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9 au 22 février 2016 Volume 11, numéro 11 24 pages Bimensuel gratuit

10 ANS!

ACTUALITÉS

CARNAVAL ÉTUDIANT: TOUR DE FORCE

C’est un véritable tour de force qu’a su faire le comité organisateur en organisant le Carnaval étudiant de l’UQTR en trois mois au lieu des six mois habituels. Retour sur cet évènement qui rejoint toute la...

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ARTS ET SPECTACLES

UNE EXPÉRIENCE MULTI-SENSORIELLE

LOUIS-JEAN CORMIER AU CARNAVAL

C’est le jeudi 28 janvier dernier que le duo Organ Mood a fait vivre une expérience interactive aux gens rassemblés au Café Frida de Trois-Rivières. Le groupe a enchaîné les performances mélangeant...

LES GRANDES ARTÈRES PSYCHÉDÉLIQUES

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SPORTS

SOIRÉE MÉMORABLE AU COLISÉE

Tous les éléments étaient en place pour une soirée hockey mémorable mercredi soir (27 janvier) dernier au Colisée de Trois-Rivières. Les Patriotes recevaient la visite de leurs grands rivaux les Redmen...

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Par Judith Ethier, journaliste

À l’occasion de la semaine d’activités du Carnaval étudiant, l’UQTR a eu la chance de recevoir, le mardi 26 janvier dernier, l’illustre auteur-compositeur-interprète Louis-Jean Cormier. L’artiste a honoré les planches du 1012 avec plusieurs pièces de ses deux albums solos, Le treizième étage et Les grandes artères.

C’est donc lors de la deuxième soirée des quatre jours prévus pour le Carnaval que l’artiste originaire de Sept-Îles a offert un spectacle haut en couleur aux nombreux étudiants avides de musique rock alternative. De brillantes adaptations de ses compositions furent présentées, offrant ainsi un rythme plus assis et psychédélisé à certaines pièce plus calmes et introspectives initialement, entre autres «Tête première», «Le cœur en téflon» ou encore «Hélicoptère».

À DÉTERMINER

Les nombreux «carnavaleux» présents lors de la soirée ont pu découvrir (ou redécouvrir) ce génie musical rempli de surprises. La chimie qui circulait entre le chanteur et ses musiciens, en plus de leur enthousiasme à jouer devant les étudiants de l’UQTR, se transmettaient partout dans la salle. Ce fut une soirée électrisante et animée d’un plaisir palpable chez tous les spectateurs...

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9 au 22 février 2016

ACTUALITÉS UQTR: PORTE OUVERTES 2016

Plus de 1000 visiteurs PHOTO : ENTÊTE UQTR

Bimensuel distribué à 3 000 exemplaires

DÉPART DU RECTEUR PAR INTÉRIM

M. André Roy salué et remercié M.André Roy, recteur par interim depuis le départ de Nadia Ghazzali l’été dernièr, sera remplacé à compter du 8 février par Daniel McMahon. Pour souligner son passage, l’UQTR et le département d’Arts Visuels, lui ont offert une sculpture faite par une artiste-étudiante de l’Université.

sur le campus de l’UQTR et dans la région de Trois-Rivières. Pavillon Nérée-Beauchemin 3351, boulevard des Forges, Trois-Rivières (Québec), G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5184 poste 3 Publicité: (819) 376-5184 poste 1 Télécopieur: (819) 376-5239 Jean-Philippe Charbonneau | Directeur général dgcfou@uqtr.ca Louis-Philippe Cantin | Rédacteur en chef redaction.zc@uqtr.ca Alexandra Lemire | Rédactrice-adjointe redaction.zc@uqtr.ca

La journée porte ouverte de l’hiver 2016 avait lieu le 30 janvier dernier.

Gwendoline Le Bomin | Actualités gwendoline.le.bomin@uqtr.ca Lysanne Marseille | Actualités lysanne.marseille@uqtr.ca Marie-Pierre Pruneau | Actualités marie-pierre.pruneau@uqtr.ca

LYSANNE MARSEILLE Actualités

Judith Éthier | Arts et spectacles judith.ethier@uqtr.ca Alexis Vaillant-Gamache | Arts et spectacles alexis.vaillant-gamache@uqtr.ca Marie-Christine Perras | Arts et spectacles marie-christine.perras@uqtr.ca Louis-Philippe Carbonneau | Sports louis-philippe.carbonneau@uqtr.ca Chloé Labreveux | Sports chloe.labreveux@uqtr.ca Vincent Mongrain | Sports vincent.mongrain@uqtr.ca Annabelle Deschênes-Gagné | Chroniqueuse annabelle.deschenes-gagne@uqtr.ca Kévin Gaudreault | Chroniqueur kevin.gaudreault@uqtr.ca Lucas Hubert | Éditorialiste lucas.hubert@uqtr.ca Alexandre Laramée Zouéki | Illustrateur alexandre.laramee.zoueki@uqtr.ca Normand Leclerc | Chroniqueur normand_leclerc@hotmail.com Kristina Monfette-Fortin | Chroniqueuse kristina.monfette-fortin@uqtr.ca Anthony Morin | Chroniqueur anthony.morin@uqtr.ca

Le samedi 30 janvier dernier était l’occasion pour des gens de partout à travers la province de venir visiter l’Université du Québec à Trois-Rivières. Les portes ouvertes d’hiver ont suscité l’intérêt des visiteurs puisque plus de 1000 personnes ont répondus à l’appel. «Cette Journée portes ouvertes  s’est avérée, encore cette année, une belle réussite. Nous avons pu établir des contacts privilégiés avec de nombreux futurs étudiants et leurs proches, tout en leur démontrant l’excellence des programmes d’études de l’UQTR et le dynamisme de la vie sur le campus. Les commentaires des visiteurs témoignent de leur appréciation de cette journée ainsi que de la qualité des installations de l’UQTR  », rapporte Jean-Paul Loyer, directeur adjoint – recrutement. Au total, 1010 personnes se sont présentées.

Parmi ceux-ci, 533 futurs étudiants en ont profité pour clarifier leur choix de programme d’études. «Moi, je dépose une demande d’admission en Chiropractie, parce que l’UQTR est la seule université à offrir ce programme au Québec», affirme Valérie. Surtitre : Plusieurs activités offertes pour la journée Il était possible pour les futurs étudiants de compléter sur place une demande d’admission.

«Moi, je dépose une demande d’admission en Chiropractie, parce que l’UQTR est la seule université à offrir ce programme au Québec» — Valérie, future étudiante

D’autant plus, une cinquantaine de kiosques d’information étaient offerts aux visiteurs. Plus de 150 personnes – professeurs, étudiants et membres du personnel, animaient ces kiosques, offrant des renseignements à propos des programmes d’études, des services disponibles à l’UQTR, des échanges internationaux (études et stages) ainsi que des activités culturelles et sociales. Des visites guidées du campus et des résidences étaient aussi proposées aux futurs étudiants.

C’est Geneviève Lafleur, artiste et étudiante au baccalauréat en arts visuels de l’UQTR qui à conçu la sculpture qui a été remise à l’ancien recteur par interim. Le mercredi 3 février dernier, plusieurs intéressés se sont d’ailleurs déplacés dans le hall Cogeco pour saluer M.Roy qui quittait ses fonctions le vendredi 5 février. Plusieurs lui ont témoigné leur appréciation du travail qu’il a accompli durant les 8 derniers mois. Ce dernier poursuivera sa carrière en tant que secrétaire général de l’Université du Québec. L’œuvre, intitulée Mû, est fabriquée à partir de verre thermoformé. Elle réfère non seulement à la lettre grecque µ mais évoque également les caractéristiques paradoxales du verre. D’un côté la transparence de l’autre l’opacité. L’antithèse de la solidité et de la fragilité est donc représentée à travers le matériau. La chaleur intense à laquelle il a été soumis lors du procédé artistique permet d’aller au dela de cet état afin de donner à la sculpture une nouvelle dimension. Mû se veut la représentation de ce mouvement, arrêté, figé dans le temps, mais dont le souvenir est toujours évident. (L.M.)

PHOTO: ENTETE UQTR

André G. Roy, Geneviève Lafleur, et Aimé Zayed, directeur du Département de philosophie et des arts de l’UQTR.

Marie-Ange Perrault | Chroniqueuse marie-ange.perrault@uqtr.ca Michèle Robitaille | Chroniqueuse michele.robitaille@uqtr.ca Jean-François Veilleux | Chroniqueur et correcteur jean-francois.veilleux@uqtr.ca Tanya Beaudin | Partenariats

Fabulations pop-alternatives

LE MOT DE LA RÉDACTION

dpcfou@uqtr.ca Mathieu Plante | Infographe et webmestre montagezc@gmail.com Étienne Dubois | Correcteur etienne.dubois@uqtr.ca Photo de la une | J.-Y. Bergeron

LOUISPHILIPPE CANTIN

Rédacteur en chef Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

SOMMAIRE ACTUALITÉS 2-7 CHRONIQUES 5-7 SOCIÉTÉ 8-9 LOISIRS 10 OPINION 11 ARTS ET SPECTACLES 12-19 CHRONIQUES 16-18 SPORTS 20-23

Subtils, les contrecoups du Carnaval étudiant se font sentir un peu partout sur le campus. Je ne parle pas ici par expérience, puisque je ne fais pas partie des nombreux participants de ce dernier événement. Cependant, il va de soi qu’une oreille attentive suffit pour remarquer que ces quelques jours de plaisir se transforment maintenant en montagne à surmonter pour vous, bonnes gens du Carnaval étudiant Nouvelle génération! Il est une activité à laquelle j’ai tout de même choisi de participer dans le flot d’événements qui entourait ces récentes festivités. Comme à chaque année, j’ai assisté au spectacle du Carnaval. Pour ceux qui ne le savent pas encore, cette année,

c’est Louis-Jean Cormier qui, avec ses musiciens, était de garde au 1012 armé de sa guitare (faite au Québec, précisons-le), pour faire planer ceux qui arboraient alors de chandail bleu. Les assidus du Zone Campus l’auront sans doute remarqué, j’ai déjà parlé de ma vision de cet artiste populaire que j’affectionne particulièrement pour les directions artistiques qu’il prend malgré sa notoriété. Il est inutile de l’ignorer, nous savons que lors du Carnaval, ce sont des étudiants «en boisson» qui peuplent les couloirs de l’université une fois la nuit venue. Les soirées sont de ce fait animées de musique, majoritairement électronique, ou encore rock, qui bouge au même rythme (rapide) que celui des enflammés carnavaleux. Malgré mon enthousiasme par rapport à l’annonce de ce spectacle, j’avais donc toutes les raisons de croire que le caractère psychédélico-contemplatif engagé des chansons du dernier album de Cormier n’avait, malgré ses qualités évidentes, toutes les prédispositions à se souder à l’ambiance générale du Carnaval.

Heureusement, il semble que j’ai porté un jugement trop hâtif en dissociant l’ambiance du Carnaval de ce que présentent habituellement Cormier et sa bande en spectacle, puisque, sans être chargée d’adrénaline, la foule semblait bien allégrement se laisser porter au gré des nuancées interprétations live des pièces des deux albums solos de l’ex-leader de Karkwa. Ce qui m’a surpris au plus haut point, c’est la quantité de dérapes musicales que prenaient les excellents musiciens tout au long de la soirée, mais aussi la réaction positive du public lorsque cela se produisait. Ceux qui me connaissent savent que mon ouverture sur la nouveauté en culture ne cache pas non plus un amour inconditionnel de la musique psychédélique des années 60-70. Je me demande si au Québec, comme partout dans le monde, nous n’assisterions pas en ce moment à la résurgence d’une psychédélisation de la musique pop. Est-ce bon signe en ce qui a trait au futur de notre son populaire? Est-ce simplement moi qui fabule? Seul l’avenir saura nous en apprendre plus à ce sujet.


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ACTUALITÉS LE CARNAVAL ÉTUDIANT DE L’UQTR

Un succès sur toute la ligne MARIEPIERRE PRUNEAU Actualités

C’était un très beau carnaval», souligne Mélina Côté. Fait à souligner, c’est la première fois que le Carnaval de l’UQTR accueillait autant de gens. Ce sont plus de 840 étudiants qui ont participé à l’édition 2016.

PHOTO: CARNAVAL ÉTUDIANT 2016

Des journées chargées C’est un véritable tour de force qu’a su faire le comité organisateur en organisant le Carnaval étudiant de l’UQTR en trois mois au lieu des six mois habituels. Retour sur cet évènement qui rejoint toute la communauté étudiante de l’université. «J’ai obtenu le poste de coordonnatrice en octobre. Je savais que j’avais beaucoup moins de temps pour tout organiser avec mon équipe que ce que les autres équipes avaient eu auparavant. C’était ma troisième année au sein de l’équipe du Carnaval. C’est mon bébé ce projet, et je voulais le mener coûte que coûte», explique la coordonnatrice de l’édition 2016 du Carnaval et étudiante au baccalauréat en Loisir, culture et tourisme, Mélina Côté. Un artiste qui annule à la dernière minute, un membre de l’équipe du comité organisateur qui doit quitter pour des causes de santé, la trop grande absence de commanditaires, l’équipe du Carnaval a eu plusieurs dossiers à gérer en même temps. «Somme toute, nous avons été capables de boucher les trous et de s’en sortir la tête bien haute.

«Le dimanche soir, nous étions tous dans le 1012 à classer des chandails et des ‘’bucks’’ avant notre toute première réunion. Ensuite, à tous les matins, nous avions une réunion à 7h30 au local du Carnaval avant que les cours et les activités commencent. Il fallait aussi ranger les endroits utilisés après les activités tard le soir. On ne partait pas de l’université avant les petites heures du matin», amène la coordonnatrice. Les membres du comité organisateurs devaient compter un maximum de cinq heures de sommeil par nuit pour toute la durée de l’évènement, en plus de veiller à ce que tout se passe bien et savoir conjuguer école-travail-Carnaval. Le Carnaval à l’UQTR, c’est aussi savoir jongler avec plusieurs projets à la fois. Que ce soit pour les points, la remise des chandails, les communications, les activités, l’horaire, l’équipement, l’accueil des invités ou les finances. «De plus, cette année, notre mot d’ordre était l’innovation. Nous voulions amener plein de nouvelles choses. Quand c’est la première fois qu’une activité a lieu, on ne peut pas se fier sur

À LA RECHERCHE D’UN EMPLOI D’ÉTÉ?

Des étudiants de l’ADER profitent du Bain de neige affichant fièrement leur rôle de métalleux. ce qui s’est fait avant», ajoute Mélina Côté. Selon cette dernière, ce genre d’évènement demande beaucoup de patience et du dynamisme, mais surtout d’aimer ce que l’on fait: «Étant étudiante en loisir, culture et tourisme où l’on touche à l’évènementiel, cela nous permet aussi de savoir si l’on est à la bonne place ou non».

La reconnaissance du Carnaval Pour Mélina, la Choppe d’Or reste son plus beau moment: «C’est là que les étudiants viennent nous remercier pour toute l’organisation de l’évènement. Ils sont reconnaissants de toute l’organisation derrière le Carnaval. C’est un moment attendu à l’université, mais c’est aussi beaucoup de travail tout cela. Le stress tombe. L’évènement est

derrière nous et nous pouvons profiter du moment aussi.»

Chiro pour une troisième année consécutive! Bien présente tout au long du Carnaval et «crinquée» lors des quatre jours de l’évènement, c’est l’Association des étudiants au doctorat en chiropractie (AEDC) qui est repartie avec les grands honneurs. En deuxième position, on retrouvait l’Association des étudiants en Récréologie (ADER), suivie par l’Association des étudiants en Psychologie (AEP). Vers la fin de la session d’hiver 2016, vous recevrez une offre pour devenir coordonnateur de l’édition 2017 du Carnaval étudiant de l’UQTR. Vous joindrez-vous à l’équipe?

ADMINISTRATION DE L’UQTR

L’école internationale de français recrute!

Hausse des inscriptions pour l’Université

À vos curriculums vitae étudiants! L’École internationale de français (EIF) de l’UQTR est à la recherche de talents pour combler son équipe pour l’édition 2016 dans les camps d’immersion en français.

Alors que la session d’hiver est bel est bien entamée, la direction de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) apprend de bonnes nouvelles. Le 21 janvier dernier, des statistiques montraient une importante augmentation d’inscriptions aux cycles supérieurs de l’UQTR.

«On recherche des étudiants patients, parce que notre clientèle n’est pas experte en langue française, et dynamiques», souligne la stagiaire à l’EIF, Marie-Andrée Fortin. Bien entendu, un certain bagage en animation est un atout, puisque ce sera votre job pour tout l’été. Si vous étudiez en loisir, culture et tourisme, en enseignement ou en communication sociale, vous êtes les étudiants ciblés par cette offre d’emploi. «Bien entendu, un étudiant en soins infirmiers, par exemple, peut nous faire parvenir sa candidature s’il a déjà de l’expérience en animation», ajoute Marie-Andrée Fortin. Deux postes sont offerts, soit celui d’animateur et celui de technicien-animateur. Le premier offre un horaire de 40 heures par semaine. Vous devrez accompagner les jeunes dans leurs activités et peut-être même séjourner à l’université avec eux. «On sort du campus à notre horaire. Par exemple, nous avons une journée à la Via Feratta à Sainte-Geneviève-de-Batiscan. Ce n’est pas le genre d’après-midi où tu retournes chez toi en te

disant que tu as perdu ton temps!», souligne la stagiaire à l’École internationale de français. L’autre poste est celui de technicien-animateur. D’un horaire de 20 à 25 heures par semaine, ce dernier consiste à offrir des ateliers aux participants de l’EIF. Marie-André explique que ces ateliers nécessitent de la préparation. Par exemple, il y a un journal à monter et des ateliers de radio. «En comparaison, le poste de technicien-animateur a un horaire beaucoup plus stable que celui d’animateur. Ce sont des blocs d’activités fixes. L’animateur, quant à lui, suit les étudiants selon leur horaire.» Il est possible de faire parvenir votre candidature jusqu’au 19 février au eif.embauche@uqtr.ca. (M.-P.P.) PHOTO: ARCHIVES ZC

Au total, ce sont 14 643 étudiants qui ont fréquenté l’université trifluvienne l’automne dernier. Ceci représente une hausse de 0.12% par rapport à l’année dernière. Pour ce qui est du trimestre d’hiver, «Les statistiques obtenues en date du 21 janvier 2016 démontrent que 13 122 étudiants sont inscrits à l’UQTR, ce résultat étant comparable à celui du trimestre d’hiver 2015. Les étudiants de cycles supérieurs se font toutefois plus nombreux, avec une hausse de 2,77 % au deuxième cycle et de 2,39 % au troisième cycle. La population étudiante demeure pratiquement la même au premier cycle, avec une très légère baisse de 0,58%», rapporte Diane Picard, registraire à l’UQTR.

Augmentation des étudiants internationaux Deux postes sont offerts, soit celui d’animateur et celui de technicien-animateur.

Les efforts de recrutement à l’international portent finalement leurs fruits, considérant la hausse importante de 20,22% des étudiants

internationaux qui fréquentent l’Université. Provenant d’une quarantaine de pays, ces quelques 761 étudiants sont originaires principalement de la France, du Cameroun, de la Tunisie, de la Chine, du Sénégal, du Maroc, de la Côte d’Ivoire et de l’Algérie.

«Les étudiants de cycles supérieurs se font toutefois plus nombreux, avec une hausse de 2,77 % au deuxième cycle et de 2,39 % au troisième cycle. La population étudiante demeure pratiquement la même au premier cycle, avec une très légère baisse de 0,58%.»

— Diane Picard

Campus de Drummondville Pour ce qui est du tout nouveau campus de l’UQTR à Drummondville, 530 inscriptions sont comptabilisées à ce jour. Ce nombre demeure sujet à changement au cours des prochaines semaines, notamment en raison de l’inscription plus tardive dans certains programmes de formation, ou de l’abandon d’autres. (L.M.)


