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DIRECTION DE L’AGRAL

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Sommaire

Mot de l’Agral PAR SAMUEL SIMARD,

ÉTUDIANT EN AGRONOMIE ET DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’AGRAL

« Fini ton assiette ou t’auras pas de dessert! » Est-ce réellement en finissant son assiette qu’on honore le travail acharné d’une mère? Celle qui a travaillé à la sueur de son front toute la journée pour ses petits oisillons qu’elle nourrit du mieux qu’elle peut afin de maximiser leur développement? Forcer les gens à finir leur assiette juste par peur de gaspiller et non pas dans le but de varier leur alimentation peut les inciter à trop manger et ainsi à devenir de gros mangeurs. Il est plutôt conseillé de laisser la personne choisir la quantité, mais d’en gérer la diversité des aliments de son assiette. « Tu travailles fort, il te faut de l’énergie! » Une des lacunes des mères pour qui manger n’est pas seulement un besoin vital, mais certes un pur plaisir, c’est qu’elles ne peuvent s’empêcher d’ajouter cette portion en prime. Devant notre allure frêle, elles s’empressent d’ajouter à notre plat une portion qui donne à notre assiette l’allure de celle d’un bûcheron. Mais comment alors évaluer ses besoins énergétiques et comment les transférer en quantité de nourriture. On retrouve sur internet plusieurs calculateurs caloriques afin d’estimer notre dépense énergétique journalière. Celle-ci dépend de notre métabolisme de base et de notre niveau d’activité physique. Les besoins calculés, seuls l’expérience et l’apprentissage permettront de bien estimer la valeur alimentaire des aliments que contient notre repas, toutefois il est aussi possible d’apprendre par cœur le guide canadien sur la valeur nutritive de quelques aliments usuels de Santé Canada. « Parle pas la bouche pleine! » Le moment du repas est sacré et doit demeurer un moment agréable. La discussion de la journée de chacun allonge le temps à table et améliore la digestion. De plus, le temps d’ingestion étant plus long, on ressent la satiété avant d’avoir trop mangé, soit 15 à 20 minutes après le début du repas. Prendre le temps de déposer sa fourchette, de prendre de l’eau et surtout de mastiquer sont de bons moyens de profiter du moment du repas. Évitons les repas extemporanés, qui aussitôt préparés sont aussitôt dévorés. « Avale pas tout rond, tu vas t’étouffer! » Pendant la mastication, la salive n’entame pas uniquement la digestion, elle libère surtout des molécules informant le cerveau de notre action, soit de manger. Plus le cerveau sera renseigné sur cette action, moins il mettra de temps à émettre le signal « stop, j’ai l’estomac plein ». Ainsi, plus nous mangeons lentement, mieux les aliments seront digérés et moins nous aurons de troubles digestifs. De plus, il sera plus agréable de manger, car nous percevrons mieux le vrai goût des aliments. « Mange pas trop, tu vas gâcher ton souper! » Doit-on résister aux fringales? Il faut tout bien sûr reconnaître et respecter ses signaux de satiété, car la collation a sa place dans l’alimentation à condition où on a faim. La collation peut venir refaire le plein de manière à bien fonctionner. Il faut plutôt éviter de grignoter des friandises caloriques sans valeurs alimentaires comblant un besoin gourmand. Parole de toute Bonne Mère qui ne veut que le meilleur pour ses enfants

Édition mars 2011 Mot du doyen Éditorial Chronique de l’OAQ ALIMENTATION Mois de la nutrition 2011 Insolite cuisine du monde Bière 101 La hausse des droits de scolarité Le Scindisme Jetteriez-vous de l’argent à la poubelle? MarchFest, quand tu nous tiens… Un succès international pour le Trop Gros Jam SAACrifié à l’autel productiviste Faites partie du Club d’expertise Les mâles démystifiés Club de zootechnie S’impliquer… On gagne à s’y connaître! Les Maries-Nades Chronique XXX Chronique hockey Courrier de la Rousse

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L’Agral Journal des étudiants de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation ainsi que de la Faculté de foresterie, géographie et de géomatique Local 0116, Pavillon Paul-Comtois 2425 rue de l’Agriculture, Québec (Qc), G1V 0A6 Tél : (418) 656-2131 poste 3565 Fax : (418) 656-2610 agral@fsaa.ulaval.ca Directeur général : Samuel Simard Rédacteur en chef : François Gervais Secrétaire : Véronique Leclerc Chef de pupitre : Francisca Müller Responsable de la mise en page : Maryse Gendron Directeur de production : Charles Bilodeau 100%


DIRECTION DE LA FSAA

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Mot du doyen PAR

N

ous avons une chance inouïe au Québec d’avoir accès en grande quantité à des aliments de haute qualité et à un coût presque dérisoire. Pour nous, le mot « alimentation » a une tout autre signification que pour la grande majorité de nos concitoyens de la planète. Ici, c’est presque trivial, peu préoccupant, pris pour compte. C’est loin d’être le cas dans les pays moins bien nantis. Cette situation pourrait-elle changer ? En 1798, l’économiste britannique Thomas Robert Malthus publiait la première édition de An essay on the Principle of Population (Essai sur le principe de population). En se basant sur les observations disponibles à son époque, Malthus rapporte que les populations humaines augmentent de façon géométrique tandis que les ressources croissent de façon arithmétique. Il en conclut que, comme c’est le cas pour l’ensemble des êtres vivants, l’accroissement de la population humaine devrait, de façon inéluctable, provoquer un manque de ressources alimentaires et autres. Dès le départ, la théorie de Malthus a soulevé la controverse. De points de vue plus rationnels, on lui reprochait notamment de confondre les populations absolues et relatives. Ce faisant, la théorie ne prenait pas en considération que plusieurs facteurs peuvent intervenir pour ralentir ou prévenir la croissance des populations de sorte qu’elles ne puissent s’engager sur une voie de surpopulation absolue, dépassant ainsi les ressources existantes. De plus, la progression géométrique de la population, ne pourrait, selon certains critiques, s’appliquer adéquatement à l’évolution de la population humaine qui peut s’ajuster en fonction de l’environnement. Néanmoins, ce sont probablement plutôt les arguments « émotifs » qui auraient le plus affecté notre faible réceptivité aux idées de Malthus. Entre autres, le scénario quasi apocalyptique de la croissance de la population selon Malthus prêche pour un contrôle planifié et centralisé des populations humaines. Ce sujet n’a jamais été très populaire considérant qu’il peut facilement verser dans l’eugénisme. De plus, toute politique de contrôle des populations risque de faire appel à des inégalités socio-économiques dans le traitement de cette problématique. La théorie de Malthus est aussi résolument « pessimiste » en termes de développement. En effet, elle suppose que lorsqu’un pays, une nation, un peuple, se développe (le développement étant généralement perçu comme de la croissance), il court à sa perte ; pas très remontant pour le moral. Il faut ajouter que, pour qu’une théorie tienne la route et soit considérée solide, elle doit être en accord avec le plus grand nombre possible d’observations et elle doit avoir un certain pouvoir de prédiction. Jusqu’à présent, Malthus n’a pas fait bonne figure pour ces deux critères. L’amélioration globale des me-

JEAN-PAUL LAFOREST, DOYEN DE LA FSAA

sures de santé et d’hygiène, ainsi que de l’alimentation des populations, a permis une croissance sans précédent du nombre d’habitants sur notre planète depuis environ une centaine d’années, sans pour autant qu’il y ait eu accroissement de la malnutrition. En apparence, Malthus se serait donc trompé. Le taux de croissance semble aussi ralentir depuis quelques années. En 2050, la plupart des scénarios prévoient au moins 9 milliards de bouches à nourrir sur notre planète. Ce maximum atteint, il y aurait une baisse subséquente ou, peut-être un maintien de la population du globe. Sera-t -il possible de nourrir tout le monde ? Jusqu’à présent, nous nous sommes moqués des prédictions de Malthus. Par exemple, de temps immémoriaux, les surfaces disponibles pour produire la nourriture ont été accrues de diverses façons. Ce fut d’ailleurs une des forces majeures derrière les guerres, des groupes plus puissants, se permettant d’obtenir les ressources d’autres groupes. Cette approche a ses limites, un accroissement de 50 % des terres disponibles permettant normalement qu’une hausse maximale de 50 % des produits (croissance arithmétique des ressources, chère à Malthus). Autre exemple, la révolution industrielle et plus tard la révolution verte ont contribué à déjouer la théorie de Malthus en permettant, du moins momentanément des accroissements géométriques de productivité. Enfin, parmi les voies de contournement plus récentes, mentionnons la mondialisation des marchés qui permet de déplacer des biens de zones de production vers des zones de consommation se situant à plusieurs milliers de kilomètres les unes des autres. Toutefois, cette croissance a eu un prix. D’autres ressources non alimentaires ont été mises à contribution, en particulier des sources d’énergie non renouvelables, dont les disponibilités actuelle et future commencent à inquiéter. Le monde devient de plus en plus un village et toutes ses composantes sont mises à contribution pour nourrir l’ensemble des citoyens de la planète. Les voies d’évitement semblent moins nombreuses et moins sures. Pour nourrir la planète en 2050, on estime qu’il faudra accroître la production d’au moins 100 % et que 70 % de cette croissance sera le résultat de la recherche et de l’innovation. Ce sont là de gros défis pour les experts de l’agriculture, de l’alimentation, de la nutrition et de la consommation qui devront s’assurer que Malthus n’ait pas le dernier mot.


ÉDITORIAL

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Le progrès en marche, et les laissés-pour-compte au neutre PAR

B

FRANÇOIS GERVAIS, ÉTUDIANT EN AGRONOMIE ET RÉDACTEUR EN CHEF DE L’AGRAL

on. Convenez-en, après l’air et l’eau, rien n’est plus indispensable à l’être humain que les pogos. Sans lipides, glucides, protéines, métaux lourds et vitamines en tout genre, l’être humain moyen est sujet à une mort plus qu’assurée à l’intérieur d’un mois et quelques jours. On prétend également qu’après une semaine complète de jeûne, on en vient à trouver les pogos réellement appétissants… avec du ketchup. Après deux semaines, on saliverait apparemment même sans ketchup.

de semaines j’arrête de faire semblant que je ne prépare pas des élections pour le printemps? » Ce sont là, par exemple, des questionnements tout à fait honnêtes qui pourraient mériter de longues réflexions.

L’humanité au complet a réussi à comprendre ce fait hautement abstrait : on meurt sans bouffe. Mieux! Elle s’est organisée pour maîtriser une part non négligeable de ses propres ressources essentielles : elle a créé l’agriculture au sens large. La très généreuse Dame Nature s’est vue remplacée par l’homme laboureur et son génie industrieux pour pourvoir aux besoins sans cesse croissants de l’humanité. Fort bien, c’est un grand pas en avant. De l’agriculture viennent la sédentarisation, les villages et les villes.

Car s’il est une chose qui résiste au génie humain, c’est la pauvreté. Vous aurez beau prier le dieu de votre choix, vous aurez beau maudire les démons de tous les enfers, il restera, invariablement, peu importe le lieu, l’époque ou la planète, des pauvres et des riches. Et si les dernières décennies préfigurent celles qui viennent, ces écarts iront grandissants, étirant jusqu’à l’infini les distances entre ceux qui pourront s’offrir des vacances sur Mars et les gamines se prostituant pour quelques dollars pendant que leurs frères fouillent dans les décharges.

Les villes permettent aux différentes classes sociales de s’épanouir, car il peut y avoir spécialisation du travail à grande échelle. Plus besoin de se lever le matin en se demandant si les pièges ont bien pris, si un ou deux innocents lapins ne se sont pas étourdiment auto-étouffés dans un collet posé la veille… Non, au lieu de passer sa journée à courir de gauche et de droite à la recherche d’un Bambi à scalper, il suffit d’ouvrir le frigo, d’attraper le Cheez Whiz et d’apprécier la sensuelle rencontre de cette tartinade avec une tranche de pain blanc.

