Pharmaceutiques-324

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POLITIQUE, ÉCONOMIE, INNOVATION EN SANTÉ

Pharmaceutiques

MÉDICO-ÉCONOMIE

UN POTENTIEL INEXPLOITÉ

ENTRETIEN

FRANÇOIS WOHRER, DIRECTEUR DE L’INVESTISSEMENT DE LA BANQUE DES TERRITOIRES

RENCONTRE

BANA JABRI, DIRECTRICE DE L’INSTITUT IMAGINE

5. ÉDITORIAL

ALLÔ, DOCTEUR ?

7. ACTU

7 ENTRETIEN : François Wohrer, directeur de l’investissement de la Banque des Territoires

10 EN MOUVEMENT

12 POLITIQUE

13 ÉCONOMIE

14 T RIBUNE : Margaux Tellier-Poulain, responsable de projets santĂ© et protection sociale Ă  l’Institut Montaigne

15 DÉBAT : faut-il supprimer la voie commune aux Ă©tudes de santĂ© ?

16 E-SANTÉ

18 INDUSTRIE

19. INTERNATIONAL : l’IA, une rĂ©ponse aux dĂ©fis des systĂšmes de santĂ©

20 AGENDA

21 . INFOGRAPHIE : des soins de qualité, des points à améliorer

22 . INITIATIVES

25. ANALYSE

25. ENQUÊTE : officine, la menace des dĂ©serts pharmaceutiques

30. EN COUVERTURE Médico-économie : un potentiel inexploité

41. PROSPECTIVE

41 ENQUÊTE : biosimilaires, une dĂ©cision partagĂ©e, des Ă©conomies pour tous

46 EN BREF

48 INNOVATION : exposome, modĂ©liser l’exposition d’une vie

50 EN VUE : Apmonia Therapeutics et HEPHAISTOS-Pharma

52 ENQUÊTE : Bourse, les big biotech au sommet de la cote

54. LOISIRS

56. L’INFO CONTINUE

58. RENCONTRE : Bana Jabri, directrice de l’Institut Imagine

Succession effrĂ©nĂ©e de ministres de la SantĂ©, PLFSS en sĂ©ance de rattrapage, Ă©pĂ©e de DamoclĂšs de la censure, Ă©quation impossible pour financer l’Ondam, erreurs de la DSS dans le calcul du dĂ©ficit, insincĂ©ritĂ© des estimations macroĂ©conomiques
 La litanie des rĂ©cents couacs interroge : y a-t-il un pilote dans l’avion ? La crise politique a bon dos. En rĂ©alitĂ©, derriĂšre le prĂ©texte d’une AssemblĂ©e nationale ingĂ©rable, c’est une vraie stratĂ©gie pour la santĂ© qui fait dĂ©faut. Depuis le dĂ©but du second quinquennat, le thĂšme n’a quasiment pas Ă©tĂ© abordĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique. Et François Bayrou l’a Ă©voquĂ© en trois minutes Ă  la fin de son discours de politique gĂ©nĂ©rale ! A part la relĂšve surprise de l’Ondam, aucune doctrine ambitieuse n’aura Ă©tĂ© affichĂ©e par le Premier ministre. Et encore
 Le demi-point supplĂ©mentaire du budget 2025 correspond Ă  des dĂ©penses de fonctionnement pour tenter d’allĂ©ger un peu la dette des hĂŽpitaux et la souffrance au travail des soignants. A dĂ©faut de recettes simples, comme le recul sur la hausse du ticket modĂ©rateur ou de la taxe sur les complĂ©mentaires santĂ©, il est Ă  parier que ce sont toujours les mĂȘmes – industriels en tĂȘte –qui passeront Ă  la caisse.

