

Pharmaceutiques
POLITIQUE, ĂCONOMIE, INNOVATION EN SANTĂ
RECHERCHE CLINIQUE
TRANSFORMER POUR PERFORMER
ENQUĂTE
DĂPENSES DE SANTĂ : LA VOIE ĂTROITE
RENCONTRE
PR BERTRAND FOUGĂRE, GĂRIATRE



5. ĂDITORIAL
LA BONNE ANNĂE ?
7. ACTU
7 ENTRETIEN : Franck Mouthon, directeur exĂ©cutif de lâAgence de programmes pour la recherche en santĂ©
10 EN MOUVEMENT
12 POLITIQUE
13 ĂCONOMIE
14 T RIBUNE : Gérard Raymond, président de France Assos Santé
15 DĂBAT : le crĂ©dit impĂŽt recherche est-il intouchable ?
16 E-SANTĂ
18 INDUSTRIE
19. INTERNATIONAL : mobilisation pour une alimentation plus saine
20 AGENDA
21. INFOGRAPHIE : les dĂ©penses de santĂ© scrutĂ©es par lâAssurance Maladie
22. INITIATIVES
25. ANALYSE
25. ENQUĂTE : François Bayrou face à ⊠lâHimalaya !
30 . EN COUVERTURE
Recherche clinique : transformer pour performer
43. PROSPECTIVE
43 ENQUĂTE : dĂ©penses de santĂ©, la voie Ă©troite
48 EN BREF
50 INNOVATION : tiers-lieux dâexpĂ©rimentation, catalyseurs dâinnovation
52. EN VUE : Fabentech et Sublimed
54 . ENTREPRISE EN MOUVEMENT : Menarini
58 . LOISIRS
60 LâINFO CONTINUE
62 RENCONTRE : Bertrand FougĂšre, copilote du Grand DĂ©fi âDispositifs mĂ©dicaux numĂ©riques et bien-vieillirâ
Couverture : © Olivier Cailleau
© Eric Durand
© Cocktail Santé
© Eric Durand
Quatre Premiers ministres, une dette publique avoisinant les 3 300 milliards dâeuros, une lame cachĂ©e de 1,2 milliard ayant frĂŽlĂ© les industriels de la santé⊠Entre deux parenthĂšses enchantĂ©es, les Jeux olympiques et la rĂ©ouverture de Notre-Dame, la page dâune annĂ©e chaotique et inĂ©dite sous la Ve RĂ©publique est enfin tournĂ©e. Entre la violence du climat international et lâinstabilitĂ© politique de ses partenaires historiques (Allemagne, Etats-Unis), la France a donc piquĂ© sa crise. De lâart de se tirer une balle dans le pied et de mettre un pays Ă lâarrĂȘt. DĂ©calage cruel avec la France dâavant, imparfaite mais sur la trajectoire du plein emploi, celle de la âstart-up nationâ, du lancement du plan France 2030, de la crĂ©ation de lâAIS et de France Biolead. Dans le rĂ©troviseur, câest bel et bien une annĂ©e blanche quâon aperçoit⊠mais qui pourrait presque faire bonne figure face Ă un exercice 2025 qui sâannonce haut en couleur â avec probablement deux PLFSS â et une annĂ©e 2026 pleine dâimmobilisme Ă lâapproche dâune prĂ©sidentielle de tous les dangers.
Mais luciditĂ© ne rime pas avec fatalitĂ© : la soif dâentreprendre est lĂ et le pays nâa pas subitement perdu ses atouts. La fragmentation de la sociĂ©tĂ© sâest accĂ©lĂ©rĂ©e mais le tissu social rĂ©siste. Les fragilitĂ©s du systĂšme de santĂ© continuent de se creuser mais la fameuse rĂ©silience est toujours dâactualitĂ©. FĂ©licitons donc la sagesse de citoyens
LA BONNE ANNĂE ?
dĂ©boussolĂ©s qui avaient envahi les rondspoints pour moins que ça. Et que dire des blouses blanches, qui alertent en vain les pouvoirs publics tout en luttant inlassablement pour prendre en charge des patients prĂ©occupĂ©s par lâavenir de lâEtat-providence ? Entre attentisme et dĂ©fiance, les industriels continuent de dĂ©fendre lâaccĂšs aux traitements. Quant Ă lâadministration, tant dĂ©criĂ©e, elle a le mĂ©rite de gĂ©rer les affaires courantes, certes sans prendre dâinitiatives. Mais comment pourrait-il en ĂȘtre autrement face aux turpitudes de nos reprĂ©sentants ?
