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Dans cette édition :

Passions inusitées : Jiu-jitsu brésilien, tissu aérien et autres

Concours de vulgarisation scientifique : La santé sur le toit du monde, l’écologie de la santé, le Guide Alimentaire Canadien

La revue des étudiants en médecine


Mot des rédactrices……………………………………………………p.2 Retour sur la JPRM…………………………………………………….p.3 Les passions inusitées - Le jiu-jitsu brésilien…………………………………………..p.5 - Le tissu aérien…………………………………………………….p.6 - Le Parkour…………………………………………………………..p.7 - Les lampes……………………………………………………………p.8 Vulgarisation scientifique : - La santé sur le toit du monde…………………………..p.11 - L’écologie de la santé…………………………………………p.12 - Le Guide alimentaire canadien………………………….p.16


Ouf! C’est dans le bourgeonnement du printemps que nous revient soudainement une vitalité un peu oubliée. Débarracsées de notre manteau d’hiver et oubliant presque la dernière session d'examens, nous voilà revigorées, renaissant telle la tulipe perçant la neige. Nous voilà les yeux croutés, la bouche béante, l’étincelle au fond de l'oeil… En effet, l’année scolaire se termine dans moins d'un mois (déjà!), annonçant l’arrivée d'un congé bien mérité. Cette édition de l’Influx ‘' Y a-t-il autre chose que la médecine? '' se veut une touche de joie dans votre journée, un brin d’étonnement dans votre vie, une éclaircie d’émerveillement dans votre session d’examen. Cette édition de l’Influx traite de passion. Il est bien possible vous ayez dit à vos MEMs que votre passion était la médecine… Or, dans les pages qui suivent, ce sont des passions inusitées que nous vous faisons découvrir : les passions secrètes de vos collègues de classe. Cette édition de l’influx traite aussi de sciences. La science à l’état large. Dans le cadre du concours Science à partager, plusieurs étudiants ont vulgarisé des sujets scientifiques méconnus, pour les rendre à la portée de tous. Abreuvez-vous de nouvelles connaissances et égayez vos soupers de famille avec quelques infos scientifiques! Par ailleurs, un rappel des différents projets étudiants qui ont eu lieu dernièrement complètent merveilleusement bien cette édition de l’Influx. ___ Notre année d’implication dans l’Influx a été très stimulante. Avec comme réalisations, 4 parutions hautes en couleurs et en diversité, nous sommes très fières de notre projet! Nous vous tirons notre révérence pour l’année, et nous encourageons les lecteurs qui ont eu autant de plaisir à nous lire que nous à le concevoir, à prendre la relève en tant que corédacteurs en chef du journal étudiant l’année prochaine! Merci à Alexandre Suey, notre graphiste préféré, qui a su supporter nos petits caprices et nos requêtes les plus folles ! Bonne lecture !

Mia-Fay

Fannie

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LA JPRM 2016 : UN VÉRITABLE SUCCÈS POUR LA NOUVELLE TRADITION Philip Bélanger

Le samedi 16 mai dernier avait lieu la seconde édition de la Journée de préparation à la rentrée en médecine (JPRM) à la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS). Ce fut une occasion en or pour les candidats convoqués aux MEM en provenance de partout au Québec de découvrir le milieu d’étude et de vie étudiante convivial, ouvert et dynamique qu’est celui de l’Université de Sherbrooke.

leur propre expérience. Déjà des liens se formaient-ils entre les différentes générations d’étudiants, actuels et futurs, illustrant une fois de plus le caractère fraternel fort endémique à l’Université de Sherbrooke. Pour plusieurs participants, ce fut un premier contact avec la faculté qui se transforma, selon les dires de plusieurs, en véritable coup de cœur pour l’environnement d’apprentissage toujours innovateur qu’elle symbolise. Même les étudiants bénévoles ont rapporté que la JPRM 2016 eut comme effet de raviver une fois de plus la flamme qui les avait poussés à choisir la médecine à Sherbrooke.

Malgré leur horaire d’étude chargé et leur fatigue post-fin de session, les étudiants de première et de deuxième année au Doctorat en Médecine ont su accueillir avec un enthousiasme sincère tous ces candidats énergiques et, disons-le, quelque peu stressés en vision de l’épreuve de sélection qui les attendait la fin de semaine suivante.

En bref, malgré quelques imprévus organisationnels mineurs ayant fait irruption au cours de la journée, la JPRM 2016 fut sans aucun doute un vif succès, ayant atteint son objectif principal, qui était de faire découvrir la médecine à Sherbrooke au plus grand nombre de candidats possibles, afin qu’ils en connaissent enfin un peu plus sur l’option unique et non-négligeable qu’elle représente.

Tout en se faisant initier à la méthode d’apprentissage par problème et à certaines habiletés cliniques simples, les candidats ont pu partager leurs inquiétudes et poser leurs questions aux étudiants actuels, qui avaient été à leur place il n’y avait de cela pas si longtemps, et qui s’en donnaient à cœur joie à partager .

