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MARS - AVRIL // N°51 // LE MAGAZINE DES JEUNES MR QUI SALUE MÉLANIE LAROCHE

N° d'agrégation: P801052 - Bureau de dépôt: Bruxelles X

Dossier

PARCE QUE LA MOBILITÉ DE DEMAIN SE PENSE AUJOURD'HUI Avec une interview de François BELLOT

Ministre fédéral de la Mobilité, chargé de Belgocontrol et de la Société nationale des chemins de fer belges

AGENDA // ÉDITO // EN BREF & EN IMAGES // TWITTO'S & COMMENTS // DOSSIER // PRÈS DE CHEZ VOUS www.jeunesmr.be | C/jeunesmr | M/jeunesMR |

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AGENDA Première étape de notre grand cycle de formations en vue des élections d'octobre 2018 : des formations déclinées dans chaque province et à Bruxelles à destination des futurs candidats libéraux et de nos membres intéressés.

État fédéral ? Réformes de l’État ? Quel Ministre est compétent dans quelle matière ? Ce petit fascicule a pour objectif de faciliter la compréhension des différents gouvernements qui composent notre pays ainsi que leurs compétences.

Être libéral sur une liste MR en tant que Jeunes MR pour les élections communales et provinciales de 2018. Chacun de ces termes sera décortiqué pendant nos formations ainsi que la procédure pour poser définitivement les bases d’une candidature réussie.

Hainaut

P Péruwelz | Les Caves d'Artois T 10:00 | E hainaut@jeunesmr.be A La formation sera précédée de l'Assemblée Générale des Jeunes MR du Hainaut

MARS

7

Disponible sur simple demande via info@jeunesmr.be ou sur :

mercredi

RETROUVE ENCORE plus d'activités et d'événements sur le site des Jeunes MR

MARS

Bruxelles

P Bruxelles | Siège du MR T 18:30 | E bruxelles@jeunesmr.be A La formation sera suivie d'un repas en compagnie de mandataires

MARS

5

lundi

MARS

17 samedi

www.jeunesmr2018.be

17 samedi

MARS

24 samedi

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Luxembourg

P Libramont | Hall aux foires T 10:00 | E luxembourg@jeunesmr.be A La formation sera suivie d’un échange avec Benoît Piedboeuf, Président de la Fédération du MR du Luxembourg et Député / Bourgmestre

Hainaut

P Charleroi | Fédé MR de Charleroi T 10:00 | E hainaut@jeunesmr.be A La formation sera suivie d'un échange avec des mandataires locaux

MARS

19 lundi

Brabant wallon

P Rixensart | Ferme de la Remue T 19:00 | E brabantwallon@jeunesmr.be A La formation sera suivie d'une rencontre avec Tanguy Stuckens, Député provincial

Namur

P Bouge | Fédération MR de Namur T 10:00 | E namur@jeunesmr.be A La formation sera précédée de l'Assemblée Générale des Jeunes MR de Namur et suivie d'un brunch avec des élus namurois

Liège

P Liège | Maison libérale de Liège T 19:30 E provincedeliege@jeunesmr.be A La formation sera suivie d'un échange avec des mandataires locaux

Toutes les infos sur: www.jeunesmr2018.be C/jeunesmr


ÉDITO

Nous sommes toujours ravis d’accueillir de nouvelles plumes ! N’hésitez pas à envoyer un mail à piccolomr@jeunesmr.be ! Vous êtes tous les bienvenus.

par Mathilde Otjacques, Rédactrice en chef

Qui dit nouvelle année, dit changement. Et pour cette année nouvelle, il y a un changement à la rédaction pour le Piccolo. C’est donc moi, Mathilde, jeune Ardennaise qui reprend la plume et le rôle de Mélanie. Encore merci à elle pour le travail accompli ! Étudiante en Langues et Lettres Françaises et Romanes, la réforme de l’enseignement est un sujet qui me touche (et parfois me révolte) particulièrement. Premièrement, abordons LE sujet qui fâche, le sacré tronc commun. Ne serait-il pas synonyme d’une année en moins pour se former à un métier dans le qualifiant ? Ou encore une « obligation » de rester 3 ans derrière des bancs d’école, pour des enfants qui souhaitent depuis le plus jeune âge travailler de leurs mains ? Mais aussi un risque de perte d’emploi chez les enseignants et donc d’une moins bonne formation ? Ensuite, il y a la réduction des heures dans l’enseignement de base tel que le français ou encore les mathématiques. On reproche à énormément de jeunes de ne plus savoir écrire sans faute ou de ne plus connaître leurs tables de multiplication par cœur. Alors, pourquoi réduire ces heures au lieu d’en ajouter afin que les élèves approfondissent les apprentissages de base ? Je rejoins le MR : il est primordial de renforcer les apprentissages de base dans le primaire tels que lire, écrire, compter. Et d’instaurer des remédiations immédiates afin de lutter contre l’échec et le décrochage scolaire. Le parti propose également, de renforcer l’autonomie des directions d’écoles afin d’adapter leurs projets pédagogiques à leurs publics. Mais aussi, instaurer un « vrai » CEB qui devra être réussi à 60% et non à 50%. Beaucoup de nouvelles choses à mettre en place et à débattre mais avant cela, je vous souhaite une bonne lecture de ce numéro 51 du PiccoloMR !

Numéro d’identification ISNN : 1784-7192 Jeunes MR ASBL Avenue de la Toison d’Or, 84-86 B-1060 Bruxelles

EN BREF & EN IMAGES

p. 4

Le like et le dislike du mois...

DOSSIER

Parce que la Mobilité de demain se pense aujourd'hui !

p. 5-9

NOS JEUNES MR SUR LE TERRAIN

p. 10

CARTON BLEU

p. 11

CARTE BLANCHE

p. 12

TWITTO'S & COMMENT'S

p. 13

Julien LIÉGEOIS nous présente l'ASBL Mentor-Escale.

La vérité a quitté le camp de Bart De Wever comme celui du "Mouvement Maximilien".

Quand les Fake news et la désinformation finiront-elles de gangrener le débat d’idées ?

