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N° 822 Lundi 20 Novembre 2017

La Chine rêve de l’éthane américain

L

es chiffres donnent le tournis. Lors de la visite du président américain en Chine, les 8 et 9 novembre, ont été annoncés 253,4 milliards de dollars d’investissements chinois aux États-Unis ! Entre les intentions déclamées et la concrétisation, le delta est, on le sait, souvent conséquent. Parmi la palanquée de contrats et protocoles d’accords signés pendant la visite de Donald Trump, deux faramineux projets sont en lien direct avec l’industrie chimique et sont liés à l’exploitation de l’éthane issu des gaz de schiste américains. Deux projets qui approchent en valeur un total de 110 Mrds $, soit pas loin de la moitié de ce qui a été annoncé en grande pompe du côté de Pékin. Le plus conséquent atteint 83,7 Mrds $. Somme que China Energy envisagerait d’investir en Virginie occidentale. Ce mastodonte chinois de plus de 200 000 salariés a été nouvellement formé via la fusion du groupe Shenhua, spécialiste du charbon, avec Guodian, focalisé sur l’énergie. China Energy se pose désormais comme l’un des plus grands acteurs mondiaux de l’énergie. Son programme américain se fonde sur plusieurs déplacements dans l’État de Virginie occidentale et sur des liens développés ces dernières années, entre Shenhua et la West Virginia University, notamment sur des technologies de liquéfaction de charbon. Mais China Energy s’intéresse plutôt, là, à l’éthane. Son projet est centré sur la proximité directe de la Virginie occidentale avec le bassin des « Deux projets qui Appalaches, décrit comme l’une des plus grandes approchent un total de réserves mondiales de gaz de schiste. Les investissements seraient déployés sur une durée de 110 Mrds » 20 ans, soit une honorable moyenne de plus de 4 Mrds $ à l’année, et permettraient de constituer une chaîne de valeur complète et intégrée depuis l’extraction de gaz de schiste jusqu’à la production d’électricité et de produits chimiques. À ce stade, rien n’est encore détaillé, malgré cette enveloppe assez précise de 83,7 Mrds $. Le second projet est légèrement plus modeste. L’enveloppe ne s’élève qu’à 26 Mrds $... Il semble toutefois plus réaliste et avancé. Il s’agit d’un accord, courant sur 20 ans également, pour l’approvisionnement en éthane américain d’un futur complexe pétrochimique en Chine. Les signataires sont American Ethane et Nanshan Group. Le premier est un groupe texan fondé en 2014 qui développe un des plus grands projets de terminal d’export d’éthane dans le Golfe du Mexique. American Ethane envisage des capacités d’exportation de 10 millions de tonnes par an d’éthane liquéfié. La construction du terminal devrait démarrer début 2018, pour une mise en service en 2020. Dans le cadre du contrat avec Nanshan, il s’agirait de lui livrer 2,6 Mt d’éthane par année. American Ethane négocie par ailleurs avec d’autres partenaires chinois pour des contrats similaires. De son côté, Nanshan est un conglomérat chinois assez diversifié. Pour l’heure, il est présent dans l’éducation, le tourisme, l’agriculture, l’aviation commerciale, le tourisme ou encore l’aluminium. Mais il nourrit un désir de diversification rapide dans la pétrochimie. Le conglomérat développe ainsi une zone industrielle chimique dans la province du Shandong, sur la côte Est de la Chine, dévolue à accueillir un complexe centré autour d’un vapocraqueur sur base éthane d’une monumentale capacité de 2 Mt/an d’éthylène. En aval seraient implantées des unités de dérivés et de plastiques. Rien n’est toutefois encore fait. Selon un correspondant de Chemical Week basé en Chine, le gouvernement chinois aurait retoqué, en mai 2016, un projet initial de Nanshan pour un complexe intégré raffinage/ pétrochimie dans le Shandong, suite à des plaintes de riverains. Si la Chine rêve de l’éthane américain, à ce stade, c’est surtout l’Amérique qui semble rêver des projets chinois. n  Julien Cottineau

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Sommaire PANORAMA 

Page 2-4

OO Hydrogen Council plaide pour des investissements massifs OO Merck condamné dans l’affaire du Levothyrox OO Cefic et CIA unis pour une solution au Brexit OO Le Brexit inquiète l’EFPIA OO Transat Jacques Vabre : victoire pour le trimaran Arkema OO Croissance de 3,7 % de la production chimique dans l’UE OO Un plaidoyer pour relocaliser l’EMA à Lille OO L’ancien patron de Lilly USA nommé ministre de la santé

CHIMIE 

Pages 5-9

OO Indorama reprend le deuxième producteur de PTA en Europe OO Kem One et Arkema ont renforcé la sécurité de Balan OO Cepsa et ADNOC songent à un complexe à Abu Dhabi OO Braskem et Topsoe s’associent dans le MEG biosourcé OO Advanced Petrochemical investirait 490 M€ à Jubail OO Offre d’Italmatch sur Detrex OO Arkema signe avec EOS OO Mitsui acquiert l’activité TPS d’Asahi Kasei OO Lanxess reprendra une usine américaine de Solvay OO Décision imminente pour le projet Metex à Carling OO Solvay construira avec Strata aux Émirats OO FMC cède un portefeuille européen à Nufarm OO Naturex rachète Swedish Oat Fiber

ZOOM 

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OO Et si on déterminait l’âge de vos muscles ?

PHARMA 

Pages 11-13

OO Le devenir du site Sanofi Pasteur de Neuville-sur-Saône OO Sanofi et Principia partenaires OO B. Braun investit 60 millions d’euros en France OO Collaboration entre Bayer et Loxo Oncology OO Fujifilm renforce ses capacités au Royaume-Uni et aux USA OO Transgene effectue une levée de fonds OO Recipharm fermera 2 sites en Suède

ÉQUIPEMENTS & SERVICES 

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OO Exercice 2017 à la hausse pour Rockwell Automation OO Caldic reprend les actifs d’Elastomerics OO Almac acquiert BioClin Laboratories

SPOT-SCOPE

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CARNET – AGENDA 

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Panorama L’Hydrogen Council plaide pour des investissements massifs À l’heure de la COP 23 qui se tient à Bonn, en Allemagne, l’Hydrogen Council a publié une étude sur le rôle et les opportunités environnementales et économiques de l’hydrogène dans le monde. Menée avec le cabinet McKinsey, l’étude « Hydrogen, Scaling Up » plaide pour un rôle prépondérant de l’hydrogène pour une transition énergétique profitable à l’économie et l’environnement. L’Hydrogen Council estime ainsi que ce secteur pourrait générer un chiffre d’affaires de 2 500 milliards de dollars et créer plus de 30 millions d’emplois dans le monde d’ici à 2050, tout en permettant de réduire les émissions de CO2 de 6 gigatonnes par an. Ce qui contribuerait à hauteur de 20 % à la « diminution requise pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C », explique l’étude. L’hydrogène pourrait, dès 2030, alimenter entre 10 et 15 millions de voitures et 500 000 camions dans le monde, tandis qu’il pourrait davantage être utilisé comme matière première ou dans les procédés industriels, dans le chauffage et l’électricité, la génération et le stockage d’énergie. La demande annuelle mondiale pourrait être multipliée par dix d’ici à 2050, soit compter pour 18 % de la demande énergétique mondiale, assure encore l’étude. Pour ce faire, l’Hydrogen Council a calculé que cela néces-

siterait des investissements de l’ordre de 280 Mrds $ d’ici à 2030, soit de 20 à 25 Mrds $ par an. Une enveloppe bien conséquente mais qui est comparée aux 1 700 Mrds $ par an investis dans l’énergie dans le monde, dont 650 Mrds $ dans le pétrole et gaz, 300 Mrds $ dans l’électricité et plus de 300 Mrds $ dans l’industrie automobile. Selon Benoît Potier, coprésident de l’Hydrogen Council et p-dg d’Air Liquide, « les solutions sont matures sur le plan technologique et des acteurs industriels se sont engagés. Nous avons désormais besoin d’efforts concertés de toutes les parties prenantes pour que cette ambition se matérialise ». n  J.C.

Les 24 membres de l’Hydrogen Council Air Liquide, Alstom, Anglo American, Audi, BMW, Daimler, Engie, Faber Industries, Faurecia, First Element Fuel (True Zero), Gore, Honda, Hyundai Motor, Iwatani, Kawasaki, Linde, Mitsui et Co, Plastic Omnium, Plug Power, Royal Dutch Shell, Statoil, Total, Toyota et Toyota Tsuho.

Justice

Merck condamné dans l’affaire du Levothyrox Le Tribunal de grande instance de Toulouse (Haute-Garonne) a condamné, mardi 14 novembre, le laboratoire allemand Merck à fournir « sans délai, le produit ancienne formule » du Levothyrox, « par le biais des circuits de distribution et de commercialisation », à des patients de Haute-Garonne qui l’ont réclamé. Le laboratoire devra également verser une astreinte de 10 000 euros par jour et par infraction constatée. Le même jour, le p-dg de Merck France, Thierry Hulot, a annoncé à l’AFP son intention de faire appel de cette décision. Il a cependant précisé qu’en attendant « le jugement d’appel », Merck mettrait « des mesures en place pour s’assurer que ces 25 patients ont bien accès au traitement ». Il a également annoncé l’importation, d’ici la fin de l’année, de quelque 200 000 boîtes supplémentaires de

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l’ancienne formule du Levothyrox, à la demande de l’agence du médicament, « pour accompagner plus longtemps » les patients qui en ont besoin. Quelques jours plus tôt, le vendredi 10 novembre, une plainte visant la ministre de la Santé, le ministre de l’Économie mais aussi le laboratoire Merck et l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) a été déposée au tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) pour non-assistance à personne en danger. Elle vise également, cette fois contre X, les médecins et pharmaciens « ayant refusé de prendre en considération les symptômes indésirables de leurs patients », les journalistes et les médias qu’elle accuse d’avoir « orienté les informations » et enfin les députés, sénateurs et maires qui n’auraient pas « honoré leur devoir d’intérêt général ». n  AFP

