Page 1

implantologie

CONTROVERSES IMPLANTAIRES 2010 Propos recueillis par Patrick Mahler, Professeur des Universités, Chef de service hospitalo-universitaire à la Faculté d’odontologie de Nice Nous avons demandé à Michel Burdin, Président des Journées Dentaires de Nice 2009, ainsi qu’ à des professeurs et/ou experts renommés du monde de l’ implantologie de présenter ce Forum 2010.

MICHEL BURDIN, FORUM D’IMPLANTOLOGIE – 11-12 JUIN 2010

VOUS AVEZ ÉTÉ

DENTAIRES 2009. POURQUOI CHAQUE ANNÉE À

UNIVERSITE DE NICE-SOPHIA ANTIPOLIS

NICE ? C ELUI-CI

DANS LE CADRE DE LA

GRAND AMPHITHEATRE - FACULTE DE MEDECINE

UN

FACULTÉ

DE

PRÉSIDENT FORUM

DES

JOURNÉES

D’IMPLANTOLOGIE

FONCTIONNE EN ALTERNANCE

MÉDECINE

ET DES JOURNÉES

DENTAIRES DE NICE (JDN). C’ est une tradition ancienne qui remonte à 1975, lors des

Sous le haut patronage de Monsieur Christian Estrosi,

premières JDN, que de présenter des travaux de recherche et Ministre chargé de l’ Industrie, Maire de Nice

des chirurgies en direct sur les implants dentaires. Plus tard, en 1987, le Professeur P.I. Branemark en personne, invité aux

Président de Nice Côte d’ Azur

JDN, est venu faire un mémorable exposé sur le concept d’ ostéointégration dont les implications cliniques ont bouleversé l’ implantologie. Une intervention télévisée avec implan-

Bilan des données médicales avérées – Perspectives

tation totale en direct par Diskimplants ostéointégrables sur un maxillaire atrophique a été réalisée lors de la même séance

Sous la direction de : Pr. José Santini, Dr. Guillaume Odin

par Gérard Scortecci, praticien niçois fondateur des JDN, inventeur bien connu des implants disques (1). La mandibule a été implantée par la suite, en 1993. La patiente a aujourd’ hui

Avec la participation de :

77 ans. Ses bridges fixes implanto-portés sont toujours foncJean-Pierre Bernard, Marc Bert, Itzhak Binderman, Joseph

tionnels en 2010 et lui donnent toute satisfaction (Fig. 1). Parallèlement, une démonstration de mise en place de 2

Choukroun, Philippe Daelemans, Jean-Marie Donsimoni, Jean-

implants vis de « Nobel » par Guy Huré de Paris a permis de

Louis Giovannoli, David Jacotot, Philippe Leclercq, Guillaume

voir chez un autre patient un moyen de stabiliser une prothèse

Odin, Patrick Palacci, Gérard Scortecci, Jean-François Tulasne, etc.

Responsables scientifiques : Pr. Jean-Paul Rocca, Dr. Philippe Brenier 1. Maxillaire 1987-2010 ; mandibule 1993-2010. Différentes formes d’implants (cylindre et disque) ont été utilisées avec le même succès grâce aux capacités d’adaptation du tissu osseux. Etat de surface super clean non rugueux.

amovible à la mandibule. Ce Forum sera l’ occasion pour les industriels et les firmes de présenter leur gamme. Ils contribuent grandement à faciliter et à faire progresser l’ exercice de la médecine et de l’ odontologie

L S

N°45 - mars 10

4

(...)


BIENVENUE DANS LA 3ème DIMENSION – AVEC GALILEOS !

Un seul cliché 3D pour tout. Diagnostic facilité. Flux de travail intégré. En une seule prise de cliché 3D, GALILEOS visualise un grand volume couvrant toutes les applications dentaires. Les vues panoramiques, ceph, coupes transverses et autres visualisations sont générées automatiquement dans le volume. Le logiciel à navigation intuitive inégalée facilite aussi bien le diagnostic que la planification d’implants et la fourniture de guides chirurgicaux. La dose effective (29 μSv) est à peine supérieure à celle d’un cliché panoramique argentique. GALILEOS ouvre aux orthodontistes, implantologues et chirurgiens maxillofaciaux une nouvelle dimension dans la sécurité et la qualité du traitement. Avec Sirona, chaque journée est une bonne journée.

Pour plus d’information contactez Sirona France directement : Sirona Dental Systems S.A.S 15, rue des Halles 75001 Paris Téléphone : 01 422 121 51 E-Mail : info@sirona.com N° Vert : 0 810 89 21 50 N° Vert Fax : 0 810 89 21 50

www.sirona.fr

T h e

D e n t a l

C o m p a n y

B-413-77-V0

SYSTEMES CAO/FAO | INSTRUMENTS | SYSTEMES D’HYGIENE | POSTES DE TRAITEMENT | SYSTEMES DE RADIOGRAPHIE


implantologie

par une commercialisation intelligente des produits issus d’ inno-

c’ est le bilan à très long terme qui est l’ indicateur le plus

vation et de brevets.

pertinent pour la recherche bioclinique (Fig. 2,3,4). Il est inté-

PIERRE DOMS,

DE L’UNIVERSITÉ DE

ressant de constater que depuis un quart de siècle, les disques,

VOUS ÊTES UN DES PIONNIERS DE LA

contrairement à beaucoup d’ autres implants, ont toujours

AVEC LE PROFESSEUR

LOUVAIN (BELGIQUE),

DHEM,

RECHERCHE FONDAMENTALE SUR L’INTERFACE OS-TITANE.

VOUS

ÊTES

conservé l’ état de surface ad modum Branemark. Ils ont donc

LE SEUL AUTEUR FRANCOPHONE DONT LES TRAVAUX SONT CITÉS

le recul clinique le plus important concernant un même état de

DANS LE LIVRE DE RÉFÉRENCE SUR L’OSTÉOINTÉGRATION DU

surface.

