__MAIN_TEXT__

Page 1

Volume 13, numéro 6 Mars 2018 20 pages Mensuel gratuit

ACTUALITÉS

REPORTAGE: LES PERSPECTIVES D’EMPLOI EN MAURICIE PAGE 3

ARTS ET SPECTACLES

UQTR EN SPECTACLE: LE TALENT AU RENDEZ-VOUS PAGE 14

BILAN DES PATRIOTES NATATION

DES ATTENTES COMBLÉES

SPORTS

REPORTAGE: LA RÉALITÉ D’UN «COACH» PAGE 17

ARTICLE COMPLET EN PAGE 15


2

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

MISSION HUMANITAIRE CHIROPRATIQUE

Bimensuel distribué à 3 000 exemplaires sur le campus de l’UQTR et dans la région de Trois-Rivières. Pavillon Nérée-Beauchemin 3351, boulevard des Forges, Trois-Rivières (Québec), G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5184 poste 3 Publicité: (819) 376-5184 poste 1 Télécopieur: (819) 376-5239 Jean-Philippe Charbonneau | Directeur général dgcfou@uqtr.ca Marie Labrousse | Rédactrice en chef redaction.zc@uqtr.ca David Ferron | Chef de pupitre pupitre.zc@gmail.com Tanya Beaudin | Partenariats dpcfou@uqtr.ca Mathieu Plante | Infographe et webmestre montagezc@gmail.com Photo de la une | Ariane Samson Vincent Cheval | Actualités vincent.cheval@uqtr.ca Sébastien Houle | Actualités sebastien.houle@uqtr.ca Chloé Rousseau | Actualités chloe.rousseau@uqtr.ca Marc-André Arsenault | Arts et spectacles marc-andre.arsenault2@uqtr.ca Marianne Chartier-Boulanger | Arts et spectacles marianne.chartier-boulanger@uqtr.ca Audreyanne Clavet | Arts et spectacles audreyanne.clavet@uqtr.ca Alexandre Brouillard | Sports alexandre.brouillard@uqtr.ca Étienne Lebel-Michaud | Sports etienne.lebel-michaud@uqtr.ca Samuel «Pédro» Beauchemin | Éditorialiste samuel.beauchemin@uqtr.ca Eliane Beaudry | Chroniqueur eliane.beaudry@uqtr.ca Magali Boisvert | Chroniqueuse magali.boisvert@uqtr.ca Marie-Lou Denis | Chroniqueuse marie-lou.denis@uqtr.ca Judith Éthier | Chroniqueuse judith.ethier@uqtr.ca Antoine Lapointe-Ricard | Chroniqueur antoine.lapointe-ricard@uqtr.ca Jessyca Marchand | Chroniqueuse jessyca.marchand@uqtr.ca Anthony Morin | Chroniqueur anthony.morin@uqtr.ca Gabriel Senneville | Chroniqueur et correcteur gabriel.senneville@uqtr.ca Louis-Étienne Villeneuve | Chroniqueur louis-etienne.villeneuve@uqtr.ca

Direction Bolivie pour des étudiant.e.s de l’UQTR En juillet 2018, 20 étudiant.e.s au doctorat de premier cycle en chiropratique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) s’envoleront vers la Bolivie pour réaliser une mission humanitaire. Durant deux semaines, ces étudiant.e.s de quatrième année administreront des soins aux habitant.e.s de ce pays de l’Amérique du Sud. Partenariat et aide En partenariat avec l’organisme Chiropratique sans frontières Canada (CSF), les 20 internes à la Clinique universitaire de chiropratique à Trois-Rivières apporteront gratuitement soins et aide à des communautés des régions de Cochabamba et de Tiquipaya, à l’ouest de la Bolivie. Les étudiant.e.s de l’UQTR seront bien guidé.e.s par l’organisme CSF. Ce dernier est connu pour offrir bénévolement des soins et conseils sur l’hygiène vertébrale. L’ensemble de leurs activités est chapeauté par Terre sans frontières (TSF), et en collaboration avec des partenaires locaux.

La mission humanitaire Les étudiant.e.s chiropraticien.ne.s pourront profiter de l’expérience de leurs professeur.e.s, qui n’en sont pas à leur première mission. En effet, depuis déjà quelques années, les étudiant.e.s en chiropratique s’envolent outre-mer pour aider des populations dans le besoin. Cette année, ils et elles seront accompagné.e.s par deux chiropraticiens d’expérience, ainsi que par le docteur Jocelyn J. Lemire et le docteur Jean-Denis Marchand, tous deux enseignants à l’UQTR. Leur mission est de guider et d’encadrer les étudiant.e.s dans leurs tâches quotidiennes en Bolivie, pour ainsi leur faire profiter de leurs expériences professionnelles. Émile Marineau, étudiant de quatrième année en chiropratique, mentionne: «Beaucoup

LE MOT DE LA RÉDACTION

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

MARIE LABROUSSE Rédactrice en chef

SOMMAIRE ACTUALITÉS 2-8 ÉDITORIAL 5 REPORTAGE: AUTOCHTONES 6 VOX POP ÉTUDIANT 8 ARTS ET SPECTACLES 9-14 REPORTAGE: RADIOS COMMUNAUTAIRES 9 CRITIQUES D’ALBUMS 11 EXPOSITION GALERIE R3 12 SPORTS 15-19 REPORTAGE: COACHS 17 OLIVIER LAROUCHE 18

Si mes calculs sont justes, vous lirez probablement ces lignes à l’issue d’une semaine de relâche dûment méritée, avant de vous envoler vers un mois de mars particulièrement chargé. Ou bien, plongé dans vos révisions au point d’avoir oublié la signification même du mot «relâche», vous rirez jaune en me maudissant, avant de repartir à la difficile conquête d’un mois de mars tout aussi chargé. Si vous êtes dans ce dernier cas, rassurez-vous, ou épouvantez-vous: en tant qu’étudiante en

PHOTO: MARC-ANTOINE LAQUERRE

De gauche à droite à l’arrière: Camille Imbeau, Roxanne Morin, Pascale Harvey, Éva Grenier, Emiliya Marinova, Roxanne Richard, Olivia Trottier, Camille Dumas, Sara-Kim Morissette, Virginie Desjardins, Florence Vielhaber. À l’avant: Samuel Langlois, Anthony Poulin, David St-Pierre, Jonathan Trottier St-Pierre, Marc-Antoine Laquerre, Frédérick Bériault, Hugo Lahaye, Justin Roy, Émile Marineau. de Boliviens vivent de l’agriculture et de la cueillette de fruits, on retrouve donc plusieurs blessures reliées à ces activités. Bon nombre de patients viennent consulter avec des traumas aigus et même chroniques. Nous allons pouvoir traiter leurs problèmes neuro-squelettiques. […] Durant les deux semaines, nous allons gagner de l’expérience tout en aidant la communauté bolivienne.» Leur aide est très importante pour la population bolivienne, qui possède un système de santé public peu développé ainsi qu’un faible accès à des soins de qualité. Les étudiant.e.s trifluvien.ne.s auront accès aux dossiers des patient.e.s, qui leur indiqueront les soins reçus dans le passé par les personnes concernées. Pour ces étudiant.e.s, cette mission est une occasion de se développer individuellement et collectivement dans leur futur métier, tout en venant en aide à des communautés démunies, qui n’ont pas accès à des soins de santé adéquats. Marc-Antoine Laquerre, aussi étudiant de quatrième année en chiropratique, mentionne:

«Nous voulons le bien-être des Boliviens, et en tant qu’étudiants en chiropratique, nous avons l’entraide à cœur.»

Financement La réalisation d’un tel projet nécessite un financement d’envergure. En effet, pour les 20 étudiant.e.s qui s’envoleront vers l’Amérique latine, un total d’environ 75 000$ sera nécessaire pour assurer le bon déroulement de leur mission. Pour cela, ils et elles ont multiplié les activités de financement, parmi lesquelles du raccompagnement, de la vente de produits variés, l’organisation de barbecues à l’UQTR, ainsi qu’une vente de roses à la Saint-Valentin. Sans oublier la vente de cactus prévue en mars, qui selon les étudiant.e.s en chiropratique, devrait attirer beaucoup de personnes. Vous pouvez suivre l’aventure des 20 étudiant.e.s en chiropratiques à l’adresse suivante : www.facebook.com/Missionhumanitairechiropratique/. (A.B.)

Cap sur Mars rédaction de mémoire et rédactrice en chef du Zone Campus, j’ai moi-même oublié la signification des mots «relâche», «congés», «vacances», et autres synonymes que vous pourrez trouver. Et mon mois de mars à venir me semble aussi terrible que des tempêtes de sable rouge s’acharnant sur un sol froid et rocailleux, que le soleil gris et lointain éclaire à grand-peine. La seule différence étant qu’à l’inverse de la désertique planète Mars, le mois de mars s’annonce particulièrement foisonnant. Mais revenons un peu sur Terre. Rappelez-vous, en février, je vous avais promis des surprises. Il est maintenant temps de les dévoiler, pour ceux et celles qui n’en auraient pas déjà eu un avant-goût sur le blogue… Vous trouverez dans ce numéro non pas une, mais bien deux nouvelles chroniques sportives! Chacun.e à leur manière, Jessyca Marchand (p. 16) et Antoine Lapointe-Ricard (p. 18) vous feront désormais part de leurs points de vue, découvertes et étonnements face à la planète

sportive. Bienvenue à nos deux nouvelles recrues! Je tiens également à souligner le travail acharné de toute notre équipe de vétéran.e.s, ces valeureux. ses journalistes orbitant autour du Zone Campus. Sans eux et sans elles, il aurait été impossible d’accomplir cette mission pour mars (le mois), à savoir boucler ce sixième – et avant-dernier, déjà! – numéro papier de l’année 2017-2018. Bravo à tous et à toutes!

À l’inverse de la désertique planète Mars, le mois de mars s’annonce particulièrement foisonnant. Sur ce, sans Curiosity mais avec curiosité, repartons explorer ce mois de mars à la fois si inhospitalier et si fascinant. Peut-être qu’entre deux tempêtes, nous dénicherons quelques découvertes intéressantes…


3

www.zonecampus.ca

ACTUALITÉS REPORTAGE – MARCHÉ DE L’EMPLOI EN MAURICIE

Quelles perspectives d’avenir pour les futur.e.s diplômé.e.s? SÉBASTIEN HOULE Journaliste

Dans les creux de vague que rencontrent tout.e étudiant.e à un moment ou un autre dans son parcours académique, la perspective d’un débouché professionnel devient parfois l’ultime source de motivation à laquelle se raccrocher. Or, si le diplôme universitaire est une clé importante à détenir à son trousseau, il n’y a de garantie pour personne. Pour ceux et celles qui sont attaché.e.s. à la région, pour en être originaire ou pour y avoir pris goût durant leur séjour «uqterrestre», le marché de l’emploi mauricien est un nouveau territoire à apprivoiser. À quoi s’attendre une fois son diplôme en poche? Le tapis rouge? Le parcours du combattant? L’exil? Quelques éléments de réponse à des questions soulevant leur lot d’angoisse. Fouiller les sites d’offres d’emploi que sont les Joboom, Monster et autres Workopolis de ce monde donne parfois le tournis. Le constat initial peut aussi laisser croire que la Mauricie doit se contenter de miettes en regard des pôles économiques que sont les régions de Montréal et de Québec. Or, avec un taux de chômage de 5,1 % en janvier 2018, la région mauricienne faisait encore mieux que la moyenne nationale, à 5,3%. Ces chiffres, colligés par l’Institut de la statistique du Québec, constituent des niveaux historiques. En

fait, certains économistes parlent d’une situation de «plein emploi». De quoi déjà calmer les premières inquiétudes.

PHOTO: GRACIEUSETÉ COMMUNICATIONS UQTR

Un marché du travail foisonnant Selon Philippe Compagnon, conseiller en information professionnelle et responsable de l’aide à l’emploi aux Services aux étudiants (SAE) de l’Université du Québec à Trois-Rivières, il y a effectivement lieu d’être optimiste: «On vit en ce moment un âge d’or en ce qui a trait au placement professionnel.» Même son de cloche du côté de chez Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDETR), où on avance que s’il y avait un moment idéal pour terminer ses études, ce serait bien en 2018. «Tous les indicateurs sont au vert en ce qui à trait l’emploi», fait valoir son directeur général, Mario de Tilly. Avec une population vieillissante et une activité économique foisonnante, Trois-Rivières en est à se tourner vers l’immigration pour combler ses besoins de main-d’œuvre.

«On vit en ce moment un âge d’or en ce qui a trait au placement professionnel.» — Philippe Compagnon, SAE de l’UQTR Félix Dupont, chef d’équipe et responsable des communications au Carrefour jeunesse emploi de Trois-Rivières/MRC Des Chenaux (CJE), nuance toutefois que l’on peut difficilement généraliser lorsque l’on parle de perspectives d’emploi. Pour ce diplômé en communication sociale de l’UQTR, la situation varie beaucoup selon les secteurs d’activité et les attentes des individus.

PHOTO: PEXEL, LIBRE DE DROITS

Le secteur des nouvelles technologies est en situation de manque de main-d’œuvre dans la région.

Quelles perspectives d’avenir pour les nouveaux diplômés? «Au niveau des nouvelles technologies, la région est en situation de manque de main-d’œuvre, le placement n’est pas vraiment un enjeu. Par contre si quelqu’un vient vers nous et tient absolument à travailler en télévision, il va probablement devoir envisager un déplacement vers les grands centres», analyse le communicateur.

Une culture du travail Malgré son optimisme, Monsieur de Tilly, du IDETR, sert cette mise en garde: «Nous sommes en période de mutation économique, et 25 à 33% du marché du travail dans les 20-25 prochaines années sera constitué d’emplois qui n’existent pas aujourd’hui». Dans ce contexte, celui qui est aussi père de six enfants ayant tous fréquenté l’université, dit croire que l’éducation permanente doit s’imposer comme manière de concevoir sa carrière. À ce titre, l’UQTR deviendra selon lui un acteur économique encore plus important dans la région. «Nous avons un avantage énorme d’être une ville universitaire» soutient de Tilly, lui-même détenteur de plusieurs diplômes universitaires. Si le diplôme est un atout important sur le sentier de la vie professionnelle, il ne constitue pas la seule considération des futurs employeurs. Félix Dupont, du CJE, mentionne: «Ce que les employeurs valorisent de plus en plus, au-delà du diplôme, c’est le savoir-vivre ou le savoir-être. Se trouver un emploi, c’est d’abord et avant tout une question d’attitude.» Mario de Tilly souligne quant à lui qu’au-delà des compétences dont témoigne le diplôme, il est d’abord et avant tout le gage «d’aptitudes à apprendre, une qualité incontournable sur un marché du travail en mutation».

La Mauricie que l’on affectionne «On constate que nos étudiants sont très territoriaux. L’attachement à la région est très fort. Même chez nos étudiants étrangers, mis à

part ceux et celles qui décident de rentrer chez eux après leurs études, beaucoup ont envie de travailler dans la région», constate Philippe Compagnon, du SAE. Il fait cependant remarquer que pour ces derniers, l’apprivoisement de la culture du marché du travail québécois est un nouveau défi. Si après quelques années passées sur le campus, on a réussi à trouver ses aises, il s’agit à présent de sortir de ce microcosme. Pas toujours facile, semble-t-il, et les ressources sont plutôt manquantes. «C’est un véritable défi, et on devra le relever si la région veut résoudre les pénuries d’emploi auxquelles on fera inévitablement face, compte tenu du vieillissement de la population» estime celui qui consacre son temps à préparer les jeunes diplômé.e.s à affronter le monde du travail.

La Mauricie qui attire Les diplômé.e.s de chez nous doivent par ailleurs composer avec une nouvelle donne, puisque de jeunes Québécois.es venu.e.s d’autres régions choisissent de plus en plus de s’installer en Mauricie. En effet, le site Internet Point2Homes, spécialisé dans le marché immobilier, faisait récemment état d’un classement qui place Trois-Rivières au second rang des villes québécoises les plus attrayantes pour les millénaux. Félix Dupont fait le même constat: «On a participé à un salon de l’emploi dernièrement à Montréal, et on n’avait jamais connu un tel achalandage à notre kiosque. Les emplois sont peut-être moins payants en Mauricie, mais cela va avec le coût de la vie.» Il ajoute que cette réalité a ses bons côtés, les jeunes qui choisissent la Mauricie le font aussi pour se lancer en affaires, ce qui contribue au dynamisme régional et génère de nouveaux emplois.


