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Diabolo Poivre La Brasserie de

JÉRÔME FRICKER

LA BRASSERIE DE L’HÔTEL DES POSTES SE DÉVOILE

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Avec une ouverture programmée au premier semestre 2023, la Brasserie de l’Hôtel des Postes, nouveau projet d’envergure du groupe strasbourgeois Diabolo Poivre, est un chantier colossal chiffré à 4 millions d’euros, géré par Creatio et imaginé par le designer Pascal Claude Drach. Visite guidée.

L’équipe de Diabolo Poivre. I ls pensaient avoir réalisé leur projet le plus fou en transformant la Strassburger Bank de la rue du Vieux-Marché-aux-Vins en un Drunky Stork Social Club à l’esprit londonien. Avec le bâtiment historique de l’Hôtel des Postes, le groupe Diabolo Poivre s’attaque une nouvelle fois à du lourd. Côté avenue de la Marseillaise, une brasserie « élégante » se révèlera au premier semestre 2023 dans un volume impressionnant, après neuf à dix mois de travaux. « Dans le cadre de la rénovation de l’Hôtel des Postes démarré en 2019, la direction de Bouygues cherchait un propriétaire exploitant pour 900 m2, capable de mener de grands travaux et de proposer des prestations de qualité, précise Jérôme Fricker, co-gérant du groupe Diabolo Poivre avec Gilles Egloff et Christophe Lemennais. Nous avons acheté les murs. Le chantier se révèle complexe notamment pour la ventilation, l’extraction, la climatisation, le chauffage, l’assainissement… Nous sommes soumis à plusieurs autorisations puisque notre chantier est en interaction avec des lots

L’Hôtel des Postes

de bureaux, d’habitation, une maison de retraite. » Pour enterrer les différents réseaux, sanitaires, d’électricité, d’assainissement, l’agence Creatio a dû créer un bâtiment neuf, sous le bâtiment existant, avec les contraintes d’exploitation et sanitaires d’un restaurant. « Ils sont rodés, car ils travaillent avec nous depuis notre premier resto, rappelle Jérôme Fricker. Mais pour le Stork, par exemple, il y avait un sous-sol existant, nous n’avions pas de terrassement à créer. Ici, c’est une aventure technique, car le tuyau doit sortir pile au bon endroit ! » Un chantier colossal, donc, chiffré à 4 millions d’euros contre les trois prévus initialement.

« ICI, ON EST DANS UNE CATHÉDRALE, ON NE VA PAS INSTALLER DU CARRELAGE PREMIER PRIX. »

NOUS NOUS SOMMES ATTACHÉS À CONSERVER CE QUE L’ON AVAIT.

La brasserie devrait une nouvelle fois faire son petit effet waouh ! à l’instar du Stork, ne serait-ce que par ses volumes impressionnants. Et ce dès l’entrée, avec sa double arche en grès avec une belle hauteur sous plafond

L’Hôtel des Postes en chantier.

« NOUS N’AVONS RÉCUPÉRÉ QUE PEU DE CHOSES DU PASSÉ HISTORIQUE, MAIS NOUS NOUS SOMMES ATTACHÉS À CONSERVER CE QUE L’ON AVAIT. »

« et une installation lumineuse avec l’idée d’un porche ouvert sur la rue », précise Pascal Claude Drach, une nouvelle fois designer du projet. Deuxième effet waouh ! avec la salle de restauration principale de 300 m2 et cinq mètres de hauteur sous plafond, surplombée d’une triple verrière d’origine restaurée à 6,50 mètres de hauteur. 210 couverts y seront servis, répartis entre cette salle principale et un espace plus intimiste en bord de cour intérieure. L’espace central sera articulé autour d’un imposant bar de 13 mètres de long et 5 mètres de large, « dans le même souci qu’au Stork de meubler l’espace, de le cloisonner visuellement et d’apporter une dynamique acoustique à l’ensemble », précise Pascal Claude Drach. On y trouvera tout au long de la journée un bar à desserts et un bar aux produits de la mer, qui devraient allécher les amateurs. En parallèle, la cuisine ouverte fera face aux banquettes installées de manière concentrique, « pour une cuisine très active, très vibrante, à l’aplomb de la 3e verrière et protégée par une mezzanine où seront logés les locaux techniques et sociaux », ajoute le designer. Un espace séminaire de 30 à 65 places sera également privatisable à l’avant de la brasserie. Résolument attaché à conserver un maximum d’éléments historiques, Diabolo Poivre et son designer ont dû se résigner à faire avec finalement assez peu de matière, comme nous l’explique Pascal Claude Drach : « Ce bâtiment néo-gothique date de 1899 et a été démoli pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le système central, bombardé, a été refait en grès rose à l’inverse du reste du bâtiment gris, pour marquer la défaite allemande. Là où nous serons, se trouvait le centre de tri postal, qui a été refait finalement avec peu de souci du design. Nous n’avons récupéré que peu de choses du passé historique, mais nous nous sommes attachés à conserver ce que l’on avait. » Comme les arches en grès, voûtes et colonnes en fonte d’origine dans la salle arrière. Côté déco, l’ambiance sera plus sobre que dans les autres établissements à la décoration très affirmée, avec des touches poétiques, quelques clins d’œil à l’univers postal, et un soin particulier accordé aux matériaux. « Ici, on est dans une cathédrale, on ne va pas installer du carrelage premier prix », sourit Jérôme Fricker. Une brasserie élégante en résumé, à découvrir au premier semestre 2023, selon l’avancée des travaux. a