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26 janvier au 8 février 2016 Volume 11, numéro 10 24 pages Bimensuel gratuit

10 ANS!

HUIS-CLOS À LA SALLE LOUIS-PHILIPPE-POISSON

UNE DESCENTE AUX ENFERS

ACTUALITÉS

AGE UQTR: TROIS NOUVEAUX MEMBRES

Dimanche avait lieu le conseil d’administration de l’UQTR où trois nouveaux membres de l’AGE UQTR ont été élus. Respectivement, Samuel Plante, Laurence Verreault et Mickaël St-Pierre ont obtenu...

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ARTS ET SPECTACLES

LES TUNNELS SORTENT DE LEUR GRISAILLE

À la fin de la session dernière, à la demande du Centre de l’activité physique et  sportive  (CAPS), un projet artistique a été proposé à des étudiants du baccalauréat en arts visuels, dont Catherine...

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SPORTS

LES PATRIOTES À LA COUPE UNIVERSITAIRE

Le samedi 16 janvier dernier a eu lieu la quatrième Coupe universitaire de natation de la saison 2015 – 2016. Cet événement s’est déroulé à l’Université Laval et a permis à différents athlètes de se démarquer...

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Par Marie-Christine Perras, journaliste

Le théâtre des Nouveaux Compagnons ose cette année en offrant une création en marge de sa programmation traditionnelle. Cette troupe conservatrice qui soufflera sous peu sa 100e bougie ouvre une scène qui se veut émergente. C’est avec l’existentialiste Jean-Paul Sartre que Valérie Gagné s’est lancé de plein fouet

dans un baptême de mise en scène. La salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la Culture accueille la production expresse Huis Clos pendant seulement trois soirs, du 21 au 23 janvier 2016. Les protagonistes de Sartre sont condamnés à la vie en enfer. Pour l’éternité, ils purgeront leur peine. Mais l’enfer de Huis Clos est loin des présupposés chrétiens, l’enfer de Jean-Paul

À DÉTERMINER

Sartre en est un libre-service. Enfermés dans une chambre à tout jamais, les trois personnages se heurtent les uns les autres dans une vaine lutte. Le seul bourreau, c’est l’autre. C’est d’ailleurs de ce texte qu’est tirée la phrase culte : l’enfer c’est les autres. Ce n’est pas une mince affaire que de s’attaquer une fois de plus à ce texte densément...

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26 janvier au 8 février 2016

ACTUALITÉS

BILAN DE L’ANNÉE 2014-2015

TRIBUNE LIBRE

Débat sur le principe de laïcité Une séance

à huis clos pour le C.A.

PHOTO: L. MARSEILLE

Bimensuel distribué à 3 000 exemplaires sur le campus de l’UQTR et dans la région de Trois-Rivières.

C’est à la veille de la parution de ce présent numéro, c’est-à-dire le 24 janvier, que s’est déroulé une séance spéciale du conseil d’administration de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Mentionnons que par spéciale, il est ici entendu que la séance en question se déroulera à huis clos, c’està-dire qu’aucun membre observateur ne pourra s’y présenter.

Pavillon Nérée-Beauchemin 3351, boulevard des Forges, Trois-Rivières (Québec), G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5184 poste 3 Publicité: (819) 376-5184 poste 1 Télécopieur: (819) 376-5239 Jean-Philippe Charbonneau | Directeur général dgcfou@uqtr.ca Louis-Philippe Cantin | Rédacteur en chef redaction.zc@uqtr.ca Alexandra Lemire | Rédactrice-adjointe redaction.zc@uqtr.ca Gwendoline Le Bomin | Actualités

Le 5 à 7 Tribune libre s’est tenu au 1200 Albert-Tessier le jeudi 21 janvier dernier.

gwendoline.le.bomin@uqtr.ca Lysanne Marseille | Actualités lysanne.marseille@uqtr.ca Marie-Pierre Pruneau | Actualités marie-pierre.pruneau@uqtr.ca Judith Éthier | Arts et spectacles judith.ethier@uqtr.ca Alexis Vaillant-Gamache | Arts et spectacles alexis.vaillant-gamache@uqtr.ca Marie-Christine Perras | Arts et spectacles marie-christine.perras@uqtr.ca Louis-Philippe Carbonneau | Sports louis-philippe.carbonneau@uqtr.ca Chloé Labreveux | Sports chloe.labreveux@uqtr.ca Vincent Mongrain | Sports vincent.mongrain@uqtr.ca Annabelle Deschênes-Gagné | Chroniqueuse annabelle.deschenes-gagne@uqtr.ca Kévin Gaudreault | Chroniqueur kevin.gaudreault@uqtr.ca Lucas Hubert | Éditorialiste lucas.hubert@uqtr.ca Alexandre Laramée Zouéki | Illustrateur alexandre.laramee.zoueki@uqtr.ca Normand Leclerc | Chroniqueur normand_leclerc@hotmail.com Kristina Monfette-Fortin | Chroniqueuse

Dans le cadre des conférences «Tribune libre» organisées par l’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR), le jeudi 21 janvier dernier se tenait une conférence portant sur le port des signes religieux chez les employés de l’État. Quatre conférenciers étaient invités à présenter leur point de vue sur le sujet qui semble un sujet d’actualité populaire. Le 5 à 7 Tribune libre prenait la forme d’un débat pendant lequel étudiants, professeurs et citoyens étaient invités. Précisément, la question à laquelle les panélistes devaient réponde était la suivante: «Le port de signes religieux chez les employés de l’État est-il compatible avec le principe de laïcité?» Le premier à répondre à la question, Stéphane Courtois, professeur au département de philosophie à l’UQTR, croit que certains symboles religieux, notamment la burqa, «emprisonnent la femme». Il admet néanmoins que cela ne signifie pas que l’État a comme rôle de légiférer sur le port de l’ensemble des signes religieux.

kristina.monfette-fortin@uqtr.ca Anthony Morin | Chroniqueur anthony.morin@uqtr.ca Marie-Ange Perrault | Chroniqueuse marie-ange.perrault@uqtr.ca Michèle Robitaille | Chroniqueuse michele.robitaille@uqtr.ca Jean-François Veilleux | Chroniqueur et correcteur jean-francois.veilleux@uqtr.ca

Laïcité ou modernité? Quand à lui, Daniel Baril, ancien président du Mouvement laïque québécois et représentant de l’Association des humanistes du Québec, a présenté un point de vue bien différent. Ce dernier évoquait que l’État devrait légiférer en matière de symboles

religieux, car selon ce dernier, «si chacun se met à afficher ses convictions religieuses, le caractère laïque de la société disparaît». Pour abonder en ce sens, Djemila Benhabib, écrivaine et militante politique québécoise d’origine algérienne, expliquait qu’une «distanciation par rapport à la religion est un signe de la modernité». Selon cette dernière, la religion musulmane est l’une des religions à ne pas avoir évolué, contrairement aux autres. Pour tout dire, elle avance comme argument que la laïcité permettrait un «espace commun pour vivre ensemble».

«L’État doit défendre les citoyens dans leur liberté de conscience.» — Haroon Bouzanni

Pour terminer, Haroun Bouazzi, le coprésident de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec et militant pour les droits de la personne, avançait comme argument principal la neutralité de l’État dans le débat. Selon ce dernier, «l’État doit défendre les citoyens dans leur liberté de conscience. Si une femme décide d’enlever son foulard, l’État doit la défendre. Et si une femme décide de mettre un foulard et que des personnes ou une institution décident de lui retirer, l’État doit la protéger.» Bref, une chose reste évidente dans tout cela, et c’est que ce débat continue à soulever des passions chez plusieurs membres de la société civile. (L.M.)

En effet, suite à une année tristement rayonnante pour l’UQTR, tirant derrière elle les boulets d’un rapport désastreux de la vérificatrice générale du Québec (VGQ) ainsi que le départ mouvementé de l’ex-rectrice Nadia Ghazzali, Yves Tousignant, maintenant ex-président du C.A. de l’UQTR souhaitait établir un bilan de la dernière année. Fort de huit ans d’expérience à la tête du comité en question, croit parvenir à passer le flambeau tout en laissant au passage plusieurs conseils tous rattachés au sentiment d’authenticité qu’il croit nécessaire pour le bon fonctionnement du conseil administratif. Tousignant mentionne qu’il est néanmoins important de faire preuve d’une constante méfiance si l’on ne veut pas se faire couper l’herbe sous le pied : «On s’imagine que c’est le conseil d’administration qui est maître à bord, mais la haute direction qui est composée du recteur et des vices-recteurs prend beaucoup de place, [ils] ont beaucoup de pouvoir», mentionnait-il lors d’une entrevue à Radio-Canada Mauricie. La séance spéciale ici mentionnée aura également l’avenir de l’UQTR pour sujet. Ainsi, quelques éclaircissements seront apportés sur la situation financière actuelle de l’université ainsi que l’ouverture du nouveau campus à Drummondville. Les membres du C.A. de l’UQTR profiteront également de ce moment pour discuter des issues du rapport précédemment mentionné. Dans ce présent contexte, le Zone Campus, s’est vu dans l’obligation de reporter une éventuelle rencontre avec monsieur Daniel McMahon, nouveau recteur de l’UQTR qui, rappelons-le, entrera en fonctions officiellement le lundi 8 février. (L.-P.C.)

Tanya Beaudin | Partenariats dpcfou@uqtr.ca Mathieu Plante | Infographe et webmestre montagezc@gmail.com Étienne Dubois | Correcteur etienne.dubois@uqtr.ca Photo de la une | Annie Leblanc

LE MOT DE LA RÉDACTION

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

ALEXANDRA LEMIRE Rédactrice-adjointe

SOMMAIRE ACTUALITÉS 2-7 CHRONIQUES 5-7 OPINION 8 LOISIRS 9 SOCIÉTÉ 10-11 ARTS ET SPECTACLES 12-19 CHRONIQUES 16-18 SPORTS 20-23

Il s’agit pour moi de mon premier mot de la rédaction de la session d’hiver. Le précédent, assuré par mon collègue LouisPhilippe, aura permis de bien entamer une nouvelle session à l’UQTR. Je prendrais, pour ma part, quelques lignes afin de remercier et féliciter Louis-Philippe, rédacteur en chef du journal, pour sa volonté et sa détermination dans l’avancement du Zone Campus. Tous ses efforts, ajoutés à ceux de l’équipe derrière

Un journal de contributions nous, ont fait en sorte que le premier numéro de la session d’hiver, malgré les contraintes de temps, aura été mené à terme dans les délais et la qualité désirés. J’en profite également pour souhaiter la bienvenue à tous les nouveaux journalistes et chroniqueurs du Zone Campus et les remercier pour le bon travail déjà accompli en si peu de temps. Un journal comme le Zone Campus ne se fait pas en quelques heures de travail. Il est important de comprendre tout le processus qui se cache derrière la formule finale en présentoirs. Alors qu’un numéro sort, il y a un deux semaines de recherches, d’entrevues, d’écriture, de correction et de montage qui recommence. Bien évidemment, il s’agit d’une équipe dévouée et passionnée qui permet des résultats comme ceux présentés bimensuellement à l’UQTR. Ce sont des étudiants, en quête de défis et d’expériences,

qui permettent en grande partie d’offrir des textes uniques et captivants à lire. Il ne s’agit pas seulement de l’expertise des journalistes qui permet d’obtenir des textes remarquables, mais la collaboration de plusieurs étudiants et enseignants, ainsi que de membres du personnel de l’UQTR, est également d’une grande importance pour un journal étudiant comme celui-ci. Cela permet d’obtenir des textes précis et représentatifs des faits réels. Comme il en a été question dans le premier numéro de la session, nous souhaitons inviter les étudiants à soumettre des textes d’opinion au redaction. zc@uqtr.ca. Votre texte pourrait ainsi paraître dans l’un des numéros du Zone Campus de la session. Par le fait même, il est toujours possible d’envoyer, à la même adresse courriel, des idées de sujets ou encore d’activités à couvrir pour le Zone Campus.


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ACTUALITÉS INNOVATION À L’UQTR

Francofone: une nouvelle application mobile pour améliorer son français LYSANNE MARSEILLE Actualités

Pionnier de l’Université du Québec à Trois-Rivières, André Bougaïeff a commencé à enseigner lors de son ouverture en 1969. Au cours des années, M. Bougaïeff, professeur au département de lettres et communication sociale, reste à l’affut des tendances actuelles. Depuis cinq ans, lui et deux collègues travaillent avec acharnement afin de mettre au point une application mobile qui a finalement vu le jour la semaine dernière. L’application Francofone est une application mobile offerte pour le moment sur les cellulaires de la marque Apple. Pour la modique somme de 3.49$, celle-ci s’adresse aux personnes, âgées de 10 ans et plus, qui souhaitent améliorer leur maîtrise du français et leurs connaissances générales en lien avec la francophonie. L’application

est d’abord et avant tout pour des apprenants de niveaux intermédiaire à avancé. Depuis le début de sa carrière, il est important pour le professeur d’innover et de rester à l’affut des nouvelles technologies et des différents publics cibles. Ainsi, depuis 15 ans, il travaille d’arrache-pied avec ses collègues Donna Mydlarski    (Université de Calgary) et  Dana Paramskas  (Université de Guelph) à concevoir et diffuser du matériel didactique de haute qualité visant les langues et cultures officielles du Canada, surtout le français comme langue seconde. L’équipe a d’ailleurs créé à l’époque des cédéroms intitulés  La chaise berçante  et  Le chandail de hockey pour le même genre de public.

Combiner l’amour de la langue et de la pédagogie «Je désire transmettre mon amour de la francophonie» admet M.Bougaïeff. Il va sans dire qu’une des principales motivations du professeur quant à l’application mobile est de communiquer sa passion envers son métier et la langue française. Pédagogue passionné, André Bougaïeff explique que tous les profits récoltés par l’application mobile serviront à améliorer l’application et

ASSOCIATION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS

à la développer. «Le but ce n’est pas de se rendre riche avec l’application», explique le professeur, ce serait plutôt de transmettre le savoir aux gens d’une façon plus actuelle. À l’instar de ses deux collègues, le professeur Bougaïeff a travaillé au développement du contenu linguistique et culturel de Francofone,  en créant des activités variées sur le vocabulaire, la grammaire et des notions d’histoire, de géographie et de culture générale se rapportant à la francophonie, «d’où le jeu de mots du titre», précise-t-il. Les deux autres collègues se sont plutôt occupés du point de vue technique de l’application.

aussi à développer des compétences quant à la culture générale des pays francophones à travers le monde. Beaucoup de projets guettent le professeur et ses collègues. En plus de développer une seconde version de l’application sur Apple, une application pour Android devrait voir le jour sous peu. PHOTO: ENTÊTE UQTR

Une application complète L’application mobile tel que conçu par M.Bougaïeff et ses collègues couvre un large éventail de connaissances et permet de rejoindre plusieurs publics. Trois dossiers multimédias, Vocabulaire, Langue et Culture, présentent une variété de thèmes et d’activités comportant divers types d’aide. La plupart présentées sous forme de quiz en textes, sons et images, ces activités sont dynamiques et amusantes. Les destinataires des produits apprennent non seulement à lire, écrire et comprendre des mots grâce à l’application, mais

André Bougaïeff, professeur au département de lettres et communication sociale.

CONCOURS D’AFFICHES SCIENTIFIQUES 2016

Vulgariser la recherche Accuser le coup, se relever, puis continuer scientifique Suite aux nombreuses démissions en début de session, plusieurs nouveaux membres du conseil exécutif devaient être nommés lors du Conseil d’administration se tenant le dimanche 24 janvier dernier. En amont de cela, plusieurs points étaient à l’ordre du jour notamment des discussions entourant l’Assemblée générale se tenant au début février et une entente entre l’AGE et les Patriotes de l’UQTR. Les postes de vice-présidence aux communications, à la vie associative et à l’environnement, aux affaires sociopolitiques et aux affaires académiques de premier cycle restaient vacants depuis début janvier. C’est respectivement Laurence Verreault, Mickaël St-Pierre et Samuel Plante qui assureront le suivi pour le reste du mandant. Pour le poste de vice-présidence aux affaires académiques de premier cycle, ce sera Gabrielle Cantin qui assurera la vice-présidence, mais par intérim.

Assemblée générale du 9 février prochain Lors du Conseil d’administration, l’Assemblée générale d’hiver du 9 février a été discutée. Une proposition de vote électronique de grève sera

mise de l’avant. D’autant plus, une modification des statuts et règlements généraux sera proposée aux étudiants en lien avec la restructuration des instances. Finalement, un retour sur l’Association nationale sera discuté, afin de convenir d’un éventuel rattachement à cette Association.

Une modification des statuts et règlements généraux sera proposée aux étudiants en lien avec la restructuration des instances. Ententes patriotes L’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR) a convenu d’une entente intéressante avec les Patriotes de l’UQTR. Cette entente est en fait une mise en commun sur les ententes prises au courant de l’année. On peut penser notamment au logo des Patriotes sur les bouteilles d’eau de l’AGE UQTR, au service de navette offerte pour encourager la participation des étudiants aux matchs de hockey des Patriotes. D’autant plus six locaux de gymnases seront offerts gratuitement à l’Association. (L.M.)

Lancée depuis le 6 janvier, la période d’inscription pour la 23e édition du Concours d’affiches scientifiques est ouverte jusqu’au 29 février prochain. Le concours s’adresse à tous les étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) inscrits au premier cycle, ainsi qu’aux cycles supérieurs. Il se déroulera les 22 et 23 mars prochain au Centre de l’activité physique et sportive (CAPS). La participation au concours d’affiches est une réalisation scientifique qui s’insère très bien dans le curriculum vitæ d’un étudiant, et il s’agit également d’une forme de reconnaissance à l’égard de la communauté scientifique. À la clé, plusieurs montants sont attribués aux meilleures affiches s’élevant de 175$ jusqu’à 1000$. D’ailleurs, l’obtention d’un de ces prix peut aider les étudiants à remporter des concours donnant droit à des bourses provinciales et fédérales. Cette année, la présidence d’honneur a été confiée à Esther Lévesque, professeure titulaire au Département des sciences de l’environnement de l’UQTR.

Évolution du concours au fil des ans Créé en 1996, le Concours d’affiches scientifiques était réservé uniquement aux étudiants

inscrits dans les programmes de maîtrise ou de doctorat en biophysique. Puis, en 2002, le concours fut également ouvert aux étudiants de cycles supérieurs de tous les programmes. Depuis 2010, un nouveau volet est destiné aux étudiants de premier cycle afin de les initier à la vulgarisation scientifique, mais aussi pour développer leur goût de la recherche. Enfin, en 2014, le concours est également ouvert aux étudiants des programmes en arts, grâce à l’ajout du volet Recherche-création.

Les critères d’admissibilité Afin de mettre les chances de leur côté, les futurs participants peuvent assister à une formation offerte par Stéphane Perreault, professeur au Département de lettres et communication sociale. En effet, il animera l’atelier «Comment faire une affiche gagnante?», le 27 janvier de 10h à 12h au local 1006 du pavillon Pierre-Boucher. Quant à l’affiche, elle doit faire preuve d’une certaine rigueur scientifique et comporter au moins la présentation du cadre théorique, le début de la conceptualisation, la méthodologie, ainsi que la problématique. Pour toutes informations supplémentaires, les intéressés peuvent joindre les membres du comité organisateur à l’adresse concoursaffiches@uqtr.ca. (G.L.B.)


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26 janvier au 8 février 2016

ACTUALITÉS

REPORTAGE ANXIÉTÉ À L’UNIVERSITÉ

Le prix de l’excellence MARIEPIERRE PRUNEAU Actualités

Stress de performance, manque de sommeil, maladie de peau, humeur massacrante et crises de panique. les problèmes liés à l’anxiété qui accompagnent nos étudiants universitaires sont nombreux. À ceci s’ajoute la prise de médicaments et les consultations pour s’en sortir. Quand est-ce que cette apogée du stress connaîtra une accalmie? Il y a deux semaines, La Presse publiait un important dossier sur les troubles reliés au stress qui envahissent les étudiants du Cégep. On peut penser que le problème se règlera en vieillissant, puisque nos jeunes adultes deviennent mieux outillés et qu’ils savent plus ce qu’ils veulent faire dans la vie. Les grandes questions existentielles sont peut-être mises de côté? Le jeune adulte a peut-être une meilleure perception de sa personne? Malheureusement ce n’est souvent pas du tout le cas.

