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RÉTROSPECTIVE

CINEMA

LITUANIEN CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

DU 15 AU 28 JANVIER 2018

LITHUANIAN FILM CENTRE


RÉTROSPECTIVE

CINEMA LITUANIEN CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE DU 15 AU 28 JANVIER 2018

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PARTENAIRES:

Lietuvos Respublikos ambasada Prancūzijos Respublikoje

EDITION ET RELECTURE DES TEXTES EN FRANÇAIS: Marielle Vitureau TRADUCTION: Caroline Goldie, Jūratė Terleckaitė EDITION: Dalia Nakutytė CONCEPTION ET MAQUETTE: Dovilė Alseikaitė PHOTOGRAPHIES DE COUVERTURE: Rimvydas Strikauskas Scènes du film La fiancée du diable (Velnio nuotaka) de Arūnas Žebriūnas. Archives du musée lituanien du théâtre, de la musique et du cinéma.

IMPRESSION: Imprimé par

www.kopa.eu

© LITHUANIAN FILM CENTRE, 2018 www.lkc.lt/en @LietuvosKinoCentras, @lithuanianfilms

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CONTENU INTRODUCTION

DE LÀ, DE LITUANIE, D’AILLEURS

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PROGRAMME

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LES JOURNAUX FILMÉS DE JONAS MEKAS

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RÉTROSPECTIVE DES FILMS DE JONAS MEKAS

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LES FILMS DE SHARUNAS BARTAS

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RÉTROSPECTIVE DES FILMS DE SHARUNAS BARTAS

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COURTS MÉTRAGES DOCUMENTAIRES DES ANNÉES 90

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LONGS MÉTRAGES CONTEMPORAINS

54

COURTS MÉTRAGES CONTEMPORAINS

68

COURTS MÉTRAGES D‘ANIMATION

79

CLASSIQUES LITUANIENS

90

FAITS ET CHIFFRES SUR LE CINÉMA EN LITUANIE

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INCITATION FISCALE POUR LA PRODUCTION CINÉMATOGRAPHIQUE EN LITUANIE

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PROGRAMME DE LA COMMÉMORATION DU CENTENAIRE DU RÉTABLISSEMENT DE L’ÉTAT LITUANIEN EN 2018 EN FRANCE 3


INTRODUCTION Le programme de la rétrospective du cinéma lituanien de la Cinémathèque française est l’un des plus grands projets cinématographiques présentés en Europe par la Lituanie. Il inaugurera un cycle d’événements en France en 2018 pour marquer le 100e anniversaire de la restauration de l’Etat de Lituanie. Du 15 au 28 janvier, ce qui est probablement le plus grand programme cinématographique lituanien de ces dernières années, présentant des cinéastes de diverses générations tout comme des genres et des styles très différents, sera présenté à la communauté cinématographique française. La rétrospective du cinéma lituanien de la Cinémathèque française se compose de courts métrages documentaires des années 90, de courts métrages d’animation et de classiques de ce pays balte. Ce sont en tout plus de 30 films représentant le cinéma lituanien. Une attention particulière est accordée dans le programme aux films réalisés par des cinéastes lituaniens de renommée internationale, comme Jonas Mekas et Sharunas Bartas. Il faut retenir que le célèbre cinéaste lituanien Jonas Mekas, occupant une place distinguée dans le cinéma d’avantgarde américain, a lui-même sélectionné ses films pour la rétrospective et participera à leur présentation à Paris. La présentation de ce programme cinématographique lituanien sera l’occasion d’organiser la première française du long métrage le plus récent de Sharunas Bartas Le givre (Šerkšnas). « La présentation de ces films à la communauté cinématographique française est une réalisation majeure et une reconnaissance du cinéma lituanien. Nous sommes emplis de gratitude pour cette opportunité. Travailler avec des spécialistes de la programmation à la Cinémathèque a permis de jeter 4


un regard différent sur notre cinéma. La rétrospective couvre plusieurs générations d’artistes, différents styles et genres. Nous sommes heureux de lancer ainsi cette année commémorative du centenaire de la Lituanie »  a déclaré Rolandas Kvietkauskas, directeur du centre du cinéma lituanien. « Je ne doute pas que cette coopération entre le centre du cinéma lituanien et la Cinémathèque française ne se développe en relations durables et permette à la plupart des réalisateurs de présenter leur travail dans cette institution culturelle de renommée mondiale. Il est important que précisément le cinéma lance le cycle des événements culturels unissant tous les domaines artistiques pour le centenaire de la Lituanie. Il mettra en lumière les réalisations des artistes lituaniens auprès de la communauté culturelle française et présentera notre pays riche de traditions artistiques exceptionnelles, pays prolifique en production artistique et soucieux de promouvoir la vie culturelle » a déclaré Vida Gražienė, attachée culturelle de la République de Lituanie en France et à l’initiative de ce projet. Nous vous souhaitons de passer d’agréables moments dans les salles obscures ! Le programme est organisé par le centre du cinéma lituanien en coopération avec l’ambassade de la République de Lituanie en France.

Lietuvos Respublikos ambasada Prancūzijos Respublikoje

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DE LAÀ, DE LITUANIE, D’AILLEURS Par Arnaud Hée

Histoire et panorama de la cinématographie lituanienne, production surprenante et mal connue, sauf jusqu’à présent deux grandes figures du cinéma moderne et contemporain : Sharunas Bartas (avant-première de Le givre (Šerkšnas)) et Jonas Mekas, tous deux présents à la Cinémathèque à l’occasion de cette rétrospective.

Au début, tout a semblé se dérouler « normalement » en Lituanie : le 3 juillet 1897, l‘invention des frères Lumière se trouve à Vilnius (alors dans l‘Empire russe) pour une projection. Mais la trajectoire ne sera pas du tout rectiligne, loin de là. La jeune nation lituanienne de l‘entre-deux-guerres (1918-1940) ne vit pas se former une industrie, qui s‘ébauchera seulement après-guerre, sous tutelle soviétique. Dans un premier temps, le Studio de cinéma lituanien consiste avant tout à produire, comme ailleurs en URSS stalinienne, un réalisme socialiste plus ou moins coloré localement. Il existe toutefois un cinéma lituanien bien avant la proclamation de l‘indépendance, le 11 mars 1990 – le frondeur État balte étant la toute première des républiques d‘Union soviétique à s‘affranchir de la tutelle de Moscou.

UN EXILÉ Il est tentant de partir de cette contradiction : le cinéma lituanien a pour plus grand représentant et doyen la figure centrale de l‘underground américain. Jonas Mekas acheta « sa » Bolex une semaine après avoir débarqué à New York en 1949, naissant alors au cinéma après être né en Lituanie en 1922, et traversé les tourments de l‘Histoire, avant l‘exil. Si Tandis que j‘avançais, de brefs éclairs de beauté m‘apparaissaient de temps en temps (As I Was Moving Ahead Occasionally I Saw Brief Glimpses of Beauty, 2000) n‘est pas son film le plus « lituanien », il concentre toutefois l‘idée d‘un travail au présent en compagnie du temps écoulé, ce que 6


Réminiscences d‘un voyage en Lituanie (Reminiscences of a Journey to Lithuania) de Jonas Mekas, 1971–1972

formalise Mekas en parlant parfois dans un micro alors qu‘il est en train de monter un matériau accumulé entre 1970 et 1999. Cette cohabitation des temporalités mais aussi des espaces structure en profondeur son œuvre, où l‘on est souvent dans un ailleurs subjectif en étant pourtant bien ici (Perdu perdu perdu (Lost Lost Lost) en 1976, La Lituanie et l‘effondrement de l‘URSS (Lithuania and the Collapse of the USSR) en 2008), déjà dans le souvenir et la mémoire tout en saisissant du présent (Réminiscences d‘un voyage en Lituanie (Reminiscences of a Journey to Lithuania) en 1972). Une tension et une contradiction exprimées par le cinéaste lui-même en ces termes limpides : « [...] je n’appartiens qu’à un lieu, qu’à ce lieu que fut mon enfance et qui s’en est allé pour toujours1. »

ÉMERGENCE L‘émergence au cours des années 1960 d‘un cinéma lituanien est considérée comme soudaine. Elle est portée par une génération dont de nombreux membres ont été formés au VGIK (NDLT : Institut national cinématographique russe) à Moscou avant de revenir « au pays » pour travailler au sein du Studio national : Almantas Grikevičius, Raimondas Vabalas, Algirdas Dausa... Ces films se distinguent par leur visée poétique, le recours à la métaphore et au symbolisme dans des mises en scène amples et ambitieuses, virtuoses et lyriques, s‘appuyant sur des commentaires 1 Jonas Mekas, Ciné-Journal, un nouveau cinéma américain (1959-1971), Paris Expérimental, 1992. 7


sonores et musicaux sophistiqués. Les sentiments (Jausmai, Algirdas Dausa et Almantas Grikevičius, 1968) ou La Belle (Gražuolė, Arūnas Žebriūnas, 1969) représentent bien cette veine qui fait aussi la part belle à l‘introspection, comme s‘il s‘agissait de percer le secret des âmes. On retrouve ce sens de l‘introspection dans Sadūto Tūto (1974), où Almantas Grikevičius interroge l‘anticonformisme dans un contexte où il vaut mieux ne pas l‘être. Le ton est aussi plus nonchalant, parfois franchement badin, prenant place dans une forme énergique et un montage dynamique. Les années 1970 voient aussi surgir un film historique du cinéma lituanien : La fiancée du diable (Velnio nuotaka, 1974). Arūnas Žebriūnas se trouve aux commandes de cette curieuse – euphémisme ! – comédie musicale bariolée aussi bien inspirée par le folklore que par les seventies « endiablées » – il s‘agit du récit d‘un règne satanique terrestre particulièrement licencieux.

La fiancée du diable (Velnio nuotaka) de Arūnas Žebriūnas, 1974. Archives du musée lituanien du théâtre, de la musique et du cinéma. Photographie de Rimvydas Strikauskas.

DES APPELS D‘AIR Alors que le vent du changement se précise à la fin des années 1980, le cinéma reçoit, logiquement, cet appel d‘air. Les enfants de l‘hôtel « America » (Vaikai iš „Amerikos“ viešbučio, 1990) de Raimundas Banionis fait à cet égard figure d‘étendard. En ancrant le récit en 1972 à Kaunas, il se réfère à l‘immolation cette année-là et dans cette ville de Romas Kalanta, un geste sacrificiel de révolte comparable à celui de Jan Palach effectué à Prague en 1968. Considéré comme l‘acte de naissance du cinéma indépendant (même s‘il reste produit par le studio national), ce film met en scène une jeunesse rebelle dont les yeux et les oreilles sont dressés vers l‘autre côté du rideau de fer. 8


Une dynamique cinématographique se noue donc à la fin des années 1980, avec le rôle central du Studija Kinema, structure de production indépendante fondée en 1989. La forme documentaire y tient une place importante : Audrius Stonys (La terre des aveugles (Neregių žemė), Antigravité (Antigravitacija)), Arūnas Matelis (Dix minutes avant le vol d‘Icare (Dešimt minučių prieš Ikaro skrydį)), Sharunas Bartas (En mémoire d’un jour passé (Praėjusios dienos atminimui)). S‘avançant comme des méditations sur la condition humaine, ces films marquent par leur somptueuse plasticité; on est aussi frappé par le mutisme, par la fragilité des êtres filmés (aveugles, marginaux, handicapés), leur présence au monde singulière et poétique. Fondateur du Studija Kinema, Bartas est le représentant le plus identifié de cette génération, en raison de la reconnaissance festivalière et critique dont il jouit depuis les années 1990. De Trois jours (Trys dienos, 1991) jusqu‘à Le givre (Šerkšnas, 2017) en passant notamment par Corridor (Koridorius, 1994), il tisse avec exigence une œuvre magnétique qui fait dialoguer visages et paysages. Représentant d‘une veine cinématographique qui ne (se) met pas en mot, Bartas travaille en laborantin, avec une foi immense, à l‘agencement des images et des sons – il est assurément l‘un des grands cinéastes sonores, ayant inspiré par exemple l‘Ukrainien Sergei Loznitsa.

L‘été de Sangailė (Sangailės vasara) de Alantė Kavaitė, 2015

Ce programme permet de constater que les productions lituaniennes les plus récentes suivent des voies multiples – peu de choses communes, par exemple, entre Pour toujours ensemble (Amžinai kartu de Lina Lužytė, 2016) et L‘été de Sangailė (Sangailės vasara de Alantė Kavaitė, 2015). Mais si le premier formule un diagnostic social à travers la sphère familiale, le second reste profondément marqué par une forme et un imaginaire poétiques, dont la vision et l‘écoute offrent des expériences sensorielles.

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PROGRAMME DU 15 AU 28 JANVIER 2018

LUNDI 15 JANVIER 2018 SALLE HENRI LANGLOIS

20h00 Le givre (Šerkšnas) de Sharunas Bartas, 2017, 120‘ Lancement de la rétrospective présentée par Sharunas Bartas. Avant-première privée. Places réservées pour les abonnés Libre Pass.

MERCREDI 17 JANVIER 2018 SALLE JEAN EPSTEIN

19h00 Trois jours (Trys dienos) de Sharunas Bartas, 1991, 75’

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20h45 Les sentiments (Jausmai) de Almantas Grikevičius, Algirdas Dausa, 1968, 90’


JEUDI 18 JANVIER 2018 SALLE JEAN EPSTEIN

19h00 Mariupolis de Mantas Kvedaravičius, 2016, 90’

21h00 Sadūto Tūto de Almantas Grikevičius, 1974, 78’

VENDREDI 19 JANVIER 2018 SALLE JEAN EPSTEIN

19h30 | Courts métrages documentaires des années 90 La terre des aveugles (Neregių žemė) de Audrius Stonys, 1992, 24’

Dix minutes avant le vol d’Icare (Dešimt minučių prieš Ikaro skrydį) de Arūnas Matelis, 1990, 10’ En mémoire d’un jour passé (Praėjusios dienos atminimui) de Sharunas Bartas, 1990, 40’

Antigravité (Antigravitacija) de Audrius Stonys, 1995, 20’ Dialogue avec Sharunas Bartas, Audrius Stonys et Arūnas Matelis (50 min.). Au cours des années qui ont suivi l’indépendance, une nouvelle génération de réalisateurs lituaniens pose au cinéma la question de l’identité (collective, individuelle) au sein d’un monde changeant. Rencontre animée par Arnaud Hée. Arnaud Hée est critique de cinéma (Études, Bref, Images documentaires, Critikat), membre du comité de sélection du festival Cinéma du réel et enseignant à la Fémis. 11


SAMEDI 20 JANVIER 2018 SALLE JEAN EPSTEIN

15h00 La Belle (Gražuolė) de Arūnas Žebriūnas, 1969, 66’

19h30 Corridor (Koridorius) de Sharunas Bartas, 1994, 85’

Séance présentée par Alantė Kavaitė.

21h15 Les enfants de l’hôtel « America » (Vaikai iš „Amerikos“ viešbučio) de Raimundas Banionis, 1990, 89’

DIMANCHE 21 JANVIER 2018 SALLE JEAN EPSTEIN

18h00 Tourbillon (Duburys) de Gytis Lukšas, 2009, 140’

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20h45 La fiancée du diable (Velnio nuotaka) de Arūnas Žebriūnas, 1974, 78’


LUNDI 22 JANVIER 2018 SALLE JEAN EPSTEIN 19h00 L’été de Sangailė (Sangailės vasara) de Alantė Kavaitė, 2015, 88’ Séance suivie d’une discussion avec Alantė Kavaitė.