PROFESSEUR BRANEMARK (2). QUELS ÉTAIENT LES ÉTATS DE

SURFACE

Le débat reste ouvert sur les états de surface. Le Forum 2010

EST-IL DES

donnera la parole à des praticiens chevronnés dont la lourde

DES PREMIERS IMPLANTS OSTÉOINTÉGRABLES

? QU’EN

NOUVEAUX MATÉRIAUX EN IMPLANTOLOGIE

(ZIRCONE,

TITANE-ZIRCONE)

charge chirurgicale et l’ indispensable suivi des patients lais-

ALLIAGE

?

sent peu de temps pour publier de façon régulière. Etant

En 1987, ces racines artificielles (vis et disques) en titane com-

constamment en première ligne du monde réel, leur opinion

mercialement pur présentaient une surface usinée, « ad

sur les péri-implantites liées ou non aux états de surface est de

modum Branemark », sans aucun revêtement ni traitement spé-

la première importance (Fig. 5, 6). Pour les professionnels de

cial. Ce qui était recherché, c’ était un état de surface « hyper

santé, elle constitue la contrepartie indispensable aux publici-

clean » permettant d’ obtenir une couche de dioxyde de

Fig. 5

titane biologiquement favorable, ne dépassant pas 100 Angstroms (3). Ces implants (vis Nobel de Branemark et Diskimplants de Scortecci) continuent après 22 ans à rendre service à ces patients opérés en direct lors des JDN. Leur ostéointégration demeure stable, sans péri-implantite. De fait,

Fig. 2

Fig. 3 Fig. 6 5. Mise en charge immédiate ; perte de l’ostéointégration à 2 ans 6. Les implants ont pu être retires sans problème. Tout le matériel a été perdu. 2. maxillaire 1985-2009 ; mandibule 19932009. Patiente décédée à l’âge de 100 ans moins 1 mois. Même état de surface que précédemment. 3. Rétroalvéolaire montrant la parfaite ostéointégration ; aucune perte osseuse à 10 ans. Implants places respectivement à 2.7, 3.8 et 4.2 mm de profondeur. Etat de surface non rugueux. Aucun signe de péri implantite.

7. Implant recouvert d’hydroxyapatite ; retrait à 3 ans

Fig. 7 Fig. 4

4. Implant Structure micro fileté, état de surface non rugueux

L S

N°45 - mars 10

6

(...)


tés débridées mettant en avant le dernier gadget à la mode.

implantologie

En ce qui concerne les matériaux constitutifs des implants dentaires, on a commencé il y a près de 100 ans avec le platine irridié, puis le chrome-cobalt, le tantale, l’ alumine, le carbone

Fig. 10

vitrifié, la silice, la zircone et bien entendu le titane, métal miraculeux qui constitue plus de 95% de l’ arsenal actuel. Cependant, on n’ arrête pas le progrès. Il faut garder l’ esprit ouvert et voir ce que donnent les nouvelles zircones et l’ alliage titane-zircone dans le temps. L’ expérience a montré avec l’ hydroxyapatite ou les revêtements rugueux que les soucis commencent à partir de la 6ème année (Fig. 7). En

Fig. 11

implantologie dentaire, la biocompatibilité n’ est pas tout. La robustesse, la longévité, la simplicité, et la capacité d’ adaptation d’ un système aux différentes situations anatomiques et prothétiques font la différence.

QUE

PENSEZ DES IMPLANTS COURTS

? VONT-ILS

REMPLACER LES

GREFFES PARIÉTALES, LES SOULEVÉS DE SINUS? QUEL EST LE RECUL DE CES IMPLANTS COURTS

10. Implant disque place dans 1,5 à 2 mm de profondeur, après retrait d’un juxta-osseux. L’émergence du nerf dentaire est quasiment sur la crête.

?

Les implants courts ont des indications bien précises : os

11. Diskimplant, implant court par excellence après 10 ans. Aucune ostéolyse. Au contraire, on note une augmentation osseuse due à la stimulation du périoste (cal osseux réactionnel). Profondeur d’enfouissement entre 1.5 et 2 mm (épaisseur du disque basal 0.5 mm).

moyennement dense bien irrigué, de bonne largeur mais de faible épaisseur (≤ 7 mm) (Fig. 8). Pour simplifier, il existe plusieurs types d’ implants courts : les vis, les implants cylin-

paraison, les disques présentent des résultats sur plus de 25

driques stabilisés (dérivés des lames) dont la hauteur est de 6

ans dans moins de 5 mm de hauteur (Fig. 9-11). Au fil des

mm, et les disques, qui sont des cylindres à insertion latérale

années, de nouvelles formes d’ implants disques sont appa-

dont la base est plus large que le fût. Ces derniers, implants

rues, double, triple ou asymétriques, disques à plaque ostéo-

courts par excellence, ont été créés dès l’ origine pour gérer,

synthésée (6) recouvert par des greffes osseuses. Ces derniers

grâce à leur appui tricortical, les très faibles (< 5 mm) hauteurs

disques, dit « anatomiques », ont aujourd’ hui 10 ans de

osseuses (4) inaccessibles aux autres types d’ implants. Quant

recul. Seul le fût reste cylindrique ; la base de 33 à 43 mm de

aux vis traditionnelles, on dispose d’ un recul clinique impor-

long pou 9 à 12 mm de large correspond au déplacement du

tant. Karl-Gustav Strid (5) a réalisé la première étude sur des

cutter en rotation servant à l’ ostéotomie de mise en place. Ils

vis de Branemark de 7 mm sur une période de 15 ans. En com-

permettent d’ équiper, en mise en charge immédiate, des situations extrêmement complexes rarement abordées avec succès auparavant (Fig. 12, 13). Les greffes pariétales, iliaques ou ramiques et les soulevés de sinus restent toujours d’ actua-

Fig. 8

Fig. 12

Fig. 9 12. Mandibule préfracturaire. Une séance de Botox temporo-masseterine préopératoire a été réalisée par le Dr. Luc Chikhani (Paris) une semaine avant l’intervention. Deux semaines plus tôt, toute la surface mandibulaire endobuccale a subi un passage transpariétal d’ostéotenseur manuel et rotatif de façon à 8. Implants courts de 8 mm, mise en charge à 4 mois. Panoramique à 4 ans.

recellulariser le futur site implantaire. Un modèle stéréolithographique et une

9. Diskimplants installés à 3 mm de profondeur ; panoramique à 18 ans.

reconstruction 3D ont permis de choisir les points d’impact des ostéotenseurs.

L S

N°44 - novembre 09

7

(...)


profession. Le Forum d’ Implantologie se déroulera lors d’ une session du DUIB de façon à développer le dialogue

implantologie

entre l’ Industrie, l’ Université, le service public et la pratique libérale de l’ implantologie. Les professionnels prennent de

Fig. 13

plus en plus conscience de la nécessité d’ une réflexion médicale approfondie en amont de tout acte chirurgical quel qu’ il soit. Le risque infectieux est à prendre en compte avant une pose d’ implants, un soulevé de sinus ou une greffe osseuse. 13. Mise en charge immédiate à 48 h. Deux disques à plaque

Jean-Louis Giovannoli, bien connu des parodontologistes,

ostéosynthésée (43 x 9 mm) recouverts par l’os autologue récupéré

exposera cet aspect qui, au delà des implants dentaires,

du forage des 3 implants de la région mentonnière + PRF. Une déli-

concerne tout type de dispositif médical permanent destiné à

cate ostéotomie d’aplanissement et de rainurage côté lingual pour

réparer le corps humain: prothèse de l’ épaule, du genou, de

encastrer la plaque a été réalisée sous spray abondant pour éviter

la hanche, etc.

