
POLITIQUE, ĂCONOMIE, INNOVATION EN SANTĂ
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POLITIQUE, ĂCONOMIE, INNOVATION EN SANTĂ
FRANĂOIS WOHRER, DIRECTEUR DE LâINVESTISSEMENT DE LA BANQUE DES TERRITOIRES
BANA JABRI, DIRECTRICE DE LâINSTITUT IMAGINE



ALLĂ, DOCTEUR ?
7 ENTRETIEN : François Wohrer, directeur de lâinvestissement de la Banque des Territoires
10 EN MOUVEMENT
12 POLITIQUE
13 ĂCONOMIE
14 T RIBUNE : Margaux Tellier-Poulain, responsable de projets santĂ© et protection sociale Ă lâInstitut Montaigne
15 DĂBAT : faut-il supprimer la voie commune aux Ă©tudes de santĂ© ?
16 E-SANTĂ
18 INDUSTRIE
19. INTERNATIONAL : lâIA, une rĂ©ponse aux dĂ©fis des systĂšmes de santĂ©
20 AGENDA
21 . INFOGRAPHIE : des soins de qualité, des points à améliorer
22 . INITIATIVES
25. ENQUĂTE : officine, la menace des dĂ©serts pharmaceutiques
30. EN COUVERTURE Médico-économie : un potentiel inexploité
41 ENQUĂTE : biosimilaires, une dĂ©cision partagĂ©e, des Ă©conomies pour tous
46 EN BREF
48 INNOVATION : exposome, modĂ©liser lâexposition dâune vie
50 EN VUE : Apmonia Therapeutics et HEPHAISTOS-Pharma
52 ENQUĂTE : Bourse, les big biotech au sommet de la cote
54. LOISIRS
56. LâINFO CONTINUE
58. RENCONTRE : Bana Jabri, directrice de lâInstitut Imagine
Succession effrĂ©nĂ©e de ministres de la SantĂ©, PLFSS en sĂ©ance de rattrapage, Ă©pĂ©e de DamoclĂšs de la censure, Ă©quation impossible pour financer lâOndam, erreurs de la DSS dans le calcul du dĂ©ficit, insincĂ©ritĂ© des estimations macroĂ©conomiques⊠La litanie des rĂ©cents couacs interroge : y a-t-il un pilote dans lâavion ? La crise politique a bon dos. En rĂ©alitĂ©, derriĂšre le prĂ©texte dâune AssemblĂ©e nationale ingĂ©rable, câest une vraie stratĂ©gie pour la santĂ© qui fait dĂ©faut. Depuis le dĂ©but du second quinquennat, le thĂšme nâa quasiment pas Ă©tĂ© abordĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique. Et François Bayrou lâa Ă©voquĂ© en trois minutes Ă la fin de son discours de politique gĂ©nĂ©rale ! A part la relĂšve surprise de lâOndam, aucune doctrine ambitieuse nâaura Ă©tĂ© affichĂ©e par le Premier ministre. Et encore⊠Le demi-point supplĂ©mentaire du budget 2025 correspond Ă des dĂ©penses de fonctionnement pour tenter dâallĂ©ger un peu la dette des hĂŽpitaux et la souffrance au travail des soignants. A dĂ©faut de recettes simples, comme le recul sur la hausse du ticket modĂ©rateur ou de la taxe sur les complĂ©mentaires santĂ©, il est Ă parier que ce sont toujours les mĂȘmes â industriels en tĂȘte âqui passeront Ă la caisse.
