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Les oméga-3 tirés des produits marins semblent plus bénéfiques pour le cerveau que ceux contenus dans les noix, le lin et le soja. p7

Volume 48, numéro 6 11 octobre 2012

photo Marc Robitaille

Vu du ciel

Des photos aériennes immortalisent les milliers de partisans qui ont assisté au match du Rouge et Or dimanche dernier. p8


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actualités UL

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en bref

Un câlin pour Centraide L’expression « une bonne affaire » vient de prendre un sens nouveau. Du 15 au 18 octobre, le Comité Centraide-UL 2012 offrira un câlin en échange de chaque don ! Pour réclamer le vôtre, allez voir Victor, la mascotte du Rouge et Or, pendant sa tournée du campus. Les organisateurs comptent ainsi amasser 1500 $ pour la cause. M. S.-H. Lundi 15 octobre au pavillon Vachon (7 h 30 à 8 h 30) et De Koninck (12 h à 12 h 45); le mardi au Vandry (7 h 30 à 8 h 30) et au Desjardins (12 h à 12 h 45); le mercredi au Casault (7 h 30 à 8 h 30) et au PEPS (12 h à 12 h 45) ; le jeudi au Bonenfant (7 h 30 à 8 h 30) et au Prince (12 h à 12 h 45).

Conférence de Richard Losick Richard Losick, professeur à l’Université Harvard et lauréat 2009 d’un prix Gairdner, sera de passage à la Faculté de médecine le vendredi 19 octobre. À cette occasion, il prononcera une conférence intitulée « Chains, communities and going green ». Son allocution portera sur la bactérie Bacillus subtilis et sur sa façon de former des biofilms et de longues chaînes en réponse aux signaux environnementaux. Il décrira comment l’élaboration de telles chaînes est un processus stochastique et comment il peut être visualisé en temps réel. Le prix Gairdner est la plus importante reconnaissance décernée par le Canada dans le domaine biomédical. Le professeur Losick l’a remporté pour ses travaux sur les mécanismes responsables de la polarité et de la division asymétrique des cellules, des processus clés de la différenciation et de la diversité cellulaire. J. H. Le vendredi 19 octobre à 14 h, à l’amphithéâtre 1811 du pavillon Ferdinand-Vandry.

ERRATUM Karine Pedneault ne porte pas le titre d’agronome, mais de docteure en biologie végétale (« Les raisins de la connaissance », 4 octobre 2012). Elle travaille comme chercheuse au Centre de développement bioalimentaire du Québec, qui pilote le projet présenté dans l’article. Nos excuses.

EN ROSE ET OR Comme une dizaine d’entreprises, de sites et de monuments à Québec, l’Université a choisi d’illuminer son enseigne de rose la nuit venue. Elle montre ainsi son soutien à la lutte contre le cancer du sein ainsi qu’au Centre des maladies du sein Deschênes-Fabia du CHU de Québec. Jusqu’au dimanche 14 octobre, les citoyens peuvent aller se promener le long du boulevard Laurier jusqu’à la Grande-Allée, le principal axe d’illumination, pour manifester leur appui à la cause. photo Marc Robitaille

Améliorer sa santé au boulot L’Université accueille la première cohorte inscrite au diplôme d’études supérieures spécialisées en ergonomie et innovation par Josée Soulard Une première cohorte étu- experts pour conseiller les diante vient d’entamer ses études dans le nouveau programme de diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en ergonomie et innovation. Pour souligner l’événement, le Département des relations industrielles organise un cocktail le 12 octobre afin de présenter ce programme innovateur à divers intervenants en santé et sécurité au travail. Repenser le travail pour assurer le bien-être des employés, c’est possible. Encore faut-il avoir des

organisations dans la mise en place de conditions de travail favorables au maintien, voire à l’amélioration d’une bonne santé. C’est pourquoi le Département des relations industrielles de la Faculté des sciences sociales, en partenariat avec le Département de kinésiologie de la Faculté de médecine, a lancé en septembre un nouveau programme pour relever ce défi. Les futurs détenteurs du DESS en ergonomie et innovation pourront répondre à la

On peut le lire en ligne au www.lefil.ulaval.ca et s’abonner gratuitement à un avis de parution électronique. Écrivez-nous ! Le Fil accueille vos idées avec plaisir.

Le journal de la communauté universitaire Fondé en 1965, Le Fil est un hebdomadaire publié 30 fois par an par la Direction des communications de l’Université Laval et distribué gratuitement sur le campus.

Les lettres destinées au courrier des lecteurs – 400 mots maximum – doivent nous parvenir au plus tard le vendredi midi précédant la parution, à l’adresse info@lefil.ulaval.ca. Le contenu de ce journal peut être reproduit à condition de mentionner la source et l’auteur. Rédaction Éditrice : Hélène Côté, directrice des communications

demande croissante des entreprises souhaitant devenir des « employeurs de choix ». En période de pénurie de main-d’œuvre, de meilleures conditions de travail signifient une meilleure rétention du personnel. Marie Bellemare, professeure au Département des relations industrielles, dirige le nouveau programme. Il ne s’agit pas simplement de minimiser les dommages, mais d’aider les travailleurs à améliorer leur santé. « Nous formerons des experts qui connaissent le fonctionnement de l’humain au travail afin d’implanter des changements favorables à la santé. Depuis quelques années, plusieurs employeurs souhaitent être socialement responsables. Cela signifie qu’ils doivent penser au mieux-être

de leurs employés en s’attardant aux tâches que ceux-ci accomplissent dans le cadre de leurs fonctions. » Axé sur la pratique, le DESS en ergonomie et innovation s’adresse à des étudiants provenant de champs d’études variés : relations industrielles, kinésiologie, psychologie, architecture, etc. Il leur permettra de travailler en tant qu’ergonome, conseiller en prévention ou consultant.  Le champ de pratique est large. Il s’étend de la conception des milieux de travail jusqu’à la prévention des troubles musculosquelettiques, en passant par l’analyse des aspects psychosociaux reliés à l’emploi.

Rédactrice en chef : Mélanie Saint-Hilaire Journalistes : Jean Hamann, Renée Larochelle, Yvon Larose Journaliste nouveaux médias : Julie Picard Collaboratrices : Pascale Guéricolas et Brigitte Trudel Rédactrice-réviseure : Anne-Marie Lapointe Secrétaire à la rédaction et recherchiste photo : Josée Nadeau

Ventes publicitaires Élisabeth Farinacci 418 656-2131 poste 4618

Production Infographie : Léa Robitaille, Service de reprographie de l’Université Laval Impression : Les Presses du Fleuve, Montmagny (Québec)

Le vendredi 12 octobre à 16 h 30, à l’amphithéâtre du pavillon La Laurentienne. www.rlt.ulaval.ca,

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec, ISSN 022-1-1965 Pour nous joindre 2325, rue de l’Université, local 3108 Québec (Québec) G1V 0A6 Téléphone : 418 656-2131 poste 4687


actualités

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Leader en recherche au Québec L’École de comptabilité performe très bien selon le récent classement mondial de l’Université Brigham Young par Yvon Larose Première au Québec, sixième au Canada et quatre-vingt-dix-neuvième au monde pour la qualité de sa recherche: ainsi se classe l’École de comptabilité de l’Université Laval selon le récent palmarès mondial dressé par l’université américaine Brigham Young. Le classement est basé sur le nombre total d’articles scientifiques publiés entre 1990 et 2011 dans 11 des revues les plus prestigieuses du domaine de la comptabilité. « Nous sommes très fiers de notre positionnement dans le classement de Brigham Young, souligne Maurice Gosselin, directeur de l’École de comptabilité. Nos 19 professeurs, tout en étant très engagés dans l’enseignement, sont productifs en recherche parce que nous leur offrons les conditions propices pour exercer cette partie de leur charge de travail. Certains sont des sommités dans leur domaine. » Les professeurs reçoivent en effet l’appui de chargés d’enseignement à temps plein, qui donnent plus de 60 % des cours de comptabilité. Ces employés possèdent un parcours professionnel très riche qui contribue à rehausser la vie intellectuelle de l’établissement. Les chercheurs de l’École sont actifs dans les domaines de l’audit, la gouvernance et la réglementation, de la comptabilité de management, de la comptabilité financière et de la fiscalité. « La comptabilité, résume Maurice Gosselin, est le domaine très vaste de la production d’informations financières et de leur certification. » Yves Gendron figure parmi les huit professeurs-chercheurs dont les articles ont été considérés pour le classement de Brigham Young. Pour l’un de ces textes, publié dans la revue anglaise Accounting Organizations and Society, il a interviewé d’anciens vérificateurs de la firme comptable Arthur Andersen impliqués dans le scandale Enron.

« Il voulait mieux comprendre ce qui s’était passé », explique le directeur. Rappelons que les dirigeants d’Enron, avec la complicité des vérificateurs, avaient transféré ailleurs les pertes inscrites aux états financiers de façon à ne déclarer que les bénéfices. L’entreprise a fait faillite et que le cabinet comptable a cessé ses activités après que la vérité ait éclaté. Un autre article répertorié est celui que Jean Bédard a publié en 2007, avec ses collègues Daniel Coulombe et Suzanne M. Paquette, dans la revue canadienne Contemporary Accounting Research. Les chercheurs abordent la question de la déduction fiscale offerte aux contribuables québécois qui ont acheté des actions dans le Régime d’épargneactions du Québec. L’analyse indique que les particuliers investisseurs n’ont obtenu que le tiers de l’avantage fiscal offert, le reste allant aux sociétés émettrices des actions.

Maurice Gosselin

Maurice Gosselin occupe le poste de président de l’Association canadienne des professeurs de comptabilité. En septembre, il était nommé membre du Comité de formation de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec.

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Nos 19 professeurs sont productifs en recherche parce que nous leur offrons les conditions propices pour exercer cette partie de leur travail

« La présence de l’École est très importante au Québec, en enseignement comme en recherche, dit-il. Nous travaillons beaucoup pour exercer un leadership. Les gens de notre domaine reconnaissent que nous jouons un rôle clé. » L’établissement reçoit d’ailleurs un nombre croissant de candidatures de la part de très bons professeurs-chercheurs. Selon lui, ce leadership se répercute, entre autres, sur la qualité des étudiants. « En août dernier, poursuit le directeur, nos étudiants inscrits à l’examen d’admission des comptables en management accrédités ont obtenu un taux de réussite de 97,6 %. Nos diplômés se placent tous, que ce soit dans les cabinets d’experts comptables, en entreprise ou dans le secteur public. » Depuis les années 1980, on observe un véritable engouement pour la comptabilité. « Cette profession, explique Maurice Gosselin, est très attrayante auprès des jeunes qui apprécient son caractère structuré. Elle est encadrée par un ordre professionnel et offre la possibilité de faire des stages en cabinet ou en entreprise. » Depuis 2006, l’effectif étudiant a augmenté de 36 %.

