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Volume 13, numéro 5 Février 2018 20 pages Mensuel gratuit

ACTUALITÉS

FIN DE LA NEUTRALITÉ DU NET: LES CONSÉQUENCES PAGE 4

ARTS ET SPECTACLES

REPORTAGE: LA VIE D’ARTISTE EN RÉGION PAGE 12

REPORTAGE

SPORTS

UNE CHAMPIONNE DU MONDE DE CANOË À L’UQTR PAGE 19

LES PATRIOTES S’IMPLIQUENT ARTICLE COMPLET EN PAGE 16


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Volume 13, numéro 5 | Février 2018

FERMETURE DES PAVILLONS

C’est l’heure de sortir Bimensuel distribué à 3 000 exemplaires sur le campus de l’UQTR et dans la région de Trois-Rivières. Pavillon Nérée-Beauchemin 3351, boulevard des Forges, Trois-Rivières (Québec), G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5184 poste 3 Publicité: (819) 376-5184 poste 1 Télécopieur: (819) 376-5239 Jean-Philippe Charbonneau | Directeur général dgcfou@uqtr.ca Marie Labrousse | Rédactrice en chef redaction.zc@uqtr.ca David Ferron | Chef de pupitre pupitre.zc@gmail.com Tanya Beaudin | Partenariats dpcfou@uqtr.ca Mathieu Plante | Infographe et webmestre montagezc@gmail.com Photo de la une | Patriotes UQTR Vincent Cheval | Actualités vincent.cheval@uqtr.ca Sébastien Houle | Actualités sebastien.houle@uqtr.ca Chloé Rousseau | Actualités chloe.rousseau@uqtr.ca Marc-André Arsenault | Arts et spectacles marc-andre.arsenault2@uqtr.ca Marianne Chartier-Boulanger | Arts et spectacles marianne.chartier-boulanger@uqtr.ca Audreyanne Clavet | Arts et spectacles audreyanne.clavet@uqtr.ca Alexandre Brouillard | Sports alexandre.brouillard@uqtr.ca Étienne Lebel-Michaud | Sports etienne.lebel-michaud@uqtr.ca Samuel «Pédro» Beauchemin | Éditorialiste samuel.beauchemin@uqtr.ca Eliane Beaudry | Chroniqueur eliane.beaudry@uqtr.ca Magali Boisvert | Chroniqueuse magali.boisvert@uqtr.ca Marie-Lou Denis | Chroniqueuse marie-lou.denis@uqtr.ca Judith Éthier | Chroniqueuse judith.ethier@uqtr.ca Anthony Morin | Chroniqueur anthony.morin@uqtr.ca Gabriel Senneville | Chroniqueur et correcteur gabriel.senneville@uqtr.ca Louis-Étienne Villeneuve | Chroniqueur louis-etienne.villeneuve@uqtr.ca Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

SOMMAIRE ACTUALITÉS 2-9 ÉDITORIAL 5 CARNAVAL ÉTUDIANT 2018 6 VOX POP ÉTUDIANT 7 REPORTAGE: SENTINELLES 9 ARTS ET SPECTACLES 10-14 EXPOSITION À LA GALERIE R3 10 CRITIQUES D’ALBUMS 11 PORTRAIT IMPROVISATION 13 PORTRAIT DIPLÔMÉ 14 SPORTS 15-19 PATRIOTES BADMINTON 15 SPORTS INTRAMUROS 17 JOGGEUR.SE.S DU MIDI 18

Depuis la semaine du 15 janvier, le Service de la protection publique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) n’accepte plus que les étudiant.e.s restent à l’intérieur des pavillons du campus après les heures d’ouverture officielle de ces derniers. Ainsi, ceux et celles qui se retrouvent déjà à l’intérieur doivent alors sortir, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors. Selon un agent de sécurité interviewé par le Zone Campus, la règle existe depuis toujours, mais n’avait jamais été appliquée. Or, des situations problématiques (bris de biens, salissement des locaux…) auraient été constatées récemment, d’où la décision d’appliquer plus sévèrement le règlement. Cet agent explique que les étudiant.e.s qui restaient après les heures d’ouverture avaient été averti.e.s. de la nouvelle mesure avant les vacances du temps des fêtes. L’exception s’appliquerait si un.e. étudiant.e. fait une demande adressée auprès de son département d’études. De plus, le Pavillon de la Vie Étudiante (PaVÉ) ne serait pas touché par cette mesure.

La plupart des pavillons sont ouverts de 6h30 à 22h30 en semaine, et de 6h30 à 17h les fins de semaine. La plupart des pavillons du campus de l’UQTR sont ouverts de 6h30 à 22h30 en semaine, et de 6h30 à 17h les samedis et dimanches. À l’heure actuelle, les heures d’ouverture des pavillons ainsi que la procédure de demande d’accès aux locaux ne sont pas affichées directement sur le site Internet de l’université, mais uniquement sur le site du Service de la protection publique, lequel est difficilement accessible depuis le site de l’UQTR. Nous n’avons pas trouvé de communication officielle de l’UQTR ni du Service de la protection publique à ce sujet, que ce soit sur le portail étudiant ou sur l’adresse courriel des étudiant.e.s.

LE MOT DE LA RÉDACTION

MARIE LABROUSSE Rédactrice en chef

Février: nous voilà désormais en plein cœur de l’hiver. Pour ma part, mon cœur d’immigrée n’a pas encore réussi à être dégoûté du froid et de la neige. Toutefois, comme beaucoup d’entre vous, ce moment est pour moi synonyme d’innombrables obligations scolaires, professionnelles et personnelles à remplir, tout en me demandant comment je peux arriver à tout faire dans le temps limité qui m’est imparti. Qui n’a pas vu passer sur Internet des memes à propos d’une certaine «théorie du triangle»?

PHOTO: M. LABROUSSE

La dernière réunion du C.A. de l’AGE UQTR a dû être déplacée à la Chasse Galerie après qu’une gardienne de sécurité a expulsé le groupe. Plusieurs questions restent à régler, comme la nouvelle section de la Bibliothèque Roy-Denommé de l’UQTR, qui devait rester ouverte 24h sur 24h, ou encore les activités se terminant plus tard que les heures d’ouverture des pavillons. Par exemple, la dernière réunion du conseil d’administration (C.A.) de l’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGE UQTR), qui se tenait au pavillon Ringuet, a dû être déplacée à la Chasse Galerie vers 23h30 le dimanche 21 janvier dernier, après qu’une gardienne de sécurité a expulsé le groupe, et ce, sans que personne n’ait été officiellement prévenu de la nouvelle directive. Mentionnons que le déplacement s’est fait alors que le C.A. était en huis clos, ce qui signifie une discussion secrète à porte fermée. Cette problématique avait été ajoutée à l’ordre du jour du C.A. en début de réunion, car la présidente de l’AGE UQTR, Solange Lapierre, a indiqué avoir reçu des plaintes d’étudiant.e.s à ce sujet. De plus, certain.e.s administrateurs.rice.s et observateur.rice.s ont signalé avoir eu des difficultés pour entrer dans l’université et rejoindre la réunion. À l’unanimité, le C.A. a mandaté Solange Lapierre de «remettre en question la problématique de l’accès aux pavillons […] et de

manifester le mécontentement des étudiants». La présidente de l’AGE UQTR a expliqué au Zone Campus qu’elle avait rencontré la semaine précédente Christian Montembeault, directeur du Service de la protection publique, ainsi qu’Olivier Malo, vice-recteur aux ressources humaines de l’UQTR et président du comité de planification des mesures d’urgence. Selon ses dires, aucun des deux ne lui aurait laissé entendre quoi que ce soit à propos de la nouvelle application des heures d’ouverture. Solange Lapierre a indiqué qu’elle devait rencontrer prochainement le Service de protection publique afin de revenir sur cette problématique. Elle a également adressé une lettre ouverte au recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, lettre dont le contenu complet est également disponible sur notre blogue. D’ici là, elle conseille aux étudiant.e.s mécontent.e.s de la situation d’adresser une plainte officielle à l’université. En attendant une possible évolution de la situation, les étudiant.e.s peuvent effectuer une demande de réservation de locaux en-dehors des heures d’ouverture en passant par le site du Service de la protection publique et en suivant la procédure indiquée. (D.F. / M.L.)

Le triangle hivernal Entre trois choses indispensables (les trois côtés du triangle), il faut en choisir deux seulement. La plupart sont de mon point de vue plutôt drôles que pertinents, mais ceux concernant le rythme de vie des étudiant.e.s viennent toucher une corde sensible en ce moment. Entre vie personnelle, vie académique et vie professionnelle, suis-je vraiment obligée de choisir? Cette interrogation peu confortable étant lancée, voilà pourquoi je pense comprendre ceux et celles pour qui l’hiver est pénible, même si je ne le ressens pas moi-même. Au milieu de cette période paradoxale où tout semble à la fois figé et avancer à une vitesse folle, le Zone Campus ne fait pas exception à la règle. Bien que la session soit déjà bien entamée, le format papier mensuel fait en sorte que c’est pour ce cinquième numéro qu’embarquent nos trois nouveaux.elles journalistes: Sébastien Houle et Vincent Cheval en actualités, ainsi qu’Audreyanne Clavet en arts et spectacles. Bienvenue dans l’équipe!

De son côté, Magali Boisvert, jusqu’à présent journaliste aux actualités, a trouvé sa place définitive (en page 7) comme chroniqueuse environnementale. Tandis qu’Alhassania Khouiyi, chroniqueuse scientifique, a décidé de sacrifier temporairement un morceau du triangle et de prendre une pause hivernale – pour, espérons-le, mieux revenir par la suite… D’autres surprises sont à venir dans ce numéro… ainsi que dans le prochain, celui de mars (et oui, déjà)! Mais je m’emballe, il sera toujours temps de vous en parler la prochaine fois… Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture du Zone Campus: qu’elle soit pour vous un intermède agréable entre deux cours, travaux à remettre, examens à réviser ou quarts de travail. Comme un léger redoux entre deux tempêtes de neige, vagues de grand froid ou pluies verglaçantes. En attendant que vienne le printemps…


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ACTUALITÉS REPORTAGE

La place des étudiant.e.s musulman.e.s à l’UQTR CHLOÉ ROUSSEAU Journaliste

Dans ce reportage, le Zone Campus s’est entretenu avec trois étudiants et étudiantes musulman.e.s de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). L’une d’entre eux s’appelle Awa Koïta, et les deux autres préfèrent garder l’anonymat. Nous les appellerons donc, pour les besoins de l’article, Adil et Hani. Des questions portant sur leur foi et leur intégration à l’UQTR ont été posées. La place de la religion Voulant en apprendre plus, le Zone Campus a voulu savoir qu’elle était la place de la religion pour ces trois étudiant.e.s. Tous ont expliqué que celle-ci était d’une grande importance, et ce, dans toutes les sphères de leur vie: «L’islam a des chartes auxquelles nous devons nous repérer, mais après tout, l’islam est une religion de paix et de tolérance, et qui accepte toutes les religions révélées sans distinction de races. Après tout, nous venons d’un seul et unique créateur» explique Adil.

Vivre sa foi Ces étudiant.e.s doivent concilier leurs études et leur foi, et ce, tous les jours. Adil en explique un peu plus sur cette réalité: «Nous avons cinq prières obligatoires à effectuer chaque jour, mais si les heures de prières coïncident avec les cours ou le travail, il nous est recommandé de continuer notre cours ou notre travail. Plus tard, nous serons appelés à des responsabilités, et le travail fait partie des valeurs de la religion pour pouvoir subvenir à nos besoins.» Si toutefois les prières n’étaient pas possibles à l’endroit et le moment où il se trouve, Adil explique qu’il les fera à son retour à la maison. Ces trois étudiant.e.s nous indiquent qu’ils ne ressentent pas de difficultés à vivre leur religion à l’UQTR. «Pour être franc, à l’UQTR, c’est rare que les gens parlent de religion. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore eu de difficultés à cause de ma foi», nous dit Hani. Malgré une ouverture de la part des membres du personnel et des étudiant.e.s, l’UQTR pourrait-elle changer certaines choses?

Changements Le Zone Campus a cherché à savoir si la communauté musulmane de l’UQTR possède toutes les commodités et aides possibles à leur intégration en milieu universitaire. Sans vouloir créer une revendication, mais seulement à titre d’information et de potentiels projets, Adil explique l’idée suivante: «avoir une grande salle de prière comme

les salles de cours, bien équipée avec des toilettes, pour faire nos ablutions. Nous passons la majeure partie de notre temps à l’université et nous avons cinq prières quotidiennes, de l’aube jusqu’au soir, et nous passons la journée à l’université jusqu’à 22h (dépendamment de notre emploi du temps des cours).» Il affirme notamment que les plusieurs autres universités québécoises offrent cette salle, et qu’il serait bien d’avoir la même commodité ici même. Malgré tout, il précise être conscient que l’université est une institution publique ayant pour but les études, et qu’il a toujours ressenti une ouverture d’esprit dans ce lieu. Awa partage d’ailleurs le même sentiment: «Je n’ai jamais rencontré de difficultés par rapport à ma foi à l’UQTR, malgré le fait que je côtoie beaucoup de personnes qui ne la partagent pas. Les gens savent respecter mes choix et sont assez curieux et ouverts à en apprendre plus.» Elle nous explique d’ailleurs qu’elle a su ressentir compassion et entraide lors de l’évènement de mobilisation de janvier 2017, à l’UQTR, à la suite de la fusillade de la mosquée de Québec: «Il y a eu une très belle mobilisation à l’UQTR pendant un après-midi à -15°C. Je n’ai même pas senti de différences entre musulmans et non-musulmans dans cette foule, juste des êtres humains qui partagent et qui se réconfortent pendant une épreuve. Cette mobilisation a confirmé selon moi la volonté de favoriser le sentiment d’appartenance de la communauté musulmane au Québec.» Awa ajoute qu’elle souhaite que cet esprit

PHOTO: D. FERRON

L’année dernière, le rassemblement en soutien à la communauté musulmane a rassemblé environ 200 personnes devant l’UQTR. d’ouverture continue au fil des ans: «Si cette considération se perpétue toujours à l’UQTR, il y a de fortes chances que nous embrassions le «Savoir. Surprendre.» dans le vivre ensemble et l’harmonie.»

Un futur prometteur Il est vrai que l’UQTR cherche à faire preuve de sensibilité et de soutien, autant chez les employé.e.s que chez les étudiant.e.s, envers les diversités culturelles qui nous entourent. Depuis la dernière décennie, la société montre une certaine ouverture et sensibilisation face aux différences religieuses et sexuelles, notamment, et le tout se ressent dans les milieux universitaires. Si l’UQTR sait faire preuve de bon sens, il est tout de même

à noter que l’amélioration doit être constante. D’ici là, si vous êtes intéressé à participer à divers évènements qui encouragent la diversité culturelle, ou si vous souhaitez partager avec d’autres tout simplement, rendez-vous sur la page Facebook du COmité Multiculturel Pour l’Intégration et la Coopération entre Étudiant(e)s (COMPLICE), communauté qui souhaite une collaboration et une intégration harmonieuse pour les étudiant.e.s internationaux.les à l’UQTR. Le Zone Campus souhaite remercier les trois étudiant.e.s qui ont accepté de répondre à nos questions, ainsi que l’aide du groupe du COMPLICE, d’Alhassania Khouiyi et de Bachir Brah Moustapha pour leur aide lors de l’écriture de cet article.


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ACTUALITÉS

Volume 13, numéro 5 | Février 2018

UN PEU D’HISTOIRE

L’aventure Dada de Tzara GABRIEL SENNEVILLE Chroniqueur

«Regardez-moi bien! Je suis idiot, je suis un farceur, je suis un fumiste. Regardez-moi bien! Je suis laid comme vous tous!» Par ces mots commence l’un des sept manifestes Dada de Samuel Rosenstock, alias Tristan Tzara. Figure d’importance au sein du mouvement Dada, né des suites de la Première Guerre mondiale, l’œuvre de Tzara et des nombreux dadaïstes est caractérisée par cette volonté de provocation, ainsi que d’un profond nihilisme. Pour Tristan Tzara, «Dada est née exclusivement de la guerre et contre la guerre» (Janover, 1989). Ce qui est fondamentalement caractéristique des membres du mouvement Dada, c’est leur prise de conscience face au caractère absurde de leur époque (Béhar & Carassou, 1990). L’absurdité de l’existence, mais aussi des conséquences de la Guerre de 1914-1918 a engendré, selon ces artistes, une crise fondamentale des valeurs au sein des sociétés d’avant-guerre. Pour eux, la guerre a été le catalyseur d’idées artistiques nouvelles.

