ON mag (2021-2) : casques et écouteurs audiophiles

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mag mars/avril 2021-2

FOCAL, GRADO, T+A, STAX, ZMF

LES NOUVEAUX CONTRE LES ANCIENS

CADORS DU CASQUE

AUDIOPHILE

ASUS | AUDEZE | LOGITECH | …

NOUVEAU

Peut-on être à la fois gamer et audiophile ?

Le showroom, pour le plaisir « des yeux » et ... Le plaisir « des oreilles »

ÉCOUTEURS

Avec ou sans fil, même combat : la qualité du son.

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casques, écouteurs, DACs et sources à l’essai


Allez plus haut. Allez plus loin. Allez au-delà Les haut-parleurs ultimes pour vos oreilles – n’importe où que vous soyez et ce que vous faites

Les casques DALI sont incomparables en termes de son et de confort - et avec une autonomie allant jusqu’à 60 heures, vous pouvez écouter le vrai son hi-fi à tout moment, même lorsque vous êtes en déplacement

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SOMMAIRE Le Showroom p.6 : avec Audeze, Audio Research, Audio-technica, Bang & OlufsenCopland, Davis, Devialet, Focal, Haute Fidélité Saumur, KEF, Klipsch, Linn, Marshall, Master & Dynamic, McIntosh, Mitchell Acoustics, McIntosh MHA200, Hifiman, Peachtree, Polk, Spotify, SVS, Triangle, Wilson Audio Comparatif casques de gaming p.22 : Asus Rog Theta Electret p.23 : Audeze Penrose p.24 : Audio-Technica ATH-G1 et G1WL p.26 : JBL Quantum One p.27 : JVC Exofield Xp-EXT1 p.28 : Logitech G733 p.30 : Turtle Beach Stealth 700 gen 2

Écouteurs p.66 : Bose QC Earbuds p.68 : Cambridge Melomania Touch p.70 : Earsonics Aero p.72 : Etymotic ER3XR BT p.74 : Shure Aonic 215 p.76 : Technics EAH AZ70W À la source p.80 : Astell & Kern Kann Alpha p.82 : AudioQuest DragonFly Cobalt p.84 : Earmen Sparrow p.86 : iFi Audio iDSD Neo p.88 : M2Tech Marley mkII p.90 : Moon by Simaudio 230H p.92 : NuPrime AMG HPA

Casques p.34 : Audio-technica ATH-WP900 p.36 : Ausounds AU-XT ANC p.38 : Austrian Hi-X55 p.40 : Bang & Olufsen Beoplay H95 p.42 : Dali iO-4 p.44 : Focal Celestee p.46 : Grado RS2e p.48 : KLH Ultimate One p.50 : Philips Fidelio X3 p.52 : Shure Aonic 50 p.54 : T+A Solitaire et HA-200 p.58 : Stax SR009 + SRM-700T p.62 : ZMF Vérité Open-Back

Ce magazine vous est proposé par ON-Mag.fr Diffusion, distribution et reproduction soumises à conditions. Tous droits réservés. Communication et publicité : Manuel Courbo (régie Catset), mcourbo@gmail.com, 06 61 09 14 46 Rédaction : Manuel Courbo, Alexandra Bellamy, Guillaume Fourcadier et Pierre Stemmelin

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LE SHOWROOM


SHOWROOM

Streamer Linn Klimax DSM nouvelle généra�on : oui, un lecteur réseau audiophile peut vous coûter un bras ! à par�r de 30 000 € HT + d’infos sur ON-mag.fr

Casques et écouteurs Master & Dynamic : êtesvous plutôt Paris SaintGermain (PSG) ou Peace & Love ? 300 € + d’infos sur ON-mag.fr

6 ON-mag >> mars/avril 2021-2


Copland CSA 150 : gros ampli Hifi hybride sûr de sa puissance, doté d'un conver�sseur presque rétro. 5000 € + d’infos sur ON-mag.fr

Klipsch Forte IV : 4ème version d'un classique néo-rétro de l'enceinte Hifi pavillonnaire. 6000 € la paire + d’infos sur ON-mag.fr

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SHOWROOM

Cyrus Audio lance sa série d'électroniques audiophiles XR : l'atypique britannique passe à la next-gen. + d’infos sur ON-mag.fr

Apple AirPods Max : le casque sans fil le plus moche et plus cher (ou presque) pour par�r dans la galaxie audiophile ? 630 €

KEF Mu3 : le surdoué audiophile présente ses premiers écouteurs True Wireless à réduc�on de bruit ac�ve. 230 €

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CASQUE D’EXCELLENCE I CLEAR MG Casque ouvert pour la maison, Clear Mg offre une restitution sonore exceptionnelle grâce à ses haut-parleurs fonctionnant sans aucune contrainte : pleinement libéré, le son est d’une pureté remarquable. Clear Mg, c’est aussi l’élégance d’une finition associée au confort d’un arceau en cuir et de coussinets en microfibre, pour toujours plus de plaisir d’écoute.

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SHOWROOM

Davis Acous�cs ressuscite Krypton avec une gamme d'enceintes Hifi française en mode Superman. 1500 € la paire + d’infos sur ON-mag.fr

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Audio Research Reference 80S : version allégée de l'ampli Hifi à lampes High-End Reference 160S. 18 500 € + d’infos sur ON-mag.fr

Devialet Phantom I et Phantom II : modernisa�on discrète des surpuissantes enceintes connectées Made in France. à par�r de 1000 € + d’infos sur ON-mag.fr

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SHOWROOM

Bang & Olufsen Beosound Level : une enceinte de luxe musicale, à l'aise partout et dans toutes les posi�ons. à par�r de 1250 € Test sur ON-mag.fr

Haute Fidélité Saumur : pour écouter les Sonus Faber Maxima Amator et tout ce que la Hifi a de plus beau.

Hifiman HE-400SE : cédez aux sirènes du casque Hifi planaire avec ce modèle Hifi à seulement 180 euros

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12 ON-mag >> mars/avril 2021-2


plaisirs solitaires The Clash déchaînés dans votre salon, Lady Day chuchotant à votre oreille, Claudio Abbado sur vos genoux. Voilà ce que vous promet l’écoute au casque d’exception : le grand frisson musical au plus près des artistes, à tout moment, rien que pour vous.

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Week-ends des 22-23 Mai et 5-6 Juin Découvrez notre catalogue lors des écoutes privées headbang ! Réservations sur headonist.fr

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SHOWROOM McIntosh MHA200 : ampli casque à tubes de luxe, façon miniature du légendaire ampli Hifi MA252. 3000 € + d’infos sur ON-mag.fr

Marshall électrise le marché des écouteurs True Wireless avec les très pe�ts Mode II et Iggy Pop. 180 € + d’infos sur ON-mag.fr

14 ON-mag >> mars/avril 2021-2


Peachtree Audio preDAC : un préampli Hifi et Dac à la classe boisée, paré pour toutes les configura�ons. 2900 € + d’infos sur ON-mag.fr

Caissons de grave SVS SB/PB-1000 Pro : les mêmes, plus pe�ts avec des bretelles et surtout plus abordables. à par�r de 600 € + d’infos sur ON-mag.fr

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SHOWROOM Wilson Audio Alexx V : une enceinte High End de rêve, aussi morcelée qu'ultra technologique. à par�r de 158 000 € la paire + d’infos sur ON-mag.fr

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Polk Audio Reserve : enceintes Hifi et Home Cinéma ambi�euses aux tweeters annulaires et boomers "ondulaires". à par�r de 550 € la paire + d’infos sur ON-mag.fr

Triangle Antal et Comète 40th : 2 enceintes Hifi iconiques redéfinies et fabriquées localement pour fêter les 40 ans. à par�r de 1500 € la paire + d’infos sur ON-mag.fr

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SHOWROOM

Mitchell Acous�cs uStream One : une paire d'enceintes sans fil à l’esprit audiophile tout en restant démocra�que. 550 € la paire + d’infos sur ON-mag.fr

Audio-technica AT-ART9XA et AT-ART9XI : une nouvelle généra�on de cellules phono haut de gamme. 1500 € + d’infos sur ON-mag.fr

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Spo�fy HiFi : enfin le géant du streaming musical passe à la musique en vraie qualité audiophile. + d’infos sur ON-mag.fr


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COMPARATIF CASQUES DE GAMING


TEST

ASUS ROG Theta Electret Ambi�euse marque d'Asus, ROG (Republic Of Gamers) dispose de toute une gamme de périphériques des�nés aux gamers. Au milieu de ses nombreuses références audio, deux casques se détachent dans le haut de gamme : le modèle USB Theta 7.1 et le Theta Electret, produit filaire et hybride armé de la pres�gieuse technologie éponyme. Un casque conciliant gaming et Hifi ? par Guillaume Fourcadier Une présence qui en impose Très imposant, le ROG Theta Electret est clairement plus proche d'un casque Hifi que d'un modèle gamer classique. Avec ses coques immenses et ses coussinets au diapason, ce casque est particulièrement lourd (environ 550 g). Pourtant, sans nous faire oublier sa particularité, le Theta Electret en joue admirablement. La fabrication mêlant plastique dense et coques en métal, ce modèle s'affiche comme l'un des plus luxueux du genre, et de loin le meilleur de notre comparatif en termes de qualité de construction. Son poids est compensé par une assez bonne répartition des masses, apportant un confort franchement surprenant. C'est simple, à moins de balancer la tête fortement, le ROG Theta Electret reste étonnamment agréable, ne délivrant presque aucune pression sur le sommet du crâne, même lors de longues sessions d'utilisation. Les coussinets (une paire habillée de tissu et une revêtue de similicuir) sont à la fois confortables et très respirants. Clairement orienté audiophile, le Theta Electret voit les boutons réduits à leur strict minimum, aucune commande n’étant accessible directement sur le casque. Son câble, pourtant de bonne qualité, n'est pas détachable. Quant au micro, détachable lui, sa qualité est plutôt bonne, mais pas meilleure que ce qui existe dans cette gamme de prix. Mais surtout, aucun logiciel de paramétrage n’est prévu : ROG a dû penser que ce modèle, se destinant aux excellentes cartes son et aux meilleurs DAC/amplis casque, n'avait pas besoin de s'encombrer de nombreux réglages supplémentaires.

Un son à la hauteur des attentes Disposant, sur chaque oreillette, d'un haut-parleur dynamique pour les basses et médiums, et d'un large transducteur à électret pour le reste des fréquences hautes, le ROG Theta Electret ne cache pas ses ambitions de gamer audiophile. Et cela fonctionne clairement très bien. Il dépasse de loin le

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300 € cadre d'un simple casque gaming, en particulier grâce à son excellent équilibre des timbres, sa scène sonore très vaste et détaillée, mais surtout sa qualité de restitution dans les aigus. Sans jamais accentuer les fréquences, il ne donne pas l'impression de manquer de quoi que ce soit. Là où nombre de concurrents forcent le trait, le ROG Theta Electret fait partie de cette nouvelle génération, à l'image de l'Audeze Penrose, refusant l'exubérance pour privilégier la qualité et la performance pures. Grâce à cela, le ROG Theta Electret est un magnifique caméléon, aussi à l'aise dans un jeu FPS survolté qu'avec de la musique classique. Nous pourrions lui reprocher une extension dans les basses perfectible, mais ce casque ne s'effondre pas pour autant dans ce registre, conservant une bonne assise, accentuée par son très large espace acoustique. Reste que, à l'image d'un vrai casque Hifi, il est assez exigeant sur la source, alors que l'Audeze Penrose est livré clés en mains, le tout avec une ergonomie plus poussée. Un casque vraiment réussi, même s’il ne se destine pas à tous les publics. Brillant audiophile et très bon joueur, se mariant d'autant mieux avec les sources 3D, le ROG Electret Theta est de la trempe des meilleurs.

Spécifications •Type : casque gaming à architecture hybride •Coussinets : circum-auriculaires •Transducteurs : électrodynamiques 45 mm et à électret •Connectivité : filaire (jack) •Compatibilité : prise jack •Application dédiée : non •Réponse en fréquence : 20 Hz – 40 kHz •Poids : 555 g

Notre avis


AUDEZE Penrose Modèle dans la pure lignée du Mobius mais sans la 3D et libéré de son câble USB, l'Audeze Penrose est un casque gaming haut de gamme paré pour la next-gen, désireux de démontrer la supériorité du transducteur planaire sur l'électrodynamique classique. par Guillaume Fourcadier

Une forme un peu brute, une ambition presque intacte Sur la forme, l'Audeze Penrose ne perturbera pas les habitués du Mobius, puisque nous avons affaire à un véritable faux jumeau. Il adopte une structure principalement en plastique, pas luxueuse mais plutôt élégante, est équipé de coussinets circumauriculaires et de nombreux boutons de réglages. Ce casque se veut aussi à l'aise sans fil (via un dongle USB) qu'en Bluetooth ou en filaire (liaison jack ou USB). Le Penrose existe en deux déclinaisons, PC/Xbox et PC/PlayStation, ce qui lui permet d'être paré pour la next-gen. Soyons francs, la fabrication pourrait être encore plus haut de gamme. Le plastique est dense, mais quelques bruits structurels sont encore présents et l'arceau conserve une certaine rigidité. Mais pas de gros reproche à l'usage, la solidité est vraiment là. Quant au confort, il pourrait être amélioré également, bien que ce casque ne soit pas extrêmement lourd (320 g). L'Audeze Penrose répartit un peu trop le poids sur le sommet du crâne, ce qui engendre une certaine pression lors de longues sessions d'utilisation, sans que cela ne soit trop dérangeant en pratique.

Application simple, son au-dessus du lot À l'image du Mobius, l'Audeze Penrose peut être utilisé seul ou via une application dédiée (PC en mode USB, ou smartphone en mode Bluetooth) baptisée AudezeHQ. Celle-ci permet d'accéder à quelques réglages sonores. Techniquement et acoustiquement, l'Audeze Penrose met tout le monde d'accord. Ses larges transducteurs planaires font un travail impérial, à l'image d'un vrai casque Hifi, en affichant un niveau de détails, une maîtrise et une assise dans les basses irréprochables, le tout sans dévier de sa signature sonore extrêmement équilibrée. L'Audeze Penrose est brillant sur tout le spectre, avec des médiums et des aigus tout en finesse, jamais dans l'emphase ou l'absence. Il s'adapte admirablement bien à tous les genres de jeux, sans

300 € jamais paraître plat. Quant à la séparation des différents détails, le Penrose se joue admirablement des difficultés - sur des points clés comme les bruits de pas, par exemple. Notons tout de même que son espace sonore reste un poil étriqué, manquant légèrement d'ampleur – un constat revenant assez souvent sur les casques planaires. Clairement, ce casque est taillé pour fonctionner avec le moteur Tempest (audio 3D) de la PS5, ou le système Dolby Atmos for Headphones existant dans l'univers Windows. Nous avons pu le tester avec ce dernier, pour constater que l'Audeze Penrose est particulièrement convaincant sur les jeux compatibles, prenant avec brio le relais du Mobius, quelques raffinements en moins. Pour ne rien gâcher, son microphone détachable est d'excellente qualité. Très audiophile et très joueur, l'Audeze Penrose est un produit pour gamer exigeant, capable, en bonus, de devenir un casque nomade (Bluetooth) de haut vol. Pas loin de la perfection, donc.

Spécifications •Type : casque gaming •Coussinets : circum-auriculaires •Transducteurs : planaires de 100 mm •Connectivité : sans fil via dongle USB-A (compatible PC/ Xbox ou PS/PC), filaire jack et USB, Bluetooth •Compatibilité : PC/Xbox (version Penrose X), PC/PlayStation 4-5 (version Penrose) •Application dédiée : PC et Android •Réponse en fréquence : 10 Hz – 50 kHz •Poids : 320 g

Notre avis ON-mag >> mars/avril 2021-2 23


TEST

AUDIO-TECHNICA ATH-G1 et ATH-G1WL Immense spécialiste des casques Hifi, des pla�nes vinyles et cellules Phono, le japonais Audio-technica a également quelques billes placées dans l'univers du gaming, sachant exploiter l'excellente qualité de ses transducteurs maison. Avec les ATH-G1 et ATH-G1WL, nous avons deux casques jumeaux, l'un filaire, le second sans fil (dongle PC/Mac) avec quelques réglages supplémentaires. Deux enfants surdoués ? par Guillaume Fourcadier

180 € 260 €

Quelques points antiques, mais légers, ultra confortables et solides À la vue des deux modèles Audio-technica ATH-G1, difficile de ne pas entrevoir le lien de filiation avec l'ATH-MSR7 ou l'ATH-M50 : des coques ovales et inclinées caractéristiques, de larges coussinets ; la bonne vieille formule éprouvée de la marque japonaise. Mais les ATH-G1 s'écartent un peu du chemin tracé par leurs aînés pour se parer d'un étrange arceau tout en acier noir, presque entièrement ajouré. Une épure rétro assez élégante, permettant aux deux casques de conserver une vraie grande légèreté. Posés sur la tête, il est facile de totalement les oublier. Ils procurent un confort presque parfait, même lors de longues sessions d'utilisation. Si la finition n'est pas luxueuse en soi, elle reste parfaitement dans la moyenne de ce que l'on attend pour des produits de ce calibre : les ATH-G1 sont solides et bien finis. Sur la forme, certains détails montrent qu'Audiotechnica est encore un peu conservateur : prise micro-USB et simple compatibilité PC/Mac pour l’ATH-G1WL, câble non détachable pour l’ATH-G1 et pas de réglage d'intensité du microphone dans les deux cas.

Technicité d'un grand nom, réglages réduits au minimum Audio-technica ne propose pas ici d'application dédiée, ce qui aurait par exemple permis de gérer la spatialisation ou encore d'intégrer un égaliseur. Elle aurait été utile, car il faut bien l'avouer, les deux casques sont parfois difficiles à comprendre. Ils partagent l'exacte même signature et la même qualité sonore mais l'Audio-technica ATH-G1-WL possède en plus un mode surround, qui peut être activé par un clic sur le réglage de volume. Il est totalement dispensable, élargissant un peu la scène sonore mais rendant la restitution moins cohérente. Sur la qualité des transducteurs, rien à redire, Audiotechnica propose ce qui se fait de plus technique et performant dans cette gamme de prix. Du détail, des basses bien définies et enveloppantes, nous

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avons bien affaire à une partie sonore optimisée par un Chef. Mais le constructeur a pris le parti de l'ancienne école des casques gaming, avec un équilibre tonal trop expressif et assez bosselé, montrant une bonne emphase dans les basses, un bon pic dans les aigus autour de 8-10 kHz, et surtout quelques creux marqués. Les deux casques en mettent plein les oreilles, mais auraient gagné à rester un peu plus sobres, car ils deviennent vite fatigants, surtout à fort volume. La recette fonctionne sur les genres spectaculaires (avec tout de même un peu d'agressivité) mais peut manquer de finesse sur d'autres. La scène sonore est quant à elle très large, même si elle n’est pas extrêmement profonde. Enfin, la qualité du microphone reste en deçà de ce que nous pourrions attendre dans cette gamme de prix. Il manque un peu de nuance et sature particulièrement vite. Difficile à juger, les Audio-technica ATH-G1 et ATHG1WL sont très solides techniquement, d'une puissance impressionnante, mais s'éloignent un peu trop de leurs racines Hifi, tout en étant assez pauvres en matière d'ergonomie.

Spécifications •Type : casques gaming •Coussinets : circum-auriculaires •Transducteurs : électrodynamiques de 45 mm •Connectivité : jack (ATH-G1), sans fil via dongle USB-A (ATH-G1WL) •Compatibilité : PC (ATH-G1WL), tout (câble jack de l’ATH-G1) •Réponse en fréquence : 5 Hz à 40 kHz •Poids : environ 260 g •Prix ATH-G1 : 180 euros •Prix ATH-G1WL : 260 euros

Notre avis


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TEST

JBL Quantum One

250 €

Porté par une ambi�on folle, le JBL Quantum One se place au sommet de la nouvelle gamme gaming du géant JBL. Modèle filaire (USB et jack), compa�ble PC et console, avec réduc�on de bruit, son 3D et tracking des mouvements de la tête, ce casque pour gamers fous est ce qui se fait de plus complet en la ma�ère. par Guillaume Fourcadier

Un casque aux fonctions pléthoriques, lumineux à défaut d'être ultra distingué Difficile de faire plus brut que le Quantum One. Ce monstre de plastique est tout sauf élégant (mais cela dépend des goûts). Sa structure est le résultat d'un empilement de différentes couches, ce qui lui donne des allures de petit cyborg dépenaillé. Pourtant, la finition est excellente et la construction sans faille, ne laissant entendre aucun petit bruit de structure pendant l'utilisation, tandis que les divers boutons sont d'une très bonne qualité. Brut donc, mais sérieux. Cette approche est surtout secondée par un très beau système d'éclairage par LED RVB, présent à la fois sur le plat des coques et dans un liseré serpentant sur ses bordures. Pas forcément utile, mais cela élève un peu le niveau d'élégance et lui confère un look très gaming. Le confort est acceptable, avec une bonne répartition du poids sur le crâne et des coussinets très enveloppants, mais le serrage reste un peu trop important pour les grosses têtes. JBL met clairement le paquet sur l'ergonomie et les commandes. En plus d'un fonctionnement en jack et en USB (mode principal), pour une compatibilité avec tous les systèmes classiques (PC et toutes les consoles), le casque Quantum One possède de nombreux boutons de réglages (ANC/antibruit, mode TalkThru/retour sonore, volume, centrage des gyroscopes) et il est livré avec beaucoup d'accessoires, comme son câble USB avec molette de basculement jeu/tchat. Un microphone détachable, d'assez bonne qualité, vient compléter la dotation.

Expérience sonore totale, avec juste quelques réserves Centre de contrôle pour le casque (uniquement PC), le logiciel QuantumEngine est particulièrement brillant. Simple, clair, il permet d'accéder à tous les réglages et configurations du JBL Quantum One, avec égaliseur 10 bandes en tête. Clairement, cela permet au casque de corriger ses quelques défauts et de se démarquer de la plupart de ses

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concurrents. Les transducteurs de 50 mm sont de bonne qualité, délivrant un niveau de détails et une immersion sonore réussis, avec un équilibre tonal assez porté sur les basses. Pas envahissantes, loin d'être aussi marquées que sur le Stealth 700 Gen 2 de Turtle Beach, les basses peuvent tout de même entraver légèrement l'expérience. Néanmoins, le JBL Quantum One, à défaut d'être audiophile, est tout à fait correct dans son approche musicale. Nous regrettons juste une gestion un peu oscillante des aigus, petit défaut qu'il est possible de corriger via l'égaliseur. Présentés comme de véritables expériences 3D, les modes DTS et QuantumSphere 360 (mode 3D maison) sont encore un peu timides pour nous convaincre réellement. La représentation sonore, avec tracking des mouvements de la tête (mode à calibrer via un microphone fourni), même si elle est loin d’être gadget, reste un bon cran en dessous de celle de l'Audeze Mobius. Extrêmement complet, compatible avec tout ce qui existe sur le marché, le JBL Quantum One propose une solide expérience, pour un tarif honnête. Avec un peu d'amélioration, il pourrait être aussi convaincant que le Mobius d’Audeze.

