Page 1

Santé nordique p3

Retour au fleuve p7

Volume 51, numéro 29 16 juin 2016

photo Marc Robitaille

Bravo aux 11 734 diplômés !

Des milliers de finissants vivent le jour tant attendu de la collation des grades, qui se déroule sur deux fins de semaine à l’amphithéâtre-gymnase Desjardins-Université Laval. p10-11


le fil | le 16 juin 2016

2

Au service des communautés nordiques Mélanie Lemire prend la gouverne de la Chaire de recherche Nasivvik en approches écosystémiques de la santé nordique par Jean Hamann En inuktitut, nasivvik veut dire « position avantageuse ». Ce mot est utilisé pour décrire une élévation de terrain, un monticule de glace ou tout autre endroit surélevé qui offre une vue claire à l’observateur. « En un certain sens, le mot signifie également avoir une vision d’ensemble, dans l’espace et dans le temps, avoir une vision écosystémique, quoi ! Ça correspond tout à fait à ma façon de travailler », souligne Mélanie Lemire. La professeure du Département de médecine sociale et préventive dispose maintenant d’un outil exceptionnel pour mettre en pratique sa conception de la recherche et de la formation de la relève puisqu’elle prend la gouverne de la Chaire de recherche Nasivvik en approches écosystémiques de la santé nordique. Cette chaire a été lancée officiellement le 16 mai sur le campus, à l’occasion du Forum Santé Nord 2016. Ce n’est pas un hasard si le terme « santé nordique », qui figure dans le nom de la Chaire, peut faire référence à la santé des personnes vivant dans le Nord ou à la santé du milieu nordique. « Les

personnes et les écosystèmes dans lesquels elles vivent sont intimement liés et ils s’influencent mutuellement, ce qui conduit à des problèmes pour lesquels il n’existe pas de solutions simples, rappelle Mélanie Lemire. C’est justement l’essence des travaux de la Chaire. » La chercheuse s’est initiée à la santé environnementale au cours de ses études de maîtrise et de doctorat menées à l’UQAM. En 2003, elle se rend pour la première fois en Amazonie brésilienne pour étudier, au sein d’une équipe interdisciplinaire, l’exposition au mercure chez des populations riveraines qui consomment beaucoup de poissons. Dans cette région du monde, la présence de ce polluant dans l’environnement est liée à la déforestation. Le mercure se retrouve dans le milieu aquatique, s’accumule dans la chair des poissons prédateurs, et les personnes qui s’en nourrissent ingèrent ce contaminant, qui peut perturber le fonctionnement du système nerveux et du système cardiovasculaire. Les travaux de Mélanie Lemire ont révélé que la consommation de sélénium, provenant

également d’aliments locaux, entre autres les noix du Brésil, pourrait contrecarrer les effets néfastes du mercure sur la santé. En 2010, pour les besoins de ses travaux de postdoctorat à l’Université Laval, la chercheuse met le pied pour la première fois au Nunavik. Elle constate aussitôt que la situation des Inuits présente de nombreuses similarités avec ce qu’elle a observé en Amazonie. Ces populations consomment des aliments locaux qui ont des bienfaits sur la santé et qui ont une grande importance culturelle. En raison du transport sur de longues distances de polluants et de leur bioaccumulation, certains aliments locaux peuvent toutefois comporter des risques pour la santé humaine. Et tout ceci survient dans un contexte complexe de changements environnementaux, alimentaires, sociaux et culturels. « La Chaire et ses partenaires autochtones participeront à la recherche de solutions pour diminuer l’exposition à ces contaminants tout en faisant la promotion des aliments locaux, qui sont de qualité exceptionnelle », résume Mélanie Lemire. Au cours des prochaines années, la Chaire poursuivra les travaux menés depuis plus de 20 ans dans le Nord québécois par le groupe Santé mondiale et environnementale du CHU de QuébecUniversité Laval. Les projets porteront notamment sur les interactions séléniummercure dans l’alimentation locale et la biosurveillance de l’exposition à certains contaminants environnementaux chez les populations inuites et les Premières Nations. De plus, la deuxième phase de la vaste enquête sur la santé

Les populations du Nord consomment des aliments locaux qui ont des bienfaits sur la santé et qui ont une grande importance culturelle. Toutefois, en raison du transport sur de longues distances de polluants et de leur bioaccumulation, certains de ces aliments peuvent comporter des risques pour la santé humaine. photo Vincent L’Hérault, ArticNet

des Inuits « Qanuilirpitaa – Comment allons-nous ­main­tenant  ?  » sera réalisée en 2017. La titulaire de la Chaire, également rattachée au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, entend porter une attention particulière au partage des résultats de recherche avec les communautés. « Je suis une chercheuse de terrain et j’aime le contact avec les gens. C’est tellement valorisant de présenter les résultats aux membres des communautés et d’en discuter avec eux. J’ai l’impression de contribuer, à ma mesure, à faire de la science utile pour leur quotidien. » Pendant sa formation en recherche, Mélanie Lemire a eu deux mentors, qui l’ont beaucoup marquée : Donna Mergler, qui a dirigé ses travaux de maîtrise et de doctorat à l’UQAM, et Éric Dewailly, avec qui elle a travaillé pendant son postdoctorat à l’Université Laval. Les deux lui ont appris une chose :

On peut le lire en ligne à lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique.

Le journal de la communauté universitaire

L’un des projets élaborés par Mélanie Lemire, Purple Tongue, vise à faire connaître les petits fruits du Nunavik aux jeunes Inuits. Ceux-ci sont invités à cueillir des baies sauvages et à les utiliser dans la fabrication de rouleaux de fruits, de sorbets et de barres granola, afin de profiter de leurs vertus nutritives à longueur d’année. photo Alain Cuerrier

Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 29 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Vous désirez proposer un sujet d’article ? Écrivez-nous à l’adresse le-fil@dc.ulaval.ca au plus tard le jeudi midi précédant la prochaine parution. Les textes soumis doivent comporter le nom et le numéro de téléphone de leur auteur. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur.

pour que la recherche en santé environnementale ait un sens, elle doit être au service des communautés. Le décès soudain d’Éric Dewailly, en 2014, a été un choc pour elle. « Il avait commencé à développer un projet de chaire pour consolider l’équipe de recherche en santé nordique de l’Université Laval. La création de la Chaire Nasivvik me donne la chance inestimable de réaliser quelque chose qui me tient beaucoup à cœur : poursuivre ce qu’Éric avait entrepris tout en y mettant ma touche personnelle. » La Chaire Nasivvik dispose d’un budget de démarrage de

860 000 $ sur cinq ans. Cette somme provient du réseau de centres d’excellence du Canada ArticNet et du ministère des Affaires autochtones et du Nord du Canada. « Cette chaire s’arrime parfaitement aux orientations universitaires et facultaires en matière de santé durable et de responsabilité sociale, souligne Éric Bauce, vice-recteur exécutif et au développement de l’Université Laval. Elle permettra d’assurer la pérennité des domaines de la santé environnementale et de la santé autochtone, notamment en augmentant le nombre d’étudiants et de chercheurs. »

Pour que la recherche en santé environnementale ait un sens, elle doit être au service des communautés

Rédaction Éditeur : Jacques Villemure, directeur des communications Rédactrice en chef : Claudine Magny Journalistes : Matthieu Dessureault, Jean Hamann, Yvon Larose Collaborateurs : Pascale Guéricolas, Stéphane Jobin, Renée Larochelle, ­Mathieu ­Tanguay, Julie Turgeon Collaborateurs au Web : Carl Bélanger, Thierry Mellon Rédactrice-réviseure : Isabelle Doucet Agente de secrétariat : Josée Nadeau

Production Infographie : Stéphanie Rivet, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : TC Imprimeries Transcontinental, Québec (Québec)

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965

Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687


le fil | le 16 juin 2016

Forum Santé Nord 2016

3

Des recherches menées par Gina Muckle et son équipe de chercheurs ont révélé que l’exposition prénatale au mercure favorise l’apparition de problèmes d’hyperactivité et d’impulsivité chez les enfants du primaire. photo Karsten Bidstrup

Vers une santé durable Organisé par l’Institut nordique du Québec, le Forum Santé Nord 2016 réunit une variété d’experts pour discuter des enjeux Scientifiques, représentants de la recherche en santé des de communautés autochtones, autochtones du Nord professionnels du domaine de par Matthieu Dessureault la santé et des services Le développement du Nord suscite de nombreux défis pour la recherche sur la santé des populations autochtones. C’est sociaux et employés des pour discuter de ces enjeux que des membres de l’Institut gouvernements fédéral et nordique du Québec (INQ) sont réunis ce jeudi, au pavillon Maurice-Pollack. Plus de 150 personnes – scientifiques, provincial participent au forum représentants de communautés autochtones, professionnels du domaine de la santé et des services sociaux et employés des gouvernements fédéral et provincial – participent au Forum Santé Nord. L’INQ est un projet piloté par l’Université Laval, l’Université McGill et l’Institut national de la recherche scientifique, en collaboration avec différents partenaires. Son but est de fournir aux gouvernements, aux entreprises et aux

Lors du Forum, des spécialistes aborderont différents sujets liés à la santé, à l’alimentation et aux déterminants sociaux et environnementaux qui concernent les populations autochtones du Nord. photo Leslie Coates, ArticNet

communautés concernés les connaissances nécessaires au développement durable du Nord du Québec et de l’Arctique canadien. La santé figure parmi ses principaux axes de recherche avec, notamment, la protection de l’environnement, la formation et les technologies. « La santé étant au cœur d’une communauté durable, l’INQ s’intéresse au développement de connaissances dans ce domaine, ainsi que dans plusieurs autres domaines de la recherche nordique. Il fédère l’ensemble des chercheurs et des centres de recherche à vocation nordique, qui abordent un large éventail de questions », explique Gina Muckle, membre du comité scientifique du Forum. Chercheuse au Centre Nasivvik pour la santé des Inuits et les changements environnementaux, elle étudie les effets des contaminants environnementaux sur la croissance et la santé mentale des enfants inuits. Depuis plus de 20 ans, ce programme de recherche suit des participants à différentes étapes de leur développement. « On s’intéresse principalement à l’exposition au plomb, au mercure et aux BPC. Chacun de ces contaminants est associé à des effets différents. Par exemple, nous avons été les premiers à démontrer que l’exposition prénatale au mercure favorise l’apparition de problèmes d’hyperactivité et d’impulsivité à l’école primaire », indique Gina Muckle. Les travaux de son équipe ont donné lieu, jusqu’ici, à plus de 70 articles scientifiques. Ils servent aussi de guide au gouvernement canadien pour les négociations entourant la ratification d’une convention internationale sur le mercure. La chercheuse profitera du Forum Santé Nord pour faire le point sur ses derniers résultats. Comme elle, une vingtaine d’experts, incluant des représentants inuits, cris, innus et naskapis, prendront la parole. Les présentations seront suivies d’une période d’échanges. « Ce forum est une occasion formidable de partage et de mobilisation des connaissances et des savoirs de tous les partenaires de l’INQ, affirme Marie Audette, vice-rectrice à la recherche et à la création et membre du comité de direction de l’INQ, qui prononcera le mot de bienvenue. Tous ensemble, nous irons plus loin vers l’atteinte d’une société du Nord où la santé et le bien-être sont durables. » Gina Muckle partage son enthousiasme. « Pour faire de la recherche transdisciplinaire, il faut se rencontrer, ce que permet l’INQ avec ce forum. L’Institut apporte un dynamisme additionnel dans le milieu de la recherche nordique. Il permet aux chercheurs de générer de nouvelles hypothèses de recherche, de progresser dans l’avancement des connaissances et d’être davantage compétitifs à l’échelle inter­na­ tionale. » Le Forum Santé Nord 2016 sera aussi l’occasion de procéder à l’inauguration de la Chaire de recherche Nasivvik en approches écosystémiques de la santé nordique. Pour plus d’information : www.inq.ulaval.ca/forum-sante-nord


international en bref Des structures d’excellence conjointes le fil | le 16 juin 2016

4

Coup de chapeau aux audacieuses En cette année du 20e anniversaire du concours Chapeau les filles !, pas moins de 11 étudiantes de l’Université Laval ont été honorées parmi les 56 personnes lauréates. Ce programme du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec souligne le mérite de femmes i­ nscrites dans un programme d’études menant à exercer une profession dans un domaine tradition­ nellement masculin comme la construction, l’agriculture, l’aéronautique, le génie ou les sciences pures et appliquées. Pour remporter un prix, les candidates devaient faire valoir leur motivation et décrire leurs projets d’avenir. photo Brigitte Thériault

Les ententes signées par l’Université portent sur trois pôles d’excellence, soit l’Arctique, l’optique-photonique et le développement durable des ressources naturelles. photos Martin Fortier, ArticNet et COPL

Plus de détails sur les lauréates (PDF) : http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/ contenu/documents_soutien/Ens_Sup/ Commun/Chapeau_filles/Cahier_souvenir_ 2015-2016.pdf

L’Université signe trois ententes de collaboration avec le Centre national de la recherche scientifique

Loi concernant la lutte contre le tabagisme

par Yvon Larose

De nouvelles dispositions à la Loi concernant la lutte contre le tabagisme sont entrées en vigueur récemment. Cela signifie qu’à l’Université Laval, il est interdit de fumer sur les terrasses commerciales, les terrains sportifs et les terrains de jeux. De plus, les fumeurs doivent se tenir à au moins neuf mètres d’une porte (porte principale, porte secondaire, porte de sortie de secours, etc.). Les agents de sécurité et de prévention du campus informeront et sensibiliseront les personnes au respect de la loi, qui s’applique maintenant aussi à la cigarette électronique et à tous les autres ­dispositifs de même nature. Pour plus d’information : www.msss.gouv.qc.ca/ documentation/campagnes/loi-tabac.php

Journée Persévérance aux études doctorales Cette journée se penche sur le phénomène de la persévérance aux études doctorales. Elle s’adresse aux directrices et directeurs de programme de doctorat, aux responsables facultaires des études, aux professeures et aux professeurs, ainsi qu’aux étudiantes et étudiants de doctorat. En première partie, des résultats de recherches récentes seront présentés. L’après-midi sera consacré à la recherche de pistes d’action sous forme de tables rondes, d’ateliers et de discussions. Cette journée est une initiative de la Faculté des sciences de l’éducation et de la Faculté des études supérieures et postdoctorales. Vendredi 19 août, de 8 h 30 à 16 h 30 au Grand Salon. Pavillon Maurice-Pollack. Information : info@fse.ulaval.ca. Site Web : www.fse.ulaval.ca

