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LA COLÈRE S'ÉTEND : SÉCURITÉ FERROVIAIRE

DOSSIER MÉMOIRE : LE PEUPLE EN RÉSISTANCE

CONTRIBUTION : QUEL POURTOUR POUR VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL L'ACCORD SYRO-KURDE ?

Octobre 2019 - N° 858 - 5 €

France - Gilets Jaunes

Chili

France - Enseignants

La satisfaction des revendications est inséparable du combat pour la paix

France - Retraités France - Pompiers

La répression n'y changera rien Liban Syrie

Catalogne

Ensemble, défendons les valeurs de la République

Eqq Equateur


LE RÉVEIL ACTUALITÉS

L’ARAC appelle la communauté internationale à s’opposer à l’offensive militaire de Erdogan en Syrie L’invasion militaire turque dans le nord-est de la Syrie, au nom de code cynique « source de paix », est une atteinte grave à la souveraineté du peuple Syrien et au droit international. C’est une violation de la Charte des Nations Unies, ratifiée en octobre 1945, qui pour préserver « les générations futures du fléau de la guerre » mettait la guerre hors-la-loi par son article 2.4 qui interdit le recours à la force. Erdogan qui vise à la reconstruction d’une partie de l’Empire Ottoman, entend massacrer les Kurdes, procéder à un nettoyage ethnique, et poursuivre sa politique d’expansion territoriale. Les Kurdes - ce « peuple sans Etat » - ont lutté contre Daesh. Leur combat a été décisif dans la chute de l’Etat Islamique. Ils se retrouvent aujourd’hui abandonnés. Ce combat ils l’ont mené au prix de leur sang. L’offensive turque a provoqué la fuite de plus plusieurs centaines de milliers de civils. La complicité des pays impérialistes, membres de l’OTAN, est manifeste comme le montre la déclaration de S. Ndiaye – porte-parole du gouvernement français - « Evidemment que nous sommes inquiets par rapport à ce qui pourrait se passer et c’est la raison pour laquelle nous souhaitons que la Turquie (…) termine au plus vite l’intervention qu’elle a commencée, que nous avons évidemment condamné ». Pour sa part le président Turc a déclaré : « Depuis que nous avons lancé notre opération, nous faisons face à des menaces de sanctions économiques ou d’embargos sur les armes. Ceux qui pensent pouvoir nous contraindre à reculer avec ces menaces se trompent ». Trump déclare retirer des soldats à la frontière turque, alors qu’en 5 mois il a envoyé 14 000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, portant la présence américaine à 84 000 soldats dans cette région. Si son objectif n’est pas la guerre, qu’il nous explique pourquoi un tel déploiement de forces si ce n’est la volonté impérialiste de se repartager le monde. N’ajoutons pas la honte et le déshonneur à l’indifférence, il ne faut pas refaire les mêmes erreurs que dans les années 1930. Ayons le courage politique de nous opposer à une telle ignominie pour préserver la paix dans le monde. L’ARAC dénonce avec détermination l’invasion de la Syrie par l’armée Turque, exige le retrait des forces d’occupation et le respect de la souveraineté du peuple Syrien. L’ARAC exige que l’ONU fasse appliquer la Charte des Nations Unies L’ARAC appelle ses adhérents à prendre et à participer à toutes les initiatives pour condamner l’agression en cours, véritable menace pour la paix. Villejuif, le 14 octobre 2019

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LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019


ÉDITO LE RÉVEIL REPONDRE AUX BESOINS DES PEUPLES, C’EST CONSTRUIRE LA PAIX

SOMMAIRE Actualités L’ARAC appelle la communauté internationale à s’opposer à l’offensive militaire de Erdogan en Syrie..................................................................... 2 Réforme des retraites : plusieurs syndicats appellent à la grève le 5 décembre ... 4 65 % des français soutiennent la mobilisation contre la réforme des retraites ..... 5 Le nombre de coupures d’électricité pour facture impayée s’envole .................... 5 La colère s’étend : Sécurité ferroviaire ...................................................................... 7 Message de l’ARAC : Le 11 novembre 2019 et l’ARAC ........................................... 21

International En 2020, 20 000 soldats américains débarqueront en Europe Pour l’exercice « defender 2020 » ........................................................................8 Renforcement de la présence militaire américaine en Arabie saoudite ..............8 Trump livre les kurdes à Erdogan .....................................................................9 CONTRIBUTION : Quel pourtour pour l'accord syro-kurde ? … .......................10 Alexandroupolis, nouvelle base US contre la Russie (extraits) ...........................11 USA/armes : La NRA en campagne permanente …...........................................12

Mémoire 2019 l’année de “l’esprit guerrier” ? ...........................................................22 à 24 Intervention de l’ARAC à propos du Budget 2020 du Ministère des armées, le 16 octobre 2019 .........................26

Vie de l’ARAC Vie de l'ARAC .............................................................................................. 27 à 30 Nos peines .......................................................................................................... 31 Ensemble, soyons solidaires pour permettre à l’arac et à son journal de poursuivre notre combat : l’heure est grave, il y a urgence................................ 29

P. 13 . D O S S I E R

« Le peuple en Résistance » ◗ Dans ce numéro : 1 carte postale e + 1 supplément Etats Généraux de la Paix

www.le-reveil-des-combattants.fr LE RÉVEIL DES COMBATTANTS Fondé en 1931 par Henri-Barbusse Mensuel de l’Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre. Commission paritaire n° 0723-A06545 ISSN N° 0751-6215 • Édité par les Éditions du Réveil des Combattants • SARL au capital de 45 734,41 € - Siret : 572 052 991 000 39 2, place du Méridien - 94807 Villejuif cedex Tél. 01 42 11 11 11 reveil-des-combattants@wanadoo.fr • Tirage : 60 000 exemplaires • Gérant : Raphaël Vahé

• Rédacteur en chef : Patrick Staat • Rédactrice en chef adjointe : Brigitte Canévêt • Comité de Rédaction : Hervé Corzani, JeanPierre Delahaye, Laurence Gorain • Régie Publiciatire : HSP - Tél. 01 55 69 31 00 contact@hsp-publicité.fr • Administratrice : Annick Chevalier • Conception graphique - Impression : RIVET PRESSE EDITION - 24, rue Claude-Henri-Gorceix, 87022 Limoges cedex 9

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ans le monde, en Europe, en France, les richesses sont de plus en plus concentrées entre les mains d’une classe privilégiée. Des luttes, des révoltes se multiplient partout dans le monde devant l’accroissement des inégalités, de l’écart grandissant entre la caste de plus en plus riche et la majorité des peuples. C’est le système capitaliste, libéral qui est remis en cause. L’augmentation de la précarité et des inégalités fait que des milliards d’enfants, de femmes et d’hommes continuent de vivre, de survivre dans la misère. Notre pays est l’exemple de cette situation inacceptable. Les entreprises du CAC 40 ont augmenté de 12,8 % les dividendes et les rachats d'actions en 2018, ont permis de verser 57,4 milliards d'euros aux actionnaires. Cette “générosité” atteint ainsi un montant record sur les 15 dernières années. Quelle injure, alors que le peuple est dans la rue et réclame plus de partage des richesses, une réelle hausse du SMIC, davantage de pouvoir d'achat et de meilleurs services publics. La colère qui traverse notre pays depuis des mois est profonde. La réponse du gouvernement aux manifestations, grèves, rassemblements, c’est la répression, la menace, les tribunaux. La vague de protestation qui monte partout dans le monde prouve que les peuples aspirent à plus d’égalité, de justice, de fraternité, de liberté. Et pourtant, on le voit bien les pays « libéraux », ceux du llibre-échange, ont besoin pour continuer à dominer le monde de se partager à nouveau les territoires, s’octroyer mon les rrichesses (pétrole, gaz, minerais …). L’enjeu est d’asseoir les intérêts américains au détriment L’en de lla souveraineté des peuples et des nations. La présence américaine au Moyen-Orient se porte à 84.000 soldats. amé En Syrie, Erdogan avec l’aval des USA, veut élargir son assise territoriale. Toutes les forces des grands pays se assi retrouvent dans cette partie du monde, américains, franretr çais, anglais, russes, etc. çais L’avidité de ceux qui veulent être les maitres du monde L’av sur le dos des peuples font courir un risque de guerre. Jamais depuis des décennies n’a été aussi clairement présent le lien entre aspirations des peuples à plus d’égalité et les risques de guerre mondiale. La lutte pour la satisfaction des revendications, le mieux vivre, la solidarité est inséparable du combat pour la paix. Pour nous à l’ARAC, qui a été créée pour s’attaquer aux causes des guerres, notre détermination à montrer ce lien est inébranlable. C’est pourquoi nous appelons au rassemblement de toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté à lutter ensemble pour plus de justice sociale, pour la paix. Patrick STAAT Secrétaire Général LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

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LE RÉVEIL ACTUALITÉS

Réforme des retraites : plusieurs syndicats appellent à la grève le 5 décembre Les syndicats appellent à une grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites le 5 décembre. Le même jour débutera la grève "illimitée" initiée par la RATP et rejoint par la SNCF et les transports routiers. "Les organisations syndicales et de jeunesse s'engagent à construire un plan d'action contre le projet de réforme de retraites par points et pour gagner un renforcement, une amélioration du système actuel de retraites solidaire et intergénérationnel", ont écrit les syndi-

cats dans un communiqué. "Les organisations vont initier et impulser des assemblées générales sur les lieux de travail et d'études, des débats publics sur tout le territoire, des interpellations des élus locaux et nationaux, des initiatives de sensibilisation de toute la population, pour échanger sur la réforme et sur les modalités d'actions et de riposte collective", ajoutent-ils. Plusieurs syndicats de la RATP, qui avaient mené un premier mouvement social très suivi le 13 septembre ont ap-

pelé à une grève « illimitée » à compter du 5 décembre pour s'opposer au projet de réforme, qui prévoit un système "universel" à points à partir de 2025. Des syndicats de la SNCF et des transports routiers ont rejoint cet appel.

Les frais de tenue de compte ont bondi de plus de 1 000 % en dix ans Selon une étude de Sémaphore Conseil réalisée pour « Les Échos », les frais de tenue de compte sont passés de 1,43 euro en moyenne à 17,06 euros entre 2009 et 2019. C'est une véritable inflation, voire une explosion… La hausse concernant les frais de tenue de compte est la plus spectaculaire (+1 095 %). Ce chiffre peut paraître impressionnant, mais il faut savoir que les prix de cette prestation qui doit permettre de couvrir la gestion du compte bancaire partaient de 1,43 euro en 2009. Ainsi, les 18 banques du panel facturent désormais ces frais 17,06 euros par an en moyenne, selon l'étude. Avant 2009, ils étaient gratuits.

En règle générale, tous les services en agence physique ont vu leurs tarifs grimper. Il faut compter désormais 3,70 euros pour demander à un conseiller bancaire d'effectuer un virement (+ 28 % en dix ans) et 99 euros pour louer un coffre-fort (+ 14 %). Les cotisations annuelles pour les cartes bancaires ont, elles, augmenté de 5,5 % à 14,8 %. Le prix de certaines d'entre elles restent d'ailleurs assez chères, comme la Visa Infinite qui coûtait 325 euros par an en 2018.

Ces hausses font en fait partie de la stratégie des banques "traditionnelles" qui souhaitent mettre l'accent sur la numérisation des services. L'objectif étant d'"autonomiser de plus en plus le client en favorisant les opérations à distance, et limiter ainsi les flux de personnes en agences", selon « Les Echos ». "Les établissements ont donc globalement diminué les prix des services réalisés via Internet, et augmenté ceux en agence", ajoute le quotidien. Source : Boursier.com (extraits) – 04/10/09

Parmi les 4 millions de personnes mal logées que compte notre pays, 1,2 million vivent en Ile-de-France, la région la plus riche de France Faute d’une dynamique de construction suffisante, de continuité et de lisibilité dans l’action, de volontarisme dans l’encadrement des marchés et de financements adéquats pour réduire les déséquilibres territoriaux tout en apportant une réponse solidaire et ajustée aux besoins des personnes - notamment les plus fragiles -, la crise du logement reste très ancrée en Île-de-France. Habitat Indigne dans le 93

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L’Île-de-France représente 18,2 % de la population nationale et les indicateurs

de mal-logement et de difficultés à se loger y sont alarmants : La région concentre en effet 33 % des habitants en bidonvilles, près de 34 % des demandes d’HLM, 41 % des expulsions locatives effectives, 64 % des recours DALO et 59 % des recours DALO, 61 % des ménages Priorités Urgentes DALO restant à reloger, 63 % des situations de surpeuplement accentué… Avec l’augmentation des dépenses (loyers et charges) pour se loger, 19 %


ACTUALITÉS LE RÉVEIL des franciliens se déclarent en difficulté de paiement à la fin du mois même s’il n’y a finalement « que » 5 % des ménages locataires franciliens qui sont en situation d’impayés. Néanmoins, l’Île-de-France est la région la plus touchée par les expul-

sions ; elle totalise 26 % des décisions de justice prononçant l’expulsion et 41 % des expulsions effectives du territoire national (données 2017 du Ministère de la justice) Plus personne n’est aujourd’hui protégé de l’expulsion locative : elle peut

toucher les personnes âgées, les personnes souffrant de graves handicaps, les personnes sous tutelle… Même les ménages dont le relogement est pourtant reconnu « prioritaire et urgent » au titre du DALO peuvent être expulsés avec le concours de la force publique.