4

ACTUALITÉS

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

UN PEU D’HISTOIRE

Une histoire sociale des odeurs GABRIEL SENNEVILLE Chroniqueur

Qu’est-ce qui est flatteur pour notre odorat, qu’est-ce qui sent bon? La perception sociale des odeurs se développe en fonction du rapport que les individus entretiennent avec celles-ci. En d’autres termes, l’odorat est une construction sociale. Dans cette chronique, j’aimerais aborder avec vous l’histoire de l’odorat, mais plus particulièrement le renouveau hygiéniste et olfactif du Siècle des Lumières. Un renouveau olfactif et scientifique Au XVIIIe siècle, le renouveau scientifique est marqué par une préoccupation grandissante à l’égard de «l’air commun». Dans cette optique, la pensée «aériste» va se développer et esquisser les définitions du sain et du malsain, mais aussi imposer les normes de la salubrité et de l’insalubrité. L’air n’est plus perçu comme un tout, mais bien comme un support inerte pour un ensemble de particules qui lui sont étrangères. Pour l’historien Alain Corbin, les multiples préoccupations provenant des miasmes vont permettre à l’odorat de devenir le principal instrument d’observation de l’air. «Le terme de miasme, décalque du latin miasma, désigne à la fois le mauvais air et la maladie qu’il porte». En ce sens, il s’agit d’une rationalisation de l’usage de l’odorat dans l’espace public, car il permet de reconnaître les odeurs de certaines maladies et épidémies. Par cette volonté de s’éloigner et d’enrayer les odeurs putrides, on assiste à une construction sociale de l’odorat. On assiste au XVIIIe siècle, à une intolérance marquée vis-à-vis des odeurs malsaines, mais plus particulièrement celles qu’on nomme excrémentielles, jugées porteuses de maux. En raison de cette intolérance, on voit au cours de ce siècle une volonté de redéfinir l’espace urbain, afin de s’éloigner le plus possible des odeurs nauséabondes engendrées par les excréments et la putréfaction. Plusieurs exemples peuvent nous aider à comprendre ce phénomène: le déplacement des cimetières vers l’extérieur des villes, la présence d’ordures dans les rues, l’insalubrité des hôpitaux et des prisons. En ce sens, l’intolérance face aux odeurs dites malsaines entraîne une volonté de l’élite de désodoriser les villes.

Les connaissances universitaires à profit

la population et par le fait même de justifier anthropologiquement une hiérarchie sociale. L’homme «blanc» issu de l’élite désire donc se distancier de la bête, du côté fortement animalisé des classes inférieures. Par conséquent, certaines odeurs telles que le musc ainsi que les menstrues, qui, avant la moitié du XVIIIe siècle, étaient des sources de désir sexuel, vont être mises à l’écart au profit de la désodorisation du corps social.

PHOTO: CHLOÉ ROUSSEAU

Une nouvelle sensibilité olfactive En raison du progrès marqué de l’hygiène corporelle au sein de l’élite, on constate une méfiance à l’égard de certaines odeurs jugées désormais offusquantes. Autrefois utilisé, le musc issu de glandes animales était l’une des composantes principales des parfums. Cependant, l’élite désirant s’éloigner des animaux va, pour sa part, favoriser à partir de 1750 l’utilisation d’une toilette plus légère dotée d’odeurs plus subtiles et délicates. C’est dans ce contexte de construction sociale des odeurs que l’utilisation de fragrances florales va se répandre chez l’élite. Les gens vont parfumer leurs éléments de toilettes, les gants, les mouchoirs, etc. En ce sens, le cabinet de toilette va devenir le temple par excellence de la séduction.

Qu’est-ce qui est flatteur pour notre odorat, qu’est-ce qui sent bon? À cette époque, on voit apparaître une valorisation de la nature. Désormais, le discours hygiéniste valorise notamment la prise de bains, mais aussi la prise de bains «aériens». Le riche doit être en mesure de jouir de l’air pur. Dans un contexte, où la nouvelle mode de l’élite est à la marche, la présence de nombreux corps, de boue et de putréfaction dans la ville n’est pas en mesure de répondre à cette demande. Par conséquent, les médecins et les hygiénistes de l’époque vont valoriser la marche en montagne ou dans les jardins. La nature devient donc l’antithèse des lieux putrides. En conclusion, le XVIIIe siècle est marqué par un renouveau hygiénique. Il s’est développé une intolérance envers les odeurs considérées malsaines. Cette remise en question de certaines odeurs a pour effet de redéfinir l’hygiène corporelle, mais aussi le rapport qu’entretiennent les individus à la ville. En ce sens, l’élite va valoriser une désodorisation tant au niveau de la ville qu’au niveau du corps des individus.

Des odeurs et des individus Au cours du XVIIIe siècle, on voit apparaître une volonté de catégoriser les odeurs corporelles, puisque cette construction sociale des odeurs est issue d’une rationalisation de la hiérarchie sociale. En ce sens, la variation olfactive qu’il existe entre certaines personnes dépend désormais d’une multitude de facteurs tels que le climat, l’alimentation, les humeurs, les passions, etc., ce qui a pour effet de catégoriser

FONDATION CÉDRIKA PROVENCHER

Bibliographie CORBIN, Alain. Le miasme et la jonquille soit Révolution perceptive ou l’odeur suspecte. Flammarion, Paris, 2008, 429 pages. FOURNIER, Patrick. «Zones humides et «aérisme» à l’époque moderne». Zones humides et santé. Actes de la journée d’étude 2008 du Groupe d’Histoire des Zones Humides, Paris, GHZH, 2010, p.9-23.

Henri Provencher, président de la fondation Cédrika Provencher. Après la disparition de Cédrika Provencher en 2007, une fondation a vu le jour. Fondée en mai 2008, elle siège ici même, à Trois-Rivières. Le but est de sensibiliser la population, d’innover dans la prévention des enlèvements d’enfants ainsi que dans les méthodes de recherche lors de disparitions. Le Zone Campus s’est entretenu avec Henri Provencher, président de la fondation Cédrika Provencher.

«Chaque PICOM que nous avons eu jusqu’à maintenant, même s’ils ne sont pas développés de façon intégrale, nous sert de canevas.», dit Henri Provencher. Il explique aussi que l’on ressent une grande valorisation lorsque l’on participe à des projets semblables. C’est une bonne façon de s’impliquer et de faire une réelle différence. Chaque PICOM, s’il n’est pas mis à terme après une session, peut être reprit par d’autres étudiant.e.s les années suivantes.

Henri Provencher travaille depuis plusieurs années dans le but d’aider la cause des enfants disparus. Étant aussi le grand-père de Cédrika Provencher, il souhaite mettre en place différents moyens de préventions: «Il ne faut pas que des choses comme ça arrivent à d’autres enfants, alors je prends les moyens pour essayer positivement de faire de la sensibilisation, de donner de l’information et de ne pas faire peur aux enfants, mais de leur apprendre des choses.»

«On veut impliquer des parents et la population lorsqu’il arrive des drames ou avant qu’il en arrive. En fait, on veut travailler avant que les prédateurs travaillent.»

Projets d’interventions à l’UQTR À l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), il est possible, dans tous les programmes d’études, de participer à des projets d’intervention dans la communauté (PICOM). Ceux-ci sont considérés comme des cours avec crédits et sont supervisés par des professeur.e.s. Ces PICOM peuvent faire une réelle différence pour la fondation: «J’ai discuté avec madame Perron, responsable des PICOM, et nous avons envoyé des demandes officielles de projets pour aider la fondation», explique le président. Plusieurs idées ont été discutées: élaboration d’un site web, recueil de contes pour enfants, techniciens en informatique, développer le marketing, projets de communication, pièce de théâtre sur la prévention, et bien d’autres.

Un impact dans la communauté La fondation fonctionne avec l’aide de nombreux bénévoles, et toute aide est précieuse:

— Henri Provencher Le Zone Campus a contacté par ailleurs Fadel Toure, professeur au département de mathématiques et informatique. Celui-ci a indiqué qu’un PICOM avait eu lieu l’année dernière, ayant pour but de développer une application mobile, reliée à un site web, pour la fondation. Une importante partie du projet a été complétée, mais non finalisée. Il indique qu’aucun autre engagement n’a été confirmé pour l’instant. M. Provencher, quant à lui, informe que la fondation aimerait voir ce projet se finaliser. Elle aurait aussi besoin rapidement d’un nouveau logo pour le centre de recherche ainsi que de la conception de marionnettes, ce qui pourrait donner des idées à certains étudiant.e.s.

Aider de différentes manières Il est donc possible de discuter avec vos collègues, professeur.e.s et chargé.e.s de cours de l’élaboration d’un projet PICOM. Vous pouvez aussi devenir bénévole ou offrir des dons à la fondation Cédrika Provencher en tout temps. Pour les contacter, vous pouvez vous rendre sur le site internet fondationcedrika.org, ou par téléphone au 1-844-840-8519. (C.R.)


ACTUALITÉS

www.zonecampus.ca

PORTRAIT D’ÉTUDIANT AUX CYCLES SUPÉRIEURS

Samuel Rabouin, la soif d’apprendre et de transmettre VINCENT CHEVAL Journaliste

Discuter avec Samuel Rabouin, c’est découvrir une personnalité qui incarne la devise de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) «Savoir. Surprendre.» La notion de savoir est en effet au cœur des préoccupations de ce curieux de nature, qui s’est lancé dans une maitrise en éducation en 2017. Une nouvelle étape dans un parcours académique et personnel surprenant, où les difficultés sont devenues autant de sources de motivations. Le fait de trouver aujourd’hui Samuel dans son bureau de candidat à la maitrise n’est pas quelque chose qui allait de soi. Premier de sa famille à entrer à l’université, il a dû grandir auprès d’un parent devenu invalide, tandis qu’il est lui-même atteint d’un Trouble déficitaire de l’attention (TDAH). Autant d’obstacles qu’il a décidé de transformer en sources de motivation. Il a toujours refusé les procédures d’examens adaptés, jugeant qu’il n’en a pas besoin et souhaitant être jugé à égalité avec ses condisciples. «Ce n’est pas parce que j’ai un TDAH que je ne peux pas essayer d’exceller», déclare-t-il. Une motivation qu’il souhaite mettre au service de la communauté.

«Ce n’est pas parce que j’ai un TDAH que je ne peux pas essayer d’exceller.» — Samuel Rabouin Comme beaucoup d’autres, ce sont les évènements du printemps érable qui vont jouer le rôle de déclencheur chez lui. Alors étudiant au cégep de Trois-Rivières, Samuel prend part au mouvement en devenant le représentant de son établissement auprès de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Il intègre par la suite le comité exécutif de l’Association générale des étudiants de son cégep en tant que responsable aux affaires pédagogiques. Il y acquiert rapidement le surnom «d’avocat des étudiants» et sa capacité à appréhender les conflits de manière impartiale et juste est reconnue. Le sentiment qu’il éprouve en jouant un rôle social concret fait naitre en lui une véritable vocation pour l’enseignement. Arrivé à l’UQTR en 2014, il s’engage naturellement dans un baccalauréat en enseignement. Dans le même temps, il devient actif au sein de l’Association des étudiants au baccalauréat en enseignement au secondaire (BES) en participant en tant que bénévole aux différents évènements rythmant la vie sociale de l’université. Cette implication se poursuit en dehors du cadre universitaire. Depuis 2016, Samuel participe activement à un évènement international, la Simulation du Parlement Européen Canada-Québec-Europe (SPECQUE). Un

5

Éditorial. L’HUMAIN APPROXIMATIF

engagement qui répond à un «besoin de savoir» et à la nécessité qu’il ressent de se confronter à d’autres idées au travers des rencontres avec des personnes issues de toute la francophonie. Après avoir participé aux éditions de Sherbrooke et de Prague, il s’engage comme responsable de la communication et fera partie de la délégation de l’UQTR pour l’édition montréalaise de l’été 2018. Un activisme à l’intérieur et à l’extérieur du campus qu’il estime vital pour se tisser un réseau social, mais aussi en tant que chercheur en éducation. «Rester confiné dans ma maitrise, de mon bureau, ce serait perpétuer les situations et les schémas de pensée qui entravent le milieu éducatif», affirme-t-il.

«Rester confiné dans ma maitrise, de mon bureau, ce serait perpétuer les situations et les schémas de pensée qui entravent le milieu éducatif.» — Samuel Rabouin Samuel consacre son mémoire, sous la direction de Félix Bouvier, au rapport au savoir des enseignants du secondaire face au nouveau programme d’Histoire du Québec et du Canada. À travers ses recherches, il se questionne sur les implications de la notion de savoir et sur ses mécanismes de transmission. Cela l’amène aussi à participer activement à plusieurs projets de recherche, notamment pour la création d’un cours pour former les enseignants aux nouvelles technologies en collaboration avec l’Université TÉLUQ et avec le réseau de l’Université du Québec (UQ). Ces efforts académiques sont récompensés par sa participation à un ouvrage collectif, qui sera publié prochainement, et par ses premiers pas dans l’enseignement en tant que chargé de cours en didactique de l’Histoire à la session d’automne prochaine. Une concrétisation dont Samuel peut être fier.

La phobie d’en avoir moins que les autres SAMUEL «PÉDRO» BEAUCHEMIN Éditorialiste

La phobie d’en avoir moins que les autres est un phénomène de société observable lorsqu’une tranche de la société revendique ou obtient de meilleures conditions sociales. Lorsque cela arrive, les citoyen.ne.s qui ne sont pas touché.e.s par ces avancés s’offusquent violemment. La peur d’être laissé.e pour contre semble créer cette réticence aux changements. Trois cas récents nous indiquent que la population québécoise est présentement victime de cette angoisse injustifiée. Les premiers symptômes ont été observés lorsqu’il a été question d’augmenter le salaire minimum à 15$ de l’heure. Le lock-out à l’aluminerie ABI de Bécancour a fait rechuter les habitant.e.s de la province dans la névrose. Comme si ce n’était pas assez, les médecins ont osé conclure avec le gouvernement du Québec des hausses salariales. Mais quel espoir reste-t-il pour la classe moyenne nombriliste?

Un salaire minimum à 15$ En 2015, il fallait travailler sept heures et 46 minutes pour pouvoir se procurer une passe mensuelle de transport en commun dans la ville de Montréal. Il reste ensuite à payer le loyer, l’épicerie, le linge, et ça devient encore plus difficile avec une famille. S’opposer à une augmentation du salaire minimum est relativement indécent dans ces conditions. Malgré tout, un nombre assez important semble être contre. La prochaine hausse ne dépassera pas les 12 dollars, et déjà la majorité non concernée par le salaire minimum est sur le bord de la crise de panique. Selon les chiffres de l’Institut de la Statistique du Québec (ISQ), il n’y a pas eu de baisse d’emplois observable en lien avec les augmentations salariales importantes entre 2007 et 2010. En admettant que les commerçant.e.s ne soient pas tous capables de survivre, ils et elles auront au moins la sécurité de travailler chez leurs compétiteur.ice.s pour ce taux horaire si abusif.

Les grands chefs bandits de l’Aluminerie de Bécancour

PHOTO: GRACIEUSETÉ

Samuel Rabouin lors de la SPECQUE à Prague en 2017.

Du moins, c’est ce que semble vouloir nous proposer TVA Nouvelles avec des titres accrocheurs comme «Des clous sur la ligne de piquetage d’ABI?: la SQ mène une enquête» ou encore «Le conflit s’envenime à l’Aluminerie de Bécancour». En plus, tout le monde sait que les travailleur.se.s de «shop» sont gras dur et se plaignent le ventre plein.

La première offre patronale a été refusée à 97% par les ouvrier.ère.s de l’aluminerie, tandis que la dernière l’a été à 80%. Pour mobiliser une aussi grande unanimité, les grévistes ont dû être mobilisé.e.s par autre chose que la gloutonnerie. Je n’ai d’ailleurs jamais observé un.e employé.e s’enrichir avec un lock-out. Lorsqu’on se penche sur ce qui a motivé la grève, c’est plutôt la refonte du régime des retraites et le non-respect de l’ancienneté des employé.e.s, et non une question de meilleurs salaires.

À bas l’aristocratie médicale! Pas besoin de vous rappeler que le ministère de la Santé est dans l’eau chaude. Ce n’est pas seulement la couche de ma grand-mère dans son CHSLD qui est pleine, mais aussi la patience de tout le personnel. Pour ajouter à l’injure, le salaire des médecins augmentera de 11,2% d’ici 2023. Armez-vous de gourdins et de pierres, sortez l’échafaud et allons «faire charivari» aux médecins! Prenons le temps d’oxygéner notre cerveau un peu. Je vous invite à sortir de votre zone de confort en réfléchissant aux conditions de métiers d’un médecin. Ils et elles gagnent en effet beaucoup plus (409 000$) que le revenu moyen (59 822$) au Québec. Mais d’un autre côté, ils et elles doivent demeurer à l’hôpital sans compter les heures, ont des gardes à accomplir et peuvent être appelé.e.s à n’importe quel moment de la journée ou de la nuit. Ce ne sont bien sûr pas les seul.e.s à occuper ce type de routine, mais peu de gens ont des décisions de vie ou de mort à devoir prendre quotidiennement. Nous devons ensuite réfléchir à la véritable nature de l’entente et à ce qu’en pensent vraiment les médecins. Qui profite présentement de la division entre les différents corps de métier? Primo, les augmentations font partie du rattrapage salarial promis depuis longtemps, ce n’est pas un cadeau de la part de Barrette. De plus en plus de médecins sortent dans les médias pour demander un meilleur environnement de travail au lieu d’une augmentation salariale. Secundo, diviser les employé.e.s de la santé profite au gouvernement. Il peut ainsi mettre à profit le vieux dicton: «divise et règne».