Rien n'échappe à l'oeil des Jeunes MR sur les réseaux sociaux.

PRÈS DE CHEZ VOUS

Retour sur les activités locales, provinciales et nationales des Jeunes MR.

p. 14-15

PICCOLOMR // N°51 // MARS - AVRIL 2018 Éditeur responsable : Mathieu BIHET Rédactrice en Chef : Mathilde OTJACQUES Comité de rédaction : Pierre BRASSINNE | Hubert CHAPELAIN | Mélanie LAROCHE Gwenaëlle WILLIOT |  Julien LIÉGEOIS Infographiste-Graphiste : Thomas PIETERHONS www.jeunesmr.be | C/jeunesmr | M/jeunesMR |

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EN BREF EN IMAGES

PHRASE DU MOIS

Demain on annonce d’importantes chutes de neige. Travaillez à domicile si vous pouvez @DDehenauw #avertissementtravailàdomicile Kris Peeters, Ministre fédéral de l'Emploi, la veille du centimètre de neige annoncé sur Bruxelles.

PHOTO DU MOIS

LIKE DU MOIS

DISLIKE DU MOIS

Entre  40  et  45 euros  nets  en Pacte d'Excellence... Certains d’entre nous ont quitté les bancs d’école plus par mois

@BuzzNews

Si la photo entre Guy Verhofstadt et Jean-Claude Juncker prête évidemment à sourire, les dernières décisions prises à Strasbourg en février nous inciteraient à faire la grimace. Le Parlement européen a, en effet, rejeté la possibilité de listes transnationales pour le prochain scrutin européen en 2019. Vote qui aura vu les caprices nationaux l’emporter sur l’intérêt européen. Pour l’instant, l’Union européenne reste donc une somme d’états qui ne forme toujours pas un tout mais demeure la seule addition de ces parties.

SITE DU MOIS

electionslocales.wallonie.be Le site wallon dédié aux élections communales et provinciales de 2018 est en ligne. Ce site permettra de répondre à toutes les questions que les électeurs, candidats ou opérateurs peuvent se poser en vue des différents scrutins. Pour Bruxelles, on attend toujours...

@FreePix

Bonne nouvelle sur les fiches de paie pour débuter l’année 2018. En effet, la 2e phase du Tax Shift est entrée en vigueur le 1er janvier. Conclusion, les salaires nets ont augmenté de 1,5% à 3%, soit entre 40 et 45 euros nets de plus par mois pour les employés et les ouvriers. Pour rappel, le Tax Shift a été introduit par le Gouvernement fédéral afin de stimuler la création d’emplois. Rencontrant pleinement le célèbre « Jobs, jobs, jobs » du Premier ministre, Charles Michel, il permet concrètement une réduction des coûts salariaux et une augmentation du salaire net. Bien plus qu’un glissement, comme son nom l’indique, le Tax Shift, c'est donc une diminution des impôts sur le travail, via des économies réalisées par les autorités elles-mêmes. Un joli bonus pour le pouvoir d’achat des citoyens.

30

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depuis un petit temps déjà, d’autres y sont toujours mais tout le monde, pourtant, se sent concerné par le « Pacte d’Excellence ». En janvier dernier, MarieMartine Schyns, Ministre de l’Éducation, présentait les différents scénarios de la grille horaire. En plus du tronc commun, qui ne fait déjà pas l’unanimité, on y découvre la réduction des cours d’histoire et de géographie dans le parcours scolaire. Ces deux cours, regroupés dans un cours de Sciences Humaines seraient enseignés en même temps que les cours de Sciences économiques et sociales. Or, il est nécessaire de rappeler que l’apprentissage de @freepik.com la critique des sources, qui se fait principalement en histoire, est primordial à l’heure où la société conduit à devoir analyser de nombreuses informations en peu de temps. De plus, ces nouvelles grilles horaires présentées pourraient modifier le rythme scolaire des écoliers. Si l’idée d’en discuter avec le monde de l’enseignement est positif, le faire avec un panel de 100 personnes l’est beaucoup moins. Ce panel, dont on ne connait pas la formation, ne pouvait de toute façon pas débattre lors d’une journée de « concertation ». En effet, il a juste été demandé aux personnes présentes de choisir une grille horaire et jamais, il n’a été question de repenser cette grille en fonction des réalités de terrain. À quand une véritable remise en question de ce Pacte pour que l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles tende réellement vers l’excellence ?

CHIFFRE DU MOIS Vous êtes fatigués ? Déprimés ? C’est normal… Entre le 1er décembre et le 30 janvier, la Belgique n’a connu que 30 heures de soleil. Sachant que la lumière du soleil est indispensable à notre santé et à notre bonne humeur, espérons que les mois prochains soient plus cléments !


DOSSIER PARCE QUE LA MOBILITÉ DE DEMAIN SE PENSE AUJOURD'HUI !

C'est sur base de ce constat que le Ministre fédéral de la Mobilité, François BELLOT, nous a reçu pour un entretien exclusif dans lequel il nous dit tout. L’occasion pour lui de revenir sur une prise de fonction rapide aux manettes d’un Ministère où réactivité mais aussi sérénité sont les maîtres mots. François Bellot n’a éludé aucune question, ni sur la refédéralisation de certaines compétences, ni sur les sempiternels retards de nos trains. Mais, aux plaintes habituelles répondent un bilan plus que positif en matière d’investissements et de concertations sociales. Enfin, il a pu exposer sa vision de la mobilité à l’ère du numérique (et pour une jeunesse, dont il est à l’écoute).

BIO EXPRESS 1988

Conseiller communal à Rochefort (l'un des deux conseillers d'opposition)

1991 - 1996

Ingénieur en chef, directeur Administration des transports

1995 - 1998

Bourgmestre de Rochefort et Conseiller provincial

1998 - 2000

Député permanent à la Province de Namur, en charge des Finances

2000

Bourgmestre de Rochefort, jusqu'à aujourd'hui

2000 - 2010

Député fédéral. Il présidera plusieurs Commissions importantes, dont celle de la Sécurité du Rail (Commission Buizingen) et celle de l'Infrastructure et des Entreprises Publiques. Rapporteur de la Commission d’enquête SABENA

2010 - 2014

Sénateur, Chef de groupe MR durant 15 mois

2014 - 2016

Député wallon et de la Fédération Wallonie–Bruxelles. Président de la Commission de l’agriculture, du tourisme, des infrastructures sportives

2016 - ...