L’excellence ou rien L’atteinte de l’excellence y est pour beaucoup dans le stress de nos étudiants, tel que le mentionne la nouvelle bachelière en enseignement préscolaire et primaire, Marie-Ève Paillé: «Je suis tellement passionnée par ma profession! Cependant, j’ai toujours eu un stress de performance. J’ai déjà abandonné des cours à l’université parce que je n’allais pas avoir 90%. Avec des médicaments et une psychothérapie, ça allait beaucoup mieux.» Le même phénomène est présent en Loisir, culture et tourisme. Cédric Canuel avait une vague idée de ce qu’était le stress avant sa toute première mi-session: «Je ne dormais pas et j’étouffais. J’ai

même été malade après un examen. Je ne m’attendais pas du tout à cela.» Catherine Leblanc, aujourd’hui ergothérapeute, a développé du psoriasis, une maladie de peau, lors de son parcours universitaire. «Heureusement, le département a allongé le temps pour faire la maîtrise afin de nous enlever un peu de pression. Il y avait régulièrement des crises de larmes causées par le stress», raconte cette dernière. Catherine ajoute que les étudiants sont capables de se causer de l’anxiété par eux-mêmes sans que cela soit nécessaire: «Je crois qu’il ne nous fallait que 2,3 pour rester au programme en ergothérapie. J’étais une étudiante fière et, malgré tout, je suis contente aujourd’hui d’avoir mis les bouchées doubles.»

«J’ai même été malade après un examen, je ne m’attendais pas à cela»

— Cédric Canuel, étudiant en Loisir, culture et tourisme Nos docteurs sous pression

Laurence, une étudiante au doctorat, a accepté de nous faire part de son difficile chemin. «J’avais de belles notes, mais ce n’était pas assez. Pour être acceptée au doctorat tu dois avoir d’excellentes notes et un dossier compilant bénévolat, recherches et pratiques en relation d’aide. C’est sans parler de la féroce compétition au département de psychologie pour la course au doctorat», ajoute t-elle. En effet, pour l’année scolaire, on comptait 516 étudiants au baccalauréat ou au certificat. Seulement 35 d’entre eux pourront continuer leurs études en psychologie à un niveau supérieur cette année. Et ce, sans compter les inscriptions des étudiants venant d’autres universités. Laurence spécifie qu’en plus des études, la grande majorité des étudiants doit jongler avec des facteurs de stress englobant un travail à temps partiel, des difficultés financières et l’atteinte d’un certain équilibre.

L’an dernier, le cas de la jeune étudiante en médecine qui s’est suicidée après avoir été recalée avait fait la manchette. Malgré tout, nos jeunes médecins sont toujours sujets à des situations du genre. La responsable du Réseau d’Entraide des Étudiants en Médecine de la Mauricie (REEMM) et elle-même étudiante en médecine au campus de l’UQTR, Florence Bouvet-Bouchard témoigne des mesures qui sont prises en dehors des cours pour venir en aide aux futurs médecins. «Le REEMM, qui part d’une initiative de Montréal, organise des activités en lien avec le bien-être. Par exemple, il y aura bientôt une activité au Kinipi Spa. Nous avons aussi des séances de yoga pour relaxer de toute la pression que nous avons sur les épaules», explique Florence. Les étudiants acceptés en médecine sont souvent des jeunes qui n’ont pas connu l’échec scolaire, ce qui peut apporter son lot de difficultés aux études supérieures. «Comment fait-on pour adopter une stratégie pour remonter d’un échec scolaire quand nous n’avons jamais vécu une situation du genre ? La réponse n’est surtout pas d’étudier plus. Le REEMM est aussi là pour que les étudiants s’entraident entre eux», souligne l’étudiante en médecine.

«J’ai déjà abandonné un cours parce que je n’allais pas avoir 90%.» — Marie-Ève Paillé, bachelière en enseignement préscolaire et primaire

La lumière au bout du tunnel Alors que d’autres se débattent pour garder la tête hors de l’eau autant qu’ils le peuvent, certains carburent sous pression. C’est le cas de l’étudiante en ergothérapie, Laurence Boisclair: «Je suis beaucoup plus organisée depuis l’université, justement pour ma gestion du stress. Cependant, il est clair que mon anxiété augmente lorsque surviennent les stages.»

PHOTO: M.-P. PRUNEAU

Demander de l’aide Outre les médicaments de la classe des anxiolytiques, certains étudiants se tournent vers les services d’un psychologue afin de trouver des solutions. Psychologue diplômé de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Victor-Olivier Hamel-Morasse reçoit des clients qui sont en proie à des problèmes d’anxiété. «Tout d’abord, il faut savoir que l’anxiété, c’est comme si le système d’alarme du corps se déclenchait tout le temps, qu’il était constamment sur le qui-vive pour prévenir un danger. Cependant, ce danger n’existe peut-être pas du tout», explique-t-il. Dès le départ, il demande au client d’adopter une perspective d’observateur, pour qu’il prenne conscience du niveau réel de danger associé à chaque situation. M. Hamel-Morasse ajoute que les exercices de respiration sont aussi très efficaces dans le cheminement vers le mieuxêtre.. Enfin, le fait de s’exposer graduellement aux situations qui génèrent du stress peut aussi contribuer à réduire son intensité. C’est ce qu’on appelle de l’exposition systématique. Si vous faites face à des situations où le stress fait partie intégrante de votre vie, n’hésitez pas à consulter la clinique de psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Vous pouvez demander un rendez-vous au (819) 376-5088.


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ACTUALITÉS

LA BANQUE ALIMENTAIRE

Une belle entraide pour les étudiants en difficulté Aider les étudiants les plus pauvres GWENDOLINE LE BOMIN Actualités

Mis sur pied depuis l’automne 2015 à l’UQTR (Université du Québec à Trois-Rivières), le Bon Camarade est un service de banque alimentaire dédié aux étudiants en situation de précarité. En leur offrant des denrées alimentaires non périssables, l’association a pour but de promouvoir l’entraide et le partage les uns envers les autres. En cette fin d’année, 40 familles ont reçu un panier de Noël. Fabrice Sodoke Kossi, vice-président du projet, annonce fièrement: «On a collecté à peu près 500 kg de denrées à l’interne. On a fait une collecte de deux semaines pour récupérer de la nourriture». Une quarantaine d’étudiants sont venus récupérer leur panier de Noël contenant des articles pour le quotidien, des denrées, des jouets, ainsi que du chocolat et parfois même du parfum. Dans le panier, les étudiants ont pu trouver également une carte de vœux. L’équipe a pu compter sur plusieurs groupes d’aides, comme le Comité du développement durable (CODD) de l’université qui a fournit des jouets pour les enfants des étudiants qui sont parents. Le Service de l’équipement de l’université a offert aussi quelques produits redistribués aux étudiants dans le besoin. Moisson Mauricie donne aussi des denrées alimentaires et des produits frais. Cette collecte a été faite en collaboration avec l’Association générale des étudiants (AGE) qui a collecté des denrées alimentaires auprès de chaque association étudiante lors de la coupe des associations. Le vice-président ajoute: «On a reçu aussi pas mal de denrées alimentaires au niveau des étudiants et du personnel».

La banque alimentaire collabore avec le Service aux étudiants (SAE) et le service des prêts et bourses qui contactent les étudiants en situation de précarité financière. Ces derniers doivent respecter des critères de sélection et remplir au préalable un formulaire. Le formulaire est défini également par Moisson Mauricie. Fabrice Sodoke Kossi rappelle: «Cette aide s’adresse à ceux qui sont vraiment dans le besoin. C’est l’université qui sélectionne les candidats, elle se base entre autre sur la base fiscale». D’ailleurs, les bénéficiaires doivent être tous inscrits à l’UQTR. Pour avoir accès à ce service, les étudiants doivent remplir le formulaire accessible sur la page Facebook Banque alimentaire Gbu-Uqtr et le transmettre à l’adresse suivante gbu.uqtr@hotmail.fr. Le vice-président ajoute: «Environ 50 personnes ont pu bénéficier de ces aides depuis la création du Bon Camarade».

En parler autour de soi «Lors de la création du projet, on pensait que les besoins étaient moins que cela» indique le vice-président. Une cinquantaine d’étudiants passent toutes les deux semaines pour récupérer les denrées. Néanmoins, Fabrice Sodoke Kossi déplore la méconnaissance du projet: «Dans l’avenir le nombre pourrait augmenter car certains ne sont pas au courant. On essaye de faire la publicité via le portail Internet, certains disent que c’est par hasard qu’ils ont connu l’association». D’ailleurs, le vice-président ne nie pas la réticence de la part de certains étudiants qui hésitent à venir chercher des denrées. C’est pourquoi la salle est placée dans le pavillon pour bénéficier d’une certaine discrétion. Le local est situé au 1072, au pavillon de la Vie étudiante. La banque alimentaire est ouverte le mercredi et le vendredi, de 14h à 17h.

PHOTO: JOSÉE DUCHARME

La banque alimentaire le Bon Camarade est ouverte le mercredi et le vendredi, de 14h à 17h.

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Éditorial.

François, juge de Blais LUCAS HUBERT Éditorialiste

Le Zone Campus a mis la main sur le verbatim d’une rencontre de deux versions de François Blais. Le jeune François, professeur de philosophie à l’Université Laval et sommité mondiale en matière de revenu minimum citoyen. L’autre, ce qu’il allait devenir: Monsieur Blais, notre ministre libéral de l’Éducation. FRANÇOIS: Votre gouvernement a coupé dans l’aide aux groupes les plus défavorisés de la société. Nous avons pu le voir il y a quelques semaines, avec la fermeture du centre de désintoxication Mélaric. Les nouvelles mesures font passer de 700 $ à 200 $ le chèque d’aide sociale de ceux qui tentent de se sortir de leurs dépendances. N’est-ce pas ce que l’on appelle : faire la guerre aux pauvres plutôt qu’à la pauvreté? Politique que nous dénonçons dans nos livres… BLAIS: En fait, nous espérons que ces mesures seront de bons incitatifs au travail. F: Pourtant, nous savons tous les deux que c’est une mesure populaire – la classe moyenne se réjouit toujours des coupes dans l’aide sociale, comme si cela la soulageait d’un poids imaginaire – mais inefficace. La pauvreté est une trappe de laquelle il est difficile de se sortir. Si un bénéficiaire recevant un chèque d’un certain montant se trouve un emploi, il verra ses revenus imposés à 100 %, puisque chaque dollar gagné est déduit des prestations qu’il reçoit. Ça ne l’incitera donc pas à se chercher un emploi. B: Ah… F: Les prestations sont aussi, à l’heure actuelle, calculées en fonction du revenu des ménages. Donc, dans une famille sans emploi, si une personne se trouve une nouvelle source de revenu, cela fera diminuer la prestation des autres. La pression qui en découle en forcera plusieurs à ne pas se trouver d’emploi ou à travailler au noir. B: Mais ce n’est pas vraiment un problème que l’on peut éviter… F: Au contraire! Imaginons une allocation universelle que tous recevraient. Pas de paperasse, pas d’examen préalable. Elle serait versée directement aux individus et non aux ménages, ce qui éliminerait, dans beaucoup de milieux, les incitations à rester sans emploi. Et comme elle serait versée à tous, travailleurs et sans-emplois, riches et pauvres, elle ne serait pas imposée directement, et chaque revenu supplémentaire ferait une différence significative. Voilà qui serait un véritable incitatif au travail! B: Mais voyons! On n’est pas fait en chocolat! On ne peut pas se permettre une telle mesure! F: Bien sûr que si! L’impôt ferait en sorte que si les riches reçoivent aussi ce revenu minimum citoyen, cela ne crée pas une injustice : personne ne remet aujourd’hui en question le fait que les riches ne paient pas pour les soins de santé. Cela permettrait aussi d’abolir divers autres mécanismes de distribution qui amènent une lourdeur bureaucratique coûteuse à l’État : chômage, aide sociale, prêts et bourses étudiants, allocations

familiales, CSST, etc. pour les remplacer par un seul mécanisme simple. En ce sens, ce n’est pas un projet de gauche, ni de droite, c’est simplement pragmatique. B: Mais d’autres l’auraient fait, si l’idée était si évidente. F: Il y a eu des tests, ici même au Canada, dans certaines villes, pendant les années ’70 : le projet Mincome. Malheureusement, le programme a été interrompu avant qu’un rapport ne soit émis. Ailleurs, la Suisse lance un référendum sur la question cet automne, et la région d’Aquitaine en France tentera aussi l’expérience sous peu. B: Donc rien ne prouve encore que l’idée puisse fonctionner. F: Les projections les plus sérieuses semblent indiquer que oui. Le gouvernement de centre-droit en Finlande vient d’ailleurs d’accepter de mettre le projet en branle pour 2017 : chaque Finlandais recevra l’équivalant de 1200 dollars canadiens par mois. La Finlande est présentement en récession économique, et l’objectif du projet est justement de faire baisser le taux de chômage et de pousser les gens à accepter plus facilement les emplois temporaires, ponctuels ou à temps partiel. On estime aussi qu’avec un revenu assuré, les chômeurs seront beaucoup plus tentés d’aller suivre des formations qui les aideront par la suite à se trouver un emploi. B: Mais un tel projet coûterait très cher! F: Le coût du projet finlandais est estimé à 46,7 milliards d’euros. Mais l’office finlandais des statistiques estime qu’il permettrait d’abolir (selon les chiffres de 2013) jusqu’à 50,43 milliards d’euros en dépenses. Le principal opposant au projet est… le syndicat de la fonction publique, à cause du nombre d’emplois que ferait perdre une telle simplification des besoins bureaucratiques. B: Que devrais-je en conclure? F: Que les coupes dans les dépenses de l’État, telles que vous le faites présentement, visent plutôt à imposer une vision néolibérale de la société qu’à équilibrer un budget. Que le bien commun et la justice sociale ne pèsent pas dans votre balance. Et que je rougis de honte en voyant ce que je deviendrai. * Une grande partie de l’argumentaire que je mets dans la bouche du jeune François est ici tirée de son très bon livre Un revenu garanti pour tous, dont je vous conseille vivement la lecture. Pour le reste, ce texte est un pastiche de Rousseau, juge de Jean-Jacques, dialogue dans lequel un Rousseau vieillissant se confronte à ses déclarations de jeunesse. Je n’ai par contre presque rien à changer à la conclusion du texte original pour conclure le mien : François! Jadis aimable et doux, qu’êtes-vous devenu? Que vous avez changé par une étrange infortune. Votre peuple est seul, à votre merci, sans appui, sans défenseur, mais il aurait besoin d’un homme juste. Un homme sans fard et sans fiel, ennemi de l’injustice, mais patient à l’endurer, qui jamais n’a fait, ni voulu, ni rendu de mal à personne. Mais, depuis quelques années, il est traîné par vous dans la fange de l’opprobre et de la diffamation. Il se voit chargé d’indignités inouïes jusqu’ici parmi les humains, sans avoir pu jamais en apprendre au moins la cause!


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26 janvier au 8 février 2016

ACTUALITÉS

L’ENVERDEUR

Le pétrole: laissons ce fossile au sous-sol ANTHONY POTHIER CHAMPAGNE Chroniqueur

J’espère ne surprendre personne en affirmant que nous devons nous défaire au plus vite de notre dépendance au pétrole. Il est à l’origine de nombreux maux : guerre, pauvreté, pollution, etc. C’est un poison pour nous. Bien que l’on ne puisse nier qu’une part du progrès accompli jusqu’ici est dû à cette ressource, le progrès de demain se fera sans. Ce n’est pas pour rien qu’on en parle comme un combustible fossile: il appartient au passé. Ici, je ne parle que de pétrole, mais il a deux proches cousins: le charbon et le gaz naturel. Un article récemment publié sur le blog Roulez Électrique, intitulé La fin de l’ère du pétrole, rapporte les propos de l’ancien ministre du Pétrole et des Ressources minérales de l’Arabie Saoudite, le Sheikh Ahmed Zaki Yamani : «Dans 30 ans, il y aura une quantité phénoménale de pétrole, mais aucun acheteur. Le pétrole sera laissé dans le sol. L’âge de pierre s’est terminé un jour, et ce n’est pas parce qu’il n’y avait plus de pierres. L’ère du pétrole s’achèvera aussi éventuellement, et ce ne sera pas parce qu’il n’y aura plus de pétrole». Ces paroles semblent d’avant-garde, particulièrement pour un Saoudien, d’autant plus qu’elles ont été prononcées en 2000.

L’épuisement de la ressource La fin du pétrole ne viendra pas de l’épuisement de la ressource. La communauté scientifique est sans équivoque: ce fossile doit rester sous le sol si nous voulons contenir le réchauffement climatique sous la barre du 2°C. Un autre article, paru dans la célèbre revue Nature, énonce qu’il faudra abandonner le tiers des stocks de pétrole, la moitié de ceux de gaz naturel et 80% des stocks de charbon connus. Au Canada, nous devrons laisser 75% des stocks connus de pétrole sous terre. Nous n’aurons pas le «luxe» de l’épuiser: il restera à sa véritable place.

La crise Sortir du pétrole ne se fera pas sans peine, les pétrolières ne nous laisseront pas la chose facile. Se défaire de cette addiction nécessitera une révolution, et comme toute révolution, elle sera précédée d’une crise. Peut-être sommesnous déjà dans cette crise qui mettra fin à l’ère du pétrole. La situation est critique pour plusieurs sphères de la société; économique, sociale et environnementale. Au cours de l’année 2015, le prix de l’or noir est descendu à des niveaux étonnamment bas. Certains ont même parlé de risque de récession majeure dans l’industrie pétrolière. À quoi doit-on cela? La force du dollar américain y est pour quelque chose, mais l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) y est pour beaucoup. Celle-ci a dernièrement décidé d’inonder le marché, voire de le noyer. La tactique est simple: il

vaut mieux faire moins de profit sur un plus grand nombre de barils. Dans l’optique où la demande disparaîtra vu le climat politique actuel, ils gardent l’offre élevée. Ainsi, le prix du pétrole est bas et les consommateurs s’en donnent à cœur joie. Ils espèrent reporter le début de la fin. Bien que ce type de gestion permette aux gros joueurs de réaliser des profits, les plus petits producteurs ne pourront plus exploiter leurs stocks puisqu’avec ces prix, l’exploitation n’est plus rentable. C’est exactement ce qui s’annonce pour le pétrole canadien. Le magnat du pétrole l’avait prédit: un jour, il y aura toujours beaucoup de pétrole, mais il n’y aura plus aucun acheteur. Ce jour approche. Le pétrole ne déstabilise pas que l’économie, il trouble la paix sociale. En plus de financer à coup de plusieurs dizaines de millions de dollars des organisations terroristes comme l’État Islamique et de causer des guerres entre des grandes puissances pour des puits de pétrole, l’or noir est source d’inégalités sociales. L’exemple de l’Angola, deuxième plus grand producteur de pétrole d’Afrique, est frappant. Bien que le pays montre une croissance économique des plus rapides, l’ONU estime que de 60% de la population n’a pas accès à l’électricité, moins de la moitié a accès à l’eau potable et plus du quart de la population active est sans emploi. Le Ministère des Affaires Étrangères de la Belgique conseille de ne pas visiter Luanda, la capitale angolaise, dû à sa criminalité particulièrement violente et croissante. Celle-ci est attribuée en grande partie au chômage résultant d’une économie fondée presqu’exclusivement sur le pétrole. Dans les pays exportateurs, l’or noir ne profite qu’aux plus riches au détriment des pauvres. Comme si ce n’était pas assez, ces derniers doivent conjuguer avec les problèmes de pollution issus de l’exploitation pétrolière. Il ne faut plus parler d’un fossé entre les riches et les pauvres, mais bien d’un canyon. L’environnement aussi est en crise : la planète souffre et sur la liste des accusés figure le pétrole. On lui attribue notamment des contaminations à large échelle des eaux et des sols, la pollution de l’air, la perte de biodiversité et beaucoup plus. Il est aussi responsable d’une part importante de la crise des changements climatiques. On le sait, sa combustion émet des gaz à effet de serre qui contribue à réchauffer le climat. Pour ceux qui en doutent, je consacrerai une future chronique à vous convaincre de la crise des changements climatiques et de l’impact de l’homme dans celle-ci. Confortons-nous, l’humanité est en crise, tant économique et sociale qu’environnementale, et cette crise pourrait être celle qui mettra fin à l’ère du pétrole. Une révolution s’amorce, mais rien n’est joué. Il faut d’abord laisser le pétrole sous le sol, où sa place est vraiment. Nous aurons à changer nos habitudes car le pétrole est partout. Heureusement, les alternatives sont aussi partout; l’eau, le vent, le soleil, les biocarburants, les bioplastiques, etc. Notre salut se trouve dans l’innovation, puisqu’après tout, c’est l’arrivée du bronze qui a mis un terme à l’âge de pierre. On doit faire ce que l’homme fait le mieux: s’adapter.

