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L E M AG A Z I N E D ’ U N AU T R E R EG A R D S U R ST R AS BO U RG

Habiter

2021

LE H O RS -S É R I E D E L’ H A B I TAT À ST R AS BO U RG




a OR NOR M E – HABIT ER

HABITER Par Aurélien Montinari, rédacteur en chef

« Il faut apprendre à discerner les chances non réalisées qui sommeillent dans les replis du présent. Il faut vouloir s’emparer de ces chances, s’emparer de ce qui change. » É ANDR GORZ

a ville est un lieu où s’exercent des jeux de pouvoir, avec leurs opportunités, leurs consensus et leurs tensions. Aujourd’hui, elle doit faire face à de nouveaux enjeux et défis, à la fois sociaux, économiques, environnementaux et donc, éminemment politiques. Cette 3e édition du magazine Or Norme hors-série Habiter se penche sur les rapports qu’entretiennent gouvernance et immobilier, ou comment décisionnaires publics et promoteurs privés doivent trouver des équilibres afin de co-construire la ville. Car Strasbourg poursuit sa mue et ne cesse d’accroître son attractivité, qu’il s’agisse d’habitat, d’entrepreneuriat, d’industrie, de loisirs ou de tourisme. De nouveaux programmes, raisonnés, donnent le ton d’une forme d’habitat innovante, à l’instar de Secret Garden, 3

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L’Inattendu ou encore Émergence ; des noms qui sonnent comme la promesse d’un avenir radieux. Symbole du dynamisme économique de Strasbourg, le siège de Puma France vient d’être inauguré au quartier Archipel. Le Port Autonome de Strasbourg se transforme, alliant patrimoine, industrie et art de vivre. Le stade de la Meinau, bientôt en rénovation, se pense à l’échelle locale et régionale, non seulement comme une fierté, mais aussi comme un marqueur territorial. Et, enfin, le nouvel hôtel LÉONOR termine d’asseoir Strasbourg comme haut lieu touristique dans le monde… Chef-lieu de la région Grand Est et capitale européenne, Strasbourg cristallise les enjeux contemporains du bâti. Les challenges à relever sont ceux du dialogue et de l’ouverture, pour une ville belle à vivre pour tous, aujourd’hui et demain. HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter


SOMMAIRE H AB I TE R 2021

08-45 a Immobilier

Table ronde Les acteurs du bâtiment et du logement se parlent 10 Olivier Kinder « Nos entreprises se sont adaptées » 22 Frank & Vinci Une émeraude aux portes de Strasbourg 24 Creatio Une rentrée pleine de nouveautés 28 Nexity La crise sanitaire, c’est aujourd’hui qu’elle se ressent… 32 Nouvel R Une nouvelle ère commence ! 34 Seltz « Notre activité se développe au niveau industriel » 35 Joaquim Armindo Un chantier hors du commun 36 Nhood Mieux vivre la ville 38 3B Immobilier Les puissants crédos de Georges Bousleiman 40 Trianon « Cette crise nous a confortés dans nos choix… » 44

46-57 a Urbanisme

48 Build & Connect Agir ensemble pour innover 50 Alain Jund Les immenses enjeux des extensions 52 Les Cahiers POPSU L’odyssée du PAS

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84-101

a Architecture

AMO L’architecture en partage 60 Frédéric Thommen et Alain Plet La Meinau, fierté strasbourgeoise 62 Wienerberger Demandez-nous la Terre ! 68 Le LÉONOR The place to live 70 Matthieu Husser Architectures Bâtiments bioclimatiques et passifs 74 La Manufacture Elle s’ouvre sur la ville 76 Puma La griffe de l’ambition 80

a Design

86 Aurélia Berauer « C’est véritablement utile puisque c’est joli » 88 Studio BC Duo créatif de A à Z 90 Klafs Le bien-être sur-mesure 94 Vertu Du design végétal et durable 96 Immoval Service Prestige pour clientèle premium 98 Artparc Galerie d’art à ciel ouvert

a Portfolio

102 Bartosh Salmanski Photographe

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a OR NORM E – H A B I T ER

IMMOBILIER

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a IMMOBI L I E R – TA BL E RON DE Jean-Luc Fournier

Marc Swierkowski

TABLE RONDE LES ACTEURS DU SECTEUR DU BÂTIMENT ET DU LOGEMENT SE PARLENT… Autour de la table, réunis par Or Norme dans les salons de l’hôtel BOMA à Strasbourg : Suzanne Brolly, adjointe à la ville résiliente, en charge de l’urbanisme et des espaces verts à la Ville de Strasbourg, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg en charge de l’habitat, du foncier, du bâti et du non bâti et de l’hébergement d’urgence – Cédric Simonin, PDG de Trianon Résidences – Bruno Beni, président de Topaze Promotion, ex-président de la Fédération des promoteurs immobiliers du Grand Est – Georges Bousleiman, président de 3B Immobilier et Arnaud Ferrière, directeur régional de Nexity. Dix-huit mois après le début de la crise sanitaire, un an après le second tour des élections municipales, l’évocation de nombreux problèmes et interrogations a traversé cette table-ronde… 10

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Arnaud Ferrière

Nous sortons tous d’une très éprouvante et inédite période de dix-huit mois marquée par les confinements, couvrefeux et autres restrictions d’ampleur causées par la crise sanitaire due au virus du Covid-19. Pour ne parler que du seul plan économique, comment vos entreprises sont-elles parvenues à surmonter ces handicaps et quel est l’état global de leur santé économique à l’heure où nous nous parlons en cette fin juin 2021 ?

« ATTIRER LES FOYERS DE LA FRANGE MOYENNE DEVIENT UN VRAI CHALLENGE ET ON A UN VRAI PROBLÈME D’ATTRACTIVITÉ. »

Arnaud Ferrière : « Ce qui nous intéresse ici est notre région, mais je vais néanmoins commencer par un petit focus au niveau national : en 2020, au niveau du groupe Nexity, le Covid a eu un impact fort. Nous intervenons Arnaud Ferrière sur la partie promotion, mais pas seulement : d’ailleurs aujourd’hui, sur les 10 000 salariés du groupe, 7 500 interviennent dans les services. On regarde donc les choses avec l’approche promotion en amont, mais aussi celle de l’exploitation et de la gestion. C’est cela qui nous permet aujourd’hui de mesurer aussi l’impact de certains changements HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Réunis par Or Norme, les acteurs de l’immobilier et du bâtiment ont pu dialoguer sur les problématiques du secteur. De gauche à droite, Suzanne Brolly adjointe à la maire de Strasbourg et viceprésidente de l’Eurométropole, Cédric Simonin, PDG de Trianon Résidences, Bruno Beni président de Topaze Promotion, Georges Bousleiman, président de 3B Immobilier et Arnaud Ferrière directeur général de Nexity

politiques à la tête des collectivités locales, avec de grands projets locaux qui sont aujourd’hui réinterrogés, je citerais la ZAC des Deux-Rives ou le quartier Archipel, par exemple. 2020 a donc été régionalement une année difficile, en recul. À Strasbourg, Nexity emploie 130 collaborateurs, 46 sur la partie promotion, le reste s’occupant du service, de l’aménagement et des autres entités du groupe. Nous travaillons avec nombre de prestataires locaux, donc Strasbourg représente un positionnement important au sein de notre société, dans un a IM MOBILIE R

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« NOTRE MÉTIER RESTE CELUI D’ACCOMPAGNER LES COLLECTIVITÉS. » Georges Bousleiman

« JE SUIS CONSCIENTE QU’IL FAUT QUE L’ON TRAVAILLE ENSEMBLE POUR TROUVER LES JUSTES ÉQUILIBRES… » Suzanne Brolly (ci-dessus)

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contexte de pénurie de l’offre que nous constatons depuis au moins 2020. S’ajoute à cela l’importante hausse des coûts au niveau des matériaux de construction, sans parler des difficultés d’approvisionnement qui se ressentent désormais assez violemment… La raréfaction de l’offre entraîne mécaniquement la hausse des prix du foncier et donc, je m’interroge sur le vrai travail qui est fait en direction des populations en manque d’hébergement avec ces aides importantes en faveur des plus démunis, ce qui est évidemment une bonne chose. Mais, au vu des prix de sortie, il est évident que ce n’est pas tout le monde qui peut acquérir dans le neuf. Du coup, attirer les foyers de la frange moyenne devient un vrai challenge et on a un vrai problème d’attractivité sur ce que nous sommes à même de proposer…

normal : je le vois bien aussi à Nancy où la nouvelle municipalité s’interroge elle aussi sur certains projets. De toute façon, notre métier reste d’accompagner les collectivités. Personnellement, je ne suis pas plus inquiet que cela sur ce sujet. Ce qui m’inquiète est ailleurs : sur ce segment de la promotion, 3B Immobilier cherche à sortir de la standardisation afin de pouvoir attirer non seulement les investisseurs, mais aussi les primo-accédants à la propriété. Nous ressentons donc des difficultés, à ce niveau : l’an passé, nous sommes arrivés quasiment à 70% de ventes aux investisseurs, en moyenne, alors que les années précédentes nous étions à 60% voire en dessous. C’est donc très clair : les primo-accédants, et même aussi les foyers propriétaires d’un petit appartement dont la revente pourrait permettre de mieux se loger, ont du mal à franchir ce pas. Et aujourd’hui, ce sujet, de n’avoir Georges Bousleiman : Pour nous, à faire de plus en plus qu’à des investisl’impact est forcément moindre que pour seurs, est un réel problème. Je n’ai plus un opérateur national comme Nexity. Chez beaucoup de certitudes, donc je suis 3B Immobilier, nous sommes évidemment le marché tel qu’il est. Concernant les beaucoup moins nombreux. Nos chiffres acheteurs, il y a un vrai comportement de montrent que l’on s’en est globalement l’après-Covid et ces nouvelles données, il sorti en 2020. Concernant les alternances faut être franc, nous échappent encore un politiques, le phénomène est tout à fait peu : j’ai du mal à définir avec précision ce HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

qu’attend mon client de demain. Et puis, il y a aussi la hausse de l’immobilier. Ce n’est pas rare de voir un appartement qui s’est vendu il y a trois ans 5 600€ le m2 se revendre aujourd’hui 7 500€ le m2. Mais qui peut encore se payer un bien immobilier à ces prix-là ? L’interrogation majeure que nous devrions tous avoir est là… Bruno Beni : Sur le plan national, il y a eu deux phénomènes ces années passées. Le premier phénomène était prévu, mais il a été amplifié : ce sont les dernières élections municipales. On sait pertinemment, avec un recul de vingt ans désormais, que six mois avant ces élections, il y a une forte baisse des autorisations en matière d’urbanisme, les permis de construire ou les autorisations d’aménager. Mais cette fois-ci, pour l’élection municipale 2020, ça a commencé un an avant ! Ajoutez à cela le Covid qui a prolongé de six autres mois le délai de tenue du deuxième tour : aujourd’hui, on paie la note de tout cela. Toujours au niveau national, les autorisations d’urbanisme ont baissé de 20 à 50% suivant les régions. À Bordeaux, par exemple, tout l’écosystème de l’habitat est mort d’inquiétude. Nous n’en sommes heureusement pas là HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

dans le Grand Est qui est moins touché que d’autres. Le second phénomène est bien sûr l’apparition de ce virus au printemps 2020. Après m’être retrouvé confiné chez moi en télétravail comme tous mes collaborateurs, nous sommes vingt-deux, je me suis sérieusement demandé ce que j’allais trouver derrière la porte quand elle allait de nouveau se rouvrir ! De manière très réconfortante, on a pu constater que ça a redémarré tout de suite. Et au final, l’année 2020 a été plus que convenable, certes un peu en retrait par rapport à ce que l’on avait auparavant, mais néanmoins bénéficiaire… En ce qui concerne nos constats sur le terrain, il est évident que d’un bout à l’autre de l’Eurométropole, il y a un manque flagrant de produits disponibles. Il y a une grosse difficulté pour obtenir des permis de construire. Il y a une douzaine d’années, entre le moment où l’on trouvait un terrain et le moment où l’opération était livrée, trois ans s’étaient écoulés. Aujourd’hui, nous en sommes à cinq ans. Ce qui veut dire pour vous Mme Brolly, qui êtes une élue, que les opérations qui s’engagent maintenant ne seront pas terminées à la fin de votre mandat… Ce phé-

nomène a une incidence sur les prix, car les frais de gestion de nos entreprises ont explosé. Ce ne sont pas les chantiers qui durent plus longtemps, c’est le montage des opérations. Ça devient impensable… Ce que je vais dire pourra paraître un peu dur, mais, avec nos architectes, il semble que nous soyons brutalement devenus des incapables puisque l’on n’obtient plus un seul permis de construire sans plusieurs allers et retours avec l’administration et ces délais sont longs comme un jour sans pain. Cela se vérifie à Strasbourg comme partout ailleurs. Du coup, on a des clients certes, mais il y a un tel souci avec l’offre que l’inquiétude grandit. Le secteur du bâtiment a tenu la route pendant ces dix-huit derniers mois : nos emplois ne sont pas délocalisables, on paie de la TVA et notre secteur pèse très lourd dans le PIB national : il faut donc nous soutenir. Dernier point : j’en ai un peu marre de voir presque tous les jours dans le journal un article allant contre les promoteurs. On a mauvaise presse, on lit partout que ce n’est pas bien de construire, pas bien de bétonner, 90% des articles sont orientés contre notre profession. Et pourtant, il faut construire, ce n’est même pas un sujet. Les statistiques de l’Insee sont formelles : a IM MOBILIE R

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« QUAND ON PARLE D’URBANISME, IL FAUT SAVOIR LAISSER DE LA PLACE À LA SOUPLESSE. ON VOIT BIEN QUE LES USAGES CHANGENT. » Arnaud Ferrière

« CE QUI NOUS MANQUE, C’EST DE SAVOIR AVEC EXACTITUDE QUELLE EST LA VISION DES ÉLUS À LONG TERME. » Cédric Simonin (ci-dessus)

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aujourd’hui, il y a 2,3 personnes par logement, en moyenne. À l’horizon 2030, ce sera 1,9. À population égale, il faudra donc plus de logements… Cédric Simonin : Je ne vais évidemment pas répéter tout ce qui vient d’être dit, je m’inscris moi aussi pleinement dans ces propos. Il y avait une vraie dynamique qui s’est arrêtée nette à l’été 2019, en raison des élections à venir comme cela a été dit. On dit souvent qu’un maire bâtisseur est un maire qui va perdre les prochaines élections. Il faudrait se poser la question du pourquoi. On pourrait parfaitement imaginer d’appréhender la question de l’urbanisme d’une façon tout à fait différente. Je pense que c’est en train de se faire jour : on peut essayer de comprendre l’attitude des élus, mais est-ce que la réciproque est toujours vraie ? Je ne le pense pas. Il y a certes des échanges, mais si on est souvent écoutés, on n’est pas toujours ni même souvent entendus. C’est dommage et comme l’a dit Bruno, on se sent diabolisés. Il y a sans doute eu des moments, il y a très longtemps, où l’on s’est peut-être rendus détestables en ne prenant pas assez en considération notre environnement global, le quartier, le territoire et les problématiques spécifiques des élus, mais il y a eu un changement

de paradigme qui s’est opéré et c’est à nous d’accompagner ce changement. On le fait : on participe à nombre de réunions en ce sens avec les élus, et ce, depuis des années. Mais sincèrement, on a du mal à cerner l’objectif réel. Ce qui nous manque, c’est de savoir avec exactitude quelle est la vision des élus à long terme, car, Bruno l’a dit aussi, cela ne peut pas être sur un seul mandat. Cette vision devrait s’inscrire sur dix ou quinze ans, vingt ans peutêtre même, et elle devrait faire abstraction des échéances électorales. Elle devrait de loin dépasser les intérêts de tel ou tel parti à la tête de la collectivité. Chaque élu devrait privilégier l’intérêt général de sa ville, pas celui de son parti politique. Nous, on pourrait alors facilement s’inscrire là-dedans. Ce serait bien que nous ayons des élus un peu plus radicaux, quelquefois. On aimerait les entendre nous dire : OK, nous avons besoin de logements, mais il ne faut pas qu’ils soient réservés à une élite, comme c’est en train de se profiler. Ma seule crainte est là… Mme Brolly, vous avez écouté avec beaucoup d’attention les interventions qui viennent d’avoir lieu. Pour préparer cette table-ronde, nous avons beaucoup questionné les entreprises et pas seulement celles qui sont autour de cette HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

table, ce matin. Beaucoup des questions qu’elles se posent sont liées de près ou de loin au changement d’équipes municipales, et cela ne concerne pas que la seule ville de Strasbourg. L’organisation quelque peu erratique des élections, due à la crise sanitaire, a fait qu’il n’y a pas une connaissance fine des projets des élus en matière d’urbanisme et de logement. Il y a manifestement une forte demande de précisions. Où veulent-ils en venir, quelle est leur politique précise sur ces questions : voilà les questions que l’on entend se poser un peu partout, très ouvertement…

Suzanne Brolly : Je vais donc utiliser ce temps de parole pour préciser tout cela, tant en direction des citoyens que des entreprises du secteur du bâtiment et des acteurs de l’immobilier. Je veux quand même rappeler que depuis un an, je reçois ces acteurs très, très régulièrement lors de tête-à-tête destinés à échanger sur toutes ces questions. Rares sont donc les promoteurs que je n’ai pas encore rencontrés… Je ne vais pas vous abreuver de chiffres, mais pour ma part, pour celle de la maire de Strasbourg et celle de la présidente de l’Eurométrople, nous avons toujours affirmé notre volonté de continuer à construire. Pas de la même HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

façon qu’auparavant certes, mais nous savons bien qu’il y a un déficit en logements sur nos territoires, notamment en matière de logements dits intermédiaires. En effet, vous avez raison, les personnes qui habitent aujourd’hui dans le parc de logements sociaux n’accèdent plus à ce type de logements. En ne devenant plus propriétaires, ils paralysent la rotation dans le logement social. Et l’on en arrive à se retrouver avec 22 700 demandes de logements sociaux qui sont en attente… car la demande est de plus en plus forte. Strasbourg est une ville qui paraît très riche, mais c’est un trompe-l’œil : près de 20% des Strasbourgeois vivent en dessous du seuil de pauvreté… Pardon de vous interrompre, mais vous n’ignorez pas les bruits qui courent sur le nombre de logements que vous voulez construire, annuellement. Les années précédentes, ce nombre tournait autour de 3 000 logements. Certains craignent qu’il chute aux alentours de 1 800. Est-ce que c’est vraisemblable ?