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9 au 22 février 2016

ACTUALITÉS

NOUVEAU CAMPUS DE L’UQTR À DRUMMONDVILLE SEMAINE NATIONALE DE SENSIBILISATION AUX TROUBLES ALIMENTAIRES

Fort succès lors des portes ouvertes Lors de la Journée portes ouvertes, le samedi 23 janvier, le nouveau campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) à Drummondville a accueilli pas moins de 2 301 visiteurs dès le premier jour. Les organisateurs se félicitent de cet engouement pour le nouveau site universitaire. Jean-Paul Loyer, directeur adjoint du recrutement à l’UQTR, partage son enthousiasme: «Nous sommes très heureux du succès remporté par cette Journée portes ouvertes. Cette activité nous a permis d’établir un contact privilégié avec de nombreux futurs étudiants et leurs proches. Les commentaires des visiteurs témoignent de leur appréciation du nouveau campus et de leur fierté de pouvoir bénéficier de cette présence universitaire au Centre-du-Québec». Cet événement a permis aux visiteurs de découvrir les nouveaux locaux et de se renseigner sur les différents enseignements offerts par le nouveau campus centricois. D’ailleurs, il était possible de compléter sur place une demande d’admission. Présentement, quatre programmes de baccalauréat y sont offerts: sciences infirmières, éducation au préscolaire et enseignement au primaire (BEPEP), sciences comptables et administration des affaires (gestion des ressources humaines et marketing). Les futurs étudiants peuvent s’inscrire également à d’autres programmes, comme en MBA exécutif, ou encore, dans des programmes courts de 2e cycle et aux certificats.

530 nouveaux étudiants À cette session d’hiver, le campus de l’UQTR à Drummondville a enregistré 530 inscriptions. Depuis 2012, l’UQTR offre deux programmes réguliers à temps plein à Drummondville. Il s’agit du baccalauréat en éducation au préscolaire et enseignement au primaire (BEBEP) et le baccalauréat en

sciences infirmières, volet universitaire (DEC-BAC). Peu à peu, d’autres formations seront ajoutées à l’offre actuelle, notamment dans les domaines de l’informatique et du génie mécanique. En fait, le campus de l’UQTR à Drummondville est un élément subordonné de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Avant la fin des travaux qui était prévue en janvier dernier, les étudiants déjà inscrits suivaient leurs cours au CÉGEP de Drummondville et à la Société de développement économique de Drummondville. Les services offerts autrefois par l’UQTR au Centre universitaire de Drummondville et au Centre universitaire PME sont dorénavant regroupés au sein du nouveau campus.

Les avantages à étudier à Drummondville Sur le site Internet officiel du campus, plusieurs qualités sont mises en avant. En effet, le nouveau site se vante de son éventail de services mis à disposition des étudiants, avec une bibliothèque moderne, accessible au cœur du pavillon universitaire, une vingtaine de classes et plusieurs laboratoires. Le campus se trouve sur un terrain à proximité des services. La population centricoise bénéficie également de nouveau site puisqu’il représente un dynamisme certain pour la région: il lui permet de suivre des services d’enseignement et des services administratifs complets autant en formation initiale qu’en formation continue. M. André G. Roy, le recteur par intérim de l’UQTR, ajoute: «Avec l’ouverture de ce campus, l’UQTR entend bien devenir un citoyen corporatif de premier plan au Centre-du-Québec, en partenariat avec les acteurs du milieu. Nul doute que notre campus centricois saura contribuer, dans la région, à la hausse du taux de diplomation universitaire, au développement socioéconomique et à la rétention des diplômés». Pour plus d’informations, il suffit de consulter le site officiel du nouveau campus à l’adresse suivante: www.uqtr.ca/drummondville. (G.L.B.)

L’équipe du LoriCorps, en avance dans la recherche des TCA La Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires qui s’est déroulée du 31 janvier au 6 février a permis à l’équipe du LoriCorps (Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les troubles du comportement alimentaire en lien avec la réalité virtuelle et la pratique physique) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) de sensibiliser la population à ces troubles, un problème de santé publique de nos jours. Le 20 janvier dernier, les chercheurs du LoriCorps ont invité les représentants des médias à faire l’essai du Cybercorps afin de vulgariser les recherches menées par l’équipe et de sensibiliser la population aux troubles du comportement alimentaire (TCA). Selon le site Futura-Sciences, il s’agit d’une «technologie permettant une simulation interactive et en temps réel de la réalité. Technique de communication homme-machine consistant à immerger à l’aide de dispositifs d’entrée/sortie particuliers, une personne dans un univers sensoriel de synthèse recalculé en temps réel (images, son, sensations tactiles…). Elle est réalisée à l’aide d’images de synthèse, d’un environnement virtuel en 3D dans lequel on peut évoluer, donnant l’impression d’une immersion dans un monde réel.» L’équipe du LoriCorps utilise le Cybercorps auprès de personnes à risque de développer des troubles (prévention primaire), tout en offrant un environnement thérapeutique auprès de populations cliniques (prévention secondaire et tertiaire). D’ailleurs, l’équipe de chercheurs est l’une des seules à utiliser cette technologie dans le monde. En effet, seulement six laboratoires destinés à la santé ont recours au Cybercorps.

Mission du LoriCorps Johana Monthuy-Blanc, professeure au Département des sciences de l’éducation et directrice du LoriCorps rappelle: «Au Québec, jusqu’à 300 000

personnes sont susceptibles de développer un trouble alimentaire». Elle poursuit: «La mission du LoriCorps est de développer une recherche pour l’intervention auprès des personnes présentant des troubles du comportement alimentaire par la formation des étudiants et des intervenants. Cette recherche s’applique tant à la prévention qu’au traitement. Nos travaux sont menés au niveau régional, national et international, selon une approche interdisciplinaire». L’équipe de chercheurs se démarque par son interdisciplinarité. En effet, elle compte pas moins de 37 membres, dont 24 étudiants, neuf professeurs, deux professionnels et deux partenaires externes. De plus, plusieurs départements apportent leur expertise à cette problématique de santé publique: ceux des sciences de l’éducation, de psychologie, des sciences infirmières, de psychoéducation, d’ergothérapie et de génie électrique. Adel-Omar Dahmane, professeur au Département de génie électrique et génie informatique souligne: «La structure multidisciplinaire du laboratoire permet le partage de connaissances entre étudiants et professeurs ayant des alliances naturelles, notamment ceux qui sont rattachés à des départements du secteur de la santé».

Prochain événement: un symposium international Les 13 et 14 mai prochains, le LoriCorps, en partenariat avec le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux de la Mauricie-etdu-Centre-du-Québec (CIUSSSMCQ), organisent le deuxième Symposium international sur les TCA. Ce congrès aura lieu à l’UQTR avec la présence de plusieurs professionnels de la santé et de chercheurs de disciplines diverses, comme celles de la psychiatrie, la psychologie et la nutrition. Ce symposium permettra également, entre autres, d’aborder les thèmes de la cybersanté, la pratique physique en tant que facteur de protection, ainsi que la grossesse. (G.L.B.)


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ACTUALITÉS

Éditorial.

LA RECHERCHE À L’UQTR

Un futur traitement pour soigner le VIH?

La censure Ou les infortunes de la vertu

GWENDOLINE LE BOMIN

LUCAS HUBERT

Actualités

Caroline Dufour est actuellement en première année à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire. L’étudiante réalise ses recherches dans un laboratoire d’immunité anti-virale avec le professeur Lionel Berthoux. Il s’agit d’un laboratoire qui travaille principalement sur le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et les facteurs de restrictions, c’est-à-dire, des protéines cellulaires qui bloquent l’infection. Trois étudiants travaillent actuellement dans ce laboratoire avec des projets différents, mais qui portent tous sur les facteurs de restrictions. Caroline Dufour explique: «On connaît déjà un facteur de restriction pour le VIH, celui du TRIM5alpha. Cependant, il est efficace chez le singe, mais pas chez l’homme». De plus, un étudiant à la maîtrise a créé précédemment un mutant, c’est-à-dire, une version modifiée qui restreint le VIH à l’homme. Le projet de Caroline est d’utiliser ce même mutant afin de voir à quel point il a la capacité d’activer les voies de l’immunité innée, la première défense que le corps humain va avoir face à une menace bactérienne. L’étudiante souhaite aussi évaluer l’activation de ce mutant dans tout le processus de restriction du VIH en général. Il s’agit d’un gène cible que l’on va analyser par une thérapie génique du VIH. L’intérêt de cette recherche est de trouver un traitement efficace pour combattre la maladie.

Déroulement de la recherche Caroline Dufour tient d’abord à rappeler: «Avant de commencer une thérapie génique, il faut bien connaître tout le processus. Il faut également savoir toutes les conséquences de ces manipulations et caractériser les voies de signalisation de l’immunité innée. À travers ma recherche, je vais savoir par quelle voie ça a une influence ou si ça en n’a pas du tout». L’étudiante poursuit: «De plus en plus, on pense que l’activation de l’immunité innée est associée à la réactivation des virus latents». En effet, le VIH peut rester inactif dans les cellules, ce qui rend donc le traitement difficile puisque les virus ne sont pas actifs, il n’est pas facile de les joindre. Dans un autre type de traitement, les recherches essaient de comprendre comment on

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Éditorialiste

Faut-il brûler la liberté d’expression?

PHOTO: GRACIEUSETÉ

Caroline Dufour, actuellement en première année à la maîtrise en biologie cellulaire et moléculaire, travaille sur un mutant capable de contrer la maladie du VIH. peut provoquer la réactivation des virus latents qui ne sont pas atteignables par la trithérapie. Le but est alors de se débarrasser de ce type de virus. La recherche de Caroline est purement expérimentale. Elle modifie des cellules en culture, c’est-à-dire, qu’elle procède à une surexpression ou à une inactivation de gène spécifique. De plus, les virus qu’elle utilise sont créés en laboratoire. L’étudiante tient aussi à préciser: «Je réalise mes recherches avec des virus non réplicatifs, après l’infection des cellules qui vont mourir, ils ne vont pas produire d’autres virus, ils ne sont donc pas dangereux».

C’est un débat qui fait rage depuis quelques temps. D’un côté de la balance se trouvent des gens qui utilisent la liberté d’expression comme prétexte pour dire tout et n’importe quoi. De l’autre, des apôtres du politiquement correct qui dénoncent les stupidités des premiers, lesquels ont alors le réflexe d’hurler à la censure et de crier Liberté! On cite alors Voltaire: «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.» Voltaire n’a jamais dit ça, en passant. Alors plutôt que d’aligner des phrases creuses et apocryphes, je propose d’alimenter la réflexion avec quelques questions.

La liberté d’expression a-t-elle des limites? Sur ce point, la réponse est oui, sans hésiter. L’exemple classique sur la question est le suivant: on ne pourrait, au nom de la liberté d’expression, entrer dans un théâtre au milieu d’une représentation et crier «Au feu!» sans motif. Deux raisons peuvent justifier cet interdit. La première: il n’y a pas le feu, c’est un mensonge. La seconde: agir d’une telle façon créerait un chaos qui pourrait s’avérer dangereux pour les gens qui se bousculeraient vers la sortie. Vérifions ces deux énoncés.

Des protéines fluorescentes vertes

Devons-nous censurer le mensonge?

Pour la réalisation de ses tests d’infection avec des cellules du VIH, Caroline Dufour utilise des gènes rapporteurs: «Mes cellules qui vont être infectées vont devenir vertes. Je peux donc évaluer avec le cytomètre en flux, une machine qui va me dire combien de cellules sont vertes». En effet, il s’agit d’une protéine ayant la propriété d’émettre une fluorescence de couleur verte. Caroline Dufour précise: «La machine comporte une aiguille très mince qui va aspirer la solution liquide de cellules et qui va compter le nombre de cellules une à une. Elle va ainsi quantifier le nombre de cellules vertes, ce qui va me permettre de savoir le nombre de cellules infectées». Il faut attendre de 24 à 48 heures avant de voir les résultats. Plus tard, l’étudiante pense continuer au doctorat avec le même projet car pour elle, «la recherche, c’est définitivement quelque chose que j’aime».

Au Québec, le Conseil de presse se donne le droit de jeter un blâme sur les articles journalistiques rapportant des faussetés: le média coupable a alors le «devoir moral» de se rétracter publiquement. Par contre, le Conseil ne blâme pas les chroniqueurs et autres fabricants d’opinion, qui disposent alors du droit de calomnier. Les tribunaux sont le dernier recours contre ces gens si une personne ou un groupe de personnes se sentent victimes de diffamation de leur part. Dans ce cas, nous sommes donc loin d’un État qui pratique la censure. Un autre exemple serait celui des Friends of Science, groupe d’intérêt financé par une multinationale de l’exploitation pétrolière. Ils ont fait scandale cet été en payant pour afficher le long de l’autoroute 40 des panneaux publicitaires clamant que le soleil est le responsable principal des changements climatiques. À l’instar de notre exemple du théâtre, ce genre de propos est faux et dangereux. La censure serait-elle acceptable dans ce cas? Cela nous mène à notre prochaine question.

Devons-nous censurer les propos dangereux? La liberté d’expression n’est pas un prétexte pour exprimer des propos dangereux. Cela paraît évident, mais il est parfois difficile de tracer la limite entre l’acceptable et l’inacceptable. Pendant la Première Guerre mondiale, par exemple, la Loi sur l’Espionnage aux États-Unis a permis

d’interdire la liberté d’expression aux gens et médias militant contre l’implication américaine et l’enrôlement obligatoire. La propagande pacifiste fut alors jugée dangereuse et ses activistes furent emprisonnés. Il semble aujourd’hui évident qu’il s’agissait d’une dérive autoritaire qui limitait excessivement la liberté d’expression. Actuellement, pour donner un autre exemple, des lois interdisent le négationnisme dans plusieurs pays européens. Les négationnistes étant des imbéciles tentant, par toutes sortes de contorsions, de nier l’existence historique de l’Holocauste. Cette censure est-elle plus acceptable? Devons-nous accepter les propos haineux mettant en danger la paix sociale?

Cela fait beaucoup de bruit quand un imbécile dit des imbécilités. Devons-nous tolérer l’intolérance? C’est l’une des questions auxquelles il est le plus difficile de répondre. Faut-il admettre les discours haineux, racistes, homophobes, etc? Le mois passé, une célèbre conférencière venait à l’UQTR nous mettre en garde contre le soi-disant péril islamiste au Québec. Nous devons agir, nous disait-elle, car «le loup est dans la bergerie». Nous ne sommes pas loin, ici encore, de notre «Au feu!» évoqué plus haut. Pourquoi argumenter à l’aide de faits quand la peur de l’autre suffit déjà à convaincre?

Y a-t-il vraiment des gens qui appellent à la censure? Cela fait beaucoup de bruit lorsqu’un imbécile dit des imbécilités. Bien des gens dénoncent les blagues de mauvais goût de certains humoristes, les propos xénophobes de certains chroniqueurs ou animateurs de radio. Mais ces gens réclament-ils vraiment que ces propos soient censurés, ou souhaitent-ils plus simplement, à leur tour, utiliser ce merveilleux outil qu’est la liberté d’expression pour répudier des discours? Je vous apporte beaucoup de questions et peu de réponses, j’en ai bien peur. Voici peut-être une piste de solution: John Stuart Mill, dans son ouvrage De la liberté, expliquait qu’à son avis, la censure ne pouvait qu’être nuisible, peu importe ce qui était censuré. Je vous laisse sur sa défense de la liberté d’expression contre la censure: et à vous de juger si elle est toujours applicable, dans des sociétés où la plupart des médias sont détenus par des groupes d’intérêt privés: «Ce qu’il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l’expression d’une opinion, c’est que cela revient à voler l’humanité: tant la postérité que la génération présente, les détracteurs de cette opinion davantage encore que ses détenteurs. Si l’opinion est juste, on les prive de l’occasion d’échanger l’erreur pour la vérité; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable: une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l’erreur.»


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9 au 22 février 2016

ACTUALITÉS

L’ENVERDEUR

L’enfant terrible du climat ANTHONY POTHIER CHAMPAGNE Chroniqueur

Rappelez-vous de ce 24 décembre 2015 complètement vert quand le mercure a presqu’atteint 9°C. Nous avons battu un record de chaleur datant du 24 décembre 1957. Ces deux hivers ont quelque chose en commun avec l’épisode du verglas de janvier 1998: ce sont tous des épisodes d’El Niño. Nous vivons l’un des épisodes les plus puissants depuis 1950, et l’on en parle beaucoup sans trop savoir ce que c’est réellement. Plutôt un phénomène climatique qu’une problématique environnementale, El Niño fait actuellement les manchettes un peu partout dans le monde. Les médias lui ont même trouvé un surnom: l’enfant terrible du climat. Il le mérite bien car il perturbe ce dernier, on ressent ses effets un peu partout dans le monde et son potentiel dévastateur est énorme, comme celui d’un enfant. El Niño naît dans le Pacifique Sud, sur la côte Ouest sud-américaine, près du Chili. Pour faire très simple, il est le résultat d’un changement de la force des vents alizés qui provoque une augmentation de la température des eaux de surface de l’océan. On peut simplifier le phénomène à une anomalie chaude de ces eaux. Le tout perturbe le cycle de l’eau et le transport de l’humidité mondiale. Ce phénomène climatique tient son nom du moment où il se manifeste. S’observant d’abord au niveau des océans, les premiers à constater la variation de température sont les pêcheurs chiliens. Lorsque l’eau se réchauffe, elle contient moins de nutriments: il y a donc moins de poissons. Les pêcheurs doivent alors prendre des vacances un peu avant Noël, d’où El Niño, qui signifie l’Enfant, faisant référence à la nativité. C’est aussi à ce moment que le Chili est inondé de pluies torrentielles. Ce phénomène apparaît cycliquement, alternant avec sa sœur souvent négligée: La Niña. Cette eau chaude affecte le monde entier, d’abord en augmentant considérablement le taux d’humidité et la température de l’air au niveau de la côte Ouest sud-américaine aux dépens de l’Océanie et le Sud-Est asiatique. Cette humidité sera transportée ailleurs où elle tombera sous forme de pluie, notamment en Équateur, au Chili, au Kenya et en Somalie. Des pluies si intenses qu’elles permettent à un énorme tapis de fleurs de recouvrir le désert le plus aride au monde: le désert d’Atacama. Ces pluies provoquent aussi des inondations et déluges qui causent beaucoup de dommages. Cette année, El Niño a même retardé le gel de l’Arctique, ce qui a provoqué une hausse considérable du niveau d’humidité près du cercle polaire qui s’est ensuite concrétisée en épisodes de pluies intenses au Royaume-Uni et en Écosse. De l’autre côté du Pacifique, au niveau de

l’Asie du Sud-Est, de l’Inde et même le Sud de la Chine, El Niño provoque des sécheresses et des vagues de chaleur meurtrières, favorisant ainsi la propagation de maladies dans ces régions fortement peuplées. En Indonésie et en Australie, ce temps chaud et sec se traduit en feux de forêts. L’Enfant, réchauffant l’eau et l’air, favorise la formation de tempêtes. On en observe alors un plus grand nombre, et elles risquent d’être plus puissantes. Sans El Niño, la tempête Jonas n’aurait peut-être pas mérité le surnom de Snowzilla. Rappelons-le, cette tempête a fait tomber jusqu’à 90 cm de neige sur la côte Est américaine, paralysant momentanément les états touchés. L’épisode actuel est l’un des plus puissants qu’on ait enregistré, deuxième derrière celui de 1997-1998. C’est durant cet hiver que nous avons connu, au Québec, la fameuse crise du verglas; jusqu’à 100 mm de pluies verglaçantes, près de 30 morts et environ 900 000 foyers privés d’électricité. On estime les dommages à plusieurs milliards de dollars. Ce même hiver, les feux de forêts en Australie leur auront coûté plus de deux milliards de dollars. Bien qu’on en parle moins, La Niña n’est pas à négliger. Si El Niño est la phase chaude de ce cycle, elle, en est la phase froide. Ses conséquences sont donc différentes: déluges en Indonésie et sécheresses en Amérique du Sud. Ici, on doit s’attendre à des hivers froids et neigeux. Pour un climat tempéré comme le nôtre, les conséquences de ces phénomènes climatiques s’observent principalement à l’hiver. D’El Niño résultent normalement des hivers plus doux et moins de précipitations: le risque de pluies verglaçantes en est donc accru. Quant à La Niña, elle amène des températures hivernales plus basses et plus de précipitations. Chez nous, c’est la phase chaude qui est potentiellement la plus dommageable. El Niño est un phénomène climatique très dommageable mais nous n’y pouvons pratiquement rien. Nous pouvons jouer à Dieu avec l’environnement en espérant artificialiser le naturel. Il y a des phénomènes qui dépassent les compétences de l’homme. On ne peut pas éliminer El Niño en installant un énorme ventilateur au beau milieu du Pacifique pour empêcher les alizées de faiblir, ou encore refroidir l’océan avec d’énormes glaçons. Bien qu’on ne puisse l’empêcher de se former, nous ne pouvons que chercher à réduire ses dommages. Dans un contexte de changements climatiques, on s’attend à ce que les épisodes d’El Niño soient plus fréquents et plus forts puisqu’avec un climat plus chaud, les anomalies chaudes seront plus nombreuses. Déjà, limiter le réchauffement selon les objectifs fixés serait une bonne chose. Chez nous, pendant El Niño, on peut s’attendre à des hivers plus doux, du verglas ou encore du geldégel. Il se peut qu’on ait de la pluie verglaçante et probablement que les routes soient glacées. Peut-être que des arbres remplis de glace tomberont sur des câbles électriques et que les pluies hivernales feront déborder des rivières. Préparons-nous à ces éventualités. Nous devons réapprendre à vivre avec notre environnement!

