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MAGAZINE

2014

Dossier

Nº 68 FEVRIER – MARS – AVRIL 2014

TRIMESTRIEL – BUREAU DE DÉPÔT BRUXELLES X – P309290

Focus : Earth Hour, Faites la fête pour le climat

RÉGION DU GRAND OURS : LA MENACE DE L’OR NOIR © Jürgen Freund / WWF-Canon


14.10.13 > 11.06.14 16.03.14 14.03.13


ÉDITO UNE JOURNÉE PANDASTIQUE! © WWF-Belgium

SOMMAIRE Brèves

4-5

Campagne L’heure est aux énergies renouvelables !

Focus Faites la fête pour le climat ! Sara, le WWF-Ranger Siard et le panda

Dimanche matin. Lendemain de notre Journée Pandastique au Muséum des Sciences naturelles. Je prends la plume pour écrire cet éditorial, encore légèrement fatiguée mais tellement heureuse que vous soyez venus si nombreux – presque 800 ! – pour faire de cette journée une extraordinaire journée ! Parmi nos invités, nous comptions 80 WWF-Rangers, 80 jeunes passionnés de nature qui ont récemment rejoint le club le plus cool consacré à la vie sauvage. Pour eux, il n’était pas question de tarder à se mettre à l’œuvre pour protéger la nature. À peine arrivés, ils se sont attelés à la tâche en vue de construire l’abri d’abeilles le plus grand de Belgique. Leur énergie et leur motivation a démontré qu’il n’y a décidément pas d’âge pour se mobiliser au profit de la conservation de la nature ! Compte tenu de cet enthousiasme encourageant, nous pensons déjà à un nouveau défi à relever par nos Rangers lors de la prochaine Journée Pandastique. Nous savons où et quand aura lieu la prochaine édition. C’est pourquoi nous vous invitons d’ores et déjà à marquer d’une croix le 5 octobre dans vos agendas. Mais, en ce qui concerne la destination, nous souhaitons la garder secrète encore un moment. Suspense suspense… Au plaisir de vous y voir ! Sara, WWF-Rangerclub

Sur le terrain Une Journée Pandastique

6-7 8-9 10-11

2013, année WWF Grâce à vous, nous faisons un travail formidable !

Éco-détente

12-13 22

How to veggie?

Kids program Un club pour les petits fous de nature

Focus

23

© WWF/Sean Kelland

L’an dernier, deux milliards de personnes ont éteint la lumière, plongeant la belle Bleue dans le noir en signe de manifeste pour le climat. Découvrez comment vous joindre à ce mouvement planétaire en page 8. © Andrew S. Wright / WWF-Canada

GREAT BEAR RÉGION DU GRAND OURS : DOSSIER

RAINFOREST

LA MENACE DE L’OR NOIR

P. 14-21

COLOPHON : Panda magazine est une publication du WWF-Belgique Communauté francophone asbl. Tous droits réservés au WWF. Le sigle Panda, le mot Panda et les initiales WWF sont des marques déposées du World Wide Fund for Nature. Reproduction des textes autorisée, à condition qu’il soit fait mention de la source. • Ont collaboré à ce numéro : Isabelle André, Sarah Beelen, Anne-Catherine de Neve, Christèle Devos, Sara De Winter, Stéphanie Grosjean, Antoine Lebrun, Geert Lejeune, Charles Snoeck, Jan Vandermosten, Angelika Zapszalka • Coordination : www.outsidetheboxes.com • Design : www.propaganda.be • Impression : Claes Printing, St-PietersLeeuw • Photo de couverture : © Tim Irvin / WWF-Canada • E.r. : Damien Vincent, Bd E. Jacqmain 90 – 1000 Bruxelles.

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BRÈVES

UN ESPOIR POUR LE THON ROUGE DE MÉDITERRANÉE

© Al Kinley / Oxfam

SOMMET POUR LE CLIMAT : NOUS REVIENDRONS! Fin 2013, Varsovie accueillait les 195 pays de la Convention sur le changement climatique des Nations-Unies. Si le typhon Haiyan qui a dévasté les Philippines a frappé les consciences, il n’a pourtant pas suffi à débloquer les débats. Au contraire, la Conférence de Varsovie a cristallisé les dissensions entre les pays « riches » et les pays dits en voie de développement, les premiers restant sur des positions conservatrices et les seconds refusant de s’engager dans un processus de réduction des émissions. Devant l’incapacité des états à prendre leurs responsabilités face aux enjeux climatiques, le WWF et les autres ONG ont donc décidé de donner un signal fort en quittant les négociations. Nous reviendrons en 2014, plus déterminés que jamais !

Le thon rouge est une espèce emblématique de la Méditerranée. Victime aujourd’hui de surpêche, l’espèce est au bord de l’effondrement. Depuis plusieurs années, les scientifiques plaident pour un respect des quotas de pêche afin de permettre aux populations de thons de se rétablir. L’appel a finalement été entendu en novembre dernier lors de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT), malgré la pression exercée par plusieurs pays. Petit bémol cependant : aucun accord n’a été trouvé quant aux mesures à prendre contre ceux qui enfreignent les règles.

© Frédéric Bassemayousse / WWF-Mediterranean

LA TORTUE LUTH SORT LA TÊTE DE L’EAU © Tanya Petersen / WWF-Canon

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Le 26 novembre 2013, la tortue luth est passée de la catégorie « En danger critique d’extinction » à celle de « Vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Cependant, les spécialistes restent prudents : l’espèce reste très menacée et son déclin se poursuit dans certaines régions. Le long des côtes nord-américaines et des Caraïbes, les actions de conservation portent leurs fruits et la population se rétablit. Par contre, dans d’autres régions, la situation reste alarmante. La population dans l’est du Pacifique, par exemple, a subi un déclin de 97 % en trois générations. La tortue luth doit faire face à de nombreuses menaces, comme la prise accessoire dans les filets de pêche, la consommation humaine de ses œufs et de sa chair, le développement côtier, la pollution ou encore le changement climatique.