Que dire des ambitions « systĂ©miques » portĂ©es au sortir de la crise sanitaire ? Le dĂ©veloppement de la prĂ©vention devait ĂȘtre le grand Ɠuvre du second quinquennat. Il se rĂ©sume aux trois consultations aux Ăąges clĂ©s de la vie
 Un maigre bilan, quand le directeur gĂ©nĂ©ral de la santĂ© lui-mĂȘme admettait, mi-dĂ©cembre, lors de l’anniversaire de l’Agence de l’innovation en santĂ©, qu’il n’y a pas de modĂšle Ă©conomique attractif. Et que penser de la StratĂ©gie nationale

ALLÔ, DOCTEUR ?

de santĂ©, dont l’élaboration est totalement passĂ©e sous les radars, alors qu’elle devait, en thĂ©orie, ĂȘtre rendue publique
 en 2023 ? Et 2023, c’est aussi l’annĂ©e du rapport de la mission Borne, restĂ© lettre morte malgrĂ© la qualitĂ© du diagnostic et la force des propositions.

Face aux dĂ©serts mĂ©dicaux, le dĂ©sert des idĂ©es s’éternise. Deux cents parlementaires appellent Ă  la coercition en restreignant la libertĂ© d’installation. Qui peut croire que l’on attirera ainsi les Ă©tudiants vers la mĂ©decine de ville ? La mĂ©decine salariĂ©e progresse, pourquoi pas ? Mais le salariat implique les 35 heures, et donc la rĂ©duction du temps mĂ©dical disponible. Les nouveaux modes d’organisation territoriale se multiplient (MSP, ESP, ESS, CPTS
), mais sans qu’aucun suivi sĂ©rieux, en termes d’impact, ne soit proposĂ©. La Cnam se fĂ©licite que la courbe des patients en ALD sans mĂ©decin traitant s’inverse
 mais elle stagne Ă  un niveau dramatiquement prĂ©occupant, dont il faudrait documenter les consĂ©quences en termes de perte de chance.

Bref, ce lent dĂ©clin du « meilleur systĂšme de santĂ© du monde » (l’OMS en 2000 !) s’explique d’abord par une faute collective : le dĂ©faut de prospective. Aucune analyse des besoins sur vingt ans en matiĂšre de dĂ©mographie mĂ©dicale, faible anticipation des consĂ©quences sanitaires de la transition Ă©pidĂ©miologique, incapacitĂ© Ă  prĂ©voir les effets budgĂ©taires de l’accĂ©lĂ©ration de l’innovation en santé  Il est temps de renverser la table, sous peine de menacer les fondements de la santĂ© pour tous.

hrequillart@pharmaceutiques.com

@H_Requillart

© Eric Durand

LRecherche, innovation, accÚs aux soins, politiques publiques
 Le numérique bouleverse en profondeur le champ de la santé

LUNETTES AUDITIVES

EssilorLuxottica rachĂšte Pulse Audition

GAËL LE BOHEC et SÉBASTIEN VALENTINI, fondateurs de

Hopinnov numérise les protocoles

sert Ă  la prĂ©paration du matĂ©riel nĂ©cessaire aux interventions. DĂ©jĂ  Ă  la tĂȘte d’Optilog SantĂ©, cabinet de conseil en logistique hospitaliĂšre, GaĂ«l Le Bohec a créé en 2022, avec SĂ©bastien Valentini, Hopinnov, SAS au capital de 100 avoir dĂ©couvert que tous les protocoles et fiches d’intervention des blocs opĂ©ratoires Ă©taient encore au format papier. « des prĂ©parations chirurgicales sont non conformes parce qu’il manque du matĂ©riel ou qu’il y en a en trop », affirme GaĂ«l Le Bohec, DG d’Hopinnov. L’outil permet de numĂ©riser chaque protocole : « Poc & Pick s’interface avec le logiciel des stocks et aide les infirmiĂšres de blocs, Ă©quipĂ©es d’une tablette ou d’un smartphone, Ă  trouver la liste du matĂ©riel nĂ©cessaire Ă  chaque intervention et son emplacement dans le stock. » La solution contribue Ă  amĂ©liorer la conformitĂ© des prĂ©parations (de 60 Ă  90 %), Ă  gagner du temps, mais aussi Ă  rĂ©duire les pertes et les produits pĂ©rimĂ©s. « Poc & Pick fait gagner 5 000 Ă  10 euros par an aux blocs », affirme GaĂ«l Le Bohec. Aujourd’hui, Hopinnov compte quatre salariĂ©s et Ă©quipe huit Ă©tablissements du Grand Ouest. Et l’entreprise entend gagner d’autres marchĂ©s en France, oĂč un millier d’établissements de santĂ© disposent d’un bloc opĂ©ratoire.