A lâheure des inĂ©galitĂ©s et des dĂ©ficits, ce dĂ©calage entre la France qui travaille, cherche, innove, produit, investit, bĂątit la santĂ© de demain et le spectacle dĂ©solant dâune classe politique Ă©gocentrĂ©e et mue par les ambitions personnelles devient insupportable. Depuis cette Ă©trange dĂ©cision du 9 juin dernier, le maĂźtre des horloges de lâElysĂ©e a perdu le fil. Le proviseur Macron semble incapable de siffler la fin de la rĂ©crĂ©. Son nouveau Premier ministre, professeur de lettres, saura-t-il trouver les mots pour apaiser mais aussi pour resserrer les rangs ?
Ce dĂ©but dâannĂ©e sera-t-il celui du sursaut ou de la âgueule de boisâ ? LâAssemblĂ©e nationale, cette mosaĂŻque de groupes hĂ©tĂ©rogĂšnes et opportunistes, fera-t-elle enfin preuve de responsabilitĂ© pour sortir le pays de lâimpasse dans laquelle elle lâa plongĂ© ? Câest notre vĆu pour 2025. A minima notre espoir.

PIERRE SANCHEZ Directeur de la publication psanchez@pharmaceutiques.com
© Eric Durand
Recherche, innovation, accÚs aux soins, politiques publiques⊠Le numérique bouleverse en profondeur le champ de la santé

INNOVATION
ONCOLOGIE
Resilience acquiert Gimli, expert en structuration de données

Resilience, solution de suivi Ă distance et dâaccompagnement des patients atteints de cancer, annonce lâacquisition de Gimli, sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e en IA et en structuration de donnĂ©es en oncologie. GrĂące Ă une analyse fine des donnĂ©es de la solution de Gimli, basĂ©e sur le traitement automatique du langage et le machine learning, Resilience, dĂ©jĂ dĂ©ployĂ©e auprĂšs de plus de 14 000 patients et 100 Ă©tablissements de santĂ©, ambitionne de proposer un suivi toujours plus personnalisĂ©, mais aussi dâaccĂ©lĂ©rer les projets de recherche.
Axel, premier accélérateur français en imagerie médicale
La France veut ĂȘtre un acteur majeur de lâinnovation en imagerie mĂ©dicale. Et sur le terrain, ça bouge ! Le comitĂ© stratĂ©gique de filiĂšre Industries et technologies de santĂ© a lancĂ© lâĂ©tĂ© dernier Axel, premier accĂ©lĂ©rateur industriel dâimagerie mĂ©dicale. SituĂ©e Ă Moirans (IsĂšre), sur le site de Trixell, filiale de Thales, spĂ©cialisĂ©e dans lâimagerie par rayons X, cette nouvelle structure propose dâaccompagner les PME et start-up françaises innovantes dans lâimagerie dans toutes les Ă©tapes de leurs projets, de la conception jusquâĂ la phase industrielle. « Nous bĂ©nĂ©ficions Ă Grenoble dâun Ă©cosystĂšme trĂšs riche avec un grand nombre dâacteurs dans la recherche acadĂ©mique, le CHU de Grenoble, les collectivitĂ©s territoriales LâaccĂ©lĂ©rateur va favoriser leur collaboration », explique Laurent Chevallier, directeur dâAxel. ConstituĂ© sous forme de sociĂ©tĂ© coopĂ©rative dâintĂ©rĂȘt collectif (SCIC), lâaccĂ©lĂ©rateur bĂ©nĂ©ficiera dâun financement de lâEtat et des contributions de ses partenaires : Thales et Fortil Group, lâUGA, lâINP-UGA et le CHU de Grenoble, collectivitĂ©s locales. Axel propose un ensemble de prestations et de services dans lâaccompagnement des start-up sur lâindustrialisation, la rĂšglementation et le marquage CE, le financement⊠Il pourra Ă©galement louer des Ă©quipements industriels pour rĂ©aliser des essais, par exemple. « Notre offre rĂ©pond Ă un besoin de renforcer la filiĂšre dâimagerie mĂ©dicale française et de garantir la souverainetĂ© de la France dans ce domaine », conclut Laurent Chevallier.