tout risque d’échauffement.

lité. Leur efficacité et leur fiabilité dans le temps ont été large-

QUE PENSEZ-VOUS DU THÈME DU FUTUR FORUM 2010 ?

ment démontrées. Cela nécessite une courbe d’ apprentissage comme toute chirurgie. Lors du prochain Forum, Jean-François

« Controverses » m’ apparaî t bien choisi. Cela incite aux

Tulasne aura l’ occasion de s’ exprimer sur ce sujet qu’ il maî -

échanges constructifs loin des sectarismes d’ une pensée

trise depuis de longues années.

unique à courte vue. Le débat contradictoire est lancé entre les

Le Professeur Jean-Pierre Bernard, de l’ Université de Genève,

différentes écoles. Le dernier Implant Forum 2009 des

documentera un usage finement ciblé des implants cylin-

Journées Dentaires Internationales de Nice a favorisé les pré-

driques de 6 mm qui peuvent éviter d’ opérer les sinus. Patrick

sentations cliniques et scientifiques de haut niveau. Les parti-

Palacci, auteur de nombreux ouvrages sur l’ utilisation rai-

sans des vis, des cylindres, des disques, des greffes auto-

sonné et esthétiquement correcte des fixtures de Branemark

logues (pariétales, ramique, mentonnière, iliaque, etc.), des

nous fera partager ses approches thérapeutiques d’ une

biomatériaux, des PRF, etc. et plus récemment de l’ étonnante

remarquable simplicité grâce aux guides chirurgicaux qu’ il a

activation ostéogénique par ostéotenseur matriciel (9) ont pu

lui même mis au point.

développer leurs arguments devant un auditoire passionné et attentif. Au prochain Forum de juin 2010, les Conférenciers

ROGER PLESKOF,

exposeront leurs expériences des différentes approches. La

VOS COMPÉTENCES MÉDICO-LÉGALES S’APPUIENT

SUR UNE SOLIDE EXPÉRIENCE EN MATIÈRE DE LITIGES.

biodiversité existe aussi en implantologie! Les racines artifi-

AVEC UN CERTAIN NOMBRE D’EXPERTS MEMBRE DE

VOUS AVEZ ÉTÉ LA C OMMISSION

cielles en titane, quelle que soit leur forme, leur marque, ou

(AGENCE NATIONALE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’EVALUATION MÉDICALE) QUI EN 1993 A ÉLABORÉ UN DOCUMENT DE RÉFÉRENCE « IMPLANTOLOGIE ORALE, ÉTAT ACTUEL DES CONNAISSANCES ». VOUS ÊTES MEMBRE DU C ONSEIL NATIONAL DE L’ORDRE, DE L’ACADÉMIE NATIONALE DE C HIRURGIE DENTAIRE, EXPERT JUDICIAIRE HONORAIRE PRÈS LA C OUR DE C ASSATION. QU’EN EST-IL DE LA FORMATION ?

leur nationalité, s’ intègrent dans l’ os des mâchoires, qu’ il

DE L’ANDEM

Fig. 14

Il ne faudrait pas qu’ elle connaisse « un prodigieux bond en arrière », comme s’ en est inquiété à juste titre dans « La 14. Exemple de coopération confraternelle. Mandibule réalisée par le Dr.

Lettre » de janvier 2010 notre Président du Conseil National

Philippe Khayat à l’aide d’implants axiaux (14 ans de recul). Deux ans plus

de l’ Ordre (7). Cela irait à l’ encontre des recommandations

tard le maxillaire a été implanté à l’aide de double et de triple Diskimplants

de l’ ANDEM (8). En page 72 du rapport de 1993, il est fait

par G. Scortecci en mise en charge immédiate. Cette patiente, revue début

mention de la nécessité d’ une formation spécifique. Le

2010 (cf panoramique) n’a jamais eu le moindre problème.

Diplôme d’ Université d’ Implantologie Basale (DUIB), sous la

soit natif ou greffé (Fig. 14). Elles résistent à l’ épreuve du

direction du Pr. José Santini, chirurgien, Professeur des

temps à condition de respecter les protocoles, les indications

Universités à la Faculté de Médecine, et du Pr. Jean-Paul

et d’ être correctement entrainé. Quels sont aujourd’ hui les

Rocca, ancien Doyen et Professeur des Universités à la Faculté

choix les plus judicieux, les plus sûrs, les moins invasifs, les

d’ Odontologie, répond très précisément à cette demande.

moins coûteux ? L’ implantologie « low cost » et de surcroî t

D’ autres types de formation en dehors de l’ université exis-

délocalisée a-t-elle un sens ? Qu’ en est-il du suivi et de la

tent et on reçu l’ aval du CNFCO qui fait autorité dans notre

maintenance dans le temps ? Le Forum 2010 débattra sur ces

L S

N°45 - mars 10

8

(...)


Pensez Aesculap Pensez QualitĂŠ

Aesculap Dental

A-DE06006

Les Outils Professionnels pour le Chirurgien-Dentiste d'Aujourd'hui

B.Braun Medical S.A.S. ¡ BP 331 ¡ 92107 Boulogne Cedex ¡ France ¡ TÊl. 01 41 10 53 00 ¡ Fax 01 41 10 53 99 ¡ www.bbraun.fr

PIED AU PLANCHER. PETIT BUDGET HIGH-SPEED STERILIZATIONâ&#x201E;˘ La nouvelle gamme de stĂŠrilisateurs de table Getinge sĂŠrie K afďŹ che des temps de cycle extrĂŞmement rapides :

sARTICLESNONEMBALLĂ?SSTĂ?RILISĂ?SENMINUTES sJUSQUĂ&#x152;PLATEAUXENMINUTESSĂ?CHAGE INCLUS#YCLE"  sJUSQUĂ&#x152;PLATEAUXENMOINSDUNEHEURE Et puis, cĂ´tĂŠ ĂŠconomies, les instruments sont disponibles rapidement pour une rĂŠutilisation IMMĂ?DIATELIMITANTAINSILINVESTISSEMENTDANS DAUTREJEUXDINSTRUMENTS,AISSEZNOUSVOUS PARLERDEv(IGH SPEED3TERILIZATIONvAVECUNE GARANTIEDEANS

Nouveau design: K3+, K5+ et K7+ %52,3AINT*ALMES "D!UGUSTE0AGEOT.!.4%3 4Ă?LĂ?PHONE&AX WWWSKARHAMNGETINGECOM DENTAIREFRANCE GETINGECOM


interrogations. La plupart des conférenciers ont plus de 25 ans de pratique clinique en la matière. Ils ne prétendent pas

implantologie

donner de réponse définitive sur un sujet en constante évolution mais des axes thérapeutiques soutenus par des résultats sur le très long terme.

