Page 1

Les Jeunes MR vous expliquent l’Europe en 25 thèmes

Je comprends l’Europe

Publié à l’aide du groupe ADLE


Les Jeunes MR vous expliquent l’Europe en 25 thèmes

Je comprends l’Europe


Ill ust ra t i ons ::: www.pi l i pi l i .be Gra phi sme ::: www.e ol i za .be «Je comprends l’Europe» © 2006 : Les Jeunes Libéraux asbl Les Jeunes MR Rue de Naples 37-39 - 1050 Bruxelles info@jeunesmr.be www.jeunesmr.be Imprimerie : Trading GC S.A. Willy Baeckens Editeur responsable : Les Jeunes Libéraux asbl Fabrice Drèze, Président. Dépôt légal : D/2006/10.911/1

4


Remerciements Cette brochure a été créée à l’initiative du Président national des Jeunes MR, Fabrice Drèze. De nombreuses personnes m’ont aidé à en écrire les textes : Gaëlle Lemaire, Gilles Chevalier, Isabelle Burguet, Arnaud Van Praet, Frédéric Maghe, Tanguy Stuckens. Je les en remercie vivement. Petit mot aussi à l’attention de Monsieur Francis Burstin qui est toujours là pour aider les Jeunes MR. Merci à Frédérique Ries, Gérard Deprez et Louis Michel d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Merci à Monsieur Mc Gurk, directeur adjoint de l’école européenne, de m’avoir permis de rencontrer ses élèves, et merci à eux de m’avoir consacré du temps. Enfin, merci à Monsieur le Député européen Antoine Duquesne sans qui cette brochure n’aurait pas pu exister.

Christelle Goris D é ta c h é e p é da g o g i q u e

5


Ta b l e des mat i è r e s

6

Remerciements par Christelle Goris . . . . Avant-propos : L’EUROPE, TERRE DE LIBERTE par Antoine DUQUESNE 1. Les Jeunes MR et L’Europe par Fabrice Drèze et Fabian Culot . 2. Nos eurodéputés . . . . . . . 3.Carte de l’Europe des 25 . . . . . . 4. Les pays en attente d’adhésion . . . . . 5. Les critères d’adhésion . . . . . . 6. La création de l’Europe . . . . . . 7. Historique des grands traités . . . . . 8. Historique de l’élargissement . . . . . 9. L’Europe, c’est où ? . . . . . . 10. La commission européenne . . . . . 11. Le Conseil (Conseil des ministres) . . . . 12. Le Conseil européen . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . .

5 7 8 9 10 11 12 13 13 14 15 17 18 18

13. Le parlement européen . . . . 14. Les groupes politiques . . . . 15. Que fait l’Union européenne ? . . . 16. La Cour de Justice . . . . 17. La Cour des comptes . . . . 18. L’union économique et monétaire . . 19. L’Union et les Droits de l’homme . . 20. La Politique étrangère et de sécurité de l’Union 21. La politique de la jeunesse . . . 22. Les écoles européennes . . . . 23. L’Europe des citoyens . . . . 24. Quel futur pour l’Union? par Louis Michel . 25. Adresses utiles . . . . .

. . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . .

19 20 21 23 23 24 25 26 27 28 28 30 31

. . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . .


L’ E U R O P E , T E R R E D E L I B E R T E Encore trop souvent appelé le «vieux continent», l’Europe est en réalité la jeunesse du monde... En à peine cinquante ans - ce n’est pas un âge fort avancé au XXIème siècle! - l’Union européenne a réussi à bousculer des traditions ancestrales qui parfois opposaient ses peuples dans des guerres fratricides. Elle a rendu l’espoir à des générations d’hommes et de femmes. Elle a aboli les barrières qui existaient encore entre ses Etats et libéré la circulation de ses citoyens, des idées, des biens et bientôt des services. Aucun rideau de fer n’a pu résister à son dynamisme... Et pourtant, l’aventure européenne est loin d’être terminée. Il reste encore beaucoup à faire, d’obstacles à vaincre, de freins à lever... Ce sera désormais la tâche des jeunes qui aujourd’hui sont «nés européens», qui bénéficient du brassage des cultures et des enseignements, qui ont toutes les chances de pouvoir forger leur avenir dans un espace peuplé de plus de 450 millions d’habitants, de vivre dans une Europe qui peut tenir sa place dans le monde, de voir se concrétiser les rêves les plus audacieux des «pères fondateurs». Les libéraux sont des partisans convaincus de l’Europe. Ils le prouvent tous les jours au Parlement européen. Ils savent que la liberté est un bien irremplaçable et que sur d’autres continents, on envie les Européens de pouvoir en bénéficier. Je me réjouis tout particulièrement de constater que les Jeunes MR ont décidé de reprendre le flambeau, de poursuivre la tâche entamée et de participer activement à l’achèvement de la construction européenne. Qu’ils soient assurés de l’appui de leurs aînés.

Antoine DUQUESNE M i n i s t r e d ’ E tat D é p u t é e u r o p é e n A D L E 7


1 Les J eunes MR et L’Europe Depuis la signature du Traité de Rome en 1957, la communauté européenne s’est considérablement transformée, agrandie, mais aussi complexifiée. Cette évolution est très certainement positive, mais elle ne va pas sans poser également problème. Si l’Europe a permis d’assurer la paix et la prospérité aux populations de ses Etats membres tout au long de ces cinquante dernières années, sa légitimité est aujourd’hui remise en question, et ses projets sont rejetés, faute d’être bien compris. Les Jeunes MR ont par conséquent décidé de contribuer au développement du projet européen en expliquant et en rappelant ce que l’Union européenne (UE) est et ce qu’elle nous apporte. Cette brochure vous donnera toutes les informations pour mieux comprendre comment l’Europe travaille et fonctionne. Si chacun de nous doit être conscient de l’héritage inestimable qui lui est légué par les fondateurs du projet européen, l’UE doit, quant à elle, être davantage à l’écoute des préoccupations des citoyens et rencontrer avec plus d’efficacité encore les problèmes auxquels ils sont confrontés. Nous espérons que cette brochure contribuera à faire de vous un citoyen européen acteur de la construction de l’Union et ambassadeur de ses valeurs. Fabrice DREZE et Fabian CULOT

8

Fa b r i c e D r è z e P r é s i d e n t N at i o n a l

Fa b i a n C u l o t S e c r é ta i r e P o l i t i q u e


Fr é d é r i q u e R i e s e s t Députée européenne depuis 1999.

• Membre du groupe de l’Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe. • Membre effective de la Commission Environnement, Santé publique et sécurité alimentaire. • Membre effective de la Sous-commission Droits de l’homme. • Membre suppléante de la Commission Affaires étrangères. • Membre de la Délégation pour les

2 Nos représentants à l’Europe Antoine Duquesne est Député européen depuis 2004.

• Membre du groupe de l’Alliance Démocrates et des Libéraux pour l’Europe.

relations avec Israël. • Membre suppléante de la Délégation pour les relations avec le Canada. • Membre suppléante de la Délégation à l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE.