«Dada est née exclusivement de la guerre et contre la guerre» — Tristan Tzara Ces idées? Le refus et la négation de la guerre, mais aussi des valeurs dites bourgeoises. Influencée par les philosophes et auteurs tels que Friedrich Nietzsche et Mikhaïl Bakounine, la création de ce mouvement artistique était le reflet de ce rejet absolu de leur époque. Pour Hugo Ball, membre fondateur du mouvement Dada: «Ce que nous appelons dada est une bouffonnerie du néant dans laquelle toutes les plus graves questions sont mêlées. Le dadaïste aime l’insolite, l’absurde, oui... le dadaïste lutte contre l’agonie et l’ivresse de mort de l’époque» (Fauchereau, 2010). Par conséquent, dans les premières années du mouvement Dada, on constate l’apparition d’une forte remise en question des valeurs établies. Et l’un des moyens entrepris par les dadaïstes afin de divulguer leur message, c’est le scandale. Dans cette optique, l’objectif principal était la destruction totale des fondements de la civilisation occidentale. Ce qui a le plus d’importance, c’est la destruction des valeurs ainsi que des modes de pensées à l’occidentale. Cependant, cette action ne vise pas la destruction des individus et des institutions, puisque l’important était de scandaliser la classe bourgeoise: «Dada a fait irruption sur la scène littéraire européenne au cours de la Première Guerre Mondiale au Cabaret

FIN DE LA NEUTRALITÉ D’INTERNET AUX ÉTATS-UNIS

Quelles seraient les conséquences à l’UQTR?

Voltaire de Zurich, avec des performances, des lectures et des spectacles conçus pour choquer les mentalités bourgeoises et remettre en questions toutes les définitions de la littérature et de l’art» (Caldwell, 2012, traduction libre). L’œuvre poétique de Tzara représente en tout point cette volonté de choquer et de provoquer. La publication d’un poème intitulé Un homme se pend décrit les derniers instants d’un homme commettant un suicide: «Il regarde ceci avec angoisse/ Alors son enfance s’envole/ Alors d’un coup douceur et distance jaillissent/ Tout se défait et s’épanouit, ô Aurélie».

L’œuvre poétique de Tzara représente en tout point cette volonté de choquer et de provoquer. Malgré des études en philosophie à l’Université de Bucarest en 1914, son œuvre s’inscrit dans un courant antiphilosophique. Pour lui, «Tout acte est un coup de revolver cérébral/Foutez-vous vous-même un coup de poing dans la figure et tombez morts». Ces mots sont très acerbes envers ceux qui se croient bien-pensants. Plus tard dans son œuvre, l’on retrouve l’un de ses poèmes les plus ambitieux, L’Homme Approximatif. Dans ce texte, Tzara remet en question l’existence humaine et les artifices que l’Homme se crée afin de rendre son existence supportable. Tzara aime provoquer, et le lecteur est confronté à un texte qui affirme sa petitesse et l’absurdité de sa vie dues à l’absence d’un sens propre à la vie (Caldwell, 2012). En ce sens, «l’Homme approximatif» de Tzara est l’homme ordinaire, celui qui vit une routine singulière. Par association, Tzara affirme que la société de consommation rendue possible par les magasins, ainsi que l’ordre du paraître dans les salles de concert, vont être liés à la mort, à un enfermement dans ce qui est de plus négatif et routinier.

Tzara remet en question l’existence humaine et les artifices que l’Homme se crée, afin de rendre son existence supportable. Malgré cette volonté de négation que prône le dadaïsme, le mouvement va peu à peu perdre de l’importance. La fin de la Première Guerre mondiale marque le retour en force de la classe bourgeoise, et le scandale que proposent Tzara et les dadaïstes perd de son impact. La classe bourgeoise réalise que Dada, malgré son influence artistique, ne représente pas un réel danger. En somme, ce qui caractérise l’œuvre de Tristan Tzara et des nombreux dadaïstes, c’est cette volonté de remettre en question ainsi que de détruire les valeurs bourgeoises de la première moitié du XIXe siècle.

PHOTO: SÉBASTIEN HOULE

Mathieu Bouchard, du Bureau de pédagogie et de formation à distance de l’UQTR. Alors que c’est par centaines de millions que nos gouvernements investissent pour amener Internet haute vitesse dans les foyers québécois et canadiens, chez nos voisins du sud, une décision récente ouvre la voie à un Internet à vitesse variable. Et le monde de l’éducation s’en inquiète. Notre économie est basée sur la compétitivité. Internet s’est cependant toujours voulu un espace où le principe de neutralité primait. L’information y circule librement, sans égard à la source, à la destination ou à la nature du contenu. Or, le 14 décembre dernier, la Federal Communications Commission (FCC), équivalent américain du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), annonçait la fin de ce principe de neutralité. Désormais, les fournisseurs pourront réguler la vitesse de circulation des informations, voire la bloquer, ce qui ouvre la porte à une tarification à la pièce sur les droits de circuler. Si les défenseurs d’une compétitivité ouverte entrevoient de potentiels gains pour le consommateur, certains craignent de voir l’émergence d’un Internet où seuls les plus gros joueurs pourront survivre. Le magazine Wired, dans un commentaire vidéo, s’inquiète de voir les gens payer pour accéder à du contenu et dit craindre une entrave à l’innovation. Le monde de l’éducation n’est pas en reste. Un mémoire rédigé par un groupe d’acteur.ice.s du monde de l’éducation supérieure américaine a été déposé devant le FCC. Le document exprime plusieurs inquiétudes face à la décision, ainsi que ses possibles impacts sur le monde universitaire et celui de la recherche. On y fait valoir que les principes d’ouverture, de recherche, d’apprentissage et de libre expression ont guidé le développement d’Internet. Ces valeurs sont aussi intrinsèquement liées à la mission sociale de l’enseignement supérieur, laquelle ne peut être garantie aujourd’hui que par le maintien de la neutralité d’Internet, soutiennent les auteurs du document. Pour Mathieu Bouchard, du Bureau de pédagogie et de formation à distance de l’Université du Québec à Trois-Rivières, il est clair que la fin de neutralité d’Internet au Canada modifierait le

monde universitaire. L’apparition de forfaits à la carte pourrait avoir un impact direct sur les frais d’inscription, «puisque l’université se doit d’offrir une couverture WiFi à haute vitesse» fait-il valoir. M. Bouchard s’inquiète aussi des enjeux liés à la formation à distance: «plusieurs cours se donnent en vidéoconférence un peu partout à travers le Québec. Un Internet «à deux vitesses» pourrait pénaliser certains usagers et occasionner une baisse de qualité de la connexion, ou même l’impossibilité d’utiliser certains services selon le forfait auquel ils adhèrent». Les bibliothèques universitaires ont aussi connu une profonde mutation depuis l’arrivée d’Internet. Selon Mathieu Bouchard, «les collections sont de plus en plus accessibles en ligne, là encore une connexion Internet de qualité est nécessaire pour avoir accès au matériel et visionner du contenu audiovisuel de haute qualité.»

La fin de neutralité d’Internet au Canada modifierait le monde universitaire. L’apparition de forfaits à la carte pourrait avoir un impact direct sur les frais d’inscription. Le gouvernement Trudeau a énoncé à plusieurs reprises son intention de ne pas remettre en cause la neutralité d’Internet. Notons cependant qu’un nouveau patron est en poste au CRTC, et les observateur.ice.s peinent à cerner sa position sur l’enjeu. D’autre part, les grands fournisseurs d’accès Internet canadiens revendiquent de façon récurrente un assouplissement des règles. Considérant enfin qu’une bonne partie de notre trafic Internet transite par les États-Unis, d’aucuns jugent illusoire de penser que la décision américaine sera sans conséquence chez nous. Pierre Elliott Trudeau avait cet aphorisme pour décrire notre relation avec nos voisins du sud: «Être votre voisin, c’est comme dormir avec un éléphant. Quelque douce et placide que soit la bête, on subit chacun de ses mouvements et de ses grognements». La décision du FCC a été portée devant les tribunaux. L’histoire est à suivre. (S.H.)


ACTUALITÉS

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PORTRAIT D’UN ÉTUDIANT AUX CYCLES SUPÉRIEURS

François Fabi, la volonté d’agir VINCENT CHEVAL Journaliste

La série de portraits que nous publions poursuit un double but. Rendre hommage à celles et ceux qui, par leur talent académique et leur implication, dynamisent notre communauté universitaire; et offrir des sources d’inspiration pour le plus grand nombre. En ce sens, nous nous devions de dresser le portrait de François Fabi, qui effectue son ultime année de doctorat en biologie cellulaire et moléculaire. Aborder le curriculum vitae de François Fabi a quelque chose de presque intimidant pour quelqu’un qui penserait qu’il y a un choix à faire entre les études et l’implication dans la vie universitaire. Auteur de six publications scientifiques, acteur de 19 présentations devant jurys, récipiendaire de 24 bourses et prix, dont la première place et le prix coup de cœur du public de l’édition 2016 de «Ma thèse en 180 secondes» à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), le jeune homme de 28 ans a aussi cumulé pas moins d’une vingtaine de postes au sein des différentes structures associatives et administratives de l’UQTR, sans compter ses postes de chargé de cours en biologie cellulaire. Un bilan conséquent, qui laisse deviner un parcours exemplaire.

Son parcours En 2009, François intègre le baccalauréat en biologie médicale sans avoir de réel objectif. C’est sa rencontre décisive avec le professeur Éric Asselin qui va donner une impulsion déterminante à son cursus. Au cours de plusieurs stages, le spécialiste en biologie moléculaire l’initie à une recherche de qualité assistée de technologies de pointe. Il n’en faut pas moins pour susciter l’intérêt du jeune homme, qui, au fil de sa formation, se trouve interpellé par la question de la chimiorésistance des cancers gynécologiques: en somme, la capacité des tumeurs se développant lors d’un cancer des ovaires à résister à la chimiothérapie. Un défi humain impliquant un potentiel de recherches immenses, qui pousse François plus en avant dans ses études. Après une année de maitrise en 2012, il profite d’une passerelle pour passer directement au doctorat, où il acquiert un véritable sentiment d’épanouissement et de liberté dans ses recherches. Même si ces dernières, qui visent l’élaboration d’une thérapie apte à contrer la chimiorésistance, le passionnent, il ne désire pas se cantonner aux laboratoires. Après l’obtention de son doctorat, il compte suivre une formation clinique, afin de pouvoir pratiquer de la recherche dite translationnelle, l’application concrète et directe de ses recherches sur le terrain médical.

Un acteur de la vie étudiante Pour notre doctorant, la vie à l’UQTR n’a pas commencé avec son inscription au

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Éditorial. L’HUMAIN APPROXIMATIF

baccalauréat. En effet, son père y a été professeur en ressources humaines, et sa mère, secrétaire, l’emmenait souvent lors des journées pédagogiques. Cette expérience a contribué à lui faire percevoir l’université comme un véritable milieu de vie. Pourtant, lorsqu’il devient lui-même étudiant, il a alors une véritable appréhension envers l’implication, estimant que cette dernière offre peu d’impacts concrets. Le tournant s’opérera durant les grèves de 2012, où il se sent impuissant face à des mécanismes d’assemblée et des règlements qui lui sont hermétiques. Il décide dès lors de s’impliquer assidument à tous les niveaux.

«Nous ne sommes pas juste des étudiants, nous sommes une communauté» — François Fabi Il y voit un intérêt en tant que chercheur, puisqu’il acquiert une compréhension des institutions et des enjeux propres à l’université, ainsi que sur le plan personnel, car la participation à des réunions et à des projets demande de développer de véritables compétences orales et rédactionnelles. Mais surtout, il considère l’implication comme la pierre angulaire de la vie universitaire. «Nous ne sommes pas juste des étudiants, nous sommes une communauté», confie-t-il. Un sens du commun qu’il juge détérioré depuis 2012, et dont il tente de faire la promotion auprès des étudiants. De par son envie de préserver la vie sociale et la proximité entre étudiant.e.s et professeur.e.s qui font, selon lui, la force de l’université trifluvienne, que par sa volonté d’apporter concrètement sa pierre à l’édifice académique et social, François Fabi fait partie des personnes qui enrichissent l’UQTR de sa présence. PHOTO: ANNIE BRIEN

François Fabi effectue son ultime année de doctorat en biologie cellulaire et moléculaire.

Les sauveteurs du monde Du «volontouriste» à la philanthropie SAMUEL «PÉDRO» BEAUCHEMIN Éditorialiste

Il y a avait, au début des années 2000, une série télévisée pour enfant qui s’intitulait Les sauveteurs du monde. Faisant fi de tout danger, une équipe d’intervention munie d’énormes pieds venait secourir les personnes en danger. Je ne parlerai toutefois pas de cette série dans mon article. Je compte plutôt utiliser le concept de «sauveteur du monde» à l’intérieur d’un phénomène, le «volontourisme». Une mode dans l’industrie du voyage et du tourisme, quand le capitalisme fait rimer tourisme et humanitaire.

«Quand les Blancs sauvent le monde» Pour reprendre la formule des Brutes, car moi aussi, je ressens un inconfort terrible lorsqu’une personne sans qualification me parle de son voyage «humanitaire». Je me pose toujours un tas de questions. D’abord, cette personne est-elle consciente de son privilège de pouvoir seulement voyager? Ensuite, est-elle au courant que la situation précaire du pays visité n’est pas une attraction? Finalement, quelle utilité peut avoir un jeune sans aptitude particulière dans ce type de voyage? Il y a une énorme différence entre un organisme comme Médecins Sans Frontière et les publicités de voyages humanitaires brochées sur les babillards de l’université. Je comprends tout à fait l’importance de l’implication de spécialistes comme les médecins, les psychologues, les infirmier.ère.s, etc., dans certains programmes humanitaires. Je vois par contre difficilement l’utilité d’une personne, sans qualification, aller aider des régions du monde où le taux de chômage des 15 à 24 ans joue entre 10 et 60%. La Presse a fait une enquête à ce sujet, qu’elle a publié au mois de janvier 2016. Je vous invite à la lire par devoir de conscience. On y apprend que certains orphelinats du Cambodge sont créés dans le but d’attirer des «sauveteurs du monde». Une étude datant de 2011 de l’Unicef démontre qu’une bonne partie des enfants ont été volés à leurs parents. Une fois rendus sur place, les «volontouristes» se contentent de passer la journée avec les enfants ou de faire des tâches qui seront éventuellement à refaire pour les prochain.e.s visiteur.se.s. Tout ceci est un marché extrêmement lucratif: «L’objectif d’une agence de voyages n’est pas d’avoir un impact quelconque, mais de vendre un produit. Elle n’a même pas intérêt à ce que la situation change, puisqu’elle doit s’assurer que le produit reste disponible. La misère, source de profit, est donc entretenue.» — Pierre de Handscutter, directeur de l’Organisation non gouvernementale (ONG) franco-belge Service volontaire international.

De plus, la présence des «volontouristes» nuit au développement des petites régions. Il est plus économique d’utiliser cette maind’œuvre pour les organismes sur place que d’engager des habitants de la région. Ce n’est pas qu’en voyageant que les «sauveteurs du monde» nuisent, mais c’est aussi par l’entremise des dons. Lorsqu’on envoie de l’argent, une grande part sert à rembourser les frais de gestion de l’organisme humanitaire. Ce qui fait qu’une bonne partie des sommes amassées demeure dans le pays des donateurs (Courrier International, août 2017). Quand l’argent arrive enfin dans le pays, il faut payer (soudoyer) les milices et/ou les fonctionnaires qui vont ensuite (peut-être) faire passer les convois d’aide. Même quand l’argent arrive directement, l’aide affecte généralement les initiatives et les économies locales. La Somalie est un bon exemple de pays affaibli non seulement par la guerre, mais aussi par l’aide humanitaire. Les agriculteurs locaux disparaissent, ne pouvant compétitionner les prix de l’aide alimentaire. Il est en effet difficile de rivaliser contre des produits gratuits. De plus, les organismes viennent souvent à outrepasser des compétences gouvernementales. Cela a pour effet de diminuer le pouvoir local et la confiance du peuple envers l’administration: «L’aide humanitaire est le moyen le plus efficace (et le plus rentable) dont disposent les pays donateurs étrangers pour contrôler d’autres pays sans être accusés de colonialisme.» (Courrier International, août 2017).