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LE JIU-JITSU-BRÉSILIEN Samuel Boutin Provencher Le psychologue Hongrois Mihaly Csziksentmihalyi est devenu célèbre pour avoir élaboré et étudié la notion de “flow”, un état mental de de concentration intense sur une tâche à accomplir, qui permet selon lui de vivre les expériences les plus intenses et les plus satisfaisantes. De façon plus colloquiale, on parle souvent d’être dans « la zone ».

pour prendre un avantage, puis utiliser cet avantage pour en obtenir un autre plus grand, et ainsi de suite jusqu’à dominer son adversaire. Tout comme l’échiquier, le tatami est avant tout le théâtre d’une lutte intellectuelle. Cependant, en plus de la composante intellectuelle, il faut ajouter la composante d’agilité, puisque même les mouvements de base sont d’une complexité souvent effrayante pour le débutant. Personnellement, c’est l’aspect qui me plaît le plus, parce que je suis obligé d’apprendre à mieux bouger, de développer de nouveaux patrons moteurs.

Quand on m’a demandé de vous expliquer pourquoi je fais du jiu-jitsu, j’ai tout de suite pensé au flow. Pour des raisons que je ne m’explique pas complètement, ce sport produit systématiquement et de façon très rapide un état de « flow » chez les combattants.

Comme si ce n’était pas déjà assez complexe, il faut rajouter dans l’équation un adversaire auquel il faut constamment réagir, soit pour défendre contre ses attaques ou pour ajuster les nôtres. Rapidement, la complexité du combat augmente et il devient difficile de penser à autre chose. Le temps passe sans qu’on s’en rende compte, on oublie les tutos de gynéco, et plus rien ne compte sauf le combat. C’est pour ça que je fais du jiujitsu.

« Ok… mais c’est quoi le jiu? ». Le jiu-jitsu est un sport de combat à mains nues ou les frappes sont interdites et l’accent est mis sur le combat au sol. Deux adversaires luttent pour avoir une position dominante et tentent d’appliquer des techniques de soumission. Le combat se termine lorsqu’un des deux adversaires est forcé d’abandonner. On décrit souvent le jiu-jitsu comme une partie d’échec à l’échelle humaine. Il faut utiliser stratégie et tactiques

Centre de Jiu-Jitsu à Sherbrooke: Nomad Brazilian Jiu-Jitsu, 1581 Rue Denault, Sherbrooke, Qc (Téléphone: 819-780-4245 )

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LE CIRQUE AÉRIEN Annick Bérard-Giasson Le cirque aérien est un ensemble de sports regroupant du Tissu Aérien, Cerceau Aérien et Trapèze. C’est un sport qui est passablement exigeant physiquement, mais néanmoins très atteignable pour les gens de tous niveaux et de toutes conditions physiques. Le sport se pratique

évidemment, dans les airs…et c’est ce qui le rend si spectaculaire. Suspendu au plafond et par différentes infrastructures, il s’agit d’effectuer différentes figures en s’entortillant dans les différents appareils. À première vue, le cirque aérien semble uniquement conçu pour les femmes, mais les hommes ont souvent plus de force et peuvent faire des combos et positions que les femmes ne peuvent réussir qu’avec un très haut niveau d’entrainement. J’ai commencé à faire du cirque durant ma 2e année de médecine, il y a moins de deux ans. C’est vraiment une sensation particulière que d’être supportée seulement par un morceau de tissu, un cerceau ou un trapèze et se laisser chuter. Dans les airs, il faut rester en contrôle et viser une performance artistique, mais aussi c’est vraiment amusant de pouvoir se laisser aller autant. C’est tout de même un sport dangereux, qui requiert un apprentissage rigoureux et de la patience pour réaliser une amélioration. Il permet de développer force musculaire et flexibilité. Si vous commencez ce sport sans être capable de faire un chin up, je vous garantis qu’après une session ou deux, les chins ups seront des exercices faciles ! Où en faire ? Ce sport se pratique très facilement à Sherbrooke, au Maxi Club de Rock Forest, qui est à 15 minutes de l’hôpital Fleurimont en voiture. Le cours est donné par Marine De Sorgher (marine_desorgher@hotmail.com) à l’école de Pole Dancing Lily Lynx. Contactez-moi si cela vous intéresse !

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LE PARKOUR : LA MAÎTRISE DU MOUVEMENT ET L’ART DE SE DÉPLACER N’IMPORTE OÙ Alexandre Suey

Tu as probablement déjà vu des vidéos de personnes sautant de toit en toit, faisant des sauts extrêmement dangereux et des voltiges impressionnants un peu partout. C’est tu ça le Parkour? Oui c’est du Parkour, mais c’est loin de représenter ce qu’est le Parkour pour la grande majorité des athlètes pratiquant cette discipline émergente.

Tout le contraire : il connaît très bien ses capacités. Depuis les années qu’il fait du Parkour, il a fait des milliers de sauts semblables, en progressant graduellement. Si il a osé ce saut, c’est qu’il sait pertinemment qu’il peut le réussir (exception fait de petits gamins de 12 ans qui essaient des trucs ridicules pour être cool).