ÉTUDIANTS INTERNATIONAUX

Une hausse possible des frais de scolarité? PHOTO: L. MARSEILLE

Lors d’une activité d’intégration des étudiants étrangers à l’automne 2015.

L’annonce environ au même moment de l’année de la hausse des frais de scolarité pour l’automne 2015 des étudiants français en avait choqué plus d’un. Un an plus tard, les étudiants internationaux risquent une augmentation de 25% de leurs droits de scolarité. L’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR) se positionne fortement en défaveur de cette éventualité et tentera de communiquer avec le nouveau Vice-Recteur à ce sujet sous peu. Le gouvernement libéral a récemment confirmé aux recteurs des universités québécoises qu’ils devront transiger avec d’importantes compressions budgétaires à la suite de coupures en éducation. Les universités, qui géreront eux-mêmes leur portefeuille devront sans aucun doute couper quelque part. L’UQTR compose actuellement avec un déficit de 10 millions de dollars pour les deux prochaines années. Considérants ces éléments, plusieurs étudiants étrangers s’inquiètent actuellement quant à l’augmentation de leurs frais de scolarité.

Portrait de la situation au Québec et à l’UQTR Les étudiants internationaux représentaient en 2009 9.1% de la population étudiante totale. C’est un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis les années considérant l’augmentation générale de la scolarité à travers le monde ainsi que la réputation du système québécois. D’ailleurs, l’UQTR a bénéficié à l’automne 2015 d’une importante hausse de 20.22% chez les étudiants internationaux inscrits dans un programme régulier. Pour être détenteur d’un visa, l’étudiant étranger doit poursuivre ses études à temps complet. Financièrement, cela représente plus de 9000$ par session au premier cycle et 6000$ aux cycles supérieurs. À l’Université du Québec à Trois-Rivières, ce sont 761 étudiants qui proviennent le l’étranger (ailleurs que la France) et qui sont détenteurs d’un visa et proviennent des quatre coins du globe.

L’AGE UQTR s’oppose à une éventuelle hausse des frais pour ces étudiants Bien que rien n’a encore été mis sur la table de la part de la direction de l’UQTR, l’AGE UQTR s’affirme d’emblée quant à cette possible mesure. «Ça va être notre premier cheval de bataille dès son arrivée», assure le président de l’AGE UQTR, Jean-René Leblanc-Gadoury. Ce dernier affirme qu’il tentera d’aborder le nouveau recteur dès son arrivée en fonction, le 8 février.

«Ça va être notre premier cheval de bataille dès son arrivée» — Jean-René Leblanc-Gadoury, président de l’AGE UQTR

Le président de l’Association générale des étudiants s’aberre devant cette possibilité et affirme que le service aux étudiants de l’UQTR répond à plusieurs demandes d’étudiants internationaux qui ont peine à se loger et à se nourrir. Jean-René soutient d’ailleurs que «s’ils [les étudiants internationaux] viennent au Québec, c’est à cause de la qualité de l’éducation». Il estime donc que les recteurs de toutes les universités devraient refuser cette hausse.

Les étudiants internationaux inquiets «C’est inquiétant ça! Au bac les étudiants internationaux payent 9000 dollars parce qu’ils sont obligés à être à temps plein et à la maîtrise 6000 dollars. C’est effrayant 25% de plus.» Affirme Saray Moreira, étudiante à la maîtrise en Communication sociale. Toutefois, notons que l’UQTR n’a ni confirmé ni infirmé cette mesure gouvernementale, étant en attente d’approbation de son prochain budget, a indiqué le directeur des communications, Bertrand Barré. Les étudiants français pour leur part, qui bénéficient d’une entente particulière avec le Québec, ne seraient pas contraints par cette mesure.


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ACTUALITÉS

L’ UNIVERSITÉ DU TROISIÈME ÂGE

L’UTA fête ses 7 ans! Le 27 janvier dernier, l’Université du troisième âge (UTA) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a fêté ses 7 ans d’existence. Ouverte depuis 2009, l’UTA favorise le développement de la connaissance et l’échange d’expériences des personnes de 50 ans et plus. L’UTA de l’UQTR a inscrit jusqu’à maintenant près de 9000 apprenants. Stéphanie Vermette, coordonnatrice de l’UTA explique: «L’UTA est une formule qui existe d’abord partout dans le monde. On est la troisième au Québec à avoir créé une UTA. Par exemple, Sherbrooke en a une depuis 4 ans, Laval est garante d’une UTA depuis 30 ans. Il existe également d’autres universités qui offrent des services pour les personnes âgées de 50 ans et plus». Tout les intéressés sont les bienvenus et ce, sans conditions préalables. Stéphanie Vermette précise: «On accepte toutes personnes de 50 ans et plus, sans regard de diplôme. Par exemple, si une personne a travaillé toute sa vie dans les sciences et avec les chiffres, elle peut sans aucun problème s’inscrire en Arts pour développer de nouveaux talents».

«Il s’agit d’étudier pour le plaisir, il n’y a pas de pression, aucuns travaux, ni examens ne sont exigés.» — Stéphanie Vermette

Étudier pour le plaisir Stéphanie Vermette tient à rappeler: «Il s’agit d’étudier pour le plaisir, il n’y a pas de pression, aucuns travaux, ni examens ne sont exigés. Le professeur conseille seulement des lectures si le participant désire aller plus loin». Assister aux cours de l’UTA permet aussi de créer des liens et

Ah la fidélité! Ai-je besoin de la présenter? Et pourtant, elle est confondue, malmenée et déformée par des siècles de manipulation morale. Frères et sœurs, libérez-vous de vos chaînes! En janvier dernier, l’UTA a fêté ses 7 ans d’existence.

même par la suite, de développer des activités. Par exemple, le Café Philo existe depuis plusieurs années: les participants se réunissent autour de débats philosophiques, animés par Jacques Sénécal, professeur de philosophie. L’UTA a créé également une dizaine d’ententes avec des municipalités au Québec, comme Shawinigan. À l’automne 2010, des professeurs ont été envoyés dans ces municipalités et ont donné un enseignement aux personnes du milieu rural, ne pouvant pas se déplacer. Ces ententes permettent alors de chercher une clientèle provenant de tous les milieux.

La Saint-Valentin à l’honneur Le 15 février, l’UTA offre une soirée aux couleurs et aux saveurs de la St-Valentin à l’amphithéâtre du Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP). En collaboration avec la COOPSCO Trois-Rivières, l’UTA propose une table ronde, animée par Patricia Powers, sous le thème de l’amour et la sexualité au temps du numérique. Cet événement est ouvert à tous et est au coût de 10$. (G.L.B.)

Conférence sur la santé affective et l’équilibre relationnel

Depuis 12 ans maintenant, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Trois-Rivières invite la population à participer aux activités de la Semaine de la santé affective et sexuelle. Cette semaine thématique vise à susciter notre réflexion sur l’augmentation des ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang) et sur nos habitudes de vie. Elle invite aussi à réfléchir sur nos choix en matière de relations interpersonnelles et à encourager l’adoption de comportements sexuels responsables chez les jeunes. Aussi, cette semaine peut être une occasion de mieux se connaître afin de savoir dans quelles conditions nous avons des relations sexuelles. Outre le volet sexuel, celui de l’affection est également abordé. En effet, cette semaine thématique nous amène à se poser plusieurs questions : «Quelles sont mes valeurs ou

La fidélité revisitée Chroniqueur

SEMAINE DE LA SANTÉ AFFECTIVE ET SEXUELLE 2016

Pourquoi ne pas parler de sexualité et d’affection lorsque nous sommes encore dans l’atmosphère de la Saint-Valentin? C’est ce que fera Isabelle Borduas, sexologue, lors d’une conférence organisée le jeudi 18 février, lors de la Semaine de la santé affective et sexuelle qui débutera le 11 février.

LA P’TITE VITE

ANTHONY MORIN

PHOTO: ENTÊTE

comment prioriser mes besoins fondamentaux au cours de ma journée, de ma semaine et de mon trimestre en cours ?»

Kiosque au pavillon Ringuet Le lundi 15 février, de 9h30 à 13h30, un kiosque sera installé au pavillon Ringuet (K-5). Il sera tenu par le service de santé de l’UQTR, l’Association de sexologie de l’UQTR et Sidaction de la Mauricie, dans le corridor du pavillon Ringuet menant à la cafétéria. Une équipe sera disponible pour répondre à toutes vos questions. D’autres activités seront également proposées tout au long de la semaine.

Parler de sexualité et d’affection Pour rappel, la conférence, intitulée «Santé affective et équilibre relationnel dans les sphères de vie», aura lieu le 18 février sur l’heure du midi (12h à 13h30). Gratuite, il faut réserver néanmoins votre place avant le 10 février pour assister à la conférence. Pour toutes informations supplémentaires, il est possible de contacter Carole Mallette, infirmière clinicienne, au 819 376-5011, poste 3711, ou à l’adresse courriel suivante: Carole.Mallette@ uqtr.ca. (G.L.B.)

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Attention, je n’incite personne à l’infidélité, mon propos est tout autre. De peur de me voir dormir sur un sofa des plus inconfortables, je vous explique le fond de ma pensée. En ce début du 21e siècle, il est impératif que nous démêlions ensemble la réalité du folklore. Laissons donc de côté les ceintures fléchées et autres babioles et centrons-nous sur l’essence même de ce concept omniprésent dans nos vies: la fidélité. Celle-ci est souvent reliée, à tort, à la stricte réalité de l’exclusivité sexuelle. Toutefois, qu’en est-il réellement ?

Les traces de l’histoire Les premières traces écrites concernant des lois sur l’adultère apparaissent sur une stèle de pierre datant «environ de 1750 ans avant J.-C» soit de la Mésopotamie antique. Elle aurait été érigée par le roi de Babylone, Hammourabi (site internet du Louvre). Il s’agit donc de la première trace tangible de la notion de fidélité. Plus tard, le célèbre décalogue ou pour faire court, les dix commandements, dont parle l’Ancien Testament, en font mention à deux reprises: «Tu ne commettras pas l’adultère» et «Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain, ni sa femme […] ni aucune chose qui appartienne à ton prochain». Tenez-vous le pour dit, fini les gazouillis entre voisins! Par ailleurs, si je peux être un tantinet taquin, il est dit que la femme appartient à l’homme. Il n’y pas si longtemps, ici même au Québec, les femmes devaient obéissance à leur époux, et ce sans broncher. Heureusement, les temps ont changé, mais les valeurs…pas tant que ça. Je veux bien être ouvert d’esprit en stipulant «d’autres temps, d’autres mœurs», mais il apparait clair que près de quatre millénaires de morale ont fort probablement à voir avec le fait que la conception d’une fidélité sexuelle incontournable soit encore bien ancrée dans les valeurs populaires.

La fidélité est en quelque sorte synonyme de respect: celui d’un cadre, celui du partenaire, mais également le respect de soi en ce qui a trait à ses propres besoin, désir et pulsion. Il semble donc évident que la possession de l’autre, ainsi que la restriction de ses droits fondamentaux, sont contreproductives à l’engagement et à l’évolution du sentiment amoureux.

Engagement, amour et tralala Il faut se le dire, la promesse de fidélité mutuelle engage à une relation qui se veut durable. Elle est implicite au désir de pérennité du couple. Elle est également symbole d’amour, de respect et d’un profond lien de confiance entre deux ou davantage de personnes. Oui oui, vous avez bien lu plusieurs «personnes». Les polygames, polyandres et polymachinchouette de ce monde ont eux aussi leur propre interprétation de la fidélité.

1: Toi, cher (chère) partenaire de vie, ton corps et ton âme m’appartiennent à tout jamais (ou jusqu’à ce que tu me tombes sur les nerfs)! 2: La fidélité est possible, et pour la vie… En fait, la fidélité est un concept qui se rattache au respect mutuel de règles établies entre les membres d’une union, d’un contrat ou d’une idéologie. Parfois, les paramètres d’une union sont clairs et précis, mais parfois, ils sont vagues, remplis de non-dits et de supposées évidences. Il va sans dire que la communication est essentielle dans chaque union, et ce, peu importe sa nature. Les désirs et besoins de chacun devant y être considérés. Lorsque l’un ou l’autre des protagonistes ne sont pas satisfaits du cadre qui régit leur union, c’est à ce moment que les désirs d’infidélité naissent, et souvent, se concrétisent. Dans son livre, L’infidélité, le psychologue Yvon Dallaire mentionne que l’humain se situe entre les primates très polygames, tels les chimpanzés, et les très monogames, tels les gibbons. Par ailleurs, il stipule que la grande variabilité des statistiques sur l’infidélité humaine est imputable au «secret qui entoure cette activité». Disons uniquement qu’il y aurait en moyenne environ 40% des gens mariés depuis au moins cinq ans qui auraient été infidèles. «Chérie, notre anniversaire de mariage, c’est quand déjà?»

L’important c’est… Une question de possession Toi, cher (chère) partenaire de vie, ton corps et ton âme m’appartiennent à tout jamais (ou jusqu’à ce que tu me tombes sur les nerfs)! Dépeinte ainsi, la fidélité peut faire peur. En effet, certains vont la fuir comme la peste tout en ayant l’impression d’avoir affaire à un monstre dévoreur de liberté. Et pourtant, il n’en est rien! La fidélité n’a en fait rien à voir avec la possession ou même l’exclusivité sexuelle. Chacun possède son propre corps et doit être maître de ses actions et de ses décisions.

La fidélité est capitale dans un couple et elle doit absolument être conservée sous peine de voir le couple déstabilisé, voire brisé. Toutefois, il en est autrement de l’exclusivité sexuelle qui, pour sa part, n’est qu’un concept culturel, social, historique, géographique et religieux. La fidélité est possible, et pour la vie, pourvu que les principes établis soient les mêmes pour les différents partenaires et qu’ils évoluent ou fluctuent, dans le même sens. La communication devient alors la meilleure alliée du couple durable. Chérie, tu me passes le sel?


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9 au 22 février 2016

SOCIÉTÉ

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Il est possible de réagir à leurs propos sur zonecampus.ca.

ENTRE LES DEUX PÔLES

L’inceste: un sujet «fui comme la peste» KEVIN GAUDREAULT Chroniqueur

L’inceste psychologique entre parents et enfants consiste à alimenter un lien teinté par des motivations sexuelles plus ou moins apparentes (ou de séduction), de la part du parent envers son enfant. Dans le développement, les encouragements des parents par rapport aux initiatives de l’enfant à aller vers de nouvelles relations à l’extérieur de la famille sont bénéfiques. Ceci est aidant durant l’enfance afin de permettre à l’enfant de s’individualiser et de faire sa place en tant qu’individu dans la société. C’est tout particulièrement significatif à partir de l’âge scolaire menant au début de l’adolescence, car c’est à ce moment que la plupart des êtres humains se préparent pour leurs premières expériences de séduction. À ce moment, il appartient au parent de sexe opposé à leur enfant (ex: père/fille, mère/fils) de poser des limites claires dans les rapprochements et les sphères de la vie intime, en tant que parent et enfant. Un premier geste concret et symbolique pour le développement psychosexuel d’un enfant est de dire à ce dernier que même si le parent lui veut son bien, il fondera une famille à son tour

lorsqu’il sera adulte avec un(e) conjoint(e). Dans les cas de l’inceste, ce sujet peut ne pas être abordé ou le parent peut ne pas encourager cela directement, et ainsi alimenter des confusions chez l’enfant. Dans ce cas, l’enfant peut demeurer avec des limites moins bien délimitées par rapport à la nature de la relation avec son parent de sexe opposé. Concrètement, un parent faisant de l’inceste psychologique avec son enfant ne permettra pas à ce dernier ou cette dernière de vivre une intimité qui lui est propre. Il arrive également qu’il lui fasse porter ses problèmes intimes d’adulte et qui ne lui appartiennent pas. Par exemple, la fille d’un père incestueux peut recevoir continuellement des commentaires dénigrants concernant la mère et devenir la représentante de cette femme absente qui pourra la remplacer symboliquement et combler ses manques affectifs en tant que confidente. Par ailleurs, le fils d’une mère incestueuse peut devenir le «prolongement» de cette dernière qui ne tolère pas de séparation avec lui. L’inceste psychologique peut impliquer des regards de séduction du parent envers son enfant, des paroles directes ou indirectes teintées de sexualité et/ou d’attirance, des gestes démontrant que le parent souhaite garder l’enfant à ses côtés (jalousie avouée ou non-avouée) et ne pas lui permettre de développer sa vie intime avec un(e) conjoint(e), ainsi que des comportements empêchant l’installation de limites entre les générations. Dans un développement favorable, il y a

des choses réservées aux adultes et d’autres aux enfants. Dans le cas de l’inceste psychologique, il y a peu de reconnaissance de ces distinctions. Par exemple, une fille peut surprendre son père en train de l’écouter au téléphone durant une discussion avec son copain. Un parent de sexe opposé peut embrasser son enfant sur la bouche et/ ou coucher dans le même lit jusqu’à l’adolescence, ou continuer de demander une proximité physique avec son enfant devenu adulte. Il peut entrer dans la salle de bain lorsque l’enfant se lave, ou ne pas lui permettre d’avoir une porte à sa chambre. La nudité ou les sous-vêtements des parents dans la maison devant les enfants, ainsi que les discussions ou relations sexuelles entre parents devant les enfants, sont également des sources d’inceste psychologique.

Concrètement, un parent faisant de l’inceste psychologique avec son enfant ne permettra pas à ce dernier ou cette dernière de vivre une intimité qui lui est propre. Une fille se faisant dire par son père lors d’un conflit qu’elle est «comme sa mère», ou se faisant déclarer que «si elle n’était pas sa fille, il serait sous le charme», sont des paroles qui représentent une intrusion dans la dynamique relationnelle et intime. Un parent peut aussi donner un surnom à son enfant lors de son enfance et toujours le

nommer de cette façon lorsqu’il vieillit. L’infantilisation peut alors également faire partie de l’inceste psychologique en tentant de bloquer les initiatives personnelles de l’enfant, et l’empêcher d’accéder à la maturité d’adulte. Elle n’est pas synonyme d’inceste psychologique, mais les deux problématiques peuvent s’accompagner. Les relations psychologiquement incestueuses ont des effets sur le développement. Au fil du temps, cela peut provoquer des difficultés d’épanouissement à l’âge adulte, en raison de ce blocage alimenté depuis les premières années de vie. L’un des éléments alimentant cette problématique est la difficulté pour les personnes incestueuses de reconnaître leurs actes malsains envers les enfants. Par ailleurs, lorsqu’un enfant parle de cette problématique à la personne incestueuse, la conséquence peut être de faire porter le blâme à l’enfant en lui disant qu’il se fait de fausses idées. Il est donc fréquent qu’il y ait non-reconnaissance de l’inceste psychologique chez l’adulte, et qu’il ou elle tente de faire porter une culpabilité à son enfant vis-à-vis ses propres comportements et attitudes malsains. Les relations entre grands-parents et petits-enfants peuvent devenir la répétition de l’inceste ayant été vécue entre un parent et un enfant. Une épreuve importante pour la personne subissant ou ayant subi l’inceste est de comprendre son expérience et de prendre des décisions importantes quant à son futur comme individu désirant cesser l’inceste et évoluer comme personne.

QU’EST-CE QU’UN ÊTRE HUMAIN?

Un animal moral

Morale chrétienne NORMAND LECLERC

Chroniqueur de l’Université du troisième âge

Comment aborder un sujet dont tout le monde se moque? Est-ce mission impossible? Probablement! Pourtant, si un milliardaire en intelligence (Les milliardaires sont des gens qu’on écoute… quoiqu’ils disent), passait par ici, il nous dirait : «Êtes-vous des demeurés pour ne pas vous intéresser à un sujet si crucial pour votre bonheur?» Je constate que votre expression est synonyme de reproche incarné. Vous n’appréciez pas son traitement-choc? Alors, supposons que vous faites un magistral effort d’imagination et que vous vous voyez sur votre lit de mort. Vous vous dites; «Ma vie a été horrible et insensée. Je n’ai pas vécu comme j’aurais dû : j’ai fait ce que je n’aurais pas voulu faire et je n’ai pas fait ce que j’aurais aimé faire.» Pour éviter ce drame, soyons conscients que dans la construction de soimême, la morale représente un élément essentiel. Si nous voulons vivre notre vie autrement qu’en la sacrifiant sur l’autel d’un faux dieu crucifié, ou sur l’autel de la consommation, bref, si nous avons envie de faire certaines choses avant de claquer, c’est le moment d’y penser.