Que dire des ambitions « systĂ©miques » portĂ©es au sortir de la crise sanitaire ? Le dĂ©veloppement de la prĂ©vention devait ĂȘtre le grand Ćuvre du second quinquennat. Il se rĂ©sume aux trois consultations aux Ăąges clĂ©s de la vie⊠Un maigre bilan, quand le directeur gĂ©nĂ©ral de la santĂ© lui-mĂȘme admettait, mi-dĂ©cembre, lors de lâanniversaire de lâAgence de lâinnovation en santĂ©, quâil nây a pas de modĂšle Ă©conomique attractif. Et que penser de la StratĂ©gie nationale

de santĂ©, dont lâĂ©laboration est totalement passĂ©e sous les radars, alors quâelle devait, en thĂ©orie, ĂȘtre rendue publique⊠en 2023 ? Et 2023, câest aussi lâannĂ©e du rapport de la mission Borne, restĂ© lettre morte malgrĂ© la qualitĂ© du diagnostic et la force des propositions.
Face aux dĂ©serts mĂ©dicaux, le dĂ©sert des idĂ©es sâĂ©ternise. Deux cents parlementaires appellent Ă la coercition en restreignant la libertĂ© dâinstallation. Qui peut croire que lâon attirera ainsi les Ă©tudiants vers la mĂ©decine de ville ? La mĂ©decine salariĂ©e progresse, pourquoi pas ? Mais le salariat implique les 35 heures, et donc la rĂ©duction du temps mĂ©dical disponible. Les nouveaux modes dâorganisation territoriale se multiplient (MSP, ESP, ESS, CPTSâŠ), mais sans quâaucun suivi sĂ©rieux, en termes dâimpact, ne soit proposĂ©. La Cnam se fĂ©licite que la courbe des patients en ALD sans mĂ©decin traitant sâinverse⊠mais elle stagne Ă un niveau dramatiquement prĂ©occupant, dont il faudrait documenter les consĂ©quences en termes de perte de chance.
Bref, ce lent dĂ©clin du « meilleur systĂšme de santĂ© du monde » (lâOMS en 2000 !) sâexplique dâabord par une faute collective : le dĂ©faut de prospective. Aucune analyse des besoins sur vingt ans en matiĂšre de dĂ©mographie mĂ©dicale, faible anticipation des consĂ©quences sanitaires de la transition Ă©pidĂ©miologique, incapacitĂ© Ă prĂ©voir les effets budgĂ©taires de lâaccĂ©lĂ©ration de lâinnovation en santé⊠Il est temps de renverser la table, sous peine de menacer les fondements de la santĂ© pour tous.
HERVĂ RĂQUILLART Directeur des rĂ©dactions
hrequillart@pharmaceutiques.com
@H_Requillart

LRecherche, innovation, accÚs aux soins, politiques publiques⊠Le numérique bouleverse en profondeur le champ de la santé
LUNETTES AUDITIVES
GAĂL LE BOHEC et SĂBASTIEN VALENTINI, fondateurs de
sert Ă la prĂ©paration du matĂ©riel nĂ©cessaire aux interventions. DĂ©jĂ Ă la tĂȘte dâOptilog SantĂ©, cabinet de conseil en logistique hospitaliĂšre, GaĂ«l Le Bohec a créé en 2022, avec SĂ©bastien Valentini, Hopinnov, SAS au capital de 100 avoir dĂ©couvert que tous les protocoles et fiches dâintervention des blocs opĂ©ratoires Ă©taient encore au format papier. « des prĂ©parations chirurgicales sont non conformes parce quâil manque du matĂ©riel ou quâil y en a en trop », affirme GaĂ«l Le Bohec, DG dâHopinnov. Lâoutil permet de numĂ©riser chaque protocole : « Poc & Pick sâinterface avec le logiciel des stocks et aide les infirmiĂšres de blocs, Ă©quipĂ©es dâune tablette ou dâun smartphone, Ă trouver la liste du matĂ©riel nĂ©cessaire Ă chaque intervention et son emplacement dans le stock. » La solution contribue Ă amĂ©liorer la conformitĂ© des prĂ©parations (de 60 Ă 90 %), Ă gagner du temps, mais aussi Ă rĂ©duire les pertes et les produits pĂ©rimĂ©s. « Poc & Pick fait gagner 5 000 Ă 10 euros par an aux blocs », affirme GaĂ«l Le Bohec. Aujourdâhui, Hopinnov compte quatre salariĂ©s et Ă©quipe huit Ă©tablissements du Grand Ouest. Et lâentreprise entend gagner dâautres marchĂ©s en France, oĂč un millier dâĂ©tablissements de santĂ© disposent dâun bloc opĂ©ratoire.