l ne sâagit pas de privatiser le âcarnet de santĂ© numĂ©riqueâ ou de crĂ©er un autre coffre-fort numĂ©rique. Nos logiciels sont les premiers contributeurs de la plateforme publique Mon espace santĂ©. »
STANISLAS NIOX-CHATEAU, pdg de Doctolib, dans Le Monde, aprĂšs le lancement dâun onglet âSantĂ©â de Doctolib perçu comme un concurrent Ă Mon espace santĂ©
CARTOGRAPHIE
La Cnil répertorie les entrepÎts de données de santé

La Commission nationale de lâinformatique et des libertĂ©s (Cnil) a mis en ligne une cartographie des 100 entrepĂŽts de donnĂ©es de santĂ© ouverts en France depuis 2017. Dans le dĂ©tail, 44 sont issus du secteur public, 26 du privĂ© Ă but non lucratif et 22 du secteur privĂ©. La Cnil a dĂ©veloppĂ© cet outil dans le but « dâun meilleur partage de connaissances sur les bases de donnĂ©es et les projets de recherche dans le domaine de la santĂ© ».
En chiffres
60Â %
solutions de tĂ©lĂ©surveillance mĂ©dicale sont prises en charge par lâAssurance Maladie.
des publications scientifiques sur lâIA en pharma portent sur la R&D de mĂ©dicaments, selon un rapport de ProductLife Group (PLG).
entreprises ont été accompagnées dans le cadre du guichet diagnostic DM volet numérique selon la DNS.
Pour une IA en santé accessible à tous
LâOCDE prĂŽne une coopĂ©ration internationale pour encadrer le dĂ©veloppement dâintelligences artificielles en santĂ© fiables, respectueuses de la confidentialitĂ© des donnĂ©es et de lâĂ©quitĂ©.
> Avis de lâexpert Notre

ĂRIC SUTHERLAND,
ĂCONOMISTE DE LA SANTĂ Ă LâOCDE
âSans actions collectives sur lâIA en santĂ©, nous risquons dâĂ©largir les fracturesâ
Pourquoi lâOCDE sâintĂ©resse-t-elle Ă lâIA en santĂ© ?
LâOCDE a publiĂ© ses principes pour lâIA en 2019 â mis Ă jour en 2024 â qui ont Ă©tĂ© adoptĂ©s et adaptĂ©s par de nombreuses organisations. LâObservatoire des politiques dâIA, le moniteur dâincidents dâIA et les travaux des groupes dâexperts en IA sont des exemples du travail de pointe de lâOCDE. En santĂ©, lâintelligence artificielle reprĂ©sente Ă la fois de grandes opportunitĂ©s et de grands risques. Si nous ne prenons pas le temps de mener des actions collectives en la matiĂšre, nous risquons fort dâĂ©largir les fractures rĂ©sultant de la santĂ© numĂ©rique au cours des vingt derniĂšres annĂ©es.
Comment éviter cet écueil ?
La conduite des travaux au croisement de la santĂ© et de lâIA nĂ©cessite Ă la fois des actions pour sâassurer que les solutions dâIA sont responsables et appropriĂ©es pour ĂȘtre exploitĂ©es dans un contexte particulier. Cela consiste Ă vĂ©rifier que les donnĂ©es utilisĂ©es pour piloter la solution dâIA sont reprĂ©sentatives des populations cibles et que les donnĂ©es elles-mĂȘmes sont de bonne qualitĂ©.