L’Université Laval, par l’entremise du recteur Denis Brière, a signé, le 16 juin à Montréal, trois ententes de collaboration avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), un important organisme public de recherche français représenté, pour l’occasion, par son président, Alain Fuchs. La séance de signatures a eu lieu à l’occasion d’un séminaire de deux jours consacré aux unités mixtes internationales (UMI) du CNRS au Québec. Une UMI est un laboratoire implanté hors du territoire français qui permet de réaliser, autour d’une thématique hautement stratégique, des travaux de pointe. L’une des ententes avec l’Université Laval scelle le renouvellement de l’UMI Takuvik. Les deux autres officialisent la création de nouveaux laboratoires internationaux associés (LIA). Au total, neuf ententes de collaboration ont été signées à ce jour entre le CNRS et des partenaires universitaires québécois, soit trois UMI et six LIA. « La collaboration en recherche entre l’Université Laval et le CNRS se solidifie à nouveau aujourd’hui par la triple signature d’ententes de partenariat, qui se traduiront par des retombées concrètes en matière de compréhension des changements ­climatiques, de bien-être des communautés nordiques et d’innovation technologique, a déclaré le recteur de l’Université Laval. Ces ententes renforcent la position de l’Université Laval en tant que chef de file international dans les domaines de la recherche sur l’Arctique, en optique-photonique et en développement durable des ressources naturelles. » Pour sa part, la vice-rectrice adjointe aux études et aux activités internationales, Nicole Lacasse, rappelle que le CNRS est un partenaire de premier plan, qui compte plus de 1 000 unités de recherche dans tous les champs de la connaissance. « Pour l’Université Laval, explique-t-elle, la création d’unités mixtes internationales et de laboratoires internationaux associés avec le CNRS et des partenaires universitaires est un moyen de développer et d’intensifier des coopérations productives en recherche. Fondées sur de solides collabo­ rations existantes, les ententes signées aujourd’hui sont un pas en avant significatif qui permet aux équipes de recherche de structurer leurs projets communs en mutualisant des ressources humaines et matérielles. » L’UMI Takuvik a vu le jour en 2011. Elle est issue d’un partenariat entre l’Université Laval et le CNRS. Le responsable québécois est Marcel Babin, professeur au Département de biologie et titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur la télédétection de la nouvelle frontière arctique du Canada. Le programme de recherche de Takuvik

vise à comprendre l’impact des perturbations environnementales actuelles sur les écosystèmes et les géosystèmes arctiques, marins et terrestres. L’UMI Takuvik, qui réunit 15 institutions et laboratoires, procure aux équipes françaises un accès privilégié aux territoires arctiques et aux infrastructures de recherche canadiennes. Le vice-recteur à la recherche et à la création, Edwin Bourget, a d’ailleurs exprimé sa gratitude au Fonds de recherche du Québec (FRQ) pour le financement accordé à cette UMI : «Je tiens à remercier le Fonds de recherche du Québec et son scientifique en chef, Rémi Quirion, pour leur appui déterminant au renouvellement de cette entente et le soutien financier de 300 000 $ sur 3 ans accordé aux travaux de Takuvik ». « L’établissement de telles ententes représente une occasion unique pour la Faculté des sciences et de génie, affirme le doyen André Darveau. Nos professeurs et nos étudiants y voient la possibilité d’accroître efficacement leurs activités à l’international grâce aux nouvelles perspectives de collaboration et de développement. La signature de ces ententes avec un organisme aussi prestigieux que le CNRS démontre une fois de plus le dynamisme de nos professeurs et l’excellence de la recherche à la Faculté. » L’un des nouveaux laboratoires internationaux associés liés à l’Université Laval est le LUMAQ. Il est composé de 12 institutions et laboratoires, dont l’Université de Bordeaux. Son responsable, pour le Québec, est le professeur Younès Messaddeq, du Département de physique, de génie physique et d’optique. Il est titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur l’innovation en photonique. Le LUMAQ a pour objectif de créer, entre autres, de nouvelles technologies de l’interaction laser-matière pour la conception de nouveaux matériaux architecturés en ­photonique. « Les colla­borations internationales constituent maintenant un nouveau s­ tandard en matière de recherche de pointe et de formation de haut niveau », soutient le professeur Réal Vallée, du Département de physique, de génie physique et d’optique, également directeur du Centre d’optique, photonique et laser. « Au bénéfice de ses chercheurs et de ses étudiants, poursuit-il, le COPL a établi au cours des dernières années des alliances stratégiques avec d ­ ifférents instituts partout dans le monde, notamment en Allemagne, au Brésil et aux États-Unis. La signature de cette entente pour la création du LUMAQ constitue un premier jalon vers un partenariat plus étendu avec des chercheurs de l’Université de Bordeaux, et ce, sous l’égide du CNRS. » L’autre laboratoire auquel est associée l’Université Laval est le RESO, qui réunit 10 institutions et laboratoires, dont l’Université Rennes 2. Le RESO se consacre à l’exploitation des ressources géologiques profondes et à la protection des ressources de surface. La recherche porte sur la compréhension et la caractérisation des impacts environnementaux potentiels du développement de ces ressources.


le fil | le 16 juin 2016

actualités UL

5

Au cœur des tumeurs La Chaire de recherche industrielle CRSNG-Elekta créera de nouvelles technologies biomédicales pour la curiethérapie par Jean Hamann

Un peu plus de 40 % des Canadiens seront atteints d’un cancer au cours de leur vie, et la moitié d’entre eux devront recevoir des traitements de radiothérapie. Cette procédure médicale, qui consiste à attaquer les tumeurs en les exposant à une source de radioactivité, a fait ses preuves depuis sa création, il y a plus d’un siècle, mais il y a encore moyen de l’améliorer, estime Luc Beaulieu. Depuis 1999, le professeur du Département de physique, de génie physique et d’optique, également chercheur au CHU de QuébecUniversité Laval, conçoit des outils pour optimiser ces traitements, qui se situent à l’interface de la physique et de la médecine. Au cours des cinq prochaines années, il profitera d’un soutien important pour assurer la suite de ses travaux puisqu’il devient titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Elekta en technologies biomédicales pour la curiethérapie. Les travaux de Luc Beaulieu font appel à des simulations par procédés aléatoires. Le chercheur utilise le supercalculateur de La curiethérapie est une forme particulière de radiothéra- l’Université Laval, Colosse, installé au pavillon Alexandre-Vachon, pour effectuer les calculs requis par ces simulations reposant pie qui consiste à livrer, dans la tumeur ou à proximité de sur la méthode Monte-Carlo. photo Marc Robitaille celle-ci, une ou plusieurs sources de matière radioactive à quelques centimètres cubes pour une implantation scellée, de la taille de grains de riz, afin de détruire les celtemporaire. » lules cancéreuses. « Le développement de la curiethérapie Le défi en curiethérapie consiste donc à livrer la bonne doit beaucoup aux progrès récents dans le domaine de dose de radiation, au bon endroit, et à la laisser agir pendant l’imagerie médicale, signale le professeur Beaulieu. Il est une durée optimale de façon à détruire les cellules cancémaintenant plus facile de bien délimiter la zone à traiter et reuses tout en épargnant les tissus sains qui les entourent. les tissus qu’il faut préserver et de guider en temps réel l’im- La collaboration avec « Les logiciels, les appareils et les systèmes d’implantation plantation des sources contenant la matière radioactive. » que nous développons ont pour but d’optimiser ces opéraContrairement à la radiothérapie externe, qui exige de Elekta pourra faciliter la tions », résume Luc Beaulieu. quatre à cinq semaines de traitements, la curiethérapie est commercialisation éventuelle Pour mener à bien ses travaux, le chercheur pourra compsouvent terminée en moins de cinq jours. « Lorsque les ter sur l’appui d’Elekta, l’un des grands fabricants d’équipegrains sont installés en permanence, un seul traitement suf- des outils que nous ment de radiothérapie à l’échelle mondiale. Cette multinafit dans la plupart des cas, précise le chercheur. Le nombre développerons tionale suédoise et le Conseil de recherches en sciences de grains implantés dépend de la taille de la tumeur, mais naturelles et en génie du Canada (CRSNG) investiront, en règle générale, il se situe entre 50 et 70. Quant au rayon deux parts égales, un total de 3,1 M $ dans la Chaire au cours d’action de chacun de ces grains, il va de quelques millides cinq prochaines années. L’Université Laval apportera mètres cubes, dans le cas d’une implantation permanente, également un soutien financier qui permettra l’embauche d’un nouveau professeur en physique médicale. « En plus d’apporter une stabilité financière à nos travaux pour les prochaines années, la création de cette chaire nous permettra de profiter de l’équipement spécialisé fourni par Elekta. La collaboration avec cette entreprise pourra aussi faciliter la commercialisation éventuelle des outils que nous développerons. Enfin, l’embauche d’un nouveau professeur viendra consolider le groupe de physique médicale de notre département, qui comptera maintenant quatre professeurs. » B. Mario Pinto, président du CRSNG, a salué ce partenariat qui permettra des avancées importantes en technologies biomédicales. « Le professeur Beaulieu fait rayonner à l’échelle internationale la contribution canadienne au domaine de l’oncologie. Le CRSNG est heureux de financer des projets comme celui-ci, qui sont axés sur le virage mondial en sciences et en technologie. » Le professeur Beaulieu mène des projets avec la firme Elekta depuis de nombreuses années. « Cette chaire de recherche servira à épauler notre collaboration de façon concrète », a indiqué le directeur de la recherche chez Elekta Canada, Martin Lachaine. Le doyen de la Faculté des sciences et de génie, André Darveau, a souligné pour sa part que « la mise sur pied de cette chaire s’inscrit directement dans notre volonté et dans celle d’Alliance Santé Québec de développer des approches interdisciplinaires et intersectorielles afin de répondre aux grands enjeux de la société. » Enfin, le recteur Denis Brière a salué la création de cette chaire, qui vient renforcer l’expertise et le leadership de Étaient présents à la cérémonie d’inauguration de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Elekta en technologies biomédicales pour la curiethérapie (de gauche à droite) : Bernard Garnier, vice-recteur aux études et aux activités internationales, l’Université Laval en curiethérapie. « La Chaire favorisera la diffusion et le rayonnement des travaux et des découvertes André Darveau, doyen de la Faculté des sciences et de génie, Maarten Buijs, vice-président Research & Development de nos chercheurs ainsi que la formation de personnes hauBrachytherapy chez Elekta, Luc Beaulieu, titulaire de la Chaire, Bert van den Berg, directeur Collèges, commercialisation tement qualifiées dans un domaine aussi essentiel que le et planification de portefeuille au CRSNG, Martin Lechaine, directeur de la recherche chez Elekta Canada, Marie Audette, ­ traitement du cancer. » vice-rectrice adjointe à la recherche et à la création. photo Marc Robitaille


6

recherche

ils ont dit... Sur l’homophobie

Michel Dorais, École de service social La Presse Plus, 13 juin

Révulsé par les homosexuels et soupçonné d’avoir prêté allégeance au groupe État islamique, Omar Mateen a ouvert le feu dans une discothèque gaie d’Orlando. Pour le sociologue Michel Dorais, l’homophobie est d’abord et avant tout une manifestation d’intolérance qui prend racine dans la peur. « C’est la peur de l’autre en soi : ce qu’on ne voudrait pas être ou ce qu’on est et que nous ne voulons pas être. Souvent, les crimes homophobes sont commis par des personnes qui ont peur d’être homosexuelles.

Sur la gestion de crise 2.0

Francine Charest, Département d’information et de communication Les Affaires, 11 juin

À l’heure où chacun ­possède un appareil mobile lui permettant de publier du contenu sur le Web, aucune organisation n’est à l’abri d’une crise menaçant d’entacher sa réputation sur les médias sociaux. Fondatrice de l’Observatoire des médias sociaux en relations publiques, Francine Charest juge qu’une veille efficace permet de prendre le pouls d’une communauté d’internautes. « Lorsqu’une personne exprime un point de vue négatif, elle est souvent représentative de plusieurs autres. Il ne faut pas sousestimer le poids de son commentaire. »

Sur le patriotisme québécois

Jonathan Livernois, Département des littératures Le Devoir, 6 juin

À l’approche de la fête nationale du Québec, le sens du patriotisme québécois actuel suscite la réflexion. Jonathan Livernois, qui vient de publier l’essai La route du Pays-Brûlé, estime que « notre patriotisme se limite trop souvent à des pratiques folkloriques qui abusent des références au drapeau québécois ». Afin de redynamiser ce patriotisme, il propose de le redéfinir en fonction du présent et de l’avenir. « Le patriotisme ne peut être efficace que s’il flèche l’itinéraire vers une plus grande justice sociale. »

le fil | le 16 juin 2016

Quand nutritionnistes et entraîneurs font équipe Un outil simple permet aux entraîneurs sportifs d’améliorer la qualité des conseils nutritionnels qu’ils donnent à leurs athlètes par Jean Hamann Les entraîneurs sont l’une des principales sources d’information en nutrition pour les jeunes sportifs. Toutefois, leurs conseils – qu’ils puisent souvent dans Internet – ne sont pas toujours avisés, ont démontré, en 2014, des chercheurs de l’Université. Le score moyen obtenu par une cinquantaine d’entraîneurs à un test de connaissances sur la nutrition atteignait à peine 68 %, et moins du tiers avait répondu correctement à des questions générales portant sur les lipides et les glucides. Heureusement, cette situation peut facilement être corrigée, vient de démontrer le même groupe de chercheurs dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics. Un outil visuel qu’ils ont conçu à l’intention des entraîneurs permet d’améliorer considérablement le nombre et la justesse des conseils nutritionnels qu’ils donnent à leurs protégés. Pour faire cette démonstration, les chercheurs de la Faculté des sciences de l’éducation et de l’École de nutrition ont recruté 38 entraîneurs responsables d’équipes sportives dans des écoles secondaires de la région de Québec. Toutes ces personnes ont participé à deux séances de 90 minutes pendant ­lesquelles on leur présentait des connaissances de base sur la nutrition et sur la nutrition sportive. La moitié des participants a aussi eu droit à la présentation d’un outil d’aide à la décision facilitant les recommandations nutritionnelles. « Il s’agit d’un document très visuel, qui tient sur une feuille de format standard et qui se consulte très rapidement », explique la responsable du projet, Vicky Drapeau, du Département d’éducation physique. L’outil, qui a été conçu en grande partie par l’étudiante-chercheuse Raphaëlle Jacob, présente sous forme

schématique l’assiette optimale d’un athlète selon le type de sport qu’il pratique, des exemples de bonnes sources de g­ lucides, de protéines et de lipides, ainsi qu’un algorithme servant à formuler des conseils nutritionnels avant, pendant et après les entraînements ou les compétitions. Dans les deux mois qui ont suivi les séances d’information, tous les entraîneurs devaient noter dans un carnet les

Le but n’est pas de transformer les entraîneurs en experts de la nutrition, mais de les aider à formuler des conseils qui vont dans le même sens que ceux des nutritionnistes

conseils nutritionnels qu’ils adressaient à leurs jeunes a­ thlètes. L’analyse de ces carnets a révélé que les entraîneurs qui disposaient de l’outil d’aide à la décision ont donné, en moyenne, trois fois plus de conseils (26 contre 9) et que ces conseils étaient deux fois plus souvent adéquats (87 % contre 46 %) que ceux des entraîneurs de l’autre groupe. « Cet outil fait en sorte que les entraîneurs pensent davantage à donner des conseils nutritionnels ou qu’ils se sentent plus à l’aise de le faire, avance la professeure Drapeau. Leurs recommandations sont aussi beaucoup plus justes. » Les entraîneurs sportifs exercent une influence quotidienne sur les jeunes ­athlètes au moment où ceux-ci sont en pleine croissance et que des déficits énergétiques et nutritionnels sont possibles. « Cet outil ne fera pas d’eux des experts en nutrition, souligne la chercheuse, mais il pourra les aider à formuler des conseils qui vont dans le même sens que ceux dispensés par les nutritionnistes. » L’outil d’aide à la décision nutritionnelle a été décliné en trois formats pour répondre aux besoins particuliers des athlètes pratiquant des sports d’endurance, des sports d’esthétique ou des sports de puissance et d’équipe. Il sera bientôt disponible sur le site Web d’Excellence sportive de Québec-Lévis, un organisme qui offre des services aux athlètes et aux entraîneurs de la Capitale nationale et de Chaudière-Appalaches. L’étude a été réalisée par Raphaëlle Jacob, Benoît Lamarche, Véronique Provencher et Catherine Laramée, de l’École de nutrition et de l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels, et par Pierre Valois, Claude Goulet et Vicky Drapeau, de la Faculté des sciences de l’éducation. Pour obtenir l’outil d’aide à la ­ décision ­nutritionnelle, rendez-vous au www.esql.ca, sous l’onglet « Athlètes/Entraîneurs ».