ÉLECTIONS À L’UNIVERSITÉ

Trois nouveaux membres au sein de l’AGE UQTR Dimanche avait lieu le conseil d’administration de l’UQTR où trois nouveaux membres de l’AGE UQTR ont été élus. Respectivement, Samuel Plante, Laurence Verreault et Mickaël St-Pierre ont obtenu les postes de vice-présidence aux affaires socio-politiques, à la vice-présidence aux communications, à la vie associative et à l’environnement et la vice-présidence aux affaires académiques de premier cycle. C’est à la suite de la démission de trois anciens membres de l’AGE que l’on a du procéder à des élections rapidement. Après avoir cumulé le minimum de signatures requises à l’accessibilité de leur élection, les nouveaux élus ont commencé leur nouveau poste lundi matin. Étudiant au baccalauréat en Loisir, culture et tourisme, Samuel Plante est élu VP Socio-Politique au sein de l’Association générale des étudiants de l’UQTR en était à sa deuxième année sur le conseil d’administration de l’AGE UQTR. «J’étais à la recherche d’une nouvelle implication dans l’université. Mon but est de mieux servir les intérêts des étudiants de mon université», explique le nouveau VP socio-politique. Samuel continue en expliquant que deux gros dossiers seront à surveiller à l’université:«Tout d’abord, il y a le référendum d’association entre

toutes les universités du Québec qui se tiendra vers la fin de la session. Il y a aussi tout le dossier de la mobilisation étudiante face à l’austérité. C’est une situation qui affecte grandement les services aux étudiants.» Il ajoute que la campagne de sensibilisation sur le consentement commencera sous peu. «Il leur fallait quelqu’un de motivé et je le suis!», souligne Samuel. Son objectif est de relancer les comités qui sont affectés à son poste en plus de sensibiliser les étudiants sur ses différents dossiers. (M.-P.P.) PHOTO: M.-P. PRUNEAU

Samuel Plante, nouvellement vice-président aux affaires socio-politiques.

REMISE DES BOURSES DE LA FONDATION DE L’UQTR

La crème de nos étudiants récompensée Que ce soit pour leur excellence académique, leur engagement ou par le fait qu’ils réussissent malgré les embûches, ce sont plus d’une centaine d’étudiants, tous cycles confondus, qui se sont vu remettre des bourses de la Fondation de l’Université du Québec à Trois-Rivières totalisant plus de 565 000 $. «En leur remettant une bourse, nous soulignons le succès de nos étudiants les plus méritants. En espérant qu’ils se sentent valorisés et épaulés, et que cette marque de reconnaissance les incite à poursuivre leur quête de l’excellence et au soutien du développement socio-économique de notre région», lançait d’entrée de jeu l’ancien recteur par intérim de l’UQTR, André G. Roy. Nos deux récipiendaires interviewés sont des lauréats de la bourse J. Armand Bombardier pour l’engagement communautaire. Étudiante au doctorat en psychologie recherche et intervention, Sarah Bruyninx s’implique beaucoup dans l’enceinte de l’UQTR. Que ce soit pour le Club d’entrepreneuriat, le projet Éclosion qui permet aux étudiants universitaires de faire des stages à l’étranger en lien avec leur programme d’études, ou à titre de présidente de l’association des étudiants en psychologie, Sarah laisse sa marque. «Il est certain que cette bourse de 2000 $ m’aidera beaucoup dans la continuité de mes études», souligne la récipiendaire. De son côté, l’étudiant au doctorat en chiropratique, Vincent Gagnon-Normandin s’illustre à

l’université en tant que président de l’association des étudiants en chiropratique, en tant qu’ancien vice-président externe pour la même association et de par son implication aux recherches du département en médecine chiropratique. «J’ai aussi participé à un projet Éclosion, le même programme dont parlait Sarah», explique-t-il. À la question «Pourquoi vous et pas quelqu’un d’autre?», Vincent s’empresse de répondre que ces bourses auraient pu être remises à n’importe qui d’autre que lui. «Il est certain que de s’impliquer dans la vie étudiante de l’université et sur des projets qui nous tiennent à cœur, cela aide à faire rayonner l’UQTR à travers la région», apporte l’étudiant en chiropratique.

Des bourses accessibles à tous Étudiant en enseignement de l’histoire au secondaire, Mathieu Loiselle en est à sa troisième bourse de la part de la Fondation de l’UQTR. La première était pour son retour aux études et les deux autres pour son excellence académique. Malgré sa côte Z «qui doit être d’au moins 4», Mathieu maintient que ces bourses pourraient être accessibles pour d’autres étudiants: «Souvent, les gens ne sont même pas au courant de l’existence des bourses de la Fondation de l’UQTR ou ils ne prennent pas le temps de s’informer. C’est une belle aide financière à avoir lors de notre parcours universitaire.» 565 000 $ en bourses seront mis à la disposition des étudiants cette année. (M.-P.P.)


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ACTUALITÉS

BOURSES PIERRE-PÉLADEAU

Une aide précieuse pour démarrer son entreprise Les étudiants ont jusqu’au 9 février pour fournir à l’université une présentation de leur nouvelle entreprise située au Québec dont les activités pourront avoir débuté moins d’un an avant cette date. Les bourses Pierre-Péladeau se divisent en trois montants, respectivement d’une valeur de 20 000 $, 30 000 $ et 50 000 $. Les étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières sont vivement invités à y participer. Les bourses Pierre-Péladeau ont pour objectif de stimuler la création d’entreprises auprès des étudiants universitaires du Québec par l’attribution de bourses récompensant les meilleurs projets. Pour pouvoir participer, quelques critères sont requis: d’abord, les candidats doivent être inscrits à temps complet au 1er, 2e ou 3e cycle dans une université du Québec. Chaque étudiant participant au projet ne peut être âgé de plus de 35 ans. Ensuite, lors d’une candidature en équipe, il est possible que certains membres n’aient pas le statut étudiant, seul le leader du groupe doit au moins attester qu’il est inscrit à la session d’hiver 2016. Il est important de savoir que ce concours est également ouvert à tous les étudiants, canadiens ou non, à condition que l’entreprise soit implantée au Québec et que le futur entrepreneur souhaite rester dans la province. Toutefois, bien que le siège social de l’entreprise doive être basé au Québec, l’entreprise peut collaborer avec des partenaires internationaux.

Origines de l’attribution des bourses Pierre-Péladeau L’objectif principal des bourses Pierre-Péladeau est de promouvoir l’entrepreneuriat au Québec. Ainsi, c’est en 1999 que ce concours fut

créé en l’honneur de son fondateur, Pierre Péladeau, homme d’affaires et créateur du groupe Québecor. Pour le conglomérat, le travail, le talent et la créativité de la relève entrepreneuriale doivent être encouragés financièrement. Aussi, à travers la remise de ces bourses, les entrepreneurs sont soutenus, quels que soit leur domaine d’études et le secteur d’activités de leur entreprise. Plus précisément, ces sommes ont pour objectif d’aider les futurs entrepreneurs à démarrer leur entreprise, à réaliser leur plan d’affaires et à développer leurs produits et leur marché. Pour maximiser ses chances, le sommaire d’une nouvelle entreprise doit respecter rigoureusement plusieurs critères. En effet, il doit comprendre, entre autres, une brève énumération des activités de l’entreprise, les facteurs de succès et les risques propres au secteur d’activités de l’entreprise, mais aussi l’état des sources et l’utilisation des fonds pour trois ans.

Les lauréats 2015 Deux étudiants de l’Université du Québec à Montréal et de l’Université Concordia avaient remporté la première Bourse Pierre-Péladeau pour le démarrage de leur entreprise Recharge Véhicule Électrique (RVE). L’équipe souhaitait permettre la recharge des voitures électriques à domicile et ce, à moindre coût. La deuxième bourse avait été attribuée à l’entreprise BiogeniQ, qui a pour but de prévenir les maladies et d’augmenter l’efficacité des traitements à l’aide de profils génétiques personnalisés (UQAM). Enfin, les récipiendaires de la troisième bourse ont été récompensés pour le développement de SciencePerfo. Leur projet était de mettre en place la modélisation biomécanique au service des jeunes hockeyeurs (Université Laval). Ne faisant pas partie des gagnants l’année dernière, nous souhaitons la meilleure des chances à nos étudiants de l’UQTR. (G.L.B.)

PORTES OUVERTES DE L’UQTR

Une occasion de tâter le poulx de l’université Le samedi 30 janvier prochain, ce sera l’occasion pour des centaines de futurs étudiants d’explorer et de découvrir l’Université du Québec à Trois-Rivières. Dans le cadre de l’événement «portes ouvertes», plusieurs activités seront offertes aux étudiants qui s’intéressent à l’université. C’est aux pavillons Albert-Tessier et Ringuet que se donnent rendez-vous futurs étudiants et des représentants d’une cinquantaine de kiosques d’information. Ces derniers seront animés par des responsables de programmes, des professeurs, des professionnels et des étudiants. Tous les départements de l’Université seront représentés pour l’occasion. En plus d’en apprendre d’avantage sur les programmes d’études de l’UQTR, les futurs étudiants recevront des informations quant aux services disponibles, des échanges internationaux (études et stages) ainsi que des activités culturelles et sociales.

Un volet financier sera abordé au courant de la journée en présentant des conférences au sujet des bourses universitaires, de l’aide financière et de la vie étudiante. Les futurs étudiants pourront effectuer leur demande d’admission sur place.

Visite guidée en vrai et sur le web! Des visites guidées seront également proposées gratuitement afin de permettre aux futurs étudiants de parcourir les pavillons, la bibliothèque, les laboratoires, les résidences, le Centre de l’activité physique et sportive (CAPS) Léopold-Gagnon de même que les locaux spécifiques de certains programmes. Au cours de cette Journée portes ouvertes, une visite guidée du campus de l’UQTR sera offerte en direct sur le Web, par le biais de l’application Periscope. Cette tournée en temps réel des pavillons, commentée par un membre de l’équipe du recrutement étudiant, sera transmise à compter de 14 h. (L.M.)

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LA P’TITE VITE

Un orgasme s’il vous plait? MARIEANGE PERRAULT Chroniqueuse

La fin justifie les moyens. Voici ce que la majorité des gens emploient pour jouir dans la sexualité. Toutefois, plusieurs oublient la valeur véritable et profonde de l’orgasme. Nous vivons dans une société où la surconsommation est dorénavant associée à toute chose qui occasionne un plaisir profond. Bien entendu, l’individu qui a goûté à l’orgasme n’est pas prêt de l’oublier. Il en redemandera comme un «junkie» redemandera sa drogue pour revivre cette sensation tant convoitée. Par conséquent, il est important de bien discerner les différents enjeux entourant la notion de l’orgasme pour bien comprendre le sens réel de son implication sur le corps et l’esprit. Tout d’abord, il faut comprendre que nous sommes continuellement portés à réduire le sens de l’orgasme à un phénomène purement génital. Autrement dit, nous avons cette tendance à le réduire à une simple réponse physiologique qui a lieu lors de la phase terminale d’une excitation sexuelle procurant un plaisir d’intensité variée. À cette fin, il est important d’éclaircir une nuance qui limite en quelque sorte nos connaissances au sujet de la sexualité. Il faut savoir qu’il existe bel et bien une différence entre avoir un orgasMe et avoir un orgasTe. Eh oui, ABRACADABRA! Ce premier correspond à la perception du plaisir émotionnel ressenti impliquant l’abandon de soi et du corps en toute liberté. Quant au deuxième, il correspond à la perception de plaisir physique impliquant une libération de tension sexuelle lors d’une stimulation génitale. Il est à noter que lors d’un viol, la victime qui est stimulée au niveau des parties génitales peut être sujette à jouir contre sa volonté. Nous parlerions ici d’une réponse physiologique obtenue par la stimulation génitale sans réel plaisir associé, donc d’un orgasTe. Le besoin sexuel est fondamental chez l’être humain, mais comme toute bonne chose, la sexualité doit être consommée sans trop d’excès. À trop vouloir, on détruit à petit feu le sens véritable du plaisir physique de l’être dans l’orgasTe. Bien entendu, une p’tite vite n’a rien de pervers en soi et vous ne sombrerez pas sous l’emprise de la sexualité malsaine. Quiconque possède une vie sexuelle active savourera les bienfaits d’un orgasTe par la masturbation. Il s’agit d’une solution simple et efficace pour relâcher les tensions ressenties dans le corps avant un examen, par exemple. Dieu sait que nous ne glorifions en aucun cas la perversité dans cet acte purement libérateur. Par contre, celui qui s’abandonne sans cesse à ce genre d’activité masturbatoire ne trouvera jamais la satiété sexuelle et se plongera dans

le cercle vicieux de la surconsommation du plaisir éphémère. En ce sens, peu importe le nombre de fois qu’il jouira en se déchargeant des tensions sexuelles qui l’habitent, cet individu ressentira à nouveau cette tension peu de temps après, et en redemandera sans avoir comblé son réel besoin. Mais pourquoi un tel phénomène? Voilà une question forte intéressante. Pour bien introduire l’explication, une autre question s’impose : Le cerveau n’est-il pas le premier organe sexuel? Si l’on se fie aux nombreuses études qui ont été réalisées à ce sujet, le cerveau jouerait un rôle très important dans la sexualité. Tel est le rôle de l’hypophyse qui sécrèterait l’hormone nommée prolactine, responsable de la satiété sexuelle. À cet effet, une étude réalisée par Krüger et al. en 2006 dans le Biological Psychology démontre qu’il y a cinq fois plus de prolactine dans le sang après avoir fait l’amour avec un partenaire qu’après s’être masturbé. Cela suggère que même si nous avons ressenti un réel plaisir lors de la masturbation, il n’en demeure pas moins qu’elle ne procure pas de véritable apaisement, donc une réelle satiété sexuelle.

Le besoin sexuel est fondamental chez l’être humain, mais comme toute bonne chose, la sexualité doit être consommée sans trop d’excès. Par ailleurs, il faut comprendre que l’orgasme n’est pas une finalité en soi. Bien au contraire, pour certaines personnes, il s’agit d’un point culminant pour une relation future. Savez-vous véritablement ce que fait l’orgasme sur votre personne? C’est simple, encore une fois, votre cerveau vous joue des tours. En effet, pendant l’orgasme, l’hypothalamus, qui est impliqué dans le comportement sexuel ainsi que les émotions, sécréterait l’enképhaline. Cette molécule est apparentée à la morphine et procure un sentiment de bien-être profond, voire anesthésiant. C’est en partie à cause de l’enképhaline, qui active un système neuronal dit «opioïde», qu’une certaine dépendance physique se forme. Mais quel bonheur! Dans son sens le plus profond, le plaisir sexuel reçu par l’autre partenaire sera associé aux circonstances qui entourent ce plaisir comme la voix, le corps ou l’odeur du partenaire. Ainsi, c’est le début d’une dépendance qui le poussera à rechercher ces mêmes circonstances pour revivre ce plaisir charnel. À savoir, la fin justifie les moyens. Quelle dualité! Est-ce mieux de tomber sous le joug insatiable, mais libérateur de la masturbation ou sous l’effet euphorisant, mais éligible à la dépendance de l’enképhaline? Une chose est sûre, les deux font la paire. L’orgasme est une thérapie par laquelle l’être humain cherche à se guérir d’une société qui le brime dans sa liberté. En ce sens, jouissons des plaisirs simples de la vie sans pour autant tomber sous l’emprise de la surconsommation. Ainsi, avec cet esprit plus éclairé, pourquoi n’allez-vous pas faire un peu de chimie?


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26 janvier au 8 février 2016

OPINION

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Il est possible de réagir à leurs propos sur zonecampus.ca.

Je n’ai jamais banalisé le viol, sauf une fois au chalet! NOÉMIE ALLARD-GAUDREAU ANN-JULIE DUROCHER SÉBASTIEN GUERTIN CATHERINE LEMARIER-SAULNIER ÉLISE-LAURENCE PAUZÉ-GUAY MAXIME PRONOVOST JESSICA RIOUX-TURCOTTE CAROL-ANN ROUILLARD CATHY SIMON SOFIA TOURIGNY L’expression «culture du viol» vous dit peut-être quelque chose, mais qu’en est-il réellement? La culture du viol c’est se taire face à des situations qui ne devraient pas exister dans une société! La culture du viol c’est supposer que la fille qui s’habille sexy veut le faire avec tout le monde, comme si elle ne pouvait pas décider avec qui elle a envie de passer la nuit. La culture du viol c’est baisser les yeux, regarder ailleurs, faire comme si on n’avait pas entendu le gars nous dire à quel point on a un beau cul. La culture du viol c’est rire machinalement des blagues de viols sous prétexte que l’Osti d’jeu, c’est juste un jeu, voyons! La culture du viol c’est reculer juste d’un pas au cas où le mec dans l’autobus cherche encore à frôler nos fesses avec sa main.

La culture du viol c’est d’avoir appris dès ton plus jeune âge à changer de côté de rue parce qu’un groupe de gars marche en sens inverse devant toi. La culture du viol c’est se sentir mal de demander au doorman d’intervenir, car un imbécile est, disons, trop insistant. La culture du viol c’est de ne pas rendre public le nombre d’agressions sexuelles sur les campus universitaires pour préserver l’image des institutions. La culture du viol c’est cette culture de silence et de culpabilisation! Vous pensez peut-être qu’on exagère, qu’on est juste des féministes frustré-e-s, qu’on dramatise et qu’on n’a pas le sens de l’humour. Les chiffres disponibles nous donnent malheureusement raison. Au Québec, une femme sur 3 a été victime au moins une fois dans sa vie de violence sexuelle depuis l’âge de 16 ans1. Seulement 5 à 10% des viols sur des femmes majeures font l’objet d’une plainte officielle. De ce pourcentage, seulement 2 à 3% des agresseurs sont condamnés2. C’est donc au moins 90% des agressions sexuelles qui ne sont pas dénoncées laissant les agresseurs libres et les victimes tenues au silence. Dans ce contexte, comment se fait-il qu’un party universitaire organisé par plusieurs associations étudiantes puisse porter le nom «Sauf une fois au chalet!».Cette expression qui fait référence

à la vidéo tristement célèbre sur YouTube3 d’un homme de 93 ans qui, alors qu’il est reconnu coupable d’inceste sur ces filles, dit à TVA : «je ne suis pas coupable, j’ai jamais couché avec mes filles, j’ai jamais battu mes filles, j’ai jamais touché à mes filles, excepté une fois au chalet». Utiliseriez-vous cette expression pour un événement organisé dans le cadre de votre emploi, à l’extérieur de l’université? Permettez-nous d’en douter. Le contexte de «party universitaire» n’est pas un prétexte au laxisme, d’autant plus qu’on en fait la promotion au sein même de l’université. Peut-être vous direz-vous que cette expression est tellement passée dans la culture populaire qu’elle ne réfère plus dans l’imaginaire collectif à cette vidéo? Laissez-nous en douter, surtout quand les organisateurs de l’événement mettent la vidéo directement sur l’événement Facebook avec l’inscription «Hommage au roi» et que les organisateurs ont prévu «une FrenchZone pour les coquins». Maintenant à qui la faute? Nous ne souhaitons pas porter le blâme sur les organisateurs de l’événement ou sur l’université et l’Association générale des étudiants de l’UQTR. Cependant, nous considérons qu’il est important de soulever cette réflexion afin d’éviter d’autres manques de jugement similaires. Cette réflexion nous apparait d’autant plus nécessaire dans une société qui semble faire la promotion de la culture du silence et de la culpabilisation plutôt que celle de la

culture de dénonciation. Une société qui apprend aux filles à ne pas se faire violer plutôt qu’aux garçons à ne pas violer! Santé et Services sociaux du Québec, 2015 Santé et Services sociaux, 2015 3 https://www.youtube.com/watch?time_continue=19&v=ruacDDZB-0Q * 1 2

N.B. Le Zone Campus, en choisissant de publier cette lettre et de donner tribune aux signataires de ce texte, ne prend pas parti pris, ni d’un sens, ni de l’autre. Nous croyons cependant qu’il est impératif, lorsque se déroulent quelconques événements à l’intérieur du campus, d’en exposer les potentiels enjeux et avenues de débat, dans le but de permettre à la communauté universitaire de s’épanouir sainement à travers la discussion et la bonne représentation de chacun des idéaux. En ce sens, sachez qu’il vous est possible de réagir en faveur ou en défaveur de la lettre susmentionnée. Il vous est également possible de partager votre opinion dans cette section au sujet de tout ce qui vous touche de près ou de loin en rapport avec l’UQTR. Pour toute information sur un texte d’opinion, vous pouvez consulter le mot de la rédaction du présent numéro (page 2) ou aller chercher les informations à ce sujet sur le site internet du Zone Campus. — Louis-Philippe Cantin, rédacteur en chef


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LOISIRS Vie de campus ALEXANDRE LARAMÉE ZOUÉKI

Jeux

Thème: Les Arts (7 lettres)