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Lauréats de l’Acfas Cinq membres de la communauté universitaire ont reçu un prix lors du 68e gala de l’Association francophone pour le savoir, qui s’est déroulé le 2 octobre dernier au Centre des sciences de Montréal. Les lauréats ont été honorés en présence du nouveau ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie,Pierre Duchesne, lui-même un ancien de l’Université. Parmi les récipiendaires, Charles Morin, professeur titulaire à l’École de psychologie, a décroché le prix Acfas – Marcel-Vincent en sciences sociales. Le directeur du Centre d’étude des troubles du sommeil à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec est considéré comme le chercheur contemporain ayant le plus contribué à l’avancement des connaissances sur l’insomnie. Ses travaux ont démontré que, si la médication s’avère utile à brève échéance, les effets résultant de l’approche comportementale sont beaucoup plus durables. La biochimiste en formation Marie-Josée Toulouse a reçu pour sa part le prix Acfas – Desjardins réservé aux étudiants à la maîtrise. La jeune auxiliaire d’enseignement en laboratoire de biochimie se spécialise en aérovirologie, l’étude des virus présents dans l’air. La lauréate, qui provient de l’équipe de la chercheuse Caroline Duchaine, travaille à mettre au point un appareil capable de détecter rapidement la présence de nombreux agents infectieux. Morgane Lemasson a remporté un des cinq prix du Concours de vulgarisation de la recherche. La docteure en neurosciences à l’Institut universitaire en santé mentale du Québec a séduit le jury avec son article intitulé « L’épopée neuronale : voyage sans boussole. » « Qu’est-ce qui est immature, ne mesure que 10 micromètres, ne voyage jamais seul et se déplace sur d’impressionnantes distances sans jamais se perdre ? Ce mystérieux migrateur n’est autre que le neurone », explique-t-elle de manière imagée dans son texte, qui paraîtra dans un quotidien cet automne. Steve Charrette, professeur agrégé au Département de biochimie, de microbiologie et de bioinformatique, est arrivé troisième au concours La preuve par l’image. Son œuvre, intitulée La forêt des affamés, montre en gros plan la délicatesse des « corps fructifères », structures hautes de deux millimètres formées par l’agglutination de milliers d’amibes en période de famine. L’étude de la formation de ces structures permet de comprendre les mécanismes de communication intercellulaire qui sont aussi utilisés, entre autres, par les cellules de notre système immunitaire. Enfin, Roxane Paulin a décroché le Prix d’excellence de l’ADÉSAQ dans le secteur des sciences de la santé. La jeune femme a défendu en décembre dernier sa thèse de doctorat en biologie cellulaire et moléculaire. Son sujet portait sur l’hypertension artérielle pulmonaire. La distinction lui a été remise par l’Association des doyens des études supérieures au Québec.

2 1 4 3 1 Roxane Paulin 2 Charles M. Morin 3 Morgane Lemasson 4 Marie-Josée Toulouse 5 Steve Charrette photos Gunther Gamper

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éthique

en bref

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Comment dire adieu À la lumière de son expérience, l’oncologue belge Jan L. Bernheim explique pourquoi les malades devraient pouvoir demander à mourir dans la dignité

Jim Byers, fondateur de MEC.

Entreprendre selon ses valeurs Jim Byers, fondateur du réseau de boutiques Mountain Equipment Coop, prononcera une conférence à l’Université le mardi 16 octobre. Le résident de Colombie-Britannique expliquera comment sa passion pour le plein air l’a poussé à démarrer l’une des coopératives les plus importantes au Canada. Comment ce modèle d’affaires permet-il de développer une entreprise qui corresponde à nos valeurs ? Les auditeurs pourront aussi rencontrer des responsables de coopératives de la région qui travaillent dans le monde du tourisme en nature ou du développement durable. L’invitation est lancée par la Coopérative de développement régional Québec-Appalaches et la Coopérative Zone de l’Université Laval. M. S.-H. Mardi 16 octobre à 12 h, dans l’atrium du pavillon Alphonse-Desjardins.

Seuls avec Cyrille Barrette En prélude au festival Québec en toutes lettres qui se tient du 11 au 21 octobre, le biologiste Cyrille Barrette entame une tournée de conférences dans les bibliothèques de Québec. Titre de son exposé grand public : « Sommes-nous seuls dans l’univers ? » Même si les extraterrestres foisonnent dans les œuvres de sciencefiction, les scientifiques n’ont jamais observé la moindre trace de vie ailleurs que sur Terre. Le professeur retraité de l’Université fera le point sur ce que la science nous apprend à ce sujet.

par Renée Larochelle L’euthanasie… Certaines personnes sont farouchement contre, redoutant les dérives qui pourraient entraîner une personne vers la mort contre sa volonté. D’autres ne voient pas pourquoi elles s’opposeraient à une mesure qui permet à un être humain de partir dans la dignité lorsque tout a été tenté pour combattre la maladie. En Belgique, la question est tranchée, même si le débat perdure : l’euthanasie y est légale depuis 2002, comme dans les pays voisins, les Pays-Bas et le Luxembourg. Un des plus illustres défenseurs du principe de l’euthanasie, Jan L. Bernheim, oncologue et professeur émérite de médecine et d’éthique médicale en Belgique, a prononcé une conférence grand public sur cette première décennie d’expérience en aide médicale à mourir. Il a accordé une entrevue au Fil en marge de cet événement organisé par la Faculté des sciences sociales, le mercredi 10 octobre. « L’euthanasie est l’interruption volontaire de la vie d’une personne par un médecin à la demande explicite de la personne concernée se trouvant dans une situation sans issue, précise l’oncologue. C’est cette définition qui nous guide. »

Comment cela se passe-t-il ? De façon concrète, le patient fait une demande par écrit à son médecin, qui doit évaluer si cette personne est bel est bien dans un état irréversible. Un autre médecin fait état de la situation afin de confirmer ou d’infirmer ce jugement. Le cas doit ensuit être rapporté à une Commission de contrôle et d’évaluation. Le requérant qui obtient tous ces consentements peut alors décider de recevoir une injection létale au moment de son choix. Cette description froidement clinique est à des annéeslumière de la nature de la relation qui s’établit entre le médecin et son patient, soutient cependant Jan L. Bernheim. « Ce moment est l’aboutissement d’une relation de confiance, le point culminant d’une relation thérapeutique de longue date. En Belgique, la moitié des euthanasies ont lieu au domicile des personnes. Il y a souvent une petite cérémonie, et le patient est entouré de sa famille. Dans certains cas, un prêtre est présent. » Quand on s’étonne qu’un prêtre assiste à un tel événement dans un pays de tradition catholique, Jan L. Bernheim explique que les

soins spirituels et existentiels sont encore beaucoup plus intensifs lors d’euthanasies que lors de décès spontanés. « Bien sûr, l’Église catholique est opposée à l’euthanasie. Mais en même temps, elle a toujours laissé entendre que c’était une question d’ordre personnel. »

ne peut pas exclure que des euthanasies clandestines ont peut-être eu lieu. Mais vous savez, une partie considérable du corps médical n’est pas d’accord avec l’euthanasie. Parmi eux, il y a des athées, des catholiques, etc. Ils nous ont à l’œil. S’il y a des abus, ce doit être très rare. »

»

L’euthanasie est le point culminant d’une relation thérapeutique de longue date Jan L. Bernheim

Le fait que la Belgique soit considérée comme le pays le plus avancé au monde en matière de bioéthique n’est évidemment pas étranger à la légalisation de l’aide médicale à mourir sur son territoire. Que ce soit en matière de contraception, de procréation assistée et, plus récemment, de mariage entre personnes de même sexe, cette société prône des valeurs d’ouverture et de tolérance. Et les risques de dérapage que craignent tant les opposants à l’euthanasie ? « À notre connaissance, il n’y a eu aucune dérive évidente, avance Jan L. Bernheim. On

Dans les bibliothèques de Québec. Jeudi 11 octobre à 19 h (Collège-des-Jésuites), vendredi 12 à 10 h 30 (Saint-André), samedi 13 à 14 h (Gabrielle-Roy), lundi 15 à 19 h (Monique-Corriveau), mardi 16 à 19 h (SaintAlbert), jeudi 18 à 19 h (Étienne-Parent) et samedi 20 à 14 h (Paul-Aimé-Paiement).

Écoliers écolos Lors de la Semaine de réduction des déchets, le Comité de développement durable de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique organise une activité afin de sensibiliser la communauté universitaire à cet enjeu. L’exposition Les idées allant vert présentera des façons de réduire son empreinte écologique. Le côté séduisant de cet événement, c’est que les kiosques d’information seront animés par des écoliers du primaire ! Une classe de 5e année de l’école internationale Saint-Sacrement viendra donc plaider la cause de la nature. Un événement financé par l’organisme Québec’ERE et la Ville de Québec. M. S.-H. Mercredi 17 octobre de 11 h 15 à 13 h 30, à la cafétéria du pavillon Abitibi-Price.