À l’instar de la gymnastique, le Parkour vise l’exécution parfaite du mouvement. C’est un art de précision où la pratique, la répétition et la répétition encore renforcent la mémoire musculaire dans le but d’arriver à des gestes contrôlés et maîtrisés, qu’ils soient efficaces ou acrobatiques. Un bon exemple serait saut de précision. C’est tout simplement un saut d’un objet vers un autre, avec comme but d’y atterrir de justesse, c’est-à-dire avec la plante des pieds et les orteils sur l’objet et les talons qui pendent dans le vide, tout en gardant un équilibre parfait. Ce mouvement fondamental prend énormément de pratique et ne s’épuise jamais : tu maîtrise un saut de 7 pieds? Alors pratiques en un de 8. Tu maîtrise un saut de 8 pieds? Alors pratique ton saut sur des barres de métal plutôt que sur des cubes de béton. Ca se passe bien? Alors pratique tes sauts de 7 pieds à des hauteurs de plus en plus grandes, question de travailler le mental.

Avec suffisamment de technique, d’expérience et de confiance, le Parkour devient un outil incroyable pour se déplacer. Plus on devient avancé dans le Parkour, moins on a de barrières physiques : c’est l’art, et le plaisir, de pouvoir aller n’importe où, et de s’y rendre de façons efficaces ou créatives. Je parle du Parkour depuis tantôt comme si c‘était un discipline très sérieuse et efficace, mais ce n’est pas que ca. Le flow, est tout aussi important que la puissance et la précision. Le flow, c’est l’esthétisme du mouvement qu’on juge par sa continuité, l’enchaînement suave des mouvements. Le Parkour est aussi une discipline où l’originalité est vitale : lorsqu’on connait la base, il s’agit de fondements pour bâtir son propre style de mouvement. En regardant un même lieu, différents athlètes verront différents mouvements, et différentes façons d’enchainer ces mouvements. De plus, comme le

Je viens parler indirectement d’un principe très important en Parkour. Lorsque tu as vu un gars sur vidéo sauter d’un immeuble à un autre, tu t’es probablement dit : il est fou!

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Parkour est un sport naissant, des nouveaux mouvements sont inventés tous les mois par les milliers d’athlètes partout dans le monde. Si tu es curieux d’en voir, tu n’auras aucune misère à trouver des compilations de vidéos de Parkour sur Youtube!

En somme, cette discipline est pour moi un moment parfait pour déconnecter, bouger, et apprendre à vaincre des peurs, peu à peu : la peur de se blesser persiste toujours, peu importe la quantité de pratique, on apprendre à développer une force mentale ainsi que de la confiance en ses mouvements.

Nous sommes chance d’avoir, ici même à Sherbrooke, une communauté de Parkour grandissante (Voir photo : événement We jump the world à Sherbrooke). Le Module Parkour est une salle de sport dédiée au Parkour et à d’autres disciplines acrobatiques mi-chemin entre le centre-ville et le campus principal de l’UdeS. C’est là que j’ai commencé (et où je continu) à pratiquer le Parkour, autant en prenant des cours que lors de séances libres.

Le Module Parkour 1585 rue Denault, Sherbrooke (819) 238-4374 (Voir aussi sur Facebook!)

LES LAMPES

affreux : de simples socles à ampoule vissés au plafond. En cherchant à changer le luminaire, je n’étais jamais content de ce que je trouvais. Tout était soit trop cher, soit sans style.

Samuel Jaquet

C’est alors que j’ai eu l’envie d’en créer un. C’est avec ce projet en tête que j’ai conçu mon premier luminaire : une grappe de 3 globes pendant au plafond. Déterminé, j’accourus au Rona du boulevard Parc afin de demander conseil au commis. Je me rappellerai toujours de l’expression sur son visage qui disait : je gage 100$ qu’il va s’électrocuter en installant sa lampe. Ayant bien pris note des différents fils à relier, j’ai assemblé mon premier plafonnier. Cette première lampe a vraiment été marquante pour moi, puisqu’elle m’a permis d’apprécier l’expression de ma créativité d’une façon que je n’avais jamais pu faire auparavant. Je ne m’étais jamais senti satisfait de mon écriture, de mes dessins ni de mes peintures. Cette lampe était la première création dont j’étais fier. C’est donc avec cette piqure que j’ai poursuivi la création de plusieurs lampes.

Pourquoi les lampes? Avant de débuter le programme de médecine à Sherbrooke, j’ai eu la chance de fréquenter différentes institutions scolaires à Montréal. Me promenant de quartier en quartier, je déménageais à chaque année. Malgré le fait que je savais que je ne resterais probablement pas plus d’un an dans chaque appartement, j’ai toujours apprécié personnaliser mon environnement. Cela a commencé avec la peinture, quelques pièces de mobiliers et des affiches que j’accumule de puisque quelques années. Le deuxième appartement dans lequel j’ai habité était au coin de l’avenue Parc et Mont-royal : l’endroit parfait! Cependant, les luminaires étaient

Mon processus de création est étroitement lié à mes expériences de vie, la musique qui me passe par les oreilles et les émotions qui teintent ma façon de voir la

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des années 80 comme Jeanne Mas, Pacifique, Alix et Début de soirée : de la grosse musique bien cheezy. Cela se traduit par les couleurs pastel, les formes plutôt arrondies et des ampoules incandescentes chaleureuses :