Mot mystère

Sudoku

Illustrateur

Appui-main Calligraphie Miniaturiste Aquafortiste Caricaturiste Monogrammiste Aquarelliste Cimaise Palette Aquatintiste Cire Pâte Artothèque Conservateur Peinturlureur Barbouilleur Delineer Pinacothèque Biennale Eau Pot Bistre ECU Rétrospective Blaireau Empâtement Sépia Blaireauter Esquisser Soie Cadre Laque Ton

Mots croisés Horizontalement:

1. Étonnement profond qui empêche toute réaction 2. Terrain planté de cèdres - Mille deux 3. Mèche de cheveux qui poussent en sens contraire de celui des autres - Pernicieux 4. Terres (anglais) - Or 5. De la ville antique d’Élée - Frapper qqn violemment, à coups répétés 6. Île française de l’Atlantique - Oreillette 7. Sept - Adjectif possessif 8. Grosse araignée - Éminence 9. Domination morale - Dirige 10. Note - Suinta - Bornes 11. Aride - Mouvement républicain populaire - Pronom personnel 12. Fils d’Isaac - Obtiens qqch par ruse ou par adresse

Verticalement:

1. Perfidie 2. Pièce périanthaire des fleurs de monocotylédones, à la fois pétale et sépale - Maîtresses 3. Ville d’Italie - Voyageur représentant placier - Calcium 4. Praséodyme - Surfaces divisées en carrés égaux 5. Élément artificiel (Es), de numéro atomique 99 6. Éclat - Infinitif - Souverains de Russie 7. Partie chantée par un soliste, dans un opéra Se consacre à qqch - Plaine Padane 8. Hémistiche 9. Ch.-l. de c. la Somme 10. Corps combustible qui, dans une combustion, s’est incomplètement combiné à l’oxygène de l’air Trésorier de Dagobert Ier 11. Ensemble des dialectes romans parlés dans la moitié nord de la France - Port du Danemark 12. Dép. de la Région Bourgogne Célébration fondamentale du culte catholique


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26 janvier au 8 février 2016

SOCIÉTÉ

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ENTRE LES DEUX PÔLES

Quelle est la phobie la plus fréquente? KEVIN GAUDREAULT Chroniqueur

La phobie sociale est un trouble anxieux vécu lorsqu’un individu ressent une anxiété envahissante à partir d’une perception de «jugement d’autrui» dans des moments impliquant le regard des autres. Cette peur peut se présenter dans des situations multiples (ex : activités variées dans divers lieux publics) ou surtout lors de situations liées à la compétition et l’évaluation d’une performance (ex: discours devant un groupe, épreuve athlétique, etc.). La timidité est une caractéristique pouvant être plus ou moins présente chez chaque individu et se développant au travers des âges. Toutefois, dans le cas des gens vivant une phobie sociale, les situations impliquant le jugement d’autrui sont source d’anxiété importante, allant jusqu’à la limitation des capacités. Cependant, ce qui rend la phobie sociale comme étant un trouble anxieux ayant d’importantes difficultés quotidiennes, c’est qu’il s’agit d’une anxiété ressentie lors d’activités sociales ordinaires et banales: aller manger au restaurant, utiliser les toilettes publiques, payer à la caisse dans un magasin, marcher dans un endroit

fréquenté, etc. Dans ces situations, la personne a continuellement l’impression d’être jugée et d’être au centre de l’attention. Il y a également une anticipation du jugement négatif des autres et cela devient un mode de fonctionnement bien ancré. Des difficultés d’affirmation peuvent donc être présentes chez la personne souffrant d’anxiété sociale. Face à une situation créant de l’anxiété comme le discours devant un groupe, l’individu souffrant de cette phobie ressent des symptômes physiques de manière importante comme la transpiration abondante, l’augmentation du rythme cardiaque, les tremblements, la sécheresse de la bouche, les difficultés visuelles, les tensions corporelles et autres signes apparents. Toutefois, il s’agit d’une réponse à des pensées de scénarios catastrophiques déjà présentes préalablement. Il est fréquent qu’un individu souffrant de phobie sociale et redoutant les discours devant des groupes se demande «qu’est-ce que les gens pensent de lui» et «de quoi a-t-il l’air devant les autres»? Face à cela, une suite d’idées peut s’enchaîner et entraîner la personne à mettre davantage son attention sur ses pensées que sur le contenu de ce qu’elle tente de présenter. Il peut y avoir des pertes de mémoire importantes et des silences aggravant la situation redoutée. Face à cela, la réaction de l’assistance par les regards et le langage non-verbal peut venir alimenter le malaise de l’individu souffrant de phobie sociale et confirmer indirectement sa croyance initiale disant

que «les gens jugent sévèrement». Il est donc possible de mentionner que les gens souffrant de phobie sociale sont davantage préoccupés par leurs pensées négatives, que par ce qui passe réellement autour d’eux. Par ailleurs, ce type de phobie peut influencer une personne à rester célibataire, ne pas avoir d’enfant et limiter ses activités sociales. Toutefois, cela se produit non en raison d’un choix personnel et situationnel ou d’un manque d’intérêt lié à la personnalité de l’individu, mais bien en raison d’une anxiété sociale qui est ressentie et causant de la souffrance. Par ailleurs, l’un des éléments les plus importants à souligner en tant que facteur de risque pour alimenter une phobie sociale est l’absence d’emploi. Puisque la phobie sociale concerne des activités quotidiennes, des difficultés personnelles, sociales et professionnelles y sont associées. Il est possible qu’un individu souffrant de phobie sociale refuse différents postes avec le public, certaines promotions suggérées par un employeur et impliquant davantage de contacts avec les gens, ou des possibilités d’avancements au travail en raison d’une anxiété face au jugement d’autrui. Dans les cas les plus sévères, un individu peut être «invalide» à travailler et subvenir à ses besoins à partir de l’aide sociale du gouvernement. Certaines personnes peuvent aussi demander à leurs proches de faire leurs commissions ou de s’occuper de certaines responsabilités publiques pour elles. De plus, des attaques de panique peuvent accompagner la phobie sociale ou être provoquées

par celle-ci (DSM V, 2013). La plupart du temps, l’un des moyens utilisés face à la phobie sociale est l’évitement. La consommation de drogues ou d’alcool peut aussi servir de refuge artificiel. Ces stratégies peuvent sembler soulager l’anxiété au moment où la personne évite ou qu’elle prend une substance influençant son fonctionnement psychique. Toutefois, cette façon de réagir contribue à alimenter un cercle vicieux où la phobie s’installe de manière de plus en plus importante sans être «guérie» au fil du temps. Il est fréquent qu’une personne souffrant d’une phobie ait l’habitude de remettre à plus tard, jusqu’à temps qu’elle soit dans l’obligation de faire face à la situation redoutée. Vous devinerez que lorsque cela se produit, la situation peut provoquer une anxiété handicapante et même paralysante dans certains cas. Des confrontations sont à favoriser pour diminuer l’anxiété. Cependant, une confrontation trop directe peut au contraire provoquer une aggravation de la phobie, donc il est préférable d’y aller graduellement. Il est aussi possible de commencer la confrontation en étant accompagné(e), pour ensuite prendre la place par soi-même. Cette manière de faire ne réduit pas seulement à la phobie sociale, mais également pour d’autres types de phobies. Plusieurs psychologues et psychothérapeutes sont spécialisés dans ce domaine et peuvent aider les personnes qui souffrent de phobies à en parler, ou à y faire face, selon les attentes et besoins.

qu’est née la démocratie? Erreur : il s’est transformé en féodalisme financier, industriel, etc. Saviez-vous que la société nord-américaine se caractérise par son mode de gestion extrêmement hiérarchisé? Point de vue complémentaire  : pensez-vous que la démocratie consiste dans le droit de vote pour tous? Imaginez qu’au Moyen Âge, un prince «éclairé» ait voulu faire cadeau à ses serfs de la démocratie  : il les fait voter… une fois que les «seigneurs» ont choisi les candidats! N’est-ce pas une vaste mystification? Il vaut mieux ne pas oublier que les possédants (et leurs représentants politiques) livrent une guerre permanente au peuple. Eux ne l’oublient jamais.

plus crus : comment nous sortir de la merde? Le bon sens étant la chose du monde la mieux répandue, vous êtes capable aussi bien que moi, sinon mieux, de trouver des caractéristiques pour un vivre-ensemble qui vous convient. À titre d’exemples, nous devons aspirer à un État rationnel dont les citoyens conformeront leur conduite aux exigences de la raison; le but de la politique sera d’assurer à tous une vie bonne; la démocratie sera fondée sur le principe de l’égalité des citoyens; nous devrons dépasser la vision binaire du «nous contre eux» et viser à l’unité de toute l’humanité. N’est-ce pas original comme réflexion? Dites-vous que je fais ce que je peux. C’est déjà ça! Je ne peux en dire autant de tout le monde.

QU’EST-CE QU’UN ÊTRE HUMAIN?

Un animal politique Politique et économie NORMAND LECLERC

Chroniqueur de l’Université du troisième âge

Voilà un domaine où c’est le bordel intégral. Si vous me dites : «Oui, je suis un animal politique, et, oui, la politique m’intéresse!», je vous rétorque : «Vous vous foutez de ma gueule?» Vous avez entendu parler de la fille qui a vu la photo d’un sans-abri avec un chiot… et qui s’inquiétait pour le chiot? Ah! Vous vous ratatinez? Quand notre compassion s’adresse à un chiot plutôt qu’à un être humain, sur quel genre de vivre-ensemble pouvons-nous compter? Nous avons été tellement bien brainwashés à l’individualisme… par des gens qui ont avantage à nous diviser pour mieux régner, que nous n’osons même plus nous regarder dans les yeux. Dans un système économique capitaliste, avonsnous l’ombre d’une chance d’une politique de qualité? À quoi pourrait ressembler un vivre-ensemble véritablement humain? L’État ne demande rien de mieux que de nous épargner la peine de penser. Soyons polis… et retournons-nous avant d’éclater de rire.

Ça va? Vous ne flippez pas trop? Soyez patient! Cela ne saurait tarder! Dans une société dans laquelle l’argent est la valeur suprême, à quel genre de système politique devons-nous nous attendre? Les politiciens auront beau se gargariser de mots comme république, primauté du peuple, bien commun, qui l’emportera? Prêt pour un moment de lucidité? La dépendance économique mène nécessairement à la dépendance politique. Les possédants s’emparent de l’appareil de l’État et l’utilisent afin de maintenir leurs privilèges. L’État capitaliste n’est donc pas un appareil au service de la population : il agit presqu’exclusivement en fonction des intérêts des nantis. Ainsi, si vous entendez des politiciens parler d’intérêt supérieur, soyez certain qu’ils pensent à ceux des entreprises. Ce qui fait que nous avons une démocratie entièrement dévouée au capitalisme.

Quand une société tolère quelques rebelles, c’est qu’ils sont soit inoffensifs, soit insignifiants. Un État démocratique ou féodal Je suis dans un état pas racontable. N’allez pas croire… j’haïs vous parler de choses pénibles. Mais puisqu’il le faut. Vous êtes persuadés qu’avec la révolution française, le système féodal s’est effondré et

L’utilité des partis Après tout ce ramdam, un sujet simple : à quoi servent les partis politiques? La réponse nous est fournie dans un numéro de la «Revue de l’association des banquiers» : « En divisant les votants, grâce au système des partis politiques, nous les manipulons afin qu’ils dépensent leur énergie pour des problèmes n’ayant aucune importance.» C’est ainsi que les capitalistes opposent artificiellement des camps pour que l’énergie des uns annule l’énergie des autres… et que le gros lot aboutisse dans leurs poches à eux.

Vivre ensemble

Comment tirer notre épingle du jeu? En termes

Ça suffit les conneries Je vous laisse un peu de temps pour intégrer ce que je viens de dire. Bon : pouvons-nous espérer quelque chose de la politique actuelle? Non… rien que du blablabla. Presque toutes les déclarations officielles de la part de nos politiciens sont de la foutaise, un écran de fumée masquant la réalité. Vous connaissez la blague : comment savoir quand les politiciens nous mentent? Simple  : leurs lèvres bougent. Je pense que nous pouvons en tirer une ligne de conduite : ce que les politiciens nous refilent, leurs promesses, c’est de l’intox! Ce  n’est pas pour rien qu’ils prennent des leçons d’acteurs : c’est pour mieux nous berner!


SOCIÉTÉ 11

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L’ART DE MONTER UNE MAYONNAISE ET AUTRES PROPOS COMESTIBLES

L’argent qui poussait dans les arbres KRISTINA MONFETTEFORTIN Chroniqueuse

Certaines activités du quotidien en disent long sur notre façon de concevoir le monde et d’y prendre place. Les gestes les plus banals (laver la vaisselle, aller au cinéma) dissimulent des croyances et des usages qui régissent la société et participent au vivre ensemble. En ce sens, le contenu de notre panier d’épicerie divulgue beaucoup d’informations sur notre personnalité et nos valeurs. Pensons d’ailleurs à l’image clichée du journaliste à potins qui dépouille les déchets des célébrités à la recherche de renseignements croustillants. De remplir son sac-poubelle à faire son épicerie, il n’y a qu’un pas à franchir. Pourtant plusieurs conçoivent cette activité comme une corvée et entretiennent un rapport mi-figue mi-raisin avec cet espace familier qu’est l’épicerie. En effet, le supermarché peut se définir comme un lieu transitoire qui se caractérise par une standardisation. L’individu s’y transforme alors en simple consommateur, perdant ainsi de vu le lien intime qui l’unit à son alimentation. Que l’épicerie soit faite à la va-vite, en période d’affluence ou de façon routinière, il semble pourtant impossible de se dérober à cette tâche. Pour nous

alimenter, nous dépendons maintenant en grande partie du supermarché. À ce titre, l’écrivaine Annie Ernaux dans son texte Regarde les lumières mon amour se penche sur les rapports que nous développons avec ce lieu particulier en tenant un journal mi-intime mi-sociologique de ses visites à l’hypermarché. Par ce récit composite, elle consigne ses observations en peignant le profil des consommateurs, mais surtout l’aliénation du libéralisme économique. Au-delà de la description du banal et de l’anecdotique, l’écriture d’Ernaux offre un espace où la mémoire des petits riens a droit de citer. Ce texte invite le lecteur à réfléchir à ce qu’il met dans son panier et à ces actions aux apparences anodines. À cet effet, on peut se demander quels sont les pièges et les écueils à éviter lorsque l’on remplit son panier à provisions. Actuellement, la question de la consommation responsable circule sur toutes les tribunes. Il faudrait acheter local, biologique et équitable afin de diminuer notre empreinte carbone et de s’assurer de demeurer en bonne santé. Toutefois, ce mode d’achat ne vient pas naturellement à tous, puisqu’il suppose de modifier diverses habitudes de vie parfois bien ancrées et qu’il implique des conséquences sur le contenu du portefeuille. De la sorte, les compagnies ont déniché la solution idéale pour déculpabiliser le consommateur aux ambitions écolos : le greenwashing ou écoblanchiment et verdissage en français.

De quoi parle-t-on exactement ?

Il s’agit d’une stratégie de marketing afin de

créer l’illusion qu’un produit est écoresponsable et respecte ainsi l’environnement, sans que cela ne soit toutefois le cas. Le néologisme greenwashing semble plus qu’approprié pour décrire cette pratique, car l’association de green (à comprendre comme synonyme d’écologique ou d’environnemental) à brainwashing (lavage de cerveau) rend bien compte que nos comportements de consommateurs sont bien souvent influencés et manipulés. Tous les moyens sont bons pour faire pousser l’argent dans les arbres et faire du capital.

Même si votre shampoing est fait d’ingrédients naturels à 99%, il n’en est pas meilleur pour vous. L’arsenic, c’est naturel… Comment reconnaître le greenwashing? Concrètement, plusieurs indices permettent de soupçonner qu’un produit fait preuve d’écoblanchiment. Le premier élément à surveiller est l’emballage. En effet, pour renforcer leur argument de vente écolo, les entreprises misent sur un visuel qui fait la promotion de la nature (feuille, fleur, petite abeille) et utiliseront bien sûr le vert comme couleur dominante. On retrouve aussi de plus en plus l’utilisation du carton brut comme emballage, associé dans l’esprit des consommateurs aux papiers recyclés. Viennent ensuite les diverses mentions qui laissent croire que le produit possède des standards de qualité écolo de haut niveau. Par exemple, on remarquera la présence d’un logo certifiant que le

produit est 100% biologique ou issu du commerce équitable. Malheureusement, ces certifications manquent souvent de crédibilité et ne garantissent pas la véracité des allégations. La plupart de ces logos ne sont même pas approuvés par le gouvernement canadien. L’écoblanchiment est un procédé créatif. Aussi, le champ lexical de la nature sera omniprésent sur les emballages. Votre shampoing sera naturel, végétal, pur, vert, écologique, clean, éco respectueux et j’en passe. Pourtant, ces appellations n’attestent aucunement le caractère écologique du produit, mais jouent sur les valeurs du consommateur. Finalement, la liste des ingrédients présents ou absents sera mise en avant. Encore une fois, la cohérence de ces informations laisse souvent à désirer. Même si votre shampoing est fait d’ingrédients naturels à 99%, il n’en est pas meilleur pour vous. L’arsenic, c’est naturel… Le meilleur moyen de se prémunir contre le verdissage demeure de se méfier des emballages verts et de rechercher des logos approuvés (ÉcoLogo et Écocert étant les plus communs). Il existe des références fiables sur Internet (attention aux sites de pseudo science) qui fournissent de l’information sur les ingrédients à éviter dans les produits et qui démêlent les nombreuses catégories de certifications écologiques. Je vous recommande particulièrement le site de la fondation David Suzuki qui examine tous les aspects de la vie courante, des cosmétiques aux produits ménagers. C’est aussi un bon moyen de découvrir l’ensemble du travail de ce militant, véritable pionnier de la cause environnementale au Canada.

JE ME SOUVIENS… AU POUVOIR, CITOYENS!

Ensemble, sur le dos de la même tortue… Je sais que je ne sais rien JEANFRANÇOIS VEILLEUX Chroniqueur

Depuis que j’ai vu L’empreinte, un excellent documentaire de Carole Poliquin et d’Yvan Dubuc, produit en 2015 et porté par le comédien Roy Dupuis, portant sur les origines amérindiennes du peuple québécois, j’ai une fixation sur un pan oublié de notre histoire. De là se pose la question qui tue: que savons-nous vraiment des Amérindiens à part la fameuse «loi sur les Indiens» de 1876 au niveau fédéral, et d’ailleurs toujours en vigueur? À première vue, en tant qu’individus nés et élevés dans la culture populaire de la société québécoise, nos premières impressions, ou plutôt nos connaissances à ce sujet, sont assez, sinon très faibles. Hormis les principaux clichés connus tels que le tambour autour du feu, les chants de gorges inuits présents dans presque toutes les cérémonies officielles du Canada, le duo Kashtin qui fut populaire au Québec dès le début des années 1990 ou encore qu’à la même époque Dédé Fortin fonda le groupe Les Colocs avec Mike Sawatzky – un Amérindien originaire des Cris de la Saskatchewan – il est fort difficile de bien répondre à cette question clairement. Pourtant ils sont si proches, même plus que l’on pourrait le penser.

En effet, certains objets d’usage pratique de notre culture populaire témoignent d’une certaine proximité: noms de lieux communs, raquette de neige, sirop d’érable, tressage, emprunts vestimentaires, culture de la canneberge, techniques de chasse, stratégies de guerre et même de paix. Notre bagage génétique issu du métissage (75 % des Québécois(es) dits de souche) souligne notre héritage indéniable lié aux valeurs amérindiennes: respect, humilité, courage, consensus, collaboration, fierté d’être libre, protection de la Nature. La dernière fois que nous avons entendu parler d’«eux», c’était à l’automne 2009, lors du «Moulin à Paroles» pour la controversée commémoration des 250 ans de la bataille des Plaines d’Abraham de 1759. Sous l’œil de la caméra de Jean-Claude Labrecque, une joute de mots et une lecture savoureuse des textes politiques constitutifs de notre passé ont été organisées, notamment par des membres du groupe indépendantiste Loco Locass. Ceux-ci réussirent à réunir les 11 nations du Québec afin de participer à cet évènement artistique et historique sans précédent, dans une réconciliation publique par l’art oral de nos nations. Plus récemment, le refus de Harper de lancer une commission d’enquête sur 1186 femmes autochtones disparues ou assassinées en trente ans, les conflits fréquents entre le Conseil de bande versus le Conseil traditionnel, les routes bloquées par les Innus dans le cadre du Plan Nord du PLQ, le scandale en octobre 2015 des agressions sexuelles par des policiers de la SQ en Abitibi, ces faits nous poussent à ouvrir notre horizon de connaissance et de conscience tant dans

la sphère sociale, économique que politique à propos de ces exclu(e)s. Idle No More fut aussi le mouvement de contestation des communautés amérindiennes du Canada, lancé le 10 décembre 2012, pour empêcher la violation de leurs traités ancestraux par la loi omnibus C-45 du gouvernement Harper. Ces militants autochtones ont également fait du travail exceptionnel dans le dossier de l’Uranium sur la Côte-Nord (par une marche des Cris de 800 km), en faveur de la fermeture de Gentilly-2 ou encore pour bloquer les projets mégalomaniaques d’oléoduc et d’or noir de la compagnie albertaine TransCanada. Mais qui se rappelle qu’en septembre 2014, les chefs et les élus de la nation atikamekw ont procédé à une «déclaration unilatérale de souveraineté» sur leur territoire ancestral, le Nitaskinan, d’une superficie de 80 000 kilomètres carrés en Mauricie et dans Lanaudière?

