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114 Médecins du Monde

Le journal destiné aux donateurs de médecins du monde France Trimestriel - n° 114 mars/avril/mai 2014 0,60 € www.medecinsdumonde.org

Philippines

l’espoir de lendemains meilleurs |p. 2 à 4

Municipales

partenariat

pérou

rencontre

urgence

cinéma

MdM alerte les maires sur la situation des plus vulnérables |p. 5 MdM se mobilise auprès des femmes en situation de grossesse non désirée |p. 6

Trois ans de conflit en Syrie, MdM continue son action |p. 7

La fondation Optic 2000 fabrique des lunettes pour les patients de MdM |p. 10 Joël Weiler, responsable du desk urgence, de retour de RCA |p. 11 MdM à l’affiche de Supercondriaque, dernier film de Dany Boon |p. 12

tous médecins du monde !


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GRAND ANGLE / URGENCE

urgence

Philippines, l’espoir de lendemains meilleurs Il y a cinq mois, au lendemain du passage du typhon Haiyan aux Philippines, Médecins du Monde découvrait un paysage de désolation. Cette catastrophe, l’une des plus graves dans la région depuis le tsunami de 2004, a plongé la population dans une situation humanitaire extrêmement grave. Récit de notre action d’urgence.

Plus d’infos sur le web

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e 15 novembre 2013. Le docteur Letlet, responsable d’un centre de santé à Ormoc, raconte : «  L’équipe du centre était présente avant et pendant le passage du typhon. C’était terrible, le vent a emporté le toit et a presque tout détruit. Nous ne pouvons plus assurer les consultations pour les habitants de notre district. » La mise en place de la mission d’urgence sur l’île de Leyte est un véritable défi logistique. Les contraintes géographiques et le contexte rendent très difficile l’accès aux populations et l’acheminement de l’aide humanitaire.

ne facilite pas le transport des équipes et du matériel. Une situation d’urgence à laquelle Médecins du Monde tente de répondre au plus vite.

Répondre aux besoins urgents

Deux jours après le passage du typhon, Médecins du Monde, déjà présent aux Philippines depuis plus d’un an, envoie, depuis Manille, une équipe de renfort pour évaluer les besoins de la population et la situation sur place. Pour cette équipe composée de logisticiens et de médecins philippins, il s’agit de répondre aux besoins urgents de la population tout en trouvant la meilleure solution pour acheminer l’aide humanitaire.

Cinq jours après le passage d’Haiyan, Médecins du Monde envoie à Manille 50 tonnes de matériel qui sont ensuite acheminées par la route jusqu’à l’île de Leyte. Afin d’apporter son aide aux populations les plus reculées, MdM met en place u ne b as e d’ in t e rv en t io n à Ormoc, sur la côte ouest de l’île. Livrées à elles-mêmes, les populations des zones éloignées sont parmi les plus affectées et ne reçoivent aucune aide. Eau potable, médicaments, nourriture, les habitants manquent de tout. Certaines routes impraticables les obligent à se rendre, parfois à pied, dans les centres de santé municipaux situés à plusieurs kilomètres. En collaboration

avec les autorités locales, MdM apporte donc un appui médical.

Cliniques mobiles et prévention

Pour soutenir les centres de santé de l’île, l’ONG met en place des cliniques mobiles adaptées aux terrains pour répondre aux besoins urgents et nombreux de la population. « Les cliniques mobiles répondent à un réel besoin dans des zones où aucune aide n’était encore arrivée », déclare le docteur Manuel de Lara, coordinateur médical de la mission de MdM aux Philippines. L’arrivée de la clinique mobile est un événement. Alors que les équipes sont en cours d’installation du matériel médical, les gens du village se réunissent devant le

Haiyan a tout dévasté et, aujourd’hui, les routes menant jusqu’aux sinistrés ne sont plus praticables ou sont totalement engorgées par les déplacements de populations et l’acheminement de l’aide. L’accès par les airs n’est pas plus évident, avec des terrains détruits sur lesquels les avions ne peuvent se poser. Pourtant les besoins sont énormes, près de 90 % des infrastructures de santé de l’île ont été détruites et la configuration géographique de l’archipel

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MÉDECINS DU MONDE - LE JOURNAL DESTINÉ AUX DONATEURS

© Sébastien Duijndam

Les gens du village se réunissent devant le centre de santé afin de pouvoir enfin voir un médecin


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© Lâm Duc Hiên

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1_ Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, 14,1 millions de personnes ont été affectées par le typhon, 6 200 personnes sont mortes, et plus d’un million d’habitations ont été endommagées.