Réglementation

Le Brexit inquiète l’EFPIA C’est officiel. Le 9 novembre dernier, le gouvernement britannique annonçait que la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne aura lieu le 29 mars 2019. Le même jour, Nathalie Moll, la directrice générale de la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques (EFPIA), s’exprimait dans un communiqué faisant état des résultats de son enquête sur le Brexit : « L’Europe et le Royaume-Uni ne peuvent pas se permettre d’attendre plus longtemps pour assurer que la coopération nécessaire dans le domaine des médicaments sera en place le jour où le Royaume-Uni quittera l’Europe ». 45 % des membres de l’EFPIA déclarent craindre des retards commerciaux En janvier 2017, les industriels de la pharmacie avaient réitéré leur appel pour que les dispositifs de régulation et de sécurité qui s’appliquent aux médicaments au Royaume-Uni restent alignés sur les réglementations de l’UE malgré le Brexit (CPH n°787). Aujourd’hui, 45 % des membres de l’EFPIA déclarent craindre des retards commerciaux si le Royaume-Uni et l’Europe revenaient aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. La chaîne d’approvisionnement des médicaments consommés en Europe inclut en effet le Royaume-Uni : plus de 2 600 produits finaux ont une étape de fabrication outre-Manche. De plus, les Britanniques exportent 2 900 produits vers l’Europe, dont 90 % de produits finaux, et importent 3 200 produits du reste de l’Europe. À partir de mars 2019, plus de 12 000 autorisations de mise sur le marché accordées selon la procédure centralisée nécessiteraient une autorisation de mise sur le marché différente au Royaume-Uni. L’EFPIA déclare que ce délai est trop court pour déplacer les autorisations de mise sur le marché, et suggère donc une approche réglementaire plus flexible. 60 % de ses membres ont une libération de lots qui vient du Royaume-Uni, ce qui laisse craindre des pénuries et des ruptures d’approvisionnement. Le devenir de plus de 1 500 essais cliniques menés dans différents pays européens ayant un commanditaire basé au Royaume-Uni est également incertain car la moitié d’entre eux devrait continuer au-delà de mars 2019. n  L.H.

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Innovation

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Panorama Commerce international

Voile/Innovation

Alors que le futur demeure toujours aussi flou pour les dispositions de sortie du RoyaumeUni de l’UE, le Cefic et la fédération outreManche, la Chemical Industries Association (CIA), ont publié un plaidoyer commun pour trouver la meilleure solution possible au Brexit. Ce plaidoyer aborde les sujets des taxes douanières, des procédures, de circulation des travailleurs, de l’investissement ou encore des réglementations. Cefic et CIA assurent qu’un Brexit sans accord commercial préalable entre le Royaume-Uni et l’UE serait le pire scénario, et qu’une période de transition est indispensable. Trois conditions majeures sont posées. D’abord, cet accord commercial devra être au plus proche de ce qui existe aujourd’hui en termes de taxes douanières, c’est-à-dire au plus proche du libre-échange actuel, et la libre circulation des travailleurs devrait être maintenue. Ensuite, Cefic et CIA souhaitent établir des dispositions concrètes pour faciliter l’investissement et la croissance. Enfin, est jugé nécessaire de garantir une réglementation cohérente entre l’UE à 27 et le Royaume-Uni. L’enjeu est crucial au regard des données commerciales de l’industrie chimique entre les deux parties. Actuellement, les ventes de la chimie du Royaume-Uni comptent pour 7 % de la totalité des ventes de l’industrie chimique de l’UE. Les exportations de l’UE vers le Royaume-Uni ont atteint 22,6 milliards d’euros en 2016, soit 4,5 % des exportations totales de l’UE à 27. Les importations depuis le Royaume-Uni vers l’UE à 27 ont, elles, atteint 19,3 Mrds € l’an dernier. Le Cefic et la CIA ont également calculé que si les barrières douanières étaient rétablies pour le commerce chimique, des taux maximaux de 5,5 % à 6,5 % pourraient être appliqués selon les standards de l’OMC, sur un total d’échanges évalué à environ 40 Mrds € par an. Rien que pour les importations vers l’UE, les taxations pourraient atteindre de 3 à 4 %, ce qui conduirait à un surcoût annuel d’environ 1,5 Mrd € pour la chimie européenne. Les décideurs européens sont ainsi priés de mettre au point des dispositions les plus souples possible. Cefic et CIA réclament également une période de transition pour mieux se préparer, et des clarifications le plus tôt possible afin d’obtenir très rapidement de la visibilité sur l’avenir des échanges commerciaux entre les deux parties. n  J.C.

La troisième aura été la bonne. Le trimaran de 50 pieds (Multi50) Arkema du Team Arkema Lalou Multi s’est imposé dans sa catégorie dans la Transat Jacques Vabre en coupant la ligne d’arrivée, le 16 novembre, à Salvador de Bahia, au Brésil. Les deux skippers Lalou Roucayrol et Alex Pella n’ont mis que 10 jours et 19 heures pour faire la jonction depuis Le Havre. Premiers de la flotte des Multi50, ils sont arrivés 3e au total, derrière deux ultimes qui sont bien plus puissants. Après un chavirage dans l’édition 2013 puis une 3e place en 2015, la troisième tentative du trimaran Arkema, et la 9e pour Lalou Roucayrol, aura été la bonne dans cette route du café. Il s’agit de la deuxième victoire du bateau et du team en course transatlantique après la victoire, l’an dernier, de la Québec-Saint-Malo. Plus qu’un nom sur la voile et un simple sponsor, le groupe Arkema a aussi contribué à ce succès avec ses matériaux. À bord du trimaran, on trouve des plaques acryliques nanostructurées pour les surfaces vitrées, des mastics-colles d’étanchéité pour le collage et le jointage de l’accastillage fixe du trimaran, et des adhésifs méthacrylates structuraux pour l’assemblage des renforts transversaux et longitudinaux des coques (CPH n°817).

Victoire pour le trimaran Arkema dans la Transat Jacques Vabre Cette victoire du trimaran Arkema a permis de pulvériser plusieurs records. Lalou Roucayrol et Alex Pella ont effacé celui de la Transat Jacques Vabre pour un Multi 50 qui était fixé depuis 2005 à 12 jours et 6 heures. Ils se sont également emparés du record de la distance parcourue en 24 heures sur un Multi 50 avec une marque de 568 milles contre 524 milles, un record datant de 2016. n  J.C.

Arkema 3 dans le top 10 de la Mini Transat

Arkema/Vincent Olivaud

Le monocoque Arkema 3 a signé une jolie performance dans la Mini Transat. Le bateau et son jeune skipper Quentin Vlamynck sont arrivés en Martinique, le 16 novembre, en 6e position de la flotte des prototypes dans le cadre de la seconde étape. Ce qui devrait leur octroyer une place dans le top 10 sur les 25 prototypes, après une première étape un peu plus difficile.

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Cefic et CIA unis pour une solution au Brexit

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Panorama Conjoncture

Croissance de 3,7 % de la production chimique dans l’UE sur 8 mois

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La croissance s’accélère dans l’industrie chimique de l’Union européenne. Pointée à 3,3 % sur les sept premiers mois lors du point conjoncturel du Cefic en octobre (CPH n°818), la croissance de la production atteint 3,7 % pour la totalité des huit premiers mois, en glissement annuel. Là encore, la croissance est tirée par quasi l’ensemble des segments d’activité, notamment par les phytosanitaires, les inorganiques de base, les colorants et pigments, les polymères ainsi que par les produits de grande consommation. Les spécialités sont encore un peu à la traîne, note le Cefic. Les prix ont augmenté d’un total de 5,3 % entre janvier et août 2017, par rapport aux huit premiers mois 2016. Les prix ont toutefois faibli de 1,1 % entre les périodes juillet et août par rapport aux deux mois précédents, de mai et juin. Les ventes affichent des progressions supérieures. Sur le marché de l’UE, elles ont atteint une valeur cumulée de 214,6 milliards d’euros de janvier à juillet, soit une progression de 8,1 % sur un an. Sur le front de l’export, la progression atteint 8,5 % au cours de la même période, à 92,3 Mrds €. Tous les segments sont en hausse à l’export en valeur, en premier lieu, ceux des spécialités et

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Un plaidoyer pour relocaliser l’Agence européenne du médicament à Lille

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Le 2 novembre, les dirigeants d’une soixantaine de grandes entreprises et institutions du nord de la France ont adressé une lettre à Emmanuel Macron, appelant le président français à « un engagement total » pour que les États de l’Union européenne choisissent Lille comme nouveau siège de l’Agence européenne du médicament (EMA), rapporte l’AFP. Rendue publique jeudi, celle lettre salue notamment le soutien de la

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L’ancien patron de Lilly USA nommé ministre de la Santé aux États-Unis

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Lundi 13 novembre, le président américain Donald Trump a nommé Alex Azar, ancien dirigeant de la filiale américaine du géant pharmaceutique Eli Lilly, ministre de la santé. Alex Azar avait rejoint Lilly USA en 2007, qu’il a ensuite présidé de 2012 à janvier 2017. Le département

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ministre de la Santé, Agnès Buzyn. L’AFP rappelle qu’un Conseil des affaires générales doit arrêter le choix final, le 20 novembre, à Bruxelles, pour la relocalisation de l’EMA, suite au Brexit. Au total, 19 villes sont candidates à l’accueil de l’EMA parmi les 27 États de l’UE, dont Amsterdam, Milan, Vienne, Barcelone, Varsovie, etc. Pour la France, Paris avait préféré la candidature de Lille à celle de Lyon, notamment. n  AFP

Politique

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des polymères. Par zone géographique, le Cefic note, pour les sept premiers mois 2017, des hausses de 23 % pour les exportations vers la Chine, de 19 % pour le reste de l’Asie, et de 27 % pour l’Europe, hors UE, Russie incluse. En parallèle, les importations ont atteint une valeur de 63,3 Mrds € entre janvier et juillet, ce qui représente une hausse de 7,2 % sur un an. La pétrochimie et les spécialités sont les deux secteurs d’importation les plus dynamiques. Pour les sept premiers mois 2017, l’excédent commercial ressort ainsi à 29 Mrds €, soit 3 Mrds € de plus que pour les sept premiers mois 2016. Au total, la consommation de produits chimiques sur le marché de l’UE, comprenant les ventes issues de l’industrie chimique de l’UE ajoutées à la valeur des importations, a atteint 277,9 Mrds € pour les sept premiers, soit une hausse de 7,9 % sur un an. Et les ventes totales du secteur, soit les ventes internes ajoutées aux exportations, ressortent à 306,9 Mrds €, en hausse de 8,2 % sur un an. Le Cefic indique par ailleurs que les effectifs de la chimie européenne ont progressé de 1,9 % au deuxième trimestre 2017, sur un an. Pour le premier semestre, cette progression se limite à 1,1 %. n  J.C.

de la Santé est sans patron depuis la démission de Tom Price, le 29 septembre, forcé au départ après des révélations sur le nombre d’avions privés affrétés pour ses déplacements ministériels. Alex Azar devra être confirmé par un vote du Sénat. n  AFP

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Chimie Acide téréphtalique purifié

Indorama reprend le deuxième producteur en Europe et se posera en numéro un Le groupe thaïlandais va reprendre le complexe de PTA d’Artlant, au Portugal. L’opération permettra à Indorama de muscler ses capacités de 700 000 t/an et d’atteindre à terme un total de 1,7 Mt/an sur le continent européen, ce qui devrait lui conférer la place de leader en Europe.