EssilorLuxottica a annoncĂ© avoir acquis Pulse Audition pour exploiter dans ses lunettes auditives la solution embarquĂ©e Ă©laborĂ©e par la start-up française. Avec cette technologie, qui rĂ©duit le bruit ambiant et rĂ©hausse la voix grĂące Ă  l’IA, les personnes malentendantes peuvent mieux entendre dans un environnement bruyant. Cette opĂ©ration intervient alors que Samsung, Google, Xiaomi ou encore Meta travailleraient sur des projets de lunettes connectĂ©es.

«Omnia est un ange gardien silencieux, capable de prĂ©dĂ©tecter les maladies et de crĂ©er une alerte pour mettre en relation avec le corps mĂ©dical. A travers un miroir connectĂ©, cette solution va analyser l’évolution sur le long terme de donnĂ©es de santĂ© issues de nos produits, le pĂšse-personne, le capteur de sommeil ou une montre connectĂ©e. Omnia aidera Ă  dĂ©tecter la maladie le plus tĂŽt possible au moment oĂč elle est rĂ©versible. »

ÉRIC CARREEL, prĂ©sident de Withings, aux Voix de la Tech, lors du CES 2025

TECHNOLOGIE D’ASSISTANCE VOCALE

Whispp redonne la parole

En chiffres

C’est la levĂ©e de fonds rĂ©alisĂ©e par Innovaccer, sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine axĂ©e sur les donnĂ©es de santĂ© et l’IA, annoncĂ©e lors de la derniĂšre confĂ©rence J.P. Morgan Healthcare. millions de dollars

start-up françaises de la e-santé et de la healthtech étaient présentes au CES de Las Vegas, le plus grand salon technologique au monde, du 7 au 10 janvier 2025.

aurĂ©ate d’un Innovation Award au CES 2024, la start-up nĂ©erlandaise Whispp a prĂ©sentĂ© en janvier Ă  Las Vegas les nouvelles fonctionnalitĂ©s de son appli Ă©ponyme. Disponible en France sur iOS et Android, elle permet aux personnes dont la voix est altĂ©rĂ©e (cancer de la gorge, dysphonie...) ou qui souffrent d’un bĂ©gaiement sĂ©vĂšre de la convertir grĂące Ă  l’IA depuis un smartphone en une voix plus naturelle.

solutions sur 10 rĂ©utilisant des donnĂ©es de santĂ© ont une composante d’IA, selon un panorama des Ă©diteurs de logiciels de l’Anap et du HDH.

© Hopinnov
Pulse Audition
Whispp
Hopinnov.

Pour une IA transparente en santé mentale

Parce que l’IA est riche en promesses pour la santĂ© mentale, le collectif MentalTech formule dix recommandations pour garantir la conception de solutions Ă©thiques Ă©vitant le risque de dĂ©rives.

> Avis de l’expert

ARNAUD BRESSOT, CONSULTANT IA EN SANTÉ MENTALE

“Il est crucial de crĂ©er une numĂ©ricovigilance”

Pourquoi le collectif MentalTech a-t-il rédigé ce rapport ?

L’IA est devenue omniprĂ©sente avec ChatGPT mais il n’y a aujourd’hui pas de cadre d’application de l’IA en santĂ© mentale. Il existe des rĂšglementations (IA Act, rĂšglement des DM, RGPD
) mais elles ne tiennent pas suffisamment compte de la notion de cas d’usage. Il est crucial de crĂ©er une “numĂ©ricovigilance” pour encadrer l’utilisation de l’IA en santĂ© mentale. Nous proposons que dans les sociĂ©tĂ©s, un comitĂ© pluridisciplinaire indĂ©pendant porte la responsabilitĂ© de l’usage Ă©thique des algorithmes.