Par la suite, après mon acceptation en médecine, j’ai totalement changé de registre. J’écoutais beaucoup plus de musique électronique, plongeant dans le dark-synth et les longues notes de synthétiseurs, mais toujours dans la mélancolie. Gold Zebra, Marie Davidson, Xarah Dion ont guidé la création de pièces plus sobres, minimalistes, dans les teintes de noir, gris et blanc. C’est également à ce moment que j’ai commencé à travailler le béton. Je me sentais plus libre dans le choix des silhouettes et des accessoires tels que les socles à ampoule, les interrupteurs et le fil électrique. Cependant, transporter une poche de 25 kilos de ciment

vie. L’étape de la conception est toujours un moment particulier. Je ne peux pas créer sur demande : l’inspiration doit venir par elle même et lorsqu’elle arrive, je dois absolument dessiner ce qui me passe par la tête. Cela fait en sorte que mes notes sont souvent entrecoupées de brouillon. Parfois je les réalise, parfois elles ne restent que croquis. L’étude de la médecine influence beaucoup ma création, puisque j’imagine toute sorte de formes et de noms en lisant les textes. Il est un peu comique de constater qu’on peut retracer le curriculum du programme de médecine en suivant le nom de mes lampes! Nous associons toujours un sens scientifique à un mot, mais il est intéressant de s’attarder d’ailleurs utilisés dans plusieurs groupes de musique que j’écoute, dont Linea Aspera, Makina Girgir et Violence.

dans le métro et couler mes pièces dans un salon sur un plancher de bois franc n’était pas l’idéal!

Comment j’ai débuté : Mes premières lampes étaient principalement des lampes faites à partir de bases et d’objets de seconde mains. Je fréquentais plusieurs friperies aux deux semaines afin de dénicher des objets qui m’inspiraient. Je me basais sur ceux-ci afin de concevoir les lampes, mais leur rareté me restreignait dans ma créativité. À ce moment-ci, je n’étais pas encore admis en médecine. J’étais donc plutôt incertain de mon avenir et plutôt dans les blues. J’écoutais beaucoup de chansons mélancoliques d’artistes français

Finalement, lorsque je suis arrivé à Sherbrooke, je me suis installé dans le Vieux-Nord. Les grandes pièces m’ont

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permis d’explorer des dimensions que je n’avais jamais imaginées auparavant. Il y avait une grande pièce que j’ai convertie en atelier, facilitant ainsi le travail du béton. J’ai également commencé à utiliser le cuivre, un matériel qui se travaille très bien et qui a une teinte qui s’agence bien avec le béton. Je remarque qu’au fil du temps, je garde un style plutôt constant. J’aime le minimalisme, les matériaux bruts d’origine minérale tel que le verre, le béton et le cuivre et l’harmonie entre l’ampoule et la lampe. Depuis quelques années, il y a plusieurs modèles d’ampoules qui offrent une solution esthétique intéressante à l’ordinaire fluo-compacte que l’on connait. Cela permet de donner une tout autre allure aux lampes en plus d’avoir une petite pensée écologique.

des pièces sur mesure pour leur appartement, d’autres voulaient avoir une copie d’une lampe déjà vendue. J’ai cependant décidé de continuer de faire des pièces uniques et de ne pas m’imposer de restriction, car après tout, je fais ces lampes par pur plaisir d’exploiter mon imagination et de me sentir vivant à travers autre choses que les études. Je me vois plus tard avoir mon atelier dans un sous-sol, un genre de musée où se retrouveront plusieurs pièces complétées. Je me vois bien revenir du travail et puis prendre le temps de dessiner ce qui m’aura traversé la tête durant la journée. J’ai d’autant plus hâte de voir l’influence de mes futurs expériences de vie sur ma création, notamment mon stage SARROS cet été en communauté autochtone. Les lampes sont plus qu’un passetemps pour moi, elles sont une façon de me recentrer sur moi-même, mettre de côté les petits tracas de la vie quotidienne et me rappeler qui je suis.

Éphémère est une page Facebook que j’ai débutée il y a maintenant près de 3 ans. On y retrouve les différentes pièces que j’ai créées et elle m’a permis d’en vendre plusieurs. Je n’avais jamais pensé pouvoir vendre mon art, mais face à la grande popularité de mes modèles, cela a chamboulé un peu ma création. Certains me demandaient

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LA SANTÉ SUR LE TOIT DU MONDE Sylvianne Duchesne Les explorateurs et les alpinistes s’exposent à des conditions précaires, voire incompatibles avec la survie pour des passions et rêves qui parfois dépassent la raison. Mais que ce passe-t-il avec le corps dans ces environnements et plus précisément en haute altitude? L’augmentation en altitude se corrèle avec la diminution en oxygène si bien qu’à plus de 8000m, soit 848m sous le sommet de l’Everest, on retrouve la « zone mortelle ». L’air est à un tiers de sa densité au niveau de la mer (PO2 53 vs 159 mm Hg). Dès l’arrivée à 3000m, 80% des individus présentent un mal de tête, caractéristique du mal des montagnes legé. Ce mal, bilatéral ou frontal, est d’intensité légère à moyenne et apparait en l’espace de 24h à partir de 2500m. Le traitement est le retour à l’altitude habituelle avec une résolution des symptômes en 8h. Les diagnostics différentiels inclus des causes mal de tête comme la déshydratation et une infection, une hypoglycémie. Certains présenteront un mal modéré caractérisé par nausées/vomissements, insomnie, vertige et fatigue. On retrouve aussi un œdème pulmonaire incapacitant à l’effort. L’incidence du mal de montagne modéré (acute mountain sickness) est de 50% à plus de 5000m, mais il est présentement impossible de déterminer qui