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’opération est d’envergure et va permettre à Indorama Ventures de devenir rapidement le leader européen de la production d’acide téréphtalique purifié (PTA). Le pétrochimiste thaïlandais a conclu un accord pour la reprise d’Artlant PTA au Portugal. Fondée en 2012 via la cession de la majorité des parts de l’Espagnol La Seda de Barcelona dans ce complexe à des fonds d’investissement portugais (CPH n°588), cette société est présentée comme le numéro 2 du PTA en Europe. Implanté à Sines, au Portugal, le complexe d’Artlant PTA dispose de capacités installées de 700 000 tonnes par an. Ce qui devrait plus que doubler les capacités actuelles européennes d’Indorama, lequel détient 325 000 t/an sur le site de Guadarranque-San Roque en Espagne (acquisition auprès de Cepsa en 2015, CPH n°739), et 350 000 t/an sur son site de Rotterdam (acquis auprès d’Eastman Chemicals en 2008). Soit un total de près de 1,4 Mt/an, qui devrait même passer rapidement à 1,7 Mt/ an en raison d’un dégoulottage en cours sur le site de Rotterdam qui atteindra prochainement des capacités combinées de 675 000 t/an. Un porte-parole d’Indorama nous a toutefois indiqué que le complexe portugais est à l’arrêt depuis trois ans et ne reprendrait pas ses productions commerciales avant le troisième trimestre 2018, le temps de le remettre en service. Ce qui, du coup, laisserait BP le n°1 européen du PTA jusqu’à fin 2018. Les modalités financières de l’acquisition d’Artlant, prévue pour être finalisée au cours de ce quatrième trimestre 2017, n’ont pas été dévoilées.

Le chimiste thaïlandais compte ainsi dégager des synergies opérationnelles, Rotterdam réduire ses coûts et limiter (Pays-Bas) ses importations de PTA en 700 000 Europe. En quelques années, Indorama s’est constitué une vaste plateforme de production de PET en Europe. Les capacités combinées Klapeida (Lituanie) atteignent désormais envi274 000 ron 1,7 Mt/an. Comme les Corlu futures capacités du groupe (Turquie) 252 000 en PTA. Indorama a essentiellement procédé à des acquisitions pour ce faire. Outre son usine de Klapeida, en Lituanie, le chimiste thaïlandais a toujours privilégié la croissance externe. En 2008, il reprenait ainsi les actifs de PTA et de PET d’Eastman Chemicals à Rotterdam, avant d’acquérir ceux de SK Chemicals à Wloclawek en Pologne en 2011. Indorama s’était ensuite tourné vers la Turquie avec deux opérations en 2014 et 2015 (CPH n°703). Puis, toujours en 2015, il y a eu l’opération de reprise d’actifs de Cepsa en Espagne. Par ailleurs, le groupe détient 75 % du capital de la société Trevira, en Allemagne, une coentreprise avec l’Italien Sinterama (25 % des parts) et deux unités à Bobingen et à Guben. Cette série d’acquisitions a toutefois mené à certains plans de restructuration. Une des deux usines turques a ainsi été condamnée, fin 2016 (CPH n°788). Indorama a également cessé les productions d’un complexe italien, Ottana Polimeri en Sardaigne (161 000 t/an), acquis en 2010 auprès d’Equipolymers Europe, alors coentreprise entre Dow et PIC. Enfin, l’usine héritée également de Eastman à Workington au Royaume-Uni (168 000 t/an) a été mise sous cocon depuis 2014 (CPH n°654). n  Julien Cottineau

Les capacités en PET d’Indorama en Europe, en tonnes par an - Source : Indorama Ventures Coentreprise Trevira (Allemagne) 120 000 Guadarranque-San Roque (Espagne) 175 000

Wloclawek (Pologne) 229 950

Vaste plateforme de production de PET en Europe Techniquement, Indorama reprend la totalité des actifs et des contrats d’Artlant PTA. Le groupe thaïlandais reprend également la société Artelia Ambiente qui fournit les utilités au complexe (40 390 MW d’électricité, de la vapeur, de l’eau déminéralisée, une unité de traitement d’eau et de l’hydrogène). Cette opération va permettre à Indorama de poursuivre son intégration verticale pour ses productions européennes de PTA et de polyéthylène téréphtalate (PET).

EN BREF AkzoNobel finalise un investissement de 10 M$ aux États-Unis

Un portefeuille inédit de polyols renouvelables pour Perstorp

Le chimiste néerlandais a finalisé un investissement de 10 millions de dollars sur son site de dérivés du soufre à LeMoyne, aux États-Unis. Cette enveloppe d’AkzoNobel a permis d’ajouter une unité d’hydrogénosulfure de sodium (NaSH) d’une capacité de 20 000 tonnes par an. Le NaSH est essentiellement utilisé dans les industries du papier, du tannage du cuir, de l’extraction minière et des polymères.

Le chimiste suédois se félicite de détenir le premier portefeuille mondial de trois polyols essentiels en format renouvelable. Après avoir lancé un pentaérythritol renouvelable en 2010, Perstorp s’apprête à mettre sur le marché du triméthylolpropane (TMP) et du néopentyl glycol partiellement renouvelables. Le groupe se dit être le seul au monde à pouvoir offrir ces trois polyols sous une forme traditionnelle et sous forme renouvelable.

Ineos se diversifie dans le football Le pétrochimiste britannique est en passe d’acquérir le club de football FC Lausanne-Sport, actuel sixième de la ligue suisse de football. Ineos explique que, depuis l’établissement dans le canton de Vaud de plusieurs sièges d’activités, dont certains y sont encore présents, il a notamment sponsorisé des équipes locales sportives et de football. Il prévoit aussi de mettre en place deux académies de formation de football, au Botswana et en Namibie.

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Chimie PVC/EVA

Kem One et Arkema ont renforcé la sécurité de Balan Les deux groupes français ont investi 400 000 euros sur leur plateforme commune de Balan, dans l’Ain, pour moderniser les moyens de protection incendie. Kem One et Arkema ont construit une réserve d’eau d’une capacité de 3 500 m3, ce qui représente l’équivalent de sept piscines, alimentées par l’eau de nappes souterraines. « Le nouveau groupe motopompe autonome, d’un débit de 900 m³/heure, alimente l’ensemble des installations fixes d’arrosage et poteaux incendie du site en substitution des deux anciens groupes conservés en secours. Ce système peut être piloté localement ou à distance par les équipes d’intervention présentes sur le site en permanence », précise Kem One. Ce projet, qui a nécessité six mois de travaux, doit permettre de mieux protéger les stockages de produits inflammables sur le site, et de garantir une autonomie d’intervention de près de quatre heures. À Balan, Kem One produit du polychlorure de vinyle (PVC) en suspension, avec deux lignes de production dotées de capacités combinées de 300 000 tonnes par an. Arkema produit sur le site des copolymères éthylène-acétate de vinyle (EVA, gamme de résines Evatane). n  J.C.

Alkylbenzène linéaire

Cepsa et ADNOC songent à un complexe à Abu Dhabi Le groupe Cepsa, détenu par le fonds d’investissement Mubadala (Abu Dhabi, ex-International Petroleum Investment Company, IPIC), et l’Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) ont paraphé, le 15 novembre, un protocole d’accord pour évaluer la faisabilité économique d’un complexe d’alkylbenzène linéaire (LAB) de taille mondiale à Ruwais (Abu Dhabi). Les deux partenaires travailleront sur l’ingénierie de base, dès 2018, pour ce complexe qui pourrait être intégré à une raffinerie de Ruwais. ADNOC contribuerait notamment au projet via les matières premières, tandis que Cepsa, spécialiste du LAB apporterait son expertise et un procédé technologique développé avec l’Américain UOP. Ce projet devrait permettre de mieux répondre à la demande en LAB au Moyen-Orient et en Asie. Selon les deux partenaires, la croissance annuelle de cette demande dans le bassin de l’Océan Indien devrait progresser à hauteur de 5 % par an entre 2016 et 2030. Le LAB est principalement utilisé comme intermédiaire pour la fabrication de détergents ménagers et industriels, d’adoucissants ou de savons. Cepsa se décrit comme un spécialiste mondial du LAB avec des unités de production en Espagne, au Canada et au Brésil. Ses productions compteraient pour 15 % des volumes mondiaux annuels. n  J.C.