La relation Argent-Aliment nous semble normale, nous avons, de fait, le gros bout du bâton. Nous avons de l’argent? Nous aurons de la nourriture. Nous attirons à nous, riches, la nourriture produite ailleurs qu’on sait pouvoir revendre plus cher ici. Offre et demande. Et la demande d’ici est prête à payer assez cher pour que des pays se concentrent sur quelques productions entièrement dédiées à l’exportation. Les prix des denrées tombent? Les petits producteurs reçoivent encore moins pour leurs produits. Les prix montent? Le distributeur/transformateur encaisse davantage de profit. Le petit producteur ne reçoit rien de plus, ou si peu. Mais les prix des denrées de base l’entourant, eux, suivent l’inflation et tout finit par lui coûter plus cher. Leur survie passe par l’envie que j’ai, ou non, d’acheter des bananes pour mes déjeuners.

Miracle rendu possible grâce aux assembleurs de réfrigérateurs, aux artisans fromagers de chez Kraft et aux livreurs des deux susmentionnés prodiges de l’industrialisation. Et toute cette société est basée sur l’agriculture qui permet à chacun de se concentrer sur sa profession, ses revenus lui permettant de pourvoir à ses besoins essentiels. Fort bien. On pourrait croire que, déjà aussi avancée, l’humanité n’aurait plus qu’à s’asseoir sur ses lauriers et à régler quelques problèmes mineurs. « Je leur annonce tout de suite qu’il y aura des dépassements de coûts pour l’amphithéâtre parce que l’industrie de la construction est complètement corrompue, ou je fais semblant d’être surpris le moment venu? » « Dans combien

Or, il subsiste un problème de taille. Alors que certains en sont à réfléchir continuellement à ces stratégies politiques, d’autres se demandent, une fois réveillés par les gargouillis de ventre de leur voisin de couchette, si diable il était possible au bon Dieu d’échapper une ou deux patates quelque part afin qu’ils mangent pour une première fois en trois jours.

Et à notre époque formidable où l’on peut se taper des espérances de vie de 70 et 80 ans, où l’on peut se payer des tours du monde, où l’on peut multiplier les carrières diversifiées et pertinentes, eh bien, en même temps, des gens dépendent de nos désirs de consommation superflus afin de pouvoir combler leurs propres besoins essentiels. La surspécialisation à grande échelle rend dépendants les fournisseurs qui ne peuvent plus que se plier aux demandes des acheteurs, nous.


8 | Le journal l’Agral

CHRONIQUE DE L’OAQ

Bénévole un jour, bénévole toujours ou la satisfaction de toute personne engagée! PAR

M

embres du comité organisateur de la SAAC, chroniqueurs pour l’AGRAL, animateurs à la Radio Céréal, responsables des activités chez Via Agro-Écologie, membres du comité de placement de la Faculté ou membres du CA de l’AGETAAC, vous êtes nombreux à vous impliquer au sein de la vie étudiante à la Faculté. Ce faisant, vous contribuez à améliorer votre milieu de vie en le rendant plus agréable, plus intéressant et plus conforme à vos besoins et à votre réalité. Vous le faites, il va sans dire, avec beaucoup d’enthousiasme et de plaisir et c’est… payant!!! Quoi payant? Eh oui! En effet, c’est du bénévolat et il vous apporte quelque chose. Pensez-y! Vous mettez vos talents et vos connaissances en valeur, vous en êtes fiers, vous rencontrez des gens intéressants, vous vous faites de nouveaux contacts, vous développez de nouvelles aptitudes, vous vous dépassez et… c’est valorisant!

L’ORDRE DES AGRONOMES DU QUÉBEC

Bonne nouvelle! Dans quelques années, vous serez sur le marché du travail. Vous qui aurez aimé vous impliquer dans les activités universitaires pourrez faire de même à l’Ordre des agronomes du Québec! En effet, plusieurs possibilités s’offrent aux agronomes qui souhaitent être actifs et faire une différence dans leur monde professionnel. Année après année, près de 200 agronomes contribuent d’une manière ou d’une autre au bon fonctionnement de leur ordre professionnel. Où se trouvent-ils? Que font-ils? Voyons cela de plus près. La structure de l’OAQ L’Ordre est dirigé par un conseil d’administration sur lequel siègent 13 agronomes, soit le président et le vice-président (élus par tous les agronomes au suffrage universel) ainsi que les présidents des 11 sections régionales (élus par les membres de leur section respective). Ces sections régionales sont ellesmêmes régies par des conseils d’administration sur lesquels siègent aussi des agronomes. Le conseil d’administration de l’OAQ veille entre autres au bon déroulement des affaires générales de l’organisation et en détermine les grandes orientations. Les membres se réunissent environ cinq fois par année et participent à quelques conférences téléphoniques. Ils y prennent des décisions concernant autant les affaires légales et professionnelles que l’administration et les finances de l’Ordre. Les conseils de sections, pour leur part, ont comme mission de maintenir et de développer le sentiment d’appartenance à la profession. Ils organisent notamment des activités d’intégration des nouveaux agronomes, des activités de reconnaissance soulignant les 25 ans ou les 50 ans de vie agronomique de leurs collègues, des visites professionnelles ainsi que des conférences. Les conseils de sections assurent également le lien avec des organisations ou des événements régionaux comme la journée Portes ouvertes sur les fermes du Québec de l’UPA, le Salon de l’agriculture, la SAAC ou encore des journéescarrières organisées par des établissements scolaires de niveau collégial ou secondaire. Il va sans dire que, là encore, des agronomes sont interpellés pour s’y impliquer à différents niveaux. Des comités pour tous les goûts L’OAQ a constitué plusieurs comités dont certains ont pour fonction de voir à l’application des règlements de l’Ordre et de favoriser le développement de la profession (comités d’orientation), alors que d’autres contribuent à la réalisation d’objectifs spécifiques (comités ad hoc). Nous vous en citons quelques-uns : (Suite page 9)


CHRONIQUE DE L’OAQ (Suite de la page 8)

Le comité d’admission examine les possibilités d’amélioration à apporter à l’examen et à la cérémonie d’assermentation. Le comité des équivalences analyse les demandes d’équivalence de diplômes et de formation afin de s’assurer que les candidats à l’examen qui ne détiennent pas un diplôme reconnu par l’OAQ possèdent une formation répondant aux exigences. Le comité de formation continue assure la mise à jour, le suivi et l’application de la politique de formation continue de l’OAQ et propose au CA des orientations et des ajustements. Le conseil de discipline décide de la culpabilité ou non d’un agronome faisant l’objet d’une plainte pour une infraction au Code des professions, à la Loi sur les agronomes ou aux règlements qui en découlent. Il décide également de la sanction à être imposée, le cas échéant.

Mars 2011| 9 Le comité d’inspection professionnelle a le mandat d’assurer la surveillance de la pratique de la profession selon le programme approuvé par le conseil d’administration. Examinateur? Moi? Chaque année, une cinquantaine d’agronomes participent, à titre d’examinateurs, à l’une ou l’autre des trois sessions d’examen d’admission à la pratique de la profession. Quel est le profil recherché? avoir 3 ans d’expérience de pratique professionnelle; avoir la capacité de préparer des entrevues; aimer le travail en équipe; détenir un bon jugement; être disponible pour une rencontre préparatoire la veille de l’examen et pour la journée de l’examen. Demeurez actifs et impliquez-vous! Être membre de notre ordre professionnel c’est plus que de payer une cotisation annuelle, c’est aussi s’offrir la possibilité de participer de façon active aux activités exclusivement réservées aux agronomes et de contribuer à l’avancement et à la promotion de la profession. Pour plus d’information sur la structure de l’Ordre des agronomes du Québec et sur les règlements qui le régissent, visitez le site Web de l’OAQ à l’adresse www.oaq.qc.ca.


ALIMENTATION

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Mois de la nutrition 2011 PAR

JEAN-PHILIPPE DROUIN-CHARTIER, PRÉSIDENT DE L’ADÉEN ET ALEXANDRA FERRON, PRÉSIDENTE DU B.E.N.

Bonjour à tous,

D

éjà le mois de mars! Pour plusieurs, ce mois signifie le début du ski de printemps ou que la relâche arrive bientôt! Pour nous, nutritionnistes de demain, ce mois signifie un peu plus que cela : en effet, mars est le Mois de la nutrition partout au Canada. L’Association des étudiants en nutrition (ADÉEN) et le Bureau d’entraide en nutrition (B.E.N.) ont préparé pour vous une multitude d’activités afin de promouvoir la saine alimentation et l’adoption de saines habitudes de vie. Aussi, cette année, nous avons le grand plaisir de compter les étudiants en sciences et technologies des aliments parmi nos collaborateurs. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre calendrier des activités affiché dans le Comtois et sur le site : www.ben.asso.ulaval.ca. Restez à l’affût des différentes annonces pendant tout le mois! Bref, vous le constaterez par vous-même : le plaisir de bien manger est au rendez-vous dans toutes nos activités, comme quoi bien manger, ce n’est pas si compliqué! Au plaisir de vous y voir!

Activités du mois de la nutrition 2011 Quoi? Quand? Cocktail d'ouverture du mois de la nutrition

1er mars de 16 h à 18 h

Où? Hall du Comtois

Kiosques boîtes à lunch (dégustation), innocuité et additifs

2 mars de 11 h 45 à 13 h 15

Cafétéria du Comtois

Conférence « Stigmatisation et obésité » (Dr Simone Lemieux)

16 mars de 11 h 30 à 12 h 50

Vandry-2245B

Parade de mode Nutrition et Éducation physique! Conférence « Activité physique et nutrition sportive » (Mathieu Rousseau, kin.)

17 mars à 19 h 30 21 mars de 14 h 30 à 16 h

Auditorium CEGEP FX Garneau Comtois-3110

Kiosques de collations santé gratuites

22 mars de 11 h 40 à 13 h 15

Concours de cuisine Défi sucré santé

24 mars de 12 h à 14 h

Comtois-2420

Projection d'un film sur l'image corporelle

24 mars de 17 h à 19 h

Café Exocytose au Vandry

Kiosques de collations santé gratuites

29 mars de 11 h 40 à 13 h 15

Conférence « Hauts et bas de la nutrition sportive » (Dr Benoît La30 mars de 11 h 30 à 12 h 50 marche)

Cafétéria Comtois et Vachon

Cafétéria De Koninck et Pouliot Vandry-2245B


ALIMENTATION

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Insolite cuisine du monde PAR

GEOFFROY MÉNARD, ÉTUDIANT EN AGROÉCONOMIE

AVERTISSEMENT : Les jugements portés dans cette chronique sont uniquement à des fins humoristiques, et ne sont pas à prendre au sérieux. Les informations présentées ici ont été prises à gauche et à droite sur une variété de sites web et n'ont pas pu être vérifiées à la source, mais l'auteur n'a rien inventé. Cœurs sensibles ou dédaigneux s'abstenir.

cinq à six jours dans l'eau froide, le poisson est macéré dans une solution d'hydroxyde de sodium pendant deux jours. Durant ce traitement, la chair gonfle, se saturant de soude et perdant jusqu’à la moitié de son contenu en protéines, acquérant ainsi une consistance gélatineuse. À ce moment, le pH du poisson atteint entre 11 et 12, et il doit être trempé un autre quatre à six jours avant de devenir consommable.