In memoriam Gloria Taylor, 1948-2012. Atteinte d’une maladie dégénérative, la résidente de Colombie-Britannique avait obtenu de la Cour suprême de la province, en juin dernier, l’autorisation de recourir au suicide assisté. Elle est décédée le 5 octobre d’une grave infection, sans se prévaloir du jugement pour lequel elle s’était battue. Sa victoire lui a toutefois apporté du réconfort dans ses derniers jours. photo Canadian Press/Darryl Dyck


international

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Étudier au bout du monde Deux étudiantes en physiothérapie ont poursuivi leur formation en Australie le temps d’une session et d’un stage par Yvon Larose « Notre plus beau souvenir ? Toutes les rencontres que nous avons faites et qui nous ont permis d’apprécier notre aventure! » Corinne Lalonde, une étudiante inscrite à la maîtrise en physiothérapie, répond à la question sans hésiter. En février dernier, elle a pris l’avion avec sa collègue Virginie Pichard-Jolicœur en direction de Melbourne, en Australie. C’est à l’université de l’endroit qu’elles ont terminé leur baccalauréat, le temps d’une session d’études suivie d’un stage de cinq semaines dans un hôpital local. Virginie Pichard-Jolicœur a également trouvé l’expérience inoubliable sur le plan humain. « Pas un paysage ni un voyage ne peuvent résumer la richesse des rencontres que nous avons faites, indique-t-elle. Les étudiants de notre classe de physiothérapie ont été tellement accueillants! » Le 13 septembre, dans un local du pavillon Ferdinand-Vandry, les deux étudiantes ont présenté les faits saillants de leur périple à l’occasion d’une activité sur la mobilité internationale en physiothérapie. Pour la première fois, des étudiants de l’Université inscrits à ce programme d’études ont poursuivi leur formation dans un établissement australien. « Cette expérience en valait la peine », affirme Corinne Lalonde. Virginie Pichard-Jolicœur abonde dans le même sens. « Je considère une telle expérience d’études à l’étranger comme un must, dit-elle. Ça ouvre sur le plan professionnel et sur le plan personnel. Je recommencerais demain matin! » En 2012, le profil international, un des programmes de mobilité étudiante de l’Université, offrait deux destinations en physiothérapie : l’Australie et la Suisse. « Nous avons choisi le premier pays notamment parce qu’il est le leader mondial dans notre domaine d’études, explique Virginie Pichard-Jolicœur.

Plusieurs de nos manuels de référence viennent de là-bas. Les Australiens ont peut-être 10 ans d’avance sur nous. Ils ont le doctorat en physiothérapie. Ici, on vient juste d’avoir la maîtrise. » Selon Corinne Lalonde, la façon de pratiquer la physiothérapie, dans ses grandes lignes, est la même partout. « En Australie, poursuit-elle, les principes de base sont les mêmes qu’ici, mais certaines techniques sont différentes. Par exemple, ils vont s’y prendre autrement pour le placement des mains et l’évaluation de la mobilité de l’épaule. Le matériel technique, lui, est semblable. » Un grand défi attendait les étudiantes : la pratique professionnelle en anglais durant leur stage au St George’s Hospital. « Il fallait lire les dossiers et y inscrire des informations dans cette langue », raconte Virginie Pichard-Jolicœur. L’interaction avec les patients n’était pas toujours simple. « Il fallait connaître les noms des os et des muscles en anglais, ajoute Corinne Lalonde. C’était limitant parfois. Et les expressions australiennes ! Ils ont leur slang eux aussi ! » Heureusement, les jeunes femmes ont pu s’entraider, puisqu’elles travaillaient au même endroit. Les étudiantes avaient effectué un stage, au préalable, au Québec. Elles ont constaté une différence majeure en ce qui concerne l’encadrement. « On n’avait jamais eu autant d’autonomie, poursuit Corinne Lalonde. Au Québec, l’étudiant est très encadré. Un professeur supervise tout ce qu’on fait. Là-bas, ils fonctionnent selon le principe de l’auto-apprentissage. Tu tombes à l’eau? Tu apprends à nager. » Les deux Québécoises ont travaillé dans une unité où l’on recevait des patients âgés souffrant de problèmes de santé variés, comme les chutes à répétition ou la démence. Durant leur stage,

elles ont accompli les mêmes tâches qu’un physiothérapeute, mais avec moins de patients, vu leur statut de stagiaires. De plus, elles ont organisé et animé chaque jour une séance d’exercices de groupe d’une heure. Dans ce pays anglo-saxon, elles n’ont pas eu de choc culturel. « À part la langue, les Australiens ressemblent aux Québécois », soutient Corinne Lalonde. « Ils sont ouverts et gentils, ajoute Virginie Pichard-Jolicœur. Les valeurs, les standards sociaux, le système scolaire sont très semblables à ceux de l’Amérique du Nord. » En mai 2013, celle-ci effectuera un stage en physiothérapie de neuf semaines en Inde. « L’Australie, dit-elle, m’a donné le goût de pratiquer ailleurs qu’au Québec. » Quant à sa collègue, elle se verrait pratiquer sa profession à l’étranger pour un temps.

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Il fallait connaître les noms des os et des muscles en anglais… et un peu de slang

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1 Corinne Lalonde à Bay of Fires, dans l’île de Tasmanie. 2 Corinne Lalonde et Virginie Pichard-Jolicœur dégustant un chardonnay dans un vignoble de la vallée de Tamar, dans l’île de Tasmanie. 3 Corinne Lalonde lors de la séance d’exercices quotidienne au St George’s Hospital avec des patients âgés et hospitalisés. 4 Un wallaby peu effarouché par la présence de touristes.


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biologie

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ils ont dit... Sur l’estime de soi chez les enfants De récentes recherches en éducation montrent qu’une trop grande valorisation de l’enfant par les parents ne contribue pas nécessairement à sa réussite. « L’estime de soi, c’est très contextuel, commente Égide Royer. Si j’ai un jeune Égide Royer, qui ne sait pas patiner dans professeur au une équipe de hockey, je Département n’améliorerai pas son coup d’études sur l’enseignement et de patin en m’asseyant souvent avec lui pour lui dire l’apprentissage qu’il est important. C’est plutôt en travaillant sur son Le Soleil, patin que son estime de soi 7 octobre va s’améliorer. »

Sur le 35e anniversaire de la Loi sur le financement des partis politiques Louis Massicotte estime que cette loi, destinée à encadrer le financement des partis politiques, n’a pas eu les effets escomptés. En témoignent de multiples violations et contournements systématiques. Louis Massicotte, « Avec cette loi, le Québec professeur au est allé vers un mensonge Département de institutionnel. On a voulu, science politique avec de bonnes intentions, que le citoyen soit roi. Or, Le Journal du le citoyen ne veut pas Barreau, nécessairement donner aux septembre 2012 caisses des partis politiques. Et les partis politiques vont toujours trouver l’argent où il y en a, c’est-à-dire chez les entreprises et les syndicats. En pratique, les dons des individus sont presque systématiquement devenus des dons corporatifs camouflés en ayant recours à des systèmes de prêtenoms. »

Sur la définition du prof idéal

Clermont Gauthier, professeur au Département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage Jobboom, août 2012

Depuis des décennies qu’ils creusent la question auprès d’élèves, de parents et d’enseignants, les chercheurs en éducation n’arrivent pas à donner une définition du prof idéal. « On s’est finalement rendu compte qu’on faisait des listes de critères qui n’avaient pas nécessairement de liens entre eux et qui ne pouvaient pas véritablement nous guider, rapporte Clermont Gauthier. Dans une liste de 80 qualités, on trouve, au fond, tout ce qui fait qu’une personne est agréable à côtoyer ! »

Même au sein d’une espèce généraliste comme le bruant à gorge blanche, il y aurait des individus spécialistes des forêts matures et des spécialistes des jeunes forêts. photo Stephen Tabone

On ne fait pas son nid n’importe où Le bruant à gorge blanche est plus affecté que prévu par le chamboulement de son habitat par Jean Hamann Que se passe-t-il au printemps lorsque des oiseaux découvrent que la forêt dans laquelle ils ont niché l’année précédente a été coupée pendant qu’ils séjournaient dans le Sud? Selon les bonzes de l’écologie animale, les oiseaux appartenant à une espèce dite généraliste ne s’en formaliseront pas et éliront domicile dans les parages. Les bruants à gorge blanche de la forêt Montmorency, eux, ne sont pas de cet avis, si l’on en croit une étude publiée dans un récent numéro du Canadian Journal of Zoology. Patrick Rousseau, André Desrochers et Adam Hadley, du Centre d’étude de la forêt, ont mesuré la dispersion des bruants après une perturbation de leur habitat à la forêt Montmorency, la forêt expérimentale de l’Université

Chaque bruant exprime une préférence pour certains habitats parmi tous ceux utilisés par l’espèce

Laval située à 75 km au nord de Québec. Le bruant à gorge blanche est une espèce généraliste qui fréquente avec un égal bonheur les parterres de coupe et les forêts matures. Pendant la période de nidification, les chercheurs ont capturé 96 mâles dans des forêts matures et ils les ont marqués à l’aide de bagues de différentes couleurs permettant de reconnaître individuellement chaque oiseau. L’hiver suivant, des coupes forestières ont été pratiquées dans une partie de ces forêts. Au retour des oiseaux, les chercheurs ont mesuré la distance qui séparait leur ancien et leur nouveau territoire. Résultat? Les mâles dont les territoires ont été touchés par les coupes se sont déplacés deux fois plus loin que ceux dont le territoire est demeuré intact. Le nouveau territoire choisi par les oiseaux affectés par les coupes contenait plus de forêts matures que ce qui subsistait dans leur territoire précédent. Fait intéressant, les territoires qu’ils

avaient abandonnés ont été repris par d’autres bruants à gorge blanche, signe que l’habitat était encore propice à l’espèce. Selon les chercheurs, ces résu l ta ts su g g èren t qu e chaque bruant exprime une préférence pour certains types d’habitats parmi tous ceux utilisés par l’espèce. « Une espèce généraliste peut être composée d’individus spécialistes, résume André Desrochers. Dans le cas du bruant à gorge blanche, il semble y avoir des individus spécialistes des forêts matures et des individus spécialistes des jeunes forêts. » Cette préférence pourrait avoir des fondements génétiques ou encore provenir d’une imprégnation du lieu de naissance. Peu importe l’apport de chaque composante, les coupes forestières favoriseraient les individus qui préfèrent les parterres de coupe et les jeunes forêts au détriment de ceux dont la préférence va aux forêts matures.