Ministre fédéral de la Mobilité, chargé de Belgocontrol et de la SNCB (depuis le 18 avril 2016)

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DOSSIER INTERVIEW DU MINISTRE FÉDÉRAL FRANÇOIS BELLOT

1. 

Prendre cette fonction en cours de législature était un sacré challenge. Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confronté ?

Habituellement, quand un Ministre entre en fonction, il y a une phase « préparatoire » qui prend un certain temps car il faut constituer le cabinet et se mettre progressivement au travail. Ici, je pense que j’ai eu l’espace de 2h pour me retourner après ma prestation de serment. Heureusement, il y avait déjà une équipe qui était en place, des collaborateurs qui connaissaient les dossiers, j’avais une bonne connaissance de ces matières ayant été membre de la Commission Infrastructure et puis Président de la Commission pendant 16 ans. Mais on passe du législatif à l’exécutif avec des responsabilités différentes.

3. 

 Instauration du service minimum garanti, RER,… autant de dossiers qui nécessitent un dialogue fort et souvent très médiatisé avec les partenaires sociaux. Comment gérez-vous ces négociations ?

Il faut parler du service garanti ou de continuité du service et pas de service minimum. Le service minimum sous-tend la possibilité de réquisitionner du personnel. Je ne suis pas du tout dans cette optique mais je suis dans celle du service garanti c’est-à-dire, comment assurer un service avec le personnel qui se déclare ne pas être en grève le jour d’une grève générale. Donc, il n’y a aucune contrainte, aucune réquisition, c’est simplement organiser la mobilité ferroviaire sur base du personnel disponible et ne plus avoir une approche hiérarchique ou imprévisible. Ceci Le service minimum étant, en ce qui concerne le dialogue social, Je suis arrivé dans mes fonctions juste après les je vois régulièrement les représentants des attentats de Bruxelles. L’aéroport de Bruxelles sous-tend la possibilité de réquisi- organisations syndicales et j’ai un rapport très ne fonctionnait pas encore et une des premières tionner du personnel. Je ne suis correct avec eux. Chaque fois qu’il y a une décision priorités était de rendre techniquement et importante qui concerne le personnel, je les en administrativement possible la réouverture de informe. Je pense que la qualité du dialogue et le pas du tout dans cette optique l’aéroport. Il a fallu procéder par étapes : une phase respect implique qu’il y ait une franchise et une de travaux sur place suivie de la sécurisation, faire mais je suis dans celle du service transparence dans les projets que l’on veut mener revenir sur les lieux les travailleurs qui devaient garanti... . et je dois bien avouer que je n’ai pas eu trop de reprendre leur service et enfin mettre en place un souci avec les organisations syndicales depuis Plan de Sûreté global pour l’accès à l’aéroport. mon entrée en fonction. Un journaliste m’a fait Quels sont les grands défis liés à votre remarquer qu’entre juin 2016 et octobre 2017, donc 15 mois, il n’y a pas eu de portefeuille ministériel ? jour de grève et ça ne s’était plus produit depuis 50 ans à la SNCB. Donc on (Rires) C’est la mobilité au sens large du terme. J’ai surtout une responsabilité peut mener et faire évoluer l’entreprise au travers des contacts. C’est important sur le ferroviaire, pas sur les autoroutes et les routes si ce n’est la sécurité pour moi d’expliquer aux organisations syndicales quel est le chemin proposé routière et le code de la route. Puis, il y a bien entendu la question du survol pour moderniser l’entreprise et surtout pourèmele préparer avant 2023, échéance de Bruxelles et les alentours. Ce sont de gros dossiers. Rien que le ferroviaire importante avec l’entrée en fonction de la 4 Directive ferroviaire européenne. concerne près de 850 000 voyageurs par jour. C’est vraiment un problème qui Si on démontre d’ici 2022-2023 que la SNCB s’est améliorée, travaille bien et a est au cœur des préoccupations de la plupart des gens. À côté, il y a 6 grands pris le bon chemin, le gouvernement pourrait autoriser, par l’intermédiaire de la thèmes qui sont d’actualité dans toutes les sociétés européennes aujourd’hui : Commission européenne, de maintenir l’exécution de cette mission de service la mobilité, la mutation énergétique, le vieillissement, l’immigration, la public par la SNCB, sans privatiser le rail belge.

2. 

formation et la digitalisation.

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4.

Pourquoi est-ce au Ministre de la mobilité de répondre des moindres dysfonctionnements de la SNCB ou d’Infrabel (retards, annulations, pannes, …) ? Parce que les hommes et les femmes politiques sont très exposés médiatiquement. Quand quelque chose ne va pas, on dit toujours que c’est au Ministre d’amener des solutions. La SNCB et Infrabel sont deux entreprises publiques et autonomes. Elles ont des objectifs à atteindre et les missions qu’elles doivent exécuter sont définies dans un contrat de gestion qui les lie au pouvoir politique (le gouvernement). Le CA et l’Administrateur délégué veillent à la bonne exécution quotidienne des objectifs et de la mission d’intérêt public. Quant aux interpellations des voyageurs, les demandes sont soit adressées au Ministre ou à la SNCB. Il y a 850 000 voyageurs par jour mais ce n’est pas possible de donner satisfaction quotidiennement à tous les voyageurs. Le transport ferroviaire n’est pas un service que l’on peut personnaliser, il impose une certaine rigidité avec des horaires, des gares, des fréquences et des vitesses. À la SNCB, nous mettons l’accent sur 3 éléments importants : la sécurité, la ponctualité et la qualité du service (en termes de transport et de communication).

5.