En bref On dénombre 11 nations autochtones au Québec, totalisant plus de 101 000 membres, c’est-à-dire environ 1 % de la population. En ordre décroissant, il s’agit des Cris, des Mohawks, des Innus, des Algonquins, des Atikamekw, des Micmacs, des Hurons-Wendats, des Naskapis, des Abénaquis, des Malécites (pratiquement disparus au Québec) ainsi que du peuple inuit. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le film UVANGA, réalisé par Marie-Hélène Cousineau et Madeline Piujuq Ivalu (Téléfilm Canada, 2013), qui dresse le portrait de ces communautés inuites qui vivent toujours isolées dans l’immensité du grand nord québécois. De plus, la population autochtone est nettement

plus jeune que la moyenne québécoise et elle connaît une croissance démographique rapide. Environ 60 % des Amérindiens et des Inuits vivent dans l’une ou l’autre des 55 communautés réparties sur le territoire du Québec. Connaissez-vous bien les communautés autochtones près de chez vous? Pour y voir plus clair, voici un outil web indispensable: http://ici.radio-canada.ca/ autochtones-du-quebec. Si vous voulez en connaître davantage sur nos ami(e)s les autochtones, je vous conseille aussi le deuxième documentaire de Richard Desjardins, Le peuple invisible (2007, ONF, 93 min). Consacré aux quelques 9000 Algonquins de l’Abitibi, le film raconte leur histoire tragique: la confiscation de leurs terres par les gouvernements, le pillage de leurs ressources naturelles, le passage forcé du nomadisme au sédentarisme, la misère sociale obtenue, etc. Dans une chronique ultérieure, j’aurai sans doute l’occasion de revenir sur les pensionnats. Alors que l’ONU célèbre depuis 1994 la Journée internationale des populations autochtones, le 9 août, le Canada tient une Journée nationale des Autochtones, le 21 juin. Ayant longtemps refusé systématiquement de signer à l’ONU la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (septembre 2007), le Canada de Harper s’est finalement ravisé en novembre 2010, quoique ce document ne soit pas du tout contraignant sur le plan juridique. L’élection le 19 octobre dernier de Trudeau fils va permettre, nous l’espérons tous, une ouverture plus grande face à ce défi de rapprochement, de (re)mise en valeur et de pardon.


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26 janvier au 8 février 2016

ARTS ET SPECTACLES PREMIÈRE FRESQUE DES TUNNELS DE L’UQTR

Une murale aux couleurs des Patriotes JUDITH ETHIER

Arts et spectacles

À la fin de la session dernière, à la demande du Centre de l’activité physique et sportive (CAPS), un projet artistique a été proposé à des étudiants du baccalauréat en arts visuels, dont Catherine Houde est la représentante. Grâce à un bon financement de la part du Service aux étudiants (SAE) et de l’Association des programmes en arts visuels, ses collègues, et elle-même, ont accepté le défi de réaliser une murale de 30 mètres de longueur sur les murs du tunnel menant au CAPS. Lucas Blais-Gamache, Romane Dumas-Kemp, Cindy Gagné, Sylvie Leblanc et Naomie Perron sont les artistes dont le soutien a permis à Catherine Houde d’accepter une telle demande. Leur travail a commencé vers la fin du mois de décembre, et ils ont pris tout le temps des fêtes pour s’avancer considérablement dans la conception de la murale. La circulation étant pratiquement absente pendant les vacances, le travail n’en fut que plus facile.

L’homme derrière tout ça C’est grâce à Martin Lambert, professionnel au Service aux étudiants de l’UQTR, qu’une telle idée a pu prendre forme, lui qui a agi comme intermédiaire

entre les associations étudiantes et la direction de l’école. Le but du projet est simple: agrémenter le passage des étudiants dans le tunnel menant au CAPS et colorer ses murs de béton gris avec des couleurs rappelant les équipes sportives des Patriotes.

PHOTO: J. ETHIER

Une première à l’UQTR Il s’agit de la première fresque à orner les murs des passages souterrains de l’UQTR. Toutefois, ce premier projet semble avoir donné «un coup d’envoi pour d’autres projets semblables», grâce auxquels des étudiants pourront faire une œuvre davantage personnelle, mentionne Sylvie Leblanc. (qui est Sylvie Leblanc?) En effet, certains jeunes artistes semblent déjà faire part de leur désir de produire une œuvre dans le simple but d’embellir les tunnels de l’UQTR et y laisser une trace de leur passage. Des pourparlers sont présentement en cours dans les bureaux d’administration.

«C’est une occasion pour nous de laisser nos traces dans notre université.» — Catherine Houde

Comme le disait Catherine Houde, ce projet représente pour eux une façon, mais surtout une occasion, de mettre en pratique certaines notions vues dans leurs cours. Ainsi, l’œuvre n’est pas seulement sportive, mais aussi artistique. «C’est une occasion pour nous de laisser nos traces dans notre université.» C’est donc bénévolement que ces étudiants se sont engagés à produire cette murale pour embellir un coin de leur environnement.

Du cercle orange découle un flot de ronds et de ballons.

Le fond et la forme Débutant avec le logo des Patriotes imprimé sur le sol, l’œuvre nous donne une vision à partir de ce point d’un immense cercle orange faisant le tour du tunnel dans un effet d’anamorphose. Comme l’expliquait l’étudiante Romane Dumas-Kemp, cette vision du cercle n’est visible qu’à partir du logo. Le vide entre l’effigie et le rond orange est ainsi nécessaire dans l’ensemble de l’œuvre puisqu’il nous montre cette ouverture vers le monde du CAPS dans lequel nous entraîne tout le reste de la murale avec ses vagues de cercles. En effet, de ces bandes orange ressortent deux vagues de bulles bleues et turquoise de chaque

côté du passage, rappelant l’eau de la piscine. À travers ces bulles, on voit apparaître des ballons de toutes sortes ainsi que des personnages sportifs, clin d’œil aux nombreux sports offerts au CAPS. Il était important que les couleurs du centre sportif soient représentées dans l’œuvre. La couleur orange est ainsi bien en évidence dans l’immense cercle et la couleur verte se retrouve intégrée dans le turquoise des bulles d’eau. Malgré leur échéancier de trois mois, le groupe de jeunes artistes aura fini d’ici peu l’entreprise d’embellissement du tunnel. Si vous n’êtes pas un habitué de ces passages souterrains, il vaudra la peine de faire un détour pour venir admirer cette première fresque dans l’histoire de l’UQTR.

UNE 12E FINALE D’UQTR EN SPECTACLE

Une soirée sous le thème de la télévision d’antan C’est le lundi 18 janvier dernier que se tenait la conférence de presse qui annonçait les nouveautés d’UQTR en spectacle pour cette année. C’est sous le thème La TV d’antan! que se déroulera la 12e édition cet événement, qui débutera le 17 février prochain. En tout, six numéros de participants seront évalués. Comme à l’habitude, ce sont des numéros de toutes les formes qui pourront être appréciés. Parmi les participants à la soirée : Meschac au piano et chant, Ari et Line, qui présenteront en première à UQTR en spectacle un numéro de chansons populaires en anglais, Daniel H. Dugas au violon, la troupe de danse Éclipse, ainsi que le duo Cristel, qui fera une démonstration artistique d’ombres chinoises. Les numéros seront jugés par un jury composé de Joanie Duquette, Anthony Hamelin et Jean-François Veilleux. Un dynamisme supplémentaire sera apporté à la soirée avec l’animation de Nadia Tranchemontagne, Marc-André Marion-Flamand et Frédérik Simon, tous membres de la Ligue

Universitaire d’Improvisation de Trois-Rivières (LUITR). Les numéros seront ponctués de sketchs humoristiques réalisés par les animateurs sous le thème principal.

PHOTO: GRACIEUSETÉ

Un dynamisme supplémentaire sera apporté à la soirée avec l’animation de Nadia Tranchemontagne, Marc-André Marion-Flamand et Frédérik Simon, tous membres de la Ligue Universitaire d’Improvisation de Trois-Rivières. Le porte-parole de l’édition 2016 de l’événement sera Érik Ayotte, lui qui a aussi commencé sa carrière musicale lors de soirée de talents avec son groupe Les Gars d’ma Shop. Le groupe offrira d’ailleurs une prestation lors de la soirée qui se déroulera sur la scène du Théâtre du Cégep de Trois-Rivières. Les billets pour le spectacle seront disponibles en prévente jusqu’au 16 février au pavillon Ringuet de l’UQTR, ainsi qu’auprès des

Le groupe Promenade sur Mars en performance lors de la finale locale 2015. membres de l’organisation. UQTR en spectacle est un concours annuel qui vise à faire découvrir de nouveaux talents, ainsi qu’à les encourager. L’année dernière, c’était

le groupe La Montagne est blanche qui avait remporté la finale. Le groupe, à la suite de cette victoire, avait eu la chance de jouer sur la scène des Voix libres au Festivoix. (A.V.G.)


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26 janvier au 8 février 2016

ENTREVUE AVEC COSMOPHONE

LE HAVRE ET MEDORA AU ZÉNOB

Cosmophonie, premier EP Octave doublée PHOTO: FRÉDÉRIC CHAMPOUX

ALEXIS VAILLANTGAMACHE

Arts et spectacles

Après une toute première aventure en studio, le groupe Cosmophone a lancé, le 17 janvier dernier, Cosmophonie EP. C’est à la suite d’un séjour de trois jours au très réputé studio Référence, qui a entre autres vu passer les Daniel Bélanger, Richard Desjardins et Beau Dommage, que la formation a pu donner naissance à six pièces. Zone Campus s’est entretenu avec Catherine Laurin et Daniel Quirion, principaux compositeurs du groupe, sur la sortie récente de cet EP. C’est d’abord avec l’idée première de créer quelque chose qui n’a pas été réalisé avant que les musiciens de Cosmophone ont entrepris le projet. Composer des chansons rock et pop, mais dans une philosophie provenant du jazz et du classique, dans le but de donner une profondeur et une complexité unique et propre à eux. Les paroles poétiques de Catherine Laurin contribuent à la signature sonore de la formation originaire de Trois-Rivières. Le groupe se laisse aussi influencer par une palette intéressante d’artistes et de groupes tels que Radiohead pour son introspection et Karkwa pour son intelligence mélodique et la richesse de ses textes. Emilie & Ogden, Forêt et Pink Floyd ont également été mentionnés.

Expérience en studio C’est environ deux semaines avant l’enregistrement que Cosmophone s’est vu offrir l’opportunité d’enregistrer au studio Référence, studio appartenant au musicien Guy St-Onge. Le groupe, ayant déjà plusieurs compositions à son actif, a sauté sur l’occasion. Les musiciens trifluviens ont été hébergés durant trois jours au studio. Trois jours d’isolement qui ont servi à d’abord enregistrer, mais aussi à approfondir leur sonorité. En explorant plusieurs sons de guitares, plusieurs effets à ajouter, le groupe a eu une courte période de préavis avant l’enregistrement. Il est resté ouvert à l’imagination et à la création en studio. «On a réalisé que de pratiquer pour des shows est vraiment

Le vendredi 15 janvier dernier avait lieu, au Zénob, un spectacle mettant en vedette Le Havre et Medora. Pour l’occasion, Medora a présenté son mini album Les arômes et Le Havre a démontré au public sa nouvelle formule de spectacle en duo.

PHOTO: A. VAILLANT-GAMACHE

Lancement non officiel

Pochette du EP Cosmophonie. différent que de se préparer pour le studio», avoue la chanteuse et co-compositrice, Catherine Laurin. «Nos pièces étaient prêtes, mais il y a toujours matière à amélioration, et donc quand on est arrivés au studio, certains éléments ont été rajoutés de façon spontanée, et d’autres modifiés. D’avoir un regard extérieur et l’avis d’un ingénieur de son a été très formateur.»

Une question d’identité Plusieurs formations décident de s’exiler à Montréal ou à Québec lorsqu’arrive la popularité. Il ne s’agit peut-être pas d’une très grande distance à parcourir, mais la différence y est en termes de ressources, d’offres et de demandes culturelles. Si Cosmophone n’est pas encore à prendre cette décision du côté professionnel, Catherine Laurin et Daniel Quirion résident déjà à Montréal dans le cadre de leurs études. «Je me considère plus comme un Trifluvien vivant à Montréal, qu’un Montréalais.» Quirion avoue qu’il y a plus de ressources là-bas, mais que Trois-Rivières est d’abord leur ville d’origine. Le groupe s’impose déjà comme figure majeure dans la région, notamment à la suite de plusieurs spectacles donnés et à la tournée Panache qui vise à promouvoir l’émergence des talents musicaux provenant de la Mauricie. Comme membre de la scène trifluvienne, Bears of Legend s’est fait connaître et apprécier tout en gardant un pied à terre dans la région. Pour Cosmophone, Bears of Legend est une formation inspirante, elle qui jusqu’à maintenant fonctionne de manière indépendante. David Lavergne, membre de Bears of Legend, a d’ailleurs aidé le groupe à quelques occasions, comme pour leur dénicher une première partie au spectacle d’Emilie & Ogden qui s’est tenu à Shawinigan en décembre dernier.

C’est à la même date que le spectacle que le mini album Les arômes de Medora est sorti. Le groupe a donc présenté ses nouvelles chansons aux spectateurs présents. Dans les pièces que Medora a proposées, plusieurs sons familiers sont ressortis. En effet, depuis quelques années, plusieurs groupes de musique québécois semblent avoir pris un tournant pop rock psychédélique. Chez plusieurs de ces groupes, aux personnalités et aux sonorités souvent complètement différentes, on retrouve ce son où la guitare soliste aux octaves doublées à souhait est constante tout au long de la chanson et où la voix et la batterie sont souvent nourries d’échos. Hologramme, Secret Sun, Femme Accident, Morthouse, Corridor, I.D.A.L.G. et The Muscadettes ne sont que quelques-uns de ces groupes. Dans l’enceinte du Zénob, au bas volume où le groupe jouait, les différents instruments pouvaient être entendus très clairement. La musique introspective du groupe sur des rythmes enjoués de basse démontrait un contraste unique en son genre. La voix du chanteur Vincent Dufour, entre élans aigus et paroles murmurées, pourrait être comparée à celle de Dallas Green, chanteur de City and Colour. La formation y est allée d’une reprise de la chanson Talent du groupe Avec pas d’casque qui se mariait bien au PHOTO: A. VAILLANT-GAMACHE

Le Havre en formule duo au Zénob.

Medora en prestation au Zénob le 15 janvier, date de sortie de leur mini album Les arômes. style mis en place par Medora. Souvent marquées de fins abruptes, les chansons de Medora ont été livrées dans une justesse professionnelle sans accrochage. La dernière pièce jouée s’est terminée sous une lourdeur intense qui a marqué de belle façon la fin de la prestation.

Formule duo, no problemo Lorsque Le Havre a enchaîné avec la deuxième partie du spectacle, l’une des choses que le public a pu constater est le mélange de style qui allait de soi avec Medora. Le duo, quant à lui plus soul et urbain, présentait beaucoup de sonorités semblables. La guitare contenait beaucoup d’écho et d’octaves doublés rappelant le son de Mac Demarco. Cependant, le guitariste et chanteur, Charles-David Dubé, utilisait ses doigts pour jouer, ce qui rendait les mélodies fluides et uniques. Quant à la personne qui l’accompagnait, il n’y a rien qui ne lui échappait. Olivier Bernatchez s’occupait à la fois de la batterie, des sons de basses faits à l’aide d’un clavier et aussi des sons électroniques qu’il insérait à l’aide d’un contrôleur d’échantillons, souvent utilisé pour compléter les batteries électroniques. Anciennement suivi de deux autres musiciens, jamais lors de la prestation il y eu cette impression de manque d’instrumentations. Les chansons étaient ponctuées d’anecdotes sur les mésaventures du groupe à Trois-Rivières lors d’anciens passages. Le Havre a pour projet récent de réaliser une chanson par mois avec la participation d’artistes invités qui ont carte blanche pour les paroles. Par contre, ces chansons ne figuraient pas dans la liste de pièces jouées, le groupe s’étant concentré sur les titres officiels. (A.V.G.)

Semaine du 25 au 31 janvier 2016

Mardi de 15 h à 18 h, en rappel vendredi 17 h et dimanche midi

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10.

Artistes Dead Obies Mononc’ Serge Le Husky Faudrait faire la vaIsselle Philippe Brach Baden Baden Athena Ingrid St-Pierre Mes Amis au Pakistan Mehdi Cayenne

Pièces Aweille L’ébola à Saguenay Dans la neige Lâche ta job Héroïne Hivers Prends mon temps Tokyo Jellybean Muffin Top Pigeon-voyageur

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10.

Artistes David Bowie Grimes Lucid After Life King Gizzard & The Lizard Wizard The Sheepdogs Deerhunter Reversing Falls Moss Lime Young Rival The Motorleague

Pièces Lazarus Flesh Without Blood A.O. Paper Maché Dream Balloon Bad Lieutenant Snakeskin This Is Why I Always Get What I Want Interior Light The Boards


arts et spectacles 15

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UNE PRODUCTION DE BROADWAY À TROIS-RIVIÈRES

Les Productions de la 42e rue ne cessent de se développer JUDITH ÉTHIER

spectacle. C’est grâce à l’excellente Andrée-Anne Rompré que le succès de ces danses a pu être constaté. Entre autres, le numéro de fin de la première partie, «Run freedom, run» (Urinetown The Musical), était particulièrement excellent. L’équipe de production ne pouvait passer à côté de la comédie musicale Hairspray, véritable succès de Broadway. Le dernier numéro, rassemblant les 13 chanteurs de la troupe pour la chanson «You can’t stop the beat», fut spécialement intéressant.

PHOTO: DOMINIC RAYMOND

Arts et spectacles

Lors des 15, 16 et 17 janvier derniers, à la Maison de la Culture de Trois-Rivières, les Productions de la 42e rue ont offert un spectacle des plus originaux dans un assemblage d’extraits disparates tirés de comédies musicales plus ou moins connues par le grand public, créant ainsi Coin Broadway et 42e rue. Original et divertissant, ce spectacle montre bien la polyvalence et le talent des interprètes.

C’est avec un professionnalisme manifeste que le metteur en scène et directeur de la troupe arrange, modifie, et pousse ses artistes à la performance, pour ainsi créer un spectacle haut en couleur.

C’est en 2010 que la troupe voit le jour grâce à l’excellente initiative de William Lévesque, Manon Carrier, Guy Leclerc, Philippe Champagne et Robert Aubin. Ces artistes trifluviens voulaient donner la chance au public de la Mauricie d’assister à des comédies musicales de Broadway qu’ils n’auraient pas nécessairement eu la chance de voir en personne. «Il y avait vraiment un besoin pour ça à Trois-Rivières», mentionne William Lévesque, metteur en scène de la troupe.

Original et divertissant, ce spectacle montre bien la polyvalence et le talent des interprètes. En effet, depuis leur début, les Productions de la 42e rue ne cessent d’évoluer, de se faire connaître et de grandir en notoriété. Lors des trois représentations de Coin Broadway et 42e rue, la salle Anaïs-Allard-Rousseau était pratiquement pleine. Pour certains, ce dernier spectacle n’avait presque rien à voir avec le tout premier, celui de «La Belle et la Bête», présenté en septembre 2010.

