Par Marion Fioravanti (POB-Technology)

PREMIÈRES BASES DE PROGRAMMATION SUR

RISBEE

Dans le numéro précédent, nous avions mis en œuvre, grâce au logiciel RISBEE, un programme d’utilisation (ses deux intérêts : apprendre à contrôler un servomoteur [ouverture et fermeture d’une pince] et permettre au robot de se déplacer sur une distance prédéfinie) de la POB Robotics Suite, le dernier-né des robots de la société POBTechnology. Le tutorial que nous allons réaliser ici est axé sur l’utilisation des capteurs — et notamment sur le plus répandu d’entre eux : le capteur de distance. Nous apprendrons également comment utiliser des boucles et des sauts conditionnels. Le fonctionnement du programme est le suivant : le robot doit avancer jusqu’au moment où il rencontre un obstacle (à moins de 25 cm).

Le robot avance tout en évaluant la distance qui lui fait face (elle ne doit pas dépasser la valeur a)..

Lorsque cela se produit, il effectue un quart de tour sur la droite et continue sa route jusqu’à ce qu’il bute sur l’obstacle suivant. Du point de vue du montage, vous avez simplement besoin de fixer un capteur de distance à l’avant du robot. Pour cela, aidez-vous de la plaque perforée et de vis M4 à six pans creux.

Lorsque le robot rencontre un obstacle (distance < a), il effectue un demi-tour sur la droite.

Le robot avance tout en évaluant la distance qui lui fait face (le programme reprend au début).

FONCTIONNEMENT DE RISBEE 1 Menu 2 Icônes disponibles 3 Grille où placer les icônes 4 Zone d'information sur l'icône sélectionnée 5 Bouton pour envoyer le programme sur le robot 6 Onglets des programmes ouverts 7 Zoom avant/arrière sur la grille

Pour créer un programme dans RISBEE, il vous suffit de déposer des icônes sur la grille. Les icônes disponibles se trouvent toutes sous le menu. Elles peuvent être triées par catégories pour être plus facilement trouvées.

La zone de paramètres donne des informations sur l’icône sélectionnée (1). On y trouve une description du fonctionnement de l’icône (zone 2) et on peut y renseigner les paramètres spécifiques pour cette icône (zone 3).

Une fois cela accompli, il ne vous reste plus qu’à cliquer sur le bouton GO pour envoyer votre programme au robot !

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Pour commencer, on place des icônes de début et de fin de programme, obligatoires pour que le programme fonctionne. Toutes les autres icônes devront être placées entre ces deux icônes-là pour être lues par le programme. On pourra les espacer ultérieurement pour ajouter entre elles des icônes supplémentaires.

On va ensuite créer une boucle pour que le programme s’exécute continuellement et évite ainsi tous les obstacles qu’il croise (et pas seulement le premier). Pour cela, on va déposer une icône drapeau vert au début du programme et un saut vert à la fin du programme. Ainsi, dès que l’on arrive sur l'icône du saut, on retourne directement au drapeau de début. Il faut préciser la destination dans les paramètres de l’icône saut. On lance la course du robot grâce à l’icône avancer. Le moteur des roues étant à courant continu, il ne s’arrêtera que lorsqu’on lui aura demandé de le faire (par une instruction « stop » ou un changement de direction). Il existe une instruction permettant de se rendre à un point donné, mais elle ne nous intéresse pas ici car nous ne connaissons pas la distance à parcourir. Note. Les commentaires ne sont pas obligatoires, ils permettent simplement d'expliquer à la personne qui lit le programme ce qu'il s'y passe. Il s'agit d'un message qui sera affiché sur la grille en permanence. On va créer une nouvelle boucle, destinée à lire la distance face au robot. On boucle tant que la distance lue est supérieure à 25 cm. Pour cela, on utilise l’icône balance verte qui, contrairement au saut, ne retourne au drapeau vert que si la condition est vérifiée.

Pour lire la distance, il existe une instruction spécifique : l’icône capteur de distance.Vous devez spécifier le port sur lequel votre capteur est connecté (prenons ici le port n° 1) et la variable dans laquelle stocker la valeur. Du fait de la vitesse de déplacement du robot, relever la distance toutes les 1/2 secondes est largement suffisant : on ajoute donc une icône attendre avec un délai de 5 (0,5 secondes).

Une fois le demi-tour effectué, on va calculer la distance à laquelle se trouve le gobelet. Pour cela, on utilise un capteur de distance, qui est dans notre cas connecté au Port n° 1. L'icône capteur de distance calcule directement cette valeur. Il faut lui enlever le décalage qui existe entre le bout de la pince et l'avant du robot, que nous avons évalué à 15 cm. Cela empêchera que le robot renverse le gobelet ou dépose le sucre à côté !

À la suite de ces instructions, le programme reprend au début (drapeau vert) et le robot s’apprête à éviter le prochain obstacle. ET VOILÀ, LE TOUR EST JOUÉ !

ET MAINTENANT ? Le programme que nous vous avons décrit est très basique, et ne permet pas de faire de réel évitement d’obstacle. Pour qu’il soit plus efficace, vous devez également munir le robot de capteurs de distance sur chacun des deux côtés, afin qu’il choisisse dans quelle direction aller ensuite (la plus dégagée). Si vous ne disposez que d’un seul capteur de distance, vous pouvez monter celui-ci sur un servomoteur (fixé sur la plaque supérieure du robot), qui oscillera pour scruter chacun des côtés du robot, afin de relever le distance jusqu’aux obstacles latéraux.

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Tutoriels

CONTRÔLER UN MONDE VIRTUEL AVEC URBI

URBI ET LES ROBOTS… VIRTUELS !

Parmi les robots programmables en URBI, nous trouvons le Bioloid. — Le Create d'iRobot est une sorte de Roomba sans sa partie aspiration, afin d'être « moddé » pour un usage personnel. Vous connaissez sans doute déjà Urbi, auquel nous avons consacré un tutoriel dans un numéro précédent de Planète Robots. C’est un OS robotique open source qui permet de contrôler sans difficulté n’importe quel robot et de faciliter la gestion de la programmation parallèle, distribuée ou événementielle. Urbi intègre une architecture de composants en C++ (UObject) et un langage de script innovant appelé urbiscript, dont le rôle est d’orchestrer l’interaction entre les différents composants UObject, que ce soient des capteurs, des actuateurs ou des algorithmes de traitement. Voici quelques exemples de code en urbiscript pour illustrer les idées nouvelles de ce langage ; je vous invite également à relire le tutoriel précédent ou à visiter le site www.urbiforge.org pour plus de détails… headYaw.val = 50deg time:5s, // bouge le moteur headYaw à 50 degrés en 5 secondes. myTag: at (ball.visible) robot.stand(); // le robot se lève lorsqu’il détecte // que la balle est visible. myTag.stop; // désactive la commande précédente en agissant sur le tag myTag. robot.stand() & robot.bark(); // le robot se lève et aboie en parallèle ; ...