Si des étrangers en sol québécois sont dégoûtés par la poutine, c'est qu'ils n'ont pas connu les abominations gastronomiques inventées par les différents peuples de ce bas monde. Mon séjour en Suède, où l'on consomme un met traditionnel de hareng fermenté, m'a inspiré cette chronique sur les aliments bizarres. On pourrait croire que la consommation de pourritures, de bestioles peu ragoutantes ou de préparations potentiellement toxiques est le fait de la nécessité ou de la pauvreté extrême, mais, contre toute attente, ces immondices sont souvent des délicatesses recherchées par les fins palais. Coup d'œil sur quelques traditions alimentaires ahurissantes. ASIE : Les nids d'hirondelles Ce ne sont pas des nids faits de brindilles, d'herbes et de branchages, et ils ne sont pas construits par des hirondelles. Ce sont néanmoins des mets très recherchés par les gastronomes de l'autre côté de la planète. En effet, ce sont les nids de certaines espèces de martinets peuplant l'Asie, fabriqués à partir d'un mucus sécrété par ces oiseaux, qui sont préparés par les cuisiniers du sud-est asiatique. Ces « nids », blanchâtres et translucides, rappellent les nouilles de riz. Ils sont bouillis pendant 3 heures pour être servis en soupe ou en accompagnement de volailles. On leur prête plusieurs vertus thérapeutiques, vitalisantes, antivieillissement ou régénératrices, qui ne semblent pas avoir été confirmées par la science. Les Asiatiques sont, depuis longtemps, si convaincus des bienfaits de ces constructions de salive séchée que les rois et autres aristocrates envoyaient des sujets téméraires affronter des dangers pour en récolter un maigre volume. Il se trouve que ces oiseaux ont la fâcheuse habitude de construire leurs nids sur les plafonds de grottes humides, tandis que la technologie de récolte consiste en des échafaudages et perches de bambou. Hong-Kong serait le plus grand marché de consommation de ces nids et en importerait 100 tonnes par an. De nos jours, la ressource se raréfie et pourrait se vendre quelques milliers de dollars le kilo. Pas mal pour de la bave d'oiseau qui n'a, dit-on, aucun goût. Heureusement, un nid ne pèse que quelques grammes. NORVÈGE : Le lutefisk Le lutefisk est une préparation particulière de la morue, consommée dans le nord de la Scandinavie. Après avoir trempé

Le lutefisk, réputé dégager une forte odeur, est considéré par certains comme n'étant pas comestible pour la plupart des gens normaux. C'est un plat de tradition viking, consommé durant le temps des fêtes avec de la purée de pois, des patates, du bacon et du fromage de chèvre. SUÈDE : Le surströmming Le surströmming (« hareng suri ») est un met originaire du nord de la Suède consistant en du hareng fermenté. Le poisson est pêché dans la mer baltique en mai ou juin, fermenté au soleil pendant deux mois puis mis en conserve. Le processus de fermentation continue à l'intérieur de la conserve, de sorte qu'au bout de six mois à un an, une variété de gaz a été produite, faisant bomber la boîte qui passe d'une forme cylindrique à une forme sphérique. À cause de la pression ainsi créée, ces conserves ont été interdites sur les vols de plusieurs compagnies aériennes, préoccupées du potentiel de ces boîtes à exploser sous la plus faible pression externe. La préparation a été développée à partir du 17e siècle pour les troupes suédoises, en guise de méthode de conservation remplaçant le salage en période de pénurie de sel. Il va sans dire que cet aliment est reconnu pour dégager une odeur âcre et pestilentielle, décrite comme rappelant les œufs pourris, le beurre ranci, le vinaigre ou le chien mouillé. Selon plusieurs, le surströmming est sans doute un candidat pour le titre de l'aliment le plus nauséabond au monde. La boîte doit être ouverte à l'extérieur pour laisser se dégager les gaz sous pression, et il est également recommandé de ne pas consommer le produit à l'intérieur. Par ailleurs, le poisson fermenté est banni de nombreux blocs appartements et interdits dans les édifices publics, car son odeur peut évidemment alimenter des conflits. Il est dit aussi que ces conserves sont prisées par les enfants en guise de bombes puantes pour faire des mauvais coups : environ 25 salles de classe par année doivent être évacuées à cause de l'ouverture d'une canne. Une compagnie du nord de la Suède a tenté d'en commercialiser une version en pilules pour la vendre comme produit de santé naturelle, tentative qui a été tuée dans l'oeuf par le refus de l'agence nationale de contrôle des aliments, qui a jugé les préten(Suite page 12)


12 | Le journal l’Agral (Suite de la page 11)

tions santé injustifiées. Ce met peu populaire, que beaucoup de Suédois admettent éviter, est traditionnellement consommé à la fin de l'été dans un sandwich de pain croustillant contenant également des patates et de la crème sure. ISLANDE : Le hákarl Il va sans dire que les Islandais, descendants de Vikings habitant une île minuscule au milieu de l'Océan, sont de grands consommateurs de fruits de mer et de poissons, dont le requin. Mais les requins pêchés dans les eaux nordiques, essentiellement le requin-pèlerin et le requin du Groenland, sont toxiques à consommer frais à cause d'un contenu très élevé en acide urique et en oxyde de triméthylamine. Ces produits servent d'antigel permettant au métabolisme de ces poissons de fonctionner dans des eaux aussi froides que -2 °C, et il paraît que ceux qui en consomment peuvent vomir du sang peu de temps après. Donc, les ingénieux Islandais ont trouvé une façon de transformer le poisson de sorte à éliminer ces toxines.

ALIMENTATION dans plusieurs pays d'Asie, il semble être le plus populaire aux Philippines, où il est vendu, prêt à manger, dans la rue. Selon National Geographic, ces embryons de canards sont aussi communs que les hot dogs aux États-Unis. Les Philippins le mangent souvent assaisonné au vinaigre et accompagné de bière. Pour beaucoup de gens, cet aliment est un aphrodisiaque. JAPON : Le fugu Le fugu est la viande d'une famille de poissons célèbres pour leur capacité particulière de se gonfler comme un ballon lorsque menacé. Ces tétraodontidés sont aussi parmi les vertébrés les plus toxiques au monde. Plusieurs organes de ces poissons contiennent une neurotoxine paralysante très puissante appelée tétrodotoxine. Celle-ci n'atteint pas le système nerveux central, laissant la victime complètement consciente lors de la paralysie, qui mène généralement à une mort par asphyxie ou arrêt cardiaque. La toxine n'est pas affectée par la cuisson et il n'existe aucun antidote connu.

Après avoir été éviscéré et décapité, le requin est coupé en gros morceaux, qui seront placés dans des trous dans le sol. Enterrés sous le sable et les pierres afin de garder la viande hermétique et bien tassée, les morceaux seront déterrés un à trois mois plus tard. À ce stade, la viande est molle et dégage une odeur d'ammoniaque. Les morceaux seront suspendus dans une cabane, trouée pour la ventilation, pendant deux à quatre mois. À la fin de ce processus, la viande est relativement bien ferme et séchée. La croûte brune est retirée et le hákarl est alors coupé en petits cubes et emballé, prêt à être consommé. Ce met est consommé traditionnellement au festival de Thorrablot, durant l'hiver, accompagné de brennivin, un spiritueux à base de patates. Le hákarl a un fort contenu en ammoniac, produit lors de sa fermentation initiale. Certains lui trouvent un arôme rappelant le fromage, d'autres trouvent qu'il rappelle davantage l'urine. OUEST AMÉRICAIN : Les Rocky Mountain oysters Où trouver des huîtres dans les montagnes Rocheuses? Nulle part! Les Rocky Mountain oysters ne sont pas exactement des fruits de mer : le nom est plutôt un euphémisme comique pour un apéritif à base de testicules de bœuf. Le plat est né de l'abondance de la matière première dans des régions de l'Ouest où les ranchs de bétail sont très nombreux et les jeunes veaux, systématiquement castrés. Les testicules sont « épluchés », pannés, poivrés et parfois aplatis (ouch!) pour être ensuite frits dans l'huile. On trouve un plat semblable dans les prairies canadiennes, qu'on appelle plutôt prairie oysters et qui est grillé et servi avec sauce brune, plutôt que frit. PHILIPPINES : Le balut Le balut est littéralement un intermédiaire entre l'œuf et la viande de canard. L'œuf de canard fertilisé a été incubé environ deux semaines, le temps peut-être de développer un début de plumes, de becs et d'os, puis l'œuf est bouilli et servi dans sa coquille brisée. Bien qu'on consomme de cet aliment sous un autre nom

LE BALUT : LE HOT DOG PHILIPPIN Leur chair est néanmoins très prisée chez les fines bouches nippones. Le poisson peut être apprêté de sorte à en retirer les parties dangereuses; la pratique est cependant sévèrement encadrée par les autorités publiques. Seuls les cuisiniers d'expérience, ayant suivi plusieurs années de formation et possédant une licence, peuvent apprêter ce poisson mortel. Le poisson est souvent servi en sashimi, de fines tranches de chair crue, ou encore bouilli brièvement avec des légumes. On rapporte que dans certains restaurants, quand le chef connaît les clients, il peut leur offrir discrètement un petit morceau d'organe toxique. En effet, certaines personnes apprécient la sensation d'engourdissement que procure la toxine du fugu, qui peut venir aussi avec un certain buzz euphorisant. Il est cru que l'intoxication, lorsque non fatale, est suivie d'un gain remarquable de libido. Chaque année, des décès sont attribués à la consommation de ce poisson, généralement par des pêcheurs amateurs qui ont euxmêmes préparé l'animal. (Suite page 13)


ALIMENTATION (Suite de la page 12)

INDONÉSIE : Le kopi luwak Le kopi luwak est un café « de spécialité » et il est considéré comme le café le plus cher et le meilleur au monde. La production mondiale de ce café est estimée à 200 kg par an, et son prix peut atteindre 500 $ le kilo. Il était, par ailleurs, la source d'une polémique en Indonésie tandis que les hautes autorités musulmanes se demandaient si la consommation de ce breuvage devrait être considérée comme un péché, étant donné son mode de fabrication particulier.

Mars 2011| 13 que. Les escamoles sont les larves de fourmis qui s'établissent dans des racines d'agave. Elles se présentent sous forme de petits œufs blanc jaunâtre, à mi-chemin entre le grain de riz et le fromage cottage. Frites dans la poêle avec des oignons, elles sont servies avec du guacamole, de la salsa et des tortillas fraîches. Il paraît que c'est un délice qui fond dans la bouche. On peut aussi les manger en tacos, préparation qui se vendra 25 $ pièce! LE KOPI LUWAK CIVETTE

Kopi luwak signifie « café de civette », la civette étant un animal de la famille des viverridés vaguement apparenté au furet. Les animaux de cette famille ont plusieurs particularités intéressantes, dont celles de ronronner et de déposer leurs déjections, qui sont d'une taille impressionnante, systématiquement au même endroit. Ce dernier aspect doit faciliter la récolte du kopi luwak, puisque le système digestif de Paradoxurus hermaphroditus est le secret de la fabrication de ce café. En effet, l'animal se nourrit exclusivement de baies de café, dont il ne digère pas les noyaux. Ces derniers ressortent, fermentés, par voie naturelle. Les grains de café, après avoir été nettoyés, séchés et torréfiés, produisent un café moins amer avec un goût qu'on dit caramélisé ou chocolaté, très prisé des gourmets. Le président de la plus haute autorité islamique de l'Indonésie a déclaré l'an dernier que la consommation du café de luwak n'était pas un péché, « tant que les grains de café sont nettoyés à l'eau pour être débarrassés des traces d'excréments ». Tout est bien qui finit bien pour les consommateurs de ce café, rare comme de la marde de pape. CAMBODGE : Les a-ping Si vous allez au Cambodge et particulièrement dans la ville de Skuon, vous aurez l'opportunité de goûter à ce met inusité. Certains affirment qu'il est en quelque sorte un héritage des Khmers rouges, puisque c'est durant les famines de leur régime, à la fin des années 70, que les tarentules ont commencé à tisser des liens avec la poêle à frire. Les arachnides sont capturés dans la forêt ou élevés dans des terriers. Avant d'être envoyés au marché, on leur arrache, un à un, les crocs. On les fait frire dans un wok avec de l'ail, du sel et du glutamate monosodique, après quoi elles prennent une teinte brun foncé. Une tarentule bien apprêtée a les pattes croustillantes, mais le corps doit demeurer tendre. On peut acheter une tarentule pour environ l'équivalent de 12 ¢. Elles sont aussi utilisées comme remède traditionnel contre les maux de dos et l'insomnie. MEXIQUE : Les escamoles On l'appelle parfois le caviar mexicain et il se vendrait 70 à 80 $ le kilo. L'escamole est une délicatesse fort recherchée au Mexi-