Le saviez-vous ?

75 %

des espèces de poissons qui se retrouvent dans nos assiettes sont aujourd’hui surexploitées.

LA SURVIE DE L’OURS POLAIRE AU CŒUR DES DÉBATS

LA VIE REPREND SON COURS DANS LE DANUBE

Civertan Graphics Hungary

L’île de la Liberté, sur le Danube, avait été sacrifiée pour permettre la navigation sur le bras principal du fleuve. Bien que faisant partie d’une zone naturelle, cette branche du fleuve était bloquée artificiellement depuis 30 ans, transformée en étang boueux par les eaux usées qui s’y déversaient. Notre bureau WWF en Hongrie et ses partenaires ont décidé de revitaliser cette zone en détruisant le barrage et en y créant une forêt semi-naturelle. Cinq ans plus tard, l’eau s’écoule à nouveau et les poissons réinvestissent aujourd’hui les lieux. Espérons qu’ils s’y reproduiront l’an prochain ! © Steve Morello / WWF-Canon

Le Traité de conservation de l’Ours polaire, établi il y a 40 ans par les cinq pays abritant des populations d’ours polaires – le Canada, le Danemark, la Norvège, la Russie et les États-Unis –, a réussi à endiguer les principales menaces qui pesaient sur cette espèce : la chasse sportive et le commerce. Aujourd’hui, la situation est relativement stable et on dénombre 20 à 25 000 individus. Cependant, le changement climatique, et notamment la fonte de la banquise, vitale pour les ours polaires, leurs proies et d’autres espèces dépendantes des glaces, menacent sérieusement la survie de nombreuses espèces emblématiques de l’Arctique. En décembre dernier, à Moscou, les cinq états se sont à nouveau réunis pour célébrer leurs succès et identifier les mesures de protection à prendre pour les 40 prochaines années dans le contexte du changement climatique.

VIRUNGA : L’EAU PLUS FORTE QUE LE PÉTROLE ! Une deuxième centrale hydroélectrique est en construction dans le Parc national des Virunga, en République démocratique du Congo. À terme, elle délivrera 12,5 mégawatts d’énergie propre aux communautés locales et four© Brent Stirton / Reportage for Getty Images / WWF-Canon nira également de l’eau potable à plus d’un million de personnes ! Le développement durable de l’hydroélectricité, de la pêche et de l’écotourisme dans ce site du patrimoine mondial est une alternative sérieuse à l’exploitation pétrolière. Vous pouvez encore signer la pétition pour demander à Soco de cesser l’exploration pétrolière : www.wwf.be/SOSVirunga

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CAMPAGNE

© naturepl.com / Wild Wonders of Europe / Widstrand / WWF-Canon

SEIZE YOUR POWER !

L’HEURE EST AUX ÉNERGIES VERTES Le réchauffement climatique est en marche et menace aujourd’hui directement la planète et ses occupants. En cause, l’utilisation massive des énergies fossiles. Si l’on continue de brûler pétrole, gaz et charbon au rythme actuel, nous enregistrerons d’ici à 2100 un réchauffement dépassant largement la limite acceptable, dont les conséquences seront sans doute irréversibles. Il existe pourtant encore un moyen d’inverser cette fatalité : investir massivement dans les énergies renouvelables et transformer notre économie carbone en économie soutenable. C’est l’objet principal de la campagne internationale du WWF, Seize your power, qui vise à convaincre les investisseurs et les pouvoirs publics d’infléchir le cours des choses.

PÉRIL CARBONE Avec l’utilisation massive des énergies fossiles, 1 020 milliards de tonnes de dioxyde de carbone ont été rejetées dans l’atmosphère entre 1850 et 2000, entraînant inexorablement son réchauffement.Le réchauffement climatique s’est encore emballé et, depuis 2000, nous avons émis 400 gigatonnes de CO2 supplémentaires! Le réchauffement climatique est désormais une réalité incontournable et ses conséquences sur les milieux naturels et les espèces qui les occupent, animales et humaines, commencent à se faire sentir. On estime ainsi que jusqu’à un tiers de l’ensemble des espèces animales pourraient être « condamnées à l’extinction » à cause du changement climatique.

Source : Thomas CD et al. Nature. January 8, 2004. Jan 8. Extinction risk from climate change. Abstract. 427(6970):145-8.

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Le saviez-vous ?

1 500 000

ECONOMIE FOSSILE Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, les réserves d’énergie fossile ne manquent pas et les nouvelles sources d’énergies fossiles, comme les sables bitumineux ou le gaz de schiste viennent encore augmenter les réserves actuellement disponibles. Les investissements dans les énergies sont toujours majoritairement réalisés pour la recherche et le développement des énergies fossiles : en 2012, ils représentaient 674 milliards de dollars. Pétrole, gaz, charbon et autres nouvelles énergies carbones sont ainsi à la base de l’actif de nombreuses sociétés et de fonds d’investissement. Pourtant, à très courte échéance, ce modèle basé sur le carbone ne peut être viable : les réserves que couvrent ces investissements ne pourront être brûlées – et donc valorisées – sans hypothéquer directement la survie de la planète.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime à plus de 1 500 000 le nombre de morts prématurées causées par le réchauffement climatique chaque année1.

tique en-dessous de la barre fatidique des 2 degrés. Pour se désengager du carbone et garantir une production suffisante d’énergie propre pour

ICÔNES D’UNE PLANÈTE EN DANGER Certains des plus beaux sites de la planète sont aujourd’hui directement menacés par la recherche et l’extraction d’énergie fossile. Le WWF en a fait les icônes de sa campagne: ainsi, la baleine grise de l’ouest du Pacifique Nord, l’une des plus grandes baleines connues, victime de l’exploitation pétrolière près des îles Sakhalin en Russie ; la côte du Great Bear au Canada, menacée par un projet d’oléoduc géant (cf.