Gérard Deprez est Député européen depuis 1984.

des

• Membre de la commission des budgets. • Membre des commissions des libertés • Membre suppléant de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures. civiles, de la justice et des affaires intérieures. • Membre suppléant des affaires • Membre de la délégation à la commission mixte UEconstitutionnelles. Turquie. • Vice-président de la délégation avec le Mercosur. • Membre suppléant de la délégation à la commission • Membre suppléant de la Délégation avec les pays du mixte UE Mercosur. Maghreb.

Louis Michel est commissaire européen en charge du d é v e l o p p e m e n t e t d e l’ a i d e h u m a n i t a i r e depuis 2004.

9


Allemagne Autriche Belgique Chypre Danemark Espagne Estonie Finlande France Grèce Hongrie Irlande Italie Lettonie Lituanie Luxembourg Malte Pays-Bas Pologne Portugal République Tchèque Royaume Unis Slovaquie Slovénie Suède

3

L’Europe

des

25

Finlande Suède Estonie Irlande

Lettonie

Danemark

Lituanie

Royaume Unis

Pays-Bas Pologne Belgique Allemagne Luxembourg République Tchèque France Slovaquie Autriche Hongrie Italie Slovénie

Portugal Espagne

Grèce Malte

Chypre

Quel est le plus gros avantage que la Belgique ait à faire partie de l’Europe ?

10

G. Deprez : La Belgique ne tire que des avantages à faire partie de l’Union européenne, à commencer par la paix. Dans les institutions européennes, les Belges ont leur mot à dire partout, ce qui ne serait pas le cas si l’Union européenne n’existait pas : les grands pays passeraient des accords entre eux que nous n’aurions qu’à respecter. En matière économique, un pays comme le nôtre, qui tire l’essentiel de sa prospérité des exportations, bénéficie considérablement de l’organisation du marché unique : suppression des barrières douanières, harmonisation des normes, liberté de circulation des produits,… Par ailleurs, notre pays tire un avantage substantiel de la localisation à Bruxelles des institutions européennes : les experts évaluent à 2 milliards en moyenne par an le supplément de richesse qui en résulte.


ente d’adh é s i o n

4 Les pays en attente d’adhésion Quatre pays aux situations différentes ont posé leur candidature pour entrer dans l’Union européenne. La Roumanie et la Bulgarie ont signé les traités d’accession à l’Europe en avril 2005. Si d’ici là ils remplissent toutes les conditions requises, ils nous rejoindront le 1er janvier 2007. La Croatie a elle aussi fait sa demande. Le Conseil européen l’a alors engagé à prendre les mesures nécessaires pour remplir les critères d’adhésion et à coopérer pleinement avec le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie. Reste la Turquie, candidate depuis 1999, pour qui Anthony PIPER, il a été décidé que les négociations d’adhésion Britannique, élève à l’école européenne. constituaient un processus ouvert mais dont l’issue n’était pas garantie. Que penses-tu de l’élargissement ? «L’intégration des nouveaux Etats membres était une bonne idée. Elle permet de partager le surplus de nourriture de l’Europe. C’est une aide économique qui ne nous coûte rien. De plus, ces pays ne sont plus seuls. L’Europe va les aider à gérer leur pays et à réduire des problèmes comme la criminalité et la corruption.» 11


5

Les

c ri t è re s

d’adhésion

Tout Etat européen peut demander à faire partie de l’Union européenne à condition de respecter ses principes (liberté, démocratie, respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de l’Etat de droit) et de satisfaire à 3 critères : • Critère politique : Etat de droit, système démocratique stable et protection des minorités. • Critère économique : économie de marché viable et capacité de faire face à la concurrence à l’intérieur de l’Union. • Assumer les obligations d’adhésion : souscrire aux objectifs de l’union politique, économique et monétaire, reprendre l’acquis communautaire (accepter et transposer dans la législation nationale l’ensemble des droits et obligations en vigueur au sein De de l’Union européenne).

quoi

rêvez-vous

pour

l’Europe ?

F. Ries : «Deviens ce que tu es», c’est de Nietzsche si je me souviens bien. Que de chemin parcouru en 60 ans! Que l’Europe soit ce qu’ont rêvé les belles volontés de l’époque: cet espace de paix, de liberté, de démocratie et de tolérance, cette Union de différences qui est notre label. Ce qui fait que tout imparfaite qu’elle soit, l’Europe reste la plus belle idée du 20ème siècle.» 12


6

La

création

de

l ’ E u ro p e

C’est sur les cendres d’Auschwitz que l’Europe se crée. Les Etats de l’Europe de l’Ouest vont s’unir, dans la seconde moitié des années 40, pour : • Assurer une refonte des valeurs basées sur les droits de l’homme (Conseil de l’Europe, 5 mai 1949). • Instaurer une coopération économique entre les Etats européens (Organisation Européenne de Coopération Economique -OECE- créée en avril 1948). • Mettre en place une assistance militaire en cas d’agression (Traité de Bruxelles de mars 1948 instaurant l’Union Occidentale puis Traité de Washington d’avril 1949 instaurant l’OTAN).

7 Historique des grands traités Robert Schuman déclare le 9 mai 1950 que l’Europe ne se fera pas « d’un coup, ni dans une construction d’ensemble mais bien par des réalisations concrètes créant une solidarité de fait ».

����

���������� ���������� �� ������� �� �� ������� � ������ �������

���� ����

������ �� ���� � ���������� ���������� ����������� ������� Dates marquantes : ��������� �� �������

����

������ �� ���������� ��� ������� �� ������� ��������� ������� ���������� �� ��������� �� �� ������ ��������

����

������� ����������� ����� ������������ ��������� �� �������� � ��

����

�� ������� ����� � �� ������� ������ ����� ��� �������� �� ����������

����

�������� �� ������ ��� ��� ������� �� ��� �������

����

�������� ��������� �� ����� ���������� �������� ������� �������� ��������

����

������ ���� �������� ��� ��

����

��������� �� �� ������������ ����������

��������� �� ������ �������� ����������� �� ������ ������

13


8 Historique de l’élargissement

La Turquie, quant à elle, est reconnue candidate à l’adhésion.

On peut classer l’historique de l’élargissement de L’Union Européenne compte dès lors aujourd’hui 25 l’Union en 5 grandes étapes : membres (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg, • L e Tra it é d e Rom e de 1957 c ompte 6 Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Irlande, Danemark, signataires originels: la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, Espagne, Portugal, Finlande, Suède, Autriche, Lituanie, Lettonie, Estonie, Pologne, Hongrie, Slovénie, Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. République Tchèque, Slovaquie, Malte et Chypre). • Le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark entrent La Bulgarie et la Roumanie pourraient rejoindre très dans l’Union le 1er janvier 1973. La Norvège qui avait prochainement l’Union tandis que des Etats comme la également demandé son adhésion a vu le « Non » Macédoine, la Croatie ou la Turquie n’en sont qu’aux l’emporter par référendum national et n’a donc pas phases préliminaires pour y adhérer. adhéré à la CEE. • En 1981, la Grèce, l’Espagne et le Portugal, anciens régimes dictatoriaux deviennent membres de la CEE en 1987. • L’Autriche, la Finlande et la Suède vont rejoindre l’Union Européenne en 1995. La Norvège, qui avait envoyé sa candidature, voit toujours un refus de sa population exprimé par référendum en 1994.