Une partie de la troupe des Productions de la 42e rue est réunie sur scène avant la première représentation de Coin Broadway et 42e rue. C’est avec un professionnalisme manifeste que le metteur en scène et directeur de la troupe arrange, modifie, et pousse ses artistes à la performance, pour ainsi créer un spectacle haut en couleur. La faculté d’adaptation des acteurs et actrices se retrouve notamment dans le numéro «Il est cinglé» tiré de la comédie musicale Company, dans lequel trois interprètes féminines, Émilie Lampron-Perron, Marie-France Masson et Paule Vermot-Desroches, nous présentent leur talent

en jouant du saxophone alto tout en chantant et exécutant une petite chorégraphie. L’adaptabilité des artistes Patrick Carrière et André Marcotte est également mise à l’épreuve dans le numéro «Oublie tout!», tiré de la production The Book of Mormon, où les deux hommes font preuve d’agilité en dansant de la claquette, au grand plaisir du public. De nombreuses chorégraphies de groupe, parfois complexes, sont présentées durant ce

Coin Broadway et 42e rue n’est pas seulement un assemblage d’extraits musicaux, c’est un spectacle à part entière d’une originalité étonnante, teinté d’humour et de charme. D’un numéro à l’autre, le talent des artistes est mis à l’épreuve. La musique s’enchaîne avec une vivacité et un rythme parfois déconcertant. Un plaisir vivant du début à la fin. Pour sa prochaine production, la troupe nous réserve, pour juillet 2016, la comédie musicale Avenue Q, de laquelle ils ont tiré un extrait («Tout le monde est un peu raciste») dans leur spectacle Coin Broadway et 42e rue, en clin d’œil à ce prochain rendez-vous estival. Une invitation qui ne sera sans doute pas déclinée.

Avenue Q sera en représentation à la salle Anaïs-Allard-Rousseau du 8 au 17 juillet 2016.


16 arts et spectacles

26 janvier au 8 février 2016

CHRONIQUE D’UN LUNATIQUE

La nostalgie, comment l’aborder LOUISPHILIPPE CANTIN Chroniqueur

Il est, vous saurez l’admettre, plutôt facile de faire dire à quelqu’un que son propre passé se fait garant de davantage d’intérêt que son présent. Vous n’aurez qu’à parler des St-Jean sur le Mont-Royal aux baby-boomers pour les faire replonger dans une époque où «tout était plus facile». Il en va dans le même sens en ce qui à trait à la musique, aux technologies de communication ou encore aux productions cinématographiques et télévisuelles. Vous l’aurez tous remarqué, et vous avez d’ailleurs probablement une opinion de fondée à ce sujet; la nostalgie remplit depuis longtemps les salles de cinéma ainsi que les salles de spectacle. Juste avant Noël, je vous avais laissé avec une chronique traitant de l’importance de vivre environné par les vapeurs de nos mythologies personnelles. J’avais, à ce moment, utilisé en exemple le phénomène de culture de masse que représente Star Wars, puisque la franchise de science-fiction (qui ne s’en est jamais allée vraiment loin d’ailleurs), était sur le point de faire son grand retour dans l’imaginaire collectif. Dans l’ombre de ce monolithe du Septième Art, les racines de bien des œuvres servent aujourd’hui à nourrir différents branchages qui s’y rattachent. La culture québécoise n’y échappe pas, mais ça, vous ne l’ignorez probablement pas non plus. Il va de soi que l’esthétique nouvelle apportée au film pour enfants La Guerre des Tuques dans la réadaptation de Jean-François Pouliot n’ignore pas ce concept répandu à l’international. Le spectateur, de son côté, n’est certes pas berné par la réutilisation d’archétypes culturels forts de leur signifiance dans notre imaginaire. Il est de mon avis que c’est justement ce qui fait tourner les rouages de cette entreprise avec autant d’aisance. Il s’avère également que le risque est bien moins grand, lorsqu’on fait appel à la nostalgie du spectateur, de perdre son attention au milieu d’un processus de diffusion. Dans un état d’esprit plutôt sceptique, j’ai, probablement au même titre que vous, choisi de m’attarder à l’une de ces multiples œuvres dites passéistes qui sont disponibles pour mon bon divertissement. En effet, au même titre que bien des Québécois (près de deux millions semble-t-il), j’ai choisi d’accorder une partie de mon temps à la nouvelle adaptation de la populaire série autrefois radiophonique, puis télévisée Les Belles Histoires des Pays d’en Haut, série à laquelle on a retranché la première moitié du titre. Les Pays d’en Haut, nouvelle série réalisé par Sylvain Archambaut, choisit de se concentrer sur la véracité historique de la réalité vécue durant la colonisation des Laurentides à la fin du XIXe siècle. Je dois avouer que, malgré mon scepticisme, ce n’est pas sans enthousiasme que je m’apprêtais à assister à cette nouvelle interprétation de ce qui

se veut l’un des classiques les plus importants de la culture québécoise. Du roman de Claude-Henri Grignon à cette nouvelle adaptation, en passant par le long-métrage de Charles Binamé, il va de soi que la loupe sous laquelle sont fondés les personnages aura su faire du chemin à travers les méandres de différentes perceptions. Évidemment, c’est cette fois dans la censure qu’on a choisi de couper pour nous démontrer une vision, plus crue et plus logique, de cette dure époque au Québec. Évidemment, l’aspect romancé de la série nous garde accrochés comme dans toute bonne production du genre. J’ai d’ailleurs souri lorsque le Curé Labelle (Antoine Bertrand), donnant la réplique à Arthur Buies (Paul Doucet), explique que son premier but en ce qui a trait à sa volonté de construire un chemin de fer, est d’encercler insidieusement les Canadiens-Anglais de façon à ce que l’Amérique française garde son importance d’origine du côté ouest de l’Atlantique. Ce genre d’informations se doit, de toute évidence, d’être considéré avec des pincettes, mais se fait, sans l’ombre d’un doute et malgré tout, garant d’un conflit bien réel à l’époque qu’une série de fiction ne saurait traiter en détails dans une courte série télévisuelle comme celle-ci.

Il est dangereux de juger dans l’absolu, ainsi, ce n’est pas parce qu’un produit réutilise des concepts connus qu’il en devient nécessairement mauvais, et vice versa. En observant de petits détails du genre, j’ai rapidement réalisé que l’appel à la nostalgie peut aussi servir au présent, s’il est manié avec précaution. En effet, si Les Pays d’en Haut et compagnie savent faire vibrer bien fort la glande du c’était dont mieux avant, ils parviennent aussi, dans certains cas, à intéresser celui ou celle qui consomme l’œuvre à en apprendre davantage sur son histoire, ou encore sur la nature même de ce qui définit notre psyché sociale. Autrement dit, cet appel à la nostalgie peut éduquer un plus grand public à certaines notions qui, peut-être, auraient été ignorées par un public plus frileux à la nouveauté. Il suffit que comparer avec l’excellente Série Noire pour constater l’attention donnée à un appel à la nostalgie, versus celle accordée à un produit totalement original. Néanmoins, il est dangereux de juger dans l’absolu, ainsi, ce n’est pas parce qu’un produit réutilise des concepts connus qu’il en devient nécessairement mauvais, et vice versa. Tout dépend de la manière dont on aborde le sujet en question. Par exemple, j’ai été agréablement surpris du souci du détail historique dans Les Pays d’en Haut qui nous permettait d’entendre parler à un moment de La Lanterne d’Arthur Buies et de la perception des citoyens face à cette œuvre critique fort importante par rapport à notre histoire. Certes, la fin ne justifie pas toujours les moyens, mais reste cependant qu’il est agréable de voir que lorsqu’on reprend un concept déjà utilisé, il existe certains artisans de notre culture pour les adapter à notre compréhension moderne du monde.

THÉÂTRE DES NOUVEAUX COMPAGNONS

Nous sommes tous bourreaux PHOTO: ANNIE LEBLANC

L’exiguïté de la scène oppresse les comédiens et comprime l’espace de manière à rendre le huis clos infernal.

MARIECHRISTINE PERRAS

Arts et spectacles

Le théâtre des Nouveaux Compagnons ose cette année en offrant une création en marge de sa programmation traditionnelle. Cette troupe conservatrice qui soufflera sous peu sa 100e bougie ouvre une scène qui se veut émergente. C’est avec l’existentialiste Jean-Paul Sartre que Valérie Gagné s’est lancé de plein fouet dans un baptême de mise en scène. La salle LouisPhilippe-Poisson de la Maison de la Culture accueille la production expresse Huis Clos pendant seulement trois soirs, du 21 au 23 janvier 2016. Les protagonistes de Sartre sont condamnés à la vie en enfer. Pour l’éternité, ils purgeront leur peine. Mais l’enfer de Huis Clos est loin des présupposés chrétiens, l’enfer de Jean-Paul Sartre en est un libre-service. Enfermés dans une chambre à tout jamais, les trois personnages se heurtent les uns les autres dans une vaine lutte. Le seul bourreau, c’est l’autre. C’est d’ailleurs de ce texte qu’est tirée la phrase culte : l’enfer c’est les autres. Ce n’est pas une mince affaire que de s’attaquer une fois de plus à ce texte densément suite de la une philosophique. Cette pièce de théâtre est très souvent reprise et pour cause. Elle nous rappelle chaque fois que nous n’existons que par le regard de l’autre. Et quel médium formidable pour le démontrer. Des acteurs avides de regards et de louanges se sont succédé au fil du temps pour exprimer ce difficile constat. Les images créées en début de spectacle par la scénographie donnent un ton tragique à la production. Le temps qui passe et les traces désobligeantes laissées par cet ennemi sont supportés par la pianiste Ève Lisée. Présente tout au long de la production, la musique en directe qu’elle a conçue et interprétée rappelle sans cesse que le spectateur fait lui aussi parti du huis clos. Le décor simplifié par une toile de fond gris et trois chaises apportent un ton neutre à cet enfer qui surprend

par son apparence de non souffrance. L’exiguïté de la scène oppresse les comédiens et comprime l’espace de manière à rendre le huis clos infernal. La jeune comédienne Jenny Trudel fait des débuts remarquables. Nouvelle dans le paysage amateur trifluvien, elle occupe son espace de jeu solidement. Bien que la direction d’acteur semble économisée et que certains tiques se laissent à voir, Jenny Trudel tire avec brio son épingle du jeu. Son interprétation d’Inès, cette femme froide et autoritaire est crédible tout au long de la pièce. Rémi Francoeur et Alexandrine Piché-Cyr offre quant à eux un jeu sans grande distinction, mais fort efficace. Cette dernière a une technique vocale flatteuse, ce qui permet au texte d’être bien entendu. La metteure en scène Valérie Gagné a opté pour une production sobre et linéaire. La lourdeur du texte se ressent dans les longueurs, affichant un rythme lent et monotone. En plus de la musique en directe, la production interdisciplinaire de Gagné inclue des projections multimédias, une sculpture étonnante et des toiles originales. Les toiles abstraites peintes pour l’occasion ont des échos de Mirò. Les couleurs vivent et les gestes visibles de l’artiste accentuent davantage l’accumulation des vies passées. Les vidéos noir et blanc sont traitées et l’image qui en découle est fort agréable. Ces projections sont le pont entre le monde des morts et celui des vivants. Elles rappellent cet état humain qui oblige à voir l’autre et à en devenir son bourreau. PHOTO: ANNIE LEBLANC

Bien que la direction d’acteur semble économisée et que certains tiques se laissent à voir, Jenny Trudel tire avec brio son épingle du jeu.


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THÉÂTRE ADVIENNE QUE POURRA

VISIONS D’ANNA

Un tour de force en 90 minutes

Lire, cela vaut-il la peine de s’arrêter?

PHOTO: LUC LAVERGNE

ANNABELLE DESCHÊNESGAGNÉ Chroniqueuse

L’ingéniosité des accessoires permet un ludisme fantaisiste, ici l’éléphant qui sert à transporter les voyageurs.

Dans le cadre de sa série Théâtre-enfance-jeunesse, la Maison de la culture de Trois-Rivières a ouvert ses portes à l’énergique production Le tour du monde en 80 jours. L’adaptation et la mise en scène de Frédéric Bélanger permettent à ce classique de la littérature de vivre sur scène et de se révéler à un public de petits. Les enfants désireux de vivre une expérience participative et artistique pouvaient se rendre à une activité d’arts plastiques avant le spectacle. La compagnie du Théâtre Advienne que pourra a occupé la salle Anaïs-Allard-Rousseau ce dimanche 24 janvier en après-midi. Jules Verne écrit ce livre en plein cœur de la révolution industrielle, au moment où les chemins de fer gagnent en importance. Faire le tour du monde en 80 jours était donc audacieux à cette époque qui ne connaissait pas encore l’avion. Le gentleman Phileas Fogg parie une grande partie de sa fortune qu’il arrivera à relever ce défi de taille. Accompagné de son serviteur Jean Passepartout, il entreprend cette course folle. Cette version écrite pour les enfants est dynamique et finement ficelée. La trentaine de personnages est interprétée par cinq comédiens habiles qui ont un sens du comique soutenu par un rythme solide. Les contrastes physiques et vocaux, les clichés et les exagérations contribuent aisément à accepter les conventions liées au changement de personnages. Louis-Philippe Berthiaume offre un Passepartout vif et bien dosé, ce qui en fait un personnage succulent. Berhiaume est fraîchement sorti de l’école de théâtre en 2012 et travaille sur ce projet depuis l’été 2013. La mise en scène de Frédéric Bélanger se laisse savourer tout au long des 90 minutes que dure le spectacle. Appuyée par une scénographie simple et ingénieuse, la pièce surprend et amuse autant petits et grands. Les quelques adresses au public augmentent le taux d’humour et créent une chaleur avec les spectateurs. Un homme dans l’assistance se fait interpellé plusieurs fois au cours de la représentation et sera invité à participer sur la scène. De multiples malles sont dispersées dans l’espace de jeu. Les comédiens les déplacent, les entassent, les ouvrent et les empilent afin de

représenter tour à tour un éléphant, des wagons de train ou encore un pupitre de douanes. Lorsque les voyageurs se voient dans l’obligation de partir en traineau à travers l’Amérique enneigée, une de ces malles leur sert de luge et donne lieu à un moment fort du spectacle. Les costumes de Sarah Balleux et les accessoires de Marjolaine Provençal contribuent à unifier cette production réussie à tous les niveaux. Le travail ingénieux et esthétique de ces deux conceptrices est remarquable. L’entièreté du spectacle demeure simple et légère. La surcharge est évitée malgré les innombrables lieux et péripéties qui se présentent au public.

La trentaine de personnages est interprétée par cinq comédiens habiles qui ont un sens du comique soutenu par un rythme solide. C’est un spectacle rodé et maîtrisé par les comédiens qui, pour la plupart, y travaillent depuis plus de deux ans. D’abord conçue pour la Roulotte de Paul Buissonneau, la production s’est transposée à la scène. Le Théâtre Advienne que pourra est fondé en 2005 avec pour mission de rendre accessible des classiques pour initier les jeunes aux arts de la scène. Cette compagnie lanaudoise assure les programmations estivales de la Roulotte de Paul Buissonneau depuis l’été 2013. (M.-C.P.) PHOTO: LUC LAVERGNE

Le duo maître-valet composé de François-Simon Poirier et de Louis-Philippe Berthiaume est efficace et fort amusant.

La première fois que j’ai lié un contact avec la lecture, c’était lors de mon tout jeune âge. J’avais cet intérêt pour les encyclopédies du règne animal ainsi que celles qui concernaient le système solaire et la faune et la flore. Je m’asseyais les jambes croisées, sur le sol de ma chambre, et dévorait les énormes bouquins remplis d’images et de brèves descriptions. C’était les yeux écarquillés de curiosité que j’en apprenais toujours un peu plus sur le monde qui nous entoure. Plus tard, j’ai découvert la bande-dessinée. Garfield, en particulier. Le 9e art m’a appris, en quelque sorte, comment se construisait une histoire, case par case. Puis, les romans de Sylvie Desrosiers sous l’édition de La Courte échelle m’ont donné le goût de l’intrigue. Arrivée au secondaire, j’ai littéralement rompu avec la littérature jeunesse pour laisser venir à moi Shakespeare, Molière et Ionesco. L’Étranger de Camus, La Nuit du renard d’Higgins Clark, Le Bateau ivre de Rimbaud, Soir d’hiver de Nelligan : chacune de ces lectures m’apparut comme une révélation divine. Elles me poussèrent à me questionner sur ma propre personne, sur le monde social, sur l’Histoire, sur la grammaire en soi, sur l’écart entre la réalité et la fiction, etc. Il s’agissait d’interrogations de tous les jours qui passaient par la prose et la poésie jusqu’à moi, tel un passage obligé. Depuis ce temps, je considère le processus de lecture comme une chasse aux trésors et le terme d’une lecture comme la caverne d’Ali Baba, le jackpot quoi! Finir un livre mène toujours à mille et une réflexions et de là en résulte un engrenage infini de réponses. J’ai donc appris à me poser plus de questions que je ne m’en posais devant ces images de phoques communs et d’orchidées.

La lecture vient, d’une certaine façon, provoquer une cassure entre la réalité et l’univers du livre. Elle a la capacité de vous faire vivre des aventures qu’on ne pourrait pas nécessairement vivre dans la réalité. D’ailleurs, il y a cette question qui vient souvent me tracasser pendant mes lectures : Pourquoi lire? Même après mes études en lettres, je n’y ai pas trouvé de réponse concrète. C’est comme si je me demandais à quoi sert la littérature… même trou noir! Il y en a des réponses… beaucoup même, mais elles s’apparentent davantage à des explications éparses, disparates en constante évolution.

Par exemple, il y a sans doute des gens qui croient que la lecture est indispensable à la réussite professionnelle, d’autres qui croient plutôt qu’elle est utile à la compréhension de la vie et nombreux sont ceux qui lisent pour se divertir. Chacun établit son propre lien avec le livre, étroit ou éloigné soit-il. Lire, pour échapper au réel. En effet, la lecture vient, d’une certaine façon, provoquer une cassure entre la réalité et l’univers du livre. Elle a la capacité de vous faire vivre des aventures qu’on ne pourrait pas nécessairement vivre dans la réalité. Faire le tour du monde en 80 jours, vivre sur une île déserte, être chasseur de baleines ou mousquetaire, lire peut vous donner cette opportunité! Que dis-je? Cette chance! Cela peut peut-être paraître enfantin, voire même absurde comme réponse, mais si vous réfléchissez au-delà des mots, vous com-

Il s’agissait d’interrogations de tous les jours qui passaient par la prose et la poésie jusqu’à moi, tel un passage obligé. prendrez que la lecture peut se révéler, en fait, comme la floraison de l’imaginaire. Lire nous met dans l’obligation, en tant que lecteur, de visualiser l’action, les personnages et les lieux décrits par l’auteur. Alors, à partir de la créativité de ce dernier, nous pourrons, grâce à notre inventivité propre, créer un univers unique en lien avec l’œuvre. Lire, pour décrocher du réel. Pour faire une pause de la réalité qui, parfois, nous emprisonne. Alors pourquoi ne pas s’évader dans un livre de Jules Verne? Lire, pour s’instruire. Évidemment, il y a je ne sais combien de notions, théories et définitions qu’on peut apprendre en lisant et ce, sans parler des événements et personnages marquants qu’on peut rencontrer. Effectivement, une culture se développe grandement par la lecture. La littérature sert à laisser une trace, à marquer les mémoires. La lecture, elle, permet de redonner vie à ces souvenirs, au passé en soi. C’est à partir de la lecture que l’on forge sa propre histoire et celle des autres. Lire, pour s’éduquer. On peut apprendre à bien écrire en lisant. Côtoyer constamment des mots peut permettre l’amélioration de la connaissance grammaticale. «C’est donc comme cela que ce mot s’écrit!» est, pour ma part, une pensée qui revient sans cesse (parce que oui, il y a des mots que je ne connais pas encore). Toi, personne en train de lire, lecteur et liseux, tu te demandes sûrement où je veux en venir avec cette chronique qui parle de façon très éphémère de la lecture en soi. Eh bien, absolument nulle part! Je crois seulement qu’il n’est pas mauvais de remettre certaines choses en perspective et de déblatérer un peu. C’est peut-être aussi parce que j’ai une rage de lecture ces temps-ci… Gaston Miron, Charles Perrault, Les frères Grimm, Jean De la Fontaine… des auteurs fondamentaux qui manquaient à ma précieuse caverne littéraire sont désormais dans ma tête à un moment ou à un autre dans la journée. Lire, source d’inspiration.