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L’intérêt d’urbiscript est qu’il permet d’interagir facilement avec son robot, en ligne, de manière dynamique, et qu’il permet de réagir à des événements (at, whenever), d’exécuter des actions en parallèle et de gérer la partie « haut niveau » du comportement du robot. Couplé à C++ pour les parties de traitement d’image, son et calcul lourd, on obtient un système complet. L’idée de séparer le comportement de haut niveau écrit dans un langage de script d’une part et les algorithmes rapides écrits en C++ d’autre part n’est pas nouvelle. On la retrouve beaucoup en particulier dans le jeu vidéo, en particulier avec le langage de script LUA (qui n’est pas un langage parallèle et événementiel comme urbiscript). Il y a donc un intérêt à coupler un langage de script avec un environnement de simulation 3D afin de « scripter » le comportement des entités dans le monde. On peut ainsi plus facilement réaliser et faire évoluer un jeu, un simulateur de robot ou tout autre monde virtuel. C’est ce que nous vous proposons de faire ici avec Urbi couplé à Ogre et à Bullet. OGRE ET BULLET Ogre est un moteur de rendu 3D open source en C++, utilisé dans plusieurs jeux du commerce et qui permet d’afficher des mondes représen-


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tés par un ensemble d’entités 3D. Chaque entité peut être « dessinée » dans un éditeur 3D à part d’Ogre (comme l’éditeur open source Blender, par exemple), puis importé dans Ogre sous la forme d’un fichier « .mesh ». Quant à Bullet, c’est une bibliothèque de simulation physique open source, également utilisée dans de gros projets, et qui permet d’appliquer les lois de la dynamique newtonienne aux entités 3D affichées par Ogre. Le couplage des deux permet de donner vie à un univers réaliste avec gravité, chocs, forces, etc. Nous allons illustrer le couplage d’Ogre + Bullet + Urbi (OBU) par un petit exemple qui permet de générer un contrôleur de vaisseau spatial dans un monde simple, où l’on peut faire apparaître des cubes. Pour télécharger OBU, qui est open source également, rendez-vous sur urbiforge.org : http://www.urbiforge.org/index.php/Projects/OBU. Lancer world.bat pour démarrer le monde 3D. UNE USINE DE CUBES ! Le script d’exemple est dans global.u, dans le dossier Urbiscript. Pour commencer, nous allons créer une entité 3D, à l’aide de la classe Entity. Par exemple, créons un cube de taille 0.05 unités, positionné en [0,0,0] au départ, et orienté selon le quaternion [0,0,0,1] (les quaternions sont des extensions des nombres complexes utilisés pour décrire des rotations — voir Wikipédia pour plus d’information) : var c = Entity.new("Cube.mesh", 0.05, [0,0,0], [0,0,0,1]); c.setMaterialName(“Examples/BumpyMetal”); // donne une texture au cube. c.setDamping(0.15,0.15); // fixe le taux de viscosité en translation et en rotation. Pour essayer, il suffit de se connecter sur Urbi (localhost, port 54000), via un simple telnet sous cygwin, ou plus simplement avec Gostai Lab ou avec la console Gostai gratuite disponible ici : http://www.gostai.com/download/gostai_console/ (la console est installée par défaut avec Urbi SDK). Une fois la ligne de création de l’Entity tapée, un cube apparaît à l’origine et grâce à la physique, est poussé hors du sol car il est légèrement enfoncé, puis il retombe. La forme du cube est décrite par le fichier Cube.mesh. Des formes plus complexes, comme notre futur vaisseau spatial, peuvent être créées de la même manière et être importées en engendrant de nouvelles Entities. Notez que le sol a été créé par la ligne suivante, qui instancie un plan dont la normale est orientée selon le vecteur [0,1,0], à une distance 0 de l’origine, avec un coefficient de restitution de 0.1 et de friction de 0.8 :

position et le vecteur d’orientation de la caméra courante : World.viewPos et World.viewOrient. Et pour que tout cela soit plus pratique, nous allons mettre en place une fonction « createCube » qui va être capable de nous retourner un cube bien positionné et bien configuré (une « factory » de cubes !) : function createCube(size) { var e = Entity.new("Cube.mesh",size, [World.viewPos[0]+World.viewOrient[0]*10, World.viewPos[1]+World.viewOrient[1]*10, World.viewPos[2]+World.viewOrient[2]*10], [0,0,0,1]); e.setMaterialName("Examples/BumpyMetal"); e.setDamping(0.1,0.1); e.setLinearVelocity([World.viewOrient[0]*7, World.viewOrient[1]*7, World.viewOrient[2]*7]); return(e); };

Nous allons maintenant associer une touche à la création d’un cube, ce qui permettra d’en faire apparaître à volonté, directement depuis la fenêtre de visualisation. Pour cela, nous allons utiliser l’UObject Keyboard, qui génère un événement ‘pressed’ lorsqu’une touche est pressée, avec le numéro de la touche comme argument. Pour intercepter cet événement, nous utiliserons un ‘at’ dans urbiscript, qui permet de détecter une condition et d’agir : // permet d’afficher le numéro de la touche pressée, pour info : keyTag : at (Keyboard.pressed? (var x)) echo(x); // La touche C (numéro 46) lance un cube : keyTag : at (Keyboard.pressed? (42)) createCube(0.03); En fait, ‘keyTag’ est un tag qui est utilisé ici pour pouvoir activer ou désactiver le mécanisme de réception des touches, avec un appel à key.freeze ou key.unfreeze.

var plan = Plane.new("Examples/Rocky", [0,1,0], 0 ,0.1, 0.8); Vous pouvez déjà vous amuser à créer des cubes et des plans un peu partout pour tester la physique lorsque les cubes chutent les uns sur les autres. L’étape suivante consiste à appliquer une force à une Entity pour la faire bouger. Il y a pour cela la méthode applyForce(f, p) qui exerce la force f à la position p relativement à l’entité : c.applyForce([0,-1000,1000],[0,0,0]);

ET MAINTENANT, UN RÉACTEUR ! Pour créer les réacteurs de notre vaisseau, nous allons pour commencer définir une nouvelle classe en pur urbiscript, avec le mot clef ‘class’ : class Global.Thruster { var force; var position; var direction;

Une autre méthode possible est setLinearVelocity, qui prend un vecteur de vitesse instantanée :

function init(_force, _position, _direction) { force = _force; position = _position; direction = _direction; };

c.setLinearVelocity([0,-100,0]); On voudrait pouvoir faire apparaître le cube juste devant nous, là où pointe la caméra de rendu, ce qui permettrait de le « placer » où bon nous semble. Pour cela, on va utiliser deux variables qui nous donnent la

}; Le préfixe ‘Global’ est utilisé ici pour indiquer que la classe Thruster doit

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Tutoriels

{ force = _force; position = _position; direction = _direction; entity = _entity ; effect = Effect.new(entity,"Examples/JetEngine1",13); effect.setVisible(0); effect.setPosition(position); effect.setDirection(direction); }; };

Gostai Lab, votre outil de développement URBI.