De nombreuses expériences soulignent aujourd’hui le potentiel des énergies renouvelables en termes de production, d’emploi, de rentabilité et de durabilité. Les énergies durables fournissent des alternatives abordables dans le monde entier et de nombreux pays, villes et institutions se sont désormais engagés, avec succès, dans cette voie. Elles constituent donc dès à présent pour les institutions financières (banques de développement, fonds de pension, banques commerciales) une alternative raisonnable et raisonnée.

dossier) ou l’île sicilienne de Pantelleria, encerclée par les sites d’extraction du pétrole, sont certains des emblèmes de notre planète malmenée. En dirigeant les projecteurs sur ceux-ci, le WWF met en lumière la réalité de l’impact de l’exploitation des énergies carbones et l’urgence de

INVESTISSEMENT NATURE Il existe pourtant une solution : elle réside dans le développement massif et accéléré des énergies renouvelables – soleil, vent, eau, géothermie. Elles sont la seule voie possible pour produire l’énergie nécessaire à notre économie et conserver le réchauffement clima-

vestir 1 400 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d’ici à 2017.

changer le cours des choses, avant que les dommages ne soient irréversibles.

les générations futures, il est nécessaire, si on se base sur les calculs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), d’in© naturepl.com / Mary McDonald / WWF-Canon

SEIZE YOUR POWER ! C’est dans ce sens que notre campagne publique mondiale – Seize your power ! – dont le volet belge débutera au printemps, s’adresse aux pouvoirs publics et aux institutions financières afin qu’ils prennent la mesure de leurs investissements, qu’ils préfèrent les énergies vertes aux énergies carbones et y consacrent, d’ici à 2017, 40 millions de dollars supplémentaires. En investissant dans la nature, ils ont tout à y gagner et, notre planète, rien à y perdre ! © RAMPINI / WWF-Italy

© Dave Burkhart / WWF-Canada

1

http://www.who.int/heli/risks/climate/climatechange/en

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FOCUS

EARTH HOUR 2014 : FAITES LA FÊTE POUR LE CLIMAT ! Ce samedi 29 mars 2014, entre 20h30 et 21h30, il fera noir sur la planète bleue ! Pour cette 6e édition d’Earth Hour, à l’initiative du WWF, des millions de personnes dans plus de 100 pays éteindront à nouveau symboliquement la lumière pour montrer que la lutte contre le changement climatique concerne tout le monde.

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IL N’EST PAS TROP TARD POUR CHANGER Earth Hour fait partie d’une mobilisation internationale du WWF contre le changement climatique. Y participer, c’est faire savoir au monde politique qu’il faut agir sans plus attendre. Partout dans le monde, les gens profitent d’Earth Hour pour changer des choses dans leur vie et dans la société. Earth Hour porte l’espoir que la lutte contre le changement climatique peut être gagnée grâce à la collaboration internationale et à la mobilisation massive des citoyens et de la société civile. Des ours polaires de l’Arctique aux tortues marines des côtes africaines, la diversité de la vie sur notre planète est menacée par le changement climatique. Pour vous engager pour la planète, il suffit d’éteindre la lumière... et de faire la fête !

PLONGEZ VOTRE MAISON DANS LE NOIR Entre 20h30 et 21h30, éteignez toutes les lumières et invitez famille, amis, voisins et inconnus à en faire autant. L’an dernier, depuis sa station spatiale, un astronaute néerlandais a pu suivre pendant 60 minutes la plongée dans l’obscurité de notre belle planète bleue. Les clichés, magiques, sont publiés sur le site de l’Agence spatiale européenne (ASE). www.esa.int/Our_Activities/ Human_Spaceflight/PromISSe/ Andre_Kuipers_takes_Earth_ Hour_into_orbit

ALORS ON DANSE Qui que vous soyez, entre amis, en famille, dans le cadre d’une association ou de votre travail, profitez de l’occasion pour organiser un événement pauvre en carbone : un dîner faible en CO2, un concert acoustique, une promenade à la découverte des animaux de la nuit, etc. La nuit du Earth Hour, tout est possible... tant que cela ne demande pas trop d’énergie. Au sens propre.


Le saviez-vous ?

2/3

D’ici à 2050, plus de deux tiers de la population mondiale vivra en ville.

© Jeremiah Armstrong / WWF-Canada

Gagnez un artiste

Pour animer votre fête Earth Hour à faible impact sur l’environnement, tentez de gagner un artiste ou un groupe. Nous offrons aux quarante fêtes les plus originales et à l’impact le plus faible un groupe ou un artiste musical pour la soirée. Enregistrez votre fête sur www.wwf.be/earthhour et décrivez-la en quelques mots, avant le 21 mars 2014 à midi.

QUAND LES VILLES S’Y METTENT Les villes sont responsables d’environ 70 % des émissions de CO2 liées à la production d’énergie dans le monde. Fondé en Suède pour célébrer l’édition 2011 d’Earth Hour, l’Earth Hour City Challenge a été créé pour mettre à l’honneur les villes qui prennent des mesures novatrices en matière environnementale, visant une ville plus verte, plus propre et plus durable. Cette année, l’Earth Hour City Challenge est organisé dans 15 pays, dont la Belgique où six villes candidates ont pris part au concours. Parmi ces dernières, trois se sont distinguées par leur politique climatique ambitieuse - Anvers, Gand et la Région de Bruxelles-Capitale-, et ont été soumises à l’évaluation d’un jury d’experts internationalement reconnus. Celui-ci a désigné la Région de BruxellesCapitale comme capitable Earth Hour belge pour sa capacité à prendre des actions qui dépassent ses frontières et vont ­au-delà de ses obligations légales.

Inscrivez-vous sur www.wwf.be/earthhour et commandez gratuitement notre Kit festif qui vous aidera à organiser un événement à faible (ou nul !) impact environnemental. Le Kit comprend également un jeu de société pour 2 à 99 joueurs. Date limite d’envoi : 25 mars 2014.

Plus d’info sur www.wwf.be/ehcc.