Vous parlez des 850 000 usagers. Vous cristallisez un peu toutes les critiques de ces usagers par rapport aux retards, etc… Mais on entend souvent que le cabinet ou le Ministre n’est pas au courant de ce que vivent les navetteurs. Allez-vous souvent sur place ? 90% des membres de mon cabinet se déplacent en train, c’est l’un des cabinets qui utilise le plus les transports en commun. Personnellement, j’ai pris le train pendant 15 ans pour aller travailler et même si je ne l’utilise pratiquement plus, je suis quotidiennement informé par mes collaborateurs/ collaboratrices qui viennent de tout le pays.

L'ORGANISATION DES CHEMINS DE FER BELGES INFRABEL est le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge. Ses clients ne sont pas directement les voyageurs mais bien les entreprises qui souhaitent utiliser le réseau ferrovaire pour du transport de voyageurs (SNCB, Thalys,…) ou du transport de marchandises (B Logistics, Euro Cargo Rail, Captrain,…).

6.

Nous nous étions prononcés lors de la parution de notre Petit Livre Vert pour la refédéralisation d’un certain nombre de compétences (énergie et climat). Pensez-vous qu’une refédéralisation liées aux compétences de la mobilité aurait du sens ? D’un point de vue théorique oui, mais sur le plan institutionnel c’est presque impossible. De manière pragmatique, dans un État fédéral comme le nôtre, nous devons mettre au point des outils de coordination et de concertation. Ils existaient sur papier mais j’ai dû les réactiver. Premièrement, le Comité Exécutif des Ministres de la Mobilité (CEMM) qui s’est déjà réuni six fois afin de mener un certain nombre d’actions coordonnées. Par exemple, pour la réforme du code de la route, cela fait deux ans que l’on rassemble autour de la table de nombreux acteurs : les régions, les polices, les juges, etc… Cela va aboutir à la réécriture de l’Arrêté Royal. Je crois en cette dynamique. Il faut s’inscrire dans une dynamique de concertation positive en plaçant non pas les égoïsmes institutionnels au centre du débat mais en y plaçant le citoyen. Le citoyen cherche des résultats, une bonne mobilité, une bonne sécurité et je m’inscris dans cette logique. En matière ferroviaire et de transports publics, j’ai également réactivé le Comité de pilotage pour le RER. Il faut comprendre que le RER n’est pas qu’un réseau ferré mais bien un Réseau Express Régional de transports publics dont le chemin de fer est l’épine dorsale et dont tous les axes radiants sont assurés par les transports «Lijn-TEC-STIB». Le rôle du Comité de pilotage est d’intégrer la tarification unique, de faire des gares des nœuds de correspondance. Il faut prévoir des parkings pour les voitures, des abris pour vélos, des bornes de recharge pour les vélos électriques, etc…

Infrabel est, entre autres, en charge des missions suivantes : • l’entretien du réseau, • l’extension et la modernisation du réseau, • la gestion du trafic ferroviaire, • la facturation des sillons. La SNCB est la Société Nationale des Chemins de fer Belges. Ses clients sont les voyageurs mêmes. Elle est responsable, entre autres, de : • l’organisation du transport de voyageurs en Belgique, et en partie à l’international ; • l’organisation du transport de marchandises (B Logistics) ; • l’entretien du matériel roulant ; • la vente des titres de transport ; • l’information aux voyageurs (les affiches jaunes qui reprennent les horaires des trains, les écrans dans les tunnels et les bâtiments des gares, les annonces en gare,…) ; • la gestion des gares ; • Securail. HR RAIL est une filiale commune d’INFRABEL et de la SNCB. Elle est l’employeur juridique de l'ensemble du personnel des deux entreprises. Elle garantit le statut unique du cheminot. Elle est en charge, entre autres, des missions suivantes : • le recrutement du personnel d’Infrabel et de la SNCB ; • le dialogue social ; • le secrétariat social ; • le service des pensions. Source : www.infrabel.be

La division institutionnelle est ce qu’elle est mais il faut trouver l’alternative qui permet de contourner les effets néfastes de cette division de la mobilité. www.jeunesmr.be | C/jeunesmr | M/jeunesMR |

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DOSSIER INTERVIEW DU MINISTRE FÉDÉRAL FRANÇOIS BELLOT

7.

Le plan « cash for car » est en passe d’aboutir. En tant que Ministre fédéral de la Mobilité, quel est votre avis sur celui-ci ? Il y a une grande réflexion sur le budget mobilité, mais ce budget fait appel à des compétences très transversales dans le gouvernement fédéral, voire même dans les gouvernements régionaux. Le « cash for car » regroupe un volet fiscal, un volet sécurité sociale, un volet emploi et un volet mobilité, il y a donc au moins quatre Ministres fédéraux concernés. Cette mesure s’adresse aux personnes pour qui la voiture de société est inutile. Si exceptionnellement, ils en ont besoin, il y a maintenant énormément de solutions pour louer des voitures : drive-now, Cambios, autres voitures partagées, etc… À l’avenir, on ne consommera plus une voiture mais bien du service. La mobilité ne sera plus considérée comme l’apanage d’un mode contre un autre. Il s’agira d’une chaîne intégrée et les gens vont entrer dans une ère qu’on appelle MAAS (Mobility As a Service) grâce aux nouvelles technologies. Le « cash for car », qui se fera sur base volontaire, pourrait remplacer 3 à 9% des voitures de société selon le SPF Mobilité et Transports. CASH FOR CAR Projet de loi fédéral qui donne la possibilité à ceux qui ont une voiture de société de la remplacer par une allocation mensuelle. L’allocation de mobilité doit permettre d’utiliser d’autres moyens de transport plus durables pour réaliser les déplacements privés y compris ceux entre le domicile et le lieu de travail.

8.

Les jeunes sont-ils intégrés dans cette réflexion de mobilité ? Pour les jeunes, les transports publics sont très bon marché. Comme je le dis parfois, pour le prix d'une bière vous pouvez faire Arlon - Bruxelles. Quand vous avez à faire 3 - 4 km pour aller à la gare, il y a les vélos, le vélo électrique et tous les outils de Smart Mobility. Je parlais de Cambios mais je pense aussi aux autres applications de voitures partagées.