Dernière étape : associer une touche au réacteur de telle sorte qu’il s’active quand la touche est pressée et qu’il s’arrête quand on la relâche. Un argument supplémentaire doit être ajouté au constructeur init pour préciser cette touche. Ensuite, nous allons utiliser Keyboard à nouveau, ainsi que la commande ‘every(5ms)’, qui va appliquer une force à un intervalle de 5ms sur l’entité associée au réacteur. Un tag temporaire va être utilisé pour pouvoir désactiver ‘every’ lorsque la touche est relâchée : class Global.Thruster { ... var effect; var entity; function init(_entity, _force, _position, _direction, key) { ... var move = Tag.new("move"+key); at (Keyboard.pressed?(key)) { effect.setVisible(1); move: every(5ms) entity.applyForce([direction[0]*force, direction[1]*force, direction[2]*force], position); };

Rendu via Gostai Lab. être visible globalement dans tout Urbi. Sans cela, elle serait locale à la connexion ou au fichier qui l’a définie. La fonction ‘init’ est le constructeur de la classe, c'est-à-dire la fonction qui va être appelée lorsque l’on crée une nouvelle instance de Thruster. Nous allons avoir besoin d’une force pour fixer la puissance du réacteur, ainsi que d’une position et d’une direction d’application. Pour visualiser la poussée du réacteur, il nous faudra aussi un effet visuel. La classe Effect est disponible pour en créer un, qui sera attaché à une entité spécifique (avec la possibilité d’indiquer la position et la direction de l’effet par rapport à l’entité) — et d’activer ou non sa visibilité avec la méthode setVisible. Intégrons cet effet à notre constructeur : class Global.Thruster { ... var effect; var entity; function init(_entity, _force, _position, _direction)

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at (Keyboard.released?(key)) { effect.setVisible(0); move.stop; }; }; }; ASSEMBLAGE FINAL Nous allons maintenant assembler tous les morceaux afin de fabriquer notre vaisseau spatial et le doter de réacteurs destinés à le contrôler. La classe Rocket va servir à définir notre vaisseau, pour lequel nous utiliserons le fichier Rocket.mesh, et la touche ‘N’ (=49) le fera apparaître. Nous allons également ajouter une caméra, attachée à l’entité du vaisseau grâce à la classe Camera, qui permet de voir l’image juste devant le nez du vais-


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de programmation sur Urbi. OBU peut être une bonne base pour se lancer dans un projet et se mettre sur les rangs — alors bonne chance à tous ! Lien du concours : http://www.urbiforge.org/index.php/Main/UrbiOpenSourceContestFrench Et bonne programmation ! ■Jean-Christophe Baillie

Notre vaisseau et son réacteur sous Gostai Lab. seau. Par défaut, la dernière caméra créée s’affiche en haut à gauche de l’écran, ce qui vous donnera tout loisir de suivre en direct les déplacements du vaisseau, mais la caméra est également accessible via camera.val, par exemple avec Gostai Lab (il faut activer l’export de camera.val en utilisant camera.setExport(true);). Voici le code final pour la classe Rocket :

class Global.Rocket { var entity; var camera; function init() { entity = Entity.new("Rocket.mesh", 0.05, [0,0,0],[0,0,0,1]); camera = Camera.new(entity);

Exemple de monde 3D possible avec un Aibo dans le logiciel Webot.

Le robot Pioneer Mobile Robot est également Urbifié.

Thruster.new(b, 30, [0, 0, 0], [0, -1, 0], 42); // 42 = Shift Thruster.new(b, 1, [-150, 0, 0], [0, -0.1, 1], 38); // 38 = L Thruster.new(b, 1, [150, 0, 0], [0, -0.1, 1], 36); // 36 = J Thruster.new(b, 30,[0, 0, 0], [0, 0, 2], 23); // 23 = I Thruster.new(b, 30,[0, 0, 0], [0, 0, -2], 37); // 37 = K }; }; var Global.r; keyTag: at (Keyboard.pressed? (49)) r = Rocket.new();

Vous pouvez à présent faire apparaître un vaisseau et le contrôler avec les touches IJKL et Shift. Avec la touche C, vous pouvez parsemer son environnement de cubes et commencer le slalom ! Ce petit exemple nous a permis de faire le tour des fonctions initiales d’OBU et devrait vous fournir les bases qui vous permettront d’aller plus loin. À titre d’exercice, pouvez-vous imaginer comment ajouter une capacité de tir à notre vaisseau en le rendant capable de projeter des minicubes devant lui quand on presse la touche Espace ?… Dernière info : Gostai organise jusqu’au 15 décembre un grand concours

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NEWS GADGETS & TENDANCES À VENIR e-mail ou sur votre téléphone portable, sous forme de photos MMS ou SMS. Pas besoin d'abonnement donc, il suffit d'acheter une carte SIM chez n'importe quel opérateur (coût : dans les 15 €). Prix : 540 €

ALESSITAB On parle un peu partout de l'iPad — mais de nombreux concurrents développent aussi leurs produits… Ils vont devoir en mettre un coup ! Alessi, une société italienne, a créé l'AlessiTab, une tablette tactile sous Android destinée à prendre place dans la cuisine. Elle est livrée avec un dock, un tuner TNT, une webcam et une connexion WiFi. Ainsi, il sera simple de suivre une recette de cuisine provenant d'un site Internet ou d'une vidéo YouTube, de regarder la TNT ou un film, de faire du chat vidéo, d’écouter une webradio ou de consulter son profil Facebook — tout en prenant son petit déjeuner ou en concoctant le repas familial. Prix : 300 €

BBX200 Grâce à un transmetteur et un récepteur Bluetooth placés dans un même appareil — plus besoin de fils ! Avec le BBX200 de Beewi, il suffit de tourner la bague située en haut du stick pour passer d’un mode récepteur à un mode transmetteur Bluetooth. En tant que transmetteur, le BBX200, relié par

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un câble à votre appareil source (téléphone mobile, votre MP3, votre PC, votre télé), vous fait profiter du son directement sur votre casque Bluetooth (un second casque peut même en bénéficier) ! Et comme récepteur, il vous permettra de recevoir et d’écouter de la musique depuis vos appareils Bluetooth directement sur votre autoradio, votre chaîne hi-fi ou dock stéréo et votre casque filaire. Prix : 60 €

AGMTRAQ La société AGM TEC lance l’AGMTRAQ, une caméra qui détecte les mouvements infrarouges par SMS. Ce petit bijou de technologie servira surtout de système de surveillance sans abonnement ! Ladite caméra, équipée d'une carte SIM, permet de capturer des images et des vidéos (le son est intégré) grâce au détecteur de mouvement. Elles sont ensuite transmises instantanément à votre adresse

« LE MINI LIVRE DU MINIGOLF » Comme les tycoons dans les films américains, vous aimeriez bien exécuter un swing dans votre bureau. Mais vous craignez la réaction de votre supérieur… Il existe une solution, certes créée à l'origine pour les enfants, mais cela reste une bonne idée ! Le livre cartonné Le mini livre du minigolf est un terrain de golf 9 trous miniature, incluant un club à l’avenant et deux balles. Le principe en est simple : dès le premier parcours, la balle vous attend au départ du premier trou. Lorsque vous l’avez mise dans ledit trou, vous tournez la page et… la balle se retrouve au départ du deuxième trou — et ainsi de suite… Prix : à partir de 15 €

LOOXCIE Qui n'a pas rêvé d'un moyen propre à sauvegarder chaque instant d'une journée mémorable ? C'est désormais possible avec le Looxcie, une microcaméra qui se place sur votre oreille et enregistre tout. (Par défaut, la caméra filme à chaque instant.) En pressant sur un bouton, vous sauvegardez un fichier comprenant les trente dernières secondes (qu'il envoie alors sur votre téléphone par Bluetooth). La mémoire de 4 Go permet une sauvegarde de cinq heures en format MP4. Quant à l’autonomie de la batterie, elle est de quatre heures. Prix : 200 €