développera un stade plus développé du mal des montagnes. (F.J. Carod-Artal, 2014) La diminution de la PO2 enclenche une réponse neurohumorale et hémodynamique par les chimiorécepteurs du plexus carotidien. Ceci enclenche l’augmentation de la pression capillaire causant l’œdème et par conséquent les symptômes neurologiques de l’augmentation de la pression intracrânienne, dont la confusion, l’ataxie, le mal de tête, etc. L’augmentation de l’œdème cérébral peut éventuellement mener à l’engagement du parenchyme, conséquence mortelle. L’autorégulation du flux sanguin cérébral est aussi affectée par l’hypoxie. On observe par Doppler transcrânien une fluctuation considérable anormale de la vélocité du flux cérébral. Certaines hypothèses suggèrent aussi une altération de la barrière hématoencéphalique par des médiateurs chimiques. (F.J. Carod-Artal, 2014) Les chercheurs cliniciens britanniques du groupe Extreme Everest produisent des projets de recherche en haute altitude afin de déterminer les biomarqueurs qui permettent à un individu l’adaptation à l’hypoxie chez les sherpas entre autres. Ces résultats seraient cruciaux parce qu’ils peuvent être transposés aux patients en soins intensifs. La plupart sont en hypoxie malgré l’apport

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extérieur en oxygène, menant à des hypothèses sur l’importance des processus extérieurs au transport global de l’oxygène comme l’efficacité métabolique au niveau des fonctions mitochondriales la microvascularisation et l’effet du métabolisme du monoxyde d’azote. Les sherpas tibétains présentaient même les plus bas taux d’hémoglobines les plus bas des explorateurs, ce qui

appuie les théories extérieures à la circulation sanguine. (Martin and all, 2013). Bref, la compréhension du phénomène d’hypoxie est un sujet particulièrement important, tant dans le milieu sportif qu’hospitalier et permettrait de sauver énormément de vies.

Références : F.J Carod-Artal, 2014, High-altitude headache and acute mountain sickness, Neurologia, Volume 29, issue 9, pages 533-540. Martin and all, 2013, Xtreme Everest 2: unlocking the secrets of the Sherpa phenotype?, Publication en ligne via PMC (US national library of medicine national institutes of health).

AU CŒUR DE LA SANTÉ : L’ÉCOLOGIE DES RAPPORTS HUMAINS ET LE PÉRIL DE L’EXCLUSION SOCIALE Charles-Antoine Barbeau-M. À Montréal, l’écart de vie entre la population de Westmount et celle d’Hochelaga-Maisonneuve est estimé à 11 ans. Cet écart de santé, entre les mieux nantis et les plus défavorisés, s’élève parfois à 16 ans au sein de certaines villes américaines (Wilkinson, 2005). Les effets de la pauvreté sur la santé ne surprennent plus personne: on sait que les quartiers défavorisés font l’objet de taux de criminalité et de violences plus élevés, se situent souvent à proximité ou à même des quartiers industriels pollués, ont une plus faible sécurité alimentaire, enfin, que l’éducation y est souvent plus pénible à acquérir alors que précisément, sans elle, les chances d’obtenir un emploi et une sécurité financière seront réduites. Ces facteurs macrosociaux et environnementaux sont tous concomitants de la pauvreté, et vont contribuer à réduire l’espérance de vie d’un pan entier d’individus de nos sociétés. Ce déficit en santé, mesurable en années de vie écopées, est la quintessence d’une “population vulnérable”.

Ce dont on semble moins conscient, c’est que la pauvreté porte atteinte également à un pan beaucoup plus discret de notre santé : la qualité de nos rapports sociaux. Bien qu’il représente encore un défi pour la mesure et l’analyse scientifique, le “bruit de fond” engendré par un quotidien parsemé de marginalisation, de rapports tendus ou de sentiments d’impuissance, montrera un impact insidieux, et sérieux, sur la santé. Et pourtant, les rapports sociaux sont à mon avis la première dimension qui dans nos sociétés sera affectée par la pauvreté. Cette problématique s’insère dans le prisme fragile qu’est l’écologie des rapports humains, un environnement dans lequel nous baignons inévitablement, tout un chacun, souvent sans se soucier de sa potentielle toxicité sur le plan physiologique. Mais qu’est-ce alors que l’écologie des rapports humains, et pourquoi cela joue-t-il un si grand rôle sur notre santé ?