Entre juin 2016 et octobre 2017, donc 15 mois, il n’y a pas eu de jour de grève et ça ne s’était plus produit depuis 50 ans à la SNCB. Le rapport à la voiture que les jeunes ont aujourd'hui est différent de ceux des gens de ma génération. Les gens y attachent moins d'importance, enfin en tout cas à certains endroits. Dans les grandes villes, on voit apparaître de nouveaux modes de transports (hoverboard, monowheel, segway, trottinettes électriques,…). Les jeunes ont donc une autre mobilité, une mobilité qui peut décongestionner nos centres-villes. Ce que j’ai oublié de dire c’est qu’on a adopté une loi sur l’open data c’est-à-dire que les sociétés de transport public sont obligées de mettre à disposition toutes les données pour améliorer

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la mobilité de sorte à développer des applications. Actuellement, il n’y a pas d’informations croisées SNCB, TEC, de Lijn pour dire, par exemple, dans le bus que le train va partir dans cette direction à telle heure, mais des applications voient le jour (Waze, City Maper, Here We Go…). J’ai des jeunes autour de moi, dans ma famille, qui sont très mobiles. Ils comparent les temps de parcours, les solutions les plus adéquates et c’est souvent eux qui nous proposent des solutions.

9.

D’un point de vue très personnel, moi qui habite en province de Luxembourg, vous parlez de véhicule partagé mais chez nous, il n'y en a pas ou très peu. Il y en a mais les gens le savent très peu. Je connais des gens dans une commune de la province de Luxembourg qui ont acheté un véhicule à huit. La réalité des zones rurales est totalement différente des autres. À l'occasion du dernier Plan de transport, nous avons doublé l'offre de trains sur plusieurs lignes rurales. Par exemple, en province de Luxembourg, on a augmenté le nombre de trains entre Arlon et Virton, mais aussi Bertrix et Dinant.

10.

Lors du Conseil des ministres, des réunions avec les autres ministres, les autres partis, … Est-ce que ça n’a pas été trop dur de s’imposer vu votre arrivée pendant la législature et de tirer des budgets ? On s’approprie tous des objectifs d’équilibre budgétaire. Il est certain que, quand il faut mener des politiques, il faut des moyens. Chacun rentre ses projets et il y a toujours des arbitrages.


Quand je suis arrivé, la DGTA (Direction Générale de Transports Aériens) avait perdu 60 agents en l’espace de 3 ans. Depuis lors, on a dégagé les moyens pour recruter 32 personnes. En ce qui concerne le Pacte d’Investissement Public, j’ai demandé 1 milliard supplémentaire. Dans le secteur de la mobilité, lorsque l’on investit un euro, au bout de 20 ans, cela rapportera 2,6 euros. Cela a donc un impact positif sur les retombées économiques et sociales. Sur base de ce constat à long terme, j’ai pu obtenir un milliard d’investissements.

11.

Le numérique était au centre de notre dernier Congrès. Pensez-vous qu’à long terme, celuici révolutionnera la mobilité ? Le numérique va offrir un potentiel extraordinaire. Avec le Ministre Alexander de Croo, nous avons dégagé 4 300 000 € pour identifier en Belgique des projets souvent élaborés par des startups, mais qui sont de nature à vraiment aider les gens au quotidien dans leur mobilité. Et donc on sait qu'il y a plein de jeunes ingénieurs, économistes, qui ont de bonnes idées, de bonnes applications et que, d'ailleurs, les grands groupes comme Google, Amazon, essaient d'identifier. Parce qu’il faut être réaliste, l'infrastructure est ce qu'elle est. Nous ne sommes plus à l'ère de nouvelles infrastructures, il faut en optimiser l'usage, le ITS (Intelligent Transport System ou système de transport intelligent) va nous y aider. La mobilité de demain va être numérique, intermodale, électrique et autonome, complètement intégrée grâce aux nouveaux outils informatiques. Les constructeurs sont déjà prêts à produire des véhicules autonomes en grandes séries à partir de 2024. Je ne sais pas si vous avez vu l'appel des Onze : ils parlent des véhicules autonomes. Il faut savoir que j'ai inscrit la Belgique dans ce projet avec la Suède, la France et l'Allemagne. Donc, au sein des 28, nous réfléchissons beaucoup avec ces pays notamment sur la manière de soutenir le développement des véhicules autonomes. En Belgique, on a déjà modifié une première fois le code de la route, on va encore le modifier une seconde fois cette année, pour permettre des tests réels de véhicules autonomes sur les routes. On va financer cette année deux projets de véhicules autonomes sur des sites sans doute touristiques, dans tous les cas dans des sites urbains, des sites semi-piétonniers, pour tester, pour voir comment ça se passe.

Interview réalisée par Mathilde OTJACQUES

PROJET SMART MOBILITY En 2018, les Ministres fédéraux de la Mobilité (F. Bellot) et de l’Agenda Numérique (A. De Croo) s’associent pour faciliter la mise en place d’un écosystème de solutions « smart » basées sur une politique d’ouverture des données de mobilité. Un « Smart Mobility Call » sera très prochainement lancé. Le budget dégagé pour cet appel à projet s’élève à 4 millions d’euros. Accélérer le déploiement d’une politique d’open data en Belgique en se concentrant sur le thème crucial de la mobilité. La création d’un écosystème belge des « datas » doit contribuer à la mise à disposition de services sur mesure en fonction des problématiques de mobilité rencontrées tant par les usagers que les pouvoirs publics. • Globalement, les Ministres veulent améliorer la politique « open data » (donc aussi les applications qui se basent sur celle-ci), accélérer le développement d’infrastructures intelligentes (nécessaires en amont pour collecter certaines données et en aval pour la mise en œuvre de solutions ITS) et solutionner à cette occasion des problèmes concrets de mobilité. • L’objectif visé est que les données, produites à l’occasion des projets sélectionnés dans le cadre de l’appel à projet, apportent une réelle plus-value aux données existantes actuellement ou manquantes en matière de mobilité. • Une ambition de cet appel à projet est de créer un emballement en Belgique pour ce type de projets « smart » (mêlant ITS et données de mobilité ouvertes).