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nutrition

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Trois questions à Linda Saucier sur les risques de contamination dans les usines de viande

Linda Saucier photo Michèle Roy

Cela fait plus d’un mois que l’Agence canadienne d’inspection des aliments et les autorités américaines ont détecté pour la première fois la présence de la bactérie E. coli (type O157 :H7) dans deux échantillons de bœuf de l’usine XL Foods, située à Brooks, en Alberta. L’établissement est fermé depuis quelques jours. Plus de 1500 produits de boeuf ont été rappelés, quelques personnes infectées. Depuis, les consommateurs s’interrogent sur la qualité de la viande vendue au Canada. L’opinion de Linda Saucier, spécialiste en innocuité de la viande au Département des sciences animales. Q À Ottawa, les partis d’opposition expliquent cette éclosion d’E. coli par la baisse du budget de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Votre avis ? R Le ministre de l’Agriculture, Gerry Ritz, dit qu’il a augmenté le nombre d’inspecteurs; l’opposition affirme qu’il a coupé des postes. Qui dit vrai ? Il faudra poser la question à l’Agence canadienne d’inspection des aliments et lui demander les chiffres. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de voir les inspecteurs à l’œuvre. À titre de chercheuse, j’ai collaboré il y a quelques années avec des collègues de l’Alberta pour échantillonner du bœuf afin d’identifier un micro-organisme. Comme le Québec produit beaucoup de vaches de réforme (vaches laitières en fin de carrière), je suis allée dans une usine ici. J’ai vu travailler les inspecteurs de l’Agence canadienne. Ils sont postés sur une plate-forme à la hauteur des animaux, d’où ils examinent l’état général des bêtes pour détecter d’éventuelles maladies. Toutes les 15 minutes, ils changent leur position pour être sûr de maintenir leur concentration. Ils sont installés à tous les points critiques de l’usine. Je ne pense pas qu’ajouter des inspecteurs supplémentaires empêcherait toute contamination. Plutôt que de travailler à régler des problèmes, il faudrait plutôt les prévenir en empêchant des troupeaux contaminés d’arriver à l’usine. Q Que voulez-vous dire ? R La Fédération des producteurs de porcs du Québec a un programme concernant la salmonelle : elle s’assure que cette bactérie est bien contrôlée dans les troupeaux et

que sa présence diminue. C’est ce genre d’intervention qu’il faut mettre en place dans l’industrie bovine. Au Canada, il existe un vaccin homologué qu’on peut inoculer aux vaches. Il leur permet de développer des anticorps contre la bactérie E. coli, exactement comme le font les vaccins contre la grippe. Il faut savoir que cette bactérie n’affecte pas l’état de santé des bovins, qui sont porteurs sains. Le seul moyen de savoir si la vache en excrète, c’est de faire un prélèvement. Donc, détecter la présence de la bactérie seulement en observant l’animal est très difficile. La grande question qui se pose si l’on veut vacciner massivement les animaux, c’est qui va payer. Le producteur n’a aucun gain à faire en assumant ce coût de production supplémentaire car il ne produira pas plus de viande. Est-ce que le gouvernement doit régler la note ? Les transformateurs ? Les consommateurs ? L’innocuité alimentaire, c’est une responsabilité partagée entre l’industrie, les détaillants et les acheteurs, qui doivent par exemple réfrigérer leurs aliments et ne pas laisser l’épicerie traîner dans la voiture. Q Comment expliquer qu’il ait fallu autant de temps pour découvrir la source de contamination dans l’usine de XL Foods ? R Détecter une contamination microbienne est extrêmement difficile. Quand on échantillonne un équipement en usine, on prend un gabarit qui fait 10 cm de côté sur 10 cm. Avec un écouvillon, qui ressemble à un cure-oreille, on essaye de trouver une bactérie sur cette surface. C’est comme chercher une graine de pavot sur le terrain de football du Rouge et Or ! Voilà le genre de défi que nos industriels affrontent en cas de contamination. Il faut prendre conscience de ces difficultés. XL Foods est une entreprise sérieuse. Elle s’est associée à un projet de recherche du CRSNG pour la formation des professionnels en industrie que nous venons de déposer avec nos collègues de l’Alberta. Cela montre que ce n’est pas une entreprise qui se contente de faire son chiffre d’affaires dans son coin. Son président, Brian Nilsson, et son adjoint, Brian Read, ont déjà présidé le Conseil des viandes du Canada. Ce sont des gens qui veulent s’améliorer et bien former leur personnel. Mais personne n’est à l’abri d’une malchance, comme l’éclosion de listériose qui s’est produite en 2008 à Maple Leaf. Depuis, des choses ont changé. On fait beaucoup plus d’échantillonnages environnementaux, c’est-à-dire qu’on examine non seulement la viande, mais aussi les équipements dans l’usine, les convoyeurs et les hottes. Lorsqu’un problème sur-vient, c’est très important d’arrêter les ins-tallations pour comprendre ce qui est arrivé, histoire de changer les façons de faire qui ont pu conduire à la contamination. Propos recueillis par Pascale Guéricolas

Tous les oméga-3 ne se valent pas À doses égales, les oméga-3 contenus dans les noix, le lin et le soja s’avèrent moins bénéfiques que ceux des produits marins pour les neurones du cerveau par Jean Hamann Si vous consommez des aliments riches en oméga-3 dans l’espoir d’améliorer votre humeur, votre mémoire ou votre vision, vous feriez bien de porter attention aux conclusions d’une étude que des chercheurs de la Faculté de pharmacie ont publiée dans le British Journal of Nutrition. Dany Arsenault, Carl Julien et Frédéric Calon ont démontré qu’à doses égales, un oméga-3 d’origine végétale, l’acide linolénique (ALA), produit moins d’effets bénéfiques sur les neurones du cerveau que le DHA, un oméga-3 contenu dans les produits marins. Les chercheurs arrivent à cette conclusion après avoir comparé l’effet d’une diète enrichie en ALA ou en DHA chez la souris. L’ALA est un oméga-3 abondant dans les noix et le lin, le soya ou le chanvre. Sa concentration dans les cellules nerveuses est à peu près nulle, mais les enzymes du foie sont en mesure de convertir l’ALA

contenu dans les aliments en DHA. Ce dernier est intégré de façon préférentielle à la membrane des neurones. La moulée enrichie aux oméga-3 a produit une hausse du taux de DHA dans le cerveau des souris des deux groupes. Cette hausse a atteint 34 % chez les souris du groupe DHA contre 23 % chez celles du groupe ALA. Par ailleurs, la performance électrique des neurones ne s’est améliorée que chez les souris du groupe DHA. « La hausse de DHA dans le cerveau des souris du groupe ALA n’a pas été suffisante pour modifier les propriétés électrophysiologiques de leurs neurones, constate Frédéric Calon. Il y a peutêtre un seuil à partir duquel il y a des effets et il n’a pas été atteint. » Le chercheur ignore s’il serait possible d’atteindre ce seuil en en consommant davantage d’ALA. « Il serait intéressant de le savoir étant donné que les aliments qui contiennent cet oméga-3

sont plus accessibles et meilleur marché que les produits marins. Entre temps, nos données suggèrent qu’il est préférable de consommer des aliments riches en DHA pour améliorer ses fonctions cognitives », conclut-il.

Il est préférable de consommer des aliments riches en oméga-3 d’origine marine pour améliorer ses fonctions cognitives


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La cité à vol d’hélico En ce dimanche 7 octobre, près de 18 000 amateurs de football envahissent le stade TELUS-Université Laval pour aller encourager leur équipe. Le Rouge et Or l’emporte à 30 contre 11 sur les Carabins de Montréal. Du haut du ciel, toutefois, le photographe rate toute l’action. Il doit plisser les yeux pour repérer les joueurs, qui ne sont pourtant pas des nains ! « Vus d’ici, les bâtiments ont l’air de puces d’ordinateur », remarque Marc Robitaille, le photographe attitré du Fil, qui passe une heure en hélicoptère pour prendre des clichés du campus. La tuque enfoncée sur le crâne, le harnais bien fixé à la carlingue, il se penche par la porte ouverte pour mitrailler le paysage avec sa caméra. Ses clichés iront rafraîchir la banque d’images de l’Université. Pour suivre le match, c’est mortel, mais la vue qui s’étend au-delà des ponts compense le sacrifice. « La lumière est tellement belle en automne… » M. S.-H.


sur le campus

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science

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en bref

Congrès en santé rurale Le congrès national de la Société canadienne de recherche en santé rurale aura lieu du 25 au 27 octobre à l’hôtel Sheraton de Lévis sur le thème « Recherche sur la santé en régions rurales et éloignées: approches créatives ». Chercheurs, médecins, décideurs et représentants d’organismes communautaires exploreront de nouvelles façons de mettre le fruit des recherches en santé au service du mieux-être des populations rurales et nordiques. Le conférencier d’honneur sera l’astronaute canadien David Saint-Jacques. Cet ingénieur, aussi médecin diplômé de l’Université Laval, a déjà codirigé le Centre de santé Inuulitsivik à Puvirnituq au Nunavik. L’équipe de Caroline Duchaine, du Département de biochimie, de microbiologie et de bio-informatique, participe à l’organisation du congrès. J. H. www.crhrs-scrsr.usask.ca

Vivre sainement L’équipe d’Angelo Tremblay, du Département de kinésiologie, et l’Ordre professionnel des diététistes du Québec présentent, le vendredi 2 novembre au Musée national des beaux-arts du Québec, une journée ayant pour thème « Un mode de vie sain tout au long de la vie ». Les deux premières sessions de la journée porteront sur les enjeux touchant la nutrition et l’activité physique des adolescents et des personnes âgées. Vicky Drapeau fera alors le point sur le nutriathlon, un nouveau concept de promotion du « bien manger » destiné aux adolescents. La dernière session sera consacrée aux liens entre les variations de la flore intestinale et la santé métabolique (Denis Roy), à l’effet des probiotiques sur le contrôle du poids (Marina Sanchez) et aux aliments à « calories négatives » (Angelo Tremblay). J. H. marina.sanchez@criucpq.ulaval.ca

La philosophie au Japon La Faculté de philosophie est l’hôte d’un colloque international. « De la nature à la technique : perspectives de la pensée et de la philosophie japonaise contemporaine » est présenté du 10 au 12 octobre par la professeure Marie-Hélène Parizeau et la chargée de cours Jacynthe Tremblay. Les conférences qui seront prononcées par des membres de la communauté porteront notamment sur l’environnementalisme dans la culture populaire japonaise (Frédéric Dubois) et l’expérience esthétique comme fondement de l’éco-éthique (MarieHélène Parizeau). Il y aura une projection du film Le Voyage de Chihiro du réalisateur Hayao Miyasaki. M. S.- H. Au local 3470 du pavillon Charles-De Koninck, du 10 au 12 octobre.