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© Lâm Duc Hiên

2_ Les équipes de Médecins du Monde ont effectué environ 1 000 consultations par semaine, principalement pour des infections respiratoires mais également pour de l’hypertension, des maladies de peau… 3_ MdM a acheminé 50 tonnes de matériel médical et des kits de petite chirurgie, catastrophes, choléra, paludisme. En accord avec le ministère philippin de la Santé, MdM s’est installé dans le nord et le sud de l’île de Leyte, considérée comme prioritaire.

N° 114 | Mars/Avril/Mai 2014


GRAND ANGLE / urgence

centre de santé afin de pouvoir enfin voir un médecin. Les familles viennent consulter ensemble et suivent avec intérêt la séance de prévention sanitaire (rappel des méthodes pour éviter les maladies infectieuses…) prodiguée à l’extérieur du centre par le personnel de MdM. Tout se passe dans le calme malgré le flot incessant de patients tout au long de la journée. retrouvez la vidéo sur le web

Nos actions • Des cliniques mobiles (300 consultations par jour) • L’apport d’équipement médical et de médicaments aux centres de soins et hôpitaux • La préparation à l’urgence (épidémie) • Un soutien psychologique • L’éducation à la santé • La formation des équipes médicales des centres de santé au soutien psychologique

Garder le sourire et l’espoir

Malgré la catastrophe et le traumatisme, les Philippins accueillent avec espoir et sourires les équipes de MdM dans leurs abris. « Ici, ce n’était pas le jardin avant le typhon, c’était l’emplacement de notre maison. Pour l’instant les enfants ne vont plus à l’école afin de nous aider à reconstruire un logement habi-

table, de quoi nous protéger de la pluie, de la boue, de l’extérieur… Notre deuxième souci, c’est la nourriture, car nos principales sources de revenus sont la culture de la noix de coco et la canne à sucre. Tout a été détruit, nous ne savons pas encore quel travail nous pouvons faire pour avoir à nouveau un revenu. » Mais surtout, malgré la précarité, la faim, l’incertitude de pouvoir le

lendemain nourrir toute la famille, les Philippins essaient de garder espoir : «  Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes des survivants !  » Courant janvier, la situation sanitaire s’est stabilisée, les activités ont continué pour le suivi post-urgence et la reconstruction des structures de santé sur le long terme. n Emmanuelle Hau et Justine Roche

Nos moyens

• 3 équipes mobiles composées de 1 médecin, 1 infirmière, 1 infirmière formée en santé mentale, 1 sage-femme • Un psychologue en soutien aux équipes du ministère de la Santé philippin

Nos résultats Au 13 janvier • 5 000 consultations • 63 suivis prénataux • 42 employés de structures médicales formés au soutien psychologique • 98 patients de communautés isolées ont reçu un soutien psycho­logique

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© Sébastien Duijndam

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4_ Le supertyphon Haiyan est l’un des plus puissants jamais enregistrés avec des vents soufflant en rafales jusqu’à 380 km/h.

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© Sébastien Duijndam

5_ 46 agents de santé ont été formés à la détection et au conseil aux patients présentant des signes de stress posttraumatique.


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france / plaidoyer

Agir pour la santé des plus exclus À l’occasion des élections municipales qui auront lieu fin mars, Médecins du Monde se mobilise et interpelle les candidats sur l’accès aux droits et aux soins des plus démunis, notamment à Marseille, sur la question de l’eau dans l’espace public. Expulsion de squats, interdiction de la mendicité, les exclus sont toujours plus exclus. Plus d’infos sur le web

« On peut se demander si la ville est en guerre contre les pauvres » « Il semble que la volonté de la mairie est de ne pas favoriser la mise en place de dispositifs susceptibles d’attirer les personnes sans domicile fixe. On peut se demander si la ville est en guerre contre les pauvres », dénonce Cendrine Labaume, coordinatrice générale de Médecins du Monde à Marseille. Il en est de même dans plusieurs villes de France où se multiplient les arrêtés municipaux interdisant la mendicité, les bivouacs, et éloignant toujours plus de la prévention et des soins les populations qui en ont le plus besoin.

© Régis Dondain

L

ors du 6e forum mondial de l’eau, qui s’est déroulé à Marseille en 2012, l’accès à l’eau potable a été reconnu par l’ONU comme un droit universel. Avancée importante mais saisissant paradoxe lorsque l’on sait que la cité phocéenne ne possède qu’une dizaine de toilettes publiques, dont la plupart sont payantes, quand à Paris on en dénombre plus de 400 entièrement gratuites. Même bilan concernant les divers points d’eau et fontaines existants qui ne sont pas opérationnels faute d’être entretenus. Un véritable frein à l’accès à l’eau pour la population, et plus encore pour les 12 000 personnes sans domicile que compte la ville.