Pour qu’on prenne soin de ma grand-mère À l’aide des médias, Philippe Couillard et sa bande utilisent la désinformation pour polariser les opinions dans la population. Il faut anticiper ces fines tactiques en développant notre capacité à l’empathie. Nous pourrons ainsi nous libérer de la phobie d’en avoir moins que les autres. Acceptons que tout un chacun ait droit d’aspirer à mieux, de meilleures conditions pour les ouvriers de l’ABI. Que le système de santé soit sain et que ma grandmère et tous les autres résidents en CHSLD aient le droit à une fin de vie dans la dignité.


6

ACTUALITÉS

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

LES ÉTUDIANT.E.S AUTOCHTONES À L’UQTR

La réalité des Premières Nations CHLOÉ ROUSSEAU Journaliste

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) se présente comme un lieu de savoir et de connaissances, mais aussi d’inclusion. Les étudiant.e.s québécois.es et internationaux.les sont mis de l’avant de plusieurs manières… Mais qu’en est-il des Premières Nations? Le Zone Campus s’est intéressé, dans ce reportage, à la réalité des étudiant.e.s autochtones. D’après Statistique Canada, en 2016, 671 400 Autochtones âgé.e.s entre 25 et 64 ans ont répondu au questionnaire de l’Enquête nationale. Parmi ceux-ci, 48,4% ont déclaré avoir un titre d’études postsecondaires, et 10,9% de ce groupe détenait un grade universitaire, comparativement à 7,7% en 2006. À l’inverse, toujours d’après Statistique Canada, c’est 28,5 % des adultes non Autochtones qui détiennent un diplôme d’université. D’après ces chiffres, nous pouvons nous questionner sur la raison de cet écart, mais aussi chercher à comprendre ce que les universités peuvent faire pour faciliter la vie étudiante des Autochtones.

L’éducation Le Zone Campus s’est entretenu avec AnneMarie Leclerc, professeure clinicienne au département des sciences infirmières de l’UQTR. Elle poursuit aussi des études doctorales ici même en sciences biomédicales, et ces intérêts de recherche portent sur la santé des Autochtones. Le journal a demandé à madame Leclerc ce qu’elle pensait de la place de l’éducation chez les familles autochtones: «Selon moi, c’est très variable. Tout comme chez les Allochtones (non Autochtones), certains valorisent les études et d’autres moins.» Il faudrait alors se pencher plutôt sur les raisons de cet écart de pourcentage entre les étudiant.e.s autochtones et allochtones, comme l’explique madame Leclerc: «Un récent rapport publié sur l’expérience des étudiants autochtones à l’université relatait justement que

certains facteurs peuvent augmenter les difficultés à l’université, dont la difficulté à s’intégrer, la langue française comme 2e langue, la première génération à faire des études postsecondaires et l’éducation scolaire peu ou pas valorisée. Fort heureusement, plusieurs initiatives émergent pour soutenir les jeunes Autochtones dans leurs trajectoires scolaires. Les dernières données de Statistique Canada le démontrent d’ailleurs.»

PHOTO : CHLOÉ ROUSSEAU

La réalité étudiante Le Zone Campus s’est entretenu avec une étudiante autochtone de l’UQTR qui souhaite garder l’anonymat. Elle sera nommée Catherine, pour les besoins de l’article. Depuis son entrée à l’UQTR, Catherine n’a pas ressenti de défis particuliers par rapport à ses origines: «C’est clair que je suis métissée, d’un premier coup d’œil, je n’ai pas l’air d’une Autochtone, alors je n’ai pas eu de problème à cause de mon physique», explique-t-elle. Par contre, elle dit avoir parfois entendu quelques préjugés: «Peut-être parce que je suis grande et l’air imposante… à cause de ma descendance, je me le suis déjà fait reprocher. J’ai eu quelques préjugés à cause de mon nom de famille.» Parfois, certains propos stéréotypés voulaient être passés sous le couvert de l’humour: «Lorsque je disais que j’étais Autochtone, on me disait: ”j’espère que tu ne bois pas trop. Sinon ça va aller mal pour le travail de session” ou ”c’est rare qu’on voie des Atikamekw à l’université. D’habitude ça ne finit même pas leur secondaire. Tu as eu de la chance.”»

«Fort heureusement, plusieurs initiatives émergent pour soutenir les jeunes Autochtones dans leurs trajectoires scolaires.» — Anne-Marie Leclerc Le journal a voulu savoir si la jeune femme avait déjà participé à des activités ou des conférences à l’UQTR part rapport aux Premières Nations: «À l’université, en deux ans et demi, non. Mais lorsque j’étais au cégep de Trois-Rivières, il y avait des dîners-rencontres où les Autochtones du cégep se réunissaient afin de partager sur différents sujets chaque semaine. On avait de l’aide à s’orienter vers des ressources au centre-ville.»

Anne-Marie Leclerc et Soukeyna Desbiens, du Cercle de partage autochtone. En ce sens, l’UQTR pourrait-elle offrir plus de services? «Selon moi, oui», affirme Catherine. «Je ne me souviens pas d’avoir déjà entendu parler que l’UQTR faisait quelque chose pour les Autochtones. Je comprends aussi qu’il n’y en a pas beaucoup dans l’université, mais prendre la peine de faire en sorte que les gens aient moins de préjugés envers les Autochtones serait déjà, en partant, un bon défi.»

Services offerts Le Zone Campus a également rencontré Martin Lambert, conseiller aux activités étudiantes, à ce propos. Ce dernier nous a affirmé qu’il n’y pas présentement d’association active comprenant des étudiant.e.s, pour les Premières Nations. Une association des étudiant.e.s de Premières Nations existe tout de même, mais personne n’est à sa charge ou n’a demandé à l’être, et ce, depuis un bon moment. Anne-Marie Leclerc, pour sa part, mentionne qu’il existe à l’université le Cercle de partage autochtone: «[Il s’agit] d’une initiative qui vise, comme son nom l’indique, le partage, mais également la reconnaissance de la culture autochtone

au sein de l’UQTR. Dans la foulée du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, l’objectif est de tisser des liens entre les Autochtones et les Allochtones. Ce groupe est basé sur le principe de la co-construction, c’està-dire que les thématiques émergeront au fil des besoins des membres. L’idée est d’échanger sur des sujets touchant les Autochtones, par le biais de cercles de partage (discussions), de documentaires, de présentations ou de lectures.» Les réunions sont mensuelles et ouvertes à la communauté universitaire de Trois-Rivières chaque premier jeudi du mois, de 18h30 à 20h. Le 1er mars dernier, le Cercle de partage autochtone a projeté, durant sa soirée, des courts-métrages sur la nature, dont Temps perdu, Homme retrouvé et Wapikoni Mobile. Pour connaître les lieux et autres informations, vous pouvez téléphoner au 819-376-5011, poste 3448. Il est à noter par ailleurs que les Services aux Étudiants de l’UQTR (SAE) sont toujours disponibles pour quiconque voudrait des renseignements ou des services. Ils peuvent être rejoints au 819-376-5011, poste 2501, ou au local 1275 du pavillon Albert-Tessier.


ACTUALITÉS

www.zonecampus.ca

7

LA CLIMATO-RÉALISTE

Une bourse pour des Gagnez de l’argent en retraites de rédaction lisant cette chronique!!! COLLABORATION ENTRE L’AGE UQTR ET «THÈSEZ-VOUS?»

Le processus de rédaction peut être un moment pénible, voire une véritable épreuve pour les étudiant.e.s à la maitrise ou au doctorat. Depuis sa création en 2015, les retraites «Thèsez-vous?» proposent aux personnes concernées des séjours dans un cadre privilégié afin de s’adonner à l’écriture en toute quiétude. Une initiative qui bénéficie du soutien de la quasi-totalité de la communauté universitaire québécoise, à l’exception de l’UQTR. Nous avons voulu savoir pourquoi. Écrire en paix L’initiative «Thèsez-vous?» a moins de trois ans, mais peut se targuer d’un succès retentissant. Avec pas moins de 26 retraites organisées à ce jour, le concept créé par Sara Mathieu-Chartier s’exporte même depuis janvier dernier sur le Vieux Continent. Le principe est simple. En échange de frais d’inscription de 250 dollars (taxes non comprises), des étudiant.e.s à la maitrise ou au doctorat se retrouvent dans un lieu privilégié où ils et elles n’ont plus qu’à se consacrer à l’écriture. Une équipe se charge de leurs repas, ainsi que d’organiser des moments détentes et des ateliers de rédaction.

L’affaire devrait être réglée pour la prochaine session d’automne. Un projet de bourse retardé Une idée simple a priori, mais qui est venue combler une véritable demande de la communauté étudiante aux cycles supérieurs. C’est tout simplement en consultant son fil d’actualité Facebook qu’Alexandre Côté, vice-président aux affaires académiques des cycles supérieurs de l’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGE UQTR), a pris connaissance de l’existence de ces retraites. C’est tout naturellement qu’il a décidé d’inviter les fondatrices de «Thèsez-vous?» à

l’occasion de l’édition 2017 du colloque étudiants-chercheurs. À la suite de cet évènement, Alexandre a suggéré la création d’une bourse de 75 dollars pour permettre aux étudiant.e.s de l’UQTR de participer aux dites retraites. Une proposition votée par le conseil d’administration de l’AGE UQTR. Selon Alexandre Côté, la concrétisation du projet a malheureusement été retardée par des difficultés internes au Décanat des études, qui est le seul à même d’organiser institutionnellement la création d’une telle bourse. Mais le V.-P. aux affaires académiques se veut rassurant: l’affaire devrait être réglée pour la prochaine session d’automne.

«L’université est un lieu de savoir, mais aussi de création de lien social, c’est essentiel pour le développement d’une bonne santé mentale.» — Alexandre Côté Un vrai besoin de soutien psychologique En dehors des aspects positifs évidents sur le plan académique, Alexandre Côté voit surtout dans l’organisation de ce type d’initiatives une réponse à un besoin d’ordre psychologique. Luimême doctorant en psychologie, il constate une vraie conscientisation des problématiques liées à la santé mentale dans le contexte universitaire. En effet, la demande en termes de service en santé mentale ne cesse d’augmenter dans les universités provinciales, alors même que les subventions publiques se tarissent. Alexandre Côté voit donc dans les activités de «Thèsez-vous?» un moyen de réinsuffler un peu de sociabilité dans le cadre très solitaire des études en maitrise et en doctorat. «L’université est un lieu de savoir, mais aussi de création de lien social, c’est essentiel pour le développement d’une bonne santé mentale», déclare-t-il. Une facette de la vie sur le campus qu’il tente de redynamiser à travers son mandat. (V.C.) PHOTO : GRACIEUSETÉ

MAGALI BOISVERT Chroniqueuse

«Mag, c’est beau, être écolo, mais c’est pas super accessible… Je suis étudiant.e, moi, j’ai pas d’argent à placer là-dedans…» Ah! mais c’est là que vous vous trompez! Certes, il y a beaucoup d’options écolo sur le marché qui ne sont pas à la portée d’étudiants. On pense, par exemple, à des panneaux solaires ou des robes de 200$ en tissu de chanvre bio mâché par des chèvres suédoises… (Bon, peut-être pas mâché par des chèvres, mais vous voyez l’idée.) Or, il est assez facile d’économiser en changeant quelques habitudes, qui sont en plus bénéfiques pour la planète. «Ouin… Je suis pas sûr.e de ton affaire, là… Je veux pas ”virer grano” et faire du dumpster diving, là…» Bon. Remettons les pendules à l’heure. Brisons les préjugés et économisons façon écolo, tou.te.s ensemble, en gambadant dans une plaine suédoise…

3. Les vêtements éthiques J’avoue avoir été franchement découragée quand j’ai commencé mon virage écolo et que j’ai «googlé»: «Marques de vêtements écologiques». De simples camisoles à 45$, des bas à des prix démesurés, et je ne parlerai pas des robes. Je respecte tout à fait les démarches éthiques de ces marques et je comprends pourquoi les prix doivent être enflés (elles paient leurs employé.e.s un salaire décent, leur donnent de bonnes conditions de travail, doivent acheter des matériaux recyclés ou bio — bref, tout ça demande beaucoup d’argent).

1. Le bio Le fameux bio. Oui, je sais, neuf fois sur dix, les produits biologiques sont plus coûteux que leurs équivalents non biologiques (et avec raison!). Par contre, il y a moyen de respecter notre portefeuille, notre estomac et la planète en même temps. La solution? L’achat de produits bio en groupe, notamment avec le groupe NousRire. NousRire, qui a une cellule régionale à Trois-Rivières, permet aux consommateur.ice.s d’acheter, par le biais de leur boutique en ligne, des aliments locaux, bio et équitables en grosses quantités. En plus, c’est façon zéro déchet (vous amenez vos contenants et on vous les remplit avec les produits)! «Oui, mais ça doit coûter un bras!», me direz-vous? Eh bien, on a comparé leurs produits bio à ceux, non bio, du commerce, et constaté qu’une très grande partie de leurs aliments sont moins chers. Oui, oui! Du bio moins cher que du non-bio en épicerie. (Votre mâchoire est ouverte, en passant.)

2. Le transport écolo Une Tesla 100% électrique fraîchement sortie de l’usine à 100 000 dollars, ça vous tente? Moi non plus! Il y a un mythe qui circule selon lequel la seule façon possible de rouler vert, c’est de rouler sur des billets de banque. Par contre, je suis ici pour vous informer qu’il y a énormément de possibilités. Si vous souhaitez conduire une voiture écolo, vous pouvez vous procurer un modèle assez accessible tel que le Nissan Leaf ou le Chevrolet Bolt, totalement électriques, ou bien un bolide hybride à partir de 20 000$ selon les endroits. Il suffit de magasiner. Voulez-vous qu’on discute de vraies économies? J’ai calculé sur le site de la CAA le

Alexandre Côté, vice-président aux affaires académiques des cycles supérieurs de l’AGE UQTR.

coût annuel d’entretien de la voiture de mon copain, et le montant est estimé à 8413$. Par année. Et sa quantité de gaz à effet de serre émis en 5 ans? 20 000 kilos. (À titre indicatif, mon copain conduit une Honda CR-V, pas un Hummer.) Et combien est-ce que je paye annuellement pour mes frais de transport? 20$ pour ma passe d’autobus de la STTR par session, plus 3 passes mensuelles de 56$ pour l’été, ce qui donne en tout et pour tout 248$. Si vous n’êtes pas fan des autobus de ville, vous pouvez opter pour des options gratuites, moins polluantes et meilleures pour votre santé: vélo, marche, trottinette (pour les nostalgiques), marchette (en solidarité avec votre grand-père)…

Je suis là pour protéger la planète, mais aussi votre santé financière. Tout le plaisir est pour moi. Par contre, en tant qu’étudiante, j’ai dû aller voir ailleurs pour m’habiller selon mes valeurs. En parlant de valeurs… Les friperies sont de vraies cavernes d’Ali Baba pour moi. Sans blague! J’ai demandé à mon copain une carte-cadeau au Village des valeurs pour Noël dernier! Je préfère maintenant de loin les petites friperies locales qui redonnent à la communauté et qui ne sont pas là pour grossir leur petit cochon — et en plus, ces endroits ont souvent des prix fixes selon le type de vêtement, comme 2$ pour les camisoles et 3$ pour les jupes… (Je suis bonne vendeuse, hein?)

4. L’énergie verte Parlons Hydro. Que vous l’aimiez ou pas, on a tou.te.s une facture à payer (ou notre propriétaire, mais bon, quelqu’un paye pour votre énergie). Être écolo, ce n’est pas juste les panneaux solaires et les éoliennes. C’est aussi choisir un logement qui ne soit pas inutilement grand, vous faisant payer pour du vide. C’est aussi, pendant l’hiver, baisser la température ambiante d’un seul degré et ainsi économiser 5% à 7% sur la facture de chauffage annuelle. C’est aussi taper sur les nerfs de son copain en lui rappelant d’éteindre les lumières. Bref, c’est de s’assurer que ce qu’on n’utilise pas ne vienne pas gruger notre porte-monnaie sans le savoir. Je suis là pour protéger la planète, mais aussi votre santé financière. Tout le plaisir est pour moi.