Pour en finir avec le néo-colonialisme Je ne veux pas me complaire dans le cynisme, mais les «voyages» humanitaires comblent plus un besoin narcissique qu’un besoin réel. Les «sauveteurs du monde» s’offrent un petit plaisir bourgeois en allant se sortir de leur zone de confort l’instant de quelques jours. Nous devrions tous réfléchir aux répercussions du type de tourisme auquel on participe. Si l’on souhaite réellement améliorer la planète, c’est toujours à l’échelle locale que les actions sont les plus efficaces. Même si ce n’est pas autant sexy d’aller donner du temps à l’aide au devoir ou dans le centre de distribution alimentaire au coin de notre rue. Les photos seront peut-être moins belles que de reconstruire une école au Guatemala. C’est à croire que notre misère était moins exotique… N’empêche que c’est la solution à long terme pour un avenir meilleur. C’est de cette manière que la qualité de vie de notre région va s’améliorer et que les pays en voie de développement pourront s’émanciper. «Il faut désoccidentaliser l’aide, soutenir davantage le développement des capacités locales d’intervention, transférer les ressources et les expertises, y compris le pouvoir de décision, dans les communautés qui en ont besoin.» — François Audet, Professeur du Département de management et technologie de l’Université du Québec à Montréal.


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Volume 13, numéro 5 | Février 2018

BILAN DU CARNAVAL ÉTUDIANT 2018

Les joies de l’hiver à l’UQTR La trentième édition du Carnaval étudiant de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) s’est tenue du 22 au 25 janvier dernier sur le campus. Le concept de cette année avait pour nom «Retour vers le carnaval». Votre journal étudiant Zone Campus vous propose un retour sur cette semaine ainsi qu’une rencontre de certain.e.s acteur. ice.s de l’organisation.

PHOTO: MARC-ANDRÉ ARSENAULT

Jour 1 Le lundi 22 janvier, des étudiant.e.s des 32 associations de l’université sont prêt.e.s à surmonter les différentes épreuves du Carnaval étudiant, et ce, durant les trois jours suivants. Le tout a commencé avec le défilé «88 miles à l’heure» des associations étudiantes sur le campus. Ce défilé était sous le thème de «Woodstock en Beauce». L’Association des étudiants en sciences chimie et physique (AESCP), les étudiant.e.s du baccalauréat en enseignement du secondaire (BES), l’Association des étudiants en lettres et linguistiques (AELL) sont arrivés à égalité pour cette épreuve avec un pointage de 100. L’AESCP a également remporté l’épreuve de Trollball qui a débuté pendant l’heure du diner. En après-midi, un jeu-questionnaire s’est déroulé du côté du bistro-bar Chasse Galerie. L’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGE UQTR) a récolté 110 points, gagnant ainsi la catégorie. Le thème de l’humour était bien à l’honneur en soirée; l’AGE UQTR a remporté «1 joke, 1 bière», et la journée s’est clôturée avec les spectacles d’Alex Douville et de Maxim Martin.

Jour 2 Le lendemain, Dame nature faisait des siennes, touchant ainsi les activités de sculptures, «L’Ère de glace» (remportée par l’AESCP), et les spectacles rock de Appetite for Democracy — hommage à Gun n’Roses et de Hells Bells — Hommage à AC/DC en soirée. Ce dernier est venu en renfort pour prendre la case horaire laissée vacante par Dance Laury Dance, qui a dû annuler son concert en début de journée, en raison de la mauvaise température. D’ailleurs,

Préparation du «Beerfest». l’assistance de cette soirée pouvait osciller entre vingt et quarante personnes, selon les heures et les «va-et-vient». Côté pointage, l’Association des étudiants en chiropratique (AEDC) et l’Association des étudiants en récréologie (ADER) ont obtenu le même nombre de points, se plaçant ainsi ex æquo en première position du «Bain de neige». BES a gagné le match de Bubble soccer, l’AGE UQTR et l’Association des programmes en arts (APARTS) sont également arrivées ex æquo en première position pour l’activité de reproduction artistique «30 ans de talents» avec 80 points. En soirée, l’Association des étudiants en science de l’activité physique (ASAP) a mis la main sur la session «Mario Kart», et l’Association des étudiant(e)s en sciences comptables et administratives (AESCA) a remporté la première place aux «Dieux de la danse». PHOTO: GRACIEUSETÉ

Jour 3 Au matin de la troisième journée, la danse western était à l’honneur alors que AEDC, AESCA et ADER ont chacune récolté 100 points; les trois mêmes associations ont également fait le plus haut pointage, soit 198 points, lors du happening des «Pats». AESCA a également remporté les activités «Rallye bottine» et «Hungry Hippo». Pour l’heure du souper, les membres de ADER étaient les meilleurs cuisiniers au «Buffet», leur permettant l’ajout de 99 points au tableau. L’activité de bière-bong, «Beerfest» a été remporté par l’AEDC. Les membres de BES, quant à eux, sont arrivés premiers au «Rallye nocturne» qui s’est terminé aux petites heures du matin.

Jour 4 Pour la dernière journée du Carnaval, l’AEDC est l’association étudiante ayant récolté le plus de points derrière l’AESCA. Lors de la «Chope d’or», le Carnaval annonce que l’AEDC arrive en première place avec un total de 2522 points, mais avec 100 points perdus en pénalités. Notons qu’Evelyne Sacy, de l’Association des étudiants en psychoéducation (AEPE), s’est classée en première place comme Championne du Carnaval.

Rencontre avec l’organisation

L’équipe du Carnaval. De gauche à droite, en haut : Émilie Savard, programmation; Samy Trépanier, communication ; Marc-Olivier Dumas, responsable du comité de la programmation. Vincent Gauthier, finances. Jonathan Charbonneau, responsable du comité de logistique ; Zakary Mandeville Bastien, programmation. En bas ; Andrea Isabel Gonzalez, responsable du comité des bénévoles ; Kim Allaire, comité des bénévoles ; Marianne Bélanger, programmation ; Karine Perron, communications. Joëlle Asselin, logistique ; Gloray Champion, coordonnatrice.

À l’automne dernier, l’organisation du Carnaval étudiant devait se trouver un remplaçant à la coordination. C’est en novembre dernier que Gloray Champion, alors responsable des bénévoles, a repris le poste. L’ensemble de la programmation était fixé, mais pour Gloray, c’était au retour de la période des Fêtes que les grands défis se présentaient. «Au niveau des autres sous-comités, comme au niveau des bénévoles, au niveau de la logistique, il y a eu beaucoup d’ajustements à faire parce qu’il y avait plusieurs changements au niveau des activités. Les communications, c’était déjà commencé, mais c’était surtout de mettre de l’ordre à cela. Il y a eu des manques au niveau du comité. Il fallait resserrer le comité et le renforcer, parce qu’avec un départ, ça crée du changement.» Deux autres membres ont quitté le bateau du Carnaval, dont la personne responsable à la

programmation. Gloray ne nie toutefois pas que d’autres personnes avaient manifesté leur volonté de quitter l’organisation. Malgré les quelques difficultés rencontrées, la coordonnatrice du Carnaval se dit tout de même satisfaite de son expérience: «J’ai trouvé que c’était quand même une belle expérience, mais ce n’était pas facile. C’était un nouveau poste, mais oui, j’avais déjà vécu le Carnaval. Ça facilitait certaines choses, mais en même temps, c’est une tout autre expérience avoir à gérer l’ensemble des comités.»

«Je crois que le comité de cette année était particulièrement débrouillard, dans un sens.» — Jonathan Charbonneau Le comité de programmation du Carnaval est chargé de la gestion des épreuves, des détails de la programmation, mais aussi des plaintes reçues par rapport aux points. Durant cette édition, Marc-Olivier Dumas en a reçu quelques-unes. «Les assos, ce sont tous des enfants un peu donc, ils veulent tous aller gratter des points ici et là. Parfois, ils vont se chicaner pour un point.» Ce dernier se dit toutefois satisfait de son expérience. «C’était mon deuxième carnaval. Donc, je savais un peu vers où aller. C’était la première fois, par contre, que j’avais un comité à gérer.» Marc-Olivier Dumas a mentionné au Zone Campus qu’il ne sera pas de retour dans le comité organisateur du Carnaval l’an prochain. Jonathan Charbonneau était dans le comité de la logistique, et ce, pour une troisième année consécutive. Les deux démissions en milieu de parcours étaient perçues, selon lui, comme un revirement de situation: «Je pense que le comité n’était pas très soudé jusqu’aux deux mois avant l’événement (décembre), si je compare aux deux autres années d’avant. (…) Je crois que le comité de cette année était particulièrement débrouillard, dans un sens. Les membres se retournaient sur un 10 cents et savaient résoudre leurs problèmes et s’adapter rapidement», affirme-t-il. (M.A.A.)


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VOX POP ÉTUDIANT

L’assurance collective, collectivement inconnue Les questions administratives demeurent pour une bonne partie des membres de la communauté étudiante un surplus de tracasseries, souvent absconses, très dispensables durant des sessions déjà bien chargées. Cependant, lorsque l’on touche à des domaines aussi sensibles que le remboursement de soins de santé, la connaissance des droits de chacun.e en la matière peut vite devenir un enjeu financier majeur. Le Zone Campus a interrogé plusieurs étudiant.e.s pour sonder leurs connaissances du régime d’assurance collective intégré aux frais d’inscription. Jason Rivest, baccalauréat en administration des affaires Pour ma part, étant un étudiant ayant été administrateur et exécutant de l’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR), je connais l’existence des assurances offertes aux étudiants et ce qu’elles couvrent. D’ailleurs, je m’attriste que les étudiants n’aient pas plus conscience de ce que contiennent leurs assurances. Très peu savent qu’elles couvrent plusieurs soins et même les voyages! La vie d’universitaire est bien assez dispendieuse sans prendre une deuxième assurance alors qu’on est déjà assuré avec l’assurance de l’AGE UQTR. Au niveau de la communication, je crois que l’association et le promoteur de l’assurance font leur maximum pour informer. La problématique vient aussi des étudiants qui ne sont pas curieux et qui, passifs, vont et viennent à l’université sans demander autre chose que le strict minimum. Les assurances sont, selon moi, une des parties immergées de l’iceberg que les étudiants ne voient pas assez, ou qu’ils ne veulent pas voir.

Samuel Rheault, baccalauréat en philosophie Je sais qu’il existe une assurance collective oui, cependant je ne sais absolument pas ce qu’elle couvre! Je considère que je n’ai pas été suffisamment informé sur le sujet, que ce soit lors de mon inscription ou par la suite.

Clémence Bideaux, baccalauréat en études françaises (littérature et langue) Oui, j’ai connaissance de ce régime d’assurance. J’ai dû faire des recherches pas toujours évidentes pour savoir de quoi il était question. Pour trouver comment ne plus adhérer à l’assurance, ce n’était

pas très clair non plus. En ce sens, je pense que je n’ai pas été bien informée, voire pas informée du tout. Ça vient surtout d’une initiative personnelle et je pense que l’on ne nous informe pas assez sur ce que cela nous apporte. Je sais approximativement quels domaines sont couverts pour y avoir eu plusieurs fois recours. En ce concerne les montants, je me souviens approximativement également. Mais oui, j’ai pu trouver les montants remboursés en cherchant ou en demandant, dans certains cas.

Olivier Auger, baccalauréat en Histoire Je considère qu’au niveau des assurances collectives, l’information n’est vraiment pas suffisante. J’ai appris que cela existait plus d’un mois après le début de ma première session. J’ai aussi trouvé dommage d’être automatiquement inscrit mais aussi de devoir la payer, ayant dépassé la limite de désistement. De plus, cette assurance est pour moi inutile puisque mes parents souscrivent déjà à une assurance qui couvre mes besoins.

«J’ai dû faire des recherches pas toujours évidentes pour savoir de quoi il était question. Pour trouver comment ne plus adhérer à l’assurance, ce n’était pas très clair non plus.» — Clémence Bideaux Isabelle Bourguignon, baccalauréat en enseignement des arts plastiques et dramatiques Oui, je les connais et je m’en sers souvent. C’est une grande opportunité que nous offre l’UQTR. Personnellement, venant d’une famille avec un père monoparental âgé de 80 ans, je n’avais accès à aucune autre assurance. Grâce à celle de l’université, j’ai pu avoir des soins dentaires, orthopédiques et chiropratiques qui m’étaient inaccessibles auparavant.

Pierre-Olivier, étudiant au sein du département de chimie-biochimie et physique Pour être honnête je n’ai pas toute l’information sur le sujet. Je sais juste qu’elle est utile, du moins en ce qui concerne les soins dentaires. Je sais surtout qu’on la paye, cette assurance, et j’aimerais que l’on nous pose le choix de la prendre plus explicitement dès le jour de notre inscription. (V.C.)

LA CLIMATO-RÉALISTE

Comment [sur]vivre avec un.e amoureux.euse écolo MAGALI BOISVERT Chroniqueuse

En cette délicieuse semaine hyperconsommable de la Saint-Valentin, l’environnement est probablement la dernière chose qui vous passe par la tête. Cependant, il est de mise d’être conscient.e de son impact sur l’environnement lors de tous les événements de ce genre. Avez-vous vraiment besoin de cette boîte de chocolats non-équitables emballés individuellement par des petites mains souspayées? Allez-vous regretter d’avoir dépensé 100$ lors d’une séance de magasinage en ligne impulsif de célibataire esseulé.e? Ne vous sentirez-vous pas coupables d’avoir gaspillé une boîte de mouchoirs non-recyclés pour éponger vos larmes en regardant des comédies romantiques? Agacé.e par ces appels à la raison? Vous vous dites: «Mais elle est donc bien rabat-joie, cette chroniqueuse! On a le droit d’acheter du chocolat si ça nous tente! Pis on s’en fout, des “récolteux’’ de cacao!» Bienvenue dans la réalité quotidienne d’un partenaire de vie d’écolo. Ces braves individus, et je parle de ceux qui ne partagent pas nécessairement ce même dégoût profond pour le styromousse, ont à vivre avec ces pensées tous les jours, car ils sont en couple avec de vrai.e.s passionné.e.s. C’est le cas de mon copain, qui voit passer toutes sortes de comportements bizarres de ma part. Voici donc, pour votre plus grande satisfaction, une liste de cinq choses que mon chum doit endurer en acceptant d’être en couple avec une écolo comme moi.

Je fais un tri incessant des poubelles pour redistribuer les déchets. Le sac de plastique de tortillas va dans le recyclage, les épluchures de mandarines vont dans le compost, le pot de yogourt va dans le recyclage, mais il faut le rincer, la feuille de papier peut être réutilisée de l’autre côté et ne va pas dans la poubelle… Mon copain me surprend assez souvent le nez dans la poubelle, tentant de soustraire à un destin aberrant un misérable bout de plastique sur lequel est inscrit le logo de recyclage numéro cinq. (D’ailleurs, petite information essentielle sur le recyclage: sur la plupart des emballages, il y a le logo de recyclage – les trois flèches en rond – avec à l’intérieur des chiffres d’un à sept; seul le numéro six n’est pas recyclable, mais ça dépend des municipalités. Le reste, une fois rincé, va au bac bleu!)

Quand je m’y mets, je suis un vrai boulet à l’épicerie. «Non, mais, est-ce qu’on pourrait prendre du chocolat équitable? Oui, je sais que c’est sept dollars pour une barre, mais c’est fait par des travailleurs heureux qui sont bien payés!»

Les informations sur le régime d’assurances sont disponibles à l’adresse web www.planmajor.ca/fr/associations/age-uqtr.

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«Ah, mais on ne va pas acheter ça? Ce détergent-là est méga chimique, je l’ai lu sur mon blogue zéro déchet!» «T’es au courant que le beurre d’arachides Kraft est BOURRÉ d’huile de palme?» Vous voyez le topo. Si ça ne tenait qu’à moi, je ferais fi des économies et j’achèterais tous mes aliments «secs» tels que les grains et les pâtes dans une boutique zéro déchet, mes légumes et fruits seraient achetés sans emballage et la viande serait une affaire mensuelle, pas plus. Je miserais aussi sur le bio et l’équitable le plus possible. Malheureusement, on doit faire des compromis.