Spécifications •Type : casque gaming •Coussinets : circum-auriculaires •Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm •Connectivité : filaire (USB et jack) •Compatibilité : PC et consoles (PlayStation, Xbox, Nintendo Switch) •Application dédiée : PC et Android •Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz •Poids : 369 g

Notre avis


JVC

1000 €

Exofield XP-EXT1 Ovni cinématographique de salon, le JVC Exofield XP-EXT1 n'est pas juste un casque mais un ensemble cons�tué d'un boî�er de traitement électronique et d’un casque. Des�né à reproduire un son home cinéma/3D à par�r de n'importe quelle source, ce système ultra ambi�eux et très dispendieux nous promet une immersion sonore totale, que ce soit avec les films ou les jeux vidéo. par Guillaume Fourcadier

Un système complet, casque + boîtier émetteur, plus technologique que luxueux Bien plus cher que les autres modèles de notre dossier comparatif, l'ensemble JVC Exofield n'est pas pour autant présenté comme un produit luxueux - seulement très technologique. Ainsi n’utilise-t-il pas de matériau vraiment noble ou même de qualité un peu supérieure à la moyenne. La présentation du boîtier émetteur, fonctionnant comme un hub, est franchement cheap par exemple, tout en plastique assez léger pour une telle gamme de prix. Le casque, au moins, est déjà plus sérieux. Très sobre, il propose quelques envolées métalliques et une structure plus dense. Sa fabrication pourrait être encore supérieure, mais nous n'avons pas de gros reproche à lui faire. Le casque JVC XP-EXT1 n'est pas le plus léger du monde (330 g), mais son poids est assez bien réparti. Sans être un roi du confort, il est suffisamment bien pensé pour de longues sessions d'utilisation.

Clés en main, 3D autonome, expérience totale Marketé pour le home cinéma et le jeu vidéo, le système JVC Exofield XP-EXT1 fonctionne de manière totalement autonome, les divers réglages passant par le boîtier et par le casque. Le boîtier permet de raccorder trois sources HDMI, une source audionumérique optique par prise Toslink et une source analogique sur une paire de prises RCA. Le tout est complété par une sortie audionumérique optique. On a affaire à un véritable petit centre de contrôle, d'une grande simplicité d'utilisation. Que ce soit pour les films ou les jeux, le principe est à peu près le même : le JVC Exofield XP-EXT1 émule tout type de sources (stéréo comme multicanal) pour un rendu 3D/Atmos, mais préfère un maximum de canaux à la source. Le rendu "Exofield" peut ainsi être activé (largement préférable) ou désactivé (rendu stéréo classique). Efficace ? Oui, clairement. Le casque délivre, en particulier sur les jeux du type FPS (vue subjective), un rendu 3D impressionnant. Le son est ultra

immersif et peut, suivant les sources et les jeux, vraiment donner une illusion très réaliste. Forcément, cette émulation a ses limites, le JVC Exofield XP-EXT1 présente parfois quelques défauts dans les effets de réverbération. De même, l'émulation n'est vraiment faite que pour les expériences grandioses, pas pour les jeux à la localisation sonore peu marquée. Mais en désactivant le mode Exofield, le casque JVC nous laisse une signature sonore assez étrange, beaucoup trop expressive (avec une réponse en V extrêmement marquée), manquant de finesse pour un produit à ce tarif. Antithèse de l'Audeze Penrose, le système JVC Exofield peut transformer chaque petite action en un déluge sonore électrique, tout comme il peut paraître inutilement exubérant. Certainement pas audiophile, l'ensemble JVC Exofield est un peu plus à l'aise pour traiter la bande-son des films que le son des jeux, mais conserve dans les deux cas un niveau de détails prodigieux. L’ensemble JVC XP-EXT1 ne s’adresse pas à tout le monde, mais il est l'un des rares systèmes 3D vraiment immersif, aussi bien taillé pour le home cinéma que pour le jeu. Reste que son prix nous semble un peu élevé.

Spécifications •Type : ensemble home cinéma et gaming, boîtier + casque circum-auriculaire •Transducteurs : électrodynamiques de 40 mm •Connectivité : Hub avec 3 entrées HDMI, 1 entrée numérique optique, 1 entrée analogique RCA, 1 sortie numérique optique •Compatibilité : de stéréo à DTS:X/Dolby Atmos •Emulation : 7.2.4 •Réponse en fréquence : non précisée •Poids du casque : 330 g

Notre avis ON-mag >> mars/avril 2021-2 27


TEST

LOGITECH G733

150 €

Se posi�onnant plutôt dans le milieu de gamme des casques gaming, le G733 est le best-seller de Logitech. Un casque sans fil encore accessible, mais proposant une expérience complète. par Guillaume Fourcadier

Légèreté extrême, confort parfait, éclairage RVB festif Tout fait de plastique peu dense, le casque de Logitech n'est pas spécialement impressionnant, tout en conservant une construction étonnamment sérieuse, ne manifestant pas vraiment de bruit de structure pendant sa manipulation. Mais surtout, sa grande légèreté (278 g) et son large bandeau élastique lui permettent d'être royal lors de très longues sessions d'utilisation. Cela va de pair avec des coussinets circum-auriculaires revêtus de tissu, doux et respirant. Coloré, le Logitech G733 est également porté sur les lumières, réparties en deux bandes de Leds RVB à l'avant des deux coques. Ces Leds programmables restent assez amusantes, mais peuvent tout de même croiser le regard périphérique, ce qui peut légèrement gêner. Le Logitech G733 fonctionne sans fil via l'utilisation d'un dongle propriétaire de type USB-A, qui lui permet d'être compatible PC, Mac et PlayStation 4. La next-gen semble donc ignorée (mais cela peut dépendre des mises à jour des consoles). Nous ne déplorons aucun gros manque au niveau ergonomique. Le volume est facilement accessible via une molette et la marque ne s'égare pas dans un excès de boutons. Le microphone, détachable et flexible, pourrait tout de même être un peu plus travaillé, sa souplesse et son amplitude étant assez faibles et sa sonorité simplement correcte pour la gamme de prix.

Une application et des réglages complets, une sonorité étonnamment équilibrée Logitech n'est pas un petit nouveau en la matière ; cela se traduit par son logiciel G Hub adapté à pratiquement tous ses produits gaming. Très clair, bien pensé et surtout complet, celui-ci est vraiment un incontournable compagnon pour le casque G733, et l'un des meilleurs logiciels du genre. Il est ainsi possible de régler les lumières, d'égaliser le son du casque et même d'accéder à une interface pour le son 3D. Rien à redire. En jeu, l'expérience sonore est à la fois satisfaisante

28 ON-mag >> mars/avril 2021-2

et équilibrée, presque trop sage même. Clairement, le Logitech G733 est l'un des casques les plus mesurés et polyvalents de sa catégorie. Passepartout donc, mais il peut sembler un peu plat face aux explosions, aux grondements de moteurs, en tous les cas pour un public habitué aux casques gaming classiques plus démonstratifs. Bien qu'il ne soit pas aussi bon que les Audio-Technica ATH-G1 au niveau des pures performances techniques, sa signature sonore plus naturelle lui permet d'être bien plus polyvalent et agréable à la longue. Le Logitech G733 profite également de l'émulation DTS Headphone:X 2.0 via le logiciel Logitech G Hub, qui reproduit un son 3D façon DTS:X. Le principe est louable, mais le casque prend le parti du naturel absolu, ce qui assure une excellente cohérence de l'espace sonore mais sans ajouter une vraie sensation de 3D ; cela dit, la spatialisation est déjà assez convaincante de base. Si sa frilosité apparente ne lui permet pas d’égaler les meilleurs, le Logitech G733 reste un produit très recommandable. Confortable et très naturel, il plaira clairement aux adeptes d'équilibre sonore. Une belle proposition, fort abordable.

Spécifications •Type : casque gaming •Coussinets : circum-auriculaires •Transducteurs : électrodynamiques de 40 mm •Connectivité : sans fil via dongle USB-A •Compatibilité : PC (Windows/Mac), PlayStation 4 (sans l’option DTS Headphone) •Application dédiée : PC •Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz •Poids : 278 g

Notre avis


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60

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TEST

TURTLE BEACH Stealth 700 Gen 2 Grande marque de l'univers du gaming, Turtle Beach possède un écosystème par�culièrement riche. Son Stealth 700 Gen 2 est un casque très ambi�eux. Ce modèle sans fil décliné en deux versions (PC/Xbox et PS4) se permet des escapades en audio nomade grâce à sa puce Bluetooth. Le genre de produit de qualité et très polyvalent. par Guillaume Fourcadier Simple et solide, prêt pour les jeux comme pour l'audio nomade Bien que son orientation gaming ne fasse aucun doute pour les connaisseurs, le Turtle Beach Stealth 700 Gen 2 pourrait presque passer pour un gros casque nomade dédié à l’écoute de musique. Pas de LED ou de folles embardées esthétiques ; ce modèle est assez sobre, presque absorbé par ses tons noirs. Bien que principalement en plastique, sa construction très dense et son bon assemblage le placent parmi les bons élèves, même si quelques bruits structurels demeurent lors des manipulations. Un peu rigide (pour les grosses têtes) et assez lourd, il offre néanmoins un confort tout à fait valable, emmené par des coussinets larges et très épais. Une expérience plutôt à la hauteur de la promesse, qui ne tranche décidément pas avec les habitudes de la marque. Les commandes passent toutes par le côté gauche, où se regroupent les boutons et molettes : molette de volume et de réglage du casque, mode sonore (égalisation), allumage/extinction, bouton Bluetooth, appairage sans fil. La prise en main n'est clairement pas immédiate, mais un peu d'entraînement suffit pour maîtriser ces commandes. En Bluetooth, le casque se comporte comme un modèle classique, même si l'ergonomie est un peu brute pour du nomade. Cette fonction, pas forcément très développée ailleurs, reste un sacré avantage. Notre modèle de test étant une version "Xbox", il fonctionne avec le protocole Microsoft Wireless, disponible sur Xbox et sur les PC équipés d'un dongle dédié (quelques rares PC intègrent ce protocole en standard). Notons qu'une version PlayStation existe également. Pour les utilisateurs des deux univers, il faut malheureusement faire un choix. Dommage de ne pas avoir poussé encore un peu plus loin la polyvalence.

Un son très puissant, raffinement en option Plug and Play, le casque fonctionne seul, mais bénéficie d'une application dédiée Android/iOS/PC,

30 ON-mag >> mars/avril 2021-2

150 € baptisée Audio Hub. Elle n’est pas extrêmement riche mais permet tout de même quelques réglages, comme la gestion du volume du bon microphone rabattable, ou la mise en place des modes sonores (pas extrêmement utile). Se basant sur des transducteurs de 50 mm, le Turtle Beach Stealth 700 Gen 2 crache littéralement la foudre sonore, même dans son mode audio le plus "équilibré". Très basseuse, plutôt en V, sa réponse en fréquence accentue fortement le côté sensationnel des jeux, ce qui fonctionne dans bien des cas et chez un certain nombre d'utilisateurs. Forcément, cela se paie sur le côté audiophile, avec quelques effets de voiles dans l'écoute, limitant le niveau de détails. Au moins, le casque n'est-il pas trop agressif, juste extrêmement expressif. Sa signature sonore "à l'ancienne" met en avant ses limites techniques, face au duo ATH-G1 d'Audiotechnica par exemple, mais le casque Turtle Beach Stealth 700 Gen 2 compense assez bien cela en étant moins fatigant qu'on ne pourrait le penser. Un casque complet, confortable, très solide et extrêmement puissant, mais qui aurait pu prétendre aux sommets avec un peu plus de retenue dans sa signature sonore.

Spécifications •Type : casque gaming •Coussinets : circum-auriculaires •Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm •Connectivité : sans fil (Xbox Wireless) •Compatibilité : Xbox/PC (via dongle non fourni), PlayStation (version Stealth PS) •Application dédiée : PC et Smartphone •Réponse en fréquence : 20 Hz à 22 kHz •Poids : 453 g

Notre avis


ViVent les libellules ! Superbe !

Ou mieux encore!

La Libellule Noire DragonFly Black €99.95

La Libellule Rouge (“DragonFly Red”) €199.95

“Avec la Libellule (“DragonFly”), AudioQuest a créé un moyen simple et abordable d’atteindre le haut de gamme pour une nouvelle génération d’auditeurs, ainsi que le produit parfait pour le système audio personnel de tout audiophile.”

“Les Libellules Rouge et Noire (“DragonFly Red and Black”) figurent parmi les meilleurs exemples d’hifi pour Monsieur Toutlemonde à jamais avoir été publiés dans notre revue. Leurs valeurs de quotient explosent le cadran. ”

—Robert Harley, The Absolute Sound

Et le top du top ! La Libellule Cobalt (“DragonFly Cobalt”) €299.95 La Libellule Cobalt (“DragonFly Cobalt”) rassemble tout ce que les auditeurs aiment dans la gamme Libellule (“DragonFly”), le son superbement dynamique et séducteur, dont elle améliore la mise au point tout en enlevant le duvet et le brouillard dont l’auditeur n’avait même pas conscience jusqu’à ce qu’il ne l’entende plus ! La Cobalt dispose de la même tension de sortie 2.1 capable de tout lire que la Rouge, avec son contrôle de volume numérique à bit parfait, une qualité de rendement MQA exceptionnelle et une compatibilité parfaitement fluide avec les appareils Apple et Androïd. Quelques ingrédients importants qui expliquent la performance de Cobalt qui lui permet aujourd’hui de créer un précédent en la matière : • La puce ESS ES9038Q2M DAC dotée d’un filtre de phase minimum à coupure progressive permettant un son plus naturel. • La micropuce PIC32MX274 microprocesseur réduit l’appel de courant et augmente la vitesse de traitement de 33% par rapport aux Libellules Noire et Rouge (DragonFlys Black and Red). • Un système d’alimentation et de filtrage amélioré, conçu spécifiquement pour réduire les bruits de fond cellulaires ou encore ceux dus au Wifi ou au Bluetooth. • Comporte un adaptateur Queue de libellule DragonTail USB-C vers USB-A modulable. Toutes les Queues de Libellule (DragonTails) utilisent les câbles USB à teneur en carbone de chez AudioQuest.

DragonFly Le DAC + Preamp + Amp de Casque Du MP3 au MQA et à la Haute Résolution, les Libellules préservent tout le corps et toutes la chaleur et la couleur naturelle de votre musique. Profitez de plus de beauté musicale chez vous et partout où vous choisirez d’écouter votre musique.

—John Darko, Darko.Audio



LES CASQUES


TEST

AUDIO-TECHNICA

700 €

34 ON-mag >> mars/avril 2021-2


ATH-WP900 Casque filaire mais d'aspira�on nomade, dans la lignée des mythiques ATH-ESW9 ou ATH-ES10, l'Audio-technica ATH-WP900 reprend la même rece�e pour parvenir à la quintessence sonore. Il s'agit d'un modèle premium, représentant luxueux d'un univers assez restreint, celui du casque audiophile nomade haut de gamme. par Guillaume Fourcadier

Pas irréprochable, mais tellement à part L'argument principal de ce casque est immanquablement le couple design/fabrication. Audio-technica dote l’ATH-WP900 de coques en érable flammé soigneusement sélectionné. Les motifs splendides, mis en valeur par un épais vernis brillant, donnent au bois sa belle teinte "Sunburst" caractéristique de certaines guitares. La fabrication se modernise assez clairement par rapport aux anciens modèles Audio-technica de la série ESW, avec une sellerie et une structure plus travaillées. Dommage cependant qu'il reste de nombreuses pièces en plastique, notamment le cerclage des coques, car cela donne un résultat général un peu mitigé pour un tel prix. Au moins, le confort est irréprochable. Les coussinets circum-auriculaires des oreillettes sont certes un peu menus pour les grandes oreilles, mais ce casque de 243 g est un poids plume. L'isolation phonique, un peu moyenne, cantonne l'ATH-WP900 avant tout à une utilisation dans des environnements calmes ou moyennement bruyants.

Signature sonore en "W", en mode rentre-dedans Mieux armé que ne l'étaient les ESW9 ou ES10, l'Audio-technica ATH-WP900 utilise de nouveaux haut-parleurs de 53 mm avec membrane revêtue de carbone amorphe. Cette base détonante lui permet d'afficher un niveau de technicité sonore bien supérieur aux casques nomades classiques. Sa signature sonore en "W" est particulière, assez éloignée de la norme, mais lui permet d'afficher une personnalité à part, sans exagération ou manque flagrant. Légèrement chaud dans sa transcription, voire un peu gras, l'ATH-WP900 conserve pourtant une bonne clarté, ainsi qu'un tranchant et une énergie réjouissants, le tout sans agressivité ou artificialité. Un peu en retrait sur les voix masculines, plus en avant sur les voix féminines, ouvert et puissant mais pas agressif, l'ATH-WP900 est un candidat parfois dur à appréhender, mais qui sait se faire caméléon pour qui accroche à son caractère sonore hétérogène. S'il fallait synthétiser, nous parlerions d'un casque très rock/électro, puissant et tranchant mais avec une merveilleuse maîtrise. Les basses sont d'une qualité rare pour un produit nomade, le large transducteur permettant de

distiller le moindre détail sans aucune difficulté, tout en nuance. À l'opposé du spectre, les aigus sont placés en avant mais de façon très pondérée, ce qui apporte un grain clair et incisif à l'écoute. Si la scène sonore est encore loin d'égaler celle de vrais casques Hifi ouverts de cette gamme de prix, en partie à cause du volume de charge acoustique restreint, elle reste profonde, avec une excellente séparation des instruments.

En résumé Musical et technique, le casque nomade audiophile Audio-technica ATH-WP900 constitue clairement une montée en gamme par rapport aux anciens modèles des série ESW et ES, sans pour autant trahir leur personnalité sonore atypique. On a là un produit exclusif, sans doute un peu trop cher pour ses pures performances sonores, mais l'un des casques nomades les plus désirables du marché de par sa musicalité et ses coques en bois à la finition de guitare électrique.

Spécifications •Type : casque fermé nomade •Coques en érable flammé sélectionné par le luthier japonais Fujigen •Transducteurs : 53 mm avec membrane DLC •Réponse en fréquence : 5 Hz – 50 kHz •Impédance : 38 ohms •Sensibilité : 100 dB/mW •Puissance max admissible : 1 000 mW •Poids : 243 g •Câbles (détachables à connectique A2DC) : un câble à terminaison jack 3,5 mm, un câble à terminaison jack 4,4 mm •Housse de transport souple fournie

Notre avis Construction

Confort

Performances

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2 35


TEST

AUSOUNDS AU-XT ANC Sur le marché très bataillé du casque Bluetooth circum-auriculaire à réduc�on de bruit ou règnent en maîtres, sans trop de partage, les Sony WH1000Xm4, Bose Headphones 700 ou Jabra Elite 85h, la marque américaine Ausounds s'efforce d'apporter une alterna�ve compé��ve. Disponibles depuis peu en France, ses modèles affichent des arguments techniques et esthé�ques, mais également des prix agressifs pour espérer taquiner les cadors.

220 €

par Manuel Courbo

La marque Ausounds vient tout juste d'arriver en France. Cette société américaine, créée en 2019, est toute jeune, mais rassemble à sa tête une demidouzaine de vieux briscards de l’audio venant de marques comme Audeze, Monster, Harman Kardon, Beats, McIntosh ou KEF. Le casque Ausounds AU-XT ANC a vraiment un bon look avec son dessin sobre, épuré et discret. Il affiche une apparence plus décontractée que certaines autres productions américaines et moins ostentatoire que certaines références anglaises. Accusant 245 grammes sur la balance, ce qui le classe dans la fourchette basse, mais pas comme le roi de sa catégorie, l'Ausound AU-XT ANC est très confortable même pour des séances d'écoute prolongées. Les mousses des oreillettes circumauriculaires sont de forme bien enveloppante et respirantes. Elles n’occasionnent pas de sensation d’enfermement, de frottement, d'irritation ou de chaleur. Il est d’ailleurs à noter au passage qu’une fois en place, ce casque offre une isolation phonique passive étonnante. Les coussinets des oreillettes sont revêtus de "cuir protéiné" ou pleather, c'est-à-dire une matière 100 % synthétique. Elle est associée à une mousse à mémoire de forme qui remplit parfaitement son rôle pratique et ergonomique. Malgré un aspect tout plastique, la fabrication et la finition de ce casque semblent fort sérieuses et sans approximation. Les réglettes de hauteur graduées des oreillettes sont en métal et s’intègrent parfaitement dans l’arceau avec juste ce qu'il faut de résistance et les petits clics de circonstance lorsqu'on modifie les réglages. Pour son rangement et son transport, l'Ausounds AU-XT ANC se la joue façon DJ. Ses oreillettes se replient et reviennent vers l’intérieur de l'arceau afin d'obtenir un encombrement minimal. Seul petit bémol ergonomique, le casque Ausounds possède un arceau un peu large. Selon les têtes, son maintien est plus assuré par la pression exercée par les oreillettes que l'appui de l'arceau sur le dessus du crâne.

36 ON-mag >> mars/avril 2021-2

Un son à la fois musclé, clair et vif De prime abord, ce casque nous est apparu comme assez basseux, une sensation qui s’est confirmée à la longue, sans que ce penchant un peu chargé ne nuise ni à la l'intelligibilité du son ni au plaisir d’écoute. Ce qui est étonnant, c’est que l'Ausounds AU-XT ANC réussit en parallèle à délivrer des aigus, des voix, des détails dans le haut du spectre avec une belle clarté et une bonne précision. Sur le morceau d’Alpha Blondy "I Wish You Were Here", reprise reggae "biniouisante" d'un morceau des Pink Floyd, dès le démarrage, les deux guitares sèches surgissent avec une propreté et une clarté saisissantes. Elles sont ensuite rapidement rejointes par la basse façon Rasta et la voix si particulière et évocatrice d’Alpha Blondy. C'est un régal. Quant à l’efficacité du système de réduction du bruit de l'Ausounds AU-XT ANC, elle s’avère correcte. Nous avons longuement éprouvé ce casque dans les transports en commun et, associé à l'isolation phonique passive excellente, le mode antibruit (ANC) remplit bien son office. Son action ne semble pas étriquer le son. Celui-ci devient même un peu plus clair, sans qu’on note de sensation désagréable ou limitative lors du déclenchement de ce mode.