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peu ou pas de soutien social. Ces résultats se conjuguent à Le choix du terme “écologie”, pour désigner les une multitude d’autres études, sur un large pan de rapports humains, vise d’abord à souligner ce riche maladies infectieuses ou immunitaires : une étude chez foisonnement de facteurs qui agiront sur la manière dont les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde, plus nous entrons en relations, et sur la manière dont nous récemment, montrait un lien clair entre la qualité des intériorisons puis extériorisons ces rapports. Nombreux rapports conjugaux et l’intensité des symptômes autocontrastes peuvent servir de découpage pour étudier immuns (Reese et al., 2010). De tels résultats ne sont pas l’écologie des rapports humains : les individus qui ont surprenants pour la communauté scientifique : suite aux grandi en milieu urbain, submergés dans un anonymat travaux pionniers du Dr. Hans Selye, on sait que la homogène, n’auront pas la même sensibilité à autrui que réponse générale d’adaptation induite par un stress ceux qui ont connu la campagne; les sociétés occidentales chronique aura pour effet, au long terme, de bouleverser ont tendance à suivre un modèle de valorisation le système immunitaire et d’entrainer, par ailleurs, une individualiste, en contraste à irritation de type l’orientation collectiviste inflammatoire. Aussi a-t-il été traditionnelle aux sociétés montré que les rapports sociaux «Il sera de notre devoir, en tant que futurs orientales; les sites de modulent, selon leur qualité, la professionnels de la santé, de comprendre que la rencontre et la venue réponse inflammatoire santé et nos rapports sociaux sont imbriqués d’applications comme Tinder et (Fagundes et al., 2011). étroitement dans une même mosaïque» Grindr transforment notre Ajoutons à cette observation mode d’entrée en relations que les sources de stress vécues ainsi que dans l’intimité; enfin, les nouvelles technologies comme les plus intenses, et les plus fréquentes, sont de communication et les réseaux sociaux ont permis un rapportées être de nature interpersonnelle (Almeida et foisonnement sans précédent des rapports humains, mais al., 2005). ceux-ci sont caractéristiquement médiés par textos plutôt que par la présence et le visage. Chacune de ces nuances L’environnement social ayant représenté au cours de pourrait servir de tremplin pour étudier comment de l’évolution une pression évolutive et un mécanisme de subtiles différences dans l’orientation de nos relations sélection puissant, certains ne seront pas surpris peuvent avoir un impact profond, cumulatif et complexe, d’apprendre que l’évolution de la taille de notre sur nos attentes, notre bien être et, d’une manière néocortex, soutenant notre flexibilité et nos capacités souvent insoupçonnée, notre santé. d’adaptation et de jugement complexe, a suivi la courbe de croissance démographique de nos sociétés primitives Nombreuses recherches ont montré l’effet protecteur des (Dunbar, 1998). Ce modelage social du cerveau, est-il bons rapports sociaux. Par exemple, les nombreux travaux avancé dans le champ de la psychologie évolutive, a fait de Sheldon Cohen sur les rapports sociaux et le système de nous une espèce incroyablement sensible, et immunitaire, ont montré que chez des participants conséquemment vulnérable, à la qualité et à la nature de inoculés avec différents virus respiratoires causant le nos rapports sociaux. Les travaux du neuroendocrinologue rhume, la sociabilité et le réseau social montraient un Robert Sapolsky (1982) ont permis de prendre conscience effet marqué sur la résistance immunitaire (Cohen et al., d’un rapport bouleversant entre notre statut social et 1997). Ainsi, les patients bénéficiant d’une bonne relation notre physiologie, plus précisément notre taux de cortisol conjugale, d’un cercle d’amis plus large ou de rapports sanguin, l’hormone du stress, qui serait correspondant à harmonieux au travail luttaient plus efficacement contre notre degré de subordination sociale. Ses expériences l’infection, en comparaison aux individus ne bénéficiant auprès des babouins (une espèce hautement

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hiérarchique) ont même attesté de la possibilité de modifier artificiellement, en altérant son taux de cortisol, le rang d’un babouin au sein de son groupe. Chez l’être humain, cet équivalent en pression de hiérarchie sociale a été trouvé auprès du système hautement hiérarchisé, et transparent, des fonctionnaires britanniques. Une étude fondatrice sur les inégalités sociales, la Whitehall Study (Marmot et al., 1991), menée auprès de cette population, a pu établir un lien proportionnel entre le niveau de subordination sociale, la dysfonction endocrinienne liée au stress, et les taux de morbidité et de mortalité. Pour revenir sur l’ouverture de ce texte, considérons de nouveau la pauvreté, facteur de risque quintessentiel du développement de pathologies dans les études médicales. En effet, le statut socioéconomique pourrait figurer dans presque toutes les listes de facteurs de risques, pour les maladies aigues autant que chroniques, biomédicales autant que psychiatriques. Toutefois, en réduisant trop souvent la pauvreté à une impuissance économique, conduisant par exemple à de mauvaises conditions d’habitation, ou encore un manque d’accès à une bonne alimentation ou une éducation de qualité, on néglige de considérer comment la pauvreté est également une impuissance sociale. Cette réalité, que l’on a ailleurs appelé « la disqualification sociale » (Paugam, 2009), traduit pourtant un enjeu titanesque en soins de santé : la souffrance psychologique à « bas bruit », dont souffrent les moins nantis, montre sous la perspective de l’écologie des rapports sociaux un inquiétant facteur de fragilisation de la santé et de diminution de l’espérance et de la qualité de vie. Les élégantes analyses épidémiologiques de