MERCREDI 24 JANVIER 2018 SALLE GEORGES FRANJU

15h00 Le balcon (Balkonas) de Giedrė Beinoriūtė, 2008, 48’

SALLE JEAN EPSTEIN

19h00 | Courts métrages contemporains Je ne suis pas d’ici (Aš čia tik svečias) de Giedrė Žickytė, Maite Alberdi, 2016, 26’ Le chameau (Kupranugaris) de Laurynas Bareiša, 2016, 14’ Le tapageur (Triukšmadarys) de Karolis Kaupinis, 2014, 15’ Notre père (Tėve mūsų) de Marius Ivaškevičius, 2010, 28’ De retour (Namo) de Gabrielė Urbonaitė, 2016, 20’

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20h45 Pour toujours ensemble (Amžinai kartu) de Lina Lužytė, 2016, 88’

JEUDI 25 JANVIER 2018 SALLE JEAN EPSTEIN

19h30 | Courts métrages d’animation La culpabilité (Kaltė) de Reda Tomingas, 2013, 6’ Les bois (Miškas) de Ignas Meilūnas, 2015, 12’ La chute (Nuopolis) de Urtė Oettinger, Johan Oettinger, 2016, 8’ Grand-père et grand-mère (Gyveno senelis ir bobutė) de Giedrė Beinoriūtė, 2007, 28’ Terminus : la Lune (Paskutinė stotelė – Mėnulis) de Birutė Sodeikaitė, 2017, 9’ 21h30 Quelques-uns d’entre nous (Mūsų nedaug) de Sharunas Bartas, 1996, 105’

VENDREDI 26 JANVIER 2018 SALLE GEORGES FRANJU 18h45 Tandis que j’avançais, de brefs éclairs de beauté m’apparaissaient de temps en temps (As I Was Moving Ahead Occasionally I Saw Brief Glimpses of Beauty) de Jonas Mekas, 2000, 288’ Séance présentée par Jonas Mekas. 14


SAMEDI 27 JANVIER 2018 SALLE HENRI LANGLOIS 15h00 Réminiscences d’un voyage en Lituanie (Reminiscences of a Journey to Lithuania) de Jonas Mekas, 1971–1972, 82’

Dialogue avec Jonas Mekas (60 min.). « Ce film, c’était d’abord pour moi-même... Mes amis à New York me demandaient toujours d’où je venais, comment était mon pays. J’ai fait ce film aussi pour leur montrer. » (Jonas Mekas) Rencontre animée par Patrice Rollet et Caroline Maleville. Patrice Rollet est membre du comité de rédaction de la revue Trafic. Caroline Maleville est responsable de programmation à la Cinémathèque française.

SALLE GEORGES FRANJU 20h00 Perdu perdu perdu (Lost Lost Lost) de Jonas Mekas, 1976, 178’

DIMANCHE 28 JANVIER 2018 SALLE GEORGES FRANJU

14h30 La Lituanie et l’effondrement de l’URSS (Lithuania and the Collapse of the USSR) de Jonas Mekas, 2008, 289‘ Projection gratuite en continu.

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Les journaux filmeés de JONAS MEKAS Par Maksim Ivanov

Né en 1922, Jonas Mekas, maintenant âgé de 95 ans, est l‘un des cinéastes les plus âgés au monde. Il reste un fervent pratiquant du genre qu‘il a créé dans la deuxième moitié du 20e siècle : le « journal intime filmé ». Ses films ont été projetés lors de festivals de cinéma et d‘expositions d‘art contemporain parmi les plus renommés au monde, et Mekas est considéré comme l‘un des pionniers du New American Cinema des années 60, qui a eu une influence sur le cinéma expérimental de l‘époque à l‘échelle internationale. Né dans un petit village agricole de Lituanie, cinquième enfant d‘une fratrie de six, Mekas quitte son pays avec son frère cadet, Adolfas, en 1944 : les deux frères craignent d‘être arrêtés pour leur participation au mouvement de résistance antinazie. Ils n‘atteindront pas leur destination et passeront plusieurs années dans des camps de déplacés en Allemagne, avant d‘atterrir aux Etats-Unis en 1949. Deux semaines après son arrivée à New-York, Jonas achète sa première Bolex et entreprend de filmer des petits moments de sa vie quotidienne. Au départ, ce n‘est pour lui qu‘un moyen de se familiariser avec la caméra, puis de pratiquer pour ne pas perdre de la main : il n‘a nulle intention de faire un film des images recueillies. Il ne sait pas encore, à l‘époque, qu‘il conservera toute sa vie cette habitude de filmer le quotidien. D‘abord critique vis-à-vis du cinéma expérimental, il en est pourtant l‘une des figures de proue au milieu des années 60. Ses qualités de meneur et son sens de l‘organisation permettent au cinéma underground de se développer et de devenir totalement indépendant du réseau tentaculaire de studios, de chaines de salles et d‘entreprises de distribution d‘Hollywood. 16


En 1954, Jonas et son frère lancent l‘influente revue Film Culture, qui deviendra le principal lieu d‘échanges des cinéastes underground et de leurs adeptes. En 1962, il met en place, avec vingt collègues cinéastes, la FilmMaker‘s Cooperative, une coopérative de distribution de films expérimentaux. Entre 1964 et 1967, il organise plusieurs festivals et expositions sur le New American Cinema qui voyagent aux USA, en Europe et en Amérique du Sud. En 1970, il fonde l‘Anthology Film Archives, un lieu unique en son genre de projection, d‘étude et de conservation de films indépendants et expérimentaux. L‘année 1961 est celle du premier long métrage de Mekas, Les armes des arbres (Guns of the Trees). Fait notable, ce film présente non seulement une intrigue et des acteurs, mais également des interludes du légendaire poète de la Beat Generation, Allen Ginsberg. En 1964, c‘est la sortie de La taule (The Brig), dans lequel Mekas enregistre en direct une représentation de la pièce du même nom par la troupe Living Theatre. Le film remporte le grand prix du documentaire à la Mostra de Venise.

Perdu perdu perdu (Lost Lost Lost), 1976

Mekas réalise son premier journal filmé, le métrage de trois heures Walden : Journaux intimes, notes et croquis (Walden: Diaries, Notes & Sketches), après qu‘un incendie dans son appartement a manqué d‘emporter deux décennies de bobines. Dès lors, Mekas se consacrera presque exclusivement aux journaux filmés. 17


Son journal filmé suivant, le tendre Réminiscences d‘un voyage en Lituanie (Reminiscences of a Journey to Lithuania, 1971–1972), nous montre les retrouvailles d‘Adolfas et Jonas avec leur famille, qu‘ils n‘avaient pas vue depuis 27 ans. En 2006, il a été ajouté au registre national du film (National Film Registry) de la bibliothèque du Congrès américain pour son importance culturelle, esthétique et historique. Parmi ses journaux filmés les plus remarquables, notons Perdu perdu perdu (Lost, Lost, Lost, 1976), Debout dans un désert, il compte les secondes de sa vie (He Stands in a Desert Counting the Seconds of His Life, 1985), scènes de la vie d‘Andy Warhol (Scenes from the Life of Andy Warhol, 1990), Zefiro Torna, ou scènes de la vie de George Maciunas (Zefiro Torna or Scenes from the Life of George Maciunas, 1992) et Tandis que j‘avançais, de brefs éclairs de beauté m‘apparaissaient de temps en temps (As I Was Moving Ahead Occasionally I Saw Brief Glimpses of Beauty, 2000). Les œuvres de Mekas, pourtant centrées sur un sujet, un groupe de personnes ou une série d‘événements en particulier, contiennent des images très diverses s‘étalant des premiers jours du cinéaste aux Etats-Unis jusqu‘au moment du montage. Pour autant, l‘accent est presque toujours mis sur le cercle soudé de sa famille, de ses amis et de ses confrères artistes et cinéastes.

Tandis que j’avançais, de brefs éclairs de beauté m’apparaissaient de temps en temps (As I Was Moving Ahead Occasionally I Saw Brief Glimpses of Beauty), 2000

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Ses premiers films sont en général composés d‘images muettes, que viennent accompagner des sons enregistrés à d‘autres moments, des morceaux de musique et des commentaires du réalisateur en voix-off. Dans ses films plus


récents, la bande-son est généralement synchronisée, mais elle cède parfois la place à des commentaires en voix-off. Mekas fait également régulièrement usage d‘intertitres, qui viennent séparer une séquence de la suivante en annonçant leur thèmes respectifs. Le commentaire en voix off, que l‘on retrouve au fil de l‘œuvre de Mekas, a généralement un caractère introspectif : le cinéaste interroge l‘activitémême de faire un film sur les personnes qu‘il aime et sur des époques à jamais révolues. Dans ce contexte, l‘acte de création d‘un film apparait comme une manière d‘échapper au temps qui passe et de conserver le passé. Cette approche du cinéma culmine en 2007, avec le projet « 365 jours » : Mekas décide de poster une vidéo par jour sur son site Internet pendant une année entière. L‘indépendance de la Lituanie en 1990 donne à Mekas l‘opportunité de prendre part à la vie culturelle de son pays natal, opportunité qu‘il saisit à pleines mains. Dans les années 90 et 2000, il participe à faire connaitre l‘œuvre de l‘artiste américain d‘origine lituanienne George Maciunas, le fondateur du mouvement (NDLT : d‘art contemporain) Fluxus. En 2007, le Centre des arts visuels Jonas Mekas ouvre ses portes à Vilnius. Mekas a aussi participé aux activités du « ministère Fluxus » , un projet artistique d‘un an qui a débuté à Vilnius en avril 2010. A côté de cela, il a fait publier en Lituanie plusieurs recueils de poésie, ainsi que des essais, son journal de rêves des années 70 et un livre sur George Maciunas, Yoko Ono et John Lennon. Parmi les films de Mekas les plus récents, notons La Lituanie et l‘effondrement de l‘URSS (Lithuania and the Collapse of the USSR, 2008), un film de cinq heures composé d‘extraits de JT américains diffusés entre 1989 et 1991, que Mekas a filmés sur son écran de télévision, ainsi que les plus traditionnels journaux filmés Histoires de nuits blanches (Sleepless Nights Stories, 2001, diffusé en avant-première à la Berlinale) et Scènes coupées de la vie d‘un homme heureux (Out-takes from the Life of a Happy Man, 2012). Dans ces deux derniers films, on voit un Mekas vieillissant, pour qui faire des films reste, peut-être, le meilleur moyen d‘accepter la mort de ses proches.

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RÉTROSPECTIVE DES FILMS DE JONAS MEKAS Né en 1922, le cinéaste, poète et artiste lituano-américain Jonas Mekas est souvent surnommé « le parrain du cinéma américain d‘avant-garde ». Il a seulement 19 ans quand, en 1940, les tanks soviétiques envahissent la Lituanie. Un an plus tard, l‘armée allemande entre à son tour en Lituanie : Mekas rejoint la résistance, où il aide à publier clandestinement un bulletin régulier d‘informations provenant de la BBC. En 1949, Mekas et son frère Adolfas émigrent aux Etats-Unis. Une fois de plus, leur vie change du tout au tout. En 1954, ils créent Film Culture, une revue d‘analyse du cinéma sous toutes ses formes, avec une focalisation particulière sur le cinéma d‘avant-garde. Au même moment, Mekas lance une chronique cinéma dans le Village Voice. Un peu plus tard, en 1962, il participe à la création de la Film-Maker‘s Cooperative et, en 1964, il crée la Film-Makers‘ Cinematheque, où sont régulièrement diffusés des films indépendants. La coopérative et la cinémathèque s‘uniront bientôt pour devenir l‘Anthology Film Archives, lieu de projection et de conservation de films d’avant garde. De nos jours, Mekas est surtout célèbre pour ses « journaux filmés » des années 1960 dans lesquels il filme, avec une grande sensibilité, ses activités quotidiennes et les mondes du cinéma et de l‘art du New York de l‘époque. Depuis le tournant du siècle, Mekas produit également des installations vidéos, qu‘il a exposées au Centre Pompidou, à la Serpentine Gallery de Londres, au Moderna Museet de Stockholm, au Centre d‘Art contemporain MoMa de New-York, à la Documenta de Cassel, au musée Ludwig de Cologne, au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, ainsi qu‘à la Biennale de Venise. Jonas Mekas a reçu de nombreuses subventions et récompenses d‘institutions comme le Conseil des arts de l‘Etat de New-York, la fondation Rockfeller, le Fond national pour les arts, la galerie d‘art AlbrightKnox et la fondation Long Wharf Theatre. Il est également membre du centre américain PEN et de l‘Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

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FILMOGRAPHIE Coupe / Soucoupe / Deux danseuses / Radio (1965/1983), 23 min. Les armes des arbres (1962), 75 min. Film Magazine des Arts (été 1963), 20 min. La taule (1964), 68 min. Presentation du prix à Andy Warhol (1964), 12 min. Rapport de Millbrook (1965/ 1966), 12 min. Walden : Journaux intimes, notes et croquis (filmé de 1964 à 1968, édité en 1968-69), 3 hrs. Hare Krishna (1966), 4 min. Notes sur le cirque (1966), 12 min. Cassis (1966), 4 min. Carnet italien (1967), 15 min. Temps et fortune. Nouvelles du Vietnam (1968), 4 min. Réminiscences d‘un voyage en Lituanie (1971-1972), 82 min. Perdu perdu perdu (1976), 2 hrs. 58 min. Entre 1964 et 1968 (1978), 52 min. Notes pour Jérôme (1978), 45 min. Le Paradis n‘est pas encore perdu (Troisième année d‘Oona) (1979), 96 min. Autoportrait (1980), 20 min., vidéo Chansons de rue (1966/1983), 10 min. Erik Hawkins: Extraits de « Ici et maintenant avec observateurs » / Lucia Dlugoszewski joue / (1963/1983), 6 min.

Debout dans un désert, il compte les secondes de sa vie (1969/1985), 2 hrs. 30 min. Scènes de la vie d‘Andy Warhol (1990), 35 min. Promenade (1990), 58 min., vidéo Foule des anges: le baptême (1990), 61 min., vidéo Foule des anges à St. Ann (1991), 60 min., vidéo Dr. Carl G. Jungor ou Lapis Philosophorum (1991), 29 min. Quartet numéro un (1991), 8 min. Zefiro Torna, ou scènes de la vie de George Maciunas (1992), 34 min. Éducation de Sébastien ou l‘Egypte retrouvée (1992), 6 hrs., vidéo Films imparfaits à 3 images (1995), 6 min. Sur mon chemin vers Fujiyama (1995), 25 min. Joyeux anniversaire à John (1996), 24 min. Le cinéma n‘a pas 100 ans (1996), 4 min., vidéo Souvenirs de Frankenstein (1996), 95 min.

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Lettres aux amis (1997), 1 hr. 28 min., vidéo

Williamsburg, Brooklyn (1949/2002), 15 min.