Le gaspillage alimentaire me met dans tous mes états. Étant donné que je sais à quel point notre nourriture est coûteuse à produire pour l’environnement, à chaque fois que je jette un bout de mon assiette, c’est immanquable, ça me gruge le cerveau toute la journée. Je me sens coupable, je me dis que j’aurais dû en donner à quelqu’un, que j’aurais dû me forcer à finir mon assiette ou au moins mettre mes restes dans le frigo. Mon partenaire de vie doit entendre mes lamentations et me voir souffrir en silence pour un bout de pain, mais je me dis que ça fait partie de mon charme.

Ne vous sentirez-vous pas coupables d’avoir gaspillé une boîte de mouchoirs nonrecyclés pour éponger vos larmes en regardant des comédies romantiques? Le mode de vie écologique en est un qui évolue sans cesse. Ce trajet est jalonné de nouvelles recherches, de découvertes et d’idées d’initiatives afin de réduire notre empreinte. Un jour, j’apprends que je peux mettre une bouteille d’eau remplie dans mon réservoir de toilette pour réduire la quantité d’eau utilisée (on parle de 6 à 18 litres d’eau par chasse!). Puis, j’apprends le lendemain une recette pour faire mon propre nettoyant tout usage naturel. L’apprentissage n’arrête jamais, ce qui m’encourage à m’améliorer, mais décourage parfois mon copain qui a du mal à suivre la cadence.

Beaucoup de choses me tiennent très à cœur. Lorsque j’ai regardé le documentaire Before the Flood de Leonardo DiCaprio, qui porte sur l’environnement, j’ai été tellement marquée que je n’ai plus jamais regardé un paquet de viande hachée de la même manière. Quand je lis les commentaires sur des publications Facebook et que je vois qu’une grande partie des internautes occidentaux se foutent du recyclage et du mode de vie zéro déchet, j’enrage. Mon copain me demande toujours pourquoi je continue à lire ces commentaires, mais c’est plus fort que moi. Je ne peux pas faire autrement que de m’investir à fond dans les choses qui m’importent le plus. C’est une bonne chose pour lui, car il en fait partie.


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Volume 13, numéro 5 | Février 2018

TRAITEMENT DES PLAINTES POUR HARCÈLEMENT SEXUEL À L’UQTR

LA P’TITE VITE

Les relations connectées Où et comment dénoncer ANTHONY MORIN, ÉLIANE BEAUDRY ET MARIE-LOU DENIS Chroniqueurs

«Le sentiment du provisoire» décrit par la sociologue Sabine Chalonvon-Demersay reprend bien l’idée de la représentation du couple aujourd’hui. Dès le début de la liaison, les individus savent qu’ils vont se séparer. Ils anticipent ce qui pourrait éventuellement mettre fin à la relation. Ils acceptent dès les premiers jours la finitude de leur histoire. Avant c’était différent Autrefois, l’union de deux individus était celle d’un homme et d’une femme et se faisait obligatoirement par le mariage. Qui plus est, les hommes et les femmes tenaient des rôles et des occupations distinctes. Jusque dans les années 70, le mariage avait un rôle socialement important: il attribuait aux hommes les responsabilités concernant le revenu familial et l’entretien matériel, tandis que les femmes étaient chargées d’éduquer les enfants et de gérer la maisonnée. L’amour n’était pas toujours au rendez-vous, et quelques unions se faisaient par obligation. Au-delà de l’affection, il y avait la loyauté, la confiance et les efforts de chacun pour parvenir à une vie décente. Cela étant dit, il ne s’agit que d’une généralisation de la représentation d’un couple de ces années. Grâce aux révolutions sexuelles et à l’indépendance progressive des femmes, les rôles traditionnels attribués aux sexes sont en voie d’extinction. Par contre, s’unir pour la vie devient un objectif qui n’est pas simple à réaliser.

La loi du moindre effort Aujourd’hui, la plupart des gens sont actifs sur les applications et les sites de rencontre. Selon Statistique Canada, plus de 14,6 millions de Canadien.ne.s recherchent l’amour en étant connecté.e.s, soit 36% de la population! Le but est-il de rechercher LA personne miracle qui changera tout? En réalité, il s’agirait plutôt d’être à la recherche du plus simple en voulant tout. Avec l’activité du swipe, les individus magasinent l’amour exactement comme un article ménager: en regardant les images et sélectionnant leurs préférées, sans lire la description en petits caractères en dessous. C’est simple d’attribuer un tempérament et un caractère à une photo. C’est bien de magasiner, mais il faut aussi aller voir la qualité de l’article choisi. Il est plaisant de rencontrer des gens et d’avoir des sorties avec plusieurs personnes, mais la tâche d’apprendre à connaître une personne est complexe. Cela demande des efforts et de l’implication. De ce fait, la relation qui n’a pas encore existé prend fin, alors qu’une autre attirance fait son apparition presque dans l’immédiat. Il y a tellement de choix dans ces catalogues à humains qu’il est possible d’avoir les options B, C et D dans la même journée, si la première n’a pas fait l’affaire! Au moindre obstacle, il est préférable d’abandonner, parce que faire des concessions ce n’est pas accepté. Finalement, c’est une accumulation de petites déceptions.

Qu’est-ce qu’il faut chercher exactement? Une personne avec qui passer du bon temps, qui animera un sentiment d’exaltation. Une aventure qui ne durera pas, qui n’oblige en aucun cas les projections vers le futur et l’engagement, et lorsque l’excitation disparait, il est plus simple de swiper à gauche que d’entretenir la suite du récit.

une agression sexuelle?

L’instinct sexuel en premier? Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent soutient que «l’instinct sexuel est inscrit depuis toujours dans les gènes humains, et que ceux-ci restent programmés pour cette «actualisation du rut» qu’est l’amour». Certes, la plupart des premières dates se terminent par des rapprochements physiques, sans toutefois y inclure la nudité. Pour certains, les corps se dévoilent rapidement! Les relations d’un soir qui ont pour objectif premier le plaisir en ont parfois un deuxième, celui du test à savoir si une possible relation pourrait commencer. À la suite de la performance physique de chacun et de la complicité qu’il en émane, ces personnes «décident» si elles veulent ou non s’aimer. Les histoires d’un soir serviraient davantage à procurer un sentiment de bien-être, et non à démontrer un réel sentiment d’affection. Cette notion de «rut» animal proposé par le neurobiologiste fait référence à l’humain primitif toujours présent en l’humain contemporain. Si tel est le cas, les pulsions sexuelles entre les individus dès le premier soir répondraient plutôt au besoin primitif de reproduction! Cela pourrait tout aussi justifier le manque d’engagement envers les partenaires, d’où le choix du simple et de la facilité.

En vrai, c’est mieux? Bien sûr, il y a ceux et celles qui n’ont pas eu recours aux applications. En utilisant les méthodes virtuelles, les gens se dévoilent à de parfaits inconnus en espérant avoir un deuxième rendez-vous et réussir à dénicher une relation qui pourrait durer. L’amour est bien plus qu’une image ou d’une photo swipée. Personne ne tombe amoureux d’une photo attrayante! D’ailleurs, lorsque l’amour décide d’apparaître, il est plutôt question de l’histoire de la personne et de sa façon unique d’être. Sans compter que lors d’une rencontre, l’importance est généralement attribuée au son de la voix, au fait de regarder la personne se mouvoir, de remarquer son sourire, son charisme et de sentir son parfum. Sur la photo, il n’y a pas tous ces éléments et plus encore, qui sont indispensables à l’amour. Les rencontres virtuelles ne représentent pas exactement ce à quoi l’on s’attend lorsqu’il est question de relations de couple. De plus, lorsque les réponses ne sont pas rapprochées, les individus perdent rapidement l’intérêt de s’investir. Les comportements ne sont pas les mêmes lorsque la personne pour qui il y a un intérêt peut être physiquement aperçue durant la semaine. Cela dit, les rencontres virtuelles ont permis à quelques-uns de rencontrer l’âme sœur et à d’autres de faire de belles rencontres. Bernard Chapais a souligné qu’il y a plusieurs façons d’aimer et plusieurs façons d’être deux. (M.L.D.)

PHOTO: GROUPE D’ACTIONS FEMMES DE L’UQTR

Le Groupe d’Actions Femmes de l’UQTR (ici, lors du rassemblement contre la culture du viol en novembre 2016) est également une ressource d’aide pour les victimes de violences sexuelles. Avec le mouvement Moi aussi, qui a pris forme en 2017, la société souhaite encourager la dénonciation contre toute forme de harcèlement sexuel, mais également d’en faire la prévention. Qu’en est-il sur le campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)? Le Zone Campus s’est entretenu avec Thierry Bériault, responsable du bureau de prévention et traitement des plaintes, qui s’occupe de l’UQTR. Différents services M. Bériault, avec sensibilité, a expliqué les différents services que son bureau peut offrir. Une victime peut autant venir chercher de l’aide d’urgence immédiate que de l’aide juridique ou psychologique. L’important est l’écoute des besoins de la victime: «Ce qu’on veut faire rapidement, c’est avoir une discussion, rassurer la personne, la protéger, puis aussi comprendre la situation avec elle, la clarifier. Nous allons aussi voir quelles sont les options que la personne a». Les choix ne se limitent pas à déposer ou non une plainte, la personne peut choisir l’aide qui lui semble adéquate. Il est important de noter qu’une plainte peut être faite aussi pour une situation antérieure.

Le mouvement Moi aussi Et le mouvement Moi aussi dans tout ça? «Il y a eu un changement. Les membres de la communauté universitaire communiquent davantage avec notre bureau, souvent en amont du problème, pour se renseigner sur le phénomène du harcèlement sexuel, mais aussi pour obtenir des conseils, du coaching et pour les aider à signifier clairement à l’autre que sa conduite n’est pas désirée et qu’elle doit cesser. Il y a aussi quelques plaintes formelles supplémentaires déposées à notre bureau, mais sans que nous ayons constaté une augmentation importante.» M. Bériault explique notamment que l’UQTR est aussi associée à ce changement: «des moyens ont été mis en place depuis plus d’un an pour s’assurer que la communauté universitaire connait les différents moyens de dénoncer; et il y a une emphase plus marquée pour mettre en place des mécanismes de surveillance des facteurs de risque, tout comme l’adaptation des processus de traitement des plaintes aux changements qui s’effectuent dans notre société.»

Le Groupe d’Actions Femmes (GAF) de l’UQTR Le Zone Campus a demandé à Carol-Ann Rouillard, porte-parole du GAF, quels sont les changements remarqués depuis le mouvement Moi aussi: «Je crois que [ce mouvement] s’inscrit à travers une série de revendications et de libération de la parole des femmes qui dénoncent les agressions sexuelles qu’elles ont vécues, mais aussi le harcèlement sexuel quotidien. Je crois qu’il s’agit d’une prise de conscience sociale du sexisme ordinaire et des violences sexistes dont sont victimes les femmes, même chez nous, dans une société qui se prétend égalitaire. Il reste encore beaucoup de chemin à faire, mais le fait d’en parler est déjà un pas.» Le GAF soutient d’ailleurs qu’il peut être d’une grande écoute et de soutien pour une victime qui souhaiterait se confier.

«Chaque personne aura un vécu, des émotions et des besoins différents. Certaines auront besoin de temps pour en parler, d’autres auront besoin de le faire rapidement. Cela leur appartient et il faut le respecter.» — Carol-Ann Rouillard, porte-parole du GAF Fonctionnement Pour les femmes et hommes victimes de harcèlement sexuel, les bureaux de M. Bériault et de son équipe se trouvent à l’extérieur de l’UQTR, de manière à assurer une confidentialité totale. Pour le rejoindre, vous pouvez retrouver les coordonnés à la direction des Services aux étudiants (1275 Albert-Tessier), à la direction de la sécurité publique (1110 pavillon Ringuet), au Secrétariat général, aux bureaux des ressources humaines et sur le site www.uqtr.ca. Mentionnons également que l’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGE UQTR) a prévu d’ouvrir un bureau de traitement des plaintes à caractère sexuel qui soit totalement indépendant de l’université. Ce point doit d’ailleurs être discuté au cours de l’Assemblée générale spéciale du mardi 13 février. (C.R.)


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REPORTAGE – PRÉVENTION DU SUICIDE

Le point sur le projet Sentinelles Du côté étudiant SÉBASTIEN HOULE Journaliste

Il y a près de quatre ans et demi que le projet Sentinelles a été lancé à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Outil de prévention contre le suicide et ressource de première ligne, où en est le projet aujourd’hui? Du côté des ressources humaines Nathalie Cardinal travaille aux ressources humaines, au 2e étage du pavillon Pierre-Boucher. Dans cette petite ruche, les dossiers à gérer sont nombreux. La problématique du suicide, tant chez les collègues de travail que dans la population étudiante, peut parfois paraître marginale dans la spirale du quotidien. Madame Cardinal s’est ainsi trouvée à court de mots quand elle a reçu un jour l’appel d’un employé lui disant faire face à un collègue qui menaçait de passer à l’acte. «On ne sait jamais quoi dire dans des circonstances comme cela; ça tombe en dehors de nos compétences», se remémore la conseillère en gestion des ressources humaines. Ainsi, il y a cinq ans, quand on est venu vers elle avec l’idée du projet Sentinelles, madame Cardinal a vu une occasion de briser les tabous et «d’humaniser le milieu de travail», comme elle l’imagine. Des approches ont donc été faites auprès de la direction pour leur vendre l’idée d’une brigade d’intervention de première ligne en prévention du suicide. Le projet Sentinelles existait déjà ailleurs et avait fait ses preuves. L’accueil a été positif, d’autant que les seuls investissements de la part de l’institution se limitaient à des prêts de locaux, et à la libération des employé.e.s intéressé.e.s pour une journée de formation. L’apport du Centre prévention suicide les Deux Rives – devenu depuis le Centre de prévention du suicide Accalmie – s’est par ailleurs avéré crucial pour lancer le projet.

Anthony Morin est finissant en sexologie. Il est aussi président de l’Association des étudiants en sexologie (AES) et chroniqueur dans nos pages. Ses nombreuses implications dans la vie étudiante le mèneront finalement à assister à une réunion où siège Nathalie Cardinal, à l’époque responsable du projet Sentinelles depuis deux ans. C’est alors qu’il prend conscience qu’aucune formation sur le suicide à proprement parler n’est donnée dans tout le cursus du baccalauréat en psychologie. Il se désole de la situation et décide d’agir. Anthony voit dans les différentes associations étudiantes la porte d’entrée pour tenter d’éveiller les consciences étudiantes sur cet enjeu qu’il juge trop peu abordé. «Je suis un étudiant mature», dit-il en référence à son âge, «je ne suis pas à l’université pour faire du «social», je veux laisser une trace tangible de mon passage. J’étudie dans un domaine où nous apprenons à nous soucier de l’être humain. Pour moi, ça commence maintenant», fait-il valoir. Il rencontre donc les responsables de l’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGE UQTR), qui se montrent réceptif.ve.s au projet. Des étudiant.e.s sont formé.e.s et intègrent la brigade des Sentinelles.

Aucune formation sur le suicide à proprement parler n’est donnée dans tout le cursus du baccalauréat en psychologie. «L’idéal serait que les différentes associations étudiantes intègrent l’adhésion au projet dans leurs statuts et règlements. J’aimerais voir émerger une culture de la prévention du suicide à l’UQTR», idéalise le sexologue en devenir. À ce jour, selon Annie Therrien, chargée de projet et de la formation au Centre de prévention du suicide Accalmie, plus de 130 étudiant.e.s ont été formé.e.s à l’UQTR dans le cadre du projet Sentinelles.