LES

Fig. 15

CONTROVERSES IMPLANTAIRES NE RISQUENT-T-ELLES PAS DE

BROUILLER LE MESSAGE SUR LE PLAN MÉDICO-LÉGAL ET DÉONTOLOGIQUE

?

Le débat contradictoire et loyal entre professionnels est quelque chose de sain, nécessaire et souhaitable pour clarifier un point de vue : « de la discussion jaillit la lumière ». Les anciens grecs appelaient cela la maï eutique, l’ art d’ accou-

Fig. 16

cher les idées. Cependant, j’ ai toujours considéré que dénigrer à tort, auprès des confrères et parfois même des patients, un système implantaire différent du vôtre ne vous grandit pas. Le public et la profession n’ ont rien à gagner à ces querelles obscures dont les mobiles sont rarement désintéressés. Le prochain Forum évoquera ces attitudes anti-confraternelles mais, également, l’ information du patient et l’ obligation de moyens et de résultats. De fait, pour les professionnels de santé, l’ essentiel reste l’ éthique, qui implique le virtueux respect du code de déontologie et des

Fig. 17

bonnes pratiques médico-chirurgicales dans l’ intérêt des malades. Elle prend sa source dans le serment d’ Hippocrate prononcé à la fin des études médico-dentaires. L’ éthique représente le bouclier le plus sûr contre les actes iatrogènes et la publicité dévoyée. Ces thèmes seront développés par David Jacotot, Docteur en Droit, auteur de remarquables articles dans la Lettre du Conseil National de l’ Ordre.

PIERRE DOMS,

VOUS ÊTES EN TANT QUE MÉDECIN ET CHERCHEUR

L’UN DES PIONNIERS DE L’IMPLANTOLOGIE QUE VOUS AVEZ PRATIQUÉ PENDANT PLUS DE

30 ANS. VOUS AVEZ ÉTÉ

DE

C HIRURGIE MAXILLO-FACIALE

DE

SCHAERBECK (BELGIQUE).

QUE

CHEF DE

Fig. 18

SERVICE

ET DE STOMATOLOGIE À L’HÔPITAL

PENSEZ-VOUS DES DIFFÉRENTES FORMES D’IMPLANTS

?

QU’ELLE

EST LA PLACE DES DISQUES DANS L’IMPLANTOLOGIE

ACTUELLE

?

Il y a sur le marché un nombre important d’ implants à inser-

15. Crête haute et hyper mince, inaccessible aux implants vis. Greffe difficile car os très cortical. 16. Modèle stéréolithographique préopératoire (Materialise Dental France)

tion axiale qui se différencient par leur état de surface ou par des détails morphologiques au niveau du corps ou de la connectique. Historiquement, la lame de Linkow, comme la vis de Branemark, date des années 1960. Les implants vis de Lederman, les cylindres impactés IMZ, le T3D tridimensionnel

17. Mise en charge immédiate à 48 h de double et de triple disques placés en vestibulaire, renforcés par des vis d’ostéosynthèse. Les parties émergentes des disques sont recouvertes par du matériau de comblement, des copeaux d’os autologues collectés sur place, le tout emballé par des membranes PRF qui assurent la cohésion de l’ensemble et favorise la cicatrisation.

à insertion latérale à base rectangulaire, et les vis en céramique de Sandhaus sont apparus en 1970. Les implants disques, de forme cylindrique différentielle, ont suivi près de

18. Bridge du haut réalisé il y a 4 ans ; les implants du bas ont été placés il y a 10 ans n’ont posé aucun problème pendant 8 ans. Début de péri implantite sous l’effet des charges occlusales à la 9ème année.

15 ans plus tard. Ils sont donc chronologiquement plus

L S

N°45 - mars 10

(...) 10


« modernes ». Programmés dès le départ pour être installés

implantologie

dans moins de 5 mm de hauteur osseuse, ils gèrent de façon simple les situations anatomiques complexes engendrées par la résorption post extractionnelle (10), notamment dans les

Fig. 19

secteurs postérieurs, infra sinusiens et supra canalaires. Les Diskimplants n’ ont été commercialisés en France qu’ à partir de 1984. Ils ne pouvaient pas d’ évidence être considéré en 1991 comme déjà dépassés. S’ il est clair que les vis et les cylindres en titane sont les implants les plus utilisés lorsque le volume osseux est suffisant, il est aussi vrai que dans les faibles dimensions osseuses les disques trouvent largement leur indication et surpassent même les cylindres. Dans les crêtes hautes et

Fig. 20

hyper minces, ils sont irremplaçables sauf à vouloir greffer. De même, ils peuvent s’ avérer fort utiles en cas de reprise d’ échec de cylindre et/ou de greffe (Fig. 15-21). Lors d’ un interview dédié aux controverses en implantologie, sautant sur l’ occasion qui lui était donnée, un chirurgien-dentiste pourtant membre de la commission de

Fig. 21

l’ ANDEM, mais ayant une vision très personnelle de l’ éthique, a voulu tromper la profession en prétendant à tort que ce rapport auquel il a participé mentionnait, selon lui, que, déjà en 1991, ces implants étaient considérés comme 19. (même cas que Fig. 18) Par la suite, la péri implantite a évolué rapidement en

obsolètes. On notera au passage que le rapport officiel date

2 ans. Un premier implant est perdu puis le second puis le troisième

en réalité de 1993. Pour faire bonne mesure, il a faussement

20. Afin de cellulariser ce site atrophique et sclérosé, un passage d’ostéotenseurs rotatifs dans l’os dense est programmé à 18 jours, en même temps qu’une activa-

rajouté qu’ il n’ y avait aucune indication pour ce type d’ implant ni littérature les concernant à part celle du promo-

tion du périoste à l’ostéotenseur manuel, avant la reprise en mise en charge immé-

teur. Mais voici ce qu’ écrit Marc Bert, auteur de nombreux

diate avec 2 cylindres et un disque à plaque d’ostéosynthèse de 43 mm de long

ouvrages de référence en implantologie, expert judiciaire

sur 9 mm de large.

près la Cour d’ Appel de Paris, également membre de cette

21. Résultats de la reprise avec 2 cylindres et un plaque en MCI. Panoramique à deux ans.

L S

N°45 - mars 10

11

même commission de l’ ANDEM : « le système Diskimplant est conforme aux données acquises de la science, il est ensei-

(...)


implantologie

gné dans plusieurs facultés, il a donné lieu à de nombreuses

nelle (14) à l’ encontre de techniques différentes de la

publications…».

sienne (15) ont du poids.