Naissance d‘une nation (1997), 85 min. Symphonie de joie (1997), 1 hr. 15 min. Les scènes des trois derniers jours d‘Allen sur Terre ont un esprit (April 1997), 67 min., vidéo Lettre de nulle part – Laiškai iš niekur N.1 (1997), 75 min., vidéo [en Lituanien] Chanson d‘Avignon (1998), 5 min. Laboratoire Anthologie (1999), 63 min., vidéo Ce côté du paradis (1999) 35 min., 16 mm Notes sur l‘usine (1999) 64 min., vidéo Notes sur la Coopérative des réalisateurs (1999), 40 min., vidéo Autobiographie d‘un homme qui portait sa mémoire dans ses yeux (2000) 53 min., vidéo Tandis que j‘avançais, de brefs éclairs de beauté m‘apparaissaient de temps en temps (2000) 4 hrs. 48 min.

Chansons de voyage 1967-1981 (2003), 28 min. Lettre du Point vert (2004), 80 min., vidéo Notes sur l‘Utopie (2003-2005), 55 min., vidéo Père et fille (2005), 4 min. 30 sec., vidéo Notes sur un réalisateur américain au travail : Martin Scorsese (2005), 1hr. 20 min. Scènes de la vie de Hermann Nitsch (2005), 58 min., filme et vidéo En Première (2006). Quarante films de court métrage, utilisant des matériaux de films précédents, réédités spécialement pour Internet et installations vidéo Projet de 365 jours (2007). 365 courts métrages, un pour chaque jour du calendrier de l‘année 2007 La Lituanie et l‘effondrement de l‘URSS (2008), 4 hrs. 49 min., vidéo Je quitte l‘hôtel Chelsea (2009), 4 min. Histoires de nuits blanches (2011), 114 min.

Mozart & Wien et Elvis (2000) 3 min. Mon film de Paris (2011), 2 hrs. 39 min. Silence, s‘il vous plaît (2000), 6 min., vidéo Le film du bar Mars (2011), 86 min. Requiem à un manuel de machine à écrire (2000), 19 min., vidéo Remède pour la mélancolie (2000), 20 min., vidéo Lettre à Penny Arcade (2001), 14 min. 33 sec., vidéo

Correspondances: José Luis Guerin et Jonas Mekas (2011), 99 min. Re: George Maciunas et Fluxus (2011), 87 min. Mont Ventoux (2011), 3 min. Heureuse balade de Pâques (2012), 18 min.

Un conte (2001), 6 min., vidéo Réminiscences d‘Allemagne (2012), 25 min. Y avait-il une guerre? (2002), 2 hrs. 28 min. Mystères (1966/2002), 34 min.

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Scènes coupées de la vie d‘un homme heureux (2012), 68 min.


RÉMINISCENCES D’UN VOYAGE EN LITUANIE REMINISCENCES OF A JOURNEY TO LITHUANIA 1971–1972 | 82’

Samedi 27 janvier 15h00 (Salle Henri Langlois) Dialogue avec Jonas Mekas

Après 27 ans d‘absence, Jonas et son frère Adolfas retournent en Lituanie, le pays où ils sont nés. Ils l‘ont quitté jeunes hommes, en route pour un camp de travail allemand. Ils reviennent le temps d‘une visite ; Adolfas est accompagné de sa femme, la chanteuse Pola Chapelle. « Ce film se divise en trois parties. La première est un assemblage d‘images que j‘ai filmées avec ma première Bolex à mon arrivée en Amérique, principalement entre 1950 et 1953. On peut nous y voir, mon frère Adolfas et moi, tels que nous étions alors. On y voit aussi des immigrants qui piqueniquent, dansent et chantent à Brooklyn, et puis les rues de Williamsburg. La seconde partie a été tournée en Lituanie en août 1971, presque intégralement à Semeniskiai, le village où je suis né. On y voit notre vieille maison, ma mère (née en 1887), nos frères et nous faisant les idiots, célébrant nos retrouvailles. C‘est une représentation subjective de la Lituanie, à travers les souvenirs d‘une « personne déplacée » qui rentre chez elle pour la première fois depuis 25 ans. La troisième partie s‘ouvre avec une parenthèse : nous sommes à Elmshorn, dans la banlieue de Hambourg, où nous avons passé un an dans un camp de travail pendant la guerre. Nous nous retrouvons ensuite à Vienne, avec quelques-uns de mes meilleurs amis : Peter Kubelka, Hermann Nitsch, Annette Michelson, Ken Jacobs. Le film se termine sur l‘incendie du marché de fruits de Vienne en août 1971. » -- Jonas Mekas RÉALISATION Jonas Mekas PHOTOGRAPHIE Jonas Mekas MONTAGE Jonas Mekas INTERPRÈTES Peter Kubelka, Annette Michelson, Daniel Rogosin 23


TANDIS QUE J’AVANÇAIS, DE BREFS ÉCLAIRS DE BEAUTÉ M’APPARAISSAIENT DE TEMPS EN TEMPS AS I WAS MOVING AHEAD OCCASIONALLY I SAW BRIEF GLIMPSES OF BEAUTY 2000 | 288’

Vendredi 26 janvier 18h45 (Salle Georges Franju) Séance présentée par Jonas Mekas

« Tandis que j‘avançais... capte – dans la voix, sur le visage, dans les gestes du quotidien de personnes que j‘ai rencontrées, avec lesquelles j‘ai vécu ou que j‘ai simplement observées - des sensations, émotions et petites joies subtiles. Ces images, je les ai collectées pendant des années : ma démarche est l‘antithèse de celle qui domine dans le cinéma contemporain, où ce que est montré, c‘est le spectaculaire, le divertissant, le sensationnel ou le dramatique. Tout cela est directement lié à ce qui, pour moi, engendre les changements positifs qui affectent les hommes, la société, l‘humanité. Je suis intéressé par des actes, expériences et sensations si subtils qu‘ils en sont presque invisibles, plutôt que par les activités, actions politiques et systèmes politiques actuels, qui sont durs, bruyants, violents. En tant que cinéaste, je pense, comme certains artistes de ma génération, que l‘humanité a davantage bénéficié des contributions d‘un John Cage ou d‘un Albert Camus que de celles des personnalités politiques majeures du 20e siècle. Cependant, ce film n‘est pas conçu comme un documentaire. Il suit une tradition établie par les cinéastes-poètes modernes. Je veux capter de fugaces instants et les mettre en lumière par une manière bien à moi de les filmer et de les monter. J‘accorde énormément d‘importance à la couleur, au mouvement, au rythme, à la structure, qui sont des éléments essentiels de ma recherche. J‘ai passé un grand nombre d‘années à développer, à perfectionner la manière dont je capture l‘immédiat sans interférer avec lui, sans le détruire. Il me semble qu‘une partie du contenu que je cherche à capter avec ma caméra et à partager avec d‘autres ne peut être saisi que d‘une manière très indirecte, en s‘impliquant personnellement. » -- Jonas Mekas RÉALISATION Jonas Mekas PHOTOGRAPHIE Jonas Mekas MONTAGE Jonas Mekas MUSIQUE Auguste Varkalis INTERPRÈTES Jonas Mekas, Adolfas Mekas, Andy Warhol, Stan Brakhage, Hollis Frampton 24


LA LITUANIE ET L’EFFONDREMENT DE L’URSS LITHUANIA AND THE COLLAPSE OF THE USSR 2008 | 289’

Dimanche 28 janvier 14h30 (Salle Georges Franju) Projection gratuite en continu

Dans ce film passionnant viennent se heurter les forces du temps, de la mémoire, du changement et de la condition humaine. Le titre renvoie à l‘époque où le monde entier avait les yeux rivés sur la Lituanie, le pays natal de Mekas, dans sa lutte pour échapper à l‘emprise soviétique. Ce film en quatre chapitres, d‘une durée totale de 4h46, est un survol chronologique de la naissance de la Lituanie indépendante. Caméra à la main, Mekas a filmé quotidiennement, de 1989 à 1991, le journal télévisé diffusé sur son poste, chez lui. Les reportages montrent, pêle-mêle, les « actions agressives » menées par l‘URSS pour forcer la Lituanie à faire marche arrière ; des manifestations pour la liberté ; des entretiens et des déclarations d‘éminents hommes politiques, de journalistes et d‘analystes ; d‘émouvants portraits de Lituaniens directement touchés par le conflit. Ce compte rendu, par Mekas, des révélations des médias américains illustre également l‘évolution des relations politiques, économiques et sociales entre l‘Europe de l‘Est et l‘Occident à l‘époque. « Ce film est une juxtaposition de journaux télévisés que j‘ai filmés directement sur mon poste de télévision avec ma Sony pendant la chute de l‘URSS. En toile de fond, on entend ma famille qui vaque à ses occupations. Il s‘agit d‘un condensé des événements qui ont eu lieu durant cette période cruciale, tels qu‘ils ont été présentés à la télévision. On peut aussi y voir une tragédie grecque : le cours du destin est altéré par la volonté inflexible, quasi irrationnelle d‘un seul homme, par la détermination d‘une petite nation à retrouver sa liberté perdue, soutenue par les dieux dans sa lutte apparemment impossible contre une puissance plus forte qu‘elle. » -- Jonas Mekas RÉALISATION Jonas Mekas PHOTOGRAPHIE Jonas Mekas MONTAGE Elle Burchill 25


PERDU PERDU PERDU LOST LOST LOST 1976 | 178’ « Ces six bobines de mes journaux filmés ont été tournées entre 1949 et 1963. Elles débutent par mon arrivée à New York en novembre 1949. La première et la seconde bobine illustrent ma vie de jeune poète et de « personne déplacée » à Brooklyn. On y voit la communauté immigrée lituanienne, ses tentatives pour s‘adapter à ce nouveau pays et ses efforts tragiques pour aider la Lituanie à retrouver son indépendance. On y voit mes propres frustrations, mes peurs, ma décision de quitter Brooklyn pour Manhattan. Les bobines 3 et 4 ont pour objet ma vie dans les rues Orchard Street et East 13th de Manhattan ; mes premiers contacts avec les cercles de poètes et de cinéastes new-yorkais ; Robert Frank tournant Le péché de Jésus (The Sin of Jesus) ; les lectures de LeRoi Jones, Ginsberg et Frank O‘Hara au Living Theatre et les manifestations politiques des années 50 et 60. La cinquième bobine comprend les « Rabbit Shit Haikus » (NDLT : littéralement, les « haïkus crottes de lapin »), une série de haïkus filmés dans le Vermont ; des scènes à la Film-Maker‘s Cooperative ; le tournage de Hallelujah les collines (Hallelujah the Hills) ; des scènes de la vie new-yorkaise. La sixième bobine nous fait voyager au séminaire Flaherty, puis en bord de mer, à Stony Brook. On y voit aussi Perdu perdu perdu (Lost Lost Lost), 1976

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Samedi 27 janvier 20h00 (Salle Georges Franju)

un portrait du chanteur Tiny Tim ; l‘ouverture du film Par deux fois homme (Twice a Man), et la campagne, vue par moi-même et par Ken Jacobs, dont les images se mêlent aux miennes dans cette bobine. Je m‘attaque dans ce film à une période de grand désespoir, de tentatives pour prendre racine, à tout prix, dans cette terre nouvelle, pour y créer des souvenirs. A travers ces six douloureuses bobines, j‘ai tenté de montrer ce que cela fait d‘être en exil, ce que cela faisait à l‘époque. Je les ai intitulées Perdu perdu perdu, le titre d‘un film que mon frère et moi voulions faire en 1949 : cela montre bien dans quel état d‘esprit nous étions alors. Perdu, perdu, perdu dépeint les états d‘âmes d‘une « personne déplacée » qui n‘a encore ni oublié son pays natal, ni trouvé une nouvelle terre d‘adoption. La sixième bobine est une transition : un relâchement s‘opère, je commence à trouver quelques moments de bonheur. Une nouvelle vie commence. La suite, vous la verrez dans le prochain film... » -- Jonas Mekas

RÉALISATION Jonas Mekas PHOTOGRAPHIE Jonas Mekas MONTAGE Jonas Mekas INTERPRÈTES Jonas Mekas, Adolfas Mekas, Peter Beard, Ed Emshwiller, Ken Jacobs

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Les films de SHARUŪNAS BARTAS Par Renata Šukaitytė

Né en 1964, Sharunas Bartas est le cinéaste le plus connu et le plus estimé de Lituanie. Parmi ses thèmes de prédilection : les multiples expériences de l‘homo sovieticus et le processus de création de nouvelles identités entrepris par les habitants de l‘ancienne Union. Bartas a fait ses débuts comme cinéaste undergroud à la veille de la chute de l‘Union soviétique, ce qui peut expliquer son intérêt pour ces questions. Il a ainsi produit son premier film professionnel, En mémoire d‘un jour passé (Praėjusios dienos atminimui, 1990) pendant la période d‘intenses changements politiques et culturels qui a suivi la déclaration d‘indépendance de la Lituanie. Dans les années 90, son indéniable talent associé à son esprit d‘entreprise ont fait de Bartas une source d‘inspiration pour toute une génération de cinéastes locaux. Nombreux sont ceux à avoir été influencés par son style : accent porté sur le non-verbal plutôt que l‘histoire, longues prises, bande-sonore hypnotique, acteurs amateurs... Dès En mémoire d‘un jour passé, Bartas s‘interroge sur les petites joies, les grandes passions, les conflits intérieurs, les peurs ou encore le désir de liberté d‘un homme confronté à l‘immobilisme ou au changement sociétal, économique ou politique ; et il montre tout cela. Les premiers films de Bartas relatent avec justesse la dissolution de ce qui fut un puissant empire. Ils posent la question de la perte, de la disparition d‘un territoire jadis commun et d‘un certain sentiment d‘appartenance collective, notamment au travers de gros plans et de plans d‘ensemble. Dans ses films, les personnages (nul doute qu‘il s‘agit de antihéros) observent le monde qui les entoure et s‘observent les uns les autres en silence. Enfermés dans leur propre monde, un mélange de souvenirs, de rêves et d‘un présent qui semble instable, ils ne parviennent pas à créer de vrais liens entre eux, ni à changer. Les films de Bartas sont montés de manière à ce que les liens logiques soient rares, ce qui donne une impression de spontanéité et d‘incertitude qui renvoie à la cristallisation d‘une nouvelle nation, d‘un nouvel Etat. On dirait une sorte de mémoire artificielle qui conserverait des souvenirs teintés de tristesse, d‘incertitude et d‘aliénation. C‘est dans Trois jours (Trys dienos, 1991) que ce style personnel s‘exprime pleinement pour la première fois. Il deviendra bientôt 28


le dénominateur commun des films du cinéaste, qui le développe dans Corridor (Koridorius, 1994), Quelques-uns d’entre nous (Mūsų nedaug, 1996), La maison (Namai, 1997), Liberté (Laisvė, 2000), Sept hommes invisibles (Septyni nematomi žmonės, 2005), Indigène d‘Eurasie (Eurazijos aborigenas, 2010), Paix à nous dans nos rêves (Ramybė mūsų sapnuose, 2015) et Le givre (Šerkšnas, 2017).