Crevant, n’est-ce pas? Mais depuis la Révolution tranquille, la morale a fait une rotation à 360 degrés. C’est-à-dire qu’elle est revenue à son point de départ. Autrement dit, la plupart des gens n’ont pas réussi à se libérer de la morale catholique : elle est si bien introjectée qu’elle n’a pu être remise en question. Devons-nous opter pour une morale transcendante même quand Dieu est mort? Pour ma part, je suis d’avis que la morale chrétienne est l’ennemi numéro un du progrès moral. Mais si c’est votre choix, que voulez-vous que ça me fasse? C’est votre vie, après tout!

Morale sexuelle chrétienne La réglementation de la sexualité a toujours constitué la tâche principale de la morale. Est-ce un hasard si nous avons perdu une bonne partie de notre libido? Si des tabous recouvrent les différentes facettes du sexe? La morale sexuelle catholique est-elle toujours présente dans nos cerveaux sous forme d’idées? Quelle est l’origine de ces idées? Dans la famille, à l’école, on nous a appris la différence entre le bien et le mal. Ce que l’on nous a transmis, possiblement sous une formulation renouvelée, c’est une éducation au péché. Si tu te masturbes, si tu baises sans amour, ce n’est pas bien. Et on nous fait nous sentir mauvais. Si nous étions à moitié normaux,

à moitié en contact avec nos forces de vie, cette absence de vie sexuelle nous serait insupportable… tout simplement parce que renoncer au sexe, c’est renoncer à la vie.

Morale capitaliste Pouvons-nous parler de morale capitaliste? Guère. L’économie de marché nous précipitant dans un monde de compétition acharnée. À la télé, véhicule de notre morale sociale, dans 7 cas sur 10, la violence n’occasionne ni remords, ni critique, ni sanction. Hasard? Quelles sont les valeurs bourgeoises? Âpreté au gain, ambition forcenée, consommation excessive, patriarcat, individualisme… Sont-ce des valeurs utiles pour survivre et être heureux ou des valeurs de fripouilles?

Êtes-vous des demeurés pour ne pas vous intéresser à un sujet si crucial pour votre bonheur? Pourquoi être moral? Une façon négative de le dire est que le méchant ne peut être heureux parce qu’il ne peut se supporter lui-même. Si je vais à l’encontre de la morale, je me blesse moi-même. En prime, je vais vous donner une occasion d’apprécier

ma grande naïveté. Pour moi, l’idéal serait que tous les requins de la finance, les mafiosi, les politiciens corrompus, les faux jetons, etc., se disent : «Vraiment, je réalise que la vie que je mène est indigne d’un être humain et, de plus, elle me rend profondément malheureux.» La manière positive de l’exprimer, c’est de dire que si je fais un choix moral, cela ira dans le sens de mon épanouissement personnel. Alors, pourquoi dois-je être moral? Parce que mon bonheur en dépend.

Un vernis superficiel ou un élément essentiel? La morale catholique propose des règles de conduite qui empêchent les humains de s’épanouir… et, en cela, elle est foncièrement immorale. Le capitalisme, sous couvert de compétition et d’excellence, dissimule la loi de la jungle… et quand il propose des codes éthiques, c’est pour présenter une «belle image» qui favorisera le profit. En principe, je suis ennemi des ADM  (armes de destruction massive) mais pour ces 2 morales, si funestes, je ferais peut-être une exception. La vraie morale est un trait essentiel de l’humanité  : une bonne action conduit au bonheur, une mauvaise, à la souffrance. Finalement, c’est une question de respect. Respectez-vous comme être humain. Personne ne peut le faire à votre place.


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SOCIÉTÉ

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L’ART DE MONTER UNE MAYONNAISE ET AUTRES PROPOS COMESTIBLES

Prêcher pour sa paroisse KRISTINA MONFETTEFORTIN

multitude d’informations véhiculées concernant les habitudes alimentaires. Que penser de cette cacophonie et comment s’informer de façon réfléchie?

Chroniqueuse

Du temps de Gutenberg Il semble qu’on n’ait jamais autant offert de place dans les médias à la question de l’alimentation. Des chaînes spécialisées se consacrent à la bouffe, les chefs quittent leur cuisine pour animer leur propre émission, la téléréalité s’empare de ce thème pour créer des compétitions qui donnent des sueurs froides aux téléspectateurs. Les émissions d’affaires publiques et les magazines d’information consacrent de plus en plus de temps d’antenne à cette question en abordant une foule de sujets allant de l’obésité à la meilleure poutine au Québec. Et que dire des livres de cuisine, alors que ceux-ci trônent en roi au sommet des ventes en librairies. Toutefois, la prolifération de cette thématique au sein de la sphère médiatique peut être perçue comme un nivellement vers le bas de l’information. On reproche à la question alimentaire d’occulter des enjeux sociaux plus fondamentaux en offrant au public un contenu superficiel. L’intellectualisme perdrait du terrain dans les médias au profit d’un discours trivial et futile sur le bien-vivre. Ces critiques sont plus que recevables, connaissant la

Si le monde des quotidiens connait des transformations en profondeur (pensons à la fin de La Presse en format papier) en raison de la percée des nouvelles technologies et que l’accès à l’information se place de plus en plus sous le mode de l’instantanéité (la couverture en direct des attentats de Paris en est une illustration exemplaire), on remarque un regain d’énergie dans  le monde de la presse écrite par la multiplication de revues consacrées à l’alimentation. Le couple chéri du web derrière Trois fois par jour a d’ailleurs lancé son magazine, qui allie recettes et chroniques informatives, le tout dans un format luxueux. La popularité de Marilou et le désir d’expansion de son entreprise peuvent justifier l’élargissement en format papier de son site web. Cependant, elle n’est pas la seule à offrir ce genre de produits. Dinette, Bouffe et Science & Fourchette rivalisent sur le plan du contenu, du format et de la signature visuelle pour proposer LA revue qui repense nos rapports à l’alimentation. Nous sommes  loin  de Coup de Pouce et de Ricardo Cuisine.   Ayant toutes en commun un travail visuel léché, ces publications possèdent néanmoins des lignes éditoriales variables. Aussi, certaines miseront pour un ton plus ludique (Bouffe), alors que d’autres fourniront un appareil scientifique plus

étoffé (Science & Fourchette), et quelques-unes accorderont un espace important aux recettes culinaires (Dinette). Peu importe l’approche retenue, elles reconnaissent toutes l’intérêt de se pencher sur notre relation à la nourriture et d’explorer des avenues encore peu empruntées pour traiter de ce sujet. Bref, des revues pour tous les goûts. À mon sens, le magazine Caribou arrive à se démarquer du lot en offrant une revue haut de gamme, sensible à une recherche visuelle attirant l’œil et en développant  une véritable réflexion sur les enjeux alimentaires actuels. Cette revue sait aller au-delà des recettes de cuisine en s’intéressant, à chaque numéro, à une nouvelle thématique, ce qui n’est pas sans rappeler le magazine Urbania. Malheureusement, son accessibilité en kiosque lui fait défaut, contrairement à ses compétiteurs. Il est ainsi plus simple de s’abonner pour recevoir un exemplaire de ce magazine biannuel.

Par le biais de portraits, l’équipe de Nourrir réfléchit sur les différents comportements alimentaires au sein de la société. Ces rencontres, accompagnées de photographies des personnes interviewées dans leur environnement culinaire, permettent d’entamer une réflexion sur la variété des rapports entretenus avec la nourriture. Le tout mené avec un souci d’objectivité et de simplicité afin de pouvoir penser librement ce que serait une alimentation saine et responsable. Vas-tu finir ton assiette (www.vastufinir.ca) est, quant à lui, un projet résolument irrévérencieux. Puisqu’il existe certains dérapages dans la commercialisation alimentaire et qu’il faut bien s’en moquer, Mathieu Charlebois et Caroline Décoste soumettent à un banc d’essai les produits les plus loufoques. Leur objectif est simple: «Si tu manges ça, vas-tu finir ton assiette?» Parmi les étrangetés qu’ils ont goûtées, mentionnons les bouchés de poutine et la soupe au pâté chinois. Miam.

La Sphère

Mamelle sucrée

Internet est un véritable fourre-tout d’informations. On y retrouve le meilleur, mais également souvent le pire. Des petites mesdames  qui publient leurs recettes de sucre à la crème en passant par les sites pseudo-scientifiques qui vantent le régime sans gluten, il se dit beaucoup d’âneries sur les types d’alimentation à adopter pour vivre en santé. Malgré tout, certains projets valent la peine d’être mentionnés ici. Nourrir (www.nourrir.net) est l’un de ceux-ci.

Pour célébrer le mois de l’amour, la chocolatière Nancy Samson propose une création toute particulière: un sein en chocolat. Il n’est pas question de provocation ou d’érotisme douteux, mais bien d’une façon de collecter des fonds pour la recherche sur le cancer du sein. Ainsi, chaque sein chocolaté vendu permettra de remettre à la Société canadienne du cancer une somme de 2$. Disponible à la chocolaterie Samson située au 1066 rue Champflour.

JE ME SOUVIENS… AU POUVOIR, CITOYENS!

Je t’aime, tu m’aimes, on sème JEANFRANÇOIS VEILLEUX Chroniqueur

Trônant parmi les plus grandes fêtes capitalistes avec Pâques (chocolat), Halloween (bonbons) et Noël (cadeaux jetables et excès alimentaire), la Saint-Valentin est l’occasion de réfléchir chaque année sur notre relation à l’amour et à l’être aimé. Il y a deux ans, je vous avais offert ma vision du «véritable amour» puis, l’an dernier, c’était des poèmes érotiques. Voici maintenant une réflexion sur les origines historiques de cette fête et sa décadence. La Saint-Valentin est une tradition née pendant l’Antiquité et qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Héritée de la Rome antique, cette fête païenne était d’abord célébrée le 15 février sous le nom des Lupercales. Ces festivités étaient destinées à Faunus Lupercus (de lupus, loup en latin), dieu de la fécondité puis divinité protectrice des bergers et des troupeaux. Incluant le sacrifice d’un bouc dans la grotte du Lupercal (au flanc du Mont Palatin où, selon la légende, la louve allaita Romulus et Rémus, les fondateurs de Rome), ce rite de purification permettait aux jeunes gens de familles nobles de s’enduire du sang du sacrifice. Enfin, après une longue marche nocturne dans

les rues, notamment vêtus de peaux de bêtes, afin de bénir les grossesses et d’attirer pour les femmes un accouchement sans douleur, les célébrations se terminaient par un grand banquet, au cours duquel les jeunes hommes tiraient au sort leur compagne pour la soirée. Cela occasionnait la formation de couples durables. Quoiqu’il existe plusieurs légendes à ce sujet, Valentin serait un moine romain du IIIe siècle (évêque selon d’autres sources) persécuté à mort par l’Empereur Claude II, dit le gothique. La raison? Il mariait des couples selon les rites de l’Église, venait en aide aux chrétiens persécutés et aurait tenté, sans succès, de convertir l’empereur romain au catholicisme. Torturé puis décapité à Rome, le 14 février 269, il sera finalement repris comme symbole par le pape Gélase 1er en l’an 494 de notre ère, voulant adapter la chrétienté au calendrier païen et faire interdire la fête des Lupercales du 15 février. Dès le XVe siècle, Saint-Valentin deviendra ainsi le saint patron des amoureux. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire… En fait, il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre société. On dirait que tout le monde couche avec tout le monde, beurk! Selon moi, le problème c’est que depuis que le sexe est rendu accessible, c’est l’amour qui se fait rare. Peutêtre serait-il le temps de réussir à développer enfin une vision à long terme de nos relations affectives et sexuelles. Rappelons-nous que même si la fertilité est au cœur de la Saint-Valentin depuis la nuit des temps, c’est par la séduction, le romantisme et le charme que l’on devrait aspirer à nos fins.

Littérature de séduction Vous voulez impressionner la personne qui anime votre cœur? Lisez-lui quelques extraits de nos meilleurs textes de la littérature de séduction issus de l’Antiquité ou de la période médiévale, ils sont si nombreux! Des lettres imaginées il y a 2000 ans par le poète latin Ovide, entre Pâris et la belle Hélène (celle pour qui on déclencha la fameuse guerre de Troie), aux poésies dionysiaques de Jim Morrison des Doors, en passant par les célèbres dialogues de Cyrano de Bergerac (1897) d’Edmond Rostand, notre littérature permet non seulement de s’enrichir, mais de s’inspirer pour séduire à notre tour l’élu(e) de notre cœur.

Depuis que le sexe est rendu accessible, c’est l’amour qui se fait rare. La plupart connaissent déjà la tragédie romantique Roméo et Juliette (1597), un conte italien popularisé par William Shakespeare au début de sa carrière, dans lequel la mort de deux jeunes amants réconcilie leurs familles ennemies. Constatant la mort héroïque de Roméo, Juliette se donne la mort avec la dague de son amant. Cependant, très peu de gens savent que ces deux jeunes étourdis n’avaient même pas quinze ans en réalité! De l’amour pur, dénué de bestialité. Où sont passées ces aventures amoureuses naïves mais profondes? En réalité, peu de légendes ont marqué l’imaginaire amoureux de notre civilisation aussi fortement que la saga norroise de Tristan et Iseult, de vieux poèmes français du XIIe siècle inspirés sans doute de

récits celtiques. Ces amants de Bretagne ont légué à l’Occident l’un de ses plus grands mythes fondateurs, c’est-à-dire la thématique de l’amour-passion – ici par l’entremise d’un philtre d’amour – ainsi qu’un fort sentiment d’éternité lié à la mort: cet amour impossible dans la vie entre deux «âmes» mais qui se rejoignent dans la mort. Outre cette légende tristanienne, il est impératif de relire ces divers textes pour comprendre la véritable nature de l’Amour et toute l’aventure spirituelle/corporelle qui l’accompagne. Pour remettre du piquant dans vos vies, je vous invite aussi à lire la lettre attribuée (à tort) à l’écrivaine George Sand pour Alfred Musset, un autre grand écrivain français, révélant un message pornographique en lisant une phrase sur deux. Même si ce délicieux canular date du dernier quart du XIXe siècle selon «Les Amis de George Sand», la correspondance a bien eu lieu, dont cet alléchant acrostiche (lire seulement le premier mot de chaque vers):

De Musset à Sand: Quand je jure à vos pieds un éternel hommage Voulez-vous qu’inconscient je change de langage Vous avez su captiver les sentiments d’un coeur Que pour adorer forma le Créateur. Je vous aime et ma plume en délire. Couche sur le papier ce que je n’ose dire. Avec soin, de mes lignes, lisez les premiers mots Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

De Sand à Musset: Cette indigne faveur que votre esprit réclame Nuit à mes sentiments et répugne à mon âme.


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9 au 22 février 2016

LOISIRS Vie de campus ALEXANDRE LARAMÉE ZOUÉKI

Jeux

Thème: Gouvernement (6 lettres) Amende Armée Assurance Avocat Caméra Charte Chômage Comité Commandite Contrôle Courrier CSST Député Dieu

Document Échevin École Éducation Élection Élu Espionnage Étude Fédéral Fonctionnaire Frontière Grève Impôt Loi

Loterie Maire Mandat ONU Ordre Police Règlement Reine Revenu Route Société Suffrage Taxe Union

Mots croisés Horizontalement:

1. Raisonnons abstraitement et de manière oiseuse 2. Ville d’Italie - Fétide 3. Qui a l’amour du beau - Or 4. Manifestera son mécontentement - Ville d’Iraq 5. Fait qqch - Rivalisais avec 6. Inattendu - Blocage 7. Riche - Impliqua 8. Conjonction - Largement fixé sur le pied, en parlant d’une lamelle de champignon Sauf-conduit en pays musulman 9. Influence prédominante - Coupera 10. Disais en criant - Note 11. Appartient au caractère fondamental de qqn - Lier 12. Repos - Amoindrissement des forces

Mot mystère

Sudoku

Illustrateur

Verticalement:

1. Patronnerais un projet 2. Hassium - D’une même souche masculine et de la même famille - Nickel 3. Langue romane - Situation pénible due à un manque d’argent 4. Unité monétaire principale de l’Italie Poème lyrique formé de strophes de même structure 5. Être agité de petites secousses rapides 6. Travail de celui qui scie la pierre - Terre entourée d’eau 7. Dans le nom d’un écrivain espagnol (1882 - 1954) Lèverai une troupe 8. Elle a les formes rondes et pleines - Pointu 9. Sifflera - Cordes 10. Ouvrier professionnel - Marié à deux personnes en même temps - Pronom personnel 11. Naïve et un peu sotte - Équiper une troupe 12. Unique - Chimérique


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OPINION

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Le cinéma d’auteur, outil de réflexion existentiel GABRIEL SENNEVILLE

Étudiant à la maîtrise en histoire

Malgré le fait que le cinéma soit considéré comme étant le septième art, trop souvent, nous accordons de l’importance aux grosses productions hollywoodiennes. C’est dans la foulée des productions cinématographiques à grand budget tel que Star Wars qu’il est important, à mon sens, de redécouvrir le cinéma d’auteur. J’ai entendu, à maintes reprises, des commentaires négatifs à l’égard de ce type de cinéma en raison de son rythme lent et de ses thématiques plutôt sombres qui nous obligent à réfléchir. Qui, de nos jours, a envie de réfléchir devant un écran de télévision? Je ne critique pas la présence du cinéma de divertissement. Cependant, je crois qu’il faut redécouvrir le cinéma d’auteur tant québécois qu’européen. On reproche souvent au cinéma de ne jamais égaler son penchant littéraire. Cependant, je crois fondamentalement qu’un film, tout comme un livre, peut engendrer une réflexion sur nous-même. C’est en ce sens que je vous propose de découvrir le cinéma de Bernard Émond, mais plus particulièrement, le film Le journal d’un vieil homme. L’auteur nous propose une réflexion sur le sens de la vie et de la mort dans un contexte de maladie. Sachant qu’il est condamné par la maladie, un médecin se questionne sur son existence et sur celle de Dieu. Il serait malheureusement facile d’accuser Bernard Émond d’être un pessimiste.

Cependant, son film est empreint d’un réalisme et d’un amour de la vie. En entrevue à l’émission C’est Fou, sur la Première Chaîne de Radio-Canada, Bernard Émond se définit comme étant un non-croyant. Il est intéressant de constater la distinction qu’apporte l’auteur entre l’athéisme et la non-croyance qui est empreinte de doute. Cette distinction est centrale dans le film, car elle permet de bien comprendre le propos du personnage principal qui, à la veille de sa mort, affirme: «Je ne crois pas en Dieu et je le regrette». À l’écoute de ces mots, je me vis rempli d’une certaine amertume. Tout comme ce personnage, l’idée de ma propre mort me terrifie et engendre un profond sentiment de vide intérieur, comme si une pièce du casse-tête était manquante. Devant ce vide à combler, je me retrouve seul et unique responsable de mon bonheur et de mon malheur. Je constate et me désole que de nos jours, nombreuses sont les personnes qui repoussent ce type de réflexion sur la mort en s’évadant dans des activités diverses afin de combler ce vide intérieur.