Échantillon de tissu adipeux humain reconstruit in vitro au LOEX. On y voit les lipides en vert, et en rouge, les capillaires sanguins qui devraient contribuer à assurer la survie du tissu après la greffe.

Les vertus du gras Des chercheurs mettent les cellules souches adipeuses au service de la reconstruction du corps humain par Jean Hamann La lutte à l’obésité et son corolaire, la diabolisation de la graisse, ont fait oublier une réalité biologique fondamentale : le tissu adipeux est essentiel au bon fonctionnement de l’organisme. Plus encore, ce tissu renferme des cellules exceptionnelles qui peuvent être mises à profit pour soigner ou reconstruire des parties du corps humain. C’est cet aspect méconnu du tissu adipeux qui a réuni à Québec, la semaine dernière, 250 chercheurs de 24 pays à l’occasion du Congrès annuel de l’International Federation for Adipose Therapeutics and Science. Des membres du Laboratoire d’organogénèse expérimentale de l’Université Laval (LOEX), qui utilisent des cellules souches adipeuses dans leurs travaux, étaient du nombre pour faire connaître leurs dernières réalisations en génie tissulaire. « Les cellules souches du tissu adipeux sont des cellules multipotentes

[capables de se transformer en cellules spécialisées de différents types] qui ressemblent beaucoup à celles de la moelle osseuse, explique Julie Fradette, chercheuse au LOEX et responsable du comité organisateur du congrès. Leur potentiel de différenciation se compare à celui des autres cellules multipotentes du corps, mais elles s’en distinguent par la synthèse de certaines molécules qui favorisent la formation de vaisseaux sanguins ou qui contrent l’inflammation et la mort cellulaire. » Autre caractéristique intéressante, les cellules souches sont 400 fois plus abondantes dans le tissu adipeux que dans la moelle osseuse, sans compter le fait qu’il est beaucoup plus facile de s’en procurer. « Les dépôts adipeux sous-cutanés sont facilement accessibles, précise la chercheuse. Les personnes qui subissent une lipoaspiration à des fins cosmétiques

peuvent faire don de ces tissus à la recherche. » Grâce à cette abondante source de cellules souches, les chercheurs du LOEX produisent in vitro des tissus humains de remplacement. Ils cultivent les cellules souches et les assemblent grâce au procédé d’autoassemblage peaufiné au fil des ans au LOEX. Lorsqu’elles sont placées dans des conditions de croissance adéquates, les cellules se multiplient et s’organisent par elles-mêmes en tissus cohérents. Le défi des chercheurs consiste à trouver les conditions optimales de croissance. J u s qu’ à p r é s e n t , J u l i e Fradette et ses collègues du LOEX ont utilisé les cellules souches adipeuses pour fabriquer de la peau, des vessies et du tissu adipeux destiné à la chirurgie reconstructive. « Nous tentons maintenant d’améliorer ces tissus en y ajoutant des capillaires sanguins avant la greffe. Nous travaillons aussi à la fabrication de tissus de type osseux et des vaisseaux sanguins de petit diamètre », ajoute la chercheuse. Le potentiel des cellules souches adipeuses ne s’arrête

pas là. « Elles ont la capacité de se différencier en cellules de type neuronal, en cellules du muscle cardiaque et en cellules du cartilage. Les possibilités sont immenses pour le génie tissulaire », conclut-elle.

Les chercheurs ont utilisé les cellules souches adipeuses pour fabriquer de la peau et des vessies


arts

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en bref

En plein dans la gueule

Né au Sénégal, Boucar Diouf est un digne représentant de cette nouvelle génération d’humoristes d’origine étrangère qui se démènent pour dérider les Québécois.

Le mot pour rire Pour les artistes étrangers, l’humour est un formidable moyen d’intégration à la société québécoise par Renée Larochelle De 1995 à 2007, 95 % des étudiants qui fréquentaient l’École nationale de l’humour à Montréal étaient des Québécois de souche. Depuis 2007, ce pourcentage est tombé à 65 %. En somme, plus du tiers des étudiants proviennent d’ailleurs qu’au Québec, et rien n’indique que cette tendance ira en diminuant. Est-ce à dire que les humoristes qui nous feront rire dans le futur seront de plus en plus « internationaux » ? Oui, répond à cette question Antonio Di Lalla, professeur à l’École nationale de l’humour. « Pour beaucoup de francophones d’Europe et des pays du Maghreb, la seule possibilité de faire carrière en français est de passer par notre école. Nous sommes un véritable pôle d’attraction. Sans compter que l’humour constitue aussi un formidable moyen d’intégration à la société québécoise. » Antonio Di Lalla était conférencier, le 5 octobre, lors d’une rencontre organisée par la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord (CEFAN). Thème de l’exposé : « Le français, une langue d’humour ! » Il était accompagné de Jean-Christophe Surette, un jeune Acadien diplômé en 2011 de l’École nationale de l’humour. « Avant d’arriver à Montréal, je ne connaissais du Québec que Louis-José Houde, a lancé en guise d’introduction le jeune humoriste, sans tenter de masquer son accent acadien à couper au couteau. Le Québec a une énorme

Des humoristes comme Michel Mpambara et Nabila Ben Youssef ont séduit le public par le regard neuf qu’ils portent sur le Québec

résonance pour les francophones du Nouveau-Brunswick. Pour nous, c’est ici que ça se passe. » Les humoristes migrants doivent s’assurer que le public à qui ils s’adressent les comprend bien. Il s’agit parfois d’un mot mal prononcé pour que le gag tombe complètement à plat. Cette crainte d’être mal compris serait d’ailleurs la bête noire de certains humoristes étrangers. Ils sont pourtant nombreux à relever le défi. Qu’ont en commun les humoristes Boucar Diouf, Michel Mpambara et Nabila Ben Youssef ? Poser la question, c’est y répondre. Tous viennent d’ailleurs et ont séduit le public d’ici, en grande partie à cause du regard neuf qu’ils portent sur le Québec et les Québécois. « En achetant des billets pour assister aux spectacles de ces artistes, les gens leur disent qu’ils les aiment et qu’ils les acceptent, en quelque sorte », estime Antonio Di Lalla. Voilà pour la forme. Les Québécois étant assez larges d’esprit et formant plutôt un bon public, les thèmes susceptibles de les choquer sont rares. Tout est dans la manière d’aborder les choses. Ainsi, un humoriste – peu importe son lieu de naissance – courrait le risque de se mettre une partie de la salle à dos s’il affirmait qu’il devrait y avoir deux langues officielles au Québec, par exemple. De façon plus large, l’humour ne se pratique pas de la même manière au Québec et dans les autres pays de la francophonie. En France, les humoristes font leur spectacle sans trop interpeller le public, alors que c’est tout le contraire chez les humoristes québécois. « Ici, l’humoriste utilise le “ on inclusif ” afin d’embarquer toute la salle avec lui », conclut Antonio Di Lalla.

« Rouge Gueule, c’est le plaisir d’offusquer sa grand-mère, c’est la satisfaction d’engueuler quelqu’un qui ne nous a rien fait, c’est la joie de s’amuser aux dépens des autres », dit l’auteur Étienne Lepage, à propos de cette pièce créée en 2009 à Montréal. La troupe de théâtre Les Treize s’attaque à ce texte provocant qui parle tout autant des premières découvertes de l’adolescence que des regrets accumulés tout au long d’une vie. La pièce est découpée en plusieurs tableaux où évoluent une dizaine de personnages sortis de nulle part, mais qui nous semblent en même temps si familiers qu’on se dit qu’on a bien dû les rencontrer quelque part. La mise en scène est de Marjolaine Guilbert, détentrice d’un baccalauréat en études théâtrales et d’une maîtrise en arts de la scène de l’Université. R. L. Au Théâtre de poche du pavillon MauricePollack, du 17 au 20 octobre à 20 h et le 21 octobre à 15 h. www.lestreize.org

Louer une œuvre d’art L’Imageothèque, le service de location d’œuvres d’art du Bureau de la vie étudiante, expose une partie de sa collection. Pour les membres de la communauté universitaire et le public en général, il s’agit de l’occasion par excellence de découvrir une sélection de tableaux parmi les quelque 400 en location. La collection est composée d’œuvres originales de plusieurs styles et techniques. Rappelons que ce service permet à tous et toutes de louer des œuvres originales pendant quatre mois pour seulement 10 $ pour les étudiants et 20 $ pour les autres. Cinq locations gratuites seront tirées parmi les visiteurs. R. L. À l’atrium Jean-Guy-Paquet du pavillon Alphonse-Desjardins, le jeudi 18 octobre de 11 h à 15 h.

Les sons du passé Comment l’art sonore, peu médiatisé et donc difficilement accessible pour ceux et celles qui sont moins à l’affût des tendances artistiques, est-il perçu par le grand public ? Comment faire vivre de manière sensible à autrui une action qui appartient au passé ? Ce sont les questions posées dans l’exposition collective SonAURAma. Y participent Camille BernardGravel et Éloïse Plamondon-Pagé, étudiantes au baccalauréat en pratique des arts visuels et médiatiques, et Marie-Josée Ouellet, ancienne étudiante en musique et en arts visuels. R. L. Le vernissage aura lieu le 15 octobre de 18 h à 21 h à la Salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins. L’exposition est présentée jusqu’au 2 novembre.


société Les mains en l’air !

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Les victimes de vol à main armée risquent de développer de graves problèmes de santé mentale par Renée Larochelle Vivre un vol à main armée est un événement extrêmement traumatisant pouvant engendrer de graves problèmes de santé mentale. Cet acte violent peut causer un état de stress post-traumatique, une dépression, ou même les deux. C’est ce que révèle une étude menée principalement par Geneviève Belleville, professeure à l’École de psychologie, auprès d’employés victimes de vol à main armée dans une chaîne de dépanneurs. Souhaitant savoir combien de personnes développeraient un état de stress post-traumatique ou encore une dépression, la chercheuse a évalué les participants un mois et trois mois après qu’ils aient vécu un événement du genre. Au début de l’étude, l’échantillon comptait 86 personnes. Certains participants s’étant désistés en cours de route, ce qui arrive souvent dans ce type de recherche, il en est resté 70 après un mois, et 65 après trois mois. « Durant ces trois mois, 2 % des personnes avaient développé un état de stress

post-traumatique tandis que 6 % étaient touchées par la dépression. Enfin, 8 % vivaient à la fois un état posttraumatique et une dépression », résume Geneviève Belleville. Les participants en état de stress post-traumatique, associé ou non avec des symptômes dépressifs, rapportaient s’être davantage absentés du travail dans les jours ayant suivi le vol. Ils disaient également avoir consulté le médecin plus souvent. Dans l’ensemble, toutefois, peu de personnes ont affirmé avoir cherché de l’aide psychologique.