EssilorLuxottica a annoncĂ© avoir acquis Pulse Audition pour exploiter dans ses lunettes auditives la solution embarquĂ©e Ă©laborĂ©e par la start-up française. Avec cette technologie, qui rĂ©duit le bruit ambiant et rĂ©hausse la voix grĂące Ă lâIA, les personnes malentendantes peuvent mieux entendre dans un environnement bruyant. Cette opĂ©ration intervient alors que Samsung, Google, Xiaomi ou encore Meta travailleraient sur des projets de lunettes connectĂ©es.
«Omnia est un ange gardien silencieux, capable de prĂ©dĂ©tecter les maladies et de crĂ©er une alerte pour mettre en relation avec le corps mĂ©dical. A travers un miroir connectĂ©, cette solution va analyser lâĂ©volution sur le long terme de donnĂ©es de santĂ© issues de nos produits, le pĂšse-personne, le capteur de sommeil ou une montre connectĂ©e. Omnia aidera Ă dĂ©tecter la maladie le plus tĂŽt possible au moment oĂč elle est rĂ©versible. »
ĂRIC CARREEL, prĂ©sident de Withings, aux Voix de la Tech, lors du CES 2025
TECHNOLOGIE DâASSISTANCE VOCALE

Câest la levĂ©e de fonds rĂ©alisĂ©e par Innovaccer, sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine axĂ©e sur les donnĂ©es de santĂ© et lâIA, annoncĂ©e lors de la derniĂšre confĂ©rence J.P. Morgan Healthcare. millions de dollars
start-up françaises de la e-santé et de la healthtech étaient présentes au CES de Las Vegas, le plus grand salon technologique au monde, du 7 au 10 janvier 2025.
aurĂ©ate dâun Innovation Award au CES 2024, la start-up nĂ©erlandaise Whispp a prĂ©sentĂ© en janvier Ă Las Vegas les nouvelles fonctionnalitĂ©s de son appli Ă©ponyme. Disponible en France sur iOS et Android, elle permet aux personnes dont la voix est altĂ©rĂ©e (cancer de la gorge, dysphonie...) ou qui souffrent dâun bĂ©gaiement sĂ©vĂšre de la convertir grĂące Ă lâIA depuis un smartphone en une voix plus naturelle.
solutions sur 10 rĂ©utilisant des donnĂ©es de santĂ© ont une composante dâIA, selon un panorama des Ă©diteurs de logiciels de lâAnap et du HDH.
Parce que lâIA est riche en promesses pour la santĂ© mentale, le collectif MentalTech formule dix recommandations pour garantir la conception de solutions Ă©thiques Ă©vitant le risque de dĂ©rives.

âIl est crucial de crĂ©er une numĂ©ricovigilanceâ
Pourquoi le collectif MentalTech a-t-il rédigé ce rapport ?
LâIA est devenue omniprĂ©sente avec ChatGPT mais il nây a aujourdâhui pas de cadre dâapplication de lâIA en santĂ© mentale. Il existe des rĂšglementations (IA Act, rĂšglement des DM, RGPDâŠ) mais elles ne tiennent pas suffisamment compte de la notion de cas dâusage. Il est crucial de crĂ©er une ânumĂ©ricovigilanceâ pour encadrer lâutilisation de lâIA en santĂ© mentale. Nous proposons que dans les sociĂ©tĂ©s, un comitĂ© pluridisciplinaire indĂ©pendant porte la responsabilitĂ© de lâusage Ă©thique des algorithmes.