Suzanne Brolly : Aujourd’hui, j’ai une démarche active dans la production, mais je réinterroge les endroits où l’on produit ces logements et la nature même des logements à produire. Le chiffre est à

requestionner lui aussi, mais aujourd’hui, rien n’a été arrêté puisque dès cet été, nous allons entamer une évaluation du volet habitat du plan local d’urbanisme qui va me permettre d’évaluer la capacité de chaque commune de l’Eurométropole en matière de foncier donc de production. Cette évaluation va prendre six à sept mois, on annoncera des chiffres à la fin de l’hiver prochain. À cet effet, j’ai prévu de relancer les Rencontres de l’Habitat qui comporteront une Conférence grand public. Vous dites tous vous sentir agressés, je l’entends bien, mais les élus le sont aussi. À chaque fois que je signe un permis de construire, je suis attaquée derrière, c’est une réalité pour nous aussi. Vous dites aussi que l’on n’est pas toujours là pour travailler avec vous et pourtant, je vous écoute et je vous entends, et c’est les deux à la fois, je précise. En revanche, si je vous écoute et si je vous entends, je ne ferai pas toujours comme vous, vous avez décidé de faire, parce que je ne perds pas de vue cette notion d’intérêt général qui me tient à cœur et parce que j’essaie d’avoir une approche globale sur ces sujets. Je pense donc que si le PLU répond aujourd’hui à certains objectifs que nous nous sommes fixés, il ne le fait pas dans l’intégralité. On ne peut plus, par exemple, continuer dans certaines a IM MOBILIE R

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j’ai en effet réinterrogées sur les projets Archipel et Deux-Rives, des lieux où l’on n’avait pas forcément pensé aux écoles ou aux gymnases. Mais des parkings, ça, il y en avait…, alors que ces deux secteurs sont parfaitement équipés en transports en commun. Le réflexe reste de se dire qu’il faut toujours garer des voitures. Je pense qu’il faut revoir à la baisse la quantité des besoins pour pouvoir réguler. Plus vous fabriquez des places de parking, plus vous stimulez le réflexe d’utiliser la voiture. Moi, je préfère contraindre en réduisant les places de parking, pour réduire le nombre de voitures… Bruno Beni : Pourquoi pas de nouvelles règles, au fond ? Mais moi je pense que quand on change une règle à ce point, il faut aussi changer les règles au niveau des parkings. Elles n’ont pas été changées et du coup, on ne peut plus construire…

Bruno Beni

zones à avoir une approche « village » et continuer à autoriser des pavillons. Comme le foncier est rare, je serai alors plutôt pour des petits collectifs très qualitatifs, comme cela se fait depuis longtemps chez nos voisins allemands. Tous les paramètres que nous connaissons aujourd’hui, notamment ceux de l’évolution des mœurs et de la population, nous devons les intégrer dans ce qui va, au final, définir le nombre de logements à construire. Et nous allons le faire de la façon la plus pragmatique possible… Je m’adresse donc aux acteurs de l’immobilier présents autour de cette table. Quelle est votre réaction à ces propos de Mme Brolly ?

Bruno Beni : Avec ma Fédération, on a fait un très gros travail d’analyse sur le PLU n° 3 que vous allez adopter dans quelques jours. Je vous l’ai d’ailleurs remis personnellement ainsi qu’à Mme Dambach qui est en charge de ces problèmes à l’Eurométropole. Je ne peux pas être trop technique, mais il y a une mesure relative à la prise en compte de l’emprise au sol des surfaces de parkings qui figure au PLU, c’est la modification n° 3, qui, tout simplement, divise par

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deux la constructibilité sur certains terrains disponibles à peu près dans toutes les communes. Cette mesure est clairement contraire aux règles d’urbanisme national. Par ailleurs, vous nous dites qu’il ne faut plus artificialiser les sols, et nous le comprenons, mais en même temps vous mettez ce genre de règles en place. J’ai moi-même un exemple de production à Mittelhausbergen où l’on devait édifier deux petits collectifs de sept logements chacun : on en arrive à six maisons. Au-delà de cet exemple qui concerne ma société, je me fais l’écho de toute la profession : on a vraiment du mal à comprendre que l’on puisse pratiquer ainsi, d’autant que les 33 maires des communes de l’Eurométropole sont loin d’être unanimes sur ces sujets… Suzanne Brolly : Nous sommes clairement en désaccord sur ce sujet. Je préfère avoir en effet un parking souterrain plutôt qu’un parking en surface, c’est autant de surfaces en pleine terre que l’on va avoir pour réduire les îlots de chaleur et permettre aux eaux pluviales de s’infiltrer. Au-delà, charge à nous d’augmenter l’offre de transports en commun, d’augmenter les liaisons douces afin de pouvoir réduire les besoins en voitures, toutes choses que HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Suzanne Brolly : C’est compliqué les changements au sein du PLU. Mais je suis d’accord, il y a des réajustements à prévoir…

« AUJOURD’HUI, IL Y A 2,3 PERSONNES PAR LOGEMENT, EN MOYENNE. À L’HORIZON 2030, CE SERA 1,9. À POPULATION ÉGALE, IL FAUDRA DONC PLUS DE LOGEMENTS… »

Georges Bousleiman : Je pourrais vous parler des sols vivants jusqu’à demain, cela fait vingt ans que l’on essaie de tenir compte de cela. Savez-vous, Mme Brolly, qui a généré les bâtons dans les roues que nous avons rencontrés ? Ce sont vos propres services : pas plus tard que la semaine passée, j’ai encore reçu des e-mails de vos services exigeant que l’on imperméabilise des places et des cheminements alors que j’ai des autorisations administratives pour garder les sols vivants. Je ferme cette parenthèse. Je reviens sur la place des voitures. Pour moi, la question à laquelle je suis confronté est simple : est-ce que je mets en soussol les 1,8 place de voiture par logement autorisée pour un projet où je ne peux pas monter en hauteur parce que le PLU me l’interdit ou est-ce que j’artificialise et rends ainsi stérile les sols alentour ? Bruno Beni Comment je peux répondre à de telles réglementations ? Dans tous les cas, c’est un dilemme et cela me sera reproché en tant que promoteur. Quand on touche à un élément d’un PLU, il faut impérativement penser à toutes

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« PLUS VOUS FABRIQUEZ DES PLACES DE PARKING, PLUS VOUS STIMULEZ LE RÉFLEXE D’UTILISER LA VOITURE. MOI, JE PRÉFÈRE CONTRAINDRE EN RÉDUISANT LES PLACES DE PARKING, POUR RÉDUIRE LE NOMBRE DE VOITURES… » Suzanne Brolly

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les conséquences en découlant… C’est difficile pour nous : quand on négocie très en amont le terrain avec son propriétaire, on le fait en ayant en tête une réglementation donnée, qui est celle qui existe à ce moment-là. Si cette règle change ensuite en cours de route, on en arrive vite à de la surenchère, ce sont des pertes financières considérables et du gâchis d’énergie, aussi. Il faudrait un système dans lequel les périodes de transition seraient plus longues et mieux adaptées… Cédric Simonin : L’idée serait de vous dire : OK, écrivez-les règles et nous les respecterons. Ce qui fait que l’on pourrait éviter ainsi le cas très fréquent où, au moment de la dépose du permis, vous nous supprimez un étage dans la plupart des productions que nous présentons à votre validation. C’est devenu très fréquent, trop fréquent… Quand vous imaginez une nouvelle règle, commentez-la nous en amont : on a l’expertise technique pour vous dire immédiatement si c’est jouable ou non et dans quelles conditions…

bien que les usages changent. Que pensez-vous du parking-silo, qui pourrait être une solution ? J’aimerais également vous entendre sur le thème de la densité… Suzanne Brolly : Je ne suis absolument pas contre le fait de monter. La hauteur des immeubles, ça ne me dérange pas. Ce sont des économies de surface, mais aussi de réseaux. Je ne suis pas contre les parkings-silos, on peut les penser en mode réversible et les coupler avec des services à la population, pour qu’ils ne soient pas mono-fonctionnels : une conciergerie à leur base, la présence d’un réparateur de vélos… Cela veut dire que tout cela doit s’examiner au cas par cas, c’est une nouvelle façon de traiter chaque projet. Il faut optimiser les surfaces déjà artificialisées et dans ce caslà, j’autorise le sur-bâti et si ce n’est pas possible, alors il faut procéder à la démolition de bâtiments trop vétustes ou trop consommateurs en énergie. On doit travailler ensemble pour trouver l’approche la moins consommatrice possible en espace et la plus pertinente pour répondre aux différents besoins.

Georges Bousleiman : En France, on a une loi qui protège l’air, une autre qui protège l’eau. La seule solution serait de bénéficier d’une loi qui protège le sol.

Arnaud Ferrière : J’en reviens à une question simple : pourquoi, quand les règles du PLU sont revues, ne sommesnous pas nous autres professionnels Arnaud Ferrière : Quand on parle de associés à la réflexion par vos services, textes relatifs à l’urbanisme, il faut savoir tout en sachant bien sûr qu’au laisser de la place à la souplesse. On voit final, c’est l’élu qui décide ? La

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« EN FRANCE, ON A UNE LOI QUI PROTÈGE L’AIR, UNE AUTRE QUI PROTÈGE L’EAU. LA SEULE SOLUTION SERAIT DE BÉNÉFICIER D’UNE LOI QUI PROTÈGE LE SOL. » Georges Bousleiman

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concertation vaut mieux que toute autre chose, non ? Aujourd’hui un permis sur deux est attaqué et à peu près 100% des PLU le sont aussi. Si un travail plus fin était de mise en amont, on n’en arriverait plus à ces extrêmes…

il y a des secteurs où il faudra être un peu plus prudent, je pense notamment à l’offre hôtelière où l’on propose aujourd’hui encore beaucoup de nouveaux hôtels alors que les hôteliers existants, durement impactés par la crise sanitaire, auraient plutôt besoin de clients pour songer à Mme Brolly, on pourrait penser que rénover leur établissement. Mais oui, on c’est l’expression du bon sens que nous a besoin de logements pour les étudiants venons d’entendre, non ? ou pour les seniors, mais il faut que ces logements soient abordables et agréables Suzanne Brolly : Qu’il y ait trop de à vivre. Je ne veux pas que l’on produise normes en France, ce n’est malheureuse- du logement pour faire de l’investissement pas moi qui vais pouvoir faire chan- ment, style Pinel, je veux que l’on proger cela. Sur la modification n° 3 du PLU, duise des logements où les gens qui vont je sais que des ateliers avaient été orga- les habiter vont se sentir bien. La crise nisés avec des promoteurs pour travail- Covid nous a aussi montré à quel point ler sur son écriture. Pour la modification nous avions négligé cet aspect du bienn° 4, je suis complètement d’accord pour vivre en matière de logements : les plaqu’un travail beaucoup plus fin soit envi- fonds bas, la réduction au maximum de la sagé commune par commune, quartier par surface des pièces, l’absence de balcons quartier, îlot par îlot. Ce travail est engagé. ou d’espaces extérieurs. Il va falloir traiBien entendu, il sera partagé avec vous ter ces problèmes-là et c’est aussi ce que tous… Son terme est prévu à la fin 2022. j’attends de la part des producteurs de Mais puisque nous parvenons au logements tout en ayant bien conscience terme de cette table-ronde, je voudrais que c’est difficile, que le foncier est de une nouvelle fois préciser que le travail plus en plus cher, que le prix des matéqui a été fait dans la dernière mandature riaux est en forte hausse et qu’en plus par Syamak Agha Babaei, notamment, je les contraintes réglementaires ne cessent le poursuis et que je tiens tout autant à d’augmenter elles aussi. Je conviens parcontinuer à avoir une production et un faitement que vous ne faites pas un métier rythme de production qui répondent à facile, Messieurs, et je suis consciente nos besoins. Je ne suis évidemment pas qu’il faut que l’on travaille ensemble pour contre la construction de logements, mais trouver les justes équilibres… » a

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a IMMOBI L I E R – F ÉDÉRATION DES PROMOT EU RS I M MOBI LI ERS Jean-Luc Fournier

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OLIVIER KINDER « NOS ENTREPRISES SE SONT ADAPTÉES » Tout frais élu à la présidence de la Fédération des Promoteurs Immobiliers du Grand Est, Olivier Kinder, fort d’une déjà longue et riche expérience au sein des professions du secteur, parie sur l’appétence des Français pour l’immobilier…

Vous venez de succéder à Bruno Beni à la présidence de la FPI Grand Est. Un mot d’abord sur votre carrière dans le secteur, à ce jour ? « J’ai démarré dans la vie professionnelle chez Nexity Foncier Conseil afin de développer des lotissements, puis j’ai rejoint le Bailleur I3F. Cinq ans plus tard, le promoteur régional Opéra Construction m’a contacté pour reprendre la direction du développement puis la direction générale de la filiale Alsace. Icade ayant ensuite absorbé Opéra Construction, j’ai dirigé pendant douze ans une équipe d’une trentaine de personnes sur l’Alsace qui a réalisé des opérations emblématiques comme les Docks ou encore les Black Swan à Strasbourg. Depuis quatre ans, je suis le DG du promoteur régional indépendant Boulle, implanté à Rosheim. Nous réalisons 200 logements par an en Alsace, principalement sur le piémont des Vosges, le Kochersberg et le secteur colmarien. Nous en sommes aujourd’hui à dix-huit mois d’une crise sanitaire qui a impacté

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considérablement l’activité du pays et singulièrement celle du monde économique. Quel est le bilan de cette crise au niveau de votre secteur d’activité ? Notre secteur n’aura été impacté que durant le premier confinement. Le choc passé, nos entreprises se sont adaptées. Personnellement, je pense que ce qui nous a considérablement impacté, ce sont les élections municipales de l’an passé. Notre métier est plus difficile que jamais à exercer. Nous sommes souvent montrés du doigt et stigmatisés par certains élus et collectifs d’habitants qui refusent la construction de nouveaux logements dans leur ville, dans leur quartier. Alors que les besoins sont là. Nous devons donc plus que jamais faire comprendre la nécessité de construire des logements, car le marché est resté dynamique. Quelles peuvent être raisonnablement les perspectives d’ici un an ? On n’échappera pas à une augmentation significative des prix de vente des logements, liée à une baisse importante HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

de la production. Car, cela s’est toujours vérifié par le passé, la rareté engendre l’augmentation des prix. Cette augmentation de nos prix de vente sera renchérie par la nouvelle réglementation thermique RE 2020 et l’augmentation des coûts des matières que nous constatons depuis déjà quelques mois… Qu’avez-vous appris personnellement de ces derniers mois inédits ? Personnellement, j’ai appris à adapter la manière de travailler. La mienne et celle de nos équipes. Le télétravail a abondamment été plébiscité par les collaborateurs du groupe Boulle. À ce jour, nous poursuivons l’exercice, car il a été convaincant pour certaines personnes et certains métiers. Une charte a été mise en place pour éviter les dérives et abus. J’ai également constaté que même en période de pandémie, l’appétence des Français est toujours au rendez-vous quand il s’agit d’immobilier. Se loger demeure une nécessité et l’enjeu principal est de ne pas laisser une minorité aggraver la question du logement en France… » a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« SE LOGER DEMEURE UNE NÉCESSITÉ ET L’ENJEU PRINCIPAL EST DE NE PAS LAISSER UNE MINORITÉ AGGRAVER LA QUESTION DU LOGEMENT EN FRANCE… »

Olivier Kinder, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers du Grand Est.

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a IMMOBI L I E R – S ECRET GA RDEN Aurélien Montinari

Abdesslam Mirdass

FRANK IMMOBILIER ET VINCI IMMOBILIER UNE ÉMERAUDE AUX PORTES DE STRASBOURG Pensé comme un havre de paix préservé, et à l’initiative de Didier Frank, le nouveau programme de FRANK Immobilier et VINCI Immobilier fait renouer habitat et nature pour une expérience de vie inédite à quelques minutes du centre-ville seulement... minutes à vélo depuis la place Kléber, voilà la distance qui sépare l’hypercentre d’un Eden abrité des regards, la résidence Secret Garden, 21 rue Jean Mentelin à Koenigshoffen, qui sera achevé en 2023. Une résidence comme un refuge, située au cœur du parc naturel urbain de 450 hectares, au bord des rives du Canal de la Bruche. « Notre but était de remettre la nature au cœur du débat. Sur l’îlot de la résidence, il n’y a pas du tout de voitures, uniquement du cheminement piéton et cycle. La résidence est bordée par un parking-silo qui sera végétalisé », confie Bruno Kany, directeur commercial chez VINCI Immobilier. Stationnement rapporté et transports doux prennent effectivement tout leur sens quand on sait que Secret Garden est Bruno Kany, directeur commercial chez accessible via un charmant trajet le long VINCI Immobilier. de l’eau, dans la verdure, sur une piste

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cyclable. À cela s’ajoutent deux lignes de bus à proximité, et le futur prolongement de la ligne de tramway F, actuellement en cours d’étude, de quoi préserver la quiétude des lieux.

UN ÉCRIN DE VERDURE

« NOTRE BUT ÉTAIT DE REMETTRE LA NATURE AU CŒUR DU DÉBAT. »

Projection extérieure du projet Secret Garden.

« Le point fort de cette opération, c’est évidemment cette immensité d’espaces-verts qui jouxtent la résidence. De plus, nous avons opté pour un étalement des différents bâtiments sur un vaste terrain. Nous voulions éviter que les habitants ne se sentent oppressés et privilégier les vues dégagées. » Pour Bruno Kany, l’avenir de l’immobilier passe par la prise en compte du confort, de la tranquillité, mais aussi de la communion avec la nature. Les longs mois de confinement ont d’ailleurs redéfini la demande en ce sens : HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

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Ci-dessus : Projection d’architecte de la vue panoramique du parc.

Projection d’architecte de l’attique du projet.

« Il y a une véritable envie de luminosité, d’ensoleillement, c’est quelque chose de totalement différent, on ne parle plus d’exposition. Nos logements sont lumineux et ils possèdent tous un extérieur, balcon, terrasse ou jardin. C’est un point essentiel, c’est ce que viennent chercher les acquéreurs, notamment suite à la crise sanitaire, une résidence aérée, tirée vers l’extérieur. » Donnant accès à un parc naturel, affichant une exposition pertinente à la course du soleil et totalement piéton, Secret Garden se veut « inspirant, apaisant par nature », un positionnement renforcé par l’ouverture fin 2023 du groupe scolaire Jean Mentelin, à seulement 150 mètres de la résidence, véritable « école du dehors ». Résolument contemporain, le projet Secret Garden a su capter les enjeux de l’habitat et les envies des habitants, une construction dans l’air du temps, un retour à la terre. a

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« NOS LOGEMENTS SONT LUMINEUX ET ILS POSSÈDENT TOUS UN EXTÉRIEUR, BALCON, TERRASSE OU JARDIN. »

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a IMMOBI L I E R – P ROJETS Aurélien Montinari

Abdesslam Mirdass & Claude Drach

CREATIO UNE RENTRÉE PLEINE DE NOUVEAUTÉS Filiale du Groupe KS, l’entreprise Creatio est spécialisée dans les travaux de rénovation et décoration pour les particuliers et les professionnels. De la conception à la réalisation, Creatio prend en charge la globalité des projets. Retour sur les récents projets de la filiale avec Sébastien Sicot, gérant depuis 2010.