Bernard Émond, le Bergman québécois face à la philosophie Il n’est pas faux d’affirmer que Bernard Émond est le Bergman québécois, puisque plusieurs scènes du film nous rappellent le cinéma existentialiste d’Ingmar Bergman. Les remords ainsi que les angoisses du protagoniste, en ce qui a trait au fait d’accorder plus d’importance à sa carrière qu’à sa famille, nous rappellent le médecin du film Les Fraises sauvages qui, face à la mort, tente de rattraper le temps perdu. L’insomnie et la peur de mourir dans son sommeil présentes dans le film

PHOTO: GRACIEUSETÉ

Bernard Émond, cinéaste québécois. d’Émond nous rappellent L’Heure du loup, où le personnage principal reste éveillé jusqu’à l’aube afin d’éviter la mort. Bergman nous propose une vision philosophique de l’existence humaine empreinte d’un fort sentiment de doute existentiel dans son film le Septième Sceau. Grâce à une quête métaphysique, l’auteur nous propose plusieurs pistes de réflexion sur l’existence de Dieu et le sens de la vie. Pour lui, ce qui importe, c’est l’amour de la vie malgré l’absurdité de celle-ci. La présence de la philosophie d’Albert Camus dans ces œuvres cinématographiques n’est pas à négliger. Dans le doute ou l’absence de Dieu, Camus nous propose une vision teintée d’optimisme face à une existence a priori fataliste. Parfois, j’en viens même à envier les personnages de condamnés à mort de Camus ou celui de Émond, non pas par désespoir, mais bien dans l’optique que nous avons tellement peur

de la mort que nous la chassons de nos pensées et nous remettons à plus tard l’angoisse de notre fin. Face à ce vide angoissant, j’ai trouvé dans les écrits de Camus et les films d’Émond et Bergman, une manière de voir la vie sous un angle nouveau. Il faut donc apprendre à aimer sa vie et son malheur. Tout comme le personnage de Meursault dans L’Étranger d’Albert Camus, il faut aimer sa vie et être prêt à tout revivre. Le fait de vivre avec la pensée de la mort, à mon sens, nous permet d’apprécier les choses anodines de la vie. La contemplation d’un ciel étoilé, un arbre en automne, une conversation et le regard d’un proche sont des choses qui deviennent magnifiques lorsque l’on prend le temps de se dire qu’il s’agit peut-être de la dernière fois. «The only way to be happy is to love. Unless you love, your life will flash by» - Terrence Malick


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9 au 22 février 2016

ARTS ET SPECTACLES LOUIS-JEAN CORMIER EN SPECTACLE À L’UQTR

Un univers sonore tout particulier pour le Carnaval JUDITH ETHIER

Arts et spectacles

À l’occasion de la semaine d’activités du Carnaval étudiant, l’UQTR a eu la chance de recevoir, le mardi 26 janvier dernier, l’illustre auteur-compositeur-interprète Louis-Jean Cormier. L’artiste a honoré les planches du 1012 avec plusieurs pièces de ses deux albums solos, Le treizième étage et Les grandes artères. C’est donc lors de la deuxième soirée des quatre jours prévus pour le Carnaval que l’artiste originaire de Sept-Îles a offert un spectacle haut en couleur aux nombreux étudiants avides de musique rock alternative. De brillantes adaptations de ses compositions furent présentées, offrant ainsi un rythme plus assis et psychédélisé à certaines pièce plus calmes et introspectives initialement, entre autres «Tête première», «Le cœur en téflon» ou encore «Hélicoptère».

Les nombreux «carnavaleux» présents lors de la soirée ont pu découvrir (ou redécouvrir) ce génie musical rempli de surprises. La chimie qui circulait entre le chanteur et ses musiciens, en plus de leur enthousiasme à jouer devant les étudiants de l’UQTR, se transmettaient partout dans la salle. Ce fut une soirée électrisante et animée d’un plaisir palpable chez tous les spectateurs. suite de la une

PHOTO: J.-Y. BERGERON

Parcours musical Connu d’abord grâce à son parcours musical avec le groupe Karkwa, fondé en 1998, Louis-Jean Cormier fait véritablement son entrée sur la scène québécoise populaire avec son premier album solo, Le treizième étage, sorti en 2012. Il est ensuite propulsé dans les hautes sphères de la notoriété grâce à sa participation comme coach lors de la première édition de La Voix.

Les nombreux «carnavaleux» présents lors de la soirée ont pu découvrir (ou redécouvrir) ce génie musical rempli de surprises. En 2015, il sort un deuxième opus: Les grandes artères, surprenant tous ses admirateurs par sa

PHOTO: J. ETHIER

L’interaction entre le chanteur et ses auditeurs est visiblement agréable. sonorité et son côté beaucoup plus personnel. Lors de sa sortie, le journaliste Sylvain Cormier parlait ainsi de cette nouveauté: «L’album d’avant était celui de Tout le monde en même temps, des mouvements de masse dans les rues du printemps érable. Celui-ci remue autant, mais les remous sont ceux du cœur et des couples, avec ruptures, départs, retours. L’engagement, toujours.» (Le Devoir, 21 mars 2015) En effet, l’artiste a, depuis le début de sa carrière solo, cette tendance à exploiter des thèmes rassembleurs, autant sur le plan collectif que sur le plan personnel. Voguant entre le dramatique et le sentimental avec des notes de légèreté et de folie, ses paroles ne laissent personne indifférent.

Génie musical En plus d’être un excellent interprète, LouisJean Cormier est également compositeur de maintes pièces musicales hors de son corpus personnel. Il a participé à la composition des

albums de Marie-Pierre Arthur, David Marin et Lisa Leblanc, ainsi qu’aux albums-hommage à Gaston Miron, 12 hommes rapaillés, en tant que réalisateur. Il cosigne avec Martin Léon le concert symphonique qui sera présenté à l’occasion des Francofolies de Montréal, dans lequel on retrouvera les «12 rapaillés» pour une interprétation de certaines pièces composées en hommage au poète québécois.

Ce fut une soirée électrisante et animée d’un plaisir palpable chez tous les spectateurs. Ce talent pour l’arrangement, la réalisation, ainsi que pour la musique en général, Louis-Jean Cormier l’a exposé tout au long de son spectacle au 1012 de l’UQTR. Sous le thème «Nouvelle génération», le Carnaval étudiant édition 2016 ne pouvait pas mieux choisir comme artiste invité.

Semaine du 8 au 14 février 2016

Mardi de 15 h à 18 h, en rappel vendredi 17 h et dimanche midi

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Artistes Paupière Mordicus Pandaléon La Valérie Ariane Zita Dead Obies Mehdi Cayenne Les Revenants Baden Baden Les Amis au Pakistan

Pièces Cinq heures Grandville Retour Les enseignes au néon Emile Nelligan Aweille Pigeon-voyageur Ils t’appelleront par ton nom Hivers Muffin Top

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Artistes Basia Bulat Cage the Elephant Young Rival Uubbuurruu Reversing Falls Et Tu Brucé Grimes The Noble Thiefs Le Matos Dilly Dally

Pièces Infamous Mess Around Interior Light Cosmic Cannibalism This Is Why Hey Blue Flesh Without Blood Give ‘em Hell Eyes Throat Genitals Desire


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9 au 22 février 2016

AMBIANCE SURVOLTÉE

Orloge Simard remplit le Zénob ALEXIS VAILLANTGAMACHE

Arts et spectacles

Le samedi 30 janvier dernier, le Café-Bar Zénob a été l’hôte du spectacle d’Orloge Simard. C’est dans un bar plein que le chanteur a joué ses chansons crues. Accompagné de son groupe, Orloge Simard avait préparé une soirée festive à souhait pour les nombreux spectateurs réunis. L’ambiance qui régnait dans le Zénob s’approchait d’un rassemblement festif du temps des fêtes où les oncles sortent leurs guitares pour chantonner les chansons les plus grivoises de leur répertoire.

Aucuncadrisme Sans s’attarder aux paroles, la musique d’Orloge Simard est une pop rock teintée de blues, de country, de folk et de ska. Elle s’approche aussi de ce que Les Trois Accords et Les Cowboys Fringants offraient à leur début. Le chanteur était accompagné d’un guitariste, un bassiste, un claviériste et un batteur. Le jeu de basse accrocheur était souvent l’autre élément vedette des chansons, après les paroles bien entendu. Mélangé à une voix rappelant Dédé Fortin, Mononc’ Serge ou même Fred Pellerin par moment, le tout constitue une ode à la culture populaire québécoise. Finalement, ce sont les paroles qui caractérisent la musique d’Orloge Simard. Pour bien comprendre la vulgarité derrière les chansons, le chanteur définit son style par l’Aucuncadrisme. Une musique sans cadre, qui ne laisse pas de place à la censure. C’est donc ces paroles sans filtre qui ont été chantées à tue-tête par le public déjà conquis. Simard a des capacités de chansonnier d’expérience, lui qui réussit à créer des refrains tellement accrocheurs

qu’il en était impossible pour les spectateurs présents de ne pas les chanter. Si le chanteur a entrepris de jouer devant un public déjà réceptif à ses chansons, Orloge Simard ne fait pas toujours l’unanimité là où il passe. En 2014, le groupe s’est fait expulser d’un festival suite à des protestations de spectateurs lors de sa prestation. C’est que beaucoup de paroles sont explicitement sexuelles. L’auteur décrit des situations avec beaucoup de détails ce qui ne laisse plus beaucoup de place à l’imagination et à l’interprétation. L’artiste se défend en expliquant que ses textes sont une caricature absurde avec des propos volontairement stupides. Pour ceux qui connaissent le groupe Black Taboo, un groupe rap québécois qui fait aussi dans les paroles vulgaires, la comparaison est facile à faire. La différence majeure est le style, mais il donne dans le même univers. Affublés de chemises fleuries, le groupe a fait une succession des titres les plus grivois du chanteur. Ponctué de devinettes humoristiques entre les chansons, Simard avait aussi une façon bien à lui de présenter ses chansons. «La prochaine chanson est la plus tendre des chansons d’amour jamais composée!» C’est sur ces mots qu’Orloge Simard a débuté la chanson Gros Problème qui débute avec la ligne suivante: «Oh ma chérie, j’ai la poche pleine». L’artiste originaire du Saguenay chante aussi sur son bout de pays. Les chansons Le Baieriverain, Lac Otis et Saguenay River racontent, dans une manière qui rappelle celle d’un conteur, une panoplie d’aventures pouvant s’être déroulées dans sa région. Malgré le fait que le clavier du musicien Andy Ellefsen ait été trouvé défectueux avant la prestation, ce n’est pas ce qui l’a empêché de jouer. Le groupe a tôt fait de trouver un autre clavier pour pouvoir finalement débuter la prestation. La prestation a commencé quelque peu en retard vers 22h20. Le retard d’un peu moins d’une heure est par contre facilement excusable vu le problème technique qui s’est présenté.

UN 2E SPECTACLE POUR DUMAS AU GAMBRINUS

Une forte présence musicale Le resto-bar et microbrasserie Gambrinus a décidé, en ce début de mois un peu frisquet, et malgré son espace restreint, d’inviter l’auteur-compositeurinterprète Dumas. Celui-ci est parvenu, non sans surprise, à remplir la place à l’occasion de sa visite le 2 février dernier. Le public de tous âges s’était déplacé en grand nombre afin d’assister au spectacle qui fut pour le moins étonnant. Originaire de Victoriaville et ayant fréquenté les cégeps de sa ville d’origine et de Trois-Rivières, Dumas revenait en Mauricie pour un deuxième spectacle au Gambrinus en deux ans. Après plus de 17 ans de carrière et au-dessus de 700 représentations à son actif, l’artiste revient constamment en force et il est toujours prêt à surprendre. Il est l’un des artistes québécois les plus prolifiques de sa génération. Depuis 2014, lors de la sortie de son album éponyme Dumas, il surprend ses auditeurs par un son toujours renouvelé. Décalé, il a effectué un retour applaudi au genre de la pop. C’est principalement des pièces de ce dernier album, mais également quelques vieux succès remaniés au goût de l’heure, qu’il a présentés lors de sa soirée au Gambrinus.

Puissance sonore pop-électro L’artiste contemporain tire son inspiration de la musique soul des années 1970 et de l’époque Philadelphia Sound. Cette source est bien visible dans les arrangements musicaux de chacune de ses nouvelles chansons composées depuis 2012. Celles-ci ont pu mettre au point une ambiance envoûtante au Gambrinus, à l’intérieur duquel les gens étaient totalement enjoués et dynamiques. Le chanteur avait une proximité avec son auditoire, ce qu’il exploitait parfaitement bien. Dès le départ, la musique avait de quoi impressionner celui qui ne connaissait pas encore l’artiste invité: vibrante, contemporaine et électronique, elle formait un parfait montage de sons synthétiques qui avait de quoi surprendre à chaque pièce. Son récent succès «Une journée parfaite» fut particulièrement

PHOTO: J. ETHIER

Dumas est vraisemblablement un artiste contemporain complètement absorbé par sa musique. bien accueilli ainsi qu’«Alors alors», durant laquelle les gens chantaient le refrain en cœur. Sans être à chaque fois des musiques à faire danser, les chansons interprétées par Dumas laissaient place à la détente, à la réflexion et même à l’amour. L’éclairage adouci dirigé par Robert Lepage contribuait également au paysage sonore et visuel de certaines pièces ayant une plus grande sensibilité, comme «Au gré des saisons» ou encore «Silence radio». En deuxième partie de spectacle, le trio formé par Dumas et ses deux musiciens était plus déchaîné que jamais. Les spectateurs, debout à danser et chanter, étaient complètement sous l’emprise de la dynamique du chanteur. Celui-ci a même arrangé, à l’aide de ses compatriotes, quelques-uns de ses plus vieux succès pour les rendre plus rythmés. Ils avaient maintenant une sonorité nouvelle, semblable à celle utilisée dans les derniers albums de l’artiste. Cette soirée au Gambrinus n’aura été en somme qu’une série de surprises, de rebondissements et de musique à chaque fois plus surprenantes. Plusieurs connaissent Dumas comme étant une bête de scène, et lors de cette soirée il en a donné la confirmation, encore une fois. Sa prestance, sa façon d’habiter l’espace avec ses musiciens et de ressentir sa musique avaient de quoi impressionner. (J.E.)


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VIVRE LE SON

L’expérience Organ Mood au Café Frida ALEXIS VAILLANT-GAMACHE Arts et spectacles

C’est le jeudi 28 janvier dernier que le duo Organ Mood a fait vivre une expérience interactive aux gens rassemblés au Café Frida de Trois-Rivières. Le groupe a enchaîné les performances mélangeant participation du public, art visuel et musique. Organ Mood est composé du musicien Christophe Lamarche-Ledoux et de l’artiste visuel Mathieu Jacques. La prestation offerte par le duo dépassait donc largement le cadre du spectacle de musique traditionnel. Le groupe a plongé le spectateur dans son univers immersif, déstabilisant et créatif, laissant place à l’émerveillement.

Électron libre Des basses profondes, des mélodies de clavier et des percussions synthétiques, c’est ce qui compose la musique d’Organ Mood. Les sonorités générées par Lamarche-Ledoux transforment ces trois éléments en un ensemble particulier créant une ambiance apaisante et suscitant la curiosité. Dès la première pièce, les échanges avec le public débutent. Tout de suite, la formation requiert

l’assistance d’un volontaire. Mathieu Jacques quitte son poste de projectionniste afin de choisir une personne voulant lui prêter son cœur, et il s’agit du sens propre. Jacques sort un appareil servant à écouter les battements de cœur et diffuse le son dans toute la pièce. Les battements deviennent alors les percussions maîtresses de la première chanson jouée. Le public occupe une place importante dans le concert. Il est littéralement le troisième membre du groupe. Les volontaires partent et reviennent, alimentant les pièces et créant un intérêt constant du public. Parmi l’instrumentation offerte au public, un bout de bois avec cordes de violon branché dans les modules sonores du groupe pour garder le contrôle des notes jouées et beaucoup de maracas.

Les volontaires partent et reviennent, alimentant les pièces et créant un intérêt constant du public. Les performances artistiques en direct sont aussi alimentées par les pièces du plus récent album du groupe Comme si nous étions déjà libres, sorti en juillet 2015. Lamarche-Ledoux a également récolté le prix de la meilleure musique originale pour sa collaboration musicale au film Tu dors Nicole du réalisateur Stéphane Lafleur.

LUITR: VERTS VS BLEUS

De pénalités en rebondissements Quoi de mieux pour débuter le mois de février qu’un match d’improvisation à la Chasse-Galerie où la LUITR ne réserve que de belles surprises. Surtout quand c’est l’arbitre Antoine Lacasse qui dirige le match. De ce fait, la soirée régulière d’improvisation du 1er février, effectuant un retour après la semaine éprouvante du Carnaval, ne fut pas des plus banales. La joueuse Magali Brousseau-Arcand de l’équipe des Verts, accompagnée de Marc-André Marion-Flamand, des Bleus, ont débuté le match avec une adaptation de l’histoire de Cendrillon propre à l’originalité de leur imaginaire. Mais dès la troisième improvisation, l’arbitre Lacasse a appliqué sa rigueur habituelle en attribuant trois pénalités, dont un non-respect de la carte-thème pour les Bleus et une confusion pour l’équipe des Verts.

Malgré ce rapide avertissement, les joueurs ont continué dans leurs folies et le fidèle public a pu assister à une excellente imitation d’Éric Salvail de la part du joueur Marion-Flamand dans une improvisation «à la manière de…», reproduisant ainsi une émission des «Recettes pompettes». Ce qui lui a justement valu le point de l’improvisation. L’arbitre ne réservait pas que des pénalités aux joueurs. Une catégorie fut modifiée pour devenir la «poursuite-double-voilée», le dernier terme n’étant pas présent à l’origine, ce qui donna lieu à d’hilarantes improvisations, les Verts ayant imaginé un univers dans une boucherie, alors que les Bleus se retrouvèrent ensuite dans un sous-marin. C’est la magie de l’improvisation. Tout compte fait, de rebondissements en folies, de pénalités en contestations, les joueurs de la LUITR ne font que surprendre leur public à chaque fois. Un rendez-vous à ne pas manquer tous les lundis soirs. (J.E.)

PHOTO: M. CHAVE

La joueuse Magali Brousseau-Arcand et le joueur Marc-André Marion-Flamand ont offert une prestation excellente.

PHOTO: CATHERINE LESSARD

Mathieu Jacques, artiste visuel du duo multimédiatique Organ Mood.

Expérience artistique complète Stimulé par le rythme des chansons, l’artiste Mathieu Jacques, derrière ses projecteurs, trace les éléments visuels projetés sur le mur du café. En symbiose avec la musique, les dessins spatiaux, voir psychédéliques, comblent le spectateur d’une expérience artistique complète. À un certain moment, les dessins tracés sur des transparents colorés, le public assis par terre les jambes croisées, les mains armées de maracas ont transformés la

séance de partage à ce qui pourrait ressembler à un rassemblement d’enfants émerveillés. Avec le spectacle d’Organ Mood, le Café Frida poursuit sur sa lancée d’expérience musicale déstabilisante, lui qui avait été plongé en octobre dans l’atmosphère troublante et lourde du groupe Big Brave et dans les lentes mélodies planantes de Surface of Atlantic le 5 décembre dernier. Le 13 février prochain, c’est le groupe Adam Strangler qui sera en vedette.


16 arts et spectacles

9 au 22 février 2016

CHRONIQUE D’UN LUNATIQUE

Vedettariat de casiers LOUISPHILIPPE CANTIN Chroniqueur

Lors de ma dernière chronique, je m’étais arrêté sur le traitement de nostalgie que semblait vivre la culture mondiale autant que la locale. Je m’étais alors arrêté sur la nouvelle télésérie Les Pays d’en Haut pour, humblement, tenter d’un peu démystifier le phénomène avec ma matière grise comme seul outil. Sans trop m’attarder à nouveau sur le sujet, je tiens simplement à préciser que c’est le sens de la critique qui permet en fait de juger de la qualité dans un produit qui nous est présenté pour la énième fois. Comme en cuisine, il y a certains classiques qu’on ne peut cerner que dans les petits détails. Ces temps-ci, je consomme une bonne quantité de ce que m’offre la version non-payante de Tou.tv. À part le classique hebdomadaire qu’est Infoman, j’ai également porté mon attention vers ce «nouveau» concept qu’est celui que nous offrent Rebecca Makonnen et Marc Cassivi dans la toute fraîche émission Esprit Critique. À l’aide des capsules humoristico-sarcastiques de l’excellent Fabien Cloutier, l’équipe Makonnen-Cassivi parvient à couvrir diverses sphères de la culture dans une émission de 45 minutes qui, sincèrement, en vaut le détour. Dans ce programme, on ne s’attarde pas exclusivement à la culture de masse, mais aussi à son alter ego émergent, le tout dans un cocktail fort équilibré. L’intérêt du spectateur ne dépendra en fait que de l’avenue des questions posées dans l’émission. J’ai d’ailleurs particulièrement aimé celle du deuxième épisode qui allait à peu près dans ce sens: «L’Orchestre symphonique de Montréal doit-il prendre un virage pop ou mourir?» Cette question, posée à froid à des experts du milieu, ne peut que susciter un débat intéressant. Dans l’épisode qui suivait, on se demandait s’il était légitime pour le public québécois de demander à ce que les vedettes de cette bulle culturelle que représente le Québec étalent leur vie privée sur les réseaux sociaux. On utilisait alors les récents divorces de Marie-Mai et Fred Saint-Gelais ainsi que de Julie Snyder et PierreKarl Péladeau pour s’étendre sur le sujet, d’un côté avec la chroniqueuse Nathalie Petrowski, de l’autre avec la haute instance de la culture de masse québécoise qu’est Véronique Cloutier. Le concept d’étalement de la vie privée sur la place publique prend en grande partie son origine en Californie, plus précisément à Hollywood où, il y a déjà de ça plusieurs décennies, les Marilyn Monroe et James Dean de ce monde faisaient couler plus d’encre de par leur vie personnelle qu’à travers les œuvres auxquelles ils participaient. Le concept n’a depuis cessé de se renouveler et nous avons, encore aujourd’hui, assez de vedettes pour remplir des présentoirs d’épiceries de revues à potin. Vous savez de quoi je parle; celles que l’on remet allègrement dans le rack avant de payer son épicerie.