Dans quels domaines de la santĂ© mentale lâIA peut-elle apporter des avancĂ©es ?
IA et santĂ© mentale sont imbriquĂ©es depuis longtemps. La premiĂšre IA appliquĂ©e au champ de la psychologie, le chatbot ELIZA, Ă©crit par Joseph Weizenbaum pour reformuler les questions des patients, remonte Ă 1964. Il existe aujourdâhui de nombreuses solutions de santĂ© mentale : Quit Sense pour arrĂȘter de fumer, Emobot pour Ă©tudier les Ă©motions⊠LâIA a un grand potentiel : elle peut aider Ă recommander des ressources pertinentes, contribuer Ă affiner le diagnostic ou la dĂ©cision, synthĂ©tiser les conclusions des professionnels de santĂ© ou prĂ©dire le risque de rechute.
Quels sont les dangers dâune mauvaise utilisation de lâIA en santĂ© mentale ?
Si lâalgorithme va Ă lâencontre du bien du patient, il faut mesurer quel peut ĂȘtre son impact. Si une personne a une dĂ©pression et que lâalgorithme suggĂšre des outils inutiles ou qui aggravent son cas, nous devons en ĂȘtre alertĂ©s. Il faut aussi veiller Ă la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es dans un domaine aussi sensible que la santĂ© mentale. Enfin, il importe de les protĂ©ger vis-Ă -vis de lâĂ©tranger. Les donnĂ©es de ChatGPT, par exemple, sont stockĂ©es aux EtatsUnis dans des serveurs sur lesquels nous nâavons aucun contrĂŽle.
Deux hommes se sont suicidĂ©s en Belgique et aux Etats-Unis aprĂšs des heures dâĂ©change avec un robot conversationnel. Nây a-t-il pas urgence Ă agir ? Ces Ă©vĂšnements montrent que les IA gĂ©nĂ©rales ne sont pas adaptĂ©es pour gĂ©rer la psychologie et la psychiatrie. Câest pour cela quâil importe de bien cadrer les algorithmes dĂ©veloppĂ©s en santĂ© mentale afin quâils ne puissent pas causer de tort aux patients. Les comitĂ©s scientifiques pluridisciplinaires mis en place dans les entreprises (avec un mĂ©decin, un expert en IA, un Ă©thicienâŠ) pourraient identifier tous les risques auxquels sâexposent leurs solutions et mettre en place les garde-fous pour les Ă©viter.
DATES CLĂS
2020 : master 2 en IA et informatique Ă lâuniversitĂ© Claude-Bernard Lyon 1 2021-2023 : datascientist chez Capgemini
Depuis juillet 2023 : développeur IA en santé mentale chez MentalTechMaker
Octobre 2024 : co-auteur du rapport de MentalTech « IA et santé mentale » avec Alexia Adda, Geoffrey Post et Sabine Allouchery
Le collectif MentalTech veut garantir une utilisation responsable et transparente des solutions numĂ©riques et dâIA, appelĂ©es Ă jouer un rĂŽle important en santĂ© mentale, grande cause nationale en 2025.
Par Christophe Gattuso
Les troubles psychiques (dĂ©pression, anxiĂ©tĂ©, stressâŠ) touchent un Français sur cinq et constituent le premier poste de dĂ©penses de lâAssurance Maladie. Et sâil est un domaine oĂč lâintelligence artificielle ouvre des perspectives, câest bien la santĂ© mentale. « LâIA en santĂ© mentale permet de rendre le soutien plus personnalisĂ©, accessible et orientĂ© vers la prĂ©vention, observe le collectif MentalTech, qui fĂ©dĂšre plus dâune trentaine dâacteurs du secteur (institutionnels, start-up et professionnels de santĂ©) dans un rĂ©cent rapport sur lâIA et la santĂ© mentale. Cependant son utilisation nâest pas toujours appropriĂ©e ni optimale, selon le collectif.