Accueil, action sociale et habitat

Face à ces constats et à l’approche des élections municipales, Médecins du Monde interpelle les candidats sur les responsabilités des communes en matière d’aides sociales et d’aides au logement en rappelant notamment le rôle majeur des centres communaux d’action sociale (CCAS). Nombre d’entre eux n’assurent pas encore de manière effective leur mission de domiciliation, pourtant essentielle pour un meilleur accès aux droits et aux soins des personnes à la rue. En termes d’alimentation et de santé, les CCAS doivent également être à même d’impulser des aides directes en faveur des personnes les plus démunies, telles que des distributions alimentaires, et devraient plus souvent avoir recours à la médiation santé et à

l’interprétariat pour favoriser l’accès aux droits et aux soins des plus précaires. Parmi les autres demandes de l’association figure la prise en compte des conditions d’habitat précaire et de ses conséquences sur la santé, en garantissant à tous un accès à l’eau et à l’hygiène. Mise à disposition de bornes-fontaines, ouverture de bains-douches, ramassage des ordures sont autant de leviers sur lesquels peuvent agir les élus. Enfin, les candidats devraient s’engager à soutenir sur leur territoire l’implantation de structures sociales et de santé destinées aux plus vulnérables. Au-delà des enjeux locaux que représentent ces élections municipales, l’association souhaite qu’elles ne soient pas une nouvelle opportunité de pénaliser les plus précaires. n Laure Antoine

De l’eau pour tous ? Afin de sensibiliser le grand public et les candidats aux problématiques rencontrées par les personnes sans domicile fixe à Marseille, et en particulier de dénoncer leur manque d’accès à l’eau potable, Médecins du Monde a organisé fin février une exposition photographique de Christina Modolo sur les conditions d’accès à l’eau de ces personnes. En parallèle à cette exposition, des actions de rue, en partenariat avec la Fondation Abbé Pierre et la Fnars, ont été proposées aux habitants avec notamment la mise en place d’un « bar à eau ». N° 114 | Mars/Avril/Mai 2014


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pérou / entretien

« l’avortement est une question taboue »

© Nicolas Moulard

Au Pérou, l’avortement est illégal. Pourtant, environ 400 000 interruptions de grossesse seraient pratiquées chaque année. Confrontées à des grossesses non désirées, de nombreuses femmes se tournent vers des procédures clandestines dangereuses. Entretien avec Barbara Ortiz, coordinatrice de notre programme de réduction de la mortalité maternelle à Lima. Médecins du Monde : Est-il difficile de parler d’avortement au Pérou ? Au Pérou, la question de l’avortement est taboue, comme dans beaucoup d’autres pays de la région. Hormis dans le cas d’un avortement thérapeutique, il est pénalisé sous toutes ses formes. Pourtant, dans les rues de Villa El Salvador, l’un des quartiers les plus pauvres de Lima, il n’est pas rare de tomber sur des annonces publicitaires proposant des « solutions immédiates à un retard menstruel ».

1 000 avortements seraient pratiqués chaque jour au Pérou Sans les nommer, ces affiches proposent aux femmes des avortements clandestins. Elles sont collées un peu partout sans que la police ne les retire. Au P é ro u , 1  0 0 0 a v o r t e m e n t s seraient pratiqués chaque jour, souvent dans des conditions d’hygiène et de sécurité insuffisantes. Loin de les faire disparaître, les lois restrictives retranchent les avortements dans la clandestinité.

Les lois restrictives renvoient les avortements dans la clandestinité MdM : Qu’est-ce qu’un avortement à risque ? Parler d’avortement clandestin ne signifie pas toujours avortement à risque. Pour une femme issue d’un milieu socio-économique élevé, l’interruption de grossesse se fera sans danger pour sa santé car réalisée dans des cliniques privées qui n’ont rien à envier à celles d’Europe ou des ÉtatsUnis. Lorsque l’avortement est pratiqué dans de bonnes conditions, les complications sont extrêmement rares. Pour les femmes plus vulnérables, pauvres et avec moins d’éducation, le risque de subir un avortement incomplet est plus grand. Dans un acte désespéré, certaines d’entre elles essaient de provoquer un avortement en introduisant des objets dans leur vagin, du citron, de la javel… D’autres utilisent des produits pharmaceutiques, tels que le Misoprostol, mais sans bénéficier des informations nécessaires à leur usage. N’oublions pas que 50 000 femmes meurent chaque