18 arts et spectacles

26 janvier au 8 février 2016

LA PETITE TÉNÉBREUSE

La journée de commémoration des génocides et des crimes contre l’humanité Les autres génocides

MICHÈLE ROBITAILLE Chroniqueuse

L’an dernier, à pareille parution, je vous parlais de la libération du camp d’Auschwitz, camp de concentration et d’extermination nazi. En lien avec cette journée chargée de mémoire, en juin 2002, les ministres européens de l’Éducation ont adopté une déclaration qui institut une journée de mémoire de l’Holocauste et de prévention des crimes contre l’humanité. Génocides Bien sûr, à moins de vivre dans une grotte reculée de l’Alaska, tout le monde a entendu parler de l’Holocauste et du génocide nazi particulièrement axé contre le peuple juif. Cependant, plusieurs autres génocides ont entaché l’Histoire de leurs atrocités. Et ceux-ci sont beaucoup moins publicisés et enseignés sur les bancs d’école, probablement parce que l’impact y était moins planétaire, que moins de personnes y ont perdu la vie. Encore aujourd’hui, des personnes sont tuées, torturées, martyrisées, violées sous prétexte qu’elles ne pratiquent pas la bonne religion, qu’elles n’ont pas la bonne couleur de peau, qu’elles ne sont pas nées au bon moment et à la bonne place. Voyons voir si vous connaissez ces autres génocides qui démontrent jusqu’où l’humanité peu descendre.

Les Arméniens Remontons en 1915. Le massacre des Arméniens constitue le premier génocide du XXe siècle. Située dans l’empire Ottoman – aujourd’hui la Turquie – l’Arménie représente une minorité chrétienne. La persécution des Arméniens débute bien avant le génocide en tant que tel, mais dans la nuit du 24 avril 1915, des dizaines d’intellectuels et de notables sont arrêtés et déportés pour inévitablement être tués. Par la suite, la fureur se déchaîne sur le peuple. Les Arméniens sont dépossédés de leurs biens et de leurs terres. Ils sont déportés un peu partout et beaucoup seront tués. Sur une population de deux millions de personnes, un million et demi d’Arméniens périront. Les Turcs seront les premiers à développer l’idée des camps de concentration pour tuer les Arméniens.

Les Cambodgiens Dans les années 70, le Cambodge est déchiré par une guerre civile sanglante. Les Khmers rouges, parti communiste radical dirigé par l’infâme Pol Pot, ont bien l’intention de prendre le contrôle du pays. Petit à petit, ils gagnent du territoire. Les crimes atteindront leur apogée entre 1975 et 1979, période de temps où les Khmers rouges seront officiellement le parti au pouvoir. Il s’agit évidemment d’une dictature. Personne n’a élu ce parti radical. Le matin du 17 avril 1975, les soldats entrent dans Phnom Penh, la capitale. Ils se rendent dans les maisons et les appartements

CÉLÉBRATION MUSICALE

Spectacle de la rentrée hivernale PHOTO: T.DUPUIS

et disent aux gens qu’ils doivent quitter pour quelques jours, le temps de se protéger contre les bombardements américains. Les Cambodgiens quittent dans l’urgence et souvent sous la menace armée. On estime à environ 20 000 malades qui seront tirés des hôpitaux. Plusieurs, n’étant pas en mesure de se déplacer, seront poussés par leurs proches sur leurs lits, dans la rue. Les plus malades seront achevés directement à l’hôpital à l’arme blanche. Le cortège se dirige, sous un soleil de plomb, sans eau ni nourriture, vers on ne sait où. Rapidement, la population comprend qu’elle ne reviendra jamais chez elle… Pendant trois ans, la population sera réduite à l’esclavage. Ils doivent cultiver et doubler les récoltes d’années en années. Au Cambodge, il est aujourd’hui possible de visiter les Champs de la mort. Il s’agit en fait d’un grand terrain vague où sont enterrés des milliers, voire des millions de personnes. La plupart des Cambodgiens étaient tués à la machette ou au couteau, car les balles coûtaient trop cher… Pour ce qui est des bébés, je n’ose même pas écrire le sort qui leur était réservé. Encore aujourd’hui, des os et des crânes refont surface dans ces champs comme si les Cambodgiens sacrifiés ne voulaient pas être oubliés…

Les Tutsis Le Rwanda a été colonisé, au début du XXe siècle par l’Allemagne. Les Allemands (encore eux…) voient en un des peuples rwandais appelés Tutsis, une supériorité génétique, fondée sur des principes raciaux et morphologiques très scientifiques (insérer sarcasme ici). Les Tutsis seraient plus intelligents et se distingueraient par la finesse de leurs traits, contrairement aux Hutus, qui sont inférieurs et moins «beaux» finalement! Comme les Allemands facilitent la vie des Tutsis, ceux-ci deviendront les plus riches, les plus grands propriétaires et les Hutus seront réduits aux rôles de paysans et d’agriculteurs. Pendant plusieurs dizaines d’années, la jalousie et la violence s’intégreront dans la tête des Hutus pour culminer en 1994. Le conflit est bien sûr surveillé depuis plusieurs années par l’ONU et des casques bleus sont déployés dans le pays depuis quelques années. Le 7 avril 1994, dix casques bleus belges, ainsi que plusieurs personnalités politiques sont assassinés. En un mois seulement, environ 200 000 Tutsis trouveront la mort, plusieurs tués à la machette ou carrément décapités. Le génocide durera 100 jours. La communauté internationale sera vigoureusement critiquée et accusée d’avoir abandonné le conflit en réduisant le nombre de casques bleus au strict minimum sur le terrain. Le Général Roméo Dallaire en a d’ailleurs souvent parlé. Lui qui ne s’est jamais remis des atrocités qu’il a vues au Rwanda…

Aujourd’hui Il est clair que l’Histoire est un éternel recommencement. Avec l’ambiance mondiale présentement, les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, les populations qui meurent de faim en Syrie, les réfugiés, les migrants… Pourquoi tous ces conflits? Pourquoi tous ces massacres? Pourquoi ne pas choisir la paix?

Exterio sur scène pour la première fois à Trois-Rivières depuis leur rupture.

Le 13 janvier dernier avait lieu le spectacle de la rentrée d’hiver 2016 de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Pour l’occasion, la Chasse-Galerie accueillait le groupe festif Les Poulailleux, tandis que le 1012 recevait Fanny Bloom et Exterio. Gorgée! C’est en invitant d’entrée de jeu les spectateurs à boire un coup avec eux que la prestation des Poulailleux s’est amorcée. Plusieurs personnes étaient présentes pour le début du spectacle et l’endroit a continué de se remplir à chaque chanson. C’est avec des reprises de chansons populaires que le groupe a captivé la foule. Les Cowboys Fringants, Les Colocs, Les Trois Accords et CCR n’étaient que quelques-uns des groupes ayant été repris par le collectif. Équipés de guitares, d’une basse, d’une trompette, d’un saxophone, d’un harmonica et d’une batterie électronique, les cinq Poulailleux ont animé la soirée en suscitant sans arrêt la participation d’un public déjà très festif. Il s’agissait d’un retour à l’UQTR pour le groupe, qui était de passage le 18 novembre dernier.

Délire pop C’est de manière posée et calme que Fanny Bloom a entamé son spectacle au 1012. Accompagnée de Stéphane Leclerc à la guitare et de Philippe Bilodeau à la batterie, Bloom a enchaîné les chansons douces, rock, pop et électro. L’amalgame des styles, sous l’uniformité de la signature de la chanteuse, créait une diversité intéressante pour les spectateurs. Voix aiguë, écho, et l’improvisation ont marqué la performance. En effet, plusieurs chansons ont dévié de leur structure habituelle pour laisser place à des moments plus électroniques et planants. Les fanatiques de la chanteuse ont même eu droit à la reprise de «PaceMaker», succès de son ancien groupe La Patère Rose, duquel elle faisait partie en compagnie de Julien Harbec et Thomas Hébert, de Misteur Valaire. Pour les admirateurs du genre, son mélange coloré s’apparente à la musique du groupe écossais Chvrches. Ses textes chargés d’émotions ont

été livrés devant une foule grandissante peu à peu que la soirée avançait.

Retour anticipé C’est lorsque Exterio a entrepris sa prestation que les spectateurs réunis étaient le plus nombreux. Les admirateurs du groupe avaient visiblement hâte au retour trifluvien du groupe qui est sorti de sa rupture en 2014. À la première chanson, Bonhomme 7h, un « mosh pit » instantané s’est créé. Le chanteur Martin Brouillard a tout de suite rajouté au chaos en «séparant les eaux». Il a ordonné à la foule de faire un «Wall of Death», une technique qui consiste à séparer les spectateurs en deux parties, une à gauche et une à droite, et de les faire se percuter entre eux à la reprise de la chanson laissée en suspens pendant la séparation du public. Ce type de mouvements durant les spectacles est généralement associé à la musique métal, mais avec la lourdeur avec laquelle Exterio a joué ses chansons, il allait de soi que le public soit aussi participatif.

La formation a enchaîné les succès, ce qui a beaucoup plu aux spectateurs qui chantaient sans arrêt. La formation a enchaîné les succès, ce qui a beaucoup plu aux spectateurs qui chantaient sans arrêt. Presque toutes les chansons jouées se sont retrouvées à la radio ou à la télévision. À un certain moment, Brouillard s’est même permis de demander au public s’il avait des demandes spéciales de leur répertoire et les réponses provenaient de partout. C’est donc par demandes spéciales que le groupe a joué trois chansons, dont Sylvester Stallone et Goodbye My Love, reprise du succès du chanteur québécois Léandre Éthier. Le groupe a conclu sa prestation avec trois rappels, visiblement non planifiés à en voir les musiciens qui débranchaient leurs instruments. L’acharnement de la foule aura finalement eu raison d’eux. (A.V.G.)


arts et spectacles 19

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LE ZÉNOB REÇOIT LE GROUPE DE MUSIQUE ÉMERGENTE SHYRE

Un paysage sonore envoûtant Débutant l’année 2016 en beauté, le Café-Bar Zénob a accueilli, le samedi 16 janvier, le groupe montréalais Shyre. Celui-ci a hypnotisé son public dès la première chanson, instaurant dans la place une ambiance des plus abstraite et imaginaire. C’est grâce à l’excellente initiative de Sarah Rossy, chanteuse et pianiste du groupe, que Shyre a vu le jour en 2013. Depuis ce moment, la formation a produit deux EP : «Winds», disponible depuis juin 2014, et «Atlas Flag», sorti en août 2015. Groupe émergeant et prometteur, il ne cesse de s’épanouir. La jeune chanteuse est accompagnée de Frédéric-Alexandre Michaud au violon, Victor de Coninck à l’alto, Karine Bouchard au violoncelle et Natalie Yergatian à la batterie. L’alliance entre ces cinq instruments crée une harmonisation aux couleurs d’une musique de chambre pop-folk mélangée aux résonnances d’un orchestre symphonique. Les airs mélodiques de chaque pièce nous transportent ailleurs, dans un monde où l’imagination est mise de l’avant. La musique a, plus souvent qu’autrement, cet étrange pouvoir de dessiner dans l’esprit de celui qui l’écoute des images de toutes sortes, de faire revivre des souvenirs lointains parfois oubliés, et de faire ressentir de puissantes émotions. Les membres du groupe Shyre possèdent apparemment ce don de séduction, puisqu’ils tracent dans chacune de leurs pièces quelque chose de nouveau. Ils nous emmènent ailleurs à chaque fois. Dans leur pièce «Flamme», figurant sur leur deuxième EP, ils ont su dessiner du feu avec leur

musique. Les flammes, en une abstraction douce et magique, dansaient au rythme des cordes et de la voix envoûtante de Sarah Rossy. Plusieurs de leurs chansons font également référence à leur vécu, à leur enfance et aux souvenirs heureux qui s’y rattachent. Notamment, dans la pièce «Swing on the tree», la chanteuse invitait d’entrée de jeu son public à imaginer un grand parc avec des arbres, de l’herbe verte, un soleil chaleureux et des balançoires. Dans une légèreté enfantine, la mélodie a exposé cette image dans l’esprit de tous ceux et celles qui étaient présents. En exclusivité lors de cette soirée, le groupe a présenté la chanson «La Mer», en hommage à la Gaspésie, d’où vient le violoniste Frédéric-Alexandre Michaud. Les airs mélodiques des instruments à cordes nous transportaient dans les flots calmes et paisibles d’une mer gaspésienne. Autre exclusivité: une réinterprétation de la chanson «Hello», popularisée par la très célèbre chanteuse Beyoncé, fut interprété par le groupe et parfaitement mixé à leur genre musical. Une toute nouvelle chanson est ainsi née entre les mains du groupe Shyre. Comme dans un rêve où le temps semble aller trop vite, cette soirée au Zénob, en compagnie de ces cinq musiciens, voit sa fin arriver trop rapidement. Les gens, séduits, en redemandent, et le groupe interprète donc, pour un dernier rappel, la chanson «Sunday». Sarah Rossy fait même participer son public en lui apprenant une petite mélodie se répétant à travers toute la chanson. La connexion était ainsi complétée.

LUITR: MATCH ROUGE VS ORANGE

Une session qui s’amorce bien Pour un deuxième match d’improvisation de la session d’hiver, le lundi 18 janvier les Rouges affrontaient les Oranges. Le public nombreux dans la Chasse-Galerie semblait enchanté de ce retour aux bonnes vieilles soirées du lundi. Les joueurs nous réservaient, comme à leur habitude, de belles surprises. C’est Élodie Mongrain qui arbitra cette soirée qui fut des plus divertissantes. Le talent des joueurs fut rapidement mis à l’épreuve avec la catégorie «sans paroles», où les joueurs ne doivent prononcer aucun mot, les onomatopées mêmes n’étant que très peu tolérées. Sans surprise, ceci créa ainsi une improvisation des plus agréables avec les mimiques fantasques et insolites de certains joueurs. L’arbitre imposa ensuite aux joueurs une improvisation mixte de trois minutes trente en ayant comme thème «Docteur bling-bling» et dont la catégorie, «répliques au bol» (celle où l’on doit piger des phrases nous servant de répliques), avait été confectionnée par les gentils élèves d’Élodie Mongrain. Ces phrases disparates écrites par des adolescents donnèrent lieu à des situations parfaites entre le fameux Docteur Bling-Bling (Gabriel B. Houde) effectuant un jeu de séduction auprès de deux jeunes femmes (Alexandrine Piché-Cyr et Célane Dodier Côte) un brin innocentes. Le moment s’est avéré en somme très cocasse. Le joueur Laramée Zouéki fit encore une fois preuve de son talent pour le vocabulaire et le jeu des mots dans l’improvisation «Sans regarder derrière» où la joueuse Dodier Côte était victime d’une dictée

pour le moins aliénante. Leur impressionnante performance leur valut ainsi le point. Pour bien terminer le match, la dernière improvisation de la soirée imposée par Élodie Mongrain fut de catégorie «sans limites». Les joueurs avaient donc la possibilité de faire ce qu’ils voulaient. Le capitaine des rouges décida donc d’effectuer une conférence de presse avec l’humour et le style de jeu qu’on lui connait. L’équipe adverse décida plutôt de faire faire du body-surfing à son joueur Marc Lachance, impliquant ainsi certains membres du public de la Chasse Galerie. Celle-ci fut particulièrement ravie de cette fin de match. Le point final fut en fin de compte attribué aux oranges avec la marque finale de 9 à 4. L’étoile donnée par les oranges aux rouges fut décernée à Alexandrine Piché-Cyr, alors que celle des rouges aux oranges alla à Marc Lachance. L’arbitre attribua de son côté une étoile au joueur Alexandre Marchand. (J.E.) PHOTO: J. ETHIER

Pour la dernière improvisation de la soirée, le capitaine des rouges décida d’appliquer la fameuse conférence de presse.

PHOTO: SHYRE PRESS

Les membres du groupe, de gauche à droite : Victor de Coninck, Sarah Rossy, Natalie Yergatian, Karine Bouchard et Frédéric-Alexandre Michaud. Pour plusieurs, cette douce soirée d’hiver leur apporta une découverte inoubliable. Le groupe émergeant n’a pas fini de faire parler de lui. La musique créée par ces cinq musiciens soudés les uns

aux autres par une amitié palpable, empreinte d’une liberté précieuse et sans nom, va certainement continuer à se développer et ainsi toucher encore plus de jeunes gens avides de voyages et de liberté. (J.E.)


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26 janvier au 8 février 2016

SPORTS HOCKEY: 4E VICTOIRE DE SUITE POUR LES PATRIOTES

Auger se dresse devant les Stingers LOUISPHILIPPE CARBONNEAU Sports

Les Patriotes se sont emparés seuls du premier rang de la Conférence Est des Sports universitaires de l’Ontario (SUO) mercredi soir (20 janvier) dernier au Centre Marcel-Dionne de Drummondville. Les Trifluviens peuvent remercier leur gardien Sébastien Auger, qui a été tout simplement fumant en bloquant 46 des 48 lancers dirigés vers lui, pour permettre à l’UQTR de vaincre les Stingers de Concordia par la marque de 5-2. Malgré le pointage, les Patriotes n’ont pas offert leur meilleure performance de la saison. L’exécution n’était pas au rendez-vous et les revirements beaucoup trop nombreux, si bien que Auger a dû se surpasser à plusieurs reprises, notamment lors des deuxième et troisième périodes, pendant lesquelles il a reçu 40 tirs en sa direction. L’entraîneur-chef des Patriotes, Marc-Étienne Hubert, n’était visiblement pas satisfait de la performance de ses troupiers au terme de la rencontre.

«Nous avons pris de mauvaises décisions avec la rondelle et nous leur avons redonné possession du disque tout le long du match. Heureusement, Sébastien (Auger) nous a permis de quitter Drummondville avec deux points en banque», soutenait le pilote de l’équipe.

PHOTO: BENOIT VILLEMURE

«Nous avons pris de mauvaises décisions avec la rondelle et nous leur avons redonné la possession du disque tout le long du match.» — Marc-Étienne Hubert

Un match spécial C’était le retour d’un visage très familier au Centre Marcel-Dionne, alors que Charles-David Beaudoin, ancien capitaine des Voltigeurs, effectuait un retour là où il a évolué pendant près de cinq saisons lors de son passage dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Le défenseur des Pats, qui a reçu une belle ovation en début de match en plus d’avoir été nommé la 1re étoile de la rencontre, a récolté deux passes dans la victoire. L’arrière de 22 ans, qui a insisté pour jouer malgré une blessure, s’est dit très touché de l’accueil des partisans. «Je ne pensais pas recevoir un aussi bel accueil, je suis content de voir que les partisans se

Sébastien Auger a stoppé 46 des 48 tirs des visiteurs pour permettre aux Patriotes de disposer des Stingers par la marque de 5-2. souviennent de ce que j’ai fait pour l’équipe. Les voltigeurs sont une organisation avec beaucoup de classe, je me suis senti à la maison tout au long de la soirée.» Avec cette 19e victoire, les Patriotes portent donc leur nombre de points à 39, soit deux de plus que les Redmen de McGill, qui ont toutefois

un match de plus à disputer. Les hommes de Marc-Étienne Hubert tenteront donc d’augmenter leur avance au premier rang sur leurs rivaux montréalais mercredi soir à l’occasion du traditionnel match du Carnaval étudiant. Il s’agira du même coup de la dernière partie à domicile de Trois-Rivières de la saison 2015-2016.

HOCKEY: 7E VICTOIRE DE SUITE SUR LES PATINOIRES ADVERSES POUR LES PATRIOTES.

Les Patriotes se plaisent loin du Colisée Les Patriotes étaient du côté d’Oshawa et de Kingston les 15 et 16 janvier derniers pour y affronter les Ridgebacks et les Golden Gael’s. Les hommes de Marc-Étienne Hubert ont continué leur bon travail à l’étranger en disposant de UOIT et de Queen’s avec des victoires respectives de 6-2 et de 3-2 en 2e prolongation. Il ne faut pas se fier au pointage, la rencontre face à UOIT n’a pas été de tout repos. Même que les Trifluviens sont ressortis plutôt amochés de ce duel qui aura fait plusieurs éclopés dans le vestiaire des Pats. En plus de voir plusieurs morceaux importants s’infliger des blessures au cours de la partie, l’UQTR a perdu les services du vétéran attaquant Anthony Verret pour au moins trois semaines, lui qui s’est blessé au bas du corps à la suite d’un contact avec un joueur des Ridgebacks. Après la rencontre, Marc-Étienne Hubert se questionnait par rapport à certains gestes commis par leurs adversaires. «On savait que UOIT était une formation avec beaucoup de poids. C’est difficile de jouer contre eux, ils sont très physiques et souvent leurs mises en échec sont à la limite de la légalité. C’était le cas sur le contact avec Verret», affirmait le pilote. Le trio de Carl-Antoine Delisle, Olivier Caouette et de Mathieu Lemay s’est chargé de l’aspect offensif du côté de Trois-Rivières avec 7 points lors

PHOTO: BENOIT VILLEMURE

Patriotes ont littéralement dominé le match et n’eut été de la performance de 54 arrêts du gardien des Golden Gael’s, Kevin Bailie, l’Université Queen’s n’aurait jamais été dans le coup. Les Pats ont pris les devants 2-0 grâce à des buts de Pierre-Maxime Poudrier et de Mathieu Lemay, mais les locaux sont toutefois revenus dans le match grâce à leur portier qui avait réponse à chacune des attaques des Pats lors de 40 dernières minutes de jeu. Comme ce fût le cas à quelques reprises pour l’UQTR cette saison, le match s’est décidé en prolongation. Encore une fois, l’homme des grandes occasions, Guillaume Asselin a marqué en surtemps pour permettre aux siens de rentrer à la maison avec quatre points.