Ceci étant, il faut ne pas perdre de vue que la mise en place

Je n’ ai personnellement pas la pratique des implants

d’ implants courts (vis, cylindre ou disque) dans de très

disques mais j’ ai pu en observer de nombreux cas. J’ ai pu

faibles volumes osseux reste un exercice délicat qui demande

constater qu’ ils s’ intégraient parfaitement et qu’ ils ren-

du doigté et de l’ entraî nement, car la marge de manœ uvre

daient de grands services notamment en présence de circons-

est réduite et les possibilités d’ erreurs per opératoire éle-

tances anatomiques défavorables. En ce qui concerne les

vées.

implants lames, j’ ai été en 1997 le concepteur, avec le Dr.

L’ implantologie basale répond à des préoccupations médi-

Francis Poulmaire, d’ un implant dénommé « implant cylin-

cales de limitation des risques en évitant les chirurgies

drique stabilisé » (ICS), incontestablement inspiré par la

longues et invasives lorsque celles-ci ne sont pas raisonnable-

forme des lames (16). On ne voit pas bien comment ils pour-

ment applicables ou refusées par le patient. C’ est une solu-

raient être qualifié d’ obsolètes.

tion tout à fait pertinente, en particulier pour les personnes

Les critiques du Dr. Renouard sont sommaires, car elles ne

âgées et/ou handicapées. Les reconstructions maxillo-mandi-

font aucune distinction entre les différentes formes de lames

bulaires réalisées à Paris depuis plus de 10 ans pour les

dont certaines sont de conception ancienne. Ces critiques

Gueules Cassées en sont la preuve tangible (11). Le second

s’ appuient sur les arguments suivants :

greffé du visage au monde opéré en France a été réhabilité

- selon le rapport de l’ ANDEM, daté selon lui de 1991,

dans sa fonction masticatoire grâce aux disques par Jean-

« ces implants étaient déjà qualifiés d’ obsolètes ». Cette

Marie Donsimoni, chirurgien maxillo-facial à Paris (12, 13).

affirmation ne figure pas dans le rapport officiel qui, de

Affirmer qu’ il n’ y a pas d’ indications pour ce type d’ im-

fait, n’ a été édité qu’ en 1993.

plant relève de l’ ignorance et/ou de la mauvaise foi. La

- « Il n’ y a pas de littérature sur ces différentes formes

Faculté de Médecine de Nice n’ est d’ ailleurs pas la seule à

implantaires, hormis celle du promoteur ». La littérature

diffuser cette méthode. Depuis des années, elle fait l’ objet

concernant les lames est innombrable (17).

d’ enseignement dans d’ autres Facultés en France. Le pro-

- « Il n’ y a pas d’ indications pour ces implants ». Il suffit

chain Forum sera l’ occasion de montrer toute une série de

de lire les articles qui lui sont consacrés pour noter leurs

patients avec des maxillaires et/ou mandibules atrophiques

indications préférentielles : crêtes minces, obstacles anato-

porteurs d’ implants disques parfaitement ostéointégrés, cer-

miques. - « Ces implants vont s’ intégrer dans l’ os, mais le pro-

tains depuis près d’ un quart de siècle. Les implants lames, qui ont évolués en cylindres stabilisés, ont

blème est que le jour où ils cassent, on ne peut pas les

un mode d’ insertion axial, comme pour les cylindres impac-

démonter sans faire des dégâts énormes ». Nous sommes

tés ou les vis, alors que les disques sont insérés latéralement

heureux de constater que le Dr. Renouard admet que les

dans l’ os. Il n’ est pas rare d’ observer des porteurs de

lames s’ intègrent. Il semble estimer que la fracture consti-

lames de première génération qui depuis plus de 35 ans

tue l’ aboutissement naturel d’ une lame ou d’ un implant

n’ ont jamais eu le moindre problème.

disque (18), ce qui n’ a aucun rapport avec la réalité des faits. L’ expérience montre que la dépose d’ une lame est

YVES C OMMISSIONAT, MÉDECINE

DES

NATIONALE

DE

HÔPITAUX DE PARIS

C OLLÈGE

DE

motivée par deux principales complications : (a) une frac-

ET MEMBRE DE L’ACADÉMIE

ture : ce fait est exceptionnel ; (b) une perte de l’ ostéoin-

VOUS ÊTES PROFESSEUR AU

C HIRURGIE DENTAIRE,

EXPERT DE L’ANDEM EN

tégration : or, le symptôme d’ une perte de l’ ostéointé-

1993. QUEL EST VOTRE AVIS ?

gration se traduit par la mobilité de l’ implant. Il est inutile

Je partage tout à fait l’ opinion de Pierre Doms. Je faisais

de dire que la dépose d’ un implant mobile ne présente

partie de cette commission de l’ ANDEM chargée entre

aucune difficulté. La lyse osseuse consécutive est en tout

autre d’ évaluer les différents types d’ implants dentaires.

point semblable à celle d’ un implant cylindrique conven-

Une lecture non orienté de ce rapport de 87 pages montre

tionnel et se répare comme celle d’ un implant cylindrique

qu’ aucune ligne, pas le moindre mot, qualifie ni les implants

conventionnel.

lames ni les implants disques d’ obsolètes. Prétendre le

L’ ICS a vu le jour en 1997, donc bien après le rapport de

contraire est de la pure désinformation. Lorsqu’ on a été,

l’ ANDEM. Les implants disques on fait l’ objet de plusieurs

comme le Dr. Franck Renouard, chirurgien-dentiste, membre

modifications. Le Dr. Renouard ne tient pas compte de l’ évo-

de la commission ANDEM, il est clair que de tels propos à

lutivité de ces techniques, comme celles de toutes les autres

l’ opposé de la vérité, colportés dans une revue profession-

techniques, ce qui est un facteur de progrès.

L S

N°45 - mars 10

12

(...)


implantologie

Tout confrère a le droit d’ exposer par écrit les complications

spécifiques pour la basale. C’ est la tendance naturelle de

qu’ il rencontre dans sa pratique ou dont il a eu connais-

toute technique chirurgicale innovante arrivée à maturité.

sance dans la littérature scientifique. Pour se permettre de

Depuis 2004, le DU de Basale qui a déjà formé presqu’ une

condamner de son propre chef une technique, il faut avoir

centaine de praticiens ne désemplit pas. Il y a une liste d’ at-

des arguments irréprochables. C’ est lors de manifestations

tente pour la prochaine session qui commencera en 2011.

ouvertes à toute la profession comme le prochain Forum,

Le troisième Forum d’ Implantologie sera l’ occasion, lors

qu’ il faut exprimer ses opinions.

d’ une retransmission en direct depuis le bloc opératoire d’ une chirurgie implantaire basale, de montrer que ce pro-