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année dans le monde des suites d’un avortement clandestin. MdM : Quelle est l’action menée par MdM au Pérou ? À Villa El Salvador, Médecins du Monde met en œuvre un programme de prévention et de prise en charge des grossesses non désirées. Il s’agit de sensibiliser les femmes et les jeunes filles aux méthodes de contraception modernes et de leur en

faciliter l’accès. Le projet soutient plusieurs centres de santé afin de garantir l’accès aux soins immédiats en cas de complications dues à des avortements à risque. Parallèlement, MdM mène un plaidoyer en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps, à décider du nombre de leurs enfants et de l’espacement entre les naissances. n Propos recueillis par Alexandre Jalbert

Horizon Caire +20 En 1994, la Conférence internationale sur la population et le développement du Caire marqua un tournant décisif dans la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs, leviers incontournables de l’émancipation féminine et de l’amélioration de la santé des femmes. Vingt ans plus tard, les droits des femmes sont encore régulièrement remis en question et les États n’ont toujours pas tenu leurs promesses, notamment en termes d’accès à la

contraception et à l’avortement sûr et légal. Le 22 septembre prochain, les chefs d’État du monde entier seront réunis au siège des Nations unies pour faire le bilan, après vingt ans, de la mise en œuvre du programme du Caire. Médecins du Monde lance à cette occasion une campagne internationale pour réaffirmer avec force le droit des femmes à disposer de leur corps et à décider librement d’avoir ou non des enfants.


www.medecinsdumonde.org Gaziantep

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TURQUIE

Idlib-Nord Alep

Mer Méditerranée

Idlib

Lattaquié

Hama

SYRIE

Deir ez-Zor

Homs

LIBAN

El Qaa

Hay el Sellom

© Sébastien Chatelier

El Ain Kamed el Loz Damas

IRAK

Deraa

JORDANIE

Ramtha Zaatari ISRAËL

Amman

100 000 morts et 6,5 millions de déplacés, la situation est catastrophique. Nos actions Soutien et approvisionnement en médicaments aux réfugiés et aux réseaux des médecins en Syrie, consultations médicales et psychosociales

crise syrienne / urgence

Trois ans, combien de temps encore ?

Depuis mars 2011, la situation humanitaire ne cesse de se détériorer en Syrie. Tandis que le pays et la région semblent entraînés dans une spirale de violences sans fin, de plus en plus de Syriens sont contraints de fuir pour trouver refuge ailleurs dans leur propre pays ou dans les pays frontaliers.

Plus d’infos sur le web

L

es chiffres sont boulev e r s a n t s  : p l u s d e 100 000 morts, 6,5 millions de déplacés à l’intérieur du pays, un dixième de la population syrienne réfugiée au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Irak ou en Égypte. Tentes balayées par le vent, bâtiments inondés, campements recouverts d’une neige qui les transformera plus tard en véritables bourbiers, températures négatives : l’arrivée de l’hiver, particulièrement soudaine et rude cette année au Moyen-Orient, a été lourde de conséquences pour

les Syriens réfugiés en Jordanie et au Liban. Dans le camp de Zaatari, en Jordanie, même si les caravanes remplacent petit à petit les tentes installées initialement, les conditions de vie restent précaires. « Notre vie quotidienne peut être bouleversée par le simple mauvais temps », explique Zakari, gardien d’un des centres de santé de Médecins du Monde et habitant du camp.

« C’est devenu un crime de soigner les gens en Syrie aujourd’hui » Au Liban, l’hiver a touché de plein fouet les centaines de milliers de Syriens qui n’ont trouvé pour seul

refuge que des garages, des immeubles en construction ou des tentes. Leur faire parvenir les moyens de chauffage et les couvertures dont ils ont besoin est difficile car ils sont éparpillés sur l’ensemble du territoire libanais. à travers huit centres de santé répartis entre la Jordanie et le Liban, Médecins du Monde assure à ces populations vulnérables un accès à des soins de santé primaires et leur offre un soutien psychologique.