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Screetch débit. (Les vidéos sont stockées sur support micro SD au format AVI.) Prix : 120 €

MINI CAM HD SENSATION Avec la minicaméra HD Sensation de Yoo Digital, facile de filmer et de photographier ! L'un de ses points forts réside dans sa taille, vraiment minuscule : seulement cinq centimètres de long pour trois de large et deux d'épaisseur : à peu près la taille d'un pouce ! Passe-partout, elle vous met quasiment dans la peau d’un paparazzi… La HD Sensation permet de filmer durant deux heures trente sans panne de batterie. Et avec sa haute qualité vidéo et audio, elle assure un enregistrement dynamique et en haut

MYDOMOKIT Myxyty lance MyDomoKit, la première offre domotique low cost et évolutive. C’est un système simple à installer, qui permet de transformer un ordinateur en centrale domotique, afin de répondre aux besoins du quotidien : sécuriser l’habitat, gérer l’éclairage, créer des scénarios selon le mode de vie, etc. (Malheureusement, cet appareil implique l’achat d’un pack de matériel.) Le téléphone portable (smartphone, iPhone, etc.) devient alors la télécommande de la maison. Il peut piloter à distance les différents capteurs et être informé en cas de problème technique ou d’infractions par l’envoi d’une alerte en temps réel : SMS, e-mail ou appel vocal… Prix : 200 €

SURESNES S'ÉQUIPE DE CODES QR La municipalité de Suresnes se comporte en véritable pionnière dans l’application de cette technologie, héritée des codes-barres, et qui permet un accès nomade et immédiat à des informations enrichies et actualisées quand vous photographiez un pictogramme donné avec votre téléphone portable. Un code QR est un code à matrice (encore méconnu de la plupart des Français) constitué de modules noirs disposés dans un carré à fond blanc. On en trouvera sur les panneaux des monuments historiques ou sur les affiches annonçant les spectacles du Théâtre Jean-Vilar, à l'entrée des services de l'état civil, à la porte d’un stade, dans un des couloirs de la médiathèque ou sur les écriteaux du Centre médical. Une

fois photographié, le code QR renvoie à la plate-forme mobile de la ville, où il accède à des informations multimédias actualisées (adresses URL, textes, photos, vidéos). Gratuit LE PREMIER LIVRE NUMÉRIQUE FRANÇAIS ENRICHI Commercialisé sur l’iBookstore français et via le réseau de librairies partenaires des éditions Eyrolles, Photoshop Elements — Spécial débutants, de Cyril Bruneau et Bernard Richebé, concrétise l’intégration de contenus multimédias. Enrichi de séquences vidéo d'une durée totale de quarante-cinq minutes, ce livrel (livre électronique) a été pensé comme un tutoriel pédagogique et didactique composé de fiches pratiques. Il présente donc en cinquante ateliers des recettes simples et efficaces pour peaufiner des images au moyen de Photoshop Elements (versions 5 et antérieures, PC ou Mac). Lesdits ateliers proposent des procédés incontournables pour dérider un visage, modifier l'aspect d'un ciel, fabriquer une pochette de CD ou encore optimiser une photo pour le Web. Prix : 17 €

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NEWS Innovations & Concepts du futur

Screetch

UN DUPLEX CAGE À OISEAU/AQUARIUM Présenté dans le cadre d'un concours de design à Bruxelles, le Duplex de Constance Guisset (dont l’inventivité n’est plus à démontrer) est une cage en métal d’une hauteur respectable (1,80 m) surmontée d'un aquarium thermoformé de manière à ménager une cloche où peut évoluer un oiseau. Ce montage permet de faire coexister visuellement des animaux qui ne fréquentent pas le même milieu naturel.

Crédits : Rogier Jaarsma

DES BUREAUX AMÉNAGÉS AVEC… DES PALETTES EN BOIS La société néerlandaise Most Architecture a été contactée par une autre — Brandbase — qui lui a demandé de concevoir à Amsterdam un espace temporaire dans ses nouveaux locaux (le client souhaitait la réalisation d’un concept qui emploierait des matières recyclables, d'où l'idée d'utiliser… des palettes en bois). La structure est conçue de telle manière qu'elle ne constitue pas seulement un simple lieu de travail — l’espace tout entier vous invite à rester debout, à vous asseoir ou à vous coucher sur les palettes (il en a fallu deux cent soixante-dix) !…

Crédits : DesignBoom

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FULL CIRCLE Le Full Circle de Sanghyun Jeong et Jun-Tae Park a concouru pour la finale d'un concours de design ayant pour thème le monde du vélo, le Seoul Cycle Design Competition 2010. C’est un vélo compact urbain aux roues de vingt pouces comme celles d’un minivélo. (Cette particularité lui permettra de se faufiler aisément dans les rues d’une grande ville comme Séoul.) Il n'utilise pas de chaîne, les pédales entraînant la roue avant. Le Full Circle apparaît de plus facilement pliable (y compris la selle et le guidon) et déployable.

CONVIVIAL OUTSIDE Voici un ordinateur aux performances technologiques jamais égalées, sans fils et au design étudié pour s’intégrer parfaitement dans votre intérieur ! Cette machine de rêve (six mille euros tout de même !), de structure cubique, a été créée par la société Convivial Side®… La conception du Convivial Outside® (deux versions existent : Classic et Couture — le modèle Classic est personnalisable) repose sur trois valeurs essentielles : simplicité, plaisir et esthétisme. Avec une mention spéciale pour l’esthétisme (compacité du produit et technique d’habillage brevetée qui permet de changer à loisir la disposition des

plaques de revêtement — un peu à la manière d’un LEGO®). Le boîtier reste standard, seul l’aspect extérieur change. Enfin, l’absence totale de fils (seule l’alimentation en réclame un) vous autorise à le placer n’importe où et laisse toute liberté à la décoration !

REC & PLAY Le concept Rec & Play a été inventé par Yuri Suzuki et Oscar Diaz. Tous deux designers, ils ont décidé de mettre au point un crayon capable d'enregistrer, d’écrire et de lire un son à partir d’une ligne de cahier. En fait, il existe deux crayons : un rouge qui écrit les sons (en déposant sur le papier une petite bande ferromagnétique, comme celle qui était utilisée sur les anciennes cassettes audio) et un noir, dont la tête peut capturer le bruit ambiant et, en mode Lecture, retrouver les sons enregistrés sur la feuille et les renvoyer vers un petit haut-parleur…


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NEWS DVD, BD, livres, ciné BD

L'Incal — l’Intégrale On ne saurait se lasser des aventures trépidantes vécues par le minable détective John Difool ! Voici donc une édition intégrale de L’Incal qui a retrouvé tout son sel, grâce au véritable travail de bénédictin (remise en état des planches, repérages et restauration des couleurs) auquel ont procédé les Humanos ! Le lifting qu’avait subi la précédente édition pour un racolage en règle des jeunes générations, avec ses coloris plus modernes, plus informatiques et évidemment moins authentiques (en 2005) avait un peu gâché le plaisir des lecteurs passionnés et un tantinet puristes… Fi donc de tout cela ! L’Incal, le Méta-Baron, Tanatah et tant d’autres, dans tout l’éclat galactique de leur jouvence retrouvée, vous attendent au tournant… Auteur : Alejandro JodorowskyDessin : MoebiusÉditeur : Les Humanoïdes Associés