Comment sâassurer que les solutions dâIA en santĂ© soient âconçues pour ĂȘtre accessibles au plus grand nombreâ, comme le veut lâOCDE ?
Nous pouvons dĂ©finir une politique qui encourage la compatibilitĂ© internationale tout en soutenant lâautonomie et lâagilitĂ© locales. Nous devons Ă©galement mettre en place des mesures de la performance des systĂšmes dâIA afin de voir quels sont les niveaux de qualitĂ©, de rĂ©sultat et dâĂ©quitĂ© atteints.
Lâexploitation des donnĂ©es de santĂ© par lâIA est un vaste chantier. Comment la contrĂŽler ?
LâIA, câest de la mathĂ©matique, ce nâest pas de la magie. Câest un algorithme créé par des humains, exploitĂ© par des humains et guidĂ© par des humains. LâIA est un outil. Nous ne parlons jamais de la maniĂšre dont nous pouvons nous servir dâun marteau. Mais nous pouvons aider Ă Ă©duquer la personne qui manie le marteau pour sâassurer quâelle le fait correctement. Nous devons travailler ensemble pour optimiser les rĂ©sultats tout en minimisant les dommages.
DATES CLĂS
1995 : master en statistiques
1996-2016 : analyste puis vice-président de la Banque Toronto-Dominion
2017-2018 : directeur de la stratĂ©gie et de la gestion de lâinformation au ministĂšre de la SantĂ© de lâOntario
2020-2022 : directeur exĂ©cutif de la stratĂ©gie sur les donnĂ©es de santĂ© Ă lâAgence de santĂ© publique du Canada
Depuis dĂ©cembre 2022 : expert en santĂ© numĂ©rique et coauteur du rapport de lâOCDE sur lâIA en santĂ©
analyse >
Soucieuse dâĂ©viter que lâIA en santĂ© entraĂźne une aggravation des inĂ©galitĂ©s dâaccĂšs aux soins, lâOCDE rĂ©clame une coordination des politiques et des moyens techniques sur le plan international.
Par Christophe Gattuso
Le marchĂ© mondial de lâIA appliquĂ©e Ă la santĂ© devrait ĂȘtre multipliĂ© par seize dâici Ă 2030 et passer de 11 milliards de dollars en 2021 Ă 188 Mds$, selon lâOrganisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomique (OCDE). « LâIA pourrait sauver de nombreuses vies, amĂ©liorer grandement le travail des professionnels de santĂ© et permettre aux systĂšmes de santĂ© dâĂȘtre davantage centrĂ©s sur la personne », reconnaĂźt le forum stratĂ©gique dans un rapport thĂ©matique sur lâIA en santĂ© publiĂ© en mai dernier. En 2019, lâOCDE avait dĂ©fini un ensemble de principes Ă suivre pour le dĂ©veloppement dâune IA. Ces derniers mois, lâorganisation planche pour que lâessor de lâIA dans le secteur se dĂ©roule de maniĂšre Ă©thique. Elle redoute en effet lâĂ©mergence dâun « ensemble hĂ©tĂ©roclite dâinnovations, créées et entretenues par des Ă©tablissements de santĂ© disposant de moyens importants et utilisĂ©es uniquement dans lâintĂ©rĂȘt dâun public aisĂ© ».