Le givre (Šerkšnas), 2017

On peut aussi voir dans les films de Bartas un pont entre l‘Eurasie postcommuniste et l‘Europe occidentale. Il montre différents groupes ethniques de l‘ex-URSS (Russes, Tofalars, Lituaniens, Ukrainiens, Tatars, habitants de Kaliningrad) pansant les blessures que l‘histoire leur a infligées, réparant les dégâts causés par une appartenance multiculturelle et multinationale artificielle, aux prises avec la question plus générale de la création d‘une identité post-1989. Dans Le givre, Bartas critique la politique néo-impérialiste russe en Ukraine et dans d‘autres pays de l‘ex-URSS, ainsi que l‘indifférence et la naïveté de ceux qui vivent dans des pays plus sûrs et plus riches. Il suggère de manière implicite que la dépravation mentale et morale représentent des menaces de plus en plus grandes dans les sociétés dysfonctionnelles et traumatisées. Mais on peut aussi trouver dans le film une note positive, puisque Bartas évoque le besoin urgent, pour que les blessures de l‘histoire puissent cicatriser, d‘une sensibilité humaine nouvelle. 29


RÉTROSPECTIVE DES FILMS DE SHARUNAS BARTAS Né en 1964, Sharunas Bartas est un réalisateur lituanien de renommée internationale. Diplômé de l’école de cinéma VGIK à Moscou, Bartas fait ses débuts avec les documentaires Tofalaria (Tofalarija, 1985) puis En mémoire d‘un jour passé (Praėjusios dienos atminimui, 1990). Ce deuxième est primé au festival international du film documentaire d‘Amsterdam (IDFA) où il reçoit le prix du public. La même année, il fonde Kinema, le premier studio de cinéma indépendant de Lituanie. Son style s‘affine encore dans son long métrage Trois jours (Trys dienos, 1991), qui reçoit le Prix du jury œcuménique de la Berlinale et une mention spéciale de la FIPRESCI pour son cachet personnel, l‘importance des questions qu‘il évoque et la beauté de ses images. Plusieurs films de Bartas ont été projetés en avant-première à Cannes, Berlin et Venise. Les films Corridor (Koridorius, 1994), Quelques-uns d’entre nous (Mūsų nedaug, 1996), La maison (Namai, 1997), et Sept hommes invisibles (Septyni nematomi žmonės, 2005) posent en filigrane des questions philosophiques et explorent les conséquences du régime soviétique que sont par exemple le chaos, le désespoir et la crise identitaire. Les états d‘âme des personnages sont dépeints à travers une narration de type documentaire, des paysages et de grands espaces vides, particulièrement dans Liberté (Laisvė, 2000). Le style de son long métrage de 2010, Indigène d‘Eurasie (Eurazijos aborigenas), est inhabituel. Au lieu de ses habituelles séquences longues et souvent silencieuses, Bartas a recourt au dialogue dans ce polar qui nous emmène sur les traces d‘un criminel parcourant l‘Europe. Indigène d‘Eurasie a été élu meilleur film balte au festival Nuits noires de Tallinn. Il a également obtenu le Grand prix du 19ème festival russe Kinoshock et la Grue d‘argent lituanienne du meilleur film.

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Dès ses débuts, Sharunas Bartas a rencontré un grand succès critique qui se poursuit aujourd‘hui. Ses deux derniers films, Paix à nous dans nos rêves (Ramybė mūsų sapnuose, 2015) et Le givre (Šerkšnas, 2017), ont été projetés en avant-première à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes ; le Centre Pompidou lui a consacré une rétrospective en février 2016, et ses oeuvres voyagent constamment dans le monde entier. FILMOGRAPHIE Tofalaria (1985, court métrage) En mémoire d‘un jour passé (1990) Trois jours (1991) Corridor (1994) Quelques-uns d‘entre nous (1996) La maison (1997) Liberté (2000) Sept hommes invisibles (2005) Indigène d‘Eurasie (2010) Paix à nous dans nos rêves (2015) Sharunas Bartas: Où suis-je aujourd‘hui? (2016, court métrage) Le givre (2017)

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LE GIVRE ŠERKŠNAS

2017 | 120‘

Les héros du film, Rokas et Inga, sont des jeunes de la Lituanie libre qui n‘ont pas vu la guerre, n‘ont pas souffert de représailles ni d‘abus du gouvernement d‘occupation. Ils acceptent comme une aventure la proposition de transporter un minibus d‘aide humanitaire de Vilnius à Kiev. L‘ambition enthousiaste devient pour le jeune couple une grande épreuve et il ne leur reste plus qu‘à compter sur eux-mêmes. La route mène au Donbass neigeux. En cherchant des amis et un toit, les jeunes rencontrent des gens dont la vie a été changée par la guerre. Approchant la ligne du front Rokas et Inga s’approchent l’un de l’autre. Faisant face à la guerre, ils commencent à comprendre la fragilité de la vie et la valeur de l’amour.

Lundi 15 janvier 20h00 (Salle Henri Langlois) Avant-première privée

RÉALISATION Sharunas Bartas SCÉNARIO Sharunas Bartas, Anna Cohen-Yanay PHOTOGRAPHIE Eitvydas Doškus MONTAGE Dounia Sichov MUSIQUE Pawel Mykietyn INTERPRÈTES Mantas Jančiauskas, Lyja Maknavičiūtė, Vanessa Paradis, Andrzej Chyra PRODUCTION Sharunas Bartas, Jurga Dikčiuvienė, Janja Kralj, Olena Yershova, Volodymyr Filippov, Maria Blicharska, Monika SajkoGradowska, Michel Merkt, Marc Simoncini, Rémi Burah SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Studija Kinema, Lituanie / Insight Media, Tato Film, Ukraine / KinoElektron, KNM, Reborn Production, France / Donten & Lacroix Films, Pologne

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QUELQUES-UNS D’ENTRE NOUS MŪSŲ NEDAUG 1996 | 105’

Une jeune femme arrive en hélicoptère dans un village reculé de Sibérie habité par les Tofalars, un peuple asiatique nomade qui a été forcé de s‘installer dans ce désert au début du 20e siècle. Elle passe ses jours sans parler parmi les villageois silencieux, dont l‘esprit nomade semble figé dans leurs regards immobiles. Elle fait une rencontre dangereuse, puis repart probablement en hélicoptère. Nous n‘apprendrons jamais la raison de sa visite, ni la nature de ses relations avec ces gens, mais quelque chose d‘important se produit pour elle et pour eux, après quoi la vie semble reprendre son rythme.

Jeudi 25 janvier 21h30 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Sharunas Bartas SCÉNARIO Sharunas Bartas PHOTOGRAPHIE Sharunas Bartas MONTAGE Mingailė Murmulaitienė MUSIQUE Viktor Kopytsko INTERPRÈTES Katerina Golubeva, Sergei Tulayev, Piotr Kishteev, Minoru Hideshima, Yulia Inozemtseva PRODUCTION Paulo Branco SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Studija Kinema, Lituanie / Gemini Films, France / Madragoa Filmes, Portugal / WDR, Allemagne

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CORRIDOR KORIDORIUS 1994 | 85’

Bartas a décrit son second long métrage poétique comme « un film sur les extrêmes de l‘épuisement causé par la solitude, l‘agression et l‘amour » dans l‘expérience post-soviétique. Situé parmi les habitants mélancoliques d‘un immeuble délabré dans la capitale lituanienne de Vilnius, le film se déroule comme un collage associatif de fragments de mémoire, des éclats d‘expérience et des événements aléatoires parmi plusieurs habitants du bâtiment – tous reliés par la métaphore du corridor, un passage entre « hier et aujourd‘hui, contenant de nombreuses portes. » Comme dans les autres œuvres du réalisateur, la logique narrative est évitée au profit de la poésie de la perte et du désir, rendue encore plus abstraite par la cinématographie noire et blanche envoûtante.

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Samedi 20 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Sharunas Bartas SCÉNARIO Sharunas Bartas PHOTOGRAPHIE Rimvydas Leipus MONTAGE Mingailė Murmulaitienė INTERPRÈTES Katerina Golubeva, Viacheslav Amirkhanian, Sharunas Bartas, Eimuntas Nekrošius, Mantvydas Janeliūnas, Daiva Kšivickienė PRODUCTION Sharunas Bartas, Ilona Ziok SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Studija Kinema, Lituanie / TV Ventures, WDR, Allemagne


TROIS JOURS TRYS DIENOS 1991 | 75’

La solitude et la recherche du passé amènent deux jeunes gens dans un vieux port, dans une ville autrefois connue sous le nom de Königsberg. Après avoir trouvé son ami, l‘un d‘eux comprend qu‘il est impossible de remonter le temps – le présent suscite l‘amertume et la déception. Un autre homme est destiné à éprouver un sentiment de proximité vis-à-vis de l‘autre. Les quais vides, la cathédrale abandonnée, la gare et les chambres d‘hôtel dans une ville étouffante: tout n‘est que l‘illustration d‘une fuite continue de tout, de tout le monde et d‘eux-mêmes.

Mercredi 17 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Sharunas Bartas SCÉNARIO Sharunas Bartas PHOTOGRAPHIE Vladas Naudžius MONTAGE Mingailė Murmulaitienė INTERPRÈTES Katerina Golubeva, Audrius Stonys, Rima Latypova, Arūnas Sakalauskas PRODUCTION Audrius Kuprevičius SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Studija Kinema, Lituanie

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COURTS MEÉTRAGES DOCUMENTAIRES DES ANNEÉES

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SHARUNAS BARTAS

EN MÉMOIRE D’UN JOUR PASSÉ PRAĖJUSIOS DIENOS ATMINIMUI 1990 | 40’

Vendredi 19 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein) Dialogue avec Sharunas Bartas, Audrius Stonys et Arūnas Matelis

Cela fait longtemps que la ville me fascine. Parfois, elle apparait comme une œuvre de la nature ; c‘est comme si une force invisible avait rassemblé une foule immense au sein d‘une créature gigantesque. Il semble parfois que l‘homme veut, et en même temps ne veut pas, s‘unir à cette créature : il se mêle à son sang, joint le bruissement léger de son existence au vrombissement sourd qui s‘élève de la ville pendant la journée et se calme la nuit venue. Nulle part ailleurs l‘homme ne se sent aussi seul que dans la ville, mais nulle part ailleurs, il ne peut se plonger dans une jouissance à tel point insouciante.

RÉALISATION Sharunas Bartas SCÉNARIO Sharunas Bartas PHOTOGRAPHIE Vladas Naudžius MONTAGE Ariadna Gruodienė, Nina Romanovskaja SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Studija Kinema, Lituanie

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AUDRIUS STONYS Né en 1966, le réalisateur et producteur Audrius Stonys a reçu en 2002 le Prix national de la culture et de l‘art de Lituanie. Il est membre du Réseau européen du documentaire EDN et de l‘Académie européenne du cinéma EFA ; c‘est également le représentant de la Lituanie au Comité de direction d‘Eurimages. Entre 1984 et 1989, il étudie au conservatoire national de Vilnius avant d‘effectuer, en 1989, un stage à l‘Anthology Film Archive de New-York fondée par Jonas Mekas. En 2004-2005, il se forme au film documentaire à l‘European Film College, au Danemark. Il anime également des cours à Waseda, au Japon, dans les universités américaines Berkeley et Stanford aux Etats-Unis, et à l‘université Pompeu Fabra de Barcelone. Depuis 2009, il est enseignant à l‘Académie lituanienne de musique et de théâtre (LMTA) et à l‘Académie des arts de Vilnius (VDA). Des rétrospectives et des présentations de ses films ont eu lieu en Israël, en Russie, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Espagne, en Belgique, en Turquie, en Inde, en République tchèque, en France et au Japon. Entre 1989 et aujourd‘hui, Stonys a réalisé plus de 20 films documentaires et un court métrage de création. Ses films ont reçu de nombreuses distinctions internationales, parmi lesquelles le Prix du public aux Visions de Nyon, le Grand Prix à Split, et des prix à Bornholm, Gyor, Neu Brandenburg, Oberhausen et San Francisco. En 1992, son film La terre des aveugles (Neregių žemė) reçoit le Felix du meilleur film documentaire européen. En 2011, Raminas concourt pour obtenir l‘Oscar du meilleur film en langue étrangère : il représente la Lituanie lors de la 85ème cérémonie des Oscars.

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FILMOGRAPHIE Ouvrir la porte pour celui qui vient (1989) La Voie balte (1990, réalisé avec Arūnas Matelis) La terre des aveugles (1992) Apôtre des ruines (1993) Antigravité (1995) Voltigements au-dessus du camp bleu (1996) Port (1998) Fedia. Trois minutes après le Big Bang (1999) Vol au dessus de la Lituanie ou 510 minutes de silence (2000, réalisé avec Arūnas Matelis) Seule (2001) Dernier wagon (2002) Celui qui n‘est pas (2004) La grande nébuleuse (2006) La cloche (2007) Quatre pas (2008) J‘ai franchi le feu, tu étais avec moi (2010) Raminas (2011) Le cénotaphe (2013) Porte de l‘Agneau (2014) La femme et le glacier (2016) 39


LA TERRE DES AVEUGLES NEREGIŲ ŽEMĖ 1992 | 24’

Vendredi 19 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein) Dialogue avec Sharunas Bartas, Audrius Stonys et Arūnas Matelis

Ce film ne peut être résumé de la manière habituelle. Avec sa façon très personnelle de combiner l‘image et le son, il pousse le spectateur à la frontière de ce que ses sens sont capables de percevoir. Les limites s‘effacent entre le visible et l‘invisible, entre l‘audible et l‘inaudible. L‘atmosphère du film, ses sons, ses personnages nous invitent à faire une pause, à prêter l‘oreille et à évaluer ce qu‘être humain signifie dans un monde aliéné.

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RÉALISATION Audrius Stonys SCÉNARIO Audrius Stonys PHOTOGRAPHIE Rimvydas Leipus MONTAGE Danutė Cicėnaitė MUSIQUE Vidmantas Bartulis PRODUCTION Dalia Cibauskaitė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Studija Kinema, Lituanie


ANTIGRAVITÉ ANTIGRAVITACIJA 1995 | 20’

Vendredi 19 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein) Dialogue avec Sharunas Bartas, Audrius Stonys et Arūnas Matelis

Dans un village isolé dans la campagne lituanienne, assise chez elle, une vieille dame récite un poème traditionnel, puis elle gravit les échelons d‘une vieille échelle qui la mène sur le toit de l‘église. Dans ce film, Audrius Stonys contemple encore une fois la réalité depuis un autre point de vue. Dans La terre des aveugles, il cherchait à « voir l‘invisible » en mélangeant image et son. Dans Antigravité, il essaie de s‘affranchir des lois de la gravité, en donnant à l‘objectif de sa caméra le pouvoir divin d‘observer d‘en haut. L‘expérience est quasi surnaturelle. « A quoi le monde ressemble-t-il du toit d‘une église ? Pourquoi l‘homme reste-t-il ainsi confiné entre ciel et terre ? » Ce sont les questions qui ont poussé Stonys à faire ce film.

RÉALISATION Audrius Stonys SCÉNARIO Audrius Stonys PHOTOGRAPHIE Jonas Gricius MONTAGE Danutė Cicėnaitė PRODUCTION Audrius Kuprevičius SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Studija Kinema, Lituanie

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ARŪNAS MATELIS Né en 1961, le réalisateur et producteur Arūnas Matelis fait partie des rares réalisateurs européens à avoir reçu le prix de la Directors‘ Guild of America (DGA), l‘une des plus prestigieuses récompenses délivrées par l‘industrie américaine du cinéma, pour son premier long métrage documentaire Avant de retourner sur Terre (Prieš parskrendant į Žemę). Avant de retourner sur Terre a raflé plus de dix autres récompenses prestigieuses, dont les premiers prix de l‘IDFA et du DOK Leipzik, et le Felix du meilleur documentaire. Au total, Arūnas Matelis a réalisé dix documentaires de création, qui lui ont valu d‘être récompensé dans une douzaine de festivals internationaux du film documentaire, et également sélectionné par Cannes (à la Quinzaine des réalisateurs et à la Semaine de la critique), Rotterdam et Turin, le MoMa de New-York et Moscou, entre autres. A côté de cela, Arūnas Matelis a créé en 1992 Studija Nominum, une société de production de films indépendants. Depuis lors, il a produit ou coproduit plus de 30 documentaires de création diffusés lors de nombreux festivals internationaux où ils ont été largement récompensés, et diffusés dans des dizaines de pays en Europe et en Asie. Arūnas Matelis est membre de l‘Académie européenne du cinéma.