Sortie : septembre 2010

L’animation japonaise du rouleau peint aux Pokemon

Docu

Le Japon a vu se développer très tôt différents genres picturaux que l'on peut considérer comme les prémices de l'animation actuelle. Conte, romance, aventure, fantastique, cyberpunk : l'animation japonaise regroupe tous les genres, et sa créativité aujourd'hui ne connaît pas de limites. Fruit de plusieurs années de recherche, l'extraordinaire sélection d'images de Brigitte Koyama-Richard constitue le point de départ d'une étude inédite retraçant les évolutions techniques et artistiques qui ont marqué dix siècles d’art nippon, des rouleaux peints aux estampes, jusqu'aux films animés en noir et blanc, puis en couleur. Riche d'images très peu connues en Occident, l'ouvrage présente des réalisateurs et des producteurs comme Tezuka Osamu et le studio d'animation Toei, qui ont fait naître la japanimation et l’ont exportée dans le monde entier (Goldorak, Astro Boy, Le Roi Léo, Candy, etc.) ! On retrouve dans L‘animation japonaise du rouleau peint aux Pokemon des textes de présentation sur les grandes périodes de l'animation, plus de quatre cent cinquante images et de nombreuses légendes développées — et aussi vingt interviews inédites des pointures d'aujourd'hui dans ce domaine. Auteur : Brigitte Koyama-RichardÉditeur : FlammarionSortie : 15 septembre 2010

BD

Star Wars — X-Wing Squadron 8. Fidèle à l’Empire

Cette série met en scène les membres du célèbre escadron Rogue, des héros qui ont permis aux forces rebelles de vaincre la menace de l'Empire. L'univers de Star Wars en BD constitue décidément un univers en pleine expansion ! Wedge Antilles est le leader de l'escadron et ses pilotes comptent parmi les éléments les plus redoutables de toute la flotte rebelle. L'Empire, de son côté, ne manque pas de moyens et peut compter sur son impitoyable 181e division de chasseurs. Elle est commandée par le baron Soontir Fel, l'officier qui entraîna jadis Wedge et les têtes brûlées de l'escadron Rogue... qui vont donc se retrouver face à leur ancien mentor ! Auteur : Michael A. StackpoleDessin : John NadeauÉditeur : Delcourt

Sortie : 22 septembre 2010

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ciné, livres, BD, DVD

NEWS

Par Josèphe Ghenzer et Screetch

BD

Moebius œuvres (les années Métal Hurlant)

À la fin des années 1960, Jean Giraud (alias Gir), jusque-là auteur classique d'un western traditionnel (Blueberry), s'inventa une nouvelle personnalité, celle de Moebius, et prit une part majeure dans la révolution qui toucha la bande dessinée adulte, sous l'influence de l'underground américain. Cofondateur (avec Jean-Pierre Dionnet et Philippe Druillet) du magazine Métal hurlant et aussi des Humanoïdes Associés, Moebius changea profondément l'esthétique de la science-fiction et les modes narratifs de la bande dessinée en tant que genre. Avec Arzach, Major Fatal et des dizaines d’autres histoires (comme La déviation, Cauchemar blanc…), l'œuvre de Moebius connut un retentissement mondial. Parmi les histoires réunies dans ce volume figurent deux recueils parus dans les années 1990 qui n'avaient jamais fait l'objet d'une réédition : Chaos (qui présente notamment quelques peintures de l’artiste) et le bien nommé Chroniques métalliques. Auteur : MoebiusÉditeur : Les Humanoïdes AssociésSortie : novembre 2010

Manga

Robot #05

De nouvelles histoires composent ce tome 5, pour lequel ont travaillé les plus grands noms du manga contemporain… Murakawa Michio nous conte les tribulations d’un jeune garçon en quête d’un chat pour séduire une jeune fille atteinte de tuberculose, Range Murata propose des illustrations somptueuses sur le monde du ballet et Hiroyuki Asada (I’ll) met une touche finale aux aventures féeriques de Pee au cœur de sa forêt des bonbons. Cent soixante-dix pages de mangas quatre étoiles tout en couleurs et en grand format, pour une expérience de lecture toujours unique !… CollectifÉditeur : GlénatSortie : n.c.

Cinéma

Megamind

Imaginez un monde où certaines des règles du conte seraient inversées… Le gros méchant (au grand crâne bleu), Megamind, est tellement intelligent qu'il a anéanti tous les héros sympathiques. Rien ne lui résiste, il est en terre conquise partout où il va — sauf à Metro City où Metro Man lui tient la dragée haute. Jusqu'au jour où ledit Metro Man mord la poussière ! Notre méchant n'a donc plus rien à conquérir : il possède tout. Du coup, il finit par s'ennuyer... Il façonne un nouveau héros (Titan) mais ce dernier, en fait, rêve de devenir un superméchant. Megamind va devoir le combattre sauvagement et, pour l’aider dans son entreprise, s’adjoint Minion, un petit poisson qui pilote un robot gorille ! Mais il ne sait pas encore qu’il entre sur le chemin de la rédemption… Réalisateur : Tom McGrath Production : DreamworksSortie : 15 décembre 2010

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NEWS DVD, BD, livres, ciné Cinéma

Endhiran

Cest un rêve de plus de dix ans qui se concrétise enfin pour le réalisateur S. Shankar avec la sortie prochaine en Inde de son ambitieux film Endhiran (qui signifie « robot » en hindi). Le scénario s’inspire d’un roman de science-fiction indien intitulé En Iniya Lyanthira. Avec son prestigieux casting, qui regroupe les plus grandes stars de Bollywood (Rajnikanth, Aishwarya Rai Bachchan, etc.), c’est le film le plus important et le plus cher jamais produit jusqu’à ce jour par l’industrie du cinéma tamoul. Rajnikanth y incarne deux rôles : celui du Dr Vaseegaran comme celui de Chitti, un robot (doté d’une Intelligence artificielle), qu’il a créé de toutes pièces. Le comportement de ce dernier évolue au fil des jours et il devient de plus en plus semblable à celui d’un humain (il finit par ressentir de véritables émotions). Chitti va tomber amoureux de Sharmili, la fiancée de son créateur, et lui écrire des poèmes romantiques. Ayant eu vent de l’existence de cette machine dotée d’extraordinaires capacités, des personnes mal intentionnées tentent alors de la capturer… Dans les scènes d’action, cascades et combats chorégraphiés ont été conçus et supervisés par Yuen Woo Ping. Les effets spéciaux ont été confiés à ILM, tandis que les animatroniques ont été réalisées par Legacy Effects (anciennement Stan Winston Studios). Peu après la fin du tournage en juillet dernier, la bande originale du film, signée Allah Rakha Rahman, a été lancée avec succès en Inde et s’est très bien classée ensuite dans les charts, aussi bien aux États-Unis qu’au Royaume-Uni. En plus de l’Inde où il va sortir en trois différentes langues (tamoul, telugu, hindi), Endhiran devrait aussi être distribué dans d’autres pays (ÉtatsUnis, Chine, Japon, Malaisie, Australie ainsi qu’à Singapour et en Europe), mais à des dates non encore fixées. Réalisateur : S. ShankarSortie : 30 septembre