ITALIE : Le casu marzu Ce fromage, si ce produit mérite l'appellation, trône au sommet des aliments grotesques. Il a été décrit comme « une glu visqueuse et puante qui brûle la langue », ou encore « une saveur de pourriture et de décomposition avec une note prolongée de vomi ». Les bergers de la Sardaigne, non contents de transformer leur fromage de brebis avec des bactéries et des levures, ont appelé en renforts un tout autre règne de décomposeurs, et j'ai nommé : Piophila casei. En effet, ces fromagers extrêmes font intervenir nulle autre que la mouche du fromage pour « affiner » leur produit. Les larves sont délibérément introduites dans les meules de pecorino en les laissant à l'extérieur, après avoir pris soin d'en ébrécher la croûte afin d'assurer l'accès à maman mouche. Chacune de celles-ci peut injecter plusieurs centaines de bébés larves à la fois. Les acides gras du fromage seront brisés par les acides digestifs de nos diptères‑fromagères en herbe, qui n'ont sûrement pas de diplôme en STA. Ceci rend le fromage très mou et coulant, et produit un liquide suintant hors du fromage, que les Sardes appellent judicieusement lacrimae (larmes). Une meule typique de casu marzu contiendra donc des milliers de ces asticots blancs transparents, qui font typiquement 8 mm de long. Selon Wikipédia, « lorsqu'elles sont dérangées, les larves peuvent sauter en dehors jusqu'à des distances de 15 cm, d'où les recommandations de protection des yeux pour ceux qui mangent ce fromage ». Ainsi, le casu marzu est sans doute le seul fromage au monde, voire le seul aliment au monde, qui doit être mangé avec des lunettes de sécurité. Certains font évacuer les asticots en scellant le fromage dans un sac. Les larves suffocantes se sauvent en sautant, et il est dit qu'on peut même les entendre frapper les parois du sac. Les problèmes de sécurité posés par la consommation de ce fin délice ne s'arrêtent pas aux agressions oculaires provoquées par des asticots affolés. Ce n'est pas pour rien que le casu marzu a eu l'honneur de se voir attribuer en 2009 le record Guinness du fromage le plus dangereux pour la santé humaine. Mis à part causer de banales et anecdotiques réactions allergiques, le fromage peut devenir carrément toxique arrivé à un certain niveau de décomposition. Les Sardes, prudents, se fient à ce que les (Suite page 14)


14 | Le journal l’Agral (Suite de la page 13)

larves soient encore vivantes pour juger de la nontoxicité de leur produit, leur mort signifiant qu'un niveau critique de toxicité aurait été atteint. Mais le risque le plus inquiétant est celui de la myiase intestinale. En effet, les asticots ayant survécu à la mastication pourraient survivre à l'acide gastrique et se retrouver dans les intestins, où elles dévoreront leur hôte de l'intérieur en essayant de traverser la paroi intestinale, y causant de sérieuses lésions. Les gourmets pourraient alors souffrir de nausées, vomissements, douleurs abdominales, et de diarrhées sanglantes. Il paraît que ce fromage, considéré insalubre par les autorités publiques, est illégal et qu'il est vendu sur le marché noir deux à trois fois plus cher que le pecorino duquel il est issu. Certaines sources font état d'un statut spécial dont jouirait maintenant ce mets traditionnel, l'exemptant des régulations sur la santé et sécurité alimentaires. Par ailleurs, l'aliment serait étudié par certains chercheurs italiens.

ALIMENTATION Le casu marzu est très prisé des bergers sardes, qui le considéreraient comme un aphrodisiaque, et en consommer serait vu comme quelque chose de viril. La perspective de se faire dévorer de l'intérieur par une orgie de larves de mouches y est peut -être pour quelque chose.


ALIMENTATION

Mars 2011| 15

Bière 101 PAR

P

rendre une bonne bière froide après une longue semaine d’école, il n’y a rien de mieux pour relaxer ses méninges. Alors que je déguste voluptueusement ce doux nectar, je m’aperçois, à mon grand dam, que la bouteille qui contient ce précieux breuvage contient également une foule de renseignements cryptés. Stout, triple fermentation, unités IBU? Quels sont tous ces termes qui n’ont aucune signification à première vue? Voici un cours glossaire des différents termes utilisés dans l’industrie brassicole. Ingrédients Le premier ingrédient d’une bière est l’eau. Cela peut sembler anodin, mais la qualité de l’eau et sa teneur en minéraux dissous ont une importance majeure sur le résultat final. En général, il est préférable d’avoir une eau dure afin de contrebalancer l’acidité du malt, particulièrement lors de la fabrication de bière foncée. Différents minéraux dissous favorisent l’activité des microorganismes. Le second ingrédient est un mélange de différents grains de céréales germés. Traditionnellement fait exclusivement d’orge, le malt peut également être fait à partir de blé, d’avoine, de sorgho, de seigle, etc. Le processus de maltage permet de rendre l’amidon contenu dans les grains plus facilement consommable par les levures. Une bière riche en malt sera une bière assez lourde et sucrée. Le houblon agit comme épice et agent de conservation dans la bière. Il apporte de l’amertume et un parfum d’agrume au liquide. L’amertume d’une bière se mesure en IBU (balance internationale d’unité d’amertume), avec des valeurs allant de 5 à 100 environ. Certaines bières sont caractérisées par leur fort IBU, comme les india pale ale par exemple qui ont généralement des IBU près de 100. Finalement, il peut y avoir des ajouts pour obtenir un goût particulier (fruits, érable, épices, etc.) ou encore pour remplacer une partie du malt et ainsi réduire les coûts de production (riz et maïs). « Ale » vs « Lager » Les deux grandes familles de bières sont la « Ale » et la « Lager ». La bière de type « Ale » est produite par des micro-organismes qui agissent à haute température (généralement entre 15 et 25 C). Il en résulte une bière assez sucrée et alcoolisée. Traditionnellement, du houblon était ajouté à cette bière pour qu’elle se conserve plus longtemps. Différents types de bières forment des sous-catégories de « Ale ». La blanche, la trappiste, la IPA, la stout et la porter en font partie. Les levures actives dans la « Lager » agissent à des températures entre 5 et 10 C. À de telles températures, la fermentation est plus lente et le niveau d’alcool final est moins élevé que pour la « Ale ». Outre les « Lager » telles quelles, une seule sous-catégorie est réellement répandue, il s’agit de la « Pilsner ». La première bière à être à la fois limpide et doré fut une « Pilsner ». Or, aujourd’hui cette caractéristique

CÉDRIC BOUFFARD, ÉTUDIANT EN AGRONOMIE n’est plus exclusive et la reconnaissance d’une « Pilsner » est donc plus difficile. Il est généralement admis qu’une « Pilsner » est une « Lager » fabriquée à partir d’eau douce et d’une variété spécifique de houblon. Toutefois, il n’est pas rare de voir des bières utiliser ce nom seulement à des fins de marketing. SRM La couleur d’une bière peut se mesurer sur l’échelle SRM (méthode de référence standard). Il s’agit de mesurer l’absorbance du liquide à l’aide d’un spectrophotomètre. De façon concrète, une bière très claire sera aux alentours de 1 SRM alors qu’une bière très foncée aura un SRM d’environ 70. Qu’est-ce qui donne la couleur à la bière? Pour les bières foncées, il s’agit de la torréfaction du grain. C’est exactement le même processus que pour la confection de café soit une caramélisation prolongée des sucres. En plus de la couleur, ce type de grain apporte des arômes de chocolat ou de café. La stout est le type de bière foncée la plus répandue. Pour les bières blanches, c’est l’ajout de blé non malté qui permet d’obtenir cette couleur et ce goût fruité caractéristique.

S. Simard Fermentation Le processus de fermentation de la bière se divise en deux périodes distinctes. La première est la fermentation alcoolique au cours de laquelle le sucre du malt est transformé en alcool. La seconde portion permet de développer le goût de la bière. Cette dernière étape peut encore se diviser. On parle alors d’une bière de triple fermentation ou bière sur lie (résidus de levures). Originalement, la désignation double, triple ou quadruple fermentation désignait la quantité d’alcool que contenait la bière. Finalement, les brasseurs à travers le monde ont toujours travaillé à rendre leurs bières le plus homogènes possible dans le temps contrairement aux producteurs de vin qui acceptent de produire des vins différents d’année en année. Or, de plus en plus de micro-brasseries développent des bières avec un millésime. Et certains poussent l’audace jusqu’à laisser les bières fermenter en fût de chêne.


VIE FACULTAIRE

Mars 2011| 17

La hausse des droits de scolarité, votre association étudiante et vous PAR

D

FLORENCE BOUCHARD SANTERRE, ÉTUDIANTE EN AGROÉCONOMIE ET ADJOINTE AUX FINANCES DE L’AGETAAC

epuis quelques jours, on vous envoie des courriels, et au moins une des questions suivantes vous aura déjà été posée plusieurs fois : « As-tu répondu à la consultation électronique? Toi, qu’est-ce que tu en penses, de la hausse des frais de scolarité? À quoi va ressembler la position de l’AGETAAC dans le dossier, selon toi? » Bref, on veut votre opinion! Mais pourquoi donc? Pour mieux vous représenter au caucus de la CADEUL et répondre à ceux qui interrogent votre association au sujet de cette hausse, entre autres choses, car c’est par la voix des étudiants qu’elle y parle, et elle tient à la respecter. Voici donc quelques informations pour vous guider dans le processus référendaire qui sera déjà amorcé lorsque vous lirez ces lignes… Les faits De 2007 à 2012, le gouvernement procède à une hausse des frais de scolarité correspondant à une augmentation de 30 % du montant réclamé en droits de scolarité en cinq ans. Celui-ci passera donc au final de 55,61 $ par crédit en 2007 à 72,26 $ par crédit pour 2012, en excluant les frais institutionnels obligatoires et cotisations. Petit lexique Modulation : Les frais pour chaque programme sont différenciés pour être plus près du coût réel de la formation ou encore du salaire futur des étudiants. Déréglementation : Le gouvernement donne le pouvoir aux établissements universitaires de fixer eux-mêmes les montants réclamés. Remboursement proportionnel au revenu (RPR) : La période de remboursement dépend notamment du seuil de revenu à partir duquel le remboursement est exigé, le taux de remboursement, le montant du prêt, le taux d’intérêt et autres facteurs pour répartir la dette d’étude des ex-étudiants. Impôt post-universitaire (IPU) : L’ex-étudiant est un bénéficiairepayeur qui contribue au financement des universités pendant un nombre d’années fixe et à un pourcentage égal pour tous. L’ensemble des frais de scolarité est partagé entre ceux-ci, sans égard aux études effectuées. Fonds pour les soins de santé et l’éducation postsecondaire (FSSEP) : Ajout au Fonds pour les soins de santé d’une contribution (0,2 % à 0,5 % de plus selon le niveau d’imposition) dédiée au financement des universités.

Depuis, suite aux déclarations de certains acteurs politiques, le Conseil général du Parti libéral du Québec prend position afin de préparer la suite des choses. Le gouvernement annonce alors sa volonté de rejoindre la moyenne canadienne (4 917 $ pour 15 crédits en 2009, comparativement à 2 272 $ au Québec), fixer la participation financière étudiante à une proportion fixe de l’investissement du gouvernement dans le réseau universitaire et étudier les modalités qui permettraient aux universités de différencier les frais de scolarité pour chaque programme de formation. Le 6 décembre dernier, la rencontre des partenaires de l’éducation tenue à Québec voit les associations étudiantes présentes et les syndicats claquer la porte et rejoindre les manifestants dans la rue pour dénoncer cette hausse. Le référendum de l’AGETAAC C’est le premier mars que le réel processus référendaire s’enclenche, alors que le conseil d’administration de votre association des étudiants en agriculture, alimentation et consommation adoptera une proposition élaborée à l’aide des résultats de la consultation, les procédures référendaires ainsi que le nom de la présidence et du secrétariat du scrutin. La proposition retenue est celle sur laquelle vous aurez à vous prononcer par voie référendaire du 14 mars minuit au 16 mars 23 h 59. Le processus se déroulant par Internet (un ordinateur sera toutefois disponible dans la cafétéria pour accroître l’accessibilité), c’est principalement par ce média que circulera l’information, en plus d’être disponible au pavillon. Les personnes le souhaitant pourront aussi former des comités partisans pour ou contre la proposition en se présentant au local 0110 (celui de l’AGETAAC). Des moyens seront mis à votre disposition en vertu des procédures référendaires afin que vous puissiez exprimer votre opinion. Une fois le résultat adopté par le CA le 17 mars, il sera diffusé et deviendra la position officielle de votre association étudiante sur la hausse des frais de scolarité! C’est en espérant avoir démystifié un peu le processus que je vous invite à nous adresser vos questions soit en personne au CMT-0110 ou encore par l’entremise du site Internet agetaac.ulaval.ca, où toute l’information sera disponible afin de vous éclairer sur ce référendum. Sachez que la position que vous adopterez sera portée dans les instances de la CADEUL par votre association avec fierté, car elle sera celle de la démocratie en action au Comtois!