PROFESSEUR JOSÉ SANTINI, DIRECTEUR DU C ENTRE DE

CHIRURGIEN DE LA FACE ET DU COU,

DE LUTTE CONTRE LE

NICE-SOPHIA ANTIPOLIS

A CRÉÉ UN

C ANCER. L’UNIVERSITÉ

occupe avec les techniques de greffe combinées à l’ activa-

DIPLÔME UNIVERSITAIRE

tion ostéogénique par ostéotenseur matriciel une place de

D’IMPLANTOLOGIE

BASALE

VOUS

RESPONSABLE. QUELLE

EN ÊTES LE

cédé français issu de l’ école niçoise d’ implantologie

QUI ENSEIGNE LES IMPLANTS DISQUES. EST LA RAISON DE CE

DU ? Fig. 22

Ce DU est un exemple de coopération bénéfique entre la médecine et l’ odontologie qui mutualisent leur savoir faire. Il s’ inscrit tout à fait dans le cadre du futur Institut Universitaire de la Face et du Cou dédiée aux soins, à l’ enseignement, à la recherche et à l’ innovation. En 2004, l’ implantologie basale été un choix raisonné car nous avions de plus en plus de malades atteints de cancer ou

22. Fracture d’implants vis en 45 46 47. Ces implants ont pu être retirés sans

des polytraumatisés ayant d’ énormes difficultés d’ adapta-

dégâts 21 jours après le passage d’un ostéotenseur. L’explantation a été facilitée

tion avec leurs prothèses dentaires. Certains n’ arrivaient

par l’activité macrophagique qui succède à l’ostéotenseur rotatif.

même pas à les porter et ne s’ alimentaient qu’ avec des bouillies. La plupart avaient subis des chirurgies réparatrices et reconstructrices extrêmement lourdes. Avec ce type de patient nous étions allés au bout des techniques de greffes convention-

Fig. 23

nelles. Il fallait trouver une solution simple, rapide et fiable pour leur rendre une mastication fonctionnelle avec un esthétique satisfaisant. Cela fait maintenant plus de 5 ans que, pour les premiers opérés, la basale a été une seconde chance. Grâce à la mise en place immédiate ou rapide (48 à 72 h) de dents fixes implanto-portées, ces malades ont pu enfin sortir de l’ impasse thérapeutique et de l’ état d’ invalidité buccale qui perdurait depuis plusieurs années. Pour

23. Vis Nobel de 4 mm cassée après deux ans dans son 1/3 apical en région 15. Son retrait aurait engendré une communication et une lésion de la 14 (vivante). Un double disque place à 5 mm de profondeur a résolu le problème.

beaucoup, cela a été une véritable renaissance, un retour à

choix dans notre arsenal thérapeutique.

la vie normale. Nous nous sommes volontairement limités aux cas difficiles, et même extrêmes, chez l’ édenté total où

PIERRE DOMS : EN

l’ anesthésie générale est requise et où la basale avec les

OSTÉOINTÉGRÉS, EXISTE-T-IL UNE “BONNE” MÉTHODE

CE QUI CONCERNE LE RETRAIT D’IMPLANTS

?

implants disque a démontré son utilité, son efficacité, sa grande fiabilité, et son absence de morbidité. S’ il advenait une complication, le chirurgien rompu à la méthode peut facilement gérer la situation avec un minimum de dommages colFig. 24

latéraux. Si, au début, l’ implantologie basale pouvait apparaî tre comme élitiste, uniquement réservée à quelques praticiens habiles ayant un sens développé de la spatialisation, elle a aujourd’ hui de plus en plus tendance à se démocratiser, notamment grâce au numérique et aux guides chirurgicaux

L S

N°44 - novembre 09

13

(...)


implantologie

Fig. 25 Fig. 27

24. Perte totale de tous les implants maxillaires de 8 mois à 2 ans après une tentative d’extraction-implantation immédiate. Les implants avaient été laissés enfouis 6 mois sous un complet du haut. Le bridge définitif céramique avec une partie en extension de chaque côté a été installé après validation de l’ostéointégration.

27. 1984 à 2009 : les rétroalvéolaires ne révèlent aucune perte osseuse sur 25 ans au maxillaire.

25. Suite à la perte des implants, 90% de la hauteur osseuse a disparu. Cette patiente a été reprise avec l’implantologie basale.

Il faut insister sur le fait que les indications de cette intervenFig. 28

tion sont très exceptionnelles : (1) fracture de l’ implant ou impossibilité de l’ utiliser, (2) apparition d’ une lésion osseuse sous-jacente dépendante ou indépendante de l’ implant, (3) une fixation psychique à l’ encontre des implants chez les personnes psychologiquement fragiles ou dépressives. Ce dernier cas de figure est le plus complexe à gérer car sa lourde composante neuro-psychique dépasse largement le cadre de la cavité buccale. Lorsqu’ un praticien doit

Fig. 29

faire face à ces problèmes, la pire des attitudes en médecine, comme en chirurgie, c’ est d’ être persuadé de tout savoir et de refuser de prendre un autre avis, y compris celui d’ un psychiatre si nécessaire, lorsque la situation vous dépasse. L’ incompétent a réponse à tout. Si les choses tournent mal, ce n’ est jamais de sa faute ; le coupable c’ est « le système » ou le confrère qui a posé l’ implant. Cette attitude irrationnelle n’ est pas sans conséquences pour le patient. Cela est d’ autant plus impardonnable que les moyens de

Fig. 30

pronostic offerts de nos jours par le numérique permettent

Fig. 26

28. Transdiscotomie. L’épaisseur du large cylindre basal des Diskimplants est de 0,5 mm, donc facile à traverser et à tarauder. Panoramique à 15 ans. 29. Maxillaire : transdiscotomie d’un double disque par un cylindre micro fileté, 2 disques sous sinusiens. Mandibule : 3 disques de diamètre basal 8 mm placés à 1,5 mm de profondeur (diamètre du fût 2.35 mm).

26. Patient implanté avec des simple disques en 1984. Aucun problème

30. Aspect cosmétique à 15 ans

pendant 10 ans. Suite à un accident qui heurte de plein fouet ses mâchoires, tous les implants sont fracturés. En 1994, il a été réopéré avec de nouveaux disques au maxillaire. A la mandibule, les 2 disques fractures sont laissés en place et transfixés avec 2 cylindres micro filetés. Panoramique de 2009. A la mandibule, des dents naturelles ont également été fracturées lors de l’accident et remplacées par des implants.