8

ACTUALITÉS

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

LA P’TITE VITE

Mystère de l’éducation sexuelle ANTHONY MORIN, ÉLIANE BEAUDRY ET MARIE-LOU DENIS Chroniqueurs

Depuis la réforme de 2001, les cours de formation professionnelle et sociale ne sont plus présents dans les écoles. L’éducation à la sexualité est pratiquement inexistante et les sujets abordés ne sont parfois traités qu’en surface. Évidemment, il revient aux parents d’accomplir cette tâche, mais il est d’autant plus de la responsabilité des professeurs, ainsi qu’à l’ensemble des employé.e.s dans les établissements scolaires, d’éduquer les jeunes à la sexualité! Jouer à touche «pipi» Les enfants ont naturellement tendance à vouloir connaître, apprendre et découvrir. Par indiscrétion, ils et elles démontrent un intérêt avide à la sexualité, non pas à la génitalité. Les enfants vivent une sexualité qualifiée de «prégénitale», grandement différente de la sexualité génitale, puisqu’elle ne vise pas la pénétration ou le coït. Elle est davantage vécue par des jeux d’exploration faits seul.e ou à plusieurs, par des questionnements, par l’examen du corps et par la fameuse masturbation. Les premières interventions réalisées auprès des enfants sont pour la plupart répréhensibles et rendent l’acte, pourtant si naturel, malsain et vicieux. Les enfants comprennent que l’accessibilité à leur corps ne leur est pas permise, et les adultes renforcent leur déni de la sexualité infantile, toutefois très apparente! L’intervention ellemême fait partie de l’éducation sexuelle de l’enfant.

Les curieux.ses adolescent.e.s Le développement sexuel est présent dans les étapes du développement humain. Qui plus est, la question de la sexualité est au cœur de l’adolescence. Durant cette période, la sexualité devient accessible à la génitalité. Les ados présentent le désir d’explorer et de connaître les préceptes de la sexualité. La curiosité se fait ressentir! D’où l’importance de leur offrir une éducation sexuelle adéquate. Vers qui les adolescent.e.s se tournent pour obtenir des réponses à leurs questions? Quelques-un.e.s pourront en discuter ouvertement avec des membres de leur famille. Pour les autres, l’embarras et la pudeur mutuelle ne laissent que très peu de place à l’aisance dans la discussion. Il est donc préoccupant de savoir que ce ne sont pas toutes les écoles qui sont munies d’un.e professionnel.le qualifié.e pour permettre l’éducation sexuelle. Mais encore, le docteur Réjean Thomas mentionne connaître des changements dans les comportements sexuels des jeunes. Il remarque que l’usage

du condom n’est pas assez valorisé, et ajoute que les adolescent.e.s banalisent le fait d’avoir des relations sexuelles non protégées: «Le condom c’est pas cool!». Un discours inquiétant, notamment lorsque le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dénombre dans ses rapports une augmentation des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) durant la période 2010 à 2015, qui se traduit par une hausse de diagnostics de gonorrhée (90%), de chlamydia (41%) et de syphilis (34%).

JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES — VOTRE POINT DE VUE

Entre avancées, prise de conscience et égalité C’est dans le contexte particulier du mouvement #MeToo, que l’on a vu des femmes – et des hommes dans une moindre mesure – dénoncer en bloc les abus dont elles étaient victimes, que se tient le 8 mars la Journée internationale des femmes. Afin de souligner ce qu’elle perçoit comme un «mouvement mondial sans précédent en faveur

des droits des femmes, de l’égalité et de la justice», l’Organisation des Nations Unies (ONU) a choisi comme thème cette année «L’heure est venue: les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes». Zone Campus donne ici la parole à quelques étudiantes et à un étudiant (nous assumons ce parti pris), pour connaître leur point de vue sur cette journée dédiée à la part féminine de l’humanité. (S.H.)

Félix Bizeau Baccalauréat en enseignement au secondaire, profil mathématique

Carol-Anne Joly-Painchaud Enseignement d’éducation au préscolaire et d’enseignement au primaire

«Il y a des droits que les femmes n’avaient pas avant, c’est important de continuer à les défendre. Il faudrait qu’il y ait aussi une journée des hommes, ce n’est pas seulement une question d’équité, mais d’égalité. On en parlait hier au conseil d’administration de l’association générale étudiante de l’UQTR avec la représente du programme sagefemme; elles ont quelque chose d’organisé pour la journée au pavillon Ringuet pour faire connaître leur pratique. [...] En fait, on a en profité pour parler des droits des femmes en général.»

«Dans la société où l’on vit présentement et avec tous les changements que l’on tente d’apporter, la sensibilisation autour de cette journée-là est vraiment importante. On dit souvent que la femme est l’égale de l’homme, et même si on est sur la bonne voie et que l’on a fait beaucoup de progrès, je ne suis pas sûre que ça soit toujours le cas. Avec les applications, je vais peut-être en profiter pour partager des choses, mais déjà d’être une femme, c’est un peu prendre position (rires).»

Laurence Lalonde Baccalauréat en sciences de la santé (ergothérapie)

Marie-Pier Courtemanche Baccalauréat en administration des affaires

Un modèle qui ne fonctionne pas Cela fait maintenant 17 ans que le modèle d’éducation à la sexualité est le même dans les écoles, et il n’a toujours pas fait ses preuves! Dans ce modèle, tout le monde est concerné par l’éducation à la sexualité, les parents, les professeur.e.s et la communauté. Est-ce une responsabilité partagée ou une déresponsabilisation commune? Étant donné que nombreux.ses ne considèrent pas qu’ils ou elles ont ce rôle. Les interventions ponctuelles réalisées au sujet de la jupe trop courte ou les french kiss trop longs ne sont pas suffisantes pour éduquer les jeunes d’aujourd’hui. Généralement, l’adolescent.e va minimiser, s’il ou elle ne nie pas, ce que l’adulte a vu ou lui a demandé.

Est-ce une responsabilité partagée ou une déresponsabilisation commune? Le programme préoccupant Les professeur.e.s sont sollicité.e.s pour enseigner le programme d’éducation sexuelle qui devra s’appliquer à compter de septembre 2018. Puisque ce programme n’est pas un cours, Josée Scalabrini, présidente de la fédération des syndicats de l’enseignement, mentionne être inquiète de la façon dont les informations seront transmises aux élèves. Les professeur.e.s partagent ses inquiétudes. De plus, le programme n’inclut pas les sujets traitant de l’avortement et de la réalité des transgenres. Or, ce sont des sujets sensibles qui doivent être démystifiés. La sexologue Geneviève Labelle exprime que s’il n’y a personne pour leur donner des réponses, ils et elles en trouveront ailleurs et pourraient obtenir des informations erronées. Cela étant dit, l’éducation à la sexualité n’est pas que transmettre des informations concernant les agressions sexuelles et le consentement, les relations non protégées, les infections transmissibles, etc. Francine Duquette définit l’éducation à la sexualité comme une façon d’inviter les jeunes à mieux se comprendre, et aussi à mieux comprendre leurs relations avec les autres, et ce, en tenant compte des réalités d’aujourd’hui. Pour résumer, l’éducation à la sexualité permet de contribuer favorablement au développement des enfants et des adolescent.e.s. (M.L.D.)

«Je ne savais pas vraiment que ça existait... Est-ce que c’est bientôt? C’est bien, on fête la femme et l’avancement des femmes. Sinon je ne pourrais pas dire que j’ai un intérêt marqué pour la question.»

«L’égalité homme femme, je crois que c’est super important de promouvoir ça. Plus on avance, plus les femmes sont présentes dans les conseils d’administration. Le milieu des entreprises en est un où les femmes prennent de plus en plus de place et on sent que la société veut leur faire de la place. On sent que l’on peut prendre ce pouvoir-là.»

Alexandra Gilbert Maîtrise en loisir, culture et tourisme «Avec tous les mouvements de dénonciation que l’on a vécus récemment, je crois que ça va être une grosse journée, définitivement. Par contre je me rends compte que je ne sais pas s’il y a des activités organisées, il n’y a aucune publicité qui m’a rejoint à date... Dans mon réseau, il y a beaucoup de gens qui travaillent dans le communautaire, donc moi j’en entends parler, mais des gens comme mes parents en entendent peut-être moins parler; il y a très peu de promotion faite par rapport à ça, ce qui est dommage. »

Érika Carrière Baccalauréat en enseignement au secondaire: profil français «Je pense que c’est une bonne chose, mais je ne saurais pas dire c’est quand exactement. On en parlait justement avec des ami.e.s récemment et on se demandait pourquoi il n’y avait pas de Journée internationale de l’homme. [...] Je pense que c’est important de faire valoir les droits de tout le monde.» PHOTOS: SÉBASTIEN HOULE


9

www.zonecampus.ca

ARTS ET SPECTACLES REPORTAGE

Une réelle précarité des radios communautaires? MARIANNE CHARTIERBOULANGER Journaliste

En ce début d’année, la radio montréalaise CIBL a fait face à de sévères mises à pied, étant donné son état financier précaire. En lien avec cette actualité, nous nous sommes questionnés sur l’état de nos radios régionales, communautaires et campus, de la Mauricie… Est-ce que les radios en Mauricie se retrouvent dans une situation aussi précaire? Comment arrivent-elles à tirer leur épingle du jeu? Comment peuvent-elles à se démarquer dans cette marée qu’est le réseau FM, mais encore plus dans l’univers du numérique? Ce sont des questions que nous avons posées à différentes personnes qui œuvrent dans le domaine de la radio communautaire.

Miser sur l’aspect local Les radios communautaires ont pour mission de diffuser des nouvelles locales et régionales, mais également de créer un sentiment d’appartenance entre le public et leur station de radio. C’est ainsi que Yannick Denoncourt définit l’essence d’une radio communautaire. Animateur à CH2O, la radio de la municipalité régionale de comté (MRC) de Maskinongé, au 103.1 FM, depuis le tout début, soit il y a dix ans, Yannick croit réellement au potentiel de sa radio. «Notre force, c’est d’être local et régional. Les gens aiment nous écouter, car c’est d’eux qu’on parle.» En effet, malgré la situation financière qui peut s’avérer précaire, les radios communautaires ont pour principale force l’effet du local. Étant exclusif sur une information, c’est en s’intéressant sur les faits locaux qu’il est possible de se démarquer. «On répond aux besoins de la population en donnant une visibilité aux organismes de la région», a affirmé Yannick Denoncourt. C’est également la vision que porte André Mercier, animateur et journaliste au CFLM-FM (97.1 FM) de La Tuque, envers la radio régionale. Contrairement à CH2O, la radio de La Tuque est commerciale, mais se produit avec des valeurs locales et régionales qui se rapprochent beaucoup de la radio communautaire. «On s’implique dans la communauté même si c’est commercial, car on respecte la particularité locale de la station.» Dans le métier d’animateur et journaliste depuis 1979, André Mercier a choisi d’œuvrer au sein d’une radio régionale, car c’est un milieu qui, selon lui, permet d’approfondir ses connaissances de communication. «J’aime mieux être le roi chez nous, que le valet dans une grande maison. J’ai pu réaliser tous mes rêves ici.»

Radios communautaires et radios commerciales On pourrait croire que le côté communautaire a quelque chose de péjoratif, de moins attrayant. Cette image s’est construite et a été stéréotypée par les radios commerciales, dont le milieu est idéalisé. C’est une réalité bien présente dans le monde radiophonique, puisque les programmations changent souvent dans les radios commerciales, ce qui empêche une certaine stabilité d’emploi. «Le communautaire est très différent, il y a plus de libertés dans nos actions et nos paroles. De plus, le communautaire nous offre une stabilité. Quand on est un artisan de la radio, le commercial est moins sécurisant, puisque ce sont des contrats. On se retrouve toujours sur le siège éjectable, puisque les programmations changent souvent.», a révélé Yannick Denoncourt (CH2O). Les deux animateurs, Yannick Denoncourt et André Mercier (CFLM), ont avoué qu’il est possible de faire une très belle carrière en communication en région et dans les radios communautaires, et ce partout au Québec.

«Notre force, c’est d’être local et régional, les gens aiment nous écouter, car c’est d’eux qu’on parle.» — Yannick Denoncourt, animateur et journaliste à CH2O 103.1 FM Bien que les radios communautaires se distinguent par leur couleur locale, elles font tout de même face à certains enjeux. Selon Jean-Philippe Charbonneau, directeur général du Groupe des médias étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (GME UQTR), qui chapeaute la radio campus CFOU 89.1 FM, ces enjeux sont

PHOTO: 97,1 FM.

André Mercier, animateur et journaliste à CFLM 97.1 FM. principalement financiers. Les radios, autant commerciales que communautaires, ont dû faire face à des obligations financières provenant du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour des questions de conformité. Par contre, ce sont les radios à moins grands revenus, telles que les radios communautaires et régionales, qui ont été les plus touchées par ces obligations gouvernementales.

Savoir se démarquer Autrement dit, pour tous, le défi est d’aller chercher le plus d’auditeurs possible. Avec le numérique, l’offre de service de radio est énorme. Alors, comment se démarquer autrement que par la particularité régionale? Les réponses à cette question que nous ont laissées les personnes rencontrées se résument à offrir une programmation musicale très spécifique. On peut remarquer que certaines radios régionales ou communautaires se caractérisent par le style de musique qu’elles diffusent. C’est le cas pour CFNJ (88.9 FM et 99.1 FM), la radio

communautaire de Lanaudière, qui se spécialise en musique traditionnelle. CH2O se consacre à la musique country, et CFOU à la musique émergente. Comme le mentionne Mathieu Plante, animateur quotidien à CFOU, la liberté de diffusion dont disposent les radios dites non commerciales permet non seulement de parler de sujets originaux, mais d’en parler longtemps et en profondeur. «Il y a beaucoup de forces similaires avec les radios communautaires à CFOU, nous sommes sollicités par les nouvelles sorties musicales et les artistes de la région. On a quelque chose d’unique en notre genre», affirme de son côté Jean-Philippe Charbonneau. Évidemment, il a des temps sombres, mais il y a une mobilisation derrière tout ça. Selon Jean-Philippe Charbonneau (CFOU), un renouveau est nécessaire, et certaines radios avancent déjà dans cette direction. Les radios communautaires font face à des défis, mais des défis intéressants et stimulants. Le reste est entre les mains des auditeur. ice.s et leur ouverture à la nouveauté.


10

arts et spectacles

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

PORTRAIT D’ANTOINE GÉLINAS

De multiples implications à l’université AUDREYANNE CLAVET Journaliste

Comme beaucoup d’étudiant.e.s, Antoine Gélinas s’est cherché avant de trouver le bon chemin. En effet, il a commencé son parcours universitaire par un certificat de communication à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), pour ensuite continuer le programme de communication en profil cinéma. Cependant, il a rapidement découvert que la grande ville de Montréal était loin d’être pour lui. En 2008, pendant la session d’hiver, il revient à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), dans sa région, comme étudiant libre. Il explorait à ce moment-là des cours en histoire, en récréologie et en psychoéducation. C’est à l’automne suivant qu’il se lance en enseignement secondaire, profil univers social. «À une époque où l’enseignement est très peu valorisé et les postes en enseignement de l’histoire sont plus que saturés...mais naïveté veut, on s’y lance», confie Antoine.

«Il n’y a pas seulement un chemin droit pour passer à travers des études postsecondaires, ce n’est pas la fin du monde de recommencer et d’hésiter.» — Antoine Gélinas Après trois ans dans ce même programme, il décide de se faire créditer un baccalauréat en éducation, pour ensuite commencer sa maîtrise en études québécoises. Comme il était grandement occupé dans sa vie personnelle, il travaillait à temps plein, pendant qu’il complétait sa maîtrise à l’Université. Antoine Gélinas s’est grandement impliqué au cours de son passage à l’UQTR. Il a eu la chance de s’initier à l’improvisation dans la Ligue

universitaire d’improvisation de Trois-Rivières (LUITR), et ce, pendant quatre saisons. Il est aussi ressorti gagnant d’une série de l’épreuve «Une joke, une bière» pendant le Carnaval étudiant, sur trois années de participation en tout. Une bonne moyenne!