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FILMOGRAPHIE Géants de Pelesa (1989) La Voie balte (1990, réalisé avec Audrius Stonys) Dix minutes avant le vol d‘Icare (1991) Autoportrait (1993) Contes inachevés de Jérusalem (1996) Premiers adieux avec le Paradis (1998) Journal d‘émigration forcée (1999) Vol au dessus de la Lituanie ou 510 minutes de silence (2000, réalisé avec Audrius Stonys) Dimanche. Evangile selon le liftier Albertas (2003) Avant de retourner sur Terre (2005) Incapables merveilleux. Une autre planète (2017)

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DIX MINUTES AVANT LE VOL D’ICARE DEŠIMT MINUČIŲ PRIEŠ IKARO SKRYDĮ 1990 | 10’

Vendredi 19 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein) Dialogue avec Sharunas Bartas, Audrius Stonys et Arūnas Matelis

Ce film est le manifeste des cinéastes lituaniens de la génération postsoviétique, qui ont rejeté l‘approche déclarative, préférant s‘immerger dans l‘observation silencieuse de la réalité. Matelis filme la vie quotidienne des habitants d‘Užupis, quartier historique de la vieille ville de Vilnius. L‘un des protagonistes, un petit bonhomme, une chapka vissée sur la tête, déambule dans les rues. Quand il parle, c‘est une mosaïque de mots lituaniens, russes, polonais et yiddish qui sort de sa bouche. Cet étrange personnage symbolise l‘esprit d‘Užupis, modeste mais libre.

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RÉALISATION Arūnas Matelis SCÉNARIO Arūnas Matelis PHOTOGRAPHIE Rimvydas Leipus MONTAGE Danutė Cicėnaitė MUSIQUE Faustas Latėnas PRODUCTION Dalia Cibauskaitė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Studija Nominum, Lituanie


LONGS MÉETRAGES

CONTEMPORAINS

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ALANTĖ KAVAITĖ Née en Lituanie en 1973, Alantė Kavaitė a débuté sa carrière comme actrice dans Jazz (Džiazas, 1992) de Raimundas Banionis, avant d‘émigrer en France où elle a étudié à l‘École supérieure d‘art d‘Avignon et aux Beaux-Arts de Paris. Elle a ensuite travaillé comme monteuse sur plusieurs documentaires, dont deux de Pavel Lounguine. En 2001, elle a coréalisé Boris Eltsine, l‘enfance d‘un chef (Borisas Jelcinas, lyderio vaikystė) avant de se lancer en solo, un an plus tard, avec le court métrage La carpe (Karpis). Son premier long métrage, Écoute le temps (Laiko garsai), une production Les Films d‘Antoine, a été sélectionné à l‘AFI Fest de Los Angeles en 2006. En 2012, elle a réalisé le court métrage Comment nous avons essayé une nouvelle combinaison de lumière (Kaip mes bandėme naują šviesos derinį). Son dernier long métrage, L‘été de Sangailė (Sangailės vasara, 2015) a remporté le prix de la mise en scène au festival de Sundance, et a été sélectionné dans de nombreux festival de par le monde, dont notamment la Berlinale (sélection Panorama) et le Festival international du film de Vilnius. FILMOGRAPHIE Boris Eltsine, l‘enfance d‘un chef (2001) La carpe (2002, court métrage) Écoute le temps (2006) Comment nous avons essayé une nouvelle combinaison de lumière (2012, court métrage) L‘été de Sangailė (2015)

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L’ÉTÉ DE SANGAILĖ SANGAILĖS VASARA 2015 | 88’

Lundi 22 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein) Séance suivie d‘une discussion avec Alantė Kavaitė

Sangailė, 17 ans, est fascinée par la haute-voltige. Par peur des hauteurs, elle n‘a jamais osé entrer dans l‘un des cockpits et n’a jamais volé. Lors de la fête aéronautique d‘été, près de la villa de ses parents au bord du lac, elle rencontre Austė, une fille de l’endroit, de son âge, qui contrairement à Sangailė, vit sa vie pleinement avec créativité et audace. Réalisant que la souffrance de Sangailė est due à son rêve supposé impossible de devenir pilote d’acrobatie, Austė l‘encourage à réaliser son rêve. Sangailė va-t-elle accepter l‘aide d‘Austė et va-t-elle se surpasser pour transformer ses peurs en force?

RÉALISATION Alantė Kavaitė SCÉNARIO Alantė Kavaitė PHOTOGRAPHIE Dominique Colin MONTAGE Joëlle Hache MUSIQUE Jean-Benoît Dunckel INTERPRÈTES Julija Steponaitytė, Aistė Diržiūtė, Jūratė Sodytė, Martynas Budraitis PRODUCTION Živilė Gallego, Antoine Simkine, Marleen Slot SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Fralita Films, Lituanie / Les Films d’Antoine, France / Viking Film, Pays-Bas

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MANTAS KVEDARAVIČIUS Né à Biržai, en Lituanie, en 1976, Mantas Kvedaravičius a étudié l‘anthropologie culturelle à Oxford avant de faire un doctorat à Cambridge. Son travail cinématographique et universitaire porte sur les mises en scènes et expressions politiques de l‘absence, de la matérialité et du corps. Son premier film, Barzakh, a été projeté en avant-première à la Berlinale de 2011 (sélection Panorama). Cet essai documentaire primé a été salué par la presse internationale pour avoir enfin donné une voix aux disparus tchétchènes et à leurs familles. Au printemps 2015, Kvedaravičius se rend à Odessa pour un projet de film Stásis (sortie prévue en 2018) et décide d‘aller tourner quelques scènes dans un village grec d‘Ukraine de l‘Est, près de Marioupol. Quand il arrive à Marioupol, le réalisateur a une révélation : il lui faut tourner un film dans cette ville. D‘où la sortie l‘année suivante de Mariupolis, un portrait de l‘Ukraine de l‘Est sélectionné pour le prix Amnesty International de la Berlinale 2016. La vie quotidienne y apparait tout à la fois poétique et absurde. FILMOGRAPHIE Barzakh (2011) Mariupolis (2016)

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MARIUPOLIS MARIUPOLIS 2016 | 90’

Un homme répare son filet de pêche et va au pont. Deux tramways se heurtent, personne n‘est blessé et les câbles sont réparés le jour même. Un petit concert est donné à des ouvriers d‘usine et la performance sincère d‘un violoniste les fait pleurer. Les bombes tombent dans la mer, personne ne le remarque. La vie quotidienne est rythmée par les bombes qui menacent Marioupol, une ville d‘Ukraine, située à l‘est de la Crimée et autrefois peuplée de Grecs. C‘est un hommage visuellement puissant à une ville en crise, dédiée à ses poètes et à ses cordonniers.

Jeudi 18 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Mantas Kvedaravičius SCÉNARIO Mantas Kvedaravičius PHOTOGRAPHIE Vadym Ilkov, Viacheslav Tsvetkov, Mantas Kvedaravičius MONTAGE Dounia Sichov PRODUCTION Uljana Kim, Mantas Kvedaravičius, Nadia Turincev, Julie Gayet, Anna Palenchuk, Thanassis Karathanos SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Studio Uljana Kim, Extimacy Films, Lituanie / Rouge International, France / 435 Films, Ukraine / Twenty Twenty Vision, Allemagne

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LINA LUŽYTĖ Lina Lužytė est née à Vilnius en 1985. En 2011, elle obtient un master en réalisation à l‘Académie de musique et de théâtre de Lituanie (LMTA). Elle réalise plusieurs courts métrages et documentaires bien reçus avant de se lancer dans son premier long métrage documentaire, Les jouets (Igruški), sur la vie quotidienne des habitants d‘un petit village en Biélorussie. Elle a écrit et réalisé un grand nombre de films et de publicités, en Lituanie comme à l‘étranger. Son premier long métrage, Pour toujours ensemble (Amžinai kartu, 2016), projeté en avant-première à Karlovy Vary (République tchèque), a depuis été sélectionné dans de nombreux festivals un peu partout en Europe, mais aussi en Egypte et au Japon. FILMOGRAPHIE Excellente journée pour pêcher les poissons de bananes (2007) Parfaits, mais encore un peu (2009) Les jouets (2012) Pour toujours ensemble (2016) Attendez-nous! (2016, un des réalisateurs)

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POUR TOUJOURS ENSEMBLE AMŽINAI KARTU 2016 | 88’

C’est l‘histoire d‘une femme ordinaire dont la famille est en train de se brouiller. Sa fille est une menteuse compulsive et son mari cherche à s‘échapper en travaillant comme cascadeur dans un film B avec une compagnie de cinéma de troisième ordre. Les chances qu‘il meurt pendant le tournage sont élevées et tout le monde dans la famille le sait. Tourmentée par la pensée qu‘elle n‘est plus nécessaire et qu‘elle n‘est pas aimée par sa famille, la femme ira à l‘extrême pour prouver le contraire et pour garder sa famille pour toujours.

Mercredi 24 janvier 20h45 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Lina Lužytė SCÉNARIO Lina Lužytė PHOTOGRAPHIE Oleg Mutu MONTAGE Benjamin Mirguet, Lina Lužytė, Ștefan Ioan Tatu MUSIQUE Jonas Jurkūnas INTERPRÈTES Gabija Jaraminaitė, Dainius Gavenonis, Eila Grybinaitė, Giedrius Savickas PRODUCTION Dagnė Vildžiūnaitė, Iuliana Tarnovetchi SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Just a moment, Lituanie / Alien Film, Roumanie

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GYTIS LUKŠAS

FILMOGRAPHIE Histoires drôles (1973) Le grelot (1974) Les chênes tombaient (1976) L‘automne de mon enfance (1977) Feux follets (1980) Après l‘été, l‘automne (1982) Valse anglaise (1982)

Gytis Lukšas, né en 1946, est diplômé de la VGIK de Moscou en 1971. Deux ans plus tard sort son premier film, une comédie intitulée Le téléphone (Telefonas). Il s‘agit de l‘un des trois volets formant le long métrage Histoires drôles (Linksmos istorijos). Dès ses premiers longs métrages réalisés de façon indépendante, Le grelot (Žvangutis, 1974) et Les chênes tombaient (Virto ąžuolai, 1976), puis tout au long de sa carrière, Lukšas puisera son inspiration dans la littérature lituanienne. Un aperçu non exhaustif de sa filmographie: L‘automne de mon enfance (Mano vaikystės ruduo, 1977), Après l‘été, l‘automne (Vasara baigiasi rudenį, 1982), Les racines de l‘herbe (Žolės šaknys, 1988), Les pèlerins de la Terre (Žemės keleiviai, 1992), Le regard de la couleuvre (Žalčio žvilgsnis), Lunaire Lituanie (Mėnulio Lietuva, 1997) et Tourbillon (Duburys, 2009).

Hier et toujours, à jamais (1984) Les racines de l‘herbe (1988) Le regard de la couleuvre (1990) Les pèlerins de la Terre (1992) Lunaire Lituanie (1997) Lumière divine (2006) Tourbillon (2009)

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Gytis Lukšas a présidé l‘Union des cinéastes de Lituanie et fut membre du Conseil de la culture et de l‘art de Lituanie.


TOURBILLON DUBURYS

2009 | 140’

Tourbillon est un film sur la destiné humaine. Il s‘agit d‘un homme qui a été détruit par le régime soviétique, dont le destin est resté inaperçu. Le personnage principal du film, Juozapas Gaučys, après son enfance insouciante au village, part pour la ville, termine ses études, commence à travailler et s‘installe dans un foyer exigu, qui, outre des voisins bruyants, lui apporte un amour fatidique. À travers l‘histoire dramatique de la vie du héros du film, la routine quotidienne de toute l‘ère soviétique est également révélée.

Dimanche 21 janvier 18h00 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Gytis Lukšas SCÉNARIO Gytis Lukšas PHOTOGRAPHIE Viktoras Radzevičius MONTAGE Ričardas Matačius INTERPRÈTES Giedrius Kiela, Oksana Borbat, Jevgenija Varenitsa PRODUCTION Kęstutis Petrulis, Arūnas Stoškus SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Studija 2, Lituanie

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COURTS MEÉTRAGES CONTEMPORAINS

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GIEDRĖ ŽICKYTĖ Née en 1980, Giedrė Žickytė, fait partie de l‘Union des cinéastes de Lituanie (LKS), de l‘Académie du cinéma lituanien (LiKA, qui organise les Grues d‘argent, les récompenses nationales) et du Réseau européen du documentaire (EDN). Elle a obtenu une licence de journalisme à l‘université de Vilnius, suivi un cursus en réalisation pour la télévision et le cinéma à l‘Académie lituanienne de musique et de théâtre (LMTA), et obtenu un master de photographie et arts médiatiques à l‘Académie des arts de Vilnius (VDA). Žickytė produit des documentaires depuis 2006. Pour son documentaire Baras, elle a reçu la Grue d‘argent 2009 lituanienne du meilleur film télévisé. Son premier long métrage, le documentaire Comment nous avons joué à la révolution (Kaip mes žaidėme revoliuciją) a été diffusé dans plus de 20 festivals internationaux et a voyagé dans le monde entier. Quant à ses deux documentaires les plus récents, Le maître et Tatyana (Meistras ir Tatjana) a été récompensé par 4 Grues d‘argent en 2015 (meilleur réalisateur, meilleur documentaire, meilleure photographie et meilleur montage), et Je ne suis pas d‘ici (Aš čia tik svečias), qu‘elle a coréalisé avec Maite Alberdi, a été nominé en 2016 pour le Felix du meilleur court métrage. FILMOGRAPHIE Baras (2009) Comment nous avons joué à la révolution (2011) Le maître et Tatyana (2014) Je ne suis pas d‘ici (2016, court métrage, réalisé avec Maite Alberdi)

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MAITE ALBERDI Maite Alberdi est née en 1983 au Chili. Après des études de cinéma à l‘université catholique du Chili, elle réalise les courts métrages Les trapézistes (Los Trapecistas, 2005) et Les coiffeuses (Las Peluqueras, 2005), qui sont récompensés lors de plusieurs festivals prestigieux. Son premier long métrage, Le maître-nageur (El salvavidas, 2011) a été primé aux festivals de Valdivia, au Chili et de Guadalajara, au Mexique. Il est suivi par L‘heure du thé (La Once, 2014), prix du talent national au SANFIC de Santiago. Son dernier film, Plus des enfants (Los niños), a été diffusé entre autres à l‘IFF de Carthagène (Colombie), au True/False FF de Columbia (Etats-Unis) et à l‘IDFA d‘Amsterdam, où il a obtenu le prix du meilleur film réalisé par une femme (EDA). FILMOGRAPHIE Les trapézistes (2005) Les coiffeuses (2007) Le maître-nageur (2011) L‘heure du thé (2014) Plus des enfants (2016) Je ne suis pas d‘ici (2016, court métrage, réalisé avec Giedrė Žickytė)

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GIEDRĖ ŽICKYTĖ, MAITE ALBERDI

JE NE SUIS PAS D’ICI AŠ ČIA TIK SVEČIAS 2016 | 26’

Josebe, 88 ans, originaire du Pays basque, vit dans une maison de retraite au Chili. Comme par obsession elle veut apprendre d‘où viennent les autres personnes âgées avec lesquelles elle vit. A part elle, toutes sont Chiliennes. Dans ses pensées elle revient constamment à sa jeunesse au pays basque. Après une année complète de vie, passée dans la maison de retraite, elle a du mal à se rappeler qu‘elle y vit. Après 70 ans au Chili, elle se souvient encore distinctement de son pays natal.