■ Spécifications •Type : casque Bluetooth 5.0, antibruit •Transducteurs : 40 mm, dynamiques au graphène •Autonomie annoncée en utilisation : 30 h •Connectique : USB-C (recharge) et mini jack •Étanchéité : IPX4 •Accessoires fournis : câble mini jack de 3,5 mm, câble de charge USB-C, prise avion, pochette de rangement en matière plastifiée semi-rigide •Poids : 245g

Notre avis



TEST

AUSTRIAN Hi-X55 Créée en 2017 par des anciens d'AKG, la marque Austrian Audio est un peu le "AKG tel qu'il aurait pu être". En plus de ses deux microphones haut de gamme déjà réputés, le jeune constructeur autrichien propose deux casques des�nés au secteur pro. Le Hi-X55 testé ici est un modèle circum-auriculaire des plus intrigants. par Guillaume Fourcadier Simple, mais pour très longtemps Peu de choses débordent de ce casque d'un point de vue design, ce qui est plutôt une bonne chose. L'Austrian Audio Hi-X55 repose sur une forme familière, mais de petits détails lui permettent de se démarquer. De loin, il ressemble à un casque de monitoring/mastering quelconque. De près, l'expérience est beaucoup plus positive. Sobre mais pas inélégant, il s'appuie sur une qualité de fabrication tout à fait admirable. Quelques pièces sont en plastique dense, mais l'essentiel de sa structure pliable et ses points cruciaux sont taillés dans le métal. Les branches reliées aux coques, le réglage de la hauteur, les éléments de torsion, tous sont en aluminium et impeccablement assemblés. Même bonne surprise concernant l'arceau, composé d'une large lame d'acier. Le repose-tête et les coussinets, habillés de similicuir, sont eux aussi d'excellente facture. Enfin, la connectique jack est spécialement pensée pour éviter les torsions, car moulée dans une excroissance. Un casque prêt à affronter les années. À cela s'ajoute un excellent confort et une très bonne isolation phonique, portés par des coussinets larges et profonds. Un casque sobre, mais à la conception presque parfaite.

Un casque ou une loupe sonore ? Destiné à l'univers studio, l'Austrian Audio Hi-X55 est surtout taillé pour l'écoute analytique et non purement musicale. Ses transducteurs de 44 mm, 100% développés par Austrian Audio, sont là pour faire ressortir les moindres détails et imperfections des enregistrements. Une réussite sur ce point, puisque ce casque répond exactement à ce que l'on peut attendre d'un produit professionnel. Dans la même veine que le mythique Sony 7506, en plus technique et moins neutre, le Hi-X55 est une machine à détails, aussi percutante et précise que l'exige sa fonction. Proposant une scène sonore particulièrement large même si elle s’avère peu profonde, ce casque

38 ON-mag >> mars/avril 2021-2

300 € accentue suffisamment les fréquences clés pour créer une excellente séparation des instruments. Beaucoup plus sec que rond, il demeure d'une extrême rigueur dans le bas du spectre. Puissant, incisif, intransigeant, l'Austrian Audio Hi-X55 n'est pas ce que l'on peut appeler un casque musical, bien qu'il se permette, à volume modéré et sur certains enregistrements, de ne pas être un si mauvais élève. Avec son Hi-X55, la marque a choisi de ne pas s'essayer sur la neutralité, très loin de là, mais de jouer avec les accentuations afin de créer un rendu des plus analytiques, quitte à exagérer certains détails. Cette démarche divisera forcément, surtout au sein des amateurs de création sonore, mais fait partie de l'identité de ce casque. L'Austrian Audio Hi-X55 est une très belle réussite dans son genre, mais n'est clairement pas fait pour tout le monde. Son approche l'oriente presque exclusivement vers un usage professionnel.

Spécifications •Type : casque fermé professionnel •Transducteur propriétaire de 44 mm •Réponse en fréquence : 5 Hz – 28 kHz •Impédance : 25 Ohms •Sensibilité : 118 dB/mW •Puissance max admissible : 150 W •DHT(1 kHz, pas de précision sur la puissance) < 0,1% •Poids (sans câble) : 305 g •Inclus : câble avec terminaison jack 3,5 mm de 3 m, adaptateur jack 3,5 mm vers jack 6,35 mm, pochette de transport souple

Notre avis



TEST

BANG & OLUFSEN Beoplay H95 Marque de luxe ou fabricant audio ? Bang & Olufsen a toujours joué avec ce fragile équilibre, maniant une image exclusive et une tarifica�on généralement plus élevée que la moyenne. Le casque sans fil à réduc�on de bruit Beoplay H95 ne semble pas prêt à inverser ce�e tendance, puisqu'il se présente comme une accentua�on du précédent H9 3ème gen. Matériaux nobles, ergonomie avancée, sonorité haut de gamme, mais tarifica�on qui verse dans la démesure ; le Beoplay H95 réussit-il son pari insensé ? par Guillaume Fourcadier

800 € Une classe au-dessus des autres Ne tournons pas autour du pot, sur la forme, le Bang & Olufsen Beoplay H95 est ce qui se fait de plus impressionnant. Structure presque entièrement en aluminium, bandeau et coussinets en cuir de qualité, molettes crantées en aluminium et design vraiment étudié : on a presque affaire à une œuvre d'art. Nous pouvons seulement regretter qu'il ne soit disponible qu'en noir et en gris/blanc, l'école scandinave restant ici sur des coloris très ternes. La forme est bien là et l'assemblage suit, presque irréprochable. Le Beoplay H95 est à la fois luxueux et moins froid qu'il n'y paraît de prime abord. Bang & Olufsen a clairement monté le niveau d'un cran par rapport à la concurrence. Seul le MW65 de Master & Dynamics n'est pas très éloigné, un casque comme le B&W PX7 optant quant à lui pour une autre orientation. Le B&O H95 peut surtout se plier, ce qui n'était pas le cas des modèles précédents, et peut se mettre à plat. Cela lui permet de parfaitement rentrer dans son bel étui de transport dédié, tout en aluminium. Le confort n'est pas aussi brillant, ne pouvant pas rivaliser avec celui d’un Sony WH-1000Xm3 ou d’un

40 ON-mag >> mars/avril 2021-2

Bose Headphones 700. Mais, d'une part ce confort reste d'un excellent niveau, les coussinets étant bien larges et enveloppants, d'autre part cet écart vient principalement du poids plus important (323 g pour le Beoplay H95 contre environ 250 g pour les autres), ce qui est certainement lié à sa structure en aluminium.

Ergonomie profonde, de Surface L'ergonomie est assez réjouissante, puisque la marque a eu la bonne idée de combiner la navigation habituelle, entièrement tactile, avec un système de molettes cerclant les deux coques, à la manière d'un Microsoft Surface Headphones. L'une de ces molettes est assignée au réglage du volume, l'autre à la réduction de bruit/retour sonore. Leur fluidité est assez bonne, avec quelques micro frottements perceptibles. Le Bang & Olufsen Beoplay H95 est compatible avec la nouvelle application Bang & OIufsen, épurée et plutôt utile, même si elle ne s’avère pas indispensable. En plus de pouvoir mettre à jour le casque et gérer quelques paramètres, elle permet d'appliquer un panel d'égaliseurs prédéfinis, ou de


jouer avec une "roue d'égalisation" assez déroutante, mais efficace. Cerise sur le gâteau, la connexion est multipoint, ce qui permet au B&O H95 de se connecter en profil audio sur deux produits à la fois.

mis en avant via plusieurs pics et oscillations. Notre seul vrai reproche concernera justement cette dernière gamme de fréquences, très expressive mais vite agressive une fois bousculée, ce qui est assez typique des membranes titane. Le son se fond parfaitement dans les genres Réduction de bruit et autonomie en progrès modernes (pop, rap, etc) ou le jazz, l’énergie et l’excellent niveau de maîtrise du Beoplay H95 La réduction de bruit du précédent casque Beoplay faisant particulièrement briller les bons H9 (3ème gen) était déjà efficace, mais tout de enregistrements, même à bas volume. La texture même assez loin d’atteindre les performances des des instruments, les petites nuances d’un morceau ténors, en particulier dans les basses fréquences. Ici, tout est admirablement retranscrit. À l'inverse, les Bang & Olufsen corrige largement ce défaut pour se styles agressifs (ainsi que les hauts volumes) et les hisser, non pas au niveau du champion Sony, mais à mauvais mix sont rapidement fatigants. un niveau déjà assez élevé. Avec ces caractéristiques, il est logique de retrouver Sans nous couper du monde extérieur, la réduction une scène sonore cohérente, plus profonde que de bruit est déjà efficace dès les 40-50 Hz, et large (pas assez large peut-être), mais surtout parvient à tenir un niveau à peu près régulier de 20 extrêmement détaillée. Face à des références voire 25 dB jusqu'aux aigus (1 kHz). Passée cette comme le Sony WH-1000Xm3 ou le Bowers & gamme de fréquences, l'isolation passive prend le Wilkins PX7, le B&O Beoplay H95 propose un son relais. Là aussi, le progrès en matière d’atténuation moins chaud, moins accessible que celui de ses par rapport au modèle précédent est assez tangible, deux concurrents, mais d'une certaine façon plus même s’il pourrait être plus marqué à notre goût. précis et technique, moins lourd, prenant le pari Nous avons donc affaire à un casque dont le d'une sonorité différente, tout en ayant système antibruit n'est certes pas aussi parfaitement conscience de ses forces et faiblesses. impressionnant que celui d'un Sony WH-1000xm3, Le Bang & Olufsen Beoplay H95 justifie-t-il mais se tient parfaitement. techniquement ses 800 euros ? Non, il lui faudrait B&O introduit également un algorithme de vraiment se détacher du lot pour cela. Mais il peut réduction adaptative du bruit, qui en l'état nous enfin s'asseoir à la table des meilleurs et, pour ce semble très perfectible, mais valable dans quelques qui est du design, les regarder de haut. situations. Mieux vaut pour le moment rester sur la méthode manuelle. Spécifications Le mode Ambiant (retour sonore) pourra •Type : casque circum-auriculaire Bluetooth à réduction légèrement perturber, car il s'axe sur une de bruit active reproduction des voix, tout en conservant la •Fabrication : aluminium, cuir d'agneau, cuir de vachette, réduction de bruit dans les basses fréquences. tissu Annoncée à 38 h avec réduction de bruit active, •Puce Bluetooth 5.1 l'autonomie atteint environ 35 h en pratique. Un •Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX Adaptive résultat pour le moins excellent.

Une sonorité vivante et titanesque Nous ne pouvons passer sous silence un point extrêmement fâcheux : l'impossibilité d'utiliser le Bang & Olufsen Beoplay H95 en mode filaire passif, c’est-à-dire éteint. Un choix vraiment incompréhensible, surtout à un tel tarif. Tous nos tests ont donc été réalisés en mode actif. Pas si éloignée de celle des précédents H9, la signature sonore du H95 passe clairement un cap technique, les coussinets bien plus spacieux et l'utilisation de nouveaux transducteurs avec membranes anodisées titane changeant la donne de manière audible. À la fois très précis et très vivant, le Beoplay H95 délivre une signature sonore en V étiré (légèrement physiologique donc), se caractérisant par des extrêmes graves boostés, des médiums légèrement en retrait mais très réguliers et des aigus légèrement

•Appairage rapide : Google Fast Pair, Microsoft Swift Pair Multipoint •Transducteurs de 40 mm avec membranes anodisées titane •Réponse en fréquence : 20 Hz à 22 kHz •Poids : 323 g •Livré avec : coffret en aluminium, câble USB-C, câble jack 3,5 mm, adaptateur jack avion

Notre avis Construction

Ergonomie

Performances

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2 41


TEST

DALI 300 €

iO-4 Le Dali iO-4 est le pe�t frère du Dali iO-6 que nous avons déjà testé. Vendu 100 € de moins, il s’en dis�ngue par l’absence de système an�bruit ac�f. Esthé�quement, les deux modèles se ressemblent comme deux gou�es d’eau, mais à l’écoute nous allons voir qu’ils sonnent différemment. par Pierre Stemmelin

Dali est un constructeur danois spécialisé dans les enceintes acoustiques Hifi et Home Cinéma depuis 1983. Il est aujourd’hui un acteur important sur ce marché. Il ne s’est lancé dans l’aventure des casques audio que récemment, en 2019. De la part d’un spécialiste de l’acoustique, la démarche est logique, mais nous savons d’expérience qu’elle peut être très « casse-gueule ». La conception d’un casque audio présente en effet des difficultés bien différentes de celles des enceintes acoustiques, notamment pour ce qui concerne la partie électronique pour les casques actifs sans fil, ainsi que la mécanique et l’ergonomie de l’arceau, ou des oreillettes qui influent grandement sur les résultats sonores. Les Dali iO-6 et iO-4 sont les deux premiers casques de Dali. Nous avons salué la qualité de l’iO-6 lors de son test, mais étions resté un peu sur notre faim, du fait de son esthétique sonore très (trop) audiophile. En principe l’iO-4, qui reprend exactement la même architecture, ne pèse que 8 g de moins et ne se différencie extérieurement que par la disparition du bouton ANC (Active Noise Cancellation), devrait sonner de la même façon. Eh bien, ce n’est pas le cas.

Un bon son sans se poser de question Sur le terrain, on retrouve la même apparence solide, l’isolation phonique passive d’une efficacité appréciable et le même confort bien étudié. Malgré son poids un peu élevé, le Dali iO-4 se laisse porter sans fatigue pendant des heures. À l’écoute on retrouve aussi des performances similaires à celles de l’iO-6 pour ce qui concerne l’ouverture du registre médium, la douceur et le filé des aigus, la propreté du message, l’aération et la spatialisation

42 ON-mag >> mars/avril 2021-2

fort réussies. À cela, il ajoute un équilibre tonal peut-être un peu moins audiophile, mais qui nous semble plus consensuel et en phase avec les attentes actuelles dans le domaine des casques nomades. Le bas du spectre est plus chaud, plus dense. Il a plus d’ampleur tout en conservant une très bonne tenue. Le Dali iO-4 sait être percutant, avoir du punch sans tomber dans la lourdeur. Sa restitution sonore est d’un beau naturel, sans faire ressortir une portion du spectre audio au détriment d’une autre. C’est un produit particulièrement réussi et séduisant qui sonne extrêmement bien sans que l’on se pose de question.

Spécifications •Type : casque circum-auriculaire sans fil •Liaison : Bluetooth AAC, AptX, AptX HD et filaire •Transducteurs : 50 mm Free Edge à membrane en papier •Protection : IP53 •Réponse en fréquence : 10 Hz à 20 kHz •Accessoires fournis : câble mini jack, câble USB-C, pochette de rangement •Autonomie : jusqu’à 60 heures (2 h 30 min de charge) •Poids : 321 g (sur notre balance de cuisine)

Notre avis


Transmetteur Bluetooth Haute Définition

HDT800

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TRANSMETTEUR HAUTE DÉFINITION BLUETOOTH aptX HD Notre transmetteur HDT800 est véritablement polyvalent, il permet de:

- transmettre le son sans fil entre votre téléviseur et un ou deux casques bluetooth en qualité haute définition

- transmettre le son sans fil et en haute définition entre deux appareils hifi, dans ce cas la transmission du signal se fait entre le HDT800 et un récepteur Bluetooth* aptX ou aptX HD (ex: WTX500, WTX700, WTX1100, WTX-TUBES). - transmettre le son sans fil entre son PC ou MAC et sa chaine HiFi. Le PC/MAC sera connecté au HDT800 tandis que votre système hifi sera équipé d’un récepteur Bluetooth* aptX ou aptX HD (ex: WTX500, WTX700, WTX1100, WTX-TUBES). SPECIFICATIONS Solution

CSR 8675 aptX, aptX HD, AAC, SBC

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Ce résultat de très haut niveau a été rendu

Codec

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Kalimba 24-bit120Mhz

possible grâce à l’intégration d’un

Kalimba 24-bit / 120Mhz permettant le

support du 24-bit audio «over» Bluetooth.

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FOCAL

1000 €

Celestee Annoncé comme la version bass-boost de l'Elegia, le Focal Celestee est un casque Hifi aux grandes ambi�ons, dans la pure lignée des références haut de gamme de la marque stéphanoise. De quoi dynamiser un désormais grand classique du casque Hifi fermé ? par Guillaume Fourcadier

L'inaltérable qualité Focal Avec le Celestee, Focal se détache de la très (trop ?) grande sobriété de l'Elegia. Le casque se pare d'une belle teinte bleu nuit, que viennent éclairer les divers éléments de couleur cuivre, y compris l'imposante grille du haut-parleur à membrane en alliage d'aluminium et magnésium. Un luxe à la fois discret et distingué. Comme un appel du pied au très haut de gamme, le Celestee reprend les motifs sphériques du magnifique Stellia. Ce très beau casque exploite bien l'une des recettes éprouvées de Focal, à savoir la qualité de fabrication. Hormis les coques en polymère mat, le Celestee n'est que savant mélange d'aluminium, de cuir et de velours parfaitement assemblés. Un casque irréprochable, peaufiné dans les moindres détails, qui fait vraiment honneur au Made in France. Le confort est dans la droite lignée des précédents modèles de la marque de Saint-Etienne, c’est-à-dire excellent. Les 430 g de ce casque s'oublient assez vite et le réglage de l'arceau lui permet de s'adapter à pratiquement toutes les morphologies de crânes. Seules les très grosses têtes pourront être dérangées par la relative rigidité de l'ensemble. L'un des points forts du Focal Celestee est son isolation phonique. Malgré sa taille conséquente, ce casque peut ainsi s'envisager pour du nomadisme en milieu moyennement bruyant.

La rigueur neutre, avec un brin de folie salvatrice Un Elegia, avec un boost dans le bas du spectre - ce résumé est très simple mais se retrouve presque parfaitement à l'écoute et à la mesure. Le Focal Celestee est ainsi un casque à l'équilibre impressionnant sur l'ensemble du spectre audio, mais pas d'un caractère trop neutre pour autant. Les médiums sont d'une très grande richesse et les aigus sont intelligemment réglés, même s’ils sont marqués par un léger creux autour de 6-7 kHz. Ce cocktail permet à ce casque d'être à la fois très naturel dans sa reproduction de la scène sonore,

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tout en affichant une certaine douceur. Il n'est pas de nature batailleuse, ayant même tendance à lisser les morceaux agressifs, ce qui lui permet d’être assez conciliant avec les mauvais mixages. Cette personnalité ne donne pourtant pas de sensation de manque ou de lenteur, mais plutôt de polyvalence reposante. Mais surtout, contrairement à l'Elegia et sa grande rectitude dans le bas du spectre, le Celestee accentue légèrement le grave autour de 100 Hz. Les morceaux autrefois un peu mous gagnent sensiblement en énergie. Les genres compliqués comme le métal ou l'électro sont bien plus agréables ici, le tout sans aucun débordement ni lourdeur. Certes, la membrane aluminiummagnésium n'offre pas encore la richesse et la clarté d'une membrane 100% magnésium ou béryllium des modèles plus haut de gamme de Focal, mais le Celestee est un casque Hifi à la fois polyvalent et équilibré, qui plus est facile à alimenter. Un choix parfait pour qui désire la qualité technique et l'assurance de l'Elegia, mais avec un brin d'animalité supplémentaire.

Spécifications •Type : casque Hifi fermé •Transducteurs de 40 mm avec membrane en aluminium /magnésium à profil M •Réponse en fréquence : 5 Hz – 23 kHz •Impédance : 35 Ohms •Sensibilité : 105 dB •Poids : 430 g

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GRADO

665 €

RS2e Grado, dont les produits sont toujours fabriqués ar�sanalement à Brooklyn (États-Unis) dans l'immeuble de l'épicerie de l'arrière-grand-père Grado, est une marque embléma�que du casque Hifi. Ses modèles bénéficient régulièrement de pe�tes op�misa�ons techniques, mais paraissent quasiment immuables et presque inchangés depuis des décennies. On peut alors se demander s'ils restent dans le coup face à une concurrence aujourd'hui de plus en plus ac�ve et inven�ve. La réponse avec le Grado RS2e. par Pierre Stemmelin Intemporel, d'une simplicité biblique, durable et réparable Eh oui, de prime abord on pourrait croire le Grado RS2e tout droit sorti d'un livre d'histoire ou de la collection d'un musée. Son design totalement vintage évoque les temps de la TSF. Sa structure est

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d'une simplicité biblique, mais aussi d'une robustesse qui a fait ses preuves sur plusieurs décennies. L'arceau est fait d'une solide lame en métal souple et d'un panneau de carton, habillé d'un large manchon plat en cuir. Les oreillettes y sont raccordées par de larges pièces en plastique noir et


de grosses tiges métalliques qui pivotent sur 360°. Le principe est le même pour presque tous les modèles Grado. Ici, sur le RS2e, les oreillettes, en charge ouverte, possèdent des coques en bois Mahogany, dont la forme demeure toujours très simple puisqu'il s'agit de simples pièces en bois tourné. Enfin, les coussinets sont constitués de plusieurs couches contrecollées de mousses alvéolaires, d'épaisseur et densité différentes, taillées dans la masse et sans aucun habillage. C'est basique, mais l'avantage c’est que le Grado ne pèse que 250 g environ. On peut certes s'agacer du câble non détachable relativement massif. Mais celui-ci fait partie intégrante de la conception. Il cache 8 conducteurs en alliage de cuivre spécifiquement optimisé. De leur côté, les transducteurs sont des modèles de 44 mm, comme sur la plupart des casques de la marque. Chez Grado, l'architecture des transducteurs ne change quasiment pas d'un modèle de casque à l'autre, mais la précision du bobinage, les tolérances au niveau de l'entrefer évoluent selon le niveau de gamme. Sur le RS2e, les transducteurs sont en outre appairés avec une tolérance de 0,05 dB, ce qui est ultra serré, et ils ont bénéficié d'une séance de "dé-stressage" selon une méthodologie que la marque garde secrète. L'assemblage du Grado RS2e témoigne de quelques imperfections artisanales, mais la présentation globale est plutôt luxueuse tout en conservant une certaine sobriété. Le casque est livré dans son plus simple appareil, dans de la mousse et une boîte en carton fin, évitant le gâchis de matériau. Toutes ses pièces semblent durables et facilement remplaçables ou réparables.

Toujours au sommet de la gloire sonore Sur le terrain, il n’y a pas à tortiller, un casque Grado ça marche et ça sonne super bien. D'autant qu'ici, on a affaire à l’un des modèles les plus intéressants et les plus équilibrés, avec le SR325e, de la gamme Hifi de l'artisan "casquier" de Brooklyn. Le son est moelleux, mais pas trop gras. Les timbres sont fleuris, mais pas trop colorés. Le confort est un peu rudimentaire, mais le casque est très léger. On le porte et l'écoute pendant des heures sans se fatiguer. La signature sonore est à la fois moelleuse et claire. La restitution se révèle en même temps dynamique et douce. Le Grado RS2e n'est pas le champion de l'infragrave et ne cherche pas à l'être. En dessous de 40 Hz, il se met sagement et progressivement en retrait. Malgré cela, les basses restent rondes et roucoulantes à souhait, sachant aussi se montrer virulentes et fermes lorsque le passage musical l'exige. Elles ont

beaucoup de nuances, de subtilité, à l'instar des autres registres. Le médium est très vivant, ouvert et aéré tout en délivrant des timbres qui ont de très belles matières et un beau grain. L'aigu fait preuve à la fois de finesse et de douceur. Contrairement aux casques Grado plus haut de gamme des séries Statement et Professional (voir nos tests des PS500e, PS1000e, PS2000e ou GS1000i), le RS2e n'est pas dans une quête de performances absolues. Il est ainsi plus polyvalent et facile à alimenter. Avec lui, tous les styles musicaux passent avec bonheur. On n'a jamais de mauvaise surprise et en aucun cas on ne reste non plus sur sa faim. On peut aussi souligner que l'image stéréophonique que propose le Grado RS2e est un de ses gros points forts. Elle est à la fois vaste, très ouverte et aérée tout en étant fort concise et précise. La spatialisation est excellente.