PHOTO: GRACIEUSETÉ

Toutes les nombreuses implications d’Antoine Gélinas et sa personnalité lui ont permis rapidement de prendre sa place dans son baccalauréat en enseignement au secondaire. Sur un plan plus académique, il s’est aussi investi dans l’Association des étudiants au baccalauréat en enseignement au secondaire (BES) comme directeur des activités et des communications. Très impliqué au sein de sa cohorte, notamment dans le journal du BES, Antoine a ressorti du placard le Gala Charlemagne qui était dans l’oubli depuis un certain temps. Continuant dans les apparitions humoristiques, il a remporté une édition du concours d’humour de la Chasse Galerie. Il a aussi mis en place une troupe de théâtre nommé Jeu de plume, qui se voulait être une troupe d’initiation au spectacle et a fonctionné pendant deux ans. Toutes les nombreuses implications d’Antoine Gélinas et sa personnalité lui ont permis rapidement de prendre sa place dans son baccalauréat. C’est en avril 2014 qu’il a obtenu son brevet en enseignement du secondaire en univers social, profil histoire et géographie. Pour commencer sa carrière, il a décroché un petit contrat pour enseigner les sciences et les mathématiques dans une école. Pendant l’été, comme il n’avait pas de contrat, il a été serveur dans une microbrasserie tout en faisant des petits travaux d’animation un peu partout. C’est au courant de cet été qu’il a vendu un projet d’animation pour la ferme de la Nouvelle-France, où il est devenu guide animateur et animateur principal pour des mariages. Encore aujourd’hui, il continue l’animation pendant la période estivale. En 2015-2016, il a obtenu son tout premier

Antoine Gélinas s’est particulièrement démarqué lors de son passage à l’UQTR. contrat de 20% au primaire, pour une année entière. Il a pu compléter sa tâche avec de la suppléance et plusieurs petits contrats, ici et là. En 2015-2017, il a travaillé presque à temps plein dans plusieurs matières. «Cette année [en 2017-2018], j’ai décroché un contrat à 100% en adaptation scolaire, où j’enseigne l’anglais et où je fais de la supervision d’élèves en milieu d’emplois», dit-il. Si Antoine Gélinas a retenu quelque chose de son parcours à l’UQTR, c’est certainement que le campus est un milieu de vie stimulant dont les étudiant.e.s devraient profiter au maximum. Il ne faut pas avoir peur de recommencer sa formation, de même que d’hésiter sur notre chemin

ou de changer d’idée en cours de route. «Étudiants en enseignement, ne vous découragez pas, il y a aujourd’hui pénuries de suppléants, ce n’est pas facile d’avoir un poste permanent, mais faites vos classes, impliquez-vous dans la vie des écoles et la direction pensera à vous l’année suivante au moment d’attribuer des contrats.» Le Zone Campus lui a demandé quelques conseils généraux pour les étudiant.e.s de l’UQTR: «Il n’y a pas seulement un chemin droit pour passer à travers des études postsecondaires, ce n’est pas la fin du monde de recommencer et d’hésiter. Écoutez votre cœur plutôt que votre tête, soyez passionné et créez votre avenir professionnel à votre image à vous!»


arts et spectacles

www.zonecampus.ca

CRITIQUES D’ALBUMS

LE QUÉBEC UNE PAGE À LA FOIS

Milk and Bone Deception Bay

mouches à feu» de Geneviève Pettersen

11

Les nouveaux de février «La déesse des Après Little Mourning en 2015, le nouvel album du duo montréalais est enfin sorti. C’est un vent de nouveauté qui apparait dans Deception Bay. La tonalité de l’opus est bien différente de tout ce qui avait été fait par Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne. Le chemin pop et souvent électro est bien présent dans chacune des chansons ainsi que dans les deux interludes. L’œuvre en générale mérite une écoute, les morceaux sont très travaillés et réussis sur un plan d’ensemble. L’album était très attendu, car il marquait le retour en musique de Milk and Bone et ne déçoit pas nos attentes! Chansons à écouter: «Faded», «BBBLUE», «Deception Bay» et «Care».

JUDITH ÉTHIER

Chroniqueuse

L’album de Milk and Bone, Deception Bay.

Éric Charland La tristesse n’est qu’une saison Le jeune interprète montréalais nous offre un album de cinq chansons nommées La tristesse n’est qu’une saison. Ayant une carrière qui grandit sur la scène québécoise, c’est une sortie qui ne passe pas inaperçue. C’est un mix impressionnant de synthétiseurs et de textes raffinés et complexes. S’accompagnant au piano, Éric Charland nous propose toutefois un registre très variable, qui sait comment bien accrocher l’oreille. L’album a pour thème l’amour éphémère de jeunesse, mais aussi tous les troubles qui peuvent s’y lier. Chansons à écouter: «Seuls à deux», «Rose et jaune» ainsi que «Petite mort».

L’album d’Éric Charland, La tristesse n’est qu’une saison.

Seba et Horg Grosso Modo Ces deux vétérans de la scène hip-hop montréalaise nous offrent Grosso Modo, pur hip-hop vintage. L’album est en général une lettre d’amour au rap des années 90, c’est un remontant instantané. Les onze chansons sont un hymne à la culture québécoise, on sait reconnaître plusieurs clins d’œil à la génération avant 2000. Des morceaux remplis d’énergie, des rythmes bien poignants et des percussions vivantes à souhait: voici ce qu’est Seba et Horg. Chansons à écouter: «Vintage à l’os», «Grosso Modo» et «Han Han». (A.C.)

L’album de Seba et Horg, Grosso Modo.

Vous vous rappelez sans doute vos jeunes années d’adolescence qui ne sont pas si loin derrière vous. Pour certains, elles auront été de belles années d’amitiés, d’expériences et de plaisirs, alors que pour d’autres, elles auront été un véritable enfer. Dans son roman La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen nous propose la réalité d’une jeune fille qui devra composer avec plusieurs difficultés, qui l’entraîneront dans toutes sortes d’aventure et dans une recherche constante de sa place dans le monde. Catherine, 14 ans, vit à Chicoutimi-Nord et doit supporter le douloureux divorce de ses parents, la brutalité de son père et son silence, la sensibilité de sa mère et ses exigences de «poupoune», mais surtout, les jugements trop nombreux des autres jeunes de son milieu. Elle tente donc de gravir les échelons de la popularité à son école, au sein d’un cercle d’ami.e.s aux influences douteuses. Avec une écriture et un style parfaitement adaptés à l’époque durant laquelle se déroule l’histoire (c’est-à-dire les années 90), l’auteur nous plonge dans un univers où se mélange la musique punk rock, Kurt Cobain, des plombs aux couteaux, du PCP vert, des soirées de débauche dans des campes au fond des bois les soirs d’hiver, des baises et des jalousies, des batailles de skateux et «des petites crisses qui tripent sur Christiane F. et des beaux gars comme dans les films en noir et blanc.» Mais plus encore, elle nous fait entendre la langue des jeunes, la langue des habitant.e.s de cette région, utilisant «expressions imagées, mots inventés, construction de phrases fantaisiste, références culturelles: le langage vernaculaire de l’est du Québec est probablement le personnage le plus important du roman.» Ce genre littéraire est certes très réaliste, mais il devient difficile d’accès à certains moments à cause de la complexité de sa composition. Il me semble pourtant être une parfaite représentation de la réalité de l’endroit et de l’époque. Autre élément important de l’histoire: Catherine reçoit pour sa fête le roman Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée de la part de sa mère. Celle-ci souhaite évidemment dissuader sa fille d’agir de la même manière que l’héroïne du roman, mais l’effet sera tout le contraire. La jeune adolescente y verra un modèle et une référence, s’y reconnaissant sans doute par moments. Fait intéressant, ce roman a également

fait partie de l’adolescence de l’auteure, Geneviève Pettersen, également originaire de la région de Chicoutimi. Ce roman visait pourtant à décourager les jeunes filles à tomber dans la drogue, l’alcool et le sexe, à leur faire peur, mais il en aura pourtant inspirée plus d’une, développant chez elles une fascination pour le monde du rock’n roll. La déesse des mouches à feu est un roman percutant qui utilise un sujet de base qui peut sembler à premier abord plutôt banal, c’est-à-dire l’adolescence. Mais ceci raconté avec tellement de justesse, et sans aucune censure, aucun préjugé ou stéréotype, que l’on ne peut s’empêcher de dévorer le livre d’un bout à l’autre des deux couvertures. Dans ma lignée de romans percutants lus ces derniers temps, celui-ci en est un que je recommande évidemment à tous. Un livre que j’aurais aimé lire durant mon secondaire, même si ma propre adolescence était beaucoup, voire infiniment moins trash que celle de Catherine. J’aurais aimé être au courant des réalités différentes de la mienne. Malgré le fait qu’à cet âge, on ne veut pas nécessairement connaître le malheur des autres…

Une adaptation théâtrale du roman Du 5 au 30 mars prochain, la compagnie du Théâtre PÀP présentera une pièce adaptée du roman au Théâtre de Quat’sous. On pourra ainsi y voir «un groupe de jeunes filles s’emparer de la scène et des mots de Geneviève Pettersen pour célébrer le caractère dur, enivrant et universel des pulsions adolescentes.» Mis en scène par Patrice Dubois et Alix Dufresne, et assistés d’Elsa Posnic, les personnages de la pièce seront interprétés par Lori’anne Bemba, Zeneb Blanchet, Charlie Cliche, Evelyne Laferrière, Alexie Legendre, Éléonore Loiselle, Elizabeth Mageren, Kiamika Mouscardy-Plamondon, Éléonore Nault, Jade Tessier et Amaryllis Tremblay. Une représentation qui promet de faire vibrer tous ceux qui iront y assister. Je souhaite aujourd’hui vous laisser sur un commentaire publié dans la revue Les Libraires par Denis Gamache, de la librairie Au Carrefour, et qui me semble résumer parfaitement l’esprit du roman. «Bouleversant de vérité, La déesse des mouches à feu ramène le lecteur aux années 1990; le discman, le Sunny Delight, Kurt Cobain. Au-delà de ces mythes culturels, Catherine, enfant du divorce, cherche sa place au sein d’une bande d’ados en quête de sens. La drogue et le sexe, mais aussi l’amour, l’amitié, la mort; autant de malaises adolescents (mais universels) exprimés avec justesse. Un texte doux-amer où la douleur des silences se heurte à la méchanceté des mots. L’auteure livre des personnages attachants et réalistes qui hanteront le lecteur longtemps. Le premier roman d’une grande écrivaine possédant un style déjà bien défini. Madame Chose [blogue de l’auteure] a enfin un nom.»


12

arts et spectacles

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

EXPOSITION CINÉTIQUE À LA GALERIE R3

Numériquement artistique PHOTO: MARC-ANDRÉ ARSENAULT

MARCANDRÉ ARSENAULT Journaliste

En février, la Galerie R 3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a présenté Cinétique, une exposition collective du centre d’artistes Perte de signal, basé à Montréal. Cette exposition réunit les talents de Cinzia Campolèse, Samuel St-Aubin, Nelly-Ève Rajotte ainsi que Pavitra Wickramasignhe. Le vernissage s’est déroulé le jeudi 8 février dernier. Orientation Dédié à l’art numérique, la démarche principale de l’exposition vise à «démystifier des pratiques artistiques les plus actuelles auprès des publics». Il s’agit également d’un rappel de la place imposante qu’occupent les procédés numériques dans l’acceptabilité sociale au cours des dernières années.

La démarche principale de l’exposition vise à «démystifier des pratiques artistiques les plus actuelles auprès des publics». En prenant en considération ce phénomène, de nouvelles pratiques sociales et culturelles ont fait leur apparition. Afin d’expliquer l’une des sources de leurs résultats artistiques, basés sur la «désindustrialisation», Perte de signal utilise

Blanc, 2017, de Nelly-Ève Rajotte, au cours du vernissage du 8 février dernier. l’expression «réinterprétation artistique», en récupérant «les outils et les savoir-faire d’une époque possiblement révolue».

PHOTO: MARC-ANDRÉ ARSENAULT

L’exposition Pour l’artiste italienne Cinzia Campolèse, l’inspiration du numérique dans les arts est à l’origine de différentes rencontres: «J’allais voir la Biennale de Venise (La Biennale di Venizia) cette année, et il y a des artistes qui ont travaillé cette technique. Mais c’est beaucoup relié avec des sculptures, quelque chose qui est très physique. J’ai voulu revisiter cette technique mais avec de la projection.» Physiquement, son œuvre Mirror canvas (2018) représente une projection de cercle qui évolue sous différentes perceptives, plus particulièrement par le biais de la couleur. Les évolutions demeurent toutefois congrues d’une moitié de l’autre du cercle. L’artiste rappelle que la démarche du numérique peut être fort simple. Elle affirme que cela a été le cas pour la création de son œuvre. «C’est du numérique, mais ça prend aussi à la base une technique très simple et très analogue.» Dans cette exposition, on peut également retrouver l’œuvre Cordes croisées (2014) de Samuel St-Aubin. Ce dernier explore l’art électrique depuis 2002, d’abord par la participation à des projets collectifs au Québec, et, depuis quelques années, par une démarche beaucoup plus personnelle.

Exclusivité

Mirror canvas, 2018, de Cinzia Campolèse.

Pour faire suite au vernissage de Cinétique du jeudi 8 février, la Galerie R 3 a invité l’artiste Nelly-Ève Rajotte, auteure de l’œuvre Blanc (2017) à donner une conférence portant sur son œuvre et sa démarche de travail, le jeudi 1er mars dernier. Il s’agissait d’une exclusivité sur le campus de l’UQTR: «On m’a invité parce que je suis une artiste de Perte de Signal, le groupe qui expose ici. […] Ça me donne le gout de présenter d’autres conférences!» s’exclame l’artiste montréalaise.

Qualifiée d’œuvre «immersive» par son auteure, Blanc met en scène des images de paysages du Grand Nord, dédiant ainsi la couleur par le truchement vidéo sur grand écran. D’une perceptive aérienne, la grande majorité des images a été filmée sous des lentilles de drones: «Le drone, c’est un robot qui scrute un paysage. Le paysage, c’est souvent associé à quelque chose de romantique, […] c’est contemplatif, c’est sublime, mais si le paysage est regardé par un robot, est-ce qu’il y a toujours cet aspect de sublime? Donc, je voulais voir ce que ça donnait», affirme Nelly-Ève Rajotte.

Qualifiée d’œuvre «immersive» par son auteure Nelly-Ève Rajotte, Blanc met en scène des images de paysages du Grand Nord. L’artiste a volontairement fait place aux «imperfections» du drone sur la bobine pour caractériser et distinguer son œuvre: «[Ce sont] des erreurs au montage qu’on ne garderait pas. […] On ne veut pas voir la tête du robot […] qui tourne rapidement comme un mouvement rapide, mais moi, je les ai gardées, ces images-là, pour créer des transitions», explique-t-elle. Nelly-Ève Rajotte est une artiste spécialisée en électroacoustique, possédant une formation de l’Université Concordia dans ce domaine, en plus d’avoir une formation en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle présentera une œuvre dans le cadre du Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (FIMAV) qui se déroulera du 17 au 20 mai prochain.


arts et spectacles

www.zonecampus.ca

LUITR – PORTRAIT DE RECRUE – MAXIM LANDRY

Lorsque la maîtrise permet de s’épanouir Maintenant étudiant à la maîtrise, Maxim Landry est heureux d’avoir du temps pour pratiquer des activités qui lui manquaient. L’improvisateur, recrue de l’équipe des Verts de la Ligue d’improvisation universitaire de Trois-Rivières (LUITR) évolue au sein de la ligue depuis septembre dernier. Maxim Landry est un amateur d’improvisation depuis son secondaire. Également, son engagement dans les Cadets de l’air lui a permis de découvrir davantage l’univers de l’improvisation, puisque des activités d’improvisation étaient organisées sporadiquement. Par la suite, c’est en tant que spectateur que son engouement s’est créé. «C’est le fait d’aller en voir qui à donner le goût d’en refaire et vice versa. En tant que public aussi, tous mes tracas sont mis de côté.» Bachelier en enseignement au secondaire en sciences et technologies, Maxim a débuté la maîtrise en éducation profil didactique cette année. «J’ai décidé de faire le camp de recrutement et j’étais existé d’avoir été choisi, car à la maîtrise je vais avoir le temps de faire ça. […] Enfin, je peux recommencer quelque chose que j’aime!» Pour avoir déjà été DJ à la LUITR et substitut, aujourd’hui, il est déjà bien ancré dans la ligue. Il est en train de travailler ses forces, soit de créer l’absurde. «J’aime camper une histoire qui est réaliste, mais prendre une réalité et venir jouer avec un aspect ou deux pour la rendre absurde», a-t-il mentionné pour expliquer son style de jeu. En effet, on peut remarquer sur scène qu’il aime reproduire le même style de personnage. «Un que je fais souvent, c’est un personnage qui est tout simple, pour ensuite ajouter un aspect de lui qui est absurde. Une personne qui zozote pis à cause de ça, l’univers devient

absurde». Un personnage qui zozote est pour lui une faire ressortir une espèce de naïveté dans le personnage face à une situation bien évidente. En effet, ce style permet de venir ébranler tous les champs de l’improvisation en cours. C’est d’ailleurs ce que Maxim aimerait tenter de faire en expérimentant davantage cet aspect de son jeu. Évidemment, la plupart de nos recrues ont été d’avis pour dire que l’improvisation est caractéristique de la culture québécoise. À leur manière, ils nous expliquent que c’est une sorte d’échappatoire par la création d’un imaginaire. Pour Maxim, l’improvisation permet de se perdre dans son imagination, en effet, mais aussi dans celle des autres. «Autant le public que le joueur, tout le monde a besoin d’une échappatoire. […] Pis le fait que les autres joueurs se créent des histoires, ça donne envie d’entrer dans d’autres univers que le sien.»

