Le Coopérateur agricole Novembre - Décembre 2014

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CUMA

Une CUMA qui a le sens des affaires

Partager une moissonneuse-batteuse entre une dizaine d’agriculteurs, c’est possible en se parlant et en établissant des règles du jeu claires.

Texte et photos de Nancy Malenfant Conseillère aux affaires coopératives La Coop fédérée nancy.malenfant@lacoop.coop

Celui qui a dit que business et amitié ne font pas bon ménage ne connaît certainement pas la Coopérative d’utilisation de matériel agricole de Laurierville.

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lus que des voisins et des amis, les 23 membres de la CUMA de Laurierville sont des partenaires d’affaires. Et qu’ils partagent une seule ou plusieurs des 19 machines de la coopérative, chacun y trouve son compte. « Nous faisons tout pour que les membres aient accès à la machinerie la plus performante au moindre coût possible », résume le président de la CUMA, Réjean Bergeron. Pour y arriver, le conseil d’administration et les membres ont mis en place différentes stratégies au fil des années. L’embauche de conducteurs pour certaines machines, le travail à forfait à l’externe et le renouvellement fréquent du matériel font partie de ces stratégies.

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Le Coopérateur agricole | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2014

Neuf producteurs, un semoir D’un œil extérieur, partager un semoir à maïs entre neuf producteurs agricoles peut sembler une idée farfelue. Pourtant, grâce à la combinaison des bons ingrédients, cette recette fonctionne pour la CUMA de Laurierville. « Nous nous sommes donné une ligne directrice dès le départ, en 2003 », raconte Ghislain Michaud, l’un des membres fondateurs de la coopérative. « Pour être efficace, le planteur devait demeurer attaché au même tracteur et nous devions désigner un conducteur », explique l’ancien administrateur de La Coop des Appalaches. Ce qui fut dit fut fait. Bon an, mal an, quelque 400 ha (1000 acres) de maïs sont semés sans qu’aucun membre soit laissé de côté. Deux ou trois conducteurs se relaient durant la période des semis pour que l’équi­pement puisse fonctionner jour et nuit. Par souci d’équité, le contrat d’engagement de la branche d’activité précise qu’un producteur ne peut faire semer qu’un maximum de 60 ha à la fois si d’autres membres ont aussi des champs en attente. Le même principe s’applique à la