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Chimie verte Monoéthylène glycol

Braskem et Topsoe s’associent dans le MEG biosourcé Le pétrochimiste brésilien Braskem, leader mondial du polyéthylène biosourcé, et Haldor Topsoe, spécialiste danois de la catalyse, viennent de signer un accord de coopération pour la production de monoéthylène glycol (MEG) biosourcé. Ensemble, ils envisagent de développer un procédé innovant, sur la base d’une voie de synthèse à partir de sucre qu’ils qualifient de « pionnière ». L’accord prévoit également la construction d’une usine de démonstration au Danemark, dont l’exploitation devrait débuter en 2019. Les partenaires précisent qu’il s’agit d’un procédé catalytique (et non biotechnologique) qui permet de réaliser deux étapes de synthèse avec un seul catalyseur, développé dans les laboratoires de Topsoe. L’intérêt est de n’avoir à construire qu’une seule unité de production, pour réduire d’autant le montant de l’investissement initial puis les coûts opérationnels. Mateus Lopes, responsable Innovation dans le domaine des produits chimiques renouvelables chez Braskem, s’est félicité de cette initiative qui allie une technologie de pointe avec une expertise dans la conception de procédés, la mise à l’échelle et l’exploitation industrielle, « ce qui nous permettra de pousser la chimie renouvelable à un tout autre niveau », a-t-il ajouté. En effet, grâce à Topsoe, Braskem bénéficiera de compétences essentielles, tant en catalyse qu’en développement de procédé, pour transformer le sucre en de nombreux produits chimiques renouvelables de façon performante et compétitive. L’unité sera d’ailleurs conçue de façon suffisamment flexible pour valider la technologie avec

différentes matières premières telles que le saccharose, le dextrose et les sucres de deuxième génération. Jusqu’à présent, malgré le succès mondial de son polyéthylène biosourcé obtenu à partir de sucre de canne et commercialisé avec la marque « I’m green », Braskem n’avait pas réussi à élargir son portefeuille de produits renouvelables. Notamment en polypropylène biosourcé. « La catalyse jouera un rôle extrêmement important dans le développement de solutions durables qui produisent des produits chimiques importants à partir de sources renouvelables telles que les sucres. Nous sommes fiers de livrer une technologie révolutionnaire pour ce projet avec Braskem », a estimé Kim Knudsen, vice-président exécutif de Haldor Topsoe. Pour rappel, le MEG est un composant clé de la résine de PET, avec l’acide téréphtalique. Ce polymère est ensuite largement utilisé dans les industries textiles et de l’emballage avec la fabrication de bouteilles de sodas. Il existe déjà des sources commerciales de MEG biosourcé mais selon des protocoles en plusieurs étapes, peu efficaces. Outre Braskem, le Néerlandais Avantium, qui s’intéresse à la résine PEF concurrente du PET, développe également un MEG biosourcé en une étape dans le cadre du projet Mekong. Sur son site Internet, on peut lire que le marché du Bio-MEG pourrait atteindre les 3 millions de tonnes par an d’ici à 2020, tandis que le marché du pétro-MEG (version fossile) devrait rester dix fois supérieur. n  S.L.

Spécialités

Advanced Petrochemical investirait 490 M€ à Jubail Le pétrochimiste saoudien Advanced Petrochemical aurait signé, le 14 novembre, un protocole d’accord avec le fonds saoudien Global Company for Downstream Industries pour un projet de complexe de spécialités en Arabie Saoudite, rapporte Chemical Week. Le projet, qui nécessiterait des investissements de 2,17 milliards de riyals (environ 490 M€), consisterait en un complexe qui serait construit à Jubail, en Arabie Saoudite.

Il comprendrait plus d’une douzaine de lignes de spécialités, allant de résines hydrocarbures à des solvants aromatiques jusqu’à du naphtalène. Plusieurs de ces produits seraient une première en termes de production dans tout le Moyen-Orient. Les capacités de production atteindraient 300 000 t/an. La mise en service serait envisagée au premier semestre 2021. Le protocole d’accord serait valide pour une durée de six mois. n  J.C.

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Chimie Additifs

Offre d’Italmatch sur Detrex Le chimiste italien Italmatch, détenu depuis 2014 par Ardian France (CPH n°682), a lancé une offre sur le groupe américain Detrex. Les deux conseils d’administration ont signé un accord définitif qui pourrait être finalisé avant la fin de l’année en l’absence d’une offre supérieure par un tiers. L’offre actuelle s’établit à la reprise de la totalité des actions de Detrex pour un montant de 27 dollars par titre. Ce qui pourrait potentiellement frôler au maximum les 45 millions de dollars, selon la capitalisation et la valeur du titre actuelles. Aucune condition financière n’a été posée par Italmatch pour cette opération. Les dirigeants de Detrex et les principaux actionnaires, représentant un total de 52 % du capital, ont déjà voté en faveur de la transaction. Fondé en 1920 et basé à Cleveland, dans l’Ohio (États-Unis), Detrex est focalisé sur les additifs pour les lubrifiants industriels et l’acide chlorhydrique de haute pureté pour les semi-conducteurs, mais produit d’autres spécialités chimiques. L’entreprise américaine se targue d’un chiffre d’affaires annuel actuel de l’ordre de 50 M$, lui qui avait publié des ventes de 37,5 M$ en 2016. Il recense 70 salariés dans le monde. Sa principale filiale est Elco, spécialiste des additifs pour lubrifiants industriels. Deux

usines sont en activité à Cleveland et à Ashtabula, toujours dans l’Ohio. En plus de venir compléter les gammes d’Italmatch, Detrex offrira une meilleure présence outreAtlantique grâce à ses fortes positions en Amérique du Nord et du Sud. Le chimiste italien est, lui, bien plus présent sur le marché Europe-Moyen-Orient-Afrique, même s’il détient deux sites de production aux États-Unis (Huntsville au Texas et Smyrna en Géorgie), depuis l’acquisition de Compass Chemicals en 2016 (CPH n°764). Italmatch est plus implanté en Europe avec six sites de production, dont trois en Italie (Arese, Naples et Spoleto) ainsi qu’à Newport au Royaume-Uni, Francfort en Allemagne, et Saragosse en Espagne. Il compte aussi quatre sites en Asie, dont trois en Chine (Yunnan, Kunming et Nantong) et un à Osaka, au Japon. Italmatch, qui recense 500 salariés dans le monde, est spécialisé dans les additifs pour lubrifiants, les produits pour le traitement de l’eau, ou encore dans les additifs pour les secteurs du pétrole et gaz ou des plastiques. Cet été, le groupe a acquis la start-up française Magpie, spécialisée dans les polymères de filtration permettant de séparer et récupérer les métaux précieux dans les effluents de déchets (CPH n°809). n  J.C.

Mitsui acquiert l’activité TPS d’Asahi Kasei Le Japonais Mitsui Chemicals s’est lancé dans l’acquisition de l’activité élastomères styrène thermoplastiques (TPS) de son compatriote Asahi Kasei. Les modalités de cette opération, qui pourrait aboutir dès le 1er décembre, n’ont pas été détaillées. Cette activité TPS est regroupée sous l’ombrelle Sunvieo et sert principalement les secteurs de l’automobile et des biens d’équipement. Asahi Kasei dispose d’unités de production au Japon et en Chine. Selon Mitsui, les TPS sont de plus en plus demandés mondialement en remplacement du polychlorure de vinyle (PVC) et du caoutchouc vulcanisé. Cette ligne viendrait étoffer celles de thermoplastiques de Mitsui, lesquelles sont centrées sur les élastomères vulcanisés thermoplastiques (TPV) et élastomères oléfines thermoplastiques (TPO). Les premiers sont surtout utilisés dans les intérieurs automobiles et certains éléments d’engrenage, les seconds trouvent plutôt des applications dans les airbags. Ces deux lignes évoluent sous le nom de gamme Milastomer, et sont produites par Mitsui sur des sites en Chine, en Thaïlande, en Allemagne ou encore au Japon. Avec cette acquisition, Mitsui poursuit l’objectif de mieux diversifier et différencier ses gammes d’élastomères thermoplastiques et de mettre au point des applications dans d’autres secteurs en croissance, comme ceux de la mobilité, de la santé, de l’agroalimentaire et de l’emballage. n  J.C.

Dérivés du phosphore

Lanxess reprendra une usine américaine de Solvay

Impression 3D

Arkema signe avec EOS Le chimiste français a conclu un accord de développement avec le groupe allemand EOS, spécialiste de la fabrication additive. L’accord porte sur la mise au point de poudres innovantes haute température pour l’impression 3D de métaux et de polymères, et se centre sur la plateforme de production EOS P 500. « Cet accord s’inscrit notamment dans le développement d’applications industrielles directement avec les utilisateurs finaux et dans l’analyse des performances de la fabrication additive par rapport aux technologies traditionnelles, telles que le moulage par injection ou encore l’usinage de pièces de série », selon Arkema. L’accord est centré sur l’utilisation de poly-éther-ketoneketone (PEKK, gamme Kepstan) du groupe français. Décrit comme un « polymère de l’extrême », le PEKK est l’un des produits

Élastomères

phares des développements stratégiques d’Arkema. Le groupe avait d’ailleurs annoncé, en début d’année, des projets de renforcement capacitaire en France et aux États-Unis pour sa gamme Kepstan (CPH n°791). Arkema explique que son PEKK convient à la substitution du métal grâce à des « propriétés de température de service très élevée, de résistance aux agents chimiques et d’excellente résistance au feu ». La gamme kepstan est notamment utilisée dans la fabrication additive dans l’aéronautique. L’an dernier, le marché mondial de l’impression 3D était évalué à 15,9 milliards de dollars et devrait atteindre 35,4 Mrds $ dès 2020, rapporte Arkema. EOS ne collabore pas qu’avec le chimiste français dans ces domaines. Il a également des partenariats avec Evonik et BASF notamment. n  J.C.

Le projet devrait être finalisé au premier semestre 2018. Solvay et Lanxess ont annoncé, le 15 novembre, avoir trouvé un accord pour la reprise par le chimiste allemand de l’usine américaine du groupe belge à Charleston, en Caroline du Sud. Cette usine Solvay est centrée sur les produits basés sur des dérivés du phosphore. Des produits qui sont principalement utilisés comme intermédiaires dans les additifs plastiques, les retardateurs de flamme et les applications agricoles. Ce site génère un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 65 millions d’euros. Le montant de l’opération n’a pas été dévoilé. Lanxess reprendra les 90 salariés de l’usine. Ce choix permettra à Solvay de concentrer ses ressources sur ses « positions leader existantes en phosphine, dérivés de phosphine et spécialités de phosphore », commente Michael Radossich, président de la business unit Technology Solutions du groupe belge. De son côté, Lanxess indique que cette opération lui permettra de renforcer ses positions nord-américaines et mondiales en dérivés du phosphore, un segment crucial pour ses activités dans les additifs. n  J.C.

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Chimie Chimie verte

Chimie verte

PDO

Chimie du végétal

Décision imminente pour le projet Metex à Carling En marge de la publication de ses résultats du troisième trimestre, la société Metabolic Explorer est revenue sur son projet de construction d’une usine de production de propanediol/acide butyrique (PDO/AB) sur le site industriel de Carling en Moselle (CPH n°808). Ce nouveau plan de développement stratégique repose sur l’industrialisation en propre de son procédé le plus avancé, avec le lancement d’un projet

de construction d’une usine de production PDO et AB d’une capacité de 24 000 tonnes par an. Metex a depuis focalisé ses efforts sur l’évaluation de la faisabilité d’une usine en propre localisée sur cette plate-forme industrielle existante. Les pré-études d’ingénierie nécessaires et l’élaboration des montages financiers adaptés sont en cours. La décision finale d’investissement est attendue, fin 2017/début 2018. n  S.L.