Grâce à l’outil créé par les chercheurs, les entraîneurs donnent trois fois plus de conseils nutritionnels à leurs protégés, et ces recommandations sont deux fois plus souvent adéquates.


3Q

recherche

le fil | le 16 juin 2016

7

Retour au fleuve

sur la résistance aux antibiotiques

Roger C. Lévesque

Si rien n’est fait, 10 millions de personnes pourraient mourir chaque année des suites d’infections résistantes aux antibiotiques dès 2050. Un rapport publié le 19 mai pour le gouvernement britannique incite les pays du G20 à prendre ce problème à bras le corps. À l’Université Laval, l’Institut de biologie intégrative et des systèmes, dirigé par Roger C. Lévesque, travaille déjà sur cette question. Voici l’opinion du professeur au Département de microbiologieinfectiologie sur cette menace sanitaire.

Q Quelles sont les bactéries particu­ lièrement résistantes aux antibiotiques et dont les gènes sont transmissibles à d’autres bactéries ? R Le phénomène de la résistance aux antibiotiques s’aggrave avec le vieillissement de la population et les hospitalisations de plus en plus longues. L’hôpital constitue un milieu très favorable à la présence de bactéries capables de transférer leurs gènes de résistance. De façon surprenante, beaucoup de patients âgés meurent de pneumonie, car des bactéries comme les Klebsiella pneumoniae présentent une grande résistance aux traitements. Plusieurs infections pulmonaires sont devenues intraitables. D’autres bactéries, comme le Clostridium difficile, davantage opportunistes que pathogènes, s’attaquent à des personnes déjà malades ou affaiblies, qui ont eu des greffes par exemple. Il ne faut pas oublier que, pendant longtemps, les éleveurs ont utilisé des antibiotiques dans les moulées pour une meilleure croissance des animaux. Cela a contribué à favoriser la résistance des bactéries aux traitements. Cette utilisation est maintenant limitée, mais beaucoup de bactéries arrivent sans cesse d’autres pays. La transmission des microbes opportunistes pouvant transmettre des maladies est donc devenue planétaire, du fait d’un véritable brassage microbien mondial.

si longtemps, les médecins traitaient par antibiotiques aussi bien les virus que les bactéries. Aujourd’hui, ils sont mieux formés, et l’utilisation de ce type de médicament se fait plus restreinte. On doit aussi comprendre qu’au fil du temps, les compagnies pharmaceutiques ont un peu délaissé ce domaine de recherche. Concevoir un antibiotique, que l’on n’utilise qu’une dizaine de jours, cela coûte plusieurs milliards de dollars. Financièrement, il semble beaucoup plus intéressant d’offrir des traitements orientés vers les maladies dégénératives, les maladies cardiovasculaires, les problèmes d’embonpoint ou le cholestérol. Le patient va consommer ces médicaments durant de longues années, ce qui revient à plusieurs centaines de dollars par mois. L’autre problème, c’est que le choix de la chimie combinatoire, effectué par les laboratoires pour mettre au point de nouveaux antibiotiques, a été un échec total. Essentiellement, les compagnies modifiaient un peu la molécule de pénicilline pour la combiner à un antibiotique d’une autre famille afin de rendre le traitement mieux tolérable par le corps. Tout compte fait, aucun nouvel antibiotique n’a été découvert depuis 40 ans. Les laboratoires reviennent donc vers les produits naturels. On essaie de découvrir dans l’eau ou dans le sol des producteurs d’antibiotiques que l’on n’aurait pas encore trouvés. De nouvelles technologies, comme la génomique et des méthodes très fines de criblage, ouvrent la voie à de nouveaux antibiotiques.

Q Quelles sont les nouvelles stratégies établies pour la recherche de nouveaux antibiotiques ? R Les compagnies pharmaceutiques ont fini par comprendre qu’il n’était pas nécessaire que les antibiotiques tuent toutes les bactéries, car même celles qui sont utiles au patient ne résistent pas aux traitements à large spectre. En milieu hospitalier, cela a pour effet de rendre les malades très vulnérables à la moindre infection transférée par les bactéries disponibles autour d’eux. Les laboratoires tentent donc de trouver des antibiotiques beaucoup plus ciblés, très efficaces contre les infections pulmonaires ou qui traitent spécifiquement les infections de la peau. Les recherches s’orientent par ailleurs vers le contrôle du comportement de bactéries. Des molécules visent à arrêter les protéases, des enzymes qui attaquent les cellules humaines ou le corps lorsqu’elles sont en nombre suffisant. Ce type d’approche est encore expérimental, mais il apparaît très prometteur Q Quels sont les moyens à déployer lorsqu’il est combiné à l’utilisation en priorité pour lutter contre cette menace sanitaire ? Limiter les prescrip­ d’antibiotiques. Cette façon de faire, tions d’antibiotiques chez le médecin ? sur laquelle on travaille dans notre laboratoire, laisse plus de place au sysAgir sur l’alimentation du bétail ? R I l f a u t a c c o m p l i r p l u s i e u r s tème immunitaire. démarches en même temps. Il n’y a pas Propos recueillis par Pascale Guéricolas

Les investissements consacrés au contrôle des eaux usées portent aujourd’hui leurs fruits. Après une interdiction d’un demi-siècle, la baignade sera de retour cet été dans la baie de Beauport. photo JS Tremblay

La baignade dans la baie de Beauport reposera sur les prévisions quotidiennes d’un modèle conçu par des chercheurs de l’Université et de l’INRS par Jean Hamann Variabilité et incertitude. Voilà les deux éléments ave c l e s qu e l s l e s ch e rc h e u r s d e l ’ U n i ve r s i t é Laval et de l’INRS-Eau Terre Environnement ont dû composer pour concevoir un modèle prévisionnel de la qualité des eaux de baignade dans la baie de Beauport. Cette équipe, pilotée par le professeur Pe t e r Va n r o l l e g h e m d u Département de génie civil et de génie des eaux, a relevé ce défi en quelques mois, et son modèle sera utilisé à compter du 22 juin par la Ville de Québec pour déterminer quotidiennement si la qualité bactériologique de l’eau est sécuritaire pour la baignade. Il est relativement simple d’assurer la qualité bactériologique de l’eau d’une piscine, mais il en va tout autrement pour l’eau d’un site comme la baie de Beauport. « Le problème est qu’il y a un délai de 24 heures avant d’obtenir les résultats des tests bactériologiques, explique le stagiaire post­ doctoral Cyril Garneau, qui a collaboré à la création du modèle prévisionnel. C’est trop long pour assurer la sécurité des baigneurs parce que l’eau dans laquelle ils se trouvent n’a plus rien à voir avec celle qui a été testée. Contrairement à une piscine, la baie de Beauport est un système dynamique dans lequel l’eau du fleuve est continuellement renouvelée. Il y a aussi des apports d’eau en provenance de la rivière Saint-Charles, de la rivière Beauport et du ruisseau du Moulin, qui constituent des sources importantes

«

Notre outil fournit une prévision de l’abondance des bactéries pathogènes et, surtout, une probabilité de dépassement de la norme à différents moments de la journée

de pollution diffuse lors de pluies abondantes. Il faut aussi tenir compte du fait que, dans une journée, il y a deux marées et elles sont de quatre mètres dans ce secteur. » Le défi consistait donc à prédire la qualité de l’eau de la baie pour une journée donnée à partir d’un ensemble de facteurs pouvant influencer la dynamique des pathogènes. « Nous avons utilisé des données compilées au cours des dernières années par le Service de l’environnement de la Ville de Québec, e x p l i qu e l e p r o f e s s e u r Vanrolleghem. Il y a environ

300 variables qui influencent la qualité bactériologique de l’eau et nous avons sélectionné celles dont on avait besoin. Il s’est avéré que cinq suffisaient. Notre outil fournit une prévision de l’abondance des bactéries pathogènes et, surtout, une probabilité de dépassement de la norme à différents moments de la journée dans la baie de Beauport. À la lumière de ces informations, les autorités de la Ville autoriseront ou non la baignade. » L’outil qui sera utilisé cet été est un modèle prévisionnel qui repose sur des statistiques. Peter Vanrolleghem et ses collaborateurs entendent améliorer ce modèle au cours des prochains mois en y intégrant des composantes hydrodynamiques qui permettront de mieux décrire le transport des pathogènes dans les eaux des rivières et du fleuve. « La Ville de Québec s’est dotée de bassins de rétention pour éviter que les eaux usées se retrouvent dans les rivières et le fleuve lors de pluies abondantes, e x p l i qu e l e p r o f e s s e u r Vanrolleghem. Grâce à ces infrastructures, les débordements surviennent quatre ou cinq fois par an plutôt que des dizaines de fois, comme c’était le cas auparavant. Sans ces bassins, il ne serait pas question de baignade dans la baie de Beauport. » Il y a maintenant un demisiècle que la baignade est interdite dans le fleuve à Québec, rappelle le chercheur. « Au cours des 20 dernières années, beaucoup d’efforts ont été consacrés au contrôle des rejets. Il aura fallu du temps et de l’argent, mais on constate aujourd’hui qu’il s’agissait d’un bon investissement. Il sera maintenant possible de se baigner dans le fleuve, en milieu urbain, même si la norme bactériologique est très sévère. Il s’agit d’un élément très positif pour la q ­ ualité de vie de la population de Québec. »


le fil | le 16 juin 2016

8

Des personnalités d’exception L’Université profite de la collation des grades pour remettre un doctorat honoris causa à 13 personnalités s’étant illustrées dans leur domaine

Kenneth W. Abbott – Docteur honoris causa en études internationales Professeur en droit international à l’Université d’État de l’Arizona, Kenneth W. Abbott est un pionnier de l’interdisciplinarité et un ardent défenseur de la coopération environnementale.

par Matthieu Dessureault Ils sont des sommités dans le monde de la médecine, de la littérature, des sciences forestières, de l’administration ou de la philosophie. Kenneth W. Abbott, Joséphine Bacon, Jean Chrétien, Michel Chrétien, Anne Fagot-Largeault, Jean Faubert, Graham Fraser, Barry Gardiner, Laurie Gottlieb, Paul Grand’Maison, François Paré, Guylaine Saucier et Nahum Sonenberg deviennent docteurs honoris causa de l’Université Laval. Ils ont reçu ou recevront ce titre au cours de l’une des huit cérémonies de la collation des grades, les 11, 12, 18 ou 19 juin.

Joséphine Bacon – Docteure honoris causa en anthropologie Membre de la communauté innue, Joséphine Bacon participe depuis 40 ans à la pérennité de sa langue. Traductrice, interprète, enseignante, collaboratrice en recherche, poète, parolière, conteuse, confé­ rencière et cinéaste : son apport est multifacette.

« C’est un honneur et un grand plaisir de recevoir ce doctorat honorifique. Pour moi, il représente l’intégration de plus en plus fructueuse, depuis 25 ans, du droit international dans le domaine des relations internationales et autres sciences sociales. Il est particulièrement gratifiant de recevoir cet honneur de l’Université Laval, un établissement engagé dans l’interdisciplinarité de la recherche et dans l’amélioration des conditions de vie et de l’environnement à travers le monde. »

Le très honorable Jean Chrétien – Docteur honoris causa d’université Jean Chrétien en a fait du chemin depuis l’obtention de son diplôme de la Faculté de droit, en 1958. Il compte à son actif près de 40 ans de vie publique, dont la majeure partie aux plus hauts échelons du gouvernement canadien. Il a été premier ministre du pays de 1993 à 2003.

« Jamais je n’aurais pu croire que je recevrais un jour un titre aussi prestigieux. Avec ce diplôme, ce sont tous mes ancêtres et les aînés nomades que vous honorez, leurs savoirs, leurs connaissances, leurs récits, leurs valeurs humanistes. Merci en particulier aux trois anthropologues qui m’ont permis de retrouver ma langue et mon histoire, Sylvie Vincent, Josée Mailhot et Rémi Savard. Je dédie cette reconnaissance de notre culture aux enfants innus et aux générations futures. »

« Recevoir un doctorat honorifique de l’Université Laval, mon alma mater, signifie beaucoup pour moi. C’est ici que tout a commencé. Mes études juridiques et mes activités politiques à l’Université Laval ont ouvert la voie qui m’a mené de la Baie-deShawinigan au 24 Sussex. L’histoire de l’Université Laval et le rôle qu’elle a joué dans l’évolution de notre province et de notre pays me donnent une immense fierté d’être un Canadien français diplômé de cette grande institution. »

Michel Chrétien – Docteur honoris causa en médecine

Anne Fagot-Largeault – Docteure honoris causa en philosophie

Endocrinologue, clinicien, professeur et chercheur, Michel Chrétien a contribué à la formation d’une relève scientifique de haut niveau, dont plusieurs chercheurs sont devenus des chefs de file dans leur domaine.

« C’est avec humilité que je reçois cette reconnaissance de la plus ancienne université francophone d’Amérique. Elle s’ajoute à ma fierté d’appartenir à la Francophonie académique, qui porte le flambeau de la langue française à travers le monde. »

Professeure émérite au Collège de France et titulaire de la Chaire de philosophie des sciences biologiques et médicales, Anne Fagot-Largeault s’intéresse à l’histoire et à la philosophie des sciences du vivant.