65 % des français soutiennent la mobilisation contre la réforme des retraites Les trois quarts (74 %) des Français craignent de devoir travailler plus longtemps avec la réforme des retraites et 68 % estiment que le montant des pensions va baisser, révèle un sondage Elabe pour BFMTV publié le 3 octobre. Le chef de l'État aura fort à faire pour convaincre de l'utilité et de l'équité de son ambitieuse réforme qui vise à fusionner en un système unique par points les 42 régimes existants, à l'horizon 2025. Le gouvernement fait face à un front commun d'opposition à la réforme. Outre les manifestations organisées par FO et la CGT en septembre, les avocats, médecins et pilotes se sont également mobilisés, ainsi que les policiers. La quasi-totalité des syndicats

de la RATP ont annoncé une grève reconductible à partir du 5 décembre. Des mobilisations soutenues par 65 % des Français (35 % soutien et 30 % sympathie), selon le sondage Elabe. Les sondés sont par ailleurs toujours partagés sur cette réforme : 43 % y sont opposés, 32 % y sont favorables, tandis que 24 % ne sont ni pour, ni contre. Interrogés sur les inconvénients de la réforme, 74 % des personnes interrogées citent le fait de devoir travailler plus longtemps, 68 % estiment que le montant des pensions va baisser, 54 % pensent qu'il faudra faire de plus en plus appel à des organismes privés pour préparer sa retraite, 43 % qu'on ne saura qu'au dernier moment le montant des pensions, et 26 % citent la dis-

parition des régimes spéciaux. Seuls 4 % estiment que la réforme n'aura aucun inconvénient. Enfin, 61 % des sondés jugent que la concertation publique et les consultations citoyennes sur la réforme des retraites ne sont pas utiles car tout est déjà décidé, contre 38 % pour qui les débats seront utiles (1 % ne se prononce pas). Source : BOURSORAMA – 04/10/19

Le nombre de coupures d’électricité pour facture impayée s’envole Les coupures de courant décidées par les fournisseurs d'énergie ont grimpé de près de 20 % au premier semestre quand celles de gaz s’envolaient de 10 %. Le médiateur de l’énergie dénonce une situation inquiétante.

Les Français ont de plus en plus de mal à payer leurs factures d’énergie. C’est le constat alarmant que dresse le médiateur national de l’énergie. Le nombre de coupures d’électricité a bondi de 18 % et celui de gaz naturel s’est envolé de 10 % au premier semestre par rapport à la même période en 2018. Le médiateur craint qu'en 2019, « le nombre d'interventions pour impayés, coupures ou réductions de puissance, dépasse les 572 440 réalisées en 2018 ». Les Français qui se retrouvent privés d’énergie font face à des situations souvent similaires comme une facture de régularisation imprévue dont le montant est trop élevé, un accident de la vie ou l’installation dans un logement énergivore.

Près de 7 millions de ménages sont considérés comme étant en situation de précarité énergétique. Plongés dans le noir, éclairés à la bougie, dans l’incapacité de chauffer leur nourriture… les conséquences sont pour eux dramatiques. Outre ces hausses successives de tarifs, Jean Gaubert dénonce dans les colonnes du « Parisien-Aujourd’hui en France » un durcissement de la politique de gestion des impayés des fournisseurs. Des distributeurs d’énergie qui se pressent par ailleurs de sanctionner les mauvais payeurs avant la trêve hivernale qui doit débuter le 1er novembre pour s’achever en mars. Les coupures sont interdites durant cette période. Source : Le Figaro (extraits) – 08/10/19

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ACTUALITÉS LE RÉVEIL

La colère s’étend : Sécurité ferroviaire

Un accident qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques a eu lieu le 16 octobre 2019 en Champagne-Ardenne. En effet, un train a percuté un convoi exceptionnel sur un passage à niveau. 70 voyageurs étaient à bord. En cause : les choix irresponsables de la direction SNCF. Dans le seul but d’abaisser ses coûts de production, la direction de la SNCF a accéléré, ces dernières années, sa politique de déshumanisation des gares et des trains. Elle a pour cela généralisé la mise en

place des équipements à agent seul (EAS, matériel roulant sans contrôleurs) sur l’ensemble du territoire. Cette logique d’abandon de présence humaine est aussi appliquée aux gares avec la fermeture des guichets et la suppression annoncée de l’autorisation de départ. Ces choix contribuent à détériorer fortement le niveau de sécurité des circulations, la sûreté dans les gares et les trains. Plusieurs accidents récents viennent malheureusement renforcer cette réalité. A titre d’exemple, nous n’en citerons que quelques-uns survenus récemment : – Les 2 chocs suite à accident de personne survenus sur la région de Paris Sud-est sur du matériel Régio2N ; – Le choc d’un train au passage à niveau survenu hier (le 16 octobre) entre Mohon et Poix-Terron. – A chaque fois, les trains circulaient en exploitation « EAS » et à chaque fois, l’agent de conduite s’est retrouvé seul et isolé à devoir traiter une multitude de procédures réglementaires et gérer

les usagers, le tout en état de choc, sans dispositif de communication efficient à disposition. La fédération CGT des cheminots exige le retour de contrôleurs sur l’ensemble de ces circulations afin de permettre aux agents de conduite de se concentrer uniquement sur la gestion de la sécurité ferroviaire. En outre, elle exige le déclenchement immédiat de rencontres en régions sur l’équipement des trains. La situation insupportable que vivent les cheminots et les usagers doit cesser. La direction de la SNCF n’a pour l’heure donné aucun signe de vie. C’est inadmissible. Au moment où s’écrivent ces lignes, plusieurs régions ont décidé de débrayer massivement. La Fédération CGT exige des réponses immédiates de la direction SNCF et se tient résolument aux côtés des cheminots en lutte.

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LE RÉVEIL INTERNATIONAL

En 2020, 20 000 soldats américains débarqueront en Europe Pour l’exercice « defender 2020 » Au cours de l'année prochaine, les forces armées de 17 États membres de l'OTAN, dont les États-Unis et l'Allemagne, effectueront les manœuvres « Defender 2020 ». C’est le déploiement militaire le plus important en Europe depuis 25 ans. Il s’agira pour le Pentagone d’acheminer en Europe jusqu’à 20 000 militaires avec leurs équipements (soit 3 brigades blindés, une d’artillerie et une autre de logistique). Au total, ces manœuvres impliqueront jusqu’à 40 000 militaires originaires de 18 pays (dont la France). Les soldats américains débarqueront dans huit pays, dont l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne et… la Géorgie, qui n’est pas membre de l’Otan (mais qui a des relations très compliquées avec la Russie…). Ils utiliseront également des équipe-

ments préalablement stockés dans des dépôts (Army prepositioned stocks, APS) implantés en Belgique et en Allemagne, qui redeviendra une plaque tournante logistique. « L’objectif est d’accroître la préparation au sein de l’Otan et de dissuader d’éventuels adversaires », a expliqué l’US Army, pour qui la capacité à « projeter sa force à tout moment » est essentielle. Ces manœuvres Defender 2020 seront aussi l’occasion de mesurer les progrès accomplis dans le domaine de la mobilité militaire au sein de l’espace européen, sachant que les troupes américaines auront à parcourir 4,000 km par voie terrestre. Par ailleurs, l’an prochain, l’US Army mènera également un exercice du même type dans la région Indo-Pacifique (et appelé Defender Pacific 2020). Là, l’objectif sera d’y déployer

un quartier général de division et plusieurs brigades lors d’une période de 30 à 45 jours. Ces unités devront « relever le défi de venir dans la Pacifique et de rejoindre les forces déjà sur place », avait expliqué le général Robert Brown, le commandant de l’US Army Pacific, à Defense News, en mars dernier. Et là, il s’agira de se préparer à contrer les forces chinoises en mer de Chine méridionale. Source : OPEX360.com – 08/10/19 – L Lagneau

Renforcement de la présence militaire américaine en Arabie saoudite Washington vient d’autoriser le déploiement en Arabie saoudite de plusieurs milliers de soldats. Depuis le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, il y a plus d’un an les tensions vont croissant entre les EtatsUnis et l’Iran. Si Washington affirme ne pas chercher le conflit armé, cette nouvelle annonce ne risque pas d’être vue d’un bon œil à Téhéran. « Une attitude malveillante et une campagne pour déstabiliser le Moyen-Orient et perturber l’économie mondiale ». C’est en ces termes que les Etats-Unis dénoncent le comportement de Téhéran par la voix de Mark Esper le ministre américain de la Défense. Hier il a donc autorisé le déploiement ou le maintien de soldats en Arabie saoudite, 3 000 au total. Fin septembre Washington avait déjà annoncé l’envoi de 200 militaires 8-

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dans le royaume, une présence inédite depuis 2003. Et ce n’est pas tout, depuis mai dernier 14 000 soldats ont été déployés dans tout le Moyen-Orient en plus des 70 000 déjà présents. Un renforcement qui intervient alors que les

tensions dans la région sont de plus en plus fréquentes. Hier encore un tanker iranien a été touché vraisemblablement par deux missiles en mer Rouge. (Radio Vatican, le 12-10-2019)


INTERNATIONAL LE RÉVEIL Le quotidien le Parisien a publié dans son édition du samedi 12 octobre un entretien avec André Hébert, ancien engagé volontaire dans le bataillon international des forces kurdes. Extraits des propos recueillis par Nelly Terrier Kurdes : Les laisser tomber est irresponsable. A 28 ans, André Hébert connaît le nord-est de la Syrie pour y avoir été engagé volontaire dix-huit mois entre 2015 et 2017, au côté de l’YPG, l’armée kurde au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS). Soldat dans le bataillon des volontaires internationaux, ce Français a participé à la victoire contre Daech. Cet engagement dont il a livré le récit dans un livre, fait de lui un fin connaisseur de la région. Il réagit au retournement américain. Quel est votre sentiment sur le tweet brutal de Trump et l’abandon des Kurdes du nord-est de la Syrie ? Je ne crois pas au coup de tête de Trump, les relations internationales ne sont jamais menées un seul homme, tout dirigeant est entouré d’une équipe. Je pense plutôt que le président américain et son clan ont négocié quelque chose avec la Turquie, peut-être qu’elle s’amarre plus forcément dans l’Otan et ne se rapproche pas davantage de l’axe Russie-Iran. Si concession turque aux Etats-Unis il y a, elle apparaîtra tôt ou tard.

L’abandon des Kurdes serait donc, selon vous, une monnaie d’échange ? Oui, et en échange les Turcs ont obtenu ce qu’ils demandaient depuis longtemps, à savoir opérer un nettoyage ethnique dans les territoires kurdes de la Syrie. Ils sont sacrifiés sans état d’âme. Quel est le but exact de la Turquie ? Le but a été clairement affiché par Erdogan qu’on a vu, jusqu’à l’ONU, présenter une carte montrant la zone qu’il veut annexer, celle du peuplement kurde en Syrie. La Turquie a dit aussi que le but est d’y installer les 3,7 millions de réfugiés arabes syriens actuellement en Turquie. L’armée turque va bombarder le plus de civils kurdes possible et, si elle arrive à conquérir les territoires, elle y déplacera les réfugiés arabes pour anéantir le peuplement kurde. Les autres pays occidentaux, dont la France, semblent ne pouvoir rien empêcher, pourquoi ? La France ne se donne pas les moyens d’avoir une politique indépendante de celle des Etats-Unis, elle n’a pas de force dissuasive sur place, elle a en-

voyé des signaux de faiblesse depuis longtemps. Mais, il y a aussi du cynisme et de la lâcheté. Les Américains ont demandé aux Kurdes de détruire leurs fortifications dressées pour se protéger d’une invasion. Puis, ils les ont laissé tomber. Vous avez participé à la libération de Raqqa, risquant votre vie pour libérer la ville des griffes de Daech. Que ressentez-vous aujourd’hui ? De la colère et de la honte pour cette lâcheté. Je suis inquiet pour mes camarades sur place même si je sais qu’ils vont combattre avec détermination. Je suis en colère parce que le confédéralisme démocratique inventé au Rojava, pour lequel je me suis battu, risque de disparaître alors que nous avons tant à en apprendre.

Trump livre les kurdes à Erdogan L’armée turque a pénétré, mercredi 9 octobre, dans le nord-est de la Syrie, région contrôlée par la coalition kurdo-arabe, alliée des Occidentaux. D’intenses bombardements sur plusieurs villes frontalières ont fait fuir la population civile, avant le déclenchement de l’offensive terrestre. Sur ordre de Trump, les forces spéciales américaines s’étaient retirées de la zone, laissant à leur sort les Kurdes qui les avaient aidées face à l’Etat islamique. Principale force d’opposition sur le terrain ils sont les véritables vainqueurs de Daech et en ont payé le prix du sang. Ce retrait de la Maison-Blanche couplé à un entretien téléphonique entre Trump et Erdogan constitue le feu vert, à celui qui se veut le nouveau Sultan du Bosphore, pour mener à bien son opération de « nettoyage » et mettre fin à

l’expérience démocratique du Rojava. Ankara justifie son intervention au nom de la lutte contre le « terrorisme » kurde et s’appuie sur des milices locales. Avec cette sale guerre contre les kurdes, Erdogan, vise également une opération de politique intérieure. En difficulté dans son pays, depuis les élections municipales ou son Parti a perdu une majorité de grandes villes dont Istanbul deux fois, le maître d’Ankara mise sur ce conflit et sur le ressort nationaliste pour se relancer… L'offensive d'Ankara a permis aux forces turques et à leurs supplétifs syriens de conquérir une bande frontalière de près de 120 km, allant de Tal Abyad à Ras alAïn. Environ 300 000 personnes ont été déplacées par les combats. L'objectif est d'éloigner les YPG de la frontière mais

aussi d'y installer une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie. Amnesty International accuse l'armée turque et les rebelles pro-turcs de « mépris honteux pour les vies civiles », évoquant des « preuves accablantes de crimes de guerre ». A l’heure où nous écrivons ces lignes la situation ne cesse d’évoluer. Ce qui reste une constante c’est l’incapacité, voire le manque de volonté des européens, de stopper Erdogan. JP Delahaye LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

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LE RÉVEIL INTERNATIONAL

CONTRIBUTION Quel pourtour pour l'accord syro-kurde ? En l'état actuel des choses, les termes exacts de l'accord entre les autorités syriennes et le PYD (principal parti kurde syrien), qui scelle sous auspices russe l’engagement de l’armée syrienne en soutien aux Kurdes syriens contre l’invasion turque du nord de la Syrie, ne sont pas connus. Mon propos n'est donc qu'une exégèse du peu d'informations qui ont filtrées autour de ces négociations. Le départ des soldats occidentaux du sol syrien : Le passage des Kurdes syriens sous orbite occidentale et l'installation de bases militaires US, britanniques ou françaises sur le sol syrien avec l'aval des Kurdes, était jusque-là la principale pierre d'achoppement entre les autorités syriennes et le PYD. Il s'agissait même pour Damas d'un préalable non-négociable à toute discussion sérieuse. Sur ce point, il est probable que les autorités syriennes aient obtenu satisfaction sur toute la ligne. Les USA en ont pris acte, et évacué la majeure partie de leurs soldats du sol syrien. Le gouvernement français fait par contre mine de ne pas comprendre que sa présence militaire n'est plus souhaitée, tentant de faire passer pour actions ses gesticulations. Toutefois, cet accord se heurte à une difficulté : ce qu'il reste de troupes occidentales semble se regrouper dans les champs pétrolifères autour de DeirEzzor. Et il n'est pas certain qu'elles les quittent de bonne grâce… La restitution des champs pétroliers aux autorités syriennes : C'est le second point sensible des relations entre Damas et les Kurdes syriens ces dernières années. Et la raison pour laquelle la manœuvre occidentale actuelle peut être vue comme destinée à tenter de saboter l'accord syro-kurde en rendant un de ses points essentiels impossible à mettre en œuvre. 10 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