Fibres de carbone/Aéronautique

Solvay construira avec Strata aux Émirats Un an et demi après l’annonce du projet (CPH n°768), Solvay a confirmé, le 12  novembre, qu’il produirait des préimprégnés à base de fibres de carbone aux Émirats Arabes Unis. Le groupe belge collaborera toujours avec le fonds d’investissements Mubadala (ex-International Petroleum Investment Company, IPIC), mais plus précisément avec sa filiale Strata Manufacturing, spécialiste de pièces composites pour l’aéronautique. Solvay et Strata viennent de formaliser la constitution d’une coentreprise à parts égales qui devrait se

poser comme le premier fournisseur de fibres de carbone pré-imprégnées, basé aux Émirats. Les deux partenaires construiront une usine de production à Al-Ain (Abu Dhabi). Dotée d’une surface de 8 500 m2, l’usine devrait être mise en service en 2020 et produira des pré-imprégnés pour approvisionner le constructeur aéronautique américain Boeing. Les principales applications visent les structures primaires du futur gros porteur 777X. Les détails concernant les capacités et les investissements n’ont pas été dévoilés. n  J.C.

Naturex rachète Swedish Oat Fiber Naturex, acteur mondial des ingrédients naturels de spécialité d’origine végétale, a fait l’acquisition de 100 % des actions de Swedish Oat Fiber, un industriel suédois spécialisé dans les ingrédients à base d’avoine. Avec cette troisième opération de croissance externe de l’année (acquisition d’une partie des activités de Haliburton International Foods et négociations exclusives pour le rachat d’une activité de spécialités naturelles à base de fruits et d’un outil industriel aux États-Unis), le groupe français poursuit sa stratégie d’accélération du développement de son portefeuille d’ingrédients naturels de spécialité. Swedish Oat Fiber est une société industrielle suédoise de référence internationale dans la production de fibres alimentaires de bêta-glucanes d’avoine, d’huile et de protéines à destination des industries agroalimentaire, nutraceutique, cosmétique et de nutrition animale. Le siège social et le site industriel de Swedish Oat Fiber sont situés près de Göteborg, à Bua, sur la côte ouest de la Suède au cœur d’une des régions les plus favorables à la culture d’avoine. De nombreuses études cliniques publiées sur les fibres d’avoine ont permis d’obtenir un certain nombre d’allégations santé, comme la réduction du cholestérol, approuvées par différentes autorités réglementaires dans le monde, selon Naturex. n  S.L.

Phytosanitaires

FMC cède un portefeuille européen à Nufarm Le groupe américain a conclu un accord avec son homologue australien pour lui céder un portefeuille d’herbicides en Europe. Le montant de la transaction atteint 90 millions de dollars, décomposé en 85 M$ pour l’acquisition du portefeuille et 5 M$ pour une reprise de stocks. L’ensemble comprend huit formulations phytosanitaires basées sur quatre ingrédients actifs pour la protection des cultures de céréales. Les deux marchés principaux des produits repris sont l’Allemagne et la France. Nufarm ne reprend aucun actif

de production ni aucun salarié dans le cadre de cette opération qui devrait être finalisée « d’ici à quelques mois », selon le groupe australien. Cette cession s’inscrit dans les remèdes proposés par FMC aux autorités réglementaires européennes, suite à l’acquisition et à l’échange d’actifs phytosanitaires avec le géant américain DuPont (CPH n°797). Cette opération avait été annoncée au printemps et finalisée en novembre, suite à la fusion de DuPont avec Dow (CPH n°821). n  J.C.

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Zoom Vieillissement

Et si on déterminait l’âge de vos muscles ? Une équipe de recherche de l’UTC de Compiègne développe une technique combinant analyse de la réponse musculaire et accéléromètre pour parvenir à donner un âge à nos muscles. L’objectif est de sensibiliser au problème du vieillissement précoce de ces tissus, appelé aussi sarcopénie.

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Une mesure réalisée à partir d’un geste simple pourrait permettre d’évaluer précisément l’âge moteur fonctionnel. détérioration précoce ou, au contraire, si son âge fonctionnel est plus jeune que son état civil. Des perspectives dans la prévention et la médecine sportive Aujourd’hui, le projet Chronos s’accélère avec le lancement prochain d’une étude clinique, en partenariat avec l’AP-HP, qui prévoit de recruter une centaine de personnes, volontaires sains, répartis en cinq catégories d’âge. L’objectif est de récupérer assez de données de manière à développer et affiner le logiciel et l’estimation de l’âge musculaire. « Nous travaillons sur des tranches d’âge de 5 ans mais pourquoi ne pas imaginer une évaluation encore plus précise à l’avenir », observe Sofiane Boudaoud. Au-delà du diagnostic en gérontologie, l’outil ainsi peaufiné pourrait aussi trouver des débouchés dans la prévention en faisant prendre conscience de la nécessité de pratiquer une activité physique régulière. Sur ce sujet, Sofiane Boudaoud fait ce constat, aussi étonnant qu’alarmant : « Les 15-25 ans marchent moins que leurs aînés, les 55-65 ans ! ». Le temps consacré à l’activité physique est à la peine chez les plus jeunes, au détriment du temps passé devant les écrans. Pour développer cet équipement, le projet bénéficie par ailleurs de l’intérêt de partenaires issus du monde pharmaceutique, à l’image du groupe Abbott. « Ce laboratoire développe des compléments alimentaires et a besoin d’indicateurs précis pour évaluer l’impact de ses produits », précise Sofiane Boudaoud. L’appareil,

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ans le laboratoire de Sofiane Boudaoud, on s’exerce à du sport de haut niveau, comme à se lever d’une chaise. Un geste simple, qui permet cependant de mesurer l’activité du muscle et d’évaluer la fonction motrice. C’est l’une des situations de la vie de tous les jours sur laquelle s’appuie le chercheur qui développe un meilleur diagnostic de l’affaiblissement des muscles lié à l’âge, aussi appelé sarcopénie (voir notre encadré). « Les outils actuels pour évaluer la sarcopénie en gériatrie sont soit imprécis, il s’agit par exemple de serrer la main pour estimer la force dans les muscles, soit coûteux avec le recours aux techniques d’imagerie », souligne Sofiane Boudaoud, responsable de la filière biomédicale de l’université des technologies de Compiègne. Le chercheur travaille sur le projet Chronos, monté en partenariat avec le Dr Kiyoka Kunigawa, neurogériatre à l’AP-HP. Ce projet concerne la caractérisation du système musculaire et la définition d’un âge fonctionnel du muscle, une étude à cheval entre biomécanique et physiologie. « Nous ne sommes pas tous égaux devant la sarcopénie, il existe des prédispositions génétiques », constate M. Boudaoud. « Face à ces risques, l’objectif est de proposer des actions correctives, par exemple sous formes d’activités physiques, pour retarder ce processus de vieillissement, voire le rendre réversible, notre système musculaire étant très adaptatif ». Pour apporter un diagnostic plus complet, plus précis mais aussi plus précoce, l’équipe de Sofiane Boudaoud développe un moyen de mesure de l’état musculaire par un réseau d’électrodes, par exemple posé sur le muscle de la cuisse dans le cas de l’exercice de lever de chaise, combiné à un accéléromètre. « Nous travaillons avec une électromyographie de 64 voies qui permet une vision précise de ce qui est fait au niveau musculaire lors d’un effort simple », détaille Sofiane Boudaoud. La technique utilisée est une électromyographie haute résolution innovante, appelée HD-sEMG et conçue par TMSi, entreprise partenaire du projet. Le potentiel mesuré varie en fonction de la capacité musculaire, mais aussi selon des facteurs comme le surpoids qui, en augmentant la couche de graisse sur le muscle, diminue l’intensité de la réponse musculaire enregistrée par l’appareil. Un logiciel associe ce potentiel mesuré aux données issues de l’accéléromètre pour évaluer l’âge musculaire du patient (ou âge fonctionnel) et indiquer ainsi s’il souffre d’une

dont le coût final est estimé à 5 000 euros, pourrait trouver sa place dans des services gériatriques et des EHPAD. Des débouchés dans la médecine sportive et l’évaluation du sportif de haut niveau sont également envisageables. De quoi peut être bientôt pouvoir comparer sa réponse musculaire lors d’un lever de chaise à celle d’Usain Bolt. n  À Compiègne, Nicolas Viudez

La sarcopénie : un phénomène à surveiller La sarcopénie a été définie en 1989 par Irwin Rosenberg comme la perte involontaire de la masse musculaire survenant avec l’avancée en âge, provoquant une diminution de la force musculaire. Elle entraîne un risque accru de dysfonctionnement fonctionnel, de chutes et donc de dépendance de la personne âgée. Autant de raisons qui, avec le vieillissement de la population, ont contribué à en faire une problématique de santé publique. La sédentarité et une alimentation déséquilibrée sont clairement identifiées comme des facteurs de risque. Contrairement à une idée reçue, la sarcopénie n’est pas uniquement liée au poids et peut être masquée par une obésité.

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Pharmacie Vaccins

Le devenir du site Sanofi Pasteur de Neuville-sur-Saône à l’étude Les ventes du vaccin contre la dengue, fabriqué par le géant pharmaceutique sur son site français de Neuville-sur-Saône (Rhône), ne rencontrent pas le succès escompté. Les syndicats s’inquiètent du devenir des 190 salariés qui produisent Dengvaxia.