Dans quels domaines de la santĂ© mentale l’IA peut-elle apporter des avancĂ©es ?

IA et santĂ© mentale sont imbriquĂ©es depuis longtemps. La premiĂšre IA appliquĂ©e au champ de la psychologie, le chatbot ELIZA, Ă©crit par Joseph Weizenbaum pour reformuler les questions des patients, remonte Ă  1964. Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions de santĂ© mentale : Quit Sense pour arrĂȘter de fumer, Emobot pour Ă©tudier les Ă©motions
 L’IA a un grand potentiel : elle peut aider Ă  recommander des ressources pertinentes, contribuer Ă  affiner le diagnostic ou la dĂ©cision, synthĂ©tiser les conclusions des professionnels de santĂ© ou prĂ©dire le risque de rechute.

Quels sont les dangers d’une mauvaise utilisation de l’IA en santĂ© mentale ?

Si l’algorithme va Ă  l’encontre du bien du patient, il faut mesurer quel peut ĂȘtre son impact. Si une personne a une dĂ©pression et que l’algorithme suggĂšre des outils inutiles ou qui aggravent son cas, nous devons en ĂȘtre alertĂ©s. Il faut aussi veiller Ă  la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es dans un domaine aussi sensible que la santĂ© mentale. Enfin, il importe de les protĂ©ger vis-Ă -vis de l’étranger. Les donnĂ©es de ChatGPT, par exemple, sont stockĂ©es aux EtatsUnis dans des serveurs sur lesquels nous n’avons aucun contrĂŽle.

Deux hommes se sont suicidĂ©s en Belgique et aux Etats-Unis aprĂšs des heures d’échange avec un robot conversationnel. N’y a-t-il pas urgence Ă  agir ? Ces Ă©vĂšnements montrent que les IA gĂ©nĂ©rales ne sont pas adaptĂ©es pour gĂ©rer la psychologie et la psychiatrie. C’est pour cela qu’il importe de bien cadrer les algorithmes dĂ©veloppĂ©s en santĂ© mentale afin qu’ils ne puissent pas causer de tort aux patients. Les comitĂ©s scientifiques pluridisciplinaires mis en place dans les entreprises (avec un mĂ©decin, un expert en IA, un Ă©thicien
) pourraient identifier tous les risques auxquels s’exposent leurs solutions et mettre en place les garde-fous pour les Ă©viter.

DATES CLÉS

2020 : master 2 en IA et informatique Ă  l’universitĂ© Claude-Bernard Lyon 1 2021-2023 : datascientist chez Capgemini

Depuis juillet 2023 : développeur IA en santé mentale chez MentalTechMaker

Octobre 2024 : co-auteur du rapport de MentalTech « IA et santé mentale » avec Alexia Adda, Geoffrey Post et Sabine Allouchery

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Notre analyse

Le collectif MentalTech veut garantir une utilisation responsable et transparente des solutions numĂ©riques et d’IA, appelĂ©es Ă  jouer un rĂŽle important en santĂ© mentale, grande cause nationale en 2025.

Les troubles psychiques (dĂ©pression, anxiĂ©tĂ©, stress
) touchent un Français sur cinq et constituent le premier poste de dĂ©penses de l’Assurance Maladie. Et s’il est un domaine oĂč l’intelligence artificielle ouvre des perspectives, c’est bien la santĂ© mentale. « L’IA en santĂ© mentale permet de rendre le soutien plus personnalisĂ©, accessible et orientĂ© vers la prĂ©vention, observe le collectif MentalTech, qui fĂ©dĂšre plus d’une trentaine d’acteurs du secteur (institutionnels, start-up et professionnels de santĂ©) dans un rĂ©cent rapport sur l’IA et la santĂ© mentale. Cependant son utilisation n’est pas toujours appropriĂ©e ni optimale, selon le collectif.