Risquer sa vie pour soigner et se faire soigner

Se faire opérer, recevoir des soins ou obtenir des médicaments est devenu très difficile en Syrie. « Il n’y a plus de médecins », raconte

Nos résultats • 142 868 consultations de santé primaire dans les centres de soins de MdM en Syrie, en Jordanie et au Liban • 750 patients suivis pour des soins postopératoires et de rééducation • 310 femmes accueillies après leur accouchement avec leurs nouveau-nés

Abu Salem, 39 ans, réfugié avec une partie de sa famille dans le camp jordanien de Zaatari. « Ils ont bien souvent été poursuivis et parfois tués pour avoir traité des patients ou des blessés. C’est devenu un crime de soigner les gens en Syrie aujourd’hui. » Les bombardements massifs ont par ailleurs détruit ou sévèrement endommagé près de 60 % des hôpitaux syriens. Dans le nord de la Syrie, Médecins du Monde travaille auprès des Syriens déplacés, malades ou blessés, à travers neuf centres de soins de santé primaires, une unité pour les femmes et les enfants, et l’approvisionnement en médicaments d’hôpitaux et de structures postopératoires. Mais l’instabilité qui règne sur le terrain limite malheureusement l’action humanitaire. « C’est un contexte très violent, nos équipes syriennes risquent leur vie tous les jours », constate Rozenn Le Meliner, coordinatrice médicale. Face à cette catastrophe humanitaire, MdM dénonce plus que jamais les violences contre les civils, les malades, les blessés, les professionnels de la santé et appelle à un arrêt des hostilités afin d’apporter une aide adaptée à ceux qui en ont désespérément besoin. n Cécile Génot N° 114 | Mars/Avril/Mai 2014


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France / mission mobile

à Rouen, une nuit au cœur de la précarité

© Marine Lebrun

En France, 141 500 personnes sont sans abri*. Souvent fragiles, malades et marginalisées, elles vivent sur les trottoirs ou dans des abris de fortune. à Rouen, l’équipe de Médecins du Monde va au-delà de sa seule mission de soins.

Plus d’infos sur le web

19 h 30 Début de la maraude

Le mercure affiche 5 °C. Place Saint-Marc, le camion, l’unité mobile de Médecins du Monde, est déjà là. Yvon, logisticien, et Fanny, infirmière, sont rejoints par Laure-Élodie, médecin. Tous les trois sont bénévoles et ne rentreront pas chez eux avant minuit. Ce soir, ils vont sillonner Rouen à la rencontre de Patrick, Marie, Julien… Au préalable, ils s’installent, préparent l’espace de consultation tandis que les bénéficiaires, habitués ou nouveaux venus, attendent déjà devant le camion. La confiance entre l’équipe de MdM et les personnes présentes ce soir est manifeste. Les relations sont faciles, presque amicales.

19 h 45 1re consultation

Une femme d’une soixantaine d’années entre. Fanny la reçoit,

discute, remplit un questionnaire médical et vérifie si elle a des droits ouverts à la Sécurité sociale, si elle a besoin de voir un psychologue, un addictologue… La médecin prend le relais quand un jeune homme blessé au front entre à son tour. Les premiers soins sont donnés. Une dizaine de consultations auront lieu place Saint-Marc. « L’objectif est de créer du lien, pas juste de faire du soin. On prend du temps avec chaque bénéficiaire aussi pour l’orienter vers les institutions et associations qui pourront l’aider », explique Laure-Élodie.

20 h 30 Un signalement

U n e a u t re a s s o c i a t i o n e n maraude à pied sur un autre site de Rouen signale à l’équipe de Médecins du Monde un sansabri blessé. Le camion va sur place. Les bénévoles le connaissent bien : c’est Julien, il est épileptique. Laure-Élodie et Fanny discutent longuement avec lui, auscultent ses blessures au visage, il aurait déjà fait deux crises ce soir. Les pom-

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piers sont appelés, Julien est emmené aux urgences.

Offrir aussi, l’espace de quelques instants, une écoute, une attention et du réconfort 21 h 00 2e rendez-vous

Le camion se dirige vers la place Saint-Sever. Un sans-abri les attend. Il a mal à la gorge, mais ce soir il vient pour son vaccin contre la grippe. La semaine dernière, il en a parlé à Laure-Élodie, qui le prévient alors des effets secondaires : fatigue, fièvre, courbatures. Il repartira vacciné et avec un spray pour la gorge. Michèle, quant à elle, a très mal aux dents. « Je connais bien Médecins du Monde, on prend soin de moi. »

21 h 45 La gare de Rouen

Robert a des brûlures d’estomac. Rachid un début de bronchite. L’équipe attend un homme signalé malade, pâle et très

faible. Il ne viendra pas. Mais Jean arrive. C’est une figure de Rouen. Avec son éternelle couverture sur le dos, il est bien connu des habitués de la gare. Il monte dans le camion, trouve une oreille attentive auprès de Fanny, qui lui proposera des soins. Il aime cette parenthèse de chaleur que lui donne l’équipe de Médecins du Monde.