« Bucarest, Dakar, Genève, Pondichéry, Louvain-la-Neuve, Québec, Rabat, São Paulo : l’Université Laval fait partie du réseau des magnifiques universités francophones qui donnent à leurs étudiants amour de la littérature, pluralisme culturel et universalisme intellectuel. »


le fil | le 16 juin 2016

doctorats d’honneur

Jean Faubert – Docteur honoris causa en biologie végétale La bryologie n’a plus de secret pour Jean Faubert ! Consultant en botanique, il est derrière plusieurs projets dans ce domaine, dont la Société québécoise de bryologie, la revue scientifique en ligne Carnets de bryologie et l’ouvrage Flore des bryophytes du Québec-Labrador.

« L’honneur de recevoir un doctorat honorifique apporte, dans un premier temps, la satisfaction émouvante d’être reconnu par ses pairs et par une institution éminente. Puis rapidement s’installe la gratitude envers tous ceux et celles qui furent présents lors du processus qui a conduit à cette distinction : famille, amis, collègues. Ce qui demeure une fois les émotions initiales un peu atténuées, c’est la farouche volonté de pousser encore plus loin le cheminement et le dépassement de soi. »

Barry Gardiner – Docteur honoris causa en sciences forestières Barry Gardiner est l’un des rares physiciens à avoir fait carrière dans le domaine des sciences forestières. Il a créé une nouvelle approche de recherche sur le chablis, un enjeu de la forêt qui n’avait jusque-là pas fait l’objet de recherches approfondies.

9

Graham Fraser – Docteur honoris causa d’université Commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser est chargé de promouvoir les deux langues officielles du pays et de protéger les droits linguistiques des communautés de langue officielle. Il a aussi derrière lui une prolifique carrière journa­ listique, ayant couvert – dans les deux langues – d’importants pans de l’histoire du pays.

« Je suis particulièrement heureux de recevoir cet honneur de l’Université Laval. Depuis mes années d’étudiant, j’ai toujours apprécié l’Université Laval pour sa contribution à la vie intellectuelle québécoise et canadienne, et à la formation des personnes importantes qui ont façonné notre histoire. Et, comme commissaire aux langues officielles, je salue le rôle important que l’Université joue en offrant une expérience académique en français à des centaines, sinon des milliers d’anglophones qui sont venus à Québec pour apprivoiser la langue et la culture québécoises. Finalement, revenir à Québec, où j’ai vécu et travaillé pendant sept ans, est toujours un grand plaisir. »

Laurie Gottlieb – Docteure honoris causa en sciences infirmières Professeure à l’École des sciences infirmières Ingram de l’Université McGill, Laurie Gottlieb est impliquée dans un projet de recherche qui propose une approche collaborative en soins infirmiers. Elle est aussi éditrice du périodique Canadian Journal of Nursing Research, l’une des publications les plus téléchargées de la collection du site ingentaconnect.com.

« Recevoir ce grand honneur est une merveilleuse reconnaissance du travail des chercheurs concernés par l’influence du vent sur les écosystèmes forestiers, l’économie forestière et les communautés qui dépendent de la forêt. Il symbolise aussi la merveilleuse collaboration avec mes collègues de l’Université Laval. »

« Je reçois avec humilité cet honneur de l’Université Laval, une université sœur de renommée internationale. Il est particulièrement significatif pour moi de recevoir cette distinction d’un établissement qui possède une longue histoire d’innovation dans le domaine des soins infirmiers. »

Paul Grand’Maison – Docteur honoris causa en médecine

François Paré – Docteur honoris causa en littérature

Paul Grand’Maison fait figure de modèle, autant comme enseignant que comme scientifique et gestionnaire. Il occupe depuis plus de 30 ans différents postes stratégiques au sein de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke.

François Paré est considéré comme le plus grand spécialiste des littératures minoritaires francocanadiennes. Professeur titulaire et chercheur à l’Université de Waterloo, il mène depuis plus de 35 ans une carrière ayant fait de lui une figure de premier plan au sein de la Francophonie.

« C’est avec émotion et fierté que je reçois ce doctorat d’honneur de l’Université Laval et de sa Faculté de médecine, deux institutions de grande qualité. Je le reçois aussi avec humilité, reconnaissant la contribution de multiples collaborateurs à mes accomplissements. Être reconnu, à titre de médecin de famille et d’éducateur médical, comme un modèle à imiter par de futurs professionnels de la santé confirme l’importance accordée à ces disciplines et représente le plus beau cadeau que je puisse recevoir en fin de carrière. »

« C’est tout un honneur que me fait l’Université Laval, une université avec laquelle j’ai établi de nombreux liens au cours des années dans le domaine des francophonies minoritaires en Amérique du Nord et de la littérature québécoise et qui a servi, depuis très longtemps, de port d’attache pour tant de jeunes issus de la diaspora canadienne-française à travers le continent. »

Guylaine Saucier – Docteure honoris causa en sciences de l’administration

Nahum Sonenberg – Docteur honoris causa ès sciences

Administratrice de sociétés depuis 1989, Guylaine Saucier a pris part à de nombreux conseils d’admi­ nistration d’entreprises d’envergure. Première femme à devenir présidente de la Chambre de commerce du Québec, elle a été nommée Canada’s most Powerful Women en 2003 et en 2011, Fellow administratrice de sociétés en 2001 et administratrice de sociétés émérite en 2011.

« C’est avec beaucoup d’émotions et de gratitude que je reçois ce doctorat honorifique. Depuis plusieurs années, je m’implique en gouvernance d’organisations et je m’associe au travail de l’Université Laval en ce domaine. C’est avec beaucoup de fierté que je constate que la qualité de ce travail est reconnue et qu’il sert de base aux bonnes pratiques dans plusieurs pays. Cette reconnaissance internationale rejaillit sur moi en recevant ce doctorat. Merci. »

Nahum Sonenberg est professeur au Département de biochimie et au Centre de recherche sur le cancer Rosalind & Morris Goodman de l’Université McGill. Ses travaux ont permis d’élucider les mécanismes fondamentaux à la base d’une étape cruciale au bon fonctionnement d’une cellule, soit celle de la production des protéines.

« Je suis extrêmement honoré de recevoir ce doctorat honorifique de l’Université Laval, l’une des meilleures universités au monde, que je remercie de former les meilleurs étudiants aux cycles supérieurs dans mon domaine. Je suis très heureux que ma carrière contribue à l’avancement de la science au profit de la société. »


10

le fil | le 16 juin 2016

Tranches de vie inspirantes Près de 4 500 finissants récolteront les fruits de leurs efforts en recevant leur diplôme au cours de l’une des huit cérémonies de la collation des grades

2

par Matthieu Dessureault Ils ont trimé dur et ils se préparent, pour la plupart, à entrer sur le marché du travail. Entre ces deux étapes, il y a la collation des grades, qui permet aux finissants des trois cycles de recevoir ce précieux document, symbole de leur réussite. Constitué de 8 cérémonies, l’événement réunira, en 2 fins de semaine, 4 344 diplômés. Pour la période 2015-2016, l’Université compte pas moins de 11 734 diplômés, tous programmes confondus. « C’est un diplôme important, que vous avez mérité jour après jour en vous engageant dans votre projet d’études ou de recherche avec détermination, passion, patience et courage. Aujourd’hui, vous offrez à votre entourage un merveilleux exemple de réussite. Soyez-en fiers et heureux ! », a déclaré, dimanche, le recteur Denis Brière. Vêtus de la toge protocolaire, les finissants ont défilé devant parents et amis, avant d’aller chercher leur diplôme. Un à un, ils ont monté sur la

scène pour serrer la main du recteur et des représentants de leur faculté. Ce moment, Terence Blaskovits l’attendait avec impatience. Originaire de la Colombie-Britannique, il est venu à l’Université Laval pour faire son baccalauréat en chimie. « Je voulais non seulement étudier en français, mais vivre dans un milieu francophone. En 2011, le programme d’été Shad Valley m’a permis de découvrir le campus. Je suis tombé en amour avec l’Université et la ville de Québec. C’est pourquoi je suis revenu pour mes études universitaires », a confié le diplômé, accompagné de ses parents pour l’occasion. Ponctué d’honneurs, dont la bourse Schulich Leader et la Médaille du Lieutenant-Gouverneur pour la jeunesse, son parcours est celui d’un passionné de l’environnement. D’un stage à l’autre, il a travaillé au développement de nouvelles formes d’énergie. Son intérêt pour ce sujet de recherche ne date pas d’hier. « J’ai grandi dans

1

3

1, 2 et 3. Les cérémonies de la fin de semaine dernière ont réuni les diplômés des facultés de Médecine, de Médecine dentaire, de Pharmacie, des Sciences de l’agriculture et de l’alimentation, des Sciences infirmières, de Foresterie, de géographie et de géomatique, des Sciences et de génie ainsi que des Sciences de l’administration. Elles avaient lieu à l’amphithéâtre-gymnase Desjardins-Université Laval, décoré pour l’occasion aux couleurs de l’Université.


collation des grades 2016 une région agricole, près des Rocheuses. J’ai passé mon enfance à faire des randonnées dans les montagnes et dans les forêts. En 10 ans, l’industrie pétrochimique et les mines ont transformé ce paysage. Très jeune, je savais que je voulais travailler dans un domaine lié à l’environnement, en me concentrant non pas sur les problèmes, mais sur des solutions à ces problèmes. » Son diplôme en poche, le voici prêt pour la maîtrise, au cours de laquelle il participera à un projet de recherche sur les polymères. Une  partie de sa formation sera ­effectuée à l’Université Harvard, au Massachusetts. Au rayon des histoires inspirantes, il y a aussi celle de Marie-Ève Fradette. Diplômée en administration des affaires, elle n’en était pas à sa première collation des grades, pour y avoir travaillé chaque année depuis son arrivée à l’Université, en 2013. Cette fois, elle avait l’honneur de représenter les 646 diplômés de sa faculté à titre de porteuse de la masse. Son discours, qu’elle a livré à la fin de la cérémonie, parlait de sa fierté d’avoir étudié à l’Université Laval : « Pour moi, la FSA ULaval (Faculté des sciences de l’administration) est devenue une seconde demeure, littéralement. Par mes diverses implications, j’ai su trouver ma voie et découvrir, petit à petit, la professionnelle et la leader que je souhaitais devenir. » En effet, Marie-Ève Fradette a multiplié les engagements pendant sa formation, parfois même au-delà de 35 heures par semaine. Présidente de son association étudiante, elle a contribué à l’organisation de plusieurs activités interfacultaires, dont les populaires Jeux du commerce. Ces expériences, elle ne les oubliera pas de sitôt. « Je suis entrée à l’Université pour me former en vue d’un métier, mais cela m’a aussi permis de bâtir des amitiés et de m’impliquer dans différents projets. Comme

Pour la période 2015-2016, l’Université compte pas moins de 11 734 diplômés, tous programmes et cycles confondus

4

11

5

4. Marie-Ève Fradette, présidente de l’Association des étudiants en sciences de l’administration de l’Université Laval, avait été choisie pour porter la masse de l’Université à la cérémonie de la Faculté des sciences de l’administration. « C’est un très bel honneur de pouvoir représenter les étudiants de ma cohorte ! », s’est-elle exclamée. 5. La collation des grades représentait une étape importante pour Terence Blaskovits, qui a quitté l’Ouest canadien pour effectuer des études en chimie. Pas peu fiers, ses parents et des membres de son entourage ont assisté à l’événement.

étudiants, ce type d’expérience aide à préciser qui nous sommes et ce que nous voulons », a-t-elle dit. De belles histoires comme celle-ci, il y en avait des tonnes. Et ce n’est pas fini, puisque la collation des grades se poursuivra la fin de semaine prochaine. Les quatre cérémonies restantes réuniront 2 052 diplômés. Rappelons que l’événement est aussi l’occasion de souligner les réalisations de personnalités exceptionnelles par la remise de médailles du Gouverneur général et de doctorats honoris causa.

6

Quelques chiffres sur la collation des grades • 8 492 diplômés ont été invités à assister à la collation des grades. 51,1 % d’entre eux ont répondu présent, pour un total de 4 344 personnes, soit 112 de plus que l’an dernier. • Plus de 10 % des diplômés sont des étudiants étrangers ou des résidents permanents. • En 1975, 61 % des diplômés étaient des hommes. Depuis, cette proportion s’est inversée, avec près de 60 % des diplômés qui sont des femmes en 2016. • L’Université regroupe plus de 277 000 diplômés à travers le monde. 6. Près de 2 300 finissants ont reçu leur diplôme la fin de semaine dernière. « Vous offrez à votre entourage un merveilleux exemple de réussite. Soyez-en fiers et heureux ! », leur a dit le recteur, Denis Brière, durant son allocution. photos Marc Robitaille


12

sciences

en bref

le fil | le 16 juin 2016

Chirurgie neuronale

Des chercheurs ont conçu un outil moléculaire pour moduler de façon sélective les connexions entre certains neurones Améliorer la prévention et la détection du cancer du sein Jacques Simard, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au CHU de QuébecUniversité Laval, recevra 1,5 M $ sur trois ans du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation pour un projet de recherche visant à améliorer la prévention et la détection précoce du cancer du sein chez les femmes à risque accru de développer la maladie. Ce financement permettra au professeur Simard et à son équipe interdisciplinaire de poursuivre le projet BRIDGES (Breast Cancer Risk after Diagnostic Gene Sequencing), une vaste étude subventionnée par l’Union européenne à laquelle participent 17 groupes de recherche provenant d’une dizaine de pays. Les chercheurs tentent d’identifier de nouveaux gènes de susceptibilité au cancer du sein et de déterminer l’utilité clinique de ceux-ci dans la création d’un test i­ ntégrant l’ensemble des variations génétiques.

par Jean Hamann Chez l’humain, le contrôle de la plupart des fonctions biologiques est le résultat d’un équilibre dynamique entre l’activation et l’inhibition des neurones du cerveau. Au cours d’une crise d’épilepsie, par exemple, cet équilibre est rompu et le cerveau s’emballe parce que les messages d’inhibition entre neurones sont temporairement suspendus. Pour mieux comprendre le rôle des différentes populations de neurones dans les circuits neuronaux et les mécanismes qui les régissent, les chercheurs ont besoin d’outils leur permettant d’activer ou d’inhiber sélectivement les connexions – les synapses – entre neurones. Ce coffre à outils, encore peu garni, vient de s’enrichir d’un nouvel élément, nous apprend la dernière livraison de la revue Nature Methods. En effet, une équipe formée de chercheurs américains et de chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec-Université Laval (IUSMQ-UL) y décrit une nouvelle façon de moduler de façon ciblée les synapses. L’outil conçu par cette équipe fait appel à un transfert de gènes qui conduit à la désactivation des synapses inhibitrices de certains neurones. Nommé GFE3, il est introduit dans les neurones où il commande la synthèse d’un complexe formé de trois éléments. Le premier est une protéine, FingR, qui fait office de tête chercheuse et dont la cible est la géphyrine, une protéine dont la fonction est d’ancrer dans la membrane cellulaire, au niveau des synapses, certains récepteurs de neuro­ transmetteurs inhibiteurs. Le second

élément est une autre protéine, la ligase 3, qui enclenche la dégradation de la géphyrine. Le dernier élément est une protéine fluorescente, la GFP, qui permet de voir au microscope dans quels neurones GFE3 est exprimé. « Lorsque la géphyrine est dégradée, les récepteurs de neurotransmetteurs inhibiteurs sont encore présents dans la membrane du neurone, mais comme ils ne sont plus ancrés aux synapses, ils sont diffus et inefficaces, précise Paul De Koninck, professeur au Départe­ ment de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique et chercheur à ­l’IUSMQ-UL. Les neurotransmetteurs inhibiteurs ne peuvent plus se lier à leurs récepteurs dans la synapse, inactivant ainsi la fonction inhibitrice. Le résultat est qu’on peut étudier le rôle spécifique des synapses inhibitrices dans un réseau de neurones particulier du cerveau. »

En effet, l’avantage de cet outil est que, contrairement à des méthodes pharmacologiques qui bloquent indistinctement l’activité neuronale, il permet aux chercheurs de cibler des familles de neurones spécifiques dans certaines régions du cerveau ou de la moelle épinière, souligne le professeur De Koninck. « On pourrait faire appel à GFE3 pour étudier des fonctions biologiques comme la vision ou la peur, ou encore des dérèglements neuronaux comme l’épilepsie ou la douleur. Une meilleure compréhension de ces problèmes pourrait éventuellement conduire à de meilleurs traitements. » L’article paru dans Nature Methods est le fruit d’une collaboration entre Jimena Perez-Sanchez, Paul De Koninck et Yves De Koninck, de l’IUSMQ-UL, et des chercheurs de l’University of Southern California et de la Harvard Medical School. La recherche a bénéficié du soutien financier du Human Frontier Science Program, un organisme qui encourage la collaboration entre chercheurs de différents pays menant des projets qui sortent des sentiers battus.