ITS (INTELLIGENT TRANSPORT SYSTEM) Cet acronyme désigne un ensemble de 300 services basés sur l’application des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) au domaine des transports. Cela va des panneaux à messages variables sur autoroute au déploiement des véhicules autonomes ! Par facilité, on peut distinguer les technologies qui sont embarquées dans les véhicules (autonomous and connected vehicules), sur l’infrastructure routière (cooperative ITS), la communication entre ces systèmes connectés (interactions véhicule à véhicule , véhicule à infrastructure, véhicule à « x indéterminé ») et les données satellitaires (Galileo, GPS,…) pour la cartographie digitale. Concrètement, le cœur des ITS réside dans le développement de logiciels basés sur des datas.

Exemple de « use case » :

• Amélioration de la politique de stationnement (avec visée intermodale) ; • Amélioration de la gestion des flux de circulation (dans, vers, à partir des lieux intermodaux) ; • Information (multimodale) aux usagers en temps réel ; • Systèmes de paiement intégrés (entre différents modes de transport privés/publics) ; • Sécuriser les lieux de transfert intermodaux ; • Accessibilité aux PMR (au sein des nœuds intermodaux) ;

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NOS JEUNES MR SUR LE TERRAIN

Présentation du projet "Familles d’accueil" Au commencement, il y a un constat alarmant.

En 2015, plus de 5000 enfants et adolescents ont été identifiés comme MENA en Belgique. Il s’agit d’une dénomination spécifique attribuée aux mineurs étrangers qui prennent le chemin de l’exil sans aucune figure parentale pour les accompagner. Ils se retrouvent donc seuls à devoir traverser plusieurs pays pour arriver jusqu’en Europe. La plupart sont demandeurs d’asile et demandent par le fait même à la Belgique de pouvoir les protéger. Ces jeunes sont ensuite identifiés par le service des tutelles, organe du SPF Justice, et se retrouvent hébergés dans des centres d’accueil collectifs. Ce type de structure n’étant pas une solution d’hébergement adaptée à tous, des alternatives sont mises en place en Communauté française, dont notamment l’idée d’un accueil dans un cadre familial structurant et sécurisant.

JULIEN, JEUNES MR D'HANNUTHESBAYE, NOUS PARLE DE SON TRAVAIL AU SEIN DE L'ASBL MENTOR-ESCALE Présentation de Mentor-Escale Depuis un an, je travaille au sein de l’asbl MentorEscale en tant qu’intervenant psychosocial. Il s’agit d’une ASBL qui œuvre depuis plus de 20 ans à l’accompagnement à l’autonomie de ces jeunes exilés que l’on appelle les mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Fort d’une équipe d’une bonne trentaine de professionnels, Mentor-Escale dispose de trois antennes en Fédération WallonieBruxelles : la maison mère à Bruxelles ainsi que deux antennes plus petites à Namur et à Liège. De nombreux projets y sont développés. Tout d’abord, il y a le projet de suivi en autonomie qui, grâce à l’encadrement fourni par plusieurs assistantes sociales et une équipe éducative, permet aux jeunes réfugiés de trouver un logement, un emploi ou une formation. Je dois également mentionner les différentes activités sportives et culturelles organisées tous les mercredis après-midi ou encore pendant les congés scolaires. Il existe aussi d’autres services mais que je ne ferai qu’énumérer (le parrainage et le projet d’accrochage scolaire) tant il y a de la matière à développer et si peu de lignes. Enfin, voulant donc garder le meilleur pour la fin, je passe au projet pour lequel je travaille, c’est-àdire le projet « Familles d’accueil pour MENA ».

donc à l’officialisation de l’accueil et le jeune sera alors accueilli de manière durable au sein de la famille avec qui il partagera le quotidien durant plusieurs mois voire plusieurs années. Ensuite, nous passons à la deuxième partie du travail de l’équipe « Familles d’accueil », c’est-à-dire le suivi des situations d’accueil. Nous rendons visite à la famille et aux jeunes tous les mois pour s’assurer que la vie quotidienne familiale se déroule sans accroche et pour soutenir aussi bien le jeune que la famille en cas de difficultés. En effet, ouvrir son foyer à un jeune provenant d’un pays dont la culture est différente de la nôtre peut être un challenge et des situations de crise sont susceptibles de se produire. Cependant, ce défi est surmontable car chaque situation d’accueil est soutenue par un binôme de l’équipe. Ce dernier est toujours prêt à affronter toutes les embuches !

C’est à l’initiative de Bénédicte Adnet, directrice de Mentor-Escale, que le projet fut lancé au sein de l’institution, avec le soutien de l’Administration Générale de l’Aide à la Jeunesse et de Fedasil (via le Fonds Européen Asile Migration et Intégration) et en collaboration avec des services de placement familial. Depuis lors, ce projet a bien grandi. En effet, Mentor-Escale a mis en place 46 placements en famille d’accueil parmi lesquels 32 sont toujours actifs actuellement. Concrètement, notre travail se décline en deux parties distinctes : la mise en place d’une situation d’accueil et le suivi de cet accueil. Pour développer un accueil, nous étudions la demande de jeunes demandeurs d’asile souhaitant intégrer ce projet. Ils nous sont signalés par ce que nous appelons une fiche de signalement, c’est-à-dire un questionnaire dont l’objectif est de nous permettre d’avoir une idée du profil du jeune (comment se déroule la vie en centre, etc). Ce document est rempli par le tuteur et les professionnels référents en centre. De plus, nous rencontrons, via divers entretiens, des familles d’accueil candidates désireuses de se lancer dans cette aventure. Une fois que nous avons trouvé une famille pouvant répondre aux besoins d’un jeune, nous organisons des rencontres entre eux pendant plusieurs semaines. Il s’agit d’une période d’essai, appelée période de pré-accueil dont l’objectif est de déterminer la concordance entre les profils, les capacités de la famille et les besoins du jeune. Si tout se passe bien, nous procédons

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En conclusion Je pourrais encore écrire sur ce projet pendant des heures mais, malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Au final, il est important que vous reteniez qu’être famille d’accueil, en plus d’être une alternative d’hébergement, est un véritable projet citoyen moteur d’intégration. Si d’aventure j’ai réussi à vous convaincre et que vous êtes prêts à vous lancer dans l’aventure, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de Mentor-Escale (http://www. mentorescale.be/) dans l’onglet « Familles d’accueil pour MENA » ! Les propos exprimés le sont à titre personnel et n’engagent en aucun cas l’asbl MentorEscale.

