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AUGMENTATION SPECTACULAIRE DE LA PAUVRETÉ EN FRANCE

ACTE 3 DES ÉTATS GÉNÉRAUX POUR LA PAIX

COVID-19 VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL VERS UNE EXPLOSION DE LA FAIM DANS LE MONDE

Novembre 2020 - N° 866 - 5 €

Affiche 60x80 réalisée le 14/10/2020 par le Comité ARAC des Ardennes

Ensemble, défendons les valeurs de la République


LE RÉVEIL ACTUALITÉS

Déclaration de l’ARAC pour le 11 novembre 2020 Il y a 102 ans, le 11 novembre 1918, la guerre de 1914-1918 qui opposa les puissances de l’entente, Grande-Bretagne et France, aux empires centraux ayant pour centre le Reich allemand, prenait fin lors de l’armistice négocié et signé par les représentants des deux coalitions. Cette 1re guerre mondiale avait éclaté au moment où les puissances colonialistes avaient pratiquement terminé un partage du monde, où elles ont pratiqué sans retenue la violence. Ces pratiques coloniales furent reprises et généralisées dans le cadre de la guerre sur tous les fronts : combattants des tranchées, travailleurs forcés, combattants originaires des colonies, femmes, qui eurent pour résultats des hécatombes massives telles Verdun, Gallipoli, les Dardanelles, etc. Tout au long de ces combats les soldats des deux camps ont été éprouvés aux points qu’ils finissaient par montrer leurs désespoirs, leurs refus de cette guerre par des refus d’engager l’assaut. Alors qu’ils faisaient preuve d’un courage exceptionnel pour défendre leur patrie à la souveraineté de laquelle ils étaient profondément attachés. Le commandement, devant cette colère de la troupe, pour masquer sa responsabilité, a convoqué des conseils de guerre qui provoquèrent 2 500 condamnations de soldats à être fusillés pour l’exemple dont 639 furent fusillés et les autres déportés. Encore aujourd’hui, l’ARAC exige la réhabilitation collective de tous ces fusillés pour l’exemple ce qui permettrait de les honorer sur les monuments aux morts de la guerre 1914-1918, de leur rendre hommage aujourd’hui devant leurs familles et le pays aux côtés de leurs 1 400 000 camarades tués dans les combats sans oublier les 740 000 invalides, les 3 000 000 de blessés et les centaines de milliers de veuves et orphelins. Le 11 novembre 1918, la guerre cessait du fait de l’accord entre tous les belligérants sans qu’aucune victoire définitive ne fût remportée. Les affreuses conditions de son déroulement, la répression de masse, l’insuffisance des ressources vitales des populations des pays qui avaient été engagés dans la guerre provoquaient des mouvements populaires que les dirigeants de ces Nations entendaient maîtriser et, pour ce faire, disposer des moyens d’agir sans être encombré d’une guerre qui n’en finirait pas. D’où l’armistice. Du côté des populations civiles, le 11 novembre 1918 constituait la victoire de la paix et sa commémoration annuelle a gardé depuis cette signification contre la guerre et ses dramatiques conséquences. L’ARAC qui est née de cette guerre, autrement dit de la volonté de ses soldats survivants, y est profondément attachée. Sur ce plan, elle tient a rappelé qu’elle a vivement protesté et refusé la loi du 28 février 2012 qui fixa au 11 novembre le jour de la commémoration de tous les morts pour la France quel que soit le conflit. Vouloir confondre les situations historiques, c’est gommer les spécificités, les raisons de ces engagements, c’est laisser penser que tout se vaut. C’est un obstacle au nécessaire travail de mémoire, c’est nier l’histoire de notre pays. Pour l’ARAC, commémorer le 11 novembre 1918, c’est d’abord agir pour la paix, agir pour faire cesser les conflits, agir pour que chaque homme, chaque femme, chaque enfant, chaque famille dispose des moyens de vivre dans une paix durable. Villejuif, le 12 octobre 2020

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ÉDITO LE RÉVEIL

SOMMAIRE Actualités « Allô Bercy ? » Des aides publiques massives pour le CAC40, sans contrepartie...................................................................................................4 Ecarlate .......................................................................................................4-5 Un hôpital abandonne la chimiothérapie, devenue trop coûteuse ..............5 Un « forfait » payant dès 2021 pour les passages aux urgences sans hospitalisation ...........................................5-6 Augmentation spectaculaire de la pauvreté en France ................................6 La commission européenne a un plan radical pour E.D.F. ...........................6 13% de PME sur le fil : un sondage dessine une vague de faillites ................7

International Arménie/l’Azerbaïdjan : « une question de vie ou de mort » ........................9 COVID-19 : Vers une explosion la faim dans le monde ............................10-11 Palestine : Tel-Aviv accélère la colonisation ............................................11-12 Bolivie : Retour vers la démocratie ...............................................................12 Spéciale Amérique Latine ....................................................................... 21-22

Vos droits Rente mutualiste anciens combattants ........................................................23 Budget 2021 des ACVG : La baisse et le vide à l’ordre du jour ...............23-24 Rattrapage du retard du point PMI ..............................................................24

Vie de l’ARAC Vie de l'ARAC .......................................................................................26 à 31 Déclaration de l’ARAC après l’acte fasciste du 16 octobre 2020................32

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Etats Généraux de la Paix

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TES 3 - 2020

www.le-reveil-des-combattants.fr LE RÉVEIL DES COMBATTANTS Fondé en 1931 par Henri Barbusse et Paul Vaillant-Couturier. Mensuel de l’Association républicaine des combattants pour l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme et la paix. Commission paritaire n° 0723-A06545 ISSN N° 0751-6215 • Édité par les Éditions du Réveil des Combattants • SARL au capital de 45 734,41 € - Siret : 572 052 991 000 39 2, place du Méridien - 94807 Villejuif cedex Tél. 01 42 11 11 11 reveil-des-combattants@wanadoo.fr

• Tirage : 60 000 exemplaires • Directeur-gérant : Raphaël Vahé • Directeur : Patrick Staat • Rédactrice en chef adjointe : Brigitte Canévêt • Comité de Rédaction : Hervé Corzani, JeanPierre Delahaye, Laurence Gorain • Régie Publiciatire : HSP - Tél. 01 55 69 31 00 contact@hsp-publicité.fr • Administratrice : Annick Chevalier • Conception graphique - Impression : RIVET PRESSE EDITION - 24, rue Claude-Henri-Gorceix, 87022 Limoges cedex 9

Les combats pour demain

L

a situation en France appelle d’urgence à ce que se rassemblent tous ceux qui veulent préserver notre Nation, défendre les valeurs de la République, redonner sens à la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » avec au cœur les questions de laïcité. Cela demande courage et détermination quand ces valeurs sont attaquées. Ces valeurs républicaines, c’est notre histoire commune depuis 1789, depuis plus de deux siècles des hommes et des femmes ont construit ces valeurs. La laïcité, inscrite dans la Constitution de notre République, est le fruit d’une longue histoire marquée par de durs combats, de 1871 à Jean Jaurès, en passant par Jules Ferry et le CNR. L’école est le creuset de la République, c’est un des piliers émancipateurs que porte la République. Former, éduquer, nourrir le débat d’idées pour donner les moyens à chacun de comprendre et de se forger une opinion, agir en pleine conscience. Nous sommes convaincus de l’utilité du service public d’éducation où chaque jeune soit en situation d’égalité. Il faut mettre fin au financement de l’école privée pour favoriser l’éducation nationale. La crise sanitaire a révélé les inégalités scolaires. Pour cela il faut arrêter les suppressions massives de postes engagées depuis 30 ans et lancer un plan massif de recrutement et payer correctement les enseignants. L’école est la principale arme face à l’obscurantisme, aux manipulations de l’histoire. Nous venons de fêter le 75e anniversaire de la défaite des nazis en Europe. Des femmes et d’hommes de tous pays se sont retrouvés dans la Résistance pour chasser le fascisme. L’actualité récente nous prouve que nous avons besoin de nous unir et de nous rassembler face à l’obscurantisme qui conduit au terrorisme, aux attentats fascistes. Alors oui, le mot d’ordre : que la France retrouve toute sa souveraineté, « sociale, économique, politique » est important par les temps actuels. Cela passe aussi par le refus du recul social et liberticide que nous impose le gouvernement qui privilégie plus l’intérêt du CAC 40 à celui de l’intérêt de l’immense majorité de la population. Au nom de la rentabilité, les services publics sont cassés, les lois sociales remises en cause. Bientôt le passage aux urgences sera taxé, c’est inacceptable. Tout comme sont inacceptables les restructurations des hôpitaux qui se poursuivent, les fermetures de lits, le manque de personnels soignants… alors que nous vivons une crise sanitaire grave. Alors, engageons l’action et faisons face à ce qui arrive aujourd’hui, retrouvons et surtout construisons la France de demain. Patrick STAAT LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020

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LE RÉVEIL ACTUALITÉS

« Allô Bercy ? » Des aides publiques massives pour le CAC40, sans contrepartie

Dans un nouveau rapport intitulé « Allô Bercy ? Aides publiques : les corona-profiteurs du CAC40 », l’Observatoire des multinationales met en évidence les multiples sources d’aides publiques directes et indirectes dont bénéficient les grands groupes français depuis le début de la pandémie de COVID19. Toutes les firmes du CAC40, qu’elles versent des dividendes ou suppriment des emplois, reçoivent plusieurs formes d’aides, a minima indirectes, de la part des pouvoirs publics. Et contrairement aux annonces gouvernementales, ces aides n’ont absolument aucune contrepartie. Le rapport « Allô Bercy ? Aides pu-

bliques : les corona-profiteurs du CAC40 » montre que les promesses de modération des dividendes et de contreparties sociales et écologiques en cas de soutien public n’ont pas été tenues. Les données que nous publions sont éloquentes : • Les entreprises du CAC40 qui ont reçu des aides publiques ont versé 30,3 milliards de dividendes. • Deux tiers du CAC40 a maintenu le versement de juteux dividendes et huit firmes ont même augmenté leurs dividendes par rapport à l’année dernière. • Un tiers du CAC40 a versé de généreux dividendes alors que des milliers de leurs salariés étaient rémunérés sur fonds publics via le chômage partiel. • Plusieurs entreprises dont l’État est actionnaire ont maintenu le versement de leurs dividendes, en contradiction avec l’engagement du gouvernement. • Des groupes du CAC40 soutenus massivement par les pouvoirs publics (Renault, Airbus, Sanofi ou Schneider), veulent supprimer des dizaines de milliers d’emplois. • Aucune contrepartie réelle n’a été exigée des entreprises ni en matière

environnementale, ni en matière fiscale : les engagements climatiques sont inexistants ou en trompe-l'œil tandis qu’une proportion significative des filiales de ces groupes reste située dans des pays considérés comme des paradis fiscaux et judiciaires. Ces chiffres illustrent à quel point le secteur privé - et en particulier les grandes entreprises - est abreuvé d’argent public. Avant la crise sanitaire, les aides aux entreprises représentaient déjà 150 milliards d’euros par an. Avec la pandémie, ce soutien est devenu encore plus massif et plus visible. Alors que l’examen du projet de loi de finances pour 2021 et des crédits du Plan de relance débute au Parlement, il est désormais impossible d’échapper aux débats sur les conditions sociales ou environnementales qui devraient l’accompagner. Ce rapport rassemble des données tirées des documents des entreprises du CAC40 et des informations produites par la presse spécialisée et/ou grand public, notamment ce ne qui concerne le chômage partiel et les suppressions d’emplois. Elles sont probablement sous-estimées. Source : Multinationales.org – 12/10/20

ECARLATE

Christophe Prudhomme

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Ecarlate de colère ! Oui, face au climat de peur entretenu par le gouvernement avec des mesures toujours plus contraignantes dont l’efficacité est sujette à caution. En effet, le seul critère pertinent pour mesurer la gravité de la crise est le nombre de lits de réanimation occupés. Or si le gouvernement avait réellement entendu les professionnels de terrain, il aurait profité de l’été pour armer au moins 12 000 lits de réanimation, comme cela avait été préconisé en mai au regard des comparaisons internationales. Or rien n’a été fait, et en ce moment un peu

plus de 1 300 lits de réanimation sont occupés par des malades COVID-19, soit un taux d’occupation d’un peu moins de 25 % nationalement. Avec 12 000 lits, nous serions en dessous de 10 % de taux d’occupation et là nous retombons dans le « vert ». C’est donc bien l’absence de moyens hospitaliers adaptés et d’anticipation du gouvernement qui est à l’origine de la situation actuelle. De fait, cette surcharge d’activité nous empêche de gérer à la fois le flux de patients habituels et ceux atteints par le coronavirus. Il faut s’interroger sur le


ACTUALITÉS LE RÉVEIL fait que les nouvelles déprogrammations de malades comportent le risque d’une surmortalité à terme qui est susceptible d’être supérieure à celle due à l’épidémie. Tout cela sans compter le fait que la santé comporte trois composantes : le physique, le psychologique et le social. Or la stratégie actuelle ignore les conséquences sur les deux derniers éléments. Nous assistons déjà à une explosion des décompensations psychiatriques sans compter le fait que l’inquiétude et l’angoisse qui touchent de plus en plus

de personnes a des incidences sur l’état de santé général de la population. Et que dire du social avec l’explosion du chômage et l’atrophie des relations ainsi que des contacts avec les autres. Nous ne savons pas combien de temps nous allons être confrontés à ce virus. Il faut donc vivre avec, bien entendu en adoptant des comportements adaptés au quotidien. Mais cela ne peut être l’abandon des autres malades à l’hôpital et une vie sociale réduite à sa plus simple expression. L’urgence actuelle n’est donc pas de fermer les bars mais d’embau-

cher massivement à l’hôpital pour ouvrir des lits, plus particulièrement des lits de réanimation, et cela de manière pérenne, pour pouvoir gérer sereinement les mois et les années qui viennent. Il est urgent également de revoir la politique de tests en utilisant plus largement les tests rapides qui pourraient être répétés plusieurs fois par semaine pour les populations à risque. Cela permettrait ainsi d’isoler précocement les personnes contagieuses et de maintenir une vie quotidienne presque normale. Dr Christophe Prudhomme 5/10/2020