«

On pourrait faire appel à cet outil pour étudier des fonctions biologiques comme la vision ou la peur, ou encore des dérèglements neuronaux comme l’épilepsie ou la douleur

Le Jardin Roger-Van den Hende, notre jardin Se promener dans la nature procure un état de bien-être et d’équilibre. Les plantes et les arbres apportent de multiples effets bénéfiques sur la santé, comme la réduction du stress. Quand cet endroit est à quelques pas de son milieu de ­travail ou d’études, c’est un rendez-vous incontournable pour y faire un pique-nique ou une promenade du midi ! Situé à l’ouest du campus, le Jardin Roger-Van den Hende est un jardin pédagogique de 6 hectares qui possède près de 4 000 espèces de plantes. Il comprend un jardin d’eau, une collection de plantes herbacées et de rhododendrons, un arboretum et une roseraie. Ce jardin botanique est aussi un lieu pour ­parfaire ses connaissances en matière de ­compostage. Des modèles de composteurs et des panneaux d’interprétation permettent ainsi au visiteur d’en apprendre davantage sur le compostage domestique. Pour en savoir davantage sur le Jardin et ses activités : www.jardin.ulaval.ca

Cette image montre l’affinité de la protéine FingR pour certaines protéines localisées dans les synapses des dendrites d’un neurone. La couleur verte est produite par une protéine fluorescente, la GFP, attachée à FingR. photo Gabriel Nadeau/laboratoire de Paul De Koninck


arts

le fil | le 16 juin 2016

13

en bref Présentée durant tout l’été, la Promenade des écrivains propose de parcourir des quartiers de Québec à travers les mots d’auteurs qui y ont vécu ou qui s’en sont inspirés L’auteure des Variations Burroughs nous fait découvrir un petit escalier qui a saisi son imagination alors qu’elle flânait dans le quartier Limoilou. photo Marc Robitaille

De la poésie dans les rues C’est un petit escalier d’extérieur, tout ce qu’il y a de plus banal, ou presque, qui   inspiré l’auteure Sylvie Nicolas pour sa participation à la Promenade des écrivains par Matthieu Dessureault Sylvie Nicolas nous a donné rendez-­ vous derrière le café Les Colocs, à Limoilou. C’est ici que se trouve, coincé entre la façade du bâtiment et un garage, un escalier en bois. Défraîchi, il aurait besoin d’un bon coup de pinceau. « Cet escalier est spécial et pourtant, personne ne le remarque, souligne la doctorante en études littéraires. Quand je l’ai vu la première fois, je me suis écriée “wow !”. Pas parce que je découvrais une architecture exceptionnelle, mais plutôt parce que l’escalier est particulier. J’aime les choses qui sont délaissées, exclues, laissées à l’abandon ou non désirées. » Cet escalier fait partie des stations de la Promenade des écrivains. Présentée durant tout l’été, cette activité propose de parcourir des quartiers de Québec à travers les mots d’auteurs qui y ont vécu ou qui s’en sont inspirés. Le tout est lu par l’écrivaine et journaliste Marie-Ève Sévigny, qui anime les promenades. D’un lieu à l’autre, elle nous fait découvrir une ville réinventée, où la fiction s’allie au réel grâce à la magie de la littérature. De retour après un vif succès l’été dernier, le circuit Limoilou, quartier libre offre des récits inspirés de l’univers du chansonnier Sylvain Lelièvre, natif du quartier. Sylvie Nicolas signe les textes avec François Blais, Nicolas Chalifour, Véronique Côté, Max Ferandon, MarieRenée Lavoie, Anne-Marie Olivier et Michel Rivard. « Pour un auteur, ce type de projet est un cadeau ! C’est rassurant de savoir que quelqu’un comme MarieÈve Sévigny porte nos textes. Ayant beaucoup d’admiration pour son travail, je me sens complètement en confiance. C’est aussi un grand bonheur de savoir

que nos mots continuent de voyager », dit celle qui mène une prolifique carrière d’écrivaine, de poète et de traductrice littéraire. Intitulé Comme une enfant de Lascaux, en référence à la chanson de Lelièvre, son récit raconte un chagrin d’amour. L’histoire se déroule en grande partie au pied de l’escalier, où la narratrice se remémore un premier baiser : « Ta main dans la mienne, mon hésitation à mettre le pied sur la première marche bancale, toi déjà sur la suivante m’invitant à franchir une sorte de passage des contes jusqu’à ce qu’on se retrouve contre la vieille porte et que tes lèvres s’emparent des miennes. »

Avec sa jolie plume, Sylvie Nicolas a profité de ce projet d’écriture pour extérioriser ses émotions. « Je venais de vivre une situation délicate et je n’arrivais pas à trouver les mots pour en parler. La situation s’est collée à cet escalier, qui me hantait depuis un bon moment. L’histoire a eu lieu dans le quartier, mais j’ai fait une condensation temporelle des éléments, en y intégrant une chanson de Lelièvre que j’aime beaucoup. C’est pourquoi on peut parler de vérité des choses, et non de réalité. » Ce regard sur le quartier qu’elle nous offre, le célèbre chansonnier, décédé en 2002, grand amoureux de Limoilou, y serait certainement sensible. L’activité a lieu tous les ­samedis, de 10 h 30 à 12 h 30, jusqu’au 30 ­juillet, et du 3 au 24 septembre. Le point de départ est la station de radio CKRL 89,1 (405, 3e Avenue). Pour plus d’information : www.promenade-ecrivains.qc.ca.

Graffitis éphémères sur le Grand Théâtre Le Grand Théâtre de Québec aura de quoi surprendre les promeneurs, le 17 juin ! Sa façade sera couverte de graffitis, le temps d’une performance numérique. Les dessins virtuels, qui seront projetés sur un mur de 160 pieds de largeur et haut de près de 50 pieds, ont été réalisés par huit élèves de l’école secondaire Joseph-François-Perreault. Pendant un mois, ces jeunes ont participé à des ateliers de l’organisme Interférences, arts et technologies. La formation était donnée par l’artiste Nathalie Côté, assistée de Dominique Gélinas, chargée de cours et ­doctorante en ethnologie et patrimoine. La performance Encres & Lumières, qui aura lieu dès 21 h, est l’aboutissement de ce processus. photo Elias Djemil Vendredi 17 juin, au Grand Théâtre de Québec (269, boulevard René-Lévesque Est). Une rediffusion de l’événement sera présentée le lendemain sur interferences.ca.

Intégration surréaliste Cheval patinant sur l’eau, dont les sabots sont munis de patins : ainsi décrit-on Il était une fois Porte-plume, une sculpture de bronze de l’artiste Paryse Martin. Cette œuvre, installée devant la bibliothèque Paul-Mercier, à Blainville, a été réalisée grâce à la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à ­l’environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics. Elle a été ­dévoilée récemment par le maire de Blainville, Richard Perreault, et par plusieurs personnalités. Chargée d’enseignement à l’École d’art, où elle enseigne la peinture et le dessin, Paryse Martin travaille dans le domaine des arts visuels depuis plus de 20 ans. Les visiteurs sont invités à venir admirer cette impressionnante sculpture au 1003, rue de la Mairie, à Blainville. Pour plus ­d’information  : blainville.ca.

3,2,1… action ! Ne vous étonnez pas si vous croisez de jeunes cinéastes à l’œuvre, du 27 juin au 8 juillet, sur le campus. L’Académie du cinéma offrira, en partenariat avec l’Université, des camps en cinéma pour des élèves du secondaire. Durant deux jours, 130 participants réaliseront des activités leur permettant d’apprendre des notions d’écriture et de langage cinéma­ tographique. Ils mettront ensuite leurs acquis en pratique en réalisant un court métrage, qui sera présenté à la fin de l’événement. Pour plus d’information : www.academieducinema.com « Moi je suis d’une ruelle comme on est d’un village », chantait Sylvain Lelièvre. Animée par Marie-Ève Sévigny, la Promenade des écrivains propose de revisiter le quartier natal du chansonnier à travers des textes inédits d’auteurs reconnus. photo Marie-Claude Fortin


14

vie étudiante

le fil | le 16 juin 2016

Parler affaires au « pays du matin calme » Au mois de mai, 42 étudiants ont joué le rôle d’agents de développement international pour des entreprises québécoises au Mexique, en Corée du Sud et en Inde par Yvon Larose « J’ai adoré mon séjour là-bas. Me retrouver pour la première fois dans un pays asiatique a constitué une grande surprise pour moi. Cette expérience de terrain assez unique donne beaucoup confiance en nos capacités. Elle a aussi confirmé mon choix de carrière en développement international. À partir de maintenant, toutes les portes sont ouvertes devant moi. Il ne me reste plus qu’à foncer ! » Marie-Joël Bergeron-Savard est revenue enchantée de son séjour de trois semaines, au mois de mai, en Corée du Sud, dans le cadre des missions commerciales de l’Université Laval. Celle qui termine un microprogramme de deuxième cycle en administration des affaires – gestion internationale a représenté une entreprise de Boucherville, le fabricant de produits naturels et de suppléments nutritionnels Wampole. En tout, 12 étudiantes et étudiants formaient la délégation québécoise au « pays du matin calme ». Deux coordonnateurs étudiants les accompagnaient. La Corée du Sud compte 50 millions d’habitants et la moitié vit dans la région métropolitaine de la capitale, Séoul. Durant sa mission, Marie-Joël Bergeron-Savard s’est rendue dans une dizaine de magasins à grande surface, magasins de santé et pharmacies. « Je voulais voir comment étaient le marketing et les prix des produits de santé sur le marché coréen, explique-t-elle. Je voulais savoir si les produits de Wampole étaient concurrentiels et comment ils pouvaient se différencier. » L’étudiante a également visité 12 entreprises qu’elle avait contactées avant son départ du Canada. Onze d’entre elles avaient déjà fait affaire avec des compagnies canadiennes, puisque le Canada est reconnu pour ses produits de santé naturels de grande qualité. Les échanges se sont déroulés en anglais. Les interlocuteurs qui avaient de la difficulté avec cette langue étaient accompagnés d’un interprète. Dans la dernière semaine de son séjour, MarieJoël Bergeron-Savard a visité de nouveau les entreprises les plus intéressantes, cette fois avec le directeur général de Wampole. « Mon bilan est très positif, dit-elle. Les distributeurs les plus intéressants ont reçu des échantillons pour qu’ils fassent des études de marché de leur côté, en plus de vérifier si tous les ingrédients sont acceptés, puisque les normes diffèrent. Si tout se déroule comme prévu, il devrait y avoir des produits Wampole sur le marché coréen au cours de la prochaine année. »

Au total, 42 étudiantes et étudiants ont pris part, ce printemps, aux missions qui se sont déroulées en Corée du Sud, en Inde et au Mexique. Ces agents de développement étudient, entre autres, en administration, en études internationales, en génie et en service social. Le but des missions commerciales consiste à aider les entreprises québécoises à explorer à peu de frais de nouveaux marchés. Elles offrent un service professionnel, sur mesure et à prix très concurrentiel. La formation spéciale suivie par les étudiants s’étale sur neuf mois. Cette année, les missions célèbrent leurs 20 ans d’existence. Durant cette longue période, plus de 600 étudiants ont représenté un nombre équivalent d’entreprises québécoises dans 18 pays sur 4 continents. Le Mexique, le Chili et l’Inde viennent en tête avec cinq visites chacun. Des PME, mais aussi des entreprises en démarrage et de grandes sociétés ont été représentées. « Plusieurs raisons expliquent pourquoi nous sommes allés cinq fois au Mexique, indique André Gascon, professeur au Département d’opérations et systèmes de décision et responsable pédagogique des missions commerciales. Ce pays n’est pas très loin, et l’espagnol est une langue proche du français. De plus, le Mexique a signé l’Accord de libre-échange nord-américain, ce qui facilite les relations d’affaires. » Il y a quelques semaines, André Gascon et Geneviève Marcotte, la directrice des missions commerciales, participaient sur le campus à une soirée retrouvailles soulignant les 20 ans des missions. À cette occasion, ils ont annoncé la signature d’une entente de collaboration officialisant la mise en place d’un programme de missions commerciales à l’Université de Monterrey, au Mexique. « Nous sommes en train d’exporter notre concept, affirme le professeur. Nous les accompagnons dans la mise en place du programme. L’an prochain, des étudiants mexicains pourront réaliser une mission commerciale au Québec. Notre rêve est de créer un réseau international. » Depuis deux ans, les entreprises clientes évaluent le travail de leur représentant étudiant. Selon André Gascon, les évaluations sont en général très positives. On apprécie notamment le professionnalisme des étudiants. « Il n’est pas rare, dit-il, qu’un étudiant soit engagé par l’entreprise à son retour de mission. C’est arrivé dans au moins cinq cas ce printemps. Et toujours en lien avec le commerce international. »

Parallèlement à ses études, Antoine Pellerin est le directeur général de la compagnie de théâtre ExLibris. La sortie, en 2014, de la pièce Et au pire, on se mariera avait remporté un franc succès.