Jamais aussi intenses que nos voisins États-Uniens, il reste néanmoins qu’en tant que bons Québécois, nous «possédons» aussi nos équivalents. Je ne me mettrai pas ici à établir une liste de ces vedettes, car votre esprit s’en conçoit probablement déjà une au moment où vous lisez ces lignes. Ce qui me fascine plus encore dans le concept, transporté sur une petite échelle québécoise, c’est de constater à quel point à peu près chacune de ces personnalités publiques en vient à tenir un rôle précis dans ce minuscule univers de vedettariat que nous avons, inconsciemment ou non, emprunté à nos voisins du Sud. Ainsi, nous savons tous que le rockeur au cœur tendre québécois porte beaucoup de bagues, filme ses vidéoclips dans le Sud et arbore les tatouages de serpent avec fierté. Si la scène culturelle québécoise devait être un village, et que ce village devait avoir un fou, il ne ferait aucun doute que nous élirions Jean Leloup. Derrière cette façade que le public s’attend aujourd’hui à voir, se cache néanmoins un artiste intègre. Il reste néanmoins que trop de fois, c’est l’image qui prédomine sur l’œuvre, particulièrement dans le cas de Leloup.

Je crois que, malheureusement, cette idée de classification du vedettariat vient, d’une manière ou d’une autre, hermétiser notre vision de l’art bien québécois. Depuis Céline Dion, bien des groupes et artistes se sont illustrés à l’international, particulièrement sur la scène alternative. Il ne suffit ici que de nommer Malajube, Chocolat, The Besnard Lakes ou les géants que sont Arcade Fire pour constater que la qualité de ce qui s’exporte au Québec est fort intéressante. Cependant, pour la scène de masse québécoise, c’est encore «notre Céline» qui garde ce titre. Puisque le milieu culturel de masse québécois est un petit milieu, tout se doit d’avoir sa place dans une case précise. Je ne cherche pas ici à monter sur mes grands chevaux, car le concept est fort probablement similaire à bien des endroits dans le monde. Cependant, comme avec la nostalgie, je crois que, malheureusement, cette idée de classification du vedettariat vient, d’une manière ou d’une autre, hermétiser notre vision de l’art bien québécois. Comment se fait-il que d’excellentes formations alternatives telles que Chocolat, Elephant Stone ou Big Brave ne parviennent à obtenir du succès qu’à l’étranger sans percer le marché québécois? Certes, la critique locale n’a que de bons mots pour eux, mais il semble que ce ne soit pas assez pour convaincre les radios à plus grand déploiement de leur accorder une attention fort méritée. Évidemment, vaut mieux repasser «L’Aigle noir» encore et encore… Le cœur aigre-doux, je vous suggère donc, au souper, d’essayer de réfléchir à cette drôle de classification culturelle que nous faisons tous un peu. Lorsque ce sera fait, mettez-y le feu, puis arrachez vos œillères, vous ne vous en porterez que mieux!

VERNISSAGE AU CAFÉ FRIDA

Embellir le grotesque PHOTO: M.-C. PERRAS

Les expressions particulières et les traits disgracieux sont les principaux critères de sélection lors de la quête d’images sur internet.

MARIECHRISTINE PERRAS

Arts et spectacles

Pour amorcer le mois de février, le Café Frida expose les œuvres d’Aurélie Lacroix. Les personnages dessinés et sérigraphiés surprennent par leurs traits déformés. Les cadres sont mis à l’honneur dans la première exposition solo de l’artiste trifluvienne. L’anti-vernissage du vendredi 5 février dernier traduit le désir de la jeune femme de se détacher de la tradition. Aurélie Lacroix a organisé une soirée plus informelle et dérisoire que le veulent habituellement les vernissages. Elle accueillait ses invités avec des pogos et du punch épicé à la pastèque. Les contrastes et les audaces font partie de sa pratique et cette mise en scène le reflète bien. Les quelque 30 œuvres présentées ont en commun une étrangeté ludique. Lacroix recherche un équilibre entre le beau et le disgracieux. La plupart des toiles sont dessinées au crayon de bois et au pastel gras, des médiums généralement peu utilisés. Cette originalité est une fois de plus en symbiose avec son désir de sortir légèrement du cadre. Sans dissidence trop marquée, elle glisse doucement hors des sentiers battus. Le choix de ces médiums est aussi pragmatique puisqu’ils lui permettent de concevoir une exposition rapidement avec peu de moyens, tant sur le plan financier qu’organisationnel. Aurélie Lacroix présente aussi des sérigraphies sur bois et pousse sa production en ce sens, ce qui demande une logistique différente. Elle soumettra donc éminemment un dossier à l’Atelier Presse Papier afin de figurer parmi ses membres. Que ce soit en dessin ou en sérigraphie, les personnages sont toujours déstabilisants. Entre grotesque et harmonie, les représentations amusent et témoignent de la discrète désinvolture de la dessinatrice. L’artiste a une banque d’images de plus en plus importante, toutes des photos qu’elle repère sur internet. Elle reproduit ces portraits qu’elle sélectionne pour leurs traits physiques peu conventionnels et pour les expressions particulières des visages. La lumière change, les couleurs aussi, mais la fidélité des portraits pourrait donner lieu à des rencontres imprévues. Les modèles ne savent pas qu’ils sont dessinés puisque les images

sur internet sont publiques et que les avancées technologiques rendent impersonnelles les relations. Aurélie Lacroix porte une attention pointue au cadrage de ses toiles. Elle encadre ses dessins avec des enluminures dorées kitsch qui se rapportent au rococo et au baroque. Cette surcharge de stimuli vient embrasser cette recherche de contraste alors que la surabondance est caractéristique du mouvement baroque.

Sans dissidence trop marquée, Aurélie Lacroix glisse doucement hors des sentiers battus. Diplômée du Cégep de Trois-Rivières et de l’UQTR en arts visuels, la jeune femme est active au sein d’un groupe d’artistes dans la région. Les Quoi? se questionne sur le quotidien et sur l’esthétique relationnelle. Cette formation a déjà participé à la biennale de sculpture de Trois-Rivières et se forge une place de choix dans le paysage trifluvien. Chacun des membres a une pratique individuelle, mais ils se retrouvent dans une intention de lâcher leur fou et profitent de la force du groupe pour oser davantage. Aurélie Lacroix est portraitiste animalière et peut faire le portrait des animaux de compagnie, une expérience rocambolesque qui frôle l’absurde. Tant qu’à faire tirer le portrait de son ami à poil, il est aussi possible de faire appel à l’expertise de l’artiste pour des portraits humains. Pour de plus amples informations, Aurélie Lacroix est joignable via Facebook ou par courriel: lacroixaurelie24@ gmail.com. PHOTO: M.-C. PERRAS

Aurélie Lacroix veut davantage se concentrer sur la sérigraphie dans sa production future.


arts et spectacles 17

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EXPOSITION AU CENTRE RAYMOND-LASNIER

Le vent l’emportera

VISIONS D’ANNA

The dark side of Dalí

PHOTO: M.-C. PERRAS

ANNABELLE DESCHÊNESGAGNÉ Chroniqueuse

Les livres-toiles insérés dans l’œuvre permettent de déplacer les images laissées par les souvenirs.

Le Centre d’exposition Raymond-Lasnier de la Maison de la Culture de Trois-Rivières accueille les œuvres d’Éric Lamontagne. Présentée jusqu’au 6 mars 2016, Paysages épuisés met en valeur des paysages urbains et ruraux à la lumière grise et automnale. Une légère brume semble s’échapper des tableaux oniriques, ce qui offre au spectateur autant de souvenirs tablettés. Éric Lamontagne peint sur des toiles brutes sans apprêt. Les pigments colorés apposés sur les tissus non traités se diffusent dans le textile, produisant alors des ciels voilés et des falaises incertaines. Les paysages mélancoliques représentent tous des lieux véritables du Québec et se reconnaissent ainsi par les panoramas côtiers ou les scènes enneigées. Même si les endroits demeurent anonymes pour la plupart, l’appartenance au motif québécois se ressent amplement. Le traitement du médium relance directement la mémoire et les impressions qui s’y inscrivent. Les décors fantomatiques illustrent bien les images imprimées dans l’esprit qui se transforment par de nouvelles idées et par d’autres pensées qui se bousculent dans les souvenirs. Certaines toiles sont surréalistes et basculent dans le monde du rêve. Une bouteille du passé dans la rivière du futur fait se côtoyer, à l’intérieur d’une bouteille, un scaphandrier, un joueur de soccer, des personnages de la Renaissance et des habitants dans un traîneau rouge, emblème de la ruralité canadienne-française. Certains rochers de bord de mer sont quasi-issus d’un décor de science-fiction. Les contrastes d’orangé et de bleu, surmontés de montagnes grises et blanches, proposent un paysage flou et presque martien. La composition laisse parfois un immense ciel blanc dans la presque totalité de l’œuvre pour ne donner que le bas de la toile au paysage. Ce choix met en évidence la manière de travailler de l’artiste. Dans cet immense ciel impersonnel, on peut y voir les coulisses du vernis appliqué en partie, révélant à la fois la toile brute et le brouillard du souvenir. Une grande force de l’exposition se retrouve dans la transgression du cadre traditionnel. Éric Lamontagne efface le cadre, entaille la toile ou déborde des limites. Sunset cemetery cache tout un monde en son sein. Derrière ce cimetière et ce ciel magnifique est dissimulée une maquette miniature. Il suffit de regarder par le petit trou pour apercevoir un miniaturisé du travail de l’artiste. Les œuvres Rail et Valise sont mises en commun afin de livrer une toile grand format à la fois accrochée au mur et à la fois étendue sur le sol. Le

spectateur est alors face à un chemin de fer et est placé dans la position du voyageur. Positionné près de la valise, le regardeur se heurte à l’illusion de voir devant lui un chemin fort long à parcourir. La lumière et l’entaille pratiquées au bout du chemin peuvent donner espoir ou encore rendre compte de la fatalité de la vie. La lumière au bout du tunnel où toute route prend fin.

Les pigments colorés apposés sur les tissus non traités se diffusent dans le textile, produisant alors des ciels voilés et des falaises incertaines. Paysage puzzle représente très probablement un village gaspésien ou madelinot. Ce n’est pas la beauté de l’image qui frappe le plus, mais les supports sur lesquels Éric Lamontagne a peint ce merveilleux paysage. Un faux cadre est peint à certains endroits et une quinzaine de plus petites toiles sont insérées dans la grande toile à la manière de livres dans une bibliothèque. Les livres sont manipulables et révèlent d’autres couleurs. C’est une trouvaille formidable pour évoquer le temps et la mémoire. (M.-C.P.) PHOTO : M.-C. PERRAS

La toile sur le sol et le dispositif de ces deux œuvres conjointes accentuent l’immersion du spectateur.

Il me manquait. Lui et ses moustaches radar. Ses yeux globuleux, vitreux. Son esprit oscillant entre la folie et le génie. Artiste peintre surréaliste et révolutionnaire, Salvador Dalí fera l’objet de ma chronique, en tant que peintre, certes, mais particulièrement en tant qu’écrivain. Toi, lecteur, tu ne le savais peut-être pas, mais Dalí a aussi écrit des bouquins. Je m’attarderai plus précisément sur son Journal d’un génie (1952-1963) publié en 1964, alors qu’il avait 60 ans. Le journal de Dalí témoigne de l’attrait qu’avait le peintre pour la mise en scène et la transgression. En effet, d’un côté on assistait à la représentation du Dalí-génie de la lampe ayant eu une influence considérable sur le monde de l’art, capable de créer et d’inventer d’une façon extraordinaire. D’un autre côté, il y avait le Dalí se donnant à voir comme quelqu’un de troublé, de désordonné mentalement, un personnage extravagant au comportement anormal, voire absurde. Le Journal d’un génie montre indéniablement la déconstruction de l’image dalinienne. Dès la lecture de son prologue, le lecteur tombe moustache à moustache avec le narcissisme grandiloquent du peintre : «Le livre que voici prouvera que la vie quotidienne d’un génie, son sommeil, sa digestion, ses extases, ses ongles, ses rhumes, son sang, sa vie et sa mort sont essentiellement différents de ceux du reste de l’humanité.» Effectivement, ce n’est pas peu dire de sa part puisque son journal est parsemé d’idées, de réflexions et de mises en scènes loufoques et transgressives. Attardons-nous sur le côté obscur de Dalí, celui qui le fait basculer du côté de la folie. Dalí passe d’un comportement tout de même bienséant à un comportement disgracieux réalisant des mises en scène plutôt scatologiques et érotiques. Par exemple, lors de son entrée dans le groupe des surréalistes, Dalí était bien intentionné: «Enfin imbibé de tout ce que les surréalistes avaient publié […] je fis mon entrée dans le groupe armé de ma bonne foi» (p. 22). Les intentions de Dalí semblent donc bonnes et les autres membres semblent heureux de l’accueillir au sein du groupe, mais Dalí avait déjà en tête sa propre conception du surréalisme. Pour Dalí, «les éléments scatologiques ne pouvaient que porter chance au mouvement» (p. 23), c’est pourquoi il ne négligea ni le sang, ni les excréments. André Breton fut choqué lorsqu’il découvrit les peintures de Dalí. Il lui imposa donc des règles: «Le sang m’était permis. Je pouvais y ajouter un peu de caca. Mais je n’avais pas droit au caca seul. On m’autorisait à représenter des sexes, mais pas des phantasmes anaux. Tout anus était regardé d’un très mauvais œil!» (p. 23) Alors

Dalí transgressa son comportement d’apprenti surréaliste vers un comportement se rapprochant plutôt d’un apprenti scatophile. Croyez-vous qu’il respecta les contraintes de Breton? Dalí répliqua ainsi : «Ils n’aimaient pas les anus! Avec ruse je leur en apportais des masses bien dissimulées, et de préférence des anus machiavéliques. Si je construisais un objet surréaliste dans lequel n’apparaissait aucun phantasme de cet ordre, le fonctionnement symbolique de cet objet était exactement celui d’un anus.» (p. 24) Donc, cette fascination pour les éléments scatologiques qu’entretient Dalí appuie la mise en scène transgressive qu’il réalisa, afin de passer du comportement d’un artiste en recherche d’approbation pour son travail à un comportement d’artiste provocateur cherchant à choquer ses pairs par son travail.

Dalí passe d’un comportement tout de même bienséant à un comportement disgracieux réalisant des mises en scène plutôt scatologiques et érotiques. Voulez-vous davantage d’anecdotes de ce genre? J’en ai une concernant Hitler! Ataboy! La transgression des mises en scène réalisées par Dalí selon le contenu de son journal se poursuit avec l’érotisme. Il donne une vision érotique du corps d’Hitler donnant à voir une autre mise en scène choquante réalisée au moyen de la peinture, dont Dalí témoigne dans son journal. En effet, Hitler devient pour Dalí une source d’excitation, voire presque d’amour: «J’étais fasciné par le dos tendre et dodu d’Hitler toujours si bien sanglé dans son uniforme. Chaque fois que je commençais à peindre la bretelle de cuir qui, partant de sa ceinture, passait sur son épaule opposée, la mollesse de cette chair hitlérienne comprimée sous la tunique militaire créait en moi un état d’extase gustatif, laiteux, nutritif et wagnérien qui faisait violemment battre mon cœur, émotion très rare que je n’éprouvais même pas en faisant l’amour.» (p. 27) Cette représentation choquante dans laquelle se place Dalí est très représentative de ce désir de ne pas partager les mêmes idées que les autres. Il traverse une certaine limite éthique en commentant ainsi Hitler et transgresse l’opinion de plusieurs sur cet homme en se plaçant dans une position d’admiration et de désir envers cet individu. Tu veux savoir comment Dalí devint un poisson ou connaître le plaisir qu’il eut à être entièrement recouvert de mouches? Le Journal d’un génie est fait pour toi et ton esprit tordu, mais ce livre ne raconte pas que des trucs rocambolesques. Il est aussi un témoin de l’Histoire de l’art du XXe siècle. De plus, Dalí explique à ses lecteurs le développement de sa pensée paranoïaque-critique, une théorie concernant sa conception de la peinture. Enfin, vous en apprendrez beaucoup sur sa façon d’interpréter la vie, l’amour et la réussite. En repoussant les limites, il trace les règles d’un univers bien à lui: provocateur et excentrique.


18 arts et spectacles

9 au 22 février 2016

LA PETITE TÉNÉBREUSE

La Thalidomide Quand la science n’est pas au point

Mais comment ? MICHÈLE ROBITAILLE Chroniqueuse

J’ai eu l’idée de cette chronique en replongeant dans mon adolescence lors de la diffusion des nouveaux épisodes d’X-Files. L’agent Mulder a toujours été une source d’inspiration pour moi – probablement plutôt l’acteur David Duchovny… mais à 14 ans, mes hormones ne faisaient pas vraiment la différence entre le personnage et l’acteur – et il l’a encore été cette semaine. Enfin, pour faire une histoire courte, l’épisode 2 mettait en scène des enfants aux prises avec d’énormes et horrifiantes malformations. Des enfants si déformés que l’on a peine à les regarder. Puis, dans mon esprit, j’ai vaguement pensé aux enfants malformés par la thalidomide dans les années 50. En Allemagne de l’Ouest, dans les années 50, on commença à synthétiser le médicament. Il ne se révéla pas d’une très grande utilité au début. Plus tard, on lui trouva des propriétés ressemblant aux barbituriques. Cependant, si la surdose de barbituriques était dangereuse, voire fatale, la surdose de thalidomide était presque impossible. On commença donc à la commercialiser massivement dans une cinquantaine de pays, le 1er octobre 1957. Utilisée comme sédatif pour dormir, on découvre aussi qu’elle a une incidence sur les nausées des femmes enceintes, en les diminuant considérablement. D’abord accessible en vente libre sur les tablettes des pharmacies, la thalidomide fut ramenée à l’arrière du comptoir peu de temps après 1957, en Europe. Reconnue comme la panacée pour les nausées, les médecins prescrivaient en masse la thalidomide. Mais la lune de miel ne durera pas très longtemps.

Après des recherches exhaustives sur le sujet, on a découvert que le médicament avait la capacité d’inhiber l’angiogénèse en interférant avec le développement des vaisseaux sanguins du fœtus, surtout en cas de prise entre le 25e et le 50e jour de la grossesse. L’angiogénèse est le processus de croissance des nouveaux vaisseaux sanguins. La molécule du médicament se fixe sur l’ADN du bébé et crée ces malformations.

PIERRE KWENDERS DE PASSAGE À TROIS-RIVIÈRES

Rencontre avec le dernier empereur Bantou PHOTO: A. VAILLANT-GAMACHE

Scandale éthique On compte environ 15 000 grossesses ayant été affectées par la thalidomide. Sur ce nombre, 3000 victimes provenaient de l’Allemagne. Environ 50% des enfants vécurent au-delà d’un an.

Au Canada et aux États-Unis Le comprimé commença à être offert ici à la fin de l’année 1959. On autorisa sa prescription le 1er avril 1961, alors que l’Allemagne et la Grande-Bretagne avaient déjà retiré le médicament de la circulation. La thalidomide est demeurée légalement disponible jusqu’en mars 1962. Si la plupart des Européens touchés par ce drame ont eu droit à un procès et à des dédommagements, les Canadiens ont dû se contenter d’un règlement hors cours et se débrouiller par eux-mêmes. Des montants ont commencé à être distribués aux survivants en 2015! Oui, oui, en 2015, l’année dernière, plus de 50 ans après leurs naissances. Aux États-Unis, la vigilance d’une chercheuse permit de sauver des milliers de bébés. La docteure Frances Kelsey, alors employée par la Food and Drug Administration (FDA), reçut des rapports de recherche et les trouva peu étayés et mal rédigés. Elle savait alors qu’il était possible qu’un médicament transperce la barrière du placenta pour entrer dans le système sanguin du fœtus. C’est notamment le cas de la quinine, qui était utilisée pour faire baisser la fièvre. Docteure Kelsey refusa donc d’autoriser la vente aux États-Unis. Il n’y eu aucun cas de thalidomide aux États-Unis. Comme quoi une seule personne est capable de faire changer les choses avec une bonne dose de force et d’obstination.