« LE MILIEU ASSOCIATIF EST UN SECTEUR D’ACTIVITÉ VERTUEUX ET QUI NOUS REMPLIT DE BONHEUR. »

œil averti aura remarqué le logo coloré sur plusieurs endroits au centre-ville de Strasbourg ces derniers mois. La présence du panneau de l’entreprise Creatio sur un chantier en cours laisse toujours entendre qu’un lieu hors norme est sur le point de sortir de terre, qu’il s’agisse d’un bar, d’un restaurant, d’un commerce ou même d’un cabinet médical… Creatio sait toujours inventer des espaces à la fois atypiques et agréables.

L’

RETROUVER LA DYNAMIQUE PRÉ-COVID « Beaucoup de projets avaient été initiés avant le Covid et ont donc été réalisés pendant l’année 2020/2021. C’est vrai qu’il y a tout de même eu un ralentissement, a posteriori, sur la partie ERP (Établissement recevant du public) ; les propriétaires de ces établissements n’ont pas eu la visibilité qu’ils auraient escomptée donc ils ont un peu gelé leurs investissements », constate Sébastien Sicot. Un état de fait pourtant rapidement tempéré par le gérant, « on sent effectivement un regain en ce moment dans les secteurs de la restauration et du commerce où les professionnels sont un peu plus confiants : une dynamique se recrée. »

DE NOUVEAUX LIEUX À STRASBOURG Après de longs mois de travaux, de nouveaux lieux accueillent donc, depuis quelques semaines, les Strasbourgeois décidément en mal de sorties. Citons ainsi The Drunky Stork Social Club, rue du Vieux-Marché-Aux-Vins, en lieu et place de l’ancienne Strassburger Bank, « un établissement pensé par le groupe

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Sébastien Sicot, gérant de Creatio. HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

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« ON SENT EFFECTIVEMENT UN REGAIN EN CE MOMENT POUR TOUTE LA PARTIE RESTAURATION ET COMMERCE (...) UNE DYNAMIQUE SE RECRÉE. »

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Diabolo Poivre qui souhaitait y créer Le hall d’entrée de une grande brasserie typée art déco. » The Drunky Stork Nouveaux également, le Groove Box Social Club. Karaoke, rue du Jeu-des-Enfants, « un concept très répandu en Asie qui s’installe à Strasbourg avec un établissement de salles privatisables de karaoké, en sous-sol avec différentes ambiances » et La Cave à Boire, bar et cave à vins rue du 22 Novembre par le groupe FHB. Pour le même groupe, place Adrien Zeller, au Wacken, Creatio a également assuré la rénovation et l’extension du restaurant Le S’Wacke Hiesel, référence en spécialités alsaciennes. Enfin, autre actualité de la filiale Creatio, sa collaboration avec le milieu associatif, avec la rénovation de l’hôtel Le Felsbourg à Mutzig pour Adapei Papillons Blancs et la création d’un pôle santé pour Siel Bleu, « un secteur d’activité vertueux et qui nous remplit de bonheur, l’occasion de travailler avec des personnes qui donnent leur énergie et leur temps au plus défavorisés », confie Sébastien Sicot. Quand le bâti se fait humain. a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter


a IMMOBI L I E R – RÉIN V EN TION Barbara Romero

Marc Swierkwoski

NEXITY LA CRISE SANITAIRE, C’EST AUJOURD’HUI QU’ELLE SE RESSENT… Hausse des prix et pénurie des matières premières, demande supérieure à l’offre : les effets du premier confinement et du changement d’exécutif à la tête de l’Eurométropole se ressentent vraiment depuis mai. Face à ces enjeux, Nexity fait face et se réinvente avec de beaux projets lancés cet été.

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i Nexity a continué à bien travailler depuis le premier confinement  – les chantiers ont pu reprendre assez vite – les conséquences se font aujourd’hui sentir. La première : la hausse du prix des matières premières. « Hausse du prix du bois, de l’acier… cela nous touche directement, confie Arnaud Ferrière, directeur général Alsace-Lorraine. Le prix de vente n’est pas revu pour ceux qui ont signé chez nous. L’idée est de travailler avec nos partenaires pour trouver un terrain d’entente. » Deuxième conséquence : la pénurie des matières premières. « On la ressent depuis le printemps que ce soit pour les revêtements de sols, de murs, les moteurs de volets roulants, la plomberie… Nous avons une inquiétude plus forte sur le bois, car nous avons la volonté de développer les constructions bois. » Dernière problématique et non des moindres : « Aujourd’hui, nous avons une activité un peu tendue de par le manque d’offres », constate Arnaud Ferrière. « La production dans l’Eurométropole baisse. » Deux répercussions

« ON CONSTATE UNE VRAIE BAGARRE QUI ENTRAÎNE UNE AUGMENTATION DU PRIX DU FONCIER PLUS DES COÛTS DE PRODUCTION QUI AUGMENTENT. »

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Arnaud Ferrière, directeur général de Nexity Alsace-Lorraine.

à cela : « On constate une vraie bagarre qui entraîne une augmentation du prix du foncier plus des coûts de production qui augmentent. »

L’OPÉRATION TOUR KEPLER EST LANCÉE Si le directeur général comprend la volonté de l’exécutif de l’Eurométropole de remettre les choses à plat – une modification du Plan local d’urbanisme (PLU) est en cours – il espère un dénouement rapide. « Car plus on attend, plus le foncier augmentera, et moins on accédera à la volonté politique d’avoir des produits abordables. » Si aujourd’hui les taux d’intérêt sont bas, le spécialiste s’inquiète du jour où ils vont augmenter si la production ne reprend pas… HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

En attendant, Nexity se réinvente et se recentre sur des axes de différenciation vers les seniors, les jeunes ou plus solidaire. Quatre grosses opérations commerciales viennent aussi d’être lancées, notamment sur le site des tours Kepler entre Strasbourg et Schiltigheim. Baptisée Connexion, cette opération compte 140 logements entre maisons individuelles, logements collectifs et intermédiaires, et bénéficiera d’un taux de TVA réduit, « ce qui va dans le sens de l’acquéreur final », rappelle Arnaud Ferrière. En cours aussi, une opération de 62 lots mixtes à Geispolsheim, juste à côté de la gare, et un autre dans le quartier Prévert à Oberhausbergen. Le directeur général se réjouit enfin d’une opération innovante à Saverne alliant maisons individuelles et résidence service seniors, « un très beau challenge ! », conclut-il. a a IM MOBILIE R

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a IMMOBI L I E R – RÉNOVATION Barabara Romero

a I M MOB I LI E R – REPRI SE

Nicolas Rosès

Barbara Romero

NOUVEL R UNE NOUVELLE ÈRE COMMENCE ! Obtention de la qualification RGE (Reconnu garant de l’environnement), ouverture d’un showroom à Reichstett en septembre et nouvelle casquette de marchand de biens, le Nouvel R d’Hervé Stark, c’est une bombe d’optimisme dans un secteur qui ne connaît pas la crise. «

out le monde a du travail dans le bâtiment », constate Hervé Stark. Le Covid n’aura pas eu la peau des entreprises du secteur qui ont toujours fait preuve de sérieux. Au contraire, la demande, notamment des particuliers, a explosé. « J’ai fait le double de commandes en 2020, et 2021 prend également une belle tournure, confie l’entrepreneur. Les confinements successifs ont fait prendre conscience aux gens que leur intérieur n’était plus si beau. » Du changement de salle de bains jusqu’à la rénovation complète de leur intérieur ou bureaux, les Strasbourgeois, particuliers ou professionnels, font de plus en plus de travaux.

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LA RÉNOVATION INTÉRIEURE, UN MÉTIER EN PLEINE EXPANSION

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SELTZ CONSTRUCTIONS « NOTRE ACTIVITÉ SE DÉVELOPPE AU NIVEAU INDUSTRIEL » Si Seltz Constructions, entreprise générale de bâtiment depuis 1965, a été impactée par la crise du Covid, son activité est repartie à la hausse, avec un carnet de commandes plein et, fait rare, une visibilité à douze mois. Entretien avec son dirigeant depuis 1996, Jean-Daniel Seltz.

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« LES CONFINEMENTS SUCCESSIFS ONT FAIT PRENDRE CONSCIENCE AUX GENS QUE LEUR INTÉRIEUR N’ÉTAIT PLUS SI BEAU. »

Du pain béni pour ce spécialiste et passionné de rénovation intérieure. « J’adore mon métier, car chaque projet est différent, explique-t-il. Je rentre dans une pièce et je vois ce qu’il faut y faire. AnneSophie, ma collaboratrice depuis un an, m’appuie pour le suivi de chantier et administratif, elle fait aussi de la décoration et apporte des idées. » Alors qu’il ne travaillait qu’avec des sous-traitants, Hervé Stark a embauché cinq personnes durant cette année de folie. Et ses projets sont à la hauteur de ses ambitions. D’abord écolo- Hervé Stark, fondateur de Nouvel R. giques, en posant sa candidature pour

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Nicolas Rosès

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vec le Covid, nous avons perdu 25% de notre chiffre d’affaires, mais maintenu une activité rentable, précise Jean-Daniel Seltz, dirigeant de Seltz Constructions. 2021 repart en force, malgré une hausse considérable du prix des matières premières, notamment l’acier qui a plus que doublé. » Pas de quoi déstabiliser le dirigeant qui reste confiant sur l’année et sur l’avenir et table sur un retour au chiffre de 2019 début 2022. Et pour cause : le carnet de commandes de l’entreprise générale du bâtiment familial est plein, avec une visibilité à douze mois, contre cinq mois avant la crise du Covid.

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RECRUTEMENT EN COURS En cours, de beaux chantiers, tels la construction de nouveaux ateliers et salles de cours pour les Compagnons du devoir sur une surface de 8000 m2, réalisés avec le cabinet Nunc Architectes. Récemment démarrée aussi, la construction d’un bâtiment de logistique pour le groupe Immolog et les transports Charles André de 40 000 m2 à Hatten, avec le cabinet d’architecture de Francis Parent. Gros chantier aussi pour le compte de l’industriel Bürkert dans la vallée de Villé. « L’industrie est notre meilleur client, car ce sont des chantiers aux volumes intéressants, avec des programmes définis, une lisibilité claire, confie Jean-Daniel Seltz. Notre entreprise se développe au niveau industriel. » Pour faire face à cette recrudescence d’activité, l’entreprise Seltz Constructions recrute des ingénieurs de travaux, des conducteurs de travaux et des compagnons de chantier. À bon entendeur ! a

la qualification RGE en cette rentrée et en référençant un maximum de produits green, notamment pour les peintures et isolants. Ensuite, en montrant son savoir-faire dans son showroom, Le Loft, qui doit ouvrir courant septembre dans la nouvelle zone commerciale de Reichstett. Au menu, du parquet et du stratifié et ce qu’il faut pour le tout corps d’état. Enfin, Hervé Stark ajoute une corde à son arc en développant une activité de marchand de biens, sans pour autant devenir agent immobilier, « mais en achetant des appartements de manière ponctuelle, à retaper, puis à revendre. » En résumé, tout le savoirfaire de Nouvel R. a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

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a IMMOBI L I E R – CHA N TIER Aurélien Montinari

Marc Swierkowski & LAMA Architectes

JOAQUIM ARMINDO UN CHANTIER HORS DU COMMUN Qu’il s’agisse de chantiers publics ou privés, l’entreprise de BTP Joaquim Armindo œuvre dans la région Grand Est sur de nombreux projets. Une expérience de plus de 30 années et une expertise de la construction naturelle et durable qui s’expriment pleinement dans un futur aménagement à Obernai : un silo à voitures. la demande de la Ville, les sociétés Scharf Immobilier et Topaze Promotion, ont répondu au projet de requalification d’un supermarché et Joaquim et d’un hôpital. Cette réhabilitation d’une Ludovic Armindo. friche d’une superficie de 1,8 hectare comprendra un ensemble immobilier mixte, combinant habitations et com- Parking Sainte Odile. merces, ainsi qu’un parking de 200 places. Projection par LAMA Architectes. Les promoteurs ont opté pour une structure en silo imaginée par le cabinet strasbourgeois Lama Architectes et dont la société Joaquim Armindo a la charge de la construction.

À

UNE CONSTRUCTION ATYPIQUE « Le parc de stationnement Saint Odile a été pensé pour s’intégrer parfaitement dans les remparts de la ville, en suivant les courbes des rues attenantes, d’où sa forme très particulière. Les Bâtiments de France ont également demandé qu’il soit construit en béton teinté en rose avec des matrices représentant le grès des Vosges. C’est une construction vraiment atypique, tant par sa forme que par sa qualité de construction et ses matériaux », explique Joaquim Armindo, dont l’entreprise a déjà réalisé les deux tiers du chantier. Le projet complet, nommé O cœur d’Obernai, sera ainsi livré dans sa totalité fin d’année, l’occasion de mesurer une fois encore le savoir-faire de l’entreprise Joaquim Armindo. a

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« C’EST UNE CONSTRUCTION VRAIMENT ATYPIQUE, TANT PAR SA FORME QUE PAR SA QUALITÉ DE CONSTRUCTION ET SES MATÉRIAUX. » HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

À gauche : Parking Sainte Odile, vue de la rue des Coqs. Projection par LAMA Architectes.

Ci-dessus : Projection par LAMA Architectes.

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a IMMOBI L I E R – EX P ERTIS E Aurélien Montinari

Marc Swierkowski (portrait) – DR

NHOOD MIEUX VIVRE LA VILLE

Fruit de la récente fusion des sociétés immobilières Ceetrus et Nodi, Nhood (contraction du mot anglais neighborhood, c’est-à-dire quartier), est un nouvel opérateur immobilier mixte détenu par l’AFM (Association Familiale Mulliez). Son expertise recouvre les métiers de l’animation, de l’exploitation et de la commercialisation de sites mixtes, la gestion d’actifs, l’aménagement et la promotion. Nhood se veut ainsi au service d’une vision de la ville plus résiliente, écologique, forte d’une grande mixité de fonctions et d’usages de proximité.

Marc Miltenberger, chef de projets aménagement et promotion Grand Est.

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ace au double défi d’accompagner autant la transformation de la ville que celle du business model du retail, l’ambition de Nhood est, avec et pour les enseignes, d’apporter des solutions de valorisation de leur patrimoine et les moyens de générer de nouvelles sources de financement, mais aussi, avec et pour les territoires, d’apporter des solutions de régénération urbaine sur du foncier artificialisé. L’objectif de Nhood : créer la ville de demain, une ville mixte et équilibrée grâce à une empreinte écologique responsable. C’est ainsi que Nhood régénère et transforme des sites immobiliers déjà existants en de nouveaux lieux de vie prenant en compte une triple donnée sociale, environnementale et économique (« People, Planet, Profit ») pour rendre la ville de demain plus agréable à vivre.

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TRANSFORMER LA VILLE ET LES USAGES Plateforme de services immobiliers au service du bien commun, Nhood s’est donné comme objectif de créer « des lieux en mieux. » Pour Marc Miltenberger, Chef de projets Aménagement et Promotion Grand Est, cela passe avant tout par le développement de la mixité d’usages. « L’habitant, aujourd’hui, a d’autres attentes que juste loger dans un endroit… Notre position consiste justement à aller au-delà du simple lieu d’habitation. » En priorisant la qualité de vie et de l’environnement de ses futurs habitants, Nhood cherche ainsi à insérer, selon les types de sites, des services complémentaires visant à créer un véritable lieu de vie, dans toute la dimension du terme. « Le socle c’est souvent le commerce, mais sur des fonciers avec des parkings parfois surdimensionnés, on peut également accueillir du logement, des bureaux, des espaces de loisirs, de la restauration ou des équipements publics (école, Poste...). L’objectif est d’ajouter de l’activité, de constituer cette mixité qui va créer de l’interactivité. » Des espaces plus humains, centrés sur la vie quotidienne et qui HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Strasbourg L’Inattendu – Jardin.

Strasbourg L’Inattendu - Extérieur Sud.

Strasbourg L’Inattendu - Vue Parc Sud.

« L’OBJECTIF EST D’AJOUTER DE L’ACTIVITÉ (...) DE CONSTITUER CETTE MIXITÉ QUI VA CRÉER DE L’INTERACTIVITÉ. » reposent sur la logique de la ville du quart d’heure, comprendre « que l’on trouve tout en un quart d’heure maximum, idéalement à pied, de là où l’on habite, ce qui évite de prendre la voiture pour tout et n’importe quoi », résume Marc Miltenberger.

UN PROJET « INATTENDU » Cette vision de la ville du futur s’incarne parfaitement dans le dernier projet de Nhood, en partenariat avec Bouygues Immobilier : la revalorisation d’un foncier dans le quartier de Koenigshoffen HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

et son urbanisation. « C’est un site désaffecté depuis quelques années qui comprend d’anciens bureaux, un bâtiment industriel et un grand parking... ce petit bout de quartier-là n’avait rien de valorisant. C’était inattendu de créer une opération immobilière de cette qualité ici. » Demain ce site accueillera 170 logements en accession et 90 logements sociaux qui seront implantés dans un environnement entièrement revalorisé avec la moitié du terrain qui sera (re)végétalisée avec des espaces verts communs, des jardins partagés et espaces de rencontres pour les habitants de cette opération, des jardins privatifs pour certains et un square public. L’Inattendu, c’est justement le nom de ce projet, comme la promesse d’une agréable surprise, un site mésestimé, mais que l’approche Nhood va transcender. Et la promesse de la ville du quart d’heure sera tenue, avec la proximité d’un supermarché, de nombreux commerces et services du quartier, écoles et équipements sportifs. Les travaux démarrent fin septembre, pour de premières livraisons fin 2023. « le quartier est en pleine mutation », pour un résultat, forcément étonnant ! a a IM MOBILIE R

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a IMMOBI L I E R – C ON V ICTION S Jean-Luc Fournier

Marc Swierkowski

ne fin de matinée en juin dernier au Grand Angle, le magnifique siège de 3B Immobilier, qui a été réalisé il y a dix ans à une encablure du pont de l’Europe, dans un quartier, pour le meilleur et quelquefois le pire, en perpétuelle frénésie d’éclosion immobilière. À l’étage supérieur, une belle terrasse propose une vue unique sur Strasbourg. Profitant des généreux rayons de soleil, c’est l’endroit que Georges Bousleiman a choisi pour nous faire une présentation exhaustive de 3B Immobilier. « Ce que j’aimerais, c’est vous faire partager la philosophie de notre société » dit-il sans ambages. « Pour cela, il faut quand même synthétiser qui nous sommes, en quelques mots : 3B Immobilier est une société strasbourgeoise d’aménagement et de promotion immobilière, indépendante de tout groupe financier ou de BTP. Avec nos dix-neuf salariés, nous militons pour une architecture locale. Nous sommes présents en Alsace, bien sûr, mais aussi en Moselle avec des opérations en cours à Nancy, en Champagne, dans le secteur de Reims où nous édifions en ce moment un programme de six cents logements. Nous comptons aussi très prochainement être présents en région parisienne où, pour l’heure, la maison 3B est devenue un lieu de rencontres destiné à accueillir les décideurs pour qu’ils puissent dialoguer avec les architectes et les acteurs de la ville de demain : l’enjeu est de promouvoir une autre façon d’habiter, plus en harmonie avec notre philosophie en matière de logement. »

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Georges Bousleiman, dirigeant de 3B Immobilier.