En résumé Grado reste un des plus grands Chefs cuisiniers acousticiens du casque Hifi. Ce modèle RS2e du milieu de sa gamme et appartenant à sa série Reference est l’une de ses réalisations les plus abouties. Pour un tarif élevé, mais encore "raisonnable", il met en lumière toute l'expertise acoustique de Grado, une restitution sonore enchanteresse, en restant compact, léger et beaucoup plus facile à alimenter que les modèles plus haut de gamme et hyper affûtés de la marque.

■ Spécifications •Type : casque Hifi circum-auriculaire ouvert •Transducteurs : électrodynamiques de 44 mm •Réponse en fréquence : 14 Hz à 28 kHz •Sensibilité : 99,8 dB SPL pour 1 mW •Impédance : 32 ohms •Câble non détachable avec connecteur mini jack, adaptateur jack 6,35 mm fourni •Poids : environ 250 g

Notre avis Construction

Confort

Performances

Musicalité

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KLH Ultimate One Très ancienne marque américaine de Hifi (1957), KLH Audio n'est pas forcément le premier nom qui vient à l’esprit quand on évoque le domaine des casques Hifi. Et pourtant, son Ul�mate One s'est déjà fait une certaine réputa�on outre-Atlan�que. Il s'agit d'un modèle de salon, assez beau et bien fini, avec un transducteur à membrane béryllium, le tout pour à peine 300 euros ! Presque trop beau pour être vrai. par Guillaume Fourcadier

300 €

Une bonne idée, mais pas 100% originale Avec le KLH Ultimate One, extérieurement, peu de choses sont à jeter, mais nous devons tout de même pointer du doigt la très grande ressemblance de ce casque avec d'autres modèles qui existent déjà sous d'autres marques, et bien plus abordables, comme le SIVGA 007 (déjà testé sur ON-mag). Sur ce qui est une base générale ou partagée (la marque le reconnaît), KLH s'est permis d'améliorer de nombreux points cosmétiques et de fabrication, mais surtout la qualité des transducteurs. Une pratique sans doute pas aussi louable que si le fabricant avait dessiné et développé son casque de A à Z, mais qui n'a rien de nouveau et permet, d'une certaine façon, de réduire les coûts. Simple mais bien conçu, le KLH Ultimate One est développé autour d'une structure en métal léger, avec des coques usinées en ébène et une sellerie (bandeau et coussinets) en cuir d'assez bel effet. Même s’il n’est pas bâti comme un tank, ni n’a la maturité d'un Philips Fidelio X3 par exemple, le KLH Ultimate One est déjà très bien fini. Bon point également, le confort est suffisamment bon pour permettre de longues séances d'écoute. L’Ultimate One n'est pas trop lourd (340 g) et son poids est assez bien réparti. Néanmoins, ses coussinets circum-auriculaires peuvent s'avérer un peu petits pour les grandes oreilles.

Musicalité et puissance Modèle Hifi ouvert, le KLH Ultimate One intègre en son sein des transducteurs électrodynamiques de 50 mm, avec des membranes annoncées comme étant en pur béryllium. En allant un peu plus dans les détails, il s'agit plus précisément d'une surcouche de béryllium, ce qui est logique dans cette gamme de prix. Dès la première écoute, nous sommes surpris par le parti pris joueur de ce casque. Relativement équilibré dans son ensemble, l'Ultimate One n'en

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est pas moins d'une grande expressivité, quitte à accentuer légèrement le ressenti des basses fréquences, ces dernières restant à la fois très amples et extrêmement techniques. Une qualité que n'ont pas les aigus, qui malgré un rendu à la fois clair et non agressif, n'ont pas la richesse que peuvent apporter de vraies membranes en béryllium. Très cohérente, la scène sonore reste pourtant intimiste, avec des médiums un peu (trop ?) en retrait. Suffisamment ouverte, l'écoute n'a pas encore la profondeur de celle offerte par un Fidelio X3, ce dernier proposant une meilleure séparation des instruments, une restitution plus détaillée et analytique. Le KLH Ultimate One chante très puissamment, avec un grain analogique, quand le casque de Philips est plus calme et apaisé, un peu plus froid mais plus aéré, plus proche d'une expérience Haute Fidélité. Très polyvalent pour qui accroche à son caractère généreux, le KLH Ultimate One se marie bien avec à peu près tous les amplis casque. Une simple sortie jack 3,5 mm de petit baladeur lui permet déjà de s'exprimer sans entrave. Il s'agit d'un casque maîtrisé et musical auquel il est difficile de trouver de gros défauts.

Spécifications •Type : casque Hifi ouvert •Câble en Y •Transducteurs : éléctrodynamiques de 50 mm avec surcouche béryllium •Réponse en fréquence : 18 Hz – 22 kHz •Sensibilité : 97 dB •Poids : 340 g

Notre avis


Casque électrostatique SR-009S

Le seul, l’unique, la légende.

Distribué par :

+33 (0) 952 572 360 +33 (0) 614 265 265 info@jffdiffusion.fr www.jffdiffusion.fr


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PHILIPS

400 €

Fidelio X3 La gamme audiophile Fidelio de Philips, par�culièrement renommée, avait disparu un temps, suite aux nombreux déboires de la licence Philips Audio. Sa dernière réalisa�on date d'il y a quelques années ; il s’agit du Fidelio X2 HR, un casque Hifi circum-auriculaire par�culièrement luxueux, bataillant sur le terrain des légendes HD 600 de Sennheiser, AKG K701, ou encore DT770 de Beyerdynamics. Des années ont passé et la gamme Fidelio ressuscite maintenant, à la fois sur le marché nomade, avec le récemment annoncé L3 et, dans le cas présent, avec l’ambi�eux casque Hifi Fidelio X3. Les yeux tournés vers le futur sans renier son héritage, Philips se confronte désormais à des adversaires encore plus affûtés que par le passé. par Guillaume Fourcadier

Un design toujours luxueux, mais plus épuré Le Philips Fidelio X3 est clairement dans la continuité des anciennes versions. Pourtant, à travers ses différents choix, Philips simplifie et modernise la formule. Les premiers X1 et X2 étaient assez imposants, usaient de plus larges pièces d’aluminium, proposaient un design un peu plus ostentatoire. Ici, les lignes sont extrêmement simples, voire dépouillés ; tout ou presque est réduit à l’épure et aux courbes harmonieuses. Le Philips Fidelio X3 refuse les lignes tranchées et les tons colorés. Tout est noir ou gris foncé, jamais rien ne

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déborde de cette pudique harmonie. La discrétion ne dissipe pas pour autant l'ambition du produit, qui se traduit par une excellente qualité de fabrication. Moins "tank" que ses grands frères, le Phillips Fidelio X3 n’en recherche pas moins l’excellence. Il possède une structure entièrement métallique, un arceau gainé de cuir de marque Muirhead, des coussinets en velours très doux et des tissus acoustiques de chez Kvadrat à l’arrière des coques. Si le rendu n’est pas aussi idyllique que sur le très haut de gamme et très luxueux Focal Stellia, difficile de lui trouver des concurrents sérieux dans sa gamme de prix.


Pour ne rien gâcher, le confort est au diapason. Il n’est pas aussi fabuleux que celui des meilleurs Sennheiser, mais on sent toutefois que les quelques errements des premières versions ont été digérés. Ce casque reste assez lourd pour un modèle électrodynamique (380 g), mais se permet d'être mieux équilibré. Le couple repose-tête élastique/ coussinets englobe parfaitement les oreilles tout en s’ajustant très simplement à la morphologie du porteur. Seules les têtes sortant vraiment de la norme (très grosses ou très petites) risquent de ne pas trouver leur bonheur. Le packaging est assez spartiate. Il comprend une petite pochette en tissu pour le rangement, un câble avec terminaison jack 3,5 mm (un adaptateur jack 6,35 mm est également livré) et un câble avec jack 2,5 mm pour le raccordement à une sortie symétrique. Notez que notre packaging de test diffère de celui du marché, puisque notre version est présentée dans une très imposante (et lourde) boîte en bois, compartimentée, incluant l’excellent baladeur Cowon Plenue D2.

l’écoute. L’emphase n’est pas démesurée, mais suffisamment importante pour sonner un peu acide sur certains morceaux. Nous gagnons alors en détails ce que nous perdons en naturel. Autre léger reproche, le petit manque d’extension dans les basses. La réponse commence à décroître en dessous de 60-70 Hz, ce qui ne permet pas au Philips Fidelio X3 d’atteindre l’ampleur et l'autorité de certains casques planaires (Orthoplanar ou planar-magnétiques). Au final, plus qu’un casque à l’aise ou non avec certains styles, le Philips Fidelio X3 est surtout très dépendant du mixage. C’est simple, le X3 délivre un excellent niveau de détails, une qualité des timbres véritablement Hifi sur les bons morceaux, tout comme il peut devenir plat, voire criard sur les mix de mauvaise qualité. De l’électro pêchue au classique baroque le plus intimiste, nous tenons un modèle audiophile et musical, mais pointu. Pour ne rien gâcher, la scène sonore, même si elle est loin d’atteindre les sommets de celle offerte par le Sennheiser HD 800, est relativement large et profonde, toujours cohérente et détaillée. Un son Fidelio, envoûtant et bien à lui Ajoutons à cela que le Philips Fidelio X3 est particulièrement conciliant sur l’amplification, à la Des années après le Fidelio X2, nous serions tentés fois peu énergivore et s’adaptant bien aux de dire qu’avec le X3, l’expérience du son Fidelio différentes personnalités d’amplificateurs/baladeurs. est intacte… Mais il faut largement nuancer cette Casque Hifi dans la lignée des premiers Fidelio X, affirmation. mais plus mature, le Philips Fidelio X3 est une Ici, Philips intègre des transducteurs haut de gamme bonne réponse aux modèles planaires de cette de 50 mm, orientés à 15° (pour une meilleure scène gamme de prix, qui affiche beaucoup de forces et sonore), caractéristiques communes aux premiers seulement quelques faiblesses. modèles. La nouveauté principale réside dans l’utilisation, à l’arrière des coques, d’un tissu acoustique spécial. Le casque reste, à ce titre, un Spécifications modèle ouvert, mais qui aurait conservé quelques •Type : casque Hifi circum-auriculaire à charge ouverte caractéristiques de casque semi-ouvert. T•ransducteurs : électrodynamiques de 50 mm à memÀ l’écoute, nous retrouvons des caractéristiques brane LMC typiques de Fidelio, comme la grande qualité des •Réponse en fréquence annoncée : 5 Hz à 40 kHz timbres, le léger grain dans l’écoute, ainsi que son •Sensibilité : 100 dB à 1mW caractère légèrement tranchant. Philips a exploité la •Impédance : 30 Ohms formule des X1 et X2, mais l’a clairement affinée. On •Poids : 380 g ne retrouve plus de pic marqué dans les basmédiums, mais une linéarité impressionnante des basses jusqu'à l'entame des aigus. Cela se traduit par un registre médium exemplaire, particulièrement riche et naturel. C’est simple, sur Notre avis ce point, le Philips Fidelio X3 se classe parmi les meilleurs modèles à moins de 500 euros. Les aigus, un peu plus vallonnés, restent le talon Construction Confort d’Achille de la marque. La signature sonore dévoile un petit creux vers 2-3 kHz, d'où un très léger voile dans l’écoute, atténuant un brin l'aération. Mais Performances Musicalité surtout, la réponse en fréquence du casque présente un pic assez habituel (pour un Fidelio) vers 8 kHz, qui rehausse la clarté et le tranchant à

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SHURE Aonic 50 Premier casque à réduc�on de bruit du légendaire constructeur Shure, l’Aonic entraîne avec lui un train de promesses audiophiles. Présenté en grande pompe lors du CES 2020 de Las Vegas, ce modèle bataille sur les terres des plus grands spécialistes du genre, Sony et Bose en tête. Le Shure Aonic 50 les met-il KO ? Ou se fait-il renvoyer dans les cordes ? par Guillaume Fourcadier

500 € Le luxe avec un grand Shure Dès le premier contact, le casque Shure démontre tout son sérieux. Structure en aluminium et éléments en cuir, coques en plastique dense, tons sobres : le Shure Aonic 50 joue dans la même cour que les B&W et autres B&O. L'assemblage est irréprochable, sans aucun jeu ni grincement. À ce niveau, ce casque pourrait facilement se classer dans la catégorie des modèles Hifi haut de gamme. Présenté dans une originale boîte ronde, l'Aonic 50 est livré avec une belle housse rigide, assez volumineuse… à l'image de ce qu'elle abrite. En effet, ce casque circum-auriculaire (coussinets entourant les oreilles) est proche d'un modèle de salon, que ce soit du point de vue des finitions ou de l’encombrement. À ce titre, il n'est pas pliable mais bénéficie tout de même de coques d'oreillettes pivotantes à 90°, qui lui permettent de se mettre à plat. Cette taille et cette qualité des matériaux impliquent une contrepartie : son poids assez important, d’environ 335 g. Sur la tête, le Shure Aonic 50 reste cependant agréable à porter, grâce à ses coussinets bien épais, doux et enveloppants, et

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un arceau suffisamment rembourré. Mais son port lors de longues sessions finit par se ressentir sur les cervicales.

Une connectivité presque parfaite… et de maudits boutons ! Loin de jouer à l'audiophile pur, qui délaisserait toute technologie pour se concentrer uniquement sur les transducteurs, avec l'Aonic 50, Shure met véritablement le paquet sur l'approche Bluetooth. En plus d'une connexion multipoint, la marque intègre pratiquement tous les codecs Bluetooth disponibles : SBC, AAC, AptX, AptX, LDAC, et même AptX Low Latency. La qualité de connexion est exemplaire, puisque nous n'avons tout simplement pas eu de décrochage en usage classique, excepté en utilisant le LDAC en qualité 990 kbps (ce qui est malheureusement normal). Pour parfaire l'expérience, Shure propose l'application iOS/Android Play. Celle-ci permet d'afficher le niveau de batterie du casque, de moduler le niveau de retour sonore du mode Environnement (renvoyant les sons atténués par l'isolation passive), ou encore d'accéder à un


égaliseur paramétrique très poussé. Malheur, cent fois malheur : celui-ci n'est opérant qu'avec le lecteur intégré à l'application, ne pouvant gérer que les fichiers locaux. Les commandes passent par une approche tout en boutons, ces derniers étant disposés sur la tranche de l'écouteur droit. Ce type de disposition est assez éprouvé, mais ce système n’est jamais totalement intuitif, que ce soit pour la navigation et le réglage du volume, demandant de tâtonner, ou le commutateur triple position, qui gère le type de réduction de bruit : ANC activé, désactivé ou mode Environnement.

Réduction de bruit et autonomie de milieu de gamme Aussi impressionnante que soit la partie technique, Shure ne peut pas faire de miracle sur un point qu'il découvre à peine : la réduction de bruit active. À ce titre, l'Aonic 50 est déjà relativement efficace, effaçant assez bien les fréquences autour des 100300 Hz et arrivant déjà à faire quelque chose autour des 60–80 Hz. Mais force est de constater qu’il atteint seulement 15 dB de réduction environ dans le meilleur des cas, et souvent moins. En bref, les ténors que sont les Sony WH-1000Xm3, Bose Headphones 700 et B&W PX7 peuvent dormir tranquilles, étant bien plus efficaces, sur une gamme de fréquences bien plus large. La réduction de bruit passive est, elle aussi, étonnamment mesurée, plus proche de celle d'un casque fermé de salon que d'un vrai grand casque nomade. En pratique, le Shure Aonic 50 est suffisant pour un usage nomade, mais il ne nous enferme pas dans une bulle de silence musicale comme peuvent le faire les casques cités précédemment. Enfin, son mode Environnement (retour sonore) manque encore de naturel, gérant assez mal les bruits soudains et les sons trop sifflants. L'autonomie de l’Aonic 50 est dans la moyenne, pouvant osciller, selon nos mesures, entre 13 h (ANC + codec LDAC 990 kbps) et 20 h (ANC + codec AAC), et même davantage sans réduction de bruit.

extrêmement naturels, même s’ils sont très légèrement en retrait. Chantant avec un impact impressionnant, sans aucun effet de lenteur, le tout épaulé par des aigus légèrement mis en avant, l'Aonic 50 est capable de jongler entre les styles musicaux puissants et calmes sans aucun effort ni aucune sibilance (sifflante et agressivité dans le haut du spectre). Seule son extension dans les basses (60 Hz et endessous) est un peu légère, malgré une assise extrêmement conséquente, supérieure même aux performances du Sony WH-1000xm3 et égale à ce que propose le B&W PX7. L'Aonic 50 est simplement moins rond. Ses graves sont plus tendus. Sans être le meilleur partout, ce casque délivre une expérience auditive extrêmement riche, marquée par une technicité, des performances véritablement proches de celles d'un bon casque Hifi, un bon petit cran au-dessus selon les concurrents. Impact, précision, gestion des micro détails : tout y est ou presque. En l’état, seule la qualité des aigus nous paraît perfectible, ceux-ci n'ayant pas la consistance, la richesse ou le naturel de ce qu’offrent les plus grands casques Hifi, d'où une aération qui pourrait encore s'étoffer. Modèle Bluetooth et ANC dans le corps d'un casque de salon, le Shure Aonic 50 est une bien belle réussite, que quelques améliorations transformeraient en un casque nomade parfait.

Spécifications •Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active •Transducteurs de 50 mm •Réponse en fréquence : 20 Hz - 22 kHz •Sensibilité : 97,5 dB / mW •Impédance : 39 Ohms •Codecs Bluetooth supportés : SBC, AAC, AptX, AptX, LDAC, AptX Low Latency •Autonomie annoncée : jusqu'à 20 h •Coussinets remplaçables •Poids : 334 g •Inclus : housse de transport rigide, câble USB-C, câble jack 3,5 mm

Un son à la fine frontière de la Hifi Propulsé par des transducteurs de 50 mm, le Shure Aonic 50 bénéficie d'une sonorité vraiment haut de gamme. À la frontière du nomadisme et de la Hifi, il impose un son à la fois très puissant, musical, articulé et polyvalent. Sa signature acoustique légèrement en V (physiologique) dévoile une qualité technique qui saute aux oreilles, supérieure même aux concurrents de chez Sony ou B&W. Comme souvent avec Shure, les médiums demeurent le point fort de ce casque,

Notre avis Construction

Ergonomie

Performances

Musicalité

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6600 €

T+A

4800 €

Solitaire P et HA 200 La marque allemande spécialisée dans l'audio haut de gamme T+A s'est lancée récemment sur le marché du casque audio de salon avec un bien joli duo. Animés de la même ambi�on qu'à l'accoutumée, le casque planaire Solitaire P et le DAC/ampli casque HA 200 veulent frapper extrêmement fort et s'imposer comme des références absolues. De quoi donner des sueurs froides aux maîtres du genre ? par Guillaume Fourcadier Un luxe qui se donne les moyens, tout en sobriété et précision Comment se faire admirer en toute discrétion ? T+A a la réponse avec ce duo tout à fait dans la lignée esthétique de ses électroniques Hifi classiques. Le casque Hifi Solitaire P tout d'abord, est un exemple rare de modèle haut de gamme harmonieux et vraiment sobre. Il possède ce côté à la fois simple mais très efficace, sans défaut formel mais sans véritable élan artistique, ce qui lui donne des airs de Sennheiser HD 600 en plus haut de gamme. Ce casque arbore des oreillettes ovales

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élégamment striées, des grilles d'aération dévoilant simplement de très larges transducteurs et leurs connecteurs, ainsi que des coussinets au cœur rouge s'accordant très bien avec le noir et le gris aluminium de l'ensemble. Bien qu'il ne soit pas pliable, le T+A Solitaire P dispose d'oreillettes rabattables à plat et possède un câble détachable. Cela permet de jongler simplement entre un cordon à terminaison jack 6,35 mm et un autre à terminaison jack 4,4 mm symétrique (livré en standard). Alors que les casques Hifi haut de gamme de la concurrence sont loin d'être tous irréprochables sur


le plan de la qualité de fabrication, T+A fait parler son savoir-faire premium. Le fabricant allemand livre ainsi une étonnante symbiose entre sobriété et qualité de construction. Le T+A Solitaire P repose entièrement sur la qualité des matériaux, qui s'accorde parfaitement avec la simplicité apparente des lignes. Les oreillettes et le reste de la structure sont entièrement en aluminium usiné et anodisé. Un ensemble du plus bel effet, sans aucune petite bavure ou imprécision. De la vraie qualité allemande. Pour un peu plus de luxe, la sellerie (les habillages des coussinets) est principalement composée de cuir très doux, auquel se mêlent des accents de velours. Les coussinets sont ainsi recouverts de cuir sur la tranche externe et de velours sur la surface en contact avec les oreilles et le crâne - idem pour le bandeau repose-tête. Une belle qualité générale, pour un casque parfaitement assemblé. Seul petit défaut selon nous, les branches de réglage en acier sont un peu trop fines. De manière très subjective, nous pouvons regretter le petit manque de prise de risque de la part de T+A. Les casques Hifi Focal (Stellia et Utopia) ainsi que le Meze Empyrean, par exemple, paraissent au moins aussi bien finis, tout en étant un peu plus audacieux en matière de design. Le confort est tout aussi sérieux que la fabrication, puisque malgré ses 490 g, le poids du T+A Solitaire P est bien réparti sur le crâne. La tenue est également bonne, tant que l'utilisateur ne balance pas la tête trop fortement.

Un DAC/ampli casque qui impose la norme du haut de ses vumètres Aux côtés de ce casque déjà très ambitieux, le colossal DAC/ampli casque T+A HA 200 est une expérience à part entière, un produit véritablement au sommet de son art. Évoquant quelques rares amplificateurs très haut de gamme, il affiche une sobriété impériale et une qualité de fabrication hors du commun, avec un coffret tout en aluminium. Que ce soit son épaisse façade usinée ou les larges dissipateurs recouvrant ses flancs, le T+A HA 200 est extrêmement impressionnant et d'un sérieux irréprochable. Le design est parfait dans son genre. Tout serait d'une implacable sobriété si T+A n'avait pas décidé, comme ultime marque de luxe, de placer de splendides vumètres rétroéclairés en façade. Sur le plan ergonomique, il est tout aussi difficile de le prendre en défaut. Le T+A HA 200 dispose de pratiquement toutes les entrées et sorties numériques et analogiques possibles pour ce type d'appareil : entrées optique Toslink, coaxiale en RCA, coaxiale BNC, USB type B, AES/EBU sur prise XLR - et même 3 HDMI (dont une de type ARC), malheureusement en option. En façade, les sorties casques offrent le choix entre le jack 6,35 mm, les prises symétriques jack 4,4 mm et XLR 4 broches. Cette dernière connexion peut également être utilisée en tant que sortie préamplifiée, afin d'être raccordée à un ampli de puissance (même si son

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placement n'est pas le meilleur qui soit pour ce type d'usage). Le T+A HA 200 est un vrai centre de contrôle ultra complet. L’appareil est même livré avec une belle télécommande en aluminium, rechargeable grâce à un port USB placé à l'arrière du produit. Cette télécommande assez simple permet d'accéder à la plupart des réglages, également accessibles via les boutons présents en façade. Parmi ces réglages : un mode Loudness accentuant assez intelligemment le bas du spectre, un réglage séparé des basses et des aigus, l'accès à différents filtres en sortie de DA et même à un mode NOSDAC (non oversamplé). Seule manque peut-être une véritable unité DSP qui permettrait une égalisation avancée. Pour un futur HA 200 V2 ?