• 12 pays dont 10 pays d’Europe Centrale et Orientale vont entamer les négociations d’adhésion en 1998 et 1999. 10 d’entre eux rejoindront l’Union le 1er mai 2004 tandis que la Roumanie et la Bulgarie doivent compléter leurs candidatures pour qu’elles soient en adéquation avec les critères de Copenhague. 14


la Convention. Un trou noir de la Constitution qui a largement alimenté le scepticisme. «L’Europe-espace» contre «l’Europe-puissance», Pensez-vous que l’Europe doive encore s’agrandir ? demander et ouvrir le débat ne fait pas de nous des Quelles limites doit-on mettre à l’élargissement refuzniks de l’élargissement! de l’Europe ? Nos frontières seront géographiques mais aussi historiques et morales, certes, mais elles sont F. Ries : Ce n’est peut-être pas comme ça que je nécessaires pour préserver un modèle, un projet, des poserais la question... valeurs communes. Pour le dernier élargissement, et le prochain à la Roumanie et la Bulgarie, la Croatie et la Macédoine peut-être, il s’agit plutôt de retrouvailles avec nos frères d’Europe arbitrairement séparés de nous après Yalta. Ils ont vocation à nous rejoindre autant que nous à les intégrer. Dans ce sens, et avec eux bien sûr l’Europe doit s’agrandir, se retrouver. Maintenant, que nous soyons allés un peu vite est une évidence. Sur le fond, je pense que l’Europe aurait dû réformer d’abord ses institutions pour les adapter à ce Big-bang. Sur la forme, les dirigeants ont peu et mal communiqué sur l’Europe, et lui ont fait perdre une part de sa légitimité auprès des Européens. Et surtout, il est temps que l’Union assume un véritable débat sur ses propres frontières, ce qu’elle a soigneusement évité de faire pendant les travaux de

9

L’ E u ro p e ,

c’est

où ?

Bruxelles incarne souvent l’Union Européenne. C’est en effet là que le Conseil des Ministres et la Commission ont leur siège et que les activités du Parlement européen se déroulent la plupart du temps. Mais en réalité, les sièges des institutions ou organes européens sont éparpillés à travers l’Europe. • a.Strasbourg Le siège du Parlement Européen se trouve à Strasbourg. Les eurodéputés y tiennent leurs sessions plénières au cours desquelles le Parlement adopte les propositions de loi qui lui sont soumises. Strasbourg est également le lieu du siège du Médiateur européen, chargé de recevoir les plaintes déposées par les citoyens pour mauvaise administration contre les institutions ou les organes communautaires et de tenter de régler le litige à l’amiable. 15


• b.Bruxelles Notre capitale abrite le siège de la Commission européenne et le siège du Conseil des Ministres. Le Parlement Européen y tient ses réunions habituelles : réunions de commissions parlementaires, réunions de groupes politiques et diverses conférences et rencontres.

• d.Autres lieux Enfin, les Agences de l’Union Européenne sont réparties dans tous les Etats membres. Pour ne citer que les plus connues, l’Agence pour l’Environnement se trouve à Copenhague, l’Agence pour les médicaments à Londres, l’Agence pour la sécurité aérienne à Cologne, l’Agence pour la sécurité et la santé au travail à Bilbao, l’Autorité de sécurité des • c.Luxembourg aliments à Parme, l’Observatoire européen des Une partie de l’administration de la Commission et drogues et des toxicomanies à Lisbonne ou encore le secrétariat général du Parlement se trouvent à l’Observatoire européen des phénomènes racistes et Luxembourg. Les sièges de la Cour de Justice, de xénophobes à Vienne. la Cour des comptes et de la Banque Européenne d’investissement se trouvent également au Grand-duché. Préférez-vous travailler à Bruxelles ou à Strasbourg ? Pourquoi ? F. Ries : A Bruxelles, sans l’ombre d’une hésitation! Nous nous rendons à Strasbourg douze fois, moins de 50 jours par an pour les sessions plénières. Une fois par mois, 732 députés européens participent à cette exotique transhumance et vont passer 4 jours en Alsace, avec assistants, collaborateurs, fonctionnaires, interprètes...entre 3.000 et 4.000 personnes au total, pour un coût estimé à près de 200 millions d’euros par an! La politique a parfois des raisons que la raison réprouve: cet accord a été arraché par Mitterrand au Conseil d’Edimbourg en 1992, et consacré dans le traité

16


d’Amsterdam, au nom de l’Histoire, et des symboles. Je ne nie pas leur importance mais il me semble de plus en plus difficile d’expliquer cette immense gabegie aux citoyens d’Europe là où l’on pourrait parfaitement accueillir à Strasbourg une université européenne, par exemple! Nous disposons de tout en mieux à Bruxelles: bâtiments, infrastructures, connexions, transports, bureaux, contacts plus proches, plus faciles avec les institutions, les lobbies... même mes collègues français l’admettent... entre «4 z’yeux», il est temps de bousculer les symboles!

• Depuis l’entrée en vigueur du traité de Nice, la Commission est composée d’un président, désigné par le conseil européen et d’un Commissaire par Etat membre. • Le traité de Nice prévoit que dès que l’Union comptera 27 Etats membres, le nombre de Commissaires devra être inférieur à 27. Un principe de rotation égalitaire entre les Etats sera instauré de façon à refléter l’éventail démographique et géographique de l’Union. • Dans l’exercice de leurs fonctions, les Commissaires sont indépendants des Etats Membres > principe clé car la Commission représente l’intérêt général de la Communauté.

10 La commission européenne Organisation du travail de la Commission Siège de la Commission : Bruxelles même si certains services de la Commission • Le Président et les Commissaires constituent un Collège. sont basés à Luxembourg. Mandat de la Commission : Comme le Parlement Européen, la Commission a un mandat de 5 ans.

• Ce Collège se réunit en principe une fois par semaine. Les réunions de la Commission ne sont pas publiques.