Face Ă  la prolifĂ©ration des outils l’IA et Ă  leur intĂ©gration croissante dans le secteur de la santĂ© mentale, MentalTech rĂ©clame la dĂ©finition de cadres clairs et robustes pour « garantir la sĂ©curitĂ© des patients et dĂ©tecter rapidement les dĂ©rives potentielles des dispositifs d’IA, tout en prĂ©servant un Ă©quilibre entre innovation technologique et respect des principes Ă©thiques fondamentaux ». Dans son rapport remis au Premier ministre et aux ministres en charge du NumĂ©rique et de la SantĂ©, le collectif formule dix propositions. Il prĂ©conise notamment de former le personnel soignant Ă  l’IA, d’utiliser l’IA de maniĂšre transparente et de documenter le processus qui a conduit Ă  toute dĂ©cision. Les mĂ©triques d’utilisation de l’IA doivent pouvoir ĂȘtre paramĂ©trĂ©es par rapport aux cas d’usage de la solution, et cette derniĂšre doit ĂȘtre personnalisable en fonction du profil des utilisateurs. Une notice d’information expliquant le dispositif d’IA devrait leur ĂȘtre adressĂ©e. Selon le collectif, il est nĂ©cessaire de s’assurer de l’absence de conflits d’intĂ©rĂȘts entre l’instance qui dĂ©piste les troubles et celle qui les traite. Et que les algorithmes puissent ĂȘtre entraĂźnĂ©s sur des populations appropriĂ©es afin de disposer d’une reprĂ©sentation des donnĂ©es pertinentes pour les patients cibles.

L’AGENCE WAT PILOTE LA COMMUNICATION DE L’OPCO SANTÉ

Ses missions incluent les campagnes grand public de l’organisme de formation pour attirer jeunes et professionnels en reconversion vers les mĂ©tiers du social et de la santĂ©, la communication B to B avec les adhĂ©rents et la communication interne et institutionnelle auprĂšs des partenaires clĂ©s, comme le ministĂšre de la SantĂ© et France Travail. Selon CĂ©line Thillet, directrice du planning stratĂ©gique du groupe We are together, qui rassemble Ă©galement les entitĂ©s All Contents et The Social Republic, l’objectif est de valoriser la marque et les mĂ©tiers du secteur dans un contexte de transformation du recrutement et de la formation professionnelle. Le groupe compte aussi parmi ses clients l’Ordre national des pharmaciens, l’INCa, le groupe SOS et la Ligue contre le cancer.

LE GROUPE EQUASENS ACQUIERT

La reprise du spĂ©cialiste des logiciels SaaS pour les mĂ©decins et chirurgiens libĂ©raux renforce la position d’Equasens sur le marchĂ© des logiciels de gestion de cabinet (LGC) 100 % cloud en France, avec les solutions Calimed pour les chirurgiens, intĂ©grant des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es comme le suivi prĂ©-, per- et postopĂ©ratoire, et Easy-care, un LGC ergonomique et certifiĂ© SĂ©gur pour les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes et spĂ©cialistes. Avec prĂšs de 4 000 utilisateurs actifs et une forte croissance, Calimed rejoint la division Medical Solutions d’Equasens et complĂšte son offre auprĂšs des professions mĂ©dicales et paramĂ©dicales (MĂ©diStory, Medilink, Infipratik, KinĂ©pratik), totalisant ainsi plus de 25 000 utilisateurs. L’acquisition permettra notamment d’intĂ©grer des innovations comme la messagerie PandaLab Pro et l’assistant vocal IA Loquii.