Une plongée profonde dans l'équilibre Le constructeur se donne ici les moyens de ses ambitions, en propulsant le casque avec un transducteur maison très moderne, baptisé TPM 3100. De type orthodynamique (orthoplanar), celuici n'est pas révolutionnaire sur la forme, mais semble aller jusqu'au bout du concept. L'ensemble magnétique couvre ainsi presque la totalité des oreillettes, car il se repose sur un réseau d'aimants de différentes tailles, suivant la forme ovale du profil des oreillettes. Pour fonctionner de concert, une bobine plane est déployée sur l’intégralité de la membrane. Cette approche n'est pas totalement nouvelle, mais très optimisée. La majorité des casques planaires reposent généralement sur des réseaux carrés ou rectangulaires, plus simples à mettre en place mais limitant la taille de la membrane. Le genre planaire est ainsi conçu qu'il affiche rarement de parti pris radical en termes de signature sonore, mais il existe des approches plus

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ou moins chaleureuses ou tranchantes. N'espérez pas cela de T+A, car le combo Solitaire P et HA 200 est tout aussi sobre à l'écoute que l'est son design. Les transducteurs du casque se veulent les plus irréprochables possible d'un point de vue technique, sans coloration marquée. Sans être absolument neutre, le Solitaire P possède une réponse en fréquence très régulière dans les basses, quoique pas aussi étendue que certains, des médiums très droits et des aigus certes un poil oscillants, mais d'un équilibre général certain. Un casque qui, sur les mesures, est un modèle de régularité et de maîtrise, reléguant presque les phénomènes de distorsion aux oubliettes. À l'écoute, allié au très technique HA 200, ce Solitaire P donne l'une des sonorités les plus équilibrées que nous ayons pu expérimenter. Rien ne semble jamais déborder ni s'ajouter au message. À l'instar de ce que propose le Stax SR-009S (dans un registre légèrement différent), un morceau plat reste plat, un morceau énergique conserve son énergie sans jamais être agressif, tandis qu’une piste détaillée et dynamique sera parfaitement retranscrite, dans toutes ses nuances. Le registre des aigus, qui constitue souvent le talon d'Achille des casques planaires, est ici la véritable force du Solitaire P. Ce casque monte extrêmement haut et de manière très linéaire, sans aucune difficulté. Un produit presque de la trempe des excellents modèles électrostatiques tant il paraît naturel dans cette gamme de fréquences. Certes le Stax SR-009S demeure toujours intouchable sur ce point, mais le T+A est l'un des meilleurs du genre. À l'inverse, les basses pourront paraître un peu trop sages. Malgré leur justesse technique, l'impact et la sensation d'enveloppement n’atteignent pas encore le niveau des meilleurs Audeze. Le Solitaire P ne manque clairement pas de puissance ni d'énergie brute, mais ce n'est pas sa qualité première.


La scène sonore n'est pas spécialement large, mais toujours d'une vraie cohérence, distillant une bonne profondeur et une séparation des instruments assez fabuleuse. Ce casque n'en met pas plein la vue, mais ne donne presque jamais de sensation de manque. Pour servir le caractère pacifique du Solitaire P, le T+A HA 200 s'affirme comme l'un des DAC/amplis les plus techniques et les plus sobres qui soit, faisant de son intransigeance une véritable force. Il procure à la restitution sonore un niveau de détails proche de la perfection et une capacité d’adaptation à pratiquement tous les modèles de casques du marché. Cet appareil repose à la fois sur une conversion moderne en Dual-DAC de puces type Quad-DAC (quatre canaux de conversion utilisés par canal audio), mais surtout sur une amplification maison très élaborée. Dérivé des séries T+A HV, le HA 200 fonctionne en pure classe A à base de transistors MOS-FET ultra linéaires. Son architecture est exigeante et énergivore (jusqu'à 100 W de consommation), mais permet de faire passer un cap à des casques réputés compliqués à alimenter comme les Sennheiser HD 600 et HD 800. Le HA 200 est un vrai seigneur dans son genre, qui ne fait aucun compromis technique, quitte à passer pour triste face à des amplificateurs pourtant moins performants. Niveau de détails, linéarité, gestion des casques énergivores ou des écouteurs intra-auriculaires les plus timides, ce DAC/ampli est l'un des appareils les plus aboutis technologiquement parlant. Pas d'emphase, de scène sonore volontairement élargie : le message sonore est au plus près de la source. Totalement adapté à la personnalité du casque T+A Solitaire P, le DAC/ampli casque HA 200 lui permet d'exprimer pleinement ses qualités. Il s'agit d'un duo sonore qui, clairement, a été conçu comme un ensemble presque indissociable. Pour légèrement nous faire mentir, un mode Loudness existe, lequel permet d'apporter un peu plus d'assise dans le bas du spectre, à défaut de réellement changer la personnalité du Solitaire P. Un raccordement de ce casque au DAC/ampli Auris Euterpe révèle par exemple un potentiel légèrement plus joueur pour le casque, un caractère plus gras, mais il perd alors de sa substance technique et n'est plus aussi exceptionnel dans les aigus.

En résumé Très haut de gamme, le casque orthoplanaire T+A Solitaire P et le DAC/ampli casque T+A HA 200 ne s’adressent pas à tout le monde. Aussi sobres par la forme que dans leur sonorité, ces deux produits sont les représentants d'une approche Haute

Fidélité au sens le plus strict du terme : pas de coloration, seulement un très haut niveau technique. Deux éléments exceptionnels, à un tarif d'exception.

Spécifications T+A Solitaire P •Type : casque Hifi ouvert •Transducteur : orthodynamique •Réponse en fréquence : 5 Hz – 54 kHz •Impédance : 80 Ohms •Sensibilité : 104 dB / mW •Distorsion : < 0,015 % (100 dB) •Poids : 490 g

Notre avis T+A Solitaire P Construction

Confort

Performances

Musicalité

Spécifications T+A HA 200 •Type : DAC et ampli casque de salon •Conversion : Double Quad-DAC (Dual-DAC) •Mode NOS-DAC (non oversamplé) activable •Compatibilité : PCM 32 bits/768 kHz, DSD1024 •Séparation des canaux décodant le PCM et le DSD •Amplificateur : double mono à technologie HV Amp, étage de puissance en Classe A •Entrées numériques : USB, AES-EBU, BNC, coaxiale, optique, HDMI (optionnel) •Entrées analogiques : 1 double RCA, 1 double XLR 3 broches •Sorties casques : jack 6,35 mm, jack 4,4 mm, XLR 4 broches (fonctionne également en sortie préampli) •Réponse en fréquence : 0,1 Hz – 200 kHz •Dimension : 34 x 32 x 10 cm (l x p x h) •Poids : 6,5 kg •Finition : gris ou noir

Notre avis T+A HA 200 Construction

Ergonomie

Performances

Musicalité

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TEST

5400 €

STAX 4050 €

SR-009S et SRM-700T Alors que le secteur du casque très haut de gamme est désormais presque exclusivement trusté par la technologie orthodynamique (ou orthoplanar) et que l'électrosta�que n'existe plus que grâce à quelques rares modèles, l'aura du vénérable pionnier Stax est restée pra�quement intacte. Bien que le constructeur japonais n'ait pas sor� grand-chose de nouveau depuis une dizaine d'années, il conserve dans ses cartons des références presque intemporelles et incontournables. Tout au sommet de sa gamme se trouve le déjà mythique casque électrosta�que SR-009S, que nous coiffons pour ce test avec le SRM-700T, le plus récent amplificateur dédié à lampes de Stax. De quoi montrer au monde que l'électrosta�que est toujours au pinacle de la Hifi ? par Guillaume Fourcadier

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Conception à l'ancienne, le charme qui va avec

009S de conserver un poids convenable (environ 450 g, sans compter le câble). Le fabricant a eu la bonne idée de développer un bandeau repose-tête Ni totalement obsolète ni vraiment moderne, le permettant un réglage de la hauteur, le casque peut design des SR-009S et SRM-700T est caractéristique donc s'adapter à toutes les morphologies ; la de l'héritage très ancien du constructeur japonais. pression sur le crâne s’en trouve parfaitement L'ensemble a quelque chose de délicieusement figé répartie. Un vrai modèle du genre, prêt à être porté dans le temps, porté par un design un peu rétro. pendant des heures et à supporter quelques Avec ses oreillettes rondes, le SR-009S est presque oscillations de tête sans choir. un hommage, certes lointain, au tout premier L'amplificateur Stax SRM-700T possède en casque de la marque, le SR-1, sorti il y a plus de 60 substance le même caractère que le SR-009S. Tout ans. est très simple, spartiate sans vraiment être austère. Le casque SR-009S est ainsi typique d'un Stax haut Il n’arbore pas d'écran indicatif, de Led, ni même de de gamme. La conception est simple, usant de réglages avancés : cet amplificateur porte une lignes sobres et classiques, et enveloppée certaine simplicité à l'ancienne, une timidité que d'éléments aux accents vintage. Tout est assez gris, l'on retrouve dans son architecture à lampes mais pas forcément triste, les belles grilles/ presque dissimulée. Tout en façade se résume à un électrodes plaquées or apportent un peu de couleur bouton d'allumage, à un potentiomètre de volume et d'éclat. Le produit évoque davantage les années et à deux prises pour casque électrostatique. À 1970/1980 que 2020, mais paraît presque moderne l'arrière, on trouve une entrée XLR et une RCA, ainsi par rapport aux Stax SR-L700 et SR-L500 pourvus qu'une sortie RCA, laquelle peut fonctionner en d'oreillettes rectangulaires. sortie Ligne (mode bypass) ou en préamplification. La fabrication, estampillée "Made in Japon", est un La qualité de fabrication est plus qu'honnête, mais peu dans la même veine. Les oreillettes ainsi que la la finition n'a volontairement rien de luxueux. Là majeure partie de la structure sont en aluminium encore, le charme vintage permet de faire en partie anodisé, l'arceau de type ARC (nom donné par Stax) illusion, mais difficile pour le SRM-700T de soutenir est assemblé à partir d'une lame d'acier engoncée la comparaison esthétique avec des amplificateurs dans une structure en plastique mat, le repose-tête pour casques électrostatiques comme le WES de est taillé dans une simple épaisseur de cuir (mais Woo Audio, ou même des modèles plus classiques avec des supports de réglage en plastique) et les comme le Nirvana d’Auris Audio, qui profitent tous coussinets en mousse sont revêtus de cuir d'agneau deux d’écrins bien plus raffinés. (pour la portion en contact avec les oreilles) et de similicuir (partie externe). Une technologie à part D'une manière générale, le Stax SR-009S fait montre d'un certain sens du premium, mais n'a clairement La technologie des transducteurs électrostatiques pas l'exigence moderne des casques T+A, des n'a rien à voir avec celle intégrée dans les casques modèles haut de gamme de Hifiman, du Meze électrodynamiques et orthodynamiques ; elle reste Empyrean ou des références Hifi de Focal. Certains la plus prometteuse techniquement, du moins en éléments de conception ne sont plus vraiment au théorie. Ici, virtuellement aucun problème de goût du jour et restent dans la lignée d’une tradition distorsion, puisque la masse de la membrane est artisanale. Une des accroches des branches s'est par quasi négligeable du fait de sa finesse et de exemple dévissée lors de notre test. l'absence de bobine venant l'alourdir. Une Le câble de raccordement de ce casque est très membrane de transducteur électrostatique est à la atypique, car son rôle est à la fois de transporter le fois très légère et très réactive, ce qui est signal audio et de transmettre la tension de particulièrement intéressant pour la transcription polarisation (580 V) nécessaire aux transducteurs des aigus. électrostatiques. Celui-ci est ainsi plat et assez Le déplacement de la membrane s'effectue par un lourd, en particulier à cause de son imposante phénomène d'attraction et de répulsion entre deux terminaison à cinq broches. Derrière cette électrodes, suivant le principe physique de la loi de apparence un peu antique, chaque conducteur est Coulomb (une des bases en électrostatique). La en cuivre OFC 6N (99,9999% de pureté) plaqué membrane est polarisée en permanence par une argent. tension continue de 580 V et prise en sandwich Si la forme de ce casque a quelque peu vieilli, le entre deux électrodes recevant le signal audio. confort est parfaitement en phase avec les produits Toute la surface de la membrane étant polarisée, modernes et tout simplement divin. La technologie son déplacement est parfaitement uniforme, électrostatique n'a pas besoin d'une très lourde contrairement à la technologie électrodynamique structure magnétique comme ce qui existe sur les (asservie à une bobine centrale) et, dans une casques orthoplanaires, ce qui permet au Stax SR���

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moindre mesure, à la technologie orthoplanaire (quasi-uniformité du déplacement). Stax dote le SR-009S d’une membrane ultra fine en mylar. Celle-ci est épaulée par les nouvelles électrodes haut de gamme MLER 2 (Multi-LayerElect-Rods), améliorations des modèles MLER développées spécialement pour le premier SR-009. La forme très étudiée et la précision extrême de leur gravure permettent d'optimiser le flux d'air traversant leurs petites ouvertures tandis que le placage or réduit encore la résistance de ces larges structures. Sur ce point, Stax a fait un véritable travail d'orfèvre, qui se confirme dans la qualité sonore du produit. Pour propulser ce casque particulier, l'amplificateur SRM-700T, l'un des derniers de la marque japonaise, est forcément un peu à part. Bien que son rôle consiste toujours à amplifier un signal audio, ses ordres de grandeurs et la polarisation nécessaire de la membrane font que sa conception diffère largement de celle d'un amplificateur classique. Il s’agit d’un modèle de type hybride, puisqu'il utilise des transistors FET soigneusement sélectionnés (paire parfaitement accordée) pour l'étage d'entrée et des lampes 6SN7 (de fabrication russe) montées en Push-pull pour l'étage de puissance. L'intérêt des lampes se justifie légèrement plus dans le domaine de l'électrostatique que dans celui des casques Hifi traditionnels. D'une part leur fonctionnement à plusieurs centaines de volts reste dans les mêmes ordres de grandeurs que celui des transducteurs électrostatiques ; d'autre part, l'impédance extrêmement élevée du casque permet de se passer

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plus facilement de transformateur de sortie. Le Stax SRM-700T est alors relativement simple dans son approche et ne comporte que très peu de composants, tous de type discret.

Le son d'un autre monde Dès les premières notes, le Stax SR-009S déploie les extraordinaires qualités de ses transducteurs électrostatiques. Il distille une atmosphère sonore tout simplement unique, à la fois immensément détaillée et très pure. La signature acoustique de ce casque n'est pas totalement neutre, mais clairement équilibrée. Seules quelques petites fluctuations dans le commencement des aigus tranchent avec la belle unité proposée. Les basses sont bien étendues, les médiums d'une rigueur absolue et que dire de l'aération et de la fluidité des aigus ! Grande qualité des transducteurs électrostatiques, le haut du spectre est poussé bien au-delà des limites de l'audition, le tout avec une facilité, une régularité et un naturel désarmants. Plus que tout autre casque testé, le Stax SR-009S est un révélateur des bons et des mauvais mixages. Sans jamais sonner de manière agressive ou désagréable, il est aussi plat qu'il est possible de l'être sur un enregistrement plat et totalement grandiose sur un morceau grandiose. Favorisant les genres à dynamique très élevée, ce casque est un champion pour reproduire les moindres détails musicaux comme les petits frottements de cordes ou les nuances de simples tapotements. Une


expérience si précise et sans emphase qu'elle permet vraiment au SR-009S de se démarquer des autres modèles haut de gamme. Tout apparaît de manière limpide sans que le trait ne soit jamais forcé, sans que l'on remarque d'accentuation dans les fréquences. Une vraie expérience de Haute Fidélité. Ce casque est incroyablement bon pour faire ressentir une ambiance Live, le son brut d'un morceau enregistré tel quel. Que ce soit pour reproduire l'atmosphère intimiste d'un bar de Jazz, un concert orchestral, ou un petit enregistrement de musicien solo, aucun autre casque ne vient titiller son sens du micro détail ou la justesse de ses timbres. Sa scène sonore, large mais surtout très profonde, lui permet pratiquement de s'asseoir aux côtés d'un HD800 de Sennheiser. Ce dernier conserve un avantage certain sur la largeur de sa scène sonore, mais n'offre pas cette fascinante qualité de séparation des instruments. À l'inverse, il ne faut pas lui demander d'être trop rentre-dedans, de délivrer un son brutal. Le Stax SR009S conserve en permanence une personnalité aérienne, une pureté qui semble lui interdire de chanter de manière un tant soit peu grasse. Ce n'est clairement pas l'énergie qui lui manque, mais le brin de folie nécessaire. Si le SR-009S n'est pas le modèle le plus polyvalent qui soit, il est difficile lui opposer une concurrence sur ses styles musicaux de prédilection, à savoir le Classique, le Jazz, la musique instrumentale en général. Ses seules réelles limitations, en dehors de sa personnalité sonore, sont davantage à rechercher du côté de l'amplificateur SRM-700T. Bien qu’il soit déjà très bon, avec une réponse en fréquence très étendue, l'architecture à lampes trouve ses limites bien avant celles des transducteurs électrostatiques. Quelques distorsions harmoniques assez caractéristiques des tubes se retrouvent à la mesure de l'ensemble et une montée de la distorsion dans les basses, parfois légèrement audible, apparaît, phénomène qui ne vient clairement pas du casque lui-même, mais plutôt de l'ampli. La qualité technique est plus que correcte pour ce type d'amplification assez difficile à concevoir proprement, suffisamment pour que le SR-009S exprime déjà ses immenses qualités, mais certains amplificateurs pour casques électrostatiques d'autres marques permettront certainement d'aller encore plus loin. Si tout n'est pas parfait avec ce duo Stax SR-009S et SRM-700T, nous sommes tout de même en présence d'un des systèmes les plus exceptionnels de la Hifi casquée. Une expérience très exigeante, mais vraiment à part.

Spécifications Stax SR-009S •Type : casque Hifi ouvert électrostatique •Electrodes MLER 2 plaquées or •Réponse en fréquence : 5 Hz – 42 kHz •Capacitance : 110 pF •Impédance : 145 kOhms (à 10 kHz) •SPL : 101 dB / 100 V RMS •Max SPL : 118 dB (400 Hz) •Tension de polarisation : 580 V continu •Câble en cuivre OFC 6N plaqué argent •Poids : 450 g (sans câble), 580 g (avec câble)

Notre avis Stax SR-009S Construction

Confort

Performances

Musicalité

Spécifications Stax SRM-700T •Type : amplificateur pour casques électrostatiques •Architecture : hybride •Transistors FET en étage d'entrée, lampes 6SN7 (OTL) en amplification de puissance •Réponse en fréquence : courant continu – 100 kHz •Gain : 60 dB •DHT < 0,01% (1 kHz à 100 V RMS) •Impédance d'entrée : 50 kOhms en RCA, 100 kOhms en XLR •Tension de sortie max : 340 V RMS (1 kHz) •Tension de polarisation : 580 V •Température de fonctionnement/humidité : entre 0 et 35°C, humidité de l'air inférieure à 90 % •Entrées : RCA et XLR •Sorties : RCA et 2 prises casques •Consommation : 54 W •Dimensions : 240 x 103 x 393 mm (l x h x p) •Poids : 5,7 kg

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Ergonomie

Performances

Musicalité

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TEST

ZMF

2760 €

Vérité Open-Back De larges coques en bois précieux, un look rococo, une réalisa�on ar�sanale surmesure… Le ZMF Vérité Open-Back est un casque Hifi d'esprit purement audiophile mêlant luxe exclusif et approche haut de gamme. Contrairement à beaucoup d'autres de sa classe de prix, il opte pour des transducteurs électrodynamiques et non orthoplanars. Est-ce un bon choix ? par Pierre Stemmelin ZMF (Zachary Mehrbach Films) est une société californienne. Son fondateur, Zachary Mehrbach, est un jeune audiophile, grand cinéphile et diplômé d'études cinématographiques de Columbia. Basé à Chicago, il a commencé en 2010 par la customisation de casques Fostex puis s'est lancé dans la conception de ses propres modèles. Ces derniers sont fabriqués de manière entièrement artisanale et sur commande.

Une réalisation luxueuse avec un esprit haute couture Le ZMF Verité Open-Back est un casque circumauriculaire ouvert (il existe aussi en version close) qui en impose. Ses oreillettes mesurent plus de 10 cm de large. Leurs coques sont en bois verni haut de gamme usinées de plusieurs ouvertures,

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soigneusement travaillées, en bordure et sur les côtés plus une large ouverture centrale fermée par une grille finement découpée. La construction est le fruit d'un artisanat de luxe. Elle a quelques petits défauts. Le verrouillage des réglettes de hauteur est un peu ferme. Mais l'ensemble paraît très sérieux et solide. Toutes les pièces de structure sont en métal. L'arceau est doublé d'un large bandeau repose-tête en cuir. Malgré son poids supérieur à 450 g, le ZMF Vérité Open-Back est relativement confortable à porter même sur une longue durée de plus d'une heure. Le casque est livré dans une grosse mallette en plastique antichoc et à verrouillage. Il est proposé avec trois jeux de coussinets d'oreillettes de densités différentes (au choix ; deux sont fournies), habillées de similicuir ou de feutrine microperforée, permettant à l'utilisateur d'adapter légèrement le


confort et le rendu sonore à ses goûts. Le câble est détachable et l'acquéreur a le choix entre trois modèles avec connectique jack 6,35 mm, XLR 4 broches ou Pentaconn 4,4 mm. Plusieurs options de finitions (noir, doré, anthracite) sont également proposées pour les pièces métalliques du casque. À l'intérieur du Vérité Open-Back, les transducteurs sont spécifiques à ZMF. Il s'agit de larges unités de 50 mm de diamètre à membranes haut de gamme en PEN (polyéthylène naphtalate) recouvert d'une microcouche de béryllium par pulvérisation. Une restitution sonore grandiose Le ZMF Vérité Open-Back affiche une impédance de 300 ohms. Pour l'alimenter correctement, il est nécessaire d'utiliser un ampli casque dédié, mais rassurez-vous, il n'est pas trop exigeant. Il n'est pas du genre à appuyer sur le moindre petit défaut et inversement on peut le pousser très loin. Il met particulièrement bien en lumière le gain qualitatif lorsque l'on passe d'une source de milieu de gamme à un ampli plus haut de gamme. Dans tous les cas, dès les premiers instants d'écoute, ce casque ZMF est capable de provoquer l'effet waouh ! Très large réponse en fréquence, grosse tenue en puissance, basses profondes et musclées, image stéréophonique extrêmement vaste… Le Vérité Open-Back délivre un son grandiose. Il n'est certes pas exempt de petits défauts. Ses aigus n'ont pas tout à fait la légèreté et le filé qu’offrent certains casques orthoplanars ou électrostatiques et, dans le bas du spectre, s'il excelle à donner du volume, il pourrait avoir un poil plus d'impact. Mais ses timbres sont d'une richesse rare, les voix ont un grain, une matière surnaturels. Il développe des harmonies, des nuances, des couleurs qu'il est très difficile de retrouver ailleurs. Sa restitution est généreuse, confortable, très enveloppante, tout en donnant une excellente sensation d'ouverture. Dans sa magnificence, le ZMF Vérité Open-Back peut parfois donner l'impression qu'il en fait un peu trop, mais son écoute ne peut laisser indifférent ou indemne. Ce casque a des performances hors norme et un indéniable talent musical.