Série

Commandant Clark

Diffusée depuis le 28 juin sur France 5 dans le cadre de lémission Ludo Zouzous, Commandant Clark est une pittoresque série animée française de science-fiction, comprenant cinquante-deux épisodes de treize minutes, réalisée par Norman LeBlanc et produite par Go-n Productions. Si vous vous êtes demandé un jour ce qu’étaient devenus les différents animaux envoyés dans l’espace à la grande époque de la conquête spatiale, la réponse est simple : ils ont peuplé la Sunny Galaxy — mais sont maintenant menacés par leurs belliqueux voisins : les robots Animatronix ! Pour contrecarrer les plans diaboliques de ces derniers, la Fédération des Planètes animales a armé L’Arche, un gigantesque vaisseau spatial commandé par le valeureux — mais tout fou — commandant Clark. Dans sa lutte sans merci contre les Animatronix et leur impitoyable chef, le général Rex, Clark va devoir compter sur un équipage de choc, composé de divers animaux (renard, chatte, éléphant, guenon, méduse, cochon, bison, écureuil, lézard, taupe…) — tous sérieusement agités du bocal. Cette désopilante série à l’esprit très cartoon, surtout destinée aux enfants de quatre à huit ans, s’inspire des grands classiques de la science-fiction (comme Star Trek ou Star Wars), tout en les parodiant. Ce n’est pas seulement un banal divertissement puisqu’elle permet aussi, à chaque épisode, d’expliquer de façon simple une info sur l’espace grâce à l’intervention du professeur Kong. Dans cette séquence éducative de trente minutes, les jeunes téléspectateurs apprennent ainsi, par exemple, ce que sont la gravité, une étoile filante, un trou noir, etc.

Réalisateur : Norman LeBlancProduction : Go-n ProductionsDiffusion en cours sur France 5

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CINÉMA NEWS LE DERNIER COMBAT

REAL STEEL

Parmi les nombreux projets de films, tous genres confondus, qui sont en ce moment à différents stades d’avancement au sein des studios DreamWorks (entre autres : I Am Number Four, Cowboys and Aliens, The Help, War Horse ou encore Fright Night), l’un d’eux a retenu notre attention car son intrigue laisse une large place à moult robots d’une taille particulièrement imposante. Il s’agit de Real Steel, un thriller de science-fiction. L’ULTIME CHANCE L’action de Real Steel se déroule dans un futur proche (2 020) où les combats de boxe traditionnels, désormais jugés bien trop violents, ont été définitivement interdits. Cette discipline a fini par évoluer, pour devenir un sport high-tech où s’affrontent maintenant d’imposants robots pesant neuf cents kilos et mesurant 2,40 m. Charlie Kenton, une ancienne vedette du noble art, ronge son frein depuis que les combattants humains ont été remplacés par des robots. Il n’est plus qu'un simple manager de seconde zone qui, faute de moyens financiers, ne peut utiliser que des machines bas de gamme, fabriquées à partir de pièces de récupération. Comme il gagne tout juste assez pour survivre, il a renoncé à ses rêves de gloire — jusqu’au jour où son jeune fils Max, âgé de treize ans, qu’il avait perdu de vue depuis longtemps (il l’avait abandonné peu après sa naissance), débarque dans sa vie après le décès de sa mère. Ils doivent passer l’été ensemble et Charlie va finir par accepter (à contrecœur) de faire équipe avec Max. C’est en fait leur passion pour les matchs de boxe par robots interposés qui va les rapprocher. Un soir, par le plus grand des hasards, ils découvrent Atom, un robot qui a été mis au rebut alors qu’il enchaînait les victoires lorsqu’il était encore en activité. Charlie et Max décident de le retaper et de l’entraîner en espérant triompher grâce à lui lors du prochain championnat du monde « Real Steel ». Sur le ring, où tous les coups sont permis, les enjeux sont plus élevés que jamais. Et le père et le fils n’auront qu’une seule chance de faire leur grand retour…

Copyrights : DreamWorks II Distribution Co. LLC

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L'épisode « Steel », issu de la Quatrième Dimension (Twilight Zone) a servi de base à Real Steel.

tesques machines pourront interagir en direct sur le plateau au moment du tournage avec les acteurs qui leur donnent la réplique. Quant au rendu des combats, il sera obtenu par le biais d’effets spéciaux numériques créés de toutes pièces grâce à des logiciels toujours plus performants, qui s’appuient sur des captures de mouvements préalablement faites en studio sous la supervision de l’ancien champion de boxe Sugar Ray Leonard. (Une grande partie des effets spéciaux ont été confiés à Digital Domain.) Le tournage de Real Steel a démarré courant juin dans le Michigan, à Détroit, et sa sortie en France est théoriquement prévue pour le 30 novembre 2011. Shawn Levy et Hugh Jackman. —

Copyrights : DreamWorks II Distribution Co. LLC

■Josèphe Ghenzer UNE ÉQUIPE DE POIDS… LOURDS Après le départ inopiné de Peter Berg (qui devait initialement réaliser le film), les studios DreamWorks ont choisi de confier les rênes de ce thriller d’action futuriste à Shawn Levy. Ce dernier s’était plutôt spécialisé, ces dernières années, dans les comédies (romantiques comme Pour le meilleur et pour le rire et Crazy Night, la dernière en date, ou familiales comme La panthère rose et Treize à la douzaine 1 et 2 — voire carrément fantastiques comme La nuit au musée 1 et 2). Le changement de réalisateur a, du coup, également entraîné un remaniement du scénario qui, après être passé entre diverses mains (celles de Dan Gilroy, de Jeremy Leven et de Leslie Bohem), a finalement été écrit en dernière mouture par John Gatins, avec la participation de Shawn Levy. En réalité, l’histoire s’inspire au départ d’une nouvelle de l’incontournable Richard Matheson, intitulée L’indéracinable. Elle avait déjà fait en 1963 l’objet d’une adaptation pour le petit écran dans le cadre de la cultissime série TV La quatrième dimension — à savoir l’épisode 2 de la saison 5 (dont le titre original était Steel), réalisé par Don Weis avec Lee Marvin dans le rôle principal.

C’est Don Murphy (déjà présent sur Transformers), Susan Montford et Shawn Levy qui produisent Real Steel, tandis que le côté exécutif est assuré par Steven Spielberg, Robert Zemeckis, Jack Rapke, Steve Starkey, Josh McLaglen et Mary McLaglen. Quant au casting, il regroupe une belle brochette d’acteurs, parmi lesquels on retrouve Hugh Jackman (Charlie Kenton), Dakota Goyo (son jeune fils Max), Evangeline Lilly (une amie de Charlie Kenton), Anthony Mackie (un promoteur de combats de boxe), Karl Yune (Tak Mashido, un designer de robots boxeurs) mais aussi Kevin Durand, Hope Davis, James Rebhorn et Olga Fonda… Shawn Levy a choisi un look plutôt rétro pour illustrer l’Amérique des années 2020, au contraire de l'atmosphère futuriste et très froide qui règne dans la plupart des films de S.-F. (comme, par exemple, I, Robot ou Minority Report). Par ailleurs, afin d’apporter une plus grande crédibilité à l’histoire, il n’a pas abusé des effets spéciaux numériques. En effet, pas moins de dix-neuf animatroniques de robots grandeur nature ont été construites pour l’occasion par les talentueuses équipes de Legacy Effects, sous la supervision de John Rosengrant. Ces gigan-

Rock'Em Sock'Em est un jouet incontournable dans la culture américaine, où deux joueurs s'affrontent à l'aide de deux robots pilotés à la main.