3B IMMOBILIER LES PUISSANTS CRÉDOS DE GEORGES BOUSLEIMAN 3B Immobilier est une société atypique, assurément. Et son dirigeant, Georges Bousleiman, l’est tout autant. Rencontre avec un homme fort de solides convictions, à maints égards résolument à contre-courant et à qui l’époque en cours pourrait ne pas tarder à donner raison sur bien des points… 40

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DES OPÉRATIONS EMBLÉMATIQUES À STRASBOURG ET SON EUROMÉTROPOLE Et Georges Bousleiman d’énumérer les opérations référentielles déjà menées à Strasbourg : « Le Carré d’Art (sur l’esplanade voisine du Musée d’Art Moderne – ndlr) qui, il y a quinze ans, fut la première opération comportant de la cogénération, c’est-à-dire la récupération de l’énergie au sortir de la chaudière au gaz pour produire de l’électricité. Puis ce fut le Grand Angle, devenu le siège de notre société » poursuit-il, « conçu dès le départ pour constituer un repère dans le paysage urbain de cette partie de la ville. À l’époque, il y HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

a dix ans, l’utilisation de la brique véritable et du bois nous a valu pas mal de critiques, mais aujourd’hui, la Ville de Strasbourg impose l’utilisation de ces deux matériaux sur tous ses projets de la SPL des Deux-Rives voisine. Ici, il y a aussi 138 logements chauffés au bois avec une partie en bâtiment à énergie positive grâce au photovoltaïque et une foule d’équipements partagés, autant de lieux de vie pour les différents occupants du site. Je ne voudrais pas oublier de citer l’Île aux Jardins à Hoenheim, la transformation globale d’une ancienne décharge publique fortement polluée en un véritable écoquartier. Ce ne sont pas moins de 98 000 m3 de terre polluée que nous avons traités. Nous avons réussi à y créer beaucoup de jardins partagés reliés par des pontons en bois, ce qui pousse les habitants à sortir de chez eux et partager ces espaces. L’Île aux Jardins a été réalisée il y a sept ans et propose un vrai mix en matière d’habitat : logements sociaux, logements intermé-

diaires, logements de standing et même une résidence seniors. Beaucoup d’élus de toute la France viennent régulièrement visiter cette opération emblématique de notre savoir-faire… » Bien sûr, Georges Bousleiman insistera aussi sur Les Haras de Strasbourg, autre opération emblématique de sa société. Nous avons déjà longuement parlé dans les colonnes de Or Norme de ce projet qui est d’abord la restauration d’un bâtiment datant de 1750 (!) qui a nécessité l’appel à un historien pour mieux définir le cahier des charges de l’ensemble de l’opération et ne pas trahir l’histoire des sœurs Diaconesses, premières occupantes des lieux. « Sur le même site et en situation d’assistance à la maîtrise d’ouvrage pour le compte de l’Ircad du Professeur Marescaux, poursuit Georges Bousleiman, nous avons réalisé toute la programmation de l’extension de l’hôtel des Haras, du spa et de l’une des plus belles salles de restauration de la ville qui, je l’espère, va devenir très vite

« TOUT COMME POUR LES HYPERMARCHÉS DE LA CONSOMMATION, CE TEMPS DE LA STANDARDISATION DES LOGEMENTS EST RÉVOLU. »

La future Tour Émergence s’élèvera à l’orée du nouveau quartier des Deux-Rives.


maintenant le lieu de brunch préféré des Strasbourgeois le dimanche. Avec la partie logements de standing que nous avons réalisée sous notre propre maîtrise d’ouvrage, l’ensemble de ces opérations constitue un projet d’exception pour Strasbourg. Enfin, il y la Coop qui nous permet de faire la preuve que nous pouvons intervenir sur des sites complètement atypiques. L’idée a là aussi été de préserver la belle histoire originelle des lieux. Pas question de donner un coup de bull et de raser tout ça ! Nous réalisons donc aujourd’hui un programme mixte qui comporte 8 000 m2 de bureaux, dont 2 800 m2 destinés à l’économie sociale et solidaire, 5 000 m2 de lofts, 9 000 m2 de logements répartis en deux bâtiments, une tour qui sera un signal urbain du village qui est en train de naître sur le site de la Coop et un autre bâtiment à toit qui s’inspirera complètement des toits de Strasbourg. Il fera quinze mètres de haut et sera réalisé en cuivre, un matériau d’habitude utilisé par les bâtiments publics. Ce sera une première pour un immeuble de logements. Avec ce projet et parce qu’il y a des gens qui savent nous écouter, nous poussons résolument vers le retour d’une architecture régionale. Au pied de cet ensemble, il y aura une véritable place de village avec des lieux et un grand jardin très arborés et sans la présence du moindre véhicule ni même un vélo. Des lieux de partage que l’on espère voir vivre de jour comme de nuit :

« MILITER POUR (...) LA CRÉATION DE LIEUX DE VIE OÙ LA BIODIVERSITÉ RIME AVEC LE BIEN-ÊTRE DES RÉSIDENTS, C’EST-À-DIRE RÉCONCILIER L’HOMME AVEC SON ENVIRONNEMENT. » 42

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Les Haras.

le jour avec les utilisateurs professionnels et le soir et la nuit avec les résidents. J’ajoute que, personnellement, je crois à une importante activité culturelle sur ce site… Enfin, il y a la tour Émergence, qui est un signal urbain très fort pour la totalité de ce nouveau quartier des Deux Rives. Elle fait face à la cathédrale et nous avons cherché à y réinterpréter l’architecture rhénane. Après les gesticulations de toutes sortes des dernières décennies, une ambition nouvelle doit se faire jour autour du caractère rhénan de ce que nous construisons. Ce projet va réconcilier Strasbourg avec ses racines, c’est ma lecture de ce projet. Le tout sur 611 m2 d’emprise foncière, une efficience totale en matière de préservation des sols… »

nement à travers un habitat véritablement respectueux des autres espèces animales et végétales qui l’entourent. L’avenir de notre profession passe par une prise de conscience totale et intransigeante de l’ensemble de cette problématique » affirme-t-il. « Nous autres promoteurs et collectivités, nous avons fabriqué ces quinze dernières années beaucoup trop de logements détournés en simples produits financiers et de consommation. J’affirme que, tout comme pour les hypermarchés de la consommation, ce temps de la standardisation des logements est révolu. Les belles constructions réalisées avec des matériaux nobles et pérennes embellissent la ville, au contraire de celles qui l’enlaidissent avec la pauvreté des matériaux utilisés qui s’ajoute à une architecture fantaisiste à effet de mode éloignée UNE VILLE PLUS BELLE, des racines des territoires. Il est tout à fait évident que les gens, les futurs PLUS DOUCE ET PLUS acquéreurs, attendent désormais une AGRÉABLE À VIVRE… tout autre réponse. Personnellement, Il suffit de discuter assez longuement cet engagement prend une tournure avec Georges Bousleiman pour mesu- tout à fait intime : après moi, quand rer ainsi, et avec précision, les puissants mes enfants passeront au pied d’un crédos de ce promoteur. Il insiste avec immeuble construit par 3B à Strasbourg, passion sur son double-cheval de bataille je veux qu’ils puissent élever leur regard dans les années à venir : « militer pour sans avoir à rougir du legs laissé. Pour une architecture régionale située dans y parvenir, il faut que les élus s’intél’espace et dans le temps et créer des ressent davantage à l’intemporalité du lieux de vie où la biodiversité rime avec geste de bâtir pour que nous puissions le bien-être des résidents, c’est-à-dire fabriquer ensemble une ville plus belle, réconcilier l’homme avec son environ- plus douce et plus agréable à vivre… » a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter


a IMMOBI L I E R – P ROJETS Jean-Luc Fournier

Nicolas Rosès

CÉDRIC SIMONIN TRIANON RÉSIDENCES « CETTE CRISE NOUS A CONFORTÉS DANS NOS CHOIX… » Dix-huit mois après le début de la crise sanitaire, le PDG de Trianon Résidences mise plus que jamais sur ses trois crédos : plus de responsabilité, de créativité et d’agilité…

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a I M MOB I LI E R

On a largement entamé le deuxième semestre de l’année 2021. Quels sont les principaux enseignements que Trianon Résidences a tirés de la crise sanitaire du printemps 2020 qui perdure encore aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’elle vous a appris ? Avant toute chose, et comme pour la plupart des entreprises, la gestion de l’humain ! Cela vaut en interne pour nos collaborateurs, mais aussi pour nos clients. Si la transformation digitale s’est accélérée, l’importance du rôle des Ressources Humaines a été considérable durant cette période pour orchestrer et informer. Il en va de même quant au rôle des managers auprès des équipes : ils ont rassuré et donné les moyens et les outils adaptés face aux mesures sanitaires comme le télétravail, les visites virtuelles, les signatures à distance… Nous avons spécialement été vigilants sur le suivi des acquéreurs : il a fallu là aussi rassurer et continuer à accompagner. La stratégie de transformation digitale au sein du groupe Vivialys était déjà bien amorcée. La crise a accéléré son déploiement et sa concrétisation dans tous les services et à tous les niveaux. Une organisation dématérialisée s’est généralisée

et a été possible grâce à la solidarité et l’investissement de tous nos collaborateurs. Cette crise a stimulé la coopération et le travail collaboratif avec nos équipes internes et nos partenaires comme les sous-traitants, les industriels ou encore les bureaux d’études. Il a fallu assurer le déploiement d’outils dédiés et une organisation flexible adaptée au contexte. Mais au-delà des outils, la coopération est aujourd’hui encore le facteur clé de succès dans ce contexte de crise. Le logement n’est pas un « bien de consommation » ordinaire et nombreux sont ceux qui ont pris conscience que leur logement n’était plus adapté. Les clients se tournent clairement et fortement vers des solutions-logement qui s’ouvrent sur un extérieur. Leurs attentes se font exigeantes sur la qualité du bâti, sur une isolation phonique performante, sur la luminosité, sur les économies d’énergie et la préservation de l’environnement. La crise nous a donc confortés dans nos choix antérieurs et nous encourage à poursuivre sur la voie de l’amélioration constante, tant sur le plan de la conception des lieux de vie que sur celui de nos principes constructifs. HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Le secteur du bâtiment et de l’immobilier fait actuellement face à une situation très préoccupante : le renchérissement important des matériaux de base de la construction. Ce phénomène vient se superposer dans certaines villes aux hausses du foncier. Le secteur est-il en tension, cela rejaillit-il sur l’activité ? Le secteur de la construction est en effet en tension, mais ce n’est pas nouveau. Aujourd’hui, la difficulté vient de la relative soudaineté avec laquelle ces hausses se manifestent. L’utilisation de matériaux vertueux biosourcés et décarbonés joue elle aussi un rôle sur la hausse des prix. Cette situation nous conduit, une fois encore, à faire preuve de responsabilité, de créativité et d’agilité. Et ici aussi, la coopération avec nos partenaires industriels et les bureaux d’études va nous permettre d’imaginer de nouveaux modes de construction et de faire face aux difficultés qui s’annoncent…

immanquablement surenchérir le coût de la construction, comme vous le soulignez… « Il n’y a rien de négatif dans le changement, si c’est dans la bonne direction. » Cette citation est de Winston Churchill. Depuis 2014, notre société a toujours anticipé les nouvelles réglementations environnementales et pour ce faire, nous avons créé un pôle R&D, le Trianonlab pour répondre à ces contraintes en intégrant de nouvelles solutions. Les coûts de construction sont impactés, et sur ce point, je le redis, c’est la culture de la coopération avec nos partenaires qui va nous permettre de les contenir. Je signale au passage que nos recherches communes font naître des solutions économiquement viables et écologiquement fiables, mais qui n’entrent pas forcément dans les critères fixés en amont. Sur ce point aussi la coopération avec les collectivités est devenue nécessaire et utile…

Comment Trianon Résidences fait-il face aux nouvelles contraintes environnementales qui, elles aussi, viennent

Dans un monde aussi bouleversé, il est difficile, voire peut-être même impossible, de faire des prévisions fiables en matière

d’activité. Comment Trianon Résidences s’organise-t-il dans ce contexte ? L’immobilier neuf a encore de beaux jours devant lui. L’ancien, on l’a vu, n’est pas toujours adapté et le besoin de logements demeure criant. Notre organisation a évolué vers un élargissement de nos connexions et de nos partenariats. Les multiples évolutions technologiques, environnementales, économiques et sociétales impactent notre activité que ce soit dans les méthodes de conception, de construction, les modes de commercialisation, l’accès au financement ou encore les services. La démarche de Trianon Résidences a toujours été d’observer les évolutions et d’anticiper les besoins : style de vie, évolution des cycles de vie, évolutions des usages et des modes d’habitat… Nous n’avons jamais cessé de nous entourer, d’échanger et de nous impliquer avec les experts du secteur comme les industriels, les économistes, les scientifiques, les sociologues, les médecins et les élus pour renforcer la coopération et créer des synergies. Nous persévérons. Je suis convaincu que le bon sens l’emportera.. ! a

« LA COOPÉRATION EST AUJOURD’HUI ENCORE LE FACTEUR CLÉ DE SUCCÈS DANS CE CONTEXTE DE CRISE. »

Cédric Simonin, PDG de Trianon Résidences. HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

a IM MOBILIE R

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a OR NORM E – H A B I T ER

URBANISME

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a U R B A N I SM E – C OL L O QUE Aurélien Montinari

DR

BUILD & CONNECT AGIR ENSEMBLE POUR INNOVER Colloque international du bâtiment durable se tenant tous les deux ans à Strasbourg, Build & Connect est un moment d’échanges sur les nouvelles tendances, technologies et pratiques dans le champ du bâtiment. Une approche vertueuse qui cherche à concilier sobriété environnementale et activité économique.

heffe de projet de Build & Connect, Nathalie Rolling-Lerch, expose d’emblée les enjeux : « il est vital que le monde du bâtiment avance, car c’est l’un des plus grands pollueurs à effet de serre. Pourtant, bon nombre d’entreprises font des efforts en matière de recherches, d’innovations, de changements… Il faut mettre en lumière ces actions-là, car elles sont encore méconnues de manière générale par le grand public. » La devise du colloque s’inscrit elle aussi dans cette volonté de changement de paradigme : Agir ensemble pour une nouvelle ère.

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DU COLLOQUE À LA PLATEFORME

Nathalie Rolling-Lerch.

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Avec une première édition en novembre 2014, Build & Connect est rapidement devenu le rendez-vous de l’innovation et de la prospective pour les acteurs du bâti. À l’origine de ce colloque, quatre grands mécènes, des entreprises désireuses de mettre en avant des thématiques et des actions en matière de résilience des bâtiments : Élitis, Sauter, Socomec et Soprema. Le colloque réunit ainsi sur deux jours des acteurs de la construction, mais aussi des experts et chercheurs évoquant aussi bien les problématiques de l’urgence climatique que les dernières avancées dans le domaine des matériaux durables ou le développement des smart cities. Le colloque ayant lieu tous les deux ans, l’idée est apparue de créer une plateforme permettant de faire le lien entre ces temps forts, « nous voulions capitaliser sur ces échanges et créer un outil pour faire connaître, informer et partager tout au long de l’année », explique Nathalie Rolling-Lerch. HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« NOUS AVONS UN VIVIER D’ENTREPRISES AUTOUR DU BÂTIMENT ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE. » Résumés d’interventions, entretiens ou encore vidéos, la plateforme Build & Connect se veut dynamique et en prise directe avec les professionnels du bâtiment, architectes, constructeurs, industriels, fournisseurs d’énergie ou encore agences immobilières… « Nous souhaitons ainsi créer un véritable annuaire permettant de contacter tous ces experts. Nous avons un vivier d’entreprises autour du bâtiment et du développement durable. »

UN ANNUAIRE DE PROFESSIONNELS Un réseau à développer avec toujours l’objectif de faire découvrir des solutions innovantes. « Nous travaillons de façon étroite avec la fondation Solar Impulse avec laquelle nous participons à la valorisation d’innovations. Nous faisons le lien entre la fondation et les entreprises. Leurs Build & Connect, solutions sont évaluées par des experts édition 2018. mondiaux et sont ensuite labellisées. Nous les intégrons alors à notre annuaire professionnel. Les solutions labellisées Solar Impulse sont ainsi garanties innovantes et résilientes. Nous nous basons aussi sur tout ce qui est normes ou labels pour pouvoir alimenter cet annuaire. Zéro impact environnemental, bâtiment 4.0, amélioration du bâtiment, émergence de cadre de vie, voilà les grandes catégories d’entreprises que l’on retrouve. » Loin d’une démarche commerciale et face à l’urgence climatique, la plateforme Build & Connect vise la collaboration, œuvrer ensemble pour améliorer ensemble, avec notamment l’organisation à venir de groupes de travail transversaux ; « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », conclut la cheffe de projet. a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

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a U R B A N I SM E – EX TEN S ION S Jean-Luc Fournier

Marc Swierkowski & Eurométropole de Strasbourg

ALAIN JUND RÉSEAU TRAM OUEST ET NORD LES IMMENSES ENJEUX DES EXTENSIONS Des centaines de milliers de résidents de l’Eurométropole sont concernés par les extensions en cours du tram : intra-muros (quartiers de Koenigshoffen et Hohberg), mais aussi d’autres communes que Strasbourg : Eckbolsheim et Wolfisheim vers l’ouest, Schiltigheim et Bischheim vers le nord. Des zones qui, aujourd’hui, frisent la totale saturation en termes de déplacements urbains. Lisez cette interview de Alain Jund, vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg, en charge des mobilités et des transports.