Un hôpital abandonne la chimiothérapie, devenue trop coûteuse L’Hôtel-Dieu du Creusot - établissement à but non lucratif et seul hôpital la ville, a annoncé lundi 5 octobre avoir renoncé à pratiquer la chimiothérapie, invoquant une hausse insupportable du coût du traitement vendu par son partenaire. Depuis le 30 septembre au soir, les patients atteints de cancer doivent effectuer plusieurs dizaines de kilomètres pour pouvoir bénéficier de leur traitement de chimiothérapie car l’Hôtel-Dieu, hôpital privé, n’a pas trouvé d’entente sur le renouvellement de la convention qui le liait à l’Hôpital Sainte-Marie de Chalon-sur-Saône, à plus d’une demi-heure de là, qui préparait pour lui les doses des chimiothérapies. L’Hôpital Sainte-Marie, détenu par le groupe Ramsay Santé, numéro un français de l’hospitalisation privée, a proposé de renouveler la convention, arrivée à échéance le 30 septembre, à

la condition que le prix des doses soit augmenté de 80 %, ce qu’a refusé l’Hôtel-Dieu, géré par le groupe SOS Santé. Très clairement, le groupe Ramsay a voulu ponctionner l’Hôtel-Dieu du Creusot et le groupe SOS Santé pour faire exploser ses profits. Et je le dis très clairement : nous n’avons pas vocation à combler le manque ou l’insuffisance de profits du groupe Ramsay, a déclaré Mickaël Munier, directeur général du groupe SOS Santé. Dénonçant des conditions scandaleuses, Mickaël Munier a souligné que la hausse du prix voulue par Sainte-Marie se traduirait par une augmentation

de 100 000 € de la facture annuelle. Ce n’était pas acceptable, a-t-il tranché. Sollicitée, l’Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté n’a pas répondu. Source : OUEST France – Le Creusot – 5/10/20

Un « forfait » payant dès 2021 pour les passages aux urgences sans hospitalisation Les passages aux urgences ne nécessitant pas d’hospitalisation feront l’objet à partir de l’an prochain d’un “forfait” d’un montant fixe, qui remplacera l’actuel “ticket modérateur” laissant à la charge du patient 20 % du coût de ses soins. Cette “participation”, dont le “montant forfaitaire” devra être “défini par arrêté”,

sera “due pour chaque passage aux urgences dès lors que ce passage (ne sera) pas suivi d’une hospitalisation”, prévoit le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021. Selon le gouvernement, ce “forfait patient urgences” serait facturé “en lieu et place du ticket modérateur proportionnel LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020

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LE RÉVEIL ACTUALITÉS générale pris en charge à hauteur de 80 % par l’Assurance maladie, le solde étant souvent couvert par les complémentaires santé. Des exceptions sont toutefois prévues pour les femmes enceintes, les malades chroniques ou encore les invalides, dispensés de ce “ticket modérateur”. actuellement exigible”, ce qui " “permettra pour le patient de limiter les situations de reste à charge très élevé”. Les frais d’hospitalisation sont en règle

Mais ces exonérations disparaîtront avec le futur “forfait patient urgences”, dont ces catégories de patients “se verront appliquer un montant minoré”, indique le gouvernement. Cette mesure " “com-

plète la réforme du modèle de financement des structures des urgences” votée l’an dernier et censée entrer en vigueur au 1er janvier 2021. Une échéance maintenue, alors que le PLFSS prévoit de repousser à 2022 plusieurs autres réformes tarifaires (psychiatrie, soins de suite et de réadaptation, hôpitaux de proximité…) car “la crise sanitaire a fortement perturbé le calendrier de travail”. Source : AFP – 30/09/20

Augmentation spectaculaire de la pauvreté en France Le Secours populaire s’alarme des ravages de la crise sanitaire et met en garde contre une flambée de pauvreté sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, après un confinement qui a fait exploser le nombre de nouveaux précaires. Pendant les deux mois du confinement, 1 270 000 personnes ont sollicité l’aide du Secours populaire dans ses permanences d’accueil – contre 3,3 millions sur toute l’année 2019. Parmi ces demandeurs, 45 % étaient jusque-là inconnus de l’association, indique son baromètre annuel réalisé avec Ipsos Le confinement a aussi accentué les inégalités scolaires, avec le « manque

de matériel informatique (ordinateurs, imprimantes) et d’accès à Internet pour suivre l’école à distance, des logements exigus ne permettant pas de s’isoler pour étudier dans le calme », souligne l’association, rappelant que 500 000 enfants auraient décroché scolairement. Pour 2020, le Secours populaire s’attend donc à un chiffre « largement supérieur » de demandes d’aide par rapport à l’année précédente. Dans les rues de Paris, les files d’attente pour les distributions alimentaires continuent de s’allonger, face à l’afflux inédit de nouvelles personnes venant s’ajouter aux précaires, dont la situation a empiré.

Familles monoparentales, personnes âgées, étudiants, mais aussi intérimaires, ou travailleurs indépendants : personne ne semble plus à l’abri de la précarité. En France, la forte hausse du chômage déjà enregistrée en 2020 risque de continuer, avec 800 000 suppressions d’emplois attendues cette année selon la Banque de France. Les étudiants, nombreux à occuper de petits boulots pour financer leurs études, sont eux aussi durement touchés par la crise, note le SPF. Source : Le Point – 30/09/20 – extraits -

La commission européenne a un plan radical pour E.D.F. La branche mines et énergie de la CGT a appelé à un bilan de la déréglementation du secteur énergétique et à un “projet d’avenir” pour le service public de l’énergie en France après les informations de Reuters concernant le projet Hercule, qui prévoit une réorganisation en profondeur d’EDF. Selon un document interne et une source au fait des discussions, le gouvernement français négocie actuellement avec la Commission européenne pour que la réorganisation envisagée 6-

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d’EDF n’entraîne pas une séparation trop stricte des différentes filiales du groupe qui mettrait à mal son intégrité. “Jamais il n’est question de services publics, jamais il n’est question de sûreté, de gestion des usages de l’eau, bref de considérations “métiers” et “besoins des citoyens”, déclare dans un communiqué la FNME-CGT, en évoquant le document consulté par Reuters. “La FNME-CGT invite donc le personnel et les élus de la Nation à exiger un véritable bilan de la déréglementa-

tion du secteur énergétique et un projet d’avenir (avec le programme progressiste de l’énergie porté par la FNMECGT) pour le service public de l’énergie et non son bradage et sa liquidation par découpe d’EDF et dislocation de cette belle entreprise”, ajoute le syndicat. Retrouver le document de l’Agence des participations de l’Etat (APE) daté de mai 2020 : https://reporterre.net/Exclusif-Le-projet-fou-de-Bruxelles-pourdemanteler-EDF


ACTUALITÉS LE RÉVEIL

13% de PME sur le fil : un sondage dessine une vague de faillites Dans une étude de McKinsey réalisée en août et publiée jeudi 22 octobre, 13% des petites et moyennes entreprises (PME) françaises interrogées anticipent une faillite dans les six prochains mois. De quoi laisser craindre une vague de licenciements, alors que les PME employaient 3,9 millions de salariés en 2017.

Ces résultats laissent craindre une lourde casse sociale dans les prochains

mois, alors que l'ensemble des PME françaises (hors micro entreprises) employait 3,9 millions de salariés en 2017. Parmi celles interrogées par la société de conseil, 80 % qualifient d'ailleurs de “faible” l'état actuel de l'économie française, qui serait même “très ou extrêmement faible” pour un tiers des répondants. Et pour pallier aux difficultés des prochains mois, ces PME comptent largement sur l'aide de l'Etat : 38 % indiquent vouloir profiter des mesures prévues par le gouverne-

ment à l'avenir, alors que 21 % disent y avoir déjà eu accès. Source : Magazine Marianne – 22/10/02 - extraits

Dans l'échantillon de 502 PME sollicitées, 17 % s'inquiètent de ne pas pouvoir rembourser leurs prêts, alors que de nombreuses sociétés ont emprunté pour compenser les pertes liées à la crise du Covid-19. Deux tiers de ces sociétés ont ainsi vu leur chiffre d'affaires amputé par la pandémie, dont 27 % rapportent une “considérable baisse” de leurs revenus auprès de McKinsey.

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INTERNATIONAL LE RÉVEIL

Arménie/l’Azerbaïdjan

« une question de vie ou de mort » Les combats entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie sont sanglants. La reprise des affrontements, les plus graves depuis 2016, font craindre une guerre ouverte entre Bakou et Erevan, à même de déstabiliser une zone déjà fragile où les intérêts de nombreuses puissances sont en concurrence. Laurent Leylekian, spécialiste de l'Asie mineure et du Caucase du Sud, fait le point pour FranceInfo sur les enjeux géopolitiques de ce conflit et sur le rôle éventuel des acteurs internationaux dans la résolution de la crise. Franceinfo : Quels sont les enjeux pour l'Azerbaïdjan et l'Arménie dans ce conflit ? Laurent Leylekian : Pour l'Azerbaïdjan, c'est essentiellement une question de fierté. Tandis que pour les Arméniens qui vivent dans la région du Haut-Karabakh, c'est une question de vie ou de mort. On présente ce conflit entre deux Etats comme s'il avait lieu sur une terre qui serait vide de population. Or, des gens vivent au Haut-Karabakh. Il y a 150 000 habitants au total, et tous sont Arméniens. Ils se sont constitués en Etat indépendant après la guerre qui a eu lieu entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, il y a trente ans (19881994). Le choix pour ce territoire, c'était d'être indépendant ou d'être mort. Pour comprendre, il faut regarder l'exemple d'une autre enclave : le Nakhitchevan. L'Arménie et l'Azerbaïdjan s'en sont disputé le contrôle et ce territoire dépend aujourd'hui de l'Azerbaïdjan. Au début du XXe siècle, il n’y avait pas loin de 100 % d'Arméniens sur cette terre. Comme au Karabakh. Et en raison d'un processus violent d'homogénéisation ethnique, il n'y a tout simplement plus d'Arméniens sur ce territoire. Ils ont été expulsés ou massacrés. Et c'est précisément cela que craignent les habitants du Haut-Karabakh. Les Arméniens ont gagné la guerre il y a trente ans et aujourd'hui, ils ne veulent absolument pas revenir dans le giron azerbaïdjanais. Ils ont construit un Etat plus démocratique que l'Azerbaïdjan, qui est, rappelons-le, une dictature. Et ils craignent pour leur vie. Car il s'est développé en Azerbaïdjan une rhétorique raciale anti-arménienne très claire. Pourquoi la Turquie se mêle-t-elle du conflit ? La Turquie soutient de manière claire et avérée l'Azerbaïdjan. Car il y a une vraie fraternité entre les Turcs et les Azéris. Ce sont des peuples cousins. Ils parlent la même langue et ont même un slogan pour montrer leur union : « Une nation, deux Etats ».

Mais pour l'instant, la Turquie se mêle du conflit de manière préventive, pour des raisons qui relèvent de sa politique intérieure. Car en 2023, il y aura des élections générales et Recep Tayyip Erdogan n'est pas du tout sûr de gagner, pour la première fois depuis vingt ans. C'est pour cela qu'il mène des guerres ou des bras de fer un peu partout (on l'a vu en Grèce, en Libye, en Syrie). Erdogan a donc poussé le dirigeant de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev, à faire la guerre. Ilham Aliyev voulait la gagner rapidement. Ce qui était possible, en théorie, puisque le budget militaire total de l'Azerbaïdjan représente à lui seul celui de l'Arménie et celui du Haut-Karabakh. L'Arménie et l'Azerbaïdjan ne jouent pas dans la même cour de ce point de vue. Mais le Karabakh est un terrain montagneux, difficile d'accès. Donc le conflit s'embourbe. Désormais, soit Ilham Aliyev réussit à faire une « blitzkrieg » et gagne. Soit il rate et Erdogan renforce sa mainmise sur l'Azerbaïdjan car Bakou sera obligé de demander l'aide militaire et logistique d'Ankara. La Turquie joue donc un rôle déterminant dans ce conflit et entend bien renforcer sa position dans cette zone au détriment de la Russie. On constate que, pour l'instant, la Russie se mouille peu… Formellement, la Russie est liée à l'Arménie par l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) : c'est un peu le pendant russe de l'Otan. Si l'Arménie est attaquée, la Russie et les autres membres de l'OTSC sont donc censés intervenir. Mais cette organisation n'a pas le niveau d'intégration et de contrainte de l'Otan, et certains pays d'Asie centrale ne sont pas enclins à soutenir l'Arménie, essen-tiellement par solidarité ethnique car ce sont des nations turques, comme le Kazakhstan ou le Turkménistan. D'autre part, les Russes n'interviennent que très peu car ils redoutent de perdre le peu d'influence qu'il leur reste en Azerbaïdjan. C'est exactement ce que veut Erdogan… et ce que veut éviter Poutine.