Face Ă la prolifĂ©ration des outils lâIA et Ă leur intĂ©gration croissante dans le secteur de la santĂ© mentale, MentalTech rĂ©clame la dĂ©finition de cadres clairs et robustes pour « garantir la sĂ©curitĂ© des patients et dĂ©tecter rapidement les dĂ©rives potentielles des dispositifs dâIA, tout en prĂ©servant un Ă©quilibre entre innovation technologique et respect des principes Ă©thiques fondamentaux ». Dans son rapport remis au Premier ministre et aux ministres en charge du NumĂ©rique et de la SantĂ©, le collectif formule dix propositions. Il prĂ©conise notamment de former le personnel soignant Ă lâIA, dâutiliser lâIA de maniĂšre transparente et de documenter le processus qui a conduit Ă toute dĂ©cision. Les mĂ©triques dâutilisation de lâIA doivent pouvoir ĂȘtre paramĂ©trĂ©es par rapport aux cas dâusage de la solution, et cette derniĂšre doit ĂȘtre personnalisable en fonction du profil des utilisateurs. Une notice dâinformation expliquant le dispositif dâIA devrait leur ĂȘtre adressĂ©e. Selon le collectif, il est nĂ©cessaire de sâassurer de lâabsence de conflits dâintĂ©rĂȘts entre lâinstance qui dĂ©piste les troubles et celle qui les traite. Et que les algorithmes puissent ĂȘtre entraĂźnĂ©s sur des populations appropriĂ©es afin de disposer dâune reprĂ©sentation des donnĂ©es pertinentes pour les patients cibles.
Ses missions incluent les campagnes grand public de lâorganisme de formation pour attirer jeunes et professionnels en reconversion vers les mĂ©tiers du social et de la santĂ©, la communication B to B avec les adhĂ©rents et la communication interne et institutionnelle auprĂšs des partenaires clĂ©s, comme le ministĂšre de la SantĂ© et France Travail. Selon CĂ©line Thillet, directrice du planning stratĂ©gique du groupe We are together, qui rassemble Ă©galement les entitĂ©s All Contents et The Social Republic, lâobjectif est de valoriser la marque et les mĂ©tiers du secteur dans un contexte de transformation du recrutement et de la formation professionnelle. Le groupe compte aussi parmi ses clients lâOrdre national des pharmaciens, lâINCa, le groupe SOS et la Ligue contre le cancer.
La reprise du spĂ©cialiste des logiciels SaaS pour les mĂ©decins et chirurgiens libĂ©raux renforce la position dâEquasens sur le marchĂ© des logiciels de gestion de cabinet (LGC) 100 % cloud en France, avec les solutions Calimed pour les chirurgiens, intĂ©grant des fonctionnalitĂ©s avancĂ©es comme le suivi prĂ©-, per- et postopĂ©ratoire, et Easy-care, un LGC ergonomique et certifiĂ© SĂ©gur pour les mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes et spĂ©cialistes. Avec prĂšs de 4 000 utilisateurs actifs et une forte croissance, Calimed rejoint la division Medical Solutions dâEquasens et complĂšte son offre auprĂšs des professions mĂ©dicales et paramĂ©dicales (MĂ©diStory, Medilink, Infipratik, KinĂ©pratik), totalisant ainsi plus de 25 000 utilisateurs. Lâacquisition permettra notamment dâintĂ©grer des innovations comme la messagerie PandaLab Pro et lâassistant vocal IA Loquii.