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e géant pharmaceutique français fait face à une faible performance des ventes de son vaccin tétravalent contre la dengue, produit sur le site de Neuville-sur-Saône (Rhône) depuis 2014. Au troisième trimestre 2017, le chiffre d’affaires de Dengvaxia s’est établi à 4 millions d’euros. Sur les neuf premiers mois de l’année, ce chiffre s’élève à 22 M€. Pour le groupe, dont l’objectif était de vendre 100 millions de doses annuelles (CPH n°756), cette faible performance est la conséquence de la difficulté à mettre en œuvre opérationnelle de vastes programmes publics de vaccination dans un environnement politique et économique difficile. Un frein auquel s’ajoute la faible incidence de cette maladie transmise par les moustiques, en particulier en Amérique latine. En 2016, le groupe stratégique consultatif d’experts (SAGE) sur la vaccination de l’Organisation mondiale de la santé avait conseillé aux pays endémiques d’introduire le produit de Sanofi afin d’atteindre son objectif de réduction de 25 % de la morbidité et de 50 % de la mortalité de la dengue, d’ici à 2020 (CPH n° 758). Ce vaccin, le premier à être autorisé dans la prévention de la dengue, est enregistré au Mexique, aux Philippines, au Brésil, au Salvador, au Costa Rica, au Paraguay, au Guatemala, au Pérou, en Indonésie, en Thaïlande et à Singapour. Il continue à être produit par l’usine de Neuville-sur-Saône par environ 190 salariés du groupe. Les syndicats sont inquiets Cependant, des syndicats du site ont déclaré à l’AFP qu’il n’y aurait plus rien à produire à partir du mois de juillet, et s’inquiètent donc de l’avenir de l’usine de Neuville-surSaône. Pour les salariés, ces incertitudes surviennent peu de temps après le « plan chimie », lancé en 2011 et achevé fin 2013, visant à cesser l’activité de fabrication de corticoïdes par voie chimique du site pour y installer des capacités dans la production de vaccins. Cette reconversion de la chimie vers la pharmacie a eu un volet social important :

Les ventes de vaccins de Sanofi en 2016, en millions d’euros - Source : Sanofi Rappel Adultes 417 M€

Voyageurs et maladies endémiques 368 M€

Méningite/Pneumonie 633 M€

Dengue 55 M€ Autres 88 M€

Polio-Coqueluche/Hib 1 495 M€

Grippe 1 521 M€

Total vaccins : 4 577 M€

275 personnes étaient parties avec le dispositif de cessation anticipée d’activité, tandis que quelques dizaines d’autres avaient souhaité bénéficier des solutions d’essaimage proposées. Plus récemment, Sanofi a annoncé l’abandon d’une nouvelle voie de fabrication de corticoïdes sur son site français d’Elbeuf (Seine-Maritime). Cet abandon de projet toucherait une quarantaine de salariés en CDI et des postes en intérim (CPH n°821). Concernant le devenir du site de Neuville-sur-Saône, Sanofi déclare que plusieurs réflexions sont actuellement à l’étude et souligne que l’usine a la capacité de produire d’autres vaccins pour répondre aux besoins de santé publique. n  Laura Hendrikx

EN BREF Erytech lève 130 M$ et est coté au Nasdaq

Inotrem et Roche Diagnostics signent Sumitomo rejoint le marché des un accord de collaboration R&D génériques aux États-Unis

La société biopharmaceutique française de stade clinique, qui développe des thérapies innovantes en encapsulant des substances thérapeutiques dans des globules rouges, a levé 144 millions de dollars, pour un montant net total de l’ordre de 130 M$ dans le cadre d’une introduction au Nasdaq (États-Unis) et d’une augmentation de capital sur Euronext Paris. Cette manne permettra à Erytech d’avancer sur plusieurs de ses programmes de développement clinique.

La société française de biotechnologies spécialisée dans le contrôle de la réponse immunitaire lors de maladies inflammatoires aiguës a annoncé un accord de collaboration R&D avec la filiale Roche Diagnostics du géant suisse, afin de développer un test diagnostic compagnon dans le domaine du choc septique. Ce test s’appuie sur une protéine plasmatique soluble (sTREM-1) développée par Inotrem et par la plateforme Elecsys de Roche.

Le Japonais Sumitomo Corporation of Americas va investir dans la société pharmaceutique américaine spécialisée dans la fabrication de médicaments génériques Upsher-Smith Laboratories, dont toutes les parts sont détenues par Sawai America, filiale du Japonais Sawai Pharmaceutical Co. Sumitomo envisage d’acquérir 20 % des parts de Sawai America.

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Pharmacie Sclérose en plaques

Urologie

Sanofi Genzyme, la filiale biotech du groupe pharmaceutique français, a annoncé, le 9 novembre, la signature d’un accord avec Principia Biopharma pour développer un médicament oral expérimental contre la sclérose en plaques. Selon les termes de cet accord, l’entreprise de biotechnologies basée à San Francisco (États-Unis) délivrera à Sanofi une licence mondiale exclusive pour développer et commercialiser son inhibiteur de la tyrosine kinase de Bruton, PRN02246, qui est actuellement en phase I de développement clinique. Le géant français a indiqué qu’il effectuera dans ce cadre un paiement initial de 40 millions de dollars à Principia, et que les paiements d’étape suivants pourraient aboutir à un total de 765 M$. Des redevances sur les ventes du produit seront également versées. Principia pourra cofinancer le « développement de phase III en échange, soit de redevances plus élevées sur les ventes mondiales du produit, soit d’un accord de partage des pertes et profits aux États-Unis », précise Sanofi. La finalisation de cet accord est prévue pour le quatrième trimestre 2017. « Les collaborations externes comme celles-ci complètent notre expertise interne en R&D et pourraient permettre d’intensifier le développement de nouveaux traitements pour les patients atteints de ces maladies graves », a indiqué Rita Balice-Gordon, responsable global de l’axe de recherche thérapeutique sclérose en plaques et neurosciences de Sanofi. À ce jour, le Français commercialise deux médicaments dans le traitement de la sclérose en plaques. La capacité du PRN2246 à franchir la barrière hémato-encéphalique lui confère un potentiel prometteur dans le traitement de cette pathologie, voire d’autres maladies du système nerveux central. n  L.H.

Le groupe allemand annonce un plan d’investissement de 60 millions d’euros sur cinq ans pour le développement industriel de son centre d’excellence mondial en urologie. Situé à Nogent-le-Rotrou (Eure-etLoir), ce site de 500 personnes est le plus grand du groupe en France. Spécialisé dans le matériel médico-chirurgical, les produits pharmaceutiques injectables et le service, B. Braun souhaite assurer la montée en compétence de son personnel et augmenter sa production de 60 % d’ici 2023. Il envisage aussi d’augmenter sa surface industrielle de 22 750 à 29 300 m2 et celle de ses salles blanches de 5 600 à 9 000 m2. La modernisation de l’outil de production fait également partie de ses objectifs. « Face à une demande en forte hausse à l’international, il s’agit d’anticiper ce que devra

Sanofi et Principia partenaires

EN BREF Theradiag et Biogen signent un accord de partenariat La société française spécialisée dans le diagnostic in vitro et le théranostic a annoncé avoir signé un accord de partenariat avec l’Américain Biogen afin de fournir ses kits Lisa Tracker pour le monitoring de Flixabi, le biosimilaire d’infliximab, indiqué dans le traitement de plusieurs maladies auto-immunes. L’utilisation des kits a été préalablement validée par Biogen, dont le Theradiag sera le fournisseur privilégié. Le Français se chargera également de la mise en place, de la formation à l’utilisation des kits par les laboratoires et du suivi des demandes des cliniciens concernant le monitoring.

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B. Braun investit 60 millions d’euros sur son site de Nogent-le-Rotrou être notre activité de production en 2030 et au-delà, et bâtir ainsi un plan directeur pour supporter la croissance, qui puisse se déployer en plusieurs étapes afin de garder la flexibilité », a déclaré Éric Samson, directeur général industriel France et senior vice-président opérations de la division OPM (Out Patient Market) à l’international à propos du projet NEXT3. Cet investissement en est la première étape conséquente et s’inscrit dans une enveloppe comprise entre 150 et 200 millions d’euros que l’entreprise familiale avait annoncé vouloir investir en France entre 2015 et 2020 dans l’innovation, les services et la production industrielle (CPH n°732). L’Hexagone, où B. Braun est implanté depuis 1976, dispose du portefeuille complet des activités du groupe. n  L.H.

Oncologie

Collaboration entre Bayer et Loxo Oncology Bayer a annoncé avoir conclu un accord de collaboration avec la société américaine Loxo Oncology pour développer et commercialiser deux nouvelles thérapies anticancéreuses pour les patients atteints de tumeurs d’origine génétique : Larotrectinib (LOXO-101) et LOXO-195. Larotrectinib est actuellement le seul inhibiteur sélectif de récepteurs tyrosine kinase en développement clinique ayant un jeu de données cliniques montrant des réponses significatives et durables, indépendamment du type de tumeur et de l’âge. LOXO-195 permet, quant à lui, de traiter les patients ayant développé une résistance à une thérapie initiale d’inhibition des récepteurs tyrosine kinase. Selon les termes de l’accord, Bayer versera à Loxo Oncology un paiement initial de 400 millions de dollars. Les paiements d’étape pour Larotrectinib et LOXO195 pourront respectivement s’élever à 450 et 200 M$, sous réserve d’approbation

réglementaire et des premières ventes sur les principaux marchés. Les deux groupes développeront ensemble chacun de ces produits, en partageant les coûts de développement par moitié. Il en sera de même pour les coûts commerciaux et les profits réalisés aux États-Unis, où Bayer et Loxo Oncology feront conjointement la promotion des produits. « La collaboration avec Loxo Oncology représente un nouveau tournant dans notre effort pour renforcer notre présence dans le domaine de l’oncologie et souligne notre engagement dans ce champ thérapeutique », a déclaré Dieter Weinand, membre du conseil d’administration de Bayer AG et président de la division pharmaceutique. La société américaine, basée dans le Connecticut, se chargera de la demande d’enregistrement aux ÉtatsUnis. En Europe, la première demande d’enregistrement pour Larotrectinib est attendue pour 2018. n  L.H.