Ces champs pétrolifères se trouvent pour l'essentiel dans la région de Deir-Ezzor. Il s'agit de secteurs où les Kurdes ne représentent qu'une part infime de la population et qui ont été occupés par eux (via les FDS), stimulés par les Occidentaux, en profitant de l'effondrement de Daesh devant l'offensive syrienne pour lever le siège de Deir-Ezzor. En plus de ce secteur, il semblerait que l'accord syro-kurde prévoie la restitution de Raqqa et ses environs, voire d'autres secteurs comme Mandjib, aux autorités syriennes. Les troupes syriennes semblent déjà être en train de s'y redéployer. Une reconnaissance de facto de l'autonomie kurde, réduite toutefois à un périmètre plus modeste ? De ce qui ressort des déclarations du PYD en marge comme après la signature de l'accord syro-kurde, cet accord ne met pas fin à leur autonomie de facto. Il ne s'agirait donc pas d'une "capitulation", contrairement à ce que peuvent laisser supposer nos médias. Il est probable qu'il en réduise toutefois le

périmètre, sur le plan territorial comme décisionnel. Sur le plan territorial, il est probable que les secteurs où les Kurdes sont minoritaires et actuellement sous leur contrôle soient restitués à l'autorité du gouvernement syrien. Par exemple la partie du gouvernorat de Deir-Ezzor actuellement sous leur contrôle, l'essentiel du gouvernorat de Raqqa, Mandjib, ou encore de secteurs de Hassaké et Qamichli. Sur un plan décisionnel, les Kurdes renonceraient à toute velléité d'indépendance, ou encore à la politique de "kurdisation" forcée de l'enseignement dans la zone restant sous leur contrôle. Une politique très mal vécue par les populations non-kurdes de cette zone et qui a contribué à y tendre les relations intercommunautaires, au passage. De plus, un certain nombre de prérogatives seraient du ressort de l'Etat syrien (surtout celles régaliennes, le contrôle des frontières par exemple), "partagées" ou soumises peu ou prou à son autorisation. Jihad Wachill


INTERNATIONAL LE RÉVEIL

Alexandroupolis, nouvelle base US contre la Russie (extraits) Geoffrey R. Pyatt fut ambassadeur des États-Unis en Ukraine de 2013 à 2016, organisa avec Victoria Nuland le coup d’État d’EuroMaidan. Nommé par Barack Obama ambassadeur en Grèce, en 2016, est désormais en charge de faire échouer la livraison de gaz naturel russe à l’Union européenne. « Je reviens juste d’Alexandroupolis, visite stratégique importante qui a mis au point à la fois les exceptionnelles relations militaires entre États-Unis et Grèce, et l’investissement stratégique que le gouvernement des États-Unis est en train de faire à Alexandroupolis » : déclaration du 16 septembre de l’ambassadeur en Grèce Geoffrey Pyatt. Le port d’Alexandroupolis se situe dans la Grèce nord-orientale frontalière avec la Turquie et la Bulgarie, situé sur la Mer Egée au bord du Détroit des Dardanelles, reliant en territoire turc la Méditerranée et la Mer Noire, constitue une fondamentale voie de transit maritime surtout pour la Russie. L’importance géostratégique de ce port est expliquée par l’Ambassade des USA à Athènes : « Le port d’Alexandroupolis, grâce à son emplacement stratégique et à ses infrastructures, est bien positionné pour appuyer des exercices militaires dans la région, comme l’a démontré le récent Saber Guardian 2019 ». L’“investissement stratégique”, que Washington est déjà en train d’effectuer dans les infrastructures portuaires, vise à faire d’Alexandroupolis une des plus importantes bases militaires USA dans la région, en mesure de bloquer l’accès des navires russes en Méditerranée. Cela est rendu possible par les “exceptionnelles relations militaires” avec la Grèce, qui depuis longtemps a mis ses bases militaires à disposition des USA : en particulier Larissa pour les drones armés Reapers et Stefanovikio pour

les chasseurs F-16 et les hélicoptères Apache. Cette dernière, qui va être privatisée, sera achetée par les USA. R. Pyatt ne cache pas l’intérêt que portent les USA à renforcer leur présence militaire en Grèce et autres pays de la région méditerranéenne : « Nous travaillons avec d’autres partenaires démocratiques dans la région pour repousser des acteurs comme la Russie et la Chine qui ont des intérêts différents des nôtres », notamment « la Russie qui utilise l’énergie comme instrument de son influence maléfique ». Puis il souligne l’importance prise par la “géopolitique de l’énergie”, en affirmant qu’ « Alexandroupolis a un rôle crucial de liaison pour la sécurité énergétique et la stabilité de l’Europe ». La Thrace Occidentale, la région grecque où est situé le port, est en effet “un carrefour énergétique pour l’Europe Centrale et Orientale”.

ner le gaz russe en Italie et de là dans d’autres pays de l’UE. Les États-Unis essaient maintenant de bloquer aussi le Turk Stream, objectif plus difficile parce qu’entrent en jeu les rapports, déjà détériorés, avec la Turquie. À cet effet ils s’appuient sur la Grèce, à qui ils fournissent de croissantes quantités de gaz naturel liquéfié en alternative avec le gaz naturel russe. On ne sait pas ce que sont de train de préparer en Grèce les États-Unis, y compris contre la Chine qui entend faire du Pirée une importante escale de la Nouvelle Route de la Soie. Mais il n’y aurait pas à s’étonner si, sur le modèle de l’“Incident du Golfe du Tonkin”, se déroulait en Mer Égée un “Incident d’Alexandroupolis”. Manlio Dinucci Il Manifesto – 24/09/19

Pour comprendre, il suffit de regarder la carte géographique. La Thrace Orientale limitrophe – c’est-à-dire la petite partie européenne de la Turquie- est le point où arrive, après avoir traversé la Mer Noire, le gazoduc Turk Stream provenant de Russie, en phase finale de réalisation. De là, à travers un autre gazoduc, le gaz russe devrait arriver en Bulgarie, Serbie et autres pays européens. C’est la riposte russe à la manœuvre réussie des États-Unis qui, avec la contribution déterminante de la Commission européenne, bloquèrent en 2014 le gazoduc South Stream qui aurait dû ame-

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LE RÉVEIL INTERNATIONAL

USA/armes

La NRA en campagne permanente Malgré la multiplication des tueries de masse, le lobby aux 5 millions de membres ne baisse pas la garde pour défendre le droit des Américains à posséder une arme à feu. lisation sûre et légale des armes à feu par ceux qui exercent leur liberté dans le cadre du deuxième amendement. » Et pour évacuer toute polémique, l’organisation a ajouté qu’elle « ne participerait pas à la politisation de ces tragédies ».

Deux nouvelles tueries ont ensanglanté les Etats-Unis le même week-end. A El Paso (Texas) et à Dayton (Ohio), deux villes situées à environ 2 500 kilomètres de distance, deux hommes ont sorti un fusil d’assaut à quelques heures d’intervalle, samedi 3 et dimanche 4 août et massacrés au moins 31 personnes. Deux nouveaux drames qui relancent l’éternel débat sur les armes à feu outre-Atlantique. Dans le camp démocrate, plusieurs voix se sont élevées pour exiger un contrôle renforcé, à commencer par Barack Obama. Sur Twitter, l’ancien président a estimé qu’un durcissement des lois « pourrait arrêter certains massacres », lui qui durant deux mandats a été incapable d’imposer quelconques sanctions à la toute puissante NRA, (par manque de volonté politique ?) En face, les défenseurs du port d’armes ne baissent pas la garde. La célèbre NRA (« National Rifle Association »), principal lobby pro-armes, a rapidement présenté ses condoléances aux familles avant d’entonner son habituel refrain : « La NRA est attachée à l’uti12 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

La NRA, forte d’un budget de 419 millions de dollars en 2016, ne lésine pourtant pas sur les moyens lors de ses opérations de lobbying. Les élus sont notés, les dollars pleuvent ou pas sur les candidats et les spots de pub foisonnent… Lors de la campagne républicaine d’il y a trois ans, le groupe de pression a dépensé 54 millions de dollars, dont 31 millions pour la campagne de Donald Trump. Il a cherché à « protéger les majorités républicaines à la Chambre des représentants et au Sénat », indique Anna Massoglia, chercheuse au Center for Responsive Politics (CRP), organisme spécialisé dans le financement politique.

Un engagement politique en augmentation « Il s’agit d’une augmentation considérable par rapport aux années précédentes. Les dépenses déclarées par la NRA pour Trump représentent plus que les dépenses combinées du lobby pour les élections en 2008 et en 2012 », détaille-t-elle à France Info. L’engagement politique de la NRA s’est considérablement intensifié au cours

des dernières décennies et a atteint son apogée en 2016. Cette puissance financière est alimentée par diverses donations et par les cotisations des quelque 5 millions de membres revendiqués par l’association. Parmi les donations, le Violence Policy Center relève qu’entre 2005 et 2013, fabricants et distributeurs d’armes ont donné “entre 19,3 et 60,2 millions de dollars” à la NRA. Les ressources de la NRA lui ont souvent permis de jouer les trouble-fêtes lors des élections. Lors de la campagne présidentielle en 2000, le lobby a déboursé 20 millions de dollars pour orchestrer une campagne de dénigrement contre le candidat démocrate Al Gore, à l’origine d’une loi anti-armes. « La NRA a joué un rôle décisif dans sa défaite », assure aux Echos Matt Bennett, ancien conseiller à la Maison-Blanche. Au-delà des élections, la NRA cherche à peser directement dans le débat politique. « Le message fondamental envoyé aux adhérents est que l’élite (les médias, les membres du Congrès, Hollywood…) va leur enlever leur arme. Donc qu’ils doivent donner de l’argent et s’impliquer avec la NRA », précise, Josh Sugarmann, militant anti-armes. « Ils donnent également à leurs partisans le sentiment de faire partie d’un mouvement qui sauve l’Amérique. » Un discours proche du slogan de Donald Trump – América great again - dans lequel se retrouve les suprémacistes blancs, les groupes et organisations fascistes mais pas seulement. Également une forte proportion d’américains, laisser pour compte, revanchards de l’ère Obama et prêts de nouveaux à se faire entendre aux prochaines présidentielles. JPD


LE CAHIER MÉMOIRE N° 858 OCTOBRE 2019

« Le peuple en Résistance » Les publications, les articles de la presse écrite, les livres, les émissions de télévision (documentaires ou récits) évoquent à juste titre les noms des responsables de la Résistance et restent souvent discrets sur leur entourage. Or pour ce qui est de ces responsables, les Moulin, les Aubrac, Rol-Tanguy, Pierre Villon, Kriegel-Valrimont, le général Joinville, André Carrel, André Tollet, Jean de Vogüe, et j’en passe, ils n’ont pu assumer leurs responsabilités que par nombre d’hommes et de femmes qui exécutaient avec eux les

décisions prises. Il serait donc injuste de ne pas tous les évoquer ces anonymes de l’ombre aussi bien que les dirigeants. Le parcours relativement rapide des troupes alliées à travers le territoire de notre pays n’a pu se produire que grâce à ces résistantes et résistants qui ont bloqué les routes pour retarder l’armée nazie, tendu des embuscades pour affaiblir l’occupant. Il n’est pas question de mettre en cause les responsables de la résistance mais seulement de mettre en évidence le

Ferme lieu de rassemblement de la résistance.

Édité par le Réveil des combattants - 2 place du Méridien - 94807 Villejuif - Tél. 01 42 11 11 11

peuple de notre pays, son rôle déterminant dans le combat résistant à l’occupation et dans la libération. Comme l’a écrit Louis Aragon au printemps 1944, dans le poème qu’il signa « Français la colère ». « Mon peuple est là, dans ma ville majeure, qui s’est levé sans attendre le jour. » C’est donc de notre peuple qu’il s’agit, notre peuple en résistance. Paul Markides


LE RÉVEIL DOSSIER

Le peuple en Résistance place et les raisons qui conduisirent des hommes et des femmes à s’y engager.

Groupe de résistants Fancais.

Evoquer aujourd’hui la Résistance et donc les Résistants nécessite de procéder à une réflexion sur les conditions dans lesquelles elle se mit en

Tout d’abord, il convient de mettre en lumière les résultats concrets des actions de Résistance. Dans les dernières phases de ces actions, ils ont permis aux troupes alliées, que ce soient celles qui débarquèrent sur la Côte normande, que ce soient celles qui débarquèrent en Corse ou sur la côte provençale, de se voir ouvrir pour une grande part, le chemin libérateur, les troupes de l’armée d’occupation nazies ayant été gênées, neutralisées, voire plus, par la résistance. Autrement dit, la Résistance a joué un rôle déterminant dans la libération du pays. Elle fut non seulement bien organisée mais aussi presque partout présente sur notre territoire national.

par Paul Markidès Et donc en action le nombre considérable sur le terrain, ce qui ne minimise en rien les résistants qui organisaient dans les administrations publiques et autres lieux non visibles comme ceux qui se trouvaient dans les bureaux des grandes industries par exemple. Et nous reviendrons plus particulièrement sur la Résistance sur le terrain pour comprendre les raisons de son efficacité. Et pour mieux comprendre, prenons appui sur le récit qu’a fait Fernand Grenier1 en juin-juillet 1940 lors de son retour à St Denis après la démobilisation alors qu’il était un député communiste déchu.