Au service de l’intérêt public Le doctorant en droit Antoine Pellerin reçoit une prestigieuse bourse de la Fondation Pierre-ElliotTrudeau, qui l’aidera à se consacrer à sa thèse portant sur les marchés publics par Matthieu Dessureault Améliorer le modèle d’attribution des contrats publics. C’est l’objectif avoué d’Antoine Pellerin, dont la thèse propose de réconcilier marchés publics et intérêt public. Il est encadré par les professeurs Pierre Lemieux, de la Faculté de droit, et Sophie Brière, de la Faculté des sciences de l’administration. Ce projet lui vaut de faire partie des 15 boursiers 2016 de la Fondation PierreElliot-Trudeau. Cet organisme a pour but de soutenir l’excellence de la recherche en sciences humaines et sociales. En plus de recevoir annuellement 40 000 $, l’étudiant se joint à un réseau multidisciplinaire de près de 400 chercheurs, intellectuels et décideurs. Il bénéficiera des conseils ­pratiques d’un mentor d’expérience. La bourse comprend également une indemnité de déplacement pour faciliter le travail de terrain. « C’est extraordinaire ! D’une part, c’est un soutien financier qui me permettra de me consacrer entièrement à mes études doctorales. Plus que l’aspect financier, qui est considérable, cette bourse me permet de joindre une communauté de chercheurs intéressés à mettre leurs connaissances au profit d’enjeux importants », souligne, emballé, Antoine Pellerin. Il revient d’ailleurs du Yukon, où il participait au 11e institut d’été de la Fondation. Au programme, des panels, des ateliers, des conférences et des séances de discussion permettant aux membres de faire le point sur leurs travaux de recherche. Le volubile étudiant en a profité pour réseauter et remettre en question différents aspects de sa thèse, dont son approche méthodologique. « Cela m’a donné la chance de faire évoluer ma réflexion et même de réfléchir à d’autres projets de recherche. Ce type d’événement est très intéressant pour ceux qui, comme moi, visent une interdisciplinarité. Le fait de

rencontrer des gens issus de différents milieux nous permet de tester la faisabilité de nos propositions. » C’est lorsqu’il travaillait au sein d’un cabinet d’avocats privé qu’Antoine Pellerin a commencé à s’intéresser à l’administration publique. Durant quatre ans, il a plaidé devant les tribunaux et réalisé des mandats liés aux appels d’offres publics et à l’éthique des affaires. Il a été invité à prononcer des conférences et a rédigé de nombreux articles sur ces sujets. Son retour à l’Université vise donc à explorer davantage la question des contrats publics. « Il s’agit de l’activité gouvernementale la plus exposée au phénomène de corruption, dit-il. Dans un contexte où la population perd confiance en ses institutions, il m’apparaissait important de réfléchir aux marchés publics sous un angle systémique. Les médias font parfois état de poursuites pénales et criminelles à l’égard de certains individus. Les citoyens se réjouissent de l’arrestation de quelques personnes, ce qui est légitime, mais les réflexions entourant le système ne sont pas ce qui occupe le plus les discussions. C’est ce à quoi je veux me consacrer. » Parallèlement à ses études, Antoine Pellerin continuera de s’impliquer activement dans son milieu. Malgré un horaire chargé, il siège comme membre élu au Conseil de quartier de Montcalm et assure la direction générale de la compagnie de théâtre ExLibris, qu’il a cofondée. Cet organisme, à qui on doit l’adaptation du roman Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu, prépare une pièce sur Marc Favreau, à venir au Théâtre DenisePelletier. Du côté de la recherche, Antoine Pellerin collabore à une étude interdisciplinaire qui porte sur la progression et la rétention des femmes dans les métiers traditionnellement masculins.


actualités UL Un écoquartier santé le fil | le 16 juin 2016

Dans le futur écoquartier d’Estimauville, le milieu de vie aura une influence positive sur la santé des résidents par Yvon Larose À l’automne 2015 et à l’hiver 2016, les étudiants à la maîtrise Valérie Côté, David Demers-Bouffard, Bonaventure Mukinzi et Thomas Pilote formaient l’équipe de recherche du volet santé publique de l’essai-laboratoire en aménagement du territoire et développement régional. Sous la direction du professeur Alexandre Lebel, ils ont étudié le projet d’aménagement, par la Ville de Québec, d’un écoquartier dans le secteur d’Estimauville. Le jeudi 26 mai, au Centre Vidéotron, les étudiants ont présenté les résultats de leur recherche à l’occasion d’un colloque sur l’innovation organisé par la Ville. « Tous les représentants de la Ville que nous avons rencontrés lors du colloque se sont dits très satisfaits de nos résultats, affirme le professeur Lebel. L’analyse des étudiants démontre clairement que le projet d’écoquartier tel qu’imaginé par la Ville devrait être bénéfique pour la santé de la population. Et si la Ville adoptait les recommandations des étudiants, l’impact positif en serait même bonifié. » Le secteur d’Estimauville, un territoire déstructuré et défavorisé nécessitant une revitalisation, est situé à quelques minutes en voiture du centre-ville. L’écoquartier qu’on y aménagera s’insère dans un Programme particulier d’urbanisme. Il commencera à prendre forme l’automne prochain avec le démarrage des travaux de construction de la rue principale, des travaux de surface et des travaux de voirie connexe. À terme, l’écoquartier contiendra 782 logements, et les locaux pour bureaux couvriront 21 000 mètres carrés. Un écoquartier s’appuie sur les principes du développement durable. Ce concept vise à offrir un milieu de vie agréable et convivial, et ce, pour tous les groupes sociaux. Dans le projet de la Ville de Québec, une gamme complète

de biens et de services sera offerte à distance de marche. Parmi les innovations durables qui seront mises de l’avant, il y aura notamment des bornes de recharge pour les véhicules électriques et un éclairage économe limitant la pollution lumineuse, ainsi que la certification LEED pour les bâtiments. Pour optimiser son projet, la Ville souhaitait en évaluer ­l’impact potentiel sur les déterminants sociaux de la santé. Au nombre de huit, ces déterminants comprennent la sécurité alimentaire, les espaces verts et publics, l’inclusion sociale, de même que la qualité de l’air et le bruit. « La Ville nous a ouvert ses portes en soulignant le caractère nouveau et ­pertinent d’une telle approche, précise Alexandre Lebel. Pour la première fois, une telle évaluation d’un projet urbanistique a eu lieu dans la région de Québec. » Les étudiants ont consulté les plans et devis du projet de 2015. Ces documents peuvent être sujets à changement. Ils ont aussi visité le terrain pour réaliser une évaluation d’impact sur la santé. Cet outil d’analyse est surtout employé dans le monde anglo-saxon. « À partir du modèle général de cet outil d’aide à la décision, souligne Bonaventure Mukinzi, nous avons créé notre propre outil pour évaluer en détail l’influence du milieu physique et socioéconomique sur la santé. » Ce dernier insiste sur l’approche interdisciplinaire. « Dans notre revue de la littérature scientifique, explique-t-il, nous avons touché à des domaines aussi différents que le transport, l’économie et l’environnement. Notre équipe était également interdisciplinaire. Ses membres provenaient d’horizons aussi divers que la science politique, l’architecture, les affaires publiques et la géographie. » Au cours de leurs travaux, les étudiants ont pris conscience de la grande importance de l’aménagement du territoire sur la santé. « Une étude de 2005 du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec montre qu’au moins 22 des 30 années d’espérance de vie gagnées au 20e siècle seraient attribuables à notre environnement socioéconomique et physique, indique Bonaventure Mukinzi. Notre état de santé en dépendrait à 60 %. »

15

À terme, l’écoquartier contiendra 782 logements, et les locaux pour bureaux couvriront 21 000 mètres carrés. photo Ville de Québec

Les étudiants ont formulé 22 recommandations. L’une d’elles consiste à prolonger la piste cyclable vers le terminus Beauport dans un esprit d’intermodalité avec le transport en commun. Une autre consiste à verdir les aires de stationnement extérieur pour lutter contre les îlots de chaleur. En matière de mixité sociale, les étudiants proposent de construire 79 logements sociaux. Une autre recommandation concerne le rez-dechaussée des bâtiments commerciaux. Il est recommandé de construire les façades avec 60 % de matériaux transparents afin d’augmenter le sentiment de sécurité dans les espaces publics. « Notre recommandation sur les logements sociaux, nous la croyons réaliste et relativement facile à implanter, soutient Alexandre Lebel. Celles portant sur la connectivité de la piste cyclable et le verdissement des stationnements sont difficilement contestables, la plupart des intervenants québécois suggérant ces types d’intervention. Enfin, l’utilisation de matériaux transparents pour favoriser la sécurité informelle et encourager les déplacements à pied est moins courante. Toutefois, quelques représentants de la Ville au colloque du 26 mai ont particulièrement apprécié cette recommandation. »

Infonuagique de proximité L’Université offre un service de centre de données virtuel aux organismes publics et parapublics de Québec par Yvon Larose Un volume de données en croissance exponentielle, des infrastructures insuffisantes ou désuètes, une évolution technologique rapide : voilà autant d’enjeux informatiques auxquels doivent faire face, de nos jours, la majorité des organisations. Depuis peu, une nouvelle solution permet aux organismes des secteurs

public et parapublic de Québec d’affronter efficacement ces défis : Cumulus, l’offre infonuagique de proximité de l’Université Laval. L’infonuagique, ou informatique en nuage, a vu le jour il y a 10 ans. Ce concept consiste à consolider et à virtualiser des ressources matérielles, telles que des serveurs ou des unités de stockage, et à fournir aux utilisateurs des services dématérialisés, accessibles à distance, à la demande, sans avoir à gérer d’infrastructure. « Cela permet également une utilisation bien plus efficace des ressources ainsi mutualisées », explique Guillaume Moutier, directeur du Bureau d’architecture à la Direction des technologies de l’information (DTI). Il ajoute que l’infonuagique communautaire, ou de proximité, est de l’infonuagique privée, mais partagée entre plusieurs organismes ayant des points communs, comme les organismes des secteurs public et parapublic. Avec Cumulus, l’Université Laval se situe à l’avant-garde de l’infonuagique de proximité au Canada. Dans

le monde également, puisqu’on ne compte actuellement que quelques établissements universitaires proposant une offre d’infonuagique de proximité sur la planète. Au Canada, la seule autre université à le faire est celle de la Colombie-Britannique. « Ce secteur est tout nouveau et seules quelques organisations en font, dont quelques universités, précise Guillaume Moutier. Ce n’est pas un hasard que les universités soient dans ce type de développement. Elles n’ont pas le choix d’avoir de grosses infrastructures technologiques pour le soutien à l’enseignement, le soutien à la recherche et le soutien administratif. Déjà, dans les années 1970, de nombreux ministères faisaient leurs calculs évolués avec les équipements universitaires. Ce modèle va continuer à se développer, principalement avec les universités. » Ces dernières années, la DTI a mis en place une impressionnante infrastructure d’hébergement. Celle-ci se base sur plusieurs centres de données interconnectés par des réseaux de fibres optiques à très haut débit. L’un, constitué de 144 fibres, est déployé sur le campus. L’autre, de 96 fibres, s’étend sur la ville de Québec, où il dessert des édifices appartenant à l’Université,

ainsi que les hôpitaux du réseau hospitalier universitaire. « L’ensemble des unités peuvent nous demander des services de serveurs virtuels ou de l’espace de stockage, indique Guillaume Moutier. Malgré cette demande, nous disposons d’une capacité résiduelle appréciable de traitement et de stockage, disponible pour les clients externes. » Cette ouverture de la DTI sur l’extérieur du campus découle de l’adoption, en 2011 par le gouvernement du Québec, d’une loi qui encourage les organismes publics à partager des ressources et de l’expertise. L’effort organisationnel qui a suivi à la DTI s’est fait avec l’approbation et le soutien de la haute direction de l’Université. « Nous avons vu là des possibilités intéressantes, notamment comme source de revenus pour l’Université, souligne Guillaume Moutier. C’est d’autant plus intéressant que la location d’espaces de stockage ou de serveurs virtuels ne nécessite aucun investissement de la part de l’Université. » Est-ce que je modernise mon centre de données à coups de millions de dollars ou est-ce que je gère mes données ailleurs qu’au ministère ? Cette réflexion, le directeur du Bureau d’architecture à la DTI l’a entendue

maintes et maintes fois de la part de gestionnaires de l’appareil gouvernemental. « Dans un contexte budgétaire difficile, dit-il, Cumulus s’avère une solution tout à fait adaptée pour répondre à court ou à moyen terme à leur problématique. » Faire des affaires avec Cumulus présente de nombreux avantages. Comme fournisseur de services, la DTI offre à sa clientèle la pérennité, l’indépendance et la proximité. Les services sont rapidement disponibles. L’infrastructure technologique est fiable, éprouvée, performante et sécuritaire. Les espaces clients sont complètement isolés les uns des autres. Des copies de sécurité sont effectuées quotidiennement. Enfin, le coût d’accès est avantageux. Un des clients de Cumulus est le ministère du Tourisme du Québec. « Une grosse partie des sites Web de notre clientèle roule chez nous, explique Guillaume Moutier. Nous sommes très concurrentiels sur les prix. » La DTI adopte une démarche favorisant le partage et l’association. « Nos clients, poursuit-il, font affaire avec un partenaire de confiance avec qui s’asseoir et avec qui avoir des ­discussions franches et ouvertes. » Pour plus d’information : www.cumulus.quebec/fr/accueil


16

actualités UL

le fil | le 16 juin 2016

en bref

Des étudiants en médecine remportent un prix OCTAS David Bergeron, Jean-Nicolas Champagne et Wen Qi, trois étudiants au doctorat en médecine, ont remporté l’OCTAS 2016 dans la catégorie Relève étudiante – niveaux collégial et universitaire, le jeudi 2 juin, au Centre des congrès de Montréal, lors du Gala des OCTAS. Le concours annuel des OCTAS récompense l’innovation et l’excellence dans le domaine des technologies de l’information au Québec. Ces étudiants sont membres du Groupe de perfectionnement des habiletés cliniques (GPHC) de l’Université. L’application Web interactive du GPHC est la première application en français permettant de pratiquer des entrevues médicales entre étudiants en vue de consul­ tations cliniques. Cent étudiants en médecine ont ­collaboré à la création de la banque de cas ­cliniques. Deux finissants en génie logiciel ont effectué la programmation. Après chaque cas traité, l’application fournit à l’étudiant une rétroaction automatique. Elle synthétise les points forts et les points à améliorer de son questionnaire. photo Denis Bernier

Un prix pour Contact L’article « Jeanne-d’Arc Vollant, Innue libre » vient de recevoir le 3e prix d’excellence du Conseil canadien pour l’avancement de ­l’éducation, dans la catégorie Meilleur article de langue française. Pour réaliser ce portrait ­sensible d’une diplômée, l’auteure Pascale Guéricolas s’est rendue à Sept-Îles où l’avait conviée Jeanne-d’Arc Vollant. Un déplacement somme toute mineur, en comparaison des 27 000 km parcourus par l’Innue entre 2009 et 2013 pour réaliser sa maîtrise en ­dévelop­pement des organisations offerte par la Direction de la formation continue de ­l’Université Laval. Pour lire ou relire ce profil d’une diplômée hors du commun : www.contact.ulaval.ca/article_ magazine/jeanne-darc-vollant-innue-libre

Nouveau site Web pour le SI Après plusieurs mois de travail, avec la ­collaboration du Bureau des services Web, du Bureau de la sécurité de l’information et de la Direction des communications, le Service des immeubles (SI) annonce la mise en ligne, le mercredi 22 juin, de son site Web totalement remanié, ainsi que de son nouveau slogan « Partenaire de votre réussite ». Des sections et fonctionnalités répondant davantage aux besoins de la clientèle, ainsi que des formulaires mieux adaptés à la demande ont été intégrés pour améliorer l’expérience utilisateur. Une infolettre tiendra la communauté informée des actualités concernant le SI. Pour découvrir les nouveautés du site, rendez-­ vous au www.si.ulaval.ca. Adressez vos commentaires à commentaires@si.ulaval.ca.