Mercredi 24 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Giedrė Žickytė, Maite Alberdi SCÉNARIO Giedrė Žickytė, Maite Alberdi PHOTOGRAPHIE Pablo Valdes MONTAGE Juan Eduardo Murillo PRODUCTION Patricio Gajardo, Giedrė Žickytė, Maite Alberdi SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Moonmakers, Lituanie / Micromundo Producciones, Chili

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LAURYNAS BAREIŠA Laurynas Bareiša, né en 1988, est titulaire d‘une double licence, l‘une en mathématiques appliquées de l‘université de Vilnius et l‘autre en cinématographie de l‘Académie lituanienne de musique et de théâtre (LMTA), ainsi que d‘un master en réalisation depuis 2016. Son court métrage Dembava a été nominé pour l‘Œuf de la Grue d‘argent 2015, le prix de l‘Académie du cinéma lituanien récompensant le meilleur film étudiant. Son court métrage le plus récent, Au bord de la piscine (By the Pool), a été sélectionné pour la 74ème édition de la Mostra de Venise (sélection Orizzonti corti). FILMOGRAPHIE Dembava (2014) Le chameau (2016) Mimicria et ses syndromes (2016) Au bord de la piscine (2017)

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LE CHAMEAU KUPRANUGARIS 2016 | 14’

Un chameau meurt dans le parc zoologique local. Paulius et Indrė deux gardiens du parc zoologique le découvrent et tentent de l‘enterrer convenablement. Mais il s‘avère que c‘est une tâche beaucoup plus difficile qu‘ils ne l‘imaginaient.

Mercredi 24 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Laurynas Bareiša SCÉNARIO Laurynas Bareiša PHOTOGRAPHIE Martynas Norvaišas, Vytautas Katkus MONTAGE Laurynas Bareiša INTERPRÈTES Paulius Markevičius, Indrė Patkauskaitė PRODUCTION Klementina Remeikaitė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Afterschool, Lituanie

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KAROLIS KAUPINIS Né à Vilnius en 1987, Karolis Kaupinis a obtenu un master en politique comparée à l‘université de Vilnius. Depuis la fin de ses études, Kaupinis travaille comme journaliste au service international de la LRT, la radio-télévision lituanienne. Son premier court métrage, Le tapageur (Triukšmadarys), a été selectionné pour la sélection Pardi di domani (nouveaux talents) du festival de Locarno et voyage depuis de festival en festival. En chemin, il a gagné plusieurs prix dans les pays baltes. Le second court métrage de fiction de Kaupinis, De garde (Budėjimas), a été projeté en avant-première au Festival international du film de Vilnius en 2017. Kaupinis travaille actuellement sur son prochain film, Corcovado Borealis, qui nous racontera l‘histoire d‘un géographe lituanien qui s‘est battu pendant l‘entredeux-guerre pour la création d‘une réserve lituanienne nommée « Reserve Lithuania » en Amérique. FILMOGRAPHIE Le tapageur (2014) De garde (2017)

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LE TAPAGEUR TRIUKŠMADARYS 2014 | 15’

Une école d‘une petite ville de province attend une délégation officielle du ministère qui doit apporter une nouvelle sonnette. L‘ancienne sonnette ne correspond plus aux normes. Mais c‘est d‘enfants dont le directeur manque, et non pas de sonnette. Par tous les moyens il essaie de masquer ce manque évident et ainsi retarder la fermeture inévitable de l‘école.

Mercredi 24 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Karolis Kaupinis SCÉNARIO Karolis Kaupinis PHOTOGRAPHIE Narvydas Naujalis MONTAGE Ieva Veiverytė INTERPRÈTES Valentinas Masalskis, Šarūnas Puidokas PRODUCTION Marija Razgutė, Kaśka Krosny SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Čiobreliai, Lituanie / East of West Cinema, Suède

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MARIUS IVAŠKEVIČIUS Né en 1973, Marius Ivaškevičius est écrivain, réalisateur et actuellement l‘un des dramaturges les plus populaires de Lituanie. Il a étudié la littérature lituanienne à l‘université de Vilnius et vit et travaille dans la capitale lituanienne. Ses débuts comme réalisateur datent de 2007, avec le court métrage Mon père (Mano tėvas), suivi de Notre père (Tėve mūsų) en 2010. Notre père a reçu le Grand prix du festival russe Kinoshok, le prix du meilleur script au Grand Off de Varsovie, ainsi que 8 autres prix internationaux. Marius Ivaškevičius a également écrit et réalisé le long métrage Santa en 2014. FILMOGRAPHIE Mon père (2007) Notre père (2010) Santa (2013) Deux sur le pont (2004, réalisé avec Valdas Navasaitis) Nouvelles de Punsk (2000)

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NOTRE PÈRE TĖVE MŪSŲ 2010 | 28’

Mercredi 24 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein)

Au premier coup d‘œil, il semble que Liza et ses enfants vivent la routine habituelle dans leur appartement ordinaire mal aménagé. Les garçons - Tomas et Edgaras - regardent la télévision, la fille adolescente Kristina fait la cuisine, la mère écrit une lettre. La famille attend le retour du père. Bientôt, il arrive et apporte de la nourriture et part peu après, puisqu‘il ne s‘agit pas d‘un appartement ordinaire. C‘est une cave d’où Liza et ses enfants ne pourront peut-être pas s‘échapper.

RÉALISATION Marius Ivaškevičius SCÉNARIO Marius Ivaškevičius PHOTOGRAPHIE Ramūnas Greičius MONTAGE Eimantas Belickas MUSIQUE Kipras Mašanauskas INTERPRÈTES Juozas Budraitis, Aldona Bendoriūtė, Beata Tiškevič, Šarūnas Gedvilas PRODUCTION Kęstutis Drazdauskas, Asta Valčiukaitė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Artbox, Lituanie

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GABRIELĖ URBONAITĖ Gabrielė Urbonaitė, née en 1993 à Vilnius, est une auteure, réalisatrice et monteuse vivant actuellement à New-York. Gabrielė a étudié la philosophie à la Sorbonne et a obtenu une licence de production cinématographique à l‘Emerson College de Boston. Ses courts métrages sont projetés dans des festivals internationaux du monde entier. Elle a participé aux Berlinale Talents de 2012 et 2015, au Talent Camp Odense de 2013 et au FEST Pitching Forum de 2016, et reçu une bourse de la Princess Grace Foundation-USA ainsi que la Grue d‘argent lituanienne du meilleur court métrage. Candidate à l‘entrée au master de scénarisation et réalisation de l‘université Columbia, ses films, aussi bien documentaires que de fiction, s‘articulent autour de personnages féminins forts et explorent les défis du passage à l‘âge adulte, ainsi que les questions de l‘identité culturelle, de l‘émigration et de l‘altérité. FILMOGRAPHIE Boutons et colombes (2009) 16 mm (2010) S.E.K.A.M. (2010) Le guetteur (2011) La nageuse (2013) De retour (2016)

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DE RETOUR NAMO

2016 | 20’

Ieva, 22 ans, revient à Vilnius, sa ville natale, en Lituanie, après quatre années passées à Hollywood. Pendant ses douze premières heures à la maison, Ieva rencontre sa mère et ses amis qui projettent leurs fausses attentes sur elle, imaginant Ieva comme une actrice à succès et l‘Amérique comme une terre d‘opportunités. Ieva révèle ses doutes quant à son avenir seulement à son ex-petit ami Tadas. En se promenant à Vilnius de nuit, Ieva remarque à quel point sa ville a changé. Afin de renouer des liens avec les gens et la ville, Ieva doit accepter le fait que rien ne reste pareil, que tout change au fil du temps.

Mercredi 24 janvier 19h00 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Gabrielė Urbonaitė SCÉNARIO Gabrielė Urbonaitė PHOTOGRAPHIE Pal Ulvik Rokseth MONTAGE Gabrielė Urbonaitė MUSIQUE Snorre Bergerud INTERPRÈTES Severija Bielskytė, Šarūnas Zenkevičius, Aistė Diržiūtė, Viola Klimčiauskaitė PRODUCTION Ieva Bužinskaitė, Jonas Špokas SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Apricot films, Lituanie

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GIEDRĖ BEINORIŪTĖ La réalisatrice de films documentaires et de fiction Giedrė Beinoriūtė, née en 1976, a fait ses débuts en 1997. En 2001, elle obtient un master de réalisation pour le cinéma et la télévision à l‘Académie de musique et de théâtre de Lituanie (LMTA). Ses films Existence (Egzistencija, 2004) et Vulkanovka. Après le grand cinéma (Vulkanovka. Po Didžiojo kino, 2005) lui ont valu de recevoir le prix du meilleur début artistique professionnel du ministère de la Culture de Lituanie. FILMOGRAPHIE Mes amies solitaires (1997, court métrage) Maman, papa, mon frère, ma soeur (1999, court métrage) La ville des trolleybus (2002, court métrage) Existence (2003, court métrage) Vulkanovka. Après le grand cinéma (2005) Grand-père et grand-mère (2007, court métrage) Le balcon (2008) Le spécialiste (2012, court métrage) Conversations sérieuses (2012)

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Avec ses collègues Antanas Gluskinas et Jurga Gluskinienė, elle cofonde en 2006 le studio Monoklis. Un an plus tard, le studio sort le film documentaire d‘animation Grand-père et grandmère (Gyveno senelis ir bobutė), qui s‘inspire des souvenirs des grands-parents de la cinéaste déportés en Sibérie. On retrouve dans plusieurs films de Beinoriūtė le thème lumineux de l‘enfance et une profonde ironie dans les moments les plus sombres. Son film suivant, Le balcon (Balkonas, 2008), explore la recherche d‘amitié et d‘intimité et touche du doigt les réalités de la vie quotidienne pendant l‘époque soviétique. Il lui a valu la Grue d‘argent du cinéma lituanien du meilleur court métrage. Dans son documentaire Conversations sérieuses (Pokalbiai rimtomis temomis, 2012), ni action, ni paysage, ni effets spéciaux ne sont présents. Ses protagonistes sont des enfants et des adolescents nous parlant de solitude, d‘amour, et du monde qui les entoure.


LE BALCON BALKONAS 2008 | 48’

Mercredi 24 janvier 15h00 (Salle Georges Franju)

« Tomber d‘un balcon, se gratter le menton, avaler une arête de poisson - ne fait pas mal, mais ça fait mal d‘aimer. » Nous sommes dans une petite ville de province dans les années 80 soviétiques. Après le divorce de ses parents, Rolanas et son père, s’installent dans le voisinage Emilija, âgée de 11 ans. L‘amitié se noue entre les enfants. Cependant, la timidité ou la peur de s‘ouvrir les fait communiquer seulement à travers le mur, assis, chacun, sur son propre balcon, ou à travers une douille électrique reliant leurs appartements. Les parents d‘Emilija semblent également être sur le point de divorcer. Les enfants découvrent des sujets communs. Malheureusement, un accident presque tragique empêche Emilija d‘aller jusqu‘au balcon. Cela encourage les deux enfants à décider d‘un vrai rendez-vous.

RÉALISATION Giedrė Beinoriūtė SCÉNARIO Giedrė Beinoriūtė PHOTOGRAPHIE Audrius Kemežys MONTAGE Giedrė Beinoriūtė MUSIQUE Indrė Stakvilė INTERPRÈTES Elžbieta Degutytė, Karolis Savickis, Viktorija Kuodytė, Rolandas Kazlas PRODUCTION Jurga Gluskinienė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Monoklis, Lituanie

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COURTS MÉETRAGES

D’ANIMATION 68


GIEDRĖ BEINORIŪTĖ

GRAND-PÈRE ET GRAND-MÈRE GYVENO SENELIS IR BOBUTĖ 2007 | 28’

Ce film documentaire d’animation est basé sur l‘histoire de la vie des grandsparents du metteur en scène déportés en Sibérie par les Soviétiques en 1948. Cette période douloureuse et violente de l‘histoire lituanienne est racontée de manière très personnelle, à la manière d‘un conte de fées. La narratrice est une petite fille qui voit les événements à sa façon. Le film a été créé en utilisant des photos de famille, des archives personnelles, du matériel des chroniques de cinéma et des insertions d‘animation.

Jeudi 25 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Giedrė Beinoriūtė SCÉNARIO Giedrė Beinoriūtė ARTISTE ANIMATEUR Gabrielė Baltrušaitytė MONTAGE Marius Kavaliauskas MUSIQUE Indrė Stakvilė NARRATEUR Urtė Krukonytė PRODUCTION Jurga Gluskinienė, Valdas Navasaitis SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Monoklis, VG studija, Lituanie

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REDA TOMINGAS Reda – née Šiauliai, en Lituanie, en 1979 – a vécu au Danemark et en Suède entre 1999 et 2006, où elle a suivi des cours de photographie expérimentale, de dessin, de peinture et de graphisme. En 2010, elle obtient une licence d‘audiovisuel à l‘Académie des arts de Vilnius (VDA). Trois ans plus tard, son premier film, La culpabilité (Kaltė, 2013) remporte la Grue d‘argent lituanienne du meilleur film d‘animation. FILMOGRAPHIE La culpabilité (2013) Sous (2010) Bonjour (2010)

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LA CULPABILITÉ KALTĖ

2013 | 6’

Un renard solitaire s‘isole du monde pour jouir des plaisirs d‘être tourmenté par la culpabilité. Mais s‘isoler de tous et de tout n’est pas si simple que ça. Au fil des jours, même son espace personnel est envahi et commence à s‘effondrer. Le renard doit choisir entre la folie ou la réconciliation.

Jeudi 25 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Reda Tomingas SCÉNARIO Reda Tomingas ARTISTES ANIMATEURS Reda Tomingas, Darija Čiuželytė MONTAGE Reda Tomingas MUSIQUE Andrius Kauklys PRODUCTION Rasa Jonikaitė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Joni Art, Lituanie

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IGNAS MEILŪNAS Ignas Meilūnas est né à Vilnius en 1985. Une fois sa licence en ingénierie informatique de l‘université technique Gediminas de Vilnius (VGTU) en poche en 2008, il travaille avec les troupes des metteurs en scène de renommée internationale Oskaras Koršunovas et Gintaras Varnas en tant qu‘ingénieur son et projectionniste. En 2011, il se lance comme animateur 3D et stop-motion en freelance. Son premier film, un court métrage d‘animation intitulé Les bois (Miškas), reçoit en 2015 la Grue d‘argent lituanienne du meilleur film d‘animation. Depuis, Meilūnas a travaillé comme superviseur d‘animation et réalisateur pour plusieurs établissements. Son deuxième film d‘animation, Le jour de congé de M. Nuit (Pono Nakties laisvadienis, 2017), présenté lors du Festival international du film d‘animation d‘Annecy, a également été sélectionné pour la Grue d‘argent du meilleur film d‘animation. Depuis 2012, Meilūnas est animateur et réalisateur pour la société de post-production WRKS. FILMOGRAPHIE Les bois (2014) Le jour de congé de M. Nuit (2017)

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LES BOIS MIŠKAS

2015 | 12’

Jeudi 25 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein)

Un vieux savant, naturaliste et ermite, tente d‘attraper une créature mythique, qui vit dans la forêt et brille dans la nuit, afin de compléter sa collection. Il construit une trappe, mais il se retrouve bientôt lui-même dans une situation délicate.