« Les cliniciens doivent être sensibilisés au fait que l’état de stress post-traumatique et la dépression peuvent se développer chez les victimes de vol à main armée, dit la psychologue. Lorsque ces problèmes sont mal soignés, ils peuvent devenir chroniques et beaucoup plus difficiles à traiter. » Par ailleurs, Geneviève Belleville incite les gérants de magasins dont un employé a vécu ce genre d’événement à garder l’œil ouvert. « Quand on s’aperçoit qu’une personne s’absente souvent du travail, il ne faut pas laisser les choses aller. Mieux vaut réagir rapidement  », conclut-elle.

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Après trois mois, 6 % des personnes avaient développé une dépression

Geneviève Belleville photo Marc Robitaille

Faut-il vraiment une charte de la laïcité ? Aller de l’avant avec le projet du Parti québécois équivaudrait à sauter une étape selon le philosophe Jocelyn Maclure par Brigitte Trudel Remis à l’avant-plan par le Parti québécois durant la dernière campagne électorale, le thème des accommodements raisonnables continue de diviser les citoyens. En accédant au pouvoir, le nouveau gouvernement a promis d’adopter une charte de la laïcité. Une bonne chose ? Le professeur au Département de philosophie Jocelyn Maclure exprime des réserves. « Le projet du PQ me laisse sceptique pour plusieurs raisons », a-t-il affirmé à l’occasion d’une conférence tenue le 6 octobre dernier au pavillon La Laurentienne lors du colloque international Républicanisme,

la CommissionBouchardTaylor : le projet du PQ alimenterait un sentiment de crainte pernicieux en laissant croire que les pratiques d’accommodement actuelles sont inadéquates. « Il n’y a pas péril en la demeure, soulignet-il. Notre savoir-faire à cet égard est déjà intéressant. » La charte établirait une hiérarchie entre le principe

d’égalité entre les hommes et les femmes et celui de la liberté de religion, faisant primer le premier aux dépens du second. C’est là son aspect le plus inquiétant, selon le spécialiste en philosophie politique. « Dans un système de droits distincts, interdépendants et égaux, il ne peut y avoir de primauté d’un droit par rapport à un autre »,

multiculticulturalisme et laïcité organisé par La Revue Toqueville et les facultés des Sciences sociales et de Philosophie. D’abord, le professeur Maclure ne croit pas que le Québec dépend d’une charte pour s’affirmer comme laïc. « La laïcité et ses finalités (liberté de pratique religieuse et égal respect des religions) sont reconnues chez nous, note le philosophe. Elles se sont imposées au fil de l’histoire, à la suite d’une série de jugements politiques et juridiques. » Autre bémol de la part de celui qui a agi à titre d’analysteexpert et de rédacteur durant Jocelyn Maclure photo Marc Robitaille

rappelle-t-il, arguant qu’avec une telle interprétation, l’État risque de se croire autorisé à agir au dessus des droits. « Par exemple, l’État pourrait se donner la latitude de dicter l’ordination des femmes au sein de l’Église en évoquant l’égalité des sexes. » Enfin, Jocelyn Maclure considère que l’interdiction généralisée du port des signes religieux visibles chez tous les agents de l’État s’avère inéquitable et inopportune pour le bien social. Il traite de cet argument en profondeur dans son ouvrage Laïcité et liberté de conscience, coécrit avec Charles Taylor et paru aux Éditions du Boréal en 2010. « D’un côté, le PQ propose de durcir la laïcité, mais d’un autre, il y cautionne des accrocs, notamment en faisant du crucifix de l’Assemblée nationale un symbole patrimonial », remarque-t-il.

Le philosophe n’est pas contre l’idée d’enchâsser la position du Québec sur la laïcité dans un document officiel, mais il prône d’autres moyens pour y arriver. Tenue d’une commission parlementaire, élaboration d’un livre blanc… Se doter d’une charte à ce stade serait contraignant et équivaudrait à sauter une étape, soutient-il.

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La laïcité et ses finalités sont déjà reconnues chez nous


livres

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Avec ses plumes, ses raquettes et sa ceinture fléchée, Max Gros-Louis cultive une image en accord avec sa pensée. collection personnelle

L’homme de la démesure Une biographie décrit la personnalité complexe de Max Gros-Louis, ancien chef de la nation huronne-wendat par Anne-Marie Lapointe « Il n’y a rien de petit, chez Max Gros-Louis. Et c’est ce qui le rend absolument fascinant, parfois même pour ses adversaires. » Visiblement, l’ex-grand chef huronwendat en impose toujours. Même à son biographe, Alain Bouchard, qui a pourtant derrière lui 40 ans de journalisme au quotidien Le Soleil. Alain Bouchard enseigne aujourd’hui l’écriture de presse au Département d’information et de communication de l’Université. Pour rédiger la biographie Max GrosLouis. Le corbeau de Wendake, publiée récemment aux éditions La Presse, il a obtenu une trentaine de rencontres avec Oné-Onti – le surnom amérindien du chef – et bien des entrevues avec diverses personnalités, « Max a mené une bataille avec tous les moyens. Il a ouvert le chemin », rapportet-il avec respect. Le personnage possède un côté bagarreur qui est dévoilé d’ailleurs au tout début du livre. Magella GrosLouis, de son véritable nom, a 17 ans lorsqu’il se fait traiter de « maudit sauvage » par

un frère du collège SaintJoseph. Il réplique en frappant l’homme au visage. Jamais il n’acceptera ce mot… ni ne retournera à l’école. En 1964, il est élu grand chef de Wendake. La réserve compte alors 1 500 habitants qui forment, au dire d’anciens, un peuple d’assistés sociaux cultivant un complexe d’infériorité. Sous le règne d’Oné-Onti, Wendake vivra sa révolution tranquille. Son équipe agrandit le territoire et le dote d’un réseau d’aqueduc et d’égout. Puis elle relance l’industrie manufacturière et touristique, tout comme la production artisanale. « Wendake est un modèle de réussite aujourd’hui. Il y a un boom industriel terrible », affirme Alain Bouchard. Politique redoutable et rassembleur, Max Gros-Louis va aussi mettre la condition autochtone à l’ordre du jour. Avec deux autres chefs amérindiens, Andrew Delisle et Aurélien Gill, il forme un « trio de tapage » et fonde, en 1965, l’Association des Indiens du Québec dont il sera pendant plusieurs années le porte-voix.

Dans un trop court chapitre consacré à l’homme politique, Alain Bouchard raconte comment celui-ci se rendait sur les réserves les plus éloignées afin de convaincre les habitants d’adhérer à l’association. Un tour de force quand on sait que la province comptait 42 communautés qui ne parlaient souvent ni anglais ni français. En 1971, il est au côté des Cris afin de tenir tête à Bourassa lors des travaux hydroélectriques de la baie James. Il intervient aussi en 1991 lors de la crise d’Oka pour appuyer les Mohawks. « Max est encore une référence en ce qui a trait aux revendications autochtones », rapporte Alain Bouchard. Avec ses plumes, ses raquettes et sa ceinture fléchée, le Huron-Wendat a un côté tape-à-l’œil que plusieurs lui reprochent. « Max GrosLouis cultive son image, mais il y a toujours eu de la substance derrière ça, assure son biographe. Quand il jouait du tam-tam lors des matchs

des Nordiques au Colisée, c’était une démarche politique. Max voulait donner de la résonance aux tournois pee-wee amérindiens qui se déroulaient à l’époque. On oublie qu’il y avait aussi des joueurs amérindiens dans les Nordiques, comme Chris Simon, d’origine ojibwée. Ce n’était pas seulement du folklore. » Alain Bouchard a voulu écrire un livre sans complaisance. C’est pourquoi il s’attarde à quelques zones d’ombre dans la vie de son sujet. Par exemple, la relation difficile que Max Gros-Louis entretient avec un de ses fils, Mario, qu’il ne voit plus. On apprend également que le politicien n’a pas appuyé le nouveau mode électoral adopté en l’an 2000 à Wendake, qui répartit le pouvoir auparavant dévolu au grand chef. Qu’il est un ennemi juré du clan Sioui, et donc du grand chef sortant, Konrad Sioui, qui affrontera son fils Kino Gros-Louis à l’élection du 26 octobre prochain. N’empêche, Max GrosLouis reste une icône, un personnage plus grand que nature, qui jouit d’un « capital de sympathie exceptionnel », selon son biographe. Aussi petite la nation huronnewendat soit-elle, son ancien chef d’État conserve des relations nombreuses et haut placées. Charles de Gaulle et Jacques Chirac sont allés lui rendre visite à Wendake. Il est un proche de Jean Chrétien, avec qui il a toujours eu des relations cordiales. Le grand manitou a maintenant 81 printemps. Il était temps que quelqu’un trace son portrait, juge Alain Bouchard. Bien que l’auteur soit satisfait de l’accueil réservé au livre, il ajoute, en toute humilité : « Le véritable héritage de Max Gros-Louis, ce sont les historiens qui le raconteront. »

Alain Bouchard photo Marc Robitaille

Amère América Après avoir exploré l’Amérique latine avec Le postier Passila, Alain Beaulieu, directeur du programme de création littéraire, nous entraîne aux États-Unis pour son dixième roman, Quelque part en Amérique, publié cet automne aux éditions Druide. On y suit les pérégrinations de Lonie, une migrante sud-américaine en quête d’une vie meilleure pour elle et son fils de 5 ans. Or, dès son arrivée aux États-Unis, elle échappe de justesse à un réseau de traite de femmes. Un policier la prend sous son aile et la confie à sa sœur, Maureen, une femme de pasteur mal mariée qui l’embauche comme femme de ménage. Les deux femmes se rapprochent. Naissent alors des promesses de bonheur qu’un drame vient balayer. On reconnaît ici Beaulieu à son écriture on ne peut plus classique, qui ose quelques pointes de lyrisme. A.-M. L.