«Autant le public que le joueur, tout le monde a besoin d’une échappatoire.» — Maxim Landry Cette année, la Ligue nationale d’improvisation (LNI) a fêté ses 40 ans. Selon Maxim, cet événement prouve justement l’importance de l’improvisation. «Même dans la région c’est assez impressionnant le nombre de ligues qui évoluent qui perdure. Juste à Trois-Rivières, la Ligue d’improvisation mauricienne (LIM) a 35 ans, c’est la preuve que c’est fait pour perdurer et que les gens en ont besoin. Ça prouve de ce fait qu’elle a besoin de prendre plus de place dans la culture québécoise.» C’est pourquoi il vous invite à assister aux matchs de la LUITR les lundis soir 20h au Café Bistro Chasse Galerie. «Parce qu’on en a besoin. Point.» (M.C.B.)

PHOTO: CAMILLE CHAGOT

Maxim Landry évolue au sein de l’équipe des Verts.

13

LE GARS QUI PARLE DE CINÉMA

Pour vivre ici LOUISÉTIENNE VILLENEUVE Chroniqueur

Si les livres nous permettent de mieux lire les pensées des autres, les films sont pour leur part un bon entraînement à l’empathie. Le film «Sais-tu ce qui me manque le plus? Sa bonté.» Dans Pour vivre ici, Bernard Émond lie l’expérience humaine de solitude aux décors d’hiver de Baie-Comeau, de Montréal et de l’est de l’Ontario. En suivant Monique (Élise Guibault), en deuil récent de son mari, le film touche à plusieurs dimensions parlantes, comme l’écart générationnel, la perte de l’être aimé, la vie moderne et le retour aux origines. Le tout, dans un rythme extrêmement lent. Trop lent? Le point est débattable. D’une part, ce choix de rythme a pour intérêt de rendre justice au réalisme qui caractérise l’œuvre dans son ensemble. Sans prétention à romancer, le film nous sert le portrait d’un deuil normal. Le rythme ici est adéquat: un deuil, c’est aussi beaucoup d’attentes, beaucoup de rien. De petits symboles, ici et là. Cela dit, avec les habitudes développées à écouter des produits culturels au rythme boosté par les stéroïdes (petit clin d’œil aux Olympiques), Pour vivre ici a tout de même pour inconvénient d’être quelque peu assommant. Ayant écouté le film avec un brin de fatigue, j’admets avoir éprouvé plusieurs difficultés à rester accroché aux scènes qui m’étaient présentées. C’est à prendre en considération (surtout si vous manquez vous aussi de sommeil). Cette dernière remarque donne toutefois à réfléchir. Puisque le film aborde (entre autres) le thème de l’écart générationnel, ce rythme lent, qui fait penser aux premières œuvres cinématographiques, et qui contraste avec la pulsation effrénée des œuvres d’aujourd’hui, peut à lui seul constituer une sorte de contribution critique à notre regard sur la société. Le scénario souligne d’ailleurs à grand trait comment les générations présentes vivent à bout de souffle, d’une manière qui défie les repères de leurs propres parents. En assumant le rythme lent, Émond se montre de la sorte intègre face à un style qui lui plaît, mais aussi à contre-courant d’une industrie qui mise de plus en plus sur la surstimulation. Et pour retransmettre le deuil, la lourdeur de l’affect, et engendrer par là une réponse adaptée chez le spectateur, peut-être est-il bon de savoir le faire patienter, de le faire attendre. De le rendre indulgent. En ce sens, je reste favorable au visionnement de Pour vivre ici, même si je me suis un peu égaré en lui.

La réflexion Apprendre en voyant Les deux derniers films que j’ai couverts pour cette chronique (Aus dem Nichts et Pour vivre ici) couvraient dans les deux cas, curieusement, le deuil d’une femme. Dans leur traitement respectif, chacun d’entre eux s’attachait à capter les états tourmentés de cette femme laissée à elle-même, aux prises avec une myriade d’émotions fortes, dans ce moment de vie qui est sans doute l’un des pires, puisqu’il induit l’absence de sens. En bénéficiant du jeu d’actrices de grand talent (Diane Kruger et Élise Guilbault), ces films m’ont épaté par les degrés de sympathie qu’ils ont suscités chez moi. Un jour, j’ai été marqué par un partage d’une amie sur les médias sociaux, où il était dit que les livres nous rendaient capables de mieux «lire dans les pensées des autres». La formule était comique, mais le contenu était sérieux: lorsque nous lisons, nous avons accès à des dimensions de la pensée et à des états intérieurs qui nous échappent dans la vie normale. Nous plongeons dans les sphères les plus intimes de l’autre. C’est pourquoi, à force de lire, il nous devient possible d’entrevoir des choses qui auparavant nous échappaient, des choses qui sont généralement voilées ou volontairement cachées. Ce niveau de clairvoyance, de prospection abyssale, est un avantage qu’aura toujours à mon sens le roman sur le cinéma. Cela dit, les films, comme les pièces de théâtre, ont un attrait qui est bien à eux, qui est de nous faire voir des émotions que l’on ne croise pratiquement jamais: ils ouvrent la voûte des émotions complexes. Ce faisant, les œuvres cinématographiques nous préparent non seulement à vivre ces émotions, en contexte protégé (une salle de cinéma, un salon), mais elles augmentent aussi notre capacité à être empathique face aux autres, en nous confrontant à des exemples explicites d’expressions extrêmes. Voir et vivre par extension des émotions aussi variées et aussi fortes, surtout lorsqu’elles sont jouées avec brio, nous rend à la longue plus disponibles, plus nuancé.e.s dans notre sensibilité, plus attentif.ve.s aux réactions émotives des autres. Et c’est ce pour quoi le cinéma devrait être entrevu comme un entraînement à l’empathie.

À VENIR AU CINÉMA LE TAPIS ROUGE L’insulte, de Ziad Doueiri (À partir du 9 mars – Drame juridique libanais nominé à la Cérémonie des Oscars 2018) Faute d’amour, d’Andreï Zviaguintsev (À partir du 9 mars – Drame russe récipiendaire du Prix du Jury au Festival de Cannes 2017) www.cinemaletapisrouge.com


14

arts et spectacles

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

PUB QUIZ QUÉBEC AU CAFÉ FRIDA

Des joueur.se.s assidu.e.s Depuis maintenant près de deux ans, le Café Frida de Trois-Rivières est abonné au Pub Quiz de l’entreprise shawiniganaise Pub Quiz Québec. Sous forme d’équipes, des gens se réunissent pour participer à un quiz en trois rondes, chaque lundi, en espérant avoir cumulé assez de points pour se rendre en ronde finale. Votre journal étudiant, le Zone Campus, a assisté à la cinquième finale de la présente saison au Café Frida.

PHOTO: MARC-ANDRÉ ARSENAULT

L’animateur du Pub Quiz au Café Frida, Louis-Philippe Cantin.

On compte 25 abonné.e.s de Pub Quiz réparti.e.s dans plusieurs régions du Québec. En Mauricie, autre que le Café Frida, on retrouve Le Trou du Diable, la Microbrasserie À la Fût et Le Gambrinus parmi les abonnés du Pub Quiz. Pub Quiz en est actuellement à sa quatrième saison, laquelle se déroule sur 15 semaines, du 8 janvier au 16 avril. Les équipes gagnantes de chaque bar ou pub pourront participer à la finale provinciale, le samedi 16 avril.

Un prétexte de rencontre original

La participation

Quel est l’objectif du Pub Quiz? Alimenter des rencontres quotidiennes sous prétexte de participation à un quiz, mais en équipe, et animer les bars et les pubs en début de semaine, période où ils sont généralement moins fréquentés. «C’est fondamentalement pour le plaisir», affirme l’animateur du Pub Quiz, Louis-Philippe Cantin. «Ce sont toujours des amis qui se réunissent, puis c’est une excuse pour se rencontrer et se faire du plaisir.» L’événement se déroule en trois temps: la première partie donne aux joueur.se.s 12 images à identifier. La deuxième leur donne l’occasion de tester leur culture générale en 18 questions. Enfin, la troisième leur permet de mettre en avant leur culture musicale, avec 12 extraits de chansons à reconnaitre.

Pour la présente saison, treize équipes sont inscrites à Pub Quiz Québec au Café Frida. Un des critères originaux est celui de créer un nom d’équipe hors du commun. Parmi ceux du café végétalien, on retrouve, entre autres, Les raisins secs, Les amis de Jess Côté, Madame Neurone, Biblio Trivial, Le Chaos, Les Érudits Caya, SainteCécile-Priez-pour-nous, Les corrects, ainsi que

L’inspecteur Ouzo. Cette dernière équipe se retrouve d’ailleurs, jusqu’à présent, en première position du classement et a remporté la cinquième finale.

«C’est fondamentalement pour le plaisir» — Louis-Philippe Cantin Les équipes doivent être formées de deux à quatre personnes. Cependant, au Café Frida, une équipe fait exception à la règle: Un gars, une feuille. «On a un joueur qui joue tout seul à chaque semaine. […] Les gens, ils tripent bien gros sur lui, mais l’idée est que «c’est hot qu’il joue tout seul!» (rires)» lance l’animateur du Pub Quiz au Café Frida, Louis-Philippe Cantin. Un gars, une feuille s’est d’ailleurs classé en première place, il y a quelques semaines. (M.A.A.)

UQTR EN SPECTACLE

Une 14e édition remplie de talent Mercredi soir a eu lieu la 14e finale locale d’UQTR en spectacle, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières. Pour une deuxième année consécutive, l’étudiant en biochimie Mathieu Fortin a remporté la première place avec une composition au piano très touchante… Le maître de cérémonie de la soirée était Alex Marchand, étudiant de troisième année en administration. Il a ouvert le spectacle en expliquant le contexte de la soirée. UQTR en spectacle est un concours d’arts de la scène mettant en lumières des étudiant.e.s de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Les numéros présentés varient entre des performances d’humour, de musique, de chant, de danse, de magie et de variété. Lors de ce concours, trois prix sont remis par un jury et un prix coup de cœur par le public. Cette année, le jury était composé de Marc Thivierge, Rémi Francoeur et Samantha Bérubé. La troisième place a été remise à l’étudiant à la maîtrise en loisir, culture et tourisme Frédéric Martineau. Ce dernier a offert une prestation de manipulation de bolas, une technique de jonglage qui donne un impressionnant spectacle. C’est Anne-Sophie Côté qui a décroché la deuxième position en présentant deux pièces, dont une composition au piano-chant. Elle a également reçu le prix Coup de cœur du public.

Les autres participant.e.s étaient Marie-Chantale Delaney & Nicolas Boulay, un duo d’interprétation musicale, Mikaël Hébert, un auteur-compositeur rap, Jean-Sébastien Langlois, auteur-compositeur au piano, la troupe de danse PATturn, le danseur Jason Pinto Sanhudo, et le groupe rock The Xplorers. La soirée était animée par Joëlle Desbiens, Marie-Emmanuelle Rancourt, Karolane Farrier et Moïra Houde-Cotton, toutes les quatre au baccalauréat en loisir, culture et tourisme. Elles ont mis en scène le reflet caricaturé de certains stéréotypes portés à différents programmes d’études de l’UQTR, en incarnant des personnages humoristiques. Porte-parole de la 14e édition d’UQTR en spectacle, l’humoriste PierreYves Roy-Desmarais a offert un numéro avant la remise des prix. Pour clore la soirée, Martin Lambert, conseiller aux activités étudiantes et instigateur du projet, a livré un discours qui évoquait les efforts des étudiant.e.s qui se sont impliqué.e.s dans l’organisation d’UQTR en spectacle. Le comité organisateur était composé de Vanessa Vachereau (coordonnatrice), Carol-Ann Tellier (responsable des partenaires et des participants), Camille Chagot (responsable des communications), Stephan Huard-Zamorano (responsable des bénévoles) et Alexandra Cimon (responsable de la logistique). Félicitations à toute l’équipe! (M.C.B.) PHOTO: KEVEN GAGNON

Frédéric Martineau, récipiendaire du troisième prix.


15

www.zonecampus.ca

SPORTS BILAN SPORTIF HIVERNAL

Bonne saison des Patriotes natation ALEXANDRE BROUILLARD Journaliste

La saison de natation des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) est maintenant terminée. Cette année, les nageurs et nageuses trifluviennes ont livré la marchandise, tant sur le plan individuel qu’en équipe. La saison a débuté le 14 octobre à la piscine du Pavillon de l’éducation physique et des sports (PEPS) de l’Université Laval de Québec. Lors de cette journée, beaucoup d’athlètes trifluvien.ne.s se sont classé.e.s dans le top cinq de leurs courses. Au relais 4 X 50 mètres, l’équipe féminine a remporté la médaille de bronze. Puis, Annie-Pier Labbé est revenue à l’UQTR avec deux médailles personnelles au coup: une de bronze au 50 mètres dos, ainsi qu’une d’argent remportée au 100 mètres dos. Le 28 octobre a eu lieu la deuxième rencontre de la Coupe universitaire, disputée à l’Université McGill de Montréal. Aucun.e athlète de la délégation des «Pats» n’est monté.e sur le podium. Toutefois, la cinquième position de Justine Ricard au 100 mètres brasse lui a valu le titre de la Patriote féminine de la semaine du 30 octobre. Sans oublier Janelle Guay-Boisvert, qui a su se démarquer parmi les dix meilleures nageuses au 50 mètres libre, avec une sixième position. Finalement, lors de cette compétition, Maxime Landry s’est classé en neuvième position au 400 mètres quatre nages, et au dixième échelon lors du 100 mètres brasse. Après des performances moins satisfaisantes à McGill, les Patriotes ont rebondi, lors des troisième et quatrième Coupes universitaires, présentées à l’Université de Montréal (UdeM). Dans le cadre de la première journée de compétition, deux athlètes de la délégation trifluvienne sont montées sur le podium de la piscine des Carabins. À l’épreuve du 50 mètres brasse, Janelle Guay-Boisvert s’est démarquée avec une troisième position. De son côté, Justine Ricard a également atteint la troisième marche du podium, lors de l’épreuve 100 mètres brasse. Dès le lendemain, Justine est remontée sur le podium, cette fois-ci en deuxième position, lors du 200 mètres brasse. Durant la même course, Raphaële Roberge s’est classée quatrième, à seulement 17 millièmes de secondes d’une médaille. Lors des épreuves à relais, la compétition s’est moins bien déroulée. En effet, l’équipe UQTR 2 a terminé au septième rang à l’épreuve du 4 X 100 mètres libre. Puis, lors de l’épreuve du 4 X 100 mètres nage, l’UQTR 1 s’est classée au sixième échelon.