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Pharmacie CDMO/Bioproduction

Fujifilm renforce ses capacités au Royaume-Uni et aux États-Unis Fujifilm Diosynth Biotechnologies, filiale de développement et de bioproduction à façon du géant japonais de l’impression Fujifilm, investira 3,2 milliards de yens (environ 24 M€) aux États-Unis et au Royaume-Uni. Créée en mars 2017, cette division a pour objectif d’atteindre un chiffre d’affaires de 100 Mrds ¥, d’ici à 2024. Elle est détenue à 80 % par Fujifilm et 20 % par Mitsubishi. Sur son site de College Station (Texas), Fujifilm Diosynth Biotechnologies investira 2,2 Mrds ¥ dans la construction d’une unité aux normes GMP dédiée à la production d’anticorps monoclonaux. Trois réacteurs de culture cellulaire seront mis en service,

début 2018, et trois autres verront le jour au cours de l’été 2019. Au Royaume-Uni, l’investissement de 1 Mrd ¥ permettra de construire une unité additionnelle, d’installer de nouveaux équipements et de doubler la surface actuelle de 930 m2 du site de Centre Wilton, à Redcar, ouvert depuis septembre 2017 (CPH n°814). Les extensions prévues sur ce site britannique devraient être mises en service à l’automne 2018. Le total des investissements cumulés sur cette plateforme de culture cellulaire atteindra environ 17,2 Mrds ¥. Nommée Saturn, elle est conçue pour aider à la fabrication d’anticorps monoclonaux. n  L.H.

Immunothérapie

Transgene effectue une levée de fonds La société de biotechnologies spécialisée dans la conception et le développement des immunothérapies reposant sur des vecteurs viraux a procédé à une levée de fonds de 14,4 millions d’euros auprès d’investisseurs américains et européens du secteur de la santé. Parmi ces derniers figure l’Institut Mérieux, son actionnaire majoritaire. Cette opération représente 10 % du capital social de Transgene. Elle permettra à la société de renforcer sa structure actionnariale à l’international. « De nombreuses étapes créatrices de valeurs devraient être franchies au cours des 12 prochains mois, grâce à la

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poursuite du développement de notre portefeuille de cinq immunothérapies innovantes et de nos efforts de recherche », a déclaré le p-dg de Transgene, Philippe Archinard. Le développement clinique et préclinique de ces immunothérapies, combinées à des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire, a pour objectif d’accroître l’efficacité des traitements actuels. Cette levée de fonds permettra également de renforcer la trésorerie de la société, qui s’élevait à 40 millions d’euros au 30 septembre 2017. La visibilité financière s’étend aujourd’hui jusqu’à mi-2019. n  L.H.

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CDMO

Recipharm ferme 2 sites en Suède Après s’être distingué en reprenant deux sites, celui de Kemwell en Inde en février (CPH n°791) et celui de Roche en Espagne au mois de septembre (CPH n°815), le producteur et développeur à façon suédois a annoncé, la semaine dernière, son intention de fermer ses unités de fabrication suédoises de Stockholm et Höganäs. En 2015, Recipharm avait déjà supprimé 100 postes en Suède (CPH n°735). Aujourd’hui, ce sont environ 225 employés qui devraient être concernés. L’usine de Stockholm, spécialisée dans la production de comprimés, emploie environ 180 personnes, contre 45 pour celle d’Höganäs, essentiellement spécialisée dans le conditionnement de formes en poudre et de granulés. Le groupe envisage de fermer la première au cours du second semestre 2019, tandis que la fermeture du site d’Höganäs est prévue d’ici la fin de l’année 2018. Recipharm a annoncé un début immédiat des négociations avec les partenaires sociaux et entend prendre une décision définitive avant fin 2017. Le p-dg du groupe, Thomas Eldered, indique que « les changements prévus nous permettront de focaliser notre attention sur les unités de production les plus compétitives et efficaces du groupe ». Actuellement, les opérations des sites de Stockholm et d’Höganäs sont déficitaires, avec un Ebitda négatif d’environ 25 millions de couronnes suédoises (environ 2,5 M€). Il ajoute que les objectifs financiers de Recipharm resteront inchangés. Recipharm va offrir à ses clients l’opportunité de transférer la fabrication vers d’autres unités du groupe. Si le groupe a d’abord annoncé qu’il allait évaluer plusieurs options incluant la cession du site, nos confrères d’In-pharmatechnologist ont révélé qu’un porte-parole du groupe avait déclaré que cette éventualité était peu probable. n  J.C.

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Chimie Pharma Hebdo - Lundi 20 Novembre 2017

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Équipements et services EN BREF ICSCO noue une collaboration avec Lanxess Le distributeur saoudien de produits et matériel pour la chimie a signé, le 1er novembre, un contrat avec le chimiste allemand Lanxess. L’accord prévoit que ICSCO distribue en Arabie Saoudite les membranes d’osmose inverse de la gamme Lewabrane de Lanxess. Ces éléments sont notamment utilisés pour des applications de désalinisation de l’eau de mer.

Accord entre Ginolis et Darwin Microfluidics Le spécialiste des automates de production et de manipulation de produits liquides pour la santé a signé un contrat avec Darwin Microfluidics. Selon les termes de cet accord, Darwin Microfluidics est chargé de distribuer les pompes de Ginolis, destinées aux applications d’administration, de l’ordre du nanolitre.

Biolog-Id ouvre deux filiales en Europe Le concepteur de solutions RFID de gestion de produits de santé sensibles a annoncé l’ouverture de ses deux premières filiales commerciales en Espagne et en Italie. Dans le détail, Biolog Iberica est basée à Barcelone et couvrira les marchés espagnols et portugais, tandis que Biolog Italia (implantée à Milan) se chargera du marché italien. La création de ces filiales s’inscrit dans la stratégie de Biolog-Id, qui recherche des relais de croissance à l’international tout en étant localement présent pour assister les clients.

Partenariat entre Safic-Alcan et Marmara Ecza Le distributeur français de spécialités chimiques a formé une alliance avec son homologue turc Marmara Ecza. La collaboration permet à Safic-Alcan de renforcer sa présence sur le marché pharmaceutique en Turquie. Le groupe français disposait déjà d’actifs dans le pays, suite à l’acquisition d’Interplast en 2011 (CPH n°555).

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Automatisme

Exercice 2017 à la hausse pour Rockwell Automation Le spécialiste américain des systèmes d’automatisme industriel achève son exercice financier 2017 sur une bonne note. Clos le 30 septembre dernier, cet exercice a permis à Rockwell Automation de générer un chiffre d’affaires de 6,31 milliards de dollars (environ 5,44 Mrds €), en progrès de 7,3 % comparé à l’exercice 2016. Le bénéfice net s’est établi à 825,7 M$, contre 729 M$ l’année précédente. « Nous avons constaté des contributions positives de toutes les régions et une croissance généralisée dans la plupart des secteurs verticaux, notamment l’automobile, les aliments et boissons, les semi-conducteurs, les produits chimiques et les métaux », précise Blake Moret, p-dg de Rockwell Automation depuis avril 2016 (CPH n°758). Dans le détail, les deux grandes divisions sont en progression. Celle des Logiciels et architecture a enregistré des ventes de 2,9 Mrds $ en 2017, soit une hausse de 10 % en glissement annuel. Quant à la division Solutions et produits de contrôle, son chiffre d’affaires a progressé de 5,2 %, atteignant 3,41 Mrds $. « Avec notre focalisation stratégique sur l’entreprise connectée, les investissements substantiels dans la technologie, l’expertise et

l’accès au marché, ainsi que notre importante base installée, nous sommes très bien positionnés pour bénéficier d’opportunités attractives sur l’industrie de l’automatisme et de l’information », indique Blake Moret. Avant de continuer : « Nous prévoyons une croissance moyenne plus importante des industries lourdes, avec une bonne contribution du pétrole et gaz ». n  D.O.

Rockwell investit dans l’intelligence artificielle En parallèle, le groupe américain a annoncé un investissement dans The Hive, un fonds d’innovation couplé à un studio collaboratif de création sur l’intelligence artificielle (I.A.) dans la Silicon Valley. Cela va permettre à Rockwell d’accéder à un écosystème d’entreprises innovantes qui pourraient développer des solutions I.A. pour de « futures installations industrielles et des réseaux d’approvisionnement qui soient souples, efficaces, réactifs et sécurisés ».

Commerce chimique

Caldic reprend les actifs d’Elastomerics Le distributeur néerlandais de produits chimiques et d’ingrédients a acquis son homologue britannique Elastomerics. Les détails de la transaction restent confidentiels. « Le portefeuille de produits d’Elastomerics complète parfaitement notre activité existante en étendant notre offre de produits de spécialités et en renforçant considérablement notre présence sur nos marchés clés », explique Philip Robinson, directeur général de la filiale britannique de Caldic. Elastomerics est focalisé sur la distribution de polymères et d’additifs pour le traitement de surface, la plasturgie, le caoutchouc, et les adhésifs. Au Royaume-Uni, Caldic est particulièrement présent sur les pro-

duits chimiques de base. Il est également présent dans les spécialités chimiques et les ingrédients alimentaires. Dans une moindre mesure, il fournit aussi des produits pour la santé, l’hygiène personnelle, le raffinage et d’autres industries. Pour son activité, il s’appuie sur deux centres à Chesterfield et Melton Mowbray. Cette acquisition intervient deux ans après que Caldic ait acquis les actifs du Danois R2 Group (CPH n°735). Outre le Royaume-Uni, Caldic est présent dans 16 pays, parmi lesquels l’Allemagne, le Danemark, la Suède, le Canada, les États-Unis, la Chine, le Vietnam, la Thaïlande ou encore la Nouvelle-Zélande. n  D.O.

Analyse

Almac acquiert BioClin Laboratories Le CDMO britannique a repris la totalité du capital de BioClin Laboratories, expert irlandais des services d’analyse des produits pharmaceutiques. Les détails financiers de la transaction n’ont pas été dévoilés. La nouvelle intervient après l’annonce d’une extension de la production d’un site de la filiale d’Almac dédiée à la chimie fine, Arran Chemical. Almac (5 000 salariés) met ainsi la main sur un centre de 1 300 m2 équipé

d’une plateforme analytique moderne à Garrycastle (Irlande). Au Royaume-Uni, le CDMO opère des sites à Athone et Cravaigon en Irlande et à Loughbourough (Angleterre), et qui ont fait l’objet de plusieurs projets d’investissements en 2015 (CPH n°740 et 781). L’opération va aider Almac à renforcer les équipes de sa filiale Almac Sciences de 600 collaborateurs supplémentaires répartis entre l’Europe et l’Amérique du Nord. n  D.O.