Enfin, l'Arménie elle-même n'a, jusqu'à présent, pas fait appel aux Russes car elle veut sans doute rééquilibrer le rapport de force et montrer qu'elle peut s'en sortir toute seule. Le pouvoir arménien a longtemps été très inféodé à Moscou. Mais ce n'est plus le cas avec le gouvernement actuel, qui veut que le pays soit respecté par son partenaire russe. La France a-t-elle un rôle à jouer dans ce conflit ? Oui, bien sûr. Déjà, institutionnellement : la France est coprésidente du groupe de Minsk de l'OSCE. Cette entité a été mise en place en 1992 pour aider les parties à trouver un accord de paix définitif dans le Haut-Karabakh. En 1994, les Arméniens de cette région sont sortis vainqueurs du conflit et ont obtenu un cessez-le-feu. Mais depuis, l'Azerbaïdjan refuse catégoriquement de dialoguer directement avec les autorités du Haut-Karabakh. Par conséquent, actuellement, aucune avancée ne peut être envisagée. La France pourrait avoir un rôle important en contraignant l'Azerbaïdjan à dialoguer avec toutes les parties signataires du cessez-le-feu. Il serait par exemple possible de faire pression sur l'Azerbaïdjan par des moyens économiques. C'est un Etat dont les recettes dépendent exclusivement du pétrole et dont l'argent a été en grande partie spolié par le clan au pouvoir. Si la France et l'Europe commençaient à demander le gel des avoirs de la famille Aliyev un peu partout, cela pourrait contraindre le pays à ouvrir des négociations. LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020

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LE RÉVEIL INTERNATIONAL

COVID-19

Vers une explosion de la faim dans le monde L’insécurité alimentaire mondiale s’aggravera de façon marquée en raison de la pandémie. Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit que le nombre de personnes souffrant de la faim devrait presque doubler, passant de 149 à 270 millions avant la fin de l’année.

Oxfam la faim dans le monde

Les organismes qui viennent en aide aux plus démunis sonnent l’alarme depuis plusieurs mois : la pandémie empire la situation dans les pays où l’insécurité alimentaire était déjà très importante et crée de nouveaux épicentres. Selon les projections de l’organisation humanitaire Oxfam, d’ici la fin de l’année, entre 6 000 et 12 000 personnes pourraient mourir quotidiennement des impacts économiques et sociaux de la pandémie, soit plus que celles qui meurent du virus lui-même. Dans plusieurs pays, le virus survient dans un contexte fragile. C’est le cas notamment dans la région du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Sénégal et Nigeria), un des « foyers de famine extrême » identifiés par Oxfam. Notons qu’avant la Covid, plus de la moitié des habitants de la région souffraient déjà d’insuffisance alimentaire, en raison des conflits armés et des changements climatiques. Avec le confinement mis en place par les gouvernements pour contenir la propagation du coronavirus, leur situation s’est encore détériorée, explique Azara Remalia, conseillère en justice alimentaire pour Oxfam dans 10 - LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020

l’Afrique de l’Ouest. « Les mesures de restriction de la mobilité ont fortement contribué à renforcer la vulnérabilité de ceux qui étaient déjà en phase de stress alimentaire, souligne-t-elle. De plus, de nouvelles personnes qui n'étaient pas à risque se sont retrouvées sans emploi et sont donc venues grossir le nombre de personnes vulnérables. » Avec la mise en quarantaine, il était interdit de sortir pour aller travailler, constate l’organisation humanitaire, une catastrophe pour les travailleurs du secteur informel qui n’ont aucune sécurité d’emploi. « Ceux qui ne pouvaient pas travailler ne gagnaient aucun revenu et ne pouvaient pas s'acheter à manger, explique-t-elle. Même ceux qui avaient des réserves d'argent ne pouvaient pas accéder à la nourriture, parce qu’entre les zones de production et les marchés urbains, il n'y avait plus de liaison de transport. » Les petits producteurs n'ayant plus la possibilité d’écouler leur production et ne disposant pas des infrastructures nécessaires pour la stocker, ils ont perdu leur récolte et les revenus qu’elle devait engendrer. Conséquence : dans la région, le nombre de personnes souffrant de la faim à un niveau critique est passé de 11 à 17 millions.

Les enfants en première ligne Au Sahel comme ailleurs, ce qui fait le plus mal pour le moment n’est pas la pandémie en elle-même, mais plutôt le confinement mis en place pour ralentir sa progression. Les restrictions à la mobilité transfrontalière ont, par exemple, ont empêché les éleveurs de déplacer leur bétail sur de meilleurs

pâturages entre mars et juin, ce qui a mis en péril les troupeaux, explique Oxfam. Ils n’ont pas pu converger vers les zones où ils ont l’habitude de faire paître leurs troupeaux, qui n’avaient plus -de facto-accès aux pâturages ni aux points d’eau. « Les mesures de confinement ont également perturbé l’approvisionnement », note Rob Vos, de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, à Washington. « À cause des couvre-feux, il n’était plus possible de transporter les fruits et légumes la nuit ; il a fallu le faire le jour, avec la chaleur, ce qui a entraîné plus de pertes. » En général, c’est surtout la nourriture périssable qui a souffert des perturbations. En Amérique du Nord et en Europe, des récoltes ont notamment été perdues à cause du manque de main-d’œuvre, puisque les restrictions de transport ont empêché le déplacement des travailleurs migrants. Conséquence : les prix des produits frais ont augmenté et, ce faisant, les ont placés hors d’atteinte pour certains. Autre problème, avec les restrictions de mobilité liées à la pandémie, l’aide alimentaire parvient plus difficilement à ceux qui en ont besoin. Ainsi, avec la fermeture des écoles, quelque 364 millions d’écoliers ne reçoivent plus les repas scolaires qui leur permettaient de combler leurs besoins nutritionnels. « Le fait de ne pas pouvoir aller à l'école a de nombreuses conséquences sur les enfants : ils n'ont pas la possibilité d'apprendre, ils peuvent sauter leur repas le plus nutritif de la journée, et trop d'élèves (en particulier les


INTERNATIONAL LE RÉVEIL filles) peuvent perdre la possibilité de terminer leur l’éducation, qui les empêchera de réaliser leur plein potentiel », souligne dans un communiqué Annette Dixon, vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement humain. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour sa part, estime que l’indice de dévelop-

pement humain mondial, qui mesure l'éducation, la santé et le niveau de vie, pourrait même décliner pour la première fois depuis sa conceptualisation en 1990. Il y a urgence à revoir les plans d’aide et le traitement de la dette aux pays dont les populations souffrent et sont menacées de disparition. JPD

Palestine

Tel-Aviv accélère la colonisation Israël a approuvé, mercredi 14 octobre, la construction de plus de 2 000 nouveaux logements dans des colonies en Cisjordanie occupée. Cette décision intervient après la normalisation des relations mi-septembre entre Tel-Aviv et deux pays du Golfe, les Emirats arabes unis et le Barhein. Un premier feu vert à l’accélération annoncée de la colonisation des terres palestiniennes ? « Le Conseil de planification supérieur de l'administration civile a donné son accord pour la construction de 2 166 logements en Cisjordanie », a indiqué à l'AFP un responsable du ministère israélien de la Défense. Quelque 560 nouveaux logements vont être construits dans la colonie d'Har Gilo (1 600 habitants), située entre Jérusalem et Bethléem, et quelques centaines d'autres à Beit El à proximité de Ramallah et Efrat près de Bethléem ainsi que dans une dizaine d'autres colonies. Selon l'organisation israélienne anticolonisation « La Paix maintenant », 2 000 logements supplémentaires devraient être approuvés dans les colonies, jugées illégales par le droit international. Ces nouvelles implantations autorisées mettent fin à une période de huit mois de gel effectif des constructions en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Ces accords signés à Washington en grande pompe avec la bénédiction de Trump ont été dénoncés par les Palestiniens comme une « trahison » de la part de ces deux pays, alors que la ré-

solution du conflit israélo-palestinien était jusque-là considérée comme une condition sine qua non pour une normalisation des relations entre Israël et les Etats arabes. L'administration Trump, à rebours de la communauté internationale, a décrété en novembre 2019 que ces implantations n'étaient pas contraires au droit international. Les Emirats et Bahreïn sont les premiers Etats arabes à reconnaître officiellement Israël après l'Egypte (1979) et la Jordanie (1994), qui avaient signé un traité de paix mettant fin à l'état de guerre avec le voisin israélien.

Sous l’égide de Trump Aujourd’hui, plus de 450 000 Israéliens vivent dans les colonies en Cisjordanie occupée, en plein essor ces dernières années sous l'impulsion de Netanyahu et depuis l'arrivée Trump à la Maison Blanche, qui a multiplié ses encouragements aux colonisateurs de Tel-Aviv. Ces nouvelles constructions sont approuvées par le chef du parti centriste « Bleu-blanc » Benny Gantz, ancien rival de Benjamin Netanyahu et actuel

Le président palestinien Abas montre la colonisation des territoires palestiniens depuis 1948

ministre de la Défense, indique « La Paix maintenant ». Après l'annonce de nouvelles constructions, les Palestiniens ont fustigé une politique qui « va conduire la région au bord du précipice » (…) Le gouvernement israélien « est déterminé à poursuivre sa politique de colonisation, pour voler la terre palestinienne, profitant du silence international, de la normalisation (...) et du soutien aveugle de l'administration Trump », a déploré dans un communiqué Nabil Abou Roudeina, porte-parole du préLE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 11


LE RÉVEIL INTERNATIONAL sident de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Cette décision « unilatérale et illégale (...) sape les chances d'une solution à deux Etats », a aussi réagi Daïfalla Ali Alfayez, porte-parole du ministère des Affaires étrangères jordanien, appelant la communauté internationale à faire pression sur Israel. Ces colonisations accélérées pilotées par la Maison-Blanche font partie du plan présenté, par Trump, fin janvier, prévoyant notamment l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain (30 % de la Cisjordanie) et des plus de 130 colonies juives, ainsi que la création

d'un Etat palestinien sur un territoire amputé. Dans le cadre de la normalisation, Israël se serait engagé à « suspendre son projet d'annexion des territoires palestiniens », selon les monarchies du Golfe. Une concession saluée par les gouvernements européens et certains gouvernements arabes qui voient la normalisation comme un espoir de paix. Mais depuis, Netanyahu a déclaré que l'annexion était seulement « reportée » et qu'Israël n'y avait « pas renoncé ». Pour l'organisation « La Paix maintenant », avec ces nouvelles construc-

tions, Netanyahu « renforce de facto l'annexion de la Cisjordanie » et gâche une occasion de faire la paix. (…) « Au lieu de profiter des accords avec les pays du Golfe et de promouvoir la paix avec les Palestiniens, il détourne les priorités d'Israël pour satisfaire une minorité marginale » de son électorat traditionnel nationaliste, affirme l'ONG. Il s'agit d'un message d'Israël à la communauté internationale qui signifie (...) l'abandon de la solution à deux Etats" israélien et palestinien vivant côte-à- côte, affirme l'organisation. JP Delahaye avec AFP

Bolivie

Retour vers la démocratie Les observateurs avisés si prompts à commenter les évolutions politiques dans les pays démocratiques d’Amérique Latine sont cette fois restés bien silencieux. Comme embêtés ! Pourtant les résultats sont bien là, incontestables et incontestés. Luis Arce, le candidat de la gauche et du parti de l’ex-chef de l'Etat Evo Morales, a remporté dimanche 18 la présidentielle en Bolivie dès le premier tour avec plus de 52 % des voix. L'ancien ministre de l'Economie, 57 ans, devance de plus de 20 points son principal rival, Carlos Mesa et assure le retour au pouvoir du Mouvement vers le socialisme (MAS) après la démission forcée en novembre 2019 d'Evo Morales, accusé par l'opposition de fraude électorale. Un véritable putsh institutionnel. La Bolivie « a renoué avec la démocratie » s'est réjoui le vainqueur lors d'une conférence de presse en compagnie de son vice-président David Choquehuanca. « Nous allons travailler pour tous les Boliviens, nous allons mettre en place un gouvernement d'union nationale », a-t-il ajouté. Depuis l'Argentine où il est réfugié, 12 - LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020

Luis Arce, le dauphin d'Evos Morales élu dès le 1er tour

Evo Morales a revendiqué la victoire de son parti : « Le MAS a gagné largement les élections, y compris au Sénat et à la chambre des députés. Arce est le président de Bolivie », a-t-il déclaré devant la presse à Buenos Aires où il réside. Pour la première fois depuis 20 ans, Evo Morales (2006-2019), emblématique dirigeant de la gauche sud-américaine, n'était pas candidat à la présidence. Le 10 novembre 2019 l'opposition avait dénoncé des fraudes et des heurts

avaient eu lieu entre partisans et détracteurs du MAS. La haine des riches propriétaires revanchards soutenus par les nord-américains s’était abattue sur les plus pauvres et les indiens de l’Altiplano. Lâché par la police et l'armée, Evo Morales avait finalement dû démissionner, avant de trouver asile au Mexique puis en Argentine. Juste retour des choses les urnes ont parlé, les boliviens ont tranché en faveur de la démocratie et du progrès. JP Delahaye