RÉFLEXION SOCIALE

Mars 2011| 19

Le Scindisme PAR

DAVID JEKER, ÉTUDIANT EN AGRONOMIE ET MEMBRE DU CRU[E]

I

l sera une fois, un monde différent, peut-être meilleur, peut -être pire. Un monde dans lequel l’éternel débat opposant Rousseau et Voltaire trouve un surprenant dénouement. Un monde gouverné selon les lois du Scindisme. Le Scindisme est un système social qui propose de scinder le monde en deux. On retrouve alors la culture et ses villes fortifiées d’un côté et la nature de l’autre. Chaque ville est autosuffisante, produit sous une gestion de l’offre et consomme sous une gestion de la demande. Des nutritionnistes déterminent les besoins de chaque individu et les quantités requises d’aliments sont produites, soit dans les nombreuses fermes verticales ou dans les quelques fermes traditionnelles (industrielles...) occupant l’espace entre la cité et le mur. On a donc une ville, des terres agricoles puis les fortifications. Évidemment, pas de banlieue, un concept aussi aberrant ne peut exister dans un système social qui se respecte. Si un individu ne respecte pas les lois de la cité, il se voit expulsé de cette dernière ainsi que de toute autre cité, et ce, pour toujours. Le travail servira à répondre à de vrais besoins, il sera donc limité en plus d’être réparti équitablement au sein de la population. Aucune rémunération monétaire, mais le droit de se nourrir et de profiter des services offerts par la société. Parmi ses services, l’éducation et les soins de santé, mais aussi des services de divertissement. La célèbre formule « du pain et des jeux » étant respectée, les gens de la cité peuvent vivre heureux... À l’extérieur des murs des cités, c’est la nature qui a repris ses droits, c’est la jungle. Les hommes y vivant ne bénéficient pas de la sécurité et du luxe de la vie urbaine, mais ils y sont libres.

Ils se retrouvent là soit par choix, soit parce qu’ils y sont nés ou encore parce qu’ils ont été expulsés du monde urbain, car jugés inaptes à la vie en société. Seuls les enfants nés à l’extérieur pourront de leur propre gré, entrer dans la cité. Ce processus complexe, nécessitant entre autres une formation préalable à l’entrée des sauvages dans le monde civilisé, est nécessaire pour que tous les terriens aient une chance de vivre à l’intérieur des murs. Les sauvages vivent selon les lois de la nature, heureux... Les deux parties du monde sont dirigées par un groupe de sage. Ce gouvernement ne fait que s’assurer que les règles préétablies soient respectées. À l’intérieur de la cité, par le biais de la police et à l’extérieur, en envoyant des avertissements ou des représailles militaires (les sages possèdent des armes puissantes contrairement aux terriens). La nature est donc sous surveillance du gouvernement mondial, toute tentative de création d’une forme de société complexe à l’extérieur des murs sera anéantie si les activités ne sont pas cessées après un avertissement. Il s’agit là de l’unique loi pour les habitants de l’extérieur, elle est nécessaire pour éviter que le monde se retrouve à la case départ, à l’ère pré-scindiste. L’accroissement incessant de la population mondiale, l’exode rural, le réchauffement planétaire, la désertification, l’épuisement des réserves pétrolières et la centralisation du pouvoir sont des phénomènes bien réels, ils indiquent que le monde se dirige bel et bien vers une scission. Que Rousseau et Voltaire reposent en paix, la partie se termine, sans gagnant ni perdant. Le Scindisme n’est pas une simple théorie ni même une utopie, mais bel et bien une prophétie.

Projet Comtois Vert! Vous êtes tanné de voir le Comtois ressembler à un bloc de béton sale à l’allure post-soviétique? Vous avez des connaissances à partager dans le domaine des murs végétaux et des toits verts? Un comité de gens motivés et des plus sympa est déjà sur pied et doit se réunir prochainement pour mettre sur papier les bases d’un projet de végétalisation de l’extérieur de notre pavillon. Toute personne intéressée à interagir de façon constructive peut écrire à samchauvette@gmail.com pour obtenir de l’information. Merci!


ENJEUX AGRICOLES

20 | Le journal l’Agral

Jetteriez-vous de l’argent à la poubelle? PAR

MAXIME LACHARITÉ, ÉTUDIANT EN AGROÉCONOMIE

L

’utilisation de plastique dans l’industrie agricole est très répandue. Qu’on l’utilise comme méthode de conservation des fourrages, comme paillis ou comme méthode de cueillette de l’eau d’érable, une chose est sûre, à plus ou moins long terme il faudra se départir de ses déchets. Le plastique est si couramment utilisé qu’on oublie parfois il est issu de la transformation du pétrole ou du gaz naturel. Avec l’augmentation des prix de l’essence à la pompe, la transformation inverse, c’est-àdire de transformer le plastique en combustible s’avère être de plus en plus intéressante. Cette technologie n’est pas nouvelle, il y a plus d’une centaine d’usines transformant le plastique en diésel ou en brique énergétique pour alimentation en énergie aux États-Unis. Présentement, la technologie qui semble avoir le plus de potentiel est la dépolymérisation à basse température des chaînes de carbone. Elle ne nécessite aucun prétraitement, donc le producteur n’a pas besoin de nettoyer son plastique (ce qui est un net avantage). Concrètement, prenons l’exemple d’un producteur maraîcher qui utilise un film de plastique comme paillis. Selon l’estimation de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), l’utilisation de film plastique comme paillis correspond à un poids de 188 kg/ha. La conversion de la matière plastique en carburant est d’environ 95 %, c’est-à-dire qu’avec 1 kg de plastique il serait possible de faire 0,95 L de diésel. Pour notre exemple, cela correspond à 178,6 L de diésel par hectare. Supposons maintenant que le l’agriculteur achète son diésel coloré à 0,80 $/litre (c’est le prix approximatif auquel est vendu le diésel coloré dans la région de Drummondville en 2010). L’entreprise de transformation est prête à offrir un escompte de 25 % au producteur pour l’achat du diésel recyclé. Se dernier se trouvera à payer son carburant à 0,60 $/litre. L’économie de carburant du producteur serait donc de 35,72 $/ha. De plus, l’entreprise de transformation serait prête à offrir 0,12 $ par kilogramme de plastique dont veut disposer l’agriculteur. Le producteur maraîcher recevra donc un montant de 22,56 $/ha pour les plastiques dont il doit se départir. En somme, le producteur maraicher pourrait recevoir 58,28 $/ha pour ses « déchets » de plastique. Comment l’entrepreneur de transformation y trouve-t-il son compte? Le coût de la production de diésel est d’environ 0,58 $/gallon US (soit 0,15 $/litre). En achetant le plastique à 0,12 $/kg (soit environ 0,13 $/litre de diésel transformé) et en le revendant à rabais aux producteurs à 0,60 $/litre. La marge de l’entrepreneur est d’environ 0,32 $/litre de diésel transformé (avant salaire et autres frais). Le volume de plastique transformé quotidiennement est donc le facteur déterminant à la profitabilité de l’entreprise. Est-ce que le marché agricole québécois est suffisamment important pour que ce genre de marché soit inté-

ressant pour un entrepreneur? Selon RECYC-QUÉBEC (2007) pour que l’industrie de la récupération ou de la transformation soit viable, il faut un approvisionnement minimal de 10 000 tonnes annuellement. Or, l’usage de plastique en agriculture est évalué à environ 6 300 tonnes de plastique réparties sur l’ensemble de son territoire. Il reste la possibilité d’utiliser les déchets plastiques industriels et domestiques. Il ne faut toutefois pas perdre de vue la possibilité d’utiliser, lorsque c’est possible, des matières biodégradables. Il est vrai que de nouvelles débouchées pour ce genre de produit a des bienfaits pour l’environnement (moins de plastiques dans les dépotoirs, par exemple). Toutefois, il n’est reste pas moins que le « produit recyclé » sera tout aussi brûlé. De plus, pour obtenir ce combustible, il faut nécessairement fournir de l’énergie au plastique pour briser les liaisons de carbone. Donc, donner un deuxième souffle à ce qui était visiblement un déchet encombrant pour le producteur est souhaitable, mais ne tournons pas le dos à la recherche et au développement qui, un jour peut-être, trouvera une solution, une meilleure alternative pour tous les petits énergivores que nous sommes. En attendant, si nos vidanges prennent de la valeur, nous serions fous de ne pas en profiter! Pour plus de détails sur le sujet : http://www.agrireseau.qc.ca/agroenvironnement/documents/ Mati%C3%A8res%20plastiques_Rapport%20final.pdf Tableau 1 : Montant à l’hectare que le producteur maraîcher pourrait obtenir pour la quantité de paillis de plastique. Prix offert

Quantité de plastique (kg/ha)

($/kg)

188

($/ha) 0,12

22,56

Tableau 2 : Escompte sur le diésel dont le producteur maraîcher pourrait bénéficier sur ses paillis de plastique. Quantité de Escompte ($/L) Rabais ($/ha) diésel (L/ha) 178,6

0,2

35,72

Tableau 3 : Marge bénéficiaire de l’entrepreneur

Prix de vente Achat de plastique Coût de production Marge de l'entrepreneur ($/L) ($/L) ($/L) ($/L) 0,6

0,12

0,15

0,32


VIE FACULTAIRE

Mars 2011| 21

MarchFest, quand tu nous tiens… PAR

GABRIELLE CHARRETTE GAGNÉ, RESPONSABLE DU MARCHFEST 2011

L

orsque l’on pense à l’Allemagne, notre jeune cerveau estudiantin s’attarde souvent à l’Oktoberfest (fête d’octobre en allemand) qui se déroule chaque automne à Munich. Cette occasion de beuverie légendaire a de quoi faire rêver bien des étudiants : de la bière servie dans des « bucks » de 1 litre, 14 heures par jour pendant 16 à 18 jours. Par contre, contrairement à la mythique association « Une bière équivaut à un steak », la bière ne nourrit pas son homme. Ainsi, les participants de cette fête de l’abus se ravitaillent le système digestif en ingérant des quantités non négligeables de produits fermentés, dont des charcuteries et de la choucroute.

responsables de production et par un comité organisateur, encore là des étudiants beaux et dévoués, ce qui leur donne une autre occasion de développer leurs compétences pour devenir les leaders de demain (!). Il est intéressant de souligner la collaboration de l’organisation du MarchFest avec la Mini-fromagerie et avec la BrasSTA, qui savent se rendre indispensables en s’occupant de fournir le fromage et la bière lors de cette belle soirée. Nous souhaitons d’ailleurs la meilleure des chances à la BrasSTA dans ses démarches d’obtention de permis pour qu’un jour, la bière servie au MarchFest (ou AprilFest sait-on jamais) soit à nouveau produite par des étudiants de notre baccalauréat!

Il ne fallait pas plus que toutes ces conditions parfaites pour que les étudiants en STA se sentent interpellés. C’est ainsi que ces jeunes messies se sentirent envahis de la mission de répandre la bonne chère et la bonne bière dans leur patrie qu’est la FSAA et organisèrent leur propre fête d’excès. Par contre, pour des soucis d’organisation et de disponibilité du laboratoire pilote (lieu culte et mythique des STA), il fut convenu que l’hiver était plus approprié pour la préparation de cet événement d’envergure. Les premières fêtes allaient donner naissance au MarchFest (qui finalement se déroule toujours en avril… ça fait son charme!) Qu’est-ce que ça mange en hiver un MarchFest (ou plutôt un étudiant qui y participe)? De la choucroute, de la saucisse, du fromage, des charcuteries et du pain bien sûr, mais l’édition à venir se modernise et proposera aussi des chips, des bâtonnets de fromage frits, des sauces/condiments maison et un superbe dessert surprise… Donc rien pour garder la ligne, mais tout pour être heureux! Toute cette belle nourriture très appétissante est concoctée à 100 % par des équipes de bénévoles étudiant en STA, ce qui permet à tous de mettre la main à la pâte (de façon littérale) et de sortir un peu de la théorie (nécessaire, mais pas toujours plaisante!). Ces jeunes fourmis sont supervisées par des

M.-P. Gauvin

M.-P. Gauvin « Tout ça est merveilleux, me direz-vous, mais qu’arrive-t-il si je veux venir me complaire dans la bonne bouffe et le plaisir des sens avec vous? » Eh bien, vous pouvez dès maintenant réserver votre soirée du jeudi 7 avril 2011, puisque c’est à cette date (qui deviendra mémorable) que vous pourrez enfin goûter le fruit du travail de nos bénévoles géniaux. « Et qu’arrive-t-il si je ne peux pas attendre jusqu’en avril? », me direz-vous ensuite. Eh bien, tenez-vous bien, il y a quelque chose de merveilleux dans les mots qui vont suivre : le jeudi soir 17 mars prochain, soit la fête de la St-Patrick, aura lieu le party de financement du MarchFest à La P’tite Grenouille Ste -Foy. Vous devrez acheter vos billets en pré-vente (sinon on ne fera pas d’argent et notre MarchFest en pâtira…), mais ne vous inquiétez surtout pas, on s’occupera de vous le rappeler! En attendant, préparez mentalement votre foie, car vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenus!