Spécifications •Type : casque Hifi, circum-auriculaire, ouvert •Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm à membranes PEN vaporisées de béryllium •Coques : en bois d'albizia •Structure : en magnésium •Réponse en fréquence : 10 Hz à 25 kHz •Impédance : 300 ohms •Sensibilité : 97 dB/mW •Accessoires fournis : 2 paires de coussinets d'oreillettes, câble de 1,7 m, mallette de rangement antichoc •Poids : 468 g sur notre balance de cuisine

En résumé Le ZMF Vérité Open-Back est un casque Hifi luxueux, confortable et qui a grand cœur. D'une réalisation artisanale soignée et doté de transducteurs électrodynamiques haut de gamme, optimisés avec talent, il délivre un son rutilant et charpenté. Il a un gros tempérament, n'est pas totalement neutre, mais donne immédiatement l'impression à l'écoute d'avoir affaire à un produit hors norme.

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Confort

Performances

Musicalité

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Gabarit Pub V&A6.indd 2

02/04/2021 16:15


LES ÈCOUTEURS


TEST

BOSE QuietComfort (QC) Earbuds Plus d'un an après Sony et Apple, Bose intègre enfin la réduc�on de bruit ac�ve sur des écouteurs True Wireless. Un retard presque étonnant pour le pionnier de ce�e technologie, mais qui pourrait bien augurer un produit totalement maîtrisé ; Bose a simplement pris le temps qu'il fallait pour toucher la perfec�on. Les nouveaux QC Earbuds (ou QuietComfort Earbuds) cons�tuent-ils une réussite de plus pour le constructeur américain ?

280 €

par Guillaume Fourcadier

Il ne leur manque que la compacité À première vue, les Bose QC Earbuds sont plus proches des Sony WF-1000Xm3 que des AirPods Pro d’Apple. Que ce soit la boîte de charge ou les écouteurs eux-mêmes, l'ensemble est assez volumineux. D'une allure moins futuriste que les Sony, les Bose ont une bouille un peu plus passepartout. Ainsi, malgré le design allongé de la partie externe, permettant de loger une large zone tactile, les écouteurs et leur revêtement noir mat (face extérieure) sont-ils plutôt discrets à l'usage. Mais surtout, la fabrication est assez exemplaire. Rien de luxueux, ni même "premium", mais une finition proche de la perfection. On ne décèle aucun jeu dans la structure, composée de deux pièces en plastique. Même constat concernant la boîte de charge, certes un peu légère, mais dont la charnière ne présente aucun défaut. Véritable point fort de ces écouteurs, le confort est tout simplement exemplaire, offrant un savant dosage entre tenue et aération. Assez proches d'une topologie semi-intra, les Bose QC Earbuds et leurs embouts en forme de cône ne sont absolument pas intrusifs. Le résultat n'est pas aussi impressionnant qu'avec les Apple AirPods Pro qui

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se font presque oublier, les canules étant assez larges, mais les Bose QuietComfort se classent parmi les tout meilleurs. Plus encore, en épaulant les embouts avec les fameuses ailettes, qui viennent se caler dans le repli des conques, Bose assure une tenue presque parfaite, permettant déjà aux QC Earbuds de se frotter à un usage sportif, certification IPX4 (protection contre les projections d'eau et la sueur) à l'appui.

Un tactile à améliorer, une application à clarifier Modernité oblige, les Bose QC Earbuds proposent une ergonomie entièrement tactile, encore un peu limitée, mais qui s'améliore au fil des mises à jour. Il est ainsi possible de déclencher la pause/lecture, l'appel à l'assistant vocal, d'ajuster la force de la réduction de bruit active et, depuis la dernière mise à jour, de contrôler le volume en balayant du doigt la large zone tactile des écouteurs. Pour aller de pair avec cette modernité, des détecteurs optiques, étonnamment précis, déclenchent la pause et la lecture une fois les écouteurs retirés ou replacés. Tout n'est pas parfait, à commencer par la gestion


encore incomplète de la navigation ou la relative imprécision du tactile (meilleur que chez Sony), mais l'ensemble reste très correct. L'application sur smartphone dédiée aux écouteurs QuietComfort, Bose Music, visuellement réussie, n'est pas aussi complète que celles de Sony ou de Jabra, ni même aussi claire pour accéder à certains réglages. Il n'est par exemple pas ouvertement possible d'assigner un type de commande à un type de réglage, Bose préférant un concept de "raccourcis" à assigner, et de fonctions à activer (réglage du volume ou non par exemple). Enfin, un point nous semble toujours très discutable : l'obligation d'ouvrir un compte pour utiliser l'application.

d'être neutre, combine-t-elle une excellente qualité des basses fréquences, très puissantes, amples et détaillées, avec des médiums assez réguliers, clairs en toutes circonstances. Ce tableau serait idyllique si les aigus, déjà un peu oscillants, n'étaient pas marqués par cette sensation de brillance excessive, d'artificialité. Les écouteurs chantent de manière généreuse, avec une bonne polyvalence, une bonne énergie, et une scène sonore assez aérée, mais peuvent sonner un peu faux sur les voix très aiguës ou sur des instruments comme la guitare électrique. Dommage, car cela place les Bose QC Earbuds techniquement en dessous de ses concurrents, notamment les Sony WF-1000Xm3, sans doute plus incisifs mais un peu mieux maîtrisés. Pourtant, les Belles voix et beau silence écouteurs Bose QuietComfort restent tout aussi musicaux et joueurs que ceux de Sony, avec des Spécialiste de la réduction de bruit active, Bose ne basses plus enveloppantes. se loupe clairement pas sur ce point. Cette Imposants mais très bien construits, confortables et réduction active est particulièrement efficace sur le très isolants, mettant en avant une excellente registre des basses fréquences, tout en ne laissant isolation phonique et une qualité presque parfaite presque aucune sensation désagréable dans l'oreille des microphones, les Bose QC Earbuds ne sont (bourdonnement de certains modèles). Le système donc pas une révolution dans le monde de antibruit, supérieur à celui des Sony et très proche l'écouteur True Wireless, mais constituent une solide de celui des AirPods Pro (meilleurs en isolation alternative aux références haut de gamme Apple phonique passive), est un exemple d'équilibre. Les AirPods Pro et Sony WF-1000Xm3. Comme leurs voix auraient certes pu être encore un peu mieux deux concurrents, ils sont assez proches d'un idéal filtrées, mais les QC Earbuds s'adaptent avec brio à qui reste à atteindre. toutes les situations, surtout les plus difficiles. Le constat est également impressionnant avec la fonction de retour sonore. Certes un peu inférieure Spécifications à celle des AirPods Pro en termes de naturel, elle ne •Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit laisse cependant aucune vraie sensation de active manque, récupérant particulièrement bien les aigus. •Certification IPX4 Enfin, l'utilisation en kit mains-libres pour téléphoner •2 microphones par côté montre que Bose maîtrise le sujet. Très naturelle, la •Embout semi-intra avec ailettes (2 paires) captation de la voix est presque parfaite, même en •Bluetooth 5.1 conditions très difficiles. Une vraie prouesse pour •Codecs audio supportés : SBC et AAC des écouteurs Bluetooth. •Autonomie annoncée : 6 h avec ANC L'autonomie annoncée - 6 h avec ANC (système •Temps de charge complet : 2 h pour les écouteurs, 3 h antibruit activé) - tourne en pratique autour de 5 h pour le boîtier 45, ce qui est dans la moyenne, sans plus. Avec le •Compatible recharge Qi boîtier de recharge, compatible USB-C et Qi •Dimensions (boîte) : 3,17 x 8,9 x 5,08 cm (recharge par induction), il est possible de bénéficier •Déclinaisons : noir (version testée) ou gris d'un peu plus de deux charges supplémentaires.

Sonorité assez équilibrée, mais aux aigus familiers Avec le casque Bose Noise Cancelling Headphones 700, la marque américaine perpétuait l'approche plutôt équilibrée des QuietComfort 35, mais reprenait également ses aigus un peu artificiels. En vraie déclinaison ultraportable, les Quiet Comfort Earbuds semblent armés des mêmes qualités et des mêmes défauts. Ainsi, la signature sonore, plutôt équilibrée à défaut

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CAMBRIDGE AUDIO 140 €

Melomania Touch Pres�gieuse marque de l'univers Hifi, Cambridge Audio avait livré avec les Melomania 1 des écouteurs true wireless imparfaits, mais intéressants. Forte de ce�e première expérience, la marque anglaise annonce les nouveaux Melomania Touch, de véritables pe�ts tueurs à "seulement" 140 euros. Ces écouteurs zéro fil de seconde généra�on seraient plus luxueux, plus confortables et plus ergonomiques, tout en offrant des performances sonores supérieures. Une réussite ? par Guillaume Fourcadier Pas de recharge sans fil ni de système de réduction du bruit, mais une ergonomie et une tenue grandement améliorées Alors que les Melomania 1 proposaient une approche originale mais basique, les Cambridge Melomania Touch se modernisent et s'affinent. La forme des écouteurs est plus travaillée, plus proche de l'oreille, plus élégante. Entièrement en plastique mais d'assez bonne qualité, les oreillettes affichent un intérieur mat et un dos laqué. La qualité de fabrication est donc bien au rendez-vous et se retrouve également dans la petite boîte de recharge aux élans de similicuir. Il faut malheureusement tirer un trait sur la recharge sans fil, mais Cambridge a enfin intégré une prise USB-C. Revoyant l'ergonomie de ses écouteurs de A à Z, Cambridge s'est inspiré de nombreuses empreintes d'oreilles pour créer une forme à peu près "universelle". Et cela fonctionne ! Le confort est infiniment meilleur qu'auparavant : canule moins large, meilleur équilibrage des masses, forme moins envahissante et système d'ailettes venant se caler dans la conque pour parfaire la tenue. Disponibles en trois tailles, ces petits appendices, couplés à la certification IPX4, font toute la différence et permettent même d'envisager un usage sportif. Une réserve cependant : la tenue n'est pas aussi ferme

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qu'avec de vrais écouteurs sportifs. L'isolation phonique n'est pas non plus la plus impressionnante qui soit, restant dans une moyenne suffisante pour les usages nomades classiques. Bien sûr, nous aurions aimé une réduction de bruit active, système déjà efficace sur des produits à 100/150 euros (comme sur des modèles d'Oppo ou Huawei par exemple).

Commandes au doigt et à l'appli, encore à améliorer Cambridge Audio n'a pas seulement amélioré la forme, mais réorganisé aussi les autres éléments. Cela commence par les commandes présentes sur les écouteurs, désormais tactiles, via une large zone couvrant l'intégralité du dos laqué. Tout aussi complètes que sur la première version, les commandes des Cambridge Melomania Touch (volume et navigation) sont plus agréables à utiliser. Seul gros bémol : il est presque impossible de saisir les écouteurs sans déclencher une des fonctions tactiles, ce qui relance ou coupe la lecture, voire éteint les écouteurs. L'apparition d'une application pour smartphone dédiée, sobrement baptisée "Melomania", permet d'apporter un bon petit plus à l'écosystème. En plus d'être relativement belle et intuitive, cette appli ouvre la voie à quelques fonctions supplémentaires :


niveau de batterie précis et pour chaque écouteur, localisation, mise à jour, sélection du codec et égaliseur personnalisable sur cinq bandes. Pas aussi riche que celles de Sony ou Jabra, cette application reste particulièrement bien pensée. Néanmoins, difficile de passer sous silence ses bugs et instabilités de jeunesse. Il arrive encore à l'application de ne plus reconnaître les écouteurs, ou de planter, ce qui demande un redémarrage (de l'application ou des écouteurs). Nous relevons des progrès sur les toutes dernières mises à jour, mais ce n'est pas encore parfait. Armés de puces Qualcomm QCC3020 (une référence assez récente), les Cambridge Melomania Touch bénéficient d'une connexion Bluetooth généralement assez stable, sans saut de son lors de nos tests. La distance de transmission maximale est classique, sachant que d'autres écouteurs, comme les récents Jabra Elite 85T, sont plus performants sur ce point. De plus, les Cambridge Melomania Touch ne bénéficient pas d'une connexion Multipoint (fonction assez rare cela dit). Enfin, nous avons constaté quelques bugs de connexion (problèmes à l'appairage notamment), en dehors d'une pure stabilité du signal. Au chapitre des codecs Bluetooth, Cambridge prévoit tout ce qui est possible sur des écouteurs zéro fil, à savoir le SBC, l'AAC et l'aptX. Les Cambridge Melomania Touch disposent d'un mode Ambiant, qui permet d'amplifier les sons extérieurs. La qualité est… correcte, mais sans plus, la restitution n'étant pas assez naturelle et trop sabrée dans les aigus. Cambridge annonce une autonomie de 7 h ou 9 h suivant le mode : "Haute Performance" d'un côté, "Faible Puissance" de l'autre. En Haute Performance, nous avons atteint 5 h 45 en aptX et 7 h en AAC.

Sonorité technique, expressive et clivante Porté par son amour du graphène (surcouche sur la membrane des transducteurs), Cambridge équipe les Melomania Touch du même type de transducteur que les Melomania 1, en passant à un diamètre plus important, à savoir 7 mm contre 5,8 mm auparavant. On peut donc attendre des progrès, dans les basses notamment. Soyons clairs, les Cambridge Melomania Touch sont supérieurs à leurs prédécesseurs, tout en étant assez proches. La signature sonore conserve ainsi une même approche descendante : basses en avant, médiums marqués par une pente assez douce mais inaltérable (assez sèche dans les bas-médiums, plus régulière ensuite), aigus encore en retrait, puis se redressant en un pic assez net vers 10 KHz. Néanmoins, les Melomania Touch le font avec plus

de discernement et de finesse. Les basses débordent bien moins sur les médiums et le pic tardif des aigus est bien plus doux, plus naturel. À l'écoute, les Cambridge Melomania Touch maîtrisent toujours leur sujet dans les basses, bien accentuées mais d'une redoutable précision, délivrant une excellente assise et un bon niveau de détails. Aucun problème pour suivre le rythme et la difficulté des genres musicaux les plus complexes dans ce registre. À l'inverse, la gestion des aigus reste toujours perfectible. En retrait, cette partie du spectre donne à l'écoute un certain voile, un petit manque d'ouverture et de tranchant. Au moins, les Cambridge Melomania Touch ne sont-ils jamais agressifs ; leur espace sonore reste assez ample et détaillé, mais leur équilibre tonal est typé. L'égaliseur permet de modifier cette personnalité, mais dans une certaine limite. Ces écouteurs peuvent donc ne pas plaire à tout le monde, mais enthousiasmeront tout de même beaucoup d'utilisateurs. Les Cambridge Melomania Touch constituent donc une version évoluée des Melomania 1, améliorée dans pratiquement tous les domaines, tout en conservant l'essentiel de leur personnalité sonore. Un incontournable pour les amoureux de la première version.

■ Spécifications •Type : écouteurs Bluetooth True Wireless •Puce : Bluetooth 5 Qualcomm QCC3020 •Codecs supportés : SBC, AAC, aptX •Transducteurs de 7 mm avec membrane traitée au graphène •Autonomie : 7 h en mode Haute Qualité (en AAC), 9 h en mode Faible Puissance (AAC), 50 h max avec la boîte de recharge •Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz •Poids : 5,9 g par écouteur, 67,4 g au total avec le boîtier de charge •Charge USB-C •Dimensions du boîtier : 30 x 72 x 44 mm •Finition : noir, blanc

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EARSONICS Aero Être un spécialiste des écouteurs haut de gamme ne garan�t absolument pas de réussir son passage aux écouteurs True Wireless, dont la technologie embarquée est proche de celle d'un pe�t smartphone. C'est pourtant dans ce�e difficile aventure que se lance Earsonics avec ses Aero. par Guillaume Fourcadier

Solides, isolants, mais avares en fonctions Que ce soit en termes de design ou de fabrication, Earsonics fait preuve ici d'une certaine sagesse. La forme des Aero est relativement classique (avec une excroissance en tige façon AirPods), mais la marque française se distingue par une fabrication vraiment exemplaire ainsi que par quelques astuces visuelles (stries et revêtement mat). Le tout est certifié IPX4 (résistant aux projections d'eau), ce qui suffit pour la majorité des usages. À l'inverse, la boîte de charge et de rangement s’avère un peu plus décevante. Compacte, mais taillée dans un plastique bien léger, elle présente un peu de jeu dans la charnière et dans le système de rangement des écouteurs. Notons un très bon point pour le confort des écouteurs Earsonics Aero : chacun est porté par une canule large mais suffisamment courte, et une face interne très bien étudiée, assurant une excellente tenue et une bonne isolation phonique passive. Bien au point sur la qualité de la connexion Bluetooth et sur les commandes tactiles (suffisamment réactives, contrôlant navigation et volume), les Earsonics Aero sont en revanche totalement dépouillés de fonctions annexes. Ce choix est assumé par la marque : pas de recharge par induction, pas de capteurs optiques dans les oreillettes (pour un démarrage et une mise en pause automatiques), pas d'ANC, ni même d’application de paramétrage dédiée sur smartphone. Ces écouteurs se veulent simples et fonctionnels, sans avoir besoin de passer par une mise à jour. L'autonomie des Aero est annoncée entre 5 h et 7 h. Nous avons atteint environ 5 h 40 en AptX et jusqu'à 7 h en AAC.

Un son à l'identité Earsonics Les amoureux de la sonorité Earsonics seront aux anges, car les Aero respectent parfaitement l'identité sonore légèrement typée de la marque. Légèrement descendante, mais surtout très riche (avec beaucoup de corps), sans vraie lacune ou

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200 € grande exagération dans les fréquences, la personnalité sonore des Aero est fidèle à ce que l’on peut attendre d'écouteurs True Wireless "audiophiles". Procurant une excellente précision dans les basses et une bonne douceur dans les aigus, les Earsonics Aero sont surtout agréables dès le plus bas volume d'écoute. Toutefois, leur sonorité assez sombre, marquée par des aigus un peu en retrait, ne plaira pas à tout le monde et ne leur permet pas d'être aussi tranchants que des écouteurs comme les Sony WF-1000Xm3. La présentation de la scène sonore est à la fois simple, mais très profonde et cohérente, avec un fabuleux niveau de détails – c’est sans doute ce sur quoi ces écouteurs se détachent le plus - et une bonne séparation des instruments. Avec les Aero, Earsonics s'est vraiment concentré sur le son, quitte à délaisser le reste, comme une sorte d'antithèse des modèles de Sony ou Jabra. Ayant eu la bonne idée de ne pas dépasser le prix de 200 euros, Earsonics ne se déconnecte pas du marché en misant sur son seul nom, mais reste au contraire l'une des rares propositions audiophiles aux prétentions tarifaires réalistes.

Spécifications •Type : écouteurs Bluetooth zéro fil •Certification IPX4 •Puce Bluetooth 5 Qualcomm •Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX •Transducteur dynamique de 6 mm •Autonomie : 5-7 h, jusqu'à 21 h avec la boîte de charge •Poids : 5 g par écouteur

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LES PERFORMANCES D’UNE VIE

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ETYMOTIC ER3XR-BT

300 €

Spécialiste de la protec�on audi�ve et pionnier des écouteurs intra-auriculaires, Etymo�c a toujours été un constructeur atypique. La marque cul�ve savamment ses spécificités à travers des produits assez haut de gamme, incroyablement isolants et aux sonorités dont la neutralité frise parfois l'ascé�sme. Placés au milieu de sa gamme, les ER3XR, ici testés avec module Bluetooth (ER3XR-BT), représentent parfaitement ce que peuvent donner des écouteurs Etymo�c légèrement modernisés et ouverts au sans fil. par Guillaume Fourcadier Un confort à l'ancienne, pour une isolation incomparable Tout ou presque dans les Etymotic ER3XR-BT montre que le constructeur a gardé son identité, sans presque rien concéder aux évolutions du marché. Ces écouteurs sont globalement développés sur la même base que les bons vieux ER4XR, composés d'un minuscule corps tubulaire en métal usiné et portés par une connectique MMXC. Ils ne sont ni raffinés ni luxueux, simplement sérieux, de qualité vraiment professionnelle. Le suffixe XR fait référence à un petit boost dans le bas du spectre, tandis que le ‘’BT’’ indique la présence d'un module Bluetooth. Ce récepteur prend en charge le codec AptX HD et intègre un couple DAC/ampli AKM. Mais il n'assure malheureusement que 8 h d'autonomie et se charge uniquement en micro-USB. Enfin, le modèle ER3XRBT n'est pas livré avec un simple câble jack standard. Qualité première des Etymotic, l'isolation phonique est ici stratosphérique. Il est difficile de leur trouver ne serait-ce qu'une paire de concurrents sérieux sur ce plan. De nombreux embouts en silicone biflange, triflange, ou en mousse sont livrés avec ces écouteurs. L'utilisateur dispose ainsi d’un large choix. Forcément, cette isolation se ressent sur le confort, entravé par le côté très intrusif des écouteurs et de leurs embouts. La tenue est excellente, mais tous les utilisateurs ne supporteront pas de porter ces écouteurs typiques de l'ancienne école.

Une sonorité neutre-basseuse Etymotic ne s'éloigne jamais loin de sa nature profonde. Même s'ils intègrent un léger boost dans les basses, les ER3XR-BT délivrent un son équilibré, marqué par un léger écart entre basses/basmédiums et le reste du spectre. D'une régularité

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parfaite de 20 Hz à 400 – 500 Hz (l'essentiel des voix), les ER3XR affichent ensuite une très légère pente jusqu'aux aigus. À l'écoute, les Etymotic ER3XR-BT font preuve d'une grande technicité et d'un grand équilibre, sans perdre en musicalité. Ce ne sont pas les écouteurs froids et trop sages que l'on pouvait craindre (ou espérer) de la part de la marque. Ici, les fines emphases et les légers creux construisent un caractère sonore vraiment polyvalent, détaillé, maîtrisé… peut-être un peu trop. Pour qui voudrait de l'explosivité, du tranchant, une expérience viscérale, les Etymotic ER3XR ne sont pas les écouteurs adéquats. Il n'en reste pas moins que la majorité des styles musicaux tirent parfaitement parti de leur sonorité de caméléons. Les Etymotic ER3XR-BT ne sont pas forcément audessus du lot par rapport aux autres écouteurs de cette gamme de prix, mais ils cultivent une différence qui, d'autant plus en 2021, est toujours pertinente.