© WWF/HKPPA

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SUR LE TERRAIN Le 25 janvier dernier, vous avez été nombreux à répondre à notre invitation pour une Journée Pandastique bien chargée ! Aperçu.

AU MUSÉUM DES SCIENCES NATURELLES

À l ’intérieur du PaléoLAB, permis de toucher accordé ! Dans la peau de paléontologues chevronnés, les enfants manipulent les fossiles sous toutes leurs coutures...

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Les enfants prennent ensuite la route avec la petite abeille, à la recherche de ses sœurs Isabeille, disparues.

3.

Sur le stand de Apis Bruoc Stella, ils découvrent tout ce qu’il faut savoir sur les abeilles.

5.

4.

Tous ensemble, nous entreprenons de construire le plus grand nichoir à abeilles de Belgique !

Nous plaçons notre abri à abeilles dans le jardin du Muséum, juste à côté du Parlement européen. C’est un message très clair que le WWF et les enfants lancent à l ’Europe : Il est grand temps de protéger notre biodiversité en danger, en commençant par les espèces qui jouent ici un rôle clef, comme les abeilles. Les parlementaires européens Bart Staes et Kathleen Van Brempt nous accompagnent pour inaugurer l ’abri et applaudissent notre construction. • WWF-Belgique/Stefan Smets

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2013 EN CHIFFRES Le WWF

• Actif depuis 1961 • 2 500 collaborateurs • 5 000 000 membres et donateurs • 80 pays

EN 2013, LA LUTTE POUR LA PRÉSERVATION DE LA PLANÈTE A CONNU DE BELLES VICTOIRES!...

500 000 SIGNATURES

LE WWF AGIT AU QUOT ET LA NATURE VIVRONT

ont poussé la Première ministre thaïlandaise à interdire le commerce de l’ivoire dans son pays. Ce succès est d’autant plus important que la Thaïlande abrite le plus grand marché d’ivoire non réglementé du monde.

3 000 BISONS

peuple nouve sol eur Dispar de notre continent au début 20e siècle, ils y réapparaisse depuis une dizaine d’années, grâce à un programme efca réintroduction de l’espèce.

POUR ACCOMPLIR NOTRE MISSION, NOUS AG

PROGRAMMES DE TERRAIN

Le WWF-Belgique

PRÈS DE 2 892 000 €, SOIT 40 % DE NOTRE BUDGET, SONT DIRECTEMENT AFFECTÉS À NOS PROGRAMMES DE TERRAIN, AUXQUELS NOUS ASSOCIONS LES POPULATIONS LOCALES.

• Actif depuis 1966 • 35 collaborateurs • 78 000 membres et donateurs • 7 556 000 € de recettes • 9 % de notre budget est affecté à nos frais d’administration et 15 % à la récolte de fonds

NOUS SOMMES SOUTENUS PAR UN RÉSEAU DE PERSONNES FORMIDABLES :

VOUS !

NOUS CONSACRONS 40 % DE NOTRE BUDGET AUX PROGRAMMES DE TERRAIN.

Dons et cotisations

78 %

Partenariats

9%

78 % de nos recettes annuelles sont issues des dons des particuliers. 5 918 000 € ont été réunis grâce à votre générosité.

LE CHANGEMENT NE PEUT S’OPÉRER SANS L’ENGAGEMENT 9 % de nos recettes, soit DE TOUS. 703 000 €, sont le résultat de nos différents partenariats et alimentent le budget consacré aux projets de terrain.

Subsides

EDUQUER LES JEUNES

LES ENFANTS D’AUJOURD’HUI SONT LES ADULTES DE DEMAIN. IL EST ESSENTIEL DE LES ÉVEILLER À LA PRÉSERVATION DE LA PLANÈTE ET DE LA BIODIVERSITÉ. NOS PROGRAMMES ÉDUCATIFS REPRÉSENTENT 6 % DE NOTRE BUDGET.

12 %

12 % de nos recettes, soit 908 000 €, nous ont été concédées sous forme de subsides et nous permettent de nancer nos activités de conservation.

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SENSIBILISER

POUR NOUS FAIRE ENTENDRE, CHAQUE VOIX COMPTE : NOUS CONSACRONS 27 % DE NOTRE BUDGET AUX ACTIONS DE SENSIBILISATION. NOS CAMPAGNES ALERTENT LES CITOYENS DES DANGERS QUI MENACENT LA BIODIVERSITÉ ET, PLUS LARGEMENT, L’ENSEMBLE DE LA PLANÈTE.

INFLUENCER

NOUS CONSACRONS 3 % DE NOS DÉPENSES POUR INFLUENCER LES POUVOIRS PUBLICS ET LES ENTREPRISES, AFIN QU’ILS PRENNENT DES DÉCISIONS QUI RÉDUISENT L’EMPREINTE DE L’HUMANITÉ SUR LE MONDE NATUREL.


TIDIEN POUR CONSTRUIRE UN AVENIR OÙ L’HUMANITÉ T EN HARMONIE. MAIS IL RESTE ENCORE DES DÉFIS À RELEVER...

ent à eau le ropéen. rus du ent , ace de

2 MILLIARDS DE PERSONNES

ont éteint la lumière à l’occasion du Earth Hour 2013, notre campagne internationale de mobilisation contre le changement climatique.

LE JOUR DU DÉPASSEMENT

20/08

est tombé le 20 août 2013. A cette date, nous avons consommé toutes les ressources naturelles que peut produire la planète en un an.

1 004 RHINOCÉROS

ont été massacrés en Afrique du Sud en 2013. Ce chiffre s’élevait à 668 en 2012.

GISSONS SUR PLUSIEURS FRONTS. Le WWF-Belgique est particulièrement actif sur 3 régions qui représentent un intérêt majeur en termes de biodiversité. Chacune d’elle abrite une espèce emblématique dont nous assurons la protection: le gorille de montagne, dans le Parc National des Virunga, l’ours brun dans les Carpates et la tortue luth en Guyane.

NOS ACTIONS EN FAVEUR DE LA CONSERVATION DES ESPÈCES S’OPÈRENT EN COLLABORATION AVEC LES POPULATIONS LOCALES.