Et maintenant? Il n’existe pas de statistiques sur les suicides dans le milieu universitaire. Statistique Canada révèle cependant qu’après les accidents, le suicide demeure la seconde cause de mortalité la

plus importante chez les 15 à 34 ans. «Encore l’an passé, nous sommes intervenus lors du suicide d’un étudiant», se désole Nathalie Cardinal. Il s’agit en effet de l’aspect le plus difficile du travail des Sentinelles: l’intervention en aval d’une tragédie. «Nous avons-nous même des ressources pour nous soutenir dans ces moments difficiles» souligne madame Cardinal, en parlant du travail des partenaires du Centre de prévention du suicide Accalmie. Rappelons que le rôle des Sentinelles, au-delà de l’écoute, demeure de diriger les personnes en difficulté vers une ressource professionnelle. Les enjeux auxquels fait face le projet sont différents, selon la perspective étudiante ou celle des ressources humaines. Les Sentinelles étudiantes n’ont pas de bureau pour s’afficher, contrairement aux employé.e.s de l’UQTR ou des membres des associations étudiantes. «On a pensé à des t-shirts pour s’identifier, mais ça n’a pas vraiment levé à ce jour. C’est sûr que l’on devra réfléchir à une forme de communication pour se faire connaître davantage», souligne Anthony Morin. Si les médias sociaux peuvent constituer une piste de solution, il mentionne cependant que le temps et les ressources manquent parfois. Du côté des ressources humaines, la conciliation entre un horaire chargé et l’implication dans le projet fait partie des problématiques que l’on rencontre. Selon Annie Therrien, compte tenu de la nature changeante des associations étudiantes et du continuel renouvellement de la population étudiante, le suivi du projet est plus ardu que lorsqu’il est question des ressources humaines, où Nathalie Cardinal assure une permanence. Dans le même ordre d’idées, la relève est une autre réalité à laquelle le projet fait face, car le responsable du côté étudiant, Anthony Morin, termine bientôt ses études.

Semaine de la prévention Entretemps, la question du suicide est mise en avant du 4 au 10 février, alors que se tient la Semaine nationale de prévention du suicide. Des épingles à linge sont distribuées sur le campus. Initiée par l’Association québécoise pour la prévention du suicide (AQPS), la symbolique est la

PHOTO: SÉBASTIEN HOULE

Les Sentinelles, présentes à l’UQTR depuis 2013. suivante: «T’es important pour moi», avec mention «faire circuler» au verso.

Des ressources Le Centre de prévention du suicide Accalmie dispose d’une ligne d’intervention 24/7 au numéro suivant: 1-866-APPELLE (1-866-277-3553) et d’une page Facebook. Les personnes intéressées par le projet Sentinelles peuvent consulter la page du projet sur le site web de l’UQTR, ou contacter Nathalie Cardinal à l’adresse suivante: nathalie.cardinal@uqtr.ca. Notons en terminant que parmi les services offerts aux étudiant.e.s de l’UQTR, on compte un service de psychologie. Accessible sur le portail étudiant, le service offre des consultations individuelles, des ateliers de groupe, un bottin de ressources communautaires, des chroniques, etc. On y offre, notamment, des techniques de gestion du stress.

ACCALMIE Le Centre de prévention du suicide Accalmie dispose d’une ligne d’intervention 24/7 au numéro suivant: 1-866-APPELLE.


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Volume 13, numéro 5 | Février 2018

ARTS ET SPECTACLES TROP C’EST COMME PAS ASSEZ À LA GALERIE R3

À travers les aperçus et les perspectives L’œuvre MARCANDRÉ ARSENAULT Journaliste

Pour le mois de janvier, la Galerie R 3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) accueillait l’exposition Trop c’est comme pas assez, de l’artiste montréalais Matthieu Sabourin. Ce dernier a présenté sa conférence lors du vernissage de l’exposition, qui se tenait le 11 janvier dernier.

PHOTO: MARC-ANDRÉ ARSENAULT

Dès les premiers instants dans l’environnement de la galerie, il est possible de faire différents parallèles sur les habitudes de vie d’un être humain, qui oscille entre les bonnes et les mauvaises. Les sujets témoignent d’eux même: un cône orange comme on les voit sur les terrains sportifs remplis de croustilles, accompagné d’un jeu de quilles; une grande table inclinée vers le haut et dont le panneau du centre a été remplacé par une tranche rappelant ainsi une guillotine; des œufs en guise de pions sur un jeu d’échecs, entre autres. Bien sûr, on fait place à une perception propre

PHOTO: MARC-ANDRÉ ARSENAULT

Des œufs en guise de pions sur un jeu d’échecs.

Les cônes orange (à gauche) et la table figurant une guillotine (à droite).

du visiteur. Celui de l’artiste se base sur une démarche volontaire à représenter des objets ayant un certain «rapport intime au corps humain, tout en accordant une attention particulière aux choses qui imprègnent discrètement notre quotidien». Cette démarche artistique de Matthieu Sabourin fait ressortir des éléments conflictuels du monde réel, et les «abstractions réductrices» ou des éléments de la vie qu’on a trop tendance à banaliser. Les expressions artistiques clés qui surgissent lors de l’adoption d’une telle démarche sont, par exemple, «et si», ou encore «pourquoi pas». Ils sont à la fois employés de manière courante, mais ils sont également des sujets d’origines pour la recherche artistique. En somme, le résultat de l’exposition et les messages véhiculés en lien la réalité

contemporaine peuvent à la fois provoquer des réactions tristes, porter à l’humour témoin d’un sourire en coin, ou tout simplement à diverses réflexions. S’il va de soi qu’il s’agit d’une représentation basée sur une perception de l’auteur, il en est tout autant pour la personne témoin qui assiste. L’exposition Trop c’est comme pas assez sera également présenté ailleurs au Québec, au Nouveau-Brunswick ainsi qu’en Ontario, et ce, jusqu’en 2019.

Les expressions artistiques clés qui surgissent lors de l’adoption d’une telle démarche sont, par exemple, «et si», ou encore «pourquoi pas». Le parcours artistique Matthieu Sabourin est d’origine franco-ontarienne. Il a d’ailleurs fait ses études à l’Université d’Ottawa, où il a complété un double baccalauréat en arts visuels et en lettres françaises. Il a poursuivi ses études universitaires en sculpture à l’Université Concordia de Montréal, ce qui a été l’objet de sa maîtrise. À la suite de son parcours universitaire, la carrière artistique de Sabourrin se conjugue par des projets à la fois individuels ou collectifs. D’abord, notons sa signature personnelle à Unready (Xpace Cultural Centre, Toronto, 2012), Present at Hand (Aceartinc., Winnipeg, 2014) ainsi que Arythmétique (Centre d’exposition l’Imagier, Gatineau, 2013). Matthieu Sabourin a collectivement contribué à la création de TRAIT NOIR/ESPACE BLANC (Espace Projet, Montréal, 2012), Under new management (ODD Gallery, Dawson City, 2013), Excentricité 4 (Institut supérieur de Beaux-Arts de Besançon, 2013), Once Removed (InterAccess Gallery, Toronto, 2015) et Fragile (Gallery 101, Ottawa, 2016; CAVA, Edmonton; WKP Kennedy Gallery, North Bay, 2017).


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CRITIQUES D’ALBUMS

Les oubliés de 2017

LE QUÉBEC UNE PAGE À LA FOIS

À propos de la trilogie «La bête à sa mère» JUDITH ÉTHIER

Chroniqueuse

Une année record de Loud. Une année record - Loud L’ancien membre du groupe de rap queb Loud Lary Ajust a sorti dernièrement son premier album en solo, nommé Une année record. Étonnamment, le Montréalais nous offre un album bien différent de son ancien travail au sein de L.L.A. Il s’agit d’une ambiance judicieusement réfléchie qui nous est présentée, avec des refrains effrénés et la voix de LOUD toujours aussi franche et nette. L’album comporte aussi des collaborations avec Lary Kidd dans la chanson «SWG», ainsi qu’avec 20some de Dead Obies dans le morceau «On My Life». Malgré certains morceaux qui semblent être tout indiqués pour les radios commerciales, «Toutes les femmes savent danser» et «Nouveaux Riches», il s’agit sans aucun doute d’un départ en force pour la carrière solo de Loud. Loud sera présent au Cabaret de l’Amphithéâtre Cogeco le 4 mai prochain.

Ï de MEDORA. Chansons à écouter: «Tsunami», «Les Tracas dans les cellules de la tête» et «Commotion».

Ï - Medora Le jeune groupe de la ville de Québec nous offrait son tout premier album Ï. C’est un opus qui allie parfaitement rock underground et indie/pop. La beauté de Medora réside dans le travail qui est fait au niveau des paroles, puissantes, poétiques et désarmantes. En dépit de sa jeunesse, le quatuor fait preuve d’une maturité solide et construite, qui transparaît dans l’album. C’est un tout qui mérite une exploration approfondie, tant par la beauté de ses textes que de ses mélodies. Bref, en comparaison avec leur précédent album, Les Arômes, sorti en 2015, on constate aisément le gain d’expérience du groupe.

Même si le premier tome de la trilogie, aujourd’hui bien connue, est paru au printemps 2015, il y a bientôt trois ans, le roman La bête à sa mère est encore bien présent dans nos librairies et nos bibliothèques. La trilogie se maintient en permanence dans le palmarès des libraires, semaine après semaine, mois après mois, marquant chaque jour un peu plus l’imaginaire de lecteur.ice.s toujours plus nombreux.ses.

Deluxe - La Famille Ouellette La Famille Ouellette a sorti son premier album Deluxe en 2017. Cet opus est un mélange de Patrick Watson, mais aussi de Louis-Jean Cormier: on y ressent une influence très indie/rock qui tend souvent vers un côté très atmosphérique. On trouve aussi quelques collaborations sur l’album, notamment avec Greg Beaudin, Judith Little D, Eli Rose et Hologramme. Ces collaborations apportent un style différent, un peu plus techno que dans le restant de l’album. Si vous aimez les groupes émergents d’ici, vous ne perdrez pas votre temps à découvrir La Famille Ouellette. Chansons à écouter: «Satin», «Sortir Dehors» et «Ce ne sont que des mots». (A.C.)

Il y a longtemps que je vois trôner les livres de David Goudreault sur un des présentoirs d’Archambault, bien en évidence lorsqu’on entre dans la librairie. Trois piles: noires, bleues et jaunes. Trois romans aussi percutants les uns que les autres. Ils nous accrochent, brassent nos émotions, nous font ressentir de la peur et du dégoût parfois, mais toujours une profonde admiration pour le talent de l’auteur. Oui, David Goudreault a un talent éclatant pour la manipulation des mots. Il joue avec eux et les maîtrise si bien qu’il peut arriver à nous faire ressentir n’importe quoi. Il réussit à nous faire continuer la lecture d’un roman où l’antihéros est absolument détestable dans sa manière de vivre et de traiter les gens autour de lui. L’auteur nous transporte dans un univers sur lequel on aurait préféré fermer les yeux.

Un plongeon vers la bêtise humaine

Deluxe de La Famille Ouellette.

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Le livre se présente d’abord comme une preuve formelle à déposer devant jury. C’est l’histoire d’un homme qui tente de justifier son geste en racontant toute son histoire, du début à la fin. En sachant très bien que son récit ne pourra peut-être pas tout expliquer. Alors tout commence avec ce jeune narrateur, un garçon dont on ne connaît ni l’âge ni l’identité, qui raconte son histoire depuis sa tendre enfance: «Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades» (p.12). Après plusieurs tentatives de suicide, la mère sera prise en charge et éloignée de son enfant, puisque jugée inapte à l’élever convenablement. L’enfant sera dès lors trimballé de famille d’accueil en famille d’accueil, en passant par plusieurs centres jeunesse, avant de finir, vers l’âge de 18 ans, dans un petit appartement payé par l’aide sociale, tout près du centre jeunesse s’occupant de lui à ce moment-là. À travers chacune de ses expériences de famille, notre narrateur en ressortira avec toujours plus d’assurance en lui-même, d’hypocrisie, de méchanceté envers les autres et la société, et d’un goût de plus en plus accru pour la drogue. Il flambera tout son argent

dans des cachets d’amphétamine, l’obligeant bien rapidement à quitter son appartement sous les menaces du propriétaire. Ce sera alors le début de sa fuite afin de retrouver sa mère, un rêve qu’il chérit depuis qu’ils ont été séparés. On lui apprendra qu’elle vit maintenant en Estrie. Après plusieurs jours à tenter de se faire un peu d’argent de poche (le fruit de nombreux vols), il partira en autobus vers sa mère. Vers le début de sa nouvelle vie. Une fois rendu à Sherbrooke, il se fera passer pour quelqu’un d’autre, encore une fois, afin d’avoir un poste dans un centre de la Société protectrice des animaux (SPA). Se convaincant qu’il est un bon garçon, il mentira à tout le monde afin de faire bonne figure et d’amasser un peu d’argent pour se payer une chambre et beaucoup de drogue, attendant patiemment le bon moment pour rencontrer sa mère.

L’auteur nous transporte dans un univers sur lequel on aurait préféré fermer les yeux. Même s’il est un antihéros facile à détester simplement par sa façon de voir les choses, ce jeune garçon est malheureusement une victime du système de protection de la jeunesse. Il fut d’abord malchanceux d’avoir une mère aux prises avec de graves problèmes de santé, voulant sans cesse attenter à ses jours, mais plus encore, il fut balancé dans de nombreuses familles d’accueil, où l’amour fraternel n’était pas toujours présent. Étant travailleur social de formation, David Goudreault a sûrement vu passer beaucoup de cas malheureux comme celui-ci. Son personnage n’est pas le seul à avoir été obligé de voler, de mentir et de tuer pour arriver à vivre un peu de bonheur. Enfin, ce qui semble être le bonheur pour ces gens qui n’ont rien connu d’autre. Pourtant, cet univers reste inconnu pour la plupart d’entre nous qui préférons fermer les yeux sur la détresse humaine, cachée sous une couche de linge sale, sous un visage quelquefois bizarre et ravagé par la drogue, sous des yeux sombres qui maudissent la société. Nous préférons nous terrer dans le confort de notre maison, dans notre surplus d’argent et dans notre bonheur futile. Comme le disait le prologue du roman, cette histoire ne justifie pas les moyens utilisés par le narrateur pour arriver à ses fins, mais elle explique en partie la réaction qu’il a pu avoir face à certaines situations. On ne connaît jamais la véritable histoire de quelqu’un avant de l’avoir lue ou entendue. Ce premier roman de David Goudreault, paru aux Éditions Stanké au printemps 2015, aura valu à l’auteur le Grand Prix littéraire Archambault et le Prix des nouvelles voix de la littérature du Salon du livre de Trois-Rivières, en plus d’être devenu un succès de librairie en quelques mois à peine.


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Volume 13, numéro 5 | Février 2018

REPORTAGE

La vie d’artiste en région, plus difficile qu’à Montréal? Pour le mois de février, votre journal étudiant Zone Campus vous propose de mettre en lumière une question artistiquement existentielle, et propre au Québec: est-il plus facile de vivre de son art à Montréal qu’en région? Voyons avec Marie-Jeanne Decoste, artiste-peintre établie à Saint-Justin; Jeannot Bournival, musicien de Saint-Éliede-Caxton, et Isabelle Clermont, artiste multidisciplinaire de Trois-Rivières, s’il y a de si grands défis pour un.e artiste de demeurer en Mauricie. Marie-Jeanne Decoste Native de Saint-Justin, Marie-Jeanne Descoste est une artiste-peintre qui habite présentement son village qui l’a vue grandir. D’aussi loin qu’elle se rappelle, l’aspiration à une carrière artistique était primordiale à son avenir. Toutefois, la jeune Justinienne ne nie pas que certaines interrogations ont fait surface, comme ce fut le cas au sujet de dilemmes académiques: étudier l’art en région ou à Montréal? «Pour des raisons personnelles, j’ai préféré faire [mes études] à Trois-Rivières», racontet-elle. «Je n’ai pas été déçu parce que, dans le fond, le département des arts visuels du Cégep à Trois-Rivières était quand même très dynamique. J’ai toujours été bien impliquée dans les pavillons [du Cégep] comme personne et ça m’a confirmé que j’étais à la bonne place.» Par la suite, Marie-Jeanne Descoste entreprend des études universitaires en arts visuels. Cette fois-ci, la question ne se pose plus: Marie-Jeanne poursuit sur la voie régionale. «Pour vrai, c’était le côté accessible qui me plaisait du fait qu’on était en région. Moi, j’ai trouvé qu’il y avait quand même une chaleur et qu’il y avait une espèce de fraternité. Je me sentais maintenant bien dans ce milieu-là. (…) Je voyais qu’il y avait possibilité d’un futur artistique ici», ajoute-t-elle. Aujourd’hui, elle détient donc un Baccalauréat en Arts visuels de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Marie-Jeanne amène l’aspect du numérique comme un avantage pour les artistes en région, amoindrissant l’impact de l’argumentaire d’une vie artistiquement épanouie au contexte montréalais. «Il y a des artistes à l’Île-aux-Coudres qui réussissent à vivre de leur art. Les gens ont des possibilités des ventes sur le web, de collaborations, d’envoyer des fichiers, des œuvres par le numérique… C’est rendu tellement facile de faire voyager l’art.» Cet aspect du numérique vient contribuer à son désir de poursuivre sa carrière

d’artiste tout en demeurant en région. Toutefois, Marie-Jeanne soulève certaines démarches primordiales et nécessaires pour vivre de son art en milieu rural: • La collaboration à des projets collectifs • Se créer un large réseau, donc être prêt à effectuer de nombreux déplacements • Avoir un certain bagage • Posséder une voiture, avoir le réflexe de calculer les déplacements • Une bonne connaissance du web. Marie-Jeanne Descoste présente actuellement une exposition à l’Atelier Presse Papier de Trois-Rivières.