RÉALISATION Ignas Meilūnas SCÉNARIO Ignas Meilūnas PHOTOGRAPHIE Simonas Glinskis MONTAGE Ignas Meilūnas MUSIQUE Vytautas Leistrumas INTERPRÈTE Norvydas Birulis PRODUCTION Ingrida Kolytė-Stašinskė, Ignas Meilūnas, Kristina Ramanauskaitė, Ramojus Petrauskas, Aurimas Pukevičius, Marija Razgutė SOCIÉTÉS DE PRODUCTION WRKS, Čiobreliai, Lituanie

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URTĖ OETTINGER Née en 1985, Urtė Oettinger possède un goût certain pour l‘expérimentation. Elle s‘est ainsi essayée à différentes techniques d‘animation comme la stopmotion, la rotoscopie, ou encore le dessin et la peinture animés. La chute (Nuopolis) est sa première animation avec des marionnettes. FILMOGRAPHIE Le cantique des cantiques (2010) Jour d‘indépendance (2012) La lumière qui conduit au bonheur (2015) La chute (2016, réalisé avec Johan Oettinger)

JOHAN OETTINGER Né en 1984, Johan Oettinger est spécialisé dans le film d‘animation de marionnettes. Son premier court métrage professionnel, Sept minutes dans le ghetto de Varsovie (Septynios minutės Varšuvos gete), a fait le tour de nombreux festivals et reçu de multiples récompenses, dont une mention spéciale à Annecy et le prix KingBonn à Shenzhen, en Chine. FILMOGRAPHIE Lézard, fleur et tête d’une poupée (2006) Sept minutes dans le ghetto de Varsovie (2012) Viens avec moi (2013) La chute (2016, réalisé avec Urtė Oettinger)

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LA CHUTE NUOPOLIS 2016 | 8’

C’est un film d’animation de marionnettes de court métrage sur la chute et l‘ascension, le soulèvement, l‘abaissement et le dévouement. Le personnage principal, un aigle fier de son dernier voyage, découvre l‘affrontement fatal du bien et du mal. Le film est rempli de métaphores, d‘allusions à la mythologie grecque et de réflexions philosophiques sur la vie et la mort. La chute idéalise la beauté de la nature et la force brutale. C‘est une aventure émouvante, captivante et passionnante qui connaît une fin dramatique.

Jeudi 25 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Urtė Oettinger, Johan Oettinger SCÉNARIO Urtė Oettinger, Johan Oettinger PHOTOGRAPHIE Johan Oettinger MONTAGE Johan Oettinger MUSIQUE Nicolas Vetterli PRODUCTION Agnė Adomėnė, Johan Oettinger SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Art Shot, Lituanie / WiredFly, Danemark

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BIRUTĖ SODEIKAITĖ Née en 1988, Birutė Sodeikaitė est animatrice et réalisatrice de films d‘animation en stop-motion. Artiste, elle crée également des marionnettes et des décors : c‘est d‘ailleurs en aidant son père à en fabriquer pour divers spectacles en Lituanie qu‘elle a débuté sa carrière. Sodeikaitė a étudié l‘animation, d‘abord à la Arts University Bournemouth au Royaume-Uni, puis à l‘université de Volda en Norvège, où elle a découvert sa passion : la stopmotion. Diplômée en 2013, Sodeikaitė poursuit son apprentissage sur les routes d‘Europe en participant à des projets d‘animation et de théâtre à l‘étranger (studios Aardman au Royaume-Uni, Nukufilm en Estonie, Se-Ma-For en Pologne). Terminus : la Lune (Paskutinė stotelė – Mėnulis) est sa première animation de marionnettes en tant que réalisatrice. FILMOGRAPHIE Quand l‘arbre pousse (2013) Terminus : la Lune (2017)

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TERMINUS : LA LUNE PASKUTINĖ STOTELĖ – MĖNULIS 2017 | 9’

C‘est histoire d‘une fillette qui essaie de faire face à sa maladie. Imaginant la maladie comme un lion et elle-même comme une licorne, elle traverse les différentes étapes de l‘acceptation.

Jeudi 25 janvier 19h30 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Birutė Sodeikaitė SCÉNARIO Birutė Sodeikaitė, Elžbieta Chowaniec, Anna Stańko, Monika Framczak-Zmarz, Mateusz Moczulski PHOTOGRAPHIE Emil Kalus MONTAGE Mikas Žukauskas MUSIQUE Ramūnas Motiekaitis VOIX PAR Birutė Sodeikaitė PRODUCTION Agnė Adomėnė, Justyna Rucińska, Wojtek Leszczyński, Anna Mroczek SOCIÉTÉS DE PRODUCTION Art Shot, Lituanie / Likaon, Pologne

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CLASSIQUES LITUANIENS

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ALGIRDAS DAUSA (1940–2017) Algirdas Dausa, né en 1940, a obtenu son diplôme de l‘école de cinéma VGIK de Moscou en 1965. Il a réalisé des documentaires sur des artistes lituaniens remarquables – tels que Mikalojus Konstantinas Čiurlionis ou le metteur en scène Juozas Miltinis –, mais aussi des longs métrages de fiction. Il est aussi célèbre pour avoir réalisé le premier mélodrame lituanien, Le marquis et la bergère (Markizas ir piemenaitė, 1978) et pour avoir adapté au cinéma le classique lituanien Cette maudite humilité (Tas prakeiktas nuolankumas). FILMOGRAPHIE Nuit avant l‘exposition (1963) Bonjour le monde multicolore! (1964) Cinq rencontres sur l‘autoroute (1964) Soirée de souvenirs (1965) M. K. Čiurlionis (1965) Là, derrière la porte (1966) Vincas Mickevičius-Kapsukas (1967) Les sentiments (1968, réalisé avec Almantas Grikevičius) Cette maudite humilité (1970) Là où partent les contes (1973) Antanas Venclova (1975) Conversation masculine (1976) Kolkhoze „Camarade“ (1976) Le garçon de la rue du Travail (1977) Le marquis et la bergère (1978) Difficile et agréable (1980) Vilnius (1981) Groupe sanguin et santé (1981) Le chemin vers le grand sport (1981) Le printemps s‘en va (1983) Amis (1983) Nous sommes nés Lituaniens (1990) Je suis venu chez vous comme pasteur (1993)

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ALMANTAS GRIKEVIČIUS (1935–2011) FILMOGRAPHIE Les contes du soleil (1964) Dans tes bras (1965) Trois coups (1966) Le temps traverse la ville (1966) La fusillade (1967) Les sentiments (1968, réalisé avec Algirdas Dausa) Avevita! (1969) Sadūto Tūto (1974) La grande saignée (1976) Le visage dans la cible (1979) Groupe sanguin zéro (1981) La confession de son épouse (1983) Pas de loup-garou (1986) Weekend en enfer (1987, réalisé avec Vytautas Žalakevičius et Avtandil Kvirikashili) Pour ceux qui sont partis et ne sont pas revenus (1988) Une prière pour la Lituanie (1991) Remarques dans les marges du mode de vie (2002) Tentative de s‘expliquer (2003)

Almantas Grikevičius est diplômé de l‘école de cinéma VGIK de Moscou en 1965. Il travaille au Studio de cinéma lituanien de 1959 à 1992. Il débute sa carrière avec des documentaires, tels que Les contes du soleil (Saulės pasakos, 1964), Trois coups (Trys taktai, 1966) et Le temps traverse la ville (Laikas eina per miestą, 1966). Ce dernier film est immédiatement remarqué par les critiques : son langage particulier annonce l‘arrivée d‘un cinéaste talentueux, capable d‘exprimer par de simples associations visuelles des réflexions historiques complexes. Son premier long métrage de fiction, Les sentiments (Jausmai, 1968), est réalisé en collaboration avec Algirdas Dausa. Certains de ses films, dont Sadūto Tūto, sont interdits de diffusion, tandis que d‘autres sont projetés pour des audiences internationales. En 1981, le film de Grikevičius Groupe sanguin zéro (Faktas), qui reproduit à l‘écran un massacre nazi notoire de la Seconde guerre mondiale, devient le premier film lituanien à être présenté au Festival de Cannes, où Elena Solovei remporte le Prix de la meilleure actrice dans un second rôle. En 2009, Grikevičius reçoit le Prix national de la culture et de l‘art de Lituanie, qui vient couronner une vie de réussites et de contributions à la culture lituanienne.

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ALMANTAS GRIKEVIČIUS, ALGIRDAS DAUSA

LES SENTIMENTS JAUSMAI

1968 | 90’

Inspiré d‘un roman de l‘écrivain letton Egons Līvs, le film montre la détermination, mais aussi la grande sensibilité, d‘un homme, et de toute la Lituanie, face à des événements cataclysmiques. Les sentiments dépeint une période chaotique à travers la relation qui unit deux frères, l‘un dévoué à sa famille et à sa bonne conscience ; l‘autre à un idéal politique. Ces frères que tout sépare peuvent être vus comme une métaphore de la Lituanie, un pays déchiré en deux par l‘histoire. Dans ce pays souvent occupé par des puissances étrangères, la lutte pour survivre est aussi personnelle que culturelle.

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Mercredi 17 janvier 20h45 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Almantas Grikevičius, Algirdas Dausa SCÉNARIO Vytautas Žalakevičius PHOTOGRAPHIE Jonas Tomaševičius MONTAGE Izabelė Pinaitytė MUSIQUE Vytautas Barkauskas INTERPRÈTES Regimantas Adomaitis, Juozas Budraitis, Regina Paliukaitytė, Eugenija Bajorytė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Lietuvos kino studija, Lituanie


ALMANTAS GRIKEVIČIUS

SADŪTO TŪTO SADŪTO TŪTO 1974 | 78’

Jeudi 18 janvier 21h00 (Salle Jean Epstein)

Petras Minkus, sculpteur doué mais sans grand succès, aligne les petits boulots pour joindre les deux bouts. Il décide de partir à la campagne avec son ami d‘enfance Povilas Baibokas, où il a l‘espoir de gagner un peu d‘argent, mais surtout que sa carrière fasse enfin une percée.

RÉALISATION Almantas Grikevičius SCÉNARIO Vytautas Žalakevičius PHOTOGRAPHIE Donatas Pečiūra MONTAGE Vanda Zavadskaitė MUSIQUE Viačeslavas Ganelinas INTERPRÈTES Juozas Budraitis, Regimantas Adomaitis, Eugenija Pleškytė, Nijolė Lepeškaitė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Lietuvos kino studija, Lituanie

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ARŪNAS ŽEBRIŪNAS (1930–2013) Arūnas Žebriūnas, après avoir débuté sa carrière comme assistant directeur artistique, devient à son tour directeur artistique au Studio de cinéma lituanien en 1955, avant de passer 5 ans plus tard à la réalisation en adaptant le roman Le dernier coup (Paskutinis šūvis), qui devient le troisième chapitre d‘un film en plusieurs parties, Les héros vivants (Gyvieji didvyriai). Il s‘agit de la première série de courts métrages lituaniens à obtenir une reconnaissance internationale au 12ème festival de Karlovy Vary, en 1960. Après un séjour à Moscou auprès du célèbre réalisateur russe Michail Romm, Žebriūnas crée l‘un des ses films les plus remarquables, La fille et l‘écho (Paskutinė atostogų diena, 1964), qui est primé au VKF, le festival de cinéma de l‘Union, et à Cannes, et qui reçoit à Locarno la Voile d‘argent. Dans ses premiers films, Žebriūnas s‘attache souvent, avec un lyrisme et un humour discrets, à percer le secret des âmes des enfants et des adolescents. Plus tard, lorsqu‘il se tourne vers des thématiques plus adultes, il crée des films plastiques, colorés, très esthétiques, dépeignant les passions humaines et des forces éreintantes. En 2010, Žebriūnas remporte la Grue d‘or du cinéma lituanien, une distinction qui vient récompenser l‘ensemble d‘une carrière. Un an plus tard, il se voit remettre le Prix national de la culture et de l‘art de Lituanie « pour son travail, qui ouvert la voie au cinéma poétique lituanien, un cinéma qui a toujours usé de son langage particulier pour défendre les valeurs humanistes les plus nobles ». FILMOGRAPHIE Les héros vivants (1960, réalisé avec Marijonas Giedrys, Balys Bratkauskas, Vytautas Žalakevičius) La fille et l‘écho (1964) Le petit prince (1966) La mort et cerisier (1968) La Belle (1969) La fiancée du diable (1974) Le pain de noix (1978)

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LA BELLE GRAŽUOLĖ 1969 | 66’

Les enfants du quartier jouent souvent à un jeu : ils forment un cercle au centre duquel l‘un d‘entre eux danse pendant que les autres lui adressent des compliments. Inga, une petite fille sympathique et honnête qui vit avec sa mère célibataire, en reçoit en général beaucoup. Pour cette raison, on la surnomme « la Belle ». Mais cela ne va pas durer : un nouveau s‘installe dans le quartier. Malpoli, il ne s‘intègre pas bien. Et comme il n‘aime pas les tâches de rousseur d‘Inga, il lui dit qu‘elle est laide, ce qui blesse profondément Inga. Elle part à la recherche de la vraie beauté...

Samedi 20 janvier 15h00 (Salle Jean Epstein) Séance présentée par Alantė Kavaitė

RÉALISATION Arūnas Žebriūnas SCÉNARIO Jurijus Jakovlevas PHOTOGRAPHIE Algimantas Mockus MONTAGE Lilija Zivienė MUSIQUE Viačeslavas Ganelinas INTERPRÈTES Inga Mickytė, Lilija Žadeikytė, Sergejus Martinsonas, Arvydas Samukas, Tauras Ragalevičius SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Lietuvos kino studija, Lituanie

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La fiancée du diable (Velnio nuotaka) de Arūnas Žebriūnas, 1974. Archives du musée lituanien du théâtre, de la musique et du cinéma. En haut, photographie de Algimantas Mockus. À droite, photographie de Rimvydas Strikauskas.