990 HECTARES

ont été reboisés dans le Parc National des Virunga, portant à 6 500 hectares le reboisement total opéré depuis 2007, soit environ la totalité des espaces verts de Bruxelles, forêt de Soignes comprise.

100 %

des chalutiers crevettiers en Guyane française et au Suriname utilisent des lets équipés de dispositifs d’exclusion des tortues (TED’s).

UNE NOUVELLE LOI a été adoptée en vue de protéger toutes les forêts vierges de Roumanie, pays qui compte la plus grande surface de forêts vierges en Europe.

VOTRE MOBILISATION MASSIVE AUTOUR DES CAMPAGNES WWF DE 2013 A EU DES RÉSULTATS CONCRETS SUR LE TERRAIN! parmi lesquelles 41 000 Belges, ont signé la pétition pour la protection du Parc National des Virunga. Sous la pression du WWF, Total a accepté de respecter les frontières du Parc.

PERSONNES

235 792

ÉLÈVES

500 000

ont signé la pétition visant à interdire le commerce de l’ivoire en Thaïlande. L’objectif a été atteint puisque la Première ministre du pays, Yingluck Shinawatra, s’est engagée à mettre n à cette pratique dans son pays.

PERSONNES

de l’enseignement primaire et secondaire ont participé à nos programmes éducatifs portant sur la biodiversité et le développement durable.

1,56

LITRE D’EAU

230 JEUNES

Telle est la quantité d’eau nécessaire pour produire un litre d’eau de Chaudfontaine, alors qu’elle était de 4,53 litres en 2005. Le site d’embouteillage d’eau minérale appartenant à Coca-Cola a reçu la certication « European Water Stewardship » pour ses efforts en matière de gestion durable de l’eau.

257 000 €

ont été récoltés dans le cadre de la campagne SOS Arctic. Ces fonds permettent de nancer notre nouveau projet de protection des ours polaires, dans le grand nord russe.

de 16 à 18 ans ont participé à la 2e édition du Climate Challenge Brussels, un exercice de simulation de négociations climatiques internationales organisé au Parlement européen.

UN 1ER POISSON MSC

entre dans la gamme des produits d’EXKi qui a obtenu le label de certication de pêche durable MSC.

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Design: inextremis.be - © WWF - © fotolia.com

576 000


DOSSIER

GREAT BEAR RÉGION DU GRAND OURS : RAINFOREST LA MENACE DE L’OR NOIR

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Le saviez-vous ?

Depuis 2007, le WWF travaille avec le populations autochtones à la protection et à la conservation de cette région unique au monde.

Le long de la côte nord de la Colombie-Britannique, au Canada, s’étend un écosystème sauvage, alliance mystérieuse de la forêt et de la mer. La Région du Grand Ours, qui doit son nom aux nombreuses espèces d’ours qui la peuplent, est l’une des dernières forêts pluviales côtières tempérées dans le monde.

© Andrew S. Wright / WWF-Canada

Blessée par la découverte et l’exploitation d’importants gisements de sables bitumineux - agglomérats de sable et de pétrole -, elle a été l’objet d’un admirable travail de sauvegarde de ses richesses biologiques et culturelles. Elle est pourtant aujourd’hui tristement menacée par un projet d’oléoduc titanesque en provenance d’Alberta qui la traverserait de part en part, achevant de la défigurer. Le projet est désormais aux mains du gouvernement canadien dont la décision est attendue sous peu. La mobilisation, très forte parmi les populations locales, s‘organise au niveau international. Ce qui se joue, là-bas, au cœur de la forêt boréale, nous concerne tous : au-delà de la destruction de cet écosystème unique, c’est l’avenir climatique de la planète que le projet d’oléoduc engage. UNE MENACE BIEN RÉELLE C’est la découverte d’importants gisements de sables bitumineux, une forme semi-solide de pétrole brut, dans la région de l’Alberta et leur exploitation depuis les années 1970 qui ont placé cette région au cœur des enjeux énergétiques et économiques les plus brûlants. La découverte de nouvelles techniques d’extraction des gisements plus profondément enfouis et l’amélioration des rendements d’extraction et de raffinage ont encore récemment attisé les convoitises. Avec l’augmentation de la rentabilité de l’exploitation des sables bitumineux et les promesses des immenses réserves que contient le sous-sol de la région, la question du transport

de ce sable noir est devenu un enjeu crucial pour les pétroliers. C’est ainsi que la société de transport pétrolier Enbridge a déposé un projet de construction d’un double oléoduc traversant la région. Le projet Northern Gateway permettrait aux compagnies pétrolières d’acheminer le bitume extrait dans les sables de l’Alberta jusqu’au Pacifique. Ce pipeline, long de 1 170 kilomètres, transporterait le pétrole brut à travers la forêt pluviale du Grand Ours jusqu’au port de Kitimat où il serait ensuite déversé dans d’immenses superpétroliers pour faire route vers l’Asie, ouvrant ainsi au pétrole canadien une voie royale vers les marchés asiatiques. Ce projet d’industrialisation pharaonique menace le cœur même de la région du Grand Ours. Outre les dégâts écologiques majeurs causés par l’extraction des sables bitumineux, l’oléoduc et l’approvisionnement des superpétroliers dans des eaux reconnues pour être imprévisibles font courir à cette région sans équivalent biologique un risque majeur de déversement et mettent en péril ses écosystèmes, ses emplois, ses cultures et la vie de ses communautés humaines. Aujourd’hui, malgré les campagnes de protestation menées de toutes parts, le projet a franchi avec succès les premières étapes et se trouve dans les mains du gouvernement canadien qui doit rendre une décision. Le risque que les enjeux financiers et les intérêts de lobbys pétroliers priment sur la sauvegarde de ce patrimoine biologique mondial existe bel et bien.

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Le saviez-vous ?

525 000

C’est le nombre de barils de pétrole et de bitume qui seront acheminés chaque jour par l’oéloduc.