Lumières sur le Québec et le Canada À première vue, un ouvrage qui collige des lectures critiques de livres en sciences humaines peut rebuter. Et pourtant, le livre publié aux Éditions Nota Bene, Intentions d’auteurs sur le Québec, le Canada et les sciences sociales, de Simon Langlois, directeur du Département de sociologie, est captivant pour qui veut mieux comprendre les transformations sociales en cours depuis 1960 à nos jours. Publiées au fil des 20 dernières années, ces recensions font saillir l’apport d’économistes, de démographes, d’historiens et de littéraires. Il est d’abord question du Québec comme nation, de ses structures sociales et de la vie quotidienne, puis du Canada et de ses francophones. À la toute fin, l’auteur s’attarde à des grandes figures d’intellectuels et aux savoirs qu’ils ont fondés. A.-M. L.

Pas de richesse sans coopération En cette ère d’économisme triomphant, un tout petit livre entend déconstruire le mythe que la production de la richesse repose sur le seul mérite individuel. La juste part, écrit par professeurs de phiO1 les losophie Patrick Turmel (UL) et David Robichaud (Université d’Ottawa), a paru à l’automne aux éditions Atelier 10. Dans de courts chapitres, les auteurs font la démonstration que « toute production est indissociable d’une longue histoire de coopération » et que le succès exige des circonstances favorables et arbitraires. En bref, le marché devrait devenir un puissant outil de création de richesses collectives et non servir ce fameux 1 % dénoncé par les indignés d’Occupy Wall Street. Savant et pourtant très accessible. A.-M. L. La juste part David Robichaud Patrick Turmel —

Repenser les inégalités, la richesse et la fabrication des grille-pains

— Par l’équipe de

Max Gros-Louis reste une icône qui jouit d’un capital de sympathie exceptionnel


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créativité

le fil | le 11 octobre 2012

Dans le quartier Saint-Roch, des entreprises technologiques locales de taille moyenne comme Frima/Volta et Sarbakan sont connectées sur les réseaux internationaux et gagnent des prix pour leur créativité. photo Ville de Québec

Au cœur de la technoculture Des étudiants en aménagement du territoire et développement régional ont planché sur l’économie culturelle de Québec par Yvon Larose Une nouvelle économie prend forme à Québec. Le quartier Saint-Roch s’affirme de plus en plus comme un « district créatif » où se développent côte à côte, et parfois de façon croisée, deux secteurs dynamiques : celui des arts et celui des jeux vidéo. C’est pour mieux cerner cette réalité en émergence que François Morin et Étienne Paquet-Moisan, deux étudiants inscrits à la maîtrise en aménagement du territoire et développement régional, ont mené un projet de recherche de janvier à août 2012. En septembre, ils ont présenté les faits saillants de leur analyse socioécono-

et sociaux à grande échelle, constitués de pôles urbains. » Dans leur recherche, les étudiants montrent que l’économie de la capitale du Québec s’internationalise. « Elle se mondialise au moyen de l’économie créative, précise Mario Carrier. Celle-ci s’inscrit dans des réseaux internationaux. On n’a qu’à penser aux Beenox et Ubisoft dans l’industrie des jeux vidéo, et à Ex Machina et aux Violons du Roy dont la production artistique s’exporte dans plusieurs pays. »

mique dans les locaux des universités de Dublin, en Irlande, et de Barcelone, en Espagne, à l’occasion du deuxième séminaire du Consortium Mégapolitan. « Ce regroupement de programmes en planification urbaine et régionale des universités Laval, de ColombieBritannique, de Dublin et de Barcelone mène des recherches autour de la notion de “ mégarégion ”, explique Mario Carrier, professeur à l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional. Cela découle de l’interdépendance croissante, dans le monde, Mario Carrier des réseaux économiques photo Marc Robitaille

Soyez futé. Achetez usagé ! Vous devez vous procurer de nouveaux électroménagers mais votre budget est serré ? À l’approche de l’hiver, vous désirez une paire de skis ? Consultez le nouveau Bottin du réemploi. Créé par la Communauté métropolitaine de Québec, cet outil en ligne répertorie près de 350 commerces où vous pouvez vous procurer, à bons prix, une foule de biens usagés d’utilité courante : vêtements, meubles, jouets… Il permet d’effectuer des recherches en fonction du type de bien désiré et de l’endroit où vous aimeriez faire vos achats. Il indique aussi où vous pouvez vous départir d’objets encore en bon état ou de résidus domestiques dangereux. www.reduiremesdechets.com

Le professeur Carrier a supervisé les étudiants tout au long de leur recherche. « Ils ont réussi à documenter de façon précise et actuelle ce qui compose le quartier Saint-Roch du point de vue d’une économie axée sur les arts et la culture, et sur les nouvelles technologies de l’information et des communications », estime-t-il. L’économie de la région de Québec a beaucoup changé depuis une vingtaine d’années. Elle est de plus en plus axée sur l’innovation et le savoir. Le quartier Saint-Roch est devenu un pôle important pour cette nouvelle économie. Ainsi, selon des données provenant de Statistique Canada et qui figurent dans le rapport de recherche, en 2006, alors que 2,4 % de la population de la région métropolitaine de recensement de Québec travaillait dans les domaines des arts et des technologies de l’information,

la même proportion était de 6,8 % dans Saint-Roch. Le quartier héberge 175 ateliers d’artistes et plusieurs organismes culturels, dont la coopérative Méduse. Quatre entreprises importantes du jeu vidéo ont pignon sur rue dans Saint-Roch, soit Beenox, Frima/Volta, Ubisoft et Sarbakan. Un millier de personnes travaillent dans ce secteur d’activité à Québec. Il faut aussi souligner la présence, dans le quartier, d’établissements d’enseignement et leur contribution au développement de l’économie créative. Ce sont l’École des arts visuels et l’École de design de l’Université Laval, ainsi que l’École nationale en divertissement interactif. L’avenir du « district créatif » de Québec s’annonce-til radieux ? « Le quartier est une réussite, mais la concurrence est forte et internationale, répond Mario Carrier. On peut dire que c’est bien

parti. On y trouve vraiment une nouvelle économie pour la ville. Cependant, il faudra d’autres histoires à succès. Les deux paliers de gouvernement devront aussi créer les conditions qui vont faciliter le maintien et le développement des entreprises. » Le projet de partenariat public-privé d’accélérateur technologique, qui doit bientôt voir le jour dans le quartier Saint-Roch, irait dans ce sens. « Cet outil, dit-il, hébergera les entreprises les plus innovantes, notamment dans les nouvelles technologies de l’information et des communications. » Mentionnons que trois autres étudiants inscrits à la maîtrise en aménagement du territoire et développement régional ont aussi présenté leurs résultats de recherche à Dublin et Barcelone. Supervisés par la professeure Johanne Brochu, Simon Carrothers, Alex Lachance-Fortin et Yenny Constanza Zambrano Ardila ont fait une analyse comparative du quartier Saint-Roch de Québec et de la Cité du multimédia de Montréal sous l’angle des dimensions morphologiques urbanistiques. Le prochain séminaire du Consortium Mégapolitan aura lieu à Vancouver en août prochain sur le thème de l’équité sociale et du développement urbain durable dans la mégarégion.

Québec se mondialise au moyen de l’économie créative

Nouveau directeur pour la revue Études internationales

Louis Bélanger.

Louis Bélanger, professeur titulaire de science politique à l’Université, prend la barre de la revue scientifique trimestrielle Études internationales. Il succède ainsi à Gordon Mace, du même Département, qui dirigeait la publication depuis 10 ans. Spécialisé dans l’étude des relations internationales et de la politique étrangère, Louis Bélanger connaît bien la

revue, puisqu’il a dirigé celleci de 1998 à 2000. Ses recherches portent sur les accords de libre-échange, la politique étrangère et commerciale canadienne, la coopération interaméricaine et les revendications sécessionnistes. Récemment professeur invité à l’Institut d’études politiques de Grenoble, il a été président fondateur de la section canadienne de l’International

Studies Association au début des années 2000. Études internationales est une revue pluridisciplinaire publiée par les Hautes Études internationales depuis 41 ans. Elle accueille des textes d’analyse provenant de diverses sciences sociales qui se penchent sur des problèmes internationaux, notamment la politique, l’économie et le droit.


sports

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en bref

Mélissande Guy en action. photo Yan Doublet

Mélissande Guy participe au Défi tête rasée

Pour une deuxième saison, Andréane Girard anime et réalise la webémission Accès Rouge et Or. photo PEPS

Il y aura du sport… en ligne De Facebook à Twitter, en passant par une application mobile et une émission Web, le programme d’excellence Rouge et Or est plus branché que jamais par Mathieu Tanguay Le service des communications du Rouge et Or entreprenait l’an dernier un virage Web important. En plus de mettre à jour le site www. rougeetor.ulaval.ca, il a lancé une nouvelle émission uniquement disponible sur Internet, créé une application iPhone et accentué sa présence sur les médias sociaux. Les résultats ont été probants. L’équipe continue dans cette direction cette année, avec l’objectif de renforcer le sentiment d’appartenance pour les équipes Rouge et Or chez les étudiants et les membres du personnel du campus. La communauté virtuelle réunie sur les réseaux sociaux tels Facebook et Twitter est donc invitée à suivre le Rouge et Or sur ces deux plateformes. Déjà, la page Facebook du R et O, dont le contenu est mis à jour quotidiennement, compte plus de 11 000 adeptes. Il s’agit, et de loin, de la page de programme sportif universitaire la plus populaire au Québec. En fait, le Rouge et Or compte le double de partisans en ligne que ceux qui viennent au deuxième rang, les Carabins de l’Université de Montréal, avec 5 600 membres. L’équipe qui anime la page Facebook présente des

nouvelles de toutes sortes sur les activités et résultats du programme accompagnés de photos de grande qualité. Elle y lance aussi des concours et des promotions, exclusivement pour les partisans. Plus tôt cet automne, un abonné de la page a remporté une paire d’abonnements 20122013 pour tous les sports du Rouge et Or. Vous ne faites pas encore partie du groupe ? Visitez le www.facebook. com/rougeetor. Le compte Twitter du Rouge et Or (www.twitter.com/ rougeetor), auquel plus de 2 300 personnes sont abonnées, sert pour sa part à annoncer des nouvelles. Mais surtout, il permet de diffuser des comptes-rendus en direct des parties disputées à domicile, notamment au football, au basketball, au volleyball, au soccer et au rugby. Déjà connue depuis deux ans sur iPhone et iPad, l’application mobile Rouge et Or est dorénavant disponible pour les téléphones utilisant la plateforme Android. Outre la consultation des actualités et des fiches d’étudiantsathlètes, l’application offre le calendrier complet des activités du Rouge et Or, la possibilité de créer des favoris, l’accès direct au portail