1 - Fernand GRENIER – « C’était ainsi… (Souvenirs) – Editions sociales

La Résistance populaire se construit (Fernand Grenier « C’était ainsi… Souvenirs) « Durant les jours qui suivent, je me souviens avoir rendu visite à nombre de camarades de Saint-Denis, aux époux Pressé, en leur petite maison de Villetaneuse (deux camarades qui devaient, par la suite, mourir en déportation), à un commerçant de la Mutuelle, élu avec Gillot1, Trémel2 et moi-même, conseiller municipal trois années auparavant. Partout, des camarades sont présents pour discuter, demander ce qu’il faut faire. D’autres viennent me voir à la maison, 3 rue Nicolas-Leblanc, parmi eux, Auguste Delaune3, dont les parents habitent à proximité. J’apprends ainsi que dans plusieurs quartiers, les camarades, regroupés après l’exode, diffusent l’Humanité clandestine dans les boîtes aux lettres. 14 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

Plusieurs ronéos, installées dans une cave et un pavillon isolé, fonctionnent à Saint-Denis et dans les environs pour tirer des tracts… Ce qui a été à cette époque déterminant dans la reprise de confiance et d’activité des camarades, c’est l’appel du 10 juillet 1940, signé de Maurice Thorez et de Jacques Duclos. Une centaine d’exemplaires circulent de groupe en groupe. L’appel est lu et commenté d’un foyer à l’autre. L’exemplaire qu’on me donne est déjà tout froissé d’avoir passé entre tant de mains ». « … La France, écrivaient nos camarades, la France au passé si glorieux ne s’agenouillera pas devant une équipe de valets prêts à toutes les besognes. Ce ne sont pas les généraux battus,

ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France. C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale. Et c’est autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage, que peut se constituer le front de la liberté, de l’indépendance et de la renaissance de la France. » Il faut bien se représenter ce que signifiait un tel appel en cette période d’extrême confusion et de découragement quasi général. La République venait d’être étranglée à Vichy, un mois plus tôt, et tous les pouvoirs confiés au maréchal Pétain : les députés et sénateurs avaient trahi (à l’exception de 80 parlementaires). Les préfets étaient par-


DOSSIER LE RÉVEIL tout remplacés par des amiraux et des généraux. Les hommes des trusts, les chefs d’industrie se ruaient dans la collaboration avec les hitlériens. Le Parti populaire français de Doriot, la presse, la radio encensaient « le maréchal qui allait redresser la France ». Nombre de Dionysiens le croyaient encore. Une seule force ne perdait pas pied dans cette tourmente : le Parti communiste. Il y avait bien eu ici et là des abandons. Mais le gros de nos militants dionysiens était admirable de courage : depuis les anciens comme le père Dulluc et le père Collerais4 jusqu’au jeune Devaux5 et Angèle et Nina Martinez, animatrices des « Jeunes Filles de France » de Saint-Denis qu’Andréa Grenier présidait avant-guerre. Moins d’une semaine après ma rentrée, j’avais le « contact » avec la direction clandestine du Parti. C’était le cheminot Jean Catelas6, élu député d’Amiens en 1936, qui l’assurait et me transmettait les directives ». Cette mise en évidence ne doit pas conduire le lecteur ou la lectrice pour

autant à ne pas prendre en considération les autres partenaires de la Résistance mais simplement à rendre justice aux communistes qui furent très vite en action. Et si d’autres militants politiques décidèrent de s’engager à leur tour, il faut souligner que la volonté d’action des militants communistes a souvent conduit d’autres citoyens et citoyennes à s’engager à leur suite. Il reste que cette volonté d’action conduisant dans l’immédiat à des actes de résistance concrets aboutit à ce que de nombreux communistes payent cela de leur sang. Ainsi d’explique le nombre de 75 000 fusillés au terme de la guerre, 75 000 communistes. Et c’est pourquoi il est inadmissible que certains médias tel FR3 qui a pu évoquer la Libération de Paris en ne citant que le général de Gaulle alors que sur les photos utilisées se trouvaient deux résistants communistes essentiels : le colonel Rol-Tanguy, libérateur de Paris et Kriegel-Valrimont, membre du comité national, militaire dépendant du CNR.

1 - Maire de Saint-Denis depuis 1944 2 - Président des Bretons de Saint-Denis, maire-adjoint (1944-1959), aujourd’hui conseiller municipal 3 - Secrétaire général de la F.S.C.G.T. 4 - Arrêtés par la suite et morts en déportation 5 - Dirigeant des Jeunesses communistes, déporté, aujourd’hui l’un des dirigeants de la section de Saint-Denis du PCF 6 - Serra guillotiné un an plus tard

Les femmes en résistance Si les hommes résistants communistes sont les plus souvent cités, il convient aussi de dire que des femmes communistes ou non étaient aussi en action résistante auprès d’eux ou d’ellesmêmes.

gnols à la frontière de Perthus et organisa leur accueil sous des tentes de fortune, souvent de simples couvertures, sur les plages des Pyrénées orientales et poursuivit ensuite son action dans la résistance.

Elles ne cherchaient pas à se faire remarquer, mais elles étaient là, nombreuses, actives et dévouées. Le colonel Rol-Tanguy, responsable des Forces françaises de l’Intérieur d’Ile de France (FFI) a lui-même reconnu le rôle essentiel des femmes dans la résistance : « sans les femmes, la moitié de notre travail aurait été impossible ».

Pour illustrer cette information, nous citerons quelques exemples saisis en diverses régions du territoire national : ● Yvette VALLS, catalane française qui jeune fille, est allée prendre en charge les réfugiés républicains espa-

Marie PUYRIGAUD-RANOUS, à 16 ans, à la demande d’un des chefs de la Résistance en Dordogne, à Pierrefichen partit à bicyclette à travers son département, recruter de jeunes maquisards, village par village. Grâce à elle, 1 200 combattants rejoignirent le maquis qu’elle a servi jusqu’à la libération.

Reine-Marie LEROY-MARKIDES, ma mère1 se rendait à pied de St Ouen par les quais de Seine au marché de St Denis toutes les semaines, aux heures de fermeture, négocier les ●

restes non vendus auprès des commerçants pour confectionner des repas qu’elle réalisait pour nourrir des résistants, venant des Ardennes, qui faisaient étapes chez nous pour se rendre en passant par l’Espagne et le Portugal, s’engager dans les troupes de la France libre. C’est mon père, contremaître dans le départ d’essence Esso-Standard qui nous logeait pour lui permettre d’en assurer sa garde, c’est mon père qui conduisait ces résistants à la gare Montparnasse à Paris pour leur assurer la suite du voyage. Jeanne DUTUN-CATAYÉE, martiniquaise originaire de Guyane2 s’est adressé à son père : « Papa, est-ce que tu me permets d’aller me faire inscrire pour défendre la France ? Mon papa avait les larmes aux yeux. Il a dit si j’étais libre, j’y serai allé aussi ». ●

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LE RÉVEIL DOSSIER

Femmes maquis.

Jeanne Catayée a servi parmi d’autres femmes engagées comme elle, comme infirmière ou transmetteuse radio selon les nécessités du combat. Je n’ai d’abord cité que ces quatre exemples parce que je les connais. Pour les 3 premières ; deux sont toujours vivantes ; Ma mère, elle, est décédée en 1998 à l’âge de 95 ans. La 4e n’est connue que par son neveu, mon ami Olivier Catayée, membre de l’ARAC à Romainville et de l’association des amis d’Henri Barbusse. J’ajouterai à ces quatre premiers exemples, celui des femmes d’une entreprise d’Issy-les-Moulineaux qui s’est déroulé le 7 avril 1941 dans l’usine « l’incombustibilité » où l’on fabriquait des filets de camouflage destinés à la Wehrmacht. Une grève a éclaté et

l’usine est occupée par 3 000 ouvriers dont une majorité de femmes. Ce sont elles qui mènent la grève et réclament de meilleures conditions de travail. Le raphia utilisé pour la fabrication des filets est coloré à l’aide de produits chimiques extrêmement toxiques qui brûlent les yeux ou rongent les mains. Selon le témoignage d’une ouvrière, des centaines de travailleurs de l’usine ont été hospitalisés pour intoxication, certains sont morts. Selon un document allemand IV-A-I daté de Berlin le 19 avril 1941 : « une manifestation de femmes de l’usine en direction de la Kommandantur de Montrouge (a été) étouffée par la police française. Dixsept femmes (ont été) arrêtées3 ». Ainsi donc dans la diversité de leurs situations, nombreuses ont été les femmes qui ont participé au combat d’ampleur nationale de la Résistance. Et cela alors que la plupart d’entre elles devaient animer les besoins de la vie quotidienne qui relevaient alors de l’exploit, leurs maris étant souvent prisonniers en Allemagne, ou incarcéré en France, ou même malheureusement déjà fusillé. Les initiatives des femmes dans la Résistance ont été si nombreuses qu’il n’est pas possible de les relater toutes dans ce cahier mémoire mais il convient toutefois de souligner la part

importante que certaines d’entre elles ont pu prendre. A ce sujet, je reprends la liste livrée par notre association dans son calendrier 2020 particulièrement riche en information sur la Résistance et la libération. Voici donc celles qui sont restées les plus connues : Marguerite Flavien, Marie-Thérèse Fleury, Françoise Gérard, Francine et Germaine Fromond, Elvira Gabrielli, Emilienne Galicier, Anna Garcin-Mayade, Luce Gerber, Andrée Gossin, Yvette Feuillet, Irène Fillatre, Nelly Feld, Jacqueline et Marie Faïta, Denise Weil « Verney », Danièle Casanova, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Lucie Aubrac, Geneviève De Gaulle Anthonioz, Cécile Rol-Tanguy, Marie-José Chombart de Lauwe, Marthe Desrumeaux, Germaine Tillon. Et des milliers d’autres ont marqué la résistance, leur rôle est irremplaçable. 1 - A l’époque, évidemment j’étais enfant et nous habitions St Ouen dans le département de la Seine devenu depuis Seine St Denis. 2 - Elle est la tante de notre ami Olivier Catayée, proviseur du lycée Nicolas LEDOUX des Pavillons-sous-bois, membre de la section de l’ARAC de Romainville. 3 - Récit extrait du livre « Les Fusillés du Mont-Valérien » - Arsène Tchakarian – Editions du Comité national du souvenir des fusillés du Mont Valérien.

Les immigrés dans la résistance française L’ampleur de l’intervention de la Résistance dans l’action libératrice tient aussi à sa capacité d’intégrer dans ses rangs de nombreuses forces diversifiées. C’est ainsi que les républicains espagnols ont apporté un concours remarquable aux maquisards français. Aujourd’hui encore des anciens résistants des départements du Sud-Ouest 16 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

nous expliquent que les républicains espagnols leurs avaient appris à se battre contre les chars allemands. « Sans eux, disent-ils, nous aurions été massacrés avec nos bouteilles explosives artisanales, nos fusils de chasse, les quelques pistolets restant de 14-18, nous ne faisions pas le poids devant leurs mitrailleuses et les canons de

leurs chars. Ils nous ont appris à nous saisir des armes des nazis en profitant des moments d’isolement ou d’inattention, pour s’en servir efficacement contre eux ». Et les républicains espagnols ne furent pas les seuls immigrés à s’engager dans la résistance.


DOSSIER LE RÉVEIL

Dans les années qui précédèrent l’invasion nazie, notre pays accueillit de nombreux immigrés : polonais, italiens, roumains, arméniens, allemands, fuyant le régime nazi, prisonniers russes, hongrois, tchèques évadés, vietnamiens, cambodgiens issus des territoires colonisés par la France et j’en passe. Aux côtés des résistants français, ces hommes et ces femmes se sont battus pour la France et la liberté et nombre d’entre eux, y ont donné leurs vies. Parmi eux, ceux qui ont agi dans les rangs des Francs-Tireurs et Partisans Français créés par le Parti Communiste Français (FTPF) et particulièrement dans le « Mouvement de la maind’œuvre immigrée » La MOI fondée par le PCF aux côtés des FTP afin qu’ils puissent réaliser leur résistance au milieu des leurs. La MOI fut créée dans le Nord, dans la région lilloise, dans le lyonnais et à Lyon même, dans la région de Marseille et à Marseille même. Et en Ile de France. Ces groupes ont partout réalisé une action de résistance permanente et efficace. Voici le récit de la lutte de la

MOI d’Ile de France qui fut menée jusqu’au sacrifice suprême par ceux de ses membres arrêtés par la Gestapo. Ce récit est rapporté par Arsène Tchakarian l’un des membres de ce groupe : « Petit à petit, après la débâcle de 1940, ils se regroupent et tentent d’agir, timidement d’abord, en inscrivant sur les murs des slogans d’espoir « Vive la France ! » ou en distribuant des tracts édités par le Parti Communiste clandestin. Leur responsable pour l’Ile de France est Joseph Epstein, dit colonel Gilles, qui a notamment sous ses ordres le commandant militaire Missak Manouchian ; il dirige une formation, à partir de mars 1943, entrée dans l’histoire sous le nom de « groupe Manouchian ». Ce nom illustre est celui d’un jeune immigré arménien ; poète et journaliste, il écrivit dans les journaux de l’immigration arménienne ; très actif dans les mouvements d’aide au peuple arménien, participant à l’Université Ouvrière, très estimé de sa communauté, il montera de rares qualités d’organisateur militaire, de courage et d’humanité. Grâce à lui, s’est structurée l’organisation en « triangles » de la formation : chaque combattant en connaît deux autres sous leur pseudonyme mais il ne sait ni leurs noms, ni leurs adresses. Manouchian prépare chaque action avec minutie, mettant toujours en avant la sécurité de ses hommes. Le premier tire, ou lance la grenade, le deuxième est à quelque dix mètres pour le couvrir, le troisième un peu plus loin, prêt à intervenir si nécessaire, garde les bicyclettes qui permettent la retraite rapide et discrète des FTP.