APlcimed propose une sĂ©rie de services sur mesure en solutions digitales et IA destinĂ©e aux acteurs des sciences de la vie (pharmaceutiques, dispositifs mĂ©dicaux, biotechnologies). FondĂ©e sur ses expertises en santĂ© et innovation, cette activitĂ© rĂ©unit une Ă©quipe spĂ©cialisĂ©e en sciences de la vie et data science pour rĂ©pondre Ă trois besoins principaux : accroĂźtre les connaissances et accĂ©lĂ©rer lâinvestigation grĂące au data mining et au machine learning, amĂ©liorer lâanalyse et le partage dâinformation via la GenAI et la visualisation des donnĂ©es, automatiser les flux de travail et renforcer les Ă©quipes grĂące Ă des solutions digitales personnalisĂ©es et des modules dâIA. Nautilus.ai sâappuie sur un large Ă©cosystĂšme de partenaires et des technologies modulables pour rĂ©pondre aux besoins spĂ©cifiques de ses clients.
harmaLex, membre du groupe Cencora, lance une nouvelle offre de Clinical Services (CLS). La solution complĂšte allie soutien au dĂ©veloppement clinique, analyse avancĂ©e des donnĂ©es et gestion optimisĂ©e des Trial Master Files (TMF) via le systĂšme PhlexTMF, rĂ©duisant les risques dâinspection. Accompagnant les projets depuis les premiĂšres Ă©tudes jusquâĂ la commercialisation et au dĂ©veloppement post-AMM, PharmaLex fournit des stratĂ©gies robustes pour maximiser la valeur des actifs. En transformant les donnĂ©es en insights prĂ©cieux, CLS aide les entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques Ă relever les dĂ©fis complexes du dĂ©veloppement clinique et rĂšglementaire.
Mumming initie PeriFlex, la premiĂšre Ă©tude mondiale sur lâimpact de lâassouplissement du pĂ©rinĂ©e, avec Emagina, un dispositif combinant ballon vaginal connectĂ© et application mobile. AppuyĂ©e par un partenariat stratĂ©gique avec la sociĂ©tĂ© libheros, qui mobilise ses 1 000 sages-femmes, lâĂ©tude inclura 88 primipares dans 14 centres en France, sous la coordination du Dr David Desseauve, obstĂ©tricien au CHU de Grenoble. Elle vise Ă rĂ©duire les dĂ©chirures pĂ©rinĂ©ales et Ă©pisiotomies, tout en collectant des donnĂ©es inĂ©dites pour amĂ©liorer la prĂ©vention des complications obstĂ©tricales et lâexpĂ©rience des femmes lors de lâaccouchement. Les rĂ©sultats sont attendus Ă lâautomne 2025.
En 2025, les rĂ©seaux sociaux vont continuer Ă jouer un rĂŽle clĂ© dans les stratĂ©gies de communication. LâIA gĂ©nĂ©rative va sâimposer dans la crĂ©ation de contenus personnalisĂ©s, avec lâavĂšnement des premiers clones numĂ©riques de mĂ©decins sous forme dâavatars interactifs. La data et les expĂ©riences multiplateformes permettront dâoptimiser les campagnes Ă 360° pour un ciblage et un impact maximaux. La diffĂ©renciation passera aussi par une identitĂ© visuelle forte, avec la vidĂ©o courte comme levier phare. Les KOLs deviendront essentiels pour mobiliser professionnels et patients, soutenus par des directions mĂ©dicales actives, en passant par une montĂ©e en puissance de TikTok, Facebook et un retour de X (ex-Twitter) dans la communication institutionnelle. Lâincarnation via les individus (DOLs ou social CEOs) va renforcer lâauthenticitĂ© des messages. « En 2025, les acteurs santĂ© et pharma devront allier innovation, Ă©thique et patient-centricitĂ© », estime David Reguer, prĂ©sident de RCA Factory.

MAJORITAIREMENT UTILISĂES EN FRANCE POUR ĂVALUER
LâEFFICIENCE DES PRODUITS DE SANTĂ ET LEUR IMPACT BUDGĂTAIRE, LES ANALYSES MĂDICO-ĂCONOMIQUES
CONSTITUENT UNE MINE DâINFORMATIONS SOUS-EXPLOITĂES, QUI PERMETTRAIENT DE MIEUX HIĂRARCHISER LES INTERVENTIONS DE SANTĂ, DâANTICIPER LES BOULEVERSEMENTS ORGANISATIONNELS DU SYSTĂME DE SANTĂ APPORTĂS PAR CES INNOVATIONS ET DâAPPRĂHENDER LEUR UTILITĂ SOCIĂTALE.