■ Spécifications •Type : écouteurs intra-auriculaires •Connexion : Bluetooth (filaire en option) •Transducteurs : à armature équilibrée •Réponse en fréquence : 20 Hz – 16 kHz •Impédance nominale : 22 Ohms •Sensibilité : 102 dB •Connectique MMCX •Isolation phonique (pas plus de précision) : 35 – 42 dB •Inclus : embouts biflange, embouts triflange, embouts en mousse, pochette de transport, pinces de maintien (pour accrocher le câble aux vêtements), accessoire de remplacement des filtres

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SHURE Aonic 215 Premiers écouteurs zéro fil de Shure, les Aonic 215 True Wireless paraissent hésiter entre deux univers. Filaire voulant être libre ou modèle Bluetooth désirant profiter de la qualité d’un écouteur filaire ? Les deux à la fois.

250 €

par Guillaume Fourcadier

Les écouteurs Aonic 215 True Wireless sont assez simples sur le papier et composés chacun de deux pièces : une oreillette (avec connectique MMCX pour un raccordement filaire) et son récepteur Bluetooth. Le tout se place dans une imposante boîte de charge, au format housse de transport, avec prise USB-C pour la recharge. La fabrication n’est pas spécialement premium mais déjà très correcte, bien qu'un poil plastique à notre goût. Même constat concernant la boîte de charge, sérieuse et pratique, tout en entrant difficilement dans les petites poches. Les Aonic 215 sont des intra-auriculaires de l’ancienne école, assez intrusifs, ce qui sera clivant pour une partie du public. Mais ils restent équilibrés et surtout extrêmement isolants par rapport aux bruits extérieurs. Pour qui supporte ce côté intrusif dans les canaux auditifs, ces écouteurs seront assez agréables à porter pour les longues sessions d'écoute.

Encore un peu simples Les Aonic 215 peuvent fonctionner seuls ou avec l'application Shure Play. En plus d’adapter les réglages sonores des modules Bluetooth aux écouteurs, celle-ci permet de les mettre à jour ou d’accéder à un égaliseur… local, seulement applicable aux pistes stockées sur le téléphone. Un comble à l’âge du streaming – qui a pour effet de rendre cette fonction, pourtant très poussée, assez secondaire. Le reste n’est pas tellement plus brillant, puisqu’aucun réglage personnalisé des fonctions (des modules Bluetooth) n’est présent. En l’état, il n’est pas possible de naviguer entre les pistes de musique, ou de modifier le volume sonore depuis les écouteurs. Notons tout de même la présence d’un mode Environnement, qui permet un retour sonore des sons atténués. Celui-ci n’est pas très naturel, mais correct compte tenu de l’immense isolation prodiguée par les embouts des écouteurs. Les Aonic 215 atteignent une confortable autonomie de 7 h avec codec aptX, seulement entachée par quelques problèmes de connectivité (notamment de désynchronisation droite/gauche).

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Le son Made In Shure Du son Shure, définitivement, avec quelques spécificités. Grande spécialité de la marque, les médiums sont un régal pour les oreilles. Maîtrisés, incroyablement détaillés, le tout avec une légère chaleur, un grain très… analogique. Des caractéristiques absolument parfaites pour le jazz. Les aigus sont déjà plus oscillants, parfois un peu trop brillants, parfois un peu voilés, malgré un bon niveau de détails. Les basses, plus en avant que le reste, proposent une bonne assise et un bon enveloppement, privilégiant la douceur à l’énergie, ce qui ne sera pas efficace sur toutes les pistes. À l’image de la plupart des modèles Shure, les Aonic 215 brillent surtout sur les mixages musicaux aérées et calmes. La scène sonore est extrêmement profonde pour des écouteurs True Wireless, presque démesurée, devenant parfois un peu confuse. Les Aonic 215 ne sont pas parfaits et sans doute trop hybrides pour satisfaire tout le monde, mais ils possèdent ce sens du détail, ce timbre chaud, cette sonorité que nous aimons chez Shure. Des écouteurs qui mériteraient un peu plus d’énergie dans les basses et de sagesse dans les aigus, mais qui peuvent faire un véritable malheur sur le jazz ou le classique. Ils sont donc techniques, musicaux, mais pas universels.

Spécifications •Type : écouteurs Bluetooth True Wireless •Puce : Bluetooth 5.0 •Codecs audio supportés : SBC, AAC, aptX •Autonomie annoncée : jusqu'à 8 h, 32 h en comptant la boîte de recharge •Architecture sonore : simple transducteur dynamique de 8 mm •Embouts : en silicone et en mousse à mémoire de forme •Finitions : noir transparent, bleu transparent, blanc transparent, blanc opaque

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TECHNICS 280 €

EAH-AZ70W Grande marque audiophile créée par Panasonic, Technics lance les EAH-AZ70W, ses premiers écouteurs Bluetooth zéro fil. Loin de se reposer sur sa seule réputa�on, le constructeur compte bien profiter de la technologie de réduc�on de bruit déjà développée pour les Panasonic RZ-S500W, tout en y apportant sa pa�e plus audiophile. Un produit dispendieux, mais diablement ambi�eux. De quoi pouvoir se fro�er aux Sony WF1000Xm3 et aux AirPods Pro d’Apple ? par Guillaume Fourcadier Un luxe un peu plus métallique Pas incroyablement discrets, les écouteurs EAHAZ70W de Technics adoptent la forme de petites sphères, aplaties sur leur face extérieure, et flanquées d'une canule sur leur face intérieure. La fabrication, plutôt premium que vraiment luxueuse, correspond tout à fait à ce que l'on peut attendre d'un produit de cette gamme de prix. L'assemblage est impeccable et le dos, gris foncé aux reflets légèrement métalliques, d'un raffinement assez haut de gamme. La boîte de recharge est au moins aussi sérieuse. Principalement construite dans un plastique assez dense, elle se retrouve doublée d'un revêtement métallique, gris sombre, qui permet aux Technics EAH-AZ70W de se démarquer de leurs concurrents direct de chez Apple et Sony. Au chapitre de l’aspect soigné et du sérieux de fabrication, on remarque en particulier la charnière, très rigide. Totalement intra-auriculaires, les Technics EAHAZ70W diviseront sur le plan du confort, car ils

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restent assez intrusifs et plutôt volumineux. Néanmoins, une fois la bonne taille d'embout choisie (5 tailles sont fournies dans l’emballage), les écouteurs tiennent étonnamment bien en place et sont suffisamment bien pensés pour des sessions d'écoute assez longues. Malgré leur certification IPX4 (protection contre la transpiration et les projections d'eau), ces écouteurs ne sont pas vraiment conseillés pour un usage sportif.

Une application simple, mais à étoffer Semi-déception, l'application Technics Audio Connect propose une expérience certes très simple, claire, mais sans doute pas assez complète pour un produit haut de gamme. S'il est possible de régler la réduction de bruit, le niveau du retour sonore, ou encore d'utiliser un égaliseur 5 bandes assez efficace, il manque une personnalisation des commandes, ou encore des fonctions vraiment avancées. À ce titre, le Sony WF-1000xm3, avec son application Headphones Connect, reste un modèle


du genre, et bien loin devant les autres. Heureusement, les commandes tactiles présentes sur les écouteurs, bien qu’elles ne soient pas forcément simples à maîtriser, sont très complètes : réglage du volume, navigation dans les pistes, appel à l'assistant vocal, changement du mode de réduction de bruit… tout est faisable ou presque. La connectivité souffle un peu le chaud et le froid. Si la portée et la stabilité du signal sont tout à fait exemplaires, les Technics EAH-AZ70W ne proposent pas de connexion multipoint (à deux appareils à la fois). Enfin, les deux écouteurs peuvent fonctionner en mode mono, il n'y a pas ici de notion de maîtreesclave.

Ces écouteurs délivrent un message d'une extrême technicité, sans qu’il soit trop clair ou voilé. Nous pourrions, en voulant être strict, les qualifier de légèrement doux, avec un petit creux en attaquant les aigus, très proches de la neutralité donc. Mais, pour ceux qui n'ont pas l'habitude, l'ennui peut pointer le bout de son nez, la sonorité pouvant paraître assez plate. Comparés à des écouteurs comme les AirPods Pro, les Technics EAH-AZ70W conservent un peu plus de détails et de qualités dans les aigus, mais les écouteurs d’Apple sont un brin plus énergiques et plus passe-partout. L’écart se creuse face aux Sony WF-1000Xm3, bien plus joueurs, plus démonstratifs, plus à l'aise avec les morceaux à faible dynamique Une réduction de bruit souveraine et parfois un peu plus artificiels. La sagesse des Technics se montre particulièrement intéressante sur Passant directement le cap de la réduction de bruit, les excellents mixages, où leur qualité technique Technics peut nécessairement profiter du savoir-faire leur permet de délivrer une scène sonore naturelle, de Panasonic, entreprise qui n'en est pas à son coup profonde et assez détaillée. d'essai en la matière. Et le moins que l'on puisse Royaux sur des genres musicaux comme le Jazz, le dire, c'est que les Technics EAH-AZ70W réussissent Classique ou la variété-Pop, les Technics EAHun vrai tour de force. AZ70W ne se brisent pas sur les styles plus L'isolation passive est déjà excellente avec les bons énergiques mais, pour certains utilisateurs, ils embouts. Les aigus sont très nettement sabrés, bien pourront sembler manquer un peu de punch. La plus que la moyenne des écouteurs True Wireless, signature sonore, doublée de la grande technicité et les médiums déjà bien atténués. des transducteurs, fait de ces EAH-AZ700W des Mais surtout, la réduction de bruit active est écouteurs hautement recommandables pour une étonnamment efficace, voire impressionnante. écoute de qualité, sans emphase. Mais à ne pas N'ayons pas peur des mots, nous avons ce qui se mettre entre toutes les oreilles. fait de plus performant en la matière, dans les eaux des performances atteintes par les AirPods Pro. Avec les deux types d'isolation cumulés, les Spécifications Technics EAH-AZ70W nous plongent littéralement •Type : écouteurs Bluetooth true wireless avec réduction dans une bulle silencieuse. Un vrai roi dans ce de bruit active domaine. •Puce Bluetooth 5.0 avec prise en charge des codecs SBC Un peu moins impressionnante, l'autonomie reste et AAC plus que valable pour un modèle ANC. Nous avons •Certification IPX4 ainsi mesuré environ 6 h 10 avec réduction de bruit, •Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz une autonomie inférieure à celle du modèle de •Autonomie annoncée : 6 h 30 avec réduction de bruit, Sony.

Une sonorité exemplaire et exigeante À l'image Hifi de la marque, les Technics EAHAZ70W ne déçoivent vraiment pas. Toutefois, il faut bien comprendre que ces écouteurs ne sont pas les plus accessibles d'un point de vue sonore. À ce titre, il ne s’agit pas d’un produit qui déchaîne les basses, ni marqué d'une patte trop tranchante, mais d’un modèle extrêmement équilibré, seulement marqué de quelques petites inflexions par rapport à une ligne de réponse en fréquence psychoacoustiquement plate. Aucun manque flagrant ni aucune exagération ne se font vraiment ressentir. Les transducteurs de 10 mm avec leur membrane revêtue de graphène font vraiment des merveilles techniques.

19 h 30 avec le boîtier de recharge •Recharge : USB-C et sans fil •Poids : 7 g par écouteur, 65 g pour la station de charge •Accessoires fournis : câble de recharge, 5 paires d'embouts en silicone de tailles différentes

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ON-mag >> mars/avril 2021-2 77


GRADO

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ASTELL & KERN 1200 €

Kann Alpha Troisième modèle de la gamme Kann d'Astell & Kern, le Kann Alpha est un baladeur connecté qui ne fait pas dans la demi-mesure : lourd, épais, doté d’une puissance de sor�e impressionnante. Il cons�tue certes une version plus "raisonnable" du �tanesque Kann Cube, mais il compte bien montrer la même aisance sonore, que ce soit dans l'univers de salon (en DAC/ampli casque) ou dans le cadre d’un usage purement nomade. par Guillaume Fourcadier

Lingot d'aluminium à la mode luxe Les habitués de la marque Astell & Kern le savent, le constructeur soigne la forme de ses produits à l'extrême. Le châssis entièrement usiné en aluminium est ici un petit bijou du genre, très luxueux malgré son épaisseur. A&K réutilise une recette éprouvée, à savoir l'intégration d'une molette de volume sur la tranche droite et de trois discrets boutons de navigation sur la tranche gauche. Aussi brut qu'élégant, l'Astell & Kern Kann Alpha ne souffre d'aucun défaut de fabrication, d'aucun petit point laissé au hasard. Son allure générale ne l'empêche pas d'afficher une belle prestance, une présentation tout en angles et en chanfreins, particulièrement agréable. Mention spéciale pour l'encoche contenant la molette, creusée en forme de A à l'image du logo de la marque. Ce design est d'autant mieux pensé qu'il s'accorde avec une ergonomie très simple mais efficace. L'épaisseur du châssis, associée à un écran tactile de seulement 4 pouces, permet de manipuler facilement le baladeur, même d'une seule main. Clairement, le Kann Alpha est bien plus proche d'un vrai baladeur que ne peut l'être le monstrueux Kann

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Cube. Sur cet appareil, le constructeur introduit enfin la connectique jack 4,4 mm (symétrique) dans sa gamme de baladeurs, tout en conservant la prise 2,5 mm et le classique connecteur jack 3,5 mm (asymétrique). Cette connectique peut également être utilisée en sortie Ligne analogique, ainsi qu'en sortie audionumérique optique (format Toslink). Enfin, la face inférieure du baladeur abrite quant à elle un port d'extension pour carte micro SD (permettant d'étendre les 64 Go seulement de mémoire interne), ainsi que la prise USB-C pour la recharge, le transfert de fichiers (depuis PC/Mac) et le fonctionnement comme DAC USB externe.

Ergonomie Android restrictive, simple et efficace L'expérience connectée A&K implique une vision assez spartiate des choses, ce qui ne plaira pas à tout le monde. L'OS est ainsi une version modifiée/ simplifiée à l'extrême d'Android 9, se présentant sous la forme d'un simple lecteur, avec quelques options avancées, dont le menu déroulant Android (en balayant depuis le haut de l'écran vers le bas). À


ce titre, il n'y a pas de Playstore intégré ni autre App store. Néanmoins, quelques applications de streaming sont disponibles en standard et les autres peuvent être installées en copiant des fichiers d'installation .APK depuis un PC, ce qui permet une expérience connectée de la musique. Propulsé par une mystérieuse puce quadricœur, l'Astell & Kern Kann Alpha offre une expérience utilisateur suffisamment fluide, même si elle n'est pas aussi impressionnante que sur les Fiio M11 et Fiio M15. Que ce soit avec le lecteur local ou les applications de streaming, nous n'avons pas eu d'écran figé ou d'importantes latences. Seuls quelques micro ralentissements sont à noter. Les baladeurs de la marque tiennent en général très bien sur la durée, nous espérons donc que ce sera ici aussi le cas. Annoncée à 14 h 30 (gain bas en lecture de fichiers FLAC 16 bits), l'autonomie de la batterie de l'A&K Kann Alpha est extrêmement dépendante du volume sonore. Si les 14 h 30 sont effectivement atteignables en gain bas, le passage à des casques de salon (gain moyen et haut), en particulier sur sorties symétriques, fait vite chuter l'autonomie à 10 h (gain moyen et volume à 50 % en jack 4,4 mm) voire autour de 5 h dans les configurations les plus énergivores (gain haut en jack 4,4 mm). Il faut également noter que la recharge est assez lente : elle nécessite entre 3 h 30 et 5 h selon le chargeur.

Riche, puissant et intransigeant Les circuits de l'Astell & Kern Kann Alpha intègrent une architecture en Dual Dac (un convertisseur par canal) d’ES9068AS, une puce de dernière génération. Cette disposition, secondée par l'amplification toujours très neutre des modèles Astell & Kern, permet à la marque de livrer un baladeur à la technicité extrême et à la linéarité quasi totale. À l'écoute, quel que soit le casque ou les écouteurs ciblés, le Kann Alpha délivre une sonorité d'une rare puissance. Sans avoir l'agressivité des anciens convertisseurs Sabre, l’ES9068AS sait être extrêmement tranchant et sec si le morceau l'exige. Oubliez la rondeur d'un modèle comme l’iBasso DX160 ou le chant légèrement porté sur les médiums du Fiio M15, le Kann Alpha est intransigeant sur le plan de la fidélité des timbres. Grâce à cela, il propose un niveau de détails absolument hors du commun et une scène sonore qui, si elle n'est pas aussi étendue que ce que proposent les meilleures références Fiio, possède une profondeur et une focalisation des instruments exemplaires. Le son du Kann Alpha est d'autant plus impérial qu'il ne se laisse jamais déborder, ne serait-ce qu'un peu, par les casques les plus coriaces. Son

importante puissance de sortie, particulièrement en sortie symétrique, lui permet de dompter le Sennheiser HD800, le T+A Solitaire P, l'antique AKG K340, voire le très exigeant Hifiman Susvara. Que ce soit sur sa puissance de sortie ou sa sonorité, le Kann Alpha cultive sa personnalité intransigeante mais musicale. Difficile de faire un baladeur plus révélateur des mauvais mixages. Les adeptes de sonorités "vinyles", un peu chaudes, seront difficilement emballés par cet appareil. En revanche, ceux qui recherchent une neutralité maîtrisée, sans aucune limite de puissance, seront aux anges, car ce modèle réussit totalement son pari. Bien qu'imposant et bénéficiant d’une autonomie restreinte, l'Astell & Kern Kann Alpha est peut-être bien le Kann de la maturité, celui qui, par ses petits compromis et ses petits ajustements, peut être vraiment considéré comme un système audiophile complet et sans limite, à la fois très bon baladeur et DAC/ampli casque de bureau.

■ Spécifications •Type : baladeur audiophile connecté •Ecran 4,1" - 720 x 1280 pixels OS : Android 9.0 •Mémoire interne 64 Go •Port micro SD •Puce quadricœur •DAC : Dual DAC ESS ES9068AS •Lecture : PCM 32 bits/384 kHz, DSD256, MQA •Puissance de sortie : jusqu'à 12 V RMS en symétrique, 6 V RMS en asymétrique ; réglage du gain 3 positions •Sortie : jack 3,5 mm (asymétrique), jack 2,5 mm et jack 4,4 mm (symétrique) et optique (via prise jack 3,5 mm) •Connecteur USB-C (recharge et fonction DAC externe) •Bluetooth : prise en charge des codecs SBC, AAC, AptX, AptX HD et LDAC •Autonomie : 14 h 30 (en FLAC 16 bits et réglage du gain sur bas) •Recharge en 3 h 30 (via fast charging 9 V/1,67 A) ou 5 h (5 V/2 A) •Dimensions : 68,3 x 117 x 25 mm (l x h x p) Poids : 316 g

Notre avis Construction

Ergonomie

Performances

Musicalité

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AUDIOQUEST DragonFly Cobalt L’AudioQuest DragonFly Cobalt ressemble à une grosse clé USB revêtue d’une luxueuse peinture métallisée de carrosserie automobile. Mine de rien, il s’agit d’un vrai pe�t appareil audiophile intégrant un DAC USB et un ampli casque puissant. C’est le troisième du nom : il s’ajoute aux DragonFly Red et Black déjà présents au catalogue de la marque américaine et gagne plusieurs améliora�ons. par Pierre Stemmelin L’AudioQuest DragonFly Cobalt reprend le format de ses prédécesseurs DragonFly Black et Red, dans une version légèrement miniaturisée et affinée, avec un corps en métal revêtu d’une superbe finition bleu cobalt nacré (comme sa référence l’indique). Il conserve les mêmes équipements : d’un côté un port USB type A mâle et de l’autre une prise minijack 3,5 mm femelle. En complément, il est livré avec un adaptateur USB de type C de grade audiophile (conducteurs à faible teneur en carbone) de chez AudioQuest, qui permet le raccordement à un appareil Android, par exemple. Il est aussi possible de le brancher sur un appareil iOS, mais pour ce faire il faudra acheter un adaptateur Lightning en supplément. L’AudioQuest DragonFly Cobalt est une mini carte son qui permet de transformer un ordinateur (PC, Mac et même Linux), un smartphone ou une tablette en une source audiophile. Sa sortie mini-jack peut aussi bien alimenter un casque audio haut de gamme qu’attaquer une chaîne Hifi. Son fonctionnement est simplissime. Il suffit de le brancher au port USB de la source pour qu’il soit prêt. Il est «plug’n play», c’est-à-dire qu’il ne nécessite pas l’installation de pilotes. Le Cobalt est le plus avancé techniquement de la série DragonFly d’AudioQuest. Il intègre un nouveau convertisseur ESS Sabre 32 bits (ES9038Q2M) doté d’un filtre à pente douce pour éviter les rotations de phase et duretés dans le haut du spectre. Son processeur Microchip PIC32MX274 est 33 % plus puissant que celui du DragonFly Black. Il met en œuvre l’algorithme «StreamLength asynchronous-transfer» et la technologie «monoClock», spécialement développés pour AudioQuest par Gordon Rankin, grand spécialiste de l’audionumérique. Ces procédés ont pour but d’apporter une réduction drastique du jitter et de limiter fortement les interférences dues aux ondes Wi-Fi, Bluetooth ou cellulaires. Ces circuits sont associés à un contrôle numérique du volume de type Bit Perfect sur 64 bits pour éviter toute perte de résolution même à faible niveau,

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300 € ainsi qu’à un ampli analogique ESS Sabre 9601 dont le niveau de sortie est de 2,1 volts. On le voit, l’AudioQuest DragonFly Cobalt est minuscule et néanmoins bourré de matière grise audiophile. Est-ce que cela s’entend à l’écoute ? Nous répondons immédiatement par l’affirmative. Nous avons notamment essayé le Cobalt avec les casques orthoplanar Audeze LCD2 Closed-Back et Quad Era-1. Il se singularise immédiatement par son haut degré de résolution. AudioQuest déclare à son propos : «un son séducteur et d’une beauté naturelle – en y enlevant le duvet et le brouillard dont l’auditeur n’avait même pas conscience jusqu’à ce qu’il ne les entende plus». C’est dit de façon poétique, mais assez vrai. Cette carte son de poche apporte une transparence surprenante, tout en alliant fluidité, douceur et luminosité dans le haut du spectre. Elle ne force pas le trait, sa dynamique n’est pas exacerbée, mais elle explore également bien le bas du spectre jusqu’à ses tréfonds. La restitution sur nos casques orthoplanar a une belle ampleur, de la consistance et de la maîtrise dans les graves. L’image sonore est bien construite, à la fois très détaillée, stable, aérée et en relief. L’AudioQuest DragonFly Cobalt tient donc ses promesses audiophiles.