Novembre 2020

Pour l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme et la paix

S

ÉTAT

L'affirmation de la Paix est le plus grand des combats L'af

AIX AP

ÉRAUX DE N É L G

Jean Jaurès

L

e monde est censé vivre en paix depuis 75 ans. En réalité, nous sommes à l’orée d’un nouveau découpage du monde, les conflits, guerres régionales, les attentats montrent à chaque instant la montée de la violence, la volonté d’accaparation quo motive chaque acte terroriste. Comment donc s’étonner que les budgets militaires soient en hausse sur l’ensemble de la planète. Les pays du monde ont dépensé 1.900 milliards de dollars en armes et en équipements militaires en 2019, selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). C’est une augmentation de 3,6 % en un an et le niveau le plus élevé depuis 30 ans. Près des deux tiers des dépenses militaires dans le monde sont faites par cinq pays : etatsgenerauxpaix@gmail.com les États-Unis (38 % du total), la Chine (14 %), l’Inde (3,7 %), la Russie (3,4 %) et 2 Place du Méridien – 94800 VILLEJUIF l’Arabie saoudite (3,2 %). La Ministre de la Défense, Florence Parly se glorifie d’un budget des armées record pour 2019-2020. Pour la troisième année consécutive, la loi de programmation militaire qui planifie sur la durée 2019-2025 voit la remontée en puissance des moyens des armées. Ce qui ne s'était jamais vu depuis les années 1980. La loi de finances 2021 consacre ainsi une augmentation de 1,7 milliard d'euros au budget de la défense pour atteindre un total de 39,2 milliards, soit 4,5 % de plus qu'en 2020 et 22 % de plus qu'en 2017. Aujourd’hui, plus que jamais doivent se rassembler tous ceux, hommes, femmes, épris de paix pour imposer leurs volontés de coexistence pacifique de tous les peuples, de toutes les nations de la planète, pour construire, dans l’intérêt des générations à venir, le monde de demain. Il faut pour cela, redonner toute sa place à la charte des Nations Unies qui réaffirme la souveraineté des peuples et des nations et refuser toute tutelle, toute main mise sur l’avenir du monde d’où qu’elle vienne. Pour cela, il faut réaffirmer notre refus d’une armée européenne, exiger notre retrait de l’OTAN, exiger que la France retrouve sa souveraineté politique, économique, sociale. En clair que notre pays mette en œuvre dans les conditions d’aujourd’hui les valeurs qui sont celles de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité. Imposer la paix, c’est imposer de nouveaux rapports entre les peuples, des rapports de respect, d’égalité, de fraternité, des rapports où se construisent des politiques d’intérêts mutuels. Cette démarche porte un nom, c’est le respect de la souveraineté de chaque peuple, de son histoire, de sa culture, c’est respecter son identité et son peuple. C’est le but des états généraux pour la paix. P. Staat, Coordinateur

AC

TES 3 - 2020

La pandémie ne nous a pas permis de tenir physiquement nos états généraux de la Paix. Dans ce document, les contributions prévues R. Vahé - (ARAC) – S. Jollant (Pionniers) – B. Martin (CGT94) – F. Aggoune (Conseil Départemental 94) – P. Staat (coordinateur états généraux) – A. Rouy (Mouvement de la Paix) – P. Markidès (Amis de Barbusse)


LE RÉVEIL DOSSIER

UD-CGT de Paris

Benoit Martin – CGT La question de la paix est une préoccupation constante de la CGT depuis sa création il y a 125 ans. C’est pourquoi la CGT a contribué à relancer l’activité de l’OIT en 2019, à l’occasion des 100 ans de l’institution genevoise. En effet, l’Organisation Internationale du Travail est née au lendemain de la première guerre mondiale, incluant dans ses textes fondateurs le besoin de justice sociale partout dans le monde pour prévenir les guerres. Pour la CGT, les principaux facteurs de paix sont le bien-vivre dans chaque pays et une coopération mutuellement avantageuse entre les pays. Au contraire, le

profit capitaliste, les compétitions entre individus et entre groupes humains, sont les principaux facteurs de guerre. Comme le disait Jaurès, le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée dormante porte l’orage. En plus de s’intéresser aux facteurs de paix et de guerre, il faut aussi développer une véritable culture de paix partout où nous pouvons le faire. Lorsque des tensions apparaissent entre humains, entre nations, sur un terreau mondial riche de cultures et de religions différentes, plutôt que d’attiser ces tensions, plutôt que de prôner le repli national et le repli communautaire, il faut promou-

voir une éducation basée sur la culture de paix universaliste et sur la laïcité. Voilà pourquoi l’UD CGT de Paris s’inscrit dans la préparation des troisièmes états-généraux de la Paix avec les autres organisations amies qui les co-organisent.

Association des Amis d’Henri Barbusse

Poursuivre sans désemparer l’action pour la paix sous toutes les formes possibles

L’association des Amis d’Henri Barbusse partenaire des deux premiers actes des Etats généraux pour la Paix à Paris et Créteil, tient à poursuivre l’action pacifiste lancée à ces deux occasions, quelle qu’en soit la forme ou les formes que le COVID19 nous contraindra à prendre.

pirés par les propos de Jean Jaurès, tenus dans une conversation avec le romancier autrichien Stéphane ZWEIG quelques mois avant son assassinat, qui prenait appui sur les interventions de la baronne SUTTNER, pacifiste autrichienne, Prix Nobel de la paix en 1905, qui s’efforçait inlassablement d’appeler à l’action pour la paix, sans beaucoup de résultats, ce dont l’écrivain contestait l’utilité, Jean Jaurès répondit alors à son interlocuteur : « Mais il faut être justement comme elle, opiniâtre et tenace dans l’idéalisme. Les grandes vérités n’entrent pas d’un coup dans le cerveau de l’humanité, il faut les enfoncer comme des clous, l’un après l’autre, jour après jour. C’est un travail monotone et ingrat, mais tellement important ».

Pour notre association, c’est la poursuite persévérante de cette action qui finira par avoir raison des origines des conflits. Nous sommes à ce sujet, ins-

A l’instar du grand combattant de la paix que fut Henri Barbusse qui, sorti de l’enfer de la guerre 1914-1918, s’engagea dans une action constante

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contre la guerre dès son retour à la vie civile et poursuivit son action pacifiste sans désemparer jusqu’à son décès en 1935, l’Association des Amis d’Henri Barbusse partage l’appréciation de JAURES que Barbusse a mis en œuvre durant les derniers 17 ans de sa vie. Ainsi, en compagnie de Romain ROLLAND, Barbusse pu rassembler les représentants de 300 associations de la planète pour la paix à AMSTERDAM en 1932 et un millier à Paris, Salle Pleyel en 1933. Il devait fonder à la suite, toujours avec Romain ROLLAND le « Mouvement Amsterdam-Pleyel » qui s’étendit à de nombreux pays de la planète et que l’agression bloque pour un temps. Aujourd’hui, l’Association des Amis d’Henri Barbusse est décidée à poursuivre avec ses partenaires, les associations, syndicats, personnalités et les nombreux élus locaux qui les appuient,


DOSSIER LE RÉVEIL faut pas croire que le coronavirus a éliminé les foyers et les risques de guerre. Au contraire, les dépenses mondiales sont en hausse de 3,6 % et ont atteint en 2019 la somme de 1917 milliards d’euros et que ce soit en mer de Chine, au Moyen Orient ou sur les côtes vénézuéliennes en Amérique latine les forces en présence sont sources de conflits possibles.

son action suivie pour la paix. Car il ne

A l’initiative des Etats Généraux de la Paix, des manifestations diverses doivent donc être organisées entre autres pour appuyer le projet de réhabilitation de l’ONU afin de lui permettre d’en assurer le maintien de la paix et particulièrement pour soutenir la mise en application de la Charte des Nations Unies adoptée à l’unanimité des nations réunies en 1945 dont le préambule commence par ces termes :

« Nous, peuples des Nations Unies, résolus, entre autres, à préserver les générations futures du fléau de la guerre… à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande… » Les Etats généraux de la Paix ne doivent donc pas relâcher leurs actions et combattre par toutes les formes possibles, notamment les grandes sociétés capitalistes transnationales qui, à l’heure actuelle, imposent dans tous les domaines la recherche du profit maximum sans prendre en considération la vie des gens, des couples, des familles, des enfants, des jeunes adultes et des personnes âgées. Paul MARKIDES Président de l’Association des Amis d’Henri Barbusse

Contribution du Mouvement de la Paix à l’Acte 3 des Etats Généraux de la Paix Si la pandémie de Covid-19 a empêché la tenue de l’acte 3 des Etats Généraux de la Paix, elle a au moins le mérite de faire émerger une prise de conscience de l’interdépendance de nos sociétés. Les États n’ont eu d’autre choix que d’admettre l’urgence d’une coopération en matière de sécurité sanitaire car seule une telle coopération, régionale et internationale, permettra de venir à bout de la pandémie. La situation actuelle illustre l’inadéquation des conceptions de la sécurité

basée sur la force au détriment du droit et de la réalisation des droits humains. A l’heure de la pandémie, combien paraissent scandaleux la poursuite des conflits locaux et internationaux ! Combien l’arme nucléaire, symbole ultime de la puissance étatique pour certains, apparaît vaine pour combattre les menaces du XXIe siècle ! Le Mouvement de la Paix estime plus que jamais qu’un “autre monde” ne sera possible après la pandémie qu’en mettant fin à la course aux armements,

nucléaires ou conventionnels, qui détourne des moyens financiers gigantesques au détriment de la sécurité sanitaire et écologique des populations. Avec les Etats Généraux de la Paix, nous appelons à la réorientation des priorités nationales et internationales, afin que s’engage la construction d’une sécurité commune et que s’instaure une véritable culture de la Paix. Alain ROUY, Secrétaire National du MOUVEMENT DE LA PAIX. LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 15


LE RÉVEIL DOSSIER

Extraits

75 ANS de l’ONU : les peuples doivent se la réapproprier !! Célébrer cet anniversaire dans une donne qui a changé considérablement avec la pandémie de la Covid-19 n’est pas une mince affaire : contexte assistant à un creusement des inégalités, de la pauvreté, nouvelles insécurités, nouvel ébranlement des solidarités internationales… Nous avons besoin plus que jamais de nouvelles coopérations entre les nations, de nouvelles solidarités, de nouvelles approches face à ces phénomènes de pandémies, de changement climatique, de flux de réfugiés, d’un ensemble d’accords et de traités pour réguler tout cela. Seuls les aveugles ou les fous ne voient pas les outils qui existent avec une Charte (exemplaire et d’une actualité incisive) qui régit l’Organisation des Nations Unies, avec des dizaines d’institutions couvrant tous les secteurs de la vie des populations du monde, avec la définition de normes, d’accords et de traités multiples qui constituent un filet de protection et de sécurité tel que l’humanité ne l’a jamais connu de son histoire.

A l’ouverture de la nouvelle session de l’Assemblée Générale ce 21 septembre dernier, TOUS les pays ont adopté par consensus une déclaration commune qui dit : « il n’existe pas d’autre organisation mondiale qui ait la légitimité, la puissance du rassemblement et le pouvoir normatif de l’Organisation des Nations Unies. Il n’en existe pas d’autre qui puisse donner à autant de personnes l’espoir d’un monde meilleur et faire que l’avenir que nous voulons se réalise. Il a rarement été aussi vital que tous les pays se rassemblent pour tenir la promesse des nations unies » Dans nos prochains Etats Généraux de la Paix de 2021, nous aurons à réfléchir ensemble, sur le thème central : « l’ONU à quoi cela doit-il servir ? » « Les participants du 21 septembre estiment que la coopération internationale est indispensable pour faire face aux réalités de notre époque ». Ils ont souligné : « que les gens craignent la crise climatique, la pauvreté, les inégalités, la corruption, et la discrimination systémique… » Les chefs d’Etat de la planète ont ainsi une feuille de route toute tracée. Chacun et chacune doit prendre ses responsabilités. Antonio Guterres a souligné que : « personne ne souhaite de gouvernement mondial – mais nous devons œuvrer de concert pour améliorer la gouvernance mondiale ». L’ARAC y ajouterait : construire des coopérations dans le respect mutuel des souverainetés populaires.

Marche pour la paix, Toulouse, 22-09-2018

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Cet appel du Secrétaire Général de l’ONU, ne concerne pas que les chefs d’Etats : « nous avons également besoin d’un multilatéralisme qui soit inclusif et s’appuie sur la société civile, les villes, les entreprises, les collectivités, la jeunesse » a-t-il ajouté.

Marche pour la paix, Paris

L’ARAC ajoute, c’est toujours actuel : qui s’appuie sur nous, les peuples… Les mots sont importants. Quant aux urgences de recherche de financement pour l’ONU : elles sont cruciales ; Le HCR n’a reçu que 49 % des fonds nécessaires à ses opérations mondiales. Des pistes existent comme celles d’actions concertées contre les profits exagérés comme ceux des GAFA. L’ARAC ne manquera pas dans la préparation de ses Etats Généraux de la Paix, de demander les dépenses nuisibles des états que constituent les dépenses d’armement qui dépassent aujourd’hui les 1700 Mds de dollars annuels. N’est-il pas urgent d’imposer un moratoire sur ces dépenses d’armement. L’ARAC est et sera toujours bien là dans son combat pour la paix en donnant toute sa place à la charte des Nations Unies. Raphaël Vahé Président National de l’ARAC


DOSSIER LE RÉVEIL

Contribution de D. Lesparre ancien maire de Bezons

MAIS QUE FAIT L’ONU ? L’ancien président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev, a pris l’initiative d’adresser un appel aux grandes puissances mondiales de réduire de 10 à 15 % leurs budgets militaires pour réorienter ces ressources au profit de la protection de la vie humaine, l’assurance des besoins de millions des gens de notre planète en nourriture, en eau et en soins médicaux. Gorbatchev propose une session extraordi-

naire de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui serait consacrée à la démilitarisation des relations internationales et reformulerait l’agenda politique mondial sur la base de nouvelles priorités. Hélas, vu le contexte international, cette proposition a peu de chances d’aboutir. L’ONU, créée en 1945 sur la base des espoirs nés à l’issue de la Seconde Guerre mondiale et destinée à devenir l’instrument pour la gestion collective des nouveaux défis auxquels serait confrontée l’humanité, se montre impuissante. Soixante-quinze ans après sa création, le Conseil de

sécurité de l’ONU est paralysé par les désaccords entre ses membres permanents, et s’avère incapable d’adopter une résolution symbolique appelant à arrêter les conflits. Finalement, les dirigeants des principales puissances, dont le président Macron, semblent davantage se préoccuper de leurs intérêts politiques que de la recherche de solutions communes. La paix et le désarmement, plus que jamais, dépendent donc de la mobilisation de tous les citoyens. Bezons, ville de la Paix, comme elle l’a toujours fait, n’aura de cesse cessera d’y contribuer.

