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Augustin Berque, géographe, orientaliste, philosophe, La pensée paysagère, Archibooks, 2008. Les travaux de ce théoricien du paysage portent sur la mésologie (l’étude des milieux humains) et plus particulièrement sur l’écoumène : la relation de l’humain à son milieu, sensible et concrète, symbolique et technique. Caspar David Friedrich, peintre, Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818, Kunsthalle, Hambourg. L’artiste romantique du XIXe siècle utilise la grandeur de la nature comme une expression du Sublime, où l’homme se dissout dans quelque chose qui le dépasse. Robert Harrisson, chercheur, Forêts, essai sur l’imaginaire occidental, 1992, Flammarion. À travers l’évocation de la forêt sur laquelle la cité a défriché son espace, l’auteur s’interroge sur notre rapport à notre habitat, considérant que l’homme habite non la nature mais son rapport à la nature. Alvéole 7 Marcel Duchamp, artiste, Roue de bicyclette, 1913. Sa démarche artistique a influencé divers courants de l’art contemporain. André Breton, dans son dictionnaire abrégé du surréalisme, définit le ready-made comme un « objet usuel promu à la dignité d’objet d’art par le simple choix de l’artiste ». La théorie du « rendez-vous » de Duchamp consiste à soumettre un objet au monde de l’art à un certain moment et en un certain lieu. Robert Smithson, plasticien, The monuments of Passaic, série photographique et texte, 1967. Smithson réalisait des œuvres dites de l’Earth art. Ici, l’artiste explore un paysage industriel à l’abandon, comme un vaste musée révélant les projections obsolètes de nos sociétés. Dans la série Hotel Palenque, il utilise la notion de « ruine à rebours ». Tony Cragg, sculpteur, Green and orange bottles, 1982. Héritier du nouveau réalisme et du pop art, Cragg réalise dans les années 80 des compositions murales en accumulant des objets ou des déchets industriels selon leur taille ou leur couleur.

John Baldessari, Brain/Cloud, With Seascape and Palm Tree, 2009. Dans ce photo-montage, l’artiste conceptuel californien, représentant du postmodernisme, juxtapose un palmier devant la mer et un nuage en forme de cerveau. René Magritte, peintre, L’empire des lumières, 1954. Les peintures de ce surréaliste jouent souvent sur le décalage entre un objet et sa représentation, les images et les mots. Ici, un paysage urbain est scindé en deux parties : le ciel ensoleillé et la rue plongée dans une ambiance nocturne qu’éclaire un réverbère. John Stezaker, photographe. Pour ses montages, cet artiste utilise des cartes postales, des images publicitaires ou tirées de films. L’une de ses séries montre à chaque fois un portrait hollywoodien, avec sur le visage une grotte, un paysage, une falaise... Alvéole 8 Andy Goldsworthy, Garden of stones, 2003. Cet artiste, associé au Land art, construit en plein air des sculptures éphémères en matériaux naturels, inspirées par le site et soumises au cycle des saisons. Cette pièce pérenne, mémorial à New York, reste évolutive. Il s’agit d’un ensemble de grosses pierres sur lesquelles des arbres ont été plantés. Abraham Jamnitzer, Daphné, fin du XVIe siècle. Cette statuette se trouve dans la collection de la Voûte verte (Grünes Gewölbe) à Dresde, cabinet de curiosités issu des anciennes chambres des merveilles, sorte de premiers musées-trésors à l’usage des princes. Le personnage de Daphné est constitué d’argent et de roche tandis que des branches de corail rouge sortent de ses mains. Cet assemblage figure sa transformation en laurier et constitue un « poème-objet ». Patricia Falguières, historienne, Les chambres des Merveilles, Bayard, 2003. Étude de ces répertoires du savoir du XVIe siècle, constitués de dispositifs de classification et de mémorisation très spécifiques.

Georges Perec, écrivain, Penser, classer, Hachette, 1985. Membre de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) à partir de 1967, Perec construit ses textes par l’utilisation de contraintes formelles, littéraires ou mathématiques et une observation de « l’infra-ordinaire ». Ici, nos habitudes de catégorisation sont remises en cause. Nicolas Poussin, peintre, Paysage avec les funérailles de Phocion, 1648. Poussin composait ses tableaux comme des mises en scène, et puisait dans les vestiges antiques des postures de personnages ou des éléments d’architecture. Ses paysages, bien que basés sur une observation de la nature, procèdent aussi de cette reconstruction poétique. Marcel Broodthaers, artiste, Musée d’art moderne, département des aigles, 1968. Les œuvres de ce poète devenu plasticien illustrent souvent une réflexion sur les rapports entre l’artiste et la société. Cette installation est un musée fictif qui tourne en dérision les valeurs d’autorité et de pouvoir associées à l’aigle. Slinkachu, plasticien, Little people, 2006. Dans cette série photographique, sont mises en situations des figurines miniatures dans la rue avec quelques accessoires. Une pelure d’orange devient un skatepark, une rampe d’escalier un toboggan ou encore une balle de tennis dans une flaque une île au milieu d’un lac. Alvéole 9 Ian Hamilton Finlay, artiste, poète, paysagiste, Little Sparta, 1966. Ce grand jardin paysager situé en Écosse, inspiré par le parc d’Ermenonville de Jean-Jacques Rousseau, est jalonné de fausses ruines, d’inscriptions sur des stèles de pierre. Tadashi Kawamata, plasticien, L’observatoire, 2007. Cette œuvre, construite en bois au milieu des marais de la Loire, invite à un cheminement aboutissant à une tour permettant d’observer le site.

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Cahier pédagogique Nectar  

Nécessaire d'Education à la Curiosité Transversale Artistique Renouvelable à destination des enseignants, documentalistes, bibliothécaires,...

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