Jeannot Bournival La musique a toujours été omniprésent dans la vie de ce Caxtonien d’origine. Adolescent, il s’adonnait déjà à jouer plusieurs instruments, comme la guitare, la basse et le saxophone, et de cette passion ont émergé différents projets musicaux. Il a d’ailleurs fait partie de la toute première formule du groupe Les Tireux d’Roches en 1999, aux côtés de Denis Massé, Dominic Lemieux et Fred Pellerin. Ce dernier sera un collaborateur notable dans sa carrière artistique: Jeannot Bournival signe la réalisation de l’ensemble des albums de Fred Pellerin. Au début de la vingtaine, Jeannot Bournival découvre un instrument qui sera l’origine de la construction de son studio: «À vingt ans, un moment donné, j’ai découvert un instrument de musique, puis c’était un ordi. Alors, je me suis mis à faire de la musique électronique pendant un bout, puis c’est là que j’ai appris le studio.» Son studio, le studio Pantouf, est situé à SaintÉlie-de-Caxton. Jeannot Bournival est titulaire d’un Baccalauréat en musique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Pour le musicien caxtonien, il y a moins d’avantages qu’on ne le croit d’une vie artistiquement professionnelle dans la métropole. «Il y en a qui sont à Montréal et qui essaient de faire de quoi de cool, puis de rayonner sur Montréal… bien, ils ont du mal en tabarouette. Pour que ça marche, il faut qu’ils louent un camion et faire les régions. Comme les Bernard Adamus de ce monde, ils sortent, ils louent la vanne, puis ça fait cent shows par année… mais, pas à Montréal! (…) J’ai remarqué que ceux [les artistes] de la Mauricie, comme Nicolas Pellerin, ça marche bien son affaire. Il prend son char puis il fait le tour du Québec.» PHOTO: LINE NAULT

Isabelle Clermont, À la lumière des offrandes sonores, 2016.

PHOTO: MARIE-JEANNE DESCOSTE

Marie-Jeanne Decoste, Rencontre amphibie, 2008.

Jeannot fait donc cette comparaison: l’artiste montréalais.e qui désire concentrer ses spectacles sur l’île de Montréal n’aura pas nécessairement plus de facilités que l’artiste mauricien. ne se concentrant uniquement en région. Dans tous les cas, l’artiste qui désire rayonner à l’échelle nationale – donc, vivre aisément de son art et ce, peu importe où il ou elle demeure – doit s’attendre à sillonner le Québec. Selon lui, la réalité est donc similaire pour tou.te.s les artistes. Pour Jeannot Bournival, c’est d’abord un choix de résidence qu’il a fait selon la préférence d’une routine. «Un des gros avantages d’habiter en région, c’est la vie familiale. La vie rurale de mon village est ce qui me convient le mieux. En avant-midi, je peux travailler en studio et sur mes projets; en après-midi, je peux partir et aller bucher une corde de bois.»

«Je voyais qu’il y avait possibilité d’un futur artistique ici.» — Marie-Jeanne Descoste Jeannot Bournival termine présentement un album avec Liliane Pellerin, tout en travaillant avec Bryan Perro sur un vidéo architectural qui sera présenté cet été, ainsi qu’un nouveau projet musical avec Pascal «Per» Veillette intitulé Lavabo.

Isabelle Clermont L’artiste interdisciplinaire Isabelle Clermont est native de Grand-Mère à Shawinigan et demeure présentement à Trois-Rivières. Sa démarche artistique se conjugue à la fois par la danse, le théâtre, les arts visuels, la poésie ainsi que la musique. Elle a étudié à Trois-Rivières, au

Cégep et à l’Université dans le domaine des arts visuels, et a complété sa maitrise à l’Université Laval de Québec. Son mémoire traitait de la relation entre l’activité physique et l’activité artistique. Selon Isabelle Clermont, il n’est pas facile de vivre de son art, peu importe le lieu de résidence. «Montréal, c’est une grosse ville, mais c’est à quelque part une région. Ce n’est pas plus facile à Montréal, parce que son bassin d’artistes est très grand. (…) Quand t’es créateur, l’outil le plus indispensable, c’est d’avoir plusieurs cordes à son arc.» L’intégrité et la singularité sont des qualités importantes pour l’artiste. Ces qualités peuvent permettre au créateur de perdurer à travers le temps. Ayant obtenu une bourse du Conseil des arts et des Lettres du Québec (CALQ), Isabelle Clermont, elle participe à un projet de création intitulé La Traversée des harmonies. Le premier volet de ce projet se déroulera à la chapelle du Séminaire St-Joseph au printemps prochain, le deuxième à la Biennale nationale de sculpture contemporaine cet été, et le troisième à la Marina de Grandes-Piles cet été. En relevant différents parallèles de ces trois entrevues, il semble que le travail de l’artiste, en général, n’est pas nécessairement plus difficile en région que dans la grande métropole. Dans les deux cas, la route est une avenue inévitable pour un.e artiste qui veut rayonner. En région, les déplacements se font à plus grande échelle et ne se font pas de la même façon. Le territoire ne favorise pas nécessairement un.e artiste, mais un.e artiste doit s’adapter à son territoire selon différentes conditions. Reste que tout repose sur une question de préférences par rapport à l’environnement. (M.A.A.)

PHOTO: ROBITAILLE PHOTO

Jeannot Bournival.


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PORTRAIT DE RECRUE DE LA LUITR

Caroline Talbot de l’équipe des Verts MARIANNE CHARTIERBOULANGER Journaliste

Pour ce troisième portrait de recrue de la Ligue d’improvisation universitaire de Trois-Rivières (LUITR), nous avons rencontré Caroline Talbot, joueuse dans l’équipe des Verts. Caroline Talbot est non seulement une nouvelle joueuse de la LUITR, mais une nouvelle joueuse d’improvisation. Elle s’est lancée ce monde un peu de manière hasardeuse. En fait, c’est le joueur Xavier McClish (Bleus), qui est aussi son collègue de travail, qui l’a convaincue, premièrement, de s’inscrire en récréologie, mais aussi de participer au camp de recrutement de la LUITR l’automne dernier. D’ailleurs, lorsque nous lui avons demandé quel était son moment préféré à la LUITR, elle s’est référée au jour où elle a été sélectionnée comme joueuse permanente. En effet, elle s’est montrée surprise, mais surtout très heureuse, d’apprendre qu’elle avait été choisie pour faire partie de la LUITR. Après avoir étudié pour devenir enseignante au primaire à l’Université Laval, elle tente maintenant sa chance à l’UQTR, chose qu’elle ne regrette surtout pas.

«L’improvisation me permet de me dépasser et de prendre confiance en moi, car je le fais quand même, même si c’est vraiment stressant. Il y a six mois, jamais je n’aurais pensé faire de l’impro.» — Caroline Talbot L’expérience théâtrale de Caroline se résume beaucoup à de l’animation, puisqu’elle a travaillé dans des camps de jour auprès de jeunes enfants. On peut alors dire que la joueuse est en mode exploratoire quant à son style de jeu: «J’essaie quelque chose de différent à chaque match, je ne peux donc pas avoir de ligne

LE GARS QUI PARLE DE CINÉMA

Call Me by Your Name

directrice. […] Mais on dit que je joue des personnages proches de moi» a-t-elle mentionné pour qualifier son jeu. «L’improvisation me permet de me dépasser et de prendre confiance en moi, car je le fais quand même, même si c’est vraiment stressant. Il y a six mois, jamais je n’aurais pensé faire de l’impro.»

«[L’improvisation], c’est des gens en temps réel, contrairement à la télévision. Ça permet aussi d’explorer certains aspects de la société, de les dénoncer et d’en rire de façon intelligente.» — Caroline Talbot Autrement dit, l’impro permet de se découvrir personnellement. Faire de l’improvisation demande un grand travail d’introspection. En ce sens, la joueuse croit clairement que la discipline doit être promue davantage, surtout dans un cadre scolaire: «C’est quelque chose que l’on [apprivoise] seulement une fois ou deux à l’école, mais qui permet tellement l’apprentissage.» C’est également un moyen de créer des liens, nous a-t-elle confié. La LUITR est pour elle une grande famille. D’ailleurs, elle est grandement appuyée par ses collègues de jeu, soit son capitaine Francis Dugré-Lampron, ainsi que Marc Lachance (Rouges). Nul doute, l’improvisation reprend tranquillement de l’importance dans la culture québécoise avec les 40 ans de la Ligue nationale d’improvisation (LNI). Nous avons donc demandé à Caroline de se positionner sur la place de l’improvisation au Québec. L’étudiante en première année en récréologie définit l’improvisation comme un divertissement authentique et vrai: «C’est des gens en temps réel, contrairement à la télévision. Ça permet aussi d’explorer certains aspects de la société, de les dénoncer et d’en rire de façon intelligente.» C’est pourquoi elle vous invite à venir vous divertir lors des matchs de la LUITR, les lundis soir à 20h, au bistro-bar la Chasse Galerie: «Tu vas à la LUITR pour avoir de fous rires garantis et pour être de bonne humeur pour le reste de la semaine!» PHOTO: CAMILLE CHAGOT

La joueuse est en mode exploratoire quant à son style de jeu: «J’essaie quelque chose de différent à chaque match».

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LOUISÉTIENNE VILLENEUVE Chroniqueur

Le film «You know what thing.» Pour résumer Call Me by Your Name, je dirais qu’il s’agit d’un film d’amour qui, sans réinventer la roue, lui donne malgré tout un beau vernis. Dans une esthétique de type bourgeois-au-soleil, le film nous fait explorer une forme moins convenue du désir et de l’attachement amoureux, dans le but de valoriser l’essence même du sentiment plutôt que les habitudes que nous nous sommes collectivement forgées à son endroit. Si l’on regarde les sorties cinématographiques des dernières décennies, force est d’admettre que cette approche gagne en popularité depuis quelque temps (sans trop y réfléchir, je pense à Moonlight, The Imitation Game, Laurence Anyways, La Vie d’Adèle, et j’en passe); et à voir les réactions un peu rigides que certaines personnes ont pu avoir en salle, je dirais que cette dernière conserve encore aujourd’hui sa pertinence et son actualité. Par sa structure, Call Me by Your Name est un film en deux temps: un film de séduction d’abord, puis un film d’amour. La grande force du scénario et de la réalisation, ici, est de retransmettre, avec une précision intelligente, ce qui caractérise, chez pratiquement tous les êtres humains, chacun de ces deux temps: au départ, les hésitations tortueuses de ceux qui tentent de décrypter, lors de moments non propices, les sentiments réels de l’être aimé; puis l’attachement officiel, sincère, manifeste, qui s’affirme une fois le mystère disparu. À ce niveau, le film remplit ses fonctions avec brio: plusieurs scènes, au symbolisme fort, sont au rendez-vous, et le jeu des acteurs se révèle, du début à la fin, toujours à propos. À cette succession séduction-amour, le film ajoute, comme c’est presque toujours le cas lorsque vient le moment de traiter de relations plus «atypiques», l’élément du tabou: faute de sentir qu’ils peuvent afficher leur amour, les deux protagonistes se trouvent aux prises avec des difficultés supplémentaires, socialement intériorisées, qui les suivront jusqu’à la fin. Sur l’objectif de fond qui motive ce choix de développement, rien n’est à redire: la tolérance est une vertu qui se gagne par des messages répétés, et Call Me by Your Name est, à cet égard, une contribution plus que nécessaire. Je me contenterai de dire que sur cette question du tabou, le film fait à la fois preuve d’originalité sur certains aspects (le rôle des parents, notamment) tout en forçant un peu trop le trait sur d’autres (quelques choix de scènes sont en ce sens questionnables). En fait, par moment, le message implicite à la

démarche — « regardez comment l’amour se passe de jugements » — devient peut-être en vérité un peu trop explicite, ce qui finit par engendrer l’effet inverse à celui désiré. Je laisse toutefois le soin aux spectateur.ice.s de juger par eux-mêmes. J’aime bien voir des histoires d’amour et, aussi, voir la tangente que prennent les séries et les films récents, qui de plus en plus assument de présenter des relations d’amour homme-homme ou femme-femme. Mon espoir pour les prochaines décennies: que dans de prochaines œuvres, les relations de ce genre finissent par être intégrées à des intrigues autres, c’est-à-dire à des intrigues qui tournent autour d’autre chose que le tabou qui les surplombe. Cela contribuera, je n’en doute pas, à marquer plus officiellement la normalité d’aimer celui ou celle qu’on aime, indépendamment des conventions.

Par moment, le message implicite à la démarche devient peut-être… un peu trop explicite. Bonne nouvelle! Une belle occasion pour les cinéphiles Du 16 au 22 février, le Cinéma Tapis Rouge, en partenariat avec le Comité de Solidarité de Trois-Rivières, présentera sept films du monde répartis sur un total de 13 séances. Cette initiative, à vocation sociale et culturelle, se veut une occasion de réfléchir sur les enjeux contemporains d’ici et d’ailleurs dans l’objectif d’enrichir la culture locale et de favoriser le rapprochement des différences. Les films à l’affiche seront pour l’occasion Tuktuq (Québec), Glory (Bulgarie-Grèce), Lucky (États-Unis), Paradis (Russie-Allemagne), Alias Maria (Argentine-Colombie), Poésie Sans Fin (France-Chili-Angleterre) et Je ne suis pas votre nègre (États-Unis-France). Pour plus d’informations, veuillez consulter le site web du Cinéma Tapis Rouge ou alors la page Facebook «Les rendez-vous du cinéma du monde de Trois-Rivières». Je profite d’ailleurs de l’occasion pour rappeler que de telles initiatives méritent non seulement d’être appréciées en principe, mais aussi d’être concrètement encouragées.

À VENIR AU CINÉMA LE TAPIS ROUGE À partir du 9 février Prendre le large, de Gaël Morel (Drame français mettant en vedette Sandrine Bonnaire et traitant des réalités de la classe ouvrière au temps de la délocalisation) Hors de nulle part, de Fatih Akın (Drame franco-allemand récipiendaire du prix d’interprétation féminine pour Diane Kruger) www.cinemaletapisrouge.com


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arts et spectacles

Volume 13, numéro 5 | Février 2018

PORTRAIT DE DIPLÔMÉ — ALEXANDRE GAUTHIER

Un jeune homme rempli de projets AUDREYANNE CLAVET Journaliste

Cet ancien étudiant de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), aujourd’hui devenu scénariste dans la grande métropole de Montréal, déborde d’ambition, de projets et de rêves. Comme beaucoup, son parcours en montagnes russes l’a mené vers un domaine qu’il ne considérait même pas au début, mais qui s’est avéré parfait. C’est pendant les quelques années suivant son baccalauréat qu’Alexandre a réalisé qu’il existait un métier lui permettant d’exprimer sa fibre créative. Il ne serait donc plus obligé de créer dans ses moments libres: il aurait la possibilité d’en faire un travail à temps plein. C’est à ce moment-là qu’il s’est tourné vers le métier de scénariste. Accumulant les projets et les formations, son parcours l’a ainsi apporté dans le programme de scénarisation télé de l’École Nationale de l’humour de Montréal. Par la suite, il a suivi les cours suivant: le programme Auteur télé de l’Institut national de l’image et du son (INIS) et celui de Comedy Writer

de L’Université de Californie à Los Angeles. Toutes ces formations sont un outil de taille pour son travail, mais ce qui l’a aidé à prospérer dans son domaine, ce sont les contacts qu’il s’est faits depuis son début à l’UQTR en 2006. Alexandre Gauthier est un ancien étudiant du programme de Communication sociale. Pendant son parcours universitaire, il a été rédacteur pour le Zone Campus et animateur à la radio CFOU 89,1 pour l’émission Les Culturistes. «Ce qu’il y avait de bien à l’UQTR, c’est la possibilité de s’impliquer dans une tonne de projets», mentionne Alexandre. En plus de ces accomplissements, il s’est aussi impliqué à l’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGE UQTR) et à la Ligue universitaire d’improvisation de Trois-Rivières (LUITR). C’est au fil de ces rencontres qu’il a construit son réseau professionnel, petit à petit. Le plus important pour lui, mis à part les formations académiques, ce sont vraiment les gens qu’on côtoie pendant le parcours. Même si sa carrière en tant que scénariste est jeune, nombreux sont les projets sur lesquels il a eu la chance de collaborer. Dans le domaine télévisuel, il a écrit plusieurs épisodes pour BAM (Yoopa), Vraiment top (TFO) et Subito texto (Télé-Québec). Il était également possible de voir son travail dans une dizaine de séries web comme Si j’avais un tech, mettant en vedette l’humoriste Mehdi Bousaidan. Plus près de nous, dans notre ville de

Trois-Rivières, il est possible d’entendre le fruit de ses efforts au musée Boréalis et au Manoir Boucher de Niverville; il a en effet rédigé deux audioguides pour ces musées. En ce moment, il travaille sur une visite en vision 360 degrés pour le musée des Ursulines.