1943, plus de cent actions sont menées en région parisienne avec succès et très peu de pertes du côté des résistants. On a dénombré : - des dizaines d’attaques de détachements de troupes allemandes et mêmes casernes, - des exécutions de hauts dignitaires nazis tels le majors Wallenher, officier de la Kriegsmarine, Julius Ritter, responsable du STO, le stabszahlmeist Thielbein, membre de l’état-major, responsable de la trésorerie de l’armée allemande, - des dynamitages de pylônes à haute tension afin de ralentir la production industrielle destinée à l’ennemi, - au moins treize déraillements de trains. Aidés par les ouvriers de la SNCF qui les informent, les FTPMOI, sous la direction de Joseph Boczov, font subir de nombreuses pertes à l’armée allemande. Un travail minutieux de reconnaissance du terrain est nécessaire : il faut être précis, rapide et vigilant ; et lorsque le train déraille, que les wagons se disloquent, les FTP sont déjà loin, en-

C’est une femme franc-tireur qui apporte, à l’heure dite, grenades ou révolvers et les récupère ensuite à un rendez-vous fixé à l’avance. Il lui faut un courage et un sang-froid peu communs car elle se trouve particulièrement exposée. Avec la participation de combattants valeureux tels Marcel Rayman ou Léo Kneler, cette organisation montrera son efficacité. Du 17 mars au 12 novembre

Manouchian fusillé le 21 février 1944.

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LE RÉVEIL DOSSIER gagés dans leur longue marche dans les bois vers la gare où un train les ramène sur Paris. Ces actions ont eu pour effet de déstabiliser et démoraliser l’armée d’occupation. Des officiers allemands en arrivent à circuler en civil tant ils redoutent la hardiesse de ces francs-tireurs. Pourtant ils ne sont pas des tueurs. C’est le combat pour la vie qu’ils mènent. Et c’est pour épargner des vies qu’ils ont recours au sabotage, moins meurtrier pour la population civile qu’un bombardement aérien. Ce harcèlement est le fait d’un groupe de moins de cent hommes et femmes, dont environ quarante seulement sont permanents. Pourtant, durant cette période de 1943, Paris est la ville d’Europe qui connaît le plus grand nombre d’attentats. Ce qui amène la Gestapo à mettre en place, début août, un nouveau plan « anti-terroriste ». On sait l’appui que lui apporte la police française, mais sait-on que les dossiers de contrôle des immigrés du Ministère des Affaires Etrangères ont été livrés aux Allemands dès juin 1940 ? Fin 1943, l’étau de la police se resserre sur le groupe. En novembre et décembre, vingt-trois d’entre eux sont arrêtés par la brigade « anti-terroristes » que dirige le commissaire principal Fernand David. Parmi eux, une femme : Olga Bancic. Torturés quotidiennement pendant trois mois, leur procès s’ouvre le 17 février 1944. La sentence tombe le 21 février : la condamnation à mort. Ils seront fusillés le jour même au Mont Valérien sans recours possible. Olga Bancic sera décapitée à Stuttgart à quelques 18 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

jours de son 32e anniversaire. Nous avons du reste retrouvé dans les archives allemandes le document ciaprès, particulièrement significatifs de l’attitude courageuse des accusés. » A son Excellence le général-lieutenant von Boineburg-Lengsfeld Paris, le 24 février 1944 Etant accusateur public près le tribunal militaire spécial de grand Paris, constitué sur l’ordre de Votre Excellence, je considère qu’il est de mon devoir de vous informer des circonstances de la mise à exécution des condamnations à mort prononcées lors du jugement des 23 terroristes qui au lieu du 18 au 21 février dans la salle de l’hôtel « Continental ». Les accords, qui pendant la séance ne cessaient d’afficher leur mépris à l’égard du tribunal et ignoraient les discours prononcés en allemand, écoutèrent la sentence du tribunal militaire avec une indifférence cynique

montrant ainsi leur mépris total de la mort. Pendant le transfert des accusés en camions bâchés au lieu de la mise à mort, ils entonnèrent l’internationale et seule l’intervention énergique des hommes d’escorte les contraignit à se taire. Cette mesure était dictée par des considérations morales, en particulier parce que les passants des rues qui suivaient la colonne de voitures auraient pu entendre ce chant. Les condamnés reprirent leur chant au moment de l’appel du Mont-Valérien avant la mise à mort. L’un des condamnés, en sortant de voiture, dit en allemand à notre soldat. Aujourd’hui, c’est mon tour de mourir, demain viendra le tien ». Tous les condamnés, sauf deux, refusèrent de communier avant de mourir. Debout, devant les canons des fusils braqués sur eux, ceux des condamnés dont les mains n’étaient pas liées échangeaient énergiquement des saluts communistes en levant le poing droit et tous, sans exception, tant que les balles ne les avaient pas contraints à se taire, louaient le parti communiste, l’Armée Rouge, Lénine, Staline et maudissaient le Führer et Pétain. Prince Maurice von Rauber und Korwey, lieutenant-colonel de l’état-major de la commandature du Grand Paris.

Monument du Mont Valérien en hommage des 1 007 fusillés résistants, otages entre 1941-1944.

Photocopie d’un document allemand traduit en français découvert par l’auteur dans les archives fédérales de la ville de Hanovre R.F.A. Manouchian et ses compagnons d’armes face à la mort.


DOSSIER LE RÉVEIL

La libération, une explosion de joie Votre mère s’était engagée dans la résistance, a été arrêtée en 43, puis déportée dans le camp de Ravensbrück, ainsi que votre sœur Charlotte. Vousmême, vous avez été emprisonnée à Fresnes… Ces moments tragiques ont-ils changé votre regard sur la vie ?

Juliette Gréco avait dix-huit ans au sortir de la guerre. Elle se souvient de l’immense liesse qui accompagné les jours de la Libération qui ont vu la France revivre et respirer de nouveau. Elle raconte. Fin 1945, Paris se réveille après cinq années de cauchemar », écrivez-vous dans votre livre de mémoires je suis comme ça. Vous aviez à peine luit ans, que ressentez-vous à ce moment-là ? JULIETTE GRÉCO Je me souviens d’une atmosphère incroyable. Je dis toujours, il y a eu deux bombes atomiques, celle sur le Japon et la Libération, une explosion de joie. On ne peut pas imaginer ce que c’était. On investissait les rues. On s’asseyait sur les trottoirs pour discuter et on recevait des pots de chambre sur la tête parce qu’on ait du bruit ! (Rires.) On avait le sentiment que tout était à nous. Nous avions à nouveau le droit de nous s’exprimer, de chanter, de danser, de rire, de crier, d’écouter jazz ! C’était interdit pendant l’occupation. Il régnait une chape plomb. Beaucoup d’entre nous vivaient dans la peur, pas ceux qui faisaient du marché noir et qui bouffaient du beurre, des lapins et des œufs. Mais nous qui n’avions rien, on vivait dans la peur. De se faire coincer, de se faire torturer, de se faire tuer. Et soudain, ce formidable sentiment de se sentir vivre à nouveau... . D’être libre ! On en a profité pleinement. C’était un bonheur indicible. La Libération, qui porte bien son nom, a été une chose extraordinaire.

JULIETTE GRÉCO Non. J’avais déjà un regard révolutionnaire depuis toute jeune. Enfant, je ne pouvais pas comprendre la manière dont ma grandmère traitait les domestiques. Cela lui déplaisait, elle qui venait de la haute bourgeoisie. Je ne comprenais pas. Et ça, c’est en moi. Ce n’est pas la lecture de Marx qui m’a appris loi que ce soit de ce côté-là ! (Rires.) Je suis comme ça. J’aime la justice. Je sais que l’égalité n’est pas possible, donc je n’en rêve pas. De toute manière, il y aura toujours un con et un intelligent, cella part de là. Je le sais. Mais le respect est essentiel et si possible amour de l’autre. En quoi la guerre a-t-elle renforcé vos convictions de femme de gauche, votre volonté d’engagement ? JULIETTE GRÉCO Elle a pris un nom. Cela s’est appelé les Jeunesses communistes. La vente de l’Humanité sur le boulevard Saint-Michel. Mais ça s’est très vite appelé aussi « Non ». Ce qui se passait en Union soviétique ne me fascinait pas. Je n’ai jamais pris ma carte du Parti. Être encarté ne me plaît pas. Je suis profondément de gauche, il n’y a pas de secret là-dessus. J’ai rencontré des tas de gens. Il faut dire qu’après la Libération les communistes étaient au cœur de la vie intellectuelle. Il y avait des pelletées d’intellectuels, de poètes, d’écrivains, Aragon, Pierre Courtade… Et puis Marguerite Duras, qui a essayé de me faire prendre ma carte ! (Rires.). Je lui ai dit : « Non, Marguerite, je ne veux pas » avec plein d’amour, d’adhésion pour plein de choses, mais non. Au regard des souffrances que la France a connues durant la guerre, comment réagissez-vous à la résur-

gence d’un climat idéologique nauséabond ? JULIETTE GRÉCO Le Front national est dangereux. Dangereux parce que raciste. Dangereux parce que son unique projet est de chasser ceux qu’il considère comme des intrus. Comme dirait Prévert : « Encore un sale youpin qui vient manger notre pain. » L’antisémitisme grimpe à toute pompe ! Je ne peux pas adhérer à cela. D’où l’importance de ne jamais oublier… JULIETTE GRÉCO Surtout pas. Faire taire la haine, absolument. La haine, c’est inutile, ça vous ronge, ça vous amoindrit, c’est humiliant. La mémoire est une nécessité. Or, cela recommence parce qu’on n’apprend pas les choses. Il y a quelques années, à l’occasion d’un micro-trottoir dans la rue, on demandait aux jeunes : « Savez-vous qui est le général de Gaulle ? » La réponse était : « C’est qui ça ? », « Les camps de concentration ? », « C’est quoi ça ? » L’histoire de France est totalement tronquée. On apprend Vercingétorix mais pas Hitler ! Il faut dire la vérité, c’est aussi simple que ça. Ce n’est même pas une prise de position que je demande, c’est la vérité pour les générations futures. (Sa mère et sa sœur, victimes de la rafle du Vel d’Hiv ont été déportées au camp de Ravensbrück)

Vel d’Hiv Juliette Greco ma sœur s’est tuée à jamais.

Entretien réalisé par Victor Hache, Humanité Hors-Série 1945.55

LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019 - 19


LE RÉVEIL DOSSIER

« La fin de toutes les inégalités dans la société » par Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français (1955-2019) Été 1945, Julien Lauprêtre a un peu plus de 19 ans. Il vit chez ses parents dans le 12e arrondissement de Paris, qu’il n’a plus quitté. Julien fréquente déjà Jeannette qu’il épouse en 1947. Ouvrier spécialisé, il est tailleur de glace, rue de la Forge-Royale dans le 11e - il milite aux Jeunesses communistes, et accessoirement, il fait de la natation, son sport favori. Deux ans plus tôt, en novembre 1943, il avait été arrêté pour faits de résistance et avait partagé les geôles de la préfecture de police de Paris avec Missak Manouchian et le groupe de l’Affiche rouge. Une rencontre qui a marqué sa vie à jamais. Pour celui qui devient, en 1985, le président du Secours populaire français (SPF), les espoirs des jours heureux ont pris concrètement sens en 1944 à la libération de Paris « l’ouverture à la liberté, à tous les changements espérés ». Puis, enfin, mai 1945. Le 8 mai 1945, le patron rue de la Forge-Royale nous a fait sortir pour faire une photo, tous ensemble, pour

Julien Lauprêtre.

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fêter ce jour-là. Il nous a donné quartier libre l’après-midi. C’était une chose extraordinaire d’avoir une journée comme ça en pleine semaine. C’est vrai que ça a été une grande joie populaire, un grand mouvement d’espoir, qui s’est levé dans tout le pays. J’ai le souvenir des gens dans Paris qui chantaient, qui criaient, qui sortaient les drapeaux, plein d’espoirs.

Je suis allé souvent à l’hôtel Lutetia pour attendre le retour des déportés. J’ai assisté à des scènes absolument bouleversantes de familles qui retrouvaient l’un des leurs qui avaient vécu l’horreur des camps de concentration, mais aussi des familles qui demandaient des nouvelles des leurs qui avaient disparu Ce fut une période très douloureuse.

Ce que j’espérais à cette époque, comme beaucoup d’autres, c’est que définitivement les inégalités soient bannies de la société.

Nous étions jeunes. Nous avions vraiment l’espoir qu’il n’y aurait plus d’injustices, que la chasse aux pauvres c’était fini, que c’était la liberté d’expression… toutes ces choses dont on rêvait sous l’Occupation. La vie culturelle, sportive allait reprendre de plus belle. Dans le 12e arrondissement, les jeunes ont créé leur cercle de la jeunesse. Il y avait cette soif de vivre. Et la soif d’agir.

Le programme du Conseil national de la Résistance s’intitulait « Pour des jours heureux », c’est dire tout ce que ça représentait comme espoir d’une vie nouvelle pour toutes les populations de France et d’Europe. C’était enthousiasmant. Nous pensions que se tournait vraiment une page de l’histoire de notre pays, qu’une autre voie s’ouvrait. Il se trouve qu’au Secours populaire, nous avons repris cette idée pour essayer de faire lever ce poids qu’il y a sur les pauvres, accusés de tous les maux. Nous expliquions que faire partir des gosses en vacances, organiser les solidarités, c’était créer des jours heureux. Toutes nos initiatives sont traversées par cette idée. 1945, c’était aussi l’anniversaire de la Sécurité sociale avec tout ce qu’elle comportait comme avancée pour vivre mieux, et les congés payés. Bien sûr, il y avait eu 1936. Mais, là, c’était vraiment l’idée de vivre mieux, vivre différemment de qu’on avait connu avant-guerre et encore plus douloureusement pendant l’Occupation.

Il y avait aussi cet espoir de voir les peuples qui s’étaient battus et qui avaient combattu ensemble, de se retrouver pour créer les conditions d’une autre société, pacifique, anti-guerrière. C’était nos espoirs à ce moment-là. Ensuite, au fur et à mesure des événements, la vie a montré que cela devenait de plus en plus dur, pour beaucoup de personnes, de vivre, de trouver du travail, de pouvoir partir en vacances. Nos espoirs d’une vie extraordinaire ont été, beaucoup et assez vite, anéantis par la vie ellemême. C’est retombé dans l’ornière de l’injustice et des choses pas belles à vivre dans notre société. Il faut aller sur les traces de nos anciens pour faire revivre l’espoir de jours heureux.