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NEWSjeux vidéo

vet par Cyril Dre

VANQUISH Vous aimez les robots? Oui — forcément! Mais appréciez-vous les robots gigantesques qui ont en vue l’éradication pleine et entière de votre petite personne? Beaucoup moins… C’est pourtant le programme qui vous attend dans Vanquish, la nouvelle superproduction de Sega. Habituellement, la firme japonaise (surtout depuis qu’elle ne fabrique plus de consoles) se repose uniquement sur son catalogue de titres historiques, mais là il s’agit d’un jeu totalement nouveau, qui a beaucoup fait parler de lui depuis des mois… Il faut dire que c’est le dernier bébé en date de Shinji Mikami — l’un des plus grands créateurs japonais —, à qui l’on doit notamment la célèbre série des Resident Evil. Mais notre intérêt a été éveillé par tout autre chose: en effet, il nous est très vite apparu que ce jeu de tir s’annonçait très esthétique et surtout… hystérique! On peut le considérer comme un Gears of War (XBOX) qui aurait pris les mêmes anabolisants que le héros de Sonic — le hérisson star de Sega. Si l’on ajoute des séquences de cinéma bluffantes, on comprend que sa sortie était très attendue… Et manette en main, pas de déception! Soumis à un déluge de lasers, de missiles et de projectiles en tout genre, on se faufile entre les balles en glissant à la vitesse de l’éclair. C’est là d’ailleurs la fonctionnalité principale de votre combinaison de combat, qui cache de surcroît un véritable arsenal. Il suffit d’appuyer sur un bouton et d’indiquer la direction avec le stick analogique pour que votre personnage s’offre une glissade à vitesse supersonique. Cela lui permet d’échapper aux rafales hostiles et de s’approcher en catimini des ennemis (cybernétiques ou autres). L’action se révèle donc ultrarapide: on ne s’ennuie jamais et on affronte régulièrement des machines géantes particulièrement effrayantes. Certaines vont jusqu’à vous repérer même lorsque vous êtes planqué derrière un muret, n’hésitant pas à pulvériser votre protection pour mieux vous cibler. Vanquish, aux graphismes de toute beauté, apparaît donc vraiment speed, mais réclame tout de même stratégie et habileté si vous voulez échapper aux robots maousses et les anéantir. (À noter: Vanquish ne laisse personne sur le bord de la route et propose un mode dit « simplifié » pour les joueurs occasionnels, et un mode plus « costaud » pour les hardcore gamers.) Vanquish PS3, XBOX 360, iPhone Éditeur : Sega

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Et aussi

FRONT MISSION EVOLVED Une attaque terroriste en plein cœur de New York, voilà qui n’a vraiment plus rien d’original! C’est pourtant le scénario proposé par ce nouvel épisode de Front Mission…

Sinon, dans cet épisode (intitulé Evolved), l’attaque se déroule en 2171… Vous incarnez une jeune recrue de l’armée et pour vous opposer aux menées des ennemis, vous pilotez un immense mecca ultrasophistiqué. (Un mecca est un exosquelette géant; il ne s’agit donc plus d’une extension de vos membres, mais d’un robot colossal que l’on pilote comme un avion ou un bulldozer. Goldorak, pour le grand public, et Gundam, pour les aficionados des mangas, sont les meccas les plus célèbres…) Plus tactique dans les précédentes

versions, Front Mission se montre davantage orienté action avec Evolved. On peut même y descendre de son mecca pour continuer la mission à pied — mais rassurez-vous, la plupart des combats opposent des robots… Et grand classique de ce type de jeu, il sera possible de customiser votre mecca au fur et à mesure des affrontements et des victoires. Voilà un bon défouloir pour tous, sans distinction!

Front Mission Evolved PS3, XBOX 360 et PC Éditeur : Square Enix


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Open your mind

Par Cyril Drevet, journaliste TV

D R A T O M ! T E O T B Ê O T R A L LE U D R PE

FLOS S I E

A I U Q

Flossie est probablement le premier robot à grimper sur une moto ! Il ne s’agit pas là d’un prototype fou développé au fin fond d’un laboratoire du MIT (Massachusetts Institute of Technology) — non, c’est un robot testeur très sérieux qui s’intègre à merveille dans le « process » d’un des plus grands fabricants de lubrifiants du monde : Castrol…

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“Le pilote enclenche la troisième avec un geste d’une précision implacable.”

Le SAP2000 est un robot capable de piloter une automobile pour procéder à des tests mécaniques.

MADE IN GERMANY

Le robot a accès à toutes les commandes de la moto. La Yamaha R1 hurle à l’approche des 16 000 tours/minute. Le pilote enclenche la troisième avec un geste d’une précision implacable, le bruit sec caractéristique de la transmission provoque une légère secousse et la sportive légendaire du constructeur japonais repart dans les tours et vrombit de plus belle… Impassible et impavide, le pilote maintient la poignée de gaz à fond. Et pour cause : c’est un robot — Flossie !… Nous sommes à Pangbourne, au Berkshire (à l’ouest de Londres), dans le centre de recherche et de développement de Castrol. Et la scène se déroule au cœur d’un laboratoire : la moto est arrimée sur un banc à rouleaux qui permet d’atteindre des vitesses indécentes sans que l’engin ne bouge. Entouré d’ingénieurs, le robot Flossie adopte la posture ad hoc de n’importe quel pilote (les deux mains sur le guidon et les membres inférieurs bien calés sur les repose-pieds) — prêt à faire usage du sélecteur de vitesse. Il pourrait ressembler à la caricature habituelle qu’Hollywood donne des robots, à un détail près : il n’a pas de tête… Et pour cause, il n’en a pas besoin ! Car si Flossie abat des millions de kilomètres chaque année aux commandes de tous les types de motos et de scooters disponibles sur la planète, il n’a pourtant jamais posé une roue sur le moindre circuit ou la moindre route ! Cette machine n’est pas là pour se balader, mais doit permettre à ses concepteurs de tester (sur des distances qu’aucun être humain normalement constitué ne pourrait parcourir), les caractéristiques des huiles de moteur. Il ne quitte donc jamais son banc de puissance…