Julien LIÉGEOIS


CARTON BLEU Le 25 janvier dernier, nous publiions un Carton bleu sur nos réseaux sociaux. C’est à titre exceptionnel que nous avons décidé de l’insérer dans ce numéro. Mais pour comprendre ce qui nous a poussés à prendre cette décision, il faut se replacer dans le contexte.

Un jour plus tôt, Bart de Wever prend la plume pour écrire une carte blanche liant immigration et sécurité sociale. Il y affirme que l’une et l’autre sont incompatibles. Tollé dans la presse, indignation des associations et ONGs du « Mouvement Maximilien ». Bientôt, ce ne sont plus que deux camps qui se répondent pour ne former finalement qu’une cacophonie. Un fracas, où les contre-vérités des uns rétorquent à la démagogie des autres. Un ersatz de débat confiné à l’émotion, devenu le catalyseur médiatique de notre époque.

LA VÉRITÉ A QUITTÉ LE CAMP DE BART DE WEVER COMME CELUI DU "MOUVEMENT MAXIMILIEN" Hystérique. Électrique. Ultra-médiatisé. Les qualificatifs liés au débat actuel sur l’immigration – symbolisé par la problématique du Parc Maximilien – ne manquent pas. Ce n’est pas l’apanage de la Belgique, que du contraire. Les thèmes migratoires animent le débat public partout en Europe, sans exception. Et comme tous les sujets sensibles de notre époque hyper-connectée, ils polarisent la société en faisant émerger deux camps qui s’affrontent, se durcissent, se renforcent mutuellement. Aujourd’hui, la vérité au sujet de l’immigration et de l’asile a quitté le camp de Bart De Wever comme celui du « Mouvement Maximilien ». Car la vérité, elle est là : l’immigration est un atout pour la Sécurité sociale et l’économie d’un pays, à condition que celle-ci soit légale et couplée d’un véritable soutien à l’intégration. Une vérité devenue totalement inaudible, tant le climat politico-médiatique force les citoyens à s’inscrire dans un débat binaire. D’ailleurs, nul doute que ces propos susciteront des hostilités de la part des deux camps. Et pourtant, elle n’est que la réponse objective d’une vraie question de société.

À l’émotion, nous avons voulu répondre avec raison. Nous militons pour une troisième voie, pragmatique, qu’on n’oserait plus qualifier d’ « humaine mais ferme » tant le terme a été galvaudé. Mais c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit, d’humanité et de fermeté. Une autre voie qui consacre les bienfaits de l’immigration sans ignorer les défis qu’elle pose à notre société.

L’immigration est-elle le dernier clou dans le cercueil de notre Sécurité sociale ? Non. Si l’on s’intéresse un tant soit peu à notre modèle social, on sait que le premier défi à relever dans les prochaines années concerne, avant tout, le vieillissement de la population. L’inversion de la pyramide des âges suscitera des besoins financiers très importants, qui plus est alors que notre économie est en train de muter sous l’influence de la révolution numérique ; ce qui aura des effets certains aussi sur la fiscalité en général. Face à cela, l’immigration peut s’avérer être une vraie plus-value. L’immigré d’aujourd’hui est le travailleur de demain. Pourquoi pas, l’indépendant de demain.

Nous vous invitons à le (re)découvrir ici.

Par le travail, il participe à son émancipation mais, surtout, devient un acteur de notre

économie. À défaut de le saper, il contribue directement à notre système de solidarité. On a besoin de l’immigration. Elle se justifie économiquement mais aussi moralement. Néanmoins, notre responsabilité est de mettre en place l’ensemble des conditions pour une « immigration réussie ». Sur ce terrain-là, le « Mouvement Maximilien » est complètement absent. Il apporte une réponse logistique, ce qui est tout à son honneur. Mais ses figures de proue n’apportent aucune réponse politique, malgré leurs interventions répétées dans les médias. Tout au plus, exploitent-ils tous les comparatifs possibles avec le régime nazi pour décrire le Gouvernement fédéral. Les communiqués de presse sont du même acabit. Sur les bancs de l’opposition, le débat de fond sur la question est à ce jour, toujours porté disparu. Or, la situation du « Parc Maximilien » est une impasse. Les transmigrants qui y séjournent n’ont ni la volonté de faire une demande d’asile, ni même d’être régularisés en Belgique. D’ailleurs, ces procédures ne sont possibles qu’à la demande des principaux intéressés. L’institutionnalisation du Parc Maximilien souhaitée à demi-mot par certains ne répond en rien aux conditions d’une « immigration réussie ». Pire, elle va à l’encontre des intérêts de chacun. Mais, aujourd’hui, la frange politisée du « Mouvement Maximilien » est incapable de l’avouer, comme elle était incapable d’envisager l’utilité d’un parcours d’intégration il y a quelques années. Dans le débat sur l’immigration, l’heure est au pragmatisme. Si le populisme électoral n’y a pas sa place ; le populisme « moraliste » non plus. Face à la crise migratoire que nous avons connue, la première réponse étiquetée « ferme mais humaine » était le moins mauvais des choix. Mais viendra un temps où nous devrons assurément débattre plus profondément de l’entièreté de la politique d’immigration-intégration. Tout un programme quand on sait que ces compétences sont fragmentées entre différents niveaux de pouvoir. Alors, souhaitons qu’une troisième voie puisse se dessiner entre l’acerbe intransigeance des uns et l’irresponsable naïveté des autres.

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CARTE BLANCHE QUAND LES FAKE NEWS ET LA DÉSINFORMATION F I N I R O N T- E L L E S   D E GANGRENER LE DÉBAT D’IDÉES ?