PHOTO: GRACIEUSETÉ

«Ce qu’il y avait de bien à l’UQTR, c’est la possibilité de s’impliquer dans une tonne de projets». — Alexandre Gauthier À l’heure actuelle, le jeune scénariste travaille sur un projet de podcast, qui se nomme Plus drôle. «C’est un podcast d’improvisation que je fais avec plusieurs de mes anciens collègues de la ligue d’improvisation de l’UQTR. C’est un bon exemple des liens qui perdurent après notre passage à l’université. Parce que, on va se le dire, je n’ai aucune idée du sujet de mon travail de Théories et modèles de la communication… mais ceux avec qui je l’ai fait sont encore mes amis!», confie-t-il. Pour terminer notre entretien sur une bonne

Après un baccalauréat en communication sociale à l’UQTR, Alexandre Gauthier est aujourd’hui scénariste. note, le Zone Campus lui a demandé un petit conseil à partager aux étudiant.e.s de l’université. Voici ce qu’il a répondu: «Ça vaut la peine de mettre des bottes de pluie à la chope d’or du Carnaval étudiant.» Un conseil tout à fait d’actualité, puisque le Carnaval étudiant de l’UQTR a eu lieu il n’y a pas si longtemps.

ATELIER PRESSE PAPIER — NORTH OF MYTH

Vivre son Nord intérieur DAVID FERRON

Chef de pupitre

Depuis le jeudi 18 janvier se tient l’exposition North of Myth de Joyce Majiski, à la galerie de l’Atelier Presse Papier de Trois-Rivières. Une vision artistique d’un nord mythique pourrait bien résumer cette exposition. Habitant au Yukon depuis 1984, l’artiste s’est nourrie de ses expériences en tant que biologiste et exploratrice pour présenter différentes perceptions du Nord. Que ce soit en allant dans un musée de Vancouver, à un festival dédié au caribou en Sibérie ou encore en participant à une résidence d’artiste dans un bateau situé au Groenland, les sources d’inspirations n’ont pas manqué afin de concrétiser ce qui est devenu North of Myth. Ce nord mythique est donc celui de plusieurs pays et de leurs habitant.e.s. Au fil des ans, Madame Majiski a pu connaître les différentes visions de ce mythe et ainsi coucher sur papier les réponses à la question suivante: «C’est quoi ton Nord?» Les œuvres sont conçues numériquement et imprimées sur du papier fait entièrement en coton. Quelques œuvres comprennent également des dessins à la main. Animaux, symboles d’objets pour l’orientation, comme des boussoles ou des compas, glaciers, océan, bateaux, villages lointains font partie des objets d’expression illustrant les différentes visions recueillies depuis plus d’une trentaine d’années. Madame Majiski a également confectionné des livres à la main, utilisant également du papier en coton. Ces œuvres contiennent des textes de l’artiste et des éléments de la nature

(comme de la paille). Les gens peuvent toucher aux œuvres et les feuilleter sans crainte. Puisque les œuvres sont imprimées à partir de conceptions numériques, une sensation de distance entre la personne qui regarde le tableau et ledit tableau pourrait se créer. Toutefois, le résultat final est tellement imagé, tout en représentant des réalités concrètes, que l’immersion se fait naturellement. On s’évade tout en s’évoquant de souvenirs d’enfance, d’images, de contes ou de films qui ont bercé notre existence. De plus, la petite superficie de la galerie ainsi que la promiscuité entre les tableaux contribuent évidemment à consolider l’effet immersif. L’exposition ambulante en est à sa cinquième année d’existence. Depuis 2014, les œuvres ont été présentées en Suède et en Finlande. La carrière artistique de Joyce Majiski, entamée en 1986, lui a ouvert les portes de pays plus au Sud, comme le Mexique, l’Italie et l’Espagne. Ce parcours international a enrichi sa réflexion sur la nordicité, qui devient un concept relatif: «La France, c’est le nord [par rapport à] l’Espagne», explique-t-elle. Il y a donc, selon ses dires, toujours un nord plus absolu que l’endroit où l’on reste. Ainsi, le temps passe, mais l’intérêt envers le concept de nordicité ne s’étiole pas; les questions demeurent et celle de «C’est quoi ton Nord?» reste une source d’inspiration pour l’exploratrice. La commissaire de l’exposition, Frédérique Guichard, souhaitait offrir quelque chose de différent; le sujet de la nordicité étant selon elle peu abordé en arts. Le conseil d’administration de l’Atelier Presse Papier a été, selon elle, unanime afin de sélectionner North of Myth comme exposition. À l’époque, madame Guichard en était la présidente. North of Myth est présentée à la galerie de l’Atelier Presse Papier jusqu’au 18 février prochain.


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SPORTS PATRIOTES – BADMINTON

Sur la bonne voie ÉTIENNE LEBELMICHAUD Journaliste

La saison est maintenant terminée pour les athlètes et membres du personnel de l’équipe de badminton des Patriotes. Il est maintenant l’heure de faire un retour sur la progression de l’équipe au cours des derniers mois, et un constat s’impose rapidement: il y a beaucoup plus de positif à dire qu’il n’y a de négatif. Un pas à la fois La saison dernière, les Patriotes avaient réussi à obtenir une victoire d’équipe, la première victoire en badminton à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) depuis le retour de ce sport, il y a cinq ans. Cette victoire avait pris place ici même, au Centre de l’Activité Physique et Sportive (CAPS) Léopold-Gagnon, face aux rivaux du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke. Bien qu’ils soient encore loin de rivaliser avec les puissances du circuit, tels les Redmen de McGill ou le Rouge et Or de l’Université Laval,

les Patriotes ont fait un autre pas dans la bonne direction cette année en doublant leur nombre de victoires. Le club trifluvien a en effet réussi à avoir le dessus à deux reprises sur les joueurs de l’École de technologie supérieure (ÉTS). La première victoire est survenue au cours du deuxième tournoi de la saison, le 29 octobre, à Trois-Rivières. Philippe Blais en simple 2, Olivier Nadeau en simple 3 et la paire Pierre Genest-Nathan Lenain en simple 2 l’avaient alors emporté. La deuxième victoire est récoltée grâce aux trois joueurs de simple, dans l’ordre: Simon Savard, Philippe Blais et Olivier Nadeau. Cela se passait le 13 janvier dernier à Québec.

Les Patriotes ont réussi à avoir le dessus à deux reprises cette saison. S’ils continuent sur leur lancée, les Patriotes pourraient éviter de terminer derniers au classement pour la première fois l’an prochain, objectif qu’ils ont passé à un cheveu de faire cette saison.

Place aux filles Il reste un domaine où l’UQTR a une grosse lacune cependant: la ligue féminine. Bianca

PHOTO: PATRIOTES UQTR

«J’espère que plus de joueuses manifesteront un intérêt envers ce formidable sport» - Bianca Chung.

Chung a bien tenté de représenter son école, mais l’étudiante au doctorat en chiropratique ne peut tout faire seule. Elle a connu une année pleine de succès, le fruit de beaucoup de labeurs: «C’est l’addition de plusieurs facteurs sur

une longue période de temps», explique-t-elle. Avec le départ de Chung, les Patriotes se retrouvent dans une situation plus précaire que jamais au badminton féminin, et devront redoubler d’efforts pour attirer de nouvelles joueuses.


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SPORTS

REPORTAGE – PATRIOTES UQTR

S’impliquer dans la communauté Implication individuelle ALEXANDRE BROUILLARD Journaliste

On retrouve neuf équipes sportives à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), du hockey au cheerleading, en passant par le cross-country. L’ensemble des formations regroupe des étudiant.e.s athlètes, qui multiplient les efforts pour s’assurer un succès académique ainsi que sportif. Ajouter à cela leur implication dans la communauté, qui est bien souvent peu discutée dans la sphère publique, mais qui n’est pas à négliger. Ces hommes et femmes représentent l’UQTR à travers le Québec, et parfois à l’international, lors de compétitions sportives. Ils et elles sont, plus souvent qu’à leur tour, l’image de l’université trifluvienne, ce qui vient avec des responsabilités. En effet, la plupart d’entre eux et elles s’impliquent dans la communauté, individuellement ou même collectivement, lors d’événements spéciaux ou par l’entremise d’implications plus directes. PHOTO: PATRIOTES UQTR

Étienne Vallée, lors du Défi têtes rasées, présenté le 5 janvier dernier.

Bon nombre d’athlètes de l’UQTR s’impliquent dans la communauté. C’est le cas de Valérie Raymond, cheerleader pour les Patriotes, qui a à cœur l’implication sociale: «la culture des Patriotes nous amène à nous impliquer davantage. C’est important de montrer aux jeunes qu’il est possible de combiner les études et les sports.» Elle donne, entre autres, des formations de cheerleading pour les jeunes, lors de journées pédagogiques. Elle adore apprendre aux plus jeunes, en espérant les inspirer pour qu’à leur tour, ils et elles puissent devenir des étudiant.e.s athlètes accomplis. De son côté, Guy Alain Fahé, footballeur pour les Patriotes, considère son implication dans la société comme quelque chose de primordial. «Même si être étudiant athlète demande beaucoup de sacrifices et d’efforts, l’implication dans la communauté est quelque chose de très important, autant pour les athlètes Patriotes en général que pour moi». Il est heureux de voir la nouvelle génération d’étudiant.e.s athlètes Patriotes s’impliquer dès leur arrivée à l’UQTR. «Déjà, lors du mois de janvier, trois de mes coéquipiers et moi avons participé au Club des petits déjeuners pour encourager les jeunes dans leur quotidien», ajoute Guy Alain Fahé. «Je suis heureux que les gens parlent davantage de notre implication, cela nous encourage à continuer de la sorte».

Implication collective Le 5 janvier dernier, lors du match des Patriotes hockey face aux Stingers de l’Université Concordia, neuf étudiants athlètes ont amassé près de 2000$ dans le cadre du Défi têtes rasées, présenté par Leucan Maurice et Centre-du-Québec. Ces neuf audacieux Patriotes ont rasé leurs cheveux pour appuyer les enfants atteints de cancer ainsi que leurs familles: Amine Bensouda (soccer), Élie Bérubé (hockey), Allan Caron (hockey), Samuel Ethier-Gamache (soccer), Félix Plouffe (hockey), Dominic Provost (soccer), Tim Simard (hockey), Adam Taif (soccer) et Étienne Vallée (cheerleading). L’événement avait attiré plusieurs curieux.ses, qui désiraient assister à l’événement. C’était à la fois une belle vitrine pour les Patriotes, ainsi qu’une belle façon d’amasser des fonds qui contribueront à la recherche clinique, au soutien affectif, à l’accompagnement, à la massothérapie, à l’animation

PHOTO: PATRIOTES UQTR

Le 5 janvier dernier, mise au jeu protocolaire avec les joueurs des Patriotes ayant participé au Défi têtes rasées. De la gauche vers la droite : Élie Bérubé, Allan Caron, Tim Simard et Félix Plouffe. et à des activités sociorécréatives pour les jeunes atteints de cancer. Étienne Vallée, de l’équipe de cheerleading, mentionne: «j’ai participé au Défi têtes rasées pour le bien de la cause. Tout le monde est atteint, que ce soit directement ou indirectement. Étant Patriote, je représente l’UQTR, et de faire un tel geste ne peut qu’encourager les gens à donner davantage.»

«Par notre statut d’étudiant athlète, nous avons l’opportunité d’exercer une certaine influence principalement auprès des jeunes. Nous sommes en quelque sorte des modèles pour eux et le choix de nos actions doit en faire foi.» — Félix Plouffe Redonner à la communauté De plus, Étienne ajoute: «cela me tient à cœur, car nous représentons l’UQTR qui fait beaucoup pour nous, les Patriotes, et de redonner à la société fait partie de notre devoir. Nous sommes fiers de représenter l’université, notre image est reconnue et appréciée pour ce que l’on fait. Alors, contribuer dans diverses sphères de la société est bénéfique pour tous.» Parallèlement, l’attaquant des Patriotes hockey, Félix Plouffe, s’est également fait raser les cheveux lors de cet événement. «Tout comme mes comparses, dans le cadre de l’événement

présenté par Leucan, j’ai à cœur cette cause. À mon avis, ce geste est la moindre des choses que nous pouvons faire pour démontrer notre solidarité envers ces enfants. J’ai également posé ce geste en l’honneur d’une tante qui est décédée de cette maladie.» Mis à part cet événement, Félix s’implique de diverses autres façons, depuis son arrivée à l’UQTR, il y a de cela cinq ans. En effet, il a participé aux écoles de hockey des Patriotes, à la Journée Patriotes hockey au Centre de l’activité physique et sportive (CAPS) de l’UQTR avec de jeunes élèves du primaire, à la Grande guignolée des médias et à l’animation et supervision d’activités dans le cadre de Trois-Rivières sous zéro, pour nommer que ces événements-là. Face à son implication individuelle et collective, Félix est conscient du rôle qu’il doit jouer dans la société: «l’implication dans ma communauté fait partie intégrante des valeurs de notre programme d’excellence. Par notre statut d’étudiant athlète, nous avons l’opportunité d’exercer une certaine influence, principalement auprès des jeunes. Nous sommes en quelque sorte des modèles pour eux et le choix de nos actions doit en faire foi.» À la lumière de ces témoignages, il semble évident que les athlètes Patriotes de l’UQTR ont à cœur l’implication sociale. Ce sont que quelques exemples parmi d’autres. Il faut garder en tête qu’ils et elles sont, d’abord et avant tout, des étudiant.e.s ainsi que des athlètes. Le choix de s’impliquer ou non repose sur leurs épaules.


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SPORTS

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PORTRAIT – VINCENT PELLETIER-HUARD

Il faut jouer pour jouer Le hockey est un sport qui attire de milliers de jeunes joueurs chaque année au Québec, et les garde actifs l’hiver, durant une période de plusieurs années dans la plupart des cas. La vie après le hockey prend toutefois une tournure inerte pour un grand nombre d’entre eux et elles. Vincent Pelletier-Huard se penche sur la question dans le cadre de sa maitrise en sciences de l’activité physique. Le jeune homme, originaire de Rivière-Bleue dans le Bas-Saint-Laurent, a lui-même joué au hockey durant sa jeunesse. Il a également fait de l’athlétisme durant l’été. Après avoir arrêté le hockey lors de ses études collégiales par manque de temps, il a donc continué à être actif en faisant de l’entrainement en salle et s’adonne maintenant à la dynamophilie, discipline plus connue sous son nom anglais de «power-lifting».

Son sujet de mémoire porte sur l’encadrement des jeunes hockeyeurs québécois. C’est en partie en constatant le fait que son historique d’athlétisme l’a amené vers d’autres sports après son abandon du hockey qu’il en est venu au sujet de sa maitrise: l’encadrement des jeunes hockeyeurs québécois. Il souhaite que son projet permette d’assurer une continuité de l’activité physique et des saines habitudes de vie, puisque malgré d’excellents chiffres dans les sports organisés au Québec, de plus en plus de jeunes sont en surpoids. Un sujet qui lui va comme un gant, à la suite de sa technique en diététique et de son baccalauréat en kinésiologie. Depuis le début du projet à l’automne 2016, il a sondé 450 jeunes de 30 équipes des niveaux

pee-wee à midget et provenant de différentes régions du Québec. Il en est maintenant à la phase d’analyse préliminaire des données recueillies. «On observe leur pratique d’activité physique, l’influence des parents et s’ils sont encouragés à aller vers d’autres sports», décrit Pelletier-Huard.