Résistance aux températures extrêmes, encrassement, fluidité — Castrol recueille en quelques jours, grâce à Flossie, des données qui demanderaient des années d’expérimentation à des motards humains. Car même le plus passionné des pilotes ne supporterait pas de rouler sans s’arrêter pendant des milliers de kilomètres. Et pas un motard (même un Hells Angel) n’endurerait pendant des jours entiers le ronflement infernal des moteurs de motos poussés à plus de 16 000 tours/minute ! Reproduisant les gestes humains à la perfection, Flossie passe les vitesses et accélère comme tout un chacun, mais se révèle capable de le faire des dizaines et des dizaines de fois par heure. De plus, sa capacité de reproduire ces mouvements sans la moindre variation procure des indices de comparaison très précis aux ingénieurs de Castrol. Par une chaleur infernale (+ 40°) ou un froid glacial (– 20°), Flossie continue son job sans barguigner. Plus fort : le robot comporte des modules d’Intelligence artificielle qui lui permettent d’apprendre rapidement les réglages et la manière de passer les rapports sur chaque moto et chaque scooter qu’on met entre ses mains cybernétiques. Feeling de l’embrayage, réactivité de l’accélérateur, courbes des passages de vitesse : il s’adapte en quelques minutes à sa nouvelle monture. Et quand on demande aux ingénieurs qui travaillent en sa compagnie ce qu’ils apprécient le plus chez lui, ils répondent tous en chœur : « Il ne fait jamais de pause pour aller aux toilettes ou manger un sandwich et ne se plaint jamais !!! » ■

Flossie, ce robot fabriqué par la Stähle GmbH, une firme allemande, porte en réalité un nom beaucoup moins coquet. Son matricule industriel est SMC2000 !… Le SMC2000 apparaît totalement adaptable et peut conduire des engins montés sur deux ou trois roues. Dailleurs, la Stähle GmbH qualifie ses créatures cybernétiques d« autopilotes ». Ces derniers ne se contentent pas de trôner aux commandes dengins motorisés, mais recueillent aussi les résultats produits par les tests grâce à de nombreux capteurs. Mesure des émissions de gaz déchappement, mesure des économies de carburant, mesures acoustiques et thermiques — les SMC2000 de cette société constituent de véritables laboratoires ! Stähle produit dautres modèles que celui qui est employé par Castrol (ils peuvent se mettre au volant de véhicules à quatre roues, voire dun camion). Cela se révèle vraiment impressionnant et lon se demande si un jour nauront pas lieu des courses de motos avec, aux commandes, des robots !…

Castrol, qui fait donc partie du groupe BP (British Petroleum) — mais a gardé son identité —, est une société britannique spécialisée dans la conception et la vente de lubrifiants pour moteurs. Fondée en 1899 par Charles « Cheers » Wakefield (d'où le nom original de la compagnie : la Wakefield Oil Company), elle fut rebaptisée Castrol en 1909, en référence à l'huile de ricin (castor oil — « huile de ricin » en anglais), qui était utilisée pour fabriquer ces lubrifiants. En 1966, Castrol est rachetée par la Burmah Oil Company, qui adopta à la suite de cela le nom de Burmah-Castrol. Enfin, en 2000, nouveau rachat : Burmah-Castrol est cette fois acquise par la BP Amoco PLC (actuellement BP PLC). Les lubrifiants Castrol sont toujours distribués à travers le monde et détiennent, sur de nombreux marchés, le leadership. Cette société investit beaucoup dans les sports mécaniques et fournit en carburant l'écurie Red Bull Racing de Formule 1. Elle assure également un important partenariat avec de nombreuses équipes de motocyclisme (cross et GP) et en particulier avec Suzuki.

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VINTAGE Les robots grand public

Une carte mère très dépouillée

Le robot aspirateur

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Vous nous l'avez réclamé à cor et à cri : voici le grand retour de la rubrique des « poke » et « peek » à la fin du magazine ! Après avoir disséqué nos amis robotiques prêtés par l'association MO-5, que nous remercions à nouveau, nous explorons une nouvelle piste : les robots asiatiques…

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Dans le monde dit occidental — et plus particulièrement en Europe —, nous n'avons pas la culture du robot que l'on peut observer en Asie. Souvenez-vous de Goldorak !… Conséquence directe de cet état de fait, on retrouve sur le marché asiatique bien plus de modèles que chez nous. Après que le souvenir de Star Wars était retombé et alors que le marché du robot devenait moribond à l'Ouest, la robotique continuait tranquillement son évolution à l'Est. Les ventes pharamineuses de Planète Robots ont permis d'envoyer votre serviteur sur place pour dénicher ces chaînons manquants de l'évolution du robot. Premier spécimen : le VC-2 ! Sorti en 1995, il se situe à mi-chemin du très inutile DustBot de Tomy, testé dans un précédent numéro, et de nos aspirateurs robotisés modernes (Roomba, E.Ziclean…), qui sont en train de transformer l'aspirateur classique en pièce de musée. Armons-nous d'un tournevis et examinons la machine plus en détail. Première constatation, nous avons bien affaire ici à une vraie carte électronique, dotée de vrais microprocesseurs ! Par rapport aux autres robots vintage que nous avons testés jusqu'à présent, il s'agit d'une belle évolution ! Certes, les processeurs apparaissent rudimentaires ; certes, le circuit électronique semble assez basique… Nous sommes loin de la technologie qu'embarque un Roomba. Mais cette circuiterie fait au moins apparaître le début d'un embryon d'intelligence — l'un des tout premiers essais sur un robot de ce type. En continuant de tripatouiller les entrailles de la machine, on finit par tomber sur la batterie, un assemblage de piles

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Le robot aspirateur VC-2, design pour 1995 !

Ni-Cd — ridiculement sous-dimensionné ! Il s'agit du même type de batterie que l'on trouve sur la plupart des voitures radiocommandées. Et nous le vérifierons plus tard, ce genre de batterie se révèle largement insuffisant pour faire fonctionner un aspirateur. Dommage ! Mais nous sommes en 1995 et la technologie que l'on retrouve dans nos robots modernes était encore difficilement accessible. UN ROBOT ASPIRATEUR POUSSIF Une fois mis sous tension, le robot commence immédiatement son travail. Pour ensuite s'arrêter sur place aussitôt la batterie vide. Il n'y a malheureusement ni base, ni minuteur, ni aucune sorte d'interaction possible — autre que la simple manipulation d’un interrupteur marche/arrêt. Aussitôt, il fonce droit devant lui, bute sur un mur et repart dans une direction apparemment aléatoire. L'intelligence que nous lui supposions ne va pas jusqu'à optimiser ses trajectoires pour éviter de repasser trop souvent aux mêmes endroits et d'en oublier d'autres… Mais en dépit de son fonctionnement simpliste, il est possible de lui trouver une certaine utilité. Il ne remplacerait pas un balai

ou un aspirateur à main : il aspire la poussière (assez bien, même), mais rien d'autre. Même un poil de chat suffit à mettre en défaut sa puissance d'aspiration ! Et puis sa forme assez biscornue, jointe à l'absence de brosses (un détail qui semble impensable aujourd'hui) l'empêche d'aspirer trop près des murs ou des coins. Malgré tout, nous avons tout de même affaire à une machine qui aspire la poussière un peu partout dans la maison sans qu'il soit nécessaire d'être présent. On peut donc tout à fait envisager de le mettre en route le matin avant de partir pour garder la maison propre, tout en sachant qu'on ne coupera pas à la corvée de ménage chaque week-end. Avec le VC-2, le robot ménager commençait à montrer qu'il pouvait être un peu plus qu'un simple gadget. Quinze ans après, et surtout cinq ans après la révolution iRobot, il n'a plus vraiment d'intérêt. Mais sans machines de ce type pour commencer à nous faire imaginer ce qu'un aspirateur robotisé pourrait être, Colin Angle aurait-il construit son premier Roomba ?

■Rémi Legris


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Planète Robots numéro 6  

Novembre / Décembre 2010

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Novembre / Décembre 2010

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