Alors que des rĂ©flexions sont en cours pour Ă©largir le pĂ©rimĂštre des produits Ă©ligibles et faire un meilleur usage des avis dâefficience par les dĂ©cideurs, dâautres pistes sont Ă explorer pour faire de la mĂ©dico-Ă©conomie un vĂ©ritable outil de transformation du systĂšme de santĂ©. Lâenjeu est dâoptimiser les trajectoires de soins, de rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s et dâamĂ©liorer lâaccĂšs aux solutions de santĂ©.
Par Julie Wierzbicki, Hervé Réquillart et Fabien Nizon
Bana Jabri
Ayant fait dialoguer la mĂ©decine et la recherche tout au long de sa carriĂšre, Bana Jabri partage pleinement la vision de lâInstitut Imagine, dont elle vient de prendre la direction. Sâinspirant de lâĂ©tat dâesprit amĂ©ricain, elle veut donner aux jeunes chercheurs les moyens de briller.
Par Julie Wierzbicki
«Un retour aux sources
AprĂšs plus de 25 ans dâune brillante car riĂšre aux Etats-Unis, Bana Jabri revient en France comme directrice de lâinstitut hospi talo-universitaire Imagine, adossĂ© Ă lâhĂŽpital Necker-Enfants malades oĂč elle a dĂ©butĂ© sa carriĂšre de mĂ©decin⊠et de chercheuse. Lors de son premier stage dâinternat en gastroentĂ©rologie, elle assiste Ă une prĂ©sentation des travaux de Delphine Guy-Grand sur le marquage des cellules immunitaires chez la souris. Elle envisage dâutiliser la mĂȘme ap proche chez les enfants de son service souf frant de diarrhĂ©es sĂ©vĂšres pour comprendre les ressorts immunologiques de leur mala die. Elle soumet lâidĂ©e au Pr Claude Gris celli, alors chef du service dâimmunologie pĂ©diatrique et futur fondateur de lâInstitut Imagine. « Au lieu de renvoyer la toute jeune interne que jâĂ©tais, il mâa encouragĂ©e et mâa mise en contact avec les chercheurs de son unitĂ© », raconte-t-elle. « Dans nos gĂ©nĂ©rations, elle a Ă©tĂ© de ceux qui ont utilisĂ© le plus vite et le plus tĂŽt la possibilitĂ© de tester en laboratoire des hypothĂšses nĂ©es des observations cliniques », se souvient avec admiration le Pr Stanislas Lyonnet, prĂ©cĂ©dent directeur dâImagine, Ă©galement interne Ă Necker Ă cette Ă©poque. « Câest quelquâun de visionnaire, renchĂ©rit son amie Yasmine Belkaid, directrice gĂ©nĂ©rale de lâInstitut Pasteur. Elle possĂšde une comprĂ©hension profonde, assez unique, Ă la fois des enjeux de la biologie et de la mĂ©decine. »

© Eric Durand
Cette conviction que la recherche doit accompagner la mĂ©decine pour amĂ©liorer les pratiques, Bana Jabri lâa acquise trĂšs tĂŽt, dĂšs son externat, au dĂ©but des annĂ©es 1980, confrontĂ©e aux premiers patients atteints du VIH. Sa vocation de mĂ©decin lui est venue plut tĂŽt encore, dĂšs lâĂąge de 6 ans, mĂȘme si lâhistoire et la philosophie lâont Ă©galement attirĂ©e. NĂ©e Ă Alep dâun pĂšre syrien et dâune mĂšre armĂ©nienne, Ă©levĂ©e en Allemagne puis en France oĂč elle est arrivĂ©e Ă 12 ans, elle en conserve une forte capacitĂ© dâadaptation et « une reconnaissance des spĂ©cificitĂ©s de chaque culture et des valeurs humaines qui les transcendent » â un atout dans une carriĂšre