• Chaque Commissaire est assisté dans son travail par une équipe de collaborateurs proches que l’on Rôles et composition de la Commission appelle un cabinet. Les cabinets jouent un rôle clé de • La Commission est la gardienne des traités et du coordination de l’information à l’intérieur de la respect du droit communautaire. Commission et constituent une sorte d’interface entre les Commissaires et le monde extérieur. • Elle a un quasi-monopole du droit d’initiative : elle fait donc des propositions législatives • Chaque Commissaire a sous sa responsabilité une au conseil. ou plusieurs Directions Générales. Ces Directions Générales constituent l’administration de la • Elle est l’organe d’exécution des politiques Commission. Elles sont composées de fonctionnaires européennes et des relations commerciales recrutés sur concours provenant des 25 Etats extérieures de l’Union. membres. • Elle remplit un rôle de représentation de l’Union dans les pays tiers par le biais des délégations de la Commission. 17


11. Le Conseil (Conseil des ministres) Composé des ministres de chaque Etat membre, le Conseil se réunit périodiquement à Bruxelles (ou plus rarement à Luxembourg) en vue d’adopter la législation européenne. Ses décisions sont préparées par le Comité des représentants permanents des Etats membres auprès 12. Le Conseil européen de l’Union européenne (COREPER). Sa composition varie selon les sujets (Finances, AgriLe Conseil européen rassemble les chefs d’Etat ou de culture, Environnement, Affaires étrangères, etc.). gouvernement des Etats membres, le Président de la Commission, assistés par les ministres des Affaires Actuellement, la Présidence du Conseil est exercée à étrangères et par un membre de la Commission. tour de rôle, pendant six mois, par un Etat membre. Le Conseil européen se réunit au moins deux fois par La Constitution européenne prévoit de modifier ce an (Sommets Européens) et est présidé par le Chef système pour permettre davantage de continuité et d’Etat ou de gouvernement du pays qui exerce la de cohérence. présidence du Conseil. Pouvoirs du Conseil : • Pouvoir législatif • Pouvoir budgétaire • Politique extérieure (Accords Internationaux négociés par la Commission) • Politique étrangère et de sécurité et coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures • Politique économique et monétaire

Les pouvoirs du Conseil européen: • Il définit les orientations de la construction européenne. • Il donne des lignes directrices à l’action communautaire et à la coopération politique. • Il ouvre de nouveaux secteurs à la coopération. • Il exprime la position commune sur les questions de relations extérieures. Attention aux confusions! Le Conseil européen ou Conseil (Conseil des Ministres) est souvent confondu à tort avec le «Conseil de l’Europe». Le Conseil de l’Europe est une organisation intergouvernementale composée de 45 Etats membres qui fait adopter des conventions paneuropéennes, notamment dans les domaines de la protection des droits de l’homme, de la culture et de l’éducation. Elle siège à Strasbourg depuis 1949 et est totalement indépendante des institutions de l’Union européenne.

18


13. Le parlement européen

Les pouvoirs du Parlement :

• Pouvoir législatif (Procédure de co-décision, consultation, coopération, avis conforme et droit Depuis les élections de juin 2004, le Parlement d’initiative (limité)). européen compte 732 Députés issus des 25 Etats • Pouvoir budgétaire (le Parlement a le dernier mot) membres de l’Union européenne. Depuis 1979, • Pouvoir de contrôle de l’exécutif (Investiture de ils sont élus au suffrage universel, au scrutin la Commission, motion de censure, questions proportionnel tous les cinq ans. parlementaires, Commission d’enquête, etc.) • Recours devant la Cour de Justice des Communautés En 1979, le Parlement européen comptait 16,5% de européennes femmes, un pourcentage qui est passé à 30,2% en • Nomination du médiateur 2004. Comment s’organise le Parlement européen? • Une semaine par mois, les Députés se rendent à Strasbourg pour la session plénière afin de voter les textes législatifs, les résolutions, et d’avoir l’un ou l’autre débat sur les sujets d’actualité. Deux semaines par mois sont ensuite consacrées aux réunions des Commissions parlementaires. Ces Commissions sont désormais au nombre de vingt et constituent des groupes de travail sur des thèmes spécifiques (Commission Marché intérieur, Commission Environnement, Santé publique et sécurité alimentaire, Commission Affaires étrangères, etc.). La dernière semaine est consacrée aux réunions des différents groupes politiques.

Vincent Eudier Français, élève à l’école européenne Pensez-vous que la diversité européenne soit une force ? Oui. On est tous de culture assez différente. Il y a beaucoup de tolérance. On accepte sans problème nos différences et nos cultures et c’est ça qui nous renforce parce qu’on est une union.

• Les Députés travaillent dans la langue de leur choix grâce aux traducteurs et interprètes pratiquant les vingt langues officielles de l’Union européenne. Si cela représente un travail considérable, il est impensable d’imposer une langue unique à tous les Députés européens, et cela en raison de l’esprit d’intégration européenne. Chaque Député doit pouvoir s’exprimer librement, et a fortiori dans la langue de son choix. Cependant, et pour des raisons d’efficacité, les langues de travail de l’Union sont l’anglais et le français. 19


Gauche verte nordique (GUE/NGL), 41 Députés. • Groupe indépendance et Démocratie (IND - DEM), 36 Députés. • Groupe Union pour l’Europe des Nations (UEN), 27 Députés.

Est-il facile de participer à un groupe politique qui compte autant de nationalités différentes ? A. Dusquenne : C’est le principe même de 14. Les groupes politiques l’Europe que de rassembler des représentants en provenance de pays qui font partie de toute l’U.E. La grande majorité des Députés européens sont Les sensibilités sont parfois différentes, inscrits dans un groupe politique. Cette structure mais un consensus peut finalement caractérise particulièrement bien le facteur être trouvé la plupart du temps, un « fil bleu » «d’intégration» dans l’Union européenne puisque commun traduisant d’ailleurs l’appartenance à un les Députés se regroupent dans des formations même courant de pensée politique. supranationales représentatives d’intérêts européens communs, plutôt que de se référer uniquement aux intérêts nationaux. Actuellement, sept groupes politiques sont représentés au Parlement européen, auxquels s’ajoutent 29 Députés non inscrits. Pour former un groupe politique, il faut, au minimum, 19 députés européens originaires d’au moins 5 Etats membres de l’Union européenne. • Groupe du Parti populaire européen et des démocrates européens (PPE-DE), 264 Députés. • Groupe du parti des socialistes européens (PSE), 201 Députés. • Groupe de l’Alliance des Démocrates et Libéraux pour l’Europe (ADLE), 90 Députés. • Groupe des Verts/Alliance libre européenne (Verts/ ALE), 42 Députés. • Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/ 20


15. Que fait l’Union européenne ? La politique de concurrence : l’Union européenne Depuis la ratification du traité de Maastricht, les s’est constituée en partant du principe qu’un marché nombreuses politiques dans lesquelles l’Union sain est un marché concurrentiel, la concurrence ayant pour effet de réduire les prix, d’améliorer la qualité européenne intervient reposent sur trois piliers : et d’élargir l’éventail de choix du consommateur. La Commission européenne s’est vue attribuer un • Le pilier dit communautaire • le pilier Politique Extérieure de Sécurité Commune pouvoir de contrôle tant préventif que répressif, visant à s’assurer que l’intégration des marchés ne se fait pas (voir page 24 point20) • le pilier de la coopération policière et judiciaire en au travers d’ententes, d’abus de positions dominantes, de concentrations trop importantes ou encore d’aides matière pénale. d’Etat. Néanmoins, l’Union n’agit que dans les limites des compétences que les Etats membres lui ont attribuées dans les traités. Ainsi, une politique peut soit relever de la seule compétence de l’Union (= compétence exclusive) ; soit être partagée avec les Etats-membres (= conjointement), ou enfin, l’Union peut dans certains cas appuyer, coordonner ou compléter l’action des Etats membres, sans pour autant remplacer leur compétence dans ces domaines.