Les malformations et la négation des compagnies pharmaceutiques

Aujourd’hui

Le médicament avait été testé en laboratoire et sur des animaux sans révéler de grands risques. La surprise fut plus que désagréable pour les premières patientes ayant été traitées avec la thalidomide. Leurs bébés naissaient souvent malformés. Les compagnies pharmaceutiques niaient que leur médicament entraînait ces neuropathies (un terme médical regroupant l’ensemble des affections des systèmes nerveux périphérique et autonome, soit les nerfs moteurs et sensitifs, les membres et les nerfs qui contrôlent les organes). Or, dès 1960, des obstétriciens se sont intéressés aux liens entre certaines malformations et la prise du médicament. Concrètement, les bébés naissaient avec des atteintes aux membres plus ou moins importantes, selon le cas. L’amélie est certes la plus impressionnante des atteintes: les enfants naissaient sans bras ni jambe, on les appelait les «enfants phoques». Un seul comprimé de thalidomide était suffisant pour créer des dommages irréversibles aux fœtus.

Les thalidomiens survivants sont aujourd’hui âgés d’environ une cinquantaine d’année. Ils sont malheureusement encore victimes de leurs malformations, car le stress supporté par leurs corps déformés entraîne maintenant des déficiences tant physiques que neurologiques. Ayant souffert dès leurs premiers jours, ces victimes doivent continuellement se battre pour mener une vie un tant soit peu agréable. Avant la découverte des microbes, des virus et des bactéries, on pensait que les gens étaient malades parce qu’ils menaient une mauvaise vie. Dans les années 1900, on faisait passer des rayons X à tort et à travers en exposant les patients aux rayons pendant de longues minutes. On arrachait les dents des malades mentaux, car on croyait que les maladies mentales entraient dans le cerveau par ces dernières. Dans les années 1950, on a donné de la thalidomide aux femmes enceintes sans en connaître les conséquences. Que fait-on aujourd’hui qui s’avérera complètement farfelu dans 50 ans ?

Pierre Kwenders immobile pour l’une des rares fois du spectacle lors de la pièce émotive Mami Wata.

C’est à la suite d’une série de concerts à l’étranger que Pierre Kwenders est venu présenter les chansons de son plus récent album le 29 janvier dernier. Le Centre culturel Pauline Julien était, pour l’occasion, l’hôte de cette soirée haute en couleur. Dans le cadre de cette prestation à Trois-Rivières, le Zone Campus s’est entretenu avec l’artiste. Plusieurs sujets ont été abordés avec le chanteur. Entre autres, ses débuts sur scène, l’album Le dernier empereur bantou, ainsi que la préparation de son prochain album.

L’entrevue Pierre Kwenders est un passionné de la scène. L’artiste d’origine congolaise a attrapé la piqûre dès ses premières participations à des spectacles. Dès son arrivée au Canada, Kwenders se joint à des chorales, ce qui contribue à développer sa passion pour la musique. Lorsqu’il se lance finalement, plusieurs collaborations s’offrent à lui. Il travaille d’abord avec Nom de Plume, aussi connu sous le nom d’Arthur Comeau, ex-membre de Radio Radio. Le son de l’auteur et interprète se définit naturellement vers ce qui sera un mélange de musique électro, de hip-hop et de musique traditionnelle africaine. Il crée les mélodies et écrit les paroles. Il a aussi le dernier mot sur les productions que ses collaborateurs lui proposent. Plusieurs artistes ont pris part à son plus récent album. Parmi eux, Nom de Plume, Samito, Poirier, J.u.D., Jacobus et The Posterz. À ce sujet, The Posterz a été invité à prendre part à la chanson Mami Wata, mais au départ, ce n’est pas le groupe hip-hop montréalais que Kwenders avait en tête. D’abord, la chanson avait été écrite en pensant au rappeur canadien Drake. Il n’a finalement pas été contacté, mais celui que l’on surnomme «PK» n’exclut pas une possible collaboration qui serait plus qu’intéressante pour le chanteur. Sur le dernier album, plusieurs thèmes sont abordés: l’amour, la fête, la joie, mais également des sujets plus lourds comme la guerre et les enfants soldats. Il s’agit de problématiques qui, selon lui, doivent faire réfléchir. Sur le mélange des rythmes plus festifs à ces thèmes, le chanteur affirme que ce n’est pas parce que les textes des chansons sont lourds que les gens doivent s’empêcher de danser et de festoyer durant le concert. «Les gens viennent faire la fête à mon ‘’show’’ et si ça peut les faire réfléchir en plus, tant mieux.» Les chansons de Pierre Kwenders comportent souvent deux niveaux d’écoute. Les

musicalités plus festives qui font bouger et les textes parfois plus engagés qui font réfléchir. Lorsque questionné sur ses derniers passages à Trois-Rivières, une expression lui est tout de suite venue en tête: «Bordel total». Certes, s’il a tout de suite voulu préciser que les termes utilisés n’était pas négatifs et loin de là, il a affirmé que les soirées étaient très festives et arrosées d’alcool. En juillet 2015, il était de passage au Café Galerie l’Embuscade dans le cadre du FestiVoix. Si ses derniers prix et nominations au dernier gala de l’ADISQ ainsi qu’au GAMIQ lui ont servi de coup de pouce, il ressent aussi une certaine pression de refaire encore mieux. Pour son deuxième album, beaucoup de nouveaux producteurs l’épauleront. Kwenders revient d’une première session d’enregistrement à Seattle, aux États-Unis, et espère que les pièces pourront être rendues disponibles avant la fin de 2016. Plusieurs collaborations ont été promises, même si celui-ci n’a pas encore d’artistes invités confirmés.

Lorsque questionné sur ses derniers passages à Trois-Rivières, une expression lui est venue tout de suite en tête: «Bordel total». Le spectacle C’est devant une foule assise que Pierre Kwenders s’est présenté. Lui qui offre des musiques festives, le public a tôt fait de se lever debout pour danser à la demande du chanteur. Avec le producteur J.u.D. au poste de DJ, Kwenders était aussi accompagné d’un guitariste, ainsi que d’un percussionniste qui était effacé par les rythmes électroniques. Les instruments ajoutaient par contre au divertissement, ce qui rendait le spectacle moins statique. Cependant, il est injuste d’utiliser le qualificatif statique puisque Pierre Kwenders bouge beaucoup. Il danse sans répit et joint le public à sa cause. À la suite de la succession de toutes ses chansons, le chanteur s’est excusé de ne pas en avoir plus et a quitté la scène. Cependant, les spectateurs réunis ont continué de taper des mains, de chantonner et d’appeler l’artiste afin qu’il revienne chanter une dernière chanson. Kwenders est revenu et a fait, pour la deuxième fois du spectacle, la chanson Mardi Gras, ne laissant pas les gens sur leur appétit. Rien n’est confirmé pour l’instant, mais Pierre Kwenders a mentionné qu’il reviendrait cet été pour «donner un spectacle d’enfer». (A.V.G.)


arts et spectacles 19

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LE TRIO NELLIGAN REVIENT AU ZÉNOB

Un public exalté par le jazz Lors de la soirée du 29 janvier, le Trio Nelligan a effectué un retour au Zénob avec son invité David Bellemare au saxophone ténor. Formé depuis 2007, l’ensemble comprend Martin Bournival au piano, Sébastien Saliceti à la contrebasse et Éric Charland à la batterie. Selon une série de spectacles à défaut d’un par mois, le groupe trifluvien a amorcé cette série il y a exactement deux ans. Il fêtait donc le deuxième anniversaire de la série-jazz au Zénob en cette fin de janvier 2016. Lors de la saison estivale, les membres du groupe sont également en résidence au restaurant La Piazza de Trois-Rivières. Depuis maintenant six ans, ils y offrent des soirées musicales de jazz à la clientèle du restaurant. C’est un invité renommé qui a honoré les planches du Zénob. David Bellemare est un saxophoniste reconnu dans le monde musical montréalais. Ayant étudié à l’université McGill, il est devenu un excellent interprète et transmet maintenant ses connaissances à de jeunes universitaires. Il est également compositeur. Le Trio Nelligan a justement interprété deux de ces compositions: «Unit street blues» et «Consommation».

Un genre musical unique Depuis longtemps, beaucoup de gens considèrent le jazz comme une musique incompréhensible et difficile d’accès. C’est en effet un genre unique, compliqué par moment, et qui sort des standards que nous sommes habitués d’entendre. Pour en apprécier toute la qualité, il faut accepter d’entrer entièrement dans le monde des musiciens et accepter de ressentir comme eux le rythme déviant de la musique; il faut assumer une certaine incompréhension face au caractère complexe de l’harmonisation. Bien entendu, il y a plusieurs sous-genres au sein même du jazz. D’origine sud-américaine avec un héritage euro-américain et afro-américain, celui-ci regroupe plusieurs genres musicaux dont le ragtime, la marche, le negro spiritual et le blues. Plusieurs styles de musique jazz peuvent ainsi être joués, étant donné l’ampleur et la polyvalence du genre, grâce à ses instruments emblématiques soit le saxophone, le trombone, la trompette, la clarinette, le piano, la contrebasse et la batterie.

Un public enjoué Malgré l’endroit exigu du café-bar Le Zénob, le public était nombreux à assister au 15e spectacle de la série-jazz du Trio Nelligan. Debout ou assis, les spectateurs semblaient extasiés devant le plaisir

EXPOSITION À LA GALERIE r3

La matérialité de la performance Le Groupe de recherche en sculpture et arts sonores (GReSAS) a envoyé deux représentants à la Galerie r3 de l’UQTR. Jusqu’au 12 février, le public peut observer des archives visuelles multimédias d’anciennes performances, ainsi que les reliquats de l’action posée en direct lors du vernissage du 20 janvier dernier. Yves Leduc et Nathalie Gagnon ont offert aux spectateurs présents une performance multisensorielle où plus que la vue et l’ouïe étaient sollicitées. La cuisson du sirop d’érable venait flatter les parois nasales et rendait la performance englobante. Bien que la portion gustative ait échoué, l’intention de faire manger de la tire au public faisait partie de la démarche relationnelle. L’action performative du 20 janvier s’étirait en longueur et semait le doute quant à la réception. La lenteur et l’absence de structure ont laissé une ambiance incertaine et une incompréhension. Les allées et venues de Nathalie Gagnon dans l’espace scénique créaient une chorégraphie étrange. Elle se plaçait la tête dans les sphères de plâtre et frottait un micro sur les parois, ce qui créait une sonorité particulière dans la salle. Son costume de peaux d’animaux rappelait que ce que nous sommes est issu de la relation d’aide et de partage des Amérindiens. L’odeur d’érable accentuait cette lecture. Yves Leduc travaillait surtout l’ambiance sonore en moulant des grains de café tout en déplaçant le moulin plus ou moins près du microphone. Le mouvement de sa tête semblait chercher la mouche que le son s’amusait à représenter. Les yeux semi-obstrués par du ruban-cache sur ses lunettes,

il marchait le menton en l’air afin de voir quelque chose. La performance présentée dans la Galerie r 3 laisse perplexe, mais les intentions artistiques sont là. La relation avec le lieu et le son reflète une recherche et une réflexion intellectuelle certaines. L’esthétique relationnelle est importante dans le travail des artistes. Les documents exposés en témoignent allègrement. Les actions publiques souvent extérieures, hors les murs des galeries, ordonnent aux artistes un lien fort entre eux, leur art et le spectateur. Les interventions performatives évoquées par les photos et les vidéos exposées se produisent dans des lieux publics et le spectateur est au cœur des images. En plus des documents photographiques et vidéographiques, les costumes fabriqués et portés par les artistes figurent dans l’exposition Corps Creux. Le dispositif composé d’un miroir et d’une télévision à tubes cathodiques livre un triple renvoi d’images. La performance est captée par une caméra et retransmise sur la télévision qui se reflète dans la glace et c’est finalement cette image que le spectateur reçoit. Cette installation pose bien cette éternelle question sur la matérialisation de la performance. Les documents exposés proviennent de trois situations performatives faisant partie de la trilogie des Sphères sonores. Ovimonde, Mundo burbujas et Spumante sonoro se sont déroulés en 2010 et 2011 dans le cadre de festivals d’art sonore en Italie et à Cuba. Les membres du GReSAS sont surtout actifs dans la région de Gatineau en Outaouais et se spécialisent en art action et en dispositifs sonores. Ce groupe de recherche œuvre collectivement et a une production expérimentale. (M.-C.P.)

évident que ressentaient les musiciens. On aurait dit que ceux-ci ne faisaient qu’un avec leur instrument respectif, qu’ils ressentaient la musique jusqu’au plus profond d’eux-mêmes. Une scène particulièrement captivante. De ce fait, malgré la difficulté d’appréciation qui caractérise le jazz, le groupe a su faire apprécier sa musique aux gens de la place. Plusieurs étaient des visages connus pour les musiciens, les suivant presque depuis leur tout début, alors que d’autres les découvraient. Ce fut sans doute une agréable découverte pour eux. Par ailleurs, cette passion qui animait les interprètes tout au long de la soirée fut transmise à tous ceux qui étaient présents, puisque tous bougeaient au même rythme que le saxophone, par exemple, lorsque David Bellemare, artiste invité de la soirée, partait sur des airs de jazz complètement euphoriques. Quoi qu’il en soit, cette formule de soirée jazz avec artiste invité différent chaque fois semble plaire à bien des gens. C’est également une belle manière de faire connaître aux Trifluviens cette musique aux côtés complexes à première vue, mais complètement captivante une fois apprivoisée. (J.E.)

PHOTO: ADRIEN LE TOUX

L’artiste invité: le saxophoniste David Bellemare.


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9 au 22 février 2016

SPORTS HOCKEY: MATCH DU CARNAVAL ÉTUDIANT ENTRE LES PATRIOTES ET LES REDMEN DE MCGILL

Les Patriotes se moquent des Redmen LOUISPHILIPPE CARBONNEAU Sports

Tous les éléments étaient en place pour une soirée hockey mémorable mercredi soir (27 janvier) dernier au Colisée de Trois-Rivières. Les Patriotes recevaient la visite de leurs grands rivaux les Redmen de McGill, devant près de 1400 personnes à l’occasion du match du Carnaval étudiant de l’UQTR. Les hommes de Marc-Étienne Hubert ont fait les choses en grand en disposant des Montréalais par la marque de 6-1. Les deux belligérants du circuit Ontarien croisaient le fer pour la troisième et dernière fois de la saison. C’était également la première visite en sol trifluvien des équipiers de Kelly Nobes en 20152016. Le défi était donc de taille pour les Trifluviens puisque les Redmen, qui ont toutefois disputé un match de plus, étaient à égalité avec l’UQTR au sommet de la conférence Est des Sports universitaires de l’Ontario. Les Patriotes, privés des services d’Anthony Verret et de Vincent Marcoux, avaient cependant la chance de profiter de l’absence du gardien numéro un des Redmen, Jacob

Gervais-Chouinard, lors de cet affrontement. On pouvait s’attendre à une rencontre où les unités spéciales allaient faire la différence puisque les deux meilleurs jeux de puissance des SUO se livraient bataille. En effet, trois des quatre premiers buts ont été marqué sur l’avantage numérique. Jérémy Beaudry ainsi que Tommy Giroux ont fait bouger les cordages sur l’attaque massive pour les Patriotes alors que Mathieu Pompei a fait de même du côté des Redmen. Seul Guillaume Asselin a touché la cible à forces égales pour permettre aux hommes de Marc-Étienne Hubert de retraiter au vestiaire en avance 3-1 après deux périodes.

«L’ambiance était incroyable ce soir et ça nous a certainement donné de l’énergie.» — Marc-Étienne Hubert

Le troisième vingt a été tout à l’avantage des locaux qui ont ajouté trois autres filets, ceux de Tommy Giroux et de Guillaume Asselin deux fois, en route vers un gain facile de 6-1. L’entraîneur-chef Marc-Étienne Hubert qui ne pouvait sans doute espérer meilleur scénario, était très heureux de l’allure de la soirée. «Les gars ont joué tout un match de hockey, ils ont appliqué le plan de match à la lettre et les unités spéciales ont bien fait. L’ambiance était

PHOTO: PIERRE-YVES BERGERON

Toute une ambiance régnait lors de la rencontre alors que 1381 spectateurs ont franchi les portes du Colisée pour assister au match. incroyable ce soir et ça nous a certainement donné de l’énergie», soutenait-il.

Asselin ne ralentit pas Guillaume Asselin a certainement choisi un bon moment pour connaître un de ses meilleurs matchs au niveau universitaire, avec une performance de trois buts et une mention d’aide. L’attaquant de 23 ans, avoue avoir été motivé par l’atmosphère qui régnait au Colisée. «C’est vraiment plaisant de jouer devant une

telle foule. Ça me rappelait mes années dans le junior à Chicoutimi. Je voulais être à mon meilleur et disons que la rondelle roulait bien pour moi», rajoutait l’ancien des Saguenéens. C’était le dernier match à domicile pour les troupiers de Marc-Étienne Hubert qui ne reviendront pas à la maison avant le début des séries éliminatoires au mois de février. Les Patriotes seront donc en Ontario les 5 et 6 février prochains pour y affronter les Paladins de RMC et les Lakers de Nippissing.

HOCKEY: WEEK-END EXPLOSIF POUR LES PATRIOTES

Le rouleau compresseur trifluvien Les Patriotes ont connu un doublé tout simplement fracassant les 5 et 6 février derniers en Ontario. L’équipe de l’heure des Sports universitaires de l’Ontario (SUO) a servi deux corrections de 13-0 face aux Paladins de RMC et de 8-1 contre les Lakers de Nippissing pour ainsi s’assurer de terminer au premier rang du classement général des SUO.

Le défi était modeste puisque les hommes de Marc-Étienne Hubert se mesuraient à deux formations qui possédaient une fiche cumulée de 15-31-6 en 2015-2016. L’occasion était bonne pour l’entraîneur-chef des Pats de donner un premier départ à son gardien auxiliaire Charles-Étienne Martin cette saison face aux Paladins, qui ne revendiquaient que trois victoires depuis le début de la campagne. Sans avoir été extrêmement sollicité, le portier de

PHOTO: BENOIT VILLEMURE

Avec sa récolte de neuf points face à RMC et Nippissing, Guillaume Asselin a dépassé le défenseur des Redmen, Samuel Labrecque, au sommet des pointeurs du circuit.

22 ans a bien fait en bloquant les 19 rondelles dirigées vers lui pour obtenir sa première victoire de la saison par blanchissage. Marc-Olivier Mimar et Guillaume Asselin ont bien fait dans ce duel à sens unique ayant tous deux enfilé l’aiguille à trois reprises. Ce dernier a également connu un fort match samedi contre Nippissing avec un but et cinq mentions d’aide. Asselin est littéralement en feu par les temps qui courent, lui qui a amassé 15 points à ses quatre dernières rencontres. L’attaquant de 23 ans a profité de sa récolte de neuf points face aux Paladins et aux Lakers pour dépasser le défenseur des Redmen de McGill, Samuel Labrecque, au sommet des pointeurs au pays avec 46 en 26 parties. De son côté, Marc-Étienne Hubert a évidemment aimé ce qu’il a vu au cours de ce voyage de deux matchs. Au-delà du pointage, le pilote estimait que ses joueurs ont démontré beaucoup de maturité lors de ces affrontements, surtout après un match émotif face aux Redmen il y a dix jours. «Les gars ont joué avec beaucoup d’énergie en fin de semaine. Ce n’est pas évident de débarquer en Ontario et de sortir de gros matchs lorsque l’enjeu n’est pas nécessairement élevé. Ça aurait pu être tentant de prendre ces deux parties à la légère, mais ç’a été tout le contraire», ajoutait Hubert, certainement satisfait que son équipe se soit assurée de terminer l’année au premier rang avant le dernier week-end d’activités.

Un autre congé pour Sébastien Auger? Charles-Étienne Martin ne devrait pas attendre bien longtemps avant de retourner dans la mêlée. Avec un championnat de la saison régulière déjà en poche et deux matchs à faire au calendrier régulier, on voudra certainement donner du repos à Sébastien Auger, qui a été d’office lors de 25 des 26 joutes de son équipe cette année. On peut donc s’attendre à ce que la recrue soit devant la cage des siens face aux Stingers de Concordia mercredi soir.