Spécifications •Type : DAC-USB et ampli casque •Connectique : port d’entrée numérique USB-A, prise de sortie analogique mini-jack •Résolution native supportée : PCM jusqu’en 24 bits/96 kHz, MQA •Niveau de sortie : 2,1 volts •Accessoires fournis : housse de protection en cuir, câble adaptateur USB-C •Dimensions : 57.5 x 18.6 x 11.9 mm

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EARMEN Sparrow Troisième produit de la marque EarMen, le minuscule Sparrow s’a�aque au pe�t mais concurren�el segment du mini DAC/ampli casque. Un produit qui va soit démontrer à nouveau le savoir-faire de la marque, soit se prendre les pieds dans le tapis en sautant le pas de l’ultra miniaturisa�on. par Guillaume Fourcadier

Un châssis en aluminium anodisé noir, des façades en verre sombre aux bords arrondis : avec un peu d'effort, cela nous rappellerait presque la qualité d’un smartphone haut de gamme. Sur ce point, le Sparrow paraît une classe au-dessus des DragonFly d’Audioquest et du Hi-mDac de NuPrime. Le verre semble également solide. D’ailleurs, pendant nos tests, l’EarMen Sparrow est tombé sur un carrelage et n’a pas fait d’éclat… de verre. On note cependant un petit bémol sur l'intégration de la prise jack 2,5 mm. Faute de place, celle-ci est insérée au châssis dans un disque aplati sur deux côtés. La partie plastique du connecteur semble ainsi avoir été rentrée tant bien que mal, même si en pratique, la solidité est là.

Mesdames, messieurs, la symétrie audiophile Carte son USB-C fonctionnant en sortie d’ordinateur ou de smartphone, l’EarMen Sparrow est tout ce qu’il y a de plus épuré. Pas de bouton de volume intégré, la seule animation passe par une petite diode colorée, indiquant le type de flux entrant : une couleur pour le PCM/DSD et une autre pour le MQA. Mais l’un des intérêts de l’EarMen Sparrow réside dans sa double sortie : jack 3,5 mm asymétrique et 2,5 mm en symétrique, cette dernière étant très rare sur les petites cartes son externes de ce type.

Une puissante neutralité L’EarMen Sparrow est équipé d’un convertisseur ES9281Pro, l’une des meilleures puces de chez ESS. Son approche haut de gamme se vérifie assez vite à l’écoute, puisque nous avons affaire à une vraie leçon de maîtrise sonore. Certes le Sparrow ne va pas titiller les excellentes cartes plus volumineuses, sa grande sœur TR-Amp en tête, mais propose un son à la fois très équilibré, presque neutre, tout en étant particulièrement dynamique, extrêmement rapide et maîtrisé dans le bas du spectre, sans une once d’agressivité. Un constat d’autant plus valable sur sa sortie

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230 €

symétrique. Le niveau de détails est également important et la scène sonore relativement profonde, même si elle n’est pas incroyablement vaste. Le bruit de fond est, quant à lui, presque inexistant (sauf avec quelques écouteurs intra-auriculaires très sensibles). La restitution sonore de l’EarMen Sparrow nous a paru plus maîtrisée et technique que celle du DragonFly Red, et même un brin plus riche que celle du DragonFly Cobalt. Le NuPrime Hi-mDac est, paradoxalement, son pire adversaire. Le Sparrow est certes plus musical, plus puissant et mieux construit, mais il est tout de même 65 % plus cher. Notons que ce modèle, surtout en symétrique, est très puissant, si bien qu’il est nécessaire de vraiment doser le niveau sonore sur des écouteurs intra-auriculaires. Son niveau de sortie de 4 V (en symétrique) le rend suffisamment puissant pour la quasi intégralité des casques du marché, y compris ceux de haute impédance. Petit et audiophile, l’EarMen Sparrow est l’un des meilleurs DAC USB-C au format mini que nous ayons pu tester - un peu plus cher que la moyenne, mais diablement convaincant.

Spécifications •Type : DAC / ampli casque USB-C •Entrée : USB Type C •Sorties : jack 3,5 mm (asymétrique), jack 2,5 mm (symétrique) •DAC : ESS Sabre ES9281Pro •Compatibilité : PCM 32 bits/384 kHz, DSD128, MQA •Tension max de sortie : 2 Vrms (symétrique) et 1,4 Vrms (asymétrique) sous 32 Ohms, 4 Vrms (asymétrique) et 2 Vrms (asymétrique) sous 600 ohms •Dimensions : 42 x 8 x 22 mm

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plaisirs solitaires The Clash déchaînés dans votre salon, Lady Day chuchotant à vos oreilles, Claudio Abbado sur vos genoux. Voilà ce que vous promet l’écoute au casque d’exception : le grand frisson musical au plus près des artistes, à tout moment, rien que pour vous.

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La petite boutique de la grande écoute au casque

Headonist est le représentant exclusif en France des casques ZMF. www.headonist.fr


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iFi AUDIO

750 €

Neo iDSD Le Neo iDSD est le conver�sseur et ampli casque haut de gamme de dernière généra�on de la gamme iFi Audio conçue par le spécialiste britannique AMR. Fonc�onnant en symétrique et acceptant tous les formats audionumériques Hi-res, il est parfait sur le papier, tandis que son prix largement sous la barre des 1000 € reste encore très raisonnable. Voyons donc s'il �ent ses promesses sur le terrain. par Pierre Stemmelin Le Neo iDSD inaugure un nouveau format de boîtier pour iFi Audio. Compact et d'une esthétique affirmée, ce boîtier peut se poser à l'horizontale ou à la verticale grâce à son support fourni, comme parfait compagnon audiophile de bureau, à côté d'un ordinateur. Sa construction est particulièrement robuste. Derrière la façade en aluminium de 1 cm d'épaisseur et en finition perlée, le châssis est formé d'un profilé d'alliage d'aluminium monobloc dont les parois atteignent de 3 à 4 mm d'épaisseur. Pour parfaire le tout, la plaque arrière qui referme ce boîtier n'est pas faite d'un simple morceau de tôle, mais réalisée dans un panneau également en aluminium et de bonne épaisseur (2 mm). Les commandes de l'appareil sont très simples. En façade, à côté de deux prises casque au format jack 6,35 mm et jack symétrique 4,4 mm sont placés deux petits boutons de mise sous tension et sélection des sources, puis vient la molette de volume à pression et le petit afficheur. Une télécommande presque tout aussi simple, au format carte à puce, complète l'ensemble. À l'arrière, l'iFi Audio Neo iDSD possède 3 entrées numériques : coaxiale sur RCA, optique Toslink et USB 3.0. Une antenne Bluetooth est aussi présente. L'appareil est compatible avec les flux audionumériques dans la meilleure définition possible jusqu'en PCM 32 bits/768 kHz et DSD512. Il comprend le format MQA et accepte les codecs Bluetooth les plus avancés (AAC, SBC, AptX, AptX HD, AptX Adaptive, AptX LL, LDAC, LHDC/HWA). Les sorties Ligne/préampli analogiques sont, de leur côté, doublées, en asymétrique sur RCA et en symétrique sur XLR. L'alimentation de l'appareil est assurée par un

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transformateur extérieur 5 V/2,5 A de type iPower, à faible bruit et spécifique à la marque. Quatre petits pieds en caoutchouc, ainsi que deux câbles (USB 3.0 et modulation stéréo RCA) sont fournis avec le Neo iDSD. Cela relève d'une charmante attention, assez rare. Dommage cependant que les câbles soient un peu courts (50 cm de long chacun).

Des circuits optimisés et des composants de haute volée iFi Audio n'en est pas à son premier appareil du genre. Il a déjà réalisé des modèles bien plus haut de gamme pour audiophiles furieux comme l'excellent Pro iDSD (2750 €), mais aussi des modèles d'entrée de gamme très accessibles comme le Zen DAC (150 €). Il maîtrise donc très bien son sujet, les coûts, et dispose de ses propres recettes techniques savamment rodées et optimisées. Avec ce bagage, il est en mesure de proposer un Neo iDSD extrêmement compétitif du point de vue technique. À l'intérieur du Neo iDSD officie un convertisseur Burr Brown DSD1793 (la marque ne le précise pas dans sa documentation technique, mais nous sommes allés enquêter dans les circuits de l'appareil) ainsi qu'une puce Bluetooth de dernière génération de la série QCC5100 de Qualcomm, sans oublier une interface USB asynchrone Xmos. Le DAC travaille sur 24 bits/192 kHz, mais l'appareil accepte bien les flux numériques jusqu'en PCM 32 bits/768 kHz et DSD512 ou DXDx2. Lors de la conception, une attention particulière a été portée à la réduction du jitter, ce qui se traduit par l'adoption d'une horloge de type GMT-Femto de haute précision. Le Neo iDSD reprend par ailleurs le


système de filtrage numérique GTO (Gibbs Transient Optimised) propre à la marque et développé initialement pour son modèle haut de gamme Pro iDSD. Pour le reste, on retrouve les recettes habituelles d'iFi Audio avec notamment l'utilisation d'amplis Op haut de gamme réalisés sur cahier des charges de type OV (Operation Verstärker) ou encore des capacités céramiques TDK et Murata.

Une restitution sonore qui gagne en caractère Par rapport aux précédentes réalisations d’iFi Audio que nous avons pu tester dans cette gamme de prix, le Neo iDSD marque des progrès et un léger tournant. La restitution sonore est toujours très précise et détaillée, mais se détache d'une certaine rigueur, d'une certaine neutralité, pour prendre plus de muscle et de caractère. Ce nouveau DAC/ampli casque/préampli numérique n'est absolument pas froid, trop analytique ou technique (comme le dirait notre collègue Guillaume Fourcadier). Il propose un équilibre tonal légèrement physiologique, avec une courbe de réponse subjective en "V". Ses basses sont rondes, profondes et denses, que ce soit à partir de ses sorties casques ou de ses sorties Ligne/ préampli. Lors de l'écoute au casque, on note une légère brillance, un petit artifice dans le haut du spectre, mais cela reste très doux. Il s'agit plutôt d'une « coquetterie » (selon une expression de notre ancien collègue Yves Marzio), un trait de caractère attachant plus qu'un défaut. L'image stéréophonique est d'une belle ampleur. Au casque, la latéralisation entre les oreillettes gauche et droite est bien marquée sans que cela nuise à la cohésion globale ou ne crée un trou au centre. Avec l'iFi Audio Neo iDSD, on ne ressent absolument pas d'effet de "close-up" trop poussé ou l'impression d'être confiné. Les basses descendent très bas sur nos morceaux de Rap lourd. Ce n'est pas totalement exceptionnel pour cette classe de prix, mais déjà de haut niveau. L'assise est très sympa et copieuse. Le Neo iDSD fait parler la puissance de ses étages de sorties casque et s'en sort très bien sur les modèles énergivores même d'impédance élevée jusqu'à 300

ou 600 Ω. À partir des sorties préampli, on retrouve le même caractère énergique et musclé. Les timbres sont un peu plus mats. L’iFi Audio Neo iDSD délivre un médium assez sobre. Dans ce registre, il n'a pas la rutilance de certains concurrents, notamment sur les instruments acoustiques et la musique Classique Baroque, par exemple. Il n'en sonne pas moins de façon très naturelle. Les rythmes pulsent bien. Ce DAC/préampli sait se montrer précis et sage sans donner la sensation de freiner la dynamique. Il cultive l'équilibre entre énergie et rigueur, franchise et justesse. Nous trouvons cette esthétique particulièrement agréable et convaincante.

Spécifications •Type : convertisseur, ampli casque, préampli pour sources numériques •Entrées : numériques USB 3.0 B, optique Toslink, coaxiale sur RCA, Bluetooth 5.0 (AAC, SBC, AptX, AptX HD, AptX Adaptive, AptX LL, LDAC, LHDC/HWA) •Flux numériques acceptés : jusqu'en PCM 32 bits/768 kHz et DSD512, DSD2x, MQA •Sorties : variables RCA et XLR, casque sur jack 6,35 mm et jack 4,4 mm symétrique •Niveau de sortie préampli max. : 7,7 V en XLR, 3,9 V sur RCA •Puissance de sortie casque : - 1040 mW sous 32 Ω et 68,6 mW sous 600 Ω en symétrique - 295 mW sous 32 Ω et 17,6 mW sous 600 Ω en symétrique •Alimentation externe : iPower DC 5 V/2,5 A •Dimensions : 214 x 146 x 41 mm •Poids : 970 g

Notre avis Construction

Fonctions

Performances

Musicalité

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M2TECH

1900 €

Marley MkII Dernier-né de la marque audiophile toscane M2Tech, fabriqué localement, le Marley MkII est un amplificateur casque aussi ambi�eux que menu. Simple mais complet, cet appareil haut de gamme s'a�aque pourtant à de sacrés adversaires. par Guillaume Fourcadier Compacité et ordre Le M2Tech Marley MkII n'est pas le plus impressionnant amplificateur du genre, du moins de prime abord. Ses dimensions très réduites, sa petite molette et son design minimaliste font qu'il ne marque pas autant que des appareils comme l’Auris Euterpe ou le Sennheiser HDV 820. Son aspect n'est pourtant pas le fruit d'un manque d'ambition ou d'une trop grande simplicité, mais d'une uniformisation de la gamme Rockstars dont il fait partie. À ce titre, il jouit d'une assez bonne qualité de fabrication générale. Son châssis est enserré par une épaisse structure en aluminium anodisé et son architecture interne est d'une très grande propreté. Le seul vrai bémol vient de la molette cliquable, dont l'axe de rotation n'est pas parfait. En tournant, un petit frottement peut se manifester çà et là. Les connectiques sont suffisamment complètes pour l'essentiel des usages, avec la présence de deux entrées RCA, d'une entrée XLR, d'une sortie RCA préamplifiée et d'une sortie RCA type Rec (pour enregistreur). En façade, le choix est laissé entre le bon vieux jack 6,35 mm (asymétrique) et un XLR 4 broches (symétrique). Via sa molette, une télécommande infrarouge, mais également une application dédiée proposant le contrôle en Bluetooth, le Marley MkII se permet de proposer un grand nombre de réglages : impédance de sortie, légère égalisation, réglage du pas de volume, etc. Un vrai petit centre de contrôle qui ne transforme pas l'expérience, mais offre déjà la possibilité de la bonifier et la personnaliser.

Un son racé et ouvert Le M2Tech Marley MkII est un bel exemple de transcription très musicale et maîtrisée. Pas de parti pris sur la réponse en fréquence, parfaitement régulière et équilibrée, mais une grande technicité et une excellente énergie, le tout avec beaucoup de

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petites nuances et de détails. Le Marley MkII brille par sa polyvalence, que ce soit pour les styles musicaux variés ou les différents casques et écouteurs qu'on lui demande d'alimenter. Sa grande puissance de sortie lui permet de se confronter aux hautes impédances et sa maîtrise à faible tension lui confère la capacité de s'adapter avec brio aux écouteurs les moins énergivores. Si l'image stéréophonique reste bien cadrée, sans exagération, M2Tech délivre là un modèle de cohérence et de transparence, étageant particulièrement bien les différents instruments. Cet appareil se refuse à faire un compromis entre qualité technique et qualité musicale, prouvant que les deux sont bien compatibles. Son tarif le place pourtant face à une concurrence extrêmement affûtée. Le NuPrime AMG HPA par exemple, bien plus volumineux, propose des prestations sonores un peu plus consensuelles. Le M2Tech Marley MkII se positionne comme un produit de haute de volée donc, très compact, made in Italy, avec une esthétique sonore affirmée.

Spécifications •Type : amplificateur casque avec sortie préamplifiée •Amplification double symétrique en classe A •Entrées : 2 RCA, 1 XLR •Sorties : jack 6,35 mm (casque), XLR 4 broches (casque), préampli en RCA, sortie de bande (RCA) •Tension de sortie max : 9 VRMS (8 Ohms, Lo-Z), 8 VRMS (300 Ohms, Lo-Z) •Alimentation, transformateur de 15 VDC, entrée pour alimentation spéciale •Dimensions : 200 x 200 x 50 mm •Poids : 2 kg

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Casque électrostatique SR-009S

Le seul, l’unique, la légende.

Distribué par :

+33 (0) 952 572 360 +33 (0) 614 265 265 info@jffdiffusion.fr www.jffdiffusion.fr


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MOON BY SIMAUDIO Neo 230HAD Le Neo 230HAD de la société québécoise Moon by SimAudio, est à la fois un ampli casque, un DAC USB compa�ble Hi-Res et DSD ainsi qu'un préampli. C'est un appareil très complet, puissant, d'une très belle qualité de construc�on et qui sonne bien à l'écoute. par Pierre Stemmelin

Spécifications •Puissance par canal : 1 W sous 50 Ω, 200 mW sous 300 Ω, 100 mW sous 600 Ω •Entrées : 2x analogiques sur RCA et mini-jack, 4x numériques RCA coaxiales (2x), Toslink optique, USB •Flux numériques supportés : jusqu’à 24 bits/192 kHz (toutes entrées), jusqu’à 32 bits/384 kHz et DSD256 (sur USB) •Sorties : jack 6,35 mm pour casque en façade, 2x sorties L•igne sur RCA à l’arrière (niveau fixe et variable) •Impédances de sortie compatibles : de 20 à 600 Ω •Réponse en fréquence (audible) : 20 Hz à 20 kHz ±0,1 dB •Réponse en fréquence (étendue) : 5 Hz - 100 kHz +0/-3 dB •Distorsion Harmonique Totale (DHT) à 1 kHz, 0 dBFS (pondération A) : 0,005 % •Distorsion d’intermodulation : 0,005 % •Rapport signal/bruit : 115 dB •Diaphonie : 80 dB •Impédance d’entrée/sortie : 22 kΩ/1,25 Ω •Poids : 2,8 kg •Dimensions : 17,8 x 7,6 x 28 cm

Notre avis

1300 € Doté d'une façade en aluminium usiné dans la masse et d'un châssis bien rigide en tôles épaisses, le Neo 230HAD est en accord avec la qualité de fabrication à laquelle nous a habitués Moon by Simaudio. C'est de l'ouvrage très propre, professionnel et rassurant. L'appareil est livré avec une télécommande bien boutonneuse et dispose d'une riche connectique avec des entrées analogiques et numériques (optique, coaxiales, USB), ainsi que des sorties casque, Ligne et à niveau variable. Sa section "CNA" (çà veut dire "DAC" en québécois !) utilise une puce ESS Sabre (ES9018) et accepte les signaux Hi-Res jusqu'en 32 bits/384 kHz ou DSD256 (par USB). Les étages d'amplification font appel de leur côté à des circuits à transconductance différentielle (amplis op). Très costauds, ils sont en mesure d'alimenter des casques d'une impédance de 600 Ω avec une puissance de 100 mW nominale par canal. Sur le terrain, cela se remarque immédiatement. Le réglage de volume du Neo 230HAD est très sensible (ce qui est parfois un peu gênant sur des casques à faible impédance et bonne sensibilité). Il envoie "la patate" dés le premier dixième de tour. Cette électronique Moon by Simaudio est effectivement bien calibrée pour alimenter des casques gourmands et exigeants. Mais sa restitution est également bien posée, avec des timbres soyeux, définis et moelleux, de la matière dans le grave et une certaine légèreté dans le médium. Le Neo 230HAD sait restituer de beaux espaces, conciliant ampleur et finesse. C'est beau et fort agréable.

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NUPRIME AMG HPA

1900 € Complet dans son épure, un peu brut Même si relativement fin, le NuPrime AMG HPA est un ampli casque de belle taille, qui n'adopte clairement pas l'approche un peu folle de modèles comme l'Auris Euterpe. Néanmoins, son design tout en sagesse est servi par une qualité de finition et de fabrication irréprochables. Il se singularise par un châssis tout en aluminium, assemblé à la perfection ainsi qu'une façade aux Leds discrètes et aux bords chanfreinés. En poupe, une légère avancée lui apporte un brin d'excentricité. Mais plus que son design sage et sa fabrication somptueuse, l'AMG HPA est surtout très complet et peut être perçu comme un véritable petit centre audio. Nous avons sous la main pas moins de quatre entrées audio analogiques, trois en RCA et une en double XLR trois broches. Le NuPrime AMG HPA assume également la fonction de préamplificateur, avec une sortie RCA et une sortie en double XLR à niveau variable. Enfin, pour la fonction principale, celle d'amplificateur pour casque, l'AMG HPA possède une prise jack 6,35 mm (asymétrique) ainsi qu’un duo de prises symétriques en jack 4,4 mm et en XLR 4 broches. L'ergonomie est un point encore un peu perfectible. L'écran indicatif, composé de Leds formant des caractères alphanumériques, est franchement austère (ou pas assez rétro) pour un produit haut de gamme. Même constat en ce qui concerne la télécommande, dense et très bien finie, qui assure certes les fonctions élémentaires (allumage/ extinction, sélection de la source, réglage du volume), mais paraît sortir d'un autre âge en matière de confort d'utilisation.

La sonorité impériale d'un vrai haut de gamme Peu importent les critiques sur l'ergonomie, ou même l'absence d'étage de conversion numériqueanalogique ; la technicité de l’AMG HPA est largement à la hauteur de ses prétentions. Fonctionnant tout en transistors, il ne présente

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Dernier modèle de la série haut de gamme AMG de NuPrime, le HPA est un ampli casque des plus ambi�eux. Ne versant pas dans l'exubérance, il se veut dans la pure lignée des produits Hifi technologiquement très recherchés de la marque. De quoi se faire une place dans une gamme de prix assez encombrée ? par Guillaume Fourcadier

pourtant aucun des défauts potentiels de ce type d'amplificateur. Absolument pas agressif, ce modèle qui adopte une architecture interne double mono, fonctionnant en classe A, est un savant mélange de puissance et de maîtrise ; il délivre une scène sonore très cohérente et suffisamment vaste. L'une des forces du NuPrime AMG HPA est de combiner un excellent sens de l'énergie, ne se laissant jamais déborder par une piste quelle que soit sa complexité, avec une pureté sonore tout en contrôle. Malgré sa très légère pointe dans les aigus, il ne fait pas chanter les casques de manière artificielle, quel que soit le modèle. Face à l’Auris Euterpe, il affiche une personnalité tout aussi musicale mais un peu plus analytique, tandis que son concurrent possède une sorte de grain plus analogique et des timbres plus chauds. Dans un cas comme dans l'autre, ces deux modèles se placent clairement dans le haut du panier en matière d'amplis casque. Toutefois, techniquement, le NuPrime AMG HPA est un brin au-dessus (mais sans fonction DAC). Le NuPrime AMG HPA est donc une belle réussite, un amplificateur casque loin d'être abordable, mais qui fait vraiment partie des modèles d'exception.

Spécifications •Type : ampli casque/préampli stéréo •Architecture dual-mono symétrique •Impédance d'entrée : 1 MOhm •Entrées : 3 RCA (Ligne), 1 XLR (Ligne) •Sorties : 1 RCA, 1 double XLR 3 broches, 1 jack 6,35 mm, 1 jack 4,4 mm, 1 XLR 4 broches (sortie casque) •Puissance de sortie (casque) : 2000 mW (asymétrique) et 3 500 mW (symétrique) sous 32 Ohms, 150 mW (asymétrique) et 300 mW (symétrique) sous 600 Ohms •Dimensions : 235 x 55 x 300 mm •Poids : 2,5 kg

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