L S

N°45 - mars 10

(...) 14


implantologie

Fig. 31

Fig. 34

Fig. 32

34. Analyse radiologique. Patient opéré il y a 12 ans.

rompu à tel système particulier pour recueillir toute informa-

Fig. 33

tion utile. Plutôt que d’ infliger à son patient un geste chirurgical mal maî trisé d’ une morbidité aberrante, il vaut mieux prendre conseil ou lire la littérature qui est fort explicite sur ce sujet (19) ; c’ est le principe du primum non nocere. Par exemple, il existe pour les implants disque un protocole spécifique de retrait ou de maintien (Fig. 26,27). Ainsi, la 31. Implantation totale maxillaire : implantation partielle mandibulaire. Technique enfouie.

transdiscotomie (Fig. 28-30) ne laisse aucune séquelle et évite les pertes osseuses dramatiques (Fig. 31-33). D’ autre

32. Perte de tous les implants maxillaires sur 3 ans avec disparition de 80% de la masse osseuse. Patiente fumeuse.

part, un disque devenu à peine souple mais totalement indolore ou montrant radiologiquement un très léger liséré péri-

33. Autre cas. Perte de tous les implants maxillaires à 6 ans sous prothèse implanto-stabilisée. Patient repris en basale avec bridge fixe vissé, après 1 an de port d’une prothèse totale conventionnelle.

implantaire du fait d’ une surcharge occlusale peut parfaite-

d’ anticiper en 3D l’ étendu des dégâts engendrés par une

et survivre sans problème de nombreuses années. Dans cer-

chirurgie iatrogène insuffisamment réfléchie et planifiée.

tains cas, une simple vis d’ ostéosynthèse en titane, insérée en

ment être récupéré une fois l’ occlusion correctement réglée

technique « flapless » sous la base de l’ implant corrige l’ inLe retrait d’ un implant ostéointégré est rarement anodin

stabilité et sauve la situation. Souvent, un geste peu invasif mais

(Fig. 22). Une analyse en termes de bénéfice/risque s’ im-

bien ciblé évite de rentrer dans les complications aux consé-

pose. Il ne doit pas, de toute façon, s’ effectuer sans scanner

quences humaines, financières et médico-légales qui peuvent

préalable. La fragilité d’ une mâchoire atrophique, la proxi-

s’ avérer très lourdes. Le Forum permettra d’ éclairer les

mité du nerf alvéolaire inférieur, des fosses nasales, des sinus

professionnels sur la conduite à tenir, quel que soit le type

(Fig. 23), des dents adjacentes peuvent poser problème,

d’ implant considéré.

sans parler de la mutilation parfois irréversible qui suit certains retraits laborieux (Fig. 24,25). Tout cela a bien évidemment des prolongements physiologique, psychologique et

MICHEL SEVALLE,

économiques qu’ il va falloir gérer. En cas de doute, il faut

QUE PENSEZ-VOUS DE L’INTRUSION DE L’IMAGERIE NUMÉRIQUE EN

se rapprocher du fabricant, du concepteur, ou du confrère

IMPLANTOLOGIE

L S

N°45 - mars 10

RADIOLOGUE EXCLUSIF DENTO-MAXILLO-FACIAL,

? (FIG. 34) (...)

15


implantologie

Il s’ agit d’ un outil de travail performant, à la fois comme aide au diagnostic dans la découverte de pathologies cachées mais aussi pour le choix, voire la pose, du type d’ implant le mieux adapté à la situation grâce aux implants

Fig. 36

virtuels des librairies numériques. Les guides chirurgicaux sont utiles dans des mains expérimentées pour gérer les cas complexes. La robotique, aujourd’ hui à ses débuts, ira en se développant. Enfin, le numérique anticipe les risques potentiels d’ un projet thérapeutique. Ainsi, le rendu d’ un comblement, d’ une greffe d’ apposition ou les dégâts causés par un retrait d’ implant problématique peuvent être visualisés en 3D avant toute chirurgie. Cet aspect prédictif offre au professionnel la possibilité de connaî tre en amont le résultat

Fig. 37

de sa stratégie avant même de l’ entreprendre. Le Forum 2010 sera l’ occasion de présenter les innovations de l’ implantologie numérique qui progresse à pas de géant.

PHILIPPE LECLERCQ, PRÈS LA

IMPLANTOLOGISTE EXCLUSIF, EXPERT JUDICIAIRE

C OUR D’APPEL DE PARIS,

TIONS ACTUELLES

QUE PENSEZ-VOUS DES ÉVOLU-

?

36. Aspect esthétique à 2 ans

prime sur toute autre considération. Face aux innombrables

37. Panoramique à 2 ans. Le haut et le bas ont été réalisés 45 jours après passage d’un ostéotenseur rotatif. Haut : Fractal lift flapless. Bas : flapless dans le secteur mentonnier et 2 Diskimplants à plaque ostéosynthésée installés en full flap avec recouvrement par os autologue récupéré du forage et PRF

« innovations » et publications non dénuées de conflit d’ in-

nique de plus de 25 ans et font bien partie aujourd’ hui des

térêt proposées aux praticiens, il faut savoir rester lucide. En

thérapeutiques chirurgicales avérés en implantologie. Ils sont

implantologie, comme ailleurs, l’ épreuve du temps reste

indiqués dans les faibles hauteurs osseuses. Il existe de nom-

capitale. C’ est elle qui fait la différence. On l’ a vu avec les

breuses publications les concernant (20-23), et ils sont ensei-

implants cylindriques recouverts d’ hydroxyapatite pourtant

gnés dans plusieurs Facultés et sont connus internationale-

soutenus par de nombreuses publications. Ceux-ci, après

ment (24). Libre ensuite au professionnel de choisir la

avoir été en vogue, ont finalement disparus du marché. Le

méthode qu’ il maî trise le mieux de par sa formation et son

Forum 2010 permettra aux congressistes d’ avoir justement

entrainement en fonction de la situation clinique auquel il

accès aux praticiens ayant validé sur de longues années diffé-

doit faire face.

L’ un des points fondamentaux à mettre en avant, c’ est l’ importance décisive du recul clinique à très long terme qui

rentes stratégies implantaires. Ayant été également membre de la commission de l’ ANDEM comme Marc Bert, Roger

FABIO LEVRATTO, MONACO

PROTHÉSISTE DENTAIRE, VOUS EXERÇEZ À

ET ÊTES SPÉCIALISÉ DANS LE

«

TOUT ZIRCONE

»

PRETTAU. OÙ EN SOMMES-NOUS DES RECONSTRUCTIONS TITANE / ZIRCONE

Fig. 35

?