APlcimed propose une sĂ©rie de services sur mesure en solutions digitales et IA destinĂ©e aux acteurs des sciences de la vie (pharmaceutiques, dispositifs mĂ©dicaux, biotechnologies). FondĂ©e sur ses expertises en santĂ© et innovation, cette activitĂ© rĂ©unit une Ă©quipe spĂ©cialisĂ©e en sciences de la vie et data science pour rĂ©pondre Ă  trois besoins principaux : accroĂźtre les connaissances et accĂ©lĂ©rer l’investigation grĂące au data mining et au machine learning, amĂ©liorer l’analyse et le partage d’information via la GenAI et la visualisation des donnĂ©es, automatiser les flux de travail et renforcer les Ă©quipes grĂące Ă  des solutions digitales personnalisĂ©es et des modules d’IA. Nautilus.ai s’appuie sur un large Ă©cosystĂšme de partenaires et des technologies modulables pour rĂ©pondre aux besoins spĂ©cifiques de ses clients.

harmaLex, membre du groupe Cencora, lance une nouvelle offre de Clinical Services (CLS). La solution complĂšte allie soutien au dĂ©veloppement clinique, analyse avancĂ©e des donnĂ©es et gestion optimisĂ©e des Trial Master Files (TMF) via le systĂšme PhlexTMF, rĂ©duisant les risques d’inspection. Accompagnant les projets depuis les premiĂšres Ă©tudes jusqu’à la commercialisation et au dĂ©veloppement post-AMM, PharmaLex fournit des stratĂ©gies robustes pour maximiser la valeur des actifs. En transformant les donnĂ©es en insights prĂ©cieux, CLS aide les entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques Ă  relever les dĂ©fis complexes du dĂ©veloppement clinique et rĂšglementaire.

UNE ÉTUDE CLINIQUE

COMPLICATIONS OBSTÉTRICALES

Mumming initie PeriFlex, la premiĂšre Ă©tude mondiale sur l’impact de l’assouplissement du pĂ©rinĂ©e, avec Emagina, un dispositif combinant ballon vaginal connectĂ© et application mobile. AppuyĂ©e par un partenariat stratĂ©gique avec la sociĂ©tĂ© libheros, qui mobilise ses 1 000 sages-femmes, l’étude inclura 88 primipares dans 14 centres en France, sous la coordination du Dr David Desseauve, obstĂ©tricien au CHU de Grenoble. Elle vise Ă  rĂ©duire les dĂ©chirures pĂ©rinĂ©ales et Ă©pisiotomies, tout en collectant des donnĂ©es inĂ©dites pour amĂ©liorer la prĂ©vention des complications obstĂ©tricales et l’expĂ©rience des femmes lors de l’accouchement. Les rĂ©sultats sont attendus Ă  l’automne 2025.

DIX TENDANCES SOCIAL MEDIA À SURVEILLER SELON RCA FACTORY

En 2025, les rĂ©seaux sociaux vont continuer Ă  jouer un rĂŽle clĂ© dans les stratĂ©gies de communication. L’IA gĂ©nĂ©rative va s’imposer dans la crĂ©ation de contenus personnalisĂ©s, avec l’avĂšnement des premiers clones numĂ©riques de mĂ©decins sous forme d’avatars interactifs. La data et les expĂ©riences multiplateformes permettront d’optimiser les campagnes Ă  360° pour un ciblage et un impact maximaux. La diffĂ©renciation passera aussi par une identitĂ© visuelle forte, avec la vidĂ©o courte comme levier phare. Les KOLs deviendront essentiels pour mobiliser professionnels et patients, soutenus par des directions mĂ©dicales actives, en passant par une montĂ©e en puissance de TikTok, Facebook et un retour de X (ex-Twitter) dans la communication institutionnelle. L’incarnation via les individus (DOLs ou social CEOs) va renforcer l’authenticitĂ© des messages. « En 2025, les acteurs santĂ© et pharma devront allier innovation, Ă©thique et patient-centricitĂ© », estime David Reguer, prĂ©sident de RCA Factory.