De gauche à droite : Des larves qui ne manquent pas d’air : Cette image de François Chartier et Patrick Laprise nous transporte à l’intérieur de l’embryon d’une drosophile, quelques heures avant son éclosion. Un compacteur à déchets : Steve Charrette, Richard Janvier et Alix Denoncourt présentent ici une partie d’un protozoaire Tetrahymena. Soif d’éternité : Toutes nos cellules possèdent une kyrielle de petites organelles productrices d’énergie : les mitochondries. C’est ce que l’on aperçoit sur cette image de Jolyane Meloche.

Quand l’art se marie à la science Qui aurait cru qu’un protozoaire Tetrahymena pouvait être aussi esthétique ? Cet organisme unicellulaire est le sujet de l’œuvre intitulée Un compacteur à déchets, de Steve Charrette, Richard Janvier et Alix Denoncourt, membres de l’Institut de biologie intégrative et des systèmes (IBIS). Réalisée à l’aide d’un microscope électronique à transmission, cette image fait partie des 20 finalistes du concours La preuve par l’image. Consacré aux images issues de recherches scientifiques, ce concours organisé annuellement par

l’Association francophone pour le savoir est ouvert aux chercheurs canadiens de tous les domaines. Cette année, trois œuvres finalistes proviennent de l’Université Laval. Outre Un compacteur à déchets, il s’agit de Soif d’éternité (Jolyane Meloche) et Des larves qui ne manquent pas d’air (François Chartier et Patrick Laprise). Les internautes peuvent les contempler et voter pour leur coup de cœur à acfas.ca/prix-concours/preuve-image.

Travaux sur l’avenue du Séminaire Depuis le 8 juin, des travaux se sont amorcés sur l’avenue du Séminaire, entre la rue de la Terrasse et la rue de l’Université. Le projet, dont la réalisation s’échelonnera jusqu’à l’automne, permettra de remplacer les canalisations souterraines, de sécuriser les espaces réservés aux piétons et aux cyclistes et de bonifier l’aménagement urbain. Durant ces travaux, certaines modifications à la circulation sont apportées, notamment : – Du 27 juin au 20 août, l’avenue du Séminaire sera fermée à la circulation automobile dans les deux directions. Les automobilistes devront emprunter l’avenue de la Médecine pour circuler dans l’axe nord-sud. Pour sa part, la portion du circuit d’autobus de l’avenue du Séminaire sera détournée vers l’avenue Myrand. Les

clients devront utiliser les arrêts des stations Desjardins, Foresterie ou Médecine. Les piétons devront utiliser le trottoir situé à l’ouest de l’avenue du Séminaire et les cyclistes devront circuler sur l’avenue des Sciences-Humaines. – À compter du 27 juin, l’accès aux pavillons PalasisP r i n c e , J . -A . - D e   S è ve , La Laurentienne, LouisJacques-Casault, FélixAntoine-Savard et la Tour des Sciences de l’éducation ainsi qu’aux stationnements adjacents se fera à partir de la rue de l’Université, en passant par le stationnement 222 et la rue des Arts. Les usagers pourront utiliser les stationnements 111, 116 ou 218, accessibles par la rue des Arts. Une signalisation sera en place afin de faciliter les déplacements.


actualités UL

le fil | le 16 juin 2016

17

Dans l’Italie de Machiavel Le plus récent livre d’Hans-Jürgen Greif fait revivre trois conspirations ayant marqué la papauté avant et pendant la Renaissance par Yvon Larose Boniface VIII, Sixte IV et Léon X. Ces trois papes ont vécu entre le 14 e et le 16 e siècle durant la longue période qui va de la fin du Moyen Âge à la fin de la Renaissance italienne. Les voici maintenant au cœur du plus récent ouvrage de fiction d’Hans-Jürgen Greif. Le professeur retraité et associé du Département des littératures signe Complots à la cour des papes, un livre de 251 pages édité chez L’Instant même. L’ouvrage contient trois récits inspirés de faits réels. Le premier a en toile de fond le bras de fer entre Boniface VIII et le roi français Philippe le Bel. L’intrigue est centrée sur l’attentat perpétré sur la personne du pape à Anagni, en Italie, en 1303. Le deuxième récit a pour origine la charge de trésorier du SaintSiège, un poste convoité par deux familles florentines puissantes, les Pazzi et les Médicis. Son point culminant est la tentative d’assassinat de

Laurent et Julien de Médicis, à Florence en 1478, pendant la messe de Pâques. Enfin, le troisième texte porte sur la conspiration d’un groupe de cardinaux en vue d’assassiner Léon X à Rome en 1517. « J’aurais pu facilement écrire un livre de 500 pages sur chacune de ces trois conjurations, explique Hans-Jürgen Greif. Je me suis concentré sur l’essentiel de chaque drame et surtout sur les causes. » Pour financer ses guerres de conquête, Philippe le Bel, alors le monarque le plus puissant d’Europe, a besoin de beaucoup d’argent. Il décide de lever un impôt sur les énormes bénéfices de l’Église de France. Menacé par la suite d’excommunication par le pape Boniface VIII, Philippe IV convoque un concile œcuménique, à Lyon, dans le but de juger ce pape et de le déposer. Pour empêcher la bulle annonçant son excommunication, le roi de France – sur l’instigation et

avec la coopération des Colonna, une famille italienne ennemie de la papauté – envoie son chancelier à Anagni, la résidence d’été de Boniface VIII pour s’emparer du pape. Les troupes francoitaliennes envahissent la ville, le pape est entre les mains de ses ennemis. Cependant, le lendemain, les habitants libèrent l’illustre prisonnier, qui mourra un mois plus tard, le cœur brisé par l’affront subi. « Cet épisode dramatique prouve que les princes séculiers n’étaient plus les vassaux du Saint-Siège, soutient le romancier. Avec l’attentat d’Anagni, les papes, ces représentants intouchables du Christ sur la Terre, étaient redevenus des êtres humains avec des faiblesses et des ambitions, comme n’importe quels princes. » Dans ce livre, la langue est précise, riche, vivante. L’auteur est attentif aux détails et fait montre d’une très grande culture. Dans chaque récit, un témoin oculaire raconte les événements au « je ». Le tout constitue un ensemble d’histoires captivantes, rythmées et bien construites, en un mot passionnantes à lire.

Hans-Jürgen Greif insiste sur la tentative d’assassinat perpétrée sur Laurent et Julien de Médicis, les chefs d’État de facto de la République de Florence. Selon lui, les aveux de Sixte IV consignés dans les archives prouvent qu’il était d’accord avec l’attentat. « Le pape a permis à son neveu d’ourdir un attentat, affirme-t-il. Par cet acte, le pape s’est abaissé au niveau de tout prince séculier. Ainsi, il a détruit, pour longtemps, peut-être à jamais, l’autorité spirituelle du chef de l’Église. » Complots à la cour des p a p e s e st l e qu i n z i è m e ouvrage de fiction de l’ex-professeur. L’auteur n’en est pas à son premier ouvrage historique, ni à son premier livre sur la Renaissance. Quant à son intérêt pour l’Italie, il ne date pas d’hier. « L’idée de mon dernier livre a germé il y a très longtemps, indique Hans-Jürgen Greif. Pour ma thèse en littérature italienne, je m’étais rendu plusieurs fois à Rome pour consulter différentes archives. Dans celles du Vatican, je suis tombé par hasard sur le fonds du pape Boniface VIII. J’ai été éber- Hans-Jürgen Greif, professeur retraité et associé du lué par ce que j’ai lu. J’ai pris Département des littératures, a maintenant 15 ouvrages de fiction à son actif. beaucoup de notes. »

Changement d’air Sous le thème « Poésie du climat », la Sympathique Place Ouverte à Tous (SPOT) revient en force cette année par Renée Larochelle

photo Le Spot

Les stationnements sont la plupart du temps des lieux sans intérêt que l’on s’empresse de quitter une fois sa voiture stationnée. Pas avec le projet SPOT dans les parages, dont les responsables ont investi l’un de ces espaces mal-aimés pour en faire un site des plus animés, du 17 juin au 27 août. Situé dans le quartier Saint-Sauveur, à l’intersection des rues Saint-Vallier Ouest et Bagot, ce stationnement a en effet été transformé par l’imaginaire créatif d’une équipe de 54 étudiantes et étudiants de l’École d’architecture.

En collaboration avec huit firmes d’architectes de la région de Québec, ils ont fait de cet espace morne et sans âme une place publique où les gens auront plaisir à se retrouver grâce à des installations architecturales originales et à de nombreuses activités culturelles en plein air, comme des concerts, des barbecues, des séances de yoga, de la danse, des joutes d’improvisation, des tournois de pétanque ou de poches, etc. Comme le nom du projet l’indique, souligne Jasmine Maheu Moisan, coordonnatrice générale du projet et finissante à la maîtrise en architecture, cette Sympathique Place Ouverte à Tous accueillera tous ceux et celles qui souhaitent goûter à une ambiance culturelle différente et originale, et ce, au cœur du quartier en pleine émergence que constitue Saint-Sauveur. L’événement est placé sous le thème « Poésie du climat », qui sonne comme une réelle invitation à respirer un air nouveau en plein cœur de la ville. C’est sans contredit à un changement d’atmosphère auquel est convié le public de tous âges avec ce projet artistique, rappelle Jasmine Maheu Moisan. « Le projet SPOT vise la valorisation d’un site urbain délaissé, explique la jeune femme. L’essence du projet est qu’il est accessible et gratuit. Un autre aspect intéressant tient à son caractère éphémère. En ce sens, toutes les installations qu’on a construites seront bel et bien déconstruites à la fin de l’été. Mais certaines choses pourraient devenir permanentes, comme le reverdissement du site, réalisé par les étudiants. On aimerait bien que cela se concrétise; ce serait alors une sorte de legs que nous laisserions à la ville de Québec. » Pour l’heure, les sept équipes d’étudiants, correspondant à autant de projets « climatiques », ont élaboré des installations

destinées à plonger le visiteur dans un environnement particulier : espace lunch évoquant un mirage, structures en forme d’aurores boréales, reconstitution d’une canopée, espace de jeu topographique, etc. Le boire et le manger n’ont pas été oubliés. Pour ajouter à l’atmosphère festive, les visiteurs pourront en effet profiter d’un menu pensé et fourni par le café-resto Le Renard et la chouette. Il y aura aussi possibilité de se rafraîchir le gosier avec la nouvelle bière La SPOT, conçue et brassée par Le Griendel, une brasserie artisanale située non loin du site. Aux sept équipes d’étudiants-concepteurs du projet s’ajoute une cinquantaine d’autres étudiants en architecture qui ont mis la main à la pâte, que ce soit en construisant les installations ou en animant le site. En tout, plus d’une centaine de personnes auront ainsi participé à ce projet qui en est à sa deuxième année d’existence. L’an passé, la Sympathique Place Ouverte à Tous avait pignon sur rue dans un espace adjacent au complexe Lépine-Cloutier, dans le quartier Saint-Roch. « Il existe beaucoup de lieux anonymes à Québec devant lesquels on passe sans se rendre compte de leur potentiel, affirme Jasmine Maheu Moisan. Ce stationnement en est un, mais il suffit d’ouvrir l’œil pour en découvrir d’autres. Cela dit, notre projet vise simplement à inciter les gens à sortir de chez eux et à profiter de la vie dans la ville. » Par ailleurs, SPOT invite les artistes de Québec à participer à la réalisation d’une fresque sur le mur d’un bâtiment adjacent au site. Les participants ont jusqu’au 17 juin pour s’inscrire au www.spotqc.com. Détails de la programmation : info@spotqc.com


18

vie étudiante

le fil | le 16 juin 2016

Du désert à la jungle

Les étudiants prennent la pose en compagnie de l’ingénieur agronome Mario Contreras dans la région d’Ica, au Pérou, devant un arbre de plus de 600 ans. photo Josselin Beaulieu

Seize étudiants en biologie ont observé pendant un mois la faune et la flore du Pérou et de la Bolivie par Yvon Larose Du désert côtier à l’altiplano, de la forêt amazonienne à la savane : ce sont autant de milieux de vie diversifiés qu’ont explorés 16 étudiantes et étudiants du baccalauréat en biologie au mois de mai. Ce voyage d’études de quatre semaines au Pérou et en Bolivie, dans la spectaculaire région de la cordillère des Andes, en Amérique du Sud, constituait pour eux la conclusion des cours Conservation et biodiversité exotique I et II. La professeure Julie Turgeon accompagnait le groupe. « Nous sommes passés par plusieurs grands habitats, explique l’étudiante Émilie Carrier. L’observation de la faune et de la flore est une expérience très stimulante !