ACTUALITÉS LE RÉVEIL

Message de l’ARAC Le 11 novembre 2019 et l’ARAC L’ARAC commémore, en cette année 2019, le 101e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 qui mit fin aux combats de la guerre de 1914-1918. Nous ne pouvons évoquer cet événement historique sans faire état du nombre considérable de vies massacrées par la volonté des grandes puissances impérialistes qui recherchaient la saisie de nouvelles terres, de nouvelles industries, de nouvelles populations pour servir leurs propres intérêts. Cette guerre nous a coûté 1 350 000 morts, 740 000 invalides, 3 000 000 de blessés et des milliers de veuves et d’orphelins tandis que 6 millions de combattants rentraient chez eux traumatisés par les souvenirs des combats très meurtriers produits par des armes nouvelles, des drames, des souffrances et de la vie des tranchées faite de boue, de froid, de faim, d’absence de nourritures suffisantes et de vêtements inadaptés. Enfin, au cœur de cette guerre effroyable, il faut rappeler que c’est alors qu’est née de la volonté des combattants, notre ARAC renforcée par les combattants pour l’amitié, la solidarité, la mémoire, l’antifascisme et la paix d’aujourd’hui. L’ARAC appelle nos concitoyens et concitoyennes à prendre conscience que cette guerre n’a pas été la « der des der », des guerres ont suivi, ont été lancées par ceux et celles qui ne les font pas. Ils mettent en cause l’existence des jeunes populations pour des raisons qui ne sont pas les leurs. Nous appelons, plus que jamais, à mener la « guerre à la guerre » d’Henri Barbusse, notre fondateur, en luttant pour le désarmement général contrôlé et le règlement des différends entre nations par la négociation politique. Un siècle après la 1re guerre mondiale, qui a vu le premier découpage du monde entre puissances impérialistes et qui a coûté si cher humainement à la planète, allons-nous regarder sans rien dire, se mettre en place l’échiquier de tensions conduisant dangereusement à une nouvelle guerre mondiale ? Le monde 2019 vit sur une poudrière et 100 ans plus tard, c’est dans la même région du globe que se trouvent réunis les ingrédients risquant de déclencher une nouvelle tragédie planétaire qui pourrait être la dernière pour l’humanité. En ce 11 novembre 2019, nous devons, nous les femmes et les hommes de paix, épris de bonne volonté, dire haut et fort que nous ne voulons pas laisser le Président Turc, s’arroger le droit de faire planer un tel risque à l’humanité toute entière. Villejuif, le 14 octobre 2019

LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019 - 21


LE RÉVEIL VOS DROITS

2019 l’année de “l’esprit guerrier” ? (voltigeur de pointe ou mitrailleur, ça ne court pas les rues sur le marché du travail), sans formation professionnelle (l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre a fait cadeau au privé camouflé de ses 9 écoles de réinsertions professionnelles à l’expérience centenaire et que l’Armée s’est toujours refusée à utiliser, ils se retrouvent sans logement ; autant de traumas s’ajoutant à ceux des opérations qu’ils ont vues menées. Soldats Francais en patrouille dans le Nord du Mali.

Nous sommes en guerre… Des gouvernements et des présidents successifs – dont Macron – nous l’on dit. Oh, pas une guerre traditionnelle comme celle dont on célèbre cette année le 80e anniversaire… Non, en guerre contre “LE” terrorisme. Ce qui ne justifie pas la mobilisation générale des Armées de terre, de mer et de l’air, non… Simplement des OPEX, des Opérations Extérieures. “Extérieures”, donc ailleurs qu’en France ; dans des pays abritant des “terroristes”. Et pour quels résultats, hors un coût faramineux et un budget dit “de la Défense” qui gonfle outre-mesure d’année en année ? Engloutissant dans des œuvres de mort tant de crédits qui manquent aux œuvres de Paix, à la Fonction Publique, à la Santé, au Logement, à l’Education, à l’Emploi, aux Salariés et aux Retraités.

✓ Alors, les OPEX, PARLONS-EN… Non pour stigmatiser les militaires qui y sont engagés et qui – pour certains – y laissent leur peau, des parents, des veuves et des orphelins traumatisés. Des militaires qui – on ne le sait pas assez - une fois leur contrat court terminé, se retrouvent à moins de 30 ans sur le sable, sans métier 22 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

Mais ceci mériterait un autre développement que nous ferons si les lecteurs nous le demandent

✓ Les OPEX, parlons-en pour en cerner l’ampleur et s’interroger sur leur efficacité. Les OPEX, oui ou non, mettent-ils à mal le terrorisme, par leur ampleur et la durée dans le temps ? Selon la synthèse annuelle publiée par le Ministère de la Défense, 30 000 soldats seraient en missions extérieures, équipés de 200 chars Leclerc, 81 avions “Rafale”, de véhicules de l’Armée blindés, d’hélicos, etc. dont 13 000 pour l’opération “Sentinelle”, opération de sécurité en France même, tant à aller “pacifier” ailleurs, il nous faut ‘’pacifier” aujourd’hui ici. Retour du boomerang. Ce sont – ou ce seraient “secret défense” oblige – 17 théâtres d’OPEX où la France serait encore engagée aujourd’hui, outre “Sentinelle”, l’opération “Barkhane” (zone Sahelo-Saharien), l’opération “Chammal” (Irak et Syrie), l’opération “Daman” (Liban). Les forces de souveraineté ou de présence (accords bilatéraux avec les gouvernements des pays hôtes, tel Djibouti : 1 450 militaires) Les opérations navales (contre la piraterie ou pour le soutien) des opérations terrestres) et la présence avancée renforcée dans le cadre de l’OTAN (que la France a réintégré alors que de Gaulle l’en avait sortie…)

ce qui peut nous entraîner à son côtés en cas de conflit ! Cela représentait à fin 2018, près de 259 000 cartes du Combattants, 259 000 hommes et femmes ayant participé aux OPEX depuis le début de celles-ci.

✓ LES OPEX COUTENT CHER Selon un rapport de la Cour des Comptes – qui constate 25 OPEX menées sur 9 théâtres d’opérations principaux - les OPEX représentent un coût croissant non intégralement inscrit dans la loi de finances. Selon elle, les OPEX coûtent 100 000 euros par soldat déployé par an ! Faîtes le compte depuis 30 ans Elles ont aussi coûté la vie à 628 soldats de 1963 à 2018. Les blessés seraient plus d’un millier (453 pour la seule en Afghanistan, plus de 600 entre 2007 et 2016, etc.) sans oublier les stress post-traumatiques (PST) : plus de 2 200 cas relevés entre 2009 et 2016… ET CA DURE DEPUIS LES ANNES 1960 !

✓ OFFICIELLEMENT, 36 théâtres d’opérations existent ou ont existé depuis Madagascar (1947-1949), le Cameroun (1956-1963), la Mauritanie (1957-1959) et SUEZ (1956) Depuis 1962, date de la fin de la Guerre d’Algérie, la France est intervenue dans les OPEX suivantes : ❍ 1969

Tchad jusqu’en 2015

❍ 1977

Mauritanie jusqu’en 1980

❍ 1978

Zaïre jusqu’en 1981 Liban jusqu’en 2007

❍ 1979

République Centrafricaine jusqu’en 1982, puis de 1996 à 1999 et de 2002 à 2020 (?)

❍ 1987

Région du golfe persique et d’Oman jusqu’en 2003


VOS DROITS LE RÉVEIL ❍ 1991

Cambodge jusqu’en 1994 Irak

❍ 1992

Somalie jusqu’en 1995, puis de 2008 à 2016 Ex Yougoslavie jusqu’en 2015

❍ 1994

Rwanda jusqu’en 1997

❍ 1997

Congo (golfe de Guinée, Côtes d’Afrique de l’Ouest) jusqu’en 2000

❍ 1999

Kosovo jusqu’en 2009 Timor oriental jusqu’en 2018 Côte d’Ivoire jusqu’en 2018

❍ 2001

Afghanistan jusqu’en 2015

❍ 2003 Bosnie-Herzégovine jusqu’en

2009 Gabon jusqu’en 2011 Ouganda jusqu’en 2011 Congo jusqu’en 2019 ❍ 2004

Haïti jusqu’en 2016

❍ 2006 Liban - Israël jusqu’en 2020 (?) ❍ 2011

Libye Libéria jusqu’en 2017

❍ 2012

Jordanie jusqu’en 2020 (?)

❍ 2013

Mali jusqu’en 2020 (?)

❍ 2014

Egypte jusqu’en 2020 (?)

❍ 2015

Océan Indien, Golfe Persique, Méditerranée contre la piraterie et le trafic de migrants jusqu’en 2020 (?)

Le nombre, la localisation et la durée de ces OPEX démontrent clairement que

la politique colonialiste de la Françafrique est toujours d’actualité et n’est pas étrangère aux deux opérations toujours en cours : “Barkhane” (depuis 2014) – Mali, Mauritanie, Burkina-Faso, Niger et Tchad - “Chammal” (depuis 2014 en Irak) qui portent toutes deux sur le ‘’cœur” de l’Afrique et ses voies d’accès.

✓ UNE POLITIQUE COLONIALE GENERATRICE DE TERRORISME ? La chronologie des actes terroristes en France, de 1962 aux années 2010, montrent, hélas, un nombre conséquent d’attentats surtout mis en œuvre par les milieux fascistes, les séquelles de la guerre d’Israël contre la Palestine (le MOSSAD n’est pas en reste !), les “Brigades rouges” et autres commandos “Delta”, “Charles Martel”, etc. Mais c’est surtout depuis 2010 que – résultats de la guerre en Syrie, au Yémen, en Irak, en Libye, etc. – des groupes islamistes (“L’Etat Islamiste”, Boko Haram, le Front Al Nosra etc.) grossissent en Afrique et au Moyen Orient, largement surarmés par les stocks fournis par les puissances occidentales (Irak, Libye, Syrie) et récupérés sur le terrain par les terroristes. Loin de les étouffer à la base, les OPEX de 1963 à 2010 n’ont pas servi à éradiquer le terrorisme né de la misère, la ruine économique et matérielle de pays où les peuples écrasés n’ont pas d’autre solution que la fuite (les migrants) ou la colère renforçant les rangs islamistes. L’arc géographique de cette crise a pris racine en Syrie, en Irak, au Yémen et s’étend maintenant dans l’ensemble du Sahel et en Afrique de l’Ouest, jusqu’au Burkina Faso et au Bénin – où deux

Hommage aux soldats morts en opérations extérieures.

soldats français ont encore récemment trouvé la mort – deux pays qui, jusqu’ici, avaient été épargnés de la présence de groupes se réclamant d’Al-Quaïda. Sont-ils morts entre contre le terrorisme ou par la politique de Françafrique de Macron ? Plus de 150 incidents ont eu lieu au Burkina Faso, au Mali et au Niger en avril dernier, faisant au moins 300 morts ! Et ce malgré la présence Française de 4 500 soldats, 260 blindés lourds, 22 hélicoptères, 7 avions de chasse, 6 à 10 transport ravitaillement, 3 drones… Alors que la solution pour éradiquer le terrorisme passe par la reconquête de la population au plan économique, nourriture, eau, emplois, éducation, santé, cohésion sociale, etc. ; “la violence aggrave les niveaux élevés d’insécurité alimentaires et de malnutrition, elle menace la vie et les moyens de subsistances des civils” avertit Mme MGanga Gasarabwe représentante au Mali du Secrétaire Général des Nations Unies.

✓ ET LE GOUVERNEMENT MACRON ? Pour le gouvernement français, il s’agit avant tout de rester fidèles aux idéologies, de Kouchner à Fabius, de Sarkozy à Macron : Maintenir les OPEX “bras armés de la démocratie” vue par l’OTAN, soutenir la stratégie de tension vis-à-vis de l’Iran, maintenir et promouvoir l’axe franco-saoudien LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019 - 23


LE RÉVEIL VOS DROITS malgré le rôle majeur joué par Riyad dans la propagation de l’islamisme radical du Moyen-Orient au Sahel, une approche seulement sécuritaire et armée face aux crises multiformes qui traversent le Niger, le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et demain le Sénégal… Le colonialisme n’est pas mort et la Françafrique non plus

Et la politique américaine, appuyant la mise à mort de la Palestine par Israël, peut recevoir l’approbation certes de Macron et de la macronie, mais elle ne saurait nous laisser sans voix, sans réactions, sans actions, nous qui depuis toujours - à preuve le Vietnam, l’Algérie, l’Amérique Latine – sommes sur la barricade et soutenons la liberté et les droits de l’homme.

Sinon à quoi servirait l’ARAC ? Agir contre le colonialisme aujourd’hui demeure une tâche essentielle pour la survie de l’Humanité, et toujours nous lutterons contre “l’esprit guerrier” pour la Paix et la Solidarité entre les Peuples. André Fillère

La guerre ou la vie ? Les éléments de la loi de finance 2020 commencent à être connus. Celle-ci est marquée par la très forte progression des crédits militaires (+ 4,5 %), tandis que ceux destinés à la cohésion des territoires et aux relations avec les collectivités territoriales chutent de 1,35 %. Plus pour la guerre, moins pour la vie sociale des citoyens… Le budget de l’armée s’envole… Il atteint 37,5 milliards d’euros, soit + 1,7 milliards de hausse maintenue chaque année jusqu’en 2022, puis portée à 3 milliards par an à partir de 2023. Sous-marins d’attaque, avions de reconnaissance, hélicos, blindés, etc, se partagent la manne avec le renseignement et les opérations extérieures (OPEX) dont le montant des provisions est passé de 450 millions en 2017 à 850 en 2019, pour atteindre 1,1 milliards en 2020. Les troupes françaises ne sont pas près de quitter l’Afrique… N’oublions pas non plus la mortifère la « dissuasion nucléaire » dont les crédits seront portés en 2020 à 4,7 milliards d’euros. Quelle honte quand nos services de santé, nos mutuelles sont étranglés par la politique gouvernementale actuelle !!! Et tant pis pour les œuvres de vie, éducation nationale, emplois, retraites, logements, les soins des psychotraumatismes de guerre et des attentats terroristes, les traumas du travail, des accidents de la route, etc. D’abord la guerre !!!