Du 2 au 4 février derniers, les Patriotes de l’UQTR ont renoué avec l’action, dans le cadre du Championnat provincial universitaire de natation disputé à l’Université de Sherbrooke. À la suite des deux dernières Coupes universitaires présentées à Montréal, l’entraîneur Charles LaBrie mentionnait: «d’ici le Championnat provincial, nous allons apporter des correctifs et travailler sur nos faiblesses. J’ai confiance en mon équipe.» Les correctifs apportés ont porté leurs fruits. En effet, la formation trifluvienne a remporté trois médailles, lors de ce week-end de compétition. Le tout a commencé avec une médaille de bronze remportée au 4 X 50 mètres à relais par l’équipe composée d’Annie-Pier Labbé, Janelle Guay-Boisvert, Justine Ricard et Sarah Villeneuve. Sur le plan personnel, Ricard a remporté la médaille d’or au 200 mètres brasse, ainsi que la médaille d’argent au 100 mètres brasse. De son côté, Raphaële Roberge s’est classée au quatrième échelon à l’épreuve du 100 mètres brasse. Cette fois-ci, les épreuves de relais se sont mieux déroulées qu’aux dernières compétitions. Au 4 X 50 mètres quatre nages, l’équipe composée d’Annie-Pier Labbé, Janelle Guay-Boisvert, Marika Plourde-Couture et Justine Ricard a terminé au quatrième échelon, à seulement cinq millièmes de seconde de la troisième place. Du côté des hommes, Maxime Landry a obtenu une cinquième position, lors du 200 mètres quatre nages. La saison de natation se concluait à l’occasion du Championnat canadien universitaire (U SPORTS), présenté à l’Université de Toronto du 22 au 24 février derniers. Les Patriotes se retrouvaient avec les meilleures nageuses universitaires du Canada, la compétition était relevée. Malgré tout, la troupe de Charles LaBrie s’en est plutôt bien sortie. Janelle Guay-Boisvert avait terminé en cinquième position de la finale C (21e au total) au 50 mètres brasse. Puis, Justine Ricard s’était classée au cinquième échelon de la finale C (21e au total) au 100 mètres brasse. Finalement, lors des compétitions à relais, l’équipe composée de Guay-Boisvert, Roberge, Labbé et Ricard avait terminé le 4 X 100 mètres libre au vingtième échelon et le 4 X 100 mètres quatre nages en dix-neuvième position. L’entraîneur-chef, Charles LaBrie, affirme: «je suis fier du rendement que mon équipe m’a donné. C’est ma meilleure saison depuis mon arrivée avec les Patriotes. Nous avons de jeunes nageurs et nageuses, les prochaines années s’annoncent prometteuses.» De son côté, Justine Ricard, qui a été tout feu tout flamme cette saison, se dit «très contente de [sa] saison universitaire.» Elle ajoute: «J’ai vécu ma première compétition canadienne universitaire et ce fut une très belle expérience, où j’ai eu la chance de nager contre les meilleurs au pays! Il me reste beaucoup de travail à faire et j’ai déjà plein de défis et d’objectifs en tête pour ma prochaine saison.»

PHOTO: ARIANE SAMSON

Justine Ricard, nageuse de deuxième année chez les Patriotes, s’est démarquée tout au long de la saison avec une récolte de cinq médailles.


16

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

SPORTS

PASSIONNÉE DE SPORTS CHERCHE EXPLICATIONS

Pourquoi aller au gym? JESSYCA MARCHAND Chroniqueuse

Je me suis toujours posé la question à savoir pourquoi les gens s’entraînaient, et encore plus pourquoi ils le faisaient dans un gym. J’ai décidé d’aller voir par moi-même le Centre de l’activité physique et sportive (CAPS) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) pour y trouver des réponses. J’ai parfois été dans d’autres centres de remise en forme, et j’ai remarqué quelques scénarios que l’on voit souvent dans ces endroits. Les athlètes qui veulent à tout prix se dépasser, les gens qui veulent à nouveau pouvoir enfiler des vêtements trop petits, ou encore les cas typiques voulant montrer aux autres combien ils ou elles sont les plus en forme. Je suis donc partie à la recherche de ces stéréotypes au centre d’entraînement de l’université. Quelle ne fut pas ma surprise d’y rencontrer… plein de personnes âgées! Je l’avoue, je ne m’y attendais pas du tout. J’avais dans l’idée que le CAPS était réservé aux étudiant.e.s voulant se changer les idées entre deux cours ou se maintenir en forme. Évidemment, c’est aussi l’endroit où les joueur.se.s des Patriotes s’entraînent, mais je ne croyais pas que des personnes âgées venaient ici faire leurs exercices. J’ai eu la chance de me promener un peu partout dans le centre d’entraînement, et je peux dire qu’il est assez fonctionnel, et ce, pour toutes sortes de personnes. Piste d’athlétisme, piscine, terrains pour les sports de raquette, machines d’entraînement, sections pour le cardio, les poids et les haltères: tout y est. On m’a même dit que des personnes avec des déficiences physiques venaient essayer les machines de temps à autre. Étant dans cette condition, je me suis demandé comment les autres personnes réagissaient quand elles voyaient à côté d’eux quelqu’un avec un handicap s’entraîner? La réponse est simple: ça les motive! Il est toujours intéressant de voir des gens qui essaient de se dépasser autant qu’eux et elles, peu importe le handicap.

Un respect que l’on ne voit pas souvent ailleurs L’ambiance est complètement différente au CAPS qu’à un autre centre. Je ne suis peutêtre pas la meilleure juge pour le dire, et il est vrai que j’y suis allée un matin de semaine, mais le climat était calme, posé, et surtout respectueux. J’étais une fille qui posait des questions en se promenant d’un endroit à un autre, mais jamais personne n’est venu me dire que je n’y avais pas ma place. Aucun regard étrange de la part de quelqu’un qui

s’entraîne sans vouloir se faire déranger, ou encore de sportif.ve en quête de visibilité. Rien que des étudiant.e.s, des personnes du troisième âge, et d’autres qui voulaient seulement faire leurs exercices tranquillement. J’ai eu la chance d’avoir une visite guidée de l’ensemble des installations, et un petit cours sur les règles à respecter. Également, en discutant avec mon guide de la journée, il m’a suggéré l’idée que le niveau d’éducation moyen de leur clientèle était sans surprise l’université. Je ne veux pas faire de généralités, mais les étudiant.e.s universitaires sont la plupart du temps plus éduqué.e.s et respectueux.ses des autres que les élèves du secondaire, par exemple. Encore une fois, je n’y suis allée qu’une seule fois, et je n’avais pas l’air de quelqu’un prête à courir un marathon.

Des motifs différents J’en reviens à ma question de départ: pourquoi les gens s’entraînent-ils dans un gym? Les machines sont plus performantes que les objets que l’on a la plupart du temps à la maison, mais pourquoi payer afin d’avoir mal partout le lendemain? Quelles sont les motivations de chacun.e? La perte de poids, la diminution du stress, l’entraînement pour un sport?

À tou.te.s les sportif.ve.s et personnes qui s’entraînent, je vous lève mon chapeau, surtout si vous le faites pour les bonnes raisons. Pendant des années, j’ai été parmi ces personnes, à repousser mes limites plusieurs fois par semaine pour tenter d’atteindre des objectifs parfois irréalisables. Quand je repense à cette époque, je me dis que j’avais du courage de me lever de ma chaise (pardonnez mon jeu de mots) et d’aller souffrir pendant des heures. Pourtant, la satisfaction une fois l’entraînement accompli, c’était divin. Est-ce le cas pour tout le monde? Est-ce qu’en allant soulever quelques poids et courir sur un tapis roulant, vous ressortez l’esprit en paix? J’espère pour vous que la réponse est oui, sinon, le tricot est aussi une bonne méthode pour baisser la pression! À tou.te.s les fameux.ses sportif.ve.s et personnes qui s’entraînent, je vous lève mon chapeau, surtout si vous le faites pour les bonnes raisons. L’apparence n’est pas la seule chose qui devrait motiver les gens à faire de l’exercice, cela vient en bonus. Cette chronique n’a pas pour but de vous inciter à vous inscrire au CAPS ou dans un autre centre sportif, mais à mentionner que si jamais l’envie vous prend, il y a des endroits qui existent pour le faire et des personnes pour vous aider dans votre parcours. Cette visite a été agréable et j’y retournerai sûrement. On ne sait jamais, je pourrais peut-être avoir la piqûre moi aussi et m’entraîner pour participer à un concours d’haltérophilie!

PORTRAIT – JESSICA GEOFFROY-JANELLE

Étudier le sport sous un autre angle Dans le cadre de ce portrait d’un.e étudiant.e aux cycles supérieurs, le Zone Campus a rencontré Jessica Geoffroy-Janelle. À la suite de l’obtention d’un diplôme d’études collégiales en arts, lettres et communication profil langue moderne acquis au Cégep de Drummondville, elle s’est lancée dans un baccalauréat en histoire à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Elle est maintenant étudiante à la maîtrise en communication sociale. Le quotidien de Jessica n’est pas de tout repos. En effet, elle est mère de deux enfants tout en étudiant à la maîtrise. De façon générale, elle se décrit comme une grande amoureuse des sports. Depuis son enfance, elle en pratique différentes sortes et elle observe son père, qui est un grand sportif. À cet égard, il est juste de dire que l’activité physique est une essence de son quotidien. Contrairement à beaucoup d’autres étudiant.e.s aux cycles supérieurs à l’UQTR, qui approchent le monde des sports de façon plus pratique, Jessica l’aborde plutôt sous l’angle des sciences humaines. Elle ne tente pas de résoudre un problème précis ou d’apporter une solution comme beaucoup le font en sciences de l’activité physique. De son côté, elle divulgue et analyse une nouvelle facette, concernant le rôle social des différents capitaines du Canadien de Montréal.

Baccalauréat en histoire À la suite de l’obtention d’un baccalauréat en histoire, pourquoi s’orienter vers la communication sociale? Selon Jessica, l’histoire l’a outillé pour faire le saut au deuxième cycle, tandis que la communication lui apporte un côté plus pratique face aux connaissances acquises lors du baccalauréat. Pour cette étudiante, l’histoire est une passion, qui lui a permis de se développer personnellement. Selon elle: «C’est difficile de comparer deux domaines, mais l’histoire m’a démontré l’importance de la méthodologie et m’a équipée d’une méthode de rédaction rigoureuse. Mon parcours en histoire m’a permis d’établir les bases de mon projet de recherche.»

Son projet de recherche Dans le cadre de son projet de recherche à la maîtrise, Jessica est dirigée par Stéphane Perreault. Pour le moment, son projet est encore sensible aux changements. Une chose est certaine, il gravite autour du Canadien de Montréal. Plus précisément, Jessica s’intéresse au rôle du capitaine du Canadien de Montréal dans la société québécoise. Elle désire, entre autres, faire une certaine comparaison entre le rôle du capitaine dans une équipe lorsque tout va bien et examiner comment la société voit le rôle du capitaine, au fil des années. Présentement, l’étudiante à la maîtrise en communication sociale est intriguée par le rôle du capitaine de la Sainte-Flanelle. «Je veux étudier son rôle dans différentes situations. Il sera intéressant de l’observer lorsqu’il y a une remise en question de son leadership dans le vestiaire.»

Contrairement à d’autres qui approchent le monde des sports de façon plus pratique, Jessica l’aborde plutôt sous l’angle des sciences humaines. Jessica utilisera certains journaux pour étudier les diverses réactions des amateurs face aux événements en lien avec l’ensemble des capitaines de la longue histoire du Canadien de Montréal. Elle mentionne: «À travers les journaux, j’observerai ce qui est véhiculé dans la société par rapport aux différents capitaines.»

Objectifs personnels Jessica ne s’en cache pas, elle désire terminer sa maîtrise le plus tôt possible tout en livrant un travail hors pair: «Je carbure aux défis et je désire éventuellement poursuivre mes études au niveau supérieur.» Finalement, Jessica est fière de montrer l’exemple à ses enfants, qui sont respectivement âgés de six et dix ans: «Je crois leur transmettre le goût d’apprendre tout en leur démontrant que l’école est une source d’enrichissement personnel.» Le Zone Campus souhaite le meilleur des succès à Jessica dans ses projets! (A.B.)

PHOTO: ALEXANDRE BROUILLARD

Jessica Geoffroy-Janelle, étudiante à la maîtrise en communication sociale à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).


www.zonecampus.ca

SPORTS

17

REPORTAGE – COACHS CHEZ LES PATRIOTES

Chefs d’orchestre de la réussite ÉTIENNE LEBELMICHAUD Journaliste

Le Zone Campus vous rapporte sans cesse les hauts et les bas des athlètes et des équipes sportives de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Ce mois-ci, il est temps de parler un peu des grands architectes des succès des Patriotes: les entraineurs et entraineuses. Souvent hors des projecteurs, trois d’entre eux sortent aujourd’hui de l’ombre afin de vous offrir un point de vue exclusif sur la vie d’entraineur.se au niveau universitaire. Comme un gant Présentons-les d’abord: Marie-Ève Girouard est l’entraineuse de l’équipe de volleyball, Chloé de Haerne est à la tête de la formation de cheerleading, et Shany Black est l’homme de confiance en soccer masculin. Si les deux premières sont en poste depuis quelques années déjà, M. Black apporte un œil nouveau sur la question, car il n’est entré en poste que tout récemment. Fait intéressant: tous trois ont été membres des Patriotes avant de devenir entraineur.se. Girouard a commencé à jouer pour l’équipe de volleyball dès sa réapparition, lors de la création de la division 2 du Réseau du Sport Étudiant du Québec (RSEQ). Lorsqu’elle a obtenu son baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et à la santé, on lui a proposé le poste d’assistante-entraineuse. Deux ans plus tard, le rôle principal se libère, et elle le saisit de plein gré. Elle occupe ce poste en complément de son emploi quotidien d’enseignante en éducation physique. De Haerne s’est également alignée avec les Patriotes dès son arrivée à l’UQTR. Après une saison, on lui propose la tâche d’entraineuse-adjointe, et elle devient co-entraineuse en chef au bout de cette deuxième année. Après un baccalauréat et une maitrise en ergothérapie, elle étudie maintenant en médecine au campus de l’Université de Montréal en Mauricie. Black a fait partie des Patriotes pendant deux saisons, avant de quitter pour l’Université Laval où il a complété un baccalauréat en intervention sportive, un domaine d’études plus que pertinent à l’emploi. De retour dans sa région natale après ce bref exode, il amène beaucoup au sport dans la région trifluvienne. En effet, en plus d’être entraineur des Patriotes depuis quelques mois, il est également directeur technique et responsable des équipes d’élite (AA et AAA) pour le Club de Soccer de Trois-Rivières (CSTR). Le vecteur commun à ces trois histoires est évident: il faut, pour devenir entraineur.se au niveau universitaire, être habité.e d’une passion pour son sport, et accompagner cette passion d’un désir de la transmettre: «Pour moi, c’était simplement la suite logique des choses après la fin de mon parcours de joueuse», affirme Marie-Ève Girouard.

Un roulement cahoteux Jusqu’à présent, tous trois réussissent à faire cohabiter cette passion avec leurs activités quotidiennes et à garder le dessus. En plus des

pratiques et matchs (ou compétitions), ce sont des heures de planification, de visionnements, de rencontres avec les autres intervenant.e.s tels les thérapeutes sportifs, des heures de financement, d’analyses vidéo et de gestion de matériel. Bien sûr, le temps demandé varie d’un sport à l’autre, alors que certain.e.s ont un match par semaine, tandis que d’autres ont plutôt un tournoi par mois. Mais la tâche n’en reste pas moins colossale, peu importe le cas. Une autre tâche importante est le recrutement, et la situation n’est pas toujours rose à ce niveau chez les Patriotes: «On ne se trouve pas dans un grand centre, où il y a de gros bassins de joueurs de haut niveau. Il faut donc constamment travailler sur des solutions pour offrir quelque chose de plus afin d’attirer des joueurs avec un meilleur impact», explique Black. «On a une bonne base cependant puisque le soccer va bien à Trois-Rivières, et on essaie de bâtir làdessus.» Même mot d’ordre chez De Haerne: «Il y a peu d’équipes civiles dans la région, et une seule équipe collégiale qui fait des compétitions de niveau 4, tandis que les universités sont de niveau 6. On essaie de se faire connaitre le plus possible au niveau du collégial pour résoudre ce problème.» Beaucoup de travail également du côté du volleyball. Les Patriotes ont cependant l’avantage d’être la meilleure équipe de la division 2: «Il faut laisser les filles du collégial décider dans quelle division elles veulent jouer», explique Girouard. «L’UQTR a un avantage par rapport aux autres universités de division 2 qui sont dans des régions éloignées.»

À la sueur du front collectif Une fois recruté.e.s, les athlètes n’ont pas fini de placer leurs entraineur.se.s face au défi, non pas par leurs agissements, mais plutôt par la nature de leur situation en tant qu’étudiant.e-athlète: «La réussite scolaire doit rester au centre de tout ça. Les joueurs ont plus de plaisir sur le terrain de soccer que sur les bancs d’école, mais c’est leur avenir qui est en jeu», explique Black. «Je l’ai vécu aussi, donc j’essaie d’être conciliante et d’accommoder les athlètes le plus possible au niveau de leurs études», mentionne quant à elle Girouard. Les entraineur.se.s peuvent également compter heureusement sur la collaboration des enseignant.e.s et sur l’appui du coordonnateur du Service de l’activité physique et sportive, Pierre Clermont. Tous ces efforts portent leurs fruits cependant. Pour Marie-Ève Girouard, cela s’est produit l’an passé, lorsqu’elle a remporté sa première bannière du RSEQ en tant qu’entraineuse en chef, en plus d’avoir connu une saison presque parfaite, et d’avoir reçu le prix d’Équipe de l’année au Gala du Mérite sportif des Patriotes. Pour De Haerne, la médaille de bronze obtenue en 2014-2015, à sa première saison en tant qu’entraineuse, est ex aequo avec la participation au spectacle «Tout écartillé» du Cirque du Soleil au classement de ses meilleurs moments en carrière. Shany Black n’ayant pas encore assez de kilométrage derrière le banc, il s’abstient de mentionner un moment en particulier, mais espère en vivre un bientôt si l’équipe peut atteindre son objectif ambitieux, mais réaliste, d’atteindre la finale provinciale.