Quelle belle initiative que les Etats Généraux de la Paix à l’initiative de l’ARAC ! L’acte 2 avait donné à ce rassemblement son caractère durable, soulignant ainsi que l’action pour la Paix est une urgence absolue qui exige de la détermination et un combat sans relâche, au-delà d’un simple acte ponctuel à dimension symbolique. Crise sanitaire oblige, cette « guerre » qui n’en est pas une, l’acte 3 n’a pu avoir lieu cette année. Une raison de plus pour relayer ce combat pour la Paix dans nos engagements respectifs, comme je m’efforce de le faire au sien de la Commission de la Défense, notamment dans le débat sur la vente des armes, ou par les actions de notre groupe de la Gauche Démocrate et Ré-

publique, telles que les rencontres pour la Paix et le désarmement nucléaire que les députés communistes avaient organisées le 26 septembre 2019 à l’Assemblée nationale. A nous tous de donner aussi à ce combat la force nécessaire dans les territoires que nous représentons en le mettant au premier plan de nos expressions et actions locales. La Paix est un bien précieux. Sans aucun doute le bien le plus précieux pour les populations de notre planète à l’heure des conflits qui se multiplient, avec leurs lots d’horreurs et de souffrances par des millions de femmes, d’hommes et d’enfants. Mais n’oublions pas que ce fléau de

la guerre n’est pas seulement entretenu par des gouvernements tenant d’idéologies obscurantistes et dominatrices, il l’est aussi par le pouvoir de l’argent. Marchands de canons, multinationales prédatrices et gouvernements réactionnaires font toujours bon ménage ! André CHASSAIGNE Député du Puy-de-Dôme Président du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine

Contribution ARAC Nous aspirons à un monde de paix, d’acceptation de l’autre, de tolérance.

Or, la situation, en France comme sur la planète, démontre que cette perspective tend à s’éloigner. Nous devons affirmer une exigence : Vouloir développer une culture de paix et d’amitié entre les peuples. Le monde est toujours aussi violent et ne semble pas avoir tiré les leçons du passé. C’est bien pourquoi il ne doit pas y avoir de place au découragement.

Nous devons inlassablement porter très haut les valeurs de respect de l’autre, de fraternité de tolérance et de solidarité, sans lesquelles il ne peut y avoir de progrès humain et social. Didier GUILLAUME Vice-Président du Conseil départemental du Val-de-Marne LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 17


LE RÉVEIL DOSSIER

ETATS GENERAUX DE LA PAIX Acte III Contribution de République Moderne RIEN NE SE FERA SANS LES PEUPLES La mondialisation économique porteuse de profondes inégalités, mais aussi de l’extinction de la voix des peuples qui en est le corollaire achève peut-être son cycle, celui du « stade suprême du capitalisme ». C’est un motif d’espoir. Ce serait pourtant une illusion de croire que la paix sera de ce seul fait la gagnante de cette fin de cycle. Dans quel état laisse-t-il le monde ! La concurrence entre les puissances prenant les populations en otage, les ravages considérables causées aux ressources mondiales par la voie d’une appropriation captatrice, la déstabilisation profonde de vastes zones géographiques en premier lieu tout l’arc moyen-oriental et oriental de la Libye à l’Afghanistan, la résilience du terrorisme, le désarroi créé jusque dans les sociétés développées par trente ans de libéralisme effréné qui a creusé les inégalités et ruiné l’image de la démocratie sur fond de disparition des grandes voix républicaines et progressistes, les graves défaillances de l’Europe à s’assumer comme une zone indépendante, porteuse de progrès social et d’espoir, le délitement de la cohésion sociale globale, la montée des communautarismes

et la perte de l’idéal civique, la menace climatique qui alimente à côté des interrogations légitimes de grandes peurs irrationnelles et bien sûr les crises sanitaires qui ne se limiteront probablement pas à la pandémie actuelle, tout cela est le résultat de trente années d’un désordre mondial qui n’épargne aucune société. Sur la base de constats lucides, Il faut que les forces porteuses de paix soient aussi des forces de propositions. Quelles pourraient être ces propositions pour une paix au 21e siècle ? RENDRE A L’ONU SON ROLE DE MEDIATEUR INDEPENDANT ET RESPECTE DANS LES CONFLITS ET RENFORCER LES POUVOIRS DE SES GRANDES AGENCES (PNUD, OMS, UNESCO…) EN CAS DE CRISE MAJEURE POURSUIVRE LES EFFORTS DU SOMMET DU MILLENAIRE POUR L’ERADICATION DE LA PAUVRETE, LA SCOLARISATION MASSIVE, LE DEVELOPPEMENT DU POTENTIEL HUMAIN OU QU’IL SE TROUVE PRENDRE L’INITIATIVE D’UN APPEL MONDIAL POUR UN TRAITE SUR LES BIENS COM-

Issu de la résistance au nazisme, créé pendant le Conseil National de la Résistance, Le mouvement des Pionniers de France s'inscrit dans un combat permanent pour la Paix. Nous portons la question de la Paix depuis toujours dans l'ensemble de nos activités. Pour nous, les Pionniers de France, mouvement d'éducation populaire, atteindre la Paix dans le monde ne peut être possible que par un changement radical du modèle politique et économique dominant actuel. Il ne peut n'y avoir de Paix durable, tant que des hommes et des femmes seront exploités, tant qu'une partie du monde sera dominé

pour servir les intérêts d'une minorité. Il est important et urgent d'agir sur les conséquences de la guerre, mais si nous voulons les éviter et construire un monde paix, il faut surtout agir sur les principales causes qui sont généralement produites par le système capitaliste. Œuvrer pour la paix, c'est lutter contre toute forme d'oppression et d'exclusion, c'est combattre l'idée que le monde ne pourrait vivre que dans l’opposition des uns des autres, c'est agir pour un monde de justice. Pour Les Pionniers de France un des principaux moyens d'action est

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MUNS, EAU, RESSOURCES NATURELLES, BIODIVERSITE, MATIERES RARES GARANTISSANT L’EGAL ACCES DE TOUS LES PAYS A CES BIENS A TRAVERS LA PROPRIETE PUBLIQUE EXIGER UNE EUROPE INDEPENDANTE S’ETENDANT A TOUT LE CONTINENT, COMPOSEE DE NATIONS SOUVERAINES FONDEES SUR LES PEUPLES ET POUVANT OFFIR AU MONDE LE MODELE D’UNE ZONE DE PAIX ET DE PROSPERITE La mondialisation porteuse de guerres a été faite contre les peuples. C’est pourquoi la paix et le progrès ne pourront venir que des peuples. Françoise BECHTEL l'éducation. Intervenir et participer à l’éducation de nos enfants pour promouvoir un monde de paix c'est investir dans l'avenir. Certes cette tâche paraît aujourd'hui difficile au vu de l'état du monde actuellement, mais chaque action chaque intervention aussi petite soit telle contribue à la construction d'un monde de paix. C'est pour cela, que le mouvement des Pionniers de France s'inscrit dans la préparation des 3e états généraux de la paix. Union des Fédérations des Pionniers de France Stéphane JOLLANT Coordinateur National


DOSSIER LE RÉVEIL Notre planète est aujourd’hui gravement menacée, qu’il s’agisse de la montée des inégalités, de la destruction de l’environnement ou des conflits militaires. Avec l’arrivée au pouvoir de dirigeants belliqueux (Trump, Bolsonaro, Erdogan…), la défense de la paix s’impose comme une priorité. Le Département du Val-de-Marne est engagé de longue date pour promou-

voir et défendre la culture de paix, par les politiques qu’il mène mais aussi par le soutien qu’il apporte aux associations. C’est le sens de notre coopération concrète avec des collectivités amies comme la province de Yen Baï au Vietnam, les villes de Jénine, Qalqilya et Tulkarem en Palestine ou les départements de d’Usulatán et d’Ahuachapán au Salvador. A ce titre, nous partageons pleinement

les combats de l’ARAC en faveur de la paix et de la coopération entre les peuples. Nous souhaitons continuer à y contribuer, en soutenant et encourageant les initiatives de l’Association, que nous savons guidée par ces mots de Jean Jaurès : « l’affirmation de la paix est le plus grand des combats ». Christian Favier Président du Conseil départemental du Val-de-Marne

« Villejuif, Ville de paix » Le 21 septembre dernier Villejuif est redevenue Ville de paix. Un Olivier a repris racine sur l’Esplanade PierreYves Cosnier et c’est heureux. Le retour de l’Arbre de la paix dans notre ville signe ma volonté de refaire de Villejuif une ville qui s’engage pour la paix, qui diffuse cette culture et qui s’emploiera à la défendre et à la promouvoir. La situation internationale

est porteuse de nombreuses crises qui menacent notre humanité. Notre planète est rongée par les tensions et les conflits armés qu’aujourd’hui. La domination du capital sur toutes les activités humaines attise les violences, les guerres, les logiques de puissance et d’impérialisme qui sont à la source de l'interventionnisme et des opérations militaires. A Villejuif nous voulons

répondre à ces menées bellicistes par la culture de la coopération, de la fraternité, de la solidarité et de la paix. Jean Jaurès disait : "L'affirmation de la paix est le plus grand des combats", et c’est la tâche à laquelle je m’emploie comme Maire de Villejuif. Pierre GARZON Maire de Villejuif Conseiller départemental du 94

Etats généraux 2018

Le récent rapport au Parlement sur les exportations d'armes de la France en 2019 témoigne de notre scandaleuse contribution à l'armement de pays en guerre. Cette politique, à rebours de nos idéaux de paix, se décline avec cynisme au nom de considérations purement commerciales. Au point de lui donner des airs de catalogue publicitaire, dédié à des « clients ». « Le montant des exportations s’élève cette année à 8,33 milliards d’euros, écrit ainsi la ministre des armées en introduction du rapport. Une offre appréciée, car elle sait s’adapter aux besoins des armées des pays clients et elle sait interagir avec les industries de défense étrangères. » De tels raisonnements mettent

en péril la sécurité de la planète. La France ne peut pas exhorter le monde à préserver la paix, comme elle le fit lors du centenaire de la Grande Guerre, et s'enorgueillir dans un rapport d'une place « dans le top 5 des exportateurs mondiaux d'armement, dont 45 % pour l'Europe. » Elle ne peut pas intégrer le Traité sur le commerce des armes et refuser de signer et ratifier le Traité du 7 juillet 2017 visant à interdire l'utilisation et la prolifération des armes nucléaires. La pandémie mondiale de Covid-19, qui est venue aggraver une crise économique dévastatrice pour des centaines de millions d'êtres humains, a révélé les impasses et les faiblesses de l'ordre existant. La « guerre » impi-

toyable menée contre le virus nous rappelle que la sécurité sanitaire et la santé publique sont plus fondamentales que les quelque 2 000 milliards de dollars engloutis à l'échelle mondiale dans les stratégies politico-militaires. Elle renforce aussi la nécessité pour la France de quitter l'OTAN, dont les budgets de défense ont augmenté en moyenne de 5,7 % entre 2018 et 2019, dans l'objectif affirmé d'y consacrer 2 % du PIB. Il est urgent de briser cette spirale infernale et de fixer à notre planète le seul horizon possible : la construction de la paix. Fabien ROUSSEL Député du Nord – Secrétaire National PCF

LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 19


LE RÉVEIL DOSSIER

Nous remercions de leurs soutiens ou de leurs intérêts, les hommes et les femmes, élu(e)s qui nous ont répondu Extraits : Monsieur le coordinateur, Ce maudit virus Covid-19 aura malheureusement eu raison de l’Acte III des Etats Généraux de la Paix. Pour autant, l’énergie déployée par tous les membres de ces états généraux montre à quel point, et s’il le fallait, que la paix dans notre monde reste un enjeu sacré. Encore aujourd’hui, bien trop de vies et de victimes innocentes sont sacrifiées aux quatre coins de la planète au rythme des guerres et des barbaries. Et ce, sous les yeux des grandes puissances internationales qui préfèrent détourner le regard.