VIE FACULTAIRE

Mars 2011| 23

Un succès international pour le Trop Gros Jam PAR

N

ouveauté cette année, et instauré dans le cadre de la semaine du Développement international, le Trop Gros Jam s’est avéré un méchant gros party. Pour les premiers arrivés au souper, il y a peut-être eu un petit flottement où personne ne savait trop quoi faire. De petits groupes épars se rassemblaient au gré des discussions et des connaissances reconnues dans la petite foule. Quelques éclats de rire, des embrassades, et l’impression qu’on « attendait un signal » pour passer à l’attaque de toute cette nourriture inconnue qui s’accumulait sur les tables. Quelques gourmands, dont je fais partie, ont finalement donné l’assaut, leur estomac ne leur laissant plus aucun autre choix. À peine avalais-je ma première bouchée qu’on nous invitait à passer de table en table afin de discuter avec les représentants des différents kiosques et de déguster les recettes inconnues qu’ils voulaient nous faire découvrir.

FRANÇOIS GERVAIS, ÉTUDIANT EN AGRONOMIE C’est un peu plus tard, alors que les Black Velvet (mélange de cidre et bière noire) nous étaient finalement accessibles [1], que les musiciens ont fait leur entrée. La troupe de danse Samba Québec a d’abord réchauffé la scène en jouant plusieurs morceaux rythmés qui ont contribué, avec la très appréciée ouverture du bar, à démarrer le party pour de bon. Puis sont entrées les sensuelles danseuses qui y sont allées d’un très beau numéro de danse brésilienne. La simple vue de leur « danse du ventre » comme on dit quand on ne s’y connaît pas, m’a semblé suffisante à ce que mes propres hanches se désarticulent tellement leurs mouvements souples me semblaient impossibles à reproduire avec les miennes.

Et décidément, pour un néophyte en cuisine comme moi, ce genre de soirée s’avère être une exploration de la Terra incognita de la cuisine du monde. Chaque kiosque nous présentait un met spécifique, particulier à un pays ou une région. Si, initialement, nous prenions le temps de poser des questions à propos du kiosque, car c’était tous des regroupements étudiants de l’UL et qu’ils venaient montrer leurs activités au « grand public » ignorant leurs œuvres et travaux, il faut bien admettre que rapidement, l’exercice s’est avéré impossible. De fait, on aurait pu se croire à l’abri d’une pénurie de nourriture ou d’espace, mais c’était sans compter sur le travail publicitaire d’Agir International qui a décidé qu’elle n’organiserait pas cet évènement pour rien. Imaginez l’Atrium bordé de tables où l’on sert nourriture et réponses aux questions, imaginez alors le reste de l’espace disponible rempli de gens et vous aurez une bonne idée de la foule qui tentait de déguster des recettes inconnues. De fait, une queue interminable s’alignait de gens qui attendaient patiemment d’avoir leur tour devant des galettes de farine de manioc au fromage, de pâte de maïs, de riz aux légumes, de poulet épicé, de cubes de bœufs sur leur lit de riz, de sushi, de biscuits aux brisures de chocolat (!), etc. À l’intérieur de ce grand cercle, là où il n’y avait pas de kiosques, une dense foule s’agglutinait en cercles serrés, mangeant et tentant de ne pas répandre par terre le contenu de leur assiette. Et il passait tant et tant de personnes aux kiosques qu’on a pratiquement manqué de nourriture! Ce n’est pas mêlant, le Trop Gros Jam a été plus populaire que prévu. Je ne suis pas totalement certain que les étudiants ont pu nous jaser autant qu’ils le voulaient de leurs organisations respectives. Mais assurément, leur nourriture était appréciée.

Et puis, la cerise sur le sundae, les Chauffeurs à pieds sont venus nous faire danser. Et, je me dois de l’admettre, si ce n’était pas de la présence de notre Gigi national, je crois bien que je n’aurais pas encore découvert les joies de la danse traditionnelle, ni de celles d’un « calleux » qui la permet. La musique entraînante, les succulents Black Velvet et le fait qu’il était somme toute très facile de suivre les instructions nous ont permis de terminer la soirée en toute beauté. [1] Il n’y a pas à dire, les règlements de délivrance des permis d’alcool sur les terrains de l’UL tiennent davantage de la farce que d’un quelconque bon sens : 5 heures maximum – d’où l’heure tardive d’ouverture du bar –, et une consommation à l’heure par personne, en théorie… Il va sans dire que nous sommes quelques-uns à veiller à ce que ça reste uniquement de la théorie.


VIE FACULTAIRE

24 | Le journal l’Agral

SAACrifié à l’autel productiviste

C

PAR FRANÇOIS GERVAIS, ÉTUDIANT EN AGRONOMIE ET RESPONSABLE AUX COMMUNICATIONS POUR LA SAAC

oïncidence comme une autre, après la lecture d’Extension du domaine de la lutte, je me retrouve à Drummondville pour le Rendez-vous végétal. Ce roman aux effluves autobiographiques nous raconte l’histoire insupportablement ennuyante d’un cadre moyen en pleine formation d’autres cadres moyens du ministère de l’Agriculture, en France. Sa compagnie vient de vendre un logiciel au dit ministère et il apprend aux gens comment s’en servir. Récit d’une morosité sans nom, on ne lira pas ce genre de livre pour reprendre espoir en le genre humain. On y voit des hommes et des femmes en lutte à leur propre médiocrité, perdus dans un système capitaliste, une jungle où seuls les plus riches et les plus beaux survivent. Un enfer dépressif où la destinée humaine semble n’être qu’un ramassis de vacheries qu’on a à supporter, et des savates à traîner jusqu'à ce que mort s'ensuive.

« Hum… déjà vu des intros plus joyeuses! » Le fait est que cette lecture décourageante comporte deux passages qui ont propulsé ce livre dans les hautes sphères des palmarès lors de sa sortie. Deux passages où l’on décrit avec brutalité que le libéralisme économique qui règne en roi et maître a, selon le personnage, les mêmes retombées sur la santé psychologique de certaines personnes que le libéralisme sexuel (qui est ouvertement critiqué dans ce court roman). En gros, les pressions exercées sur les êtres défavorisés (laids ou pauvres) sont dévastatrices et les mènent à des vies misérables, sans issues, vouées à l’échec, inutiles.

« Y’a tu moyen que tu nous parles d’autre chose que de ton foutu livre de dépressif ? » J’ai lu ce petit classique trop tard. L’idée qu’il amène était soit déjà en germination chez d’autres auteurs, soit il en est le créateur et elle s’est répandue subséquemment. Toujours est-il qu’il ne m’a rien appris et que j’ai passé un bien misérable 156 pages de lecture. Depuis que j’ai l’âge de raison et que je suis sage (!), il me semble que l’être humain peut facilement, si les circonstances s’y prêtent, devenir le pire des prédateurs : rusé, efficace et cruel si l’envie lui prend. Quoi d’étonnant à ce qu’une fois délivrés des chaînes de la religion austère ou d’une économie limitée, certains humains se lancent brides battues dans l’exploitation de leurs semblables et dans l’abus de pouvoir.

« That’s it… Si tu changes pas de sujet, j’arrête de lire! » Enfin bref, il m’est apparu comme évident depuis longtemps que mes congénères pouvaient être ET le petit chaperon rouge ET le méchant loup, tout dépendant des psychologies, tout dépendant des situations. Quoi d’étonnant à ce que les agriculteurs, pris dans un système où la seule loi est celle de l’offre et de la demande (celle du plus fort), se retrouvent parfois en situations impossibles et demandent justement l’impossible aux différents gouvernements afin de pouvoir rejoindre plus facilement les deux bouts?

« Hum… un lien audacieusement tordu avec l’agriculture. » Au Rendez-vous végétal, Daniel-Mercier Gouin est venu remettre en perspective l’ASRA et les récents changements annoncés. Et il faut bien admettre que certaines filières nous coûtent cher, en tant que contribuables. Il nous a également fait remarquer que les baisses prévues de compensation de l’ASRA peuvent, si l’entreprise est endettée, être de plus faible amplitude que la hausse probable des taux d’intérêt dans les prochaines années. Dans la même lignée, Nicolas Jobin est venu souligner l’importance de réaliser des coûts de production détaillés qui permettent de prendre des décisions éclairées selon la rentabilité de chaque secteur de l’entreprise, on soulignera qu’il s’est attardé, comme M. Gouin, sur la taille exagérée du parc à machinerie de certains producteurs.

« Et le rapport avec la SAAC? » Il n’y en a aucun. J’ai essayé autant comme autant, mais je n’avais absolument rien à vous dire à propos de la SAAC ce moisci. De plus, c’est sans doute un des textes les plus décousus et insensés que j’ai écrit depuis longtemps. Quoique je pourrais encore réussir à faire un lien douteux : Et l’on remerciera finalement – et ceci est une plug mal amenée – nos partenaires financiers nous aidant à réaliser, année après année, une SAAC réussie : l’Université Laval, la Coop fédérée, l’AGETAAC, la Fédération des producteurs d’œufs de consommation du Québec, Unimat, Agriculture et Agroalimentaire Canada, la Fédération des producteurs de lait du Québec, l’Union des producteurs agricoles, Financement agricole Canada et le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.


VIE FACULTAIRE

Mars 2011| 25

Faites partie du Club d’expertise de l’Université Laval PAR

CAROLINE BOUFFARD, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE

J

e suis déjà rendue à la dernière année de mon baccalauréat en agronomie et je me remémore les deux années pendant lesquelles j’étais l’une des membres du Club d’expertise de l’Université Laval. La première année, je faisais partie de l’équipe Laval B. J’étais excitée à l’idée de pouvoir apprendre beaucoup de choses, autant du côté animal que végétal, et d’avoir la possibilité de les appliquer sur le terrain. J’ai développé tous mes sens à l’aide du jugement des animaux comme celui de l’ensilage ou d’une analyse organoleptique. Durant les compétitions, il n’y a pas seulement le sens de la vue qui compte, mais aussi celui du toucher, de l’odorat et du goût. J’ai tellement aimé ça que je me suis impliquée de nouveau l’année suivante et j’ai réussi à faire partie de Laval A. Le Club d’expertise de l’Université Laval, c’est neuf compétiteurs répartis en deux équipes de quatre personnes (Laval A et Laval B) plus un substitut, et un comité qui s’occupe de ces c om pét iteur s et qui organise la compétition d’expertise de l’Université. Les neuf compétiteurs participent à cinq compétitions durant l’année. La première est celle de St-Hyacinthe au mois de novembre. Vient, par la suite, celle de l’Université Laval durant la SAAC suivie par celle de l’Université McGill quelques semaines plus tard. Ensuite, on s’en va en Ontario pour participer à la compétition de l’Université de Guelph et on termine avec celle de La Pocatière pendant Expo Poc. Après la remise des prix de chaque compétition, il y a un party où l’on s’amuse beaucoup et fait la connaissance de plusieurs autres étudiants avec les mêmes intérêts que nous. C’est vraiment le fun! Les compétitions sont composées de huit classes du volet animal et huit classes du volet végétal avec trois ou quatre raisons orales chacune selon la compétition. Il y a des classes qui reviennent souvent d’une compétition à l’autre, comme bovin laitier, alimentation ou grains. Cependant, j’ai eu devant moi

des classes auxquelles je n’aurais jamais pensé juger de ma vie, comme identification de langues d’animaux, identification de poudres, pneus de tracteur ou ketchup maison. Après avoir vu toutes sortes de choses, j’ai eu un peu plus de facilité à comprendre la matière dans les cours parce que je pouvais mettre des images sur ce que le professeur disait. De plus, j’ai appris à parler clairement et avec les bons termes à des personnes du milieu. Je l’ai tout de suite remarqué lorsque j’ai fait mon stage professionnel à la Coop Matapédienne. J’avais plus confiance en moi même si des fois, je ne savais pas grand-chose dans le domaine. Pour une fille qui n’est pas née sur une ferme, j’ai terminé en troisième place overall overall individuel à ma dernière compétition à La Pocatière l’année dernière. Alors, si vous pensez que vous ne pourrez pas faire partie d’une des deux équipes d’expertise parce que vous ne connaissez rien, détrompezvous. Je ne savais pas comment juger le trois quarts des classes que j’ai faites avant d’entrer dans ce club. Je ne me suis pas laissée abattre, j’ai persévéré et aujourd’hui j’ai un beau mur de rosettes qui décorent ma chambre comme souvenir. Comme quoi avec de la détermination, on peut tout réussir. Aujourd’hui, je fais partie du comité d’expertise et j’ai participé à l’organisation de la compétition de l’Université Laval du 15 janvier dernier. Cette année, elle a opposé 18 équipes de quatre étudiants chacune provenant d’écoles professionnelles, collégiales et universitaires du Québec et de l’Ontario. C’est un record de participation! Au fil des années et des compétitions, les étudiants de l’Université Laval ont su se construire une excellente réputation en se classant toujours parmi les meilleurs résultats des compétitions. Cette année n’a pas fait exception avec une première et une troisième place pour les équipes Laval A et Laval B respectivement. Cela permet de constater l’enthousiasme des compétiteurs de notre club d’expertise.