LâOCDE rĂ©clame donc que des politiques et des moyens techniques solides et coordonnĂ©s soient mis en place au niveau international « pour tirer le meilleur parti de lâintelligence artificielle au service de lâhumain et de lâĂ©quitĂ© ». Lâorganisation, dont la devise est âDe meilleures politiques pour des vies meilleuresâ, demande que les solutions dâIA en santĂ© soient conçues pour ĂȘtre accessibles au plus grand nombre. Parmi les risques associĂ©s Ă lâIA, elle pointe le manque de fiabilitĂ© de rĂ©sultats qui pourraient ĂȘtre livrĂ©s par des algorithmes biaisĂ©s, de mĂȘme que lâabsence de transparence ou la divulgation de donnĂ©es Ă caractĂšre personnel. LâOCDE prĂ©conise donc de mettre en place une supervision internationale pour fonder une IA en santĂ© digne de confiance. Le dĂ©ploiement de solutions responsables et profitables Ă toute la sociĂ©tĂ© devrait rĂ©pondre Ă des principes fondamentaux centrĂ©s sur lâhumain et lâĂ©quitĂ©, le dĂ©veloppement durable, la transparence, la robustesse et la sĂ»retĂ©. Lâorganisation souhaite quâĂ lâĂ©chelle internationale, des indicateurs soient mis en place pour mesurer comment progresse lâadoption de lâIA dans le domaine de la santĂ©, ses bienfaits et ses dommages. Enfin, lâOCDE propose aux pays qui le veulent de procĂ©der Ă une analyse comparative du dĂ©veloppement des politiques relatives Ă lâIA en santĂ© pour favoriser lâĂ©change de connaissances.
PARTENARIAT STRATĂGIQUE ENTRE PEAK
LIFECYCLES HR ET EUROBIOMED
Peak Lifecycles HR, cabinet dâexecutive search international spĂ©cialisĂ© dans le secteur du âcareâ, sâassocie avec Eurobiomed, pĂŽle de compĂ©titivitĂ© des filiĂšres santĂ© en Provence-Alpes-CĂŽte dâAzur et Occitanie. « Ce partenariat stratĂ©gique vise Ă soutenir les entreprises innovantes de la health tech dans le Sud de la France, en rĂ©pondant Ă leurs besoins en recrutement et structuration dâĂ©quipes tout au long des projets de santé », explique Anne de Landsheer, directrice gĂ©nĂ©rale de Peak Lifecycles HR. Cette collaboration contribuera Ă©galement Ă renforcer lâĂ©cosystĂšme dynamique de la santĂ© et des biotechnologies dans la rĂ©gion.
PULSELIFE AI, PREMIER ASSISTANT EXPERT DES MĂDECINS
Le moteur de recherche mĂ©dical PulseLife (anciennement 360 medics), qui est utilisĂ© par plus de 800 000 professionnels de santĂ© en France et en Espagne, innove avec PulseLife AI, le premier chatbot mĂ©dical basĂ© sur lâIA gĂ©nĂ©rative. Son point fort est de sâappuyer sur les recommandations officielles et les 12 000 monographies de lâANSM, garantissant des rĂ©ponses fiables et sourcĂ©es, avec un accĂšs direct aux documents de rĂ©fĂ©rence. « 90 % des soignants ayant testĂ© la solution se dĂ©clarent satisfaits des rĂ©ponses fournies (3 000 recherches) », souligne le Dr GrĂ©goire PignĂ©, mĂ©decin et cofondateur de PulseLife.
VIDAL
LâAgence C.C.C. est spĂ©cialisĂ©e dans lâĂ©vĂšnementiel mĂ©dical, lâĂ©dition mĂ©dicale et lâorganisation des congrĂšs Preuves & Pratiques, rassemblant chaque annĂ©e plus de 6 500 mĂ©decins gĂ©nĂ©ralistes dans 26 villes françaises. Elle se distingue par son approche multicanal et intĂ©grĂ©e, combinant direction scientifique, logistique, inscriptions et infographie spĂ©cialisĂ©e. Son acquisition par VIDAL Group renforce son positionnement dans lâinformation et la formation mĂ©dicale de qualitĂ©, notamment pour les gĂ©nĂ©ralistes. Cette synergie sâappuie sur des valeurs communes : indĂ©pendance, rigueur scientifique, complĂ©mentaritĂ© rĂ©gionale et expertise organisationnelle, venant enrichir lâoffre digitale de VIDAL Group selon Vincent Bouvier, son prĂ©sident.