22 h 45 Fin de la maraude

Le camion est nettoyé, les fiches médicales sont remplies, l’équipe se donne rendez-vous dans deux jours. Ce soir, une quinzaine de personnes sont venues se faire soigner. L’objectif de la maraude Soins Pour Tous de Médecins du Monde à Rouen n’est pas juste de prendre la tension avant de repartir. Elle va audevant de ces personnes précaires ayant des difficultés d’accès aux soins et leur offre aussi, l’espace de quelques instants, une écoute, une attention et du réconfort. n Dorothée De Coux

*Selon une étude de l’Insee juillet 2013.


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EN BREF…

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Entre 35 000 et 40 000 personnes vivraient dans les 400 ghettos de Monrovia, la capitale du Liberia. Ex-enfants soldats non réinsérés, anciennes victimes du conflit (orphelins…), participants à l’exode rural se retrouvent dans des conditions très difficiles, sans eau ni électricité, avec des problèmes d’hygiène, d’addictions qui entraînent de nombreuses maladies. Face à

ce dénuement humain, les autorités sont désarmées car elles manquent de moyens. Médecins du Monde démarre un programme d’amélioration de l’accès aux soins dans les ghettos les plus importants avec des cliniques mobiles qui font également du soutien psychosocial, en partenariat avec une association locale, LUANDA (Liberians United Against Drug Abuse). n

RDC / Violences liées au genre  

birmanie / MdM au Women’s forum

© Véronique Burger / Phanie

Fin décembre, le programme de santé mentale communautaire et de lutte contre les violences liées au genre dans la région du Nord-Kivu a passé le relais avec succès. 235 conseillères psychosociales issues des communautés ont été formées, 26 structures de la société civile ont été accompagnées et le Centre des acteurs engagés contre les violences sexuelles (CAEVS) a été créé pour que les conseillères et les associations se réunissent et renforcent leur positionnement dans ce combat. Médecins du Monde ne souhaite pas quitter le Nord-Kivu et envisage une évolution du programme pour englober toutes les violences liées au conflit. n

Médecins du Monde était invité au Women’s forum des 6 et 7 décembre en Birmanie. Présente depuis 1995 dans le pays, l’association est connue et reconnue pour ses programmes. « Nous sommes déjà dans le renforcement de la société civile birmane, nous nous intégrons

parfaitement dans la transition qui s’ébauche », se réjouit Françoise Sivignon, vice-présidente de MdM. Les discussions sur la santé ont porté sur la décentralisation du système de santé avec des programmes non plus verticaux (uniquement sur le VIH, le paludisme…) mais inté-

grés, particulièrement au niveau communautaire avec un volet prévention très important. n

MALI / 20 ans d’action E n 1 9 9 3 , u n e p re m i è re équipe de chirurgiens débarquait à Mopti, au Mali, pour prendre en charge médicalement et psychologiquement, les femmes atteintes de fistules obstétricales. Vingt ans plus tard, des chirurgiens maliens ont été formés et sont capables d’opérer même les cas complexes. Le volet psychosocial a été repris par

bulgarie / Redéfinition du programme © Gaëlle Girbes

© DR/MdM

© Valérie Dupont

Liberia / Dans les ghettos de Monrovia

Après avoir travaillé avec la communauté rom de Nadezhda, MdM recentre son programme sur la santé sexuelle et reproductive (SSR) et ouvre son accès à toute la population précaire de Sliven. La mairie a mis à disposition un local que MdM a réhabilité en centre de planification familiale pour lutter contre les grossesses non désirées, très fréquentes. Des groupes de

une ONG malienne, Iamaneh, qui soutient les femmes victimes de fistules obstétricales e t l e s a i d e à s e ré i n s é re r. Médecins du Monde se retire donc de cette mission historique, poursuivie par différents acteurs de la société civile. n



Retrouvez tous nos programmes sur www.medecinsdumonde.org

parole et de sensibilisation y ont lieu et une infirmière assurera des référencements vers des praticiens qui recevront gratuitement les femmes. En Bulgarie, où les indicateurs en santé sexuelle et reproductive sont parmi les plus mauvais de l’Union européenne, MdM va porter un plaidoyer pour un meilleur accès aux soins de SSR avec l’association bulgare de planning familial. n N° 114 | Mars/Avril/Mai 2014


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RENDEZ-VOUS / LA VIE DE L’ASSOCIATION…

organisation interne

MdM change de directeur © DR/MdM

Olivier Lebel a succédé il y a quelques mois à Pierre Salignon comme directeur général de l’association. Retour sur ses motivations et ses missions.