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Spot-scope Cotations du 10/11/17 au 15/11/17

L

es prix des oléfines et des polymères en Europe étaient orientés à la baisse, la semaine dernière, contrairement à ceux des aromatiques. Le prix du Brent a fondu de 2 $ par baril, à 61,52 $/b, et le prix spot du naphta en Europe du Nord-Ouest a reculé de 20 $/t. Un contexte qui a entraîné la baisse les prix des oléfines. Le prix spot de l’éthylène a trébuché de 20 €/t, celui du propylène de 30 €/t. Les tensions sur le marché américain des aromatiques ont revigoré les prix en Europe. Le prix spot du benzène a progressé de 40 $/t. Ceux du toluène et des mélanges de xylène ont gagné environ 50 $/t. Les prix spot du paraxylène et de l’orthoxylène ont augmenté de 30 $/t. Celui

du styrène n’a gagné que 10 $/t. Le prix spot du méthanol était décrit comme stable, mais certains rapports notent une augmentation de 10 €/t. Le prix du MTBE a continué de décliner, perdant encore 30 $/t. Du côté des intermédiaires, le prix contrat de l’éthylène glycol du mois d’octobre a été reconduit pour novembre. Celui de l’acrylonitrile a progressé de 20 €/t. Les niveaux des oléfines ont nettement faibli, aussi bien pour les prix spot que contrats. Les prix spot des différents grades de polyéthylène (PE) ont chuté de 100 à 120 $/t. Ceux du polypropylène (PP) ont plongé de 220 à 260 $/t. Côté contrats, les prix du PE basse densité et du PE basse densité linéaire ont faibli de 80 €/t pour

le mois d’octobre. Celui du PE haute densité a été négocié en baisse de 100 €/t. Le prix contrat du PP de grade copolymère pour le mois d’octobre a été réduit de 180 €/t, et celui du grade homo injection a plongé de 220 €/t. Le prix du PVC a dégringolé de 180 €/t. Ces fortes baisses des prix des polymères sont perçues comme une conséquence du haut niveau des stocks et des forts taux actuels d’utilisation des capacités de production des unités de polymères. Les prix contrats du polystyrène avaient été fixés assez tôt, la semaine précédente (CPH n°821). Dans tous les cas, les producteurs jugent les baisses de prix excessives et envisagent des hausses pour le mois prochain.

Prix des monomères et intermédiaires en Europe du Nord-Ouest Spot (dollars) Naphta

Contrat (euros)

Spot (euros)

560 - 570 (4)

Éthylène

990 - 1 000 (4)

1 025 (nov.) - 1 025 (oct.) - 995 (sept.) - 965 (août)

Propylène

-

800 - 810 (1) (4)

830 (nov.) - 830 (oct.) - 830 (sept.) - 790 (août)

Butadiène

-

760 - 770 (3)

800 (nov.) - 900 (oct.) - 775 (sept.) - 825 (juil.)

Benzène

930 - 940 (3)

-

702 (nov.) - 671 (oct.) - 655 (sept.) - 645 (août)

Toluène

790 - 800 (3)

-

565 (nov.) - 565 (oct.) - 545 (oct.) - 545 (sept.)

Xylènes

760 - 770 (3)

-

-

Paraxylène

830 - 840 (3)

-

765 (nov.) - 745 (oct.) - 730-740 (sept.) - 720 (août)

Orthoxylène

790 - 800 (3)

-

720 (nov.) - 740 (sept.) - 750 (août) - 780 (juil.)

1 190 - 1 200 (3)

-

1 160 (nov.) - 1 250 (oct.) - 1 360 (sept.) - 1 090 (août)

-

280 - 290 (3)

310 (3) (Q4) - 320 (3) (Q3) - 450 (3) (Q2) - 370 (3) (Q1)

710 - 720 (3)

-

-

-

860 - 870

930 (nov.) - 930 (oct.) - 950 (sept.) - 878 (août)

1 650 - 1 670 (4) (6)

-

1 530 (nov.) - 1 510 (oct.) - 1 449 (sept.) - 1 414 (août)

Styrène Méthanol MTBE Éthylène glycol Acrylonitrile

Prix des grands polymères en Europe du Nord-Ouest PEbd

grade film

1 340 - 1 360

-

1 325 - 1 345 (oct.)

PEbdl

base butène

1 280 - 1 300

-

1 305 - 1 325 (oct.)

PEhd

soufflage injection

1 170 - 1 190 1 150 - 1 170

-

1 235 - 1 255 (oct.) 1 235 - 1 255 (oct.)

PP

homo injection copolymère

1 090 - 1 110 1 180 - 1 200

-

1 065 - 1 085 (oct.) 1 145 - 1 165 (oct.)

PS

standard choc

1 580 - 1 600 (6) 1 710 - 1 730 (6)

-

1 380 - 1 400 (oct.) 1 470 - 1 490 (oct.)

PVC

standard

970 - 990 (6)

-

990 - 1 010 (oct.)

Cotations relevées dans le nord de l’Europe pour Chimie Pharma Hebdo entre le 10/11/2017 et le 15/11/2017. En tonnes métriques, franco livré (FD), sauf mention contraire : (1) qualité chimique ; (2) qualité polymère ; (3) fob ; (4) cif ; (5) cotations mensuelles et (6) cotations des semaines précédentes. (Q1) contrats du premier trimestre 2017, (Q2) contrats du deuxième trimestre 2017 ; (Q3) contrats du troisième trimestre 2017 ; (Q4) contrats du quatrième trimestre 2017. Source : Chimie Pharma Hebdo.

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Carnet COVESTRO LLC

GSK

Jerry MacCleary, p-dg et président du conseil d’administration

Hal Barron, directeur scientifique, président R&D et directeur exécutif du conseil d’administration

Le chimiste a nommé Jerry MacCleary en tant que p-dg et président du conseil d’administration à compter du 1er février 2018. Directeur de la division Polyuréthanes Amérique du Nord depuis 2004 et p-dg de Covestro LLC depuis 2012, il sera remplacé respectivement par Christine Bryant (directrice des revêtements, des adhésifs et spécialités) et Erik Haakan Jonsson (directeur opérationnel) pour chacune de ces fonctions. Depuis 1979, J. MacCleary a occupé plusieurs postes au sein des services marketing, ventes et management stratégique de Covestro aux États-Unis et en Allemagne. C’est sous sa direction que la division nordaméricaine de Covestro s’est séparée de Bayer AG en 2015. À partir du 1er janvier 2018, J. MacCleary deviendra également président du comité exécutif de l’American Chemistry Council (ACC), où il représente actuellement Covestro en tant que vice-président du conseil d’administration et membre du comité exécutif. Il est aussi membre du conseil d’administration de la National Association of Manufacturers, de l’International Isocyanate Institute et du Center for the Polyuréthanes Industry. FAMAR

Ian Muir, président-directeur général

Le sous-traitant pharmaceutique et cosmétique a nommé Ian Muir en qualité de p-dg à compter du 20 novembre. Il succède à Friedrich Sernetz et Markus Hölz, qui occupaient le poste de p-dg par intérim depuis le mois d’août et reprendront ainsi leurs fonctions respectives de directeurs financier et commercial. I. Muir a occupé des postes de direction chez Cardinal Health EU et Swindon Site avant de devenir président international de Catalent Pharma puis directeur général d’Aesica Pharmaceuticals. MEDIAN TECHNOLOGIES

Peter Bannister, directeur de la technologie

La société d’imagerie a annoncé, le 9 novembre, la nomination de Peter Bannister en tant que directeur de la technologie. Après avoir enseigné les Sciences de l’Ingénieur pendant plus de 10 ans, le Dr Bannister a occupé la direction des activités de R&D, de validation clinique ainsi que les aspects réglementaires de plusieurs sociétés high tech issues de la recherche universitaire. Spécialiste dans le développement de produits innovants en imagerie, P. Bannister est titulaire d’un doctorat de l’université d’Oxford, où il a été l’un des développeurs à l’origine des logiciels d’analyse d’image pour l’IRM fonctionnelle du cerveau. Il est depuis 2013 le président exécutif de l’Institute of Engineering and Technology pour le secteur santé.

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Le groupe pharmaceutique a nommé le Dr Hal Barron directeur scientifique, président R&D et directeur exécutif du conseil d’administration à compter du 1er janvier 2018. Actuel président de Calico, il a auparavant occupé les fonctions de vice-président exécutif, directeur global du développement produits et directeur général de la santé au sein de Roche. Il a également été viceprésident senior du développement et directeur général de la santé chez Genentech, où il était responsable de tous les produits du portefeuille combiné de Roche et Genentech. Titulaire d’un diplôme de médecine de l’université de Yale, il a complété sa formation en cardiologie et médecine interne à l’université de Californie, San Francisco, où il a également été professeur adjoint. PERTINAX PHARMA

Nigel Brooksby, président

Le fabricant de matériaux antiseptiques à base de chlorhexidine a annoncé la nomination de Nigel Brooksby au poste de président. Pendant ses 38 ans de carrière dans l’industrie pharmaceutique, il a successivement travaillé pour GSK, Pfizer et a été, jusqu’à sa retraite, membre du comité exécutif de Sanofi en Europe et aux États-Unis ainsi que p-dg du groupe Sanofi au Royaume-Uni et en Irlande. Auparavant président du Conseil stratégique des sciences de la vie au Royaume-Uni, il a également mené de nombreux projets de partenariat entre des compagnies de biotechnologies et des grands groupes pharmaceutiques sous l’égide de sa compagnie, Steel-Bars Ltd. Il est administrateur non exécutif de Porton Biopharma et Chronos Therapeutics ainsi que directeur de Stabilitech Pharma. N. Brooksby est également président de Clinical Insights Ltd et Neurocentrx Pharma. Il a par ailleurs occupé la fonction de président de l’Association of the British Pharmaceutical Industry, dont il est membre honorifique à vie. Il est toujours président du Pharmaceutical Director Club.

Agenda n 28-29 NOV., STRASBOURG Biofit 2017 : événement dédié aux partenariats public-privé, au transfert de technologie et aux innovations dans les sciences de la vie www.biofit-event.com

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n 28-29 NOV., MUNICH, ALLEMAGNE TPE 2017 : conférence internationale sur les marchés des élastomères thermoplastiques www.elastomer-forum.com/tpe

n 12-14 DÉC., PARIS World Efficency Solutions 2017 : rendez-vous international de l’économie sobre en ressources et en carbone www.world-efficiency.com

Lundi 20 Novembre 2017 - Chimie Pharma Hebdo

16/11/2017 19:33

Cph822  

Chimie Pharma Hebdo du 20 novembre 2017

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