Et les anciens combattants et victimes de guerre ? « L’érosion des effectifs » comme 24 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

« ils disent », fournit l’occasion du gouvernement de baisser les crédits de 140 millions d’euros (- 6,5 %) qu’il se garde bien d’utiliser au service des attentes toujours non satisfaites !!! Les crédits du budget des ACVG régressent de 2,30 milliards en 2019 à 2,16 en 2020 pour 2,4 millions de ressortissants. Dans les grandes lignes, 912 millions iraient aux pensions militaires d’invalidité (PMI), 600 millions à la retraite du combattant, 0,6 à la hausse des pensions (une misère !!!), 30 millions pour la carte du combattant Algérie 62-64, et 26 millions pour l’aide sociale de l’ONAC, 20 millions pour l’institution nationale des Invalides. Un ONAC « restructuré » en 2020 dans son conseil d’administration, suppression des commissions de travail, réduction des personnels dans les services départementaux parmi lesquels 12 sont toujours sans directeurs, pas d’embauches externes, etc.

Avec cette loi de finance, nous touchons au cœur de l’essentiel Le gouvernement ne voit que des budgets qu’il peut manipuler pour baisser le social à sa guise, au profit des

banques, des tenants de la finance, pour le plus grand profit du CAC 40 (51 milliards en un trimestre !!!) et des marchands de canons pour qui le budget des armées est du pain béni. Mais pour nous, il s’agit de prestations définies indispensables à la vie de tous les jours, à la santé, au boulot, dont la retraite et les droits à réparation des anciens combattants et victimes de guerre. Autant de valeurs sur lesquelles on ne peut transiger et pour la défense et l’amélioration desquelles nous devons lutter dans l’esprit de leurs créateurs en 1944 avec le programme du Conseil National de la Résistance qui permit de remettre sur pieds une France ruinée par la guerre. Michel Audiard disait : « la retraite, il faut la prendre jeune et surtout la prendre en vie ». Manifestement ce n’est pas l’avis du gouvernement qui veut nous faire travailler plus et diminuer les pensions et les retraites. Alors, ACVG, mutualistes, retraités avec tous les autres, agissons dans le même combat pour la vie.

André Fillère


VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL

ARIS P E D RTS O P AÉ RO

: N O I T A S I T A V PRI

! N O N T I ON D Le projet de privatisation d’Aéroports de Paris ent concerne directem le Val-de-Marne et sa population.

n cause • Une remise e couvre-feu ? des horaires de tensification • Un risque d’in . du trafic aérien l. ur l’emploi loca • U n danger po pour le cadre • Une menace rains. de vie des rive

SIGNEZ POUR ! M U D N E R É LE RÉF e.fr/adp valdemarn

LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019 - 25

Direction de la communication/ studio graphique - Septembre 2019.

PRIVATISATION E D T JE O R P U A S É LES RISQUES LI ORT D’ORLY DE L’AÉROP


LE RÉVEIL VOS DROITS

Intervention de l’ARAC à propos du Budget 2020 du Ministère des armées, le 16 octobre 2019 Comme les années précédentes le projet de budget Anciens Combattants de 2,07 milliards d’€ est en baisse de 5,9 % comme l’avaient déjà fait les gouvernements précédents. La raison invoquée à nouveau est la décroissance naturelle constatée du nombre des ressortissants. Pour l’ARAC, nous refusons cette vision car nous voulons que toutes les revendications du monde combattant qui sont raisonnables puissent être satisfaites et améliorer ainsi la situation de chacun et chacune. Nous nous posons une question à l’ARAC : est-ce sur directive européenne que la Cour des Comptes parle « du coût excessif et dépassé de ce droit à réparation » et de « certains avantages fiscaux », où quand dans des rapports, cette cour évoque « les dépenses excessives de l’Etat dans ce domaine ? Or c’est la loi centenaire du 31 mars 1919 qui affirmait que c’est une reconnaissance de la République envers ceux « qui ont assuré le salut de la Patrie », instituant le droit à réparation… imprescriptible. Il s’appliquait à l’ensemble des militaires des différentes armées affectés par des infirmités causées par la guerre, mais aussi des veuves, des orphelins, des ascendants de ceux qui sont morts pour la France. Depuis 100 ans, la multiplication des guerres, des conflits et leur nature (victimes d’attentats terroristes, des psychos traumatismes etc.), ont élargi son domaine d’application à l’ensemble des OPEX, mais aussi à de nouvelles victimes et nouveaux traumatismes. L’actualité que nous vivons montre que ce droit n’est pas à la veille de disparaître. Il existe de par la responsabilité des décisions de la politique des 26 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

différents gouvernements successifs et non pas celle des malheureuses victimes qui bénéficient de ce droit. Après l’année 2019 qui a vu la mesure prise par le gouvernement de permettre aux militaires présents en Algérie entre juillet 62 et juillet 64 de bénéficier de la carte du combattant et des droits associés. Cette demande très ancienne nous l’avons menée avec l’UFAC et nous allons continuer à exiger la satisfaction des revendications que nous partageons. Par exemple celle du point PMI qui doit être revalorisée, la convocation de la commission tripartite devant être rapidement possible. La campagne double ne doit pas rester non plus une discrimination au sein du mouvement Ancien Combattant, ainsi que la question de la ½ part fiscale pour les veuves d’AC décédés avant 74 ans, elle n’aurait qu’une influence minime sur le budget. Nous avons aussi quelques inquiétudes pour l’avenir de l’ONACVG, nous regrettons toujours l’abandon de ses services de soins et de formations, un savoir-faire si utile à la Nation. Nous

voulons que des permanences départementales, avec directeurs et personnels adaptés ne disparaissent pas car c’est un outil de proximité avec la population, même si elles évoluent du fait de la baisse des ressortissants (1,8 millions en 2023). Au sein des groupes de travail du G12 nous avons évoqué la multiplicité des cérémonies commémoratives, l’ARAC reste toujours très attachée à cela car elle permet de faire un travail de mémoire en direction des jeunes. Nous affirmons encore et toujours notre hostilité à l’installation d’un « Mémorial Day ». Je terminerai en disant que le droit à réparation fait partie de la reconnaissance d’une valeur de la République comme la solidarité ou la sécurité sociale émanant du Conseil National de la Résistance. Aujourd’hui le projet de budget 2020 et ceux qui vont suivre devraient le défendre avec conviction et le partager avec force avec les députés et les sénateurs. Liliane Rehby, Secrétaire Nationale de l’ARAC

Réunion de la commission de la défense nationale et des forces armées.


VIE DE L’ARAC LE RÉVEIL

Oise (60) A Mme COFFIN et à toute votre famille, Chers Amis, Nous avons appris avec beaucoup de tristesse le décès de notre cher camarade André. Nous vous présentons nos plus sincères et affectueuses condoléances. Nous garderons la mémoire vive d'André : un militant passionné pour la défense du droit républicain - imprescriptible- à réparation, pour le travail permanent de mémoire avec singulièrement la sauvegarde de la Maison Barbusse, pour la solidarité avec toutes les victimes des guerres, avec notamment sa motivation inlassable et fidèle pour le Village de l'Amitié au Vietnam Van Canh, où l'on soigne

ceux et celles qui souffrent toujours 40 ans après des effets de la dioxine. Enfin sa lutte pour la Paix et le désarmement, avec ses camarades de l'ARAC. Honneur à toi cher André ! Nous continuons, à l'ARAC, ton combat pour la paix, ton combat pour la vie. Pour le Secrétariat National, le Bureau National auquel tu as appartenu plusieurs décennies.

Initiative du Comité départemental de la Somme

Raphael Vahé Président National ARAC

Rassemblement en mémoire des victimes du 17 octobre avec la présence de l’ARAC.

Raphaël Vahé, président et Liliane Rehby, secrétaire nationale.

Velaux (13) Comme chaque année la section ARAC de Velaux a rendu hommage à Henri Barbusse, devant sa stèle située sur la place du même nom. Le président de la section Pierre Ballestrieri a relaté la vie et les combats de notre père fondateur. Trois gerbes ont été déposées, celle de la Mairie par le maire Jean-Pierre Maggi accompagné d'élus municipaux, celle de la section ARAC de Velaux par son président Pierre Ballestrieri et d'Anciens Combattants de Velaux, et celle de l'ARAC Départemental par son Président Patrick Saintenoy et son Secrétaire Général Jean-Claude Carlo.

Michel KACHKACHIAN n’est plus Notre camarade Michel Kachkachian est un enfant de la première génération d’Arméniens en France. A 15 ans, il travaille pour subvenir aux besoins de sa famille tout en poursuivant ses études au Conservatoire National des Arts et Métiers. En 1942,

il prend part à résistance active en distribuant des tracts. Arrêté, il est rattrapé par le Service du Travail Obligatoire et est envoyé en Allemagne. Grâce à des complicités, il parvient à rentrer en France. Il en profite pour rejoindre les rangs des FTP à Arnouville-les-Gonesses. C’est l’armée des ombres en marche, sabotages, récupération d’armes, cache d’arméniens soviétiques, Michel est de tous les coups. Il faut de la discrétion et du courage, Michel n’en manque pas. En août 1944 l’hôtel de ville d’Arnouville est pris, la ville est libérée.

Il s’engage dès la fin de la guerre dans la fondation de la Jeunesse Arménienne de France. En 1951, il en est élu secrétaire général, il le restera jusqu’en 1963. Son action va désormais se concentrer à renforcer les liens entre les Arméniens de France et l’Arménie soviétique. Il continuera dans cette ligne jusqu’en 1996 date à laquelle il participe à la fondation du Mouvement des Arméniens de France pour le Progrès. Adhérent à l’ARAC, il travaillait au « secteur mémoire ».

LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019 - 27


LE RÉVEIL VIE DE L’ARAC

Chenove (21)

Somme (80)

Odile Selb-Bogé est décédée dimanche 21 juillet 2019 à l'âge de 102 ans.

L'ARAC de la Somme ainsi que l'ARAC de Saint Blimont souhaite un joyeux départ à notre amie et camarade Francette BUIGNET qui depuis 1992 (soit 28 ans) est adhérente de l'ARAC. Membre du Conseil National en 2007 et membre d'honneur du Conseil National depuis 2010. Aujourd'hui, nous tenions à la remercier pour tous les efforts fournis à l'ARAC et

Elle entre dans la Résistance en 1940, avant de rejoindre le réseau organisé en HauteSaône par le colonel Fabien en 1943. C'est à cette époque qu'elle adhère au PCF. Elle sera déportée au camp de Ravensbrück, en Allemagne, après dénonciation. Plusieurs fois décorée (commandeur de la Légion d'honneur, médaillée de la Résistance), la jeune femme élue suppléante de Marcel Servin à la Libération, ouvrant une période de long combat pour les droits des femmes et contre l'extrême droite. Pendant longtemps, elle a parcouru les écoles pour témoigner de son engagement pendant la Seconde Guerre mondiale. Adhérente à l'ARAC Chenôve depuis de nombreuses années. Ses obsèques civiles ont eu lieu mercredi 24 juillet 2019 au cimetière de Port-sur-Saône en Haute-Saône.

Cérémonie d’hommage à Henri Barbusse à Fontenay-sous-Bois, le 28 septembre. Sur la photo : Jean-Philippe Gautrais, Maire de Fontenay-sous-Bois – Patrick Staat, secrétaire général de l’ARAC – Jaques Verrier, secrétaire national de l’ARAC et président de l’ARAC 94.

Comité départemental ARAC 94 28 septembre à Fontenay-sous-Bois

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espérons que tu continueras cette action de devoir de mémoire avec nos amis du sud. Pour notre Part, nous te souhaitons de profiter un maximum de tes enfants et de ta nouvelle vie dans le sud.

Débat sur la nécessité de combattre pour la Paix, à l’heure du repartage impérialiste du monde, au stand PCF 94 sur la fête de l’humanité, avec Yohann Pudelko, PCF 94, Patrick Staat, secrétaire général de l’ARAC, Matthieu Bolle-Redat, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Versailles, et les délégués du Syndicat des Roofers de Los Angeles : Alejandro et Cliff. Le débat fut suivit d une belle rencontre avec les travailleurs sans-papiers grévistes du 94.

Val-de-Marne (94) Cérémonie d'hommage aux fusillés et massacrés de la Résistance, le 12 octobre, au cimetière parisien d’Ivry-Sur-Seine. Dépôt d’une gerbe au nom de l’ARAC du Val-de-Marne par Jacques Verrier – Secrétaire National et Secrétaire Départemental 94 – et Brigitte Contant – Secrétaire Nationale.

Tombola de l’ARAC 2019 – Les numéros gagnants La voiture est gagnée par le N° 14755 ◗ Allier Appareil photos sous-marin : 11095 Bon cadeau 50 € : 11403 ◗ Ardèche Ordinateur portable 12544 Bon cadeau 50 € : 12676 ◗ Bouches du Rhône Ordinateur portable : 13469 Bon cadeau 50 € : 13355 ◗ Cotes d’Armor Ordinateur portable : 13533 Appareil photos sous-marin : 13528 Cuiseur vapeur : 13765 ◗ Haute Garonne Ordinateur portable : 10947 Cuiseur vapeur : 10952 Gaufrier : 10941 Appareil photos sous-marin : 10959 2 Bons cadeau 50 € : 10854 – 10736 ◗ Gironde Cuiseur vapeur : 14273 ◗ Ille et Vilaine Bon cadeau 50 € : 39769 ◗ Nord Gaufrier : 14398

◗ Haut-Rhin Bon cadeau 50 € : 15064 ◗ Rhône Ordinateur portable : 10262 Gaufrier : 10687 Bon cadeau 50 € : 18198 ◗ Saône et Loire Cuiseur vapeur : 10259 ◗ Paris Appareil photos sous-marin : 15131 ◗ Seine-Maritime Bon cadeau 50 € : 15237 ◗ Essonne Cuiseur vapeur : 39563 Bon cadeau 50 € : 11952 ◗ Val de Marne Appareil photos sous-marin : 14726 ◗ National (99) Bons cadeau 50 € : 34573 ◗ Individuels Gaufrier : 62702 (28) Bon cadeau 50 € : 41527 (92) Bon cadeau 50 € : 37823 (95) Bon cadeau 50 € : 35961 (84) Bon cadeau 50 € : 36194 (63) Bon cadeau 50 € : 37526 (72)