O

livier Lebel a pris la direction générale de Médecins du Monde le 4 novembre dernier après cinq ans comme DGA puis DG de la CroixRouge française. « Ce qui m’attire chez MdM, c’est son modèle associatif ancré dans la société civile à travers ses bénévoles, sa double présence en France et à l’étranger et sa volonté d’être acteur de changement social. » Le conseil d’administration lui a confié deux priorités : d’une part, aider à la refonte du projet associatif et mettre en place un plan stratégique et, d’autre part, contribuer

à la structuration et au développement du réseau international (les 14 associations Médecins du Monde à travers le monde). Au-delà de ces missions, Olivier Lebel veut renforcer le rôle d’acteur de changement social de l’ONG. « Nous sommes là pour changer le monde, pas pour le sauver ! Je préfère apprendre à un homme à pêcher que de lui donner un poisson. Nous ne sommes pas là pour multiplier les actions de terrain à l’identique mais plutôt pour expérimenter des actions nouvelles, démontrer qu’elles fonctionnent et les transmettre à d’autres. C’est ce qui fait l’originalité et la force de Médecins du Monde. » n

Partenariat

La Fondation Optic 2000 soutient les Caso

MÉDECINS DU MONDE - LE JOURNAL DESTINÉ AUX DONATEURS

l’atelier centralisé. Celles-ci sont faites sur mesure et envoyées une dizaine de jours plus tard. Pour les Caso de Paris, Marseille,

Nice, qui délivrent chaque année plus de 1 500 consultations optiques, c’est une aide d’une grande facilité d’utilisation. n © Raphaël Blasselle

D

epuis 1986, Médecins du Monde reçoit dans ses Centres d’accueil, de soins et d’orientation (Caso), des personnes en situation de précarité. Le centre propose des consultations médicales et sociales à toutes les personnes ne pouvant accéder aux soins, quelles qu’en soient les raisons. Dans certains centres, des consultations ophtal­mologie-optique sont proposées, et reçoivent des personnes ne pouvant acheter une paire de lunettes en raison de difficultés financières. Le groupe Optic 2000 a créé en 2009 la fondation d’entreprise Groupe Optic 2000, qui a pour vocation de développer des

actions autour de la vue et de l’audition et de pérenniser les opérations déjà menées en matière de recherche, de solidarité et de basse vision. La fondation agit notamment en Afrique (formation du personnel et fourniture d’équipements de vue). C’est tout naturellement qu’elle a souhaité soutenir les activités ophtalmologiques de Médecins du Monde. Ainsi, depuis 2008, la fondation Optic 2000 fournit jusqu’à 1 000 équipements optiques (2 000 verres et 1 000 montures) chaque année à Médecins du Monde. Ces équipements sont fabriqués dans l’atelier centralisé du groupe, celui où sont faites les fameuses « deuxièmes paires » de l’offre commerciale de l’enseigne. Le Caso commande les lunettes à


RENCONTRE

11 © Christophe Gargot

Comité des donateurs

au contact de la précarité à Bordeaux

D © DR/MdM

ébut novembre, le comité des donateurs a effectué une visite à Bordeaux. D’abord pour faire un point général avec la délégation Aquitaine (150 bénévoles) et ses missions. Ensuite, pour témoigner du bon fonctionnement du Caso de Bordeaux. Et enfin, pour visiter deux sites de la mission Roms en Aquitaine : les squats de Schinazi et de Floirac. Ce jour-là, la salle d’attente est bondée et l’équipe affronte l’affluence avec convivialité et pro-

fessionnalisme. Une permanence de la CPAM est ouverte sur place et facilite l’ouverture des droits. Puis, avec la responsable de la mission et une interprète, nous visitons le bidonville de Schinazi. Sans eau potable, les conditions d’hygiène y sont précaires mais l’intérieur est bien tenu. Nous rencontrons une femme de 50 ans sortant d’une hospitalisation de quatre jours, soulagée de voir les bénévoles de Médecins du Monde lui expliquer le suivi de son traitement. L’interprète se révèle ici indispensable. à Floirac, la communauté rom est installée dans un ancien complexe de vente de mobilier. L’électricité vient d’être rétablie dans des conditions précaires, mais l’eau est coupée. Le contact avec l’équipe est excellent et chacun confie ses problèmes et ses joies. Une famille vient d’obtenir un logement et un jeune homme du travail. Noël approche et un espace décoré lui est déjà dédié.