PHOTO: GRACIEUSETÉ

«Il faut amener les joueurs d’élite à une pratique saine, les sensibiliser à jouer pour le plaisir.» — Vincent Pelletier-Huard Il veut également faire l’état de l’intérêt propre aux jeunes envers les autres sports, alors que le hockey reste un sport de premier plan au Québec, et des infrastructures disponibles. L’analyse des données est cependant loin d’être terminée: l’étape actuelle est de modéliser des équations structurelles, afin de mieux prédire la prédisposition des jeunes à pratiquer une variété d’activité physique à long terme. Bien sûr, il n’écarte pas la possibilité de poursuivre le hockey à l’âge adulte de façon récréative: «Il faut amener les joueurs d’élite à une pratique saine, les sensibiliser à jouer pour le plaisir.» Il ne s’avance pas sur ce sujet, mais le ton sous-entend que l’influence des parents pourrait probablement être en lien direct avec cette optique trop compétitive chez ces joueurs. Ainsi, une fois son analyse terminée, il espère qu’il pourra effectuer de bonnes recommandations à Hockey Québec. L’automne dernier, l’organisme a mis sur pied un nouveau plan stratégique pour favoriser la pratique à long terme dans le plaisir du hockey, et Pelletier-Huard souhaite ajouter son grain de sel. «On veut valider avec eux le portrait actuel des jeunes», explique-t-il.

L’objectif de Vincent Pelletier-Huard est simple: garder les gens en bonne santé. Le but ultime de son projet est donc d’orienter la mise en place de mesures favorisant le mode de vie sain et actif à long terme des jeunes hockeyeurs. Lorsque ce sera fait, un doctorat est déjà dans les plans afin de poursuivre sur cette lancée: la quantité faramineuse de données recueillies et le fait qu’il soit seul à avoir entrepris un projet sur le sujet facilitent ce choix. Celui-ci pourrait porter sur le suivi à long terme des jeunes hockeyeurs pour voir l’évolution de leur

profil d’activités physiques, l’implantation de programmes permettant aux jeunes de découvrir de nouveaux sports durant la saison estivale ou l’évaluation des mesures prises par Hockey Québec et la formulation de recommandations pratiques. Vincent Pelletier-Huard participera au 25e concours d’affiches scientifiques, qui aura lieu les 21 et 22 mars prochains, afin de présenter son projet. (E.L.M.)

SPORTS INTRAMUROS

Plus on est de fous, plus on joue Si la ligue de hockey cosom féminin, qui se tient les mercredis soir au Centre de l’Activité Physique et Sportive (CAPS), a pu sembler en difficulté devant un manque d’inscriptions en début de session, force est d’admettre qu’il n’en est rien à présent. Comme les autres sports intramuros qui prennent place dans les gymnases 5, 6 et 7 les soirs de semaine, la ligue bat maintenant son plein.

PHOTO: AUDREY-ANNE DE GUISE

«Les intramuros sont faits pour s’amuser et se dépenser entre amis»- Audrey-Anne de Guise

Les chiffres sont confirmés par Audrey-Anne de Guise, responsable du soccer le lundi soir et ex-responsable du hockey le mercredi. Le hockey féminin aligne quatre équipes cette session, tout comme à la session d’automne dernier et l’hiver précédent. Toutefois, ce ne sont pas les mêmes équipes, alors que seules les championnes en titre sont de retour cet hiver. L’étudiante en sciences de l’activité physique explique: «Souvent, c’est simplement dû aux horaires variables. Si on a un cours le soir, on ne peut pas participer.» L’écart de calibre était également grand, selon les commentaires reçus, entre les meilleures

équipes et les plus faibles, ce qui peut avoir eu pour effet d’en décourager un certain nombre. Un problème qui n’existe pas dans les autres sports: «Au hockey féminin, on ne peut pas faire différents pools pour les différents calibres, parce qu’il n’y a pas assez d’équipes», poursuit de Guise. En effet, le hockey masculin compte neuf équipes. Le volleyball et le soccer, tous deux seulement offerts en mixte, alignent 15 formations chacun. Ces sports ont donc une plus grande facilité à séparer les joueur.se.s plus compétitif. ve.s de ceux et celles qui sont là dans un but purement récréatif. Plus d’inscriptions pourraient alors régler les problèmes du hockey féminin. Il y a eu une tentative d’établir une ligue de hockey cosom mixte au CAPS les mardis soir. Celle-ci est toutefois morte dans l’œuf, car les inscriptions ont été très faibles. Certain.e.s se sont inscrit.e.s plutôt comme joueur.se.s individuel.le.s dans les ligues masculine et féminine du mercredi. Les joueur.se.s individuel.le.s sont intégré.e.s dans une équipe en manque de participant.e.s, lorsque possible, ce qui fonctionne généralement sans embûches. (E.L.M.)


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Volume 13, numéro 5 | Février 2018

SPORTS

JOGGEUR.SE.S DU MIDI

Prière de ne pas s’inscrire PHOTO: MARTIN LAMBERT

Les mêmes personnes font également la Course des Pères Noël. Qui a dit qu’il était difficile de conjuguer travail et activité physique? Certainement pas les membres du groupe de joggeur. se.s que l’on peut voir se rassembler tous les midis devant le Centre de l’Activité Physique et Sportive (CAPS) LéopoldGagnon. Qui sont-ils? En fait, «membres» n’est pas tout à fait le mot approprié pour décrire ces coureur.se.s du midi. Il s’agit plutôt du groupe le plus informel qui soit: aucune image officielle, aucun.e représentant.e, aucune inscription; simplement une vingtaine de personnes des quatre coins de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) qui se réunissent afin de rendre leur jogging habituel plus agréable.

«C’est comme une chambre de hockey mobile.» — Martin Lambert Ce sont notamment des professeur.e.s, employé.e.s et étudiant.e.s de l’UQTR, mais plusieurs ne proviennent même pas de l’Université et sont policier.ère.s, médecins ou entrepreneur.e.s locaux.les. Si tou.te.s ne sont pas de la partie sur une base quotidienne, on peut être assuré.e.s qu’il y a toujours quelqu’un au rendez-vous.

Une tradition Cette tradition a vu le jour en 1994. Certaines personnes présentes dès le début sont d’ailleurs toujours de la partie actuellement, par exemple le professeur de psychologie Yvon Lussier. Depuis cette date, on peut compter jusqu’à 35 à 40 coureur.se.s régulier.ère.s au cours d’une année. Même lorsque la température rend les chemins impraticables, ils et elles sont au rendez-vous et optent plutôt pour la piste de course intérieure du CAPS. Ainsi, c’est plus de dix parcours différents qui sont employés par la troupe, et qui permettent de courir une dizaine de kilomètres.

L’itinéraire le plus éreintant comporte dans son tracé la montée de la côte Rosemont.

Une activité passionnante Martin Lambert, conseiller aux activités étudiantes des Services aux Étudiants (SAÉ), fait partie de la bande depuis quelques années déjà. Il tient d’entrée de jeu à mettre une chose au clair: il ne s’agit pas là d’un club sélect. Tout le monde est le bienvenu, et même fortement encouragé à se joindre à la course: «On n’est pas des élites, c’est juste pour le plaisir. Si quelqu’un de nouveau vient, on l’intègre. On ne laisse jamais personne en arrière.» L’activité ne s’arrête d’ailleurs pas là. Différentes sorties sportives sont planifiées par les coureurs: «On fait du vélo, du ski de fond. Certains d’entre nous se sont organisé un groupe pour la course Colore ta Course organisée par l’[Association générale des étudiants de l’UQTR]». Encore une fois, rien de formel, rien d’obligatoire: «À la bonne franquette», si vous permettez l’expression. Bien sûr, les coureur.se.s ne sont pas tous du même niveau. Certain.e.s participant.e.s courent afin de se préparer pour un marathon et ainsi augmenter leur performance. D’autres courent simplement pour garder la forme; chacun.e est libre d’adopter le rythme qu’il veut, et Martin Lambert le souligne à nouveau: «On fait ça pour s’accompagner, ne pas courir tout seul.» Il remarque toutefois que certaines personnes préfèrent courir seules, puisqu’elles semblent intimidées par la taille du groupe. Si elles voyaient l’ambiance qui règne, elles changeraient d’idée, selon lui: «C’est comme une chambre de hockey mobile. On jase, on se taquine et on passe du bon temps.» Ce dernier serait d’ailleurs ravi de voir le nombre de participant.e.s grandir, et espère que cette lecture saura en convaincre quelques-un.e.s. Pour ma part, ma première présence pourrait avoir lieu la journée de parution de ces lignes: sans même avoir fait un essai, Martin Lambert m’a convaincu d’y participer d’ici la fin de la session. (E.L.M.)


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SPORTS

PORTRAIT DE LAURENCE VINCENT LAPOINTE

PROFIL DE PATRIOTE

Laurence Vincent Lapointe est à la fois une athlète de niveau international et une étudiante chevronnée. Originaire de Shawinigan, l’étudiante au baccalauréat en sciences infirmières à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) est considérée par plusieurs comme la meilleure canoéiste au monde, rien de moins.

Originaire de la Côte d’Ivoire, en Afrique de l’Ouest, Guy Alain Fahé s’aligne avec les Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) depuis maintenant quatre ans. Il est étudiant de troisième année au baccalauréat en administration des affaires profil marketing.

Une athlète dans une classe à part

L’étudiante de l’UQTR a un parcours atypique des plus intéressants. Elle a débuté le canoë de vitesse lorsqu’elle était âgée de 12 ans. Mais pourquoi choisir ce sport? «Mes parents ne voulaient pas que je passe mon temps devant des écrans. Je connaissais des filles qui pratiquaient le canoë, ce qui m’a donné le goût.» Elle a commencé dans le club civil de canoë-kayak de Trois-Rivières, où elle a fait ses premières expériences de compétitions, tant en individuel qu’en équipe. Les années ont passé, et elle évolue maintenant au niveau international. Lors des plus récentes compétitions en équipe, Laurence a évolué au côté de Katie Vincent. La spécialité de cette étudiante de l’UQTR est la sphère individuelle, qu’elle domine depuis 2010. En effet, depuis bientôt une décennie, elle multiplie les médailles d’or remportées lors de compétitions d’envergure, et même dans le cadre des Coupes du monde. Son fait d’armes le plus récent est son titre de championne du monde au 500 mètres en C-2 avec un nouveau record mondial de temps, acquis à Racice en République tchèque, en août 2017. À l’été 2017, Laurence a remporté ses neuvième et dixième titres de championne du monde. Il est donc juste de mentionner qu’elle domine la scène mondiale de canoë de vitesse depuis longtemps: «c’est depuis 2010 que je suis sur la scène internationale, et c’est depuis 2010 également que je remporte pratiquement toutes les épreuves C-1 au 200 mètres.» Laurence n’est pas seulement une canoéiste hors pair, elle s’implique également dans des causes qui lui tiennent à cœur. En effet, depuis 2010, elle mène un combat afin que le canoë de vitesse féminin soit intégré dans le programme olympique. À travers cette cause, elle a défendu l’égalité hommes et femmes. Face à cette mission qu’elle s’est donnée,

Laurence est déjà parvenue à forcer la toute première présentation d’une épreuve féminine de canoë de vitesse aux Jeux panaméricains de 2015 à Toronto. Lors de cette compétition, l’athlète originaire de Shawinigan a décroché la médaille d’or à la course C-1 200 mètres. À la suite de cette victoire et des nombreuses autres survenues depuis 2010, Laurence peut viser le podium lors des Jeux olympiques de 2020, qui se tiendront à Tokyo. En effet, récemment, le Comité des Jeux a annoncé la tenue de la première compétition de canoë de vitesse féminine de l’histoire des Jeux olympiques et il est juste de dire que Laurence y est pour beaucoup!

Objectifs Les efforts de Laurence ne font aucun doute. Le 15 janvier dernier, elle a remporté le prix de «l’Athlète féminine par excellence de niveau international» lors du Gala sport hommage de la Mauricie, grâce à ses exploits en canoë de vitesse. Dans les mois qui viennent, elle ne ralentira pas la cadence. En effet, à l’été 2018, elle participera à la Coupe du monde, au Championnat du monde ainsi qu’au Championnat panaméricain. À plus long terme, elle vise les Jeux olympiques de 2020 ainsi qu’une place sur le podium. Le Zone Campus souhaite la meilleure des chances à Laurence dans ses projets futurs! (A.B.)

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De la Côte d’Ivoire au Québec

Ses débuts au soccer Guy a commencé le soccer très tôt: selon ses termes, c’était en quelque sorte inné chez lui. En effet, il a donné ses premiers coups de pied sur le ballon rond dès qu’il a commencé à marcher. Il a joué plusieurs années pour le plaisir avec ses amis, dans les quartiers où il a grandi. À l’âge de 16 ans, Guy arrive au Québec et s’installe à Montréal avec sa famille. Arrivé dans La Belle Province, le footballeur des Patriotes a continué à pratiquer son sport favori en s’alignant avec des clubs civils. En Côte d’Ivoire, il y a trois sports principaux: le soccer, le handball ainsi que le volleyball. Il mentionne: «mes grands frères ont principalement joué au handball. Tandis que moi, je suis le seul de ma famille à avoir choisi le soccer au détriment des autres sports qui m’ont été offerts.» Une fois à Montréal, il s’agissait pour lui de la première fois qu’il a évolué avec un club structuré, car auparavant, le soccer n’était pour lui qu’une activité amicale et non de compétition. De 18 à 21 ans, Guy s’est aligné avec des équipes de niveau AAA, tant dans la catégorie U18 que U21. L’attaquant de pointe a développé une belle chimie avec son entraîneur-chef, qu’il a suivi de l’arrondissement Saint-Léonard jusqu’à Brossard. Après de brefs passages au SC Anjou au niveau senior AA et avec les Vikings du Collège de Maisonneuve, Guy a fait le saut avec l’équipe des Patriotes de l’UQTR, où il aborde le numéro 14 depuis maintenant quatre saisons.

marketing à l’UQTR. Dans le futur, il désire suivre une formation supplémentaire orientée vers le numérique, toujours en lien avec le marketing. L’attaquant de l’équipe trifluvienne ne s’en cache pas: en tant qu’athlète, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour s’assurer de bons résultats à l’école, ainsi qu’au niveau sportif. Selon lui, une période d’adaptation est nécessaire pour bien gérer les nombreuses pratiques, les parties et les travaux scolaires.

Implication communautaire En tant que Patriote, il a à cœur l’implication sociale. Au début de mois de janvier, trois de ses coéquipiers et lui-même ont participé au Club des petits déjeuners pour encourager les jeunes. Il mentionne: «c’est bien que les gens parlent davantage de notre implication, les jeunes désirent s’impliquer de plus en plus. Tous les mercredis, des membres de notre équipe redonnent à la société.»

Objectifs À son arrivée avec les «Pats», l’équipe n’était pas crainte par les autres clubs du circuit. Toutefois, la situation a bien changé depuis 2014. Maintenant, les Patriotes forment une équipe qui est difficile à affronter, car elle est composée de joueurs déterminés. De ce fait, Guy a comme objectif de remporter le titre de la saison pour ainsi terminer son parcours universitaire sur une bonne note. Le Zone Campus lui souhaite la meilleure des chances, tant au niveau sportif que scolaire! (A.B.) PHOTO: SIMON LAHAYE

Parcours scolaire

PHOTO: WORLD PADDLE ACADEMY

Laurence Vincent Lapointe portant l’uniforme d’Équipe Canada.

Mis à part le soccer, Guy poursuit également ses études au Québec. Il a étudié cinq ans à l’école secondaire Henri-Bourassa. Par la suite, il a poursuivi ses études en suivant une technique en gestion de commerce au Collège de Maisonneuve. Il est maintenant étudiant de troisième année au baccalauréat en administration des affaires profil

L’attaquant de pointe s’aligne pour une quatrième année avec le club.


Zone campus février 2018 (impression)  
Zone campus février 2018 (impression)  
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