© Natalie Bowes / WWF-Canada

LE GRAND OURS, UNE RÉGION PARTICULIÈRE La région du Grand Ours (Great Bear) est un endroit unique au monde. Une grande forêt pluviale tempérée y rencontre une zone marine très productive et certaines des dernières rivières sauvages sur Terre. En 2006, un accord historique a placé cette forêt pluviale sous protection en vue d’assurer des pratiques forestières écologiquement responsables, de favoriser des économies durables et de donner corps aux décisions des peuples autochtones relatives à leurs terres ancestrales. L’HABITAT DE NOMBREUX OURS ET LE REFUGE D’ESPÈCES EN PÉRIL La région tire son nom des nombreux ours qui l’habitent – le grizzly, l’ours noir, l’emblématique ours noir de Haida Gwaii et l’ours blanc Kermode (Ours Esprit), plus rare encore que le panda. La zone marine du Grand Ours abrite également plus de 17 espèces de mammifères marins. Elle est un habitat essentiel pour de nombreux cétacés menacés, de la baleine grise à l’orque, en passant par le rorqual commun, le rorqual boréal, la baleine à bosse, plusieurs espèces de dauphins et le marsouin. On y trouve encore cinq espèces de saumons du Pacifique et il s’agit du seul endroit au monde fréquenté par le loup de la Côte centrale de la Colombie-Britannique.

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© Andrew S. Wright / WWF-Canada

DES RIVIÈRES POUR NOURRIR LA MER Impossible d’aborder cette région luxuriante sans comprendre son milieu interconnecté. Le saumon incarne cette étroite interconnexion entre la mer, les rivières sauvages (notamment Skeena et Nass) et la terre, dans la zone marine du Grand Ours. Les innombrables ruisseaux se jettent dans des estuaires florissants et sont source de vie pour les saumons qui, en retour, nourrissent les ours, les loups, les oiseaux et les hommes. LE TERRITOIRE ANCESTRAL DES POPULATIONS AUTOCHTONES Le nord et le centre de la côte de la Colombie-Britannique ainsi que l’archipel Haida Gwaii constituent le territoire ancestral des 12 peuples autochtones côtiers, dont les droits sur ces terres n’ont jamais été cédés ou abandonnés. La zone marine du Grand Ours est synonyme de survie pour ces communautés pour lesquelles les multiples activités liées à l’eau constituent la

base économique. Un rapport sur la contribution économique de la pêche commerciale et sportive de la région chiffre cette industrie à 2,5 milliards de dollars de revenus par an et à 300 000 emplois durables. Sans compter les milliers d’emplois liés au tourisme : 2 200 emplois à long terme et un revenu de plus de 104 milliards de dollars par an.

L’ours Keromode, l’ours esprit, tient une place importante dans le folklore des Amérindiens. Ceux-ci ont longtemps caché son existence aux chasseurs, assurant ainsi sa survie.

© Sarah Leen/National Geographic Stock/WWF-Canada

Selon Environnement Canada, le détroit d’Hécate dans la zone marine du Grand Ours est l’un des quatre plans d’eau du monde dont les eaux sont les plus imprévisibles. En hiver, les vagues peuvent atteindre huit mètres. On a même déjà enregistré des vagues de plus de 30 mètres. Malgré cela, le projet d’oléoduc prévoit le passage dans ces eaux de pétroliers chargés de pétrole brut toxique – certaines embarcations peuvent mesurer près de 400 mètres de long ! – en route pour l’océan Pacifique.

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La société Enbridge a offert aux groupes autochtones une participation de 10 % dans ce projet de 5,5 milliards de dollars, sur les 30 prochaines années. La société s’attend à ce que ces populations constituent près de 15 % de la main d’œuvre requise pour la construction du pipeline. Elle néglige toutefois les coûts économiques et environnementaux du projet, en ce compris l’impact sur les emplois existants et durables (pêche et tourisme).

UNE NOUVELLE RUÉE VERS L’OR Les gisements de sables bitumineux un mélange de sable, d’eau, d’argile et de bitume – découverts en Alberta forment la plus grande réserve mondiale et font du Canada l’un des pays dotés de la plus importante réserve pétrolière. Les trois principaux gisements du pays, à l’ouest, dans la région de Peace River, au sud près de Cold Lake et au nord, le long de la rivière Athabasca,

© Ashley Cooper/Corbis

plus précisément à Fort McMurray, représentent environ 1 700 milliards de barils de bitume, dont seule une petite partie est exploitable : 174 milliards de barils avec les techniques actuelles et 315 milliards à terme. Entre 2000 et 2010, suite à la crise du pétrole, l’ensemble de l’industrie a bénéficié d’investissements colossaux et une très nette augmentation de ©WWF

Le trajet proposé pour l’oléoduc traverse le Canada de part en part.

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la production s’en est suivie. Près de 20 entreprises pétrolières se sont ainsi installées en Alberta et y ont investi des milliards de dollars. La ville de Fort McMurray est devenue la ville d’Amérique du Nord connaissant la croissance la plus élevée et contribuant à elle seule pour 7 % du volume total de gaz à effet de serre du Canada. Des enjeux économiques et politiques puissants qui, malheureusement, pèsent lourd dans la balance. LE PÉTROLE LE PLUS SALE… L’exploitation des sables bitumineux a des implications très lourdes sur l’environnement. La forêt boréale est littéralement transformée en une immense mine à ciel ouvert, vaste plaie boueuse au cœur de la forêt pluviale. Les procédés d’extraction mécanique ont durablement défiguré le paysage et bouleversé les écosystèmes : les arbres sont coupés pour céder la place à d’immenses pelles mécaniques qui grattent la couche superficielle du sol pour ensuite creuser et extraire les sables bitumineux enfouis. Ces derniers sont ensuite acheminés vers une pré-raffinerie installée à proximité de


Le saviez-vous ?