Si on devait tourner un film sur la saga de l’extension du Tram vers l’ouest de l’agglomération strasbourgeoise, un titre s’imposerait sans coup férir : « Une aussi longue attente »… « Pas mal trouvé… (sourire). En effet, il y a eu beaucoup d’épisodes : depuis dix ou douze ans, il y a eu l’hypothèse du tram sur pneus, son arrêt puis son redémarrage, le tunnel sous l’emprise de la gare, etc. Cette attente a donc en effet été longue pour les faubourgs ouest de l’agglomération dont les habitants réclamaient d’être desservis eux aussi par le réseau Tram strasbourgeois. Les enjeux sont importants dans ces secteurs denses où il y a également une forte activité économique. La décision de prolonger la ligne jusqu’à Wolfisheim via Eckbolsheim s’imposait donc, pour irriguer non seulement les faubourgs ouest, mais aussi les zones d’activité économique. Alors, oui, il y a eu une longue attente, mais à partir de la décision prise en décembre 2020, tout s’est beaucoup accéléré. Le bilan des concertations réglementaires a été acté au mois de mai, l’enquête publique sera réalisée en 2022 et cette importante extension sera opérationnelle en 2025. Nous sommes convaincus qu’elle va redynamiser ces vieux faubourgs de Strasbourg qui débutent route des Romains et qui, il faut bien le dire, ne sont quand même pas très en forme. Idem pour le quartier du Hohberg essentiellement dédié à l’habitat social. Ces quartiers s’étaient en quelque sorte étiolés depuis au moins deux décennies, dans quatre ans il y aura de nouveau l’envie d’y habiter… Je dis toujours : un quartier, c’est le droit d’en partir et l’envie d’y rester. Quand il se porte bien, on a envie d’y rester ou de l’habiter, c’est simple… Il y a unanimité sur les constats que vous développez. Mais ce qu’on entend aujourd’hui dans ces quartiers, c’est la revendication d’un autre vieux dossier lui aussi : celui d’être relié directement à la gare centrale de Strasbourg… Oui, je le sais. Mais ce secteur de la gare centrale est en train de considérablement s’élargir. Dans trois ou quatre ans, il y aura une continuité entre le Faubourg National et la gare. Quand les gens venus de l’ouest sortiront du tram à la station Faubourg National, ils seront à la gare. L’espace public sera aménagé en conséquence. Il n’y a que 250 mètres entre ces deux endroits. Ce sera d’ailleurs la même

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chose pour l’autre extension, celle du nord, pour les gens qui descendront à l’actuelle station Faubourg de Saverne et qui voudront se rendre ensuite à la gare. Tout cela suppose qu’on puisse arriver très vite à ce que les voitures ne puissent plus traverser la place de la gare, ce qui nous permettrait de complètement retravailler le secteur, des deux côtés. Une fois de plus, et c’est partout pareil en France et à l’étranger, le tram n’est pas seulement un mode de déplacement, c’est un puissant outil de réaménagement de l’espace public. À nous de le prouver : comment va-t-on réunir le quartier autour de l’axe tram qui va emprunter la route des Romains ? Les réhabilitations de logements étaient quasiment inexistantes, plus personne n’avait envie d’aller habiter là-bas. Le tram va jouer un rôle structurant dans cette zone, c’est certain…

« UN QUARTIER, C’EST LE DROIT D’EN PARTIR ET L’ENVIE D’Y RESTER. »

Wacken et les institutions européennes. Effectivement, trois tracés sont proposés à la concertation citoyenne pour chacune de ces deux lignes. Les détailler ici serait bien sûr très long et fastidieux, mais je renvoie chacun aux dossiers imprimés qui ont été distribués en masse et sur la consultation du site de l’Eurométropole. Là encore, enjeux de mobilité et enjeux d’aménagement urbain se mêlent étroitement. Nous avons pris en Parlons de l’extension nord, vers compte des constats irréfutables : par Schiltigheim et Bischheim… Pour exemple, Bischheim plus Schiltigheim l’heure, la concertation publique sur représentent une densité d’habitants les deux lignes vers le nord qui a été plus importante qu’à Strasbourg. Avouez lancée et qui se termine fin septembre que tout le monde ne s’en rend pas bien porte sur trois variantes à travers compte. Ce secteur est donc une partie de Schiltigheim et trois autres intra-muros l’agglomération qui aurait mérité d’avoir à Strasbourg. On n’a pas la place dans un réseau structurant depuis au moins ces colonnes pour les détailler toutes, aussi longtemps que Illkirch, au sud. Et mais quels critères vont être prédomi- son volet structurant est évident, avec la nants pour ce choix ? présence de nombreuses friches indusLa première de ces deux lignes va trielles, entre autres exemples. Le but a donc relier Strasbourg à Schiltigheim donc été, là aussi, de décider très rapideet Bischheim. La seconde desservira le ment de cette extension. Elle sera réalisée HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

et mise en service tout comme celle de l’ouest, en 2025… Un autre élément joue, concernant ces tracés : en 2023, l’actuelle gare SNCF de Bischheim-Schiltigheim va considérablement changer de nature avec la création du réseau express métropolitain. Du coup, ces aménagements majeurs vont redonner au nord de l’agglomération une vraie qualité de vie, avec le droit à une mobilité plus aisée et bien sûr en termes de qualité de l’air qui est un véritable enjeu de santé publique, actuellement, avec l’A35 qui traverse ces deux villes… J’ajoute qu’il serait relativement simple de prolonger la ligne G, celle du Bus à Haut Niveau de Service pour relier l’Espace Européen de l’Entreprise au futur tram Nord. Tout cela fait sens… de même que la profonde transformation de la place de Haguenau qui en découlera et aussi le fait que la ligne Nord et celle des institutions européennes ne se feront pas l’une sans tenir compte de l’autre : ce sont deux lignes au destin commun, deux lignes « jumelles », je dirais, car on est là en plein dans une autre notion plus qu’importante : celle de la cohérence globale du réseau… Une précision pour terminer : le tram représente le plus important investissement du mandat en cours, et ses extensions vont littéralement transformer une immense partie de l’agglomération de Strasbourg… » a

Alain Jund, vice-président de l’Eurométropole de Strasbourg, en charge des mobilités et des transports. a U R BA N ISM E

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a U R B A N I SM E – P ORT AUTONOME DE ST RASB OU RG Aurélien Montinari

Abdesslam Mirdass (portrait) & Nicolas Rosès

« Décrire l’espace : le nommer, le tracer, comme ces faiseurs de portulans qui saturaient les côtes de noms de ports, de noms de caps, de noms de criques, jusqu’à ce que la terre finisse par ne plus être séparée de la mer que par un ruban continu de texte. » Georges Perec

LES CAHIERS POPSU L’ODYSSÉE DU PAS

La collection Les Cahiers POPSU, éditée chez Autrement, s’inscrit dans un programme de recherche-action de la Plateforme d’observation des projets et stratégies urbaines, pilotée par le Plan urbanisme construction architecture. Une récente publication, De la ville-port à la métropole fluviale, un portulan pour Strasbourg, reprend la logique de ce document à destination des premiers navigateurs où étaient compilées description des côtes, des ports, de leurs accès, des fonds, des marées, des vents... Discussion avec trois des auteurs sur les enjeux qui animent les ports de Strasbourg et leur avenir.

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De gauche à droite : Jean-Alain Héraud, Bruno Steiner et Frédéric Rossano.

compte que l’on ne voulait pas « IL Y A UN limiter la question du repérage du portuaire à Strasbourg à la quesCROISEMENT Frédéric Rossano : Tout d’abord, ce tion du repérage du Port Autonome qui nous a interpellés c’est l’objet de Strasbourg (PAS). La question D’ENJEUX TRÈS en lui-même, un guide qui servait à portuaire allait bien au-delà... FORTS, MULTIPLES, naviguer dans des eaux lointaines, le long de côtes complexes, dans F.R. : Le pourquoi de ce portulan c’est ACTUELS, URGENTS, qu’il y a un croisement d’enjeux très des ports inconnus. Le portulan c’est en partie une carte, mais il n’y forts, multiples, actuels, urgents, sur SUR TOUS LES a pas seulement des données géotous les espaces portuaires strasgraphiques, il y a aussi des données ESPACES PORTUAIRES bourgeois. Il y a les enjeux d’hadessinées, textuelles... c’est une colbitat, c’est la dernière phase du lection d’expériences. C’est exacteSTRASBOURGEOIS. » projet Deux Rives qui est en train Pourquoi un document comme le portulan pour Strasbourg ?

ment ce qu’il fallait pour évoquer les enjeux, risques, défis et crises possibles qui se concentrent dans les espaces portuaires de nos jours. Pour arriver à naviguer dans cette complexité, il faut regarder tout ça de manière distancée, il faut noter, partager, et faire dialoguer tous les acteurs de cette complexité. Bruno Steiner : Concernant la cartographie, très vite s’est posée la question de repérer le port. D’emblée on s’est rendu HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Frédéric Rossano

de se construire. Il y a les enjeux industriels, car le PAS est la première zone industrielle du Grand Est. Les enjeux logistiques, parce que l’on se situe à un nœud, où l’on retrouve toutes les liaisons de trains, trams, routes, voies fluviales, ferroviaires, cyclistes qui traversent l’espace portuaire et qui peuvent générer des crises de cohabitation entre trafics industriels et civils. Enfin, il y a a U R BA N ISM E

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les enjeux écologiques avec les questions des déchets, des différentes sortes de pollutions, de la préservation de la biodiversité et de l’énergie. B.S. : La question de la décarbonisation va en effet poser la question du port aux pétroles à Strasbourg et plus largement des modèles énergétiques. Le port a toujours été un port de stockage et de distribution d’énergie. L’énergie va changer, mais vers quelle énergie ? C’est une question industrielle. La seconde grande question, c’est la question des bascules d’échelles, avec les enjeux de logistique locale et de circuit court. Nous avons la conviction, et l’Eurométropole aussi, que le port peut jouer, à travers ses canaux, le rôle d’un vecteur de déploiements de cette nouvelle logistique qui ne passera plus forcément par les camions.

« L’ENJEU EST DANS UNE VILLE PLUS MÊLÉE, MIXTE DANS SES FONCTIONS ET QUI SOIT VRAIMENT PORTUAIRE. »

Le développement du PAS doit prendre en compte des dimensions à la fois industrielles, touristiques, contextuelles et politiques. Comment gérer un tel palimpseste et pour quels résultats ?

Bruno Steiner

Le PAS, Port Autonome de Strasbourg.

Jean-Alain Héraud : Strasbourg s’est mis historiquement d’emblée dans cette problématique puisqu’il s’agit d’un port ouvert. Il n’y a pas beaucoup de ports comme Strasbourg où l’on peut rentrer et se balader dans les rues, aller d’un quartier d’habitation à une entreprise industrielle, à une plateforme logistique, avec des chemins de fer, des routes, etc. À Strasbourg, il y a cette volonté très forte de mixer les activités. B.S. : Justement, c’est là que l’on retrouve le questionnement de POPSU, c’est-à-dire comment, en étant de moins en moins autonome, et vu la complexité des différents champs qui se croisent, le port doit élargir son territoire de transaction ? Aujourd’hui, ce développement intéresse l’Eurométropole, même si pour le moment elle ne fait pas partie du binôme, pour l’instant l’Eurométropole s’invite via les élus de Strasbourg. Notre travail reposait sur une conviction des élus métropolitains, celle que la question du port a à voir avec la stratégie urbaine, et que cet objet transactionnel pourrait être un levier

Fête de quartier à la Virgule, dans le quartier COOP.

pour rassembler beaucoup de monde autour de la table. La réponse sur comment prendre en compte ce palimpseste, c’est sans doute la synergie et la négociation, ce que nous avons appelé la transaction. Comment la rédaction de ce document peut-elle entrer en dialogue avec les autres plans urbanistiques passés et présents de l’EMS (installation du tram, Plan vert, grand contournement, réaménagement de la COOP...) ?

« LES ANCIENS HABITANTS DU PORT POURRAIENT PRESQUE SE SENTIR UN TOUT PETIT PEU DÉPOSSÉDÉS...  »

B.S. : Nous cherchons à repérer à la fois les forces et faiblesses de l’ensemble des fonctions portuaires et à mettre en regard les acteurs, c’est-à-dire comprendre les intérêts convergents, les contradictions, les discordes, mais aussi les synergies possibles… Nous faisons à la fois une compilation de données et un repérage de positions d’acteurs. Nous sommes en train de rajouter un deuxième volet qui consiste à compiler une vingtaine de paroles d’acteurs autour du port.

JA. H.  : Nous allons également étudier la représentation mentale des acteurs, des personnes qui nous disent : « j’ai passé mon enfance ici, voilà comment était ma perception à l’époque, et voilà comment je vois l’évolution du port aujourd’hui », c’est passionnant. Les

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HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Jean-Alain Héraud

gens sont attachés au port, ils y ont des histoires personnelles, vivantes qui les relient à cet espace-là. La vie du port a jusqu’alors été très autonome. Les gens avaient des activités sur le port, plus que ce que l’on trouve actuellement, une vraie COOP, des marchés, des événements... les gens se sentaient du port. On va d’ailleurs revenir à cet état, mais d’une manière différente, car la ville va massivement investir le port. Les anciens habitants du port pourraient presque se sentir un tout petit peu dépossédés... Vous parlez, à propos du rapport entre les Strasbourgeois et le PAS, du phénomène de flurbanisation. Pourriez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

B.S. : C’est un concept proposé par l’historien Bernard le Sueur qui tente de caractériser les nouvelles poussées des villes vers l’eau sur des sites reconquis, en contraste avec les phénomènes de « rurbanisation ». Effectivement dans les années 2000, il y a eu cette course aux nouveaux contacts avec l’eau. Il y a eu une déprise industrielle sur les bords portuaires qui existaient dans de nombreuses villes. Il y avait des enjeux aussi bien en milieux a U R BA N ISM E

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« D’ÉNORMES PROGRÈS ONT ÉTÉ FAITS SUR LA QUALITÉ DE L’EAU DU RHIN, MAIS IL RESTE PEU ACCESSIBLE. L’ILL REÇOIT TOUTES LES EAUX DE L’ALSACE, CE N’EST, DE FAIT, PAS L’EAU LA PLUS PROPRE... »

maritimes que fluviaux, avec en France, Bordeaux ou Lyon. Justement ce qui est intéressant pour nous quand on parle de flurbanisation, c’est ce jeu de substitution, c’est-à-dire que la ville vient prendre la place du port avec le pittoresque du port. C’est ce qui s’est passé avec la presqu’île Malraux, on y retrouve le pittoresque, mais il n’y a plus de bateau, de fonction portuaire. Il y a un passage de relais qui n’est pas autre chose que ce qui s’est passé au centre-ville avec l’Ancienne Douane, qui est aussi notre ancien port. Aujourd’hui ce qui nous intéresse c’est le pari de se dire : est-ce que l’on peut aller vers une ville-port qui soit plutôt de la cohabitation intelligente, avec des fonctions productives qui peuvent rencontrer l’habitat ? Est-ce qu’on peut encore avoir des trains qui passent dans les quartiers d’habitations ? Est-ce que l’on peut avoir de la logistique urbaine compatible, qui ferait moins de bruit parce qu’on utiliserait le vélo ? Est-ce que le tourisme pourrait cohabiter avec les habitants et jusqu’à quel point ? Quelle taille de bateaux ? Quels modes de cohabitation ? L’enjeu est dans une ville plus mêlée, mixte dans ses fonctions et qui

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soit vraiment portuaire. C’est le challenge aujourd’hui à Strasbourg.

Peut-on qualifier de « ville bleue » Strasbourg ? Dans la forme ? Dans les faits ?

Frédéric Rossano

F.R. : Les promoteurs ont tendance à vendre une ville sans industrie, sans fret, sans camion, avec le risque de conflits à venir que cela comporte. Les habitants vont déchanter en arrivant : « oui le port c’est beau, mais on ne m’avait pas dit que je devrais faire un détour, que je n’aurais pas le droit d’accéder à l’eau, etc. » Il y a des mises au clair à faire pour imaginer ce nouveau type de ville et ça se joue surtout sur la réalité de l’accès à l’eau. Elle est à la fois très présente dans l’Eurométropole, qui comprend 400 kilomètres de cours d’eau, ce qui est énorme, et pourtant on ne peut pas dire qu’elle soit très accessible et visible. La question de la pollution est, elle aussi, très importante, c’est un préalable. D’énormes progrès ont été faits sur la qualité de l’eau du Rhin, mais il reste peu accessible. L’Ill reçoit toutes les eaux de l’Alsace, ce n’est, de fait, pas l’eau la plus propre... Il HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

y a donc des problèmes d’accès et d’hygiène, mais globalement l’usage de l’eau se développe. On voit à nouveau des enfants jouer sur l’eau des canaux, les sports nautiques se développent, le tourisme fluvial se diversifie...

Les anciens locaux de la brasserie Schutzenberger.

« NOUS NE POUVONS PLUS JA. H. : Nous vivons une rupture singulière avec la nouvelle municipaCONTINUER DANS lité. Avant il y avait une espèce de compromis, une sorte d’alliance LE SCHÉMA CLASSIQUE pour le développement de l’attractivité de Strasbourg, à tout point de DE LA CROISSANCE vue, avec une véritable foi en l’idée qu’une métropole ne peut réellement ÉTERNELLE, NOUS fonctionner que si elle grandit. Or les habitants ne veulent désormais plus de SOMMES DANS UN cette croissance. Il faut réfléchir sur la répartition fonctionnelle du foncier dans MONDE FINI.  » l’ensemble de l’agglomération, c’est-à-dire se demander comment on réussit, avec un territoire limité en surface et capacité d’absorption, à maintenir toutes les fonctionnalités nécessaires. Nous ne pouvons plus continuer dans le schéma classique de la croissance éternelle, nous sommes dans un monde fini. C’est la première fois que cela apparaît de manière aussi forte au sein du politique, et le port constitue un enjeu typique de cette problématique. a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Jean-Alain Héraud

DE LA VILLE-PORT À LA MÉTROPOLE FLUVIALE UN PORTULAN POUR STRASBOURG ANTOINE BEYER JEAN-ALAIN HÉRAUD FRÉDÉRIC ROSSANO BRUNO STEINER

De la ville port à la métropole fluviale. Un portulan pour Strasbourg Par Antoine Beyer, Jean-Alain Héraud, Frédéric Rossano et Bruno Steiner. Édition Autrement 2021 a U R BA N ISM E

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a OR NORM E – H A B I T ER

ARCHITECTURE

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a ARCH I T E CT U R E – AS S O CIATION Aurélien Montinari

Abdesslam Mirdass

AMO L’ARCHITECTURE EN PARTAGE

Maxime Khalili, président de l’AMO, et Laurène Lecoq, chargée de mission.