La course à l’armement n’a jamais été aussi prégnante et les plus vifs instincts ressurgissent. Cela ne peut plus durer et il ne faut cesser, en tous lieux et en tous domaines, de porter haut ce bel étendard de la paix. Avec fierté et courage. Je vous félicite de votre engagement que nous sommes très nombreux à partager. Je tenais à évoquer Albert Camus qui disait de la paix qu’elle était le seul combat qui valait la peine d’être mené. Alexandre BASQUIN N Le Maire d’Avesnes les-Aubert (59

« La paix n’est pas l’absence de guerre, c’est une vertu, un état d’esprit, une volonté de bienveillance, de confiance, de justice ». C’est avec une pensée pour le grand philosophe Spinoza que je souligne l’importance fondamentale du travail de transmission de la mémoire dans le maintien, dans l’entretien de la paix. Parce que cette mémoire doit rappeler les pages sombres et douloureuses de notre Histoire, mais aussi le courage et l’humanité qu’elles révèlent, nous prenons à cœur notre rôle dans ce travail constant de remémoration à Nanterre. C’est dans cette optique que nous avons inscrit au calendrier de nos commémorations les mémoires du 17 octobre 1961, de la libération de Nanterre en 1944, de la journée nationale de la déportation, de l’abolition de l’esclavage, ou encore des bombardements de Sétif, Guelma et Kherreta en Algérie. C’est à ces fins aussi que nous avons décidé de valoriser de grandes figures de la résistance et du vivre-ensemble sur notre espace public, tels que Vincent Pascucci, Jean Roques, Lucie Aubrac, Nicole Dreyfus et tant d’autres. Ce travail est plus que jamais essentiel. Alors que la tentation est grande, aujourd’hui, de céder à la simplicité qu’induisent les replis identitaires, cultivons cette paix construite sur la mémoire, la solidarité et l’ouverture aux autres. Patrick Jarry Maire de Nanterre Conseiller départemental des Hauts-de-Seine Au nom de M. André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux, par ces quelques mots, nous vous remercions très sincèrement pour la transmission de votre hors-série et à vous féliciter pour votre engagement dans la défense des valeurs républicaines, de la Fraternité et du devoir de Mémoire. Christine HELARY-OLIVIER Maire-adjoint – Issy-les-Moulineaux (92)

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Extraits : Prendre position pour la paix, car elle est précieuse et mérite d’être cultivée, préservée. Dijon est une ville pour la paix – propos qu’il vous est bien évidemment possible d’éditer à l’occasion du hors-série dont vous me parlez – je vous souhaite à nouveau vous remercier pour votre contribution essentielle à la construction d’une culture de la paix. François REBSAMEN, maire de Dijon

Extraits :

À la 75e année de la victoire sur la barbarie fasciste et nazie, le monde est encore une fois en ébullition et la bête immonde refait surface. Les dépenses militaires ne cessent d’augmenter et les guerres se propagent de pays en pays. Les peuples triment tandis que les milliards servent à acheter de nouvelles armes, de plus en plus destructrices. Il est grand temps que les peuples du monde retrouvent leur liberté et leur souveraineté. Quant à nous peuple français, n’acceptons pas d’être soumis aux directives meurtrières de l’Union Européenne, ni de l’OTAN, des EtatsUnis. La solidarité entre les peuples pour retrouver un monde en paix doit impérativement se faire mais elle ne pourra se réaliser au sein des organisations capitalistes telles que l’UE. Nous devons trouver des solutions politiques aux conflits armés ! La paix est un devoir pour l’Humain. Esteban EVRARD – Secrétaire Départemental de la Jeunesse Communiste des Ardennes.


INTERNATIONAL LE RÉVEIL

SPECIALE AMERIQUE LATINE NICOLAS MADURO MOROS

Caracas, le 2 octobre 2020

PRESIDENTE DE LA REPUBLICA BOLIVARIANA DE VENEZUELA

Aux Peuples du Monde Mes frères et sœurs : En vous saluant avec affection, je me permets de m'adresser à vous à l'occasion de vous informer des récentes actions du Venezuela pour faire face et surmonter le blocus illégal que le gouvernement des États-Unis impose à mon pays depuis près de vingt ans, et particulièrement au cours des cinq dernières années, entraînant de graves effets sur l'économie vénézuélienne, avec un impact négatif sur le bien-être de la population. En ce sens, je tiens à vous informer de l'approbation d'un instrument législatif très spécial, baptisé « Loi anti-blocus pour le développement national et la garantie des droits du peuple vénézuélien », axé sur la défense du patrimoine, de la souveraineté et de la dignité de notre pays, ainsi que le droit de notre peuple à la paix, au développement et au bien-être. C'est une réponse juridique nécessaire de l'État vénézuélien, en parfaite harmonie avec le droit international, qui permettra la création de mécanismes pour améliorer les revenus de la nation et générer des incitations rationnelles et adéquates, sous des contrôles flexibles, pour stimuler l'activité économique interne et la célébration des alliances productives grâce aux investissements étrangers, qui favorisent le développement national. D'autre part, dans la sphère politique, j'ai l'honneur de réaffirmer que face à l'agression extérieure posée par les mesures coercitives unilatérales des États-Unis contre le Venezuela, notre objectif est, et sera toujours, renforcer et approfondir notre démocratie. Malgré la pandémie du Covid-19, avancent à bon rythme les préparatifs des élections législatives du 6 décembre, où la population se rendra en masse pour se conformer au mandat constitutionnel d'élire un nouveau parlement national. À cette élection, dont les conditions ont été convenues avec de larges secteurs de l'opposition démocratique de mon pays, participeront plus de 90 % des organisations politiques enregistrées auprès du Conseil National Électorat pour un total de 107 partis politiques - dont 98 de l'opposition - et plus de 14 000 candidats, qui se disputent les 277 sièges parlementaires. Le résultat de cette compétition électorale donnera sans aucun doute une plus grande force à notre nation et à notre peuple, qui ont résisté à l'agression étrangère avec dignité et fermeté et, malgré tout, maintiennent leur esprit d'amour et de solidarité. Chers camarades, une fois que je vous aurai mis à jour sur ces deux éléments de la situation réelle au Venezuela, permettez-moi de partager avec vous quelques informations d'intérêt pour élargir votre champ de connaissances sur le cadre général qui explique la réalité actuelle de mon pays. Depuis 2014, les États-Unis ont promulgué une loi et sept décrets ou ordres exécutives, en plus de 300 mesures administratives, qui constituent ensemble une politique sophistiquée d'agression multiforme contre le Venezuela. En cinq ans, le blocus a réussi à couper le financement au Venezuela, l'empêchant de disposer des devises nécessaires pour acheter de la nourriture, des médicaments, des pièces détachées et des matières premières essentielles à l'activité économique. Au cours de cette période, le Venezuela a connu la plus forte baisse de son revenu extérieur de son histoire, proche de 99 %. Les États-Unis ont décrété une interdiction de la commercialisation des hydrocarbures vénézuéliens, son principal produit d'exportation, et de recettes fiscales. Dans ce contexte, depuis le début de la pandémie due au nouveau coronavirus, à plusieurs reprises, les États-Unis se sont vantés publiquement de donner l'assaut à des navires qui apportent au Venezuela les produits nécessaires à la production d'essence et à l'approvisionnement du marché intérieur des carburants, aggravant encore la situation économique. Invoquant cette réglementation illégale, les États-Unis ont confisqué de l'argent et des actifs à PDVSA, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne, dont plusieurs raffineries qui sont sur le sol américain, d'une valeur de plus de 40 milliards de dollars. Ces instruments juridiques sont le mécanisme d'application d'un blocus cruel contre le peuple vénézuélien, qu'Alfred de LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 21


LE RÉVEIL INTERNATIONAL Zayas, un expert indépendant des Nations Unies sur les Droits Humains, décrit sans équivoque comme un « crime contre l'humanité ». Dans ce sens, dans une enquête du Centre d'Etudes de Politique Economique des États-Unis sur le blocus du Venezuela, l'économiste américain Jeffrey Sachs, conseiller spécial auprès de l'Organisation des Nations Unies sur les objectifs de développement durable, a déterminé que le blocus contre le Venezuela est responsable d'au moins 40 000 morts dans mon pays, dont les sanctions doivent être considérées comme une « punition collective contre le peuple vénézuélien ». Dans une déclaration officielle surprenante, en janvier 2018, le département d'État américain admet ses intentions illégales: «La campagne de pression contre le Venezuela fonctionne. Les sanctions financières que nous avons imposées ont contraint le gouvernement à commencer à faire défaut, tant sur la dette souveraine que sur la dette de PDVSA, sa compagnie pétrolière. Et ce que nous sommes en train de voir (...) c'est un effondrement économique total au Venezuela. Donc, notre politique fonctionne, notre stratégie fonctionne et nous y tiendrons». C'est la confession d'un crime international, d'un acte de sauvagerie économique, d'un crime contre l'humanité, dans le seul but de nuire à mon pays et au peuple du Venezuela. L'application illégale de mesures coercitives unilatérales, appelée avec l'euphémisme de «sanctions», est une politique maintes fois rejetée par l'Assemblée Générale des Nations Unies, contraire au droit international et en violation de la Charte des Nations Unies. Pour tout ce qui précède, le 13 février, le Venezuela s'est adressé à la Cour Pénale Internationale pour dénoncer ceux qui, depuis les États-Unis, ont commis ces crimes odieux contre l'humanité. Je suis convaincu que, tôt ou tard, la justice internationale examinera le Venezuela avec objectivité et verra les dommages gigantesques que les États-Unis ont causés à un peuple pacifique, amoureux et travailleur. En vous remerciant de l'attention que vous avez portée à la révision du contenu de cette lettre, qui, je l'espère, a été utile pour vous tenir correctement informé de la situation réelle au Venezuela, je saisis cette occasion de vous remercier pour votre solidarité permanente avec Venezuela. Ensemble nous vaincrons !

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22 - LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020


VOS DROITS LE RÉVEIL

Rente mutualiste anciens combattants La CNP croque 10 % du capital reversé à compter de 2021 Les OPEX en première ligne des victimes de la soif de profit des compagnies d’assurance Les Anciens Combattants ayant souscrit un contrat “Rente Mutualiste A.C.” avec la CNP ont reçu, le 29 septembre 2020, une lettre les informant – du fait du “contexte économique” – d’une modification du contrat pour lequel il avait cotisé. Jusqu’ici, le capital réservé viager était reversé aux héritiers désignés dans son intégralité (à 100 %) lors du décès du souscripteur, Désormais, à compter du 1er janvier 2021, pour tous les versements, la garantie décès sera réduite à 90 % des cotisations versées nettes de frais. Par contre précise cette note, les cotisations versées avant le 1er janvier 2021 conservent la garantie décès à hauteur de 100 % des versements nets de frais. Avec cette clause restrictive, la CNP rejoint la cohorte des autres compagnies d’assurance qui appliquent déjà cette restriction depuis deux ans. Pour tous ces assureurs, nos vies c’est de l’argent, du profit et il en faut toujours plus, surtout face aux conséquences économiques de la crise sa-

nitaire actuelle. C’est sur notre dos qu’ils entendent limiter leurs “pertes financières”. Certes, entre 2014 et 2018, le nombre de cotisants à la Rente Mutualiste a baissé de 17 552 (56 716 en 2014 contre 33 164 en 2018) soit moins 8,6 %. Mais par ailleurs, la CNP engrangeait 2017 un bénéfice de 657 M€ (+ 6 %). Et elle affichait en 2019 une hausse robuste de son bénéfice annuel net d’un peu plus de 1,4 milliard d’euros, en progression de 3,3 % sur un an. Pour 2020, la CNP confiante prévoyait un objectif de son bénéfice net entre 3 et 7 %. Mais, la covid-19… POURTANT, les gains financiers engrangés depuis des décennies permettraient à coup sûr aux compagnies d’assurance de faire face à la situation actuelle, la cotation d’AXA, de la BNP etc. au CAC 40 (+ 5 % à 8,6 %) en témoignent largement. Mais un sou c’est un sou et il n’y a pas de petits bénéfices. Ainsi les OPEX compte-tenu de leur jeune âge, vont être frappés de plein fouet et perdre ainsi 10 % sur les

versements à venir pour leur capital décès. Merci pour eux ! Il leur reste pourtant les acquis arrachés par les associations d’Anciens Combattants et Victimes de Guerre et le mouvement mutualiste : des versements déductibles des revenus et une rente non imposable, non astreinte à la CSG ni à la CRDS. Veuillez car les ogres ont toujours les dents longues. André FILLERE

Budget 2021 des ACVG

La baisse et le vide à l’ordre du jour Si les crédits prévus au projet de budget de la Défense progressent de 4,5 % (39 millions d’euros au lieu de 37,5 M€) ceux des Anciens Combattants et Victimes de Guerre sont, une fois de plus, en baisse de 0,7 M€ (2 au lieu de 2,7) ; ce qui entraîne une baisse des crédits des pensions (61 M€ en moins) et de la Retraite du Combattant (15 M€ en moins, malgré les 36 000 cartes du Combattant attribuées aux Anciens. Combattants en Algérie 1962-1964

entraînant la Retraite du Combattant immédiate car ils ont plus de 65 ans). Même les crédits d’action sociale de l’ONAC n’échappent pas à la chute : 1 M€ en moins (25 au lieu de 26) Quant aux mesures nouvelles, elles sont pratiquement inexistantes. Quelques crédits pour le Fond de Solidarité aux enfants des harkis, et une quasi-misère pour les veuves des GIG : 5 300 euros pour 200 conjointes concernées, c’est dire !