La politique de Recherche et d’innovation : pour garantir un certain niveau de prospérité et de qualité de vie aux citoyens européens, l’Union doit être à la pointe en matière technologique et scientifique et doit rattraper le retard pris sur les Etats-Unis et le Japon. C’est précisément contre cette tendance de mise en retrait que la politique de recherche et d’innovation de l’Union doit lutter. Pour y arriver, il est nécessaire d’obtenir un engagement financier plus important de la part des Etats-membres. L’Union N’ayant pas la possibilité de passer en revue finance déjà une série de projets pour lesquels les l’ensemble des politiques traitées par l’Union, nous avantages d’une approche transnationale ont été nous contenterons ici d’aborder celles qui nous sont démontrés. Parmi ceux-ci, on notera, entre autres, les programmes spatiaux et la recherche sur l’énergie apparues comme fondamentales. nucléaire. La Politique Agricole Commune : vise à moderniser et développer l’agriculture européenne. Elle englobe également les produits de la pêche et de première transformation. Cette politique fondamentale de la construction européenne a donné lieu à d’immenses gains de productivité qui ont fait de l’Union le deuxième exportateur mondial en matière agricole.

La Politique culturelle : Grâce à l’article 151 du Traité de l’Union, la culture est devenue une compétence complémentaire de coordination et d’appui. Quatre objectifs sont visés par cette politique : l’amélioration des connaissances et de la diffusion de la culture, la conservation du patrimoine d’importance européenne, la coopération avec les pays tiers et La politique régionale de l’Union : l’Union organisations internationales (dont le Conseil de européenne cherche à réduire les écarts de l’Europe) et la promotion de la diversité culturelle. développement qui existent au sein de son propre territoire. La politique régionale a pour but La politique européenne de l’énergie : même si d’améliorer la compétitivité régionale, de soutenir la initialement, l’énergie a été un des moteurs de création d’emplois et d’équilibrer le développement l’intégration européenne par ses Traités Euratom et CECA, l’Union ne possède pas de compétences des zones urbaines et rurales. 21


contraignantes en la matière. Les trois objectifs prioritairement fixés par l’Union sont : la poursuite de la libéralisation du secteur énergétique, la sécurisation de l’approvisionnement et l’assurance de durabilité par le respect des accords de Kyoto, la recherche sur les énergies renouvelables et nucléaires et la promotion des biocarburants. La coopération policière et judiciaire en matière pénale : Si l’ouverture des frontières de l’Union européenne permet à tous les citoyens européens une mobilité accrue au sein de l’union, elle peut être également source d’accroissement de la criminalité, de trafic de drogues et d’êtres humains. C’est précisément pour lutter contre cette tendance que le Traité de Maastricht institue une coopération intergouvernementale entre les Etats membres de l’UE dans les domaines de la coopération policière et judiciaire en matière pénale. Pour parvenir à remplir cette mission, l’Union bénéficie de l’aide précieuse de deux organes décentralisés situés à La Haye, Europol et Eurojust.Véritables traits d’union de cette collaboration intergouvernementale, ces pôles d’information favorisent les échanges d’expériences, de bonnes pratiques et d’information entre les services de police, les douanes, les services d’immigration et les ministères de la justice des Etats membres.

22

Claus-Philip Meyer Allemand, élève à l’école européenne D’après toi, la population est-elle assez informée sur les questions européennes ? L’Union européenne a un problème de marketing. La politique européenne est très ennuyante, très difficile à vendre au public. Parce que aujourd’hui la télévision ce n’est plus l’information, ils vendent de l’espace dans le cerveau des téléspectateurs. La politique européenne, c’est de l’information et pas du spectacle.

Certaines matières doivent-elles rester de la compétence propre des Etats ? A. Duquesne : Certainement ! Toutes les matières proches des gens, qui peuvent plus facilement et plus rapidement être réglées sur place, dans les communes ou les régions. Dans ces cas, l’europe donne les grandes orientations et les autorités locales doivent pouvoir se mettre sans difficultés au service de la population.


16. La Cour de Justice

sans moyens financiers. Comme l’argent qu’elle utilise provient des contribuables, elle doit être sûre de la Le contrôle du respect du droit européen a été confié légalité et la régularité de ses recettes et de ses à un tribunal indépendant des Etats membres : la Cour dépenses ainsi que de sa bonne gestion financière. Dans ce but, l’Union s’est dotée, en 1975, d’une Cour de justice. des comptes, chargée de vérifier que la totalité Créée en 1952, la Cour a son siège à Luxembourg. Elle des ressources financières de l’Union, ont été perçues compte un juge par État membre, pour représenter correctement, et que les dépenses ont été exécutées tous les systèmes juridiques de l’Union, désignés pour de manière légale, au moindre coût et dans le cadre de six ans. Leur indépendance est garantie. Ils ont les l’objectif auquel elles sont destinées. compétences nécessaires pour pouvoir être nommés aux postes judiciaires les plus élevés dans leur pays La Cour a son siège au Luxembourg et est composée d’un membre de chaque Etat membre, désignés pour d’origine. Afin d’aider la Cour à traiter les nombreuses affaires six ans. Les membres élisent ensuite l’un d’entre eux qui lui sont soumises, l’Union s’est également dotée, comme président pour trois ans, renouvelables. C’est en 1989, d’un Tribunal de première instance qui juge un Autrichien, Hubert Weber, qui a été élu comme de certains types d’affaires et des recours introduits Président en janvier 2005. La Cour dispose d’environ 800 collaborateurs, dont les contrôleurs. par les citoyens. La Cour de justice et le Tribunal de première instance ont chacun un président, pour trois ans renouvelables. Pour plus d’informations sur la Cour des Comptes, vous pouvez consulter le site internet: La Cour doit également s’assurer que la législation de http://www.eca.eu.int l’Union est interprétée et appliquée uniformément dans l’ensemble de l’Union. Elle veille, par exemple, à ce que les tribunaux nationaux ne se prononcent pas différemment sur une même affaire. Elle répond également à leurs questions concernant Y a-t-il une discrimination dans la répartition des l’interprétation des traités ainsi que la validité et fonds entre les pays plus riches et les plus pauvres ? l’interprétation de la législation européenne. G. Deprez : Si chaque pays veut recevoir du budget Pour plus d’informations sur la Cour de Justice, vous autant d’argent qu’il y a mis, il n’y a plus de solidarité et donc plus de projet commun. Par ailleurs, s’il est pouvez consulter son site internet: relativement facile de calculer ce que chaque pays http://www.curia.eu.int verse dans la caisse commune, il est beaucoup plus difficile d’évaluer l’ensemble du bénéfice qu’elle retire de l’intégration européenne. La République fédérale d’Allemagne est le pays qui contribue le plus au budget européen, mais c’est aussi le pays qui tire, du fait de la puissance de son industrie, le plus d’avantages 17. La Cour des comptes dans l’organisation du grand marché : les exportations allemandes réalisent des résultats extraordinaires. Par L’Union Européenne ne pourrait mener toutes les ailleurs, les 10 nouveaux pays qui ne recevront pas du missions qui lui sont confiées par les Etats membres budget européen du tout ce qu’ils espéraient 23