La démocratie est intrinsèquement, viscéralement même, liée au débat d’idées. Ces derniers temps, les échanges d’opinions sont de plus en plus galvaudés par une désinformation brouillant le fond du débat en faveur d’un discours simpliste et polarisé, manquant cruellement de contenu et d’arguments.

honnêteté intellectuelle lorsque l’on s’exprime, que ce soit à n’importe quel sujet et dans n’importe quelle circonstance. Cette honnêteté devrait être bien plus présente dans le discours de nombreuses personnes ou organisations participant au débat. En effet, l’exposition claire d’arguments et de faits permettrait de faire évoluer le débat et de l’étayer de manière constructive plutôt que de jouer sur une polarisation et de réaliser ce qui s’apparente plutôt à un combat qu’un débat d’idées.

Finalement, une question semble rester sans réponse : une question plus personnelle que chacun ne semble pas se poser. Quelle fierté retiennent certains à obtenir un soutien – qu’il Fake news, le terme revient régulièrement ces derniers mois : se réalise en termes de vote, d’adhésion ou de toutes autres que ce soit Outre-Atlantique ou, chez nous, en Europe. Il désigne manières – par le biais, la tromperie ou un pathos exacerbé pourtant autant de choses que ce qu’on veut bien lui donner délaissant de facto les faits et arguments rationnels ? à représenter. La Fake news est-elle une fausse information, une information tronquée, une information incomplète… Les nuances peuvent être subtiles mais afin de les combattre, il est nécessaire de pouvoir clairement l’identifier et la définir. Outre ce phénomène de mode autour de l’utilisation de l’expression anglophone, ce qu’on peut désigner globalement comme de la désinformation est un réel problème dans une démocratie où le débat d’idées est vital. Ce dernier devrait se jouer autour de faits et d’arguments clairement exposés et non pas uniquement sur un « coup de com’ » remporté par celui ou celle qui criera le plus fort.

Même s’il serait erroné d’occulter l’importance cruciale de la communication au XXIe siècle et de la forme donnée au message, il est nécessaire de faire preuve d’une certaine

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Mélanie LAROCHE


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Rien n'échappe à l'oeil des Jeunes MR sur les réseaux sociaux FACEBOOK

Steve Detry

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6 février, 14:25 · 

#moodoftheday

JONGCD&V

@JONGCDENV | 13/02/18 -2:26

Een uniek beeld. Zo goed als alle jongerenvoorzitters van België samen op de foto, in het kader van het debat van @JPJparlement. Succes en tot in het parlement!

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Georges-Louis Bouchez 02 février, 9:45 · 

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Chaos Statler

@Chaos_Be | 09/02/18 -6:08

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"La jeunesse belge voudrait bien qu'on se préoccupe moins d'où elle vient et qu'on parle un peu plus d'où elle veut aller. Mais rassurez-vous, elle n'a pas besoin d'un ministre de l'Enseignement supplémentaire pour réussir dans la vie." Yassim, 20 ans.

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Le rapport falsifié de #publifin prouve que certains n'ont rien compris. Moreau et Mottard doivent partir. Tous ceux qui les défendent d'une manière ou d'une autre, quel que soit le parti, doivent en assumer les conséquences et les électeurs s'en souvenir... #walgov #parlwal

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Michael Lobet,

22 janvier, 20:39 · 

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professionnel.

Voilà, demain commence le cours de "Physique appliquée B" pour lequel j'aurais la chance de faire partie de l'équipe pédagogique! #1ecoursàHarvard

MR de rire

@MR_derire | 05/02/18 -3:33

@CharlesMichel revient de Russie. Secoué au Parlement, il se connecte à Twitter pour se détendre et découvre le nouveau tweet de @franckentheo . @ CharlesMichel retourne en Russie. 8 20 1

Maître Stoemelings

@avocatbxl | 03/12/17 -7:43

ON EST COMPLET À BRUXELLES. MERCI

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PRÈS CHEZ VOUS DU 13 AU 19 JANVIER

Stand Jeunes MR | Tournée des Voeux du MR

| 14 | PiccoloMR | n°51 | Mars - Avril | 2018


03 FÉVRIER

Assemblée générale nationale des Jeunes MR

01 FÉVRIER

Jeunes MR de Forest | Afterwork "Ma première campagne"

25 JANVIER

Jeunes MR de Molenbeek-Saint-Jean | Afterwork avec GeorgesLouis Bouchez et Françoise Schepmans 02 FÉVRIER

Jeunes MR de Wavre | Visite du Palais des Nations

10 FÉVRIER

Changement d'équipe chez les Jeunes MR du Pays de Herve

04 FÉVRIER

Jeunes MR Namur-Nord | Distribution de crêpes

www.jeunesmr.be | C/jeunesmr | M/jeunesMR |

 /jeunes_mr | 15 |


ÉLECTIONS COMMUNALES ET PROVINCIALES 2018

À VOS AGENDAS ! Pour les élections communales et provinciales d'octobre prochain, nous voulons être au plus près de nos membres, qu'ils soient candidats ou électeurs, afin de leur fournir tous les outils formatifs utiles. Formations, fascicules explicatifs, site web dédié à nos candidats,... mais aussi 2 dates importantes à noter dès à présent dans votre agenda !

22/04

Siège du MR (Bruxelles)

Brunch

Lancement de campagne Le 22 avril vers 10h30, nous organisons un grand Brunch de lancement de campagne des Jeunes MR. L'occasion pour tous les candidats de se rencontrer, de networker, et de découvrir les fascicules formatifs qui les aideront lors de la campagne électorale.

29/06 & 30/06

à la Marlagne (Namur)

Mise au vert

des Jeunes MR

Rendez-vous le vendredi 29 juin au soir pour notre Barbecue annuel, avec possibilité de dormir sur place. Des formations pratiques seront données toute la journée du samedi 30 juin. Avec la présence de nombreux élus Jeunes MR. Plus d’infos tout prochainement.

www.jeunesmr.be - PICCOLO MR n°51 | Mars - Avril 2018 Éditeur responsable : Mathieu BIHET | Avenue de la Toison d’Or, 84-86 | B-1060 Bruxelles Ne pas jeter sur la voie publique

Avec le soutien de:

PiccoloMR | n°51  

Parce que la mobilité de demain se pense aujourd'hui

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