L’association Architecture et Maîtres d’ouvrage (AMO) œuvre à l’échelle nationale pour la qualité architecturale et un dialogue constructif entre ces deux corps de métier. Cette architecture partagée est portée dans le Grand Est par l’architecte Maxime Khalili (agence K&+), actuel président par alternance de l’AMO, et Laurène Lecoq, chargée de mission et qui gère la communication de l’association.

o-construction, agilité, mais aussi convivialité, tels sont les maîtres mots d’AMO qui fêtera sous peu ses 30 ans d’existence. Pensée par de grands acteurs du bâtiment à Paris, l’association est née d’une volonté de croiser les regards entre les différents acteurs du bâtiment et de créer un espace libre de discussions et d’échanges, afin de faire évoluer la profession. Répartie désormais sur 8 régions, l’AMO est présente partout en France, ses Journées nationales réunissant plus de 400 membres. « Nous sommes des acteurs qui construisons la ville. La ville est un artefact qui évolue au fur et à mesure des années, qui se renouvelle, en fonction de la société, de l’activité de l’Homme... Et nous sommes acteurs de cette transformation », explique Maxime Khalili. L’objectif d’AMO est ainsi d’informer et former les acteurs de l’acte de construire en matière de culture architecturale et urbanistique et de développer des actions de promotion de l’architecture. « Il y a une réelle transmission des savoirs et des connaissances au

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sein des membres d’AMO », ajoute Laurène Lecoq. Visites, conférences, débats, voyages, éditions, formations, les actions d’AMO sont variées et visent à toujours montrer que la qualité architecturale est indissociable du dialogue et de l’action conjuguée du maître d’ouvrage et de l’architecte, « la culture architecturale ce n’est pas quelque chose que l’on enseigne : se loger est un besoin vital », souligne Maxime Khalili.

de moins en moins engagés, un maire constructeur ça n’existe plus. Cela pose le problème de savoir, culturellement, ce que nous en tant qu’acteurs, nous pouvons faire comprendre aux élus. Il faut savoir que lorsque l’on arrête de construire en ville, on va construire à la campagne, parce que la demande, elle, ne s’arrête pas ! On fait donc de l’étalement urbain et c’est la pire des choses, 42% de l’effet de serre dans le monde sont dus à cette pratique ». De là l’urgence de « trouver un équilibre et faire la promotion d’une densité heureuse », selon Maxime Khalili.

PROMOUVOIR LA DENSITÉ HEUREUSE

« IL Y A UNE RÉELLE TRANSMISSION DES SAVOIRS ET DES CONNAISSANCES AU SEIN DES MEMBRES D’AMO. »

L’architecture comme culture de l’habitat doit composer désormais avec le contexte écologique et la politique locale. « Nos inquiétudes sont grandes vis-à-vis des villes qui deviennent de plus en plus vastes. La préoccupation de nos concitoyens, des élus, porte sur la santé de notre planète, or il y a une vraie friction depuis peu, à chaque élection les projets s’arrêtent un an avant... Les élus sont HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Pluridisciplinaire et consciente des nouveaux enjeux du bâti, AMO continue sa mission pédagogique, « les membres sont demandeurs, nous avons planifié une à deux visites de bâtiments par mois dans Strasbourg et ses environs cette fin d’année », confie Laurène Lecoq. Prochains voyages d’étude, Bruxelles puis Dubaï, l’occasion de porter un regard critique, mais toujours positif, sur la complexité du verbe « habiter ». a a A RCHIT E CT U R E

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a ARCH I T E CT U R E – L E F UTUR STADE DE LA M E I NAU Aurélien Montinari

Marc Swierkowski & Populous

FRÉDÉRIC THOMMEN ET ALAIN PLET LA MEINAU, FIERTÉ STRASBOURGEOISE Chantier titanesque attendu par tous les Strasbourgeois, le futur stade de la Meinau, qui sera livré en 2025, fait partie intégrante du patrimoine architectural local et constitue un puissant levier de marketing territorial. Retour sur une aventure à la fois politique, sportive et urbanistique avec Frédéric Thommen, directeur Construction, Patrimoine Bâti (EMS) et Alain Plet, directeur général adjoint du RCSA. C’est la seconde rénovation du stade, comment aborde-t-on un projet d’une telle ampleur ?

Pour des raisons de coût et de sensibilité, il était préférable de rester à la Meinau. La construction de 1984 est une réussite sur le plan structurel, techniqueAlain Plet : Il faut dans un premier ment parlant. Un stade neuf avec une temps définir un cadre et se poser les jauge de 30 000 places aurait coûté forbonnes questions : est-ce que l’on fait cément plus cher, entre 250 et 300 milune rénovation sur site à la Meinau lions d’euros, incluant le foncier et les ou est-ce que l’on construit une nou- infrastructures de desserte. Il y a égalevelle enceinte ailleurs ? Quelle jauge ? ment un attachement populaire : le footQuelle structuration de l’offre ? Quels ball à Strasbourg c’est à la Meinau. marqueurs forts identifiant le mieux Concernant la jauge, nous avons l’équipement dans son territoire ? Pour pu bénéficier du retour d’expérience répondre à ces questions, nous avons des stades construits pour l’Euro 2016 pensé qu’il était nécessaire d’avoir une qui correspondaient aux normes vouapproche méthodique et donc de faire lues par l’UEFA, organisatrice de la comréaliser, en collaboration avec l’Euro- pétition, avec des jauges minimums métropole de Strasbourg, propriétaire à 40 000 places. Un événement poncde l’enceinte, et la Ville de Strasbourg, tuel, aussi important qu’un championnat une étude de faisabilité. d’Europe des nations ou une Coupe du

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À gauche, Frédéric Thommen, directeur Construction, Patrimoine Bâti (EMS) et à droite, Alain Plet, directeur général adjoint du RCSA.

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Monde, n’a absolument rien à voir avec une exploitation récurrente type championnat national et nous souhaitions un stade qui soit plein à chaque match de championnat. Les différentes analyses nous ont conduit à la jauge autour de 30/35 000 places.

« LE FOOTBALL À STRASBOURG C’EST À LA MEINAU. »

Frédéric Thommen : L’ambition de ce projet c’est avant tout d’améliorer l’expérience spectateur, c’est-à-dire donner un meilleur confort pour tous. L’ambiance générale va être améliorée avec plus de services, des boutiques, des kiosques de restauration... Il y a aussi un objectif économique de valorisation de l’équipement par la collectivité et par son principal locataire qui est le RCSA. Nous souhaitons donner envie au public de venir. Le public du Racing est l’un des meilleurs publics de France, il

Alain Plet

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réunit tous les 15 jours, 25 000 personnes. Ce nouveau projet, on le pense non pas pour répondre à un événement exceptionnel qui arrive en France tous les 30-40 ans, mais pour un club qui est une institution sur le territoire, un acteur économique, associatif et social du territoire. On le pense pour répondre aux besoins de son public et à ceux de la collectivité. Ce futur stade est aussi un lieu de rayonnement et d’attractivité pour le territoire : c’est une forme de marketing territorial. À la question est-ce que l’on rénove le stade ou est-ce que l’on en construit un nouveau ? La décision a été vite prise, tant par les élus que par le club : le foot à Strasbourg c’est à la Meinau. On savait que 40 000 places, au regard de la fréquentation du public et de la démographie du territoire, c’était probablement a A RCHIT E CT U R E

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trop grand et difficile à rentrer sur un site comme la Meinau. Un consensus a émergé : nous nous sommes dit un stade à 30/32 000 places correspond à la juste jauge. Conclusion, mieux vaut un stade plein à tous les matchs, toute la saison et quelles que soient les équipes que l’on reçoit.

l’anglaise, près du terrain... Populous a su être sensible à l’architecture qui existait déjà, ce point-là était essentiel. C’est aussi le projet qui avait la plus petite emprise au sol, qui démolissait le moins et donc qui reconstruisait le moins. Ainsi, en termes de performances environnementales, il y avait un écart positif important.

A.P. : L’Eurométropole de Strasbourg étant le propriétaire, le concours devait répondre au code des marchés publics. L’expression, « le stade de demain avec l’ambiance d’aujourd’hui », résume tout : un stade avec une ambiance populaire et F.T. : Nous avons lancé un concours, c’est conviviale, où les supporters se sentent évidemment la règle dans les marchés en sécurité. Un lieu où l’on va passer une publics, mais c’est aussi un principe de soirée, un bon moment, et pas uniquecompétition qui rejoint ce que l’on peut ment assister à un match de foot. Les colavoir dans le domaine sportif, c’est-à-dire lectivités ont vraiment joué le jeu, et la que l’on sélectionne la meilleure équipe ! réunion du jury pour choisir le lauréat du C’est l’agence anglaise Populous qui a été concours de maîtrise d’œuvre a été un vrai retenue. Elle a une grande expérience de bon moment de travail. Tous les membres ce type de projet et a construit énormé- se sont impliqués, ont pris du plaisir et il y ment de stades, en Angleterre et dans a eu une quasi-unanimité sur le choix du le monde entier. Ce sont ceux qui ont le projet. Le phasage proposé par Populous mieux compris les grands objectifs du a également été un élément important programme ; comme par exemple l’orga- dans ce choix, car l’organisation des tranisation fonctionnelle du stade, à savoir vaux, qui vont durer trois saisons, doit permaintenir l’esprit de la Meinau. mettre de continuer à jouer sur site, mais Il fallait réussir à enrichir l’expérience également de préserver une jauge minide la fan zone, agrandir la tribune Sud mum de 19 000 spectateurs. sans la démolir complètement. Il fallait réussir également à garder l’image Panneaux solaires, système de captage du stade. La Meinau est une superbe des eaux de pluie et même emploi enceinte sportive, c’est un stade fermé, à de matériaux de récupération

D’un point de vue opérationnel, comment se passe la collaboration avec le cabinet d’architecture anglais Populous ? Pourquoi avoir choisi ce cabinet précisément ?

Extension restructuration du stade de la Meinau, vue aérienne.

« L’AMBITION DE CE PROJET C’EST AVANT TOUT D’AMÉLIORER L’EXPÉRIENCE SPECTATEUR. » Frédéric Thommen

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Ce qui est rare et formidable, c’est qu’il y a peu d’endroits en France où le club local et les collectivités fonctionnent de cette façon-là. Ce projet porté par l’Eurométropole de Strasbourg coûtera 100 millions d’euros hors taxes toutes dépenses confondues, répartis comme suit : 50 millions financés par l’EMS, 25 millions par la Région, 12,5 millions par la Ville de Strasbourg et 12,5 millions par la Collectivité Européenne d’Alsace. À cela s’ajoutent les aménagements intérieurs que le club va réaliser tels que la boutique, le sport’s bar, le siège du club, et les compléments d’aménagements dans les salons, qui s’élèvent à 10 millions d’euros. Parallèlement, le club s’est engagé à prendre à sa charge, à hauteur de 10 millions d’euros, la création d’un centre d’entraînement pour le groupe professionnel en proximité immédiate du stade, ainsi que la rénovation de son académie pour 15 millions d’euros. L’objectif est de créer un ensemble fonctionnel, urbain et accessible, permettant au Racing de bénéficier d’installations de haut-niveau pour s’ancrer durablement en Ligue 1, c’est toute la force de ce projet. F.T. : L’idée derrière ce projet c’est aussi de faire vivre le stade toute la semaine. La fan zone sera un lieu de vie du quartier. L’ambition c’est aussi que le stade la Meinau soit un lieu, un équipement, à l’échelle de l’attractivité du territoire et qu’il

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(comme des morceaux de fuselage d’Airbus), peut-on parler d’un stade écoresponsable ?

F.T. : Avec Populous, on a trouvé une équipe expérimentée et qui sait être à l’écoute, c’est extrêmement agréable de travailler avec eux, ils savent intégrer toutes les dimensions du projet. Leur proposition a su ainsi prendre en compte le contexte urbain et paysager : peu de démolition, peu d’emprise au sol, donc plus de place pour planter, avec un bilan carbone qui se trouve de fait plus performant. Il y avait également l’idée d’utiliser des matériaux de récupération... Des propositions très convaincantes et qui répondaient de façon pertinente à notre cahier des charges. A.P. : Cela a toujours été le souhait de la Maîtrise d’ouvrage et à l’époque où l’on vit, ne pas prendre en compte la dimension écologique d’un tel chantier serait

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« À L’ÉPOQUE OÙ L’ON VIT, NE PAS PRENDRE EN COMPTE LA DIMENSION ÉCOLOGIQUE D’UN TEL CHANTIER SERAIT UNE ERREUR FONDAMENTALE. » Frédéric Thommen

Extension restructuration du stade de la Meinau, vue sud-est (à gauche) et vue sud-ouest (ci-dessous).

ne vive pas seulement 6 h tous les 15 jours. C’est l’occasion également de requalifier les abords de ce grand équipement qui, dans le territoire municipal, est inscrit dans une trame verte et bleue correspondant à la ceinture verte et à des cours d’eau qui longent le stade. C’est l’occasion de valoriser tout ce potentiel paysager et environnemental. Les parkings vont disparaître, l’ambition conformément aux dispositifs de déplacement de la collectivité, c’est d’utiliser les transports en commun, nous discutons notamment avec la région et la SNCF pour augmenter les fréquences, afin que l’on puisse accéder au stade jusqu’à la gare Krimmeri sans changer à la gare centrale. Il faut augmenter le nombre de trams avec la CTS, favoriser les modes de déplacement vélos et marche, mettre au point des systèmes de parkings relais... En somme, il faut changer d’attitude ! La livraison d’un nouveau stade à l’Eurométropole et la Ville de Strasbourg, leurs habitants et tous leurs supporters y compris en Allemagne, n’a de sens que si le club se positionne en grand acteur du territoire, un acteur à l’écoute des politiques publiques des collectivités, dans son animation sociale, sa capacité à être un partenaire en matière de politique de mobilité, de gestion de déchets, d’économie avec les acteurs locaux… Aujourd’hui cet esprit de partenariat entre le RCSA et l’EMS existe très sincèrement, il y a une vraie synergie autour de ce projet. a

une erreur fondamentale. Au niveau de l’exploitation, nous avons également une idée très précise de ce que l’on veut faire. La collectivité propriétaire souhaite que cet équipement puisse fonctionner de la manière la plus vertueuse qui soit et nous sommes alignés sur ce sujet.

tels que la boutique du club, un sport’s bar, un écran géant, etc. En dehors des matchs, elle sera ouverte sur le quartier, ce sera une sorte de « place du village », un trait d’union avec le quartier. Le deuxième marqueur fort sera la coursive supérieure, protégée des intempéries, qui permettra de faire le tour complet Le stade de la Meinau c’est avant tout du stade. On y retrouvera tous les services le stade d’une équipe, celle du Racing indispensables tels que les buvettes, les Club de Strasbourg. Que signifie cette points merchandising, les sanitaires, rénovation pour le Club et plus large- les points infos, etc. Le troisième marment pour la ville de Strasbourg et ses queur sera le regroupement des hospitahabitants ? lités dans une seule et même tribune, la Sud, afin de favoriser les échanges entre A.P. : Avant tout, la Meinau appartient au nos différents partenaires et surtout perterritoire, à Strasbourg, à l’Alsace. Le pre- mettre une exploitation rationnelle sans mier marqueur important du stade sera avoir besoin d’activer la totalité de l’ensa fan zone. Actuellement cet espace ceinte lorsque nous organiserons pour sécurisé de 2 000 m2 permet d’accueillir nos partenaires des séminaires ou autres nos fans 2 heures 30 avant le début du réunions. Ces espaces, avec vue sur la match. Nous allons développer ce poten- pelouse et réunis par un atrium central tiel avec une surface nettement supé- servant d’entrée commune, pourront être rieure qui accueillera différents services transformés selon les besoins. HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

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a ARCH I T E CT U R E – TERRE CUITE Aurélien Montinari

Marc Swierkowski & DR

WIENERBERGER DEMANDEZ-NOUS LA TERRE ! Leader mondial des solutions terre cuite pour le mur, la façade et la toiture, le groupe autrichien Wienerberger œuvre pour la promotion de ce matériau millénaire aux multiples avantages. Frédéric Didier, directeur général de Wienerberger France, nous parle du patrimoine de l’entreprise et de son esprit d’innovation, entre tradition et modernité. «

ous travaillons constamment à maintenir notre position de pionnier dans les solutions techniques en terre cuite. » Pour Frédéric Didier, les valeurs du groupe Wienerberger sont celles de la qualité et de l’innovation avec toujours comme objectif final, « d’offrir aux clients une vraie qualité de vie dans le bâtiment. » La terre cuite, matériau traditionnel utilisé depuis des siècles en construction, possède en effet de nombreuses qualités techniques intrinsèques, offrant une vraie qualité de l’air intérieur, mais aussi des avantages thermiques et hygrométriques. Frédéric Didier voit également en ce matériau « une source d’applications infinies qui inspire la créativité. »

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PENSER MONDIAL, AGIR LOCAL

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Frédéric Didier, directeur général de Wienerberger France.

Esthétique, polyvalente, économique et durable, la terre cuite est en accord avec les enjeux de la modernité, qu’ils soient écologiques ou sociaux, une harmonie que résume Frédéric Didier en un crédo : « offrir des constructions de qualité et

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respectueuses de l’environnement au plus grand nombre. » Les nouveaux produits au catalogue, l’Eco-brick® pour la façade, la NATURbric® pour les murs de structure ou encore les solutions photovoltaïques pour la toiture confirment ce positionnement. Groupe mondial employant 16 000 collaborateurs répartis sur plus de 200 sites dans 29 pays, Wienerberger évolue également à l’échelle nationale, avec 8 usines et 800 collaborateurs en France, dont 350 en Alsace sur les sites d’Achenheim, Seltz et Betschdorf. Une présence qui permet au groupe de « répondre localement aux besoins grâce à une économie circulaire très courte », 98% de la production réalisée en France étant vendue sur le territoire. Cette consommation consciente, on la retrouve également dans l’engagement de Wienerberger pour la réduction de ses émissions de CO2 dans leur process de production, avec une réduction de 42% en 30 ans et un objectif de neutralité totale à l’horizon 2050. Un engagement exemplaire et un « moteur pour l’entreprise » selon Frédéric Didier qui souhaite « des produits toujours plus vertueux. » a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« OFFRIR DES CONSTRUCTIONS DE QUALITÉ ET RESPECTUEUSES DE L’ENVIRONNEMENT AU PLUS GRAND NOMBRE. »

Grand Angle à Strasbourg en briques Terca.