Richard Wilkinson (2005), évoquées en introduction et portant sur l’écart d’espérance de vie entre les riches et les pauvres, ont permis de mettre en exergue à quel point nos rapports sociaux peuvent être fragilisés, lésés, et handicapés par la pauvreté. Qu’auront pour impact une exposition à long terme au stress ancré dans le sentiment d’impuissance et d’infériorité, l’exclusion des modes de vie valorisés par nos pairs, une méfiance mutuelle avec les gens mieux nantis, et les rapports tendus qu’engendrent l’insuffisance économique et l’insécurité dans son propre entourage? La pauvreté est sans aucun doute un des exemples les plus éloquents, dans nos sociétés, d’un système de santé mis en péril par une disparité économique croissante, une précarité sans précédent de statut social, et un amincissement du filet social pour les plus vulnérables. Prenons conscience, enfin, que la corrosion des rapports sociaux n’est pas seulement l’affaire des moins nantis, mais concerne tout individu ou groupe victime de discrimination, de racisme, de xénophobie et de marginalisation : elle est, fondamentalement, une maladie sociale de notre inconfort face à la différence et de l’intolérance à la diversité. Elle se manifeste symptomatiquement dans le taux de suicide alarmant au sein de la communauté autochtone d’Attawapiskat, dans le mouvement de radicalisation islamiste qui oppose l’État Islamique et l’Occident, et même parfois chez ceux que l’on suspecterait le moins : par exemple, suite à la montée récente de « doctor bashing » médiatique, un médecin sherbrookois, que l’on imagine jouir d’un statut social privilégié, exprimait dans une lettre ouverte une détresse

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bien humaine face à la stigmatisation de son métier, avouant même sa crainte ainsi que sa gêne, désormais, à se montrer de la profession qu’il a pourtant choisie. Comme quoi le poids de la discrimination, et notre vulnérabilité au regard d’autrui, gronde plus fort encore que nos acquis matériels et professionnels. À mes collègues dans le domaine de la santé, j’aimerais rappeler pour conclure qu’en aval de ces enjeux de société, toutefois, la fragilisation des rapports sociaux s’exprime au-delà d’une détresse subjective. Elle se reflète dans un désordre immunitaire et endocrinien, une inflammation, insidieuse et traitre, et montre son visage dans un fardeau croissant de maladies chroniques :

maladies cardiaques et pulmonaires, diabète, cancer, troubles mentaux, ces maladies qui surcharge et étouffe notre système de santé. Ainsi, ce que j’ai espéré mettre en lumière ici, c’est que cet effritement dans l’écosystème de nos rapports sociaux n’est pas seulement un mal socioéconomique, mais représente un défi majeur de santé publique, et un enjeu unilatéral de santé mondiale. Il sera de notre devoir, en tant que futurs professionnels de la santé, de comprendre que la santé et nos rapports sociaux sont imbriqués étroitement dans une même mosaïque, et que l’acte même de soigner, s’il se veut pénétrant et durable, devra considérer la santé sous l’égide de l’équité sociale et du bien commun.

Références : Almeida, D. M. (2005). Resilience and Vulnerability to Daily Stressors Assessed via Diary Methods. Current Directions in Psychological Science. Vol. 14(2): pp. 62-68. Cohen et al. (1997). Social ties and susceptibility to the common cold. Journal of American Medical Association. Vol. 277(24): pp. 1940-1944. Dunbar, R. 1998. The Social Brain Hypothesis. Evolutionary Anthropology. Vol. 6: pp. 178-190. Fagundes et al. (2011). Relationships and Inflammation across the Lifespan: Social Developmental Pathways to Disease. Social and Personality Psychology Compass. Vol. 5(11): pp. 891–903. Marmot et al. (1991). Health inequalities among British civil servants: the Whitehall II study. Lancet Vol. 337(8754): pp. 1387-1393 Paugam, S. (2009). La disqualification sociale. Paris : PUF. 256 pp. Reese et al. (2010). Pain and Functioning of Rheumatoid Arthritis Patients based on Marital Status: Is a Distressed Marriage Preferable to No Marriage? Journal of Pain. Vol. 11(10): pp. 958-964. Sapolsky, R. (1982). The endocrine stress-response and social status in wild baboons, Hormones and Behavior. Vol. 16(3): pp. 279-292. Wilkinson, R. (2005). The Impact of Inequality: How To Make Sick Societies Healthier. New York: The New Press. 355 pp.

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LE GUIDE ALIMENTAIRE CANADIEN (GAC), UN OUTIL INDISPENSABLE OU DÉJÀ DÉSUET? Roxanne Houde

L’épidémie d’obésité représente l’un des plus grands défis en matière de santé de la population pour les décennies à venir. Près des deux tiers des adultes et un tiers des enfants souffrent d’obésité ou d’embonpoint au Canada. Parmi les stratégies de Santé Canada pour améliorer la santé de la population, on retrouve le GAC. En le produisant, le gouvernement aspire à créer un outil de référence pour les établissements scolaires, les CPE, mais aussi pour tous les citoyens en général, des patients potentiels après tout. Celui-ci est fréquemment utilisé auprès et par les professionnels de la santé. D’ailleurs, une majorité d’entre vous se rappellent surement leurs quelques sessions d’« Habitudes de vie » préparées avec beaucoup de soin et d’attention… Certains l’auront remarqué, le GAC fait parler de lui dernièrement dans les médias alors que le Comité sénatorial permanent des Affaires sociales, des sciences et de la technologie a publié son Rapport de lutte contre l’obésité adressé au gouvernement fédéral. Ce rapport ne visait pas spécifiquement à évaluer le GAC, mais force est d’admettre que la révision du GAC est au cœur de plusieurs de leurs recommandations. Qu’en disent les critiques ? Dans le contexte de l’élaboration d’un projet, le GAC dans ce cas-ci, il est toujours primordial d’évaluer les retombées et l’atteinte des objectifs. Que lui reproche-ton en général ces derniers temps ? Une critique qui revient souvent supporte qu’il n’est pas aussi evidencebased qu’il le prétend puisque les révisions du guide sont très espacées. En effet, la dernière version du guide a été publiée en 2007 après plusieurs années de consultations. Les représentants du secteur agroalimentaire avaient