Le 9 dĂ©cembre, lâassociation RComSantĂ© a renouvelĂ© son conseil dâadministration, composĂ© de dix membres : FrĂ©dĂ©rique Saas (BMS) en est la prĂ©sidente, Johanna Couvreur (Quartet SantĂ©) la vice-prĂ©sidente, Anne de Boismenu (CoopĂ©ration SantĂ©) la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale et Emmanuelle Le Roy (HĂŽpital Fondation Rothschild) la trĂ©soriĂšre. Le conseil comprend Ă©galement CĂ©cile Gillet-Giraud (Groupe B Braun), Laurence Jacquillat (LJ Com), Emmanuelle Kuhnmunch (Medtronic), ValĂ©rie Perrot-Egret (Mutuelle Familiale), Charlotte Scordia-Warembourg (Amgen) et GisĂšle Calvache (Novo Nordisk), rĂ©cemment nommĂ©e. « La libertĂ© dâexpression, lâenvie dâapprendre et dâĂ©changer sont inscrites dans notre ADN », rappelle Anne de Boismenu. Pour ses 200 communicants en santĂ©, lâassociation organise chaque mois des rencontres avec des experts sur des thĂšmes liĂ©s Ă la santĂ©, la communication, les mĂ©dias ou les affaires publiques.
LA BELLE DYNAMIQUE DE RCOMSANTĂ
UN GUIDE PRATIQUE POUR LâINFORMATISATION
DES SOINS CRITIQUES
LâAgence nationale dâappui Ă la performance des Ă©tablissements de santĂ© et mĂ©dico-sociaux (Anap) publie, en partenariat avec lâAgence du numĂ©rique en santĂ© (ANS), âDĂ©ployer votre SI de soins critiques - Les points clĂ©s Ă connaĂźtreâ. Ce guide pratique, disponible sur le site de lâAnap, accompagne les professionnels de santĂ© et experts du numĂ©rique dans la mise en Ćuvre de systĂšmes dâinformation adaptĂ©s aux services critiques. Il sâarticule autour de trois axes : la gouvernance (avec la recommandation de crĂ©er par exemple des postes de Chief Clinical Information Officer), les modĂšles architecturaux (deux sont prĂ©sentĂ©s) et lâinteropĂ©rabilitĂ©, avec lâadoption de standards techniques pour une communication fluide entre systĂšmes hospitaliers. Huit situations critiques, notamment la gestion des alarmes, le transfert des donnĂ©es lors des admissions et lâexploitation des donnĂ©es de monitoring, sont analysĂ©es pour garantir une continuitĂ© et une qualitĂ© des soins.
APLUSA
ACCĂLĂRE SON DĂVELOPPEMENT
Depuis le 2 dĂ©cembre, Gema ParlangeIturmendi est Ă la tĂȘte dâAplusA, succĂ©dant Ă Pierre Pigeon, fondateur de cette entreprise renommĂ©e pour ses Ă©tudes marketing qualitatives, quantitatives et en vie rĂ©elle (RWE). Forte de 160 salariĂ©s rĂ©partis entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, lâentreprise amorce un nouveau chapitre tout en maintenant lâimplication de son fondateur, dĂ©sormais membre du board et actionnaire aux cĂŽtĂ©s de Dentressangle. La nouvelle CEO entend concentrer la stratĂ©gie sur quatre axes clĂ©s : « Capitaliser sur la rĂ©putation scientifique et la forte crĂ©dibilitĂ© acquises au cours des derniĂšres dĂ©cennies pour attirer des clients mondiaux, innover grĂące Ă lâIA et aux donnĂ©es en vie rĂ©elle, dĂ©velopper les talents internes et recruter des compĂ©tences complĂ©mentaires et, enfin, consolider les partenariats pour offrir des solutions plus complĂštes Ă ses clients. »

RECHERCHE CLINIQUE
LA QUĂTE DâUN NOUVEAU MODĂLE
DANS UN CONTEXTE DE CONCURRENCE INTERNATIONALE INTENSE ET MALGRĂ DES ATOUTS CONSIDĂRABLES EN ONCOLOGIE, LA RECHERCHE CLINIQUE FRANĂAISE DOIT RELEVER PLUSIEURS DĂFIS POUR MAINTENIR ET RENFORCER SON ATTRACTIVITĂ AU NIVEAU EUROPĂEN ET MONDIAL.