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LA FIANCÉE DU DIABLE VELNIO NUOTAKA 1974 | 78’

« Il s‘agit là d‘un des plus grands succès du cinéma lituanien et d‘un film vraiment unique en son genre. En choisissant le genre de la comédie musicale ou de l‘opéra rock, le cinéaste a su à la fois rester fidèle au livre qu‘il adaptait, tout en créant une œuvre cinématographique originale. Sur une musique entraînante composée par Ganelinas, cette histoire traditionnelle ouvertement modernisée est à la fois joyeuse, éclatante, puissante et décontractée. La fiancé du diable (Velnio nuotaka) va à l‘encontre du mythe selon lequel les Lituaniens seraient tristes et déprimés. Il se fait remarquer par son dynamisme joyeux et reste un cas à part dans le cinéma lituanien. » Saulius Macaitis

Dimanche 21 janvier 20h45 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Arūnas Žebriūnas SCÉNARIO Sigitas Geda, Arūnas Žebriūnas PHOTOGRAPHIE Algimantas Mockus MONTAGE Vanda Zavadskaitė, Ona Diržytė MUSIQUE Viačeslavas Ganelinas INTERPRÈTES Vaiva Mainelytė, Regimantas Adomaitis, Gediminas Girdvainis, Regina Varnaitė SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Lietuvos kino studija, Lituanie

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RAIMUNDAS BANIONIS Né en 1957, Raimundas Banionis est diplômé de l‘école de cinéma VGIK de Moscou en 1980. Son long métrage La vitesse est mon dieu (Greitis – mano dievas) obtient à cette occasion le prix du meilleur projet de fin d‘études. La même année, il commence à travailler comme réalisateur-producteur au Studio de cinéma lituanien. En 1985, il sort Ma petite femme (Mano mažytė žmona) et la série télévisée A seize ans (Šešiolikmečiai) ; en 1988, Je ne me rappelle pas ton visage (Neatmenu tavo veido), et en 1992, Jazz (Džiazas). Son film Les enfants de l‘hôtel « America » (Vaikai iš „Amerikos“ viešbučio, 1990) marque la naissance du cinéma lituanien indépendant.

FILMOGRAPHIE La vitesse est mon dieu (1979) Les maîtres de la route (1981) Ma petite femme (1984) A seize ans (1984-1986, séries TV) Les enfants de la fontaine (1987) Je ne me rappelle pas ton visage (1988) Les enfants de l‘hôtel « America » (1990) Jazz (1992) Adomas Mickevičius. 1798–1855. Versions de la réalité (1998) Juozas Miltinis. Interview inconnu (2000) La rencontre (2005) Rigoletto (2008)

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LES ENFANTS DE L’HÔTEL « AMERICA » VAIKAI IŠ „AMERIKOS“ VIEŠBUČIO 1990 | 89’

Dans la Lituanie soviétique, un groupe d‘adolescents hippies, fans de rock‘n‘roll – pourtant interdit en URSS –, écoutent en secret Radio Luxembourg. Ils habitent tous ensemble dans un ancien hôtel, l‘« America » et s‘impliquent dans le « printemps de Kaunas » (NDLT : manifestations après l‘immolation d‘un jeune homme à Kaunas) qui les touche de près. Lorsqu‘ils essaient d‘envoyer une lettre à Radio Luxembourg, le KGB commence à s‘intéresser de près à leurs activités.

Samedi 20 janvier 21h15 (Salle Jean Epstein)

RÉALISATION Raimundas Banionis SCÉNARIO Maciejus Drygas PHOTOGRAPHIE Jonas Tomaševičius MONTAGE Vanda Survilienė MUSIQUE Faustas Latėnas INTERPRÈTES Augustas Šavelis, Gabija Jaraminaitė, Jurga Kasčiukaitė, Rolandas Kazlas, Arūnas Sakalauskas SOCIÉTÉ DE PRODUCTION Lietuvos kino studija, Lituanie

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Faits et chiffres sur le cineéma en Lituanie L‘industrie cinématographique lituanienne a connu une série de changements positifs au cours des cinq dernières années. Les revenus tirés de la vente des billets ont augmenté régulièrement, ils ont atteint plus de 8 millions d‘euros en 2012 et plus de 17 millions d‘euros en 2016, soit une croissance de plus de 110 % en 5 ans. L‘un des plus grands changements concerne la popularité de plus en plus grande des films nationaux. En 2016, les dix films les plus rentables du cinéma lituanien comprenaient quatre productions lituaniennes. Plus d‘un demi-million de spectacteurs ont vu Entre nos garçons (Tarp mūsų berniukų) du metteur en scène Kęstutis Gudavičius, Appel reçu (Gautas iškvietimas) et Appel reçu 3 (Gautas iškvietimas 3) de Tadas Vidmantas ainsi que Oh, non! Oh, oui! (O, ne! O, taip!) de Julius Paulikas, a ce qui a permis un gain de 2 948 149 euros. La plus grande contribution a été apportée par Emilis Vėlyvis avec le film Redirigé (Už Lietuvą), réalisé en 2014, qui a attiré plus de 322 000 spectateurs dans les salles de cinéma et est devenu le film le plus populaire de tous les temps en Lituanie. Au total, 291 films ont été projetés dans les salles de cinéma lituaniennes en 2016 et les entrées globales ont atteint le nombre de 3 668 370. Le boxoffice a augmenté de 7 %, passant de 15 391 806 euros à 17 724 516 euros. Au total, 13 films lituaniens ont été présentés en première mondiale. Ils ont été vus par 698 289 spectateurs dans les salles de cinéma et ont rapporté 3 462 149 euros. Le nombre de longs métrages produits en Lituanie a considérablement augmenté, passant de 11 en 2015 à 21 en 2016. Les films américains jouissent encore de la plus grande popularité parmi les cinéphiles lituaniens. La part de marché de la production des États-Unis en Lituanie est passée de 65,48 % en 2015 à 71,5 % en 2016.

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CHIFFRES-CLÉS

2012

2013

2014

2015

2016

Nombre de séances par personne

1,01

1,1

1,11

1,13

1,29

Nombre total de billets vendus*

3 020 332

3 256 995

3 234 595

3 330 451

3 668 370

Prix moyen des billets en euros

3,88

4,04

4,44

4,62

4,83

Nombre total de cinémas

42

32

32

32

29

Nombre total de multiplexes

9

10

10

10

10

Nombre total d'écrans

95

95

95

95

79

Nombre total d'écrans numériques

21

44

44

44

54

Nombre total d'écrans 3D

n/a

n/a

n/a

n/a

25

Part de marché des films lituaniens

2,88%

16,49%

23,18%

13,81%

19,5%

Part de marché des films européens

17,88%

13,22%

13,9%

17,8%

8,5%

Part de marché des films américains

75,92%

69,27%

60,28%

65,48%

71,5%

Premières nationales

6

15

14

10

13

Nombre total de films nationaux produits

33

40

40

35

58

Nombre total de longs métrages nationaux produits

4

11

8

11

21

Nombre total de films distribués

190**

197**

261

290

291

* Hors festivals ** Ne concerne que les premières

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Incitation fiscale pour la production cinematographique en Lituanie Société de production lituanienne Ce

rti

t

ra nt

fic

Co

Compagnie étrangère de production de films

at

Centre du cinéma lituanien

Contrat d’investissement

t

en

tis

es

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v ’in

m se

td

ca

Ce

Investisseur lituanien

La franchise d’impôt pour les films en Lituanie offre la possibilité d‘économiser jusqu‘à 20 % du budget de la production cinématographique grâce à un plan d‘investissement privé.

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Les plus grands projets de production de films étrangers en Lituanie: • La légende de l‘évasion (The Legend of Escape, 2018, Russie) • Le vrai courage (True Mettle, 2017, les États-Unis) • Tribunal de Tokyo (Tokyo Trial, 2016, Canada, Japon, Hollande) • Ville frontalière (Bordertown, 2016, Finlande) • Guerre et paix (War and Peace, 2015, Grande Bretagne) • Musique sur la glace (Music on Ice, 2015, Russie)

LA PROCÉDURE Le schéma peut être utilisé par les producteurs de longs métrages, de télévision, de documentaires et de dessins animés. Ce schéma implique la participation d‘une société de production cinématographique étrangère, d‘une société de production cinématographique lituanienne, d‘une unité commerciale qui fournit des investissements financiers pour la production cinématographique et du centre du cinéma lituanien accordant des facilités de paiement. Le producteur étranger aura besoin d‘une société de production locale pour pouvoir demander des facilités de paiement. Le schéma peut être utilisé pour la production de l‘ensemble du film ou d‘une partie de celui-ci. La société de production économise 20 % du budget lors du tournage en Lituanie et le donateur local est motivé à soutenir la production cinématographique par la possibilité de réduire l‘impôt sur les sociétés.

CONDITIONS D‘ADMISSIBILITÉ Le film doit répondre à des critères culturels et de production. Les dépenses locales minimales doivent être d‘au au minimum de 43 000 EUR. Au moins 80 % des coûts de production lituaniens doivent être engagés en Lituanie. Pour plus d‘informations, veuillez consulter www.lkc.lt/en Depuis l‘introduction du système des facilités de paiement, le nombre de productions étrangères en Lituanie augmente régulièrement chaque année. 93


PROGRAMME DE LA COMMÉMORATION DU CENTENAIRE DU RÉTABLISSEMENT DE L’ÉTAT LITUANIEN EN 2018 EN FRANCE

RÉTROSPECTIVE DU CINÉMA LITUANIEN Cinémathèque française du 15 au 28 janvier 2018 Première du nouveau film de S. Bartas Le givre Présentation des films de J. Mekas et rencontre avec le cinéaste Plus de 25 séances de cinéma lituanien, des discussions avec les réalisateurs et les critiques de cinéma etc. Cinémathèque française, 51, rue de Bercy, 75012 Paris Pour en savoir plus : www.cinematheque.fr

PROJECTION DU DOCUMENTAIRE « LES PASSEURS DE LIVRES » DE JEREMIAH CULLINANE Le 30 janvier 2018 à 19h30 Centre Culturel Irlandais à Paris, 5, rue des Irlandais, 75005 Paris

LES SABLIERS, SPECTACLE AUDIOVISUEL DE JUSTĖ JANULYTĖ (Création vidéo – Luca Scarzella (Italie), électronique – Michele Tadini, Antonello Raggi, 4 violoncelles, solistes du Gaida Ensemble: E. Kulikauskas, P. Jacunskas, J. Kulikauskas, O. Švabauskaitė) Le vendredi 9 février et le samedi 10 février La Gaité Lyrique (Grande Salle), 3bis, rue Papin, 75003 Paris www.janulyte.info

CONCERT SOLENNEL DÉDIÉ AU CENTENAIRE DU RÉTABLISSEMENT DE L’ETAT LITUANIEN Concert de l’Orchestre de chambre de Lituanie à Paris (Salle Gaveau) Le 8 mars 2018 à 20h30 Chef d’orchestre – R. Šervenikas, M. Rubackytė – piano Au Programme : Les œuvres de W. A. Mocart, F. Chopin et l’œuvre du compositeur français P. Thilloy, créée spécialement pour ce concert sur la thématique du célèbre conte lituanien « Eglė, la reine de serpents » Palais historique de concerts de Paris ouvert depuis 1906. Salle de 1200 places Salle Gaveau, 45, rue La Boétie, Paris 8ème www.sallegaveau.com

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PROJECTION DU FILM « LA JOURNÉE DE SÉNÈQUE » DE KRISTIJONAS VILDŽIŪNAS A l‘occasion du Festival de Cinéma de Paris, en correspondance avec FICEP, projection du film « La journée de Sénèque » de Kristijonas Vildžiūnas

CONFÉRENCE HISTORIQUE AU SÉNAT Conférence-débat « 1918-2018 : le chemin parcouru et le destin extraordinaire des trois pays » en présence des membres des parlements, politologues, historiens, diplomates et etc. des quatre pays Le 19 mars 2018 Sénat (Palais du Luxembourg), 15, rue de Vaugirard, 75291 Paris

Exposition « L’architecture de l’optimisme : le phénomène de la ville de Kaunas. 1918-1940 » à l’UNESCO (Paris) Le 2 avril 2018 UNESCO, 7, place de Fontenoy, 75007 Paris

EXPOSITION SUR LE SYMBOLISME DANS LES PAYS BALTES AU MUSÉE D’ORSAY À PARIS « Le symbolisme dans l’art des Pays baltes » 10 avril – 15 juillet 2018 Le 9 avril : cérémonie d’ouverture officielle de l’exposition Avec les œuvres de F. Rušciso, A. Varnas, A. Žmuidzinavičius, M. K. Čiurlionis, A. Jaroševičius représenteront le symbolisme lituanien Commissaire général de l’exposition : Rodolphe Rapetti Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d‘Honneur, 75007 Paris

ÉVÈNEMENTS MUSICAUX AU MUSÉE D’ORSAY « MUSICA BALTICA » 3 avril – 29 mai 2018 • Concert le mardi 3 avril 2018 – 12h30 Kremerata Baltica – Quatuor Quatro Baltico – Andrius Žlabys (piano) Au programme : les œuvres de Peteris Vasks, Erkki-Sven Tuur, Giedrius Kuprevičius, Andrius Žlabys Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d‘Honneur, 75007 Paris

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• Concert le jeudi 5 avril 2018 – 20h00 Gidonas Kremeris – Andrei Pushkarev Au programme : les œuvres d’Arvo Part, Georgs Pelécis, M. K. Čiurlionis Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d‘Honneur, 75007 Paris

• Concert le mardi 22 mai 2018 – 12h30 Le Chœur Philharmonique de Chambre d’Estonie (dirigé par Kaspars Putnins) Au programme : les œuvres de Mart Saar, Cyrilius Kreek, Jazeps Vitols, Janis Zalitis et M. K. Čiurlionis Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d‘Honneur, 75007 Paris

• Concert le mardi 29 mai 2018 – 12h30 Mūza Rubackytė (piano) Au programme : les œuvres de M. K. Čiurlionis, Jazeps Vitols, Heino Eller, etc. Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d‘Honneur, 75007 Paris

Divers évènements culturels au Musée d’Orsay pendant sur le symbolisme dans l‘art des Pays baltes • Concert de « Cremerata Baltica » • La discussion des critiques de l’art • Concerts de musique de chambre dans la salle du musée d’Orsay • Cinéma, littérature, ateliers de création pour les enfants Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d‘Honneur, 75007 Paris

Concert du quatuor à cordes lituanien « Mettis » Le 14 mai 2018 Hôtel des Invalides – Musée de l’armée, 129, rue de Grenelle, 75007 Paris www.musee-armee.fr

PRÉSENTATION DE LA LITTÉRATURE DES PAYS BALTES Présentation de la littérature des Pays baltes dans le cadre du festival international de la littérature et de la poésie « Marché de la Poésie 2018 » Juin 2018 Place Saint – Sulpice, 75006 Paris

PRÉSENTATION DU DESIGN LITUANIEN Présentation des créations du design lituanien dans le cadre de la « Paris Design Week » à Paris Septembre 2018 Les Docks – Cité de la Mode et du Design, 34, quai d‘Austerlitz, 75013 Paris www.citemodedesign.fr

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PRÉSENTATION DE LA CULTURE DES PAYS BALTES EN NORMANDIE En 2018, les Pays baltes seront les invités d’honneur des Boréales, festival international de la culture des pays nordique à Caen Automne 2018 www.lesboreales.com

AUTRES ÉVÈNEMENTS Plusieurs autres évènements seront organisés en France tout au long de l’année 2018 pour présenter la culture lituanienne (projets d’art, expositions photos, projections de films, littérature, etc.) Programme en cours d’élaboration en coopération avec les institutions françaises Pour en savoir plus : Vida Gražienė, Attachée culturelle de la Lituanie en France E-mail : vida.graziene@urm.lt Port. +33658963353

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La fiancée du diable (Velnio nuotaka) de Arūnas Žebriūnas, 1974. Archives du musée lituanien du théâtre, de la musique et du cinéma. Photographie de Rimvydas Strikauskas.


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Profile for Lietuvos Kino Centras

Rétrospective Cinéma Lituanien à la Cinémathèque française  

Rétrospective Cinéma Lituanien à la Cinémathèque française  

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