DIVERTISSEMENT

Mars 2011| 27

Les mâles démystifiés PAR

Q

uel est le but de la vie? Se reproduire. Multiplier des animaux ou des végétaux, n’est-ce pas ce que l’on apprend en agronomie? Toutefois, il faut bien choisir le géniteur, question de léguer les meilleurs caractères à la progéniture. Ne souhaitons-nous pas le meilleur pour les petits? En tant qu’étudiante en productions animales, j’ai pu constater que parfois, c’est là que la tâche se complique et que même pour nous, les femmes, le principe s’applique. N’est-il pas ardu de trouver LE partenaire… C’est d’ailleurs cette légère déformation professionnelle qui m’a inspirée pour le présent article. En quelques lignes, je vous ferai part de mes observations du comportement mâle en définissant les principaux types de gars selon huit espèces d’animaux présents dans nos élevages. Commençons avec le nouveau venu, un croisement issu du métrosexuel et du vendeur de protéines de chez Popeye’s : le « douchebag ». On peut facilement le comparer au coq de la basse-cour : toujours la crête en l’air et le torse bien bombé, il se déplace aisément sur ses petites cannes. Le débalancement entre le tronc beaucoup trop musclé et les jambes pratiquement atrophiées est le reflet du bencholisme dont il est atteint. Il croit qu’il plaira aux poulettes avec ses gros pipes, mais seules les poules pas de tête lui courent après. Un peu dans le même genre, quoiqu’un peu mieux proportionné, nous avons le taureau. C’est un vrai rocker qui se croit irrésistiblement sexy. Son objectif ultime : disperser sa semence aux quatre coins du globe. Seuls les meilleurs réussissent à percer. Les déçus deviennent de vrais machos… La prochaine catégorie est un cauchemar pour chaque fille qui se fait aborder par ce type. J’ai nommé le futur vieux pervers, alias le verrat. Le grassouillet de propreté douteuse qui raconte toujours les mêmes jokes vulgaires de cul, c’est lui. C’est un personnage un peu trop porté sur la chose, surtout pour quelqu’un qui a une queue en tire-bouchon… À son opposé, nous avons l’étalon. On concède qu’il a de la classe, mais son narcissisme est exaspérant. Il est tout à fait conscient de sa beauté et de son charme et il sait en tirer profit.

MYRIAM CÔTÉ, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE

Bien qu’il y ait toujours le même harem de pouliches qui lui tournent autour, ça lui prend beaucoup de temps avant de s’engager avec l’une d’entre elles. Mooooonnnnsieur est difficile. Dans une gang de gars, il y en a toujours un plus influençable que les autres, d’instinct un peu plus grégaire : le « suiveux », celui qui est toujours d’accord avec tout le monde, le mouton ou dans ce cas-ci, le bélier. Le pauvre est sans opinion et passe presque toujours inaperçu. Il se fait souvent manger la laine sur le dos… Les filles en ont presque pitié! Le prétentieux ou l’imbu de lui-même tannant, c’est le bouc. Vous savez le genre de gars qui se trouve tellement hhhhhhot, mais qui, en réalité, énerve vraiment tout le monde en mettant son nez partout et en donnant toujours son opinion. C’est définitivement le « Jos Connaissant » qui a tout vu et entendu et qu’on a toujours envie d’envoyer paître… Le dernier type, mais non le moindre, est le grano, associé à un animal plus marginal en élevage : le cerf rouge. C’est celui qu’on remarque par son allure originale où très souvent, les couleurs ne s’agencent pas nécessairement bien. À croire qu’ils sont tous daltoniens. Ils sont très cultivés, pour la plupart, et aiment épater la galerie avec leurs connaissances générales. Bien qu’ouverts sur le monde, ils peuvent être « buckés » sur leurs idées et opinions. J’allais oublier le parasite! Évidemment, celui-là, on veut l’éviter à tout prix autant dans nos élevages que dans notre vie! Vous savez le gars qui ne nous lâche pas d’une semelle après qu’on lui ait parlé une soirée. Même si on indique à maintes reprises et très clairement notre désintéressement total, il continue de nous harceler. On peut difficilement s’en débarrasser. Souvent, il faut avoir recours aux grands moyens… Enfin, je n’ai fait que décrire les huit plus grands (stéréo)types de gars les plus souvent rencontrés. Il en existe davantage. Les filles auront probablement eu plus de plaisir à lire l’article que vous, chers garçons, mais soyez rassurés, je persiste à croire que malgré les apparences, il y a une bonne personne dans chacun de vous. Dites-vous que peu importe ce que les filles vont dire ou penser de vous, nous aurons toujours besoin de vous, autant pour nous aimer et nous rassurer que pour ouvrir les pots de confitures ou déneiger la voiture (le temps que l’on finisse de se préparer!). Chaque verrat trouve sa truie, chaque étalon trouve sa jument, chaque coq trouve sa « chick » et ainsi va la vie. Amen.


VIE FACULTAIRE

28 | Le journal l’Agral

Club de zootechnie PAR

AUDREY LAFORTUNE, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE ET VICE-PRÉSIDENTE DU CLUB DE ZOOTECHNIE

u es passionné par les productions animales telles la production de vers de terre, l’élevage de ratons laveurs, la production d’urine de moufettes ou bien de lait de zébu… Eh bien désolé, nous ne saurons combler tes attentes!

Que ce soit par des soupers-conférences, des visites d’entreprises, des voyages des plus palpitants, le Club de zootechnie s’efforce de promouvoir ce secteur de l’agriculture afin de parfaire vos connaissances en sciences animales et de découvrir de nouvelles productions. Les rencontres avec divers intervenants du milieu agricole permettent aux étudiants d’élargir leurs réseaux de contacts et de socialiser entre eux.

T

En fait, le Club de zootechnie est un club qui rassemble les gens intéressés par les différentes productions animales du domaine agricole. Avec la motivation du comité, diverses activités sont organisées tout au long de l’année.

La FSAA est reconnue pour son dynamisme étudiant se traduisant par ses divers comités des plus motivés. Le Club de zootechnie contribue à cette vie facultaire hors du commun! Il demeure important de s’impliquer! Divers postes s’ouvriront sur le comité organisateur afin d’amener un nouveau souffle pour le Club l’an prochain. Vous pouvez déjà admirer le nouveau logo créé avec l’aide de l’un des plus grands graphistes : nul autre que monsieur Bernard Pouliot! Venez donc vous joindre à la prochaine équipe du Club. C’est une expérience qui sera des plus enrichissantes! Il nous fera plaisir de répondre à vos questions!

CLUB DE ZOOTECHNIE 2010-2011. JOËLLE CANTIN, ROXANNE MONTPLAISIR, CHANTAL LEDUC, AUDREY LAFORTUNE, AUDREY SARRASIN, TOMMY GILBERT ET JEAN-MICHEL BLACKBURN.

J. Cantin


VIE FACULTAIRE

Mars 2011| 29

S’impliquer… On gagne à s’y connaître!

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PAR JEAN-MICHEL BLACKBURN ET ROXANNE MONTPLAISIR, ÉTUDIANTS EN AGRONOMIE ET MEMBRES DU CLUB D’EXPERTISE

ous savez, il n’est jamais trop tard pour s’impliquer et prendre part à l’un des comités de notre merveilleux pavillon. Les assemblées générales de plusieurs comités arrivent à grands pas et il est maintenant grand temps de trouver chaussures à vos pieds, si ce n’est pas déjà fait, bien sûr! Eh oui, il y en a pour tous les goûts au Comtois. J’oserais même dire qu’il manque de jours dans une session pour combler la panoplie d’activités organisées par les différents comités et associations. Participer aux nombreuses activités organisées permet de s’épanouir à plusieurs niveaux et même de découvrir de nouvelles facettes de nos personnalités, peut-être encore inconnues à ce jour. En plus, c’est une occasion idéale pour rencontrer de nouveaux étudiants tout aussi passionnés que vous dans votre domaine. Tu aimes les productions animales? Eh bien le Club de zootechnie est là pour toi, et si tu aimes aussi les productions végétales, le Club d’expertise comblera ton côté Mini-Wheats, côté nature, côté givré!

Maintenant, qu’est-ce que ça mange en hiver des expertises?? Et bien, il s’agit d’une compétition de jugements comparatifs autant au niveau animal qu’au niveau végétal. Ces compétitions d’expertise sont organisées par des institutions d’enseignement agricole, dont entre autres l’Université Laval dans le cadre de la SAAC, et permettent de mettre en pratique le côté théorique du programme que vous suivez. Vous aimez surmonter les défis, tester vos connaissances et rencontrer d’autres étudiants dans le milieu agricole? Ce type d’implication est fait pour toi! L’an prochain, ne rate pas ta chance de faire partie de l’équipe au moment des sélections. Entretemps, viens nous voir et il nous fera un énorme plaisir de discuter avec toi. Il s’agit d’une expérience enrichissante à tous les niveaux que l’on n’oubliera certainement pas à la fin de nos études. Chose sûre, on gagne à s’impliquer, et ce, peu importe ce qui nous intéresse. Fonce et tu ne le regretteras pas. Promesse d’une fille qui carbure à s’impliquer!

CLUB D’EXPERTISE 2009-2010. MARIE-PHILIP BRISSON, ALEXIS WARIDEL, ANDRÉE MÉNARD, JEAN-MICHEL BLACKBURN, SOPHIE CHAMPAGNE, ANTHONY LAROCHE, CAROLINE BOUFFARD, MAXIME PARÉ ET MARIE-CHRISTINE VIEL.


LES MARIES-NADES

Mars 2011| 31

Salade de carottes nouveau genre PAR

E

MARIE-JOSÉE BENOÎT, ÉTUDIANTE EN AGROÉCONOMIE ET MARIE-ÈVE GIROUX, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE

n ce mois de l’alimentation, les Maries-Nades mettent les légumes en valeur. Vous êtes tannés de la salade verte? Nous vous en proposons donc une orange. Oui oui, la couleur du Kraft Dinner, mais en bien meilleur! Ingrédients 1 livre de carottes 1 poivron vert 1 oignon moyen 1/2 boîte de soupe aux tomates 1/4 de tasse de sucre 1/3 de tasse d’huile végétale et de vinaigre mélangés, moitié -moitié Comment on fait? Couper les carottes en rondelles de l’épaisseur de votre choix. Prendre un chaudron et y mettre assez d’eau pour recouvrir les carottes, mais pas trop, parce que c’est du gaspillage. Vous pouvez aussi les cuire à la vapeur pour garder les bonnes vitamines et les bêta-carotènes, pour une fois qu’on fait une recette santé!