20 000

la rivière, où le bitume est séparé du sable. Les techniques d’extraction les plus récentes, notamment développées pour extraire les couches de sables bitumineux enfouis plus profondément dans le sol, ne sont pas moins dévastatrices des écosystèmes. Elles sont basées sur l’injection de vapeur d’eau chaude à 300 degrés dans des puits creusés dans le site d’extraction. La vapeur permet de liquéfier les sables, qui peuvent alors êtres pompés et transportés dans des pipelines.

On craint bien évidemment des conséquences irréversibles sur les écosystèmes si une fuite vient à se produire. D’après l’industrie minière, tenue de remettre les sites en l’état, la forêt boréale reprendra naturellement ses droits sur les sites d’extraction.

barils de pétrole ont été déversés dans la rivière Kalamazoo, suite à une fuite dans un oléoduc de la société Enbridge.

Pourtant, 30 ans après l’ouverture des premières mines à ciel ouvert, aucun terrain ne peut être considéré comme réhabilité. Au contraire, le temps nécessaire à la reconstitution des biotopes dévastés – et en particulier celui des tourbières-, est estimé à des centaines, voire des milliers d’années. De plus, ces trouées dans la forêt primitive perturbent les zones de reproduction et de déplacement des espèces animales. … ET LE PLUS ÉNERGIVORE Contrairement au pétrole conventionnel, le sable bitumineux exige un traitement spécifique pour pouvoir être exploité commercialement. Une fois le sable extrait du sol, il faut extraire le bitume du sable et le liquéfier avec des hydrocarbures. Ces techniques consomment beaucoup d’eau et d’énergie et émettent d’importants volumes de gaz à effet de serre. Un baril issu du sable bitumineux génère trois fois plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’un baril de pétrole classique. L’extraction des sables libère en outre une grande quantité d’agents pol-

luants dans l’eau ou dans l’atmosphère. En Alberta, l’eau nécessaire au pré-raffinage est puisée dans la rivière Athabaska. Après avoir servi à la séparation du sable et du bitume, elle est rejetée, chargée de multiples composés toxiques, dans de gigantesques bassins de rétention situés près de la rivière même. Ce bouillon est si toxique que l’eau ne gèle plus, même à -30 degrés, et entraîne la mort des oiseaux qui ont le malheur de s’y poser. On craint bien évidemment des conséquences irréversibles sur les écosystèmes si une fuite vient à se produire, d’autant que la décantation qu’on avait annoncée rapide semble devoir prendre des dizaines d’années.

En décembre 2007, le Commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada, Scott Vaughan, déclarait dans un rapport que le pays n’était pas prêt à gérer un déversement de pétrole majeur, notamment parce que le plan d’urgence était périmé.

© Nasa Earth Observatory

Les bassins de décantation, à quelques mètres à peine des rives, font peser une lourde menace écologique sur la rivière.

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Le saviez-vous ? LE COMBAT DES OPPOSANTS AU NORTHERN GATEWAY Entre la fuite de l’oléoduc aux États-Unis et le naufrage d’un pétrolier d’une capacité de 300 000 tonnes dans le fjord qui va de Kitimat à Hartley Bay, force est de constater que les risques inhérents au transport du pétrole

Deux tonnes de sables bitumineux sont nécessaires pour produire un baril de pétrole brut.

sont loin d’être négligeables. Depuis des années, le projet d’oléoduc du Northern Gateway est sévèrement critiqué par les écologistes et les groupes autochtones. En décembre 2010, 66 communautés indiennes de Colombie-Britannique, dont beaucoup vivent sur les terres que traverserait le pipeline, ont signé une déclara-

tion conjointe d’opposition au projet. Quelque 40 autres communautés y ont, par la suite, ajouté leur appui. WWF EN ACTION Le gouvernement fédéral canadien a mis sur pied une Commission d’examen conjoint afin d’évaluer le projet et établir des recommandations au gouvernement. Des consultations publiques ont eu lieu durant de longs mois en 2012 et de nombreux Canadiens ont manifesté leur opposition au projet. Dans ce cadre, le WWFCanada a soumis une communication à la Commission d’examen conjoint relevant le fait qu’un déversement de pétrole dans la mer dévasterait de manière critique l’habitat des populations de baleines à bosse sur les côtes du Grand Ours. En outre, la fréquentation des eaux littorales par les superpétroliers perturberait la quiétude nécessaire à la survie des baleines. Nous avons également financé une étude menée par l’Université de Colombie-Britannique qui démontre les répercussions négatives pour les autochtones et les populations côtières et conclut qu’en cas de fuite de pétrole, tous les bénéfices économiques ­envisagés par le projet d’oléoduc seraient anéantis par le coût du nettoyage de la zone. En 2013, en collaboration avec les populations côtières, nous avons engagé une campagne internationale sur les réseaux sociaux : « Je suis un citoyen préoccupé, et vous ? ». Le but est de démontrer la solidarité du monde entier avec les autochtones. Plus de 50 000 signatures ont été recueillies à ce jour et le compteur tourne toujours... (www.askacanadian.ca)

©Marc_Bonhomme

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Notre mission est également d’appuyer fortement un investissement urgent dans les énergies renouvelables et d’éviter que le gouvernement prenne les risques écologiques et économiques inhérents au développement de l’ex-


A vo

© Steph Morgan / WWF-Canada Beauc us de jouer déjà oup de p e ! « Je signé la rsonnali suis tés c pétit Ce q u anad i n o n c u i i tous i se pas toyen pr internat ennes on s é t ! e au Ca occupé ionale : la pé Souten , et nada ez no titio vo nous tre n sur con us ? ». w w w.a action en si cerne skaca gn nadia n.ca. ant

ploitation des sables bitumineux. Nous avons également besoin d’une stratégie nationale forte en matière d’énergie pour assurer l’engagement canadien pour le climat. LES PRESSIONS INTERNATIONALES La communauté internationale s’est également mobilisée contre le développement de l’industrie des sables bitumineux. Personnalités, scientifiques, citoyens du monde entier appellent le Canada à se désengager du développement des énergies conventionnelles et en particulier des sables bitumineux dont l’exploitation marque au fer rouge une région emblématique. En octobre 2013, 21 prix Nobel ont ainsi demandé à l’Union européenne et à ses pays membres de bloquer l’importation de ce pétrole plus sale que le pétrole. LA DÉCISION DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL Malgré ce mouvement d’opposition de la population autochtone et canadienne, malgré les arguments des

scientifiques, les campagnes des ONG et les actions du WWF-Canada, la Commission d’examen conjoint a, dans son rapport du 19 décembre 2013, émis une recommandation favorable au projet moyennant le respect de 209 conditions. Le dossier est maintenant aux mains du gouvernement fédéral qui dispose de six mois pour rendre sa décision.