Pour rĂ©pondre aux besoins des patients et des promoteurs, des approches novatrices faisant intervenir des modĂšles adaptatifs, lâanalyse des donnĂ©es et lâutilisation de lâintelligence artificielle permettront de complĂ©ter les approches traditionnelles.
Les essais décentralisés se développent afin de réduire les contraintes géographiques et logistiques pour les patients, nécessitant une évolution de la rÚglementation, des méthodes de travail et des métiers.
Par Juliette Badina, Julie Wierzbicki et Valérie Moulle
Bertrand FougĂšre Lâiconoclaste
Figure emblĂ©matique de la gĂ©riatrie française, le Pr Bertrand FougĂšre ne se contente pas de « prendre soin » des personnes ĂągĂ©es. Il tente aussi de promouvoir leurs intĂ©rĂȘts dans les hautes sphĂšres politiques, oĂč il entend notamment faire le lien entre les dĂ©cideurs et les acteurs de terrain.
Par Jonathan Icart
«La vocation, câest avoir pour mĂ©tier sa pas sion ! » Bertrand Fou gĂšre a fait sien ce prĂ© cepte stendhalien dĂšs lâĂąge de raison. AnimĂ© par une profonde empathie, la mĂ©decine lui est rapidement apparue comme la seule issue : « Jâai tou jours voulu sauver ceux qui sont oubliĂ©s, dĂ©laissĂ©s ou maltraitĂ©s. » Il partait pourtant de loin. Cognaçais de souche, il est Ă©levĂ© par un pĂšre Ćnologue et une mĂšre au foyer, sans connexion particuliĂšre avec le milieu mĂ©di cal⊠ou presque. « Mes parents ont un ami chirurgien orthopĂ©dique qui venait rĂ©guliĂš rement chez nous. Ce quâil racontait de son quotidien me fascinait. » Adolescent, il passe systĂ©matiquement une ou deux journĂ©es de vacances au bloc opĂ©ratoire pour « observer, comprendre et apprendre ».

HabitĂ© par une indĂ©fectible volontĂ©, son parcours universitaire sera une formalitĂ©. Etudiant boursier, il fait ses Ă©tudes Ă Poitiers. « Une distance raisonnable pour retrouver mes proches et mes coĂ©quipiers du rugby que je nâai jamais abandonnĂ©s, sauf le temps de ma premiĂšre annĂ©e. » Homme de valeurs et de combats, il joue trois-quarts aile jusquâen FĂ©dĂ©rale 2. Le cinquiĂšme Ă©chelon national ! La suite du voyage sera une succession de choix, comme celui de la gĂ©riatrie pour le travail en Ă©quipe et la stimulation intellectuelle, mais aussi dâopportunitĂ©s, comme celles de rejoindre Lille pour son clinicat et sa thĂšse de sciences en recherche fondamentale sur les liens entre pollution atmosphĂ©rique et vieillissement, puis Toulouse pour dĂ©buter sa carriĂšre. « Un pĂŽle dâexcellence international, oĂč je me suis construit aux cĂŽtĂ©s du Pr Bruno Vellas, une rĂ©fĂ©rence mondiale dans cette spĂ©cialitĂ©. » Jeune chercheur, il part un an aux Etats-Unis, Ă Saint-Louis dans le Missouri, pour « se consolider en recherche clinique et publier » avant de rentrer au pays en juillet 2018. Direction le CHU de Tours, oĂč il dĂ©croche un poste de PU-PH⊠à 35 ans. Lâex-directrice gĂ©nĂ©rale de cet Ă©tablissement hospitalier, avec laquelle il entretient une « relation filiale », se souvient trĂšs bien de son arrivĂ©e. « Bertrand Ă©tait Ă©nergique et enthousiaste. Il a donnĂ© une autre image de la gĂ©riatrie
© Eric Durand
FONCTION / Bertrand FougÚre, 41 ans, professeur de gériatrie à la faculté de médecine de Tours, responsable du PÎle Vieillissement du CHU de Tours et copilote du Grand Défi « Dispositifs médicaux numériques et bien-vieillir » au ministÚre de la Santé
DATES CLĂS / 2002-2010 : Ă©tude de mĂ©decine Ă la facultĂ© de mĂ©decine de Poitiers
2010-2014Â : clinicat et thĂšse de sciences Ă Lille
2014-2017 : MD-PhD au GérontopÎle de Toulouse
2017-2018Â : post-doc Ă Saint-Louis University (Missouri)
2018 : professeur de gériatrie à la faculté de médecine et CHU de Tours
2023 : copilote du Grand Défi « Dispositifs médicaux numériques et bien-vieillir »
CĂTĂ COULISSES / Une passion ? Le rugby pour sa solidaritĂ© et son hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© Un livre ? La prochaine fois que tu mordras la poussiĂšre de Panayotis Pascot
Un film ? Forrest Gump de Robert Zemeckis
Une musique ?
