Le Coopérateur agricole juillet - août 2014

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Par Nancy Malenfant, conseillère aux affaires coopératives La Coop fédérée nancy.malenfant@lacoop.coop

Un conseil d’administration où la relève et l’expérience se côtoient. De gauche à droite : Jean-Pierre Coulombe, Réjean Brillant (directeur général), François Pigeon, Daniel Jean et Vincent Couture.

PHOTO : Nancy Malenfant

C o o p é r at i o n

Là où tout a commencé Parce qu’elle fut la toute première à être formée, la CUMA de Saint-Fabien aura contribué à façonner le visage des coopératives d’utilisation de matériel agricole au Québec.

A

u début des années 1990, l’idée de la coopé­ rative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) n’existait encore que dans la tête de Camille Morneau, conseiller au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) dans le Bas-Saint-Laurent. Au Québec du moins, puisque cette formule de partage de machinerie comptait déjà plusieurs décennies de succès chez nos cousins français. C’est d’ailleurs de l’autre côté de l’Atlantique que Camille Mor­ neau a puisé son inspiration pour élaborer un modèle coopératif de partage d’équipement adapté à l’agriculture québécoise, dont il a fait l’objet de son mémoire de maîtrise universitaire. La CUMA de Saint-Fabien fut son premier bébé. Le contexte agricole de cette municipalité, située près de Rimouski, en faisait un terrain par­ fait pour l’implantation d’un tel regroupement. Les agriculteurs là-bas ont toujours eu l’habitude de s’entraider. Néanmoins, l’achat de machinerie en copropriété, qui faisait partie des pratiques depuis longtemps, a fini par présenter certaines

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limites, selon un des membres fondateurs de la coopérative, Jean-Pierre Coulombe. « Dans mon cas, nous avions acheté une moissonneuse-batteuse à trois et nous divisions toutes les dépenses à parts égales, raconte le producteur de lait. Au début, tout allait bien, car chacun battait à peu près la même surface. Mais quand un des copropriétaires s’est mis à produire moins de céréales, il ne voulait plus nécessairement payer pour les réparations de la batteuse. » Le concept de la CUMA tombait donc à point pour les agriculteurs aux prises avec ce genre de situation. « C’est un système équitable pour tous, affirme Jean-Pierre Coulombe, qui occupe le poste de secrétaire de la CUMA. La coopérative s’occupe du financement, achète l’équipement et nous le loue ensuite à un tarif proportionnel à notre utilisation. C’est aussi positif pour les producteurs, puisque leur endettement et leur capacité d’emprunt ne sont pas affectés. » Ce dernier et cinq autres producteurs de Saint-Fabien ont constitué le noyau de membres fondateurs de l’organisation, qui a officiellement vu le jour le 19 février 1991. L’année suivante, tous les producteurs agricoles de la municipalité ont été conviés à une réunion d’information, et une douzaine de nouvelles personnes ont adhéré à la coopérative. Vingt-trois ans plus tard, la CUMA