Quant à la demi-part fiscale pour les veuves de 74 ans au moins, dont le mari percevait la Retraite du Combattant. Elle était déjà prévue, dès le budget précédent, au 1er janvier 2021 ! Et ils appellent ça une mesure “nouvelle” ! Et enfin, “le lancement en 2020 d’une commission Etat-Parlementaires-Associations d’ACVG sur l’évolution du point PMI”. Attendue et réclamée depuis des décennies, annoncée officiellement début 2020… elle réappaLE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 23


LE RÉVEIL VOS DROITS raît dans le projet de budget, mais sans date fixée !!! Seuls ou presque, les crédits mémoriels augmentent de 7 M€ avec pour objectif les commémorations de l’in-

humation du Soldat Inconnu (1921), la commémoration des combats de la France Libre et un hommage aux victimes de la Shoa (80e anniversaire des premières rafles de Juifs en France) et

– pour les OPEX – le 30e anniversaire de la guerre Golfe (Division Daguet) C’est un peu court. Dites-le, écrivez à vos élus. André FILLERE

Rattrapage du retard du point PMI La semaine des quatre jeudis ? L’arrêté du 28 août 2020 a fixé la valeur du point d’indice servant au calcul du montant des Pensions Militaires d’Invalidité, de la Retraite du Combattant et du plafond majorable de la Rente Mutualiste à 14,68 à compter du 1er janvier 2020, soit 11 centimes d’augmentation. Cette goutte d’eau n’étanchera pas la soif du Mouvement Anciens Combattants qui constate que suite aux mesures gouvernementales depuis 1989, la valeur du point PMI est en retard de 44,68 %. Il devrait être à 21,48 € (et non à 14,68) si les lois établissant

un “Rapport Constant” avec le traitement de référence de la Fonction Publique étaient respectées. D’où la demande réitérée depuis des décennies, de la réunion d’une Commission Tripartite (Gouvernement, Parlementaires, Mouvement Anciens Combattants) qui - à l’image de celle de 1978 – avait abouti à un rattrapage de 14,26 € par étape sur 4 ans. Promise officiellement début 2020, elle resurgit dans le projet de budget 2021… Mais toujours sans date précise… “avant fin 2020” Il est urgent d’en finir avec ces manipulations,

manœuvres et autres rideaux de fumée, et de se mettre au travail. Madame la Ministre, fixez immédiatement la date et la composition de cette Commission qui doit, selon vos promesses, se réunir dans les deux mois ! Voilà ce qu’il faut que chacun écrive à Madame DARRIEUSSEC, ce que chacun doit écrire au Député et sénateur de sa circonscription afin qu’ils interviennent auprès du Préfet représentant du Gouvernement. A vos plumes, vos téléphones, vos délégations, CITOYENS ! André FILLERE

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24 - LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020


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LE RÉVEIL VIE DE L’ARAC

Val de Marne (94) On notera dans l’assistance des personnalités et associations de mémoire qui avaient répondu à l’invitation pour marquer le rôle de ces résistants qui ont payé de leur vie, la liberté de notre pays.

Les portes drapeaux

Samedi 10 octobre 2020, au cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine, s’est déroulée la cérémonie organisée par l’Association des familles des fusillés et massacrés au Mont Valérien, déposés dans ce lieu, qui furent exécutés par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale.

L’ARAC était fortement représentée par plusieurs membres du Secrétariat National : Patrick Staat secrétaire général, Jacques Verrier, Liliane Rehby, Brigitte Contant, ainsi que Jean-Luc Colin au Bureau National. La présence d’une dizaine de drapeaux dont 7 de l’ARAC a rehaussé la tenue de cette cérémonie notamment notre attachement à ce moment de mémoire active.

Samedi 17 octobre 2020, de nombreux militants de l’ARAC ont rendu hommage aux centaines de morts, victimes de la Prise de parole de l'ARAC pont Saint répression orchestrée Michel à Paris par le préfet Papon contre les militants algériens pacifiques. Cette répression se déroula sur plusieurs jours, dans différents lieux de la région parisienne. L’ARAC demande l’ouverture et le libre accès aux archives de cette époque et demande à l’Etat la reconnaissance des crimes du 17 octobre 1961. Cette reconnaissance œuvrerait au rapprochement franco-algérien et permettrait un traité de paix et d’amitié plus que jamais nécessaire dans le contexte actuel. De nombreux militants de l’ARAC étaient présents avec une délégation de la direction nationale composée de R. Vahé Président, Lilian Rehby Secrétaire nationale, P. Staat secrétaire général, J-Luc Colin et H. Pouillot, membre du Bureau National et B. Drweski membre du Conseil National.

17 octobre 2020 - délégation nationale de l'ARAC

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Jean Darracq président de AFFM le 10 octobre 2020

J. Verrier dépose la gerbe de l'ARAC

Nantes (44) Dimanche 18 octobre 2020 à Nantes 5 000 personnes se sont rassemblées, pour une cérémonie d’hommage à l’enseignant Samuel Paty, assassiné le vendredi 16 octobre. Il a été décidé de ne pas faire de prise de parole. Les partis politiques, les syndicats, les associations étaient présents, un grand silence a régné puis les manifestants ont longuement applaudi avant de chanter la Marseillaise. Certains tenaient des pancartes “touche pas à mon école” “l’éducation nuit à l’obscurantisme” Jean-Marc Ayrault, Johanna Rolland maire de Nantes, Sarah EL HAIRY la Secrétaire d’Etat à la Jeunesse ont appelé à la fraternité entre les peuples L'ARAC présente avait appelé ses adhérents à manifester et exprimé sa solidarité avec la famille de Samuel Paty, ses proches et tous les personnels de l'Education nationale. Le Comité départemental 17/10/20


VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL

Vaucluse (84) Suite à l'acte de vandalisme fascisant à Sault sur le mémorial du Maquis Ventoux et de la résistance en Vaucluse, l'association républicaine des combattants ARAC, confirme son soutien à la plainte de la municipalité de cette localité faite à la gendarmerie. L'ARAC qui durant toute son existence (notamment de 1933 à 1945) n'a cessé d'agir au prix de ses Adhérents (es), Résistants (es), Maquisards, proclame avec fermeté la condamnation de toutes profanations qui portent atteinte à l'honneur des Vauclusiens. Leurs combats pour la liberté, l'égalité, la fraternité pour que la nation Française retrouve sa souveraineté. A ce jour, l'ARAC plus que jamais appelle ses adhérents (es), ses amis à la vigilance citoyenne à s'unir, à se renforcer dans l'action face à tout acte fasciste, racisme, intégriste, populiste, xénophobe. Ainsi l'ARAC du Vaucluse appelle au respect de mémoire de nos héros et demande aux autorités concernées, l'urgence d'identifier le ou les coupables, d'appliquer la justice. LE 3 OCTOBRE 2020

Aisne (02)

Ottange-Nondkeil-Villerupt et environs (54)

Dimanche 11 octobre 2020, l'ARAC du Soissonnais a organisé son traditionnel repas dans un restaurant gastronomique regroupant 33 participants. Le dynamique Président Jean-Noël GREBERT dans son allocution de bienvenue a remercié l'ensemble des membres présents, et nous a fait part des projets à venir, nous annonçant qu'une prochaine réunion aura lieu en novembre avec la nomination d'un nouveau Vice-Président, qui renforcera le bureau. Malgré les conditions sanitaires qu'il a fallu respecter dû à la covid-19, qui a profondément perturbé nos vies quotidiennes, cela n'a pas empêché que l'ambiance fut de mise. Il est vrai que la vie n'a pas été conçue pour être toujours facile, pleine d'incertitude, et nous en sommes tous conscients, notamment dans les combats que nous menons au sein de l'ARAC, dans notre devise :''Tout faire pour unir, rien faire pour diviser''. En fin de repas, une tombola a eu lieu, avec de nombreux cadeaux pour les plus chanceux. Ce fut un réel moment de fraternité qui sera à renouveler.

Nous avons participé le 5 septembre à la cérémonie à la stèle de Bréhain la Ville 54 où neuf jeunes de 18 à 22 ans ont été fusillés par les Nazis. Le treize septembre à la libération de Villerupt. Le six septembre à la libération du camp de Thil (54), ce camp de concentration, seul en France non annexée, où travaillaient des prisonnières Russe sur la fabrication des V1, il ne reste plus rien du camp sauf le four crématoire qui a été placé dans une

Olivier LAZO.

crypte que l'on peut visiter en s'adressant à la mairie de Thil.

Défilé avec à sa tête le drapeau Américain.

Loire Atlantique (44) La section de Couëron s’est réunie le vendredi 25 septembre 2020 à l’initiative de son Président Michel LUCAS qui a organisé sa succession. Un nouveau bureau a été élu : • Dominique SANZ - Président, • Dolores LOBO – Trésorière • Guy BERNARD-DAGA – Secrétaire, L’assemblée a élu Michel LUCAS Président d’honneur Ce nouveau bureau va travailler en binôme avec les camarades de l’ancien secrétariat pour profiter pleinement de leur expérience. Le nouveau secrétariat a abordé les questions suivantes : • Point sur les adhésions et finances, • Commande des calendriers • 17 octobre 1961, prise de contact avec la municipalité pour demander un vœu dans le cadre de notre action pour la paix. • Cérémonie d’hommage du 79e anni-

versaire des Fusillés par les nazis de Châteaubriant et Nantes • Cérémonie du 11 novembre présence de l’ARAC et son drapeau Le secrétaire a souligné l’importance de la visibilité de l’ARAC dans les commémorations, présence de l’ARAC sur le terrain des luttes. Continuer le travail de mémoire avec les expositions et la lutte pour la paix Le secrétaire général Guy BERNARD 26 septembre 2020

LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 27


LE RÉVEIL VIE DE L’ARAC

Loire-Atlantique (44) 18 octobre 2020, à Châteaubriant, nous sommes nombreux à rendre hommage aux 27 fusillés du 22 octobre 1941 dans la carrière. Sans oublier ceux de Nantes, de Voves, de Rouillé, d’Aincourt et du Mont Valérien. Les martyrs de Châteaubriant ne sont ni les premiers ni les derniers le lendemain, un nombre plus grand encore de fusillés à Souges. Le nom de Châteaubriant demeure gravé dans les mémoires. Peut-être parce la liste fut établie par les Français et que c’est un officier français qui fit l’appel. Celui-ci choisit logiquement les dirigeants politiques et syndicaux en majorité communistes, cégétistes connus pour leur popularité qui tombèrent sous les balles allemandes, Pierre PUCHEU occupe le poste de ministre de l’intérieur, il a été choisi par le maréchal Pétain. Porteur de cette mémoire, c’est le cœur étreint d’émotion que nous sommes entrés dans la carrière pour la 79e cérémonie d’hommage à ceux qui résistaient déjà et donnèrent leurs vies pour nos libertés. Carine Picard Niles, Yan

Brossat et deux actrices des Tréteaux de France leurs ont rendu un vibrant hommage. En un long défilé nous quittons la carrière plus déterminé que jamais à continuer la lutte pour obtenir ce pourquoi vous avez donné votre vie camarades. Les paroles de la chanson “L’Age d’Or” de Léo Ferré volent sous le soleil dans la carrière, illuminent les portraits, nous accompagnent.

de Sainte-Luce, Joël Durant et son épouse, de St Nazaire Luc Moyon, le porte-drapeau départemental Serge Raitière et Jocelyne et Jean-Claude Salomon pour la direction nationale. J-Claude Salomon

Nous aurons du pain Doré comme les filles Sous les soleils d’or Nous aurons du vin De celui qui pétille Même quand il dort Nous aurons du sang Dedans nos veines blanches Et le plus souvent Lundi sera dimanche Mais notre âge alors Sera l’âge d’or De nombreux camarades de l’ARAC étaient présents dont les présidents

Vigneux-sur-Seine (91) Vaucluse (84) 11 octobre 2020 inauguration de la stèle des martyrs du 18 août 1944.

L’ARAC du Vaucluse soutient Tran To Nga

Le 18 août 1944 cinq personnes ont été tues par les allemands à Vigneaux sur seine au lieu-dit la Longueraie.

L’ARAC Nationale et le Comité Français du Village de l’Amitié sont résolument impliqués pour la reconnaissance du droit à réparation des victimes vietnamiennes de l’agent orange – dioxine et de leur indemnisation pour les conséquences d’une guerre chimique sans précédent. Madame Tran To Nga, en luttant pour la libération et l’unification du Vietnam a vécu la vie de guérilla et dans la jungle elle a subi à de nombreuses reprises des épandages d’agent orange. Elle est atteinte de 5 maladies liées à l’exposition de l’agent orange. Sa descendance également : outre sa première fille qui est morte à 17 mois, ses deux autres filles et ses petites filles sont elles aussi touchées. Madame

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Nga s’est investie dans l’aide aux victimes de l’agent orange. C’est ce qui la conduira, grâce à sa double nationalité, de poursuivre en responsabilité 18 compagnies chimiques américaines (dont Monsanto et Dow Chemical) ayant fabriqué ou fourni l’agent orange. Assistée par Maître William Bourdon, Tran To Nga a engagé ce long procès en 2015 devant le Tribunal de Grande Instance d’Evry. La procédure est aujourd’hui dans sa phase décisive ; après quatre reports l’audience de plaidoiries a été fixée au 25 février 2021. Plus qu’un enjeu personnel, ce procès est un symbole, pour les victimes vietnamiennes de l’agent orange ; il s’agit de l’une des dernières chances d’obtenir réparation en justice. L’ARAC du Vaucluse soutient résolument Tran To Nga dans ce long et courageux combat.


VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL

Moment de recueillement devant la stèle des résistants Après à la cérémonie (lire article plus haut) un moment de recueillement a lieu devant la stèle dressée en l’honneur des fusillés du Mont valérien. Le président de l’association des familles, amis des fusillés et massacrés de la résistance a tenu à évoquer l’histoire de ce lieu, le cimetière parisien d’Ivry/seine. D'abord en 1871 c’est le massacre des communards où les corps rompus de balles des parisiens furent jetés pêlemêle sans ménagement en terre par la haine des versaillais ce qui plus tard deviendra le cimetière communal du Kremlin Bicêtre.

Le cimetière parisien d’Ivry/seine est un site important de mémoire de la résistance : – Monument à la mémoire du groupe Missak Manouchian – Le carré des suppliciés – Le monument des fusillés de la division 39 – Le carré des déposés des fusillés parisiens de la division 40 auxquels s’ajoutent les tombes individuelles des résistants La libération venue, des corps ont été réclamés et remis aux familles. Ceux qui n’ont pas fait l’objet de recherche et réclamation familiale reposent dans le carré des fusillés du carré 39. Les recherches nous indiquent que tous les fusillés du Mont Valérien et de Balard n’ont pas été inhumés au cimetière d’Ivry/seine Parmi les tombes des noms de communards et résistants mérite d’être souligné :

Année 2020 x

Juin 1940, il y a 80 ans Rennes bombardée, occupée.

x 1945, il y a 75 ans la barbarie nazie était enfin vaincue.

- Jules boucher garde national de la commune de Paris - Arthur Adamov auteur dramatique proche de Paul Eluard - Paul Andrieux FTPF abattu le 27 mars 1944 - Pierre Daix enfant d’Ivry/seine journaliste, écrivain, historien d’art déporté à Mauthausen - Joseph Epstein, brigadiste chef des FTP connu sous le nom du colonel Gilles - Emmanuel Fleury interné au camp de Baillet, évadé figure de la résistance aux PTT, fusillé le mardi 11 avril 1944. - Arthur et Lise London, Lise surnommée “La mégère de la rue Daguerre” et ses prises de paroles sous la protection des FTPF sur le marché Daguerre.

ARAC Sud-Ouest Nouvelle Aquitaine Une rencontre interdépartementale se tiendra aura lieu le 26 novembre 2020 de 9 h 30 à 17 h 00 – au siège de l’ARAC de la Charente. A l’ordre du jour : organisation, initiatives, matériel 2021, divers Cette rencontre concerne les départements de l’ARAC du 16-17-79-86-87-23-19-33

VIAS (34) - information Maison Internationale de Rennes (M.I.R) 7, quai Chateaubriand Rennes. Métro, bus : station République Respect des règles sanitaires en vigueur. Apporter masque de protection

EXPOSITION

x Du Mardi 20 octobre au samedi 24 octobre 2020 (14 h à 18 h) x Hall de l’espace international Pierre Jaffry M.I.R

RENCONTRE « Rennes 1940 »

Samedi 24 octobre à partir de 14 h 30 Auditorium M.I.R espace international Pierre Jaffry Conférence, projections, témoignages de résistants, de témoins ARAC Ille & Vilaine 241, rue de Nantes 35200 RENNES. araciv@orange.fr

Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de guerre, des combattants pour l’Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l’Antifascisme et la Paix.

En partenariat avec :

L’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) a été fondée en novembre 1917, durant la Première Guerre mondiale. Elle a pour objectifs : d’obtenir et défendre les droits des anciens combattants, de rassembler des hommes et des femmes dans l’action contre la guerre, pour la paix et la solidarité entre les peuples ; de cultiver la mémoire de l’histoire dans un esprit de vérité ; de promouvoir les idéaux républicains de liberté, égalité et fraternité. Jean Gaillard est le président de l’ARAC de Vias et le Pays d’Agde. Il entend ainsi défendre les droits des anciens combattants, des militaires engagés dans les opérations extérieures dites Opex. Dorénavant, l’ARAC tiendra ses permanences au foyer (1 chemin de la Croix-de-Fer). Cette permanence aura lieu le troisième mercredi de chaque mois. Contactez Jean Gaillard au : 06 62 40 12 66. LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 29


LE RÉVEIL VIE DE L’ARAC

L’ARAC présente à Aincourt (95) le 3 octobre 2020 80e anniversaire des fusillés des camps d’internement d’Aincourt dans le Val d’Oise. Honneur à ces femmes et hommes qui, engagés dans la défense de la liberté, se retrouvèrent dans ce camps d’internement. 1 500 personnes seront parquées durant cette période. Huit seront fusillés au Mont Valérien, 8 seront fusillés

Ardennes (08) Nos amis du Comité local de Charleville-Mézières (08) ont pris une décision qui, dans le contexte actuel, prend toute sa place, éditer une affiche de l’ARAC pour défendre les valeurs républicaines. Collée sur les panneaux d’affiche libre de la ville, elle recentre l’engagement et les responsabilités de l’ARAC.

à Châteaubriant, 9 à Rouillé, 175 seront envoyés au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, Pologne.

Loiret (45)

Une Journée de mémoire pour nos héros

Une Journée de mémoire pour nos héros La direction départementale de l’ARAC Loiret a organisé le mardi 29 septembre une journée d’hommage à plusieurs figures départementales disparues. La matinée commence par le fleurissement de la tombe de Jean-Jacques Jochum ancien de la guerre d’Algérie et porte-drapeau de l’ARAC de nombreuses années.

Villejuif (94) L’ARAC a rendu hommage aux martyrs du 17 octobre 1961 avec la municipalité, le maire Pierre Garzon et d’autres associations de la ville.

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En fin de matinée au cimetière de Chalette-sur-Loing un hommage est rendu à Raymond Pichon résistant décédé récemment en présence du maire qui a déposé une gerbe au nom de la ville à côté de celle de la FNDIRP et de L’ARAC. Dans l’après-midi nous nous sommes retrouvés autour de la tombe de Georges Séguy qui fut secrétaire général de la CGT, jeune résistant, membre de l’ARAC. Pour finir la journée nous nous sommes déplacés dans la forêt de Lorris ou pendant la deuxième guerre mondiale un important et actif réseau de résistance existait face à l’envahisseur nazi. Nous fûmes accompagnés par un des responsables de l’association des familles et amis des anciens du maquis de Lorris qui nous à éclairer sur le rôle du maquis, et des évènements du 14 août de 1944. Ce fut une journée bien remplie et instructive. Jacques Verrier

Les Mées (04) Charles LECA nous a quittés. Il avait 95 ans. Officier de la Légion d’Honneur, FFI marseillais, il s’était engagé dans les commandos de Provence après la libération dans les commandos de Provence après la libération de la cité phocéenne. Blessé aux combats de Cernay où il avait perdu 300 frères d’armes, Charles était pour tous un exemple. Président de l’Amicale des Anciens du 1er groupe des commandos d’Afrique, il faisait partie de l’ARAC des Mées depuis 1998. Il participait à toutes les cérémonies patriotiques que nous organisions ainsi que celles célébrées au Lavandou, à Bormes-les-Mimosas, à Septèmes-les-Vallons où il repose. Sincères condoléances à sa famille et à ses proches.


VIE DE L'ARAC LE RÉVEIL

D'un côté un crayon, de l'autre le chaos...

« J'aimerais une harmonie un peu plus grande », disait Cabu ; lui, l'éternel « copain d'avant » à la coupe de playmobil qui a bercé mon enfance de ses dessins au Club Dorothée. Tout ce que voulait cet antimilitariste après avoir enduré, comme tous les jeunes hommes de son âge, 27 mois en Algérie, c'était un peu d'harmonie et de jazz… Et surtout qu'on arrête de produire des armes pour s'assurer de ne plus vivre de guerres. L'idée était, comme ses dessins, complexe à réaliser mais d'une évidente simplicité. D'un côté un crayon, de l'autre une kalachnikov et le chaos… Le procès des attentats de janvier 2015, celui contre nos camarades de Charlie Hebdo se déroule en ce mois de septembre et finalement les victimes continuent de ne pas être réellement reconnues comme telles. Il y a toujours un imbécile au fond de la classe pour expliquer que « Quand même ils n'y allaient pas

avec le dos de la cuillère… », comprenez « Ils l'ont un peu cherché… » Leurs crayons continuent d'être pointés comme plus dangereux que les armes de poing qui les ont assassinés. Et les survivant.e.s de titrer : Tout ça pour ça ! Parce qu'en effet d'un côté un crayon, de l'autre une kalachnikov et le chaos… D'un côté le pouvoir des mots et des images, de l'autre la faiblesse des hommes et leur obscurantisme. Et le pire c'est qu'on dirait que depuis cinq ans rien n'a changé. Que nous n'avons collectivement tiré aucun enseignement de cette barbarie nationale. Parce qu'une grande partie de la société pense qu'elle n'est finalement pas concernée puisqu'elle ne lisait pas Charlie. Qu'elle n'est plus vraiment Charlie. Il faut une liberté totale et aussi une forme d'inconfort pour écrire un édito. Il faut que quelque chose vous gêne et vous fasse mal. Il ne faut pas se laisser piéger par des considérations esthétiques, ni penser à celui qui va vous lire. Parce que sinon on n'exagère rien, on ne sort pas des sentiers battus, on donne un semblant d'opinion, on ne s'extrait pas de soi-même. Et on devient l'ombre de soi-même. Sommes-nous condamné.e.s à avoir peur de la lumière, donc peur de notre ombre, à avoir peur du bruit d'une plume qui tombe sur le sol ? Sommes-nous condamné.e.s à avoir peur de notre plume, de notre crayon ?

Carine DELAHAIE Clara Magazine – 2/10/2020

Seine-saint-Denis (93) Le 3 octobre s’est tenu le comité départemental avec la participation de Jacques Verrier, membre du Secrétariat national. Près de 20 camarades avaient répondu à la convocation, la discussion qui a durée 3 heures s’est déroulée dans une ambiance de confiance, des échanges sereins ou l’écoute mutuelle était la règle. Les questions débattues ont porté sur les objectifs de l’ARAC avec le souci dans cette période sanitaire de continuer à faire vivre notre organisation en s’adaptant à la situation. Les sujets, telle que la montée des idées d’extrême droite et fascisantes, droits

des ressortissants de l’ONAC, les actions à construire sur la mémoire, intervenir sur les enjeux internationaux, développer nos initiatives pour la paix ont été au cœur des discussions. La préoccupation du fonctionnement de notre association a fait l’objet d’une attention soutenue pour qu’aucun adhérent ne soit mis sur la touche. La de prendre des initiatives dans toutes nos sections, particulièrement avec nos expositions a été relevé en développement la mutualisation des moyens. Le bureau départemental s’inspira de cette rencontre pour établir le plan de travail. Photos : J. Muller LE RÉVEIL - N° 866 - NOVEMBRE 2020 - 31


ARAC ASSOCIATION RÉPUBLICAINE DES ANCIENS COMBATTANTS DES COMBATTANTS POUR L'AMITIÉ, LA SOLIDARITÉ, LA MÉMOIRE, L'ANTIFASCISME ET LA PAIX

Déclaration de l’ARAC après l’acte fasciste du 16 octobre 2020 L’ARAC condamne fermement l’acte fanatique, fasciste, qui a conduit à la mort de Samuel Paty. L’ARAC apporte sa solidarité, son soutien, à la famille, au corps enseignant. Cet évènement, cet acte de violence, nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. La France est un pays de libertés, le pays de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, n’en déplaise à tous ceux qui essayent de diviser, de communautariser notre société. Les valeurs républicaines portent l’émancipation de l’humanité. La devise : « Liberté, Egalité, Fraternité », rappelle les principes et les valeurs fondatrices du pays, est devenue un symbole de la République, tout comme « Marianne », la Marseillaise et le drapeau tricolore. La seule loi qui prévaut en France est la loi républicaine. Jamais une loi confessionnelle ne doit pouvoir s’imposer. Nous appelons à avoir le courage de s’opposer à tous ceux qui veulent imposer un obscurantisme liberticide sur notre pays. Ne laissons pas gangréner la société française. Il faut nommer les choses par leur nom. Nommer le fascisme. Ne faire aucun compromis. Fermer les yeux, c’est collaborer. Avec les gouvernements successifs, la laïcité est sans cesse rognée, l’école publique est dévalorisée, nos valeurs républicaines mises à mal. Il y a eu trop de complaisance à l’égard de ceux, toutes religions confondues, qui remettent en cause les principes d’égalité, de liberté, de laïcité, qui fondent la Nation française. En visant l’enseignant, les fascistes cherchent à casser la chaîne de transmission des valeurs de la République, à détruire ce qui fait notre nation et à imposer une autre loi. Dans ce rôle, les enseignants sont en première ligne, voilà pourquoi il faut les former, les considérer, les rémunérer et leur donner les moyens de jouer pleinement leur rôle d’éducateur, redonner du civisme aux nouvelles générations. L’école est le creuset de la République, c’est un des piliers du projet émancipateur que porte la République Française. L’école, que ce soit à travers son cadre institutionnel ou les enseignants, ne doit en aucune manière céder aux pressions communautaristes qui, ici, voudraient changer le cours d’histoire, là, décider qui mange quoi et ailleurs réviser l’enseignement des sciences. A l’ARAC, nous continuerons à prendre toute notre place dans le combat pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité. Tout comme elle poursuivra sa lutte pour que la France retrouve toute sa souveraineté économique et politique. Le Secrétariat National Villejuif, le 20 octobre 2020 2 Place du Méridien- 94807 Villejuif cedex • Tél. 01 42 11 11 11- • arac.nationale@orange.fr • Siret n° 307.309.930.00047 - Code APE 913 E


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