PHOTO: PATRIOTES UQTR

Tous les entraineurs font mention spéciale de l’excellent travail de leurs collègues et de l’organisation des Patriotes.


18

Volume 13, numéro 6 | Mars 2018

SPORTS

PREMIER DE CORDÉE

S’embarquer dans La Débarque une prise à la fois ANTOINE LAPOINTERICARD Chroniqueur

«L’aventure est une entreprise comportant des difficultés, une grande part d’inconnu, parfois des aspects extraordinaires, à laquelle participent une ou plusieurs personnes.» (Larousse, 2017). Pour ceux ayant manifesté un intérêt pour ma dernière chronique L’appel de l’aventure, du banc à l’écran, vous serez heureux.ses d’apprendre que j’ai déniché, au sein de cette belle institution qu’est l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), un spécimen rare cadrant parfaitement avec ce concept nébuleux qu’est l’aventure. Un étudiant qui n’a pas froid aux yeux et qui, bien au contraire, carbure aux projets d’envergures. Pier Olivier Bourdon, actuellement au baccalauréat en kinésiologie et cofondateur du centre d’escalade La Débarque (situé à Repentigny), est un formidable exemple d’individu qui ose prendre les risques nécessaires à l’atteinte des plus hauts sommets. Sirotant son café noir, l’air bienveillant, ce bon gaillard me raconte sans détour les péripéties entourant son cheminement de vie. D’abord formé en tant que guide d’aventures, ce bohème des temps modernes a clairement les souliers qui ont beaucoup voyagé. Des tours guidés en kayak de mer aux expéditions en traîneau à chien, il me confie qu’il ne voit pas l’idée de profession comme une corvée, mais bien comme une source de bonheur. Une philosophie qui me semble tout à fait appropriée dans une culture qui a la fâcheuse tendance à mettre l’accent sur les gains monétaires avant le bien-être de ses citoyen.ne.s. Malheureusement, l’instabilité contractuelle qu’occasionnait cette profession l’aura obligé à se réorienter. Réorientation qui l’aura ramené sur les bancs d’école, qu’il avait quittée plusieurs années auparavant. Néanmoins, ce n’est pas à reculons qu’il s’est réinvesti dans ses bouquins, c’est même tout le contraire. Pier Olivier a toujours eu une passion marquée pour l’activité physique, et voilà qu’il lui est possible de juxtaposer son désir d’apprendre et son amour du sport. Sensiblement au même moment, dans un bar de la région montréalaise, l’idée d’un centre d’escalade faisait son bout de chemin. C’est autour d’une (plusieurs) bière(s) entre amis que Pier Olivier et ses chums, Simon Charbonneau et Michaël Verdoni-Perez, ainsi que son frère Jean-Sébastien Bourdon, se prêtèrent au jeu d’un remue-méninges pour créer une entreprise à leur image, chacun détenant des aptitudes professionnelles pertinentes à la conception de cet ambitieux projet. L’entrepreneur m’avoue que le succès de cette démarche n’aurait pas été aussi fructueux, si ce n’était

pas des tâches que chacun d’entre eux s’est fixées à la fin de chacune de leurs rencontres. Quelques mois plus tard, le premier centre d’escalade de bloc de Repentigny voyait le jour. Pour les non-initié.e.s, la pratique du bloc consiste à monter des parois de faible hauteur, sans équipement autre que des coussins assurant une sécurité optimale lors de la chute. Un lieu à l’image de ses fondateurs, chaleureux et attrayant. Pier Olivier affirme que l’idée derrière ce centre est d’offrir à leur clientèle une expérience stimulante, tout en leur permettant de bouger dans une atmosphère amicale. «Nous avons, à Repentigny, des centres d’entraînement physique, des centres de CrossFit, mais nous voulions quelque chose de plus ludique, permettant aux grands comme aux petits de s’amuser tout en bougeant », m’indique le cofondateur avec un grand sourire empli de fierté. De nombreux projets au cours des prochaines années maintiennent mon invité sur le qui-vive. En plus de s’investir corps et âme au sein de son entreprise, Pier Olivier poursuit son cheminement scolaire qui, si tout va pour le mieux, le mènera à l’obtention d’une maîtrise dans son champ d’expertise. Son diplôme en poche, il sera à même d’offrir ses services de kinésiologue dans les locaux de La Débarque. Son objectif ? Former des entraîneur.se.s compétent.e.s dans le domaine de l’escalade. Il existe des groupements d’entraîneur.se.s dans la grande majorité des sports connus, et ce n’est malheureusement pas le cas en ce qui a trait aux sports de grimpe. C’est pourquoi l’entrepreneur se sent dans l’obligation de contribuer au développement de ce sport en perpétuelle ascension. Évidemment, ce projet comporte bon nombre de difficultés, une grande part d’inconnu, parfois des aspects extraordinaires, mais à l’aide d’une communauté unie, du travail acharné d’individus dévoués et d’une détermination sans borne, j’ose croire que cette aventure sera couronnée de succès. S’il vous prenait l’envie de découvrir un nouveau terrain de jeu, Pier Olivier ainsi que ses collaborateurs seraient plus qu’honorés de vous faire découvrir ce sport encore méconnu du grand public. Êtes-vous prêt.e.s à embarquer dans l’aventure de La Débarque?

PHOTO: CAMILLE BÉLANGER ET MARIE LALIBERTÉ

Pier Olivier Bourdon posant devant son centre d’escalade La Débarque.

COMPÉTITION À L’INTERNATIONAL – OLIVIER LAROUCHE

Vers sa meilleure saison de Crashed Ice PHOTO: SEBASTIAN MARKO

Une troisième place dans sa vague, sans honte derrière deux des meilleurs au monde: Steven Cox et Marco Dallago. Le Zone Campus vous a permis, au cours des dernières années, de suivre la progression, à l’international, d’Olivier Larouche, étudiant à la maitrise en sciences de l’environnement. Celui-ci ayant repris l’action dernièrement, nous nous faisons donc bien sûr un devoir de poursuivre cette couverture. Peux ceux et celles qui l’ignorent, Olivier Larouche fait partie de la bande de téméraires qui s’élancent en patins sur des pentes glacées à l’occasion des événements Red Bull Crashed Ice et du circuit similaire de moindre envergure: la Coupe Riders. Cette dernière sert de porte d’entrée pour les événements Crashed Ice. Après avoir manqué les premières compétitions de l’année avant Noël à la suite à de problèmes de passeport, il a pu reprendre l’action durant les dernières semaines. En janvier et février dernier, au cours d’un voyage de quatre semaines en Europe, il a dévalé les pentes avec les meilleurs au monde. Son premier arrêt, à l’étape de Saint-Pétersbourg de la Coupe Riders du 25 au 27 janvier, a été très fructueux. Il a terminé dixième, commençant sa saison d’un très bon pied. Il s’agit de son meilleur classement depuis février 2016. Ce n’est pas un maigre accomplissement, même si la compétition était, de son propre aveu, moins féroce qu’à l’habitude, vraisemblablement pour des raisons liées à l’emplacement où la course avait lieu. Cette performance lui a valu son billet d’entrée pour la course de Jyväskylä en Finlande, la fin de semaine suivante. Il s’agissait là d’un prestigieux événement Red Bull Crashed Ice. Il y décroche une 40e place après des qualifications peu fructueuses qui le placent dans une vague finale contenant des compétiteurs de haut niveau, dont Marco Dallago, le meneur de la Coupe du Monde 2017-2018. La piste lui était également défavorable. Il explique que «c’était

une piste de descente rapide, qui avantage ceux qui sont doués en ski». Il affirme performer mieux lorsque les parcours contiennent plusieurs sauts, où il se démarque plus facilement. Malheureusement, la course de la fin de semaine du 8 au 10 février était du même type. Celle-ci se déroulait également en Finlande, à Saariselkä cette fois. Cet événement de la Coupe Riders devait servir à le qualifier pour le Red Bull Crashed Ice de cette fin de semaine à Marseille. Or, sa 41e position ne lui permet pas d’emblée d’accéder à la course, il a donc dû se contenter de regarder des lignes de côté. «J’aurais vraiment aimé y participer, c’est un bon parcours pour moi», confie-t-il.

Olivier Larouche pourrait connaitre la meilleure saison de sa carrière. Quoi qu’il en soit, il est ensuite revenu au pays afin de participer à l›événement de la Coupe Riders ayant eu lieu à La Sarre, dans sa région natale, le 3 mars, où il est arrivé 12e. Il devrait également sans problème pouvoir prendre part au Red Bull Crashed Ice d’Edmonton, le 10 mars, dernière compétition de la saison, vu le quota de compétiteur.ice.s plus élevé accordé au pays hôte de chaque compétition. Le tout place Olivier dans une position avantageuse pour conclure la meilleure saison de sa carrière. Étant présentement 58e à la Coupe du Monde annuelle malgré son absence à deux événements importants en début d’hiver, tout porte à croire qu’il pourra continuer de grimper les échelons si les performances offertes au Canada sont similaires à celles qu’il a livrées jusqu’à présent en Europe. Restez à l’affût du Zone Campus pour connaitre le dénouement de cette année de course, qui pourrait être un point charnière dans la carrière d’Olivier Larouche. (E.L.M.)


www.zonecampus.ca

SPORTS

PROFIL D’ATHLÈTE – KAROLANNE ARCHAMBAULT

PROFIL DE PATRIOTE – CHRISTOPHE BOIVIN

Au prix d’une fin de session rocambolesque, Karolanne Archambault s’envolera le 21 avril prochain sous le chaud Soleil de la Floride. Non pas pour profiter du bon temps (du moins, pas principalement), mais pour participer aux championnats mondiaux de cheerleading, qui auront lieu à Orlando.

Malgré les événements malencontreux qui ont torpillé la belle saison que connaissait l’équipe de hockey des Patriotes, plusieurs points positifs peuvent être ressortis. L’un d’entre eux est l’arrivée de l’attaquant Christophe Boivin, qui n’a pas déçu en s’établissant comme une force dominante dans la ligue dès sa première saison.

Tous les chemins mènent en Floride

Toucher à tout Le chemin qui l’aura amenée jusque-là aura été pour le moins sinueux: elle a pratiqué tous les sports auxquels on pourrait soupçonner une cheerleader de s’intéresser et même plus, avant de s’arrêter sur le cheerleading. De la nage synchronisée à la gymnastique en passant par la danse et même le soccer, la polyvalente athlète de St-Hyacinthe a commencé à pratiquer son dernier sport avec un club civil de cette ville, qui l’a recrutée à la suite de sa participation aux Jeux du Québec en gymnastique. Une fois ses études en sciences humaines complétées, elle quitte finalement la technopole agroalimentaire du Canada pour s’installer à Trois-Rivières. Elle entreprend une technique en gestion et intervention en loisir avant de réaliser, au bout d’un an, l’existence du baccalauréat en Loisir, Culture et Tourisme, dans lequel elle fait immédiatement le saut. Elle ne cesse de pratiquer le cheerleading au niveau scolaire tout au long de son parcours, en plus de pratiquer dans un club civil. Elle a enfin trouvé le sport qui la comble: «Ça regroupe le côté athlétique de la gymnastique et le côté artistique de la danse, en plus de l’adrénaline des cascades et de l’esprit d’équipe.»

Elle croit que les Patriotes se sont beaucoup amélioré.e.s cette année: «On a commencé l’année avec beaucoup de nouveaux et il y a eu une très belle évolution». Les résultats de la dernière compétition l’ont d’ailleurs prouvé. Ce n’était toutefois pas tout à fait assez pour elle, une autre raison pour laquelle elle a choisi de se concentrer sur le club civil et, évidemment, le national: «Chez les Patriotes, on peut ne jamais en avoir fait et entrer dans l’équipe. Pour moi, toujours recommencer avec les bases ne me donnait pas assez de défis.» Puisque les athlètes de l’équipe canadienne sont dissipés aux quatre coins du pays, ses entraineurs communiquent avec elle par Facebook. Elle pratique donc les chorégraphies et objectifs obtenus de cette manière avec son coéquipier le plus proche: Marc-André Lauzon, de St-Bruno. S’il est quand même difficile de trouver du temps pour s’entrainer, ils s’efforcent de le faire afin de se tailler une place: «Il va y avoir plusieurs substituts, pour créer de la compétition à l’interne et bien sûr en cas de blessure. L’objectif est d’être sur le tapis lors des mondiaux, mais sinon, ce sera quand même une bonne expérience.» (E.L.M.)

Elle faisait jusqu’à tout récemment partie de l’équipe des Patriotes, tout en s’entrainant avec son équipe civile à Repentigny: Pirate Athletics. Une grande et heureuse nouvelle l’a cependant conduite à abandonner les Patriotes: elle a reçu un appel d’équipe Canada pour participer à la prestigieuse compétition internationale. Comme elle était dans un rôle de soutien pour les Patriotes et que les compétitions auxquels ils participaient tombaient en même temps que les entrainements d’équipe Canada, la décision était naturelle.

La nouvelle menace offensive des Patriotes

Un parcours clair Originaire de Québec, où il a joué tout son hockey mineur, il a passé les quatre dernières saisons loin de chez lui, alors qu’il s’alignait pour le Titan d’Acadie-Bathurst, dans la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec (LHJMQ). Après ce parcours, les Patriotes étaient un choix logique pour lui: «C’est le hockey qui m’a amené à Trois-Rivières», confie-t-il. «J’avais aussi été approché par certaines universités dans les Maritimes, notamment l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB).» Il était content de joindre une organisation de haut niveau comme les Patriotes: «C’est une équipe qui a toujours été au top, avec une tradition gagnante.» On lui avait promis un rôle offensif et il a saisi l’opportunité de bon cœur. «Au début, il y a eu une légère période d’adaptation, mais mon but était d’avoir un impact dès ma première saison.»

Une saison polarisée

De nouveaux horizons

PHOTO: SIMON LAHAYE

Karolanne est voltige: on la trouve toujours au sommet.

19

Complétant le premier trio en compagnie de Mathieu Lemay et du capitaine Pierre-Maxime Poudrier, il a largement accompli son objectif. L’unité a fait la pluie et le beau temps pour les Patriotes toute la saison, et on pourrait soutenir que c’était le trio le plus complet, menaçant et efficace de la ligue, et sans contredit dans les trois meilleurs. Boivin tient d’ailleurs à remercier ses partenaires: «J’ai eu l’aide de deux excellents joueurs qui ont beaucoup d’expérience. C’est ensemble qu’on a eu du succès.» Boivin a donc terminé la saison au cinquième rang des pointeurs de la ligue et au deuxième rang chez les recrues, avec une fiche de 16 buts, 18 mentions d’aide et 34 points en 26 matchs. «Ce n’était pas un objectif d’être parmi les meilleurs, mais je suis satisfait. Ça me procure de la confiance pour aller de l’avant.»

S’il pouvait changer quelque chose par rapport à sa saison, ce ne serait donc pas au plan individuel, où il est fier de sa progression constante, mais au niveau collectif: «On visait une participation au championnat canadien, mais on connait tous la suite des choses.»

Un futur brillant Il reste optimiste cependant. L’équipe de cette année était en grande partie composée de recrues et de joueurs de deuxième année, qui ont pu bénéficier d’une bonne saison, entourés de bons vétérans. Il sait qu’ils seront capables de se retrousser les manches et de revenir en force, avec tout à gagner et à prouver. Son rôle sera capital dans tout cela, alors qu’il sera encore l’un des principaux piliers offensifs, avec des responsabilités accrues suite à la fin de la carrière universitaire de Pierre-Maxime Poudrier: «C’est un rôle que je connais depuis le junior. J’ai toujours été un joueur offensif qui marque des buts. J’aime participer à l’attaque et être là quand ça compte.» Et après les Patriotes? Bien que ce soit encore loin avec un baccalauréat à compléter à compter de l’an prochain (il est présentement au certificat en comptabilité), il sait qu’il sera intéressé à jouer au niveau professionnel si l’opportunité se présente: «Je vais tout faire pour jouer dans la Ligue Américaine de Hockey (AHL) ou en Europe, mais pour l’instant, je veux me concentrer sur les prochaines années avec les Patriotes.» (E.L.M.)

PHOTO: SIMON LAHAYE

Même s’il étudie en comptabilité, la chose qu’il préfère compter, c’est les buts.


Profile for Mathieu Plante

Zone campus mars 2018 (impression)  

Zone campus mars 2018 (impression)  

Profile for mplante
Advertisement