Joël Weiler

La Centrafrique, entre urgence et long terme Responsable de la cellule urgence de Médecins du Monde, Joël Weiler s’est rendu auprès des équipes de MdM à Bangui, la capitale centrafricaine. Malgré un relatif retour au calme, il témoigne de l’urgence des besoins de la population mais également des défis structurels d’un pays où tout reste à construire.

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Bernard HADJADJ et Paule CHAMPETIER DE RIBES

Retrouvez les rapports complets du comité des donateurs sur le site de l’association.

question de donateurs La journée des donateurs, c’est quoi ? Le Comité des donateurs de Médecins du Monde, qui vous représente dans les instances dirigeantes de l’association, organise régulièrement, à Paris

ou en région, des « journées des donateurs ». Leur objectif est de rendre compte de nos actions en présentant nos modes d’intervention, nos axes stratégiques, nos choix politiques ou financiers. Bien entendu, ces journées sont surtout des lieux d’échange conviviaux entre l’association et ceux qui la soutiennent. Il y a donc une large place donnée à la parole du public et des interlocuteurs pertinents pour répondre à toutes vos questions. La prochaine aura lieu le 5 avril après-midi à Paris au siège de l’association.

Quelle situation avez-vous pu constater en RCA ? J.W. : La situation reste tendue dans Bangui, la capitale. Dans le reste du pays, très instable et difficile d’accès, cela est dur à déterminer. La situation paraît cependant alarmante. Comment MdM fait face à cette situation d’urgence ? J.W. : Depuis août 2013, nous appuyons nos partenaires locaux dans trois structures sanitaires de premier niveau sur Bangui. En décembre, lors de l’aggravation du conflit, 500 000 personnes ont dû se réfugier dans différents sites de la capitale. Nous appuyons quatre de ces sites accueillant environ 90 000 déplacés. Pour répondre à l’urgence, MdM a focalisé ses actions sur l’appui aux soins de

santé primaires. Des campagnes de vaccination contre la rougeole et la polio et des distributions de médicaments ont aussi été organisées. MdM développe également des activités de moyen et long terme pour répondre aux besoins structurels du pays, à l’exemple de l’hôpital de Bégoua, dans la périphérie de Bangui. Ce site représente un enjeu majeur de santé et de tolérance pour nous et les différentes communautés venant s’y faire soigner. Dans quel état d’esprit se trouve la population ? J.W. : Cela varie d’un site à l’autre. Beaucoup de sites n’ont pas été organisés et s’apparentent plus à des regroupements de population qu’à des camps de déplacés. Les populations sont exaspérées. Il n’y a ni douches ni sanitaires. Le minimum vital n’est pas assuré, ce qui, à terme, peut conduire à une réelle montée des ­tensions. n Propos recueillis par Marion Leconte N° 114 | Mars/Avril/Mai 2014


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médias

« Supercondriaque » : Kad Merad bénévole pour MdM Médecins du Monde est à l’affiche du dernier film de Dany Boon. Une autre manière de communiquer et de faire connaître notre association.

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D © DR

ans son film, Supercondriaque, sorti le 26 février, Dany Boon a choisi Médecins du Monde comme association venant en aide aux migrants arrivant en France. Kad Merad y joue un médecin bénévole, comme sa sœur à l’écran, Alice Pol. Ne pouvant utiliser l’image de Médecins du Monde sans notre accord, la production nous a contacté il y a plusieurs mois pour nous soumettre le scénario et la séquence où l’association apparaît. Le film illustrant une solidarité souriante, nous avons accepté de figurer dans Supercondriaque. MdM a donc

fourni gilets, logo et divers équipements aux acteurs. Supercondriaque est l’histoire de deux hommes, Romain (Dany Boon), hypocondriaque, et Dimitri (Kad Merad), son médecin traitant et seul ami. Ce dernier espère guérir le malade en lui faisant rencontrer la femme de sa vie. Ou au moins lui faire prendre du recul et conscience qu’il exagère en l’emmenant là où il fait du bénévolat pour Médecins du Monde. à partir de là, l’histoire bascule et Romain se retrouve dans des situations ubuesques. à travers ce film drôle et divertissant, nous espérons aiguiser la curiosité des spectateurs et les encourager à s’informer sur nos actions, en France comme à l’étranger. n Supercondriaque, un film de Dany Boon, sorti le 26 février.

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Journal Médecins du Monde - Numéro 114