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a ARCH I T E CT U R E – HÔTEL L ERIE Barbara Roméro

Nicolas Rosès

LE LÉONOR THE PLACE TO LIVE Après quatre ans de travaux, l’ancien hôtel de police de la Nuée-Bleue devrait trouver une nouvelle vie pour le marché de Noël. Hôtel, bar et restaurant, le LÉONOR souhaite offrir une expérience singulière, alliant histoire et modernité, aux Strasbourgeois et aux touristes. Visite en avant-première.

entrée majestueuse, tout en moulure blanche et touches de noir, donne le ton. Le LÉONOR sera un savant mélange d’ancien et de modernité. Dans la salle de réception qui donne sur l’impressionnante cour à ciel ouvert de 500 m2 avec sa façade du XVIIIe siècle, les pierres et sols d’origine sont twistés d’un dôme jaune moutarde, de piliers noirs et de plafonds techniques visibles. « Nous avons souhaité désacraliser le lieu en apportant des touches plus contemporaines, décontractées », confie Jean-Philippe Nuel, architecte d’intérieur de renommée internationale qui signe le projet. « Notre ambition est de créer un endroit totalement différent, en intégrant des pièces de mobilier ou des tapis chinés, en marquant l’identité d’un lieu unique, pas du tout standardisé. »

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UNE AUTRE VISION DE STRASBOURG

En arrivant à Strasbourg, Jean-Philippe Nuel (architecte à qui l’on doit l’hôtel Molitor à Paris) a été marqué par les couleurs qui s’en dégagent, contrairement à Paris qu’il estime plus grise. « Les couloirs, les chambres colorées, sont venus du ressenti que l’on a eu en visitant Strasbourg… On peut trouver de la couleur en France ailleurs qu’en Provence ! » Le fil conducteur des différents espaces ? Du jaune, du terre de Sienne, du noir, des cuirs cognac, des tapisseries à l’aspect patiné comme un clin d’œil à la portée historique du lieu. Tout l’enjeu a été de conserver au maximum l’ancien et d’offrir une nouvelle identité à la bâtisse du XIXe siècle. « Un chantier très compliqué » comme en témoigne un responsable de chez Vinci immobilier, chargé du projet. « L’investissement s’élève à 25 millions d’euros. Les travaux ont été conséquents depuis 2017, avec une grande phase de démolition. Nous avons pu garder 70% des façades. Pendant De gauche à droite : la conception, nous avons travaillé en Jean-Philippe Nuel, Stéphanie Scharf, étroite collaboration avec les Bâtiments Charlotte Morel et Jean-Pascal Scharf. de France. » Propriété de La Française

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« NOTRE AMBITION EST D’EN FAIRE UN HÔTEL TRÈS OUVERT SUR LA VILLE, UN LIEU VIVANT. »

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La cour intérieure du LÉONOR.

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Real Estate Managers, Le LÉONOR est exploité par la Sogeho – Société de gestion immobilière de la famille Scharf – à qui l’on doit notamment le BOMA, le RÉGENT PETITE FRANCE et Contades, la Cour du Corbeau ou encore les Haras. Une bonne nouvelle pour le paysage hôtelier strasbourgeois lorsque l’on connaît la qualité apportée à chaque établissement, du choix des matériaux et du mobilier jusqu’aux prestations. Avec Le LÉONOR, la famille Scharf souhaite offrir une vraie expérience aux Strasbourgeois et visiteurs. « Notre ambition est d’en faire un hôtel très ouvert sur la ville, un lieu vivant, interactif, avec pour positionnement le luxe décomplexé ». 116 chambres avec pour chacune une belle vue et luminosité – mention spéciale pour la Suite avec son balcon d’époque à faire pâlir d’envie la Queen Mum – un restaurant bistronomique et un bar cosy ouverts toute la journée, une salle de sport dernier cri sous un plafond de pierres voûté, quatre belles salles de séminaires, une terrasse… Le LÉONOR a tout pour plaire et s’adresse autant aux locaux, qu’aux touristes ou à une clientèle d’affaires en mal de teambuilding en présentiel.

L’ALSACE À LA CARTE

« ENTRE PASSÉ ET MODERNITÉ, LE LÉONOR A DE L’AVENIR ! »

Nicolas Stamm et Serge Schaal du restaurant doublement étoilé La Fourchette des Ducs à Obernai prendront en main la restauration du LÉONOR. Amoureux de l’Alsace et de ses ambiances festives, ils proposeront une carte incarnant le savoirfaire de la cuisine française et la richesse du terroir alsacien. Exigeante et simple à la fois. Le plaisir, la gourmandise et le partage sont autant de repères pour suivre le chemin emprunté par Nicolas et Serge depuis leur début. C’est dans cet esprit que le duo a confié au couple de chefs reconnus en Alsace, Axelle et Matthias Stelter, l’exécution de leur carte. Initialement programmé pour être un 5 étoiles, le LÉONOR sera finalement un 4 étoiles plus. « Strasbourg ne peut absorber davantage de 5 étoiles, nous avons donc créé un produit, un nouveau regard sur Strasbourg, un dialogue entre une certaine modernité dans sa fonction même et l’histoire du bâtiment », confie Stéphanie Scharf. Un bâtiment classé au titre des monuments historiques qui retrouve finalement sa fonction d’origine puisqu’il était un hôtel particulier au XIXe siècle, appartements du maréchal Léonor Marie du Maine de Bourg. a

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a ARCH I T E CT U R E – BÂTIMEN TS VERT U EU X Barbara Romero

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MATTHIEU HUSSER ARCHITECTURES BÂTIMENTS BIOCLIMATIQUES ET PASSIFS À la tête de son cabinet éponyme depuis 21 ans, l’architecte strasbourgeois Matthieu Husser s’est spécialisé dans la commande publique et les bâtiments réalisés selon des principes bioclimatiques ou passifs.

lors que le bioclimatique et les bâtiments passifs n’en étaient encore qu’à leurs balbutiements, l’architecte strasbourgeois Matthieu Husser a vite compris l’enjeu de ces constructions pour la consommation d’énergie et le climat. « Nous avons démarré en rencontrant des bureaux d’études thermiques allemands et en passant en parallèle par la Région Alsace qui lançait des appels à projets et proposait des subventions pour la création de bâtiments passifs », se souvient Matthieu Husser. Quelles en sont les contraintes ? « Vous ne pouvez concevoir un bâtiment écartelé ou morcelé, il faut de suite réfléchir à l’orientation solaire. Beaucoup d’architectes trouvent la démarche bridante, mais cela nous a

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permis de réaliser des bâtiments que l’on arrive à chauffer pour 1€/m2/an. » L’enjeu de demain n’est plus le chauffage. « Avec le dérèglement climatique, nous devons créer des bâtiments frais, sans climatisation. » L’astuce ? Une bonne isolation, des façades pas trop ouvertes, des brise-soleil, des pompes à chaleur rafraîchissantes.

« AVEC LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE, NOUS DEVONS CRÉER DES BÂTIMENTS FRAIS, SANS CLIMATISATION. »

RAFRAÎCHIR PLUS QUE CHAUFFER… Leur réalisation la plus aboutie démarrera le 1er janvier en Avignon avec la création d’une école de haute-voltige, dans un quartier sensible. « Nous allons utiliser la fraîcheur

Matthieu Husser, spécialiste des constructions passives. Une école passive et inventive à Avignon.

de la nappe phréatique pour rafraîchir l’espace et grâce à un toit végétalisé, nous allons pouvoir créer un rafraîchissement dans tout le quartier. » Avec un budget de 7 millions d’euros pour 11 classes, les architectes du cabinet Husser auront une grande latitude, avec un théâtre dans la cour, un laboratoire des sons, une salle de méditation, et une classe spéciale pour les enfants autistes. Surtout, ils sont allés très loin dans la démarche écologique. « Dans le cadre du Bâtiment durable, nous avons obtenu 90 points sur 100, soit le niveau or haut la main », se réjouit Matthieu Husser, qui envisage de postuler au Green Award pour cette école hors normes. Un niveau encore plus haut après avoir obtenu en 2019 le prix Envirobat Grand Est pour la restructuration et l’extension passive de l’école Lixenbuhl à Illkirch-Graffenstaden. a a A RCHIT E CT U R E

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a ARCH I T E CT U R E – L IVRA IS ON Barbara Romero

Nicolas Rosès

LA MANUFACTURE ELLE S’OUVRE SUR LA VILLE En chantier depuis 2018, la Manufacture des tabacs poursuit sa transformation. Après l’ouverture d’un hôtel en mai dernier, les prochaines livraisons s’échelonneront jusqu’en 2023. Au programme, une « Fabrique du futur » entre art, sciences, entrepreneuriat et gastronomie. Le tout ouvert sur la ville.

usqu’alors bâtisse impénétrable de 21 500 m2, la Manufacture des tabacs amorce son ouverture sur son quartier. Premier avant-goût de cette « Fabrique du futur » : « The People Hostel », un hôtel nouvelle génération de 264 chambres traditionnelles ou dortoirs, où les Strasbourgeois sont aussi invités à prendre un verre ou grignoter un morceau, dans la cour pavée d’origine ou dans l’espace-bar à la déco léchée. Alliance de terracotta et de vert d’eau, sol brut et plafond style industriel, détails de déco chinée entre tableaux, livres et voitures d’enfants, le lieu se prête aux longues discussions entre amis ou au télétravail. Dans la cour, se dresse toujours la fameuse cheminée de 1958 désormais classée. Les façades en grès des Vosges offrent au site un esprit fin XIXe qui lui donne tout son cachet. Propriété de la SERS depuis 2015, inscrite au titre des Monuments historiques

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Éric Hartweg, directeur général de la Sers, à l’origine du projet de reconversion de la Manufacture.

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depuis 2016, la Manufacture des tabacs, qui a arrêté toute activité en 2010, poursuit sa reconversion.

UNE FORTERESSE DÉSORMAIS OUVERTE SUR LA VILLE « Dans la mémoire collective, c’est une forteresse, une usine de produits sensibles, rappelle Éric Hartweg, directeur général de la SERS depuis septembre 2020 et porteur du projet depuis ses origines. C’est un chantier difficile, avec de nombreux défis à relever. En tant qu’aménageurs, ce sujet, avec son aspect patrimonial, est passionnant. » L’originalité du process ? La SERS a mis en place un comité patrimonial, piloté par Antoine Oziol, architecte du patrimoine. Mais aussi un « Comité des usages », incluant les associations de quartier, les élus, les restaurateurs et agriculteurs qui intégreront le site d’ici à HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

LES FAÇADES EN GRÈS DES VOSGES OFFRENT AU SITE UN ESPRIT FIN XIXe QUI LUI DONNE TOUT SON CACHET.

The Hostel People, auberge de jeunesse.

2022. « Nous avons souhaité monter le projet ensemble, car l’idée est de mutualiser les choses et d’ouvrir la Manufacture sur la ville », précise Éric Hartweg. À venir, des projets d’envergure. En premier lieu, sur la droite du bâtiment lorsque l’on arrive de la rue de la Krutenau : un espace de 10 000 m2, revendu à l’État, et investi par l’ENGEES (École nationale du génie de l’eau et de l’environnement de Strasbourg) et l’EOST (École d’ingénieurs en géophysique). Un impressionnant amphithéâtre pourra être utilisé par des tiers. La livraison – et la rentrée des étudiants – est prévue pour février 2022. Les étudiants en sciences partageront une médiathèque avec les élèves de la HEAR qui devraient investir leurs nouveaux locaux, aujourd’hui propriété de la Ville, de 3800 m2 en 2023. Les travaux d’un pôle entrepreneuriat accueillant SEMIA et ACCRO devraient démarrer a A RCHIT E CT U R E

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en octobre pour une livraison fin 2022. « Nous avons l’intention de créer une société commune avec la Caisse des dépôts pour ne pas bloquer nos fonds propres et pouvoir investir sur d’autres projets », ajoute Éric Hartweg.

restituer de la fraîcheur sur les îlots de chaleur urbains ». La toiture-terrasse, qui devrait être exploitable fin 2022, sera cogérée par les restaurateurs, les agriculteurs, et le futur exploitant de la salle événementielle dans l’ancienne chaufferie. « Nous n’avons reçu que UN ROOFTOP DE deux candidatures, regrette un peu le directeur général. Mais nous cherchons 600 M 2 , VÉGÉTALISÉ, un mouton à 5 pattes : quelqu’un qui a AVEC VUE SUR un pied dans le business, mais aussi LA CATHÉDRALE dans l’économie sociale et solidaire. » Pour la partie grand public, attention, le La cour sera également végétalisée avec projet a de quoi rendre impatient ! Dans un circuit pour les enfants concocté par les bâtiments centraux de 1600 m2 en Sine Bussière. U – datant eux de 1958 – place au LAB Côté rue de la Manufacture, un (Laboratoire d’agriculture biologique) laboratoire d’hydrologie est en cours animé par une quinzaine d’agriculteurs de construction pour une livraison et d’éleveurs, et à deux restaurants : l’un fin 2022. L’espace urbain sera complèbistronomique orchestré par Olivier tement repensé avec une place centrale Meyer, l’autre « ferme auberge en ville » qui rejoindra l’actuel site de la HEAR et de Kevin Goetz, éleveur et restaurateur à une zone de rencontre. À noter enfin que Wittenheim. « Nous avons souhaité être quatre plateaux de 180 m2, à côté de l’hosplus ambitieux avec l’idée d’un rooftop tel, doivent encore trouver preneur. Un de 600 m2 avec vue cathédrale, sourit appel à manifestation d’intérêt pour des Éric Hartweg. Nous sommes allés voir usages en lien avec l’art, les sciences, ou la Soprema qui a accepté de nous l’entrepreneuriat est en cours. Réponses faire une toiture végétalisée qui pourra attendues fin septembre. a

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a A RCH I T E CT U R E

La Fabrique du Futur devrait attirer autant les Strasbourgeois que les touristes.

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a ARCH I T E CT U R E – P UMA Barbara Romero

Nicolas Rosès

PUMA LA GRIFFE DE L’AMBITION Début mai, le siège social de Puma a accueilli ses 120 collaborateurs. Un bâtiment intelligent tout de verre et de rouge, vaisseau amiral d’Archipel 2 dans le quartier du Wacken, où bien-être et performance sont au cœur de la conception.

ace à la place Adrien Zeller, au cœur du quartier du Wacken, exit l’ancien théâtre du Maillon, place à The Cat. Les équipes de Puma France viennent en effet d’investir leur nouveau siège social à la situation privilégiée. Du passé, ne reste que l’emblématique porte rouge de l’entrée du site, démolie et reconstruite à l’identique. « C’est le point de départ de la conception, nous avons été séduits par sa force symbolique et construit le projet du quartier autour de cette porte d’entrée au public », confie Damien Cordier, concepteur et architecte gérant de DRLW architectes, en charge de la réalisation d’Archipel 2. En lieu et place du théâtre du Maillon qui a déménagé à une centaine de mètres de là, se dresse désormais un bâtiment de 4200 m2 tout en sobriété, véritable miroir de l’environnement urbain. « Le maître-mot de la conception était “ambition”, souligne Damien Cordier. Nous avons choisi de respecter la place Adrien Zeller et sa végétation, opté pour des volumes simples et des diagonales puissantes symbolisant l’ADN de Puma, “Forever faster”. » Un bâtiment intelligent, conçu et sorti de terre en un temps record avec le concours de

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Richard Teyssier, directeur général Puma Europe.

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Lumineux, éco-responsable, The Cat soigne aussi les salariés Puma.

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Vinci construction et de Demathieu Bard Immobilier, et ayant décroché l’exigeante certification BREEAM. Avec ses 2000 m2 de façade double-peau, l’immeuble est ventilé naturellement avec une très faible déperdition thermique, une protection automatique du soleil, du vent…

BIEN-ÊTRE, PERFORMANCE La particularité de la conception intérieure ? Les 120 collaborateurs ont été consultés et entendus, comme le souHORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« LES 120 COLLABORATEURS ONT ÉTÉ CONSULTÉS ET ENTENDUS. »

ligne Richard Teyssier, fraîchement nommé directeur général Puma Europe. « Un programmiste a recueilli l’ensemble des besoins des salariés, précise-t-il. Ce qu’il en est ressorti, c’est qu’ils souhaitaient continuer à travailler dans des open spaces pour faciliter la collaboration, mais bénéficier également d’espaces pour s’isoler. » Pour téléphoner ou travailler en petit groupe, chacun des trois étages de bureaux est pourvu de bulles insonorisées. Dans les salles de réunion, place à une connectivité renforcée. Belle luminosité et transparence a A RCHIT E CT U R E

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« NOTRE SOUCI PREMIER ÉTAIT L’OPTIMISATION DE LA LUMIÈRE QUI A UN VRAI IMPACT SUR L’HUMEUR ET LA SANTÉ. »

caractérisent l’espace. « Cela va au-delà du parti-pris esthétique, notre souci premier était l’optimisation de la lumière qui a un vrai impact sur l’humeur et la santé », confie Richard Teyssier. « C’est important pour nous que les salariés trouvent un bel équilibre entre bien-être et performance. » Là où se distingue vraiment le 3e équipementier mondial, c’est par ses espaces lifestyle. Chez Puma, les salariés peuvent jouir d’une salle de sport dernier cri, d’une salle de yoga et, clou du spectacle, d’un rooftop avec une vue époustouflante à 360 degrés, doté d’un espace lounge pour chiller, d’un mini terrain de foot et de basket pour se défouler. Stylé. « Nous avons réalisé ce rooftop à la demande de Puma, nous devions faire avec les contraintes acoustiques : ne pas déranger les personnes qui travaillent à l’étage en-dessous, ni ceux qui dorment dans l’hôtel Marriot qui ouvrira juste à côté, précise Damien Cordier. En utilisant des matériaux sains, bien sourcés, les contraintes techniques se sont transformées en performances. » À côté du showroom présentant les collections à venir à faire pâlir d’envie les sportifs ou les modeuses, un studio a également été aménagé pour rester en lien avec sa communauté et accueillir les nombreuses personnalités sous contrat avec Puma, d’Antoine Griezmann à Neymar Jr en passant par Usain Bolt. Vous savez où passer de temps en temps pour espérer croiser les stars du sport du moment ou admirer l’œuvre de Richard Orlinski, réalisée pour l’Industrie Magnifique, sur la place centrale du Wacken ! a Puma en chiffres 5,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020. 26% de croissance sur le premier semestre 2021. 15 000 salariés dans le monde. 220 salariés en France dont 120 à Strasbourg. 50% de femmes dans la team.

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a A RCH I T E CT U R E

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a OR NORM E – H A B I T ER

DESIGN

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a DE S IG N – OB JETS UN IQUES Barbara Romero

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AURÉLIA BERAUER « C’EST VÉRITABLEMENT UTILE PUISQUE C’EST JOLI » Antoine de Saint-Exupéry

La designer Aurélia Berauer imagine des objets ni trop chargés pour l’œil, ni pour leur usage, dans l’esprit scandinave. Touche-à-tout, la Strasbourgeoise de 29 ans propose du sur-mesure, des petites séries et objets uniques. ormée au lycée Le Corbusier à Illkirch-Graffenstaden, Aurélia Berauer a multiplié les expériences entre Copenhague, Amsterdam et le sud de la France, « pour toujours enrichir ma visibilité sur le design à travers différentes expériences professionnelles. » De retour à Strasbourg, elle monte son atelier de céramique pour créer ses propres porcelaines. Du moule à l’émaillage, Aurélia apprivoise la matière de ses doigts de fée et imagine des tasses, des bols, des bougeoirs, des saladiers aux lignes sobres et épurées d’inspiration scandinave.