MÉDICO-ÉCONOMIE

UN POTENTIEL INEXPLOITÉ

MAJORITAIREMENT UTILISÉES EN FRANCE POUR ÉVALUER

L’EFFICIENCE DES PRODUITS DE SANTÉ ET LEUR IMPACT BUDGÉTAIRE, LES ANALYSES MÉDICO-ÉCONOMIQUES

CONSTITUENT UNE MINE D’INFORMATIONS SOUS-EXPLOITÉES, QUI PERMETTRAIENT DE MIEUX HIÉRARCHISER LES INTERVENTIONS DE SANTÉ, D’ANTICIPER LES BOULEVERSEMENTS ORGANISATIONNELS DU SYSTÈME DE SANTÉ APPORTÉS PAR CES INNOVATIONS ET D’APPRÉHENDER LEUR UTILITÉ SOCIÉTALE.

Alors que des rĂ©flexions sont en cours pour Ă©largir le pĂ©rimĂštre des produits Ă©ligibles et faire un meilleur usage des avis d’efficience par les dĂ©cideurs, d’autres pistes sont Ă  explorer pour faire de la mĂ©dico-Ă©conomie un vĂ©ritable outil de transformation du systĂšme de santĂ©. L’enjeu est d’optimiser les trajectoires de soins, de rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s et d’amĂ©liorer l’accĂšs aux solutions de santĂ©.

Par Julie Wierzbicki, Hervé Réquillart et Fabien Nizon

Médecin chercheuse

Ayant fait dialoguer la mĂ©decine et la recherche tout au long de sa carriĂšre, Bana Jabri partage pleinement la vision de l’Institut Imagine, dont elle vient de prendre la direction. S’inspirant de l’état d’esprit amĂ©ricain, elle veut donner aux jeunes chercheurs les moyens de briller.

«Un retour aux sources

AprĂšs plus de 25 ans d’une brillante car riĂšre aux Etats-Unis, Bana Jabri revient en France comme directrice de l’institut hospi talo-universitaire Imagine, adossĂ© Ă  l’hĂŽpital Necker-Enfants malades oĂč elle a dĂ©butĂ© sa carriĂšre de mĂ©decin
 et de chercheuse. Lors de son premier stage d’internat en gastroentĂ©rologie, elle assiste Ă  une prĂ©sentation des travaux de Delphine Guy-Grand sur le marquage des cellules immunitaires chez la souris. Elle envisage d’utiliser la mĂȘme ap proche chez les enfants de son service souf frant de diarrhĂ©es sĂ©vĂšres pour comprendre les ressorts immunologiques de leur mala die. Elle soumet l’idĂ©e au Pr Claude Gris celli, alors chef du service d’immunologie pĂ©diatrique et futur fondateur de l’Institut Imagine. « Au lieu de renvoyer la toute jeune interne que j’étais, il m’a encouragĂ©e et m’a mise en contact avec les chercheurs de son unitĂ© », raconte-t-elle. « Dans nos gĂ©nĂ©rations, elle a Ă©tĂ© de ceux qui ont utilisĂ© le plus vite et le plus tĂŽt la possibilitĂ© de tester en laboratoire des hypothĂšses nĂ©es des observations cliniques », se souvient avec admiration le Pr Stanislas Lyonnet, prĂ©cĂ©dent directeur d’Imagine, Ă©galement interne Ă  Necker Ă  cette Ă©poque. « C’est quelqu’un de visionnaire, renchĂ©rit son amie Yasmine Belkaid, directrice gĂ©nĂ©rale de l’Institut Pasteur. Elle possĂšde une comprĂ©hension profonde, assez unique, Ă  la fois des enjeux de la biologie et de la mĂ©decine. »

Cette conviction que la recherche doit accompagner la mĂ©decine pour amĂ©liorer les pratiques, Bana Jabri l’a acquise trĂšs tĂŽt, dĂšs son externat, au dĂ©but des annĂ©es 1980, confrontĂ©e aux premiers patients atteints du VIH. Sa vocation de mĂ©decin lui est venue plut tĂŽt encore, dĂšs l’ñge de 6 ans, mĂȘme si l’histoire et la philosophie l’ont Ă©galement attirĂ©e. NĂ©e Ă  Alep d’un pĂšre syrien et d’une mĂšre armĂ©nienne, Ă©levĂ©e en Allemagne puis en France oĂč elle est arrivĂ©e Ă  12 ans, elle en conserve une forte capacitĂ© d’adaptation et « une reconnaissance des spĂ©cificitĂ©s de chaque culture et des valeurs humaines qui les transcendent » – un atout dans une carriĂšre