connaissent aujourd’hui, en moyenne, un taux de million d’étudiants ont accompli un semestre ou une croissance de leur P.I.B. qui est supérieur au double année dans une université étrangère. Tout cela, et bien de celui des pays de la zone euro ! Calculer qui est plus encore, nous le devons au marché unique. discriminé, dans ces conditions, relève de l‘impossible. Depuis le 1er janvier 2002, plus de 300 millions d’Européens utilisent l’euro dans leur vie quotidienne. C’est une opération unique dans l’histoire monétaire mondiale qui a fait considérablement progresser l’unification économique de l’Europe. Mais l’euro est également un facteur de rapprochement et d’identification des citoyens européens qui peuvent désormais 18. L’union économique et monétaire voyager dans presque toute l’Union sans changer de monnaie. C’est sans doute en matière économique et monétaire Enfin, pour faire face à la concurrence mondiale, que l’Union Européenne a apporté les avantages les les pays européens se sont dotés d’une politique plus visibles à ses membres. commerciale commune. Dans le contexte actuel de mondialisation, les Etats membres ne sont plus en Grâce au grand marché unique qui a fait disparaître mesure de faire entendre leurs voix séparément dans les obstacles à la libre circulation des personnes et des le commerce mondial. C’est pourquoi la Commission marchandises entre Etats membres, les entreprises dirige les discussions et négociations à l’OMC pour que européennes jouissent d’un espace plus vaste pour l’Union Européenne parle d’une seule voix en faveur trouver de nouveaux clients et les citoyens européens du commerce équitable à l’échelle de la planète. peuvent exercer leur activité dans l’Etat membre de leur choix. Dans notre vie de tous les jours, nous bénéficions, sans toujours en être conscient, des avantages que cela représente. Nous avons accès à la consommation de produits variés aux meilleurs prix. Depuis la création du Programme Erasmus en 1987, plus d’un Tous les pays européens devraient-ils utiliser l’Euro ? L’exclusion volontaire de certains pays de la zone euro pourrait-elle être dommageable pour l’économie européenne ? A. Duquesne : L’Euro constitue une « coopération avancée » entre des pays qui ont voulu, au sein de l’Europe, aller plus loin que d’autres et abandonner ce qui jusque là constituait une des marques traditionnelles de l’imperium des Etats : battre monnaie ! Quand leurs économies le leur permettront – ou, comme dans le cas de la Grande-Bretagne par exemple, les sentiments nationaux s’estomperont davantage – d’autres pays pourront rejoindre les premiers.

24


19. L’Union et les Droits de l’homme

l’homme partout dans le monde. Elle doit, pour cela, être irréprochable en son propre sein. Il faut Si l’Union européenne est d’accord avec la Déclaration saluer à cet égard la création prochaine à Vienne de universelle des Droits de l’Homme, elle lui reproche l’Agence européenne pour les droits fondamentaux. de ne pas être contraignante. Le Conseil de l’Europe A l’extérieur, elle doit amplifier ses efforts notamment a donc créé, en 1950, la Convention européenne des en systématisant les clauses suspensives dans tous les droits de l’homme qui définit les droits et les libertés Traités qu’elle signe avec les Etats tiers. que les Etats membres s’engagent à garantir à toute personne relevant de leur juridiction. Depuis le Traité d’Amsterdam (1997), des sanctions sont possibles dans l’Union européenne : en cas d’atteintes graves et répétées aux droits de l’homme, un Etat membre peut se voir suspendu. Cette imposition au respect des droits de l’homme a été un instrument efficace pour conditionner l’adhésion de certains Etats de l’Europe centrale et orientale dans le Conseil de l’Union. Mais les Droits de l’homme en Europe, c’est aussi : • La cour européenne des droits de l’homme qui permet aux Etats ou aux particuliers qui estiment être victimes d’une violation par les Etats membres, de saisir une institution judiciaire. • La convention pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants qui renforce la protection des détenus. • La protection des minorités nationales qui vise à préserver et mettre en valeur les cultures, les identités, les religions, les langues minoritaires et les traditions. • La lutte contre le racisme et l’intolérance dans les Etats membres.

Pensez-vous que l’Europe aie la volonté et/ou le devoir de défendre les droits de l’homme à travers le monde ? G. Deprez : L’Europe a effectivement vocation à défendre et à promouvoir le respect des droits de 25


20. La Politique étrangère et de sécurité de l’Union • Les stratégies communes : visent des domaines Le but de cette politique est de permettre aux Etats dans lesquels les Etats membres ont des intérêts membres de parler d’une seule voix sur la scène communs importants et fixent les objectifs et les internationale et de coordonner leurs positions dans moyens qui devront être mis en œuvre tant par les organisations internationales dont ils font partie. l’Union que les Etats membres. Elle a pour mission de renforcer la sécurité européenne • Les actions communes : on y recourt pour les et internationale, de veiller à la sauvegarde des actions opérationnelles de l’UE et la mise en œuvre valeurs communes et au maintien de la paix ainsi des stratégies communes. que de promouvoir la démocratie, l’état de droit et la • Les positions communes : permettent aux Etats membres d’officialiser une prise une position coopération internationale. commune sur un thème particulier. La PESC : c’est qui ? C’est la présidence qui assure la représentation de l’UE auprès des pays tiers et au sein des organisations internationales. Elle est chargée de la mise en œuvre des décisions PESC. Cependant, les Etats membres désiraient assurer une certaine continuité aux travaux de la PESC tout en donnant un visage à celle-ci. Le traité d’Amsterdam a répondu à cette préoccupation en dotant l’Union d’un « Monsieur PESC » qui est aussi le Secrétaire Général du Conseil. Il est généralement accompagné dans ses activités de représentation du Ministre des Affaires Etrangères du pays assurant la présidence de l’Union ainsi que du Commissaire aux Relations Extérieures et/ou du Commissaire à la Coopération au développement et à l’aide humanitaire selon la problématique en cause. La PESC : C’est quoi ? La politique étrangère étant un domaine politiquement sensible, les Etats membres ont voulu garder un large contrôle du domaine. En effet, la Commission est seulement associée aux travaux effectués dans le domaine PESC et, si elle possède un droit d’initiative, celui-ci n’est pas exclusif. En ce qui concerne le Parlement, il est tenu informé et peut formuler des recommandations au Conseil Européen. Le domaine PESC est donc soumis à un processus de décision largement intergouvernemental et possède ses propres instruments : 26

C’est le Conseil Européen qui fixe les grandes orientations de la PESC. C’est le Conseil des ministres des affaires générales et relations extérieures qui prend les décisions nécessaires à la définition et à la mise en œuvre de la PESC sur base des orientations générales du Conseil européen. Un volet militaire : pourquoi ? Le but global du développement d’un volet militaire à la PESC est le renforcement de l’autonomie d’action de l’Union européenne. Ce sont les traités de Maastricht puis d’Amsterdam qui ont permis de doter la politique étrangère d’une capacité militaire. Le traité d’Amsterdam précise que « L’union définit progressivement une politique de défense commune qui pourrait conduire à terme à une défense commune ». Le traité d’Amsterdam a permis aux dispositions en matière de défense de connaître une accélération certaine par l’attribution des missions dites de Petersberg à l’Union européenne. Il s’agit de : missions humanitaires et d’évacuation; missions de maintien de la paix, missions de forces de combat pour la gestion des crises y compris les missions de maintien de la paix.


livra son Livre blanc. Résultat d’une consultation importante de jeunes citoyens européens, ce livre arrête le constat que si les jeunes vivent dans des situations très diverses, ils n’en partagent pas moins des valeurs, des ambitions et des difficultés communes.