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UN CLAUSTRA PERSONNALISABLE On aime particulièrement sa série vitaminée Jaune soleil au savoureux goût d’été et ses bols au design végétal offrant tout

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HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

de suite plus d’allure à une tablée. Des créations à découvrir sur son site, mais aussi sur Etsy ou les marchés de créateurs et salons auxquels elle participe volontiers. Curieuse et fourmillant d’idées, la jeune femme aime aussi imaginer des produits design qu’elle réalise avec des artisans. Son objet fétiche ? Son claustra Greentower personnalisable. « Il est issu de mes recherches pendant mes études, je l’ai imaginé de longue date, je l’ai fait évoluer et prototyper par un métallier, confie-t-elle. Aujourd’hui, il se commercialise de Genève à Paris, sur commande. Si sa forme est définie, vous pouvez personnaliser ses dimensions, le nombre de pots à planter, les couleurs… » Après une rentrée créative bien chargée, Aurélia nous réserve de belles surprises pour Noël… Mais chut ! C’est encore top secret. a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« ENRICHIR MA VISIBILITÉ SUR LE DESIGN À TRAVERS DIFFÉRENTES EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES. »

Greentower (à gauche), Honesty (au-dessus) La designer Aurélia Berauer imagine des objets épurés. a DE SIG N

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a DE S IG N – A RCHITECTURE IN TÉRIEU RE Barbara Romero

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STUDIO BC DUO CRÉATIF DE A À Z Fondateurs du cabinet d’architecture d’intérieur Studio BC en 2018, Charline Battin et Baptiste Couëdellot font la différence en s’occupant d’un projet de la prise de mesures à la réception du chantier, entre Paris et Strasbourg. ADN du duo de Studio BC ? Donner corps à l’espace et créer un univers. « Nous abordons le métier en s’adaptant à chaque client, nous n’avons pas d’univers défini, sinon on s’ennuie ! », sourit Charline Battin, 28 ans. Avec son associé Baptiste Couëdellot, 30 ans, ce fut un vrai coup de cœur professionnel et amical. Il y a trois ans, ils décident de créer leur entreprise, et enchaînent de beaux projets. Appartements de haut standing, clinique vétérinaire, aucune réalisation ne se ressemble. « Ce qui nous inspire, c’est l’émotion qui se dégage par la luminosité, les couleurs, la matière, confie Baptiste. La seule note commune, c’est l’utilisation de couleurs prononcées, quelque chose qui résonne. »

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BOUSCULER LES CERTITUDES DU CLIENT Après un long entretien avec leurs clients, Charline et Baptiste n’hésitent pas à bousculer leurs certitudes. « Notre volonté est de bouleverser les désirs des clients, d’être force de propositions. Souvent, après de longues discussions, on se rend compte que le client fait fausse route par rapport à ses idées. » Comme pour la réalisation de l’espace lounge et petit déjeuner de l’hôtel Le Colombier à Obernai, réalisé en asso-

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ciation avec le cabinet strasbourgeois Frög-Architecture. « Le client voulait du bleu, on lui a proposé une association de terracotta et vert profond… Il était ravi ! », se remémorent-ils. Initialement installé à Paris, le Studio BC fonctionne désormais entre la capitale et Strasbourg, où Charline a choisi de revenir s’installer depuis le premier confinement. « Cela modifie notre façon de travailler, mais c’est un vrai moteur d’avoir son binôme même si on n’est plus dans la même ville », constatent-ils. En Alsace, Studio BC planche sur la réalisation d’un magasin de parquet à Reichstett et sur des projets de rénovation. « On observe dans la région une recrudescence de l’envie de refaire son intérieur, il n’y a pas de pénurie de clients, mais les entreprises sont débordées », constate Charline. Pour la rentrée, Charline et Baptiste préparent plusieurs projets de rénovation résidentielle, d’un restaurant… Toujours des missions complètes. « C’est là la différence entre un décorateur d’intérieur et un architecte d’intérieur, rappellent-ils. Nous avons autant de connaissances dans le bâtiment que dans les partis-pris décoratifs. » De la réorganisation de l’espace au choix de la vaisselle, rien n’échappe à ce jeune duo prometteur. a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« NOTRE VOLONTÉ EST DE BOULEVERSER LES DÉSIRS DES CLIENTS, D’ÊTRE FORCE DE PROPOSITIONS. »

Charline et Baptiste, un duo prometteur entre Strasbourg et Paris.


a DE S IG N – B I E N- ÊTRE Aurélien Montinari

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KLAFS LE BIEN-ÊTRE SUR-MESURE Quand il s’agit de sauna, hammam et spa, l’excellence porte un nom : Klafs. Vanessa Lefakis, gérante de la société Henry-Soredi, distribue la marque, diffusant la qualité et le savoir-faire allemand dans le Grand Est. Une passion pour le bien-être sur-mesure à l’image des nouveaux projets qu’elle nous dévoile.

«

es projets deviennent de plus en plus atypiques. Il y a une dizaine d’années on nous demandait des choses très simples. Désormais, les clients souhaitent des installations plus originales. Les hôtels comme les piscines publiques cherchent à se distinguer de leurs concurrents avec nos produits. » Pour Vanessa Lefakis, le succès de Klafs au sein du marché de l’hôtellerie et du wellness tient à sa signature différenciante. Face à la concurrence, les établissements doivent étendre leurs prestations et proposer des installations plus luxueuses, à la fois relaxantes et design, pour un moment de plénitude totale.

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DES PROJETS HAUT DE GAMME EN ALSACE

Vanessa Lefakis et Aurélien Henry, co-gérants.

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L’Esquisse Hôtel & Spa Colmar – MGallery.

Quand on demande à Vanessa Lefakis si des projets sont en cours, il nous faut dresser une liste. « Nous venons de terminer le chantier MGallery à Colmar, un hôtel Spa 5 étoiles. C’est un très beau projet, réalisé avec l’architecte René-Pierre Ortiz du Cabinet AEA. Le spa est élégant, minéral et épuré avec un hammam en deux parties, tout en mosaïque noire. On y trouve également une sublime fontaine à glace dans une pièce dédiée, ainsi qu’un sauna. » Vient ensuite le site du 6717 Nature Hôtel & Spa à Ottrott, une installation ronde d’un diamètre de 7 mètres, une moitié sauna et l’autre sanarium, avec assises ergonomiques et vue sur la nature. Même chose pour L’Hôtel Château Hus, à Husseren-les-Châteaux qui s’équipe d’un espace bien-être comprenant sauna, sanarium et hammam. Enfin, la piscine de Munster se refait elle aussi une beauté avec un complexe sauna, sanarium, HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

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I N T E R ACT AG E N CY

Le 6717 Nature Hôtel & Spa à Ottrott.

« AUJOURD’HUI, C’EST LA PIÈCE ELLE-MÊME QUI EST PENSÉE AUTOUR DU SAUNA. »

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hammam et fontaine à glace, là encore des équipements avec une baie vitrée donnant sur la végétation alentour. « Chez Klafs, nous sommes très bons dans l’originalité. Nous réalisons les attentes de nos clients », assure Vanessa Lefakis, de quoi donner envie d’un week-end détente...

UN MARCHÉ PRIVÉ DYNAMIQUE Si les hôtels et centres sportifs développent leur offre bien-être, les particuliers, eux aussi, se prennent de passion pour le sauna, « les gens ont envie de se faire du bien. Ils réfléchissent à de vrais projets chez eux, et pas simplement à un sauna posé dans une cave. Aujourd’hui, c’est la pièce elle-même qui est pensée autour du sauna et on y ajoute d’autres produits, un hammam, une douche sensorielle, des chaises longues chauffantes... tout est pensé pour et avec le client », confie Vanessa Lefakis. Hôtel 5 étoiles ou cabanon privé, le sauna sur-mesure par Klafs invite au réconfort… naturellement ! a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

Le club des partenaires Là où les idées et les projets grandissent Merci aux partenaires

pour leur soutien.

Plus d’informations : contact@ornorme.fr


a DE S IG N – V É GÉTA L Barbara Romero

Nicolas Rosès

VERTU DU DESIGN VÉGÉTAL ET DURABLE

Imaginé durant le premier confinement, Vertu, c’est du design d’intérieur végétal, éco-responsable et 100% français, qui apporte du vivant et de la gaieté, sans casse-tête niveau entretien. es plantes vertes qui poussent sur le sol français, des pots en céramique ou en cuir spécialement imaginés par des artisans de la région, des systèmes d’arrosage aussi beaux que pratiques… Si l’on devait cocher les cases dans l’air du temps – durabilité, éco-responsabilité, esthétisme – Vertu a tout bon.

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ARTISANAT, MATÉRIAUX RECYCLÉS, PLANTES VERTES FRANÇAISES L’idée est née dans l’esprit de Maïté Seegmuller lors du premier confinement. « J’avais envie de végétal à l’intérieur de chez moi, mais éco-responsable et fabriqué en France, or Ci-dessus, Maïté Seegmuller cela n’existait pas », confie l’entrepreÀ droite, première réalisation de neuse strasbourgeoise. Elle se rapVertu aux Écuries de Haguenau. proche alors des fleurs Kammerer à

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Illkirch-Graffenstaden, l’une des rares fleuristes du Grand Est à proposer des fleurs coupées françaises. Et l’aventure Vertu commence. L’idée de Maïté ? Apporter aux entreprises, professions libérales ou commerces, du vivant dans leur espace de travail, soigneusement présenté, facile d’entretien et 100% made in France. « Les séparations d’espaces sont souvent lourdes et déprimantes, notamment dans les salles d’attente, constate-t-elle. Avec Vertu, nous associons artisanat et matériaux recyclés au végétal pour améliorer le bien-être dans l’environnement de travail et apporter de la convivialité aux espaces collectifs ». Pour l’occultation phonique, Maïté a déniché une magnifique laine italienne obtenue à partir de déchets, seule source hors-sol, faute d’en trouver en France. Pour celles et ceux qui craignent de HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« NOUS ASSOCIONS ARTISANAT ET MATÉRIAUX RECYCLÉS AU VÉGÉTAL. »

ne pas avoir la main verte, pas de panique : des artisanes de la région ont développé pour Vertu un pot autoarrosant, grâce aux ollas, un système poreux ancestral, à ne remplir qu’une fois par semaine. Et pour ne rien gâcher, son design est hautement désirable ! Les boutures, elles, viennent de Lyon et poussent dans un socle en chanvre et mycélium en lieu et place du polystyrène. En septembre, le circuit sera encore plus court grâce aux fleurs Kammerer qui se lanceront dans la culture de plantes vertes françaises, à découvrir dès janvier. Pour la partie technique, Maïté s’est entourée d’un ingénieur qui s’occupe des plans et de l’installation de ces structures vertueuses dans les espaces. D’ici à 2022, Vertu devrait passer à la vitesse supérieure en proposant son design végétal aux particuliers. On a vraiment hâte. a a DE SIG N

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a DE S IG N – P R E STIGE Barbara Romero

Nicolas Rosès

IMMOVAL SERVICE PRESTIGE POUR CLIENTÈLE PREMIUM Une négociatrice dédiée et à l’affût, du conseil, de l’écoute, des services en plus, telle la déco virtuelle… Avec Immoval Prestige, la clientèle premium bénéficie d’une agence confidentielle, spécialisée dans la transaction, et disponible 7 jours sur 7. mplantée depuis 1972 à Strasbourg, Immoval met l’humain et le service au cœur de ses préoccupations. Dans un entretien accordé par son président Lionel Burstin dans nos colonnes, il précisait que son moteur a toujours été d’innover et d’accorder la même attention au locataire de studio qu’au propriétaire d’une maison de 500 m2. Son crédo : apporter du service. C’est donc assez naturellement qu’est née Immoval Prestige, une agence confidentielle nichée avenue de la Paix, pour offrir le meilleur à une clientèle exigeante à la recherche de biens de plus en plus rares. Ici, la négociatrice Muriel Schwab se rend disponible 7 jours sur 7 pour répondre aux demandes de ses clients pour l’achat ou la vente. « Je suis la seule à travailler sur le prestige, à savoir des biens au-delà de 650 000 euros, préciset-elle. L’avantage pour nos clients, c’est qu’ils n’ont qu’une négociatrice, ils apprécient ce côté cosy, confidentiel. »

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Photographies professionnelles, service taxi pour la clientèle de plus en plus nombreuse venant de Paris, Luxembourg ou de Suisse pour s’installer à Strasbourg, Immoval Prestige chouchoute ses clients.

« LE PLUS DIFFICILE, C’EST DE TROUVER LE BIEN » Depuis un an, Immoval propose également l’outil Rhinov, un logiciel de décoration en 3D. Travail des volumes, changement des couleurs des murs, des revêtements de sol, positionnement des cloisons… Le décorateur propose du homestaging virtuel offrant une meilleure idée de ce que peut devenir le bien. « Parfois les gens ont du mal à se projeter, notamment dans un bien vieillissant, ce logiciel est un vrai plus », constate Muriel Schwab. Se spécialiser dans le très haut de gamme est aussi une bonne idée si l’on en croit le peu d’offres du marché HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

strasbourgeois. « Le marché est tendu, il faut être sans cesse à l’affût, se balader, observer, entretenir son réseau, car le plus difficile, c’est de trouver le bien, rappelle-t-elle. Quand on rentre un bien, on le vend très vite ! » Contades, Conseil des Quinze, Orangerie, Robertsau, sont dans la top liste des recherches ; avec un extérieur, critère de choix, notamment depuis le premier confinement. « Mais nous travaillons sur tout le département, nous ne nous limitons pas à un secteur », souligne Muriel Schwab. Réellement démarrée après le premier confinement, l’activité Prestige d’Immoval s’est de suite imposée, malgré un prix au mètre carré monté en flèche. « En deux ans, les prix ont augmenté de 20%, précise la négociatrice, car nous manquons de biens à Strasbourg. C’est une ville très agréable, l’une des plus attractives de France, à 1h50 de Paris, cela se ressent dans le prix du marché. » Avoir une spécialiste pour être réactive sur un créneau bien spécifique prend dès lors tout son sens. a HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter

« L’AVANTAGE POUR NOS CLIENTS, C’EST QU’ILS N’ONT QU’UNE NÉGOCIATRICE, ILS APPRÉCIENT CE CÔTÉ COSY, CONFIDENTIEL. » Muriel Schwab se rend disponible 7 jours sur 7 pour la clientèle premium d’Immoval. a DE SIG N

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a DE S IG N – S CU L P TURE Barbara Romero

Marc Swierkowski

ARTPARC S’ GALERIE D’ART À CIEL OUVERT

À l’initiative de l’amateur d’art Didier Erath, le Val’Parc d’Oberhausbergen jouit, depuis cet été, d’une galerie d’art à ciel ouvert avec 15 sculptures contemporaines achetées par le mécène, avec la complicité de Didier Frank, promoteur de la zone d’activité tertiaire.

il y a des gens qui embellissent la vie, Didier Erath en fait partie. Cet ancien expert-comptable basé au Val’Parc depuis des décennies, n’a pas hésité à investir sur ses propres fonds pour donner un beau coup d’éclat au business center d’Oberhausbergen réunissant une centaine d’entreprises. Cette aventure un peu dingue a démarré avec la crise du Covid. « Je me suis dit que pour éviter une très probable dépression, il fallait que j’achète une œuvre d’art par trimestre », sourit l’amateur. « Ce que j’ai fait en 2020 et poursuivi en 2021 grâce à ma rencontre avec le sculpteur Sylvain Chartier à Oberhaslach. » Ce dernier avait exposé pendant deux ans 11 sculptures dans les jardins du musée Würth. « Il m’a alors proposé que chaque propriétaire du Val’Parc achète une sculpture pour réaliser mon idée de créer un Artparc sur la zone. Les planètes se sont alignées. » Immédiatement séduit par l’idée, le promoteur immobilier du site Didier Frank, se lance avec lui, alors que les autres propriétaires donnent une fin de non-recevoir. « On a financé les 11 sculptures, et j’ai aussi craqué pour celle qu’il avait réalisée pour l’église Saint-Thomas en hommage à Albert Schweitzer et une autre imaginée pour la bataille de Hausbergen de 1282 », précise Didier Erath.

80 000 € INVESTIS PAR LES GÉNÉREUX MÉCÈNES

Didier Erath, généreux mécène d’ArtParc.

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En tout, ce sont désormais 15 sculptures à admirer au Val’Parc à ciel ouvert au milieu d’arbres d’exception plantés à l’initiative des deux généreux mécènes. Des œuvres aux dénominations romantiques entre Roméo et Juliette, Cléopâtre et Marc Antoine ou Saint-Laurent et Pierre Bergé… Si l’on a manqué le weekend d’inauguration entre spectacle de danse et expo photos du 17 au 19 septembre, on y court pour admirer ces œuvres contemporaines, équipé de son smartphone pour flasher les QR-Code afin qu’elles n’aient plus aucun secret pour nous… a

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a P ORT FOLIO – BARTOS CH SALM ANSKI

L’image des lieux

Bartosch Salmanski Photographe

Instagram : @m4tik Site web  : www.128db.fr

À droite : 5 mai 2021, Port du Rhin

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a P ORT FOLIO

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Ci-dessus : 2 février 2017, PAS À droite : 14 avril 2017, COOP


7 juin 2016, Rivétoile


28 août 2017, Port du Rhin


Droite et gauche : 16 avril 2014, Friche Fischer


16 avril 2014, Friche Fischer Double page suivante : 18 avril 2018, Pont de Kehl



28 août 2017, Rivétoile


25 septembre 2016, Street Bouche Festival


Ci-dessus : 18 avril 2018, Pont de Kehl À droite : 21 novembre 2017, Danube


Ci-dessus : 7 octobre 2016, Rivétoile À droite : 17 novembre 2018, Rivétoile


Ci-dessus : 20 février 2019, Lune À droite : 30 octobre 2017, Rivétoile


21 janvier 2017, Rivétoile


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Habiter HORS-SÉRIE 2021 Directeur de la publication  Patrick Adler 1 patrick@adler.fr Directeur de la rédaction Jean-Luc Fournier 2 jlf@ornorme.fr Rédaction Alain Ancian 3 Eleina Angelowski 4 Isabelle Baladine Howald Erika Chelly 6 Amélie Deymier 7 Jean-Luc Fournier 2 Thierry Jobard 8 Véronique Leblanc 9 Aurélien Montinari 10 Charles Nouar 11 Jessica Ouellet 12 Barbara Romero 13 Benjamin Thomas 14 redaction@ornorme.fr

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Photographie Franck Disegni 15 Sophie Dupressoir 16 Alban Hefti 17 Abdesslam Mirdass 18 Vincent Muller 19 Caroline Paulus 20 Nicolas Rosès 21 Marc Swierkowski 22 Direction artistique et mise en page Cercle Studio Typographie GT America par Grilli Type Freight Pro par Joshua Darden Impression Imprimé en CE

Couverture  Illustration par Cercle Studio Portraits de l'équipe Illustrations par Paul Lannes www.paul-lannes.com Publicité Valentin Iselin 23 07 67 46 00 90 publicité@ornorme.fr Directrice Projet Lisa Haller 24

Or Norme Strasbourg est une publication éditée par Ornormedias 2 rue de la Nuée Bleue 67000 Strasbourg Contact : contact@ornorme.fr Ce numéro de OR NORME a été tiré à 15 000 exemplaires Dépôt légal : à parution N°ISSN : 2272-9461 Site web : www.ornorme.fr HORS-SÉRIE — 2021 — Habiter


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