«Les gars ont joué avec beaucoup d’énergie en fin de semaine.» — Marc-Étienne Hubert

«Il n’a pas été grandement sollicité face à RMC, mais il a fait le travail quand c’était le temps. Charles-Étienne travaille très fort, que ce soit sur la patinoire ou à l’extérieur. Il s’est grandement amélioré depuis son arrivée avec nous et il mérite certainement un départ prochainement», affirmait Hubert. Les Patriotes prendront donc la direction de Carleton le 12 février, après le duel face aux Stingers mercredi, pour conclure leur saison 20152016. Il pourrait bien s’agir d’un prélude en vue d’un éventuel affrontement lors des séries éliminatoires. (L.-P.C.)


SPORTS 21

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CHAMPIONNAT PROVINCIAL DE NATATION

Les Patriotes finissent la saison en force VINCENT MONGRAIN Sports

C’est le week-end dernier (5,6 et 7 février) que prenait fin la saison de natation du circuit RSEQ. En effet, au terme de quatre coupes universitaires, les nageurs et nageuses des différentes universités s’affrontaient lors d’ultimes longueurs, mais cette fois-ci dans le cadre du Championnat provincial. Cette dernière compétition de la saison se tenait du côté de Trois-Rivières dans la piscine du CAPS à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il s’agissait d’une année de transition pour les Patriotes de l’UQTR alors que ceux-ci entamaient cette saison avec un jeune groupe de nageurs qui devait faire face à de gros programmes de natation. L’entraîneur de l’équipe, Charles Labrie, se montrait tout de même satisfait de la performance de sa formation : «C’était une compétition assez rapide et très relevée. De notre côté, nous avions une équipe qui était quand même très jeune au niveau de l’expérience des nageurs. Il y en a beaucoup qui en était à leur première expérience dans un Championnat provincial, mais je dirais que ça la bien été quand même. Il y a eu de bonnes améliorations

dans plusieurs épreuves. Dans l’ensemble, les nageurs de l’équipe étaient tous satisfaits de leurs performances.» Charles Labrie mentionnait également que les points techniques, sur lesquels l’accent avait été mis lors des entraînements, avaient bien fonctionné lors de cette compétition : «Tout ce qui est sous l’eau et dans les virages ça a très bien marché. Par contre, il y a encore du travail à faire au niveau de notre vitesse de nage.»

Il y a encore du travail à faire au niveau de notre vitesse de nage.»

— Charles Labrie, entraîneur de l’équipe De bonnes performances

Le vétéran nageur Alex Gélinas fut sans aucun doute le meilleur des siens récoltant une médaille d’argent et ce tout en réalisant la deuxième meilleure performance de sa carrière avec un temps de 26,43 secondes: «Alex s’est démarqué, il a réussi à faire deux finales. Il a participé à la finale du 50m libre où il a terminé sixième ainsi qu’à celle du 50m dos dans laquelle il a terminé deuxième. Il s’agit d’excellents résultats.» Expliquait son entraîneur, Charles Labrie. Cependant, celui qui en était à sa dernière année au niveau universitaire n’a pas réussi à atteindre les standards canadiens universitaires lors de cette dernière compétition. Il aura toutefois une dernière chance de les réaliser sur le réseau civil.

VOLLEYBALL: DERNIER TOURNOI DE LA SAISON

Une lutte à finir pour le 2e rang Les Patriotes se devaient de bien performer les 29 et 30 janvier derniers à Rimouski si elles souhaitaient se donner des chances de terminer la saison au deuxième rang du classement général. Les joueuses de Marie-Ève Girouard ont obtenu deux victoires contre un seul revers lors du week-end pour prendre une sérieuse option sur le deuxième échelon du circuit universitaire de volleyball division 2. Les Trifluviennes voulaient donc offrir une bonne performance afin d’affronter un adversaire moins talentueux lors du premier tour du tournoi éliminatoire. Rien à redire sur les deux premiers matchs de l’UQTR, alors que les Patriotes ont connu deux rencontres sans faille. Les représentantes de la Mauricie ont blanchi l’École de technologie supérieure (ÉTS) ainsi que l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), contre qui elles bataillent depuis quelques semaines

pour la deuxième position, 3 sets à 0. Les Pats furent toutefois à court de ressources lors de leur dernier affrontement de la fin de semaine, face aux Inuk de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), avec une défaite de 3-1. La formation du Saguenay survole la ligue cette saison avec neuf victoires en autant d’occasions. Il ne faut pas passer sous silence l’excellente prestation de Joannie Caron lors de ces trois parties. La joueuse des Patriotes a participé à 32 points des siennes lors du tournoi. Avec une fiche de huit gains et quatre revers, les Patriotes devront attendre les résultats du dernier tournoi de la saison en Outaouais, dans deux semaines, afin de connaître leur position finale au classement. Trois-Rivières ne participera pas à la compétition puisqu’elle est la seule équipe à avoir disputé quatre tournois. L’issue du classement sera entre les mains de l’UQAR, qui se devra de gagner ses trois matchs lors de cette compétition pour coiffer l’UQTR au second rang. (L.-P.C.) PHOTO: BENOIT VILLEMURE

Les Patriotes devront attendre les résultats du dernier tournoi de la saison en Outaouais afin de savoir si elles termineront au 2e ou 3e rang du classement général.

PHOTO: PATRIOTES

Il s’agissait de la dernière compétition de la saison pour l’équipe de natation des Patriotes. Une saison qu’ils ont terminée en force avec plusieurs bons résultats. Du côté des dames, Christine Durocher-Tremblay a bien fait elle qui a participé à la finale du 100m papillon. Une épreuve dans laquelle elle a terminé au dixième rang affichant un chrono de 1 :10,09. Il y a également Sarah Villeneuve, qui malgré le fait qu’elle était incommodée par un virus, a réussi à réaliser son meilleur temps de la saison lors de l’épreuve du 200m libre : «Le 200m libre a bien été. J’ai également amélioré de quelques centièmes

mon meilleur temps à vie au 400m libre, mais je pense que j’aurais été capable de faire mieux si je n’avais pas été malade.» mentionnait Sarah Villeneuve. L’heure est maintenant au recrutement pour l’équipe de natation des Patriotes et selon l’entraîneur de celle-ci quelques nageurs avec un bon potentiel ont déjà démontré de l’intérêt envers le programme.


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9 au 22 février 2016

PROFIL DE JOUEUR

Guillaume Asselin, un passionné Étudiant de troisième année à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) au baccalauréat en administration profil finance, Guillaume Asselin est également le meilleur pointeur de l’équipe de hockey des Patriotes. Une équipe qui trône au sommet de la conférence Est des Sports Universitaires de l’Ontario (SUO).

PHOTO: PATRIOTES

Guillaume Asselin connaît présentement une saison de rêve. En effet, son équipe présente la meilleure fiche de la ligue avec un dossier de 20-3-1 :«Je crois que nous avons une très bonne équipe. Que ce soit à la position de gardien de but, en défensive ou en attaque, nous sommes vraiment complets et nous écoutons beaucoup Marc-Étienne (Hubert).

Un début de saison difficile Alors que la session d’hiver est déjà bien commencée, les équipes de soccer intérieur féminine et masculine de l’UQTR peinent à se mettre à l’attaque.

Celui qui s’est joint aux Patriotes lors de la saison 2013-2014 possède un parcours dans le hockey assez impressionnant. Effectivement, Guillaume Asselin a été le 8e choix au total lors de l’encan de la Ligue Junior Majeur du Québec (LHJMQ) en 2008. Après deux saisons plus difficiles que prévu avec le Junior de Montréal, Asselin a été échangé aux Saguenéens de Chicoutimi en retour de Louis Leblanc. C’est là-bas qu’il a trouvé sa niche, finissant sa carrière junior avec 306 points en 331 parties.

Quand tout fonctionne

SOCCER INTÉRIEUR

À l’image de son équipe, Guillaume Asselin connaît une excellente saison comme en témoigne ses 37 points en seulement 24 parties. Je dirais que notre principale force est la vitesse de notre équipe. Tous les joueurs sont très rapides.» De plus, l’attaquant originaire de Québec occupe le premier rang des buteurs du circuit ayant fait bouger les cordages à 23 reprises. Son nom apparaît également au troisième échelon pour le nombre

de points avec un total de 37. Le principal intéressé expliquait la cause de ses succès personnels: «J’envoie plus de rondelles au but, je ne me pose pas de questions et je garde les choses simples.» Selon Marc-Étienne Hubert, qui a été son entraîneur avec les Saguenéens et les Patriotes, les principaux atouts de Guillaume Asselin sont sa passion pour le hockey ainsi que son sens du jeu : «Guillaume Asselin à un bon sens du jeu et c’est un passionné du hockey. C’est également un passionné de marquer des buts. Il n’y a rien au monde qui le rend plus heureux que de marquer des buts. Ses succès ne sont pas étrangers aux efforts qu’il met hors glace et sur la glace lors des entraînements.»

«C’est également un passionné de marquer des buts. Il n’y a rien au monde qui le rend plus heureux que de marquer des buts.» — Marc-Étienne Hubert, entraîneur-chef des Patriotes

Expérience unique Pour ajouter à l’excellente saison qu’il connait, Guillaume Asselin a également eu l’opportunité de participer à la série de deux matchs hors-concours des meilleurs espoirs universitaires face à Équipe Canada Junior. Il s’agit d’une expérience unique, car seulement onze joueurs de la SUO faisaient partie de l’équipe pour ces rencontres. Guillaume Asselin se disait agréablement surpris du niveau de jeu lors de celles-ci : «C’était vraiment le fun et dans ma vie je ne sais pas si j’ai joué des parties où ça patinait autant. J’ai fait des camps professionnels et honnêtement, je ne me souviens pas avoir vu ça.» Les objectifs futurs de l’ailier droit des Pats sont clairs. Il veut en premier lieu gagner les séries et participer aux Championnats Canadiens avec son équipe : «Nous avons acquis de l’expérience l’année dernière et cette saison je crois que nous avons une équipe qui peut aspirer à ça.» À la suite de son stage universitaire, il entend continuer de jouer au hockey: «J’aimerais ça essayer le niveau professionnel. Je ne sais pas encore si ça sera en Europe ou du côté des États-Unis, mais j’aimerais tenter ma chance chez les professionnels.» D’ici là, Guillaume Asselin et son équipe tenteront de remporter leurs quatre dernières parties de la saison afin d’assurer leur première place au classement. (V.M.)

En effet, lors de ses trois premiers matchs en cette année 2016, l’équipe féminine de soccer intérieur de l’UQTR s’est vue essuyer deux défaites et un match nul. C’est le dimanche 24 janvier que les Patriotes ont affronté les joueuses du Rouge et Or au stade Telus de l’Université Laval. Bien décidées à ne pas se laisser battre à domicile, les joueuses de Laval ont remporté le match par la marque de 4 à 0. C’est ensuite au Complexe sportif Alphonse-Desjardins, à Trois-Rivières, que le second match a eu lieu le dimanche 31 janvier dernier. Les joueuses de l’UQTR ont alors affronté les athlètes de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Malgré leur première défaite, les Patriotes se sont battues pour déboucher sur un match nul par le score de 3 à 3. C’est enfin le dimanche 7 février que les joueuses trifluviennes ont affronté celles de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) au Complexe sportif Marie-Victorin. Malgré une grosse défaite, nos Patriotes ont su garder la tête haute en inscrivant tout de même un but. La marque finale de ce match est de 5 à 1 pour l’UQAM.

Ce dimanche 7 février, les Patriotes ont su se démarquer en venant à bout des Citadins de l’UQAM au Complexe sportif Marie-Victorin par le score de 3 à 2. Pour nos athlètes masculins, le premier match s’étant déroulé au stade Telus de l’Université Laval contre le Rouge et Or le dimanche 24 janvier s’était soldé par une défaite face à une formation bien décidée à ne pas s’incliner à domicile. Laval a finalement remporté la rencontre par la marque de 3 à 0. C’est ensuite à domicile que la formation trifluvienne n’a pas su remonter la pente en s’inclinant face au FC Montréal le dimanche 31 janvier au Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Cependant, le dimanche 7 février, les Patriotes ont su se démarquer en remportant le match face aux athlètes de l’UQAM au Complexe sportif Marie-Victorin dans un gain de 3 à 2. Le prochain match de l’équipe masculine aura lieu au Complexe sportif Alphonse-Desjardins contre les Carabins de l’Université de Montréal le dimanche 14 février dès 16 h. Notons de plus que le prochain match de l’équipe féminine aura également lieu lors de cette même journée, à 14 h. Les Patriotes affronteront également leurs adversaires de l’Université de Montréal. (C.L.) PHOTO: PATRIOTES

Un Patriote en plein entraînement à l’UQTR.


SPORTS 23

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CHEERLEADING

Les Patriotes en bonne voie pour accomplir leurs objectifs CHLOÉ LABREVEUX Sports

Le samedi 30 janvier dernier a eu lieu la deuxième compétition de cheerleading de la saison pour nos Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). La compétition s’est déroulée au Centre de foires de Sherbrooke et valait pour 20 % du total des points de l’année. Des premiers résultats satisfaisants La formation de cheerleading de l’UQTR n’avait participé qu’à une seule compétition au courant de la session d’automne. Il s’agissait de l’Adrénaline FCQ qui s’était déroulée à Montréal le 5 décembre dernier et qui comptait pour 10  % du pointage total annuel. Lors de cet événement, les Patriotes avaient entamé leur compétition avec une performance de 85,4 points pour leur première routine, ce qui leur avait valu provisoirement la quatrième position. C’était alors gonflés à bloc qu’ils avaient entamé leur seconde routine, pendant laquelle ils ont récolté 87,6 points, une performance bonne pour la troisième place au classement provisoire, ainsi que la troisième

place également au classement général avec un total de 173 points. Les deux premières places étaient alors revenues aux Carabins de l’Université de Montréal (UDM), vainqueurs avec une première routine leur ayant rapporté 93,1 points et une seconde leur ayant valu 93,4 points, pour un total de 186,5 points. La seconde position avait été accordée au Rouge et Or de l’Université Laval avec 90,2 points et 90,9 points pour leurs deux routines, pour un cumulatif de 181,1 points.

Une entraîneuse confiante, une équipe motivée! À la suite de cette compétition, Paméla Caron, la coach de l’équipe de cheerleading de l’UQTR, se disait satisfaite puisque «l’un des objectifs à atteindre cette année était d’être sur le podium à chaque compétition, ce que nous avons accompli jusque là». Elle confiait également avoir «confiance pour la compétition de janvier». L’instructrice a alors conclu en affirmant que «depuis la dernière compétition, les athlètes étaient motivés et déterminés à offrir de meilleures prestations et prouver aux autres équipes universitaires qu’ils seraient l’équipe à battre cette année».

Toujours plus haut

La motivation et la force de travail de nos Pats ont

LIGUE INTRAMUROS HOCKEY COSOM

Toujours aussi populaire Il n’est pas surprenant de constater que, comme c’était le cas lors de la session d’automne, le hockey cosom est l’un des sports les plus populaires auprès des étudiants de l’UQTR. En effet, la ligue masculine compte présentement 17 équipes divisées en trois pools tandis que celle féminine est complète à 12 équipes et est divisées en deux pools. La saison de hockey cosom se déroule sur l’entièreté de la session : «La saison est d’une durée de onze semaines consécutives. Toutes les équipes disputent une rencontre à chaque semaine. Lors de la douzième semaine, il y a également la tenue d’un match des étoiles. Il n’y a pas de match à l’horaire lors de la semaine de relâche. La ligue est vraiment bâtie en fonction des horaires des étudiants.» expliquait la conseillère aux activités étudiantes à l’UQTR, Kim Dingle. Les séries éliminatoires sont également comprises dans les onze semaines d’activités de la ligue. Le prix d’inscription est de 75$ par joueur. Pour ce

qui est de l’équipement, ceux-ci n’ont pas à débourser d’importantes sommes. Effectivement, il y a seulement les lunettes de protection qui sont obligatoires. La ligue peut également fournir bâtons et équipement de gardien de but à ceux qui n’en possèdent pas : «C’est une ligue étudiante, je ne veux pas mettre plein de restrictions qui vont faire en sorte que ce sport va coûter cher. Nous y sommes donc allés avec l’essentiel.» ajoutait Kim Dingle.

«La ligue est vraiment bâtie en fonction des horaires des étudiants.»

— Kim Dingle, conseillère aux activités étudiantes à l’UQTR Les activités de la ligue intramuros de hockey cosom se déroulent le mardi soir pour les femmes et le mercredi pour les hommes et ce entre 18h45 et 21h45 dans les deux cas. (V.M.)

PHOTO: PATRIOTES

alors fini par payer. Lors de leur première routine le 30 janvier dernier, leur score de 88,92 points leur a valu provisoirement la seconde place du podium. Quant à leur deuxième routine, bien qu’ayant obtenu un score encore plus élevé avec 89,23 points, nos athlètes se sont vus chuter d’une place pour tout de même demeurer sur le podium avec une troisième place provisoire ainsi qu’une troisième place au classement général avec un total de 178,15 points. Les deux premières places ont alors été accordées aux Citadins de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) avec, respectivement pour chaque routine, 90,09 points et 90,56 points pour un total de 180,65 points. La deuxième marche du podium a été attribuée aux Carabins de l’UDM avec des routines leur ayant valu 88,90 points et 89,48 points, pour un total de 178,38 points. L’objectif que s’était visé l’équipe de l’UQTR est alors jusqu’ici atteint puisqu’ils ne lâchent pas leur place sur le podium. Au fil des compétitions, l’écart entre les Patriotes et les autres équipes se resserre. Les athlètes de l’UQTR augmentent la qualité de leurs performances et semblent bien décidés à prouver qu’ils sont effectivement l’équipe dont il faut se méfier cette année. Notons que la prochaine compétition se déroulera le samedi 27 février au Complexe Sportif Alphonse Desjardins (CSAD) à Trois-Rivières.

PHOTO: PATRIOTES

Les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières en action lors de la compétition du 5 décembre 2015.

LE CAMP MULTISPORTS DU CAPS OUVRE SES PORTES

Une semaine de relâche sportive pour vos enfants! Cette année, la semaine de relâche d’hiver pour de nombreuses écoles primaires et secondaires de la région aura lieu du 29 février au 4 mars. À cette occasion, le Camp Multisports du Centre de l’activité physique et sportive (CAPS) Léopold-Gagnon de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ouvrira ses portes afin de faire vivre aux enfants une expérience hors du commun.

musculation ainsi que diverses activités aquatiques et jeux collectifs, et ce, dans des installations de qualité. Une activité spéciale aura également lieu le jeudi. Il sera également possible d’inscrire les enfants à des cours de natation et de plongeon intensifs.

Le Service de l’activité physique et sportive de l’UQTR a pour mission d’inciter la communauté universitaire et la clientèle hors campus à adopter un mode de vie sain et actif tout en collaborant, avec ses partenaires, au développement de l’excellence sportive et des activités d’enseignement de l’université.

De plus, le Camp Multisports de la relâche inclut un service de garde et des repas chauds tous les midis. Pour davantage d’informations, il est possible de contacter le Camp Multisport par courriel à camp. multisports@uqtr.ca ou par téléphone au 819 3765254, poste 4412 (Kim Dingle) ou au poste 4363 (Lisa-Marie Lemire). Les inscriptions devront être effectuées à la réception du CAPS de l’UQTR. (C.L.)

Pour qui? Le Camp Multisports pourra accueillir un public âgé de quatre à 14 ans. C’est alors dans un environnement sécuritaire que ces jeunes pourront passer une semaine de relâche à la fois active et adaptée à leurs besoins. Les participants regroupés selon l’âge, ce sont des étudiants universitaires issus des domaines de l’éducation et du sport qui seront se chargeront de l’animation et de la supervision des activités.

Les enfants auront alors la possibilité de pratiquer divers sports et activités.

PHOTO: PHILIPPE DOUCET

Pour y faire quoi? Pas moins de 17 équipes masculines et 12 féminines sont inscrites pour saison de hockey cosom de la session d’hiver.

Les enfants auront alors la possibilité de pratiquer divers sports et activités tels que le basketball, le kin-ball, le soccer, le poulball, le water-polo, la

Le Camp Multisports de l’UQTR a à coeur de faire passer à vos enfants une semaine de relâche active, tout en s’amusant.


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Zone campus 9 février 2016 (impression)  

Zone campus 9 février 2016 (impression)  

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