FONCTION /
Bana Jabri, 64 ans, directrice de lâInstitut Imagine
DATES CLĂS /
1985Â : premier stage dâinternat Ă lâhĂŽpital Necker-Enfants malades Ă Paris
1994 : cheffe de clinique Ă Necker 2011 : professeure titulaire Ă lâuniversitĂ© de Chicago
2018 : prend la direction de la chaire dâimmunologie et de mĂ©decine
âSara et Harold Lincoln Thompsonâ de lâuniversitĂ© de Chicago
CĂTĂ COULISSES / Un loisir : la randonnĂ©e
Un compositeur : Maurice Ravel, Erik SatieâŠÂ : « Je prĂ©fĂšre les musiques relaxantes aux grandes symphonies. »
Une citation : « Il faut encore avoir le chaos en soi pour pouvoir donner naissance à une étoile dansante »
(Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)
oĂč elle cĂŽtoie des chercheurs de multiples nationalitĂ©s. Elle possĂšde aussi une capacitĂ© de travail peu commune lorsquâelle doit mener de front son internat de mĂ©decine â durant lequel elle donne naissance Ă son premier enfant â et son retour sur les bancs de lâuniversitĂ© pour obtenir une maĂźtrise, sĂ©same indispensable Ă un DEA, puis un doctorat en sciences. Cette expĂ©rience la sensibilise particuliĂšrement au frein que reprĂ©sente encore aujourdâhui la maternitĂ© pour les jeunes chercheuses. Son diplĂŽme en poche, elle effectue un premier sĂ©jour aux Etats-Unis, au NIH, pour « apprendre la recherche en bĂ©nĂ©ficiant de leur avance technologique ». Elle y rencontre celui qui deviendra son second mari, Albert Bendelac, Ă©galement immunologiste, avec lequel elle cosignera plusieurs publications. Revenue en France le temps dâun clinicat Ă Necker, câest finalement outre-Atlantique quâelle construira sa carriĂšre Ă partir de 1999, dâabord Ă Princeton puis Ă Chicago. « Jâai dĂ» repartir de zĂ©ro, sans mentor ni subvention. Mais lâĂ©tat dâesprit me convenait beaucoup mieux ! » Les reconnaissances sâenchaĂźnent, jusquâĂ lâapogĂ©e il y a deux ans : lâobtention dâun financement de 12 millions de dollars pour conduire ses recherches sur la comprĂ©hension des mĂ©canismes de la destruction tissulaire ou de la cicatrisation dans la maladie cĆliaque. Un projet quâelle compte bien continuer Ă gĂ©rer Ă distance, en parallĂšle de la direction dâImagine. Au sommet de sa carriĂšre amĂ©ricaine et souhaitant Ă©pauler son mari face Ă la maladie (il dĂ©cĂ©dera en aoĂ»t 2023), elle hĂ©site quand le Pr Alain Fischer â premier directeur de lâIHU â lui propose de candidater Ă la succession de Stanislas Lyonnet. Elle se laisse finalement convaincre, enthousiasmĂ©e par lâapproche interdisciplinaire de lâinstitut. En tĂȘte de liste, elle peut imposer ses conditions, notamment la crĂ©ation de chaires de professeurs juniors. « Avoir rĂ©ussi Ă recruter quelquâun comme elle est un tour de force et une chance exceptionnelle pour Imagine », salue Yasmine Belkaid. Au regard de son expĂ©rience amĂ©ricaine, Bana Jabri reconnaĂźt le potentiel du systĂšme français. Les Ă©quipes de lâIHU peuvent compter sur elle pour le rĂ©vĂ©ler. l