FONCTION /

Bana Jabri, 64 ans, directrice de l’Institut Imagine

DATES CLÉS /

1985 : premier stage d’internat à l’hîpital Necker-Enfants malades à Paris

1994 : cheffe de clinique Ă  Necker 2011 : professeure titulaire Ă  l’universitĂ© de Chicago

2018 : prend la direction de la chaire d’immunologie et de mĂ©decine

“Sara et Harold Lincoln Thompson” de l’universitĂ© de Chicago

CÔTÉ COULISSES / Un loisir : la randonnĂ©e

Un compositeur : Maurice Ravel, Erik Satie
 : « Je prĂ©fĂšre les musiques relaxantes aux grandes symphonies. »

Une citation : « Il faut encore avoir le chaos en soi pour pouvoir donner naissance à une étoile dansante »

(Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)

oĂč elle cĂŽtoie des chercheurs de multiples nationalitĂ©s. Elle possĂšde aussi une capacitĂ© de travail peu commune lorsqu’elle doit mener de front son internat de mĂ©decine – durant lequel elle donne naissance Ă  son premier enfant – et son retour sur les bancs de l’universitĂ© pour obtenir une maĂźtrise, sĂ©same indispensable Ă  un DEA, puis un doctorat en sciences. Cette expĂ©rience la sensibilise particuliĂšrement au frein que reprĂ©sente encore aujourd’hui la maternitĂ© pour les jeunes chercheuses. Son diplĂŽme en poche, elle effectue un premier sĂ©jour aux Etats-Unis, au NIH, pour « apprendre la recherche en bĂ©nĂ©ficiant de leur avance technologique ». Elle y rencontre celui qui deviendra son second mari, Albert Bendelac, Ă©galement immunologiste, avec lequel elle cosignera plusieurs publications. Revenue en France le temps d’un clinicat Ă  Necker, c’est finalement outre-Atlantique qu’elle construira sa carriĂšre Ă  partir de 1999, d’abord Ă  Princeton puis Ă  Chicago. « J’ai dĂ» repartir de zĂ©ro, sans mentor ni subvention. Mais l’état d’esprit me convenait beaucoup mieux ! » Les reconnaissances s’enchaĂźnent, jusqu’à l’apogĂ©e il y a deux ans : l’obtention d’un financement de 12 millions de dollars pour conduire ses recherches sur la comprĂ©hension des mĂ©canismes de la destruction tissulaire ou de la cicatrisation dans la maladie cƓliaque. Un projet qu’elle compte bien continuer Ă  gĂ©rer Ă  distance, en parallĂšle de la direction d’Imagine. Au sommet de sa carriĂšre amĂ©ricaine et souhaitant Ă©pauler son mari face Ă  la maladie (il dĂ©cĂ©dera en aoĂ»t 2023), elle hĂ©site quand le Pr Alain Fischer – premier directeur de l’IHU – lui propose de candidater Ă  la succession de Stanislas Lyonnet. Elle se laisse finalement convaincre, enthousiasmĂ©e par l’approche interdisciplinaire de l’institut. En tĂȘte de liste, elle peut imposer ses conditions, notamment la crĂ©ation de chaires de professeurs juniors. « Avoir rĂ©ussi Ă  recruter quelqu’un comme elle est un tour de force et une chance exceptionnelle pour Imagine », salue Yasmine Belkaid. Au regard de son expĂ©rience amĂ©ricaine, Bana Jabri reconnaĂźt le potentiel du systĂšme français. Les Ă©quipes de l’IHU peuvent compter sur elle pour le rĂ©vĂ©ler. l

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