Les bridges « tout zircone » offrent une incomparable biocompatibilité tissulaire et une maintenance aisée puisqu’ ils ne s’ entartrent pas. Cependant, et même si cela complique énormément au laboratoire la fabrication de dents unitaires ou des bridges, il faut éviter de mettre en contact direct le corps de l’ implant avec la zircone pour des raisons éviP l e s k o f ,35. Bridge 99% zircone. Technique Prettau, interface titane

dentes de différence de dureté avec le titane. Avec le temps,

Christian

la zircone finira inéluctablement par endommager l’ hexa-

Chavrier, Patrick Missika, Yves Commissionat, etc., j’ adhère

gone externe, l’ octogone interne ou tout autre type de

à leur analyse concernant les Diskimplants. Ils ont un recul cli-

connexion. De plus, les vis de fixation directement ver-

L S

N°45 - mars 10

16

(...)


implantologie

rouillées sur la zircone peuvent être cisaillées à l’ encolure et casser. Leur impossibilité à être retirée risque de faire perdre l’ usage de l’ implant endommagé. La solution de sécurité à long terme est de toujours interposer une structure plus souple, de type faux moignon ou préforme usinée en titane (type bague de collage) à l’ interface corps de l’ implant / zircone (Fig. 35-37). Le Forum 2010 débattra sur cette problématique qui peut réserver de mauvaises surprises dans les années à venir si on oublie d’ intégrer lors de l’ étape de la fabrication prothétique les contre-mesures utiles capables de les prévenir. Il y a cinq ans, plusieurs cliniciens se sont rendus compte que la préparation systématique du terrain osseux 45 jours avant l’ implantation dans l’ os de type II, III et IV et de 18 à 21 jours avant pour l’ os de type I par une mini ostéodistraction locale topographiquement ciblée et non polluante par voie transpariétale permettait de modifier favorablement la future zone opératoire. Cet apport spectaculaire de cellules autologues vient renforcer le volume osseux initial sans qu’ il soit obligatoire de greffer. En cas de greffe nécessaire, celle-ci s’ effectue de façon optimisée. Il existe plusieurs protocoles en fonction des objectifs thérapeutiques (implant, greffe, paro, ortho, chirurgie, extraction de dent incluse, etc.). Comme souvent, l’ analyse de la littérature démontre que cette nouvelle approche basée sur les fondamentaux de la biologie moléculaire correspond aux concepts déjà testés de la stimulation périostée d’ Henri Goldman, endostée de Marc Bert et de la distraction osseuse d’ Illizarov. Expérimenté et mis au point pour l’ implantologie par des odontologistes et des médecins niçois, les ostéotenseurs matriciels qui bénéficient d’ acquis technologiques récents (état de surface adamantin, absence de pollution, paramétrage dimensionnel et morphologique en phase avec le tissu osseux, imagerie numérique, guide d’ impact, etc.) sont utilisés depuis peu en orthopédie : la chirurgie de la main pour le scaphoï de, et celle du pied, au niveau de l’ astragale. Aujourd’ hui, on dispose de suffisamment de preuves cliniques, radiologiques et histologiques du bienfondé de la

BIBLIOGRAPHIE 1. Bader JM. Des fausses dents qui tiennent plus que des vraies. Science et Vie, n°825, juin 1986, p. 105 2. Branemark PI,Zarb GA, Albrektsson T. Tissue-integrated prostheses. Osseointegration in clinical dentistry. Quintessence, Chicago, 1985, p 72 3. Kasemo B, Lausmaa J. Metal selection and surface characteristics. Dans: Tissue-integrated prostheses. Osseointegration in clinical dentistry. Quintessence, Chicago, 1985 pages 102-103 4. Doms PF. Expérience Clinique en implantologie. Acta Stomatologica Belgica 1986; 83: 87-97 5. Strid KG. Radiographic results. Dans: Tissue-integrated prostheses. Osseointegration in clinical dentistry. Quintessence, Chicago, 1985, pages 187-198, Chap 11 6. Cotten, P. La implantologia basal: una alternativa al injerto de hueso. 25 anos de experiencia. Ripano, 2008, edicion especial Expodental 2008, pp 63-66 7. La Lettre de l’ Ordre National des Chirurgiens-Debtistes, janvier 2010, n° 84 8. Implantologie Orale. Etat actuel des connaissances. Janvier 1993. Rapport de l’ ANDEM (Agence Nationale pour le Développement de l’ Evaluation Médicale), Service des Etudes 9. Odin G, Petitbois R, Scortecci G. Soulevé de sinus et ostéotenseur: le Fractal lift. La Lettre de la Stomatologie, special ADF, n°44, nov. 2009, p 4-11 10. Scortecci G, Meyere P, Zattara H, Doms P. Intra-oral applications in small bone volumes. Patient selection and long term results. Dans “ Tissue Integration in Oral, Orthopedic and Maxillofacial Reconstruction” , Laney W. et Tolman D. eds., Quintessence, 350-355, septembre 1990 11. Roze-Pellat MA. L’ implantologie basale. Les Gueules Cassées, n° 300, janvier 2006, p 22-23 12. Donsimoni JM, Bermot P, Dohan D. Les implants maxillo-faciaux à plateaux d’ assise. Concepts et technologies orthopédiques, réhabilitations maxillomandibulaire, reconstructions maxillo-faciales, réhabilitations dentaires partielles, techniques de réintervention, méta-analyse. 2è partie : réhabilitations maxillo-mandibulaires. Implantodontie 2004 ; 13 : 31-43 13. Donsimoni JM, Dohan D. Les implants maxillo-faciaux à plateaux d’ assise. Concepts et technologies orthopédiques, réhabilitations maxillo-mandibulaire, reconstructions maxillo-faciales, réhabilitations dentaires partielles, techniques de réintervention, méta-analyse. 1ere partie : concepts et technologies orthopédiques. Implantodontie 2004 ; 13 : 13-30 14. Goset M. L’ évolution des controverses en implantologie. Un entretien avec Franck Renouard. Titane, Vol. 6, n°2, juin 2009, 85-90 15. Renouard F. Interview. Le Fil dentaire, n° 47, nov 2009, n° special ADF, page 37 16. Commissionat Y, Princ G, Poulmaire F, Scortecci G, Odin G, Berg S. Techniques non invasives d’ implantation sous-sinusienne (2ème partie). Actualités Odonto-Stomatologiques. 2007; 239: 223-246 17. AFNOR. Etat de l’ art de l’ implantologie dentaire. Aspects scientifiques, techniques, cliniques, normatifs et réglementaires, juin 1998 18. Gapski R, Wang HL, Mascarenhas P, Lang NP. Critical review of immediate implant loading. Clinical Oral Implants Research, 2003, 14: 515-527

démarche. Le Forum sera l’ occasion de discuter les indications et les contre-indications ainsi que des résultats obtenus.

19. Scortecci GM, Misch CE, Benner KU (eds) Implants and Restorative Dentistry. 2000, Martin Dunitz, Londres 20. English C. Update on implants. JADA, vol. 2, sept. 1990 21. Bert M et Missika P (eds). Diskimplants. Dans: Les implants ostéo-intégrables. Editions CdP, Paris, 1992, pp 189-196 22. Journal of Oral Implantology, Vol. XXIX, n°1, 2003. Glossary, p. 32 23. Perel LM. Diskimplant system yields tricortical support to make the most of available bone. Dental Implantology Update 1991 ; 2 (n°8) : 72-74 24. Sénateur Michel Guery (Sénateur représentant les Français établis hors de France), Compte-rendu de mandat 2008

L S

N°45 - mars 10

18

Ls45 controverses implantaires 2010  

Parution Lettre de la Stomatologie 45 - Mars 2010

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you