Henry VIES, Français, élève à l’école européenne

Alors que le débat sur l’avenir de l’Europe ne peut être engagé sans les jeunes, les institutions et les états membres européens ont souhaité promouvoir une plus grande coopération et coordination en Europe dans le domaine de la jeunesse. Le lancement du Livre blanc sur la jeunesse est assurément le coup d’envoi d’une politique européenne de la jeunesse.

Que signifie pour vous être Européen ? L’Europe c’est trouver des accords économiques pour essayer d’avoir la paix dans l’Union. L’Europe nous donne des facilités, des échanges de culture, une monnaie commune, un accès à toutes les ambassades Ces dernières années, diverses grandes initiatives des pays européens. Se sentir chez soi partout en ont concrétisé cette nouvelle politique jeunesse Europe. Ca prouve qu’on s’identifie en tant que nation de l’Union Européenne. Un programme d’action européenne et pas des pays individuels. communautaire « Jeunesse » pour la période 2000-2006, décidé par le Parlement et le Conseil (sur base de l’article 149 du Traité), a centralisé et dynamisé les programmes existant alors (« Jeunesse pour l’Europe » et « Service volontaire européen ») et établi des objectifs à atteindre en faveur des Pourrait-on voir naître un conflit armé à jeunes : promotion de la contribution active des l’intérieur de l’Union européenne ? A. Duquesne : Les « pères fondateurs » de l’Europe jeunes à la construction européenne notamment ont précisément concrétisé leur projet pour que les par des échanges transnationaux, encouragement conflits armés qui ont divisé l’Europe au 20ème siècle de la participation citoyenne des jeunes afin qu’ils ne se reproduisent plus… et ils ont réussi ! Il n’y a pas deviennent des citoyens responsables, promotion de raison pour que cela change à l’avenir, bien au de l’esprit d’initiative et d’entreprise afin qu’ils s’intègrent pleinement dans la société, renforcement contraire. de la coopération entre les Etats dans le domaine de la jeunesse.

21. La politique de la jeunesse L’Union Européenne comprendra bientôt 75 millions de jeunes âgés entre 15 et 25 ans. Une politique propre à la jeunesse a donc toute sa raison d’être au sein des diverses institutions européennes. La jeunesse européenne a connu un réel élan, en novembre 2001, lorsque la Commission européenne

Les Etats membres continuent à jouer le rôle majeur de la politique de la jeunesse par le biais de leur politique nationale en s’efforçant de prendre toutes les mesures appropriées au bon fonctionnement du programme européen au niveau national. L’Europe, quant à elle, vient en complément des actions engagées par ces derniers. La Commission veille à ce qu’une cohérence s’installe 27


entre les différentes politiques et elle mène certaines actions dans le cadre de son programme d’action communautaire : « Jeunesse pour l’Europe » qui permet la mobilité transnationale de jeunes de 15 à 25 ans, « Service volontaire européen » qui permet la participation de jeunes de 18 à 25 ans à des projets de volontariat dans un autre Etat (même non européen) et ce dans l’intérêt de la collectivité ; soutien à des projets locaux novateurs, créatifs et mis en place par des jeunes ; … Près de 615 millions d’euros sont ainsi consacrés, sur sept ans, à ce programme jeunesse. En 2003 et 2005, c’est le Conseil de l’Europe qui votait une Charte européenne révisée de la participation des jeunes à la vie locale et régionale. Y est réaffirmé la nécessité de la participation active des jeunes aux

22. Les écoles européennes Les écoles européennes accueillent les enfants du personnel des institutions communautaires de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire. La première d’entre elles à ouvert ses portes à Luxembourg en octobre 1953. Depuis, leur nombre n’a cessé de croître. On en compte maintenant treize, réparties en Belgique (3), au Luxembourg (2), en Italie (1), en Allemagne (3), aux Pays-Bas (1), au Royaume-Uni (1) et en Espagne (1). Elles permettent aux étudiants de recevoir un enseignement dans toutes les langues officielles de l’U.E. et facilitent l’étude des langues européennes. S’ils le désirent, ils peuvent parler quatre langues différentes en fin de secondaire.

décisions et actions aux niveaux local et régional afin que les sociétés soient plus démocratiques, plus solidaires et plus prospères.

Cinq élèves de l’école européenne de Woluwe-SaintLambert ont d’ailleurs accepté de nous aider à créer cette brochure. A toi de les trouver.

Mais l’Europe touche les jeunes bien plus largement. De nombreux traités permettent d’agir directement ou indirectement en faveur de la jeunesse européenne : combat contre la discrimination, citoyenneté européenne, emploi, combat contre l’exclusion sociale, formation professionnelle, culture, libre circulation des personnes, … En matière d’enseignement, l’Union Européenne a récemment créé un espace européen de l’éducation (Bologne) en développant notamment la mobilité des étudiants, en harmonisant les cycles d’études universitaires et en instaurant un diplôme européen. L’un de ses objectifs majeurs est la diminution, d’ici 2010, de moitié des jeunes qui abandonnent les études au-delà du premier cycle universitaire.

Le Collège d’Europe, quant à lui, est un centre d’excellence académique qui prépare ses étudiants à travailler et à vivre dans un environnement international. Une quarantaine de nationalités sont réparties sur les 2 campus de Bruges et de Natolin (Varsovie). Déjà tous porteurs d’un diplôme universitaire, ses étudiants reçoivent des formations européennes en matière de droit, économie, politique et relations internationales.

Ainsi, la politique européenne de la jeunesse passe également par la prise en considération des jeunes dans l’adoption de ces normes européennes.

23. L’Europe des citoyens Est citoyen de l’Union toute personne ayant la nationalité d’un Etat membre. Pourtant, ces mots ne suffisent pas pour que la population se sente européenne. On retrouve cette ambigüité dans la devise de l’Europe : « Unie dans la diversité ». Cette diversité se retrouve dans différents domaines tels que la culture, les traditions, les convictions et les langues. Il faut dire qu’avec plus de 450 millions d’habitants,

28


l’Europe est le troisième foyer de peuplement après la Chine et l’Inde. Cette population est répartie dans 25 Etats membres qui totalisent 20 langues officielles. L’Union européenne a préféré continuer de travailler dans toutes ces langues pour que tous ses citoyens se comprennent. Ce choix politique du multilinguisme officiel en tant qu’outil de gouvernance est unique dans le monde. Il permet à l’Europe d’être transparente aux yeux de tous et ainsi d’être plus efficace.