« Donât Stop Me Now » de Queen Une personnalité ? Ma maman et ma femme ; lâune mâa portĂ© pendant vingt-cinq ans, lâautre me soutient quotidiennement depuis seize ans
dans un milieu plutĂŽt classique, mais nĂ©anmoins excellent, qui ne lui Ă©tait pas acquis. Il est partout, tout le temps, ce qui peut parfois dĂ©ranger », tĂ©moigne Marie-NoĂ«lle Gerain-Breuzard, qui a depuis Ă©tĂ© nommĂ©e directrice gĂ©nĂ©rale du Centre national de gestion des praticiens et directeurs de la fonction publique hospitaliĂšre. EngagĂ© et dĂ©terminĂ©, Bertrand FougĂšre ne fait peut-ĂȘtre pas toujours lâunanimitĂ©, mais il est visiblement trĂšs apprĂ©ciĂ© par ses Ă©quipes grĂące auxquelles il a pu redynamiser le service de gĂ©riatrie et piloter la crĂ©ation du pĂŽle vieillissement. « Câest un trĂšs bon manager qui sait Ă©couter, dĂ©lĂ©guer et faire confiance, mais aussi arbitrer et trancher. Son agilitĂ© intellectuelle est un rĂ©el atout dans ses multiples fonctions », souligne Sarah Legland, ancienne cheffe de projets de lâERVMA, une unitĂ© rĂ©gionale créée et dirigĂ©e par Bertrand FougĂšre.
La derniĂšre campagne prĂ©sidentielle va nĂ©anmoins bouleverser son quotidien. De plus en plus souvent sollicitĂ©, y compris en haut lieu, il gravite autour de la sphĂšre politique. « Il passe du temps dans des cercles de dĂ©cision avec son lot de coups et de dĂ©ceptions », commente Marie-NoĂ«lle Gerain-Breuzard. Conscient des ârisques du mĂ©tierâ, Bertrand FougĂšre a acceptĂ© certaines responsabilitĂ©s, notamment depuis quinze mois. ChargĂ© dâune mission sur la structuration de lâĂ©cosystĂšme du bien-vieillir par lâex-ministre des SolidaritĂ©s Aurore Berger, dont lâinstabilitĂ© politique ambiante a finalement eu raison, il copilote toujours le Grand DĂ©fi « Dispositifs mĂ©dicaux numĂ©riques et bien-vieillir » avec le Dr Line Farah depuis octobre 2023. « Bertrand aime sincĂšrement les seniors. Il sâest donnĂ© pour mission de lutter contre les discriminations et de prĂ©parer la sociĂ©tĂ© au changement. Rien ne pourra lâarrĂȘter », renchĂ©rit Sarah Legland, dĂ©sormais chargĂ©e dâappui Ă lâorganisation de lâoffre nationale des personnes ĂągĂ©es au sein de la CNSA. VĂ©ritable trait dâunion entre les gĂ©nĂ©rations, Bertrand FougĂšre entend faire le lien entre les dĂ©cideurs et les acteurs de terrain, qui « ne parlent pas le mĂȘme langage ». Pour y remĂ©dier, il vient de terminer un master en gestion et politiques de santĂ© Ă Sciences Po Paris. La suite nâest pas encore Ă©crite⊠l