d’ailleurs une place au sein de ces consultations, chose que plusieurs décrient comme source possible de biais, notamment au niveau des produits laitiers et céréaliers recommandés. Ainsi, déjà neuf ans depuis la dernière version, alors que la précédente avait été publiée 15 ans plus tôt. En comparaison, chez nos voisins du Sud, une révision est faite tous les cinq ans. Sachant que les connaissances en nutrition sont en constante évolution (c’est parmi les sujets qui génèrent le plus d’études par année actuellement), il semble légitime de se questionner sur les recommandations actuelles du GAC. De plus, on lui reproche de ne pas prendre en compte le degré de transformation des aliments qui a pourtant un effet considérable sur leur valeur nutritive. Le guide met notamment dans son « arc-en-ciel » un fruit frais et un jus de fruit pur à 100 % sur le mm piédestal. Rappelons-nous que le jus est pointé du doigt comme parmi les responsables de l’épidémie de diabète et d’obésité pour

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sa forte teneur en sucre (250 ml de jus d’orange contient la même quantité de sucre qu’environ 5 oranges, par exemple) et sa faible teneur en fibres. Finalement, plusieurs critiques dénotent que la présentation et le concept du GAC ne sont pas facilement compréhensibles par tous et peuvent être mal utilisés par l’industrie (en lien avec la transformation des aliments). Un sondage récent fait par une étudiante de l’Université de Waterloo a démontré que, chez les adolescents et les jeunes adultes, 53 % pouvaient nommer les quatre groupes alimentaires, 29 % connaissaient la limite quotidienne de calories recommandée, 5 % la limite de sucre et seulement 1 % la limite de sel. L’Assiette santé de Harvard et le modèle du Brésil Il existe actuellement d’autres outils intéressants qui ont fait surface dans le monde depuis la dernière version du GAC et qui pourraient certainement servir d’inspiration pour une révision prochaine. En 2011, l’école de santé publique de Harvard a créé une Assiette santé afin d’illustrer sommairement à quoi ressemble une alimentation équilibrée. Ainsi, elle propose que la moitié d’un repas soit consacrée aux fruits et légumes, le quart aux céréales complètes et le dernier quart aux protéines (en privilégiant le poisson, le poulet, les légumineuses et les noix aux charcuteries et la viande rouge). L’Assiette santé favorise en outre la consommation d’eau aux jus et aux produits laitiers. Elle conseille également de choisir des huiles santé plutôt que le beurre. En 2014, le Brésil a de son côté publié un tout nouveau guide alimentaire et, depuis, il est sur toutes les lèvres. Le pays a voulu repenser sa façon de transmettre les recommandations d’une saine alimentation. Son guide alimentaire utilise une approche dite « holistique ». Cette approche inclut ainsi des suggestions sur le contexte social et émotionnel de la prise de repas, par exemple, en mangeant entouré d’amis et famille et pas devant le téléviseur. Elle met aussi l’accent sur l’importance de

cuisiner davantage transformés.

et

de

diminuer

les

produits

Les fameuses recommandations du Comité sénatorial Pour revenir au Canada, le rapport de lutte contient en fait 21 recommandations pansociétales et pragmatiques. Plusieurs de celles-ci concernent le GAC, notamment d’entreprendre une révision complète du guide selon des critères détaillés, incluant une approche basée sur les repas plutôt que les nutriments et limitant les aliments hautement transformés. On mentionne aussi d’exclure les représentants du secteur agroalimentaire du comité consultatif de révision. Lorsque questionné à cet effet, le gouvernement a seulement révélé qu’il se pencherait sur la pertinence de revoir les recommandations du GAC dans les prochains mois… aucune nouvelle version du guide à l’horizon pour l’instant. Pour terminer, un guide alimentaire national mérite définitivement sa place dans l’éventail d’outils cliniques du médecin, mais encore faut-il que ce guide soit evidence-based… ce qui ne semble pas être entièrement le cas actuellement. En matière de saine alimentation, il en reste beaucoup à dire. C’est une science qui évolue rapidement, qui possède un énorme potentiel pour améliorer la santé de nos patients et qui gagnerait à être mieux maitrisée par les médecins. Restez attentifs et suivez les développements sur le sujet, car ce type de prévention restera toujours une option payante pour maintenir la santé. En attendant, voici mon trio personnalisé de ressources utiles en matière d’alimentation pour vous et vos patients: Un centre d’expertise vulgarisant les données récentes : www.extenso.org Un nutritionniste engagé (voir ses infographiques !) : www.nutritionnisteurbain.ca Un site interactif de recettes simples et peu couteuses : www.soscuisine.com

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Influx Été 2016  

Régalez vous de cette dernière édition de l'Influx ! Au rendez vous pour votre plaisir, des articles alléchants rédigés par vos collègues....

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