Si le politique et l’économique ont rempli leurs devoirs en ce qui concerne la citoyenneté européenne, il reste au culturel d’aider les Européens à partager le même destin. Chaque Etat possède son drapeau, son hymne national et sa fête nationale. Ils permettent aux citoyens d’un même Etat de se reconnaître aux travers de ces symboles. On en a fait de même pour l’Europe. Son drapeau est un cercle de 12 étoiles d’or sur fond azur.

Le traité de Maastricht a donné son premier droit au citoyen européen qui est de pouvoir circuler, travailler Son hymne est l’Ode à la joie de Beethoven et résider dans toute l’Union. Un autre grand pas en Sa fête se déroule le 9 mai en souvenir de la déclaration terme de citoyenneté a été de donner le droit de vote et de Schuman, véritable acte de naissance de l’Europe. d’éligibilité aux élections communales et aux élections européennes à tout citoyen de l’Union résidant dans un Etat membre dont il n’est pas ressortissant. Pour vaincre les éventuels problèmes liés à sa diversité, l’Union européenne s’est dotée en 2000 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Les parlementaires y ont défini les valeurs fondamentales de l’Union européenne ainsi que les droits civils, politiques, économiques et sociaux du citoyen européen. En voici quelques exemples : • Egalité entre les hommes et les femmes • Non-discrimination de nationalité, de race, de sexe, de religion, d’âge ou d’orientation sexuelle • Droit à la vie • Droit à la liberté d’expression • Droit de grève • Droit à l’information • Droit à concilier vie familiale et vie professionnelle • Droit à la sécurité sociale • Protection des données • interdiction du clonage humain • Droits des enfants et des personnes âgées… D’autres évolutions ont eu un effet positif sur le Rachel WALKER, Britannique, sentiment d’appartenir à un espace unifié : la mise en élève à l’école européenne circulation de la monnaie unique le 1er janvier 2002 et la suppression des contrôles de police aux frontières Avez-vous plus le sentiment d’une citoyenneté entre les pays membres. nationale ou européenne ? Je suis moitié écossaise, moitié européenne mais 29


d’origine grecque et je suis née en Belgique. Il me semble que tous les élèves ne se sentent pas européen. Certaines nationalités ont un sentiment national plus fort (ex le Portugal). Parfois, c’est un peu un handicap de ne pas vraiment avoir de nationalité. On sent qu’on manque un peu de racines, une partie de mon identité. Etre européen, c’est bien, ça permet une ouverture d’esprit beaucoup plus grande mais la culture européenne est tellement diversifiée que ce sentiment de nationalité manque parfois.

ambitieux, ouvert et résolument libéral, animé par l’optimisme de la volonté qui a toujours caractérisé les grands moments de la construction européenne.

24. Quel futur pour l’Union ?

Cette ambition se concrétise d’ores et déjà dans un

Un projet européen authentiquement libéral, ce n’est pas un projet capitaliste. C’est un projet de société où l’économie de marché est organisée et régulée pour que la croissance soit la plus forte possible et qu’elle bénéficie à tous. C’est un projet de société où l’Etat joue un rôle central mais pas pour freiner les initiatives : pour les libérer. C’est un projet de société où l’accès de chaque citoyen à la culture, à la santé, à la justice, à l’éducation, donne la possibilité à chacun de s’épanouir. C’est une ambition pour l’Europe.

nouveau Contrat pour l’Europe. Ce contrat s’appuie sur On entend dire que l’Europe est en crise. Nul n’est deux axes : la prospérité pour renforcer la solidarité, et besoin, il est vrai, d’insister sur l’incapacité des Etats la sécurité pour garantir nos libertés. membres à convaincre les citoyens de la nécessité de certaines réformes, ou sur la résurgence d’un certain La prospérité, c’est favoriser la croissance en faisant nationalisme économique que l’on croyait disparu. de l’Union un espace attractif pour les individus qui Mais ce ne sont que les symptômes du triple malaise y vivent, pour les entreprises et pour les investisseurs. qui frappe le projet européen : malaise politique, Toute notre action est orientée vers un objectif : qui donne l’impression aux citoyens que l’Europe permettre à l’Union d’être un acteur majeur dans avance sans but clair, malaise social, car 20 millions la mondialisation et à ses citoyens d’en tirer les d’européens sont sans emplois, et malaise économique immenses bénéfices qu’elle recèle. C’est seulement ainsi que nous pourrons assurer à tous la solidarité qui avec une croissance dramatiquement faible. fait partie intégrante du modèle européen. Ce malaise européen se traduit par un manque de confiance dans l’avenir et une préférence pour l’immobilisme. Or, c’est aujourd’hui, justement, que l’Europe est confrontée à d’immenses défis. La globalisation et les changements technologiques bouleversent l’économie mondiale. Le vieillissement de notre continent est un formidable défi pour notre avenir. La paix en Europe ne suffit plus à garantir la sécurité, les tragédies de Madrid et de Londres nous le rappellent.

La sécurité, elle, est la garantie de nos libertés. La lutte contre le terrorisme est évidemment un défi que les pays européens affrontent ensemble. De même, la lutte contre la pauvreté et pour le développement des pays du tiers monde, sujet dont j’ai la responsabilité au sein de la Commission, est un facteur de paix et de sécurité internationale. C’est également le plus sûr moyen de lutter contre l’immigration illégale et le trafic d’êtres humains. Mais la sécurité, c’est aussi l’ambition de faire de l’Union la garante d’un socle Il faut refonder le projet politique européen car ces dynamique de droits sociaux auxquels chaque citoyen défis, nous ne pouvons les affronter qu’ensembles. de l’Union doit pouvoir accéder. 30 Nous devons faire le pari d’un projet politique


Notre approche doit être d’autant plus volontariste que le malaise que connaît l’Europe est profond. Il est urgent que les libéraux s’engagent au service de cette vision d’une Europe garante de la prospérité, de la liberté et de la solidarité. Nous devons affirmer cette ambition et bâtir un avenir meilleur pour tous, un avenir où l’on n’entendra plus dire que l’Europe est en crise. Louis Michel

25. Adresses utiles

• Le site des Jeunes MR : • Antoine Duquesne :

www.jeunesmr.be www.antoine-duquesne.be

• Frédérique Ries :

www.frédériqueries.be

• Gérard Deprez : • Louis Michel :

www.gdeprez.be www.louismichel.be

• Le portail de l’Union européenne : • Le Parlement européen : Rue Wiertz, 1047 Bruxelles 02/2842 Allée du Printemps, 111 BP 1024/F 67070 Strasbourg 0033 88174001

www.coe.int

www.europarl.eu.int

31


Je comprends l'Europe  

Je comprends l'Europe

Je comprends l'Europe  

Je comprends l'Europe

Advertisement