Leurs mises en échec sont souvent à la limite de la légalité, c’était le cas sur le contact avec Verret. — Marc-Étienne Hubert

Les Patriotes devront se passer des services de l’attaquant Anthony Verret, qui s’est blessé au bas du corps face aux Ridgebacks, pour une période d’au moins trois semaine. de ce face à face. Ce dernier a d’ailleurs marqué le but de la victoire en deuxième période en plus d’amasser 2 passes lors du troisième vingt. Trois-Rivières n’a plus jamais regardé en arrière par la suite.

Les Patriotes prennent leur revanche face aux Golden Gael’s Les trifluviens avaient rendez-vous avec les Golden Gael’s de Queen’s, contre qui ils avaient subi la défaite au Colisée le 8 janvier dernier. Les

Les Patriotes reprendront du service le 20 janvier alors qu’ils recevront la visite des Stingers de Concordia. Le match sera toutefois disputé au Centre Marcel Dionne de Drumondville, afin de souligner l’inauguration du nouveau pavillon de l’UQTR qui est situé dans la région du Centre-duQuébec. (L.-P.C.)


SPORTS 21

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NATATION

Les Pats à la Coupe universitaire PHOTO: PATRIOTES

CHLOÉ LABREVEUX Sports

Le samedi 16 janvier dernier a eu lieu la quatrième Coupe universitaire de natation de la saison 2015 – 2016. Cet événement s’est déroulé à l’Université Laval et a permis à différents athlètes de se démarquer. Le programme d’excellence du club de natation des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a acquis ses lettres de noblesse au fil des ans avec des nageurs de niveau international comme Jean-Nicolas Poirier, Jennifer Carroll et Caroline Lapierre-Lemire (qui a participé aux Universiades de 2015 en Corée). Hôte du championnat universitaire provincial les 5, 6 et 7 février prochains dans les installations de haut niveau du Centre de l’Activité Physique et Sportive (CAPS) de l’UQTR, les Patriotes tenteront d’accroître leur nombre de participants au Championnat universitaire canadien.

Une athlète montante Sarah Villeneuve, étudiante au baccalauréat en science de la santé (ergothérapie) à l’UQTR et originaire de Dobleau-Mistassini a, lors de cette quatrième coupe universitaire, réalisé les quatre meilleures performances de sa vie grâce à des temps de 28,15 secondes au 50 mètres nage libre, de 2:12,43 au 200 mètres nage libre et de 9:42,43 au 800 mètres nage libre. Sa performance à l’épreuve des 800 mètres lui a d’ailleurs permis de se hisser à la neuvième place de la compétition. Cette athlète a également été élue Patriote de la semaine suite à ses résultats.

Côté masculin Chez nos Patriotes, au 50 mètres nage libre, c’est Alex Gelinas qui s’est illustré avec un temps

Sarah Villeneuve, élue Patriote de la semaine suite à ses performances en natation le 16 janvier dernier. de 23,91 secondes le hissant à la neuvième position. La première place est revenue à Pascal-Hugo Cantin, un étudiant de l’Université Laval (ULaval) avec un temps de 22,80 secondes. Alex Gelinas a de nouveau concouru au 50 mètres brasse, où il a terminé avec un temps de 33,70 secondes, le plaçant à la 19e place du classement. La première position est alors revenue à un étudiant de l’ULaval, Jérémie Déry-Bergeron, qui a effectué un temps de 29,16 secondes. Au 100 mètres papillon, il est arrivé 22e avec un temps de 1:00,92 contre 54,48 secondes pour Pascal-Hugo Cantin, qui s’est de nouveau hissé à la première place du podium.

Sarah Villeneuve a réalisé les quatre meilleures performances de sa vie. Côté féminin Sarah Villeneuve s’est quant à elle hissée à la 14 e place lors du 50 mètres nage libre avec son temps de 28,15 secondes. La première place a été attribuée à Roxane Lemieux, étudiante de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), avec un temps de 25,75 secondes. Dans cette catégorie, quatre autres étudiantes de l’UQTR ont concouru.

Il s’agit de Christine Durocher-Tremblay, qui est arrivée 24 e avec un temps de 29,82 secondes, Marie-Élizabeth Michaud-Lamontagne, 25e avec un temps de 29,92 secondes, Cindy Dessureault, 31e avec un temps de 31,66 secondes ainsi que Virginie Dufresne, 32e avec un temps de 35,24 secondes. Au 200 mètres nage libre, Sarah Villeneuve est arrivée 16e avec un temps de 2:12,43. La première place a, là encore, été attribuée à Roxane Lemieux avec un temps de 1:59,75. Trois autres Patriotes se sont illustrées en arrivant 31e pour Cindy Dessureault, avec un temps de 2:32,65, 32 ème pour Christine Durocher-Tremblay, avec un temps de 2:36,67. Puis 33e pour Virginie Dufresne avec un temps de 2:42,06. Au 200 mètres dos, Marie-Élizabeth Michaud-Lamontagne est arrivée 16e avec un temps de 2:33,63. Elle est également arrivée 16e au 50 mètres brasse qu’elle a effectué en 38,20 secondes. Quant au 100 mètres papillon, Christine Durocher-Tremblay est arrivée 19e avec un temps de 1:13,13 et Cindy Dessureault est arrivée 21e avec un temps de 1:17,33. N’oublions pas que le championnat provincial aura lieu les 5, 6 et 7 février prochains à l’UQTR.

NATATION

Championnat provincial C’est le samedi 16 janvier dernier que l’équipe de natation des Patriotes de l’UQTR disputait sa dernière Coupe universitaire de la saison. Bien que la majorité des nageurs revenaient à peine de leur camp d’entraînement en Barbade, l’entraîneur de l’équipe, Charles Labrie, se disait satisfait de la performance des membres de son équipe. «Souvent, les résultats en revenant d’un camp d’entraînement ne sont pas idéaux, mais nous avons quand même eu de bonnes performances. Notamment Sarah Villeneuve, qui a très bien fait dans toutes ses épreuves en améliorant tous ses temps, ainsi que Marie-Élizabeth Michaud-Lamontagne qui a réalisé ses standards provinciaux universitaires», a indiqué Labrie. Les quatre Coupes universitaires de la saison étant maintenant chose du passé, les nageurs et nageuses des différentes universités se prépareront donc en vue du Championnat provincial qui se tiendra du vendredi 5 février au dimanche 7 février à l’Université du Québec à Trois-Rivières dans la piscine du CAPS. Charles Labrie expliquait que les Patriotes aborderont davantage les provinciaux au niveau des performances individuelles, car comme la formation de l’UQTR n’est pas complète, il est difficile de rivaliser avec les plus grandes universités lors des performances en équipe. «Nous visons avant tout les performances individuelles. Nous sommes dans le dernier droit avant le Championnat, nous allons donc commencer la préparation de compétition. Nous allons également revenir sur les bases, en plus d’ajuster quelques points techniques ainsi que les éléments tactiques.» À la suite de cette compétition, les Patriotes tomberont dans la saison morte et commenceront le recrutement dans le but de bâtir adéquatement l’équipe pour l’année prochaine. Les Patriotes espèrent donc compter sur le plus grand nombre de supporteurs possible en vue de ce Championnat provincial qui se tiendra à domicile. (V.M.)


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26 janvier au 8 février 2016

UQT’AIR

ÉQUIPE FÉMININE DE BASKETBALL À L’UQTR

Toujours plus d’activités! Basketball féminin: pourquoi pas? PHOTO: ANTOINE NOËL

On a beaucoup parlé de ramener une équipe de football à l’UQTR au cours des derniers mois. Le projet est d’ailleurs resté sur la glace principalement pour des raisons financières. Dernièrement, un autre sport fait partie des discussions entre les murs de l’établissement trifluvien et même dans les quotidiens régionaux : le basketball.

Le local d’UQT’Air, dans lequel se font les inscriptions aux activités, est situé au deuxième étage du pavillon Albert-Tessier, à côté de la bibliothèque.

Le mercredi 16 décembre dernier a eu lieu la conférence d’une blogueuse, Gitane Charron, plus connue sous le nom de Globe Loveuse. «La fille qui raconte tout ce qui ne se passe pas chez elle», se décrit-elle. Cet événement, organisé dans le cadre d’un 5 à 7 à la Chasse Galerie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) par l’association UQT’Air, était ouvert à tous, gratuit, et avait pour but de faire part de l’expérience de voyages de Gitane aux étudiants présents. Un partage d’expériences En parlant de ses croisières, de son voyage en Espagne, de son road trip jusqu’à Terre-Neuve ainsi que de son périple dans la beauté des îles grecques, Gitane, désormais responsable de la qualité et de la formation pour voyagesarabais. com, en a profité pour expliquer aux étudiants comment voyager en «hybride», c’est à dire, en dépensant le moins possible. Cette ancienne conseillère en voyages a partagé des astuces, tels que les moments les plus opportuns pour acheter un billet d’avion, les différents sites web à visiter afin

d’obtenir les meilleurs prix, ou encore la façon de choisir le moment auquel il serait préférable de partir à l’autre bout du monde. Cet événement a été le dernier de la session d’automne pour l’association UQT’Air.

Cette nouvelle année comportera elle aussi son lot de sensations et de surprises. Une programmation alléchante Cette nouvelle année comportera elle aussi son lot de sensations et de surprises. La session d’hiver à peine débutée, l’équipe d’UQT’Air prévoit déjà un bon nombre d’activités dans le but de plaire au plus grand nombre. Atelier de pêche sur glace, camping hivernal, escalade sur glace, ski, luge, rafting, slackline, et même une sortie en raquettes, seront au rendez-vous. Chaque événement sera annoncé sur la page Facebook de l’association. Notons que la première activité de la session d’hiver aura lieu le 21 janvier et sera une session de pêche aux petits poissons des chenaux à SainteAnne-de-la-Pérade. (C.L.)

On parle souvent du football ou du hockey comme des sports qui attirent énormément l’attention des gens. Toutefois, il ne faudrait pas oublier la place qu’occupe le basketball au Québec, particulièrement en Mauricie. Dans une lettre d’opinion parue dans le Nouvelliste le 7 janvier dernier, on mentionne que le basketball serait beaucoup plus viable à l’UQTR que le football. M. François Trudeau, professeur au Département des sciences de l’activité physique de l’UQTR, apporte des points très intéressants à ce sujet dans son texte. Presque toute l’attention, lorsqu’on parle de sport à l’UQTR, est portée sur l’équipe de hockey des Patriotes. L’arrivée d’une formation féminine de basketball, puisque c’est ce dont il a été discuté, viendrait équilibrer les proportions allouées au sport féminin et masculin de l’école. Lorsque l’on considère que 60% de la population étudiante est constituée de filles, il y a lieu de croire qu’un tel projet pourrait réellement fonctionner. Au niveau monétaire, il est également possible de se poser certaines questions. Rénover le domicile des Diablos, pour plus tard devoir construire son propre stade de football engendrerait des coûts très élevés. Il serait beaucoup plus économique d’investir dans de nouvelles installations pour un terrain de basketball dans le gymnase du CAPS tout en rénovant celui-ci, qui est du pour se refaire une beauté.

et ses programmes très intéressants pour les étudiants. «Avec le programme de basketball du Séminaire et le sport-études aux Estacades, nous formons d’excellents joueurs en Mauricie. Sans parler des Diablos, qui sont premiers au classement collégial division 1. Tous ces programmes attirent beaucoup de gens à leurs matchs et je suis certain que le scénario serait pareil si l’UQTR avait sa propre équipe», soutient celui qui est à la barre de l’équipe juvénile division 1 depuis quatre saisons. Il ne fait aucun doute qu’avec tout le talent qu’il y a en région, l’équipe serait compétitive dès son entrée dans la ligue. Près d’une vingtaine de joueuses, sans compter les athlètes masculins, sont issues des programmes Trifluviens et se sont taillées des postes avec d’autres formations universitaires du Québec ou dans la NCAA, chez nos voisins du sud. Bref, lorsqu’on dresse un portrait de la situation, on se rend compte que tous les ingrédients sont là pour que le projet fleurisse. Malgré une équipe de hockey qui performe année après année, personne n’est en mesure de remplir les gradins, de façon considérable, lors des matchs à domicile. Il serait donc peu probable que nous soyons en mesure de la faire avec le football. Pourquoi ne pas tenter l’expérience à moindres coûts avec le basketball? (L.-P.C.) PHOTO: FAISAL DOCTEUR

L’UQTR, une place de choix Victor-Olivier Hamel-Morasse, entraîneur pour le Séminaire Saint-Joseph depuis 9 ans, croit que tous les éléments sont là pour que l’UQTR accueille une nouvelle équipe de basketball. Selon lui, le bassin de joueurs talentueux est très élevé en Mauricie, l’Université est bien située géographiquement

À voir l’ambiance qui règne aux matchs locaux des Diablos au niveau collégial division 1, il est facile de voir que le basketball est populaire au près des jeunes en Mauricie.


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PROFIL DE JOUEUR

Sarah Villeneuve, un parcours en natation pas comme les autres VINCENT MONGRAIN Sports

Étudiante de deuxième année à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) au baccalauréat en ergothérapie, Sarah Villeneuve est également une nageuse en pleine progression au sein du programme de natation des Patriotes. Sarah Villeneuve ne partage pas le même bagage d’expérience que les athlètes auxquelles elle fait face lors des compétitions. Effectivement, elle possède un parcours très différent de celui des autres nageurs et nageuses universitaires puisqu’elle pratique la natation qu’uniquement depuis quatre ans.

«Mes objectifs pour la prochaine compétition sont de faire un temps de 2m10s au 200 mètres libre et de participer à des finales.» — Sarah Villeneuve

Celle qui est native de la région du SaguenayLac-St-Jean a également séjourné trois ans du côté des Émirats arabes unis, plus précisément à Dubaï. Ce séjour lui aura permis de faire un pas

vers le sport qu’elle pratique aujourd’hui. «Comme il fait beau toute l’année là-bas, j’ai commencé à faire du triathlon. Cependant, l’emphase était davantage mise sur le vélo ainsi que sur la course, mais pas nécessairement sur la natation. J’ai quand même commencé à nager, mais les entraînements étaient très différents de ce que l’on retrouve ici. Il s’agissait plus de la base», expliquait Sarah Villeneuve. Lors de son retour au Québec, une blessure l’a forcé à se concentrer uniquement sur la nage. «J’ai subi une fracture de stress dans le tibia. J’ai donc dû arrêter de courir et de faire du vélo pendant deux mois. J’ai commencé à faire plus de natation et c’est vraiment à ce moment que je suis tombée en amour avec ce sport», ajoutait celle qui vient d’être nommée Patriote féminine de la semaine.

En constante progression En plus d’en être à sa deuxième saison avec les Patriotes, Sarah Villeneuve nage également du côté civil avec le Club de natation Mégophias. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle connait une excellente progression depuis ses débuts dans ce sport. «À ma première saison au niveau collégial, je faisais le 200 mètres libre en 2m36s. Maintenant, je le fais en 2m11s, donc j’ai fait beaucoup de chemin depuis», mentionnait la principale intéressée. Malgré l’amélioration de ses temps personnels, Sarah Villeneuve demeure consciente qu’elle a encore des aspects à travailler et elle

en cible un précisément. «Ma confiance en moi. Nous coursons avec des nageuses qui font les essais olympiques et qui participeront aux Jeux olympiques. Donc je suis comme une recrue et à certains moments, ça peut être intimidant de nager à côté de nageuses qui pratiquent la natation depuis très longtemps.»

PHOTO: PATRIOTES

«Sarah a connu une excellente progression au cours des deux dernières années et je crois qu’elle est capable d’aller chercher encore meilleur que ça.»

— Charles Labrie, entraîneur de natation des Patriotes

Selon l’entraîneur de natation des Patriotes, Charles Labrie, Sarah Villeneuve est une athlète exemplaire. «Elle prend vraiment à cœur ses performances en natation. Elle est très disciplinée et elle se présente à toutes les pratiques. Sarah travaille extrêmement fort lors des entraînements et elle est toujours de bonne humeur. Elle a connu une excellente progression au cours des deux dernières années et je crois qu’elle est capable d’aller chercher encore meilleur que ça.» La prochaine compétition se tiendra du côté de l’UQTR, dans la piscine du CAPS, et les objectifs de Sarah Villeneuve sont clairs : «Mes objectifs pour la prochaine compétition sont de faire un temps de 2m10s au 200 mètres libre et de participer à des finales.»

Bien qu’elle ait un parcours assez différent de celui des autres nageuses, Sarah Villeneuve connaît beaucoup de succès et elle entend bien continuer de s’améliorer.

BADMINTON: COMPÉTITION PAR ÉQUIPE MIXTE

Une question de constance et de confiance C’est samedi le 16 janvier dernier, du côté de l’Université de Sherbrooke, que se tenait la compétition de badminton par équipe mixte. Les Patriotes devaient se débrouiller sans quelques-uns de leurs meilleurs éléments et ils ont, par le fait même, connu une journée plutôt difficile.

faudra encore quelques années avant d’avoir la notoriété des grandes universités du Québec.» L’entraîneure soulignait le bon travail de Vincent Gauthier pour sa victoire face à Jérémy Lacasse, un représentant de l’UQAM, ainsi que la performance d’Andréanne Boutin pour ses deux matchs de mixte qui ont nécessité trois manches.

À l’exception d’une belle performance lors d’un revers de 3-2 face à l’UQAM, les représentants de l’Université du Québec à Trois-Rivières n’ont pas été en mesure de rivaliser avec les autres universités. En effet, les Patriotes ont été incapables de signer un gain lors de cette compétition. Ils se sont tout d’abord inclinés 5-0 face à l’Université de Montréal, avant de subir le même sort face à l’Université de Sherbrooke, l’Université Laval ainsi que l’Université McGill. L’entraîneure-chef de l’équipe, Sabrina Lévesque-Bouchard, mentionnait que dans les circonstances, ses athlètes avaient bien travaillé, et elle rappelait également que les Patriotes représentent une jeune équipe encore en développement : «La compétition s’est très bien déroulée. Par contre, il a été difficile d’être à la hauteur des autres équipes avec quelques joueurs de bon calibre qui manquaient. Par ailleurs, nous sommes une équipe en développement (trois ans sur le réseau universitaire), donc je suis consciente qu’il

«Je dirais que nous allons devoir travailler sur la constance, le travail physique et la rapidité d’exécution.»

PHOTO: PATRIOTES

— Sabrina Lévesque-Bouchard, entraîneure-chef

Des points à améliorer Sabrina Lévesque-Bouchard expliquait ce qui, selon elle, avait moins bien fonctionné lors de la dernière compétition de son équipe : «Selon moi, c’est de la constance et de la confiance qu’il nous manquait. Il ne suffit pas d’être bon, il faut y croire, et je crois qu’après deux ou trois ans dans le circuit universitaire, c’est difficile d’y croire lorsque nous n’avons pas remporté beaucoup de rencontres. Nous avons perdu au cours de l’année beaucoup trop de matchs en trois sets. Nous ne sommes pas habitués de gagner donc je ressens un petit relâchement au niveau de la confiance vers la fin des manches. C’est pourquoi j’oblige mes joueurs

L’entraîneure-chef Sabrina Lévesque-Bouchard soulignait la bonne performance de Vincent Gauthier lors de la compétition du 16 janvier dernier. à participer à deux tournois du réseau provincial ABC afin d’aller chercher de la confiance en gagnant des matchs.» Bien qu’il ne reste qu’un seul tournoi à sa formation, la pilote de l’équipe entend bien continuer à travailler sur certains points afin de s’assurer d’obtenir les meilleurs résultats possibles pour conclure la saison. «Au niveau universitaire, il ne reste que le championnat individuel, soutient-t-elle. Par contre, il reste encore notre tournoi de financement le 20 février, le ABC de Sainte-Thérèse en février, ainsi que le championnat provincial ABC

en avril. Donc, je dirais que nous allons devoir travailler sur la constance, le travail physique et la rapidité d’exécution.»

Objectifs clairs Les objectifs pour le reste de la saison sont très clairs. Tout d’abord, il est primordial de continuer de développer les joueurs au niveau physique ainsi qu’au niveau de la rapidité d’exécution. Ensuite, l’instructrice veut effectuer du recrutement afin d’ajouter des joueurs ou des joueuses à son équipe en vue de la prochaine saison. (V.M.)


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Zone campus 26 janvier 2016 (impression)  

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