On a pu observer des animaux dans leur habitat naturel, des animaux qu’on ne retrouve pas dans un pays nordique comme le nôtre. Mentionnons la vigogne, l’alpaga, le flamant, l’ara et le condor. » Les étudiants ont commencé leur périple au Pérou par une excursion en bateau aux îles Ballestas, un archipel situé près de la côte et où vivent des oiseaux marins et des otaries. Ils se sont ensuite dirigés vers le désert côtier, une région très aride et très chaude. De là, ils ont pris la direction de l’altiplano, une région en haute altitude semblable à la toundra québécoise. Sur ces plateaux situés à quelques milliers de

Deux cormorans de Gaimard photographiés aux îles Ballestas, au Pérou. photo Jonathan Franchomme

mètres au-dessus du niveau de la mer vit la vigogne, une espèce sauvage menacée, semblable au lama. Par la suite, les étudiants ont exploré l’altiplano du pays voisin, la Bolivie. Ils ont d’abord visité le Parc national de Sajama. Ensuite, ils se sont rendus dans le Parc national de Madidi étudier la forêt tropicale humide. Celle-ci couvre plus de la moitié du pays. La visite de la forêt amazonienne s’est effectuée en compagnie de deux guides naturalistes locaux parlant l’anglais. Selon Émilie Carrier, la diversité végétale et animale de la jungle profonde est rien de moins qu’exceptionnelle. « On marchait cinq minutes et on se retrouvait devant des plantes différentes de celles que l’on venait de voir, raconte-t-elle. On a aussi vu des traces de jaguar et de puma, mais on n’en a rencontré aucun. Les gros félins sont très timides ! On entendait fréquemment toutes sortes de cris et de chants d’oiseaux. Mais ils ­restaient bien cachés ! » Après la forêt amazonienne, et toujours en Bolivie, le groupe a passé qu e l qu e s j o u r s d a n s l a savane du Béni. Il a aussi vu l’immense désert de sel de Coipasa, d’une superficie de plus de 2 000 kilomètres carrés. Au Pérou et en Bolivie, les étudiants québécois et leur accompagnatrice ont fait la rencontre de professionnels de la conservation. L’un d’eux était Rolando Guttierez Condori, chef de la protection du Parc national de Sajama, en Bolivie. Au Pérou comme en Bolivie, les aires protégées ont ceci de

Dans les deux pays, des espèces sont protégées ou exploitées de façon durable, malgré le peu de moyens disponibles

Une vigogne sur les plateaux andins du Pérou. photo Jonathan Franchomme

Pendant le voyage, chaque étudiant a fait deux présentations orales préparées avant le départ. Catherine Van Doorn a instruit ses collègues sur le quinoa, une plante nutritive indigène des Andes. Jaimie Vincent, pour sa part, a parlé de la llareta, une plante à croissance très lente qui, en altitude, forme un coussin compact sur des rochers. La llareta a presque disparu en raison de son utilisation comme combustible.

S e l o n É m i l i e C a r r i e r, les divers programmes de conservation fonctionnels mis en place dans les deux pays peuvent inspirer des solutions originales aux biologistes d’ici. « Les projets qui fonctionnent au Pérou et en Bolivie, dit-elle, nous donnent de l’espoir, puisque malgré le peu de moyens disponibles, des espèces sont protégées ou exploitées de façon durable. Ça nous indique que, nous aussi, nous pouvons faire de telles actions ici. »

particulier que des populations locales y vivent. Dans celle de Sajama, les habitants collaborent à la protection de la vigogne. Ce parc national a également comme vocation de protéger la forêt de quenuas, la plus haute forêt du monde. « À Sajama, souligne Émilie Carrier, les gens collaborent bien aux efforts de conservation. On nous a parlé de l’évolution des mentalités avec le changement des Deux manchots de Humboldt aux îles Ballestas, au Pérou. générations. » photo Émilie Carrier

Deux aras chloroptères en vol dans le Parc national de Madidi, en Bolivie. photo Émilie Carrier


sports

le fil | le 16 juin 2016

19

en bref

Volleyball : un ancien du Rouge et Or à Rio Cinq sentiers de marche aménagés sur le campus sont prêts à vous accueillir, pour votre bien-être physique et mental. photo PEPS

Cinq sentiers de marche pour tous ! Afin de favoriser la santé physique et psychologique de la communauté, cinq trajets de marche ont été aménagés sur le campus par Andréane Girard La principale raison pour inciter à marcher est simple : il est important de bouger et de changer d’air pour évacuer le stress de la journée ! CINQ SENTIERS POUR VOTRE SANTÉ

Variant de 1,2 à 2,2 km, ces cinq parcours sillonnent le campus. Certains, comme ceux nommés « La santé » (1,2 km), « La mélodie » (1,2 km) et « La randonnée » (2,2 km), empruntent le chemin boisé. Le sentier « La santé » a d’ailleurs été réaménagé récemment. La signalisation y est beaucoup plus précise et le chemin, recouvert de copeaux de bois, ce qui le rend plus praticable.

QUELQUES CONSEILS POUR UNE PROMENADE AGRÉABLE

Pour avoir du plaisir à marcher, il est recommandé de choisir des chaussures confortables et flexibles et de vous hydrater adéquatement. Il est également conseillé de marcher d’un pas normal et d’accélérer graduel­ lement jusqu’à sentir un léger essoufflement (idéalement, vous devriez être capable de parler, mais pas de chanter). Afin de sentir les bénéfices d’un entraînement, il faut augmenter graduellement la durée de la marche pour atteindre 30 minutes ou plus quotidiennement.

OPTIMISEZ LES EFFETS DE LA MARCHE SUR VOTRE SANTÉ

Il est motivant de ressentir les effets positifs de cette activité sur votre santé. La marche contribue à l’amélioration de la santé psychologique et au contrôle du poids. Cette activité renforce le cœur et aide à réduire l’hypertension artérielle, en plus d’augmenter le taux de bon cholestérol dans le sang. Une marche rapide pourrait également contribuer à la réduction de la perte osseuse. Pour ceux et celles ayant de la difficulté à se motiver, il ne faut pas hésiter à en parler à des collègues ayant un horaire similaire et à marcher en groupe. Pour voir les différents trajets de marche, consultez peps.ulaval.ca, dans la section « Trajets de marche », située dans le menu déroulant à droite du menu principal de la page.

Campus dynamique

Vincent Pichette, un ancien étudiant-athlète du Rouge et Or, joue le rôle d’entraîneur adjoint auprès de l’équipe canadienne de ­volleyball masculin, qui s’est qualifiée pour les Jeux olympiques de Rio. Il a joint la formation il y a sept ans. Afin de mériter son billet pour Rio, l’équipe du Canada devait passer par le Tournoi de qualification olympique mondial. Le 5 juin, elle a obtenu la dernière place en jeu grâce à un gain à son dernier match, contre la Chine. Au cours de ce tournoi à la ronde, 8 équipes ont disputé un total de 28 matchs et chaque formation a joué 7 parties en autant de jours. C’est la première fois en 24 ans que des volleyeurs canadiens sont sélectionnés pour les Olympiques. En 1992, on retrouvait Gino Brousseau, actuel entraîneur adjoint de l’équipe masculine de volleyball Rouge et Or, au sein de l’équipe olympique. photo Remy Gendron

La compétition de volleyball des Jeux olympiques de Rio se déroulera du 6 au 21 août.

Heures d’ouverture du PEPS Jusqu’au 23 juin, le PEPS est ouvert du lundi au dimanche de 6 h à 21 h 30. Par la suite, soit du 25 juin au 4 septembre, le PEPS sera ouvert du lundi au vendredi de 6 h à 21 h 30 et les samedis et dimanches de 9 h à 16 h 30. Le PEPS sera fermé le 24 juin, mais ouvert le 1er juillet de 7 h à 17 h 30. Notez également que le PEPS sera fermé le 5 septembre (pour la Fête du travail). Le PEPS reprendra son horaire habituel, de 6 h à 23 h, à partir du 6 septembre. Pour tous les détails, consultez peps.ulaval.ca.

Inscrivez-vous  au 10 km UL ! Saviez-vous que le 10 km de l’Université Laval est la deuxième course la plus ancienne au Québec et le plus vieil événement sportif à l’Université Laval ? Accueillant année après année l’élite des coureurs et coureuses du Québec, cette course s’adresse également à tout le monde ! Que vous soyez un athlète débutant, initié ou aguerri, vous y trouverez votre compte avec des épreuves de 1, 5 et 10 km. Cette année, la course se déroulera le dimanche 11 septembre. L’accueil, le départ et l’arrivée se feront à l’extérieur du stade TELUS-Université Laval sur une vraie piste d’athlétisme. Les participants pourront même utiliser à volonté les vestiaires, douches et stationnements.

C’est avec beaucoup de fierté que le Club de football Rouge et Or a dévoilé, le 7 juin, son tout nouveau vestiaire. Il faut dire que ce nouveau look, qui rend hommage à l’histoire de l’organisation, est plutôt impressionnant ! photo Mathieu Bélanger

Pour économiser sur le coût de l’inscription, inscrivez-vous avant le 31 juillet. Visitez le www.10kmul.ulaval.ca pour en savoir plus et pour vous inscrire.


20

au fil de la semaine

24/06

le fil | le 16 juin 2016

Inauguration du pavillon Pierre-Lassonde Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) fait les choses en grand pour l’inauguration du nouveau pavillon Pierre-Lassonde ! Trois jours de festivités ­gratuites rendant hommage à la vitalité culturelle du Québec d’aujourd’hui attendent le public. Le 24 juin, le pavillon ouvrira ses portes sur le coup de midi. Tout au long de la journée, on pourra participer à La folle foire, une expérience artistique conçue par l’homme de théâtre Alexandre Fecteau. Artistes visuels, comédiens et commerçants animeront une vingtaine de stations où toutes les formes d’art seront représentées. En aprèsmidi et en soirée, le complexe muséal sera grouillant d’activités. Performances musicales, ateliers de création pour la famille, parcours guidés, projections… tout sera en place pour en mettre plein la vue ! Bien d’autres ­surprises sont prévues les 25 et 26 juin. L’Université Laval est partenaire de la vitrine culturelle du MNBAQ. photo OMA, Provencher Roy et Associés architectes

Du vendredi 24 au dimanche 26 juin. La folle foire se déroulera le 24 juin, de 9 h à 16  h 30, sur l’avenue Cartier et la Grande Allée Ouest. Pour plus de détails sur la programmation : bit.ly/1XLUCAC.

16/06

17/06

21/06

Le temps d’une ville

Poésie dans le Faubourg

Le temps est une donnée de première importance pour une ville. Il a certes une grande influence sur les gens qui y habitent, mais aussi sur les décisions et les actions de ses dirigeants. Certaines occasions doivent être saisies au vol. D’autres décisions doivent être prises à des moments précis dans la vie d’une municipalité, avec des effets plus ou moins durables. Carole Després, professeure à l’École d’architecture, et David Paradis, urbaniste, sont les invités du Réseau Villes Régions Monde et de l’organisme Vivre en Ville pour la conférence « Dialogues sur images : Le temps d’une ville. La reconstruction de la ville sur elle-même ». Ils commenteront des images prises en milieu urbain pour illustrer les diverses répercussions du temps sur la ville.

Laissez vous envoûter par le lyrisme en plein cœur du quartier Saint-Jean-Baptiste à l’occasion du Faubourg en poésie ! Les poètes du 4e – Suzanne Moffet, Diane Prévost, Danièle Noreau, Denis Bélan, Michèle Chrétien, Gisèle Labbé, Madeleine Pouliot et Claude Antar – invitent les amants des mots à venir les entendre à la Librairie Saint-Jean-Baptiste. Les audacieux pourront même se risquer à lire de leurs œuvres, car une séance à micro ouvert est prévue après le récital. Apportez vos textes ! Les soirées Faubourg en poésie sont organisées le troisième ­vendredi de chaque mois par le collectif multi­ disciplinaire Réparation de poésie.

Jeudi 16 juin, de 17 h à 20 h, à la bibliothèque MoniqueCorriveau (1100, route de l’Église). Inscription ­obligatoire  : bit.ly/1qJg8XF. Renseignements : 418 641-6277, poste 2.

Vendredi 17 juin, à 19 h, à la Librairie Saint-JeanBaptiste (565, rue SaintJean). Entrée libre.

26/06

30/07

Différents degrés : Le Séminaire finissage sous toutes ses coutures

Exposition Embellie

Concerts fauniques

L’exposition Différents degrés, qui réunit les œuvres de Marie-Claude Drolet et de Julien Lebargy, étudiant à la maîtrise en arts visuels, tire à sa fin. Le vernissage de clôture – ou finissage – aura lieu le 21 juin à la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins. C’est donc l’une des dernières chances de découvrir, sur le campus, le travail de ces deux artistes. Les complices proposent un corpus d’œuvres vidéo, sculpturales et picturales issues de leurs plus récentes productions. Nouvelles constructions, jeux optiques, rapport à l’enfance et perceptions des territoires : Différents degrés se veut un parcours réflexif par lequel les artistes proposent une vision du monde où la contingence permet des ailleurs spatiaux et ­temporels. œuvre de

Marianne Kugler, employée retraitée de l’Université Laval, est active plus que jamais ! Elle vient de terminer un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université et commence à faire sa marque dans l’univers des arts visuels de Québec. Après l’exposition Pluies, présentée au pavillon Alphonse-Desjardins à la session d’hiver 2016, elle récidive, cette fois à la bibliothèque MoniqueCorriveau de Sainte-Foy, avec Embellie. Grande touche-à-tout, les techniques qu’elle utilise sont diversifiées – aquarelle, acrylique, sérigraphie, ­lithographie. La transparence et les superpositions représentent toutefois le fil conducteur de son œuvre. Une artiste à découvrir ou à redécouvrir ! œuvre

Julien Lebargy

Mardi 21 juin, de 17 h à 21 h, au local 2470 du pavillon Alphonse-­ Desjardins. L’exposition se poursuit jusqu’au 23 juin, au même endroit, du lundi au vendredi, de 9 h à 16 h 30.

24/06

Jusqu’au

26 mars 1663 : c’est en ce jour de fondation du Séminaire de Québec, par Mgr François de Montmorency-Laval, que sont établies les bases de l’institution qui, plus tard, est devenue l’Université Laval. Encore aujourd’hui, le Séminaire est au cœur des activités de l’Université puisqu’il accueille notamment l’École d’architecture. Faites une incursion dans ces lieux imprégnés d’histoire et revivez les événements marquants qui s’y sont déroulés en faisant une visite commentée du site. Vous aurez entre autres accès à la chapelle de la Congrégation ainsi qu’à la chapelle privée de Mgr Briand, aux voûtes de l’aile de la Procure et ferez une visite du pavillon Camille-Roy, premier édifice de l’Université Laval. Du 24 juin au 5 septembre, tous les jours, à 12 h 45 et à 15 h 45, au Musée de l’Amérique francophone (2, côte de la Fabrique).

Les concerts fauniques sont de retour cet été à la Forêt Montmorency. Ne manquez pas cette occasion de vous imprégner de son atmosphère paisible grâce aux musiciens invités, qui manieront leurs instruments tout en voguant en canoë, à la brunante, sur le lac Bédard. Une formule qui profite de l’acoustique exceptionnelle que procurent les lieux et de la lumière féérique des étoiles pour offrir aux mélomanes une expérience sonore de 90 minutes des plus originales ! La musique mettra en relief les bruits de la forêt, comme le cri du loup, le chant du bruant, le plongeon du huard ou l’appel de l’orignal. Cette activité n’est que l’un des rendezvous estivaux que propose la Forêt Montmorency. La pêche, la randonnée de Marianne Kugler pédestre et le repérage fauJusqu’au 26 juin, aux heures nique sont aussi au menu. d’ouverture de la biblioSamedi 30 juillet, de 20 h thèque Monique-­Corriveau à 22 h 45, au pavillon (1100, route de l’Église). Horaire de la bibliothèque : du lac Bédard. D’autres bit.ly/1XT2254. Lire l’article concerts sont prévus. Pour plus de détails : du Fil sur cette artiste : bit.ly/1VVLUxL. www.foretmontmorency.ca/fr/ activites/activites-estivales/.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Le Fil 16 juin 2016  

Le journal de la communauté universitaire

Le Fil 16 juin 2016  

Le journal de la communauté universitaire

Advertisement