NOTRE COMBAT CONTINUE Le WWF s’engage à poursuivre ses efforts pour la conservation de la région du Grand Ours. Dans les mois à venir, plus que jamais, nous continuerons à dénoncer et informer le grand public afin d’engager la société civile de manière internationale.

© Andrew S. Wright/WWF-Canada

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ÉCO-DÉTENTE BOULETTES DE PETITS POIS VEGGIE INGRÉDIENTS Pour 4 pers.

PRÉPARATION © www.evavzw.be

• Dégelez les petits pois surgelés. • Portez de l’eau salée à ébullition et faites-y cuire les pois secs pendant 10 minutes. • Égouttez. • Pelez le demi-oignon et hachez-le finement. • Râpez ensuite le zeste du citron. • Mélangez les petits pois décongelés à ceux que vous avez cuits à l’eau. • Ajoutez la farine, la menthe et le zeste de citron. Écrasez bien le tout en mélangeant. • Ajoutez l’oignon haché. • Faites chauffer l’huile de friture à 170°C. • Formez de petites boules avec ce mélange et faites-les dorer dans l’huile. Ces boulettes sont délicieuses, combinées à un taboulé frais ou à d’autres légumes de printemps tels que la courgette ou le chou-fleur. Cette recette est issue du site Web : www.jeudiveggie.be

POURQUOI MANGER MOINS DE VIANDE ?

 150 g de petits pois surgelés  150 g de pois secs  ½ oignon  1 citron bio  2 cuillères à soupe de farine  1 cuillère à café de menthe séchée  huile de friture végétale

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L’élevage intensif des 1,3 milliards de bœufs, 0,9 milliard de porcs, 1,8 milliards de moutons et de chèvres et 14,1 milliards de poulets que nous mangeons annuellement exige beaucoup de terres, d’eau et d’énergie. Il menace la biodiversité, participe à la pollution de l’eau, au réchauffement climatique et à la déforestation. Pour faire place à l’élevage et à l’agriculture, pas moins de 17 % de la surface de la forêt amazonienne a été brûlée. Les premières victimes ? Les animaux qui ne s’éloignent pas assez vite et voient leur terrain de vie et de chasse disparaître dans les flammes. En Belgique

aussi, certaines espèces de papillons, d’oiseaux et de poissons d’eau douce sont menacées ou ont tout simplement disparu. En Europe, on mange en moyenne 86 kilos de viande et 250 œufs par an par personne. La récolte de soja nécessaire pour nourrir les animaux destinés à la consommation annuelle d’une personne utilise 400 m² de terres arables, la taille d’un terrain de basket! Manger moins de viande, c’est donc la solution la plus simple pour réduire son impact sur l’environnement. Et cela favorise la curiosité alimentaire !


KIDS PROGRAM

Un club pour les petits fous de nature

LE WWF-RANGERCLUB RASSEMBLE LES ENFANTS DE 6 À 12 ANS PASSIONNÉS PAR LA NATURE. CE CLUB SUPER COOL SENSIBILISE LES JEUNES À LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT ET DES ANIMAUX SAUVAGES D’ICI ET D’AILLEURS.

PORTRAIT-ROBOT D’UN WWF-RANGER. le WWF-Ranger est fou des animaux et fasciné par la nature ; il est susceptible de parler le latin quand il veut évoquer certains animaux. Vous a-t-il déjà parlé du Panthera Leo ou de l’Hippopotamus? il ramène parfois quelques invités surprise à la maison : des petites choses avec 2, 4, 6 ou, si vous avez un peu de chance, jusqu’à 8 pattes… le plus souvent, il est inoffensif mais il peut parfois vous faire la leçon : ce sera le cas si papa ne trie pas bien ses déchets, si maman préfère le bain quotidien à la douche ou si tonton va chercher son journal en voiture tous les matins… VOUS EN AVEZ UN À LA MAISON ? INSCRIVEZ-LE DÈS AUJOURD’HUI SUR WWW.WWF.BE/RANGERS ! Pour une cotisation annuelle de 30 euros, le WWF-Ranger reçoit : une carte de membre personnalisée et un kit surprise de bienvenue; 5 fois par an, un magazine, avec une tonne d’infos sur la nature, les animaux, les plantes de chez nous et d’ailleurs; des réductions pour différentes activités nature organisées en Belgique; un traitement « VIP » lors des journées organisées par le WWF; et bien d’autres surprises!

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17 espèces

100%

RECYCLED

xxxxxx

de mammifères marins sont abritées dans la zone marine du Grand Ours au Canada

106 communautés autochtones s’opposent au projet de construction d’oléoduc Northern Gateway

Un baril de pétrole issu du

sable bitumineux génère 3 fois plus de gaz à effet de serre qu’un baril de pétrole classique

Notre raison d’être Mettre un terme à la dégradation de l’environnement dans le monde et construire un avenir où les êtres humains pourront vivre en harmonie avec la nature.

www.wwf.be

WWF-Belgique • Bd E. Jacqmain 90 • 1000 Bruxelles • Tél. 02 340 09 99 • Fax 02 340 09 33 • members@wwf.be • Le Centre Info est ouvert du lu au ve de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30.


Panda Magazine 68  

Magazine trimestriel destiné aux membres du WWF-Belgique.

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