Ensemble, soyons solidaires pour permettre à l’ARAC et à son journal de poursuivre notre combat :

l’heure est grave, il y a urgence L’ARAC, créée en 1917 par Henri Barbusse, Paul Vaillant-Couturier, a tra traversé ave vers rséé de rs de m multiples u tiples tourm ul tourments rm ments tout au long de ces cent ans d’existence. A chaque fois quelles que furent les lees difficultés, comités comit i éss et it et adhérents adhéreents ont ad su y faire face avec courage et détermination. Notre association et son journal « Le Réveil des Combatt tan a ts t »rencontrent »renconntrent des difficultés financières ggraves. raves. Combattants L’ARAC ne peut pas m ouri ou r r, elle doit continuer ses missi sions, si i sses e comb es bats qquels uels que soient les obstacless dresmourir, missions, combats séss su surr son cheminn ppar ar ceuxx qu’elle combat. L L’ ARAC AR C ddoit oit vi oit oi viv ivre pour poour u continuer coon onti ti tinuer vale leeurs républicaines, s, la souvera s, aine ai neté de notre pays mise mise en L’ARAC vivre à défendre les valeurs souveraineté cause ppar ar la cconception onceptio ion io o actu uelle elle ddee l’Europe, s’attaqu el uer aux causes dess gu guer err s. erre er actuelle s’attaquer guerres. L’ARAC AC ddoit o t vivre oi viivr vree pour p ur poursuivre po pouurssuiivre vrre l’engagement de ses cr ccréateurs é teurs : laa llutte éa utte ccontre ontr on tre le fas sci cism s e, pour l’ ll’amitié a itié am fascisme, et la paix eentre ntre nt ree les peuples e , co ccontre nttre re le es inégalités, ppour oouur la ddéfense éfen nse s dee to tous u les dro roits ts so ssociaux. ciiau a x. x peuples, les droits L L’ ARAC AR AC a besoi oiin de nnotre o re sol ot lid idarité fi fina nnancière. ncière r . No re N u iinvitons us nvit nv iton iton it o s to ous less comit tés ddépartementaux, é arteeme ép m ntaux, les ssections e tiions ec L’ARAC besoin solidarité Nous tous comités lo ocale lees, s les adh d éren dh en nts ts, le es am amis is à pparticiper articipe peer et e à aanimer nime ni m r ce me ette ssouscription. ouscr c ip i ti t on. Son succè ès ddépend épen nd dee ll’engagement ’enng ’e ngag gem men nt locales, adhérents, les cette succès de cchacun. de haccun. V ha os dons et autres peuvent se faire ppar ar chè hèèqquue ouu par prélèvement bancaire. Vos chèque Ensemble, mo m bilisons-nous pour continuer ces combats. mobilisons-nous

LE COMBAT CONTINUE… Merci à eux 2e LISTE DE DONATEURS AU 18 OCTOBRE 2019 02 - BOCQUET Nicole : 100 07 - COMITE DEPARTEMENTAL DE L’ARDECHE : 150 07 – LAURENT Jean : 100 18 – RENAUDAT Maurice : 100 21 – SECTION DIJON : 100 23 - LENOIR Jean : 500 29 - COMITE DEPARTEMENTAL DU FINISTERE : 300 29 - SECTION DE FOUESNANT : 300 29 - DERRIEN Yves : 50 31 - COMITE DEPARTEMENTAL DE LA HAUTE GARONNE : 500 33 - GARCIA Jo : 80 34 – SECTION MONTPELLIER : 300 34 - TALI Michel : 150 36 - SECTION DE DEOLS : 150 36 – M. MAUDUIT : 20 36 - SECTION POULAINES : 50 38 - MOREAU Janine : 10 44 - SECTION DE SAINTE LUCE : 100 47 - COMITE DEPARTEMENTAL DU LOT ET GARONNE : 500 47 – SECTION AIGUILLON : 150 51 - M et MME MAIREAUX Claude : 50 51 - ROY Jean : 10 58 - M ET MME AUBEY : 30 59 – SECTION FENAIN-SOMAIN : 1 000 60 - FAUVEL Bernard : 30

67 - M ET MME SCHOETTEL : 50 68 - COMITE DEPARTEMENTAL DU HAUT-RHIN : 400 69 - M PILLON : 500 71 - COMITE DEPARTEMENTAL DE SAONE ET LOIRE : 500 71 - SECTION CHAGNY : 300 71 - SECTION GUEUGNON : 300 72 – LETHIELLEUX Gaston : 100 73 - EVRARD Emmanuelle : 100 73 - M ET MME PAVY : 50 75 - COMITE DEPARTEMENTAL DE PARIS : 800 78 – TANGUY Jean-Claude : 640 + prélèvement 15€x36 80 - COMITE DEPARTEMENTAL DE LA SOMME : 150 87 – RIGAUD JP : 10 91 – FILLERE André : 100 92 - MME MILTON : 100 93 - SECTION DE DRANCY : 200 93 – CATAYEE Olivier : 100 93 - MULLER Jean : 100 93 - SECTION DE ROMAINVILLE : 100 94 - SIGG Bernard : 20 94 - TRANCHESSEC Denise : 100 95 - COMITE DEPARTEMENTAL DU VAL D’OISE : 200 95 - M ET MME BATTON : 100 COMITE DU VILLAGE DE L’AMITIE : 1 000

LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019 - 29


LE RÉVEIL VIE DE L’ARAC

75e Anniversaire de la Libération de Paris 75e Anniversaire de la Libération de Paris le 25 août 2019 à Paris. Inauguration du nouveau musée de la libération, musée Général Leclerc et musée Jean Moulin Place Denfert Rochereau. Découverte de plus de 300 objets originaux avec un parcours dans le monde de la résistance. Pour la première fois le grand public a découvert un lieu mythique : le PC souterrain du Colonel Rol Tanguy. Dans ce bunker, en présence de son épouse Cécile, Il a coordonné l’insurrection des résistants parisiens, en attendant le soutien de la 2e DB du 20 au 26 août 1944.

Porte d’Orléans grand défilé de la liberté en costumes d’époque. Cérémonie militaire de la 2e DB, place du 25 août 1944 de la reddition des troupes allemandes place du 18 juin 1940. Une Lecture musicale sur le parvis de l’Hôtel de Ville autour du poème « le veilleur du Pont au Change » avec la participation de l’acteur François Vicentelli. Projection du film « la traversée de Paris dans les salons de la mairie de Paris. L’ARAC a été représentée par Liliane Rehby Secrétaire Nationale, aux festi-

Ille-et-Vilaine (35) Marche unitaire pour la Paix à Rennes le 21 septembre 2019 Cette marche a rassemblé plus de 4000 personnes, parole était donnée aux associations organisatrices. Jean Le Duff a pris la parole au nom de l’ARAC d’Ille-et Vilaine et a été applaudi, notamment par de nombreux jeunes présents. Extraits : L’ARAC a été créée avant la fin de la première guerre mondiale pour exprimer la dénonciation de la guerre par ceux-là même que l’État avait envoyé au front sous des prétextes fallacieux alors même que les causes véritables de la guerre étaient soigneusement dissimulées. « Guerre à la guerre » est devenu le mot d’ordre de ces poilus. Ainsi ils se plaçaient dans la ligne de Jean Jaurès qui avait quelques années auparavant dénoncé les véritables fauteurs de guerre, dénonciation résumée dans l’expression : «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». Dénoncer le capitalisme, ce n’est pas dire des gros-mot ni proférer de fausses vérités ! Le capitalisme, nous pouvons le vérifier tous les jours, c’est la volonté et, n’ayons pas peur de le dire, l’art de fabriquer des capitaux sans prise en compte de toutes autres considérations. Les valeurs qui sont les siennes, la volonté de faire toujours plus de profits, la volonté de puissance, la soumission de toutes les 30 - LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019

Banderoles et drapeaux de l’ARAC au cœur d’une foule très dense.

autres classes sociales et des populations à son seul développement sont les caractéristiques fondamentales et constantes de ce système. Notre État refuse de signer le traité de l’ONU pour l’interdiction des armes nucléaires et continue de consacrer des sommes folles à ces armements au détriment du bien-être des gens de notre pays Cette situation devrait interpeller chacun de nous. Pouvons-nous continuer à nous taire. Qu’il y ait dans notre pays une poignée de milliardaires ne règle en rien la question de l’appauvrissement croissant, le manque de moyens des services publics. Je rappellerai qu’aujourd’hui se tiennent à Créteil, à l’initiative de l’ARAC la deuxième édition des États Généraux pour la paix.

vités. Grâce à la gentillesse de la famille Rol Tanguy, elle a pu avoir un échange avec Cécile. Elles ont évoqué, la proximité qui a toujours existé entre l’ARAC et eux.

Gironde (33) A Bordeaux, comme partout en France, l’ARAC est présente dans les expressions citoyennes du 24 septembre et du 8 octobre (unitaire) pour défendre les droits conquis des JOURS HEUREUX : retraite et solidarité, droits libertés et progrès social sur la place de la République (devant le palais de justice) et devant l’E.N.M. sur le parvis des droits de l’Homme, recitée pour l’occasion “place des Retraités-es”. Echanges et débats sur le vif sur la citoyenneté et le droit de décider dans la communes et territoires républicains, et la Paix bien sûr, en lien avec nos initiatives : les états généraux pour la paix le 9 novembre en Gironde. R. S.


MAGAZINE LE RÉVEIL

Pyrénées-Orientales (66)

Hommage à Etienne Mas L’ARAC 66 créateur de l’Association départementale " Les Amis du Maquis Henri Barbusse" crée en même temps que son monument dont la mission qui se poursuit est de développer la mémoire, l’action par des actions de feu contre les nazis autour du Canigou. ETIENNE MAS constructeur (avec les militants de l’ARAC) du Monument au Col de la Bataille (Millas), Président depuis plusieurs années des " Amis du Maquis Henri Barbusse" est décédé à l’âge de 85 ans.

sépulture par Daniel Baillette Président départemental de l’ARAC et Joseph Almodovar militant des deux associations. Malgré la disparition des anciens, Etienne avec l’aide des équipes dirigeantes de nos associations est parvenu par l’adhésion de nouveaux militants, non seulement à maintenir mais à développer l’action, la mémoire du Maquis Henri Barbusse. ARAC 66 Les Amis du Maquis Henri Barbusse

Les hommages lui ont été rendu à sa

NOS PEINES OCTOBRE 2019 ■ 03 - ALLIER St-Pourçain-s/Sioule : Marc FEYDEL, 85 ans, AC ATM

■ 04 - ALPES HAUTE PROVENCE Les Mées : Gérard GONTHIER, 82 ans, pupille de la Nation

■ 13 - BOUCHES-DU-RHONE Fos-sur-Mer : André VUILLERMOZ, 76 ans, AC ATM Isolés : Joseph XAXA, AC ATM Velaux : Elie BOYER, 87 ans, AC ATM.

■ 18 - CHER Vierzon : Robert GUILLOT, 94 ans

■ 19 - CORREZE Brive : Jean TARIF, AC 39-45 Favars : René PEYROUX, AC ATM, trésorier de la section. Vigeois : Marcel PEJOIANE, combattant pour la paix.

■ 22 - COTES-D’ARMOR Etables-sur-Mer : Jean-Marie BEDU, 80 ans, AC ATM. Louis CHAUVEL, 92 ans, AC 9-45.

■ 24 - DORDOGNE Périgueux : Mme Yvonne PACAIL, 93 ans.

■ 29 - FINISTERE Fouesnant : Maurice LIEBOT, 100 ans, Déporté.

■ 33 - GIRONDE Pessac : Mme Andrée DORLANNE, 93 ans, veuve.

■ 34 - HERAULT Sète : Alain Denis CORROY, 84 ans, AC ATM. Michel POULAIN, 68 ans, porte-drapeau de la section.

■ 75 - PARIS

■ 35 - ILLE-ET-VILAINE Rennes : Marcel JOUAN, 93 ans, AC 2e D.B., Croix de guerre, Médaille Militaire, Membre d’honneur du Comité départemental.

■ 76 - SEINE-MARITIME

■ 38 - ISERE Seyssinet-Pariset : Jean Marcel GARDETTE, 89 ans.

Compans : Joseph ESPOSITO, AC 39-45 et Indochine.

■ 42 - LOIRE Roanne : René REMY, AC ATM, porte-drapeau de la section. St-Etienne : Mme Juliette BELET, ancienne trésorière départementale, membre d’honneur du Conseil National. Roger FIASSON, pupille de la Nation.

■ 44 - LOIRE-ATLANTIQUE Vertou : Mme Sophie JULE, combattante pour la paix. ■ 47 - LOT-ET-GARONNE Agen : René MOURGUES, 95 ans, AC 39-45, ancien membre du Bureau National et président départemental, Membre d’Honneur du Conseil. Michel TAUZIN, AC ATM ■ 71 - SAONE-ET-LOIRE Chagny : Robert LAUDET, AC ATM ■ 73 - SAVOIE Argentine : Jean FERRONATO, 82 ans, AC ATM

13e : Michel KACHKACHIAN, 95 ans, Ancien Résistant FTPFE.

Le Havre : Daniel GODARD, 83 ans, ancien porte-drapeau de la section.

■ 77 - SEINE-ET-MARNE

Corrèze - St-Jal Antoine VALETTE, doyen de la section est décédé à l’âge de 98 ans. A 20 ans, il prend les armes pour défendre la liberté. Le 9 juin 1944 il a vécu la tragédie de la Peyrodie où il était parvenu à échapper à la Das Reich. Il participait volontiers aux rencontres avec les enfants des écoles qui préparaient le Concours National de la Résistance. Essonne - Les Ulis en deuil Emile TRUHÉ, AC ATM, membre de la Mutuelle de l’ARAC et du bureau local, est décédé à l’âge de 79 ans. Les membres du bureau des Ulis, ses présidents, le porte-drapeau et le secrétariat départemental ont rendu un dernier hommage à Emile le 7 octobre. Mme Louisette CHAUVET est décédée à l’âge de 83 ans. Louisette était adhérente de l’ARAC des Ulis à sa création en 1988, veuve d’ancien combattant, tour à tour secrétaire et vice-présidente de la section, membre du comité départemental, secrétaire générale de l’UDAC 91. Elle fut une partie essentielle de la vie de l’ARAC des Ulis où elle était connue de tous, appréciée et respectée. Ses obsèques ont eu lieu le 13 octobre en Lozère.

LE RÉVEIL - N° 858 - OCTOBRE 2019 - 31


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UN DÉPARTEMENT

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PROCHE ET S LIDAIRE

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Le réveil des combattants - Octobre 2019  

Le réveil des combattants - Octobre 2019