rougeetor.tv, l’interaction avec la page Facebook de l’organisation, de même que la possibilité de consultation hors ligne. Gratuite, l’application Android du Rouge et Or est disponible sur le site Google Play. Une version améliorée pour iPhone et iPad peut également être téléchargée sur iTunes ou AppStore. Nouveauté cet automne, un compte Instagram Rouge et Or a été créé. Cette application permet aux utilisateurs de styliser leurs photographies et les partager avec leur réseau d’amis, en plus de noter et de commenter les clichés déposés par les autres utilisateurs. Sur le compte nommé tout simplement rougeetor, vous trouverez notamment des photos inédites des étudiantsathlètes et membres du programme en situation de match ou à l’entraînement, lors de conférences de presse, lors de séances de photos officielles, etc. La webémission Accès Rouge et Or a entamé sa deuxième saison au début du mois de septembre. Animée et réalisée par Andréane Girard, elle se consacre aux coulisses du programme, question de mieux faire connaître le quotidien des étudiants-athlètes. Cette année, au lieu d’une émission d’une dizaine de minutes par semaine, elle diffuse deux courtes capsules de cinq minutes tous les lundis et jeudis sur le portail rougeetor.tv. À cet endroit sont aussi diffusées en direct les parties à

domicile du Rouge et Or. Par le passé, seules les rencontres de basketball et volleyball étaient présentées. Cette saison, l’offre est bonifiée, avec l’ajout des parties de soccer et de rugby. Un duo de descripteur et d’analyste est en place pour vous faire vivre toute l’action des matchs. Le calendrier complet des diffusions se trouve sur le site www. rougeetor.tv. La conquête de l’excellence du Rouge et Or se passe maintenant aussi sur le Web.Et vous êtes invités à y contribuer ! www.facebook.com/ rougeetor www.twitter.com/rougeetor www.rougeetor.tv

La page Facebook du Rouge et Or est de loin la plus populaire au Québec parmi celles consacrées aux sports universitaires

La joueuse du Rouge et Or soccer Mélissande Guy a décidé de relever le défi des têtes rasées au profit de Leucan. L’étudiante en génie mécanique âgée de 22 ans procédera à la coupe de ses cheveux avant la partie de son équipe prévue le dimanche 14 octobre à 15 h au PEPS contre Sherbrooke. « Je vais peut-être verser quelques larmes! », a blagué la sportive, ajoutant plus sérieusement qu’elle songeait depuis quelques années déjà à participer au Défi têtes rasées. L’attaquante originaire de Québec a comme objectif d’amasser 5 000 $, et a jusqu’à maintenant réussi à aller chercher plus de 3 900 $ en don. Il est possible de contribuer à cette bonne cause en versant un don en ligne. www.tetesrasees.com/Team.aspx?id=2663

Patinage libre Saviez-vous que le patinage libre fait partie de l’un des quatre privilèges dont peuvent bénéficier, sans frais supplémentaires, les étudiants inscrits à 12 crédits de cours à l’Université? En effet, les deux patinoires du PEPS accueillent chaque année les patineurs pendant les périodes automnale et hivernale. Le coût est de 5 $ pour le non-membre et de 3,75 $ pour les jeunes de 14 ans et moins. L’entrée est gratuite pour les membres du PEPS. Les lundi, mercredi et vendredi de 12 h 15 à 13 h 05, les mardi et jeudi de 17 h 15 à 18 h 05 et le dimanche de 19 h 30 à 20 h 50.

Club l’Aval : viens prendre l’air ! Le Club l’Aval offre des sorties d’un ou deux jours durant les fins de semaine et de trois jours ou plus lors des jours fériés et de la semaine de lecture. Les activités de plein air s’adressent autant aux étudiants qu’au grand public. Le volet Découverte est offert aux personnes désireuses de découvrir la nature du Québec. Participez au mois d’octobre à une randonnée pédestre suivie d’une séance de yoga en plein air. Le volet Sport/plein air requiert un peu plus d’expérience, car le niveau des sorties va de moyen à difficile. On vous attend prochainement pour une sortie de vélo de montagne. www.clublaval.qc.ca


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au fil de la semaine

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Les modes de scrutin : entre démocratie et stratégie Il ne serait pas étonnant que l’amphithéâtre HydroQuébec soit plein à craquer le 17 au soir : le mode de scrutin est un sujet chaud au pays. C’est pourquoi la Chaire publique ÆLIÉS a convoqué trois spécialistes qui feront la lumière sur les différents modes de scrutin et leurs effets sur la politique québécoise et ses institutions. Ils retraceront aussi les tentatives de réforme depuis René Lévesque à aujourd’hui. Il s’agit de Louis Massicotte, professeur au Département de science politique, Miriam Fahmy, directrice de la recherche et des publications à l’Institut du Nouveau Monde, ainsi que Claude Béland, président des États généraux sur la réforme des institutions démocratiques. La journaliste Françoise Guénette animera le débat. Mercredi 17 octobre, de 19 h à 21 h, à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins.

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La science-fiction Soirée de en littérature musique pour l’Afrique Le festival de littérature Québec en toutes lettres, qui se déroule à Québec du 11 au 21 octobre, met à l’honneur le prolifique et célèbre auteur de sciencefiction Isaac Asimov, décédé en 1992. Pour l’occasion, le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoise (CRILCQ) présente une table ronde sur le thème « Renouveler la littérature par la science-fiction ». Il sera question de l’influence du genre sur l’ensemble du paysage littéraire. Les invités se demanderont aussi si la science-fiction dévoile le futur de la littérature. Avec Richard St-Gelais, professeur de littérature à l’UL, Sylvie Bérard, professeure de littérature à l’Université Trent, et Marc Laliberté, étudiant à la maîtrise en études littéraires. Vendredi 12 octobre, à 11 h 30, au local 7160 du pavillon Charles-De Koninck.

Si le démon de la danse vous taraude en ce samedi soir, pourquoi ne pas aller faire un tour à un jamsession à saveur africaine qui aura lieu à l’Université ? Cette soirée musicale et multiculturelle mettra à l’honneur le saxophone, la guitare et sa cousine africaine, la kora. Le tout est organisé par la section d’Ingénieurs sans frontières de l’Université Laval afin de financer des projets communautaires au Rwanda. Samedi 13 octobre, à 20 h, au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack. Coût : 5 $. La bière sera en vente au coût de 3 $.

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Deux parties de ballon rond

Le droit à l’alimentation avec Sonya Morales

Verdi et La Traviata

Rouler sans trop polluer

Vous connaissez la Dame aux camélias, ce drame romantique d’Alexandre Dumas fils que Giuseppe Verdi a transposé en musique dans La Traviata ? Pour mieux comprendre l’origine de cette œuvre et le traitement qu’en a fait Verdi – et vous préparer, peut-être aussi, à savourer la prochaine production de l’OSQ – il faut assister à la conférence « Verdi e La Traviata » que donnera mercredi Irène Bisson, organiste et musicologue. Durant cette soirée, présentée par la Société Dante, la conférencière fera une introduction de La Traviata en italien, puis elle expliquera plus précisément l’œuvre en français. Elle fera aussi entendre les plus beaux extraits de l’opéra. La Société Dante de Québec est un lieu de rencontres culturelles et sociales pour tous les Italiens de cœur de la région.

Ceux qui ont à cœur les modes de transport durables convergeront au Desjardins afin d’entendre la communication du professeur de science politique à l’UL Jean Mercier. Ce dernier se penchera sur les facteurs du succès dans ce dossier crucial. En effet, au Québec, 40 % des gaz à effet de serre sont dus au secteur des transports, dont 82,7 % proviennent du transport routier. Le professeur Mercier s’intéresse particulièrement aux politiques publiques qui ont fait de certaines villes, notamment Singapour et Zurich, des succès dans ce domaine. Cet événement fait partie du cycle de conférences sur les Défis des villes à l’ère du développement durable organisé entre autres par l’Institut HydroQuébec en environnement, développement et société.

Les deux clubs de soccer du Rouge et Or seront en action dimanche, après plus d’une semaine de repos, et feront face à leurs homologues de Sherbrooke. Précisons que les joueurs de Samir Ghrib sont premiers au classement québécois, ex æquo avec… Sherbrooke! Les diables d’hommes ont une fiche parfaite jusqu’à maintenant. Quant aux filles, elles sont quatrièmes, mais ont réussi l’exploit, il y a deux semaines, de vaincre la plus redoutable équipe du Québec, McGill, grâce notamment à un tir de Léa Chastenay-Joseph, éblouissante cette saison. Dimanche 14 octobre, à 13 h pour l’équipe masculine et à 15 h pour l’équipe féminine, au terrain n° 6 du PEPS.

Il y a de quoi s’interroger sur l’efficacité du droit fondamental à la sécurité alimentaire proclamée en 1948 par l’ONU. Près d’un milliard d’humains ne mangent pas à leur faim, et ce nombre s’accroît sans cesse. La chargée de cours et doctorante à la Faculté de droit Sonya Morales viendra nous éclairer sur ce sujet complexe lors de la conférence « Effectivité du droit à l’alimentation dans la lutte contre la faim » qu’elle prononcera lors de la Journée mondiale de l’alimentation, le 16. Selon elle, cette valeur humanitaire serait très mal encadrée par le droit international puisqu’elle n’est appuyée par aucune règle procédurale. Il s’agit d’un midi-conférence de la Chaire de recherche en développement international. Mardi 16 octobre, à 12 h 30, au local 2106 du pavillon Paul-Comtois.

Mardi 16 octobre, à 19 h, au local 1289 du pavillon Charles-De Koninck. Coût  :  5 $.

Consultez le calendrier complet des activités sur le campus à ulaval.ca

Mardi 16 octobre, à 19 h, à l’amphithéâtre HydroQuébec du pavillon Alphonse-Desjardins.

Le Fil 11 octobre 2012  

Journal institutionnel de l'Université Laval

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