Cuire les carottes, mais pas trop. C’est ici que l’épaisseur fait toute la différence. Les carottes doivent encore craquer sous la dent après la cuisson. Un test de dureté est recommandé : une croquée à la minute! Hacher l’oignon et couper le poivron en morceaux pendant que les carottes sont dans le sauna. Si vous avez un bidule pour faire de la vinaigrette, c’est le temps de le dépoussiérer. Sinon, un bol et un fouet (voire, une fourchette) feront l’affaire. Comme vous l’avez deviné, c’est le temps de mélanger les ingrédients de la vinaigrette. Dans un bol allant au réfrigérateur, mélanger ensemble tous les légumes et ajouter la quantité de vinaigrette que vous voulez. C’est peut-être un peu trop de mettre le mélange complet. Prévoyez quelques heures au réfrigérateur pour laisser les légumes baigner dans leur sauce; c’est important de se refroidir après un sauna! Conseil de Nathalie Simard : Ne pas manger la salade avec un chandail blanc, parce que la sauce tomate, ça tache… Bon appétit!


32 | Le journal l’Agral

CONSEILS AMOUREUX

Chronique XXX PAR

B

onjour à vous, fidèles lecteurs de la toute première chronique XXX de l’Agral. Ce mois-ci, nous avions prévu vous gâter un peu en allant visiter un sex shop afin de vous concocter un top 5 des meilleurs jeux sexuels qu’on peut y trouver. Mais voilà que ça n’a pas été si facile… Mise en situation : on arrive au Planète X et on se retrouve face à trois filles un peu toutounes accoudées au comptoir… Lorsqu’on leur a demandé de nous faire faire le tour de leur boutique, elles nous ont gentiment répondu, avec leur air de toutounes frustrées de la vie qui travaillent dans un sex shop pour avoir la chance de parler de fesses une fois de temps en temps, qu’elles n’avaient pas le temps de nous parler, car la St-Valentin, c’est dans deux jours et elles sont pressées! Balivernes!!!! La boutique est vide, et seule la propriétaire (une ancienne star du XXX et par ancienne, vous pouvez déduire que…) peut nous accorder une entrevue. « Vous êtes un média, alors faites comme les autres et laissez un message sur la boîte vocale et peut-être que je vais vous rappeler après la St-Valentin pour fixer un rendez-vous!!! » Nous sommes donc gentiment partis avant qu’elles appellent la police. Sûrement que nous n’étions pas assez louches pour aller dans cette boutique! Seul point positif de notre aventure, l’Agral est considéré comme un média important! Donc, on va se rabattre sur notre meilleur ami pour vous livrer un article de qualité : Internet. Après tout, si Internet instruit chaque jour des millions d’adolescents sur la physionomie féminine et le côté locomoteur de la reproduction, il peut bien nous en apprendre un peu, car on ne connaît pas tout encore.

MATHIEU BISSON ET NATHALIE SIMARD, ÉTUDIANTS EN AGRONOMIE

Le premier jeu que nous vous proposons se prénomme « OrgasmiXXX ». Le but du jeu? Attendre la fin de la partie avant d'atteindre l'orgasme! Amusez-vous à relever des défis aussi stimulants les uns que les autres, et tentez de ne pas craquer sous la pression! C’est un jeu qui se joue à deux personnes, donc pas de partouse possible… Autre jeu qui a l’air plaisant; on imagine qu’il est plaisant, car c’est un jeu de sexe, et le sexe, c’est plaisant!!! Le jeu se nomme Sexy Menu! Stimulant pour les couples, Sexy menu pimentera votre vie amoureuse. Vous devez accumuler des Sexy-points et commander votre repas sexuel favori parmi les nombreux choix que vous offre le Sexy Menu. Comblez votre appétit sexuel en sélectionnant le « repas » qui vous fait envie dans le Sexy menu. Mais assurez-vous d'avoir accumulé suffisamment de Sexypoints pour vous offrir la haute gastronomie. Pendant notre recherche Internet, nous sommes tombés sur des objets plutôt louches. Il y avait le Black Thunder, le Tongue Dinger, un « shime » à pénis (imaginez les gars : 1,5 po de plus, de quoi aller faire un tour dans l’utérus de votre partenaire!), un kit de straps pour s’attacher dans une porte, un gloss à pipe et évidemment, des menottes en minou, plus fortes que celles du Dollorama. C’est tout pour ce mois-ci, alors amusez-vous bien, et pour ceux qui sont célibataires, vous pouvez essayer de cruiser en utilisant la phrase suivante : « Eh baby! Savais-tu qu’on avait 50 % des chances de coucher ensemble à soir? Moi je veux! »

L’AGRAL Le 17 mars, de 12 h 30 à 13 h 30 aura lieu l’Assemblée générale annuelle (AGA) de l’Agral. Notre équipe vieillissante laissera alors place à de jeunes écrivains aux doigts frais, dispos et créatifs! Tous les postes seront ouverts et tous peuvent se présenter pour s’impliquer dans le plus meilleur journal de la faculté. Serez-vous directeur général, rédacteur en chef, secrétaire, chef de pupitre, responsable de la mise en page ou directeur de la production? C’est à vous de voir! L’Agral vous permet une plongée dans le monde de l’édition (étudiante) : des échéanciers à respecter, une esthétique à constamment améliorer, des fautes à débusquer, des écrivains à inspirer et recruter, des évènements à couvrir si l’envie vous prend, etc. Et tout ça sans débourser un sous (ni être payé d’ailleurs)! Plusieurs comités recrutent présentement en préparation de l’année prochaine : impliquez-vous, c’est ce qui fait qu’un bac est stimulant!


SPORTS

Mars 2011| 33

Chronique hockey PAR

E

h oui messieurs, nous avons finalement survécu à la Saint-Valentin. Les soupers romantiques, l’achat de roses, de chocolat, les petits mots doux, les belles attentions. Bref, cette fête ne se représentera pas avant 350 jours, nice! Par contre, le grand décompte du 14 mars est enclenché!!! Pour ceux qui se demandent ce qui se passe le 14 mars, vous serez heureux d’apprendre que cette date est celle de la Saint-Valentin masculine, plus communément appelée la « Steak’N Blowjob Day »! Eh oui, le 14 mars prochain, vous serez traités comme des dieux. Nous pourrions vous expliquer en détail ce que cette journée représente, mais nous assumons que le nom de la fête est assez révélateur. Pendant la première partie de la soirée, quoi de mieux qu’un bon steak saignant en écoutant les cinq films de Rambo back to back to back to back ou Commando avec les bonnes vieilles répliques de M. Univers : « Qu’est-ce que tu nous à laissé John?? – Que des morts! » ou le bon vieux « Crache ta vapeur, sale pourriture » avec un bon caisson de bière et quelques bons chums! Pour vrai, si vous n’avez jamais vu le film Commando c’est vraiment un must… Je veux dire il faut absolument porter attention au kit du méchant (Bennett)… Sacrement un sale kit de cuir qui ferait assurément fureur lors de la Barak années 80. Sérieusement, dans tous les méchants de l’histoire du cinéma, c’est assurément le méchant le moins crédible… On pourrait facilement le confondre avec le gay de cuir de Village People ou Samuel Simard lors de la Barak années 80 de l’année dernière. Une fois votre soirée de gars terminée, il est maintenant temps de passer à la deuxième partie de la soirée… Cette partie de la soirée se situe entre le « N » et le « Day ».

MATHIEU BISSON ET CHARLES OUELLET, ÉTUDIANTS EN AGRONOMIE

Il ne faut pas oublier que cet article est supposé parler de hockey. Nous allons donc vous parler de Andrei Kostitsyn. Après vous avoir fait part des faits marquants de la saison du troll, nous allons chialer au sujet de Scott Gomez. Eh oui, n’ajustez pas vos lunettes, la saison de Andrei Kostitsyn se résume à ça, RIEN!!! Notre ami Scott Gomez est maintenant rendu à -15 et non, on ne parle pas de la moyenne de température du mois de janvier. Nous lui remettons volontiers le surnom préalablement attribué à Michael Ryder : M. Météo. Par contre, nous pouvons enfin affirmer en date du 15 février 2011 que Gomez nous coûte maintenant moins de 1 million de dollars par but, lui qui gagne 8 millions, et qu’il a inscrit son 9e but de la saison! En l’honneur de la Barak années 80, voici un top 6 des chevelures les plus concepts.


PSYCHOLOGIE

34 | Le journal l’Agral

Courrier de la Rousse PAR

VÉRONIQUE LECLERC, ÉTUDIANTE EN AGRONOMIE

Chère Rousse, J’ai peut-être un problème… Quand je me promène, les gens me pointent du doigt et chuchotent entre eux. On fait les mêmes gestes lorsque j’entre dans une pièce ou que je vais à un party. Tu devrais reconnaître cette situation, car je suis porteur homozygote du même gène que toi : je suis ROUX. Ceci n’est plus un problème pour moi, car je m’y suis habitué. Le vrai problème vient de la ségrégation que notre peuple subit. Nous sommes persécutés depuis des siècles. Dans l’Antiquité, on considérait les roux comme des anomalies. Au Moyen-Âge, la chevelure de feu était considérée comme un lien démoniaque ou la pratique de la sorcellerie. Ses confrères étaient dits loupsgarous ou vampires à cause de leur don. Au cinéma, notre race est utilisée pour les personnages de traîtres ou d’individus machiavéliques. Par exemple, dans le film « Dune » de David Lynch, sorti en 1984, les vilains sont une famille de roux cupides et violents. Ceci n’est qu’un aperçu des ignominies dont, j’en suis persuadé, tu es au fait. Voici ma question : si les autres races capillaires étaient dans notre situation, comment ces individus réagiraient-ils? Se rouleraient-ils en position fœtale dans un coin de mur en attendant que la mort les prenne ou chercheraient-ils à arrêter ce racisme? Je sais que la question est délicate, mais elle m’empêche de trouver un sommeil réparateur. Un roux anonyme, pour l’instant… Cher Roux, C’est vrai que dit comme ça, on dirait une forme de racisme. Mais si les gens ont autant persécuté les roux au fil du temps, je crois que c’est simplement parce qu’ils ont peur de l’inconnu. Considérant que seulement 1 à 2 % de la population est rousse, on peut pratiquement affirmer que nous constituons une minorité visible. Je ne sais pas si ça nous donne droit à quelque chose, mais bon. Il y a peut-être aussi une part de jalousie dans tout ça, les Roux sont tellement plus gentils et plus sympathiques que toutes les autres personnes de la Terre.

Mais pour répondre à ta question, je crois, et c’est très personnel comme opinion, que les autres races capillaires, comme tu les appelles, se rouleraient en boule dans un petit coin par peur d’affronter la dure réalité. Selon moi, le gène qui nous donne la rousseur nous confère non seulement une couleur de cheveux sensas, mais aussi une foule d’aptitudes mentales qui nous permettent d’affronter mieux que quiconque les assauts portés contre les roux. Bon, soyons tout de même réalistes, être roux ce n’est pas si pire que ça. Je n’aurais certes pas voulu vivre à l’époque où les rousses étaient brûlées sur le bucher, mais considérant l’état actuel des choses, je vis très bien avec cette particularité. Je dirais même que je ne changerais pas de couleur de cheveux pour tout l’or du monde, sauf si c’était pour être plus rousse. Quand on y pense bien, ça nous confère un petit côté spécial et différent des autres. Disons que d’une certaine façon, ça nous permet de nous démarquer. Je termine en vous dressant une liste d’informations plus ou moins pertinentes sur les Roux : Saviez-vous qu’il existe plusieurs mutations génétiques pouvant causer la rousseur? L’une d’entre elles ne confère pas forcément une couleur de cheveux parfaitement rousse, mais plutôt un genre de blond roux qui est appelé blond vénitien. Je suis donc officiellement une sorte de rousse. Alors à tous ceux qui doutaient de ma rousseur, sachez que j’ai très légitimement écrit cette chronique à titre de Rousse. Les roux seraient plus sensibles que les autres à la douleur, alors s.v.p., faites attention à nous. Bien que le pourcentage de roux à l’échelle de la planète ne soit que de 1 à 2 %, il existe certaines régions où les roux sont un peu moins minoritaires. C’est le cas de l’Irlande où les roux représentent près de 13 % de la population. Les roux ont la capacité d’obtenir un bronzage modéré. (C’est déjà mieux que rien!) Les cheveux roux sont les plus épais. La Rousse


Mars 2011  

http://www.agetaac.ulaval.ca/fileadmin/fichiers/fichiersAGETAAC/pdf/Agral/Mars2011-AGETAAC.pdf

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